FREE PALESTINE

20 octobre 2017

Tony Blair : «J’ai commis l’irréparable en cédant aux pressions d’Israël»

Source: Externe

De Londres : Boudjemaa Selimia – L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, a surpris tous les observateurs qui suivent de près le dossier israélo-palestinien, en avouant pour la première fois dans un entretien qu’il a accordé au Guardian, à quelques jours de la sortie de son livre L’aube de Gaza, que les dirigeants des grandes puissances occidentales, lui-même inclus, ont commis l’irréparable pour avoir cédé aux pressions d’Israël d’imposer un boycott immédiat au mouvement palestinien Hamas après sa victoire aux élections palestiniennes en 2006.

En qualité de Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair a soutenu sans réserve la décision de son allié, le président américain George W. Bush, de mettre un terme aux aides destinées aux populations de Gaza et rompre toute relation avec le mouvement Hamas nouvellement élu pour présider aux destinées du peuple palestinien, sauf s’il reconnaît Israël, renoncer à la lutte armée et observer à la lettre les accords existants entre ses prédécesseurs du Fatah et Israël. L’ultimatum a été rejeté en bloc par le Hamas, qui venait de remporter des élections, jugées libres et démocratiques par les observateurs internationaux.

Tony Blair, qui a été nommé au poste d’envoyé spécial du quartette au Proche-Orient – composé des Etats-Unis, de l’UE, des Nations unies et de la Russie –, après son départ du 10 Downing Street, affirme aujourd’hui que la communauté internationale aurait géré le problème différemment. Il fallait, selon lui, intégrer le Hamas dans un processus de discussion, plutôt que de l’exclure totalement de la scène politique palestinienne.

Le boycott a permis, il faut le dire, à Israël d’imposer un blocus économique impitoyable sur Gaza, en vigueur jusqu’à ce jour. Ce qu’il faut aussi savoir est qu’un rapport de l’ONU, rendu public il y a deux ans, a clairement souligné que les effets combinés du blocus et les trois offensives militaires menées dans la bande de Gaza par Israël depuis 2009 ont transformé les territoires en zone «inhabitable» d’ici à 2020, alors que les conditions humanitaires se sont nettement dégradées depuis la rédaction du rapport onusien.

Cette sortie fracassante de l’ex-Premier ministre britannique, le travailliste Tony Blair, en abordant un sujet de politique étrangère extrêmement sensible, intervient dans une conjoncture dominée par l’émergence d’une nouvelle donne sur la scène palestinienne. Il s’agit bien évidemment du processus de réconciliation entre le mouvement Hamas et le Fatah, concrétisé après la signature tout récemment par les deux belligérants d’un accord de réconciliation historique destiné à mettre fin à une décennie de déchirements dévastateurs entre les deux principales formations sur la scène politique palestinienne.

R. S. (Algérie patriotique) 15.10.17

 

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18 octobre 2017

Antisémitisme : l’aveuglement révélateur des responsables politiques français

Source: Externe

 

Lors d’un discours le 02 octobre dernier devant des représentants de la communauté juive à la synagogue de la rue Buffault à Paris, le 1er ministre E. Philippe a annoncé que l'Etat poursuivrait le travail entamé par son prédécesseur M. Valls – présent dans la salle – par un nouveau plan de 100 millions d’euros sur la période 2018-2020 pour la lutte contre l'antisémitisme, « cette bête immonde qui, quand on la croit disparue, réapparaît encore ». En termes de formule, c’est vrai qu’il y avait longtemps qu’on n’avait pas entendu l’expression !

Malgré une baisse substantielle des actes antisémites en 2016 (- 58%) cités par le 1er ministre lui-même, celui-ci s’est cru obligé d’énumérer le nom de quelques victimes d’antisémitisme, question de prouver à quel point il connaissait son dossier sans doute, en soulignant de la plus navrante façon que l’antisémitisme trouvait ses causes dans « l’ultra violence du terrorisme islamiste ».

Le point d’orgue de la confusion venant comme il était à craindre dans l’amalgame du 1er ministre reprenant la formule du président Macron et avant lui à l’époque de M. Valls, déclarant que malgré le recul des actes antisémites, il ne fallait pas oublier une autre réalité : « … celle de la banalisation de l’antisémitisme et de sa forme réinventée […] qu’est l’antisionisme ». Patatras… le petit nouveau emboîte ainsi les pas de ses pairs, sans sourciller ni les fâcher.

Le plus navrant d’une telle intervention est que loin de s’en réjouir la communauté juive devrait plutôt s’en alarmer. Car confondre une énième fois les fondements du judaïsme avec ceux du sionisme me paraît surtout révéler une sérieuse carence en connaissances historiques, doublé du fait que ceux qui profèrent de telles bêtises n’ont pas encore fait le travail nécessaire à clarifier la question. Et à ce stade, il n’est pas déplacé de penser qu’une certaine forme de racisme refoulé, inconscient sans doute, traîne encore dans quelques esprits…

Même Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah libanais que beaucoup considèrent comme ennemi juré de tout ce qui s’apparente à la judéité vient d’inviter les juifs d’Israël à quitter le pays avant qu’ils ne soient entraînés dans les aventures guerrières de la bande sioniste à Netanyahu. Et Abdel Bari Atwan, historien et analyste arabe confirmé revient sur ce discours dans le site Raï al-Youm, écrivant : « C’est la première fois que H. Nasrallah fait la distinction entre le judaïsme et le sionisme, une secte raciste qui fait l’ombre à l’une des plus respectables religions monothéistes qui soit. Nasrallah a affirmé n’avoir rien contre les juifs qu’il ne veut surtout pas voir finir au “bûcher” lors d’une guerre à venir. Certes, entendre le chef du Hezbollah parler de la guerre n’est pas chose nouvelle ; ce qui est nouveau par contre, c’est le ton de son discours. Nasrallah a évoqué la guerre comme si elle était imminente. Il a pointé du doigt Netanyahu pour “ chercher à faire échec à l’accord nucléaire (Iran/5+1) et pousser à une guerre totale au Moyen-Orient” sans avoir la moindre idée vers où “risque de conduire cette guerre” ». 

Et plus loin, Atwan de conclure : « Au crépuscule de sa carrière politique, Netanyahu est sur le point de commettre l’irréparable : pousser Trump à déclarer la guerre à l’Iran, à inciter les Kurdes d’Irak à faire sécession, et tout cela pour sauver son image. C’est pousser les Israéliens à un suicide collectif. Mais Netanyahu sait-il un seul instant que la guerre qu’il tente de déclencher pourrait être de loin la plus sanglante de toutes les guerres, pour ne pas dire la dernière d’entre celles qu’ait connues le Moyen-Orient ? »

L’amalgame entre antisémitisme et antisionisme a déjà fait couler beaucoup d’encre. Le 1er ministre qui avait commencé son intervention en disant qu’il entendait faire respecter par tous « le principe de discernement » aurait mieux fait de commencer par se l’appliquer à lui-même et de réfléchir à deux fois avant de répéter comme un âne, de telles inepties. Peut-être que dans son entourage, quelqu’un pourrait-il lui souffler de prendre quelques leçons sur la question et éventuellement de rencontrer ceux qui manifestement savent mieux que lui de quoi ils parlent… avec le discernement nécessaire !

Et pour commencer, je l’invite à prendre connaissance de l’interview (lien ci-dessous) du rabbin Yisroel Dovid Weiss, l’une des plus célèbres figures du judaïsme antisioniste et qui dirige le mouvement antisioniste Neturei Karta. Une telle référence a assurément plus de poids que les bêtises formulées par quelques obséquieux en mal de reconnaissance auprès d’une communauté devant laquelle ils se sentent obligés de ramper :

http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/10/05/537557/Qui-sont-ces-israliens-proNasrallah

 

Daniel Vanhove –

09.10.17

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12 octobre 2017

Signez, vous aussi, l’Appel belge pour la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdellah

Dessin : Manu Scordia

Georges Abdellah entame ce 24 octobre sa 34e année de détention en France. La Campagne unitaire française organise le samedi 21 octobre une manifestation devant la prison de Lannemezan, où il est détenu.

Quelques militants belges ont lancé le 3 octobre l’Appel belge pour la libération de Georges Ibrahim Abdellah. 

En huit jours de temps, 13 associations et plus de 100 personnes, des artistes, des professeurs, des ouvriers, des journalistes, des syndicalistes, des enseignants, des étudiants, des avocats, des auteurs, des éditeurs, des personnes actives dans l’associatif… ont signé l’Appel, tant au Nord qu’au Sud du pays.

Vous aussi (ou votre association), vous pouvez vous joindre aux signataires : envoyez un mail, en mentionnant votre nom/prénom/profession, fonction ou organisation à de.ly.myriam@gmail.com, vervaetluk@gmail.com ou peace.paix@gmail.com.

Voici le texte de l’Appel :

Nous proclamons notre solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah.

A l’heure actuelle Georges Ibrahim Abdallah poursuit sa 33ème année de détention arbitraire dans la prison de Lannemezan en France. Ainsi, il bat le triste record d’années passées derrière les barreaux jusque là détenu par feu Nelson Mandela. C’est le plus ancien prisonnier politique d’ Europe. Il a plus que purgé sa peine, puisque libérable depuis 1999. Il a déposé en ce sens neuf demandes de libération qui lui ont toutes été refusées.

L’histoire de Georges Abdallah est liée à celle des guerres d’invasion israéliennes au Liban. Comme de nombreux Libanais, il rejoint la résistance palestinienne. Lors de l’invasion israélienne en 1978, il combat dans la résistance avec le FPLP et est blessé. En 1982, c’est l’invasion israélienne et le siège de Beyrouth, soutenue par les EU. Plus de 20.000 civils libanais et palestiniens sont tués. Suivent les massacres de Sabra et Chatila et l’occupation du Sud-Liban. C’est dans ce contexte que Georges rejoint les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL).

Le 18 janvier 1982, le lieutenant-colonel Ray, l’attaché militaire adjoint des Etats-Unis en France, meurt à Paris, tué par les FARL. Le 3 avril, Yacov Barsimentov, diplomate israélien et agent du Mossad, subissait le même sort. Arrêté à Lyon en 1984, Georges est condamné une première fois en 1986 à quatre ans de prison et une seconde fois en 1987 à perpétuité.

L’histoire des procès de Georges est faite de juridictions d’exceptions, de pressions directes des EU et d’Israël, d’interventions d’agents des services secrets français. Georges Abdallah est toujours resté fidèle à ses opinions (et c’est cela aussi que la justice française lui reproche). Derrière les barreaux, il organise des grèves avec les prisonniers palestiniens, soutient les luttes contre les violences policières en France …

Suite à l’avis favorable donné en novembre 2012 par le tribunal d’application des peines, tout a été entrepris par le Parquet pour bloquer sa libération. Le ministre de l’Intérieur de l’époque (Valls) refuse de signer l’arrêté d’expulsion nécessaire vers le Liban. Il s’ensuit des reports et appels multiples, un pourvoi en cassation. Au bout de 15 mois, la demande de libération est jugée irrecevable.

Nous dénonçons l’acharnement à l’égard de Georges Ibrahim Abdellah et exigeons sa libération immédiate.

Nous refusons les peines sans fin pour les prisonniers politiques, d’autant plus que de nouvelles lois antiterroristes menacent nos libertés.
Nous appelons à des actions de solidarité politiques, humanitaires ou culturelles pour Georges Abdallah.

Nous demandons que le ministre belge des Affaires étrangères intervienne auprès de la France pour obtenir sa libération.

Nous invitons à écrire à Georges Ibrahim Abdallah en prison

Monsieur Georges Ibrahim Abdallah
2388/A221 CP de Lannemezan
204 rue des Saligues
F-65307 LANNEMEZAN
France

Les signataires :

Adriaensens Dirk, auteur, lid van het uitvoerend comité van het BRussells Tribunal; Ait Lahsen Mohamed, ancien délégué FGTB Caterpillar-Gosselies; Al Damiri Hamdan, militant palestinien; Al Sabbah Khaled, journalist; Amy Jean-Jacques, emeritus hoogleraar, Vrije Universiteit Brussel; Andersen René, Fédération de Charleroi du Parti Communiste; Awad Mustapha, Samidoun – réseau de solidarité des prisonniers palestiniens; Aziz Rachida, Le Space; Baloghova Alexandra, arbeidster; Barnet Rudi, animateur culturel, Bazzah Fatiha, bediend; Béghin Juliette, criminologue; Ben Abderrhamane Jamila, finances/comptabilité associative; Boudart Jean-Marie, ancien prêtre ouvrier, auteur, animateur; Boumazzoughe Nadia, BDS; Brissa Didier, formateur syndical; Bruggen Brian Graciano, student; Bruggen Sean Ernesto, arbeider; Bruggen Wolf Staf, arbeider Katoennatie; Bruggen Wolf Victor, arbeider Volvo Cars; Burnotte Joseph, animateur CEPAG; Caller Vladimir, rédacteur en chef du Drapeau Rouge; Carboni Maestri Gregorio, Arch., Ph.D., Chercheur post-doctoral 2017 au Centre Canadien d’Architecture; Catherine Lucas, auteur; Chaquiri Najib, éducateur; Choua Saddie, kunstenaar; Claessens Carmen, Antwerp for Palestine; Colicchio Pasquale, ex-permanent interpro FGTB Charleroi; Cordemans Marie-Françoise, enseignante et membre du Choeur Ali Aarass; Collon Michel, écrivain et journaliste, Investig’Action; Crokart Hélène, avocate; Cuesta Barros, syndicaliste; David Eric, professeur émérite de droit internationale de l’ULB; De Brabander Ludo, woordvoerder Vrede; De Cauter Lieven, cultuurfilosoof, departement architectuur KU Leuven & RITCS; De Ley Herman, emeritus professor UGent; De Ly Myriam, activiste pour la Palestine; De Maegd Frans, anti-imperialist; De Meyere Marc, prof. emeritus Ugent; De Potter Greta, artiste; De Witte Ludo, auteur; Dekkers Daniel, militant solidaire des combats des Palestiniens et Sahraouis; Delmotte Paul, professeur (histoire, politique internationale…) retraité de l‘IHECS (Bruxelles); Delval Luc, ancien journaliste; Den Hond Chris, vidéo-journaliste; Devos Magda, em.prof. UGentDeruette Serge, politologue, Umons; Donni William : futur éducateur et animateur social culturel; activiste; Dreezen Jan, lid Palestina Solidariteit; Dupire David, délégué CGSP Admi et militant pro-palestinien; El-Hatimy Aya, student; Ellouze Mohamed, avocat; Fahmy Labib, journaliste; Flémal Jean-Marie, auteur, traducteur; Flinker Jean, enseignant; Galand Pierre, personnalité du monde associatif; Gauthier Philippe, ancien journaliste; Gharbi Naima, hôtesse d’accueil, militante pour la Palestine et la justice pour tous; Goldschmidt Tom, journaliste retraité; Groffils Marie, gepensioneerd burger; Hala Hasan, l’Aiguille Dorée, asbl; Harnie Cecile, militante; Hulsens Eric, professeur d’honneur de l’enseignement supérieur, éditions Antidote; Humblet Perrine, professeur ULB, CRISS-ESP; Hustache Serge, député provincial; président du collège provincial du Hainaut; Jamar David, sociologue; Jaroszewski Julie, artiste; Kates Charlotte, Samidoun – réseau de solidarité des prisonniers palestiniens; Khayar Ibrahim, étudiant; Lalieu Grégoire, écrivain et journaliste, Investig’Action; Lothier Marie-Christine, responsable Entr’Aide et Fraternité; Lutjeharms Madeline, em.prof. aan de VUB; Malevé René-Paul, ex-enseignant et ex-secrétaire permanent syndical; Martinez Andrade Luis, sociologue; Morelli Anne, professeure de l’ULB; Moulin Laurent, ingénieur; Mukuna Olivier, journaliste et essayiste; Mayer Cathy, professeur retraitée; Nève Marc, ancien vice-président du CPT (Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants – Conseil de l’Europe; Pechova Theresia, arbeidster; Péromet Mireille, enseignante retraitée; Peeters-Akkermans Bart, vertaler; Pierard Christine, citoyenne belge humaniste; Pierson-Mathy Paulette, juriste internationale et professeur émérite de l’ULB; Raklih Fatima, lid van Belgium for Palestine; Rbihou Dounya, arbeidster; Rosa Rosso Nadine, enseignante; Saïdi Nordine, militant décolonial; Saublains Raymond, photographe; Scordia Manu, dessinateur: Seba Asmaa, photographe; Stengers Isabelle, enseignante; Takkal Insaf, enseignante; Tanaka Aya, réalisatrice de documentaires; Terreyn Peter, Solidarity for all; Titom, dessinateur; Vandecan Myriam, activiste; Vandepitte Marc, philosopher; Van Dyck Barbara, onderzoekster University of Sussex; Van Leeuw-Koplewicz Marianne, éditions du Souffle; Van Loo Michel, metteur en scène; Van Riet Thomas, Prof., Katholieke Universiteit Leuven; Vanhove Daniel, observateur civil et auteur; Vanoost Lode, voormalig ondervoorzitter van de Kamer van Volksvertegenwoordigers; Verelst Karin, filosoof, VUB; Vervaet Luk, Association des Familles et des Amis des Prisonniers; Visconti Freddy, militant syndical métallo MWB; Zaynab Ling Al Isabelle, auteure et actrice

Organisations signataires :

Activist ChildCare, Antwerp for Palestine, BRussells Tribunal, Bruxelles Panthères, Campagne Stop Répression, Comité BDS ULB, JOC Bruxelles, Mouvement Citoyen Palestine, Parti Communiste (Belgique), Plate-forme Charleroi-Palestine, Rajeen debke group, Samidoun-Réseau de Solidarité des prisonniers palestiniens, Solidarity for all, Vrede vzw.

Voyez ici l’appel de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah à une manifestation devant les portes de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) (avec vidéo)

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08 octobre 2017

L’échec patent de nos absurdes politiques extérieures

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L’échec patent de nos absurdes politiques extérieures

 

Constat : les mois et les années défilent, sans que les promesses des responsables politiques occidentaux ne se vérifient. Jusqu’à quand allons-nous l’accepter ?

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux USA, ils nous ont bassinés avec leur « guerre au terrorisme » et leurs promesses de l’éradiquer en quelques mois, voire quelques courtes années. Justifiant leurs croisades militaires au nom d’une plus grande sécurité intérieure, cette nouvelle doxa qu’ils nous claironnent après chaque attentat. Et plus d’une décennie plus tard, que nous faut-il constater ? Que la situation ne fait qu’empirer ! D’une part, les guerres se propagent sans cesse avec leur lot de victimes civiles toujours plus nombreuses, et d’autre part, l’occident est par retour de bâton de plus en plus touché par des attentats aveugles qui peuvent survenir à tout moment et en tous lieux, fauchant n’importe quel civil innocent. Ainsi, à l’inverse de leurs promesses l’insécurité n’a jamais été aussi grande. Et les coupables sont désignés d’office par l’entremise de médias irresponsables qui alimentent la peur de l’autre, particulièrement lorsqu’il a la peau basanée. Merci aux responsables et leur politique extérieure imbécile, inconsciente et/ou complètement erronée, menée dans l’ombre de celle menée et dictée par l’administration américaine dont on sait par ailleurs qu’elle n’a de cesse depuis des décennies, de mentir sur les raisons, les causes et les objectifs des guerres qu’elle mène ! En parlant de « terrorisme », on est à la bonne adresse… C’est plus que jamais « leurs guerres, nos victimes ! »

Dès lors, de deux choses, l’une : soit nos responsables nous mentent, soit ils sont d’une incompétence inégalée. Mais, dans les deux cas, nous ne pouvons laisser ces crimes impunis plus longtemps. Dans les deux cas, les décisions de ces élus ne devraient pas rester sans suite. Les faits sont trop graves. Et leur responsabilité est clairement engagée. Il faut que ceux qui, de près comme de loin, orientent et prennent de telles options soient conduits devant les tribunaux internationaux afin d’y être jugés et condamnés pour leurs infamies.

L’indignation de la société civile ne suffit plus et elle ne peut plus se satisfaire de cérémonies nationales, de discours lénifiant et de remise de Légion d’honneur « en mémoire de… ».  Il faut que des équipes d’avocats et de spécialistes du Droit international s’organisent afin de travailler sur ces dossiers et que les liens soient établis entre les raisons déclarées de manière officielle et les obscurs objectifs réellement poursuivis de ces guerres. Et que soient démontrés les mensonges, les falsifications, l’imposture et la veulerie d’une caste qui se croit tout permis et inatteignable de par ses statuts de privilégiés et souvent couverts par une immunité qu’il convient à ce stade, de questionner.

En attendant, une chose est évidente : certains secteurs s’enrichissent comme jamais ! Sur les terrains de ces conflits que ne voit-on comme équipements et armements !? Les armes utilisées dans les guerres modernes battent tous les records en termes de coûts. Epuisant les budgets des Etats qui s’y sont engouffrés au détriment des programmes sociaux dans lesquels des coupes sont opérées au point que l’on parle presque tous les jours comme si c’était devenu banal, « d’austérité ». Mais, « austérité » pour qui ?! Nos gouvernements ne sont jamais à court d’idées quand ils doivent trouver de l’argent chez les contribuables, au profit de leurs guerres ruineuses. Et de préférence chez les plus précaires dont ceux-là savent qu’ils ne pourront se défendre, accaparés au jour le jour par le souci de leur survie et celle de leurs enfants.

Dans la foulée, et si nous voulons être cohérents, il faut donc aussi ouvrir le dossier des marchands d’armes. Comment se fait-il que des groupes terroristes qui en font « leur métier » et passent d’un conflit à l’autre, soient armés, surarmés à ce point, quel que soit l’endroit où ils opèrent ?! Que ne voit-on comme images de mercenaires à bord de centaines de pickups sur lesquels sont montés de l’artillerie, maniant lance-roquettes, bazookas et armes en tous genres et équipés à ce point ?! Sans parler des tonnes de munition pour le fonctionnement de ces engins de mort ? Qui leur vend ces armes ? Qui les finance ? Quels sont les pays qui leur accordent les licences et à travers quels montages bidons et certificats de complaisance, pour que ce matériel leur parvienne ? Quels sont les agents, les intermédiaires, les firmes qui alimentent un tel trafic ? Des noms sont connus. Qu’attend-on pour lancer des poursuites ?! A moins que les complicités avec le pouvoir sont telles que ceux-là servent à financer les campagnes de ceux-ci et qu’il convient donc de les ménager ?! Sans oublier le fait que ces marchands de mort sont gagnants à tous les coups. Une première fois lorsqu’il vendent des armes à l’un ; une seconde fois lorsqu’ils vendent des armes à son ennemi ; et une troisième fois lorsque ces armes découvertes font l’objet de destructions massives… qu’il faut s’empresser de renouveler ! Les sommes sont vertigineuses, à faire vomir quand on voit leur usage et qu’on songe que ces assassins parviennent à dormir tranquillement le soir.

Franchement, ce travail même complexe pourrait être effectué si nos Etas en avaient vraiment la volonté, et s’il s’y trouvait une poignée de responsables incorruptibles et intègres que pour mener une telle lutte. C’est exactement la même chose qu’avec les paradis fiscaux. Des « estimations » chiffrent à plusieurs centaines de milliards d’euros annuels (!) le manque à gagner de nos gouvernements, mais ceux qui sont au pouvoir sont souvent tellement liés à ceux qui esquivent l’impôt qu’ils ne se montrent pas vraiment déterminés à les poursuivre et les condamner de manière exemplaire.

Dans ces cas-ci aussi, de deux choses, l’une : ou les responsables savent et ne disent rien parce qu’ils sont complices, ou ils sont d’une incompétence crasse. Mais, dans les deux cas aussi, cela mérite des poursuites. Et puisque l’on nous répète régulièrement que nous sommes dans des Etats de Droit, où sont donc les légistes et autres « experts » versés en ces matières ?! Quand un Droit digne de ce nom retrouvera-t-il ses fondements ?!

Si ces dérives qui menacent gravement les acquis de nos démocraties malades ne se règlent pas par voie légale, il est à craindre que la violence à laquelle nous assistons en ces temps difficiles ne soit que le prélude d’une société de plus en plus agressive, communautariste, revancharde – cela n’a-t-il pas déjà commencé ? – avec en corollaire une circulation des armes qui deviendra l’égale de ce que l’on voit aux USA…

Est-ce vraiment ce modèle auquel nous voulons adhérer ?

 

Daniel Vanhove –

04.10.17

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01 octobre 2017

Intifada al-Quds en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération

 


« Les Arabes sont privés de l’honneur de la défense d’Al-Aqsa. Nous, les maqdissis et les Palestiniens de l’intérieur (48), nous assumons cette responsabilité. La présence du danger m’encourage et ne me fait pas peur. Je pense que les colons tiennent compte de notre présence et ont peur lorsque nous les suivons » (Une gardienne de la mosquée al-Aqsa).

Presque deux ans après son déclenchement, l’Intifada al-Quds ne cesse d’inquiéter les dirigeants de l’état sioniste. Les récents rapports sur les mesures répressives de l’armée d’occupation de la Palestine montrent l’inquiétude croissante des colons et de leurs dirigeants, face à un phénomène qu’ils ne peuvent éradiquer, malgré les rafles nocturnes et diurnes, visant essentiellement les jeunes Palestiniens.
Ces jeunes, souvent nés après le déclenchement de l’Intifada al-Aqsa en 2000, et qui ont subi la période de la « coordination » sécuritaire entre l’Autorité palestinienne issue des accords d’Oslo et les militaires sionistes, et vécu les victoires remportées par la résistance contre l’occupation, expriment par leur révolte quotidienne leur désir et volonté de vivre libres dans leur patrie. Ils n’attendent ni ONU, ni communauté internationale, ni régimes arabes ou régimes « amis ». Ils prennent leur cause en main et se lancent contre les sionistes pour les chasser du pays. Sans la participation arabe officielle à leur étouffement, l’Intifada aurait au moins arrêté l’extension des colonies sionistes et l’arrêt de la judaïsation de la ville d’al-Quds. D’où l’importance de la lutte des peuples arabes et musulmans contre la normalisation des relations entre leurs pays et l’entité coloniale
La récente victoire remportée par les Palestiniens dans la ville d’al-Quds, pour le maintien de la souveraineté arabe et musulmane sur la mosquée al-Aqsa, continue à susciter le désir de vengeance des sionistes, qui ont multiplié les provocations et les mesures de nettoyage ethnico-religieux dans la ville. Dans al-Quds, comme dans al-Khalil et les dizaines de villages menacés d’engloutissement par les colonies situées dans le centre de la Cijsordanie, les Palestiniens affrontent quotidiennement les colons et maintiennent leur entité et ses militaires sur le qui-vive. L’opération héroïque de la résistance, tuant 3 soldats de l’occupation, le 26 septembre, est un message clair, adressé au monde entier: « Les colonisateurs hors de Palestine ! ».

Martyrs palestiniens tombés  en septembre 2017

Le prisonnier blessé Raed Salhi, 21 ans, du camp de Dhayshé, au sud de Bayt Lahem est décédé à l’hôpital « israélien » le 3 septembre, après avoir été blessé lors de son arrestation le 7 août dernier.
Le combattant Nimr Mahmoud Jamal, 37 ans, de Bayt Sourik, exécuté le 26/9, après avoir mené une opération de résistance, tuant 3 soldats sionistes, dans la région d’al-Quds.

Résistance et résistants

L’opération héroïque menée par la résistant Nimr Jamal, le matin du 26 septembre, a plongé l’entité sioniste et ses dirigeants dans un affolement manifeste. La presse sioniste évoque l’armée utilisée, le maniement professionnel des armes et la tactique du résistant pour affirmer qu’il s’agit d’une opération de la résistance, différente des précédentes. Mais c’est ce qu’ils avaient dit auparavant, au sujet de quelques opérations phares menées au cours de ces deux années. Trois soldats sionistes qui protégeaient une colonie ont été abattus. Les dirigeants sionistes, et notamment Netanyahu et le coordinateur des actions armées de l’entité, affirment qu’il s’agit d’une opération d’un genre nouveau, qui réclame une réponse ferme de la part de l’occupant. Cette opération intervient après plusieurs tentatives menées par des jeunes, au cours de ce mois, aux différents barrages de l’occupant, et qui se sont soldées par l’arrestation des résistants, souvent blessés, par les forces sionistes. A l’approche des fêtes juives, l’entité coloniale avait pris des mesures de sécurité renforcées, en fermant toutes les issues entre la Cisjordanie et les territoires occupés en 48. Ce qui n’a pas empêché le combattant martyr Nimr Jamal de mener son opération, saluée par les mouvements de la résistance palestinienne. Le mouvement du Jihad islamique a considéré que cette opération est une gifle aux normalisateurs et comploteurs (arabes) et qu’elle est une revanche au processus de judaïsation d’al-Quds et d’al-Aqsa.

5 opérations de résistance ont eu lieu au cours de la troisième semaine de septembre, contre l’occupant : trois sionistes ont été blessés en Cisjordanie et al-Quds. Ces opérations ont eu lieu dans le bourg Al-Issawiya (jets de pierre), dans le camp de Dhayshé, et à Anata, à l’est d’al-Quds. Des affrontements ont eu lieu à 69 points de confrontation, où les Palestiniens ont lancé des bouteilles incendiaires sur l’occupant.

Des affrontements ont eu lieu à Ramallah, entre les forces sionistes et des dizaines de jeunes le 3 septembre. La veille, d’autres affrontements ont opposé les jeunes du village de Jabaa, dans la région de Jénine, après l’arrestation de sheikh Kamal al-Qayssi. Le 20/9, des affrontements ont eu lieu dans Abu Diss et autour de la vieille ville d’al-Quds, que les forces sionistes ont assiégée. Le 19/9, des affrontements ont eu lieu dans le camp de She’fat, lorsque les forces occupantes ont envahi le camp .

Les jeunes du village de Kubar s’organisent et lancent une campagne de collecte d’argent pour bâtir à nouveau la maison démolie du combattant prisonnier Omar al-Abd, qui a mené l’opération de résistance contre la colonie Halmish.

Scènes de l’Intifada al-Quds

Les « Murabitat » (gardiennes) de la mosquée al-Aqsa : Femmes Maqdissies, mères de famille ou célibataires, diplômées ou non, elles ont décidé de protéger la mosquée al-Aqsa des profanations des sionistes, et d’assurer une présence quasi quotidienne dans la mosquée, en organisant des cours religieux ou profanes, aux femmes maqdissies et autres. Elles ont été à la pointe de la lutte pour la mosquée, à plusieurs reprises au cours de ces dernières années, lorsque les dirigeants sionistes ont décidé de s’emparer et de judaïser la mosquée. Elles furent aux premiers rangs pour protester contre leur interdiction d’y entrer, en 2015, comme elles furent arrêtées, poursuivies, interdites de passage, même dans le pourtour de la mosquée. Leur répression et la répression de leur mouvement furent une des causes principales du déclenchement de l’Intifada al-Quds, qui se poursuit jusqu’à présent, comme en ont témoigné plusieurs messages adressés par les martyrs avant de mener leurs opérations contre l’occupant. Les principales dirigeantes du mouvement sont: Hanadi Helwani et Khadija Khways actuellement prisonnières et Sahar Natshé et Zeina Amro. Hanadi Helwani a été maltraitée et son voile arraché dans la cellule où elle se trouve, les sionistes voulant se venger des femmes palestiniennes en lutte pour leur dignité et la dignité des musulmans dans le monde.

Répression et purification ethnico-religieuse

Les médias et les journalistes palestiniens sont la cible de l’occupation. Le 31 août, une unité militaire de l’occupation ferme la radio (Manbar al-Hurriya) dans la ville d’al-Khalil, et confisque tout son matériel, sous prétexte d’incitation contre l’occupation. L’ordre de fermeture a été fixé à 6 mois. Cette radio avait été visée au début de l’Intifada al-Quds.

Début septembre, un colon a écrasé une fillette de 5 ans, occasionnant des blessures graves, dans la ville d’al-Khalil. Dina Jaabari vit dans la maison volée récemment par les colons dans cette ville. Des colons se sont infiltrés de nuit sur les terres du village Sawi, au sud de Nablus, et ont arraché 43 oliviers.

La ville d’al-Khalil est ciblée par la judaïsation : l’armée d’occupation a décidé de renforcer le pouvoir des colons dans la ville, en leur accordant une liberté de gestion autonome de leurs affaires. Cette déclaration de guerre contre les Palestiniens vise à étendre la judaïsation, comme l’a déclaré le ministre sioniste Liberman. Dans la zone colonisée, vivent 40.000 Palestiniens, qui seront désormais sous le régime directement colonial. Par cette décision, l’occupant sioniste rompt le « protocole d’al-Khalil » signé en 1997, suite aux accords d’Oslo. Cependant, cette décision « administrative » ne fait qu’entériner la situation du quartier colonisé depuis 1967, où les Palestiniens affrontent des mesures coloniales successives, le but étant de transformer la mosquée al-Ibrahimie en lieu juif, à partir de mythes et falsifications historiques que les sionistes ont propagés.

La famille Shamasné a été expulsée de sa maison dans le quartier Sheikh Jarrah, dans al-Quds, pour permettre aux colons de s’y installer. Un Palestinien du Naqab a été obligé par l’occupant à démolir sa maison, dans le village de Beer Haddaj, sinon il devait payer la somme de 7000 dollars US, pour financer la démolition de sa maison par l’occupant.

Le comité islamo-chrétien pour la défense des lieux saints a publié son rapport mensuel sur les violations sionistes des lieux saints et de la ville d’al-Quds. Les sionistes ont autorisé leurs députés du Knesset à profaner la mosquée al-Aqsa. Plusieurs députés l’ont fait au cours du mois d’août. Les démolitions de maisons et de structures agricoles et commerciales se sont poursuivies dans la plupart des quartiers de la ville d’al-Quds. Au même moment, les colonies déjà existantes dans la ville s’élargissent et de nouvelles colonies sont inaugurées. Le quartier de Bayt Safafa est notamment visé avec la construction prévue de plusieurs immeubles coloniaux, sur la route de la colonie Gilo. Le KKL prévoit d’installer 400 familles sionistes dans le quartier de Sheikh Jarrah.

En septembre, le comité de colonisation de la municipalité sioniste de la ville d’al-Quds a déclaré vouloir construire 176 unités de logement pour les colons au centre de Jabal al-Mukabbir, dans la ville d’al-Quds. Plusieurs entreprises internationales, enregistrées aux Iles Cayman, en Australie et aux Etats-Unis, ont demandé à entreprendre les travaux.

Poursuivant ses efforts de nettoyage ethnico-religieux, l’entité sioniste va prendre des mesures draconniennes envers les partenairs étrangers des Palestiniens vivant en Palestine, notamment en Cisjordanie et al-Quds, pour pourrir leur vie et les pousser à partir. Les visas que les sionistes leur accordaient vont être réduits dans le temps, ces étrangers devront se rendre de plus en plus fréquemment dans la colonie Beit Il pour allonger leur durée de séjour, de quelques mois.

Au rythme d’une vingtaine de Palestiniens arrêtés quotidiennement, essentiellement au cours de la nuit, le nombre des Palestiniens arrêtés au cours des trois derniers mois d’élève à 1800.

Un enfant de 13 ans a été blessé par des balles dans la ville d’al-Khalil, tirées par l’armée sioniste, le 12/9. Hassan Jaradat a été soupçonné d’avoir voulu mener une opération dans la colonie Kiryat Arba.
Les forces militaires de l’occupation ferment l’école Dar el-Maarifa, dans al-Quds.

Profanation des lieux saints

La municipalité coloniale de la ville d’al-Lid, dans les territoires occupés en 48, a autorisé à la police sioniste de profaner la mosquée de la ville, et d’interdire la prière de la fête du sacrifice et de fermer les haut-parleurs qui diffusaient l’appel à la prière, prétextant la gêne des colons. Les fidèles ont rapporté que la police a agressé nombre d’entre eux, et les « musclés » de la municipalité ont agressé un Palestinien qui filmait la scène d’agression.

La lutte se poursuit entre les forces d’occupation et les Awqaf palestiniens, notamment après la victoire palestinienne au mois de juillet dernier, sur la souveraineté de la mosquée al-Aqsa. L’occupant a déclaré que les Awqaf sont une organisation terroriste, il a fermé ses bureaux dans la mosquée et a l’intention de traîner cet organisme devant les tribunaux sionistes. Le communiqué des Awqaf est clair : refus de toutes les mesures de l’occupant, car les Awqaf sont responsables des 144 dunums de la mosquéée, et du sous-sol, de leur gestion et des travaux qui s’y déroulent. Il a ajouté que la porte al-Rahma fait partie intégrante de la mosquée. Les sionistes avaient prétendu que la salle qui se trouve dans Bab al-Rahma appartenait à une association « terroriste ». Le communiqué des Awqaf insiste sur l’illégalité de la fermeture de Bab al-Rahma depuis 2003, par les autorités de l’occupation, et réclament sa réouverture.

Des responsables de l’occupation admettent que depuis 2009, 53 lieux saints palestiniens ont été endommagés, détruits ou incendiés, le dernier en date concerne l’église de Bayt Jammal, à l’ouest d’al-Quds, dont le responsable a indiqué que les dommages causés à l’église sont importants, après que les vandales sionistes ont cassé les vitres, brisé la statue de la vierge Marie, et endommagé plusieurs objets se trouvant dans l’église.

L’occupation a démoli une partie du mur du cimetière des martyrs jouxtant le cimetière al-Youssefiya, près de Bab al-Asbat, dans al-Quds, en vue de construire des parcs et routes « talmudiques ». La population a réussi à stopper l’acte vandale de l’occupant.

Dans les prisons de l’occupation

Trois prisonniers mènent la grève de la faim dans les prisons sionistes : Anas Shadid, 20 ans, de Doura (al-Khalil), poursuit la grève de la faim depuis plus de deux semaines, protestant contre la détention administrative et l’isolement. Il a été arrêté le 14 juin dernier, deux semaines après sa mise en liberté. Son état de santé s’est détérioré, il a été transféré à la clinique de la prison de Haddarim. Il avait déjà mené une grève de la faim pendant 90 jours.  Le prisonnier Ahmad Sawarka poursuit la grève de la faim depuis plus de dix jours, dans la prison de Nafha. Il est détenu depuis 2009, les sionistes refusent de le libérer, alors que sa condamnation s’est achevée en septembre 2016. Le prisonnier Ezzidine Amarneh, 55 ans, de Ya’bd, Jénine, poursuit la grève de la faim depuis une dizaine de jours, protestant contre la détention administrative. Ancien prisonnier, Ezzidine Amarneh est non-voyant.

De nombreux témoignages de jeunes mineurs ont dévoilé la maltraitance et la torture exécutée par les sionistes dans les prisons, au cours, avant et après les interrogatoires. Ces jeunes, souvent arrachés à leurs lits et maisons, tard dans la nuit, sont emmenés par l’armée d’occupation à la colonie Beit Il, où ils sont sauvagement frappés. C’est ce qui est arrivé au prisonnier Mahmoud Zayd, 17 ans, du camp al-Jalazon, qui a été sauvagement agressé alors qu’il était attaché pendant plusieurs heures dans la colonie, avant d’être emmené au centre d’arrestation Benyamin, pour interrogatoire. Le jeune prisonnier Youssef Dar Sheikh, 18 ans, de Biddu, a été arraché à sa maison, et enlevé le 23 août dernier. Sur la route en direction de la prison de Ofer, pour interrogatoire, il a subi les assauts sauvages des soldats de l’occupation.

Cible privilégiée de l’occupant, les enfants et jeunes Palestiniens arrêtés et détenus dans les prisons sionistes sont également une source de revenu pour l’entité sioniste. Les sommes imposées par l’occupant sur les enfants détenus dans la prison de Ofer se sont élevées à plus de 133.000 dollars, depuis le début de l’année. 

Le tribunal militaire de Ofer a condamné le résistant prisonnier Amjad Najjar, 37 ans, de Selwad, à la prison à vie et au paiment de 350.000 shekels pour avoir abattu un colon au mois de juin 2015. Le même tribunal a condamné à la perpétuité le résistant Abdallah Ishaq, pour avoir accompagné en voiture le résistant qui a tué le colon.

L’occupant a arrêté le militant Yassin Abu Lafah, du camp Askar à Nablus, quelques jours après avoir été libéré de la prison Junayd gérée par l’Autorité palestinienne. Yassin Abu Lafah milite pour la libération des prisonniers, il est dessinateur, et a été plusieurs fois arrêté par l’occupant et placé en détention administrative. L’occupant a arrêté et ordonné la détention administrative pour 6 mois à l’encontre du militant maqdissi Salah Hammouri.

A cause des nombreuses arrestations de militants palestiniens, la prison de Meggiddo est surpeuplée. Une nouvelle section va bientôt être mise en fonction, la section 10, qui va enfermer les Palestiniens arrêtés, après avoir subi les interrogatoires. Il y a actuellement 900 prisonniers palestiniens dans la prison de Megiddo, dont deux sections pour les mineurs, au nombre de 150.  3 prisonniers sont isolés dans cette prison dans des cellules isolées, sur ordre du Shabak : Hussam Omar, Ahmad Moghrabi, et Mahmoud Nassar.

D’autres prisonniers sont isolés dans les prisons sionistes : 12 prisonniers dont certains sont isolés depuis 4 ans. Les plus anciens prisonniers isolés sont Hussam Omar, Moussa Soufan, qui sont de la ville de Tulkarm.

Quelques jours de mobilisation ont suffi aux prisonniers du Mouvement du Jihad islamique dans la prison du Naqab pour obtenir ce qu’ils réclamaient : être regroupés dans une même section, à l’instar des autres mouvements palestiniens. La direction carcérale avait sciemment éparpillé les prisonniers du mouvement dans plusieurs sections, ce qui a soulevé leur protestation et mobilisation.

Le tribunal de l’occupant a prolongé la détention des deux enseignantes, Hanadi Helwani et Khadija Khways, accusées de protéger la mosquée al-Aqsa. Les deux Palestiniennes maqdissies ont été plusieurs fois arrêtées et interdites d’entrer dans la mosquée, rien que parce qu’elles agissent contre la judaïsation de la mosquée.

Depuis le début de l’année, l’occupant a arrêté et détient dans ses prisons 700 Palestiniens de la ville d’al-Khalil. 120 enfants sont arrêtés et détenus chaque mois en moyenne, depuis le début de l’année dans toute la Palestine. 300 mineurs sont actuellement détenus dans les prisons sionistes, et subissent des tortures physiques et psychologiques. Selon un centre de recherches sur les prisonniers palestiniens, 44% des Palestiniens emprisonnés au cours des trois derniers mois sont de la ville d’al-Quds. 58 Palestiniennes sont détenues dans les prisons sionistes, dont 10 mineures, selon les nouvelles données. Parmi elles, 35 sont détenues dans la prison Hasharon.

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation

Le roi du Bahrayn a décidé de normaliser les relations entre son pays et l’entité sioniste, affrontant le sentiment national du peuple du Bahrayn. Depuis des années, le pouvoir multiplie les gestes de rapprochement envers l’entité coloniale, afin de pouvoir bénéficier du soutien international et notamment américain à ses projets internes et externes.

Le cinéaste libanais Ziyad Doueiri, qui a produit un film dans l’entité sioniste, avec des acteurs sionistes, est revenu au Liban, sans être inquiété par les autorités du pays, alors que le Liban reste un pays arabe attaché au boycott de l’entité d’occupation. La presse et les associations contre la normalisation ont pris la mission de le dénoncer et de dénoncer les pressions internationales exercées pour empêcher sa comparution devant un tribunal.

Au Maroc, les associations luttant contre la normalisation ont protesté contre la participation d’une chanteuse sioniste au festival de Tanger et ont agi pour le boycott de sa soirée. Elles réclament la criminalisation de tout pas vers la normalisation avec l’entité coloniale en Palestine.

Le sommet africain – sioniste prévu au Togo a été « reporté ». La normalisation des relations entre les pays africains et l’entité sioniste a été freinée, avec le « report » du sommet, dû aux efforts des militants africains et arabes, à la défection de plusieurs pays africains, et au refus des dirigeants sud-africains. Les sionistes prétendent qu’ils ont reporté le sommet à cause de la situation instable au Togo.

La presse sioniste a parlé d’un séjour effectué par un émir saoudien dans l’entité coloniale, dans un geste de normalisation. Il aurait rencontré des responsables de l’entité. Cette visite n’a pas confirmée par les médias arabes.

Les relations entre les Emirats arabes unis et l’entité coloniale se resserrent, d’après les documents wikileaks. L’ambassadeur émirati aux Etats-Unis joue un rôle décisif dans la multiplication des liens, économiques, diplomatiques et sécuritaires entre ce groupement d’émirats et l’entité coloniale, malgré le crime odieux perpétré par les services sionistes du combattant palestinien Mahmoud al-Mabhouh, en 2010, à Dubaï.

Ashraf Ajrami, ancien ministre chargé des prisonniers, dans l’Autorité palestinienne, a participé à une rencontre avec l’armée de l’occupation, où il a insulté la mémoire des prisonniers et martyrs palestiniens. Selon cet individu, le paiment par l’OLP des salaires aux familles des prisonniers et martyrs favoriserait la résistance à l’occupant. Il s’agit d’un des spécimens engendrés par les accords d’Oslo et l’Autorité palestinienne.

La presse palestinienne

Les efforts de réconciliation entre le Fatah et Hamas, après la dissolution par le Hamas du comité administratif créé en avril dernier pour gérer les affaires de la bande de Gaza, ont été un des principaux sujets traités par les médias palestiniens. Cependant, malgré l’accueil positif par les organisations palestiniennes de cette mesure qui ouvre la voie à la réconciliation, la presse palestinienne et les débats ont porté sur les dangers qui guettent la question palestinienne dans son ensemble, après les déclarations de plusieurs responsables du Fatah visant les armes de la résistance dans la bande de Gaza. Des craintes sont soulevées quant au rôle de l’Egypte et la «bénédiction » internationale à cette réconciliation, au moment où des projets de règlement de grande envergure sont envisagés.

Les plans de judaïsation de la Cisjordanie et de la ville d’al-Quds l’invasion quotidienne et massive de la mosquée al-Aqsa par les sionistes, la répression sauvage envers les enfants arrêtés et détenus dans les prisons sionistes, la situation explosive dans la ville d’al-Khalil, où la population refuse les mesures sionistes, la dénonciation des ventes de terrains aux sionistes par la direction grecque de l’église grecque-orthodoxe ont également traités par les médias palestiniens. Les médias de la résistance ont dénoncé les arrestations et détention des militants et résistants, par les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne.

Hammad Subh traite des relations entre l’entité sioniste et les Kurdes, qui doivent se prononcer sur « l’indépendance du Kurdistan » le 25 septembre. L’entité sioniste n’a jamais caché ses sympathies pour un « Kurdistan » séparé de l’Irak, car elle y voit l’éclatement de la région arabe, avec un « Israël » dominant. La presse des Kurdes juifs dans l’entité sioniste, dépendante d’un centre de recherche kurde financé par le Mossad, parle du « retour » de 200.000 « Israéliens » kurdes au Kurdistan « libéré » afin de mettre en valeur le pays. Les « Israéliens » ont déjà acheté des terres dans le Kurdistan de Barazani, et certains parlent d’y fonder des colonies juives. Du centre à la périphérie, ou de la périphérie au centre, ainsi agissent les sionistes dans la région. C’est d’ailleurs dans ce sens que le quotidien libanais al-Akhbar a titré le 26/9 : « Barazani Ben Gourion », sous la photo du dirigeant kurde.

Salim Madi écrit le 24/9 à propos de la nouvelle méthode de l’occupation, consistant à dé-conscientiser les Palestiniens, en multipliant les interventions sionistes dans les médias traditionnels et nouveaux, et notamment en langue arabe, pour les amener à accepter l’invasion sioniste. Les stratèges sionistes ont divisé les Palestiniens dans les territoires occupés en trois catégories, les « fidayin », les « hésitants » et les « indifférents » et tentent de rendre les « hésitants » indifférents et d’isoler les « fidayin ».

Communiqués et déclarations

Sheikh Ikrima Sabri, prédicateur de la mosquée al-Aqsa, a émis une fatwa (règlement religieux) interdisant d’enseigner à partir des manuels scolaires imposés par l’occupant dans la ville d’al-Quds. Il a déclaré, devant des milliers de fidèles que quiconque envoie ses enfants dans les écoles sionistes ou celles qui enseignent de tels manuels, ou qui enseignent à partir de ces manuels, commettent une grave faute. « Les autorités de l’occupation veulent nous imposer leurs enseignements qui s’opposent à nos valeurs, à notre religion, à nos coutumes, notre histoire et notre civilisation, en nous faisant miroiter des gains pour appliquer leurs programmes ».

Communiqué des Awqaf palestiniens concernant Bab al-Rahma, dans la mosquée al-Aqsa : le communiqué dénonce les allégations sionistes concernant la présence d’une association « terroriste » (comité de la défense du patrimoine) dans un local situé dans Bab al-Rahma, alors que cette porte de la mosquée est fermée par l’occupant depuis 2003, et que cette association a été interdite depuis cette date. Pour les Awqaf palestiniens, cette nouvelle « affaire » montée de toutes pièces par les sionistes vise avant tout à affaiblir la présence palestinienne dans la mosquée, et rejoint les récentes arrestations des gardiens et gardiennes de la mosquée.

L’archimandite Hanna Atallah a déclaré devant une délégation d’hommes religieux orthodoxes qu’il est important que la voix du chrétien appelant à la justice en Palestine soit entendue dans le monde. « Notre terre est une terre sainte et bénie, mais sur cette terre, la dignité humaine est bafouée, l’oppression, l’injustice sont pratiquées contre notre peuple palestinien, contre ses musulmans et ses chrétiens ». Il a ajouté qu’il est nécessaire de prendre en compte le peuple palestinien, les êtres humains, et non seulement les pierres de la ville sainte : « La Palestine est non seulement la terre des lieux saints et de l’histoire, mais aussi la terre du peuple militanف, résistant, combatif, pour la réalisation de ses espoirs et ses ambitions de libération nationale ».

Daoud Shehab, le responsable de l’Information au Mouvement du Jihad Islamique, a déclaré, suite à l’opération héroïque de la résistance le 26/9 : « l’opération est un message qui vous dit : arrêtez de rêver, sinon les balles vous poursuivront, dans toutes les rues et les ruelles. » « Cette opération concrétise la conscience vive de la question palestinienne et du peuple palestinien, elle place à nouveau les priorités nationales qui ont été dispersées du fait des querelles sur le pouvoir. »

Du côté de l’Autorité palestinienne

Une unité de l’appareil répressif palestinien a investi la maison du prisonnier libéré, Wahid Abu Maria, cadre du mouvement du Jihad islamique en Palestine, à Bayt Ummar, dans la région d’al-Khalil. Elle a tiré sur lui et l’a arrêté. Wahid Abu Maria a été prisonnier dans les prisons sionistes pendant 15  ans.

Les forces répressives de l’Autorité arrêtent le militant Issa Amro, actif dans la lutte contre la colonisation dans la ville d’al-Khalil. Il avait protesté contre l’arrestation du journaliste Ayman Qawasme, directeur de la radio al-Hurriya, quelques jours auparavant, par les mêmes appareils sécuritaires.

L’arrestation par l’occupant du prisonnier libéré par l’Autorité palestinnienne, Yassin Abu Lafah, 27 ans, a été l’occasion pour le mouvement du Jihad islamique de dénoncer la coordination sécuritaire entre l’AP et les sionistes, qui a dénoncé la torture dans la prison Junayd des militants palestiniens, parce qu’ils soutiennent la lutte des prisonniers et la protection de la ville d’al-Quds.

Une large rafle a été menée par les services sécuritaires de l’AP contre les militants du mouvement du Jihad islamique, dans la plupart des villes et villages de la Cisjordanie occupée. Le cadre dirigeant du Mouvement, Ahmad al-Moudallal, a dénoncé ces arrestations et exigé que les services sécuritaires de l’AP poursuivent plutôt les colons qui sèment la mort en Cisjordanie, comme il a dénoncé le silence honteux des organisations de droits de l’homme, financées pour la plupart par les organisations internationales, face à ces arrestations.

L’étudiant palestinien Assaad Tawil a été torturé dans la prison de Ariha, de l’Autorité palestinienne. Agé de 22 ans, il avait été convoqué au poste des renseignements généraux de la ville de Qalqylia, avant d’être arrêté. Sa famille a été interdite de visite.

Dans la colonie

L’ambassadeur sioniste en Turquie a déclaré que le dossier qui empêche la reprise de la normalisation des relations entre l’entité sioniste et la Turquie est le mouvement Hamas. Il a conclu l’interview accordé au journal du parti d’Erdogan au pouvoir : « Dans le monde d’ajourd’hui, les pays du Moyen Orient ont besoin les uns des autres, l’individu ne peut affronter seul les défis et les menaces, comme le terrorisme et les attaques cybernétiques, par exemple. »

CIREPAL
Centre d'information sur la Résistance en Palestine
N° 20 – septembre 2017

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26 septembre 2017

Communiqué du mouvement du Jihad islamique en Palestine

 


Dans un communiqué publié lundi 25 septembre 2017, le Mouvement du Jihad islamique en Palestine dénonce toutes les formes de normalisation et met en garde contre les appels à mettre fin au boycott de l’occupation.
« Nous avons suivi récemment les déclarations de responsables arabes par le biais desquelles ils tentent de « nouer des relations d’amitié » avec l’entité sioniste et d’afficher « leurs bonnes intentions », comme les déclarations du ministre des affaires étrangères saoudien qui a dit ne pas voir de justifications pour la poursuite du conflit arabo-israélien » ou l’appel du roi du Bahrayn à ne pas boycotter l’Etat de l’entité, dont les dirigeants s’activent à faire exploser la région dans son ensemble, à nourrir les divisions et à séparer des parties chères à notre monde arabe ».
Le communiqué poursuit : «  Nous demandons à ceux qui se précipitent vers une paix avec l’entité sioniste et pour nouer des relations avec lui : n’est-il pas meilleur et prioritaire d’afficher votre amitié et votre humanisme en éteignant les incendies que vous avez allumées, au sud et au nord, qui ont détruit les pays, incendié les patries et dispersé les humains ? Ou alors vous cachez votre politique honteuse et vos fautes en donnant satisfaction aux Etats-Unis, en demandant la propagation de la « paix » ? Ou bien est-ce les intérêts du trône, du pouvoir et du gouvernement qui priment devant les ambitions et les espoirs des peuples ?
« Au nom de tout Palestinien libre, qui refuse l’abandon de sa terre et des lieux saints, nous vous disons : arrêtez de dilapider notre cause. Si vous êtes incapables de vous tenir auprès de notre peuple et de soutenir son droit à la résistance, et sa lutte pour recouvrer ses droits, ne lavez pas les mains ensanglantées de l’ennemi, par ses meurtres et ses tueries, en vous précipitant vers lui et en normalisation vos relations avec lui. Les générations futurs ne pardonneront pas, ni n’oublieront. Par la permission de Dieu le Très-Haut, viendra le jour ui témoignera de la concrétisation du vrai, et où sera vengée chaque goutte de sang versée par les envahisseurs sionistes, dans le cadre du silence arabe et de la complicité internationale ».
« Notre peuple et toutes ses forces vives continueront à lever la bannière de la défense de la terre bénie de la Palestine, et d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa, malgré les circonstances difficiles  vécues par la région, et malgré les complots et les alliances haineuses des forces oppressives contre notre nation, notre peuple et notre cause ».

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بيان صحفي
ندين كل أشكال التطبيع ونحذر من دعوات إنهاء مقاطعة الاحتلال

تابعنا في حركة الجهاد الإسلامي في فلسطين، مؤخراً تصريحات عدد من المسؤولين العرب التي حاولوا من خلالها "التودد" للكيان الصهيوني وإظهار "حسن نواياهم" تجاهه. من تصريحات وزير خارجية السعودية عادل الجبير التي قال فيها: أنه "لا يرى مبرراً لاستمرار الصراع العربي الإسرائيلي"، إلى دعوة ملك البحرين لعدم مقاطعة دولة الكيان، التي يسعى قادتها لتفجير المنطقة برمتها وتغذية الانقسامات وفصل أجزاء عزيزة من عالمنا العربي!
إننا نسأل أولئك المتهافتين على الصلح مع الكيان الصهيوني وإقامة العلاقات معه : أليس الأجدر والأولى إظهار مودتكم وإنسانيتكم لإطفاء الحروب التي أشعلتموها جنوباً وشمالاً فدمرت البلاد وأحرقت الأوطان وشردت الإنسان؟!! أم أنكم تسترون عوار سياساتكم وخطاياكم باسترضاء أمريكا طلباً لنشر "السلام"؟! أم هي مصالح العرش والحكم والسلطة المقدمة على تطلعات الشعوب وأمانيها..؟!
إننا باسم كل فلسطيني حر يرفض التفريط في أرضه ومقدساته نقول لكم: كفوا أيديكم عن العبث بقضيتنا ، وإذا كنتم عاجزين عن الوقوف مع شعبنا وإسناد حقه في المقاومة والنضال لاستعادة حقوقه ، فلا تغسلوا أيدي العدو الملطخة بجرائم قتله وذبحه عبر سياسات الهرولة والتطبيع, فالأجيال لن تغفر ولن تنسى، وبإذن الله تعالى سيأتي اليوم الذي يكون شاهداً على إحقاق الحق ودفع ثمن كل قطرة دم سفكها الغاصبون الصهاينة في ظل الصمت العربي والتواطؤ الدولي. وسنبقى مع شعبنا وكل قواه الحية نرفع لواء الدفاع عن أرض فلسطين المباركة وعن القدس والمسجد الأقصى المبارك رغم كل الظروف الصعبة التي تمر بها المنطقة ورغم كل المؤامرات وتكالب القوى الظالمة على أمتنا وشعبنا وقضيتنا.

المكتب الإعلامي
لحركة الجهاد الإسلامي في فلسطين
الاثنين 5 محرم 1439ه، 24/9/2017م

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20 septembre 2017

Préface pour la traduction française du texte “Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid”

Préface pour la traduction française du texte “Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid”

L’AURDIP remercie Richard Falk et Virginia Tilley d’avoir donné leur consentement à la publication de cette traduction en français du rapport “Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid” qu’ils ont préparé pour la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) des Nations Unies.

Préface de la traduction française par Richard Falk et Virginia Tilley

Il n’était pas prévu que la publication de ce rapport par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) des Nations Unies le 15 mars 2017 soit un événement politique tumultueux. Après tout, il s’agissait d’une étude universitaire écrite par deux chercheurs, dont le contenu avait été révisé par trois évaluateurs qui étaient des chercheurs de renommée internationale. En tant qu’auteurs, nous nous attendions à ce que notre approche suscite de l’intérêt au sein des universités et, avec un peu de chance, chez les militants de la société civile dont beaucoup pensaient depuis longtemps qu’Israël s’était rendu coupable d’ « apartheid » dans son attitude vis-à-vis des Palestiniens, particulièrement ceux vivant sous l’occupation. Ce qu’ils n’avaient pas était une étude détaillée appuyant leur impression par des preuves et une analyse, et encore moins une étude bénéficiant de l’imprimatur des Nations Unies. Nous étions conscients que le caractère sensible de l’étude stimulerait les protagonistes des deux côtés du conflit. Mais nous pensions qu’en définitive cette attention se manifesterait à l’intérieur des forums des Nations Unies, comme c’est le cas dans beaucoup de controverses.

Pourtant, et à certains égards heureusement, nous nous trompions complètement. La publication du rapport ouvrit presque immédiatement une boite de Pandore de réponses. Tout commença avec l’ambassadeur américain aux Nations Unies, Nikki Haley, qui déclencha une attaque sévère contre le rapport et particulièrement contre ses auteurs, couplée avec la demande que le Secrétaire général récemment élu, António Guterres, prenne des mesures pour rejeter le rapport comme inacceptable, prétendument incompatible avec la position des Nations Unies sur l’attitude israélienne vis-à-vis des Palestiniens. Avec une vitesse inhabituelle, compte tenu des habitudes bureaucratiques des Nations Unies, le Secrétaire général informa la CESAO que le rapport devait être retiré sur le champ de son site web. La directrice exécutive de la CESAO, Rima Khalaf, démissionna plutôt que de suivre la directive de New York, expliquant à Guterres ses motifs dans une lettre émouvante. C’est cette suite de développements qui a donné à notre rapport dix fois plus d’attention internationale qu’il n’aurait autrement reçue s’il avait été traité d’une manière appropriée et responsable, c’est-à-dire comme une contribution sérieuse à la littérature universitaire sur une question internationale controversée qui mérite certainement des discussions et des débats, et selon nous, des actions.

Le contexte plus large qui doit être pris en compte est l’échec à trouver une solution au conflit 70 ans après que l’Assemblée générale des Nations Unies a proposé un partage et 50 ans après qu’Israël a gagné le contrôle des territoires palestiniens de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza. La diplomatie d’Oslo qui a été mise en avant comme la voie vers une issue pacifique qui permettrait aux deux peuples de vivre dans une paix durable s’est avérée une chimère, particulièrement coûteuse pour les Palestiniens. Israël continue à empiéter sur le territoire réservé pour un État palestinien, étendant sans relâche son archipel illégal de colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, construisant un réseau de routes pour « Israéliens seulement » et un mur de séparation illégal qui crée toute une gamme d’enclaves de sécurité. Pendant ces décennies, les Palestiniens ont souffert d’une variété de mauvais traitements quotidiens, qu’ils vivent sous occupation, comme les résidents de Jérusalem Est, dans des camps de réfugiés, comme cibles d’attaques périodiques massives à Gaza, ou comme minorité discriminée en Israël. L’affirmation centrale de notre rapport est que cet ensemble de conditions correspond légalement à celles de l’apartheid, tel que ce crime international est défini dans la Convention de 1973 sur la prévention et la punition du crime d’apartheid et dans l’article 7 du Statut de Rome établissant le cadre légal de la Cour pénale internationale.

Nous pensons que notre rapport répond de fait à la situation actuelle dans laquelle la diplomatie paraît gelée et où il ne semble y avoir aucun espoir de mettre fin au calvaire palestinien sans de nouvelles formes de résistance militante de la part des Palestiniens et du mouvement global de solidarité qui se renforce chaque jour davantage. Nous disons, en fait, avec le soutien du droit international, que continuer maintenant à appeler une « solution à deux états » est devenu une duperie cruelle et qu’il est totalement insuffisant de demander « la fin de l’occupation ». Nous pensons au contraire que la position politique appropriée au sein des Nations Unies, de la société civile, et partout parmi les gens de bonne volonté, est de demander « la fin de l’apartheid ».

C’est seulement en démantelant ce régime d’apartheid qui est fondé sur une structure de domination raciale d’Israël sur le peuple palestinien délibérément fragmenté que peut être ouverte la voie pour une diplomatie crédible, qui vise enfin à réaliser une paix durable pour les deux peuples. Certains disent que notre analyse est un appel à la fin de l’État d’Israël. Ceci méconnaît les implications de la fin de l’apartheid. Exactement comme l’Afrique du Sud s’est perpétué comme État malgré le démantèlement de l’apartheid, Israël se perpétuera et rien dans notre étude ne menace cette existence. Ce sur quoi notre analyse juridique insiste, c’est qu’Israël devienne un état légitime en se libérant des politiques, des pratiques et des stigmates de l’apartheid.

Nous espérons que la société civile européenne sera réceptive à notre analyse et fera sa part en mettant en oeuvre les recommandations que nous proposons. Il semblerait que l’Europe a une opportunité d’exercer une pression sur ses institutions régionales et ses gouvernements pour adopter une approche plus objective à la lutte du peuple palestinien qui a été abandonné bien trop longtemps, à se languir dans des camps de réfugiés et dans l’exil, ou à constituer les cibles complètement vulnérables d’une guerre aveugle à Gaza, ou à survivre sous une occupation opprimante ou comme résidents de troisième classe de Jérusalem ou comme citoyens discriminés d’Israël. La reconnaissance que le peuple palestinien en totalité doit être émancipé de l’apartheid donne une cohérence et une signification particulières à notre évaluation des politiques et des pratiques israéliennes.

Finalement, nous admettons qu’en tant qu’auteurs, nous ne possédons que la capacité de proposer une analyse juridique fondée sur notre interprétation des preuves. Cette analyse n’est pas la sorte de jugement légal faisant autorité qui peut être fournie par une institution juridique internationale régulièrement constituée, comme la Cour internationale de justice ou le Cour pénale internationale. Nous voudrions encourager l’Assemblée générale des Nations Unies à obtenir un tel jugement faisant autorité aussi vite que possible. Il est aussi faisable que des cours nationales, agissant sur la base d’une juridiction universelle, examinent dans des circonstances appropriées si Israël est coupable du crime de l’apartheid, si des demandes correctement étayées pour un secours juridique sont faites par le peuple palestinien ou en son nom.

Nous serons heureux d’échanger avec les lecteurs de la traduction française de ce rapport, qui pourraient avoir des questions ou des désaccords avec notre cadre conceptuel et notre analyse juridique.

Richard Falk & Virginia Tilley

A lire :

 

- Préface pour la traduction française du texte “Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid”, par Richard Falk & Virginia Tilley (mai 2017)

 

- Rapport du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Richard Falk, Conseil des droits de l’homme des Nations Unis, 13 janvier 2014.

 

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19 septembre 2017

Richard Falk : « Le calvaire des Palestiniens dure depuis trop longtemps »

 

 

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Richard Anderson Falk (né en 1930) est professeur américain de droit international à l'Université de Princeton, écrivain (auteur ou coauteur de 20 livres), directeur ou codirecteur de la rédaction de 20 autres livres, conférencier et militant dans les affaires mondiales. Il a aussi été nommé à deux postes des Nations unies liés aux territoires palestiniens. Depuis le 26 mars 2008, il est rapporteur spécial des Nations unies sur la « situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 ».

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Vous avez publié un rapport sur « les pratiques d’Israël vis-à-vis du peuple palestinien et la question de l’apartheid » . Qui vous a demandé ce rapport et pourquoi ?
Richard Falk:  La Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (Cesao) m’a mandaté pour cette mission d’évaluation à la demande des membres du Conseil. Le professeur Virginia Tilley et moi-même étions sous contrat pour préparer un rapport qui vise à ouvrir le champ d’application du crime d’apartheid aux politiques et pratiques d’Israël, qui affectent tout le peuple palestinien et pas seulement ceux qui vivent depuis 1967 sous l’occupation israélienne. Ce rapport est inédit car il vise à étendre la notion d’apartheid au-delà des territoires occupés et à évaluer son champ d’application à l’ensemble des Palestiniens, ceux qui vivent dans les camps de réfugiés des pays voisins, ceux qui supportent depuis si longtemps leur exil forcé à l’étranger ainsi que la minorité palestinienne discriminée qui vit en Israël.

Quelles sont les conclusions de ce rapport ?
La conclusion la plus importante de ce rapport est, après un examen approfondi des éléments de preuve pertinents, qu’Israël est coupable du crime d’apartheid (comme défini par la convention internationale de 1976 sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid) à l’égard du peuple palestinien dans son ensemble. Le rapport s’appuie aussi sur le fait que les juifs et les Palestiniens sont qualifiés de « race », un terme utilisé de la même manière que celui de la convention internationale.
La deuxième conclusion importante est que le statut de Rome, qui gouverne la Cour pénale internationale, considère l’apartheid comme un des crimes contre l’humanité sans que cela présente forcément les mêmes caractéristiques que l’apartheid en Afrique du Sud, à l’origine du concept et du crime.
Une troisième conclusion est que vu l’existence de l’apartheid, établi pour maintenir un État juif en Palestine, tous les États souverains, les Nations unies et la société civile ont une responsabilité légale pour que la commission prenne toutes les mesures adéquates et non violentes pour mettre un terme à la perpétration de ce crime.
Une quatrième conclusion est que le rapport est une étude universitaire qui tire des conclusions et propose des recommandations sur la base d’une analyse légale mais n’est pas une entité juridique dûment habilitée pour établir officiellement qu’Israël est coupable de pratiquer une politique d’apartheid.

Quelles ont été les réactions ?
Ce rapport a suscité deux réactions contradictoires. Il a été reçu avec enthousiasme par la Cesao. On nous a même dit que c’était le rapport le plus important que cet organisme a jamais publié.
Au sein des Nations unies, le rapport et ses auteurs ont été attaqués de façon virulente par les représentants des États-Unis et d’Israël, avec une demande formulée aux Nations unies de le désavouer.
Le secrétaire général a ordonné à la directrice de la Cesao de retirer le rapport du site Internet. Elle a refusé et présenté sa démission de principe accompagnée d’une lettre ouverte dans laquelle elle expliquait ses raisons. Il faut souligner que, si ce rapport est un rapport d’universitaires spécialistes en droit international, il n’a jamais eu la prétention de refléter la position officielle des Nations unies. Le préambule du rapport expliquait bien la démarche.

Qu’est devenu ce rapport ?
Les statuts des rapports au sein de la Cesao ne sont pas clairs. À ma connaissance, le rapport lui-même n’a pas été rejeté par la Cesao. En fait, il a été approuvé par les 18 ministres des Affaires étrangères des pays de la Cesao, assorti d’une recommandation aux autres organismes de l’ONU de respecter les conclusions et les recommandations du rapport.

Israël prétend que le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) est antisémite. Quelle est votre réponse ?
C’est une allégation inappropriée et même absurde. La campagne de BDS est dirigée contre les politiques et pratiques d’Israël, qui violent le droit international et causent de grandes souffrances au peuple palestinien. Ça n’a absolument rien à voir avec une attitude hostile vis-à-vis des juifs en tant que personnes ou en tant que peuple. Cette insinuation vise clairement à discréditer le BDS et décourager toutes les personnes qui souhaitent apporter leur soutien ou participer aux activités du BDS. Le terme « antisémite » est malheureusement utilisé à tort et à travers et destiné à manipuler l’opinion publique et les politiques des gouvernements.

En France, vous pouvez être poursuivi en justice pour participation aux activités du BDS. Avez-vous connaissance de situations similaires dans d’autres pays ?
Je sais qu’en Europe et qu’en Amérique du Nord, on s’est efforcé de criminaliser toute sympathie pour le BDS, mais, à ma connaissance, aucune loi officielle n’existe encore et aucune inculpation ni poursuite hors d’Israël n’a été prononcée. Je ne sais d’ailleurs pas vraiment ce qui se passe en Israël même autour de cette question, même si je sais qu’Israël empêche ceux qui soutiennent le BDS d’entrer sur son territoire.

Quelle a été votre expérience de rapporteur spécial auprès de l’ONU dans les territoires palestiniens et en Israël ?
Mon expérience a été à la fois frustrante et gratifiante. Frustrante parce que pendant les six années en ma qualité de rapporteur spécial, tant sur le terrain que diplomatiquement, la situation s’est constamment dégradée pour le peuple palestinien, malgré un rapport documenté sur la violation des droits de l’homme de la part des Israéliens.
Mais cette expérience a été, dans le même temps, gratifiante parce que cela a permis une présentation directe, sans détours, des violations d’Israël concernant les droits basiques des Palestiniens. Ce qui a une certaine influence sur le discours interne à l’ONU, permettant un renforcement de la responsabilité institutionnelle lorsqu’il s’agit des relations commerciales avec les colonies de peuplement illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. De la même manière, cela a permis de modifier les termes du discours au sein de l’ONU, allant maintenant d’« occupation » à « implantations coloniales » et à « apartheid ».
Ça a été aussi une épreuve personnelle, étant constamment sujet aux attaques diffamatoires par UN Watch et d’autres organisations non gouvernementales (ONG) ultrasionistes. Leurs partisans ont concentré leurs efforts, espérant me faire démissionner de mon poste à l’ONU et m’empêchant de donner des conférences dans les universités, partout dans le monde.

Soixante-dix ans après le partage de la Palestine par les Nations unies, comment considérez-vous cette décision ?
La résolution de plan de partage de 1947 a été une stratégie de sortie de la présence coloniale britannique durant la période du mandat qui lui avait été confié après la Première Guerre mondiale. Cette approche comportait des défauts pour plusieurs raisons essentielles : elle a nié la volonté de la majorité de la population arabe locale qui vivait sur le territoire et a imposé une solution au conflit sans consulter les habitants. Les termes de la résolution n’ont pas assuré les droits des Palestiniens ou leur souveraineté politique, ou même de faire respecter le droit humanitaire international. L’ONU n’a effectivement jamais mis en œuvre le plan de partition et ainsi a donné de facto à Israël la possibilité d’imposer ses volontés sur le territoire palestinien dans sa totalité, y compris en expulsant 750 000 Palestiniens durant la guerre de 1947. Les États-Unis et l’Europe ont joué un rôle géopo- litique crucial en déclenchant ces développements.

Existe-t-il une solution pour que les Palestiniens retrouvent leurs droits et vivent dans leur propre État ?
À ce stade, il est difficile d’envisager l’avenir, mais il est clair que la lutte nationale des Palestiniens continue à la fois par le biais d’activités de résistance et à travers le mouvement de solidarité internationale dont le BDS est maintenant le pilier le plus important.
À mon avis, il ne faut pas attendre de véritables perspectives de solution politique au conflit tant que des pressions suffisantes ne sont pas exercées sur le gouvernement israélien pour qu’il change de direction. Ce changement serait essentiellement signalé par une volonté de supprimer les lois et les procédures associées à l’actuel régime d’apartheid, utilisées pour soumettre les Palestiniens.
Contre toute attente, un tel changement s’est produit vis-à-vis de l’Afrique du Sud, sur place et en dehors, en partie dû aux pressions exercées par une version antérieure de la campagne internationale du BDS. Mon souhait est que les Palestiniens mènent et gagnent cette guerre de la légitimité, ce modèle se répétant finalement, amenant, après une lutte prolongée, une paix durable entre les deux peuples. Mais, et c’est tragique, cela ne se produira pas tant que ces souffrances seront endurées par les Palestiniens, spécialement ceux qui vivent sous l’occupation, dans les camps de réfugiés, dans un exil non désiré, et comme minorité discriminée en Israël. Le calvaire des Palestiniens dure depuis trop longtemps. Son origine peut être trouvée il y a un siècle, quand, dans un geste colonial masqué, le Foreign Office britannique s’est engagé devant le monde sioniste dans le soutien d’un foyer national juif dans la Palestine historique. C’était la déclaration Balfour, en novembre 1917.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey
L'Humanité - Mercredi, 13 Septembre, 2017

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L’appel du ciel : transcender les frontières de l’occupation

L’appel du ciel : transcender les frontières de l’occupation

Photo : ActiveStills.org
Cisjordanie septembre 2015 - Manifestations en défense de la Mosquée Al-Aqsa - Photo : ActiveStills.org
Samah Jabr« Dans mon pays », écrit Samah Jabr, « les frontières sont tracées par le sang sur le sol. Elles ne sont ni naturelles ni neutres. Elles sont fabriquées par l’occupation, pour maintenir le rapport de force entre l’occupant et les natifs de Palestine. »

Dans un état psychotique, une jeune patiente de Cisjordanie âgée de 16 ans a dépassé le cadre de ses propres frontières : “J’ai vu le ciel devenir rouge et j’ai perçu un appel… J’ai regardé les gens dans les yeux, j’y ai vu la même excitation, j’ai vu qu’eux aussi comprenaient l’appel du ciel.” Ce qu’elle comprenait, c’est que Jérusalem avait été libérée et qu’on l’appelait à marcher en direction de la ville. Son vœu de liberté et son désir profond de rejoindre Jérusalem libérée ont surgi, déformant la réalité de la situation politique. La beauté de cette vision psychotique s’est conclue ainsi : la police des frontières l’a agressée puis arrêtée. Alors que des dizaines d’autres jeunes ont été tués aux postes de contrôle frontaliers, elle a survécu et a pu raconter son histoire.

Contrairement aux limites psychiques affaiblies de ma patiente, les limites géopolitiques et les frontières érigées par l’occupant sont bien là, présentes dans toute leur rigidité. Non seulement ces postes de contrôle nous volent nos terres et nos ressources naturelles, fragmentant notre identité palestinienne en nous classant comme Hiérosolymitains, Cisjordaniens, Gazaouis, ou comme Palestiniens de 1948, réfugiés, exilés, mais ils continuent de forger de nouvelles identités qui réaffirment le privilège de l’occupant et nous dénient nos droits et notre intégrité. Ces postes de police définissent les murs de l’exclusion et du contrôle, les carrefours où se croisent une humiliation de toutes les couleurs et la peste noire mortelle promise à quiconque se risquerait à “envahir” l’autre côté des frontières de son étroite prison communautaire. Ces structures de béton paramètrent et limitent nos émotions, nos relations, nos espoirs, nos rêves et nos ambitions. Ils sont damnés, ceux qui défient leurs frontières et osent étendre vers l’extérieur de leur cage leurs amours, leurs parentés, leurs amitiés, leurs études, leur travail.

Un jour, après une conférence que j’avais donnée à Bruxelles, j’ai été abordé par un très jeune Palestinien de Gaza. Son souhait était des plus pragmatiques : il voulait que je l’aide à obtenir des documents attestant qu’il était palestinien. Ce jeune homme ne supportait plus la vie qu’il menait à Gaza, alors ils s’était enfui par les tunnels, passant ensuite par un terrible périple à travers l’Égypte et plusieurs pays d’Europe avant d’arriver à Bruxelles. Tout son argent y était passé, il avait dû payer tout ce qui peut être payé aux contrebandiers et aux passeurs. Lorsque le bateau qui le transportait était arrivé près des côtes italiennes, il avait fait naufrage et plusieurs de ses compagnons étaient morts. Il avait perdu en mer tout ce qu’il possédait, y compris ses papiers d’identité et son certificat de naissance.

À Gaza, les frontières sont désormais un nœud coulant qui étrangle la vie des habitants. L’état de siège entrave tout potentiel humain en faisant obstruction à l’alimentation électrique, au travail, aux études, en privant les gens de soins médicaux. Récemment, le Centre Palestinien de Recherche sur les politiques et enquêtes d’opinion (PSR) en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza a révélé qu’un Gazaoui sur deux pensait à émigrer. Ceux qui refusent l’étouffement à petit feu dans Gaza assiégé risquent leur vie en embarquant sur des bateaux clandestins à destination de l’Europe – et beaucoup, hélas, meurent noyés. Les clés de la serrure des frontières servent à renforcer la dépendance à l’égard des maltraitants. Toute autorisation de franchir la frontière est soumise au chantage et à l’exploitation ; nombreux sont les témoignages de patients gazaouis à qui l’on a demandé de devenir informateurs pour les services israéliens en échange d’une permission de passer la frontière pour recevoir des soins médicaux.

En tant que Palestinien de Jérusalem, sans passeport ni citoyenneté, je connais très bien ce sentiment paradoxal qu’implique le passage de frontières, locales ou internationales : la honte d’être fouillé comme un suspect en permanence, la frustration que causent les heures et les jours volés par ces délais qui vous mortifient, l’angoisse de ne pas pouvoir franchir la frontière dans l’autre sens au retour – et en même temps ce désir de contacts au-delà des frontières, cette envie d’échanger nos connaissances et nos expériences avec autrui, cette aspiration à transcender les limites coloniales imposées par les accords Sykes-Picot, le plan de partition, la ligne verte, les zones a,b,c, etc. J’ai appris de nombreuses langues, étudié le domaine de la psychiatrie, qui me servent de visa et de passeport et me permettent des passages de frontières symboliques vers d’autres mondes.

Comme je travaille en Cisjordanie, je traverse les frontières tous les jours. Je passe par des moments de perplexité : attentes humiliantes, mais aussi expériences riches et multiples. J’observe de jeunes hommes escaladant 8 mètres puis sautant dangereusement du haut du mur dans l’espoir de trouver du travail dans les territoires tenus par Israël. Quelques-uns en sont morts, ou bien ils ont été tués, et beaucoup d’autres se sont blessés ou se sont fait arrêter au cours de cette aventure. J’observe la façon dont les frontières existent en béton sur les terres et en pensée dans les esprits. Il n’y a pas que la conduite automobile qui diffère entre les deux côtés du mur ; la frontière crée, de multiples façons, des comportements et des sentiments différents. Entre Jérusalem et la Cisjordanie, il y a un gouffre en ce qui concerne le PIB par habitant, l’éducation, la santé et les droits humains.

Mais ces frontières ne sont pas forcément physiques, tels un mur ou un poste de contrôle. Je pense aux “zones de l’être” et aux “zones de non-être” de Frantz Fanon, dessinées par la ligne virtuelle qui sépare les gens selon les rapports de force et de domination qu’ils exercent les uns sur les autres.

Dans mon pays, les frontières sont tracées par le sang sur le sol. Elles ne sont ni naturelles ni neutres. Elles sont fabriquées par l’occupation, pour maintenir le rapport de force entre l’occupant et les natifs de Palestine. Pourtant le destin des Palestiniens ne devrait pas être déterminé par un rapport de forces. D’après l’article 13 de la Déclaration des Droits Humains des Nations Unies, “Quiconque se trouve légalement sur le territoire d’un État a le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidence” et “Toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien.”

En pensant à “l’appel” assignant à ma patiente adolescente sa traversée vers Jérusalem, je regarde le ciel bleu, j’y vois un vol d’oiseaux migrateurs passant à l’horizon et je me souviens de la mer bleue engloutissant tant de réfugiés avec tout ce qu’ils possèdent.

Si la justice ou l’égalité advenaient des deux côtés de la frontière, s’il arrivait que les normes éthiques ou les droits humains soient respectés entre ces frontières et ces murs, alors la ligne de démarcation entre “nous” et “eux” disparaîtrait, et une humanité commune et pluraliste apparaîtrait autour de valeurs partagées qui autoriseraient de nouveaux terrains d’entente et d’engagement humain.

A3 * Samah Jabr est psychiatre et psychothérapeute à Jérusalem. Elle milite pour le bien-être de sa communauté, allant au-delà des problèmes de santé mentale. Elle écrit régulièrement sur la santé mentale en Palestine occupée.

Articles de (et à propos de) la même auteure.

Cet article a été écrit à l’occasion du festival de cinéma de Douarnenez dont la page Facebook traitant du film DERRIÈRE LES FRONTS – RÉSISTANCES et RÉSILIENCES en PALESTINE peut être visitée ici.

25 août 2017 – Transmis par l’auteure – Traduction : Stephan Moal

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18 septembre 2017

Les factions palestiniennes saluent la décision du Hamas de dissoudre le comité administratif

Les factions palestiniennes saluent la décision du Hamas de dissoudre le comité administratif

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Gaza – CPI


Les factions palestiniennes ont apprécié dimanche l'initiative de réconciliation nationale lancée par le Mouvement du Hamas en dissolvant le comité administratif de Gaza et en appelant le gouvernement de l'Autorité palestinienne (AP) à Ramallah à commencer à assumer ses responsabilités à Gaza.
Dans un communiqué, les factions ont demandé au Mouvement du Fatah et au président de l'AP, Mahmoud Abbas, d'adopter l'initiative tout d'abord en émettant une décision immédiate d'annuler toutes les mesures punitives imposées sur la population de la bande de Gaza.
Le dimanche à l'aube, le Hamas a annoncé la dissolution du comité administratif formé dans la bande de Gaza en mars dernier en réponse aux efforts égyptiens visant à mettre fin à la division palestinienne.
La déclaration a appelé à une unité nationale basée sur l'adhésion à tous les droits palestiniens et a souligné la nécessité d'établir une stratégie nationale unifiée qui implique toutes les factions et adopte une résistance comme une approche essentielle pour faire face à l'occupation israélienne.
Les factions palestiniennes ont salué les dirigeants égyptiens qui ont fait d'énormes efforts pour rapprocher les points de vue afin de parvenir à la réconciliation et à combler le fossé palestinien.

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