FREE PALESTINE

21 janvier 2020

Élections, les choix empêchés des Palestiniens

Source: Externe

La perspective de la tenue d’élections législatives et présidentielle revient sur le tapis en Palestine, alors que les dernières se sont tenues en 2006. Lors du Forum de Doha à la mi-décembre, Orient XXI a interrogé trois dirigeants palestiniens sur cette perspective souhaitable mais encore hautement improbable

 

Le 26 septembre 2019, depuis la tribune des Nations-unies à New York, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas promettait qu’à son retour au pays il convoquerait des élections en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et à Jérusalem-Est, les premières depuis 2005 (présidentielle) et 2006 (législatives).

Depuis trois mois, il a plusieurs fois promis d’en fixer la date et de promulguer un décret ordonnant le processus électoral. Rien n’est venu. La question est de savoir si ce retard est dû aux réelles intentions du Hamas face à cette proposition, aux conditions que ne manquera pas de poser Israël ou si le président Abbas, au pouvoir depuis 15 ans, entretient une illusion pour rallumer une légitimité éteinte et justifier son maintien au pouvoir.

La promesse d’élections a suscité les espoirs d’une société palestinienne qui y est favorable parce que lassée de l’autoritarisme et de l’impuissance de ses dirigeants comme de la corruption ambiante. Sa préoccupation est de voir apparaître une nouvelle génération de responsables politiques.

Dans l’entretien qu’il a accordé à Orient XXI, Saëb Erekat, secrétaire général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont les responsabilités politiques s’étendent sur plusieurs décennies, assure que «le changement» est désormais son leitmotiv, lui qui affirme n’être pas certain de se représenter.

Pour Mustafa Barghouti, secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, ces élections sont une «nécessité absolue» pour mettre un terme au déni de démocratie dont souffrent les Palestiniens depuis plus de dix ans. C’est aussi l’espoir défendu par Hanan Ashraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, qu’Orient XXI vient également de rencontrer au Qatar. Elle y voit la seule manière de renouer un lien de confiance avec une Autorité palestinienne et une OLP qui en sortiraient renouvelées et renforcées.

Ces éléments, ajoutés à la poursuite de la colonisation et de toutes les autres formes d’oppression de la part d’Israël, comme le sentiment d’être abandonnée par la communauté internationale, font que ces élections sont ressenties par la population comme une forme de résistance et un processus de survie.

«La démocratie n’est pas une option», insiste Hanan Ashraoui, «mais désormais une nécessité. Les élections doivent se tenir». Après tout, ajoute-t-elle, le seul levier dont les Palestiniens doivent s’emparer est la rénovation de leur situation politique intérieure. «Que les Palestiniens se sentent abandonnés, que le monde arabe et occidental soit en crise ou qu’Israël continue de mener sa politique d’occupation sont des réalités contraires aux intérêts des Palestiniens, mais sur lesquelles ils n’ont pas de prise. En revanche, ils doivent mieux organiser la ‟maison Palestine” alors qu’il est clair désormais que la solution des deux États a été détruite par Israël.»

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«L’HYPOCRISIE DES DÉMOCRATIES»

Les pays occidentaux ne peuvent que soutenir tout processus électoral. Mais ils se sont peu exprimés, se souvenant sans doute qu’ils avaient renâclé devant la victoire du Hamas aux élections législatives de 2006 par erreur de jugement ou par manque de courage politique.

Hanan Ashraoui parle de «l’hypocrisie des démocraties» qui sont favorables aux consultations populaires à la condition que leurs résultats soient conformes à leurs visions et à leurs propres intérêts.

L’Union européenne est évidemment hautement favorable à la tenue d’élections. Elle fera ce qu’elle sait faire, offrira ses observateurs et facilitera l’organisation technique et financière du processus. Mais comme en 2006, elle aurait du mal à concevoir qu’un parti islamiste puisse, éventuellement, sortir vainqueur d’un processus électoral démocratique.

Depuis l’annonce de son président d’organiser des élections jusqu’à aujourd’hui, Hanna Nasser, en charge de la commission électorale centrale, s’est engagé dans un va-et-vient diplomatique entre l’Autorité, les différentes factions politiques palestiniennes et le Hamas à Gaza, pour fixer les bases d’un accord sur leur organisation.

Le Hamas a rapidement fait savoir qu’il n’était pas hostile au principe des élections envisagées, alors qu’aux scrutins présidentiels de 1996 et de 2005, il s’était abstenu de présenter un candidat et avait appelé au boycott.

LES CONDITIONS DU HAMAS

Mais indiquer qu’un accord est possible sur des règles d’engagement électoral et entrer dans le concret de la politique sont deux choses distinctes. Si Abbas a des intérêts, le Hamas sait où sont les siens. Les conditions qu’il pose à sa participation témoignent de ses interrogations.

Le mouvement islamiste est favorable à des élections, mais exige, en préalable, l’organisation d’un sommet national où seraient débattues les conditions de sa participation et où serait choisie une haute figure palestinienne pour se présenter à la présidentielle devant les électeurs. Il n’exigerait pas que cette personnalité soit affiliée au Hamas, mais demanderait qu’elle adhère à son programme de résistance.

Abbas ne semble pas favorable à la recherche de ce consensus national qu’il sait impossible à trouver. Mustafa Barghouti dit comprendre la demande du Hamas. «Sans consensus, les divisions palestiniennes vont perdurer; sans consensus les élections ne seront pas démocratiques», a-t-il indiqué à Orient XXI.

Une nouvelle victoire du Hamas aux législatives reposerait la question de sa capacité à gouverner et à accepter une coordination sécuritaire avec Israël. Une défaite l’écarterait des organes institutionnels de décision politique pour longtemps. Surtout, en cas de défaite, se poserait la question du devenir des armes des forces de sécurité qu’il contrôle.

Le Fatah vainqueur ne manquerait pas d’exiger que ces armements passent sous le contrôle de l’Autorité. C’est donc sans surprise que beaucoup doutent de la réelle volonté du mouvement islamiste d’adhérer à un processus électoral et d’y participer.

Hanan Ashraoui ne porte pas de jugement sur leurs déclarations, se contentant de constater qu’il y a beaucoup de «paroles en l’air» en cette période pré-décret électoral.

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LE CAS LITIGIEUX DE JÉRUSALEM-EST

Lors des élections de 1996, 2005 et 2006, les Palestiniens n’avaient pas été empêchés par Israël de voter dans Jérusalem-Est. En revanche, leurs candidats n’avaient pas été autorisés à y faire campagne.

Le président Abbas a demandé à Israël la possibilité d’organiser une fois encore les élections dans la partie orientale de la ville. Le gouvernement israélien n’a pas fait connaître sa décision. Il pourrait laisser s’organiser un scrutin s’il était convaincu qu’émergent de nouveaux responsables palestiniens qui seraient favorables à un accord de paix total à ses conditions.

Israël pourra toujours avancer que le principe d’élections palestiniennes à Jérusalem-Est est contraire à l’esprit des accords de paix des années 1990, notamment de l’accord intérimaire du 28 septembre 1995.

Pointant du doigt le Hamas, Yossi Beilin, un ancien responsable politique d’une gauche israélienne aujourd’hui disparue qu’on ne peut soupçonner de collusion avec l’actuel gouvernement en Israël, demande que «les personnes et les groupes engagés dans le terrorisme soient interdits de participation aux élections palestiniennes». Lui aussi fait référence à l’accord intérimaire de 1995.

Mustafa Barghouti est convaincu qu’Israël «n’a aucun intérêt à ce que les Palestiniens pratiquent la démocratie». Saëb Erekat fait valoir qu’un refus d’Israël constituerait un «énorme problème» qui pourrait conduire à ce qu’il n’y ait pas d’élections du tout. Ses propos font écho à ceux de son premier ministre, Mohamed Shtayyeh, pour qui un refus israélien de vote dans Jérusalem-Est «ne serait pas accepté par les Palestiniens», sous-entendant que l’Autorité palestinienne pourrait bien annuler les élections envisagées pour ce motif.

Cette menace d’annulation a largement été reprise par de nombreux commentateurs qui y voient un prétexte utilisé par la présidence palestinienne pour ne pas mettre à exécution sa promesse d’élection. Ils y voient un jeu de dupes monté par la présidence pour échapper au vote populaire et rester en fonction.

Tareq Baconi, de l’International Crisis Group, est convaincu que le vote à «Jérusalem-Est est l’exact alibi dont la direction palestinienne a besoin […]. Elle fera porter à Israël la responsabilité de l’annulation des élections».

Moussa Abou Marzouq, membre du bureau politique du Hamas, n’exprime pas un sentiment différent. Il est sûr que le report du décret présidentiel sur l’organisation des élections dans l’attente de la réponse israélienne «signifie en pratique que le décret ne sera peut-être jamais pris».

De fait, dans l’expectative d’un feu vert israélien, le président palestinien se refuse à prendre le tant attendu décret qui fixerait une date et ouvrirait le processus électoral.

«IL EST PASSÉ PAR ICI, IL REPASSERA PAR LÀ»

Parler d’élection, c’est parler de l’absent-présent, de celui auquel on a prêté il y a deux décennies un destin national palestinien. Il aura été tour à tour le «chouchou» de Yasser Arafat puis son adversaire résolu. Nombreux sont ceux qui évoquent encore sa possible participation à des élections futures, celles à venir ou d’autres plus tard. Il entre même dans les sondages palestiniens. De 8 à 10% de la population serait prête à lui faire confiance.

Depuis qu’il a dû quitter Gaza à la suite de la victoire électorale du Hamas en 2006 et qu’il a été banni de Cisjordanie par Mahmoud Abbas pour soupçon de complot contre sa personne, Mohamed Dahlan est aperçu partout et en même temps, au Caire, à Abou Dhabi où il réside, en Arabie saoudite, au Montenegro dont il aurait aussi la nationalité, en Serbie, à Bruxelles, en Libye, etc.

On lui prête tous les rôles et toutes les turpitudes possibles dont il n’est pas exclu que certaines correspondent à des réalités. Conseiller de tel ou tel prince du Golfe, attisant la guerre civile en Libye, collaborateur d’Israël, œuvrant contre les Frères musulmans, ayant prêté la main à «l’assassinat» d’Arafat ou manigancé pour faire chuter Recep Tayyip Erdoğan lors de la tentative de coup d’État en 2016, Dahlan serait le «couteau suisse» de la région.

D’ailleurs le président turc vient de mettre sa tête à prix: 700.000 dollars (624.000 euros) pour qui l’arrêterait… On voit mal comment il pourrait jouer un rôle auprès des Palestiniens dans un avenir proche.

Source: Externe

Si le rôle et la popularité de Marwan Barghouti, ancien secrétaire général du Fatah et responsable des milices du Tanzim (issu du Fatah de Yasser Arafat) ne peuvent être comparés à ceux de Dahlan, leur situation présente au moins une similarité: tous deux sont «empêchés» mais leurs noms reviennent chaque fois que des élections sont décidées ou évoquées.

Quand Dahlan est en exil, banni par les siens, Barghouti est en Israël, incarcéré depuis 2002 pour fait de «terrorisme» en sa qualité supposée de responsable en chef de la seconde intifada. Depuis presque deux décennies, un mythe a été forgé autour de sa personne. Il serait le «Mandela palestinien» et lui seul aurait les moyens populaires de prendre la direction du Fatah et de l’Autorité palestinienne pour peu qu’il soit libéré.

Israël même aurait contribué à forger ce mythe en ne l’éliminant pas au moment de son arrestation et en ayant rappelé, ici ou là, qu’il pourrait bien être celui avec lequel Israël pourrait un jour négocier (1). Spéculation de l’esprit ou nécessité de se donner un chef quand la classe politique palestinienne en manque cruellement?

Si la popularité de Barghouti a bravé le temps, ses engagements ont été démonétisés depuis 2002, année de son emprisonnement. La solution des deux Etats est devenue un souvenir vague, le droit au retour des réfugiés a été anéanti par Israël avec le soutien du président américain et la création d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 est une illusion.

Imaginer la fin de la colonisation relève d’une hallucination collective et on sait ce que Trump a fait de l’avenir de Jérusalem comme capitale des deux Etats. Barghouti n’a plus qu’à défendre les autres valeurs qui étaient les siennes: la démocratie et des droits pour la femme palestinienne identiques à ceux des hommes.

UNE IMPROBABLE TROISIÈME FORCE

De tout temps, la structure politique qu’est l’OLP a figuré la construction de l’identité nationale palestinienne. Cette image existe toujours, mais elle a perdu de son éclat devant la déliquescence du processus de paix et l’accélération de la poursuite de la colonisation par Israël des territoires de Palestine.

Quant à l’Autorité palestinienne — l’institution fonctionnelle —, ce n’est pas elle qui peut prétendre incarner le renouveau ou la résistance face à l’occupation israélienne. C’est probablement encore le Hamas qui incarne cette volonté de résistance et de dignité des Palestiniens, même si le mouvement islamiste n’a pas démontré qu’il avait les capacités de gouverner pour le bien public.

Il n’est pas certain que les élections envisagées puissent être organisées dans les prochains mois. Il n’est pas plus certain qu’elles soient «justes et libres» comme le demanderont les pays occidentaux.

D’ici là, les Palestiniens auront à définir leur choix, soit en continuant d’adhérer aux directives politiques fixées par Abbas — non-violence, coopération sécuritaire avec Israël, soutien de la communauté internationale et maintien de la solution des deux États — soit en adoptant l’idée de résistance et de dignité face à Israël que représentent le Hamas et d’autres factions.

Ou bien en essayant de définir une troisième voie, celle ouverte par la perspective d’élections qui amèneraient au pouvoir une classe dirigeante nouvelle, jeune, moins associée au Hamas ou au Fatah, plus indépendante et plus technicienne probablement. Mais la route est longue avant de les voir arriver au pouvoir.

Notes:

(1) Propos tenus à l’auteur par l’un des avocats de Marwan Barghouti

Christian Jouret -

13.01.20

Source: OrientXXI

20 janvier 2020

Israël vise un million de colons en Cisjordanie occupée d’ici dix ans

Source: Externe

Selon le ministre de la Défense israélien, Naftali Bennett (le même qui a déclaré avoir "tué beaucoup d'Arabes et ne pas avoir de problème avec ça"-ndlr), «la politique de l’État d’Israël est que la zone C est la sienne»

 

Israël souhaite plus que doubler la population dans ses colonies en Cisjordanie occupée, pour atteindre un million de colons d’ici dix ans, a affirmé mercredi 7 janvier son ministre de la Défense, Naftali Bennett, aussitôt critiqué par l’Autorité palestinienne.

«Notre objectif est que d’ici une décennie, un million de citoyens israéliens vivent en Judée et Samarie», a-t-il déclaré en référence au nom biblique utilisé par le gouvernement israélien pour définir la Cisjordanie occupée.

Naftali Bennett, membre d’un parti de la droite radicale israélienne, s’exprimait lors d’une conférence à Jérusalem sur la «doctrine Pompeo», du nom de Mike Pompeo, secrétaire d’État américain qui a annoncé un changement dans la politique de Washington à l’égard des colonies juives dans les territoires palestiniens occupés.

Après avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et une partie du plateau du Golan syrien comme israélien, la Maison-Blanche a indiqué mi-novembre qu’elle ne considérait plus les colonies juives en Cisjordanie occupée comme «contraires au droit international».

Cette décision a ulcéré les Palestiniens et a été notamment critiquée par l’ONU, la France et des pays arabes.

Environ 400.000 colons juifs sont implantés actuellement dans des colonies en Cisjordanie occupée, territoire où vivent quelque 2,7 millions de Palestiniens. 

En incluant Jérusalem-Est, territoire annexé par Israël et qui ne fait pas partie de la Cisjordanie, quelque 600.000 colons sont établis dans les territoires palestiniens occupés.

«Je déclare officiellement que la politique de l’État d’Israël est que la zone C est la sienne», a ajouté le ministre, en référence à l’une des trois zones de la Cisjordanie définies par les accords d’Oslo et qui représente environ 60% de ce territoire palestinien.

«Le droit de vivre en Judée et Samarie»

La colonisation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion du Premier ministre Benyamin Netanyahu et de son allié à Washington, le président Donald Trump.

Naftali Bennett a remis en cause l’idée que les territoires palestiniens étaient «occupés» devant le Premier ministre Netanyahu et l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, qui a quant à lui estimé que les «Israéliens» et les «juifs» avaient «le droit de vivre en Judée et Samarie».

Source: Externe

Ce même mercredi 8 janvier, Benyamin Netanyahu a déclaré, selon The Times of Israel, que la décision de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) de lancer une enquête sur les crimes de guerre qui auraient été commis en Cisjordanie occupée, y compris la construction d’implantations dans cette région, n’empêchera pas Israël de poursuivre l’expansion de ces villes israéliennes.

Selon les dispositions du Statut de Rome, le «transfert, direct ou indirect, par la puissance occupante d’une partie de sa propre population civile dans le territoire qu’elle occupe» est considéré comme un crime de guerre.

«Cela ne nous dissuadera pas, pas le moins du monde», a déclaré Benyamin Netanyahu, se référant à l’annonce faite par Fatou Bensouda, le 20 décembre, selon laquelle elle a trouvé «une base raisonnable pour procéder à une enquête sur la situation en Palestine».

Déclarations «racistes»

Dans sa déclaration, qui faisait suite à un examen préliminaire de cinq ans, la procureure a déterminé que les implantations israéliennes dans les territoires revendiqués par les Palestiniens pouvaient constituer un crime de guerre.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a qualifié les déclarations de Naftali Bennett et David Friedman de «racistes», car visant la «confiscation des terres palestiniennes» et reflétant la «nature coloniale» du projet de paix que les États-Unis doivent encore annoncer.

Mais «nous ne sommes pas des occupants dans notre patrie, sur nos terres, nous ne sommes pas comme les Belges au Congo», a déclaré Benyamin Netanyahu en référence à la présence antique des juifs sur ces terres.

Plus tôt cette semaine, les autorités israéliennes ont approuvé la construction de 1936 nouveaux logements dans des colonies.

Le Haut comité de planification de l’Autorité civile israélienne a donné son aval à la construction de ces logements lors de rencontres dimanche et lundi, a indiqué dans un communiqué l’ONG israélienne La Paix maintenant, organisation hostile au développement des colonies, qui suit de près ce dossier sensible.

Plus précisément, cette organisation a fait état de 1150 projets approuvés pour la phase de dépôt et 786 pour la phase finale de validation, incluant 258 logements à Haresha, une colonie établie sur des «terres privées» palestiniennes qui font l’objet d’un contentieux.   

Ces annonces interviennent alors que Benyamin Netanyahu, en campagne en vue des élections législatives du 2 mars prochain, dirige un gouvernement intérimaire.

Source: Externe

«La communauté internationale doit assumer ses responsabilités»

«Bien qu’il n’ait pas de mandat clair, ce gouvernement agit comme si de rien n’était et continue de promouvoir la construction nocive et non nécessaire dans les territoires occupés», souligne dans un communiqué La Paix maintenant

Cette mesure a été condamnée mercredi par le ministère jordanien des Affaires étrangères, qui a rappelé dans un communiqué qu’il «n’y a aucune légitimité pour les colonies israéliennes qui violent le droit international».  

«La communauté internationale doit assumer ses responsabilités et prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la politique israélienne de colonisation qui sape les efforts visant à résoudre le conflit» israélo-palestinien, a relevé le porte-parole du ministère jordanien, Daifallah al-Fayez.

Le 8 décembre 2019, Benyamin Netanyahu avait réitéré son intention d’annexer une partie de la Cisjordanie occupée et des colonies israéliennes dans une ultime tentative d’éviter de nouvelles législatives

«Il est temps d’appliquer la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et de légaliser toutes les colonies de Judée et Samarie», a-t-il affirmé.

«Elles feront partie de l’État d’Israël», a ajouté le Premier ministre lors d’une conférence organisée par le quotidien israélien de droite Makor Rishon.

MEE & Agences -

09.01.20

Source: MEE

19 janvier 2020

Allers simples pour Gaza

Source: Externe

«Celui qui pense à retourner à Gaza doit d’abord réfléchir… au moyen d’en ressortir», estime l’écrivaine palestinienne Nesma Jaber

 

«Gaza» est devenue, dans mon esprit, un endroit lointain, très lointain. Quatre ans après m’être séparée d’elle, cette ville s’est déplacée de ma réalité à mon imagination.

Gaza réside aujourd’hui dans ce coin imaginaire, qui s’est créé dans ma tête dès l’enfance, où vont les morts. Elle est dans cet espace consacré aux personnes qui partent sans revenir, au passé irréversible, aux rêves flous, etc.

Gaza est devenue une partie de cette région sombre dans la mémoire, à tel point que je ne peux même pas imaginer son existence dans le monde où l’on est.

Ce que j’appelle «le sujet de Gaza», dans ma vie, est devenu délicat pour moi. En particulier ces derniers temps. Je n’aime pas en parler, ni y réfléchir. Rien que de penser au fait que j’avais déjà une «première» vie, là-bas, une vie abandonnée, me fait perdre la tête.

Rien que de m’imaginer moi-même dans le passé, mes affaires, mes livres, ma famille, les rues de ma ville, ceux que j’aime – et ceux que je n’aime pas d’ailleurs - fait naître en moi un sentiment qu’aucun mot ne peut exprimer.

C’est un mélange d’incrédulité, de nostalgie, de douleur, de perte et de peur.

Gaza l’inaccessible

J’essaie d’ignorer ces sentiments si durs. J’y parviens toujours, sauf pendant la sieste de l’après-midi. Je ne sais pas pourquoi. A ce moment précis, les mêmes questions se répètent, comme si elles étaient enregistrées sur un disque, et jouées quelques instants après le début de ma sieste:

«Qui es-tu? Pourquoi es-tu ici? Que fais-tu? Quel est l’intérêt d’être ici sans les deux personnes que tu aimes le plus? Ton père et ta mère? Comment as-tu pu t’éloigner de ta mère pendant quatre ans? Comment ça? Jusqu’à quand?... » 

Ces questions me réveillent; alors je suis terrifiée. Et ce sentiment horrible me suit durant tout l’après-midi.

Pourquoi ne peut-on pas rentrer à Gaza? Compliqué de répondre à cette question, posée par beaucoup de gens, qui cherchent, parfois, à comprendre:

«Pourquoi ne peux-tu pas rendre visite à ta famille?»... «Pourquoi ta famille ne peut-elle pas venir chez toi?»...

Même mes amis de Cisjordanie, supposés connaitre la situation actuelle, s’interrogent de la sorte. Mes amis arabes et français également.

Ce sont des questions tout à fait censées, pour des gens qui ne vivent pas la situation de près. Même ceux qui suivent l’actualité et les événements dans la bande de Gaza ne peuvent pas imaginer le niveau de difficulté pour entrer et sortir de l’enclave.

Je peux résumer la raison de cette difficulté à comprendre en quelques mots: disons qu’il n’y a pas de critères clairs ou de mesures précises pour aller à Gaza et en revenir.

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Histoire de sortie

Quant à moi, j’ai obtenu une bourse de la part du gouvernement français, en 2015, pour poursuivre mon master dans l’Hexagone, et le consulat français à Jérusalem m’a aidée à obtenir un laissez-passer pour sortir de Gaza, par le poste-frontière d’Eretz.

Bien que le consulat ait initié la procédure de demande de permis en juillet, je n’ai pu voyager que fin octobre, au milieu du premier semestre universitaire. Je faisais partie des chanceux: «Au moins, j’y suis arrivée», me disais-je.

L’un de mes collègues, ayant obtenu la même bourse que la mienne - mais pour le doctorat - n’a pu voyager, qu’en décembre. Le consulat français n’avait pas pu lui obtenir une autorisation de sortie.

En revanche, un groupe d’étudiants a pu obtenir des permis de sortie avec l’aide de l’autorité publique pour les Affaires civiles, à Gaza, responsable de coordonner les permis avec les autorités israéliennes. Ils devaient partir dans le bus que l’on appelle «Shuttle», et faire ensemble tout le voyage jusqu’en Jordanie.

Il y a également des étudiants qui sont sortis par le poste-frontière de Rafah, et d’autres qui n’ont jamais été autorisés à partir. La situation n’est pas la même chaque année.

Lors de l’«exercice» suivant, par exemple, l’une des boursières du gouvernement français a pu sortir par Erez, fin octobre également, mais à condition de signer un document, imposé par la partie israélienne, dans lequel elle s’engageait à ne pas retourner à Gaza. Du moins dans l’année à venir. Chacun est donc un cas particulier; à chacun sa propre «histoire de sortie».

Retourner à Gaza

En ce qui concerne le retour et l’entrée dans Gaza, cela diffère selon la période. Aujourd’hui, le retour par Eretz est possible uniquement pour ceux qui sont déjà passés par ce poste-frontière; pour ceux qui sont sortis de Gaza par Rafah, c’est chose impossible. Mais dans les deux cas, le vrai problème n’est pas d’entrer à Gaza: c’est de pouvoir en ressortir.

Quand on est étudiant, en France entre autres, on a un titre de séjour annuel et dans la plupart des cas, ces titres de séjour expirent en septembre. On ne peut pas prendre le risque de voyager à Gaza pendant l’année scolaire ni le faire pendant les vacances d’été, parce que l’on n’a que quelques semaines avant l’expiration de son titre de séjour. 

Deux ou trois mois ne sont pas suffisants pour garantir une sortie de Gaza, car si jamais le titre de séjour a expiré avant l’obtention du permis de sortie, il est difficile de retourner en France.

Celui qui pense à retourner à Gaza doit donc d’abord réfléchir… au moyen d’en ressortir. Chaque Gazaoui prend en compte certains éléments pour décider de la possibilité de retourner ou non dans le territoire palestinien.

L’image de la situation n’est pas complète, même pour nous, qui connaissons bien cette situation mais demeurons la «partie obligée», celle qui doit se soumettre à ces procédures.

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Tout le monde part ou veut partir

En avril dernier, le mari de ma grande sœur a trouvé un travail en Allemagne. Ils ont alors décidé de déménager et devaient partir, cet été, d’un moment à l’autre. C’était la dernière chose que je souhaitais, même si je devais me réjouir, car j’aurais alors dorénavant une famille en Europe, proche de moi.

Pourtant, j’étais incapable d’accepter cela – j’ai demandé à ma famille de ne plus en parler.

Ma grande sœur est la meilleure amie de maman. Et maman effectuait toujours ses sorties avec elle – surtout celles du matin, lorsque mes frères et sœurs étaient au boulot. J’étais soulagée de la voir avec elle; mon absence était compensée, en quelque sorte.

Une fois partie, elle laissera sans doute un grand vide dans la vie de ma mère. Et mes parents auront peur à l’idée que nous partions tous un jour, les uns après les autres.

Le voyage de ma sœur fait mourir mon rêve de réunir notre famille à Gaza. Ce rêve que j’ai construit, jour après jour, a soudainement été brisé par ce changement inattendu. La possibilité de cette réunion, qui m’a permis d’avancer pendant quatre ans, a été détruite en un seul instant.

Pourquoi sera-t-il difficile de s’unir à nouveau? En déménageant en Allemagne, il sera bien difficile pour une famille de cinq personnes de prendre le risque de retourner dans Gaza, alors qu’ils ont tout, là-bas: du travail, l’école, des engagements, etc.

Même moi, célibataire sans trop de responsabilités, je n’ai pas pu rentrer, pas même une seule fois. Je verrai ma sœur en Allemagne, mais ce n’est pas ce que je voulais. Non, ce que je souhaitais, c’était de voir tous les membres de ma famille en une seule fois, à Gaza.

Aujourd’hui, ma sœur s’en va, et on ne sait pas qui sera le suivant. Tout change. Et ce rassemblement ne dépend plus de mon retour, comme je le pensais avant.

Mais à Gaza, tout le monde part ou veut partir, chacun à son (re)tour. Cela me rend un peu triste, alors que l’on fait face à une nouvelle période terrible. Pourquoi, pour qui, pour où quitter Gaza? Et qu’arrivera-t-il aux personnes restées là-bas?

Nesma Jaber -

23.12.2019

Source: Lemonde-Arabe

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18 janvier 2020

Ces psychopathes au pouvoir: danger pour les peuples

Source: Externe

En politique, il est souvent difficile de démêler le faux du vrai tant les médias manipulent l’opinion. Ce n’est pas un hasard, mais au contraire voulu par les délinquants du petit cercle politico-médiatique qui nous gouvernent et où défilent les chroniqueurs attitrés venant nous déverser leur soupe habituelle. Sauf que de plus en plus de citoyens n’y croient plus et les renvoient à leurs gamelles

 

Les raisons qui sous-tendent certains évènements, particulièrement quand ils sont inavouables, doivent rester cachées. L’on nous maintient dans l’ignorance, le brouillard, la confusion. C’est encore plus vrai en géopolitique, domaine essentiel qui conditionne les politiques intérieures ensuite, et où nous manquons souvent d’informations à la source qui nous permettraient d’élaborer une réflexion objective. Sauf que l’expérience nous a appris que la réalité des faits finit par remonter à la surface, nous révélant alors les impostures des équipes au pouvoir.

Ainsi de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani accompagné par le chef du Hezbollah irakien Abu Mahdi al-Muhandis et quelques hommes. Beaucoup de choses ont été déclarées. Or chaque jour qui passe apporte de nouveaux éléments, venant contester les affirmations annoncées la veille ou l’avant-veille.

Plusieurs mensonges sont venus contredire les réalités du terrain. Ainsi, quand l’énergumène qui préside les USA tweete qu’après la riposte iranienne sur la base militaire d’Aïn al-Asad, tout va bien et qu’il n’y a aucune victime à déplorer, il ment. Il semble y avoir eu plusieurs morts et des hôpitaux en Jordanie, Israël et même en Allemagne ont accueilli des dizaines de blessés amenés par avions et hélicoptères en provenance du théâtre des opérations. Les autorités irakiennes ont d’ailleurs été appelées en renfort au niveau médical et logistique pour aider à dégager les victimes des gravats.

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De même, quand ce grossier président se félicite quelques heures plus tard en conférence de presse que non seulement il n’y a aucune victime, mais que les dégâts matériels sont insignifiants, il ment encore. Les photos qui, malgré la censure imposée, ont fini par parvenir aux agences de presse montrent à quel point les infrastructures de l’une des bases militaires US les plus importantes de la région ont été détruites, la rendant quasi inopérante. Les témoignages de militaires présents sur la base au moment des impacts commencent à confirmer ‘l’enfer’ que ce fut. 

Mais cela n’explique toujours pas pourquoi D. Trump a pris la décision d’assassiner le général iranien, contre l’avis de ses conseillers y compris ceux du Pentagone pourtant parmi les plus belliqueux que compte l’administration américaine. Au point que quelques heures plus tard, la Chambre des représentants ait voté en faveur d’un projet de loi limitant dorénavant les pouvoirs du président pour éviter de nouvelles initiatives guerrières contre l’Iran, celles-ci mettant la vie des ‘boys’ en danger.

Les raisons de cette intervention sont multiples. Une première en est que derrière ce type d’assassinat se trouvent les services secrets (Mossad) du régime israélien. Qui, malgré s’en être réjoui n’a pas fait grand bruit après le décès annoncé de Q. Soleimani, préférant rester discret, sachant la capacité de réponse des autorités iraniennes. Et craignant peut-être que la grande confrontation annoncée par différents acteurs de l’Axe de la Résistance – l’éradication à venir du régime sioniste, et qui était un objectif de Q. Soleimani – ne soit arrivée.

Derrière toute action qui ébranle le Moyen-Orient se trouve le gouvernement israélien, qu’il soit de droite ou de gauche n’est pas la question. La Palestine le paie chaque jour depuis plus de 70 ans d’une guerre coloniale que d’aucuns qualifient encore de ‘conflit’ entre parties – comme si une idéologie coloniale qui vole les biens et les vies des autochtones relevait d’un ‘conflit’ ; l’Irak de S. Hussein en a fait les frais sous prétexte ‘d’armes de destruction massive’ ; puis ce fut le tour de la Libye du colonel Khadafi qui voulait ‘massacrer la population de Benghazi’ ; et ensuite celui de la Syrie du clan al-Assad qui aurait réprimé avec violence une contestation citoyenne surgie ‘spontanément’, quand les documents de Wikileaks – dont la lente agonie de sa figure emblématique J. Assange se meurt dans les geôles britanniques dans l’indifférence quasi générale de nos gouvernements – révélaient le plan américano-sioniste de 2005 pour ’un remodelage du Moyen-Orient’. Aujourd’hui, c’est au tour de l’Iran des méchants ayatollahs pour leur obscurantisme chi’ite, et leur obsession d’acquérir la bombe atomique, quand on sait que ceux qui ont dénoncé ‘l’accord 5+1’ au bout de 15 ans d’âpres négociations sont les Américains, cornaqués en cela par Tel-Aviv.

Tout ceci n’a pour toile de fond que le démembrement des Etats nations du Moyen-Orient, pour les affaiblir et écarter ainsi toute menace sur Israël. Les intérêts du régime sioniste sont prioritaires et bien défendus par les lobbies juifs ainsi que par M. Pompéo et M. Pence convaincus de participer à l’histoire et aux thèses des chrétiens évangéliques, plus sionistes en cela que certains juifs eux-mêmes. Et les annonces répétées du président Trump voulant sortir ses troupes du Moyen-Orient, paniquent le régime israélien qui se voit d’un coup bien esseulé face à une résistance qui se renforce chaque jour. Il faut donc tout tenter pour les obliger à se maintenir dans la région, espérant que les réponses iraniennes les forceront à y rester. Mauvais calcul, mais tant Tel-Aviv que les USA les multiplient ces derniers temps, ébranlés par la perte de leur puissance. 

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Une deuxième raison en est que l’administration américaine exerce des pressions sur l’Irak comme sur la Syrie pour s’approprier leur pétrole et les revenus qu’en tirent ces Etats. Rien de moins. Non contents d’avoir ravagé et détruit ces pays à travers leurs brutales interventions militaires depuis des années, les USA ne cachent plus le fait qu’ils sont de vrais gangsters. Il y a quelques mois, le président B. al-Assad déclarait qu’il préférait le président Trump car il était ‘plus transparent que ses prédécesseurs’ qui agissaient de la même manière criminelle mais sans l’annoncer, se voyant même parfois auréolés d’un Prix Nobel de la Paix !

Dernière menace en cours : D. Trump a averti les autorités irakiennes que si celles-ci finissaient par contraindre les troupes US à quitter le pays, les avoirs irakiens issus du pétrole déposés dans les coffres des banques américaines seraient confisqués. Les montants en jeu n’ont pas été divulgués, mais selon certaines sources, il pourrait s’agir de plusieurs milliards de dollars. Si la mode vestimentaire a changé, ce pays est toujours animé par son esprit ‘Western’ qui à l’époque déjà l’a amené à s’approprier les biens des Amérindiens à travers un génocide qu’il faut continuer à dénoncer.

Une troisième raison est la signature des autorités irakiennes avec les autorités chinoises pour la reconstruction des infrastructures du pays au nez et à la barbe des Etats-unis. Au vu des destruction que ces derniers y ont provoquées, le marché est pharaonique, et malgré les pressions exercées par le gouvernement US pour dénoncer cet accord et tenter de rafler la mise, l’Irak y résiste et veut le maintenir.

Une quatrième raison pour laquelle D. Trump aurait pris sa décision : selon le premier ministre irakien démissionnaire Adil Abdul-Mahdi, la possibilité d’une détente entre l’Iran et l’Arabie saoudite en négociations pour tenter de désamorcer la guerre menée au Yémen et qui se révèle être un fiasco complet pour la monarchie saoudienne. Ce qui, au passage, n’est évidement pas du goût du régime de Tel-Aviv.

Les princes saoudiens ont d’ailleurs envoyé illico une délégation à Washington pour exhorter le gouvernement américain à la retenue, sachant leur incapacité à gagner celle qu’ils mènent au Yémen, une nouvelle guerre leur serait fatale. Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres à d’ailleurs déclaré : « Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe ».

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Cinquième raison de cet assassinat qui contrevient au Droit international, et non des moindres : le pétrodollar garantit aux USA le rôle du dollar dans son statut de réserve mondiale, ayant permis d’asseoir leur hégémonie sur la planète. Cela veut dire par exemple que quand n’importe quel pays au monde veut payer ses achats de pétrole à ses fournisseurs, il doit d’abord convertir sa monnaie et acheter des dollars pour pouvoir effectuer la transaction. Vu les montants engagés il n’est pas difficile de comprendre les sommes astronomiques que cela représentent et la puissance que les Etats-unis ont pu en tirer depuis des décennies.

Ces dernières années, quelques pays ont tenté de refuser ce diktat US et ont élaboré le projet de ne plus payer les factures pétrolières en pétrodollars, mais en yuans chinois ou en roubles russes, voire en euros au nombre desquels S. Hussein, M. Khadafi, H. Chavez… qui en ont fait les frais, ainsi que V. Poutine, Xi Jinping, N. Maduro, E. Morales, et l’Iran, tous sous pressions, mais néanmoins déterminés de se débarrasser de ce poids inique et refusant cette vision unipolaire américaine au profit d’un monde multipolaire plus équilibré que celui dicté par la puissance américaine en déclin, mais qui ne l’accepte pas.

Sixième raison dont je ne peux faire l’impasse, bien que plus triviale, mais faut-il s’en étonner : les élections présidentielles américaines de novembre prochain où D. Trump veut apparaître pour celui qui a rendu les USA « great again » ! Quand on en est à un tel niveau de bassesse et que l’on s’autorise tous les coups, il ne faut pas être surpris de tels calculs sordides. Comme je l’exprimais déjà dans mon livre « La Démocratie Mensonge », à ce niveau de pouvoir, nos vies de citoyens de comptent pas. Nous vivons vraiment dans des mondes différents. Ces gens-là ne se servent de nous que pour asseoir leur pouvoir. Tout le reste n’est que vétille aux yeux de ces psychopathes :

« (…) Dans le même temps, les pontes arrogants qui nous gouvernent – ou plutôt, nous manipulent – ne semblent pas encore bien se rendre compte que, si l'information ‘officielle’ circule partout et de manière instantanée via une orchestration parfaite de médias sous contrôle, fort heureusement aujourd’hui, la contre information circule également (…) Pour ceux qui nous gouvernent, la perte d’un, dix ou cent civils ne pèse rien, mais perdre un militaire qu’il a fallu former pendant de longues années aux techniques toujours plus complexes d’une puissance létale devenue aussi ruineuse que terrifiante, devient hors prix (…)

Ceux-là mentent comme ils respirent et continuent à penser que les citoyens sont dupes. Quand je me rappelle de la mise en scène grotesque de Colin Powell à l’ONU, alors Secrétaire d’Etat sous le 1er mandat de l’administration Bush, avant l’invasion de l’Irak, sortant de sa poche une petite fiole censée contenir l’échantillon d’un produit hautement toxique que Saddam Hussein, bête noire du moment, s’apprêtait à larguer en masse sur nos innocentes « démocraties », je ne sais s’il faut rire ou pleurer… Comment est-il possible, à ce niveau de pouvoir, de se prêter à pareille facétie ? Lentement, leur bêtise vient donc compléter leurs mensonges…

Combien de temps, une vraie « démocratie » peut-elle souffrir de se vider ainsi de sa propre substance, avant de basculer ? Les nettes poussées extrémistes perceptibles dans plusieurs pays ne sont probablement pas étrangères à cette malhonnêteté de nos classes dirigeantes. Par leur pleutrerie et leurs collusions malsaines, ces dernières laissent s’installer voire favorisent la peste brune que seuls leurs discours arrangés condamnent…» *

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Dès lors, dans le droit fil de ce qui précède, l’Eurasie est en plein chamboulement et il serait bien utile que la diplomatie européenne ne se trompe pas d’alliances, au risque de nous entraîner du mauvais côté de la balance. Souvent, dans ce que l’on peut voir et entendre ces derniers temps, les messages des responsables politico-médiatiques des pays européens ne sont malheureusement pas encourageants et sont encore empreints de cette insupportable arrogance qui les caractérisent.

Comme je le dis souvent, la géographie finit toujours par avoir le dernier mot sur l’histoire. Ces responsables auront-ils le recul, la mémoire et un peu de modestie pour s’en souvenir et revenir à la réalité des faits au lieu de s’arc-bouter sur leur idéologie atlantiste perdante, comme tout un chacun peut le constater ?

 

* « La Démocratie Mensonge » - 2008 – Ed. M. Pietteur - Extrait 

Daniel Vanhove - 

16.01.20

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17 janvier 2020

Un olivier vieux de 5000 ans et son gardien palestinien

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Salah Abu Ali a une lourde responsabilité: il est chargé de garder le plus vieux et le plus grand olivier de Palestine, malgré les défis liés au climat et à l’occupation

 

Il se dresse près de Bethléem depuis plus longtemps que le christianisme et l’islam, depuis une époque précédant les prophètes de la Terre sainte. Faisant lentement le tour de ce vieil olivier, Salah Abu Ali en inspecte soigneusement chaque centimètre, avant de s’installer sur sa chaise à l’ombre de son feuillage.

À côté de lui, en équilibre sur une bûche, se trouve une assiette de fruits qu’il a tout juste cueillis dans sa ferme. À portée de main, il dispose également d’une grande bouteille d’eau et d’un thermos de café chaud qu’il prépare tous les jours pour en offrir aux visiteurs de l’endroit qui est devenu son sanctuaire.

Tous les matins à 06h30, le quadragénaire se rend à pied auprès de l’arbre, situé sur une terre de la famille. Depuis une dizaine d’années, Salah Abu Ali a une lourde responsabilité: il est chargé de garder le plus vieux et le plus grand olivier de Palestine.

L’arbre, qui appartient à la famille Abu Ali, se trouve dans le quartier de Wadi Jwaiza dans le village d’al-Walaja, près de Bethléem, au sud-ouest de Jérusalem occupée.

Bien qu’il passe la plupart de son temps près de l’olivier, Abu Ali confie être toujours émerveillé par cet arbre. «Sa beauté et sa taille sont vraiment spéciales, il captive l’esprit – c’est le plus bel arbre de Palestine», affirme-t-il à Middle East Eye.

Selon le ministère palestinien de l’Agriculture, l’âge de l’arbre est estimé à 5000 ans environ. Il s’étend sur 250m², se dresse sur environ 13m de haut et ses racines s’enfoncent d’environ 25m dans la terre.

Au fil des ans, l’arbre a reçu une variété de surnoms; Salah Abu Ali l’appelle «la forteresse», bien qu’il ait également été surnommé «la vieille femme», «la mère des olives» et «la mariée de la Palestine».

D’après leur expérience de l’agriculture, les Palestiniens savent que plus l’arbre est vieux, meilleure est la qualité et le goût des olives et de l’huile d’olive qu’elles produisent. Le chef du Conseil gouvernemental palestinien de l’huile d’olive, Fayyad Fayyad, explique à MEE que, bien que les olives de l’arbre le plus ancien ne diffèrent guère de celles des autres arbres, la recherche montre que plus l’arbre est grand et vieux, plus l’huile d’olive est riche.

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«L’âge de l’arbre influe grandement sur le goût et la qualité. L’arbre d’al-Walaja produit de l’huile de très haute qualité», indique-il, ajoutant qu’une enquête est en cours pour déterminer s’il pourrait s’agir du plus vieil olivier au monde.

Selon Salah Abu Ali, les sécheresses au fil des ans et la variabilité du climat dans son ensemble ont eu un impact négatif sur l’arbre, conduisant à une réduction de sa production, qui est devenu plus instable.

«Dans le passé, il y a environ 10 à 15 ans, l’arbre produisait une demi-tonne d’olives, dont nous extrayions environ 600kg d’huile d’olive. L’année dernière, cependant, les olives n’ont produit que 250kg d’huile. Il y a même eu des périodes où l’arbre n’a rien produit».

Un autre problème, ajoute Abu Ali, est l’eau: «L’arbre a soif. Il a besoin de grandes quantités d’eau en raison de sa taille, mais ces quantités ne sont pas disponibles. La source à proximité ne suffit pas».

Le gardien a pris sur lui d’étancher la soif de l’arbre en déployant un tuyau depuis la source d’eau à proximité. Mais l’approvisionnement dépend des précipitations et est particulièrement limité en été. Au cours des dernières années, l’eau a diminué, rapporte Abu Ali.

«J’essaie de le soutenir en ajoutant du fumier au sol et en prenant soin de son environnement. Ça me fait mal de le voir comme ça».

Politiques expansionnistes israéliennes

L’arbre se trouve à seulement 20m du Mur de séparation et d’annexion construit par Israël en plusieurs étapes à partir de 2007. 

Le village d’al-Walaja fait historiquement partie de Jérusalem, et les habitants font régulièrement des allers-retours pour y faire leurs courses et pour le travail. En 1967, lorsqu’Israël a occupé Jérusalem-Est et la Cisjordanie, il a annexé une grande partie des champs et des terres d’al-Walaja.

En 2010, le village est devenu le théâtre de manifestations hebdomadaires contre la construction du Mur qui devait le traverser.

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«Lorsque le mur a été érigé, les forces d’occupation israéliennes ont utilisé un grand nombre d’explosifs, sans se soucier de l’arbre. Nous avions très peur qu’il ne soit affecté, mais il a résisté, comme il l’a fait pendant des milliers d’années – une occupation qui n’existe que depuis des dizaines d’années ne le déracinera pas», affirme Abu Ali.

En octobre, l’aile de l’armée israélienne responsable de la vie civile en Cisjordanie occupée a publié un message sur Facebook au sujet de l’arbre, le qualifiant de «plus vieil olivier de Judée-Samarie». Le post a irrité les militants, qui y ont vu une tentative de s’approprier l’histoire et le patrimoine palestiniens.

Fayyad précise que les autorités israéliennes, notamment du personnel civil et militaire, ont visité l’arbre dans le passé, prenant des échantillons et des mesures. Cela a naturellement suscité des craintes parmi les familles d’al-Walaja, qui ont alors demandé au ministère de l’Agriculture de l’Autorité palestinienne (AP) d’intervenir en veillant à ce qu’il y ait quelqu’un pour garder l’arbre en permanence.

Alors qu’Abu Ali passait déjà une grande partie de sa semaine à le garder, l’AP lui verse maintenant un salaire mensuel d’environ 410 dollars pour garder l’arbre tous les jours.

«Une partie de notre identité»

Les oliviers ont longtemps été à l’avant-garde de la politique militaire expansionniste et colonialiste d’Israël. L’olivier d’al-Walaja est l’un des quelque 11 millions d’oliviers que compte la Palestine, selon le site d’information officiel de l’AP.

Les arbres sont confrontés à une double menace existentielle: l’armée israélienne coupe systématiquement des arbres et les colons juifs mènent régulièrement des actes de violence, y compris de vandalisme, contre les villes et les champs palestiniens. 

Au cours des six premiers mois de l’année 2019, l’ONU a recensé le déracinement, la mise à feu ou le vandalisme de plus de 4100  arbres par des colons israéliens, soit une augmentation marquée de 126% en moyenne mensuelle par rapport à 2018.

Ces attaques se multiplient lors de la récolte des olives, entre les mois d’octobre et novembre. En juin 2019, l’ONU a documenté  l’abattage de près de 400 arbres appartenant à des Palestiniens dans la même région lors d’un incident de démolition de biens par l’armée israélienne.

«L’occupation et la politique israélienne reposent sur la peur», dit Abu Ali, expliquant que de tels actes de la part d’Israël et de ses colons visent à chasser les Palestiniens de leurs terres. «Soit nous défendons nos terres, soit nous abandonnons. Cet arbre est une fiducie».

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Hériter de l’amour pour l’arbre

Les familles d’al-Walajah l’appellent «l’arbre d’al-Badawi» – une référence au guide spirituel soufi égyptien, le cheikh Ahmad al-Badawi, qui aurait visité le site et se serait occupé de l’arbre pendant quelques années.

Salah Abu Ali considère aussi que l’arbre possède une signification spirituelle. Si nous ne préservons pas cet arbre, dit-il, nous serons tenus responsables. «Cet arbre n’est pas moins important que les mosquées al-Aqsa [à Jérusalem] ou Ibrahimi [à Hébron]».

Les habitants d’al-Walaja considèrent également l’arbre comme une source de chance et de bénédictions. Selon Abu Ali, les femmes recueilleraient les feuilles tombées pour se protéger du mauvais œil. Chaque année, les familles sacrifient leurs moutons pendant la fête musulmane de l’Aïd al-Adha à l’ombre de l’arbre.

«J’aimerais pouvoir transformer cet arbre et ses environs en un paradis florissant», rêve Abu Ali. «Mais la situation économique ici est difficile, je fais ce que je peux, mais ce n’est pas suffisant».

Bien que son salaire soit à peine suffisant pour joindre les deux bouts, Abu Ali insiste pour garder l’arbre, qu’il considère comme un symbole de la persévérance palestinienne.

«Si cet arbre reste, alors nous resterons. Cet arbre fait partie de notre identité et du conflit dans lequel nous combattons l’occupation israélienne».

Shatha Hammad -

25.12.19

Source: MEE

 

16 janvier 2020

La diplomatie de l'UE toujours aussi hypocrite et complice du régime sioniste

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L'aide financière de l'Union Européenne (UE) participe à la fragmentation de la société palestinienne. Le financement par l'UE des organisations palestiniennes de défense des droits de l'homme n'est pas sans poser problème

 

Conformément à ses prétendues initiatives de construction de l'État, l'UE a longtemps imposé des restrictions aux organisations palestiniennes et à leurs initiatives, en échange d'une aide financière, étouffant ainsi une partie importante de la mobilisation populaire en termes de préservation de la résistance et de la culture palestiniennes.

Alors que les contraintes imposées par l'UE aux organisations palestiniennes ont augmenté au point d'interférer avec la politique palestinienne, la nouvelle campagne nationale palestinienne pour le rejet du financement conditionnel a appelé les organisations palestiniennes et internationales à prendre clairement position contre les prétendues "clauses anti-terroristes" de l'UE.

Dans une lettre ouverte, le Centre de ressources BADIL pour la résidence palestinienne et les droits des réfugiés décrit comment, afin d'accéder aux financements de l'UE, les organisations palestiniennes sont censées agir comme informateurs contre les personnes impliquées dans la résistance.

L'exigence de l'UE est un autre processus qui facilite la fragmentation de la société palestinienne, à un moment où les Etats-Unis isolent rapidement la Palestine, en termes de diplomatie et d'histoire.

La lettre de BADIL indique qu'en raison des campagnes israéliennes contre le financement de l'UE pour les organisations palestiniennes: "Les contraintes de financement de la part de divers donateurs se sont aggravées, ce qui inclut des conditions auxquelles nous avons résisté comme l'empêchement de s'engager dans la campagne palestinienne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), la défense et la promotion du droit au retour, et des programmes et projets dans des zones telles que la bande de Gaza ou la Palestine 1948 (Israël)".

Dans une lettre adressée au (nouveau) ministre des Affaires étrangères de l'UE, Josep Borrell, le ministre israélien de la Sécurité, Gilad Erdan, a appelé à un refus des demandes des organisations palestiniennes, réitérant l'insistance de l'UE pour que les fonds "aillent uniquement à des organisations n'ayant pas de liens avec des groupes terroristes", avec une référence spécifique au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Cependant, le PFLP n'est pas la seule entité politique visée par les récentes dispositions. Les organisations politiques impliquées dans la résistance, notamment le Hamas, le Jihad islamique et les Brigades Al-Aqsa, sont également mentionnées.

BADIL note: "Cette escalade ne peut être séparée de toutes les politiques et approches visant à anéantir les droits nationaux palestiniens".

Source: Externe

Avec de telles restrictions lorsqu'il s'agit du lien important entre la société civile et la résistance palestiniennes, l'UE sait qu'elle crée un obstacle supplémentaire à la reconnaissance de la lutte légitime des Palestiniens.

Les conditions préalables concernant l'aide financière aux organisations palestiniennes élargissent le fossé entre les institutions politiques palestiniennes, diplomatiquement acceptables, et les factions palestiniennes dont l'engagement à poursuivre la lutte pour la libération leur a valu l'étiquette de 'terroristes'.

Cependant, comme l'a déclaré BADIL dans sa lettre, le statut des factions palestiniennes n'est "pas déterminé par un document européen".

D'autre part, la colonisation sioniste de la Palestine, qui viole tous les aspects des droits de l'homme et de la légitimité politique, a été épargnée de l'étiquette de terrorisme grâce à la complicité internationale dans le processus.

L'UE pourrait se présenter comme une entité qui promeut les droits des Palestiniens, mais son rôle consiste davantage à trouver des entités palestiniennes désireuses de promouvoir sa diplomatie auprès du peuple palestinien - à son détriment, bien entendu.

Compte tenu de toutes les restrictions auxquelles les Palestiniens sont confrontés, y compris de nouveaux crimes de guerre sous la forme d'une expansion des colonies, le moins que l'UE puisse faire est de s'abstenir d'imiter les politiques américaines lorsqu'il s'agit de la Palestine et de ses perspectives de libération et d'indépendance.

Ramona Wadi -

06.01.20

Source: ISM

15 janvier 2020

«La normalisation entre le Maroc et Israël dépend de la question palestinienne»

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Né au Maroc, à Bejaâd, l’ancien ambassadeur d’Israël en France et à l’ONU, Yehuda Lancry est revenu sur les relations entre les juifs marocains et leur pays d’origine. Il a également commenté les récentes actualités sur la normalisation des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv


«Je garde de bons souvenirs du Maroc et je garde de bonnes relations avec le Royaume et des Marocains jusqu’à aujourd’hui».

C’est ce qu’a déclaré Yehuda Lancry dans une émission diffusée dimanche par la chaîne israélienne i24 News.

Revenant sur l’immigration de sa famille du Maroc vers Israël en 1965, il a affirmé avoir eu «de la peine» et était «contraint» de quitter le royaume car ils étaient «attachés» au pays.

«La communauté juive restante au Maroc a les mêmes droits que les autres, sous la bienveillance du roi Mohammed VI», a-t-il ajouté.

Membre de l'Union mondiale du judaïsme marocain (UMJM), l’ancien ambassadeur d’Israël en France et à l’ONU a rappelé à cet égard que «le roi Mohammed V, grand père du roi Mohammed VI, était celui qui avait refusé d’appliquer les directives du gouvernement Vichy».

Des liens forts entre les juifs d’origine marocaine et leur pays d’origine

«Il avait sauvé les juifs du Maroc et s’était opposé à ce que les lois nazies soient appliquées aux Marocains de confessions juifs», précise-t-il, rappelant que le souverain avait aussi «refusé l’envoie des juifs dans les camps de concentration».

«C’est pour cela que nous avons une forte relation de reconnaissance et de respect à l’égard de la famille royale et du peuple marocain», déclare-t-il.

«Dans certaines maisons, les juifs marocains de deuxième et troisième génération gardent des portraits et des photos du roi Mohammed V, du roi Hassan II et du roi Mohammed VI. Cela reflète cette relation. De plus, ce lien se confirme avec la célébration de fêtes marocaines, comme Mimouna et notre nourriture qui fait partie de la cuisine marocaine.»

Faisant état d’une «révolution culturelle marocaine en Israël», le diplomate n’a pas manqué de rappeler que les juifs d’origine marocains ont souffert durant les premières années de leur émigration en Israël.

«On espérait l’intégration définitive de tous les immigrés et il y avait de la discrimination ayant causé des manifestations», se rappelle-t-il.

«A la fin des 1970, nous avions atteint un stade difficile quant aux relations entre communautés en Israël. Mais depuis, tout a changé et nous avons pu en tirer de bonnes leçons», s’est-il réjoui.

C’est à partir de cette date que des juifs d’origine marocaine et maghrébine avaient réussi à occuper des postes de responsabilité, rappelle-t-il, citant l’exemple de Gadi Eizenkot, militaire israélien qui fut le chef d'état-major des armées, et dont les parents étaient Marocains.

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Les juifs d’origine marocaine, la Palestine et la normalisation

Appelé à commenter l’adhésion de plusieurs juifs d’origine marocaine au parti Likud, de tendance national-libéral, le diplomate a expliqué qu’elle était intervenue suite aux différends nés après la deuxième vague de migration, entre les juifs déjà établis en Israël et ceux venant d’y arriver.

Et d’assurer que «les juifs marocains et ceux d’origine orientale ont soutenu la paix avec l’Egypte et avec la Jordanie». Sur cette question, Yehuda Lancry a rappelé l’intervention du roi Hassan II ayant «fait la médiation pour une paix entre Israël et l’Egypte».

«Hassan II a été un élément central de cette opération. Il avait veillé à la concrétisation de ce processus et n’avait ménagé aucun effort pour intervenir. Nous l’avions rencontré trois mois avant son décès. Il nous avait appelé à prendre le modèle de coexistence entre juifs et musulmans au Maroc et le concrétiser chez nous en Israël et nous avions réalisé des avancés grâce à ce conseil, lors de nos premiers contacts avec les Palestiniens.»

Quant à l’absence de toute relation diplomatique entre Rabat et Tel-Aviv, le diplomate a expliqué que la question palestinienne a un grand poids dans cette équation.
«Personnellement, je ne pense pas qu’il y aura un seul Etat arabe qui fera un pas en avant dans ses relations diplomatiques avec Israël avant de résoudre cette question», a-t-il fait savoir.
«Tout dépend de l’opération de paix avec les Palestiniens et une avancée dans ce processus donnera forcément plus d’ouverture.»

S’agissant des dernières rumeurs sur le refus, par le Maroc, de recevoir Benjamin Netanyahu après la rencontre de ce dernier avec Mike Pompeo au Portugal, Yehuda Lancry est catégorique: «Parler d’une visite de Netanyahu au Maroc était précoce».

«Le blocage de toute relation entre nous et l’autorité palestinienne rend impossible un éventuel accueil du président israélien au Maroc par le roi Mohammed VI», conclut-il.

Yassine Benargane -

06.01.20

Source: Yabiladi

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14 janvier 2020

Poursuite & accentuation du BDS sans faiblir!

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Aucune des mesures destinées à criminaliser le militantisme en faveur de la Palestine n’a arrêté la montée de l’antisémitisme dans ce pays (USA), qui est propagé par des suprémacistes blancs

 

Le 11 décembre, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a signé un décret-loi — supposé protéger de l’antisémitisme les étudiants juifs sur les campus — décret qui constitue une escalade critique dans sa rhétorique anti-palestinienne.  

Pourtant, le décret est un développement logique, plutôt qu’une déviation, de ses actions précédentes. Alors que militants, organisateurs et nos alliés se concentreront sans doute sur les meilleures manières d’affronter ce dernier outrage, il est important de garder à l’esprit quelques points. 

Faire taire BDS

D’abord, le décret de Trump n’est que le dernier d’une longue campagne des défenseurs d’Israël et des politiciens, tant démocrates que républicains, pour réduire au silence la critique contre Israël – et spécifiquement, pour étouffer le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) sur les campus des universités. 

Mondoweiss a décrit ce décret comme une déclaration de guerre contre le mouvement de solidarité envers la Palestine, mais cette guerre se poursuit depuis des décennies et n’a certainement pas été 'déclenchée' par Trump. 

Il y a une décennie, Saree Makdisi et David Theo Goldberg, professeurs à l’université de Californie ont documenté que 33 organisations surveillaient les discours critiques contre Israël sur les campus américains — un nombre qui a augmenté depuis; et leur mission a évolué au-delà d’une simple surveillance, vers une législation active contre les étudiants et le personnel qui soutiennent la justice en Palestine. 

La solidarité avec le peuple palestinien opprimé a toujours été attaquée aux Etats-Unis, mais comme BDS a proposé des démarches concrètes pour instituer la solidarité, transformant le discours global sur le sionisme et la résistance palestinienne autochtone, il est devenu la cible d’attaques focalisées au plus haut niveau gouvernemental, à la fois en Israël et en Occident.

Les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne s’en sont tous pris autoritairement au mouvement populaire.

Donc, alors que beaucoup de juifs étaient à bon droit inquiets de l’affirmation de Trump selon laquelle leur religion est une nationalité — une affirmation qui a circulé largement avant la signature du décret et feraient d’eux des «outsiders» dans tous les pays où ils vivent, excepté en Israël — ces juifs qui ne sont pas sionistes ne peuvent et ne devraient pas le prendre pour eux-mêmes.

La solidarité avec la Palestine croît, malgré la censure et le musellement autoritaires. Le décret de Trump, inspiré par les conseillers sionistes, porte en définitive sur le fait de réduire au silence les Palestiniens et la critique d’Israël. 

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Une inégalité intrinsèque raciste 

Israël a toujours maintenu une distinction entre 'nationalité' et 'citoyenneté', grâce à laquelle tous les juifs, israéliens ou non, peuvent obtenir la 'nationalité', alors qu’aux non-juifs, ce qui veut dire à la population palestinienne d’Israël, ne peut être accordée que la 'citoyenneté'.

Tout soutien pour Israël est le soutien d’une inégalité intrinsèque raciste, sur laquelle Israël a été fondée comme 'nation juive'. Le décret-loi de Trump crée une autre opportunité pour expliquer aux 'sionistes progressistes' pourquoi tout sionisme est du racisme, parce que le sionisme est la croyance que les juifs devraient être une nation non démocratique, exclusiviste.

Le décret de Trump est aussi la conséquence logique de toute la législation anti-BDS que les militants ont combattue dans les dernières années, alors que les politiciens, y compris ceux prétendus 'progressistes', n’ont pas défendu BDS, à de rares exceptions près.

Aucune des mesures pour criminaliser BDS n’a écrasé la montée de l’antisémitisme dans ce pays, comme le prouve le nombre inquiétant d’attaques contre des magasins juifs, des centres communautaires, des synagogues et des cimetières. Et ces attaques sont perpétrées par des suprémacistes blancs, pas par des militants BDS.

Nous devrions transmettre ce message à ces politiciens qui s’inquiètent honnêtement de l’antisémitisme et qui ont à tort — par commodité, ou simplement par paresse intellectuelle et morale — blamé BDS pour cela. 

Le décret de Trump pourrait retirer des financements aux universités qui n’arrêtent pas la critique contre Israël. Mais le militantisme pour la justice pro-Palestine n’a jamais compté sur des financements importants de bourses d’Etat et d’administrateurs universitaires pour leur action, qui continue à fleurir au niveau populaire. 

Contrairement aux trolls sionistes qui sont payés pour répandre des discours pro-Israël, les militants BDS sont des volontaires, qui offrent leur temps, leur énergie et leur créativité, et paient de leur poche pour donner des exposés, créer des brochures et fabriquer des banderoles. 

Si le décret-loi de Trump peut impacter le discours sur les campus, et peut-être mettre fin aux événéments comme l’Israeli Apartheid Week – qui devra peut-être se déplacer dans les sous-sols et les salles de réunion des églises, des mosquées et, espérons-le, de quelques synagogues — les militants vraiment radicaux savent depuis longtemps que «la révolution ne sera pas subventionnée».

Source: Externe

Légalité et moralité 

En tant qu’ancienne membre du collectif de pilotage d’Incite!, un réseau de féministes de couleur s’organisant pour mettre fin à la violence, je me rappelle que début 2004 — même avant que l’appel pour BDS n’ait été lancé — nous avions obtenu une généreuse subvention de la Fondation Ford pour notre travail. 

Nous avions démarré deux projets importants, sans lien avec la solidarité en Palestine, juste pour entendre quelques mois plus tard que la subvention avait été retirée après que des membres dirigeants de la Ford Foundation ont lu en ligne nos «points de rassemblement», qui incluaient la solidarité avec la lutte palestinienne. Après le choc initial, Incite! a nénanmoins continué ses projets, obtenant de l’argent dollar par dollar, sans subventions de fondations. 

Nous ne devons pas nous leurrer avec l’idée qu’un travail vraiment révolutionnaire serait nécessairement 'légal', ni que la légalité est nécessairement morale. La réponse la plus importante en ce moment est de renouveler notre engagement envers la justice, sachant que la justice a de nombreuses fois au cours de l’histoire été en contradiction avec le 'pouvoir'. 

L’esclavage était légal, et aussi l’apartheid, ainsi que l’holocauste. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral et ce qui est 'illégal' est peut-être le comportement le plus moral.

Que 2020 soit l’année où nous nous réengageons tous envers une vision de la justice pour tous — aux Etats-Unis, où la suprémacie blanche s’exprime par le nativisme, l’islamophobie et l’antisémitisme, mais aussi en Palestine, où le sionisme, qui a toujours maintenu que les juifs étaient une 'nation' et pas seulement une religion, doit aussi être contesté, en travaillant à établir la justice de la rivière à la mer.

Une nouvelle campagne lancée ce mois-ci par la Campagne américaine pour les droits palestiniens et le projet Adalah pour la justice affirme cet engagement envers «le droit à résister». 

En même temps, le directeur de Palestine Legal, Dima Khalidi, a affirmé que «plutôt que de fournir de nouvelles protections aux étudiants juifs contre l’antisémitisme rampant et mortel d’un nationalisme blanc renaissant, le décret de Trump vise à définir les contours de ce que nous pouvons dire sur la Palestine et Israël. Nous ne nous soumettrons pas et nous le contesterons». 

Nada Elia -

29.12.19

Source: Agence Medias Palestine

13 janvier 2020

2020, l’année de la fin pour Gaza?

Source: Externe

C’est comme ça quand on s’amuse, le temps file. Il y a huit ans, en 2012, les Nations-Unies ont publié un rapport intitulé «Gaza en 2020: un endroit vivable?» La réponse était contenu dans le corps du rapport: non. Sauf si des mesures étaient mises en œuvre pour la sauver

 

Aucune réelle mesure n’a été prise mais les projections dans ce rapport sévère ne sont en plus pas confirmé: la situation est bien pire que ce qu’il prédisait.

Il y a un Tchernobyl à Gaza, à une heure de Tel-Aviv. Et Tel-Aviv n’est pas gêné par cela. Pas plus que ne l’est le reste du monde.

Les analyses des informations de la dernière décennie incluent tous le reste, excepté le désastre humanitaire qui se déroule dans l’arrière cour d’Israël, et pour lequel Israël est premièrement et principalement à blâmer, est responsable.

Au lieu de prendre ses responsabilités pour les avoir expulsés et conduits à Gaza en 1948, et d’essayer de compenser et réparer ce qui a été fait, à travers de la réhabilitation et de l’assistance, Israël continue de poursuivre les politiques de 1948 d’une autre façon: une cage au lieu d’une expulsion, la prison au lieu du nettoyage ethnique, le siège au lieu de la dépossession.

On peut douter qu’il y ait d’autres régions du monde où des désastres ont duré continuellement plus de 70 ans et tout cela en étant le produit d’actes humains malveillants.

La mémoire de Gaza aurait dû nous harceler jour et nuit. Au lieu de cela, Gaza est oubliée. Seul le tir d’une roquette Qassam est capable de procurer un rappel de son existence.

Quand le rapport de l’ONU a été rédigé, le taux de chômage à Gaza était de 29%. Huit années se sont écoulées et aujourd’hui, selon la Banque mondiale, le taux de chômage là-bas a atteint un inimaginable 53%, avec 67% chez les jeunes.

Est-ce que quelqu’un comprend ça? 67% de chômage. Est ce que qui que ce soit comprend à quoi correspond une telle vie, quand la majorité des jeunes n’ont ni présent ni futur?

Le Hamas est la partie coupable. Le Hamas est coupable de tout. Et Israël? Pas du tout. Quelle répression, quel déni et lavage de cerveau cela requiert-il? Quels mensonges et quelles inhumanité et cruauté?

Un pays qui a envoyé des missions de secours aux bouts de la planète est, de façon révoltante, indifférent au désastre qu’il a créé à sa frontière et aggrave même la situation.

Source: Externe

Approximativement la moitié des résidents de la bande de Gaza vivent avec moins de 5,50$ par jour. En comparaison, en Cisjordanie occupée, seulement 9% de la population subsiste avec une telle somme.

Le Hamas est coupable. Comme s’il avait imposé le siège, qu’il faisait obstruction aux importations, exportations et à l’emploi, qu’il tirait sur les pêcheurs de Gaza, qu’il empêchait les malades du cancer d’obtenir un traitement médical, qu’il avait bombardé Gaza, tuant des milliers de civils et détruisant un nombre incalculable de maisons. Evidemment.

Le rapport de l’ONU de 2012 prédisait qu’en 2020 Gaza aurait besoin d’au moins 1000 médecins. Mais dans Gaza de 2020, 160 médecins sont partis durant les trois dernières années. Tout ceux qui le peuvent, partent.

Une jeune chirurgienne de l’hôpital Shifa de Gaza, Dr. Sara al-Saqqa, a témoigné au journal Guardian la semaine dernière qu’elle gagnait 300$ pour 40 jours de travail. Si ce n’était pour sa mère âgée, elle aussi serait partie.

Il y a pire à venir: 97% de l’approvisionnement en eau est impropre à la consommation, comme l’estime le rapport de l’ONU.

100.000m³ d’eaux usées par jour sont déversés dans la méditerranée, qui est aussi notre mer. Ashkelon se baigne dans les eaux usées de Gaza, mais cela ne dérange personne non plus.

Trois ans après que le rapport de l’ONU ait été publié, les Nations-Unies ont publiées le rapport de 2015. La guerre d’Israël sur Gaza, l’opération 'Bordure protectrice' a déraciné un demi million de personnes de leurs maisons et laissé Gaza écrasée. Mais ça non plus n’a rien produit de plus qu’un gros bâillement.

Et puis est venu le rapport de 2018, cette fois de la Banque mondiale: l’économie gazaouie était dans un état critique.

Laissez les suffoquer. Israël se tient au côté de Naama Issachar, la femme israélienne en prison en Russie, qui a été transférée dans une autre prison.

Gideon Levy -

02.01.20

Source: Agence Medias Palestine

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12 janvier 2020

Israël: un modèle pour la droite extrême

Source: Externe

Les suprémacistes blancs, les antisémites, les néo-nazis et les fondamentalistes religieux trouvent inspiration et soutien à Tel-Aviv

 

Le 15 décembre, le Brésil a ouvert un bureau commercial à Jérusalem et annoncé qu’il allait bientôt y déménager son ambassade de Tel-Aviv dans cette ville contestée.

Le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, a exprimé sa satisfaction en déclarant qu’Israël n’avait «pas de meilleurs amis que le peuple et le gouvernement du Brésil». (nous pensions naïvement que c'étaient les USA!...-ndlr)

L’appui du Brésil au colonialisme de peuplement et à l’occupation militaire de la Palestine s’intègre dans une tendance mondiale plus vaste des mouvements de droite, de l’extrême-droite, et des mouvements fondamentalismes qui adoptent le sionisme comme un modèle pour la perpétuation réussie des politiques racistes.

Un soutien grandissant du Brésil à Israël

Un nationaliste religieux et ancien capitaine de l’armée, le Président d’extrême droite du Brésil, Jair Bolsonaro, est connu pour ses propos patriarcaux, misogynes et racistes. Il a insulté les réfugiés africains, moyen-orientaux et haïtiens les traitant de «racaille de l’humanité», il s’en est pris aux populations LGBT, et il a encouragé l’inégalité des femmes dans la loi. Le régime de Borlsonaro a été qualifié de fasciste par certains observateurs.

Lors de sa prise de fonction en 2018, Bolsonaro a rompu avec la position modérée de ce pays sud-américain sur la Palestine. Durant sa campagne présidentielle, Bolsonaro a recommandé la fermeture de l’ambassade palestinienne au Brésil, il a rejeté les Palestiniens comme étant des «terroristes», et il a promis de déplacer l’ambassade du Brésil à Jérusalem.

Lors des rassemblements électoraux, le drapeau israélien est souvent apparu aux côtés du drapeau brésilien. Après la victoire électorale de Bolsonaro, une source diplomatique brésilienne de première importance a déclaré au journal israélien Haaretz que «le Brésil sera dorénavant coloré en bleu et blanc» faisant référence aux couleurs du drapeau israélien.

En tant que Président, Bolsonaro a fait sa première visite officielle de chef d’État en-dehors des Amériques en Israël, où il a proclamé chaleureusement, et en hébreu, son amour pour Israël.

Israël lui a rendu la pareille question fascination. Dès le début de sa présidence, Israël a considéré Bolsonaro comme un nouvel allié. Quand Netanyahu a assisté à l’inauguration de Bolsonaro, il a été accueilli par les chrétiens évangéliques du Brésil, qui ont publié un timbre spécial pour célébrer le 70è anniversaire de l’État colonisateur. Sur ce timbre, il y avait représentés le visage de Netanyahu et le mot hébreu pour «sauveur».

Source: Externe

Les évangéliques

Bolsonaro est soutenu par une population évangélique qui grandit rapidement et qui, avec environ 45 millions de personnes, gagne en influence politique et sociale.

Le mouvement évangélique du Brésil a des liens avec son homologue états-unien. Bien représentés dans le gouvernement des États-Unis par le Vice-Président Mike Pence et le Secrétaire d’État Mike Pompeo, les évangéliques forment la base conservatrice du Parti républicain et ils ont largement soutenu Donald Trump.

Israël est d’une importance centrale pour les évangéliques sionistes, lesquels continuent de croire que les juifs ont besoin d’être concentrés en Palestine pour que soit déclenchée la seconde venue de Jésus.

Lisant l’histoire à travers une lentille religieuse, les sionistes évangéliques considèrent l’établissement de l’État d’Israël en 1948 comme l’accomplissement d’une prophétie religieuse. Israël est ainsi élevé au-dessus de ses obligations relevant du droit international et des droits de l’homme.

L’idolâtrie d’Israël 

Les sionistes chrétiens ne sont pas les seuls à soutenir et admirer Israël. Les mouvements et partis politiques de droite et d’extrême-droite à travers le monde idéalisent aussi Israël car ils voient dans le projet colonial sioniste un modèle réussi de la domination européenne sur les populations indigènes des pays en développement.

Se saisissant des préoccupations des ultraconservateurs concernant les développements démographiques dans les sociétés multiculturelles pour la perpétuation des idéologies islamophobes, les suprémacistes blancs et les autres idéologies racistes, les différents mouvements d’extrême-droite se croisent dans leur adhésion au sionisme.

Des systèmes visant à limiter l’expansion de la population, tels que les interdictions de voyager, les déportations, la construction de murs, et l’incarcération massive, ont longtemps été développés par Israël et testés sur les Palestiniens.

Israël a transformé la pensée islamophobe et orientaliste en une politique génocidaire, une politique que de nombreux partisans considèrent comme un exemple pour leur propre pays. 

La droite extrême de l’Europe

Les idéologues de droite peuvent facilement combiner l’antisémitisme avec une position pro-israélienne. En 1895, le père fondateur du sionisme, Theodor Herzl, prédisait que «les antisémites deviendront nos amis les plus fiables, et les pays antisémites nos alliés».

Pendant que l’antisémitisme et le sionisme se recoupent structurellement, tous deux dépendant d’une politisation collective des juifs comme étant l’«autre», la dynamique en cours fait qu’il est maintenant impossible d’ignorer cette alliance macabre. 

Les partis d’extrême-droite ont de plus en plus rejoint le spectre politique établi dans toute l’Europe. Le «Parti de la liberté» (FPÖ ) en Autriche et celui d’extrême-droite en Allemagne, l’AfD, ont incorporé le sionisme dans leurs idéologies régressives, considérant Israël comme un modèle pour la création de hiérarchies racistes/raciales. Les deux partis comprennent des antisémites déclarés. 

Tout en traitant avec mépris les droits des Palestiniens, la droite extrême européenne a, d’un point de vue rhétorique, maltraité la population palestinienne afin de promouvoir une propagande islamophobe et de disculper son propre antisémitisme.

Les colonies de peuplements illégales d’Israël en Cisjordanie sont souvent présentées comme la frontière de la civilisation occidentale. Pour ne citer que quelques exemples, l’ancien dirigeant du FPÖ, Hans Christian Strache, a déclaré que son cœur est avec les colons. L’islamophobe néerlandais, Geert Wilders, a demandé aux Palestiniens de quitter la Palestine pour la Jordanie, justifiant un nettoyage ethnique. Le parti d’extrême-droite des Démocrates suédois se bat pour que Jérusalem soit reconnue comme la capitale d’Israël.

Source: Externe

Une collaboration

Le régime israélien s’est depuis longtemps positionné au sein de la droite politique mondiale et, particulièrement sous Netanyahu, il collabore fièrement avec la droite extrême. Il glorifie même certaines personnalités de la droite extrême, tel que le politicien italien Matteo Salvini, comme de «grands amis d’Israël».

Parmi les «amis» d’Israël dans la droite extrême, on trouve également le Hongrois Victor Orban. Connu pour son discours islamophobe et anti-réfugiés, Orban a fait l’éloge de l’ancien collaborateur hongrois avec les Nazis, Miklos Horthy, lequel a supervisé le meurtre d’un demi-million de juifs en Hongrie.

Autre ami encore, le Président philippin Rodrigo Duterte, qui s’est rendu tristement célèbre pour ses propos racistes, homophobes et sexistes. Duterte s’est comparé une fois à Hitler et a ridiculisé les victimes de l’holocauste.

Et cela ne l’a pas empêché de se rendre plus tard en Israël et, avec Netanyahu, de participer à un service commémoratif au Mémorial de l’holocauste de Yad Vashem. Sa visite incluait la signature d’une licence d’exploration pétrolière et de nouveaux contrats d’armements.

Tout cela, cependant, n’est pas choquant pour quiconque suit de près la droite extrême et le gouvernement israélien. En fait, Jérusalem est une intersection cruciale des sionistes et des antisémites.

Après sa visite au Mémorial de l’holocauste, Bolsonaro a proclamé que le nazisme était un mouvement de gauche et socialiste, s’engageant ainsi dans un révisionnisme de l’holocauste.

Ceci se situe dans la droite ligne du révisionnisme historique de Netanyahu lui-même. Le Premier ministre d’Israël a prétendu précédemment que «Hitler ne voulait pas exterminer les juifs», propageant à tort une théorie de l’implication des Palestiniens dans l’holocauste.

Lors de l’ouverture de la nouvelle ambassade de l’administration Trump à Jérusalem, en 2018, les pasteurs évangéliques Robert Jeffress et John Hagee ont récité des prières. L’éminent télévangéliste Jeffress avait auparavant proclamé: «Vous ne pouvez pas être sauvés en tant que juifs». Il a dénoncé l’Islam, le mormonisme, et le judaïsme.

Dans une tentative visant à justifier les colonies de peuplement juives en Palestine, Hagee, fondateur de l’organisation sioniste Chrétiens unis pour Israël, s’est servi de la Bible pour justifier l’holocauste, affirmant: «Dieu a envoyé un chasseur. Un chasseur, c’est quelqu’un qui a un fusil, et qui vous contraint. Hitler était un chasseur».

Comme le dévoilent ces dynamiques, la Palestine/Israël a été au centre des gouvernements, des partis politiques et des mouvements régressifs à travers le monde. Les suprématies blanches, les antisémites, les néo-nazis et les fondamentalistes religieux peuvent trouver une inspiration dans le sionisme à plusieurs fins.

Que leur but soit de dissimuler l’antisémitisme, ou de faire avancer des politiques racistes, ou de déclencher une apocalypse, tant qu’ils font l’éloge du gouvernement israélien ils seront très probablement acceptés comme "des amis". 

Aujourd’hui, Tel-Aviv s’empresse de se lier d’amitié avec les nouveaux gouvernements de droite, où qu’ils puissent apparaître. Cette approche a été visible en Amérique du Sud, en plus du Brésil.

Source: Externe

Le Vénézuéla et la Bolivie ont été longtemps parmi les plus ardents opposants d’Israël sur le plan international. Caracas a rompu ses liens avec l’État sioniste après la guerre de 2008-2009 contre Gaza. Morales le Bolivien a déclaré Israël comme «État terroriste» après avoir condamné ses guerres contre les Palestiniens.

Cependant, Juan Guaido, le «Président par intérim» vénézuélien, imposé par les USA, a immédiatement été reconnu par Israël et il tente de rétablir les relations diplomatiques. Jeanine Añez, la Présidente par intérim bolivienne, controversée et soutenue par les USA, a rapidement rétabli les relations avec Israël et laissé tomber les restrictions aux visas.

En dépit de son alignement sur la droite mondiale, Israël est toujours soutenu par les politiques libérales et de gauche en Occident et, en raison d’un orientalisme profondément ancré dans la sphère euro-américaine, l’État sioniste est le plus souvent considéré comme un avant-poste démocratique au Moyen-Orient.

Et en conséquence, l’oppression contre les Palestiniens continue de s’étendre à l’échelle transnationale et au-delà des idéologies politiques.

Denijal Jegic -

02.01.20

Source: Agence Medias Palestine