FREE PALESTINE

15 juillet 2018

Le sénat irlandais vote une loi interdisant les activités économiques en lien avec les colonies israéliennes

Source: Externe

C’est une première dans le monde. Une proposition de loi présentée par la sénatrice Frances Black interdisant les activités en lien avec des colonies implantées sur un territoire occupé a été adoptée par le sénat irlandais (le Seanad) le 11 juillet 2018. Elle doit maintenant être examinée par la chambre basse du Parlement.

En quoi cette proposition de loi consiste ?

La proposition de loi irlandaise a pour but d’interdire certaines activités économiques en relation avec des colonies illégales dans des territoires reconnus par la communauté internationale comme étant occupés. Constituerait donc une infraction pénale : 
-  La vente et l’importation de produits issus des colonies ; 
-  L’implication dans la fourniture de services dans les colonies ; 
-  L’extraction de ressources d’un territoire occupé sans le consentement des autorités compétentes ;
La tentative, l’assistance et la complicité dans la commission de ces actes sont répréhensibles de la même manière.

Qui est concerné ?

Les personnes résidentes en Irlande, entreprises de droit irlandais ou toute structure dont le centre de contrôle est basé en Irlande sont concernées.

Sur quelles bases juridiques repose-t-elle ?

En droit pénal international, le transfert par un État de sa population civile sur un territoire qu’il occupe militairement est un crime de guerre (1). Cela constitue également une grave violation du droit international humanitaire (2). La loi irlandaise considère aussi la colonisation comme un crime. Les activités économiques mentionnées dans le projet de loi participent au maintien d’une situation illégale (la colonisation et l’exploitation d’un territoire occupé), d’où la nécessité de leur interdiction.

Quelles peines prévoit-elle ?

Les personnes résidentes en Irlande, entreprises de droit irlandais ou toute structure dont le centre de contrôle est basé en Irlande sont concernées.

Sur quelles bases juridiques repose-t-elle ?

En droit pénal international, le transfert par un État de sa population civile sur un territoire qu’il occupe militairement est un crime de guerre (1). Cela constitue également une grave violation du droit international humanitaire (2). La loi irlandaise considère aussi la colonisation comme un crime. Les activités économiques mentionnées dans le projet de loi participent au maintien d’une situation illégale (la colonisation et l’exploitation d’un territoire occupé), d’où la nécessité de leur interdiction.

Quelles peines prévoit-elle ?

Des peines allant de l’amende (d’un maximum de 5000€) à l’emprisonnement (d’une durée maximum de 5 ans).

A quels territoires occupés la loi s’appliquerait-elle ?

En pratique, la loi pourrait s’appliquer au Territoire palestinien occupé (TPO), territoire reconnu occupé dans de multiples résolutions de l’ONU, dans l’avis du 9 juillet 2004 de la Cour internationale de justice, par l’Union européenne et la France. L’importation et la vente des produits des colonies israéliennes serait donc interdite (et non celles des produits issus d’Israël).

Source: Externe

Pourquoi est-ce important ? Le cas palestinien.

Les colonies israéliennes sur le Territoire palestinien occupé sont un exemple moderne et clair d’une violation de l’interdiction de transfert de populations civiles sur un territoire occupé.
Israël occupe la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, depuis 1967 et y a transféré, depuis, plus de 600.000 de ses citoyens. Un tel transfert a été facilité par la confiscation large de terres palestiniennes, des terres particulièrement fertiles. Cette colonisation a drastiquement réduit les terres disponibles pour l’agriculture, le logement, l’accès à l’eau et à l’électricité pour la population palestinienne. Elle a mené au déplacement forcé de Palestiniens et à de nombreuses violations des droits de l’Homme sur le terrain. La manière dont les colonies ont été construites a mené à la fragmentation du TPO en enclaves difficilement joignables entre elles à cause des différents obstacles à la circulation (checkpoints, routes déviées, Mur…). Plus de la moitié de Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, est réservée aux colonies de peuplement et à l’exploitation du territoire occupé pour le bénéfice d’Israël.
En ayant des liens économiques et en permettant à des entreprises françaises ou des résidents français d’avoir de tels liens avec les colonies israéliennes, la France est complice du crime de guerre imputé à l’Etat d’Israël.

Les mesures contenues dans la proposition de loi sont-elles compatibles avec le droit européen ?

Selon le Traité sur le Fonctionnement de l’UE, les règles en matière de commerce sont généralement uniformes parmi tous les pays membres. Cependant, des exceptions existent, lorsqu’elles peuvent être justifiées sur la base de « moralité ou sécurité publiques » de « politiques publiques », et de la « protection de la santé et de la vie humaine » (3). La compatibilité de la proposition de loi avec le droit européen a été confirmée par deux études juridiques (4).
De telles mesures n’entrent pas non plus en contradiction avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Source: Externe

Et en France ?

En France, le débat sur les relations entre l’Etat français, les entreprises françaises et les colonies israéliennes existe depuis de nombreuses années. Depuis 2014, plusieurs associations (dont la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et la Fédération internationale des droits de l’Homme) et syndicats demandent l’arrêt des relations économiques avec les colonies israéliennes à travers la campagne Made in illegality, dans une volonté de respect du droit international. En 2017, Amnesty International lance également sa campagne « 100% illégal – Arrêtons l’importation de produits issus des colonies israéliennes ».

De nombreux élus ont interpellé le gouvernement français sur ces questions. Pour le moment, la France a demandé opérateurs économiques, dans un avis publié le 24 novembre 2016, de se mettre en conformité avec le droit européen en apposant sur les produits des colonies israéliennes des étiquettes indiquant leur origine réelle et non l’origine 'Made in Israel'. Pour le moment, néanmoins, cette réglementation n’est quasiment pas respectée, faute de contrôles par les douanes françaises.

(1) Statut de Rome
(2) IVè Convention de Genève
(3) Article 36 du traité sur le Fonctionnement de l’UE et Règlement du Conseil européen n°260/2009 du 26 février 2009 sur les règles communes d’importation, JO L 84, 31 mars 2009.
(4) L’une du Professeur et avocat spécialiste du droit international James Crawford de l’Université de Cambridge, l’autre de l’avocat irlandais Michael Lynn.

Alice Garcia -

11.07.18

Source: Plateforme Palestine

13 juillet 2018

Le « troc du siècle » : la Palestine en échange de la Syrie?

Source: Externe

L’administration Trump cherche-t-elle un compromis avec Poutine: la Palestine contre la Syrie?

 

Il est loin d’être certain que le « président » palestinien Mahmoud Abbas soit en mesure de répondre à l’invitation de son homologue russe Vladimir Poutine d’assister à la finale de la Coupe du monde à Moscou à la mi-juillet. Les nouvelles venant de Ramallah au sujet de sa santé ne sont pas rassurantes.

Les cercles proches d’Abbas sont très réticents à donner des informations sur son état de santé. Ils sont soumis à des instructions strictes des agences de sécurité, du président lui-même et de ses fils. Des sources fiables disent qu’ils sont à ses côtés, contrôlent son agenda et ses mouvements, et déterminent qui peut lui rendre visite et pendant combien de temps.

Selon ces sources, les rapports indiquant qu’il est malade et très diminué, qu’il ne se rend à son bureau que peu de temps dans la soirée, et qu’il est ausculté dans un hôpital de Ramallah environ deux fois par semaine, sont globalement exacts.

Pendant ce temps, les hauts responsables du mouvement du Fatah en compétition pour la succession ont tenu des réunions intensives pour suivre les développements liés au soi-disant 'accord du siècle': notamment les réunions tenues dans divers états arabes par le gendre du président américain, Jared Kushner et son assistant Jason Greenblatt, les visites rendues par les dirigeants arabes à Washington, plus récemment au roi Abdallah de Jordanie, et les fuites sur les plans d’une soi-disant 'paix économique'. Cela inclurait l’investissement d’un milliard de dollars pour construire une centrale électrique, une usine de dessalement et un port à Rafah côté égyptien, jouxtant la bande de Gaza, et d’en faire une zone économique libre.

Ceci est censé alléger la situation 'humanitaire' des habitants de Gaza et transformer le territoire assiégé, selon les mots d’un membre du Comité central du Fatah, en un « cheikhdom palestinien indépendant ».

Source: Externe

Abbas n’a pas quitté Ramallah depuis sa dernière crise. Son état de santé s’est détérioré brusquement, en commençant par une infection pulmonaire (il est grand fumeur), suivie d’une attaque coronarienne aiguë qu’une équipe de médecins palestiniens a mis plus de 24 heures à maîtriser. Il devait faire une tournée dans les pays arabes comprenant l’Égypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite pour savoir ce que se tramait concernait le 'deal' et quelle vision ils en avaient. Mais il a annulé ces déplacements pour deux raisons: d’abord, il a constaté que certaines de ces capitales étaient réticentes à le recevoir en raison de son refus ferme de rencontrer des officiels américains depuis que les US ont reconnu Jérusalem occupée comme 'capitale' d’Israël, et d’autre part pour éviter toute nouvelle détérioration de son état de santé sur les conseils des médecins qui le suivent.

Il est pénible de voir les dirigeants de l’OLP et du peuple palestinien paralysés politiquement, isolés au niveau régional et international, et ne jouant aucun rôle actif en ces temps délicats et dangereux – quand des complots sont en train d’éclore pour liquider la cause palestinienne, conformément aux grandes lignes établies par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu – à cause de la maladie d’un président et de la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains.

Cela est aggravé par les ruptures palestiniennes internes actuelles et la façon dont elles ont été cyniquement exploitées par la triade arabo-israélienne-américaine.

Il se dit de plus en plus que l’administration Trump est prête à faire des concessions majeures à la Russie sur d’autres questions régionales, telles que la reconnaissance de l’influence russe en Syrie, pour obtenir un compromis sur la Palestine. Cela signifierait que les États-Unis cesseraient de soutenir tous les groupes armés syriens et se retireraient du pays, laissant la Russie et ses alliés libres de l’aider à reprendre le contrôle au sud et à rouvrir le passage frontalier avec la Jordanie, en échange d’une acceptation du 'deal du siècle'.

Poutine veut exploiter la 'diplomatie de la Coupe du monde' pour tenter de mettre fin à la rupture entre Abbas et Netanyahu et les ramener à la table des discussions sous un parapluie russe. Les roues pourraient commencer à tourner dans les prochains jours, surtout après la visite à Moscou du conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton, l’un des plus fervents défenseurs de Netanyahu et de ses projets pour liquider la cause palestinienne.

Si une rencontre a lieu à Moscou entre Abbas et Netanyahu, ce serait une carte importante pour Poutine avant qu’il ne se rende au sommet qu’il tiendra plus tard à Helsinki avec Donald Trump, et que Bolton a également organisé, où d’autres points de désaccord entre les superpuissances comme la Corée du Nord, l’Ukraine, la guerre syrienne et bien sûr l’accord nucléaire iranien pourraient être discutés.

Abbas a surpris beaucoup de monde, y compris nous-mêmes, en s’accrochant à sa position de boycotter toutes les réunions avec les États-Unis et ses officiels, et en refusant de répondre à des appels concernant le 'deal du siècle'. Mais des questions demeurent sur la persistance de ce boycott. Plus important encore, combien de temps demandera le rétablissement de son état de santé, et à quel point le boycott sera-t-il respecté par ses successeurs? Nous savons que certains d’entre eux s’y opposent et veulent reprendre contact avec Washington pour des raisons pragmatiques, arguant que les Palestiniens doivent être 'dans la cuisine pour savoir ce qui s’y prépare' – le même refrain défaitiste réitéré depuis le début des négociations secrètes d’Oslo.

Nous souhaitons deux choses à Abbas. Tout d’abord, qu’il s’en tienne fermement à sa position de boycotter les États-Unis – malgré nos doutes à ce sujet – à moins que ceux-ci ne révoquent leur soutien à l’annexion de Jérusalem. Et deuxièmement, qu’il continue à se rétablir et recouvre sa santé afin de pouvoir passer de cette position de boycott, à la tâche plus importante de faire face à cette menace. Nous n’avons guère d’espoir à ce propos non plus, mais on peut toujours espérer…

Source: Externe

Notre vrai pari, nous le faisons sur le peuple palestinien. Il est la seule garantie pour déjouer tous ces plans et résister à tous ceux qui les soutiennent, qu’ils soient Américains, Arabes ou Israéliens. Et il n’a jamais cédé, comme en témoigne son énorme bilan de sacrifice et de résistance depuis un siècle.

Ce 'deal' doit être mis en échec, et tous ceux qui y participent – en le promouvant et en participant aux plans pour le faire passer et le financer – doivent être dénoncés. Il est plus dangereux que la déclaration Balfour ou Sykes-Picot, car il s’agit, en somme, de la fin de la cause palestinienne et du début de l’ère juive israélienne.

Abdel Bari Atwan -

01.07.18

Source: Chronique de Palestine

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11 juillet 2018

Israël peaufine toujours l'asphyxie de son camp de concentration à Gaza, en toute impunité

Source: Externe

L'armée israélienne a annoncé lundi la fermeture de Kerem Shalom, seul point de passage de marchandises entre Israël et la bande de Gaza, en réaction aux cerfs-volants incendiaires envoyés depuis l'enclave. 

Depuis le 30 mars, les Gazaouis manifestent le long de la barrière qui sépare la bande de Gaza d'Israël pour dénoncer le blocus israélien qui dure depuis plus de dix ans et au nom du droit au retour des Palestiniens sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948. 

"En réaction aux attaques terroristes en cours menées par le Hamas qui exploite et met en danger les habitants de Gaza, le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) et le ministre de la Défense (Avigdor Lieberman) ont décidé de fermer le passage de Kerem Shalom ce lundi", a indiqué l'armée dans un communiqué. 

Tout en confirmant la fermeture immédiate du passage, M. Netanyahu a précisé au Parlement qu'Israël se préparait "à prendre d'autres mesures pour lutter contre le Hamas", mouvement islamiste qui dirige l'enclave, sans fournir davantage de détails. 

Les autorités israéliennes peinent à enrayer la vague d'incendies provoqués par des ballons et des cerfs-volants équipés de flammèches lancés depuis Gaza vers le territoire israélien, devenus depuis la fin mars le symbole de la mobilisation palestinienne. 

"Il y a eu environ 750 incendies qui ont brûlé 26.000 dounams (2.600 hectares) en environ 100 jours", a affirmé à l'AFP le porte-parole des pompiers israéliens. 

Il a estimé "à plusieurs millions de shekels" le montant des dégâts, sans être en mesure de donner un chiffre plus précis. 

La fermeture du point de passage va aggraver la situation humanitaire déjà très précaire dans la bande de Gaza, soumise au sévère blocus israélien et où plus de 80% de la population est tributaire d'une aide, selon la Banque mondiale. 

Le passage de Kerem Shalom restera ouvert uniquement pour les besoins humanitaires, a précisé l'armée.

Source: Externe

Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas, a déclaré dans un communiqué que "les mesures supplémentaires pour renforcer le blocus et empêcher l'entrée de matériaux et de marchandises dans la bande de Gaza sont un nouveau crime contre l'humanité qui s'ajoute à la liste noire de l'occupation israélienne contre les droits de notre peuple"

"Le Hamas appelle la communauté internationale à intervenir immédiatement pour empêcher ce crime", a-t-il ajouté. 

Par ailleurs, la zone de pêche, qui avait été étendue depuis le mois de mai à neuf milles nautiques (17 km) de la côte de Gaza, sera de nouveau réduite à 6 milles, a ajouté l'armée. 

Les accords israélo-palestiniens d'Oslo signés en 1993 prévoyaient une zone de pêche allant jusqu'à 20 milles nautiques de la côte. Mais Israël a réduit son étendue à plusieurs reprises. 

Israël et le Hamas se sont livrés trois guerres depuis 2008 et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu.

AFP -

09.07.18

Source: romandie.com

09 juillet 2018

Mieux comprendre le M-O: Jordanie, le maillon faible?

Source: Externe

Début juin, la Jordanie a connu une vague de protestation populaire massive qui a inquiété non seulement les dirigeants du Royaume Hachémite, mais aussi ses alliés régionaux et internationaux.

En moins d’une semaine, on a assisté au remplacement du premier ministre et à l’octroi par les pétromonarchies d’une aide de 2.5 milliards de dollars.

La volonté de secourir économiquement cet Etat pour le bien-être de la population jordanienne apparait cependant comme une justification peu crédible.

Comme de nombreux Etats arabes, l’économie jordanienne est marquée par une crise structurelle, avec un chômage proche de 20%.

Très dépendant économiquement de Damas avant 2011, ce pays, sans ressources propres, voit sa situation aggravée par la guerre en Syrie.

En raison d’une dette très importante auprès de la Banque mondiale, des réformes budgétaires exigées par le FMI ont conduit à une forte hausse des prix, notamment des carburants et de l’électricité, et à un projet de loi visant à augmenter les impôts.

L’étincelle qui a mis le feu aux poudres.

Dans ce pays où la liberté de manifester est plutôt restreinte, ces mesures extrêmement impopulaires ont pourtant conduit à une mobilisation de masse, les classes populaires rejoignant l’appel initié par les associations professionnelles représentatives principalement des classes moyennes.

Ces classes ont des intérêts divergents à défendre, mais elles signifient collectivement le ras-le-bol des Jordaniens vis-à-vis de leurs gouvernants.

Mais ces causes internes ne sauraient expliquer à elles seules la rapidité avec laquelle les pétromonarchies ont volé au secours de l’Etat jordanien.

Source: Externe

Créé au moment de la chute de l’empire ottoman, la Jordanie a toujours été considérée comme un pion majeur de la stratégie impérialiste au Moyen-Orient.

Doté, comme la plupart de ses voisins, d’un pouvoir faible vis-à-vis de l’extérieur et extrêmement répressif vis-à-vis de sa population, c’est avant tout un Etat rempart entre l’entité sioniste et les pays hostiles à cette dernière.

Du pacte de non-agression signé avec les sionistes en 1947, à l’accord de paix avec Israël en 1994, la Jordanie a joué un rôle particulièrement actif, en tant qu’allié d’Israël, en éradiquant la résistance palestinienne, notamment au moment de septembre noir.

A la solde des USA, sa politique d’alliances a toujours répondu clairement aux intérêts des impérialistes et de l’entité sioniste.

Récemment, le Royaume hachémite a joué un rôle majeur bien que discret dans la guerre en Syrie, puisqu’il a servi de base arrière pour la formation et l’acheminement d’armes aux rebelles syriens par la coalition alliée (Etats-Unis, Europe, Etats du Golfe). La défaite de cette coalition en Syrie pourrait conduire à un changement global d’alliances dans la région.

Pourtant, les derniers développements en Palestine font craindre aux Etats-Unis et aux pétromonarchies du golfe un affaiblissement du pouvoir jordanien qui pourrait conduire au mieux à un renversement d’alliances, au pire à un renversement du pouvoir.

En tant que protecteur officiel des lieux saints d’al-Quds, la Jordanie ne peut officiellement pas cautionner le transfert de l’Ambassade des USA dans la ville sainte.

Par ailleurs, le plan du siècle concocté par Trump pour 'régler définitivement la cause palestinienne' est insoutenable pour le Royaume hachémite, les Palestiniens formant plus de 60% de la population jordanienne.

Loin de se soucier du peuple jordanien, l’aide financière des pétromonarchies est d’abord un calcul politique qui consiste à maintenir la Jordanie dans le bloc d’alliances.

A ce stade il y a très peu de chance que ces 2,5 milliards soient suffisants pour que les Palestiniens, réfugiés en Jordanie, abandonnent leur patrie et leurs droits.

Dans tous les cas, le Royaume hachémite est une pièce maitresse sur l’échiquier régional et sa fragilisation pourrait bien tout faire basculer.

Comité Action Palestine -

19.06.18

Source: CAP

07 juillet 2018

Nous n’arrêterons pas de filmer, nous n’arrêterons pas d’écrire (+vidéos)

Source: Externe

La Knesset pourrait agir non seulement contre la presse, mais aussi contre les groupes pour les droits humains et contre les Palestiniens, les derniers témoins dans les poursuites contre l’occupation.

Nous violerons cette loi fièrement. Nous avons l’obligation de violer cette loi, comme toute loi sur laquelle flotte un drapeau noir. Nous n’arrêterons pas de documenter. Nous n’arrêterons pas de photographier. Nous n’arrêterons pas d’écrire – de toutes nos forces.

Les organisations des droits humains feront la même chose et, comme elles, nous l’espérons, les témoins palestiniens, qui seront bien sûr punis plus que tout autre.

Selon le projet de loi entériné dimanche par le Comité ministériel pour la législation [mais avec quelques demandes de changements dans la formulation], les individus documentant les actions des soldats des Forces de défense israéliennes en Cisjordanie peuvent être envoyés jusqu’à cinq ans en prison, dans certaines circonstances.

Une jolie initiative, M. le député à la Knesset Robert Ilatov, démocrate du célèbre parti de la liberté Yisrael Beiteinu. Votre projet de loi prouve justement à quel point les Forces de défense israéliennes ont quelque chose à cacher, ce dont elles doivent être gênées, ce qu’il y a à couvrir, au point que même la caméra et le stylo sont devenus leurs ennemis. Ilatov contre le terrorisme des caméras et Israël contre la vérité.

Au moment où la police israélienne équipe ses agents de caméras-piéton, qui selon elle, ont fait leurs preuves lorsqu’il s’agit de réduire la violence policière, Israël essaie d’enlever les caméras des territoires occupés, la véritable arène de son déshonneur – pour que la vérité ne soit pas exposée et que l’injustice soit minimisée.

Source: Externe

Sans caméras, l’affaire Elor Azaria n’aurait pas existé ; sans caméras, il y aura beaucoup plus d’Azarias. C’est exactement l’objectif de la loi: avoir beaucoup d’Azarias.

Ce n’est pas que la documentation réussisse à empêcher quoi que ce soit. Les forces de défense israéliennes et le public ne s’excitent plus beaucoup sur les violations des droits humains et sur les crimes de guerre dans les territoires, et la plupart des journalistes n’y prennent plus non plus d’intérêt.

Quand on pense que briser des os avec une pierre en face des caméras d’une chaîne américaine a causé un scandale pendant la première intifada ! Aujourd’hui, personne n’est perturbé par de telles images; on peut même douter, en fait, qu’on ferait l’effort de les publier.

Mais les soldats israéliens ont appris à traiter la caméra et le stylo comme l’ennemi. Si nous présentions autrefois nos cartes de presse aux checkpoints, aujourd’hui nous les cachons pour que les soldats ne nous attrapent pas, avec tous nos méfaits. Un jour, nous avons même été arrêtés.

Couvrir l’occupation aujourd’hui implique déjà de violer la loi. Les Israéliens ont l’interdiction d’entrer dans la zone A [contrôlée par les Palestiniens] et les journalistes doivent 'coordonner' leur entrée avec le bureau du porte-parole des forces de défense israéliennes.

Mais parce que du journalisme sous coordination n’a pas de sens, sauf pour le journalisme des correspondants militaires en Israël, nous ignorons cet ordre ridicule, nous mentons aux checkpoints, nous fraudons, nous nous faufilons, nous utilisons des tactiques de contournement et nous allons partout en Cisjordanie.

"Où étiez-vous ?", demande le soldat après chaque visite à Hébron. "A Kiryat Arba."

"Qu’est-ce que vous y faisiez ?"... "Nous y avons des amis."

Parce qu’il n’y a qu’une poignée négligeable de journalistes qui prennent encore la peine d’y aller, les autorités ferment les yeux.

Mais la technologie et l’ONG B’Tselem ont donné naissance à un nouvel ennemi: des caméras vidéos qui sont remises à des volontaires palestiniens, et dans la foulée aussi des téléphones portables, dans les mains de chaque volontaire palestinien ou de Machsom Watch.

Tout d’un coup, il est plus difficile de couvrir et de mentir. Tout d’un coup, il est impossible d’inventer facilement des couteaux et d’autres dangers imaginaires après chaque assassinat futile.

Qui nous sauvera ? Ilatov et son projet de loi, qui a bien sûr reçu les encouragements d’un autre démocrate célèbre, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

En 2003, quand les soldats des forces armées ont arrosé à balles réelles la voiture blindée avec des plaques d’immatriculation israéliennes que nous conduisions à Tul Karm, couverte de mentions 'presse', la porte-parole des forces armées d’alors, Brig. gén. Miri Regev, avait demandé à l’éditeur en chef de Haaretz, qui essayait en urgence de mettre un terme à l’incident: « Mais qu’est-ce qu’ils font donc là-bas ? ».

Depuis, Israël n’a pas cessé de poser cette question. Maintenant, la Knesset pourrait très bien prendre des mesures: pas seulement contre la presse, avec laquelle elle continue à user de prudence, mais principalement contre les organisations des droits humains et les résidents palestiniens, les derniers témoins pour les poursuites contre l’occupation. Israël est en train de leur dire: plus de preuves incontestables.

Source: Externe

Dans les notes explicatives sur le projet de loi, il est dit, à juste titre, que les témoins à charge et les témoins oculaires visent à 'briser la motivation des soldats et des résidents israéliens'.

C’est exactement leur objectif : briser la motivation à voir Azaria comme une victime et un héros, à penser que le massacre de 120 personnes non armées est légal et à ne pas vouloir savoir, entendre ou voir ce qui est fait chaque jour en notre nom, dans l’arrière-cour de notre pays.

Prochainement: une loi qui interdit toute critique des forces de défense israéliennes. Ilatov est déjà en train de la rédiger; la plupart des Israéliens approuvent certainement.

Et nous, nous refuserons aussi de la suivre, bien sûr.

Gideon Levy -

17.06.18

Source: Agence Medias Palestine

! Voyez pourquoi il faut continuer d'écrire, de filmer et de diffuser: attention, VIDEOS INSOUTENABLES !

Nettoyage ethnique en cours à Al-Khan Al-Ahmar

Mercredi 4 juillet, des soldats israéliens ont attaqué des dizaines de militants palestiniens, israéliens et internationaux non violents, ainsi que les habitants de la communauté de Al-Khan al-Ahmar, à l’est de Jérusalem occupée, au cours des tentatives israéliennes de démolir le village et de déplacer la communauté bédouine palestinienne. La Société du Croissant rouge palestinien a déclaré que ses secouristes ont prodigué des soins à environ 36 personnes, dont 4 qui ont dû être transportées à l’hôpital.

Plus tôt la même journée du 4 juin, l’armée israélienne a démoli 40 structures résidentielles et granges, à Abu Nawwar, une communauté bédouine voisine qui fait partie des 45 communautés bédouines qui constituent al-Khan al-Ahmar.

L’occupation israélienne et sa politique continuent de déplacer les communautés bédouines palestiniennes, de la même manière qu’elles ont été chassées des terres sur lesquelles elles vivaient dans le Nakab et d’autres régions, suite à l’établissement de l’Etat d’Israël sur la terre historique de Palestine en 1948.

Al-Khan Al-Ahmar est habité par 181 Palestiniens, dont la moitié sont des enfants. Ils vivent sans les services de première nécessité, ni eau courante, ni électricité, ni services de santé et ils sont encerclés par des colonies israéliennes illégales. Après leur arrachement au désert du Nakab en 1948, ils se sont installés dans les plaines, à l’est de Jérusalem.

Ils ont les actes de propriété de la terre, tous légaux et enregistrés comme faisant partie du village Anata, ville palestinienne voisine. Mais les autorités israéliennes ont refusé de reconnaître ces actes délivrés par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

https://www.facebook.com/younes.arar/videos/10157598741920760/?t=10

L'armée 'la plus morale du monde' dans ses oeuvres...

05.07.18

Source: ISM

05 juillet 2018

Ahmad Sa'adat appelle à une mobilisation accrue pour lever les sanctions & arrêter la répression de la jeunesse palestinienne

Source: Externe

Les abus de sécurité dirigés contre les masses palestiniennes placent notre peuple devant un volcan qui peut exploser à tout moment.

Ahmad Sa'adat appelle à soutenir le mouvement de masse pour lever les sanctions et approfondir le niveau et l'ampleur de la mobilisation démocratique populaire.

La fermeté inébranlable de notre courageux peuple palestinien dans la bande de Gaza, dans la Marche du Retour et pour briser le blocus imposé à notre peuple, a illustré les plus beaux thèmes du sacrifice, de l'amour et de la créativité.

Néanmoins, la direction monopolistique de l'Autorité Palestinienne et de l'OLP continue d'imposer des sanctions injustes à notre peuple dans la bande de la Résistance.

Les tentatives frénétiques pour réprimer toute critique ou protestation contre cette décision injuste et exiger sa fin ont conduit à la répression flagrante et incontrôlée des mouvements de jeunesse pacifiques et démocratiques qui ont émergé en Cisjordanie.

Nous avons également vu des échos de cette répression par les services de sécurité de l'Autorité au pouvoir dans la bande de Gaza contre les manifestations pour appeler à la fin de la division.

En Cisjordanie, cela s'accompagne de représentants de l'Autorité et de déclarations de l'OLP menaçant les masses du peuple palestinien d'une nouvelle répression et de l'étouffement des libertés publiques. Certaines de ces voix de l'Autorité s'appellent elles-mêmes juges de la trahison de telle ou telle faction et protectrice de la 'légitimité'.

Ces abus graves, qui, s'ils se poursuivent et ne sont pas confrontés sérieusement au fait que les responsables soient tenus responsables, mettront notre peuple sur la lèvre d'un volcan qui peut exploser à tout moment.

En même temps, cette situation soulève plus qu'un simple point d'interrogation quant à la crédibilité du prétendu rejet de ce soi-disant 'accord du siècle', la forme actuelle de l'attaque américano-sioniste contre le peuple palestinien qui vise à liquider la cause palestinienne et les droits nationaux de notre peuple.

Il vise à imposer une domination totale sur notre Nation. La véritable voie pour affronter les attaques américano-sionistes à ce moment critique doit commencer par mettre fin aux sanctions et renforcer la fermeté et la Résistance de notre peuple dans la bande de Gaza.

Cela signifie utiliser le Fonds national palestinien comme une source de levier pour mobiliser notre peuple et une source de force interne plutôt qu'une arme de domination. Cela est nécessaire pour surmonter les effets néfastes de la convocation de la session illégitime du Conseil National Palestinien, en violation du consensus national.

En fait, il faut une stratégie de lutte unifiée pour organiser la Résistance de notre peuple partout et la construction de mécanismes de leadership, avant tout, l'OLP, en tant que vaisseau-cadre et une direction compétente du peuple palestinien partout dans le monde.

Par conséquent, le devoir de tout l'honorable peuple palestinien, et particulièrement des partis palestiniens qui sont membres de l'OLP, est de soutenir ce mouvement et d'approfondir son niveau démocratique et populaire afin d'atteindre nos objectifs nationaux et démocratiques.

Source: Externe

Tous les membres honorables des services de sécurité ne doivent pas se permettre d'être utilisés comme outils pour opprimer notre peuple palestinien et violer sa dignité humaine et ses droits nationaux et démocratiques, conformément à la loi palestinienne et à la déclaration d'indépendance.

Ahmad Sa'adat -

Secrétaire général du FPLP - Prison de Ramon

19.06.18

Source: couppourcoup31.com

03 juillet 2018

Quand racisme et ségrégation sont perçus comme des «droits légitimes»

Source: Externe

Les résidents juifs d’Afula, ville du nord d’Israël, ont protesté la semaine dernière contre la vente d’une maison à une famille arabe et la possibilité que la ville ait une population mixte juive et arabe.

Je ne doute pas une seconde que toute personne croyant à la liberté et à la justice verrait cette protestation comme l’expression d’un racisme pro-ségrégationniste rappelant l’apartheid sud-africain.

Cette protestation arrive juste quelques mois après que Sivan Yehieli, président du Conseil Municipal de Kfar Vradim, a annoncé que sa ville champêtre devait conserver son caractère juif-sioniste après que 58 citoyens arabes ont remporté le droit de construire leur maison dans la ville.

Disons les choses clairement: 150 protestataires, ce n’est pas une aberration en Israël. Ils ont simplement exprimé ouvertement la ségrégation raciste sur laquelle le régime a été fondé.

C’est précisément la façon dont l’autorité militaire – en fait de 1949 à 1966 – a géré les citoyens arabes d’Israël: 'Nettoyer' de vastes étendues de terre afin d’y établir des juifs et s’assurer des réserves de terre qui continueraient à servir exclusivement aux juifs israéliens.

Ce processus de 'nettoyage' a été mis en place, entre autres, par la construction de centaines de nouvelles villes et communautés juives, ainsi que par l’établissement de comités d’admission dans les kiboutzs, les moshavs et autres communautés.

Yehieli représente fidèlement la politique des autorités israéliennes de planification qui vise à restructurer démographiquement le pays. Il représente un système juridique israélien qui a refusé d’accorder l’installation de sa propre décision d’autoriser les résidents palestiniens d’Iqrit et de Bir’im déplacés intérieurement à retourner dans leurs villages, ce qui a donné le feu vert à la Loi des Comités d’Admission et qui donne le droit à l’État de déraciner les résidents d’Umm al-Hiran afin de les remplacer par des citoyens juifs – exactement comme pendant et immédiatement après la Nakba. Et nous pouvons en attendre encore beaucoup plus.

Source: Externe

Ce n’est pas une coïncidence si la loi fondamentale proposée pour l’Etat-nation comporte une clause autorisant l’État à 'permettre à une communauté, y compris celles n’appartenant qu’à une seule religion ou une seule nationalité, de conserver une vie en société séparée'. Cette proposition de loi fondamentale confirmera sur un plan constitutionnel et normatif la politique israélienne de ségrégation.

En réalité, la citoyenneté des Arabes restera conditionnelle, pourvu qu’elle n’entre pas en conflit avec l’indépendance et la suprématie juives et le ‘droit’ des citoyens juifs de choisir de vivre séparément sans que d’autres citoyens puissent saboter leur désir d’homogénéité.

L’essentiel de la critique adressée au racisme des résidents d’Afula vise le manque de développement des communautés arabes, ce qui oblige les jeunes citoyens arabes à chercher des solutions de logement près des villes juives.

Ce raisonnement empêche d’envisager une situation dans laquelle un citoyen arabe d’Israël aurait le droit de choisir où elle/il souhaite vivre, simplement parce que cela lui convient de vivre là. Il adopte le paradigme d’un régime territorial discriminatoire, raciste et semblable à de l’apartheid, qui les oblige à trouver une explication circonstancielle au phénomène plutôt que de l’appeler par son nom: racisme et ségrégation.

Imaginez un scénario dans lequel le gouvernement israélien entamerait des démarches sans précédent pour allouer de la terre pour le développement des communautés arabes. Imaginez qu’il commence à développer les communautés arabes de toutes sortes – villes, villages et communautés agricoles – tout en assurant le développement de zones industrielles et commerciales conformément aux principes de justice distributive et réparatrice.

Et pourtant, même dans ce scénario, reste le droit de tout citoyen arabe de décider où il ou elle veut vivre – que ce soit à Kfar Vradim, Tel Aviv ou Afula.

Tant que les autorités de l’État d’Israël ne pourront ou ne voudront pas imaginer la terre de ce pays comme ouverte à tous, nous ne pourrons parler de justice ou de droits constitutionnels. Le régime israélien restera fondamentalement ségrégationniste et raciste. Vivre en ségrégation restera raciste, même sous la formulation 'séparés mais égaux'.

Imaginez des manifestants protestant contre des juifs qui achèteraient des logements dans une ville chrétienne d’Europe. Les Israéliens les déclareraient racistes et antisémites, et le premier ministre d’Israël ferait sûrement remarquer que cela lui rappelle les sombres jours qui ont conduit à l’Holocauste.

En Israël pourtant, une scène presque identique est décrite par l’ancien maire d’Afula, Avi Elkabetz, comme suit: « Les résidents d’Afula ne veulent pas d’une ville mixte. Ils veulent une ville juive – et c’est leur droit. Ce n’est pas du racisme. »

Ainsi le racisme en Israël devient, comme par magie, le 'droit légitime' du citoyen juif;

Suhad Bishara -

22.06.18

Source: Agence Médias Palestine

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01 juillet 2018

Appel international pour la libération de Khalida Jarrar!

Source: Externe

A ce jour, plus de 225 organisations se sont unies pour demander la libération immédiate de Khalida Jarrar, féministe palestinienne et parlementaire de gauche emprisonnée. K.Jarrar, l’un des principaux défenseurs des droits des prisonniers palestiniens, a été emprisonnée sans inculpation ni jugement sous le régime de la détention administrative israélienne pendant près d’un an.

Les organisations qui ont exprimé leur soutien à la liberté de Jarrar comprennent des partis politiques, des groupes féministes, des groupes de solidarité avec la Palestine et de la communauté palestinienne, pour la justice indigène, pour l’abolition des prisons, des organisations de défense des droits de l’homme etc. de plus de 20 pays.

K.Jarrar a été emprisonnée depuis le 2 juillet 2017, lorsqu’elle a été arrêtée lors d’une descente de nuit à son domicile à El-Bireh par les forces d’occupation israéliennes. Le 14 juin 2018, elle a été informée que sa détention serait prolongée de quatre mois supplémentaires, une peine qui devrait être confirmée par un tribunal militaire israélien le 2 juillet 2018.

Nous appelons à des journées d’action pour la libération de Khalida Jarrar entre le 30 juin et le 2 juillet. Il est plus important que jamais que nos voix soient entendues et que nos actions soient visibles. Des manifestations sont déjà organisées à New York et ailleurs dans le monde. Vous pouvez télécharger des dépliants, du matériel et des pétitions pour rejoindre la campagne ici: http://samidoun.net/2018/06/take-action-to-free-khalida-jarrar-june-30-july-2-organize-for -liberté/

Vous êtes invités à ajouter le nom de votre organisation à la déclaration suivante pour demander la libération de la dirigeante palestinienne emprisonnée Khalida Jarrar ! Nous continuerons de mettre à jour cette déclaration et de la rediffuser avec d’autres signataires. Pour la signer, veuillez utiliser le formulaire ou envoyer un courriel à samidoun@samidoun.net avec le nom de votre groupe.

  1. Source: Externe

Liberté pour Khalida Jarrar! Arrêt de la détention administrative!

Nous, les organisations signataires, nous nous associons afin de réclamer la mise en liberté de la dirigeante politique palestinienne Khalida Jarrar, personnalité de gauche, féministe, avocate des droits des prisonniers et membre du Conseil législatif palestinien. Elle est emprisonnée sans accusation ni procès depuis juillet 2017 – et, cette fois, l’occupation militaire israélienne vient de décider que sa détention serait prolongée de quatre mois supplémentaires.

Le 2 juillet 2017, avant l’aube, les militaires de l’occupation israélienne ont fait irruption au domicile de Khalida Jarrar. Peu après, elle a fait l’objet d’une ordonnance de détention administrative, c’est-à-dire d’un emprisonnement sans accusation ni procès. Khalida Jarrar est l’une des quelque 450 Palestiniens emprisonnés en détention administrative, un vestige du Mandat colonial britannique repris par l’occupation israélienne pour incarcérer des milliers de membres et de dirigeants politiques de la communauté palestinienne. Actuellement, quelque 6.100 Palestiniens dont détenus dans les prisons israéliennes.

En décembre 2017, sa détention a été prolongée de six nouveaux mois. Et, cette fois, une autre ordonnance militaire déclare qu’elle sera emprisonnée durant quatre mois supplémentaires. Les ordonnances de détention administrative peuvent être émises pour six mois à la fois et elles sont renouvelables à l’infini. Sous le coup de ces ordonnances, des Palestiniens peuvent passer des années en prison d’un seul tenant et ils ignorent quand ils pourraient être libérés, en admettant qu’ils le soient un jour.

Comme le fait remarquer Addameer, « cette pratique de la détention arbitraire constitue une violation grave des lois internationales et des normes des droits de l’homme, tout particulièrement des articles 78 et 72 de la Quatrième Convention de Genève, qui stipule que toute personne accusée a le droit de se défendre. Cette pratique enfreint également l’article 66 de cette même Quatrième Convention de Genève ainsi que les règles fondamentales d’un procès équitable ».

Le 2 juillet, une session du tribunal militaire israélien est prévue afin d’approuver l’ordonnance de détention. K.Jarrar, à l’instar de tous les détenus administratifs, a boycotté ces séances depuis février, puisqu’elles ne sont que des sessions d’approbation utilisées comme façades pour 'cautionner' l’emprisonnement arbitraire des Palestiniens.

Khalida Jarrar est une dirigeante politique palestinienne représentant le Bloc Abu Ali Mustafa, allié au Front populaire (de gauche) de libération de la Palestine au sein du Conseil législatif palestinien. Elle dirige fréquemment et activement des manifestations et des actions populaires pour la liberté de la Palestine, en sa qualité d’avocate de longue date des prisonniers palestiniens et d’ancienne directrice exécutive d’Addameer (association de soutien aux prisonniers et des droits de l’homme), au sein de laquelle elle fait toujours partie du conseil de direction. Elle est également présidente du Comité des prisonniers du Conseil législatif palestinien.

Khalida Jarrar est également active au sein du mouvement des femmes palestiniennes depuis l’époque où elle était étudiante à l’université et où, en compagnie d’autres étudiantes, elle organisait l’opposition à l’occupation. Elle est également une organisatrice en vue des événements de la Journée internationale des femmes en Palestine, en étroite coordination avec d’autres organisations des femmes palestiniennes. « Les femmes palestiniennes sont des partenaires à part entière de la lutte palestinienne », insiste-t-elle.

Khalida Jarrar est profondément engagée dans le combat visant à réclamer devant la Cour pénale internationale des comptes aux dirigeants israéliens responsables de crimes de guerre. Elle est membre d’une commission palestinienne chargée de transmettre à la cour internationale plaintes et dossiers sur les incessants crimes israéliens contre le peuple palestinien, depuis les attaques contre Gaza, la confiscation de terres, la construction de colonies illégales, jusqu’aux arrestations et emprisonnements de masse.

Depuis 1998, il lui est interdit de voyager en dehors de la Palestine occupée. En 2010, lorsqu’elle a eu besoin d’un traitement médical en Jordanie, elle a dû lutter pendant des mois dans une campagne publique avant de recevoir enfin une autorisation de sortie. En 2014, l’occupation israélienne a tenté de la chasser de force de son domicile à Jéricho et, en 2015, elle a été arrêtée et emprisonnée pendant 14 mois en raison de ses activités politiques.

La prolongation de la détention administrative de Khalida Jarrar constitue une tentative d’éliminer une dirigeante efficace et populaire du mouvement national palestinien. Particulièrement en ce moment, alors que les gens descendent dans les rues un peu partout en Palestine occupée et que des milliers d’entre eux manifestent à Gaza dans le cadre de la Grande Marche du Retour, les dirigeants de son calibre sont les cibles des arrestations et des emprisonnements dans une tentative de désamorcer le combat palestinien.

Khalida Jarrar est visée en tant que dirigeante palestinienne, en tant que voix palestinienne pour la justice et en tant que femme palestinienne active. Son emprisonnement constitue une attaque de plus de l’État colonial israélien contre le peuple palestinien en lutte pour la liberté, et la détention administrative ainsi que l’emprisonnement massif de Palestiniens sont deux des armes utilisées par Israël dans ses tentatives de briser le mouvement palestinien de libération.

Nous nous associons aujourd’hui pour réclamer la libération immédiate de Khalida Jarrar, la fin de la politique et pratique de la détention administrative, et la libération des prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël. Nous nous engageons à lutter pour la justice au cours de manifestations, d’actions, en organisant et en intensifiant les actions BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël, dans l’esprit de résistance même de Khalida Jarrar.

29.06.18

Signataires:

  1. Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
  2. Al-Awda NY, the Palestine Right to Return Coalition
  3. Action Antifasciste NP2C
  4. Actions4Palestine
  5. Alkarama Movement of Palestinian Women
  6. Al-Quds Day Committee of New York
  7. American Muslims for Palestine – NY/NJ
  8. American Party of Labor
  9. Anticapitalistas
  10. Anti-Imperialist Action Ireland
  11. Anti-Zionist and Anti-Imperialist Friends of Palestine
  12. ArbeiterInnenmacht (Germany)
  13. Arbeiter*innenstandpunkt (Austria)
  14. Association Belgo-Palestinienne
  15. Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
  16. Association for Protection of Democratic Rights (APDR), India
  17. Association France-Palestine Solidarité
  18. AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité 63)
  19. AFPS 59/62
  20. AFPS Alès-Cévennes
  21. AFPS Paris 14-6
  22. Associazione Amicizia Sardegna Palestina
  23. Assopace Palestina – Italy
  24. ATIK – Confederation of Workers from Turkey in Europe
  25. Balfour Declaration Centenary Campaign
  26. BDS Berlin
  27. BDS France Saint-Étienne
  28. BDS Turkey
  29. BDS UChile (Universidad de Chile)
  30. BDS Vancouver-Coast Salish
  31. BDS Zürich
  32. Belgian Academic and Cultural Boycott of Israel (BACBI)
  33. Black Alliance for Peace
  34. Boycott ! Supporting the Palestinian BDS Call from Within (aka Boycott from Within – Israeli citizens for BDS)
  35. Bruxelles Panthéres
  36. Cafe Palestina of the Southern Berkshires
  37. California Coalition for Women Prisoners
  38. Campagne BDS France
  39. Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibahim Abdallah (Paris)
  40. Campaign to Boycott Supporters of “Israel” in Lebanon
  41. Campaign to Free Ahmad Sa’adat
  42. Canada Palestine Association
  43. Canadian BDS Coalition
  44. Canadian Friends of Sabeel
  45. Centre de la Communauté Démocratique Kurde de Toulouse
  46. Coalition for Justice – Blacksburg
  47. CODEPINK – Women for Peace
  48. Colectivo Contraimpunidad
  49. Collectif de Soutien à la Résistance Palestinienne 59-62
  50. Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine
  51. Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah
  52. Colletivo Palestina Rossa
  53. Comité Internacional Paz,Justicia y Dignidad a los Pueblos
  54. Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie
  55. Comité Poitevin Palestine
  56. Committee to Stop FBI Repression – National
  57. Committee to Stop FBI Repression – NY
  58. Committees for a Democratic Palestine – Europe
  59. Communist Party, Sweden
  60. Coordinamento di Solidarietà con la Palestina – Sicilia
  61. Corsica Internaziunalista
  62. Corvallis Palestine Solidarity
  63. Coup Pour Coup 31
  64. Dun Padraig Friends of Palestine
  65. Eye On Palestine Arts and Film Festival
  66. Familles de prisonniers pour la Justice – Belgique
  67. Femmes en lutte 93
  68. F.O.R. Palestine (Berlin)
  69. Free Gaza Movement
  70. Free Palestine Movement
  71. Freedom Archives
  72. Freedom Road Socialist Organization
  73. Friends of Sabeel North America
  74. Frihet åt Ahed Tamimi Göteborg
  75. Fronte Palestina
  76. General Union of Palestine Students (GUPS Aix-Marseille)
  77. General Union of Palestine Students (GUPS France)
  78. Gents Actieplatform Palestina
  79. Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space
  80. Greek Front of Resistance and Solidarity with Palestine “Ghassan Kanafani”
  81. Green Mountain Solidarity with Palestine
  82. Greenville for Gaza
  83. Handala Center for Prisoners and Former Prisoners – Palestine
  84. Harakat Shaab – Lebanon
  85. HDP (Peoples’ Democratic Party) Central Women’s Assembly
  86. Hilombé Solidaridad
  87. Human Rights Defenders
  88. ICAHD
  89. Independent Jewish Voices – Canada
  90. Indivisible Midlands
  91. Inminds Human Rights Group
  92. intal
  93. International Action Center
  94. International Association of Democratic Lawyers
  95. International Concerned Family and Friends of Mumia Abu-Jamal
  96. International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN) Spain
  97. International Jewish Anti-Zionist Network – Canada
  98. International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
  99. International Red Help
  100. International Women’s Alliance
  101. Internationalt Forum – Denmark
  102. Invictapalestina – Documentation Center
  103. Ireland-Palestine Solidarity Campaign
  104. Irish Republican Prisoners Welfare Association (IRPWA)
  105. Irish Socialist Republicans
  106. ISM France
  107. Izquierda Unida – Spain
  108. Jacksonville Community Action Committee
  109. Jacksonville Palestine Solidarity Network
  110. Jericho Movement – National
  111. Jericho Movement – New York City
  112. Jersey City Peace Movement
  113. Jeune Garde Lyon
  114. Jeunes Révolutionnaires Genève
  115. Jeunes Révolutionnaires Vaud
  116. Jewish Liberation Theology Institute
  117. Jewish Voice for Peace (JVP)
  118. Jewish Women for Justice in Israel/ Palestine
  119. Jews Against Genocide (JAG)
  120. Jews for Palestinian Right of Return
  121. Justice For Palestinians, Calgary
  122. Justice for Palestinians – San Jose
  123. Karapatan Alliance for the Advancement of People’s Rights – Philippines
  124. Katie Miranda Studios
  125. Kia Ora Gaza (New Zealand)
  126. Kickapoo Peace Circle
  127. LA4Palestine
  128. Labor for Palestine
  129. La Voix des Prisonnier.ère.s Politiques de Turquie et Kurdistan
  130. Le Collectif Rouge Internationaliste pour la libération des prisonniers révolutionnaires (Paris)
  131. Le Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple marocain (Paris)
  132. League for the Fifth International
  133. Liga Argentina por los Derechos del Hombre
  134. Links Ecologisch Forum/Forum Gauche Ecologie – LEF-FGE
  135. Libérons-les
  136. London Palestine Action
  137. Manchester Palestine Action
  138. Mouvement Citoyens Palestine
  139. National Campaign to Free Georges Abdallah – Lebanon
  140. National Coalition to Protect Student Privacy
  141. National Lawyers Guild International Committee
  142. National Lawyers Guild- Massachusetts Chapter
  143. National Student Federation (Pa
  144. New Orleans Workers Group
  145. Newry Palestinian Support Group
  146. NION (Not In Our Name)
  147. No One Is Illegal – Vancouver Coast Salish Territories
  148. NY4Palestine
  149. NYU Disorientation Guide
  150. NYU Jewish Voice for Peace
  151. NZ Palestine Solidarity Network
  152. Palestine Democratic Forum
  153. Palestine International Network – Lebanon
  154. Palestine Solidarity Committee – Austin, TX
  155. Palestine Solidarity Network – Edmonton
  156. Palestinian Child and Youth Institute (PCYI)
  157. Palestinian Cultural Club – American University of Beirut
  158. Palestinian Cultural Club – Beirut
  159. Palestinian Progressive Student Bloc
  160. Palestinian Refugee Portal
  161. Palbox
  162. Palestina Toma La Calle
  163. Palestinian Youth Movement – USA
  164. Partido Comunista de España
  165. Party for Socialism and Liberation
  166. Paz con Dignidad
  167. People Power Assembly Queens
  168. People’s Power Assembly
  169. Pittsburgh Palestine Solidarity Committee
  170. Plate-Forme Charleroi-Palestine
  171. Popular Resistance
  172. Progetto Palestina
  173. Progressive Palestinian Youth Union
  174. Progressive Scouts Group – Gaza
  175. Progressive Student Labor Front (Palestine)
  176. Project South
  177. RAGE – Réseau d’Agitation Genève
  178. RedMed Web Network
  179. Release Aging People in Prison/RAPP
  180. Republican Network for Unity
  181. Revolutionary Socialist Movement (Pakistan)
  182. Revolutionary Workers Party (DİP) (Turkey)
  183. REVOLUTION (youth movement)
  184. Right of Return Coalition – Baddawi Camp, Lebanon (composed of 22 organizations)
  185. Saoradh
  186. Scottish Palestine Solidarity Campaign
  187. Secours Rouge Belgique / Red Help Belgium
  188. Sheffield Hallam Palestine Society
  189. Sheffield Labour Friends of Palestine
  190. Sheffield Labour Students
  191. Sodepaz Euskadi
  192. Solidarity with Palestine St. John’s
  193. Students Against Israeli Apartheid at York University
  194. Students for Justice in Palestine – CCNY
  195. Students for Justice in Palestine – College of Staten Island
  196. Students for Justice in Palestine – Houston
  197. Students for Justice in Palestine – NYU
  198. Students for Justice in Palestine – Temple University
  199. Students for Justice in Palestine at University of South Carolina
  200. Syria Solidarity Movement
  201. Taqadomy Media Team
  202. TJA (Tevgera Jinên Azad) – Free Women Movement
  203. The Bronx Green Party
  204. The Palestine Project
  205. The Red Nation
  206. Toronto BDS Action
  207. UNADIKUM Association
  208. United National Antiwar Campaign (UNAC)
  209. Union of Palestinian Communities and Institutions – Europe
  210. Unión de Juventudes Comunistas de España
  211. Unione Democratica Arabe Palestina (UDAP)
  212. Union juive française pour la paix (UJFP)
  213. United for Palestine Toronto/GTA
  214. University of Leeds – Palestine Solidarity Group
  215. University of Sheffield Palestine Society
  216. UGEP (Unión General de Estudiantes Palestinos Chile)
  217. US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (USACBI)
  218. US Palestinian Community Network (USPCN)
  219. Vermonters for Justice in Palestine
  220. Victoria Coalition against Israeli Apartheid
  221. Vrede vzw
  222. WESPAC Foundation
  223. Within Our Lifetime • United for Palestine
  224. Women Against Military Madness
  225. Women In Solidarity With Palestine
  226. Women for Women’s Humans Rights – New Ways
  227. Women’s Solidarity Foundation (KADAV)-Turkey
  228. Workers World Party
  229. Young Democratic Socialists – University of South Carolina

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30 juin 2018

Le courage palestinien finira-t-il par provoquer une réaction internationale?

Source: Externe

Au bout de 70 ans, le conflit israélo-palestinien n’est toujours pas résolu. Les hostilités couvent pendant quelques années, puis éclatent à nouveau en de nouveaux massacres et de nouvelles violences.

L’échec de la solution à 'deux États' est consommé, et les événements récents ont de nouveau mis en évidence la nécessité d’une approche différente.

Au cours des deux derniers mois, les soldats des Forces de défense israéliennes (FDI) ont tué 130 manifestants palestiniens (derniers chiffres mis à jour - ndlr) et en ont blessé gravement des milliers d’autres. Les manifestants n’étaient pas armés et ne menaçaient pas les soldats. Les hôpitaux de Gaza débordent de victimes.

Les groupes de défense des droits de l’homme ont demandé à la justice d’interdire aux soldats israéliens de tirer sur des manifestants non armés. La semaine dernière, la Cour suprême israélienne a rejeté leur requête.

La violence israélienne est généralement présentée comme une 'réponse' à la violence palestinienne, mais c’est le contraire qui est vrai. Voilà comment les événements se sont déroulés :

  • De fin mars au 25 mai, les Palestiniens de Gaza ont protesté contre l’oppression en approchant le plus possible des barrières frontalières. 130 personnes ont été tuées et des milliers d’autres gravement blessées par des tireurs d’élite israéliens. Elles ont tous été abattues alors qu’elles se trouvaient à l’intérieur du territoire de Gaza.
  • Les 27 et 28 mai, l’armée israélienne a tiré des mortiers de tanks sur les avant-postes militaires palestiniens à l’intérieur de Gaza, tuant au moins trois personnes.
  • Le lendemain, le 29 mai, des militants palestiniens ont lancé des mortiers non guidés sur Israël. La plupart d’entre eux sont tombés sans faire de dégâts et il n’y a pas eu de victime israélienne.
  • Puis, le 30 mai, des avions à réaction et des hélicoptères israéliens ont lancé des missiles guidés et des bombes sur 65 sites à l’intérieur de Gaza.

De toute évidence, ce sont les Israéliens qui ont déclenché la violence en tuant des manifestants puis des combattants à l’intérieur de Gaza, mais ce n’est pas décrit de cette façon. Time magazine a commencé son article par: « Les combattants palestiniens ont bombardé le sud d’Israël… »

Les soutiens d’Israël veulent empêcher les gens de voir ce qui se passe réellement. Ils savent quel tort peut leur causer des vidéos comme celle où l’on voit des tireurs d’élite israéliens s’amuser à dégommer des manifestants non armés. Pour éviter cela, un projet de loi va rendre illégal de photographier, d’enregistrer ou de filmer des soldats israéliens. Les journalistes palestiniens ont condamné cette tentative de criminaliser le journalisme.

Source: Externe

La réalité de l’occupation israélienne

Israël se surnomme lui-même la Nation Startup en raison de ses succès économiques et technologiques. Mais à Gaza et en Cisjordanie, les décisions et les actions israéliennes étranglent l’économie, et détériorent les conditions de vie.

Les Palestiniens de Gaza sont complètement coupés des Palestiniens de Cisjordanie. Ils ne peuvent ni commercer entre eux, ni même se rendre visite. Cela constitue une violation des accords internationaux, y compris des accords d’Oslo.

Il est faux de dire qu’Israël a 'quitté' Gaza. Israël contrôle les bordures, le ciel et les eaux de Gaza, qui est une bande côtière de moins de 10 km de large sur 40 de long. Le taux de chômage à Gaza approche les 50%, soit le taux de  chômage le plus élevé au monde. Les pêcheurs n’ont pas le droit d’aller pêcher dans les eaux plus profondes et ils se font tirer dessus lorsqu’ils sortent de la zone imposée par Israël. Les agriculteurs de Gaza ne peuvent pas exporter normalement. Israël bloque fréquemment l’importation et l’exportation des cultures et des produits.

Il est presque impossible de quitter Gaza. Même les étudiants brillants qui obtiennent des bourses d’études internationales peuvent se voir empêchés de sortir.

Les installations électriques et de traitement de l’eau ont été bombardées et détruites par Israël. Presque toute l’eau potable est contaminée. Israël restreint la quantité de nourriture autorisée à entrer à Gaza, de sorte qu’il y a une pénurie continuelle, ce qui entraîne malnutrition, retard de croissance et anémie.

Cette situation n’est pas nouvelle. Il y a dix-huit ans, la journaliste israélienne Amira Hass a relaté l’histoire de Gaza, avec des faits et des statistiques, ainsi que son expérience personnelle de la vie à Gaza dans son impressionnant ouvrage  Boire la mer à Gaza : Les jours et les nuits en territoire assiégé. La situation était extrêmement sombre à l’époque, et elle ne cesse de s’aggraver.

À la frontière nord de Gaza, Israël est en train de construire une 'barrière maritime', une digue qui avancera loin dans la Méditerranée. La principale raison de ce projet coûteux est d’obliger les eaux usées à rester devant Gaza. En raison des attaques israéliennes contre le traitement des eaux usées et l’infrastructure électrique, les eaux usées se déversent dans la mer. L’été dernier, la plage de Zikim Beach, dans le sud d’Israël, a dû être fermée en raison de l’arrivée d’eaux usées en provenance de Gaza. La 'barrière maritime' actuellement en construction bloquera les courants marins.

La plage israélienne restera propre et le problème à Gaza s’aggravera considérablement.

Il n’y a pas que Gaza qui est étranglée, appauvrie et opprimée. En Cisjordanie, les colonies israéliennes continuent de s’étendre. Cela augmente le nombre de points de contrôle, les restrictions et la répression.

Les Palestiniens ne peuvent quasiment plus aller de Bethléem à Jérusalem (env. 10km - ndlr). La plus grande partie de l’eau des aquifères de Cisjordanie est transférée en Israël ou distribuée aux colons au rabais, tandis que les Palestiniens doivent acheter de l’eau et la stocker dans des réservoirs sur leurs toits.

Ces dernières années, Israël empêche de plus en plus les groupes humanitaires de fournir un soutien médical, dont le dépistage du cancer du sein. Un nouveau livre fascinant intitulé L’autre côté du mur décrit la lutte quotidienne en Cisjordanie, où les Palestiniens et leurs alliés internationaux protestent contre le vol de terres, les abus, les assassinats et les emprisonnements.

Source: Externe

Un défi héroïque

On constate actuellement une plus grande unité chez les Palestiniens qui semblent s’être mis d’accord sur une stratégie. Les dizaines de milliers de Palestiniens qui manifestaient à Gaza n’étaient pas armés et étaient unis derrière le drapeau palestinien, au lieu d’arborer des drapeaux du Hamas, du Jihad islamique, du Front populaire de libération de la Palestine ou du Front démocratique de libération de la Palestine.

Les manifestants palestiniens à Gaza font preuve d’un courage incroyable. Depuis le vendredi 30 mars, ils reviennent semaine après semaine, bien que des milliers de leurs compagnons aient été abattus et blessés.

Dans un article intitulé 'La clôture sépare les courageux des lâches', Amira Hass a écrit: « Le courage éperdu dont font preuve des dizaines de milliers de citoyens de Gaza ces dernières semaines, d’une manière générale et le lundi en particulier, témoigne de l’énergie, des talents, des rêves, de la créativité et de la vitalité des habitants de cette bande de terre, qui sont soumis depuis 27 ans à une politique de bouclage et de siège visant à les étouffer et à les écraser ».

Avec détermination et constance

La résistance palestinienne se poursuit malgré la violence israélienne et le sang palestinien versé par les Israéliens. Il y a sept ans, des réfugiés palestiniens en Syrie et au Liban ont organisé des 'Marches du retour' à la frontière nord d’Israël. Les soldats israéliens ont tué 13 personnes et en ont blessé beaucoup d’autres.

Ces derniers jours, les Gazaouis ont de nouveau tenté de briser le blocus portuaire israélien qui empêche les bateaux de partir ou d’arriver. La solidarité internationale avec la cause palestinienne ne faiblit pas non plus. Trois navires (deux suédois et un norvégien) ont récemment quitté la Scandinavie en direction de la Méditerranée et de Gaza. La flottille qui a pris le nom de Flottille de la Liberté 2018, transporte des dizaines de citoyens internationaux qui exigent une fois de plus qu’Israël mette fin à son blocus de Gaza.

Malgré l’énorme déséquilibre actuel, le temps sert sans doute la cause palestinienne. L’apartheid d’Afrique du Sud existait depuis longtemps et semblait fort. Mais en fin de compte, il s’est effondré rapidement. La même chose peut se produire en Israël/Palestine.

Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est un important défenseur de la cause palestinienne. L’Afrique du Sud a été la première nation à rappeler son ambassadeur « en raison du caractère grave et aveugle de la dernière attaque israélienne » à Gaza.

Israël a la puissance militaire, mais la résistance palestinienne ne se laisse pas décourager. La population palestinienne est déterminée, et elle augmente. Les Palestiniens ont de plus en plus d’alliés qui soutiennent leur cause. Les jeunes juifs américains ne sont pas comme leurs parents et critiquent de plus en plus la politique israélienne. Certains Israéliens courageux, comme Miko Peled, affirment sans équivoque que l’apartheid israélien doit prendre fin et qu’il doit être remplacé par un seul État qui garantira la  démocratie et l’égalité à tous ses citoyens.

Un million de réfugiés palestiniens vivent au Liban et en Syrie, et attendent patiemment de revenir dans leur pays. Ils n’ont pas oublié leurs droits et notamment leur droit au retour.

Les derniers massacres et le sang qui vient encore d’être versé prouvent bien que la voie actuelle n’est pas la solution. Son seul résultat est une situation de plus en plus invivable à Gaza, et toujours plus de colonies de peuplement illégales et d’oppression en Cisjordanie.

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La soi-disant 'solution à deux États' est morte depuis de nombreuses années, et il faut l’oublier.

Comme cela s’est produit en Afrique du Sud, la communauté internationale peut et doit aider. Il est temps d’augmenter la pression internationale et d’étendre le BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) contre Israël pour mettre fin pacifiquement à ce conflit, caractérisé par l’oppression incessante d’un peuple régulièrement massacré.

Sinon ce sera la catastrophe. Comme l’a écrit le journaliste israélien Gideon Levy: « La vérité est qu’Israël est tout à fait prêt à massacrer des centaines et même des milliers de personnes et à en expulser des dizaines de milliers. Rien ne l’arrêtera. Il n’y a plus de conscience morale. C’en est même fini des postures. Les événements de ces derniers jours l’ont clairement montré. La route est tracée, le convoi de l’horreur est prêt à partir. Des dizaines d’années de lavage de cerveau, de diabolisation et de déshumanisation ont fait leur œuvre. L’alliance entre les politiciens et les médias pour oblitérer la réalité et la nier a été conclue. Israël est prêt à commettre l’indicible. Personne ne se mettra plus en travers de son chemin. Ni de l’intérieur, ni de l’extérieur. »

Espérons que le courage des Palestiniens incitera le reste du monde à intervenir !

Rick Sterling -

04.06.18

Source: le saker francophone

29 juin 2018

Renverser la direction palestinienne : rôle de la jeunesse

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Au lieu de mettre fin à l'occupation, les dirigeants palestiniens actuels et leurs institutions en sont devenus un élément clé.

Pourtant, une nouvelle génération de leaders émerge lentement. Leur but est de construire un nouveau cadre pour la lutte palestinienne qui évite les erreurs du passé et permette d’obtenir la libération au cours de leur vie. Leur accès réussi à la direction exigera à la fois une prise en compte et une rupture avec un cycle qui bloque le changement.

Si l’on analyse le leadership palestinien ancien et actuel, on observe une trajectoire cyclique dans laquelle les membres de l'élite acquièrent d'abord la légitimité de diriger à travers une combinaison de structures traditionnelles et de soutien étranger. La légitimité du Grand Mufti de Jérusalem Amin Al-Husseini, par exemple, était fondée sur l'autorité religieuse et familiale et renforcée et institutionnalisée par l'Empire ottoman puis par le Mandat britannique. La légitimité d'Ahmed Shuqeiri a découlé de la Ligue arabe, de son statut éducatif et de ses liens familiaux, tandis que la légitimité du président Mahmoud Abbas fut fondée sur la loyauté des factions au sein du Fatah puis consolidée de manière significative par les États-Unis et Israël.

Ces dirigeants et les institutions qu'ils administrent ne répondent pas aux aspirations populaires, ce qui conduit à la stagnation et à la contestation publique. Cela précipite une lutte de pouvoir inter-palestinienne souvent intergénérationnelle et hautement destructrice. La lutte prend fin quand survient une tragédie nationale qui détruit ou unit les factions rivales. Au cours de ces moments historiques de chaos national, une nouvelle génération de dirigeants se lève, fascinant le public et engrangeant une légitimité révolutionnaire qui les propulse vers le sommet.

À chaque phase de ce cycle, les leaders en place adoptent le nouveau discours et cooptent des membres de la nouvelle génération ou maintiennent le statu quo via l'intervention de sponsors étrangers qui tuent ou arrêtent les insurgés. Un exemple de cette dynamique est la mort d'Izz Al-Din Al-Qassam, et plus tard des chefs de la révolte de 1936, que les Britanniques ont écrasé avec une grande brutalité. La conquête de l'OLP de Shuqeiri par Yasser Arafat dans les années 1960, dans laquelle Arafat a incorporé des membres de la nouvelle génération, en est un autre. De telles transitions ont également eu lieu au niveau local pendant la 1è Intifada, et avec la prise de contrôle progressive du Hamas à Gaza pendant et après la 2è Intifada (1).

La troisième phase de ce cycle voit l'émergence d'une classe technocratique, une génération de dirigeants qui tente de reconstruire ou de remplacer les institutions qui ont été détruites dans le conflit interne. Ces leaders sont ou se perçoivent comme des bâtisseurs d'institutions, et bien qu'ils atteignent rarement les sommets du pouvoir, ils peuvent acquérir une autorité importante. Ces bâtisseurs ont des conceptions diverses de redynamisation de la société, de la révolution au néolibéralisme. Les exemples incluent Khalil Al-Wazir, un des principaux fondateurs du Fatah qui a joué un rôle clé dans la lente reconstruction du mouvement national en Palestine après les échecs de l'OLP au Liban. Il a été assassiné par Israël en Tunisie pour son rôle dans la préparation du lancement de la 1è Intifada. Un autre exemple est Salam Fayyad, qui a suivi un processus néolibéral de renforcement des institutions soutenu par l'Occident en Palestine après la 2è Intifada. Indépendamment des tendances politiques de ces constructeurs, leurs efforts sont souvent de courte durée car ils tendent à entrer en conflit avec des structures de pouvoir plus profondément enracinées. Cette phase du cycle se termine souvent par un retour à la première phase, où un petit groupe d'élites soutenues par des forces extérieures, détient le contrôle.

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Aujourd'hui, ce cycle semble bloqué. Une direction palestinienne sclérosée a réussi à s'accrocher au pouvoir pendant plus de deux décennies. Le cadre institutionnel établi par les Accords d'Oslo - une Autorité Palestinienne (AP) sans autorité fournissant des services administratifs inadéquats, des emplois de bas niveau, et la sécurité à Israël - gouverne toujours une sous-catégorie de Palestiniens dans les Territoires Palestiniens Occupés.

L'AP est devenue une zone tampon entre les Palestiniens et l'occupation israélienne, une zone qui favorise largement l'occupation. Pendant ce temps, l'AP a transformé le paysage socioéconomique de la société palestinienne en augmentant les inégalités, en élargissant les divisions politiques et en essayant même de modifier le paysage médiatique et éducatif pour affaiblir toutes les formes de lutte efficace contre l'occupation. Les résultats de ces développements, combinés à la détérioration de la politique régionale au Moyen-Orient, ont amené les observateurs les plus avisés du conflit israélo-palestinien à conclure que la lutte palestinienne pour la liberté est dans le coma.

Mais il suffit de regarder un peu plus loin pour voir que quelque chose bouge. Une nouvelle génération de Palestiniens s'organise et prend de la force. Ils attendent le bon moment pour transformer le statu quo et créer l'élan qui mettra fin à l'occupation. L'establishment de la sécurité israélienne, bien qu'il ne comprenne pas complètement ces dynamiques, voit cela venir. Sinon pourquoi le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, interdirait-il le 'Mouvement des jeunes palestiniens' et le mettrait-il sur la liste des organisations terroristes? En fait, il n'y a pas d'organisation ou de groupe organisé appelé 'Mouvement de la jeunesse' sur le terrain en Palestine. Au contraire, le terme Al-Hirak Al-Shababi est le plus souvent utilisé pour désigner toute action sociale ou politique menée par des jeunes. Qu'est-ce qui effraie tant Lieberman? Pourquoi les renseignements généraux palestiniens ont-ils un dossier sur les 'activités menées par les jeunes' ?

Au cours des cinq dernières années, j'ai rencontré et parlé avec des milliers de jeunes Palestiniens à travers la Cisjordanie, la bande de Gaza et dans la diaspora. Dans chaque ville, ville et camp de réfugiés, des groupes de jeunes s'épanouissent. La plupart se concentrent sur des besoins très locaux et font du bénévolat. Ils semblent apolitiques et ne sont affiliés à aucune faction. Ces groupes échouent souvent, s'effondrent et utilisent ce qu'ils ont appris pour essayer quelque chose de nouveau. Leur croissance est tout sauf linéaire, mais leur apprentissage est exponentiel.

Les principales questions que se posent ces groupes sont:

- Que devons-nous faire pour avoir une vie meilleure?

- Quel est notre objectif ?

- Comment l'atteignons-nous ?

Ayant posé ces questions, il ne leur faut pas longtemps pour découvrir que l'occupation et l'AP en tant qu'organe dirigeant sont des obstacles sur leur chemin. La focalisation de cette génération sur l'action populaire et sa capacité à conceptualiser l'AP en tant qu'obstacle à un véritable mouvement de libération sont fondamentales pour son potentiel à transformer le modèle de leadership palestinien en stagnation.

En outre, de nombreux jeunes Palestiniens sont découragés par le statu quo. C'est très clair dans les universités palestiniennes, qui ont été transformées de phares de libération en usines de désenchantement. Jadis des foyers de la lutte politique palestinienne, les universités produisent aujourd'hui de jeunes hommes et femmes axés sur deux choses: un travail rémunéré ou une opportunité d'émigrer. Un doyen d'université avec qui j'ai parlé a défini son travail comme consistant simplement à former une main-d'œuvre pour l'économie de l'AP. Bien que les groupes de jeunes soient actifs sur les campus, les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie et les forces du Hamas à Gaza ont transformé la politique étudiante et la propagande électorale en l’ombre de ce qu'elles étaient autrefois, en s’assurant que les slogans superficiels et la peur l’emportent sur de véritables organisations des étudiants et l'espoir.

Cependant, malgré ces politiques répressives, la nouvelle génération n'a pas renoncé à son identité palestinienne ni à ses rêves de liberté. Beaucoup se préparent à entrer dans la lutte pour la libération sous le bon leadership: un dont ils peuvent faire partie et dans lequel ils peuvent avoir confiance. Cette nouvelle génération de leaders, qui tire parti des expériences du passé, a judicieusement choisi de travailler tranquillement, loin des projecteurs, et de se préparer patiemment pour le moment venu. 
Identifier ce moment cependant, sera difficile parce que trois conditions doivent être remplies : 

a) Redonner espoir: la rue palestinienne doit passer de l'aversion pour le risque à l'espoir qu'un avenir meilleur est possible

b) Dépasser le seuil de puissance: les jeunes doivent sentir qu'ils ont les ressources humaines et l'endurance nécessaires pour franchir les obstacles que l'AP et Israël peuvent mettre en travers de leur chemin 

c) Consolider l’opposition à l'occupation: étant donné que l'AP et son appareil de sécurité sont essentiels au maintien du statu quo, et qu’il faut éviter tous conflits internes palestiniens, les jeunes devront trouver un moment où l'occupation aura commis un acte si grave qu'ils pourront mobiliser de nombreux rangs de l'appareil dans la lutte contre l'occupation et à l’écart de la répression interne. Bien sûr, Israël et ses bailleurs de fonds feront de leur mieux pour s'assurer que ces conditions ne soient pas remplies, allant de tuer l'espoir à l'arrestation de dizaines de jeunes militants. Le seul moyen pour que ce moment se présente est que la société civile palestinienne et les jeunes activistes construisent leurs forces et développent leur conscience sociale.

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Comment ces jeunes vont-ils éviter les erreurs du passé et briser le cycle décrit ci-dessus? Pour qu'une nouvelle direction palestinienne réussisse, une culture de transparence, de responsabilisation et de retour d'information doit d'abord être créée au niveau local. Peu importe à quel point un leader est puissant, résilient et discipliné, et peu importe combien il aime son pays et son peuple, c’est un humain. Ce n'est qu'en développant une culture de reddition de comptes qu'une communauté peut produire des leaders capables de faire avancer la lutte. Bien que la Palestine ait eu beaucoup de dirigeants, aucun n'a maintenu autour de lui une culture qui ait aidé à former de nouveaux leaders et à assurer qu'ils restent responsabilisés. La création de cette culture ne se fait pas seulement par la législation ou les règles, ce doit être une pratique quotidienne.

Bien qu'il n'y ait pas assez de place ici pour détailler les pratiques nécessaires, certaines sont relativement simples. Par exemple, les leaders à tous les niveaux de la société, des groupes de bénévoles aux ministères, peuvent travailler avec leurs équipes pour proposer une vision claire de ce qu'ils veulent accomplir, définir les responsabilités et les résultats spécifiques de chaque personne et s'assurer que les leaders s'approprient leurs résultats et ceux de leurs équipes. Ils doivent permettre aux membres de l'équipe de faire des commentaires sur le processus dans un cadre ouvert, comme lors d'une réunion hebdomadaire où les missions sont décomptées et l'apprentissage est discuté de manière conviviale.

Dans un tel processus, le leader du groupe aide à s'assurer que l'équipe réalise sa vision dans un esprit d’unité et de collaboration. Finalement, cela garantit que chacun dans le groupe soit un leader parce que le leadership n'est pas formulé comme un processus à somme nulle.

Le processus peut ne pas toujours fonctionner parfaitement, mais les leçons apprises sont précieuses, y compris des leçons sur la manière dont l'ego de quelqu’un peut devenir un obstacle à la réalisation des objectifs de l'équipe. Plus important encore, les jeunes participants prennent conscience d'une méthode de travail d'équipe et de leadership qui transcende ce qu'ils voient dans la politique locale. Bien que cela puisse sembler être un cliché, il est néanmoins vrai que rien n'est plus percutant que de montrer l'exemple et d'apprendre par l'expérimentation.

Ces leaders conscients d’eux-mêmes et de leur culture de leadership transformateur se heurteront à l'environnement socio-économique et à l'élite politique établie et renforcée par les acteurs internationaux et Israël. Ce leadership basé sur le peuple, que ce soit directement ou indirectement, sera la cible d'une cooptation massive et, si cela échoue, d’assassinat. On peut affirmer que quand Israël 'tond l'herbe' à Gaza et que l'AP attaque les jeunes et les étudiants politisés en Cisjordanie, ils tentent de manière préventive de détruire les leaders en devenir.

Alors que certains soutiennent qu'une approche descendante de la réforme règlera les problèmes de leadership - en restructurant l'OLP, en obtenant une représentation et en organisant des élections, entre autres stratégies - les dynamiques socioéconomiques actuelles, la réalité de l'occupation et l'intervention internationale dans la politique palestinienne font de ces efforts à la réforme interne des cibles faciles pour la manipulation politique. C'est un changement authentique au niveau local qui peut résoudre le problème à sa racine et amener une transformation durable du leadership pour la société palestinienne. Si cette génération réussit, non seulement elle libèrera la nation, mais elle fera en sorte que l'avenir au-delà de la libération soit plus beau que ce que beaucoup d'entre nous peuvent imaginer aujourd'hui.

(1) Bien que les phases révolutionnaires de l'histoire palestinienne ne soient pas parvenues à la libération, elles marquent d'importants tournants dans la lutte, comme la solidification du discours anticolonial après 1936 et la montée d'un mouvement national plus indépendant après la prise de contrôle de l'OLP par le Fatah.

Fadi Quran -

07.06.18

Source: ISM