FREE PALESTINE
13 juillet 2026

!! Génocide à Gaza: J 1010 !! Gaza, un territoire d’enfermement & de mort: Monsieur le Ministre, l’Histoire vous regarde

 

 

 

À l’attention de Monsieur Maxime Prévot
Vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères

 

Monsieur le Ministre,

 

Depuis des mois, les rapports des organisations humanitaires, les enquêtes journalistiques internationales et les alertes répétées des agences des Nations unies décrivent une réalité qui dépasse largement une simple crise humanitaire ou une opération militaire.

 

Ils décrivent Gaza comme un territoire enfermé, où une population civile entière est concentrée sur un espace réduit, déplacée de force, privée d’un accès normal à l’eau, à la nourriture, aux soins, à l’éducation et aux conditions minimales d’une existence humaine digne.

 

Gaza est devenue, aux yeux de nombreux observateurs, le symbole d’un enfermement humain majeur du XXIᵉ siècle : une population de plus de deux millions de personnes prise au piège dans un territoire où les déplacements, les ressources essentielles et les conditions de survie sont profondément contrôlés. Chaque jour supplémentaire de génocide transforme davantage un lieu de vie en espace de survie.

 

Comment ne pas interroger la réalité d’une population concentrée dans un espace toujours plus réduit, soumise à des déplacements successifs, à la destruction massive des infrastructures civiles et à la privation des besoins fondamentaux ? Comment ne pas voir les mécanismes d’une politique de déshumanisation lorsque tout un peuple est progressivement réduit à une question humanitaire plutôt qu’à une réalité humaine et politique?

 

Monsieur le Ministre, Gaza ne peut pas devenir le lieu où notre conscience collective accepte l’inacceptable.

 

Lorsque des enfants, des familles, des personnes âgées, des malades, des médecins et des journalistes vivent enfermés dans un territoire où les moyens élémentaires de survivre disparaissent, la communauté internationale ne peut pas se contenter de compter les victimes et de publier des déclarations de préoccupation.

 

La question qui se pose aujourd’hui est fondamentale : comment qualifier une situation où une population entière est maintenue dans un espace fermé, soumise aux bombardements, aux déplacements répétés, à la destruction de son environnement de vie et à une crise humanitaire permanente?

 

Le vocabulaire de l’Histoire revient parce que certaines réalités rappellent des mécanismes que l’humanité avait juré de ne plus jamais accepter : l’enfermement d’une population, sa réduction à une existence de survie, la négation progressive de son humanité et l’idée qu’un peuple puisse être traité comme un problème collectif.

 

Monsieur le Ministre, la mémoire européenne impose une responsabilité particulière. Après les tragédies du XXᵉ siècle, après les crimes de masse et les persécutions qui ont marqué l’histoire de notre continent, une promesse avait été formulée : plus jamais la déshumanisation d’un peuple.

 

Cette promesse ne peut pas être sélective.

 

La dignité humaine n’a pas de nationalité. Les vies palestiniennes ne valent pas moins que les autres vies. Le droit international ne peut pas dépendre de rapports de force politiques.

 

La mémoire n’a de sens que lorsqu’elle devient une exigence universelle de protection des êtres humains.

 

Monsieur le Ministre, votre responsabilité n’est pas seulement diplomatique. Elle est morale et historique.

 

Ne laissez pas la Belgique être associée à ceux qui auront regardé Gaza devenir un territoire d’enfermement, de destruction et de désespoir sans utiliser tous les moyens diplomatiques dont ils disposaient pour agir.

 

Après les crimes du XXᵉ siècle, après les crimes contre l’humanité commis par le régime nazi, après le génocide des Juifs d’Europe organisé par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs avec l’objectif d’exterminer les juif d’Europe, après les persécutions, déportations et politiques d’anéantissement visant d’autres populations ( les Juifs, mais aussi les Roms et Sintis, les personnes handicapées victimes de l’Aktion T4, les prisonniers de guerre soviétiques, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels, les Témoins de Jéhovah et d’autres groupes persécutés )  considérées comme indésirables, l’humanité avait tiré une leçon essentielle : aucun peuple ne doit être réduit à une menace collective, aucun être humain ne doit être privé de sa dignité.

 

Aujourd’hui, la dignité humaine ne peut pas être à géométrie variable.

 

Monsieur le Ministre, nous vous demandons de choisir le camp du droit, le camp de l’humanité, le camp de celles et ceux qui refusent que la souffrance du peuple palestinien soit devenue une simple statistique diplomatique.

 

Soyez du côté de celles et ceux qui refusent l’inacceptable.
Soyez du côté de la justice.
Soyez du côté de la Palestine qui demande simplement que son peuple puisse vivre librement et dignement.

 

Ne permettez pas que la Belgique soit associée aux puissances qui auront accompagné, toléré ou minimisé les crimes du XXIᵉ siècle.

 

L’Histoire ne demande pas aux responsables politiques d’être spectateurs. Elle leur demande d’agir.

 

Ne laissez pas les générations futures demander pourquoi les dirigeants européens avaient les informations, les témoignages et les moyens diplomatiques d’agir, mais n’ont pas eu la volonté politique de mettre fin à un génocide.

 

Le peuple palestinien de Gaza n’est pas une abstraction diplomatique. Ce sont des femmes, des hommes, des enfants, des personnes âgées, des familles entières, des soignants, des journalistes et des civils qui vivent sous les bombes, dans le déplacement forcé et dans une situation d’effondrement humain.

 

Monsieur le Ministre, il existe un moment où la prudence diplomatique devient une forme d’inaction face à l’inacceptable.

 

L’Histoire nous enseigne que les grandes tragédies ne commencent pas uniquement par les actes de ceux qui commettent les crimes, mais aussi par le silence, l’indifférence ou les calculs politiques de ceux qui auraient pu agir.

 

Aujourd’hui, vous pouvez agir.

 

Nous vous demandons :

  • d’exiger un cessez-le-feu immédiat et permanent;
  • de défendre un accès humanitaire total et sans restriction;
  • de soutenir les mécanismes internationaux d’enquête et de justice;
  • d’utiliser tous les moyens diplomatiques belges et européens pour protéger la population civile palestinienne;
  • de faire respecter le droit international humanitaire sans exception.

 

Monsieur le Ministre,

 

l’Histoire ne retiendra pas seulement ceux qui auront commis les crimes. Elle retiendra aussi ceux qui avaient le pouvoir d’agir et qui ont choisi l’attente.

 

Ne soyez pas du côté de ceux qui expliqueront demain qu’ils ne savaient pas.

 

Soyez du côté de la vie.
Soyez du côté du droit.
Soyez du côté de l’humanité.

 

Car une question restera posée aux responsables politiques de notre époque :

 

Que ferez-vous lorsque l’Histoire vous demandera ce que vous avez fait pendant que Gaza était transformée en un symbole mondial d’enfermement, de souffrance et de destruction humaine?

 

Monsieur le Ministre, il ne vous est pas demandé de choisir une communauté contre une autre. Il vous est demandé de choisir la vie contre la destruction, le droit contre l’impunité, l’humanité contre la déshumanisation.

 

Soyez du côté des victimes. Soyez du côté du droit. Soyez du côté de la justice.

 

Ne laissez pas votre nom être associé à ceux qui auront vu un peuple souffrir et qui auront préféré détourner les yeux.

 

Car au-delà des gouvernements et des mandats politiques, une question restera:

 

Qu’avez-vous fait lorsque Gaza était transformée en un lieu de mort et que vous aviez encore le pouvoir d’agir?

 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre profonde détermination.

 

 

Nordine Saïdi -
09.07.26
 
Commentaires
Derniers commentaires
Recevez nos infos gratuites
Archives