FREE PALESTINE

16 décembre 2017

Un vendredi de colère, de détermination et de répression sanglante: 4 morts, des centaines de blessés (vidéo)

Source: Externe

 

Ibrahim Abu Thoraya, 29 ans, avant d'être assassiné par les forces d'occupation à Gaza

 

Plus de 2.000 Palestiniens se sont rassemblés, à l'appel de toutes les factions palestiniennes, au checkpoint d'Huwwara, à la sortie de Naplouse, pour protester contre la décision de Donald Trump de faire de Jérusalem la capitale de l'entité sioniste "Israël".

Les forces de l'occupation ont sorti tout leur arsenal meurtrier pour les réprimer: balles réelles, balles caoutchouc-acier, grenades lacrymogènes, bombes assourdissantes et « skunk water »... De nombreux blessés et 3 Palestiniens arrêtés.

Des manifestations ont eu lieu dans toute la Cisjordanie occupée et à Gaza, toutes violemment réprimées par l’armée d’occupation: 4 Palestiniens ont été tués, les blessés se comptent par centaines et de nombreux jeunes ont été arrêtés.

Parmi les Palestiniens assassinés ce vendredi, Ibrahim Abu Thoraya, 29 ans, tué d’une balle dans la tête à Gaza. Ibrahim avait été amputé des deux jambes suite à ses blessures subis pendant une attaque de missile en 2008. L’armée d’occupation peut tirer sur des enfants ou des victimes de guerre, en toute impunité. 



Gaza également, le ministère de la Santé a annoncé la mort de Yassir Sokhar, 31 ans, habitant du quartier al-Shujaiyya, à l’est de Gaza-ville, tué pendant les protestations contre la décision de Trump sur Jérusalem.

En Cisjordanie occupée, Muhammad Amin Aqel al-Adam (18 ans) (photo ci-dessous) a succombé à ses blessures vendredi soir; il avait été blessé de plusieurs balles par les forces d’occupation à al-Bireh, près de Ramallah, après avoir tenté une attaque au couteau contre les soldats israéliens. Il était originaire de Beit Ula, dans le district d’Hébron.

Source: Externe

 

A Anata, dans le district de Jérusalem occupée, Bassel Mustafa Mohammad Ibrahim, 29 ans, a succombé à ses blessures après avoir été blessé par balles à la poitrine par les forces d’occupation.

Depuis une semaine, les Palestiniens se soulèvent dans tout le pays, Palestine '48 incluse. Les martyrs, les milliers de blessés et les centaines de prisonniers n’y changeront rien, Al-Quds est arabe et palestinienne et les Palestiniens se battront jusqu’au dernier pour défendre son identité.

Gaza, avant de mourir, le martyr Abou Thoraya a commenté les protestations qui secouent les territoires palestiniens: 

« Je voudrais dire à l’armée d’occupation que cette terre est la nôtre… Nous ne renoncerons pas… Les USA doivent révoquer leur décision (sur Al-Quds), nous sommes venus ici (ligne frontalière avec les territoires occupés) pour adresser un message à l’armée d’occupation sioniste, le peuple palestinien est un peuple puissant ».

15.12.17

Source: ISM-France

15 décembre 2017

Face aux derniers évènements d'une semaine chargée, quelques news en vrac

 Source: Externe

Le mouvement de la résistance du Hamas a commémoré jeudi le 30ème anniversaire de sa création intitulé "La résistance est notre décision et l'unité est notre choix", sur la place du  bataillon, à l'ouest de la ville de Gaza.

Des centaines de milliers de citoyens ont défilé en arrivant à la place du Festival depuis les heures du matin, portant les drapeaux de la Palestine et les bannières du Hamas, en tant que groupes de jeunes et sont allés à la cour du festival à pied, de Rafah à l'extrême sud de la bande de Gaza.
 
Une immense photographie de la ville de Jérusalem a été affichée sur la plate-forme principale du festival, célébrant l'expression « Jérusalem est la capitale de la Palestine », et montrant à côté un résistant des Brigades d'al-Qassam, portant le drapeau palestinien à une main et un fusil dans une autre.
Le Hamas fait montrer dans le festival une grande image du chef et fondateur le martyr cheikh Ahmed Yassine et un certain nombre de fondateurs défunts et vivants. 
Le Hamas a publié un communiqué sur l'anniversaire de son lancement, dans lequel il a confirmé son engagement dans le projet de la libération et de la résistance sous toutes ses formes, jusqu'à ce que chaque pouce de la terre de la Palestine soit libéré.
"Aujourd'hui, nous promettons à notre peuple la victoire et l'autonomie, et nous confirmons que l'ennemi devra payer très cher ses agressions commises contre notre peuple et que le moment du paiement s'est vraiment rapproché".
 
Le Hamas a renouvelé son appel à l'ensemble des factions palestiniennes de l'importance d'unir leurs efforts et d'assumer la responsabilité du pays en partenariat et consensus, sur la base de la protection des droits, de préserver les constantes et rejeter toutes les formes de coopération en matière de sécurité et de coordination avec l'ennemi occupant sioniste.

 

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Source: Externe

La Société du Croissant-Rouge palestinien a déclaré, mardi, que ses équipes ont soigné environ 1795 blessés dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem, depuis le « soulèvement de la liberté de Jérusalem », en réponse à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l'entité sioniste et le transfert de l'ambassade de son pays de Tel Aviv à Jérusalem.

Dans un communiqué de presse, la Société a indiqué que parmi les blessés, figurent 121 blessés par balles réelles, 346 par flashballs et 1239 cas d'asphyxie après l’inhalation du gaz lacrymogène.

En outre, 43 personnes ont été blessées après avoir été battues, 37 palestiniens ont été blessés par des bombes à gaz et 9 autres ont été blessées par des tirs d’obus dans la bande de Gaza, selon le même communiqué.

La plupart des villes palestiniennes ont été témoins, depuis jeudi dernier, de manifestations et d’affrontements entre les Palestiniens et l'armée d'occupation en Cisjordanie (y compris Jérusalem) et sur la ligne de séparation entre Gaza et les territoires palestiniens occupés, en rejet de la décision du président américain.

La décision a conduit à une vague de condamnations et de protestations continues dans de nombreux pays arabes, islamiques et occidentaux, au milieu des avertissements des répercussions sur la stabilité du Moyen-Orient.

 

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Source: Externe

Les Forces d'Occupation Israéliennes ont arrêté 300 Palestiniens lors des manifestations qui ont balayé les territoires palestiniens occupés la semaine dernière après la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël, ont documenté des sources de droits.

La plupart des détenus ont été soumis à des attaques brutales lors de leur arrestation par les soldats de l'occupation, a indiqué le comité palestinien pour les études sur les prisonniers.

Un certain nombre de détenus ont été enlevés par des policiers israéliens infiltrés qui se sont déguisés en jeunes Palestiniens en portant des masques et des keffiehs et se sont glissés parmi les manifestants.

Des mineurs âgés entre 12 et 17 ans figurent parmi les arrestations signalées, ont ajouté les sources.

A Jérusalem occupée, 95 Palestiniens ont été détenus, dont trois femmes et 44 mineurs.

L'avocat Hassan al-Sheikh a souligné que la prison d'Ofer a reçu au cours de la semaine dernière 48 mineurs souffrant de différentes blessures.

 

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Source: Externe

Enhardi par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président américain Donald Trump, le gouvernement israélien envisage d'aller de l'avant avec ses plans colonialistes en construisant 14 000 nouveaux logements dans la ville.

Selon le projet, initié par le ministre israélien du logement Yoav Galant, 5 000 habitations seraient construites dans les parties nord de la ville et juste à l'extérieur de Ramallah, ont rapporté les médias israéliens jeudi soir.

Il y aura 1 000 logements construits à Jérusalem-Est, tandis que les 8 000 restants seraient construits dans les quartiers ouest de la ville.

Trump a annoncé la ville comme la capitale d'Israël mercredi et a déclaré qu'il allait déménager l'ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, une mesure qui a attisé la colère des Palestiniens et de leurs soutiens autour du monde.

« Suite à la déclaration historique du président Trump, j'ai l'intention d'avancer et de renforcer la construction (coloniale) à Jérusalem », a assuré Galant.

« Il n'y a plus d'excuses, il n'y a pas d'autres raisons pour lesquelles nous ne devrions pas construire en ville, quand le président des Etats-Unis la considère comme la capitale incontestée d'Israël », ont déclaré d'autres membres du gouvernement israéliens selon des médias israéliens.

Une grande partie de la communauté internationale considère les colonies israéliennes comme illégales car ces territoires ont été occupés par Israël lors de la guerre des Six Jours de 1967, et ils sont depuis soumis aux Conventions de Genève, qui interdisent la construction sur les territoires occupés.

Le mois dernier, l'Union européenne a exhorté le régime israélien à mettre un terme aux projets de construction de nouvelles colonies de peuplement en Cisjordanie occupée, avertissant que de telles mesures compromettent les efforts de paix.

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15.12.17


Source & @Copyright: Le Centre Palestinien D'Information

 

14 décembre 2017

Voyez le courage de l'armée la plus "morale du monde" (c'est elle qui le dit!)

Source: Externe

 

Loin d'oser s'en prendre à de vraies forces militaires, les valeureux rambos israéliens affrontent en nombre... des enfants! (NDLR)

 

 

La tension a grimpé suite à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d’Israël, le 6 décembre. Fawzi al-Junaïdi, ce garçon de 14 ans arrêté, les yeux bandés, par 23 soldats israéliens, est devenu le symbole de la résistance.

L’oncle de Fawzi, Rachad al-Junaïdi, a appelé les organisations internationales des droits de l’homme à la libération de son neveu.

Il a déclaré que Fawzi a été arrêté par les soldats israéliens près du checkpoint militaire situé devant la colonie juive de Kiryat Arba à Al-Khalil sous occupation lors des événements qui ont éclaté jeudi. Il a ajouté que le garçon avait été transféré à la prison militaire d’Ofer à l’ouest de Ramallah.

"Les parents de mon neveu Fawzi al-Junaïdi, battu par les soldats israéliens qui lui ont ensuite bandé les yeux, sont trop malades pour pouvoir parler devant les caméras, je m'exprime donc à leur place" a déclaré son oncle, Rachad al-Junaïdi. 

L’oncle a appelé à une intervention d’urgence des organisations internationales des droits de l’homme pour la libération de son neveu.

Fawzi est l’aîné d’une famille de sept enfants, il est le seul à apporter un revenu à la maison. Son oncle a précisé qu’il gagne son pain en trouvant de l’emploi dans des postes de travail journalier.

"Fawzi n’a pas pu aller à l’école. Il a été contraint d’abandonner l’école pour nourrir sa famille. Son père est alité en raison d’une fracture au pied droit, sa mère est atteinte d’une maladie incurable" a-t-il expliqué.

Le photoreporter de l’Agence Anadolu, Visam Al-Heshlemun, avait pris en photo l’arrestation de Fawzi, yeux bandés, par 23 soldats israéliens.

"L’unité militaire composée d’environ 50 hommes a tendu une embuscade aux lanceurs de pierres dans la région de Bab el-Zawiya en plein centre d’al-Khalil. Lorsque Fawzi est passé par cet endroit, les soldats lui ont sauté dessus et ont commencé à le battre violemment. Les soldats se sont acharnés sur le garçon et marchaient sur ses pieds. Ils l’ont ensuite relevé, lui ont bandé les yeux, et l’ont placé en garde à vue", a-t-il témoigné.

Le président de la République, Recep Tayyip Erdogan, avait sévèrement réagi à l’interpellation de ce garçon de 14 ans, les yeux bandés, au cours d’une adresse faite aux habitants de Sivas en fin de semaine.

12.12.17

Source: TRT-Français

13 décembre 2017

L’UE reconnaît déjà la souveraineté israélienne sur Jérusalem, mais plus discrètement que Trump

Source: Externe

Les téléspectateurs qui regardaient la session d’urgence télévisée du Conseil de sécurité des Nations-Unies vendredi peuvent être pardonnés d’avoir pensé que le représentant de l’Autorité palestinienne (AP) aux Nations-Unies essayait de soumettre l’ambassadeur israélien avec son discours.

La réunion avec été convoquée suite à la scandaleuse décision du Président US Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

L’homme de l’AP à New York, Riyad Mansour, s’est prononcé contre la décision US en lisant des réflexions toutes préparées, qui ressemblaient plus à un essai académique qu’au discours approprié pour un tel moment historique.

Il a fait la liste de ces décennies de résolutions et de déclarations des Nations-Unies qui stipulent que Jérusalem-Est devait être la capitale du futur État palestinien, avec la capitale israélienne à Jérusalem-Ouest – la solution à deux États promise depuis longtemps.

La liste de Mansour était en fait bien trop longue sur le papier. Et les représentants de l’AP sont totalement de mauvaise foi quand ils affirment aujourd’hui que la décision de Trump sape le rôle des USA en tant que « médiateur sincère » entre les « deux côtés » : le gouvernement US s’est toujours rangé du côté d’Israël.

Et cet alignement a été particulièrement puissant depuis la guerre de 1967 quand Israël a attaqué ses voisins et qu’il a englouti le reste des 22 % de la terre palestinienne, provoquant une nouvelle vague de réfugiés et ces cinquante années de l’occupation militaire (de la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, de Gaza, et du plateau syrien du Golan) qui perdure encore aujourd’hui.

Depuis cette guerre, ce sont des milliards de dollars d’aide militaire que les États-Unis ont envoyés à Israël.

Le soutien populaire existant aux États-Unis en faveur d’Israël est le résultat de deux facteurs importants : le fondamentalisme religieux sous la forme du sionisme chrétien radical, et la masse d’argent du lobby pro-Israël qui provient de donateurs sionistes fanatiques, tels que le magnat des casinos Sheldon Adelson, qui a financé la campagne électorale de Trump.

C’est une combinaison de raisons impérialistes et religieuses. Le colonialisme israélien dans la terre occupée de Palestine est considéré par les dirigeants occidentaux beaucoup comme une « villa dans la jungle », encerclée par les « bêtes sauvages » du monde arabe – comme les racistes israéliens (tant du Parti travailliste que du Likoud) le déclarent souvent.

En tant que telle, la crainte manifestée en ce moment contre Trump par ces dirigeants européens qui se lamentent des dommages causés à un processus de paix inexistant est totalement hypocrite. En réalité, la nouvelle politique de Trump pour Jérusalem n’est qu’une forme plus ouverte de la même politique nuisible que l’Union européenne mène en pratique depuis de nombreuses années.

Bien qu’elle ait exprimé à maintes reprises ses « préoccupations » au sujet de l’expansion des colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie, l’UE, dans les faits, encourage le nettoyage ethnique qui se poursuit contre le peuple palestinien.

Elle soutient et même finance Israël à raison de millions d’euros avec des programmes comme Horizon 2000, lequel finance la recherche de haute technologie israélienne, en donnant de l’argent des contribuables européens au régime d’apartheid et aux fabricants d’armes qui « testent en réel » leurs armes sur les civils palestiniens.

Et comme mon collègue de The Electronic Intifada, David Cronin, l’a souligné récemment, « Le ministère des Sciences d’Israël est l’un des principaux organismes qui coordonnent l’implication de cet État dans Horizon 2000. Le ministère des Sciences n’est pas basé à l’intérieur de ce qui est Israël actuellement. Ses principaux bureaux sont au contraire installés dans Jérusalem-Est occupée ».

Ce qui fait qu’en pratique, l’UE reconnaît déjà une souveraineté israélienne sur Jérusalem, mais elle le fait bien plus discrètement que Trump. C’est une reconnaissance silencieuse. Ces sortes d’expressions de consternation envers Trump me paraissent – à moi – davantage comme une préoccupation devant le fait qu’il est ouvertement et fièrement en train de reconnaître Israël, et qu’il attire ainsi l’attention du grand public sur la politique injuste, malhonnête, et finalement impopulaire, de l’UE.

En réalité, l’UE est si « préoccupée » par Israël qu’elle a décidé de récompenser Netanyahu avec de nouvelles rencontres à un plus haut niveau ce dimanche, avec le Président français Emmanuel Macron, et plus tard, avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE. 

Les expressions stériles à long terme de l’UE sur sa préoccupation à propos du nettoyage ethnique qu’Israël poursuit contre les Palestiniens en les chassant de Jérusalem-Est et du reste de la Cisjordanie occupée, ces expressions ne sont en réalité qu’une couverture diplomatique qui agit comme le revers de la médaille du soutien plus ouvert des USA à Israël – une chose qui date de bien avant Trump (des politiciens démocrates, après tout, ont eux aussi exprimé leur soutien à l’annexion de Jérusalem décidée par Trump -, voilà pour « La Résistance »).

Il s’agit d’une sorte de routine à la gentil et au méchant. Mais c’est tout un jeu destiné à détourner l’attention loin du soutien réel et pratique que les dirigeants occidentaux octroient à Israël. Aussi longtemps que l’UE et ses États membres refuseront de prendre des mesures concrètes contre l’agression, l’apartheid et le nettoyage ethnique israéliens, Israël continuera ses crimes contre le peuple palestinien.

À tout le moins, une telle action signifierait de cesser de vendre des armes à Israël et de cesser de donner gracieusement des masses d’argent aux fabricants d’armes israéliens.

Asa Winstanley -

11.12.17

Journaliste d’investigation qui vit à Londres, il écrit sur la Palestine et le M-O. Il se rend en Palestine depuis 2004 et est originaire du sud du Pays de Galles. Écrit pour le site d’informations primé palestinien The Electronic Intifada où il est rédacteur en chef adjoint, et est également chroniqueur pour Middle East Monitor.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Middle East Monitor

12 décembre 2017

Le spectacle de Palestine

Source: Externe

Vendredi, la Porte de Damas était pleine de journalistes fin prêts, caméras en mains, à capturer le premier des affrontements pour transmettre au monde des informations depuis « la Ville Sainte ».

 
Les Palestiniens, dont beaucoup venaient des prières de midi à Al-Aqsa, se sont rassemblés pour protester contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis. Leur colère et leur frustration vis-à-vis de la déclaration de Trump, qui rompt avec la norme internationale – vient du fait que Jérusalem occupe une place importante dans les cœurs et les esprits des Palestiniens du monde entier. D’un point de vue historique, Jérusalem était la capitale de la Palestine, et aujourd’hui Jérusalem-Est occupée est reconnue comme la capitale d’un futur Etat palestinien.

Pour changer, au lieu de les voir comme une séance de prises de vue, il faut comprendre et respecter la colère et la frustration des Palestiniens dans le contexte: Israël colonise la Palestine – y compris Jérusalem – depuis 1948 et la déclaration de Trump donne simplement à Israël les coudées encore plus franches pour poursuivre son projet de colonisation de peuplement.

En 1948, les forces sionistes ont occupé Jérusalem-Ouest et, en 1967, Israël a occupé la Cisjordanie, la Bande de Gaza et les hauteurs du Golan, et a annexé de force Jérusalem-Est. La communauté internationale a condamné cette dernière initiative et continue de la condamner aujourd'hui. 

En 1980, lorsqu'Israël a adopté une loi déclarant que Jérusalem entière était sa capitale indivise, le Conseil de sécurité de l'ONU l'a déclarée "nulle et non avenue". Jérusalem-Est continue d'être reconnue comme faisant partie de la Cisjordanie occupée où tout changement allant au-delà de ce qui est nécessaire pour maintenir l'ordre public et pourvoir aux droits et aux besoins de la population civile palestinienne est illégal en vertu de la IVe Convention de Genève. En tant que tel, aucun pays au monde ne reconnaît la souveraineté israélienne sur Jérusalem (à l'exception de la Russie, qui a récemment déclaré qu'elle considérerait Jérusalem-Ouest comme la capitale d'Israël dans le cadre d'un accord de paix). C’est pourquoi les ambassades sont situées à Tel Aviv.

 

La dernière initiative de Donald Trump s’est attiré la désapprobation des échelons politiques et diplomatiques mondiaux, le président turc Recep Tayyip Erdogan déclarant que les Etats-Unis avaient franchi une "ligne rouge". En effet, une grande partie des médias mondiaux ont averti que la déclaration de Trump était une provocation et déclencherait la violence tout en faisant dérailler le processus de paix.

Pourtant, ce n'est pas une situation nouvelle: la violence a lieu en Palestine depuis le début de la colonisation sioniste. L'annexion de Jérusalem par Israël, qui a causé la destruction lente mais continue de la vie sociale, économique et politique palestinienne dans la ville, a facilité cette violence. Le projet plus large des colons israéliens dans le reste de la Palestine historique a également eu des conséquences horribles pour les Palestiniens. Beaucoup ont vu leurs maisons démolies, des membres de leur famille emprisonnés ou tués et tous les aspects de leur mobilité contrôlés. Pour les Palestiniens, la « ligne rouge » a été franchie il y a des décennies, et c'est pourquoi ils sont descendus dans la rue, pas simplement à cause de ce dernier geste politique. De même, parler de déraillement du processus de paix actuel est une absurdité: il était mort depuis sa création. Le processus de paix d'Oslo a été conçu pour enraciner l'occupation et la ghettoïsation des Palestiniens dans les bantoustans tout en présentant une façade de construction de l'État et des pas vers la souveraineté palestinienne. En somme, c'était un écran de fumée pour la colonisation de la Palestine par les colons israéliens. 

Alors que de nombreux Palestiniens et leurs alliés ont réalisé cela au cours des deux dernières décennies, ils ont été systématiquement réduits au silence et écartés à la fois extérieurement et intérieurement. L'opposition et la condamnation par l’essentiel de la communauté internationale à la déclaration de Trump non seulement manquent de poids mais est également marquée par l'hypocrisie. La colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie, qui ont commencé il y a 50 ans, a été implacable, tout comme la violation des droits de l'homme palestiniens.

Le monde regarde à travers l'objectif d'une caméra, en secouant la tête et en insistant pour que les Palestiniens ne recourent pas à la violence mais restent plutôt attachés à la solution à deux Etats. Pendant ce temps, Israël continue d’entretenir des relations diplomatiques normales avec la plupart des pays du monde. C'est le spectacle de la Palestine. Maintenant, après des décennies d'inaction mondiale et un sceau d'approbation des États-Unis, Israël est encouragé à accélérer sa colonisation et son annexion encore plus profonde en Cisjordanie. 

Au cours des derniers jours, à l'occasion du 30è anniversaire de la Première Intifada, les Palestiniens ont protesté une fois de plus pour réclamer leurs droits humains fondamentaux. La réponse globale qu'ils méritent est simple: sanctionner l'Etat d'Israël pour sa violation flagrante du droit international et des droits de l'homme et écouter les voix palestiniennes qui ont été si longtemps réduites au silence par les élites politiques. 

 

En attendant, nous, Palestiniens, nous trouvons à un moment opportun pour changer nos destins, écrits et déterminés pour nous pendant plus d'un siècle. Nous devons exiger de nos dirigeants politiques qu'ils mettent fin à leur coordination avec l'occupation israélienne et abandonnent le processus de paix d'Oslo. Et nous devons insister pour qu'ils défendent enfin les droits de tous les Palestiniens, qu'ils soient sous occupation militaire, en état de siège, en exil ou dans l'Etat d'Israël d'apartheid. Alors seulement ce spectacle prendra fin.

Yara Hawari est chargée de politique palestinienne à Al-Shabaka, le Réseau politique palestinien.

10.12.17

Source: Al Jazeera

Traduction : MR pour ISM

DERNIÈRE MINUTE, A VOIR:


 https://youtu.be/w7LTcX044Qg

11 décembre 2017

Jérusalem : la décision de D. Trump, un acte hostile, pas une surprise

Source: Externe

Pour tout observateur attentif à l’évolution de la situation dans le monde, la décision du président D. Trump concernant la ville de Jérusalem est un acte hostile envers le monde arabo-musulman, mais ne constitue en aucun cas une surprise ! Au contraire, elle confirme que le président américain applique son programme et tient ses promesses de campagne présidentielle.

En tant que militant de la cause Palestinienne, je pense même que cette décision a un avantage majeur: elle clarifie une fois pour toutes la position américaine pour ceux qui faisaient encore semblant de l’ignorer en feignant de penser que les USA étaient garants de neutralité, ce qu’ils n’ont jamais été tout au long de leurs interventions dans cette guerre coloniale au profit d’Israël, quels que soient les agissements de ce dernier.

Et dès lors, suite à cette décision, terminé le moribond « processus de paix » avec en point de mire, l’établissement de « deux Etats » se partageant Jérusalem comme capitale ; terminées les négociations autour des miettes dont la Palestine devait se contenter pour la création de son Etat parcellaire ; terminés le « quartet » insipide, inodore et incolore, ainsi que les ballets diplomatiques ne brassant que du vent et des bonnes intentions, se résumant toujours au même mantra des « deux Etats » ; terminés les plans foireux dont les Palestiniens font systématiquement les frais, le payant de plus en plus cher. La décision de D. Trump remet les pendules à zéro et a l’avantage de faire table rase d’une situation inextricable où chacun se regardait comme chien de faïence, accusant l’autre de blocage, sans que l’on puisse pointer la moindre avancée dans cette guerre d’usure, sauf au profit flagrant et incontestable de l’idéologie sioniste qui n’a cessé de progresser.

Pour ceux qui l’ignorent, je rappelle qu’en 1995, le Congrès américain avait déjà adopté le Jerusalem Embassy Act appelant les États-Unis à déménager l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, « capitale de l’État d’Israël ». Cette loi, contraignante pour le gouvernement américain, était flanquée d’une clause permettant aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont systématiquement utilisé la clause chaque semestre. Et D. Trump l’a utilisée une fois. Jugeant qu’aujourd’hui, il était temps d’arrêter la mascarade, et d’appliquer la loi de 1995.

Quelles retombées au niveau international ?

Les pays arabes ou à majorité musulmane tempêtent à grand renfort de déclarations et de menaces plus alarmistes les unes que les autres. Dans les faits, on verra… d’autant que pour tenter de déminer le terrain Ysrael Katz, ministre israélien du renseignement, a lâché que cette décision avait été prise en coordination avec certains pays arabes dont l’Arabie saoudite, de quoi tempérer quelque peu la colère montante… Info ou intox, les prochains jours/semaines nous le diront.

Dans les pays traditionnellement alliés des USA, les gouvernements ont fait part de leurs réticences voire pour certains de leur réprobation. Dans les faits, on verra… d’autant qu’en France – le gouvernement le plus « sionisé » d’Europe – le CRIF[1] a déjà encouragé le président Macron à suivre l’exemple des USA, le député FN G. Collard a fustigé E. Macron le traitant de « mauviette » de ne pas avoir le courage de suivre l’exemple américain, et B. Netanyahu doit rencontrer le président français ce lundi 11 décembre… Là aussi, les prochains jours/semaines nous indiqueront ce qu’il en est.

Dans tous les cas, s’inscrivant à l’encontre du Droit international et des multiples Résolutions de l’ONU sur le sujet, cette déclaration tombe comme un aveu d’échec de ces derniers, même si cette décision n’a dès lors aucune valeur juridique.

A ce jour, qui réagira vraiment ?

Une fois de plus, c’est la rue palestinienne qui va payer le prix fort. Elle est, et restera seule, à s’insurger en pratique contre cette décision, encouragée par les autorités du Fatah et du Hamas ainsi que la plupart des dirigeants des pays arabo-musulmans multipliant harangues et menaces, et poussant au soulèvement. Eux-mêmes ne descendront pas dans la rue, préférant y envoyer leur jeunesse. Ainsi, comme dans n’importe quel pays, chacun peut voir et comprendre que le drame des peuples sont vraiment leurs dirigeants !

Chez nous, on verra sans doute quelques habituelles manifestations, un peu plus agitées peut-être… mais comme souvent, sans lendemain au niveau des responsables de gouvernements, seuls à même de pouvoir prendre des sanctions envers une décision qui va à l’encontre du Droit international qu’ils prétendent défendre. Hélas, quantité de situations préalables ont déjà démontré à quel point ces politiciens sont dépourvus de tout courage et du minimum de sens moral. Ainsi, je le répète, les seuls à se soulever avec la colère et la détermination qui conviennent seront les Palestiniens, comme toujours, jeunes pour la plupart, qui une fois encore payeront de leur vie une décision prise à l’autre bout de la planète, par une administration arrogante et sûre de pouvoir faire la pluie et le beau temps en fonction de ses intérêts coloniaux.

A court terme

Il y a néanmoins dans ce « jour historique » comme l’a désigné B. Netanyahu – et il a probablement toutes les raisons de le penser et de le proclamer, n’hésitant pas à affirmer que d’ici peu, d’autres pays emboiteront le pas aux USA – d’autres menaces : 1/. que cette reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu ouvre la voie royale pour imposer dans la foulée, une reconnaissance de facto de l’Etat israélien comme Etat juif. En effet, si la capitale l’est, pourquoi le pays tout entier ne le serait-il pas ?! D. Trump ayant déclaré au cours de son intervention qu’en tant qu’Etat souverain, Israël avait le droit de déterminer quelle serait sa capitale. Plus clair que cela… On attend donc la suite.

L’Etat sioniste sous la direction de B. Netanyahu a lamentablement échoué dans ses tentatives de renversement du gouvernement syrien. Il est, avec les USA et l’alliance occidentale, l’un des grands perdants de la longue guerre menée en Syrie. Tous ses plans et manigances se sont retournés contre lui, il fallait bien que le 1er ministre ait quelque chose à présenter au pays pour tenter de sauver sa peau, d’autant qu’il est empêtré, lui aussi, dans des affaires de corruption. De même pour D. Trump malmené dans plusieurs dossiers et qui se devait de redorer son blason aux yeux d’une large partie de son électorat, les chrétiens-évangélistes, puissant lobby souvent plus sioniste que les juifs eux-mêmes. Voilà qui est fait, dans les deux cas.

A moyen terme

Si cette première étape réussit, et que dans quelques mois nous assistons comme le prédit Netanyahu à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par d’autres Etats, l’étape suivante risque bien d’être celle-ci : 2/. sous prétexte de fouilles archéologiques, la découverte de n’importe quel caillou présenté comme vestige du Temple de Salomon qui autoriserait alors la démolition de la mosquée al-Aqsa déjà menacée régulièrement, sous allégation de lieu saint hébraïque, et son remplacement par le nouveau Temple que les sionistes les plus exaltés rêvent de reconstruire à sa place, préfigurant pour ces « fous de Dieu » la venue tant attendue de leur Messie, ramenant ainsi un problème strictement politique sur le terrain du religieux, piège à cons de tous ceux qui ne comprennent rien à ce dossier.

Cela entraînera là encore des hurlements de colère, des protestations en tous genres, des menaces verbales et une vive réprobation venant des quatre coins de la planète, avec à coup sûr, des poussées de violences imprévisibles et inégalées… qu’essuiera en première ligne le peuple palestinien, mais l’Etat sioniste poursuivra comme il le fait depuis toujours, le déroulement de ses plans que personne jusqu’à présent, n’est parvenu à arrêter ni même enrayer.

Ensuite, 3/. même à travers des violences devenues coutumières, ce qui reste de la Palestine tombera – à l’exception de Gaza – dans l’escarcelle de l’Etat israélien, et l’idéologie sioniste en ressortira plus que victorieuse. Elle aura quasiment atteint ses objectifs, même si l’un ou l’autre îlot sera laissé comme os à ronger à une population épuisée et exsangue d’avoir lutté contre vents et marées des décennies durant, encagée dans des conditions concentrationnaires à Gaza. Sous le regard désormais impuissant, contrit mais hypocrite et combien coupable de nos « démocraties » et du « Droit international » incapables d’arrêter la fuite en avant de ce qu’ils auront non seulement toléré trop longtemps mais dont ils se seront rendus complices à de multiples occasions.L’ONU déjà chancelante en sera encore plus fragilisée et son devenir même risque d’en être hypothéqué. Les USA de D. Trump se sont retirés de plusieurs organisations internationales. Certains pays pourraient envisager de sortir d’une ONU qui n’aurait plus aucun pouvoir sinon de se coucher devant les plus forts et donc, n’aurait plus aucune légitimité ni raison d’être, en tous cas, sous sa forme actuelle.

A long terme

Mais, tout le monde sait que les électeurs ont la fâcheuse tendance à avoir la mémoire courte. Et ce qui est présenté aujourd’hui comme un « jour historique » me semble contenir tous les ingrédients pour que ce jour se retourne de manière inattendue en ténèbres contre ceux qui l’ont provoqué et encensé. Comme l’écrivent très justement deux journalistes d’al Jazeera : « Jérusalem ne sera jamais la capitale israélienne » ( http://chroniquepalestine.com/jerusalem-sera-jamais-capitale-israelienne/). Et les vrais résistants ne se couchent jamais. Que du contraire, plus l’injustice prévaut, plus celle-ci alimente leur détermination. L’apparent cadeau que vient de faire l’administration américaine au gouvernement Netanyahu est un cadeau pourri. Et aussi bien les USA qu’Israël seront perdants, s’entraînant mutuellement dans leur chute. Ce n’est qu’un épisode de plus dans la dérive actuelle, mais Jérusalem et la Palestine retrouveront plus tôt que tard, leur statut initial de ville et de pays arabe, où toutes les communautés présentes sur le territoire y jouiront comme avant de la liberté de vivre leur culte, dans le respect des autres, comme dans tout pays moderne, tourné vers l’avenir et animé d’une justice équitable pour tous ses citoyens, et non pour une partie d’entre eux.

En attendant, par sa funeste alliance avec l’occupant terroriste israélien l’administration américaine n’a fait qu’ajouter de l’huile sur un Moyen-Orient qu’ils ont déjà amplement enflammé. Et les jours/semaines qui suivent risquent d’aboutir à un nouvel embrasement – il est question d’une 4è Intifada – dont la colonie sioniste ne doit pas penser qu’elle sortira indemne, la résistance arabe s’étant considérablement renforcée ces dernières années. Et la rue arabe est plus que jamais unie face à cette décision qu’elle considère, à juste titre, comme une déclaration de guerre. Et en temps de guerre, ce sont les armes qui parlent ! A terme donc, cette décision hostile sera comme l’écrivent certains, les portes ouvertes de l’enfer qui engloutiront la colonie israélienne la faisant payer enfin pour ses multiples crimes et leur inadmissible impunité.

Daniel Vanhove –

09.12.17



[1] Conseil représentatif des juifs de France

09 décembre 2017

Statut de Jérusalem: pour la résistance palestinienne, la décision américaine est une « déclaration de guerre »

Source: Externe

Ismaïl Haniya a déclaré jeudi dans la ville de Gaza que la reconnaissance du président américain Donald Trump avait « tué » le processus de paix israélo-palestinien.

« Cette décision a tué le processus de paix, a tué l’accord d’Oslo, a tué le processus de négociation », a-t-il dit.

« La décision américaine est une agression, une déclaration de guerre contre nous, contre les sanctuaires musulmans et chrétiens les plus sacrés au cœur de la Palestine, Jérusalem. »

« Nous devrions nous activer pour le lancement d’une Intifada face à l’ennemi sioniste », a déclaré Haniya.

Quelques heures après son discours, les manifestants palestiniens sont descendus dans les rues des villes occupées de Cisjordanie, y compris Ramallah, Hébron et Naplouse, ainsi que dans la bande de Gaza, pour exprimer leur frustration face à la décision américaine.

Haniya a aussi souligné le fait que les Palestiniens voient Jérusalem comme une ville unie et la capitale de leur futur État.

« Jérusalem, toute Jérusalem, est à nous », a-t-il rappelé.

« Nous sommes ici aujourd’hui à un moment critique de l’histoire de la question palestinienne et le cœur de la question est Jérusalem, un point critique de l’histoire des nations arabes et musulmanes suite à la décision provocatrice, la décision injuste adoptée par l’administration américaine. »

Il a appelé toutes les organisations palestiniennes à s’unir rapidement « afin d’adopter une stratégie pour affronter l’occupation et les politiques de l’administration américaine à l’intérieur des Territoires palestiniens ».

« Nous demandons, nous exigeons et nous insistons sur la nécessité de réorganiser la scène palestinienne pour faire face à ce complot dangereux et pour mettre clairement nos priorités sur cette décision provocatrice, cette décision injuste », a-t-il dit.

Avertissements ignorés

Trump, ignorant les avertissements de la communauté internationale, a annoncé mercredi que les États-Unis reconnaissaient officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël et commenceraient à déplacer leur ambassade dans la ville, rompant avec les décennies de politique américaine.

Jeudi, Mustafa Barghouti, le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, s’entretenant avec Al Jazeera de Ramallah, a déclaré que Trump « se joignait à Israël dans les crimes de guerre et confirmait l’annexion des territoires palestiniens occupés ».

« J’espère que l’Autorité palestinienne n’acceptera plus de rencontrer cette équipe américaine », a-t-il déclaré.

« Israël a décidé qu’il voulait tout. Ils veulent tout ? Très bien… Alors nous nous battrons pour tout », a-t-il déclaré.

« Nous devrons parler d’un grand soulèvement populaire mais non violent, semblable à la première Intifada, c’est ce dont nous avons besoin: les Israéliens devraient voir la résistance palestinienne partout ».

07.12.17

Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine

08 décembre 2017

Plus que jamais: rejeter tout accord avec un État criminel !

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07 décembre 2017

La réponse palestinienne à l’annonce des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël

Source: Externe

L’initiative illégale et anti-palestinienne de l’administration Trump inverse des décennies de politique officielle étatsunienne concernant Jérusalem et contredit le consensus international. La politique de Trump sur la Palestine souligne qu’il est plus que temps que le monde fasse concrètement pression sur Israël pour qu’il respecte les droits des Palestiniens en soutenant notre lutte pour nos droits et notre dignité. (...)

Le Comité National BDS palestinien (BNC), la plus grande coalition de la société civile palestinienne, dirige le mouvement mondial de BDS pour les droits des Palestiniens, a déclaré :

Le projet déclaré du président étatsunien Donald Trump de reconnaître Jérusalem occupée comme la “capitale d’Israël” est une tentative épouvantable de la part d’une administration étatsunienne xénophobe et raciste, dont la propre légitimité est au mieux précaire, de donner une légitimité au contrôle illégal de la ville par Israël. L’initiative illégale et anti-palestinienne de l’administration Trump inverse des décennies de politique officielle étatsunienne concernant Jérusalem et contredit le consensus international.

Les Palestinien.ne.s, soutenu.e.s par l’absolue majorité du monde arabe et par des millions de personnes de conscience à travers le monde, n’accepteront pas cette dernière soumission au programme extrémiste d’Israël. Nous devons persister à obtenir nos droits prévus par l’ONU et à mettre fin au régime d’occupation, au colonialisme de peuplement et à l’apartheid israéliens grâce à la résistance populaire et au mouvement international de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Comme Dr. Hanan Ashrawi, s’exprimant pour l’Organisation de Libération de la Palestine, l’a dit, l’administration Trump “est en train de saper l’état de droit international, ainsi que la réputation, la sécurité et les intérêts américains à travers le monde.”

Cette reconnaissance serait, jusqu’alors, la forme de complicité la plus grave de l’administration au renforcement du régime d’apartheid israélien à Jérusalem et à l’accélération de son nettoyage ethnique des indigènes Palestiniens de leur ville.

Cela encourage le gouvernement israélien et les colons illégaux à voler et à détruire davantage de maisons palestiniennes, à exproprier davantage de terre palestinienne et à révoquer les droits davantage de Palestiniens qui sont chez eux à Jérusalem.

Cette dernière initiative de l’administration Trump encourage également Israël à continuer d’empêcher la plupart des Palestiniens des territoires occupés d’entrer dans Jérusalem occupée, y compris pour nous rendre sur nos lieux saints musulmans et chrétiens dans la Vieille Ville, rendre visite à nos familles et amis, avoir accès à des soins médicaux, et faire des affaires. Cette initiative rend légitime la séparation de nombreux Palestiniens de l’un de leurs cœurs culturels, spirituels et politiques.

Cela démontre encore davantage les liens étroits et la vision fanatique du monde entre l’actuelle et irrationnelle administration étatsunienne et son homologue israélienne d’extrême droite. Les deux administrations incitent au racisme et à la xénophobie, et les exploitent et craignent pour leurs intérêts politiques. Cela alimente également la croyance des Israéliens d’extrême droite, y compris les représentant.e.s du gouvernement, qu’ils peuvent continuer de régner indéfiniment sur des millions de Palestinien.ne.s sans leur accorder liberté ni droit.

La politique de Trump sur la Palestine souligne l’importance vitale du mouvement BDS pour obtenir la liberté, la justice et l’égalité des Palestinien.ne.s.

Pendant des décennies, les Etats-Unis ont soutenu, excusé et préservé Israël de rendre des comptes pour sa politique de nettoyage ethnique des Palestinien.ne.s, volant notre terre pour y construire des colonies réservées aux Juifs, et niant aux Palestiniens leurs droits devant le droit international à Jérusalem et ailleurs.

Alors qu’il s’engage à financer les agressions militaires et les crimes de guerre d’Israël à hauteur de 38 milliards de dollars sur 10 ans, le gouvernement étatsunien continue de restreindre les financements sociaux pour l’éducation, la santé, l’emploi, la protection de l’environnement et autres besoins de base aux Etats-Unis. Ces graves restrictions affectent les populations les plus marginalisées du pays, particulièrement les personnes de couleur. Ce qui souligne encore davantage le besoin urgent de connecter la lutte palestinienne pour la libération aux luttes pour la justice raciale, sociale, économique et environnementale aux Etats-Unis et au-delà.

Il est plus que temps que le monde fasse concrètement pression sur Israël pour qu’il respecte les droits des Palestiniens en soutenant notre lutte pour les droits et la dignité.

Notes aux éditeurs :

  • Jérusalem Est est reconnue par les Nations Unies comme une partie indissociable du territoire palestinien occupé, et aucun autre état dans le monde ne reconnait Jérusalem (Est ou Ouest) comme étant la capitale d’Israël.
  • L’annexion par Israël de Jérusalem-Est est illégale selon le droit international. Lorsqu’Israël fit passer en 1980 une Loi Fondamentale qui déclarait Jérusalem, “complète et unie, capitale d’Israël,” le Conseil de Sécurité de l’ONU adopta la Résolution 476 déclarant que les “mesures qui ont altéré le caractère géographique, démographique et historique ainsi que le statut de la Ville Sainte de Jérusalem sont nulles et non avenues et constituent une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève relative à la Protection des Personnes Civiles en Temps de Guerre et constitue également une obstruction grave à l’instauration d’une paix d’ensemble, juste et durable au Moyen-Orient.”
  • La Résolution 181 (II) de l’Assemblée Générale de l’ONU désigne Jérusalem comme un tout et ses environs comme “un corpus separatum sous un régime international spécial,” administré par l’ONU.
  • Depuis qu’il occupe militairement Jérusalem-Est en 1967, Israël a dépouillé plus de 14 000 Palestinien.ne.s jérusalémites de leur droit à vivre dans leur ville natale. Israël a réclamé la ville et annexé sa partie Est lors d’une initiative maintes fois condamnée et jugée illégale par les Nations Unies et la communauté internationale. Israël délivre rarement à des Palestiniens les permis nécessaires pour pouvoir construire dans la ville, et soumet les Palestiniens à des pratiques violentes et racistes et à une discrimination généralisée quand il s’agit d’éducation et autres services municipaux.

Le Comté National BDS palestinien (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Il dirige et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits de Palestiniens.

06.12.17

Traduction LGr pour Aurdip

06 décembre 2017

Donald Trump va reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël

Source: Externe

En dépit des mises en garde des dirigeants de la région qui redoutent une flambée de violence, Donald Trump va reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Donald Trump va reconnaître mercredi Jérusalem comme capitale d'Israël, à rebours de décennies de prudence américaine sur ce dossier et en dépit des mises en garde des dirigeants de la région qui redoutent une flambée de violence.

Le président Donald Trump a informé mardi le président palestinien Mahmoud Abbas « de son intention de transférer l’ambassade des États-Unis » en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, a affirmé la présidence palestinienne après un entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

Donald Trump a également informé le roi Abdallah II de Jordanie, gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem, de son intention. Dans un communiqué, le palais royal a indiqué que le président Trump avait appelé le souverain jordanien pour l’informer de son « intention d’aller de l’avant dans son projet de transférer l’ambassade américaine ».

Il ne fixe cependant pas de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre « des années », avec la nécessité de trouver un site, financer et construire un nouveau lieu.

Ces derniers jours, les mises en garde se sont multipliées contre une telle mesure, qui pourrait avoir de graves répercussions sur la situation régionale déjà instable.

Au cours de son entretien avec son homologue américain, Mahmoud Abbas a ainsi mis en garde contre les « conséquences dangereuses d’une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde ».

La Ligue arabe a également alerté mardi les États-Unis contre une possible décision de déplacement de l’ambassade américaine en Israël, la qualifiant d’ « assaut clair » contre la nation arabe.

Au cours d’une réunion de délégués des pays membres, le secrétaire général de l’institution panarabe, Ahmed Aboul Gheit, a souligné « le danger de cette question, si cela devait arriver ». Il a aussi mis en garde contre les « conséquences négatives pas seulement pour la situation en Palestine mais aussi dans la région arabe et islamique ».

« Cette décision mettrait fin au rôle des États-Unis comme médiateur de confiance entre les Palestiniens et les forces [israéliennes] d’occupation », a-t-il ajouté.

Mardi matin, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a pour sa part averti que le statut de Jérusalem était « une ligne rouge » pour les musulmans, évoquant une possible rupture diplomatique avec Israël si Washington devait reconnaître la ville sainte comme capitale de cet État.

Israël Katz, ministre israélien du Renseignement et des transports, a rejeté la menace de la Turquie sur Twitter et réitéré la position d’Israël sur la ville, qui représente l’une des nombreuses pierres d’achoppement des négociations de paix avec les Palestiniens : « Nous ne prenons pas d’ordres ni n’acceptons les menaces du président de la Turquie », a-t-il écrit.

« Jouer avec le feu »

Le transfert de l'ambassade américaine consacrerait une reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem, dont la partie orientale a été annexée en 1967 par Israël, comme capitale d’Israël.

La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, raison pour laquelle les ambassades étrangères sont installées à Tel Aviv.

Les Palestiniens, qui représentent environ un tiers de la population de la ville, considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de l’État auquel ils aspirent. Le Hamas, qui dirige Gaza, a menacé de lancer une nouvelle Intifada si l’ambassade américaine était transférée à Jérusalem.

Le gouvernement israélien considère pour sa part l’ensemble de Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « réunifiée ». Il l’a rappelée ce mardi: « Jérusalem est la capitale du peuple juif depuis 3 000 ans et la capitale d’Israël depuis 70 ans ».

En 1995, le Congrès américain a adopté le Jerusalem Embassy Act appelant les États-Unis à déménager l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, « capitale de l’État d’Israël ».

La loi est contraignante pour le gouvernement américain. Mais une clause permet aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont systématiquement actionné la clause tous les six mois.

Donald Trump l’a fait pour la première fois en juin 2017, à contrecœur. Il devait lundi annoncer sa décision de reporter ou non pour six mois de plus l’application du Jerusalem Embassy Act, mais a ajourné l’annonce de sa décision suite aux mises en garde internationales.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Hogan Gidley, a toutefois insisté lundi sur le fait que le déménagement finirait par avoir lieu. « Le président a été clair sur cette question dès le départ: ce n’est pas une question de si, c’est une question de quand. »

Une autre option à l’étude, ont déclaré les officiels, est que Trump demande à ses assistants d’élaborer un plan à plus long terme pour la relocalisation éventuelle de l’ambassade.

Un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat a déclaré que les services de renseignement américains estimaient dans l'ensemble que la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël était susceptible de déclencher une réaction contre Israël, et potentiellement contre les intérêts américains au Moyen-Orient.

Pour Daniel Benjamin, ancien responsable de la lutte antiterroriste américaine qui enseigne à l’Université de Dartmouth, il s’agit tout simplement de « jouer avec le feu ».

05.12.17

Source: MEE