FREE PALESTINE

02 avril 2020

Le coronavirus au temps de l’apartheid

Source: Externe

Alors que le monde appelle à la solidarité, les Palestiniens n’en attendent aucune de la part de leurs occupants

 

Alors que le nombre d’infections et de décès dus au COVID-19 se multiplie de jour en jour, il y a de plus en plus d’appels à travers le monde pour que les gens se montrent solidaires et prennent soin les uns des autres. Pourtant, pour le gouvernement israélien, la solidarité n’existe pas.

Dès que les premières infections au coronavirus ont été détectées, les autorités israéliennes ont démontré qu’elles n’ont pas l’intention de relâcher l’apartheid de manière à aider les Palestiniens à faire face à l’épidémie dans des conditions plus humaines.

La répression s’est poursuivie, les forces d’occupation israéliennes utilisant l’opportunité d’une présence policière accrue pour poursuivre 1) les raids contre certaines communautés, comme le quartier Issawiya à Jérusalem-Est, 2) les démolitions de maisons dans des endroits comme le village de Kafr Qasim et 3) la destruction des récoltes dans les communautés bédouines du Désert du Naqab.

Malgré le test positif de contamination au COVID-19 pour quatre prisonniers palestiniens, le gouvernement israélien a jusqu’à présent refusé de répondre aux appels à la libération des 5000 Palestiniens (dont 180 enfants) qu’il détient actuellement dans ses prisons. Et rien n’indique que le siège destructeur de la bande de Gaza, qui a décimé ses services publics, serait levé de si tôt.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu essaie également d’exclure la Liste commune majoritairement palestinienne de la formation d’un gouvernement d’unité d’urgence pour lutter contre l’épidémie, qualifiant ses membres de «partisans du terrorisme».

Dans le même temps, les autorités israéliennes ont rapidement dépeint les Palestiniens comme porteurs du virus et comme une menace pour la santé publique.

Au début du mois de mars, lorsque le ministère palestinien de la Santé a confirmé les sept premiers cas de coronavirus dans les territoires palestiniens occupés, le ministre israélien de la Défense, Naftali Bennett, n’a pas tardé à verrouileler la ville de Bethléem où se trouvaient tous les cas identifiés.

Bien sûr, la préoccupation n’était pas la santé et la sécurité des Palestiniens dans la ville, mais plutôt la menace qu’ils puissent infecter des Israéliens. La colonie voisine d’Efrat – qui avait également des cas d’infections confirmées – n’a bien évidemment pas été verrouillée à ce moment-là.

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Peu de temps après, le ministère israélien de la Santé a publié une déclaration recommandant aux Israéliens de ne pas entrer dans les territoires palestiniens occupés.

La semaine dernière, Netanyahu a demandé au «public arabophone» de suivre les instructions du ministère de la Santé en disant qu’il y avait un problème de suivi des mesures parmi les Palestiniens. Aucune inquiétude de ce genre n’a été exprimée au sujet de certains membres de la population juive d’Israël qui ont carrément refusé de fermer les écoles et les commerces religieux.

Cette attitude envers les Palestiniens n’est bien sûr pas nouvelle. Les écrits des premiers colons sionistes européens sont pleins d’hypothèses racistes sur l’hygiène et les conditions de vie de la population arabe, et la menace de la maladie provenant de la population palestinienne a été une des premières justifications de l’apartheid.

En plus de la répression et la discrimination qui durent depuis des décennies, les Palestiniens seront confrontés pendant l’épidémie de COVID-19, à une autre conséquence de l’occupation et de l’apartheid: un système de santé défaillant.

Les racines de son dysfonctionnement remontent à l’ère du mandat, lorsque les Britanniques ont découragé la formation d’un secteur de la santé géré par les Palestiniens. La population palestinienne (principalement la partie vivant dans les villes) était desservie par un certain nombre d’hôpitaux que les colonialistes britanniques avaient mis en place, ainsi que par des établissements de santé installés par diverses institutions religieuses occidentales.

Dans le même temps, les colons juifs ont été autorisés à mettre en place leur propre système de santé, financé généreusement par l’étranger et géré indépendamment du mandat britannique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains missionnaires ont quitté la Palestine et ont fermé leurs cliniques, et après 1948, les Britanniques se sont retirés, laissant derrière eux une infrastructure de soins de santé très peu performante.

En 1949, l’Égypte a annexé Gaza. L’année suivante, la Jordanie a fait de même avec la Cisjordanie. Au cours des 17 années qui ont suivi, Le Caire et Amman ont pourvu aux besoins de la population palestinienne vivant sous leur autorité, mais ils n’ont pas vraiment mis en place un système de santé suffisamment performant.

L’UNRWA – l’Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient – a dû renforcer ses services, en fournissant des soins de santé de base tandis que les Palestiniens ont commencé à construire un réseau d’établissements de santé à caractère caritatif.

Après la guerre de 1967 et l’occupation israélienne de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, Israël en tant que puissance occupante était légalement responsable des soins de santé des Palestiniens, mais sans surprise, il n’a rien fait pour encourager le développement d’un secteur de la santé qui réponde aux besoins. Pour illustrer ce point: en 1975, le budget alloué aux soins de santé en Cisjordanie était inférieur à celui d’un hôpital israélien pour une seule année.

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En 1994, l’Autorité palestinienne a été mise en place et a repris les divers services. Il va sans dire que l’occupation continue et le fait que le budget de l’Autorité dépendait de donateurs étrangers et des caprices du gouvernement israélien – ainsi que du niveau de corruption de responsables de l’Autorité palestinienne – n’ont pas permis au secteur de la santé palestinien de se développer.

Par conséquent, si vous deviez entrer dans un hôpital palestinien en Cisjordanie aujourd’hui, vous seriez frappé par le surnombre des patients, la pénurie de fournitures, le matériel inadéquat et les infrastructures et les installations sanitaires bas de gamme. Les professionnels de la santé ont protesté à maintes reprises contre les mauvaises conditions de travail dans leurs hôpitaux, le plus récemment en février de cette année, mais en vain.

Avec seulement 1,23 lit pour 1000 habitants, 2550 médecins actifs, moins de 20 spécialistes des soins intensifs et moins de 120 systèmes d’assistance respiratoire sur l’ensemble des hôpitaux publics, la Cisjordanie sous occupation est confrontée à une catastrophe sanitaire si les autorités ne maîtrisent pas la propagation du COVID-19.

La situation en Cisjordanie peut sembler bien sombre, mais celle de la bande de Gaza est tout simplement catastrophique. Les Nations Unies ont annoncé que le territoire assiégé serait invivable d’ici 2020. Nous sommes maintenant en 2020 et les habitants de la bande de Gaza – en dehors des conditions de vie inhumaines – sont désormais confrontés à l’épidémie de COVID-19, puisque les premiers cas ont été confirmés le 21 mars.

Le blocus imposé par Israël, l’Égypte et l’Autorité Palestinienne à Gaza a poussé son système de santé au bord de l’effondrement. Cette situation a été aggravée par les cycles de destruction des établissements de santé et la lenteur des efforts de reconstruction, après les offensives militaires répétées à grande échelle de l’armée israélienne.

La population de Gaza est déjà confrontée à des conditions de vie désastreuses: le chômage est à 44% (61% pour les jeunes); 80% de la population dépend d’une forme ou d’une autre d’aide étrangère; 97% de l’eau est non potable; et 10% des enfants ont un retard de croissance dû à la malnutrition.

L’offre de soins de santé est en déclin constant. Selon l’ONG Medical Aid for Palestinians, depuis l’an 2000 «il y a eu une baisse du nombre de lits d’hôpitaux (de 1,8 à 1,58 pour mille), de médecins (1,68 à 1,42 pour mille) et d’infirmières (2,09 à 1,98 pour mille), avec un surpeuplement et une réduction de la qualité des services». L’interdiction imposée par Israël à l’importation de technologies susceptibles d’être «à double usage» a restreint l’achat d’équipements, tels que les scanners à rayons X et les radioscopes médicaux.

Des coupures de courant régulières menacent la vie de milliers de patients qui dépendent d’appareils médicaux, avec parmi eux des bébés dans des incubateurs. Les hôpitaux manquent d’environ 40% des médicaments considérés essentiels, et les quantités de fournitures médicales de base, comme les seringues et la gaze, sont insuffisantes. La décision de 2018 de l’administration Trump de suspendre le financement américain pour l’UNRWA a également affecté la capacité de l’agence des Nations-Unies à assurer des soins de santé et à mettre à disposition des médecins pour effectuer des chirurgies complexes à Gaza.

Source: Externe

Les limites du système de santé de Gaza ont été mises à l’épreuve en 2018 lors de la Marche du Retour, lorsque des soldats israéliens ont massivement ouvert le feu sur des Palestiniens désarmés qui manifestaient à proximité de la clôture séparant la bande assiégé du territoire israélien. À cette période, les hôpitaux étaient submergés de blessés et de morts et, pendant des mois, leurs services ont eu toutes les peines du monde pour soigner les milliers de blessés par balles réelles, dont beaucoup étaient rendus pour toujours invalides.

La bande de Gaza est l’une des régions les plus densément peuplées du monde, qui connaît également de graves problèmes avec les infrastructures d’eau et d’assainissement. Il est clair que stopper la propagation du COVID-19 sera presque impossible. Il est également clair que la population – déjà épuisée par la malnutrition, un taux d’invalidité plus élevé (en raison de toutes les agressions israéliennes) et la détresse psychologique due à la guerre et aux difficultés – sera d’autant plus vulnérable au virus. Beaucoup mourront et le système de santé très certainement s’effondrera.

Alors que la Cisjordanie et Gaza font face à des catastrophes sanitaires potentielles au milieu d’une épidémie entravant le COVID-19, la question est, que fera Israël? Donnera-t-il accès à son système de santé aux Palestiniens? Va-t-il au moins arrêter de bloquer l’aide médicale étrangère?

Une vidéo récente devenue virale sur les réseaux sociaux palestiniens peut nous donner la réponse. On y voit un ouvrier palestinien qui lutte pour pouvoir respirer au bord d’une route à un barrage israélien près du village de Beit Sira. Le patron israélien avait appelé la police israélienne après avoir vu son ouvrier agricole palestinien gravement malade, et soupçonné que celui-ci soit contaminé par le virus. L’ouvrier avait alors été ramassé et jeté à terre du côté palestinien du barrage.

Des décennies de domination coloniale, d’occupation militaire et d’agressions meurtrières répétées ont appris aux Palestiniens à ne pas attendre de 'solidarité' de la part du gouvernement israélien d’apartheid. C’est pour cela que – comme lors des crises précédentes – les Palestiniens s’en sortiront avec leur proverbial sumud (ou résilience).

Osama Tanous -

25.03.20

Source: Chronique de Palestine

01 avril 2020

Les Palestiniens refusent d’abandonner leur cause, accord ou pas accord

Source: Externe

Les Palestiniens ayant refusé l'"accord du siècle" de Donald Trump, il est question d'"acheter" leur approbation par des incitations et des privilèges financiers. Des pressions politiques seront exercées jusqu'à ce qu'ils l’acceptent

 

Le soi-disant "plan de paix" a été dévoilé au coup par coup, d'abord lors de la conférence de Bahreïn en juin dernier, sous la bannière "Paix pour la prospérité". Washington avait déjà imposé sa politique d'étranglement des Palestiniens afin qu'ils se rendent et acceptent l'accord. Non seulement l'aide américaine à l'UNRA a été réduite de 359 millions de dollars en 2017 à 65 millions de dollars en 2018, mais elle a également été complètement interrompue en 2019.

L'aspect économique de l'accord repose sur la contribution des pays donateurs et des investisseurs à hauteur de 50 milliards de dollars, dont 28 milliards sont destinés aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza occupés, 9 milliards allant à l'Égypte, 7,5 milliards à la Jordanie et 6 milliards au Liban. S'ajoutent à cela 15 milliards de subventions, 25 milliards de prêts bonifiés et le reste provenant de capitaux privés.

En outre, 179 projets de développement économique seront financés, dont 147 en Cisjordanie et à Gaza, 15 en Jordanie, 12 en Égypte et 5 au Liban. Leur mise en œuvre s'étendra sur 10 ans, créant un million d'emplois pour les Palestiniens, doublant leur produit intérieur brut et réduisant le taux de pauvreté de 50%.

Les secteurs publics qui seront financés par l'accord de Trump comprennent les transports, l'énergie, les services numériques, l'eau, la gouvernance et les réformes, l'éducation, le tourisme et les ressources naturelles. Le secteur de la santé, la construction de logements, l'agriculture, le développement des entreprises et la main-d'œuvre, ainsi que le financement destiné à améliorer la qualité de vie générale seront également couverts.

Tout cela n'a cependant aucun sens, les Etats-Unis n’ayant pas réussi à débloquer les négociations politiques gelées entre les Palestiniens et les Israéliens. Cet échec a amené les envoyés spéciaux du président états-unien à se concentrer sur les progrès économiques en Cisjordanie en particulier. Ils estiment que l'amélioration de la situation économique stimulera les progrès politiques, dont la reprise contribuera à créer la confiance entre les Palestiniens et les Israéliens.

Source: ExterneBien que l'on entende beaucoup parler de Jared Kushner, gendre et conseiller principal de Trump, ainsi que de l'ancien envoyé Jason Greenblatt et de David Friedman, l'ambassadeur US en Israël, la proposition américaine signifie plus ou moins l'acceptation de la proposition de "paix économique" de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien a évoqué cette idée il y a plusieurs années.

Outre les aspects financiers de l'accord, si les relations israélo-palestiniennes sont loin d'être cordiales, des rencontres de nature économique et commerciale entre les deux parties ont toujours lieu. Elles sont de nature proche de l'accord et de ses scénarios. Plusieurs personnalités israéliennes de statut et de rôles différents ont rencontré des Palestiniens, notamment le chef d'état-major des forces de défense israéliennes, le lieutenant général Aviv Kochavi, qui a récemment rencontré Bashar Al-Masri, un homme d'affaires palestinien bien connu.

Ces rencontres constituent une part importante de la "paix économique" qu'Israël recherche car elles favoriseront les rencontres entre d'autres hommes d'affaires israéliens et palestiniens, ce qui augmente l'influence de ces derniers dans la prise de décision politique à Ramallah. Israël préfère communiquer avec ces Palestiniens plutôt qu'avec les hommes politiques, ce qui signifie souvent que tous les services que les Palestiniens souhaitent sont assurés par l'administration civile israélienne, sans que l'Autorité palestinienne n'ait aucun rôle à jouer. Ces réunions sont permanentes et sont très dangereuses dans le cadre de l'ingérence israélienne dans la vie des Palestiniens.

L'intention est clairement d'affaiblir l'AP, alors pourquoi l'Autorité est-elle si silencieuse? Qu'arrive-t-il aux dirigeants palestiniens?

Les Palestiniens ordinaires, quant à eux, considèrent ces réunions avec suspicion comme faisant partie du processus de "normalisation", ainsi qu'une approche "carotte et bâton" du ministère israélien de la Défense allant directement vers le peuple plutôt que vers les hommes politiques et limitant l'influence de l'AP. Il est même prévu de créer un site web pour permettre des liens directs entre Israéliens et Palestiniens.

Compte tenu de l'effondrement imminent de l'AP, les capitalistes palestiniens cherchent à contrôler la prise de décision et à renforcer le lien entre l'économie palestinienne et celle d'Israël. Les Israéliens ne sont pas prêts à renoncer à leur contrôle de l'économie en  Palestine car ils ne veulent pas perdre l'accès à une main-d'œuvre et à des matières premières bon marché.

Source: Externe

Les hommes d'affaires palestiniens impliqués profitent de ces rencontres en obtenant des cartes "VIP" qui leur permettent d'entrer facilement en Israël, de passer par l'aéroport Ben Gourion et de franchir les points de contrôle israéliens en Cisjordanie au lieu d'attendre des heures. Tout cela fait partie des aspects économiques du deal du siècle.

Cependant, la plupart des Palestiniens rejettent l'idée de bénéficier économiquement de l'accord de Trump, car le conflit avec Israël est très politique. Ils pensent généralement que promouvoir le développement économique aux dépens du progrès politique est la preuve que cette option a échoué, car il ne peut y avoir d'économie palestinienne forte sous occupation. En outre, la question palestinienne est avant tout une question de libération nationale pour un peuple occupé, ainsi que de retour des réfugiés dans leur patrie.

De plus, le "deal" économique est réalisé sous une Autorité palestinienne qui souffre déjà de graves crises financières lorsqu'il s'agit de payer les salaires des employés et qui fonctionne dans le cadre de l'Accord économique de Paris, profondément injuste, qui lie les économies palestinienne et israélienne. C'est ce qui donne à Israël le droit de saisir les recettes fiscales provenant des marchandises qui entrent dans les territoires palestiniens, un outil qu'Israël utilise pour faire pression sur l'AP, en les retenant et en les libérant chaque fois que l'occupation le permet.

Les Palestiniens pensent toujours que l'objectif principal de leur lutte est de mettre fin à l'occupation israélienne plutôt que de la stimuler économiquement tout en érodant les droits légitimes du peuple occupé et en détruisant toute initiative de développement économique acceptable pour eux si ce développement contribue à résister à l'occupation et à y mettre fin.

Alors que l'accord du siècle cherche à construire des relations commerciales entre Israël et les Palestiniens comme une voie vers un futur règlement politique, les motivations d'Israël découlent de son besoin de sécurité. Cette sécurité exige que l'occupation reste en place. Il y a donc une différence fondamentale dans les approches du "plan de paix" de Trump. Une "paix économique" telle qu'envisagée par Netanyahu et Washington ne réussira jamais tant que l'occupation et ses infrastructures seront en place. La paix exige la fin de l'occupation; c'est aussi simple que cela.

Le Hamas a anticipé l'inacceptabilité de l'accord et craint qu'il n'établisse simplement une nouvelle version de l'ancien statu quo. L'approche "carotte avec la Cisjordanie, et bâton avec Gaza" d'Israël peut se traduire par un plan économique israélien qui dit aux Palestiniens de la bande de Gaza assiégée "ni vivre ni mourir".

Source: Externe

La méfiance et le rejet de l'aspect économique de l'accord du siècle n'ont pas été dissipés, non seulement parmi les Palestiniens mais aussi dans les milieux israéliens qui ne croient pas à son utilité. L'appel américain à la prospérité économique pour les Palestiniens au lieu de négociations avec l'AP n'est pas réaliste car il est impossible de séparer l'économie de la situation politique et sécuritaire en Palestine occupée.

L'échec des efforts du "Quartet pour le Moyen-Orient" pour relancer l'économie de la Cisjordanie en est la preuve, notamment parce qu'il n'y a pas de liberté de circulation des biens et des personnes dans le territoire occupé. Il est donc évident pour tous les gens raisonnables que le seul aspect économique de l'"accord du siècle" entre les États-Unis et Israël est un échec; les Palestiniens refusent d'abandonner leur cause, accord ou pas accord.

Adnan Abu Amer -

16.03.20

Source: ISM

31 mars 2020

Comment l’alliance Modi-Netanyahu détruit la démocratie indienne

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Ce n’était qu’une question de temps avant que le sentiment anti-musulman en Inde ne devienne violent

 

Un pays qui se targue historiquement de sa diversité et de sa tolérance, et d’être «la plus grande démocratie du monde» a montré, ces dernières années, les qualités opposées exactes: du chauvinisme, du racisme, de l’intolérance religieuse et, à plusieurs occasions, une violence extrême.

La dernière vague de violence a eu lieu le 23 février, la veille de l’arrivée du président américain Donald Trump à Delhi lors de sa première visite officielle en Inde. Trump est une figure très appréciée parmi les nationalistes hindous, en particulier les partisans du Parti Bharatiya Janata (BJP), qui dirige l’Inde depuis 2014.

Le BJP, sous la direction de Narendra Modi, a fait des ravages dans la politique indienne et la politique étrangère. Les dommages que ce mouvement ultranationaliste a causés à la société indienne sont sans égal depuis l’indépendance du pays en 1947.

Sous le règne du BJP, la haine envers les musulmans, une importante minorité de plus de 200 millions de personnes parmi d’autres groupes minoritaires, a grandi au fil des ans pour devenir le discours central d’un mouvement qui est en complète faillite idéologique et morale.

Prenant le train de l’islamophobie, qui a connu une croissance exponentielle depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, les nationalistes hindous ont déguisé leur idéologie raciste et chauvine en une «guerre contre le terrorisme» à l’échelle mondiale.

Il n’était donc pas surprenant de voir Modi tendre la main à des islamophobes aux vues similaires, comme le Premier ministre israélien d’extrême-droite, Benjamin Netanyahu. L’amitié apparemment inébranlable entre Modi et Netanyahu sous-tend un mouvement pro-israélien croissant parmi les nationalistes hindous.

Les idéologues nationalistes hindous et les sionistes pro-israéliens ont depuis longtemps découvert une cause commune, fondée sur un sentiment collectif de suprématie raciale et d’intolérance à l’égard de l’Islam et des musulmans. En fait, Israël est devenu, ces dernières années, le dénominateur commun entre divers groupes ultra-nationalistes et d’extrême-droite en Inde et dans le monde.

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Assez curieusement mais de façon révélatrice, certains de ces groupes sont connus pour leur hostilité envers les juifs et pour leur pur et simple antisémitisme. Cependant, pour ces groupes, les sentiments anti-immigrés, anti-réfugiés et anti-musulmans prennent le pied sur tout le reste.

Alors que l’Europe et l’Amérique du Nord ont fait l’objet d’une plus grande part d’analyses politiques concernant la montée de l’islamophobie dans le monde, des pays comme l’Inde, la Birmanie et la Chine ont été largement exclus du débat.

Il est vrai que la discrimination et la violence contre la minorité musulmane de Chine, les Ouïghours, la population rohingya de Birmanie et les musulmans d’Inde, ont toutes fait l’objet d’une part relativement équitable d’attention et d’analyse de la part des médias. Cependant, le ciblage des musulmans dans ces politiques est largement perçu comme des «conflits» temporaires qui sont propres à ces régions, avec peu ou pas de connexion du tout avec les phénomènes antimusulmans à l’échelle mondiale.

Mais rien n'est plus éloigné de la vérité. Par exemple, le fait que les politiciens du BJP se réfèrent souvent aux migrants musulmans en Inde comme étant des «infiltrés et des termites» rappelle le même lexique déshumanisant utilisé par les nationalistes bouddhistes en Birmanie et les sionistes en Palestine.

Les goûts du mouvement hindou Samhati, connu pour son sectarisme anti-musulman, sont donc devenus essentiels à cette nouvelle marque anti-musulmane mondiale. Et, selon la même logique, haïr les musulmans devient alors synonyme d’aimer l’apartheid israélien.

Par conséquent, ce n’était pas une complète surprise de voir des dizaines de milliers de nationalistes hindous se rassembler à Calcutta en février 2018 dans ce qui a été décrit par les organisateurs comme «le plus grand rassemblement pro-israélien» de l’histoire.

Mais ce qui s’est passé à New Delhi en février était plus effrayant encore que toutes les manifestations antérieures de violence. Des dizaines de musulmans indiens ont été battus à mort et des centaines d’autres ont été gravement blessés par des nationalistes hindous devenus fous furieux.

Bien que l’Inde ne soit pas étrangère aux phénomènes de violence des foules, les récentes effusions de sang dans ce pays sont des plus alarmantes étant donné que c’est le résultat délibérément voulu d’un racisme promotionné par le BJP et ses partisans.

Des scènes montrant les forces de sécurité indiennes ont été particulièrement alarmantes, observant les actes violents à l’encontre des musulmans indiens sans intervenir ni s’opposer en quoi que ce soit, ou pire, prenant elles-mêmes part à la violence.

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Bien qu’il soit soutenu – et à juste titre – que la campagne anti-musulmane en Inde a été déclenchée par la «Loi sur l’amendement de la citoyenneté» de Modi qui vise finalement à rendre des millions de musulmans indiens apatrides, la maladie réside dans le BJP lui-même – un mouvement purement xénophobe qui exploite les rancœurs des pauvres et marginalisés en Inde pour conserver le pouvoir politique.

Il va sans dire que l’Inde de Modi est loin de l’Inde voulue par le Mahatma Gandhi ou le premier Premier ministre du pays indépendant, Jawaharlal Nehru.

Malheureusement, avec Modi et le BJP au pouvoir, l’Inde connaîtra des jours encore plus tragiques. Flanqué d’alliés tout aussi racistes et violents à Tel-Aviv et à Washington, Modi se sent habilité à prendre davantage de mesures aussi sinistres et discriminatoires contre les minorités les plus faibles du pays, en particulier les musulmans.

Il est essentiel que nous nous informions davantage sur la situation en Inde et que nous comprenions la politique et la violence anti-musulmanes dans ce pays dans un contexte mondial plus large. Les musulmans en Inde ont plus que jamais besoin de notre solidarité, d’autant plus que le BJP encouragé et son chef ultra-nationaliste ne semblent avoir aucune limite morale.

Ramzy Baroud -

24.03.20

Source: Chronique de Palestine

30 mars 2020

En pleine crise Coronavirus, Israël confisque* les tentes destinées à une clinique de Cisjordanie

Les palettes de parpaing confisquées*. Photo de ‘Aref Daraghmeh, B’Tselem, 26.03.2020

* ‘confiscate’ est le mot utilisé par B'Tselem, qui se traduit en français pas 'confisquer'. Les militants d’ISM utilisent plutôt le mot 'voler' pour nommer ces opérations de rafle menées par les voyous terroristes israéliens

 

Ce matin vers 7h30, des fonctionnaires de l'administration civile israélienne en Cisjordanie sont arrivés avec une escorte de jeep militaire, un bulldozer et deux camions à plateau avec grues dans la communauté palestinienne de Khirbet Ibziq, dans le nord de la vallée du Jourdain.

Ils ont 'confisqué' des poteaux et des bâches destinés à former huit tentes, deux pour une clinique de terrain, quatre pour des logements d'urgence pour les résidents évacués de leurs maisons, et deux comme mosquées de fortune.

Les soldats ont également 'confisqué' une cabane en tôle en place depuis plus de deux ans, ainsi qu'un générateur d'électricité et des sacs de sable et de ciment. Quatre palettes de parpaings destinées aux planchers des tentes ont été emportées et quatre autres démolies.

Alors que le monde entier est confronté à une crise sanitaire sans précédent et paralysante, l'armée israélienne consacre du temps et des ressources à harceler les communautés palestiniennes les plus vulnérables de Cisjordanie , qu'Israël tente de chasser de la région depuis des décennies.

L'arrêt d'une initiative communautaire de premiers secours lors d'une crise sanitaire est un exemple particulièrement cruel des abus réguliers infligés à ces communautés, et qui vont à l'encontre des principes humains et humanitaires de base lors d'une situation d'urgence.

Contrairement aux politiques d'Israël, cette pandémie ne fait pas de discrimination fondée sur la nationalité, l'ethnie ou la religion. Il est grand temps que le gouvernement et l'armée reconnaissent qu'aujourd'hui, de tous temps, Israël est responsable de la santé et du bien-être des cinq millions de Palestiniens qui vivent sous son contrôle dans les territoires occupés.

En plus de la destruction choquante de la clinique en construction, l'administration civile poursuit sa routine de démolition. Aujourd'hui, elle a démoli trois maisons saisonnières d'agriculteurs résidant à J
érusalem, dans le village de 'Ein a-Duyuk a-Tahta, à l'ouest de Jéricho.

 Les ruines laissées à ‘Ein a-Duyuk a-Tahta ce matin

Contexte des communautés palestiniennes confrontées à l'expulsion

Des dizaines de communautés d'agriculteurs et d'éleveurs, où vivent des milliers de Palestiniens, parsèment les 60% de la  Cisjordanie désignés comme zone C.

Depuis des décennies, les autorités israéliennes mènent une politique visant à chasser ces communautés en rendant les conditions de vie intolérables pour tenter de faire partir les résidents, apparemment de leur plein gré.

Ce comportement illégal est motivé par l'ambition politique, publiquement affichée par divers responsables, d'établir les faits sur le terrain et de s’emparer de ces zones dans le cadre d'une annexion de facto qui faciliterait l'annexion effective à Israël dans le cadre d'un accord sur le statut final.

Rédaction de B'Tselem -

28.03.20

Source: ISM

29 mars 2020

Le coronavirus donne aux Israéliens un petit avant-goût de ce qu’est la vie des Palestiniens

Source: Externe

Les Israéliens ressortiront-ils de cette expérience avec une compassion nouvelle pour la souffrance des Palestiniens? C’est peu probable

 

Les Israéliens sont confinés à cause du coronavirus. Comme partout ailleurs sur la planète maintenant, leur confinement est à la fois physique et psychologique.

L’atmosphère est lourde de malaise et d’anxiété face à la pandémie et, surtout, de la peur de l’inconnu. Les aspects physiques sont connus dans le monde entier: sorties restreintes et pénuries temporaires dans les supermarchés. Les grands aéroports sont quasiment déserts, les arrivées et départs sont presque nuls.

Les rassemblements sociaux, artistiques, culturels et religieux sont annulés. Les taux de chômage grimpent en flèche. L’armée est prête à diriger des hôtels transformés en hôpitaux pour les personnes infectées les moins gravement malades. Et bientôt, peut-être, un confinement total, avec des patrouilles de l’armée et de police dans les rues.

On parle déjà de la menace d’anarchie. De 'dystopie' (Forme de récit de fiction, se déroulant dans une société imaginaire, visant à en dénoncer les défauts-ndlr).

Confinement sous occupation

Tout cela aurait dû rappeler quelque chose aux Israéliens. Mais non. Ils sont trop occupés à s’inquiéter de leur survie, ce qui est compréhensible, et bien naturel.

Toutefois, il est difficile d’ignorer le fait que les réalités graves, voire extrêmes, de la vie en Israël ces derniers temps ressemblent au quotidien normal depuis des décennies dans les territoires palestiniens occupés.

Ce qui est jugé dystopique par les Israéliens ressemble presque à une utopie pour les Palestiniens. Le confinement temporaire – ainsi que les pénuries imposées aux Israéliens – ressemblerait presque à un rêve pour les Palestiniens, dont la situation à Gaza, et parfois aussi en Cisjordanie, est bien pire depuis longtemps.

C’est le temps du retour de karma, le destin rit, l’ironie amère abonde. Un ministre de l’Histoire glousse quelque part face à la nouvelle réalité imposée aux Israéliens.

Pour la première fois de leur vie, les Israéliens reçoivent un avant-goût de ce qu’ils servent aux Palestiniens depuis des générations. Pour la première fois de leur vie, les Israéliens goûtent au confinement et à la pénurie d’une manière inédite pour eux.

Et pourtant, le siège des Israéliens ressemble fort à un luxe pour tout enfant palestinien né dans la réalité beaucoup plus dure qui est leur sort.

Les Israéliens n’ont qu’un petit avant-goût des restrictions qu’ils imposent aux Palestiniens. On leur offre l’opportunité de découvrir un aperçu de ce qu’est la vie palestinienne, bien que dans de meilleures conditions.

Cela changera-t-il un jour leur avis? En ressortiront-ils plus sensibles et plus compréhensifs face aux souffrances palestiniennes après la pandémie? J’en doute fort.

Source: Externe

La routine quotidienne

Premier point, le confinement lui-même. Les portes internationales d’Israël, comme dans la plupart des autres pays aujourd’hui, sont bel et bien fermées et verrouillées. Presque qu’aucun vol n’atterrit ni ne décolle: la claustrophobie règne, temporairement, ici.

Or, Gaza vit ainsi depuis quatorze ans. Dans la plus grande prison en plein air du monde, la cage de Gaza, les gens ne peuvent que rire devant la détresse à court terme des Israéliens.

Il y a de jeunes Palestiniens à Gaza qui n’ont jamais vu d’avion de passagers, ne serait-ce qu’en vol au-dessus de leurs têtes; il y a des Palestiniens adultes à Gaza qui n’ont jamais mis les pieds dans un terminal d’aéroport et qui n’ont jamais pu rêver d’aller à l’étranger en vacances, pour étudier ou faire des affaires.

Pour les Israéliens, être privés d’entrée et de sortie via l’aéroport Ben-Gourion est insupportable, même pour quelques semaines. Les Palestiniens de Gaza, et même de nombreux habitants de Cisjordanie, ne savent rien de la vie d'un aéroport.

Les portes des maisons israéliennes vont se fermer maintenant, aussi. Au moment de l’écriture de ces lignes, il n’y a toujours pas de confinement total, mais on pourrait bien y arriver d’un jour à l’autre.

À une demi-heure de route de Tel-Aviv, les couvre-feux sont pour certains la routine quotidienne, et durent parfois plusieurs mois.

Un couvre-feu peut être imposé arbitrairement à tout moment par un officier de l’armée. Ces couvre-feux sont imposés aux foyers qui ont beaucoup d’enfants, généralement, et très peu de chambres. Avec bien plus de chars à l’extérieur générant bien plus de haine à l’intérieur. Quand il n’y a pas de couvre-feu dans les territoires, c’est la fermeture: un siège.

Un sombre scénario

Fermeture entre la Cisjordanie et Israël, fermetures entre différentes régions de Cisjordanie, d’une ville à l’autre, d’un village à l’autre. Avec des check-points ponctuels et des check-points fixes. Ne parlons même pas de Gaza, qui est en permanence assiégée.

Le confinement partiel en Israël ressemble presque aux rêves de vie en liberté des Palestiniens: vous pouvez aller à l’extérieur, aller au parc ou marcher au bord de la mer. La plupart des enfants de Cisjordanie n’ont jamais vu la mer, laquelle n’est qu’à une heure de route environ si vous avez une voiture.

Bientôt, nous commencerons peut-être aussi à voir des policiers et des soldats en uniforme patrouiller dans les rues d’Israël, mettre en place des check-points et examiner les papiers d’identité des gens. Des check-points! Ne faites pas rire les Palestiniens; ils ne connaissent rien de la vie sans ces patrouilles et postes de contrôle. Tous les jours, partout.

Mais en Israël, les uniformes seront plus gentils avec les habitants, contrairement à la brutalité habituelle affichée envers ceux des territoires occupés, mais les Israéliens auront quand même du mal à le supporter, même temporairement.

C’est quand même beaucoup plus facile quand le soldat est l’un de vous, parlant votre propre langue, dans votre propre pays. C’est tellement plus difficile et plus exaspérant quand il s’agit d’un occupant étranger. Les patrouilles dans les rues à Tel-Aviv seront comme un pique-nique par rapport à celles de Jénine en Cisjordanie.

Et bientôt, la vie économique du côté israélien du mur de séparation commencera aussi à ressembler à la façon dont les gens vivent de l’autre côté. Au moment d’écrire ces lignes, un demi-million d’Israéliens, soit environ 17%, sont déjà au chômage. Et ce chiffre augmente considérablement de jour en jour.

À Gaza, un taux de chômage à deux chiffres est une réalité depuis des décennies. Gisha, une ONG israélienne qui milite pour la liberté de circulation, a récemment fait état d’un taux de chômage de 46,7% à Gaza en septembre dernier.

Chez les jeunes de Gaza, ce chiffre est encore plus élevé. Les Israéliens au chômage aujourd’hui ont temporairement perdu leur emploi ou fermé leur entreprise et la plupart recevront une indemnité chômage de l’État.

Dans les territoires occupés, ils n’ont jamais entendu parler d’indemnité chômage. Chômage sous la routine de l’occupation. C’est comme ça depuis des décennies.

Invasion de la vie privée

À l’heure actuelle, un tollé secoue les Israéliens en raison d’un décret en vertu duquel le Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure d’Israël, utilisera des «moyens numériques» pour suivre les individus infectés par le virus et toute personne s’étant approchée d’eux physiquement. Décision temporaire, initialement de sept jours, avec des prolongations possibles.

Ne faites pas rire les Palestiniens. L’espionnage est l’aspect le plus «humain» de la façon dont le Shin Bet traite les Palestiniens. Très bien, laissez-les écouter; contentez-vous de les amener à cesser de torturer, de faire chanter et de maltraiter les gens.

Dans les territoires occupés, le Shin Bet sait toujours tout, partout, avec peu de surveillance juridique ou de supervision parlementaire. Les véhémentes critiques en Israël au sujet de l’invasion de la vie privée doivent être assez amusantes pour les Palestiniens.

Tout comme les photos de militaires israéliens gérant des hôtels, les transformant en hôpitaux d’urgence. Combien d’hôtels appartenant à des Palestiniens l’armée israélienne a-t-elle saisis par la force au fil des ans et convertis en quartier général militaire?

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Dystopie-19

Bien sûr, on ne peut ignorer les différences. Même au plus fort d’une pandémie de coronavirus, les Israéliens ne seront pas humiliés ou battus devant leurs enfants ou leurs parents.

Aucun soldat étranger n’envahira leur maison au milieu de la nuit, nuit après nuit, sans raison valable. Personne ne les arrachera de leur lit et ne les emmènera. Personne ne les arrêtera sans jugement. Personne n’interrogera leurs enfants et ne les emprisonnera en violation des conventions internationales dont Israël est signataire.

Même dans la pire dystopie liée au coronavirus en Israël, aucun scénario ne mettra en vedette des tireurs d’élite rivalisant pour tirer dans les genoux de centaines de manifestants, comme ils le font à la frontière de Gaza depuis des mois maintenant.

Les maisons des Israéliens ne seront pas bombardées et leurs champs ne seront pas aspergés de poisoncomme c’est le cas à Gaza. Dans l’ensemble, il s’agit d’un couvre-feu temporaire dans des conditions raisonnables et avec un objectif clair et compréhensible.

Plus ou moins le genre de choses dont rêvent les Palestiniens lorsqu’ils envisagent une vie un rien meilleure.

Gideon Levy -

26.03.20

Source: MEE

28 mars 2020

L’AP continue à faire le sale boulot de l’occupant en Cisjordanie

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Deux semaines à peine après que le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas ait déclaré que l’AP suspendrait toute «coordination de sécurité» avec Israël, les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie ont assassiné un adolescent non armé, Salah Zakareneh

 

Salah Zakareneh n’est pas le premier et, malheureusement, ne sera pas le dernier Palestinien à être abattu par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), qui ces dernières années ont considérablement renforcé leurs pratiques oppressives contre toute forme de dissidence politique en Palestine.

Le garçon de 17 ans est décédé peu de temps après l’envoi des forces de sécurité de l’AP dans le village de Qabatiya, au sud de Jénine située au nord de la Cisjordanie, pour affronter une «manifestation de style militaire» qui était prévue.

La version officielle des évènements prétend que dès que les forces de l’AP sont arrivées à Qabatiya, des hommes armés du village ont ouvert le feu tandis que d’autres ont lancé des pierres, poussant les agents de l’AP à répondre avec des balles réelles et des cartouches de gaz lacrymogène, entraînant la mort de S.Zakareneh et des blessures à d’autres manifestants. Aucun officier de l’AP n’a été blessé par balles.

Il est indéniable que ces derniers mois, le sentiment anti-AP a augmenté de façon exponentielle dans les territoires palestiniens occupés. L’Autorité d’Abbas est en proie à la corruption et continue de régner sur les Palestiniens – dans les limites autorisées par Israël – sans aucun mandat démocratique.

De plus, l’Autorité palestinienne est composée en grande partie de loyalistes d’Abbas du parti du Fatah, lui-même divisé entre différentes fractions.

En 2016, l’Autorité palestinienne a mis sur pied à Jéricho un corps commun d’agences de renseignement palestiniennes dans le seul but de réprimer les partisans de l’ennemi juré d’Abbas, Mohammed Dahlan, actuellement en exil.

Depuis sa création, le nouvel organisme de renseignement, qui relève directement du chef de l’AP, a élargi son mandat et sévit activement contre toute personne, organisation ou entité politique qui ose remettre en question la politique d’Abbas et de son parti.

Peu de temps après qu’Abbas ait affirmé dans un discours devant la Ligue arabe au Caire, le 1er février, que l’AP allait supprimer tous les contacts avec Israël «y compris les relations de sécurité», un haut responsable de l’AP a informé les médias israéliens que la coopération entre l’AP et Israël était toujours en cours.

Source: Externe

«Jusqu’à présent, la coordination est en cours, mais les relations sont extrêmement tendues»,déclaré le responsable au 'Times of Israel'.

La «coordination de la sécurité» est peut-être la seule raison pour laquelle Israël permet à l’AP de subsister malgré le fait que l’occupant israélien, avec le soutien des États-Unis, ait complètement renié tous ses engagements envers les accords d’Oslo et tous ceux qui ont suivi.

Il est assez surréaliste que la direction palestinienne à Ramallah, qui promettait autrefois la liberté et la libération des Palestiniens dans un État souverain et indépendant, existe maintenant avant tout pour assurer la sécurité de l’armée israélienne et des colons juifs illégaux en Palestine occupée.

L’AP et l’occupation israélienne coexistent désormais dans une sorte de relation symbiotique. Pour assurer la poursuite de cette relation mutuellement bénéfique, les deux entités sont investies dans la suppression de toute forme de résistance, voire de simple protestation, en Cisjordanie occupée.

En vérité, que les manifestants de Qabatiya aient ou non été accompagnés d’hommes armés aurait fait peu de différence. La seule forme de protestation ou de rassemblement de masse actuellement autorisée en Cisjordanie est celle des fidèles d’Abbas, qui scandent son nom et maltraitent ses opposants.

L’année dernière, l’Organisation arabe des droits de l’homme au Royaume-Uni a accusé les services de sécurité de l’AP de recourir à des mesures répressives contre des militants palestiniens et d’employer des tortures psychologiques et physiques contre ses opposants. En d’autres termes, ces services de l’AP font double emploi avec les politiques israéliennes à l’égard des Palestiniens.

Parmi ceux qui sont souvent visés par le service de sécurité préventive (PSS) de l’Autorité palestinienne et diverses autres unités de renseignement, se trouvent des étudiants et des prisonniers précédemment libérés.

Dans son rapport de 2020 sur 'Israël et la Palestine', Human Rights Watch (HRW) a déclaré que des centaines de Palestiniens ont été arrêtés et torturés par les forces de sécurité de l’AP pour les «délits» les plus insignifiants. «L’Autorité palestinienne tenaient en détention 1134 personnes au 21 avril (2019)», selon les chiffres publiés par HRW.

Les groupes de défense des droits de l’homme ont également rapporté qu’«entre janvier 2018 et mars 2019, l’AP a emprisonné 1609 personnes pour avoir ‘insulté’ des ‘autorités supérieures’ et créé des ‘conflits sectaires’ – des accusations qui criminalisent de fait la dissidence pacifique – et 752 autres personnes pour des publications sur les réseaux sociaux.»

Alors que de nombreux prisonniers palestiniens détenus illégalement en Israël poursuivent des grèves de la faim prolongées en exigeant leur libération immédiate ou de meilleures conditions d’emprisonnement, les nouvelles des prisonniers palestiniens en grève de la faim sans limite dans la durée dans les prisons de l’AP, ne sont souvent pas signalées.

Ahmad al-Awartani, âgé de 25 ans, faisait partie des milliers de Palestiniens à avoir été arrêtés sur la base d’accusations fallacieuses. Le jeune homme était détenu en vertu de la ainsi-nommée «loi sur les cybercrimes». Il a été arrêté par la police de l’AP pour une simple publication sur Facebook dans laquelle il critiquait l’Autorité palestinienne.

En avril 2018, al-Awartani a entamé une grève de la faim qui est passée presque complètement inaperçue dans les médias palestiniens, arabes et internationaux.

Source: Externe

Les arrestations arbitraires, la torture et la violence sont monnaie courante en Palestine occupée. Alors qu’Israël est responsable de la plus grande part des violations des droits de l’homme palestiniens, l’AP fait partie intégrante de cette même stratégie israélienne.

S’il est vrai que les mesures répressives d’Abbas sont mises en œuvre pour servir ses intérêts personnels, l’action de l’Autorité palestinienne sert en définitive les intérêts d’Israël, lequel veut maintenir les Palestiniens divisés et utilise les forces de sécurité de l’AP comme couche supplémentaire de protection pour ses soldats et ses colons.

Par conséquent, la mort de Salah Zakareneh ne peut être considérée comme un événement marginal dans la lutte palestinienne contre l’occupation israélienne et l’apartheid. En effet, l’AP a clairement prouvé que sa violence contre les Palestiniens dissidents n’est pas différente de la violence israélienne visant toute forme de résistance, partout en Palestine.

Ramzy Baroud -

16.03.20

Source: Chronique de Palestine

27 mars 2020

«C'est comme jeter une bonbonne de gaz dans une pièce fermée»...

Source: Externe

Deux premiers cas de COVID-19 ont été recensés dans la bande de Gaza. La forte densité de population, le taux de pauvreté élevé et des infrastructures sanitaires défaillantes risquent de rendre la propagation du virus incontrôlable

 

Deux premiers cas de nouveau coronavirus ont été recensés dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche le ministère de la Santé de l’enclave palestinienne.

Les deux personnes, des Palestiniens de retour du Pakistan, n’ont pas quitté le centre de quarantaine situé près de la frontière avec l’Égypte et ne se sont pas mélangés avec la population de l’enclave, a précisé le ministère dans un communiqué.

Il s’agit de deux hommes de 30 et 40 ans qui se trouvent dans un état stable, a précisé le porte-parole du ministère de la Santé, Ashraf Al-Qudra.

Alors que les experts estiment qu’une épidémie de coronavirus dans la bande de Gaza serait particulièrement désastreuse en raison de la très forte densité de population, du taux de pauvreté élevé et des infrastructures sanitaires défaillantes, les autorités de l’enclave palestinienne côtière se préparent à contenir toute épidémie potentielle.

La propagation du coronavirus est devenue le sujet de discussion pour de nombreux Palestiniens, certains ironisant sur le fait que le blocus – la bande de Gaza fait l’objet d’un blocus strict imposé par les Israéliens depuis près de treize ans – les empêchait d’y être exposés.

Mais compte tenu de sa situation humanitaire déjà difficile et de sa forte densité de population, la propagation de la pandémie dans la bande de Gaza pourrait s’avérer catastrophique, avertissaient il y a quelques jours les responsables de la santé. 

«Si le virus pénètre à Gaza et se propage, il deviendra incontrôlable», indiquait Majdi Thuhair, porte-parole du ministère de la Santé à Gaza, la semaine dernière à Middle East Eye, en expliquant qu’une grave pénurie de ressources et de personnel rendrait presque impossible la gestion d’une pandémie.

«Nous ne disposons pas d’assez d’unités de soins intensifs, de personnel ou de zones de quarantaine», ajoute-t-il. Le ministère de la Santé de Gaza a mis en place quelques nouvelles politiques pour empêcher le virus d’entrer sur le territoire. 

Par ailleurs, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Iyad al-Bozom, a annoncé dans un communiqué que 51 personnes arrivées à Gaza dimanche 15 mars avaient été placées en quarantaine pour des raisons de sécurité publique.

Toute personne de retour sur le territoire palestinien après un séjour à l’étranger est désormais tenue de rester en quarantaine ou, si elle revient d’un pays à haut risque, doit être emmenée dans un centre de quarantaine à Rafah, près du poste frontière avec l’Égypte.

Source: Externe

Une pénurie de 45% de fournitures médicales à Gaza 

Avec l’aide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le ministère de la Santé a transformé une école de Rafah en centre, avec une unité de soins intensifs de 36 lits pour les personnes infectées et 30 autres lits pour les patients présentant des symptômes bénins, selon Majdi Thuhair. 

Le ministère de la Santé a signalé une pénurie de 45% de fournitures médicales à Gaza depuis le début du blocus israélien. Selon le porte-parole du ministère, si l’OMS fournit des fournitures aux médecins de Gaza en prévision des cas de coronavirus, cela ne suffira pas pour faire face à une éventuelle épidémie.

«L’OMS offre des dispositifs pour prélever des échantillons, mais pas pour les analyser», précise-t-il. «Quant à Israël, il fournit à Gaza des matériaux qui ne permettent de recueillir que 200 échantillons… Les échantillons sont ensuite analysés dans l’un des centres affiliés au ministère de la Santé du centre al-Remal, à l’ouest de Gaza.»

L’éventualité de l’arrivée du COVID-19 à Gaza serait devenue une source de préoccupation, même pour les forces israéliennes.

Selon Haaretz, si la maladie frappait le territoire palestinien, la situation remettrait sur le devant de la scène la responsabilité d’Israël en tant que puissance occupante, telle qu’elle est décrite en vertu du droit international, de prendre soin des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Pour la deuxième semaine consécutive, toutes les écoles et universités de Gaza ont suspendu leurs cours, le ministère de l’Éducation ayant lancé à la place des programmes en ligne pour que les étudiants poursuivent leurs études.

L’inquiétude du public est extrêmement forte, car les Palestiniens de Gaza sont déjà confrontés à une grave crise due à la pollution: plus de 90% de l’eau de l’enclave est imbuvable et l’ONU a déjà averti que la bande de Gaza deviendrait invivable d’ici 2020.

«Que se passe-t-il si nous restons à la maison et si nous sommes infectés par l’eau du robinet?» demande à MEE Iman Hamed, femme au foyer et mère de six enfants. «Si le virus entre à Gaza, ce sera comme jeter une bonbonne de gaz dans une pièce fermée – tout le monde à l’intérieur le respirera.»

Iman Hamed ajoute que si «l’infection ne signifie pas nécessairement la mort partout, à Gaza, cela pourrait être le cas car les ressources médicales sont très rares».

Effrayée, cette mère au foyer estime que la meilleure façon de protéger ses enfants est de les garder à la maison jusqu’à ce que la situation soit plus claire.

«Je perdrai confiance en tout si un de mes enfants était infecté et que personne ne pouvait les aider», confie-t-elle. «Seulement parce que nous sommes à Gaza, territoire assiégé.»

Tareq Hajjaj -

22.03.20

Source: MEE

26 mars 2020

«Ils l’ont jeté comme un déchet»

 

Source: Externe

Un homme a été abandonné près d’un check-point avec des difficultés respiratoires et une forte fièvre, faisant redouter une absence de coordination entre autorités israéliennes et palestiniennes pour la gestion des travailleurs palestiniens malades en Israël

 

C’était comme une scène tout droit sortie d’un film d’horreur. C’est ainsi qu’Ibrahim Abu Safiya, 25 ans, décrit le moment où il a vu quelqu’un allongé sur le sol près d’un check-point israélien à la périphérie du village de Beit Sira, à l’ouest de Ramallah. 

«Nous nous sommes approchés de l’homme allongé au sol, il avait l’air terriblement malade», raconte Abu Safiya à 'Middle East Eye'. «Il avait une très forte fièvre. Il pouvait à peine bouger et il avait du mal à respirer.» 

L’homme au sol était un ouvrier palestinien travaillant en Israël. Il a dit à Abu Safiya qu’il présentait des signes du COVID-19 depuis quatre jours et qu’il avait récemment été testé pour le coronavirus. 

Mais avant que l’homme, qui serait un habitant de Naplouse, ne puisse recevoir ses résultats d’examen, son employeur israélien aurait appelé les autorités israéliennes, qui seraient venues le chercher et l’auraient largué de l’autre côté du poste de contrôle de Beit Sira, qui relie le centre d’Israël à la Cisjordanie occupée. 

«Il nous a dit qu’ils l’avaient jeté par terre et l’avaient laissé là», raconte Abu Safiya. «Comment ont-ils pu faire ça à quelqu’un?», demande-t-il. «Peu importe qu’il soit Palestinien, Israélien ou autre. Il s’agit d’un être humain!»

Abandonnés à la frontière

Quand Abu Safiya et son ami sont tombés sur l’homme, dont l’identité reste inconnue, ils ont commencé à filmer et la vidéo est maintenant devenue virale sur les réseaux sociaux palestiniens.

Abu Safiya redoute qu’ils aient été témoins d’une répétition des événements de la veille. Il allègue en effet qu’au cours du week-end, un autre ouvrier palestinien, lui-même soupçonné d’avoir contracté le virus, s’est rendu seul au poste de contrôle de Beit Sira afin de rentrer en Cisjordanie. 

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Lorsque l’homme est arrivé, il a informé les habitants de son état. Ces derniers ont appelé les services d’urgence palestiniens qui étaient censés envoyer une ambulance pour le chercher.

Quelques jours plus tôt, Israël avait approuvé l’entrée de milliers d’ouvriers palestiniens dans le pays, à condition qu’ils restent en Israël pendant au moins un mois pour empêcher la propagation du virus en Cisjordanie. 

Dans le cadre de l’accord avec l’AP, à leur retour – censé être coordonné avec les autorités israéliennes – tous les travailleurs devraient être immédiatement placés en quarantaine pendant quatorze jours. «Mais le fait que deux travailleurs soient revenus, ou aient été largués ici au check-point le plus proche, sans préavis, et clairement sans coordination, est très inquiétant», estime Abu Safiya. 

Tandis que le porte-parole de l’Autorité palestinienne (AP), Ibrahim Melhem, a annoncé que le travailleur malade avait été 'remis' aux responsables palestiniens au poste de contrôle lundi, Abu Safiya rétorque que ce n’était absolument pas le cas. 

«Ni l’homme d’aujourd’hui ni celui d’hier n’ont été déposés par les forces israéliennes dans une ambulance palestinienne», souligne-t-il, ajoutant que dans les deux cas, les médecins palestiniens avaient mis près de trois heures à arriver de Ramallah à Beit Sira.

«Le gouvernement palestinien doit se coordonner correctement avec Israël pour éviter que cela ne se reproduise», affirme-t-il. «Ils ne peuvent pas continuer à déposer des gens ici sans aucune aide

«Le vrai visage de l’occupation israélienne»

Malgré le choc de voir un homme malade être «abandonné à sa mort» à un check-point, Abu Safiya dit ne pas avoir été surpris par l’incident. «C’est le vrai visage de l’occupation israélienne», affirme-t-il à MEE. «Ils nous tuent tous les jours, donc ce n’est pas différent pour eux

Sur les réseaux sociaux, les Palestiniens ont exprimé leur indignation face au traitement de cet ouvrier. Pour Abu Safiya, si cela a autant frappé ses concitoyens, c’est parce que cela «met en évidence la façon dont Israël traite les travailleurs palestiniens et le peu de valeur qu’il accorde à nos vies».

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«Le gouvernement israélien leur a donné la permission d’aller travailler, connaissant les risques», indique-t-il. Et pour cette raison, le gouvernement devrait également fournir aux travailleurs des protections appropriées.

Abu Safiya dit comprendre pourquoi tant de Palestiniens ont choisi de risquer leur santé et leur sécurité afin d’aller travailler en Israël malgré la pandémie. «Ils ont dû faire le choix impossible de rester en bonne santé ou de laisser leur famille mourir de faim», selon lui. «Tant de gens ont choisi de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Et nous ne pouvons pas les en blâmer

«Mais Israël veut également qu’ils travaillent, alors il doit s’occuper d’eux. Si [les autorités israéliennes] ne peuvent pas les soigner en Israël, au moins, qu’elles ne s’en débarrassent pas en les laissant mourir comme des animaux», déclare-t-il, une frustration évidente dans la voix. 

«C’est comme si nous étions leurs esclaves», poursuit-il. «Ils nous utilisent quand ils ont besoin de nous, et quand ils ont fini, ils se débarrassent de nous comme des ordures

Akram Al-Waara -

24.03.20

Source: MEE

25 mars 2020

Avec la pandémie du COVID-19, Israël doit libérer tous les enfants palestiniens détenus

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Defense for Children International-Palestine (Défense des enfants International-Palestine, DCIP) appelle les autorités israéliennes à prendre sans délai des mesures pour libérer tous les enfants palestiniens détenus dans des prisons israéliennes, à cause de la rapide expansion internationale du virus COVID-19

 

Les enfants palestiniens emprisonnés par les autorités israéliennes vivent en proximité étroite les uns des autres, souvent dans de mauvaises conditions sanitaires, avec un accès limité aux ressources permettant de maintenir des routines d’hygiène minima, selon la documentation recueillie par DCIP.

L’impact du COVID-19 est exacerbé par ces conditions de vie, ce qui rend les enfants palestiniens dans les prisons et centres de détention israéliens de plus en plus vulnérables.

A la date du 19 mars, 573 Israéliens ont été testés positifs au virus COVID-19, selon Ha’aretz. Quatre prisonniers palestiniens détenus à la prison Meggido d’Israël, située en Israël au nord-ouest de la cité de Jénine en Cisjordanie occupée, ont été placés en isolement après avoir été en contact avec un agent israélien positif au COVID-19, selon Ha’aretz.

La prison Megiddo est l’un des établissements de détention situé en Israël où sont détenus les enfants palestiniens «prisonniers placés en régime de sécurité».

«Nous savons que la meilleure façon d’empêcher l’expansion du COVID-19 est d’éviter que les personnes soient en proximité étroite les unes des autres», a dit Ayed Abu Eqtaish, directeur du programme de responsabilisation à DCIP. «Il n’y aucun moyen que les autorités des prisons israéliennes puissent assurer la santé et le bien-être des enfants palestiniens détenus tant qu’ils continuent à se trouver dans un milieu carcéral.»

Une enquête de DCIP a déjà montré que les enfants palestiniens détenus dans la prison Damon d’Israël étaient emprisonnés dans de mauvaises conditions, en particulier dans de petites chambres sans accès à des équipements sanitaires propres et privés. De telles conditions augmentent les risques et l’exposition à des conditions non-hygiéniques dans lesquelles le virus COVID-19 prospère.

Selon un dénombrement de la fin de décembre 2019, basé sur les derniers chiffres publiés par le Service des prisons israélien, 186 enfants palestiniens étaient détenus dans des prisons israéliennes. Alors que le Droit international exige que les enfants ne soient emprisonnés que comme une mesure de dernier recours, la détention carcérale avant procès est la norme pour les enfants palestiniens détenus par les forces israéliennes de Cisjordanie occupée.

Israël a la distinction douteuse d’être le seul pays au monde à détenir et à poursuivre automatiquement et systématiquement les enfants dans des tribunaux militaires, où manquent les droits et les protections pour un procès équitable.

Israël détient et poursuit entre 500 et 700 enfants palestiniens dans les tribunaux militaires chaque année. Près de trois sur quatre des enfants palestiniens détenus par les forces israéliennes font l’expérience d’une forme ou une autre de violence physique, selon la documentation rassemblée par DCIP.

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Depuis 1967, Israël a mis en oeuvre deux systèmes judicaires séparés sur le même territoire. En Cisjordanie occupée, les colons israéliens sont soumis au système judiciaire civil et pénal, alors que les Palestiniens vivent sous le droit militaire. Aucun enfant israélien ne s’est trouvé en contact avec les tribunaux militaires.

Israël a ratifié le Convention des droits de l’enfant des Nations Unies (CDE) en 1991, ce qui l’oblige à mettre en oeuvre la totalité des droits et des protections incluses dans le traité, dont le fait que les intérêts de l’enfant doivent être la première considération dans toutes les décisions affectant les enfants.

La CDE exige que les enfants ne puissent être détenus que comme une mesure de dernier recours et oblige les Etats à garantir et à protéger leur droit à la vie, à la survie et au développement, ainsi que leur droit à la santé.

Au 18 mars, il y a dans le monde 191.127 cas de COVID-19, et 7807 morts, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Le Bureau de la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) aux Nations-Unies a indiqué qu’il y avait au 19 mars 47 cas confirmés en Cisjordanie, principalement à Bethléem et dans deux villes voisines. Il n’y avait pas de cas dans la Bande de Gaza, a rapporté l’OCHA.

Le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh a déclaré l’état d’urgence dans tout le Territoire palestinien occupé le 5 mars afin d’essayer de contenir l’expansion du COVID-19.

Michael Lynk, rapporteur spécial des Nations-Unies pour la situation des droits humains dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967, a exhorté, dans une déclaration publiée le 19 mars, Israël, l’Autorité palestinienne et le Hamas à être à la hauteur de leurs responsabilités juridiques internationales en garantissant que le droit à la santé soit offert pleinement aux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, pendant la pandémie de COVID-19.

«Le devoir légal, ancré dans l’article 56 de la Quatrième Convention de Genève, exige qu’Israël, la puissance occupante, garantisse que tous les moyens préventifs nécessaires disponibles soient utilisés pour ‘combatte l’expansion des maladies contagieuses et des épidémies’», a dit Lynk.

Les autorités israéliennes doivent prendre des mesures immédiates pour libérer tous les enfants palestiniens emprisonnés dans les prisons et les centres de détention israéliens à cause de la vulnérabilité croissante crée par la rapide expansion mondiale du virus COVID-19 et pour sauvegarder leur droit à la vie, à la survie, au développement et à la santé en accord avec le Droit international.

Rédaction de Defense for Children International-Palestine -

21.03.20

Source: Aurdip

24 mars 2020

Coronavirus: épée de Damoclès au-dessus de la bande de Gaza? (2 articles)

Source: Externe

Avec près de 2 millions d’habitants sur 365km² et des infrastructures sanitaires médiocres, Gaza est une poudrière et un seul cas de Covid-19 pourrait y mettre un feu incontrôlable. D’autant que les conséquences d’une propagation dans la bande de Gaza se feraient ressentir bien au-delà

 

«La première fois que l’on a entendu parler de mesures de cloisonnement dans le monde à cause du virus, beaucoup de gens ici à Gaza faisaient des blagues car même si on peut sortir de chez nous, on vit le cloisonnement dans l’enclave depuis 14 ans», plaisante au micro de Sputnik France, Hassan Jamal, résident de la bande de Gaza.

Dans la section opinion du journal Hareetz, un des quatre grands quotidiens nationaux en Israël, Shannon Maree Torrens, une avocate internationale spécialisée dans les droits de l’Homme, titrait le 12 mars: «Le coronavirus est la sentence de mort pour les Palestiniens emprisonnés à Gaza.» Et de fait, la bande de Gaza est une des zones qui peut être parmi les plus menacées par l’épidémie du coronavirus.

Pour bien prendre la mesure de la menace qui pèse sur la bande de Gaza, il faut avoir en tête quelques chiffres: Gaza, c’est environ 2 millions d’habitants pour 365km². Ça fait 5.479,45 personnes au km². Une densité de population absolument faramineuse pour une enclave qui est soumise à un blocus aérien, terrestre et maritime, et dont les infrastructures médicales sont limitées au strict minimum.

D’autant que sur ces 2 millions d’habitants, 1,4 million sont des réfugiés. Beaucoup d’entre eux ont peu de ressources, qu’elles soient financières, institutionnelles ou autres.

Les infrastructures sanitaires sont très largement en dessous du niveau auquel elles devraient être pour gérer une telle crise si elle devait avoir lieu.

Abdelnaser Soboh, le dirigeant du bureau de l’OMS à Gaza, a récemment expliqué que le territoire était seulement prêt à traiter quelques cas, mais pas une épidémie généralisée: «Gaza est préparée à gérer quelques cas préliminaires. Au-delà de ces premiers cas, nous aurons besoin de plus d’aide», a-t-il déclaré au micro du Times of Israël.

En juin 2019, le ministère de la Santé à Gaza faisait état d’une situation médicale alarmante, indiquant que «les patients des hôpitaux de Gaza connaissent des difficultés sans précédent dans les conditions médicales en raison de la grave pénurie de médicaments».

Selon le même communiqué, 52% des fournitures médicales de base manquaient à Gaza. Quelques mois plus tard, la situation ne s’est pas particulièrement améliorée et la contagion d’un ou deux individus dans l’enclave pourrait se propager comme un feu de paille. Les habitants de Gaza le savent et s’en inquiètent:

«À mesure que la crise s’est intensifiée ailleurs, les habitants à Gaza ont commencé à prendre le problème au sérieux et l’anxiété a gagné toute l’enclave. Les gens sont terrifiés à l’idée que le virus entre à Gaza», a confié à Sputnik Hassan Jamal.

Pourtant, «à toute chose malheur est bon» et dans le cas de Gaza, il se peut que le blocus dont elle fait l’objet soit son assurance vie. Jusqu’à présent, les autorités à Gaza n’ont fait état d’aucun cas de coronavirus.

Compte tenu des niveaux de contamination dans les pays avoisinants (Israël et l’Égypte) et du niveau de propagation général du virus dans le monde, il n’y a que le blocus qui puisse expliquer rationnellement qu’il n’y ait pas encore d’individu contaminé.

Source: Externe

Le blocus, une force et une faiblesse

Du côté israélien aussi, on craint tout de même le pire. Une propagation éclair dans la très dense bande de Gaza aurait de facto un impact immense sur le voisin israélien. Tant d’un point de vue politique qu’économique ou militaire.

C’est pourquoi les autorités israéliennes espèrent que le blocus pourra protéger Gaza de cette épidémie. Et selon Gil Mihaely, spécialiste de la vie politique israélienne contacté par Sputnik France, cela pourrait être le cas:

«Ils vivent en permanence ce que nous vivons maintenant. Si cette situation de confinement marche pour nous, elle devrait marcher pour eux. Le fait qu’ils soient déconnectés du monde, entourés de frontières très étanches pourrait les garder loin de tout cela.»

D’autant qu’il est très peu probable que les Palestiniens vivant à Gaza, ou même ailleurs en l’occurrence, puissent compter sur l’aide de leurs alliés arabes traditionnels.

Comme le spécialiste du Moyen-Orient Christian Chesnot l’expliquait dans un entretien à Sputnik, pour la plupart des pays arabes, «la cause palestinienne appartient un peu au passé». Ils ont désormais d’autres chats à fouetter.

Hakim Saleck -

19.03.20

Source: Sputniknews

Covid-19: la mise en cage de Gaza, recette pour un désastre

Le ministère palestinien de la santé a fait état des deux premiers cas du nouveau coronavirus dans la bande de Gaza. Depuis des semaines, l’autorité dirigée par le Hamas, qui gouverne le territoire sous blocus depuis 2007, a pris de sérieuses mesures pour prévenir l’arrivée du virus dans la bande de Gaza. Jusqu’à sa décision de fermer son côté du passage de Rafah vers l’Égypte et du checkpoint d’Eretz vers Israël, des centaines de Palestiniens qui entraient dans le territoire étaient immédiatement mis en quarantaine pour s’assurer qu’ils n’avaient pas les symptômes de la maladie.

Il n’est pas exagéré de dire que la perspective de la diffusion du Covid-19 dans la bande de Gaza serait terrifiante. 2020 est l’année à propos de laquelle les Nations Unies et d’autres agences internationales ont estimé que Gaza deviendrait «inhabitable». Si le blocus  israélien de 13 ans et l’isolement de la bande de Gaza continuaient, ont-ils averti, la plupart des services de base de Gaza et sa capacité à subvenir à ses besoins s’effondreraient.

Source: Externe

Tandis que le spectre du coronavirus hante les deux millions d’habitants palestiniens de la bande de Gaza, dont la moitié sont des enfants, le monde doit faire face à une vérité urgente: Gaza, qui est depuis longtemps invivable dans les conditions actuelles, le sera encore plus maintenant que le virus a atteint sa population.

Depuis des années, des ONG internationales et même certains responsables israéliens, ont averti du fait que le système de santé de Gaza est au bord de l’effondrement, rendu impuissant par des décennies de non-développement, d’appauvrissement systématiques et de siège. Tous les problèmes liés au blocus israélien s’enchevêtrent et augmentent dans le secteur de la santé à Gaza: une grave crise de l’eau, une fourniture d’énergie extrêmement réduite, des taux élevés de chômage et une infrastructure en miettes.

Tel qu’il est, le système de santé n’est pas équipé pour une apparition de Covid-19. Le nombre total de lits d’hôpital est de 2895, soit 1,3 lits pour mille personnes. Juste 50 à 60 respirateurs pour adultes. Selon le chef de l’antenne de l’OMS à Gaza, Abdelnasser Soboh, Gaza n’est préparée à prendre en charge que les cent premiers cas du virus; «Après, il faudra un soutien supplémentaire».

Le système de santé est, de plus, aggravé par l’émigration de nombreux professionnels palestiniens de santé à cause de la crise économique à Gaza. Plus de 35000 Palestiniens ont quitté la bande de Gaza rien que depuis 2018, dont des dizaines de docteurs et d’infirmières. Un responsable du ministère de la santé a déclaré qu’ils auraient besoin d’au moins 300 à 400 docteurs de plus, juste pour combler le fossé et répondre au minimum des nécessités de la population.

Une autre caractéristique de l’existence de Gaza pourrait nourrir une diffusion massive du virus: c’est la densité de population. Selon des scientifiques, «les conditions de surpeuplement peuvent accroître la probabilité que des gens transmettent des maladies infectieuses» – et avec une moyenne de 6028 personnes au km², Gaza a l’une de plus fortes densités de population au monde. Son surpeuplement n’et dépassé que par quelques lieux comme Hong Kong; mais, alors qu’à Hong Kong les gens peuvent entrer et sortir librement, la majorité des Palestiniens de Gaza y sont en cage.

Les huit camps de réfugiés de Gaza ont même des densités de population plus élevées que la moyenne du territoire. Prenez Jabaliya, où plus de 140.000 réfugiés palestiniens vivent sur une superficie de 1,4 km², soit 82.000 personnes au km². Le camp ne dispose que de trois centres de santé et d’un hôpital public. Juste de l’autre côté de la barrière de séparation avec ce qui est aujourd’hui Israël – d’où viennent nombre de réfugiés palestiniens – la densité va de zéro à 500 personnes au km².

Source: Externe

Dans le sillage de la pandémie mondiale, les conditions à Gaza sont la recette d’un désastre. Elles ne sont pourtant pas le résultat de quelque accident malheureux; elles sont le produit délibéré de décennies de la politique publique d’Israël, consciemment conçue et maintenue pour décomposer Gaza.

La plupart des 2 millions de Palestiniens vivant dans l’étroite bande aujourd’hui sont les descendants des 200.000 réfugiés qui ont fui ou ont été chassés pendant la guerre de 1948 qui a créé l’État d’Israël, s’ajoutant aux 80 à 100.000 Palestiniens qui résidaient alors dans cette zone.

Ces réfugiés croyaient que leur séjour à Gaza serait temporaire, mais Israël a rapidement construit des barrières militarisées pour confiner les Palestiniens et a promulgué des lois visant à pérenniser leur déplacement. Ce fut par exemple la Loi de Prévention de l’Infiltration qui rendit illégale toute tentative de la part des Palestiniens de retourner sur leurs terres, maisons et propriétés. Beaucoup de Palestiniens qui ont essayé ont été tués par les forces israéliennes.

Quand Israël a conquis la bande de Gaza en 1967, la possibilité a été donnée à des colons juifs de s’emparer de plus de 25% de ce territoire déjà petit, avec près de 40% de sa terre cultivable. Jusqu’au «désengagement» d’Israël en 2005, quatre décennies de colonisation juive ont aggravé le surpeuplement de Gaza et ont empêché les Palestiniens de construire et de se développer à l’intérieur de ce territoire. Depuis, les offensives militaires israéliennes répétées ont fait baisser le nombre de maisons et ont encore déplacé des dizaines de milliers de familles.

Pour le dire franchement, la situation actuelle de la bande de Gaza est due à la logique expansionniste d’Israël: la conduite sans répit de l’État pour maintenir une majorité juive aux dépens des Palestiniens. Deux millions de Palestiniens sont pris au piège à Gaza, non qu’ils aient choisi cette vie mais parce qu’ils y ont été forcés.

La menace du Covid-19 qui pèse sur Gaza est peut-être la dernière occasion de dire ce que beaucoup refusent d’entendre: le problème de Gaza n’est pas le manque d’aide humanitaire, aussi urgente soit-elle. Ce problème est territorial, démographique et politique. C’est au sujet de qui, entre le Jourdain et la Méditerranée est privilégié et qui ne l’est pas; qui vit et se développe sur la terre et qui ne le peut pas.

Actuellement, alors que les citoyens juifs d’Israël jouissent de la terre et de ses ressources, le même droit est refusé aux Palestiniens qui sont empêchés de rentrer dans leur patrie. Et tandis que la communauté internationale se focalise largement sur la menace de «l’annexion» par Israël de ses colonies illégales de Cisjordanie, peu se soucient de la réalité contre nature vécue par les habitants de Gaza.

Source: Externe

En ces temps de pandémie et de préoccupation pour la santé de communautés partout dans le monde, il est temps de regarder en face toutes les conséquences de la partition injuste de la Palestine historique – Gaza compris. Gaza est certes un résumé de nombre des problèmes de notre monde: la guerre, la pauvreté, les déplacements et le racisme. Mais elle offre aussi des lueurs d’espoir, par son humanité, sa résilience et sa résistance.

Au moment où les gens dans des pays plus privilégiés ne sont que légèrement atteints par le fait de vivre en confinement, séparés de ceux qu’ils aiment, ayant des doutes sur la satisfaction de leurs nécessités de base et soucieux de leur avenir collectif, il est impératif de penser à des lieux comme Gaza, où les gens ont bien plus souffert depuis des décennies et sont en danger d’un choc bien plus dévastateur maintenant que la pandémie a atteint leurs rivages.

J’écris cela en pensant à ma famille à Gaza qui, comme beaucoup d’autres, peut bientôt être à la merci du Covid-19. Bien qu’il soit temps de penser à la survie, il est temps aussi de poser des questions importantes sur comment nous, humains, avons failli à nous préparer à ce moment. Si ce n’est pas le moment de mettre fin au blocus de Gaza et à l’occupation de la Palestine, et si ce n’est pas le moment de poser le problème des injustices qui ont réduit la vie des Palestiniens à la souffrance et à la douleur, alors quand?

Jehad Abusalim -

22.03.20

Source: Agence Medias Palestine