FREE PALESTINE

05 février 2016

Témoignage d'une expulsion d'Israel

Après 26h de détention, la "seule démocratie du Moyen-Orient" a fini par m'expulser. Israël ne me veut pas sur son territoire. Ma faute ? Vouloir travailler avec une ONG palestinienne en Cisjordanie. Je ne savais pas que dans une démocratie, il était possible d'être traité comme un criminel, d'être arrêté arbitrairement pour la simple et unique raison de vouloir se rendre en Palestine pour faire du volontariat. Tout est bon pour nier l'existence de la Palestine!
Pendant des heures, je fus trainé d'une salle d'interrogatoire à une autre. "Êtes-vous gay ?"/"Avez-vous été frappé par des arabes ?"/"Avez-vous des amis arabes ?" étaient les questions, je suppose pertinentes, qui me furent posées. Pertinentes ? Non. Ces questions reflètent simplement le racisme propre à l'Etat juif. Entre chaque interrogatoire, j'attendais dans une "wating room" peuplée, vous le devinerez, par des ressortissants des pays de l'est et par des arabes.
Une fois les interrogatoires terminés et l'ordre de quitter le territoire délivré ("si vous voulez revenir en Israël, il faudra faire une demande auprès de l'ambassade israélienne", manière sournoise de dire "vous ne reviendrez plus jamais", mais que cet Etat fasciste ne s'inquiète pas, je ne retournerai pas dans cette Afrique du Sud moderne), je suis amené en centre de détention, en prison. Nous sommes parqués à six dans une cellule en attendant notre vol de retour. J'attendrai dans cette cellule jusque le lendemain, 15h30, heure à laquelle je serai conduit par la sécurité israélienne jusqu'aux portes de l'avion. Je ne récupererai mon passeport qu'une fois arrivé à Bruxelles, par la police belge m'attendant à la sortie de l'avion pour me conduire au poste de police. De mon arrivée à l'aéroport de Tel-Aviv jusqu'au poste de police de Zaventem, je serai traité comme un criminel. Je ne témoigne pas pour moi : je suis rentré en Belgique, je vais bien. Je témoigne pour tous les Palestiniens qui, au quotidien, vivent ces humiliations, subissent la haine de cet Etat fasciste commercialisant la Shoah pour justifier ces actes. L'Etat israélien est un Etat rasciste, prônant un apartheid. Chaque jour, des Palestiniens sont assassinés par Tsahal, chaque jour, la communauté internationale ferme les yeux. A-t-elle eu la même attitude avec l'Allemagne nazie ? Avec l'Afrique du Sud sous apartheid ? Bien sûr que non !!! La communauté internationale a sur ses mains, le sang des milliers des Palestiniens tués depuis 1948. Je n'ai été expulsé que d'un pays, je ne pourrai y retourner. Ce n'est pas grave. Ce qui l'est, ce sont les milliers de Palestiniens expulsés de chez eux par cet Etat colonisateur et toujours, sous les yeux de tous. De tout temps, le monde a vu des dictatures, et toujours, elles s'effondrent. Israël, ce n'est qu'une question de temps !
Vive la Palestine! From the river to the sea!

 

Comment le stage de Simon en Palestine a tourné au vinaigre

S. M. Publié le vendredi 05 février 2016

Monde Simon Franssen n’a jamais passé les douanes et a vécu 26 heures de calvaire.

Simon Franssen, étudiant en troisième année de coopération internationale à la Haute École de la Province de Namur, a vécu une triste mésaventure fin janvier. Il devait se rendre en Palestine pour y effectuer un stage de trois mois prévu dans son cursus, au profit d’Addameer, une ONG qui défend les droits de l’homme et des prisonniers politiques. Mais il n’a jamais été plus loin que le contrôle des douanes. "La Palestine n’était pas vraiment conseillée par mon école. Mais pour moi, Ramallah n’est pas plus dangereuse que Bogota. Après avoir réalisé toutes une série de démarches, tout était normalement en ordre pour passer un bon stage. J’ai décollé le 31 janvier à 9h35 de Zaventem pour arriver à Tel Aviv à 13h30, heure belge. Je devais passer la soirée à Jérusalem pour me rendre le lendemain à Ramallah. Mais je n’ai jamais quitté la douane", explique-t-il.

Le début de 26 heures de calvaire. Interrogé, Simon a dans un premier déclaré être venu pour y faire du tourisme. "Si j’avais dit ouvertement que je venais pour du volontariat, je n’aurais d’office pas été plus loin. Et puis, je n’étais pas rémunéré. Lorsque j’ai dit que j’étais là pour une durée de trois mois, ça a bloqué."

Finalement, Simon a été envoyé dans une salle d’attente et a subi plus de huit heures d’interrogatoire. "Trois différents. Le premier s’est bien passé, les questions étaient simples. Au deuxième, j’ai rapidement compris la tournure qu’allaient prendre les événements. On m’a demandé si j’étais gay, si j’avais déjà été frappé par un Arabe, si j’avais des amis arabes, etc. On m’a dit que j’aurais de gros soucis si je mentais. Lors du troisième interrogatoire, mon GSM, ma boîte mail et mes conversations personnelles Facebook ont été fouillés."

Dès cet instant, l’étudiant namurois savait que c’était peine perdue. Après avoir récupéré sa valise - qui a également été fouillée - il a été placé dans un centre fermé durant dix-huit heures. "J’étais avec cinq personnes dans une petite cellule. Des barreaux occultaient la fenêtre. Le même principe que le 127bis. Les gardiens nous ouvraient pour aller prendre l’air mais cela se faisait toujours sous surveillance."

Finalement, Simon a embarqué à 16 h, heure locale, direction la Belgique où un dernier contrôle de routine l’attendait.

Sa mésaventure, il l’a contée sur Facebook. Elle a déjà été partagée plus de 130 fois. Ce vendredi, il s’envolera vers Dakar (Sénégal) pour y effectuer son stage, trouvé en dernière minute. "À la base, je n’étais que de passage en Israël mais ils ont purement refusé que j’aille en Palestine. Ce message avait surtout pour but de montrer ce que la Palestine vit depuis 70 ans. Je suis enchanté d’aller à Dakar mais ce stage n’aura pas la même saveur."

 

L'Ambassade d’Israël en Belgique se dit "pas informée"

"Nous n’avons pas été informés de cette affaire mais nous pouvons néanmoins vérifier et nous renseigner. Ce genre de cas est déjà arrivé par le passé mais c’est tout de même extrêmement rare, à moins que l’ONG concernée pose des problèmes en matière de sécurité. Néanmoins, Israël, comme tous pays, se réserve le droit de laisser passer ou refuser des personnes sur son territoire."

Source

Une Belge installée en Palestine témoigne: "Notre vie est complètement contrôlée par l’occupation"

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#Freeabusakha !

#Freeabusakha !  Appel du pac et des amis de l’école du Cirque de Ramallah pour la libération de Mohammad Abu Sakha

 

 http://samidoun.net/site/wp-content/uploads/2016/01/freeabusakha-sign.jpg

 

 

Madame, Monsieur,

 

Vous sachant sensibilisés à la situation du peuple palestinien, nous nous permettons de vous transmettre ce courriel afin de vous informer du sort que connaît actuellement Mohamed Abu Sakha, 23 ans, professeur et artiste de l’École de Cirque Palestinien. Mohamed a en effet été arrêté par des soldats israéliens au checkpoint militaire Zaatara, le 14 décembre dernier, alors qu’il se rendait de sa maison à Jenin vers Ramallah afin d’assister à un concert avec ses amis.

 

Il a ensuite comparu, le mardi 22 décembre, devant le tribunal militaire à Salem où il s’est vu infliger une peine de détention administrative. Aucune accusation précise ne lui a été communiquée. Il faut savoir qu’en Israël, le dispositif « détention administrative » dure au minimum trois mois et peut sans cesse être renouvelé, sans qu’aucune accusation ne soit émise. Des centaines de jeunes Palestiniens ont été arrêtés de la sorte depuis le mois d’octobre 2015. 

 

Depuis de nombreuses années, Présence et Action Culturelles soutient le développement et la pérennisation de cette école de cirque en Palestine. Cette dernière a pu voir le jour en grande partie grâce au soutien et à une intense et précieuse collaboration avec la Belgique, travaillant encore aujourd’hui en étroite collaboration avec des organisations belges ainsi qu’avec le gouvernement. L’École en tant que telle a pu notamment être bâtie grâce à un soutien du gouvernement belge et de son Ministère de la Coopération au développement, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Wallonie-Bruxelles International  ainsi que de la population belge et des amis qui ont pu rassembler collectivement des financements dont un pour sa construction.

 

De son côté, Présence et Action Culturelles a lancé en 2008 une vaste campagne (Asseoir l’Espoir) afin de soutenir l’École de Cirque. Cette campagne s’est développée avec l’édition d’un livre ainsi que la réalisation d’un film documentaire en deux parties (réalisé par Notélé), sans oublier une exposition de photos, trois  tournées de l’École de Cirque en Belgique et une collecte de dons qui a permis de réunir pas moins de 60.000 euros avec des centaines de partenaires, des milliers de personnes associés à l’opération « Asseoir l’espoir ».

 

En tant qu’Amis de l’École de Cirque Palestinien, nous insistons de toutes nos forces pour obtenir la libération immédiate de Mohamed Abu Sakha ou, à tout le moins, recueillir un réel éclaircissement quant aux raisons de sa détention, ainsi que  toutes les garanties quant au fait qu’il pourra bénéficier d’un procès équitable et qu’il ne subisse aucune maltraitance ni physique ni psychologique. Faire du bruit est aujourd’hui crucial.

 

Nous nous permettons donc de vous contacter, car le monde politique et associatif possède cette capacité de demander et revendiquer plus d’éclaircissements à propos de cette affaire aux autorités israéliennes.

 

Que faire ?

 

·        Signer et partager autour de vous la pétition suivante : https://goo.gl/bvnIjS (cette dernière a déjà récolté un peu plus de 10.000 signatures)

·        Envoyer le courriel type ci-joint aux autorités israéliennes (les adresses e-mail se trouvent dans le document)

·         Partager les vidéos suivantes : https://youtu.be/yiIyWKTFP2E - https://youtu.be/adE_axYSLWc - https://youtu.be/hhsEVcc5UfY

 

Nous avons donc plus que jamais besoin de votre soutien, afin que vous puissiez mettre en place les démarches nécessaires en vue de contrecarrer cette flagrante injustice.

 

En vous remerciant chaleureusement d’avance, sachez que nous nous tenons à votre entière disposition pour toute information complémentaire.

 

Bien cordialement,

Global solidarity builds for imprisoned Palestinian circus teacher #FreeAbuSakha

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Imprisoned Palestinian circus performer and teacher Mohammed Abu Sakha has been ordered to administrative detention for six months without charge or trial;while  to date, the Israeli occupation military court has not confirmed the order, Abu Sakha is imprisoned in Megiddo prison. The order was scheduled to be confirmed by a military court judge on 15 January. International solidarity has been building for his case among international cultural workers, circus and performance artists, and now Amnesty International.

Abu Sakha, 23, was detained by Israeli occupation soldiers on 14 December as he travelled from his home in Jenin to the Palestinian Circus School in Birzeit. He is held in Megiddo prison and was given a military order sending him to administrative detention without charge or trial. He has trained at the circus school since 2007 and performed and trained children in circus acts since 2011.

Amnesty International has issued an “urgent action alert” calling for action and campaigns to release Abu Sakha. See the Amnesty action and report here: https://www.amnesty.org/en/documents/MDE15/3214/2016/en/

Meanwhile, the Friends of the Palestinian Circus School and other international activists have been working to build cultural, artistic and grassroots solidarity to free Abu Sakha, which are often posted to the #Freeabusakha facebook page.

The participants in the first national congress of circus and education in Granada filmed a video, calling for Abu Sakha’s freedom:

Cultural activists in London organized a clown-themed information action calling for Abu Sakha’s release:

In Belgium, members of Circus Zonder Handen, who have participated in a circus exchange with the Palestinian Circus School, have joined the campaign, calling for Abu Sakha’s freedom:

avi_n@idf.gov.il
gerdan@knesset.gov.il
cogat.pnz@gmail.com
bnetanyahu@knesset.gov.il
public@president.gov.il

calling for Abu Sakha’s immediate release and an end to administrative detention without charge or trial. For background from the Palestinian Circus School, please see: http://palcircus.ps/en/content/freeabusakha-trainer-and-performer-palestinian-circus-school

3. Take your own “Free Abu Sakha” selfie and send it to the Palestinian Circus School. Download the sign below, print it out and send it to the Friends of the Palestinian Circus School on Facebook: https://www.facebook.com/friendsofthepalestiniancircusschool/

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01 février 2016

Haine de l’Occupation, pas des Juifs

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Haine de l’Occupation, pas des Juifs

Les attaquants palestiniens choisissent la violence comme moyen de résister à une violence pernicieuse, celle de l’occupation.

Gideon Levy – 27 janvier 2016 - Haaretz

La salle glauque bouillait d’une colère rentrée, qui se voyait pourtant sur les visages sombres de dizaines d’hommes présents. C’était une semaine de deuil dans le village palestinien reculé d’al-Karmil dans les collines au sud de Hebron, après le meurtre de Roukaia Abou Aîd, une fille qui n’avait même pas 14 ans. Elle a été tuée par un garde qu’elle a tenté de poignarder à l’entrée de la colonie d’Anatot. Dans les media israéliens elle a été désignée, sans sourciller, par « une terroriste de 13 ans ». Le père en deuil a d’abord refusé de nous parler. « De quoi aurais-je à parler avec les Israéliens qui ont tué ma fille ? ». Il neigeait en chemin et le brouillard régnait autour de la salle où se tenait le deuil. À l’intérieur, fureur et froid. Après quelques minutes, l’atmosphère s’est un peu détendue et le père, Aïd, a accepté de parler. Il a lié l’acte de désespoir de sa fille à la réalité de la vie sous occupation. « Chaque petit enfant voit bien les crimes » a-t-il dit.

En Israël ils ont choisi d’adopter la version de la mère de la fille, selon laquelle Roukaia aurait quitté la maison avec un couteau après une dispute avec sa sœur. En Israël ils ont aimé cette explication qui n’évoque ni l’occupation ni aucune autre absurdité de ce genre. Une querelle familiale. Nous n’avons joué aucun rôle dans le déroulement des faits. Même l’idée que toute Palestinienne sait que si elle se risque simplement hors de chez elle, un couteau à la main, elle sera tuée par balles par des Israéliens, cette idée ne choque personne ici.

Les dizaines de Palestiniens, jeunes hommes et femmes qui se sont résolus au cours des derniers mois à tuer des Israéliens ne l’ont pas fait « parce qu’ils sont juifs » comme aime à le présenter la propagande israélienne, avec une référence insistante (en général) à l’Holocauste et aux persécutions des Juifs. Ils se donnent pour but de tuer les conquérants. Ils choisissent la violence comme moyen de résister à une violence plus pernicieuse, celle de l’occupation. Ils voulaient blesser des Israéliens, des soldats et des colons en particulier, à cause de l’occupation et non parce qu’ils sont juifs. La judéité n’a rien à voir là-dedans. Pour les Palestiniens, il n’y a pas de différence entre soldats selon qu’ils sont juifs, druzes ou bédouins et un colon de la tribu de Manassé.

La tentative de faire passer toute résistance palestinienne violente comme de la persécution de Juifs parce qu’ils sont juifs est de toute évidence conçue pour mobiliser la sympathie dans le monde pour la victime, ultime, la seule et l’unique, le Juif, tout en dissimulant la vraie victime de l’histoire de l’occupation israélienne. Le conquérant comme victime et la seule victime de cette situation, dans une distorsion complète de la réalité. Il y a là aussi des objectifs internes : les Israéliens aiment avoir le rôle de victimes. Cela les unit, cache les motivations véritables des Palestiniens, estompe la culpabilité et libère Israël de sa responsabilité.

On n’a pas à justifier le terrorisme palestinien pour comprendre cela. Quasiment chaque visite rendue à une famille palestinienne en deuil livre le même tableau. Depuis des années, je suis étonné de la façon dont un journaliste israélien y est reçu, sans que quiconque ne sache qui il est ni ce qu’il représente, seulement quelques heures après l’enterrement. Comment un journaliste palestinien serait-il reçu dans une maison en deuil après une attaque terroriste palestinienne ?

Les mots se répètent : « Nous ne haïssons pas les Juifs, nous haïssons l’occupation ». Parfois, ils peuvent dire « nous haïssons le gouvernement » et, dans des cas extrêmes « nous haïssons les sionistes ». Pas les Juifs. Oubliez l’antisémitisme et la haine des Juifs. Rappelez vous l’occupation. Dans la plupart des cas, celle de 1967, parfois celle de 1948, en particulier dans les camps de réfugiés.

À l’idée que des dizaines de Palestiniens se sont déjà résolus à pratiquer spontanément des attaques au couteau ou à la voiture bélier, avec des centaines d’autres, peut-être des milliers ou des dizaines de milliers qui y pensent aussi, une réflexion aurait dû se développer en Israël. Pas celle d’une victime encore attaquée mais la prise en considération de ce qui amène des enfants désespérés et des adultes à commettre ces actes, tout en sachant que leurs chances de s’en sortir sont maigres. Mais cela pourrait soulever des questions que les Israéliens évitent comme le feu. La petite Roukaia voulait se suicider à cause de sa sœur ou juste tuer des Juifs parce qu’ils sont juifs. Il n’y a pas d’autre explication possible.

Traduction SF pour l’UJFP

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31 janvier 2016

Antisionisme et/ou antisémitisme : mise au point de Daniel Vanhove

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Antisionisme et/ou antisémitisme : mise au point.

 

« (…) De mon histoire personnelle, en tant qu’enfant ‘administrativement juif’ dans une France occupée, en tant qu’adolescent dans une France engagée dans ses guerres coloniales, puis en tant ‘qu’Oriental’ en Israël, et finalement en tant que Palestinien, certes par le choix, mais aussi, depuis plus de trente ans par l’expérience acquise, je retiens que le Mal absolu, le crime contre l’Esprit humain et contre l’humanité par excellence, c’est le racisme ».*

Depuis quelques années, et singulièrement après chaque agression de l’Etat israélien à l’encontre de la population palestinienne, un glissement insidieux semble s’opérer au niveau de certains militants de la cause palestinienne. Celui de confondre la lutte contre l’occupant israélien animé par la mortifère idéologie sioniste, et la détestation de tout ce qui représente de près ou de loin, la judéité. Cette attitude est inacceptable et il faut la dénoncer haut et fort, sans la moindre ambiguïté. Et au passage, remonter les bretelles du 1er Ministre Valls !

Résister et militer contre l’occupation de la Palestine par l’Etat israélien ne peut servir à entretenir cette confusion. Même si certaines personnalités politiques de premier plan semblent grossièrement  tomber dans le panneau. En effet, quand irresponsable, Manuel Valls déclare le 16 janvier dernier sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché » de L. Ruquier que « l’antisionisme et l’antisémitisme c’est la même chose », il se trompe lourdement. Tragiquement, même. Au point que l’on pourrait se demander s’il a lui-même vraiment réglé la question comme il aime le claironner partout, en référence à son « lien éternel à la communauté juive et à Israël » de par son mariage.

Une telle affirmation est des plus inquiétantes et doit nous inviter à prendre de la distance avec son auteur, le laissant à ses fixations et aux déclarations péremptoires qu’il semble affectionner sur le sujet, comme s’il devait se justifier sans cesse. Et à ce propos, je veux lui relayer ce que revendique Ilan Halevi, tellement mieux placé que lui pour parler de ce qu’il connaît de l’intérieur : « (…) Aucune exception, aucun privilège, aucune impunité, aucune vénération particulière, pas de mise à part. Le philosémitisme des chrétiens repentis et des antisémites d’hier, tout comme l’ethno-nombrilisme des juifs professionnels d’aujourd’hui, me semblent aussi pervers et aussi porteurs de dangers pour les juifs eux-mêmes que les accusations et invectives dont les couvrent les judéophobes de type classique. Car si les droits des uns ne sont pas garantis par le droit des autres, dans un système de droit pour tous, ils ne sont plus que des privilèges réversibles dès lors que tourne le vent du rapport de forces ou le caprice du prince ». Et d’insister un peu plus loin : « (…) L’axiome du caractère incomparable du destin des juifs (ou de n’importe quel groupe humain) dans l’histoire, l’idée qu’ils constitueraient l’exception à toute règle est à mes yeux une erreur théorique, mais surtout éthique, dont les conséquences politiques sont lourdes de dangers (…) ».

Il faudrait souffler à l’oreille de M. Valls que les citoyens n’attendent pas de leur 1er Ministre des propos musclés en toutes circonstances. En ces temps troublés, un minimum de nuance et de discernement seraient bienvenus. Un peu de pédagogie ne serait pas un luxe. D’autant qu’à bien y regarder, c’est tout l’inverse de ce qu’assène M. Valls : le sionisme est par essence, raciste et antisémite ! Parce qu’il est discriminant, créant une division irréversible entre les juifs et les autres qui ne le sont pas. Le sionisme est une idéologie de type messianique, porteuse d’une foi, d’une croyance au retour du Messie à Jérusalem, précisément par la Porte Dorée de l’enceinte qui entoure la vieille ville. Et dès lors, tout ce qui ne s’apparente pas à cette perspective judéo-centrée est considéré comme traître à la cause et ne mérite aucune considération de la part de ses adulateurs. Ce sont ces mêmes illuminés qui n’ont de cesse de vouloir faire d’Israël un Etat réservé aux seuls juifs. Tout à l’inverse d’une démocratie laïque et moderne ouverte à tous les citoyens qui la composent. Aux yeux de ces zélés, les juifs qui ne se reconnaissent pas dans ce (funeste) projet sont considérés comme suspects, voire comme ennemis. Une société multiculturelle composée de ses croyances ou non, d’origines variées n’est pas au programme de ce racisme d’Etat. Nouvelle illustration par Ilan : « …le mépris culturel qui frappe les juifs d’Afrique et d’Asie est une conséquence inévitable du racisme colonial qui sous-tend l’entreprise sioniste en Palestine depuis ses premiers pas »*. Heureusement, nombre de citoyens juifs d’Israël ne se reconnaissent aucunement dans cette dérive et la condamnent fermement. Ce qui leur vaut en retour d’être traités par les sionistes comme des individus ayant la haine de soi. Et comme le dit encore Ilan : « Le concept de haine de soi est systématiquement brandi par les sionistes dès qu’un juif refuse de participer à l’autoglorification du groupe ou tout simplement critique la politique israélienne. De la même façon que quiconque critique Israël est un antisémite, tout juif qui critique Israël est un juif antisémite, c’est à dire un juif qui se hait lui-même ».*

En cette période où le gouvernement Hollande – seul dans la communauté internationale à criminaliser les militants non-violents qui soutiennent la cause palestinienne à travers le mouvement BDS – n’a de cesse de promouvoir les formations en tous genres pour tenter d’endiguer le chômage, un stage d’immersion de certain(e)s ministres auprès de cette population plus posée et lucide leur ferait sans doute le plus grand bien, tout particulièrement au 1er Ministre… En lui demandant au passage, qu’il nous explique comment le Ministre d’un Etat qui se revendique « laïc » à la moindre occasion, peut-il défendre avec tant d’acharnement un tel projet messianique… à moins de se tromper de gouvernement et/ou de nous annoncer son « alyah » prochainement ?! Ilan à nouveau : « Ainsi est-il parfaitement légitime, c’est-à-dire conforme à la réalité des faits, de souligner le caractère raciste et discriminatoire du sionisme, comme les institutions de l’Etat d’Israël, et on ne voit pas par quel tour de passe-passe rhétorique une telle affirmation représenterait une manifestation de racisme à l’encontre des juifs. (…) Mais il est vrai que les ruses du langage sont ici particulièrement perverses (…) ». 

On voit combien la question est grave pour ne pas être clair et précis sur le fond. Et risquer par-là, de jouer un très mauvais tour à la Palestine et sa population qui n’ont vraiment pas besoin de cela. Celles et ceux qui ont pu se rendre sur le terrain, à la rencontre de la population palestinienne directement impactée par cette colonisation meurtrière, savent d’ailleurs que les Palestiniens ne font pas cet amalgame. Celui-ci n’est pas au programme de la lutte contre l’occupant sioniste. Du résistant de base jusqu’aux responsables politiques palestiniens toutes tendances confondues – et hormis quelques illuminés qui se rencontrent partout – la lutte de libération de la Palestine ne comporte pas de ressentiment raciste à l’encontre des juifs. Même si l’on peut craindre que l’inverse ne soit pas vrai, au vu de la politique d’apartheid menée par les autorités israéliennes à l’encontre de la population arabe, sans parler des conditions infrahumaines imposées aux habitants de Gaza, depuis 10 ans que dure son infâme blocus. Pour preuve encore, le piège sournois tendu par le Mossad pour attraper celles et ceux qui seraient tentés par l’antisémitisme : http://www.pourlapalestine.be/une-officine-liee-au-mossad-cree-sur-facebook-une-page-antisemite/

La résistance aux côtés du peuple palestinien ne peut tolérer aucun doute sur le sujet. La moindre tentation d’antisémitisme doit être exclue et condamnée. Celles ou ceux qui sont tentés par de telles dérives ne se rendent pas compte qu’en lieu et place de servir la cause qu’ils imaginent défendre, ils la desservent copieusement. Et s’ils étaient dans les rangs palestiniens, ils en seraient chassés aussitôt. Ces derniers ont une culture historique bien plus aiguisée et claire que d’aucuns qui semblent confondre les plans. Le combat du peuple palestinien est un combat politique. Il faut le dire et le répéter inlassablement. Et les militants et autres qui ne le comprennent pas seraient bien inspirés de prendre quelques leçons d’histoire au lieu de croire que cette lutte relève d’une quelconque question religieuse. Le sionisme étant un projet messianique, il y a lieu de le combattre au profit de la seule lutte qui a toujours prévalu dans les rangs de la résistance palestinienne : la lutte de décolonisation, la lutte de libération nationale. Et le droit à l’autodétermination.

Tout ce qui voudrait ramener cette lutte sur un autre terrain que celui-là n’appartient ni de près ni de loin à la résistance palestinienne historique. Cette notion doit être rappelée régulièrement par les responsables d’associations qui prétendent soutenir le peuple palestinien. Mais aussi par les responsables politiques. Aucune dérive ne peut être admise, parce qu’elle sera de suite récupérée par les sionistes qui s’empresseront de hurler à « l’antisémitisme atavique » des militants. Et parce que, fondamentalement, les choses doivent être claires, à l’image de ce que nous dit encore Ilan Halevi : « (…) Le racisme, c’est quand l’Autre est perçu comme moins humain, sous-humain, anti-humain, non humain. Ça commence dans le langage et au bout de la déshumanisation de l’Autre, il y a légitimation de sa mise à part, de son asservissement, de son oppression et, finalement, de son assassinat. »*

Dès lors, il faut répéter que non, l’antisionisme et l’antisémitisme ne sont vraiment pas la même chose !

 

Daniel Vanhove –

27.01.16

Observateur civil

Auteur



* Islamophobie et judéophobie – L’effet miroir – extraits – Ilan Halevi – Ed. Syllepse – 2015. Toutes les citations reprises dans cet article sont tirées de ce dernier ouvrage d’Ilan Halevi.

 

 

 

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25 janvier 2016

Nous appelons au boycott des produits israéliens !

De nombreuses associations s'indignent de la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015, qui a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens. Voici un nouvel appel signé par plusieurs militants, intellectuels et responsables politiques en défense de la campagne BDS lancé par les Palestiniens le 4 juillet 2005.

Global BDS Movement

Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015! Le 20 octobre 2015, par deux arrêts, la Cour de cassation a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens et confirmé la lourde condamnation de plusieurs militants du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS). Elle a utilisé pour cela, un article de la loi de la presse qui évoque le délit de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée ».

Cette décision est plus qu’étonnante, elle est scandaleuse. Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un Etat contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits. A de nombreuses reprises, des organisations ont appelé dans le monde au boycott de la Birmanie ou de la Russie, de la Chine ou du Mexique, sans que soit jamais évoquée une telle clause.

En  dépit de l’insistance du ministère de la justice, la plupart des juridictions françaises saisies ont refusé au cours de ces dernières années de considérer que l’appel au boycott de produits israéliens relevait d’une infraction pénale.

Avec la décision de la cour de Cassation, la France devient le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction a été prise. Pour un pays qui, depuis un an, n’a pas cessé de se réclamer son attachement à la liberté d’expression c’est une situation d’autant plus paradoxale, qu’il est plus que probable que la Cour européenne des droits de l’Homme reviendra sur ce jugement malvenu. Même la cour de Cassation doit répondre de ses décisions et se conformer à des principes universels que sont, notamment, le droit d’expression.

Le mouvement BDS s’est créé dans un contexte de démission de la communauté internationale incapable de mettre un terme à la colonisation ni de protéger les Palestiniens des exactions quotidiennes que leur infligent armée et colons israéliens. Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. C'est pourquoi nous appelons  à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens.

(1) décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015

Les signataires :

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS, Paris
Sihame Assbague, militante associative
Etienne Balibar, Professeur émérite, Université de Paris-Ouest Nanterre
Saïd Bouamama, sociologue
Rony Brauman, médecin, essayiste
Sonia Dayan, Professeure émérite à l'Université Paris Diderot-Paris7
Christine Delphy, sociologue, cofondatrice de Nouvelles Questions Féministes
Alain Gresh, journaliste
Nacira Guénif, sociologue, Université Paris 8
Christian Salmon, écrivain
Azzedine Taïbi, maire de Stains
Marie-Christine Vergiat, députée européenne

 

Parmi les très nombreuses signatures qui ne cessent d’affluer, on peut noter entre autres :

Le philosophe Jacques Rancière, l’historien Enzo Traverso, le politologue François Burgat, les sociologues Zahra Ali et Nicolas Jounin, l’écrivain Julien Cendres, l’éditeur Farouk Mardam Bey, les juristes Paul Alliès et Monique Chemillier-Gendreau, le physicien Jean-Marc Lévy-Leblond, les mathématiciens Arnaud Beauville, Ivar Ekeland, Michael Harris et Joseph Oesterlé, le peintre Ernest Pignon-Ernest, les cinéastes Alain Guiraudie et Eyal Sivan, les dessinateurs Tardi et Siné, les chanteuses Dominique Grange, Elli Medeiros et Francesca Solleville, les militant.e.s Olivier Besancenot, Ismahane Chouder, Annick Coupé, Alima Boumedienne, Mireille Fanon Mendes-France, Jean-Baptiste Libouban, Michèle Sibony et Omar Slaouti

La liste des 1765 premiers signataires est disponible sur le site de BDS-France :

http://www.bdsfrance.org/petition-nous-appelons-au-boycott-des-produits-israeliens/

( Elles s'ajoutent aux signatures sur ce site)

[english] An international petition in support of the right to call for a boycott of Israeli goods in France is available at this address : http://boycottproduitsisraeliens.wesign.it/en

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05 janvier 2016

BDS : rétrospective BDS 2015

Janvier – Israël montre une préoccupation grandissante
face à la poussée de la campagne BDS

Le mouvement des étudiants en faveur de BDS est florissant aux États-Unis.

150130-uc-davis-divestment_0Vote écrasant de l’association des étudiants de l’université de Californie à Davis en faveur d’une résolution de désin­vestis­­sement de groupes d’entre­prises qui tirent profit de l’occupation israélienne. Des associations étudiantes de sept des neuf collèges de l’université de Californie ont voté leur soutien à BDS. 

En 2015, le désin­vestis­sement a aussi été voté à l’Université d’État de San José, Princeton, par le sénat étudiant du collège universitaire Earlham et par l’Université de Toledo, Ohio, par l’Université Oglethorpe et par Stanford.

Le gouvernement israélien lance des avertissements sur BDS.

Un rapport classifié du ministère israélien des affaires étrangères prévoit une croissance continue du mouvement BDS, selon le journal israélien Yedioth Arharonoth, tandis que l’ancien premier ministre Ehoud Barak décrit BDS comme « un grave problème ».

Elbit System embarrassé par les actions directes de militants.

tumblr_nj07ijm2RV1tsfieko1_1280Neuf militants sont visées par des inculpations pénales pour avoir occupé le toit d’une usine du Royaume Uni appartenant à la plus grosse firme d’armement israélienne lors de l’attaque de 2014 sur Gaza par Israël. La presse rapporte que l’affaire a été abandonnée après qu’Elbit et le gouvernement britannique aient refusé de rendre publics des documents sur les exportations de composants pour les drones vers Israël.

63 membres du Parlement Européen appellent à suspendre l’accord commercial avec Israël.

Un groupe de 63 membres du Parlement Européen appartenant aux cinq principaux groupes politiques du Parlement interpelle le chef de la politique étrangère de l’UE pour qu’il suspende l’Accord d’Association UE-Israël. La lettre fait suite à une déclaration similaire émanant de 300 organisations de toute l’Europe, dont quelques uns des principaux syndicats du continent, des partis politiques et des ONG.

Une société d’autobus israélienne perd un contrat néerlandais. unnamed-300x143

Le gouvernement de la province de Haarlem aux Pays Bas a décidé de ne pas attribuer un contrat de 10 ans à la compagnie israélienne Egged, à la suite d’une campagne locale vigoureuse. Egged a aussi perdu un contrat avec la région de  Frise en décembre.

 

Février – Des artistes britanniques connus
rejoignent le boycott culturel

Plus de mille personnalités du monde de la culture rejoignent le boycott culturel

Plus de 1.000 artistes du Royaume Uni s’engagent à ne pas se produire en Israël. Les signataires comptent parmi eux Brian Eno, Gillian Slovo, Alexei Sayle, John Berger, Richard Ashcroft, Riz Ahmed, Miriam Margolyes et Ken Loach.

soasDes étudiants, professeurs et administratifs de SOAS (L’institut d’Études Orientales et Africaines) votent en faveur du boycott académique

73% des plus de 2.000 étudiants et membres du personnel de SOAS (Université de Londres) qui ont pris part au référendum qui s’est tenu du 23 au 27 février, ont voté en faveur de la suspension de tous liens avec les universités israéliennes. SOAS a des liens formels avec l’Université Hébraïque de Jérusalem.

 

DronesChildren

Suisse : succès d’une pétition contre l’achat de drones israéliens

BDS Suisse et ses alliés ont remis au Conseil fédéral et aux membres du parlement les 28.878 signatures recueillies par la pétition « Non à l’achat des drones israéliens ».

Le gouvernement suisse veut doter l’armée de 6 drones de fabrication israélienne – largement testés en opérations lors des agressions contre la population de Gaza – pour un montant de 300 à 400 millions de francs suisses.

Mars – Un coup porté à l’ambition gazière d’Israël

La société de production d’électricité “Palestine Power Generation Company” se retire de l’accord gazier israélien

Le Comité National Palestinien de BDS (le BNC) accueille favorablement l’annonce par la société “Palestine Power Generation Company” (PPGC) de son « retrait il y a quelques mois de l’accord passé avec les développeurs du gisement de gaz naturel (israélien) Léviathan ». Israël a cherché à étendre ses exportations et ses ressources en pétrole et en gaz.

Des firmes françaises se retirent du projet de colonisation de Jérusalem suite à un avertissement du gouvernement.

Safege et Puma ont annulé leur participation à un projet de funiculaire destiné à relier des colonies illégales à Israël, après que ces firmes aient été averties par les ministères français des Finances et des Affaires étrangères ainsi que par des mouvements de solidarité internationale, des problèmes juridiques et des risques encourus.150331-sussex

Le soutien étudiant à BDS continue de croître au Royaume Uni.

Les étudiants de l’université du Sussex au Royaume Uni ont massivement voté leur soutien à la participation de leur syndicat étudiant au mouvement BDS, rejoignant ainsi le syndicat national des étudiants (NUS) et des dizaines de syndicats d’étudiants qui soutiennent BDS.

Plus de 150 villes participent à la semaine contre l’Apartheid Israélien.

Des débats, des projections de films et des actions “créatives” dans plus de 150 villes construisent le soutien au mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

Des associations italiennes de défense de l’environnement prennent leurs distances vis-à-vis d’Israël.

Greenpeace et WWF nient les affirmations de groupes de propagande sur le « magnifique Israël » selon lesquelles ils collaborent avec les deux grands groupes environnementalistes.

60 membres du Congrès des États-Unis « ignorent le discours » (#SkiptheSpeech) du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou

Plus de 60 élus au Congrès ont refusé d’assister au discours controversé de Netanyahou après une large campagne.

Avril – Barclays désinvestit d’Elbit Systems

Screen-Shot-2015-04-21-at-17.55.191-600x400La banque Barclays ne fait plus partie des action­naires d’Elbit Systems.

La banque Barclays désinvestit d’Elbit Systems, la société israélienne de matériel militaire et d’armes qui est au cœur des mas­sacres perpétrés par Israël, à la suite d’une campagne mondiale soute­nue par 1,8 million de personnes et qui a notamment donné lieu à des sit-ins dans plus de 20 de ses filiales.

La Cour Suprême d’Israël défend une loi anti-BDS.

La loi dite de “Prévention d’Atteintes à l’État d’Israël par le Boycott” permet à des institutions de poursuivre et d’obtenir des compen­sations d’individus ou d’organi­sations qui appellent au boycott économique, culturel ou académique. Elle permet aussi au ministère des finances de pénaliser finan­cière­ment toute organisation subventionnée par l’État qui participe à de tels appels.BDS Egypt

Une campagne BDS lancée en Égypte.

Une coalition de onze partis politiques, quatre mouvements révolutionnaires, six syndicats et un grand nombre d’individus, s’est réunie pour démarrer la coalition BDS égyptienne.

20 entreprises d’Afrique du Sud se joignent au boycott de G4S.

Plus de 20 entreprises sud-africaines ont mis fin à leur contrat avec G4S à cause de son engagement dans les prisons israéliennes et de son implication dans les abus contre les droits humains.

Veolia vend ses filiales israéliennes visées par la campagne de boycott conduite par les Palestiniens.

Veolia outLe géant français Veolia vend presque toutes ses acti­vités en Israël. La vente de toutes ses affaires en Israël a été achevée en août (voir plus loin).

La Confédération des syndicats nationaux du Canada rejoint BDS.

Le Conseil Central de la Confédération des syndicats nationaux du Québec au Canada décide de rejoindre le mouvement BDS et de soutenir l’appel à un embargo militaire sur Israël. La CSN représente 325.000 travailleurs de tous secteurs d’activité au sein de près de 2.000 syndicats du Québec.

L’Organisation Arabe du Travail adopte une résolution en faveur de BDS.

La conférence arabe du travail tenue au Koweit (18-25 avril) adopte une résolution de soutien de l’ALO au mouvement BDS contre Israël jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international.

Mai – Lauryn Hill annule son concert en Israël tandis
qu’en Espagne BDS progresse résolument

laurynhillcancelsLa star états-unienne Lauryn Hill annule son concert en Israël

Hill annule son concert en Israël après des appels d’organisations palestiniennes, israéliennes et de solidarité avec la Palestine, et après une grande campagne des médias sociaux.

1.600 universitaires se joignent au boycott en Espagne

Plus de 1.600 professeurs et chercheurs universitaires de toute l’Espagne signent une déclaration en soutien du boycott académique.Marinah

Marinah devient la première chan­teuse d’Espagne à annuler des concerts en Israël

Marinah avait prévu de participer au Festival de la Méditer­ranée à Ashdod le 11 juin prochain, et aussi au Festival de la musique du Monde de Tel Aviv.

L’université d’Helsinki annule un contrat avec G4S en raison de son implication dans les prisons israéliennes

g4s_6L’université d’Helsinki en Finlande annule son contrat sécurité avec G4S après une campagne menée par des étudiants et universitaires qui ont mis en avant la complicité de G4S avec le système péni­ten­tiaire et les violations du droit international d’Israël.

JO 2016 : après une pression de BDS, le gouvernement brésilien refuse toute relation avec la société israélienne ISDS (Sécurité internationale et défense systèmes)

Plus de 30 mouvements sociaux et organisations progressistes brési­liens ont demandé au gouvernement du Brésil d’exclure ISDS des contrats olympiques après l’annonce par cette société israélienne, en octobre 2014, qu’il lui avait été accordé un contrat de 2,2 milliards de dollars pour coordonner la sécurité aux Jeux. Le 8 avril, le gouvernement brésilien expliquait qu’ISDS ne s’était vu attribuer aucun contrat.

woolworthUne marche de plus de 10.000 étudiants sud-africains contre Woolworths pour son commerce avec Israël

Des syndicats et des organisations de solidarité sud-africains appellent au boycott des supermarchés Woolworths pour leur refus de cesser la vente des produits israéliens.

Le Fonds national juif est exclu d’un festival finlandais

jnfLes organisateurs du Festival Village du Monde empêchent le FNJ d’y parti­ciper. Pilier majeur de la colonisation de la Palestine, le FNJ tente aujourd’hui de participer à des évènements culturels en tant qu’organisation environnementale. En ce qui concerne l’action environnementale du Fonds National Juif, consultez le dossier édifiant de l’ABP.

Plus de 450 universitaires belges rejoignent le boycott

Plus de 450 universitaires se sont désormais engagés à soutenir le boycott académique des institutions universitaires israéliennes.

Le Président d’Israël, Reuven Rivlin, déclare que le boycott académique constitue “une menace stratégique’ de première importance” pour Israël. «Je ne pensais pas que le monde universitaire israélien soit confronté à un réel danger, mais l’atmosphère autour du monde change» déclare-t-il.

Juin – Panique en Israël devant les rapports prédisant des dommages économiques du fait de BDS

Les investissements directs étrangers (FDI) en Israël s’effondrent

Selon un rapport des Nations-Unies, les FDI en Israël en 2014 ont chuté de 46% par rapport à 2013. Les auteurs attribuent cela en partie à l’ampleur grandissante de la campagne BDS.

Des études prédisent de nouveaux dommages économiques pour Israël

Un rapport gouvernemental israélien qui a fuité estime que BDS pourrait coûter à l’économie d’Israël 1,4 milliard de dollars chaque année, tandis qu’une étude de Rand Corporation constate que le coût par BDS pourrait être pour Israël plus de trois fois plus élevé.

Le gouvernement de Netanyahu intensifie ses efforts pour combattre BDS

En pleine panique des médias à propos de la montée de BDS et d’une campagne de diffamation contre le mouvement par Netanyahu et d’autres politiciens israéliens de premier plan, le ministre des Affaires stratégiques se voit attribuer 25,6 millions de dollars pour son combat contre BDS.

UCCvoteL’Église unie du Christ (UCC) vote le boycott et le désin­vestis­sement des sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne

L’UCC, l’une des principales églises protestantes des États-Unis, vote par 508 voix contre 124 le boycott et le désinvestissement des sociétés qui aident Israël à violer le droit international.

Le boycott a ciblé Ahava, qui laisse entendre qu’il va arrêter son usine dans les territoires occupés par Israël

La société de cosmétiques israélienne Ahava dit envisager de déplacer son usine implantée en Cisjordanie occupée, après des années de campagne BDS contre elle.

Le groupe théâtral belge Campo annule son spectacle au Festival d’Israël

Le festival ne parvient pas à attirer les grandes stars internationales.

Juillet – Après un psychodrame grotesque,  le patron d’«Orange»
prive Israël de sa marque

orange protestLe géant français des télécoms Orange annonce qu’il veut retirer sa marque à la société israélienne qui l’exploite

Le patron d’Orange a suscité une colère noire du gouvernement israélien et d’une partie de la communauté juive en France après que son patron, Stéphane Richard, ait annoncé au Caire qu’il souhaitait “quitter Israël le plus rapidement possible” mais qu’il se heurtait à des difficultés d’ordre juridique.

Devant les réactions, Stéphane Richard s’est senti obligé de déclarer qu’il “aime Israël” pour se défendre des accusations d’antisémitisme, et il s’est piteusement rendu à une convocation de Netanyahou, qui était bien décidé à l’humilier (un art dans lequel les Israéliens excellent).

Finalement, un accord est intervenu entre Orange et la société israélienne Partner (dont Orange n’est pas actionnaire) pour que celle-ci renonce à exploiter la marque avant l’échéance normale des contrats en cours. Cette polémique a quelque peu masqué l’essentiel : l’implication de longue date d’un grand groupe dont l’État français est actionnaire dans l’occupation des territoires palestiniens.

Suite à une campagne française contre Orange, la nouvelle coalition BDS en Égypte a appelé au boycott d’Orange en Égypte pour ses attaches avec Partner Communications, une société israélienne de télécoms qui opère dans les colonies illégales et fournit un soutien financier à l’armée israélienne.

Les dirigeants du mouvement de boycott prennent la parole à une conférence de presse marquant les dix années de BDS

Marcel Khalife

Le dirigeant Mandla Mandela, député sud-africain et petit-fils de Nelson Mandela,  le musicien libanais Marcel Khalife, et la directrice de l’organisation Une Voix juive pour la paix, Rebecca Vilkomerson, sont parmi les participants à la conférence de presse « Dix ans de BDS et un an depuis le massacre de 2014 par Israël des Palestiniens de Gaza », organisé par la société civile palestinienne.

Le département Géographie et Histoire de l’université de Valence se joint à l’initiative BDS

Déclarant son département en zone libérée de l’Apartheid, la faculté devient la première dans toute l’Europe à appuyer officiellement une initiative BDS.

Manifestations près d’entreprises appartenant à la manufacture d’armes israélienne Elbit

shenstoneDes militants au Royaume-Uni et en Australie ont arrêté plusieurs usines de fabrication de pièces détachées, dont celles qui fabriquent les moteurs équipant les drones meurtriers.

Le Sommet social du Mercosur (Marché commun du Sud) demande de cesser de conclure des accords commerciaux avec Israël

La déclaration finale du Sommet social de Mercosur, un rassem­blement de mouvements sociaux du bloc commercial Mercosur de l’Amérique latine appelle les gouvernements à mettre fin aux accords de libre-échange Mercosur-Israël et à imposer un embargo militaire sur Israël.

Des étudiants chiliens appliquent le boycott

La fédération des étudiants de l’université du Chili (FECH) a annulé son soutien à une présentation d’un chorégraphe israélien parrainé par l’ambassade israélienne, et a publié une déclaration appelant au « rejet de tout lien avec toutes initiatives, soutien et parrainages dans lequel l’État d’Israël ou ses instances diplomatiques sont impliqués ».

SodaStream se plaint de l’impact du boycott

Le PDG de SodaStream a dit lors d’une audition spéciale au Congrès US sur BDS qu’ils avaient été confrontés à de nombreux boycotts notamment par des chaînes de distribution au Royaume-Uni et au Danemark, la municipalité de Trieste en Italie, le Festival international de la Bande dessinée et un propriétaire de site à Tokyo. BDS a joué un rôle clé dans la mise en œuvre de la plupart de ces boycotts.Thurston Moore

200 professionnels de la psychiatrie protestent contre la tenue de leur conférence en Israël

D’éminents professionnels de la psychiatrie protestent contre la décision de l’Association européenne de la thérapie comportementale et cognitive de tenir sa conférence en Israël.

Thuston Moore du groupe rock Sonic Youth approuve BDS

« Me produire avec mon groupe en Israël venait en contradiction avec mes valeurs », explique le célèbre artiste.

Août – Veolia solde toutes ses opérations avec Israël

BDS remporte une victoire majeure alors que Veolia se retire totalement d’Israël

L’immense société française Veolia se retire du tramway de Jérusalem (JLR), un système de transports en commun construit pour favoriser la croissance et l’expansion des implantations coloniales israéliennes dans la Jérusalem-Est occupée.

La cession de sa participation dans le projet JLR met fin à toute implication de Veolia dans le marché israélien, y compris tous les projets qui violent le droit international et les droits humains du peuple palestinien.

Angela Davis

La vente fait suite à une vaste campagne de sept années contre Veolia, en raison de sa complicité dans l’occupation israélienne, ce qui lui a coûté en appels d’offre, dans le monde entier, une somme estimée à plus de 20 milliards de dollars.

La libération palestinienne est la « question clé de notre époque », affirment des dirigeants noirs Cornel West, Angela Davis et la cofondatrice des Blacks Lives Matter (Les vies noires comptent), Patrisse Cullors, sont parmi les 1.000 signataires de l’appel historique pour BDS et se joignent à la lutte.

L’engagement d’artistes irlandais pour le boycott d’Israël recueille 500 signatures

pledge500-150x150Ces 500 signatures vont de certaines des personnalités d’Irlande les plus connues internationalement à des artistes qui débutent leur carrière.

Des artistes italiens lancent une initiative de boycott

Vingt artistes éminents italiens lancent une campagne appelant au boycott culturel d’Israël.

 

Septembre – Crises de nerf en Israël : l’U.E. introduit
l’étiquetage honnête des produits des colonies.

L’U.E. introduit l’étiquetage non équivoque des produits en provenance des colonies israéliennes illégales.

Les consommateurs européens ne devraient donc, lorsque les États membres de l’U.E. appliqueront ses “lignes directrices”, plus être trompés par des étiquettes “made in Israël” fallacieuses (mais BDS recommande de boycotter tous les produits israéliens, pas seulement ceux des colonies. Il y a pour cela d’excellentes raisons.). Plus important peut-être : Israël ne devrait plus pouvoir frauder en toute impunité sur les droits de douane à acquitter pour ces produits.

Tout en regrettant que l’U.E. ne va pas assez loin dans le respect de ses obligations vis-à-vis du droit international, les Palestiniens accueillent la nouvelle et comme un signe que l’UE commence à tenir compte du fait que l’opinion publique européenne réclame de plus en plus la mise en place d’une politique en ce sens.

Omar Barghouti, cofondateur de la campagne mondiale BDS souligne, en réaction à la décision de l’U.E., que «en dépit de l’évolution d’Israël vers un extrémisme de droite qui ne se dissimule plus, particulièrement avec sa brutale escalade dans l’occupation et la répression, l’Europe reste largement complice par son soutien à l’occupation israélienne et aux violations des droits des Palestiniens, en dépit de la rhétorique creuse de l’Union Européenne».

«Tout le bruit médiatique, à Tel Aviv et à Bruxelles, autour de la question de l’étiquetage des produits des colonies israéliennes dans les territoires occupés ne peut pas masquer que la relation de l’Europe à Israël est en contradiction avec ses valeurs proclamées et ses obligations légales», dit-il encore.

D’éminents juristes estiment eux aussi que l’attitude de l’U.E. est incohérente et ne lui permet nullement de respecter ses obligations découlant du droit international. La seule mesure respectueuse du droit serait l’interdiction pure et simple des produits des colonies israéliennes sur le marché européen.

14127345302_7af960a2a4_o-600x450Syndicats et réseaux européens résistent aux tentatives d’utiliser l’accord commercial entre les États-Unis et l’UE pour réprimer BDS

Plus de 150 organisations de toute l’Europe ont l’intention de s’opposer aux efforts des États-Unis en vue d’étouffer les campagnes en faveur des droits palestiniens via le très controversé accord commercial TTIP.

Le Brésil refuse d’accepter un colon comme ambassadeur d’Israël

La présidente Dilma Rousseff rejette la désignation de Dani Dayan, ancien président du “Conseil des communautés juives de Judée et de Samarie” [1] au poste d’ambassadeur d’Israël au Brésil, en raison de ses liens avec le mouvement de colonisation. Quatre mois après sa désignation par le gouvernement Netanyahou,  le gouvernement brésilien ne l’avait toujours pas approuvée. Plusieurs anciens ambassadeurs d’Israël avaient instamment prié le gouvernement brésilien de ne pas cautionner le mouvement des colons extrémistes en accréditant Dayan. Le gouvernement Netanyahou a quant à lui refusé de désigner un autre ambassadeur. La vice-ministre des Affaires étrangères a déclaré que “Dani Dayan est l’homme qu’il faut pour représenter Israël au Brésil. Ses options idéologiques sont un avantage lorsqu’il s’agit de représenter la politique du gouvernement israélien, qui soutient notre droit de nous installer en Judée et en Samarie” [1]

United Electrical Workers Union adopte BDS

L’UE (syndicat unifié des travailleurs du secteur de l’électricité) est le premier grand syndicat national des États-Unis à adopter les BDS.

Sodastream abandonne son site de production dans les colonies illégales

Sodastream, la société israélienne d’appareils domestiques produi­sant de l’eau pétillante, met un terme à la production de son site installé dans une colonie illégale de Cisjordanie, suite à une intense campagne BDS de plusieurs années.

L’actrice Scarlett Johansson (photo-montage ci-dessus) a été contrainte de choisir entre faire de la pub pour Sodastream et être “ambassadrice globale” d’OXFAM. Elle a choisir les gros budgets publicitaires de Sodastream plutôt que l’action humanitaire…

Cette campagne contre la société se poursuit en raison de l’implication de cette dernière dans les plans israéliens d’épuration ethnique des Bédouins palestiniens du Néguev.

Octobre – Nouvelle vague de résistance populaire palestinienne et impact sans cesse croissant du boycott palestinien
des produits israéliens

Le mouvement BDS entreprend des actions de soutien à la résistance populaire palestienne

Sydney-600x400Quand les Palestiniens se sont lancés dans une nouvelle vague de résistance populaire contre l’apartheid et le colonialisme d’implan­tation d’Israël, le Comité BDS national palestinien (BNC) a demandé que soient entreprises des actions et des manifestations de solidarité avec la résistance populaire palestinienne et que soient exercées des pressions sur les gouvernements, institutions et sociétés pour qu’ils cessent de jouer un rôle dans les crimes de guerre israéliens. La réponse a été très inspiratrice. Il y a eu plus de 70 actions de protestation et manifestations #SolidarityWaveBDS dans plus de 20 pays du monde entier.

Les chiffres de la Banque mondiale révèlent l’ampleur croissante du boycott palestinien des produits israéliens

Les chiffres de la Banque mondiale révèlent une baisse de 24 % dans les importations palestiniennes en provenance d’Israël pour le premier trimestre de 2015 – un signe évident que le boycott palestinien des produits israéliens commence à avoir un sérieux impact sur l’économie israélienne.

drone_elbit-174x131Les firmes israéliennes d’armement font état d’un « moindre désir d’acheter des produits de fabrication israélienne » comme facteur de la chute dramatique des exportations d’armes

Les exportations militaires ont chuté, passant de 7,5 à 5,5 milliards de USD, et les dirigeants de l’industrie déclarent que le « désir moindre d’acheter des produits de fabrication israélienne » constitue un facteur clé dans cette baisse.

La section du syndicat AFL-CIO pour le Connecticut invite sa fédération nationale à adopter les BDS

bds-callAFL-174x131Dans une démarche novatrice, la section du Connecticut devient la première de la Fédération américaine du travail et du Congrès des organisations industrielles (AFL-CIO) à adopter  BDS et elle a invité sa fédération nationale à la soutenir par une résolution lors de sa conférence politique.

Plus de 500 universitaires britanniques expriment leur soutien au boycott académique

La déclaration publique publiée par d’éminents universitaires britanniques dans le quotidien The Guardian dit qu’ils n’accepteront plus d’invitations à des visites académiques en Israël et qu’ils ne coopéreront plus avec les universités israéliennes en raison du rôle de ces dernières dans l’occupation et l’apartheid israéliens.

Moody’s reconnaît la menace BDS pour Israël

L’agence de notation financière Moody’s, dont les notations jouent un rôle majeur dans l’économie mondiale, a reconnu la menace potentielle posée par les BDS pour l’économie israélienne.

EspagneEspagne : 26 gouvernements locaux et régionaux soutiennent les BDS et l’initiative en faveur de zones sans apartheid

Au moins 26 gouvernements locaux, y compris ceux de Séville, de la Grande-Canarie, de Badalona et de Terrassa, ont adopté des résolutions de soutien aux initiatives BDS.

Le club de football de Séville décline un sponsoring israélien de 5 millions de USD

foot SévilleJosé Castro, président du club, dit que la décision a été prise afin de faire en sorte que le club « reste fidèle à ses principes, qui attachent une plus grande valeur à l’éthique qu’aux préoccupations économiques ».

Quatre festivals cinématographiques colombiens rallient le boycott culturel d’Israël

Quatre festivals cinématographiques colombiens rallient le boycott culturel contre le régime israélien.

Des pharmacies hollandaises cessent de vendre les produitsd Ahava

Hoog Catharijne. Samedi 27 novembre, les femmes de la « Brigade des peignoirs de bain » en pleine action d’information du public d’Utrecht quant à l’origine réelle (la mer Morte) des produits d’AHAVA.Photo : Melanie van der Voort

Les pharmacies de la chaîne Alphega confirment qu’elles ont cessé de vendre des produits fabriqués par Ahava, la firme israélienne de cosmétiques qui opère dans une colonie israélienne illégale.

180 artistes belges ont décidé de ne pas se produire en Israël

Des firmes européennes évitent d’investir en Israël, affirme un important homme d’affaires israélien

« Lors des assemblées générales des principales sociétés [européennes], même si celles-ci ont examiné les possibilités d’investissement dans des sociétés israéliennes, ces possibilités seront immédiatement retirées de l’agenda en raison de l’impact des BDS », a expliqué l’éminent homme d’affaires franco-israélien Édouard Cukierman.

Novembre – Des universitaires et artistes états-uniens
soutiennent le boycott

Les anthropologues américains soutiennent le boycott d’Israël suite à un vote largement majoritaire

La conférence de l’Association américaine des anthropologues (AAA) appuie à une majorité écrasante une résolution de soutien à l’appel palestinien au boycott des institutions académiques israéliennes. L’Association nationale américaine des études féminines a également voté en faveur des BDS.

TundePalestinianArtistsTravelDes artistes new-yorkais rallient le boycott culturel

L’actrice de théâtre et de télévision Kathleen Chalfant, nominée aux Tony Awards, le musicien Roger Waters, l’un des membres fondateurs de Pink Floyd, les musiciens Kyp Malone et Tunde Adebimpe de « TV on the Radio » font partie des signataires.

Mandats d’arrêt » en Espagne contre Netanyahou, Lieberman, Barak, Ya’alon,… en raison de l’attaque contre la flottille pour Gaza, en 2010

mavi-marmara-freedom-flotilla-174x131Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et sept autres membres anciens et actuels du gouvernement encourent le risque d’être arrêtés s’ils mettent les pieds en Espagne. Effectivement, un juge espagnol a établi un mandat d’arrêt contre des dirigeants israéliens impliqués dans l’attaque des commandos de la marine israélienne (10 morts).

Le Sommet des pays sud-américains et arabes

Le Sommet des pays sud-américains et arabes demande à ses membres de s’abstenir de tout commerce de produits en provenance des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, d’éviter toute transaction avec des sociétés tirant profit de l’occupation israélienne et de décourager les investissements dans les colonies israéliennes.

CaetanoVelosoL’artiste brésilien Caetano Veloso annonce qu’il ne se produira plus jamais en Israël

Après avoir refusé d’annuler un concert à Tel-Aviv en dépit d’appels émanant du Brésil, de la Palestine et de nombre de pays, Veloso a écrit que « toutes les plaintes émanant des [militants] BDS étaient fondées ».

Le Conseil municipal d’Amsterdam renonce à traiter avec Tel-Aviv

Après des mois de discussion et de campagne, le Conseil municipal d’Amsterdam a décidé de voter contre une proposition de coopération officielle de la ville avec Tel-Aviv. En lieu et place, il optera pour une coopération individuelle ou concernant certains projets.

Décembre – Les universités, dans le monde entier, votent
 de plus en plus en faveur du soutien à BDS

L’organe représentatif le plus élevé de l’Université autonome de Barcelone (UAB) a voté en faveur du ralliement au mouvement BDS et du soutien de l’initiative prônant des Zones sans apartheid.

Plus de 200 universitaires sud-africains soutiendront le boycott académique d’Israël.

Jordan2-600x413L’UNHCR en Jordanie ne signera plus de contrat avec G4S

Cette institution de l‘ONU, confrontée à des pressions pour qu’elle rompe ses liens avec la société sécuritaire G4S en raison du rôle de cette dernière dans les violations par Israël des droits de l’homme, annonce qu’elle n’a plus de contrat avec cette société.

La firme de distribution portugaise Worten laisse tomber SodaStream

La décision est venue à l’issue de pressions émanant de militants qui ont dénoncé le palmarès édifiant de SodaStream dans les violations des droits humanitaires palestiniens.

Le biographe de Hillary Clinton rejette l’offre d’un éditeur israélien

Dans sa déclaration, Doug Henwood a fait état de son soutien aux BDS.


[1] “Judée et Samarie” : nom biblique utilisé par les sionistes pour désigner la Cisjordanie occupée

Article original publié le 29 décembre sur BDS Movement
Traduction de l’article original : Sonia Fayman, Jean-Paul Pommier et Jean-Marie Flémal
Adaptation, compléments, décors et effets spéciaux de Myriam De Ly et Luc Delval

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04 janvier 2016

2015: L’année où le fascisme israélien a affiché ses couleurs sans vergogne

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2015: L’année où le fascisme israélien a affiché ses couleurs sans vergogne

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Des Palestiniens regardent une maison qui a été démolie par l’armée israélienne, dans le camp de réfugiés de Qalandia, à la périphérie de la ville cisjordanienne de Ramallah, le 16 novembre 2015 (AP)

Jeudi soir a scellé la fin d’une année plutôt exécrable. Il n’y a même pas eu de guerres orientées sur le changement, qui auraient laissé Israël se débrouiller avec soi-même. Il est des moments où le fait de déclencher une guerre propre, dans le style particulièrement entretenu et affectionné par Israël, semblerait la meilleure chose qui puisse arriver. Devoir traiter avec soi-même ne fait aucun bien à Israël. Quand il ne peut se retrancher derrière son habituelle « guerre inévitable », toutes ses plaies et cicatrices ressortent de façon bien plus visible.

Selon l’Indice 2015 de la Démocratie, publié le mois dernier par l’Institut israélien de la démocratie, les Israéliens marquent des points. Telle fut la réponse des trois quarts d’entre eux, mieux encore que les deux tiers qui s’étaient dit très contents en 2014.

Qu’est-ce qui s’est amélioré, cette année ? Le top-modèle Bar Refaeli s’est mariée (et s’est fait arrêter) ; la chanteuse et musicienne Ninet Tayeb (et le présentateur des infos Yonit Levi) ont eu des bébés ; 80% des Israéliens croient que la situation du pays est bonne ; 88% des Juifs estiment que ça baigne.

Mais voyez ce qu’il en a été du côté arabe : 32% seulement éprouvent des affinités avec l’État, alors qu’ils étaient encore 59% l’année d’avant – la dégringolade la plus importante et la plus embarrassante de l’année. Mais qui tient les comptes et qui s’en soucie ?

Ce qui importe, c’est que 86% des Juifs affirment qu’ils sont sionistes, que 61% appuient la déclaration de loyauté comme condition au droit de vote, que 60% (avec davantage de jeunes que de personnes plus âgées) croient que l’État devrait être autorisé à contrôler l’utilisation d’Internet par les citoyens et qu’une majorité croit que les organisations des droits de l’homme sont une grave nuisance.

Selon la numérologie, ce fut une année particulière – 67 ans après la fondation de l’État en 1948 ; 48 ans après l’occupation qui a débuté en 1967. Ils sont nombreux à se poser la question : cela va-t-il durer 50 années de plus ? L’occupation va-t-elle durer 50 années de plus ? Il n’existe pas d’autre pays dans lequel on se pose ce genre de questions.

Jusqu’à présent, 24 Israéliens et 128 Palestiniens ont été tués dans l’actuelle mini-Intifada. L’équilibre démographique est préservé : plus de cinq Palestiniens ont été tués pour chaque Juif, bien que la croissance soit nettement moindre par rapport aux précédents succès. Cent Palestiniens tués pour un Israélien, lors de l’opérationPlomb durci ; 37 Palestiniens pour un Israélien, lors de l’opération Bordure protectrice. Mais jamais auparavant il n’y avait eu d’ordre officiel de tuer, comme ce fut le cas cette année.

Ce fut une année au cours de laquelle il n’y eut même pas un semblant de pourparlers de paix ni de processus diplomatique. Mais c’est probablement une bonne chose : On en avait plus qu’assez des devinettes ! Ce fut également l’année qui vit les États-Unis donner à Israël carte blanche pour agir comme bon lui semblerait – et peut-être plus encore que toute autre année. Les manifestations les plus houleuses ont été celles des gens d’origine éthiopienne, et les parents des « sardines » (les enfants des classes surpeuplées) ont également fait entendre leurs voix. Telle fut la limite supérieure des protestations en Israël même.

Les élections de mars ont donné le gouvernement le plus à droite de l’histoire et une Knesset la plus nationaliste de tous les temps et qui légifère en ce sens. Ce fut une année absolument libérée du moindre semblant de honte. Il n’est plus nécessaire d’expliquer pourquoi les organisations de gauche doivent être ultra-transparentes, au contraire des groupes d’extrême droite; ni pourquoi, en des temps où seule la droite est violente, c’est la gauche qui se fait taxer de trahison.

Ce fut l’année qui annonça le début d’un fascisme israélien désormais dénué du moindre faux semblant. On ne pouvait pas en dire autant auparavant. Mais, un an après l’opération Bordure protectrice, une année au cours de laquelle les citoyens ont eu peur de protester, le fruit a mûri. La bataille pour le régime a été abandonnée sans même combattre. L’affaire bat toujours son plein, mais les résultats sont connus ; il ne reste plus personne pour arrêter la descente.

Les Israéliens ont été préoccupés par un tas de choses, cette année, depuis l’affaire des bouteilles cautionnées mettant en cause Sara Netanyahou, jusqu’au suicide de l’ancien officier supérieur de la police, Ephraim Bracha.

Des trente articles les plus lus sur le site Internet de Haaretz en hébreu, pas un seul n’avait trait à l’occupation ou aux fissures dans la démocratie israélienne. C’est autre chose que la belle histoire récente du garçonnet juif qui s’en était pris à une conductrice de bus arabe (« T’as un couteau ? ») ; pour finir, le gamin lui avait fait un gros câlin : un véritable dénouement hollywoodien !

Bel épilogue pour une sale année. Et la prochaine s’annonce encore pire…

Gideon Levy

Publié le 31 décembre 2015 sur Haaretz
Traduction : Jean-Marie Flémal

Israël a toujours été xénophobe, mais jadis savait mieux le dissimuler [Gideon Levy]

Longtemps avant que Benjamin Netanyahou soit Premier ministre et que Ayalet Shaked soit Ministre de la Justice, il n’y avait pas de réelle démocratie en Israël. Il y avait beaucoup de haine des Arabes, mais tout était dissimulé, contrairement à aujourd’hui. Finalement, qu’est-ce qui vaut le mieux ?

C’est ainsi que nous étions, bien avant que Naftali Bennet soit ministre de l’Éducation : des enfants de nationalistes, enfermés, tout à fait ignorants – nous ne le savions tout simplement pas. C’est ainsi que les choses allaient durant des merveilleuses années où les ministres de l’Éducation étaient de gauche – des années qu’il est de bon ton de regretter.

Le lavage de cerveaux, la censure et l’endoctrinement étaient bien pires alors que ce qu’ils sont aujourd’hui, seulement ils rencontraient beaucoup moins de résistance. Nous pensions que tout allait bien avec notre système d’éducation. Le vendredi, nous devions porter du bleu et du blanc, les couleurs nationales; nous donnions de l’argent au Fonds National Juif (Keren Kayemet LeIsrael) [1], pour qu’il puisse planter des forêts destinées à recouvrir les ruines des villages arabes qu’ils ne voulaient pas que nous puissions voir.

A une époque où l’écrivaine Dorit Rabinyan [2] n’était même pas née, nous n’avions jamais rencontré un Arabe. Ils vivaient sous la loi militaire [3] et ils n’étaient pas autorisés à nous approcher sans autorisation. Une histoire d’amour entre une Juive et un Arabe n’aurait même pas été envisageable dans une histoire de science fiction, dans une galaxie lointaine, très loin de là où nous grandissions.Les Druzes étaient légèrement plus acceptables : ils servaient dans l’armée. Je me souviens du premier Druze que j’ai rencontré, c’était en 11ème année [4].

Nous n’avions jamais entendu parler de Nakba [5] non plus, le mot palestinien pour désigner la formation de l’État d’Israël. Nous voyions les ruines de maisons – et nous ne voyions rien. Longtemps avant le “mariage de la haine” [6], dans notre feu de camp de Lag Ba’omer [7] nous brûlions des effigies du Président égyptien Gamal Abdel Nasser – nous l’appelions “le tyran égyptien”. Dans les écoles non confessionnelles de Tel Aviv, nous embrassions les Bibles, si – Dieu nous en garde ! – elles tombaient sur le sol. Nous portions des kippas durant les leçons d’études bibliques, c’était bien avant la création des “centres pour l’approfondissement de l’identité juive”. Nous entendions à peine parler du Nouveau Testament. Personne n’aurait imaginé l’étudier à l’école : il était considéré comme presque aussi dangereux que “Mein Kampf” [8].

Beaucoup d’entre nous crachaient en passant devant la porte d’une église. Peu d’entre nous osaient s’aventurer à l’intérieur, et si nous le faisions nous nous en sentions extrêmement coupables. Faire le signe de la croix, même en plaisantant, était considéré comme un acte suicidaire. Pour nous, les chrétiens étaient “idolâtres”, et les idolâtres, d’après ce que nous savions, était ce qu’il y a de plus bas.

Nous savions qu’il y avait une “mission” à Jaffa, dont nous devions nous tenir à l’écart comme du feu. Un enfant qui s’y rendait pour étudier était considéré comme perdu. La première génération de l’indépendance [d’Israël] savait que tous les chrétiens étaient antisémites. Nous savions, bien entendu, que nous étions le peuple élu, et tout était dit. C’est ce que nous inculquait le système d’éducation éclairé de l’État naissant.

L’assimilation était considérée comme le plus grand des péchés — plus grave encore que de quitter le pays pour aller vivre ailleurs. La rumeur disant que l’oncle d’un des enfants avait épousé une non-juive était un déshonneur qu’il fallait garder secret. La signification effrayante du concept morbide d’«assimilation» ne nous effleurait même pas. Nous grandissions dans une société unifiée, racialement pure, dans ce petit Tel Aviv : sans étrangers, sans Arabes, presque sans Juifs originaires du Moyen Orient.
Jaffa [9] était le bout du monde, et personne ne pensait y aller : c’était dangereux.

Ils nous ont appris à penser de manière uniforme, et à nous méfier de toute déviation. La discussion la plus subversive dont je me rappelle, à cette époque, était de savoir si les Juifs étaient “allés à l’abattoir comme des moutons”.

Un jour, je me suis arrêté près d’une petite manifestation de l’organisation de gauche Matzpen, sur les marches du siège de l’association des journalistes, afin de parler avec N., qui était dans ma classe à l’école. Le lendemain, à l’école, j’ai été convoqué d’urgence au bureau du Principal : il brandit une photo de moi à cette manif qui lui avait été transmise par le Shin Bet [10], et exigea des explications. C’était bien avant la “loi sur les ONG” [11] et la “loi sur le boycott” [12].

Bien avant le Premier ministre Benjamin Netanyahou, la Ministre de la Justice Ayelet Shaked et l’interdiction du roman “Borderlife” de Dorit Rabinyan [2], il n’y avait pas ici de réelle démocratie. Bien avant l’anti-assimilationniste Bentzi Gopstein [13] et l’activiste d’extrême-droite Itamar Ben-Gvir [14], il y avait de la xénophobie et beaucoup de haine des Arabes. Mais tout était caché, enveloppé dans le bruyant cellophane des excuses, enterré profondément sous terre.

Qu’est-ce que vaut le mieux ? La question reste ouverte.


[1] le Fonds national juif  est connu du grand public comme étant une organisation caritative,  environnementale ou d’utilité publique, ce qui lui vaut de jouir en général d’une excellente réputation. Peu savent que c’est en réalité un organisme para-étatique dont la mission est avant tout politique: agent historique de colonisation de la Palestine, le FNJ a joué et joue encore un rôle déterminant dans la forme que prend la politique foncière – discriminatoire – israélienne. Le FNJ excelle dans le « greenwashing »: arbres plantés, parcs récréatifs et centres touristiques sont autant d’outils qui lui servent à « blanchir » par l’écologie les activités coloniales dans lesquelles il est impliqué. Voir ce dossier sur le site de l’Association Belgo-Palestinienne. – NDLR
[2] Dorit Rabinyan est l’auteure d’un roman que le Ministre de l’éducation israélien a interdit d’utiliser dans les cours de littérature dans les écoles israéliennes, car il narre une histoire d’amour entre une juive israélienne et un Palestinien, et à ce titre constitue selon lui “une menace pour l’identité juive”. – NDLR
[3] Au cours de la guerre de 1948 les autorités civiles israéliennes ont délé­gué leurs pouvoirs à l’armée dans toutes les “régions stratégiques” contiguës aux frontières des pays voisins à prédominance arabe. Il en a été de même dans toutes les agglomérations caractérisées par une forte concentration d’arabes. L’administration militaire s’y est laissée guider par le principe que les arabes en territoire israélien, que des liens familiaux rattachaient fréquemment aux réfugiés instal­lés en «territoire ennemi» étaient une cinquième colonne en puissance. Après la fin des hostilités, le régime a été perpétué “pour des raisons de sécurité” (motivation universelle qui depuis 70 ans bientôt sert d’explication définitive à toutes les violations des droits humains des Palestiniens). A partir de 1951, comme on l’a vu, le système a été aboli en faveur des arabes résidant dans les ré­gions à forte densité juive, telle que les agglomérations de Tel­ Aviv – Jaffa, Haïfa, Lydda et Ramlè. De sorte que vers de 1956 160.000 à 180.000 des 200.000 arabes israéliens subissaient encore toutes les rigueurs de l’administration mili­taire.  L’administration militaire est habituellement justifiée par une série de considérations qui se ramènent toutes en dernière analyse à la sécurité de l’État d’Israël. En fait, ces explications recouvrent souvent des intérêts politiques et écono­mi­ques bien précis.  Voir à ce propos dans l’excellent ouvrage (quoique répudié par l’auteur, devenu sur le tard sioniste) de Nathan Weinstock «Le sionisme contre Israël» (Ed. Maspéro – 1969) le chapitre «Le sort de la minorité arabe» et particulièrement les pages 394 et suiv. auxquelles l’essentiel des lignes qui précèdent est emprunté. – NDLR
[4] vers 17 ans – NDLR
[5] le mot arabe “nakba” désigne littéralement un désastre naturel (tremblement de terre, éruption volcanique,…) mais dans le cas des Palestiniens de 1948 il s’agit de l’exode de centaines de milliers de personnes chassées de chez elles par la force armée. Voir par exemple cet article. – NDLR
[6] référence à un mariage juif au cours duquel des colons extrémistes ont célébré avec exubérance (et des armes) la mort des Palestiniens, et particulièrement d’un bébé, dont la maison a été incendiée dans le village de Duma. Voir par exemple cet article. – NDLR
[7] Lag Ba’omer : fête juive d’institution rabbinique, donnant lieu à des feux de joie et, pour certains, à des pèlerinages sur les tombes des “justes”. Voir Wikipédia. – NDLR
[8] “Mein Kampf” : (en français : “Mon combat” ) est un livre rédigé par Adolf Hitler entre 1924 et 1925. Tombé dans le domaine public en 2016, il est sur le point d’être réédité. – NDLR
[9] Jaffa, anciennement ville arabe, après l’exode de sa population, a été fusionnée en 1950 avec Tel Aviv, dont elle constitue maintenant la partie ancienne, au sud. Jaffa, dont l’existence est attestée depuis plus de 3.500 ans est un des plus vieux ports de la Méditerranée.

[10] Shin Bet : service de sécurité intérieure, aussi connu sous le nom de Shabak. – NDLR
[11] “loi sur les ONG” : loi récemment adoptée qui oblige les représentants des ONG qui reçoivent des fonds de l’étranger à arborer un badge spécial pour se rendre au Parlement israélien. Cette loi vise essentiellement les ONG réputées “de gauche” (classification discutable, comme on peut le lire ICI), celle qui sont classées à droite tirant quant à elles leurs ressources (abondantes) de dons d’entreprises israéliennes (y compris des entreprises publiques). Voir par exemple cet article. – NDLR
[12] loi sur le boycott : il y a en fait plusieurs lois israéliennes concernant le boycott. La première interdit le boycott des produits israéliens, et comporte essentiellement des sanctions civiles (les entreprises qui auraient été lésées par un appel au boycott peut réclamer des compensations sans avoir à apporter la preuve de leur dommage). Une autre, en projet, vise à interdire l’accès au territoire à toute personne ayant appelé au boycott des produits des colonies. – NDLR
[13] Gopstein a récemment réclamé l’interdiction de la célébration de Noël en Israël, et traité les chrétiens de “vampires qui sucent notre sang”. Voir ICI
[14] porte-parole de l’organisation d’extrême-droite “Front National Juif”, ancien activiste du Kach, la branche la plus à droite du nationalisme israélien. – NDLR

Cet article a été publié par Haaretz le 3 janvier 2016 sous le titre : «Israel Has Always Been Xenophobic, It Just Used to Be Better at Hiding It»
Traduction : Luc Delval

Gideon Levy est un chroniqueur et membre du comité de rédaction du journal Haaretz.
Il a rejoint 
Haaretz en 1982 et a passé quatre ans comme vice-rédacteur en chef du journal. Il a obtenu le prix Euro-Med Journalist en 2008, le prix Leipzig Freedom en 2001, le prix Israeli Journalists’ Union en 1997, et le prix de l’Association of Human Rights in Israel en 1996. Il est l’auteur du livre The Punishment of Gaza, qui a été traduit en français : Gaza, articles pour Haaretz, 2006-2009, La Fabrique, 2009

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02 janvier 2016

2015 GAZA, ON N'OUBLIE PAS ! / / GAZA, NOOIT VERGETEN !

Khaled Barakat speaks in Brussels, calling for the liberation of Palestine and solidarity with the intifada and the resistance, at today's protest at Avenue Stalingrad marking 7 years since the Israeli "Cast Lead" assault on Gaza and in support of the Palestinian people's struggle:

 Organisé par Mouvement Citoyen Palestine

Rassemblement pacifique "GAZA on n'oublie pas" le 27/12/2015 avenue Stalingrad à Bruxelles.Commémoration et hommage...

Posté par Touimi Nabil sur dimanche 27 décembre 2015

Brussels protest calls for justice and liberation for Palestine – and for Omar Nayef Zayed

 

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Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network – Europe participated in a demonstration in Brussels, Belgium on 27 December, marking the anniversary of Israel’s “Cast Lead” assault on Gaza in 2009. The demonstration, organized by Mouvement Citoyen Palestine, gathered at Brussels’ Avenue Stalingrad to express support for the Palestinian resistance and the intifada, to stand in solidarity with the Palestinian people, to demand freedom for Palestinian political prisoners and justice and freedom for Palestine.

Samidoun activists carried posters of Omar Nayef Zayed, the Palestinian liberated prisoner who is now being pursued for extradition by the Israeli state after living 22 years in Bulgaria. Omar Zayed is threatened once again with Israeli torture and imprisonment, and it is a priority for Palestinian and solidarity activists across Europe to demand that the extradition request for Omar be denied by the Bulgarian state, as this is a political matter and Omar is a former Palestinian political prisoner. Calling for “Justice for Omar,” activists highlighted his case and the campaign in solidarity with him, noting that his case is not individual but carries serious implications for Palestinians throughout Europe, in particular former political prisoners. To take action for Omar, please click here: http://samidoun.net/2015/12/urgent-action-stop-extradition-of-omar-nayef-zayed-former-palestinian-prisoner-from-bulgaria/

Demonstrators chanted in solidarity with the Palestinian people and against European complicity with Israeli crimes, demanding freedom for Palestinian prisoners and for Palestine, from the river to the sea. Youth, families and children participated in the protest, leading the chanting and carrying large Palestinian flags and banners.

Khaled Barakat, Palestinian writer and activist and the coordinator of the Campaign to Free Ahmad Sa’adat spoke at the event, urging support for the current intifada rising up in Palestine and for the Palestinian people’s struggle, and emphasizing the importance of international solidarity with Palestinian prisoners in Israeli prisons, demanding their freedom.

The protest, calling for an end to the blockade on Gaza, the demolition of the Apartheid Wall, the end of Israeli occupation, the right of return of Palestinian refugees, freedom for all Palestinian prisoners, and support for Boycott, Divestment and Sanctions and for the Palestinian resistance, was endorsed by Mouvement citoyen Belgique, Le Comité Verviers Palestine, ESG asbl, Fewla Lutte Mapuche, Bruxelles Panthères, Comité des parents contre les violences policières à Molenbeek, La Nouvelle Voie Anticoloniale, Ligue Communiste des Travailleurs – Communistische Werkersbond, JOC Wallonie-Bruxelles, and Palestina Solidariteit.

Photos by Charlotte Kates, Mahmoud Alsaadi, Cecile Harnie:

Photos from today: https://www.facebook.com/charlotte.kates/posts/10105864718803389

Photos from Mahmoud Alsaadi: https://www.facebook.com/mahmoud.alsaadi.33/posts/1251337204882423

Photos from Cecile Harnie:https://www.facebook.com/cilharnie/media_set?set=a.766216556842880.1073742008.100003636291855&type=3

 

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01 janvier 2016

« Que voulez-vous qu'Israël fasse ? »

« Que voulez-vous qu'Israël fasse ? »

palestine state

Miko Peled
American Herald Tribune, 28 décembre 2015


Israël est attaqué par des pays arabes qui veulent sa destruction : que voulez-vous qu'Israël fasse ? Des soldats israéliens sont attaqués au couteau par des terroristes palestiniens : que voulez-vous qu'ils fassent ? L'Iran dispose d'un potentiel nucléaire et souhaite effacer Israël de la carte : que voulez-vous qu'Israël fasse ? Le Hamas est déterminé à tuer des civils israéliens, alors : que voulez-vous qu'Israël fasse ? La liste est sans fin des choses qui ne laissent pas d'autre choix à Israël que de s'armer, d'attaquer, de tuer des Palestiniens. C'est donc sans espoir et il n'y a aucune raison d'attendre un changement.

C'est juste épatant. Et c'est la réplique à laquelle ont eu recours les dirigeants israéliens depuis qu'elle a été forgée officiellement, vers 1956, par le général Moshe Dayan (bien qu'à l'occasion, des sionistes y ait eu recours déjà auparavant) pour justifier n'importe quel crime commis par l'état d'Israël. Moshe Dayan, c'est ce criminel de guerre inepte et lâche, rendu célèbre par son bandeau. Il était connu aussi pour voler des antiquités et courir la gueuse (on raconte que, s'entendant dire que les appétits sexuels insatiables de Moshe Dayan devenaient embarrassants, Ben Gourion aurait répondu : « Et alors ? Le roi David était aussi un coureur de jupons et c'était un grand roi »). C'est comme chef d'état-major de l'armée israélienne que Dayan a eu recours à cette excuse du « que voulez-vous que nous fassions ? », dans un inoubliable et éloquent panégyrique qu'il avait prononcé avant l'attaque de l’Égypte par Israël en 1956.

Dayan alimentait la peur et un sens du destin lorsqu'il décrivait les pauvres réfugiés dans la Bande de Gaza comme « attendant de nous massacrer et de répandre notre sang » parce que, comme Dayan le reconnaissait lui-même, « nous avons pris leur terre et en avons fait la nôtre ». Mais, expliquait-il, nous l'avons fait parce que nous n'avions pas le choix ou « qu'aurions-nous dû faire ? » après des milliers d'années d'exil et de persécutions sans fin ; après le génocide nazi, nous voilà revenus mais nous devons toujours vivre par l'épée et toujours tenir fermement cette épée, car dussions-nous relâcher cette prise, ces Arabes assoiffés de sang y verraient un signe de faiblesse et le sang juif inonderait les rues. Autrement dit, peut-être ces Arabes assoiffés de sang qui nous regardent de derrière les portes de Gaza sont-ils fondés à nous haïr mais c'est une réalité où nous n'avons pas le choix. C'est notre destin de vivre toujours par l'épée.

Et c'est bien commode !

Les crimes commis par Israël le sont parce qu'Israël n'a pas le choix. Dans une interview donnée il y a quelques années par un responsable des interrogatoires des services de renseignement israéliens, celui-ci décrivait comment, dans des hôpitaux israéliens, des médecins fermaient les yeux quand les agents venaient torturer, à l'hôpital, des blessés « suspectés de terrorisme ». Il décrivait comment ces agents « tiraient un peu sur les tubes » et qu'aussitôt, « les Arabes se mettaient à parler ». Puis il ajoutait que bien sûr personne ne pense que c'est bien mais que devrions-nous faire ? Il justifiait la torture la plus immorale et la plus horrible contre des personnes hospitalisées – avec des médecins regardant ailleurs pendant que les agents font leur petite besogne – avec cette même excuse sans gêne : « que voulez-vous qu'Israël fasse ? »

Au cours du mois d'octobre 2015, alors que j'étais à Jérusalem, j'ai regardé un programme d'information à la télévision israélienne. On y interviewait le député palestinien au parlement israélien Mohammad Baraka, de la Liste Unifiée, troisième plus grand parti au parlement israélien. Lui aussi s'est vu demander : « Que devrait faire un soldat quand il voit s'approcher de lui un Palestinien brandissant un couteau ? » Lorsque Baraka a commencé à parler de l'occupation, il a été interrompu au motif que ce qu'il disait était hors de propos et qu'il devait s'en tenir à la question. Autrement dit, l'occupation israélienne en Palestine n'a rien à voir avec tout ça mais «  que voulez-vous que fasse un soldat ? » Dites, je vous prie, que ce que font les soldats israéliens est justifié, que tuer des Palestiniens en nombre est acceptable parce que « que voulez-vous qu'Israël fasse ? » À la télévision israélienne, les Palestiniens sont toujours invités pour se faire tourner en bourrique ou être tenus de la fermer.

Le nettoyage ethnique de la Palestine était justifié parce que les Juifs n'avaient pas le choix. Le lent génocide du peuple palestinien est justifié parce qu'Israël n'a pas le choix, tuer des milliers de Gazaouis se justifie parce qu'Israël n'a pas le choix, et ainsi de suite. Les médias américains ont poussé la chose un pas plus loin en y joignant : « Nous ferions de même », comme si cela ajoutait du poids à l'argument du « que voulez-vous qu'Israël fasse ? »

Peut-être est-il temps de penser sérieusement à cette question et d'examiner si elle a une réponse. Que devrait faire un soldat ? Foutre le camp des villes et villages palestinien et alentours. Démanteler, en partant, le mur et tous les points de contrôle. Que devrait faire Israël avec les roquettes tirées de Gaza ? Lever le siège de Gaza, démanteler le mur et les points de contrôle qui s'y trouvent, et laisser au peuple de Gaza la liberté à laquelle il a droit. Que devraient faire les Israéliens ? S'ils n'aiment pas l'idée de vivre dans un pays à majorité arabe, ils peuvent aller ailleurs ou s'y faire et, s'ils choisissent de rester, qu'ils se comportent en immigrants plutôt qu'en colonisateurs. (Cette distinction importante m'a été précisée par mon neveu Guy Elhanan).

Quant à la question la plus large : « que devrait faire Israël ? » Israël devrait libérer tous les prisonniers palestiniens, abolir toutes les lois qui octroient au peuple juif des droits exclusifs en Palestine, abolir les lois qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leur terre, et débloquer les milliards de dollars qui seront nécessaires pour payer des réparations aux réfugiés et à leurs descendants. Israël devrait alors appeler à des élections libres, une personne une voix, où tous ceux qui vivent dans la Palestine mandataire voteraient à titre d'égaux. Voilà ce qu'Israël devrait faire.


(Traduction de l'anglais : Michel Ghys)


http://ahtribune.com/world/north-africa-south-west-asia/third-intifada/294-what-is-israel-supposed-to-do.html

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31 décembre 2015

Bonne année 2016

Que cette nouvelle année soit une année de liberté et de justice pour le peuple palestinien

Que l’année 2016 soit l’année de la levée du blocus israélien inhumain sur Gaza

 

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