FREE PALESTINE

23 août 2019

A Gaza, l’effondrement du système universitaire est une tragédie

Source: Externe

Dans l’enclave sous blocus israélien, les étudiants peinent à payer les frais d’université, pendant que les plus fortunés choisissent l’exil, laissant les facultés vides et surendettées

 

Ansam Moussa fait la fierté de ses parents. La lycéenne du quartier populaire de Chajaya a décroché son tawjihi, le bac palestinien, avec l’excellente note de 88 sur 100. Un ami de la famille a apporté un gâteau violet orné d’un mabrouk («bravo» en arabe) écrit à la crème pâtissière.

Mais l’ambiance n’est pas à la fête. Ce sésame pour la fac, dont les résultats sont célébrés par des rafales de pétards ou de mitraillettes partout dans les Territoires, Ansem ne pourra rien en faire. Ses parents sont trop pauvres pour financer les études d’infirmière dont elle rêve.

Sa sœur, Assil, 21 ans et amatrice de Shakespeare, a dû interrompre son cursus de lettres anglaises dans sa deuxième année à la fac Al-Azhar.

«Mon rêve a toujours été d’offrir des études à mes enfants, chance que je n’ai jamais eue», raconte le père, Fadi Moussa, un marchand de vêtements ruiné qui vend des chaussures d’occasion. «Mais les études, c’est comme tout, c’est devenu un luxe».

Les bourses? «Ça marche au piston, par faction…»

En attendant qu’il se remette en selle financièrement, les filles restent à la maison. «On aide notre mère, on essaye d’oublier nos copines qui vont toujours à la fac pour ne pas avoir de mauvais sentiments», conclut Assil derrière ses lunettes rondes.

«L’éducation a toujours été la fierté des Palestiniens, un pilier de la lutte, ce qui reste après la perte de la terre», résume Omar Shaban, fondateur du groupe de réflexion PalThink.

Souvent décrit comme le peuple le plus éduqué du monde arabe, les Palestiniens ont un des taux d’alphabétisation les plus élevés de la planète et un pourcentage de diplômés du supérieur (12 %) qui fait l’envie du Moyen-Orient.

Gaza compte cinq universités et une douzaine d’instituts d’études supérieures. Mais, dans l’enclave rongée par une abyssale crise humanitaire, prise en tenaille par le blocus israélien et la pression financière de Mahmoud Abbas sur ses rivaux du Hamas, cet acquis s’érode aussi.

Source: Externe

Faillite

Le 16 juillet, deux jours avant les résultats du tawjihi, les présidents des trois plus prestigieuses universités de Gaza - Al-Azhar, l’université islamique et la faculté des sciences appliquées - se sont réunis pour parler de cette «crise sans précédent».

Leurs effectifs devraient fondre de 30% à la rentrée, faute de bacheliers assez aisés. En juin, 8500 certificats de fin d’études n’ont pas été décernés, les diplômés n’ayant pas réglé leurs frais de scolarité (1000 euros par an en lettres, 5380 en sciences).

Les facultés se noient dans les dettes: 8 millions de dinars jordaniens (10 millions d’euros) rien que pour Al-Azhar.

L’institution fondée par Yasser Arafat est une victime collatérale des problèmes de l’Autorité palestinienne, son bailleur, au bord de la faillite depuis que le gouvernement Netanyahu a décidé en février de retenir 138 millions de dollars de taxes dues aux Palestiniens.

L’Etat hébreu entendait ainsi protester contre le versement de salaires à ses prisonniers, vus comme des «terroristes» par Israël. L’université islamique, fréquentée par l’élite du Hamas, est aussi à sec, ses sponsors turc et malaisien se serrant la ceinture.

A Al-Azhar, les pensions des professeurs retraités sont gelées depuis le début de l’année. «On ne voulait pas faire de chèques en bois pour éviter d’écorner notre image», se justifie le président de l’université, Abdel Khaliq al-Farra, qui reçoit dans un immense bureau, lambris luisants et profonds canapés témoignant de son importance.

Un haut fonctionnaire de l’ONU nous précède. «Nous venons de l’informer de la situation, explique Al-Farra. Un grand danger social couve: des milliers de jeunes ne sont plus à la Fac, sans avenir, ni occupation. Ils iront garnir les rangs des terroristes et des criminels».

Alarmisme intéressé, sans doute. Mais qui s’inscrit dans l’idée répandue que le système scolaire, soutenu par l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, est la dernière soupape d’une jeunesse enfermée et sans perspective.

Source: Externe

Coincés

Al-Farra s’inquiète aussi d’une «fuite des cerveaux», notant un «exode en cours du staff qualifié vers les universités de la région» et le départ des diplômés les plus fortunés vers l’étranger.

A Gaza, le chômage des 20-25 ans frôle les 70%. 150.000 diplômés sont sans emploi, et autant coincés dans des boulots de misère sans relation avec leurs aptitudes.

Alors, depuis que l’Egypte a rouvert fin 2017 sa frontière à Rafah, ceux qui le peuvent laissent des milliers de dollars de bakchich aux hommes du Hamas et aux douaniers égyptiens pour quitter l’enclave.

Environ 35.000 Gazaouis ont choisi l’exil en un an, dont près de 150 docteurs, poussant le Hamas à interdire toute sortie au personnel médical.

«Le vrai chiffre est plus important que ces statistiques, estime Shaban. C’est la jeunesse des classes moyennes et supérieures qui fuit, pendant que le reste s’enrôle dans les milices ou mendie. Les derniers garçons stables et brillants nous quittent, notre élite n’a plus la patience d’attendre pour vivre. L’effondrement de notre système universitaire est une tragédie. Le résultat, c’est la paupérisation terminale de Gaza et la plongée finale vers le conservatisme».

Guillaume Gendron -

01.08.19

Source: Aurdip

21 août 2019

La perversité d'un monde organisé par et pour les puissants

Source: Externe

15 ans après l'avis consultatif de la Cour mondiale sur le mur de séparation israélien: un sinistre rappel que le peuple palestinien ne peut espérer obtenir justice ou faire valoir ses droits par des moyens pacifiques

 

Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a rendu un avis consultatif par 14 voix contre 1, le juge américain étant le seul dissident, comme s'il pouvait y avoir le moindre doute sur cette identité même si elle n’était pas divulguée.

La décision rendue en réponse à une question posée par une résolution de l’Assemblée générale déclarait que le mur de séparation était illégal, et que le respect du droit international nécessiterait son démantèlement et le dédommagement des communautés et des individus palestiniens.

Comme pour l'identité du juge dissident, le non-respect par Israël de la décision était aussi prévisible que l'heure du lever du soleil demain.

A peine moins prévisible fut la réponse du gouvernement américain, qui, adoptant son ton hégémonique coutumier, a indiqué aux parties que ces questions devaient être résolues par des négociations politiques, qui, même si elles étaient suivies, aboutiraient selon les vœux d’Israël, compte tenu de la relation hiérarchique entre Israël en tant qu'occupant et la Palestine en tant qu’occupée.

Nul besoin de formation juridique pour rejeter l'argument américain comme étant au mieux stupide, au pire cynique. La question posée à la CIJ était essentiellement juridique, à savoir si la construction du mur de séparation sur le territoire palestinien occupé était ou non conforme à la quatrième convention de Genève régissant une occupation belligérante.

Bien que qualifiée d'"avis consultatif", la décision s'appuie sur un consensus pleinement motivé et documenté des plus éminents juristes du monde sur les exigences du Droit international en ce qui concerne la construction de ce mur de 700km, dont 85% est situé sur le territoire palestinien occupé.

Le degré d'autorité de l'analyse juridique est renforcé par le caractère unilatéral de la décision. Il est rare qu’une contestation juridique devant la CIJ fasse l’unanimité à la lumière de la diversité des systèmes juridiques des 15 juges et des différences de civilisation et d’idéologie qui marquent l’ordre mondial en général.

Cette décision juridique à La Haye a été entérinée politiquement par l’Assemblée générale, qui a imposé à Israël le respect de ses obligations. Il est décevant que le mépris israélien à la fois de la CIJ, le plus haut tribunal juridique du monde, et de l'Assemblée générale, l'organe de l'ONU le plus représentatif des peuples du monde, ait suscité si peu de commentaires défavorables au fil des ans.

C’est non seulement une confirmation supplémentaire que le système des Nations Unies et le Droit international n’ont pas la capacité de rendre la justice même minimale au peuple palestinien, mais aussi que cette autorité institutionnelle est soumise à un droit de veto géopolitique, c’est-à-dire que le Droit international sans soutien de la puissance concernée est paralysé en ce qui concerne la mise en œuvre.

Lorsqu’on examine le droit constitutionnel de veto accordé aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité, complété par le veto géopolitique informel permettant aux États dominants de se protéger, eux-mêmes et leurs amis, des contraintes du Droit international, la dépendance du droit sur les priorités des puissants devient douloureusement évidente. Cela nous aide à comprendre de quelle manière perverse le monde est organisé. 

Source: Externe

Il est vraiment pathétique que seuls les faibles et les vulnérables soient soumis aux contraintes de la loi, tandis que les forts et ceux qui sont protégés par les forts sont les seigneurs sans lois de cette planète indisciplinée.

Le mur, symbole international notoire de séparation coercitive et d’exploitation, à l'image des structures de sécurité de l'apartheid  imposées au peuple palestinien dans son ensemble, présente un modèle de mise en œuvre grotesque. Ses structures laides tranchent et fragmentent les communautés et les quartiers palestiniens, séparant les agriculteurs de leurs fermes et créant un rappel constant et inévitable de la nature de l'oppression israélienne.

On peut aborder la question du mur de séparation dans une perspective historique et retrouver certaines caractéristiques du mur de Berlin. Pendant la guerre froide, l'oppression en Allemagne de l'Est et plus généralement en Europe de l'Est en est un exemple. Si le gouvernement de l'Allemagne de l'Est avait osé prolonger le mur de quelques mètres jusqu'à Berlin-Ouest, cela aurait signifié la guerre et peut-être même la troisième guerre mondiale.

Enfin, lorsque le mur est tombé, ce fut l’occasion de joyeuses célébrations et un moment décisif de la dynamique historique qui a permis au monde de savoir que la guerre froide était terminée. Il est utile de comprendre que le mur de Berlin a été conçu pour maintenir les gens à l'intérieur, alors que le mur israélien est censé empêcher les gens d'entrer.

Il y a aussi la question de la motivation. Comme beaucoup l'ont souligné, le mur reste inachevé plus de 15ans après avoir été déclaré nécessaire pour la sécurité israélienne, ce qui tend à donner raison aux critiques qui ont dit que si la sécurité était le véritable motif, il aurait été achevé depuis longtemps.

Même si l’argument sécuritaire est en partie sincère, cela illustre l‘impact injuste du "dilemme sécuritaire": de petites augmentations de la sécurité des Israéliens sont obtenues en créant des augmentations beaucoup plus importantes de l'insécurité des Palestiniens.

Au-delà de la sécurité, il est évident qu’il s’agit d’une tactique supplémentaire d’appropriation de terres par Israël, ce qui fait partie de la stratégie israélienne plus large consistant à traiter ‘l’occupation’, en particulier en Cisjordanie, comme l’occasion ‘d’annexer’ des terres.

De manière encore plus insidieuse, l’intention apparente d’Israël de rendre la vie palestinienne près du mur si insupportable que les Palestiniens abandonnent leur lieu de résidence est un ‘nettoyage ethnique’, peu importe quel autre nom on emploie.

Quels messages cette occasion d'anniversaire transmet-elle au peuple palestinien et au monde?

C’est un sinistre rappel que le peuple palestinien ne peut espérer obtenir justice ou faire valoir ses droits par des moyens pacifiques. Un tel rappel est particulièrement instructif, car il intervient à un moment où des initiatives intergouvernementales pour trouver un compromis politique entre les attentes israéliennes et les aspirations palestiniennes se révèlent être un échec.

Cet échec, là encore sans surprise, a représenté un changement radical d'approche de la ‘paix’ et une ‘solution’ de la diplomatie à la géopolitique, du cadre diplomatique critiquable d'Oslo au ‘pacte du siècle’ de Trump ou à la reformulation de Kushner, ‘de la paix à la prospérité’.

Source: Externe

Ou plus clairement, c’est ‘le caucus de la victoire’ que Daniel Pipes et le Forum pour le Moyen-Orient qu’il préside ont promu avec tant de succès ces derniers mois, plaidant en effet pour une dernière trahison des droits du peuple palestinien, approche qui a manifestement trouvé un public réceptif à la fois au Congrès américain/Maison Blanche et à la Knesset israélienne.

Cette stratégie géopolitique est une tentative à peine déguisée de satisfaire les exigences d’Israël en matière de frontières, de réfugiés, de colonies de peuplement, d’eau et de Jérusalem, tout en rejetant les droits reconnus par le Droit international aux Palestiniens, y compris leur droit le plus fondamental à l’autodétermination, censé être un droit légal pour tous les peuples dans l'ère post-coloniale.

La question qui reste est "combien de temps le projet sioniste peut-il nager à contre-courant historique de l'anticolonialisme?"

A mon avis, la réponse dépend de si le mouvement de solidarité mondial, avec la résistance palestinienne, peut atteindre un point de basculement qui conduise les dirigeants israéliens à reconsidérer leur ‘sécurité’ et leur avenir.

Un tel point a été atteint en Afrique du Sud, certes dans des conditions très différentes, mais avec un sentiment analogue que les dirigeants afrikaners n'abandonneraient jamais le contrôle sans être vaincus dans une lutte sanglante pour le pouvoir.

Richard Falk -

04.08.19

Source: ISM

19 août 2019

C'est pour son hypocrisie habituelle que l'UE n'est pas crédible et doit être combattue

Source: Externe

L’UE finance désormais le ministère de la Guerre d’Israël. L’Union européenne finance des organismes israéliens qui supervisent les démolitions et d’autres crimes contre le peuple palestinien

 

Il y a deux ans, Benjamin Netanyahu se plaignait que l’Union européenne était «folle» de fixer des «conditions politiques» à ses relations avec Israël. À l’aune du Premier ministre, les choses sont depuis devenues moins «folles»: l’UE a discrètement accru le soutien financier qu’elle accorde aux organismes gouvernementaux israéliens, lesquels sont directement responsables de l’oppression des Palestiniens.

Le ministère de la Défense d’Israël vient justement de commencer à récupérer des fonds de l’Union européenne, pour la première fois.

Il fait partie des bénéficiaires d’un nouveau programme de recherche de 9 millions de dollars sur l’utilisation de drones en cas de catastrophe. Connu sous le nom de Respondrone, ce programme est financé dans le cadre du programme scientifique de l’UE, Horizon 2020.

Les «conditions politiques» dont Netanyahu se plaignaient, ce sont le respect des droits de l’homme fondamentaux. Or, en fournissant de l’argent au ministère de la Défense israélien, l’UE apporte son aide à un grand violeur des droits de l’homme.

Si la langue anglaise était utilisée de façon exacte, le ministère de la Défense serait appelé le ministère des Crimes de guerre et de l’Occupation.

Sa tâche est de renforcer l’armée d’Israël. Autrement dit, le ministère s’emploie à rendre une armée déjà extrêmement agressive encore plus meurtrière.

Non content d’occuper la Cisjordanie et la bande de Gaza, l’armée d’Israël a bombardé le Liban, la Syrie, l’Iraq et le Soudan, rien que depuis le début de ce millénaire – quand l’UE était censée commencer à appliquer ces «folles» conditions. Israël a, de plus, tué des militants humanitaires turcs dans les eaux internationales.

Subventionner le ministère qui supervise cette armée équivaut à approuver ses crimes.

Le projet Respondrone a démarré en mai. Le mois suivant, l’ambassade de l’UE à Tel-Aviv organisait une cérémonie pour honorer la façon dont les chercheurs israéliens avaient reçu plus de 820 millions de dollars de Horizon 2020!

Curieusement, le matériel de l’évènement publié sur le site de l’ambassade n’indique pas que l’UE finance désormais le ministère de la Défense d’Israël.

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Des réticences

Les représentants de l’UE se sont montrés tout aussi réticents sur le soutien qu’ils apportent au ministère de la «Sécurité publique» israélien.

Ce ministère fournit des conseils à la police et au service pénitentiaire d’Israël. Au cours des semaines passées, la police d’Israël a mené des raids quotidiens sur le village d’Issawiyeh en Cisjordanie, elle a participé à la démolition d’immeubles palestiniens à Jérusalem-Est, et elle a expulsé une famille qui vivait près de la Vieille Ville de Jérusalem pour que sa maison puisse être remise à des colons juifs.

Le service pénitentiaire, quant à lui, gère des établissements où la torture est pratique courante.

Nassar Taqatqa est le tout dernier des détenus palestiniens à mourir dans l’un de ces établissements. Il est impossible d’enquêter sur les conditions de sa mort puisque les autorités israéliennes conservent son corps. 

Si elle le voulait, il serait possible à l’UE d’exercer des pressions sur Israël pour qu’il arrête de bloquer cette enquête qui est si urgente. Le ministère de la Sécurité publique d’Israël prévoit de participer à un projet, financé par l’UE, de près de 8 millions de dollars, à partir du mois prochain.

Du nom de Roxanne, ce projet va examiner la façon dont les progrès en technologie peuvent aider à identifier les membres des réseaux criminels. Entre autres participants, il y aura notamment les polices de l’Irlande du Nord et de l’Irlande du Sud, de la Grèce et de la République tchèque, ainsi que l’organisation internationale pour l’application de la loi, Interpol.

Le strict minimum, ce serait pour l’UE de déclarer à Israël qu’il ne sera pas le bienvenu dans ce programme tant qu’il conservera le corps de Nassar Taqatqa.

Mais le ministère de la Sécurité publique d’Israël devrait ne pas être impliqué dans aucun des projets de lutte contre la criminalité financés par l’UE, étant donné qu’il apporte un soutien bureaucratique à des crimes de guerre tels que les démolitions et les raids contre un peuple sous occupation.

L’ambassade de l’UE à Tel-Aviv se dit fière d’encourager l’innovation chez les start-ups d’Israël. Mais l’ambassade n’attire pas l’attention sur le fait que bon nombre de ces entreprises ont des liens étroits avec l’armée israélienne.

Source: Externe

Des entreprises artisanales?

Par exemple, l’UE a accordé une subvention à TuneFork, une entreprise basée à Jérusalem. Cette entreprise a pour objectif, louable, d’aider les personnes malentendantes à prendre le plus de plaisir possible dans l’écoute de la musique sur Internet.

Tout sauf louable, le directeur général de TuneFork, Tomer Shor, a affiné ses compétences en tant qu’innovateur avec la branche Développement des technologies, de l’armée israélienne – l’Unité 8200, comme on l’appelle.

L’UE ne se contente pas d’aider des entreprises artisanales. Israel Aerospace Industries, fabricant des drones utilisés lors des offensives israéliennes contre Gaza, est actuellement partie prenante dans au moins trois projets financés par l’UE. Il s’agit notamment du programme Respondrone susmentionné, qui implique aussi le ministère de la Défense israélien, et d’un projet distinct sur l’amélioration de la sécurité des «drones du marché de masse».

Elbit Systems, autre grand constructeur d’avions de guerre israélien, appartient à un consortium impliqué dans un projet de 10 millions de dollars pour «sécuriser le réseau européen du gaz».

Parmi les universités d’Israël qui pompent Horizon 2020, vous avez Technion à Haïfa. Une brochure promotionnelle de Technion se vante de ses «liens exceptionnellement étroits» avec l’armée israélienne, et d’être la «seule source d’ingénieurs de l’aéronautique en Israël» – un euphémisme pour ces fabricants d’armes de demain.

Les représentants de l’UE savent parfaitement que leur soutien à Israël est répugnant, mais ils ne l’admettront pas. Le faire serait gâcher l’ambiance de tous ces évènements où ils sirotent du champagne et débitent des platitudes sur l’«innovation».

David Cronin -

02.08.19

Source: Agence Medias Palestine

17 août 2019

Un village palestinien asphyxié par les déchets d’une colonie israélienne

Source: Externe

Un ruisseau d’eaux usées près de Bruqin, en Cisjordanie occupée, a des effets dévastateurs sur la santé et les moyens de subsistance des Palestiniens

 

À l’extérieur de la maison d’Ahmed Abdulrahman, dans la vallée d’al-Matwa, l’humidité estivale rend l’odeur des excréments humains presque insupportable. Alors que les colonies et les usines israéliennes dominent la vallée, un ruisseau d’eaux usées s’écoule sans discontinuer en contrebas.

«Les moustiques ne nous laissent pas dormir. Nous avons peur des maladies, en particulier chez les enfants», déclare à Middle East Eye cet homme de 62 ans au visage fatigué. Au cours des trois dernières années, son épouse a été l’une des nombreux habitants de la région à avoir développé un cancer.

Situées dans le district de Salfit (Cisjordanie occupée) entre les villes palestiniennes de Ramallah et de Naplouse, les vallées d’al-Matwa et al-Atrash collectent les eaux usées mal gérées des habitants palestiniens de Salfit et des habitants israéliens des colonies illégales voisines d’Ariel et de Barkan.

Selon un rapport publié en 2009 par l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, les Palestiniens vivant dans ces vallées sont exposés à « des eaux usées non traitées contenant des virus, des bactéries, des parasites et des métaux lourds et toxiques [qui sont] dangereux pour la santé des personnes et des animaux ».

Le flot de produits toxiques a eu un effet dévastateur sur la santé et les moyens de subsistance des Palestiniens de la région – et bien que les autorités israéliennes nient toute responsabilité, des études ont soulevé de sérieuses inquiétudes concernant les effets à long terme de cette catastrophe environnementale et médicale.

«Nous vivons véritablement en enfer»

Le village de Bruqin s’étend à travers la vallée d’al-Matwa et ses maisons jalonnent les flancs des collines.

Murad Samara, employé de la municipalité de Bruqin et volontaire de la Société de secours médical palestinien, pointe du doigt les maisons où une personne qu’il connaît est malade ou décédée des suites d’une affection liée à ces eaux usées tristement célèbres.

Il souligne leur âge: un homme d’âge moyen habitant cette maison est décédé d’un cancer il y a cinq ans; une adolescente de 15 ans habitant cette autre maison s’est effondrée dans la cour de son école l’année dernière et est décédée deux mois plus tard d’une autre forme de cancer à un stade avancé.

«Chaque jour, nous apprenons qu’une personne de notre connaissance est malade», déclare Ammar Barakat (37 ans), qui a constaté l’impact de la pollution sur sa famille et sa communauté à Bruqin, l’un des villages les plus touchés du district de Salfit.

Son frère est décédé il y a deux ans d’un cancer dépisté trop tard. Farouq Barakat, voisin d’Ammar Barakat, vit dans un foyer avec 24 enfants. L’épouse de Farouq, Maye, est constamment stressée par la santé de ses enfants et de ses beaux-enfants.

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Son plus jeune fils, âgé d’un an et demi, a des problèmes respiratoires et Rasha, trois ans, est atteinte de leucémie depuis son plus jeune âge. 

«C’est normal d’être malade ici», déclare Maye Barakat. «L’odeur, l’eau, tout est très mauvais».

Bien que les eaux usées non traitées affectent sérieusement la santé publique, les produits chimiques toxiques provenant des usines avoisinantes qui contaminent l’eau constituent une menace plus grave encore. 

En 2017, B’Tselem a signalé que l’État d’Israël exploitait des terres palestiniennes pour traiter divers déchets créés non seulement dans des colonies illégales, mais également à l’intérieur de la ligne verte.

Dans le rapport, les zones industrielles des colonies d’Ariel et de Barkan seraient dotées de deux des quatorze installations de traitement des déchets administrées par Israël en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

Les zones industrielles d’Ariel et de Barkan traitent les huiles usagées et les déchets électroniques dangereux – déchets jugés trop dangereux à traiter en Israël en vertu de la législation sur la protection de l’environnement, et qui ont donc été transférés dans les territoires palestiniens occupés où de telles réglementations israéliennes ne s’appliquent pas.

Les tuyaux ouverts près de ces zones industrielles sont clairement visibles, avec les eaux usées s’écoulant dans les vallées d’al-Matwa et al-Atrash.

«Nous vivons véritablement en enfer», déclare Ammar Barakat, le visage impassible, en regardant le flot de déchets toxiques qui passe devant chez lui.

Pour Abdulrahman Tamimi, médecin du seul hôpital de Salfit, la corrélation est claire. 

«Les habitants de ces villages particuliers [proches des zones industrielles] ont les mêmes caractéristiques, les mêmes maladies», explique-t-il. « On peut en conclure qu’il y a un problème là-bas. Ces derniers temps, nous voyons beaucoup de personnes atteintes d’un cancer… ce qui est vraiment rare habituellement chez les jeunes, entre 20 et 25 ans», poursuit le médecin.

Les cas qu’il suit vont du cancer du poumon au cancer des os, mais chaque cas est agressif. En raison de divers facteurs sociaux et économiques, le Dr. Tamimi voit souvent ses patients quand il est trop tard.

«Ils vivent trois mois après le diagnostic et meurent. Ils meurent, tout simplement. Ils ne viennent pas à un stade précoce», déclare-t-il à MEE.

Il y a trois ans, la municipalité de Bruqin a construit une canalisation pour aider à résoudre certains problèmes de surface causés par les eaux usées, tels que les odeurs et les moustiques. Cependant, ces efforts se sont révélés insuffisants.

Alors que le village de Bruqin s’étend sur dix kilomètres, la canalisation ne fait que deux kilomètres de long. Par ailleurs, les ordures physiques l’obstruent fréquemment. 

«Les canalisations n’ont pas résolu les problèmes car elles se remplissent et fuient, créant une mer d’eaux usées qui endommagent notre terre», explique Ahmed Abdulrahman.

Il y a deux mois, ses terres ont été inondées par les eaux usées s’écoulant des canalisations bouchées. Abdulrahman affirme que 22 de ses 50 oliviers sont morts ou sont tombés malades, découvrant des branches complètement nues quelques mois seulement avant la saison des récoltes. 

«Nous craignons que la récolte des olives de cette année ne soit pas consommable car les eaux usées contiennent également des produits chimiques provenant des colonies», confie-t-il à MEE.

Il estime que les dégâts lui feront perdre près de 2000 shekels (environ 500 euros) sur la récolte de cette année, sans parler des effets à long terme de la perte de près de la moitié de sa plantation. 

Les inondations ne détruisent pas seulement ses terres, mais également sa famille. Les épouses de ses fils et de ses voisins quittent leurs maisons lorsque des inondations se produisent et emmènent leurs enfants dans d’autres villages. 

«Ils partent pendant un mois jusqu’à ce que l’eau se retire et ils reviennent», précise Ahmed Abdulrahman, «mais au bout d’un mois, la mer revient et ils repartent».

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« Le problème principal est l’occupation »

Dans une déclaration officielle à Middle East Eye, la municipalité d’Ariel a nié toute responsabilité de la colonie israélienne vis-à-vis de la crise écologique et sanitaire dans la région de Salfit.

«Toutes les eaux usées de la ville d’Ariel passent par une usine de traitement des eaux usées et tout le ruissellement qui provient d’Ariel est de l’eau qui a déjà été traitée», indique le communiqué.

B’Tselem affirme toutefois que l’installation de traitement des eaux usées de la colonie d’Ariel «a complètement cessé de fonctionner en 2008». La municipalité de la colonie a été jusqu’à blâmer directement les Palestiniens – qui sont souvent désignés par le terme «Arabes» en Israël.

«Malheureusement, les communautés arabes voisines ne traitent pas leurs eaux usées, en particulier dans la région de Salfit», poursuit le communiqué. «Leurs eaux usées se déversent directement dans le wadi [vallée] et ces eaux se déversent dans l’aquifère de la montagne, qui pollue les eaux et nuit à la santé de tous».

«Le principal problème est l’occupation parce que nous n’avons aucun pouvoir», affirme en revanche Murad Samara, l’employé de la municipalité de Bruqin.

Il explique que la mairie de Salfit essaie de créer une installation de traitement des eaux usées pour desservir le district depuis 1989.

Deux projets distincts soutenus par des fonds européens en 2000 et 2009 ont également échoué parce que les autorités israéliennes ont refusé de délivrer des permis pour construire l’installation sur les terres de la vallée d’al-Matwa, qui se trouve dans la zone C de la Cisjordanie, sous contrôle total de l’armée israélienne. 

Le projet de 2009 a fait l’objet d’un ultimatum israélien: l’installation de traitement financée par l’Allemagne serait autorisée sur les terres de la zone C si celle-ci traitait également les déchets d’Ariel.

L’Autorité palestinienne a dénoncé cette offre comme une demande de reconnaissance de facto de la légitimité d’Ariel, alors que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international.

Bien qu’une toute nouvelle pancarte sur le territoire de Bruqin annonce une tentative de construction d’une installation de traitement des eaux usées financée par la coopération financière bilatérale allemande, même si le projet aboutit à son échéance fixée à 2022, les effets de décennies d’exposition à des eaux usées toxiques pourraient être irréversibles.

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Dommages irréversibles

Le docteur Mazin Qumsiyeh, professeur de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire à l’Université de Bethléem et célèbre militant, a été un pionnier dans la recherche sur les effets intergénérationnels à long terme de l’exposition à des déchets toxiques. 

Qumsiyeh et une équipe d’étudiants diplômés ont recueilli des échantillons de sang d’un groupe témoin et de deux groupes expérimentaux dans le cadre de deux études distinctes: l’une testant des Palestiniens de Bruqin en 2013 et l’autre d’Idhna en 2016, un autre village palestinien situé à proximité d’une zone industrielle israélienne.

L’étude a révélé un nombre significatif de fractures chromosomiques dans les cellules des habitants vivant à proximité des zones industrielles par rapport au groupe témoin. Les fractures chromosomiques ou les dommages causés à l’ADN augmentent les risques d’infertilité, de malformations congénitales et de cancer. 

«Les preuves montrent catégoriquement que le hasard à lui seul ne peut expliquer une différence entre les échantillons témoins et expérimentaux», affirme le Dr. Qumsiyeh à Middle East Eye«Il s’agit d’une conclusion très significative qui indique que la présence de cette colonie industrielle est la cause de ces dommages». 

Bien que Mazin Qumsiyeh pense que «cela peut être un outil important pour défier Israël devant les tribunaux internationaux», les habitants de Bruqin, comme les Barakat, aspirent à une solution plus immédiate.

«La plupart des Palestiniens demandent à être libérés de l’occupation», déclare Ammar Barakat. «Tout ce que je demande, c’est de l’air frais. D’ici là, je ne peux penser à rien d’autre».

Megan Giovannetti -

01.08.19

Source: MME

15 août 2019

Le "deal du siècle" comme prolongation des (désastreux) "accords d'Oslo"

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«Accord du siècle»: la dernière partie du piège Oslo fait pour les élites politiques palestiniennes

 

L’«accord du siècle» du Président des États-Unis Donald Trump nous dit que seuls les hommes d’affaires et les policiers palestiniens peuvent libérer la Palestine et les Palestiniens de leur tragédie actuelle. Comment une lutte palestinienne vieille d’un siècle pour se libérer du colonialisme sioniste s'est-elle transformée en une lutte visant à renforcer le pouvoir des hommes d'affaires palestiniens et de la police palestinienne qui les protège et qui protège également l'occupation israélienne?

La victoire d’Israël à Oslo

L'histoire commence à Oslo. La victoire la plus importante d’Israël lors de la signature des accords d’Oslo avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1993 a été d’engager l’OLP à transférer toutes les relations futures avec Israël à une nouvelle entité appelée Autorité nationale palestinienne (AP).

Ce faisant, l'OLP – qui représentait jusque-là tous les Palestiniens du monde, y compris ceux d'Israël, ceux vivant en exil et ceux dans les Territoires occupés de 1967 – a été limitée à l'Autorité palestinienne, qui affirme ne représenter que les Palestiniens de Cisjordanie  et de Gaza. (Israël a même refusé de l’autoriser à inclure les Palestiniens de Jérusalem-Est).

L'OLP a effectivement été dissoute et les Palestiniens ont été réduits des deux tiers. En retour, l'OLP a reconnu le «droit d'Israël à exister dans la paix et la sécurité», un droit qui, selon Israël, en fait l’État de tous les juifs du monde.

Israël a triplé sa population juive en affirmant que tous les juifs qui vivent en dehors d'Israël sont en réalité des Israéliens. Ainsi, alors que les Palestiniens vivant sous une seule autorité étaient réduits à une minorité, les juifs vivant dans un seul État ont été multipliés par trois.

Cooptation et répression

En outre, les accords d'Oslo prévoyaient d'associer un grand nombre de Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza au processus d'Oslo à tous les niveaux, en créant un certain nombre de classes sociales dont les liens financiers étaient inextricablement liés au «processus de paix» inauguré par Oslo.

De cette manière, cela leur garantissait qu'ils n'auraient d'autre choix que de le soutenir.

Un des principaux objectifs d’Oslo fut de démobiliser la population palestinienne fortement mobilisée au cours de la première Intifada en mettant fin à la révolte, en partie par la répression et en partie en cooptant ses principaux militants et intellectuels dans certaines de ces classes sociales.

Ces classes sociales comprennent:
- une élite politique au sein de l’Autorité palestinienne composée en majorité de membres de l’OLP en Palestine et à l’extérieur;
- une bureaucratie chargée d'administrer la population pour l'Autorité palestinienne, composée de personnel local et de rapatriés;
- une force de sécurité chargée de réprimer la résistance palestinienne à Israël et à Oslo, composée d'anciens guérilleros devenus mercenaires pour Israël, qui sera principalement financée et entraînée par les Américains et les Européens;
- des employés d’organisations non gouvernementales (ONG) créées par les Américains et les Européens, composés d’anciens militants et d’intellectuels ayant participé à la première Intifada;
- et une classe d’hommes d’affaires – à la fois ceux qui sont revenus d'exil pour profiter de leur peuple et du processus d'Oslo, et ceux qui vivent déjà en Cisjordanie et à Gaza et qui profitaient déjà de l'occupation avant Oslo.

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Alors que les accords d'Oslo ont été signés au plus fort de l'hégémonie de l'ordre néolibéral international, l'objectif de permettre aux hommes d'affaires palestiniens de réaliser des profits (plusieurs programmes veulent également «habiliter» les femmes palestiniennes à devenir entrepreneurs) et de lier l'intelligentsia palestinienne aux ONG devait assurer un personnel administratif relativement restreint au sein de l'Autorité palestinienne et un appareil sécuritaire imposant pour réprimer toute résistance à cet ordre.

Le sous-traitant de l'occupation

Comme les Israéliens à Oslo n’ont promis que de reconnaître l'OLP en tant que représentant des Palestiniens, mais n’ont jamais promis de permettre aux Palestiniens d'établir un État qui leur soit propre, ni de se retirer des territoires occupés, ni de cesser de construire de nouvelles colonies, et encore moins de démanteler celles qui existaient déjà, ni de garantir aux Palestiniens l'autodétermination, le rôle de l'Autorité palestinienne n’était que celui d'un sous-traitant de l'occupation chargé de mettre fin à l'intifada et de réprimer toute manifestation future de résistance aux Israéliens.

Bien que la classe politique ait continué de nourrir l’illusion qu’on lui attribuerait au moins un État bantoustan dont ils pourraient prétendre que c’est un vrai État et conserver l’autorité qu’Israël leur permettrait de conserver, les Israéliens n’avaient pas l’intention de leur accorder une telle entité.

Après avoir rempli son rôle d'autorité de transition visant à aider Israël à réprimer le peuple palestinien par le biais de sa coordination en matière de sécurité – fonction centrale de l'Autorité palestinienne que Mahmoud Abbas a qualifiée de «sacrée» – Israël et Trump ont maintenant le sentiment que l'Autorité palestinienne a épuisé son rôle et est devenue superflue.

Arrive «l'accord du siècle». L'accord ne joue qu'un seul rôle pour l'AP, le même rôle dont Oslo a doté l'OLP, à savoir que l'Autorité palestinienne accepte «l'accord» et cède son autorité à des hommes d’affaires palestiniens (et d’autres Arabes et internationaux) (moins de femmes), dissolve sa classe politique et remette toutes les autorités locales entre les mains de son appareil sécuritaire.

Le but de l'accord, à l'instar des accords d'Oslo dont il constitue la phase finale, est que tous les Palestiniens dont ils ont besoin partout soient des hommes d'affaires et des policiers et non la fin de la colonisation de peuplement et de l'occupation israéliens.

Coordination sécuritaire

L'appareil sécuritaire de l'Autorité palestinienne, qui tue et emprisonne des Palestiniens depuis 1994, est hautement entraîné et loué par les Américains.

En novembre 1994, peu après son entrée à Gaza, la police d'Arafat a tué au moins 13 Palestiniens non armés et en a blessé 200 à Gaza pour avoir osé manifester contre les accords d'Oslo.

Lors de sa visite à Gaza au début de 1995, le vice-président américain Al Gore a félicité Arafat d'avoir mis en place des tribunaux militaires pour juger les Palestiniens opposés à Oslo.

Tandis que la CIA avait initialement aidé à entraîner les forces de sécurité de l'AP à des opérations secrètes, les États-Unis se sont ensuite révélés chargés officiellement de les entraîner.

Le lieutenant-général Keith Dayton, qui fut coordonnateur de la sécurité des États-Unis pour l'AP de décembre 2005 à octobre 2010, a supervisé leur formation ainsi que le coup d’État organisé contre le Hamas démocratiquement élu en 2007 – un coup d’État qui a échoué à Gaza et qui a réussi en Cisjordanie.

Avant de se rendre en Cisjordanie, Dayton était occupé à mener la guerre de l'Amérique contre le peuple irakien en 2003. Il fut remplacé par le lieutenant-général Michael Moeller, qui est resté en fonction jusqu'en 2012. Il fut suivi par le superviseur actuel, le vice-amiral Paul Bushong.

À son tour, l’Union européenne finance et forme la police de l’Autorité palestinienne pour les mêmes tâches par le biais de son Office de coordination de la police de l’UE pour le soutien de la police palestinienne ou EUPOL COPPS depuis 2006.

La police de sécurité de l’Autorité palestinienne est un succès majeur pour Israël. Les Israéliens lui imputent tout le crédit d’empêcher de manière continue la majorité des opérations de résistance palestiniennes contre l’armée de l’occupation.

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“Business as usual”

Quant à la classe des hommes affaires, qui a été décisive en 1993 pour convaincre Arafat de signer Oslo, elle continue de coordonner ses activités commerciales avec les Israéliens.

Alors que des hommes d’affaires et des intellectuels favorables au monde des affaires ont promis au peuple palestinien que le processus de paix transformerait les territoires occupés en Singapour, c’est maintenant Jared Kushner qui fait des promesses similaires avec son «accord».

En effet, au milieu des préparatifs de la conférence de Bahreïn sur le «deal du siècle», le journal israélien Walla a révélé que le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Aviv Kochavi, a rencontré un millionnaire palestinien il y a deux mois à Ramallah pour discuter de la situation économique actuelle en Cisjordanie.

Un milliardaire palestinien ayant de nombreuses entreprises dans les territoires occupés a été célébré par les Israéliens comme le «Rothschild» des Palestiniens. 

Aucun acte héroïque

Le refus de l'AP d'assister à la conférence de Bahreïn il y a quelques semaines ne fut pas un acte héroïque, mais plutôt un acte de préservation de soi. Sachant que l'objectif de «l'accord du siècle» est de forcer la classe politique de l'AP à se dissoudre, l'AP a choisi de ne pas y assister.

Alors que quelques hommes d'affaires palestiniens ont assisté à la conférence de Bahreïn (un seul d'entre eux, Salah Abu Mayyala, a été arrêté par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne après son retour en Cisjordanie mais a ensuite été relâché), les autres se sont tenus à l'écart de Bahreïn pour manifester leur solidarité avec la classe politique.

Néanmoins, l'AP sait très bien que si les Américains et les Israéliens réussissent à imposer l'accord, les hommes d'affaires palestiniens et l'appareil sécuritaire palestinien sacrifieront probablement la classe politique de l'AP et procéderont à la «libération» de la Palestine avec plus de profits dans leurs coffres et plus de répression pour le reste de la population palestinienne.

Joseph Massad -

22.07.19

Source: ISM

13 août 2019

La mentalité sioniste ne cesse d'étaler sa perversité

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Les propagandistes de l’armée israélienne remettent ça: une guerre aux herbicides contre les agriculteurs de Gaza

 

Une vidéo récemment twittée par la COGAT, le bras bureaucratique de l’occupation militaire israélienne, se réjouit de ses efforts pour enseigner les fruits et légumes hybrides aux agriculteurs palestiniens de Cisjordanie.

Ce dont l’armée ne se vante pas dans sa courte vidéo enjouée, c’est de son empoisonnement méthodique des terres agricoles les plus fertiles de la bande de Gaza assiégée.

Depuis 2014, l’armée israélienne utilise des avions d’épandage pour pulvériser des herbicides le long de la frontière orientale de Gaza. Longtemps, elle a rasé des terres agricoles et résidentielles le long de la dite «zone tampon» afin d’augmenter le champ de vision de ses soldats.

La pulvérisation d’herbicides se fait, sans prévenir, au-dessus d’Israël, quand le vent pousse les toxines jusque dans la bande de Gaza.

En 2016, le ministère de la Défense israélien a reconnu une telle pratique dans une réponse à une demande d’accès à l’information.

«Il a confirmé que les substances pulvérisées contenaient bien trois herbicides», indique un nouveau rapport du groupe de recherche Forensic Architecture basé à Londres. Ces trois herbicides sont, le glyphosate (nom de marque Roundup), l’oxyfluorfen (Oxygal), et le diuron (Diurex).

"Probablement cancérigène"

Le Roundup est fabriqué par Monsanto, lequel appartient (depuis peu-ndlr) à la société allemande Bayer, et il fait l’objet de poursuites aux États-Unis par des milliers de plaignants qui soutiennent que c’est ce désherbant qui a provoqué leur cancer. 

Un organisme de recherche sur le cancer, financé par la Banque mondiale, classe le glyphosate comme «probablement cancérigène pour l’homme».

L’utilisation des herbicides commerciaux par un occupant militaire, contre la population occupée, soulève la question de la responsabilité des entreprises qui fournissent ces produits, en application des Principes directeurs des Nations-Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

Bayer fait partie d’un groupe industriel allemand qui gérait des camps de travail et fournissait des gaz toxiques pour les camps de la mort nazis durant l’holocauste. Le directeur général de la société s’est excusé pour ces actes en 1995.

Près de 30 opérations de pulvérisation ont eu lieu le long de la frontière Gaza/Israël entre 2014 et 2018.

Le Forensic Architecture a simulé des opérations de pulvérisation, enregistrées sur vidéo, en combinant des variables environnementales clés avec «les caractéristiques du système de pulvérisation fixé sur l’avion».

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La simulation a indiqué que «des traînées de concentrations nocives d’herbicides avaient dérivé sur plus de 300 mètres à l’intérieur de Gaza» lors d’une pulvérisation le 5 avril 2017.

«Ceci semble indiquer que les cultures palestiniennes peuvent ainsi avoir été endommagées».

Les images satellite suivant la pulvérisation révèlent une dégradation de la végétation dans la plus grande partie de la zone potentiellement touchée par la traînée d’herbicides.

Les agriculteurs ont signalé des dégâts sur 250 acres de récoltes après une pulvérisation dans le sud de la bande de Gaza en janvier 2018. [1acre=~4050m² soit, 0.4 hectare - dans le cas présent, cela représente plus de 100 hectares-ndlr)

«Un an plus tard, en décembre 2018, nous avons recueilli des échantillons similaires de feuilles endommagées, trois jours après une pulvérisation par l’armée, qui présentaient les dégâts caractéristiques d’un herbicide de contact», ajoute le rapport. 

Le Forensic Architecture conclut que la pulvérisation par Israël d’herbicides dérivant à l’intérieur de la bande de Gaza «a des effets incontrôlables qui nuisent aux fermes palestiniennes à des centaines de mètres» de la frontière.

La pulvérisation israélienne «a créé une zone morte de bandes entières d’une terre autrefois arable».

Des milliers d’acres endommagées

Selon le ministère de l’Agriculture de Gaza, quelques 3400 acres (soit, 1375 hectares-ndlr) de terres agricoles ont été endommagées par les pulvérisations aériennes d’Israël.

En plus de leurs récoltes, les agriculteurs de Gaza ont perdu des engrais, de l’eau et du travail.

Les bêtes qui paissaient sur les terres touchées par la traînée d’herbicides sont mortes.

«Les produits chimiques utilisés pour les pulvérisations restent dans le sol pendant des mois et même des années, et ils peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé des personnes qui consomment des récoltes contaminées et/ou inhalent l’herbicide», a déclaré l’an dernier le Comité international de la Croix-Rouge au journal israélien Haaretz.

Israël n’a pas pulvérisé d’herbicides dans la bande de Gaza cette année, ce qui a encouragé les agriculteurs à accroître leur production.

Les autorités d’occupation ont rejeté une pétition déposée par des organisations de défense des droits de l’homme qui voulaient que soient indemnisés les agriculteurs de la bande de Gaza qui avaient subi des pertes suite aux pulvérisations.

«Cependant, en 2015, elles ont fourni une compensation à une ville agricole israélienne, Nahal Oz, proche de la zone tampon, après que les agriculteurs eurent intenté une action pour leurs pertes de récoltes après une pulvérisation», rapporte The Guardian.

La destruction de leurs récoltes à cause des pulvérisations d’herbicides n’est pas le seul obstacle israélien auquel sont confrontés les agriculteurs de Gaza.

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Des agriculteurs sont tués, des exportations interdites

Israël a causé pour un demi-milliard de dollars de dommages directs et indirects au secteur agricole durant son agression contre Gaza en 2014, détruisant des puits d’irrigation et des serres aussi bien que tuant du bétail.

Des agriculteurs ont été tués par les forces israéliennes pendant qu’ils travaillaient leur terre. Pour un tiers, les terres agricoles de la bande de Gaza sont devenues dangereuses à cultiver parce qu’elles se trouvent dans une zone exposée d’Israël, mal définie, et qu’Israël fait respecter par des tirs à balles réelles.

Israël impose un blocus sur le territoire depuis 2007 et il s’oppose à l’exportation des produits de la bande de Gaza vers la Cisjordanie et Israël, qui sont traditionnellement les marchés les plus importants de la Bande.

Les autorités d’occupation ont également bloqué l’accès aux vaccins que les vétérinaires utilisent pour empêcher la propagation des maladies parmi le bétail.

L’agriculture n’est qu’un des secteurs productifs de la bande de Gaza qui se sont pratiquement figés au cours de la décennie passée de blocus israélien.

Gaza a maintenant le taux de chômage le plus élevé au monde. Sa population est devenue dépendante de l’aide humanitaire.

Israël a également pulvérisé des herbicides sur des cultures plantées par les communautés bédouines non reconnues par l’État.

En 2004, la Cour suprême d’Israël a accepté une requête déposée par des organisations de défense des droits de l’homme demandant l’arrêt des pulvérisations à cause du danger qu’elles représentaient pour la santé des personnes, de leurs animaux et de l’environnement.

La requête indiquait que l’étiquette apposée sur les récipients Roundup spécifiait: «Ne pas appliquer ce produit en utilisant un pulvérisateur aérien».

Maureen Clare Murphy -

23.07.19

Source: Agence Medias Palestine

 

11 août 2019

Le rôle des missiles dans la stratégie de la résistance palestinienne

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Les Brigades Izz ad-Din al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, ont intensifié leurs tirs d’essai de missiles ces derniers mois dans le cadre du développement de leurs capacités militaires

 

Cependant, le moment choisi pour ces essais équivaut à un message militaire et politique, en particulier en direction d’Israël.

Plus récemment, le 3 juillet, les brigades al-Qassam ont lancé 10 missiles de différentes tailles allant du nord et du sud de la bande de Gaza vers la mer, quelques heures avant la convocation du Cabinet israélien consacré à Gaza en présence de hauts commandants de l’armée et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, pour discuter de la trêve avec le Hamas actuellement bloquée.

Après la réunion, Netanyahu a éructé des menaces à l’égard du Hamas en déclarant: «Notre politique est claire. Nous voulons que la trêve revienne à ce qu’elle était, mais en même temps nous nous préparons à une opération militaire à grande échelle si elle n’aboutit à rien. Ce sont mes instructions à l’armée».

Le 28 juin, le premier dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, a téléphoné à l’envoyé spécial des Nations-Unies pour le Moyen-Orient, Nikolay Mladenov, et l’a assuré que la réticence d’Israël à appliquer les accords de trêve aurait des effets négatifs.

Les deux parties ont fait quelques pas après la conclusion du nouvel accord pour une trêve le 28 juin. Le Hamas et d’autres factions ont réduit les tirs de ballons incendiaires en direction du sud d’Israël. Israël a réapprovisionné la bande de Gaza en carburant, élargi les espaces de pêche des Palestiniens et rendu 20 bateaux de pêche palestiniens qu’il avait volés il y a des années.

Cependant, les Palestiniens ont estimé les démarches d’Israël insuffisantes. Le 8 juillet, Israël a annoncé qu’il avait intercepté un drone palestinien se dirigeant vers le sud d’Israël.

Ces essais de roquettes, qui ont été les plus importants au cours des derniers mois en termes de nombre et de portée de tir, ont suscité l’inquiétude des Israéliens qui ont entendu de fortes explosions dans le secteur de Gaza.

De fausses alertes se sont déclenchées à Sderot, près de la clôture nord-est de séparation d’avec la bande de Gaza, au cours d’essais de missiles.

Un responsable militaire des Comités de résistance populaire a déclaré à Al-Monitor, sous couvert de l’anonymat, que les essais de missiles menés par les factions palestiniennes s’inscrivaient dans le cadre du développement continu de leurs capacités militaires, auxquelles elles ont eu recours pour surmonter la difficulté d’introduire secrètement de tels missiles dans Gaza.

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Selon lui, la résistance – le Hamas, le Jihad islamique et les Comités de résistance populaires – se concentraient dans ses récents essais de missiles sur la précision et la force de destruction, tout en tentant de traverser les systèmes anti-missiles israéliens, notamment le système de défense Iron Dome.

Il a expliqué que les factions palestiniennes avaient réussi au début du mois de mai – lors de la dernière escalade avec Israël – à bloquer le fonctionnement du système Iron Dome, qui n’a pu intercepter que quelques missiles. Les missiles palestiniens avaient pu atteindre leurs cibles avec précision, causant des dégâts dans les endroits ciblés.

Les missiles palestiniens qui ont frappé la ville de Beersheba le 17 octobre 2018 et la région de Sharon au nord de Tel-Aviv le 25 mars, ainsi que ceux qui ont frappé la ville d’Ashkelon le 5 mai, attestent du développement et de la précision des missiles opérés par des factions palestiniennes, en particulier le Hamas et le Jihad islamique.

Le commandant des forces ballistiques du Hamas, connu sous le nom d’emprunt Abou Moaz, a déclaré sur le site officiel des Brigades al-Qassam que le nombre de tirs de missiles lors de la dernière série d’engagements contre Israël en mai était le plus élevé de l’histoire de la confrontation entre les deux parties, puisque près de 700 missiles palestiniens ont été tirés en l’espace de deux jours.

Le Hamas, a-t-il dit, s’activait à surmonter le système de défense Iron Dome et a lancé un nouveau type de missile S40 de fabrication locale, transportant de grosses ogives.

Al-Monitor a contacté des responsables politiques et militaires du Hamas pour disposer de leurs commentaires sur les récents tirs d’essai de missiles, mais aucun d’entre eux n’a accepté de répondre, affirmant que les capacités et les expérimentations militaires sont des informations confidentielles qui ne peuvent être partagées avec les médias.

Le Hamas et d’autres organisations palestiniennes – le Jihad islamique, les Comités de résistance populaire et les Brigades Al-Aqsa – ont eu recours à la fabrication de missiles palestiniens pour surmonter la difficulté de l’introduction clandestine de missiles dans la bande de Gaza, suite aux efforts conjoints israélo-égyptiens pour empêcher les envois d’armes vers la bande de Gaza depuis l’Iran ou la Libye en passant par le Soudan.

Le Hamas a fabriqué son premier missile en 2001 et a continué à en produire jusqu’à disposer d’un arsenal estimé par Israël à 20.000 unités.

Le 3 novembre 2009, Israël a détecté le premier test d’un missile tiré en direction de la mer, qui a atteint une portée de 60 kilomètres (37 milles). Ce même missile M-75 a été utilisé contre Tel-Aviv lors de la guerre israélienne contre la bande de Gaza en 2012.

Le responsable du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a révélé le 30 mai que le Hamas développait ses capacités militaires grâce au soutien iranien dont il bénéficie. Le 17 mai, des sources militaires israéliennes ont annoncé que le Hamas disposait d’un arsenal de missiles de haute qualité à guidage de précision, fabriqués par des experts iraniens et constituant un défi pour le système de défense Iron Dome.

Amir Bohbot, correspondant militaire du site d’information israélien Walla, a tweeté le 3 juin que les tirs de missiles du Hamas envoyaient en même temps à Israël un message selon lequel «si aucun progrès n’est réalisé dans les négociations sur la trêve, nous nous dirigeons vers la confrontation».

Israël et les factions palestiniennes dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas ont été engagés dans dix séries  d’affrontements militaires entre août 2018 et mai 2019, à cause du non-respect par Israël des accords de trêve. Les organisations palestiniennes ont principalement utilisé des missiles de différentes portées et de différentes tailles.

Wassef Erekat, un ancien commandant d’artillerie de l’OLP, a déclaré à Al-Monitor que les tirs d’essai de missiles par le Hamas transmettaient des messages militaires et politiques selon lesquels il était prêt pour toute guerre israélienne dans la bande de Gaza.

Ces tirs visent à prouver que le blocus de Gaza n’empêchera pas le mouvement de développer ses capacités en missiles.

Israël envoie généralement des messages menaçants vers la bande de Gaza sous forme de manœuvres militaires, et Netanyahu a menacé le 3 juillet qu’Israël était prêt à engager une confrontation majeure à Gaza si la trêve avec le Hamas échouait. Le Hamas a donc voulu envoyer cette fois-ci son propre message.

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L’expert militaire du Hamas, Rami Abu Zubaydah, a déclaré à Al-Monitor que cette organisation de la résistance cherchait à développer ses capacités en matière de missiles en prévision de tout affrontement militaire futur, afin d’influencer le cours de la bataille et d’obtenir des gains politiques et militaires.

Il dit également que le mouvement voulait envoyer un message à Israël pour lui signifierqu’il était prêt à utiliser ses missiles s’il continuait à retarder la mise en œuvre de la trêve.

Abou Zubaydah a noté que le message était clair, les tirs d’essai de missiles ayant eu lieu quelques heures avant la convocation du Cabinet israélien consacré à Gaza.

Tout ceci survient au milieu des multiples avertissements qu’Israël et la bande de Gaza s’achemineraient vers une  confrontation à grande échelle s’ils ne faisaient aucun progrès dans les négociations sur la trêve.

Ahmad Abu Amer -

14.07.19

Source: Chronique de Palestine

09 août 2019

Comment l’influence israélienne écrase la liberté d’expression en Allemagne

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Le mois dernier encore, une banque a fermé le compte d’une organisation juive de solidarité, sans doute parce qu’elle soutenait BDS

 

La Banque pour une économie sociale est considérée en Allemagne comme une banque relativement progressiste du fait qu’une grande partie de sa clientèle est constituée d’organisations de la société civile.

Toutefois, quand les choses en viennent à refuser aux Palestiniens le droit de boycotter l’occupation et le colonialisme israéliens, il me semble que la banque viole la constitution allemande en réduisant au silence une organisation juive qui effectue un travail de solidarité en compagnie de groupes palestiniens en Allemagne.

Le mois dernier, cette banque a fermé le compte de Voix juive pour une paix juste au Moyen-Orient, une organisation juive de solidarité installée en Allemagne et qui, dernièrement, en 2019, s’est vu décerner le prix de la paix de Göttingen.

Un précédent dans l’action

Lors d’une réunion, le président de la banque, Harald Schmitz, a expliqué à Voix juive qu’elle devait se distancier du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Il a révélé que d’autres clients de la banque avaient été invités par lettre à prendre eux-mêmes leurs distances vis-à-vis de BDS, une démarche qui suggère que la banque a assumé un rôle de police en vue de réduire au silence les activistes BDS en Allemagne – bien que la banque récuse cette caractérisation.

Contactée par MEE, une porte-parole a expliqué que la Banque pour une économie sociale n’avait jamais demandé à Voix juive de désavouer BDS, mais plutôt de «se démarquer» de la campagne BDS.

«La banque n’a adressé aucun ultimatum à aucun client, pas plus qu’elle n’assume de rôle politique, voire policier», a poursuivi la porte-parole, ajoutant que la banque était «une institution financière politiquement neutre et qu’elle appliquait le principe de la liberté d’expression (…) mais qu’elle ne se considérait pas comme une plate-forme adéquate pour des conflits idéologiques ou religieux et qu’elle ne poursuivait aucun objectif politique».

La banque avait déjà entrepris une action contre Voix juive en 2016, fermant le compte du groupe mais le rouvrant l’an dernier, après des centaines de lettres furieuses émanant d’activistes et d’organisations, dont d’autres clients de la banque.

Voix juive a d’ailleurs reçu des copies de nombre de ces lettres. La réouverture du compte avait été accompagnée de la publication d’une déclaration commune de la banque et de Voix juive.

Plus tard, la banque avait demandé à un expert extérieur d’enquêter pour savoir si Voix juive était antisémite, mais le Centre de recherche sur l’antisémitisme de l’Université technique avait abandonné cette enquête qu’on lui avait commandée.

Par la suite, la banque avait sorti une déclaration dans laquelle il était question de la nécessité pour ses clients de se dissocier de BDS.

Source: Externe

La liberté d’expression dans le collimateur

Voix juive envisage désormais d’intenter un procès contre la banque pour avoir violé l’article 5 de la Constitution allemande, qui garantit les libertés d’expression et d’opinion.

L’article 18 stipule par ailleurs que les organisations qui agissent dans l’intention de refuser à d’autres le droit à liberté d’expression et d’association perdront elles-mêmes ces droits.

Une censure 'mccarthyste' a fini par prévaloir en Allemagne, et le processus s’est accéléré après que le parlement allemand a approuvé une résolution assimilant BDS à de l’antisémitisme.

Le commissaire gouvernemental sur l’antisémitisme, Felix Klein, a récemment adressé aux juifs une mise en garde les invitant à ne pas porter de yarmulke (kippa), prétendant que ce n’était plus sûr en cette période de recrudescence des attaques antisémites.

Klein a travaillé en étroite collusion avec le ministère israélien des Affaires stratégiques en vue de concentrer les ressources allemandes sur la défense de la politique israélienne et sur le combat contre l’antisémitisme.

Dernièrement, une autre cible de l’attaque pro-israélienne contre la liberté d’expression des juifs en Allemagne a été le Musée juif à Berlin. Institution libérale et pluraliste, le musée concentre son travail sur la vie des juifs en Allemagne, plutôt que sur l’État d’Israël.

L’an dernier, un événement qui devait avoir lieu au musée a été annulé au moment où l’ambassade d‘Israël a exercé des pressions du fait que l’orateur, semblait-il, soutenait BDS.

En décembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait à son tour exercé des pressions sur le gouvernement allemand pour qu’il cesse de subventionner le musée.

Quand le musée a publié un tweet concernant une pétition d’universitaires juifs qui critiquaient la décision du Parlement allemand d’assimiler BDS à l’antisémitisme, la controverse qui a résulté de l’affaire a forcé le directeur du musée, Peter Schafer, à démissionner prestement.

Source: Externe

Le soutien à Israel

L’engagement des hommes politiques et organisations d’Allemagne dans une politique pro-israélienne s’appuyait naguère sur un sentiment de culpabilité vis-à-vis de l’holocauste mais, en 2008, la chancelière Angela Merkel prononça un discours à la Knesset, discours dans lequel elle insista sur la responsabilité allemande consistant à soutenir la «sécurité» d’Israël.

Ce que cela signifie apparaît clairement dans toute une série de contrats d’armement entre l’Allemagne et Israël, dont celui des sous-marins, d’une importance cruciale pour l’industrie allemande de l’armement.

On ne doit pas être surpris que tout cela se passe en même temps que le soutien automatique de l’Allemagne à tous les aspects de la politique israélienne, y compris le refus de reconnaître l’État de Palestine, une position qui va à contre-courant des déclarations de certains hauts responsables allemands concernant le soutien d’une solution à deux États.

Il apparaît aujourd’hui qu’Israël met la pression sur le gouvernement allemand, sur la Banque pour l’économie sociale, sur la presse écrite allemande et sur les institutions religieuses allemandes afin que tout ce monde s’engage dans une démarche plus extrême encore de soutien à Israël et au sionisme – bien que la porte-parole de la banque ait déclaré qu’il était «absolument non fondé» de prétendre que la banque avait subi des pression israéliennes.

Dans cette Allemagne nouvelle, les juifs qui n’affichent pas des points de vue pro-israéliens ne méritent donc plus d’exprimer leurs opinons. Ils ne peuvent pas s’exprimer en public. 
Ils ne peuvent pas avoir de musée qui représente leur culture et ils ne peuvent pas avoir de compte en banque.

Seuls les juifs pro-israéliens sont acceptés dans ce genre de société.

Shir Hever -

12.07.19

Source: Soutien-Palestine

07 août 2019

Comment les «règles d'engagement» israéliennes autorisent les soldats à tirer dans le dos des enfants palestiniens

Source: Externe

Le groupe palestinien de défense des droits de l'homme Adalah, basé à Haïfa, a accompli un travail important au fil des ans. Son nom est «justice» en arabe. Une grande partie du travail d'Adalah se concentre sur les droits des citoyens palestiniens d'Israël, ou «Palestiniens des territoires de 1948», comme ils se décrivent souvent

 

Le groupe gère une importante base de données qui recense plus de 65 lois en vigueur en Israël qui discriminent systématiquement 20% de la population.

C’est un fait qu'Israël a toujours été un État d'apartheid, pas seulement depuis que la Knesset a adopté la «loi sur l'État de la nation juive», ouvertement raciste, l'été dernier.

Cette nouvelle mesure n'a pas changé grand chose en termes de lettre de la loi israélienne. Ce qu’elle a fait par contre, c’est expliquer clairement, noir sur blanc, les motifs qui sous-tendent les lois racistes israéliennes existantes.

En d'autres termes, elle a clarifié les choses, envoyant au peuple palestinien le message que la terre historique de la Palestine - ce que la loi appelle la «Terre d'Israël» - n'appartient qu'aux juifs et à personne d’autre.

Cette clarification explique certains des désaccords tactiques qu'ont de nombreux libéraux pro-sionistes avec la loi.

Les sionistes libéraux ne sont pas en désaccord avec le principe raciste selon lequel «le droit à l'autodétermination nationale dans l'État d'Israël ne concerne que le peuple juif», comme l’affirme la nouvelle loi.

Ils désapprouvent que ce soit énoncé en termes aussi hardis, qui ont conduit à une publicité internationale défavorable et au déclin du soutien politique à long terme qui en résulte.

Cependant, le racisme cru de la loi sur la nation juive n'est en réalité que la dernière mesure de ce type. Comme Adalah le documente en détail dans sa base de données, la trace de ces lois racistes remonte au fondement même de l'État.

Prenons l'exemple de la «loi du retour» d'Israël de 1950. Cette loi confère à toute personne juive dans le monde le droit d'émigrer vers la terre de Palestine et de devenir automatiquement citoyen d'Israël. Cela s'applique aux enfants et petits-enfants de juifs, ainsi qu'à leurs conjoints et aux conjoints de leurs enfants et petits-enfants.

Il n'existe pas de loi israélienne comparable garantissant les mêmes droits aux Palestiniens, qui sont après tout le peuple autochtone du pays.

Source: Externe

Au contraire, les réfugiés palestiniens - expulsés de force par les milices sionistes pendant plusieurs années à partir de 1947 - sont toujours exclus, bien qu'ils aient le droit de rentrer chez eux en vertu des lois et conventions internationales.

En Israël, cependant, des lois ont été adoptées pour garantir que les réfugiés ne rentrent jamais ou ne puissent jamais revenir, à commencer par la loi de 1950 relative aux biens des absents.

Cela a essentiellement fourni un artifice légal pour le vol de masse et à grande échelle de terres, de maisons, de comptes bancaires et d’autres biens palestiniens. Les quelques 800.000 réfugiés palestiniens - qui ont été expulsés de force, rappelez-vous - ont été déclarés «absents» en vertu de la loi israélienne et leurs terres et leurs biens ont été confisqués.

De toute façon, des centaines de villages palestiniens avaient déjà été passés au bulldozer et dynamités, et effacés de la carte. Israël a toujours été et reste un État d'apartheid intrinsèquement raciste (*).

Adalah fait également de nombreux et importants travaux de documentation sur les violations des droits de l'homme commises par Israël en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, dans les parties de la Palestine historique envahies et occupées illégalement par Israël depuis 1967.

Certains de ces travaux sont détaillés dans la base de données sur les lois racistes mentionnée plus haut, qui répertorie également les lois israéliennes discriminatoires à l’encontre des Palestiniens vivant sous occupation israélienne depuis la guerre de juin 1967.

Adalah s’est récemment procuré des documents officiels israéliens révélant les «règles d'engagement» de l'armée qu'elle utilise pour justifier ses actes violents à l'encontre de manifestants palestiniens, notamment à Gaza dans le cas présent.

Les règles montrent que l'armée israélienne s'est officiellement octroyé le droit de tirer dans le dos des manifestants palestiniens non armés, qu'elle diffame et calomnie sous le terme d’«émeutiers».

Source: Externe

Ceux qui organisent les manifestations de la Marche du Grand Retour depuis mars dernier peuvent être pris pour cibles même s'ils ne représentent aucune menace pour les soldats israéliens, même lorsqu’ils s’éloignent.

Comme le souligne Adalah, «les tireurs isolés israéliens (…) peuvent ouvrir le feu à balles réelles sur les ‘principaux instigateurs’ ou les ‘principaux émeutiers’ même lorsqu'ils ne participent plus à la manifestation ou qu’ils se reposent».

Beaucoup de manifestants à Gaza sont des enfants. Adalah dit que depuis le début des marches l'année dernière, Israël a tué 207 Palestiniens lors de manifestations, dont 44 enfants. 16.831 Palestiniens ont également été blessés, dont 3.905 enfants.

Les documents ont été présentés lors d'audiences devant la Haute cour israélienne. L'année dernière, dans une décision répugnante, le tribunal a statué que l'armée était autorisée à utiliser des balles réelles contre des manifestants non armés. C'est une mesure qu'il ne prendra jamais contre des manifestants juifs.

L'avocat d'Adalah, Suhad Bishara, a expliqué que la catégorie fictive d'Israël de «principaux instigateurs» a été «créée rétroactivement pour justifier les tirs dirigés contre des personnes ne présentant aucun danger réel et immédiat pour les soldats ou les civils israéliens. Le document de l'armée tente d'expliquer les tirs aveugles contre des manifestants non armés qui résultent d'un mépris total pour la vie humaine».

L’État d’apartheid d’Israël doit être tenu pour responsable de tels crimes contre l’humanité.

Notes:

(*) Les crimes perpétrés pendant la Nakba, avant la création de l’Etat d’Israël, par des terroristes sionistes, furent un nettoyage ethnique délibéré et systématique, caractéristique de la colonisation, un crime contre l’humanité. (Note ISM-France)

Asa Winstanley -

28.06.19

Source: ISM

05 août 2019

Pourquoi Israël n'a pas de "droit à l'existence"

Source: Externe

Les apologistes des crimes d’Israël contre les Palestiniens prétendent que cet État a le «droit d’exister», dans un effort visant à légitimer le nettoyage ethnique de la Palestine

 

Les sionistes qui s’évertuent à défendre les crimes d’Israël contre le peuple palestinien portent souvent l’accusation que les détracteurs de l’«État juif» autoproclamé tentent de le «délégitimer». Israël, rétorquent-ils, a le «droit d’exister». Mais ils se trompent. 

Il ne s’agit pas de faire une exception pour Israël. Il n’existe pas de «droit à l’existence» pour les États, point final.

Aucun «droit à l’existence» n’est reconnu pour les États par le droit international. Un tel droit serait totalement insensé. Le concept même est absurde. Ce sont les individus, et non les entités politiques abstraites, qui ont des droits. 

Les droits individuels peuvent bien sûr être exercés collectivement, mais à la condition que cela se fasse sans préjudice pour les droits des individus. Le droit pertinent dans ce contexte est plutôt le droit à l’autodétermination, qui fait référence au droit d’un peuple à exercer collectivement ses droits individuels par le biais de l’autonomie politique.

L’exercice collectif de ce droit ne peut porter atteinte à l’exercice individuel de ce droit. Le seul but légitime du gouvernement est de protéger les droits individuels, et un gouvernement n’a aucune légitimité sans le consentement des gouvernés.

Ce n’est qu’en ce sens que le droit à l’autodétermination peut être exercé collectivement, par un peuple qui choisit pour lui-même son mode de gouvernement et qui y consent. 

Le droit à l’autodétermination, contrairement au concept absurde de «droit à l’existence» d’un État, est reconnu par le droit international. C’est un droit qui est explicitement garanti, par exemple, par la Charte des Nations-Unies, que l’État d’Israël a ratifiée. 

Le cadre approprié pour la discussion est donc le droit à l’autodétermination, et c’est précisément pour obscurcir cette vérité que la propagande revendique fréquemment pour Israël le «droit d’exister».

Les apologistes d’Israël sont contraints de déplacer ainsi le cadre de la discussion, car dans le cadre du droit à l’autodétermination, c’est évidemment Israël qui rejette les droits des Palestiniens et non le contraire. 

Et ce n’est pas seulement dans la perpétuation de l’occupation des territoires palestiniens que le rejet d’Israël se manifeste. Ce rejet des droits des Palestiniens s’est également manifesté dans les moyens mêmes par lesquels Israël a été créé. 

Il existe une croyance populaire selon laquelle Israël a été fondé par une sorte de processus politique légitime. C’est faux. Ce mythe est fondé sur l’idée que la fameuse résolution sur le «plan de partition» de l’Assemblée Générale des Nations Unies – résolution 181 du 29 novembre 1947 – a légalement partitionné la Palestine et ainsi conféré une autorité légale aux dirigeants sionistes pour leur déclaration unilatérale de l’existence d’Israël le 14 mai 1948. 

En effet, dans cette déclaration, le document fondateur d’Israël, les dirigeants sionistes se sont appuyés sur la Résolution 181 pour revendiquer une légitimité juridique. Cependant, la vérité est que la Résolution 181 ne lui a rien conféré de tel.

L’Assemblée Générale de l’ONU n’avait aucune autorité pour partitionner la Palestine contre la volonté de la majorité de ses habitants. Et elle n’a pas non plus eu la prétention de faire une telle chose. Au contraire, l’Assemblée s’est contentée de recommander la partition de la Palestine en États juif et arabe séparés, ce qui devrait être accepté par les deux peuples pour prendre effet sur le plan juridique.

L’Assemblée a transmis la question au Conseil de sécurité, où le plan est devenu caduc du fait de la reconnaissance explicite que l’ONU n’avait aucune autorité pour mettre en œuvre – c’est-à-dire imposer – une telle partition. 

La déclaration unilatérale des sionistes est souvent décrite comme une «Déclaration d’indépendance». Mais ce n’était rien de tel. Une déclaration d’indépendance suppose que le peuple qui déclare son indépendance soit souverain sur le territoire sur lequel il souhaite exercer son droit à l’autodétermination. Mais les sionistes n’étaient pas souverains sur la terre qui est devenue le territoire de l’État d’Israël. 

Source: Externe

Au contraire, lorsqu’ils ont déclaré l’existence d’Israël, les juifs possédaient moins de 7% de la terre en Palestine. Les Palestiniens possédaient plus de terres que les juifs dans chacun des districts de la Palestine. Les Palestiniens constituaient également une majorité numérique en Palestine. Malgré l’immigration massive [et illégale], les juifs restaient une minorité représentant environ un tiers de la population. 

Même à l’intérieur du territoire proposé par l’ONU pour l’État juif, lorsque la population bédouine a été recensée, les Arabes constituaient une majorité. Même à l’intérieur de ce territoire, les Arabes possédaient plus de terres que les juifs. 

En clair, les dirigeants sionistes n’avaient absolument aucune légitimité [sinon celle de leurs textes religieux, qui ne font autorité nulle part] à revendiquer une souveraineté sur le territoire qu’ils ont finalement acquis par la guerre. 

D’autant plus que l’acquisition de territoire par la guerre – ou droit de conquête – est interdite par le droit international. 

Loin d’être le fruit d’un processus politique légitime, Israël a été créé par la violence. Les sionistes ont acquis la majeure partie du territoire de leur État par le nettoyage ethnique de la majeure partie de la population arabe, soit plus de 700.000 personnes, exclues de leurs demeures et de leurs terres en Palestine. Des centaines de villages arabes ont été littéralement détruits et rayés de la carte. 

Ainsi, quand les sionistes prétendent qu’Israël a un «droit à l’existence», ce qu’ils disent en réalité, c’est que les sionistes avaient le «droit» de procéder à un nettoyage ethnique de la Palestine afin d’établir leur «État juif». 

Évidemment, un tel droit n’existe pas. Au contraire, une fois de plus, en droit international, le nettoyage ethnique est reconnu comme un crime contre l’humanité. 

Les sionistes accusent ceux qui dénoncent les crimes d’Israël contre les Palestiniens de vouloir «délégitimer» l’ «État juif», mais il importe de souligner que la déclaration unilatérale du 14 mai 1948 proclamant l’État d’Israël n’avait aucune légitimité. Il importe de souligner que le crime de nettoyage ethnique ne peut aucunement être justifié ou légitimé. Cela neutralise complètement les accusations des thuriféraires d’Israël. 

Lorsque cette accusation est portée contre les détracteurs d’Israël, ce qui se passe réellement, c’est que ce sont les apologistes d’Israël qui tentent de délégitimer le droit des Palestiniens à l’autodétermination, ainsi que le droit internationalement reconnu des réfugiés de guerre à retourner dans leur patrie. 

Indépendamment de l’illégitimité des moyens par lesquels Israël a été créé, il existe. Telle est la réalité actuelle. Cependant, l’exigence de l’État d’Israël que les Palestiniens reconnaissent son «droit» non seulement d’exister, mais d’exister «en tant qu’État juif», est simplement une exigence que les Palestiniens renoncent à leurs droits et adhèrent à la déclaration unilatérale des sionistes et au nettoyage ethnique de la Palestine en les reconnaissant comme légitimes. 

Et c’est pourquoi il n’y a pas eu de paix. Il n’y aura pas de paix tant que les droits des Palestiniens ne seront pas reconnus et respectés. Le problème pour les sionistes est que si les Palestiniens exercent leurs droits, cela signifierait la fin de l’existence d’Israël en tant qu’«État juif». 

Source: Externe

Mais qu’y aurait-il de mal à mettre fin à un régime fondamentalement raciste qui viole perpétuellement le droit international et les droits humains des Palestiniens?

Qu’y aurait-il de mal à le remplacer par un gouvernement qui respecte l’égalité des droits de tous les habitants du territoire sur lequel il exerce sa souveraineté politique et gouverne avec le consentement des gouvernés? 

Pour quiconque est capable de faire preuve d’un minimum d’honnêteté et d’intégrité morale, la réponse claire aux deux questions est: rien. Il n’y aurait aucun mal à cela, bien au contraire. 

Pour tous ceux qui jouent un rôle actif dans la recherche de la paix et de la justice, c’est donc sur ce but que nous devons concentrer nos efforts collectifs.

Il faut commencer par acquérir une bonne compréhension de la véritable nature du conflit et par ouvrir les yeux de tous ceux qui sont intègres, mais qui ont été trompés par les mensonges et la propagande qui ont perpétué la violence et l’injustice pendant si longtemps.

Jeremy R. Hammond -

10.07.19

Source: Alterinfo