Euro 2013 des espoirs en Israël : Quand le football piétine le droit des Palestiniens
par Mouâd Salhi
7 juin 2013
La coupe d’Europe de football espoir se déroule en Israël du 5 au 18 juin. Beaucoup de voix se sont élevées pour boycotter cet événement qui occulte la situation d’occupation dans laquelle sont confrontés les Palestiniens. Mahmoud Sarsak est le symbole de cette indignation. Ce jeune attaquant de l’équipe nationale palestinienne, alors âgé de 22 ans quittait Gaza pour rejoindre la Cisjordanie et le club de Balata (Naplouse) qui venait de le recruter. Le 22 juillet 2009, il sera arrêté par l’armée israélienne sans inculpation ni jugement en détention administrative. Il sortira trois ans plus tard après une grève de la faim de 92 jours. Investig’Action est revenu sur l’histoire d’un homme au rêve brisé.
Pour quel motif avez-vous été arrêté ?
Tout d’abord, j’ai passé trois ans en prison sans chef d’accusation. Je me demande encore à cet instant quel était le motif de mon incarcération. L’armée israélienne m’a accusé de plusieurs choses. L’accusation majeure était que je faisais partie du djihad islamique. L’armée n’a pas pu le prouver. Je n’ai jamais eu affaire avec ce mouvement.
Comment vous-est venu l’idée de la grève de la faim ?
Les raisons qui m’ont poussées à la grève de la faim sont multiples. La première est due aux injustices que j’ai subies durant mes trois années d’emprisonnement. Je n’ai pas été considéré comme un être humain. Pour le gouvernement israélien, je n’étais qu’un chiffre. J’ai été destitué de mes droits. Je ne pouvais avoir aucune visite. Je ne pouvais pas rencontrer un avocat. Je ne pouvais pas comparaître devant un magistrat impartial. C’est pour toutes ces raisons que j’ai entamé la grève de la faim. Je devais me libérer de cette situation d’abus, seul ! Des dizaines de sportifs sont enfermés sans aucun motif dans les geôles israéliennes. Le monde doit le savoir.
Etiez-vous au courant de la mobilisation en faveur de votre libération ?
Non, nous, prisonniers, ne savions pas qu’un élan de solidarité s’était mis en place. Nous étions complètement coupés du monde extérieur. Le gouvernement israélien le fait systématiquement et ce pour tous les prisonniers palestiniens. Nous étions enfermés dans des cellules dans une totale obscurité.
L’ambassadeur d’Israël en France a déclaré que « certains sont footballeurs la journée et terroristes la nuit ». Que répondez-vous à cela ?
Malheureusement, les autorités israéliennes ressortent le même prétexte « terroriste » pour emprisonner des sportifs, commerçants ou étudiants. Pour se donner une belle image auprès de la communauté internationale, Israël agite toujours l’étendard du terrorisme pour justifier sa politique d’apartheid. Israël tue, détruit et emprisonne jour et nuit sans se soucier de qui que ce soit. Le gouvernement appelle Tsahal, l’armée de la défense. Il veut montrer au monde que cette dernière ne fait que se défendre, qualifiant à tort le peuple palestinien d’agresseur.
Deux de vos coéquipiers de l’équipe nationale palestinienne, Omar Abu Rouis et Mohammed Nimr sont encore emprisonnés. Etes-vous encore un contact avec eux ?
Je suis sans nouvelles de mes coéquipiers. Je tiens à rappeler qu’ils sont emprisonnés sans jugement.
Le président de la FIFA, Joseph Blatter s’est-il inquiété de votre situation ?
En effet, il s’est préoccupé de ma situation suite aux pressions qu’il a reçues de plusieurs sportifs et de personnes qui s’étaient mobilisées pour ma libération. Malheureusement, il ne se préoccupe pas de ce que subissent les autres joueurs encore incarcérés. Il ne se mobilise pas pour exiger leur libération.
Comment expliquez-vous le paradoxe du président de l’UEFA, Michel Platini qui s’est mobilisé pour votre libération mais qui dans le même temps a organisé l’Euro des -21 ans en Israël ?
En effet, il s’est mobilisé pour ma libération. Il avait menacé la délégation israélienne de ne plus organiser l’Euro espoir en Israël s’il m’arrivait quelque chose. Il y a deux ans, il s’était rendu en Palestine et avait vu de ses propres yeux la spoliation dont nous sommes victimes quotidiennement. Il avait décidé d’aider le sport palestinien et de mettre un terme aux injustices que subit le sport palestinien. Il n’a pas tenu sa parole. Il a fait volte-face suite aux pressions d’Israël. Il joue avec l’espoir des Palestiniens.

Vous êtes allés en France afin de participer à une campagne visant à obtenir l’annulation de l’Euro des -21 ans qui se déroule actuellement en Israël. Comment votre démarche a-t-elle été reçue ?
Je n’ai pas été qu’en France. J’ai aussi été en Belgique, Norvège, Pays-Bas, Italie, Grande-Bretagne et en Ecosse. Je me suis rendu compte de la mobilisation citoyenne qui nous soutient. Cependant, les autorités et institutions compétentes donnent un autre son de cloche. Elles donnent le feu vert à Israël pour poursuivre sa politique raciste. Preuve en est, aucun gouvernement n’a contesté l’organisation de l’Euro en Israël. Israël tue des sportifs, des enfants innocents, des civils. Israël bombarde des infrastructures sportives palestiniennes. Israël viole les droits de l’homme de tout un chacun, sportifs y compris.
Vous n’avez que 26 ans, avez-vous encore espoir de reprendre votre carrière de footballeur ?
Oui, j’ai des ambitions mais le fait que je sois à Gaza achève celles-ci compte tenu du blocus imposé. De plus, les infrastructures sont détruites suites aux bombardements de l’armée israélienne.
Quels sont vos joueurs de football modèles ?
J’en ai plusieurs. Tout d’abord Frédéric Kanouté qui a toujours été présent aux côtés du peuple palestinien, Abou Diaby, Zinedine Zidane et Eric Cantona qui a été l’un des premiers à me soutenir en demandant publiquement ma libération.
Si vous aviez un message à faire passer au nom du peuple palestinien, que nous adresseriez-vous ?
Le message au nom peuple palestinien que je peux donner est qu’il faut dénoncer toutes les atrocités que commet Israël à l’encontre des Palestiniens. Les citoyens européens doivent dénoncer la désinformation des médias mainstream qui tronquent la réalité. Israël est toujours présenté comme la seule démocratie du Moyen-Orient agressée par ses voisins. Les citoyens doivent dénoncer l’occupation, l’apartheid installés par cette dite démocratie. C’est en dénonçant cette face d’Israël que le citoyen européen fera avancer les choses dans la région.
Propos recuellis par Mouâd Salhi pour Investig’Action michelcollon.info
Détenus dans les geôles sionistes : « Nés libres, nous le resterons » (14)

lundi 3 juin 2013, par "Baladi"
Solidarité avec les prisonniers jordaniens en grève de la faim
Un mois déjà ! Ils sont 28 prisonniers de nationalité jordanienne (mais Palestiniens pour la plupart) à mener la grève de la faim dans les prisons sionistes, réclamant des visites médicales de la part des autorités jordaniennes et l’attention de ces autorités jordaniennes sur leur sort, ainsi que des visites familiales régulières et les prisonniers jordaniens réclament l’intervention des autorités jordaniennes pour les faire libérer. La lettre envoyée par les prisonniers au gouvernement jordanien dénonce leur abandon et les tentatives des autorités jordaniennes de supprimer leur carte d’identité, pour éviter de les compter parmi les sujets de « Sa Royauté » ainsi que la clôture du dossier des 29 prisonniers jordaniens disparus dans les prisons de l’occupation, qui faisaient partie des forces armées jordaniennes.
Trois des prisonniers en grève ont été récemment déplacés vers la prison de Ramleh. Hamzé Dabbas, à partir de la prison du Naqab, Mohammad Rimawi et Alaa Hammad de la prison de Remon. Ils se trouvent à présent dans une seule cellule dans la prison de Ramleh et ce qui tient lieu d’hôpital. Ils ont rejoint le prisonnier Abdallah Barghouty, dirigeant dans les Brigades d’al-Qassam. Abdallah Barghouty avait déjà entamé la grève de la faim il y a un an, pour dénoncer son isolement. Il est vrai que son isolement a pris fin, mais il avait été transféré à la prison de Gilboa où il fut maintes fois battu. A présent, il se trouve dans la prison de Ramleh, après que son état de santé se soit détérioré.
Les parents des prisonniers jordaniens ont manifesté à Amman, devant les sièges du pouvoir, mais les autorités jordaniennes font la sourde oreille et ne veulent pas prendre en main ce dossier qu’elles jugent « problématique », puisque la Jordanie a signé des « accords de paix » avec l’Etat sioniste. Les familles des prisonniers jordaniens détenus dans les prisons sionistes dénoncent le silence jordanien et réclament un soutien plus vaste pour faire plier les autorités jordaniennes. Certains prisonniers, comme Mounir Mar’î , condamné à 5 perpétuités, sont en prison depuis plus de dix ans. La Jordanie n’a fait aucun geste, ni pour améliorer leurs conditions de détention, ni pour envoyer une équipe médicale, comme le réclament les prisonniers, ni pour faciliter les visites familiales.
De leur côté, les autorités de l’occupation font pression sur les prisonniers grévistes pour les amener à cesser leur mouvement, en leur proposant des visites et des soin médicaux, ce que les prisonniers ont refusé, car ils veulent l’intervention de la Jordanie.
Vendredi 31 mai, des milliers de Jordaniens ont défilé dans les rues de Amman réclamant l’attention des autorités jordaniennes sur le sort des prisonniers jordaniens détenus dans les prisons de l’occupation. Les manifestants ont levé les portraits des prisonniers grévistes de la faim et réclamé leur libération immédiate. Plusieurs manifestations se sont déroulées à Amman pendant le mois de mai, dont celles organisées par le « comité de lutte contre le sionisme et la normalisation » toutes les semaines devant l’ambassade sioniste, et qui réclament par ailleurs la fermeture de l’ambassade et l’expulsion de l’ambassadeur. Les forces de l’occupation et les autorités jordaniennes espèrent que le mouvement prenne fin. Mais les prisonniers ont déclaré vouloir poursuivre leur mouvement, jusqu’au martyre, s’il le faut.
Abolir la détention « administrative »
Ayman Hamdan est toujours en grève de la faim pour réclamer sa libération, depuis le 27 avril dernier. Il refuse sa détention « administrative ». Il a été transféré à la prison de Ramleh pour être soi-disant suivi médicalement, après la détention de son état de santé.
Le prisonnier Ayman Abu Daoud poursuit la grève de la faim pour protester contre son arrestation après qu’il ait été libéré en octobre 2011 dans le cadre de l’échange des prisonniers. Le prisonnier Imad Batran est en grève de la faim, ainsi que les prisonniers Adel Hraybat et Ayman Btaich, contre leur détention « administrative ». Le prisonnier Samer al-Barq a repris la grève de la faim, qu’il avait arrêtée, suite à la promesse des autorités de l’occupation de le libérer, mais celles-ci ont renié leur engagement. Le prisonnier Iyyad Abu Khdayr a entamé la grève de la faim, lorsque les forces de l’occupation ont refusé sa libération, à la fin de la période fixée pour sa détention. Les autorités de l’occupation lui ont proposé le bannissement vers un pays européen, ce qu’il a refusé.
La détention « administrative » est une forme de torture morale, quand elle n’est pas accompagnée de séances de torture physique, lorsque le militant arrêté est « interrogé » par les services de renseignements de l’occupant. La pratique de la détention « administrative » a été inaugurée par l’occupant britannique en Palestine, lorsqu’il s’est retrouvé face à des révoltes populaires réclamant son départ et la fin de sa politique favorable aux colons sionistes. La détention « administrative » fut intense lors de la première intifada en 1987 puis pendant l’Intifada al-Aqsa, c’est-à-dire lorsque l’occupant commence à craindre le soulèvement et la révolte populaires. Cette pratique s’appuie sur l’état d’exception, régime sous lequel vivent les territoires occupés en 1967.
Les victimes de la détention « administrative » ne sont pas les combattants armés, mais plutôt tous ceux qui militent par leurs écrits, leurs dessins, leurs études, par leur participation aux manifestations et actions contre l’occupation. Malgré cela, la « communauté internationale » refuse de faire pression sur l’occupant pour qu’il arrête cette pratique barbare. La communauté internationale dévoile encore une fois son visage hypocrite et son alignement aux côtés de l’occupation et de la colonisation sionistes.
Thaer Halahla, détenu « administratif » libéré suite à une longue grève de la faim, a de nouveau été arrêté, parce qu’il a mené la campagne pour la libération des prisonniers et en soutien aux prisonniers grévistes. Sa présence à Ramallah a été jugée insupportable par l’occupant. L’arrestation d’un cadre dirigeant du Jihad islamique en Cisjordanie, le 29 mai, sheikh Sa’îd Nakhlé, dans le camp al-Jalazoun, est une réponse à la participation de ce dernier au soutien actif à la lutte menée par ses frères de combat, Tareq Qaadan et Ja’far Izzidine, libérés après une longue grève de la faim contre leur détention « administrative ». Pour l’occupant, le simple fait d’afficher sa solidarité et d’agir en soutien à la lutte des prisonniers est un crime et notamment dans la zone de Ramallah, que l’occupant considère comme une « ligne rouge ». C’est ce qu’a d’ailleurs noté sheikh Khodr Adnan, ancien prisonnier « administratif » ayant déclenché la lutte des prisonniers par la grève de la faim : « exercer une activité politique de résistance dans la ville de Ramallah est jugé par l’occupant une ligne rouge qu’il ne peut accepter ». Mais l’arrestation du cadre dirigeant du mouvement du Jihad islamique signifie également que la récente lutte des prisonniers, déclenchée depuis plus d’un an et demi maintenant, par la grève de sheikh Khodr Adnane, gêne l’occupant, qui essaie coûte que coûte de mettre fin à cette lutte, en proposant des « solutions » et en réprimant les actions de solidarité. Mais ce que l’occupant n’a pas prévu, c’est que lorsque des prisonniers sont libérés, d’autres prennent la relève, même s’ils ne sont pas des détenus « administratifs », comme c’est le cas pour les prisonniers jordaniens.
Malgré les écrits et les déclarations de quelques personnalités politiques, qui ont remis en cause le mouvement de grève de la faim « individuel » jugeant qu’il épuisait les prisonniers, ce mouvement s’étend, et les prisonniers, las d’attendre l’unanimité à cause de la division interne palestinienne, qui empêche tout mouvement collectif, entrent dans le mouvement, à tour de rôle, ce qui gêne l’occupant qui transfère les prisonniers d’une prison à l’autre, pour isoler les plus « dangereux », et qui lance ses troupes de répression contre les prisonniers, par vengeance contre un mouvement qu’il ne sait pas par quel bout prendre, et avec qui négocier.
Mais c’est surtout l’élan de solidarité dans les régions palestiniennes qui inquiète l’occupant car, bien qu’il ait chuté depuis la promesse de libération de Samer Issawi, il sait que ce mouvement, faible à l’instant, risque de s’étendre et de prendre des formes offensives, à tout moment. La lutte pour la libération des prisonniers palestiniens, surtout les malades d’entre eux, l’abolition de la détention administrative, est bel et bien entamée, en soutien à un mouvement de grève qui ne cesse de s’étendre, d’autant plus que les arrestations et détentions ont touché près d’un million de Palestiniens.
Que tous les moyens soient utilisés pour populariser la lutte des prisonniers dans les geôles de l’occupation sioniste ! Leur libération et l’abolition de cette forme barbare de répression sont des pas en avant vers la libération de la Palestine.
Libérer les prisonniers malades
La dégradation de l’état de santé des prisonniers est devenue une politique intentionnelle de l’occupation. Depuis plusieurs mois, et notamment depuis la lutte des prisonniers détenus « administratifs » et leur victoire contre l’occupant, celui-ci se venge sur les prisonniers malades mais aussi sur tous les prisonniers, en refusant d’améliorer les conditions de détention. Les organisations internationales agissant pour les droits de l’homme sont les premières responsables de cette situation, mais également l’ONU et ses officines, qui n’exercent aucune pression sur l’occupant, qui refusent d’aborder cette question dans les tribunes internationales, agissant avec l’Etat colonial comme leur « enfant chéri » et justifiant, par là, toutes ses pratiques criminelles.
Le résistant Thaer Halahla (33 ans), prisonnier libéré puis à nouveau arrêté en avril dernier, a été atteint d’hépatite virale B suite à des soins dentaires menés en prison. La responsabilité de l’occupant est évidente, mais pourtant, il a essayé de faire croire que le résistant Thaer a été atteint lors de sa courte période de liberté. L’état de santé du résistant s’est nettement dégradée, d’autant plus qu’il avait été libéré il y a environ un an, après 78 jours de grève de la faim. La famille du résistant est très inquiète et réclame sa libération immédiate afin qu’il soit soigné hors de prison. Mais l’occupant refuse, et il a même reporté la date de son « jugement », en renouvelant la période d’attente.
Le prisonnier résistant Mansour Mowqada , détenu dans la prison de Ramleh, n’a toujours pas subi les examens que nécessite la détérioration de son état de santé. Il attend depuis plus de deux mois que l’équipe soi-disant médicale des sionistes examine la tumeur apparue sur son cou.
Le prisonnier Murad Abu M’aylek condamné à 22 ans de détention, est gravement malade. Le ministère chargé des prisonniers à Gaza réclame sa libération immédiate. Arrêté depuis 2006, le résistant Murad a subi la torture lors de l’interrogatoire, entraînant la détérioration de son état de santé.
7 prisonniers souffrant de maladies chroniques ont décidé d’entamer la grève de la faim début juin en protestation de la négligence médicale menée sciemment par les autorités carcérales sionistes.
C’est au tour des prisonniers malades détenus dans la prison de Ramleh de protester en refusant les repas servis par l’administration pénitentiaire. Ils ont protesté contre l’absence d’un médecin dans ce qui tient lieu d’hôpital.
Libération
L’occupation a déclaré vouloir étudier une liste comprenant les noms de 120 prisonniers palestiniens détenus avant les accords d’Oslo, en vue de les libérer, comme mesure pour activer les négociations avec l’AP. La demande a été faite par Kerry, le ministre des AE américain, qui souhaite la reprise des négociations, sans que les sionistes n’arrêtent la colonisation : une pression supplémentaire sur l’Autorité palestinienne. Cependant, l’AP de Ramallah n’hésite pas à montrer sa bonne volonté envers l’occupant, puisqu’elle continue à arrêter les militants et combattants de la résistance. De plus, au sommet économique de Amman, qui s’est tenu fin mai, le président Abbas a déclaré avoir rendu à l’occupant plusieurs de ses soldats qui s’étaient aventurés en Cisjordanie « avec tous les honneurs possibles » !!
Etudiant à l’université an-Najah de Naplouse, Yasser Manna’ a été libéré après avoir été détenu pendant 7 mois.
Mohammad Najjar, de la ville d’al-Khalil, qui avait entamé une grève de la faim protestant contre la détention « administrative », a été libéré après 7 mois de détention, sur dossier « secret » du Shabak.
Après sept ans de détention, le résistant prisonnier Mas’oud Khalouf (29 ans), de la région de Jénine, a été libéré. Il a demandé, dès sa libération, d’agir pour la libération du prisonnier malade Na’im Khodr, condamné à 9 ans de prison, qui souffre d’un cancer.
Le prisonnier libéré Ayman Sharawneh, qui avait entamé une très longue grève de la faim pour réclamer sa liberté, et qui avait été « éloigné » vers Gaza, a décidé de rejoindre la résistance palestinienne pour kidnapper des soldats sionistes et les échanger contre les prisonniers.
Statistiques
Au cours du moi de mai 2013, l’occupant a émis 50 ordres de détention administrative contre les Palestiniens. Ce chiffre signifie que la révolte des Palestiniens contre l’occupation et les services de l’AP qui la secondent, est en progression. Selon le club des prisonniers, les autorités de l’occupation ont renouvelé la détention de 6 mois pour 30 prisonniers, et de 4 mois pour 15 prisonniers, et 3 mois pour 5 prisonniers. Depuis le début de cette année, 95 Palestiniens de la région d’al-Khalil ont été arrêtés et placés en détention « administrative ».
370 Palestiniens ont été arrêtés au cours du mois de mai, dont 9 femmes et 85 enfants. C’est surtout dans la ville d’al-Qods, qui assiste à l’éclatement d’une révolte de sa jeunesse, que la répression sioniste a été la plus forte, avec 105 Palestiniens arrêtés. Parmi les 370 Palestiniens arrêtés, 30 sont des prisonniers libérés, 6 sont de Gaza, 2 sont journalistes (Mohammad al-Atrash et Uday Harbiyat. Parmi les enfants arrêtés, certains sont âgés de dix ans et l’enfant Khaled Dweik n’a que 9 ans et Umru Dweik, juste 7 ans, dans la ville d’al-Qods.
L’occupation a enlevé 9 femmes, dont Zulaikha Muhtaseb, 52 ans, dans la ville d’al-Khalil, Umayma Qara’in, 44 ans et sa fille Alaa, 20 ans, dans Jabal al-Mukabber dans al-Quds, qui ne furent libérées que 6 heures après.
Condamnations
La prisonnière Alaa Issa Jubaa (19 ans) de la ville d’al-Khalil a été condamnée à 27 mois de prison et le paiement de 3000 shekels. La militante Alaa a été arrêtée le 12 juillet 2011, et détenue dans la prison de Hasharon, après avoir été interrogée.
17 prisonnières sont détenues dans la prison de Hasharon, la plupart n’ayant pas été condamnées. La politique répressive de l’Etat sioniste consiste à allonger autant que possible la détention avant la condamnation, pour empêcher les prisonniers de voir leurs familles.
L’occupation a reporté le jugement des prisonnières Mouna Qaa’dan (plus d’un mois) et Nawal Saadi (quelques jours), membres du mouvement du Jihad islamique. L’occupation avait libéré sheikh Bassam Saadi, époux de Nawal Saadi, détenu « administratif » après plusieurs années de détention, il y a plus de deux mois, et libéré également Tareq Qaadan, le frère de Mouna Qaadan, suite à la grève de la faim qu’il avait menée pour exiger sa libération, il y a un mois.
L’oncle du martyr Yahya Ayyash, dirigeant des Brigades al-Qassam, âgé de 61 ans, Hajj ‘Ata Ayyash, a été condamné à 4 mois de prison et à une amende de 30.000 shekels pour avoir « apporté de l’aide à une organisation ennemie ». Simple vengeance envers homme âgé, solide comme un roc dans sa foi et sa détermination à combattre l’occupation.
Solidarité
Des manifestations et sit-ins en Jordanie en soutien aux prisonniers jordaniens détenus dans les prisons de l’occupant. Le silence des autorités jordaniennes envers la cause des prisonniers tourne déjà à la crise politique, alors que le soutien populaire dû à la fermeté des résistants prisonniers devient de plus en plus massif.
En Palestine, une manifestation à Saïda, dans la province de Tulkarm, a eu lieu en solidarité avec les prisonniers malades, pour réclamer leur libération. Plusieurs sit-ins ont lieu régulièrement à Gaza et à Ramallah et Bethlehem en solidarité avec les prisonniers grévistes de la faim et tous les prisonniers.
(Juin, 2013 - "Baladi")
Les militants réclament la libération des deux joueurs de football palestiniens maintenus prisonniers depuis plus d’un an par Israël pour « raisons administratives » (régime israélien d’oppression permettant des détentions à durée illimitée sans charge ni procès et dont les associations de défense des droits humains veulent la suppression) et marquer notre indignation quant à l’hommage conféré à Israël d’organiser la Coupe Européenne de football des moins de 21 ans en juin de cette année et cela alors qu’Israël s’empare réguliérement d’enfants pour en faire des prisonniers politiques et leur faire subir des mauvais traitements et la torture.
Deux poids deux mesures !
Derniérement, le Tribunal Russel pour la Palestine a établi qu’Israël était responsable de crime d’apartheid. Au niveau sportif, le deux poids deux mesures entre l’occupant israélien et le peuple palestinien occupé est flagrant : Michel Platini, président de l’UEFA et les autorités sportives européennes déplient le tapis rouge pour Israël et son président Shimon Perez, tandis que lorsque le jeune footballeur palestinien Mahmoud Sarsak récemment libéré après trois ans de détention administrative et trois mois de grève de la faim est venu en France et en Belgique, ni la FFF (Fédération Française de Football) ni l’URBSFA n’ont voulu le recevoir sous prétexte qu’il s’agissait de politique !
Sans compter qu’Israël a encore récemment bombardé le stade de football de Gaza en novembre y compris des infrastructures nécessaires au handisport.
"Nous réclamons une attitude responsable et éthique de la part de l’URBSFA , de l’UEFA, de la FIFA et du monde sportif et la fin de la participation d’Israël aux compétitions euroépeennes dont l’EURO des -21 ans tant qu’Israël ne respecte pas les droits humains et le droit international... non à la coupe européenne de football junior en Israël, libération des joueurs de football palestiniens ! (Artistes contre le Mur, Association Belgo-Palestinienne, Comité Verviers Palestine, Le parti Egalité, Intal, Leuvens Actieplatform Palestina, Links Ecologisch Forum (LEF), Mouvement Citoyen Palestine, Palestina Solidariteit, Vredesloop, FEWLA, e.a.)"
CARTON ROUGE pour Israël ! Mahmoud Sarsak
L’Euro de football des moins de 21 ans en Israël fait polémique du 18 mai 2013, info : RTBF Vidéo www.rtbf.be
Rassemblement devant le siège de l’Union Royale Belge de Football (URBSFA) vendredi 17 mai 2013 à BRUXELLES
http://www.rtbf.be/video/detail_l-euro-de-football-des-moins-de-21-ans-en-israel-fait-polemique?id=1824808&fb_action_ids=583249881708197&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=%22583249881708197%22%3A544152525627410&action_type_map=%22583249881708197%22%3A%22og.recommends%22&action_ref_map
CAPJPO-EuroPalestine
Carton Rouge pour Israël from fewla on Vimeo.
Ci-dessous deux articles d’Olivier Pironet dans le Monde Diplomatique, concernant le manque total d’éthique de l’UEFA, qui a confié à Israël la coupe de foot européenne des moins de 21 ans, et la situation des sportifs palestiniens, dont Mahmoud Sarsak que ce journaliste avait rencontré lors de son passage à Paris.

"Euro Espoirs de football en Israël, les droits des Palestiniens piétinés"
Par Olivier Pironet
Israël accueille du 5 au 18 juin 2013 le championnat d’Europe de football des moins de 21 ans. De nombreuses voix s’élèvent contre l’impunité dont jouit le pays sur la scène internationale et appellent à boycotter l’événement.
« Nous les avons acceptés en Europe et leur avons garanti les conditions d’adhésion (1), ils doivent respecter le message des lois et réglementations sportives internationales, faute de quoi leur présence en Europe n’aura pas lieu d’être. Je vais peser de tout mon poids pour mettre un terme à la souffrance du joueur palestinien, notamment au football. (…) Israël n’a qu’un seul choix : laisser le sport palestinien se développer ou il doit assumer tout seul les conséquences de son attitude » (2).
Ainsi s’exprimait M. Michel Platini, le président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), au sortir d’un entretien avec M. Jibril Rajoub, son homologue de la fédération palestinienne (PFA), le 22 septembre 2010, au siège de l’UEFA, en Suisse. L’ancien footballeur français semblait alors résolu à prendre à bras-le-corps le problème des restrictions sur la liberté de mouvement imposées par les autorités israéliennes aux joueurs palestiniens et celui du blocage par Tel-Aviv des fonds et des équipements sportifs offerts à la Palestine par les donateurs internationaux ou l’UEFA elle-même.
Pourtant, moins de six mois plus tard, le 27 janvier 2011, Israël se voyait confier par le bureau exécutif — dirigé par le même Platini — de l’instance européenne du ballon rond l’organisation de la phase finale du championnat d’Europe des moins de 21 ans (Euro Espoirs 2013), qui verra s’affronter huit pays du 5 au 18 juin. A l’été 2011, une quarantaine de clubs de football palestiniens signaient une déclaration commune pour faire part de leur consternation de voir Israël « récompensé pour son oppression de [leur] peuple, en toute impunité, par le privilège d’accueillir » la compétition, et demandaient à M. Platini de revenir sur sa décision. Ils entendaient lui rappeler qu’Israël, qui « pratique un mélange, unique au monde, d’occupation, de colonisation et d’apartheid dirigé contre la population indigène, c’est-à-dire les Palestiniens », n’est pas « un pays comme les autres » (3). L’initiative n’a pas permis de faire fléchir M. Platini.
Le 14 juin 2012, ce fut au tour de Jibril Rajoub de manifester son incompréhension dans une lettre ouverte au président de l’UEFA diffusée par les médias et accueillie froidement par l’intéressé. Le patron de la PFA y évoquait notamment le sort du jeune footballeur gazaoui Mahmoud Sarsak, arrêté par l’armée israélienne au cours de l’été 2009, torturé et incarcéré sans procès ni jugement (lire « Mahmoud Sarsak, une jeunesse brisée »), comme beaucoup des milliers de Palestiniens détenus en Israël (4). Quatre jours plus tard, M. Platini confirmait auprès du président de l’Association israélienne de football (IFA), M. Avraham Luzon, le maintien de l’épreuve dans son pays et se disait certain « que ce sera une belle fête du football, qui, une fois de plus, rassemblera les gens ».
Le 29 novembre 2012, au lendemain du tirage au sort de la phase finale de l’Euro (qui détermine les poules), il rencontrait le chef de l’Etat israélien, M. Shimon Peres, dans sa résidence de Jérusalem. Trois semaines plus tôt — les 8 et 11 novembre, soit quelques jours avant le début de l’opération militaire « Pilier de défense » contre la bande de Gaza (14-21 novembre 2012, plus de 180 morts du côté palestinien, en grande majorité des civils, dont une cinquantaine d’enfants) —, quatre adolescents étaient tués par des bombardements israéliens alors qu’ils jouaient au ballon rond à Gaza, sans que cela ne suscite aucune réaction de sa part. S’il suit l’actualité, M. Platini aura peut-être été interpellé par la récente décision de l’astrophysicien Stephen Hawking — qui provoque des remous en Israël — de ne plus participer à la conférence internationale placée sous l’égide de M. Peres, « Faire face à demain 2013 », organisée à Jérusalem du 18 au 20 juin, alors qu’il avait dans un premier temps accepté l’invitation lancée par le président israélien. Le célèbre scientifique britannique, qui entend par là protester contre la situation des Palestiniens et l’occupation de leurs terres, a également rejoint le boycott universitaire et culturel d’Israël (5).
Ironie du sort, la compétition se déroulera, entre autres, dans l’enceinte du stade Bloomfield (ex-Basa), qui fut autrefois celui du club palestinien Shabab Al-Arab de Jaffa, expulsé en janvier 1949 au profit du club israélien de l’Hapoël Tel-Aviv, et dans celle du stade Teddy de Jérusalem, situé tout près du village arabe d’Al-Maliha, vidé de ses habitants en juillet 1948 par les troupes israéliennes et presque entièrement rasé (6). Le stade Teddy est l’antre du club du Beitar Jérusalem, proche du Likoud (droite nationaliste). Ses supporters, ouvertement racistes et violents — deux de leurs slogans favoris sont « Mort aux Arabes » et « Beitar pur pour toujours » —, ont récemment créé la polémique en protestant contre l’arrivée dans l’équipe de deux joueurs tchétchènes de confession musulmane, allant jusqu’à mettre le feu au siège administratif du club, le 8 février dernier — les deux nouvelles recrues du Beitar, qui ne comptait jusqu’alors dans ses rangs que des joueurs juifs, sont systématiquement huées et insultées lorsqu’elles touchent la balle. Pour autant, le cas du Beitar Jérusalem est loin d’être isolé. Le football israélien est fortement touché par le racisme anti-arabe, des « ratonnades » se déroulant même régulièrement en marge des matchs de championnat (7).
Une coalition européenne d’organisations de défense des droits humains multiplie les actions pour tenter d’attirer l’attention de l’opinion publique et des dirigeants politiques (8). Elles ont mis sur pied la campagne Carton rouge pour l’apartheid israélien afin d’obtenir l’annulation de l’épreuve, sous peine de « renforce[r] le sentiment d’impunité » prévalant en Israël, et ce malgré les violations répétées des droits humains et les crimes commis par son armée à Gaza et en Cisjordanie, qui lui ôtent « toute légitimité à accueillir des événements sportifs internationaux ». La campagne est adossée au mouvement mondial Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), créé en 2005 sur le modèle de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, qui avait notamment abouti à l’exclusion du pays de toute compétition sportive. Elle a reçu le soutien de nombreuses personnalités, dont l’intellectuel américain Noam Chomsky, le musicien britannique Roger Waters (ex-Pink Floyd), l’ancienne star française du ballon rond Eric Cantona, ou encore le cinéaste Ken Loach.
De leur côté, des footballeurs professionnels se sont également mobilisés, sous la houlette de l’attaquant franco-malien Frédéric Kanouté. Celui-ci est à l’origine d’un appel à boycotter l’Euro Espoirs, adressé à l’UEFA le 29 novembre dernier et signé par une soixantaine de joueurs internationaux. Ils y témoignaient notamment de « leur solidarité avec le peuple de Gaza qui vit depuis trop longtemps en état de siège, et dont on refuse les droits humains les plus fondamentaux : la dignité et la liberté. » — certains d’entre eux, parmi lesquels des joueurs de l’équipe de France et l’Ivoirien Didier Drogba, se sont depuis rétractés ou ont démenti faire partie des signataires, à la suite, selon M. Kanouté, de pressions exercées sur eux et sur leurs clubs respectifs (9).
Rares sont les politiques à s’être saisis de la question, à l’exception notable de Mme Marie-George Buffet. Il y a peu, la députée communiste de Seine-Saint-Denis et ancienne ministre des sports (1997-2002) a adressé un courrier à M. Platini pour dénoncer la tenue du tournoi dans un pays dont les « pratiques » sont « incompatibles avec les valeurs du sport » (10). A notre connaissance, elle n’a obtenu aucune réponse officielle.
Le 25 janvier dernier, une délégation de militants venus de plusieurs pays (France, Royaume-Uni, Suisse, etc.) se sont rendus au siège de l’UEFA pour réclamer des explications à M. Platini. Ils se sont vus rétorquer que « le sport ne peut se mêler de politique, c’est pourquoi l’UEFA n’envisage pas de prendre des sanctions contre Israël » (11). Michel Platini feint-il d’ignorer que l’Afrique du Sud, pendant le régime d’apartheid (avec lequel collabora Israël, au mépris des sanctions internationales), fut suspendue de toutes les compétitions de football dès 1964, puis exclue des Jeux olympiques à partir de 1970, et n’a pu les réintégrer qu’après l’abolition du système ségrégationniste ? A l’époque, il est vrai, l’Europe avait pris part au boycott économique, académique et sportif du régime de Pretoria, tandis qu’elle fait preuve aujourd’hui d’une grande complaisance à l’égard d’Israël, dont les liens avec l’Union européenne n’ont cessé de se renforcer ces dernières années, malgré la poursuite de l’occupation militaire et de la colonisation en Palestine (12).
Emboîtant le pas de l’Union européenne, l’UEFA se serait-elle à son tour rangée au principe du « deux poids, deux mesures » ?
(1) Israël participe aux compétitions de football en Europe depuis 1989, après avoir quitté la Confédération asiatique (AFC) en 1974. Il est devenu membre à part entière de la fédération européenne (UEFA) en 1994.
(2) Cité dans la brochure On ne peut pas s’en foot !, CAPJPO - EuroPalestine, Paris, 2012.
(3) « Appel des sportifs palestiniens à l’UEFA », 22 juin 2011.
(4) Près de 4 900 Palestiniens, dont 236 enfants, sont emprisonnés en Israël, parmi lesquels plusieurs ont cessé de s’alimenter. Certains ont récemment péri en détention, comme Maysara Abou Hamdiya (65 ans), mort d’un cancer le 2 avril dernier, faute de traitement, ou Arafat Jardat (30 ans), décédé le 23 février 2013, après un interrogatoire. Sur la situation des prisonniers palestiniens en Israël, voir les données et informations fournies par l’organisation Addameer.
(5) « Stephen Hawking joins academic boycott of Israel », The Guardian, 8 mai 2013.
(6) Comble du cynisme, la communauté palestinienne de Jérusalem-Est, victime de la politique discriminatoire menée par Israël, dénoncée en particulier par les Nations unies, a été mise à contribution à hauteur de 100 millions de shekels (plus plus de 20 millions d’euros) pour financer les travaux de rénovation du stade Teddy.
(7) Cf. Todd Warning, « Israel’s Arab-Free Soccer Team », Tablet, 14 mai 2012. Lire également Robert Kissous, « UEFA 2013 – lettre à Michel Platini », Association France Palestine Solidarité (AFPS), 26 avril 2012.
(8) Un rassemblement de protestation est notamment prévu à Londres le 24 mai prochain, à l’occasion du congrès annuel de l’UEFA organisé dans la capitale britannique.
(9) « Kanouté accuse “certaines personnes” de censurer sa pétition sur la Palestine », France 24, 5 décembre 2012.
(10) « Non à la coupe des moins de 21 ans en Israël ! Marie-George Buffet écrit à Platini », CAPJPO - EuroPalestine, 13 mars 2013.
(11) « Coupe de foot junior en Israël : l’UEFA sommée de s’expliquer », CAPJPO - EuroPalestine, 26 janvier 2013.
(12) Lire à ce sujet « Comment l’Union européenne renforce les colonies israéliennes », par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient (Les blogs du Diplo), 30 octobre 2012.
Source : http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

"Mahmoud Sarsak, une jeunesse brisée", par Olivier Pironet,
En visite en France (22 mars-14 avril 2013), à l’invitation de plusieurs municipalités, des associations et des clubs de football, Mahmoud Sarsak peine à contenir sa colère lorsqu’on l’interroge sur ce qu’il pense de la tenue sur le sol israélien du championnat d’Europe de football des moins de 21 ans, du 5 au 18 juin 2013 (lire « Euro Espoirs de football en Israël, les droits des Palestiniens piétinés »). La carrière sportive de ce footballeur, sorti très affaibli de son incarcération en Israël, est actuellement au point mort. Il ne sait pas s’il retrouvera un jour son niveau d’antan et demeure sans travail depuis sa libération (il était en 2e année d’études informatiques avant son arrestation). Aujourd’hui, il s’est donné pour mission de « défendre la cause palestinienne dans le monde entier », et de faire entendre « les cris de désespoir » de ses compatriotes qui « croupissent par milliers dans ces tombes pour vivants » que sont les prisons israéliennes, où l’on trouve de nombreux enfants, « dont certains n’ont même pas 13 ans », et même des « femmes enceintes qui accouchent dans des conditions effroyables ».
Ce jeune Gazaoui âgé de 26 ans a été arrêté en juillet 2009 par l’armée israélienne au terminal frontalier d’Erez (point de passage entre Israël et la bande de Gaza), au motif qu’il représentait « un danger pour Israël », alors qu’il se rendait en Cisjordanie pour s’entraîner avec l’équipe nationale de Palestine et y intégrer le club de Balata (Naplouse). Accusé sans preuve d’appartenir au Jihad islamique — ce qu’il a toujours formellement démenti —, il a été détenu en Israël pendant trois ans en tant que « combattant illégal » (selon la terminologie israélienne), sans procès, ni avocat, ni droit de visite, subissant au début de sa détention « quarante-cinq jours de séances d’interrogatoire », accompagnées de « tortures si violentes » qu’il a « dû être hospitalisé cinq fois ». En juillet 2012, à l’issue d’une grève de la faim de trois mois au cours de laquelle il est passé de 76 à 45 kg — frôlant la mort —, et sous la pression d’une campagne internationale de soutien relayée par des personnalités du monde de la culture et du sport, il a finalement été libéré et renvoyé à Gaza.
La Fédération française de football (FFF) et le ministère des sports, sollicités par M. Sarsak alors qu’il était à Paris pour évoquer, entre autres, la situation de deux coéquipiers de l’équipe nationale, Omar Abou Rouis et Mohammed Nemer, emprisonnés sans raison depuis plus d’un an dans les geôles israéliennes, n’ont pas daigné le rencontrer, « même à titre privé ». Il a toutefois pu être reçu par des parlementaires européens, à Strasbourg, le 11 avril dernier, bien que la mission israélienne au Parlement ait cherché à les en dissuader en distribuant des tracts alléguant que M. Sarsak était un terroriste — une nouvelle preuve, s’il en était besoin, qu’Israël tente de « manipuler l’opinion publique ».
Publié dans le Monde Diplomatique le mercredi 15 mai 2013 : http://www.monde-diplomatique.fr/ca...
Et il n’est pas encore trop tard pour vous joindre à la manifestation du vendredi 24 mai à Londres, à l’occasion du congrès annuel de l’UEFA qui s’y tiendra ! Pour plus d’infos à ce sujet : info@europalestine.com
CAPJPO-EuroPalestine