FREE PALESTINE

16 octobre 2026

NAZA : Pourquoi le monde ne prête attention à un génocide que lorsque des Israéliens le documentent

Omar Abdel-Mannan, 7 octobre 2026.- Qualifierait-on NAZA de chef-d’œuvre si un Palestinien l’avait réalisé ?

C’est la question que nous nous posions, le cinéaste Daniele Rugo et moi, en sortant d’une projection au Festival du film de Zurich. Nous venions de voir ce nouveau documentaire dans lequel 24 soldats et agents du renseignement israéliens, restés anonymes, racontent comment ils ont tué des Palestiniens à Gaza. Le film de Daniele, Life Support, que mon organisation, Health Workers 4 Palestine, est fière d’avoir soutenu en tant que coproductrice associée, y faisait sa première internationale.

Image tirée du documentaire Gaza: Doctors Under Attacks

Tous deux avions vu, pendant trois ans, des médecins, infirmiers et journalistes palestiniens documenter en temps réel la destruction de Gaza, souvent au péril de leur vie. Aucun de nous ne se souvenait que leur travail ait jamais suscité une telle réception.

Depuis sa première à Venise, où il a remporté le Prix spécial du jury, NAZA est salué comme une œuvre qui force la prise de conscience. Les critiques le qualifient d’essentiel, de bouleversant, et le considèrent comme une référence incontournable sur les actes commis par Israël à Gaza. Ses réalisateurs, Yuval Abraham et Rachel Szor, avaient précédemment signé No Other Land, film récompensé aux Oscars, aux côtés de leurs collègues palestiniens Basel Adra et Hamdan Ballal.

Leur nouveau film, produit par The Guardian avec Jonathan Glazer comme producteur exécutif, installe les témoins sur des toits de Tel-Aviv à la nuit tombée ; le visage dissimulé, ils expliquent calmement et en détail comment les tueries ont été perpétrées.

C’est un document important, dont la réalisation a exigé du courage, mais notre question persistait. Si un cinéaste palestinien nous avait livré cette même vérité, vue depuis l’autre bout du fusil, le film aurait-il été présenté en première à Venise, coproduit par un grand quotidien national et évoqué pour les Oscars ? Nous pensions tous deux en connaître la réponse.

Pas besoin d’aveux

Le titre, NAZA, est un acronyme militaire hébreu désignant les « dommages collatéraux » : ces civils qu’Israël décide par avance d’être prêt à tuer. Les règles d’engagement décrites dans le film autorisaient jusqu’à vingt victimes civiles par cible. Ce chiffre, à lui seul, devrait clore tout débat subsistant quant à l’intentionnalité. Ce qui m’a marqué, toutefois, ce n’est pas tant une statistique qu’un ton. Ces hommes et ces femmes sont présentés comme des lanceurs d’alerte, or l’acte de dénoncer une irrégularité fait appel à la conscience. Ce que j’ai entendu, en revanche, relevait de la pure procédure : des cibles griffonnées sur des blocs-notes, des frappes relatées comme une simple passation de consignes, des foyers remplis de familles réduits à un simple ratio. Certains émettaient des doutes sur la stratégie ou sur l’efficacité de ces opérations, mais le remords pour les vies fauchées était quasi inexistant.

Leurs visages sont dissimulés et leurs noms resteront inconnus. Les Palestiniens et leurs soutiens, qui ont critiqué le film pour avoir protégé des criminels de guerre avoués, ont raison de s’interroger sur la notion de responsabilité lorsque les auteurs de tels actes bénéficient à la fois de l’anonymat et d’une première dans un festival.

Les médecins apprennent à déceler ce que les patients taisent. Ce que ces soldats taisent, c’est le mot « pardon ».

Nous n’avons jamais eu besoin de leurs aveux, car le génocide a été intégralement documenté par l’image depuis ses débuts, filmé par ceux qui le subissaient comme par ceux qui sont intervenus pour soigner les victimes.

Gaza: Doctors Under Attack, réalisé par Karim Shah, a documenté la destruction systématique du système de santé de Gaza : hôpitaux assiégés, personnel médical arrêté, collègues tués. La BBC en avait commandé la réalisation avant de refuser de le diffuser ; il a fallu attendre juillet 2025 pour que Channel 4 accepte enfin de le programmer.

Le film de Daniele, Life Support, suit des médecins internationaux entrés à Gaza entre octobre 2023 et septembre 2025. Il est constitué d’images filmées avec leurs téléphones dans des services hospitaliers saturés ainsi que du travail de deux cinéastes palestiniens de Gaza, Mahmoud Abou Hamda et Suleiman Hejjy. On y voit des enfants soignés à même le sol de l’hôpital, ainsi que du lait infantile, des antidouleurs et des instruments chirurgicaux bloqués à la frontière. Plus de 1.700 professionnels de santé ont été tués. Les images se passent d’explications.

Certes, la plupart des médecins qui s’expriment sont blancs et britanniques, mais ils savent parfaitement pourquoi ils apparaissent à l’écran. Ils mettent constamment en avant leurs collègues palestiniens, ceux qui enchaînent des gardes interminables tout en pleurant leurs propres familles, et se considèrent comme des vecteurs permettant à ces collègues de se faire entendre.

C’est là tout le « cheval de Troie » du film : un visage familier issu du système de santé britannique (le NHS) attire un public qui, autrement, ne regarderait jamais un film sur Gaza, pour ensuite restituer le récit aux Palestiniens auxquels il appartient.

Plutôt que de vous demander de déduire l’existence d’un génocide à partir des témoignages de ses auteurs, ces films vous en montrent les conséquences sur les corps des enfants.

Croire les Palestiniens

Pourquoi NAZA a-t-il droit au tapis rouge alors que les témoignages palestiniens y ont si rarement accès ? Une partie de la réponse est dérangeante, et il faut le dire sans détour.

Le public occidental a été conditionné à considérer les témoignages palestiniens avec suspicion ; pendant trois ans, les médecins et journalistes palestiniens ont été taxés de propagande. Le bilan des morts, qui dépasse aujourd’hui les 74.000 personnes, était systématiquement assorti de la mention « selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas », jusqu’à ce qu’il devienne impossible de le nier. Des journalistes palestiniens ont été tués en nombre record en relatant cette histoire, et pourtant, leurs reportages étaient traités comme de simples allégations plutôt que comme des faits avérés.

Lorsqu’un cinéaste israélien présente cette même réalité à travers la parole de soldats israéliens, elle devient soudain crédible, essentielle, digne d’un Oscar. Ce n’est pas la faute d’Abraham et de Szor, qui ont constamment utilisé leur tribune pour faire entendre les voix palestiniennes. Szor elle-même a reconnu que « les journalistes palestiniens rapportent ces faits depuis des années ». C’est la faute d’une industrie et d’une presse qui ne croient les Palestiniens que lorsqu’un Israélien se porte garant d’eux ; aucun appel à l’équilibre ou aux normes de preuve ne change la nature de cette attitude : il s’agit de racisme anti-palestinien.

Voyez le sort réservé à d’autres films. Construit à partir d’images filmées au téléphone par sa propre équipe médicale, The Mission suit le chirurgien britannico-irakien Mohammad Tahir dans les blocs opératoires de Gaza en plein effondrement. Ce film est tout aussi bouleversant que NAZA et montre le génocide à travers le regard d’un médecin arabe ; pourtant, il aurait été refusé par tous les grands festivals de cinéma.

Gaza: Doctors Under Attack a été mis de côté par notre diffuseur national et n’a atteint le public que grâce à Channel 4, avant de remporter un BAFTA. Parallèlement, un film centré sur les auteurs des violences a été coproduit par un journal national et encensé dans ses colonnes.

Je ne demande à personne de boycotter NAZA. Regardez-le, et laissez-le balayer la dernière excuse de ceux qui prétendent ne pas savoir ; mais ne le prenez pas pour le récit définitif. Ce récit appartient à la population de Gaza, ainsi qu’aux médecins, infirmiers et secouristes, palestiniens avant tout, qui sont restés sur place et ont continué à travailler alors que leurs hôpitaux étaient bombardés autour d’eux.

Si vous ne devez regarder qu’un seul film sur Gaza cet automne, regardez-en trois. Regardez NAZA pour comprendre comment les massacres ont été organisés, puis Life Support et Doctors Under Attack pour voir qui en a été la cible. Demandez-vous ensuite lequel vous étiez le plus enclin à croire, et pourquoi.

Article original en anglais sur Middle East Eye / Traduction MR


Au sujet de l’auteur

Le Dr Omar Abdel-Mannan est un neuropédiatre britannico-égyptien basé à Londres. Depuis 2011, il a participé à de nombreuses missions médicales et éducatives à Gaza et en Cisjordanie. Il est le fondateur et le président de Health Workers 4 Palestine, un mouvement citoyen mondial regroupant des professionnels de santé et leurs alliés qui militent pour le droit à la santé et la fin de l’occupation illégale de la Palestine.

15 octobre 2026

Ne débattez pas de la définition du sionisme ; observez ses actes

Ibrahim Hewitt, 8 octobre 2026. – Ce qui se passe en Cisjordanie occupée par Israël devrait tous nous faire réagir. Ce n’est pas seulement à Gaza que l’État sioniste commet un génocide. Jetez un œil à l’extrait de livre suivant, par exemple :

« C’est dans cet hôpital surpeuplé que la délégation a découvert, de manière brutale, les conséquences des mesures prises par les autorités israéliennes à l’encontre du peuple palestinien. Bien entendu, il n’a pas été possible de voir toutes les victimes, mais la liste suivante permet de se faire une idée de la situation :

►Un jeune père de cinq enfants a été poursuivi par des soldats israéliens jusqu’au toit de sa maison à deux étages, puis délibérément jeté au sol ; il s’est brisé les deux jambes et est désormais paralysé de la taille aux pieds.

►Un adolescent de 16 ans a reçu une balle dans la colonne vertébrale, il est paralysé ; il a également perdu la rate et un rein.

►Un homme de 23 ans a reçu une balle dans la jambe ; après un traitement bâclé dans un hôpital israélien, il a développé une gangrène et a dû être amputé.

►Une jeune fille de 16 ans souffrait des effets d’un gaz neurotoxique (et non de gaz lacrymogène) provoquant des hallucinations, des spasmes asphyxiants de la gorge et des poumons, ainsi qu’une contracture des mâchoires. Les médecins ignorent la composition de ce « gaz rouge » et sont donc incapables de soigner efficacement les patients.

►Un homme de 25 ans a reçu une balle et, alors qu’il gisait blessé au sol, l’armée [israélienne] a roulé sur son cou avec une jeep. Il est désormais totalement paralysé à partir du cou.

►De nombreuses radiographies ont été examinées ; elles illustrent de manière frappante les effets effroyables des fusils à haute vitesse et des balles à pointe molle utilisés par les Israéliens. Ces balles éclatent à l’impact, causant des lésions internes massives sur une zone bien plus étendue que celle d’une blessure par balle « classique ». »

Ce récit n’a pas été rédigé récemment. Il est tiré d’une petite brochure que j’ai écrite en avril 1988 (1), à la suite de la visite d’une délégation de musulmans britanniques en Palestine occupée effectuée quelques semaines auparavant. Déjà à l’époque, nous avions pu constater et documenter le fait que de jeunes Palestiniens recevaient des balles dans la poitrine, le dos et l’abdomen ; les soldats, hier comme aujourd’hui, ne tiraient pas de coups de semonce et ne cherchaient pas à blesser : ils tiraient — et tirent toujours — pour tuer. Les mesures de punition collective et la torture des détenus palestiniens étaient courantes alors, tout comme elles le sont aujourd’hui.

Lors d’une conférence de presse tenue à Jérusalem au terme de cette visite d’une semaine, les membres de la délégation ont présenté leurs conclusions : « Ce dont nous avons été témoins au cours de la semaine écoulée ne peut être qualifié que de terrorisme raciste orchestré par l’État et d’anarchie militaire. » Nous avons également qualifié le gouvernement israélien de « régime d’apartheid ». Rappelons-nous que cela remonte à 1988, il y a près de quarante ans.

Alors que des responsables politiques britanniques et européens condamnent le Parti vert d’Angleterre et du Pays de Galles pour avoir adopté une résolution affirmant que « le sionisme est une forme de racisme », et que des menaces de poursuites sont brandies à l’encontre du parti pour violation de la loi sur l’égalité (Equality Act), prenez le temps de considérer les faits concernant les conséquences du sionisme.

Dans la brochure susmentionnée, la délégation et moi-même avons évoqué « les Juifs » qui semblaient « ne respecter ni Dieu ni Sa création » en Terre sainte. Avec le recul, nous savons aujourd’hui que cette affirmation était inexacte ; nous aurions dû parler de Juifs sionistes, car tous les Juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs.

Il est toutefois évident que le fondement idéologique de l’État d’Israël — le sionisme — a nécessité le nettoyage ethnique des Palestiniens de leurs terres en 1948, un processus qui se poursuit depuis lors sous ce que l’on a qualifié de « génocide lent ». Ce que nous avons observé en 1988 et ce que nous voyons aujourd’hui en témoignent. Israël rejette naturellement cette qualification, qualifiant de « légitime défense » ses ripostes meurtrières face à la résistance palestinienne légitime contre son occupation militaire.

Cette « légitime défense » a tué plus de 74.000 Palestiniens rien qu’à Gaza au cours des trois dernières années, dont 21.000 enfants. Au moins 1.400 autres personnes ont été tuées pendant ce qui est censé être un cessez-le-feu, et environ 5.000 ont été blessées. Cela correspond à une moyenne d’« un Palestinien tué ou blessé à Gaza toutes les 90 minutes depuis l’annonce du cessez-le-feu ». Alors que les responsables politiques fustigent les Verts pour avoir affirmé que le sionisme est une forme de racisme, des Palestiniens sont tués et blessés chaque jour pour la simple raison qu’ils ne sont pas juifs.

Ceux qui accusent le Parti vert d’antisémitisme confondent la critique légitime de l’État sioniste d’Israël avec des attaques illégales et des exactions visant les Juifs. Un tel aveuglement opportun trouble le débat ; or, pour déterminer si l’idéologie fondatrice d’Israël est raciste dans son intention et sa pratique, il est indispensable de prendre en compte les actes commis par les sionistes — à l’encontre de Palestiniens musulmans, chrétiens ou sans religion — au sein de l’État d’Israël et dans ses environs.

Israël rejette toute critique concernant le traitement qu’il inflige au peuple palestinien. Il se présente comme la « seule démocratie de la région », tout en ayant promulgué des lois discriminatoires qui placent les citoyens juifs au-dessus des 20 % de citoyens palestiniens. Les Palestiniens de la Cisjordanie occupée vivent sous l’occupation militaire brutale d’Israël et sous le régime militaire.

La Cour suprême d’Israël a rejeté des requêtes visant à « reconnaître une nationalité israélienne qui ne soit pas fondée sur une discrimination ethnique… », ce qui ne fait que « renforcer sa nature coloniale et ethnocentrée ». Au regard du droit international, tous les réfugiés ont le droit de retourner sur leurs terres et dans leurs foyers ; tous les réfugiés, et pas seulement les réfugiés palestiniens. Pourtant, la Loi du retour israélienne accorde ce droit exclusivement aux Juifs, y compris à ceux qui sont nés et ont grandi ailleurs dans le monde. N’est-ce pas là un acte raciste ? Par ailleurs, la Loi fondamentale de 2018 réserve le droit à l’autodétermination nationale en Israël au seul « peuple juif ». Cela ne relève-t-il pas également du racisme ? Ces deux lois discriminatoires ne sont pas les seules de ce type dans l’arsenal juridique de l’État occupant.

Il ne faut pas laisser les critiques et les débats sur la nature raciste du sionisme occulter le génocide en cours du peuple palestinien. Des Palestiniens sont tués et déplacés chaque jour par les bombes et les balles israéliennes (tout comme des citoyens libanais). C’est cette agression de la part de l’État sioniste qui devrait, à elle seule, définir son idéologie fondatrice, et non les sensibilités politiques d’un gouvernement, de parlementaires ou de médias achetés par des lobbies pro-Israël. Ne débattez pas de ce qu’est le sionisme ; observez ce qu’il fait.

Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR

Note ISM-France : En mai 1988, le premier mininstre de l’entité sioniste était Yitzhak Shamir, représentant de l’extrème-droite.

14 octobre 2026

Avec ou sans le 7 octobre, l’objectif final d’Israël à Gaza a toujours été le nettoyage ethnique

Muhammad Shehada, 8 octobre 2026.– En avril 2023, six mois avant les attaques du 7 octobre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a eu une réunion avec Yoav Gallant, alors ministre de la Défense, et Alon Davidi, maire de Sdérot – une ville israélienne bâtie sur les ruines du village palestinien historique de Huj.

Gallant et Davidi plaisantaient ouvertement sur l’idée de raser Gaza pour y reconstruire des colonies réservées aux Juifs. « J’aimerais aussi construire à Beit Hanoun (à Gaza), mais je me contenterai de Sdérot », a déclaré Davidi. Gallant a répondu : « Pour construire à Beit Hanoun, il faut d’abord raser la zone. »

Un mois plus tôt, la ministre israélienne chargée des colonies, Orit Strook, avait déclaré explicitement : « Je ne sais pas combien d’années cela prendra… un retour à Gaza exigera de nombreux sacrifices. Gaza fait partie de la terre d’Israël, et nous y retournerons un jour. »

Strook reprenait ainsi les propos tenus le même jour par Limor Son-Har Melech, vice-présidente de la Knesset. « Notre tâche désormais est de retourner dans les colonies du Gush Katif et de les reconstruire », avait-elle affirmé, en référence aux colonies israéliennes de Gaza évacuées en 2005.

Le ministre israélien des Finances et dirigeant de facto des territoires palestiniens occupés, Bezalel Smotrich, avait également promis, à la veille de la formation du gouvernement Netanyahu en décembre 2022, qu’Israël « retournerait » reconstruire des colonies juives à Gaza.

Après trois années de guerre menée par Israël, ces déclarations résonnent aujourd’hui comme des intentions prophétiques.

Beit Hanoun a été rasée pendant la guerre, exactement comme l’avait prédit Gallant. Plus tôt cette année, Limor Son-Har Melech a conduit un groupe de colons au cœur de Gaza pour y planter des arbres, marquant ainsi la première étape vers la reconstruction de colonies dans l’enclave. Il a fanfaronné : « Gaza sera juive, car ce n’est qu’ainsi que nous assurerons la victoire. »

De son côté, le nouveau ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a officiellement annoncé son intention d’entamer la construction de colonies à Gaza.

C’est pourquoi le rabbin militaire israélien Amichai Friedman a qualifié le mois d’octobre 2023 de « mois le plus heureux de [sa] vie ». Il a ajouté : « Nous prenons enfin conscience de qui nous sommes. Toute cette terre est à nous. La terre entière, y compris Gaza et le Liban. Gush Katif est minuscule comparé à ce que nous parviendrons à accomplir avec l’aide de Dieu… Nous détruirons tout le monde. »

Une ambition mûrie depuis des décennies

Sept mois avant le 7 octobre, l’ancien ministre israélien de la Défense et homme politique de droite Moshe Yaalon tirait la sonnette d’alarme : selon lui, les ministres israéliens « suprémacistes juifs » — dont les convictions reflétaient, disait-il, un « Mein Kampf inversé », cherchaient à provoquer « la guerre finale » de « Gog et Magog ».

Yaalon avait prévenu que Smotrich et Ben-Gvir tenteraient de provoquer les Palestiniens, notamment par des massacres, afin d’utiliser toute riposte palestinienne comme prétexte à la « bataille finale ».

Dès sa nomination au poste de ministre de la Sécurité, Itamar Ben-Gvir s’est empressé, comme l’avait prédit Yaalon, de maltraiter les prisonniers palestiniens pour embraser le conflit. Parmi ses premières mesures figuraient l’interdiction du pain pita pour les détenus, la réduction de leur temps de douche à deux minutes par jour, le surpeuplement des cellules et le fait de laisser mourir en isolement Khader Adnan, un Palestinien en grève de la faim.

La cruauté infligée aux détenus palestiniens est considérée comme l’une des justifications fondamentales, et l’un des mobiles stratégiques, ayant conduit Yahya Sinwar, le chef du Hamas, à lancer les attaques du 7 octobre contre Israël.

Mais même en l’absence de l’attaque du Hamas, le concept de « transfert », ou de nettoyage ethnique, est depuis longtemps ancré dans la politique officielle israélienne.

« Vous continuerez à vivre comme des chiens, et ceux qui le souhaitent pourront partir… Il est possible que dans cinq ans, il y ait 200.000 personnes en moins, ce qui est considérable », déclarait Moshe Dayan, alors ministre israélien de la Défense, peu après la guerre de 1967.

Smotrich a réitéré cette alternative, « vivre comme des chiens ou partir », en 2017 dans un manifeste qualifié de « génocidaire » par les commentateurs israéliens eux-mêmes. Il offrait trois options aux Palestiniens : accepter de vivre comme des sous-hommes inférieurs, quitter la terre ou résister et être tués.

Israël applique cette politique à Gaza depuis la Nakba de 1948. Avant même de prendre officiellement le contrôle de Gaza en 1967, le gouvernement israélien a cherché à provoquer une émigration massive depuis l’enclave par l’intimidation, la corruption, des massacres périodiques et la destruction d’infrastructures vitales.

Une fois Gaza sous occupation israélienne, Israël a eu davantage recours à la force, à la coercition, aux destructions, à l’intimidation et à la corruption pour vider le territoire de ses habitants.

Lorsque Israël a imposé un blocus à Gaza en 2006, une guerre économique et une politique d’affamement ont été systématiquement mises en œuvre, ponctuées de « vagues de tueries de haute technologie » périodiques visant à infliger un maximum de destructions afin de rendre l’enclave inhabitable et de contraindre sa population à partir.

Avant le 7 octobre, environ 10 % de la population de Gaza (205.000 personnes) avait déjà quitté la bande de Gaza depuis le début du blocus. La moitié de ce chiffre important correspondait à des personnes parties au cours des cinq années précédant l’attaque du Hamas.

Un haut responsable israélien s’est même vanté en 2019 que Tel-Aviv « encourageait activement l’émigration des Palestiniens de Gaza ». Ce responsable a indiqué qu’Israël sollicitait des pays occidentaux et du Moyen-Orient pour les inciter à accueillir des migrants gazaouis, allant jusqu’à proposer de prendre en charge les frais de voyage.

L’obsession d’Israël de déplacer la population de Gaza s’explique en partie par le fait que l’écrasante majorité des habitants de la bande de Gaza sont des réfugiés chassés de villages situés dans ce qui est aujourd’hui Israël ; l’État hébreu perçoit donc cette population comme une source potentielle et persistante d’insurrection.

En 1956, le ministre israélien de la Défense de l’époque, Moshe Dayan, déclarait : « Pourquoi reprocher aux [Palestiniens de Gaza] leur haine brûlante à notre égard ? Depuis huit ans, ils vivent dans les camps de réfugiés de Gaza, alors que nous avons transformé, sous leurs yeux, les terres et les villages où eux et leurs ancêtres avaient vécu en notre propre propriété. »

Le 7 octobre a offert une opportunité à Israël

Les attaques du 7 octobre ont considérablement accéléré le processus, engagé de longue date par Israël, de déplacement des Palestiniens de Gaza.

Presque immédiatement, Netanyahou a appelé les habitants de Gaza à partir, tandis que son gouvernement ordonnait l’évacuation massive du nord de la bande de Gaza. L’offensive a également réactivé une conception israélienne plus ancienne du conflit, le considérant comme une guerre de survie nationale inachevée ; Netanyahou a d’ailleurs explicitement fait référence à la guerre d’indépendance de 1948, ou Nakba.

Dans les premiers jours de la riposte israélienne, Tel-Aviv, avec l’aide des États-Unis, a fait pression en urgence sur les pays arabes voisins pour qu’ils accueillent l’intégralité de la population de Gaza dans le désert du Sinaï, sous prétexte d’une « réimplantation temporaire jusqu’à la défaite du Hamas ».

Face au refus de ces pays, Israël a poussé la majeure partie de la population gazaouie vers Rafah, à la frontière égyptienne, espérant l’inciter à franchir d’elle-même la frontière vers le Sinaï. Devant l’échec de cette tentative, Israël a envahi Rafah et dévasté la ville, pour finalement proposer de renvoyer les Palestiniens dans cette même zone, cette fois au sein d’une soi-disant « ville humanitaire » qu’Ehud Olmert, ancien Premier ministre israélien, a lui-même qualifiée de camp de concentration.

Même après avoir souscrit au plan en 20 points du président Donald Trump pour un cessez-le-feu, qui prévoyait le désarmement du Hamas, le retrait des troupes israéliennes et la reconstruction, Israël a rapidement renié ses engagements et a continué de promouvoir la création de la « ville humanitaire » de Rafah.

 

La volonté de vider Gaza et d’en déplacer la population

Depuis le début du cessez-le-feu, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a martelé à maintes reprises que l’objectif à long terme de Tel-Aviv à Gaza demeure un nettoyage ethnique total.

« En fin de compte, il n’y a pas de véritable solution pour Gaza sans ce déplacement de population… Je pense qu’il n’y a pas d’autre solution pour le bien de tous », a-t-il déclaré en septembre, alors même que le Hamas acceptait de déposer les armes. Katz a ajouté qu’Israël se tenait « prêt et organisé pour faire sortir [les habitants de Gaza] par voie maritime, aérienne ou par tout autre moyen possible ».

En septembre, le ministre israélien de la Sécurité, Ben-Gvir, a présenté un plan concret visant le nettoyage ethnique de 1,86 million de Palestiniens de Gaza sur les sept prochaines années, baptisé « Désengagement 710 ».

Ce plan prévoit l’expulsion de 250.000 habitants de Gaza la première année, de 1,11 million d’ici la troisième année, et de la totalité de la population d’ici 2034. Depuis le début du génocide, plus de 100.000 Palestiniens ont déjà quitté Gaza.

C’est pourquoi, même pour le camp du « nouveau Rafah », Israël a clairement indiqué qu’il n’autoriserait aucune construction permanente en béton ; la population, maintenue en cage, ne se verrait attribuer que des conteneurs maritimes temporaires et mobiles pour se loger, signifiant ainsi que ces camps ne sont qu’une étape de transit vers l’expulsion.

Le ministre israélien de la Défense a précisé qu’il ne manquait plus à Israël qu’un prétexte pour « achever le travail » à Gaza. « Lorsqu’il apparaîtra clairement que le Hamas ne respecte pas ses engagements, nous recevrons le feu vert pour avancer sur le plan militaire, territorial et dans d’autres domaines », a-t-il déclaré.

Il en va de même pour la Cisjordanie : Katz a révélé mardi que l’armée israélienne avait reçu pour instruction de préparer un scénario de guerre contre l’Autorité palestinienne (AP). Bien que l’AP soit le partenaire de paix et le sous-traitant en matière de sécurité d’Israël, Katz a clairement indiqué qu’Israël était prêt à reproduire en Cisjordanie le « modèle de Gaza ».

Toute guerre contre l’Autorité palestinienne « serait brève et vigoureuse ; elle impliquerait le recours aux forces terrestres et aériennes ainsi qu’à des moyens spéciaux, l’élimination et l’expulsion de hauts responsables, la destruction d’armements, ainsi que l’évacuation massive des habitants et la destruction des infrastructures terroristes au sein des villes et dans tous les camps de réfugiés », a déclaré Katz, en faisant référence aux « modèles » de Gaza et du Liban.

La menace brandie par Katz à l’encontre de l’Autorité palestinienne ne se limite pas à une riposte israélienne face à des attaques palestiniennes violentes contre des colons ou des soldats. Un « scénario de guerre » serait également déclenché si les Palestiniens organisaient un soulèvement populaire.

« Il n’y aura pas d’Intifada s’étalant sur des années, comme par le passé, mais plutôt une guerre brève et vigoureuse, aboutissant à une issue décisive et à un changement de la réalité », a-t-il souligné.

Un consensus politique autour de l’assujettissement des Palestiniens

Les prochaines élections israéliennes s’annoncent parmi les plus tendues et disputées de l’histoire du pays. Pourtant, un point réunit la coalition au pouvoir et la majeure partie de l’opposition : l’assujettissement des Palestiniens.

En 2024, la Knesset a connu un moment de consensus bipartisan inédit en rejetant l’idée d’un État palestinien et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. En février de cette même année, 99 députés, issus aussi bien de l’opposition que de la coalition au pouvoir, ont voté en faveur d’une résolution rejetant toute reconnaissance internationale d’un État palestinien. Seuls neuf députés s’y sont opposés ; tous appartenaient à des partis palestiniens.

En juin, une autre résolution a été adoptée, rencontrant l’opposition des neuf mêmes députés. Cette fois, le texte rejetait catégoriquement l’idée d’un État palestinien, même si celui-ci devait voir le jour à l’issue de négociations et par la voie diplomatique.

Dans le cadre de cette campagne électorale, l’ancien Premier ministre et chef de l’opposition Naftali Bennett qualifie le plan Trump pour Gaza d’« irréalisable » et s’oppose à la promesse, contenue dans ce plan, de voir l’Autorité palestinienne reprendre pied dans l’enclave.

De même, l’ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman axe sa campagne sur le démantèlement de l’Autorité palestinienne et la reprise des opérations militaires à Gaza. Quant à Gadi Eisenkot, ancien ministre de la Guerre et probable futur Premier ministre, il a critiqué la feuille de route prévoyant le désarmement du Hamas en échange d’un retrait militaire israélien, qualifiant cette mesure de « capitulation » face à Trump « sans pour autant atteindre les objectifs de la guerre ».

Les attaques du 7 octobre n’ont pas fait naître ce consensus dominant en Israël. Tout au plus, elles ont offert, sous couvert de guerre, l’occasion de le rendre plus flagrant et explicite.

L’objectif à long terme affiché par Israël pour Gaza et la Cisjordanie constitue l’aboutissement logique d’un projet colonial de peuplement fondé sur le principe de s’emparer d’un « maximum de terres avec un minimum d’Arabes ».

Depuis des décennies, Israël repousse les Palestiniens dans des espaces toujours plus restreints, ne leur laissant que deux options : la soumission ou le départ.

Le seul véritable débat, dans le cadre de ces élections, porte sur le rythme et la forme que prendront cette expulsion et cette soumission.

Article original en anglais sur The New Arab / Traduction MR


L’auteur

Muhammad Shehada est un écrivain et analyste palestinien originaire de Gaza, ainsi que responsable des affaires européennes auprès de l’organisation Euro-Med Human Rights Monitor.

Son compte X : Muhammad Shehada

13 octobre 2026

« Paix » ce mot qui nous fait la guerre

Muzna Shihabi, 10 octobre 2026.- Je déteste le mot . Car pour nous, Palestiniens, il a toujours été synonyme de plus de guerre, de plus de terres volées, de plus de vies perdues.

 

Nous avons vu qu’il est possible d’armer l’État colonial de peuplement tout en appelant au cessez-le-feu, de condamner la colonisation tout en commerçant avec ceux qui la bâtissent, de reconnaître un État palestinien tout en regardant ses terres disparaître.

Et de se prétendre, malgré tout, artisan de la paix.

Ils veulent que l’occupant soit un « partenaire de paix », tandis que nous, les occupés, parce que nous réclamons la liberté, sommes perçus comme un « obstacle à la paix ». Nous boycottons ? C’est problématique. Nous protestons ? C’est trop perturbateur. Nous élevons la voix ? C’est trop controversé. Nous négocions ? Seulement si nous acceptons les conditions de notre propre spoliation.

Et pourtant, c’est nous que l’on accuse de rejeter la paix.

Après des décennies de cette mascarade, une chose est claire : la paix qu’ils proposent sans cesse aux Palestiniens ne signifie ni la liberté ni même la fin de leur anéantissement. Il s’agit simplement de ne plus avoir à nous entendre nous en plaindre.

Bien sûr que le colonisateur veut la paix. Il veut dormir tranquillement dans nos maisons. Mais nous, nous voulons nos maisons.

Source : compte Instagram de Muzna Shihabi.

12 octobre 2026

!! Génocide à Gaza: J 1101 !! Il a fallu un génocide diffusé en direct pour percer le mur de l’apathie occidentale

 

 

Je n’ai jamais demandé à savoir à quoi ressemble un enfant démembré. 'Israël' m’a imposé cette connaissance.

 

Je n’ai jamais voulu savoir à quoi ressemble l’explosion de la tête d’un nourrisson sous l’effet d’explosifs militaires. Je ne le sais que parce qu’'Israël' m’a forcée à le savoir.

 

Si l’holocauste de Gaza a frappé les Occidentaux avec une telle force, c’est parce qu’il a percé le mur de notre narcissisme occidental de suprématie complètement crétin et de notre culture dominante insipide, nous réveillant brutalement face à quelque chose de réel et de terrifiant.

 

Tout à coup, l’idée que nos bombes tuent des gens au Moyen-Orient n’était plus une vague abstraction située à la périphérie de notre conscience. C’était une réalité qui nous frappait en plein ventre au milieu de la journée, alors que nous faisions tranquillement défiler nos téléphones, nous forçant à courir aux toilettes pour vomir notre déjeuner.

 

Cela nous a rendus personnellement concernés. Nous étions frappés à coups répétés dans l’estomac par l’État d’'Israël', avec le soutien de nos propres gouvernements occidentaux. Les violences infligées aux Palestiniens n’étaient pas quelque chose qui arrivait exclusivement aux Palestiniens ; dans une bien moindre mesure, c’était aussi quelque chose qui arrivait à tous ceux qui en étaient témoins.

 

Les Occidentaux ne sont pas habitués à de telles confrontations. Nous sommes habitués à nous agiter dans notre dystopie contrôlée mentalement, avec nos problèmes de pays riches, nos névroses et nos distractions, notre attention absorbée par les petits plaisirs, les écrans, nos préférences consuméristes et les petites intrigues qui se jouent dans nos cercles sociaux respectifs. Puis, tout à coup, nous nous retrouvons dans la salle de bains à vomir notre sushi parce que notre téléphone vient de nous montrer la chose la plus horriblement inimaginable que nous ayons jamais vue.

 

Et nous savions à tout moment que toute la nausée, l’horreur, la rage et le dégoût que nous ressentions en étant témoins de 'l’holocauste' de Gaza étaient le résultat des actions matérielles de personnes réelles. Les Israéliens provoquaient délibérément autant de dévastation que possible afin de faire avancer leur objectif de longue date consistant à transférer de force tous les Palestiniens hors de Gaza.

 

Nos dirigeants faisaient délibérément traîner les choses et multipliaient les atermoiements depuis leurs tribunes afin de donner à 'Israël' suffisamment de temps pour rendre Gaza inhabitable. Nous comprenions tous que le cauchemar éveillé dont nous étions témoins n’était pas une catastrophe naturelle qui se produisait passivement ; il était activement infligé par des personnes parfaitement conscientes de ce qu’elles faisaient.

 

C’est le genre de chose qui vous change en tant que personne. Qui change toute votre vision du monde. Qui change votre politique. Qui change vos convictions. L’Occidental moyen doit procéder à une profonde restructuration intérieure pour véritablement affronter 'l’holocauste' de Gaza et toutes ses implications.

 

C’est cela, je pense, qui explique principalement pourquoi le génocide des Palestiniens a suscité autant d’attention et de sympathie. C’est parce que le fait qu’il soit diffusé en direct l’a fait nous toucher d’une manière que les autres massacres militaires de masse ne provoquent généralement pas.

 

Les Occidentaux sont tellement saturés de propagande et endoctrinés qu’ils sont, dans une large mesure, indifférents à ce que nos bombes font aux corps humains de l’autre côté du monde. Ce n’est que lorsque nous avons nous-mêmes quelque chose à perdre, comme avec la conscription pendant la guerre du Vietnam, que nous commençons à nous en soucier d’une manière politiquement significative. Gaza nous a donné quelque chose à perdre en entrant dans nos vies par l’intermédiaire de nos appareils électroniques et en nous montrant des choses si bouleversantes qu’elles ont laissé une marque permanente dans nos vies.

 

Gaza nous a forcés à regarder, et nous a forcés à voir, malgré tous les efforts déployés par les propagandistes pour nous empêcher de remarquer de telles choses. C’est pourquoi cette affaire ne disparaît pas. Les gens sont de plus en plus en colère. L’empire a passé trois ans à s’agiter désespérément et sans succès pour nous faire refermer les yeux, et il échoue, encore et encore, et encore.

 

 

Caitlin Johnstone -

08.10.26

Source: arretsurinfo.ch

11 octobre 2026

!! Génocide à Gaza: J 1100 !! «Tout le monde se contrefout de 'votre' 7 octobre. Tout le monde s’en balance»

 

 

 

Pendant un temps, les gens s’en souciaient, mais 'Israël' a ensuite passé trois ans à montrer au monde entier la raison même pour laquelle le 7 octobre s’était produit. Après avoir été témoins de la cruauté et de la sauvagerie de l’État d’'Israël', les gens ont compris maintenant. Tout le monde comprend.

 

Après le lancement par le Hamas de l’opération 'Déluge d’Al-Aqsa' au matin du 7 octobre, il y a eu un élan d’amour et de sympathie pour 'Israël' à travers le monde entier. Tous les monuments majeurs, de la tour Eiffel à l’Opéra de Sydney en passant par l’Empire State Building, se sont illuminés en bleu et blanc en solidarité avec le peuple israélien.

 

Des hommes mûrs ont pleuré. Bono a définitivement massacré «Pride (In The Name of Love)» en changeant les paroles pour: «Au petit matin, le 7 octobre, alors que le soleil se lève dans le ciel du désert, étoiles de David, ils ont pris votre vie, mais ils n’ont pas pu prendre votre fiertréééée».

 

Quiconque ne suivait pas de très près la question israélo-palestinienne était du côté d’'Israël' ce jour-là.

 

Et puis les bombes ont commencé à tomber.

 

Et à tomber.

 

Et à tomber.

 

Et à tomber...

 

Et à mesure que les bombes tombaient, la cote de popularité d’'Israël' s’effondrait avec elles.

 

Il y a une limite au nombre d’enfants que l’on peut voir déchiquetés en morceaux par les explosifs militaires israéliens avant de commencer à suspecter que le projet sioniste souffre d’une tare terrible.

 

Il y a une limite au nombre de photos et de vidéos publiées par des soldats de l’IDF — posant en sous-vêtements de femmes palestiniennes mortes ou déplacées — que l’on peut voir avant de commencer à se demander si la culture de l’armée israélienne n’est pas profondément malade.

 

Il y a une limite au nombre de sondages israéliens publiés montrant un soutien massif à l’assaut contre Gaza que l’on peut voir avant de commencer à croire que c’est la société israélienne elle-même qui a un problème terrible.

 

Il y a une limite au nombre d’institutions humanitaires de premier plan qui peuvent conclure qu’'Israël' est coupable de génocide avant que l’on ne commence à reconnaître exactement ce que l’on a sous les yeux.

 

Il y a une limite au nombre d’hôpitaux bombardés, au nombre de kilomètres de quartiers complètement rasés, au nombre de récits macabres de prisonniers palestiniens brutalement violés et torturés par des soldats israéliens que l’on peut voir avant que toutes les excuses, justifications et manipulations médiatiques ne cessent de fonctionner. Et une fois que la hasbara ne prend plus, il ne reste plus que vous et la réalité nue de la situation, à vous regarder droit dans les yeux.

 

Les propagandistes et les professionnels du spin se sont pliés en quatre pour essayer de faire passer l’effondrement du soutien mondial à 'Israël' pour une épidémie d’«antisémitisme», mais cela ne marche plus non plus. Tout le monde sait que c’est un mensonge. Personne n’y croit. On a juste l’impression qu’ils insultent notre intelligence.

 

Le 'holocauste' de Gaza est la pire chose que j’aie jamais vue de toute ma vie. Jour après jour, mois après mois, année sanglante après année sanglante, regarder droit dans le canon de ce cauchemar éveillé m’a changé à jamais, et rien en moi n’oubliera jamais les horreurs dont j’ai été témoin. Et le monde est plein de gens qui ont vécu exactement la même expérience que moi.

 

Le soutien à 'Israël' ne reviendra jamais. Lorsque les lumières clignotent et que vous voyez que la pièce dans laquelle vous vous tenez est pleine de scorpions, vous n’allez pas oublier ce que vous avez vu quand la lumière s’éteindra à nouveau.

 

Tous les événements qui se sont produits après le 7 octobre ont montré au monde ce qu’était la vie des Palestiniens avant le 7 octobre. 'Israël' a jeté une pierre en l’air et a passé trois ans à pleurer après que la pierre lui est retombée sur la tête.

 

Les agents de la hasbara se débattent dans tous les sens pour tenter d’effacer tout ce qui s’est passé avant le 7 octobre et de justifier tout ce qui s’est passé depuis, mais leurs mots ne sont plus que des mots. Ils n’ont plus aucun pouvoir. Et maintenant, ce n’est plus qu’une question de temps avant que le monde ne se retourne contre 'Israël' pour réparer les torts du passé et rétablir les choses comme elles devraient l’être.

 

Du fleuve à la mer.

 

 

Caitlin Johnstone -

07.10.26

Source: arretsurinfo.ch

10 octobre 2026

!! Génocide à Gaza: J 1099 !! 7 octobre: traumatisme, tragédie et ... normalisation de la souffrance palestinienne

 

 

 

Le monde s'émerveille de la résilience palestinienne mais remet rarement en question des décennies d'oppression israélienne qui obligent la communauté à revivre sa douleur encore et encore

 

 

Trois ans, c’est suffisamment long pour qu’un enfant apprenne à parler, à marcher et commence à découvrir le monde.

 

À Gaza, trois ans ont été mesurés autrement: des enfants tués avant d’avoir grandi, des familles effacées des registres d’état civil et des quartiers réduits à des paysages de poussière.

 

Le 7 octobre, le monde marque trois ans depuis l’offensive menée par le Hamas contre 'Israël' et le début de la guerre génocidaire d’'Israël' contre Gaza.

 

Pour les Palestiniens, toutefois, cette date ne marque pas le début de leurs souffrances. Elle marque le moment où des décennies d’occupation, de siège et de dépossession ont éclaté en une campagne visant à rendre Gaza invivable — et où une grande partie du monde a choisi de regarder cela se produire.

 

Depuis trois ans, les Palestiniens de Gaza ont été soumis non seulement à des bombardements, mais à la destruction systématique des conditions nécessaires à la vie collective. Des maisons, des hôpitaux, des universités, des écoles, des boulangeries, des réseaux d’eau, des terres agricoles et des lieux de culte ont été réduits en ruines. Des familles entières ont péri ensemble.

 

Une population massivement déplacée a été à plusieurs reprises sommée de se rendre d’une zone soi‑disant sûre à une autre, pour que ces lieux soient eux aussi attaqués.

 

Selon des estimations prudentes, plus de 74.000 Palestiniens ont été signalés tués. Plus de 21.000 d’entre eux sont des enfants.

 

Le bilan réel sera plus élevé: des corps restent ensevelis sous des immeubles effondrés, tandis que les morts causées par la faim, les maladies et la destruction des services de santé sont plus difficiles à comptabiliser.

 

Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises. Plus de 371.000 logements ont été endommagés ou détruits, presque toutes les écoles ont été touchées et plus de la moitié des hôpitaux de Gaza ne fonctionnent plus.

 

Une évaluation conjointe de l’ONU, de l’UE et de la Banque mondiale indique que le développement humain à Gaza a reculé de 77 ans.

 

 

La violence ne s’est pas limitée à Gaza

 

Depuis octobre 2023, 'Israël' a fortement intensifié ses attaques à travers la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem‑Est occupée. Plus de 1.100 Palestiniens, dont plus de 240 enfants, ont été tués par les forces israéliennes et des colons illégaux.

 

Les raids militaires, démolitions de maisons, attaques de colons illégaux, extension illégale des implantations et confiscations de terres se sont tous accélérés, forçant des milliers de Palestiniens à quitter leurs foyers et leurs communautés.

 

Tandis que l’attention du monde restait fixée sur Gaza, 'Israël' a profité du moment pour resserrer son contrôle sur la Cisjordanie occupée et faire avancer son annexion illégale.

 

Gaza et la Cisjordanie occupée subissent des formes différentes de violence israélienne, mais l’objectif est le même: effacer les Palestiniens de leurs terres.

 

 

Des noms derrière les chiffres

 

Des chiffres de cette ampleur peuvent rendre l’horreur abstraite. Mais chaque statistique était une personne avec un nom, des habitudes, des disputes, des ambitions et des proches qui l’aimaient.

 

Les morts ne doivent pas être réduits à la preuve d’une catastrophe que le monde avait déjà comprise et qu’il a à plusieurs reprises choisi de ne pas arrêter.

 

L’annonce d’un accord de 'cessez‑le‑feu' en octobre 2025 n’a pas apporté la sécurité non plus. Plus de 1.400 Palestiniens ont été tués depuis. Les forces d’occupation israéliennes contrôlent encore environ les deux tiers de Gaza, tandis que les Palestiniens sont confinés dans une fraction surpeuplée de leurs propres terres.

 

La reconstruction a à peine commencé. Les restrictions continuent d’entraver l’arrivée de matériaux de construction, de fournitures médicales, d’eau potable et des engins nécessaires pour dégager les montagnes de gravats.

 

Un accord de 'cessez‑le‑feu' au cours duquel des Palestiniens continuent d’être tués, déplacés et privés de la possibilité de reconstruire n’est pas la paix. C’est une violence gérée à un rythme que la communauté internationale trouve plus facile à ignorer.

 

Au cours de ces trois années, les Palestiniens ont été à plusieurs reprises loués pour leur «résilience». C’est généralement voulu comme un signe d’admiration. Mais le mot est devenu de plus en plus gênant. Trop souvent, célébrer la résilience palestinienne permet au monde de s’émerveiller de ce qu’un peuple peut endurer sans se demander pourquoi il est encore forcé de l’endurer.

 

Le langage de la résilience peut aussi dépolitiser ce qui se passe. Il rejoue un peuple confronté à l’occupation militaire, à l’apartheid et au génocide comme simple destinataire de sympathie humanitaire.

 

Il transforme des droits en besoins, une responsabilité politique en tragédie, et des crimes dont on peut identifier les auteurs et les complices en une malheureuse catastrophe sans auteur.

 

L’attention se détourne de la machinerie qui produit la souffrance palestinienne pour se concentrer sur l’ingéniosité avec laquelle les Palestiniens y survivent. Cette façon de présenter les choses est commode pour des gouvernements qui publient des déclarations de préoccupation tout en continuant d’armer, de commercer et de protéger diplomatiquement 'Israël'.

 

Les images de Palestiniens cuisinant à côté de maisons en ruines ou donnant des cours dans des tentes sont proposées comme une preuve réconfortante que la vie continue. Pourtant, la célébration de leur débrouillardise peut occulter le fait central: ces maisons n’auraient jamais dû être détruites, et ces enfants devraient apprendre à l’école, pas sous des bâches en plastique entourés de gravats.

 

La résilience, c’est une mère qui emballe ce qui reste de sa vie et fuit pour la septième fois. C’est un père qui cherche dans les décombres une photographie, un extrait d’acte de naissance ou le corps de son enfant. C’est des médecins opérant sans anesthésie, des enseignants rassemblant des enfants dans des tentes, et des familles préparant des repas à partir de presque rien.

 

Ces actes sont extraordinaires, mais les Palestiniens n’auraient jamais dû avoir besoin d’une force aussi extraordinaire simplement pour rester en vie.

 

 

Au‑delà du 7 octobre

 

La fermeté palestinienne — sumud — n’est pas une qualité pittoresque que des étrangers peuvent louer. C’est un refus politique de disparaître.

 

Les Palestiniens reconstruisent parce qu’'Israël' détruit. Ils enseignent parce qu’'Israël' a endommagé ou détruit presque toutes les écoles. Ils cultivent parce que des terres sont saisies. Ils racontent les noms et les histoires des morts parce que l’effacement fait partie du crime.

 

Mais la résilience ne doit jamais servir de substitut à la justice. La survie n’absout pas ceux qui ont armé 'Israël', qui l’ont protégé diplomatiquement ou qui ont continué à commercer avec lui pendant que Gaza était affamé et détruit. Les expressions de sympathie ne peuvent pas non plus effacer trois ans de choix politiques délibérés.

 

En septembre 2025, une Commission d’enquête de l’ONU a conclu qu’'Israël' avait commis un génocide à Gaza. La communauté internationale ne peut plus prétendre que la nature du crime est incertaine. Pourtant, la responsabilité est toujours absente, et l’impunité a permis à la destruction de continuer, même sous la rhétorique d’un 'cessez‑le‑feu'.

 

La réponse appropriée n’est pas un nouveau discours honorant le courage palestinien. C’est un embargo sur les armes, des sanctions et des poursuites contre les responsables. C’est un accès humanitaire sans restriction et une reconstruction conduite par les Palestiniens. C’est mettre fin à l’occupation et à l’apartheid, protéger le droit des réfugiés palestiniens de revenir, et permettre aux Palestiniens de déterminer leur propre avenir plutôt que de leur imposer un nouvel arrangement politique.

 

Trois ans plus tard, les Palestiniens sont toujours vivants, toujours en train de parler et refusent toujours d’abandonner leur revendication sur leur terre et leur humanité. Cette endurance est puissante. Mais elle ne doit pas rassurer le monde.

 

La survie palestinienne n’est pas la conclusion de cette histoire. C’est une accusation contre tous ceux qui ont rendu cette résilience nécessaire.

 

 

Rédaction TRT Afrika -

07.10.26

Source: trtafrika.com

9 octobre 2026

!! Génocide à Gaza: J1098 !! Nouvelles révélations de livraisons d’armes de la France à 'Israël'

 

 

 

Alors que le mouvement de solidarité avec la Palestine, et notamment Stop Arming Israel et BDS France, Urgence Palestine (UP) et l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), appellent à un mois d’actions contre l’armement d’'Israël', un nouveau rapport publié par Urgence Palestine et le Palestinian Youth Movement dévoile la continuité des livraisons de composants et équipements militaires depuis la France vers 'Israël'.

 

 

35 nouvelles livraisons depuis avril

 

Alors que plus de 200 personnes étaient présentes au meeting de lancement du mois contre l’armement, ces révélations sont pour les organisateurs une preuve supplémentaire de la complicité de l’industrie d’armement française dans le génocide en cours en Palestine, quand un précédent rapport listait déjà pas moins de 525 livraisons réalisées entre octobre 2023 et mars 2026 par plusieurs équipementiers français en direction d’'Israël'.

 

La nouvelle enquête dévoile 35 nouvelles livraisons de pièces et composants expédiés depuis 6 régions françaises vers des sites d’Elbit Systems en 'Israël'. Parmi les fournisseurs sont identifiés 4 nouveaux: Carly RCS, Lameco, Sabena Technics, Socitec.

 

Les auteurs du rapport dénoncent une hypocrisie et des mensonges, à la fois de la part du gouvernement, qui prétend que la France ne livre pas d’armes à 'Israël', sauf à usage défensif ou destinées à l’exportation, mais ne garantit aucun contrôle, et de la part des fournisseurs qui acceptent de vendre à Elbit, principal fabricant d’armes israélien, tout en admettant ne pas connaître précisément l’usage final de leurs livraisons.

 

«Ces entreprises ne peuvent pas prétendre ignorer où finissent leurs pièces», commente Thomas Nayla, juriste et membre d’Urgence Palestine. «Elles les livrent à un fabricant d’armes en plein génocide, sans exiger aucune garantie sur leur usage final. Les droits du peuple palestinien à la libération et à la justice ne peuvent plus être sacrifiées par l’Etat français au profit de l’enrichissement par le commerce d’armes.»

 

Plus de 50 syndicats, associations, collectifs et groupes politiques se sont joints à l’appel à ce mois d’actions contre l’armement, se sont félicités les initiateurs lors de ce meeting de lancement, auquel étaient présents plusieurs syndicats dont la CGT. 

 

Les actions à venir prendront la forme de rassemblements, de tractages, de manifestations et de conférences tout au long du mois d’octobre, dans l’optique de tisser des liens avec les salariés et leurs syndicats, de mettre la pression sur les responsables de ces entreprises ou de dénoncer la complicité active de la France avec le génocide en Palestine.

 

Plusieurs manifestations auront lieu, et notamment le 10 octobre prochain en écho à un appel international à la mobilisation. À Paris, 14h place de la République, mais aussi à Nantes, Montpellier, ou encore Grenoble, des marches commémoreront les 3 années écoulées du génocide perpétré par 'Israël' à Gaza, dénonceront la complicité française et exigeront un embargo sur les armes et des sanctions contre 'Israël'.

 

Les syndicats des dockers ont appelé à une journée de mobilisation internationale des ouvriers dockers et travailleurs portuaires le 30 octobre, avec notamment la situation à Gaza au cœur de leurs revendications et le refus du chargement d’armes à destination d’'Israël'.

 

 

Rédaction Agence Medias Palestine -

05.10.26

Source: Agence Medias Palestine

8 octobre 2026

!! Génocide à Gaza: J 1097 !! L’occupation restreint la liberté de culte à Jérusalem et à Hébron en septembre dernier

 

 

 

 

Chiffres, données et faits...

 

 

Les forces d’occupation et les colons ont effectué 26 incursions dans la mosquée Al-Aqsa au cours du mois de septembre dernier. Les autorités d’occupation ont également interdit l’appel à la prière dans la mosquée Ibrahimi à 150 reprises et l’ont totalement fermée aux musulmans pendant six jours sous prétexte des fêtes juives, soit l’équivalent de 20% des jours du mois, selon une documentation publiée par le ministère des Waqfs et des Affaires religieuses.

 

L’extension des rites juifs publics à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa, l’éloignement de Palestiniens de ses esplanades, ainsi que la fermeture de la mosquée Ibrahimi et l’interdiction de l’appel à la prière sont autant de pratiques simultanées qui placent le bilan des atteintes aux lieux saints en septembre dernier dans un contexte dépassant la simple répétition des incursions, pour s’inscrire dans une restriction de la liberté de culte et des tentatives de modifier la situation existante des deux mosquées.

 

 

Des incursions en hausse et des restrictions visant les fidèles

 

À la mosquée Al-Aqsa, le nombre d’incursions ne suffit pas à mesurer l’ampleur des violations qui les ont accompagnées. Le ministère a constaté une intensification des prières publiques et des prosternations collectives connues sous le nom de «prosternation épique», ainsi que des incursions des forces d’occupation dans les environs de la salle de prière Al-Qibli et du Dôme du Rocher pendant les prêches du vendredi, accompagnées de restrictions visant les fidèles.

 

Le chiffre de 26 correspond au nombre d’incursions documentées par le ministère et non au nombre de colons qui y ont participé. Pour illustrer l’ampleur de la présence des colons sur une période plus longue, le gouvernorat de Jérusalem a recensé l’incursion de 27.830 colons dans la mosquée au cours du troisième trimestre de l’année, de juillet à fin septembre, parallèlement à l’extension des rites collectifs et à l’introduction d’objets de prière et de plantes rituelles, avec la participation de responsables sionistes et de dirigeants des groupes du «Temple».

 

Parallèlement, le gouvernorat a documenté l’émission de 73 décisions d’éloignement au cours des trois mêmes mois, dont 63 visant la mosquée Al-Aqsa. Cinquante de ces décisions ont été prises au seul mois de septembre. Les mesures ont visé des gardiens, des employés, des prédicateurs, des journalistes et des militants, illustrant l’extension des restrictions imposées à la présence palestinienne parallèlement à la période des fêtes juives.

 

Dans ce contexte, le ministère des Waqfs a mis en garde contre les revendications des groupes du «Temple» visant à ouvrir Al-Aqsa aux colons les samedis, estimant qu’elles cherchent à imposer une division temporelle et spatiale de la mosquée. Selon le ministère, le danger de ces revendications réside dans l’élargissement des horaires d’incursion et l’instauration de pratiques portant atteinte au statu quo de la mosquée, parallèlement aux restrictions imposées à l’accès des musulmans.

 

Les rites se sont également étendus au cimetière de Bab Al-Rahma, adjacent au mur oriental d’Al-Aqsa. Le ministère y a documenté des prières collectives et des soufflements dans le shofar au-dessus des tombes musulmanes, élargissant ainsi les atteintes aux environs de la mosquée et à ses sites relevant des waqfs.

 

 

La mosquée Ibrahimi… des restrictions qui s’accumulent

 

À Hébron, le bilan des interdictions de l’appel à la prière et des fermetures s’ajoute à une situation imposée par l’occupation depuis le massacre de la mosquée Ibrahimi en 1994. La fermeture de la mosquée pendant six jours en septembre s’inscrit ainsi dans un système de contrôle des horaires de culte et des espaces accessibles aux fidèles, et non dans une mesure isolée de son contexte historique.

 

Le ministère des Waqfs a indiqué que l’occupation continue également de fermer sa porte orientale et de couvrir ses fenêtres avec des barrières depuis le début de l’année 2025, parallèlement aux incursions répétées de ministres sionistes.

 

Les difficultés d’accès à la mosquée commencent avant même ses portes. En février 2025, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait déjà documenté des fermetures répétées et prolongées des points de contrôle menant à la mosquée, à la rue des Martyrs et à Tel Rumeida, affectant les déplacements de milliers de Palestiniens à Hébron.

 

 

Des atteintes qui dépassent les deux mosquées

 

Le bilan du ministère fait également état d’attaques contre d’autres mosquées en Cisjordanie, notamment l’incendie par des colons de la mosquée Imad al-Din Zanki à Nablus, accompagné d’inscriptions racistes sur ses murs, ainsi que l’incursion dans la nouvelle mosquée de Madama et le lancement de grenades lacrymogènes ayant provoqué des cas d’asphyxie. Une salle de prière d’Al-Douaïssat, dans la région d’Al-Jiftlik, dans le gouvernorat de Jéricho, a également été démolie.

 

Les faits rapportés dans le document révèlent plusieurs niveaux d’atteintes à la liberté de culte: de l’interdiction d’accès et de l’interruption de l’appel à la prière à l’intensification des incursions et des rites des colons, jusqu’aux attaques visant directement les bâtiments des mosquées. Entre Jérusalem, Hébron et les autres localités de Cisjordanie, ces mesures s’accumulent et restreignent la capacité des Palestiniens à accéder à leurs lieux saints et à y accomplir leurs rites.

 

 

Rédaction Centre Palestinien d'Informations -

06.10.26

Source: palinfo.com

7 octobre 2026

!! Génocide à Gaza: J 1096 !! En Cisjordanie, 1.750.000 dollars d’oliviers détruits en une seule semaine

 

 

 

L'agriculture palestinienne directement ciblée

 

 

Avec le début de la saison de la cueillette des olives, les agriculteurs palestiniens de Cisjordanie font face à des pertes qui frappent aussi bien les arbres, dont ils attendent les fruits que les terres auxquelles l’accès leur est interdit.

 

En l’espace d’une seule semaine, le ministère palestinien de l’Agriculture a documenté des attaques sionistes ayant causé au secteur agricole des pertes directes dépassant 1,75 million de dollars, le ciblage des oliviers représentant la majeure partie de ce montant.

 

Le ministère a précisé, dans un communiqué couvrant la période du 25 septembre au 1er octobre 2026, que ses équipes ont enregistré des pertes s’élevant à 1.751.224 dollars, réparties sur sept gouvernorats, dans un contexte d’escalade des agressions contre les terres et les ressources de production agricole.

 

Les dommages comprennent le déracinement, l’incendie et l'arrachage d’arbres, le vol de récoltes, la destruction d’installations agricoles et de ressources en eau, le nivellement de terres, l’interdiction d’accès aux agriculteurs, ainsi que le percement de routes coloniales, l’établissement et l’extension d’avant-postes de colonisation.

 

Les oliviers ont été les plus touchés: le ministère a documenté des dommages subis par 1.582 arbres (déracinés, coupés, ou brûlés), représentant des pertes directes d’environ 1.545.310 dollars, soit près de 88% du total des pertes agricoles enregistrées au cours de la semaine.

 

Ce pourcentage met en évidence le poids des attaques contre les oliviers dans le bilan des dégâts, alors même que les familles d’agriculteurs aspirent à récolter leur production. Le ciblage frappe simultanément les fruits et les arbres, menaçant la capacité des agriculteurs à exploiter leurs terres durant cette saison et au-delà.

 

Le ministère a également enregistré des dégâts affectant les vignes, les amandiers, le cheptel, les infrastructures agricoles, les sources d’eau, les équipements, les infrastructures de base et les cultures en plein champ.

 

Le gouvernorat de Jenin arrive en tête des pertes agricoles avec un montant de 1.050.250 dollars, soit environ 60% du total documenté dans les sept gouvernorats.

 

La diversité des dégâts montre que les attaques s’étendent aux différentes mailles de la chaîne de production: des arbres et récoltes jusqu’à l’eau, aux équipements, aux installations et à l’accès même à la terre. L’agriculteur se retrouve ainsi confronté à la perte de ses biens et de sa récolte, couplée à des obstacles qui entravent sa capacité à poursuivre son travail.

 

Le ministère de l’Agriculture a averti que ces attaques constituent un ciblage continu des piliers de la production, de la sécurité alimentaire et de la résilience des agriculteurs palestiniens.

 

 

Attaques sur le terrain et expansion coloniale

 

Selon le ministère, les données de la semaine révèlent que les agressions sionistes revêtent un caractère complexe combinant le ciblage direct sur le terrain, les mesures officielles et l’expansion coloniale.

 

Brièvement, ce chevauchement inscrit les dommages agricoles dans un contexte plus vaste que la simple détérioration d’une récolte ou la destruction d’une infrastructure: les attaques coïncident avec le nivellement des terres, le percement de routes, ainsi que la création et l’extension d’avant-postes coloniaux, en plus d’empêcher les propriétaires terriens d’accéder à leurs parcelles.

 

Ce bilan intervient alors que les attaques de colons extrémistes sionistes contre les agriculteurs s’intensifient durant la saison de la cueillette des olives, allant de l’agression des cueilleurs au vol des fruits, en passant par la coupe et l’incendie des arbres ou l’entrave à l’accès aux champs.

 

Le ministère a appelé la communauté internationale, les institutions de l’ONU et les organisations de défense des droits humains à assurer la protection des agriculteurs, de leurs terres et de leurs moyens de production, et à œuvrer pour stopper les agressions et l’expansion coloniale.

 

Malgré la gravité des pertes financières, le déracinement d’un olivier engendre un préjudice qui dépasse ces calculs: une saison perdue, une production compromise pour des années et un agriculteur dont les moyens de subsister sur sa terre se réduisent — une équation qui ne vise en fin de compte, que le déplacement et l’annexion.

 

 

Rédaction Centre Palestinien d’Information -

02.10.26

Source: palinfo.com

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