FREE PALESTINE

22 novembre 2018

L'unité nationale palestinienne vs le conflit de classes

Source: Externe

Lorsque les positions des forces nationales s'affrontent dans un pays soumis à l'occupation et à la colonisation, comme cela a été le cas en Algérie, en Irlande, en Inde, en Afrique du Sud et ailleurs, il est naturel de se renseigner sur les motivations de ce conflit et d'identifier les bénéficiaires de la situation ainsi que ceux qui sont affectés négativement.

La lutte politique et idéologique peut progresser vers une guerre interne armée ou une confrontation civile, en particulier si le colonisateur n'est pas loin de la situation.

En examinant les contradictions entre les forces, nous devons également comprendre le rôle des forces «environnantes» qui peuvent apparaître en-dehors du cadre de l'image ou qui tentent de faire leur apparition dans le rôle de «médiateur». En réalité, ces forces peuvent être une cause du conflit lui-même.

Bien qu'une analyse fondée sur les classes ait dominé la pensée de la gauche en général à un moment donné et soit parfois devenue la seule référence pour traiter chaque problème (parfois à l'exclusion de sujets pertinents), malheureusement, elle est devenue plus tard presque ou complètement absente. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne l'interprétation des contradictions sur la scène politique nationale palestinienne.

Par conséquent, il est nécessaire de brosser un tableau, même incomplet et général, des intérêts de classes palestiniens en conflit, dont les contradictions intellectuelles et politiques reflètent les visages publics.

La minorité palestinienne dominante

Ce sont les intérêts et les secteurs qui ont dominé les rangs de la direction palestinienne, y compris la direction du peuple et le mouvement révolutionnaire du siècle dernier. Par exemple, ces secteurs ont dominé la Haute Autorité arabe, les postes clefs de la direction de l'OLP, de l'Autorité palestinienne et du Conseil national palestinien. Ces intérêts ont des symboles et des slogans susceptibles de changer à chaque étape. 

Les grandes familles palestiniennes sont peut-être les mêmes, mais leurs comportements changent parallèlement aux modes de production, aux relations avec le colonisateur étranger et aux systèmes réactionnaires de tutelle et d'autorité, puis à l'occupation sioniste. Cependant, dans tous les cas, ils occupent le même emplacement central.

Cette minorité palestinienne nous a conduits, après chaque étape, bataille, révolte ou soulèvement, dans un désastre majeur. 

Cela s'est produit aux mains de la classe «Pacha», des vestiges du féodalisme palestinien, des grands propriétaires terriens, des marchands et des «personnalités» qui ont participé à l'avortement de la révolution de 1936. 

La même chose s’est produite en 1947 et plus tard, pour mettre fin à la grande Intifada de 1987-1993, et à nouveau de 2000-2005. 

Tant que cette minorité, dotée d'un capital et d'un pouvoir abondants mais ne dépassant pas quelques milliers d'individus, continue de dominer la majorité populaire palestinienne et de saisir les clés de la décision politique palestinienne, notre peuple continuera à subir de nouvelles déceptions et défaites.

Source: Externe

Qui forme cette minorité aujourd'hui ?

Il est difficile d'identifier un secteur et de l'appeler «la classe de la minorité». Ses racines sont multiples, mais elle travaille au service de l'entité sioniste, des régimes réactionnaires arabes et des forces impérialistes, grâce à un réseau de chevauchements politiques et financiers, institutions, banques, entreprises et projets économiques. Elle a un gouvernement, des prisons, des ministères et des ambassades, notamment après la création de l'Autorité palestinienne en 1994

Cette autorité, qui cible la résistance armée et coopère avec l’ennemi sioniste et les services de renseignement étrangers, est un outil à la fois pour l’occupation sioniste et pour ce groupe, que nous pourrions appeler la classe d’Oslo. Elle remplit une double fonction: consacrer les intérêts de la minorité palestinienne et protéger l'ennemi, afin qu'elle soit «acceptée» dans ses institutions, son système de sécurité et son système économique. 

Elle continue de tirer sa légitimité de la reconnaissance officielle arabe et internationale qu’elle est la seule représentante légitime du peuple palestinien. Et l'entité sioniste répond aux besoins de cette classe qui en dépend, renforçant sa position au sein de la société palestinienne et la traitant comme un second partisan ou partenaire, lui donnant une part du marché dans «les zones palestiniennes de Judée-Samarie». .

En d’autres termes, la classe de la minorité palestinienne au pouvoir est une marionnette de l’occupation composée de centaines de grands capitalistes, de leurs agents, de propriétaires d’entreprises et de sous-traitants de projets liés à l’occupation. «L’Autorité palestinienne» est une administration locale chargée des projets de ces grands intérêts bourgeois.

La critique des positions de l'OLP et de la direction de l'Autorité palestinienne est, en substance, une critique des intérêts palestiniens dominants qui ont mis en place le système "wasta" ("médiateurs" entre l'occupation et les masses), servant de classe compradore à l'intérieur de la Palestine occupée. Ces secteurs ont resserré leur contrôle sur la décision politique palestinienne depuis 1974, date à laquelle ils ont pris le contrôle de la «révolution» et de l’establishment palestinien, se dirigeant progressivement vers l’ère de «l’autorité». Cette transition s’est faite par l’acceptation du "cadre" par le biais de machinations non démocratiques et tordues des dirigeants et des forces palestiniennes traditionnelles et de leur plus grand parti politique: le mouvement Fatah.

Source: Externe

Qui est la majorité populaire palestinienne ?

Depuis 1948, nous ne sommes plus une société cohérente vivant sur notre territoire, mais de nombreux contingents, sociétés et communautés dispersés à l'intérieur et à l'extérieur de la Palestine occupée, qui ne disposent d'aucun pont pour les relier ni de liens économiques, politiques et organisationnels significatifs.

Les plus importants d'entre eux sont les camps de réfugiés palestiniens, qui sont plus de 60. Certains d'entre eux ont été détruits par des guerres continues, parfois par des massacres arabes et officiels et par des sièges économiques. Leurs souffrances continuent quotidiennement avec les lois racistes, la négation de l'identité des réfugiés et les projets de réinstallation en cours. 

Ils sont comme des «cantons» gémissant sous le siège et la pauvreté dans la patrie occupée et en exil, et formant avec la classe ouvrière et d'autres secteurs marginalisés la majorité palestinienne populaire. Ces zones de misère palestiniennes s’étendent du Naqab à Jabalya, en passant par Chatila, Baqaa et Yarmouk, jusqu’aux lointaines contrées migratoires, confrontées à des luttes isolées comme si elles étaient des îles et emplies d’un sentiment de déception, de colère et de rage face aux déceptions qui se succèdent.

Qui sont-ils et qui sommes-nous ?

Nous voyons donc deux forces contradictoires. Alors que la majorité palestinienne vit dans l'isolement, la marginalisation et l'appauvrissement, la minorité aspire à une fortune de 40 milliards de dollars, mène une vie sûre et protégée, vit dans des palais, accumule des richesses et envoie ses enfants dans d'éminentes universités et institutions aux États-Unis et en Europe et ne paie aucun prix humain dans la lutte de libération nationale, en comparaison avec le travail et les sacrifices des masses.

Alors que le conflit de classe entre la minorité dominante et la majorité écrasante s’intensifie, la minorité tente de résoudre ses propres problèmes et ses crises économique et politique aux dépens des droits nationaux de la majorité: atteinte au droit de retour; confiscation des droits des martyrs, des prisonniers et des blessés; pillage de biens publics. 

Cette classe tente de tromper politiquement la majorité, en particulier à travers le slogan de ce qu’on appelle l'«Etat palestinien indépendant», qui est finalement le projet de la grande bourgeoisie palestinienne. 

Cependant, ce projet est voué à l'échec une fois ses résultats clairement connus: incapacité à empêcher l'intensification de la construction de colonies de peuplement, judaïsation de Jérusalem, imposition du siège à Gaza et le refus persistant du retour des réfugiés. La politique de l'ennemi.

La majorité populaire palestinienne a presque tout perdu, y compris sa position naturelle dans la «révolution», l'OLP et le projet national palestinien, au profit de la grande classe capitaliste qui a tout contrôlé. 

Si les classes populaires sont celles qui ont construit les piliers de la révolution et de l'OLP, elles se retrouvent aujourd'hui au bord du chemin. Oui, les classes laborieuses et en lutte de la Palestine occupée - travailleurs, paysans, pêcheurs, avocats, ingénieurs, enseignants, étudiants, artisans et même les propriétaires de petites usines, ateliers et projets - ont porté tout le fardeau de la révolution, de l'intifada et de la lutte armée. Ils sont les adversaires historiques des palais palestiniens et de l’entité sioniste. Ils sont, en particulier dans les camps, les principaux acteurs dans l'achèvement de leur lutte.

Ce grand bloc populaire palestinien qui a construit la révolution ne cherche pas un «État» fictif. Il se bat pour la restauration de la terre, des droits et des biens usurpés. Comment les classes populaires, les communautés appauvries et les groupes marginalisés peuvent-ils reprendre leur rôle et reconquérir la révolution dispersée et dégénérée?

Pour atteindre cet objectif, il faut que cette majorité soit consciente de son rôle historique dans la révolution et le mouvement pour le changement social. Ce rôle peut non seulement vaincre le projet de liquidation américano-sioniste-réactionnaire, mais également le projet de la minorité palestinienne de «l'État imaginaire», au lieu de s'orienter vers un processus de révolution et un mouvement de changement global. 

Cette fois, il doit être dirigé par les classes populaires, pour la première fois dans l'histoire de la lutte de libération nationale palestinienne.

Des phrases et des slogans comme «réconciliation nationale», «mettre fin à la division», «seul représentant légitime», «État palestinien», «projet national», «indépendance», «liberté», «légitimité», «Jérusalem», «résistance populaire» et «le droit à l'autodétermination», entre autres, ont été exploités sans relâche. 

Si vous les mettez à l'épreuve aujourd'hui, vous constaterez que chaque parti palestinien a sa propre définition de ces concepts. La dégradation du discours politique palestinien en général et l'utilisation d'un langage trompeur et de concepts visant à justifier la situation politique actuelle sont des politiques constantes de la classe dirigeante, de ses intellectuels et de ses outils dans les médias.

Source: Externe

Les contradictions internes et le « processus de paix »

Rien ne révèle plus clairement la contradiction interne palestinienne et définit plus précisément ses partis que leurs positions sur le «processus de paix». En effet, le conflit entre la classe d'Oslo et la classe populaire palestinienne est clairement révélé aux étapes de ce projet trompeur. 

Pour le peuple palestinien, le «processus de paix» signifie une liquidation complète de sa cause, par la colonisation, le nettoyage ethnique et la pacification de son mouvement; pour la classe financière palestinienne, c'est un processus rentable et un mode de vie!

Un quart de siècle s'est écoulé depuis la signature des accords d'Oslo, qui ont constitué le tournant majeur dans la lutte palestinienne pour l'occupation, les puissances impérialistes et la grande bourgeoisie palestinienne. Il marque le début de la transformation matérielle du stade de la révolution intifada /révolution populaire à l'autorité fantôme / au pseudo-État. 

Et sur les épaules de la majorité populaire palestinienne et du mouvement de résistance populaire et armée, repose la tâche de créer une alternative révolutionnaire qui puisse faire face à la tentative de liquidation de la question palestinienne et protéger l'unité du peuple, la terre et ses droits.

Khaled Barakat -

06.11.18

Source: Coup Pour Coup 31

21 novembre 2018

Ces divisions qui menacent l’avenir de la Palestine

Source: Externe

Un effondrement de Gaza retentirait sur toute la question palestinienne, voire sur Israël. Omar Shaban tire la sonnette d’alarme: le blocus israélien, les séquelles des guerres successives, la réduction du budget de l’UNRWA représentent un péril immédiat, mais il en est de même des divisions au sein du mouvement palestinien.

Omar Shaban est un politologue palestinien basé à Gaza, et le directeur de Pal-Think for Strategic Studies, une ONG  palestinienne indépendante non affiliée à un parti politique et ne recevant aucune subvention publique. Fondée en mars 2007 à Gaza par un groupe de chercheurs, elle a pour but de renforcer le dialogue entre les acteurs politiques, et d’encourager des travaux de recherche rationnels et méthodiques, afin de relever les défis auxquels la Palestine est confrontée. Elle a produit le premier document sur la réconciliation palestinienne (intitulé Feuille de route pour la réconciliation palestinienne).

Nada Yafi: Comment décririez-vous la situation économique à Gaza aujourd’hui?

Omar Shaban. — C’est celle d’un épuisement général, assorti de signaux d’alerte sur un effondrement imminent. Il m’est difficile de qualifier la situation, tant les difficultés s’amoncellent depuis le blocus imposé par Israël en juin 2007 à la suite de la prise du pouvoir par le Hamas, et d’un an de luttes meurtrières entre mouvements palestiniens. On ne le répétera jamais assez: Gaza est la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Une bande côtière de 360km² qui croule sous une population de deux millions d’habitants, dont 75% vivent dans 8 immenses camps de réfugiés.

Malgré son retrait de la bande de Gaza, Israël continue de contrôler toute circulation des biens et des personnes à partir de et vers Gaza, sur la frontière terrestre comme dans l’espace maritime et aérien. Les deux principaux points de passage que sont Erez (Beit Hanoun) contrôlé par Israël, et Rafah, contrôlé par l’Égypte et le plus souvent fermé, ne permettent pas une vraie décompression.

Trois guerres israéliennes en quelques années ont laissé derrière elles un champ de ruines: décembre 2008, juillet 2012 puis la dernière en août 2014, qui a fait des ravages. Pas moins de 40.000 habitations et édifices publics entièrement détruits, plus de 100.000 partiellement. La plupart n’ont pas été réhabilités, par manque de ressources, sans compter que le climat d’instabilité générale fait hésiter les pays donateurs. Il était prévu que le gouvernement d’union nationale formé en juin 2014 se lance dans cette entreprise. Mais la moitié au moins de ces bâtisses est restée en l’état.

N.Y.: Les organisations internationales n’interviennent-elles pas?

O.S.— Il faut faire une différence entre les organisations. Celles qui viennent des États-Unis par exemple boycottent tout organisme local à caractère politique ayant des liens avec des forces politiques ou militaires comme le Hamas ou le Jihad islamique. Ce boycott complique singulièrement l’accès des bénéficiaires à l’aide. Seules les organisations de secours financées par des fonds arabes ou islamiques (Qatar, Arabie saoudite, Turquie) peuvent les aider sans discrimination.

Source: Externe

N.Y.: Et les agences de l’ONU? Comment s’est traduite sur le terrain la réduction drastique de la contribution américaine à l’UNRWA?

O.S. — C’est un désastre pour Gaza. La proportion des habitants qui vivent en deçà du seuil de pauvreté a atteint 70% et les taux de chômage plus de 53%, selon les derniers chiffres fournis par la Banque mondiale (octobre 2018). Cela n’a fait qu’accélérer la transformation de la société palestinienne, autrefois productrice, en une société assistée. L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) avait par exemple des programmes d’éducation et de santé qui offraient des contrats à durée déterminée (CDD) à des jeunes pour quelques mois, ici ou là. Ils ont été réduits ou arrêtés par manque de budget. L’agence en arrive même à licencier sur place des fonctionnaires permanents, des Palestiniens dont les familles se retrouvent sans ressources du jour au lendemain.

N.Y.: Des jeunes et surtout des femmes, dit-on, sont poussés par désespoir à participer aux manifestations appelées «marches du retour», à la frontière, où ils affrontent les balles réelles des soldats israéliens. Cela s’apparente-t-il à un suicide?

O.S. — Je ne dirais pas cela. Mais il y a de quoi désespérer. La dégradation de la vie quotidienne joue un rôle essentiel dans ces manifestations. Gaza veut faire entendre sa voix au monde entier. Ces «marches du retour» ont atteint nombre de leurs objectifs et ont échoué à d’autres égards. Ce qui n’est guère étonnant dans les circonstances que l’on sait. Pour moi, l’un des objectifs stratégiques ainsi atteints a été de prouver que la lutte palestinienne est toujours présente, vivante, imperméable au défaitisme et à la débandade humiliante des pays arabes en général. En même temps ces marches ont pu susciter des interrogations sur leur caractère véritablement pacifique, leur authenticité. Elles ont causé la mort de 217 martyrs, et fait 22 897 blessés dont certains resteront estropiés à vie.

N.Y.: Qu’en est-il des tentatives de réconciliation entre l’Autorité palestinienne (AP) et le Hamas?

O.S. — Ces tentatives n’ont en réalité jamais cessé même si elles n’ont à ce jour guère porté leurs fruits. Il y a eu huit accords dans le passé, à l’issue de réunions parrainées par des pays arabes, mais sans effet sur le terrain. Le 23 avril 2014, un accord dans le camp de Shati à Gaza a donné naissance en juin de la même année, à un cabinet d’union nationale, mais ce cabinet n’a pas exercé le pouvoir à Gaza et les deux parties se sont rejeté la responsabilité de l’échec. Des efforts — surtout égyptiens — se sont poursuivis avec l’idée de mettre un terme à cette division. Depuis fin octobre, une délégation de la sécurité égyptienne fait la navette entre Gaza et la Cisjordanie pour relancer l’accord du Caire du 4 mai 2011, amendé le 12 octobre 2017.

N.Y.: Qu’est devenu ce cabinet d’union nationale? Quelle est la réalité du pouvoir sur le terrain?

O.S. — Le pouvoir effectif à Gaza est entièrement entre les mains du Hamas. Tout l’appareil exécutif, avec 24.000  fonctionnaires, est entretenu et financé par le Hamas depuis juin 2007, de même que les services de sécurité, de la police, de la justice, à savoir 17.000 fonctionnaires. Lorsque le cabinet d’union nationale a été formé en 2014, quatre ministres du Hamas en faisaient partie. Ils sont toujours formellement en fonction, ils se déplacent entre Ramallah et Gaza, où ils résident. Mais ils n’y exercent pas leurs attributions. Ils n’y ont ni bureaux ni cabinets ministériels.

N.Y.: Qu’en est-il de la cohésion du Hamas lui-même? Observe-t-on des luttes internes entre courants? Le Jihad islamique peut-il être un concurrent?

O.S. — Il y a certainement des courants divers au sein du Hamas, comme dans toute formation politique, voire toute communauté sociale. Certains parlent ainsi du «Hamas de l’intérieur» d’autres du «Hamas politique» par opposition au «Hamas militaire». En réalité, personne ne sait comment sont prises les décisions au sein du Hamas. Tout ce que l’on sait, c’est qu’une fois prises, elles sont appliquées par tous. Quant au Jihad islamique, je ne pense pas qu’il puisse constituer un concurrent; ce mouvement ne croit pas aux élections et ne dispute pas le pouvoir au Hamas. Autre différence: le Jihad est plus proche de l’Iran que des pays arabes, bien que ses membres soient sunnites. Mais il est en accord avec le Hamas sur la ligne politique de résistance à Israël.

N.Y.: Il y a une proposition du Hamas de «trêve de longue durée avec Israël» [3]. En l’absence toutefois d’une réconciliation avec l’AP, certains Palestiniens y voient le risque d’entériner la division entre la Cisjordanie et Gaza. Pensent-ils que cela irait dans le sens de la solution américaine qui voudrait détacher Gaza du reste de la Palestine, à travers la fameuse proposition de Donald Trump de «deal du siècle»?

O.S. — En effet, il y a des craintes chez de nombreux Palestiniens qu’une longue trêve entre le Hamas et Israël, en l’absence de tout accord avec l’Autorité à Ramallah, ne vienne renforcer la division actuelle entre le Fatah et le Hamas. D’autant plus qu’il n’y a pas de continuité territoriale entre la Cisjordanie et Gaza. Et que la distance est désormais réelle aussi entre les deux sociétés, chacune ayant son propre tissu, ses spécificités, son mode de vie, sa culture, toutes divergences qui n’étaient pas aussi évidentes du temps de Yasser Arafat.

Aujourd’hui chaque territoire semble avoir ses préoccupations et ses priorités. Mais il n’est pas acceptable, sous prétexte que la réconciliation nationale n’est pas encore réalisée, de laisser sombrer la bande de Gaza dans cet enfer, qui empire tous les jours. Gaza ne peut pas être l’otage de la «réconciliation» alors que la guerre est à ses portes. La délégation égyptienne œuvre justement à cela: obtenir l’allègement du blocus sur Gaza, instaurer une trêve avec Israël, mais en même temps œuvrer à la réconciliation entre le gouvernement du Hamas et l’AP. Réaliser les deux objectifs en même temps préservera l’appartenance de Gaza au système palestinien dans son ensemble.

Source: Externe

N.Y.: Que dites-vous à ceux qui doutent du rôle de l’Égypte et qui l’accusent même de vouloir profiter du «deal du siècle» pour le développement du Sinaï au détriment de Gaza?

O.S. — Je peux infirmer cette théorie. Je sais de source sûre que la position égyptienne est celle d’un rejet total de la division palestinienne. La situation désastreuse à Gaza a des retombées négatives sur la sécurité dans le Sinaï. L’Égypte n’envisagera pas de solution pour Gaza à travers une extension dans le Sinaï. L’Égypte a été chargée par la Ligue arabe d’une mission de bons offices entre les mouvements palestiniens. Elle cherche réellement à soulager la situation humanitaire dans la bande de Gaza.

N.Y.: L’Égypte rejette-t-elle aussi le «deal du siècle» américain?

O.S. — Nous avons beaucoup entendu parler de cette proposition américaine, sans savoir ce qu’elle contient vraiment. Le contenu n’a pas été rendu public. Tout ce que l’on sait c’est qu’elle a comporté d’emblée l’annonce de Jérusalem comme capitale unifiée d’Israël. Mais aussi l’assèchement de ressources de l’UNRWA et son démantèlement. Ce que les pays arabes ont refusé. Mais est-ce que cela change quoi que ce soit sur le terrain? La position arabe est trop faible. La pression pèse sur les Palestiniens pour qu’ils acceptent la vision américaine. La position arabe ne tiendra pas face aux politiques de Trump au Proche-Orient.

N.Y.: Quelles perspectives pour Gaza aujourd’hui, et pour le mouvement palestinien dans son ensemble?

O.S. — Le maintien de la division au sein du mouvement palestinien représente un très grave danger. Des transformations sociales, économiques, politiques ont eu lieu. Et qu’elles soient ou non délibérées, elles ont à leur tour approfondi la division entre Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem. Elles ont aussi créé des acteurs qui ont désormais intérêt au maintien de cette séparation. Retrouver l’unité devient plus difficile. C’est un péril pour la question palestinienne dans son ensemble. Les divergences touchent désormais à ce qui était autrefois considéré comme fondamental et sacré. Mais alors, que faire? Surmonter coûte que coûte la division, faire prévaloir l’intérêt national global, ne pas miser sur la conjoncture régionale, arabe, internationale.

Les Gazaouis fondent tous leurs espoirs sur le processus de réconciliation pour sortir de cette crise à rebondissements. Il y va de leur survie, celle du système social, culturel, politique dans son ensemble. L’autre option serait celle des guerres fratricides et de l’escalade militaire avec Israël.

Il n’est plus permis aux responsables palestiniens, qu’ils soient officiels ou civils, pas plus qu’aux acteurs de la communauté internationale, de se contenter de replâtrage. Une intervention forte, immédiate et complète est désormais requise. Elle devrait viser à la fois la réconciliation et la levée du blocus contre Gaza. Gaza devrait être déclarée zone sinistrée, et secourue comme telle.

Nada Yafi -

08.11.18

Source: MEE

20 novembre 2018

Gaza a donné au monde une leçon de dignité et de courage

Source: Externe

Les représailles lancées avec les missiles de Gaza ont modifié les règles du jeu et généré une crise pour les Israéliens.

 

J’ai appelé un vieil ami et collègue à Gaza mercredi. Hilmi Mousa a passé plus de dix ans dans les prisons de l’occupation israélienne et a longtemps vécu à Beyrouth, où il a travaillé pour le journal as-Safir avant de retourner dans la bande de Gaza.

«Ne me demandez pas comment je vais» dit-il, «Je suis mieux loti que vous tous. Gaza donne au monde entier une leçon de fierté et de dignité.»

Il a alors raconté que les gens se réjouissaient de voir des missiles éclairer le ciel en se dirigeant vers les colonies de peuplement israéliennes et qu’ils étaient bouleversés lorsque les tirs se sont arrêtés.

La scène décrite par Hilmi a rapidement trouvé des échos dans la plupart des régions du monde arabe et islamique, même si la confrontation n’a duré qu’à peine plus d’un jour et demi et a été suivie du cessez-le-feu le plus rapide de l’histoire du conflit arabo-israélien.

En dépit du siège de famine imposé par Israël et certains pays arabes, les habitants de la bande de Gaza sont descendus dans les rues pour se réjouir, se félicitant mutuellement et distribuant des friandises, comme s’ils voulaient signifier que la guerre devrait durer plus longtemps.

Cela a contredit Benjamin Netanyahu, qui a affirmé que les ennemis d’Israël avaient «imploré pour un cessez-le-feu». Le Premier ministre israélien a expliqué qu’il était attentif à la voix des habitants du sud d’Israël qui avaient subi des bombardements, mais, a-t-il dit: «Avec les responsables de la sécurité, je vois la situation générale de la sécurité d’Israël, et le public peut parfois ne pas avoir connaissance de considérations décisives. Elles doivent être dissimulées à notre ennemi.»

Source: Externe

Netanyahu mentait. Ce sont les colons autour de Gaza qui ont «imploré» un cessez-le-feu après avoir été forcés de descendre dans leurs abris. Leurs écoles ont été condamnées à fermer leurs portes et leurs oreilles étaient remplies du son de sirènes d’alerte et de missiles volant au-dessus d’eux et explosant.

Quelque 450 roquettes et obus de mortier ont été déversés sur les colons, envoyant plus de 60 personnes à l’hôpital et choquant les experts militaires israéliens à la fois par la précision accrue avec laquelle ces armes ont touché leurs cibles et par la charge utile explosive de leurs ogives.

Netanyahu sait bien les raisons non avouées qui l’ont poussé à accepter un cessez-le-feu aussi rapidement. La principale d’entre elles était la perspective, si la guerre se poursuivait, que les missiles atteignent Tel-Aviv et d’autres zones d’habitations, envoyant des millions d’Israéliens dans les abris, perturbant le trafic aérien à l’aéroport Ben Gourion et entraînant finalement la fuite des investissements vers Londres, New York, Francfort ou ailleurs.

Le mythe de la toute-puissance israélienne est en train de s’effondrer. La suprématie dans l’air n’est plus aussi affirmée. Israël a perdu son efficacité contre le barrage de tirs de missiles de représailles venus de Gaza, et les jours sont révolus où l’armée de l’air israélienne pouvait se déchaîner dans le ciel syrien.

La guerre de 48 heures à Gaza a transformé de nombreuses données. Le territoire et l’espace aérien de la bande de Gaza ne peuvent plus être attaqués impunément par les raids israéliens sans déclencher une réaction dissuasive. Ceux qui ont la capacité de cibler avec une grande précision un autobus de transport militaire avec des missiles Kornet (grâce à l’aide du Hezbollah) sont également capables de détruire des bâtiments sur la tête de leurs colons à Jaffa, Haifa Lydda, Ramleh, Isdud et Asqalan, sans parler de Sderot à proximité.

Les missiles pouvant être tirés à tout moment depuis Gaza ont exporté la crise auprès des Israéliens, humiliant Avigdor Lieberman et menaçant de renverser Netanyahu et son gouvernement et de l’envoyer en prison, à l’instar de son prédécesseur Ehud Olmert. Les couteaux sont affûtés, les charges sont prêtes et le jeu consistant à «jouer la montre» touche à sa fin.

Source: Externe

Les répercussions de cet élan de dignité atteindront sans aucun doute la Cisjordanie, si elles ne l’ont pas déjà fait, peut-être plus tôt que prévu par Mahmoud Abbas, le «président» de l’Autorité palestinienne, ou de Netanyahu.

Nous doutons que les forces de sécurité d’Abbas – dont l’un des commandants a récemment été photographié à genoux aidant ses homologues israéliens à changer un pneu à plat – vont réussir à stopper cette vague, malgré tous les moyens répressifs à leur disposition.

La flamme de la résistance dans les territoires arabes occupés peut s’éteindre quelque temps mais elle ne meurt pas. C’est ce que beaucoup de normalisateurs arabes ont été incapables de comprendre. Ils ont malheureusement cru à son extinction et ont déployé le tapis rouge pour les Israéliens, leurs dirigeants, leurs ministres et leurs équipes sportives.

Le peuple palestinien ne se rendra jamais et continuera de résister, avec le soutien de tous les peuples honorables. Et ils continueront inlassablement à accomplir des miracles!

Abdel Bari Atwan -

17.11.18

Source: Chronique de Palestine

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19 novembre 2018

Nabi Samuel, un village oublié de Jérusalem qui lutte pour survivre

Source: Externe

Le village de Nabi Samuel, au nord-ouest de Jérusalem occupée, s"est retrouvé isolé après que la construction du mur d’apartheid israélien l’ait transformé en une petite prison.

 

Les 320 habitants de Nabi Samuel, ont organisé il y a quelques jours un sit-in pour protester contre les pratiques de l’occupation contre leur village isolé.

Ses terres ont été attaquées et la cour de l’école a utilisé comme parking par les colons qui visitaient le sanctuaire du Prophète Samuel.

Eid Barakat, habitant du village, a raconté au Centre palestinien d’information l’histoire du village et la souffrance endurée par ses habitants: «En 1971, les maisons du village situées autour du sanctuaire ont été démolies, au prétexte qu’elles étaient vieilles et au bord de l’effondrement, mais c’était faux; le véritable objectif était la recherche d’antiquités israéliennes, car nous avons été transférés dans des maisons situées à 400 mètres de la mosquée du village.» 

Il a ajouté: «Les autorités d'occupation israéliennes ont autorisé chaque famille à construire une cuisine et une salle de bains extérieures. Elles ont détruit et empêché la construction de toute autre structure nécessitée par la croissance naturelle de la population», précisant qu’une Fondation norvégienne a commencé ces dernières années à porter les cas de démolition de maisons devant les tribunaux israéliens. 

Eid a noté qu'il «a reçu 23 ordres de démolition, y compris la construction de ma maison et même la construction de cabanes au toit de tôle, d'une fosse d’aisance ou d'un puits», soulignant que les autorités d'occupation interdisent la construction ou l'expansion de village.

Il a souligné qu'en 1995, les forces d'occupation israéliennes ont confisqué environ 3.500 dunams (35 ha) des terres du village et en ont fait un parc national qui englobe tout le village et ses environs, y compris sa mosquée, alors que les résidents se voient refuser le droit de construire, de rénover ou de planter des arbres. 

Il a déclaré: «Nous avons essayé de nous opposer aux pratiques de l'occupation, mais nous n'avons pas réussi, » expliquant que la seule rue du village n'a pas été rénovée depuis 1967 et qu'il y a trois ans, nous avons pu le faire avec l'aide des Norvégiens.» 

Source: Externe

Un sit-in de protestation

Eid a expliqué que le sit-in organisé il y a quelques jours avait pour but de protester contre la transformation de l'entrée du village en parking pour les colons qui visitaient le mausolée du prophète Samuel, ce qui a rétréci l'entrée du village et a provoqué des problème de circulation et retarde l’accès des élèves à leurs écoles.

Le sit-in protestait également contre la construction d’une salle de mariage au même endroit dans le but de harceler et de déplacer la population palestinienne.

En ce qui concerne l’enseignement, il a souligné que l’école du village était constituée d'une pièce de 20m².

«Plus tard, après l’intervention de la reine jordanienne Rania Al-Abdullah et de la Fondation Madrasati, nous avons eu des pré-fabriqués pour augmenter le nombre de salles de classe. Nous disposons maintenant de quatre salles de classe de 20 élèves chacune. Cependant, le problème n’est pas résolu, car environ 50 écoliers vont étudier dans les villages de Jib et Bir Nabala. Le village manque également d'un dispensaire. En cas de naissance, les femmes se rendent dans les hôpitaux de Cisjordanie

Il a souligné que le mur d'apartheid séparait le village de la Cisjordanie et des villages voisins tels que Beit Iksa, Beit Hanina, Al Jib, Bir Nabala et Badu, auxquels on ne peut accéder qu'en franchissant un poste de contrôle militaire et en parcourant de longues distances.

«Personne ne peut nous rendre visite à l'exception d'amis très proches, de parents au premier degré et uniquement après coordination avec la partie israélienne.» 

Eid a appelé l'Autorité palestinienne à se préoccuper de son village oublié et à réduire le chômage de sa population, soulignant que les résidents ne quitteront pas leur village pour ne pas laisser l'occupation confisquer leurs terres.

Palestine Info -

11.11.18

Source: ISM

18 novembre 2018

BDS: après une victoire juridique en Allemagne, en Angleterre & au pays de Galles, quid de la France?

Source: Externe

Le droit à l’appel au boycott reconnu par la Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles

 

La Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles (Division civile) a rendu le 3 juillet 2018 un arrêt dans une affaire opposant l’association «Jewish Human Rights Watch» à la mairie de Leicester.

La Cour estime que l’appel au boycott des produits des colonies israéliennes, même lancé par un Conseil municipal, relève de la liberté d’expression politique et n’y voit aucune incitation à la discrimination raciale (texte de l’arrêt).

L’affaire porte sur la légalité de la résolution adoptée par le Conseil municipal de Leicester le 13 novembre 2014. La résolution appelle « au boycott de tout produit originaire des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie jusqu’à ce qu’Israël respecte le Droit international et se retire des Territoires palestiniens occupés ».

L’association «Jewish Human Rights Watch» demande à la justice anglaise d’annuler la résolution, en faisant valoir son caractère discriminatoire et les risques qu’elle comporterait vis-à-vis de la communauté juive de la ville, notamment en ce qu’elle conforterait l’idéologie du mouvement BDS.

Dans un jugement du 28 juin 2016, la Haute cour de justice (division administrative) considère que la résolution n’a pas violé la règlementation anglaise, notamment les lois relatives à l’égalité de 2010 et aux collectivités locales de 1988 (texte du jugement). L’arrêt du 3 juillet 2018 de la Cour d’appel confirme le jugement du 28 juin 2016.

L’arrêt rendu est commenté en anglais par le professeur Robert Wintemute (professeur de Droits de l’homme au King’s College de Londres), dans un article publié dans la newsletter de septembre 2018 (p.5) de l’association «British Committee for the Universities of Palestine» (BRICUP).

L’arrêt de la haute cour de justice d’Angleterre sera probablement lu avec intérêt par les juges de la Cour européenne des Droits de l’homme. Ces derniers statueront dans les prochains mois sur le recours porté par des membres de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) contre deux arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation française du 20 octobre 2015 qui pénalisent l’appel au boycott des produits israéliens.

Source: Externe

Rapportée à la situation en France, une lecture attentive de l’arrêt du 3 juillet 2018 peut donner lieu à trois observations:

- L’arrêt mentionne spécifiquement que les citoyens peuvent, dans le cadre de la liberté d’expression, appeler au boycott de produits. Il ajoute que l’appel au boycott de produits constitue un geste de solidarité politique bien connu vis-à-vis de groupes opprimés à l’étranger, comme cela a été le cas lors des appels au boycott des produits sud-africains durant la période de l’apartheid. Il considère que l’appel au boycott des produits formulé par les élus de Leicester ne constitue pas un appel à la discrimination raciale ou nationale, prohibé par la loi de 2010 sur l’égalité. La généralité de la formule retenue par la Cour ne laisse guère de place au doute. Si la résolution du Conseil municipal ne porte que sur le boycott des produits des colonies israéliennes (illégales au regard du Droit international), l’appel au boycott de tous les produits israéliens (y compris ceux qui ne sont pas issus des colonies) semble aussi devoir être protégé par la liberté d’expression.

- L’arrêt mentionne spécifiquement qu’un Conseil municipal, constitué de conseillers municipaux élus par les citoyens, est en droit d’appeler au boycott de produits dans le cadre d’un geste de solidarité politique. En l’espèce, la résolution adoptée était de nature politique et relevait bien de la liberté d’expression. Selon la Cour, il est en outre constant, dans cette affaire, que la résolution adoptée est sans effet sur la politique d’achat et d’appel d’offres de la municipalité. L’arrêt ne se prononce pas sur le pouvoir des conseils municipaux ou des maires d’ordonner des mesures administratives de boycott, mais il semble bien que la réponse serait alors assez différente. En effet, l’arrêt souligne que le maire, en tant que chef de l’administration municipale, est soumis au respect d’une réglementation (celle de 1988 sur les collectivités locales et celle de 2010 sur l’égalité) qui pourrait lui interdire une pratique de boycott des produits israéliens pour les achats et les appels d’offres de la municipalité. En ce sens, l’arrêt ne se place pas en contradiction avec l’arrêt rendu le 16 juillet 2009 par la Cour européenne des Droits de l’homme (n°10883/05 Willem c/ France), qui semble opérer une distinction entre l’appel au boycott relevant d’un choix du consommateur et du citoyen, et celui lancé par le responsable d’une administration publique qui est soumis à des obligations légales précises (voir §37 et 38 de l’arrêt).

- L’arrêt accorde une importance particulière aux éléments de contexte qui entourent l’appel au boycott. L’arrêt souligne que la résolution a été adoptée lors d’un débat au Conseil municipal au cours duquel les partisans comme les opposants au texte ont pu s’exprimer. La résolution adoptée contient un préambule qui appelle au respect des valeurs de tolérance, diversité, unité et de non-discrimination, valeurs que les différentes communautés de la ville sont invitées à respecter. La résolution reconnait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël. Et enfin, la résolution critique la politique israélienne de manière modérée et s’appuie sur des opinions ou décisions d’organismes internationaux. Pour la Cour, l’ensemble de ces éléments montre bien que le Conseil municipal de Leicester ne peut être soupçonné d’avoir adopté un texte discriminatoire ou de nature antisémite.

Source: Externe

Ainsi, après la Cour suprême américaine le 2 juillet 1982, voici donc que la plus haute Cour de justice d’Angleterre s’est prononcée en faveur d’un droit à l’appel au boycott des produits.

Ces décisions ne sont finalement guère surprenantes, en ce qu’elles proviennent de juridictions d’Etats anglo-saxons où la tradition de l’appel au boycott est solidement ancrée dans les mœurs de la vie politique et militante.

En France, où cette tradition est moins établie, la Cour de cassation a pour l’instant retenu une analyse différente, au détriment de la liberté d’expression.

L’émergence durable du mouvement BDS en France et de nouvelles pratiques citoyennes de boycott (voir par exemple https://www.i-boycott.org/) pourraient l’amener à reconsidérer sa position.

Ghislain Poissonnier -

05.11.18

Source: Aurdip

17 novembre 2018

Documentaire interdit sur le lobby pro-israélien aux USA (suite)

Après les épisodes 1 & 2 que nous avons mis en ligne il y a quelques jours et que vous pouvez toujours retrouver dans la colonne de droite dans les DERNIERS MESSAGES, voici la partie 3 toujours sous-titrée en français, intitulée:

La chasse aux sorcières

 

LE LOBBY USA épisode 3

02.11.18

Source: OrientXXI

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16 novembre 2018

A chacun son tour: Gaza festoie, Tel-Aviv fulmine (+vidéo)

Source: Externe

Gaza fête sa victoire et les sionistes enragent de leur défaite

 

Une nouvelle fois, la résistance palestinienne affronte l'agression coloniale et met l'armée et le gouvernement sionistes dans une impasse.

Dimanche soir, la résistance a riposté fermement à l'infiltration d'une unité de l'armée d'occupation, que Netanyahu voulait exemplaire.

Echec de l'infiltration, bombardements sionistes pour récupérer les infiltrés, mort d'un haut dirigeant de l'armée sioniste.

La résistance frappe les colonies du pourtour de Gaza jusqu'à Ascalan et Beer Saba', villes occupées.

Les colons s'enfuient, et la défense sioniste reste incapable de s'opposer aux fusées de la résistance.

La résistance unifiée s'attaque à un bus de l'armée d'occupation et filme l'attaque, adressant un message clair aux  sionistes pour leur dire que leurs forces sont sous surveillance et que la résistance peut frapper. 

L'armée sioniste bombarde la télévision al-Aqsa pour récupérer la vidéo scandale qui montre sa faiblesse.

La résistance frappe encore, jusqu'à l'annonce d'un cessez-le-feu, sous la supervision de l'Egypte.

Lieberman annonce sa démission, à cause de l'échec de la colonie, l'amie et la protégée des Etats-Unis et des pays européens. 

La victoire de Gaza c'est la victoire du peuple palestinien, uni autour de sa résistance.

De Gaza à la Cisjordanie, en passant par les réfugiés et les Palestiniens de 48, c'est l'unité palestinienne qui s'exprime dans les rues, car rien ne peut réunir et unifier le peuple palestinien sinon la résistance aux sionistes.

14.11.18

Source: ISM

Source: Externe

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est défendu mercredi face aux critiques après le cessez-le-feu conclu indirectement avec les factions de la résistance après une escalade militaire qui s’est poursuivie 48 heures.

«Dans les périodes d’urgence, le public ne peut pas toujours être mis dans la confidence de décisions essentielles pour la sécurité du pays et de considérations qui doivent rester secrètes pour l’ennemi», a-t-il dit.

«Nos ennemis nous ont suppliés (sic!) d’accepter ce cessez-le-feu et ils savent très bien pourquoi ils l’ont fait». [Ce serait bien la 1è fois que ce criminel se soucierait d'une demande de ses ennemis... en d'autres mots, c'est un mensonge!... et selon d'autres sources, c'est l'entité sioniste qui débordée par les centaines de roquettes et missiles qui se sont abattus sur les colonies ont "supplié" l'intervention de l'Egypte pour un cesser-le-feu immédiat - ndlr].

Selon l’AFP, M. Netanyahu s’exprimait à Sde Boker (sud) lors d’une cérémonie à la mémoire de David Ben Gourion, l’un des pères fondateurs de l’entité sioniste.

Or Netanyahu fait face aux critiques des colons israéliens qui habitent dans les périphéries de la bande de Gaza et de membres de sa propre coalition gouvernementale après l’annonce d’un cessez-le-feu mettant fin à la plus sévère confrontation entre l’armée israélienne et les factions de la résistance palestinienne depuis la guerre de 2014.

Ils lui reprochent d’avoir accepté le cessez-le-feu avant d’avoir frappé plus fort le Hamas qui gouverne sans partage la bande de Gaza.

«J’entends la voix des habitants du sud», a-t-il dit, «mais moi et les chefs des services de sécurité voyons une image plus large de la réalité des choses, que je ne peux pas partager avec l’opinion publique».

Lors d’une réunion du cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles autour du 1er ministre, les responsables de l’armée et de tous les services de sécurité ont plaidé mardi pour le cessez-le-feu, a rapporté la presse israélienne, et M. Netanyahu les a suivis, sans soumettre la question à un vote.

« Réveillez-vous »

Peu de temps après l’annonce de la trêve à Gaza, mardi soir, les colons sont descendus dans la rue pour exprimer leur déception envers les capacités militaires du régime, qualifiant leur armée d’incompétente.

Ils ont dénoncé l’armée et le cabinet sécuritaire de Benjamin Netanyahu les accusant d’avoir «cédé» à la résistance palestinienne, rapporte Press TV.

Selon le site du quotidien israélien Yediot Aharonot, les colons arboraient aussi des banderoles dans lesquelles ils exprimaient leur tracasserie de la détérioration de la situation sécuritaire. Ils déploraient surtout les sirènes d’alarme qui ne connaissent pas de répit et des pneus brûlés durant les manifestations organisées par les Gazaouis régulièrement depuis le mois de mars pour réclamer leur droit de retour. «Réveillez-vous, le sud est en train de brûler» proclamait une banderole auprès de feux de rue.

Source: Externe

Grand échec

Dans les rangs de l’opposition israélienne, sa cheffe Tzipi Livni a qualifié le cessez-le-feu de «grand échec sécuritaire pour Israël» avant d’ajouter que cela pourrait porter atteinte aux capacités de dissuasion israéliennes.

Même dans les rangs de la coalition gouvernementale qu’il dirige, Netanyahu fait face à une grogne. Son ministre de la guerre et chef d’Israël beitenou Avigdor Lieberman a démissionné cet après-midi pour protester aussi contre le cessez-le-feu. Selon l’AFP, il a appelé à des élections anticipées.

«Nous avons apporté une réponse insuffisante, inadéquate et inacceptable au tir de 500 roquettes» contre Israël, a-t-il dit. «L’Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale», a poursuivi Avigdor Lieberman.

Il a aussi critiqué la décision du gouvernement de permettre le transfert de dollars qataris dans la bande de Gaza principalement pour payer les salaires des fonctionnaires du mouvement Hamas. «Nous devons nous entendre sur une date pour des élections le plus tôt possible», a argué M. Lieberman.

Aveu de défaite

Pour la résistance palestinienne, dont le mouvement Hamas, cette démission constitue «un aveu de défaite face à la résistance et un séisme politique sur la scène des occupants».

«La démission de Lieberman à cause de Gaza est la confirmation de l’échec de son opération de renseignement et l’annonce flagrante de sa défaite, ce qui constitue une nouvelle victoire pour Gaza qui a fait plier l’occupation et échouer ses plans», ont conclu les factions dans un communiqué commun, publié par l’agence palestinienne al-Quds directement après le départ du ministre israélien.

14.11.18

Source: french.almanar

 

Résister c'est exister!

Les images de hauts faits de la résistance palestinienne sont rares. Elles sont soumises à une censure et au blocus de la part des autorités occupantes qui ont peur qu'elles ne révèlent leurs propres faiblesses.

Aussi, nous nous faisons un devoir de les relayer quand nous en avons. Voyez dès lors, les images qui datent de mi-février de cette année et montrent une opération où la résistance de Gaza (Les Brigades Al-Nasser Salah Al-Din - Comités de résistance populaire) est parvenue à piéger des soldats de Tsahal qui ne se doutent pas de ce qui les attend.

 

Vive la résistance palestinienne!

Soutien total à leurs courageux actes de bravoure!

Merci de faire circuler et de partager l'info.

La rédaction -

15.11.18

15 novembre 2018

A l'opposé de ce que raconte la propagande sioniste, le BDS enregistre victoire après victoire

Source: Externe

Pour la première fois, une université britannique désinvestit des entreprises fournissant l’armée israélienne

Dans ce qui est la première démarche de cette sorte, une université britannique a désinvesti des entreprises fournissant des équipements militaires à l’armée israélienne, à la suite d’une campagne des étudiants.

En fin de semaine dernière, l’université de Leeds a pris la décision de désinvestir de trois compagnies dont la complicité dans la violation des Droits humains palestiniens a été avérée: Airbus, United Technologies et Keyence Corporation.

Une quatrième compagnie – HSBC – est aussi sous examen des responsables d’investissement de l’université, parce qu’elle procurerait des crédits à Elbit Systems, Caterpillar et BAE Systems, qui toutes vendent des armes et des équipements militaires au gouvernement israélien.

La décision a été prise après la découverte que, pour cette seule année, l’université de Leeds avait investi 2,4 millions de livres (2,75 millions d’euros) dans ces compagnies.

Le montant a été révélé par une requête d’août sous la loi Freedom of Information (Liberté d’information), par laquelle le public britannique peut demander à avoir accès à des informations détenues par les autorités publiques.

Les étudiants, le personnel, les associations et les anciens étudiants de l’université ont alors publié une lettre ouverte au vice-chancelier de l’université, appelant à la cessation des investissements dans ces quatre compagnies.

La lettre déclarait: «Au cours de l’été 2014, 2.251 Palestiniens, dont 526 enfants, ont été tués par les Forces de défense israéliennes dans des attaques sur Gaza […] L’artillerie utilisée pour mener à bien cette destruction était fabriquée par Elbit Systems, financée par HSBC. La maintenance des avions de chasse utilisés par les Forces de défense israéliennes était effectuée par United Technologies. Les hélicoptères patrouillant la frontière maritime de Gaza étaient fournis par Airbus. D’autres actions militaires étaient aidées par l’équipement fourni par Keyence Corporation. L’université de Leeds a sciemment permis cette activité en investissant dans ces entreprises».

«Notre université ne devrait pas favoriser l’occupation militaire. Nos droits d’inscription ne devraient pas financer le meurtre. Notre éducation ne devrait pas se faire aux dépens de la vie de quelqu’un.»

Source: Externe

La mesure a été saluée comme une victoire pour le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Le co-président du groupe de solidarité avec la Palestine de Leeds, Evie Russell-Cohen, a expliqué: «Il est clair que l’appel palestinien pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions est entendu au Royaume-Uni. Les étudiants ne sont plus volontaires pour voir leurs droits d’inscription financer des compagnies d’armement qui tirent profit du meurtre des Palestiniens. C’est un succès important, mais nous espérons que ce ne sera que le début d’une vague de changement dans toutes les universités britanniques».

Des appels aux universités britanniques pour qu’elles révisent leurs investissements dans des compagnies connues pour assister l’armée israélienne ont augmenté ces derniers mois.

En avril, des militants de l’université de Manchester ont mis à jour un réseau de connexions entre l’université et plusieurs entreprises d’armement, dont Israel Aerospace Industries qui a produit des drones utilisés pendant l’attaque par Israël en 2014 de la Bande de Gaza assiégée.

L’université de Manchester avait auparavant essayé de dissimuler ces liens avec de telles entreprises jusqu’à ce que le Bureau du commissariat à l’information (Information Commissioner’s Office, ICO) – l’organisme régulant la protection des données au Royaume-Uni —découvre que l’université contrevenait à la loi pour la liberté d’information, cette même loi qui a permis aux étudiants de l’université de Leeds de contraindre leur institution à désinvestir.

Middle East Eye -

06.11.18

Source: Aurdip

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14 novembre 2018

Gaza attaquée: soutenons la Palestine, soutenons la Résistance ! (FPLP)

Source: Externe

Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) appelle de ses vœux une action urgente de la part des amis de la Palestine, des mouvements pour la justice et la libération et des communautés palestiniennes et arabes du monde entier, aux côtés de Gaza attaquée en ce moment critique.

 

Nous relayons cet appel en honneur et en deuil de nos deux camarades héroïques, Mohammed al-Tatari et Mohammed Odeh, martyrisés aujourd'hui par les forces d'occupation sionistes qui les ont attaqués alors qu'ils se battaient pour la liberté de leur pays, la Palestine et son peuple.

Ce meurtre commis par les forces coloniales intervient après une attaque ce week-end qui s'est poursuivie hier, au cours de laquelle les forces sionistes ont cherché à pénétrer dans la bande de Gaza lors d'une opération d'infiltration visant à kidnapper ou à assassiner des chefs de la résistance palestinienne. 

Ils ont tué 7 Palestiniens qui sont morts en combattant pour défendre leur terre - mais la résistance palestinienne ne les a pas laissés partir avec leurs crimes. 

La résistance a tenu bon, luttant héroïquement contre l'une des puissances les plus lourdement armées du monde et frappant puissamment les assassins et les meurtriers.

Hier soir, les bombes ont à nouveau frappé Gaza. Les forces sionistes ont pilonné et bombardé des stations de télévision et des universités et menacent de recommencer à attaquer des hôpitaux. 

Comme lors du dernier assaut militaire vicieux dirigé contre les Palestiniens à Gaza, après les guerres de 2009, 2012 et 2014, et d’innombrables attaques à la bombe et d'assassinats, au cours de 11 années de siège brutal et implacable.

Cette attaque est une tentative de supprimer les acquis de la Marche du Grand Retour, dans laquelle des milliers de Palestiniens à Gaza revendiquent leur droit fondamental de rentrer chez eux et de rompre le blocus. 

Contre ce mouvement populaire, les forces sionistes ont libéré leurs tireurs d’élite, tuant plus de 220 manifestants palestiniens pacifistes. 

Malgré toutes ces attaques, le peuple palestinien de Gaza reste attaché à la résistance, refuse de renoncer à ses défenseurs et reste déterminé dans la lutte pour le retour et la libération.

Les Palestiniens à Gaza ne sont pas seuls! Et ils ne doivent pas être laissés seuls! 

Cette attaque est non seulement menée par l'occupation israélienne, mais également par des puissances impérialistes telles que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui arment et soutiennent l'État colonisateur raciste jusqu'au bout. 

Source: Externe

Les régimes réactionnaires arabes qui cherchent à démanteler les droits et l'existence des Palestiniens tout en provoquant les destructions et les morts au Yémen sont également complices de cette attaque.

Le moment est venu d'agir. 

Descendez dans les rues et sur les places, organisez, manifestez, protestez et mobilisez-vous aux côtés du peuple palestinien attaqué à Gaza, et continuez à résister malgré tous les obstacles. 

Construisez le boycott d'Israël et affrontez l'impérialisme partout où il existe. 

Soutenez le peuple palestinien, la résistance palestinienne et la cause palestinienne: la lutte pour le retour et la lutte pour la libération, de la mer au Jourdain!

FPLP -

12.11.18

Source: CoupPourCoup31

13 novembre 2018

Une opération commando d’Israël contre Gaza tourne au fiasco

Source: Externe

Ce qui s’est passé dimanche 11 novembre au soir sur les frontières du territoire occupé de la Palestine avec Gaza n’est rien de moins qu’un séisme.

 

Alors que le régime de Tel-Aviv croit pouvoir rayer de la carte la Palestine, en s’affichant en public en compagnie de ses amis du 'Golfe', les Palestiniens, eux, renforcent leurs capacités de défense et se dotent de nouvelles capacités.

Dimanche soir, un commando de terreur de l’armée israélienne s’est infiltré à l’est de Khan Younès ayant pour mission la liquidation des commandants du Hamas.

Or, à sa grande surprise, un contre-commando de la résistance palestinienne, Hamas, l’attendait. À peine franchi la frontière, les forces d’élite israéliennes sont tombées dans une embuscade qui a, selon les sources israéliennes, coûté la vie à l’un d’entre eux.

La presse israélienne affirme qu’aucun des militaires n’a été capturé. Mais ses informations sont-elles fiables? Le coup de maître de la résistance palestinienne a totalement désarmé les forces d’élite d’Israël lesquelles ont appelé au secours les avions et les drones pour rentrer chez elles.

Les drones israéliens eux, s’en sont pris alors aux forces du Hamas, tuant l’un des commandants des Brigades Qassam. «Mais le mal est fait», soulignent les sources israéliennes.

Terrorisé, Netanyahu qui s’en était allé à Paris menacer l’Iran et le Hezbollah a écourté sa visite rentrant chez lui, en Israël. Depuis dimanche soir, une seule question taraude les esprits des milieux politiques et militaires israéliens: la résistance a-t-elle infiltré les services secrets israéliens? Sinon comment expliquer l’embuscade tendue aux forces d’élite de 'Tsahal'?!

En effet, les combattants de la Résistance palestinienne ont bravement repoussé l’opération commando de l’armée israélienne qui a tourné au fiasco. Le retour de Netanyahu en Israël en dit long sur l’échec que fut cette opération et la perspective que celle-ci vient d’ouvrir: depuis le retour des soldats israéliens, les colonies environnantes sont en état d’alerte et les colons, prêts à s’engouffrer dans des abris par crainte de possibles tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

Source: Externe

Car pour sauver ses soldats, Israël qui dit avoir signé une trêve sous médiation égypto-qatarie avec la résistance, mais il a bien abusé de ses roquettes, pilonnant copieusement l’est de Khan Younès. Ces frappes ont d’ailleurs provoqué la mort de sept Palestiniens, dont le commandant Nour Barakeh. De plus, un grand nombre de Palestiniens ont été tués ou blessés à la suite d’une série de frappes aériennes de l’armée israélienne contre l’est de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza.

Selon un communiqué du Hamas qui dénonce une «attaque israélienne lâche», «un groupe de forces spéciales israéliennes a pris d’assaut, dimanche après-midi, une voiture civile, de Khan Younès, mais, ils ont été stoppés à trois kilomètres de la ville par les forces du Hamas».

Cela veut dire que les forces palestiniennes disposaient d’informations extrêmement précises à propos du groupe de commando israélien qui avait pris soin de se cacher à bord d’un véhicule civil. Le fiasco est d’autant plus grand que les militaires israéliens ont été escortés sur le chemin du retour par les avions de combat israéliens qui continuent à l’heure qu’il est à voler dans le ciel du sud de la bande de Gaza.

Les sources israéliennes qui reconnaissent la mort d’un militaire israélien affirment qu’aucun membre du commando n’a été capturé, ce qui épaissit bien les doutes à ce sujet: «Contrairement à ce qui avait été rapporté, aucun soldat israélien n’avait été enlevé lors de l’opération qui a eu lieu à Gaza», peut-on lire sur le compte Twitter de l’armée israélienne.

Aussitôt après des heurts, des sirènes d’alarme ont retenti dans le sud des territoires occupés, mettant en garde contre de possibles tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

Source: Presstv

 

Selon des responsables de Gaza, 7 Palestiniens ont été assassinés dans un raid israélien. Un commandant du mouvement Hamas a été tué par un commando israélien dans une opération d’assassinat ciblé. Un soldat israélien a été abattu dans une fusillade.

Les forces israéliennes d’occupation ont assassiné sept Palestiniens dans la bande de Gaza lors d’un raid clandestin visant un commandant du Hamas, et par des frappes aériennes qui ont permis au commando de se réfugier en voiture en Israël.

L’incursion israélienne et les attaques aériennes ont entraîné ce dimanche les tirs de nombreuses des roquettes sur l’enclave administrée par le Hamas. Un responsable du Hamas, l’organisation en charge de la bande de Gaza, a déclaré que le commando des forces spéciales israéliennes s’était infiltré dans un véhicule civil à proximité de la ville de Khan Younis, dans le sud du pays.

Nour Barakeh, un commandant éminent des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas [résistance islamique], figurait parmi les victimes de l’attaque.

Une opération terrestre à l’intérieur de la bande de Gaza est rare et va probablement renforcer considérablement les tensions.

«Nous avons entendu dire qu’une unité spéciale israélienne s’était rendue à l’intérieur de Khan Younis et avait assassiné Nour Barakeh, ainsi qu’un autre commandant», a déclaré à Al Jazeera Ghazi Hamad, haut responsable du Hamas. «Après cette attaque, la voiture qui transportait cette unité spéciale ou certains collaborateurs, a essayé de s’échapper … mais ils ont été suivis par le Hamas et les brigades d’al-Qassam et après cela, Israël a essayé de couvrir cette voiture en frappant ici à Gaza», a-t-il ajouté. «Je m’attends à ce que cette nuit à Gaza ne soit ni facile ni calme.»

Selon des témoins, lors de la poursuite, un avion israélien a tiré plus de 40 missiles dans la zone où l’incident s’est produit, faisant au moins quatre morts.

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a dénoncé ce qu’il a appelé une «lâche attaque israélienne».

Source: Externe

Échange de tirs

Un soldat israélien a été abattu lors d’un échange de tirs au cours de l’opération, a déclaré l’armée d’occupation, alors que la tension montait avec l’enclave palestinienne dirigée par le Hamas.

Après les attaques, des sirènes ont été entendues dans le sud d’Israël, indiquant des tirs de roquettes en représailles depuis la bande de Gaza. Dix tirs de fusées depuis Gaza vers Israël ont été vus et deux auraient été interceptés par les défenses anti-missiles israéliennes, a annoncé l’armée. On ne sait pas où les autres tirs ont abouti.

Un retour d’Israël à une politique d’assassinats ciblés visant les différents commandants du Hamas – tactique un peu abandonnée ces dernières années – pourrait considérablement aggraver les tensions le long de la clôture de séparation.

L’armée israélienne d’occupation à attaqué Gaza à trois reprises depuis 2008 et les violences israéliennes de ces derniers mois ont fait craindre une quatrième attaque d’envergure par l’occupant.

Gaza est victime d’un blocus paralysant

La violence a fréquemment éclaté à la clôture depuis que les Palestiniens ont commencé à manifester chaque semaine à partir du 30 mars. Les Palestiniens de la bande de Gaza ont manifesté le long de la barrière avec Israël [Palestine de 1948] pour réclamer leur droit de retourner dans leurs foyers et les terres d’où leurs familles ont été violemment expulsés il y a 70 ans.

Ils demandent également la fin du blocus paralysant de la bande de Gaza par Israël, qui a dévasté l’économie de l’enclave côtière et privé ses deux millions d’habitants de nombreux produits de première nécessité. Depuis le début des manifestations de la Marche du Grand Retour, le 30 mars, plus de 220 Palestiniens ont été assassinés et des milliers d’autres blessés par les troupes israéliennes d’occupation déployées de l’autre côté de la clôture.

Mouin Rabbani, membre principal de l’Institut d’études palestiniennes, a déclaré à Al Jazeera qu’il était clair que l’opération secrète de dimanche était «un assassinat prémédité».

«La question qui se pose est de savoir quelles étaient les motivations d’Israël. S’ils essayaient, comme si souvent dans le passé, de frapper le mouvement Hamas juste pour leur rappeler que ceux sont eux qui commandent et qu’ils décideront des termes de tout cessez-le-feu à venir? Est-ce qu’ils essaient peut-être en revanche d’essayer de saboter cette initiative du cessez-le-feu et peut-être de s’engager dans une agression plus large comme en 2008, 2009, 2012 et 2014?» dit Rabbani.

«Mon sentiment est qu’Israël à ce stade est probablement plus intéressé à intimider le Hamas et à essayer de rappeler à tout le monde qui est le chef et que c’est Israël qui décidera de la mesure dans laquelle le blocus illégal de la bande de Gaza sera maintenu.»

Al Jazeera -

12.11.18

Source: Chronique de Palestine

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