FREE PALESTINE

28 novembre 2016

La procureure de La Haye met à jour l’enquête sur les crimes de guerre en Palestine

La procureure de La Haye met à jour l’enquête sur les crimes de guerre en Palestine

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Le bureau de la procureure [Madame Fatou Bensouda, ndt] de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye vient de publier un rapport (1) sur les activités menées en 2016 en matière d’examen préliminaire sur d’éventuels crimes de guerre, dont des allégations contre Israël. La Palestine est l’une des 10 situations que la cour examine en ce moment. Un examen préliminaire est la première démarche dans le processus de la cour pour décider d’ouvrir ou non une enquête approfondie qui pourrait conduire à des inculpations et des poursuites.

La procureure de La Haye met à jour l’enquête sur les crimes de guerre en Palestine

Eté 2014, l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa, à Gaza, bombardé par l’armée israélienne
Toutes les parties – le gouvernement israélien et les groupes armés palestiniens – ont été accusées de crimes de guerre et tout acte commis après le 13 juin 2014 est sujet à examen. Cela inclut l’attaque de l’été 2014 d’Israël sur Gaza qui a fait plus de 2.200 morts palestiniens.

C’est le deuxième rapport de la procureure de la CPI depuis qu’elle a ouvert l’examen préliminaire sur la situation en Palestine, en janvier 2015.

Il tombe au moment où le tribunal est confronté à la plus grave crise de crédibilité et de confiance depuis qu’il a été fondé en 1998. Ces dernières semaines, l’Afrique du Sud, la Gambie et le Burundi ont annoncé leur intention de se retirer. Les Etats membres africains ont longtemps accusé le tribunal de partialité : la grande majorité de ses enquêtes et affaires concernent des pays africains.

Considérant que certains examens préliminaires peuvent durer jusqu’à 12 ans avant que la CPI décide d’ouvrir ou non une enquête, celui relatif à la Palestine est pourtant relativement nouveau.

Les rapports annuels sont les seules mises à jour officielles de la CPI sur ses affaires, et ils ne contiennent aucune suggestion qui indique vers quel côté pencherait le bureau de la procureure : ils établissent prudemment des faits et des allégations.

Toutefois, il est intéressant de noter des changements par rapport au rapport de l’an dernier - ils suggèrent que tout en rassemblant des faits, le bureau de la procureure établit une image plus complète des événements.

Cette année, elle signale qu’elle a reçu au total 86 communications, contre 66 l’année dernière, et elle dit qu’elle suit de près les développements actuels en Palestine. Le bureau a créé une base de données de 3.000 crimes et incidents allégués survenus pendant la guerre de 2014 à Gaza pour l’aider à analyser les modèles d’attaques.

L’Autorité palestinienne envoie au tribunal des rapports mensuels sur les crimes en cours.

Ci-dessous quelques-uns des changements notables dans le rapport 2016 de la procureure de la CPI, depuis l’an dernier :

- La procureure affirme maintenant qu’ « on peut arguer qu’Israël reste une puissance occupante » à Gaza. Elle n’a pas utilisé cette terminologie dans le rapport de l’année dernière, mais elle note qu’ « il s’agit d’un point de vue déjà adopté par le bureau dans le cadre de l’examen préliminaire de la situation déférée par le Gouvernement de l’Union des Comores » sur l’attaque de 2010 d’Israël contre la flottille de Gaza. Israël a insisté sur le fait qu’il a mis fin à l’occupation de la Bande de Gaza lorsqu’il a retiré ses colons et ses soldats du territoire en 2005.

- La procureure se réfère maintenant aux élections palestiniennes de janvier 2006, dans lesquelles le Hamas a battu le Fatah de l’Autorité palestinienne, comme le déclencheur d’ « hostilités périodiques » entre Israël et des groupes à Gaza, dont le Hamas. En 2015, la procureure suggérait qu’Israël a déclaré Gaza « territoire hostile » en « réponse à l’augmentation d’attaques de roquettes. » Le rapport 2016 ne fait aucune mention de Gaza comme d’un « territoire hostile », un terme inventé par Israël pour justifier ses attaques militaires sur Gaza et pour nier sa responsabilité vis-à-vis du territoire en tant que puissance occupante, en vertu du droit international.

- La procureure ne fait plus référence au kidnapping et au meurtre de trois adolescents israéliens en juin 2014 en Cisjordanie comme événement précurseur à l’offensive d’Israël contre Gaza le mois suivant.

- La procureure stipule maintenant que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies et la Cour pénale internationale considèrent que l’annexion par Israël de Jérusalem-Est est une violation du droit international. Le rapport de l’an dernier mentionnait l’annexion de la ville par Israël, mais sans noter qu’elle est considérée comme illégitime par les instances internationales.

- Le rapport de cette année comporte des allégations d’utilisation présumée de boucliers humains par les groupes palestiniens en lançant des attaques à proximité de zones civiles, dont des hôpitaux, des écoles, des hôtels et des édifices religieux. Le rapport déclare : « Ces groupes auraient ainsi agi dans le but de couvrir leurs opérations militaires et de préserver leurs ressources contre toute attaque. » En 2015, la procureure déclarait simplement que des groupes palestiniens auraient lancé des attaques depuis des bâtiments civils. Des critiques ont averti que la logique de « boucliers humains » peut dédommager les agresseurs faisant la guerre dans des centres urbains densément peuplés. Dans leur livre The Human Right to Dominate, les chercheurs Neve Gordon et Nicola Perugini établissent que le terme de « boucliers humains » est entré dans le langage israélien autour de 2006 et a depuis été utilisé comme une « justification légale et éthique de la nécessité militaire » au Liban et à Gaza.

- La procureure fournit davantage de détails sur les allégations contre l’armée israélienne à Gaza. Ceux-ci comprennent des attaques contre des civils en fuite, des immeubles résidentiels, des installations médicales, six écoles gérées par l’agence onusienne pour les réfugiés UNRWA, ainsi que sur des infrastructures civiles, y compris des installations d’eau et d’assainissement, des centrales électriques, des champs agricoles, des moquées et des établissements d’enseignement.

- Le rapport de cette année s’étend sur les activités de colonisation du gouvernement israélien en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est. Il indique qu’en plus de l’expansion d’infrastructures coloniales, le gouvernement israélien exerce une « discrimination dans le cadre de l’utilisation de l’infrastructure et des ressources de base comme l’eau, les terrains, les pâturages et le marché. »

- La procureure ajoute que selon les données israéliennes officielles, le gouvernement israélien a déclaré en 2015 plus de 15.000 acres (6100 ha) de terres de Cisjordanie « propriétés de l’Etat ». En outre, entre Janvier et Août 2016, les autorités israéliennes ont prévu 2.623 nouveaux logements coloniaux en Cisjordanie , y compris à Jérusalem-Est, dont 756 permis rétroactifs concernant des colonies non autorisées. Ceci en plus des 591 bâtiments commencés en 2015 et 760 projets réalisés ailleurs en Cisjordanie .

- Le rapport de cette année note l’escalade de violence entre Palestiniens et Israël depuis octobre 2015, dont des allégations d’attaques violentes par des Palestiniens et « des exécutions illégales et/ou l’usage excessif de la force par les forces israéliennes à l’encontre des Palestiniens. »

Des groupes de défense des droits de l’homme travaillant avec la procureure sur l’examen préliminaire, dont Al-Haq et le Centre Al-Mezan pour les droits de l’homme ont été visés par des menaces de mort et du harcèlement au cours de l’année dernière.

La procureure reconnaît ces faits dans le dernier rapport et réaffirme que la cour travaille avec les autorités néerlandaises pour faire face à la situation.


(1) Cour Pénale Internationale – Le Bureau du Procureur - Rapport sur les activités menées en 2016 en matière d’examen préliminaire , 14 novembre 2016, pp. 25-33.



Source : The Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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Feux au sionisme.

Des feux de forêt en Palestine (appelée aussi ‘Israël’)

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Plus de 200 feux de forêt font rage en Palestine (maintenant renommée l’Etat juif d’Israël, y compris ses territoires palestiniens occupés). Plusieurs pays aident à éteindre les incendies, dont quatre équipes de pompiers palestiniens (personne n’a aidé Gaza lorsqu’elle était sous un déluge de bombes incendiaires au phosphore blanc). Mais le gouvernement fasciste raciste d’ « Israël » accuse les Palestiniens pour les incendies ! Même quelques Israéliens décents ont fait remarquer que des incendies ont éclaté dans toute l’Asie de l’Ouest (alias le « Moyen-Orient »).

Des feux de forêt en Palestine (appelée aussi ‘Israël’)

Voir la carte publiée par un site israélien sur la localisation des feux dans la région, au Liban, en Syrie et en Turquie

C’est peut-être une coïncidence ou autre, juste après que le criminel de guerre Netanyahou accusait les Palestiniens, de nouveaux incendies ont éclaté près de communautés palestiniennes. Si vous voulez vraiment savoir qui il faut accuser pour le désastre, c’est clairement le sionisme, comme je l’ai écrit dans de nombreux articles et livres auparavant.

En 1901 au Congrès sioniste mondial et malgré les objections des juifs lucides, un Fonds national juif (Keren Keyemet Li’Israël, ou KKL) a été créé pour promouvoir « la colonisation juive » (les termes utilisés) de la Palestine. L’une des missions était de recueillir de l’argent et ils ont eu recours à l’astuce d’une collecte d’argent pour des arbres. Ils ont bien sûr planté des arbres mais ce fut les hautement inflammables pins européens.

Après 1948-1949, lorsque quelques 500 villes et villages palestiniens furent dépeuplés, leurs terres (plantées de figuiers, d’amandiers, d’oliviers et autres arbres) ont été rasées et à nouveau, des résineux et des pins inflammables furent plantés. La même chose est arrivée après 1967 lorsque ici les villages palestiniens ont été démolis et leurs terres plantées avec les mêmes pins européens, l’un de ces villages est Imwas (le biblique Emmous), dont vous verrez des photos avant et après ici.

Le choix des pins européens était motivé pour les raisons suivantes :
- ils poussent rapidement
- ils donnent un aspect européen à un paysage « arabe »
- leurs aiguilles sur le sol le rendent acide et empêche la pousse ou la repousse des arbres endogènes.

Photo



Le KKL se vante d’avoir planté, au total, 240 millions de pins. Le pin résineux est comme le pétrole et brûle avec férocité. Ce ne fut pas la seule décision environnementale catastrophique prise par le mouvement sioniste en Palestine. Il y eut également le drainage des marais de Hula, le détournement des eaux du Jourdain, et maintenant le canal Mer rouge-Mer morte.

D’un point de vue écologique, les incendies en cours sont mortels pour toutes les créatures vivantes, quelles que soient leurs origines, et ils s’étendent aux quelques forêts indigènes et aux habitations humaines (juives, chrétiennes, musulmanes, athées sans distinction).

Nous, écologistes (palestiniens et israéliens) avons depuis longtemps averti des conséquences catastrophiques des décisions aux motivations politiques guidées par l’idéologie colonialiste, dévastatrices pour les animaux et plantes indigènes. Ainsi ici nous sommes les Palestiniens indigènes restants, regardant nos terres partant en fumée, et accusés du désastre. Ceci n’est pas inhabituel et nous sommes les victimes d’autres depuis longtemps. Nous avons même payé le prix de ce qui s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale (par des Européens contre leurs compagnons européens). Je pense maintenant que si une météorite touche la terre, nous Palestiniens paierons également un prix disproportionné. 7 millions d’entre nous sont des réfugiés ou des personnes déplacées.

Au Musée palestinien d’histoire naturelle et à l’Institut palestinien de la biodiversité et du développement durable (http://palestinenature.org), nous exhortons à la protection de notre nature. L’écologie est une priorité pour tout humain respectueux, y compris la protection de la biodiversité (et la diversité humaine).

A ce lien ma présentation à Paris.

Restons humains et venez nous voir.

Mazin Qumsiyeh
A bedouin in cyberspace, a villager at home
Professor and (volunteer) Director
Palestine Museum of Natural History
Palestine Institute of Biodiversity and Sustainability
Bethlehem University
Occupied Palestine
http://qumsiyeh.org
http://palestinenature.org

Traduction : MR plour ISM

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La Palestine vient de perdre l’un de ses plus vieux et proches amis

La Palestine vient de perdre l’un de ses plus vieux et proches amis, avec la disparition de l’ancien président et dirigeant de la révolution communiste de Cuba, Fidel Castro. Peu de chefs d’État, à l’exception de feu le dirigeant sud-africain Nelson Mandela, ont témoigné un soutien aussi marqué et indéfectible au peuple palestinien tout au long de ses dizaines d’années de lutte en faveur de la justice.

Fidel Castro en compagnie du dirigeant palestinien Yasser Arafat à Cuba, en décembre 1974 [image : The Arafat Foundation]

Castro avait reçu le dirigeant de l’OLP Yasser Arafat en 1974, montrant ainsi clairement au reste du monde que sa loyauté et son soutien allaient au peuple palestinien. Il avait salué et embrassé le chef palestinien à La Havane comme un vieil ami et avait tendu la main de l’amitié à un peuple et à une cause qui était loin d’être aussi populaire qu’elle ne l’est de nos jours. Arafat et Castro allaient se rencontrer à nouveau en 1994, lors de l’accession officielle à la présidence de l’Afrique du Sud de leur ami commun, Nelson Mandela.

Un an avant cette rencontre historique avec Arafat, les relations entre Cuba et Tel-Aviv s’étaient gravement détériorées en réaction à la guerre arabo-israélienne de 1973, au cours de laquelle Castro avait rompu les relations diplomatiques avec Israël. Les partisans de l’État sioniste, y compris le sénateur du Texas, Ted Cruz, ont été furieux lorsque, l’an dernier, le président américain Barack Obama a annoncé la reprise des relations avec Cuba et la réouverture de l’ambassade des États-Unis à La Havane. Cruz a décrit la chose comme une « gifle à la face » d’Israël.

En juin 2010, Castro affirmait une nouvelle fois son mépris à l’égard d’Israël en disant, suite à la toute dernière agression brutale de ce dernier contre les Palestiniens de Gaza, que la svastika (croix gammée) était devenue son drapeau national. L’ancien président cubain avait fait une comparaison avec l’Allemagne nazie après avoir déclaré qu’il était évident qu’Israël « n’hésiterait pas » à envoyer le million et demi de Palestiniens de Gaza dans des « fours crématoires ».

« La haine de l’État d’Israël à l’égard des Palestiniens est telle qu’il n’hésiterait pas à envoyer 1,5 million d’hommes, de femmes et d’enfants dans les fours crématoires dans lesquels des millions de juifs de tous âges ont été brûlés », avait déclaré Castro à l’adresse des médias locaux. Sa colère s’était déversée sur les diverses offensives militaires israéliennes contre Gaza et contre la flottille d’aide dirigée par le Mavi Marmara et en route pour Gaza, opération au cours de laquelle dix militants pour la paix avaient été abattus dans les eaux internationales par des commandos israéliens.

Voici deux ans, Castro avait également signé un manifeste international « de soutien à la Palestine » qui demandait à Israël de respecter les résolutions de l’ONU et de mettre un terme à son occupation militaire de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est. Le document, rédigé par un groupe d’intellectuels et d’hommes politiques, était intitulé « En guise de défense de la Palestine ». Le président bolivien Evo Morales, l’artiste argentin et lauréat du prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel, la chorégraphe cubaine Alicia Alonso et la femme de lettres américaine Alice Walker faisaient partie des éminents signataires du manifeste, qui allait être diffusé par le Réseau en Défense de l’Humanité. Ce manifeste invitait instamment les gouvernements du monde entier à exiger qu’Israël respecte la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à la suite de la guerre des Six-Jours de 1967 et qui disait qu’Israël devait se retirer des territoires qu’il avait occupés au cours du conflit.

La plupart des avis de décès publiés dans les médias traditionnels ne s’attarderont sans doute pas sur les critiques formulées par Castro à l’encontre d’Israël ni sur son soutien aux Palestiniens – sans doute même les ignoreront-ils – en préférant se concentrer sur les événements de 1962, c’est-à-dire sur ce qu’on a appelé la crise des missiles de Cuba. À l’époque, Castro avait approuvé une requête du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev en vue d’installer à Cuba même des missiles nucléaires à moyenne portée.

L’affaire avait été portée à l’attention des renseignements américains par l’espion-diplomate Nir Baruch, de l’ambassade d’Israël à La Havane, et avait été confirmée par des photographies prises par des avions espions américains. Le président John F. Kennedy avait imposé un blocus naval de l’île et les missiles avaient été retirés en échange d’une promesse des États-Unis de ne pas envahir et occuper Cuba dans le futur. L’accord n’empêcha pas Washington d’appliquer des sanctions contre Cuba durant les cinquante années qui allaient suivre.

Castro était tombé malade en 2006 alors qu’il subissait une opération destinée à lui enlever une tumeur et il avait transmis les rênes du pouvoir à son frère cadet Raúl. En 2008, ce transfert avait été définitif et Raúl était devenu président. En 2011, Castro s’était retiré officiellement de la politique, tout en restant actif jusqu’à la fin dans son soutien au peuple palestinien.

La Palestine a perdu un grand ami et Cuba a perdu un grand dirigeant révolutionnaire. Nous ne sommes sans doute pas près de voir apparaître à nouveau des gens de la trempe de Fidel Castro.


Publié le 26 novembre 2016 sur Middle East Monitor
Traduction : Jean-Marie Flémal

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Samidoun salue chez Castro toute une existence consacrée à la lutte révolutionnaire, de Cuba à la Palestine

À l’occasion du décès de Fidel Castro ce vendredi 25 novembre 2016, Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network rend hommage à son existence vouée tout entière à la lutte et à la révolution. Toute sa vie, Castro a été un symbole actif de la lutte révolutionnaire en faveur des peuples de Cuba, de l’Amérique latine et du monde entier.

fidelÉtudiant en droit et plus tard avocat lui-même, Fidel est devenu un communiste et un anti-impérialiste, engagé dans la lutte contre le rôle de l’impérialisme américain dans les Caraïbes et dans toute l’Amérique latine, et contre les gouvernements de droite soutenus ou imposés par ce même impérialisme américain. Il fut emprisonné à Cuba en tant que prisonnier politique pour son implication et sa lutte révolutionnaires et, après sa libération, il fut l’un des fondateurs du Mouvement du 26 juillet, l’organisation qui allait mettre sur pied la Révolution cubaine et venir à bout en 1959 du dictateur Fulgencio Batista soutenu par les États-Unis. Son discours, lors de son procès, « L’Histoire m’acquittera », défendait le droit à la révolution populaire, comme il l’affirmait en guise de défi : « Mais je ne crains pas la prison, pas plus que je ne crains la colère du misérable tyran qui a pris la vie de 70 de mes camarades. Condamnez-moi. Cela n’a aucune importance. L’Histoire m’acquittera. »

Castro ne cessa jamais d’appliquer le principe fort de l’internationalisme, avec une attention toute particulière pour la mise sur pied du soutien et de la solidarité avec les luttes révolutionnaires et anti-coloniales des peuples de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine, y compris du peuple palestinien. Il encouragea expressément les actions visant à « mettre un terme au génocide actuellement en cours contre le peuple palestinien sous les regards ébahis et passifs du monde ». En 1975, Cuba fit partie des pays qui soutinrent la Résolution 3379 de l’ONU dénonçant la nature raciste du sionisme. Pour reprendre les termes de la déclaration cubaine de l’époque, la situation « ne laisse planer aucun doute sur les origines impérialistes et la structure raciste identiques du régime sioniste israélien qui occupe la Palestine et de celui qui exploite les masses noires de l’Afrique du Sud ».

Texte photo : « Vive l’amitié entre les peuples palestinien et cubain. »

Castro n’était pas le seul à défendre ce point de vue. En fait, il a fini par symboliser la solidarité latino-américaine avec la Palestine, solidarité qui s’est poursuivie par le biais de mouvements populaires à travers tout le continent de même que via les positions de principe de pays comme le Venezuela et la Bolivie en rejetant tout lien avec l’État israélien et en défendant les droits et la lutte du peuple palestinien. Bien sûr, cette solidarité ne se limitait pas à la Palestine. Castro – et le gouvernement cubain qu’il dirigeait – est sans doute surtout connu pour sa solidarité internationale avec les mouvements des peuples africains contre l’apartheid et l’impérialisme et son engagement en faveur de la solidarité avec les soins de santé au niveau international. Castro s’est également employé à bâtir des liens avec les peuples opprimés et les mouvements sociaux au sein même des nations impérialistes, y compris les mouvements révolutionnaires noirs aux États-Unis. Durant toute son existence en tant que leader de la Révolution cubaine, que Premier ministre et par la suite président de Cuba, puis enfin comme symbole permanent de la lutte, Castro n’a pas cessé un seul instant de s’opposer au capitalisme et à l’impérialisme en compagnie des peuples en lutte, tant de Cuba que du reste du monde.

En 2014, en réponse à l’agression israélienne contre Gaza, Castro rédigea un message qui fut entendu du monde entier et qui disait qu’« une forme nouvelle et dégoûtante de fascisme fait son apparition en ce moment dans l’histoire de l’humanité (…) Pourquoi ce gouvernement [israélien] croit-il que le monde sera insensible au génocide macabre perpétré actuellement contre le peuple palestinien ? Peut-être s’attend-on à ce que la complicité de l’empire américain dans cet ignoble massacre soit ignorée ? »

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Fidel et Malcolm X

Les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, et tout particulièrement les prisonniers de gauche du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient organiser dans les prisons mêmes des hommages à la mémoire de Fidel Castro afin de rappeler l’héritage qu’il a laissé sur le plan de la lutte révolutionnaire et de l’engagement internationaliste. Samidoun s’associe à ces prisonniers ainsi qu’aux peuples du monde en lutte, pour déplorer la perte d’un grand combattant de la libération, pour saluer ses réalisations historiques et celles du peuple cubain et pour s’engager à poursuivre la voie menant à la victoire et à la libération.


 

Publié sur Samidoun le 26 novembre 2016
Traduction : Jean-Marie Flémal

Le FPLP pleure et salue le camarade Fidel Castro, une inspiration révolutionnaire pour le monde

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26.11.2016 - Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine présente ses condoléances au peuple cubain, au peuple palestinien et aux mouvements révolutionnaires du monde pour la perte de l’ancien premier ministre et le président de Cuba et dirigeant révolutionnaire international historique, le camarade Fidel Castro Ruz, le vendredi 25 novembre 2016.

L'engagement internationaliste révolutionnaire de Castro dans la lutte contre l’impérialisme et le capitalisme – manifeste dans la victoire révolutionnaire contre l’impérialisme américain – et son régime fantoche de Batista lors de la révolution cubaine de 1959, a toujours été au côté des peuples opprimés du monde dans leur confrontation de l’impérialisme, le sionisme, le racisme et le capitalisme. Tout au long de sa vie, Fidel a été un partisan et un exemple de lutte révolutionnaire en Amérique latine, au Venezuela, en Bolivie, au Nicaragua, au Salvador et sur tout le continent. De l’Angola à l’Afrique du Sud, de la Palestine au Mozambique, de la Bolivie au Salvador, l’héritage de Castro de solidarité internationale révolutionnaire et de lutte continue de servir d’exemple dans la pratique qui transcende les frontières vers la révolution, la démocratie et le socialisme.

À une époque où le monde est témoin de la domination massive des puissances impérialistes, il est particulièrement crucial en ce moment de chérir et d’apprendre de l’héritage et de la réalité de la révolution cubaine et de sa défaite persistant de l’impérialisme américain. La victoire de la révolution cubaine était une victoire qui est venue par la lutte armée, une victoire qui appartenait au peuple tout entier. Fidel et ses camarades ont mobilisé des ouvriers et des paysans pour se battre ensemble et s’assurer la victoire de leur révolution, non seulement au moment de leur triomphe en 1959, mais dans les décennies à venir. Malgré toutes les contradictions, la révolution cubaine est restée un exemple de la nationalisation de la production, de la répartition des richesses et de la construction d’un système exceptionnel de gratuité de l’enseignement et de la santé.

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Tout au long de la vie de Castro et tout au long de l’histoire de la révolution cubaine, le soutien pour le mouvement de libération nationale du peuple palestinien et pour la révolution palestinienne a été essentiel dans son approche anti-impérialiste qui mettait au centre la construction d’alliances révolutionnaires entre les forces progressistes et les peuples en lutte du monde. Le peuple palestinien et le peuple cubain ont été ensemble à tous les niveaux, dans la confrontation avec l’impérialisme et ses forces, de l’Amérique latine à l’Afrique et le monde arabe. Dans l’alliance tricontinentale et le mouvement des non-alignés, Cuba a été avec les Palestiniens et leur mouvement de libération dans toutes les facettes de la lutte internationale, construisant une alliance révolutionnaire pour le mouvement collectif contre l’impérialisme, le colonialisme et sa manifestation particulière en Palestine, le sionisme. Le sionisme a été une arme clé de l’oppression raciste, un fait reconnu par Fidel Castro et par le peuple et l’Etat cubains. Cette unité populaire n’a pas disparu au cours des années ; alors que l’artillerie sioniste pilonnait Gaza en 2014, Castro a violemment dénoncé ce « fascisme répugnant » contre le peuple palestinien. Des dizaines d’étudiants palestiniens continuent à étudier à Cuba aujourd'hui par le biais de son programme de bourses de longue durée.

Alors que nous prenons date de la disparition de Fidel Castro, nous nous souvenons également de ses camarades : Che Guevara, Celia Sanchez, Camilo Cienfuegos, Haydee Santamaria et de nombreux autres qui ont lutté pour créer un nouveau Cuba et construire une société révolutionnaire. Ce moment est non seulement un moment de deuil et de mémoire, mais aussi le moment de faire revivre nos idées révolutionnaires, pour la victoire pour la Palestine, vers la démocratie et le socialisme.

« Une révolution est une lutte à mort entre le futur et le passé, » disait Fidel Castro. Tout au long de sa vie, il a combattu inlassablement pour réaliser cet avenir. Ce moment nous appelle à intensifier, examiner et développer notre révolution palestinienne, arabe et internationale pour vaincre l’impérialisme et le sionisme et lutter pour un avenir de libération, de justice, de démocratie et de socialisme.

Source : PFLP

Traduction : André Comte

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19 novembre 2016

Les mouvements antisionistes: Du parti communiste à Matzpen

Les mouvements antisionistes: Du parti communiste à Matzpen

(Peinture de Sliman Mansour, 1976.)


Par Antoine Chalhat, dans Assafir de novembre 2016

Il est possible d’affirmer que l’action antisioniste au sein de la société juive, lancée par des groupes ou des individus après la création de l’État d’Israël en 1948, s’est articulée autour du Parti communiste israélien (Rakah), héritier du Parti communiste palestinien et véritable nerf du mouvement de libération nationale antérieur à la Nakba (« la catastrophe », l’exode palestinien de 1948). Cette action s’est largement inspirée des positions idéologiques du parti, lesquelles ont subi, à leur tour, l’influence écrasante des positions de l’Union soviétique. Au dire d’Issam Makhoul, l’un des leaders actuels du parti et qui en assume de plus en plus le rôle de « théoricien », l’impérialisme britannique et le mouvement sioniste ont dépeint le conflit en Palestine comme opposant les Juifs aux Arabes, alors que les communistes y voient un conflit avec l’impérialisme et son agent, le sionisme. La cause palestinienne aurait ainsi constitué une bataille de libération nationale, que l’impérialisme britannique a voulu contrecarrer en ayant recours à la politique du « diviser pour mieux régner », mobilisant ses agents à la fois au sein du commandement du mouvement sioniste et de celui du mouvement nationaliste arabe, afin de mieux servir ses objectifs. Il a ainsi déclenché, par leur biais, la guerre sanglante entre Juifs et Arabes dans le seul but de réaffirmer sa présence, afin que l’impérialisme ne soit plus perçu comme un problème mais comme une solution, obligeant les protagonistes à le considérer non plus comme un colonisateur, mais comme une issue à la crise en tant que partie « incontournable » pour mettre fin au conflit. L’impérialisme visait à entraver de manière systématique l’indépendance et la libération du pays de son hégémonie. Selon Makhoul, l’adoption internationale travailliste de la lutte conjointe arabo-juive, élaborée par les communistes face à l’impérialisme et au sionisme, dont elle incarne l’antithèse militante, sert de réponse à cette politique et à ses notions pour le moins déconcertantes.

Makhoul affirme que l'historien Emile Touma, qui en son temps avait rejoint les rangs du parti, apporte une dimension supplémentaire à cette approche : ce dernier explique en effet que le Parti communiste palestinien, fondé essentiellement à l'époque sur l'adhésion des Juifs, avait appelé, sur la base de ses principes révolutionnaires internationaux, à la lutte contre l'impérialisme et le sionisme ; ledit Parti avait soutenu le combat nationaliste arabe contre l'impérialisme britannique, exhortant les foules juives à appuyer cette lutte qui exprimait leurs intérêts véritables. Le Parti communiste israélien considère, comme l’a confirmé Wolf Ehrlich, l’un des penseurs du parti, que l’action du sionisme fait partie intégrante de la stratégie mondiale de l’impérialisme. Selon lui, le sionisme, même s’il portait des intérêts propres, indépendamment du projet impérialiste, était toutefois incapable de réaliser son projet si celui-ci ne s’inscrivait pas dans le contexte du projet impérialiste pour la région. Ehrlich affirme que, depuis la déclaration Balfour, le colonialisme juif en Palestine était devenu un instrument précieux entre les mains des autorités du mandat britannique dans leur lutte contre le mouvement de libération du peuple palestinien ; il a été utilisé pour inciter à la haine, remuer les rancœurs nationalistes et mettre à exécution la politique de la division. Ainsi, le pouvoir britannique aurait utilisé, pour réaliser ses objectifs, les forces réactionnaires juives et arabes, même si son principal soutien et agent restait la voie sioniste, qui a orchestré le rassemblement des colonies en Palestine. Dans la dernière position exprimée par le parti communiste à l’égard du sionisme, et basée sur un rejet en bloc de ce mouvement, Makhoul estime que le mouvement sioniste « s’est emparé historiquement du droit à l’autodétermination du peuple juif en Palestine et en a obtenu définitivement l’apanage en imposant une sorte de juxtaposition parfaite entre le sionisme et ce droit. Dans le même temps, il s’est réservé le monopole du droit à l’autodétermination, le déniant au peuple palestinien et œuvrant peu à peu à le lui confisquer définitivement. Il est désormais évident, même pour un nombre non négligeable d’Israéliens, que la libération du droit à l’autodétermination du peuple palestinien de l’emprise du sionisme constitue le prélude à la libération du droit à l’autodétermination du peuple juif d’Israël de l’emprise étouffante de l’idéologie et de la politique sionistes ». Et d’ajouter : « Le parti communiste refuse l’idéologie et la pratique sionistes. Voilà pourquoi le commandement sioniste dresse les foules juives contre le parti pour affirmer que sionisme rime avec nationalisme et qu’il épouse les intérêts du peuple juif et des travailleurs juifs. Or, le parti communiste tient un discours aux antipodes de celui-ci. La politique sioniste actuelle constitue une menace pour le peuple juif au même titre que pour le peuple arabe palestinien. Cette politique représente une catastrophe réelle tant pour les Juifs que pour les Arabes parce qu’elle empêche la paix et la sécurité et, loin de se limiter aux travailleurs arabes, elle est préjudiciable aussi aux travailleurs juifs. (…) Ce qui prime au bout du compte, c’est la règle idéologique et la structure des classes. Le point de départ revêt une importance primordiale à ce niveau. En effet, les communistes sont les ardents défenseurs des intérêts nationaux des peuples. Or, notre point de départ est international et se base sur les classes. Par conséquent, nous considérons les membres de la classe ouvrière et les progressistes comme des frères, et les exploiteurs et les persécuteurs comme des ennemis ». (Extrait du rapport de Meir Vilner, ancien secrétaire général du Parti communiste d’Israël, soumis lors du 19ème congrès du parti).

L’influence de l’URSS sur les positions du Parti communiste d’Israël a abouti à la constitution de l’Organisation socialiste d’Israël en 1962, par quatre personnes renvoyées du parti pour avoir critiqué ces positions. Puis cette organisation s’est fait connaître sous le nom de son journal, Matzpen, « boussole » en hébreu. C’est une organisation radicale qui considère le sionisme comme un projet colonialiste. Elle se bat pour une coexistence entre Arabes et Juifs sur la base de l’égalité totale entre les deux peuples. Matzpen défend les droits nationaux et humains des Palestiniens et appelle au règlement de tous les problèmes régionaux, qu’ils soient nationaux ou sociaux, à travers une lutte visant à faire chuter tous les régimes de la région et à instaurer un Orient arabe unifié et socialiste. Elle estime que les régimes répressifs bureaucratiques de l’URSS et des autres pays du bloc de l’Est constituent, avec le capitalisme, des ennemis de la révolution socialiste.

Il serait trop long de s’appesantir sur tous les principes de base de cette organisation. Il conviendra, toutefois, de mentionner les principes suivants tels qu’ils ont été inclus dans le communiqué constitutif du parti :
1. Le domaine d’activité principal de Matzpen a trait à la lutte contre le régime en place en Israël, une lutte qui exprime son intérêt historique pour la classe ouvrière comme pour le reste des travailleurs et des exploités en Israël !
2. Nos principes socialistes sont irréconciliables avec le sionisme. Nous considérons le sionisme comme un projet colonialiste d’implantation mis en œuvre aux dépens des peuples arabes (et notamment du peuple palestinien) sous l’égide du colonialisme et en partenariat avec ce dernier. Le sionisme va à l’encontre des intérêts des travailleurs exploités en Israël car il les place dans une contradiction historique avec les citoyens de l’Orient arabe. L’État d’Israël, dans sa forme sioniste actuelle, n’est pas uniquement le fruit du projet sioniste, mais c’est également un outil pour poursuivre et étendre ce projet.
Matzpen appuie la lutte du peuple arabe palestinien contre la persécution et la spoliation de ses droits humains et nationaux par les sionistes.
3. Le règlement des questions nationales et sociales propres à la région (dont la cause palestinienne et le conflit israélo-palestinien) passe nécessairement par une révolution socialiste qui entraînerait dans son sillage la chute de tous les régimes en place afin d’instaurer une union politique pour la région, sous l’égide des travailleurs. Dans cet Orient arabe unifié et libéré, le droit à l’autodétermination (y compris le droit à créer un État séparé) serait accordé à toute nationalité non arabe vivant dans la région, y compris la nation juive israélienne. Dans la droite ligne de la lutte pour cette révolution, Matzpen œuvre en vue de la chute du sionisme et de l’abolition de l’ensemble des institutions, des lois et des coutumes qui lui servent de pilier. Matzpen aspire à une coexistence entre les Arabes et les Juifs sur la base d’une égalité totale, et à la fusion entre les deux peuples du pays – le peuple juif israélien et le peuple arabe palestinien – dans le cadre d’une union socialiste pour la région, sur la base de la liberté de choix. Matzpen tente de développer une sensibilisation internationale chez les deux peuples afin que cette fusion soit possible.
4. A la lumière de ces objectifs, Matzpen préconise l’élaboration d’une stratégie conjointe et l’unification de l’activité de l’ensemble des forces socialistes révolutionnaires de la région.

Nombre de chercheurs estiment que Matzpen a vu le jour à deux reprises, une première fois à sa constitution en 1962, et une deuxième fois, après la guerre de juin 1967, quand elle a attiré un grand nombre de jeunes Israéliens choqués par l’occupation des régions arabes à l’issue de cette guerre. Elle a rallié également de nombreux jeunes de la diaspora juive influencés par la révolution estudiantine de 1968 et par les idées utopiques de la Nouvelle gauche. En pratique, l’activité du mouvement Matzpen s’achève en 1972 au moment de l’annonce par l’Agence de sécurité israélienne (Shabak) de la découverte d’un réseau judéo-arabe organisant des actions de sabotage et d’espionnage, réseau dont faisaient notamment partie deux jeunes juifs de l’extrême gauche et des communistes prochinois. L’on pouvait alors lire sur le site internet de Shabak : « Ce qui distingue cette cause – hormis qu'il s'agit de la première organisation idéologique d’espionnage arabo-juive en Israël –, c’est l’émergence d’une organisation secrète à long terme visant à jouer le rôle de la cinquième colonne en menant des opérations de sabotage dans des lieux stratégiques et à des heures de pointe en coordination avec l’ennemi. Le réseau s’est distingué par sa taille – impressionnante – et par une durée d’action prolongée ». Quoi qu’il en soit, nombre d’activistes de Matzpen disposent toujours d’une présence dans les arènes politique et intellectuelle en Israël, notamment Mikhaïl Warschawski (Mikado), qui a indiqué, dans un article récent, que le règlement du conflit israélo-palestinien était tributaire du démantèlement du colonialisme israélien. Ce militant pacifiste de gauche estime que l’objectif du mouvement national palestinien est de démanteler les structures de l’hégémonie colonialiste sur l’homme et la terre ; l’objectif du partenaire israélien de ce mouvement apparaît, de loin, plus épineux : il s’agirait, pour lui, de démanteler ses propres structures colonialistes. En effet, le débat ne porte pas uniquement sur la cessation de la violence colonialiste et du recours à la force pour dominer le pays et imposer sa souveraineté aux autochtones ; il porte aussi sur une auto-révolution qui devrait changer la donne en profondeur. Le démantèlement des structures colonialistes israéliennes signifie alors, selon ce point de vue qui reflète les idées de Matzpen : « Accepter l’arabité de notre environnement, nous diriger de l’Occident vers l’Orient, reconnaître que les Arabes de Palestine sont les maîtres des lieux et admettre notre statut d’envahisseurs violents ». Il insiste sur le fait que le démantèlement des structures colonialistes israéliennes requiert une rude leçon d’humilité et il reconnaît, en tant qu’Israélien, que c’est la chose la plus difficile à réaliser. Or, il ne saurait y avoir de partenariat réel pour une lutte conjointe sans un tel changement, ni même de coexistence israélo-palestinienne, abstraction faite du tracé des frontières.

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07 novembre 2016

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération


« L’intifada actuelle se poursuivra jusqu’à la fin des crimes de l’occupation envers les lieux saints, et la fin de l’oppression et du blocus… notre peuple arrachera la liberté par les bras des résistants et non autour des tables rondes » (Walid Tarayra, père du martyr Youssef Tarayra, Bani Na’im).

L’opération de la résistance menée par « le lion d’al-Aqsa », le martyr Musbah Abu Sbeih, dans la ville d’al-Quds, au cours du mois d’octobre, a été l’événement marquant qui a ébranlé l’entité sioniste, notamment qu’elle avait pris des mesures draconniennes pour assurer la sécurité de ses colons pendant les fêtes juives.

Mais quelles aient été ces mesures, le résistant Abu Sbeih est parvenu à tirer sur les sionistes, à partir de sa voiture, abattant deux d’entre eux. L’opération du martyr Abu Sbeih continue, un mois après, à planer sur la situation dans al-Quds, ville occupée en voie de judaïsation. Malgré le vote de l’UNESCO qui a mis en rage les sionistes, en affirmant le caractère arabe de la ville et le caractère exclusivement musulman de la mosquée al-Aqsa, les sionistes ont accentué la profanation des lieux saints et poursuivent la colonisation, là où ils le peuvent, n’ayant rien à craindre d’une communauté internationale qui a pris la décision d’oublier la Palestine et les Palestiniens.

Pendant que les sionistes mènent des rafles en Palestine occupée, démolissent les maisons, chassent les Palestiniens de leurs terres et villages, l’Autorité palestinienne traverse une crise importante due aux querelles intestines pour le pouvoir, aux diverses exactions commises par ses services sécuritaires dans les camps palestiniens de la Cisjordanie, et aux nombreuses arrestations des militants, ainsi qu’à la multiplication des initiatives de normalisation des relations avec l’occupant, qui dépassent les relations officielles. Malgré tout, la révolte palestinienne se poursuit, avec des opérations de la résistance menée à la fin du mois d’octobre, l’une menée par un policier de l’AP, et les nombreuses tentatives d’en mener d’autres, aux barrages de l’occupant. Les affrontements avec l’occupant, que ce soit dans al-Quds et ses environs, ou dans le reste de la Cisjordanie, se poursuivent et s’accentuent, empêchant les sionistes de rêver à une « occupation dorée » et troublant leurs projets coloniaux. La presse sioniste n’est pas toujours optimiste quant à la possibilité d’en finir avec l’Intifada, elle l’ignore parfois et craint ses retombées d’autres fois. Mais les exécutions des Palestiniens commises aux barrages par l’armée de l’occupation suscite un malaise de plus en plus profond dans la société coloniale, d’autant plus que ces exécutions sont le plus souvent filmées. C’est ainsi que s’annonce la chute des tyrans, celle de la tyrannie sioniste.

Martyrs palestiniens tombés depuis fin septembre 2016 :

Yasser Hamdouni, prisonnier décédé à cause de la négligence médicale dans les prisons, 40 ans, Ya’bid, Jénine (prison de Ramon) (25/9) ; Nassib Abu Mayzar, 28 ans, assassiné au barrage de Qalandia (1/10), Musbah Abu Sbeih, 40 ans,  (9/10, al-Ram), Ali Shuyukhi (ancien prisonnier, libéré le 10/12/2015), 20 ans, Selwan, (12/10), Mahmoud Jawda (blessé en 2007 par les forces sionistes), Rahiq Birawi, 19 ans, (Assira shamaliya), exécutée devant le barrage Zaatara (18/10), Khaled Bahr, 15 ans, Bayt Ummar – al-Khalil, 20/10 ; Mohamad Dawud Dawud, 26/10 ; Mohammad Turkman, 25 ans, Qabatia, région de Jénine (31/10), Khalid Alayan Ikhlil, 23 ans, Bayt Umar, région d’al-Khalil, 30/10, Ma’en Abu Qare’, 23 ans (Mazraa Qabaliya, Ramallah), 3/11.

Scènes de l’Intifada al-Quds

Bani Na’im, dans la région d’al-Khalil : La localité de Bani Na’im est en révolte contre l’occupant. Elle est devenue l’icone de l’Intifada al-Quds. Située à l’Est de la ville d’al-Khalil, elle est habitée par 20.000 Palestiniens. 6 martyrs de la localité sont tombés au cours de l’Intifada, après avoir attaqué l’occupant, et les prisonniers se comptent par dizaines, dont plusieurs condamnés à la perpétuité. Les martyrs de Bani Na’im sont Youssef, Mohammad, Sara et Issa Tarayra, Majd et Firas Khodour. Walid Tarayra, père du martyr Youssef, affirme que la localité a un long passé de résistance contre l’occupant. Pour Mu’ayyad Zayat, les fermetures, les invasions, les exactions et le retrait des autorisations accordées par l’occupant aux fils de Bani Na’im « n’ont pas d’effets sur la détermination des jeunes en révolte contre l’occupant, car c’est l’occupation et les profanations des lieux saints poussent les jeunes à offrir leur vie pour mettre un terme aux crimes perpétrés contre notre peuple et notre terre ».

Les résistants de la ville d’al-Khalil : selon les statistiques de l’Intifada al-Quds, la ville d’al-Khalil a enregistré le nombre le plus élevé d’opérations de résistance contre l’occupation, avec 28 opérations de coups de poignard au cours de 2015 et 6 opérations d’écrasement ou de coups de feu. En 2016, les résistants ont mené 20 opérations, dont 6 coups de poignard. Depuis le début de l’Intifada, les sionistes ont arrêté, dans la province d’al-Khalil, 1675 jeunes, 49 femmes et 281 enfants. 629 Palestiniens de la région ont été placés en détention administrative. La présence de l’occupant à l’intérieur de la ville a créé une situation explosive, ce qui explique d’après de nombreux analystes, le grand nombre d’opérations de la résistance. Faisant un Km2, 1500 soldats sionistes protègent 400 colons qui occupent une partie de la ville, et l’occupant y a installé 1500 barrières électroniques ou en ciment pour fouiller les Palestiniens. Les résistants mènent leurs opérations à l’intérieur de la ville (rue al-Shuhada’, barrages) ou aux alentours (les routes coloniales, colonies et barrages militaires). Le nombre d’habitants de la région d’al-Khalil s’élève à 750.000 habitants, soit 30% des habitants de la Cisjordanie.

Les Palestiniens de 48 menacés par le projet sioniste : Les colons qui occupent la Palestine depuis 1948 poursuivent leur projet d’expulsion des Palestiniens en utilisant divers moyens : le juridique par le biais du Knesset, où des lois sont promulguées en vue de supprimer l’expression nationale palestinienne, le colonial par le biais des bulldozers qui démolissent les maisons et les villages, notamment dans le Naqab occupé, pour faire place aux colonies, l’administratif, où des mesures discriminatoires sont prises dans les écoles et les universités pour limiter le nombre des élèves et étudiants, et déprécier la culture nationale palestinienne. Appauvrie et victime du racisme sioniste, la société palestinienne cherche sa voie de salut en multipliant les initiatives communes avec les Palestiniens des territoires occupés en 1967 et dans la défense des lieux saints dans al-Quds et ailleurs en Palestine.

Résistance

Des résistants ont tiré des coups de feu le 3/11, sur la colonie Ofra, à l’ouest de Ramallah. Ils étaient en voiture.  Un soldat sioniste a été blessé lors d’un tir de coup de feu, près de la ville de Tulkarm, le même  jour. Un colon a été blessé le 9/10 dans la colonie Richon Letzion, au sud de Yafa, par un coup de poignard. Un soldat sioniste a été blessé près de la colonie Har Adar, au nord d’al-Quds, le 15/10.
Le jeune Murad Rajabi (20 ans) de Selwan, dans al-Quds, a été condamné par l’occupant pour « tentative de meurtre ». Il était sorti de sa maison quinze jours auparavant sur sa mobylette, un couteau à la main. Il a foncé sur des colons, blessant trois d’entre eux.

Le résistant Muhammad Turkman, de Qabatia, dans la région de Jénine, qui appartient à la police de l’Autorité palestinienne, a mené une opération contre les soldats de l’occupation, au barrage Beit Il, près de Ramallah, dans la journée du 31 octobre. 3 soldats sionistes ont été blessés, dont un grièvement. L’occupant a tiré et tué le résistant.

Le résistant Khalid Alayan Ikhlil, de Bayt Umar, dans la région d’al-Khalil, a mené une opération d’écrasement par voiture, contre deux soldats sionistes. Les forces de l’occupation ont tiré et tué le résistant, fin octobre. Le jeune Nassib Abu Mayzar poignarde un membre des services sécuritaires sionistes au barrage de Qalandia, le 1/10.
 
Des affrontements ont opposé les Palestiniens aux forces sionistes devant la maison du martyr Musbah Abu Sbeih, le 9/10, dans al-Ram. D’autres à l’entrée du camp de Dhayshe, le 8/10, à Selwan, le 12/10, devant le camp al-Jalazon, le 11/10. Des affrontements ont opposé les jeunes de Bayt Ummar, qui réclament le corps du martyr Khaled Bahr aux forces sionistes, qui ont tiré sur les manifestants, blessant deux Palestiniens, le 28/10.
 
Les habitants de Qalandia continuent leurs protestations contre la démolition de leurs maisons, au mois de juillet dernier, par l’occupant. 36 appartements avaient été démolis sous le prétexte de « constructions illégales », mais la vraie cause demeure l’extension de la colonisation sioniste. Dans le Naqab occupé, les Palestiniens ont organisé une manifestation et coupé la route 40 pour protester contre la démolition des maisons et villages.

La lutte des prisonniers palestiniens, détenus administratifs, ne cesse pas. Plusieurs prisonniers ont mené, au cours de ce mois, la grève de la faim et réclament leur libération. C’est la lutte pour la dignité humaine que mènent les prisonniers dans les geôles de l’occupation. 5 prisonniers poursuivent leur lutte : Ahmad Abu Fara, d’al-Khalil, qui est hospitalisé dans la prison-hôpital d’al-Ramleh, en grève de la faim depuis 46 jours. Anas Shadid, 19 ans, de Doura dans la province d’al-Khalil, hospitalisé dans al-Ramleh, en grève de la faim depuis 42 jours. Ahmad Salatna poursuit la grève de la faim depuis 7 jours. Les deux prisonniers Samer Issawi, d’al-Quds, et Mundher Snubar, de Nablus, poursuivent la grève de la faim illimitée depuis 13 jours dans la prison de Nafha, pour réclamer de meilleures conditions de détention pour les prisonnières palestiniennes et l’hospitalisation des prisonniers malades.

Répression et purification ethnico-religieuse

L’occupant a arrêté le 2 novembre une famille entière composée de 9 membres dans le camp al-Am’ari, dans Ramallah. 30 unités de l’armée sioniste ont envahi le camp et encerclé la famille de Mahran Abu Shusha avant de l’arrêter.

L’occupant poursuit la colonisation dans les territoires occupés, en 48 et en 67, et le blocus et les arrestations de pêcheurs dans la bande de Gaza. Au cours du mois d’octobre, l’occupant a planifié la construction de 772 unités locatives pour les colons dans les colonies de la Cisjordanie, y compris al-Quds. L’occupant a planifié l’implantation d’une colonie pour les personnes âgées sur les terres du village Mas-ha dans la province de Salfit. Le terrain avait été déclaré zone militaire en 1978.

L’occupant installe une « zone industrielle » entre la Cisjordanie occupée et les territoires occupés en 48, soit sur la « ligne verte ». Cette installation n’est qu’une manière d’étendre la colonisation, à partir de l’entité sioniste, vers la Cisjordanie, sous le prétexte de « zones industrielles ».

Les sionistes ont volé plus de mille dunums de terres au cours du mois d’octobre. Les colons de Mofo Houron, colonie implantée sur les terres de villages palestiniens occupés en 1967, près de « la ligne verte » se sont emparés des terres d’une superficie de 1500 dunums. Au cours de la saison de la cueillette des olives, les colons ont empêché des dizaines de familles de cueillir leurs fruits et ont saccagé des oliviers et des jeunes plants, dans les régions de Qalqilya, d’al-Quds et de Nablus.

Des colons ont écrasé des Palestiniens dans la région de Qalqilya, tuant une personne âgée, Mohamad Dawud Dawud, le 26/10.

Au cours du mois d’octobre, 88 maisons et installations ont été démolies par l’occupant, en Cisjordanie, y compris al-Quds. Il a également démoli, pour la 105ème fois, le village d’al-Araqib, et une dizaine de maisons dans le village de Bir Haddaj, dans la région du Naqab occupée en 48. Par ailleurs, une maison palestinienne appartenant à la famille de Mustafa Qattan, dans la ville de Yafa, a été livrée à un groupe militaire sioniste. La famille Qattan avait été expulsée en 48 par les bandes terroristes sionistes, et leur maison était devenue un « bien des absents ». Dans la Galilée, le village non reconnu de Ramieh, encerclé par la colonie Karma’il, continue à se battre. La population du village a remis en place les plaques démolies du cimetière, aidée par plusieurs partis et mouvements palestiniens de l’intérieur.

Le Knesset sioniste a refusé de considérer le massacre de Kfar Qassem, commis par l’armée sioniste le 29 octobre 1956, comme date officielle, à la demande des députés palestiniens des territoires occupés en 48. Certains députés sionistes ont même essayé de nier qu’un tel massacre ait eu lieu.

Les forces de l’occupation ont envahi fin septembre, la localité Abu Nuwwar, près d’al-Azariyé, dans la région d’al-Quds, dans le but d’expulser les Bédouins, originaires du Naqab occupé, qui y vivent. Elles ont également envahi Jabal al-Mokabber, dans la région d’al-Quds, où des affrontements ont eu lieu avec la population. Plusieurs étudiants de l’Université al-Quds ont été blessés.

Les rafles nocturnes sont quotidiennes. Des dizaines de Palestiniens sont arrêtés dans toute la Cisjordanie, al-Quds y compris. Au cours d’une seule nuit (mi-octobre), 34 Palestiniens ont été arrêtés, dont 5 du village de Doura, près de Ramallah, 7 du camp de Nour Shams, près de Tulkarm, 11 dans la région d’al-Quds, 3 du camp Ayda dans Bayt Laham.

Profanation des lieux saints

La mosquée al-Aqsa, lieu saint musulman, est en danger de judaïsation. Les sionistes prétendent qu’il est construit sur un temple juif. Ils visent à construire un nouveau temple, qu’ils appellent « le troisième temple » à la place de la mosquée al-Aqsa. Les multiples profanations de la mosquée par les colons juifs, de plus en plus fréquentes, interviennent suite à des déclarations de rabbins extrémistes, autorisant les juifs à prier dans l’enceinte de la mosquée. Au même moment, les responsables sionistes empêchent les musulmans de se rendre dans leur lieu sacré, et interpellent les fidèles qui cherchent à la protéger contre les incursions sionistes. C’est une des causes de l’Intifada al-Quds, en cours, les Palestiniens refusant de laisser leurs lieux saints désacralisés et profanés par les sionistes. Au cours des fêtes juives, des milliers de colons ont investi la mosquée, sous la protection de la police sioniste, qui ont accompli des rites talmudiques.

L’église du St Sepulcre est en danger : les autorités sionistes ont planté leur drapeau à l’entrée Est de l’Eglise. Ce geste vise à en faire un lieu de culte chrétien sous l’égide sioniste. Les responsables palestiniens ont vivement protesté contre cette agression contre les lieux de culte, chrétiens et musulmans, dans la ville d’al-Quds et ont réclamé l’intervention des organismes internationaux pour faire appliquer le droit international.

Les sionistes entendent interdire l’appel à la prière dans la ville d’al-Quds. Le maire sioniste de la ville occupée a envoyé une missive à la police de l’occupation lui demandant d’empêcher les mosquées, et notamment la mosquée al-Aqsa, de lancer l’appel à la prière, sous le prétexte que des colons s’étaient plaints du « bruit ». Comme dans les villes palestiniennes occupées en 48, les colons envahissent le pays et font pression pour interdire toute expression non-juive. Sheikh Ikrima Sabri a déclaré que si les sionistes ne sont pas contents, ils n’ont qu’à s’en aller. Et question « bruit », Sabri a accusé l’occupation de faire survoler la ville par des avions, de l’envahir par des chars et de tirer des coups de feu, des balles sonores contre les Palestiniens. Il a finalement déclaré que l’appel à la prière dans la ville d’al-Quds ne disparaîtra pas.

L’occupant poursuit la construction d’un bâtiment dans le quartier Sharaf, au cœur de la vieille ville, sur une terre du Waqf musulman. Ce bâtiment comprendrait une synagogue et 6 étages. Les habitants palestiniens du quartier Batn el-Hawa, dans Selwan, sont menacés d’expulsion par les colons de l’association Atirit Cohanim, qui s’est emparée de dizaines d’appartements et de maisons dans ce quartier.

L’école de Dar al-Aytam (orphelinat) dans al-Quds a été envahie par les forces de l’occupation et les étudiants ont été agressés et plusieurs arrêtés.

Dans la ville d’al-Khalil, les sionistes ont interdit la mosquée al-Ibrahimie aux fidèles musulmans 6 jours au cours du mois d’octobre, comme ils ont interdit l’appel à la prière 86 fois au cours du même mois. Autour de la mosquée, des travaux de judaïsation sont en cours, et les travaux de réfection menées par les autorités musulmanes sont interdits. Les colons ont envahi une terre appartenant au waqf musulman au lieu dit Jabal Jwayhan et ont commencé à installer des caravanes pour implanter une colonie, après avoir accompli des rites talmudiques.

L’occupant détruit des tombes musulmanes dans le cimetière ar-Rahma, aux portes de la mosquée al-Aqsa. Selon les sionistes, les tombes seraient sur des terres confisquées. Le waqf musulman a vivement protesté contre cette profanation. L’occupant vise, en détruisant les tombes, à faire un circuit touristique juif. Le cimetière ar-Rahma date de plus de 1400 ans, il renferme les corps ensevelis des compagnons du messager de Dieu ainsi que de nombreux combattants musulmans.

La presse palestinienne

« Le scénario de la terreur : ignorer l’intifada et blanchir l’occupation » (Centre Atlas, septembre 2016)
Les cercles militaires et de renseignements-espionnage dans l’état sioniste conçoivent leur stratégie et leurs plans selon une lecture des menaces qu’ils considèrent possibles. Bien que ces cercles soient professionnels, la définition de ces menaces est soumise à des considérations politiques. Pour Netanyahu, toute carte des menaces qui ne parle pas du nucléaire iranien comme première menace ou qui considère que la poursuite de l’occupation est une menace sur « la judaïté de l’état démocratique », est jugée inapte et nuisible aux intérêts de l’entité sioniste.
Le « scénario de la terreur » que les sionistes ont dessiné est digne des meilleurs films d’Hollywood, qui montre l’invasion de la terre par des entités venues d’ailleurs. L’évocation de ce scénario a pour fonction de poursuivre l’occupation, la destruction et les tueries, c’est un moyen de se défaire de sa responsabilité . Ce scénario, à la manière des films américains, n’est pas nouveau. Il a déjà servi ailleurs, lorsqu’il a fallu exterminer « les sauvages » sans pitié et préserver sa « propriété », rassembler la sympathie des juifs dans le monde, et encourager le monde occidental à soutenir l’entité sioniste, par tous les moyens, financiers, militaires et politiques. Selon ce nouveau scénario, conçu pour attirer davantage l’aide américaine, il n’y aura que quelques centaines de morts israéliens, ce qui semble dérisoire devant les « israéliens » tués depuis l’Intifada al-Quds. Mais les sionistes veulent ignorer l’Intifada, qu’ils ont considérée comme étant manipulée, car pour eux, elle ne peut avoir pour cause l’occupation sioniste. 

Le discours du secrétaire général du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, dr. Ramadan Shallah, a soulevé de vives discussions, notamment sur les 10 points proposés pour relever la cause palestinienne. Globalement, les responsables et écrivains de l’Autorité palestinienne ont critiqué les deux points les plus importants, portant sur la suppression des accords d’Oslo et l’annulation de la reconnaissance de l’entité sioniste par l’OLP. Mais le programme proposé par Ramadan Shallah a recueilli l’adhésion de nombreux secteurs du peuple palestinien, et de forces politiques. Son étude et sa mise en application, notamment le point portant sur le débat interpalestinien nécessaire pour sortir de la crise, doivent à présent être concrétisés sur la scène palestinienne, écrit l’éditorialiste d’al-Istiqlal, n°999.

Parmi les sujets abordés par la presse palestinienne, on note le vote par l’UNESCO d’une résolution affirmant que les juifs n’ont aucun lien avec la mosquée al-Aqsa. Ce vote a suscité la joie et les félicitations de la classe politique arabe et de sa presse, mais un article paru dans « alqudsnews.net » remarque que ce vote favorable aux Palestiniens et aux musulmans dans le monde n’apporte rien de nouveau, et le caractère musulman de la ville et de la Palestine n’attend pas une confirmation, de qui que ce soit. Cependant, un vote hostile au caractère exclusivement musulman de la mosquée al-Aqsa aurait entraîné des conséquences désastreuses sur la mosquée et la ville d’al-Quds. Pour sa part, le penseur Munir Shafiq a écrit dans al-arabi21 que le vote favorable à la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa ne doit pas nous faire oublier que les Etats arabes qui ont participé au vote ont normalisé leurs relations avec l’entité sioniste, et par conséquent, la lutte pour sauvegarder l’arabité et le caractère musulman de la ville et de la mosquée se joue sur le terrain et non dans les instances internationales.

La commémoration de l’accord d’échanges des prisonniers palestiniens contre le soldat sioniste Shalit en octobre 2012 a été également abordée par la presse palestinienne, notamment après la déclaration du porte-parole des Brigades al-Qassam, Abu Ubayda, qui a promis un autre échange, avec la libération d’abord de tous les prisonniers ayant été libérés en octobre 2012 et de nouveau arrêtés par les sionistes.

Le FPLP a, pour sa part, salué la date du 17 octobre, le jour où le ministre sioniste Rahbaam Zeevi, a été assassiné par un commando du FPLP en 2001. Soumoud Saadate écrit que le 17 octobre n’est pas une date anodine, mais représente un tournant dans la résistance, d’abord parce que ce fut une opération exceptionnelle qui a ébranlé l’entité sioniste, et depuis 15 ans, elle ne fut pas renouvelée. Le pire fut que l’Autorité palestinienne, avec ses organes de répression et ses tribunaux, ont arrêté et jugé les combattants, considérant la résistance comme un acte illégal. Mais l’Autorité n’a pu les protéger dans ses prisons, et ils sont devenus une monnaie d’échange avec l’occupation. Finalement, l’occupant les a kidnappés et détenus dans ses prisons.

Communiqués et déclarations

Nombreuses furent les déclarations des dirigeants et responsables du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, qui célèbre la 29ème année de sa naissance (la proclamation officielle de la naissance du mouvement est la bataille de Shuja’iya, en octobre 1987, dans la bande de Gaza) et la 21ème commémoration du martyre de son fondateur et premier dirigeant, dr. Fathi Shiqaqi (1995). Mais cette année, la commémoration a insisté sur l’Intifada al-Quds qui marque sa seconde année, et sur les martyrs du mouvement tombés au cours de cette année de lutte.

Ahmad al-Oury, cadre du Mouvement du Jihad islamique en Cisjordanie, a déclaré que les rafles menées par l’occupant contre son mouvement et contre les jeunes Palestiniens plus généralement visent à stopper l’Intifada. L’influence de ces arrestations peut avoir un effet direct, mais à long terme, elles ne peuvent influer sur la volonté du peuple palestinien. Dénonçant les arrestations menées par les appareils sécuritaires de l’Autorité palestinienne, il a jugé que ces intimidations visent à rendre son mouvement illégal.

Hassan Khrayshé, député au conseil législatif palestinien, a vivement dénoncé la tentative d’assassinat de sheikh Khodr Adnan, par les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne, à Nablus et son arrestation une semaine plus tôt lors d’une manifestation de solidarité avec les prisonniers, à Jénine. Il a appelé à former une commission d’enquête sur les pratiques de ces services sécuritaires.

Dans la presse sioniste

Comment en finir avec l’Intifada ? C’est le sujet souvent abordé par la presse sioniste, pour qui l’Intifada est une « vague terroriste ». Il va sans dire que les commentateurs et journalistes « israéliens », à plus forte raison les politiques, ne pensent jamais que l’Intifada est une réaction à l’occupation, et par conséquent, la fin de l’occupation (même de la Cisjordanie) ne leur effleure même pas l’esprit. C’est ainsi que le chercheur à « l’institut des études pour la sécurité nationale », Kobi Mikha’il écrit le 10 octobre que « la vague terroriste » répond à un sentiment de pessimisme des Palestiniens. La réponse serait donc de leur donner un peu d’optimisme en organisant leur vie dans les territoires occupés de la Cisjordanie, tout en se gardant bien de leur accorder la liberté dans la Zone C, réservée à l’armée et aux colons sionistes. Un peu de vie économique et un peu de répression par une Autorité palestinienne interposée serait la solution toute trouvée par cet     auteur colonial pour faire cesser le « virus » de l’Intifada. Accorder plus de prérogatives à l’Autorité palestinienne dans la zone A empêchera son effondrement, ce qui lui permettra de revenir aux négociations, aidée par un monde arabe « pragmatique ».

L’éditorial de Haaretz, le 14 octobre, titre « échec dans la partie orientale d’al-Quds », en faisant référence à la politique de la municipalité coloniale dans la ville, qui a échoué à stopper la « vague terroriste » des Palestiniens. L’éditorialiste critique cependant les déclarations menaçantes envers les Palestiniens, prononcées par le sous-directeur de la municipalité, Torjman, suivies d’une excuse du maire sioniste, mais, souligne le quotidien sioniste, le maire n’a pas pensé à démettre son second à cause de ses déclarations. Pour l’éditorial, l’opération menée par le combattant Musbah Abu Sbeih signifie l’échec de la municipalité coloniale à assurer une « égalité » de traitement envers les Palestiniens.

Dans le quotidien Haaretz du 1/11, le député et ancien ministre de la guerre sioniste, Moshe Arens, avoue que les peuples arabes refusent la normalisation avec l’entité sioniste, et « la paix avec Israël » ne reflète pas nécessairement la volonté du public, mais la volonté des dirigeants qui craignent pour leur survie, et qui peuvent imposer la paix à leur public dans leur pays ». Et du côté palestinien, il écrit que depuis « le départ de Yasser Arafat, il n’y a pas eu de dirigeant palestinien pouv      ant imposer au peuple palestinien la paix avec Israël ».

Le 23/9, le commentateur militaire Amir Rapoport se demande, dans NRG, si les juifs veulent encore que « leurs enfants servent » dans l’armée sioniste ? Selon lui, l’armée sioniste vit un moment difficile, car elle manque de recrues. Cette question serait l’un des problèmes les plus inquiétants pour l’institution « sécuritaire » alors que personne ne veut en parler. De nombreux postes sont inoccupés. Ce n’est pas la première fois que l’armée sioniste vit cette crise. Déjà lors de la guerre contre le Liban, de nombreux officiers avaient abandonné l’armée à cause des bas salaires, et l’armée a mis du temps pour combler son déficit. Ce qui inquiète les responsables de l’armée, c’est le nombre grandissant de militaires qui cherchent du travail dans le « civil » pendant leur service. Celui qui trouve un travail abandonne l’armée.

Un an de « vague terroriste » : il n’est pas possible de remporter la victoire d’un seul coup (30 / 9) « Isra’il Hum » Yoav Limur
L’auteur de cet article tente d’analyser la première année de l’Intifada, et en dresse le bilan. Pour lui, les profondes racines de cette « vague » sont toujours présentes et ne peuvent être supprimées d’un seul coup. « Il a fallu de longues semaines à Israël pour comprendre ce qui se passe », après l’opération de la résistance dans la colonie Itmar. « Ce n’est pas par hasard que la violence soit centrée sur deux lieux : al-Quds et al-Khalil, qui portent des symboles religieux, mais aussi à cause de la présence côte à côte de Palestiniens et d’Israéliens » (colonisation accrue à l’intérieur de ces deux villes). Pour l’auteur, les opérations de la résistance sont le fait de jeunes « paumés » (il reprend le cliché facile pour éviter de mentionner la colonisation et l’occupation), ce qui « demande deux choses : laisser faire le temps après chaque opération pour empêcher son écho » et éviter que les sionistes soient touchés. L’auteur considère que les mesures de démolition des maisons, les exécutions et les arrestations sont dissuasives. Il considère qu’en surveillant les pages Facebook, les sionistes auraient empêché plusieurs opérations !. Il absout l’autorité palestinienne d’aider à la révolte palestinienne, disant que dans un premier temps, l’Autorité a laissé faire, mais quand elle a senti que les membres du Fateh étaient prêts à entrer dans la lutte, elle a commencé à réprimer les Palestiniens et à rechercher les ateliers de fabrication d’armes, non pour protéger les « Israéliens » mais par crainte de l’anarchie et de Hamas.

Centre d'information sur la Résistance en Palestine
N°14 novembre 2016

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03 novembre 2016

Le responsable de B’Tselem : Pourquoi je me suis exprimé à l’ONU contre l’occupation

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19 octobre | Hagai El-Ad pour Haaretz |Traduction SF pour l’AURDIP

Il n’y a aucune chance que la société israélienne, de son bon vouloir et sans aucune aide, mette fin au cauchemar. De trop nombreux mécanismes isolent la violence que nous mettons en œuvre pour contrôler les Palestiniens.

Je me suis exprimé aux Nations Unies contre l’occupation parce que j’aspire à la qualité d’être humain. Et les êtres humains, lorsqu’ils sont responsables d’une injustice envers d’autres êtres humains, ont l’obligation morale de réagir.

Je me suis exprimé aux Nations Unies contre l’occupation parce que je suis israélien. Je n’ai pas d’autre pays. Je n’ai pas d’autre citoyenneté ni d’autre avenir. J’ai grandi ici et y serai enterré. Je me soucie du destin de cet endroit, du destin de ses habitants et de son destin politique, qui est aussi le mien. Et, au vu de tous ces liens, l’occupation est un désastre.

Je me suis exprimé aux Nations Unies contre l’occupation parce que les collègues de B’Tselem et moi-même, après tant d’années de travail, sommes arrivés à plusieurs conclusion. En voici une : la réalité ne changera pas si le monde n’intervient pas. Je soupçonne notre gouvernement, dans son arrogance, de savoir cela et, de ce fait, de s’occuper à répandre la peur d’une telle intervention.

Une intervention du monde contre l’occupation est tout aussi légitime que n’importe quelle question de droits humains. Et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un thème tel que notre pouvoir sur un autre peuple. Ce n’est pas un problème israélien interne, mais une question internationale, c’est flagrant. Voici une autre conclusion : il n’y a aucune chance que la société israélienne de son bon vouloir et sans aucune aide, mette fin au cauchemar. De trop nombreux mécanismes font un cas à part de la violence que nous mettons en œuvre pour contrôler les Palestiniens. Trop d’excuses se sont accumulées. Il y a eu trop de peurs et d’angoisse – des deux côtés – au cours des 50 dernières années. Au bout du compte, j’en suis sûr, Israéliens et Palestiniens mettront fin à l’occupation, mais pas sans l’aide du monde.

Les Nations Unies, c’est beaucoup de choses. Beaucoup sont problématiques, certaines complètement insensées. Je ne les approuve pas. Mais les Nations Unies c’est aussi l’organisation qui nous a donné un État en 1947 et cette décision est la base de la légitimité internationale de notre pays, celui dont je suis citoyen. Et chaque jour de l’occupation nous fait non seulement croquer avec délice la Palestine, mais aussi détruire la légitimité de notre pays.

Je ne comprends pas ce que le gouvernement veut que les Palestiniens fassent. Nous avons régi leurs vies depuis près de 50 ans, nous avons déchiqueté leur terre en petits morceaux. Nous exerçons un pouvoir militaire et bureaucratique avec grand succès et nous nous arrangeons parfaitement avec nous mêmes et avec le reste du monde.

Qu’est ce que les Palestiniens sont supposés faire ? S’ils osent manifester, c’est du terrorisme populaire. S’ils appellent à des sanctions, c’est du terrorisme économique. S’ils utilisent des moyens légaux, c’est du terrorisme judiciaire. S’ils se tournent vers les Nations Unies, c’est du terrorisme diplomatique.

Il s’avère que quoi que fasse un Palestinien à part se lever le matin et dire « merci patron, merci maître, c’est du terrorisme. Qu’attend le gouvernement, une lettre de reddition ou la disparition des Palestiniens ? Ils ne disparaîtront pas.

Nous ne disparaîtrons pas non plus, ni ne nous tairons. Nous devons le répéter partout : l’occupation ne résulte pas d’un vote démocratique. Notre décision de contrôler leurs vies, pour autant que cela nous convienne, est une expression de violence et non de démocratie. Israël n’a pas de raison valable de continuer ainsi. Et le monde n’a pas de raison valable de continuer à nous traiter comme il l’a fait jusqu’à présent – que des mots et pas d’action.

Je me suis exprimé au Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’occupation parce que je suis optimiste, parce que je suis Israélien, parce que je suis né à Haïfa et que je vis à Jérusalem, et parce que je ne suis plus un jeune homme et que chaque jour de ma vie a été marqué par le contrôle que nous exerçons sur eux. Et parce qu’il est impossible de continuer ainsi.

Nous ne devons pas continuer ainsi. Je me suis exprimé au Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’occupation parce que j’aspire à la qualité d’être humain.

Hagai El-Ad est le directeur exécutif du groupe de défense des droits humains B’Tselem.

- Discours de Hagai El-Ad lors d’un débat sur les colonies au Conseil de Sécurité des Nations Unies, B’Tselem

Source

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Suspension de l’accord d’association UE/Israël !

Les colonies israéliennes s’étendent en Cisjordanie :

Suspension de l’accord d’association UE/Israël !

Europe-complice-d-Israel

Les implantations de nouvelles colonies ne cessent de se multiplier dans les territoires palestiniens de Cisjordanie occupée. En juin 2016, le gouvernement de M. Netanyahou a permis la construction de 560 nouveaux logements pour les colons de Ma’ale Adoumin et 840 autres à Jérusalem-Est.  Il a poursuivi le Plan E1 visant à former une continuité territoriale entre Jérusalem-Est et cette colonie de Ma’ale Adumim pour couper en deux la Cisjordanie. Le projet d’Israël de construire 98 habitations dans la colonie de Shilo en Cisjordanie, ainsi que l’accélération durant l’année 2016 des destructions de maisons palestiniennes, ont été dénoncés au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le 19 octobre 2016. Environ six cent mille colons israéliens vivent aujourd’hui dans ces territoires. Les implantations incessantes de colonies, au nom de l’argument théologique intégriste selon lequel ces terres auraient « été données par Dieu à Israël », constituent une violation flagrante de la quatrième Convention de Genève selon laquelle une puissance occupante ne peut transférer dans un territoire occupé une partie de sa population.

Le lobby des colonies au parlement israélien, la Knesset, réclame « une loi d’annexion de la Judée et de la Samarie », c’est-à-dire de la Cisjordanie occupée en 1967. Le ministre israélien de l’Éducation, Naftali Bennett, demande celle de la « zone C », soit 60% de ce territoire. Même si le gouvernement Netanyahou feint de refuser une telle violation flagrante du droit international, il ne cesse de la préparer méthodiquement. La poursuite de la colonisation, qui compromet l’existence d’un Etat palestinien indispensable au retour de la paix dans la région, éloigne la reconnaissance par ses voisins de l’Etat d’Israël dans ses frontières de 1967, et, par conséquent, met aussi en danger sa survie.

Les représentants de l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme B’Tselem et du mouvement La Paix maintenant qui ont témoigné devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, le 14 octobre 2016, des conséquences de l’occupation et de l’extension ininterrompue des colonies, sont accusés en Israël de trahison et sont l’objet d’une campagne de haine sans précédent. Des responsables politiques demandent qu’ils soient déchus de leur nationalité. Déjà, le 12 juillet 2016, la Knesset a adopté une loi renforçant les contrôles auxquels sont soumis B’Tselem et vingt-six autres mouvements en Israël dénonçant la colonisation. Les interventions de l’ONG Breaking the Silence dans les écoles et les casernes ont été interdites. Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, semblant juger favorable le moment où le président des Etats-Unis arrive à la fin de son mandat, menace d’une nouvelle guerre contre les institutions de la bande de Gaza qui « sera la dernière confrontation car nous les détruirons totalement ».

La seule manière d’obliger Israël à se conformer au droit international, d’imposer le respect des droits des Palestiniens, et de soutenir efficacement les courageux dissidents israéliens, est d’exercer des pressions internationales.

« Trop, c’est trop ! », conjointement avec le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et avec le soutien de la Plateforme des ONG pour la Palestine, lance une campagne pour la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël, rendue publique le mercredi 16 novembre 2016 lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

Signé en 1995, cet accord s’est traduit récemment par des programmes de recherche dans le domaine militaire au profit d’Israël. Or il stipule que « toutes [ses] dispositions […] se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques » (article 2), et que sa suspension est possible « si une partie considère que l’autre ne satisfait pas à une obligation découlant du présent accord » (article 79). En s’en tenant strictement au droit international, l’Union européenne doit donc, par sa suspension, se conformer aux règles qu’elle a elle-même fixées et qu’elle a appliquées en d’autres circonstances.

Contre l’extension de la colonisation qui compromet chaque jour davantage l’établissement d’une paix juste entre un Etat d’Israël renonçant aux conquêtes de 1967 et un Etat palestinien, l’Europe doit avoir le courage de réagir.

 

Premiers signataires (au 1/11/2016) : Tewfik Allal, Gérard Aschiéri, Etienne Balibar, Malika Bakhti-Dahmani, Brigitte Bardet-Allal, Françoise Basch, Sophie Bessis, Rony Brauman, Anne Brunswic, Monique Chemillier-Gendreau, Alice Cherki, Suzanne Citron, Yves Cohen, Catherine Coquery-Vidrovitch, Michel Dreyfus, Ivar Ekeland, Jean Ganeval, François Gèze, Christiane Hessel, Abdellatif Laabi, Catherine Lévy, Jean-Marc Lévy-Leblond, Daniel Lindenberg, Gérard Maarek, Gilles Manceron, Elise Marienstras, Sophie Mazas, Fabienne Messica, Gilbert Meynier, Laurent Mucchielli, François Nadiras, Emmanuel Naquet, Bernard Ravenel, Michèle Riot-Sarcey, Elisabeth Roudinesco, Bernard Wolfer, Michèle Zémor.

Contact et signatures de cet appel : trop-cest-trop@laposte.net

« Trop, c'est trop ! » est un collectif d’individus constitué à la fin de l'année 2001 à l’initiative de Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet pour protester contre l’enfermement de Yasser Arafat à Ramallah et les coups portés par l’armée israélienne à l’Autorité palestinienne. Il s’est exprimé de nouveau quand de nouvelles menaces ont compromis encore davantage la paix dans la région qui passe par l’existence d’un Etat palestinien.

Pour aider à organiser des initiatives dans le cadre de cette campagne pour la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël : chèques à l’ordre de « LDH Trop, c’est trop ! » à l’adresse suivante : Ligue des droits de l’Homme, 138, rue Marcadet 75018 Paris.

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26 octobre 2016

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah, samedi 22 octobre à Lannemezan 

Par

Cher«e»s camarades, Cher«e»s ami«e»s,
À l’aube de cette 33ème année de captivité, votre mobilisation dans la diversité de votre engagement, m’apporte beaucoup de force et me fait chaud au cœur.
En dépit de ces abominables murs, ces barbelés et autres miradors, l’écho de votre rassemblement aujourd’hui suscite ici une ambiance toute particulière d’éveil, d’enthousiasme et d’humanité. et de toute façon elle est bien différente de la platitude mortifère de la quotidienneté carcérale… Certainement vous n’êtes pas sans savoir, Camarades, que c’est aussi grâce à ces diverses initiatives solidaires que l’on peut tenir debout dans ces sinistres lieux.

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah, samedi 22 octobre à Lannemezan (vidéos)

Des années, de très longues années de captivité, me confortent dans la conviction que face à la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, c’est toujours dans la mobilisation solidaire assumée sur le terrain de la lutte anticapitaliste / anti-impérialiste que l’on peut apporter le soutien le plus significatif à nos camarades embastillés et fortifier leur résistance.

Nous savons tous, camarades, que de nos jours, démasquer « l’acharnement judicaire » et tout ce qui ressemble plutôt à « une vengeance d’État » ne sera d’une quelconque efficacité quant à la libération de nos camarades, que dans la mesure où l’on arrive à inscrire cette démarche dans le processus global de la lutte en vue d’un changement de rapport de forces entre révolution et contre révolution préventive. Encore faut-il préciser, camarades, brièvement que le dit « acharnement judiciaire » et « vengeance d’État » ne sont jamais fortuits ou gratuits, ils s’inscrivent d’emblée et d’une manière systématique dans la dynamique globale de la contre-révolution préventive…

Des geôles sionistes à celles du Maroc, des cellules d’isolement en Turquie à celles encore plus sombres en Grèce, aux Philippines et ailleurs en Europe et de par le monde, c’est toujours le même constat : l’acharnement judiciaire n’est qu’un élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. Bien entendu, cette panoplie des mesures et des lois ne cesse de s’étoffer toujours plus, Camarades, en ces temps de crise générale qui ébranle les piliers du système au niveau mondial.

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À mes côtés ici, de valeureux camarades basques font toujours l’objet d’un acharnement que rien ne justifie plus. Qu’ils soient malades ou pas, le refus est toujours la seule réponse à toutes leurs demandes d’ «aménagement des peines ». Et pourtant on aurait pu s’attendre à autre chose suite à l’initiative toujours en cours de leur principale organisation de lutte.

En fait, camarades, dans la guerre déchainée contre les masses populaires et les protagonistes révolutionnaires agissant contre le système au sein des mouvements des luttes en cours, les impérialistes et autres réactionnaires de tous bords cherchent par tous les moyens à transformer les prisonniers révolutionnaires d’une référence de lutte en un exemple servant à terroriser les rebelles récalcitrants. C’est pourquoi il leur faut absolument, à défaut de pouvoir les briser afin qu’ils abjurent et renient leurs convictions, les enterrer vivants et ainsi s’en servir le plus longtemps possible pour peser sur le moral de ceux et celles qui luttent. Gare à celui ou celle qui se permet la moindre incartade, le cas échéant retour à la case départ… Jean-Marc Rouillan en sait quelque chose… Il parait qu’il a blasphémé et les magistrats sont là pour sévir…

Cher«e»s camarades, Cher«e»s ami«e»s, il y a juste un an, la troisième Intifada palestinienne a commencé, le jour où le jeune Mohannad al Halabi est tombé martyr à Al Qods face à la soldatesque sioniste… et depuis, des jeunes et des moins jeunes l’ont suivi et continuent jusqu’aujourd’hui : ainsi Mousbah abou Sbaih l'un des derniers martyrs tombés aussi à Al Qods, comme une réponse à tous ceux et celles qui ne cessent d’annoncer la fin de cette Intifada… Bien entendu il y a toujours des critiques légitimes et il y en aura toujours ; seulement face à l’occupation et la barbarie de l’occupant, la première réponse légitime que l’on doit afficher avant tout autre chose est la solidarité, toute la solidarité avec ceux et celles qui par leur sang et souvent à mains nues font face la soldatesque de l’occupation.

Les conditions de détention dans les geôles sionistes ne cessent d’empirer de jour en jour. Et comme vous le savez, Camarades, pour y faire face, la solidarité internationale s’avère une arme indispensable…

Bien entendu les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires peuvent toujours compter sur votre mobilisation. C’est une belle occasion pour dire au criminel Netanyahou et ses consorts que le peuple Palestinien n’est pas seul.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires en lutte !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des révolutionnaires qui résistent dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !

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À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !

Honneur aux Martyrs et aux masses populaires en lutte !

La solidarité, toute la solidarité avec la lutte du peuple palestinien et ses Résistants incarcérés !

La solidarité, toute la solidarité avec les camarades grévistes de la faim dans les geôles marocaines !

Honneur aux valeureux combattants du PKK !

Le capitalisme n’est plus que barbarie.

Ensemble camarades et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !

À vous tous Camarades, mes plus chaleureuses salutations Révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

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Le plan en dix points du mouvement du Jihad islamique en Palestine

« La Palestine est pour nous un principe et notre droit n'est pas négociable » -

Le plan en dix points du mouvement du Jihad islamique en Palestine

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Au cours d'un rassemblement organisé par le mouvement du Jihad islamique en Palestine, sur la place « al-Katiba » à Gaza, pour commémorer la naissance, il y a 29 ans, de la lutte du mouvement et le martyre de son fondateur Fathi Shiqaqi, il y a 21 ans, le secrétaire général du mouvement, dr. Abdallah Shallah, a proposé un plan en dix points susceptible de remettre la Palestine au cœur de la nation, et de réunifier le peuple palestinien dans sa lutte contre l'envahisseur sioniste.

« La Palestine est pour nous un principe et notre droit n'est pas négociable » - Le plan en dix points du mouvement du Jihad islamique en Palestine

Des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont assisté à ce rassemblement, qu'ont ignoré les médias internationaux, comme d'habitude, lorsque la voix de la résistance est affirmée. Les familles des martyrs et des prisonniers sont arrivées sur la place, portant les portraits de leurs combattants, aux côtés des portraits de Fathi Shiqaqi, Ramadan Shallah, Ziad Nakhalé et du drapeau palestinien et celui du mouvement du Jihad islamique. Pour les commentateurs de la presse ou des personnalités palestiniennes, ce rassemblement a été un référendum autour de la voie à suivre, celle de la résistance armée contre l'envahisseur sioniste, la seule voie possible et réaliste pour stopper la judaïsation et la colonisation du pays. Ce rassemblement a été également le cri du soutien en provenance de Gaza pour l'Intifada al-Quds, au moment où les dirigeants de l'Autorité palestinienne plongent dans des débats vains et futiles sur la reprise des négociations avec les sionistes et sur l'après Mahmoud Abbas, et s'imaginent investir la société coloniale en multipliant les gestes de normalisation des relations avec l'occupant.

Le discours prononcé par le secrétaire du mouvement, Ramadan Shallah, continue à susciter des remous, parmi les amis et les adversaires, dans les milieux palestiniens, arabes et islamiques.

En quoi consiste-t-il ?

1) la proclamation de la suppression des accords d'Oslo.
2) retrait par l'OLP de la reconnaissance de l'entité sioniste.
3) Reconstruction de l'OLP, pour représenter le tout palestinien.
4) Proclamer que nous sommes en période de lutte nationale, et par conséquent, donner de la considération à la lutte armée.
5) Elaborer un nouveau programme national qui mette fin à la dualité géographique (Gaza et la Cisjordanie ) et la dualité politique (résistance ou négociations).
6) formuler un programme soutenant la résilience du peuple palestinien sur sa terre.
7) Cesser de considérer que seuls la Cisjordanie et Gaza forment la Palestine, et considérer que le peuple palestinien est un, où qu'il se trouve, y compris dans les territoires occupés en 48 et dans l'exil.
8) Contacter les parties arabes pour retirer l'Initiative arabe (qui reconnaît l'entité sioniste) et agir avec l'Egypte pour briser le blocus contre Gaza.
9) Poursuite par l'OLP des dirigeants sionistes devant les tribunaux internationaux pour crimes de guerre et se libérer de la volonté américaine et sioniste.
10) Lancer un mouvement de dialogue global et général au sein du peuple palestinien pour discuter des modalités de ce plan pour remettre la cause palestinienne à sa place dans le monde.

Certains ont souscrit à ce plan, d'autres en ont choisi ce qui correspond à leur vision, les gens de l'Autorité ont rejeté catégoriquement ce qu'ils jugent comme sacrilège, l'annulation des accords d'Oslo, en insistant sur la priorité de ce qu'ils nomment « réconciliation ». D'autres responsables politiques ou écrivains et journalistes ont émis des doutes quant à la possibilité de mettre en pratique un tel plan, qu'ils jugent cependant positif, à cause de la direction de l'Autorité palestinienne. D'autres encore ont proposé de commencer à mobiliser les masses palestiniennes autour de ce plan, qui correspond à leurs attentes et objectifs.

Dr. Ramadan Shallah avait partagé son discours en trois parties, avec trois mots d'ordre : le premier s'adresse à la nation « une nation sans la Palestine est une nation dépourvue du cœur », où il a fermement critiqué la tendance des régimes arabes à normaliser leurs relations avec l'entité sioniste, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme et contre l'Iran, alors que l'entité sioniste fut installée par un terrorisme sanglant sur la terre de Palestine et au cœur de la nation. Concernant l'Iran, il a mis en garde quiconque ose critiquer la résistance palestinienne qui accepte l'aide et le soutien iraniens, la seule aide véritable et le seul soutien réel qui l'aident à poursuivre sa lutte.


Le deuxième message fut adressé à l'intérieur palestinien, et où il a proposé les dix points pour relever la cause nationale au rang de la cause d'un peuple en lutte. Sous le slogan « phase de libération et non phase de construction étatique », Ramadan Shallah a critiqué l'attitude de l'Autorité palestinienne qui pourchasse les militants, et notamment les prisonniers libérés. Ripostant à une phrase prononcée par le président Mahmoud Abbas adressée au mouvement du Jihad islamique et au Hamas, leur demandant de s'en aller vers « leurs capitales », il a expliqué que leur capitale n'est autre que la ville d'al-Quds. Voulant mettre les points sur les i, une fois pour toutes, il a expliqué que leurs mouvements islamiques ne sont pas des mouvements de "l'islam politique", terme forgé par les cercles occidentaux, mais des mouvements de libération nationale à référence musulmane, et que l'amalgame entretenu sciemment par les intellectuels ou hommes de l'Autorité et autres vise à déconsidérer la lutte de la résistance palestinienne dans son ensemble.


Le troisième message portant le slogan « le Jihad, une naissance renouvelée » s'adresse au mouvement du Jihad islamique et à ses amis, où il a demandé aux Brigades al-Quds, la branche militaire du mouvement, de développer leurs capacités et de rester en état d'alerte, car les sionistes pourraient attaquer Gaza à tout moment, mais « ce ne sera pas une promenade pour eux », car le secret de la victoire de la résistance ne réside pas dans ses armes, mais dans sa détermination, puisqu'elle ne vit pas une défaite psychologique, et c'est cela l'important. Il a également proposé de laisser une place encore plus grande à la jeunesse, celle qui a déclenché l'Intifada al-Quds. Pour le secrétaire du mouvement du Jihad islamique, faire place à la nouvelle génération, la génération de Diya' Talahme et de Muhannad Halabi, c'est aussi prendre exemple sur le messager de Dieu, prières et saluts de Dieu sur lui, qui avait nommé Ussama b. Zayd, le plus jeune commandant d'une armée dans l'histoire, à la tête de l'armée musulmane pour se diriger vers la Palestine, cette armée qui a regroupé les compagnons du messager de Dieu, certains beaucoup plus âgés que lui.

Avant de clore, Dr. Ramadan Shallah s'est adressé aux sionistes les assurant que l'assassinat de Fathi Shiqaqi en 1995 à Malte n'a pas mis fin au mouvement du Jihad islamique, devenu depuis une force populaire que nul ne peut ignorer, et que le peuple palestinien n'abandonnera ni sa terre, ni sa lutte, jusqu'à la disparition de l'entité sioniste. Car pour le mouvement du Jihad islamique, la Palestine fait partie de la doctrine, elle ne peut être niée, ni abandonnée et aucune concession ne peut être faite quand il s'agit de foi et de doctrine.



(1) Voir les photos des festivités d'anniversaire sur le site du Jihad islamique palestinien, saraya.ps.

SOURCE

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09 octobre 2016

Nous continuons la lutte pour la Palestine et pour nos droits !

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Nous continuons la lutte pour la Palestine et pour nos droits !


L'année dernière, six membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine avaient déposé une requête en annulation au Conseil d'État. <http://www.pourlapalestine.be/docs/150914_requ%C3%AAte_charleroi-palestine.pdf>

Ce recours concernait un Arrêté de police <http://www.pourlapalestine.be/docs/arrete_police_15juillet2015.pdf>  qui interdisait une distribution de tracts sur l'ensemble du territoire de Charleroi, le jour où l'équipe de football raciste du Beitar Jérusalem jouait à Charleroi dans le cadre d'une coupe d'Europe (le 16 juillet 2015).

La Plate-forme Charleroi-Palestine voulait distribuer un tract le soir du match, pour expliquer que le racisme de Beitar restait impuni. Qu'Israël emprisonnait les athlètes palestiniens, détruisait leurs infrastructures sportives, autorisait les équipes des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie occupée à faire partie de ses ligues. Que l'apartheid israélien, tout comme l'apartheid sud-africain à l'époque, n'avait pas sa place dans le football international.

Non seulement nous avons été empêchés de distribuer ce tract <http://www.pourlapalestine.be/bds-et-la-liberte-dexpression-2/la-liberte-dexpression-malmenee-a-charleroi/> , mais l'Arrêté de police stigmatisait également la Plate-forme Charleroi-Palestine comme « hostile et non démocratique » et la solidarité avec la Palestine était assimilée à des appels à la haine et la violence.

Notre requête est rejetée.

Frédérique Ureel, l'un de nos avocats, a fait le commentaire suivant sur cet arrêt :

« L’arrêt est lamentable et s’inscrit ouvertement dans un contexte sécuritaire où des juges n’hésitent plus à affirmer ouvertement le caractère secondaire des libertés constitutionnelles.
C’est un signal alarmant pour les défenseurs des libertés face à des autorités publiques renforcées.
Tout recours à l’avenir devient dangereux car contre-productif.
La sentence peut au moins démontrer la dérive actuelle du judiciaire. »

Il s'en explique dans une vidéo que vous pouvez voir ICI <https://vimeo.com/185457303> .

L'arrêt considère que cinq requérants sur six ne peuvent pas prouver leur appartenance à la Plate-forme Charleroi-Palestine. Ils n'ont donc pas intérêt au recours et il n'y a pas d'atteinte au droit de manifester. Ils ne sont pas recevables pour attaquer la décision de la Ville.

La Plate-forme Charleroi-Palestine est une association de fait. D'office, les membres ne peuvent donc pas prouver leur appartenance à la plate-forme.

Toute l'argumentation dans l'arrêt concerne la probabilité d'incidents dans les proches environs du stade. « L'arrêt considère que les autorités communales étaient fondées à redouter que le rassemblement suscité par la requérante à moins de 500 m du stade ne déborde sur la voie publique et ne donne lieu à des perturbations de l'ordre public. »

Les membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine avaient effectivement fixé rendez-vous dans une salle privée, à 500 m du stade, afin d'organiser une distribution de tracts et d'avoir une permanence avec café, sandwichs, etc.

S’il y avait eu une simple négociation avec la police, ils auraient pu accepter de distribuer les tracts à un endroit plus éloigné du stade : leur intérêt était d’informer, de sensibiliser la population carolo.

Mais la distribution de tracts leur a été interdite d'office, non seulement aux abords du stade ou dans le centre de la ville, mais sur l’ensemble du territoire communal, c'est-à-dire sur une étendue de 100 km2.

L'arrêt utilise du début à la fin les termes de « rassemblement » et de « manifestation » alors qu'il a été dit clairement à la police (lorsque celle-ci a averti ladite responsable qu'elle allait recevoir un Arrêté) qu'il s'agissait d'une distribution de tracts (et le RV dans la salle était prévue pour organiser cette distribution).

On peut aussi lire dans l'arrêt que la police ne devait pas au préalable entendre les organisateurs : « Considérant que même si c'est à l'occasion d'une manifestation que l'Arrêté a été adopté, il constitue une mesure de police de caractère général, dont l'adoption n'est pas subordonnée au respect du contradictoire. »

La police et la Ville peuvent donc interdire tout à fait arbitrairement une distribution de tracts sans même consulter les personnes concernées. Pour les avocats de la Plate-forme, les mesures prises nécessitaient une audition préalable des responsables de l'action et, matériellement, ceci était tout à fait possible.

L'arrêt se base sur des affirmations de la police disant qu'elle a « déjà connu plusieurs incidents avec le groupe organisateur du rassemblement. » « Elle en mentionne explicitement deux. »

Ces accusations se trouvent dans le rapport de police (des échanges de courriels internes entre la police et le cabinet du bourgmestre).

Et elles sont fausses. La Plate-forme Charleroi-Palestine et ses adhérents ne sont connus pour aucun fait de violence, ni d'appel à la haine : elle a déjà organisé de nombreux événements et actions sur le territoire de la ville de Charleroi, parmi lesquels des manifestations de 1000 et 2000 personnes, sans qu'aucun d'entre eux n'ait causé de trouble à l'ordre public.

Les exemples cités dans le rapport de police (Delhaize et Palais des Expos – Arts ménagers) sont complètement inventés. Dans les deux cas, il s'agit de sensibilisation au boycott des produits israéliens. Nous nous rendions dans le magasin ou sur le parking pour expliquer aux clients pourquoi il ne fallait pas acheter ces produits. Il n'y a pas eu d'intervention de la police, pas de PV, pas d'arrestation. Bref, pas d'incident.

L'arrêt considère que la police utilise des termes « maladroits », lorsqu'elle prétend qu'afficher une forme de solidarité avec la Palestine peut déboucher sur des appels à la haine et la violence.

Pour les membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine, il ne s'agit pas d'une maladresse, mais bien d'une diffamation. Il n'est pas acceptable d'assimiler le port d'un keffieh ou d'un drapeau à un appel à la haine et à la violence. Dans le passé, la police de Charleroi nous avait déjà à plusieurs reprises mis en garde préventivement contre des appels à la haine et la violence. Alors que les infractions pénales ne sont simplement pas de son ressort.

Notons aussi que les juges ne prennent pas en considération que l'Arrêté de police désignait la Plate-forme comme mouvement hostile et non démocratique et que la demande des requérants pour l'annulation de l'Arrêté, ne fût-ce que sur ce point, était justifiée.

L'arrêt dit que « étant donné la situation politique au Moyen-Orient », toute marque de soutien à la cause palestinienne peut dégénérer et provoquer des atteintes à l'ordre publique.
Il signale que « l'annonce placée le 13 juillet sur Facebook était très critique à l'égard de l'équipe de football israélienne qui allait disputer un match à Charleroi, réclamant notamment « un carton rouge à l'apartheid israélien », et qu'elle était adressée à des sympathisants de la Palestine "...

Ce n'est pas un délit de dire qu'Israël est un État d'apartheid et qu'il faut le boycotter. C'est d'ailleurs précisément ce sujet-là que les membres de la Plate-forme invoquaient dans leur tract.

Et invoquer la situation au Moyen-Orient  pour empêcher sur 100 km2 la distribution d'un tract critiquant Israël relève de l'abus. Avec cet argument, toute action pour la Palestine peut être interdite dans le futur.

 


L'hypocrisie des autorités communales
Les autorités communales connaissent bien la Plate-forme Charleroi-Palestine. Nous les avons rencontrées à plusieurs reprises (sans qu'elles aient jamais donné une réponse positive à nos demandes). En 2009-2010, lors de la guerre d'agression contre Gaza. En 2011, à propos des liens de la banque Dexia avec la colonisation. En 2013-2014, lors de quatre entretiens (concernant le soutien à une école à Bethléem) avec des échevins, dont Mme Julie Patte (qui a signé l'Arrêté de police).

En décembre 2015, trois mois après le dépôt du recours, nous avons eu un nouveau conflit avec la Ville, suite à l’exigence de la police de se faire communiquer le contenu d’un tract préalablement à l’octroi d’une autorisation de manifester.  <http://www.pourlapalestine.be/bds-et-la-liberte-dexpression-2/la-liberte-dexpression-malmenee-a-charleroi/linquietant-cousinage-entre-lanvers-de-de-wever-et-le-charleroi-de-magnette/> Ce qui équivaut à une tentative de censure préalable et à une volonté d’attribuer à la police une compétence qui n’appartient qu’au pouvoir judiciaire et qui, au surplus, ne peut s’exercer qu’a posteriori en répression d’éventuels abus. Il s'agit d'un fait qui est également évoqué dans notre recours.

La Ville a fait marche arrière <http://www.pourlapalestine.be/bds-et-la-liberte-dexpression-2/la-liberte-dexpression-malmenee-a-charleroi/la-ville-fait-amende-honorable-sur-un-point-important/>  et a même affirmé son attachement à la liberté d'expression.

Lors d'un débat au conseil communal le 7 septembre 2015, Paul Magnette, bourgmestre empêché, déclare que la Plate-forme Charleroi-Palestine « n'a rien d'anti-démocratique  » <http://www.pourlapalestine.be/au-conseil-communal-de-rentree-a-charleroi/>  et que la cause d'une paix juste et durable en Palestine compte « de nombreux sympathisants au sein de notre conseil »

Et pourtant, malgré tout cela, les avocats de la Ville (sur instruction, évidemment) continuent de défendre d'arrache-pied cet infamant Arrêté de police.

Lors de l'audience du 6 septembre <http://www.pourlapalestine.be/17714-2/> , ces mêmes avocats ont présenté les membres de la Plate-forme comme des provocateurs, une bande d’excités  « de gauche et d’extrême gauche » qui « rêvaient de faire un grand coup » le jour du match, d’être sous « les feux de la rampe » et d’agir « comme un chiffon rouge » sur les racistes du Beitar.

Dans leur dernier mémoire, les avocats vont même jusqu’à reprendre à leur compte les formules « incitation à la haine, à la violence et à l’antisémitisme ».

Ils soutiennent que « l'interdiction dans l'acte attaqué se limitait aux abords du stade et n'empêchait pas une quelconque action dans les quartiers périphériques ».

Alors que l'interdiction portait sur l'ensemble du territoire communal.
Ceci est écrit dans la lettre accompagnant l'Arrêté de police, dans le titre de ce même Arrêté et dans les considérations.

C'est incompréhensible que le Conseil d'État ait suivi les avocats de la Ville à ce sujet.

Le combat continue

La Plate-forme Charleroi-Palestine avait bien pesé le pour et le contre avant de s'engager dans la bataille juridique. Nos avocats étaient confiants et nous étions convaincus du caractère absolument injuste de cet Arrêté de police. Ils nous semblait important de ne pas laisser passer un tel abus.

Nous n'avons pas gagné la bataille juridique.
Mais nous avons gagné en solidarité et en lucidité dans notre combat.

Nous avons mieux appris à nous battre pour nos droits. Trois mois seulement après l'introduction du recours, la Ville de Charleroi a de nouveau tenté de nous empêcher de nous exprimer. Nous avions les arguments juridiques pour nous opposer à leurs diktats et elle a déjà du faire marche arrière au mois de janvier.

Nous avons réussi à rassembler de nombreuses personnes dans une lutte pour les droits démocratiques.
C'est d'autant plus important par les temps qui courent, où l'on essaie de criminaliser ceux qui se battent pour la justice, y compris le mouvement BDS pour le boycott d'Israël.

Nous avons discuté avec des centaines de syndicalistes et de progressistes en vendant nos badges. Nous avons reçu un soutien financier d'un grand nombre de personnes (*). Quinze ami.e.s de la Plate-forme se sont déplacés un jour de travail à l'audience du Conseil d'État à Bruxelles pour dire combien la liberté d'expression leur tenait à c&oeligur. D'autres étaient présents aux deux conseils communaux où les conseillers Xavier Desgain (Écolo) et Sofie Mercx (PTB) sont intervenus pour nous défendre. Des ami.e.s de la Plate-forme ont aidé à organiser un dîner et une bourse aux vêtements pour récolter des fonds.

Nous tenons à vous remercier toutes et tous.
On continue ... tous ensemble !

(*) Grâce à votre soutien, nous avons pu payer nos avocats et nous paierons l'indemnité de procédure (700 &euro) que la Ville nous réclame. Ils nous reste un solde pour soutenir un projet en Palestine. Nous vous tiendrons au courant, à ce propos.

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