FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

16 mai 2008

60e anniversaire de la Nakba : C’est encore la catastrophe l

jeudi 15 mai 2008 El Watan
60e anniversaire de la Nakba
C’est encore la catastrophe l

http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=94182

C’est aujourd’hui que les Palestiniens commémorent le 60e anniversaire de l’injustice qui leur est imposée par une résolution de l’ONU.

Les Palestiniens commémorent aujourd’hui le 60e anniversaire de la spoliation de leur terre, et d’une manière plus générale de l’injustice qui leur est faite avec le consentement de la communauté internationale, puisque l’ONU avait voté en son nom la triste résolution 181 de novembre 1947, ordonnant le partage de la Palestine. De nombreuses manifestations sont, bien entendu, prévues par devoir de mémoire. Et, entre autres faits, les députés des partis arabes israéliens ou encore ces fameux descendants de Palestiniens demeurés sur leur terre, vont boycotter la séance de la Knesset aujourd’hui, où le président américain George W. Bush doit prononcer un discours à l’occasion du 60e anniversaire de la création de l’Etat hébreu. Le ton a été donné, hier, à Tel-Aviv, puisque M. Bush, dès son arrivée, a affirmé l’étroitesse des liens entre les Etats-Unis et Israël et de sa confiance dans l’avenir. Le discours de M. Bush interviendra le jour de la commémoration par les Palestiniens de la « Nakba », la « catastrophe » que fut pour eux la création d’Israël en 1948, sur les trois-quarts de la Palestine historique. Neuf députés, représentant la communauté arabe qui rassemble les descendants de 160 000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël, boycotteront le discours de M. Bush. Le parti communiste, Hadash, qui compte deux députés arabes et un député israélien, a affirmé dans un communiqué, que ses trois élus boycotteraient la séance spéciale de la Knesset qui se tiendra « le jour où le peuple palestinien marquera le 60e anniversaire de sa Nakba, pendant laquelle il a été chassé de sa patrie et qu’on empêche aujourd’hui d’établir son Etat indépendant ».
Qualifiant M. Bush de « criminel de guerre », le parti a dénoncé son « soutien aveugle à Israël » et à ses guerres contre « les peuples palestinien et libanais ». Le député, Jamal Zahalqa, chef de file du Rassemblement national démocratique (RND), dont les trois élus boycotteront le discours, a accusé M. Bush de « montrer son indifférence envers la Nakba du peuple palestinien et ses souffrances et traduit son impartialité idéologique totale en faveur d’Israël ». Le député, Ahmad Tibi, en fera autant avec ses trois collègues représentant une alliance entre la Liste arabe unifiée et le Mouvement arabe pour le changement.
Quelque 760 000 Palestiniens ont été poussés à l’exode lors de la création de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948. Le sort de ces réfugiés et de leurs descendants, environ 5 millions de personnes, est la question la plus épineuse du conflit israélo-palestinien. Israël refusant d’entendre parler de leur retour sur son territoire. Israël a occupé, en juin 1967, la Cisjordanie et la bande de Ghaza, des territoires où les Palestiniens se sont résignés à créer leur futur Etat, sans renoncer pour autant, au droit au retour des réfugiés sur leur terre. La communauté arabe israélienne compte aujourd’hui plus de 1,2 million de personnes sur une population totale de près de 7 millions. Plusieurs rapports officiels israéliens et institutions comme la Cour suprême ont admis que les Arabes israéliens étaient victimes de discriminations économiques et sociales. C’est le fameux apartheid décrit par de nombreuses organisations et personnalités de premier plan. Quant aux Palestiniens des territoires occupés, ils font face au terrorisme d’Etat israélien. Quatre d’entre eux ont été tués, hier, dans des opérations de l’armée israélienne dans la bande de Ghaza, ont indiqué les services d’urgence palestiniens. Ces opérations ont coïncidé avec l’arrivée du président Bush en Israël. Au moins 467 personnes, presque toutes Palestiniennes ont été tuées depuis la relance des négociations de paix israélo-palestiniennes, fin novembre 2007 à Annapolis, aux Etats-Unis, selon un bilan non-officiel. Et il est sûr qu’un tel processus ne mènera nulle part. C’est le président israélien lui-même qui a fait cet aveu, sous forme de déclaration à un quotidien américain. D’ailleurs, même les Palestiniens n’y ont pas cru, mais leurs dirigeants refusent toujours d’endosser l’échec.

T. Hocine

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Une idéologie sioniste à reconsidérer

Une idéologie sioniste à reconsidérer
publié le jeudi 15 mai 2008


Morsi Attalla

Tel-Aviv est terrifié par l’idée que le droit au retour frappe au cœur l’idéologie sioniste sur laquelle est bâti l’Etat d’Israël.

Il existe des signes confirmant qu’Israël désire actuellement être reconnu en tant qu’Etat purement sioniste. Il voit dans la célébration mondiale en grande pompe du 60e anniversaire de sa création la meilleure occasion pour réaliser son ancien rêve qui a précédé son existence de dix ans. Il faut noter que ce rêve est ancien et ne date pas de 2004, comme d’aucuns ont l’habitude de le considérer, lorsque Bush a prononcé son discours à Aqaba dans lequel il a évoqué le droit des juifs à disposer d’un Etat.

Celui qui croit que le refus d’Israël de discuter le droit du retour est lié aux conséquences qui peuvent en découler, c’est-à-dire la récupération par les réfugiés de leurs demeures et de leurs propriétés spoliées, aurait tort. Tel-Aviv est terrifié par l’idée que le droit du retour frappe au cœur l’idéologie sioniste sur laquelle est bâti l’Etat d’Israël.

L’expulsion des Palestiniens de la terre de Palestine fut l’un des piliers de l’idéologie sioniste à laquelle a appelé Theodor Herzl il y a plus de 100 ans. Lorsqu’il a écrit, le 12 juillet 1895 : « Nous essayerons d’expulser les démunis en dehors des frontières, en leur trouvant des opportunités d’emplois là-bas et en même temps on leur interdira de travailler dans notre pays ».

Avec le même esprit de Herzl, le sioniste fanatique Israël Zaoui a écrit en 1905 : « Nous devons nous préparer à expulser les tribus arabes par l’épée, comme l’ont fait nos aïeux ». Tel était leur plan qui date de plus d’un siècle, alors que nous sommes préoccupés jusqu’à aujourd’hui par la lutte opposant le Fatah et le Hamas. Le danger réel réside dans le fait que ceux qui suspectent le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948, conformément aux résolutions des Nations-Unies, ignorent intentionnellement une série de réalités. Au moment de la nakba, lorsque les Palestiniens furent victimes de la résolution de partage de 1947 et de la guerre de 1948, les propriétés des juifs à cette date en Palestine ne représentaient que 8 % de la totalité de la superficie. Alors que 92 % des territoires étaient la propriété du peuple palestinien et des Waqfs islamiques qui remontaient à l’époque ottomane.

Ce jour-là, le plus atroce crime politique et humain a eu lieu. Lorsqu’une minorité étrangère a envahi la Palestine, a expulsé ses habitants et a mis en place l’Etat hébreu sur les décombres de 531 villes et villages.

A mon avis, le fait de se résigner aux plans israéliens de suspicions soutenus par les Etats-Unis représente le plus grand danger pour le dossier des réfugiés. D’autant plus qu’il n’est pas du ressort de n’importe quelle autorité palestinienne de renoncer à ce droit. Car c’est un droit authentique aux réfugiés et ils n’ont mandaté personne pour le négocier à leur place. Le droit au retour est un droit élémentaire et non pas une simple licence qui expire avec le temps. En réalité, cette suspicion est sans fondement parce qu’elle autorise les réfugiés à regagner leurs demeures à condition de ne pas toucher aux habitants juifs. Cependant, c’est le contraire qui est vrai. Le retour peut être enrichissant par exemple au niveau de l’économie israélienne, notamment dans le domaine agricole qui souffre d’un sous-effectif.

Malheureusement pour la cause palestinienne, nous vivons un moment exceptionnel de l’Histoire où prévaut uniquement la loi du plus fort. Il est évident, en référence à des témoignages qui datent de 60 ans, que le projet sioniste avait pour visée de mettre en place un Etat enclavé au cœur du monde musulman séparant l’aile asiatique de l’aile africaine. L’objectif étant non pas uniquement d’empêcher son unité, mais de garantir sa faiblesse et sa dislocation. Ainsi, l’expérience de 60 ans d’Israël démontre que ceux qui ont soutenu le projet sioniste avaient pour objectif de saper n’importe quelle croissance civilisationnelle des Arabes et des musulmans qui sont préoccupés par des problèmes chroniques qui épuisent leurs énergies et leurs efforts. Le danger actuel menace toute la région et non pas seulement la cause palestinienne ou le droit des réfugiés palestiniens à retrouver leurs terres. Si Israël ne possède pas le courage de reconsidérer son idéologie sioniste expansionniste et si les Etats-Unis, en tant que principal allié, ne s’aperçoivent pas que le mouvement de l’Histoire prendra en fin de compte son cours normal, la région ne vivra jamais en paix et ne connaîtra jamais la stabilité.

publié par al-Ahram hebdo en français

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2008/5/14/opin3.htm

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15 mai 2008

Des ministres israéliens réclament une "opération militaire d'envergure" contre le Hamas

Des ministres israéliens réclament une "opération militaire d'envergure" contre le Hamas
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 15.05.08 | 11h22  •  Mis à jour le 15.05.08 | 12h19
http://www.lemonde.fr/international/article/2008/05/15/des-ministres-israeliens-reclament-une-operation-militaire-d-envergure-contre-le-hamas_1045110_3210.html#ens_id=891944

Plusieurs ministres israéliens, tous membres du cabinet restreint de sécurité, ont prôné, jeudi 15 mai, de "casser" le mouvement islamiste Hamas par une opération d'envergure à Gaza après le tir d'une roquette, mercredi,  sur un centre commercial  d'Ashkelon (sud d'Israël), qui a fait 14 blessés, dont quatre graves. Une attaque revendiquée par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et les Comités de résistance populaire (CRP) et saluée par la branche militaire du Hamas.


"Lorsqu'on te tire dessus, il faut riposter. L'armée israélienne n'a jamais été aussi préparée pour lancer une opération militaire d'envergure dans la bande de Gaza", a déclaré à la radio publique Benyamin Ben Eliezer, ministre des infrastructures. Haïm Ramon, numéro deux du gouvernement, a estimé qu'il "ne faut en aucun cas permettre la création d'un Hamastan à la frontière sud d'Israël, c'est inacceptable. Il faut mettre fin au pouvoir du Hamas à Gaza". "Il faut casser le Hamas", ont affirmé Meïr Shetreet, ministre de l'intérieur, et Rafi Eytan, ministre des retraités.
"INTOLÉRABLE ET INACCEPTABLE"
Peu après le tir de la roquette sur le centre commercial d'Ashkelon, deux activistes du Hamas ont été tués et quatre autres blessés lors d'un raid aérien à l'est de la ville de Gaza. Le premier ministre, Ehoud Olmert, avait qualifié l'attaque d'Ashkelon "d'absolument intolérable et inacceptable. Le gouvernement d'Israël est déterminé à ce que cela cesse et nous prendrons les mesures nécessaires jusqu'à ce que cela cesse".
George W. Bush, venu célébrer le soixantième anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, a affirmé la nécessité de se montrer "fermes" et "forts face à ceux qui assassinent des innocents pour atteindre leurs objectifs". Le président américain a mis l'accent sur les liens historiques entre les Etats-Unis et Israël, affirmant que son pays était "son plus vieux et son meilleur ami au monde". "Onze minutes après qu'Israël fut né, les Etats-Unis devinrent le premier pays à reconnaître son indépendance", a-t-il dit.

Dans le discours qu'il doit prononcer jeudi après-midi à la Knesset et dont la Maison Blanche a diffusé le texte, George W. Bush invoque les leçons du nazisme pour assurer aux Israéliens que le soutien des Etats-Unis était "inaltérable" et qu'avec les Américains ils étaient plus de "307 millions"  face au Hamas, au Hezbollah et à l'Iran. Le président américain estime également que permettre à l'Iran d'avoir l'arme nucléaire serait "trahir de manière  impardonnable" les futures générations et accuse son président, Mahmoud Ahmadinejad, de vouloir ramener le Proche-Orient au Moyen Age.

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Les Palestiniens marquent leur «Nakba»

Les Palestiniens marquent leur «Nakba»

Nasser Abou Bakr

Agence France-Presse

Ramallah, Cisjordanie

Les Palestiniens ont manifesté jeudi pour marquer l'anniversaire de la «Nakba», la «catastrophe» que fut pour eux la création d'Israël il y a 60 ans sur trois-quarts de la Palestine historique.

«Soixante ans sont passés depuis la Nakba de notre peuple, lorsque des centaines de milliers de Palestiniens ont été déracinés de leur patrie, leurs maisons et leurs terres, et poussés à l'exode au quatre coins du monde. Aujourd'hui, ils sont des millions», a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas dans un discours radiodiffusé.

Des milliers de Palestiniens ont participé à des manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour commémorer l'occasion, au moment même où le président américain George W. Bush participait en Israël aux célébrations du 60ème anniversaire de la création de l'État juif.

La principale manifestation a eu lieu à Ramallah, en Cisjordanie. Les manifestants se sont recueillis sur la tombe du chef historique des Palestiniens, Yasser Arafat, à la Mouqataa, le QG de l'Autorité palestinienne avant de sillonner les rues en direction de la place Al-Manara, où plusieurs orateurs devaient prendre la parole.

De nombreux manifestants portait des t-shirts noir avec l'inscription: «1948, 60 ans de Nakba». Ils agitaient des drapeaux noirs et ceux de la Palestine.

A midi, les sirènes d'alarme ont retenti. Les automobilistes et les passants se sont immobilisés pendant une minute de silence.

Parmi les manifestants, une vieille femme au visage mangé par les rides montre le titre de propriété décrépit de la maison dont elle fut chassée avec sa famille par les forces israéliennes en 1948.

Une autre, Bahiya Hamed, 55 ans, exhibe dans un cadre la clé de la maison de ses parents dans le village de Lifta, près de Jérusalem, partiellement détruit à la création d'Israël. «On a encadré le clé pour que nos petits-enfants puissent un jour s'en servir pour réclamer le droit au retour sur les terres de leurs grands-parents», explique-t-elle.

Des haut-parleurs transportés sur des camions crachent des chants nationalistes. L'hymne national palestinien «Biladi, Biladi (ma patrie)», est chaleureusement applaudi. Tambour battant, des troupes de scouts ouvrent la marche.

Certains tenaient des ballons noirs, dont 21 915 --le nombre de jours qui se sont écoulés depuis la Nakba-- doivent être lâchés à travers la Cisjordanie, symbolisant l'attachement palestinien au droit au retour des réfugiés.

Dans la bande de Gaza, contrôlée depuis juin 2007 par les islamistes du Hamas, des manifestants ont commencé à se rassembler à quelques kilomètres du passage d'Erez, à la frontière avec Israël, pour commémorer la Nakba et protester contre le blocus israélien imposé au territoire.

La police du Hamas a empêché la tenue d'un rassemblement organisé par des partis rivaux, selon les organisateurs.

Accusant M. Bush de fermer les yeux sur la Nakba, neuf députés arabes israéliens vont boycotter un discours du président américain à la Knesset.

Quelque 760 000 Palestiniens ont été poussés à l'exode lors de la création d'Israël. Israël refuse de discuter d'un retour de ces réfugiés et de leurs descendants, environ 5 millions de personnes.


En 1967, Israël a occupé la Cisjordanie et la bande de Gaza où les Palestiniens se sont résignés à créer leur futur État, sans renoncer pour autant au droit au retour des réfugiés.

La commémoration de la Nakba survient au moment où les négociations de paix israélo-palestiniennes, censées aboutir à un accord avant fin 2008, piétinent.

«La sécurité d'Israël est tributaire de notre indépendance et de notre sécurité. La poursuite de l'occupation et de la +Nakba+ n'apportera la sécurité à personne», a déclaré M. Abbas dans son discours, avertissant que la poursuite de la colonisation juive «détruira les chances de paix».

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Palestine, 60 ans après : le partage ou la paix

Palestine, 60 ans après : le partage ou la paix

Le 14 mai 2008


Un vrai soutien au droit au retour des réfugiés doit être au cœur de la solidarité avec le peuple palestinien.

Ici un texte de Pierre-Yves Salingue qu’il faut lire absolument et avec la plus grande attention, car il permet de comprendre que les principaux responsables de la solidarité dite pro palestinienne ne sont pas les personnes fiables et utiles à la cause palestinienne que l’on a pu croire durant tant d’années. Il devrait conduire les militants qui se sont laissé égarer par une ligne politique biaisée, à demander que l’on donne davantage la parole aux ''vrais Palestiniens'', pour parler de leurs souffrances et des injustices subies. C'est-à-dire, à ceux des Palestiniens qui ne se sont jamais compromis avec l’occupation ni avec cette solidarité qui a travaillé en association étroite avec les représentants de l’Autorité Palestinienne en France et en Europe ; des représentants qui ne sont que les salariés d’une Autorité palestinienne corrompue, qui collabore avec l’occupant et participe à l’oppression du peuple palestinien. (Silvia Cattori)

La Palestine

Pour tous ceux qui refusent l’injustice subie par le peuple palestinien,  2008  aurait pu être l’occasion de relancer une  mobilisation essoufflée par le sentiment d’impuissance provoqué par la dégradation dramatique de la situation des Palestiniens.

Non qu’il y ait quoi que ce soit à « célébrer » en 2008 et surtout pas la proclamation de  l’Etat  d’Israël, cette étape essentielle du nettoyage ethnique de la Palestine.

Mais, 60 ans après la Naqba, quelles que soient la noirceur du tableau et l’ampleur de la tragédie palestinienne actuelle, les militants engagés dans le soutien à la lutte du Peuple palestinien ont constaté un changement, encore hésitant mais prometteur, dans le camp palestinien.

Depuis l’appel au boycott d’Israël [1] lancé par 170 organisations palestiniennes en juillet 2005, des militants palestiniens ont multiplié les appels et les initiatives[2]
Ils ont progressivement défini les éléments structurant une démarche de reconstruction d’une stratégie de lutte contre la fragmentation de la société palestinienne :

-         Le refus du mythe selon lequel les négociations avec Israël étaient la seule voie possible.
-         L’unité globale du peuple palestinien, de sa terre et de sa cause, quelles que soient sa dispersion et sa fragmentation actuelle.
-         L’exigence incontournable du droit à l’autodétermination et du droit au retour des réfugiés.
-         Le refus de reconnaître Israël en tant qu’ « Etat juif ».
-         Le refus de la colonisation et de l’occupation de toutes les terres arabes
-         Le rejet de toute normalisation des relations avec l’occupation coloniale et ses institutions.
-         La condamnation de toutes les tentatives des donateurs occidentaux visant à établir des « projets d’échange » communs  à l’oppresseur et aux opprimés, sous les termes trompeurs de « dialogue pour la paix »

Sans jamais remettre en cause la légitimité de la résistance armée à l’occupation, ces militants ont estimé que, si ces actions armées recueillaient une sympathie populaire, elles ne permettaient pas une participation directe à la lutte de la part de la population présente sur la terre de Palestine de même que celle des Palestiniens vivant en exil.

L’appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions permettait à un mouvement de soutien international d’exister réellement, non comme l’auxiliaire d’un hypothétique « processus de paix » mais comme un acteur pouvant contribuer à remettre en cause le rapport de forces et à aider réellement les Palestiniens par des actions durables et efficaces pour isoler l’Etat d’Israël.

Mais en France, ces appels sont restés lettre morte. Ni la Plate-forme des ONG, ni le Collectif national pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens, ni la plus importante des associations françaises de solidarité (AFPS) n’ont voulu les reprendre.
On doit même constater que les responsables du mouvement de solidarité ont de plus en plus pris leurs distances avec les militants palestiniens qui les interpellaient sur les motifs de leurs hésitations et sur les raisons de leur inaction.
L’initiative « Paix comme Palestine » en est aujourd’hui l’illustration, tant dans le choix des invités politiques que dans le contenu du message que les organisateurs ont décidé de faire passer.

Voici donc une « campagne pour la Palestine » où on ne trouvera pas les expressions suivantes : « nettoyage ethnique », « Etat colonial », « projet sioniste », « soutien à la résistance du peuple palestinien », « droit au retour des réfugiés dans leurs foyers », « boycott d’Israël ». 

Ils disent vouloir « la paix », mais ils ne veulent pas du retour des réfugiés. 

Pour qui souhaite réellement aider les Palestiniens à recouvrer leurs droits et notamment leur droit à l’autodétermination, ces « 60 ans » n’avaient de sens que dans l’affirmation sans ambiguïté d’une solidarité totale avec les exigences constantes du Peuple palestinien dans sa résistance à la conquête coloniale et au nettoyage ethnique.

Au cœur de ces droits, le Peuple palestinien a placé la question des réfugiés. Pas seulement à cause de leur nombre, même s’ils représentent aujourd’hui les 2/3 des Palestiniens, mais parce que, comme l’a si bien exprimé  Hussam Khader, « la cause des réfugiés est la substance même de la cause palestinienne » 

C’est pourquoi le droit au retour  des réfugiés occupe une place décisive, à la fois dans l’affirmation de la résistance populaire au nettoyage ethnique et dans l’expression du refus de reconnaître la légitimité de « l’État juif » : Pour les Palestiniens, l’abandon du droit au retour signifierait la victoire totale du projet colonial sioniste et donc leur disparition en tant que peuple.

Et c’est aussi pourquoi la question des réfugiés est devenue la cible d’une offensive généralisée visant à éradiquer cette réalité qui est la marque identitaire du conflit  et le symbole vivant de l’illégitimité du projet colonial sioniste imposé aux peuples arabes par la force des armes avec le soutien de l’Impérialisme. 

Par son vote du 29 novembre 1947, contre la volonté affirmée de la population arabe palestinienne majoritaire, l’ONU a volé sa terre à un peuple qui l’habitait et la travaillait depuis des siècles pour la donner aux partisans d’un projet colonial, au nom du « droit à un État » d’un « peuple juif » qui n’existait que comme  une construction idéologique du nationalisme réactionnaire sioniste.

En privant les Palestiniens de leur droit au retour, il s’agit bien  d’anéantir leurs racines, de les déposséder de leur Histoire et  de faire disparaître la marque du crime commis en 1947/1948 lors de la création de l’Etat colonial israélien. Le fondateur d’Israël avait dès le début donné la ligne : « nous devons tout faire pour assurer qu’ils ne reviendront jamais » avait déclaré Ben Gurion en juillet 1948.

L’offensive menée contre le droit au retour est multiforme et concertée.

Soutenus par les gouvernements des États Unis (Bush a depuis longtemps déclaré que les réfugiés ne pourront pas revenir en Israël) les dirigeants israéliens, de toutes les tendances politiques, sont évidemment les plus déterminés.

Le siège imposé à la population de Gaza  depuis 2 ans est d’abord une guerre menée aux réfugiés : la population de la bande de Gaza est à plus de 70% composée de réfugiés et la volonté israélienne d’y rendre la vie impossible a beaucoup plus à voir avec la politique sioniste de nettoyage ethnique qu’avec l’intention souvent prêtée aux dirigeants israéliens de vouloir « punir les habitants » d’avoir voté pour le Hamas ou avec des « réactions disproportionnées » contre les tirs de rockets.

Comme la colonisation croissante et la construction du mur en Cisjordanie, comme la politique d’expulsion de leurs terres des Palestiniens du Nakhab, le siège de Gaza est le signe du caractère toujours actif du projet sioniste en Palestine et de son incompatibilité totale avec le retour des réfugiés. 

Au plan international d’importantes négociations se déroulent actuellement, plus ou moins secrètement.

Elles impliquent des dirigeants politiques occidentaux et japonais, des représentants des régimes arabes concernés par la présence de réfugiés sur leurs territoires ou sollicités pour supporter le coût financier des mesures envisagées, des institutions politiques et financières internationales etc.

L’objectif est de convaincre (notamment par la promesse d’indemnisations) ou, à défaut, de contraindre les réfugiés à renoncer à leur droit au retour.

Si, de la part de ces adversaires du Peuple palestinien, ces positions qui nient ouvertement les droits des réfugiés ne sont pas vraiment une surprise, on éprouve par contre de la colère à la lecture des propos tenus par ceux qui se présentent comme les défenseurs de ces droits.

S’agissant des réfugiés et de leur droit au retour, l’initiative « Paix comme Palestine » est une contribution directe à la politique qui vise à vider le droit au retour de son sens, tout en conservant quelques formulations qui peuvent induire en erreur les sympathisants de la cause palestinienne qui n’imaginent pas que ce droit puisse être abandonné..

Que disent les « appels » initiés à l’occasion de cette initiative ?

·        « une solution juste du problème des réfugiés fondée sur la reconnaissance du tort qu’ils ont subi et des droits qui en découlent »  lit-on dans l’appel des personnalités

·        « un juste règlement du problème des réfugiés » affirme l’appel proposé à la signature des élus, après avoir regretté, dans un délicat euphémisme, que la guerre ait  « conduit également à pousser à l’exode 800 000 Palestiniens devenus les réfugiés »

Le choix des intervenants confirme les intentions des organisateurs.

Elias Sanbar, d’abord. Il est l’inspirateur de la subtile distinction entre « reconnaissance du principe du droit au retour » et "exercice du droit".  Elias Sanbar affirme qu’il veut d’abord qu’on lui reconnaisse son droit, mais que l’exercice de ce droit le regarde et qu’il est fort possible qu’il n’ait pas envie de l’exercer. Peut-être veut-il rassurer les Israéliens ou peut-être n’a-t-il pas le même vécu que les réfugiés de Nah el Bared ? Toujours est-il que contrairement aux comités des camps de réfugiés qui traitaient le document de Genève d’ «agression sur le dos du peuple palestinien et d’attaque contre ses droits fondamentaux » Sanbar affirme :

« Ce qui est bien dans ce projet, c’est son côté très pédagogique, puisqu’il est la preuve concrète que rien n’est impossible. Finalement même s’il ne voit pas le jour, même s’il ne se concrétise pas, il aura quand même servi à donner la preuve que toutes les questions, même les soi-disant absolument insolubles, peuvent trouver une solution »   

Pour lui, si « le droit au retour n’est pas négociable », « son application l’est » [3]

Dans un entretien publié dans l’Humanité le 04/04/2007, Ziad Abu Amr affirmait vouloir « régler la question des réfugiés par une négociation dans le cadre de la résolution 194 de l’ONU » Pourquoi « une négociation dans le cadre » ? Pourquoi pas « en appliquant la résolution 194 » ? La réponse est  dans la suite de ses propos. Il affirme : « Je rappelle que cette résolution  donne le choix entre le retour et l’indemnisation » Ziad Abu Amr  ment deux fois !  Certes, cette résolution  donne aux réfugiés  « le choix », revenir ou ne pas revenir, mais la résolution 194 affirme le droit au retour ET le droit à « des compensations pour tout bien détruit ou endommagé » !  Et la 194 donne ce choix à chaque réfugié, sans en conditionner la réalisation pratique à une « négociation »

Monique Chemillier Gendreau dit explicitement de ce que sont les intentions véritables des partisans de « la paix par le droit »

« Le pari est que le nombre de Palestiniens optant pour le retour en Israël soit approximativement le même que celui de réfugiés qu’Israël accepterait de recevoir. Si le premier nombre se révèle supérieur au second, le droit au retour affirmé par le droit international et repris par l’accord n’est plus réalisable pour tous les Palestiniens…Il faut souhaiter que ce pari hasardeux réussisse et que, entre le nombre de Palestiniens candidats au retour en Israël et celui de la proposition d’Israël, la différence soit insignifiante. » [4]

Dans une conférence organisée par l’AFPS  elle enfonçait le clou :

«  C’est une astuce qui peut aboutir à la résolution du problème et de ses nombreux blocages… Ce faisant, on se donne du temps. Et si par miracle…se dessinait demain une dynamique de paix, il deviendrait possible de convaincre les Palestiniens de ne pas être trop nombreux à demander à revenir en Israël et de faire ainsi en sorte que le nombre de ceux qui demanderaient le retour en Israël s’approcherait du nombre, encore inconnu, mais dont on peut supposer qu’il ne sera pas très élevé, des réfugiés palestiniens acceptés par Israël »[5] 

Michel Warschawski a signé l’appel des personnalités.

Pourtant, dans un article publié en 2001, il écrivait  « Il ne fait aucun doute que l’enjeu majeur de la médiation Clinton est d’imposer aux Palestiniens le renoncement au droit des réfugiés à réintégrer leur pays et à récupérer leurs propriétés immobilières »  [6]

Faut-il en déduire que Michel Warschawski a changé d’avis ? Probablement. D’ailleurs, dans un article publié 3 ans plus tard, commentant le texte de Genève, il écrivait : « la suggestion de Clinton de séparer une reconnaissance par Israël du droit au retour d’un processus négocié sur le retour véritable des réfugiés pourrait être un point de départ pour un accord sur cette question » [7]

Suivant les conseils d’Elias Sanbar, Michel Warschawski adoptait la distinction entre le principe (« reconnaître le droit ») et le « retour véritable » qui  peut-être négocié !

En 2001, Michel Warschawski dénonçait « l’arnaque du plan Clinton » [6]

Qui donc « arnaque » les Palestiniens aujourd’hui ? 

C’est évidemment à dessein que les organisateurs de l’événement ont choisi de tels « défenseurs » des droits des réfugiés : ils partagent pleinement ces analyses et veulent que les militants de base s’y rallient.

Intervenant récemment dans une conférence internationale sur la question des réfugiés tenue à Paris,  Sylviane de Wangen, membre de la direction de l’AFPS, expliquait : « les réfugiés ne peuvent pas, au regard du droit international, se réclamer d’un droit individuel au retour dans un pays où ils ne sont pas nés, où ils n’ont jamais vécu, dont ils n’ont pas la nationalité et qui ne veut absolument pas d’eux »

Elle ajoutait : « une combinaison des textes de Taba et de Genève pourrait être la base d’un règlement » validant ainsi la thèse défendue par Sanbar, Chemillier Gendreau et tous les soutiens du « document de Genève » [8]

En octobre 2003, Dominique Vidal écrivait : « un accord démontre spectaculairement que la paix est possible… L’accord règle en effet, sur la base des propositions du président Clinton (décembre 2000) et des discussions de Taba (janvier 2001) toutes les questions en suspens » [9]

Notons d’abord que le texte de Genève ne comporte même pas l’expression « retour des réfugiés » (la version anglaise, la seule valable selon les signataires, parle de « the choice of permanent place of residence »)

Que dit-il à propos de ce « choix de résidence » ? Que chaque réfugié aura, individuellement, la possibilité de choisir un lieu de résidence entre plusieurs options possibles : Vivre en « Palestine » (on suppose qu’il s’agit d’une part du projet de cantons cisjordaniens reliés par des tunnels et d’autre part du camp de concentration de Gaza) ; Rester dans leur « pays d’accueil » (comme dans le Royaume de Jordanie qui vient de leur interdire de manifester pour les 60 ans de la Naqba ?) ; Emigrer dans un pays tiers ; Dernier choix possible, aller en Israël, le texte précisant que, dans ce cas, le nombre de possibilités offertes sera « à la discrétion d’Israël »

Après quoi la question des réfugiés sera considérée comme résolue, leur statut sera supprimé et l’UNRWA disparaîtra.

On est là bien loin de l’exigence portée par toutes les coalitions  et  rappelée dans toutes les rencontres récentes de réfugiés : l’application de la résolution 194 votée par l’ONU et donc le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers. 

Le droit au retour, c’est le droit de revenir là où on vivait avant d’en être chassé par la violence de la colonisation et, pour les descendants nés en exil, c’est le droit de revenir là où on serait né et où on aurait grandi si la famille n’en avait pas été expulsée par la force.

La première exigence des réfugiés, ce n’est pas d’avoir un Etat, ce n’est pas d’avoir un passeport, ce n’est pas de susciter de la compassion ni d’obtenir des excuses : c’est de rentrer chez eux ! Et peu leur importe que « chez eux » il y ait, ou non, un Etat prétendant être là soit par la volonté divine, soit grâce au vote d’un organisme démuni de tout droit de distribuer des territoires à qui bon lui semble, soit enfin par le recours à la force.

Ils ne veulent pas d’un « droit affirmé dans son principe » mais dont l’application serait subordonnée à "la négociation", c’est-à-dire au rapport de forces et, en définitive, à la volonté des Israéliens.

Mais même si les réfugiés n’en veulent pas,  il faut convaincre du contraire les militants de la solidarité.

A la parole des « spécialistes » et des « anticolonialistes », on va donc ajouter la parole de Leila Shahid et de Hind Khoury, apparemment plus fréquentables que les anciens « représentants légitimes du Peuple palestinien » depuis que le degré de corruption régnant au sein du Fatah et l’existence de forces  maffieuses répressives au cœur même de l’appareil de l’Autorité sont devenus un peu trop visibles.

Nul doute que nos « représentantes de la Palestine » s’inspireront de la position du  Président  Abbas qui les a nommées.

S’agissant des réfugiés, celui-ci n’avait pas attendu Bush pour convenir dès 1994 que « les exigences de la nouvelle ère de paix et de coexistence aussi bien que les réalités qui ont été créées sur le terrain depuis 1948 ont rendu impraticable l’application du droit au retour»  [10].

Ils refusent de boycotter Israël mais ils boycottent les Palestiniens qui résistent.

« Autant dire que la promesse d’Annapolis ne se transformera en acte que si la communauté internationale – et en premier lieu l’Europe - s’engage à créer les conditions d’une souveraineté pleine et entière garantissant aux Palestiniens une égalité en droit avec leurs voisins. »  peut-on lire dans le dossier de presse de Paix comme Palestine

Voilà qui éclaire la formule un peu obscure de l’appel : « nouvelles tentatives de négocier une solution qui s’inscrivent dans l’agenda diplomatique »

« Transformer la promesse d’Annapolis en acte », tel est le programme proposé par les responsables de la plate forme aux militants de la solidarité !

Mais est-ce cela que les Palestiniens qui poursuivent la lutte nous demandent ?

Apparemment pas, puisque après avoir condamné la participation à cette conférence, ils écrivaient : « A Annapolis, l’Autorité n’a pas soulevé la question des Palestiniens à l’intérieur de la ligne verte ni du droit au retour, ni du siège criminel de Gaza… » [11]

Mais on ne risque pas d’entendre ces voix à la réunion de la porte de Versailles.

Aucun représentant de Anti Apartheid Wall Campaign[12],  aucun représentant de la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions, aucun porte-parole du PACBI[13] ni même du PNGO[14], qui fut pourtant longtemps l’interlocuteur privilégié de l’AFPS et des responsables de la  plate-forme des ONG.

Serait-ce parce que, sous les coups de boutoir des gouvernements israéliens successifs, des responsables d’ONG, longtemps favorables à la stratégie de négociation, ont fini par se résoudre à juger que le Sionisme n’avait pas changé et que l’intention d’Israël était bien de « remplacer un peuple par un autre sur la terre de Palestine » ? [15]

Ou est-ce parce que, lassées d’attendre que la communauté internationale mette ses multiples résolutions en pratique, des organisations palestiniennes ont pris l’initiative d’appeler au développement d’une campagne internationale de  boycott d’Israël, précisant 3 ans après son lancement que « la campagne BDS ne cible pas seulement l’économie israélienne, mais elle remet en cause la légitimité d’Israël en tant qu’état colonial » [15]

Ou encore est-ce parce que ces voix palestiniennes s’élèvent pour nous mettre en garde contre les illusions et les manœuvres de récupération visant à faire de la lutte menée par les habitants de Bil’in l’alpha et l’oméga de « la  résistance non-violente de la société civile palestinienne », en nous rappelant notamment que l’objectif de la lutte contre le mur n’est pas de changer son tracé et que l’objectif de toutes les manifestations et de toutes les initiatives, qui sont nombreuses en Palestine, est la libération de chaque cm² de terre confisquée par l’occupation coloniale ? [16]

Est-ce pour cela  que ces organisations sont devenues infréquentables pour la petite élite qui prétend au monopole de la solidarité pour mieux la maintenir dans l’impuissance ? 
Evidemment, on ne  trouvera pas non plus de représentant de l’une ou l’autre des coalitions palestiniennes pour le droit au retour,  ni aucun représentant des Palestiniens de 48, totalement ignorés dans les appels de la plate forme et dans ses explications des raisons et des enjeux du conflit.

De même, alors qu’on nous explique que les forces de la solidarité ne doivent pas entrer « dans un débat qui n’est pas le leur, le conflit inter-palestinien » [17] on se garde bien d’inviter d’autres représentants politiques que les porte-voix en France et en Europe de Abbas et de Fayad.

On n’y entendra donc pas, même en duplex, la parole des représentants de la majorité élue en 2006 par les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Pas de  Hamas donc, mais pas non plus le Jihad ou le  FPLP ou de militants du Fatah qui affirment leur volonté de poursuivre la lutte et leur désaccord avec leur direction.

Il est en effet  difficile de donner la parole à ceux qui n’ont pas renoncé à l’utilisation des armes quand une bonne partie des organisateurs de Paix comme Palestine les assimilent à des « terroristes » et leur dénient le droit de résister autrement que suivant les règles qu’ils ont fixées à leur place.

Nos « partisans de la paix » préfèrent donner la parole à une représentante  palestinienne qui en 2004 appelait les jeunes Palestiniens de France à rejeter « le règne de la haine et de la vengeance », à « poursuivre à tout prix le dialogue et à l’approfondir », pour mieux continuer « le travail de connaissance de l’Autre et de construction des bases d’une réconciliation à venir. [18]

De même, pour ceux comme Dominique Vidal dont le principal souci reste d’ « offrir à Israël une pleine légitimité, une normalisation complète avec tous ses voisins et, du coup, une garantie de survie à long terme » [19] le propos délicat d’Hind Khoury suivant lesquels « Nous avons besoin d’un dirigeant israélien courageux, un nouveau Rabin, qui puisse sceller la paix dans cette région qui a trop souffert » [20]  est nettement plus rassurant que la vindicte vengeresse de ceux qui écrivent que « pour les opprimés et occupés, la lutte incessante et la résistance, en utilisant tous les moyens nécessaires, ne sont pas seulement notre droit mais notre devoir » ? [21] Et peu importe que sous le gouvernement de Rabin le rythme de construction des colonies n’ait pas fléchi.

Elles parleront donc au nom de «  la Palestine »

Elles ne sont pourtant que les fonctionnaires d’une Autorité moribonde, désignées par un Président  politiquement impotent et appointées  par un gouvernement illégitime qui n’existe que parce que les Israéliens ont mis la moitié des membres Hamas du Conseil législatif palestinien en prison et par le chantage au versement des salaires, grâce à l’argent des puissances occidentales et notamment de l’Europe.

Elles représentent aussi Salam Fayyad, un Premier Ministre choisi par le gouvernement des Etats-Unis, pur produit du FMI et de la Banque mondiale, moitié banquier et moitié flic, qui se targue tout à la fois de vouloir attirer les investisseurs et « rétablir l’ordre » (lire: protéger les colons sionistes de la résistance palestinienne). 

L’unité n’est pas la confusion. 

De quelle « cohésion » ou « unité » est-il question ?

Pour aider à mieux tromper les réfugiés ?

Pour applaudir les représentantes d’une Autorité palestinienne qui ne combat pas l’occupation, qui participe activement au siège des habitants de Gaza en collusion avec les Israéliens, les Egyptiens et les Européens présents à Rafah  et qui tente par tous les moyens de maintenir ses privilèges ?

Pour faire durer les illusions de l’existence d’un « processus de paix » et de « la nécessité de contribuer au dialogue » ?

Pour donner la parole à des diplomates qui parlent au nom d’un gouvernement illégitime qui réprime les Palestiniens qui manifestent contre la conférence d’Annapolis et qui envoie des troupes financées, armées et entraînées non pour combattre l’occupation mais pour arrêter et assassiner des résistants à Jénine et à Naplouse ?

Pour cautionner la mise à l’écart des porte-parole de la résistance palestinienne dans sa diversité (appel au boycott, lutte armée, soutien au droit au retour, libération des prisonniers, levée du siège de Gaza etc.) et pour les remplacer par des responsables d’ONG qui émargent au budget de l’USAID (le bras humanitaire de la CIA) ?

Faudrait-il faire l’unité avec ceux qui veulent empêcher le développement d’un mouvement international en faveur du droit au retour, dans le but d’accentuer le sentiment d’isolement et d’abandon ressenti dans les camps et pour  faire céder les réfugiés aux propositions qui leur seront faites ?

Et c’est aussi probablement au nom de « l’unité » qu’un certain nombre de responsables d’associations et d’organisations font le grand écart, tentant de tenir simultanément des positions tout à fait incompatibles.

On pourrait donc dire tout et son contraire : Qualifier de « hold-up » la proclamation de l’Etat d’Israël mais aller applaudir celui qui désigne le même événement par « guerre d’indépendance » [19] ; Dénoncer Annapolis comme « une conférence de guerre »  mais aussi  initier une action dont la finalité affichée est de « transformer la promesse d’Annapolis en actes » ; Dénoncer la complicité du mouvement colonial sioniste avec l’Occident dans le crime de la Naqba mais aussi  applaudir ceux qui expliquent que la racine du problème est liée au fait que « le plan de partage n’a pas été mis en œuvre » ; Ecarter pendant près de trois ans l’appel des organisations palestiniennes au boycott d’Israël, pour certains s’y déclarer aujourd’hui favorable mais dans le même temps soutenir un appel qui, en guise d’action, propose en tout et pour tout d’appeler le gouvernement français à « passer de la parole aux actes » ?

C’est ainsi que défiler pour le droit au retour et pour l’autodétermination pourrait « être « complémentaire » avec appeler à soutenir des « défenseurs du peuple palestinien » qui se targuent de soutenir  « une astuce » permettant de « convaincre les Palestiniens de ne pas être trop nombreux à demander à revenir en Israël » !

Comment Michel Warshawski peut-il écrire que « l’Autorité palestinienne est devenue une véritable force auxiliaire des Israéliens » [22] tout en partageant la tribune avec deux de ses fonctionnaires, chargées de maintenir le mouvement de solidarité dans l’impasse pendant que leurs copains vendent la Palestine et emprisonnent les résistants  ?

Qui peut-croire qu’une telle confusion peut permettre de  rassembler largement en faveur des droits des Palestiniens   et de faire avancer les gens de bonne volonté?

L’existence éventuelle d’une division créée par des clivages sectaires doit être combattue.

Mais sommes-nous en présence de « clivages sectaires provoqués par des extrémistes » ou existe-t-il des divergences réelles sur les positions qu’il convient de prendre dans le conflit ?

-         Droit au retour des réfugiés en application stricte de la résolution 194 ou négociation des conditions de son application ?

-         Boycottage réel et  rupture des relations et échanges économiques, diplomatiques et culturels avec toutes les institutions israéliennes ou boycottage sélectif de quelques produits venant des « colonies illégales » de Cisjordanie ?

-         Soutien à l’ensemble du Peuple palestinien qui résiste  au nettoyage ethnique, « qu’il vive sur ses terres – Cisjordanie et Bande de Gaza -, sur celles de 1948, qu’il soit réfugié ou dans la diaspora » ou intérêt humanitaire sélectif, -en réalité quasi exclusif-, envers la situation misérable des Palestiniens des « territoires occupés » ?

-         Soutien inconditionnel à la résistance du Peuple palestinien, dans toutes les formes qui lui paraissent nécessaires compte tenu de la situation qui lui est imposée ou soutien exclusif à une certaine vision de « la résistance non violente » ?

Tout militant honnête peut comprendre qu’on est évidemment en présence de réelles divergences, qui ont des conséquences pratiques sur l’action de solidarité, celle qu’on mène ici et celle qu’on peut mener là-bas aux côtés des Palestiniens.

Comment, par exemple, ne pas voir dans l’existence de ces divergences les raisons pour lesquelles l’appel palestinien au boycott n’a pas suscité en France de réponse de la part des  « grandes associations » et des différents réseaux qui affirment leur solidarité avec les droits des Palestiniens ?

Sinon, pourquoi cet appel à l’action qui a inspiré des organisations syndicales en Grande Bretagne, au Canada et en Afrique du sud, des Eglises de diverses obédiences en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, qui a suscité de vifs débats dans des Universités…n’a-t-il rien provoqué de tel ici ?

Autre exemple : y a-t-il accord au sein du mouvement de solidarité pour suivre l’évolution préconisée par Michel Warshawski dès fin 2005 ? Appelant le mouvement de solidarité à faire preuve « d’une grande responsabilité » il déclarait notamment :  « Il vaut mieux adapter les objectifs des mobilisations au niveau du possible » Enumérant divers facteurs qui « nous obligent peut-être de réviser à la baisse certaines de nos revendications » il concluait : « Il faut comprendre que ce qui était audible il y a deux ans n’est plus audible aujourd’hui, et cela nous oblige à revoir nos objectifs » [23].

Devons-nous « revoir nos objectifs » au point de  rallier le mouvement de solidarité aux « paramètres de Clinton », à commencer par l’abandon de l’exigence du droit au retour des réfugiés ?
Est-ce l’objectif de la « stratégie de paix » dont parle Bernard Ravenel ?

Les bases et la nature du mouvement de soutien sont liées à l’analyse des racines du conflit.

« Hélas, le plan de partage adopté par l’assemblée Générale des Nations Unies…ne sera pas mis en œuvre…Ainsi ont été créées les conditions d’un interminable conflit » [24]

C’est la thèse mainte fois exprimée par Alain Gresh et Dominique Vidal [25] qui exercent tous deux une grande influence au sein du mouvement de solidarité en France.

Il s’agit là de la clef de voûte de l’analyse qui fonde la politique de la direction de l’actuel mouvement de solidarité : Le conflit prendrait  racine non dans la colonisation sioniste de la Palestine mais dans la non-application de la décision de partage.

Cette analyse permet de gommer une question clef pour la compréhension des vraies racines du conflit : la nature coloniale de l’Etat d’Israël.

Réduire le vote de l’ONU en 47 à une injustice, c’est faire fi des dizaines d’années de colonisation sioniste qui précèdent la décision de partage : Une colonisation marquée du sceau du nationalisme ethnique réactionnaire du Sionisme et identifiée comme un projet d’expulsion de ses terres du peuple indigène présent.

Le vote de l’ONU est le signe donné aux dirigeants sionistes pour aller de l’avant dans leur projet colonial d’expulsion et de dépossession des Palestiniens, lesquelles sont inhérentes au Sionisme et à son projet de création d’un « Etat juif ». 

Dans la mise en oeuvre de la décision de partage, le problème n’est pas l’absence d’un Etat palestinien. Le problème c’est la création d’un état colonial, appelé à se développer, à poursuivre son objectif d’expulsion et de destruction du peuple palestinien.

Le problème, c’est le partage lui-même. 

La Naqba ne fut pas la conséquence  malheureuse  d’une « guerre d’indépendance du  peuple juif. »

Elle fut  une étape décisive de la colonisation sioniste de la Palestine, condition nécessaire à la proclamation de l’Etat juif qui prit le nom d’Israël.

Cette étape n’était pas la dernière.

La Guerre de 1967 en fut une autre et ce à quoi nous assistons aujourd’hui est la poursuite logique d’une occupation coloniale commencée il y a plus d’un siècle.

L’Etat d’Israël est inexorablement lié au projet colonial sioniste, celui-ci est toujours actif  et poursuit son objectif de conquête de toute la Palestine.

C’est pourquoi il est absurde de vouloir déconnecter la question d’Israël de celle du Sionisme, voire d’imaginer un Etat d’Israël s’émancipant du Sionisme. [26]

L’émancipation de tous les peuples de la région passe par la défaite du Sionisme et par le démantèlement de l’Etat d’Israël qui en est la réalisation.

Ceux qui pensent que la question politique du Sionisme est devenue obsolète et que la seule chose  qui compte, puisque « l’existence d’Israël est devenue un fait accompli incontestable », c’est la politique des gouvernements israéliens, se trompent lourdement.

L’affirmation que l’Etat d’Israël est fait pour durer est un des deux piliers de la politique impérialiste à l’égard du conflit arabo-sioniste, l’autre étant la liquidation du retour des réfugiés.

L’objectif de la reconnaissance d’Israël par les Arabes et notamment de la reconnaissance de son droit à une existence souveraine est le but et le triomphe idéologique du Sionisme.

Cette incompréhension des racines et de la nature  du conflit mène inévitablement à la thèse du "consensus international existant sur la seule solution possible: la création d’un Etat palestinien » [27]. 

Analysant les négociations de Camp David en juillet 2000, les critères de Clinton de décembre 2000 et le relevé des conclusions des négociations de Taba en janvier 2001, les partisans de cette thèse en déduisent que  « ces textes montrent qu’un accord est possible »[27]

Mais leur enthousiasme pour ces bouts de papier n’a d’égal que leur aveuglement face à la réalité des faits qui démentent  chaque jour un peu plus la possibilité d’un quelconque compromis avec l’idéologie sioniste et avec l’Etat d’Israël qui est aussi devenu un chien de garde de l’Impérialisme.

C’est la leçon du passé et c’est aussi ce qui sera à nouveau démontré dans un proche avenir avec le rôle d’Israël dans l’embrasement annoncé de toute la région.

Un soutien à la résistance palestinienne sans complexes et sans réserves.

On lit et on entend parfois qu’une raison essentielle des difficultés rencontrées dans l’expression de la solidarité serait que "la question du conflit israélo-palestinien est complexe ".

A une « question complexe »  il ne saurait exister de  réponse simple…

Il serait notamment nécessaire d’introduire des paramètres tels que  le génocide des Juifs, l’antisémitisme et la question du terrorisme. Ces éléments incontournables auraient pour conséquence d’interdire les positionnements trop partisans et nécessiteraient des approches qui évitent tout radicalisme. [28]

La lutte menée par le Peuple palestinien est une lutte contre une occupation coloniale commencée il y a plus d’un siècle et favorisée par les principales puissances impérialistes qui ont tour à tour dominé la région du Moyen Orient.

Le peuple palestinien n’a aucune responsabilité dans le génocide des Juifs d’Europe, il est totalement étranger aux manifestations d’antisémitisme qui ont nourri le développement du nationalisme sioniste de même qu’à l’éventuelle résurgence d’actes antisémites en France ou ailleurs dans le monde.

Par ailleurs,  le fait qu’il résiste à une occupation coloniale l’exonère par avance de tout soupçon de « terrorisme » : il s’agit de résistance de la part d’un peuple qui n’a pas le choix des armes, du fait de son isolement (notamment à cause de la débilité de notre "solidarité")

Une force anticoloniale ne se détermine ni à partir des sentiments de culpabilité fabriqués et entretenus au sein des opinions publiques des Etats occidentaux qui ont permis le génocide, ni à partir des réflexes de peur qui peuvent effectivement exister au sein de la population de l’Etat colonial.

Un mouvement anticolonial soutient la lutte de libération menée par le peuple opprimé pour mettre  fin à l’occupation et pour pouvoir user de son droit à disposer de lui-même.

Ce n’est pas une « question complexe »

C’est une position anti-impérialiste élémentaire.

La question nous est posée :  allons nous construire un mouvement anticolonial de soutien à une lutte de libération ?

En répondant oui, nous aiderons le peuple palestinien en contribuant à l’isolement de l’Etat d’Israël. Nous aiderons aussi le renouveau et le développement des forces de la résistance palestinienne. 

Au moment où la politique impérialiste de la canonnière menace une nouvelle fois de mettre à feu et à sang toute la région du Moyen-Orient, le traitement réservé à la question des droits des réfugiés palestiniens devient plus que jamais un critère absolu d’appartenance à l'un ou l'autre des camps en présence: avec les peuples qui luttent pour leur émancipation ou avec l’impérialisme qui mène la guerre aux peuples pour maintenir sa domination.

Les dirigeants sionistes en ont toujours été conscients : le retour de millions de réfugiés signifie le démantèlement de l’Etat bâti sur l’expulsion initiale et dont l’objectif demeure le nettoyage ethnique de toute la population arabe palestinienne.

Le retour des réfugiés marquerait la fin de l’Etat exclusivement juif voulu par ses fondateurs.

Pour l’Impérialisme, ce serait la disparition de son principal instrument de maintien de l'ordre capitaliste par le contrôle des peuples arabes et des richesses de la région.

Dès le début de la mise en oeuvre de leur projet, les dirigeants sionistes ont compris la nécessité de bénéficier du soutien d’un impérialisme puissant pour protéger l’Etat juif de l’inéluctable refus arabe de cet état colonial.

Dès lors, le sort d’Israël était inévitablement lié à celui de l’impérialisme : les dirigeants sionistes savent que la survie de l’Etat juif est entièrement dépendante du maintien de la domination impérialiste dans la région.

Pour cette raison et comme les faits l'ont encore démontré en 2006 lors de l’agression contre le peuple libanais, l’Etat d’Israël est et restera toujours une menace et un agresseur potentiel contre les peuples arabes du Moyen Orient.

Ceux qui  protègent aujourd'hui l’Etat d’Israël du retour des réfugiés se retrouveront demain à ses côtés, embarqués comme tous les autres supplétifs au sein de la coalition impérialiste qui veut poursuivre et amplifier la guerre contre les peuples.

Sur la question des réfugiés palestiniens, comme demain lors des agressions annoncées contre les peuples du Liban, de Syrie et d'Iran, l'heure de vérité approche.


  1. www.ism-france.org/news/article.php?id=3191&type=communique&lesujet=Boycott

  2. Voir notamment les textes :  Vers la fondation d’une stratégie de défragmentation ; Déclaration de principes des droits nationaux; La Palestine pour laquelle nous nous battons; Rapport de synthèse de la 1ère conférence palestinienne pour le boycott. Disponibles sur www.ism-France.org

  3. La question des réfugiés et le droit au retour voir http://www.france-palestine.org/article1877.html

  4. Les bases juridiques de l’accord de Genève  voir http://www.monde-diplomatique.fr/2004/01/CHEMILLIER_GENDREAU/10928

  5. Voir http://www.france-palestine.org/article1876.html

  6. Rouge n° 1904

  7. News from within, mai 2004

  8. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AGPAL1086.doc.htm

  9. http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/geneve/

  10. http://electronicintifada.net/bytopic/historicaldocuments/307.shtml

  11. http://stopthewall.org/analysisandfeatures/1570.shtml

  12. http://www.stopthewall.org/

  13. http://www.pacbi.org/

  14. http://www.pngo.net/english/default.asp

  15. 1ère conférence palestinienne pour le Boycott d'Israël (BDS)  voir http://ism-suisse.org/news/article.php?id=7928&type=communique&lesujet=Boycott

  16. http://stopthewall.org/analysisandfeatures/print1529.shtml

  17. Sylviane de Wangen http://www.france-palestine.org/article8177.html

  18. Leila Shahid, présentation d’une publication MRAP-SICO, septembre 2004

  19. Dominique Vidal, politique de la force, force de la politique Manière de voir, Monde diplomatique, Histoires d’Israël.

  20. http://www.protection-palestine.org/spip.php?article6097

  21. www.ism-france.org/news/article.php?id=7915&type=analyse&lesujet=Résistances

  22. Michel Warshawski, Programmer le désastre, Editions La Fabrique

  23. Solidarités, 20/12/2005, consultable http://www.legrandsoir.info/spip.php?article3047

  24. Aux origines de l’Etat » ; Dominique Vidal, dans Histoires d’Israël,  Manière de voir, le Monde diplomatique avril mai 2008

  25. Voir leur préface  « la fin d’un rêve » à la nouvelle édition de leur livre « Un partage avorté »

  26. C’est, avec quelques variantes, la thèse commune de tous les « post-sionistes » Lire, entre autres, les récentes contributions de Avnery, Burg etc.

  27. Voir Alain Gresh « Palestine les bases de la solidarité » dossier publié par l’AFPS et notamment le document antérieurement publié au sein d’ATTAC, « Tentative de définition des bases d’une solidarité »

    28. Cf. Alain Gresh, texte cité.


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Interview de Ramadan Shallah, secrétaire général du Jihad islamique

« Israël n'a aucun avenir dans la région »

Interview de Ramadan Shallah, secrétaire général du Jihad islamique

A l'occasion du 15 mai, date commémorative de la création de l'Etat sioniste sur la terre de Palestine et, de ce fait, de la Nakba palestinienne, le Centre d'Information sur la Résistance en Palestine (CIREPAL) a jugé utile de présenter ce document, une récente interview de dr. Ramadan Shallah, secrétaire général du Jihad Islamique en Palestine, accordée à deux quotidiens du Golfe.

Dans cette interview, dr. Shallah traite de la situation dans son ensemble, soixante ans après la création de l'Etat usurpateur : où en est-il ? pouvons-nous libérer la Palestine ? Où en sont les Arabes, et notamment les Palestiniens ? Comment comprendre l'attitude des Etats-Unis ? Questions et réponses s'adressent évidemment à un public arabe et musulman, et notamment à un public soumis à des campagnes médiatiques pro-américaines incessantes où les résistants sont perçus, sinon comme des ennemis, du moins comme des aventuriers, face à la toute-puissance américano-sioniste dans la région. Dr. Shallah répond à tout un courant d'intellectuels et de politiciens arabes et musulmans qui continuent à agiter la toute-puissance de l'Etat sioniste et de ses alliés pour fustiger la résistance, la rendant responsable de l'accentuation de la crise actuelle. En présentant ce document, nous pensons qu'il est important que la logique et la réflexion des dirigeants de la résistance palestinienne, et la pensée qui anime les mouvements de la résistance soient connues telles quelles et non en passant par des filtres qui faussent souvent la réalité et empêchent de comprendre.

« Israël n'a aucun avenir dans la région »

Interview de Ramadan Shallah, secrétaire général du Jihad islamique

(Watan – Oman / Sharq – Qatar)

Traduction CIREPAL

Question : soixante ans après la création de l'Etat d'Israël, qu'est-ce qui a changé quant la vision israélienne d'abord de son existence dans la région, du point de vue stratégique, et sa vision ensuite de la paix avec les Palestiniens et les Arabes, plus généralement ?

R. Shallah : A notre avis, concernant la vision israélienne relative à l'existence de l'entité israélienne dans la région, nous pouvons distinguer trois étapes essentielles : la première est celle du refus absolu d'Israël, où le conflit était dénommé conflit arabo-israélien. Cette étape fut caractérisée par l'unanimité de la nation à refuser l'existence d'Israël, malgré les failles limitées réalisées par Israël en nouant des relations secrètes avec quelques parties arabes. Mais ces failles n'ont pas changé la réalité de cette étape, qui est celle du refus absolu, où le fait de contacter Israël était considéré comme une trahison suprême. La seconde étape commence en 1979, avec la signature par Sadate du traité de paix avec Israël. Dès cette date, certains marquent la fin de ce qui a été dénommé le conflit arabo-sioniste ou israélien, et le début de ce qui a été appelé le conflit palestino-israélien. Au cours de cette étape, le régime arabe est sorti du conflit, et la région est entrée dans ce que nous pouvons appeler la reconnaissance ou l'admission d'Israël par la contrainte. Cette reconnaissance débuta avec Sadate et atteint son apogée avec la signature de l'accord d'Oslo, suivi par d'autres Etats arabes qui signaient des accords officiels, ou établissaient des relations non officielles avec Israël. C'est l'étape dominante jusqu'à présent. Mais il y a aussi une autre étape, dans la conscience ou l'imaginaire israélien, qui n'a pas commencé, celle de l'admission d'Israël volontairement, dans le sens où l'image d'Israël, en tant qu'Etat envahisseur, étranger et implanté dans le cœur de la nation, malgré elle, soit supprimé de la conscience des peuples et des dirigeants de la région, et qu'il soit perçu comme un Etat normal, voisin, ami, comme tout autre pays arabe ou musulman. C'est le prix qu'Israël veut obtenir pour faire la paix dans la région, selon la vision israélienne. La paix qui se base sur la liquidation de la question palestinienne et l'ancrage d'Israël en tant que grande puissance dans le cœur de la région.

Mais, malheureusement pour Israël et ses alliés, le projet de règlement dont il a rêvé pour parvenir à la troisième étape a fait face à une résistance et un refus puissants, et même plus, car la région a assisté, avec les mouvements de la résistance islamique, à un retour à l'étape du refus absolu d'Israël. Dans le cadre de la lutte entre deux visions dans la région, le refus absolu ou l'acceptation absolue d'Israël, l'entité sioniste a reçu des coups douloureux lors de la victoire de la résistance au Liban en 2000, le déclenchement de l'intifada al-Aqsa en 2000 et la défaite cuisante lors de la guerre de juilllet 2006, au Liban… Tout ceci a porté un coup au prestige d'Israël et de son armée, en touchant à la force de frappe israélienne, modifiant du coup la priorité d'Israël, et décevant ceux qui appelaient à un règlement en comptant sur lui.

Le sentiment d'être étranger dans la région et la peur de l'avenir rendent Israël incapable de payer le moindre prix pour la paix à laquelle les Arabes ont appelé par le biais de l'initiative arabe. Donc, les priorités israéliennes dans la région consistent à récupérer sa force de frappe militaire, à élargir la zone de son acceptation par la contrainte, et la réalisation de nouvelles failles dans le corps arabe. Il regarde du côté des pays du Golfe, et notamment de l'Arabie saoudite, pour réaliser un alliance américano-israélo-arabe pour faire face aux forces de la résistance et du refus, représentées par l'Iran, la Syrie, le Hezbollah, Hamas, le Jihad islamique et les autres organisations de la résistance en Palestine, se préparant à une guerre pour récupérer son prestige sioniste dans la région.

En résumé, nous pouvons dire qu'Israël, soixante ans après sa création, se prépare à mener de nouvelles guerres, non à faire la paix. Il n'est pas nécessaire que la guerre éclate demain ou dans quelques mois, mais cette guerre est inéluctable, à notre avis, et le moment zéro sera atteint lorsqu'il sentira que le prix à payer pour maintenir la situation actuelle, avec le danger pour sa sécurité que cela comporte, sera plus élevé qu'une guerre régionale qu'il déclencherait. A notre avis, Israël n'est pas encore parvenu à ce point, mais nous considérons qu'il l'atteindra.

Question : D'une manière concrète, existe-t-il des facteurs ou des éléments dans les deux milieux, social et institutionnel, gouvernant en Israël, qui peuvent faire croire, dix ou cent après, à la possibilité de coexistence réelle entre deux Etats, un palestinien et un israélien, surtout qu'Israël envisage, stratégiquement, de faire de son entité un Etat juif ?

R. Shallah : Il ne peut y avoir aucune coexistence pacifique avec l'Etat israélien, et les rapports de force actuels ne génèrent pas une paix, mais une soumission dont les conditions sont imposées par la partie forte sur la partie faible. L'entité n'est pas séparée, au niveau de sa société et ses institutions, de la vision sur laquelle est basé le projet sioniste, qui est un projet de déni de l'autre, qui a fondé son entité d'une part sur des mythes, et de l'autre, sur le feu, le fer et le sang, la violence et la terreur. A partir de la nature belliqueuse et conflictuelle du projet sioniste, Israël refuse la paix, comme l'a prouvé l'expérience. Il a refusé tous les projets de règlement malgré leur bas niveau et les concessions obtenues. Israël refuse l'initiative arabe qui lui a cependant promis de vivre tel un Etat naturel et légal dans la région en contrepartie de son retrait du Golan, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, seulement. Il a nié les accords d'Oslo qui furent une catastrophe pour le peuple palestinien, et a même refusé la « feuille de route » qui est fondamentalement un projet sécuritaire de destruction de la résistance palestinienne. Finalement, il refuse le processus d'Anapolis offert par les Arabes et y a répondu par la construction de milliers d'unités de colonisation dans al-Quds et ses environs. Donc, parier sur la paix avec Israël est un pari sur l'illusion et le mirage, car ce qui s'appelle processus de paix au moyen-Orient, comme l'a expliqué un écrivain et politicien juif américain, Henri Sigman, est « la tromperie la plus excitante dans l'histoire diplomatique contemporaine ». C'est un grand mensonge qui a fait croire que les Palestiniens obtiendront un Etat dans les limites des frontières de 67. Aujourd'hui, ce mensonge est dévoilé et il est devenu clair que « l'Etat palestinien » supposé dont ils parlent est « l'Etat des intérêts sionistes » qui non seulement n'accorde pas aux Palestiniens un Etat en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, mais prive 4 millions de réfugiés de retourner à leur pays, et menace d'expulser près d'un million et demi de Palestiniens qui vivent dans la Palestine occupée en 1948.

Pour résumer, l'idée de la coexistence sur la base des deux Etats est finie, et Israël et les Etats-Unis, en proposant l'idée de l'Etat Juif, coupent la route à ce qui s'appelle la solution d'un seul Etat. Donc le conflit se poursuit.

Question : quelle est votre vision quant à l'avenir d'Israël dans la région ?

R. Shallah : J'affirme catégoriquement qu'Israël n'a aucun avenir dans cette région, mais pour répondre à cette question, il n'est pas important de savoir comment nous, nous voyons l'avenir d'Israël. L'image du Super Israël, implanté dans la terre comme si cela était un décret divin auquel nul ne peut s'opposer, dans l'esprit de ceux qui en ont peur, de lui et des Etats-Unis, ne leur a pas laissé l'occasion d'écouter notre point de vue ou de lire notre vision sur l'avenir d'Israël, surtout lorsqu'ils y perçoivent les traces du Coran ou de l'histoire. C'est pourquoi il est nécessaire d'étudier d'abord comment Israël et ses alliés et amis voient son avenir, cela nous rapprochera probablement d'une lecture objective sur l'avenir de cette entité. Il ne fait aucun doute qu'Israël réalise qu'il a atteint sa soixantième année dans la région et qu'il a dépassé toutes les tempêtes qui ont essayé de l'en extraire, et a même fait subir des défaites à ses ennemis. Mais il ne nie pas être entré dans la phase de vieillesse, dont les signes apparaissent dans les défaites, même limitées, qu'il a subi au Liban et en Palestine. Ils commencent à parler de danger existentiel, et même la fin d'Israël devient une idée partagée. A aucun moment encore de l'histoire de cette entité, ses dirigeants n'ont ressenti un danger planant sur l'existence et l'avenir de leur Etat comme c'est le cas aujourd'hui. C'est de cette manière qu'en parlent les politiciens, les intellectuels, les historiens, les journalistes, les élites de cette entité et des Etats qui le soutiennent, dans le monde aujourd'hui. C'est de cette manière qu'en a parlé le journaliste américain Jeffrey Goldberg dans une série d'articles, disant : « je suis inquiet sur l'avenir d'Israël au cours des dix ou quinze prochaines années » et demande aux Israéliens de commencer à poser les questions décisives, telles que l'utilité du projet sioniste, est-ce qu'il a été bénéfique ou non ? Est-ce qu'Israël est viable ou non ? Peut-il vivre dans un milieu hostile dont les peuples ne supportent pas sa présence et ne souhaitent pas en entendre parler ? Ce sont des questions posées aussi par Abraham Burg et d'autres Israéliens, ou des amis et alliés d'Israël dans le monde. Deux journalistes américains avaient publié un rapport le 2 avril 2002 (soit avant même la défaite de juillet 2006) dans Newsweek, disant : « beaucoup de juifs pensent que l'avenir et la place d'Israël dans le moyen-Orient sont menacés aujourd'hui, comme il n'a jamais été. Est-ce que l'Etat juif va rester en vie ? A quel prix ? Avec quelle identité ? Peut-il jamais connaître la paix ? » L'historien juif Amos Aylon, dans une autre étude parue le 17 mai 2002 répond à ce genre de questions, disant : « je suis désespéré car je crains que la question ne soit finie… puis il poursuit déclarant, ce qui peut sembler étrange pour certains gouverneurs arabes, mais qui est devenu l'angoisse de la majorité des juifs : « Pour Israël, la confiance en la possibilité de demeurer est devenue très mince » ! Ce n'est pas le Jihad islamique, le Hizbullah ou le Hamas qui le dit, ce sont les paroles d'un historien israélien qui décrit la réalité d'Israël, malgré sa force militaire : « …la force nucléaire d'Israël est devenue inutile… » Lorsque la force nucléaire d'Israël devient inutile pour empêcher la société de s'effondrer et de tomber, psychologiquement, le premier ministre sioniste Olmert accourt pour menacer et susciter la peur dans la région, le 11 décembre 2006, parlant de son arme nucléaire, sans pour autant lever le voile sur l'avenir d'Israël lui-même..

Lorsque cet historien déclare que sa confiance dans l'avenir d'Israël est devenue mince, il n'a pas consulté l'avenir sur les paumes ou dans une tasse de café, mais s'est appuyé sur un ensemble de facteurs qui prouvent les signes de vieillesse du projet sioniste et de l'entité israélienne. Bien sûr, le projet sioniste a réussi à installer Israël pour qu'il devienne une patrie ou une entité pour les juifs du monde, mais il n'a pas réussi à la rendre sécurisée comme l'avaient promis les dirgeants de ce projet. Dans le monde entier, le juif peut vivre en paix et bénéficier de la sécurité, mais pas le juif qui vit en Israël. Le projet sioniste a débuté en Palestine, une base à partir de laquelle il devait se déployer pour former le grand Israël, du Nil à l'Euphrate. Où est le grand Israël aujourd'hui ? Il est tombé du fait de la victoire de la résistance islamique, du retrait de l'armée sioniste du Liban en 2000, et même le rêve d'Israël sur toute la terre de la Palestine est fini. Il est tombé avec le retrait israélien de Gaza en 2005, sous les coups de la résistance. Le puissant Israël, qui possède la plus forte armée dans la région, y compris les armes nucléaires, a perdu et a été humilié au cours de la guerre de juillet/août 2006 face à la résistance des combattants du Hizbullah et de la résistance islamique.

Israël aujourd'hui n'est plus le jeune Israël dont la force a atteint l'apogée au cours de la guerre et de l'expansion en 1967. Israël aujourd'hui est un Etat décrépit qui souffre du retour des peuples de la région à la culture du refus absolu de son existence, comme nous l'avons dit. Israël a