FREE PALESTINE

24 mai 2018

L’avenir de la Nakba

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La conquête sioniste de la Palestine, qui a commencé de façon aléatoire au début des années 1880 et s’est intensifiée après le tournant du siècle pour atteindre son apogée lors de l’invasion et de l’occupation du pays par les Britanniques, avant la fin de la première guerre mondiale, a été le moment inaugural de ce qui allait être connu sous le nom de Nakba – la Catastrophe.

Tandis que le terme 'Nakba' était utilisé par l’intellectuel syrien Constantine Zureik pout décrire ce qui arrivait aux Palestiniens en août 1948 (quand il écrivit et publia son classique Ma’na al-Nakba – Le sens de la Nakba), d’autres emploient des mots comme 'Karitha' (désastre), tel l’officier militaire jordanien et gouverneur de Jérusalem Est Abdoulah al-Tall dans son livre de 1959 Karithat Filastin  (Le désastre de la Palestine) ou 'Ma’saa' (tragédie) comme le fit l’intellectuel nationaliste anticolonial palestinien Mouhammad Izzat Darwaza dans son livre de 1959 Ma’sat Filastin (La tragédie de la Palestine).

'Nakba' devint néanmoins la référence la plus adéquate et la plus utilisée pour décrire les douleurs que les Palestiniens ont endurées. Dans son immense historiographie qui comporte de nombreux volumes sur les événements de 1947-1952, publiée pour la première fois en 1956, le journaliste anticolonial palestinien Arid al-Arif, qui fut plus tard maire de Jérusalem Est, a insisté sur le recours à ce terme dans son titre.

Al-Arif commence en s’interrogeant : « Comment puis-je appeler cela autrement qu’une catastrophe ? Parce que nous avons été 'catastrophisés', nous les Arabes en général et les Palestiniens en particulier… notre patrie nous a été volée, nous avons été chassés de nos foyers et nous avons perdu un nombre énorme de nos enfants et de nos aimés ; et en plus de tout cela, notre dignité a été frappée au cœur ».

Si les traits les plus saillants de la Nakba sont le vol de la terre palestinienne et l’expulsion des Palestiniens de leur terre et la soumission des terres qui ne pouvaient pas être prises et des gens qui ne pouvaient pas être chassés, à un contrôle et à une oppression systématiques, alors, comme je l’ai avancé il y a une décennie, il serait hautement erroné de considérer la Nakba comme un événement isolé renvoyant à la guerre de 1948 et à ses suites. Elle devrait au contraire être replacée dans l’histoire comme un processus qui a traversé les 140 dernières années et commencé avec l’arrivée des premiers conquérants sionistes pour coloniser la terre au début des années 1880.

De plus, les dirigeants israéliens continuent à abreuver leur propre peuple et le monde d’assurance que la Nakba n’est pas juste un processus passé et présent de dépossession du peuple palestinien de ses terres et de leur expulsion, mais plutôt un processus qui doit continuer à préserver la survie future d’Israël.  La Nakba s’avère alors ne pas être juste un événement du passé et un processus actuel mais une calamité qui a résolument planifié l’avenir. S’il en est ainsi, que pourrait être cet avenir ?

Le colonialisme de peuplement, qui s’est finalement débarrassé du parrainage colonial britannique en 1948 et a établi l’État colonial de peuplement, n’a jamais cessé de se soucier d’un possible retournement à venir de la Nakba. Si des politiciens et intellectuels 'pragmatiques' arabes et palestiniens libéraux et néo-libéraux ont tenu compte de la propagande sioniste et impériale selon laquelle Israël va demeurer et que la Nakba des Palestiniens est un événement historique impossible à renverser jamais, on ne peut pas dire la même chose des leaders de la colonie de peuplement juive.

Certes, les dirigeants et personnages politiques israéliens lancent chaque jour des plans pour empêcher l’annulation de la Nakba. Les célébrations en cours du 70è anniversaire, qui revisite cette calamité faite au peuple palestinien sont entachées par ces préoccupations.

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La peur du retournement

En anticipant cet anniversaire, nul autre que le premier ministre Benjamin Netanyahu n’a aussi ouvertement exprimé ses peurs et espoirs. Lors d’une session ordinaire d’étude de la Bible dans la résidence du premier ministre en octobre dernier, à Jérusalem Ouest, Netanyahu a averti, ainsi qu’Haaretz l’a rapporté : « Israël doit se préparer à faire face à des menaces existentielles à venir s’il veut célébrer son 100è anniversaire dans trois décennies ». Netanyahu, selon le journal, a ajouté que « le royaume hasmonéen n’a survécu que 80 ans » et qu’il « travaille à assurer que l’Israël moderne dépasse ce seuil et parvienne à son 100è anniversaire ».

Le contexte de l’étude de la Bible est des plus parlants, étant donné que ce n’est pas seulement une caractéristique d’une direction de plus en plus religieuse de la colonie de peuplement, mais davantage un rituel engagé par David Ben Gourion, son 1er ministre fondateur laïc et athée, qui avait inauguré la tradition de cours d’étude biblique dans la résidence du premier ministre. Netanyahu a simplement repris cette pratique il y a plus de quatre ans. Si Ben Gourion et les premiers dirigeants juifs sionistes laïcs, à l’inverse des chrétiens protestants sionistes mais tout à fait comme les sionistes chrétiens laïcs, voyaient la Bible comme un livre d’histoire et de géographie inspirant la colonisation, Netanyahu et les dirigeants juifs religieux de la colonie de peuplement la voient aujourd’hui comme une mission 'religieuse' de colonisation.

Les dirigeants israéliens craignant un retournement futur de la Nakba, les stratèges de la colonie de peuplement préparent activement sa persistance pour l’avenir. Ce que le président américain Donal Trump a nommé fort à propos « Accord du siècle », n’est que son dernier coup médiatique en ce sens. Car le véritable 'accord du siècle' n’est rien d’autre que les accords d’Oslo du début des années 1990 (même si la nouvelle version est pire que la précédente), qui garantissait à Israël le futur de la colonie de peuplement et l’éternité de la Nakba des Palestiniens.

Les projets israéliens sont à plusieurs facettes. Ils comportent l’effacement complet de la Nakba de la mémoire collective, l’élimination des témoins qui ont survécu en les expulsant et en faisant des réfugiés hors de leur pays, tout en extorquant à ces survivants de la Nakba, qu’ils ne pouvaient ni ne peuvent éliminer, la reconnaissance qu’Israël et le sionisme avaient tous les droits de perpétrer la Nakba et que les Palestiniens sont responsables de tout ce qui a pu leur tomber dessus.

Netanyahu est des plus concerné par cette dernière position. Il a déclaré à cette même session d’étude biblique qu’il fallait réunir les conditions qui garantiraient le futur d’Israël et de la Nakba : « Quiconque parle de processus de paix doit avant tout parler du fait que les Palestiniens doivent reconnaître Israël, l’État du peuple juif ».

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La volonté d’expulser

Un regard sur la stratégie consistant à infliger la Nakba du passé et du présent nous apporte quelques clefs sur la stratégie actuelle d’Israël pour son avenir, du moins jusqu’à ce que la colonie de peuplement atteigne l’âge de 100 ans.

Ce fut la modernisation ottomane qui inclut en 1858 une nouvelle loi transformant les terres étatiques et communales en propriétés privées dans tout le sultanat ; et ce fut la scène inaugurale de la perte de la terre des Palestiniens et de leur expulsion de cette terre par force de loi. Lorsque des paysans palestiniens, à la suite de la privatisation de la terre, furent dans l’impossibilité d’enregistrer leurs propres terres villageoises sous leur propre nom de peur de la taxation impériale, leurs terres furent vendues aux enchères en une décennie à des marchands urbains de Beyrouth, de Jérusalem et d’autres villes.

Cette transformation rendit possible aux colons européens sionistes de descendre en Palestine. La première vague arriva en 1888. Les colons étaient des millénaristes allemands protestants appelés Templers, qui décidèrent d’installer plusieurs colonies dans le pays pour hâter la deuxième venue du Christ.

Pendant ce temps, les propriétaires terriens arabes absentéistes vendirent certaines terres à des philanthropes juifs tels que la Baron Edmond de Rothschild, qui lui apportèrent une nouvelle moisson colonisatrice de juifs russes se présentant comme les Amants de Sion pour construire leurs colonies.

Les colons chrétiens allemands fournirent leur propre expérience aux nouveaux colons juifs, étant donné qu’ils avaient déjà acquis une décennie et demi d’expérience de la colonisation. Alors que le sort des colons allemands serait scellé par la deuxième guerre mondiale, au cours de laquelle les sionistes juifs s’empareraient de leurs terres et que leur population serait chassée par les Britanniques puis par les Israéliens, l’avenir des colons juifs sionistes était bien plus prometteur.

Les Allemands semblaient avoir des relations relativement cordiales avec les Palestiniens indigènes, mais il n’en allait pas de même des colons juifs qui se sont acharnés à expulser tous les villageois palestiniens des terres qu’ils achetaient. Certains dirigeants des colons juifs chargés des expulsions eurent des réveils de conscience quant à leurs actions.

L’agronome et journaliste polonais, Chaïm Kalvarisky, un gestionnaire de l’Association de Colonisation Juive, l’une des armes du mouvement sioniste, rapporta en 1920, qu’à lui qui avait dépossédé les Palestiniens pendant 25 ans, soit depuis 1890, « la question des Arabes m’est apparue pour la première fois dans toute sa gravité tout de suite après le premier achat de terre que j’ai fait ici. J’ai dû déposséder des habitants arabes de leur terre dans le but d’établir nos frères ». Kalvarisky s’est plaint que le « triste chant funèbre » de ceux qu’il forçait à quitter leur terre, « n’a cessé de tinter à mes oreilles pendant longtemps après coup ». Il a pourtant dit à l’Assemblée Provisoire Sioniste qu’il n’avait pas d’autre choix que de les expulser parce que « le public juif le réclamait ».

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Bien que ces expulsions qui suivirent l’acquisition sioniste de la terre fussent illégales en droit ottoman, l’occupation britannique mit sur pied un nouveau régime juridique des expulsions, rapidement après sa conquête.

Un des premiers instruments britanniques de la plus haute importance pour dénationaliser et expulser effectivement des milliers de Palestiniens fut l’Ordonnance sur la citoyenneté en Palestine de 1925 imposée par les Britanniques dans le pays. À la lumière du Traité de Lausanne de 1923, qui établissait les conditions de la période succédant à la première guerre mondiale dans les territoires ottomans, l’article 2 de l’ordonnance sur la citoyenneté en Palestine donnait à des milliers d’expatriés palestiniens un ultimatum de deux ans pour demander la citoyenneté palestinienne, délai qui fut réduit à seulement neuf mois par le Haut commissaire britannique en Palestine.

Comme le déclare l’historien palestinien du droit, Mutaz Qafisheh, cette période de neuf mois « était insuffisante pour que des gens nés dans le pays et travaillant ou étudiant à l’étranger reviennent chez eux. Par conséquent, la plupart de ces autochtones devinrent apatrides. D’un côté, ils avaient perdu leur nationalité turque (ottomane) en vertu du Traité de Lausanne, et d’un autre côté ils ne pouvaient pas acquérir la nationalité palestinienne selon l’ordonnance sur la citoyenneté ». Une estimation prudente de leur nombre l’établit à 40000.

Les débats que les sionistes eurent depuis les années 1890 sur ce qu’ils appelaient le 'transfert' des Palestiniens, sont riches en détails et donnent à voir un consensus entre la majorité sioniste travailliste et la minorité révisionniste qui se sépara des premiers pour former ultérieurement son propre groupe, mais leur conclusion était inéluctable.

Les Palestiniens doivent être expulsés et leurs terres saisies de force, mais pour y arriver, les sionistes doivent d’abord accéder à la souveraineté. C’était déjà le plan du pamphlet de Théodore Herzl de 1896, L’État des Juifs « Une infiltration (de juifs) est condamnée à mal finir. Elle continue jusqu’au moment inévitable où la population autochtone se sent menacée et force le gouvernement à mettre un terme à un afflux supplémentaire de juifs. L’immigration est par conséquent vaine sauf si nous avons un droit de souveraineté pour poursuivre cette immigration ».

Les dirigeants sionistes tombèrent d’accord.  Le dirigeant révisionniste Vladimir Jabotinsky fut rapidement explicite sur le sujet, alors que Ben Gourion, plus prudent, qui était intéressé à l’importance de la propagande, fut plus vigilant sur la façon d’articuler ce plan jusqu’à ce que l’expulsion devienne la politique officielle du pouvoir souverain.

Ici les conquérants britanniques de la Palestine obligèrent, lorsqu’ils publièrent le rapport de la commission Peel en 1937 pendant la ré-invasion de la Palestine, à écraser la grande révolte palestinienne de 1936-39. Ce rapport gouvernemental fut la première proposition officielle britannique de vol de la terre palestinienne et d’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens.

Plan de “transfert”

Le rapport appelait à une partition du pays entre les colons juifs européens et les Palestiniens indigènes et avançait que, pour une partition effective, il était nécessaire de voler leur terre aux Palestiniens et de les expulser. Le rapport citait comme précédent « l’échange » de populations grecques et turques en 1923.

« L’échange » proposé en Palestine aurait impliqué l’expulsion de 225000 Palestiniens de ce qui était proposé comme État juif et de 1250 colons juifs de ce qui était proposé comme État palestinien. De plus, à un moment où les juifs contrôlaient seulement 5,6% de la terre de Palestine (soit par achat, soit par promesse de terres de la part du conquérant britannique), essentiellement concentrée dans la plaine côtière, la Commission Peel proposait de créer un État juif sur un tiers du pays, incluant la Galilée possédée et habitée en totalité par des Arabes.

C’est après ce soutien britannique à une expulsion et confiscation massives que Ben Gourion confia dans son journal : « Le transfert imposé des Arabes des vallées de l’État juif proposé, pourrait nous donner quelque chose que nous n’avons jamais eu, même lorsque nous étions sur nos propres terres du temps des premier et second Temples (une Galilée presque exempte de non juifs)… Une opportunité nous est donnée dont nous n’avons jamais osé rêver dans notre plus folle imagination. C’est plus qu’un État, qu’un gouvernement et qu’une souveraineté – c’est une consolidation nationale dans une patrie libre ».

Suite à la publication du rapport, le gouvernement britannique déclara son accord avec les conclusions et souhaita obtenir l’aval de la Ligue des Nations pour la partition du pays. Mais les Britannique durent finalement rejeter le plan Peel car il aurait impliqué une expulsion forcée massive des Palestiniens, en violation, entre autres, des règles de la Ligue des Nations.

Pour autant, les sionistes, virent à juste titre le rapport de la Commission Peel comme une autorisation à une ouverture plus importante à l’égard de leur vol de terres et de leurs projets d’expulsion. En accord avec l’appel antérieur de Jabotinsky pour une expulsion de masse, Ben Gourion déclara en juin 1938 : « Je soutiens le transfert obligatoire. Je n’y vois rien d’immoral ». Sa déclaration suivait la politique de l’Agence juive – le principal organe sioniste en charge de faire avancer la colonisation juive de la Palestine – qui mit sur pied son premier 'Comité de Transfert de Population' en novembre 1937, pour définir une stratégie d’expulsion de force des Palestiniens.

Un membre clef du comité était Joseph Weitz, le directeur du département de la terre de l’Agence juive. La coïncidence n’était pas fortuite. Etant donné que la colonisation et l’expulsion s’inscrivent dans la même politique, les avis et le rôle de Weitz étaient centraux à ces deux égards. Weitz a exprimé cela dans des termes bien connus : « En notre sein, il doit être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Aucune « évolution » ne nous rapprochera davantage de notre objectif d’être un peuple indépendant dans ce petit pays. Après le transfert des Arabes, le pays nous sera largement ouvert ; si les Arabes restent, le pays demeurera étroit et restreint… La seule solution est de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins, tous sauf peut-être ceux de Bethléem, de Nazareth et de la vieille ville de Jérusalem. Pas un seul village, pas une seule tribu ne doivent être laissés en place ».

Comme l’a montré dans sa chronique l’historien palestinien Nour Masalah, l’Agence juive a établi un deuxième comité de transfert de population en 1941 et un troisième durant la conquête de la Palestine en mai 1948. Tandis que la révolution palestinienne interrompit l’exécution du plan britannique et que la survenue de la deuxième guerre mondiale empêchait les Britanniques de faire face à plus de révoltes en Palestine, l’expulsion des Palestiniens dut attendre la fin de la guerre.

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Partition mais non expulsion

Ce fut le Plan de Partition de 1947 qui fit une nouvelle proposition. Si la Commission Peel voulait que les terres privées et publiques soient volées et les gens expulsés, le plan de partition de l’ONU ne proposa que de diviser les terres d’État entre colons juifs et autochtones palestiniens, donnant aux colons, qui constituaient alors moins du tiers de la population, plus de la moitié de la terre.

Mais, à la différence de la Commission Peel, le plan de l’ONU interdisait formellement la confiscation de terres privées et l’expulsion des populations. Les sionistes acceptèrent le plan de partition de l’ONU, sauf qu’ils en violèrent tous les principes et firent comme si c’était le plan de la commission Peel, mais ratifié désormais par l’ONU. Le Plan de partition de l’ONU était en fait une proposition non contraignante qui ne fut jamais ratifiée ni adoptée par le Conseil de sécurité et qui n’acquit donc jamais de statut juridique.

Il est néanmoins important de prendre en considération ce que le plan signifiait par 'État juif' et 'État arabe', du fait qu’Israël utilise ce document précisément comme une autorisation à s’établir et à demander que les Palestiniens et le monde reconnaissent son droit à être 'l’État juif' plutôt qu’un État israélien pour tous ses citoyens.

Le plan établit clairement que « aucune discrimination de quelque sorte que ce soit ne doit être faite entre les habitants sur la base de la race, de la religion, de la langue ou du sexe » et que « aucune  expropriation de terres possédées par des Arabes dans l’État juif (par un Juif dans l’État arabe)… ne doit être autorisée sauf pour des besoins d’ordre public. Dans tous les cas d’expropriation, des compensations prévues par la Cour Suprême devront être versées avant la dépossession ».

À l’annonce de la 'Déclaration de la Création de l’État d’Israël' le 14 mai 1948, les forces sionistes avaient déjà expulsé environ 440000 Palestiniens de leurs terres et elles allaient en expulser 360000 autres dans les mois suivants.

Il s’ensuit clairement que la prétention d’Israël à établir un État avec une minorité démographique juive, créé au moyen d’un nettoyage ethnique, n’était pas une préconisation du plan de partition de l’ONU, elle était plutôt autorisée par les recommandations du rapport de la commission Peel.

L’autodéfinition d’Israël comme État juif n’était pas non plus dans la ligne du plan de partition de l’ONU, au sens d’un État qui privilégie racialement et religieusement les citoyens juifs par rapport aux citoyens non-juifs, et ce juridiquement et institutionnellement, comme le fait Israël.

Le plan de partition de l’ONU sur lequel Israël fonde son établissement fut initialement envisagé comme État juif avec une majorité arabe (ce fut légèrement modifié par la suite pour inclure une population arabe de 45% du total). Le plan n’a donc jamais envisagé un État juif sans Arabes ou Arabrrein, comme l’État israélien l’avait espéré et comme de nombreux Israéliens juifs l’envisagent aujourd’hui. Évidemment, comme la Palestine était divisée en 16 districts, dont 9 étaient situés dans ce qui était proposé pour l’État juif, les Arabes palestiniens étaient majoritaires dans 8 des 9 districts.

Nulle part l’utilisation du terme « d’État juif » dans le plan de partition de l’ONU n’autorise un nettoyage ethnique ou la colonisation d’un groupe ethnique des terres privées confisquées à autrui ; le plan envisageait en particulier que les Arabes dans l’État juif seraient en permanence une large « minorité » et il décrétait donc que des droits devaient être accordés aux minorités dans chaque État. Cette situation démographique n’aurait pas été un problème pour l’État arabe, car le plan de l’ONU envisageait que l’État arabe aurait une population juive de simplement 1,36% de la population totale.

Le mouvement sioniste a compris les contradictions du plan de partition et, sur la base de cette compréhension, a conçu l’expulsion de la majorité de la population arabe de l’État juif en projet, conformément aux recommandations de la commission Peel. Mais les sionistes furent incapables de faire un État sans Arabes, ce qui a compliqué les choses pour eux au fur et à mesure que le temps passait.

Aujourd’hui, les Arabes palestiniens, qui représentent environ 20% de la population d’Israël, n’ont pas le droit de s’intégrer dans le nationalisme juif et souffrent d’une discrimination légale et institutionnalisée qui les vise en tant que non-juifs.

Des sionistes, dont le célèbre historien israélien Benny Morris, ont argumenté que c’est la présence même des Arabes dans l’État juif qui le pousse à entériner son racisme dans toutes ces lois. Autrement, si Israël avait réussi à expulser tous les Palestiniens, la seule loi dont il aurait eu besoin pour préserver son statut juif serait une loi sur l’immigration qui l’affirmerait. (voir mon débat avec Benny Morris  dans le History Workshop Journal et mon livre The Persistence of the Palestinian Question – La persistance de la question palestinienne.)

En contraste avec le plan de partition de l’ONU, pour Israël le sens de « État juif » c’est l’expulsion d’une majorité de la population arabe, le refus de la rapatrier, la confiscation de ses terres pour la seule colonisation juive et la mise en œuvre de dizaines de lois discriminatoires contre ceux qui sont restés dans le pays. Quand Israël insiste aujourd’hui pour que l’Autorité Palestinienne et d’autres États arabes reconnaissent son droit à être un État juif, il ne veut pas dire qu’ils devraient reconnaître sa judéité au sens envisagé par le plan de partition de l’ONU, mais plutôt comme Israël comprend et met en œuvre cette définition sur le terrain.

Le plan sioniste qui a amené à la Nakba est resté le même depuis la recommandation d’Herzl. Si le rapport de la commission Peel était le premier soutien d’un gouvernement occidental à ce plan, le plan de partition de l’ONU est resté en-deçà. A la lumière de cela, la Nakba infligée aux Palestiniens aura été exécutée en trois phases principales, une précédant le plan de l’ONU et deux qui vinrent après l’échec de l’ONU à mettre en œuvre ce plan.

Phase I (1880-1947)

Les sionistes ont favorisé une alliance avec le gouvernement souverain (l’ottoman puis le britannique), ont acheté des terres ou obtenu des terres d’État via des prêts du gouvernement souverain ; ils ont chassé légalement les Palestiniens des terres acquises et ont commencé à bâtir une structure étatique discriminatoire et une économie racialiste barrant la route aux autochtones, en préparation de la prise par la force du reste de la terre et de l’expulsion imposée à la population.

Sur le front des relations publiques, les Palestiniens expulsés étaient représentés comme des perdants mécontents dont l’éviction était légale et morale et même pas regrettable (nonobstant les réserves de Kalvarisky).

Phase II (1947-1993)

Cette phase comprend la conquête de la terre et l’expulsion par la force de la population, cette fois illégalement, en 1947-1950 dans les zones sur lesquelles l’État d’Israël fut déclaré en 1948, et en 1967-1968 en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, comme dans les hauteurs du Golan en Syrie et dans la péninsule égyptienne du Sinaï. Israël élabora des lois pour légitimer la confiscation de la terre et pour empêcher le retour des réfugiés après qu’ils aient été chassés et institua un système démocratique racialisé de gouvernement qui refuse l’égalité aux autochtones restés sur place et limite leur accès à la terre et à l’habitat dans le pays.

Israël coopta et/ou créa une classe de collaborateurs et en fit les dirigeants des Palestiniens (les Mouktars dans les zones de 1948 et les ligues de villages dans les zones de 1967) tout en délégitimant les réfugiés survivants comme victimes de leurs propres erreurs de calcul en prétendant qu’ils étaient partis de leur propre chef et n’avaient pas été expulsés en réalité par les sionistes.

Cette stratégie à plusieurs facettes fut mise en œuvre effectivement de façon différentielle à l’intérieur d’Israël et dans les territoires occupés en 1967, sauf pour la création d’un leadership de collaboration qui, en dépit de sérieuses tentatives, n’eut de succès que partiellement et temporairement.

Phase III (1993-2018)

L’expulsion de masse illégale devint impossible pendant cette période bien que l’expulsion individuelle légale continuât. Les confiscations massives de terres continuèrent cependant sans encombre sous couvert de la loi.

Un changement crucial est aussi observable, c’est à dire au regard de la cooptation du leadership palestinien. Plutôt que de créer un leadership alternatif pour remplacer le leadership palestinien anticolonial, effort qui au final avait échoué, le focus des Israéliens se porta sur la cooptation du leadership national historique légitime (l’Organisation de Libération de la Palestine) lui-même et sur sa transformation en une équipe de collaborateurs et d’applicateurs du colonialisme sioniste sous la forme de l’Autorité Palestinienne.

Israël souhaita aussi obtenir du leadership de collaboration qu’il reconnaisse que le colonialisme de peuplement sioniste était et est légitime et que l’expulsion des Palestiniens et le vol de leurs terres jusqu’à aujourd’hui est légitime. Cela fut réalisé avec les accords d’Oslo et dans les nombreux accords signés depuis entre Israël et l’AP.

Si l’on se fonde sur les stratégies employées au cours de ces trois phases, nous pouvons extrapoler le plan pour les 30 prochaines années destiné à ce qu’Israël atteigne l’âge de 100 ans  et pour rendre la Nakba éternelle et irréversible. 

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La phase future

La phase future est déjà commencée et implique un effort plus sérieux pour éliminer complètement les deux tiers du peuple palestinien et son droit à la terre. Cela a été partiellement accompli au cours de la phase III par l’élimination de l’OLP en tant qu’organisation viable qui représentait tous les Palestiniens, et par la création de l’AP qui symboliquement ne représente que ceux de Cisjordanie (moins Jérusalem) et Gaza.

Israël a déjà renvoyé la question des réfugiés palestiniens aux dites conversations pour le statut final, qui n’arrivent jamais, et espère maintenant éliminer formellement leur droit au retour garanti par l’ONU en particulier et les réfugiés en tant que catégorie plus généralement. Les efforts en cours du gouvernement américain et d’Israël pour détruire l’UNWRA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, vise à liquider ce processus une bonne fois pour toutes.

Dans la phase future – déjà à l’œuvre – Israël s’attachera aussi à éliminer complètement les prétentions nationalistes de l’AP et à s’assurer d’une équipe AP de collaborateurs qui n’auront même pas de revendications symboliques visant à adoucir l’accomplissement de la Nakba.

Finalement, dans cette phase, Israël vise à isoler les survivants palestiniens de la Nakba qui continue depuis 140 ans, et à les encercler d’ennemis arabes, qui sont maintenant les meilleurs amis d’Israël ou, au moins, les ennemis déclarés de tout Palestinien qui continue à résister à la Nakba – cela inclut les régimes jordanien, égyptien, syrien et libanais de même que les régimes des pays du Golfe (avec la possible exception du Koweït).

Tandis que les politiciens et intellectuels arabes et palestiniens néo-libéraux et les dirigeants arabes non élus ont été d’accord pout participer à ce plan afin d’assurer leur propre avenir, désormais lié à celui d’Israël et à l’infinitude de la Nakba, c’est le reste du peuple palestinien qui continue à résister et à miner cette stratégie. La résistance palestinienne à la Nakba actuelle et future, que ce soit en Israël, en Cisjordanie (dont Jérusalem), à Gaza ou en exil, persiste en dépit de tous les efforts d’Israël pour l’écraser.

Tandis que les contradictions au sein de la colonie de peuplement et l’atmosphère internationale ont rendu beaucoup plus difficile à Israël de se ré-engager en expulsions illégales massives de la population, il a lancé des propositions pour une expulsion légale et volontaire de citoyens palestiniens d’Israël au moyen d’un accord final (du type du plan Peel) avec l’équipe de collaborateurs de l’AP. Cela s’est cependant avéré plus facile à écrire qu’à mettre en pratique.

Etant donné que la Nakba doit impliquer la conquête de la terre et l’expulsion de la population, alors une série d’obstacles se dresse maintenant sur le chemin qu’Israël prend pour l’avenir de la Nakba. C’est une période de transition.

Au plan intérieur, les citoyens palestiniens d’Israël sont maintenant mobilisés contre la judéité de l’État et sa nature colonialiste et ils réclament le démantèlement de ses nombreuses lois racistes. L’équipe de collaborateurs de l’AP, tout en étant encore au pouvoir en Cisjordanie, est sur le point de perdre ses derniers vestiges de légitimité, avec la disparition imminente de Mahmoud Abbas.

La résistance à Gaza, menée par la population et l’aile militaire du Hamas, n’a pas été affaiblie malgré la monstruosité des intrusions et meurtres israéliens de milliers de personnes depuis 2005, quand Israël a retiré ses colons et déplacé ses forces d’occupation de l’intérieur vers la bordure de Gaza, où ils mènent un siège brutal.

Si la Grande Marche du Retour de ces quelques dernières semaines en est quelque indication, la volonté du peuple palestinien demeure inébranlable et indéfectible.

Au plan international, le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions continue à se développer et à isoler Israël, sauf dans les cercles gouvernementaux occidentaux et arabes.

Tandis que les régimes officiels occidentaux et arabes offrent leur soutien inconditionnel à la colonie de peuplement, ils refusent catégoriquement d’autoriser Israël à expulser par la force les 6,5 millions de Palestiniens vivant sous son régime colonial de peuplement, que ce soit dans les zones de 1948 ou de 1967. Ils lui permettent cependant de poursuivre sa confiscation des terres des Palestiniens et leur oppression, leur meurtre et leur emprisonnement. Ce faisant, ils soutiennent une moitié du plan israélien pour la Nakba, mais non l’autre moitié.

Cela a été le dilemme d’Israël tout du long. Quand, après la conquête de 1967 Golda Meïr a demandé au premier ministre Levi Eshkol ce qu’Israël allait faire d’un demi million de Palestiniens puisqu’il ne rendrait pas les territoires occupés  et qu’il ne pouvait plus les expulser en masse, il lui a dit : « La dot te plaît, mais pas la mariée ».

Dans ce contexte, il semblerait que la Nakba n’ait pas d’avenir du tout sauf si les dirigeants israéliens pensent qu’ils peuvent s’en sortir avec une nouvelle expulsion de masse de Palestiniens par la force. En ce 70è anniversaire de l’établissement de la colonie juive de peuplement, Netanyahu a raison de se soucier de la possibilité qu’Israël n’atteigne pas ses 100 ans d’existence et  que l’avenir de la Nakba, tout comme celui d’Israël, puisse fort bien être en-deçà.

Joseph Massad -

13.05.18

Source: Agence Medias Palestine

23 mai 2018

"J’ai annulé ma participation au Festival d’Israël et rejoint le BDS" + pétition

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Bien que je sois fermement opposé à l’oppression du peuple palestinien par le gouvernement israélien, j’ai accepté une invitation à présenter mon spectacle “By Heart” à l’édition 2018 du Festival d’Israël, à Jérusalem, promu par une organisation à but non lucratif qui présente elle-même un projet artistique promouvant une société diverse et pacifique.

J’ai accepté cette invitation parce que je crois que le peuple d’un pays et son administration politique sont des choses différentes.

Quand je joue aux Etats-Unis, par exemple, je joue pour les Américains, mais, ce faisant, je ne cautionne pas l’administration Trump. Au contraire, je joue contre elle.

Je crois aussi que les artistes peuvent, lorsqu’ils travaillent dans d’autres pays, soutenir les gens de ce pays qui défendent la justice, la liberté et l’égalité, souvent contre leurs propres gouvernements.

Pourtant, après avoir donné une série d’interviews aux médias israéliens à propos de ma visite dans le pays, il m’a été signalé que les communications officielles du Festival d’Israël annonçaient l’édition de cette année comme « marquant le 70è anniversaire de l’indépendance de l’Etat d’Israël ».

La mention de cette célébration par le festival n’est accompagnée d’aucune critique de l’Etat d’Israël pour sa conduite envers les Palestiniens pendant ces 70 ans. C’est une déclaration à portée politique dont je n’ai pas été informé quand j’ai été invité à présenter mon spectacle au festival. Je n’accepte pas l’usage de mon travail artistique pour des fins politiques sans mon accord.

J’ai aussi remarqué que l’organisation du festival annonce largement le soutien de plusieurs branches du gouvernement israélien, mais reste silencieuse sur les actes de violence inacceptables ordonnés par ce même gouvernement contre les Palestiniens.

Si l’on considère le nombre de victimes de ces derniers mois, tout comme le massacre de dizaines de civils sous le tir des forces armées israéliennes (qui ont blessé des milliers de personnes et parmi eux des centaines d’enfants palestiniens) au cours des manifestations récentes contre l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, une telle omission est extrêmement troublante et je ne peux la soutenir.

J’ai décidé de ne pas jouer au Festival d’Israël en juin parce que je crois que c’est la seule garantie que mon travail artistique ne sera pas utilisé pour cautionner et promouvoir un gouvernement qui viole délibérément les droits humains et est en train d’attaquer violemment le peuple palestinien.

Je comprends que des professionnels, à la fois au Portugal et en Israël, ont déjà travaillé pour que ces représentations puissent avoir lieu. Je comprends que, parce que je suis le directeur artistique d’un théâtre national au Portugal, cette décision peut causer un malaise diplomatique.

Cette décision est mûrement réfléchie ; je dois être fidèle, avant tout, à ma conscience.

J’ai été conseillé par des amis et des collègues en qui j’ai confiance, j’ai aussi lu des déclarations de beaucoup d’artistes et d’inellectuels, dont plusieurs Israéliens. Je suis aussi témoin des terribles et violentes actions perpétrées en ce moment par le gouvernement israélien.

Je comprends maintenant qu’une position claire est absolument nécessaire. C’est pourquoi je ne fais pas qu’annuler ma participation au Festival d’Israêl, mais j’ai aussi décidé de rejoindre le boycott culturel d’Israël, convaincu qu’une pression globale et collective pourrait produire des résultats similaires à ceux du boycott de l’Afrique du Sud pendant l’apartheid.

Tiago Rodrigues -
Directeur artistique du Théâtre national Donna Maria II, Portugal

19.05.18

 

Source: Externe

Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël

 

Monsieur le Président de la République,

Sous votre haut patronage, la République française s’apprête à lancer la « saison France-Israël 2018 ». Cet événement, lit-on, « a […] pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France ».

Bien plus,

« A travers plus de 400 événements dans les deux pays, la saison France-Israël 2018 résonnera dans une cinquantaine de villes en France et une vingtaine de villes en Israël autour de thèmes variés tels qu’innovation, sciences, économie, théâtre, danse, art contemporain, musique, éducation, cinéma, design, livre et débat d’idées ».

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza. Ce serait une atteinte irrémédiable à nos principes républicains et à nos valeurs de justice.

Citoyennes et citoyens français, nous ne pouvons accepter, dans les circonstances présentes, cette collaboration d’État à État entre la France et Israël. Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’Homme et les conventions internationales signées par la France.

Comment en effet pourrions-nous faire comme si de rien n’était ? Comme si des dizaines de jeunes gens n’avaient pas été assassinés de manière préméditée ? Comme si des centaines de manifestants demandant seulement le respect de leurs droits fondamentaux n’avaient pas été estropiés à vie ? Comme si le ghetto de Gaza ne courait pas le risque d’être purement et simplement liquidé, avec la complicité, active ou passive, de la communauté internationale ?

Pour cette raison, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de faire en sorte que la « saison France-Israël 2018 » n’ait pas lieu. Ne nous entretenons pas d’« éducation » ou d’« idées » avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8000. Envoyez un signal clair au gouvernement israélien en renonçant publiquement à la « saison France-Israël 2018 ». La société civile française ne saurait voir ces manifestations se tenir sans faire entendre sa désapprobation.

Signez la Pétition icihttp://annulationfranceisrael.wesign.it/fr

Source: Aurdip

22 mai 2018

Formidables témoignages de la jeunesse palestinienne

Source: Externe

David Ben Gourion, le premier Premier ministre israélien, est connu pour avoir déclaré : « Les vieux mourront et les jeunes oublieront ». Bien que la source de cette citation soit obscure, cette petite phrase a maintes fois été utilisée pour symboliser l’espoir que les générations futures de Palestiniens finiraient par renoncer à leurs revendications sur la Palestine historique.

Ce mardi 15 mai, les Palestiniens ont commémoré la Nakba – « catastrophe » en arabe – laquelle marque les 70 années écoulées depuis l’expulsion de plus de 750000 Palestiniens de leurs foyers pendant la création de l’État d’Israël et le conflit qui s’ensuivit.

Actuellement, plus de cinq millions de Palestiniens sont enregistrés comme réfugiés ; plus d’un tiers d’entre eux vivent dans les territoires palestiniens occupés (notamment 1,3 million à Gaza et plus de 800000 en Cisjordanie, selon l’UNRWA). En 2016, le Bureau central de statistique palestinien estimait que 40% des Palestiniens des territoires occupés étaient des réfugiés.

Mais, même si près de 70% de la population palestinienne a moins de 29 ans, les jeunes – en particulier les réfugiés – restent marginalisés sur le plan politique et économique dans la société palestinienne.

Source: Externe

« La Nakba est ma réalité quotidienne »

Les réfugiés interrogés par Middle East Eye (MEE) – dont beaucoup n’ont jamais eu l’occasion de se rendre sur les terres de leurs grands-parents – restent toutefois farouchement opposés à l’occupation et s’engagent afin d’obtenir justice pour leur communauté.

Hamza, 24 ans, qui travaille dans un centre communautaire pour jeunes, vit dans le camp de réfugiés de Dheisheh, dans le sud de la Cisjordanie, près de Bethléem. Il est incroyable selon lui de voir combien d’enfants ayant grandi dans le camp connaissent néanmoins leurs villages ancestraux, qui font désormais partie d’Israël.

« Ils disent venir de leur village d’origine et savent combien de personnes vivaient là-bas et où il se situait », explique-t-il.

Les réfugiés de la région de Bethléem – qui comprend les camps d’Aïda et al-Azza ainsi que de Dheisheh – ont confié à MEE des souvenirs transmis par des proches qui ont fui en 1948.

Ils ont parlé d’actes de propriété jaunissants de Beit Natif, de lourdes clefs de fer tenant lieu de souvenirs de leurs maisons familiales à Deir Aban, de puits dans la cour arrière de la maison de leur grand-mère dans le village d’al-Malha et de l’odeur de sauge sauvage à Deir al-Sheikh.

Les jeunes réfugiés expliquent que leurs familles et leurs communautés leur ont enseigné l’histoire de la Nakba depuis leur plus jeune âge, mais que beaucoup de Palestiniens non réfugiés, en particulier dans les zones plus riches, ne sont pas aussi bien informés.

Source: Externe

Ghaida, une descendante de réfugiés âgée de 23 ans qui vit à Aïda, a souligné ce manque : « La Nakba doit être enseignée dans nos écoles. Ce n’est pas seulement la cause des réfugiés, c’est la cause de l’ensemble des Palestiniens ».

Tous les jeunes réfugiés avec qui MEE s’est entretenu ont insisté sur le fait qu’ils ne considèrent pas la Nakba comme un simple événement historique qui a commencé et s’est terminé en 1948.

Les conditions de vie dans les camps de réfugiés, notamment la pauvreté, la surpopulation, les infrastructures de mauvaise qualité et le manque d’espace public, sont aggravées par les raids réguliers, de jour comme de nuit, des forces israéliennes, les nombreuses arrestations et les innombrables victimes dues à l’utilisation de balles réelles et de gaz lacrymogènes par l’armée.

Inas, future avocate âgée de 24 ans, explique : « La Nakba est ma réalité quotidienne dans le camp de réfugiés. Chaque jour, l’armée israélienne pénètre ici et nous tire dessus, c’est la Nakba. Avoir vu mon voisin se faire tirer dessus et se faire tuer juste devant chez moi, c’est la Nakba. »

Ghaida, qui a également étudié le droit, décrit ce qu’elle considère comme l’oppression quotidienne des forces israéliennes. Pour elle, il s’agit d’une tentative délibérée de créer une « culture de la peur et de la soumission » parmi les réfugiés.

« La Nakba n’est pas seulement les terres qui nous ont été prises », estime-t-elle. « Bien sûr, les terres nous ont été prises et devraient être restituées, mais on m’a également privée de droits qui devraient être rétablis. J’ai le droit de vivre en paix, le droit à une bonne éducation. La Nakba est essentielle pour les réfugiés, car ils ont été dépossédés des droits de l’homme. »

« Les camps de réfugiés ne sont pas notre destination finale »

Les jeunes réfugiés restent attachés à l’idée du droit au retour dans la patrie de leurs ancêtres, garantie par la résolution 194 des Nations unies.

« La justice veut que tous les réfugiés aient le choix de retourner ou pas [dans leurs villages], ainsi que le choix d’obtenir réparation », affirme Ghaida.

Quant à Hamza, il considère le camp comme une salle d’attente. « C’est aussi ce que j’enseigne aux plus jeunes ici dans la communauté », explique-t-il, « que nous sommes ici temporairement, que ce n’est pas notre destination finale. »

Cependant, la jeune génération de Palestiniens est frustrée par la montagne d’obstacles faisant face à leurs rêves, notamment le gouvernement israélien et ses politiques intransigeantes, le soutien de plus en plus ferme apporté à Israël par le président Donald Trump et l’inaction de la communauté internationale.

Et même si les réfugiés considèrent le gouvernement israélien comme le principal contrevenant à leurs droits, ils tiennent aussi l’Autorité palestinienne (AP), dirigée par le président Mahmoud Abbas, responsable du maintien de l’occupation israélienne et du maintien du statu quo au détriment de leurs droits et leurs besoins.

« L’AP ne reconnaît pas que la terre de 1948 est celle où se trouvent nos villages et cela crée de la frustration parmi nous », affirme Sami, un habitant de Dheisheh âgé de 21 ans.

Il agite énergiquement les bras tandis que ses amis acquiescent. « Nous payons un prix si élevé pour rester ici et résister, mais juste pour voir que certains partis politiques palestiniens ne se soucient pas vraiment du droit au retour. »

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Mohammed, 23 ans, souligne à quel point la coordination très critiquée en matière de sécurité entre l’AP et les autorités israéliennes étouffe la résistance dans les territoires occupés, en particulier en Cisjordanie, depuis que l’AP a perdu le contrôle politique de Gaza face au Hamas en 2007.

« Entre le peuple et le gouvernement, il n’y a pas de confiance », soutient-il. « En Cisjordanie, si vous voulez aller combattre l’occupation, beaucoup de gens au sein du gouvernement seront contre vous ; l’AP vous attaquera avant qu’Israël ne le fasse. Nous nous battons donc contre deux camps. »

L’Autorité palestinienne, dirigée par le Fatah, a vu son image s’éroder sérieusement auprès des Palestiniens pour plusieurs raisons, notamment l’absence d’élections présidentielles depuis 2005, son acceptation des termes et des politiques d’Israël jugés préjudiciables au peuple palestinien ou encore son soutien en faveur d’une solution à deux États qui reviendrait à renoncer au droit au retour.

Plus de 50% des personnes ayant répondu à un sondage réalisé en mars 2018 par le Centre palestinien de recherche politique et d’enquête ont déclaré qu’elles considéraient l’AP comme un fardeau pour le peuple palestinien.

« L’AP peut renoncer au droit au retour pour satisfaire Israël et les États-Unis, mais cela ne sera pas accepté par le peuple, affirme Hana, 23 ans. Nous n’avons pas souffert et perdu des vies parmi notre peuple pour qu’un parti politique puisse aller le vendre. »

Alors que les dirigeants politiques ne parviennent pas à résoudre le conflit israélo-palestinien depuis sept décennies, la solution semble s’éloigner à mesure que passe le temps. « Il y a aujourd’hui trois générations d’Israéliens qui ont grandi sur notre terre et trois générations de Palestiniens qui ont grandi dans les camps », explique Ghaida. « Cela change la situation pour les personnes qui vivent ici. Cela complique notre retour chez nous et je ne pense pas que nous pourrons revenir à ce qu’il y avait en 1948. »

Source: Externe

Rien ne dure éternellement

Pourtant, malgré les obstacles immenses, les jeunes réfugiés gardent l’espoir de trouver une solution juste de leur vivant, même s’ils ne s’accordent pas sur les formes de résistance à adopter, que ce soit la lutte armée, les manifestations pacifiques, la sensibilisation internationale, le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) ou un mélange de toutes ces formes.

« Cette génération connaît la Nakba, la Naksa [le “revers” qui a suivi la guerre de 1967] et les politiques de l’occupation israélienne dirigées contre nous », précise Mohammed. « Il y a des mouvements de jeunes, pas seulement pour les réfugiés, mais aussi dans le nord et le sud, dans les camps, dans les villages. Le rôle des jeunes est très important, nous les voyons étudier la politique et se spécialiser dans la cause palestinienne pour se concentrer sur notre avenir. »

L’absence de sanctions significatives venant de la communauté internationale contre les violations répétées du droit international commises par Israël n’a fait que renforcer la conviction des réfugiés que la clé de leur destin est entre leurs mains.

« Je n’ai aucun espoir vis-à-vis de la communauté internationale, mais seulement vis-à-vis de nous, le peuple palestinien », affirme Sami.

Pour beaucoup, un soulèvement populaire palestinien devrait d’abord viser l’Autorité palestinienne avant de s’en prendre à Israël.

Alors que près des trois quarts des Palestiniens sont trop jeunes pour se souvenir de l’époque qui a précédé la création de l’Autorité palestinienne en 1993, la désillusion généralisée face aux institutions politiques palestiniennes a persuadé de nombreux Palestiniens que le chemin de la libération passe par un soulèvement contre le gouvernement Abbas. « Un mouvement de jeunesse lancé contre l’Autorité palestinienne pour changer de dirigeants est le seul moyen de changer notre réalité, poursuit Hamza. Seul un éclat de la jeunesse peut renverser les dirigeants et la situation. »

En fin de compte, les jeunes réfugiés se sont déclarés déterminés à continuer de défendre leurs intérêts, 70 ans plus tard. « Il faut que les choses empirent pour que la situation s’améliore, mais quoi qu’il arrive, l’injustice prendra fin, conclut Inas. Cela ne peut pas se poursuivre éternellement. »

Mohammed garde lui aussi espoir. « Comme pour mon père, mon grand-père, ma mère et ma famille, l’espoir vit encore en moi aujourd’hui. Si nous ne gardons pas espoir, nous ne pouvons pas construire une génération. »

Chloé Benoist & Lubna Masarwa -

15.05.18

Source: MEE

21 mai 2018

Quand l’Europe arrêtera-t-elle de financer l’industrie de l’armement israélienne ?

Source: Externe

Avec le massacre perpétré par l’armée israélienne contre des civils palestiniens ce 14 mai, la question des partenariats entre l’Union européenne et le gouvernement de Netanyahu se pose. D’autant que Bruxelles y finance des recherches militaires et que des agences européennes se fournissent en drones israéliens, dont certains ont été testés à Gaza. Des voix s’élèvent pour demander un embargo sur les ventes d’armes allemandes, britanniques ou françaises vers Israël.

À Gaza, la journée du 14 mai a été le point culminant d’un massacre commencé le 30 mars [1], premier jour d’une série de « marches du retour » commémorant la Nakba, nom donné par les Palestiniens à leur exode de 1948, lors de la première guerre israélo-arabe. Au moins 59 morts et plus de 1 350 blessés par balles sont dénombrés pour cette seule journée. Les soldats israéliens ont encore une fois tiré à balles réelles sur les manifestants, y compris les enfants ou les journalistes.

Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) dénoncent des blessures par balles inhabituelles et dévastatrices, avec « un niveau extrême de destruction des tissus et des os, et des orifices de sortie de balles démesurés, qui peuvent avoir la taille d’un poing. » Autre technique nouvelle : des drones sont utilisés pour lâcher des gaz lacrymogènes sur la foule – un usage massif de cartouches larguées de 10 à 20 mètres de haut, augmentant les risques de blessures. Un bébé de 8 mois aurait été tué après avoir inhalé ces gaz.

Près d’un demi-milliard d’argent public européen

À ce jour, difficile de connaître précisément les modèles de drones et d’armes utilisés par l’armée israélienne contre les manifestants gazaouis. Mais une partie pourrait très bien avoir été développée grâce à l’aide financière de l’Union européenne (UE). En effet, Israël est l’un des heureux pays partenaires de l’UE pouvant accéder aux subventions pour la recherche du fonds Horizon 2020. Un fonds auquel Israël contribue, tout en restant bénéficiaire net [2]. Ses entreprises, tout secteur confondu, auraient touché plus de 460 millions d’euros d’argent public européen. Un scandale, pour certains députés européens, qui dénoncent les subventions accordées à des entreprises d’armement israéliennes, malgré les violations répétées du droit international par leur gouvernement.

Israel Aerospace Industries (IAI) a ainsi participé à trois projets européens de recherches pour la sécurisation des frontières : Oparus, Aeroceptor et Talos. Tous visent à développer drones et autres systèmes automatiques de contrôle. IAI est un acteur de référence en la matière, produisant le drone Heron qui, armé de missiles Spike, est utilisé à Gaza depuis plusieurs années pour des frappes ou de la surveillance. Elbit, autre grand nom de l’armement israélien, fait également parti des bénéficiaires de projets européens, notamment sur la sécurité dans les aéroports.

Bombes à sous-munitions, drones pour détecter les migrants...

Source: Externe

Elbit fournit aussi des drones à l’armée israélienne, ainsi que des canons à sous-munition, permettant d’utiliser des bombes dont l’usage est considéré comme un crime de guerre en raison de leurs impacts dramatiques sur les civils. Mais pour l’UE, pas de quoi s’inquiéter : les fonds accordés à l’entreprise israélienne ne sont destinés, selon l’argumentaire de Bruxelles, qu’à des recherches civiles. L’ancienne commissaire européenne aux Sciences et à la Recherche reconnaissait toutefois que ces financements « peuvent être utilisés autrement, mais nous n’avons pas de contrôle là-dessus » [3].

Il sera bientôt difficile pour les dirigeants européens de se cacher derrière l’argument de l’usage civil de ces recherches. Israel Aerospace Industries (IAI) est en effet l’un des partenaires du projet Ocean 2020, le premier exemple de programme de recherche explicitement militaire, financé par l’UE via ses nouveaux budgets pour la défense (voir notre enquête : Discrètement, l’Europe s’apprête à déverser des milliards d’argent public en faveur des industries de l’armement). L’objectif de ce nouveau projet : tester les drones en terrain maritime. Les pêcheurs gazaouis apprécieront...

Demande d’embargo sur les ventes d’armes vers Israël

La coopération entre les l’Europe et l’armée israélienne ne s’arrête pas aux subventions publiques. Plusieurs États européens vendent des armes à Israël, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie ou la France. Le gouvernement de Manuel Valls a approuvé pour plus de 169 millions d’euros d’exportation de matériel militaire au gouvernement de Netanyahu en 2016 [4].

Amnesty international demande un embargo immédiat sur ces ventes d’armes vers Israël en réaction à la répression actuelle des manifestants de Gaza. Mais les coopérations industrielles vont plus loin. Le groupe Thales, dont l’État français est actionnaire à hauteur de 26 %, travaillait en 2015 à l’intégration de ses systèmes au drone israélien Heron. Par ailleurs, le drone Thales Watchkeeper a été développé avec Elbit, sur la base du modèle Hermes, utilisé également à Gaza. Un produit également sélectionné par l’armée britannique.

Plus récemment, c’est encore Heron, le drone d’IAI, qui a été choisi pour un contrat de 4,75 millions d’euros par Frontex, pour la surveillance des frontières maritimes de l’Europe. Entreprises et agences européennes semblent donc profiter de l’expérience de combat développée par Israël lors des massacres successifs à Gaza – les militaires apprécient le matériel « testé au combat ». Les Gazaouis, que dix ans de blocus ont plongés dans une crise humanitaire et un désespoir profonds, n’ont plus qu’à attendre une éventuelle enquête sur les massacres de ces dernières semaines pendant que les industriels de la défense et nos gouvernement font des affaires.

Antoine Besson -

16.05.18

Source: Bastamag

20 mai 2018

Rencontre avec les manifestants palestiniens de Gaza

Source: Externe

Ahmed Abu Taweel se souvient très bien du moment où Muhamed al-Durra, 12 ans, a été abattu par des soldats israéliens en 2000 alors qu’il était accroupi derrière son père lors d’une manifestation dans la ville de Gaza. C’était le deuxième jour de la seconde Intifada et Ahmed avait 8 ans.

« Nous étions des enfants à cette époque, a-t-il affirmé. Nous avons grandi en cherchant un sens à notre vie, mais nous n’avons rien trouvé. »

Aujourd’hui âgé de 26 ans, Ahmed a décroché un diplôme universitaire en comptabilité mais ne trouve pas de travail. Il ne peut pas quitter Gaza en raison du siège qui a débuté en 2007.

Au lieu de cela, il vit dans le camp de réfugiés de Jabaliya, à Gaza, avec les huit membres de sa famille, dont ses deux sœurs qui sont également au chômage et son père, fonctionnaire de l’Autorité palestinienne, qui ne reçoit que 50% de son salaire. Il leur arrive souvent de passer la moitié de la journée dans le noir quand il n’y a plus d’électricité.

Et comme beaucoup de jeunes qui manifestent à la frontière entre Gaza et Israël et qui se sont entretenus avec Middle East Eye cette semaine, Ahmed revient chaque semaine parce qu’il estime que protester est la meilleure possibilité dont il dispose pour changer sa vie, même si, ce faisant, il la met entièrement en jeu.

« Ils ont tué nos rêves, l’environnement et la mer en nous laissant seulement quinze kilomètres, et maintenant, ils parlent d’améliorer nos vies ? », s’est-il moqué en réponse à un tract que des drones israéliens ont largué plus tôt cette semaine.

Le tract, qui demande aux manifestants de ne pas s’approcher de la frontière, imagine Gaza en 2025 avec des lumières vives, des arbres sains et de hauts immeubles.

« Nous protestons pour exprimer la colère qui couve en nous depuis des années. Les occupants n’ont aucune pitié. »

« Quand les droits fondamentaux deviennent des rêves »

Source: Externe

Tous les vendredis et même les jeudis, Ahmed et ses amis participent à la protestation. Chacun a vécu la perte de proches ou d’amis tués par les soldats israéliens et une enfance parsemée de souvenirs de crises politiques – la seconde Intifada, l’occupation de Gaza et trois guerres destructrices.

L’un d’eux, Ahmed Madi, 23 ans, est lui aussi originaire du camp de Jabaliya. Le mois dernier, lors d’une des protestations du vendredi organisées à la frontière, son cousin de 15 ans, Hussein Madi, a été tué« Hussein était un adolescent. Pourtant, il était très conscient de la difficulté de notre vie. Il rêvait d’une maison sans coupures d’électricité et son plus grand rêve était de voyager avec son équipe de volleyball », a-t-il raconté.

« J’aspire moi-même à avoir un travail et une maison pouvant me garantir une vie décente. Quand les droits fondamentaux deviennent des rêves, la situation est très ironique. »

Madi travaillait dans un grand magasin au marché de Jabaliya, mais il y a quatre mois, il a perdu son emploi alors que l’économie gazaouie continuait de se détériorer. Il a cherché d’autres opportunités d’emploi, en vain. Son père est sans travail depuis dix ans et ses deux frères aînés sont également au chômage.

Madi espère que les manifestations donneront un élan à la cause palestinienne. Les négociations avec les Israéliens ont été infructueuses, a-t-il expliqué. Les Israéliens voulaient que Jérusalem soit leur capitale, indépendamment des accords d’Oslo de 1993 – négociés avant la naissance de Madi – qui ont fait de Jérusalem un sujet à aborder dans le cadre d’accords ultérieurs sur le statut final. Aujourd’hui, les États-Unis ont pourtant reconnu la ville comme la capitale d’Israël.

« Nous sommes des gens pacifiques. Il est vrai que nous souffrons de la division palestinienne, mais nous ne faisons de mal à personne. Nous ne présentons aucun danger pour les forces israéliennes qui nous tuent et qui pensent que [cette violence] nous fera reculer », a-t-il affirmé.

« Nous sommes ici pour défendre nos droits et notre rêve. Nous souffrons parce que nous sommes assiégés mais nous ferons ressurgir l’espoir de leurs armes et de leurs fusils. »

Source: Externe

Une liberté payée « au prix fort »

Après les protestations, les manifestants se rassemblent souvent dans des tentes près du camp de réfugiés d’al-Bureij pour se rencontrer et se soutenir mutuellement. Iyad Abu Oweini, un étudiant en histoire de 27 ans, reste dans les tentes longtemps après le coucher du soleil pour discuter des derniers incidents.

Il ne fait plus confiance aux dirigeants et partis politiques palestiniens, mais seulement à la voix de la jeunesse.

« Tout au long de l’histoire, il a été prouvé que la liberté et la dignité se gagnent en se sacrifiant pour concrétiser les demandes du peuple. Je sais que c’est une dure réalité, puisque nous allons perdre des êtres chers, mais la liberté se paie au prix fort en Palestine », a déclaré Iyad. « Nous sommes occupés depuis le mandat britannique, et maintenant, nous sommes occupés par Israël », a-t-il poursuivi.

Selon lui, Israël tente de manipuler le discours sur les protestations à la frontière en affirmant que les jeunes sont affiliés à des partis politiques ou sont des terroristes partisans du Hamas. Si les États-Unis ont adhéré au discours d’Israël, la vérité est néanmoins beaucoup plus simple, a-t-il ajouté. « Nous sommes des manifestants pacifiques. Aucune manifestation dans le monde ne fait face à des tirs à balles réelles, mais nous, nous sommes confrontés à un usage excessif de la force alors qu’aucun de nous n’est armé », a déploré Iyad.

Son ami de 26 ans, Mo’men Muteir, également au chômage, a fait écho à ses remarques. « Israël essaie de dire au monde que le peuple de Gaza est du Hamas, ce qui est faux. Nous sommes des Palestiniens et chacun a ses propres convictions politiques. Le Hamas contrôle Gaza, mais cela ne signifie pas que les manifestants sont du Hamas », a-t-il soutenu. « Nous sommes ici pour avoir notre mot à dire et réclamer nos droits afin de mettre fin à la crise humanitaire dont nous souffrons. »

Ce mardi, alors que des protestations étaient en cours à Gaza à l’occasion de la commémoration de la Nakba, Mo’men pleurait la disparition de son ami Amed al-Odeini, 30 ans, tué lundi par les forces israéliennes au cours de la manifestation à la frontière de Gaza.

Mo’men explique que son ami Amed participait à l’organisation des grandes manifestations en mars 2011 en Cisjordanie et à Gaza pour réclamer la fin des combats entre le Hamas et le Fatah. Amed a également aidé à diriger des manifestations contre le plan Prawer, qui exigeait la destruction de villages bédouins et le déplacement de leurs habitants avant son abandon en 2013. Son ami n’a jamais épargné ses efforts pour soutenir les droits des jeunes, a affirmé Mo’men.

Selon Ahmed al-Rawagh, 28 ans, lui aussi originaire du camp de réfugiés d’al-Bureij, les autres manifestants et lui-même ont été mal jugés. « Trump ne sait pas que chaque jeune homme a un rêve et de grandes ambitions que les violations commises par Israël finissent par étouffer », a-t-il affirmé.

« Nous voulons avoir une vie décente et un travail, nous sommes au XXIè siècle, personne ne peut croire que ce sont encore des rêves. Mais nous continuerons de protester pour récupérer nos terres et notre dignité. » 

Amjad Ayman -

16.05.18

Source: MEE

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19 mai 2018

«Tout le monde a laissé tomber les Palestiniens, y compris les Arabes»

Source: Externe

Des centaines de personnes se sont rassemblées hier au château de Beaufort pour la 70è commémoration de la « catastrophe » de 1948.

Des centaines de Libanais et de Palestiniens venus des quatre coins du pays se sont rassemblés hier au château de Beaufort, à Arnoun, pour commémorer les 70 ans de la Nakba de 1948, sur invitation du Hezbollah et des factions palestiniennes présentes au Liban, notamment le Hamas.

L’événement a rassemblé plusieurs figures politiques de la région dont Mohammad Raad, député de Nabatiyé et chef du bloc parlementaire du Hezbollah, et Oussama Saad, député de Saïda et secrétaire général de l’Organisation populaire nassérienne. 

Une cinquantaine de bus étaient alignés le long du chemin qui mène vers la forteresse. Partout, des drapeaux palestiniens, libanais et du Hezbollah, des keffiehs traditionnels et des familles entières ayant effectué le déplacement à partir des principaux camps de réfugiés palestiniens du Liban, à Baalbeck, Aïn el-Héloué, Miyé-Miyé, Bourj Chémali ou Rachidiyé. Les enfants, eux, ont séché les cours pour être présents. 

« Vous n’êtes pas seuls », a déclaré M. Raad aux Palestiniens regroupés à Beaufort. « Nous vaincrons et mourrons ensemble en martyrs, nous vous le promettons », a-t-il lancé à la foule, tout en appelant « toutes les factions de la “résistance” à s’unir afin de faire face à l’ennemi » israélien.

« Jérusalem restera arabe et musulmane », a de son côté déclaré le leader du mouvement palestinien Hamas, Ismaïl Haniyé, dans un discours retransmis par téléphone. « Nous n’abandonnerons pas le droit des Palestiniens au retour, et n’accepterons pas une nation de substitution », a-t-il ajouté.

M. Haniyé a dénoncé par ailleurs la « dispersion » de la scène palestinienne interne et appelé à la tenue prochaine d’un conseil national qui devrait regrouper le Hamas, le Fateh et les autres factions palestiniennes. 

Source: Externe

« Despotisme, barbarie et viol »

Occupée durant la guerre civile au Liban par l’OLP, puis par les Israéliens jusqu’en 2000 en raison de sa position stratégique, la forteresse de Beaufort a accueilli hier hommes, femmes et enfants de tous les âges, sous l’œil vigilant de membres du Hamas et du Hezbollah en treillis militaire. 

Dima, Ahmad et leur fils âgé d’un an ont quitté le camp palestinien de Sabra tôt dans la journée afin d’être sûrs d’arriver à temps à Arnoun. « La Palestine est une terre sainte, pour les musulmans comme pour les chrétiens. Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza, c’est du despotisme et de la barbarie, c’est du viol, c’est inhumain », a déclaré Ahmad à L’Orient-Le Jour, condamnant les violences meurtrières survenues lundi à la frontière de la bande de Gaza où les soldats israéliens ont tué près de 60 Palestiniens.

Ces incidents avaient eu lieu lors de manifestations palestiniennes contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, faisant de la journée de lundi la plus sanglante à Gaza depuis 2014.

« Tout le monde nous a laissés tomber, y compris les Arabes. Seule la Turquie continue un peu de nous soutenir. Les Arabes n’en ont que faire de notre cause alors qu’ils devraient nous soutenir, sinon ce sera bientôt à leur tour de subir un sort similaire au nôtre », a mis en garde Dima.

« Nous aurions aimé être à côté de ces jeunes qui manifestent dans la bande de Gaza », a lancé pour sa part Nohad, mère au foyer de 42 ans vivant à Aïn el-Héloué. « Alors, la moindre des choses que nous pouvions faire, c’était de venir manifester notre soutien ici », a-t-elle poursuivi.

Ali, la soixantaine, drapeau palestinien à la main et keffieh traditionnel autour du cou, s’est dit ému par le rassemblement. « C’est un mélange de joie et de peine que je ressens aujourd’hui. Je suis heureux quand je vois que les Libanais et les personnes libres de ce monde nous soutiennent face aux décisions américaines et israéliennes. Mais, malheureusement, il y a des martyrs qui sont tombés à Gaza et personne ne parle d’eux », a-t-il souligné.

Isra’, 22 ans, est venue du camp de Bourj Chémali en compagnie de sa mère et de ses sœurs. « Nous aurions dû manifester quelque part de plus proche de la frontière pour que les Israéliens nous voient », a-t-elle regretté.

Au cours de précédentes commémorations de la Nakba, il est arrivé que des rassemblements soient organisés à portée de vue du territoire israélien. « Nous rentrerons en Palestine bientôt, si Dieu le veut », a-t-elle ajouté. 

Saleh, la cinquantaine, n’hésiterait pas un instant s’il pouvait rejoindre les manifestants de la bande de Gaza. « La commémoration de la Nakba a ravivé mes émotions. Si je le pouvais, je rejoindrais les jeunes à Gaza. Ce qui se passe est inacceptable, il n’y a aucun respect des droits de l’homme. Par contre, si c’était des Israéliens dans la même situation, le monde se serait indigné », a-t-il estimé.

Zeina Antonios -

16.05.18

Source: L'orient le Jour

18 mai 2018

Crimes israéliens à Gaza: des Palestiniens agissent au niveau légal!

 

Source: Externe

560 Palestiniens victimes des tirs israéliens s’adressent à la Cour Pénale internationale

Ce 17 mai 2018, un groupe de 560 Palestiniens habitants à Gaza, victimes des tirs israéliens lors des manifestations, agissant en leur nom personnel ou au nom d’un proche parent tué, ont adressé à Madame Bensouda, Procureur de la Cour pénale internationale, une plainte dénonçant ces crimes de guerre, et lui demandant de saisir les juges de la Cour pour obtenir l’autorisation d’ouvrir une enquête.

1/ Un travail collectif et organisé, depuis la Palestine 

Cette plainte a été annoncée depuis Gaza, au plus près des victimes. 

Elle résulte d’un travail construit et organisé, entre la Commission Palestinienne Indépendante pour la Poursuite des Crimes Sionistes contre les Palestiniens (TAWTHEQ) - une structure publique créée par le Conseil législatif palestinien le 29 octobre 2010 -, une quarantaine d’avocats palestiniens exerçant à Gaza, en coopération avec l’avocat français Gilles Devers et l’avocat jordanien Khaled Al-Shouli.

La plainte est également signée par 30 avocats, marquant leur implication et leur solidarité. 

Cette plainte s’inscrit dans la continuation d’un effort engagé il y a bientôt 10 ans, la première plainte à la Cour pénale internationale ayant été posée en janvier 2009, dans le contexte de l’agression militaire israélienne 'Plomb Durci'.

Source: Externe

2/ Les premières preuves apportées

Pour chaque dossier, sont fournis les éléments d’identité, les pièces médicales, et des témoignages. Ces éléments ne remplacent pas l’enquête, mais montrent qu’une enquête est nécessaire et possible. Les dossiers répondent aux meilleurs standards internationaux. 

La plainte contient une analyse détaillée de la situation d’Ibrahim Abu Thoraya, ce jeune Palestinien de 29 ans, amputé des deux jambes, qui avait été abattu par une balle tirée dans la tête par un soldat israélien le 15 décembre 2017, alors qu’il manifestait près de la frontière, sur son fauteuil roulant. Une enquête approfondie a été effectuée, et la famille a donné son accord pour que soit pratiquée une autopsie. Les éléments médicaux et scientifiques, ainsi que les témoignages et les photographies, confirment que c’est un crime israélien commis contre une personne handicapée.

Le caractère groupé de cette plainte démontre, par la répétition des faits, qu’il s’agit d’une politique assumée de répression par le meurtre, par les dirigeants israéliens, politiques et militaires.

3/ Des crimes qui relèvent de la CPI

La plainte a été rédigée directement au nom des victimes, depuis la Palestine. C’est à l’égard du procureur un message puissant : les victimes palestiniennes, dans les jours qui suivent les agressions, s’adressent à leur juridiction naturelle, la Cour Pénale Internationale. 

Bien sûr, seront aussi engagées d’autres démarches auprès des rapporteurs spéciaux de l’ONU ou du Commissaire des droits de l’homme de l’ONU. De même, les plaignants sont attentifs à toute démarche qui viendrait conforter leur action, et ils suivront les débats du Conseil des Droits de l’Homme qui doit se réunir ce 18 mai.

Ceci dit, les Palestiniens mettent en garde contre des discours qui ne sont suivis par rien de sérieux. Il est temps que la Justice se prononce.

Vu la gravité des crimes, la réponse soit être un jugement pénal, et pour les Palestiniens, le seul recours crédible est la Cour Pénale Internationale. À ce jour, 560 dossiers ont été transmis à la Cour, et bientôt il y en aura autant, suite au massacre commis le 14 mai 2018 par l’armée d’occupation. 

 

Source: Externe

4/ Le procureur doit demander à la Cour l’autorisation d’ouvrir une enquête 

Mme le procureur de la Cour pénale internationale, qui a expliqué qu’elle suivait la situation avec attention, doit prendre en compte cette volonté des victimes. Les Palestiniens sont très attentifs à tout progrès qui sera fait dans la procédure, car ce sera une étape dans le combat contre l’impunité. 

Mme le Procureur fera son enquête comme elle le souhaite, et enquêtera sur tous les aspects qui lui paraissent pertinents. Contrairement à la partie israélienne, les Palestiniens ne redoutent pas la justice : ce sont eux qui appellent à l’ouverture de l’enquête, et ils savent que le droit leur donnera raison. 

Il serait souhaitable que l’Autorité palestinienne appuie cette action en adressant au Procureur une déclaration officielle, fondée sur l’article 14, et les victimes lancent un appel public en ce sens car cela renforcerait l’efficacité de la procédure.

Quoi qu’il en soit, elles s’organisent en comptant d’abord sur elles-mêmes, et elles agissent en fonction. Même sans une démarche explicite de l’Autorité palestinienne (Art. 14), le procureur a la possibilité d’ouvrir l’enquête de sa propre initiative (Art. 15), comme elle vient de le faire dans la situation concernant l’Afghanistan. 

L’inaction encourage le crime, et chacun doit prendre ses responsabilités. Quelles que soient les difficultés à se faire entendre, les Palestiniens poursuivront leur chemin, qui s’inscrit dans la démarche d’un peuple agissant depuis 70 ans pour le rétablissement de ses droits. 

A ceux qui contesteront cette procédure, rendez-vous est donné devant les juges de la Cour pénale internationale, dans le cadre d’un procès équitable, et nous verrons alors de quel côté est le droit. 

Me Gilles Devers & Me Khaled Al-Shouli -

17.05.18

Source: ISM

Notes:

Par ailleurs, Reporters sans frontière (RSF) a appelé la Cour pénale internationale à enquêter sur des "crimes de guerre commis par l'armée israélienne contre des journalistes palestiniens", a annoncé mardi l'ONG; et un syndicat de journalistes entamera la même démarche auprès de la CPI à l'encontre d'Israël. Voir :

Gaza: RSF appelle la CPI à enquêter sur des "crimes de guerre" contre des journalistes

Reporters sans frontières (RSF) a appelé la Cour pénale internationale à enquêter sur des "crimes de guerre commis par l'armée israélienne contre des journalistes palestiniens", a annoncé mardi l'ONG.

https://www.ladepeche.fr

 

Un syndicat de journalistes poursuivra Israël devant la CPI

Le Syndicat des journalistes palestiniens a déclaré jeudi son intention de porter plainte contre Israël auprès de la Cour pénale internationale (CPI) et d'autres tribunaux européens.

https://french.palinfo.com 

17 mai 2018

Halte au massacre du peuple palestinien!

Source: Externe

Appel du Mouvement Citoyen Palestine au 1er Ministre Charles Michel & au Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders

 

Nous refusons de garder le silence et devenir ainsi complices des graves crimes commis sous nos yeux, tant à Gaza qu'en Cisjordanie.

Avec tristesse, nous pensons d’abord aux familles des victimes.

Nous sommes également consterné par les propos de Simona Frankel, ambassadrice d’Israël en Belgique, qui justifie le massacre de civils en déclarant que : «Les 55 morts à Gaza étaient tous des terroristes».

Ce propos est pour notre part inqualifiable quand Israël se permet ainsi de se placer au-dessus des lois internationales.

La lâcheté politique et l’hypocrisie habituelles de nos Ministres du gouvernement fédéral et régional est intolérable !

Notre pays (et l’Union Européenne) porte ainsi une responsabilité morale écrasante lors de ce dernier massacre israélien pour avoir laissé faire, puisque tant la Belgique (que l’UE) collabore, traite, négocie et vend des armes à un État qui a un passif criminel déjà lourd : occupations, colonisations, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, assassinats ciblés, kidnapping, tortures, violations de toutes les résolutions des Nations Unies, politique d'apartheid, etc…

Le pire dans ce drame, est le sentiment d’impunité d’Israël et les courbettes de l’Union Européenne qui frise le dégoût et nous rappelle le passé criminel, négrier, et colonial de l’Europe !

Les 'Lumières', les 'Droits de l’Homme', le 'Droit international' ne sont plus que des 'haillons' face au collaborationnisme de notre pays et de l’Union Européenne !

Aujourd’hui, un nouveau seuil dans l’horreur vient d’être franchi.

Dès lors, et même si nous pensons que nos responsables politiques une fois de plus nous décevrons, nous exigeons néanmoins qu'avec ceux de l’UE, ils posent un acte politique fort en rompant les relations diplomatiques avec Israël; en invitant l’ONU à faire adopter une résolution condamnant clairement les crimes commis à Gaza ces dernières semaines; et à faire cesser les colonisations, les violations et les crimes israéliens en Palestine en contraignant cet Etat aux pratiques coloniales à se conformer aux dizaines de résolutions précédentes des Nations Unies qu’il a systématiquement rejetées.

La responsabilité de l'Europe et de la Belgique, dans le siège de Gaza, est importante. Notre silence et notre inaction relèvent de la complicité.

Nous exigeons de notre gouvernement d'entreprendre toutes les initiatives nécessaires en vue de briser le siège de Gaza qui dure de puis 12 ans et dont l'ONU a déclaré que "la vie y serait impossible dès 2020."

Nous exigeons la fermeture de l’ambassade israélienne et l’expulsion de l’ambassadeur israélien à Bruxelles.

Nous exigeons la suspension immédiate des relations diplomatiques entre la Belgique et Israël, d'autant après les propos tenus par l'Ambassadeur de l'Etat hébreu affirmant que toutes les victimes palestiniennes "étaient des terroristes".

Source: Externe

 

En effet, dans un entretien à la RTBF, l'ambassadeur d’Israël en Belgique, Simona Frankel, a déclaré que les dizaines de personnes tuées par des tirs israéliens au cours de la manifestation du 14 mai dans la bande de Gaza, étaient toutes «des terroristes».

Alors que la mort de 59 Palestiniens, tués par des tirs de soldats israéliens dans la bande de Gaza le 14 mai, continue de susciter de nombreuses réactions de la communauté internationale, l'Etat d'Israël a justifié l'usage de la force en brandissant la menace du terrorisme. Un argumentaire repris par Simona Frankel, ambassadeur de l'Etat hébreu en Belgique.

«Je regrette la mort de tout être humain, même pour 55 [selon le bilan alors disponible] terroristes qui ont tenté de passer la frontière», a-t-elle déclaré le 14 mai, au lendemain de la répression sanglante dans l’émission 'Matin Première' de la télévision publique belge RTBF.

Interloqué par la réponse de la représentante israélienne, le journaliste Thomas Gadisseux a alors demandé si elle considérait que les «huit enfants dont un bébé» morts au cours de la répression israélienne étaient des terroristes. Elle a alors répondu sans ambages : «Oui, il le sont tous.»

«Il faut se rappeler que c'est le groupe terroriste Hamas qui a pris en otage la bande de Gaza. Le Hamas est le seul coupable de ces morts, du sacrifice de ces hommes, femmes et enfants pour une guerre médiatique», a-t-elle par ailleurs ajouté. 

Peu de temps après sa sortie médiatique controversée, le ministère belge des Affaires étrangères a décidé de la convoquer. «Entendre que toutes les personnes qui ont été tuées étaient des terroristes, cela dépasse l’entendement», s'est insurgé le chef de la diplomatie belge Didier Reynders, cité par l'agence Belga.

«Tirer à balle réelle sur des manifestants est indigne. S’il incombe à Israël d’assurer la sécurité de ses concitoyens, cela doit se faire de manière proportionnée», a par ailleurs estimé le Premier ministre belge Charles Michel.

Notes:

Voici les adresses-mails auxquelles vous pouvez envoyer votre soutien concret aux Palestiniens pour que le gouvernement belge et l'UE prennent enfin des mesures contraignantes vis-à-vis d'Israël:

Charles MICHEL <charles.michel@premier.fed.be>, charles.michel@lachambre.becharles.michel@mr.be

Didier Reynders <druccle@gmail.com>, didier.reynders@lachambre.be

contact@didier-reynders.be

Federica MOGHERINI : federica.mogherini@ec.europa.eu

Nordine Saïdi -

15.05.18

+ Source: RT.com

16 mai 2018

«Depuis 70 ans, le peuple palestinien est expulsé de sa terre, colonisé, opprimé»

Source: Externe

Lors de sa première rencontre avec des journalistes étrangers, le responsable du bureau politique du Hamas à Gaza, Yahya al-Sinwar, a déclaré jeudi que « le peuple palestinien a été déplacé et opprimé pendant les sept dernières décennies ».

Il a ajouté: « Israël a agi en tant qu’État au-dessus de la loi et a ignoré le droit international. La communauté internationale n’a pas réussi à imposer le respect de la loi internationale à propos de la cause des Palestiniens. »

Le dirigeant du Hamas a poursuivi : « La bande de Gaza est soumise à plus d’oppression depuis 2006, car le siège israélien a transformé la vie des habitants de Gaza en un enfer insupportable. Beaucoup d’installations et d’infrastructures dans Gaza ont été détruites et les Nations Unies ont déclaré que Gaza sera inhabitable d’ici 2020. Tout cela a été une punition collective pour notre peuple, à cause de son libre choix démocratique lors des élections de 2006. »

En ce qui concerne la Grande Marche du retour, il a déclaré: « Les Palestiniens se sont mobilisés depuis le 30 mars pour atteindre plusieurs objectifs : réitérer le Droit au Retour, qui est garanti par le droit international, rejeter la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale de l’occupant israélien, rejeter le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem, imposer le lever immédiat et inconditionnel du siège de Gaza. »

Al-Sinwar a souligné que les manifestations de la Grande Marche du Retour ont été et resteront pacifiques. « Ces manifestations ne prendront fin qu’après que nous ayons gagné une vie digne, et elles pourront continuer après les 14 et 15 mai », a-t-il ajouté.

Concernant l’enlèvement de la clôture dans l’est de Gaza, il a déclaré: « Ce n’est pas une frontière internationalement reconnue. Basé sur l’accord d’armistice, Gaza a plus de 200 kms carrés situés derrière la clôture. De plus, notre peuple a le droit de briser les murs de sa grande prison. Le problème n’est pas avec notre peuple, mais avec l’occupant. »

Source: Externe

Le haut responsable du Hamas à Gaza a confirmé que le Hamas est à la recherche de solutions « pacifiques et diplomatiques » pour les Palestiniens, mais que si cela s’avérait inefficace, alors « nous avons pour nous toutes les autres formes légales de résistance ».

Répondant à une question suggérant que le Hamas utilise l’argent des Palestiniens à Gaza pour améliorer ses capacités militaires, il a déclaré: « Le problème des habitants de Gaza est le siège israélien, qui a détruit toutes les formes de vie décente. Si les habitants de Gaza avaient eu la possibilité d’améliorer leurs conditions de vie depuis les élections de 2006, ils vivraient une situation meilleure que celle d’aujourd’hui qui est tragique. Ensuite, l’argent utilisé par le Hamas est celui qui a été envoyé spécialement par des personnes ou des pays dans le but de promouvoir des capacités de résistance. Tout l’argent envoyé au peuple lui a été distribué. En outre, le Hamas a essayé d’aider les Palestiniens à soulager leurs souffrances, vu leur situation de vie difficile. »

A propos de la réconciliation, Al-Sinwar a déclaré que c’était toujours un « choix stratégique » pour son mouvement. « Nous avons déployé beaucoup d’efforts pour y parvenir, mais il y a des partis qui ne veulent pas que cela réussisse et ils ont fait de leur mieux pour entraver le processus. Les tentatives d’assassinat du général de brigade Tawfiq abu-Naim en 2017 et de M. Rami Hamdallah il y a six semaines faisaient partie des tentatives visant à saboter la réconciliation. Mais nous n’avons pas perdu espoir d’y parvenir. »

Concernant le Conseil national palestinien (PNC), il a déclaré que celui-ci ne représentait pas le peuple palestinien, notant que le Hamas et les autres factions continueraient de travailler pour parvenir à une réunion de consensus PNC et faire de l’OLP une institution qui inclurait tous les Palestiniens. « C’est un devoir national et nous voulons l’appliquer », a-t-il dit, soulignant que le Hamas n’a pas l’intention de créer de nouveaux organes pour remplacer les institutions palestiniennes historiques.

S’exprimant à propos des prisonniers israéliens à Gaza, il a dit que la résistance et lui-même, qui a passé 25 ans dans une prison israélienne, connaissent très bien la signification d’être un prisonnier. « Cependant, nous avons 6000 prisonniers à l’intérieur des prisons israéliennes qui connaissent des circonstances inhumaines et ils n’ont aucun espoir d’être libérés, sauf par le biais d’un échange de prisonniers. »

Pour savoir comment le Hamas traite ses prisonniers, il a dit aux journalistes : « Vous pouvez aller demander à Jilad Shalit qui a passé cinq ans en captivité sous contrôle du Hamas ».

Source: Externe

Au sujet de l’agression israélienne contre l’Iran, il a rappelé que l’Iran soutenait la résistance palestinienne. « Nous condamnons toute agression sur un quelconque État arabe, islamique ou autre sans raison », a-t-il dit, « cependant, nous décidons de prendre part à un tel conflit ou non en fonction de nos intérêts. » L’Iran sait si nous pouvons faire partie de ce conflit ou non.

Comment le Hamas peut-il équilibrer ses relations avec l’Arabie saoudite et l’Égypte, et en même temps avec l’Iran, le Qatar et la Turquie ? « Nos intérêts définissent nos relations avec les différentes nations et nous faisons de notre mieux pour maintenir des relations équilibrées avec tous les pays », a-t-il expliqué.

Al-Sinwar a conclu ses propos en soulignant le rôle important joué par les médias dans les conflits. « Nous pensons que vos caméras pourraient sauver la vie de milliers de personnes et empêcher de nombreux massacres avant qu’ils aient lieu », a-t-il dit. « Nous pensons que ces caméras ont été ce qui a empêché l’occupation israélienne d’utiliser beaucoup plus de forces mortelles contre les manifestants pacifiques à Gaza. »

Mouvement Hamas -

11.05.18

Source: Chronique de Palestine

15 mai 2018

14 mai 2018 : rires et liesse des occupants, pleurs et colère des occupés

Source: Externe

Date symbolique s’il en est, le 14 mai marque chaque année l’anniversaire d’accession au statut d’Etat du projet colonial sioniste. Ses partisans fêtent cette année le 70è anniversaire de ce jour fatidique pour les Palestiniens, sacrifiés à cet effet par ce qu’ils commémorent de leur côté comme la Nakba (catastrophe) qui en réalité n’a jamais cessée et se poursuit chaque jour.

Cette année, le clou de cette farce amère a été le transfert de l’Ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem au cours de la journée. Les sionistes jubilent et pensent avoir gagné une étape importante dans leur visée obsessionnelle à s’accaparer le maximum de ce qui reste d’une Palestine en lambeaux. A vrai dire, et à bien y regarder, cette décision de l’administration américaine met à mal, ébranle, et fragilise un peu plus l’Etat ‘factice’ [1] israélien puisqu’il s’inscrit une fois encore en opposition flagrante au Droit international et à la Résolution 181 du 29 novembre 1947.

En ce jour, les questions qu’il conviendrait de poser à tout vrai ‘démocrate’ sont les suivantes :

-          est-il décent de fêter avec faste les 70 années de négation d’un peuple que l’on a privé de ses terres par des méthodes brutales et meurtrières, et qui vit encore et toujours sous un système colonial oppressif ?

-          comment se réjouir à propos d’un Etat ‘factice’ qui s’est bâti sur le déni de son voisin en violation permanente du Droit international auquel nos Etats dits ‘démocratiques’ se réfèrent dès que cela les arrange ?

-          une telle situation sert-elle les bases d’une justice équitable pour tous comme elle devrait l’être ou perpétue-t-elle à l’inverse une justice à géométrie variable en fonction du plus fort ?

-          combien de temps encore l’ainsi nommée ‘Communauté internationale’ va-t-elle valider un Etat ‘factice’ qui s’articule sur un apartheid d’une violence inouïe sans comprendre que cela mine les fondements mêmes de toutes les valeurs ‘démocratiques’ qu’elle affirme pourtant mettre en œuvre à travers le monde ?

Ainsi, il y a le monde tel qu’il est, et celui que l’on fantasme, que l’on idéalise. Et qu’on le veuille ou non, il faut bien constater que le monde a toujours été dominé par les plus forts. C’est vrai dans le règne végétal comme le règne animal. Et malgré ce que d’aucuns aimeraient penser, c’est vrai aussi en ce qui concerne l’espèce humaine.

De nos jours, la plupart des individus ayant accès à l’instruction et aux moyens de communication peuvent voir et comprendre que le monde va mal. Et peut-être même, de plus en plus mal. Les dysfonctionnements sont nombreux et dans bien des cas, la raison en est une justice malmenée, bancale voire inexistante, malgré des juristes de plus en plus nombreux et des textes de loi de plus en plus détaillés. La différence avec le passé réside comme je l’ai souvent mentionné, dans les moyens de communication. Aujourd’hui on sait ce qui se passe quand il y a quelques décennies seulement, les mêmes évènements se déroulaient sans que personne n’en soit informé, à part ceux qui étaient aux manœuvres. Les méfaits n’étaient ni plus ni moins graves, ils étaient tout simplement ignorés de la plupart. Et les voyous, les prédateurs, les criminels pouvaient agir dans l’ombre à leur guise.

A notre époque, presque chaque citoyen peut s’informer correctement s’il se donne la peine de chercher ce qu’il en est. Notre responsabilité personnelle en est donc changée, transformée. Ce qui nous échappait par le passé nous est désormais connu. Si cela peut paraître anodin, je pense que c’est tout l’inverse. De fait, nous ne pouvons plus dire que « l’on ne savait pas » ! Nous ne pouvons plus nous cacher, nous abriter derrière cet argumentaire quelque peu confortable : ce qui se passe dans quelque contrée ou pays lointain nous est connu. Et avec les moyens de communication – transports compris – même l’autre bout de la terre est à notre portée. Et ce qui est vrai pour les individus l’est d’autant plus pour les Etats. Aussi, si nous ne réagissons pas à ce que nous voyons comme injustices, comme crimes, comme infamies, nous en sommes désormais co-responsables pour ne pas dire dans certains cas, complices ! A. Einstein disait : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire. »

Source: Externe

Ce que l’on voit se dérouler depuis plusieurs semaines dans la bande de Gaza où des snipers israéliens surarmés tuent des manifestants pacifistes – handicapés, personnel médical, femmes et enfants compris – est une illustration du ‘terrorisme d’Etat’ que représente ce criminel Etat ‘factice’, ivre de son impunité, composé d’assassins qui devront être jugés un jour devant une Cour internationale. Dans cette optique, tout Etat dit ‘démocratique’ qui soutient cet Etat ‘factice’ colonial israélien s’en fait le complice. Et il faut bien comprendre la portée de ce que cela signifie : aujourd’hui, une telle attitude de nos gouvernements renverse les paradigmes et en fait ainsi des Etats complices de ‘terrorisme d’Etat’ où chacun de nous se trouve pris à revers, malgré lui ! Par exemple, continuer à vendre des armes qui serviront à tuer des civils innocents n’est plus tolérable. Continuer à commercer avec des entreprises installées sur des terres volées ne l’est pas plus. Poursuivre des ‘Accords d’association’ avec un gouvernement qui pratique l’apartheid ou maintient des enfants en prison n’est plus acceptable.

Nombre de citoyens l’ont bien compris qui se sont mobilisés à la demande des organisations palestiniennes, dans le mouvement pacifique BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions). Il est regrettable que nos Etats qui se targuent à chaque occasion de leurs principes ‘démocratiques’ ne suivent pas la même voie et ne contraignent ainsi l’Etat ‘factice’ colonial israélien à se conformer au Droit international dont ils se prévalent pourtant. Cette attitude les met en contradiction flagrante avec ce qu’ils déclarent et sabrent dès lors les bases sur lesquelles ils se fondent. Rien d’étonnant qu’une telle attitude rendent les citoyens méfiants et considèrent leurs gouvernements comme imposteurs. Tant que l’occupation illégale de la Palestine se poursuivra, la région du Moyen-Orient restera une épine vive dans le pied de nos Etats dits ‘démocratiques’. Aucune paix n’est envisageable tant que se poursuivra l’injustice d’un Etat colonial qui pratique l’apartheid. Ne pas vouloir le voir ni le comprendre relève d’un aveuglement grave de conséquences pour l’ensemble de la population de nos pays. Inutile dès lors de déclarer la mine grave en pointant certains citoyens – toujours les mêmes ! –  ‘d’importer’ le conflit, nos autorités s’y emploient avec un zèle appliqué et en sont les premiers responsables !

Le monde nous paraît mal tourner parce que la majorité d’entre nous sommes de simples citoyens, animés encore d’un sentiment de justice que la plupart de nos élus n’ont plus. Ces derniers sont de plus en plus liés au grand capital qui étant parvenu par la puissance de l’argent à (presque) tout acheter, forment ensemble une oligarchie, pour le malheur des peuples. Ceux-là ne sont plus animés par la justice mais par une ingénierie financière qui maximise leurs profits.  Et à ce jeu-là, ils n’en n’ont jamais assez, au point que l’on peut parler d’une vraie pathologie. Nous sommes dirigés par des gens dont on peut sans crainte affirmer qu’ils sont de vrais psychopathes, dans la mesure où tout ce qui pourrait entraver leurs privilèges et leurs profits jamais rassasiés est éradiqué de n’importe quelle manière, y compris violente si les faits le nécessitent, et tant à titre individuel que collectif. Un individu ou un Etat gênant n’est plus un problème. L’oligarchie aux commandes pense avoir les moyens de les éradiquer l’un comme l’autre. Sauf qu’en Palestine, un peuple nous démontre qu’il n’en est rien. Un peuple résiste et malgré les multiples avanies, se dresse pour nous rappeler qu’il ne se soumet pas aux lois iniques du plus fort. Un peuple se tient debout malgré les tentatives de le coucher, de l’abattre, de l’éradiquer. Un peuple nous montre la voie de la dignité et de la justice que nos gouvernements ont perdues. Un peuple nous indique le chemin à suivre et son exemple n’aura de cesse d’empêcher tous ceux qui sont toujours animés de ce détestable esprit colonial de dormir tranquilles.

Source: Externe

Aux dernières nouvelles, en ce vendredi 14 mai 2018 et suite à l’inauguration illégale de l’Ambassade américaine à Jérusalem, le bilan des victimes civiles palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza dépasse le pire des scénarios. Ainsi, cet Etat colonial dégueulasse que certains fêtent à coups de petits fours et de champagne n’est non seulement ‘factice’ mais est en plus ‘fasciste’ ! A l’exact opposé de ce que certains qualifient de ‘seule démocratie au Moyen-Orient, dotée de l’armée la plus morale du monde’… à moins que, comme je l’écris ci-dessus, les paradigmes de nos ‘démocraties’ aient gravement changé. Auquel cas, les citoyens toujours épris de civisme et du sentiment d’équité devront en tirer les conséquences et s’organiser comme les Palestiniens, dans une résistance plus dure pour l’avenir.

Daniel Vanhove –

14.05.18



[1] Je parle d’un Etat ‘factice’ dans la mesure où la Résolution 181 de l’ONU prévoyait explicitement le partage de la terre de Palestine historique en deux Etats, l’un juif et l’autre arabe. Comme ce dernier n’a jamais été reconnu par le premier, celui-ci est donc nul et non avenu, et la Palestine historique prévaut toujours dès lors que le Droit international n’a pas été reconnu ni appliqué par l’une des deux parties. A ce jour, l’Etat d’Israël est donc bien un Etat ‘factice’ et d’ailleurs de nombreux Etats ne le reconnaissent pas.

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