FREE PALESTINE

20 février 2019

D’abord Israël asphyxie les Gazaouis, puis déclare qu'il est inquiet pour leur sort

Source: Externe

Le déni total de responsabilité dans la situation désastreuse du système de santé de Gaza prouve que les politiciens israéliens ne sont pas préparés à adopter une politique différente de celle qui va inévitablement provoquer la mort en masse de civils dans la guerre

 

Les responsables de la de sécurité sont inquiets devant l’effondrement du système de santé de Gaza parce que cela fera que les Forces de Défense Israéliennes auront plus de difficultés à poursuivre une opération militaire majeure dans le cas où la direction politique en ordonnerait une. C’est ce que Yaniv Kubovich a écrit la semaine dernière dans son rapport sur la récente discussion du cabinet de sécurité à ce sujet. En d’autres termes, la très pauvre performance du système de santé palestinien est l’une des choses qu’il faut prendre en compte si on décide d’attaquer à nouveau l’enclave palestinienne assiégée.

Ce rapport peut nous apprendre directement deux autres choses:

1. La plupart des morts dans la confrontation attendue seront des civils (comme ce fut le cas, accessoirement, dans les opérations précédentes) qui ne seront pas secourus hors des zones de combat dans des délais convenables ou qui ne recevront pas de traitement médical approprié;

2. La communauté internationale (c’est-à-dire probablement les pays occidentaux) vivront un moment difficile en soutenant une autre opération israélienne, à cause de l’incapacité à sauver les civils blessés.

Ce que l’on peut comprendre entre les lignes, c’est que, et la sécurité et les responsables politiques dénient toute responsabilité de leur part dans la situation à Gaza en général, et dans le système de santé palestinien en particulier. A l’opposé, une source politique a même dit que l’Autorité Palestinienne veut "que le système de santé de Gaza s’effondre".

En réalité, on ne peut minimiser les graves conséquences de la compétition destructrice, irresponsable et sectaire entre le Hamas et le Fatah. Mais le déni total de responsabilité d’Israël pour cette situation et la connexion entre la détérioration économique de Gaza et le blocus israélien et l’isolement de la Bande de Gaza depuis 1991 renforce le soupçon comme quoi, en dépit de leurs informations précises et actualisées, les dirigeants politiques et militaires ne sont pas prêts à modifier une facette fondamentale de leur politique, qui considère Gaza comme une entité séparée et une économie autarcique.

La détérioration des services de santé de Gaza est par ailleurs liée à la détresse de l’Office de Secours et de Travaux des Nations-Unies après que les Etats Unis en aient arrêté le financement. Paradoxalement, c’est une campagne politique de plusieurs années menée contre l’UNRWA par de hauts responsables israéliens qui a parlé au coeur de l’administration du président américain Donald Trump.

Un autre coup financier est attendu pour bientôt et il va, directement ou indirectement, faire du tort au système de santé palestinien: Israël a décidé de déduire le montant des pensions données aux familles des prisonniers palestiniens des droits qu’il collecte à la douane et transfère au ministère palestinien des Finances. Ces montants sont la part du lion des revenus de l’AP, et les couper va porter tort à des services essentiels. Le président de l’AP Mahmoud Abbas a déjà fait porter le déficit du budget de l’AP sur les coupes qu’il a ordonnées dans les salaires et pensions des résidents de Gaza. La déduction de centaines de milliers de shekels additionnels des droits de douane sera une raison pour couper des services médicaux à Gaza.

Source: Externe

Le rapport de Kubovich fait mention des 6.000 personnes blessées par les tirs israéliens en attente d’opérations urgentes. Dès avril dernier, Haaretz rapportait que les responsables médicaux palestiniens et internationaux étaient choqués par le nombre et la gravité des blessures infligées à des manifestants non armés. Les informations et les avertissements sur la gravité de la situation n’ont jamais fait défaut et étaient accessibles à tous. Médecins Sans Frontières, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Aide Médicale aux Palestiniens (MAP) basée à Londres, Médecins pour les Droits de l’Homme (PHR-Israël) basés à Tel-Aviv, et Gisha – Centre Juridique pour la Liberté de Circulation, ne sont que quelques unes des organisations qui ont régulièrement émis des rapports inquiétants, qui sont certainement arrivés en temps réel sur les bureaux du Coordinateur des Activités Gouvernementales dans les Territoires et du service de sécurité du Shin Bet.

La décision d’utiliser des balles réelles plutôt que des moyens non-létaux pour disperser des manifestants non armés est celle de l’armée. Les ordres donnés aux soldats de tirer à courte distance dans les jambes de foules de manifestants, qui ont causé de graves blessures et même des infirmités, sont venus de leurs commandants.

«Nos équipes médicales remarquent que les blessures comportent un niveau extrême de destruction des os et des tissus mous et des blessures dont la taille d’ouverture peut atteindre la grosseur d’un poing», a dit en avril 2018 un rapport de Médecins Sans Frontières (l’un des gagnants du Prix Dan David de cette année). «Ces patients nécessitent des opérations chirurgicales très complexes et la plupart d’entre eux resteront infirmes à vie.»

Mais les soldats ont continué à blesser de cette façon les manifestants non armés, même après la publication des rapports, et après qu’on ait explicitement démontré que les hôpitaux de Gaza étaient dans l’incapacité de traiter comme il le fallait tous les blessés, dont le traitement initial se faisait aux dépens des patients ordinaires, qu’on les relâchait prématurément et que, à cause du manque de médicaments nécessaires, ils développaient des infections et des gangrènes.

Il aurait pu être possible de sauver la jambe de certains blessés – et la vie d’autres blessés – s’ils avaient été autorisés à chercher des traitements hors de Gaza, dans des endroits qui ne souffrent pas de pénurie de médicaments, d’aiguilles et d’électricité. Mais un ordre politique refusant de les laisser sortir, couplé avec un mécanisme très incommode de la délivrance de permis, a saboté cette possibilité, qui aurait par ailleurs relâché la pression sur les salles d’opération de Gaza. Souvent les délais de délivrance des permis de sortie pour traitement conduisent à la détérioration de l’état du patient, ajoutant un stress supplémentaire sur le système de santé de Gaza.

Les responsables de la sécurité (c’est-à-dire le Bureau de Coordination du District (DCO), qui dépend du Coordinateur des Activités Gouvernementales dans les Territoires), et le service de sécurité du Shin Bet sont responsables de la procédure complexe d’examen des demandes de permis de sortie de Gaza, dont les permis pour obtenir un traitement médical.

D’après la WHO, en 2018, 25.897 demandes ont été soumises pour traverser le passage d’Erez en vue d’un traitement médical en Cisjordanie ou en Israël. Chaque demandeur a obtenu la garantie de l’AP que ses dépenses médicales seraient prises en charge. Mais le DCO et le Shin Bet n’ont approuvé que 61% des demandes pour recherche d’un traitement médical, sans tenir compte de la date du rendez-vous médical de la personne. La procédure permet ainsi aux responsables de la sécurité d’ignorer les rendez-vous pour traitements médicaux décisifs ou pour des événements qui ont lieu à une date spécifique, et d’empêcher les visites à des parents malades.

Mais les magistrats Menahem Mazuz, Ofer Grosskopf et Alex Stein ont refusé de tenir une audience sur l’injustice de principe causée par la longueur du temps d’attente qu’autorise la procédure, et ont réclamé une requête qui traite de cas spécifiques. «Pour les cas médicaux, jusqu’à 23 jours, c’est raisonnable», a dit Stein, tandis que Mazuz ajoutait: «J’ai du mal à comprendre comment on peut être persuadé que 50 ou 70 jours [pour traiter une demande] est illégal.»

Source: Externe

Une autre requête est en attente, enregistrée par PHR-Israël et l’organisation gazaouie de défense des droits de l’Homme Al-Mezan, contre la règle relativement nouvelle qui refuse les permis de sortie aux personnes qui ont de la famille en Cisjordanie.

Etant donné la misère économique et psychologique à Gaza, un nombre croissant de résidents de Gaza qui sont arrivés à obtenir un permis de visite en Cisjordanie pour quelques jours y sont tout simplement restés. Ils y trouvent souvent du travail et envoient de l’aide à leur famille à Gaza. Les responsables de la sécurité et l’échelon politique les considèrent comme des «étrangers illégaux», même alors que les Accords d’Oslo stipulent que la Bande de Gaza et la Cisjordanie constituent une seule unité territoriale.

Au cours des deux dernières années, les responsables de la défense ont conditionné la sortie de Gaza pour traitements médicaux au retour dans la Bande de parents qui sont restés en Cisjordanie. En d’autres termes, les responsables de la défense, qui s’inquiètent de l’effondrement du système de santé palestinien, le rendent encore plus difficile pour ce système de santé en l’obligeant à traiter des patients avec des ressources qu’il ne possède pas et en obligeant les médecins à voir l’état de leurs patients se détériorer parce qu’ils ne peuvent pas les aider.

«Depuis longtemps, nous mettons en garde sur l’effondrement des services de santé à Gaza et il est clair pour tout le monde que Gaza ne pourrait pas supporter une autre guerre», dit PHR-Israël. «Et pourtant, quand nous demandons que des patients soient autorisés à sortir, on nous dit très souvent que la demande n’est pas acceptée parce que le traitement est disponible dans les hôpitaux sur place. Maintenant, les responsables de la défense finissent par reconnaître la réalité.»

Au cours de ce dernier week-end, six médecins volontaires de PHR-Israël ont réalisé quelque 30 opérations complexes dans les hôpitaux de Gaza souffrant de pénuries. Ces médecins palestiniens sont des citoyens israéliens qui ont des postes importants dans les centres médicaux de Rambam, Hasharon, Hacarmel et Shaare. Trois autres volontaires de PHR-Israël – un médecin de famille, un pédiatre et un psychologue – ont soigné des centaines d’autres patients.

Pendant les 11 dernières années, des volontaires de cette organisation sont entrés dans la Bande une fois par mois et ont passé quelques jours à opérer et soigner des patients sans interruption. A chaque visite, ils apportent des équipements médicaux, les instruments dont ils ont besoin pour pratiquer les opérations, des prothèses pour les victimes de tirs, de l’insuline pour les diabétiques, du Clexane anticoagulant et d’autres médicaments coûteux pour de nombreux patients. Cette fois-ci, le groupe a apporté pour environ 90.000 $ de médicaments et d’équipement, la plupart offerts par les associations de la société civile palestinienne en Israël.

«Plus que de leur conditions physiques, les patients parlent des difficultés psychologiques et économiques à vivre comme des prisonniers dans la Bande fermée», a dit à Haaretz le coordinateur de la délégation, Salah Haj Yihye. «Les médecins de Gaza sont bons», a-t-il dit, «mais ils n’obtiennent pas de permis pour sortir de la Bande suivre des formations avancées, ils ne disposent pas de l’équipement nécessaire, l’électricité est fournie en pointillés, et ils n’obtiennent qu’un salaire partiel. Ce sont des médecins qui n’ont pas les moyens financiers pour aller travailler. Ils subissent une pression que l’on ne peut trouver dans un aucun autre hôpital au monde». C’est pourquoi Gaza a besoin de cette aide, même si cette aide n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de pauvreté où se trouve la société de Gaza.

On ne peut déconnecter les difficultés financières du système de santé de Gaza de la pauvreté de la Bande, et on ne peut déconnecter sa pauvreté de sa cause principale: le déni de liberté de circulation envers les résidents de Gaza. Cela a conduit la production à chuter au niveau minimum à Gaza. Cette politique a pris place avant que le Hamas ne prenne le pouvoir dans la Bande, et elle s’est intensifiée après le désengagement de 2005, lorsque des milliers de travailleurs n’eurent plus l’autorisation de travailler en Israël. La réhabilitation du système de santé de Gaza ne sera pas possible sans que la liberté de circulation et la possibilité de gagner dignement sa vie soient restaurées pour ses résidents.

Amira Hass -

12.02.19

Source: Aurdip

19 février 2019

Comment Israël et le CRIF manipulent la lutte contre l’antisémitisme

Source: Externe

Ce qui intéresse le gouvernement israélien et nombre de ses soutiens n’est pas le combat tout à fait justifié contre l’antisémitisme, comme le prouve le flirt de Benyamin Netanyahu avec des forces d’extrême droite en Europe. Il s’agit avant tout de dévoyer ce combat pour discréditer la solidarité avec les Palestiniens, comme le prouve le débat sur la définition de l’antisémitisme

 

Le 6 décembre 2018, le conseil Justice et affaires intérieures de l’Union européenne (UE) adoptait, sans débat, une  déclaration sur la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe. Louable intention, sauf que… l’article 2 de cette déclaration invite les États membres à adopter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA). Pendant la présidence autrichienne de l’UE, de juillet à décembre 2018, Israël et le puissant lobby pro-israélien se sont activés dans le plus grand secret et n’ont ménagé aucun effort pour obtenir ce résultat. Quelle est donc cette «définition IHRA» qu’Israël et ses soutiens inconditionnels veulent imposer?

En 2015, au lendemain de l’offensive meurtrière israélienne contre la population de Gaza massivement condamnée par l’opinion mondiale, le lobby israélien relance une offensive avortée dans les années 2000, visant à promouvoir une définition de l’antisémitisme intégrant la critique d’Israël. Sa cible: l’IHRA, un organisme intergouvernemental regroupant 31 États, au sein duquel le lobby pro-israélien dispose d’un relais. En mai 2016, l’IHRA a adopté sa «définition» de l’antisémitisme:

"L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, qui peut s’exprimer par la haine envers les juifs. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des personnes juives ou non-juives et/ou leur propriété, contre les institutions de la communauté juive ou les lieux religieux. (traduction de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS)

Présentée comme «non contraignante sur le plan juridique», elle est parfaitement indigente, se bornant à préciser que l’antisémitisme «est une certaine perception des juifs, qui peut être exprimée comme de la haine envers les juifs». Rien là pourtant d’innocent. Car le communiqué de presse de mai 2016 ajoute: «Pour guider l’IHRA dans son travail, les exemples suivants peuvent servir d’illustration.» Jamais adoptés par l’IHRA, lesdits exemples servent pour la plupart à assimiler la critique d’Israël à l’antisémitisme:

➞ «Les manifestations [d’antisémitisme] peuvent inclure le ciblage de l’État d’Israël», tout en précisant plus loin que «la critique d’Israël similaire à celle qui peut être faite à un autre pays ne peut pas être considérée comme antisémite». Similaire, qu’est-ce que cela veut dire, quand les réalités sont spécifiques, ou pour des associations dédiées à la défense des droits du peuple palestinien?

➞ «Accuser les citoyens juifs d’être plus loyaux à l’égard d’Israël (…) qu’aux intérêts de leur propre nation». «Les» ou «des»… On n’aurait donc plus le droit de dire que le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) est devenu une annexe de l’ambassade d’Israël?

➞ «Nier au peuple juif le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste.» La nouvelle loi fondamentale d’Israël réserve le droit à l’autodétermination au seul «peuple juif». On n’aura plus le droit de la combattre?

➞ «Faire preuve d’un double standard en exigeant de sa part [de l’État d’Israël] un comportement qui n’est attendu ni requis d’aucun autre pays démocratique.» Les situations sont différentes, quel serait le critère?

Source: Externe

UN OUTIL DE PROPAGANDE ET D’INTIMIDATION

Bref, voilà une définition indigente, mais «non contraignante sur le plan juridique», toutefois associée à des exemples très contestables qui n’ont cependant pas été adoptés par l’IHRA… Vu de loin, tout cela n’a guère de sens et ne serait peut-être pas si grave? Ce serait oublier que nous n’avons pas affaire à un outil de contrainte juridique, mais à un outil de propagande et d’intimidation. Ce qui importe, pour les inconditionnels de la politique israélienne, ce n’est pas d’avoir raison sur le plan juridique, c’est d’insuffler le doute et la crainte d’être traité d’antisémite, de provoquer des discussions à n’en plus finir, de bloquer toute initiative… et de ruiner la réputation de quiconque ne s’y plierait pas.

L’exemple du Royaume-Uni, qui a adopté la définition IHRA dès la fin de 2016, le prouve. Sur la base d’une simple déclaration gouvernementale, le lobby a fait pression pour que le maximum d’universités, de municipalités et de partis politiques adoptent aussi cette définition. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre. Nombre de réunions publiques ont été annulées dans les universités, un professeur a fait l’objet d’une enquête sans aucun fondement, une personnalité travailliste a été exclue du parti…. L’association britannique Free Speech on Israel a sélectionné et documenté huit cas particulièrement caractéristiques sur l’année 2017.

La campagne la plus scandaleuse du lobby pro-israélien en Angleterre a été dirigée contre Jeremy Corbyn: face aux accusations infondées d’antisémitisme dont son leader a été la cible, la pression pour l’adoption de la «définition IHRA» et des exemples associés a été telle que le comité exécutif du Parti travailliste a finalement cédé.

À ce jour, huit États européens ont adopté la «définition IHRA» de l’antisémitisme: la Roumanie, l’Autriche, l’Allemagne, la Bulgarie, la Slovaquie, l’Italie, le Royaume-Uni, ainsi que, hors UE, la Macédoine. Les dégâts, déjà visibles au Royaume-Uni et en Allemagne, sont encore à venir dans nombre de ces pays.

UNE STRATÉGIE D’IMPUNITÉ

Cette opération n’est pas la première relayée par le CRIF. Elle fait suite à la tentative inachevée de criminalisation de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS). Car aucune loi n’interdit en France de boycotter un État dont la politique viole à la fois le droit international et les droits humains. Sinon, d’ailleurs, les organisateurs du boycott du régime d’apartheid sud-africain auraient été poursuivis; or, aucun ne le fut à l’époque.

Sur des centaines d’actions de boycott, très rares sont celles qui ont été jugées. L’une d’entre elles, à Colmar, a fait de surcroît l’objet d’un arrêt de la Cour de cassation, que la Cour européenne des droits de l’homme pourrait néanmoins retoquer. D’autant que, pour sa part, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a clairement précisé«L’Union européenne se positionne fermement pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui est applicable au territoire des États membres de l’UE, y compris en ce qui concerne les actions BDS

Dans ces campagnes contre BDS comme pour l’adoption de la «définition» de l’IHRA, la manœuvre est cousue de fil blanc: il s’agit de faire taire toute critique de la politique israélienne. C’est que les dirigeants israéliens restent profondément isolés, et d’abord au sein de l’ONU. L’État de Palestine est entré successivement à l’Unesco (2011), puis à l’Assemblée générale de l’ONU (2012), et même à la Cour pénale internationale (CPI) en 2015. Un symbole: lors du dernier de vote de l’Assemblée générale sur «le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, y compris son droit à un État indépendant», le 17 décembre 2018, 172 États ont voté pour et 6 contre (dont Israël, les États-Unis et le Canada, mais aussi les Îles Marshall, les États fédérés de Micronésie et Nauru).

Et cet isolement ne risque pas de se réduire. La droite et l’extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv sont en effet engagées dans un inquiétant processus de radicalisation. Profitant du soutien de l’administration Trump et de leur alliance avec l’Arabie saoudite contre l’Iran, elles veulent passer de la colonisation, qu’elles accélèrent, à l’annexion, que plusieurs lois préparent. À terme, si elles sont reconduites le 9 avril prochain, elles enterreront la solution dite «des deux États» au profit d’un seul, où les Palestiniens annexés avec leurs terres ne jouiront d’aucun droit politique, à commencer par le droit de vote. La loi fondamentale adoptée le 19 juillet 2018 à la Knesset symbolise cette officialisation de l’apartheid à l’israélienne. Celle de 1992 définissait Israël comme un «État juif et démocratique»: la nouvelle s’intitule «État-nation du peuple juif». Et elle précise: «Le droit à exercer l’autodétermination nationale au sein de l’État d’Israël appartient au seul peuple juif.» Bref, elle renie explicitement la Déclaration d’indépendance qui, le 14 mai 1948, promettait que le nouvel État «assurera[it] une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe».

Les alliances que noue Benyamin Netanyahu avec des populistes et des néofascistes, notamment en Europe, ont également de quoi choquer. Comment accepter qu’un premier ministre de ce pays, qui se réfère si souvent à la shoah pour justifier sa politique, flirte avec des dirigeants qui font l’éloge des collaborateurs des nazis, comme Viktor Orbán, ou prétendent interdire qu’on en parle, comme Jaroslaw Kazcynski, ou se réclament à mots à peine couverts du fascisme, comme Matteo Salvini.

Source: Externe

Nul doute que cette fuite en avant ne creuse un peu plus le fossé entre Israël et l’opinion mondiale. Pour preuve les dernières enquêtes réalisées en France. Selon une enquête de l’IFOP, 57% des sondés ont une «mauvaise image d’Israël», 69% une «mauvaise image du sionisme» et 71% pensent qu’«Israël porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociation avec les Palestiniens». Et qu’on ne nous dise pas qu’ils sont antisémites! Sous le titre «Un antisionisme qui ne se transforme pas en antisémitisme», une autre enquête, réalisée par IPSOS montre que les personnes les plus critiques vis-à-vis de la politique d’Israël sont aussi les plus solidaires envers les juifs face à l’antisémitisme.

Raison de plus pour que la France résiste enfin au chantage à l’antisémitisme. Lorsque l’on critique l’UE, il ne faut en effet jamais oublier que les vrais responsables sont les États, notamment au sein du Conseil de l’Union. Les représentants français y étaient parfaitement armés et avertis. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) avait été particulièrement claire dans son rapport annuel sur le racisme paru en mai 2018. Son avis était défavorable à l’adoption de la définition de l’IHRA pour deux raisons: définir chaque type de racisme est contraire à la tradition juridique française, et, tout en restant vigilant, il faut se garder de toute instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme.

Pourtant, l’article 2 de la déclaration du conseil Justice et affaires intérieures de l’UE est passé. Il est intéressant à ce stade de rappeler sa rédaction complète:

"Invite les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à approuver la définition opérationnelle juridiquement non contraignante de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA), en tant qu’instrument d’orientation utile en matière d’éducation et de formation, notamment pour les services répressifs dans le cadre des efforts qu’ils déploient pour procéder de manière plus efficiente et efficace à la détection des attaques antisémites et aux enquêtes les concernant."

Admirons au passage la manipulation de la traduction française («working definition» traduit par «définition opérationnelle») et l’invitation faite aux États membres à former leur police sur des textes qui sont en-dehors de la loi, alors que la règle, pour les déclarations du conseil, est celle de l’unanimité et du consensus. Comment les représentants du gouvernement français ont-ils pu laisser faire? Est-ce un effet de l’entrevue accordée au CRIF par la ministre de la justice, Nicole Belloubet, quelques jours avant la décision?

Le consensus n’a été obtenu que par le retrait de la référence aux fameux «exemples». Effectivement, l’article 2 ne fait pas référence aux exemples. Mais il ne dit pas non plus que ceux-ci sont exclus; des responsables de la Commission européenne se sont immédiatement engouffrés dans la brèche. Finalement, l’ambassadeur de France auprès de l’UE a rappelé officiellement en comité des représentants permanents que le consensus sur l’article 2 ne comprenait pas les exemples. C’était une mise au point utile, qui a été assumée par les autorités françaises et l’AFPS en a fait part, mais elle n’a toujours pas été reprise par la communication officielle des mêmes autorités françaises…

L’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme au service de l’impunité d’un État tiers qui viole tous les jours le droit international est une affaire très grave qui peut profondément miner notre démocratie. Face à cela, l’attitude de l’exécutif français est encore en demi-teinte et ne permet pas de combattre sérieusement ce danger: en juillet 2017, Emmanuel Macron a lancé devant Benyamin Netanyahu l’amalgame gravissime entre antisémitisme et antisionisme. Il n’a pas recommencé, mais il n’est pas non plus revenu publiquement sur ses déclarations. Plus récemment, le CRIF a officiellement demandé au gouvernement français de légiférer contre le boycott et d’adopter la définition IHRA de l’antisémitisme. Le gouvernement n’a pas donné suite, mais il n’a pas non plus signifié officiellement son refus. Il est temps de dire clairement que la France n’accepte pas que l’État d’Israël intervienne dans ses affaires intérieures.

Dominique Vidal & Betrand Heilbronn -

12.02.19

Source: Orient XXI

18 février 2019

Obstination illégale et criminelle de l'idéologie sioniste

Source: Externe

Des ministres israéliens signent une pétition pour installer 2 millions de juifs en Cisjordanie

 

Des dizaines de ministres israéliens et de hauts responsables du parti politique du Likoud et d'autres partis de droite ont signé une pétition demandant l'installation de deux millions de juifs en Cisjordanie occupée.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, et les ministres Gilad Erdan, Miri Regev, Yisrael Katz du Likoud, Ayelet Shaked et Naftali Bennett du parti New Right, figurent parmi les signataires de la pétition qui demande l’abandon de la solution des deux États et l'établissement de nouvelles colonies israéliennes de peuplement dans toute la Cisjordanie occupée.

La pétition signée a été présentée par le mouvement Nahala, un groupe de colons israéliens, afin de promouvoir un plan israélien de colonisation introduit par le gouvernement du défunt 1er ministre Yitzhak Shamir au début des années 1900.

L'objectif principal de la pétition est d'installer 2 millions de Juifs en Cisjordanie.

Des activistes de Nahala ont récemment manifesté devant la résidence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem pour demander au prochain gouvernement de s'employer à ce que toute la Cisjordanie soit colonisée et d'abandonner l'idée d'une solution à deux États.

Parmi les membres du Likoud qui ont signé la pétition, on trouve le président de la Knesset, Yuli Edelstein, le ministre des Transports, Yisrael Katz, le ministre du Tourisme, Yariv Levin, le ministre de la Protection de l'environnement et des Affaires de Jérusalem, Zeev Elkin, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, la ministre de la Culture, Miri Regev, le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, le ministre de la Communication, Ayoub Kara, le ministre de l’Immigration et de l’Assimilation, Yoav Gallant, le ministre de l'Égalité sociale, Gila Gamliel, et le ministre des Sciences et de la Technologie, Ofir Akunis. La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, et le ministre de l’éducation, Naftali Bennett, tous deux du parti de la Nouvelle droite, ont également signé la pétition.

Source: Externe

La déclaration du Mouvement Nahala dit ceci: "Je m'engage par la présente à rester fidèle à la terre d'Israël et à ne pas céder un pouce de l’héritage de nos ancêtres. Je m'engage à agir pour réaliser le plan de colonisation de peuplement de 2 millions de juifs en Judée et la Samarie conformément au plan du Premier ministre Yitzhak Shamir, ainsi que d'encourager et de diriger le rachat de toutes les terres en Judée-Samarie. Je m'engage à agir pour annuler la déclaration de deux États pour deux peuples et la remplacer par la belle déclaration: la terre d'Israël, un pays pour un peuple".

Le mouvement Nahala a déclaré dans un communiqué que la pétition est un «test de loyauté idéologique et éthique».

En violation du droit international, entre 500.000 et 600.000 Israéliens vivent dans des colonies de peuplement exclusivement juives à Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie.

Des annonces récentes d'expansion de la colonisation ont provoqué la condamnation de la communauté internationale.

Ma'an News -

09.02.19

Source: ISM

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17 février 2019

Nouvelle victoire importante pour le BDS

Source: Externe

Une cour états-unienne rejette une plainte contre le boycott académique d’Israël

 

Lundi, un juge fédéral à Washington DC a rejeté une plainte déposée contre l’ASA, l’American Studies Association (Association des études américaines), pour sa décision de soutenir le boycott des institutions académiques israéliennes.

Cette décision est un rude coup porté aux groupes de lobbys israéliens qui tentent d’utiliser les cours de justice pour harceler, intimider et faire taire les défenseurs des droits des Palestiniens dans les universités états-uniennes – une tactique connue sous le nom de «lawfare» [combinaison de «law» (loi) et «warfare» (mener une guerre)-ndlt].

En avril 2016, plusieurs membres ou anciens membres de l’ASA ont porté plainte contre le groupe qui avait émis en 2013 une résolution de soutien au boycott académique.

Dans son jugement de 20 pages, le juge de district états-unien Rudolph Contreras a écrit que les demandeurs n’étaient pas habilités à soumettre une demande de dommages-intérêts au nom de l’ASA, et que leurs demandes individuelles de dommages-intérêts étaient bien loin d’atteindre le minimum de 75.000$ US requis pour déposer une telle demande devant une cour fédérale.

Au maximum, les demandeurs individuels pouvaient demander des dommages-intérêts de quelques centaines de dollars pour couvrir les frais d’adhésion qui, selon eux, avaient été détournés, mais ils devraient entreprendre une autre procédure pour ces demandes, a estimé le juge.

«En bref, la cour a dit sans ambigüité que les plaignants attaquant l’ASA mentaient quand ils affirmaient ‘avoir subi d’importants préjudices économiques et de réputation’» a déclaré à The Electronic Intifada, Radhika Sainath, avocate du groupe pour les droits humains Palestine Legal.

«Mais, comme l’a expliqué la cour, les plaignants n’ont pu expliquer ‘nulle part’ dans leur plainte ce qu’avaient été ces préjudices. Leur plainte était clairement irrecevable.»

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«Des procédures désespérées»

«Je suis très heureuse que cette plainte sans fondement ait été rejetée. Elle n’avait pas d’autre but que de persécuter ceux qui osent critiquer les politiques israéliennes et cherchent à faire cesser l’occupation par des moyens pacifistes,» a déclaré à The Electronic Intifada, Steven Salaita, l’un des avocats.

«Notre victoire illustre encore une fois qu’il est important de rester fermes devant les tentatives pour faire taire ceux qui sont dévoués à la cause de la justice.»

En 2014, S. Salaita a été licencié de l’Université d’Illinois à Urbana-Champaign pour avoir critiqué sur les médias sociaux l’attaque d’Israël contre Gaza cette année-là.

Il a poursuivi l’université pour rupture de contrat, soutenant que les administrateurs avaient agi sous la pression de donateurs pro-israéliens, avant de trouver un accord.

Puis S. Salaita s’est trouvé visé par l’action en justice engagée contre l’Association des études américaines.

Avec S. Salaita, les autres personnes accusées individuellement étaient les universitaires et défenseurs des droits des Palestiniens Lisa DugganCurtis Marez, Avery Gordon, Neferti Tadiar, Sunaina Maira, Chandan Reddy, Jasbir Puar, J. Kehaulani Kauanui et John Stephens.

«Ces plaintes désespérées soumises pour faire taire les défenseurs des droits des Palestiniens ne sont pas seulement des échecs, elles font grandir le mouvement en montrant encore plus clairement qui est du mauvais côté de l’histoire, qui est l’agresseur, qui n’est pas raisonnable, et qui veut empêcher le débat», a déclaré à The Electronic Intifada, la directrice juridique adjointe du Centre pour les droits constitutionnels, Maria LaHood.

M. LaHood, qui représentait S. Salaita dans la plainte contre l’ASA, a ajouté: «La liberté, la justice et l’égalité se sont toujours trouvées du bon côté de l’histoire».

La plainte prétendait qu’une «cabale de leaders de USACBI» avait sournoisement pris le pouvoir au sein de l’ASA et abusé de sa position au sein du comité exécutif et du conseil national pour imposer en douce la résolution sur le boycott aux membres de l’association, non-informés et, ce faisant, détourner l’argent de l’ASA.

Membre du mouvement de solidarité, USACBI, US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (Campagne états-unienne pour le boycott académique et culturel d’Israël), soutient que les institutions académiques israéliennes devraient être boycottées parce qu’elles sont complices des violations systématiques des droits des Palestiniens par Israël.

Source: Externe

Pilotés par le lobby israélien

Les forces présentes derrière la poursuite judiciaire étaient celles du Centre Louis D. Brandeis, une organisation de plaidoyer pour Israël qui travaille depuis des années à disqualifier le militantisme en solidarité avec la Palestine en l’accusant d’antisémitisme et qui cherche à le faire disparaître par des plaintes pénales frivoles et des accusations fausses de violations des droits civiques.

Jusqu’à février de l’année dernière, le président du Centre Brandeis, Kenneth Marcus, défendait les plaignants.

En juin dernier, le Sénat a confirmé K. Marcus au poste de principal défenseur des droits civiques de l’administration Trump au Département de l’éducation, une position qui pourrait lui permettre de continuer sa campagne de répression des défenseurs des droits des Palestiniens depuis l’intérieur du gouvernement fédéral.

La plainte contre l’ASA avait précédemment subi un revers majeur.

En mars 2017, la cour avait rejeté l’accusation principale des plaignants, soit que l’ASA avait agi en violation de sa charte en soutenant le boycott.

«La résolution pour le boycott visait à la fois à encourager la liberté académique des Palestiniens et à renforcer les relations entre institutions américaines et palestiniennes», avait écrit le juge Contreras à ce moment. «Ainsi, elle n’allait pas à l’encontre des buts spécifiques de l’ASA.»

Mais Contreras avait autorisé la poursuite d’autres demandes – avant de finalement rejeter l’ensemble de la plainte.

«Les sionistes ne veulent pas voir en face à quel point les crimes d’Israël révulsent les gens, alors ils imaginent que tous les groupes qui se dressent au nom de la justice ont forcément été trompés et manipulés pour le faire», a déclaré Mark Kleiman, l’avocat de J. Kehualani Kaunui et Jasbir Puar, à The Electronic Intifada.

«Cet aveuglement émane en partie de leur propre tendance à s’appuyer sur la tromperie, la corruption et les subterfuges pour ralentir ce qui devient rapidement un mouvement de masse», a ajouté M. Kleimann.

«Dans le cadre de cette plainte, ils ont simplement fabriqué des accusations, puis prétendu qu’ils avaient subi un préjudice du fait de ce qu’ils imaginaient que des gens avaient fait.»

Ali Abunimah -

05.02.19

Source: Agence Médias Palestine

16 février 2019

ALERTE: l'israélienne Elbit Systems lorgne un important contrat avec la Belgique

Source: Externe

Elbit systems a fabriqué des munitions au phosphore blanc utilisées par Israël lors de ses agressions contre Gaza

 

L’industrie des armements a confirmé une nouvelle fois le cliché disant que le patriotisme est le dernier refuge des scélérats.

Depuis quelques mois, la firme belge OIP Sensor Systems fait du battage autour de son offre en faveur d’un important contrat portant sur l’équipement des marines de guerre belge et hollandaise de navires spécialisés dans la guerre des mines.

L’offensive de charme dans laquelle OIP Sensor Systems s’est engagée met en exergue ses connexions locales en recourant au slogan «achetez belge».

OIP Sensor Systems‏ @OIPSensorSys

Tweet:

Une nouvelle industrie de haute technologie en Belgique

OIP Sensor Systems

Un coup de pouce pour la haute technologie belge: la collaboration entre DAMEN et OIP va créer des centaines de nouveaux emplois dans la haute technologie. La NMCM Toolbox de #DAMEN/OIP, le choix idéal pour la Belgique… (tweet du 8 janvier 2019)

Ce slogan est trompeur, (comme le montre cette Capture d'écran à partir du site officiel d'OIP-ndlr):

OIP Sensor Systems
Entreprise
Résultat de recherche d'images pour "oip sensor systems"

Description

Traduit de l'anglais-OIP Sensor Systems est une société belge de défense et d'espace. Wikipédia (anglais)
Afficher la description d'origine
Création : 1919
Bien qu’OIP Sensor Systems ait une usine à proximité de la ville belge de Gand, la firme est l’entière propriété d’Elbit, un important fabricant d’armes israélien.

À tous égards, dans ce cas, OIP est une société israélienne. Sa maison mère Elbit Systems a fourni des munitions au phosphore blanc et des drones qui ont été utilisés par Israël lors de ses agressions contre Gaza.

Elbit systems fabrique également des armes à sous-munitions pour l’armée israélienne, contribuant ainsi à contourner une interdiction internationale.

Plus tôt, ce mois-ci, Elbit s’est vu accorder un contrat de 333 millions de dollars portant sur la fourniture de munitions à l’armée israélienne. Au total, les ventes à l’armée israélienne représentent environ un cinquième des rentrées d’Elbit.

L’offensive de charme d’OIP Sensor Systems était quelque peu contradictoire.

Un tweet de la société confirme que le matériel testé en Belgique «s’appuie sur» des équipements déjà utilisés par Elbit. Et les navires proposés par OIP seraient équipés du système Seagull manufacturé par Elbit.

«Achetez israélien» serait un slogan plus honnête – quoique moins astucieux – pour la campagne d’OIP Sensor Systems.

Invité à faire un commentaire, le ministère belge de la Défense s’est contenté de faire savoir que «la procédure d’acquisition est toujours en cours» et que les propositions sont «toutes en cours d’évaluation».

Le gouvernement belge semble n’avoir aucun scrupule à dépenser de l’argent pour des armes israéliennes.

En 2015, Elbit Systems a décroché un contrat de 150 millions de dollars en vue d’armer les troupes d’infanterie en  Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.

Source: Externe

Répugnant

La Belgique se mue en leader dans les activités de guerre des mines qui ont attiré l’attention d’OIP Sensor Systems.

L’utilisation de mines fait partie d’une poussée vers la modernisation des armes, avec un budget général dépassant 10 milliards de dollars.

De telles dépenses proposées seraient immorales dans n’importe quelles circonstances.

Mais le fait que 10 milliards de dollars seront alloués aux forces armées dans une époque de restrictions croissantes en Belgique – et tout particulièrement dans sa ville principale – rend tout ce programme répugnant.

Bruxelles a connu une augmentation de près de 100% du nombre de SDF au cours de la dernière décennie.

Si la Belgique peut gaspiller 10 milliards de dollars en armes, il n’y a aucune raison qu’elle ne puisse pas trouver à loger toutes les personnes vivant dans le besoin.

OIP Sensor Systems s’est longtemps montrée discrète à propos de ses relations précises avec Israël. Freddy Versluys, le CEO de la firme, a nié dans le passé qu’Israël fasse partie de ses clients.

Ses dénégations contredisent nombre de détails figurant dans les rapports officiels belges et qui indiquaient clairement qu’OIP fabriquait des composantes destinées à l’exportation vers Israël.

Fr. Versluys est une personnalité de tout premier plan dans le lobby belge de l’armement.

La Belgique présente ses activités de 'guerre des mines' comme une contribution au développement accru des efforts de l’Union européenne en vue du renforcement de ses capacités militaires.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a prétendu récemment que de tels efforts aboutiraient à la mise sur pied d’une armée européenne.

Le bellicisme de Donald Trump et le futur retrait de la Grande-Bretagne de l’UE pourrait accélérer ce processus.

Il est plus que probable que les marchands d’armes israéliens tiennent attentivement à l’œil ce que mijote l’UE. Ils peuvent chercher à décrocher des contrats qui, inévitablement, vont faire l’objet d’appels d’offre.

Avec un petit subterfuge, les armes testées sur les Palestiniens peuvent être présentées comme des marchandises attrayantes.

[SVP, écrivez à vos représentants politiques pour empêcher de tels contrats!-ndlr]

David Cronin -

25.01.19

Source: Mondialisation.ca

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15 février 2019

Non, «l’empathie» ne peut pas «briser le cycle de la violence en Palestine-Israël»

Source: Externe

A propos de l’empathie & autres mensonges des sionistes «de gauche»

 

Le «processus de paix» entre les dirigeants israéliens et palestiniens est mort depuis longtemps, mais les funérailles officielles n’ont jamais eu lieu. Israël continue de priver les Palestiniens de leurs droits, de les persécuter et de les déplacer, tout en resserrant ses liens avec les forces fascistes du monde entier, notamment les États-Unis, la Hongrie, les Philippines et le Brésil.

En 2005, déçue par les politiciens, la société civile palestinienne a lancé à la communauté internationale un appel au Boycott, Désinvestissement et Sanction (BDS) de l’Etat israélien, jusqu’à ce qu’il reconnaisse pleinement leurs droits. Le mouvement BDS a obtenu un large soutien parmi les Palestiniens et leurs alliés, et a remporté plusieurs victoires importantes en matière de relations publiques, y compris la récente réaffirmation d’un prix à Angela Davis, icône des droits civiques, après son annulation due aux pressions de groupes sionistes qui n’appréciaient pas son soutien au mouvement BDS.

Malgré l’appel au BDS et l’échec de décennies de négociations, il y a des gens pour affirmer qu’il est encore possible de parvenir à la paix et la justice par le dialogue et le compromis entre Palestiniens et sionistes.

Dans un récent éditorial du Guardian, le professeur Simon Baron-Cohen, chercheur sur l’autisme, parle de l'«empathie» comme d’un moyen naturel de combler le fossé entre des peuples en conflit pour bâtir un avenir commun. Il dit que l’empathie entre les victimes est le premier pas vers la réconciliation entre les sociétés israélienne et palestinienne qui se sont déshumanisées au contact l’une de l’autre.

Baron-Cohen reconnaît qu’il n’est pas un expert en la matière, ce qui explique sans doute pourquoi son propos s’apparente à de la propagande sioniste de gauche.

Source: Externe

La propagande sioniste

Le but ultime de la propagande d’un appareil nationaliste quel qu’il soit est de faire fusionner la perception du «moi» avec celle de la «nation» chez les individus, pour en faire des créatures entièrement dévouées à la classe dirigeante. Dans un contexte où l’État considère la critique comme une menace existentielle, il est nécessaire de lutter pour garder sa liberté de pensée et ne pas se laisser happer par la psyché collective.

Le mouvement sioniste est une expression moderne de suprématie blanche depuis toujours. Les sionistes ont repris des éléments du judaïsme et du libéralisme et les ont reconditionnés pour en faire des outils de propagande identitaire au service de leur expansion coloniale.

L’État d’Israël est construit sur le mensonge inscrit dans une Loi fondamentale, selon laquelle ce serait un Etat tout à la fois juif et démocratique. Toutefois, Israël n’est pas un État démocratique, comme en témoigne la longue liste de mesures anti-palestiniennes, y compris la récente loi sur l’État-nation juif. Ce n’est pas non plus un État juif, comme le montre le ciblage systématique par Israël des juifs antisionistes, et ses préjugés contre les juifs séfarades, mizrahi (originaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord) et africains, ainsi que sa collaboration continue avec des forces antisémites qui veulent instaurer un apartheid mondial.

Le lien artificiel entre le sionisme et le judaïsme permet de saper la résistance anti-coloniale en faisant passer la critique du sionisme et des politiques israéliennes envers les Palestiniens pour des attaques contre tous les juifs et donc pour de l’antisémitisme, et en présentant une lutte politique pour un territoire et ses ressources entre une force d’occupation et un peuple occupé comme un «conflit» entre deux camps relativement égaux.

Le flanc de gauche libérale du sionisme a pour rôle d’atténuer et de corriger l’essence réactionnaire, colonialiste et suprémaciste blanche du mouvement, et de masquer ses objectifs réels, à savoir l’expansionnisme et l’apartheid. Il présente fallacieusement le sionisme comme une idéologie compatible avec les valeurs démocratiques et progressistes et avec les droits humains, qui serait empreinte d’une véritable volonté de paix, de justice et d’intégration au Moyen-Orient.

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Le sionisme «de gauche»

Les libéraux de la gauche sioniste veulent faire croire qu’il y a en Israël un échiquier politique qui va de la gauche à la droite. Mais les différences entre les extrêmes des deux camps ne sont que tactiques et cosmétiques, et uniquement destinées à maintenir l’illusion d’une société jouissant d’une saine démocratie.

Les partis sionistes «d’extrême gauche» et «de gauche libérale» militent pour les libertés civiles des membres de la classe privilégiée mais n’osent pas aborder la nature même du sionisme, dont les adeptes terrorisent les Palestiniens autochtones depuis plus de 70 ans.

Dans un total déni de la vérité historique, les sionistes libéraux présentent les versions israéliennes et palestiniennes de la réalité actuelle comme deux vérités opposables, et les deux peuples comme des victimes dont les revendications et les griefs légitimes doivent faire l’objet de longues négociations assorties de concessions difficiles avant qu’un compromis ne soit trouvé. Cette vision coloniale est à la base du récit révisionniste des sionistes de la gauche libérale qui assimile les colons oppresseurs, qui détiennent tous les leviers du pouvoir, à leurs victimes palestiniennes.

Cette fausse équation que l’article de Baron-Cohen entérine, est aussi à la base de l’adhésion sioniste libérale à la «solution de deux États» qui résoudrait «le conflit» en divisant le territoire conformément aux intérêts «sécuritaires» israéliens pour officialiser les bantoustans palestiniens existants, et au refus d’Israël d’accorder un État souverain viable aux Palestiniens, comme il en a le pouvoir à la différence des Palestiniens qui n’en ont aucun.

Enfermés dans un cadre de pensée malhonnête et impérialiste, les sionistes de la gauche libérale estiment qu’insister sur la vérité historique et la nécessité de rendre des comptes est inutile, puéril, voire mesquin, et prétendent résoudre les problèmes grâce à leur vision soi-disant «pragmatique» de l’avenir plutôt qu’en s’inspirant des leçons du passé. De plus, les sionistes de la gauche libérale, comme le défunt romancier Amos Oz, ont l’immoralité de considérer les crimes de guerre israéliens comme des réponses justifiées à la résistance violente des Palestiniens contre une colonisation qu’ils sortent de son contexte.

Source: Externe

Un cadre alternatif

Les victimes de violence domestique et d’autres formes de maltraitance ont besoin de prendre confiance en elles pour mettre fin à leur calvaire en portant plainte contre leurs oppresseurs. Loin d’être un premier pas vers la libération, l’empathie pour l’agresseur constitue, au contraire, une forme de perpétuation de l’exploitation. Elle donne du pouvoir à l’agresseur et cimente la dynamique de la maltraitance en niant l’inégalité même de la relation.

La notion d’empathie de Baron-Cohen est oppressive car il l’applique de la même manière aux victimes palestiniennes qu’à leurs agresseurs sionistes. Sa présentation décontextualisée de l’empathie comme premier pas vers la réconciliation est une spécieuse démonstration sioniste libérale, qui consolide le statu quo de l’oppression et de la dépossession, en passant sous silence le soutien incroyable qu’Israël reçoit des forces impérialistes, dont son propre pays, la Grande-Bretagne. Il n’est pas surprenant qu’il cite à l’appui de sa thèse deux éminents apologistes sionistes libéraux: Amos Oz et le journaliste déchu Ari Shavit, tout en ignorant complètement les universitaires palestiniens et les appels au rejet de la normalisation.

Pour que l’égalité, la paix et la justice règnent en Israël/Palestine, tant pour les Palestiniens que les juifs, il ne faut surtout pas, comme le fait Baron Cohen, présenter les récits palestiniens et sionistes comme deux vérités opposables, il faut, au contraire que le sionisme disparaisse complètement car c’est une force hégémonique coloniale et suprémaciste blanche.

À cet effet, il est essentiel d’approfondir les fondements, les motivations et les forces qui structurent le sionisme, en adoptant une approche par étapes qui s’appuie sur l’expérience des autres mouvements anti-coloniaux et antiracistes, et sur l’alliance avec ces groupes. Les militants pro-palestiniens doivent réserver leur empathie aux autres victimes de l’oppression patriarcale suprémaciste blanche, comme les personnes de couleur, les femmes, les groupes autochtones, les juifs, les musulmans, les immigrants, les LGBTQI et autres.

Une fois la structure oppressive déconstruite, elle peut être effectivement détruite, après quoi un processus de réhumanisation et de réconciliation par l’empathie peut avoir lieu. L’expression orale ou écrite et l’art en général sont de puissants moyens de réaffirmer son identité et de construire des ponts. C’est pourquoi, les œuvres d’art israéliennes qui remettent le sionisme en question sont critiquées, voire censurées et interdites, et les artistes même parfois arrêtés et emprisonnés, comme l’a été Dareen Tatour.

L’analyse du sionisme en tant que mouvement colonialiste permet de connaître ses motivations sous-jacentes, ses objectifs et ses techniques de propagande. Une dynamique sans cesse croissante de traumatismes et d’agressions sert à normaliser l’oppression sioniste/israélienne par un processus de déshumanisation de «l’autre», et rend pratiquement impossible la réconciliation du fait qu’elle divise la société en deux groupes, l’un qui subit l’apartheid et l’autre qui en profite.

L’étude de la vérité historique permet de demander des comptes aux responsables et de dépersonnaliser les normes structurelles oppressives. Une approche intersectionnelle peut alors favoriser l’apparition d’un leadership efficace dans une communauté de victimes qui incarnent l’oppression sous toutes ses formes.

Source: Externe

Les leaders palestiniens et les sauveurs blancs

A la fin de son article, Baron-Cohen tente de démontrer la capacité de l’empathie à créer des liens aboutissant à la réconciliation, en utilisant un exemple décontextualisé: Siham, une Palestinienne symbolique dont le frère «a été tué par une balle israélienne» (et non pas tuée par un soldat sur l’ordre d’un régime d’apartheid illégal) se lie avec Robbie, une Israélienne dont le fils «a été tué par une balle palestinienne» (et non par un Palestinien ayant le droit légal de mener la lutte armée contre l’occupation). Dans le - fallacieux - cadre sioniste libéral de gauche, ces deux femmes sont présentées comme des victimes comparables liées par une douleur partagée.

Cette notion d’empathie a été largement utilisée pendant les années des accords d’Oslo, lorsque Palestiniens et Israéliens ont été réunis pour dialoguer. Cependant, comme la vérité historique a été ignorée et que rien n’a été fait pour empêcher les abus à venir, tout le monde est ensuite retourné dans les mêmes communautés du même système d’apartheid: les Israéliens à leurs privilèges et les Palestiniens à leur oppression.

En tant qu’outil de propagande efficace, le sionisme de gauche prône une normalisation qui colonise l’esprit. L'«empathie» sert à normaliser, dissimuler et maintenir l’oppression continue des Palestiniens. Elle donne une fugace impression mensongère de progrès.

Tant que l’oppression sioniste durera, l’empathie fondée sur la co-résistance, et non la coexistence, est la seule forme d’empathie appropriée. Tous ceux qui veulent libérer les Palestiniens de l’oppression doivent écouter les leaders palestiniens et ne pas compter sur les Blancs pour les sauver, car cela ne ferait que normaliser l’oppression suprémaciste blanche et retarder l’avènement de la justice pour ses victimes.

Les Palestiniens et les autres victimes de la suprématie blanche doivent avoir la sagesse de rejeter toutes les tentatives de normalisation jusqu’à ce qu’ils aient conquis tous leurs droits (voir ici).

Yoav Litvin -

02.02.19

Source: Chronique de Palestine

14 février 2019

En Israël, la droite, rien que la droite

Source: Externe

Les partis conservateurs, nationalistes, religieux et de centre-droit remporteraient 86 sièges sur 120, selon les derniers sondages

 

Plus de deux mois avant les élections législatives anticipées du 9 avril prochain en Israël, cela ne fait quasiment aucun doute: c’est une formation de droite qui devrait arriver en tête du scrutin. Mais de quelle droite?

Alors que le clivage politique s’est largement déplacé au cours de ces dernières années, la bataille des droites devrait être le principal enjeu du scrutin. Les derniers sondages donnent les partis de droite ou de centre-droit victorieux, avec une claire majorité des 120 sièges que comporte le Parlement israélien, la Knesset.

La création de nouveaux partis de droite ou de centre-droit, tels que la «Nouvelle Droite» d’Ayelet Shaked et de Naftali Bennett, respectivement ministres de la Justice et de l’Éducation dans le gouvernement actuel de Benjamin Netanyahu, ou de «Résilience d’Israël», de l’ancien chef d’état-major présenté comme le challenger principal de M. Netanyahu, Benny Gantz, semble répondre à une logique d’offre et de demande, conséquente de la droitisation de la société israélienne.

Ce mouvement vers la droite est notable pour une société fondée et gouvernée pendant des décennies par des hommes et des femmes de gauche, tels que David Ben Gourion ou Golda Meir. La société israélienne se revendique aujourd’hui en majorité de droite, toutes composantes confondues (nationaliste, religieuse et laïc).

Ce glissement a été entamé dans les années 1970, notamment après la guerre dite de Yom Kippour (1973), lorsque les armées égyptienne et syrienne, soutenues par leurs alliés, ont lancé une attaque surprise sur Israël.

Aujourd’hui, plus de 50% des Israéliens de confession juive se revendiquent de droite, tandis que 14 à 15% se placent au centre, selon Dahlia Scheindlin, analyste et experte en opinion publique, citée dans un article du journal Le Monde. Ce chiffre marque une légère hausse par rapport à l’année 2013, lorsque 49,8% des citoyens israéliens de confession juive s’identifiaient de «droite» ou de «droite modérée», 23,9% se plaçaient au centre et 16,1% se revendiquaient de «gauche modérée» ou de «gauche», selon le rapport The Israeli Democracy Index 2013 du Israel Democracy Institute (Institut d’Israël pour la démocratie), un «centre indépendant de recherche et d’action» basé à Jérusalem et «dédié au renforcement des fondements de la démocratie israélienne», selon son site web.

Source: Externe

La bataille des droites

Au-delà d’une politique économique différente, le clivage droite-gauche se fait essentiellement sur la question palestinienne et la politique étrangère de Tel-Aviv.

Actuellement et de manière générale, être de gauche en Israël signifie adopter une politique étrangère relativement «pacifiste: en manifestant une volonté de compromis avec les Palestiniens, une volonté de supprimer l’intégralité ou une partie des colonies juives de Cisjordanie, et en soutenant l’idée qu’Israël a un intérêt à la création d’un État palestinien indépendant», indique à L’Orient-Le Jour Brent Sasley, professeur et chercheur spécialiste de la politique israélienne à l’Université du Texas à Arlington.

Par opposition, être de droite «signifie aujourd’hui opter pour une position belliciste en matière de politique étrangère et de sécurité, adopter une ligne dure vis-à-vis des compromis, être suspicieux à l’égard des intentions des Palestiniens, manifester un rejet total de leur droit à un État et avoir une volonté accrue de recourir à la force face à un monde hostile non juif», poursuit le chercheur.

Cette position vis-à-vis de la colonisation et de l’usage ou la menace de la force, une multitude de partis politiques la revendiquent ou la tolèrent, et, selon les derniers sondages du journal israélien Haaretz, huit d’entre eux entreraient à la Knesset si les élections se tenaient aujourd’hui: le Likoud (30 sièges), la Résilience d’Israël (22), la Nouvelle Droite (7), le Foyer juif (6), la coalition du Judaïsme unifié de la Torah (6), le Shaas (5), Israël Beitenou (5) et le parti Koulanou (5). Ensemble et selon ces chiffres, ils occuperaient 86 sièges sur 120 à la Knesset. La probabilité que ces partis forment une coalition unique est très faible, sinon inexistante, en raison de la forte concurrence entre eux.

Le parti Résilience d’Israël de Benny Gantz se revendique «ni de gauche ni de droite», mais les vidéos de lancement de sa campagne électorale publiée la semaine dernière soulignent fièrement la politique «dure» affichée par M. Gantz: l’une d’entre elles indique que pendant la guerre de Gaza en 2014, l’armée israélienne, alors sous son commandement, a «renvoyé à l’âge de pierre» certaines parties de Gaza et a «tué 1364 terroristes».

Le parti de la Nouvelle Droite est un parti fondé en décembre dernier par Ayelet Shaked et Naftali Bennett, qui ont quitté le Foyer juif (à qui il reste un ministre actuellement, celui de l’Agriculture et du Développement rural) qu’ils dirigeaient pour tenter de rassembler les nationalistes religieux et laïcs dans un même parti.

La coalition du Judaïsme unifié de la Torah, qui ne fait pas partie de l’actuel gouvernement, rassemble deux partis ultra-orthodoxes ashkénazes, et le Shaas, dont le leader est l’actuel ministre de l’Intérieur, regroupe les ultra-orthodoxes séfarades.

Avigdor Lieberman, le leader d’Israël Beitenou (Israël notre maison), un parti ultranationaliste laïc qui représente les Israéliens russophones issus des pays de l’ex-URSS, a démissionné de son poste de ministre de la Défense en novembre 2018 en protestation à une politique de M. Netanyahu, qu’il jugeait «laxiste» lors du dernier épisode de tensions avec Gaza.

Enfin, le parti Koulanou, dirigé par l’actuel ministre des Finances Moshé Kahlon, est un parti centriste qui se focalise sur des questions économiques et de coûts de la vie. Mais sa participation au gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, emmené par le Likud de Benjamin Netanyahu, en dit long sur l’évolution du paysage politique israélien.

«Les partis du centre qui prétendent se situer entre la gauche et la droite sont plus incités à rejoindre la droite car cela les rend plus susceptibles de former le gouvernement», conclut M. Sasley.

David Nassar -

06.02.19

Source: OirentLeJour

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13 février 2019

Pourquoi la victoire d’Israël ne durera pas

Source: Externe

Israël a un choix stratégique à faire: soit rester un État sécuritaire, soit composer avec le peuple qu’il a chassé et qu’il domine

 

Si Benyamin Netanyahu a besoin de trouver du repos et de récupérer du dur labeur que représente son mandat de Premier ministre, le plus long de l’histoire d’Israël; s’il est une cabane dans laquelle il peut se mettre à l’abri des cinq enquêtes de police qui planent sur lui; ce lieu de réconfort relatif doit sûrement être «la fosse».

Tel est le nom donné au bunker situé quelques étages en-dessous de la base de Kirya, à Tel-Aviv, qui sert de centre névralgique des opérations de l’armée israélienne. C’est ici que descendent régulièrement les Premiers ministres, les ministres de la Défense ainsi que les chefs du Mossad et du Shin Bet lorsqu’une opération militaire se prépare.

Et c’est d’ici que Netanyahu peut observer l’œuvre de sa vie: le contrôle absolu et incontesté d’Israël sur tout ce qu’il observe.

Les seigneurs de la terre

L’Armée de l’air israélienne peut orchestrer des attaques répétées contre des cibles iraniennes en Syrie sans que la population israélienne ne doive se précipiter vers des abris anti-aériens. Ses capacités d’identification visuelle sont telles que l’armée israélienne peut identifier des Palestiniens non armés qui s’approchent de la barrière de Gaza et les abattre et les mutiler à sa guise.  

Les manifestants sont délibérément pris pour cibles avec des balles qui déchirent les membres inférieurs et nécessitent un traitement chirurgical pour le restant de leurs jours – un traitement qu’ils ne peuvent obtenir. Voilà ce que signifie le fait d’être 'les seigneurs de la terre' en 2019, pour reprendre la formulation mémorable de l’historien israélien Avi Shlaim.

L’armée israélienne est classée au huitième rang mondial. Israël peut se retirer des traités internationaux et des organisations qui ne lui conviennent pas et intimider les élites politiques de Washington, Londres, Paris et Berlin pour que ses actes restent impunis. Les activistes palestiniens se retrouvent catalogués comme des terroristes par des bases de données, comme World-Check, et voient leurs comptes être fermés par le système bancaire.

La réputation de personnalités politiques telles que le chef pro-palestinien du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, peut facilement être salie. Celles qui n’ont aucune connaissance de la région ni aucun intérêt pour celle-ci vivent dans la peur d’être taxés d’antisémitisme.

Israël a usé de tactiques d’intimidation pour contraindre la communauté internationale à associer antisionisme et antisémitisme, repoussant ainsi les limites de la définition historique alors même que les attaques contre les juifs se multiplient en Europe.

Source: Externe

Comme l’a écrit Gideon Levy dans le journal Haaretz, «il est difficile d’imaginer un pays autre que les États-Unis, la Russie ou la Chine oser agir de la sorte. Israël, si.»

Les dirigeants arabes en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Égypte, à Bahreïn et à Oman lui mangent dans la main. Les Émiratis sont même prêts à abandonner la feuille de vigne que constitue le transit à Amman, capitale de la Jordanie, pour acheminer les vols directs d’Israël vers un État arabe qui ne l’a pas encore officiellement reconnu.

Netanyahu rédige les politiques étrangères des alliés internationaux d’Israël et dispose de fantoches conciliants incarnés par Donald Trump et son gendre Jared Kushner. Les deux émissaires des États-Unis, à savoir leur ambassadeur David Friedman et leur conseiller à la sécurité nationale John Bolton, sont sans doute plus attachés à Israël qu’à leur propre pays.

Cela ne signifie pas qu’Israël et les États-Unis resteront sur la même longueur d’onde. L’influence cachée que Kushner exerce sur les cercles traditionnels de la politique étrangère américaine à Washington suscite un ressentiment croissant et est de plus en plus contestée. Israël est en train de perdre le soutien de la communauté juive américaine libérale car Netanyahu a transféré son allégeance à la base sioniste chrétienne de Trump. Si Kushner s’en va, Netanyahu pourrait voir Trump réfléchir au montant qu’Israël lui coûte en aide militaire.

Le juste milieu

L’occupation est plus forte que jamais alors que les Palestiniens sont plus faibles et plus divisés que jamais. Avec Mahmoud Abbas, dont le mandat a pris fin depuis longtemps, la Palestine n’a pas de chef et le Fatah est divisé en clans en guerre. Cette situation convient à Israël. Abbas est plus désireux de poursuivre le siège de Gaza que de poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale.

Il n’est donc pas étonnant que Trump ait éprouvé si peu de difficultés pour arracher les cartes principales des mains d’Abbas à la table des négociations – Jérusalem-Est, le droit au retour et le statut des réfugiés.

Avec plus de 600.000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, un État palestinien indépendant, contigu et autonome constitue un rêve de plus en plus lointain. C’est une autre issue dont Netanyahu peut s’enorgueillir à titre personnel. Autrefois qualifié d’extrémiste par les sionistes libéraux, Netanyahu occupe aujourd’hui le milieu du discours politique en Israël. Il n’y a personne de plus charismatique que Netanyahu dans le spectre politique actuel. La gauche israélienne a disparu et le débat oppose ceux qui défendent la séparation et ceux qui plaident en faveur de l’annexion.

S’il est une voix qui résume le gouffre qui sépare un Israélien vivant à portée des roquettes et les Palestiniens mêmes à Gaza, ce devrait être celle de cette femme récemment interviewée par la BBC: «Ils ont un blocus, bien sûr, mais il est en place pour une raison. Des gens essaient de tirer sur ma maison. J’ai dû donner mon chien parce que je ne pouvais pas le promener. Je n’y arrivais pas. J’avais peur. Ils l’ont choisi. Ils ont eu des élections. Ils ont choisi le Hamas.»

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Game over ?

Netanyahu a toutes les raisons de s’installer confortablement dans sa fosse confinée, de savourer son cornet de glace préféré à la vanille et à la pistache et de déclarer que la partie est terminée.

Il est donc intéressant de constater que c’est à ce stade de ce conflit vieux de 70 ans que des voix israéliennes se font entendre pour avertir que la victoire ne peut pas durer, que le projet de création de l’État d’Israël sur la Terre biblique, du Jourdain à la mer, se consumera et s’effritera de l’intérieur.

Benny Morris, un des principaux historiens d’Israël, a été le dernier en date à se faire l’écho de ce destin tragique. Morris s’est décrit un jour comme un «nouvel historien» pour son travail de découverte de la vérité sur la naissance d’Israël, que ceux qui y ont pris part se sont employés à obscurcir, y laissant leur temps et leur énergie. Son livre intitulé The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949 détaillait les expulsions massives, le nettoyage ethnique et les crimes de guerre impliqués. Alors qu’il était réserviste, Morris a refusé de servir dans les territoires occupés au cours de la première Intifada.

Depuis lors, Morris a rejoint les rangs des historiens qui entassent les supercheries au mépris des preuves qu’il a lui-même découvertes. Lorsqu’il a affirmé que le «rejectionnisme profond et fondamental des Palestiniens» était au cœur du conflit et que les colonies pouvaient être «affinées», il a enduit un mensonge parfaitement rodé de ce que Daniel Levy a qualifié de vernis de respectabilité intellectuelle.

Comme Levy l’a souligné lorsqu’il a répondu à Morris en 2012, les colonies en Cisjordanie couvraient 42% de la superficie couverte par la planification municipale et régionale. Les treize colonies situées au-delà de la ligne d’armistice internationale à Jérusalem-Est abritaient alors 187.000 juifs, soit un quart de la population de la municipalité de Jérusalem. Tous ces chiffres ont changé.

Depuis, Morris a décrit la dépossession du peuple palestinien comme un mal nécessaire. Il a soutenu que David Ben Gourion n’était pas allé assez loin faute d’avoir expulsé tous les Palestiniens de l’autre côté du Jourdain en 1948 et proposé d’emprisonner des Palestiniens dans des cages parce qu’«il y a des animaux sauvages là-bas».

«Si seulement la guerre d’indépendance avait abouti à une séparation totale des populations – les Arabes de la Terre d’Israël à l’est du Jourdain et les juifs du bon côté du Jourdain – le Moyen-Orient aurait été moins instable et les souffrances endurées par les deux peuples au cours des 70 dernières années auraient été bien moins importantes. Ils se seraient satisfaits d’un État – en quelque sorte dans le royaume de Jordanie actuel – un peu différent de ce qu’ils voulaient et nous aurions reçu toute la Terre d’Israël», a déploré Morris dans le journal Haaretz.

Morris a dernièrement déclaré qu’Israël ne durerait pas: «Je ne vois pas comment nous pourrons sortir de cela, a-t-il soutenu. Aujourd’hui, il y a déjà plus d’Arabes que de juifs entre la mer Méditerranée et le Jourdain. L’ensemble du territoire devient inévitablement un État avec une majorité arabe. Israël se décrit toujours comme un État juif, mais la situation dans laquelle nous gouvernons un peuple occupé qui n’a aucun droit ne peut perdurer au XXIè siècle, dans le monde moderne. Et dès l’instant où ils auront des droits, l’État ne sera plus juif.»

Benny Morris pense que les Arabes sont naturellement violents, hostiles et déterminés à détruire Israël, bien qu’il prétende toujours qu’un État palestinien séparé est souhaitable, mais que le moment n’est pas opportun. Dans le lexique de Morris, le Moyen-Orient est synonyme de notions arriérées et sur ce point, il est tout à fait représentatif de son peuple.

Morris s’est également exprimé sur la réalité actuelle à un seul État: «Cet endroit est voué à se dégrader et à devenir un État du Moyen-Orient avec une majorité arabe. La violence entre les différentes populations au sein de l’État continuera de croître. Les Arabes exigeront le retour des réfugiés. Les juifs formeront une petite minorité dans une grande mer arabe de Palestiniens – une minorité persécutée ou massacrée, comme c’était le cas lorsqu’ils vivaient dans les pays arabes. Les juifs qui en auront les moyens fuiront vers les États-Unis et l’Occident.»

La dernière intervention de Morris a déclenché un débat animé dans les colonnes de Haaretz, journal israélien à tendance libérale. Gideon Levy, un autre chroniqueur du journal qui écrit également pour Middle East Eye, lui a lancé: «Selon Morris et consorts, les Arabes sont nés pour tuer. Chaque Palestinien se lève le matin et se demande: “Alors, quel juif massacrerai-je aujourd’hui et quel juif irai-je jeter en mer ?” C’est comme un passe-temps. Et dans ce cas, il n’y a rien à dire et personne à qui parler. Cette école de pensée mensongère libère le sionisme de toute culpabilité et Israël de toute responsabilité. En tout état de cause, tout ce que fait Israël fera face à un massacre; ce n’est qu’une question de temps.  Pourtant, ce même historien qui a décrit comment tout a commencé, qui a compris que le commencement était entaché d’un terrible péché originel – la dépossession et l’expulsion de centaines de milliers de personnes, empêchées ensuite par la force de retourner chez elles, comme il l’a expliqué en détail dans son livre – n’est pas disposé à relier la cause à l’effet», a écrit Levy.

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Pas d’État palestinien

Une lueur d’espoir traverse pourtant ces nuages noirs. En débarrassant Israël de son objectif moral, en affirmant sans détour que le projet de maintien d’un État à majorité juive l’emporte sur toutes les autres considérations, notamment sur les droits de l’homme des Palestiniens qui y vivent, le débat est revenu à l’an 1948.

C’est du moins plus honnête que tous les mots qui ont été écrits pendant des décennies à propos du «processus de paix», que toutes les diversions selon lesquelles Israël souhaitait un règlement mais n’avait personne à qui parler et les Palestiniens rejetaient toutes les offres qui leur étaient faites.

Quelqu’un qui a passé sa carrière à élaborer une solution à deux États fonctionnelle et un plan visant à partager Jérusalem sous la forme d’un centre religieux international m’a directement fait part de la duplicité inhérente aux promesses faites dans les accords d’Oslo. Adnan Abu Odeh, ministre de l’Information et conseiller pour la Palestine du roi Hussein de Jordanie, m’a rappelé des faits datant de mars 1991, avant la conférence de Madrid et deux ans avant les accords d’Oslo.

Le roi avait eu vent d’une pression des États-Unis en faveur de la paix en Palestine et voulait savoir ce qui se passait. Odeh a été envoyé à Washington pour découvrir ce que les Américains avaient en tête. Pour se défaire de la presse, Odeh a accompagné un membre de la Cour royale jordanienne à une rencontre du Conseil des affaires étrangères à San Francisco, avant de reprendre un avion pour Washington sans être remarqué.

C’est ainsi qu’Odeh s’est retrouvé assis dans le bureau de James Baker, qui était à l’époque le secrétaire d’État américain. Odeh a remarqué une horloge sur le mur, qui était reliée à une autre dans la salle de sa secrétaire. Elle retentissait toutes les quinze minutes. À ce signal, le secrétaire entrait et escortait l’invité vers la sortie. Baker parlait avec aisance de projets pour la conférence internationale qui se profilait. Au bout de quinze minutes, l’horloge a retenti et la séance était terminée.

«Est-ce que j’ai été clair?», a demandé Baker en se levant de son siège. «Non», a répondu Odeh. Baker a soupiré et s’est rassis. Il a hoché la tête et le secrétaire a disparu. Au bout de ces quinze minutes supplémentaires, l’horloge a retenti et l’assistant est revenu. Odeh a refusé de bouger: «Pourquoi allons-nous à cette conférence?», a-t-il demandé. Baker a demandé à son secrétaire de repartir. «Écoutez, M. Odeh, je vais vous dire une chose en tant que secrétaire d’État. Il n’y aura pas d’État palestinien. Il y aura une entité, moins qu’un État, plus que l’autonomie. Maintenant, c’est bon? C’est la meilleure issue que nous puissions obtenir avec les Israéliens», a déclaré le secrétaire d’État américain.

La solution à deux États, une fiction commode

Le Palestinien a obtenu la réponse pour laquelle il était venu. Il avait déjà entendu la même chose des Soviétiques dix ans plus tôt alors qu’ils étaient les principaux soutiens des Palestiniens. Ievgueni Primakov, arabiste en chef soviétique, lui avait dit en 1981: «Adnan, oubliez cela. Il n’y aura pas d’État palestinien.»

Depuis lors, le concept de «solution à deux États» constitue une fiction commode pour les sionistes libéraux. Pour d’autres historiens israéliens, comme Ilan Pappé, il n’y a jamais réellement eu d’intention israélienne de créer un État palestinien à Oslo. Le sionisme libéral, que Pappé définit comme un mouvement colonialiste classique, a toujours eu un problème face à l’équation géographie-démographie: «Comment puis-je avoir la plus grande part possible de Palestine avec le moins de Palestiniens possible et sans nuire à ma réputation de seule démocratie au Moyen-Orient?», s’est interrogé Pappé en se mettant dans la peau d’un sioniste.

Oslo a contribué à cette entreprise en apportant un écran. «Le plus grand produit d’Oslo a été la formule suivante: “Obtenons la paix et si la paix fonctionne, Israël cessera d’arrêter des personnes sans les juger et de démolir des maisons et mettra fin aux assassinats et aux expulsions”», a expliqué Pappé. «Même les Palestiniens qui soutenaient une solution à deux États ont répliqué: “Non, c’est dans l’autre sens que ça marche. Vous arrêtez l’occupation, vous évacuez vos soldats et ce n’est qu’alors que nous pourrons avoir une chance de dialoguer sur un pied d’égalité.”»

Au moins, le brouillard qui recouvrait ce qui se tramait réellement a été dissipé et tout était clair pour tout le monde.

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Un choix clair

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que cette partie du Moyen-Orient est colonisée par les Européens. Ce n’est pas non plus la première fois qu’un projet de colonisation tire sa légitimité de textes bibliques. Et ce n’est pas non plus la première fois que ce projet est spécialement conçu pour désislamiser Jérusalem.

Les Croisades vues par les Arabes d’Amin Maalouf est un récit à la résonance étonnamment moderne. Les villes sont tombées les unes après les autres aux mains des armées franques alors que leurs commandants se dressaient les uns contre les autres. Comme les États du Golfe aujourd’hui.

L’histoire est emplie d’ironie. Le chef de la résistance arabe aux envahisseurs francs était tout sauf arabe. Salah ad-Din (Saladin), le héros, était kurde. Zengi, Nour ad-Din, Qutuz, Baybars et Qala’un étaient des Turcs. Certains commandants avaient besoin d’interprètes pour se comprendre.

Les résistants se considéraient comme plus civilisés que leurs assaillants. Ils étaient certainement plus avancés en matière d’hygiène et de médecine et ils étaient sans doute moins barbares que les Francs qui ont saccagé la ville de Ma’arra en 1098, comme l’a rapporté le chroniqueur Raoul de Caen: «Les nôtres faisaient bouillir les païens adultes vivants dans les marmites et fixaient les enfants sur des broches pour les dévorer grillés.»

Salah ad-Din a souvent été invoqué comme un modèle par les dirigeants arabes modernes. Nasser adorait cette comparaison. Deux des trois divisions de l’Armée de libération de la Palestine ont été nommées en hommage à des batailles décisives contre les Francs, Hattin et Aïn Djalout.

Malheureusement, c’est ici que la comparaison s’arrête. La reconquête de Salah ad-Din a commencé par l’union des forces contre l’envahisseur européen. Il est parvenu à créer un État arabe fort, mettant fin à la fragmentation des cités-États. Néanmoins, ce n’est que 98 ans après la mort de Salah ad-Din que les deux siècles de présence franque en Orient ont pris fin. Mais elle a bien pris fin.

Les croisades ont échoué car il s’agissait d’un projet de remplacement plutôt que d’intégration avec les peuples de la région. Les croisés ont mis en place des institutions durables. La gouvernance est passée d’une génération à l’autre sans guerres civiles sanglantes. Ils ont su utiliser les alliances avec les émirs musulmans dans leurs combats avec les autres princes. Mais ils n’ont pas pu s’intégrer à la région.

Un château croisé géant

Aujourd’hui, Israël s’entoure de murs. C’est un château croisé géant qui noue ses alliances avec les émirs d’autres cités-États arabes. La rue arabe, lorsqu’on lui laisse une demi-chance de s’exprimer, exprime une hostilité immortelle.

Les ambassades ont été prises d’assaut en Égypte et en Jordanie. C’est à cela qu’Israël devrait réfléchir après des décennies de conflit. Israël est incapable de partager Jérusalem en tant que centre religieux international.

La population chrétienne de Jérusalem est en train de disparaître. Quel plus grand cri de ralliement pourrait être lancé au monde arabe? Compter sur le statu quo afin de diviser pour mieux régner, comme le font les Premiers ministres israéliens successifs, dépendre de la désunion arabe, ne parler qu’aux dictateurs dont la légitimité est très mince et qui craignent et répriment l’opinion publique, traiter leur existence comme une réalité permanente dans un monde qui connaît des transformations profondes (tout en déplorant bien sûr le fait de vivre au sein d’un «voisinage difficile»), voilà un vrai pari.

«À la veille de la nouvelle année, Israël ne fait pas face à des défis qui mettent en péril son statut de belligérant surpuissant. Il semble qu’Israël soit probablement en mesure de continuer de faire ce qu’il fait – dans les territoires occupés, au Moyen-Orient et dans le monde entier. Seule l’histoire elle-même insiste pour nous rappeler de temps en temps que de telles démonstrations d’ivresse de pouvoir débridée se terminent généralement mal. Très mal», a écrit Levy.

Il existe un moyen de sortir de ce conflit qui s’enflamme et se perpétue de lui-même et, dans ce cas, un choix stratégique clair doit être fait. Israël peut continuer de s’enfoncer dans son gouffre. Il peut demeurer un coup de force, un État sécuritaire dont la seule sécurité repose sur une répression et un confinement de plus en plus profonds. Il est considéré comme normal que 40% de la population masculine palestinienne passe par les prisons israéliennes.

Autrement, Israël peut faire ce qu’il n’a jamais encore essayé. Il peut composer avec le peuple et la culture qu’il a chassés et qu’il domine. Il peut traiter ces gens comme des égaux, comme des personnes ayant les mêmes droits sur leurs biens, leurs terres et leurs villages que ceux qu’il a octroyés à son propre peuple. Il peut oser prononcer leur nom et reconnaître leur identité. Il peut les traiter comme un peuple avec une histoire et une mémoire.

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L’unique chemin

Employer les arguments de Morris, à savoir qu’au moment où Israël «rendra» aux Palestiniens leurs droits, Israël cessera d’être un État juif, revient à révéler la véritable nature de l’entreprise.

Certes, pour que cela se produise, les descendants israéliens de juifs d’Europe, de Russie et d’États arabes devraient fermer la porte à leur histoire collective qui leur hurle qu’ils ne peuvent jouir de la sécurité et de l’autodétermination que dans un État majoritairement juif.

Mais il en irait de même pour les Palestiniens qui devraient enterrer leur histoire, une histoire faite de nettoyage ethnique, de dépossession et d’emprisonnement, un feu qui brûle avec autant d’ardeur. Cette mémoire est indélébile et il n’y a rien qu’Israël puisse faire pour l’effacer. Aucun Palestinien n’a besoin de se voir enseigner son histoire. Aucun écolier palestinien n’a besoin d’apprendre à haïr. Ils la connaissent, ils la respirent, ils vivent la dépossession chaque jour de leur vie.

Et non, il n’y aurait aucune garantie de sécurité pour une minorité juive dans un État à majorité musulmane et chrétienne, hormis la garantie apportée par la paix, hormis la garantie qui découle d’une sécurité partagée, d’une justice partagée et d’un gouvernement partagé.

C’est le chemin que l’Afrique du Sud et le nord de l’Irlande ont emprunté. C’est désormais l’unique chemin vers la paix et la légitimité et c’est la seule stratégie qui perdurera. Les conflits peuvent prendre fin et ont bien une fin.

David Hearst -

04.02.19

Source: MEE

12 février 2019

Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor: à boycotter! (+pétition)

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Des entreprises de tourisme favorisent l’extension des colonies et profitent de crimes de guerre

 

Les géants de la réservation en ligne Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor favorisent des violations des droits humains des Palestiniens en présentant plusieurs centaines d’hébergements et d’activités dans les colonies de peuplement israéliennes en territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est, a déclaré Amnesty International le 30 janvier.

Dans son nouveau rapport intitulé Destination: Occupation, l’organisation montre que des entreprises de réservation en ligne attirent les touristes dans les colonies israéliennes illégales et contribuent ainsi à leur existence et à leur extension.

La politique d’Israël qui consiste à installer des civils israéliens dans des territoires palestiniens occupés viole le droit international humanitaire et constitue un crime de guerre. Malgré cela, ces quatre entreprises continuent de mener des activités dans les colonies, et tirent profit de cette situation illégale.

Dans son rapport, Amnesty International expose le cas de la colonie de Kfar Adumim, qui attire un nombre croissant de touristes et qui se situe à moins de deux kilomètres du village bédouin de Khan al-Ahmar, dont la démolition totale imminente a été approuvée par la Cour suprême israélienne. L’extension de la colonie de Kfar Adumim et d’autres colonies des environs joue un rôle déterminant dans les violations des droits humains que subit la communauté locale de Bédouins.

«En s’emparant illégalement des terres appartenant à des Palestiniens et en étendant illégalement ses colonies, Israël perpétue d’immenses souffrances: des Palestiniens sont chassés de chez eux, leurs moyens de subsistance sont détruits et ils sont privés de services de base tels que la fourniture d’eau potable. Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor, qui fondent leur politique sur les valeurs de partage et de confiance mutuelle, contribuent pourtant à ces violations des droits humains en ayant des relations commerciales avec les colonies, a déclaré Seema Joshi, directrice du programme Thématiques mondiales d’Amnesty International.

«Le gouvernement israélien utilise la croissance du secteur du tourisme dans les colonies pour légitimiser leur existence et leur extension, et les entreprises de réservation en ligne entrent dans son jeu. Il est grand temps que ces entreprises défendent les droits humains en supprimant de leur offre toutes les annonces pour des lieux ou activités dans des colonies de peuplement illégales situées en territoire occupé. Les crimes de guerre ne sont pas des attractions touristiques.»

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La politique d’Airbnb

En novembre 2018, Airbnb s’est engagée à retirer toutes les offres situées dans les colonies en Cisjordanie, à la suite d’investigations menées par Al Jazeera et Human Rights Watch. Elle n’a toutefois pas étendu cet engagement à Jérusalem-Est occupée, qui est également un territoire occupé, où elle propose plus de 100 offres dans les colonies.

Amnesty International demande à Airbnb de mettre en œuvre les mesures annoncées et de retirer toutes les offres situées dans les colonies en territoire occupé, y compris à Jérusalem-Est. Booking.com, Expedia et TripAdvisor doivent retirer de leur site toutes les offres situées dans les TPO.

Comme l’indiquent les Principes directeurs des Nations-unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, les entreprises sont tenues de respecter le droit international humanitaire et relatif aux droits humains, quel que soit l’endroit dans le monde où elles mènent leurs activités. Tant qu’elles n’auront pas retiré les offres situées dans les colonies, les quatre entreprises citées dans le rapport d’Amnesty International violeront cette obligation en ce qui concerne leurs activités dans les TPO, ainsi que leurs propres normes d’entreprise.

La promotion d’entreprises dans les colonies

Les quatre entreprises citées dans le rapport d’Amnesty International proposent toutes des offres situées dans les colonies, y compris à Jérusalem-Est. Au moment où nous rédigions ces lignes:

  • Airbnb, qui est basée aux États-Unis, proposait plus de 300 offres d’hébergement dans des colonies situées dans les TPO;
  • TripAdvisor, qui est elle aussi basée aux États-Unis, proposait plus de 70 activités, excursions, restaurants, cafés, hôtels et locations d’appartements dans des colonies des TPO;
  • Booking.com, qui a son siège aux Pays-Bas, proposait 45 hôtels et hébergements dans des colonies des TPO;
  • Expedia, qui est basée aux États-Unis, proposait neuf fournisseurs d’hébergement, dont quatre grands hôtels, dans des colonies des TPO.

Tirer profit de violations

Entre février et octobre 2018, Amnesty International s’est rendue dans quatre villages palestiniens proches de colonies israéliennes, ainsi que dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est et dans une communauté palestinienne d’Hébron. Tous ces endroits sont situés à proximité de lucratives attractions touristiques gérées par des colons.

Amnesty International a découvert qu’outre le fait qu’elles contribuent dans une large mesure à attirer les touristes dans les colonies de peuplement illégales, Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor induisent aussi en erreur leurs clients en s’abstenant d’indiquer systématiquement que les offres concernées sont situées dans des colonies israéliennes.

«Les touristes qui viennent ici sont soumis à un lavage de cerveau, on leur ment, ils ne savent pas que ces terres nous appartiennent», a déclaré un paysan palestinien qui vit près de la colonie de Shiloh, où le gouvernement israélien finance un grand centre d’information touristique pour attirer les touristes sur un site archéologique.

Les deux villages palestiniens situés près de Shiloh ont perdu plus de 5500 hectares (55 kilomètres carrés) de terres depuis la fin des années 1990. De nombreuses personnes sont parties, et celles qui restent disent qu’elles sont souvent agressées par des colons armés. Airbnb, Booking.com et TripAdvisor proposent toutes des offres à Shiloh, mais Booking.com est la seule à expliquer que les offres qu’elle présente sont situées dans une colonie israélienne.

Ces dernières années, le gouvernement israélien a investi de grosses sommes d’argent dans le développement du tourisme dans les colonies. Il utilise le fait de désigner certains lieux en tant que sites touristiques pour justifier l’accaparement de terres et de maisons palestiniennes, et souvent, il construit délibérément des colonies à proximité de sites archéologiques pour souligner les liens historiques du peuple juif avec la région.

Le rapport d’Amnesty montre que le gouvernement israélien permet aux colons d’exploiter des terres et des ressources naturelles appartenant à des Palestiniens, et les y encourage; il montre aussi qu’Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor tirent un bénéfice de cette exploitation.

«Ces entreprises promeuvent la visite de réserves naturelles, encouragent les touristes à faire des randonnées et des safaris dans le désert, et incitent les visiteurs à aller goûter les vins produits dans les vignobles locaux, a déclaré Seema Joshi, alors qu’il s’agit de ressources naturelles palestiniennes accaparées illégalement, seuls les colons et les entreprises de tourisme en ligne qui ont des relations commerciales avec eux tirent un bénéfice de ces activités.»

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Faire l’expérience du crime de guerre

Amnesty International a rassemblé des informations sur la dichotomie entre les offres proposées aux touristes dans les colonies et les violations des droits humains qui sont quotidiennement infligées à des Palestiniens dans les mêmes endroits.

Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor proposent toutes des offres pour faire l’«expérience» du camping dans le désert et des locations d’hébergements de vacances gérés par des colons dans la colonie de Kfar Adumim ou à proximité. Quelque 180 habitants de Khan al-Ahmar risquent de subir une expulsion forcée à laquelle procédera l’armée israélienne afin de faire de la place pour l’extension illégale de Kfar Adumim et d’autres colonies du secteur. Un tel transfert forcé de personnes dans un territoire occupé constitue un crime de guerre. Les autorités israéliennes offrent aux villageois le choix entre deux destinations possibles: un site jouxtant l’ancienne décharge municipale de Jérusalem, non loin du village d’Abou Diss, ou un site à proximité d’une station d’épuration, non loin de la ville de Jéricho.

Le «camping dans le désert en Israël» («Desert Camping Israel») proposé par Airbnb, Booking.com et Expedia permet aux visiteurs de payer jusqu’à 235 dollars US par nuitée, en leur proposant de faire l’expérience de «la quiétude du désert et de goûter à la chaleureuse hospitalité israélienne» («Experience the tranquillity of the desert and get a taste of warm Israeli hospitality.»). TripAdvisor propose également la visite d’un parc national et d’un musée, une excursion dans le désert et une attraction sur le thème de la bible dans les environs de Kfar Adumim.

«Les offres pour le camping dans le désert concernent des structures situées sur des terres que les Bédouins utilisaient par le passé pour faire de l’élevage. Avec le développement de Kfar Adumim, de nombreux éleveurs bédouins ont perdu leurs moyens de subsistance et ils dépendent à présent de l’aide humanitaire, a déclaré Seema. Chaque centime que gagnent ces entreprises en promouvant le tourisme à Kfar Adumim provient de violations des droits humains. Le comble, c’est que les colons utilisent la culture bédouine pour attirer les touristes.»

Un tourisme inextricablement lié à l’extension des colonies

Amnesty International s’est également rendue dans le village de Khirbet Susiya, où des Palestiniens vivent dans des abris temporaires parce qu’ils ont subi une expulsion forcée: ils ont été chassés d’une grande partie de leur territoire pour laisser la place à l’extension de la colonie de Susya. Les autorités israéliennes ont bloqué l’accès aux citernes et aux puits à Khirbet Susya, et en 2015 les Nations-unies ont estimé que les villageois consacraient un tiers environ de leurs revenus à l’achat d’eau.

Susya est bâtie autour des ruines d’un site archéologique qui, au moment où nous rédigions ces lignes, était présenté par Airbnb et TripAdvisor, avec des photos des endroits que les voyageurs peuvent visiter, notamment ces ruines, une oliveraie, un établissement viticole et un vignoble, ainsi que la grande piscine de la colonie.

L’aménagement de sites archéologiques dans les colonies, comme à Susya et à Shiloh, joue un rôle central dans la politique du gouvernement israélien de développement et d’extension des colonies.

«Le fait de présenter ces sites à un vaste public à travers le monde favorise les objectifs du gouvernement israélien en ce qui concerne les colonies, et c’est là que les entreprises internationales de tourisme deviennent indispensables, a déclaré Seema Joshi, le site archéologique de Susya, tout comme de nombreuses autres attractions touristiques situées dans les colonies ou à proximité, engendre des violations des droits humains des Palestiniens qui vivent dans le voisinage de ce site. En faisant la promotion de tels sites, les entreprises de réservation en ligne se rendent complices de l’objectif illégal du gouvernement israélien d’extension des colonies à tout prix.»

Source: Externe

La nécessité d’une législation

L’industrie touristique n’est pas la seule à profiter des colonies de peuplement illégales, et à y contribuer. Les exportations de biens produits dans les colonies israéliennes représentent plusieurs centaines de millions de dollars de revenu chaque année, alors que la plupart des pays condamnent officiellement ces colonies illégales au regard du droit international.

Amnesty International demande aux entreprises de mettre individuellement fin à leurs activités commerciales dans et avec les colonies, et aux gouvernements de les y obliger au moyen d’une réglementation adéquate, et d’adopter des lois interdisant l’importation de biens provenant des colonies.

«Cela ne suffit pas de considérer les colonies comme illégales et de les condamner à ce titre, quand on permet en même temps des activités commerciales qui leur profitent et qui leur permettent de perdurer», a déclaré Seema Joshi.

Le Parlement irlandais examine actuellement en vue de son adoption un important projet de loi visant à interdire les importations de biens et de services en provenance des colonies, et Amnesty International demande aux autres pays de suivre cet exemple.

La réponse des entreprises

En amont de la publication du rapport, Amnesty International a écrit à ces quatre entreprises afin de leur donner un droit de réponse. Booking.com et Expedia ont répondu aux conclusions d’Amnesty, mais Airbnb et TripAdvisor n’ont pas répondu.

L’organisation a examiné en détail leur réponse. Elle a dûment pris en considération les informations qui lui ont été fournies et a modifié ses conclusions en conséquence. Les réponses de ces entreprises sont annexées à notre rapport.

[PÉTITION] TripAdvisor doit se retirer des colonies israéliennes

TripAdvisor est impliqué dans l'expansion des colonies israéliennes illégales en territoires palestiniens occupés.

https://www.amnesty.fr

Amnesty international -

30.01.19

Source: Aurdip

11 février 2019

Les caméras, armes de combat des Palestiniens(+film)

Source: Externe

Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont submergés de vidéos montrant les violences des forces israéliennes contre les Palestiniens. Face à ce qu’il considère comme autant d’«atteintes à la sûreté de l’État» et autant de tentatives de délégitimer son image, le gouvernement israélien a validé une proposition de loi déposée le 17.06.2018 qui prévoit jusqu’à 10ans de prison pour toute personne photographiant ou filmant des soldats israéliens

 

Le 24 mars 2016, une vidéo se répand comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. Des millions d’internautes la visionnent alors qu’elle est reprise et diffusée par les médias du monde entier. Elle avait été tournée le jour même à Hébron, au cœur de la Cisjordanie. On y voit un soldat s’approcher d’un Palestinien gisant au sol et lui tirer une balle dans la tête. L’image montre clairement le sang qui s’écoule de la tête de la victime. Le soldat responsable de ce crime se nomme Elor Azaria, un sergent franco-israélien de l’armée israélienne et membre d’une unité paramédicale. Le Palestinien assassiné s’appelait Abdel Fattah Al-Sharif.

C’est un militant de l’ONG israélienne B’Tselem présent sur place qui a filmé la scène. Sa vidéo provoque des réactions jusqu’au sein de l’ONU, le Haut Commissariat aux droits de l’homme qualifiant le crime d’«apparente exécution extrajudiciaire». Elle sert d’ailleurs d’argument lors du dépôt de plainte et du procès; pourtant E. Azaria n’est finalement condamné qu’à 18 mois de prison. Toutefois, cette affaire a permis de mettre en valeur l’usage singulier de la vidéo, utilisée depuis 2007 dans les territoires occupés pour témoigner notamment de la vie sous occupation. Le 1er ministre israélien B. Netanyahu a réitéré plusieurs fois son soutien à E. Azaria, mais le gouvernement israélien se serait bien passé d’un document qui écorche l’image de «l’armée la plus morale du monde».

POUR SORTIR DE L’OMBRE

B’Tselem, centre d’information israélien pour la défense des droits humains dans les territoires occupés, avait lancé dès janvier 2007 le «Projet Caméra» grâce auquel elle avait équipé des dizaines de familles palestiniennes de caméras pour leur permettre de filmer les attaques qu’elles subissaient à l’ombre des regards. L’ONG a également formé les familles à utiliser les caméras, en leur apprenant à cadrer, à suivre l’action ou encore à zoomer sur les visages pour pouvoir identifier les protagonistes. Aujourd’hui, des centaines de familles sont équipées de petites caméras numériques. B’Tselem a comme objectif de faire prendre conscience à la société israélienne ainsi qu’au reste du monde de la violence de son armée et de ses colons. Son porte-parole définit ce projet comme «l’un de nos projets phares, qui nous aide à exposer la réalité de la vie quotidienne et les violations des droits de l’homme sous l’occupation.»

L’accélération progressive de l’usage de ces vidéos militantes s’inscrit dans un contexte régional spécifique. À partir de 2011, le monde arabe est fortement ébranlé par des mouvements inédits issus des sociétés qui contestent les gouvernements autoritaires auxquels elles sont soumises. Les révoltes arabes partent de Tunisie, puis surgissent en Égypte ainsi que dans plusieurs pays du Maghreb et du Proche-Orient. Confrontés à des régimes autocratiques exerçant un contrôle des médias locaux en même temps qu’une répression d’une extrême violence, les peuples de ces pays se soulèvent. La vidéo joue alors un rôle central pour témoigner des luttes des différents mouvements nationaux. Cette mobilisation par l’image a certainement influencé son usage militant dans les territoires palestiniens occupés. En Palestine, comme en Égypte ou en Tunisie, les caméras permettront dès lors de construire un autre récit que celui de ces régimes autoritaires ou coloniaux, de faire entendre d’autres voix, dissidentes et contestataires.

Source: Externe

LA GUERRE DES IMAGES

Nabi Saleh est un petit village situé au nord de Jérusalem. Le comité populaire de Nabi Saleh utilise de manière singulièrement performante l’outil vidéo et est aujourd’hui à la pointe de ce que Paul Moreira appelle «la guerre des images» dans son documentaire 'Voyage dans une guerre invisible'. [voir film ci-dessous-ndlr]

Comme de nombreux villages de Cisjordanie, Nabi Saleh fait face à Halamish, une colonie illégale qui s’étend depuis 1977 à la fois sur ses terres et celles d’un autre village: Deir Nitham. Dès cette date, les colons ont entrepris de bâtir dans la zone de manière illégale, détruisant des biens et des terrains agricoles palestiniens. Petit à petit, les villageois ont perdu le contrôle de leurs terres. Aujourd’hui, sur les 5km2 appartenant aux habitants de Nabi Saleh, 60% des terres ont été confisquées ou expropriées.

Depuis 2009, le comité de résistance populaire organise des marches hebdomadaires tous les vendredis pour lutter contre la colonie. Bilal Tamimi, un de ses membres, filme ces manifestations depuis 2011, et ses vidéos connaissent un succès grandissant. On y voit à la fois les exactions de l’armée israélienne et la résistance des habitants du village. Le village a même fait la Une du New York Times Magazine en mars 2013.

Ahed Tamimi, détenue pendant plusieurs mois pour avoir «frappé» deux soldats israéliens, est la nièce de Bilal Tamimi. Elle est devenue célèbre en 2012, suite à la diffusion d’une vidéo où on la voit, poing levé, faisant face à l’armée israélienne, prête à frapper. Elle n’avait alors que 11 ans. Depuis, son oncle diffuse régulièrement des images de ses face-à-face avec des militaires israéliens, qui ont fait du village et d’Ahed des figures de la résistance connues internationalement.

Si le succès des vidéos réalisées par Bilal Tamimi a permis au village de gagner en notoriété et d’attirer de nombreux militants de monde entier venus apporter leur soutien aux villageois dans les manifestations ou pour la récolte des olives, cela n’a en revanche pas permis au village de remporter des victoires contre la colonisation. La situation dans les territoires occupés ne s’est pas améliorée pour autant. Et si les vidéos sont parfois utilisées par les familles pour porter plainte, une majorité d’attaques demeurent impunies.

SAPER LA PROPAGANDE DE L’OCCUPANT

Les vidéos ont permis de sensibiliser des milliers de personnes sur les pratiques de l’armée israélienne tout en renforçant la conviction de ceux qui militaient déjà en solidarité avec les Palestiniens. Mais force est de constater qu’elles n’ont pas de poids immédiat sur la colonisation et n’ont pas encore permis d’inverser le rapport de force. Elles agissent sur autre registre, qui irrite l’État israélien. Car les petits films tournés par des Palestiniens dans les territoires occupés viennent saper les mécanismes de propagande qui construisent une image lisse et irréprochable d’Israël à grand renfort de storytelling depuis plusieurs années. Israël tente en permanence, à travers des campagnes internationales, et notamment à travers la vitrine culturelle, d’imposer la vision d’une nation avant-gardiste, moderne, démocratique, avant-poste de la lutte contre le «terrorisme». Les vidéos sont une ressource de plus pour abattre et discréditer cette activité d’autopromotion. Mises côte à côte, elles forment un océan de preuves des crimes commis contre les Palestiniens, qu’Israël s’est toujours efforcé de camoufler.

Petit à petit cette présence de caméras lors de leurs opérations dans les territoires occupés a forcé l’armée israélienne à s’adapter. Dans un premier temps, ce fut un bricolage opéré par les soldats sur place. Le port de la cagoule est par exemple devenu de plus en plus fréquent; les soldats évitent ainsi d’éventuelles poursuites et d’être reconnus par le reste de la société israélienne — ou même par leurs familles au cas où ils seraient accusés d’exactions relevant du droit pénal. D’autre part, les caméramans sont devenus leur cible prioritaire lors des opérations sur le terrain: ils tentent parfois d’arracher les caméras, et arme à la main, somment fréquemment les caméramans d’arrêter de filmer.

Les Israéliens ont forgé le terme «Pallywood» — contraction de «Palestine» et «Hollywood» — très vite repris par l’armée israélienne pour affirmer que les Palestiniens provoquent et mettent en scène de manière endémique des incidents pour nuire à l’image d’Israël. Si l’argumentaire du Pallywood ne résiste pas aux faits, il révèle en revanche l’aveuglement de la société israélienne, prête à tout pour ne pas voir les crimes commis en son nom.

Aujourd’hui le gouvernement israélien franchit un cap dans sa lutte contre les vidéos en voulant faire passer une loi instaurant des peines d’emprisonnement — jusqu’à 10 ans — à l’encontre des personnes filmant des soldats de l’armée israélienne. Pour le porte-parole de B’Tselem, il s’agit d’une proposition de loi «qui s’inscrit dans une série d’initiatives législatives qui visent à réduire au silence et à limiter la capacité des organisations de défense des droits humains et de quiconque qui ose s’opposer à l’occupation à agir». Cette série d’initiatives s’explique par la dérive de la société israélienne et de son gouvernement vers l’ultranationalisme d’une extrême-droite qui opère une surenchère militaire permanente et a normalisé un discours raciste envers les Palestiniens.

Source: Externe

LA DÉRIVE D’UN RÉGIME

Le porte-parole de B’Tselem complète sa réponse en affirmant: «Si le gouvernement israélien a honte de l’occupation, il devrait agir pour y mettre fin, plutôt que de faire taire les critiques. Mais tant que l’occupation se poursuivra, nous continuerons à le documenter». Il est évident que l’État israélien n’est pas prêt à interroger sa politique coloniale; ses responsables politiques ont fait le choix inverse de s’attaquer à tous ceux qui dénoncent une politique oppressive.

Cette proposition de loi ne témoigne donc pas tant de la réussite de ces vidéos à influer sur l’évolution du conflit que de la dérive supplémentaire d’un régime de plus en plus autoritaire qui cherche à discréditer toute initiative dénonçant ses crimes et délégitimant sa position au sein du «concert des nations». Ainsi, le gouvernement et le Parlement mettent-ils en place tout un arsenal juridique pour bâillonner les associations de défense des droits humains comme B’tselem, en s’attaquant notamment à leurs financements en provenance de l’étranger. Parallèlement un ministère israélien des affaires stratégiques organise la lutte contre la campagne BDS, considérée comme une «menace stratégique». C’est avec les mêmes termes que le Parlement qualifiait la menace iranienne, ce qui donne une idée de l’ampleur des inquiétudes du gouvernement. Il a ainsi approuvé un plan de 72 millions de dollars pour lutter contre cette même campagne BDS, pour créer une structure supervisée mais indépendante de l’État afin de permettre une action plus flexible et moins bureaucratique et agir contre BDS.

Tout en menant cette action, le gouvernement tente de faire la promotion d’Israël et de soigner son image à travers la fabrique de l’opinion. Il a ainsi financé des formations auprès de journalistes étrangers ou encore travaillé à l’établissement de la saison France-Israël en 2018. Le choix est donc d’investir ses forces pour bâillonner les Palestiniens et les organisations qui les soutiennent, tout en dépensant d’importantes sommes à l’étranger pour promouvoir son image, comme le fait le gouvernement saoudien, ami et allié diplomatique d’Israël. Les récents rapprochements d’Israël avec des régimes ouvertement racistes et antidémocratiques en disent long sur les dérives de son gouvernement.

'Voyage dans une guerre invisible' film-documentaire de P.Moreira - 2014


En attendant le vote de cette loi, les Palestiniens continuent de s’armer de caméras et de publier les vidéos des exactions de l’armée et des colons. Face à un État sioniste qui travaille de façon obsessionnelle à effacer toute marque, dans l’espace et dans le temps, d’une quelconque existence palestinienne, ces vidéos permettent au contraire d’en témoigner de manière incontestable.

Mehdi Belmecheri-Rozental -

28.01.19

Source: OrientXXI