FREE PALESTINE

30 juillet 2015

BDS a 10 ans : interview d’Omar Barghouti

Le Mouvement BDS a 10 ans : interview d’Omar Barghouti

11 juillet| Adam Horowitz et Philip Weiss pour Mondoweiss

Les codirecteurs de Mondoweiss Adam Horowitz et Philip Weiss parlent avec le militant palestinien des droits de l’Homme et cofondateur du mouvement BDS Omar Barghouti pour le dixième anniversaire de l’appel palestinien aux boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël.

L’Appel BDS a été émis par des représentants de la société civile palestinienne le 9 juillet 2005 dans le but d’acquérir les droits fondamentaux pour les Palestiniens selon la législation internationale. BDS demande la fin de l’occupation par Israël des terres arabes, dont Jérusalem Est, la fin de ce que même le Département d’État américain a critiqué en tant que système israélien de « discrimination institutionnelle, juridique et sociétale » envers les citoyens palestiniens, ce qui recoupe la définition américaine de l’apartheid, et la fin de son refus du droit au retour, tel que stipulé par l’ONU, des réfugiés palestiniens dans leurs maisons d’origine d’où ils furent chassés par la force pendant la Nakba de 1948 et empêchés d’y revenir depuis.

L’Appel BDS concerne ces trois droits parce qu’ils correspondent aux trois principaux constituants de ce qui fait le peuple palestinien. Selon les chiffres de 2014 émis par l’Office Central Palestinien des Statistiques, sur les 11.800.000 Palestiniens, ceux des territoires palestiniens occupés (TPO), c’est-à-dire Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem Est, représentent seulement 38 % de la totalité de la population palestinienne. Les citoyens palestiniens d’Israël représentent environ 12 %, et les Palestiniens en exil constituent les 50 % restants.

Adam Horowitz et Philip Weiss : Au bout de dix ans, comment caractériseriez vous le succès du mouvement BDS jusqu’ici ?

Omar Barghouti : BDS a joué un rôle déterminant dans le changement de discours sur la question de la Palestine après plus de deux décennies d’un « processus de paix » frauduleux qui a sapé les droits des Palestiniens et a servi de feuille de vigne pour l’expansion et l’enracinement du régime israélien d’occupation, de colonisation de peuplement et d’apartheid.

Aujourd’hui, Israël reconnaît pour plusieurs raisons en BDS une « menace stratégique » contre tout son régime d’oppression. BDS intègre la quête des droits, stipulés par l’ONU mais longtemps ignorés, de tous les Palestiniens et réussit progressivement et méthodiquement à isoler Israël académiquement, culturellement et, à un moindre degré, également économiquement.

S’inspirant de la lutte anti-apartheid sud-africaine, BDS réussit aussi à mettre en lumière la toxicité de la « marque » Israël. L’impact du mouvement BDS non-violent et mondial conduit par les Palestiniens s’est régulièrement amplifié depuis son lancement en 2005. Mais ces deux dernières années, il s’est accéléré pour diverses raisons. Quand vous semez des graines et que vous les nourrissez avec attention et persévérance, elles finiront par vous donner de bons fruits. Nous commençons maintenant à récolter les fruits de 10 ans de campagne BDS pour les droits de l’Homme, stratégique, moralement cohérente et indéniablement efficace.

BDS gagne les batailles dans les coeurs et les esprits à travers le monde, en dépit de l’influence toujours hégémonique d’Israël auprès des gouvernements américain et européens.

L’impact de BDS à 10 ans est maintenant reconnu par les plus importants leaders israéliens de la politique, de la sécurité et du commerce et même par un ancien directeur de la CIA.

Un rapport de l’ONU qui vient de sortir montre que les investissements directs étrangers ont chuté de 46% entre 2013 et 2014. Un coauteur israélien de ce rapport a attribué cette nette baisse en partie à BDS.

Une récente étude de la Rand a estimé que, si BDS continue, les pertes économiques d’Israël dans les 10 années à venir s’élèveront à 47 milliards $. D’où la panique que vous voyez dans l’establishment israélien.

Depuis juin 2013, le premier ministre d’Israël Benjamin Netanyahu a affirmé que le mouvement BDS était une « menace stratégique » en en confiant l’entière responsabilité au ministère des affaires stratégiques.

Le président d’Israël Reuven Rivlin a récemment caractérisé le boycott universitaire d’Israël de « menace stratégique de premier plan » pour le régime israélien d’occupation et d’apartheid.

L’ancien chef du Mossad Shabtai Shavit est convaincu que BDS est devenu un « dangereux » défi pour Israël, tandis que l’ancien premier ministre Ehud Barak admet qu’il est en train d’atteindre un « point de non retour ».

L’élection en Israël d’un gouvernement ultra droitier le plus extrême de son histoire, qui perd ses dernières prétentions démocratiques et qui adopte ouvertement une politique coloniale, va sans doute accroître les souffrances des Palestiniens. Mais cela va également renforcer la croissance déjà impressionnante de BDS.

Le sondage de Globescan pour la BBC au sujet de l’opinion publique internationale a clairement montré ces dernières années qu’Israël concurrençait la Corée du Nord pour sa popularité à travers le monde, y compris auprès des plus grandes nations européennes.

Quand vous avez lancé l’appel, comment imaginiez vous l’évolution du mouvement ? Quel effet pensiez vous qu’il aurait alors ?

L’appel a été lancé par 171 partis politiques, syndicats, associations et organisations palestiniennes, qui représentaient l’écrasante majorité du peuple palestinien dans la Palestine historique et en exil. Il est enraciné dans des décennies de résistance populaire palestinienne et s’inspire, entre autres, du mouvement anti-apartheid sud-africain et du mouvement des droits civiques américain.

Il ne serait pas exagéré de dire que l’impact de BDS 10 ans après son lancement est allé bien au-delà de nos attentes les plus optimistes lors de la fondation du mouvement en 2005.

Êtes vous surpris par la croissance du mouvement ?

Je ne suis pas surpris par sa croissance en elle-même, mais par son taux. Comme l’archevêque Desmond Tutu me l’a dit un jour, BDS croît considérablement plus vite que le mouvement de boycott anti-apartheid ne l’avait fait.

Quel a été le rôle du lobby israélien dans l’opposition à BDS ?

La première réponse d’Israël à la phase initiale de BDS, l’établissement en 2004 de la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI), fut de lancer sa campagne extrêmement bien rodée « Marque Israël ». Elle exploite la culture, l’université et la technologie israéliennes pour rhabiller l’État et montrer au monde son « meilleur profil », spécialement après chaque massacre commis par Israël contre la population indigène palestinienne.

Le lobby a toujours fait partie intégrante de cette dynamique. Le lobby israélien de Washington en particulier est reconnu aujourd’hui, comme le montre un récent sondage, par 3 sur 4 des leaders d’opinion du Parti Démocrate comme exerçant une trop grande influence sur la politique étrangère américaine. Que l’on se demande si le chien impérial agite la queue ou si c’est l’inverse, on ne peut qu’admettre que la queue et le chien sont biologiquement liés ! Les intérêts impériaux des USA et l’influence massive d’Israël vont main dans la main.

Dix ans de BDS nous ont appris que la dernière et la plus rude ligne de défense du régime israélien, c’est le Congrès américain. Je ne dévoilerai pas un secret en disant que la plupart des politiques et des élus américains sont plus redevables et sensibles à leurs bailleurs de fonds qu’aux intérêts de leurs électeurs qu’ils sont censés représenter. Beaucoup de membres du Congrès sont « achetés et financés par le lobby israélien », comme même Thomas Friedman l’a admis lorsqu’il expliqua le nombre étonnant et en yoyo d’ovations debout qui saluèrent le premier ministre israélien Netanyahu en 2011.

N’ayant pas réussi à résister à BDS dans les nombreux combats pour gagner les coeurs et les esprits aux niveaux populaires et de la société civile, Israël a adopté en 2014 une nouvelle stratégie centrée sur la guerre juridique pour combattre BDS. Le lobby israélien mène cette bataille, faisant passer une législation anti BDS dans plusieurs corps législatifs des Etats et au Congrès américain.

Mais cela, on s’y attend. Ce qu’Israël n’a peut-être pas prévu, c’est l’érosion continue de son maintien dans le Parti Démocrate et parmi les Afro-américains, les Latino-américains, les femmes et les jeunes Américains, y compris les Juifs américains. Le rôle d’Israël n’est pas facile après tout. Il essaie de façon arrogante de délégitimer le boycott, tactique de résistance à l’injustice consacrée par l’usage aux Etats-Unis et sorte de liberté d’expression,comme statué par la Cour Suprême.

Ivre de pouvoir, Israël et ses lobbies ont oublié à quoi ressemblent les carottes ; ils ont recours à des bâtons de plus en plus gros pour amener les critiques à se soumettre. Mais en s’alliant de plus en plus à l’extrême droite américaine tout en l’encourageant et en créant un nouveau MacCarthisme de pure intimidation et de terrorisme intellectuel où l’obéissance au régime d’Israël est le test décisif de loyauté, le lobby israélien s’aliène encore davantage le courant libéral et va perdre le leadership des USA, comme le comprend bien l’ancien chef israélien du Mossad, Shabtai Shavit.

Ainsi, l’intimidant lobby israélien va peut-être écorcher la mère de tous ses objectifs et se diriger vers une accélération de l’érosion du bouclier d’Israël de complicité avec les USA et au-delà.

Vous dites que la ligne de défense d’Israël la lus dure est le congrès, mais la candidate à la présidence Hilary Clinton a récemment promis au méga donateur Haïm Saban d’aider à combattre les boycotts. Quelles ramifications voyez-vous alors que BDS devient un sujet dans la compétition présidentielle à venir ?

La lettre obséquieuse d’Hilary Clinton à son principal donateur porte la corruption du système politique américain à un autre niveau. Cela se trouve quelque part entre une ploutocratie et une oligarchie en train de se faire.

Ce n’est pas mauvais seulement pour les Palestiniens, mais pour tous ceux qui se soucient de défendre et de renforcer les principes démocratiques américains contre la mainmise des riches et des puissants. Si Clinton transforme l’opposition à BDS en slogan de campagne, elle va s’aliéner une grande partie de l’électorat démocrate et renforcer la visibilité du mouvement BDS. La façon dont Israël traite BDS comme une « menace existentielle » et dont il appelle toutes ses troupes aux USA à le combattre va créer un nouveau MacCarthisme qui sera aussi carrément vaincu que le fut sa première édition.

Les accusations d’antisémitisme vous ont-elles surpris ? Voyez vous quelque signe qu’elles perdent de leur efficacité ? Et quelle importance le soutien des Juifs a-t-elle eu tactiquement sur la croissance du mouvement ?

Israël et le mouvement sioniste essaient agressivement de créer une nouvelle définition de l’antisémitisme qui s’étendrait à l’antisionisme et à la défense de tout boycott contre Israël. Tout principe moral mis à part, c’est clairement dangereux pour les Palestiniens et les gens de conscience qui sont solidaires de la lutte des Palestiniens pour leurs droits, comme ce l’est pour les communautés juives partout dans le monde parce que cela dilue la notion de racisme anti-juif de façon méconnaissable.

Assimiler le boycott, reconnu et fondé sur les droits de l’Homme, des violations de la législation internationale par Israël avec le racisme anti-juif n’est pas seulement faux. C’est une tentative raciste pour mettre tous les Juifs dans un même panier et pour les impliquer dans les crimes d’Israël contre les Palestiniens. L’accusation de racisme par Israël contre le mouvement BDS s’apparente à l’accusation de racisme par le Ku Klux Clan contre Martin Luther King et Rosa Parks ! C’est de la propagande grotesque.

Ancré dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le mouvement BDS est un mouvement fondé sur les droits de l’Homme, non sectaire et global qui rejette toute forme de racisme, y compris l’antisémitisme et les dizaines de lois racistes israéliennes. BDS demande l’égalité des droits pour tous les humains, quelle que soit leur identité. Il vise Israël et les entités complices de son régime d’oppression, en ne se fondant sur aucune identité réelle ou revendiquée, mais sur le fait que ce régime d’oppression refuse aux Palestiniens leurs droits tels que stipulés par l’ONU selon la législation internationale.

Si Israël s’identifiait à un État chrétien, musulman ou hindou, nous nous efforcerions tout autant d’isoler son régime d’oppression pour obtenir nos droits.

BDS n’a jamais visé les Juifs ou les Israéliens en tant que Juifs ; il se bat pour mettre fin à un régime injuste qui asservit notre peuple avec l’occupation, l’apartheid et le déni des droits des réfugiés tels que stipulés par l’ONU. Nous avons des partenaires juifs-israéliens dans le mouvement BDS qui y jouent un rôle significatif en dévoilant le régime d’oppression israélien et en préconisant son isolement. Et d’ailleurs, nous sommes fiers du nombre extraordinairement haut de militants juifs dans le mouvement BDS, spécialement dans Voix Juives pour la Paix.

Israël et la machine de propagande sioniste accusent immédiatement tout supporter de BDS d’ « antisémitisme » afin d’intimider et de faire taire tout dissident. Ils utilisent cette tactique dégoûtante plus spécialement contre les Européens et les Américains qui soutiennent le boycott, étant donné la culpabilité due à l’Holocauste et les succès relatifs d’Israël depuis des décennies dans l’orientation de cette culpabilité vers une complicité avec le régime d’oppression contre les Palestiniens. Mais cette sale tactique d’antisémitisme ne marche pas avec les Palestiniens, victimes du Sionisme et de son projet de peuplement colonial, qui n’ont joué aucun rôle dans l’Holocauste et à qui on ne devrait pas le faire payer au prix de leurs droits.

On peut dire que Netanyahu et d’autres ont fait votre jeu, avec leurs formulations, et leur réponse au mouvement. Cela vous a-t-il surpris ?

Non. Raciste, violente et grossière comme elle est, l’extrême droite d’Israël est brutalement honnête, contrairement aux simulateurs et menteurs compulsifs de la soi-disant « gauche » sioniste. Avec Netanyahu, Israël a jeté le dernier masque de sa démocratie jamais existante, révélant au monde le vrai visage d’Israël en tant que régime d’oppression coloniale et raciste. Presque la moitié des faiseurs d’opinion du Parti Démocrate considèrent qu’Israël est raciste, d’après le sondage que j’ai mentionné plus tôt. Cela fait partie du cadeau de Netanyahu à la lutte des Palestiniens pour la liberté, la justice et l’égalité.

Avez vous changé de tactique, et comment ? Autrefois vous vouliez que les partenaires américains « boycottent un oeuf » s’ils ne voulaient rien faire d’autre. Etes vous frustrés par le choix de ceux qui ne veulent boycotter, désinvestir et sanctionner qu’à l’Est de la Ligne Verte ?

Les droits définis dans l’appel BDS ne sont pas négociables, puisqu’ils constituent les exigences minimales pour que le peuple palestinien puisse exercer son droit inaliénable à l’autodétermination. Mais les tactiques et les actions de boycott, désinvestissement et sanctions sont nécessairement sensibles au contexte. Dans tout contexte, les militants et les groupes de partenaires décident quoi boycotter et comment. Certains partenaires, comme l’Association d’Études Américaines, adoptent un boycott total d’Israël dans un certain domaine, tandis que beaucoup d’autres adoptent des boycotts sélectifs ou se désinvestissent de sociétés qui travaillent illégalement dans les territoires palestiniens occupés. Tant que nos trois droits sont défendus, nous travaillons avec les deux extrémités du spectre et tout ce qu’il y a entre elles.

Boycotter un œuf, c’est toujours bien, comme un premier pas, si c’est tout ce que l’on peut faire, tant que nos trois droits fondamentaux sont respectés. Mais en fin de compte, le but de BDS est de transformer Israël en Etat paria, comme le fut l’Afrique du Sud, et d’isoler son régime d’oppression afin d’obtenir nos droits tels que stipulés par l’ONU.

Avez-vous été surpris par la réponse des sionistes libéraux aux États Unis et par leur refus de rejoindre le mouvement ? Vont-ils finir par rejoindre le mouvement ?

Les militants palestiniens des droits de l’Homme ne se sentent généralement pas très concernés par ce que les porte-parole du camp des sionistes modérés aux États Unis ou ailleurs pensent ou croient, en dépit de leurs fréquents accès de colère belliqueuse contre BDS. Ils sont de plus en plus hors sujet.

De soi-disant sionistes « libéraux » savent aussi bien que nous que le mouvement BDS , qui est conduit par les Palestiniens et exprime les aspirations des Palestiniens, les a vraiment dépouillés de leur statut de « garde-barrière ». Ils reconnaissent également, je pense, qu’ils sont un phénomène en voie de disparition, non pas parce qu’ils manquent d’intelligence ou de ressources, mais parce que vous ne pouvez vous sortir de la défense et de l’obscurcissement d’un oxymore pendant si longtemps avant que ce ne soit révélé comme une supercherie.

Le sionisme politique est, à nouveau, révélé à l’opinion publique mondiale comme une idéologie raciste, coloniale et d’exclusion qui a toujours été la source principale de légitimation du régime israélien d’occupation, de colonialisme de peuplement et d’apartheid contre le peuple indigène de Palestine. D’après mon analyse, le sionisme abrite aussi des idées et des présomptions antisémites et prospère sur le racisme anti-juif, que le mouvement BDS rejette.

Nos alliés, Voix Juives pour la Paix, ou Juifs Américains pour une Juste Paix, ou Réseau international des Juifs Antisionistes et plusieurs réseaux européens de militants juifs qui soutiennent BDS, tous se trouvent hors du camp sioniste et reconnaissent nos droits fondamentaux, y compris le droit au retour de nos réfugiés -test décisif de moralité et de justice pour quiconque se réclame de la recherche d’une paix juste dans notre région.

Quelles ont été les erreurs de BDS pendant ces 10 dernières années ? Où se sont situées les douleurs de croissance ?

Je suis certain que nous avons bien fait quelques erreurs au cours du chemin. Pour certaines, nous préférons ne pas en parler publiquement, pour refuser ce plaisir à Israël et ne pas révéler les indices. Pour d’autres, nous les reconnaissons ouvertement.

Nous aurions dû commencer en nous concentrant sur le monde arabe beaucoup plus tôt, mais nous manquions des ressources nécessaires et nous voulions faire un éclat au coeur du pouvoir israélien à l’ouest.

Nous nous sommes aussi trompés quand nous espérions que le décret anti-boycott d’Israël ne passerait pas au parlement à cause de sa nature draconienne et antidémocratique. Cette erreur fut fondée sur l’idée fausse que l’establishment israélien est encore partiellement guidé par la raison. Maintenant nous nous sommes débarrassés de cette notion ridicule.

Quelle suite pour BDS ? A quelle stade de la lutte nous trouvons nous ?

C’est difficile à dire, mais je pense que nous approchons rapidement de notre moment sud-africain. En 2015, beaucoup de membres de l’establishment israélien partagent cette vision.

Où va Israël ? Y aura-t-il un Etat juif dans 25 ans ? 50 ans ?

Nous sommes peut-être des militants des droits de l’Homme efficaces, mais nous ne sommes pas des prophètes ! Personne ne peut prédire avec précision où sera Israël dans quelques dizaines d’années, mais une chose est sûre, si les tendances actuelles se poursuivent et si la résistance intérieure et extérieure ne relèvent pas le défi, Israël tombera rapidement dans le fascisme. Étant donné son arsenal d’armes nucléaires et sa culture ultra-militariste à la gâchette facile, c’est mauvais pour l’humanité, et pas seulement pour ceux qui sont sous le contrôle colonial d’Israël. Il est donc du devoir des gens de conscience à travers le monde de soutenir notre combat pour empêcher ceci d’arriver.

Je crois fermement que BDS fournit le genre de lutte moralement conséquente et efficace contre le système d’oppression israélien, lutte qui peut « restaurer l’humanité des deux », oppresseurs et opprimés, comme l’éducateur brésilien Paulo Freire nous met au défi de le faire.


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Le sumoud palestinien

Le sumoud palestinien : « L’homme ne vivra pas de pain seulement »

 
Des Palestiniens accomplissent leurs prières dans les rues de Jérusalem alors que les forces d’occupation leur refusent le passage, durant le Ramadan en 2014.

Les élections palestiniennes de 2006 ont déplu aux puissances occidentales. Suite au boycott économique de la Palestine qui en a résulté, notre président nous a déclaré que « s’il nous faut choisir entre le pain et la démocratie, nous choisissons le pain ». Pourtant, le boulanger Khader Adnan pense et se comporte autrement, illustrant le principe que « l’homme ne vivra pas de pain seulement ». Adnan a enduré deux longues et périlleuses grèves de la faim en détention israélienne depuis 2013. La première a été déclenchée par la torture et des sévices humiliants ; ses interrogateurs lançaient des insinuations sexuelles à propos de son épouse, se moquaient de sa foi et de son physique, arrachaient sa barbe, et souillaient sa moustache des saletés de leurs chaussures. Adnan a dominé durant les deux grèves de la faim, ce qui entraîna sa libération de la prison et attira l’attention du monde sur la situation désespérée des prisonniers politiques palestiniens mis en détention administrative israélienne, détenus sans inculpation ni procès par période de six mois renouvelable indéfiniment.

Israël n’a pas triomphé et Gaza n’a pas été brisée
En dépit du siège et de son abandon, la bande de Gaza reste un centre d’innovations ; récemment, la farine sans gluten pour les malades souffrant de maladie cœliaque – une matière qui n’est pas disponible à Gaza en raison du siège – a été développée et mise à disposition ici par deux chercheurs de l’université d’Al Israa. Des jeunes gens ont construit des machines pour aider les personnes qui sont devenues paralysées, tout comme ils ont conçu des moteurs et des outils pour la détection des mines terrestres. Les nombreuses années de fermeture et les niveaux croissants de la violence portée contre la population lors des trois dernières guerres n’ont pas réussi à briser la volonté de la population ici. Aujourd’hui, un an après la guerre destructive de 51 jours qui laissa plus de 100 000 personnes sans-abri, Gaza attend toujours, patiemment, sa reconstruction ; mais Gaza attend dans une ténacité inébranlable.

Les Jérusalémites : citoyens de nulle part
Bien vivre à Jérusalem est un défi, étant donné que l’occupation non seulement nous refuse la citoyenneté, nous assigne un statut fragile de résidents  temporaires, et impose des règles qui menacent notre droit à résidence, à nos maisons et à nos ressources, mais elle nous impose encore des amendes et des taxes avec l’objectif de nous chasser de notre ville natale. Les lois prennent le mariage avec un(e) « non-Jérusalémite » comme prétexte pour éventuellement retirer le droit à résidence. Néanmoins, durant le mois du Ramadan et la fête de l’Aïd, quand de nombreux Palestiniens viennent à Jérusalem, ceux de Cisjordanie et ceux qui ont la citoyenneté israélienne, alors nous pouvons profiter de moments de joie et célébrations qui font valoir l’essence palestinienne de cette ville qui nous a été prise par la force. Les médias sociaux ont débordé d’autoportraits de personnes ayant réussi à arriver jusqu’à Jérusalem, certaines en empruntant des tunnels cachés et en passant avec des échelles par-dessus le mur de séparation. Des gens ont posé avec des banderoles portant les noms d’amis et membres de leur famille à qui il fut refusé l’accès à la ville. Ces photos transcendent le caractère superficiel à la mode des égoportraits typiques et symbolisent notre sens de l’enracinement et de l’appartenance. Bien que les Jérusalémite soient des citoyens de nulle part, peu d’entre nous échangeraient notre ville natale contre un quelque part ailleurs dans le monde.

Sur le sens du sumoud
Telles sont les expériences liées au concept palestinien du « sumoud ». Bien qu’il soit difficile de donner une définition exhaustive, globale de ce terme, il en existe d’innombrables exemples caractéristiques, en tant qu'attitude individuelle et collective, dans des situations extrêmes comme dans la vie quotidienne. Si des termes comme « détermination » et « développement d’une adversité avancée » sont actuellement appréciés en une psychologie positive, les Palestiniens utilisent le terme depuis le temps de leur mépris pour le mandat britannique. Le terme a pris des significations variées à différents moments de la lutte palestinienne et en réponse à des évènements complexes : déplacement massif, vie sous occupation, vie comme Palestinien de citoyenneté israélienne, emprisonnement, et exil. Alors qu'une détermination est un concept orienté vers un état d’esprit, le sumoud, lui, exprime à la fois un état d’esprit et une orientation pour l’action.
Le sumoud alors, ce n’est pas simplement être capable de survivre ou en mesure de faire un retour en force pour s’en sortir et s’adapter au stress et à l’adversité. Le sumoud accomplit cela, mais en plus il maintient un mépris résolu pour l’assujettissement et l’occupation. Le sumoud n’est pas un attribut inné, ni la conséquence d’un évènement vécu ponctuellement, mais un système d’aptitudes et d’habitudes qui sont apprises, et qui peuvent être développées. Il forme la base d’un mode de vie de résistance ; s’ancrant dans le sol comme un olivier aux racines profondes, préservant son identité, poursuivant l’autonomie et un rôle actif, préservant le récit des Palestiniens et leur culture face à l’élimination.
Il est l’autosuffisance des agriculteurs qui subsistent sur leur propre production limitée, tout en évitant de consommer les produits israéliens ; il se reflète dans le travail des ouvriers de la construction qui rejettent la tentation de construire les colonies israéliennes et acceptent des revenus inférieurs en construisant pour les Palestiniens ; on le voit dans la capacité génératrice des parents dont l’engagement commence avec la naissance d’un enfant, mais se poursuit en aimant et en apprenant à l’enfant comment être un Palestinien comme il faut devant un anéantissement qui menace la nation palestinienne. Quand l’occupation déracine nos oliviers, nous en plantons d’autres nombreux ; quand ils démolissent nos maisons, nous en reconstruisons de nouvelles ; quand ils ferment nos écoles, nous créons des écoles improvisées ; quand ils obscurcissent notre histoire, nous nous engageons dans le témoignage, le souvenir et la documentation. Quand ils nous morcellent en stratifiant les couleurs des papiers d’identité, des plaques d’immatriculation, et par des conflits entre les partis politiques, nous œuvrons à la construction de liens de solidarité par une action collective qui maintient la cohérence de la communauté.
Le sumoud n’accepte pas le statu quo, ne tolère pas la corruption, et n’apprécie pas l’aumône. Pendant de nombreuses années, officiellement pour soutenir le sumoud des Palestiniens vivant sur la terre occupée, 5 % des salaires de centaines de milliers de travailleurs palestiniens dans le Golfe leur ont été déduits, chaque mois, par le Fond d’aide à l’Organisation de libération de la Palestine ; une partie de cet argent a été mal utilisée comme une subvention sans programme de développement et distribuée avec l’objectif de promouvoir une polarisation politique. Beaucoup de cet argent a été gaspillé dans la corruption. Quand le vent politique s’est tourné contre les Palestiniens dans le Golfe, beaucoup ont perdu leur travail et leurs maisons. Les travailleurs ont souffert à cause de la mauvaise conduite de la direction palestinienne et il n’y a eu aucun argent du sumoud pour les soutenir dans cette situation difficile pour eux.

Un gouvernement du sumoud : au-delà de l’antagonisme de la résistance armée et de la coordination de la sécurité

Au cours des derniers mois, les forces de sécurité palestiniennes ont arrêté des centaines d’étudiants d’universités, de syndicalistes et de journalistes des partis d’opposition – tous, pour des « raisons de sécurité ». Pendant que Khader Adnan s’imposait dans sa grève de la faim contre les autorités israéliennes, dans les prisons palestiniennes Islam Hammad n’avait pas encore gagné sa grève de la faim de 100 jours. Le gouvernement palestinien crée de véritables obstacles pour les gens dans leur réalisation du sumoud et perturbe leur capacité à se tenir concentrés sur l’occupation israélienne. Si les Accords d’Oslo ont instauré un plafond limite à ne pas franchir pour la résistance palestinienne, il reste encore de l’espace pour que le gouvernement palestinien devienne un gouvernement de sumoud, au lieu d’être un gouvernement de sous-traitants qui épargne à l’occupation d’avoir à affronter ses responsabilités et qui remplit sa sale besogne pour un moindre coût.
Il est notoire qu’un gouvernement d’unité n’a aucun sens sans re-conceptualisation et réforme du rôle du gouvernement en un rôle véritablement transformateur – procédant selon un programme national complet pour la libération, sans favoritisme, népotisme ni corruption.
Il est de la responsabilité d’un gouvernement d’unité nationale de promouvoir le sumoud du peuple face à l’occupation, la polarisation, la corruption et la déchéance morale. Il est du devoir de ce gouvernement d’améliorer la survie des Palestiniens sur leurs terres occupées et de préserver l’identité palestinienne de l’exilé ; il doit faire progresser les droits humains et les objectifs nationaux du peuple palestinien ; il doit promouvoir la survie économique pour tous, face à la régression, au consumérisme et au fossé économique grandissant entre une élite minuscule et une majorité appauvrie. Un gouvernement de sumoud peut préserver notre dignité nationale en dépit des efforts délibérés pour amener la dégradation et l’humiliation sur les Palestiniens ; il peut avoir un impact sur la solidarité internationale avec la Palestine, parce que sumoud et solidarité sont des valeurs synergiques grâce auxquelles se développent mutuellement leurs dynamiques et impacts.
Le choix du sumoud n’est pas aisé ni sans douleur, et il ne signifie pas l’absence d’émotions négatives face à la perte. En revanche, le sumoud signifie la conservation de l’optimisme, de la solidarité morale et sociale, tout en traitant des réalités sinistres et des structures oppressives. Il est, dans le fond, ce qu’ont vécu Khader, Islam et bien d’autres ; cette position douloureuse où l’on recherche notre liberté perdue avec l’espoir que nous la retrouverons un jour.

Samah Jabr,
juillet 2015
Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous

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24 juillet 2015

Nouvelle loi israélienne : 20 ans de prison ferme pour tout lanceur de pierres

israel enfant

 

La Knesset israélienne a confirmé, lundi 20 juillet, le projet de loi qui pénalise le jet de pierres à 20 ans de prison. Le journal israélien « Yediot Ahronot » a déclaré que la nouvelle loi prévoit l’imposition d’une peine de prison pour une période maximale de 20 ans sur ceux qui ont jeté des pierres sur des voitures en ayant l’intention de blesser ses voyageurs, et une peine de 10 ans pour ceux qui n’ont pas l’intention de le faire.

Le « ministre de la justice » dans le gouvernement israélien Oielit Shaked avait soumis ce projet de loi, visant à renforcer les sanctions contre les lanceurs de pierres.

Fouad Khaffach, le directeur du Centre Ahrar pour l’étude des captifs, a décrit cette loi comme une « folie » ou « La loi de la folie », ajoutant qu’Israël a adopté une loi folle, qui exprime le degré du crime perpétré contre le peuple palestinien.

Khaffach a déclaré :

« L’expérience nous a montré que tout peuple sous occupation va résister. Cette résistance a différentes formes et elle est pratiquée par plusieurs moyens, du jet des pierres à d’autres formes plus développées. Ce genre de loi va compliquer les futures options de l’occupation pour traiter les jeunes Palestiniens en quête d’une patrie palestinienne quelque soit le prix. »

23 juillet 2015

Source : ISM-france

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Un match sans spectateurs dans l’antre du racisme israélien !

#‎Belgique‬ vs. Israël (13 octobre 2015) | Qualifications Euro ...
‪#‎LeMatchNauraPasLieu‬

Un match sans spectateurs dans l’antre du racisme israélien !

Après le coup de l’arrivée secrète des footballeurs belges mercredi, c’est dans un stade quasi vide que le match contre le Beitar Jérusalem s’est déroulé (!!), rapporte la presse belge, les Zèbres, dont la mixité n’a pas l’heur de plaire aux racistes israéliens, l’emportant haut la main (4 contre un)


Après son large succès lors de la première manche (5-1) la semaine dernière, Charleroi s’est qualifié pour le troisième tour des préliminaires de l’Europa League, tandis que Netanyahou et ses copains avaient dû prendre des mesures draconiennes pour empêcher la plupart des supporters israéliens de mettre les pieds dans le stade.

Quant aux supporters belges, ils n’avaient eu aucune envie de se déplacer au pays de l’apartheid et de la violence raciste,... et on les comprend !

Vive le football libre !

Carton rouge à l’apartheid israélien !

Expulsion d’Israël de toutes les compétitions sportives internationales !

CAPJPO-EuroPalestine

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23 juillet 2015

Le gouvernement israélien obligé de mentir sur l’arrivée des footballeurs belges !

Malgré une confortable avance acquise au match aller, remporté 5-1 (vidéo), les Zèbres resteront sur leurs gardes à Jérusalem. Ils justifient leur prudence par le contexte de la rencontre. Ils se retrouveront en effet face à un public hostile composé de 35.000 spectateurs israéliens dans un stade surnommé 'L'enfer'.

Pas de racisme dans le foot, carton rouge à l'apartheid israélien

Le gouvernement israélien a dû mentir et annoncer une heure d’arrivée erronée concernant l’atterrissage mercredi de l’avion transportant l’équipe belge de Charleroi, le Sporting, qui vient jouer ce jeudi soir le match retour contre le Beitar à Jérusalem, afin d’éviter un "éventuel mauvais accueil de la part des supporters du Beitar Jérusalem" !


Vu la manière dont les joueurs du Beitar et leurs fans se sont comportés à Charleroi la semaine dernière, l’équipe belge des Zèbres a demandé un maximum de garanties avant de se rendre en Israël.

Insultes racistes, menaces et coups de la part de ces voyous fascistes, expulsion de deux de leurs joueurs, font en effet craindre le pire, et obligent Netanayou à prendre des mesures de sécurité exceptionnelles, autour du match de ce soir.

Après les lamentations hypocrites du propriétaire du Beitar, ses "j’ai honte", alors que cela fait des années que ce comportement de hooligans racistes se perpétue sans la moindre sanction, le gouvernement israélien va être obligé, de se débrouiller pour ne pas montrer sa complicité... le temps d’un match.

Le Sporting de Charleroi disputera son deuxième tour préliminaire retour d’Europa League au Beitar Jérusalem, ce jeudi soir à 20h heure locale (19h heure ici), sur la pelouse du Teddy Stadium.

Pour rappel, le Teddy Stadium, a été construit près du village palestinien d’al-Maliha, quasi-complètement détruit et qui abritait plus de 5798 avant le 15 juillet 1948, date de l’attaque par les terroristes de l’Irgoun et du Palmah qui chassèrent ses habitant après avoir détruit la plupart des maisons, à l’exception de celles qui ont ensuite été occupées par des colons juifs.

Ce stade est le siège de l’équipe israélienne Beitar Jérusalem, dont le racisme est la marque de fabrique, et dont les supporters ont brûlé le siège administratif du club en février 2013 après l’arrivée de deux joueurs musulmans, originaires de la Tchétchénie.

Ce qui n’empêche pas L’UEFA et son président Platini de laisser des compétitions s’y dérouler, en toute immoralité. C’est dire leur conception du foot !

Belgique vs. Israël (13 octobre 2015) | Qualifications Euro ...

#LeMatchN’auraPasLieu






Le Beitar Jérusalem, s’est longtemps enorgueilli d’être la seule équipe israélienne en vue de n’avoir jamais aligné un joueur arabe ou musulman, alors qu’un cinquième de la population d’Israël est d’origine palestinienne. Durant les matches du Beitar, des cris comme « Mort aux Arabes ! » et « Mahomet est mort ! » sont monnaie courante.

Yoav Borowitz, un journaliste sportif qui écrit pour le journal israélien Haaretz, a critiqué à la fois Luzon, président de l’IFA, parce qu’il « restait inerte » face au racisme manifeste du Beitar, et les autorités parce qu’elles ne faisaient pas appliquer les lois contre la discrimination. « Un seul des dirigeants du Beitar a-t-il jamais payé une amendé ou été emprisonné en raison de décennies de discrimination ? »

Quand, en janvier 2013, le Beitar a finalement engagé deux joueurs musulmans en provenance de la Tchétchénie, un nombre important de supporters ont manifesté leur colère. Les deux joueurs ont été salués par un torrent d’insultes et une large banderole affichant : « Beitar : pur pour toujours ». On leur a craché dessus et nombre de supporters ont boycotté les matches. Peu de temps après la signature des contrats, le clubhouse du Beitar a été incendié par un noyau dur de supporters connu sous le nom de « La Familia ».

En 2012, le Beitar a également défrayé la chronique lorsque des centaines de ses supporters ont dévasté un centre commercial de Jérusalem, tabassant le personnel et des clients palestiniens.

Rappelons aussi qu'au moins un des 6 hommes, auteurs de l’assassinat de l’adolescent Mohammed Abou Khdair, enlevé puis brûlé vif l’été dernier à Jérusalem, est membre de "La Familia".

Vous trouvez un reportage (en anglais) exposant le caractère raciste de Beitar Jérusalem ICI

La Fédération Palestinienne de Football a demandé depuis des années à son homologue israélienne (IFA) de faire respecter sa propre charte, en prenant des sanctions contre le Beitar Jérusalem. Mais dans le cadre de l'apartheid israélien, le club jouit d'une impunité totale.

Pour l’historien israélien Moshe Zimmermann, de l’Université Hébraïque de Jérusalem : "On a souvent tendance, en Israël, à considérer le Beitar Jérusalem comme des extrémistes marginaux ; c’est une manière commode de masquer le véritable problème".

"Le fait est", déclare l’universitaire dans le New York Times, "que la société israélienne, dans son ensemble, tend à devenir de plus en plus raciste, ou à tout le moins plus ethnocentriste, et les agissements du Beitar ne sont qu’une manifestation de cette situation".

Pour en savoir plus, lisez : Football israélien, racisme et politique, la face peu reluisante du beau jeu

"L'apartheid israélien, tout comme l'apartheid sud-africain à l'époque, n'a pas sa place dans le football international !"

C'est ce qu'on dit, dernièrement, des citoyens israéliens à la FIFA :

"Les crimes de notre gouvernement contre le peuple palestinien sont constants. L'Association du Football Israélien (IFA) est une institution sponsorisée par l’État, et qui plus est, elle est directement complice de ces crimes.

De nombreux rapports ont illustré la façon dont Israël détruit les vies d'athlètes palestiniens et leurs infrastructures sportives. Nous savons aussi qu'Israël autorise les équipes des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie occupée à faire partie de ses ligues.

En tant que citoyens israéliens, nous en appelons à vous : Sortez le carton rouge contre Israël maintenant !"

Le stade de Gaza réduit en ruines par l'aviation israélienne


Source

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16 juillet 2015

73 Membres du Parlement Européen appellent l’UE à cesser son soutien aux marchands d’armes israéliens

73 membres du Parlement Européen ont publié une lettre à Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union Européenne et à Jan Robert Smits – Directeur Général de la DG Recherche et Innovation au sujet du soutien de l’UE à des entreprises militaires israéliennes via le programme Horizon 2020.

Cette initiative trans-partis unique est la première fois qu’autant de députés européens de tout l’éventail politique appellent l’UE à ne pas attribuer de fonds à des entreprises militaires israéliennes.

EP

 

« Elbit Systems est l’une des plus grosses sociétés militaires israéliennes, producteur de premier plan de drones, d’armes et d’autres technologies, et c’est un élément clef de l’appareil militaire israélien. Financer le développement technologique et la recherche d’Elbit Systems ou de toute entreprise du même genre enfreindrait à tout le moins la politique de l’UE contre le financement de projets à double visée. Et au-delà de cela, la technologie d’Elbit a été développée au cours d’actions militaires d’Israël qui ont été sévèrement condamnées par les États membres de l’UE et qui ont provoqué des mobilisations dans toute l’Europe » ont déclaré les députés des cinq principaux partis du Parlement Européen.

« L’Union Européenne a sans cesse condamné les colonies et la politique d’Israël dans la zone C. Aussi, il paraît tout à fait contradictoire de mettre en place un dispositif de l’UE destiné à attribuer des fonds de recherche et de développement à quelque entreprise israélienne que ce soit dès lors qu’elle est impliquée dans les colonies ou dans le Mur et qu’elle peut utiliser sa technologie pour prolonger la politique de l’État ou qu’elle améliore sa technologie mise au point dans ce but » – disent les députés.

« Nous pensons qu’il est de notre devoir de nous assurer que l’argent public est dépensé pour des projets qui promeuvent les valeurs et les principes de l’Union Européenne et respectent son engagement d’ensemble à appuyer et promouvoir le droit international, ainsi que stipulé dans le Traité de l’Union Européenne » est-il ajouté dans la lettre.

Cette initiative trans-partis unique marque le premier anniversaire des bombardements israéliens sur Gaza en 2014 et fait écho à un appel du mois de mai de 30 coalitions, syndicats et organisations de la société civile qui ont écrit à Mogherini en lui demandant d’exclure les entreprises militaires israéliennes des programmes de recherche européens.

Traduction: SF pour l’Agence Media Palestine et pour l’AURDIP

Source: ECCP

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Gaza un an après : la crise n’a jamais cessé

par le Bureau des Nations-Unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) dans les Territoires palestiniens occupés

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Entre le 7 juillet et le 26 août 2014, la bande de Gaza a connu l’escalade la plus meurtrière dans les hostilités depuis le début de l’occupation israélienne en 1967.

Avec des frontières hermétiquement et efficacement fermées, les civils palestiniens ont été empêchés de fuir la bande de Gaza et se sont retrouvés sans aucun refuge. Au cours des sept semaines de combats, au total, ce sont 2251 Palestiniens, dont 1462 civils (avec 299 femmes, 551 enfants), qui ont été tués, et 11 231 Palestiniens, dont 3540 femmes et 3436 enfants, qui ont été blessés. Plus de 140 familles palestiniennes ont perdu trois membres ou plus de leur famille, en une seule agression. Il y a eu aussi des victimes civiles israéliennes des roquettes tirées par des groupes armés palestiniens : cinq civils en Israël ont été tués et des dizaines ont été blessés.

Dans Gaza, autour d’un demi-million de personnes ont été déplacées en pleines hostilités, la plupart quittant la zone large de trois kilomètres tout le long de la clôture périphérique de Gaza, déclarée zone tampon par Israël. L’impact psycho-social de la guerre a été immense, avec pas une seule famille qui n’a été épargnée. Les infrastructures publiques, notamment les installations de l’enseignement et de la santé, et les installations pour l’eau, l’électricité et le sanitaire, de la bande de Gaza ont subi de lourds dommages. Tout au long de cette période, il s’est manifesté une préoccupation généralisée concernant les violations graves du droit humanitaire international, notamment de possibles crimes de guerre, par les parties au conflit.

Un an plus tard, la crise n’a toujours pas cessé. La population traumatisée de Gaza a du mal à s’en sortir, avec un chômage à un taux global de 43 % et une insécurité alimentaire à un niveau record (73 %). Quatre-vingt pour cent de la population sont tributaires de l’aide internationale. Ceci se déroule dans le contexte d’un blocus de huit années imposé par les Israéliens, d’une absence quasi-totale de reconstruction à grande échelle, d’une impasse politique palestinienne interne, et de l’absence d’un cessez-le-feu officiel.

Aujourd’hui, les 1,8 million de Palestiniens de la bande de Gaza restent pratiquement prisonniers dans une prison à ciel ouvert. La traversée par le passage d’Erez avec Israël est toujours interdite à la plus grande partie de la population, même si le nombre de sorties est plus grand. Bien qu’il y ait eu des signes récents de changement dans la pratique, le passage de Rafah avec l’Égypte est quasiment resté fermé depuis octobre 2014, avec des cas médicaux particulièrement touchés. Le Mécanisme de reconstruction de Gaza (GRM) a été créé en tant que mesure provisoire pour faciliter l’importation des matériaux de construction de base. S’il permet que le rythme des réparations s’accélère, celui de la reconstruction reste beaucoup trop lent. La reconstruction des près de 12 600 logements totalement détruits n’est pas encore commencée, ce qui fait perdurer les privations pour les quelque 100 000 personnes déplacées internes, actuellement hébergées par des familles d’accueil, dans des appartements loués, des bâtiments préfabriqués, des tentes conçues pour l’hiver, des abris de fortune, ou dans leurs propres maisons lourdement endommagées. La pénurie chronique d’énergie laisse les habitants de Gaza avec des coupures de courant quotidiennes de 12 à 16 heures, et continue de saper les prestations de tous les services basiques. Les femmes, les enfants, les adolescents, les personnes âgées et les personnes handicapées sont particulièrement vulnérables dans le contexte actuel. Ces groupes sont exposés aux plus grands risques du fait des violations directes et indirectes de leurs droits humains, avec un impact important sur leur protection et leur sécurité.

Dans ce contexte, la population de Gaza est frustrée et de plus en plus désespérée. En plus, le non-paiement continu des salaires dans le secteur public et l’impasse politique interne alimentent la colère parmi la population. Les employés du secteur du public associé aux autorités du Hamas n’ont pas reçu leur plein salaire depuis avril 2014, seulement des paiements irréguliers depuis novembre 2013.

Comme l’a déclaré le secrétaire général des Nations-Unies dans un certain nombre de rapports, le blocus de Gaza par Israël équivaut à une punition collective, interdite par le droit international. La levée du blocus, en conformité avec les obligations légales d’Israël, facilitera le droit aux mouvements des personnes et des marchandises vers, depuis et à l’intérieur de la bande de Gaza, et fournira un avenir constructif et durable à la population de Gaza. Le blocus a réduit le PIB de Gaza de 50 %. Pour stimuler une relance économique indispensable, les Palestiniens de la bande de Gaza doivent avoir un accès suffisant à leurs marchés traditionnels du travail et des marchandises en Cisjordanie et en Israël, ainsi qu’aux actifs productifs. Les exportations et les transferts depuis Gaza doivent être développés pour permettre la relance économique et réduire la dépendance à l’aide et l’insécurité alimentaire. Un accès durable, prévisible, aux zones agricoles et de pêche, à l’intérieur de la bande de Gaza, doit être assuré. Les Palestiniens doivent pouvoir exercer l’ensemble de leurs droits humains.

Israël, en tant que puissance occupante et à qui incombent principalement les obligations, et les autorités palestiniennes doivent garantir la protection des civils. Ceci inclue d’avoir à rendre des comptes sur les violations des droits humains et du droit humanitaire internationaux, ainsi que d’assurer un accès égal et effectif à la justice et à des moyens de recours réels, incluant les réparations. Toutes les allégations de violations du droit international doivent faire l’objet d’enquêtes, rapidement, efficacement, de façon indépendante et impartiale, et leurs auteurs traduits en justice. Les États tiers ont un rôle crucial à jouer en se conformant à leur obligation de faire respecter le droit humanitaire international. L’inaction de ceux à qui incombent les obligations et le manque d’incitations à briser le cycle de la violence exacerbent une situation humanitaire qui se dégrade, contribuent au manque de respect du droit international, et alimentent de nouvelles violences.

Comme les besoins dans la population de Gaza continuent de grandir, et en l’absence d’une reconstruction à grande échelle et d’une relance, l’aide humanitaire peut atténuer les pires souffrances. Pour pouvoir répondre aux besoins humanitaires de base dans le Territoire palestinien occupé (TPO), les agences humanitaires ont lancé pour 2015 un appel pour 705 millions de dollars américains, dont 75 % sont prévus pour Gaza. À l’heure actuelle, seulement 32 % de cet appel ont été financés alors que de nombreuses interventions hautement prioritaires, dans tout un éventail de secteurs, demeurent non provisionnées. Les donateurs devraient accélérer le déboursement conformément à leurs engagements pris à la conférence du Caire et continuer de soutenir les projets humanitaires prioritaires, de même que les besoins de relance et de reconstruction. Jusqu’à ce qu’on ait trouvé le moyen d’une fourniture d’énergie suffisante, prévisible et durable, les solutions provisoires, notamment la fourniture régulière de carburant à la centrale électrique de Gaza et pour les services essentiels, doivent être apportées. Les ouvertures récentes du passage de Rafah avec l’Égypte sont les bienvenues et devraient se poursuivre sur une base régulière et prévisible, pour la population et pour les biens humanitaires.

Mais le financement de l’aide temporaire doit aller de pair avec des actions politiques pour des solutions à long terme. Gaza est une part essentielle du TPO et ne doit pas être séparée – politiquement, socialement ou économiquement – de la Cisjordanie. La communauté internationale doit œuvrer efficacement à la mise en œuvre, par les parties, d’un processus holistique, coordonné, fixé dans la durée, visant à répondre aux besoins immédiats de Gaza et assurant la transition de la reconstruction dans une relance et un développement à long terme.

Sans des changements fondamentaux dans la bande de Gaza, la situation risque de se détériorer davantage et de connaître un nouveau cycle de violences insensées. L’avenir de Gaza est intimement lié à celui de l’ensemble du TPO. La communauté internationale ne peut pas permettre de laisser cette situation inacceptable perdurer, mais un simple retour au statu quo d’avant la guerre ne peut suffire. Gaza a besoin d’une action urgente, et elle en a besoin maintenant.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Jadaliyya

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Un après l’attaque de Gaza, le monde doit cesser de soutenir les crimes d’Israël

 

Shahd Abusalama, le 13 Juillet 2015

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Mon défunt oncle Mohamed Abou Louz et son fils de deux ans. Mon oncle a été tué pendant l’attaque de 51 jours sur Gaza en 2014

J’entends encore la voix de mon père se briser en larmes et résonner à mes oreilles lorsque je l’ai appelé le 13 juillet 2014, à la suite du meurtre de notre voisin Hazem Abou Mourad.

Hazem a grandi à côté de chez nous et il était comme un fils pour mon père et c’était son meilleur compagnon quand il s’asseyait devant notre porte. Hazem a été tué avec cinq autres alors qu’il essayait de désamorcer un missile israélien de 500 kilos à Beit Lahya.

Je me rappelle encore le choc indescriptible ressenti par ma famille le premier jour de l’Aïd el Fitr devant la perte de mon oncle, Mohamed Abou Louz tué en laissant derrière lui une très jeune veuve, un fils de deux ans et une fille de trois ans. Les enfants étaient trop jeunes pour comprendre ce qui se passait autour d’eux. Ils étaient vêtus de vêtements neufs pour l’Aïd et ne cessaient de demander quand leur père serait de retour et leur donnerait des bonbons et des cadeaux.

Je peux presque entendre la voix tremblante de ma mère au téléphone, chaque fois que j’appelais : « Ça va, Dieu merci. Ne t’inquiète pas ». Le bruit de fond des bombes résonnait presque à chaque instant. Parfois, juste après que j’aie entendu le bruit terrifiant des explosions, l’appel était coupé. Cela me rendait folle, de sombres pensées de mort, de destruction et de perte m’envahissaient. J’essayais sans fin de rappeler, tandis que la panique me prenait.

Ce n’est que lorsque j’entendais de nouveau leurs voix que je pouvais me calmer et respirer, ou au moins soupirer car je n’arrivais pas à me ressaisir. Au cours de cette période traumatisante, dormir était la dernière chose à laquelle je pensais. Si je dormais, ce n’était que sommeiller involontairement devant mon ordinateur ou sur mon canapé. Mais je m’éveillais terrifiée de ces assoupissements accidentels, presque hors d’haleine, pensant que n’importe quoi avait pu se produire pendant que je dormais. Je me précipitais pour appeler ma famille et ne pouvais me détendre que lorsque quelqu’un avait répondu. J’éclatais en sanglots en un mélange d’émotions contradictoires : la peur, le traumatisme et le bonheur. Leurs voix au téléphone me disaient qu’ils étaient encore en vie ou pas encore morts.

Cette terreur m’a habitée pendant 51 jours et 51 nuits, mais elle s’est accentuée tandis que la folie de la guerre augmentait, se faisait plus brutale, et même pire que brutale. Mes jours et mes nuits se mélangeaient, je perdais le sens du temps. Cela n’avait plus de sens. La nourriture perdait son goût. Même le repos, bien que je fusse épuisée, perdait de son attrait. J’ai passé 51 jours isolée, assise devant mon ordinateur et à côté de mon téléphone, à regarder la couverture des événements par al-Mayadin et à écouter en même temps des radios palestiniennes en ligne telles que al-Qods, al-Aqsa et al-Shaab.

Colère

Pour rester saine d’esprit, j’écrivais sur les réseaux sociaux, parfois je remplissais mon carnet de croquis de noir et blanc, ou je défilais dans les rues d’Istanbul avec un groupe de Palestiniens pour manifester notre colère. Nous criions aussi fort que nous pouvions pour la justice et pour qu’Israël soit tenu responsable de ses crimes, pour arrêter l’attaque sur Gaza et le bain de sang. Regarder par la fenêtre de chez moi à Istanbul était comme si je recevais une claque, du fait de voir la vie ordinaire, normale, comme si rien ne se passait en Palestine et que personne ne mourait presque à chaque minute.

Par moments, je ressentais que même si j’avais le privilège de faire des études en dehors du ghetto de Gaza, où la vie de chaque personne, de tout âge ou genre, était sous la menace de la machine de mort sioniste, c’était plus dur à supporter que du temps où j’étais là-bas et où je vivais les attaques directement. Mais je pense que c’est parce que j’avais été présente quand la mort était partout et que les bombardements nous enveloppaient. Je savais ce que c’était et c’est ce qui me rendait folle. Nous avions survécu à beaucoup d’attaques, mais cela ne voulait pas dire que nous survivrions à toutes.

Le dernier massacre à Gaza a dépassé la brutalité. L’occupation israélienne a franchi toutes les lignes rouges par ses actions immorales et inhumaines. Des quartiers ont été complètement détruits. Des familles ont été effacées, pas un seul de leurs membres ne survivant pour transmettre l’histoire et les espoirs de ceux qui ont été massacrés. Mais les media internationaux dominants ont réduit à des chiffres dans leurs gros titres et même entre les lignes, cette tragédie endurée par le peuple palestinien.


Un an plus tard

Un an a passé depuis la déclaration de cessez-le-feu. Mais des civils palestiniens sont morts face au monde entier tandis que les pouvoirs occidentaux péroraient leur engagement pour le « droit d’Israël à se défendre ». Pendant ce temps, le nombre de victimes grimpait de plus en plus. Se défendre contre qui ?

Les chiffres disent clairement tout ce qui s’est passé. Plus de 2 200 Palestiniens, civils pour la plupart, ont été tués à Gaza et plus de 100 000 bâtiments ont été totalement détruits, tandis que 73 Israéliens, presque tous soldats, sont morts. Il s’agit d’une occupation contre les occupés et non d’un « conflit » opposant des armées égales. Les nôtres sont un peuple qui réclame ses droits légitimes, qui rejette des conditions de vie atroces semblables à une condamnation à une mort lente sous un siège suffocant, et qui résiste à une oppression de 67 ans perpétrée par un pouvoir colonial qui le traite comme moins qu’humain et continue à nier ses droits les plus élémentaires tout en s’attaquant à son existence même, son identité, sa culture et son histoire.

Un an a passé et les amas de décombres sont là, comme pour nous rappeler cruellement tout ce que notre peuple a souffert pendant l’assaut de 51 jours, ses terribles conséquences et combien peu de progrès a été fait depuis. La reconstruction a à peine commencé. Des milliers de gens sont encore dans des abris de fortune, vivant dans l’incertitude et luttant chaque jour pour leur survie. Je suis persuadée que chaque Palestinien, en particulier ceux de Gaza, est encore traumatisé. Ce à quoi nous avons survécu pendant l’été 2014 prendra tout le temps d’une vie pour s’adoucir. Cela restera toujours comme une cicatrice sur notre psyché jusqu’à ce que justice soit faite aux victimes qui sont mortes et que la liberté pour laquelle nous avons payé cet énorme prix soit gagnée, jusqu’à ce qu’Israël soit tenu pour responsable, dénormalisé et traité pour ce qu’il est en réalité : un État colonial.

Mais Israël n’est pas le seul responsable de ce que notre peuple a souffert. La responsabilité est partagée par toute la communauté internationale qui a donné le feu vert à Israël pour franchir toutes les lignes rouges. L’impunité d’Israël est renforcée par le silence d’un monde qui non seulement observe en silence, mais se montre proactif dans son soutien inconditionnel aux crimes d’Israël. La solidarité internationale avec la Palestine doit aller au-delà d’un simple sentiment et s’engager dans des actions politiques sérieuses pour combattre la politique des gouvernements qui soutiennent Israël et tout ce qu’il fait.

Ne laissez pas vos gouvernements continuer à soutenir Israël en votre nom ! Vous avez votre mot à dire ! Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) est une tactique qui se développe partout dans le monde et qui menace efficacement Israël. Renforcez le, partout où vous vous trouvez et contribuez à diffuser la voix de la justice. Et souvenez-vous toujours que « l’injustice quelque part est une menace à la jsutice partout ».

Shahd Abusalama est une artiste palestinienne de 23 ans, une bloggeuse de Gaza, actuellement inscrite en Master sur les média sur le Moyen Orient à l’institut des Études Orientales et Africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Le fait d’être la fille d’un ex prisonnier palestinien a été sa première source d’inspiration pour le travail qu’elle a engagé pour combattre l’injustice par ses dessins et ses écrits. Son blog : Palestine From my Eyes (la Palestine vue de mes yeux) et on peut toujours la suivre à @shahdabusalama.

Traduction: S.F pour l’Agence Media Palestine

Source: Electronic Intifada

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Dominique GRANGE - Détruisons le mur ! (ترجمة إلى العربية)

En 2010, je suis allée chanter à Ramallah, en Cisjordanie occupée. J’ai vu dans quelles conditions les Palestiniens vivent, confinés sur ce bout de terre… J’ai vu l’armée d’occupation israélienne dans les rues de Jérusalem-Est et ailleurs. J’ai vu les colonies squattant avec arrogance le sommet de collines volées aux Palestiniens. Et partout où je posais mon regard, j’ai vu le mur de l’apartheid, le mur de la honte... J’ai promis aux gens que j’ai rencontrés là-bas de témoigner de ce que j’avais vu et ressenti, une fois de retour en France.

Et puis, quatre ans plus tard, en juillet 2014, il y a eu Gaza : une nouvelle fois, la barbarie contre toute une population, 2.251 morts, 11.251 blessés, mutilés, amputés, 551 enfants dont la vie a volé en éclats dans le fracas des bombes. Parmi eux, les quatre petits de la famille Bakr - 10 ans, 10 ans, 9 ans et 6 ans -, volontairement ciblés sur la plage par un missile israélien. La destruction, les ruines, le désespoir, et pourtant, toujours, la dignité et la résistance d’une population sous blocus depuis neuf ans…

Cette chanson est mon témoignage et un hommage aux martyrs de Gaza.

Dominique GRANGE

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DETRUISONS LE MUR !
Dis-moi c’qu’il y a derrière le mur
Qui balafre notre horizon
Et qui défigure la nature
Avec ses plaques de béton ?
-Petit, il y a nos oliviers
Nos puits, nos sources, nos collines
Et nos villages abandonnés
Qui furent jadis la Palestine (bis)

Dis-moi où est passée la mer
Que l’on apercevait au loin
Avant qu’ils s’emparent de nos terres
Depuis Gaza jusqu’au Jourdain ?
-Petit, tu ne l’as jamais vue
Elle est derrière les barbelés
Elle est gardée par des blindés
La mer, on ne s’y baigne plus ! (bis)

Détruisons le mur de séparation !
Halte à l’apartheid, à l’occupation !
L’exil de nos frères bientôt finira
Palestine Vivra, Palestine Vaincra !

Dis-moi c‘qu’il y a derrière ce mur
Qui a coupé en deux nos vergers?
On entend même plus le murmure
Du vent dans les arbres fruitiers…
-Des milliers d’arbres déracinés
Tombés comme des héros sans gloire
Témoignent de ce qu’ils t’ont volé,
Petit, ton pays, ton Histoire ! (bis)

Pourquoi les enfants de Gaza
Assassinés par leurs missiles?
Où sont Ahed et Zakaria
Et Mohammad et Ismaïl ?
-Petit, l’occupant est sans cœur
Il prend nos terres, il prend nos vies
Il veut imposer la terreur
Mais nous n’avons pas peur de lui ! (bis)

Détruisons le mur de séparation !
Halte à l’apartheid, à l’occupation !
L’exil de nos frères bientôt finira
Palestine Vivra, Palestine Vaincra !

Dis-moi combien de temps encore
Pour que mon peuple se libère
Mon peuple exclu, saigné à mort
Dans sa prison à ciel ouvert ?
-Petit, résiste à l’oppresseur
Comme Barghouti et Georges Abdallah
Chasse les colonisateurs
Comme l'a fait Nelson Mandela ! (bis)

Détruisons le mur de séparation !
Halte à l’apartheid, à l’occupation !
Brisons le blocus, libérons Gaza !
Palestine Vivra, Palestine Vaincra ! (Bis)

© Paroles et musique de Dominique Grange (Editions AMOC)

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A la mémoire de tous les enfants palestiniens assassinés par l’armée d’occupation israélienne (Juillet 2014).

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10 juillet 2015

CP – Les régions vont-elles récompenser Israël pour ses crimes de guerre ?

Communiqué de presse 

10 juillet 2015

L’Association Belgo-Palestinienne (ABP) vient d’apprendre que les trois régions organisent une mission économique conjointe en décembre 2015 en Israël. L’ABP s’y oppose fermement : il est en effet inconcevable que les régions facilitent et apportent leur soutien aux relations commerciales entre entreprises belges et israéliennes en faisant abstraction du contexte politique dans lequel s’inscrivent ces relations.

L’année dernière, une mission similaire avait été reportée « compte tenu de la situation toujours difficile dans la région et du faible nombre d’entreprises inscrites ». Ces mots sont ceux employés dans le communiqué publié en septembre 2014 par le porte-parole de Cécile Jodogne, la secrétaire d’Etat à la Région de Bruxelles-Capitale chargée du Commerce extérieur. « C’est à se demander si les régions disposent d’informations dont personne d’autre ne dispose. La « situation » se serait-elle améliorée au point de justifier la normalisation des relations économiques bilatérales? Les régions vont-elles vraiment récompenser Israël alors qu’il continue de coloniser illégalement le territoire palestinien, de tuer impunément des civils palestiniens, d’imposer un blocus illégal à la bande de Gaza et d’asphyxier l’économie palestinienne ? » commente Katarzyna Lemanska, chargée de plaidoyer à l’ABP. « Nous venons tout juste de commémorer le premier anniversaire de l’offensive israélienne « Bordure protectrice », qui a fait plus de 2 000 morts et laissé Gaza dans un état de dévastation sans précédent. En envoyant cette mission en Israël, quel message font passer nos représentants politiques ? Que lorsqu’il s’agit d’Israël, tout est permis ? Qu’Israël est au-dessus des lois ? Que notre soutien est inconditionnel ?» ajoute-t-elle.

L’ABP déplore que les régions fassent abstraction des violations continues et répétées du droit international commises par Israël et insiste pour que les relations bilatérales soient conditionnées au respect des droits de l’homme. L’ABP rappelle également que de nombreuses entreprises israéliennes profitent de l’économie générée par l’occupation israélienne. Deux phénomènes sont ici à l’œuvre : d’une part, le maintien du marché palestinien en état de marché captif ce qui profite presque exclusivement aux entreprises israéliennes qui y écoulent leurs marchandises, et, d’autre part, le « business de l’occupation », à savoir la fourniture de biens et services à l’entreprise coloniale israélienne.

Les régions doivent être cohérentes non seulement avec la position de la Belgique sur la colonisation et le blocus de Gaza mais aussi avec leur propre décision. Si en 2014 elles estimaient que la situation sur le terrain était difficile au point de reporter leur mission économique, étant donné que cette situation n’a fait que se dégrader depuis, rien ne justifie objectivement qu’une mission ait lieu cette année. L’ABP demande aux régions d’annuler cette nouvelle mission économique en Israël et de s’engager à geler toute relation économique avec Israël tant qu’il ne respecte pas ses obligations en matière de droit international.

Format PDF :  20150710 CP_Missions économiques

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