FREE PALESTINE

01 juillet 2016

Un Bateau des femmes pour Gaza prendra la mer en septembre

women_boat-196adUn Bateau des femmes pour Gaza prendra la mer en septembrefreedom_flotilla_logo-ab733

 

La Coalition de la Flottille de la Liberté a demandé aux membres du Parlement européen de soutenir le Bateau des femmes pour Gaza qui projette de naviguer vers Gaza à la mi-septembre.

« Depuis la fin de semaine dernière, les préparatifs concernant le Bateau des femmes pour Gaza, une nouvelle campagne de la Coalition Flottille de la Liberté, ont beaucoup progressé avec l’objectif d’un départ vers Gaza à la mi-septembre. », annoncent les organisateurs.

Les membres de l’équipage de même que les passagères seront exclusivement des femmes. Leur objectif ? Sensibiliser l’opinion publique mondiale à l’illégalité du blocus auquel ce territoire est soumis. Militante des droits de la personne en Afrique du Sud, Shabnam Mayet rappelle que « l’occupation israélienne, de façon systématique, viole impunément à la fois le droit international et les résolutions de l’ONU »

Parmi les déléguées qui ont confirmé leur participation à la flottille, Mairead Maguire, militante pacifiste nord irlandaise et lauréate du prix Nobel de la paix en 1976 ainsi que Marama Davidson, députée du Parti Vert de Nouvelle Zélande seront à bord. Les noms d’autres déléguées seront dévoilés dans les prochaines semaines.

Un des objectifs principaux de notre mission est de rendre visible aux yeux du monde entier les effets dévastateurs et la violence du blocus imposé aux Palestiniennes et Palestiniens de Gaza. Nous allons mettre l’accent de façon plus spécifique sur la lutte des femmes et leurs multiples rôles au sein de la résistance. Les femmes de Gaza sont les gardiennes de la vie quotidienne au cœur de leur territoire assiégé et agressé ; elles sont impliquées dans la protection et le développement de leurs communautés ; elles jouent un rôle déterminant dans la lutte pour le droit à l’existence et à l’autodétermination de leur nation.

La voix de ces femmes doit être entendue, surtout en périodes d’extrême injustice comme celles vécues à Gaza depuis l’occupation et l’imposition du blocus.

La Coalition de la Flottille de la Liberté a demandé aux membres du Parlement européen de soutenir le Bateau des femmes pour Gaza. La Coalition a également demandé aux gouvernements de protéger cette initiative et de ne pas entraver le cours de sa mission de solidarité à destination des Palestiniennes et Palestiniens assiégés vivant à Gaza. »

Pour tout renseignement : +1 519-859-3579 ou par courriel mediawbg@gmail.com.

Pour appuyer financièrement cette campagne : http://canadaboatgaza.org/donate/

Pour nous suivre, rendez vous sur : http://www.ffq.qc.ca/luttes/bateau-gaza/a-propos/ (en français), www.canadaboatgaza.org (en anglais),

Solidairement,

L’équipe du Bateau pour Gaza : Bateau Canadien pour GAZA : www.canadaboatgaza.org courriel : canadaboatgaza@gmail.com

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article11938

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Les tunnels de Gaza : un outil vital de la résistance

C’était une nuit chaude à Jabaliya, au nord-est de Gaza-Ville. Abu Zein et sa femme s’étaient rapidement endormis. Soudain, ce que le couple avait d’abord pris pour un tremblement de terre avait secoué si violemment leur lit que les pieds de celui-ci avaient cédé.

Ils avaient sauté du lit aussitôt et s’étaient encourus de la maison dans laquelle ils venaient à peine d’emménager après leur mariage. Mais, à l’extérieur, tout était tranquille. Personne ne s’agitait, il n’y avait pas de dégâts visibles, l’endroit restait silencieux.

Le seul mouvement était venu de l’ombre où deux ou trois combattants des Brigades al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, étaient apparus pour demander au couple ce qui s’était passé.

Quand Abu Zein — qui n’a pas voulu donner son véritable nom par souci de sécurité – le leur eut expliqué, les combattants lui avaient promis de réparer les moindres dégâts dans la maison du couple. Le lendemain, un homme était venu avec des outils pour réparer le pavement détérioré et de l’argent en guise de compensation pour les meubles endommagés.

Une terre à niveaux multiples

Les factions de la résistance palestinienne à Gaza ont longtemps utilisé des tunnels souterrains comme partie intégrante de leur tactique militaire. C’est une leçon qu’ils ont tirée de l’histoire. Les Vietnamiens avaient creusé un vaste réseau de tunnels dans leur combat contre les troupes américaines, un réseau dont jamais l’armée américaine n’était parvenue à s’assurer le moindre contrôle. Le Hezbollah lui aussi s’était réfugié sous terre pour résister à l’occupation israélienne du Liban ainsi que pendant la guerre menée par Israël contre le pays en 2006.

Pour les groupes palestiniens – et particulièrement les Brigades al-Qassam – les tunnels servent à de nombreux usages : faire entrer des marchandises, pratiquer l’infiltration ou se mettre à l’abri. Ils constituent la seule protection contre les forces aériennes d’Israël et la surveillance à partir du ciel. Ils ont également été utilisés de façon offensive. On se souviendra surtout de l’attaque menée en 2004 contre un poste israélien d’observation militaire à Rafah, au cours de laquelle cinq soldats israéliens avaient été tués, ou de la capture en 2006 du soldat israélien Gilad Shalit.

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Un combattant des Brigades al-Qassam dans un tunnel à Gaza. (Photo : Abed Zagout)

L’histoire d’Abu Zein est l’un des nombreux récits qui suggèrent que Gaza est actuellement constituée de plusieurs couches. La plupart des gens vivent et travaillent à la surface du sol. Mais en dessous – comme l’a illustré en 2015 un documentaire d’Al Jazeera pour lequel le correspondant Wael al-Dahdouh a eu accès aux tunnels de la partie occidentale de l’enclave côtière –, d’autres, des gens vêtus de tenues militaires, vaquent à leurs propres occupations.

Le documentaire d’Al-Dahdouh est une véritable révélation. Il montre le genre de tunnels que l’on voit dans les informations : étroits, ils suscitent la claustrophobie tout en sinuant sous la surface du sol. Mais il montre également des espaces plus larges qui servent d’entrepôts, de chambres pour dormir, de salles de séjour, de cuisines et de salles de bains et lieux d’aisance.

Creuser des tunnels est un travail dangereux et leur conception même résulte d’expériences douloureuses. Les plafonds sont en arc de cercle, comme l’ont expliqué des membres d’al-Qassam à Al Jazeera, du fait que les plafonds plats s’effondrent plus facilement. Et leur emploi est d’une importance stratégique extrême pour la résistance palestinienne, disent les observateurs. D’après Yousef al-Sharqawi, un général de division retraité de l’Autorité palestinienne, les tunnels expliquent la capacité des Brigades al-Qassam à résister aux attaques répétées, prolongées et féroces des Israéliens.

Les tunnels, ajoutait al-Sharqawi, procuraient aux combattants un abri, la liberté de mouvement et la capacité de surprendre et, dans certains cas, de capturer des militaires israéliens.

Le documentaire d’Al Jazeera montre également que les concepteurs des tunnels ont accès à un équipement relativement sophistiqué qui est désormais à cent lieues des méthodes manuelles utilisées dans le passé. En outre, les tunnels ont leur propre réseau de communication, permettant aux combattants d’échanger des informations sans risque d’interception.

Un travail dangereux

Au hasard d’une rencontre avec un groupe de creuseurs des Brigades al-Qassam, ce journaliste a eu l’occasion de leur poser des questions sur leur travail. Les estimations varient mais, selon les Brigades, rapporte le documentaire d’Al Jazeera, quelque 4 000 personnes sont engagées à creuser des tunnels, avec une paie qui varie entre 200 et 400 dollars par mois.

Le travail commence à toute heure, il est pénible et dangereux.

« Nous souffrons de problèmes respiratoires », expliquait l’un des hommes, d’une voix rauque. Tous les hommes étaient restés masqués, durant la brève rencontre. « L’air n’est pas bon, en dessous du sol. Mais nous nous y sommes habitués. »

Un autre disait qu’ils surmontaient leur crainte de voir le tunnel s’effondrer grâce à leur foi.

« Quand nous sommes à l’intérieur, nous plaçons notre confiance en Dieu. Si quelque chose devait arriver, ce serait un honneur pour nous d’être des martyrs. »

Le groupe était reparti rapidement. Les procédures de sécurité ne permettent pas aux membres d’al-Qassam, qui portent les couleurs du groupe, de rester longtemps à découvert.

En dépit de leur bravoure, les pertes en vies humaines dans l’industrie tunnelière constituent un phénomène récurrent, à Gaza. En janvier, sept jeunes hommes sont morts dans l’effondrement d’un tunnel par mauvais temps.

Puisque ce danger est toujours présent, il n’est peut-être pas étonnant que les Brigades al-Qassam doivent vraiment insister sur l’importance stratégique des tunnels. Au début de cette année, le groupe a publié sur son site Internet officiel un rapport dans lequel il répertoriait ce qu’il appelait ses « réalisations majeures » au fil des années, grâce à la tactique des tunnels. 70 militaires israéliens avaient été tués au cours de 13 opérations, disait le rapport, 129 autres avaient été blessés et deux avaient été faits prisonniers : Shalit en 2006 et Shaul Aaron‬‏ lors de l’offensive israélienne contre Gaza en 2014.

Le coûteux travail de sape d’Israël

Sans nul doute, l’armée israélienne prend les tunnels très au sérieux. Les tunnels sont l’une des raisons citées par Israël pour empêcher des matériaux comme le ciment et le bois d’entrer à Gaza, de façon à faire avorter les tentatives de reconstruire les infrastructures civiles – depuis les réseaux d’égouttage jusqu’au logement – sévèrement endommagées lors des offensives israéliennes répétées.

L’armée investit des millions dans la technologie destinée à détecter les tunnels. En avril, elle a prétendu avoir découvert un tunnel situé à 30 mètres sous le sol. Elle s’est assuré le soutien des États-Unis dans ces efforts de détection, et ce, pour un montant de 120 millions de dollars.

Rien de tout cela n’a d’effet dissuasif sur les chefs militaires des Brigades al-Qassam. Un combattant haut gradé a expliqué à ce journaliste dans une réponse écrite transmise par un intermédiaire que « personne ne peut arrêter nos opérations tunnelières (…) Israël tente de masquer son incapacité à détruire les tunnels en bloquant l’accès d’équipements et de matériaux à Gaza. »

Fayez Abu Shamala, un analyste politique et professeur à l’Université al-Aqsa de Gaza, suggérait récemment dans un post sur Facebook que tout progrès technologique du côté israélien ne serait contré qu’avec une détermination plus grande encore du côté palestinien. Une source de haut rang, affirmait-il, « m’a dit qu’ils avaient réussi dernièrement à installer des tunnels offensifs à une profondeur de 50 mètres ».

Détruire les tunnels, tel était le but affirmé de l’invasion terrestre de Gaza en 2014, et le fait que ces tunnels sont toujours là embarrasse particulièrement le gouvernement de Benjamin Netanyahou et constitue donc l’étincelle potentielle d’un nouveau conflit. En janvier, Netanyahou a menacé d’agir avec une « bien plus grande vigueur encore » que lors de l’offensive de 2014, qui avait tué plus de 2 200 personnes. Et la désignation le mois dernier d’Avigdor Lieberman comme ministre de la Défense – qui avait menacé précédemment d’un « nettoyage total » de Gaza – ne fait que jeter de l’huile sur le feu.

Pourtant, les dirigeants de la résistance palestinienne maintiennent que les tunnels sont d’une telle importance stratégique en tant que moyen de pression sur Israël que leur coût élevé en vaut la peine. À propos du tunnel détecté par Israël en avril, un dirigeant des Brigades estimait son coût à 4 millions de dollars et il a déclaré dans le journal libanais al-Akhbar qu’un tunnel moyen coûtait 2 millions de dollars en frais de creusement.

« Le coût n’est rien comparé à leur valeur en tant que tactique militaire efficace », a-t-il ajouté. « Ils restent un véritable défi contre Israël. »


Publié le 27 juin 2016 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal

Hamza Abu Eltarabesh est un journaliste de Gaza.

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24 juin 2016

Quel Jérusalem ? Les plans directeurs mal connus d’Israël

Par Nur Arafeh, le 31 mai 2016

SOMMAIRE

Jérusalem 2050 : destination largement juive de technologie de pointe et de tourisme avec une présence palestinienne minimale. C’est une conception de la ville par Israël qui la met en place grâce à trois plans directeurs – dont deux sont relativement méconnus. Nur Arafeh, membre politique d’Al-Shabaka, donne une analyse succincte de ces trois plans et des façons dont les Palestiniens peuvent les réfuter.

POUR EN LIRE PLUS

On est en 2050 et Israël a réalisé sa vision de Jérusalem : les visiteurs verront un centre juif de technologie de pointe au milieu d’une mer de touristes, avec une présence palestinienne minimale. Pour accomplir cette vision, Israël travaille sur trois plans directeurs ; un est bien connu, mais deux restent sous la ligne de visibilité.

Edward Said avait déjà prévenu en 1995 que ce ne serait « qu’en projetant une idée de Jérusalem qu’Israël pourrait alors procéder aux changements sur le terrain [qui] correspondraient ensuite aux images et aux conceptions ». « L’idée » d’Israël pour Jérusalem, telle qu’élaborée dans ses plans directeurs, implique de maximiser le nombre de Juifs et de réduire le nombre de Palestiniens par une avancée progressive de la colonisation, du déplacement et de la dépossession. (Voir le résumé politique d’Al-Shabaka sur les méthodes utilisées ainsi que cette récente mise à jour.)

Le plan le plus connu des trois plans directeurs israéliens pour la ville est le Plan directeur Jérusalem 2020, qui n’a pas été soumis à l’opinion publique alors même qu’il a été publié pour la première fois en 2004. Les *moins connus sont le Plan Marom, plan commandé par le gouvernement pour le développement de Jérusalem, et le Plan « Jérusalem 5800 », connu aussi sous le nom de Jérusalem 2050, qui est le résultat d’une initiative du secteur public et qui se présente comme un « plan directeur transformationnel pour Jérusalem » (voir plus bas).

Comme les plans d’Israël pour 2050, « l’idée » que l’Autorité Palestinienne (AP) se fait de Jérusalem remonte à 2010 lorsque le Plan de Développement Stratégique Multi-secteur pour Jérusalem Est (SMDP) pour 2011-2013 a été publié. Et le plan national de développement actuel pour 2014-2016 se réfère simplement au plan de 2010. En plus, alors que la direction palestinienne parle de Jérusalem Est, qu’Israël a occupée et illégalement annexée en 1967, comme de la capitale de l’État de Palestine et zone de développement prioritaire, 0,44 % seulement du budget 2015 de l’AP sont alloués au ministère des Affaires de Jérusalem et au gouvernorat de Jérusalem.

Dans cet exposé politique, Nur Arafeh, membre politique d’Al-Shabaka, analyse les trois plans directeurs pour Jérusalem et explique comment ils visent à transformer la ville en un centre de tourisme et de technologie de pointe, et la façon dont ils utilisent la planification urbaine pour transformer la démographie de la ville. Elle met l’accent sur les dangereuses nouvelles lois qu’Israël a réactivées ou fait passer pour faire progresser la colonisation de la ville – la Loi sur le Bien des Absents et la « loi sur la troisième génération ». Elle s’intéresse aussi au rôle de l’AP et de la communauté internationale, ainsi que des organisations de la société civile, et elle identifie les mesures applicables que ceux qui s’inquiètent du sort de Jérusalem pourront utiliser. (1)

Avant d’analyser de quelles façons les trois plans se renforcent mutuellement, il faudrait faire remarquer que l’annexion de Jérusalem Est par Israël est illégale selon le droit international et n’est pas reconnue par la communauté internationale. En outre, la déclaration faite par Israël que Jérusalem est sa capitale, à la fois l’Ouest et l’Est, n’a aucun fondement juridique international, et c’est pourquoi il n’y a aucune représentation diplomatique à Jérusalem, même pas des Etats-Unis.

. Le « Plan directeur Jérusalem 2020 » a été préparé par un comité de planification national et publié pour la première fois en août 2004. C’est le premier plan spatial d’ensemble et détaillé pour Jérusalem Est et Ouest depuis qu’Israël a occupé Jérusalem Est en 1967. Bien que le plan n’ait pas encore été validé puisqu’il n’a pas été soumis à l’opinion publique, les autorités israéliennes rendent sa vision effective. Le plan traite de plusieurs zones de développement dont l’urbanisme, l’archéologie, le tourisme, l’économie, l’éducation, les transports, l’environnement, la culture et l’art. Le plan est disponible en ligne, en hébreu aussi bien qu’en arabe, à la Coalition Civique pour la Défense des Droits des Palestiniens à Jérusalem ; cet exposé politique s’appuie sur « le Plan Schématique Local » – Rapport N.4.

. Le Plan Marom est un plan commandé par le gouvernement pour le développement de Jérusalem et qui sera appliqué par l’Autorité de Développement de Jérusalem. Le but de l’Autorité est de promouvoir Jérusalem en tant que « ville internationale, à la pointe du commerce et de la qualité de vie dans le domaine public ». C’est un instrument de planification essentiel pour la municipalité de Jérusalem, l’administration territoriale et d’autres organisations traitant du logement, de l’emploi, etc.

L’Institut d’Etudes Israéliennes de Jérusalem mène la consultation, la recherche et le suivi pour le Plan Marom. L’Institut est un centre de recherches multidisciplinaire qui joue un rôle majeur dans les politiques de planification et de développement pour Jérusalem dans les domaines de l’urbanisme, de la démographie, des infrastructures, de l’éducation, du logement, de l’industrie, du marché du travail, du tourisme, de la culture, etc.

. Le Plan directeur « Jérusalem 5800 », connu aussi sous le nom de « Jérusalem 2050 », est une initiative privée lancée par Kevin Bermeister, novateur australien en technologie et investisseur immobilier. Le plan donne une vision et des propositions de projets pour Jérusalem jusqu’en 2050, et est utilisable comme un « plan directeur transformationnel pour Jérusalem » qui peut être mis en œuvre en coopération avec d’autres agences gouvernementales municipales et nationales. Il se divise en divers projets indépendants dont chacun peut être activé indépendamment. L’équipe de réalisation du plan doit comporter « les meilleurs planificateurs israéliens en tourisme, transports, environnement, patrimoine et sécurité. »

Une destination juive pour le Tourisme, l’Enseignement supérieur et la Technologie de pointe

Le développement du secteur touristique à Jérusalem est au coeur des trois plans de développement étudiés dans cet exposé politique. Par exemple, avec le Plan 2020, la municipalité de Jérusalem cherche à promouvoir le secteur du tourisme et à particulièrement mettre en valeur les aspects culturels de Jérusalem. Elle planifie une campagne de marketing pour accroître le potentiel du développement immobilier, soutenir le tourisme international et urbain, et investir dans les infrastructures touristiques pour assurer le développement du secteur.

Le Plan Marom vise lui aussi à développer Jérusalem en ville touristique. Rien qu’en 2014, l’Institut d’Etudes Israéliennes de Jérusalem a mené cette année là 14 de ses 18 études sur le tourisme et les a soumises à la municipalité de Jérusalem, au ministère de Jérusalem et des Affaires de la Diaspora et à l’Autorité de Développement de Jérusalem. Par ailleurs, en tant que partenaire du Plan Marom, le gouvernement israélien a affecté environ 42 millions $ pour faire connaître Jérusalem comme destination touristique internationale, tandis que le ministère du Tourisme était censé allouer quelques 21.5 millions $ pour la construction d’hôtels à Jérusalem. L’Autorité offre elle aussi des encouragements spécifiques aux entrepreneurs et aux sociétés pour ouvrir ou agrandir des hôtels à Jérusalem, et pour organiser des événements culturels qui attireront les touristes, tels que le Festival de l’Opéra de Jérusalem, ainsi que des événements pour le secteur touristique tels que la Convention du Tourisme International de Jérusalem.

Promouvoir le secteur du tourisme est aussi au coeur du Plan directeur Jérusalem 5800 qui envisage Jérusalem comme une « Ville Mondiale, un important centre mondial d’activités touristique, écologique, spirituel et culturel » pour attirer 12 millions de touristes (10 millions étrangers et 2 millions nationaux) et plus de 4 millions de résidents.

Pour faire de Jérusalem « l’ancrage de l’attrait et des ressources touristiques du Moyen Orient », le plan Jérusalem 5800 vise à accroître l’investissement privé et la construction d’hôtels, à créer des jardins et des *parcs sur les toits, et à transformer les quartiers qui entourent la vieille ville en hôtels, tout en interdisant l’utilisation de véhicules. Le plan prévoit aussi la construction de voies de circulation de première qualité, dont « une ligne de chemin de fer à grande vitesse, un vaste réseau de cars et de transports publics, l’ajout de nombreuses autoroutes et l’élargissement des routes existantes, et une ‘super autoroute’ express qui traversera le pays du nord ou sud ». Le plan propose également la construction d’un aéroport dans la Vallée d’Horkania, entre Jérusalem et la Mer Morte, pour accueillir 35 millions de passagers par an. L’aéroport *serait relié par des routes d’accès et le rail à Jérusalem, l’aéroport Ben Gourion et d’autres centres-villes.

Plans israéliens pour promouvoir le secteur du Tourisme

42 millions $ : pour faire connaître Jérusalem comme destination touristique internationale

(Plan Marom)

21.5 millions $ : pour la construction d’hôtels à Jérusalem.

12 millions de touristes : chiffre prévu de visiteurs par an selon le Plan directeur

Jérusalem 5800

Le plan Jérusalem 5800 essaie de se présenter comme un plan apolitique qui promeut « la paix par la prospérité économique », mais il comporte des visées démographiques qui prouvent le contraire. En fait, il envisage que la valeur ajoutée totale après réalisation du plan, conjointement aux 75.000 à 85000 emplois supplémentaires à temps plein dans les hôtels, plus les 300.000 emplois supplémentaires dans les secteurs dépendants, réduirait la pauvreté et attirerait plus de Juifs à Jérusalem, faisant croître le nombre de Juifs vivant à Jérusalem et faisant ainsi pencher la balance démographique Juifs-Palestiniens en leur faveur.

Cependant, le secteur du tourisme n’est pas vu que comme un moteur du développement économique pour attirer les Juifs dans la ville. Le développement par Israël et sa domination sur le secteur touristique à Jérusalem est un outil pour contrôler le récit et assurer la projection de Jérusalem à l’étranger comme une « ville juive ». (Voir par exemple la carte officielle de la Vieille Ville du ministère du Tourisme.) Israël a des règlements stricts concernant qui peut être guide touristique et concernant le récit et l’histoire fournis aux touristes. Les guides touristiques palestiniens qui ne gardent pas cette fausse image d’Israël et qui essaient de délivrer une analyse alternative et critique de la situation peuvent perdre leur licence.

Ces plans pour promouvoir le secteur israélien du tourisme ont marché main dans la main avec les restrictions imposées par les Israéliens au développement du secteur palestinien du tourisme à Jérusalem Est. Parmi les obstacles israéliens, on trouve : l’isolement de Jérusalem Est du reste des territoires palestiniens occupés (TPO), spécialement après la construction du Mur, le manque de terrains et le coût élevé qui en découle, la faiblesse des infrastructures matérielles, les impôts élevés, les restrictions sur la délivrance des permis de construire des hôtels ou de convertir des bâtiments en hôtels, et la difficulté des procédures pour obtenir un permis de travail dans le tourisme palestinien. Ces obstacles, alors même que des millions de dollars sont versés dans le marché du tourisme israélien, garantissent que le secteur du tourisme palestinien n’a aucun espoir d’entrer en compétition avec celui d’Israël.

Le secteur du tourisme palestinien est de plus handicapé par un manque de vision palestinienne claire et de stratégie promotionnelle, ce qui entrave gravement sa capacité à alimenter le développement économique forcément limité sous occupation. Par ailleurs, bien que les organisations de la société civile se soient engagées pour promouvoir le secteur, une analyse de Cette Semaine en Palestine a décrit leurs efforts comme « fragmentés et pauvrement coordonnés ».

Un autre but commun aux trois plans consiste à attirer les Juifs du monde entier à Jérusalem en développant deux secteurs innovants : l’enseignement supérieur et la technologie de pointe.

Pour promouvoir le secteur de l’enseignement supérieur, le Plan directeur 2020 prévoit de construire une université internationale au centre ville avec l’anglais comme langue principale d’enseignement. Quant au Plan Marom, il cherche à faire de Jérusalem « une des principales villes universitaires » qui soit attractive à la fois pour les étudiants juifs et pour les étudiants internationaux que l’on encouragera à s’installer à Jérusalem à la fin de leurs études. Dans la même veine, le plan 5800 y voit une opportunité pour créer des emplois et parvenir à une croissance économique grâce à un « tourisme éducatif prolongé ».

Le développement du secteur de l’enseignement supérieur est intrinsèquement lié au développement du secteur de la technologie de pointe, bio-information et bio-technologie. Le Plan directeur 2020 exige l’installation d’une université pour le management et la technologie au centre ville de Jérusalem et l’aide du gouvernement pour la Recherche et le Développement (R&D) dans les domaines de la technologie de pointe et de la bio-technologie. Parallèlement, le Plan Marom veut faire de Jérusalem un centre de R&D dans le domaine de la bio-technologie.

C’est dans ce contexte que l’Autorité de Développement de Jérusalem a fondé le Centre BioJérusalem pour favoriser un réseau de sociétés biomédicales à Jérusalem comme moteur potentiel du développement économique. Pour attirer ces sociétés à Jérusalem, l’Autorité leur offre des avantages très généreux dont : réduction d’impôts, subventions pour embaucher de nouveaux travailleurs à Jérusalem, et subventions spéciales pour les sociétés impliquées dans le R&D ou qui construisent des infrastructures matérielles. On s’attend aussi à ce que les secteurs de la technologie de pointe et de la santé soient les bénéficiaires essentiels du Plan directeur « Jérusalem 5800 ».

Expulser les Palestiniens à l’aide de la Planification urbaine et de la « Loi »

Tandis qu’Israël travaille à faire de Jérusalem un centre d’affaires qui attire les Juifs et leur offre des chances de trouver un emploi, les problèmes auxquels Jérusalem Est fait face sont légion. Ils comprennent un secteur palestinien des affaires et du commerce étranglé, un secteur éducatif affaibli et des infrastructures délabrées. On peut vérifier le résultat de l’étranglement du potentiel de Jérusalem Est dans le taux élevé de pauvreté, 75 % de l’ensemble des Palestiniens de Jérusalem Est – et jusqu’à 84 % d’enfants – vivant sous le seuil de pauvreté en 2015. En plus, il y a une crise d’identité grandissante à Jérusalem Est, particulièrement chez les jeunes, à cause de l’isolement du reste des TPO, de l’absence de leadership et de soutien institutionnel, et de la perte d’espoir dans la possibilité d’un changement positif.

Le Mur est l’une des mesures démographiques les plus importantes qu’Israël a mises en place pour assurer une majorité juive à Jérusalem et consolider les frontières politiques de facto de Jérusalem, la transformant ainsi en ville la plus étendue d’Israël. Le Mur est construit de telle façon qu’il permette à Israël d’annexer 160 km² de plus dans les TPO, tout en isolant physiquement 55.000 Palestiniens de Jérusalem du centre ville. La planification et le développement des quartiers qui se trouvent maintenant au-delà du Mur sont extrêmement faibles et les services gouvernementaux et municipaux sont virtuellement absents, en dépit du fait que les Palestiniens qui vivent dans ces zones continuent de payer l’impôt Arnona (impôt foncier).

La planification urbaine est un autre outil géopolitique et stratégique essentiel utilisé par Israël depuis 1967 pour resserrer sa mainmise sur Jérusalem et contraindre l’expansion urbaine des Palestiniens comme faisant partie de ses efforts pour judaïser la ville. La planification urbaine est au coeur du Plan directeur 2020 qui voit Jérusalem comme une seule entité urbaine, un centre métropolitain et la capitale d’Israël. L’un des buts principaux du plan, c’est de « maintenir une solide majorité juive dans la ville » en encourageant les colonies juives à Jérusalem Est et en réduisant la migration négative. Entre autres choses, le plan cherche à construire des unités d’habitation dans quelques quartiers juifs existant aussi bien qu’à construire de nouveaux quartiers. Le plan envisage aussi de relier, géographiquement, économiquement et socialement, les colonies juives de Cisjordanie à Jérusalem et Tel Aviv.

Expulser les Palestiniens

2.300 dunums prévus pour les constructions palestiniennes

contre 9.500 pour les Juifs israéliens. (Nasrallah, 2015)

55,7 % de logements supplémentaires pour les Palestiniens

construits à l’intérieur des zones urbanisées existantes ;

62,4 % de constructions juives israéliennes par extension des zones urbaines

(y compris les colonies).

30.000 $ : coût approximatif des permis de construire à Jérusalem.

(source : interview par l’auteur)

Le Plan directeur 2020 reconnaît la crise du logement dont souffrent les Palestiniens, l’insuffisance des infrastructures dans les quartiers palestiniens et la pénurie de services publics. Son but est de permettre la densification et la concentration des villages ruraux et des quartiers urbains existants, de rénover le camp de réfugiés de Shu’fat, qui se trouve à l’intérieur des frontières municipales de Jérusalem définies par Israël, et de réaliser des projets d’infrastructures.

Cependant, alors que, sur le terrain, le Plan semble avoir un intérêt égal pour les zones palestiniennes, en réalité il est discriminatoire. Il ne prend pas en compte le taux de croissance des Palestiniens à Jérusalem Est et la pénurie accumulée de logements. (2) Il n’alloue que 2.300 dunums (2,3 km²) pour la construction palestinienne à comparer avec les 9.500 dunums pour les Juifs israéliens. (3) Par ailleurs, la plupart des unités de logements proposées aux Palestiniens sont situées au nord et au sud de Jérusalem Est, plutôt que dans la Vieille Ville où la crise du logement est la plus aiguë et où l’activité coloniale est aussi la plus intense.

En plus, (62,4%) de l’accroissement des constructions juives israéliennes se fera par l’expansion et par la construction de nouveaux logements, accroissant ainsi le contrôle du territoire par les Juifs. Au contraire, plus de la moitié (55,7 %) du supplément de logements pour les Palestiniens se fera par la densification, i.e. en construisant à l’intérieur des zones urbanisées existantes, y compris par expansion verticale. Par ailleurs, tandis que les Palestiniens ont tendance à avoir une densité de maisonnée plus haute et à construire sur des densités plus basses que la moyenne par dunum, les zones juives israéliennes ont des densités de maisonnée plus basses mais construisent sur une densité plus grande que la moyenne. (4)

En outre, Les propositions du plan pour traiter la crise du logement à Jérusalem Est demeureront très probablement lettre morte à cause des sérieux obstacles mis à leur réalisation. En fait, il faut remplir plusieurs conditions préalables avant que les autorités israéliennes délivrent les permis de construire, y compris un système routier convenable (les permis de construire pour des bâtiments de six étages sont conditionnés par la présence de routes d’accès d’au moins 12 mètres de large), des réseaux sanitaires et de tout-à-l’égout, et des bâtiments et institutions publics. Les Palestiniens n’ont aucun contrôle sur ces exigences, qui sont de la responsabilité de la municipalité ; de toute évidence, ceci rend la construction de nouvelles maisons extrêmement difficile pour les Palestiniens. (5) Le plan oublie aussi le manque de salles de classe, d’équipements de santé, de commerces et autres institutions nécessaires pour faire face aux exigences d’une population palestinienne grandissante.

La présence des Palestiniens à Jérusalem et le développement des quartiers palestiniens est également sévèrement contrainte par l’engagement du plan à « un strict renforcement des lois sur l’urbanisme et la construction… pour empêcher le phénomène de la construction illégale »mations Cependant, 7 % seulement des permis de construire à Jérusalem ont été délivrés aux Palestiniens ces quelques dernières années. La discrimination pratiquée par Israël pour délivrer des permis de construire aux Palestiniens, ajoutée au coût élevé de ces permis (environ 30.000 $ selon des informations livrées à l’auteur), a obligé beaucoup de Palestiniens à construire illégalement.

Les Palestiniens subissent également la discrimination lorsqu’elle s’applique au renforcement des règlements. Selon un rapport du Centre International pour la Paix et la Coopération, entre 2004 et 2008, 78,4 % des infractions à la construction ont eu lieu à Jérusalem Ouest, contre 21,5 % à Jérusalem Est. *Pourtant, 27 % seulement de ces infractions à Jérusalem Ouest ont été soumises à des ordonnances judiciaires de démolition, contre 84 % pour les infractions à Jérusalem Est.

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(bleu) infractions à la construction

(rose) infractions soumises à des ordres de démolition

Source : Centre International pour la Paix et la Coopération, 2014

Par ailleurs, en plus de l’impact émotionnel et de l’instabilité provoqués par la démolition de leur maison, sans parler de la perte de leur investissement et de leurs biens, les Palestiniens doivent aussi payer à la municipalité israélienne les frais pour « construction illégale », ce qui génère un gros revenu pour la municipalité israélienne. L’OCHA estime que, entre 2001 et 2006, la municipalité a ramassé la somme annuelle de 35.5 millions de shekels (environ 6.6 millions $) pour ‘construction illégale’.

Le Plan directeur 2020 est ainsi un plan politique qui se sert de la planification urbaine comme d’un outil pour assurer un contrôle démographique et territorial juif dans la ville. Le plan soutient aussi « la ségrégation spatiale des différents groupes de population dans la ville » et la considère comme un « réel avantage ». Il veut diviser Jérusalem en différents districts fondés sur l’affiliation ethnique dans lesquels aucune zone ne pourrait réunir Palestiniens et Juifs israéliens.

Il est important de noter que les institutions de l’État ne sont pas les seules à être impliquées dans la judaïsation de Jérusalem. Les organisations non gouvernementales (ONG) et les organisations religieuses ont aussi leur part dans la refonte de l’espace urbain. L’organisation de droite Elad, par exemple, a pour but principal d’installer des Juifs dans le quartier palestinien de Silwan et de gérer les sites touristiques et archéologiques, spécialement à Silwan – qu’ils appellent la « Cité de David » -. Elad cherche à recréer Jérusalem en ville juive, dotée d’une histoire et d’un patrimoine à prédominance juive, en effaçant la présence physique des Palestiniens ainsi que leur histoire. Elad a employé 97 travailleurs à plein temps en 2014 et, d’après Haaretz, a reçu plus de 115 millions $ entre 2006 et 2013, ce qui en fait l’une des plus riches ONG d’Israël. Parmi d’autres organisations qui s’intéressent au changement de la composition *démographique de Jérusalem, il y a Ateret Cohanim, qui cherche à créer une majorité juive dans la Vieille Ville et dans les quartiers palestiniens de Jérusalem Est.

Israël a aussi utilisé la loi comme tactique pour expulser les Palestiniens et s’approprier leur terre, ainsi que pour assurer sa souveraineté et son contrôle sur Jérusalem. Pas plus loin que le 15 mars 2015, la Cour Suprême d’Israël a activé la loi sur les Biens des Absents. Cette loi a été émise en 1950 dans le but de confisquer les biens des Palestiniens qui avaient été expulsés pendant la Nakba de 1948. On l’a utilisée comme « fondement juridique » pour transférer les biens des Palestiniens déplacés dans l’État d’Israël nouvellement créé. Après 1967, Israël a appliqué la loi à Jérusalem Est, ce qui lui a permis de s’approprier les biens des Palestiniens de Jérusalem dont la résidence a été jugée être hors de Palestine. La loi à nouveau activée en 2015 permet à Israël de confisquer les biens des Palestiniens de Jérusalem Est qui vivent actuellement en Cisjordanie et de considérer leurs biens à Jérusalem Est comme « biens des absents ».

En outre, alors que les Palestiniens ne peuvent pas revendiquer les biens qu’ils ont perdu en 1948 ou en 1967 dans ce qui est maintenant Jérusalem Ouest, la Cour Suprême d’Israël a fait droit aux demandes des colons israéliens de « re »conquérir les logements que l’UNRWA avait donnés aux Palestiniens qui avaient fui Jérusalem Ouest et Israël en 1948. En d’autres termes, la Cour Suprême est discriminatoire puisque cette loi s’applique aux Juifs qui veulent récupérer les biens qu’ils possédaient avant 1948, mais ne s’applique pas aux Palestiniens.

Une autre loi controversée et dangereuse est la loi de Troisième Génération qui cible les biens qui ont été loués avant 1968 et qui sont supposés être protégés par la loi. Selon la nouvelle loi, la période de protection prend fin avec la mort de la troisième génération de locataires palestiniens, après quoi le bien revient à son propriétaire d’origine, des propriétaires principalement juifs qui possédaient le bien avant 1948. D’après Khalil Tufakji, plus de 300 Palestiniens sont maintenant sous la menace de l’expulsion de leur logement. Rien qu’à Silwan, 80 décisions de justice menacent d’expulsion des centaines de Palestiniens.

Sauver Jérusalem

Depuis 2001, Israël a fermé au moins 31 institutions palestiniennes, dont la Maison d’Orient, ancien quartier général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), et la Chambre de Commerce et d’Industrie. Le Gouvernorat de Jérusalem et le ministère des Affaires de Jérusalem ont maintenant l’interdiction de travailler à Jérusalem et sont obligés de fonctionner depuis un bâtiment situé à Al-Ram qui se trouve au nord-est de Jérusalem et hors des frontières municipales imposées par Israël.

*Etant donné l’absence de direction et d’institutions créées à Jérusalem Est par Israël, trouver des moyens pour réfuter sa colonisation de la ville et la dépossession de sa population palestinienne est un défi particulièrement redoutable. En faisant des recherches pour cet exposé politique, j’ai pu parler avec les représentants de plusieurs organisations, institutions officielles, et associations communautaires. Ils étaient très largement d’accord sur le fait que l’une des démarches les plus urgentes consistait à créer des comités populaires dans tous les quartiers de Jérusalem Est. Ces comités pourraient éveiller l’attention des résidents de Jérusalem Est sur leurs droits de résidents et sur les plans d’Israël pour l’avenir, encourager le volontariat, informer et empêcher les Palestiniens de vendre leur terre à des Juifs israéliens, représenter leur quartier dans les forums nationaux, et coopérer entre eux pour consolider leurs efforts pour défendre la terre palestinienne.

A vrai dire, une fois que ces comités auront été créés dans tous les quartiers, ils pourraient constituer ce dont les organisations des Palestiniens de Jérusalem jugent que c’est aussi urgent : un organe représentatif pour Jérusalem au niveau national, organe d’ensemble qui comprendrait le Gouvernorat de Jérusalem, les représentants des organisations de la société civile et du secteur privé ainsi que des indépendants. Cet organe fonctionnerait comme un canal reliant les Palestiniens de Jérusalem Est à l’AP ainsi qu’au reste du monde. Cet organe représentatif pourrait fonctionner sur trois fronts principaux :

1. L’AP/OLP. Un organe représentatif de Jérusalem pourrait pousser l’AP/OLP à propulser Jérusalem au premier rang des engagements du gouvernement et à s’assurer qu’il reçoit le budget et autres soutiens dont il a besoin pour contrer la politique israélienne de judaïsation.

2. La communauté arabe et internationale. Dans ce domaine, un organe représentatif de Jérusalem prendrait la tête des actions de défense, de lobbying et de mobilisation aux niveaux régional et international, en coordination avec la diaspora palestinienne. Par exemple, la Jordanie devrait être démarchée en tant que gardienne des lieux saints de Jérusalem pour qu’elle aide à entretenir et à sécuriser l’environnement pour les Palestiniens de Jérusalem Est. D’autres pays arabes, en particulier le Maroc et l’Arabie Saoudite étant donné leurs liens particuliers avec Jérusalem, devraient aussi être mobilisés.

On devrait faire plus d’efforts pour solliciter les pays qui ont déjà fait preuve de solidarité envers les Palestiniens, tels que la Suède, les pays d’Amérique latine et les nouveaux pays donateurs (BRICs) entre autres, afin qu’ils puissent utiliser leurs bons offices, directement et en collaboration avec d’autres pays, afin de tenir Israël pour responsable de son annexion et sa colonisation illégales de Jérusalem Est. Le fait que Jérusalem Est fasse partie de la Cisjordanie occupée est un point souvent négligé dans les discours officiels et qu’il faudrait souligner.

Ces pays devraient aussi utiliser leurs bons offices, en travaillant avec l’OLP/Etat de Palestine, à l’ONU à tous les niveaux, dont le Conseil de Sécurité, l’Assemblée Générale, le Conseil des Droits de l’Homme, et les programmes et agences spécialisées de l’ONU pour faire connaître la politique israélienne à Jérusalem Est et demander aux Etats membres de remplir leurs obligations juridiques. En particulier, les Etats membres devraient remettre en vigueur la Résolution 478 du Conseil de Sécurité qui date de 1980 et déclare que « toute mesure ou action juridique prise par Israël, puissance occupante, qui a la prétention d’altérer le caractère et le statut de la ville sainte de Jérusalem… est nulle et non avenue et doit être annulée sur-le-champ ».

L’Union Européenne doit elle aussi souscrire entièrement au principe de non reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur Jérusalem Est. L’UE devrait traduire ses paroles en mesures effectives en mettant un terme à toute activité, directe ou indirecte, économique, financière, bancaire, d’investissement, universitaire et commerciale dans les colonies israéliennes à Jérusalem Est et dans tout le reste des TPO.

L’Organisation de Coopération Islamique (OCI) devrait jouer un rôle majeur dans la sauvegarde des droits des Palestiniens à Jérusalem Est, en fournissant une aide directe ainsi qu’en démarchant l’UE et l’ONU pour qu’elles apportent leur aide et prennent des mesures pour mettre fin aux violations commises par Israël. Ces mesures devraient comporter la mise en place par l’ONU et/ou l’UE d’un registre des violations des droits de l’Homme par Israël et des dommages encourus par les Palestiniens à cause de la politique israélienne de judaïsation et de l’expansion des colonies à Jérusalem Est et dans le reste des TPO.

Il est également vital de créer un organisme de financement ou une banque de développement pour surmonter le manque de financement qui est l’une des questions majeures auxquelles font face les institutions palestiniennes à Jérusalem Est. Cette banque de développement pourrait avoir plusieurs fonctions, telles que : fournir des facilités de crédit puisque la plupart des prêts ne sont disponibles qu’à des taux d’intérêt très élevés, aider à finance le développement du logement et fournir des incitations pour encourager l’investissement et aider à la renaissance du secteur commercial. Le secteur privé palestinien et les banques palestiniennes, dans et hors de Palestine, devraient aussi prendre leurs responsabilités et faire partie de cette banque de développement.

3. Les communautés palestiniennes dans leur pays ainsi que dans la diaspora. Ces communautés devraient aider à élaborer et à développer une vision claire et une stratégie efficace pour Jérusalem. Il faudrait identifier des mesures pratiques pour contrer la politique israélienne de judaïsation, rehausser la capacité de production de l’économie palestinienne à Jérusalem Est et renforcer ses liens avec l’économie de Cisjordanie et du monde arabe, promouvoir le secteur touristique pour soutenir le développement économique limité sous l’occupation, ranimer le statut culturel et économique de la Vieille Ville, remettre en état les secteurs de l’éducation et de la santé et stimuler l’intégration des Palestiniens de Jérusalem Est dans le reste des TPO.

Par ailleurs, les organismes juridiques existants qui offrent une assistance aux Palestiniens de Jérusalem Est – par exemple concernant la révocation des cartes d’identité de résidents, le regroupement familial, l’appropriation de terres, la démolition de maisons et le zonage et la planification – devraient coordonner leurs efforts.

La société civile palestinienne, en particulier le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) a un rôle vital à jouer en prenant pour cible les projets israéliens pour le tourisme et la technologie de pointe à Jérusalem ainsi que les entreprises impliquées dans la judaïsation de Jérusalem.

On a un besoin urgent de développer une stratégie médiatique coordonnée pour faire entendre la voix des Palestiniens et contrebalancer le pouvoir discursif d’Israël et sa représentation dé-historicisée de Jérusalem. Universitaires et analystes politiques ont eux aussi un rôle vital à jouer : il y a un manque de recherche sur le développement socio-économique de Jérusalem Est ainsi que sur les plans directeurs d’Israël pour Jérusalem, et très peu de groupes de réflexion au travail à Jérusalem Est. A l’avenir, la recherche devrait *dépasser le diagnostic des problèmes pour imaginer des solutions créatives, en utilisant une approche dynamique plutôt que réactive. Il faut construire un pont au-dessus du gouffre qui existe entre universitaires et décideurs afin de s’assurer que tous les efforts sont unis vers un même objectif, obtenir l’auto-détermination, la dignité, la liberté et la justice.

Notes :

(1) L’auteur remercie le bureau palestino-jordanien de la Fondation Heinrich Böll pour son partenariat et sa collaboration avec Al-Shabaka en Palestine. Les idées exprimées dans cet exposé politique sont celles de l’auteur et ne reflètent donc pas nécessairement l’opinion de la fondation Heinrich Böll. L’auteur remercie également la Chambre de Commerce et d’Industrie de Jérusalem, la Coalition Civique pour les Droits de l’Homme, l’association Sinokrot Core, le Gouvernorat de Jérusalem et PASSIA pour le temps et les informations partagés.

(2) Ir Amin, 200. « Trop petit trop tard. Le Plan Directeur de Jérsalem ».

(3) Rami Nasrallah, 2015. « Planifier le Partage : le Plan Directeur 2020 d’Israël et son Impact sur Jérsalem Est », dans : Turner, M. et Shweiki, O. (ed.), Décoloniser l’Economie Politique Palestinienne : le Développement et Après.

(4) Ibid

(5) Ibid.

Nur Arafeh

Nur arafeh est membre politique d’Al-Shabaka, le Réseau Politique Palestinien. Auparavant, elle a travaillé comme chercheur à l’Institut Ibrahim Abu-Lughod d’Etudes Internationales à l’université de Birzeit, en tant *que chercheuse associée à l’Institut de Recherche en Economie Politique de Palestine (MAS) et comme *professeure d’Economie au Collège Bard Honors d’Al-Qods. Nur, a un double diplôme en sciences politiques et en économie de l’université de Sicences Po (France) et de l’université de Columbia (USA), et elle possède un diplôme d’Etudes en Développement de l’université de Cambridge (Royaume Uni). Parmi ses principaux intérêts de recherche, il y a l’économie politique du développement au Moyen Orient, la sociologie et la politique du développement, et les formes économiques de résistance.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Al-Shabaka

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Rapport de l’UNRWA : Le siège de Gaza est illégal et viole le droit humanitaire

 

 

via le Mouvement International de Solidarité, Facebook.

(Forum Europal) Un rapport émis par l’Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine au Proche Orient (UNRWA) a confirmé la grave détérioration sous divers aspects de la vie à Gaza, conséquence du siège continu imposé par Israël à la Bande durant les dix dernières années.Le rapport a fait la liste des impacts négatifs du siège sur les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que sur la liberté de circulation et sur les conditions de vie des Gazaouis. Il a également mentionné la détérioration avancée des infrastructures médicales censées fournir les soins de santé nécessaires aux Gazaouis.

Déclin des conditions de santé

Le rapport a dit : « Des années de déclin socio-économique, de conflit et de blocus ont laissé le secteur de la santé dans la Bande de Gaza manquer d’infrastructures matérielles adéquates et d’opportunités suffisantes pour la formation médicale des personnels de santé. »

« Les installations sont surchargées et le service est souvent interrompu par des coupures de courant. Ces problèmes finissent par mettre en danger la santé de la population qui est déjà de plus en plus menacée.

Le rapport a mis en garde sur le fait que Gaza a besoin de 800 lits d’hôpital supplémentaires, de 1.000 médecins et 2.000 infirmières de plus d’ici 2020 pour maintenir le niveau actuel des services.

« Fin 2015, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires notait une augmentation des demandes de sortie de Gaza pour raisons médicales, mais une baisse de délivrance des permis de sortie. »

Restrictions de circulation

Le rapport a aussi établi que « Israël ne fait pas qu’imposer des restrictions dans les voyages à l’étranger, mais aussi pour les Palestiniens qui circulent vers ou à l’intérieur de la Cisjordanie, empêchant sévèrement les gens, et spécialement les jeunes, de poursuivre leurs études ou d’essayer de trouver du travail, les familles de rendre visite à leurs parents et les patients de rechercher un traitement médical ».

« Ces restrictions ont réduit l’accès aux nécessités vitales, aux services essentiels et au logement, ont démembré la vie familiale, et sapé les espoirs de la population en un avenir sûr et prospère. »

On dit que le passage d’Erez, situé un nord de la Bande de Gaza, est maintenant le seul passage possible entre Israël et Gaza pour la circulation des gens. La politique israélienne autorise techniquement la circulation d’un nombre limité de voyageurs autorisés, dont les cas médicaux et humanitaires.

« Les résidents de la Bande de Gaza sont obligés d’obtenir individuellement les permis de sortie vers Israël. Le permis est délivré par les responsables de l’armée plutôt que par le ministère de l’Intérieur, et la politique d’Israël consiste à ne pas autoriser l’entrée des résidents de la Bande de Gaza, sauf pour des cas humanitaires extrêmes et exceptionnels », a ajouté le rapport.

Siège illégal

Le rapport de l’ONU a également déclaré que le conflit récurrent et le blocus illégal imposé par Israël, par la terre, l’air et la mer, qui entre dans sa dixième année en juin 2016, demeurent la cause principale de la crise socio-économique et psychologique à Gaza.

« Les restrictions de circulation pour les gens et les marchandises continuent de punir collectivement la population civile, affectant tous les aspects de la vie à Gaza », a expliqué le rapport.

Le siège « sape l’économie locale et menace la jouissance de la plupart des droits fondamentaux, violant de manière évidente les obligations juridiques d’Israël envers le droit humanitaire international ».

Le rapport complet est ici (http://www.unrwa.org/newsroom/emergency-reports/gaza-situation-report-147).

Archive IMEMC : 03/09/15 Nations Unies : Gaza risque d’être inhabitable d’ici 5 ans (http://imemc.org/article/72881/)

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Médias Palestine

Source: IMEMC

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20 juin 2016

Hamas présente ses condoléances pour la mort de la députée britannique Joe Cox

Hamas présente ses condoléances pour la mort de la députée britannique Joe Cox

Gaza – CPI
Le Hamas a présenté ses condoléances à la famille de la députée britannique, Joe Cox, ses amis et ses partisans.

Le Hamas a déclaré, dans un communiqué dont le CPI a obtenu une copie hier, que le peuple palestinien a perdu l'un de ses partisans qui défendent ses droits, la députée britannique Joe Cox (41 ans) assassinée il y a quelques jours.

Il est à noter que la députée Joe Cox appartient au parti travailliste. Elle a été tuée dans une agression de tirs à feu jeudi dernier au nord de l'Angleterre.

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17 juin 2016

Un appel important d’Omar Barghouti (BDS) en vidéo

Bonjour, je vous parle d’Akka, Acre en Galilée

Ils ont imposé une interdiction de déplacement sur moi, ils m’ont menacé  ainsi que des défenseurs des droits palestiniens, israéliens, internationaux actifs dans le mouvement BDS avec des menaces de type mafieux par exemple d’assassinats ciblés.

Nous continuerons la lutte, ils ne nous intimiderons pas, ils ne peuvent pas  nous tyranniser, et ils ne nous pousseront certainement pas à abaisser le niveau de nos revendications pour les droits des Palestiniens en droit international.

Le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions vise les droits fondamentaux des Palestiniens tel que mettre fin à l’occupation, mettre fin au système de discrimination raciale qui correspond à la définition de l’apartheid par les Nations Unies et le plus important des droits, le droit au retour des réfugiés palestiniens. Ils essaient de faire passer ce dernier pour tellement extrême tellement radical, alors que c’est un droit fondamental à l’égalité des droits. Tous les autres groupes de réfugiés dans le monde jouissent de ces droits et la majorité absolue des Palestiniens sont des réfugiés. Donc nous insisterons sur ce droit.

Et aucune intimidation, aucune répression, aucun nouveau Maccarthisme ne nous feront jamais abandonner nos droits. Comme l‘a dit un jour l’archevêque Desmond Tutu d’Afrique du Sud, nous voulons la totalité des droits et nous ne cesserons pas notre mouvement non violent, moralement  cohérent, qui vise le respect du droit international pour les droits des Palestiniens, quoiqu’il en soit, aussi loin qu’ils aillent dans la campagne de répression.

Israël a échoué à la base, a échoué dans les cœurs et dans les esprits à stopper l’immense croissance du mouvement BDS au cours des dernières années. Dans les principales religions, dans les syndicats, dans les syndicats universitaires, associations étudiantes, groupes LGBT, groupes de femmes, groupes anti-guerre etc. à travers le monde ce mouvement est en croissance. Le soutien de Juifs à BDS se développe énormément, en particulier aux États Unis.

Ils savent cela, ils savent qu’ils ne sont pas gagnants dans le débat avec nous à la base. Aussi sont-ils contraints à vouloir étouffer le mouvement par le haut, en le délégitimant, en adoptant des lois répressives, antidémocratiques, draconiennes aux États Unis, en France, en Grande Bretagne et ailleurs, pour faire taire le mouvement par le haut.

Mais comme le mouvement anti-apartheid a survécu en Afrique du Sud, nous ne survivrons pas seulement, nous grandirons. C’est la meilleure défense de notre droit à BDS qui n‘est pas qu’un droit à la liberté d’expression, il l’est certainement mais au-delà c’est un droit à lutter pour les droits des Palestiniens dans le cadre du droit international. Et c’est incontestablement un droit légitime que personne ne peut nous retirer.

Donc ils essaient de nous supprimer par le haut. Et nous répondons en élargissant ce mouvement à de nouveaux cercles, à des lieux que nous n’avons pas encore atteints. BDS jouera, continuera à jouer un rôle majeur dans la lutte pour les droits des Palestiniens

Il est très important de créer des coalitions intersectionnelles avec des groupes de Noirs, de Latinos, de femmes et tant de groupes opprimés dans le monde ou ceux qui luttent pour toutes formes de justice. Il nous faut voir BDS pour les Palestiniens comme partie intégrante de cette communauté  mondiale luttant pour la justice et pour une paix véritable basée sur l’égalité des droits, sur la liberté et la dignité de tous. Rien ne nous empêchera de réclamer nos droits. Nous avons le droit de vivre dans la dignité comme tout un chacun. Nous continuerons le mouvement BDS et aucune intimidation ne l’arrêtera jamais. Ensemble nous pouvons l’emporter, ensemble nous pouvons réaliser notre heure sud-africaine.

Merci.

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13 juin 2016

Soutien Inconditionel à notre soeur Aya Ramadan

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«Dignité et fierté ! Bravo à notre sœur Aya Ramadan»

 

Nous apprenons que notre sœur Aya Ramadan membre du PIR et militante anticoloniale est poursuivie pour « apologie du terrorisme » que nous appelons au Mouvement Citoyen Palestine " apologie à la Résistance ".

 

Alors que la France ne cesse de proclamer le droit de l’Etat d’Israël à se défendre, justifiant ainsi tous les crimes qui vont des massacres de la population civile palestinienne jusqu’aux pires crimes internationaux. Cette même France se garde bien de rappeler qu’Israël est un Etat qui soumet, en tant qu’occupant, le peuple palestinien à la domination coloniale.

 

Les Palestiniens n’ont qu’à subir la domination coloniale et sont, de facto, privés du droit de réagir devant les atrocités israéliennes : en ce qui les concerne, tout acte de résistance à cette domination est considérée illicite, tandis que l’Etat d’Israël a le droit de continuer d’occuper l’ensemble des territoires palestiniens (y compris Jérusalem Est).

 

Il est reproché à Aya Ramadan d’avoir poster un message sur son compte Twitter disant « Dignité et fierté ! Bravo aux deux Palestiniens qui ont mené l’opération de résistance à Tel-Aviv ».

 

Il nous apparaît que pour le gouvernement Hollande-Valls l'urgence, n’est pas de mettre tout en œuvre pour faire cesser les crimes israéliens, mais bien de criminaliser le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et ainsi d’affirmer son soutien à la politique criminelle de l’Etat d’Israël.

 

Face à ces attaques nous n’avons qu’une seule arme : la solidarité sans faille. Face à la tentative de criminalisation du soutien à la résistance palestinienne nous ne devons avoir qu’une réponse : renforcer ce soutien.

 

La résistance palestinienne continuera, tant que continuera l'occupation d'un seul centimètre de la terre historique de Palestine et nous rappelons que le Mouvement Citoyen Palestine soutient cette résistance, quelle qu’elle soit avec des pierres, des couteaux, des armes ou des roses.

 

Nous rappelons au  délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Gilles Clavreul qui a annoncé son intention de saisir la justice pour « apologie du terrorisme » contre Aya Ramadan, que le droit international garantit au peuple palestinien le droit de résister contre l’agression continue de l’occupation sioniste, pour rétablir ses droits volés et libérer sa patrie, la Palestine.

 

Les opérations militaires menées par la résistance palestinienne sont des outils légaux dans la défense du peuple palestinien contre l’agression sioniste, selon la résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui dit :

 

« 2. Réaffirme la légitimité de la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée. »

 

« 3. Réaffirme le droit inaliénable du peuple namibien, du peuple palestinien et de tous les peuples sous domination étrangère et coloniale à l’autodétermination, à l’indépendance nationale, à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté sans ingérence étrangère. »

 

Le Mouvement Citoyen Palestine appelle l’ensemble des associations, syndicats, partis et tous ceux et celles  qui sont attachés à la liberté d’expression à réagir contre cette tentative d’intimidation.

 

Soutien inconditionnel à la résistance palestinienne et à notre sœur Aya Ramadan.

 

#‎dignite #‎freepalestine

 

Mouvement Citoyen Palestine

13 Juinb 2016

 

De l’oppression du peuple palestinien en général et d’un tweet en particulier

                               ayatout court

Mercredi soir, deux Palestiniens ouvrent le feu dans un quartier de Tel-Aviv près du ministère de la défense. Très vite, cette fusillade est relayée par les réseaux sociaux palestiniens et arabes et qualifiée d’« opération du ramadan », avec comme hashtag « l’intifada continue ».

Militante arabe de nationalité française, anticoloniale, je suis active dans le réseau de solidarité avec la cause palestinienne en France depuis une dizaine d’années. Je fais partie de ceux qui remettent en question l’idéologie sioniste comme projet de colonisation de la Palestine.

Par le tweet qui m’est reproché, j’exprime mon soutien à la résistance du peuple palestinien. C’est l’oppresseur qui détermine les formes de violence utilisées par l’opprimé. Et c’est dans ce cadre que je soutiens toutes les formes de résistance du colonisé contre le colonisateur. L’opération de Tel-Aviv est un moyen d’exister politiquement pour les Palestiniens, de montrer au monde que l’intifada n’est pas finie, et que la résistance continue tant que l’occupation, la colonisation, la situation d’apartheid, les emprisonnements massifs et arbitraires, le blocus de Gaza, la spoliation des terres, les destructions de maisons, l’humiliation des hommes, des femmes et des enfants et les crimes de guerre persisteront. Ma prise de position aurait été la même au moment des révoltes d’esclaves du temps de la traite transatlantique ou bien des guerres de libération nationale, par exemple en Algérie, au Vietnam ou au Cameroun. Pour autant, ce positionnement politique n’induit en rien le fait de se réjouir de la mort de civils. La mort d’êtres humains est toujours source de tristesse et dans ce cas la responsabilité de ces décès incombe à l’État colonial israélien et à son gouvernement actuel, comme l’a reconnu le maire de Tel-Aviv.

Pour en revenir à la polémique suscitée par mon tweet, elle s’inscrit dans un contexte français bien spécifique, celui de l’état d’urgence toujours en cours. Cela fait trois mois environ que mon organisation politique, le PIR – Parti des Indigènes de la République –  subit des attaques orchestrées par l’État français.   Celles-ci sont portées entre autres par Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA) et ses relais l’UEJF, SOS Racisme et la LICRA. Ces derniers prétendent agir au nom de l’antiracisme et de la lutte contre le terrorisme mais, en fait, ils ont pour objectif d’assimiler la lutte de libération palestinienne au terrorisme qui touche l’Europe, de briser l’antiracisme politique et d’empêcher le développement de  BDS en France. Cette campagne est la cible privilégiée de l’État français qui, en accord avec Israël, cherche à l’amalgamer avec l’antisémitisme pour la criminaliser. En effet, la France est le seul pays au monde se réclamant de valeurs démocratiques qui traîne devant ses tribunaux des militants qui appellent au boycott, lequel est un outil historiquement lié aux luttes de libération, du mouvement des droits civiques aux États-Unis jusqu’à l’Afrique du sud en passant par l’Inde.

L’obscénité est à son comble quand on sait que les mêmes, qui jettent l’anathème sur la militante que je suis, feignent de verser une larme sur la dépouille de Mohamed Ali tout en pourchassant tous ceux qui, bien vivants, partagent et font vivre ses idées.

Je rejette donc toutes les accusations qui sont portées à mon encontre. Ma position est anticoloniale et consiste donc à soutenir la résistance des peuples contre le colonialisme.

 

Aya Ramadan, membre du PIR


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A propos d'une certaine presse, propagandiste masquée du régime israélien

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A propos d'une certaine presse, propagandiste masquée du régime israélien
 
A Mohamed Ali qui, depuis 1974, soutenait le peuple Palestinien dans sa lutte contre les envahisseurs

Certains soirs, face au poste de télévision, on reste sans réaction devant le sourire compassé de gens "propres sur eux" qui, sans la moindre gêne, déversent une propagande sordide.
Alors, devant ce ramassis de contrevérités, de manipulations des faits, d'occultation de l'Histoire allant jusqu'au négationnisme, on a parfois envie de pleurer ou de hurler... mais le cri reste dans la gorge.
 
Au JT, ce soir-là, c'était un "reportage promotionnel" vantant la force technique et économique de l'appareil politique israélien, mettant l'accent sur la splendeur des buildings de Tel-Aviv, la quiétude de ses plages, le dynamisme de businessmen issus de l'armée, l'exceptionnelle sérénité de la population devant les menaces d'attentat... et autres qualités du régime.
D'emblée, le présentateur fixe le cadre : "La menace terroriste est constante en Europe. Comment cela se passe-t-il en Israël, ce pays confronté au terrorisme depuis plus de vingt ans (...) Mais ils ont appris à ne pas céder à la peur, à vivre avec la menace terroriste..."  
Ce présentateur affirme donc clairement que Palestinien et Djihadiste ne sont que des prénoms, terroriste est le nom de famille!
... Et cinq cents mille citoyens du plat pays sont priés d'avaler cette ignominie.

Tout comme, dans les années quarante, quand les Allemands appelaient "terroristes" ceux qui osaient leur résister, les maîtres actuels de cette petite terre, et leurs partisans, ont aussi décidé qu'il n'y avait pas de Palestiniens, pas de résistants... seulement des terroristes.
 
Ces "communicants" – appellation plus conforme que celui, respectable, de journalistes – tiennent cependant à garder un vernis de moralité.
Quand vous interpellez le "grand reporter" responsable de ce genre de bidonnage médiatique, il vous répond "mon rôle est d’informer et non pas de militer", et, la main sur le cœur, il proclame qu'il a une approche objective du drame et "
de l'empathie à l’égard des victimes".
Mais à l'antenne, pas le moindre signe visible de cette soi-disant objectivité, ni de cette attitude humaniste... La déontologie ne s'use que si l'on s'en sert, n'est-ce pas.
 
Pendant les quelques quatre minutes que dure ensuite le "reportage", pas un Israélo/palestinien n'apparaîtra à l'image et, pour bien ancrer le terme dans la mémoire du spectateur, le mot "terroriste" sera martelé une vingtaine de fois.
Avec des trémolos dans la voix, le "grand reporter" citera les "trente-quatre personnes tuées depuis 2015"... passant sous silence que depuis cette même date, c'est par centaines que des Palestiniens ont été assassinés, sans compter les blessés (près de quinze mille selon diverses ONG internationales).
... Mais qu'importe les faits, seule la promotion du régime israélien compte pour ces groupies de Netanyahu.    

Après la dernière agression contre les Gazaouis (2014), les maîtres de Tel-Aviv ont lancé une vaste opération de propagande en direction des USA et de l'Europe occidentale pour tenter de redorer la triste image d'Etat totalitaire que ses crimes avaient laissé dans l'opinion internationale.
Cette campagne de propagande, financée par un budget de plusieurs millions de dollars (!) fonctionne en ce moment à pleine puissance... et comporte, entre autres, des invitations de séjour, tous frais payés, à des télévisions sympathisantes de son idéologie.

Il faut se rendre à l'évidence, inutile d'encore tenter de dialoguer avec ces communicants, qui ont fait allégeance à ce régime d'extrême droite.
Inutile de les interpeller, gentiment ou de manière véhémente, inutile de vouloir faire appel à leur intelligence ou à leur conscience.
Inutile... ce sont des croyants!
 
Pourtant, ils sont informés ces gens des medias "mainstream", ils connaissent l'Histoire, ils savent que cet état d'Israël a été fondé sur le sang du peuple qui vivait sur cette terre.
Ils savent que rien n'a changé depuis 1936 (quatre-vingt ans!) quand les sbires de Ben Gourion plaçaient des bombes dans les trains et dans la foule des marchés palestiniens. L'objectif est toujours le même : conquérir cette terre et chasser les autochtones... et asservir ceux qui n'ont pas choisi l'exil.
 
Comme l'a révélé Ilan Pappe, historien israélien, l'armée israélienne a opéré, de 1947 à 48, un véritable nettoyage ethnique en tuant ou faisant fuir près de huit cents mille Palestiniens et en rasant systématiquement plus de cinq cents villages.
 
Ils savent aussi que ce régime bafoue journellement les droits des êtres humains, ne respecte pas les lois internationales, que son armée terrorise la population des territoires qu'elle occupe illégalement et qu'elle assassine délibérément ceux qui lui résistent.
Ils n'ignorent pas que la colonisation se développe journellement au point de rendre impraticable tout projet de "deux états pour deux peuples"... qui n'est plus qu'un discours pour la frime médiatique.
Ils savent aussi que le régime israélien a édicté quatre-vingt articles de loi discriminant 20% de ses habitants... des lois instituant des régimes d'apartheid dans de multiples secteurs (enseignement, culture, expression, circulation des personnes, économie... etc)
Ils savent tout cela, ces communicants... Alors?
Il faut se faire une raison : ils mènent une croisade et rien ne peut les atteindre.
Leur conviction est bétonnée : les Palestiniens ne sont que des Arabes... terroristes.
 
Alors, devant une émission de télévision dans laquelle les auteurs affichent sans fard leur collusion avec ce régime criminel, la nausée monte à la gorge... Et une question apparaît, une question inquiétante.
Et si, à l'instar des prêcheurs de Daesh, le discours fallacieux de ces communicants, diffusé à des centaines de milliers de concitoyens de mon pays, avait un objectif similaire... renforcer le régime israélien en amenant des jeunes européens à partir là-bas pour s'engager dans les troupes de Netanyahu et consort?
Invraisemblable?
A ce jour déjà, plusieurs milliers de jeunes occidentaux (dont environ 8.000 Français selon certaines sources) se sont enrôlés dans l'armée israélienne pour "buter de l'arabe"!
... Comme cet Elor Azria, sergent Franco-israélien, qui a froidement achevé un jeune Palestinien, il s'appelait Abed al-Fattah Yusri al-Sharif, d'une balle dans la tête alors qu'il gisait grièvement blessé et désarmé sur le tarmac de Hébron... "ce chien méritait de mourir pour avoir voulu blesser un de mes amis" a-t-il fièrement crié.
Cet assassin – comment le qualifier autrement? – a été porté en triomphe pour sa "bravoure"... avant de passer les fêtes de Pessah en famille.
 
Qui a entendu les protestations de ces communicants qui proclament avoir "de l'empathie pour les victimes" et quand ont-ils informé sur les "exécutions extra-judiciaires" qui se déroulent régulièrement aux infâmes check points ?
Quelle valeur donnent-ils à la vie d'un Palestinien?   
En ce moment ils donnent priorité à un attentat meurtrier de deux jeunes Palestiniens dans un bistrot de Tel-Aviv et en profitent pour marteler une fois de plus cette stupidité ignoble "un antisioniste est un antisémite".
Ils savent pourtant que les Palestiniens sont des sémites, contrairement à l'immense majorité des colonisateurs venus d'Europe... Et sont-ils conscients qu'ils traitent d'antisémites de grandes figures de la communauté juive, tels Albert Einstein, Hanna Arendt
(Lire la lettre au "New-York Times du 2/12/1948), Shlomo Sand, Ilan Pappe... tant d'autres.

Est-ce vraiment délirant de penser que l'objectif de ces communicants est essentiellement de servir le régime de Netanyahu et Lieberman en tentant de radicaliser autant que possible le public de leur pays?
... Et le parallèle avec les prêches des fanatiques appelant au djihad, est-il vraiment absurde?
 

Rudi Barnet
(Juin 2016)

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clip officiel de la Gay Pride qui a eu lieu le 3 juin à Tel Aviv.

A l'occasion de la Gay Pride qui a eu lieu le 3 juin à Tel Aviv, le site palestinien The Electronic Intifada, basé aux États-Unis, a détourné le clip officiel de l'évènement pour montrer une autre réalité: une succession d'images de destruction et de violences dans les territoires palestiniens occupés par Israël. Le site insiste sur le fait que la Gay Pride est sponsorisée par le gouvernement qui «finance les invasions de Gaza et la construction de nouvelles colonies»
La vidéo se termine avec ce message : «Vous ne pouvez pas effacer l’occupation»

https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/video-tel-aviv-pride-cant-pinkwash-israels-crimes

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Condamnations internationales de l’interdiction de voyager du cofondateur de BDS

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Condamnations internationales de l’interdiction de voyager du cofondateur de BDS

English version

Communiqué de presse – 28 mai 2016
Pour diffusion immédiate

  • Seize organisations internationales condamnent les restrictions de voyage imposées au cofondateur de BDS Omar Barghouti
  • Les organisations de boycott académique du monde entier écrivent une lettre de protestation à leur Ministre des Affaires étrangères
  • Les organisations des continents américains, asiatiques et européens exigent la liberté de voyage pour Barghouti.

Seize organisations du monde entier, soutenant toutes le boycott académique et culturel d’Israël, ont écrit une lettre condamnant la persécution du cofondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions Omar Barghouti par le gouvernement israélien. La lettre est envoyée aux Ministres des Affaires étrangères d’Argentine, d’Australie, de Belgique, du Canada, de France, d’Inde, d’Irlande, d’Italie, de Norvège, du Pakistan, de Suède, du Royaume Uni et des États-Unis.

La lettre dit que l’interdiction effective de voyage de Barghouti et les menaces contre son droit de résidence israélien et même contre sa vie constituent de la persécution et de l’intimidation contre un porte-parole de premier plan du mouvement parfaitement non-violent BDS pour la liberté, la justice et l’égalité pour les Palestiniens.

Toutes les organisations signant la lettre ont été constituées pour promouvoir le boycott académique et culturel des institutions israéliennes. Leur nombre et leur extension géographique illustrent de manière saisissante le ralliement mondial à l’appel palestinien pour le boycott.

La lettre appelle les Ministres des Affaires étrangères « à signifier au gouvernement israélien l’absolue nécessité de cesser ses mesures répressives contre les leaders civils de Palestine et en particulier pour permettre à Omar Barghouti de jouer son plein rôle, tant dans qu’au dehors d’Israël, de représentation des aspirations du peuple palestinien ».

Le professeur Johnathan Rosenhead, président de BRICUP et porte-parole des signataires, a déclaré : « Les tentatives de plus en plus désespérées d’Israël pour contrer le boycott académique et culturel et l’ensemble du mouvement BDS indiquent à quel point il constitue maintenant un sérieux défi au sentiment d’impunité d’Israël. Celui-ci a continué trop longtemps à violer les droits des Palestiniens avec le soutien honteux de nos gouvernements. Mais la société civile dit à Israël que ses actions ont des conséquences ».

Le professeur Ahmed Abbes, secrétaire de l’AURDIP, qui a contribué à la préparation de la lettre, a déclaré : « La réelle l’interdiction de voyager imposée à Omar Barghouti par le gouvernement israélien et les menaces directes et indirectes faites contre lui par les Ministres du gouvernement israélien doivent être vues dans le contexte du niveau d’impunité sans précédent qui prévaut dans l’establishment israélien actuellement ».

Omar Barghouti a déclaré : « Les menaces désespérées, de type mafieux, d’Israël contre les défenseurs des droits humains Palestiniens, Israéliens et internationaux actifs dans le mouvement BDS pour les droits palestiniens prouvent seulement son échec complet à stopper la croissance du mouvement dans le public ces dernières années. Exactement comme dans la lutte contre l’apartheid sud-africain, les moments les plus sombres de la répression coloniale israélienne pourraient bien être celles qui précèdent l’aube de la liberté, de la justice et de l’égalité ».

NOTES AUX EDITEURS

Pour plus d’informations contacter :

Jonathan Rosenhead & David Palumbo-Liu

I. Le text de la lettre is available at this address : http://www.aurdip.fr/lettre-aux-ministres-des-affaires.html

II. Les seize organisations signataires de la lettre sont

  1. Academic BDS, Argentina
  2. Sydney Staff for BDS, Australia
  3. Belgian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (BACBI), Belgium
  4. Faculty for Palestine, Canada
  5. College and University Workers United (CUWU), Canada
  6. Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP), France
  7. Indian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (InCACBI), India
  8. Academics for Palestine, Ireland
  9. Stop Technion Campaign, Italy
  10. Akademisk og Kulturell Boikott av Staten Israel (AKULBI), Norway
  11. Pakistanis for Palestine, Pakistan
  12. Action Group at KTH för Boycott of Israel (PSABI), Sweden
  13. British Committee for the Universities of Palestine (BRICUP), UK
  14. Artists for Palestine, UK
  15. Architects and Planners for Justice in Palestine, UK
  16. US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (USACBI), USA

III. Omar Barghouti est un défenseur des droits humains palestinien. Il est co-fondateur de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) et du mouvement mondial à direction palestinienne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Il est titulaire d’une Maîtrise et d’un Master en génie électrique de l’Université Columbia à New York, et d’un Master en philosophie (éthique) de l’Université de Tel-Aviv. Il est l’auteur de Boycott, Désinvestissement, Sanctions : BDS contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine (La Fabrique éditions : 2010). Ses commentaires et interviews ont été publiés dans le New York Times, le Washington Post, le Financial Times, le Guardian, Politico, et sur Bloomberg TV, MSNBC, CNN, BBC, entre autres.

IV. Barghouti a été un résident permanent d’Israël depuis 22 ans (depuis 1994), et il vit avec sa famille à Acre. Le 19 avril 2016, le ministère israélien de l’Intérieur a refusé de renouveler son document de voyage, lui imposant une interdiction effective de voyager. Dans une déclaration officielle à l’AFP, un porte-parole du ministère israélien de l’Intérieur a déclaré que le ministre envisage la révocation de son statut de résident permanent en partie à cause de ses « activités BDS ».

V. Les lignes directrices pour le boycott academique et culturel d’Israël sont disponibles ici http://www.aurdip.fr/les-directives-du-pacbi-pour-le.html et http://www.aurdip.fr/les-directives-pacbi-pour-le.html respectivement.

Le BDS, les droits des Palestiniens et les menaces de mort proférées par Israël

« Je suis inquiet pour ma sécurité après les récentes menaces israéliennes, officielles et à peine voilées, de nuire physiquement à ma personne comme à celle de mes collègues palestiniens, israéliens et internationaux actifs dans le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) » alerte ici Omar Barghouti, le co-fondateur de BDS.

L’ONG Human Rights Watch a récemment condamné l’interdiction effective de voyager que m’impose le gouvernement israélien, en disant que cette mesure « semble une tentative pour punir [Barghouti] d’exercer son droit au militantisme politique pacifique, en utilisant l’arsenal du contrôle bureaucratique sur les vies palestiniennes ».

En tant que défenseur des droits humains des Palestiniens, profondément et passionnément engagé dans la lutte non violente pour les droits des Palestiniens relevant du droit international, je suis inquiet pour ma sécurité après les récentes menaces israéliennes, officielles et à peine voilées, de nuire physiquement à ma personne comme à celle de mes collègues palestiniens, israéliens et internationaux actifs dans le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Au cours d’une conférence organisée en mars dernier par un quotidien israélien de droite en vue de combattre le BDS, des ministres du gouvernement israélien ont proféré des menaces, directes et indirectes, contre ceux qu’ils appellent les « meneurs du BDS », plusieurs d’entre eux me désignant explicitement. Le ministère de l’intérieur a menacé de révoquer mon statut de résident permanent en Israël et d’entraver ma capacité à voyager dans le monde entier pour défendre les droits palestiniens.

La plus grave de ces menaces, cependant, est venue du ministre israélien des Renseignements, Yisrael Katz, qui nous a menacés d’ « élimination civile ciblée », un terme, comme Amnesty International le confirme, qui fait référence à des « assassinats ciblés ».

En exprimant ses préoccupations pour « ma sécurité et ma liberté », Amnesty a demandé à Israël de mettre fin à son « intimidation » et à ses menaces contre moi et mes amis défenseurs des droits humains, et a défendu notre droit de mener campagne pour « qu’Israël ait à rendre des comptes devant la justice pour ses violations des droits de l’homme et des autres droits internationaux ».

En recourant à de telles menaces effrayantes contre les militants BDS, les dirigeants israéliens reconnaissent en réalité l’échec d’Israël à ralentir l’expansion rapide du mouvement BDS dans l’opinion publique ces dernières années.

Lancé en 2005 par la plus large coalition de la société civile palestinienne, et inspiré par le mouvement anti-apartheid sud-africain, l’appel BDS pour une pression non violente sur Israël jusqu’à ce qu’il mette fin à son occupation de 1967 et à sa discrimination raciale institutionnalisée - laquelle répond à la définition des Nations-Unies de l’apartheid -, et qu’il respecte le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers et leurs terres dont ils ont été déracinés et dépossédés en 1948.

L’impact du BDS sur le régime israélien d’oppression est maintenant largement reconnu. Selon la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), les investissements étrangers directs en Israël ont chuté en 2014 de 46 % par rapport à 2013, en partie à cause du BDS.

Une étude de la Rand Corporation prédit que le BDS pourrait réduire le PIB d’Israël de 1 à 2 % chaque année, au cours des dix prochaines années.

La plongée brutale d’Israël dans un extrémisme de droite à découvert depuis les élections de 2015 a, en réalité, accru l’impact direct et indirect du BDS dans les domaines universitaire, culturel et économique. Mais avant cela même, un sondage de l’opinion publique internationale par la BBC Globescan montrait un Israël rivalisant avec la Corée du Nord en matière de popularité partout dans le monde, y compris en France, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni.

D’importants fonds de pension européens, dont le PGGM néerlandais et le Fonds souverain du Luxembourg, se sont désinvestis des banques et entreprises israéliennes qui sont impliquées dans l’occupation.

Le Fonds de pension de l’Église méthodiste unifiée, l’une des plus importantes églises protestantes aux États-Unis, a, en début d’année, déclaré interdites pour l’investissement les cinq plus grandes banques israéliennes.

Au cours des derniers mois, un effet domino a commencé à se faire sentir, de grandes multinationales se retirant de projets israéliens qui violaient les droits humains palestiniens et ce, après d’intenses campagnes BDS.

En septembre 2015, le géant français Veolia a vendu la totalité de ses entreprises en Israël après sept ans d’une campagne de boycott dénonçant son rôle dans les projets d’infrastructure au service des colonies israéliennes illégales, qui lui a fait perdre des milliards d’euros en appels d’offres et contrats.

L’entreprise de matériaux de construction irlandaise CRH et le géant des télécoms françaises Orange ont eux aussi mis un terme à leur implication dans des contrats israéliens violant le droit international.

Plus de 27 conseils locaux en Espagne se sont déclarés "Zones sans apartheid israélien".

Moody’s, une des principales agences de notation de crédit, a prévenu que « l’économie israélienne pourrait souffrir si le BDS venait à acquérir une plus grande influence ».

À cause de cela, Israël a vainement tenté d’assimiler le mouvement BDS à l’antisémitisme, une accusation largement démasquée comme frauduleuse, étant donné l’adhésion du mouvement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et son rejet constant et catégorique de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme.

Le soutien juif, bien visible et grandissant, pour le BDS parmi les universitaires, les artistes et les étudiants n’a pas non plus aidé Israël. Une enquête d’opinion réalisée en 2014 par un groupe du lobby israélien aux États-Unis, par exemple, révèle que 46 % des Américains juifs non orthodoxes soutiennent un boycott total d’Israël.

Ayant perdu de nombreuses batailles pour se rallier les coeurs et les esprits de la base, Israël a adopté depuis 2014 une nouvelle stratégie pour criminaliser le soutien au BDS à partir du sommet. Israël cherche actuellement des soutiens auprès des gouvernements d’Europe et d’Amérique du Nord pour supprimer la campagne BDS et éviter à Israël de devoir rendre des comptes.

Les gouvernements de France, du Royaume-Uni et d’autres pays européens, ont dûment sapé les droits démocratiques des militants solidaires de la Palestine impliqués dans la campagne BDS. Les mesures autoritaires adoptées contre le BDS incluent jusqu’à présent : la poursuite despotique des militants BDS en France, comme la récente arrestation d’une militante qui portait un t-shirt BDS ; la législation, au niveau des États, visant à exclure les organisations soutenant le mouvement BDS aux États-Unis des financements ou des contrats publics ; et l’intimidation, par le gouvernement britannique, des conseils locaux qui ont voté en faveur des mesures BDS.

Glenn Greenwald a considéré cette série bien orchestrée de mesures draconiennes comme « la plus grande menace pour la liberté d’expression en Occident ».

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la deuxième plus ancienne organisation en faveur des droits humains dans le monde, a récemment reconnu formellement et réaffirmé « le droit des individus à participer pacifiquement, et à appeler à participer, aux mesures de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) pour protester contre la politique d’occupation et de discrimination du gouvernement israélien » et a exhorté les États « à respecter et à défendre les droits connexes de liberté d’expression, d’opinion, d’association et de réunion ».

La Suède s’est distinguée, en devenant le premier pays occidental à réaffirmer que le BDS « est un mouvement de la société civile » et qu’« un gouvernement ne doit pas s’ingérer dans l’opinion d’une organisation de la société civile ».

Quant à la répression d’Israël contre les défenseurs des droits humains, qui va bien au-delà de la suppression de la liberté d’expression, elle doit être appréciée dans le contexte du niveau sans précédent d’impunité qui s’étend aujourd’hui à l’establishment israélien.

Le grand rabbin d’Israël de la communauté séfarade réclame le nettoyage ethnique de tous les « non-juifs » de « la terre d’Israël ».

Un dirigeant de colons juifs a qualifié les chrétiens, palestiniens et autres, de « vampires suceurs de sang » qui devaient être « expulsés » d’Israël. Il a appelé à incendier davantage d’églises palestiniennes, alors que déjà de nombreuses églises et mosquées palestiniennes ont été incendiées par des colons d’extrême-droite, colons qui sont protégés, et donc soutenus, par l’armée, les forces de sécurité et l’appareil judiciaire d’Israël.

Les colons qui ont fait mourir carbonisé le petit palestinien Ali Dawabsheh et ses parents l’année dernière, puis ont célébré leurs épouvantables actes de terrorisme, n’ont pas encore été condamnés pour ces assassinats.

Cet environnement d’un racisme endémique israélien et d’une totale impunité a incité le sénateur américain Patrick Leahy à demander une enquête afin de savoir si l’argent des impôts américains aidait Israël à commettre ses « graves violations des droits de l’homme contre les Palestiniens, notamment ses assassinats extrajudiciaires ».

L’Union européenne va-t-elle enquêter sur sa propre complicité profonde dans la protection d’Israël, lui évitant de rendre des comptes sur l’occupation et le déni des droits des Palestiniens ? L’UE va-t-elle remplir ses obligations vis-à-vis du droit international en interdisant les produits des entreprises qui opèrent illégalement dans les territoires occupés, en imposant un embargo militaire sur Israël, et en suspendant l’accord d’association avec cet État, jusqu’à ce qu’il respecte la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens ?

L’échec de l’UE à soutenir une récente décision du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies visant à établir une base de données des entreprises impliquées dans l’occupation d’Israël est de mauvais augure.

Je suis inquiet, évidemment, mais pas découragé. Aucune menace de style mafieux de qui que ce soit n’"éliminera" nos demandes de liberté, de justice et d’égalité pour le peuple palestinien, conditions préalables à une paix globale et juste dans notre région.

Omar Barghouti est un défenseur des droits humains des Palestiniens et le co-fondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

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