FREE PALESTINE

20 mai 2022

La guerre russo-ukrainienne modifie certaines alliances géostratégiques

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Le Hamas demande à la Russie de soutenir son combat contre Israël

 

Une délégation du Hamas s’est rendue le 4 mai à Moscou pour s’entretenir avec des responsables russes au ministère russe des Affaires étrangères. Les discussions se sont terminées le 5 mai. La visite du Hamas à Moscou intervient à un moment où les relations russo-israéliennes sont tendues du fait qu’Israël a condamné la guerre de la Russie en Ukraine.

La délégation du Hamas était dirigée par le chef du bureau des relations internationales du mouvement, Moussa Abu Marzouk, et comprenait des membres du bureau politique du mouvement, notamment Fathi Hammad et Hussam Badran.

Les relations entre Moscou et Tel-Aviv se sont détériorées après que Tel-Aviv ait condamné l’attaque russe contre l’Ukraine en la qualifiant de «violation flagrante de l’ordre international.»

Dans une déclaration publiée par Russia Today le 15 avril, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu’Israël tentait «d’exploiter la situation autour de l’Ukraine pour détourner l’attention de la communauté internationale du conflit israélo-palestinien, qui est l’un des plus anciens conflits non résolus.»

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Le 4 mai, le président israélien Isaac Herzog a exigé que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov présente des excuses pour ses déclarations concernant la judéité du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et son lien avec le nazisme, ainsi que pour ses propos selon lesquels «Hitler avait du sang juif».

La tension entre les deux parties s’est encore accrue après que la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, ait affirmé lors d’une interview accordée à Radio Sputnik le 4 mai, que des «mercenaires israéliens» combattaient en Ukraine aux côtés des combattants du bataillon Azov, qui est considéré comme l’un des plus farouches opposants aux forces russes.

Après avoir rencontré des responsables russes, Abu Marzouk a déclaré le 5 mai sur Al-Mayadeen TV: «Le système mondial est en train d’évoluer sous la pression des évènements, et il faut en profiter pour changer le statu quo au profit des opprimés du monde entier.» Il a ajouté que le changement de l’ordre mondial affecterait l’avenir d’Israël.

Un officiel du Hamas, qui faisait partie de la délégation qui s’est rendue à Moscou, a déclaré à Al-Monitor, sous couvert d’anonymat, que cette visite était “unique et exceptionnelle” tant pour la qualité des membres de la délégation que pour l’importance des sujets abordés avec les responsables russes.

L’officiel a expliqué que la délégation avait rencontré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov, ainsi que d’autres membres du Conseil et du Sénat de la Fédération de Russie. Il a ajouté: «Les discussions avec les responsables russes ont porté sur les attaques israéliennes contre les lieux saints chrétiens et islamiques à Jérusalem, et plus largement sur le développement du soutien russe aux Palestiniens, l’amélioration des relations entre le Hamas et Moscou et la levée du siège israélien imposé à la bande de Gaza depuis 2007.»

Le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinwar, a annoncé lors d’un discours à Gaza le 30 avril que la ligne maritime entre Gaza et le reste du monde, qui doit briser le siège israélien imposé à la bande de Gaza, sera inaugurée prochainement, en coordination avec “l’axe de Jérusalem” qui regroupe principalement l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, et qui a des intérêts communs et des accords avec Moscou sur plusieurs questions internationales, notamment le conflit syrien.

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La délégation du Hamas à Moscou a également rencontré le chef du Conseil de l’Iftaa en Russie, le cheikh Rawi Ein al-Dein, qui a affirmé la sympathie des musulmans de Russie pour les Palestiniens opprimés par Israël et a déclaré qu’ils (les musulmans russes) apporteraient toute l’aide possible aux Palestiniens dans leur lutte, toujours selon cet officiel du Hamas.

Il a ajouté que la délégation du Hamas a également rencontré le dirigeant de la République tchétchène,  Ramzan Kadyrov, à Moscou, pour jeter les bases d’une relation plus étroite entre le Hamas et Grozny, la capitale de la Tchétchénie. Une première!

À propos de l’impact de cette visite sur l’évolution des relations entre Moscou et le Hamas, l’officiel a déclaré: «Il est prématuré de parler de la forme que prendra cette relation, mais la visite a été très positive; elle sera renouvelée le mois prochain et sera suivie d’autres visites.» Il a ajouté que Moscou “se montre plus enclin à prendre en compte les intérêts palestiniens.”

Walid al-Mudallal, professeur de sciences politiques à l’Université islamique de Gaza, a déclaré à Al-Monitor: “Moscou cherche à développer de nouveaux outils pour influencer ses adversaires occidentaux sur la crise russo-ukrainienne".

«Le Hamas, quant à lui, a besoin de renforcer ses relations et d’augmenter sa coopération avec la superpuissance qu’est la Russie dans le monde. La crise russo-ukrainienne est une occasion idéale pour le faire. Des relations amicales entre Moscou et le Hamas seront profitables aux deux parties», a-t-il ajouté.

Mudallal a indiqué que la volonté de Moscou de développer des relations avec le Hamas pourrait inciter Tel-Aviv à modifier sa position sur la guerre en Ukraine.

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Selon Mudallal, il était peu probable que les relations entre Moscou et le Hamas se développent au point que Moscou fournisse au Hamas des armes et de l’argent. Il a ajouté: «Ce soutien peut se faire de manière indirecte, par l’intermédiaire de l’Iran et du Hezbollah, qui ont forgé une alliance avec Moscou contre les États-Unis dans de nombreux dossiers internationaux, notamment le dossier syrien.»

Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé le 19 avril qu’elles avaient utilisé pour la première fois les missiles soviétiques surface-air anti-aériens 'Strela' pour repousser les avions militaires israéliens.

Ibrahim Abu Jaber, directeur du Centre d’études contemporaines de la ville d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, a dit à Al-Monitor que «Tel Aviv est préoccupé par cette visite», et il a souligné que toute perturbation dans les relations entre la Russie et Israël ferait le jeu des Palestiniens.

Le Hamas a récemment intensifié sa rhétorique d’incitation contre Israël et encouragé les opérations contre des cibles israéliennes en réponse à l’escalade israélienne à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

Le 2 mai, le Hamas a revendiqué la fusillade du 28 avril à l’entrée de la colonie d’Ariel près de Salfeet, dans le nord de la Cisjordanie, qui a tué un agent de sécurité israélien.

Rasha Abu Jalal (Gaza) -

17.05.22

Source: Chronique de Palestine

19 mai 2022

L'avenir de la colonie sioniste en Palestine, assurément compromis

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Pourquoi les dirigeants & les alliés d’Israël paniquent-ils à propos de son avenir?

 

La résistance palestinienne gagne en intensité et la solidarité internationale contre les crimes de l’État d’apartheid ne cesse de croître. On ne s’étonnera donc pas de voir la panique régner en Israël et dans les puissances néocoloniales mondiales.

La panique concernant la survie de la colonie européenne de peuplement juif d’Israël s’est emparée des cœurs des puissances néocoloniales européennes, ainsi que des colonies de peuplement blanches.

La sophistication croissante de la résistance armée et non armée palestinienne et libanaise, l’intensification du mouvement de solidarité dans les pays occidentaux, le consensus des organisations occidentales des droits humains concernant la nature d’apartheid d’Israël, et la portée de plus en plus grande des médias alternatifs dénonçant les crimes israéliens ont tous été des facteurs importants, quoique à des degrés inégaux, pour provoquer cette panique.

Face à de telles menaces pour la survie d’Israël, le Royaume-Uni, principal architecte de la colonisation juive de peuplement depuis la Première Guerre mondiale, a déclaré cette semaine via le discours de la reine Elizabeth lors de l’ouverture du Parlement, qu’il interdirait aux conseils locaux et autres institutions publiques de participer à des campagnes de boycott et de désinvestissement(BDS).

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En Allemagne, l’État européen le plus antipalestinien (et ce ne sont pas les prétendants au titre qui manquent), l’institut national de diffusion, Deutsche Welle, a récemment purgé au moins sept membres arabes de son personnel qui avaient prétendument critiqué Israël. Dans le même temps, la France a interdit des défilés critiquant les crimes et intrusions d’Israël.

La panique ressentie par ces puissances européennes – et par l’UE elle-même – et par les États-Unis s’est traduite par une poussée vers la criminalisation de toute critique envers Israël, criminalisation qui ne constitue ni plus ni moins qu’un empiètement majeur sur la liberté d’expression de ces pays prétendument «libéraux et démocratiques».

Les efforts de criminalisation s’appuient sur leur adoption de la définition de l’antisémitisme proposée en 2016 par l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) en tant qu’inclusive dans le «ciblage de l’État d’Israël» ou de sa description comme étant de nature «raciste».

L’IHRA est une organisation intergouvernementale dont les 34 pays membres sont exclusivement des États européens ou des colonies de peuplement blanc, dont Israël.

Des menaces pour la survie d’Israël

L’ancien général et 1er ministre israélien, Ehud Barak (né «Brog», fils de colons lituaniens), a récemment exprimé son inquiétude de voir Israël, fondé en 1948, ne pas pouvoir atteindre l’âge mûr de 80 ans. Il y a cinq ans, l’ancien 1er ministre Benjamin Netanyahu (né Mileikowsky, fils de colons polonais) avait exprimé sa crainte qu’Israël ne pût atteindre un siècle d’existence.

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Tant Barak que Netanyahu ont parlé de la disparition de l’ancien État israélien en Palestine, qui existe depuis quelque huit petites décennies, comme base de leurs craintes.

Israël reste la force militaire la plus formidable – au sens propre – du Moyen-Orient. En 1993, il a installé avec succès un régime quisling palestinien (un régime ou un gouvernement Quisling est un nom commun utilisé pour désigner le gouvernement collaborationniste  fasciste dirigé par Vidkun Quisling en Norvège occupée par les  Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale-ndlr) pour l’aider à écraser les Palestiniens qui résistent aux colons et il a soumis la plupart des pays voisins en concluant des accords de «paix» avec eux.

Il a également gagné la reconnaissance par les Américains de son occupation et colonisation illégales de Jérusalem et des hauteurs du Golan. Dans ce cas, pourquoi cette préoccupation à propos de sa future survie? Se pourrait-il que la résistance palestinienne et libanaise, avec l’intensification de ses armements et une certaine sophistication militaire, menace cette survie?

Ce n’est toutefois pas cette résistance, voudraient nous faire croire Barak et Netanyahu, qui définira le sort d’Israël au cours des six ou vingt-six ans à venir.

Barak exprimait sa crainte de voir «la malédiction de la huitième décennie frapper» l’actuel Israël. Le fait que cet Israël moderne a été nommé d’après son ancien homonyme est l’une des raisons pour lesquelles on a établi un parallèle entre le sort de l’ancien État et celui de l’actuelle colonie de peuplement.

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Alors que le débat concernant le nom à donner à l’État avait précédé la Résolution de partition émise par les Nations-unies en novembre 1947, aucune décision n’avait été prise en dépit des nombreuses propositions, parmi lesquelles Judée, Sion, Jeshurun et Eber. Le nom «État d’Israël» fut accepté en avril 1948 et adopté officiellement le 12 mai de la même année par un comité qui comprenait David Remez (un Biélorusse qui s’était rendu en Palestine en 1913, à l’âge de 27 ans).

On dit que le choix du nom de l’État a d’abord été proposé par l’Ukrainien Aharon Schimchelevitz, plus tard, «Reuveni» (1886-1972), frère de Yitzhak Ben Zvi (le deuxième président d’Israël), venu en Palestine en 1910.

Le fait d’appeler le pays «l’État d’Israël» (ou «Medinat Yisrael», en hébreu), un nom dans lequel «Israël» (le nom accordé au Jacob de la Bible après qu’il avait lutté avec l’ange de Dieu) fait allusion au peuple juif, considéré comme la descendance de Jacob, était un choix délibéré.

L’histoire ancienne

Les monnayeurs refusèrent de l’appeler «la Terre d’Israël» (Eretz Yisrael), puisqu’il y aurait confusion du fait que l’État, dans ce cas, allait être établi uniquement sur une partie de ce qu’on appelait la «Terre d’Israël». Le nom de l’État faciliterait le ternissement par les sionistes, au cours des années à venir, de toute personne qui s’opposerait à «l’État du peuple juif», en la taxant d’antisémitisme.

Ce qui laisse le plus perplexe, c’est que, dans l’esprit des dirigeants israéliens, c’est le nom même de l’État qui va sceller son sort dans un proche avenir.

Il convient de remarquer que ni Barak ni Netanyahu ne pensent que ce que l’Israël moderne a fait depuis 1948 est ce qui va sceller son sort dans un proche avenir, ni que la résistance palestinienne et libanaise est ce qui met Israël en danger, mais que c’est plutôt le parallèle fantastique qu’ils tirent avec l’histoire ancienne qui pourrait signifier la fin de la colonie de peuplement.

Israël continuera également de réprimer toutes formes de résistance palestinienne. Il continuera de justifier tous ses crimes coloniaux en faisant appel à l’holocauste comme justification et il continuera de cataloguer comme antisémites et diffamer tous ceux qui critiqueront ses déprédations.

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De sombres prédictions

Israël continuera d’intensifier le sponsoring impérial américain afin de créer des alliances régionales, de commettre des agressions contre ses voisins, dont le Liban et la Syrie ainsi que le plus lointain Iran, et il continuera de prétendre que son agression prédatrice n’est rien de plus que la manifestation de son «droit à se défendre».

Mais la résistance palestinienne et libanaise est bien décidée à poursuivre ses efforts en vue de bloquer l’agression coloniale d’Israël et elle gagnera probablement en force et sera sans doute mieux équipée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Si tout ceci doit sceller le sort de l’avenir d’Israël – et il y a de bonnes raisons de croire que ce pourrait et devrait être le cas – cela ne se fera pas en adoptant certains types de crimes nouveaux et récents pour mettre un terme à cet horrible chapitre colonial de l’histoire des Palestiniens et des autres Arabes.

Sa fin viendra plutôt de la persistance et de la poursuite de pratiques coloniales exactement pareilles à celles qu’Israël a instituées depuis 1948 et que l’idéologie sioniste a appelées depuis la fin du 19è siècle, ainsi que de la résistance palestinienne et libanaise qu’elles ont encouragée au fil des décennies. Il est bien plus certain que la raison de la chute d’Israël n’ira pas jusqu’à l’une ou l’autre répétition ni ne sera basée sur le choix de son nom ou sur quelque autre absurdité.

Bien sûr, ces sombres prédictions israéliennes constituent également une démarche cynique de la part de Barak et de Netanyahu, puisqu’elles ont été élaborées afin de faire naître la panique parmi les colons juifs d’Israël et d’étouffer toute opposition locale, aussi faiblarde soit-elle, en n’importe quel endroit du pays, alignant de la sorte les colons juifs derrière leur État.

Les prédictions ont également été élaborées pour instiller la panique parmi les supporters et alliés d’Israël en Europe et dans les colonies de peuplement blanches, de sorte qu’elles fournissent plus de soutien et de couverture sur le plan financier, militaire et diplomatique. L’adoption par ces pays de la définition de l’IHRA fait partie de cette stratégie.

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Une panique réelle

La crainte d’une dénonciation internationale continuelle des crimes d’Israël, toutefois, a provoqué une panique réelle au sein de la direction israélienne.

Cela a mené cette semaine à l’assassinat (ou, plus exactement, à l’exécution) de la très éminente journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh (que j’ai eu le privilège de rencontrer un jour, en 2002, au domicile d’Edward Saïd), la correspondante la plus compétente et la plus brillante d’Al Jazeera en Palestine, alors qu’elle couvrait l’un des nombreux raids criminels d’Israël dans le camp de réfugiés de Jenin.

La réponse des puissances coloniales européennes et des USA a constitué, comme toujours, à faire cercle avec les chariots, dans le plus pur style boer. Les USA ont exprimé leur «tristesse»; l’UE de son côté, n’a pas semblé particulièrement «triste». Tous deux ont montré une réticence à adresser un blâme à ces Israéliens assassins.

Le fait que Shireen Abu Akleh était une ressortissante américaine est autant une inquiétude que ne l’était le Palestino-Américain âgé décédé après avoir été tabassé par des soldats israéliens, en janvier dernier.

Le problème ne concerne pas simplement l’hypocrisie des réactions américaines et européennes à la situation en Ukraine comparées à leurs réactions aux crimes coloniaux en Palestine, mais il concerne aussi les engagements permanents dans la préservation de la colonie juive de peuplement en vue d’un futur prévisible.

C’est un futur que la résistance palestinienne et libanaise, ainsi que la solidarité internationale, continuent à mettre en danger et à compromettre. Au vu de ces dangers réels et imaginés, l’optimisation israélienne et occidentale des efforts destinés à sauvegarder l’avenir colonial d’Israël reste une priorité.

En ce 74è anniversaire de la Nakba, les prévisions de fin future pour Israël peuvent ne pas être trop exagérées, bien que l’engagement futile de l’Europe et des USA afin d’empêcher une telle éventualité le soit certainement, lui, exagéré.

Joseph Massad (New-York) -

15.05.22

Source: charleroipourlapalestine.be

18 mai 2022

Il est scientifiquement prouvé qu’une balle dans la tête fait taire une journaliste

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56 journalistes assassinés en Palestine depuis 20 ans. Pas très grave puisque l'important demeure: les balles qui tuent ces femmes et ces hommes sont tirées par des démocrates

 

L'Etat sioniste est bien sûr coupable puisqu' un feu vert éclatant et permanent est donné à toutes les exactions et atteintes au droit de l'homme. La mort de Shireen, la journaliste Palestinienne, est "un crime de guerre"! Et alors, la traduction de Tsahal n'est-elle pas "Armée de Défense"? Tout crime israélien est légitime.

Aujourd’hui ces vidéos implacables qui nous déroulent à volonté la bobine de la vie nous permettent aussi, quand le drame tend sa toile, de voir la mort en face. En regardant les images de ma magnifique consœur Shireen Abu Akleh, prise dans une rafale de tirs, j’ai revécu ma propre mort, ou presque mort. En effet puisque le 21 octobre 2000 à Ramallah, j’ai été ainsi pris, comme elle, dans la mire d’un tireur «d’élite» israélien. Qui m’a visé au cœur.

Hasard de l’histoire, le criminel de guerre - puisqu’il s’agit de cela selon la Convention de Genève - n’a pas touché ce qu’il voulait détruire; tirant juste quelque centimètres trop haut. Grâce à cette association du hasard et du formidable talent des chirurgiens Palestiniens j’ai survécu.

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Soyons clairs, la victime est bien Shireen et non moi qui suis encore là. Ecrire ces lignes ce n’est qu’une façon d’être solidaire par le témoignage. D’expérience, je peux décrire les secondes horrifiantes qui furent, pour Shireen, les dernières de sa vie.

Vous êtes journaliste, vous êtes là sans armes, non pour faire la guerre mais pour rendre compte, permettre au monde de voir l’invisible. Puis c’est l’ahurissement, l’incompréhensible de la blessure, le passage dans un autre monde. Une reporter de la qualité de Shireen avait assez d’expérience pour ne pas se mettre volontairement sous le feu.

Si elle est tombée ce n’est pas le hasard d’une malchance, c’est qu’un barbare a décidé, en lui ôtant la vie, de commettre un crime de guerre. Selon la loi un attentat terroriste dont il se moque puisqu’il sait en appuyant sur la détente qu’il sera impuni.

J’ai jadis croisé la jeune femme à Ramallah, à Gaza, à Jérusalem, dans le patio de l’hôtel 'American Colony' qui fût le palais de Lawrence d’Arabie. Elle était intimement journaliste et Palestinienne, mais aussi Palestinienne et journaliste. Comme Paul Nizan (mort lui aussi sous des balles) était marxiste et Français. Ceux qui oseront aujourd’hui nous dire que ses écrits étaient militants sont des lâches, ils étaient simplement justes. Courageuse dans ses récits, courageuse sur le terrain, elle gardait toujours le sens de l’accueil, toujours prête à aider l’autre. Plus qu’une femme, c’est un exemple qui a été assassiné.

J’en reviens à l’expérience de la mort. Et je tiens aussi à demander pardon à ces Palestiniens «anonymes» qui, chaque jour ou presque, tombent sous des tirs israéliens. De ceux-là, la presse occidentale parle peu et ils apparaissent rarement sur les écrans. Ils ne sont rien qu’un nombre qui vient s’ajouter au chiffre des morts comptabilisés tous les mois, tous les ans... Et le monde, les yeux clos, se moque de ce cortège. Par sa mort Shireen ressuscite aussi la mémoire de toutes ces victimes tombées sans faire de bruit.

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Très gravement blessé, laissé sur le pavé par les démocrates israéliens indifférents qui ont refusé de me porter secours, je connais le refrain repris aujourd’hui par les «autorités» israéliennes: «Ce sont les palestiniens qui ont tiré».

Les mensonges du «story telling» sont tenus en réserve, prêts à être servis à chaud. Ce déni permet à tous les aveugles de la planète, si épris de vérité, mais qui là ne veulent rien savoir, d’être les relayeurs d’une insupportable prudence «ne nous emballons pas, attendons les preuves». Des preuves qui ne viendront jamais, ou trop tard, le drame étant effacé des mémoires occidentales.

Vient ensuite le bobard, celui de «l’enquête impartiale». Qui bien sûr, ne peut être crédible qu’exécutée par les «experts» israéliens. Personnellement après ma blessure, on m’a servi ce mensonge, celui d’une «armée qui se livrait à une investigation». C’est faux et cette illusion, ce leurre sont ignobles: des pelles qui jettent la terre de l’enterrement.

A force de me battre, avec l’aide de l’avocat William Bourdon et de quelques juges français, j’ai fini par apprendre officiellement d’Israël: que mon cas avait été étudié, mais que le rapport militaire était secret. Comble du mépris, mes assassins osaient ajouter que ce compte rendu officiel avait été «perdu» mais, que de toutes façons, le tir qui m’a traversé le corps était le fait «des Palestiniens»!

Après 20 années de combat la justice française a reconnu que j’avais bien été «victime d’une tentative d’assassinat de la part d’Israël» (un crime de guerre). Mais d’où les magistrats français tiennent-ils cette certitude? D'une mince ogive de métal retirée de mon omoplate. Analysée par des experts la munition est bien une balle de M16 fabriquée par IMI, l’industrie d’armement israélienne. Faute d’être puni, le coupable est connu.

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Même si les amateurs du port de parapluie par beau temps affirment les lèvres serrées que «comparaison ne vaut pas raison», intimement je sais tout de la mort de Shireen et que seul le hasard a voulu que je respire encore. Mon témoignage entend aller, en bouclier, au devant des mensonges officiels et donner un peu d’espoir à ceux qui aimaient Shireen.

L’étude balistique, dans la zone où notre consœur a été tuée, et celle d’un projectile - s’il est retrouvé - peuvent encore dénoncer un coupable. Un jour il sera puni, lui et ceux qui lui sont solidaires, ses enfants peut-être, punis par trop de honte et d’injustice accumulées. Ainsi, je recommande à ceux qui ne sont pas indignés, de visionner les images tournées au moment où le corps de Shireen est retiré de la morgue de l’hôpital de Jérusalem.

On voit alors un peloton de policiers israéliens lancer l’assaut contre un cercueil, comme si ces non-humains souhaitaient la deuxième mort d’une journaliste trop indomptable. L’accumulation d’une barbarie à visage humain, suicidaire pour Israël, feront un jour sauter le manteau de plomb qui veut étouffer la Palestine.

Jacques-Marie Bourget -

15.05.22

Source: Le Grand Soir

17 mai 2022

Masafer Yatta: autre résultat de l'impunité du régime d'apartheid israélien de la part de nos 'démocraties'

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Les juges de la Haute Cour savent qu’Israël ne fera pas l’objet de sanctions au sujet des expulsions de Masafer Yatta

 

A partir de ce matin, à n’importe quel moment, l’Administration Civile, les Forces de Défense Israéliennes, la Police des Frontières et la police ordinaire sont autorisées à envoyer des dizaines – et même plus si elles l’estiment nécessaire – de soldats et de policiers dans huit villages de Massafer Yatta et, avec leurs armes pointées sur eux, de mettre sur des camions et des bus des centaines de leurs résidents – les vieux, les jeunes, femmes et bébés. Et ceci se fera avec un sceau d’approbation de la Haute Cour de Justice d’Israël.

A partir d’aujourd’hui, les sous-traitants qui travaillent pour l’Administration Civile, accompagnés d’agents de la fonction publique et de soldats, ont l’autorisation de détruire non seulement une drôle de petite cabane ou un enclos pour le bétail, mais des dizaines de logements, dont les cavernes qui ont été creusées dans le rocher pour servir de résidence bien avant la création de l’État d’Israël.

Tout ceci est rendu possible par une décision des juges David Mintz, Isaac Amit et Ofer Grosskopf de rejeter les pétitions remplies par les résidents de Massafer Yatta contre leur déplacement permanent.

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La décision a été publiée sur le site internet de la Cour Suprême, la veille du Jour de l’Indépendance où les juifs célèbrent la fondation de l’État d’Israël et où les Palestiniens pleurent la perte de leur pays natal, leur expulsion et leur transformation en réfugiés. 

Les Juges de la Haute Cour ne pouvaient avoir mieux calculé la publication de leur décision d’approuver une expulsion et de mettre fin au mode de vie de ces Palestiniens – mode de vie qui s’est organisé sur plus d’un siècle et qui se caractérise par des interconnexions familiales, économiques, sociales et culturelles et des dépendances au sein des villages et entre eux et le centre urbain le plus proche. La destruction de huit des quelques 14 villages va détruire le tissu historique et géographique de la vie dans cette zone.

Dans le débat historique pour savoir si Israël est, dans son essence et par nature, une entité coloniale de peuplement, les juges ont exprimé une position ferme: c’est très certainement le cas. Parce que l’essence du colonialisme de peuplement, c’est qu’une population immigrante prenne possession de la terre tout en expulsant ses autochtones (dans le cas le plus extrême, en commettant un génocide), en niant leur lien avec la terre et en les excluant totalement du nouvel ordre politique créé par les immigrants.

Dans ce contexte, où la population indigène n’a pas la parole ni aucun droit, il est naturel pour les nouveaux dirigeants de décider qu’un certain terrain est nécessaire à son armée. Ou peut-être plus de colons. Ou peut-être les deux. La transformation de Massafer Yatta en Zone de Tir 918 n’est qu’un autre pallier dans un processus qui dure depuis plus d’un siècle entre le Jourdain et la Méditerranée et qui sert d’illustration à la continuité de la politique israélienne.

Les juges ont repoussé de façon méprisante les preuves fournies par les résidents – témoignages oraux, documents et preuves physiques de la véritable zone – attestant de leur connexion, passée et présente, à ce lieu. Et en fait, le rejet de la mémoire historique et familiale de la population indigène est une part essentielle d’un ordre politique colonial de peuplement, dans lequel on n’accorde aucune considération à sa parole ou à son passé.

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Les juges ont adopté avec enthousiasme la position de l’État, qui maintenait que les résidents de Massafer Yatta n’avaient envahi la zone qu’après que l’armée l’ait déclarée zone d’entraînement en 1980. En d’autres termes, selon le Bureau du Procureur de l’État et la Haute Cour, une population de cultivateurs et de bergers, qui mènent une vie très simple, a comploté en toute mauvaise foi pour empêcher la zone d’être transformée en terrain d’entraînement militaire, choisissant de vivre dans un endroit sans eau courante ni électricité ni routes d’accès goudronnées et sans autorisation de construire.

Les juges ont choisi d’ignorer la façon dont les villages et hameaux palestiniens étaient apparus et avaient été créés au cours des siècles. Lorsque la population grandit et que le nombre de moutons et de chèvres se multiplie, certains résident d’un village s’en iront vers d’autres pâturages et d’autres sources d’eau et agrandiront progressivement les terres qu‘ils travaillent, connues et acceptées comme étant celles de leur village.

Des grottes pouvaient initialement servir de logement et, avec le temps, alors que la population grossit dans ces extensions et que les besoins changent, des constructions plus simples sont édifiées, dont des constructions publiques, telles que des écoles et des routes d’accès. Le village d’origine devient une ville, ou même une cité.

Après 1967, Israël a résolument décidé de mettre un terme à ces processus évolutifs en Cisjordanie. Déclarer des régions zones de tir fut un des moyens pour y parvenir. Construire des colonies et voler plus de terre et de ressources en eau en fut un autre.

La Haute Cour a choisi de feindre l’ignorance et de dénigrer la signification historique d’un document soumis par l’Association pour les Droits Civiques en Israël: recommandation d’Ariel Sharon, alors qu’il était ministre de l’agriculture en 1981 et président du comité ministériel des colonies, disant que l’armée cherchait à étendre sa zone de tir déclarée à Masafer Yatta afin d’empêcher «la descente des paysans arabes de la montagne jusqu’au flanc de la montagne face au désert … et garder cette zone dans nos mains».

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Les défenseurs des villages – Shlomo Lecker et les avocats pour ACRI, Dan Yakir et Roni Pelli – se sont appuyés sur l’article 49 de la Convention de Genève: «Les transferts forcés individuels ou massifs, ainsi que les déportations de personnes protégées d’un territoire occupé au territoire de la puissance occupante ou à celui de tout autre pays, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif.»

Les juges ont rejeté les réclamations des plaignants comme quoi la Cour devait honorer cette clause. Le juge Mintz a même affirmé que la Section 49 s’appliquait selon un «accord» et non selon la «coutume» - en d’autres termes, que c’était le résultat d’un accord entre pays et non celui qu’un tribunal dans n’importe lequel de ces États se devait nécessairement d’honorer. Les avocats Michael Sfard et Netta Amar-Shiff (dont le mémoire d’amicus curiae qu’elle avait déposé à la demande du conseil communautaire de Masafer Yatta a été rejeté par le tribunal) ont dit jeudi que les arguments de Mintz étaient infondés; comme l’a dit Sfard: «Ce n’est rien de moins qu’une honteuse erreur juridique élémentaire.»

Les pétitions originales soumises par Lecker et les avocats d’ACRI en 2000 ont fait suite à l’expulsion de masse par l’armée en novembre 1999, assortie du rasage de maisons,d’enclos, de puits et de grottes qui servaient de logements. Ces expulsions eurent lieu sous Ehud Barak alors 1er ministre et ministre de la Défense, membre du Parti Travailliste, et à un moment où Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine étaient en train de négocier dans ce que le monde appelait alors un processus de paix. La discordance entre un «processus de paix» et une expulsion de masse n’a pas troublé la société israélienne.

La Haute Cour, comme d’habitude, a raté dans les années 2000 l’occasion d’émettre une décision de principe contre les expulsions et d’exiger de l’État qu’il agisse conformément au Droit international. Elle s’est alors décidée à une injonction provisoire qui autorisait les résidents à revenir, mais leur interdisait de reconstruire les structures qui avaient été détruites ou de construire de nouveaux logements pour faire face aux besoins d’une population croissante.

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Cependant, la Haute Cour a généreusement autorisé l’État à maintes fois reporter sa réponse aux pétitions originales. Pendant ces années, l’Union Européenne a dit clairement qu’elle s’opposait à toute forme de déplacement forcé… Simultanément, les avant-postes illégaux de colons se sont multipliés dans la zone, la terre contrôlée par les colons s’est étendue, ainsi que les méthodes utilisées par l’Administration Civile et les colons pour priver les Palestiniens d’accès à leur terre.

En dépit du fait que l’expulsion de masse et la démolition de villages entiers, maintenant approuvées par la Haute Cour, vont à l’encontre de la position de l’UE et probablement de certains responsables du gouvernement des États-Unis, les juges de la Haute Cour savent très bien qu’Israël ne court aucun danger d’être sanctionné pour sa décision.

Ils savent également très bien que le déplacement forcé d’entre 1.200 et 1.800 Palestiniens de leurs maisons ne s’écarte d’aucun des standards qui prévalent maintenant en Israël.

Amira Hass -

07.05.22

Source: Aurdip

16 mai 2022

14 mai 1948: commémoration de la Nakba

Source: Externe

Un peuple qui résiste finira tôt ou tard par triompher!

 

Le 14 mai 1948, jour de la «création de l’Etat israélien», est commémoré par les Palestiniens comme la Nakba, la Catastrophe. L’entité sioniste s’est construite sur une épuration ethnique sans précédent qui consista à massacrer et expulser 90% de la population autochtone: le peuple palestinien.

Cinq cents villages détruits, 800.000 Palestiniens expulsés de leurs terres, de très nombreux massacres, les sionistes franchissaient alors une étape majeure dans leur projet colonial entrepris dès la fin du XIXè siècle.

Mais la Nakba ne s’est pas arrêtée en 1948. Depuis plus de 70 ans, la judaïsation de la Palestine, l’épuration ethnique et le vol de la terre se poursuivent à marche forcée, avec le soutien total des puissances impérialistes. Les Palestiniens, hommes, femmes, enfants, journalistes sont assassinés au grand jour, les prisonniers torturés, leurs maisons détruites, leurs terres volées, leurs lieux de cultes spoliés, leur dignité bafouée.

Source: Externe

Jamais un crime ne fut autant légitimé, légalisé, applaudi. Jamais un crime n’a rassemblé et coalisé autant de nations, révélé tant d’hypocrisie et de trahison pour écraser un peuple. Sur la Nakba s’est établi un crime nommé 'Israël'.

L’Europe et les Etats-Unis apportent un soutien inconditionnel à l’entité sioniste, et la France se distingue par son extrémisme et son soutien indéfectible au crime israélien qui se perpétue sous nos yeux. A l’occasion des 74 ans d’existence de l’entité sioniste, le Président français a assuré Israël d’une «coopération sur tous les plans», s’alignant ainsi ouvertement sur les positions israéliennes.

Après Donald Trump en 2019, Emmanuel Macron, par la voix de Jean Castex, a ainsi déclaré le 24 février 2022 que «Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël».

Pas un mot sur les crimes commis par les sionistes, alors que depuis le début de l’année 2022, près de 50 Palestiniens ont été tués, dont 8 enfants et 2 femmes, selon l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’Homme, soit 5 fois plus que l’an dernier pour la même période.

Comme ancienne puissance coloniale, la France n’a jamais respecté les droits de l’homme qu’elle défend pourtant ostensiblement comme valeur fondatrice de la République. Avec son soutien inconditionnel à l’Etat sioniste, elle reste dans cette tradition coloniale en bafouant constamment les principes affichés et le droit international. Le colonialisme est l’ADN de la République française.

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Pas un mot non plus sur l’exécution le 11 mai 2022 à Jenin, de Shireen Abu Akleh, journaliste de la chaine d’information Al Jazeera, par l’armée israélienne. Rien, visiblement rien, ni les meurtres de masses, ni le crime ciblé d’une journaliste, ne peut sortir de la bouche des responsables français pour condamner les agissements criminels des sionistes.

La liberté de la presse et la liberté d’expression sont à géométrie très variables. A l’international comme au plan national, l’Etat français piétine les principes de la liberté d’expression et d’association. Ainsi, sous le mandat d’Emmanuel Macron, pas moins de 29 associations ont été dissoutes, dont deux associations de solidarité avec la Palestine.

Le décret de dissolution de ces dernières, fruit de l’allégeance à Israël, a cependant été annulé par le Conseil d’Etat, dans une décision historique contre le gouvernement français, reconnaissant que ce dernier a porté une atteinte grave à la liberté d’expression et la liberté d’association.

En Palestine comme en France, le sionisme veut en découdre avec la résistance et le mouvement de solidarité pour l’auto-détermination du peuple palestinien. Mais la résistance continue. Rien n’empêchera le cours de l’histoire dont on peut tirer cet enseignement: un peuple qui résiste finira tôt ou tard par triompher. 

A l’occasion de la commémoration de la Nakba, le Comité Action Palestine renouvelle son soutien total à la résistance du peuple palestinien.

Rédaction Comité Action Palestine -

14.05.22

Source: ISM

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