FREE PALESTINE

15 décembre 2018

Quand une croyance devient sectaire: des chrétiens plus sionistes que certains juifs

Source: Externe

Des organisations chrétiennes évangéliques américaines ont donné environ 60 millions $ à des colonies de peuplement

 

Des organisations évangéliques de droite ont collecté des dizaines de millions de dollars au cours des 10 dernières années pour financer des projets d'installation en Cisjordanie, a rapporté dimanche le journal Haaretz.

Le journal a annoncé avoir procédé à un audit des fonds, estimés entre 50 et 65 millions de dollars, sur la base des informations communiquées par les médias, des données fiscales américaines et du mémoire du Molad Center rédigé en 2015 selon lequel 11 organisations évangéliques avaient contribué à ce chiffre.

Le Jubilé est l'une de ces organisations évangéliques, et des bénévoles sont envoyés à Har Bracha, une colonie située en Cisjordanie près de Naplouse.

Le Jubilé est l'une des nombreuses organisations évangéliques actives dans ce qu'il appelle le 'cœur biblique du pays'. Au cours des 10 dernières années, le Jubilé a envoyé environ 1.700 volontaires dans la colonie.

Le Jubilé a travaillé pendant depuis plusieurs années sans parler de son activité, affirmant qu'il serait préférable que les Israéliens ne le sachent pas, mais héberge maintenant des journalistes et d'autres personnes sur un 'campus' créé à Har Bracha.

Le journal a souligné que la volonté de cette organisation évangélique de révéler son activité en Cisjordanie montre l'ampleur des relations entre les évangéliques et les colons.

Le ministère israélien des Affaires stratégiques, dirigé par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, a annoncé il y a plusieurs mois que l'organisation Jubilé recevrait une subvention de 16.000 dollars par an à partir de cette année et que le gouvernement israélien l’augmenterait.

Le ministère a déclaré qu'il donnait l'argent à l'organisation évangélique à la lumière de ses activités médiatiques en faveur d'Israël et des colonies de peuplement parmi les communautés évangéliques des États-Unis.

Aharon Katzsov, fondateur de l'Association Cœur d’Israël, également connu sous le nom de Benjamin Fund, a déclaré que son association collectait des centaines de milliers de dollars chaque année pour des projets dans les colonies de peuplement.

Mais il a souligné que la plupart des fonds recueillis par l’association ne proviennent pas seulement des évangéliques: «Lorsqu'un juif fait un don de 1.500 dollars, le chrétien donne en moyenne 50 dollars, mais leur nombre augmente très rapidement», a-t-il déclaré au journal.

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«Plus je rencontre des évangéliques ces dernières années, plus je réalise à quel point ils ont soif des relations avec les colonies de peuplement», a déclaré Katzov, qui habite dans la colonie de Shilo. Ils me disent souvent, quand ils arrivent à Tel-Aviv, qu'ils "n'imaginaient pas Israël comme ça" mais lorsqu'ils arrivent ici, dans les colonies, ils disent que c’est de cette manière qu’ils imaginaient Israël. Ils sont nos plus grands alliés.

Le journal a déclaré que la colonie Ariel recevait les dons les plus importants des évangéliques. En 2008, elle a reçu 8 millions de dollars pour une zone de sports. Les évangéliques ont également fait don d'un million de dollars au Centre judéo-chrétien d'Efrat.

Le journal ajoute qu'il est difficile de savoir quel soutien financier aura été accordé aux établissements évangéliques, car les institutions à but non lucratif et les églises enregistrées aux États-Unis ne sont pas tenues de fournir aux autorités des rapports détaillés sur les sources de financement ou la divulgation des dons, ni l’aide aux colonies non seulement en argent mais en heures de bénévolat.

Des milliers de volontaires évangéliques travaillent dans des colonies. Ainsi, 175 volontaires ont participé à la cueillette de 340 tonnes de raisin dans les colonies cette année, totalisant près de 5.000 heures de travail.

Un rapport publié par le Centre Molad il y a trois ans indiquait qu'il était impossible d'estimer le montant de l'aide financière transférée par les organisations évangéliques dans les colonies, car de nombreuses ONG israéliennes actives en Cisjordanie sont en violation directe du droit international.

Le rapport ajoute qu'une 'grande partie' de tous les investissements évangéliques en Israël parvient aux colonies grâce aux conseils régionaux, aux sociétés de droite, aux avant-postes de colonies, aux intérêts commerciaux et aux agences de voyages spécialisées dans les tournées de colonies.

L'opportunisme politique démontré par l'alliance des évangéliques avec Israël n'a fait que grandir ces dernières décennies.

Alors pourquoi y a-t-il un tel soutien des évangéliques ? Selon un rapport précédent publié sur le site web de CNN, au cours des 12 derniers mois, la communauté chrétienne évangélique aux États-Unis a versé 100 millions de dollars à des œuvres caritatives en Israël. 

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Selon le rabbin Yechiel Eckstein, fondateur de la Communauté internationale des chrétiens et des juifs: «Dieu promet à Abraham que ceux qui bénissent Israël et le peuple juif seront bénis et ceux qui les maudissent seront maudits», dit-il, citant Genesis.

Non seulement cela, mais les évangéliques voient dans la création d'Israël en 1948 l'accomplissement de la prophétie biblique, dit Eckstein, «c’est le reflet de la main de Dieu».

Les évangéliques soutiennent Israël non seulement parce qu’il incarne une prophétie biblique dans laquelle ils croient avec véhémence, mais ils ont également eu une grande influence sur les décisions administratives de Trump concernant Israël, les groupes chrétiens d'extrême droite exerçant des pressions sur un président désireux de montrer qu'il tient ses promesses de campagne.

Pour en savoir plus sur le sionisme chrétien et son influence dans la création de l’entité sioniste
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sionisme_chr%C3%A9tien

Palestine News Network -

09.12.18

Source: ISM

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14 décembre 2018

La question palestinienne: entre illusions juridiques & marginalisation géopolitique

Source: Externe

Ni le droit, ni l’état des rapports de force ne sont favorables à la 'cause palestinienne', une formule devenue surannée pour une question aujourd’hui menacée de disparition

 

Peut-on encore parler de 'cause palestinienne' sans susciter des railleries ou du dédain? Entre les soulèvements dans le monde arabe, la guerre syrienne et l’arrivée au pouvoir aux États-Unis de Donald Trump, la question palestinienne semble noyée, délaissée, malmenée.

Après la défaite des armées arabes dans la guerre des Six Jours (1967), la figure du combattant palestinien est venue se substituer à celle du dirigeant nationaliste arabe, le président égyptien Nasser a cédé la place du héros des opinions publiques arabes à Yasser Arafat.

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), évincée du Liban au début des années 1980, a peu à peu délaissé la lutte armée et s’est s’engagée dans un processus politique qui est d’abord passé par une déclaration d’indépendance en 1988 (après l’Intifada de décembre 1987), puis par d’importantes concessions lors des accords d’Oslo (1993).

A alors émergé une Autorité palestinienne aux pouvoirs limités sur un territoire discontinu. 

À son tour, et dès les années 1980, l’OLP a cédé sa place, sur le terrain de la résistance à Israël, à des groupes d’obédience islamique, du Hezbollah libanais (né entre 1982 et 1985), propulsé par la République islamique d’Iran, au Hamas palestinien (né fin 1987), issu des Frères musulmans.

De son côté, l’Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas a fait le choix d’un combat juridique dont le bilan est mitigé.

Les limites du recours au droit international

Depuis la déclaration d’indépendance de 1988, traduisant notamment la volonté de faire reconnaître un État palestinien, l’OLP a décidé de mener un combat juridique et diplomatique dont nous proposons de rappeler les résultats et les limites.

Pris comme un outil de soft power, le droit international devient dans les années 2000 le cheval de bataille de l’Autorité palestinienne. Les Palestiniens obtiennent dans ce domaine deux grandes victoires symboliques.

Source: Externe

La première est l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) en 2004, sollicitée par l’Assemblée générale des Nations-unies sur la licéité du mur israélien en Cisjordanie. La Cour le juge contraire au droit international.

La seconde victoire palestinienne est l’obtention en 2012 du statut d’'État observateur non membre' des Nations-unies, grâce à un vote de l’Assemblée générale. La menace d’un veto américain au Conseil de sécurité rendant impossible l’accession au statut d’État membre, les Palestiniens ont dû se contenter de ce compromis, considéré en Israël comme une véritable déclaration de guerre.

C’est notamment dans le domaine de la justice pénale internationale que ce nouveau statut constitue une avancée pour les Palestiniens.

Echaudés par la pusillanimité de son premier procureur Luis Moreno Ocampo (qui disait buter sur le statut d’État de la Palestine, pourtant membre depuis 2011 de l’UNESCO), ils peuvent désormais saisir la Cour pénale internationale (CPI).

En 2015, la Palestine adhère en effet au Statut de Rome, le traité fondateur de ladite Cour. La nouvelle procureure en est toujours au stade symbolique de l’examen préliminaire des crimes dénoncés, tandis que les Israéliens rejettent à la fois la compétence de la Cour (Israël n’ayant pas signé le Statut de Rome) et le droit de l’Autorité palestinienne de la saisir (pour Israël, ce n’est pas un État).

Cette confiance aveugle dans le droit a poussé les Palestiniens, leurs amis et leurs partenaires à juger la décision de Donald Trump de transférer à Jérusalem l’ambassade américaine en Israël – et de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël – 'illégale'. Nous ne pouvons hélas que déplorer ici une double aporie: cela traduit à la fois une lecture inconséquente du droit et une idéalisation de celui-ci (comme si le pire ne pouvait pas être tout à fait 'légal').

Si les Américains – au nom de leur consentement souverain et de leur puissance – ont le droit d’empêcher au Conseil de sécurité la moindre condamnation d’Israël (et ainsi de couvrir l’occupation et la colonisation israéliennes), alors il est absurde de penser que ce droit (qui n’est autre chose que le droit du plus fort) devrait les empêcher d’en tirer simplement les conséquences dans leurs relations bilatérales.

En apparence, l’action américaine se fait au mépris de résolutions passées du Conseil de sécurité, certes, mais elle est fondée sur les mêmes principes qui encadrent l’action américaine dans ledit Conseil de sécurité (le consentement souverain et la puissance).

Les Palestiniens ne sont pas confrontés à un acte 'illégal', mais à un droit inique. Telle est la nature de l’impasse.

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Un contexte géopolitique défavorable aux Palestiniens

Poser le problème palestinien en termes juridiques, quand on connaît l’état du droit international, est donc vain. Le droit constate les États qui émergent, il ne les fait pas naître.

Ainsi, Israël n’est pas le fruit d’une résolution onusienne (le plan de partage de la Palestine de 1947), mais d’une déclaration unilatérale d’indépendance (1948).

De ce point de vue, les Palestiniens ont désespérément besoin d’un rapport de force favorable et nous sommes bien obligés de concéder que nous en sommes loin.

L’hostilité des Américains n’est pas le seul problème auquel les Palestiniens doivent faire face. L’axe géopolitique  Washington-Tel Aviv-Riyad-Abou Dabi, qui a pris forme ces dernières années (en dépit de l’isolement temporaire de Mohammed ben Salmane à la suite de la sordide affaire Khashoggi), menace directement certaines revendications palestiniennes.

Le fameux 'accord du siècle' souhaité par le président américain, soutenu par ses alliés saoudien et émirati, annonce une succession de concessions humiliantes pour les Palestiniens: ces derniers sont notamment invités à renoncer à l’idée d’un territoire palestinien dans les frontières de 1967 et au partage de Jérusalem.

Les Saoudiens et leurs alliés disposent d’un moyen de pression non négligeable: l’aide financière.

Les Émirats arabes unis parrainent un important rival de Mahmoud Abbas: l’ancien chef de la force de Sécurité préventive à Gaza sous Arafat, Mohammed Dahlan.

Ce chef de file des 'réformateurs' du Fatah a récemment tendu la main à ses anciens adversaires du Hamas et du Djihad islamique. Mais il s’est distingué en promouvant la solution d’un État unique binational, jugeant que Donald Trump avait tué la solution à deux États. C’est une autre manière d’en finir avec la question palestinienne.

Source: Externe

De son côté, le Hamas semble se remettre de quelques années difficiles. Après le pari perdu en Syrie (le soutien apporté à la rébellion contre ses alliés de 'l’axe de la Résistance', à savoir Téhéran, Damas et le Hezbollah) et l’éviction des Frères musulmans égyptiens, sa situation semble s’améliorer aujourd’hui.

Il bénéficie du soutien de deux axes géopolitiques dans la région: 'l’axe de la Résistance', enclin à oublier le différend dans le dossier syrien, ainsi que l’axe Ankara-Doha.

Financièrement, il a bénéficié – avec l’autorisation des Israéliens – d’une aide décisive du Qatar qui a récemment payé les salaires des fonctionnaires gazaouis.

Militairement, après d’âpres affrontements à Gaza à la suite d’une énième intervention militaire israélienne, il a poussé le ministre israélien de la Défense à la démission après un cessez-le-feu que celui-ci a jugé humiliant.

Ces événements permettent plusieurs niveaux d’analyse.

À chaud, il est possible d’affirmer que la lutte armée semble encore payante et que le Hamas marque ainsi des points face à Mahmoud Abbas (peut-être même sous l’œil bienveillant de Mohammed Dahlan).

Il est aussi possible de voir dans ces concessions israéliennes une exigence américaine de retenue.

Toutefois, cette retenue et ce répit apparents à Gaza ne doivent pas faire oublier les menaces qui pèsent sur 'la question palestinienne'.

Adlene Mohammedi -

06.12.18

Source: MEE

13 décembre 2018

Ne soyons pas complices de la prétendue 'solidarité' des Nations-Unies

Source: Externe

La déclaration du Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien ne pouvait tomber plus bas

 

António Guterres exhorte 'tous les acteurs… à prendre des mesures audacieuses et à rétablir la confiance dans la promesse faite par la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations-Unies', également connue sous le nom de Plan de partage de la Palestine de l’ONU.

En d’autres termes, il appelle à la solidarité internationale avec le rôle tenu par l’ONU dans la création de la présence coloniale d’Israël en Palestine.

Selon António Guterres, cette journée annuelle de solidarité 'nous rappelle notre tâche collective et inachevée de résoudre la question de Palestine'.

En ce jour qui marque prétendument la solidarité avec le peuple palestinien, on n’accorde pas aux Palestiniens l’espace nécessaire pour le définir comme une journée internationale d’hypocrisie.

L’ONU a accepté en 1947 de fragmenter la Palestine et appelle maintenant à un soutien mondial pour achever la tâche coloniale, ce qu’en fait, Israël s’évertue à faire en toute impunité et avec une intention génocidaire.

Le chef de l’ONU a également appelé à acquiescer à l’imposition de deux États: 'Seules des négociations constructives, menées de bonne foi et dans le respect des paramètres établis de longue date et convenus d’une solution à deux États, permettront d’aboutir à la solution souhaitée et durable'.

Il ne s’agit pas d’un plan de libération ni d’indépendance du peuple palestinien, mais d’une exigence odieuse pour amener les Palestiniens à oublier leur droit à la Palestine historique et à se soumettre à l’idée que l’Etat colonial d’Israël soit sous protection de l’ONU.

Commémorer cette journée c’est faire acte de complicité. Elle normalise le rôle de l’ONU dans la création d’Israël et absout l’organisation de toute responsabilité en médiatisant ses 'efforts' pour amener la paix.

Pourquoi devrions-nous nous tourner vers l’ONU alors que les Palestiniens, eux-mêmes, sont en train de mener leur lutte de libération anti-coloniale?

La lutte palestinienne n’appelle pas à un jour du souvenir, décrété et imposé de l’extérieur, qui cherche à modifier nos trajectoires de pensée.

Au lieu de se tourner vers les Palestiniens et leurs stratégies, une grande partie du soutien collectif est en quête des paramètres de l’ONU pour définir les limites d’un tel soutien.

Inutile de dire que cela ne répondra jamais à ce qui est vraiment nécessaire.

D’autre part, la prise de conscience d’une telle dépendance pour déterminer ce qui constitue un soutien légitime devrait conduire à une remise en question approfondie de la dépendance aveugle à l’égard des institutions internationales et autres.

Source: Externe

L’existence de l’ONU résulte des violations des droits de l’homme et de son acceptation tacite de ces violations. Elle sait que le compromis à deux États ne mènera pas à une paix durable et que ce n’est pas la seule solution; qu’il s’agit, en réalité, d’un cadre inexistant.

C’est pourtant l’un des principaux moyens par lesquels l’organisation peut assurer la poursuite des violations contre la population palestinienne à tous les niveaux.

La violence politique résultant de l’imposition de deux États ne doit pas être ignorée. Elle détermine non seulement l’incarcération politique des Palestiniens, mais aussi la liberté pour les partisans de la Palestine de défendre le droit légitime de s’engager dans une lutte anti-coloniale.

Nous n’avons pas d’obligations envers l’ONU et ses institutions qui ont créé la nécessité pour les Palestiniens de résister à l’occupation afin de récupérer leurs droits et leur territoire. Il y a toujours une autre solution, quoi que dicte l’ONU.

Nous devons boycotter la commémoration annuelle de la complicité internationale dans l’humiliation des Palestiniens et de leur lutte, rejeter les récits de l’ONU sur le prétendu devoir collectif et défendre sans équivoque les Palestiniens et la Palestine historique.

Ramona Wadi -

09.12.18

Source: Chronique de Palestine

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12 décembre 2018

Le temps où l’on pouvait impunément frapper Gaza est révolu (+vidéo)

Source: Externe

Lorsque le 1er ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ordonné à son armée de mener le 12 novembre une opération limitée dans la bande de Gaza sous blocus, il n’avait certainement pas anticipé que son aventure militaire déstabiliserait son gouvernement et menacerait la survie même de sa coalition d’extrême-droite

Mais il l’a fait, d’autant plus que de nombreuses enquêtes de police menées dans diverses affaires de corruption impliquent la famille de Netanyahu et ses plus proches collaborateurs.

Suite à l’opération bâclée à Gaza qui a entraîné l’assassinat de sept Palestiniens et la mort d’un commandant de l’armée israélienne, la coalition de Netanyahu a commencé à se désagréger, ne nécessitant qu’un dernier coup de pouce pour qu’elle ne s’effondre complètement.

Tout a commencé avec la démission du ministre de la Défense du pays Avigdor Lieberman, qui a quitté son poste deux jours après l’attaque de Gaza, en signe de protestation contre la 'reddition' du pays face à la résistance palestinienne.

Naftali Bennett, le leader d’extrême droite encore plus extrême, devait saisir l’occasion et faire de même. Il n’est pas passé à l’acte, dans un geste calculé visant à capitaliser sur le fait qu’il était soudainement devenu celui qui peut faire ou défaire le gouvernement.

La coalition de Netanyahu, jadis stable, ne tient plus qu’à un fil, avec le soutien de seulement 61 membres à la Knesset (sur 120 - ndlr).

Cela signifie que la majorité autrefois confortable dont disposait la coalition dépend désormais d’un seul député. Un faux pas, et Netanyahu pourrait se voir contraint de procéder à des élections anticipées, choix qu’il craint, du moins pour le moment.

Les options de Netanyahu sont de plus en plus limitées. Il semble que l’époque où l’on pouvait frapper Gaza impunément pour marquer des points politiques vis-à-vis des électeurs israéliens soit peut-être révolue.

Alors que de nombreux commentaires politiques sont consacrés à l’avenir de Netanyahu et à la sale politique de sa coalition d’extrême-droite, le nouveau problème d’Israël dépasse de loin la question d’un seul individu.

La capacité d’Israël à remporter des guerres et à traduire ses victoires en concessions politiques imposées aux Palestiniens et aux Arabes a été considérablement entravée. Ce fait n’a guère à voir avec la 'faiblesse' supposée de Netanyahu, comme le prétendent ses détracteurs israéliens.

Certains politiciens israéliens cependant, refusent toujours d’accepter que le paradigme de la violence a changé.

Presque chaque fois qu’Israël a attaqué Gaza par le passé, sa politique interne intervenait largement dans la décision. Gaza a été utilisée comme un terrain où Israël pouvait 'rouler des mécaniques' et exposer ses dernières technologies en matière de guerre.

La guerre de 2014 – baptisée 'Operation Protective Edge' – avait toutefois constitué un signal d’alarme pour les dirigeants israéliens trop confiants. Plus de 2300 Palestiniens ont été tués dans cette guerre et plus de 17000 ont été blessés, dont la grande majorité étaient des civils.

Bien que ces chiffres soient en parfaite cohérence avec le comportement violent d’Israël, le nombre de victimes israéliennes indiquait une tendance qui changeait: 66 soldats israéliens ont été tués dans cette guerre et seulement quelques civils, ce qui prouvait bien que la résistance palestinienne abandonnait l’aspect hasardeux de ses tactiques passées et était devenue plus audacieuse et plus sophistiquée dans ses moyens et ses pratiques.

Les quatre années qui ont succédé à cette guerre, combinées à une phase particulièrement dure du siège imposé à Gaza depuis 2007, n’a pas changé l’équation. En réalité, les combats qui ont été déclenchés par la dernière attaque israélienne ont encore accentué cette nouvelle tendance.

Retaliatory attack: Hamas hits Israeli military bus with a guided-missile

Alors qu’Israël pilonnait Gaza dans une campagne de bombardement massive, les combattants de Gaza ont filmé une attaque exceptionnelle où étaient utilisés des missiles antichars qui visaient un autobus de l’armée d’occupation du côté israélien de la clotûre.

Quelques heures plus tard, une trêve, sponsorisée par l’Égypte a été annoncée, permettant à Netanyahu de respirer tout en remplissant de joie les Palestiniens qui se sont alors rassemblés par milliers pour célébrer la fin des combats.

Compte tenu des puissances militaires disproportionnées et de la situation humanitaire désespérée à Gaza, il est parfaitement logique que les Palestiniens perçoivent cet aboutissement comme une 'victoire'.

Les dirigeants israéliens, non seulement d’ultra-droite mais également de 'gauche', ont attaqué Netanyahu, qui avait pourtant compris que la poursuite des combats conduirait à une autre guerre majeure avec des résultats imprévisibles.

Contrairement à Lieberman, Bennett et d’autres, la stratégie politique de Netanyahu ne consiste pas seulement à vouloir calmer l’opinion israélienne en colère – de nombreuses personnes ont protesté contre la trêve à Gaza dans diverses régions du pays.

Le 1er ministre israélien a une double perspective politique: s’efforcer de séparer politiquement Gaza de la Cisjordanie et maintenir un degré de 'stabilité' qui donnerait le temps et l’espace nécessaires aux manœuvres politiques américaines pour préparer l'ainsi-nommé 'Deal of the Century' (Deal du Siècle) de Donald Trump.

De plus, les difficultés grandissantes d’Israël en Syrie et au Liban rendent une opération militaire prolongée à Gaza assez dangereuse et difficile à soutenir.

Mais la pression sur le front intérieur est implacable.

74% des Israéliens sont 'insatisfaits' de la performance de Netanyahu dans la dernière vague de combats à Gaza, selon un sondage publié par la télévision israélienne, peu après l’annonce de la trêve.

Pourtant, Netanyahu n’avait pas d’autre choix que de s’engager dans un cessez-le-feu à Gaza, ce qui dans la logique politique israélienne, signifie qu’il doit susciter des troubles ailleurs pour envoyer un message de force et de compétence à l’opinion inquiète.

C’est précisément pour cette raison que Netanyahu a renouvelé ses menaces de nettoyage ethnique de la population de Khan al-Ahmar en Cisjordanie occupée.

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« Il sera démoli très bientôt », a-t-il déclaré, dans le but de détourner l’attention de Gaza vers un autre sujet et de regagner la confiance de son camp d’extrême-droite.

Alors que les Gazaouis gagnent un répit indispensable, même s’il est passager, les habitants de Khan al-Ahmar vont désormais devenir la cible principale de la violence politique et du chauvinisme d’Israël.

La question est de savoir combien de temps Israël sera capable de maintenir ce paradigme violent et jusqu’où devra-t-il aller avant que la communauté internationale ne demande des comptes à Tel-Aviv?

En ce qui concerne les Palestiniens, Gaza a démontré que seule la résistance, populaire ou non, fonctionne. C’est le seul langage qu’Israël comprenne, et qui dit que l’âge des guerres faciles est révolu.

Ramzi Baroud -

28.11.18

Source: Chronique de Palestine

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11 décembre 2018

Des néo-nazis appuient une fausse définition israélienne de l’antisémitisme à l’UE

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Le ministre autrichien d’extrême droite Herbert Kickl a ratifié à Bruxelles la 'définition de travail' israélienne trompeuse de l’antisémitisme

 

Une nouvelle déclaration de l’Union Européenne pourrait rendre encore plus difficile de critiquer Israël en tant qu’Etat raciste, sans être traité d’antisémite.

Jeudi 06.12 à Bruxelles, des politiciens ont ratifié le document.

La déclaration demande à tous les gouvernements de l’UE de 'souscrire à la définition de travail non juridiquement contraignante de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance Internationale de la Mémoire de l’Holocauste' (IHRA).

Cette démarche, approuvée par les ministres de l’Intérieur de l’UE, a déjà été condamnée par un certain nombre d’Israéliens.

La déclaration a été lancée par l’Autriche, dont le gouvernement de coalition comprend plusieurs ministres issus de plusieurs partis de droite qui ont encouragé le fanatisme anti-juif.

Le ministre autrichien de l’Intérieur Herbert Kickl était l‘un d’eux.

Il vient du Parti Liberté, organisation anti-musulmane conduite par le néo-nazi Heinz-Christian Strache (maintenant vice-chancelier d’Autriche).

Kickl a été accusé en janvier de parler comme un nazi lorsqu’il a demandé aux autorités 'de concentrer les demandeurs d’asile en un seul lieu'.

Sa façon de parler a semblé délibérément calculée pour évoquer l’Holocauste – même si cette fois il ciblait essentiellement les demandeurs d’asile musulmans.

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Fausse définition

Comme cela a été signalé depuis longtemps par The Electronic Intifada, la 'définition de travail' de l’IHRA a été conçue comme une puissante méthode soutenue par Israël pour étouffer la critique de l’État et ses crimes contre les Palestiniens.

Israël et ses lobbys ont déployé ces deux dernières années une énorme pression sur toute l’Europe pour la faire adopter.

La 'définition de travail' a été condamnée par quantité de syndicats palestiniens et autres associations de la société civile, ainsi que par la Campagne de Solidarité avec la Palestine au Royaume-Uni et des syndicats de toute l’Europe.

Comme l’a signalé la semaine dernière l’EU observer, les ambassades israéliennes 'se réfèrent' régulièrement 'à la définition de l’IHRA' quand elles déposent officiellement des plaintes diplomatiques contre les critiques de l’UE pour crimes de guerre en Palestine par Israël. Ces critiques ne font aucun mal si l’on considère que l’UE permet souvent les crimes d’Israël.

Au Royaume-Uni, les lobbys israéliens ont fait pression avec succès sur l’opposition travailliste pour qu’elle adopte la 'définition de travail'.

Mais même cela n’a pas suffi, et ils ont provoqué un grand esclandre médiatique à propos de la répugnance initiale du parti à adopter tous les 'exemples' assortis que le document de l’IHRA présente comme antisémites. Plusieurs de ces 11 'exemples' mentionnent Israël.

L’un d’entre eux présente même faussement la simple action de déclarer le fait qu’Israël est un Etat institutionnellement raciste – 'tentative raciste' dans le parler de l’IHRA – comme un exemple d’'antisémitisme'.

L’Autriche a déjà souscrit à la 'définition de travail' et, comme l’UE observer l’a relaté, son gouvernement de coalition a conduit la pression en faveur de la déclaration.

Néo-Nazis autrichiens

Assumant actuellement la présidence tournante de l’UE, l’Autriche avait invité le Premier ministre Benjamin Netanyahu à prendre part le mois dernier à une conférence à Vienne.

La déclaration approuvée par l’UE a été rédigée au cours de cette conférence, qui ciblait l’antisionisme. Netanyahu avait accepté d’assister à la conférence, mais s’était désisté à cause de l’instabilité de son gouvernement de coalition.

L’Autriche voulait une version encore plus extrême, et l’un de ses premiers projets demandait aux Etats de l’UE d’adopter la définition 'assortie des exemples illustratifs'.

Ceci a été retiré de la déclaration finale, qui décrit la définition comme 'non juridiquement contraignante'.

Cette expression hypocrite est utilisée dans le document de l’IHRA lui-même. En réalité cependant, la définition est constamment utilisée pour contrôler la parole critique envers Israël.

Les événements survenus cette année dans le parti travailliste de Grande-Bretagne en sont plus que jamais une illustration.

Dans le cadre de la 'crise' d’antisémitisme fabriqué, qui remonte à des années, manigancée par ceux qui critiquaient le leader travailliste Jeremy Corbyn, les lobbys israéliens ont exigé que le parti adopte également les 11 'exemples' d’antisémitisme de l’HIRA.

La direction de l’exécutif national des Travaillistes a capitulé en septembre sous cette pression. Mais cela n’a fait qu’encourager les chasseurs de sorcières, qui continuent d’essayer de punir les représentants élus qui critiquent Israël.

L’hystérie médiatique autour de la 'crise' a conduit à une chasse aux sorcières ciblant l’aile gauche et les militants travaillistes pro-palestiniens.

L’hystérie s’est répandue du Parti Travailliste à la société plus largement.

La 'définition de travail' est maintenant utilisée pour chasser les gens de leur emploi.

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Suspendu pour avoir déclaré Israël raciste

Paul Jonson, employé chez Dudley Council près de Birmingham, a été suspendu de ses fonctions en octobre après avoir aidé à organiser une manifestation contre un député local Ian Austin – fervent promoteur de la propagande israélienne.

Quel était le crime de Jonson? Poster sur Facebook la phrase 'soutenez la Palestine, Israël est une entreprise raciste' dans le cadre de sa promotion de la manifestation.

Militant avec les associations locales de solidarité avec la Palestine, Jonson a dit à The Electronic Intifada que les dirigeants de Dudley Council avaient cité la 'définition de travail' de l’IHRA – que l’autorité locale a adoptée – pour justifier sa suspension.

Le directeur général du conseil a dit en octobre à un journal local que Jonson faisait l’objet d’une enquête.

Jonson a dit à The Electronic Intifada que le titre du journal sur sa 'suspension' était le premier dont il ait entendu parler.

Jusque là, les dirigeants l’avaient assuré qu’il n’était pas suspendu et qu’ils n’en étaient qu’à des discussions préliminaires sur une plainte reçue de la Campagne Contre l’Antisémitisme – trompeusement intitulée association de propagande anti-palestinienne.

Il dit que, jusque là, on lui avait simplement dit de 's’abstenir de travailler jusqu’à plus ample information'.

Mais, le jour même où l’histoire a fuité dans la presse, les directeurs l’ont convié à une autre réunion et l’ont alors suspendu.

Jonson soupçonne Ian Austin d’être derrière la plainte. Le député est un protecteur de l’association qui l’a déposée.

Des syndicalistes locaux ont demandé que Jonson soit réintégré, comme l’a été l’association de gauche Voix Juives pour le Travail.

Une pétition appelant à sa réintégration a maintenant réuni plus de 600 signatures.

Asa Winstanley -

07.12.18

Source: Agence Médias Palestine

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10 décembre 2018

La Cour suprême normalise les pratiques de torture de "la seule démocratie du M-O"

Source: Externe

Près de 20 ans après avoir interdit la torture, la Cour suprême d’Israël trouve de nouvelles façons de justifier l’usage de la force physique au cours de l’interrogation des personnes suspectes dans des questions de sécurité

 

La Haute Cour de justice d’Israël a jugé la semaine dernière que la torture par les autorités israéliennes d’un suspect du Hamas n’était pas illégale et que les interrogateurs du Shin Bet ne devaient pas être poursuivis

Le jugement élargit aussi, et de fait supprime, les limitations strictes imposées par une décision historique de la même Cour il y a près de vingt ans, qui avait déjà ouvert une exception à l’interdiction de la torture dans les cas de type 'bombe à retardement'.

«Le jugement montre qu’aux yeux de la Cour suprême, les mauvais traitements physiques sont une manière légitime et peut-être même la meilleure manière de mener un interrogatoire dans les cas de sécurité nationale», a déclaré Itamar Mann, un enseignant de droit à l’université d’Haifa.

Les agents du Shin Bet ont pendant des décennies utilisé la torture, dont de mauvais traitements modérés et sévères, tant physiques que psychologiques, pour extraire de l’information de suspects palestiniens. 

Leurs méthodes incluent des secouages violents, des tabassages, la privation de sommeil, de longues expositions à une forte musique, l’exposition aux éléments, la restriction des suspects dans des positions douloureuses pendant de longues périodes et le fait de couvrir la tête des suspects par des sacs puants.

Israëa ratifié la Convention des Nations unies contre la torture en 1986, mais n’est jamais passé à l’étape suivante, à savoir mettre sa pratique effectivement hors la loi dans le droit israélien.

En septembre 1999, cependantla Cour suprême avait unanimement banni l’usage des tactiques d’interrogation basées sur la violence physique. Le jugement avait été perçu largement comme une audacieuse interdiction de la torture et avait été loué et enseigné dans le monde entier.

Mais dans leur décision historique, les juges créèrent aussi une faille importante à cette interdiction: dans le cas d’une 'bombe à retardement', les interrogateurs pouvaient éviter d’être poursuivis en justice en invoquant une défense de nécessité.

Vingt ans plus tard, ce qui est clair est à quel point le Shin Bet a élargi cette faille«Le jugement pourrait être vu comme une tentative de cacher ce que le Shin Bet fait effectivement», a ajouté Mann.

Depuis 2001, lorsque le ministre de la Justice a engagé un investigateur spécial pour les allégations de torture contre le Shin Bet, le Comité public contre la torture en Israël (PCATI) et d’autres organisations ont soumis plus de 1100 plainteà propos de torture. Parmi ellesune seule a abouti à une investigation criminelleet elle n’était pas directement reliée à un interrogatoire.

Source: Externe

Le jugement étend aussi les situations et les circonstances dans lesquelles le Shin Bet peut utiliser la torture.

«La décision autorise l’interrogatoire forcé de toute personne qui est liée à une branche armée d’une organisation terroriste, qui a de l’information sur une attaque qui pourrait avoir lieu à n’importe quel moment, et qui ne donne pas volontairement cette information», a expliqué Mann. 

«C’est différent du scénario d’une 'bombe à retardement', et cela lance un vaste filet qui couvre presque n’importe quelle personne considérée par Israël comme un combattant ennemi», a-t-il ajouté.

Le plaignant dans le cas de la semaine dernière, Fares Tbeish, un membre du Hamas, avait espéré que la Cour ordonnerait au ministre de la Justice de changer sa décision de ne pas ouvrir une investigation criminelle contre ses interrogateurs, qui, a-t-il dit, l’ont torturé.

Tbeish, qui était représenté par le PCATI, a été arrêté pour la première fois et placé en détention administrative en 2011. Il dit que les tactiques utilisées contre lui par les interrogateurs du Shin Bet incluaient des passages à tabac, des secouages violents, des humiliationsle fait de l’attacher sur une chaise dans des positions douloureuses et de le déplacer continuellement d’un établissement d’interrogatoire à un autre

Il a ensuite été jugé dans un tribunal et condamné à trois ans de prison.

Tbeish a prétendument admis avoir reçu des armes d’un membre haut-placé du Hamas, qu’il a ensuite transférées dans une cachette secrète, mais il n’a jamais été établi si Tbeish savait si ces armes seraient utilisées dans une attaque imminente.

A la suite de ses interrogatoires, Tbeish a déclaré qu’il avait souffert de contusions à une jambe et un oeil, ainsi que d’une dent cassée. 

Efrat Bergman-Sapir, qui dirige le département juridique du Comité public contre la torture en Israël et défendait le cas, dit que l’usage de la torture est suffisant pour mériter d’ouvrir une investigation criminelle contre les interrogateurs du plaignant et que l’absence d’un scénario de type 'bombe à retardement' voulait dire qu’ils ne devraient pas pouvoir invoquer une défense de nécessité.

En plus de demander à la Cour de poursuivre l’interrogateur du Shin Bet fautif, Tbeish et le PCATI voulaient aussi que la Cour supprime la faille qui permet l’usage de la torture en premier lieu.

L’existence même des directives internes du Shin Bet — à propos des façons adéquates d’extraire de l’information des suspects ou, aussi bien, comment et quand invoquer une défense de nécessité — jette de fait les bases de l’usage de la torture.

La convention sur la torture définit cette pratique comme 'n’importe quel acte par lequel une douleur ou une souffrance sévère, qu’elle soit physique ou mentale, est intentionnellement infligée à une personne'.

Dans leur jugement la semaine dernière, les juges ont conclu que les tactiques employées contre Tbeish ne correspondaient pas à cette définition, mais étaient 'proportionnées et raisonnables par rapport au danger surgissant des renseignements'.

«La décision de la Cour peut être interprétée comme un retrait important par rapport à la position morale et légale établie dans la décision historique sur la torture en 1999», a indiqué Bergman-Sapir dans une déclaration écrite. «Ce qui est également troublant est l’impossible exigence imposée par la Cour au plaignant de prouver qu’il a été torturé dans la salle d’interrogatoire et qu’il a subi une douleur et une souffrance sévères».

Source: Externe

«La Cour suprême avait l’opportunité de statuer à nouveau que la torture, ou n’importe quelle violation du droit international, est illégale», a déclaré l’avocate Bana Shoughry, qui a dirigé le département juridique du PCATI entre 2008 et 2015 et était impliquée plus tôt dans le cas de Tbeish. 

«Au contraireelle a étendu les exemptions possibles pour les interrogateurs du Shin Bet qui enfreignent la loinon seulement par rapport aux poursuites, mais même par rapport aux investigations. La décision met un terme à l’idée que les interrogateurs du Shin Bet seront tenus pour responsables de leurs actions», a-t-elle dit.

Le Shin Bet a surtout utilisé la torture contre des Palestiniens suspectés d’implications dans la résistance armée ou le terrorisme.

«Ces sortes de jugement facilitentl’utilisation de ces pratiques par le Shin Bet contre des groupes supplémentaires», a déclaré Mann. «Elles ont déjà été utilisées contre des colons radicaux et continueront sans doute à se diffuser dans d’autres parties du système juridique, au-delà ce que nous pouvons imaginer», a-t-il conclu.

Edo Konrad -

02.12.18

Source: Agence Médias Palestine

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09 décembre 2018

Yitzhar - Étude de cas

Source: Externe

La violence des colons comme moyen de conquérir des terres palestiniennes avec le soutien de l'État et de l'armée

 

'Ici vivent les ennemis – expulsez-les ou tuez-les'

Ce slogan a été inscrit sur les murs d'une maison à Urif en juin 2018 par des Israéliens. Le village est situé près de la colonie de Yitzhar.

Les graffitis haineux ont été tagués alors que Yesh Din (1) préparait ce document de synthèse et ils résumaient tragiquement ses principaux arguments.

Les villages palestiniens de Burin (بورين), Huwarah (حوّاره), Madama (مادما), ‘Urif (عوريف), Einabus (عينابوس) et ‘Asirah al-Qibliyah (عصيرة القبلية) sont situés au pied de Jabal Salman (le Mont Salman), au sud de la ville de Naplouse.

Ces communautés sont installées de manière continue depuis des centaines d'années, certaines depuis des milliers d'années. 'Yitzhar - Une étude de cas' se concentre sur la réalité de la vie quotidienne de ces villages, complètement transformée par la présence de colons israéliens et la violence qu'ils pratiquent.

L’exposé porte sur quarante incidents documentés par Yesh Din entre janvier 2017 et mars 2018 dans lesquels des colons et d'autres civils israéliens, en provenance de la colonie de Yitzhar et de ses avant-postes satellites et du poste avancé de Giv'at Ronen, ont causé des dommages corporels ou matériels à des résidents des six villages.

Les incidents se sont produits dans des maisons, des rues de village et des terres agricoles entourant les villages. Cette étude de cas met en lumière une zone relativement restreinte et ce qui s'y est déroulé sur une courte période, et aide à éclairer des phénomènes qui ne sont pas propres à Yitzhar mais se produisent, à des degrés divers, dans toute la Cisjordanie.

La violence des colons est censée engendrer la peur et la terreur qui, à leur tour, pousseront les Palestiniens à quitter leurs terres et ouvriront la voie à une expansion du contrôle israélien sur les Territoires palestiniens occupés. Mais cette violence ne se produit pas dans le vide.

La motivation d'Israël de renforcer son emprise sur les terres palestiniennes en Cisjordanie, qu'il a maintenues sous un régime militaire pendant plus de 51 ans, correspond au programme des colons. L’État n’incite pas les colons à la violence mais la conduite de ses corps constitués - le gouvernement, l’armée, la police et le ministère public – leur donne le feu vert.

'Yitzhar - Une étude de cas' montre comment la protection qu’Israël offre aux colons alimente leur violence continue à l'égard des Palestiniens.

Source: Externe

L’État attribue des terres et des infrastructures aux colons, approuve rétroactivement les constructions illégales et les avant-postes non autorisés et s’efforce de renforcer la légitimité de la présence israélienne en Cisjordanie. L'armée restreint l'accès des Palestiniens à leurs propres terres, n'empêche pas les attaques contre les habitants du village et aide souvent les colons violents, que ce soit directement, à travers les actions des soldats, ou indirectement, par le biais des coordinateurs de la sécurité de la colonie.

Après les faits, si une plainte est déposée, la police et le parquet accordent aux assaillants une immunité de facto et ne font que rarement comparaître quiconque en procès.

La conduite d’Israël, qui non seulement tolère la violence perpétrée par les colons, mais en fait l’appuie, conduit à la prolifération et à l’expansion des actions violentes.

Cette violence n'est ni fortuite ni banale. Elle fait partie d'un système, d'un autre maillon de la chaîne de mesures mises en place pour s'emparer de la terre palestinienne.

Cette politique israélienne viole gravement les droits de l'homme des Palestiniens, principalement les droits à la vie et à la sécurité de la personne, ainsi que le droit à la propriété et à la liberté de circulation.

Elle paralyse la vie quotidienne des femmes, des hommes et des enfants, qui sont confinés dans des espaces de plus en plus restreints et vivent dans une peur constante, même à l'intérieur de leur propre maison.

NOTES:

(1) "Yesh Din: Volunteers for Human Rights" est une organisation israélienne travaillant en Israël et en Cisjordanie . L'organisation a été fondée en 2005 par un groupe de femmes qui travaillaient auparavant avec l'organisation "Machsom Watch".

Yesh Din -

04.12.18

Source: ISM

08 décembre 2018

Un État pour tous: la seule alternative à l’apartheid israélien

Source: Externe

La justice et la paix ne pourront être obtenues que dans le contexte d’un seul État démocratique qui inclurait tous ceux qui y habitent et tous les réfugiés rapatriés, au bénéfice de tous (position que nous défendons depuis des années au Mouvement Citoyen Palestine - ndlr)

 

L’établissement d’un État palestinien souverain, indépendant, sur les frontières de 1967 n’est plus faisable, et c’est largement dû à la politique israélienne d’extension des colonies et du mur d’apartheid.

Il y a des enseignements à tirer de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Des mesures semblables à celles appliquées contre le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud sont nécessaires pour mettre fin à la politique génocidaire d’Israël envers les Palestiniens, à la fois en Israël et dans les territoires occupés.

Un système de bantoustans – des villages isolés, appauvris, comme en Afrique du Sud - ne garantit pas une paix totale et durable.

Une alternative qui a lentement gagné du terrain, en particulier après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et l’élection du premier président noir en 1994, est l’établissement d’un État laïque et démocratique dans la Palestine historique – un État de tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de genre.

Abolition de l’apartheid

Ce qui dépasse l’entendement est la façon dont certains intellectuels laïques et progressistes mettent en garde contre une telle solution.

À la différence des accords d’Oslo signés en 1993 entre le gouvernement d’Israël d'apartheid et la direction de l’Organisation de Libération de la Palestine, cette alternative garantit une solution à long terme, au sens où les deux populations – celle d’origine et les colons – seraient assurées d’avoir des droits égaux et qu’il leur serait permis de coexister sur la base de la citoyenneté.

L’égalité totale serait garantie par l’abolition de l’apartheid, des bantoustans et de la séparation en Palestine.

Cette solution alternative devrait être encouragée par les progressistes et les gens de gauche et par ceux qui ont été engagés dans des actions anti-apartheid.

Si le monde a appris quelque chose de l’expérience sud africaine, c’est que la race, l’ethnicité et la religion ne devraient pas être les seuls déterminants de la citoyenneté et que la séparation ne garantit pas la sécurité telle que définie par la partie au pouvoir, en l’occurrence Israël.

Les premiers à appeler à cette solution ont été les Palestiniens qui voient clairement la complexité de leur réalité et qui reconnaissent qu’un État palestinien dans une partie de la Cisjordanie et dans la bande de Gaza, même dans le meilleur des cas, pourrait difficilement représenter une solution complète au problème palestinien.

Cela contribuerait plutôt à une solution pour les seuls Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza – soit pour 35% environ du peuple palestinien.

Source: Externe

'Des communautés imaginées'

Une telle évolution conduirait nécessairement à une fragmentation permanente de la collectivité palestinienne et à la perpétuation des problèmes des nombreux Palestiniens vivant en dehors de cet État limité.

Comme l’a montré l’historien Benedict Anderson, toutes les nations sont des 'communautés imaginées' et des frontières peuvent être tracées pour intégrer et exclure n’importe quel nombre d’individus, aussi bien entre des entités géopolitiques qu’en leur sein.

La combinaison d’une vision politique et de mesures pratiques sur divers fronts – la Cisjordanie et Gaza, la Palestine de 1948, le monde arabe, et la communauté de solidarité internationale – est un prérequis pour la matérialisation de quelque solution que ce soit. Mais, grâce aux accords d’Oslo, nous avons atteint une impasse: un bantoustan ou rien.

Une troisième voie est néanmoins disponible. Il est grand temps pour les Palestiniens de commencer à s’écarter de solutions racistes qui ne répondent pas à leur droit inaliénable à l’autodétermination, comme la solution à deux États

Tandis que plus de gens reconnaissent la futilité – pour ne pas dire l’absurdité – de tenter la partition de la Palestine, il est urgent d’avoir une nouvelle perspective de décolonisation et de justice dans la Palestine historique.

Cette vision doit être vouée à la lutte pour les droits des Palestiniens stipulés internationalement; elle doit être humaniste et authentique dans sa tentative d’apporter une solution juste à la question de la Palestine.

Les droits des Palestiniens ne seront jamais atteints hors du cadre d’un État unitaire offrant l’égalité à tous ses citoyens. C’est la seule voie pour aller de l’avant.

Les enseignements de l’Afrique du Sud

De plus en plus de Palestiniens se mettent à croire que la solution à un État est la seule option viable pour une paix totale au Moyen-Orient.

La justice et la paix ne peuvent être obtenues que dans le contexte d’un État unique et démocratique incluant tous les habitants actuels de la Palestine historique – après le retour des réfugiés palestiniens, sans distinction de race, d’ethnicité ni de religion.

Comment cela peut-il se produire ?

La mise en œuvre d’actions non violentes, dont la mobilisation de masse et une campagne mondiale de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) devraient être maintenues jusqu’à ce que l'Israël d'apartheid reconnaisse le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un État démocratique dans la Palestine mandataire – un État de tous ses citoyens.

Haidar Eid -

03.12.18

Source: Agence Médias Palestine

07 décembre 2018

Les crimes d’espionnage d’Israël à Gaza et à l’étranger

Source: Externe

Lors d’une cérémonie à la mémoire de sept membres de la branche armée du groupe de résistance tués dans une fusillade d’une unité de l’armée, Yahya Sinwar chef du Hamas à Gaza, brandit un pistolet muni d’un silencieux, récupéré à Gaza dans un véhicule utilisé par des commandos israéliens, Khan Younis, bande de Gaza, le 16 novembre

 

Amnesty International réclame du gouvernement israélien l’annulation de la licence d’exportation d’une société dont le logiciel espion a été utilisé 'dans une série de violations flagrantes des droits humains'.

Amnesty a dit avoir l’intention de poursuivre en justice le groupe NSO Technologies, une société israélienne dont la technologie a été utilisée, selon ce qui a été révélé cette année, pour pirater un téléphone appartenant à un membre du personnel du groupe de défense des droits.

Cette personne a reçu un message WhatsApp 'contenant un leurre en rapport avec l’Arabie Saoudite et porteur de liens dont Amnesty International croit qu’ils sont utilisés pour distribuer et répandre des logiciels espions mobiles sophistiqués', a dit le groupe de défense des droits.

Plus récemment, Edgar Snowden, l’auteur en exil, de fuites de renseignements, a dit que le logiciel du groupe NSO avait été utilisé pour traquer Jamal Khashoggi, l’écrivain saoudien qui a été tué et démembré par un groupe spécial au consulat saoudien d’Istanbul le mois dernier.

Le logiciel d’espionnage de cette société a aussi été installé sur le téléphone d’un dissident saoudien vivant au Canada.

Le logiciel d’espionnage du groupe NSO, nommé Pégase, a été précédemment vendu au Mexique et aux Émirats Arabes Unis et a été utilisé dans des tentatives d’espionner des leaders politiques, des militants et des journalistes dans plusieurs pays.

Le logiciel d’espionnage peut, à ce qu’il paraît, donner à ceux qui l’emploient, pleinement accès à un téléphone mobile ciblé, en en faisant une arme contre eux et contre leurs proches.

Le journal de Tel-Aviv, Haaretz, a révélé ce mois-ci que le Groupe NSO avait 'offert à l’Arabie Saoudite un système qui pirate des appareils mobiles, quelques mois avant que le prince héritier Mohammad Ben Salman ne commence sa purge d’opposants au régime, selon une plainte auprès de la police israélienne actuellement en cours d’investigation'.

D’après l’article, le gouvernement israélien voit la vente de ces technologies d’espionnage aux pays du Golfe comme faisant partie de sa bataille stratégique contre l’Iran.

Tandis que le gouvernement israélien approuve l’exportation de logiciels d’espionnage utilisés par des gouvernements pour pirater les téléphones de journalistes et réprimer la contestation, ses forces militaires sont dites s’être faites passer pour des travailleurs humanitaires lors d’opérations clandestines à Gaza.

Des media en hébreu ont rapporté la semaine dernière qu’un commando découvert par le Hamas à Gaza plus tôt ce mois-ci, opérait sous couvert d’un groupe de secours.

Cette unité commando a été découverte lorsque le véhicule avec lequel elle se déplaçait a été arrêté par un membre d’un groupe armé du Hamas. Des échanges de coups de feu se sont produits, provoquant la mort d’un lieutenant colonel israélien et de sept combattants du Hamas, dont un commandant de bataillon, ce qui a entraîné une brève mais intense reprise des hostilités sur la frontière de Gaza.

Source: Externe

La censure militaire d’Israël

Les media d’Israël sont sujets à de la censure militaire sur des points en lien avec l’incident du 11 novembre et sur les spécificités de l’article vedette sur l’unité commando, de sorte que le nom de l’organisation pour laquelle le commando était supposé travailler, n’a pas été publié.

Le nom de l’officier israélien tué pendant la bataille a été censuré et les organes de presse israéliens ont fait référence à lui sous le nom de 'Colonel M'. Son nom, cependant révélé par des publications hors d’atteinte de la censure, serait Mahmoud Kheireddine de l’unité d’élite de reconnaissance, Sayeret Matkal.

Le censeur de l’armée israélienne a interdit aux media de publier les photos des commandos israéliens après leur libération part les Brigades Qassam, l’aile armée du Hamas. Les medias palestiniens ont publié des images du commando découvert à Gaza. Le service de censure israélien a interdit aux media israéliens de montrer ces images.

Les media israéliens ont rapporté que les sites internet du Hamas ont été bloqués dans le pays et que les usagers qui voulaient y accéder étaient redirigés sur une page web du gouvernement israélien.

Des travailleurs de l’aide ont exprimé la crainte que l’activité des services de renseignement de l’armée israélienne sous couvert d’aide humanitaire ne sape la fourniture par des organisations internationales d’une assistance extrêmement nécessaire.

L’utilisation de déguisements civils ou humanitaires par Israël pour conduire des activités militaires dans la bande de Gaza peut représenter un crime de guerre en droit international.

Israël contrôle déjà ce qui entre en termes d’aide humanitaire à Gaza qui est sous blocus par terre, mer et air depuis plus de dix ans. Ce blocus a gravement érodé l’économie de Gaza, plongeant sa population de deux millions d’habitants dans la pauvreté et la rendant dépendante de l’aide humanitaire.

Mercredi, le journal libanais Al-Akhbar a publié d’autres détails sur le raid raté du commando. Se fondant sur une source sûre de Gaza, Al-Akhbar a rapporté que l’enquête du Hamas sur les mouvements du commando à Gaza était presque achevée.

Le Hamas croit que cette unité était déjà entrée à Gaza à de multiples reprises pour installer un dispositif de surveillance, dont certains éléments ont été découverts et démantelés par le groupe de résistance il y a plusieurs mois. Avant la découverte du 11 novembre, les membres du commando sont entrés à Gaza à différents moments par le checkpoint d’Erez au nord de Gaza, avec de fausses cartes d’identité de l’Autorité Palestinienne.

Leur matériel d’espionnage a été introduit clandestinement via un point de passage commercial par un collaborateur palestinien qui est dit avoir fourni des véhicules au commando.

Source: Externe

Des coupes dans l’aide

Pendant ce temps, l’agence d’aide du Département d’État américain a dit que plus de la moitié de ses employés en Cisjordanie et à Gaza seront licenciés au début de l’année prochaine.

USAID a apporté plus de 319 millions de dollars (282 millions d’euros) au financement de projets en Cisjordanie et à Gaza en 2016.

Des dizaines de projets de l’USAID ont été suspendus après que l’administration Trump ait gelé plus de 200 millions de dollars (177 millions €) d’aide bilatérale plus tôt cette année à titre de punition de l’Autorité Palestinienne pour sa protestation contre la déclaration américaine sur Jérusalem capitale d’Israël.

En août, les États Unis ont annoncé qu’ils cesseraient de financer l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, après avoir gelé 300 millions de dollars (265 millions €) d’aide en janvier, ce qui a mis l’organisme dans un état de crise financière sans précédent.

Les coupes punitives des États Unis qui étaient auparavant le plus gros donateur de l’UNRWA, ont préoccupé les dirigeants militaires israéliens, dans la perspective d’avoir à fournir eux-mêmes des services de base pour parer à une catastrophe humanitaire à Gaza, à la place de l’agence.

Le commissaire général de l’UNRWA a annoncé la semaine dernière avoir presque comblé un trou financier de 446 millions de dollars (394 millions €).

Maureen Clare Murphy -

28.11.18

Source: Agence Médias Palestine

06 décembre 2018

Ahmed Saadat: «Reconstruire la résistance par le mouvement populaire»

Source: Externe

Incarcéré à Jéricho par l’Autorité palestinienne (!) suite à l’assassinat d’un ministre israélien en représailles à celui d’Abou Ali Mustafa, alors secrétaire général du FPLP, Ahmed Saadat a été 'enlevé' par les Israéliens en 2006 et condamné à trente ans de prison. Une campagne internationale demande sa libération

 

Comment évaluez-vous la situation actuelle dans les territoires occupés ou l’attitude de l’administration Trump?

A. Saadat: Nous voyons les Etats-Unis et l’administration Trump comme une puissance dangereuse, non seulement pour le peuple palestinien, mais pour tous les peuples du monde. La seule différence entre Trump et les administrations précédentes est que Trump montre clairement le vrai visage du capitalisme et de l’impérialisme. La décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat israélien et de transférer l’ambassade de Tel-Aviv est la continuation naturelle des cent ans de colonisation en Palestine, après la déclaration Balfour (1917), dans le but de supprimer les droits des Palestiniens et d’accélérer le nettoyage ethnique de notre peuple, en particulier en ce qui concerne Jérusalem. Tous les Palestiniens rejettent et luttent contre les tentatives de Trump pour éliminer la question palestinienne. Notre peuple résiste à cette tentative non seulement avec des mots, mais avec les faits qui constituent la «Marche du Grand retour» de Gaza, une véritable révolte populaire, à laquelle participe le FPLP, similaire à l’esprit de la première Intifada.

Quelle stratégie permettrait aujourd’hui la reconstruction d’un puissant mouvement de libération palestinien?

A. Saadat: Le devoir principal est la reconstruction et la réunification du mouvement de libération nationale de la Palestine. L’objectif est de mettre la Palestine, pour la énième fois, sur la voie de la libération en réaffirmant l’essence même de la lutte palestinienne. Cela concerne principalement le retour des réfugiés et la construction d’un seul Etat libre, démocratique et laïque en Palestine – pas celui des frontières de 1967 – où tout citoyen peut vivre en paix sans distinction de religion ou de race.

Une rupture profonde dans le mouvement palestinien, sur un niveau historique, a été certainement celle des accords d’Oslo en 1993: cela a déformé le véritable sens de notre lutte et la véritable essence du conflit. Une génération entière de Palestiniens est née et a grandi dans l’illusion, après la signature de ce document catastrophique, qui n’a amené que la division et la fragmentation du mouvement de libération palestinien.

Dans cet esprit, notre engagement est de reconstruire le front de libération nationale, c’est-à-dire l’OLP (Organisation de libération de la Palestine): nous nous voyons entre le Fatah et le Hamas pour créer un équilibre et préserver l’unité nationale, apportant notre idée progressiste de gauche et pour une représentation populaire. Toutes les classes palestiniennes doivent faire partie de ce processus d’unité. Les classes populaires ne devraient pas être exclues de la direction du mouvement, comme elles le sont depuis quarante ans.

Quelle alternative politique suggère donc le FPLP?

A. Saadat: Le principe fondamental du changement est la participation populaire des Palestiniens à la lutte – et à la prise de décisions politiques – de manière efficace et significative. Cela nécessite non seulement un combat contre l’occupation, mais également une lutte pour regagner le droit à la participation de tous les Palestiniens, qu’ils soient en Jordanie, au Liban, en Syrie ou ailleurs. La participation et le leadership populaires sont nécessaires à la reconstruction du mouvement de résistance contre le sionisme et à la mise en œuvre d’une stratégie unifiée de libération de la Palestine. Cela doit évidemment se dérouler en Palestine comme ailleurs dans le monde. Si nos communautés sont toujours menacées par toutes sortes de crimes, des lois répressives et d’attaques de la part de la droite, nos objectifs seront plus difficiles à atteindre. Le point fondamental de notre vision est le droit des personnes à participer au développement de leur avenir. C’est le processus démocratique de représentation pour lequel nous luttons.

Source: Externe

Le FPLP a été créé en 1967. Comment évaluez-vous votre rôle actuel?

A. Saadat: Ces dernières années, le FPLP a été confronté à d’énormes difficultés en termes de répression politique et financière. Les persécutions, les arrestations massives et les meurtres de nos cadres en sont un exemple clair. Malgré cela, nous avons amélioré nos capacités militaires à Gaza, car nous ne sommes pas dans les mêmes conditions qu’en Cisjordanie. Nous y subissons à la fois l’occupation et la coordination sur la sécurité de l’Autorité palestinienne avec l’occupant; de nombreux camarades, comme moi, sont emprisonnés précisément à cause de cela. Nous sommes cependant présents dans toutes les formes de lutte (militaire, politique, culturelle, sociale) et nous avons progressé en termes de participation populaire des jeunes, mais il est toujours difficile d’obtenir des résultats et une visibilité (par rapport au Fatah et au Hamas – ndlr) en raison de la situation actuelle. Malgré les difficultés, nous sommes toujours engagés dans un processus de construction et de croissance de notre parti.

À quel point le FPLP a-t-il changé depuis sa fondation jusqu’à maintenant?

A. Saadat: Nous sommes parvenus à la conclusion, de 1992 à nos jours, à cause des forces des droites palestiniennes et de l’inexorable agression israélienne sur nos terres et contre notre droit d’exister, que notre parti comme notre peuple traversent une crise générale: théorique, politique, économique et nous pensons que cette crise ne peut être surmontée que par la résistance et la lutte populaire à tous les niveaux.

Quel est le rôle du mouvement des détenus dans les prisons israéliennes dans la lutte de libération palestinienne?

A. Saadat Le mouvement des détenus à l’intérieur des prisons israéliennes a toujours joué un rôle central dans la lutte contre l’oppression sioniste. Non seulement dans notre confrontation quotidienne entre occupants et prisonniers, en tant que 'ligne de front', mais également dans notre rôle sur la scène politique en Palestine. L’accord d’unité nationale palestinienne, appelé 'Document des prisonniers', a été élaboré au sein des prisons et constitue la base de toutes les discussions sur la résistance palestinienne. Le mouvement des prisonniers a connu diverses expériences de lutte, de grève de la faim. De nombreux prisonniers sont morts sous la torture. Les prisonniers politiques palestiniens incarcérés dans les prisons américaines et françaises font partie de notre mouvement. En particulier Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis plus de trente-quatre ans.

Stefano Mauro -

28.11.18

Source: alencontre