FREE PALESTINE

05 juillet 2020

La prochaine ambassadrice d’Israël en G-B: une extrémiste de la colonisation

Source: Externe

La prochaine ambassadrice d’Israël au Royaume-Uni est une militante favorable aux colons, qui a encouragé le mouvement pour la destruction du domaine de la mosquée d’al-Aqsa

 

Tzipi Hotovely a un jour prétendu qu’il «n‘y a pas de peuple palestinien». Extrémiste de 41 ans, elle déclare ouvertement que les Palestiniens méritent moins de droits que les juifs. Elle essaie de justifier son fanatisme à partir d’une idéologie sioniste explicitement religieuse.

Les années qu’elle a consacrées à la 'souveraineté' coloniale ont fini par payer. Avant que ne soit annoncé son recrutement pour le poste à Londres, elle était devenue la première ministre des colonies d’Israël.

Cela lui donne la responsabilité de préparer l’annexion par Israël d’une part importante de la Cisjordanie.

Lors d’une lutte contre les projets d’Israël de démolition du village palestinien de Khan al-Ahmar, Hotovely a dénigré ce village, le traitant d’«avant-poste bédouin illégal» et a exigé sa destruction. Utilisant un écran de fumée colonialiste typique, Hotovely a insisté  sur le fait que «nous devons éliminer cette communauté, après leur avoir proposé une alternative».

Après une immense lutte des villageois pour rester sur leurs terres, la destruction de Khan al-Ahmar par Israël a été reportée l’année dernière, sous la pression internationale.

«Pas de peuple palestinien»

Activiste du Likud de Benjamin Netanyahu, T.Hotovely va passer quelques mois à fonder le nouveau ministère des colonies israéliennes avant de s’installer au Royaume-Uni, ont rapporté les médias israéliens.

Le ministère est créé pour mettre en œuvre le projet israélien d’annexer jusqu’à un tiers des terres palestiniennes de Cisjordanie, le mois prochain. Elle devrait arriver au Royaume-Uni cet été et l’actuel ambassadeur, Mark Regev, serait en train de partir.

Hotovely fait campagne depuis des années pour l’annexion de toute la Cisjordanie et prétend que celle-ci, ainsi que l’Israël actuel, appartiennent aux seuls juifs... alors que toutes les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international et constituent un crime de guerre.

Hotolevy a été nommée vice-ministre des affaires étrangères d’Israël en 2015. Elle s’est récemment vantée, lors d’une conférence à Jérusalem, d’avoir, depuis son entrée en fonction, transformé le ministère des affaires étrangères d’Israël en un bastion du droit des colons, qui fait avancer Israël vers l’annexion.

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«Tout le territoire qui se trouve à l’ouest du Jourdain ne peut être détenu que par une seule nation: le peuple juif», a-t-elle déclaré.  Elle a également déclaré que la Cisjordanie appartient à Israël seul et qu’il n’y avait «aucun peuple palestinien reconnu dans le monde».

En 2017, elle a crié aux députés palestiniens de la Knesset, le parlement israélien, qu’ils n’avaient pas d’histoire, en brandissant un livre aux pages vides dont la couverture portait le titre 'Une histoire du peuple palestinien'.

«Connaissez-vous ce livre? Je vais en lire quelques extraits», a-t-elle dit, avant de révéler théâtralement ses feuilles vierges: «Amis et collègues de la Knesset, ce livre est vide!»

«Cette terre est la nôtre. Tout est à nous».

Elle a fait les gros titres après un discours prononcé en 2015 devant des fonctionnaires, qui marquait son arrivée au ministère des affaires étrangères, lorsqu’elle a invoqué des textes religieux pour affirmer que la totalité de la Palestine historique appartenait aux seuls juifs – ce qu’elle a appelé la 'Grande terre d’Israël'. «Cette terre est la nôtre», a-t-elle déclaré. «Tout est à nous. Nous ne sommes pas venus ici pour nous en excuser.»

Hotovely a également revendiqué le droit d’expulser les Palestiniens et de construire des maisons pour les juifs sur la terre volée, demandant au monde «de reconnaître le droit d’Israël à construire des maisons pour les juifs dans leur patrie, partout.» Israël a clairement indiqué que – après l’annexion – il n’accordera aucun droit de citoyenneté aux Palestiniens vivant sur ces terres.

Le plan d’annexion est mis en avant par le nouveau gouvernement israélien de coalition Likud-Bleu Blanc-Travaillistes, qui veut achever l’annexion avant l’élection présidentielle américaine de novembre au cas où Donald Trump, son soutien,  perdrait.

Extrémiste

Même selon les normes israéliennes, Hotovely est une extrémiste. L’annonce qu’elle sera la prochaine ambassadrice d’Israël a également soulevé une certaine opposition parmi les sionistes au Royaume-Uni, qui craignent qu’elle ne nuise à l’image d’Israël.

Ecrivant pour The Jewish News, Jenni Frazer a décrit sa nomination comme une insulte au Royaume-Uni et a averti qu’elle allait "éloigner nombre de juifs britanniques" d’Israël.

Même Mélanie Philips, islamophobe de droite et chroniqueuse au Times, s’oppose à la nomination de Hotovely comme ambassadrice,  craignant qu’elle ne résonne «à l’oreille des Britanniques comme une fanatique de la fanfaronnade».

Mais Hotovely a mis près de 15 ans à réaliser son ascension. Sa carrière politique a sérieusement commencé à la suite d’une participation à la télévision israélienne en 2006. Elle a profité de cette apparition pour exprimer son soutien au bombardement du Liban par Israël cette année-là – un attentat qui a fait environ 1200 morts.

Cela a attiré l’attention du leader du Likud, Benjamin Netanyahu – qui était alors dans l’opposition. Il l’a personnellement recrutée pour rejoindre son parti et se présenter à la Knesset en 2008.

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Entrée au parlement israélien après la victoire du Likud l’année suivante, elle a immédiatement commencé à utiliser sa position de députée du parti au pouvoir pour faire campagne en faveur du droit des colons juifs de Cisjordanie à déplacer et à opprimer les Palestiniens.

Soutien aux crimes des colons

En 2012, par exemple, elle a exprimé son soutien à un groupe d’extrémistes juifs de la ville palestinienne de Hébron qui avaient pénétré par effraction dans la maison d’une famille palestinienne et l’avaient volée.

L’affirmation manifestement fausse des colons selon laquelle ils auraient acheté le bâtiment à ses propriétaires palestiniens a été jugée sans fondement par un tribunal israélien, des années plus tard.

Mais Hotovely avait immédiatement justifié le vol flagrant de maisons palestiniennes, en s’appuyant sur des récits bibliques. «C’est la patrie juive. C’est la première terre où le roi David a commencé sa royauté», a-t-elle déclaré dans une interview au Fonds d’Hébronun groupe de colons. La maison «doit rester sous contrôle israélien – j’appellerais cela de la souveraineté», a-t-elle insisté.

Hotovely a prétendu s’inquiéter de l’illégalité supposée du village palestinien de Khan al-Ahmar, en raison du fait qu’il aurait été établi «sans avoir obtenu la permission des autorités israéliennes». Pourtant, son engagement à obtenir un permis de construire s’est magiquement évaporé lorsque les Israéliens se sont lancés dans des activités de construction non autorisées.

Interrogée dans cette interview de 2012 pour confirmer que les colons d’Hébron «n’ont pas besoin de l’approbation du gouvernement», elle a répondu: «Absolument … il s’agit d’un marché libre et du droit d’un juif de vivre partout.»

Au cours des années qui ont suivi, elle a utilisé ses fonctions ministérielles pour mobiliser de la même manière le soutien aux vols et aux meurtres commis par les colons.

Plus récemment, elle a pris la parole lors d’une manifestation du groupe extrémiste 'Women in Green', disant qu’elle était venue «en soutien à la souveraineté israélienne en Judée et Samarie» – employant la terminologie biblique pour la Cisjordanie.

Extrémiste juive

Elle a également apporté son soutien à un groupe extrémiste juif qui a pour objectif la destruction du domaine de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. Dans un discours prononcé en 2017 devant les partisans de l’Institut du Temple, Hotovely les a invités à pénétrer dans l’enceinte de la mosquée, le troisième site le plus saint de l’Islam.

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Elle a également soutenu le travail de Lehava, un groupe anti-métissage, financé par le gouvernement qui terrorise ceux qui contractent des mariages et entretiennent des relations entre Arabes et juifs. Elle a fait valoir qu’il était important «d’empêcher les mariages mixtes, et que Lehava est le groupe le plus apte à le faire».

S’adressant à un groupe de pression américain pro-Israël en 2017, elle a attaqué les juifs américains qui épousent des non-juifs: «Les juifs américains se perdent massivement. Je vois les chiffres, je suis au ministère des affaires étrangères : 80% des juifs américains s’assimilent.»

Défendant ouvertement le colonialisme et le racisme sionistes, Tzipi Hotovely sera une véritable représentante de l’État d’Israël au Royaume-Uni.

Hotovely n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Asa Winstanley -

15.06.20

Source: Agence Medias Palestine

03 juillet 2020

Bientôt, la reconquête de la Palestine occupée

Source: ExterneLa Palestine est LE cas d’école par excellence. L’observation de ce qui s’y trame permet de comprendre l’hypocrisie et l’imposture des responsables politiques qui (mal)mènent le monde

 

L’étape d’une annexion supplémentaire par le binôme Netanyahu/Gantz d’environ 30% de la Cisjordanie occupée n’a rien d’une surprise. Elle n’est qu’une confirmation officielle de l’annexion entamée depuis 1947 lors du vol de terres palestiniennes pour l'établissement d'un pseudo Etat israélien – en réalité le projet colonial sioniste – sous la bénédiction des pays dominant alors la planète.

Sauf rarissime exception, les gesticulations actuelles de quelques élus ici-et-là à travers le monde pour faire croire à leur ferme opposition à ce plan d’annexion ne sert qu’à masquer le peu de volonté politique et de probité qui les anime, sinon leur indifférence pour le dossier palestinien dont ils se sont détournés depuis longtemps.

S'il restait à ces derniers un peu de dignité ou le moindre sens de l’honneur, ils se tairaient. Dans les faits et sur le terrain, tout le monde a pu constater que la Cisjordanie est annexée depuis des dizaines d’années par le régime colonial sioniste et aucun de ceux-là n’a jamais rien pris comme décision effective pour contraindre le régime de Tel-Aviv de renoncer à ses projets. Pire, certains se sont surpassés pour tenter de briser le soutien des populations dans les campagnes BDS à l’encontre de l’idéologie sioniste.

Dans le cas d’Israël, ni sanction, ni embargo, ni arrêt de financement quelconques. Que du contraire. Sans parler des USA dont on sait qu’il sont le pilier central de la colonie israélienne, tant les pays européens que certains pays arabes n’ont de cesse de flatter les divers gouvernements israéliens qui se sont succédé au fil du temps.

Faut-il rappeler que l’UE est le premier partenaire commercial du régime israélien(!), quand elle se vante d’être exemplaire en matière de politique extérieure soi-disant guidée par les ‘Droits de l’Homme’’?! Pourtant, les rapports officiels de l’ONU dénoncent depuis des lustres les injustices flagrantes et les crimes odieux que se permettent les gouvernements sionistes. Au point d’en arriver au constat que ‘l’État juif’ est ‘de facto’ un Etat d’apartheid! Sans parler de l’impunité de ces gouvernements qui n’ont respecté aucune des Résolutions onusiennes, sans que cela n’inquiète ceux qui aujourd’hui, font semblant de s’émouvoir que cette annexion ’de fait’ devienne officielle. Quelle honte! Et que de mensonges!

Il y a quelques années, après plusieurs voyages dans la région, je dénonçais déjà cette hypocrisie de la caste politico-médiatique à la manœuvre. Et annonçais que seule la lutte armée de la résistance palestinienne viendrait à bout de ce régime assassin que certains dénoncent sur papier mais soutiennent dans les faits:

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«De l’abus de faux prétextes pour camoufler les calculs…

(…) En septembre 1995, Yasser Arafat et Itzhak Rabin signèrent sur la pelouse de la Maison Blanche sous l’œil ému de Bill Clinton, et devant les caméras du monde entier, les Accords sur l’extension de l’autonomie par découpage des zones A, B et C dans les Territoires palestiniens occupés. Ce sont les Accords d’Oslo 2, incluant «quelques années de transition» pour la création de l’Etat palestinien à l’horizon 1999. On connaît les suites. Durant cette période, Israël a plus que doublé ses colonies, alors que les Accords en prévoyaient le gel avant leur démantèlement pour la plupart! Et 1999 arriva, sans qu’aucune lueur d’espoir ne permette aux Palestiniens de voir se dessiner les bribes de leur Etat pourtant promis sous l’égide des puissances internationales…

Lorsque Yasser Arafat démocratiquement élu Président de la Palestine dirigeait son peuple, et que face aux multiples promesses bafouées et trahies par Israël la jeunesse palestinienne excédée finit par réagir à la visite provocatrice d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées, le gouvernement israélien – qui trouvait en cela écho à Washington – confronté au début d’une 2è Intifada, déclara de manière unilatérale, qu’il n’avait pas d’interlocuteur avec lequel dialoguer en la personne d’un «terroriste»… Aucune avancée n’a été réalisée en faveur d’une paix juste et de l’avènement d’un Etat palestinien. Bien au contraire. Le recul fut évident.

Lorsque, après le sanglant mois d’avril 2002 et sa meurtrière opération ’Remparts de Protection’ décrétée par l’Etat major israélien, le Quartette (USA, UE, Russie et ONU) adopta sa Feuille de route, les plus naïfs crurent encore à l’engagement de la Communauté internationale pour imposer aux belligérants une solution partagée. On connaît les suites de cette Feuille, rebaptisée depuis, «de déroute»…

Lorsque Mahmoud Abbas, l’un des architectes des Accords d’Oslo (dont les textes ne mentionnent jamais le mot «occupation»), et reconnu jusqu’en Israël pour être un modéré du Fatah, succéda à Y. Arafat – dont l’empoisonnement à Paris n’est pas à exclure – les commentaires étaient unanimes pour décréter que les choses allaient bouger puisque le gouvernement israélien pouvait enfin entamer le dialogue tant attendu pour l’instauration d’une paix durable et la reconnaissance des deux Etats. Là encore, des mots, de belles phrases, de pompeuses déclarations sans que rien ne change hormis la poursuite meurtrière de la politique israélienne.

Lorsque Ariel Sharon ordonna pendant l’été 2005 le retrait unilatéral de la Bande de Gaza des quelques colonies qui s’y étaient indûment implantées, les médias occidentaux qui nous inondaient quotidiennement de leurs images déchirantes des pauvres colons que l’armée du pays arrachait à leurs verdoyantes propriétés, multipliaient dans le même temps les dithyrambes pour annoncer qu’un jour nouveau s’était levé dans la région et que, vraiment cette fois, les espoirs de paix n’avaient jamais été aussi proches – oubliant soigneusement d’expliquer que nombre de ces colons s’étaient déjà implantés à l’époque, sur les hauteurs du Sinaï égyptien, avant d’en être délogés de la même émouvante manière contre de confortables dédommagements financiers; et avant de toucher la mise une seconde fois en quittant Gaza et d’aller pour la plupart s’installer en Cisjordanie, dans l’espoir de toucher le pactole à une troisième reprise, en cas d’accord de paix avec les Palestiniens qui obtiendraient sans doute alors, le démantèlement de nombreuses colonies. Là aussi, derrière les apparences, tout est bien économique!

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Les déclarations des plus hauts élus politiques ne tarissaient pas d’éloges, se concurrençaient dans la surenchère panégyrique à l’égard du 1er Ministre israélien. Le rusé général – aux mains baignées de sang – était même promu par G. W. Bush, «homme de paix»... Bref, comme toujours dans la bouche de ces démagogues, n’importe quoi! Et bien sûr, sans le moindre résultat quant à un Etat palestinien repoussé cette fois par l’administration américaine pour l’horizon 2010. Le contrôle de Gaza s’effectue dorénavant à moindre coûts pour Israël qui peut intervenir en toute impunité depuis l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur de cette Bande de terre laminée. Avec cet atout supplémentaire, que débarrassée des colonies, cette zone peut désormais être la cible de destructions massives, à l’aide de n’importe quel type d’armement, sans crainte d’indisposer les colons et leur famille. Ce qui, à terme, constitue une menace redoutable pour les Gazaouis. Hier occupée, la Bande de Gaza est aujourd’hui assiégée. Voilà la dramatique différence!

Peu après, lorsque Ehud Olmert prit la place d’Ariel Sharon – tombé dans un coma approprié – dans la fonction de 1er Ministre et à la tête du parti Kadima, la presse une fois encore, annonça les lueurs d’espoir que suscitait une nouvelle génération dans la conduite des affaires. Chacun peut voir ce qu’il en est…

Lorsque début 2006, pressé par la Communauté internationale qui voulait en terminer avec les pratiques douteuses de la vieille équipe Fatah et préconisait la tenue d’élections démocratiques, le Hamas fut porté au pouvoir par les urnes, sous strict contrôle international, le gouvernement israélien toujours en parfaite synchronisation avec celui des USA – et malheureusement avec la diplomatie européenne – put reprendre sa rengaine d’absence de partenaire avec lequel dialoguer… et en profita pour étrangler un peu plus, une population déjà épuisée.

Plus récemment, même la proposition de 2002 du prince saoudien Abdallalh, devenu roi depuis, reprise en grandes pompes cinq ans plus tard, début 2007 à Riyad, d’une normalisation des relations de tous les pays arabes avec Israël à la condition du retrait de l’armée et des colons sur la ligne de ’67 et en gros, à l’application des Résolutions de l’ONU, n’y a rien fait.

Résultat: non seulement un Etat Palestinien viable est au point mort, mais les futures frontières de celui-ci sont de plus en plus éparses et étriquées… Les seules choses qui avancent, sans frein, son toujours les mêmes: l’occupation et ses conséquences effroyables pour les familles palestiniennes; la colonisation endémique par vols quotidiens d’hectares de terres; la paupérisation croissante d’une population que l’occupant n’hésite même plus à affamer dans l’indifférence générale de nos exemplaires «démocraties»; et le Mur de l’apartheid…

Aujourd’hui, sous les pressions insupportables qui s’accumulent sur des populations exténuées par tant d’années de résistance, la politique du pire semble prévaloir. La Palestine, à l’image de l’ensemble de la région, se déchire. Les puissances étrangères, sous l’impulsion américaine en intense activité dans ces pays, ont bien compris que la meilleure manière de faire plier la résistance à leurs plans sordides est la division des forces. L’adage Diviser pour régner est mis en application avec un zèle des plus efficace. Et si le Président Arafat, malgré certaines tensions et plusieurs erreurs, avait toujours pu éviter le piège d’une division de la société palestinienne, son successeur Mahmoud Abbas n’a pas le même charisme. Lui qui, lors d’une rare rencontre en début de mandat avec Ehud Olmert s’est accroché au cou de ce dernier en l’embrassant(!), a de plus en plus de mal à maintenir l’unité de la résistance. Si l’on hésitait encore sur sa promptitude à confondre compromis et compromission… nous voilà renseignés sur la question.

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Comme en Irak où l’intervention américano-britannique a jeté le pays dans un conflit fratricide, la Palestine est sur le point de suivre la même voie, particulièrement dans la Bande de Gaza. Au bord du gouffre, elle se déchire, se désunit, s’oppose dans des combats entre clans, avec des conséquences désastreuses dont personne ne mesure encore la tragique portée. Et ni l’Afghanistan, ni l’Irak, ni le Liban ne sont en reste… Ici le Hamas s’oppose au Fatah, là les Sunnites s’entre-tuent avec les Chiites, quand les Libanais se déchirent entre leurs différentes communautés. Sans parler du problème kurde – plus de 25 millions d’habitants! – en attente, avant d’exploser tel un pétard mouillé, à la face de ceux qui tenteront d’intervenir dans une situation qu’ils auront préalablement alimentée et entretenue…

Les seuls bénéficiaires de ces situations sont toujours les mêmes: les puissances étrangères. Trop contentes de voir que la partition des pays qu’elles veulent contrôler se réalise par les résistants eux-mêmes. Ces chaos qu’elles s’empressent de dénoncer, leur conviennent bien. En coulisse, tirant les ficelles, elles se frottent les mains. Jouant sans la moindre retenue, et abusant même de ces dramatiques circonstances pour déclarer comme M. Solana «…qu’il faut d’abord que les Palestiniens résolvent leurs problèmes internes avant de pouvoir avancer sur le chemin de la paix!» Tout est bon, sert d’excuse honteuse pour justifier l’inaction, l’hypocrisie d’une veule diplomatie dont la lâcheté et le cynisme rampants sont à leur comble…» 

[Daniel Vanhove - La Démocratie Mensonge – 2008 – Ed. M. Pietteur – Extraits]

Ainsi, rien de ce que les Palestiniens auront consenti comme efforts et sacrifices n'a jamais été accepté par les autorités israéliennes. Par ces refus systématiques, l’objectif du projet sioniste se situe autre part. Pour ceux qui en doutaient encore, la chose est désormais évidente. Et tout ce que l’on a vu jusqu’à présent comme crimes d’État devra dès lors faire l’objet de poursuites au niveau international. Les enquêtes sont nombreuses et les preuves accablantes. Il faudra un Tribunal du type de Nuremberg où les responsables de ces politiques mortifères devront être présentés devant leurs juges. Et condamnés à des peines incompressibles.

En attendant, et comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le projet sioniste poursuivra ses exactions sans que les autres Etats du monde ne prennent la moindre mesure pour en renverser le cours. L’annexion passera simplement d’une situation de fait à une normalisation qui permettra à ce régime d’apartheid d’étendre encore ses frontières. Ce ne sera qu’une étape supplémentaire dans la conquête sioniste. L’archipel palestinien se réduira d’autant. Et après quelques semaines de turbulences les choses rentreront dans l’indifférence habituelle puis l’oubli, la période estivale tombant à point nommé.

L’étape suivante sera sans doute la tentative d’édification du nouveau Temple en lieu et place de la mosquée al-Aqsa fragilisée par d’incessants travaux de fouilles sous prétextes ‘archéologiques’, dans une Jérusalem déjà unifiée et dont, comme pour le reste, les mêmes qui aujourd’hui s’opposent à l’annexion par pétitions médiatisées, n’ont jamais levé le petit doigt dans les faits. Et lors des prochaines élections aux USA, pas plus une nouvelle administration démocrate que l'actuelle républicaine ne changeront quoi que ce soit à l'inconditionnel soutien US aux criminels sionistes.

Le monde tourne ainsi. Seule la loi du plus fort prévaut. Tout le reste n’est qu’un immense bluff, une pathétique comédie, une imposture magistrale. Mais, avec les outils de communication actuels, malgré quantité d’intox, de plus en plus de citoyens l’ont compris. Aucun de nos responsables politiques n’est à la hauteur morale d’une Justice digne de ce nom. Leur plan de carrière est leur seule boussole.

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Le peuple palestinien – pas ses actuels représentants ! – et leurs soutiens effectifs à l’international l’ont également compris et se moquent désormais des discours des uns et des autres, y compris ceux d’associations et de militants qui prônent encore une solution à deux Etats, signe qu’ils n’ont pas intégré les changements de paradigmes en cours. Aussi, l’Axe de la Résistance a pris son temps pour fourbir et accumuler des armes de plus en plus précises et sophistiquées. Le moment de la confrontation et de la reconquête approche.

Si de lourds nuages assombrissent le ciel de la région, la Palestine historique retrouvera bientôt ses frontières d’antan et la colonie israélienne n’aura été qu’un épisode tragique mais éphémère dans le déroulement de l’Histoire. Dont la seule vérité qui devrait animer toute âme noble doit être : sans vraie justice, pas de paix !

Daniel Vanhove (Bruxelles) -

01.07.20

01 juillet 2020

En Palestine: ce qui doit être fait

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Le gouvernement israélien, avec à sa tête Benjamin Netanyahu, est résolu à annexer au moins 30% de la Cisjordanie occupée

 

Par cette mesure, le mouvement sioniste, qui a de tout temps nié les droits nationaux et culturels de la population indigène de Palestine, achèvera d’anéantir la solution raciste à deux États, ouvrant la voie à une forme étendue d’apartheid institutionnalisé et militarisé incluant la zone de 1948 ainsi que celle de 1967.

Israël s’est toujours exprimé clairement sur son objectif: occuper toute "la terre d’Israël”, c’est-à-dire la Palestine historique plus le Plateau du Golan syrien. Mais qu’en est-il du peuple palestinien?

En Afrique du Sud, le régime d’apartheid avait décidé de reléguer dans des bantoustans une partie de la population africaine noire, pendant qu’une autre partie était laissée à pourrir dans des townships. Si seulement ces indigènes avaient accepté leur sort d’êtres inférieurs, tout aurait pu continuer sans changement! Mais cela n’a pas été le choix des Africains et de tous ceux qui croyaient à l’égalité. Il n’était pas question d’un quelconque compromis sur ce droit humain fondamental.

En revanche, en Palestine, nous avons décidé de nous engager dans des négociations marathoniennes avec les Israéliens, dans l’espoir qu’on octroierait une “patrie indépendante” pour seulement un tiers d’entre nous, en oubliant les droits des deux autres tiers du peuple palestinien, à savoir les réfugiés et les citoyens palestiniens d’Israël.

Yitzhak Shamir, le défunt Premier Ministre d’Israël, espérait faire traîner 10 ans les négociations avec les représentants des Palestiniens de 1967 de Cisjordanie et de la Bande de Gaza. Les négociations ont duré pendant plus de deux décennies, conduisant à une situation de facto où il est devenu impossible pour les Palestiniens d’avoir leur propre État “indépendant” sur moins de 22% de la Palestine historique.

On assure que Yasser Arafat, défunt dirigeant palestinien, s’est rendu compte en 2000, lors du sommet de Camp David, qu’il n’obtenait rien d’Israël qu’il devait renoncer à Jérusalem et au droit au retour de 6 millions de réfugiés.

En échange on lui accorderait de minuscules parcelles de terre sans continuité, qu’il serait autorisé à appeler “Palestine”. Et c’est ce que le gouvernement d’Israël et ses bailleurs de fonds américains qualifiaient d’“offre généreuse”!

Pendant ce temps, Israël n’a jamais cessé de créer une réalité sur le terrain en expropriant de plus en plus de terres, en les annexant aux colonies israéliennes existantes, en édifiant un monstrueux mur de l’apartheid, en chassant de leurs demeures des habitants de Jérusalem, en mettant en cage deux millions de Palestiniens dans le minuscule ghetto de Gaza.

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En fait, ce qui était créé sur le terrain, c’était une réalité à un État qu’aucun dirigeant, ni israélien ni palestinien, ne voulait reconnaître. En observant cette histoire, il est clair que l’objectif des colonisateurs israéliens a été dès le début: instaurer l’apartheid et simultanément liquider la cause palestinienne. Point final.

Dans ces conditions, que faire?

C’est une question à laquelle les Palestiniens colonisés doivent répondre, après l’échec catastrophique de leur choix de négocier pendant trois décennies malgré l’énorme déséquilibre des forces avec les Israéliens, choix basé sur la croyance que les Américains et une Union européenne invertébrée exercerait une certaine pression sur Israël pour que celui-ci leur accorde un État “indépendant”.

Cette possibilité s’est évaporée, le gouvernement israélien de droite ne mâchant ni ses mots ni ses intentions: un État juif entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.

Nous devons tout d’abord admettre que nous avons subi un échec lamentable en ne parvenant pas à libérer même un pouce de la Palestine historique depuis 1948.

Le surgissement de notre révolution contemporaine en 1965 et la formation de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) un an auparavant ont constitué deux moments importants parmi d’autres dans la formation d’une identité nationale niée par les colonisateurs sionistes.

Mais aujourd’hui, nous devons aller de l’avant. Nous ne pouvons plus nous permettre de flirter avec le sionisme et les régimes arabes réactionnaires. La menace est existentielle et il faut donc l’affronter d’une manière qui ne fasse aucun compromis sur les droits fondamentaux.

L’heure est venue de poser les bases d’un “nouveau” mouvement politique qui s’adressera à une audience plus large que les organisations politiques progressistes et les partis nationalistes traditionnels n’ont pu le faire jusqu’à présent. Le problème de la plupart des forces politiques en Palestine occupée, c’est qu’elles se sont laissées séduire et assimiler par l’“idéologie” d’Oslo.

Il est très encourageant de voir des militants palestiniens de plus en plus nombreux adopter une analyse plus claire, qui reflète une vision apte à dépasser la solution raciste des deux États en critiquant radicalement le militantisme et les théories nationalistes du passé.

Un bon exemple est celui de la formation de la Campagne pour un État démocratique, qui comporte des membres venus des trois composantes du peuple palestinien. Son objectif a été énoncé très clairement: remplacer le régime d’apartheid par un État démocratique dont tous les habitants, y compris les réfugiés de retour, bénéficieront de droits égaux.

Source: Externe

Sa vision est celle d’une “démocratie qui donnera à tous les habitants de Palestine des droits égaux, qui ramènera enfin les réfugiés chez eux, et respectera les cultures, les religions et les identités de tous les peuples qui constituent notre société”.

C’est précisément la raison pour laquelle il est extrêmement important de situer le discours d’un seul État et le BDS dans la tradition radicale palestinienne en les reliant aux œuvres de Ghassan Kanafani, d’Edward Said et de la gauche anti-stalinienne.

Nous, en Palestine, avons vraiment besoin d’un mouvement attentif à l’éducation politique du peuple et de nous éloigner des luttes de factions et d’une dichotomie hégémonique.

Ce mouvement doit donner la priorité au travail et au militantisme sur le terrain, que les militants sud-africains qualifiaient de “mobilisation de masse”, et rattacher cette action à la campagne mondiale du BDS qui a déjà intégré le caractère intersectionnel de nombreuses questions actuelles.

Haidar Eid -

22.06.20

Source: Agence Medias Palestine

30 juin 2020

Plan d’annexion de la Cisjordanie: des clefs pour comprendre

Source: Externe

Le 20 avril 2020, un gouvernement d’union Netanyahu/Gantz a été formé en urgence en Israël. Cela fait suite à plusieurs mois de crise institutionnelle qui a été résolue autour d’un accord qui prévoit notamment d’annexer officiellement 30% de la Cisjordanie occupée, en particulier la Vallée du Jourdain

 

Que cette crise politique israélienne ait trouvé une issue autour de cette nouvelle offensive expansionniste révèle la nature profondément coloniale d’Israël.

Mais comment en est-on arrivé là?

Les origines du projet

Le projet d’annexion d’une grande partie de la Cisjordanie occupée n’est pas une décision isolée. Celle-ci s’inscrit dans la nature même du projet colonial sioniste de la Palestine occupée depuis un siècle.

Dès la fin du XIXè siècle, l’idéologie coloniale et raciste qu’est le sionisme prévoit d’établir une colonisation de peuplement en Palestine occupée autour du mythe 'une terre sans peuple pour un peuple sans terre'. Dans les années 1880, on voit se développer l’arrivée des premiers colons sionistes en Palestine appelés le 'Nouveau Yishouv'.

Progressivement, la colonisation s’intensifie jusqu’à atteindre une première étape décisive avec la création de l’État d’Israël, c’est-à-dire la Nakba de 1948 avec le soutien des puissances impérialistes au projet sioniste au lendemain de la deuxième Guerre Mondiale.

Celle-ci voit l’expulsion de près de 800.000 Palestiniens et la colonisation de 78% des terres de la Palestine historique. Les 22% restants sont répartis entre Gaza et la Cisjordanie respectivement sous administration égyptienne et jordanienne.

La Cisjordanie, une cible du projet colonial sioniste

La Cisjordanie est un territoire de 5.660km² qui représente 21% de la Palestine historique. En juin 1967, la Naksa, appelée 'Guerre des Six Jours', voit s’entériner une nouvelle étape de la colonisation sioniste avec l’occupation de Jérusalem-Est, de Gaza et de la Cisjordanie. Près de 300.000 Palestiniens seront expulsés de leur terre.

Ainsi, l’État sioniste occupe militairement la Cisjordanie, et de nouvelles colonies sionistes y sont implantées. La stratégie est simple. Le principe du colonialisme de peuplement est d’implanter des colonies en tant qu’avant-postes dans des zones majoritairement palestiniennes pour progressivement chasser les indigènes de leur terre et opérer à son remplacement démographique.

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A la suite des accords d’Oslo de 1993, la Cisjordanie est divisée en 3 zones: zone A et B (officiellement sous contrôle palestinien) et la zone C (sous contrôle israélien – environ 63% de la Cisjordanie dont la Vallée du Jourdain).

Dans les faits, l’armée israélienne va et vient dans les 3 zones et Oslo n’a été qu’une étape supplémentaire dans le contrôle colonial de cette région. L’Autorité Palestinienne, issue de ces accords, n’a aucune autorité réelle et ne fait que collaborer avec l’État sioniste en Cisjordanie, en particulier avec la 'coopération sécuritaire' qui vise à réprimer toute forme de résistance palestinienne au projet colonial.

En avril 2002, l’État sioniste franchit une nouvelle étape en commençant la construction de ce qu’il sera appelé le 'Mur de l’Apartheid', une clôture de béton de 8m de haut et d’une longueur de plus de 700km. Derrière un argument sécuritaire, celui-ci vise à l’intégration de colonies à l’État sioniste. Ce projet est jugé illégal au regard du droit international et a été largement condamné par la communauté internationale.

A cela, il faut rappeler que la Cisjordanie est sous occupation militaire permanente avec la présence de 187 bases de l’armée israélienne et 108 chekpoints.

Le plan d’annexion de Netanyahu/Gantz

Aujourd’hui, plus de 650.000 colons et 250 colonies occupent la Cisjordanie où vivent et habitent 3 millions de Palestiniens. Parfois nommées 'colonies illégales', parfois critiquées par des organisations internationales (comme l’ONU ou l’Union Européenne), parfois même décriées au niveau de la classe politique israélienne, ces colonies font partie intégrante de la politique globale d’Israël.

En effet, Israël procède à l’annexion par le fait: elle colonise de nouveaux territoires, puis entérine formellement une situation déjà existante.

Ce nouveau plan est le plus agressif depuis la Naksa de 1967 et devrait être présenté devant le parlement de l’occupation israélienne le 1er juillet prochain. S’il est adopté, Israël contrôlera de facto plus de 85% des terres palestiniennes historiques.

Mais il y a beaucoup d’inconnues sur les contours exacts du projet et le calendrier de sa mise en œuvre. Néanmoins, il prévoit d’annexer la Vallée du Jourdain, territoire extrêmement fertile (surnommé 'le grenier de la Palestine') où vivent 65.000 Palestiniens. Parallèlement, il prévoit aussi d’intégrer au plan d’annexion plus de 60% de la Zone C de la Cisjordanie.

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Au final, c’est plus de 300.000 Palestiniens qui sont sous la menace de déplacements avec de graves conséquences:

- les Palestiniens ne se verraient accorder ni citoyenneté israélienne ni égalité des droits
- les villes et villages palestiniens de la Cisjordanie occupée seront divisés par des postes de contrôle militaires, des murs et des colonies & routes exclusivement israéliennes
- confiscation des terres et des propriétés palestiniennes et exploitation de l’eau et des ressources naturelles.

Un projet non-consensuel chez les alliés d’Israël

Le projet d’annexion de la Cisjordanie occupée fait l’objet de nombreux débats, y compris chez les soutiens d’Israël. De l’Union Européenne à la Jordanie, tous s’inquiètent d’une offensive «précipitée» et «unilatérale».

Le conseiller de Trump sur le sujet, Jared Kushner, soutient le projet mais il le conditionne à la reprise de «négociations» telles que définies par l’Accord du Siècle. C’est dans ce sillage que s’inscrit la tribune de personnalités sionistes dans Le Monde signée notamment par Anne Sinclair, Benjamin Stora et Bernard-Henri Lévy. Ils reprochent à ce projet de «défigurer le projet sioniste» et ils craignent une «vague de délégitimation de l’État d’Israël».

Soyons clairs, l’annexion formelle est en effet une menace terrible, mais en réalité, ce n’est qu’une ligne rouge de plus pour Israël qui ne cesse d’en franchir depuis plus de 72 ans.

Si toutes ces personnalités et institutions s’y opposent du bout des lèvres aujourd’hui, c’est sur un désaccord tactique et non pas sur la remise en cause profonde du colonialisme et l’apartheid en Palestine.

Pour le bon déroulement de leurs affaires économiques et militaires, ils ont besoin d’un État d’Israël fort dans la région et d’une situation sous contrôle. Ce que ce plan pourrait mettre en péril.

Face à l’annexion, soutenir la résistance palestinienne

Cette situation est le résultat de la stratégie portée par la direction de l’OLP et l’Autorité Palestinienne depuis plus de 30 ans: abandonner la résistance et négocier un plan de partage sur moins de la moitié de la Palestine historique. Le résultat est sans appel: la situation n’a jamais été aussi dramatique pour les Palestiniens.

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Face à cela, le mouvement de solidarité avec la Palestine a deux responsabilités:

- soutenir en Palestine occupée, l’ensemble des forces politiques et sociales qui incarnent la voie de la résistance sans compromis face à l’occupation pour la libération de toute la terre de Palestine de la mer au Jourdain. Seule la résistance populaire, notamment armée, est à même de faire face aux plans de liquidation du projet sioniste et de ses alliés.

- elle doit être appuyée par un large mouvement international de soutien. C’est de notre responsabilité de faire grandir le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et sa résistance pour la réalisation de ses droits. Cela passe par le boycott total d’Israël mais aussi par la promotion et la défense des revendications historiques du mouvement national palestinien en particulier le droit au retour de tous les réfugiés et la libération de tous les prisonniers palestiniens, en Palestine occupée et dans la diaspora.

Rejoignons la mobilisation internationale

Le réseau de soutien avec les prisonniers palestiniens Samidoun appelle à une journée internationale de mobilisation contre le plan d’annexion le 1er juillet prochain. En France, des dizaines d’initiatives sont prévues. C’est dans ce cadre que le Collectif Palestine Vaincra appelle à participer largement aux différentes mobilisations en cours et en particulier à Toulouse le 1er juillet dès 18H30 au métro Capitole.

A bas l’État sioniste et ses alliés! Vive la Résistance palestinienne!

Collectif 'Palestine vaincra' -

22.06.20

Source: Collectif Palestine Vaincra

29 juin 2020

BDS: une brochette de délinquants aux ministères français

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BDS: La France punie pour sa soumission à Netanyahu

 

Dans un rendu à l’unanimité de ses juges le 11 juin 2020, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) met un formidable coup de pied au cul d’une France qui, entre la liberté républicaine ou la soumission aux désirs de Netanyahu, avait fait le choix du petit monstre.

La Cour déclare que les condamnations de la justice française, celles qui ont frappé des militants de la campagne «BDS» (pour Boycott, Désinvestissement, Sanctions), constituent une «violation de leur liberté d’expression».

La lutte a été longue, le chemin douloureux et coûteux, mais l’injustice est renvoyée à un enfer qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Ceux qui ont mis en œuvre cette politique contre la Palestine sont non seulement les complices de criminels, mais encore des salauds en trahissant le principe de liberté de la République.

Dans le passé, on nous a justement fait sonner le violoncelle des Droits de l’Homme pour nous dire combien il était vital de boycotter l’Afrique du Sud, celui de l’apartheid. Le combat était juste, et ce fût Mandela sans ses chaînes et un pays libéré.

Au XVIIIè siècle, treize colonies britanniques d’Amérique obtiennent leur autonomie par le boycott. L’histoire de l’Irlande libre passe aussi par ce refus collectif d’un système. Le boycott est l’arme de ceux qui n’ont rien.

Puisque chaque nef a ses fous, en 2011 c’est Martine Aubry qui appelle au «boycott du Mexique» au prétexte qu’une de ses administrées y est retenue en prison. Ces protestations de masse n’ont jamais heurté de conscience. Boycotter était juste.

Juste jusqu’en 2005 où un groupe de militants planétaires décide d’appeler au boycott d’Israël. Pour son refus d’appliquer les résolutions de l’ONU et la conduite de sa politique criminelle d’occupation. En France, pays d’Europe où le personnel politique est le plus réceptif aux sanglots de Netanyahu, 'MAM', fille d’arbitre, va siffler le pénalty imaginaire. Appeler au boycott c’est être convoqué à la barre, licencié, ruiné.

Le problème avec Michèle Alliot-Marie (MAM), c’est que, pour décrire ses turpitudes, on n’a jamais assez de noir dans le stylo. Pas assez de cartouches, il faut la bouteille à l’encre. Dossiers immobiliers, dossiers financiers: cette diplômée n’a jamais manqué de mises en examen.

On a vu son menton s’allonger sous les jugulaires de ministre de l’Intérieur, de la Défense et s’enkyster à la Justice où elle fût un fléau. Elle se rêvait Présidente, et pourquoi pas puisque, plus tard, Macron l’a fait.

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Lui c’est Jupiter, elle n’a fait qu’entrevoir son zénith. Puis elle est tombée de son rêve. Le 11 janvier 2011 à l’Assemblée nationale, trois jours avant la chute du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, alors que la révolution tunisienne prend de l’ampleur, MAM réagit en proposant que «le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type».

Mieux: ministre des Affaires étrangères, elle propose grenades et matraques au bon général de Carthage. Fin janvier, Le Canard enchaîné révèle qu’en plein chaos Michèle Alliot-Marie a passé ses vacances de Noël 2010, avec vol dans l’avion privé d’un oligarque local, Aziz Miled.

D’ailleurs les avisés parents de MAM ont conclu avec lui l’achat d’une résidence. Le 27 février 2011, la dame à tout faire remet sa lettre de démission à Sarkozy président.

C’est le retour à la vide rude où le chauffeur n’est pas toujours sous la main, une vie de députée puis de députée européenne. Le bagne de la déchéance. Et l’injustice continue. Le 21 février 2019 elle est mise en examen pour «prise illégale d’intérêt», une histoire de mouvements de fonds «suspects».

Micmac financier entre des associations locales et un hôtel de Chantaco dirigé par le papa de la ministre, elle-même détenant des parts. La bagatelle ne portant que sur 200.000 euros, rien dans ce monde-là, on se demande bien pourquoi le Parquet National Financier a déclenché un tel massacre?

Voilà donc, chers amis du 'BDS' et autres outils de lutte contre le crime fait aux Palestiniens, le visage obscur d’une ministre intègre. Qui n’allait pas supporter que l’on ne puisse digérer des oranges produites par des arbres arrachés par Israël aux mains de 'Philistins'.

Grimace de l’histoire il semble que, pour un garde des Sceaux, combattre le «BDS» porte malheur. Le 2 août 2017, Le Canard enchaîné , encore lui, révèle que Michel Mercier, le successeur de MAM place Vendôme, a embauché ses deux filles comme assistantes parlementaires, dont une à temps partiel de 2012 à 2014, pour un salaire de 2000 euros par mois, alors qu’elle vivait à Londres. Excuse du télétravail?

Non, puisque le Parquet National Financier ouvre, une enquête préliminaire pour «détournement de fonds publics», et obtient une ordonnance pour perquisitionner au palais du Luxembourg ancienne cantine de Mercier. Mais le colossal Gérard Larcher barre la route des flics. Ce qui mériterait une clé d’étranglement.

Dans ce jeu de famille, les enquêteurs étudient également le cas de la femme de Michel Mercier, qui fut sa collaboratrice entre 1995 et 2009. Le Parisien nous informe: “Il s’agit de vérifier si, outre deux de ses enfants, le sénateur du Rhône a recruté son épouse Joëlle comme collaboratrice, sur une période encore plus longue, allant de 1995 à 2009”.

Du 'Pénélope' tout craché. Au bout du bout notre Michel renonce à son siège, programmé tout chaud, au Conseil constitutionnel. Ce «BDS» est bien un chat noir. Dommage, Michel Mercier est un nom qui me plait, il évoque la douce vision d’une marquise des anges.

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Je n’imagine pas Christine Taubira en marquise. C’est pourtant elle, dans le cycle, qui succède au Mercier. Le 'BDS' est pour elle une patate pas vraiment douce. Certains affirment que Taubira est «une femme de gauche», donc, sauf incohérence elle n’aime pas l’injustice, comme celle faite au peuple palestinien.

Mais comment faire, quand on veut garder son boulot, pour annuler la circulaire MAM. Alors que Valls, qui voue «une amitié éternelle à Israël», et que Pépère tout aussi sioniste tendance Goldnadel, sont aux manettes?

Alors Taubira bredouille, balbutie, anone, fait la sourde: “Objectivement, dans l’histoire des luttes, aussi bien en France qu’ailleurs, le boycott est un acte militant”… mais qu’il “ne faut pas idéaliser non plus la lutte contre l’apartheid…". D’ailleurs, le 'BDS' c’est quoi? Une marque de vélo? Gloire à Christine, dans la litanie des Gardes des Sceaux, elle au moins échappe à une mise en examen pour des affaires de tirelire.

Taubira retirée, un certain Jean-Jacques Urvoas tombe du fléau de Thémis. Comme le dirait l’expert qui ne s’est jamais regardé, Gilles Le Gendre, Urvoas ne regorge pas de charisme. Pas grave, pour nous autres épris de justice (et non repris), et donc ayant la Palestine en douleur, nous savons que le député Urvoas a écrit à Taubira, encore ministre de la Justice, pour lui demander l’abrogation de la circulaire MAM…

La place Vendôme est bien connue des experts médicaux, sorte de Raoult, pour savoir que le lieu provoque l’oubli, voire de grave amnésie. Le syndrome n’épargne pas le député du Finistère, devenu Garde à son tour. Vous avez dit 'BDS'? 'BTS'? C’est une marque de chaussures? Non?

Chat noir jamais blanc, Urvoas est lui aussi pris dans une clé type Castaner. J-J. Urvoas, entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2017, a transmis des informations confidentielles au député de droite Thierry Solère. Un Solère visé par une enquête pour «fraude fiscaleblanchiment et trafic d’influence».

Le 19 juin 2018, Jean-Jacques Urvoas est mis en examen par la Cour de justice de la République pour «violation du secret professionnel». Le 30 septembre 2019 la CJR juge que J-J. Urvoas, «juriste expérimenté, maître de conférences en droit public, ne pouvait ignorer qu’il commettait un délit en transmettant la Fiche d’Action Publique (FAP) à une personne visée par une enquête en cours». Elle le condamne à un mois de prison avec sursis et 5000 euros d’amende.

Source: Externe

Il est réconfortant de constater, qu’outre Taubira qui est une sainte, tous ces Gardes des Sceaux anti Palestiniens sont aussi des délinquants. A croire qu’ils ont été choisis pour leur aptitude à tordre le droit?

La diaphane Nicole Belloubet, outre un oubli fâcheux dans sa «déclaration d’intérêts», est réputée honnête. Mais pas assez, instruite en droit, pas assez forte et humaniste pour stopper cette folie honteuse de Circulaire MAM.

Elle est donc elle aussi pendue au clou de la CEDH, et rêvons qu’elle ne pense jamais à présenter des excuses aux victimes de la politique anti-palestinienne de Paris. Que je ne confonds pas avec la France. Alors qu’on l’annonce bientôt hors du gouvernement, pour Nicole Belloubet la malédiction est en marche. Nous lui conseillons de vivre désormais dans la hantise du chat.

 Jacques-Marie Bourget -

18.06.20

Source: Afrique-Asie

28 juin 2020

Les Palestiniens sont fatigués de prouver l'apartheid israélien

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Entre 1891 et 1992, Francis William Reitz, le président de l'État libre d'Orange (dans ce qui est aujourd'hui l'Afrique du Sud), a échangé une série de lettres avec Theophilus Shepstone, l'ancien administrateur du Transvaal, pour discuter de la "question autochtone"

 

Les républiques boers, écrit Reitz, devraient "adopter le principe et le maintenir fermement, selon lequel il n'y aura pas d''égalité' entre les aborigènes [noirs] d'Afrique du Sud et les personnes d'origine européenne qui ont fait de cette terre leur foyer". Les sentiments de Reitz, comme ceux des autres dirigeants afrikaners, ont jeté les bases de ce qui allait devenir l'apartheid.

Deux décennies après ses lettres, la nouvelle Union d'Afrique du Sud a adopté la loi de 1913 sur les terres indigènes, qui a consolidé les mesures coloniales précédentes interdisant aux Noirs d'acquérir des biens en dehors des zones désignées.

Dix ans plus tard, la loi de 1923 sur les zones urbaines autochtones a restreint la circulation des personnes "indésirables" et a permis leur éloignement des villes et des districts.

En 1950 - deux ans après que l'apartheid ait été officiellement déclaré politique nationale - la loi sur les zones de groupes a accéléré la ségrégation résidentielle dans tout le pays.

La constitution de 1983, qui a été présentée comme une réforme libérale, a amélioré certains droits des personnes de couleur et des Indiens, mais a maintenu la privation de ses droits à la majorité noire et la minorité blanche au pouvoir.

Même après les premières élections libres en Afrique du Sud en 1994, les élites politiques et commerciales ont effectivement  remodelé de nombreuses institutions de l'apartheid pour préserver les hiérarchies raciales et de classe, qui subsistent encore aujourd'hui.

Comme d'autres régimes oppressifs, l'apartheid en Afrique du Sud n’était pas une entité statique qui aurait simplement vu le jour en 1948. Il a été continuellement développé, reconfiguré et reconditionné pour répondre aux désirs des personnes au pouvoir et pour faire taire ceux qui y résistaient.

C'était, pour emprunter les mots du chercheur Patrick Wolfe sur le colonialisme des colons, "une structure et non un événement", un mécanisme organisé plutôt qu'un moment dans le temps.

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Cette histoire devrait instruire ceux qui attendent avec impatience le 1er juillet, date à laquelle le gouvernement israélien s'est engagé à commencer l'annexion de grandes parties de la Cisjordanie occupée.

Les fonctionnaires étrangers, les analystes des grands courants et les activistes locaux - dont beaucoup sont bien intentionnés - ont passé des années à avertir qu'Israël pourrait devenir un "État d'apartheid" s'il absorbe officiellement ces territoires.

Aujourd'hui, ils tirent la sonnette d'alarme en disant que le mois prochain pourrait être le point de basculement qui finira par sceller ce destin.

Il est cependant assez obscène que de nombreuses personnes attendent toujours une loi spécifique, ou un certain ordre du gouvernement, pour valider les récits de millions de Palestiniens qui vivent l'apartheid au moment où nous parlons.

Comme l'Afrique du Sud, le régime complexe d'Israël n'a pas été créé par un seul "moment" dramatique: il a été méticuleusement conçu sur des décennies, alimenté par une idéologie qui rejetait l'égalité entre les indigènes et les colons qui, selon les mots de Reitz, avaient "fait de cette terre leur chez-soi".

Pourquoi, par exemple, Israël n'était-il pas un État d'apartheid en 1950, lorsqu'il a introduit la loi sur les biens des absents pour transférer des terres arabes aux immigrants juifs?

Pourquoi n'était-ce pas l'apartheid lorsque la Knesset a annexé Jérusalem-Est en 1980, comme elle s'apprête à le faire aujourd'hui avec la vallée du Jourdain?

Ou en 2003, quand elle a interdit aux Palestiniens de se réunir avec les membres de leur famille qui ont la citoyenneté israélienne, tout en permettant à tout juif à l'étranger d'être naturalisé en vertu de la loi du retour?

Qu'en est-il de la loi sur l'État-nation juif, adoptée il y a deux ans, qui décrète que l'autodétermination dans ce pays appartient uniquement aux juifs? Ou les innombrables lois militaires qui volent et emprisonnent les civils palestiniens, tout en abritant les juifs israéliens sous le droit civil?

Un demi-siècle de colonies et d'infrastructures, qui n'ont fait que croître avec le temps, n’est-il pas un indice qu'Israël n'a guère l'intention de renoncer à la Cisjordanie?

Étant donné l’abondance de "moments" parmi lesquels choisir, de nombreux Palestiniens se sont lassés du tout dernier seuil artificiel pour "prouver" que l'apartheid israélien existe.

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Au lieu de reconnaître ce que les Palestiniens expriment, la communauté internationale gagne du temps pour qu'Israël signale qu'il ne souhaite pas l'apartheid - même s'il utilise chaque seconde de ce temps pour montrer le contraire.

La ligne de preuve a été déplacée, littéralement, des fragments du plan de partition de l'ONU de 1947 aux bantoustans rétrécis décrits dans le "Deal of the Century" de Trump en janvier. Si l'annexion se poursuit, cette ligne sera probablement déplacée à nouveau.

Le drame autour de la prétendue étape du mois prochain est donc non seulement naïf, mais dangereux. Si le gouvernement israélien fait marche arrière ou retarde sa poussée d'annexion - comme le suggèrent certains rapports - le monde ne peut retomber dans le mythe selon lequel Israël s'est sauvé d’un destin d'apartheid.

Sous chaque degré de la domination israélienne, les Palestiniens n'ont jamais été que des réfugiés exilés, des sujets occupés ou des citoyens de seconde zone.

Il n'y a rien qu'un nouveau projet de loi puisse nous dire que des décennies de lois et de politiques n'ont pas déjà fait. Et il n'est pas nécessaire d'attendre que les Israéliens admettent que leur régime est l’apartheid pour prouver que les Palestiniens avaient raison depuis le tout début.

Amjad Iraqi -

17.06.20

Source: ISM

27 juin 2020

L'Union européenne ou le summum de l'hypocrisie

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L’UE accroît ses récompenses pour les crimes d’Israël

 

Des membres du Parlement européen expriment leur vive opposition aux dernières initiatives de l’Union européenne visant à renforcer le soutien à Israël alors même qu’il poursuit ses projets d’annexion de grandes parties de la Cisjordanie occupée – une violation flagrante du droit international.

Ils sont cependant en minorité, car la Commission - l’exécutif de l’UE - et la majorité des membres du Parlement européen semblent se contenter d’envoyer à Israël un message de soutien inconditionnel.

Il y a quelques jours, la Banque européenne d’investissement a accordé à Israël un prêt de 170 millions de dollars pour financer une usine de dessalement.

Ensuite, le Parlement européen a voté à 437 voix contre 102 pour ratifier un nouvel accord aérien qui garantira aux compagnies aériennes israéliennes un accès encore plus large aux destinations européennes et donnera un élan supplémentaire à l’économie israélienne.

Une motion antérieure visant à reporter la ratification a été rejetée par 388 voix contre 278.

Les membres de l’UE, à titre individuel, offrent également des récompenses à Israël.

Par exemple, la Suède – qui jouit de la réputation imméritée de mettre Israël devant ses responsabilités – finance une nouvelle initiative pour encourager les affaires avec les 'startups' israéliennes de haute technologie, un secteur inextricablement lié à son industrie de la cyber-guerre et de la surveillance.

L’ECCP, une coalition européenne de groupes de défense des droits des Palestiniens, condamne les mesures de l’UE.

Les membres du Parlement européen «ont eu l’occasion de défendre la justice pour le peuple palestinien et de montrer à l’Israël de l’apartheid qu’il devrait assumer sa responsabilité dans les violations du Droit international», a déclaré Fatin Al Tamimi, présidente de la campagne de solidarité Irlande-Palestine et membre de l’ECCP.

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«Malheureusement, en choisissant de continuer à faire comme si de rien n’était avec Israël, même face au plan d’annexion fermement condamné, les députés européens ont montré une fois de plus à quel point l’UE n’est pas disposée à agir réellement pour défendre les droits de l’homme et l’État de droit.»

«Honte à eux!»

L’UE a exprimé sa forte opposition au projet d’Israël d’annexer les terres palestiniennes occupées, avertissant même en février que la saisie des terres «ne pouvait pas se produire sans être contestée» si Israël allait de l’avant avec ce projet.

Mais sous la pression du lobby israélien, l’UE a renoncé à l’avertissement et est revenue à ses habituelles expressions vides, de «préoccupation».

Mais l’UE ne se contente pas de ne rien faire pour arrêter Israël. Elle récompense et encourage activement ses crimes.

Manu Pineda, législateur espagnol de gauche et président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Palestine, a posé une question à la Commission sur le financement par l’UE de l’usine de dessalement israélienne.

Il a qualifié cette décision d’«inexplicable» à la lumière des récentes actions d’Israël contre les Palestiniens.

L’Irlandaise Clare Daly a déclaré que ses collègues du Parlement européen «étaient tombés encore plus bas» en votant pour «normaliser les crimes israéliens» par le biais de la ratification de l’accord sur l’aviation. «Honte à eux!», a-t-elle ajouté.

Une heure à peine après avoir ratifié le traité sur l’aviation, les législateurs européens ont tenu un débat sur l’annexion en présence de Josep Borrell, le chef de la politique étrangère de l’UE.

«Ces mêmes groupes politiques que nous avons entendus exprimer leurs 'préoccupations' concernant l’annexion viennent de rendre celle-ci possible en votant en faveur de l’accord aérien UE-Israël», a déclaré la coordinatrice de l’ECCP, Aneta Jerska.

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«C’est à tous égards le summum de l’hypocrisie de l’UE.»

Borrell a réitéré au Parlement que l’annexion «constituerait une grave violation du droit international». Il a averti que «du point de vue de l’Union européenne, l’annexion aurait inévitablement des conséquences importantes sur les relations étroites que nous entretenons actuellement avec Israël».

En entendant ces mots, les rires des fonctionnaires israéliens doivent s’entendre jusqu’à la Banque européenne d’investissement.

Ali Abunimah -

19.06.20

Source: Agence Medias Palestine

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26 juin 2020

Vallée du Jourdain. Nettoyage ethnique et harcèlement des paysans palestiniens

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À quelques jours de la présentation du projet d’annexion de la vallée stratégique du Jourdain par le premier ministre Benyamin Netanyahu, Israël mène une campagne déterminée et discrète visant à déplacer les communautés palestiniennes des terres qu’il prévoit d’acquérir dans le nord de la Cisjordanie

 

Il est six heures du matin quand Omar Besharat entend les vrombissements des jeeps militaires israéliennes. «Je savais pourquoi ils étaient là, mais ma maison n’avait pas reçu d’ordre de démolition, alors j’ai pensé qu’ils venaient pour détruire la maison de mon voisin.» Quand les soldats commencent à marcher vers Omar, il a compris. «Ils nous ont dit, à moi et à ma famille, de récupérer nos affaires… et qu’il fallait partir. Je lui ai dit que nous avions déjà déposé une demande de permis, mais cela ne l’a pas intéressé. "Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça, parlez à votre avocat", a dit l’agent.» En moins d’une heure, la maison de la famille d’Omar est détruite, et cinq autres bâtiments du village d’Al-Hadidiya rasés. «C’est la cinquième fois depuis 1982 que ma maison est démolie par l’armée.»

Raser des maisons au bulldozer n’est qu’une des tactiques qu’Israël déploie pour rendre la vie intolérable pour les Palestiniens de la vallée du Jourdain. Les oliviers sont régulièrement déracinés, les champs de blé brûlés et les citernes démolies, l’accès à l’eau et parfois à l’électricité rendus impossibles. À quelques jours de la présentation par le premier ministre Benyamin Netanyahu du projet d’Israël d’annexer cette région stratégique, on parle peu de ce que cela signifie pour les quelque 60.000 Palestiniens, selon différentes estimations, qui se trouvent sur des terres qu’Israël cherche à acquérir de façon permanente.

«ILS NE NOUS REGARDENT MÊME PAS»

Al-Hadidiya est une communauté rurale située dans le nord de la vallée du Jourdain. Une base militaire israélienne surplombe une colline située à quelques kilomètres au nord, tandis qu’une petite colonie est située à 2km au nord-ouest. De cette manière, la communauté est presque entièrement cernée par ses occupants.

De vastes étendues de terre au nord, à l’est et au sud d’Al-Hadidiya sont inaccessibles, l’armée ayant décrété qu’il s’agissait de zones de tir. La route qui menait à la communauté n’était pas asphaltée. Lorsqu’elle a été rendue praticable par les habitants et des associations de soutien, l’armée l’a détruite.

Les résidents ne sont pas autorisés à accéder à l’eau de la société israélienne qui contrôle les ressources hydrauliques de la région. En 2015, la communauté a fait face à une vague de démolitions qui a vu l’armée revenir chaque jour pendant une semaine jusqu’à ce que les familles n’aient d’autre solution que de dormir à même le sol.

L’armée israélienne se rend à Al-Hadidiya chaque semaine pour inspecter et surveiller. «Ils ne parlent pas, ils se contentent de faire des photos et de prendre des notes. Parfois, ils utilisent un drone», explique Omar Besharat. «Puis, ils reviennent avec un ordre de démolition. Ils le déposent sur le sol, mettent une pierre dessus, et s’en vont. Ils ne nous regardent même pas.» 

Une fois qu’un ordre de démolition est donné, les habitants savent que leur maison sera détruite, mais ils n’ont aucune idée du moment où elle le sera. «Ce peut être une semaine plus tard, un mois ou même des années plus tard. L’incertitude est une stratégie délibérée pour instiller la peur. L’intention n’est pas seulement de détruire, c’est aussi d’intimider. Ils espèrent que nous en aurons assez de vivre de cette façon et que nous partirons.»

La dernière fois que la maison d’Omar a été démolie, c’était en octobre 2018. Le même mois, les Nations-unies indiquaient que 51 bâtiments appartenant à des Palestiniens avaient été détruits ou saisis par les autorités israéliennes dans certaines zones de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

De son côté, l’organisation israélienne de défense des droits humains, B’Tselem, a établi qu’au moins 698 bâtiments avaient été démolis dans la vallée du Jourdain entre 2006 et 2017. Et pourtant, ces destructions n’alimentent que rarement le débat sur Israël et la Palestine. Mais la persécution de personnes comme Omar et sa famille s’est tellement banalisée qu’elle n’est presque pas prise en compte.

«OÙ QUE NOUS ALLIONS, ILS DÉMOLIRONT»

Abou Saqar vit autour d’Al-Hadidiya depuis plus de 70 ans. Il a été jusqu’à saisir la Cour suprême pour tenter d’arrêter les démolitions. Le juge a statué contre lui au motif qu’il était perçu comme un danger pour la colonie voisine, bien qu’il n’ait pas de casier judiciaire. «Je suis un arabe», dit-il. «À leurs yeux, je suis un terroriste potentiel.» On lui a également dit qu’en tant que 'nomade', il pouvait se déplacer n’importe où.

Abu Saqar rétorque: «Il est presque impossible pour les Palestiniens d’obtenir des permis de construire, donc où que nous allions, ils démoliront. Ce qu’ils veulent c’est que nous quittions cette zone.»

Alors qu’Israël s’étend dans la vallée du Jourdain, les terres sur lesquelles les bergers palestiniens peuvent faire paître leurs troupeaux ont continué de diminuer. «Les colonies ne veulent pas nous voir, alors ils essaient toujours de créer un no man’s land autour d’elles. Nous essayons de rester loin d’eux, mais c’est pour nous retrouver dans une zone de tir. Nous sommes soit arrêtés par l’armée, soit harcelés par les colons», explique Abou Saqar. Les accrochages provoqués par des colons pour intimider les bergers palestiniens vont du harcèlement verbal aux agressions physiques, en passant par le vandalisme et l’incendie criminel.

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«LES FAIRE PARTIR SANS TIRER UN COUP DE FEU»

Le rabbin Arik Ascherman est le fondateur de l’organisation israélienne des droits humains Torah de justice. Chaque semaine, avec d’autres militants, il soutient les communautés menacées par les colons dans la vallée du Jourdain. «Les colons pensent que si vous harcelez suffisamment les Palestiniens en les empêchant financièrement de survivre, vous les faites partir sans tirer un seul coup de feu», explique-t-il.

Les violences des colons sont perpétrées dans une impunité quasi totale. Yesh Din — une ONG israélienne qui en tient la comptabilité — a récemment rapporté que 91% des dossiers sur des actes de violence de la part de colons ont été clos sans mise en accusation. «Dans un face-à-face entre un berger palestinien et un colon israélien, le colon peut littéralement tuer le Palestinien et dire qu’il n’a pas eu le choix parce qu’il a été attaqué. Personne ne croirait ce que dit un Palestinien», explique Ascherman.

Le rabbin Ascherman a été frappé à coups de pied, de bâton et de couteau par ses compatriotes colons pour avoir osé accompagner des Palestiniens pendant qu’ils faisaient paître leurs troupeaux. Il a été arrêté par l’armée et a reçu des lettres de menaces. «Un type m’a traité de traître alors que je me trouvais au mur des Lamentations. Je ne le connaissais pas, mais lui me connaissait.»

Si la revendication d’Israël sur la vallée du Jourdain repose en grande partie sur l’importance stratégique de la région, l’État a veillé à ce que le vaste potentiel économique des terres arables de la région ne soit pas gaspillé. Depuis des décennies, il a transféré des populations dans des colonies situées dans toute la région. Les colonies exploitent des ressources naturelles qui, autrement, seraient utilisées par les Palestiniens. Cela a favorisé une industrie agricole prospère pour Israël et a conduit à une dévastation totale de l’agriculture et de l’élevage palestiniens.

DES INSPECTIONS DES PUITS SOUS ESCORTE MILITAIRE 

Al-Auja est un village palestinien au nord de Jéricho. Avant l’occupation, sa source naturelle était l’une des principales pour les Palestiniens dans la vallée du Jourdain. Aujourd’hui, la ville a à peine assez d’eau pour la consommation, sans parler de l’arrosage des cultures.

Salah Fraijat est à la tête de la municipalité d’Al-Auja. «Après 1967, les Israéliens ont commencé à construire des puits pour desservir leurs colonies», explique-t-il. Aujourd’hui, la source d’Al-Auja est à sec, ce qui entraîne la destruction des terres agricoles. Israël interdit aux Palestiniens de construire de nouveaux puits et impose des limites strictes quant à la profondeur à laquelle ils peuvent creuser pour trouver de l’eau. «Nous ne sommes pas autorisés à creuser assez profondément pour trouver de l’eau de qualité. L’eau proche de la surface est salée, nous ne pouvons pas l’utiliser pour l’agriculture ou la boisson». 

Israël place la ville sous une stricte surveillance pour s’assurer que son accès à l’eau est étroitement contrôlé. «Les gens de la compagnie nationale des eaux, Mekorot, viennent inspecter nos puits chaque mois pour en vérifier la profondeur. Ils viennent souvent avec une escorte militaire.»

L’impact sur l’agriculture est dévastateur. Jaser Atyat est un maraîcher qui gagnait sa vie en cultivant concombres, aubergines et pastèques. «La situation est tellement imprévisible que l’année dernière, j’ai perdu toutes mes pastèques et mon blé. La région est très riche en eau souterraine propre, mais les Israéliens ne permettent pas aux Arabes d’y accéder. Tout va aux colonies israéliennes.» 

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Jaser assure que beaucoup de ceux qui ont vécu de la terre pendant des générations l’ont vendue et sont partis. «Quand une culture meurt, c’est dévastateur pour les agriculteurs. Nous perdons de l’argent. De l’argent pour les semences, les ouvriers, les plantes et tous les matériaux et ressources nécessaires à l’agriculture. Nous perdons également l’argent que nous aurions gagné en vendant les produits.» Pendant ce temps, les fermes des colons israéliens prospèrent. «Ils ont la sécurité de l’eau, mais ils refusent de la partager», dit Jaser.

La crise de l’eau à Al-Auja, associée aux restrictions sur l’utilisation des terres, la liberté de mouvement et l’accès au marché, a généré un chômage de masse. De nombreux Palestiniens ont désespérément besoin de travail. Paradoxalement, cette situation désastreuse est perçue comme une opportunité par les colons israéliens qui savent qu’ils peuvent obtenir une main-d’œuvre palestinienne qualifiée pour travailler dans leurs fermes pour une fraction de ce qu’il leur faudrait payer pour un Israélien.

C’est l’un des avantages économiques de l’agriculture dans les territoires occupés. La municipalité d’Al-Auja fournit une statistique stupéfiante: plus de la moitié de la population dépend pour sa survie du travail dans les fermes des colonies. Le droit civil israélien n’est pas appliqué aux Palestiniens qui travaillent pour les colons, ce qui signifie que les droits des travailleurs dans les colonies de la vallée du Jourdain sont définis par leur origine arabe.

On demande souvent aux Palestiniens de renoncer à la violence. Lorsque les soldats israéliens démolissent une maison palestinienne dans la vallée du Jourdain, la famille ne réagit pas par la violence. Elle rassemble les enfants, récupère ses affaires et regarde l’armée d’occupation raser sa maison au bulldozer. Lorsque l’armée s’en va, la famille fouille dans les décombres et commence à reconstruire sa vie.

Les Palestiniens contestent les crimes de guerre de l’occupant, non pas devant un tribunal international, mais devant le tribunal du pays de l’occupant. Et pour prix de leur engagement en faveur d’une procédure régulière et de la non-violence, on leur dit que la terre dont dépend leur prospérité — la vallée du Jourdain — sera bientôt annexée.

Depuis les dernières élections en Israël, Netanyahu et son allié et ex-rival Benny Gantz semblent désireux de poursuivre les promesses de campagne sur cette annexion. «Je suis convaincu que cette promesse sera honorée et que nous pourrons célébrer un autre moment historique dans l’histoire du sionisme», a-t-il récemment déclaré.

Le département d’État américain considère l’annexion comme «une opportunité bénéfique pour les Palestiniens». Alors que la communauté internationale a exprimé ses préoccupations quant aux répercussions négatives sur le statut d’Israël dans le monde, peu de dirigeants ont exprimé des inquiétudes quant à la situation des Palestiniens.

Alors qu’Omar marche à travers les tas de décombres accumulés pendant des années de démolitions, ses commentaires reflètent ceux de nombreux habitants palestiniens de la vallée du Jourdain: «Musulmans, juifs, chrétiens, nous nous en fichons. Nous voulons juste pouvoir vivre notre vie librement sur cette terre.»

Adrian Guerin -

25.06.20

Source: OrientXXI

25 juin 2020

Ben Gurion International, cet aéroport devenu 'tribunal de la pensée'

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À l’aéroport de Tel-Aviv, l’obtention du visa israélien se convertit parfois en cauchemar pour les voyageurs. En particulier pour ceux qui sont suspectés par les autorités israéliennes d’être des militants pro-palestiniens

 

La longue pente qui mène des terminaux de l’aéroport Ben Gurion jusqu’aux bureaux de l’immigration israélienne a parfois le goût de la peur. En contrebas, derrière les vitres de la vingtaine de postes de contrôles, des agents attendent patiemment les voyageurs. Dans les files d’attente, la joie des pèlerins contraste avec l’anxiété d’autres candidats au visa.

Vient le moment fatidique. Les passeports sont décortiqués méticuleusement, l’enquête pour le moins incisive: «Où allez-vous? Connaissez-vous des gens sur place? Quel est leur nom?». Autant de questions auxquelles les voyageurs doivent répondre sans sourciller, en particulier celles et ceux qui envisagent de se rendre de manière indépendante en Cisjordanie, et pour qui le mensonge s’avère être le meilleur paratonnerre à ennuis.

Ces questions aux allures d’interrogatoire n’ont pas qu’un caractère sécuritaire. Les objectifs sont aussi politiques puisqu’il s’agit, en plus de prévenir toute attaque sur le sol israélien, de limiter la présence étrangère dans les territoires occupés. Pour satisfaire cet enjeu, les autorités israéliennes possèdent un moyen imparable: l’attribution du visa à l’arrivée.

Les deux principaux points d’entrée permettant aux étrangers de se rendre en Cisjordanie étant sous contrôle israélien – l’aéroport de Tel-Aviv et le pont Allenby-Malik Hussein, situé entre la Cisjordanie et la Jordanie – l’attribution de ce sésame s’est convertie, avec le temps, en un outil administratif directement aux ordres de la politique israélienne.  

Les accords d’exemption de visa avant le départ passés avec de nombreux pays étaient pourtant censés faciliter le voyage des étrangers. Mais voilà, ces gracieuses directives ont pris les traits d’une partie de roulette russe pour nombre de voyageurs: l’autorisation de pénétrer sur le territoire – matérialisée par un visa de tourisme de trois mois – se fait directement sur place, et confronte de fait les voyageurs à l’arbitraire.

Le quotidien économique Globes, citant des statistiques de l’Administration des postes frontaliers, de la population et de l’immigration – placée sous les ordres du ministère israélien de l’Intérieur – rapportait ainsi qu’en 2018, près de 19.000 personnes avaient été refoulées à leur arrivée contre 16.534 en 2016 et… 1.870 en 2011.

Résultat, nombre de voyageurs désirant se rendre en Cisjordanie de manière indépendante préfèrent taire leurs projets, sous peine d’être lourdement interrogés, voire renvoyés.

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Interminables interrogatoires

Kamel et Louis* le savaient. Ces deux jeunes Français s’étaient documentés sur la question avant de décoller pour Tel-Aviv, au mois de novembre 2019. Si Louis passe les contrôles facilement, ce n’est pas le cas de son compère.

«J’ai tendu mon passeport français. J’ai répondu que j’allais visiter Tel-Aviv et Jérusalem. La jeune femme m’a alors demandé quelles étaient mes origines. Algériennes. Le début des embrouilles pour moi», raconte Kamel à Middle East Eye.

Le jeune homme va alors être placé dans la salle d’attente réservée aux «candidats suspects». Kamel subit un premier interrogatoire d’une demi-heure. Deux heures s’écoulent avant qu’il ne soit présenté à un deuxième interlocuteur.

«Cette personne m’a annoncé être chef de la sécurité. Il m’a posé les mêmes questions, auxquelles j’ai donné les mêmes réponses. J’ai été présenté à une troisième personne. Ça a été une véritable montée en puissance.» À partir du troisième interrogatoire, Kamel rapporte la présence d’un traducteur français.

«L’agent de la sécurité israélienne a élevé la voix à plusieurs reprises. Il m’a demandé si j’étais musulman, si je priais… Ainsi que des questions intimes qui ne les regardaient pas et qu’ils se permettaient quand même de poser. Ils donnaient l’impression de vouloir tout contrôler, et d’avoir un pouvoir absolu. Ils m’ont demandé pourquoi mes parents étaient venus vivre en France. Ils ont aussi fouillé mon portable», rapporte-t-il.

Au total, le jeune homme va subir cinq interrogatoires, avec une rétention de six heures au total. «Ils ont essayé de m’atteindre psychologiquement. J’étais en position de coupable», rapporte-t-il à MEE. Alors qu’il se prépare à un renvoi en bonne et due forme, il finit, «presque miraculeusement», par obtenir le visa.

Un traitement que tous ceux qui ne correspondent pas au profil du touriste dépolitisé sont amenés à subir. Mais, c’est un fait, les personnes d’origine arabe et de confession musulmane sont surexposées à ces complications. À tel point que certaines, au profil insoupçonnable, sont parfois lourdement inquiétées.

Le quotidien israélien Haaretz a ainsi fait part en 2019 de la mésaventure de l’ambassadeur d’Israël au Panama, Reda Mansour, druze, qui a rapporté avoir été, lui et sa famille, «humiliés et traités comme des suspects par des gardes de sécurité».

Un traitement qui avait provoqué une lourde polémique en Israël, obligeant le président Reuven Rivlin à s’exprimer publiquement. «Ce qui compte, c’est ce que vous ressentez, et si vous vous sentez si blessé, alors nous devons y réfléchir», avait alors déclaré le chef de l’État.  

Depuis, la situation ne semble guère avoir évolué: quelques heures avant la mise en quarantaine de tous les voyageurs arrivant à l’aéroport de Tel Aviv en raison de l’épidémie de coronavirus, les agents de l’immigration se préoccupaient moins de savoir s’ils venaient d’une zone infectée par le coronavirus que de leur programme une fois sur place.

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La loi en question

Certains, au terme des interrogatoires, n’ont pas la chance de Kamel et se voient dans la position du «denied entry» (entrée refusée). Pour eux, c’est un retour à l’expéditeur.  

Tous les arguments sont bons pour justifier cette décision. Les sympathies pro-palestiniennes, même présumées, placent le candidat au visa en position de coupable, tandis que les galeries photographiques sur les téléphones portables, les comptes Twitter et Facebook font office de preuves.

Une situation d’autant plus paradoxale que la visite des territoires palestiniens n’est pas interdite aux étrangers, y compris au regard du droit israélien.

Néanmoins, en 2017, la Knesset approuvait une loi interdisant la délivrance de visa et de droits de résidence aux ressortissants étrangers appelant au boycott économique, culturel ou académique d’Israël, mais aussi de toute institution israélienne ou de toute «zone sous son contrôle» – comprendre: les colonies. Si les étrangers sont les principaux visés, des militants israéliens contre l’occupation en font aussi régulièrement les frais.

Les contrôles à l’arrivée ne sont toutefois pas les seuls à générer peurs et tensions. Ceux réalisés au moment de quitter le pays par voie aérienne – le premier se situe trois kilomètres avant d’arriver à l’aéroport – sont aussi nombreux qu’éprouvants.

Le plus déroutant reste celui effectué dans l’enceinte par une armada d’agents de sécurité, avant même que le voyageur ne puisse accéder aux bureaux d’enregistrement. Sous couvert de sécurité aéroportuaire, les questions sur les précédents voyages – en particulier dans les pays arabes – s’enchaînent à une vitesse folle, volontairement déstabilisante.

Ce profilage reste mystérieux même si certains secrets des services de l’immigration israélienne finissent parfois par être percés au grand jour. C’est le cas de l’autocollant en forme de code-barres collé au dos du passeport après cet interrogatoire: le premier numéro, compris entre 1 et 6, classe, selon de nombreuses sources, les voyageurs par ordre croissant de «dangerosité».

Une théorie confirmée par nos entretiens avec une dizaine de personnes ayant voyagé en Israël: celles ayant un premier chiffre compris entre 5 et 6 subissent des interrogatoires poussés et des fouilles de valises systématiques.

Chris Den Hond est journaliste. Habitué à se rendre dans les territoires occupés depuis 1994, il est coutumier de ce genre d’interrogatoires. «Même s’ils ne m’ont pas mis de tampon dans mon passeport et ne m’ont jamais confisqué des cassettes vidéo, chaque fois, à l’entrée comme à la sortie, c’est le même stress», confie-t-il à MEE.

«Je m’en suis toujours tenu à la visite des sites touristiques de Jérusalem et Bethléem. Mais les intimidations afin de leur donner les noms, numéros de téléphones et adresses de contacts palestiniens sont toujours nombreuses.»

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En 2017, alors que Chris Den Hond sort du territoire via le point de passage avec la Jordanie, il mentionne également la visite de Ramallah. «La ville de trop», explique-t-il, amer. S’ensuivent de longues recherches menées par les forces de sécurité israéliennes, qui ne tardent pas à tomber sur des vidéos que le journaliste a réalisées sur le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), véritable bête noire des élites du pays.

«Finalement, un supérieur m’a conseillé ironiquement de consulter l’ambassade israélienne avant de songer à retourner en Israël, afin d’éviter d’être refoulé à l’arrivée. J’ai demandé: ‘’Pour combien de temps?’’ Ils m’ont répondu: ‘’Au moins pour dix ans.’’»

Des mesures d’interdiction de territoire fréquentes, comme l’explique à MEE, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien. «À l’arrivée, via cet aéroport, Israël essaie d’interdire d’accès au territoire toutes les personnes ayant des convictions politiques considérées comme pro-palestiniennes. Cela s’inscrit dans leur idée de négation même de l’existence du peuple palestinien», commente-t-il.

Le cas épineux des conjoints de Palestiniens

Salah Hamouri est dans le viseur des autorités israéliennes. Après avoir été emprisonné une première fois entre 2005 et 2011, l’avocat est arrêté en août 2017 à Jérusalem: il passera plus d’un an en détention administrative, sans que les accusations portées contre lui ne deviennent publiques. 

Avant cela, en 2016, elles ont arrêté sa femme, Elsa Lefort, alors enceinte de sept mois. «Elle est restée trois jours en centre de détention avant d’être renvoyée en France, avec une interdiction de territoire toujours en vigueur depuis. Elle ne peut plus venir à Jérusalem.»

À sa sortie de prison en 2018, le quai d’Orsay conseille à Salah Hamouri de faire une demande de visa auprès de l’ambassade israélienne avant le départ, si elle souhaite retourner sur place. «L’ambassade m’a répondu qu’elle était interdite de territoire jusqu’en 2025. Quant à mon fils, ils ont dit que sa demande serait étudiée en arrivant sur place…», explique-t-il.

L’avocat évoque a minima «une trentaine de femmes françaises mariées à des Palestiniens» qui connaissent les pires difficultés pour entrer sur le territoire et mener une vie normale. Face à ces problèmes qui les concernent directement, «les autorités françaises restent sourdes…», rapporte-t-il.

Salah Hamouri, comme d’autres, regrette en effet la passivité de la diplomatie française. «Officiellement, bien que je possède la carte de résidence de Jérusalem, je n’ai que la nationalité française, et en tant que famille française, nous avons le droit de vivre où nous le souhaitons. Nos demandes aux autorités françaises sont vaines. Dans mon cas, les Israéliens utilisent cela pour me révoquer la carte de Jérusalem et pour me décourager de venir.»

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Une volonté dans l’ère du temps: les Palestiniens de Jérusalem, qui dans leur grande majorité ne possèdent pas la nationalité israélienne, n’ont qu’un statut de résident de cette ville, facilement révocable. Pour Salah Hamouri comme pour des milliers d’autres, un éloignement géographique de trop longue durée pourrait le voir privé de cette précieuse carte de résidence.

Pourtant, l’hypersécurité de l’aéroport de Tel-Aviv suscite l’intérêt et même l’admiration de nombreux pays, en particulier européens, qui y voient – en dépit des abus relevés – un des lieux les plus sûrs au monde.

Ainsi, deux mois après l’attentat survenu à l’aéroport de Bruxelles en mars 2016, le ministre belge de l’Intérieur bénéficiait d’une visite privée des installations israéliennes. D’autres délégations européennes faisaient également le déplacement.

Dans ces conditions, difficile d’espérer un quelconque assouplissement à l’aéroport international de Ben Gourion, qui se mue chaque année un peu plus en 'tribunal de la pensée'.

* Les prénoms ont été modifiés

** Les autorités aéroportuaires israéliennes n’avaient pas répondu aux sollicitations de MEE au moment de la publication de cet article

Par ailleurs, les administrateurs du présent blog MCP attestent de leurs propres expériences en la matière, rapportées en détails lors de différents voyages en Palestine occupée dans le témoignage de D. Vanhove: "Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes" - 2004 - Ed. M.Pietteur

Laurent Perpigna Iban -

06.06.20

Source: MEE

24 juin 2020

Le lobby pro-israélien voit Black Lives Matter comme menace stratégique majeure

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Alors que les manifestations balaient le monde à la suite du meurtre de George Floyd par la police de Minneapolis, les groupes de pression israéliens se battent pour apparaître aux côtés du mouvement 'Black Lives Matter' tout en maintenant leur soutien au racisme d’Israël

 

Alors que certains tentent de prendre le train en marche de la lutte contre le racisme, d’autres renoncent à toute subtilité. Morton Klein, le chef de l’Organisation sioniste d’Amérique, a exigé que le 'Southern Poverty Law Center', une organisation de défense des droits civils, «mette immédiatement Black Lives Matter (BLM) sur leur liste des groupes motivés par la haine».

«BLM est un groupe d’extrémistes qui haïssent les juifs, les Blancs, Israël, les Noirs conservateurs, qui fait l’apologie de la violence et de dangereux groupes de haines financés par Soros», a déclaré M. Klein sur Twitter.

En plus de son racisme anti-noir, le tweet de Klein se distingue par son antisémitisme – soutenant, comme le fait régulièrement la droite, l’accusation calomnieuse selon laquelle le milliardaire juif George Soros est le maître des marionnettes du monde.

Il n’est pas surprenant de trouver un sioniste se faisant le chantre d’un tel antisémitisme – la théorie de la conspiration a été élaborée par deux des principaux conseillers électoraux du premier ministre israélien.

Et au Royaume-Uni, les Amis d’Israël du Sussex n’ont pas pu cacher leur colère lorsqu’un groupe de manifestants à Bristol a finalement jeté à terre une statue d’Edward Colston, un célèbre marchand d’esclaves du XVIIè siècle responsable de la mort de dizaines de milliers d’Africains enlevés dans leur pays.

Comment être un raciste antiraciste

Mais pour l’Anti-Defamation League (ADL), un important groupe de pression israélien qui se fait passer pour une organisation de défense des droits civils, c’est un exercice d’équilibre plus difficile.

Dans le contexte états-unien, de nombreux groupes de pression israéliens veulent apparaître comme progressistes et antiracistes, même si – en tant qu’organisations sionistes – ils sont profondément racistes à l’égard des Palestiniens.

Le sionisme est du racisme parce que c’est la croyance que les juifs de partout dans le monde ont le droit de s’installer dans la Palestine historique et d’y maintenir un État à majorité juive qui nie tous les droits du peuple palestinien indigène. Cette prétendue supériorité est inscrite dans le droit constitutionnel israélien.

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Pratiquement toutes les personnes qui se définissent comme sionistes s’opposent au retour des réfugiés palestiniens dans les maisons d’où ils ont été expulsés par les sionistes, uniquement et exclusivement parce qu’ils ne sont pas juifs.

Les sionistes soutiennent généralement que les Palestiniens – du simple fait qu’ils sont nés et vivent dans leur propre pays – constituent une «menace démographique» pour Israël.

L’ADL partage ce point de vue répugnant, arguant que les réfugiés palestiniens ne devraient pas être autorisés à rentrer chez eux parce qu’un «afflux de millions de Palestiniens en Israël constituerait une menace pour sa sécurité nationale et bouleverserait la composition démographique du pays».

L’ADL, en outre, a toujours soutenu la suprématie blanche: dans les années 1980, le groupe a notoirement espionné les militants anti-apartheid états-uniens pour le compte du régime raciste sud-africain.

Apparaître comme des alliés

Les groupes de pression israéliens ont longtemps considéré le mouvement 'Black Lives Matter' comme une menace pour le soutien à Israël.

La sonnette d’alarme a été tirée par les organisations de lobbying israéliennes en 2016 lorsque le Mouvement pour les vies noires – une coalition de dizaines d’organisations – a approuvé l’appel palestinien au boycott d’Israël.

Pourtant, conscients que le moment présent est sensible, la Ligue anti-diffamation et des groupes similaires travaillent dur pour coopter BLM plutôt que de le condamner catégoriquement.

Même AIPAC, le puissant groupe de pression israélien sur la colline du Capitole, se met en action en tweetant que dans le sillage du meurtre de Floyd, «le fléau du racisme, de l’intolérance et de l’inégalité doit cesser».

Ces derniers jours, le fil Twitter de la Ligue anti-diffamation a diffusé un flux de soutien aux manifestations réclamant la fin des violences policières et des «réformes». L’ADL fait un effort concerté pour apparaître comme un allié.

Pourtant, tout en exhortant les gens dire les noms à nommer les victimes de la violence policière raciste états-unienne, l’ADL garde un silence zélé sur les innombrables victimes palestiniennes de la violence militaire et policière israélienne – tout récemment le meurtre d’Iyad Hallaq, un homme autiste qui a été abattu alors qu’il plaidait pour sa vie, il se rendait avec son éducatrice à son école d’éducation spécialisée à Jérusalem-Est occupée.

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Le meurtre de Hallaq était si flagrant et horrible – même selon les normes israéliennes – que le gouvernement israélien a présenté des «excuses» hypocrites, et l’ambassadeur des États-Unis en Israël exprimé ses regrets.

Peur et aversion pour Black Lives Matter

Le message de l’ADL en faveur de la réforme fait partie d’une stratégie définie par les groupes de pression israéliens ces dernières années pour prévenir la solidarité croissante entre les militants pour les droits des Palestiniens et les activistes antiracistes, en particulier depuis le soulèvement de Ferguson en 2014, déclenché par l’assassinat par la police de l’adolescent noir Michael Brown.

La semaine dernière, l’American Jewish Committee, un important groupe de pression israélien, s’est plaint que «votre point de vue sur Israël est presque devenu un critère déterminant pour savoir si vous êtes assez progressiste».

Mais c’est une préoccupation de longue date pour les groupes de pression israéliens qui ont vu le soutien progressiste s’épuiser.

En 2017, un rapport fuité rédigé par l’ADL et l’Institut Reut, un think tank israélien influent, déplorait la façon dont les militants ont réussi à «associer la lutte palestinienne contre Israël aux luttes d’autres minorités défavorisées, telles que les Afro-Américains, les Latinos et la communauté LGBTQ».

Le rapport recommandait que les groupes sionistes tentent de perturber cette dynamique en «s’associant avec d’autres communautés minoritaires sur la base de valeurs partagées et d’intérêts communs tels que la réforme de la justice pénale, les droits en matière d’immigration ou la lutte contre le racisme et les crimes motivés par la haine raciale».

Et l’année dernière, l’Institut Reut et le Conseil juif pour les affaires publiques basé aux États-Unis ont publié un autre rapport conseillant les groupes de pression israéliens sur la manière de diviser la gauche afin d’affaiblir les liens croissants de solidarité avec la Palestine. Ce rapport se concentrait en particulier sur la menace perçue de l’intersectionnalité.

Le terme «intersectionnalité» a été inventé par la chercheuse féministe noire Kimberlé Crenshaw en 1989 pour expliquer comment les individus ou les communautés vivent des systèmes d’oppression qui se chevauchent, fondés sur le genre, la race, l’appartenance ethnique et d’autres facteurs socio-économiques.

Le rapport avertissait que l’intersectionnalité «sape les programmes des communautés juives, y compris le soutien à l’État d’Israël».

L’intersectionnalité est devenue un principe directeur pour les organisateurs afin de construire des coalitions plus puissantes pour lutter contre la suprématie blanche, l’incarcération de masse, la violence policière, l’inégalité économique et les politiques anti-immigrants.

Le rapport note avec consternation que l’attaque israélienne de 2014 sur Gaza qui a tué plus de 2200 Palestiniens, dont 550 enfants, a coïncidé avec le soulèvement de Ferguson, dans le Missouri. Cela a généré de fortes expressions de solidarité symbolisées par le hashtag #Palestine2Ferguson.

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Le soulèvement de Ferguson de 2014 a été, selon le rapport, «une référence stratégique dans l’évolution de programmes anti-israéliens au sein des espaces intersectoriels».

Aujourd’hui, le Conseil juif des affaires publiques suit ses propres conseils: la semaine dernière, il a publié une déclaration avec d’autres groupes communautaires juifs s’engageant à soutenir les communautés noires pour «instituer des changements radicaux dans l’application de la loi et mettre fin au racisme systémique».

Pourtant, loin de soutenir les mouvements antiracistes, le Conseil juif des affaires publiques dénigre le mouvement pour les droits des Palestiniens en le qualifiant d’antisémite.

Il a soutenu une législation répressive pour tenter d’arrêter la croissance du BDS – le mouvement non-violent de boycott, désinvestissement et sanctions pour les droits des Palestiniens qui s’inspire de la campagne mondiale qui a contribué avec succès à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud.

La Ligue anti-diffamation n’est pas plus crédible en tant que partenaire contre le racisme, en particulier contre la brutalité policière états-unienne.

Elle a été un acteur majeur dans le secteur de l’envoi de policiers états-uniens en Israël pour des stages de «contre-terrorisme» et d’autres types de formation conjointe. C’est devenu un point central de la campagne «Deadly Exchange» (Échanges meurtriers) qui vise à mettre fin aux liens entre les forces de répression états-uniennes et israéliennes.

Soutien à la violence policière

Un exemple notable des valeurs communes de l’occupation militaire et du maintien de l’ordre partagées par Israël et les États-Unis est apparu à la suite de l’horrible agression dont a été victime Martin Gugino, un militant pacifiste de 75 ans à Buffalo, dans l’État de New-York.

Deux officiers de police ont été accusés d’agression criminelle pour cette attaque. La vidéo montre Gugino renversé par la police anti-émeute jeudi soir, tombant au sol et le sang s’écoulant derrière sa tête. La police de Buffalo a d’abord menti en disant que Gugino avait simplement «trébuché et était tombé». Samedi, Gugino était toujours hospitalisé, dans un état grave.

Le Buffalo News a demandé à plusieurs «experts» ce qu’ils pensaient de l’incident. Maria Haberfeld, professeure au John Jay College of Criminal Justice à New-York et ancien membre de l’armée et de la police nationale israélienne, a justifié l’agression. «Je suis très déçue que les officiers aient été suspendus – très, très déçue», a-t-elle déclaré. 

«L’âge en soi ne vous donne pas d’immunité», a ajouté M. Haberfeld, «toute personne, de l’adolescent à la personne âgée, peut potentiellement faire du mal». Haberfeld se vante d’avoir «fourni une formation au leadership à un certain nombre d’agences de police».

La vision selon laquelle la quasi-totalité de la population est une menace militaire à combattre avec une force brutale a longtemps uni les élites états-uniennes et israéliennes.

C’est un statu quo que les groupes de pression israéliens ont renforcé depuis des décennies. Le racisme passé et présent du lobby ne peut être effacé par quelques tweets en faveur de 'Black Lives Matter'.

Source: Externe

Tactiques dures

Israël et son lobby ont également démontré que lorsque la cooptation de 'Black Lives Matter' ne réussit pas, ils sont prêts à utiliser les mêmes tactiques d’intimidation déployées depuis longtemps contre le mouvement de solidarité avec la Palestine.

En 2018, la fuite du documentaire clandestin d’Al Jazeera, The Lobby–USA, a révélé comment le gouvernement israélien et son lobby ont agi pour perturber le mouvement 'Black Lives Matter' en représailles à la solidarité des Noirs avec la Palestine.

Des images prises en caméra cachée ont montré un fonctionnaire israélien se plaignant du «problème» de 'Black Lives Matter'. Cela a également révélé comment The Israel Project, une organisation aujourd’hui disparue, a tiré les ficelles en coulisses pour faire annuler une collecte de fonds de 'Black Lives Matter' dans une boîte de nuit de New-York.

Ali Abunimah -

09.06.20

Source: Agence Medias Palestine