!! Génocide à Gaza: J 1014 !! La France doit respecter les droits humains: arrêt de la procédure d’expulsion contre Ramy Shaath
Monsieur Emmanuel Macron
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris, France
Ambassade de la République française
Rue Ducale 65
1000 Bruxelles
Monsieur le Président de la République,
je vous écris pour dénoncer avec la plus grande fermeté la procédure d'expulsion engagée contre Ramy Shaath, militant palestinien et défenseur des droits humains, au prétexte qu'il représenterait une «menace grave pour l'ordre public».
Cette décision n'est pas seulement injuste. Elle s'inscrit dans une dérive politique inquiétante où la France, qui prétend être la patrie des droits de l'Homme, semble désormais considérer que défendre le peuple palestinien ou dénoncer les crimes commis contre lui constitue une menace.
Depuis près de trois ans, le monde assiste à la destruction de Gaza, aux bombardements massifs contre des civils, à la famine organisée, aux déplacements forcés et aux violations répétées du droit international. Face à cette catastrophe, votre gouvernement n'a cessé de faire preuve d'une indulgence politique et diplomatique envers 'Israël'. Alors que des rapporteurs des Nations unies, la Cour internationale de Justice et de nombreuses organisations internationales alertent sur des crimes internationaux d'une gravité exceptionnelle, la France continue d'entretenir une coopération politique, économique et militaire avec l'État israélien.
Dans ce contexte, voir aujourd'hui un militant palestinien menacé d'expulsion pour ses prises de position est profondément préoccupant. Ce qui semble être sanctionné, ce n'est pas un quelconque trouble à l'ordre public, mais l'expression d'une solidarité avec un peuple soumis à une occupation militaire, à la colonisation et à une violence systémique depuis des décennies.
Ramy Shaath a déjà été emprisonné arbitrairement en Égypte en raison de son engagement politique. Après cette épreuve, il a reconstruit sa vie en France auprès de son épouse française et de leur jeune enfant. Lui imposer une nouvelle séparation constituerait une violence supplémentaire et une atteinte grave à son droit à une vie familiale.
Il est d'ailleurs significatif que la commission départementale d'expulsion des étrangers des Hauts-de-Seine ait estimé que les éléments retenus contre lui ne permettent pas de caractériser une menace pour l'ordre public. En l'absence de condamnation pénale ou d'abus manifeste de la liberté d'expression, cette procédure apparaît avant tout comme une sanction politique.
Au-delà du cas de Ramy Shaath, cette affaire interroge l'état des libertés publiques en France. Depuis des mois, les interdictions de manifestations, la dissolution d'organisations, les poursuites contre des militants, les intimidations visant des universitaires, des journalistes ou des associations solidaires de la Palestine donnent le sentiment qu'une opinion politique devient progressivement suspecte lorsqu'elle remet en cause la politique de l'État d''Israël' ou la passivité des gouvernements occidentaux.
Une démocratie ne se mesure pas à la protection des discours consensuels. Elle se mesure à sa capacité à garantir les droits fondamentaux de celles et ceux qui contestent l'ordre établi, dénoncent les injustices et défendent le droit international.
L'expulsion de Ramy Shaath serait contraire aux engagements internationaux de la France, notamment au principe de non-refoulement et au droit au respect de la vie familiale. Elle constituerait également un signal politique extrêmement grave: celui d'un État qui, au lieu de protéger les défenseurs des droits humains, choisit de les criminaliser lorsque leur combat concerne la Palestine.
Je vous demande de mettre immédiatement fin à cette procédure d'expulsion et de garantir à Ramy Shaath le droit de vivre en France avec sa famille, en sécurité et dans la dignité.
L'Histoire jugera les États non pas sur leurs discours, mais sur leurs actes. Elle retiendra aussi celles et ceux qui auront choisi de faire taire les voix qui dénonçaient l'injustice au moment où celle-ci se déroulait sous les yeux du monde.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma considération distinguée.