!! Génocide à Gaza: J 1066 !! Nouvelle interpellation citoyenne
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Madame, Monsieur,
depuis près de trois ans, la population palestinienne de Gaza est soumise à une destruction d’une ampleur historique. Des familles entières ont été tuées, des quartiers rasés, des hôpitaux détruits ou rendus inopérants, des infrastructures civiles anéanties et une population déplacée à répétition.
Aujourd’hui encore, la crise du logement et de l’hébergement est gigantesque: selon les dernières données de l’OCHA, près de 1,98 million de personnes — soit 94% de la population de Gaza — ont besoin d’une assistance en matière d’hébergement et de biens essentiels. Plus de la moitié de la population fait face à des besoins d’hébergement critiques ou catastrophiques.
Et pourtant, malgré cette réalité documentée, l’Union européenne et les gouvernements européens continuent de parler comme si nous étions face à une crise humanitaire parmi d’autres.
Nous ne sommes pas face à une catastrophe naturelle. Nous sommes face aux conséquences d’une politique de guerre, de déplacement forcé, de colonisation et de destruction d’une population civile.
Le problème n’est donc plus seulement ce que fait le gouvernement israélien.
Le problème est également ce que font — ou refusent de faire — les gouvernements européens qui disposent de leviers politiques, diplomatiques, économiques et juridiques considérables mais choisissent de ne pas les utiliser.
L’impunité n’est pas une absence de politique. L’impunité est une politique.
Les prisons et centres de détention israéliens doivent également faire l’objet d’une attention internationale beaucoup plus importante. Les témoignages et rapports concernant les mauvais traitements, les violences, les humiliations, les privations et les conditions de détention imposées aux prisonniers palestiniens sont suffisamment nombreux pour que cette question ne puisse plus être reléguée au second plan.
Il est particulièrement grave que ces violences soient aujourd’hui assumées ou encouragées par des responsables politiques israéliens de premier plan.
Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, est devenu l’une des figures centrales de cette radicalisation politique. Son discours et ses initiatives contre les prisonniers palestiniens, ainsi que ses positions en faveur d’une expulsion massive des Palestiniens de Gaza, ne relèvent plus d’une simple rhétorique marginale.
À l’approche des élections israéliennes du 27 octobre 2026, cette dynamique s’intensifie. Les forces d’extrême droite rivalisent pour aller toujours plus loin dans les propositions de déplacement de la population palestinienne. Reuters rapportait encore hier que Ben-Gvir et d’autres ministres proches de Netanyahu renouvelaient leurs appels à une «émigration volontaire» des Palestiniens de Gaza.
Mais comment peut-on encore parler de «volontariat» lorsque près de deux millions de personnes vivent dans des conditions où l’accès au logement, aux soins, à l’eau, à la nourriture et aux infrastructures essentielles est profondément dégradé?
Un déplacement organisé sous la contrainte de la destruction, de la faim, de la peur et de l’absence de conditions de vie dignes ne devient pas volontaire parce qu’un gouvernement lui donne ce qualificatif.
Il faut appeler les choses par leur nom. L’histoire européenne nous a appris ce que signifie transformer progressivement l’expulsion d'une population en projet politique acceptable. Et c’est précisément pour cette raison que nous refusons que l’Europe détourne les yeux.
Le gouvernement de Benjamin Netanyahu ne peut pas être traité comme un partenaire politique ordinaire alors que la Cour pénale internationale a délivré, le 21 novembre 2024, un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu, portant sur des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment le crime de famine comme méthode de guerre, le meurtre, la persécution et d’autres actes inhumains.
Ce mandat n’est pas une opinion militante. Ce n’est pas une résolution d’association. Ce n’est pas une déclaration de la société civile palestinienne. C’est une décision de la juridiction pénale internationale compétente. Dès lors, une question simple doit être posée aux responsables politiques belges et européens: Que signifie pour vous le droit international lorsqu’il concerne 'Israël'? Est-il universel ou existe-t-il une exception israélienne?
Car l’Union européenne ne peut pas prétendre défendre un «ordre international fondé sur des règles» tout en refusant d’appliquer ces mêmes règles lorsque leur mise en œuvre dérange ses alliances géopolitiques.
Il ne suffit pas de répéter que «la Belgique soutient le droit international». Il faut en tirer des conséquences politiques. Cela signifie notamment:
— suspendre les relations politiques et militaires qui contribuent à l’impunité du gouvernement israélien;
— mettre fin à toute coopération susceptible de contribuer directement ou indirectement aux violations du droit international;
— imposer des sanctions ciblées contre les responsables politiques et militaires impliqués dans les crimes internationaux;
— renforcer l’application effective des mandats et décisions de la Cour pénale internationale;
— mettre fin aux importations provenant d'Israël empêcher toute normalisation économique de la colonisation;
— soutenir concrètement les mécanismes internationaux d’enquête et de justice;
— garantir l’accès humanitaire sans entrave à Gaza;
— protéger les organisations humanitaires, les journalistes et les personnels médicaux;
— exiger la libération des prisonniers détenus arbitrairement et l’accès immédiat des mécanismes internationaux de contrôle aux lieux de détention;
— mettre fin à toute coopération européenne qui contribuerait au déplacement forcé de la population palestinienne;
— utiliser les instruments commerciaux dont disposent la Belgique et l’Union européenne plutôt que de continuer à produire des communiqués sans conséquences.
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Nous vous demandons également de regarder ce qui se déroule aujourd’hui sous vos yeux. Le gouvernement israélien ne cache plus certaines de ses intentions. Le ministre Itamar Ben-Gvir a récemment présenté un projet visant à organiser le départ massif des Palestiniens de Gaza, avec l’objectif affiché de faire partir 250.000 personnes durant la première année puis les deux millions d’habitants du territoire.
Parallèlement, les partis de l’extrême-droite israélienne se radicalisent à l’approche des élections. Les analyses récentes de la vie politique israélienne soulignent cette compétition entre formations d’extrême-droite et la normalisation croissante de discours ouvertement violents et racistes.
Alors nous vous posons des questions très simples:
Qu’attendez-vous encore?
Combien de morts supplémentaires?
Combien de familles déplacées?
Combien d’enfants privés d’école?
Combien d’hôpitaux détruits?
Combien de prisonniers torturés ou maltraités?
Combien de journalistes tués?
Combien de maisons détruites?
Combien de territoires annexés?
Combien de Palestiniens devront encore être poussés hors de leurs terres avant que l’UE considère que ses propres «lignes rouges» ont été franchies ?
Et surtout: combien de temps encore allez-vous demander au peuple palestinien d’attendre que le droit international soit enfin appliqué?
La question n’est plus de savoir si vous êtes «préoccupés». La question est de savoir ce que vous êtes prêts à faire. Parce que l’Europe dispose de moyens. Elle dispose d’un poids commercial considérable. Elle dispose de relations diplomatiques. Elle dispose d’instruments de sanctions. Elle dispose de mécanismes juridiques. Elle dispose d’un pouvoir politique.
Ce qui manque aujourd’hui n’est donc pas la capacité d’agir. Ce qui manque, c’est la volonté politique. Et cette absence de volonté a un coût humain. Elle a également un coût démocratique. Car lorsqu’un gouvernement européen affirme défendre les droits humains à Kyiv, à Téhéran, à Moscou ou ailleurs, mais adopte une prudence extrême lorsqu’il s’agit de Gaza, il produit un message extrêmement dangereux: celui selon lequel les principes européens seraient universels dans les discours mais sélectifs dans leur application.
Cette politique détruit progressivement la crédibilité même de l’idée de droit international. Elle nourrit également le racisme. Elle nourrit l’islamophobie. Elle nourrit le sentiment, chez des millions de personnes en Europe, que certaines vies sont considérées comme moins dignes de protection que d’autres. Et elle nourrit la défiance envers les institutions démocratiques.
Nous refusons cette hiérarchie des vies. Une vie palestinienne vaut une vie israélienne. Un enfant palestinien vaut un enfant européen. Une famille palestinienne a droit à la sécurité, à la dignité, au logement, à la santé et à la liberté comme n’importe quelle autre famille.
C’est précisément parce que nous refusons l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de domination que nous refusons également qu’une politique de colonisation, d’occupation et de déplacement des Palestiniens soit justifiée au nom de la sécurité ou de la lutte contre l’antisémitisme.
La lutte contre l’antisémitisme ne peut pas devenir un instrument permettant de neutraliser toute critique du gouvernement israélien. Et la condamnation de l’antisémitisme ne peut certainement pas servir à protéger un État contre l’application du droit international.
Nous demandons donc aux élus belges et européens de sortir immédiatement de la diplomatie des formules. Nous vous demandons des actes. Nous vous demandons de prendre publiquement position en faveur de mesures contraignantes. Nous vous demandons de conditionner les relations avec 'Israël' au respect du droit international. Nous vous demandons de soutenir sans ambiguïté les mécanismes judiciaires internationaux. Nous vous demandons de protéger les Palestiniens plutôt que l’impunité de leurs bourreaux. Nous vous demandons enfin de répondre publiquement à une question que l’histoire finira nécessairement par poser:
lorsque vous saviez ce qui se passait, lorsque vous disposiez des moyens d’agir, lorsque les juridictions internationales avaient déjà établi leurs propres procédures, lorsque les organisations humanitaires documentaient jour après jour l’ampleur de la catastrophe — qu’avez-vous fait?
Nous ne voulons plus de condamnations sans sanctions.
Nous ne voulons plus de « préoccupations » sans mesures.
Nous ne voulons plus de discours sur les droits humains sans application universelle du droit.
Nous voulons une politique étrangère belge et européenne cohérente, indépendante, anticoloniale et fondée sur l’égalité des vies humaines.
Le peuple palestinien n’a pas besoin de votre compassion.
Il a besoin de justice.
Et la justice ne se proclame pas.
Elle s’applique.
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