29 juillet 2009
L’Europe, Israël et les droits des Palestiniens

L’Europe, Israël et les droits des Palestiniens
Quel est l’impact de la relation entre l’Union européenne et Israël sur le respect des droits de l’Homme en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés ?
En 2000 est entré en vigueur l’accord d’association [1] entre l’Union européenne (UE) et Israël. Il pose comme condition essentielle le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques (article 2). Pourtant, depuis lors, la situation n’a cessé de se dégrader dans les Territoires palestiniens occupés et Israël continue à violer les droits de la minorité palestinienne (20% de la population israélienne) sur son propre territoire. Ce constat met en doute l’impact de cet accord sur l’amélioration des droits de l’Homme dans la région.
Cinq ans plus tard, l’UE a signé un plan d’action avec Israël dans le cadre de sa Politique européenne de voisinage (PEV). L’une de ses priorités est de renforcer le dialogue politique et la coopération, basés sur des valeurs communes dont les droits de l’Homme. Mais la PEV ne semble pas non plus avoir encouragé Israël à un plus grand respect de ses engagements. Cela se reflète entre autres dans le bilan que dresse dans ses rapports successifs la Commission européenne sur les progrès d’Israël en matière de respect des droits de l’Homme [2].
Un écart entre les déclarations et les actions
Comment expliquer le manque d’impact de ces politiques européennes alors que la promotion des droits de l’Homme est censée être l’un de leurs objectifs ? Un élément de réponse se trouve dans l’écart croissant entre les déclarations de l’UE et ses actions. Bien qu’elle ait condamné à maintes reprises les violations israéliennes des droits de l’Homme et du droit international humanitaire (DIH), par les voies du dialogue politique, des déclarations publiques ou des démarches confidentielles, l’Union n’a jamais fait usage ni de sanctions ni de conditionnalité positive [3].
En effet, l’UE n’a jamais envisagé une suspension totale voire partielle de l’accord d’association, même si son article 79 autorise l’une des parties à prendre les mesures appropriées si elle considère que l’autre partie n’a pas satisfait à une obligation découlant de ce même accord. Israël n’est d’ailleurs pas une exception ; l’UE s’est également montrée réticente à user de cette « clause de non-exécution » pour sanctionner les violations commises par d’autres États de la Méditerranée.
Israël viole également le champ territorial de l’accord (article 83) ainsi que le principe de la règle d’origine (protocole 4), en faisant bénéficier, illégalement, les produits des colonies, installées dans les territoires occupés, des préférences commerciales octroyées par l’accord d’association ou encore en permettant la participation d’entités basées dans les colonies à des programmes communautaires, tel que le programme–cadre de recherche.
De plus, et toujours dans le cadre de l’accord et de la PEV, l’UE n’a pas conditionné au respect des droits de l’Homme les avantages accordés à l’État d’Israël, comme la participation à des programmes communautaires et des agences de l’UE.
Un rehaussement des relations très contesté
En juin 2008, l’UE a décidé d’intensifier ses relations avec Israël. Malgré l’appel de nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme et humanitaires de conditionner le rehaussement des relations au respect par Israël de ses obligations en matière de droit international, les 27 États membres n’ont introduit qu’un vague lien entre ce rehaussement et le processus de paix [4].
Le rehaussement des relations s’inscrit dans le cadre de la PEV et est par conséquent ouvert à tous les partenaires méditerranéens. Il permettra à l’UE et à Israël de renforcer leur dialogue politique à travers la tenue de trois réunions ministérielles par an, la participation ad hoc d’Israël à certains groupes de travail du Conseil de l’UE et la création d’un sous-comité sur les droits de l’Homme. Il permettra également de renforcer et diversifier leur coopération technique par la participation, entre autres, d’Israël à davantage de programmes communautaires et d’agences de l’UE dans des domaines aussi divers que l’économie, l’environnement, la justice et la lutte contre le terrorisme et d’avancer vers une plus grande intégration d’Israël au marché unique européen.
En décembre 2008, malgré la poursuite du blocus israélien de la bande de Gaza, considéré comme une punition collective illégale selon le droit international, et l’indifférence d’Israël face aux appels répétés de l’UE de geler la colonisation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, l’UE a réaffirmé sa volonté de rehausser ses relations avec Israël.
L’offensive israélienne (en décembre 2008 et janvier 2009) a fait plus de 1 400 victimes palestiniennes, dont la majorité étaient des civils – dont 313 enfants et 116 femmes [5] – et plus de 3 000 maisons ainsi que plusieurs bâtiments publics, écoles et hôpitaux ont été détruits. Après l’offensive, Israël a maintenu le blocus de la bande de Gaza et refusé de mener une enquête indépendante et impartiale et d’autoriser la Commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies d’accéder à son territoire. L’UE a pourtant toujours refusé de déclarer publiquement la suspension du rehaussement de ses relations avec Israël et d’imposer des conditions claires en matière de respects des droits de l’Homme et du DIH pour son maintien. Seul un gel technique a été décidé d’un commun accord entre Israël et la Commission européenne lors de l’offensive. Mais, moins de dix jours après les cessez-le-feu unilatéraux, le vice-président de la Commission européenne s’est rendu en Israël pour discuter de sa participation accrue à des programmes spatiaux européens.
Nombreux sont les Palestiniens et les ONG internationales qui considèrent cette intensification des relations comme une récompense des Européens aux Israéliens. Le 15 juin prochain, lors de la réunion du Conseil d’association UE-Israël, les États membres devront adopter une position publique quant à la poursuite ou non du rehaussement et les conditions liées à celui-ci.
La politique déclaratoire européenne s’est donc clairement avérée inefficace sur le terrain. C’est pourquoi, il est primordial que l’UE utilise les leviers de pression à sa disposition pour engager Israël au respect des droits de l’Homme. L’UE devrait entre autres conditionner le rehaussement de ses relations avec Israël à l’ouverture complète des points de passage de la bande de Gaza pour les personnes et les produits humanitaires et commerciaux et au respect de ses obligations du DIH dans les Territoires palestiniens occupés. Israël devrait en particulier mettre un terme à la destruction des maisons, démanteler les colonies et lever les restrictions à la liberté de mouvement. L’UE devrait également inclure des clauses de sauvegarde dans tous les accords qu’elle signe avec Israël, excluant explicitement les colonies israéliennes de la coopération UE-Israël.
Il n’est pas uniquement question ici des obligations morales de l’UE ou de ses engagements pris dans le cadre de l’accord d’association UE-Israël ou de la PEV, mais de ses obligations légales selon le droit communautaire [6] et le droit international [7]. L’UE devrait également prendre en compte l’impact régional de sa politique à l’égard d’Israël. En effet, tous les pays méditerranéens, sauf le Liban, ont demandé un rehaussement de leur relation avec l’UE. La place que l’UE donnera aux droits de l’Homme dans le rehaussement de ses relations avec Israël n’aura pas seulement un impact sur le conflit israélo-palestinien, mais aussi sur la crédibilité de l’UE en tant qu’acteur de promotion des droits de l’Homme dans la région, et de sa politique de voisinage.
Nathalie Stanus
Cet article sera publié dans le 12e numéro des ’Cahiers de la coopération internationale’, en juillet 2009. L’intégralité de ce cahier sera téléchargeable en PDF sur www.cncd.be/cci.
Photo de l’article : [1] © Alexandre Seron 2007 [2] Carte Wikimedia Commons, sous licence Creative Commons (CC) [3] Humbleslave 2006, sous licence Creative Commons (CC)[4] CC Anitasarkeesian 2009, sous licence Creative Commons (CC).
Notes
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[1] Un accord d’association est un accord conclu entre l’Union européenne et un pays ou un groupe de pays tiers pour organiser les modalités de coopération dans les domaines politiques, économiques, culturels et sociaux.
[2] Pour les rapports couvrant l’année 2007 et 2008, voir http://ec.europa.eu/world/enp/docum...
[3] La conditionnalité positive peut être définie comme la promesse d’accorder des bénéfices à un Etat qui satisfait les conditions requises, notamment de respect des droits de l’Homme.
[4] Déclaration de l’UE à la huitième réunion du Conseil d’association UE-Israël, Luxembourg, 16 juin 2008.
[5] Communiqué de presse du PCHR ‘Confirmed figures reveal the true extent of the destruction inflicted upon the Gaza Strip’, 12 mars 2009, www.pchrgaza.org
[6] L’article 181a du Traité instituant la Communauté européenne stipule que la coopération économique, financière et technique de la Communauté européenne avec un Etats tiers doit « contribuer à l’objectif général du développement et de la consolidation de la démocratie et de l’État de droit, ainsi qu’à l’objectif du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».
[7] Les États membres de l’UE sont parties aux Conventions de Genève. Sous le droit international coutumier, tous les États ont l’obligation de ne pas reconnaître comme licite une situation créée par une violation grave du droit international, ni de prêter aide ou assistance au maintien de cette situation. Ce principe a été confirmé dans l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la construction du Mur dans les TPO du 9 juillet 2004.
Contact
Nathalie Stanus
Coordinatrice du groupe de travail Palestine, Israël et Palestiniens du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH).
nst euromedrights.net
http://www.cncd.be/spip.php?page=imprimer&id_article=669
Voir aussi un historique des relations entre l’UE et Israël sur le site de l’Institut Européen de Recherche sur la Coopération Méditerranéenne et Euro-Arabe.
26 juillet 2009
Atermoiements de l’Union européenne face à Israël

Atermoiements de l’Union européenne face à Israël
Par Isabelle Avran
Journaliste
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-06-25-UE-Israel
(1) Communication de la commission au Parlement européen et au Conseil, « Mise en œuvre de la politique européenne de voisinage en 2008 », Bruxelles, 23 avril 2009, COM (2009) 188.
(2) Nom de l’opération menée par l’armée israélienne en décembre 2008 - janvier 2009.
(3) Cité par l’Agence France-Presse (AFP), 27 avril 2009.
(4) AFP, 24 avril 2009.
(5) Cette citation et celle de M. Bildt sont reprises par l’AFP, 27 avril 2009.
(6) Conseil d’association entre l’Union européenne et Israël, « EU statement. Eighth meeting of the UE-Israel association council », Luxembourg, 16 juin 2008.
(7) Il s’agit en fait d’une demande du groupe GUE-GVN tendant à reporter à une date ultérieure le vote sur le rapport De Keyser sur la participation de l’Etat d’Israël aux programmes communautaires (A6-0436/2008) (point 9 du PDOJ) ainsi que le vote sur les propositions de résolution déposées en clôture du débat sur le même sujet (point 10 du PDOJ, cf. Journal officiel de l’Union européenne).
(8) Voir le débat intégral sur le site du Parlement européen.
(9) « Council conclusions strengthening of the EU bilateral relations with its Mediterranean partners — upgrade with Israel ».
(10) Cf. European Neighbourhood Policy. Israël. Mémo/09/185, Bruxelles, 23 avril 2009. Voir la communication de la Commission au Parlement et au conseil d’application de la politique européenne de voisinage en 2008 (23 avril 2009) et le rapport concernant Israël.
(11) Council of the European Union, Luxembourg, 15 juin 2009, 11057/09 ; et Annex I, ninth Meeting of the EU-Israel Association Council (PDF) (Luxembourg, 15 juin 2009), Statement of the European Union.
(13) « Proposition de résolution européenne sur les relations entre l’Union européenne et l’Etat d’Israël », présentée par Mme Nathalie Goulet, sénateur », enregistrée à la présidence du Sénat le 23 avril 2009.
Fin avril, à Luxembourg, le conseil des affaires générales et relations extérieures de l’Union européenne (UE) a préféré attendre avant de renforcer les relations de l’Europe avec Israël. Décidée durant la présidence française de l’Union européenne le 8 décembre 2008, la mise en chantier de ce « rehaussement » a été de facto interrompue à l’issue de l’offensive meurtrière israélienne contre la bande de Gaza de décembre et janvier derniers. De nouveau, le 15 juin 2009, le conseil – en marge duquel se tenait la neuvième session du conseil d’association entre l’UE et Israël- a réaffirmé cette orientation. Ce choix marque-t-il seulement une pause conjoncturelle dans l’approfondissement des relations entre Bruxelles et Tel-Aviv, ou esquisse-t-il un réel tournant de la politique européenne au Proche-Orient ?
Déjà, dans une communication au Parlement européen et au Conseil le 23 avril 2009, trois mois après la fin de l’assaut israélien et quelques semaines après l’investiture du gouvernement de M. Benyamin Netanyahou, l’un des plus marqués à l’extrême droite de l’histoire d’Israël, la Commission européenne, pourtant activement engagée dans le rapprochement euro-israélien, notait : « Tout réexamen des relations bilatérales UE-Israël, notamment dans le cadre du plan d’action de la PEV [politique européenne de voisinage], doit tenir compte de la persistance du conflit israélo-arabe et de l’ensemble des développements politiques au Proche-Orient. La poursuite, voire l’extension accélérée des colonies de peuplement en 2008 ont eu une incidence négative tant sur le processus de paix que sur la liberté de circulation des Palestiniens et l’économie palestinienne. Cette situation a encore été aggravée par l’absence de progrès sur plusieurs engagements souscrits dans le cadre du plan d’action, comme la facilitation des échanges commerciaux palestiniens (1). » Et le rapport de citer également l’aggravation de la situation de la population palestinienne, « déjà en situation de paupérisation avant l’offensive militaire en raison du blocus complet de la bande de Gaza », et un contexte politique envenimé du fait de l’opération « Plomb durci (2) ».
Cette position d’attente suscite cependant des réticences. La République tchèque, qui a exercé la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’au 30 juin, ne faisait guère mystère de sa volonté d’accroître les relations et les échanges des Vingt-Sept avec Israël. Le premier ministre tchèque (démissionnaire) Mirek Topolánek affirmait, dans un entretien accordé le 26 avril au quotidien israélien Haaretz, que « le processus de paix ne doit pas être lié aux relations entre l’UE et Israël (3) ».
Il réagissait aux propos de la commissaire européenne aux relations extérieures, Mme Benita Ferrero-Waldner, qui avait déclaré : « Nous pensons que de bonnes relations avec Israël sont essentielles (...) mais nous ne pensons cependant pas que le moment soit venu pour aller au-delà du niveau actuel des relations. (...) Nous attendons un engagement clair de la part du nouveau gouvernement israélien sur la poursuite des négociations avec les Palestiniens. (...) Nous attendons un arrêt de toutes les actions qui sapent notre objectif d’une solution à deux Etats (4). »
Toutefois, les ministres européens des affaires étrangères, réunis le 27 avril, n’ont pas suivi la présidence tchèque. Alors que Stockholm s’apprêtait à assurer la présidence de l’Union, le chef de la diplomatie suédoise, M. Carl Bildt, précisait que l’approfondissement des relations avec Tel-Aviv n’était qu’une « option ». Quant à M. Bruno Le Maire, alors secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, il considère qu’il est « dans l’intérêt de l’UE de développer ses relations avec Israël », mais admettait que le « bon sens » oblige l’Europe à « attendre la fin de l’examen politique [israélien] et les grandes lignes politiques qui sortiront de cet examen avant de prendre une quelconque décision nouvelle (5) ».
Tel-Aviv ne s’y est pas trompé, qui a immédiatement réagi, menaçant l’Union européenne de la tenir à l’écart du processus de paix. Les dirigeants israéliens rejettent toute pression sur leur politique, pression qui pourrait aboutir à la mise en cause des conditions économiques particulièrement avantageuses dont Israël bénéficie dans ses relations avec son principal partenaire commercial.
Israël est à l’origine de la demande d’approfondissement, en 2007. Le 16 juin 2008, le huitième conseil d’association entre l’UE et Israël lui a répondu favorablement. Suscitant une vive critique de M. Francis Wurtz, alors président du groupe de la Gauche unitaire européenne - Gauche verte nordique (GUE-GVN) du Parlement européen, tant sur le fond que sur la méthode et l’absence de transparence de ce processus. Le texte du conseil, qui précise que les intérêts et objectifs communs des parties incluent « notamment la résolution du conflit israélo-palestinien par la mise en œuvre de la solution à deux Etats (6) », prévoit le renforcement des relations politiques, stratégiques, de sécurité et de défense, économiques, commerciales, scientifiques et technologiques...
Six mois plus tard, le 3 décembre 2008, les parlementaires européens tirent la sonnette d’alarme. Appelé à se prononcer pour « avis conforme » sur la participation renforcée d’Israël aux programmes et agences communautaires, le Parlement décide de reporter sa décision, sur proposition du groupe GUE-GVN soutenu par les Verts -Alliance libre européenne (ALE) (7). Mme Véronique De Keyser (PS, Belge), l’explique « essentiellement (...) parce que la situation à Gaza est devenue insoutenable (8) ». Elle précise : « Nous tendons la main à Israël mais nous ne renoncerons pas au socle des valeurs sur lesquelles est bâtie l’Union européenne. La balle est aujourd’hui dans le camp d’Israël. » M. Jean-Pierre Jouyet, , alors secrétaire d’Etat français chargé des affaires européennes, défend le projet de rehaussement des relations bilatérales : le conseil fait le pari, explique-t-il, que le renforcement permettrait de mieux faire passer auprès d’Israël les messages de l’Union européenne — une idée que l’expérience dément depuis des années.
Le conseil des affaires étrangères et des affaires générales néglige les préoccupations des parlementaires. Le 8 décembre, alors que la France assure la présidence de l’UE, M. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères, emporte la décision de ses partenaires européens : le conseil se dit déterminé à renforcer ses relations avec Israël, dès avril 2009. En dépit pourtant des graves violations par Tel-Aviv du droit humanitaire, singulièrement dans la bande de Gaza, et des engagements pris un an plus tôt à Annapolis.
Pour le conseil, cette coopération doit être « fondée sur les valeurs communes des deux parties, et en particulier sur la démocratie, le respect pour les droits humains, l’état de droit et les libertés fondamentales, la bonne gouvernance et le droit humanitaire international (9) ». Il rappelle la nécessité d’une solution « basée sur la coexistence de deux Etats ». L’annexe des conclusions du conseil définit des lignes directrices pour renforcer les structures de dialogue politique avec Israël. Des réunions au plus haut niveau sont prévues ou envisagées, entre chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union et d’Israël ou entre ministres des affaires étrangères ; sont également planifiées des consultations informelles sur les questions stratégiques, l’invitation de responsables du ministère des affaires étrangères israélien à des réunions sur la politique de sécurité de l’UE ainsi qu’aux comités intervenant sur le processus de paix, la lutte contre le terrorisme, les droits humains. Une coopération devrait se développer aussi en matière de défense et de sécurité.
Le texte engage également à intensifier le dialogue interparlementaire. Qui plus est, les Etats membres concernés de l’UE examineront la possibilité d’une participation israélienne plus importante au groupe des Etats d’Europe occidentale et autres (Western European and Other Groups, WEOG) dans le cadre des Nations unies.
Certes, ce rehaussement des relations bilatérales a été de facto gelé, fin avril 2009. Mais cela n’empêche pas une coopération étroite de se poursuivre, tant sur le plan économique et commercial qu’aux niveaux politique et même stratégique ; en témoignent l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, issu du processus de Barcelone de 1995 et entré en vigueur en 2000, ou le « plan d’action » adopté en avril 2005 (dans le cadre de la politique européenne de voisinage) pour une période de trois ans et qui été reconduit. Il s’accompagne d’une coopération institutionnelle. Les liens privilégiés concernent nombre de domaines (10) : marché des produits agricoles et de la pêche, transport aérien, compétitivité et innovation... La coopération dans la « lutte contre le terrorisme » a également continué à progresser.
Lors de sa réunion du 15 Juin 2009, le conseil des affaires générales et relations extérieures de l’Union européenne précise l’orientation de sa politique au Proche-Orient, singulièrement vis-à-vis du conflit israélo-palestinien (11).
C’est ainsi que l’Union européenne (12) dit rester attachée « à un règlement global du conflit arabo-israélien, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, des termes de référence de la conférence de Madrid, y compris la terre contre la paix, la feuille de route, les accords précédemment conclus par les parties et l’Initiative de paix arabe. » Le Conseil réaffirme son attachement « à la solution des deux Etats avec un Etat palestinien indépendant, démocratique, continu et viable, comprenant la Cisjordanie et la bande de Gaza, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec l’État d’Israël » et confirme son opinion selon laquelle « cela constitue un intérêt européen fondamental » et « une étape urgente et indispensable vers un Moyen-Orient plus stable et plus pacifique. »
Dans ce contexte, se félicitant de l’engagement de l’administration américaine « à encourager résolument une solution à deux États et une paix globale au Moyen-Orient », l’Union confirme également sa disponibilité à travailler « avec les États-Unis et autres membres du Quartette pour atteindre cet objectif » et se dit « prête à contribuer de manière substantielle aux dispositions post-conflit qui viseront à assurer la viabilité des accords de paix », incluant ses dimensions régionales économiques et de sécurité. Aussi le conseil fait-il part de ses préoccupations concernant, notamment, la colonisation des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, et la situation de la bande de Gaza pour laquelle elle demande entre autres la réouverture sans condition des points de passage pour l’aide humanitaire, les marchandises et les personnes, ainsi que l’arrêt de toutes les formes de violence.
Pour autant, appelant le gouvernement d’Israël à s’engager de manière non équivoque dans la solution des deux Etats, l’Union européenne se félicite de l’annonce faite par le premier ministre israélien, M. Benyamin Netanyahou, au sujet de son engagement possible dans un processus de paix qui comprendrait l’établissement d’un Etat palestinien. Ce qu’elle considère comme une première étape, en dépit du refus du gouvernement israélien de cesser la colonisation et de reconnaître la nécessité d’une solution fondée sur le droit international, qu’il s’agisse des frontières, de Jérusalem-Est, des réfugiés palestiniens ou de la souveraineté d’un hypothétique Etat palestinien.
Le Conseil d’association le précise : organisé peu après la formation du nouveau gouvernement israélien, il « confirme la grande importance que l’Union européenne attache à ses relations avec Israël et sa disponibilité à continuer le renforcement de [notre] partenariat bilatéral ». Il souligne de nouveau que celui-ci « doit être fondé sur les valeurs communes aux deux parties, et notamment sur la démocratie et le respect des droits humains, la primauté du droit (rule of law) et des libertés fondamentales, la bonne gouvernance et le droit international humanitaire. » En jeu, donc : « la résolution du conflit israélo-palestinien par la mise en œuvre de la solution à deux États, la promotion de la paix, de la prospérité et de la stabilité au Moyen-Orient et la recherche de réponses communes aux défis qui pourraient les mettre en péril. »
Si l’Union européenne propose « à ce stade » que l’actuel plan d’action reste le document de référence pour les relations euro-israéliennes « jusqu’à ce que le nouvel instrument soit adopté », le texte de ce 15 juin rappelle cependant qu’Israël demeure l’un principaux partenaires commerciaux de l’UE dans la zone méditerranéenne (avec un total des échanges s’élevant à environ 25,3 millions d’euros en 2008) et qu’une série de négociations bilatérales (entre autres économiques) se sont poursuivies en 2008 et 2009…
Un diplomate palestinien l’avait noté depuis longtemps : face à des Etats qui violent le droit international, coexistent deux stratégies bien différentes. L’une consiste à menacer du bâton, voire à en user. L’autre à promettre une carotte supplémentaire pour récompenser ou encourager des progrès, fussent-ils incomplets ou temporaires. L’ajournement de la mise en œuvre du renforcement des relations avec Israël se limitera-t-il à ce second scénario ?
Mme Nathalie Goulet, sénatrice (Union pour un mouvement populaire, UMP), rappelle que, « selon les termes de l’accord de partenariat euro-méditerranéen, les Etats participants s’engagent à se conformer aux normes de droit international. Notamment, ils sont tenus “d’agir en conformité avec la Charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi qu’aux autres obligations résultant du droit international (...). Les partenaires doivent également respecter l’intégrité territoriale et l’unité de chacun des autres partenaires et régler leurs différends par des moyens pacifiques (13)” ». Pour la sénatrice, cette proposition d’approfondissement des relations avec Israël, « totalement inacceptable début décembre 2008, est encore moins défendable après les massacres de Gaza fin décembre 2008 et en janvier 2009 ». Elle prône le gel de tout processus de rehaussement et la suspension de l’accord de partenariat. C’est aussi ce que proposent en France et en Europe nombre d’associations et d’organisations non gouvernementales engagées en faveur d’une paix fondée sur le droit entre Palestiniens et Israéliens ainsi que plusieurs eurodéputés. Au fond, souligne Mme Goulet, si « le processus politique de résolution du conflit a échoué », c’est « faute d’une volonté forte de la communauté internationale, particulièrement des Etats-Unis, de peser en faveur du dialogue et de la reconnaissance effective des deux peuples à vivre en paix ».
Alors que le gouvernement de M. Netanyahou réaffirme son intransigeance en refusant les principes mêmes du droit comme fondement de la résolution du conflit (en premier lieu la création d’un Etat palestinien) et poursuit la politique de ses prédécesseurs, l’Europe peut-elle se contenter d’une position d’attente ? Elle a déjà, dans l’histoire récente, imposé des sanctions à Israël pour conduire son gouvernement à permettre l’exportation des produits agricoles palestiniens ; ou à rouvrir, pendant la première Intifada (1987-1993), les universités palestiniennes. Avec succès. Le 10 avril 2002, après l’offensive israélienne « Rempart », le Parlement européen a voté une proposition de résolution demandant la suspension de l’accord d’association, mais s’est heurté au refus du Conseil de l’Union. L’accord précise pourtant dès son article 2 que « les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des principes démocratiques et des droits de l’homme fondamentaux énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (...) ». L’article 79 indique pour sa part : « Si une partie considère que l’autre partie n’a pas satisfait à une obligation découlant du présent accord, elle peut prendre les mesures appropriées. (...) »
L’UE a joué un rôle important au Proche-Orient : elle a reconnu l’Organisation de libération de la Palestine, alors que Washington et Tel-Aviv considéraient cette organisation comme « terroriste », ouvrant la voie aux négociations de paix. Elle a prôné la création d’un Etat palestinien, avant que les Etats-Unis se rallient à l’idée. Elle peut, à nouveau, peser en allant au-delà de simples appels au respect du droit international.
23 juillet 2009
Bilan sur Rafah

Bilan progressif (écrit au cours de la semaine qui a suivi mon retour)
DYNAMIQUE :
Après avoir passé deux semaines en Egypte, nous sommes rentrés en France, Jack et moi. Notre billet n'était pas modifiable. Nous avions prévu de le perdre en cas de situation extraordinaire, ou s'il nous avait semblé devoir absolument rester en Egypte pour le succès de l'action.
Le succès de l'action (ou victoire totale) étant l'ouverture définitive du siège, celle-ci ne peut qu'être le résultat de la somme de nombreuses victoires, petites et minuscules, partielles en tous les cas.
La première de ces victoires a été pour ce groupe de citoyens du monde de réussir à se rassembler et à se retrouver à Al Arish puis à Rafah. Je ne précise pas ici les « ruses de guerre » qu’il a fallu employer, mais il faut savoir que ce n’est pas simple. En Egypte, le gouvernement surveille étroitement la population et les étrangers.
La seconde victoire, après trois jours de tentatives infructueuses, a été d’établir le camp, monter les tentes et tenir bon, malgré une pression croissante pour nous faire partir, exercée par l’armée et la police, mais aussi « l’intelligence » et jusqu’à de simples citoyens (auxiliaires travaillant plus ou moins ouvertement avec la police). Ceci n’a été possible que grâce à l’aide inestimable des journalistes égyptiennes, qui ont déployé des trésors d’imagination et de diplomatie dans leur travail d’interprètes entre les autorités et le groupe international.
Une troisième victoire a été obtenue le 14 juin vers 2h du matin, par une négociation de haut vol, en arabe et en anglais, avec le colonel M.A. Nous avons alors obtenu (je devrais dire arraché, mais très courtoisement) l’autorisation de rester toute la nuit. Et plus si détermination.
Mal renseignés, nous avions prévu que les militants arabes nous rejoindraient. Des Egyptiens et des Palestiniens, mais aussi des Jordaniens et d’autres nationalités encore, nous avaient plus ou moins promis un « soutien massif » sitôt que l’action serait commencée. On n’arrêtait pas de nous dire, « nous ne pouvons rien commencer nous-mêmes, la répression serait trop forte. Mais si vous démarrez quelque chose, nous suivrons, nous vous rejoindrons sur le camp. »
La quatrième victoire n’est donc pas venue. Nous pouvons même considérer comme une défaite (partielle, là encore) le fait de rester si peu nombreux, de ne pas voir arriver du renfort, que ce soit des Egyptiens ou des internationaux.
La suite a été un enchaînement de hauts et de bas, victoires et défaites, avancées et reculs :
_ L’un de nous partait (reprenait l’avion pour son pays).
_ Fatigue et déception ont permis aux autorités d’avancer leur pion. Ils nous ont demandé de démonter les tentes et le groupe a lamentablement accepté.
_ Ne pouvant entrer à Gaza, une Allemande et ses 6 enfants palestiniens nous rejoignent.
_ Le général Harb ordonne la fermeture de la buvette, la mosquée et les toilettes.
_ Nous creusons un trou et tendons la banderole autour pour faire des « toilettes sauvages ».
_ Les officiers supérieurs nous menacent.
_ Les camarades d’Al Arish nous apportent des couvertures et des cigarettes.
_ Mohamed, un Palestinien vivant en Belgique, empêché d’entrer à Gaza alors qu’il apporte de l’insuline à sa fille diabétique, nous rejoint et nous enseigne beaucoup sur « l’industrie du siège ».
_ Vers minuit, il est chassé par les soldats, et nous nous sentons impuissants à le protéger.
Totale incompréhension.. même Iman la journaliste, même Mohamed, acceptent la décision des soldats (qui lui murmurent leurs arguments à l’oreille, une trique à la main).
_ Les américains commencent une grève de la faim, spontanément, dans le désordre.. Don nous dit simplement qu’il ne mange plus, inspiré par le récit de Mohamed au sujet d’une telle grève dans les prisons israéliennes. Le lendemain, Paki et Hellen font de même.
Les détails sont innombrables, mais l’important est de voir combien l’énergie nous manque pour maintenir une discipline et un niveau correct d’organisation. Pour transformer chaque action ou réaction en victoire et pour que celle-ci serve à préparer les suivantes.
Au palmarès des victoires nous pouvons ajouter le fait d’avoir reçu des messages de soutien du monde entier, y compris de Palestine. Et aussi d’avoir pu, continuellement, donner des nouvelles, soit par téléphone soit par internet. Même si cela n’a pas toujours été fait dans les meilleures conditions, avec relecture préalable par au moins un ou deux autres membres du groupe. C’est qu’il y avait tant à faire :
_ Maintenir la cohésion du groupe, communiquer, traduire entre nous (français, anglais, italien, arabe), etc.
_ Gérer les relations avec l’extérieur favorable (interviews, reports, tel, la buvette, le Croissant Rouge, les gens qui veulent aller à Gaza et sont bloqués à la frontière, etc.)
_ Gérer les s relations avec l’extérieur hostile (police, armée, grands officiers, « intelligence », indics, etc)
_ Assurer l’intendance, acheter et préparer les repas, l’eau, les cartes, recharger les téléphones et ordinateurs, etc.
_ Prendre soin de la famille, les petits courent partout et le général nous a dit, mi-paternel mi-menaçant, de « faire attention ». La nuit, les fillettes pleurent, dévorées par les moustiques, on s’en occupe, il nous reste peu de temps de sommeil...
La prochaine victoire, si elle a lieu, sera l’arrivée de renforts. Que ce soit les Français ou les Australiens qui sont à Al Arish, des militants égyptiens ou des familles palestiniennes. Tout est possible. Et si aujourd’hui mercredi 24 juin, après douze jours, le camp est encore debout pour exiger la fin du siège, avec seulement 5 personnes, imaginons son potentiel si ses effectifs augmentent.
Seul l'épuisement pourra mettre fin à cette expérience. C’est pourquoi chacun est appelé à rejoindre le campement devant la Porte de Rafah pour exiger la levée immédiate du siège illégal et meurtrier.
D’autre part, tout être humain voulant dénoncer le crime que constitue le siège israélien et soutenir l’action à Rafah, peut utiliser courrier, courriel, fax, téléphone, twitter, sms, tous les moyens de communication pour faire entendre sa voix à ceux qui nous gouvernent.
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PERSPECTIVES :
Notre ami italien est parti le 14, après avoir déjà reporté son voyage (et donc payé un autre billet retour, heureusement pris en charge par ses camarades en Italie), Trois français (dont moi) sont repartis le 17, une autre française le 20. Quand à nos amis étazuniens, ils ont aussi leurs dates de retour, plus ou moins modulables, mais pas éternelles. Il faut admettre que nous ne pouvons pas rester indéfiniment. Même ceux qui pourraient rester plus longtemps en cas d’absolue nécessité, seront obligés, tôt ou tard, de rentrer chez eux, ou du moins faire un break pour récupérer, car épuisés nous sommes inutiles. Dans ce genre de situation très intense, je réalise à quel point mon Pépé Charles avait raison, lui qui disait toujours, « quand on est pas utile, on est nuisible. »
Les chances de survie du camp avec un effectif aussi minime, 4 ou 5 personnes semblaient nulles à priori, mais l’expérience a prouvé le contraire. Nous discuterons une autre fois des causes possibles de cet état de fait. Pour l’instant, l’important est de comprendre que le camp peut être maintenu, même symboliquement.
En revanche, s’il n’est pas alimenté en énergies nouvelles, il court un danger perpétuel, qui menace non seulement son existence, mais aussi la qualité de son action, la pertinence de ses décisions, son efficacité et son rayonnement.
En effet, l’existence même de ce camp, la présence à la frontière de citoyens du monde exigeant la fin du siège israélien, illégal et inhumain, est déjà une réussite sans précédent. Il ne faut pas oublier cependant, l’objectif final de la campagne, qui n’est pas de pouvoir rester là et d’exiger, mais bien d’obtenir la levée totale et sans condition du blocus meurtrier. Comme nous l’a dit le Général Harb, cette décision politique doit être prise par la « communauté internationale », celle-ci devant également se donner les moyens de la faire appliquer.
Cet objectif est vital pour les Palestiniens de Gaza, qui attendent les convois d’aide humanitaire pourrissant en Egypte. De même pour ceux qui veulent rentrer chez eux et retrouver leur famille après avoir été soignés à l’étranger. Il est également essentiel pour les Egyptiens, en particulier pour les habitants du Sinaï et à fortiori de Rafah. Au-delà, cette victoire est aussi extrêmement importante pour toute la population du monde qui, dans sa grande majorité, défend les droits humains et soutient la résistance palestinienne.
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LES METASTASES DE L’OCCUPATION :
Déjà lors de notre journée d’action au Caire le 4 juin, en réponse à la venue d’Obama (pour faire un speech sur la paix au Proche Orient), nous avons constaté que l’occupation s’est étendue. Même les citoyens étazuniens ne pouvaient approcher de leur ambassade, et à part une poignée de fous invisibles, personne ne pouvait approcher de l’université où le président allait parler. 30 000 hommes étaient mobilisés pour « assurer la sécurité » !
L’empire est en train d’élargir au reste du monde la situation créée en Palestine. L’horreur déclenchée en Irak et en Afghanistan pouvait même laisser croire que le sort réservé à ces pays était encore pire. C’est ce qu’on pouvait penser, à la limite, jusqu’au dernier massacre de la population de Gaza. L’occupation, la misère, les bombardements, sont connus aussi depuis longtemps en Syrie et au Liban. La Jordanie, tranquillement aux ordres des sionistes, permet aux correspondants de guerre de faire leur travail au calme.
Quant à l’Egypte, elle touche presque autant de subventions qu’israel. Cette manne étazunienne est indispensable pour entretenir des forces de répression pharaoniques, sans lesquelles le régime de Mubarak aurait été renversé x fois.
Même les touristes peuvent se rendre compte à quel point ce pays est sous le contrôle strict de la police. Ce qui n’empêche pas l’expression de la légendaire hospitalité arabe. Les citoyens, qu’ils souffrent de l’oppression, qu’ils profitent du tourisme et/ou qu’ils renseignent la police, restent d’une amabilité surprenante pour tout occidental qui arrive là pour la première fois. J’en profite pour les remercier du fond du cœur, car c’est un vrai bonheur de défendre le droit dans un pays peuplé d’êtres véritablement humains.
Si on entre dans le Sinaï, on sent se resserrer la surveillance policière. Il devient carrément malsain de signaler qu’on est ici pour les droits humains, ne parlons pas de la Palestine ! Si on vient pour faire un séjour dans un camp de Bédouins ou se griller sur la plage d’Al Arish, on est encore bienvenu. On peut même, en cherchant bien, trouver une maison particulière à louer, sur la plage. A condition d’accepter le garde en tenue « grand blanc », qui surveille notre porte jour et nuit, écoute nos conversations, demande au chauffeur de taxi où il nous emmène, etc.
Mais si on veut aller à Rafah.. alors c’est une autre paire de manche ! Il arrive qu’on passe, mais en principe on est arrêté. Il y a au moins 5 check points sur les 40 km qui séparent les deux villes. Sans parler du Check Point One Alpha, des « forces internationales » 500 mètres avant la frontière, une zone de 300 m2 entourée d’un monceau de rouleaux de barbelés tranchants comme du rasoir. En ce moment ce sont des Fidjiens qui sont là-dedans, pour un an sans jamais mettre le nez dehors !
Après le traité de paix égypto-israéliens de 1979, le Sinaï, rendu à l’Egypte, fut divisé en trois zones A, B et C. La zone C, la plus orientale restait sous contrôle israélien et l’armée égyptienne n’avait pas le droit d’y pénétrer (sauf sporadiquement, après avoir demandé aux sionistes une autorisation spéciale).
Lors du retrait israélien de Gaza en 2005, Sharon a demandé aux Egyptiens de contrôler la frontière, d’empêcher les Palestiniens de sortir, mais l’Egypte a répondu qu’elle n’avait pas de force militaire dans cette zone. Les accords ont alors été revus et maintenant, c’est l’armée égyptienne qui fait la police dans tout le Sinaï. La zone C étant, selon nos sources, sous le contrôle exclusif de « l’intelligence » (autrement dit les services secrets).
En 1979, Rafah a été arbitrairement coupée en deux, séparant les voisins et même les familles. Dans cette ville, on a été obligé, du jour au lendemain, de « choisir son camp », être Palestinien ou Egyptien, alors qu’on étai,t depuis des millénaires, habitant de Rafah. A cause du siège de Gaza, la population limitrophe est soumise à un régime d’occupation militaire, peu différent de l’époque où l’armée sioniste occupaient le Sinaï.
Rafah est assez étendue, il faut pas oublier que plus d’un millier de tunnels y débouchent. Cela génère toute une économie parallèle qui fait partie de ce que nous appelons « l’industrie du siège » et qui fera l’objet d’un autre rapport. Ce qui saute aux yeux, c’est un essaim de pick-ups, chargés de tout type de marchandises. Ces véhicules appartiennent aux propriétaires de tunnels, chacun ayant sa couleur (rouge, vert, bleu, jaune, etc). Ils tourbillonnent sur les routes et chemins entre Al Arish et Rafah, puis disparaissent dans cette agglomération, dont une bande centrale a été rasée pour créer un « no man’s land ».
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Tous à Rafah pour exiger la fin du siège sioniste meurtrier et illégal !
21 juillet 2009
« La réaction philosémite »
« La réaction philosémite »
30 juin
Entretien avec Ivan Segré, auteur de « La réaction philosémite » (éd. Lignes), par Lauriane Crochemore, assistante à la communication.
Vous mettez en cause des intellectuels français en parlant d’une nouvelle "trahison des clercs". Que voulez-vous dire par là ?
J’ai sous-titré ce livre "La trahison des clercs" en référence au fameux ouvrage de Julien Benda, mais j’annonce d’emblée que l’horizon d’attente du lecteur va être pris à revers. Je m’explique : l’apparition d’un courant intellectuel français qui, au nom de la "défense d’Israël" et de la "lutte contre l’antisémitisme", a développé un argumentaire extrêmement réactionnaire, contre les Maghrébins ou les Noirs d’identité musulmane, plus largement contre les jeunes des quartiers populaires, et contre les progressistes, est un phénomène notoire. L’originalité de mon analyse, c’est de montrer qu’à y bien regarder, ce courant intellectuel français n’est absolument pas le symptôme d’un repli communautaire juif, comme on a trop vite voulu le dire, mais l’avant-garde d’une réaction idéologique dont le véritable mot d’ordre est la défense de l’Occident, et non la défense des juifs ou d’Israël.
Du reste, ces intellectuels s’opposent explicitement, parfois même avec acharnement, au communautarisme, et se revendiquent bien au contraire d’un universalisme, ce en quoi ils ont d’ailleurs raison, puisque la défense de l’Occident n’est pas un mot d’ordre communautaire, c’est un mot d’ordre universaliste, à condition bien sûr d’entendre universaliste au sens impérialiste du terme, car l’impérialisme est aussi une forme d’universalisme. Je me suis donc intéressé principalement à des intellectuels juifs qui, d’une manière ou d’une autre, se sont affirmés comme tels, et je soutiens qu’ils sont des "clercs", voulant dire par là qu’ils trahissent le particularisme juif ou sioniste pour un universalisme impérialiste. Ainsi pour prendre quelques exemples : lorsqu’Alexandre Adler écrit dans son livre "L’Odyssée américaine" que la capitale du monde juif n’est ni Jérusalem, ni Tel Aviv mais New York, il apparaît clairement qu’à ses yeux Israël ne représente aucune sorte de centralité, pas même juive, mais tout au plus une province américaine. Et Adler nous explique en effet dans son ouvrage que l’alliance avec les néo-conservateurs américains impliquera une reformulation de l’indépendance géostratégique israélienne, car selon lui Israël n’aura pas d’autre choix dans l’avenir que de renoncer à son indépendance pour "une sorte de mandat américain bienveillant", si bien que les Israéliens en seront réduits, ce sont ses propres termes, à assurer "la police au sol sur la frontière américaine du Jourdain". Vous m’accorderez que c’est là une défense d’Israël pour le moins soumise, sinon servile. Lorsqu’Alain Finkielkraut écrit que l’image inversée d’Auschwitz, c’est l’Amérique, ou qu’il prend position contre l’entrée de la Turquie en Europe, ou encore qu’il s’inquiète de ce que l’enseignement des Croisades est contesté dans les collèges des quartiers dits "difficiles", ceci après avoir pris position contre le voile et la kippa à l’école, vous m’avouerez que l’orientation communautaire est difficilement perceptible. Lorsque Jean-Claude Milner affirme sur France-Culture que "Les héritiers" de Bourdieu et Passeron est un livre antisémite, on perçoit clairement la portée idéologique de son propos, mais quant à la défense des Juifs ou d’Israël, on ne voit pas, à moins de comprendre que la sécurité des Juifs suppose une épuration radicale des universités françaises en matière de sociologie. Les exemples abondent, et je les analyse en détail dans mon ouvrage. La question, dès lors, c’est de comprendre pourquoi une idéologie réactionnaire s’est emparée de la sorte du mot "antisémite", traquant le prétendu "antisémite", ou le "nouvel antisémite", dans des zones soigneusement délimitées et ciblées, depuis Bourdieu jusqu’aux collégiens d’origine maghrébine, c’est-à-dire, pour l’essentiel, des intellectuels d’une part, des fils d’immigrés d’autre part. Or ce qui apparaît au fur et à mesure qu’on examine les textes, c’est le gain idéologique, stratégique même, qu’il y a à se revendiquer de la "lutte contre l’antisémitisme" quand il s’agit en fait bel et bien de tenir un discours qui, il y a seulement quelques années, disons avant le 11 septembre 2001, serait apparu clairement pour ce qu’il est, à savoir un discours de droite, ou d’extrême droite, la frontière étant de moins en moins claire. Pour en venir maintenant au titre de mon ouvrage, ce que j’entends par "réaction philosémite" c’est donc, sous le déguisement d’une lutte contre l’antisémitisme, une agression idéologique contre les fils d’immigrés, principalement arabes ou noirs, et les intellectuels, principalement progressistes. Or lutter contre l’antisémitisme, cela supposerait précisément l’inverse : de prendre la défense des fils d’immigrés et des intellectuels. Quant à la défense d’Israël, c’est jusqu’à nouvel ordre la défense d’une souveraineté juive en Palestine, et non le projet d’une "sorte de mandat américain bienveillant", et cela ne suppose absolument pas de s’en prendre à Bourdieu ou aux jeunes collégiens français d’origine maghrébine. Quant à l’enseignement des Croisades, il se pourrait bien que je partage les résistances des collégiens d’origine maghrébine, et je ne crois pas pour autant être un antisémite.
Selon vous, l’antisémitisme qu’on attribue aux français d’origine maghrébine serait donc démenti par les études de terrains ?
La deuxième partie de mon ouvrage est une analyse du livre "Les territoires perdus de la République", paru en 2002, et qui a fait grand bruit à l’époque, au point que la référence à cet ouvrage est devenue un lieu commun du discours médiatique, mais aussi gouvernementale. C’est un recueil de témoignages d’enseignants du secondaire sur l’antisémitisme, le racisme et le sexisme dans les lycées et collèges. Emmanuel Brenner, pseudonyme de l’historien Georges Bensoussan, explique dans l’introduction à cet ouvrage qu’il y a une résurgence très inquiétante de l’antisémitisme dans les écoles et que le phénomène est massivement attribuable aux jeunes d’origine maghrébine. Il explique également, notamment dans un second ouvrage, "France prends garde de perdre ton âme", paru celui-ci en 2004, que l’antisémitisme des jeunes maghrébins est un phénomène qui, bien que massif au vu de ce qu’il appelle "la réalité du terrain", est pourtant nié par les sociologues. Il appelle cela "l’illusion sociologique", autrement dit le désir de tout ramener à des causes socio-économiques alors qu’en réalité, les maux de notre société sont selon lui largement attribuables à des causes qu’il appelle "ethno-culturelles", soit grosso modo le fait d’être un Arabe ou un Noir d’identité musulmane. C’est du moins ce qu’a dit explicitement Alain Finkielkraut à propos des émeutes de l’hiver 2005, précisant tout de même que ce n’est pas tous les Noirs et tous les Arabes. Autrement dit, selon Finkielkraut, tous les émeutiers sont des Noirs et des Arabes, mais tous les Noirs et les Arabes ne sont pas des émeutiers. C’est donc une "réalité du terrain" qu’on nous décrit, et non un credo d’extrême droite qu’on nous assène. A ceci près qu’une fois posé qu’on est un émeutier, ou un antisémite, parce que on est un Arabe ou un Noir d’identité musulmane, la conséquence est que tout Arabe ou tout Noir d’identité musulmane est un suspect. Finkielkraut écrit quelque part qu’il ne faut pas, je cite : "laisser le monopole du réel au Front National". Mais une fois qu’on accorde au Front National qu’il tient un discours réaliste, tandis que les intellectuels ou les progressistes sont eux dans le déni, l’affaire est entendue : il n’y a plus qu’à tenir un discours d’extrême droite tout en expliquant doctement que Le Pen est un individu parfaitement infréquentable. De là qu’on colle un fonctionnaire de la Défense sur tout chercheur du CNRS qui travaille sur les Noirs ou les Arabes d’identité musulmane, il n’y a qu’un pas que le gouvernement de Nicolas Sarkozy a semble-t-il franchi. Je fais évidemment allusion à l’affaire Geisser. Face à ce type d’argumentaire, il n’y a qu’une seule réponse, et c’est l’analyse. Mon approche sociologique a été la suivante : s’en tenir aux documents dont Georges Bensoussan a fait lui-même état, à savoir les témoignages des enseignants qui ont été publiés sous sa direction et une étude statistique sur les préjugés anti-juifs chez les jeunes, qui est parue dans le livre "Les Anti-feujs", publié à l’initiative de l’UEJF. Ce sont en effet les deux seuls documents sur lesquels il s’appuie pour fonder sa thèse "ethno-culturelle" d’un antisémitisme d’origine principalement maghrébine. Vous comprenez donc, et c’est là essentiel me semble-t-il, qu’il ne s’agit pas de s’appuyer sur d’autres études de terrain pour réfuter sa thèse, ce qui nous plongerait dans des débats contradictoires au sujet des sources. Il s’agit de s’appuyer exclusivement sur les propres documents que lui, Georges Bensoussan, nous expose en guise de preuves. Or une analyse un tant soit peu critique de ces documents, et j’entends par critique un minimum de rigueur intellectuelle, met en évidence que rien, absolument rien ne justifie d’imputer au jeunes d’origine maghrébine une résurgence de l’antisémitisme dans les Collèges et les Lycées. En revanche, ce qui apparaît très rapidement à la lecture de ces témoignages, c’est qu’une poignée d’enseignants se sont réunis sous sa direction pour nous expliquer que l’antisémitisme, cela commence lorsqu’un surveillant d’origine maghrébine arbore une longue chemise blanche qui recouvre le pantalon, ou qu’on le surprend en train de prier dans une salle servant à ranger les cartes d’histoire-géographie, et que pour finir, ce dangereux énergumène tient, je cite : un "discours rigoriste" aux jeunes maghrébins du collège, à savoir qu’il prône, je cite encore : "l’abstinence en matière d’alcool, de drogue et de sexe". Or c’est là, selon l’enseignante qui témoigne, la preuve manifeste qu’on a affaire, je cite toujours : à "un militant islamiste d’obédience wahhabite" ! Mais rassurez-vous, la courageuse enseignante nous expliquera ensuite qu’elle s’est empressée d’adresser une lettre de dénonciation anonyme au rectorat. La lutte contre l’antisémitisme ne saurait être trop regardante sur les moyens… Pour l’analyse détaillée de ces témoignages, et aussi des données statistiques, que Bensoussan manipule sauvagement plutôt qu’il ne les analyse, je vous renvoie à mon ouvrage, mais disons pour résumer que la résurgence de l’antisémitisme dans les collèges et les lycées, selon ces enseignants, c’est d’abord une question de vêtement, autrement dit dès qu’on repère chez un élève non seulement un signe ostensible, mais une simple allusion à ce qui pourrait tenir lieu d’appartenance identitaire à l’Islam, on a affaire à un acte antisémite. De là, en effet, qu’on puisse attribuer l’antisémitisme aux jeunes d’origine maghrébine, puisque ce "nouvel antisémitisme" se repère dorénavant au vêtement, voire au facies, si bien qu’entre le constat d’une résurgence de l’antisémitisme en France et le mot d’ordre d’extrême droite : "il y a trop d’Arabes en France", les conséquences, on l’aura compris, sont devenues bonnes. Mais ce n’est pas tout, car dans cet ouvrage, il y a également des témoignages pour le moins ambigus au sujet des élèves juifs. Ainsi une lettre ouverte d’enseignants range sous la catégorie de "problèmes" : 1. La persécution d’un élève juif par d’autres élèves ; 2. Le port du foulard par des jeunes filles musulmanes ; 3. les absences injustifiées d’élèves le samedi. Je vous pose donc la question suivante : du point de vue de la lutte contre l’antisémitisme, faut-il se féliciter que des enseignants jugent inacceptable qu’un élève juif soit persécuté par d’autres élèves, ou faut-il s’inquiéter de ceci qu’à les suivre, la persécution antisémite d’un élève, une jeune fille portant un foulard, enfin un élève qui s’absente les samedis sont des faits de même nature, à savoir des "problèmes" ? Je conclus pour ma part que cet ouvrage, "Les territoires perdus de la République", est une sinistre farce xénophobe.
Comment expliquez-vous le succès du livre d’Oriana Fallaci paru après le 11 septembre 2001, "La rage et l’orgueil" ?
"La rage et l’orgueil" est un livre purement xénophobe, mais aussi singulièrement vulgaire. Aussi je vous dirais d’abord tout simplement qu’une fois qu’on a écarté l’intellect et l’analyse, la vulgarité et la xénophobie sont les choses du monde les mieux partagées, partant le succès commercial de ce livre s’explique aisément. Après tout, c’est un fait que la pornographie domine très largement le marché des productions vidéo, et je vous répondrai donc que la xénophobie étant en politique ce qu’est la pornographie au cinéma, le succès de "La rage et l’orgueil" était largement prévisible, surtout après les attentats du 11 septembre, puisque les auteurs de ces attentats, cela devenait les musulmans pris en bloc. Mais il me semble que l’essentiel est ailleurs. Permettez-moi de poursuivre un instant ma comparaison : que des gens achètent et consomment des films pornographiques, c’est une chose, mais que des critiques de cinéma vous expliquent qu’il faut arrêter de nous ennuyer avec Dreyer, Bresson ou Tarkovski, et qu’il faut avoir le courage et l’honnêteté de dire que parfois, un bon film porno, il n’y a rien de tel, voilà qui demande à être analysé. Or c’est bien ce qui s’est passé. En témoigne l’hommage rendu par Finkielkraut ou Taguieff au livre de Fallaci, autrement dit à un livre qui vous explique que l’Islam n’est ni une religion, ni une culture, et moins encore une civilisation, mais une pure et simple entreprise terroriste qui sévit comme tel depuis l’origine, c’est-à-dire depuis mille quatre cent ans, et que les musulmans ont pour ambition explicite de conquérir Rome. Car à lire la trilogie qu’a publiée Fallaci après le 11 septembre, puisque outre "La rage et l’orgueil", elle a publié deux autres livres d’une même veine, la civilisation chrétienne est menacée par la barbarie musulmane, et cette menace peut prendre la forme d’un terroriste islamiste, mais aussi bien d’un travailleur immigré, ou encore d’une femme enceinte qui demande l’asile en Italie, non pas qu’une bombe se cache dans ses entrailles, mais pire encore, un musulman. La journaliste italienne a écrit ses ouvrages alors qu’elle souffrait d’un cancer qui l’a du reste emportée. Son ressentiment, au fond, est un ressentiment contre sa maladie. Qu’elle repose en paix. Mais Finkielkraut et Taguieff, pour m’en tenir à eux, avaient l’air pétillant de santé lorsqu’ils ont expliqué avoir été séduit, je cite Finkielkraut, "par l’emportement du style et la force de la pensée". Et c’est cela qui demande à être analysé. Mon analyse est la suivante : le discours d’extrême droite n’est pas un discours politique, c’est davantage un discours qu’on pourrait qualifier de pulsionnel, ou de réactif, précisément. C’est d’ailleurs pourquoi il fait souvent figure de tabou. Après le 11 septembre, le tabou a été en parti levé contre les musulmans, et ces idéologues ont fait leur travail, qui a consisté à distinguer entre une xénophobie autorisée, consensuelle, institutionnelle, et une xénophobie interdite, celle de Le Pen. Les lignes de démarcation évoluent, et la fonction de ces idéologues est précisément d’expliquer aux gens que ce qui était hier perçu comme un préjugé vulgaire et insupportable est aujourd’hui légitime, voire nécessaire. Mais ce n’est pas seulement contingent, je veux dire par là que ce n’est pas seulement un effet du 11 septembre, c’est aussi le symptôme de quelque chose de plus essentiel, car ce qu’on appelle le "Monde libre", après la chute du pouvoir soviétique, avait impérativement besoin d’un ennemi barbare ou totalitaire pour convaincre qu’il représente le Bien. Le problème de fond, c’est que les sociétés occidentales, matérialistes et démocratiques, ne produisent par elles-mêmes aucune valeur autre que marchande. Il faut donc un ennemi extérieur représentant le Mal pour qu’existe quelque Bien autre qu’un bien de consommation, d’où la dernière production hollywoodienne lancée par l’administration Bush après le 11 septembre : la Croisade contre l’Islam, qui fait suite à celle contre le communisme de l’administration Reagan. On a d’ailleurs beaucoup parlé en France du voile islamique, aujourd’hui paraît-il de la burqa, mais le statut de la femme occidentale c’est quoi ? A voir les productions publicitaires, la femme occidentale est un corps nu, et qui doit rivaliser de beauté avec une voiture pour exister aux yeux de son mari. Je ne suis pas sûr que ce soit beaucoup plus enviable.
Et comment expliquez-vous que certains intellectuels français aient vu dans le livre d’Orianna Fallaci une défense d’Israël ?
Il est incontestable en effet que pour des personnalités comme Alain Finkielkraut, Robert Misrahi ou Pierre André Taguieff, il semble que la défense d’Israël suppose de véhiculer des préjugés contre les Arabes ou plus largement les musulmans, et que cela peut expliquer en partie leur hommage à ce qu’ils appellent le "courage" de la journaliste italienne, ce "courage" étant donc, pour reprendre la formule de Finkielkraut, le courage de "ne pas laisser le monopole du réel à l’extrême droite". Toutefois, ce que je montre, c’est que non seulement l’argument de la défense d’Israël ne peut expliquer le soutien aux thèses de Fallaci qu’en partie, mais aussi, et surtout, que cette explication ne tient pas à la lecture des textes. Je veux dire par là qu’on peut tout à fait tenir que subjectivement, Robert Misrahi ou Alain Finkielkraut voient dans les textes de Fallaci une défense d’Israël, ce qui est déjà moins sûr pour Taguieff, en revanche, objectivement, cette lecture ne tient pas. Lisez les textes de Fallaci et vous verrez que ses invectives contre les musulmans sont explicitement une défense de l’Occident chrétien. Or si elle vous explique par endroit que la défense de l’Occident, c’est aussi la défense d’Israël, et vice-versa, en d’autres endroits, c’est nettement plus ambigu. On voit en effet apparaître sous sa plume des stéréotypes que tout lecteur disposant d’un minimum d’instruction identifie immédiatement comme des préjugés anti-juifs, à tel point que lorsqu’elle évoque à un endroit les fours crématoires de Dachau ou de Bergen-Belsen, on en vient à se demander pourquoi elle cite des camps de concentration et non pas des camps d’extermination, singulièrement le plus meurtrier des camps d’extermination de Juifs, Auschwitz. Cette question n’a apparemment pas effleuré nos spécialistes de la lutte contre l’antisémitisme, mais je me la suis posée, moi, en raison de ce qu’on pourrait appeler un faisceau d’indices convergents. J’ai donc entrepris de lire l’intégralité de la trilogie publiée par Fallaci après le 11 septembre 2001. Et les indices n’ont cessé, en effet, de converger, à tel point qu’on découvre dans "La force de la raison", le second tome de sa trilogie, un hommage explicite de la journaliste italienne à l’historien français Robert Faurisson, qu’elle présente comme un intellectuel persécuté pour avoir pris, je cite : "la liberté de contester la version officielle de l’Histoire". Autrement dit, nier qu’il y ait eu des camps d’extermination distincts des camps de concentration, soit la thèse négationniste de Faurisson, c’est selon Fallaci "contester la version officielle de l’Histoire". On comprend alors rétrospectivement pourquoi, dans "La rage et l’orgueil", elle parle des fours crématoires du camp de Dachau, attestés par Faurisson, et non de ceux du camp d’Auschwitz, puisque selon le même Faurisson, il n’est aucunement avéré qu’il y ait eu un camp d’extermination nommé Auschwitz. Cela avait donc beaucoup de sens, à mes yeux, de conclure mon analyse sur cet hommage de Fallaci à Faurisson, puisque "La réaction philosémite", je vous le rappelle, est le second volet d’un diptyque dont le premier volet, de facture plus philosophique, a précisément pour titre : "Qu’appelle-t-on penser Auschwitz ?" Et tout cela s’enchaîne parfaitement car le négationnisme, si on en retrace l’histoire, comme l’a fait Vidal-Naquet, a précisément pour argument originaire la défense de l’Occident. De là que pour les héritiers contemporains du mouvement d’extrême droite "Occident", il y a deux manières d’aborder Auschwitz : ou bien l’on soutient qu’Auschwitz a bien eu lieu, et que c’est précisément la mémoire d’Auschwitz qui impose aujourd’hui de tenir un discours xénophobe contre les Arabes et les Noirs d’identité musulmane, ou bien l’on soutient qu’Auschwitz est un détail, ou un fait dont la réalité historique demeure problématique, n’étant pas avérée par tous les historiens. Fallaci, avec plus de conséquence qu’on ne croit, tient les deux thèses à la fois. C’est un peu l’histoire du type qui vient récupérer son chaudron : "tu ne me l’as jamais prêté, en plus il était troué, et quoi qu’il en soit je te l’ai déjà rendu" lui répond l’emprunteur.
Vous voyez que décidément, de quelque bout qu’on le prenne, l’argument philosémite ne tient pas. Alors que reste-t-il ? Eh bien il reste ceci qu’en guise de défense des Juifs, ces idéologues nous proposent une défense de l’Occident, c’est-à-dire rien moins que la défense des Blancs. Dans l’hebdomadaire Le Point du 12 mai 2005, Alain Finkielkraut explique qu’il lui a paru nécessaire de signer une pétition lancée à l’initiative d’une association qui se dit "juive de gauche", l’Hachomer Hatzaïr. Or que dit cette pétition ? Elle dit qu’il faut lutter contre le racisme anti-Blancs. Non, ce n’est pas une blague de Groucho Marx, vous pouvez vérifier. Car c’est bien connu que la discrimination à l’embauche, les contrôles au faciès, la justice expéditive frappent de plein fouet les populations blanches vivant en France. Il aurait sans doute fallu une seconde pétition appelant à lutter contre la discrimination dont sont victimes les grandes fortunes, mais bon, Alain Finkielkraut ne peut pas être sur tous les fronts. Mais outre l’abjection comique d’une telle pétition, il y a un point que je voudrais souligner. Je vis en Israël, dans un quartier populaire de Tel-Aviv, et je peux vous dire une chose, c’est qu’en termes de couleur de peau, les Palestiniens sont en moyenne davantage blancs que les juifs, ne serait-ce que parce qu’il y a de nombreux juifs de couleurs, notamment les juifs éthiopiens, alors qu’à ma connaissance, il n’y a pas de Palestiniens de couleurs. Je ne leur reproche pas, quoi que… Mais enfin bon, ce qui est clair, c’est qu’une telle pétition, en Israël, serait inévitablement celle d’un comique juif. Je remarque qu’en France, cette pétition est l’œuvre d’une petite clique d’intellectuels blancs qui ont pour livre de chevet "La rage et l’orgueil", comprenez "la rage" contre les musulmans et "l’orgueil" d’être un blanc. En tant que juif, cela ne me rassure pas. Pour conclure sur une note de poésie, je vous dirais donc que par "philosémite", j’entends une antiphrase, ou que par "réaction philosémite", j’entends un oxymore. C’est donc en quelque sorte un retour à l’envoyeur. ![]()
http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article1579
18 juillet 2009
Le jour de la Nakba... “Ils ont tué tous les gens qu’ils voyaient”
Le jour de la Nakba... “Ils ont tué tous les gens qu’ils voyaient”
Mohammed al-Saghir Abu Sharar avait 37 ans quand la Hagana et les autres gangs terroristes juifs ont attaqué Al-Dawwayema, un village situé à 18 kilomètres au nord-ouest d’Al-Khalil (Hébron) en 1948. « Quand ils sont arrivés, ils ont commencé à tuer la population civile en masse, les hommes, les femmes et les enfants, » se souvient Mohammed, qui a maintenant près de 100 ans.
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Lundi 18 Mai 2009
Par Khaled Amayreh
16 juillet 2009
Israël - La pub qui fait bloguer
Israël - La pub qui fait bloguer
La pub qui fait bloguer
Un spot pour un opérateur télécom met en scène des soldats israéliens jouant au foot avec des Palestiniens, qu'on ne voit pas, au-dessus du "mur de sécurité".
Les images font un tollé sur le net auprès de la population locale. Elles illustrent la faculté des gens d'opinions opposées à se divertir ensemble, répond l'opérateur. Le spot est à voir ci-dessous.
Diane HEURTAUT (avec agence) - le 12/07/2009 - 21h30
Mis à jour le 12/07/2009 - 22h35
Le spot, au ton léger, montrant une sorte de "dialogue" par le jeu entre Palestiniens et Israéliens, se veut plutôt bon enfant que vindicatif. Mais il n'est visiblement pas du goût de certains riverains, côté israélien. Groupes sur Facebook et blogs d'internautes locaux s'indignent d'une publicité télévisée de l'opérateur de téléphonie mobile israélien Cellcom et en réclament la suppression immédiate.
Les images montrent un ballon, lancé par des joueurs du côté palestinien, retomber par hasard de l'autre côté du "mur de sécurité" séparant Israël de la Cisjordanie sur une jeep militaire israélienne. Un soldat appelle alors avec son portable, Cellcom donc, des collègues en renfort, dont deux femmes soldats souriantes, pour former une équipe et engager une "partie" avec des Palestiniens invisibles de l'autre côté de l'ouvrage. Et ce slogan : "après tout, qu'est-ce que nous cherchons tous ? Juste à nous amuser un peu". Voici la vidéo :
Selon les ‘anti-pub de Cellcom', la pub est "nauséabonde" et "raciste" et instrumentalise la souffrance des Palestiniens. Interrogé par l'agence Reuters, Cellcom a répondu que la communication entre les gens est au coeur de ses valeurs "indépendamment des religions, races ou genres". La publicité illustrerait la faculté des gens d'opinions opposées à se divertir ensemble. Autre objet de mécontentement : le spot, réalisé par une filiale du groupe américain Interpublic Group, a été diffusé à la veille du 5e anniversaire de l'arrêt de la Cour de justice internationale déclarant "illégal" le mur, qualifié par les Palestiniens de "mur de la honte". "Pure coïncidence", rétorque Cellcom.
http://tf1.lci.fr/infos/monde/moyen-orient/0,,4470581,00-la-pub-qui-fait-bloguer-.html
15 juillet 2009
Dernières nouvelles du convoi Viva Palestina

Dernières nouvelles du convoi Viva Palestina
Il semble donc que les autorités égyptiennes aient accepté l'entrée dans Gaza du convoi Viva Palestina demain matin ou au plus tard jeudi matin.
Ils pourront apporter l'ensemble de l'aide humanitaire achetée au Caire mais ne pourront faire entrer leurs véhicules dans Gaza.
Ils n'ont une autorisation que de 24 heures.
Ils ont tous du signer le document ci-dessous et payer 30 Dollars pour l'obtenir.
"J'ai lu et compris l'alerte de voyage émise par département d'État américain relative à l'entrée dans la bande de Gaza;
J'assume moi-même le risque et je comprends que l'ambassade ne recommande pas mon voyage dans la Bande de Gaza;
Je comprends aussi que l'ambassade ne peut me fournir de services consulaires dans la bande de Gaza "
D'après les informations de Werner, il semble aussi que 3 Parisiens font partie du convoi.
Vive le 14 Juillet ! Vive la Palestine !
Liberté, Egalité et Fraternité à tous
A voir également une vidéo ressemblant les photos prises au cours du mois dernier à la frontière de Rafah :
http://www.youtube.com/watch?v=abxWbOUnMEg
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In Solidarity
from all
International Movement to Open Rafah Border
http://www.facebook.com/group.php?gid=9986479902
"Only a united world against oppression will help unite and free all of Palestine."
Dans les tunnels de Gaza, des enfants défient la mort pour gagner leur vie

Photo à gauche :1943, des gamins juifs font entrer une vache dans le ghetto de Varsovie
Photo à droite : 2008, un Palestinien fait entrer une vache dans la Bande de Gaza
Dans les tunnels de Gaza, des enfants défient la mort pour gagner leur vie
mercredi, juillet 15, 2009

Selon un rapport du Centre palestinien pour la démocratie et la résolution de conflit, plus de la moitié des 16 000 Palestiniens travaillant dans les tunnels ont moins de 18 ans. Mohammed Abed/AFP
Creuser des souterrains rapporte plutôt bien, les adolescents parvenant à gagner 30 dollars en 12 heures.
Anwar, 15 ans, ne sait ni lire ni écrire, mais se dit doué pour creuser des tunnels. À présent, il cherche à se faire embaucher car l'aviation israélienne a détruit son ancien lieu de travail en bombardant l'un des innombrables tunnels reliant Gaza à l'Égypte. Sa voix rauque et son allure de dur le vieillissent, mais son corps maigre fait de lui un candidat idéal pour un travail dangereux et exténuant.
Comme des milliers d'autres enfants de la bande de Gaza, territoire déshérité ravagé par la guerre, Anwar a besoin d'argent pour sa famille. Ce type de travail rapporte plutôt bien, les enfants parvenant à gagner 30 dollars en 12 heures. « J'ai six frères, c'est moi qui nourrit la famille. L'école, ça ne sert à rien », déclare fièrement l'adolescent. Interrogé à propos de l'offensive israélienne qui a coûté la vie à plus de 1 400 Palestiniens au début de l'année, il hausse les épaules : « Le pire durant cette guerre est que j'ai dû dépenser toutes les économies que j'avais faites en travaillant dans les tunnels. »
Les avions israéliens ont pilonné la région frontalière de Rafah durant les 22 jours de combats (27 décembre-18 janvier). Et les attaques contre les tunnels se sont poursuivies, en réponse à des tirs de roquettes, Israël maintenant son blocus sur la bande de Gaza. « On fait passer n'importe quoi : de la nourriture, des chaussures, des jouets, des réfrigérateurs, des fours et même des voitures qui sont démontées », explique Anwar. Israël justifie les raids contre les tunnels en expliquant qu'ils servent à faire entrer des armes et particulièrement des roquettes et des obus de mortier. Mais Anwar assure que son tunnel ne sert qu'au passage de marchandises : « Jamais d'armes, le gouvernement (du Hamas) a des tunnels spéciaux pour cela. »
Des adultes en charge des souterrains indiquent que les Égyptiens agissent contre cette contrebande en les inondant, en les enfumant avec du gaz, ou encore en les faisant exploser. « Trois personnes sont mortes dans des tunnels cette semaine », affirme un homme qui refuse de donner son identité à l'entrée d'un tunnel. Des tentes ou des tas de briques recouvrent l'entrée de dizaines de ces souterrains dans le secteur. Une tour de surveillance qui surplombe cette « cité des tunnels » marque la frontière égyptienne à 200 mètres de là. « Ce tunnel a été détruit cinq fois du côté égyptien », explique le Palestinien alors que des travailleurs empilent de la terre et des gravats dans un charriot relié à une poulie électrique.
Selon un récent rapport du Centre palestinien pour la démocratie et la résolution de conflit (PCDCR), plus de la moitié des 16 000 Palestiniens travaillant dans les tunnels ont moins de 18 ans, de même que 15 des 115 tués durant les deux années de blocus israélien.
Le Hamas, qui contrôle Gaza, affirme que creuser des tunnels est légal tant que le blocus n'est pas levé et la municipalité de Rafah impose une taxe de 10 000 shekels (2 500 dollars) pour chaque ouverture. Ce qui l'est moins, selon la loi palestinienne, est d'employer des enfants de moins de 16 ans, précise Iyad Abou Hujaier du PCDCR. Selon lui, la plupart de ces jeunes utilisent du Tramado, un analgésique censé atténuer l'anxiété. « J'ai décidé de ne plus y aller, mais mon père est mort et j'ai été obligé d'y retourner il y a environ un mois », raconte Oussama, 14 ans. Son copain Mohammad, 15 ans, qui passe avec lui ses vacances dans un centre de jeunes financé par l'Unicef, est tout aussi décidé : « Je ne retournerai pas dans les tunnels, c'est horrible là-bas. »
Mais Anwar, lui, n'est pas prêt à renoncer. « Lorsque je serai grand, je veux creuser comme un professionnel parce que cela rapporte beaucoup d'argent », dit-il.
Patrick MOSER (AFP)
13 juillet 2009
Pourquoi nous, associations juives, boycottons les produits israéliens
Pourquoi nous, associations juives, boycottons les produits israéliens
Communiqué UJFP
Photo: http://schlomoh.blog.lemonde.fr
L’Union Juive Française pour la Paix et le Réseau International Juif Antisioniste appellent à participer activement à la Campagne internationale B.D.S.
En tant qu’associations juives attachées aux droits des peuples et en tant que citoyens mobilisés pour l’égalité, la justice et la liberté, nous ne pouvons pas supporter :
que l’Etat d’Israël poursuive sa politique sioniste de colonisation, d’exclusion, de dépossession, de répression, d’humiliation, d’apartheid et d’épuration ethnique contre le peuple palestinien
qu’il bénéficie d’une impunité politique sur la scène internationale alors qu’il bafoue constamment le droit international et notamment les résolutions de l’O.N.U., dont celle pour le droit au retour des réfugiés
que face à ceux qui s’opposent à sa politique il se livre à l’odieux chantage à l’antisémitisme, à la manipulation honteuse de la mémoire du génocide, chantage et manipulation relayés par ses agents dans divers pays, dont en France le CRIF (« Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ») et soutenus activement par la politique de Sarkozy.
Parce que tous les autres moyens d’action, si utiles soient-ils (condamnations verbales, interventions auprès des élus et des gouvernements, témoignages, pétitions...) ne suffisent pas à faire plier l’Etat d’Israël, nos deux associations, l’Union Juive Française pour la Paix et le Réseau International Juif Antisioniste appellent à participer activement à la
CAMPAGNE INTERNATIONALE B.D.S.
Boycott Désinvestissement Sanctions
jusqu’à la fin de l’occupation et jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international
Cette campagne, initiée par une énorme coalition d’organisations de la société civile palestinienne et soutenue par les réfugiés palestiniens, les Palestiniens d’Israël et la minorité juive anticolonialiste israélienne, commence à porter ses fruits : ainsi la société Véolia est en train de se retirer de la construction du tramway reliant Jérusalem aux colonies israéliennes.
Aujourd’hui, des mobilisations se développent contre la vente de produits israéliens dans des grandes surfaces et contre le projet de Georges Frêche, président du Conseil Régional de la région Languedoc Roussillon, de transformer le port de Sète en tête de pont pour la vente en Europe des produits agricoles issus des colonies israéliennes
Les « plans de paix » cyniques, version Netanyahou, Kadima ou Parti travailliste, ça suffit !
Nous ne tolérerons pas qu’Israël écrase le peuple palestinien et menace par sa politique belliqueuse la paix dans le monde !
N’oublions pas les horreurs perpétrées à Gaza, exigeons la levée immédiate du blocus : face à la lâcheté des autorités politiques, un sursaut moral et politique de la société civile s’impose.
Le boycott de l’Afrique du Sud avait contribué à mettre fin au régime d’apartheid : aujourd’hui cette politique est nécessaire et possible contre Israël
Paris le 7 Juillet 2009
Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
21 ter rue Voltaire 75011 PARIS
Téléphone : 06 61 33 48 22 - Email : contact@ujfp.org - Site : http://www.ujfp.org
International Jewish Anti-zionist Network (IJAN)
Email : europe@ijsn.net
8 juillet 2009 - UJFP
France : « Europalestine » fait à nouveau parler de lui
France : « Europalestine » fait à nouveau parler de lui

La présence en France d’une imposante communauté d’origine maghrébine n’est pas étrangère à l’activisme de groupes pro-palestiniens relayés par les nombreuses organisations et associations d’extrême-gauche, altermondialistes ou des Verts. L’on se souvient de l’action « spectaculaire » d’un commando d’« Europalestine » dans un hypermarché de la région parisienne, dans lequel ils avaient enlevé des rayons tous les produits fabriqués en Israël ou supposés l’être, et demandé aux clients de ne pas acheter « Made in Israël ». Cette opération-commando ne manquait d’ailleurs pas de sel, lorsque les caméras filmaient un ressortissant maghrébin à l’accent arabe prononcé, qui clamait « Nous sommes chez nous ici en France, et nous ne voulons pas de produits israéliens » !!
Cette fois-ci, l’organisation anti-israélienne a choisi les départs des Parisiens en vacances pour lancer une nouvelle campagne méprisable. Un feuillet distribué aux automobilistes aux sorties de la capitale française, titre « Attention ! N’achetez pas des produits des criminels de guerre ». S’en suit la logorrhée habituelle sur les « crimes de guerre israéliens », « l’occupation », « l’étranglement de la population civile palestinienne ». Les militants d’« Europalestine » dressent ensuite la liste de divers produits que l’on trouve dans les grandes surfaces françaises, et qui sont fabriqués en Israël, ou « dans des colonies urbaines ». Ils mettent aussi en garde les citoyens français face aux fruits et légumes que l’on trouve dans les grandes surfaces et qui sont produits dans les « territoires volés aux Palestiniens ».
Ces militants pointent spécialement du doigt l’entreprise pharmaceutique « TEVA », qui produit de nombreux médicaments génériques vendus à travers le monde. « N’importe quel consommateur a le droit d’entrer dans une pharmacie et demander au pharmacien : ‘pas de produit de TEVA s’il vous plaît’ ». A souhaiter qu’aucun de ces énergumènes n’ait une fois besoin d’un médicament vital en provenance d’Israël. A supposer qu’en pareil cas, leur antisionisme primaire passera au second plan…
Cette campagne a également été lancée dans d’autres pays européens, aux Etats-Unis et au Canada, avec l’aimable concours du mouvement israélien « Goush Shalom » d’Ouri Avneri qui présente depuis des années sur son site internet une liste exhaustive des sociétés et produits israéliens à boycotter.






