FREE PALESTINE

25 février 2021

Tordre jusqu'aux mots pour imposer l'idéologie raciale sioniste

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Pourquoi le succès de la stratégie d’Israël consistant à faire taire les critiques est loin d’être assuré

 

Tandis que les alliés européens et étatsuniens d’Israël aiment dénigrer "l’antisémitisme" des opposants, le public n’est généralement pas aussi accommodant.

Alors que Joe Biden se préparait à prendre la place de nouveau président des États-Unis le mois dernier, des organisations juives étatsuniennes du courant d’opinion majoritaire lui ont envoyé une lettre le pressant de suivre ses prédécesseurs et d’adopter la définition de l’antisémitisme de 2016 de L’Alliance Pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRA) comme définition en vigueur pour les agences gouvernementales US, ce que le Département d’État avait déjà fait depuis les années Obama.

Ce soutien uniforme des organisations juives étatsuniennes à la définition de l’IHRA contraste avec le fait que les juifs étatsuniens sont divisés à son sujet. La définition de l’IHRA considère que «cibler l’État d’Israël comme collectivité juive» et «nier au peuple juif le droit à l’autodétermination, c’est-à-dire en prétendant que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste» sont antisémites. 

Adopter légalement la définition de l’IHRA implique que le gouvernement et les institutions ciblent, censurent et persécutent quiconque daigne attaquer la création et l’existence de la colonie de peuplement israélienne comme racistes. 

Violation de la liberté de parole 

Étant donné que la loi étatsunienne de 2016 pour la sensibilisation à l’antisémitisme, qui se fonde sur la définition de l’IHRA, a été votée par le Sénat mais pas par la Chambre des Représentants – quelque chose que l’ancien président Donal Trump a corrigé en publiant un décret-loi adoptant la définition de l’IHRA en décembre 2019 – la lettre presse Biden de marcher dans les pas de Trump. 

Source: Externe

Des pays européens, dont l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, de même que l’Union Européenne, ont déjà adopté la définition de l’IHRA. Des opposants à la définition de l’IHRA aux États-Unis, dont certaines des organisations juives qui l’ont ultérieurement soutenue, se sont centrés sur le fait qu’elle ne respecte pas la liberté de parole.

Mais pourquoi Israël et ses soutiens occidentaux seraient-ils soudain intéressés à des poursuites judiciaires contre des citoyens occidentaux en raison de leur critique de l’idéologie sioniste raciste et de la politique raciste de l’État israélien, quand ils les ont historiquement combattus par une rhétorique déligitimante, sans parler du fait qu’ils ont effectivement empêché la plupart d’entre eux de mettre en question la propagande israélienne officielle dans les medias occidentaux?

Il est vrai que des points de vue pro-israéliens ont toujours été dominants dans les media occidentaux et dans les politiques et déclarations des gouvernements occidentaux, mais que la plus grande part du reste du monde est restée libre d’exprimer son appréciation du sionisme et de la politique israélienne, du moins jusqu’en 1991. 

Lorsque l’Assemblée Générale des Nations-Unies a voté la Résolution 3379 en 1975, qui définissait le sionisme comme «une forme de racisme et de discrimination raciale» regroupant le racisme israélien avec celui des colonies blanches de peuplement d’Afrique du Sud et de Rhodésie (futur Zimbabwe), seuls 35 des 142 membres de l’ONU s’y sont opposés. La grande majorité de ceux ayant voté "non" étaient des colonies de peuplement européennes dans les Amériques et en Océanie, ainsi que des pays européens.

La réaction du gouvernement israélien fut d’accuser d’antisémitisme les États membres de l’ONU, alors même qu’ils avaient clairement condamnés d’autres pays pour leur racisme, sans faire d’Israël un cas à part.

Israël ayant conditionné sa participation à la conférence de paix de Madrid de 1991 (qui conduisit finalement aux accords d’Oslo), au retrait de la résolution, l’ONU acquiesça sous pression des États-Unis et vota la résolution 46/86 en décembre 1991, révoquant la résolution de 1975. Sur 166 membres, 111 pays votèrent en faveur de la nouvelle résolution, dont tous les pays et colonies de peuplement européens.

La tragicomédie de la définition de l’IHRA est que, selon elle, la plus grande partie du monde aurait été sujette à être jugée "antisémite" en 1975 et "philosémite" en 1991. Dans le contexte de la résolution de 1991, suivie quelques jours plus tard de l’effondrement de l’Union Soviétique (dont la soumission aux USA dans ses derniers jours lui fit voter la résolution de 1991), Israël et ses alliés triomphaient; ils sentirent qu’ils pouvaient étendre leur contrôle sur ce qui se disait d’Israël à la planète entière, sans plus d’opposition.

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Le mouvement sioniste

La relation du mouvement sioniste à l’antisémitisme est aussi vieille que le mouvement lui-même. Depuis le début, le mouvement sioniste a été partie prenante de la notion coloniale européenne de race. Ses toutes premières critiques juives ont noté sa part dans la prétention raciste européenne selon laquelle les juifs étaient des asiatiques, sémites et certainement pas européens et encore moins aryens. 

Un tel engagement s’est tôt manifesté dans la pensée du second plus important fondateur du mouvement sioniste, Max Nordau, auteur du traité Dégénération, de la fin du 19è siècle. C’est ce qui a conduit les scientifiques juifs sionistes à créer en 1902 l’Association de statistiques juives pour rechercher l’état de la "race" juive dans des marqueurs incluant les taux de mortalité, de reproductibilité, d’exogamie avec des chrétiens européens et le taux de conversion au christianisme. Cela les amena à croire que les juifs avaient "dégénéré" et ne pouvaient être "régénérés" que dans un État à eux.

La validation sioniste de postulats antisémites ne s’est jamais atténuée. L’inspiration des mots de son fondateur, Theodore Herzl, guide les sionistes jusqu’à aujourd’hui: «Les antisémites deviendront nos amis les plus sûrs, les pays antisémites nos alliés».

C’est ce qui a attiré les antisémites protestants à soutenir le sionisme et à le voir comme un produit du millénarisme sioniste protestant, qui, depuis la Réforme du protestantisme, souhaitait "remettre" les juifs européens en Palestine. 

La Déclaration Balfour 

C’est sur les mêmes bases que l’ancien premier ministre britannique, Arthur Balfour, a promu la loi sur les étrangers de 1905 interdisant l’immigration juive d’Europe de l’Est en Grande-Bretagne et sa tristement célèbre déclaration promettant le soutien de la Grande-Bretagne à la création d’un «foyer juif» pour les juifs européens en Palestine. Il était fortement convaincu que les juifs étaient «un peuple à part qui ne professait pas seulement une religion différente de celle de la majorité de ses concitoyens».

Ce point de vue chrétien européen qui a orientalisé les juifs européens au 18è siècle comme "asiatiques" et qui les a racialisés au 19è comme "sémites", était totalement accepté par les sionistes, dont la branche locale allemande a défendu les lois de Nuremberg de 1935 promulguées sous Adolf Hitler (à laquelle se sont opposés tous les autres juifs allemands), précisément parce qu’ils approuvaient l’idée que les juifs étaient une race différente et qu’ils devaient être séparés des Gentils dans un État qui leur soit propre.

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Après la création de l’État d’Israël, le régime colonialiste de peuplement a adopté une série de lois privilégiant les citoyens juifs par rapport aux autres. La Loi de juillet 2018 de l’État-nation a réitéré le fondement racialiste d’Israël dans son insistance sur l’exclusivité juive du «droit à l’autodétermination» dans toute la Palestine historique – la même autodétermination sur laquelle insiste la définition de l’IHRA pour se protéger des "antisémites".

C’est cet héritage antisémite auquel adhèrent l’Europe et les États-Unis lorsqu’ils insistent, comme ils l’ont fait depuis 1948, en disant que toute "solution" à la question palestinienne, en particulier la "solution à deux États", doit préserver la suprématie raciale juive en Israël.

Ils sont alors, entre autres, soucieux à l’idée que si les Palestiniens expulsés étaient amenés à rentrer chez eux, cela compromettrait le "caractère juif" d’Israël; préoccupés aussi d’une solution démocratique "à un seul État" qui créerait une inquiétude considérable parce qu’elle nierait sa nature "juive". En bref, de telles solutions abrogeraient les privilèges coloniaux, raciaux et religieux, quelque chose que les pays occidentaux considèrent inacceptable.

Au-delà de la rhétorique

Le soutien à l’occupation coloniale israélienne manifesté en 1991 a décliné pour la première fois depuis 1967 parmi le public européen d’Europe occidentale et des Américains blancs, qui accusent cet État d’être raciste, non démocratique ou "d’apartheid".

Israël, qui a toujours défendu sa politique coloniale en étiquetant "antisémite" toute critique de sa nature coloniale de peuplement, a réalisé que ses stratégies rhétoriques et son emprise sur l’opinion publique occidentale n’étaient plus aussi efficaces qu’elles avaient été auparavant. 

Enhardi par le soutien continu reçu d’Europe et des colonies de peuplement européennes, qui a effectivement fait taire le monde à l’ONU en 1991, Israël a décidé d’aller, avec ses alliés occidentaux, au-delà des discours des medias et du gouvernement, vers la sphère des menaces et des poursuites judiciaires. C’est dans ce contexte que la définition de l’antisémitisme de l’IHRA a été adoptée aux États-Unis et dans des pays européens.

Le public dans le monde a néanmoins prouvé jusqu’à présent être moins malléable que ses gouvernements ne l’ont été à l’ONU en 1991. La stratégie judiciaire d’Israël et celle de ses alliés européens et étatsuniens vise à casser la volonté du public. Pour autant, le succès de cette nouvelle stratégie, est loin d’être assuré. 

Joseph Massad (New-York) ⁻

18.02.21

Source: Agence Medias Palestine

24 février 2021

Il faut trouver et juger ces fonctionnaires de l'UE qui sont de vrais collabos

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L’UE donne 15 millions $ d’aide «à la création» à l’industrie de guerre d’Israël

 

N’oublions jamais les miracles accomplis par l’Agence Matrimoniale de Donald Trump. Pendant un court instant en 2020, nous avons pu cesser de nous inquiéter au sujet du virus mortel et célébrer les accords de paix entre Israël et des pays avec lesquels il n’avait jamais été en guerre.

En arrangeant ces accords, Trump pouvait rechercher un deuxième mandat présidentiel en se faisant passer pour mi-Cupidon mi-Gandhi. Cette élection n’a pas tourné aussi bien qu’il aurait espéré. Mais la magnifique histoire d’amour que Trump avait écrite a maintenant dépassé la date de la St Valentin. Elle se poursuivra avec un salon de l’armement dans les Emirats Arabes Unis.

Réaffirmant son dévouement à la tranquillité du Moyen-Orient, Israël aura pour la première fois son propre pavillon au Salon International de la Défense à Abu Dhabi.

Après avoir fait vérifier leur température, les visiteurs du salon pourront s’émerveiller devant les armes testées sur les Palestiniens, sans aucun doute aseptisées avec grand soin.

Pour une occasion aussi historique, ce serait simple justice de se souvenir de ceux qui ont auparavant aidé Israël à transformer l’oppression en opportunité.

L’Union Européenne est un club formé à la suite des horreurs de la Deuxième Guerre Mondiale. Pour bannir ces horreurs, l’UE a trouvé des façons innovantes de soutenir la paix internationale. L’une d’elle est d’être généreuse envers les entreprises d’armements d’Israël.

Deux de ces entreprises – Elbit Systems et Israel Aerospace Industries – ont reçu un total cumulé de 15 millions $ de la part d’Horizon 2020, le programme de recherche scientifique de l’UE.

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Les imaginations s’emballent

Approuver ces subventions a nécessité que les fonctionnaires de Bruxelles laissent leurs imaginations s’emballer. Pour éviter de donner l’impression qu’ils récompensaient des crimes contre l’humanité, ces fonctionnaires ont imaginé que les deux dernières décennies n’avaient pas existé.

Les moyens par lesquels les entreprises d’armement d’Israël ont profité d’une série d’attaques sur Gaza et de l’utilisation des équipements de surveillance en Cisjordanie ont été gommés de l’histoire.

Les marchands d’armes ne sont pas les premiers bénéficiaires des subventions scientifiques de l’UE. Les premiers bénéficiaires sont les universités. Encore une fois, c’est la preuve de la façon dont les fonctionnaires de Bruxelles peuvent inventer une nouvelle réalité.

Dans cette nouvelle réalité, les universités israéliennes ne se consacrent qu’à la production de connaissance. Leur rôle dans la réalisation de la violence d’État est balayé comme par magie.

L’Institut Scientifique Weizmann a englouti plus de 244 millions de $ de la part d’Horizon 2020, faisant de lui le bénéficiaire n°1 en Israël.

Le site internet de cet institut nous informesur sa «mission de faire progresser la science au bénéfice de l’humanité». Conformément à cette mission, l’institut organise des cours pour les jeunes sur le point de rejoindre l’armée d’Israël.

Les jeunes participants pourront continuer à tuer et à mutiler les Palestiniens. Mais au moins, ils sauront définir la mécanique quantique.

Il serait tout aussi grossier de se plaindre de la façon dont l’Institut Weizmann fait équipe avec les entreprises israéliennes d’armement sur divers projets. Comme ces entreprises fabriquent des satellites aussi bien que des drones, on peut les classer dans la catégorie des «collaborateurs de haut vol», d’après l’institut.

Source: Externe

Mots à la mode

L’université de Tel Aviv est le n°2 des bénéficiaires israéliens d’Horizon 2020, récoltant presque 197 millions de $.

Ses étudiants toujours tellement intelligents peuvent établir un rapport chaleureux avec les fabricants d’armes. Ce fait a été accentué par la façon dont Elbit Systems a parrainé des «conversations autour d’un café» sur le campus.

Bien sûr, les activités d’Elbit ne se limitent pas à siroter des cappuccinos. Elbit et le département d’ingénierie de l’université ont mis en place ce qu’ils appellent un «programme unique d’entreprenariat» afin de pouvoir «stimuler la prochaine génération de leaders de la technologie».

Ces mots à la mode ne manqueront pas d’impressionner les fonctionnaires de l’UE chargés de l’administration des subventions scientifiques. Ils ne songeraient pas à gâcher tout cela en posant des questions difficiles sur ce à quoi se prépare la génération actuelle des leaders de la technologie.

Elbit a récemment développé une appli permettant de faire disparaître un Palestinien aussi facilement que de commander une pizza. Voilà ce que l’UE aime qualifier "d’innovation".

L’université hébraïque de Jérusalem est le n°3 des bénéficiaires d’Horizon 2020, empochant sympathiquement 193 millions $.

On peut voir la prodigalité envers l’université hébraïque comme un triomphe de la pensée créatrice. Pour la justifier, l’UE a ignoré la façon dont l’université agit dans Jérusalem-Est occupée. On peut discerner le même genre de créativité dans la façon dont l’UE agit en ignorant la façon dont l’Université Hébraïque forme les espions de l’armée.

En tout, les entreprises et les institutions israéliennes ont reçu plus de 1.45 milliards $ de la part de l’UE au nom d’Horizon 2020.

Les préparatifs pour son programme suivant – Horizon Europe – sont maintenant en cours. Et on a fait appel à des représentants israéliens pour des «entretiens exploratoires» au sujet de leur participation. Les conversations informelles – «conversations autour d’un café» si vous voulez – sont un signe que l’UE veut continuer à encourager les innovateurs.

Pour les fonctionnaires de Bruxelles, l’avenir apparaît si brillant qu’ils sont obligés de porter des oeillères.

David Cronin -

19.02.21

Source: Agence Medias Palestine

23 février 2021

Le boycott d’Israël, un impératif autant stratégique que moral

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Les affirmations faites par le candidat  démocrate à la mairie de New-York, Andrew Yang, dans un récent éditorial de l’hebdomadaire juif “The Forward”, soulignent l’ignorance qui continue de dominer le discours américain sur la Palestine et Israël

 

Yang, un ex-candidat démocrate à la présidence, se bat pour gagner un vote juif à New-York. Selon l’hypothèse à la vue étroite que tous les juifs doivent naturellement soutenir Israël et le sionisme, Yang a développé une prétendue argumentation entièrement basée sur un cliché éculé et malhonnête assimilant la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

La logique pro-israélienne de Yang est non seulement dépourvue de fondement mais également très confuse. “Une administration Yang s’attaquera au mouvement BDS qui condamne Israël par une punition économique injuste”, a-t-il écrit, faisant référence au mouvement palestinien de Boycott, désinvestissement et sanctions.

Yang a comparé le mouvement BDS aux “boycotts fascistes des entreprises juives”, voulant probablement se référer au tristement célèbre boycott nazi des entreprises juives en Allemagne, à partir d’avril 1933.

Non seulement Yang ne parvient pas à construire son argument d’une manière historiquement défendable, mais il va jusqu’à prétendre que le BDS est “enraciné dans la pensée et l’histoire antisémites”.

Le BDS est en réalité enraciné dans l’histoire, non pas de l’Allemagne nazie, mais de la grève générale  palestinienne de 1936, lorsque la population arabe palestinienne a décidé d’une action collective pour faire rendre des comptes à la Grande-Bretagne coloniale, responsable de son traitement injuste et violent des musulmans et des chrétiens palestiniens.

Au lieu d’aider la Palestine à atteindre sa pleine souveraineté, la Grande-Bretagne coloniale a soutenu les aspirations politiques des sionistes blancs européens qui visaient à établir une “patrie juive” en Palestine.

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Malheureusement, la lutte des autochtones palestiniens a échoué et le nouvel État d’Israël est devenu une réalité en 1948, après que près d’un million de réfugiés palestiniens aient été déracinés et expulsés à la suite d’une campagne résolument violente et qui se poursuit encore aujourd’hui. .

En effet, l’occupation militaire et l’apartheid d’aujourd’hui sont tous enracinés dans cette histoire tragique. C’est la réalité contre laquelle le mouvement de boycott se bat pour imposer un changement.

Il n’est nullement question – selon les affirmations d’une ignorance crasse de Yang – d’une quelconque attirance pour l’antisémitisme ou le nazisme, ou le “fascisme”; il est juste question d’une nation assiégée et opprimée qui se bat pour ses droits humains les plus élémentaires.

Les commentaires ignorants et intéressés de Yang ont reçu les répliques qu’elles méritaient, dont celles de nombreux intellectuels et militants juifs antisionistes à travers les États-Unis et dans le monde.

Alex Kane, un écrivain de “Jewish Currents” a tweeté que Yang a fait “une comparaison fausse et erronée”, et que le politicien “semblait profondément ignorant de la Palestine, des Palestiniens et du BDS”.

La députée musulmane américaine Ilhan Omar et le Comité arabe anti-discrimination américain (ADC) ont ajouté leurs voix à de nombreuses autres, soulignant tous l’opportunisme de Yang, son manque de compréhension de l’histoire et sa logique tordue.

Mais cela va au-delà du cas de Yang, car la discussion sur le BDS aux États-Unis est presque entièrement basée sur des comparaisons fallacieuses et l’ignorance de l’histoire.

Ceux qui avaient espéré que le départ sous les sifflets de l’administration Donald Trump apporterait un minimum de justice pour le peuple palestinien seront sûrement déçus, car le discours américain sur la Palestine et Israël ne change jamais, quel que soit le président installé à la Maison Blanche et quel que soit le parti politique qui domine le Congrès.

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Réduire alors le débat sur le boycott aux propos confus d’un Yang sur l’histoire et la réalité, est en soi l’adoption d’une vue trop limitée de la politique américaine.

En effet, un discours similaire est régulièrement propagé, comme celui utilisé par la candidate du président Joe Biden comme représentante aux Nations-Unies, Linda Thomas-Greenfield, lors de son audience de confirmation devant la commission des relations étrangères du Sénat le 27 janvier.

Dans la même veine que Yang, Thomas-Greenfield a estimé que le boycott d’Israël était un acte “inacceptable” qui “frôle l’antisémitisme”.

Alors que l’envoyée pressentie a soutenu le retour des États-Unis au Conseil des droits de l’homme, à l’UNESCO et à d’autres organisations affiliées aux Nations-Unies, son argument pour une telle décision est simplement de s’assurer que les États-Unis ont une place “à la table” afin que Washington puisse surveiller et découragez toute critique d’Israël.

Yang, Thomas-Greenfield et d’autres perpétuent des comparaisons aussi inexactes en toute confiance, car ils bénéficient d’un fort soutien parmi les équipes dirigeantes des deux partis politiques dominants.

En effet, selon le dernier décompte produit par le site Web de la Jewish Virtual Library pro-Israël, “32 États ont adopté des lois, des décrets ou des résolutions visant à décourager les boycotts contre Israël”.

De fait, la criminalisation du mouvement de boycott a occupé le devant de la scène du gouvernement fédéral à Washington. Une législation anti-boycott a été adoptée à une majorité écrasante au Sénat et à la Chambre des représentants ces dernières années et d’autres devraient suivre.

Le succès de telles mesures a incité l’ancien secrétaire d’État, Mike Pompeo, à déclarer le mouvement de boycott israélien antisémite, le qualifiant de “cancer” lors d’une conférence de presse en novembre, aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, alors qu’ils étaient dans la colonie juive et illégale de Psagot.

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Si la position de Pompeo n’est pas surprenante, Yang et Thomas-Greenfield, tous deux membres de groupes minoritaires qui ont souffert d’un racisme et d’une discrimination historiques immenses, devraient se pencher sur l’histoire des mouvements de boycott populaire dans leur propre pays.

L’arme du boycott était, en effet, une plate-forme des plus efficaces pour traduire la dissidence politique en mesures concrètes pour les Noirs opprimés aux États-Unis pendant le mouvement des droits civiques au milieu du XXè siècle. Le boycott des bus de Montgomery en 1955 a été le plus mémorable et l'un des plus efficaces de ces boycotts.

De plus, en-dehors des États-Unis, de nombreux ouvrages ont été écrits sur la manière dont le boycott du gouvernement de l’apartheid suprémaciste blanc en Afrique du Sud a déclenché un mouvement mondial qui, combiné aux sacrifices des Sud-Africains noirs, a mis fin à l’apartheid au début des années 1990.

Le peuple palestinien n’apprend pas l’histoire par Yang et d’autres, mais par les expériences collectives des peuples et des nations opprimés à travers le monde.

Ils sont guidés par la pensée avisée de Martin Luther King Jr., qui a déclaré un jour: “Nous savons par notre expérience douloureuse que la liberté n’est jamais donnée volontairement par l’oppresseur, elle doit être exigée par les opprimés”.

Le mouvement de boycott vise à responsabiliser l’oppresseur car il impose un prix à l’occupation militaire et à l’apartheid. Non seulement le mouvement de boycott palestinien n’est pas raciste, mais il est avant tout un cri de ralliement contre le racisme et l’oppression.

Ramzy Baroud -

13.02.21

Source: Chronique de Palestine

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22 février 2021

Biden - Netanyahu: premier contact

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Biden met fin à la lune de miel américaine avec 'Bibi', mais reconduit l’alliance entre les deux pays

 

Le nouveau président américain s’est entretenu pour la première fois avec le Premier ministre israélien mercredi, plusieurs semaines après son investiture.

C’était un appel très attendu. De ceux que l’on guette comme pour se rassurer que tout va bien. Les observateurs l’ont souligné, certains s’en sont inquiétés, d’autres ont ironisé. Puis le coup de fil est venu.

Mercredi soir, le président américain a effectué son premier entretien téléphonique, pendant près d’une heure, avec Benjamin Netanyahu. Au programme, les principaux dossiers d’intérêts communs entre les deux pays: la question iranienne, la paix au Moyen-Orient, ou encore la coopération sécuritaire entre les deux États.

Mais c’est le timing, davantage que le contenu de la conversation, qui a retenu l’attention. Joe Biden a fait attendre M. Netanyahu plusieurs semaines, le faisant passer après des dizaines d’autres chefs d’État, alors que ses prédécesseurs avaient coutume d’appeler le Premier ministre israélien dès les premiers jours de leur mandat. En 2017, Donald Trump avait appelé M. Netanyahu deux jours après son investiture.

Pour certains observateurs, le délai de plusieurs semaines serait le reflet de la volonté de la nouvelle administration de se démarquer de l’amitié Trump-Netanyahu. Celle-ci s’était manifestée au cours des dernières années par une série de "cadeaux" très politiques comme la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur le Golan, l’installation de l’ambassade américaine à Jérusalem ou encore les accords de normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes.

«L’ancien président avait donné à M. Netanyahu un chèque en blanc sans rien demander en retour», estime Joe Macaron, expert à l’Arab Center à Washington. «Mais les urnes ont parlé, et désormais Netanyahu devra vivre avec les conséquences de l’ère Trump», poursuit ce dernier.

Alors que le Premier ministre israélien avait affiché en couverture de son compte Twitter une photo en compagnie du président Trump jusqu’au 11 janvier, le retard de l’appel de Joe Biden apparaît comme une mise à distance symbolique.

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Fin de la «ligne directe»

Pour Washington comme pour certains observateurs, on aurait pourtant tort d’y voir un quelconque message politique. Aucune trace de tensions ne ressort de l’entretien: Joe Biden se félicite d’une «bonne conversation» avec son homologue israélien et le communiqué de la Maison-Blanche évoque une «relation personnelle de longue date» entre les deux dirigeants.

«Les inquiétudes (relatives au retard, ndlr), qui ont été largement exagérées, sont probablement plus le reflet des angoisses du gouvernement de Netanyahu face au départ de Trump», soutient Khaled Elgindy, directeur du programme Israël/Palestine au Middle East Institute basé à Washington.

Le changement, s’il a lieu, se jouera donc plus sur le style que sur le fond. «L’alliance stratégique entre les États-Unis et Israël va rester solide, mais la ligne directe et le soutien inconditionnel dont bénéficiait Netanyahu sous Trump, souvent aux dépens des intérêts américains, va prendre fin avec Biden», estime Joe Macaron.

C’est donc au-delà des relations interpersonnelles qu’il faut lire le calendrier Biden. Le nouveau président a notamment manifesté son intention de réagencer ses priorités et de reprendre le contrôle de sa politique.

«L’administration Biden n’est pas intéressée par le fait de voir Netanyahu lui dicter sa politique iranienne», note Joe Macaron. Si Joe Biden avait fait savoir que le Premier ministre israélien serait le premier dirigeant de la région qu’il appellerait, c’est également que le Moyen-Orient, dans son ensemble, n’occupe pas une place prioritaire dans l’agenda de la nouvelle administration.

Plusieurs dossiers, au premier chef desquels la renégociation de l’accord sur le nucléaire iranien, semblent donc être des sources probables de tension entre les deux dirigeants. «Mais la relation ne sera pas aussi tendue que ce qu’elle était avec Obama, notamment parce que Biden ne va probablement pas insister sur d’autres points de désaccord, comme la question palestinienne qui n’est pas une priorité pour la nouvelle administration», nuance Khaled Elgindy.

En modérant son élan envers le dirigeant israélien, au moins sur la forme, le président Biden fait également le choix de la prudence, à près d’un mois des élections israéliennes, les quatrièmes en moins de deux ans. Briser l’image d’une amitié incarnée par ses dirigeants, renouer avec le langage d’une alliance diplomatique entre les pays et non les personnes, afin de ne pas donner l’impression de soutenir le Premier ministre sortant.

Source: Externe

«Contrairement à Trump, dont le calendrier des décisions était établi de manière à soutenir Netanyahu à la veille de chaque élection, Biden va retourner à une approche américaine plus traditionnelle qui consiste à garder ses distances avec la politique israélienne en période électorale», estime Joe Macaron.

Au-delà des interprétations du moment, l’épisode pourrait cependant refléter une tendance plus large régissant les relations israélo-américaines. Une tendance aux relations de plus en plus partisanes entre les dirigeants américains et israéliens.

«Il y aura des conséquences au fait que Netanyahu et Trump ont personnalisé à ce point les relations entre les deux pays, les transformant en une question partisane à Washington», note Joe Macaron.

«Il va être difficile à ce stade pour Netanyahu d’entretenir une relation saine avec les démocrates», poursuit ce dernier, pour qui le parti de Joe Biden se montre de plus en plus critique envers la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens et ne semble pas près d’oublier le coup fatal porté à l’accord sur le nucléaire iranien.

Stépahnie Khouri -

20.02.21

Source: OLJ.com

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20 février 2021

Résister au régime colonial israélien, de toutes les façons

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Arrestations en Palestine: une tentative de brûler le terrain du possible
Depuis la fin de l’année 2019, alors que les tourmentes de l’actualité se succédaient, les renseignements israéliens ont commencé à mener une large campagne, pourchassant des centaines de jeunes, femmes et hommes en Palestine – en Cisjordanie, à Jérusalem et à l’intérieur de la Ligne verte.

Jusqu’à présent, le bruit autour de cette campagne qui perdure, n’a été entendu qu’en sourdine, sauf dans des cas rares où les arrestations ont provoqué un véritable vacarme, comme par exemple lors de l’arrestation des étudiantes de l’Université Birzeit, dont Mays Abou-GhouchSamah Jradate à la fin de 2019, puis Liane Kayed et Shadha Hassan au milieu de l’année 2020, ou encore de Muhannad Abou-Ghouch et Shirine al-Araj au début de 2021. La campagne continue, et au moment où nous écrivions ces lignes, début février, des informations sur une attaque et l’arrestation de 17 jeunes nous sont parvenues.

Durant plus d’une année, les services de renseignement israéliens ont interrogé des centaines de jeunes, des dizaines d’autres ont été arrachés à leurs foyers avec brutalité. Les agents prennent les maisons d’assaut aux premières heures de la journée, perquisitionnent, confisquent les biens, enlèvent la ou les personne(s) recherchée(s) et la(es) conduisent à l’un des différents centres d’instruction pour les soumettre à des interrogatoires qui durent de longues semaines.

Dans la plupart des cas les détenus n’ont pas eu le droit de rencontrer des avocats, les affaires étaient interdites de publication, et comme d’habitude, ni les dossiers, ni les chefs d’accusation n’ont été révélés. Les familles ont été terrorisées et soumises à des pressions et des menaces. Un grand nombre de détenus ont subi une torture physique et psychologique horrible, qui a été découverte par des défenseurs des droits de l’Homme et documenté par l’association palestinienne al-Dhamir.

Les détenus qui ont comparu devant le tribunal ont été accusés de forfaits ridicules sur le plan sécuritaire: Liane Kayed, par exemple a été accusée d’"activité terroriste" parce qu’elle a préparé des "falafels" et les a vendus à l’université dans le cadre d’une manifestation du mouvement estudiantin "al-Qotb", Mays Abou al-Ghouch a été, elle, condamnée parce qu’elle est membre du Comité des étudiants de la faculté de l’information, d’autres encore ont écopé de périodes de prison pour avoir vendu des livres ou du café, toujours dans le cadre d’activités estudiantines ou pour d’autres affaires similaires.

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L’objectif de cette campagne d’arrestations est de brûler un espace social qui refuse de se soumettre à la condition coloniale et d’accepter l’effritement et le déchirement perpétuels depuis la Nakba. Un espace qui croit que l’unité des Palestiniens reste le seul remède à leurs désastres, et demeure fidèle aux valeurs radicales de la libération, contrairement au discours étiolé des forces politiquement dominantes en Palestine. Toutes ces valeurs font de la lutte contre la tyrannie le premier choix humain et éthique et montrent que la seule origine de la tyrannie en Palestine, c’est bien le régime sioniste.

Avec ça et malgré son insignifiance sur le plan "sécuritaire", cette campagne d’arrestations reste extrêmement grave sur les plans social et politique. Car sous des prétextes militaires, Israël tente de discréditer un réseau de jeunes de la Gauche, de déstabiliser ses relations et d’entraver son organisation qui crée des expériences extrêmement importantes malgré la modestie de sa taille, des expériences qui résistent à l’obstruction des horizons. Les services de renseignement mènent en effet une guerre contre un groupe qui a encore la volonté de réaliser un travail où le souci social, culturel et académique est ancré aux valeurs et aux luttes anti sionistes, alors qu’Israël pensait avoir défait cet ancrage.

Un contexte plus large

Parmi les changements les plus importants que la cause palestinienne a connus depuis 2010, il y a l’anéantissement de toute possibilité d’organisation militante. Plusieurs facteurs l’expliquent: d’abord l’éradication de la Cisjordanie et de Jérusalem de la quasi-totale des organisations islamiques de la résistance – Hamas et le Mouvement du Jihad islamique – et ce, grâce à des efforts communs d’Israël et du Fatah.

Puis la main de fer imposée par l’Autorité palestinienne sur toute activité politique en Cisjordanie et les violentes attaques israéliennes contre tout cadre social, politique ou culturel susceptible d’abriter des activités de jeunes à Jérusalem.

Enfin à l’intérieur de la Ligne verte, "la liste commune" est devenue un procédé pour affaiblir la résistance nationale populaire et de l’abaisser à des niveaux jamais atteints, puisque le plafond du discours national s’arrête désormais à "l’influence et l’intégration" dans le gouvernement israélien; et que les partis ont perdu tout intérêt à se construire une base militante populaire, ils préfèrent avoir une base électorale leur garantissant des sièges au parlement.

Tout cela va de pair évidemment avec l’interdiction de la branche Nord du Mouvement islamique, la poursuite de ses membres et leur arrestation par le gouvernement israélien, sans la moindre réaction palestinienne.

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Cette situation s’est imposée au fil de quelques années et elle est devenue encore plus claire après 2015. Mais parallèlement à la disparition des activités politiques organisées, des opérations individuelles commençaient à apparaitre sans être liées à un quelconque cadre politique organisé – telles que les attaques au couteau ou à la voiture-bélier. Elles ont cependant traduit de manière tragique, d’une part, une absurdité militaire et d’autre part, une irascible volonté humaine de lutter contre la tyrannie qu’aucune situation, même très détériorée, n’a su freiner.

Israël a vu dans ces opérations, imprévisibles et difficiles à désamorcer, une source d’inquiétude mais aussi un signe rassurant quand à ce qu’il considère comme l’anéantissement de toute velléité d’organisation politique. 

Les arrestations qui ont touché des centaines de jeunes, femmes et hommes, ont pris fin en grande majorité, sans qu’aucune inculpation sérieuse n’ait été prononcée. Les atrocités que ces jeunes ont subies dans les centres de détention les plus féroces – al-Jalama dans la région de Haïfa, al-Moskobiya, et le centre de Petah tikva, à l’est de Tel Aviv – ont généralement cessé au bout de quelques mois d’emprisonnement abusif, et se sont soldées par l’élargissement des détenus sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux.

Dans ces circonstances, deux événements à la fois exceptionnels et différents sont advenus, causant un choc aux services de renseignements israéliens parce qu’ils ont bouleversé leur perception de la réussite qu’ils croyaient avoir réalisée, ce qui a exacerbé l’envie d’Israël de lancer sa guerre contre les espaces d’action de la Gauche en Palestine: il s’agit d’abord du récit du martyre de Bassel al Araj, en mars 2017; et puis de l’opération de Aïn Boubine en aout 2019. 

Le premier choc

Israël a été surpris par la capacité de Bassel al-Araj à disparaître pendant six mois dans la ville d’al-Bireh, limitrophe de Ramallah, c’est-à-dire sous le nez des forces de sécurité palestiniennes gardiennes d’Israël. Mais ce n’était pas là le choc réel et déterminant pour l’Etat hébreu, c’était plutôt le fait que al-Araj soit devenu un symbole national révolutionnaire pour des larges catégories de jeunes, dans un moment où Israël croyait avoir torpillé à jamais les images de l’héroïsme palestinien.

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Le récit du martyre d’al-Araj comporte deux caractères principaux qui en font toute la symbolique, et qu’il est important d’examiner attentivement pour mieux comprendre la campagne à laquelle nous assistons aujourd’hui: 1/L’itinéraire d’al-Araj qui dépasse le clivage géographique colonial, cause de toutes les déchirures du peuple palestinien. 2/La conjugaison de l’action militante avec le domaine culturel et social. Dès qu’al-Araj est tombé en martyr l’expression "intellectuel engagé" (al-muthaqqaf al mushtabik) est devenue un slogan.

Primo, ce martyr était sans aucun doute une personnalité exceptionnelle dans les milieux de la Gauche ainsi que des expériences de jeunes militants, connues depuis 2011; sans parler évidemment de sa présence sur les réseaux sociaux, de ses relations personnelles extrêmement larges et solides avec les jeunes palestiniens là où ils se trouvent.

La circulation du nom de Basel al-Araj et le fait qu’il soit devenu un symbole palestinien défiant toute fragmentation géographique du pays, a révélé à Israël les possibilités d’un prolongement du discours révolutionnaire malgré tous les dispositifs géographiques et sociaux isolants qu’il a créés entre l’Intérieur, la Cisjordanie, Gaza et la diaspora.

Secundo, l’assassinat d’al-Araj a, en même temps, mis la lumière sur l’importance de dépasser les séparations imposées par l’occupation aux différents champs d’activités au sein de la société même, surtout après le lancement du slogan "l’intellectuel engagé" et la circulation de la vidéo dans laquelle al-Araj explique la nécessaire convergence entre résistance et culture.

Or le système colonial avait longtemps cherché à dissocier le domaine politique de ceux culturel et social (on le voit clairement après la deuxième Intifada). Pour cela il ciblait les espaces d’interaction dans la vie quotidienne des gens, afin d’en extirper toute conscience militante contre l’occupation.

Israël a ainsi permis la création d’institutions spécialisées qu’aucune vision politique n’unit, et cultivé l’illusion de "l’Etat palestinien" qui occulte le rôle de l’occupation dans les catastrophes économiques et sociales des Palestiniens. Israël paraissait ainsi avoir réussi à séparer ces domaines et à les isoler du politique.

Seulement les expériences sur le terrain ont commencé à démentir "la victoire" israélienne: des expériences modestes mais importantes ont été menées par la Gauche pour rebâtir les espaces sociaux sur une base militante. En Cisjordanie en particulier, il existe des actions comme la création d’unités éditoriales, d’une radio, des activités pour enfants, ou d’autres relatives à la lutte féminine, ou encore des projets de recherche s’inscrivant dans une vision essentiellement militante.

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Le second choc 

En aout 2019, une bombe a explosé près d’une source d’eau appelée Aïn Boubine, proche de Ramallah et très convoitée par les colons. Cette opération a beaucoup troublé les services de renseignements israéliens. Non seulement parce qu’ils n’ont réussi à arrêter la cellule qui a mené l’opération qu’un mois plus tard, mais parce qu’il s’agissait d’une cellule organisée qui a réussi son coup avec des outils "traditionnels" et qu’elle dépend – selon les Israéliens – du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Cette cellule comptait parmi ses membres des étudiants de l’Université Birzeit. Israël a considéré l’événement comme exceptionnel, parce qu’il croyait avoir liquidé depuis longtemps toute tentation de résistance chez la jeunesse de la Gauche et était assuré que sa poignée sécuritaire et la structure sociale mise en place avaient coincé ces jeunes dans une marge étroite qui les empêche d’agir… Mais cette assurance a montré ses fissures.

Théoriquement les services de renseignements ont terminé l’instruction sur l’opération de Aïn Boubine, présenté les chefs d’accusation et clos l’affaire réelle, en décembre 2019. Mais en réalité, cette étape n’était que le commencement car les renseignements ont profité de l’occasion pour lancer une attaque répressive féroce afin de soumettre, de terroriser et de "nettoyer" des milieux estudiantins de Gauche, d’abord dans l’Universités de Birzeit et dans les alentours de Ramallah, puis en Cisjordanie, pour atteindre tout un tissu social de jeunes à Jérusalem et à l’Intérieur d’Israël.

Durant la vague d’arrestations et de tortures, les services de renseignements ont commencé à user de maigres accusations pour jeter en prison les jeunes détenus dans le but de détruire les espaces d’action possibles et d’anéantir toute nouvelle construction organisationnelle, qui essaierait d’émerger.

Les instruments de la campagne révèlent les cibles d’Israël

Cette campagne repose d’un côté sur des instruments juridiques et de l’autre, sur des instruments psychologiques. Il faut d’abord examiner les instruments juridiques car ils sont fondamentalement liés aux deux caractéristiques essentielles de ces espaces qu’Israël veut anéantir et que nous avons présentées en relatant l’itinéraire de Basel al-Arej, à savoir les réseaux qui traversent les divisions géographiques, et la volonté de lier le politique au social et au culturel.

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La question géographique apparait clairement dans les 'attendus' comme "visite d’un Etat ennemi" et  "relation avec un agent étranger". Ces accusations reviennent notamment dans les arrestations et les instructions menées à Jérusalem et à l’Intérieur d’Israël et sont utilisées pour étendre les possibilités de manipulation. Les services de renseignements peuvent ainsi prétendre que quiconque se trouve en dehors de la Palestine est un "agent étranger" sans définition précise et sans qu’aucune partie juridique ne puisse remettre en question cette indication.

Par conséquent, toute relation, quelle qu’en soit la nature, avec toute personne – surtout se trouvant dans un des pays arabes "ennemis" d’Israël – peut être considérée comme un délit susceptible de tomber sous le coup de la loi.

La question du rapport entre le politique et le social est présente, elle, dans le large usage fait de la nouvelle loi sur "la lutte contre le terrorisme" adoptée en 2016. Il s’agit d’une loi qui ouvre un champ très vaste pour interpréter toute activité humanitaire d’assistance, ou sociale, culturelle ou encore personnelle, comme une activité de "soutien au terrorisme".

A la veille de l’adoption de cette loi, le centre juridique Adalah écrivait à ce propos: «[la loi] définit les activités politiques et même humanitaires et culturelles des Palestiniens de l’Intérieur comme des actes terroristes, juste parce qu’elles s’opposent à l’occupation». Cet aspect est d’ailleurs très visible dans la plupart des accusations retenues contre les détenus.

Bien évidemment, ce ne sont pas les seules charges, il en existe plusieurs autres à même de faire jeter tout le peuple palestinien en prison en une même journée, comme les chefs d’accusation relatifs aux lancées de pierres ou à l’"appartenance à une organisation interdite".

Au-delà de cet aspect juridique, on remarque surtout le souci des renseignements israéliens d’afficher au grand jour leur férocité lors de l’instruction ou de la pratique de la torture. La nouveauté dans ce genre d’affaires n’est pas la torture en tant que telle, mais l’obstination des renseignements à ce que cette torture soit vue et connue.

Et ils ne s’arrêtent pas là, mais reviennent aussi à des tactiques psychologiques primaires, comme d’envoyer à d’autres jeunes, des messages et des menaces par l’intermédiaire de détenus qui ont été libérés, ou la volonté manifeste des instructeurs d’inventer des fables sensées être effrayantes (alors qu’elles sont plutôt risibles).

D’autres éléments bien nombreux laissent penser que cette campagne vise essentiellement à répandre la frayeur parmi les réseaux des relations sociales, à leur donner le sentiment que tout le monde est surveillé et ciblé, et à briser les rapports de confiance entre les jeunes.

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Une répression qui confirme la justesse de la voie

Israël ne fait pas de différence entre un Palestinien armé et un autre qui ne l’est pas, entre une lutte violente et une autre pacifique. Israël utilise cette différenciation dans ses discours de manière mensongère et plusieurs faits le prouvent. Les plus notoires sont les massacres des manifestants lors des marches du "Retour" à Gaza.

Israël traite n’importe quel espace social politisé, portant des valeurs militantes et éclairées comme un environnement favorable, ou qui peut devenir favorable à la résistance, et qu’il faut donc éradiquer. De même que toute réunion palestinienne tenue en dehors des cadres précis établis par l’occupation, ou qui lui est réfractaire, représente un danger forcément menaçant pour Israël.

Cette campagne d’arrestations cherche à brûler un espace social qui refuse de se soumettre à la condition coloniale et d’accepter l’effritement et le déchirement qui durent depuis la Nakba. Un espace convaincu que l’unité des Palestiniens est le seul remède à leurs désastres et qui demeure fidèle aux valeurs radicales de la libération contrairement au discours étiolé des forces politiquement dominantes en Palestine. Toutes ces valeurs font aussi de la lutte contre la tyrannie le premier choix humain et éthique et montrent que la seule origine de la tyrannie en Palestine, c’est bien le régime sioniste.

En saisissant les rapports qu’Israël essaie de réprimer, nous pouvons être éclairés sur la voie à prendre et apprendre à l’élargir pour cette génération qui possède encore de l’énergie malgré la noirceur qui l’entoure, mais aussi pour d’autres générations qui prouveront qu’elles seront toujours capables d’inventer l’espoir.

Israël parie sur la répression pour sceller son existence, mais cette même tyrannie nous permet de garder en nous, la notion de justice comme une perpétuelle aspiration.

Majd Kayyal (Haïfa) -

11.02.21

Source: PalestineVaincra

19 février 2021

"On a raison d'être anti-sioniste"!

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Dans un article publié dans le quotidien Haaretz, G. Levy met en cause le terrorisme exercé contre ceux qui se disent antisionistes, et conforte le mouvement BDS, estimant qu’on ne peut plus se contenter de boycotter les produits des colonies

 

Répondant à l’historien et commentateur Gadi Taub qui déclare que toute critique est illégitime, Gideon Lévy explique:

"Quiconque exprime des réserves est soumis à un seul sort, celui d’être condamné comme antisémite. Taub ne connaît pas d’autre moyen de lutter contre les arguments moraux soulevés contre le sionisme. Le sionisme devient ainsi, entre les mains d’intellectuels comme Taub, une idéologie tyrannique qui ne peut être rejetée.

Il serait difficile de penser à une meilleure preuve de la nécessité de réévaluer la justice du sionisme, ses victimes et sa pertinence que ce Zhdanovisme agressif. Vous n’êtes pas sioniste, ergo, vous êtes un antisémite.

Si des sionistes comme Taub étaient plus convaincus de la justice de leur cause, ils ne seraient pas aussi alarmés par chaque expression de critique ou de question. À cet égard, le sionisme s’apparente davantage à une croyance religieuse zélée qu’à une vision du monde.

Tout comme pour les ultra-orthodoxes, avec les sionistes aussi, il ne faut rien remettre en question. S’ils ne sentaient pas que quelque chose dans le passé et le présent du sionisme brûlait sous leurs pieds, les sionistes ne mèneraient pas une bataille aussi féroce contre leurs adversaires. C’est comme ça quand vos arguments sont faibles: la délégitimation est le dernier refuge des sionistes.

Taub s’accroche à la définition de l’antisémitisme exprimée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), le nouvel outil efficace utilisé par l’establishment sioniste pour étouffer toute critique d’Israël. Une pétition des organisations israéliennes et juives appelle le nouveau président américain à ne pas codifier cette définition dans la loi.

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La pétition a enflammé Taub. Il accuse l’extrême-gauche de brouiller la ligne entre Israël et les territoires occupés et de prendre des mesures qui contrarieraient la partition de la terre d’Israël. Taub appelle la nuit 'jour', et le jour 'nuit'.

Cela fait longtemps qu’un argument aussi dénué de fondement n’a pas été entendu. Israël est celui qui a effacé la frontière de la "Ligne verte" de 1967, détruisant avec ses colonies toute chance de solution à deux États. Israël, pas le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions.

Malheureusement, les organisations que Taub attaque, comme le New Israel Fund et J Street, n’ont pas encore trouvé le courage de se dissocier du sionisme. Haaretz aussi, considéré encore plus subversif que ces organisations dans certains cercles, se définit comme un journal sioniste.

Mais l’opposition de telles organisations à une définition ouverte de l’antisémitisme, dont le but est de blanchir l’occupation et de museler ses détracteurs, suffit à faire en sorte que leurs membres se détestent eux-mêmes.

La réponse à cela doit être déterminée et sans prétexte. On peut considérer le sionisme comme du racisme sans être soupçonné d’être antisémite. Il est inconcevable que ceux qui combattent le racisme soient condamnés comme racistes de la catégorie antisémite.

De la loi du retour à la loi de l’État-nation, du nettoyage ethnique de 1948 au nettoyage ethnique de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron en 2021, voici le bref résumé de l’histoire sioniste. N’est-ce pas du racisme?

La réalité de l’apartheid et de la suprématie juive du Jourdain à la mer n’est cachée qu’aux aveugles, aux ignorants, aux propagandistes et aux menteurs.

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Le mouvement BDS ne souhaite pas détruire Israël, mais seulement remplacer son régime de suprématie juive; le droit au retour des Palestiniens n’est pas destiné à jeter les juifs à la mer; la solution à un État ne vise pas à rapatrier les juifs en Europe.

Tous ne souhaitent que réparer partiellement et tardivement un tort historique causé par le sionisme, délibérément ou non, une correction sans laquelle aucune justice tardive ne sera jamais établie ici.

On ne peut plus boycotter uniquement les colonies, car Israël les a transformées en une partie inséparable du pays. Il a effacé la Ligne verte et a éludé toute responsabilité pour ce qui se passe dans les territoires.

Jénine et Tel-Aviv sont sous la même règle, et toute critique du colonialisme doit être adressée à Jérusalem. Car Jérusalem est le siège des gouvernements israéliens, qui sont devenus des gouvernements d’apartheid.

Il faut les combattre, même si Taub prétend qu’une telle campagne peut conduire à l’anéantissement et que ses partisans sont des antisémites. Heureusement, le sionisme et Taub ne sont pas les seuls arbitres de moralité disponibles."

Gideon Lévy -

31.01.21

Source: EuroPalestine

18 février 2021

Après la décision de la CPI et d'une Justice (très) lente, réflexions

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Quelques réflexions sur la décision de la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale du 5 février, se prononçant sur la juridiction territoriale de la Cour en Palestine

 

C’est peu dire que la décision de la Chambre sur l’ouverture d’une enquête dans la situation de Palestine était attendue, tant le processus visant à saisir la Cour pénale internationale de l’examen des crimes internationaux commis sur le territoire palestinien, dans le contexte de l’occupation israélienne s’est avéré long et tumultueux, depuis la première tentative remontant à 2009.

Dans sa décision rendue le 5 février, la Chambre préliminaire confirme la position du Bureau du procureur, énoncée dans le document qui lui avait été transmis en décembre 2019, selon laquelle la Palestine doit être considérée comme un Etat pour les besoins de la mise en œuvre de la compétence de la CPI, que la juridiction territoriale de la Cour s’étend à l’ensemble des territoires palestiniens occupés, en ce compris Jérusalem-Est et que les Accords d’Oslo n’ont aucune incidence sur la compétence et la juridiction de la Cour.

Examinons la manière dont chacun de ces points ont été tranchés par la Chambre, pour ensuite évaluer quelles seront les conséquences de la décision, tant dans le cadre de la CPI que de manière plus générale.

1. La Palestine est un Etat, dans le cadre du Statut de Rome

Dans sa décision, la Chambre a essayé d’adopter une attitude prudente pour limiter la portée de son raisonnement au cadre particulier du Statut de Rome et de la compétence de la Cour, sans que cela n’emporte de conséquences plus générales sur l’issue du différend entre la Palestine et Israël.

La Chambre s’est donc gardée de se prononcer sur la qualité d’Etat de la Palestine en droit international général, qui serait opposable à tous les Etats, mais s’est contentée de déterminer que la Palestine devait être considérée comme un «Etat partie au Statut», car elle avait été acceptée comme telle par le Secrétaire général de l’ONU et par l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome, suite à la reconnaissance de son statut d’«Etat non membre des Nations Unies» en 2012, par l’adoption de la résolution 67/19 de l’Assemblée générale de l’ONU.

En tant qu’Etat partie au Statut de Rome, la Palestine peut donc déclencher la compétence de la CPI, en particulier sa juridiction territoriale, et peut également soumettre un défèrement (plainte) au Bureau du Procureur, ce qu’elle a fait en 2018. La première condition d’exercice de la compétence de la CPI est donc remplie.

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2. La CPI peut exercer sa juridiction pénale sur l’ensemble du territoire palestinien occupé depuis 1967

Le second point crucial consistait à déterminer l’étendue précise des territoires sur lesquels la Cour peut exercer sa juridiction pénale. Selon le Statut de Rome, la Cour peut exercer sa compétence pour les crimes commis sur le territoire d’un Etat partie au Statut. En l’espèce, la question était de savoir quelle était précisément l’étendue du territoire de la Palestine, compte tenu de l’occupation israélienne et de l’annexion de Jérusalem-Est.

Devant la Chambre, des contestations avaient été soulevées à cet égard, pointant le fait qu’il ne devait pas revenir à la CPI de fixer les frontières de l’Etat palestinien, qui demeuraient contestées par Israël, et que trop d’incertitudes persistaient à cet égard.

A nouveau, la Chambre a entouré sa décision de précautions en indiquant qu’elle ne devait que déterminer le cadre de la juridiction territoriale pénale dans le contexte du Statut de Rome, mais pas fixer de manière absolue les frontières séparant la Palestine et Israël: «À ce titre, il convient de souligner que la présente décision est strictement limitée à la question de compétence énoncée dans la requête du Procureur et n’implique aucune détermination sur les litiges frontaliers entre la Palestine et Israël.»

Pour établir que le territoire de la Palestine sur lequel la Cour a juridiction comprend l’ensemble des territoires palestiniens occupés, la Chambre s’est fondée principalement sur la prise en considération du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, tel qu’énoncé dans de très nombreuses résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU. En particulier, la Chambre s’est référée à la résolution 67/19 accordant à la Palestine le statut d’Etat non membre observateur, qui «réaffirme le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’indépendance dans un État de Palestine situé sur le territoire palestinien occupé depuis 1967».

La Chambre a souligné que le droit à l’autodétermination devait d’autant être pris en compte qu’il relevait des droits humains fondamentaux, revêtu d’un caractère erga omnes (à l'égard de tous), et qu’il avait été reconnu en faveur du peuple palestinien par de nombreuses instances internationales.

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3. L’absence d’incidence des Accords d’Oslo sur la détermination de la compétence de la CPI

Un des principaux arguments soulevés par les détracteurs de la compétence de la Cour pour la situation de Palestine consistait à invoquer certaines dispositions des Accords d’Oslo, au terme des quelles l’Autorité palestinienne n’a pas de compétence pénale à l’égard des ressortissants israéliens, pour les crimes commis en territoire palestinien. La Palestine n’aurait donc pu transférer à la Cour une compétence qu’elle ne peut elle-même exercer.

La Chambre a écarté ce raisonnement, en considérant que de tels Accords n’avaient aucun effet sur la compétence territoriale de la Cour, mais pouvaient uniquement affecter les questions de coopération des autorités nationales ou de complémentarité (existence de procédures d’enquête ou de poursuites nationales par un Etat compétent – la Palestine ou Israël - susceptible de rendre une affaire particulière irrecevable).

Le cas échéant, des arguments tirés des Accords d’Oslo pourraient donc être avancés, mais dans le contexte des demandes de coopération transmises par la Cour ou de mise en accusation d’un individu. La Chambre a donc validé la compétence de la Cour de manière maximale, sans restriction territoriale, ce qui va permettre au Bureau du Procureur de mener ses enquêtes pour l’ensemble des crimes commis sur le territoire palestinien, en ce compris Jérusalem-Est.

Quelles seront les conséquences précises de la décision de la Chambre, pour la procédure devant la CPI mais aussi de manière plus générale, dans le cadre du conflit israélo-palestinien?

4. Les conséquences de la décision de la Chambre sur la suite de la procédure devant la CPI

Le Bureau du Procureur va désormais pouvoir formellement ouvrir une enquête visant à établir des responsabilités pénales individuelles pour des crimes relevant du Statut. Jusqu’à présent le Bureau du Procureur a identifié quatre grandes catégories de crimes de guerre qu’il entend investiguer: les crimes commis par le Hamas et d’autres groupes palestiniens dans le contexte de la guerre de Gaza de 2014 (Bordure Protectrice), consistant principalement en des tirs de missiles vers des populations civiles israéliennes; les crimes commis dans le même contexte par l’armée israélienne, consistant principalement dans la prise pour cible et le meurtre de civils palestiniens et la destruction de bâtiments civils; les crimes commis par l’armée israélienne dans le cadre de la «marche pour Gaza» de 2018, au cours de laquelle des soldats avaient ouvert le feu et tué environ 200 civils palestiniens et blessé de nombreux autres; enfin les crimes commis dans le cadre de la politique de colonisation du territoire palestinien, en particulier l’installation de population civile juive israélienne.

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Le Bureau du Procureur a indiqué que ces différents faits pourraient être complétés par d’autres dans le courant de l’enquête. On remarque en effet que seuls des crimes de guerre ont été retenus, alors que de nombreux rapports internationaux font état de crimes contre l’humanité, spécialement lorsque l’on considère la politique israélienne d’occupation dans sa globalité.

A cet égard, la prise en considération de la commission du crime d’apartheid va très sérieusement se poser, notamment compte tenu des récents rapports rendus par les associations israéliennes Yesh Din et B’tselem, qui ont conclu à l’existence d’un crime d’apartheid imputable aux autorités israéliennes, compte tenu de toutes les caractéristiques de la politique d’occupation, qui établit une discrimination systématique entre les colons israéliens et la population palestinienne.

La tâche du Bureau du Procureur va désormais consister à enquêter de manière plus précises sur les faits les plus graves et identifier les individus responsables, pour lesquels un procès devrait être tenu. De ce point de vue, la situation sera différente selon qu’il s’agit de suspects palestiniens ou israéliens.

Pour les premiers, la Cour peut se fonder sur l’obligation de coopération qui incombe à la Palestine en tant qu’Etat partie au Statut, qui concernera tant l’enquête sur les faits que la possible arrestation des personnes sur lesquelles pèseront des charges.

Pour les crimes concernant des responsables israéliens, les choses seront plus compliquées, car Israël refusera toute coopération et fera obstacle à tout accès pour les enquêteurs au territoire israélien mais aussi palestinien. L’enquête devra donc se baser principalement sur des éléments d’information fournis par d’autres sources et des rapports internationaux existants. Il sera également extrêmement difficile d’obtenir l’arrestation des suspects israéliens.

Néanmoins, pour les aspects les plus évidents des crimes commis par des responsables israéliens, comme la politique de colonisation mise en œuvre de manière très officielle, par des canaux de décision assez aisément identifiables, la détermination des responsabilités pénales individuelles sera normalement plus aisée et pourra remonter aux plus haut degrés de décision de l’Etat.

Même si la tenue d’un procès à La Haye envers des responsables israéliens peut s’avérer très hypothétique, la simple mise en accusation ou la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’égard de divers hauts responsables israéliens, militaires ou politiques, serait déjà porteuses d’une grande force symbolique, susceptible de mettre une certaine pression sur les Etats occidentaux, alliés de l’Etat d’Israël.

Source: Externe

5. Les conséquences plus générales sur le statut de la Palestine

Bien que la Chambre, comme on l’a relevé plus haut, a pris soin de limiter le champ de sa décision au cadre strict de la Cour pénale internationale, force est de constater que la position juridique de la Palestine sur la scène internationale en sort renforcée.

Premièrement, la Palestine doit bien être considérée comme un Etat pour toutes les démarches juridiques qu’elle est susceptible d’entreprendre, devant la CPI ou ailleurs (comme dans le cadre de la procédure pendante devant la CIJ relative à l’installation de l’ambassade américaine à Jérusalem).

Deuxièmement, et de manière encore plus fondamentale, le droit du peuple palestinien à un Etat est reconnu comme devant s’appliquer sur l’ensemble des territoires occupés depuis 1967, en ce compris Jérusalem-Est. Bien que la Chambre ait formellement indiqué qu’elle ne se prononçait que sur la juridiction pénale de la Cour, sa décision porte bien en réalité sur la substance du droit à l’autodétermination et sur le cadre territorial sur lequel il doit s’exercer.

Il est donc bien admis que les Palestiniens «ont droit» à tous les territoires occupés en deça de la ligne verte, et que les prétentions territoriales d’Israël à cet égard, qui s’étaient manifestées dernièrement à travers des projets d’annexion, sont sans fondement.

La suite du processus d’enquête du Bureau du Procureur va encore probablement prendre des années, de sorte que les résultats concrets vont se faire attendre encore quelque temps. Mais la portée à la fois pratique et symbolique de la décision se fait sentir dès à présent.

François Dubuisson -

07.02.21

Source: Aurdip

17 février 2021

Jérusalem menacée plus que jamais

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Al-Quds est l’objet d’une attaque concertée entre les USA et Israël

 

Alors qu’un nouveau président américain s’installe à la Maison Blanche, il est clair que son prédécesseur a pris pour cible Jérusalem (al-Quds) occupée en donnant à Israël le feu vert pour affaiblir la présence palestinienne dans la ville sainte et imposer de nouvelles restrictions aux habitants autochtones.

Les Palestiniens sont dos au mur depuis que Trump a déplacé l’ambassade américaine à Jérusalem et déclaré la ville comme la capitale «indivise» d’Israël.

Les Israéliens pensent que même si le président Biden veut atténuer certains effets de la politique de Trump concernant Jérusalem, il rencontrera des difficultés parce que l’ancien président a contribué à cimenter  l’occupation israélienne à l’Est de la ville.

Le déménagement de l’ambassade a été un tournant. Cela a donné au gouvernement israélien les conditions requises pour approfondir son contrôle sur les Palestiniens de Jérusalem et leurs quartiers.

La politique de l’État d’occupation est de les séparer de leur arrière-pays de Cisjordanie et de les rapprocher du statut des Palestiniens vivant à l’intérieur d’Israël. Environ 356.000 Palestiniens vivent actuellement à Jérusalem, soit 38% de la population totale de la ville. 

Malgré les difficultés financières auxquelles ils ont été confrontés depuis la construction du mur d’apartheid, beaucoup ont encore des liens étroits avec la Cisjordanie, en raison de liens de travail ou de famille. Et au fil des ans, leur lien avec Jérusalem-Ouest n’a jamais été rompu.

Source: Externe

Sous Trump, l’Autorité palestinienne a vu son rôle réduit à la portion congrue, et il n’y a eu aucun processus politique. Israël a eu carte blanche.

D.Trump a été le premier président américain en exercice à visiter ce que les Palestiniens appellent le Mur al-Burak Sharif, mais que les Israéliens nomment le mur occidental ou Mur des lamentations.

Dans le cadre de "l’accord du siècle" de Trump présenté il y a un an, Jérusalem est tombée sous une prétendue souveraineté israélienne, y compris la vieille ville et les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est.

Des plans ont été approuvés et activés depuis lors pour étendre les colonies illégales d’Israël dans la ville en construisant des milliers de nouveaux logements. L’un des résultats immédiats de la politique Trump à Jérusalem a été une augmentation du nombre de Palestiniens de Jérusalem demandant la citoyenneté israélienne.

Entre 2000 et 2003, le nombre de ces demandes était inférieur à une centaine. En 2009, ce chiffre était supérieur à 700 et l’année dernière, 1633 demandes ont été déposées.

Il y a également eu une augmentation du nombre d’étudiants de Jérusalem qui suivent les programmes israéliens, une initiative qu’Israël promeut dans le cadre de son plan quinquennal pour Jérusalem-Est approuvé en 2018.

Les cadeaux de Trump à Israël ne signifiaient pas un changement fondamental dans le la politique de l’État d’occupation à Jérusalem, ils l’ont simplement renforcé. Près de 400.000 habitants jérusalémites palestiniens sont sans droits de citoyenneté, et Israël veut les maintenir dans cette situation.

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L’une des images les plus frappantes du mandat de Trump était celle de l’ambassadeur américain David Friedman brisant un mur dans un tunnel dans le quartier de Silwan, en présence de l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Sarah, l’ancien maire de Jérusalem, le député Nir Barkat, et l’envoyé américain Jason Greenblatt.

C’était un soutien manifeste aux organisations Elad et Ateret Cohanim, qui cherchent à développer le tourisme israélien dans la vieille ville, tout en expulsant les Palestiniens et en renforçant les colonies illégales.

La présidence Trump a clairement donné à Israël la confiance nécessaire pour étendre sa présence à Jérusalem-Est occupée, avec de plus en plus de colonies et d’institutions juives.

Une présence aussi forte ne jouissait pas d’un soutien aussi étendu sous l’administration Obama, et elle pourrait faire face à quelques difficultés similaires sous la présidence Biden.

Depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967, aucune mesure israélienne effective n’a été prise pour accorder la citoyenneté aux habitants palestiniens. Les principaux obstacles restent la nécessité d’apprendre l’hébreu puis d’obtenir un permis auprès des services de sécurité, car la citoyenneté n’est pas seulement l’autorisation d’entrer en Israël, mais aussi la naturalisation pour ceux qui y vivent.

Une telle décision serait inévitablement confrontée à une bataille politique avec des groupes et partis politiques israéliens de droite d’extrême-droite refusant d’autoriser 400.000 Palestiniens ou plus à devenir citoyens israéliens, et d’impacter encore davantage l’évolution démographique du pays..

Dans tous les cas, cette évolution se fait au profit de la population arabe où le taux de natalité est plus élevé.

De plus, les Palestiniens eux-mêmes n’ont pas demandé massivement la citoyenneté israélienne, car le faire serait interprété comme une reconnaissance de fait d’une souveraineté israélienne sur la ville. Cela servirait les intérêts d’Israël et apparaîtrait une certaine justification de ce que Trump a fentrepris depuis 2017.

Adnan Abu Amer (Gaza) -

04.02.21

Source: Chronique de Palestine

16 février 2021

Interview: Lena Meari et le Sumud face à l’interrogatoire

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Le Collectif Palestine Vaincra a interviewé Lena Meari, professeure assistante à l’université de Birzeit (près de Ramallah), à propos de ses recherches sur le Sumud et de son texte «Sumud: une philosophie palestinienne de la confrontation dans les prisons coloniales»

 

Lena Meari: je suis née à Haïfa sein d’une famille réfugiée originaire de al-Birweh, un village détruit par les forces sionistes en 1948. Durant ma carrière, je me suis penchée sur plusieurs disciplines, notamment l’anthropologie, la psychologie, les études et le développement de genre. Mes recherches portent sur les luttes anticoloniales, les mouvements révolutionnaires, la pensée et les méthodologies féministes décoloniales ainsi que la formation des subjectivités révolutionnaires.

La place des prisons au sein du contexte colonial palestinien

Les régimes coloniaux, par nature, sont intimement liés à l’emprisonnement politique ainsi qu’à la torture. Durant les luttes de libération anticoloniales, telles que la guerre d’Algérie contre la colonisation française entre 1954 et 1962, la torture devient une pratique routinière du terrorisme de l’Etat colonial, et partie intrégrante de la stratégie de défense appliquée par l’armée pour assoir sa domination coloniale.

Au sein du contexte colonial palestinien, l’emprisonnement de masse et la torture physique et psychologique systématique des Palestiniens sont employés comme méthodes coloniales privilégiées pour répandre encore plus la terreur, prévenir et opprimer toute forme d’opposition anticoloniale face au projet sioniste de colonisation de peuplement.

Les techniques d’interrogatoire sont principalement axées sur un isolement total de l’activiste, des interdictions prolongées au droit de voir un avocat, la torture physique et psychologique, la privation de sommeil pendant plusieurs jours, l’arrestation de membres de la famille et la soumission à des sévices physiques (positions inconfortables de longues heures durant).

Ces techniques visent à l’obtention d’aveux, l’extraction d’informations, le recrutement de collaborateurs, la formation de sujets soumis et la destruction de toute volonté de résistance.

Au sein du régime colonial israélien, tous les appareils étatiques sont impliqués dans la torture des prisonniers politiques palestiniens, à commencer par les Cours de justice et les juges qui prolongent les périodes d’interrogatoires et d’interdiction d’accès à un avocat, bien qu’ils connaissent les techniques cruelles d’interrogatioires auxquelles les prisonniers sont assujettis.

Les médecins qui examinent les prisonniers pour confirmer qu’ils peuvent encore endurer la torture, le procureur général qui clôt les enquêtes contre le Shabak (l’Agence de Sécurité Israélienne) même dans les cas extrêmes qui mènent à l’hospitalisation ou à la mort du prisonnier palestinien, comme ce fut le cas de Samer Arbeed qui arriva à l’hôpital avec 11 côtes brisées et une insuffisance rénale deux jours après son arrestation et sa torture brutale.

En ce sens, les interrogatoires ne sont plus un état d’exception hors la loi. Ils deviennent, au contraire, un espace autorisé par la légalité, y compris la généralisation par les tribunaux militaires israéliens, des détentions administratives qui constituent un emprisonnement sans preuve, basée uniquement sur des informations gardées secrètes par le Shabak et fournies aux tribunaux militaires israéliens.

Depuis 1967, plus d’un million de Palestiniens ont été arrêtés et soumis aux interrogatoires par Israël. Cela constitue approximativement 20% de la population palestinienne totale au sein des territoires palestiniens occupés de 1967 et 40% de la population palestinienne masculine.[1] 

En comptant les familles des prisonniers politiques palestiniens, on se rend compte que l’emprisonnement de masse affecte la vie intime de la majorité des Palestiniens.

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Concernant le Sumud

Le Sumud est une "manière d’être" palestinienne anticoloniale. Face à la domination coloniale sioniste violente qui affecte les vies des Palestiniens à tous les niveaux, le Sumud incarne le refus de capituler.

Le Sumud peut être saisi comme un mode palestinien de reconstruction de soi-même dans un contexte colonial. La notion de Sumud est constamment invoquée par les Palestiniens dans la manière dont ils & elles sont liés à la juste cause palestinienne.

Les Palestiniens ayant survécu aux expulsions par les forces sionistes en 1948 et dépossédés de leurs terres durant et après la Nakba de 1948, évoquent leur survie comme une manifestation du Sumud. Durant la Première Intifada de 1987, les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza initièrent des projets microéconomiques pour boycotter les produits israéliens dans le but de soutenir ce qu’ils considérèrent comme étant une économie-sumud (ou économie du sumud). Durant la Seconde Intifada en 2000, les Palestiniens obligés de traverser les checkpoints militaires quotidiennement, percevaient ce passage comme une manifestation du Sumud.

De nombreuses institutions et organisations palestiniennes en Palestine et en-dehors, utilisent ce terme dans leurs noms, terme qui apparait également au sein d’un large registre poétique et musical palestinien et arabe. Le Sumud sature donc l’air respiré par les Palestiniens. Pour eux, le Sumud est un être politique ainsi qu’un engagement continu au gré de la situation coloniale, qui leur permet d’endurer leurs vies et de s’opposer aux pratiques coloniales.

Dans le contexte des interrogatoires, le Sumud incarne le refus de passer aux aveux et de révéler des informations aux agents du Shabak, en dépit de la cruauté de la torture physique et psychologique déployée par les enquêteurs. Le refus de parler implique le Palestinien dans sa chair et dans son sang soumis aux difficiles pratiques de l’interrogatoire.

Dans l’acte du Sumud, le Palestinien endure volontairement la souffrance de la torture et ce pour protéger tous les secrets le concernant ou concernant ses camarades, l’organisation politique et le mouvement de résistance. 

Il y a autant de manières de pratiquer le Sumud que de Palestiniens qui le pratiquent. Dans ce sens, le Sumud est une formation de la subjectivité révolutionnaire qui est constamment engagée au sein de la restructuration du Soi dans l’idée du refus de capituler face aux structures de pouvoir à travers une connexion avec une communauté de combattants et la communauté en général.

Le Sumud implique la relationnalité, la collectivité, l’imagination et les affects, dans le sens où il déstabilise la conception rationnelle du politique.

Cette pratique de Sumud, qui a émergé au sein des combattants et de leurs communautés durant les années 70, a atteint son apogée durant la Première Intifada (1987-1993). La pratique du Sumud a été systématiquement mobilisée et largement pratiquée par des membres du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) (ainsi que par d’autres) durant les années 80 et le début des années 90.

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L’importance et le rôle joué par l’expérience et l’histoire collectives palestiniennes au sein de la pratique du Sumud

Etant donné que l’emprisonnement politique en Palestine occupée constitue une pratique coloniale dont la visée est de former des sujets dociles et réceptifs au régime et aux relations coloniales, les techniques d’interrogatoire et les pratiques de torture physique et psychologique ne doivent donc pas être perçues comme des violations des droits humains des Palestiniens à combattre par des moyens légaux. L’emprisonnement politique devient un espace de confrontation et de résistance aux colons et non une demande du respect des droits de l’Homme pour les prisonniers palestiniens.

Historiquement, le mouvement des prisonniers palestiniens ainsi que ses soutiens ont compris cette leçon et se sont organisés en conséquence. Le mouvement des prisonniers a réalisé que son rôle était d’affronter les autorités carcérales et de transformer les prisons coloniales israéliennes en forteresses révolutionnaires, en espaces de résistance et universités populaires.

Donc entre les murs des prisons et leurs rudes conditions matérielles, la communauté de prisonniers palestiniens a inventé des moyens ingénieux pour développer un système éducatif, des structures organisationnelles et des réseaux de communication à l’intérieur même et au-delà des prisons coloniales.

Le mouvement des prisonniers palestiniens est devenu un élément central au sein des forces révolutionnaires palestiniennes. Les réalisations de ce mouvement furent acquises à travers un long processus de combat pétri de souffrance, de sacrifice et d’espoir. L’un de ses moyens de confrontation principaux a été les grèves de la faim ou ce que l’on appelle «la bataille des estomacs vides».

Dans le contexte des interrogatoires, les Palestiniens sont conscients de la rudesse des techniques d’interrogations qu’ils vont subir et pour les surmonter, ils & elles ont développé la pratique du Sumud. La diffusion de la notion de Sumud ne s’est pas arrêtée au seul cercle des combattants qui le pratique. Elle touche également la communauté des Palestiniens au sens large et a réorganisé sa réalité sociale en restructurant les relations sociales et en mêlant le politique, le social, le familial et le personnel.

Les récits des Palestiniens-en-Sumud se diffusèrent aussi rapidement que largement au sein de la communauté. Ceux et celles qui pratiquaient le Sumud sont devenus des icônes héroïques et furent célébrés publiquement. Ils & elles sont accueillis avec le plus grand des respects, comme des Saints. De cette manière, de nouvelles icônes ont émergé au sein de la communauté, issues de différents  milieux sociaux, y compris des classes populaires et zones géographiques reculées et sont devenus des héros & héroïnes dans l’imaginaire collectif. Familles et amis ont encouragé la pratique du Sumud de ceux & celles qu’ils chérissent. Et le Sumud de l’un est devenu le Sumud de tous, dans le sens où convergent le personnel, le collectif, l’intime et le public.

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Le Sumud comme outil politique

Durant les années 70, le principal moyen du FPLP pour encourager la pratique du Sumud durant les interrogatoires consistait en l’organisation de cercles de discussions durant les réunions à tous les niveaux hiérarchiques du FPLP, la distribution de textes sur le Sumud dans ses publications internes et en mettant en avant des figures tant régionales qu’internationales qui incarnèrent la pratique du Sumud durant les interrogatoires.

Durant cette période, les figures palestiniennes locales qui pratiquèrent le Sumud étaient peu nombreuses, tout comme les publications et ouvrages locaux s’attardant sur cette expérience palestinienne durant les interrogatoires. Ces ouvrages et icônes locales ont été continuellement créés par la pratique du Sumud.

Plusieurs ouvrages étrangers, considérés par les militants du FPLP comme utiles à la promotion du Sumud, étaient échangés entre les membres. Le plus communément répendu était 'Ecrit sous la potence', publié pour la première fois en 1948 et écrit par le journaliste tchèque Julius Fučík, membre actif du Parti Communiste et leader de la résistance anti-nazie. Le livre fut traduit en arabe sous le titre de Tahta a’wad al-michnaka.

Ecrit sur des morceaux de papiers à cigarette et transmis à la femme de Fučík en-dehors de la prison par deux gardes, le livre contient des descriptions de ses interrogatoires, ses pensées et ses pratiques face aux agents qui l’interrogeaient. L’ouvrage encourage le refus de coopérer avec les interrogateurs et le refus de passer aux aveux. Plusieurs révolutionnaires à travers le monde ont déjà lu ce livre. Plusieurs idées et citations d’Ecrit sous la potence sont présentes dans les premières publications du FPLP traitant du Sumud ainsi que dans le premier ouvrage palestinien parlant du Sumud durant les interrogatoires.

Au début des années 80, le Sumud était déjà une notion commune durant les interrogatoires et ce par la pratique d’un nombre grandissant de Palestiniens. Cette forme actualisée du Sumud a participé à l’émergence d’une série d’icônes palestiniennes locales qui ont incarné le Sumud et dont sa pratique ont encouragé d’autres à le faire.

La fin des années 70 et le début des années 80 furent également témoins de l’émergence de plusieurs textes autour du Sumud. Un de ces textes fondamentaux est 'Falsafat al-mouwajaha wara’ al-koudban' (Philosophie de la confrontation derrière les barreaux). En esquissant la philosophie du Sumud, il ne fait pas que décrire brièvement les interrogatoires ou les techniques employées par le Shabak ainsi que les moyens utilisés par les Palestiniens pour y faire face; il constitue plutôt une approche critique de la promotion du Sumud durant les interrogatoires et la genèse du soi-en-Sumud (la pratique individuelle du Sumud).

La théorie du Sumud telle que décrite et actualisée par La philosophie de la confrontation derrière les barreaux, incarne l’expérience palestinienne collective ainsi que les expériences de révolutionnaires dans le monde.

Le caractère "secret" constitue le noyau même de la subjectivité du Sumud et ce Sumud ne peut être saisi par un seul individu mais incarne constamment l’entièreté de ceux & celles qui le pratiquent. La rédaction de l’ouvrage a eu lieu en 1978 en prison. Le texte écrit fut d’abord passé par les prisonniers politiques palestiniens qui avalaient des "capsules" contenant les écrits et les transportaient ainsi au sein même ou en dehors des prisons.

La théorie du Sumud était ensuite diffusée dans le "corps" populaire du FPLP. Ce corps politique populaire était formé des organisations de masse du FPLP qui comprenaient des syndicats de travailleurs, des comités de femmes ainsi que des conseils estudiantins. Des milliers de personnes ont déjà lu le livre et il a été réimprimé de multiples fois.

Comme c’est le cas de plusieurs ouvrages révolutionnaires clandestins en Palestine occupée, des copies de ce texte furent imprimées et distribuées sous différentes couvertures et différents titres étant donné que la simple détention de l’ouvrage était criminalisée et justifiait les arrestations de la part des autorités coloniales.

Le postulat de la théorie du Sumud, selon ce livre, est que chaque Palestinien, indépendamment de l’âge, du genre, de l’idéologie, de l’éducation, de la santé ou du corps, peut pratiquer le Sumud durant les interrogatoires malgré la brutalité des techniques employées par les agents du Shabak. Philosophie de la confrontation invoque le Sumud et en fait dans le même temps, une position héroïque face aux interrogateurs. Il définit l’interrogatoire comme une guerre de volonté entre le colon et le colonisé.

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La place du corps chez les Palestiniens pratiquant le Sumud

Au sein de l’expérience vécue par les Palestiniens à travers la pratique du Sumud, la mort ainsi que la douleur ne sont plus de simples moteurs de cette pratique, ils deviennent des objets en tant que tels. La douleur et la mort sont construits en tant que formation relationnelle à travers la pratique du Sumud. La mort fait partie intégrante de la subjectivité ainsi que de la politique du Sumud.

Les textes écrits à propos du Sumud présentent la mort comme une éventualité, une possibilité qui ouvre la porte à d’autres possibles. A travers la pratique du Sumud durant les interrogatoires, les Palestiniens vivent et agissent à travers la mort. La mort des uns agit plutôt comme un catalyseur du Sumud des autres. Beaucoup de Palestiniens sont morts durant les interrogatoires, soit sous la violence de la torture, soit par des exécutions préméditées de Palestiniens qui sont devenus par la suite, des symboles du Sumud et avec lesquels le Shabak ne savait plus quoi faire.

Le cas d’Ibrahim El-Raï en est un bon exemple. El-Raï a été torturé pendant 5 mois et mis à l’isolement. 8 mois plus tard, le 11 avril 1988, le gouverneur militaire israélien informa la famille d’El-Raï que ce dernier s’était suicidé dans sa cellule d’isolement à la prison de Ramleh. La famille n’a pas cru à l’histoire du suicide et a affirmé que le Shabak avait exécuté Ibrahim à cause de sa pratique du Sumud et de son refus d’avouer malgré la torture, mais aussi et surtout parce qu’il était devenu un symbole de Sumud qui ne pouvait être vaincu.

Plusieurs de mes interlocuteurs évoquèrent l’exécution d’El-Raï dans les geôles du Shabak comme  une motivation qui les a poussés à pratiquer le Sumud durant leurs interrogatoires. Son exemple démontre comment la mort devient une motivation pour agir et une action en soi.

Situation post-Oslo

Le Sumud en tant que subjectivité révolutionnaire anticoloniale est incommensurable face au développement libéral des subjectivités et des politiques appliquées au sein de la société palestinienne post-Oslo au milieu des années 90. Les accords d’Oslo sont perçus par beaucoup de Palestiniens comme étant le point culminant des transformations des discours, des sensibilités, des attachements et des modes d’être de l’avant-Oslo.

Durant la période post-Oslo, la société palestinienne des territoires occupés de 1967 a été témoin de l’émergence de nouveaux projets et institutions qui ont renouvelé les pratiques de lutte politique. Menée par l’Autorité Palestinienne et des forces de la société civile, ces pratiques se sont centrées de plus en plus sur des réformes légales, professionnalisant les luttes socio-politiques à travers des organisations non gouvernementales (ONG-isation) dépendant de financements externes et conditionnés, la prolifération des discours légalistes autour des droits de l’Homme et du droit international, le remplacement du projet politique de «lutte contre l’occupation» par le projet «d’établir des institutions étatiques», ainsi que le plan de développement économiques néolibéral de l’Autorité Palestinienne.

Toutes ces entreprises sont empreintes des politiques libérales et de la reproduction de modèles libéraux et de l’individualisme. Dans ce processus, la résistance active à la colonisation fut remplacée par la création de lois et d’institutions palestiniennes nationales. Ce changement marque le point de bascule de la reconnaissance de soi dans la lutte contre le colonisateur à la réforme du soi palestinien désormais rattaché  aux lois et aux institutions étatiques.

Ces changements de référentiel, d’opérations et de conséquences diffèrent de ceux du Sumud. Ils constituent le vecteur principal dans l’entrave des sentiments et pratiques anticoloniales palestiniennes et permet surtout  de maintenir les Palestiniens au sein de cette structure coloniale libérale et ses formes d’activisme politique.

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L’adaptation des Palestiniens face à celle du Shabak

Le Shabak s’est depuis longtemps plongé dans l’étude et la formation de savoirs autour des Palestiniens et ce dans le but de contrôler et dominer ces derniers tout en développant des techniques d’interrogatoires plus efficientes. Dans cette perspectives, le Shabak s’inspire des méthodologies de l’anthropologie et de la psychologie.

En tant qu’élément central de l’occupation israélienne, le Shabak se base sur de solides connaissances culturelles et politiques receuillies auprès des Palestiniens. Ce savoir est enrichi par des informations telles que l’âge, le genre, l’affiliation politique ainsi que l’appartenance religieuse des militants palestiniens. La production de ces savoirs par les sociologues israéliens et le Shabak autour des Palestiniens relève d’une perception de ces derniers comme «menace pour la sécurité» et est également mise au service du développement de nouvelles technologies et méthodes disciplinaires au cours des interrogatoires.

Ainsi, pour que les interrogateurs puissent assoir et affirmer leur pouvoir de manière constante, le schéma des arrestations et des interrogatoires doit se faire de manière répétée. Alors que les arrestations peuvent avoir lieu n’importe quand et n’importe où, les Palestiniens sont plus communément et violemment arrêtés au niveau des points de contrôle, dans les rues, aux points de passages des frontières ainsi qu’à leur domicile en pleine nuit. Le pouvoir du Shabak et de "l’Etat" qu’il représente s’affirme donc par la répétitivité de ces rituels. Cependant, cette répétitivité peut mettre en échec le Shabak et l’Etat colonial dans leurs objectifs[2] et rendre inopérante la manière dont ils se présentent.

Le Sumud des Palestiniens durant les interrogatoires incarne l’exemple le plus flagrant de ses échecs. Alors que durant les années 70 et jusqu’à la fin des années 90, les Palestiniens s’engagèrent dans la promotion et la pratique du Sumud, nous assistons au cours de ces deux dernières décennies à un recul de toutes les pratiques révolutionnaires, y compris le Sumud. Ce recul est dû en général aux changements post-Oslo précédemment cités. Le Sumud ne cesse cependant d’hanter les structures libérales post-Oslo. Pour y faire face, les agents du Shabak ont recours à des techniques mortelles durant leurs interrogatoires en plus du recours massif aux arrestations et à la torture de membres de la famille afin de mettre leur Sumud en échec.

Le Sumud aujourd’hui

L’histoire montre que lorsque qu’il y a oppression, cela implique qu’il y ait sa négation. Malgré le succès apparent du régime colonial sioniste dans sa domination des Palestiniens colonisés, notamment grâce aux représentants actuels de l’Autorité Palestinienne, la résistance anticoloniale émergera toujours accompagnée de nouveaux moyens de luttes créatifs.

Notes: 

[1]ADDAMEER. Association de support et de défense des droits de l’Homme pour les prisonniers.

http://www.addameer.org/etemplate.php?id=290

[2]Voir BUTLER Judith (1997) conceptions of reiteration, failure and agency

Rédaction du Collectif Palestine Vaincra -

02.02.21

Source: PalestineVaincra

15 février 2021

Élections palestiniennes: la démocratie pour personne

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Il existe de nombreuses raisons de croire que les élections palestiniennes prévues dans quelques mois ne seront ni libres ni équitables

 

Le 15 janvier, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’élections législatives et présidentielles en Cisjordanie et à Gaza plus tard cette année. La décision est survenue 15 ans après l’élection de M. Abbas pour un mandat qui devait durer quatre ans.

Suite à de nombreuses annonces similaires qui sont restées lettres mortes, et à la lumière de l’autoritarisme croissant de l’AP, on peut douter de la sincérité de cette initiative. Non seulement le respect des principes démocratiques n’a jamais été une priorité pour l’AP et le taux de popularité tant de l’AP que de M. Abbas est au plus bas.

D’où la question suivante: pourquoi annoncer des élections maintenant?

Au cours des quatre dernières années, l’administration Trump a non seulement réduit le financement de l’AP mais a aussi complètement marginalisé M. Abbas. Depuis la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle de novembre, les responsables palestiniens se battent désespérément pour s’attirer les bonnes grâces de la nouvelle administration. La décision de finalement annoncer des élections fait clairement partie de ces efforts.

Mais vouloir impressionner l’administration Biden n’est probablement pas la seule raison qui a motivé cette décision. Plusieurs acteurs nationaux et internationaux ont aussi fait pression sur l’AP pour la tenue d’élections.

La communauté des donateurs internationaux, par exemple, est depuis longtemps consciente que continuer à soutenir une autorité et un président qui ont dépassé leur mandat depuis plus d’une décennie n’est pas du meilleur effet.

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Pour l’instant, les élections législatives sont prévues pour le 22 mai et le vote présidentiel le 31 juillet. Il existe toujours, néanmoins, la possibilité que l’AP repousse une fois de plus les élections, rejetant la faute soit sur le Hamas soit sur Israël.

Il y a déjà un gros obstacle sur le chemin des élections: Jérusalem. Dans le passé M. Abbas et d’autres responsables palestiniens ont déclaré qu’ils ne convoqueraient pas d’élections en Cisjordanie et Gaza à moins que les Palestiniens de Jérusalem ne soient aussi autorisés à prendre part au vote.

Il n’est guère probable qu’un gouvernement israélien autorise des élections palestiniennes à Jérusalem, car cela reviendrait à reconnaître une présence palestinienne légitime dans la ville, et par conséquent remettrait en cause la revendication israélienne de souveraineté sur l’ensemble de la métropole.

En outre, le régime israélien pourrait même essayer d’empêcher les Palestiniens de Jérusalem de prendre part aux élections en les menaçant de révoquer leur permis de séjour s’ils le font.

Mais même si les élections se déroulent comme prévu, il est probable qu’elles ne seront ni libres ni équitables.

Le soutien de la population au Fatah en Cisjordanie et au Hamas à Gaza s’étiole. Ils n’ont plus de mandat populaire et maintiennent leur emprise sur ces territoires par autoritarisme et corruption.

L’opposition politique est en effet réprimée depuis longtemps tant en Cisjordanie qu’à Gaza. Les autorités arrêtent régulièrement des journalistes et des militants qui remettent en question leurs actions ou révèlent des informations qui les font apparaître oppressives, corrompues ou incompétentes.

Le régime israélien joue aussi un rôle important dans cette oppression politique en incarcérant des milliers de Palestiniens pour crimes "politiques" et en proscrivant la plupart des activités politiques palestiniennes en vertu de son droit militaire illégal.

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Il en a résulté la consolidation d’un système à parti unique dans les deux territoires et la dépolitisation de la société palestinienne.

Il est ainsi tout à fait probable que les deux partis se mettent d’accord pour organiser des élections de manière à leur permettre de maintenir leur position dominante dans le territoire qu’ils gouvernent actuellement. Tenir des élections, compte tenu du statu quo actuel, serait donc contraire à la démocratie.

Par ailleurs, des élections ne sont que des procédures techniques et ne sont en aucun cas interchangeables avec la démocratie. Elles ont lieu régulièrement non seulement dans les démocraties mais également dans des pays où les caractéristiques démocratiques font défaut ou sont totalement absentes.

La Palestine, se trouve à l’heure actuelle, dans cette deuxième catégorie. Ainsi donc, des élections ne feraient que maintenir le statu quo qui ne peut assurer un espace démocratique, et un système qui ne cherche pas à produire une direction représentative et démocratique.

Quant à eux, les donateurs internationaux, tout comme le Hamas et le Fatah, n’ont guère envie de voir les Palestiniens élire démocratiquement leurs dirigeants. La seule chose qui les intéresse c’est d’avoir des dirigeants palestiniens qui ne s’opposeront pas à leurs objectifs.

Une excellente preuve en a été donnée lors de la dernière élection du conseil législatif palestinien en 2006 lorsque le Hamas a remporté une victoire écrasante.

La communauté internationale a rejeté les résultats de cette élection et a ensuite imposé des sanctions à l’AP et a suspendu son aide, simplement parce que les Palestiniens avaient osé élire des dirigeants qu’elle jugeait inadéquats.

Pour sa part Israël a montré à maintes reprises qu’il écrasera toute expression de démocratie des Palestiniens qui remette en cause son régime colonial de peuplement et n’autorisera qu’une direction palestinienne qui lui soit subordonnée.

Les échelons supérieurs de l’élite politique palestinienne actuelle ne tiennent pas non plus à un processus démocratique qui concurrencera leur position et leurs privilèges.

Il apparaît donc clairement que les élections palestiniennes récemment programmées ne sont rien d’autre qu’une mise en scène politique pour masquer le fait que chez les principaux acteurs il n’y a aucun intérêt à promouvoir une direction palestinienne représentative et responsable et une société palestinienne démocratique.

Yara Hawari -

03.02.21

Source: Chronique de Palestine