FREE PALESTINE

14 février 2017

La Palestine historique n’a jamais été aussi menacée.

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La Palestine historique n’a jamais été aussi menacée.

 

Que n’aura-t-on écrit, publié et produit comme livres, documents et informations sur les territoires palestiniens occupés, afin d’informer et d’attirer l’attention du plus grand nombre mais aussi des responsables politiques, sur le démembrement de la Palestine historique au profit de la colonie sioniste ?! Sans le moindre résultat à la hauteur du drame qui y perdure. Sans la moindre réaction déterminée des autres nations. Comment le comprendre ?

Impossible à ce stade, de ne pas revenir quelques années en arrière et de comprendre à la lumière des évènements qui se sont succédés depuis, à quel point les Accords d’Oslo ont été une erreur stratégique du président Arafat. Les Palestiniens, trop naïfs, se sont faits piéger – une fois de plus – au plus grand bénéfice de la sournoise idéologie sioniste qui poursuit son objectif : le vol et l’accaparement de toutes les terres palestiniennes. L’art et la maîtrise d’une diplomatie d’un pays réside dans sa capacité à s’adapter aux évènements. Or, depuis ces Accords, la situation en Palestine occupée continue de se déliter, au seul profit du projet sioniste. Et il faut bien constater que ni Y. Arafat à l’époque, ni le gouvernement actuel de M. Abbas – collaborationniste s’il en est – n’ont su réagir de manière adéquate, s’entêtant à poursuivre la chimère d’un « processus de paix » moribond et euthanasié au fil du temps par les sordides manœuvres israéliennes !

Loin d’y opposer la moindre contrainte qui eut pu ramener la partie israélienne à rentrer dans le rang, la courageuse diplomatie mondiale alignée sur celle des USA s’est retranchée derrière la même rhétorique éculée d’Oslo. Repoussant ainsi, la possibilité d’un partage acceptable (?) entre l’Etat israélien et l’improbable Etat palestinien, au point de le rendre totalement caduque à ce jour.

De même pour les associations et militants de la cause palestinienne dont la plupart persistent à poursuivre ce phantasme de « deux Etats vivant côte à côte dans une paix juste et durable ». Mantra usé jusqu’à la corde, inaudible pour le peuple palestinien, premier concerné et qui n’y croit plus. Quel aveuglement, à la limite de la bêtise, dont les autochtones paient le prix le plus fort, quand d’aucun poursuivent leurs manifestations stériles et de plus en plus clairsemées à défendre des Accords dont tout le monde sait qu’ils sont devenus irréalisables. A ce stade, il faut craindre que tant les associations que leurs militants n’aient rien compris de ce qui se joue sur le terrain, servant d’idiots utiles à la poursuite d’une colonisation intensive. De la même manière que les Etats, ces associations n’ont pas su s’adapter aux contingences.

Comme l’Histoire ne s’arrête jamais, depuis l’élection de D. Trump aux USA, les forfaits dans ces territoires amplement fractionnés semblent s’accélérer. En ce moment même, la droite la plus extrême d’Israël au pouvoir, met les bouchées doubles pour accaparer dans une indifférence quasi générale, le maximum de terres qu’elle vole désormais sans retenue aux Palestiniens, pour y implanter de nouvelles colonies et en légaliser d’autres – pourtant TOUTES illégales aux yeux du Droit international – dès lors qu’elle a compris avoir le feu vert de la nouvelle administration américaine. Et que le reste du monde, tant arabe qu’européen ou asiatique s’en fout. Même l’ONU en est réduite à ses discours pitoyables, réitérant « ses inquiétudes » ou prenant des Résolutions jamais respectées !

Sur le terrain, loin des propos lénifiants et des rêves éveillés des belles âmes, qu’en est-il ? En parallèle à ce pillage éhonté mené au galop, les assassinats de civils en Cisjordanie se multiplient ; les incursions de colons protégés par l’armée sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem également ; le nombre d’arrestations et d’emprisonnements augmente ; et plus inquiétant, des bombardements aériens de l’armée israélienne s’intensifient sur la Bande de Gaza. Ajoutant au stress permanent que subissent les habitants de cette enclave concentrationnaire, prisonniers depuis 10 ans d’encagement et d’embargo.

Par le passé, de tels bombardements étaient pratiqués en vue d’affaiblir la résistance palestinienne avant une intervention militaire d’envergure. Présagent-ils la prochaine guerre qu’Israël voudrait mener contre Gaza ? Et sont-ce ces plans inavoués qui occasionnent dans la foulée, le renforcement actuel de leurs forces terrestres et maritimes ? 

A ce stade, aucun pays ne semble réagir. En attente de ce que l’imprévisible nouvel occupant de la Maison Blanche va faire, d’autant que le 1er ministre israélien arrive aux USA dans quelques jours. Ici-et-là, certains trouvent comme à chaque fois quelque circonstance atténuante à l’entité sioniste qui a « le droit de se défendre » ! Ces bombardements s’inscriraient donc dans des « mesures préventives » admises de facto dès qu’il s’agit d’Israël. Mais pour se défendre contre qui, dès lors qu’il est la puissance occupante !? C’est donc à un renversement de toute notion de Justice auquel on assiste, où le coupable se présente à l’extérieur et aux médias comme victime. Qualifiant du même coup les résistants, de terroristes. Et nos gouvernements, par leur manque de rigueur, de probité et de courage politique, n’ayant aucune cohérence dans leurs propos et prises de position, révèlent combien ils sont hypocrites, menteurs et dès lors complices et coupables de cette situation.

Ceux qui suivent la situation me diront peut-être qu’il n’y a-là pas grand-chose de neuf dans la dérive qui prévaut dans la région depuis la partition de la Palestine en  1947. Sauf que ce qui change, est le contexte global des évènements en cours. Tentons d’en dresser une topographie rapide :

- la première intervention en Irak décidée par le père Bush en janvier 1991 a entraîné tout le M-O dans le chaos. Nos « amis » américains – ah, le bel euphémisme – y ont multiplié leurs sales guerres pour les oléoducs et hydrocarbures, maquillées sous les prétextes humanitaires habituels qu’il n’y a plus que les bobos de gôôche pour les accréditer, genre BHL, Kouchner, Glucksmann, Bruckner, Adler et autres sombres sionistes qui se succèdent sur les ondes, à justifier ces crimes déguisés sous le label du « droit d’ingérence » ;

- après leurs échecs en Afghanistan, puis en Irak, les USA et la coalition dont fait partie l’UE à travers l’OTAN, ainsi qu’Israël, viennent d’essuyer un sérieux revers en Syrie. Le gouvernement officiel syrien soutenu par la Russie, l’Iran et les forces du Hezbollah libanais gagnent sur les mercenaires d’Al Qaïda et ses nébuleuses protéiformes, financées, formées et armées par nos Etats (!) ;

- les mêmes « amis » américains, alliés aux Britanniques et aux Israéliens (!) sont enlisés dans leur guerre par procuration menée par l’Arabie saoudite au Yémen, dont presque aucun média mainstream ne parle – on attend toujours les perspicaces analyses des nombreuses pleureuses d’Alep – comme lorsqu’il s’agissait de condamner le tyran B. Al Assad. Mais la résistance yéménite se révèle beaucoup plus robuste que les stratèges américano-israélo-saoudiens ne l’avaient imaginée, au point que les doutes s’installent là-aussi, et que certains princes n’osent même plus dormir dans leurs palais de Ryad ;

- en Israël, B. Netanyahu faisant l’objet d’un dossier compromettant où il risque 10 ans de prison pour corruption avérée, tente de détourner les regards sur l’accord nucléaire signé à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances (USA, Russie, Chine, France, G-B, Allemagne) après 12 ans de négociations, pour le dénoncer et affirmer que suite à ce mauvais accord, le monde n’a jamais été aussi menacé – allégation obsessionnelle reprise ce week-end par le président Trump qui a déclaré cet accord « très mauvais » et a dans la foulée, décidé de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran ;

- parallèlement et toujours pour détourner l’attention, Netanyahu entouré de ses généraux répète que le Hezbollah représente une menace directe pour Israël et attise les provocations par des incursions armées en territoire libanais ;

- le président Trump a nommé son gendre Jared Kushner issu lui-même d’une famille juive orthodoxe au poste de haut conseiller à la Maison Blanche, particulièrement pour les Affaires étrangères, ce qui présage des positions que le milliardaire de 36 ans pourrait avoir sur le dossier. Le président américain a révélé que ce dernier était à l’origine de son discours de campagne sur Israël, et pourrait donc l’aider à « être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens ». Avec le projet de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, qui en douterait ?!

- loin de calmer les esprits, les forces armées de différents Etats pro-occidentaux n’ont de cesse d’organiser des exercices militaires simulant des attaques des uns contre les autres, se rapprochant toujours des frontières de pays ciblés et décrits comme menaçants…

Les tensions sont donc à leur comble et le moindre dérapage de l’une des parties de cet échiquier géant pourrait réellement mettre le feu aux poudres et entraîner un embrasement général dont on peut craindre, comme toujours dans ces cas-là, ne pas savoir comment l’arrêter. Mais, la première victime est toute désignée : la Palestine historique risque bel et bien de passer sous contrôle israélien complet, hormis le camp d’extermination de Gaza où seraient entassés tout ce qu’il y a moyen d’entasser comme population, tant de Cisjordanie que d’ailleurs. Le peuple palestinien aurait de la sorte, sa terre pour y établir son Etat (360 km² !) que s’empresserait de reconnaître Israël s’étant approprié tout le reste de la Cisjordanie avec Jérusalem, capitale éternelle de ces fous de Dieu !

Ces plans machiavéliques ne sont pas des cauchemars. Ils émanent d’observateurs palestiniens eux-mêmes, sont dans les cartons de l’administration israélienne et donc, américaine à coup sûr. Et il n’est pas exclu qu’un D. Trump y prête une oreille favorable, flattant au passage les illuminés qui y voient le signe du retour imminent du Messie !

Les Palestiniens ayant compris depuis longtemps qu’ils ne pouvaient réellement compter que sur eux-mêmes, n’ont qu’une issue pour éviter la perte définitive de leur terre : la résistance armée. L’avenir s’assombrit donc encore pour ce bout de terre et sa population courageuse qui risque dans les mois prochains, de passer de la colonisation à l’annexion pure et simple. Mais à quel prix ?!

 

Daniel Vanhove –

09.02.17

Observateur civil

Auteur

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30 janvier 2017

Le langage d’un “État juif” : la violence

Cette photographie prise par Keren Manor est un nouveau témoignage de la situation des Palestiniens – ceux parmi eux qui sont citoyens d’Israël – plus éloquent que tous les mots. L’homme qui git à terre est Ayman Odeh, membre du parlement israélien, qui est à la tête de la “liste conjointe”, le troisième plus important groupe parlementaire à la Knesset, et l’homme politique palestinien ayant le plus haut rang en Israël.

La police israélienne vient de lui tirer dessus avec des balles enrobées de caoutchouc [1], non pas une fois mais deux fois – y compris à la face. Odeh est l’un des hommes politiques les moins enclins à l’affrontement, parmi l’importante minorité palestinienne d’Israël, qui représente un cinquième de la population. Le message qui est le sien est constamment en faveur de la paix et de l’amitié entre tous les citoyens israéliens, qu’ils soient Juifs ou Palestiniens. Cela ne semble pas lui avoir valu la moindre protection contre la doctrine du “tirer d’abord – discuter ensuite” qui est celle des forces de sécurité israélienne vis-à-vis des Palestiniens.

Cette image devrait être perçue comme aussi choquante que le serait celle d’un Bernie Sanders ou d’un Jeremy Corbin ensanglanté et rampant dans la poussière, sous le regard impassible de policiers étatsuniens ou britanniques.*

Le nettoyage ethnique continue

Le contexte est également important.
Odeh s’était joint au millier d’habitants de Umm al-Hiran – tous citoyens d’Israël – aux premières heures de la matinée de mercredi, pour une manifestation afin d’arrêter les équipes de démolition de 150 habitations de leur village situé dans le Negev. Dans les années 1950, Israël avait autorisé ces familles à s’établir dans la zone de Umm al-Hiran, après les avoir chassées durant la Nakba des terres, beaucoup plus fertiles, où elles étaient initialement établies. Le prétexte invoqué à l’époque pour les chasser des terres de leurs ancêtres était qu’Israël en avait besoin pour installer un kibboutz exclusivement juif.

Tout ceci s’est produit sous le régime de la loi martiale qu’Israël a imposé à ses citoyens palestiniens pendant près de deux décennies. Plus de 60 ans plus tard, exactement le même scénario se reproduit, mais cette fois cela se passe devant des caméras. Umm al-Hiran est détruit afin qu’une communauté exclusivement juive, qui conservera le nom de Hiran, puisse être construite sur les ruines des maisons de ces familles.

Israël n’a jamais inscrit Umm al-Hiran dans un plan d’aménagement du territoire, de sorte que maintenant la localité peut être déclarée “illégale” et ses habitants considérés comme des “squatteurs” et des “intrus”. Ces familles sont donc, pour la deuxième fois, la cible d’un nettoyage ethnique, non pas en période de guerre, mais en temps de paix et par leur propre État*.

Et elles sont loin d’être les seules. Des milliers d’autres familles, et leurs villages, subissent le même sort.

La vérité, c’est que rien n’a changé depuis les années 1950. Israël continue à se conduire comme si la loi martiale s’imposait toujours à ses citoyens palestiniens. C’est toujours un “État juif”, c’est-à-dire un État où les droits des Juifs prévalent toujours face à ceux qui Palestiniens, théoriquement eux aussi “citoyens”. Et il traite toujours les non-Juifs comme une menace, comme un ennemi.

Israël n’est pas un État normal. C’est une ethnocratie, et elle est dirigée par une variante du nationalisme ethnique qui a déchiré l’Europe il y a un siècle.

Ayman Odeh est un leader qui fait campagne pour la paix et l’égalité entre les citoyens Juifs et Palestiniens. Aujourd’hui, il a reçu la réponse [de l’État juif]. La place qui lui est réservée est d’être meurtri, ensanglanté et brisé, rampant dans la poussière. Tel est le langage d’un “État juif”.

Jonathan Cook           


Cet article a été publié par Jonathan Cook sur son blog le 18 janvier 2017. Traduction : Luc Delval.

Jonathan Cook vit à Nazareth et est lauréat du prix spécial Martha Gellhorn de journalisme.
Ses ouvrages récents sont « Israel and the Clash of Civilisations: Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East » (Israël et le choc des civilisations : l’Irak, l’Iran et le plan de remodelage du Moyen-Orient) (Pluto Press) et Disappearing Palestine: Israel’s Experiments in Human Despair (La disparition de la Palestine : expérimentations israéliennes autour du désespoir humain) (Zed Books).
Son site web personnel est : www.jonathan-cook.net.
Il y a d’autres articles de J. Cook sur ce site

* nous soulignons
[1] Lorsque dans les médias dominants on parle de “balles de caoutchouc”, il s’agit presque toujours de projectiles métalliques enrobés d’une couche de caoutchouc, susceptibles de causer des traumatismes extrêmement sérieux et même parfois mortels. L’expression est utilisée par ces médias pour donne l’impression que c’est inoffensif, mais il n’en est rien. – NDLR

Source

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Mahmoud Darwich : l’humanisme de la poésie

Pionnier du street art, l’artiste Ernest Pignon-Ernest a installé l’image du poète à Ramallah et autres lieux emblématiques de Palestine. Couverture de la revue « Europe » consacrée à M. Darwich.

Mahmoud Darwich : l’humanisme de la poésie

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre, le 26 janvier 2017

Pour la première fois au monde, une chaire Mahmoud Darwich, immense poète palestinien, vient d’être inaugurée à Bruxelles. Lancée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle rassemble l’ULB, l’UCL et Bozar, une alliance de la science et de la culture sous la présidence d’honneur de Leila Shahid, ancienne ambassadrice de Palestine à L’Europe.

Ministre-président de la FWB, Rudy Demotte invoqua cet humanisme poétique qui, dans un contexte de radicalisation mondialisée, d’un « vivre ensemble » remis en cause par une minorité, est une arme pacifique dans la bataille des idées.  « L’Etat islamique est aussi une idéologie qui a réussi la conquête des esprits de millions de personnes. Que peut-on lui opposer ? La reconquête des territoires mentaux sur le front de la paix ».

La Fédération Wallonie-Bruxelles a une longue tradition de coopération ave la Palestine (22 ans déjà) et l’un des points d’orgues a été, en 2008, le festival Masarat dont Mahmoud Darwich devait être le président, ce que la maladie et la mort ont empêché, en août de cette même année.

Ce fut une magnifique opération culturelle qui a rassemblé 133 artistes palestiniens et touché 50.000 Belges un peu partout en Wallonie-Bruxelles, rappelle Leila Shahid.

La chaire entend donner un écho de la culture arabe contemporaine avec un focus sur la diaspora maghrébine, précise Rudy Demotte. Outre les travaux universitaires, un événement sera organisé chaque année, que ce soit un concert, une représentation théâtrale, un colloque. Et l’on espère un label international, peut-être avec l’Unesco. Puisque, en effet, Mahmoud Darwich apporte un questionnement philosophique et esthétique de stature universelle, ajoute Leila Shahid. La chaire sera donc un outil d’actions dans les villes et surtout dans les quartiers populaires aussi bien en Belgique que dans des pays comme la Palestine, le Maroc, le Liban, la France…

En guise de conclusion, ou plutôt d’ouverture vers l’univers magnifique de Mahmoud Darwich, voici ce qu’il disait :

« Mais nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir. »

www.chairemahmouddarwich.org

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29 janvier 2017

Stop à la coopération belge avec la police israélienne

Stop à la coopération belge avec la police israélienne

Le SPF Justice belge et la KU Leuven collaborent avec la police israélienne dans le projet LAW-TRAIN sur les techniques d’interrogatoire et dans lequel l’ « expertise » d’Israël en la matière est utilisée.

Cette collaboration doit cesser pour plusieurs raisons :

  • Les Nations Unies ont encore condamné Israël pour des pratiques de torture en mai 2016 ;
  • Plus de 300 enfants palestiniens sont enfermés dans les prisons israéliennes ;
  • Les arrestations et les actes de torture sont menés par Israël dans le cadre de son occupation illégale des territoires palestiniens ;
  • Le quartier général de la police israélienne est situé à Jérusalem-Est et les institutions européennes ne peuvent collaborer avec des entités israéliennes qui se situent de l’autre côté de la Ligne verte.

Israël reçoit plus de la moitié du budget européen alloué à ce projet (total : 5.095.687,5 €).

Nous demandons :

  • L’arrêt de la collaboration avec des institutions israéliennes impliquées dans des violations du droit international humanitaire et des droits humains ;
  • L’arrêt immédiat de la participation du SPF Justice et de la KU Leuven avec la police israélienne ;
  • L’arrêt immédiat du financement de ce projet par l’Union européenne. 

C'est possible ! Le Ministère de la Justice du Portugal s'est retiré du projet en 2016. Au tour de la Belgique maintenant.

Signez la pétition ici.

Cette campagne est initiée par : 11.11.11, CNCD – 11.11.11, Association Belgo-Palestinienne, BACBI, Broederlijk Delen, CNAPD, COMAC, G3W-M3M, intal, LAP, Palestina Solidariteit, Pax Christi Vlaanderen, Solidarité Socialiste et Vrede vzw.

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Eleonora Roldán Mendívil « Ils essaient d’assimiler le sionisme au judaïsme »

Au cours de ce semestre, un séminaire intitulé « Le racisme dans le capitalisme » et dirigé par Eleonora Roldán Mendívil, est organisé à l’Université libre de Berlin. Madame Mendivil devait également enseigner durant le semestre suivant mais, depuis que les médias ont déclaré qu’elle était antisémite du fait qu’elle avait qualifié Israël de colonialiste, la chose semble avoir été mise en suspens. Nous avons parlé avec elle de ces accusations, de la différence entre le sionisme et l’antisémitisme et de son point de vue sur le conflit du Moyen-Orient.

Eleonora Roldán Mendívil

Freiheitsliebe (Amour de la liberté). Voici quelques jours, on a annoncé que l’Université libre de Berlin ne prolongerait pas votre contrat. Comment est-ce arrivé ?

Eleonora Roldán Mendívil. Mon contrat ne couvre que la conduite d’un séminaire destiné aux candidatures en sciences politiques et intitulé « Le racisme dans le capitalisme ». Il doit avoir lieu au cours du semestre hivernal 2016-2017. Il se poursuivra jusqu’à la mi-février. Il y a encore cinq sessions de plus. La direction de ce séminaire ne m’a pas été retirée. Toutefois, j’ai également proposé deux séminaires pour le semestre d’été 2017. Voici quelques semaines, j’ai reçu un courriel confirmant que l’OSI [Otto-Suhr-Institut] avait inclus l’un des deux séminaires, une introduction critique à la théorie de l’intersectionnalité, dans le programme du semestre d’été 2017. Toutefois, je n’ai pas encore signé de contrat, puisque la chose se fait habituellement peu avant le début des cours. En général, les conférences représentent un genre d’emploi des plus précaires, bien qu’elles constituent la majorité de l’enseignement dans de nombreuses institutions.

Mardi (17 janvier), la direction de l’OSI, s’appuyant sur un article publié dans un blog au contenu droitier affirmé, a décidé jusqu’à plus ample informé de ne pas m’attribuer de nouveaux cours. Par conséquent, ma proposition de séminaire durant le semestre d’été 2017 a été annulée. Soit dit en passant, l’article sur le blog en question a été reproduit dans le Jüdische Rundschau sans la moindre modification. Ses insinuations ont été adoptées par le « Groupement de l’UL Berlin contre toute forme d’antisémitisme », une association d’étudiants qui, selon moi, ne représente qu’un point de vue pro-israélien dénué de la moindre critique.

Freiheitsliebe. Vous êtes accusée d’antisémitisme par des cercles de droite. Quelle est la signification de ce genre d’accusation ?

Eleonora Roldán Mendívil. Elle révèle la tentative renouvelée d’assimiler le sionisme au judaïsme. C’est bien sûr d’une absurdité absolue. Tous les juifs ne sont pas sionistes. Le sionisme politique dans ses diverses formes est apparu en réponse au racisme anti-juif en Europe. Son but était de créer un État, une nation au sein de laquelle les juifs auraient constitué la majorité et auraient donc connu la fin de leurs persécutions en tant que juifs. Bien des Juifs ont vu là une possibilité d’émancipation en tant que Juifs. Mais nombreux sont ceux qui ne l’ont pas fait. Des critiques virulentes sont venues de la part de nombreux communistes et anarchistes juifs. Emma Goldman, par exemple, une anarchiste russe qui a travaillé comme ouvrière aux États-Unis, était une opposante farouche. Et, même aujourd’hui, il y a divers intellectuels juifs qui sont fermement opposés à cette équation. Des noms bien connus sont Judith Butler, Noam Chomsky, Moshe Zuckermann, Norman Finkelstein et Ella Shohat. En outre, de nombreuses initiatives citoyennes émanant de Juifs et d’Israéliens sont impliquées dans le combat contre les violations massives des droits de l’homme et contre l’occupation. Parmi ces initiatives, par exemple, « Jewish Voice for Peace » (Voix juive pour la paix), « Boycott from Within » (Boycott depuis l’intérieur) ou « Jewish Voice for Just Peace in the Middle East » (Voix juive pour une paix équitable au Moyen-Orient).

Ce besoin d’assimiler le sionisme et, aujourd’hui, l’État d’Israël au judaïsme fait partie du mythe historique sioniste. Cet argument est fréquemment adopté par les cercles de droite – et repris également, malheureusement, par quelques « gauchistes » subjectifs et désemparés – afin de museler toute critique à l’encontre de l’État d’Israël. Ainsi donc, il n’y a rien, dans cette affirmation, parce que, à l’instar de bien d’autres scientifiques critiques, je ne représente que des positions résultant d’une analyse différenciée et critique de l’histoire. En ce sens, d’un point de vue analytique sur le racisme, on peut évoquer bien des choses pour cataloguer Israël comme une puissance coloniale et, du point de vue des lois internationales, comme un État d’apartheid. Cela n’a rien à voir avec la diffamation, mais c’est une évaluation politique et juridique des faits sur le terrain.

Freiheitsliebe. Le groupement d’étudiants « contre l’antisémitisme » écrit à votre propos : « Avec ces comparaisons et expressions, elle ne dédramatise pas seulement les crimes historiques du colonialisme et de l’apartheid, mais place également l’État démocratique constitutionnel d’Israël au même niveau que les régimes s’appuyant sur l’injustice ». Comment réagissez-vous à ce genre de déclaration ?

Eleonora Roldán Mendívil. Après ma conférence de mercredi dernier, j’ai eu une discussion à ce sujet avec quelques étudiants faisant partie de cette initiative de même qu’avec des étudiants de mon séminaire. L’utilisation de concepts analytiques comme le colonialisme et l’apartheid ne constitue par une banalisation du colonialisme historique ou de l’apartheid sud-africain. Israël a commis des crimes historiques contre la population palestinienne.

Selon l’historien Ilan Pappé, des nettoyages ethniques systématiques se sont bel et bien produits ainsi que, outre des achats de terres, des vols de terres et des expulsions systématiques. Le colonialisme, l’occupation et/ou l’apartheid ne sont pas une enjolivure, mais constituent des catégories analytiques, afin de rendre les circonstances réelles accessibles à la science politique. Et, dans le cas d’Israël, nous pouvons parler spécifiquement d’un colonialisme d’implantation, dont le but est de soumettre la population autochtone aux immigrants ou même de la déporter dans sa totalité. Pourquoi devrions-nous recourir pour Israël à des critères différents de ceux dont on se sert dans le cas d’autres analyses politiques ? Les lois discriminatoires, qui établissent une distinction entre juifs et non-juifs en Israël / Palestine, sont l’exemple le plus évident d’un apartheid matériel qui, naturellement, diffère de l’apartheid sud-africain par certains détails mais qui ne lui est en aucun cas inférieur à bien des égards.

Freiheitsliebe. La cause du conflit semble résider dans le fait que vous qualifiez la façon de traiter les Palestiniens de raciste et leur oppression de coloniale. Comment en êtes-vous venue à ce verdict ?

Eleonora Roldán Mendívil. En utilisant le racisme et des approches analytiques coloniales de la même façon, nécessaire également, je pense, qu’on analyse la société allemande. Le problème de l’écrasante majorité des Allemands – et on peut plus ou moins transférer cela vers d’autres contextes aussi – c’est qu’ils veulent considérer Israël / la Palestine uniquement en fonction du contexte allemand. Toutefois, je démarre en Palestine même et je découvre que des tas de choses ont mal tourné ici.

Freiheitsliebe. À votre avis, est-ce qu’Israël est comparable au régime sud-africain ?

Eleonora Roldán Mendívil. Le critère, ici, n’est pas l’Afrique du Sud, mais la Convention contre l’apartheid de 1973, qui manie une définition très détaillée de l’apartheid. Dès que les critères juridiques de l’apartheid selon le droit international sont présents, l’apartheid est impliqué. Pour les hommes et les femmes palestiniens, un grand nombre de conditions de vie discriminatoires existent, selon qu’ils vivent dans les frontières officielles d‘Israël, ou à Gaza, ou à Jérusalem-Est occupée, ou dans les diverses zones d’occupation de la Cisjordanie, ou encore selon leur carte d’identité et leur nationalité, mais toutes ces discriminations s’appliquent fondamentalement à leurs dépens. Il y a une façon systématiquement inégale de traiter « Juifs » et « non-Juifs »  dans presque tous les domaines de l’existence – dans l’enseignement, dans les lois, sur le marché de l’emploi, dans les conditions de travail, dans l’accès aux ressources naturelles, dans la liberté de mouvement et dans les soins médicaux.

Dans son rapport de 2012 concernant Israël, la Commission des Nations unies concluait que ces pratiques représentaient une ségrégation de facto et qu’elles constituaient par conséquent une violation de l’article 3 de la Convention antiraciste. Et nous ne devrions pas oublier que de nombreux activistes sud-africains contre l’apartheid ont soutenu et soutiennent encore la lutte palestinienne contre l’oppression et pour une paix juste – précisément en raison des nombreux parallèles qui existent.

Freiheitsliebe. Ces positions constituent une critique très dure contre Israël mais pourquoi les traite-t-on d’antisémites ? Comment définissez-vous l’antisémitisme ?

Eleonora Roldán Mendívil. Je m’occupe avant tout de théorie marxiste, de même que des théories et luttes antiracistes et anti-patriarcales. En ce qui me concerne, toutefois, mes activités scientifiques ne se limitent pas à la lecture et à l’écriture. En tant qu’intellectuels, nous avons une mission sociale. Ainsi donc, il s’agit également que nous nous engagions sur le plan pratique pour ces choses que nous avons traitées de façon scientifique, ce qui, à son tour, nous confère la responsabilité et la certitude d’être en mesure d’adopter également des positions politiques. Je ne suis qu’une de ces nombreuses personnes qui, ces dernières années, ont traité de l’oppression des Kurdes et les Palestiniens sous une perspective critique et solidaire, non pas parce qu’il n’existe pas d’autres formes d’oppression coloniale dans le monde, mais parce que ce sont des sujets qui sont d’une pertinence permanente pour de nombreux groupes d’immigrés en Allemagne.

Les critiques que j’ai exprimées sur mon ancien blog ne sont pas particulièrement sévères. Elles s’appuient sur des analyses historiques objectives. Rester silencieux à propos d’une injustice ne peut être un choix, particulièrement avec notre expérience historique (allemande). Qualifier cela d’« antisémite » est une stratégie politique bien connue, qui est dénoncée par Moshe Zuckermann dans son livre « Antisémite ! » comme un instrument de pouvoir fréquemment utilisé. Il s’agit de l’emploi tactique de l’accusation d’antisémitisme afin de perpétuer un certain discours sioniste. La base de ce discours est une définition de l’antisémitisme qui rend impossibles toute une série de critiques à l’égard d’Israël en tant qu’État. J’oppose à cela une définition matérialiste/dialectique : je vois dans l’antisémitisme le concept large de formes spécifiques, historiquement et géographiquement, de racialisation et de discrimination de personnes en raison de leur appartenance à une judéité prétendument homogène – cette différence de traitement étant positive ou négative.

Avec cette méthode, l’accent devrait être placé sur l’application de catégories analytiques nous mettant en mesure de saisir le racisme antijuif dans ses conditions sociales concrètes, afin, de le comprendre, de le combattre et d’en venir à bout.

Freiheitsliebe. En conclusion, croyez-vous qu’il soit difficile en Allemagne d’être présent dans l’espace public avec des positions critiquant Israël ?

Eleonora Roldán Mendívil. Je pense que l’agitation réactionnaire qui m’a frappée en tant que scientifique ces derniers jours, de même que l’approbation affirmative et dénuée de critique de cette campagne par l’Institut Otto Suhr, le prouve à suffisance, précisément. La liberté scientifique garantie par la constitution est remise en question, ici. J’aurais préféré une approche constructive de la chose par l’Institut Otto Suhr. Toutefois, j’espère que cette attaque va déclencher un débat sérieux sur la censure politique des analyses et positions critiques, de même que sur le glissement vers la droite de la société et du monde académique. La pétition lancée par les étudiants de mon séminaire actuel, « Le racisme dans le capitalisme », et les très nombreux courriels et lettres de solidarité venus du monde entier et que j’ai reçus ces derniers jours me montrent que je ne suis pas seule à subir cette attaque. Au contraire, la défense de la science et de la doctrine critiques et la critique décisive de toute injustice restent des composantes importantes d’une conscience critique.

Freiheitsliebe. Nous vous remercions pour cette interview.


Publié le 17 janvier 2016 sur Die Freiheitsliebe
Traduction de l’allemand vers l’anglais : Herman De Ley
Traduction de l’anglais vers le français : Jean-Marie Flémal

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Soyez présent le 21 février au tribunal d’Anvers

Trois manifestants qui, en 2014, protestaient à Anvers contre les bombardements de la bande de Gaza, ont du comparaître devant le tribunal d’Anvers ce 24 janvier. Ils sont poursuivis pour incitation au racisme contre la communauté juive d’Anvers, non pas à base de constatations par la police, mais à base d’une plainte des défenseurs d’Israël ! Sur base d’un dossier bien mince, le Parquet a entamé les poursuites, suivi par le Centre contre le racisme.

Le Ministère public a requis de lourdes sanctions : six mois de prison pour les organisateurs et un service communautaire de 60 jours pour le Palestinien de Gaza.

Anvers, 12 juillet 2014 (Photo : Solidaire)

Le prononcé aura lieu le 21 février.

Ci-dessous le communiqué de presse diffusé précédemment par les organisateurs de la manifestation.

Le contexte

Le 8 juillet 2014, le régime israélien déclenche à nouveau une attaque contre les Palestiniens. Pendant près de deux mois, la bande de Gaza est bombardée, 2 100 habitants sont tués, dont 70 % de civils, 551 enfants et 250 femmes, 11 000 sont blessés, 44 300 maisons endommagées, 18 000 maisons, écoles, hôpitaux et la seule centrale d’énergie sont détruits. Le mépris et l’horreur en Europe est général et, deux mois durant, des manifestations ont lieu partout, entre autres, à Bruxelles et à Anvers.

Les faits. En quoi consiste la plainte ?

Le 12 juillet, quelque 800 personnes manifestent Sint-Jansplein, dans le centre d’Anvers. La manifestation se déroule de manière assez émotionnelle, les orateurs, dont trois conseillers communaux du SP.a, du PTB et de Groen!, sont interrompus sans arrêt par des slogans émanant de la foule. Malgré l’indignation, la manifestation se termine sans incidents, ce qui est confirmé par la police sur place. Le journal télévisé de la chaîne flamande VRT titre : « Manifestants à Anvers contre la violence à Gaza ».

Mais c’est compter sans Michael Freilich, de « Joods Actueel », qui s’est mis à examiner à la loupe les images de la manifestation et entend crier pendant quelques secondes, quelque part, le slogan « Khaibar, Khaibar, ya yahud ». Le lendemain, il écrit : « Le slogan scandé réfère spécifiquement à la communauté juive en non à Israël. » Aucun mot sur les innombrables drapeaux et slogans pendant la manifestation, qui sont clairement et exclusivement dirigés contre Israël, il se focalise sur un seul slogan de quelques secondes et auquel il donne sa propre interprétation. Il informe que le FJO, Forum van Joodse Organisaties (Forum des organisations juives à Anvers), portera plainte, ce qui se réalise trois jours après par Pinkas Kornfeld, qui dénonce les organisateurs.

Les sionistes abusent constamment et délibérément des termes « antisémite » et « anti-juif »

Les sionistes, les défenseurs de l’État d’Israël, doivent douloureusement constater que l’indignation soulevée par le comportement de l’État d’Israël mobilise de plus en plus de monde. C’était le cas en 2014 et davantage encore plus tard grâce aux actions réussies du boycott. Leur tactique est bien connue : la moindre critique visant le régime israélien équivaut à un acte « antisémite » ou « anti-juif ». Parmi la population européenne, traumatisée par les horreurs de l’Holocauste, ces termes sont extrêmement sensibles. Les atrocités commises par le régime israélien sont constamment dénoncées internationalement, mais la propagande sioniste continue à abuser des termes « antisémite » et « anti-juif ».

« Sioniste » versus « juif »

Le régime israélien, suivi par les sympathisants sionistes à travers le monde, présente l’occupation de la Palestine comme étant un combat entre juifs et musulmans. Si quelqu’un devait être convoqué devant une Cour de justice pour cause d’incitation au racisme, il serait plutôt logique, dans ce cas, d’assigner les défenseurs d’Israël. Les activistes propalestiniens sont constamment obligés à dénoncer ce mensonge et à attirer l’attention sur le vrai problème : une occupation pure et simple, une colonisation caractérisée par une agression visant en permanence le peuple palestinien. La terreur n’a pas de religion, l’occupation non plus. La religion est prise comme prétexte dans le seul but de mobiliser. C’est le cas pour « l’État islamique » et c’est le cas pour « l’État juif ».

Juifs contre le sionisme

Ceux qui résistent au sionisme ne sont pas anti-juifs, la meilleure preuve en est manifestement l’existence des juifs anti-sionistes qui défendent une paix juste et vertueuse en Palestine. Ils participent aux manifestations propalestiniennes. Pourquoi dès lors ces manifestations viseraient-elles le peuple juif ou la religion juive ? Lors de la manifestation à Anvers, personne n’a incité à la violence contre la communauté juive d’Anvers, ce sont Freilich et Kornfeld qui ont tiré des faits une conclusion fautive.

Le découragement des manifestations propalestiniennes et du boycott

Il ne s’agit pas de trois individus mais de tout un mouvement de solidarité. Le pas suivant est évidemment la tentative de faire interdire l’appel croissant au boycott d’Israël, tentative que nous voyons déjà se réaliser à l’étranger. Les personnes convoquées sont interpellées en tant qu’organisateurs et il est clair que les sionistes tentent d’intimider et de décourager les organisateurs de manifestations propalestiniennes.

Que les sionistes continuent à appliquer leur tactique éprouvée et démagogique n’est pas une surprise. Depuis Israël, ils sont soutenus par des programmes officiels et la hasbara.

Ce qui est alarmant, dans le cas actuel, c’est que le Parquet d’Anvers accepte la plainte et que le Centre contre le racisme se présente en tant que partie lésée. C’est le monde à l’envers ! Le Parquet et Unia qui défendent les vrais racistes contre ceux qui agissent contre le racisme et contre la colonisation ! L’importance n’en peut être sous-estimée. (*)

Comment soutenir les manifestants convoqués ?

Anvers, 12 juillet 2014 (Photo : Solidaire)

Soutenez les personnes convoquées tout d’abord en partageant et en expliquant cette attaque des sionistes contre le mouvement de solidarité pour la Palestine.

Les personnes convoquées ont droit à une défense solide. Versez une contribution sur le compte en banque BE74 0010 1920 8807 avec la mention « Avocat 12 juillet 2014 ».

Soyez présent le 21 février au tribunal d’Anvers, jour du prononcé du procès !

Acquittement pour les manifestants propalestiniens !
Liberté d’expression, droit à la critique envers le régime israélien !
La critique envers Israël, c’est la critique envers un régime et une idéologie sioniste, et non pas envers une religion juive ou un peuple juif !
« Joods actueel » et le « Forum des organisations juives à Anvers » ne sont pas les représentants du peuple juif.


(1) En outre, l’attitude de UNIA, Centre fédéral de lutte contre le racisme, n’est pas claire. Ils n’étaient pas présents au procès, mais l’avocat n’a reçu aucune information disant qu’ils se retirent.

(2) RV au Palais de Justice d’Anvers à 9 h. Bolivarplaats 20 (côté sud d’ Anvers).

source

Ce procès représente un précédent dangereux, d’autant qu’il est suivi par le Centre contre le racisme!


COMMENT LES SOUTENIR?

En partageant et en expliquant cette attaque des sionistes contre le mouvement de solidarité pour la Palestine. SVP, informez tous vos contacts.

En versant une contribution sur le compte en banque BE74 0010 1920 8807 avec la mention « Avocat 12 juillet 14 ». Ces amis  ont droit à une défense solide et la justice coûte cher.

En étant le 21 février au tribunal d’Anvers !

OU?

    
Tribunal Antwerpen

Adresse postale: Bolivarplaats, 20 Bus 7, 2000
Adresse physique: Bolivarplaats, 20 Bus 7, 2000
Antwerpen
Téléphone: 03/257.85.45 <tel:03%20257%2085%2045>
Fax: 03/257.84.57 <tel:03%20257%2084%2057>

http://www.faillissementsdossier.be/fr/tribunal.aspx

        Accessibilité
        
http://www.balieantwerpen.be/fr/l-ordre/accessibilite

La ligne 12 du tram d'Anvers est une ligne de tramway qui relie le Sportpaleis à Bolivarplaats.


HEURE DE L’AUDIENCE
9 heures

ECRIRE AU MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie)
http://mrax.be/wp/contact/


LIGUE DROITS DE L’HOMME (FR) NL
Pour nous soutenir

Benoît Van Der Meerschen
benoitvdm@hotmail.com
Alexis Deswaef
ldh@liguedh

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26 janvier 2017

En Palestine, mort en direct par « l’armée la plus morale du monde »

Le 16 janvier dernier, au sud de Bethlehem, dans le village de Tequa, l’armée israélienne lâchait ses chiens harnachés jusqu’aux dents contre des villageois palestiniens n’ayant pour autres moyens de résistance que des pierres et l’un ou l’autre cocktail molotov.

Le jeune Qusai Hasan al Omour, adolescent de 17 ans y était abattu de trois balles dans la poitrine.

Blessé mortellement par ces tirs mais toujours vivant, ses proches et amis tentaient de lui porter secours mais en étaient empêchés par des tirs nourris provenant de la soldatesque israélienne.

Au bout d’un moment, quelques-uns de ces criminels venaient récupérer le corps de l’adolescent. Sans le moindre ménagement, ils l’empoignaient pour le tirer jusque derrière leurs jeeps stationnées non loin des lieux. La vision de cette horde de soldats se comportant comme des chiens sauvages ne peut que provoquer un sentiment de révulsion, tant la scène est atroce. Où reflue donc leur part d’humanité dans ces instants terribles ?! Ces soldats, leurs familles, ceux qui les soutiennent et ceux qui leur donnent des ordres sont-ils des pères et mères sans âme ? Ont-ils perdu toute morale, tout respect pour la vie humaine ? Sont-ils conscients que de tels agissements, mus par un racisme exacerbé, les perdent à jamais et les envoient dans les tréfonds d’une inhumanité égale à celle des pires tortionnaires qu’en d’autres temps, ils condamnaient ?!

A ce moment, au-travers de cris et de lamentations, quelques femmes palestiniennes courageuses tentaient d’approcher les soldats pour leur demander de pouvoir s’occuper du blessé, mais en étaient à leur tour empêchées par des tirs qui en blessaient l’une d’elles.

Impuissants à le soigner sur place, au lieu d’emmener le blessé en urgence vers un hôpital, ces barbares l’ont embarqué une fois décédé, le dérobant ainsi au regard de ses proches.

Younes Palestinien de 17 ans abattu Le 16 janvier dernier

Vidéo: https://www.facebook.com/younes.arar/videos/10155728448455760/

Comme je le dénonçais déjà il y a quinze ans, dans mes témoignages en tant qu’Observateur civil dans les Territoires occupés (« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur), il s’agit là, hélas, d’une « scène ordinaire de la vie en Palestine »…

La guerre coloniale israélienne – car c’est bien ainsi qu’il faut la nommer – se poursuit donc dans une impunité totale, faisant de nos gouvernements qui savent mais ne sévissent pas, des complices dont il faudra qu’un jour, une Justice digne de ce nom exige des explications.

Daniel Vanhove

19.01.17

Daniel Vanhove est  observateur civil et auteur.

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23 janvier 2017

Tzipi Livni vient à Bruxelles . . . Arretons la !

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19 janvier 2017
Tzipi Livni serait interceptée en Belgique pour crimes de guerre lors de sa venue la semaine prochaine
Posté le 19 janvier 2017.

L’ancienne ministre israélienne Tzipi Livni vient à Bruxelles le 23 janvier prochain pour participer à une conférence au Parlement européen. alors qu’un collectif de victimes a déposé une plainte contre elle en Belgique, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la bande de Gaza. Et le Parquet fédéral a confirmé qu’elle serait interceptée par la police judiciaire fédérale pour être auditionnée suite à cette plainte", annonce l’Association Belgo-Palestinienne.

Communiqué de presse de l’ Association Belgo-Palestinienne

http://www.association-belgo-palestinienne.be/infos/breves/lancienne-ministre-israelienne-tzipi-livni-interceptee-pour-crimes-de-guerre/

.../...

Madame Tzipi osera-t-elle se rendre en Belgique dans ces conditions et la justice belge tiendra-t-elle ses engagements ?

Contacts presse
:

Pour le français : Pierre Galand, Président de l’ABP, Président de OMCT – Europe, Coordinateur général du Tribunal Russell sur la Palestine, ancien-sénateur – Tél : 00 32 475 55 87 54

Pour l’anglais : Frank Barat, coordinator of Russell Tribunal on Palestine. – Tel : 0032 487 15 20 06

Pour le néerlandais : Ludo De Brabander : 0473 51 64 62

Pour l’arabe : Mohamad Raja’i Barakat : Expert en relation euro-arabe – 0472 68 17 76

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16 janvier 2017

Le soldat franco-israélien Elor Azaria, reconnu coupable d’homicide, a en fait agi selon la norme

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Le soldat franco-israélien Elor Azaria, reconnu coupable d’homicide, a en fait agi selon la norme

Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien qu’ils eussent pu être maîtrisés quand ils étaient encore en vie. La différence entre eux et Azaria [qui a assassiné d’une balle dans la tête un Palestinien gisant à terre] est que lui, il a été filmé.

Il y a une chose sur laquelle les Palestiniens sont d’accord avec Elor Azaria et ses partisans : il n’était pas le seul, et il a juste eu la malchance d’être filmé à son insu. Les Palestiniens conviennent avec Azaria et ses partisans qu’il respectait la norme et faisait exactement ce que les autres soldats font – à savoir tirer avec l’intention de tuer, même quand aucune vie n’est en danger.

Les Palestiniens sont d’accord avec Azaria pour dire qu’il a été victime d’une discrimination du système. Mais ils considèrent pour leur part que des dizaines d’autres soldats et policiers auraient eux aussi dû être jugés.

Comme Azaria lui-même, les Palestiniens se demandent pourquoi il a été jugé alors que les soldats qui ont tué Hadeel al-Hashlamoun à Hébron n’ont pas même fait l’objet d’une enquête de la police militaire. Elle aussi était allongée au sol, après que des soldats lui aient tiré dessus à distance à un poste de contrôle, parce qu’elle tenait un couteau (aucun soldat n’avait subi la moindre égratignure). Puis, alors qu’elle était couchée sur le sol, ils ont continué à lui tirer dans le haut du corps (C’était le 22 septembre 2015, et les habitants d’Hébron attribuent l’éclosion subséquente d’attaques solitaires à cet incident).

Le 11 juin 2010, Maxim Vinogradov, un policier frontalier, « a confirmé la mort » de Ziad Jilani, qui était déjà couché sur le sol, blessé par balle, après avoir foncé sur d’autres policiers avec sa voiture dans le quartier Wadi Joz de Jérusalem. Le procureur a décidé de ne pas inculper Vinogradov, acceptant sa défense ridicule selon laquelle il craignait que Jilani porte une bombe. Il était au cœur d’un quartier palestinien : pourquoi se serait-il fait exploser là-bas ?

Fadi Alloun, originaire d’Isawiyah, était également couché sur le sol, après avoir poignardé un Israélien dans le quartier Musrara de Jérusalem le 4 octobre 2015. Un policier anonyme l’a criblé de balles après que des passants l’y eurent encouragé. Dans ce cas, des séquences vidéo prises avec un téléphone portable étaient disponibles, mais ce n’était pas assez pour que de quelconques mesures soient prises contre le tueur.

Sara Hajuj, de Bani Naim, a brandi un couteau contre des policiers des frontières à l’intérieur de la salle d’inspection de sécurité d’un point de contrôle d’Hébron le 1er juillet 2016. Ils lui ont vaporisé du gaz au poivre au visage et ont fui la pièce. Puis l’un d’eux lui a tiré dessus, alors qu’elle était seule dans la pièce et ne représentait de danger pour personne.

Le 2 juin 2016, Ansar Hirsheh a traversé à pied le poste de contrôle d’Anabta, où la circulation des piétons est interdite. Elle avait un couteau dans ses affaires, mais elle ne mettait personne en danger. Et il n’y avait aucune raison pour que les quatre soldats armés et entraînés qui l’entouraient ne la maîtrisent pas sans la tuer.

Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien que selon les témoins oculaires et le bon sens, ils auraient pu être maîtrisés alors qu’ils étaient encore en vie. Il s’est avéré que certains n’avaient même pas tenté de commettre une attaque. Des dizaines de soldats, de policiers frontaliers et de gardes de postes de contrôle marchent librement parmi nous après avoir tué des Palestiniens qui ne représentaient aucun danger pour leur vie. Le gratin militaire a déclaré qu’ils avaient agi correctement.

La frontière entre l’autodéfense et la vengeance nationaliste a été complètement floutée. C’est dans cette atmosphère qu’Azaria a opéré.

Par conséquent, le message adressé par les juges du tribunal militaire se distingue par sa rareté : Elor Azaria a violé les règles d’engagement, et il a été condamné. Mais le message que la haute hiérarchie militaire israélienne envoie à ses soldats et policiers est aussi fort et clair : « Prenez garde à ne pas être filmés lorsque vous passez à l’acte. Nous savons comment remettre en cause la valeur de photographies prises par des caméras de sécurité palestiniennes, et nous savons enterrer le témoignage des témoins oculaires palestiniens. Mais nous n’avons toujours pas trouvé de solution face à des séquences en gros plan de vidéos  professionnelles. »

Amira Hass عميرة هاس עמירה הס

Traduit par  Salah Lamrani صالح العمراني 

Source : http://www.haaretz.com/misc/article-print-page/.premium-1.763074

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10 janvier 2017

dix points sur l’attaque au camion à Jérusalem

Dix points sur l’attaque au camion à Jérusalem

Dyab Abu Jahjah 

9 janvier 2017 – Hier, à Jérusalem occupée, un camion a foncé sur des soldats israéliens des forces d’occupation. Quatre militaires ont été tués et plusieurs autres ont été blessés. Le conducteur était un père palestinien de trois enfants. Si vous lisez les journaux et sites d’information occidentaux, le ton général est qu’il s’agissait d’un attentat « terroriste » ciblant des Israéliens.

Les fausses informations, manifestement, ne se limitent pas aux médias sociaux ; souvent, elles sont également diffusées par le biais des informations dominantes. Non seulement cette version de l’histoire occulte la réalité de l’occupation, elle la défend également en établissant un lien entre la résistance des Palestiniens et le terrorisme.

J’ai réagi à ce commentaire en déclarant que le peuple palestinien a le droit de libérer ses terres occupées par tous les moyens qu’il estime nécessaire. Ceci a été immédiatement repris par des forces soutenant Israël au sein de la droite nationaliste flamande et présenté comme un soutien au terrorisme. Même Theo Francken, un secrétaire d’État du gouvernement fédéral, a publié des tweets hystériques, à ce propos.(1) Selon lui, je glorifiais le terrorisme de l’EI et je devais donc être viré de mon poste de chroniqueur dans le journal pour lequel j’écris. Les personnes qui ont « aimé » mon message sur Facebook ont également été menacées ou ont subi des intimidations. Par conséquent, je désire clarifier les 10 points que voici et j’espère que cela pourra aider toutes les personnes qui sont confrontées à ces questions.

1. Est-ce que je maintiens ma déclaration ?

Oui, je m’en tiens entièrement à ma déclaration initiale, que je considère légitime, réservée et justifiée.

2. Ceci était-il un attentat de l’EI ?

Tous les éléments dont je dispose en ce moment indiquent que l’attentat était l’œuvre de la résistance palestinienne.

3. Cela fait-il une différence selon qui a exécuté l’attentat ?

Une chose est certaine : le conducteur du camion était un citoyen palestinien vivant sous occupation et qui a attaqué un rassemblement de soldats de l’occupation en uniforme. Indépendamment de son affiliation idéologique et indépendamment de son appartenance à quelque organisation que ce soit, tout citoyen palestinien, exactement à l’instar de tout citoyen où que ce soit dans le monde et vivant sous occupation militaire illégale, a le droit de résister à cette occupation et ce droit est garanti par les lois internationales et les conventions de Genève réglementant la guerre.(2)

4. Quid s’il s’avère que c’est l’EI qui a commis cet attentat ?

Ce serait très malheureux. Non pas parce qu’il n’en serait pas moins légitime du point de vue du conducteur palestinien, mais parce que l’EI récupérerait alors la lutte palestinienne et la souillerait. L’EI est un groupe terroriste fasciste qui a la réputation de récupérer les luttes des peuples opprimés (Irak, Syrie, etc.) et d’en faire une plate-forme pour son propre projet fasciste.

Je ne voudrais pas voir cela arriver en Palestine. Israël, qui se retrouve actuellement sous un tas de pressions au niveau international, espère que cela se produira parce que cela lui permettrait de gagner du soutien et d’engendrer à nouveau de la sympathie pour sa politique colonialiste d’occupation. Cependant, l’EI n’a pas attaqué Israël jusqu’à présent et il est trop occupé à tuer des innocents, surtout en Syrie et en Irak et dans tout le monde arabe et musulman et, de temps à autre, en Occident.

5. Pourquoi, une fois de plus, cet attentat est-il légitime ?

Parce qu’il a eu lieu dans un territoire occupé et qu’il visait l’armée d’occupation. Il n’y a pas le moindre argument, ni éthique ni juridique, pour prétendre qu’il est illégitime. Si le droit à la résistance n’est plus reconnu, les gens qui ont résisté à l’occupation tout au long de l’histoire étaient des criminels. Les gens alors devraient se contenter de subir l’occupation et de l’accepter et d’attendre jusqu’à ce que l’occupant change d’avis et s’en aille paisiblement.

6. La résistance doit-elle être violente ?

Pas nécessairement, la résistance peut revêtir diverses formes, mais la lutte armée est l’une d’elles.

7. La violence est-elle une bonne chose ?

La violence n’est pas une bonne chose, mais la violence dans l’autodéfense est parfois inévitable. Particulièrement quand toutes les manières possibles de trouver une solution ont été contrecarrées par l’agresseur, l’oppresseur ou l’occupant. Parfois, la violence est la seule option restante.

De plus, il convient de faire remarquer que c’est l’occupation, qui est la violence réelle. L’occupation est la violence organisée, structurelle et récurrente à laquelle le peuple palestinien est soumis quotidiennement depuis 1948.

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Extrait de la résolution 3070 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies du 30 novembre 1973 (28ème session) – Cliquez sur l’image pour le texte complet

L’incapacité de la communauté internationale à sanctionner Israël et à l’obliger de respecter les lois internationales ne laisse absolument aucun autre choix au peuple palestinien. Il est hypocrite de parler de violence comme de quelque chose qui émane des deux camps, de la même manière et d’égale façon. C’est comme prétendre qu’une femme qui se fait violer et qui se bat contre son violeur recourt à la violence de la même façon que le violeur. Moralement, cette position est en faillite et n’équivaut à rien d’autre qu’à soutenir ouvertement le violeur.

8. Utiliser un camion dans ce genre d’attentat n’est-il pas une raison de considérer qu’il s’agit de terrorisme ?

Cet argument est faible, une fois de plus. C’est comme si on disait qu’une femme qui se fait violer et qui utilise ses ongles contre le violeur ne se bat pas de façon honorable. En outre, si nous voulons réellement que les Palestiniens recourent à des moyens de guerre classiques, peut-être devrions-nous envisager de les armer de façon adéquate. Et, alors, ils ne sentiront pas la nécessité d’utiliser ces méthodes non classiques.

Et pourquoi n’enverrait-on pas des troupes de l’ONU pour les protéger ? Ne serait-ce pas une autre bonne alternative ? Mais les laisser presque désarmés et à la merci de la machine à tuer israélienne puis leur faire des sermons sur les méthodes utilisées, voilà qui est absolument insultant et montre une fois de plus le parti pris pour l’occupation.

9. La stratégie de la résistance est-elle une bonne stratégie ?

C’est quelque chose que les Palestiniens devraient déterminer eux-mêmes. Ce sont eux qui vivent sous l’occupation et ils connaissent bien leurs conditions. Notre devoir, c’est précisément d’être solidaires avec eux. De plus, le peuple palestinien et sa direction ont fait toutes les concessions possibles depuis que l’infâme processus d’Oslo a débuté, en vue d’arriver à la paix et qu’ont-ils obtenu pour cela ? Davantage de colonisation, un mur de l’apartheid, plus de violence encore, plus de camps de prisonniers et d’enlèvements, et plus de tueries. Où est le succès de cette stratégie ?

10. Devrions-nous nous réjouir de la mort des soldats ?

Personnellement, je ne me réjouis jamais de la mort d’un être humain, même si c’est un soldat de l’occupation ou un meurtrier. Je ne me serais même pas réjoui de la mort des soldats nazis, si j’avais vécu dans les années 1940. Toutefois, si les gens qui vivaient dans le ghetto de Varsovie se réjouissaient de la mort des soldats nazis à l’époque, qui suis-je pour les juger ?

La même chose vaut pour tous les êtres humains vivant sous l’oppression ou l’occupation. Nous ne devrions pas juger les émotions des gens opprimés. La guerre est toujours une tragédie pour toutes les parties et aucun être humain dans son esprit sain ne choisira la guerre au lieu de la paix.

Toutefois, quand les gens ripostent contre l’oppression, c’est qu’ils sentent qu’ils n’ont pas d’autres options. Je suis sûr que le peuple palestinien n’aimerait rien de plus que de vivre en paix et avec dignité dans un pays libre.

Nous devons leur montrer que nous sommes avec eux et que nous soutenons leur résistance de la façon qu’ils estiment nécessaire et dans les limites de l’éthique et de l’humanité.

Pour mes amis pacifistes, permettez-moi de citer la position du Mahatma Gandhi sur la question :

« (…) Je ne défends pas les excès arabes. J’aurais souhaité qu’ils choisissent la voie de la non-violence pour résister à ce qu’ils considéraient à juste titre comme une intrusion injustifiable dans leur pays. Mais, selon les canons admis de ce qui est juste et de ce qui est mal, rien ne peut être dit contre la résistance arabe face à des ennemis en surnombre. »

C’est même plus vrai encore aujourd’hui qu’à l’époque où il l’avait écrit. Parce que, lorsque vous empruntez la voie de la paix pour ne rencontrer que trahison et tromperie, la seule voie qui reste est celle de la lutte implacable, par tous les moyens nécessaires.

Telle est la situation de la Palestine aujourd’hui.


Publié le 9 janvier sur le blog de Dyab Abu Jahjah
Traduction : Jean-Marie Flémal

(1) Dyab Abou Jahjah, écrivain, activiste et fondateur de la Ligue arabe européenne, publiait une chronique hebdomadaire dans De Standaard. Le journal a mis fin à sa collaboration. Une atteinte grave à la liberté d’expression

(2) Concernant le droit à la résistance des peuples opprimés, il est utile de relire la résolution 3070 de l’AG des Nations Unies du 30 novembre 1973 (28e scession), en particulier ce passage :

Pour libérer leur pays du colonialisme et de l’apartheid, les Palestiniens ont le droit de résister « par tous les moyens en leur pouvoir, y compris la lutte armée. M.D.L

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