FREE PALESTINE

16 mai 2017

Ahmad Sa'adat raconte le calvaire imposé par l'occupant aux grévistes de la faim

Ahmad Sa'adat raconte le calvaire imposé par l'occupant aux grévistes de la faim



Adressez un message de soutien et de solidarité aux prisonniers Palestiniens
en grève de la faim illimitée pour le respect de leur dignité.
Précisez votre nom, prénom, ville et pays
Si besoin le nom de votre association ou organisation
à l'adresse:
resistance@assawra.info
   


L'association palestinienne de défense des prisonniers palestiniens, Addameer, a pu rendre visite ce dimanche à Ahmad Sa’adat, secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), mis à l’isolement par l’occupant depuis le début de sa grève de la faim. Il tient le coup malgré les brimades sadiques.
Me Farah Bayadsi, avocate d’Addameer, a pu rendre visite pour la première fois à Ahmad Sa’adat, à la prison israélienne d’ Ohli Kedar, où il a été transféré jeudi dernier avec 38 autres grévistes de la faim, et à nouveau placé en isolement.
Il a fait savoir que les prisonniers sont soumis quotidiennement à deux raids brutaux dans leurs cellules et à des fouilles. Ils sont obligés de se lever et sortir des cellules, malgré leur épuisement, pendant ces raids.
Certains grévistes de la faim sont regroupés à 10 dans une cellule minuscule avec un seul évier un un seul WC, sans la moindre aération, ni ventilation, malgré la chaleur intense.
L’administration pénitentiaire a par ailleurs infligé des amendes aux grévistes de la faim, et leur a signifié qu’ils seraient privés de visites familiales pendant 2 mois.
Ils n’ont pas la possibilité de consommer du sel, et ne boivent donc que de l’eau du robinet (pas de possibilité d’avoir de l’eau minérale). De même ils sont privés de vêtements de rechange.
L’avocate a trouvé le dirigeant du FPLP très amaigri, pale, et parlant avec difficulté, mais avec un moral intact et une détermination à poursuivre la grève de la faim jusqu’à la satisfaction des revendications.
Addameer souligne que ces conditions de détention violent les Règles de l’ONU qui régissent le traitement des prisonniers, et appelle la société civile mondiale à soutenir les prisonniers palestiniens dont la vie et la dignité sont en jeu.
Addameer demande également à la "communauté diplomatique" d’exercer des pressions sur israêl pour que les prisonniers aient accès à des soins indépendants et à des visites de leurs avocats et familles.

Addameer
(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

***

للمرة الأولى منذ بدء الإضراب عن الطعام، تمكنت محامية مؤسسة الضمير من زيارة الأسير القائد أحمد سعدات، والذي يضرب عن الطعام لليوم الحادي عشر، ويتواجد في سجن "اوهليكدار".

وبيّنت المحامية فرح بيادسة، أنّ سعدات حضر إلى الزيارة مكبل اليدين وبدا عليه الإرهاق الشديد، وعلامات التعب والإرهاق، كما يعاني من اصفرار في الوجه وهبوط حاد في الوزن فقد خسر من وزنه ما يقارب 10 كيلو ليصل إلى 65 كغم.

وأفاد سعدات بأن قوات مصلحة السجون نقلته يوم الخميس الماضي 11/5/2017، برفقة 38 أسيرا من بينهم الأسرى (عباس السيد، حسن سلامة، عاهد أبو غلمة، نائل البرغوثي، محمد القيق، باسم خندقجي، محمد رمضان، ورامي الحلبي)، من عزل سجن عسقلان الى عزل سجن اوهليكدار. وقامت خلال عملية النقل بمصادرة ملابسهم وابقتهم بالزي الموحد الذي تفرضه عليهم مصلحة السجون.

ومن الجدير بالذكر أن الأسرى الذي جرى نقلهم مضربين عن الطعام منذ 11 يوما ولا يتناولون سوى الماء بعد ان قامت قوات مصلحة السجون بمصادرة الملح منهم، هذا بالإضافة الى 20 أسيرا آخرين كانوا متواجدين من قبل ومضربين عن الطعام منذ 17/4/2017. وأضاف سعدات بأن الأسرى المضربين في سجن اوهليكدار يعانون من سوء الرعاية الصحية حيث اقتصرت الفحوصات الطبية على الفحوصات الوزن والضغط دون فحص السكر.

وأشار سعدات أن الظروف المعيشية في قسم 4 (المعبار) سيئة وصعبة وغير إنسانية وخاصة في ظل الحر الشديد ويحتجز في كل غرفة 10 أسرى محرمون من كل الادوات الحيوية من مواد نظافة وبدون مراوح ولا يسمح لهم بالخروج إلى الفورة إلا ساعة واحدة يوميا.

وأضاف سعدات بأن قوات مصلحة السجون تمارس سياسات عقابية بحق الأسرى المضربين عن الطعام بغرض إرهاقهم والنيل من عزيمتهم الصلبة، ومنها إخراج الأسرى إلى الساحات مكبلين وتعريضهم للشمس الحارة من الغرف اثناء المداهمات التفتيشية التي تتكرر مرتين يوميا. كما فرضت مصلحة السجون عقوبات عديدة على الأسرى المضربين منها فرض غرامة مالية بقيمة 200 شيكل على كل مضرب عن الطعام، ومنعهم من التبضع من الكانتينا وزيارة الأهالي لمدة شهرين وذلك كله في محاولة لإرغامهم على فك الاضراب وإحباط عزيمتهم .

وفي ذات السياق أكد القائد سعدات أن قوات مصلحة السجون حاولت أن تعرض عليه الفيديو الذي فبركه الاعلام الإسرائيلي بحق القائد مروان البرغوثي ولكنه رفض مشاهدته باعتباره من منتوجات الاحتلال الفاسدة وحيل من الحيل المستهلكة والبائسة لكسر معنويات الاسرى وصمودهم وكسر حالة التلاحم الشعبي والجماهيري مع الحركة الأسيرة ونضالاتها التي لا تنطلي عليهم.

وشدد القائد سعدات على أهمية وضرورة الحذر من هذه الألاعيب والإشاعات من مختلف الجهات والاشكال وخصوصا من مصلحة السجون والدوائر الحكومية التي تتناول فك الأسير مروان البرغوثي اضرابه موكداً ثقته أنها لم ولن تنطلي على أبناء شعبنا.

وقال سعدات أن الأسرى المضربين رفضوا مقابلة مندوبي اللجنة الدولية للصليب الأحمر الذي حضروا اليوم لزيارتهم بسب رفض مندوبي اللجنة الدولية الدخول الى الأقسام والغرف التي يحتجزون فيها واعتبر سعدات أن هذا الموقف من اللجنة الدولية مرفوض ومدان ويستدعي المراجعة والمحاسبة لما ينطوي عليه من تنكر للمسؤوليات المناطة باللجنة الدولية ومندوبيها في حماية الأسرى وحقوقهم.

وفي الختام، أكد سعدات على تمسك الاسرى بمطالبهم الجماعية وشرعية اضرابهم حتى تحقيقها، ويؤكد في ذات الوقت على أنه يستمد عزيمته من عزيمة الأسرى وصمودهم في وجه محاولات إدارة مصلحة السجون من كسر معنويات الأسرى المضربين وكسر حالة الالتفاف الجماهيري الشعبي في قضية الأسرى.

وأضاف بأن ظروفهم بشكل عام مستقرة ومعنوياتهم عالية رغم الهبوط بالأوزان والتعب العام، وختم بالقول إن أرادة المضربين هي من ارادة الشعب الفلسطيني التي لم تهزم ولن تهزم بصمود وحتما ستنتصر.

Posté par MCPalestine à 11:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12 mai 2017

Qui y a-t-il derrière la nouvelle charte du Hamas?

-699796819

Le Hamas a adopté une nouvelle charte. Dans ce nouveau document, le mouvement de résistance palestinien opère une distinction entre judaïsme et sionisme, reconnait la possibilité d’une solution à deux Etats ou encore précise sa position sur la résistance armée. Une révolution? Ali Abunimah d’Electronic Intifada nous éclaire sur les enjeux de ce positionnement officiel. (IGA)


 

Les dirigeants du Hamas ont publié un document décrivant leurs principes directeurs lors d’une conférence de presse dans la capitale qatarienne, Doha, lundi.

Beaucoup d’attention a été portée à un élément de ce document : l’acceptation des frontières de 1967 comme base pour l’établissement d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Le document comprend également des déclarations sur la façon dont le Hamas considère les racines du conflit, le rôle de la résistance et sa position envers les juifs.

Il vise à repositionner le Hamas comme partie intégrante d’un consensus national palestinien, mais aussi comme interlocuteur capable d’éventuellement faire partie d’une solution politique négociée à l’échelle internationale.

Le document tente de le faire tout en ne compromettant pas les principes de base, un exercice qui entraîne quelques contradictions apparentes.

Le Hamas vise également à faire valoir son indépendance vis-à-vis des Frères musulmans, le mouvement islamiste fondé il y a près d’un siècle en Égypte et considéré comme ennemi par plusieurs régimes régionaux.

Avec un œil sur l’opinion internationale, le Hamas a publié son « Document des principes et des politiques généraux » dans des versions officielles en arabe et en anglais.

Le dirigeant du Hamas, Khaled Meshaal, a déclaré que la rédaction du nouveau document avait duré deux ans, mais qu’elle était l’aboutissement de débats internes menés depuis plus d’une décennie.

 

Les juifs ne sont pas l’ennemi

Les dirigeants du Hamas reconnaissent depuis longtemps que la charte fondatrice du groupe, rédigée par un seul homme en 1988, a été un obstacle à la sensibilisation politique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Palestine.

Peu d’entre eux contestent que le pire aspect de la charte originale était son langage impudemment antijuif. Empruntant à l’antisémitisme européen classique, elle cite même comme référence le faux antisémite du Tsar, les Protocoles des Sages de Sion.

Même si cela a cessé depuis longtemps de refléter la pensée des dirigeants du Hamas, ces déclarations odieuses servaient d’armes utiles dans l’arsenal de propagande antipalestinien d’Israël.

Le nouveau document indique au contraire : « Le Hamas affirme que son conflit est avec le projet sioniste et non avec les juifs en raison de leur religion. Le Hamas ne lutte pas contre les Juifs parce qu’ils sont juifs, mais mène un combat contre les sionistes qui occupent la Palestine. Et ce sont les sionistes qui identifient constamment le judaïsme et les juifs avec leur propre projet colonial et leur entité illégale ».

Cela rapproche le Hamas de la position historique du mouvement national palestinien. Comme l’a déclaré le président de l’Organisation de libération de la Palestine, Yasser Arafat dans son discours de 1974 aux Nations Unies : « Nous distinguons le judaïsme et le sionisme. Alors que nous maintenons notre opposition au mouvement sioniste colonialiste, nous respectons la foi juive ».

Meshaal avait déjà fait une déclaration similaire lors de sa visite de 2012 dans la bande de Gaza. « Nous ne combattons pas les juifs parce qu’ils sont juifs », avait-il dit. « Nous nous battons contre les occupants sionistes et les agresseurs. Et nous combattrons toute personne qui essaie d’occuper nos terres ou nous attaque. »

 

Lutte anticoloniale

La charte originale plonge les racines du problème en Palestine dans le conflit religieux entre musulmans et juifs. Et elle décrit la terre de Palestine comme un waqf islamique ou une dotation.

Mais dans son livre de 2007, Hamas : A History from Within, le spécialiste Azzam Tamimi écrit que les dirigeants du Hamas estimaient déjà qu’ils devaient s’écarter de ces concepts et chercher un langage plus universel.

Tamimi note que, sous l’influence de ces penseurs comme Abdelwahab Elmessiri, « le problème de la Palestine est aujourd’hui perçu par de nombreux islamistes, y compris les dirigeants et les membres du Hamas, simplement comme résultat d’un projet colonial “qui pourrait mieux être expliqué” dans des termes politiques, sociaux ou économiques, plutôt qu’en termes de religion ».

Le nouveau document reflète cette réflexion : « La cause palestinienne dans son essence est la cause d’une terre occupée et d’un peuple déplacé ».

Il supprime également la Palestine en tant que waqf islamique, affirmant plutôt que « la Palestine est une terre dont le statut a été élevé par l’islam » — tout comme elle l’a fait pour d’autres religions. La Palestine est « le lieu de naissance de Jésus-Christ », indique le document, et le lieu de repos des prophètes.

 

Modèle irlandais ?

Dans le nouveau document, le Hamas affirme que « la fondation d’“Israël” est entièrement illégale et contrevient aux droits inaliénables du peuple palestinien. Il affirme qu’il n’y aura aucune reconnaissance de l’entité sioniste spoliatrice ni aucune concession sur le droit de retour des réfugiés.

Pourtant, dans une contradiction apparente, le document affirme : “sans compromettre son rejet de l’entité sioniste et sans renoncer à aucun des droits palestiniens, le Hamas considère la création d’un État palestinien entièrement souverain et indépendant, dans les frontières datées du 4 juin 1967 et avec Jérusalem pour capitale, avec le retour des réfugiés et les déplacés dans leurs maisons d’où ils ont été expulsés, comme une formule de consensus national”.

En d’autres termes, le Hamas s’inscrit formellement dans la solution des deux États au moment même où il devient clair qu’un tel résultat ne se produira pas.

Si l’on met cet aspect de côté, le repositionnement du Hamas rappelle l’acceptation de l’accord de Belfast par le parti nationaliste irlandais Sinn Fein. Accord qui impliquait l’entrée dans un gouvernement de partage du pouvoir en Irlande du Nord, tout en continuant à refuser la partition.

Surfant sur la vague du Brexit, Sinn Féin relance sa campagne pour abolir l’Irlande du Nord et créer un seul État sur l’île d’Irlande, une démarche que l’accord de Belfast permet si une majorité l’appuie dans un référendum.

Quelque chose de similaire a été articulé par les dirigeants du Hamas depuis des années. Dans un article du New York Times de 2006, le conseiller du Hamas, Ahmed Yousef, a proposé une trêve à long terme, ou hudna, citant le processus de paix irlandais comme modèle pour mettre fin aux conflits sans que les Palestiniens abandonnent leurs positions. Une longue “période de calme”, a-t-il soutenu, pourrait créer plus tard les conditions d’un règlement politique durable qui n’existent pas maintenant.

En 2009, Meshaal a déclaré au New York Times que son parti avait “accepté un État palestinien dans les frontières de 1967 incluant Jérusalem-Est, le démantèlement des colonies et le droit de retour sur la base d’une trêve à long terme”.

Le nouveau document tente un retour à l’équilibre similaire par rapport à la politique intérieure palestinienne. Il affirme que les accords d’Oslo de 1993 signés entre l’OLP et Israël “violent les droits inaliénables du peuple palestinien” et il condamne fermement comme de la “collaboration” la “coordination sécuritaire” croissante entre les forces israéliennes et l’Autorité palestinienne (AP).

Mais le Hamas accepte également l’AP en tant que réalité, arguant qu’il devrait “servir le peuple palestinien et sauvegarder sa sécurité, ses droits et son projet national”. Le Hamas demande également la reconstruction de l’OLP sur des “bases démocratiques”, bien qu’il n’en soit pas membre.

 

La résistance

Depuis qu’il a remporté des élections législatives palestiniennes en 2006, le Hamas a été soumis à des conditions discriminatoires par le soi-disant quatuor — le groupement ad hoc de responsables de l’UE, des Nations Unies, des États-Unis et de la Russie — qui revendiquent l’autorité sur la question palestinienne.

Pour être reconnu comme interlocuteur, le Hamas doit renoncer à la violence, reconnaître Israël et accepter tous les accords antérieurs.

Israël n’est pas tenu de reconnaître un État palestinien ou un quelconque droit palestinien ; Israël continue d’utiliser la violence, pas seulement en toute impunité, mais avec les armes fournies par les États du Quartet ; Israël viole systématiquement des accords signés et le droit international avec sa colonisation massive de terres palestiniennes occupées.

Dans son nouveau document, le Hamas affirme que la résistance, y compris la résistance armée, “est un droit légitime garanti par les lois divines ainsi que par les normes et lois internationales”. En effet, le droit à la résistance armée contre l’occupation est internationalement reconnu.

Mais il se réserve également “le droit pour notre peuple de développer les moyens et les mécanismes de la résistance”.

Le Hamas ajoute : “La gestion de la résistance, en termes d’escalade ou de désescalade, ou en termes de diversification des moyens et des méthodes, fait partie intégrante du processus de gestion du conflit et ne doit pas se faire au détriment du principe de résistance. ”

En d’autres termes, le Hamas considère la résistance armée comme quelque chose à utiliser ou pas selon les circonstances. Si un horizon politique s’ouvre, il peut se détourner de la résistance armée sans en concéder le droit, comme l’ont fait d’autres mouvements de résistance et de libération.

 

Transition

Israël, sans surprise, a rejeté le nouveau document du Hamas avant même qu’il n’ait été publié, comme un exercice de relooking conçu pour “tromper le monde”.

La réalité, cependant, est que malgré leurs différences, les deux ailes majeures du mouvement national palestinien ont exprimé à des degrés divers des dispositions à s’accommoder avec Israël.

C’est Israël qui résiste à toute procédure ou accord politique qui limiterait le vol vorace des terres palestiniennes.

Plutôt que de fournir quelque chose de nouveau, le document du Hamas confirme et consacre des changements à long terme dans la réflexion du mouvement à un moment où il est sur le point de subir une transition politique — Meshaal a annoncé en septembre dernier qu’il devrait bientôt raccrocher.

En dépit de toute l’importance qu’il peut avoir, ce nouveau document ne résout pas le problème fondamental qui afflige le mouvement national palestinien institutionnalisé : ni le Hamas, ni le Fatah — son rival dirigé par le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas — ont une vision pour mobiliser et unir les Palestiniens dans une lutte pour leurs droits et leurs terres à un moment où la solution à deux États a perdu toute pertinence.

 

Source originale: Electronic Intifada

Traduit de l’anglais par Investig’Action

http://chroniquepalestine.com/wp-content/uploads/2017/05/a0-11.jpg

Résistance islamiqueUn document sur les principes généraux et les politiques du mouvement Hamas

Au nom d’Allah, le Très Clément, le Très Miséricordieux,
Le mouvement de résistance islamique « Hamas »

Un document sur les principes essentiels et les politiques générales

Qu’Allah, le Seigneur de tous les mondes, soit loué ! Que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur Mouhammad, le Maître des Messagers et le Chef des Moujahidins, sur sa famille et tous ses compagnons !

Préambule

La Palestine est la terre du peuple palestinien arabe ; il en est originaire, il ne fait qu’un avec elle, il lui appartient, et c’est à partir de cette appartenance qu’il communique avec le reste du monde.

La Palestine est une terre dont le statut a été renforcé par l’Islam, une foi qui la tient en haute estime, qui lui insuffle son esprit et ses valeurs, et qui pose les bases d’une doctrine qui a pour but de la défendre et de la protéger.

La Palestine est la Cause d’un peuple abandonné par une humanité qui ne respecte pas ses droits, un peuple qui veut qu’on lui rende ce qu’on lui a pris, qui veut voir ses droits garantis au lieu d’être violés, un peuple qui continue de subir sur sa terre l’une des pires espèces d’occupation du monde.

La Palestine est une terre dont on s’est emparé par la force pour mettre en œuvre un projet sioniste, raciste, inhumain et colonial fondé sur une promesse mensongère (la Déclaration Balfour), sur la reconnaissance de l’entité occupante, et sur le fait accompli.

La Palestine symbolise la résistance qui se poursuivra jusqu’à la libération complète, jusqu’à ce que tous les Palestiniens soient revenus y vivre et jusqu’à ce qu’un État vraiment souverain soit établi avec Jérusalem comme capitale.

La Palestine est ce qui fait des Palestiniens de toutes affiliations de véritables partenaires dans la poursuite du sublime objectif de la libération.

La Palestine est l’esprit de la Oummah [la communauté des Croyants] et sa Cause centrale; c’est l’âme de l’humanité et sa conscience vivante.

Ce document est le fruit de délibérations approfondies qui ont abouti à un fort consensus. En tant que mouvement, nous approuvons la vision décrite dans les pages qui suivent, la théorie comme la pratique. C’est une vision qui repose sur des bases solides et sur des principes bien établis. Ce document décrit les objectifs, les étapes et la manière dont l’unité nationale peut se concrétiser. Il précise également notre compréhension commune de la Cause palestinienne, les principes d’action qui présideront à sa promotion, et le cadre de son interprétation.

Le mouvement

1. Le Mouvement de résistance islamique « Hamas » est un mouvement islamisme palestinien de libération nationale et de résistance. Son but est de libérer la Palestine et de s’opposer au projet sioniste. Son cadre de référence est l’Islam qui détermine ses principes, ses objectifs et ses moyens.

La terre de Palestine

2. La Palestine, qui s’étend de la Jordanie, à l’est, jusqu’à la Méditerranée, à l’ouest, et de Ras Al-Naqurah, au nord, jusqu’à Umm Al-Rashrash, au sud, est une unité territoriale indivisible. C’est la terre et la patrie du peuple palestinien. L’expulsion et le bannissement des Palestiniens de leur terre et l’établissement de l’entité sioniste à leur place n’anéantissent pas le droit du peuple palestinien à sa terre toute entière et ne donnent aucun droit à l’usurpateur sioniste.

3. La Palestine est une terre islamique arabe. C’est une terre sacrée et bénie qui a une place spéciale dans le cœur de chaque Arabe et de chaque Musulman.

Le peuple palestinien

4. Les Palestiniens sont les Arabes qui vivaient en Palestine jusqu’en 1947, indépendamment du fait qu’ils en aient été expulsés ou qu’ils y soient restés; et toute personne née d’un père arabe palestinien après cette date, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la Palestine, est un Palestinien.

5. L’identité palestinienne est authentique et éternelle; elle se transmet de génération en génération. Les catastrophes qui ont frappé le peuple palestinien du fait de l’occupation sioniste et de sa politique de déplacement de population, ne peuvent pas effacer l’identité du peuple Palestinien, ni la lui dénier. Un(e) Palestinien(e) ne perdra pas son identité ni ses droits nationaux en acquérant une deuxième nationalité.

6. Le peuple palestinien est un seul peuple. Il est composé de tous les Palestiniens, qu’ils vivent en Palestine ou ailleurs, indépendamment de leur religion, leur culture ou leur affiliation politique.

L’Islam et la Palestine

7. La Palestine est au cœur de la Oummah arabe et islamique et elle jouit d’un statut spécial. En Palestine, se trouve Jérusalem qui est bénie par Allah. La Palestine est la Terre Sainte, qu’Allah a bénie pour l’humanité. C’est le premier Qiblah des musulmans et la destination du voyage de nuit du Prophète Mouhammad, que la paix soit avec lui ! C’est là qu’il est monté au ciel. C’est le lieu de naissance de Jésus-Christ, la paix soit avec lui ! Son sol contient les ossements de milliers de Prophètes, de Compagnons et de Moujahidins. Jérusalem – et alentour – est un lieu où vivent et ont vécu des personnes déterminées à défendre la vérité, des personnes qui ne se laissent pas dissuader ou intimider par ceux qui s’opposent à eux ou qui les trahissent, des personnes qui poursuivront leur mission jusqu’à ce que la promesse d’Allah soit accomplie.

8. En vertu de sa voie équilibrée et modérée du juste milieu, l’Islam – pour le Hamas – offre un mode de vie complet et un ordre qui conviennent à toutes les époques et tous les lieux. L’Islam est une religion de paix et de tolérance. Il protège les adeptes des autres croyances et religions qui peuvent pratiquer leur foi en toute sécurité. Le Hamas croit également que la Palestine a toujours été et sera toujours un modèle de coexistence, de tolérance et d’innovation culturelle.

9. Le Hamas croit que le message de l’Islam prône des valeurs de vérité, justice, liberté et dignité, interdit toutes les formes d’injustice et criminalise les oppresseurs indépendamment de leur religion, race, sexe ou nationalité. L’islam est contre toute forme d’extrémisme religieux, ethnique ou sectaire et de fanatisme. C’est une religion qui prône la résistance à l’agression et le soutien des opprimés; elle les encourage à la générosité et à se sacrifier pour défendre leur dignité, leur terre, leur peuple et leurs lieux saints.

Jérusalem

10. Jérusalem est la capitale de la Palestine. Son statut religieux, historique et culturel est fondamental pour les Arabes, les Musulmans et le monde entier. Ses lieux saints islamiques et chrétiens appartiennent exclusivement au peuple palestinien et à la Oummah arabe et islamique. Aucune pierre de Jérusalem ne peut être cédée ou abandonnée. Les mesures prises par les occupants de Jérusalem, comme la judaïsation, la construction de colonies et les faits-accomplis, sont fondamentalement nulles et non avenues.

11. La sainte mosquée Al-Aqsa appartient exclusivement à notre peuple et à notre Oummah, et l’occupation n’a aucun droit sur elle. Les projets, mesures et tentatives de l’occupation pour judaïser Al-Aqsa et la diviser sont nuls, non avenus et illégitimes.

Les réfugiés et le droit au retour

12. La Cause palestinienne dans son essence est la Cause d’un pays occupé et d’un peuple chassé de sa terre. Le droit des réfugiés palestiniens et des Palestiniens déplacés à l‘intérieur du pays de revenir dans les maisons dont ils ont été chassés – ou où on les empêche de revenir – dans les terres occupées soit depuis 1948, soit depuis 1967 (c’est-à-dire dans la Palestine toute entière), est un droit naturel à la fois individuel et collectif. Ce droit est confirmé par toutes les lois divines, ainsi que par les principes fondamentaux des droits de l’homme et du droit international. C’est un droit inaliénable dont personne ne peut faire fi, qu’il soit palestinien, arabe ou international.

13. Le Hamas rejette toutes les tentatives visant à abolir les droits des réfugiés, y compris les tentatives de les installer en dehors de la Palestine à travers les projets de patrie alternative. L’indemnisation des réfugiés palestiniens pour le préjudice qu’ils ont subi du fait de leur bannissement et de l’occupation de leur terre est un droit aussi absolu que leur droit au retour. Ils doivent recevoir une compensation lors de leur retour et cela n’exclut, ni ne restreint, leur droit au retour.

Le projet sioniste

14. Le projet sioniste est un projet raciste, agressif, colonial et expansionniste basé sur l’appropriation violente de ce qui appartient à d’autres; c’est un projet hostile au peuple palestinien et à son aspiration à la liberté, à l’émancipation; un projet hostile au retour des Palestiniens sur leur terre et à leur autodétermination. L’entité israélienne est le terrain d’expérimentation du violent projet sioniste et sa base opérationnelle.

15. Le projet sioniste ne vise pas uniquement le peuple palestinien; c’est l’ennemi de la Oummah arabe et islamique dont il menace gravement la sécurité et les intérêts. Il est également hostile aux aspirations de la Oummah, à son unité, à sa renaissance et à sa libération, et a été la principale source de ses problèmes. Le projet sioniste représente également un grand danger pour la sécurité et la paix internationales et la stabilité de l’humanité toute entière.

16. Le Hamas affirme qu’il s’oppose au projet sioniste, et non pas aux Juifs en raison de leur religion. Le Hamas ne lutte pas contre les Juifs parce qu’ils sont juifs, mais il mène la lutte contre les sionistes qui occupent la Palestine. En réalité, ce sont les sionistes qui assimilent constamment le judaïsme et les Juifs à leur projet colonial et à leur entité illégale.

17. Le Hamas rejette la persécution de tout être humain ou mise en cause de ses droits nationaux, religieux ou communautaires. Le Hamas estime que le problème juif, l’antisémitisme et la persécution des Juifs sont des phénomènes fondamentalement liés à l’histoire européenne et non à l’histoire des Arabes et des Musulmans ou à leur héritage. Le mouvement sioniste, qui a pu avec l’aide des pouvoirs occidentaux occuper la Palestine, est la forme la plus dangereuse de l’occupation colonialiste qui a déjà disparu du reste du monde et doit disparaître de la Palestine.

La position par rapport à l’Occupation et les solutions politiques

18. Les éléments suivants sont considérés comme nuls et non avenus : la Déclaration de Balfour, le document du mandat britannique, la résolution des Nations Unies sur la partition de la Palestine, et toutes les résolutions et les mesures qui en découlent ou s’y apparentent. La création d' »Israël » est entièrement illégale et contrevient aux droits inaliénables du peuple palestinien et va contre sa volonté et la volonté de la Oummah; elle viole également les Droits de l’homme garantis par les conventions internationales, avec en première place le droit à l’autodétermination.

19. Il n’y aura aucune reconnaissance d’une légitimité de l’entité sioniste. Quelle que soit l’ampleur de l’occupation de la terre de Palestine, sont illégitimes la construction de colonies, la judaïsation ou la modification de ses caractéristiques ou falsification des faits. Jamais les droits ne disparaissent.

20. Le Hamas estime qu’aucune partie de la terre de Palestine ne devra faire l’objet de compromis ou de concessions, indépendamment des raisons, des circonstances et des pressions, et peu importe la durée de l’occupation. Le Hamas rejette toute alternative à la libération complète et achevée de la Palestine, du fleuve à la mer. Cependant, sans revenir sur son rejet de l’entité sioniste et sans renoncer à aucun droit palestinien, le Hamas considère la création d’un État palestinien entièrement souverain et indépendant, avec Jérusalem comme capitale, selon les limites du 4 juin 1967, avec le retour des réfugiés et des déplacés vers les maisons d’où ils ont été expulsés, comme une formule de consensus national.

21. Le Hamas affirme que les Accords d’Oslo et leurs additifs contreviennent au droit international en ce sens qu’ils génèrent des engagements qui violent les droits inaliénables du peuple palestinien. Par conséquent, le Mouvement rejette ces accords et tout ce qui en découle, avec parmi eux les obligations qui nuisent aux intérêts de notre peuple, en particulier la coordination sécuritaire (collaboration).

22. Le Hamas rejette tous les accords, initiatives et projets de règlement qui visent à saper la cause palestinienne et les droits de notre peuple palestinien. À cet égard, toute position, initiative ou programme politique ne doit en aucun cas violer ces droits, y contrevenir ou les contredire.

23. Le Hamas souligne que le viol des droits du peuple palestinien, le vol de ses terres et son bannissement de sa patrie ne peut pas être appelé paix. Les règlements conclus sur cette base ne conduiront pas à la paix. La résistance et le djihad pour la libération de la Palestine resteront un droit légitime, un devoir et un honneur pour tous les fils et les filles de notre peuple et de notre Oummah.

Résistance et Libération

24. La libération de la Palestine est le devoir du peuple palestinien en particulier et le devoir de la Oummah arabe et islamique en général. C’est aussi une obligation humanitaire telle que requise par les impératifs de la vérité et de la justice. Les agences travaillant pour la Palestine, qu’elles soient nationales, arabes, islamiques ou humanitaires, se complètent et agissent en harmonie, et non pas en conflit les unes avec les autres.

25. Résister à l’occupation avec tous les moyens et méthodes est un droit légitime garanti par les lois divines et par les normes et lois internationales. Au cœur de cela se trouve la résistance armée, qui est considérée comme le
choix stratégique pour la protection des principes et des droits du peuple palestinien.

26. Le Hamas rejette toute tentative de saper la résistance et ses armes. Il affirme également le droit de notre peuple de développer les moyens et outils de résistance. Gérer la résistance, en termes d’escalade ou désescalade, ou en termes de diversification des moyens et des méthodes, fait partie intégrante du processus de gestion du conflit et ne devrait pas se faire au détriment du principe de résistance.

Le système politique palestinien

27. Un véritable État palestinien est un État qui a été libéré. Il n’y a pas d’alternative à un État palestinien totalement souverain sur l’ensemble du territoire national et du sol palestinien, avec Jérusalem comme capitale.

28. Le Hamas croit et adhère à la gestion de ses relations palestiniennes sur la base du pluralisme, de la démocratie, du partenariat national, de l’acceptation de l’autre et du dialogue. L’objectif est de renforcer l’unité des rangs et l’action commune dans le but d’atteindre les objectifs nationaux et de répondre aux aspirations du peuple palestinien.

29. L’OLP [Organisation de Libération de la Palestine] est un cadre national pour le peuple palestinien à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine. Elle devrait donc être préservée, développée et reconstruite sur des bases démocratiques afin d’assurer la participation de toutes les composantes et forces du peuple palestinien, d’une manière qui garantisse les droits des Palestiniens.

30. Le Hamas souligne la nécessité de construire des institutions nationales palestiniennes sur des principes démocratiques solides, avec tout d’abord des élections libres et équitables. Une telle procédure devrait être fondée sur un
partenariat national et selon un programme et une stratégie clairs qui respectent les droits, y compris le droit à la résistance, et qui répondent aux aspirations du peuple palestinien.

31. Le Hamas affirme que le rôle de l’Autorité palestinienne devrait être de servir le peuple palestinien et protéger sa sécurité, ses droits et son projet national.

32. Le Hamas souligne la nécessité de maintenir l’indépendance de la prise de décision nationale palestinienne. Les forces extérieures ne devraient pas être autorisées à intervenir. Dans le même temps, le Hamas affirme la responsabilité des Arabes et des Musulmans et leur devoir et rôle dans la libération de la Palestine de l’occupation sioniste.

33. La société palestinienne est enrichie par ses personnes éminentes, ses personnalités, ses dignitaires, ses institutions de la société civile et ses jeunes, étudiants, syndicalistes et groupes de femmes qui travaillent ensemble pour la réalisation des droits nationaux et la construction sociale, poursuivent la résistance et la lutte pour la libération.

34. Le rôle des femmes palestiniennes est fondamental dans le processus de construction du présent et du futur, tout comme il l’a toujours été dans le processus historique palestinien. C’est un rôle central dans le projet de la résistance, de la libération et de la construction du système politique.

La Oummah arabe et islamique

35. Le Hamas croit que la question palestinienne est la cause centrale de la Oummah arabe et islamique.

36. Le Hamas croit en l’unité de la Oummah avec toute sa diversité et ses composantes, et est conscient de la nécessité d’éviter tout ce qui pourrait fragmenter la Oummah et saper son unité.

37. Le Hamas croit en la coopération avec tous les États qui soutiennent les droits du peuple palestinien. Il s’oppose à l’intervention dans les affaires intérieures de n’importe quel pays. Il refuse également d’être attiré dans des disputes et conflits qui existent entre différents pays. Le Hamas adopte la politique de l’ouverture aux différents États du monde, en particulier les États arabes et islamiques. Il s’efforce d’établir des relations équilibrées sur la base d’une combinaison d’une part des exigences de la cause palestinienne et des intérêts des Palestiniens, et d’autre part des intérêts de la Oummah, de sa renaissance et de sa sécurité.

L’aspect humanitaire et international

38. La question palestinienne est celle qui a des répercussions humanitaires et dimensions internationales majeures. Soutenir et appuyer cette Cause est une nécessité humanitaire et civilisationnelle et une question de vérité, justice et respect des valeurs humanitaires communes

39. D’un point de vue juridique et humanitaire, la libération de la Palestine est une action légitime, c’est un acte de légitime défense et l’expression du droit naturel de tous les peuples à l’autodétermination.

40. Dans ses relations avec les nations et les peuples du monde, le Hamas croit en les valeurs de la coopération, de la justice, de la liberté et du respect de la volonté des peuples.

41. Le Hamas se félicite des positions des États, des organisations et des institutions qui soutiennent les droits du peuple palestinien. Il salue les peuples libres du monde qui soutiennent la cause palestinienne. Dans le même
temps, il dénonce le soutien accordé par toute partie à l’entité sioniste ou les tentatives de couvrir ses crimes et agressions contre les Palestiniens, et il appelle à la poursuite des criminels de guerre sionistes.

42. Le Hamas rejette les tentatives d’imposer une hégémonie sur la Oummah arabe et islamique, tout comme il rejette les tentatives d’imposer une hégémonie sur le reste des nations et des peuples du monde. Le Hamas condamne également toute forme de colonialisme, d’occupation, de discrimination, d’oppression et d’agression dans le monde.

Mai 2017 – Hamas.ps – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet & Lotfallah

 

Posté par MCPalestine à 11:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

11 mai 2017

Rassemblement en solidarité avec les prisonniers palestiniens.

 

Action de solidarité avec les prisonniers palestiniens devant le ministère des Affaires étrangères .
Rue des Petits Carmes.
1000 - Bruxelles

Vendredi 12 mai à 17 heures

FR:

22 jours de grève de la faim pour des centaines de prisonniers palestiniens.
Leurs demandes?
De simples droits que les conventions intetnationales garantissent mais qu'Israël ignore une fois encore.
Nous demandons au gouvernement belge de faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il entame des négocatiations.
Nous demandons également l'arrêt immédiat du programme de coopération entre la Belgique et Israël, law train
( www.stop-law-train.be)

--> Rendez-vous vendredi 12 mai à 17H, au ministère des affaires étrangères, n15, rue des carmes (en face de la gare centrale).

NL :
Staande manifestatie in solidariteit met de palestijnse gevangenen
5 may 17 uur
Meer dan 1600 Palestijnse politieke gevangenen zijn in hongerstaking om te protesteren tegen de mensonwaardige leefomstandigheden in de Israëlische gevangenissen

Organisé par

° Association belgo-palestinienne Abp Asbl
° Palestina Solidariteit
° Communauté palestinienne de Belgique et Luxembourg

Signataires

11.11.11
Association Belgo-Palestinienne
ABP WAPI
ABP Liège
ABP LLN
Amis du Monde-Diplomatique BE
Association des Démocrates Tunisiens au Benelux (ADTB)
Artistes Contre le Mur
L'Avenir palestinien
La coalition européenne de soutien aux Prisonniers Palestiniens
CETRI
CNAPD
CNCD-11.11.11
Comunauté palestinienne de Belgique et du Luxembourg
Club Achille Chavée
Comité BDS ULB
Comac (mouvement de jeunes du PTB - jongerenbeweging van de PVDA) Comac
Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie (Belgique)
Comité Verviers Palestine
CPCR
Demain
ECCP - European Coordination of Committees and Associations for Palestine
Ecolo J
ECOLO
Intal
LEF-FGE
LCR
Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC)
Mouvement Chrétien pour la Paix (MCP)
Mouvement Citoyen Palestine
PTB PVDA
PAC Présence et Action Culturelle
Palestina Solidariteit
Plateforme Palestine Charleroi
PJPO Mazerine
PJPO coordination Brabant Wallon
Samidoun Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Solidarité Socialiste Solidarité Socialiste
UPJB Union des progressites juifs de Belgique

unnamed_1_

Posté par MCPalestine à 21:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Appel de UAWC à la solidarité internationale

Action de solidarité avec les prisonniers palestiniens devant le ministère des Affaires étrangères .
Rue des Petits Carmes.
1000 - Bruxelles
Vendredi 12 mai à 17 heures

unnamed_1_

Palestine : 23 jours de grève de la faim. 552 heures sans alimentation

 

Appel de UAWC à la solidarité internationale avec les prisonniers et les détenus Palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes.

À tous les défenseurs des droits humains et de la dignité humaine…

À tous ceux qui s’opposent aux crimes et au terrorisme d’Israël…

(Ramallah, le 9 mai 2017) Les prisonniers et les détenus Palestiniens en sont à leur 23ème jour de grève de la faim, ils exigent que leurs droits fondamentaux soient respectés. L’occupation brutale israélienne les a privés de leur liberté pour les punir de la lutte légitime qu’ils mènent contre l’occupation de leur patrie ; elle les prive également de leurs droits fondamentaux et appliquent des mesures politiques répressives qui violent les principes des lois internationales.

Aujourd’hui, les Autorités Israéliennes menacent les prisonniers de les forcer à s’alimenter ; il s’agit d’une procédure brutale qui inflige des blessures corporelles graves aux prisonniers en grève de la faim, pouvant entraîner la mort. C’est une procédure qui va à l’encontre des lois internationales.

Les autorités pénitentiaires israéliennes intensifient les procédures punitives afin de faire pression sur les prisonniers pour qu’ils arrêtent leur grève. Les prisonniers grévistes de la faim sont continuellement transférés en cachots disciplinaires. Les autorités pénitentiaires ont interdit les visites d’avocats aux prisonniers et conduisent des fouilles et des inspections de cellules sans préavis, elles ont également interdit le sel, causant ainsi une grave détérioration de la santé des prisonniers grévistes de la faim.

Le refus continuel de l’occupation israélienne de répondre aux demandes des grévistes de la faim est un nouvel exemple de leur arrogance qui ne prête aucune attention aux conventions et déclarations internationales. Les prisonniers et les détenus Palestiniens persistent dans leur grève de la faim, car c’est un droit reconnu par toutes les législations et les conventions internationales comme une méthode légale de confronter les conditions inhumaines pratiquées par les geôliers israéliens. Ces conditions inhumaines, qui sont en contradiction avec les déclarations et les accords signés par la communauté internationale, sont présentes dans tous principes, règlements et procédures qui gouvernent les relations entre les détenus et les prisonniers d’une part et l’occupation militaire d’autre part.

Nous demandons à chacun et chacune de protester et d’organiser des activités de solidarité avec les prisonniers et les détenus Palestiniens en grève de la faim.

Que votre message de solidarité soit pour tous les détenus Palestiniens qui résistent avec un ventre vide et dont la détermination fait trembler leurs tyrans. Envoyez vos messages de solidarité à hiba@uawc-pal.org, de l’UAWC, Union of Agricultural Work Committees.

Via-info-fr@viacampesina.org

http://viacampesina.org/Via-info-fr/

Posté par MCPalestine à 21:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 mai 2017

Parler de la Palestine : Quel cadre d’analyse ? Quels objectifs et quels messages ?

timt

Parler de la Palestine : Quel cadre d’analyse ? Quels objectifs et quels messages ?

Par Nadia Hijab, Ingrid Jaradat Gassner , le 12 avril 2017

Résumé


Les Palestiniens sont embourbés dans le débat sur un ou deux états qui escamote le besoin d’un processus de décolonisation et de réparations, estiment Nadia Hijab et Ingrid Jaradat Gassner, analystes politiques d’Al-Shabaka. Les auteures comparent différents cadres d’analyse et concluent que le cadre de l’anti-apartheid est le plus stratégique pour avancer les objectifs palestiniens en l’absence d’une solution politique à court terme.

 

Vue d’ensemble


Dire qu’il n’y a plus de consensus parmi les Palestiniens sur la solution politique définitive, c’est se rendre à l’évidence. D’un côté ceux qui revendiquent la direction politique des Palestiniens visent à obtenir un état souverain à côté de celui d’Israël. De l’autre, les voix appelant pour un unique état démocratique sur l’ensemble du territoire qui constituait la Palestine sous mandat britannique jusqu’en 1948 sont de plus en plus fortes. De fait, des analystes, palestiniens ou non, profitent de la déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle il pourrait vivre avec n’importe laquelle de ces solutions pour pousser les frontières du débat au-delà de la solution à deux états.

Que les Palestiniens ne soient plus capables de s’accorder sur la solution politique qu’ils recherchent est un problème majeur. Il y en a d’autres. Le plus important peut-être est l’absence de consensus sur un cadre d’analyse commun pour exposer la condition palestinienne. Cela empêche d’adopter des messages clairs pour expliquer à la fois ce qui a frappé les Palestiniens et ce à quoi nous aspirons. Cela bloque aussi le développement de stratégies effectives pour atteindre ces aspirations. Ces problèmes sont le sujet de cet article. Nous commençons par les attaquer l’un après l’autre avant de proposer quelques moyens d’aller de l’avant.


Les dangers d’un débat focalisé sur la solution politique.

 

La réalité est qu’il n’y a pas de solution politique en vue qui rétablirait les droits du peuple palestinien. Israël travaille sur plusieurs scénarios pour parvenir à une solution politique du conflit qui lui apporterait la quantité maximale de territoires palestiniens avec le minimum de Palestiniens, par annexion ou simplement en maintenant le statu quo jusqu’à pouvoir terminer le conflit à son avantage.

Au-delà de cette réalité, il y a un problème dans le débat lui-même. En se focalisant sur la solution définitive et le fait de savoir si celle-ci doit être à un ou deux états, la discussion escamote trop souvent le besoin d’un processus de décolonisation aussi bien que de réparations pour les dommages infligés aux Palestiniens. La décolonisation et les réparations doivent faire partie de la solution définitive, que ce soit celle d’un état palestinien dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), adoptée par le Conseil national palestinien en 1988 comme une expression du droit palestinien à l’auto-détermination, ou celle d’un seul état dans l’ensemble de l’ancien territoire de la Palestine sous mandat britannique, dans lequel tous les citoyens seraient égaux.

Le saut à un seul état inclut un risque particulier s’il efface la Ligne verte de démarcation entre Israël et les TPO — une ligne qu’Israël lui-même est impatient d’effacer. Comme nous l’avons expliqué dans une analyse précédente, effacer la Ligne verte risque d’éroder d’importantes sources de pouvoir que les Palestiniens possèdent — et dont ils auront besoin pour s’assurer que toute solution définitive est fondée sur la décolonisation et des réparations assurées. Ces sources de pouvoir incluent le consensus international sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, l’applicabilité du droit humanitaire international dans les TPO, le fait connexe que la puissance occupante n’y a aucun droit à la souveraineté et la participation palestinienne à un système étatique. Le fait que la Palestine fasse partie d’un système étatique donne le pouvoir, entre autre choses, de contester Israël devant la Cour international de justice et la Cour pénale internationale — même si l’usage de ces voies d’action a eu peu d’effet jusqu’à présent.

Peut-être qu’en fin de compte une solution juste à un état deviendra une réalité et qu’alors il n’y aura plus besoin d’insister sur le maintien de la Ligne verte pour s’assurer que le droit humanitaire international est appliqué dans les TPO. En attendant, cependant, les Palestiniens ne doivent pas abandonner les sources de forces et de pouvoirs qu’ils possèdent aujourd’hui.

Sinon, nous risquons de perdre les outils offerts par le droit humanitaire international et de légitimer les colonies israéliennes au lieu de faire avancer notre cause.

Il est clair que le processus de décolonisation et de réparations ne peut être le résultat de négociations avec le régime israélien actuel (ni d’ailleurs avec les régimes passés). Israël a constamment bloqué l’émergence d’un état palestinien souverain envisagé comme une solution à deux états et il n’acceptera certainement pas d’effectuer la transformation politique et juridique nécessaire pour l’objectif d’un seul état. De fait, Israël collabore apparemment avec les États arabes qui ont récemment formé le Quartet arabe (l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis) pour imposer au peuple palestinien un état non souverain dans des parties des TPO, comme solution définitive qui mettrait un terme à toutes les réclamations.

La décolonisation et les réparations sont donc l’objet d’un combat qui vise à changer l’équilibre des pouvoirs en faveur du peuple palestinien—avec des négociations sur la solution politique définitive à suivre une fois qu’Israël aura été contraint d’accepter une solution fondée sur la décolonisation, les réparations et le respect des droits fondamentaux. Un tel combat doit utiliser toutes les sources de pouvoir palestiniennes disponibles, y inclus celles mentionnées plus haut.

Jusqu’à ce qu’une solution définitive soit possible, il y a des objectifs provisoires qui peuvent guider le combat pour la décolonisation et les réparations. Cependant il sera impossible d’atteindre un consensus sur de tels objectifs provisoires—et encore moins sur la solution définitive— sans clarté et consensus sur le cadre d’analyse approprié pour parler de la condition palestinienne.

Une multiplicité de cadres obscurcit la stratégie et les objectifs


De multiples cadres d’analyse en compétition peuvent être appliqués à la dévastation de la patrie et du peuple palestinien provoqué par l’implémentation du projet sioniste depuis son lancement en 1897, la création de l’état d’Israël en 1948 dans 78% of Palestine, et l’occupation israélienne du reste de la Palestine en 1967.


Récemment, un nombre croissant d’universitaires et d’analystes ont suggéré d’appliquer le cadre du colonialisme de peuplement à la Palestine, en établissant des comparaisons entre les politiques d’élimination des populations autochtones des mouvements coloniaux de peuplement en Afrique, dans les Amériques, en Australie et ailleurs, y compris en Palestine.

Le débat autour du colonialisme de peuplement sioniste a mis en avant d’autres cadres d’analyse associés, en particulier le nettoyage ethnique et le transfert forcé de population. On a aussi argumenté en faveur d’une interprétation des Palestiniens comme peuple autochtone, en tant que peuple antérieur à la société coloniale de peuplement d’Israël. Ce cadre a l’avantage additionnel de pouvoir s’appuyer sur les droits autochtones reconnus par les Nations Unies d’un peuple à son pays d’origine, son territoire et ses ressources naturelles.

D’autres universitaires ont choisi le prisme de la discrimination raciale, soulignant le système juridique discriminatoire d’Israël, les politiques racistes et les violations de la Convention contre le racisme des deux côtés de la Ligne verte. Cette ligne argumentative a conduit à l’appel pour interpréter le cas palestinien dans l’optique de l’apartheid, universitaires et analystes s’appuyant sur le droit international et soulignant les analogies avec l’ancien système d’apartheid en Afrique du sud. Il y a aussi ceux qui parlent de « sociocide » ou de « génocide culturel », et ceux qui argumentent que le génocide tel qu’il est défini par la Convention sur le Génocide s’applique au cas du peuple palestinien.

Tous ces cadres d’analyse peuvent certainement être appliqués à la condition palestinienne. De fait, dans certains contextes — en particulier dans les contextes universitaires — il est utile de les explorer ainsi que d’autres cadres analytiques, parce que ceci crée un accord et un savoir sur de nouvelles manières de formuler les droits palestiniens. Cependant ce dont les Palestiniens ont besoin, c’est d’un cadre d’analyse qui fait plus que de créer du savoir : il doit aussi être stratégique.

Choisir le cadre d’analyse le plus stratégique


Un cadre d’analyse est stratégique s’il permet aux Palestiniens de faire un usage efficace des sources de pouvoir disponibles dans un combat pour la décolonisation et les réparations qui vise un ensemble d’objectifs centraux clairs.  La question à ce stade est : quels sont les objectifs centraux des Palestiniens ? Jusqu’à maintenant, l’ « objectif » a été largement défini comme celui d’un état souverain dans les frontières de 1967 avec Israël. Pourtant évoquer comme un objectif ce qui est de fait une solution politique brouille les cartes. Le combat palestinien a toujours concerné les droits palestiniens en Palestine et à la Palestine. La solution originelle adoptée par l’Organisation de libération de la Palestine dans les années 1960 était celle d’un état démocratique laïque dans l’ensemble de la Palestine. Cela a été suivi en 1974 par une décision sur une solution provisoire en faveur d’un état dans toute partie de la Palestine libérée, et en 1988 par une décision en faveur d’un état dans les frontières de 1967. Mais le dessein de toutes ces solutions politiques était d’obtenir le respect des droits palestiniens en Palestine et à la Palestine.

Les Palestiniens ont besoin d’un cadre d’analyse qui crée du savoir et qui soit aussi stratégique.
C’est pourquoi, et en l’absence de clarté sur la solution politique définitive, les objectifs centraux doivent être les droits fondamentaux qui sont les éléments essentiels du droit à l’auto-détermination du peuple palestinien et qui, en tant que tels, doivent faire partie de toute solution politique future. Ce sont : la libération de l’occupation et de la colonisation, le droit des réfugiés à retourner dans leurs foyers et à leurs propriétés, et la non-discrimination et la pleine égalité des citoyens palestiniens d’Israël. Ces trois objectifs, en tant qu’éléments essentiels de l’auto-détermination, sont exposés de manière éloquente dans l’appel de la société civile palestinienne pour le Boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre Israël jusqu’à ce que ces objectifs soient atteints.

Si nous sommes d’accord que ce sont les trois objectifs centraux du peuple palestinien, alors nous pouvons identifier le cadre d’analyse qui serait le plus stratégique pour atteindre la décolonisation et les réparations et assurer qu’elles soient intégrées à la solution politique définitive. Les deux cadres d’analyse qui sont les plus globaux et ont été le plus systématiquement promus sont ceux du colonialisme de peuplement et de l’apartheid.  Le cadre du colonialisme est stratégique de bien des façons : il capture l’expérience historique des Palestiniens comme peuple autochtone du territoire et affirme que notre cause est une cause de liberté et d’auto-détermination. Le cadre international de la décolonisation et de l’auto-détermination au 20e siècle s’est focalisé sur la libération du territoire, le retour des personnes déplacées et la souveraineté nationale. En tant que tel, c’est un cadre qui mobilise la solidarité et le soutien, en particulier parmi les anciennes nations colonisées en Afrique, en Amérique latine, et ailleurs, nations dont l’appui politique est une nécessité pressante, par exemple à l’Assemblée générale des Nations Unies ou pour présenter un cas à la Cour pénale internationale.

Le cadre du colonialisme a aussi une valeur ajoutée parce qu’il offre un argument juridique qui peut être utilisé par les Palestiniens comme une source de pouvoir. Le droit international traite du colonialisme, en particulier du colonialisme de peuplement. Contrairement à l’occupation militaire dans le cadre du droit humanitaire international, qui est tolérée internationalement si elle est temporaire et conduite en accord avec la Quatrième Convention de Genève, le colonialisme est absolument interdit de nos jours et traité comme une sérieuse violation des normes universellement contraignantes du droit international (1). Par conséquent, tous les états et les Nations Unies ont une obligation légale de ne donner aucune reconnaissance, aucune aide, aucune assistance à la pratique du colonialisme par un état quel qu’il soit et de coopérer et d’adopter des mesures, y compris des sanctions, de manière à y mettre fin.

Cependant, il y a de sérieux problèmes liés au cadre du colonialisme qui devraient l’exclure en tant que cadre d’analyse dominant des Palestiniens. D’abord, le système étatique considère le colonialisme comme une question du passé et les Nations Unies traitent la décolonisation comme une affaire largement achevée. Ensuite, de manière plus importante, le droit international lui-même limite aussi la valeur stratégique de ce cadre d’analyse. Il n’y a pas de responsabilité criminelle parce que le colonialisme n’a pas été criminalisé.

De plus l’interdiction du colonialisme et les obligations légales de tous les états et des Nations Unies par rapport à lui sont seulement applicables à l’entreprise coloniale d’Israël dans les TPO. Lors d’une conférence de droit international à l’université de Birzeit en 2013, des experts ont clarifié ce point :  le colonialisme n’était pas explicitement interdit par le droit international au moment où Israël a été établi. Le changement des normes a commencé seulement dans les années 1950 à cause des mouvements de libération anticoloniaux et le colonialisme a été explicitement interdit en 1960, quand les Nations Unies ont adopté la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux (résolution 1514). Les mouvements antérieurs de colonisation de peuplement, y inclus le mouvement sioniste, qui s’étaient depuis établis comme des états nationaux bénéficiaient donc de facto de l’immunité et étaient normalisés par la décolonisation conduite par les Nations Unies. L’opinion juridique dominante est que l’accusation de colonialisme n’est pas légalement applicable à l’intérieur des frontières des états existants.

Donc, pour les Palestiniens qui continuent de lutter contre le colonialisme de peuplement israélien au 21e siècle, le cadre anti-colonial est problématique : il risque de créer des contradictions entre les droits et les objectifs centraux que nous cherchons à atteindre et de promouvoir des solutions politiques qui n’accordent pas la totalité de ces droits à beaucoup de Palestiniens.

Le consensus international juridique et politique est que le droit des Palestiniens à libérer leur territoire et à y établir un état souverain est restreint aux TPO. Le cadre ne peut incorporer le droit des réfugiés à retourner dans leurs foyers et à leurs propriétés en Israël ou le droit à la nondiscrimination et à l’égalité des citoyens palestiniens en Israël. De plus, pour les Palestiniens et leurs alliés dans le mouvement pour les droits palestiniens, l’approche anti-coloniale s’est révélée en pratique, à cause de sa focalisation sur les deux états et les frontières de 1967, une source de discorde, mettant de côté le droit au retour des réfugiés et le droit à l’égalité des citoyens palestiniens d’Israël. C’est une des leçons apprises en particulier depuis les années 1990 de la diplomatie en faveur de la paix fondée sur les Accords d’Oslo.

Au contraire, aucun des problèmes évoqués plus haut n’apparaît avec le cadre de l’anti-apartheid. On doit noter que l’apartheid n’est pas défini par des similarités avec le précédent régime raciste en Afrique du sud. Il a en fait une définition universelle légale qui remonte à la Convention anti-apartheid de 1973, mise à jour dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (2002) : « Actes inhumains … commis dans le contexte d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination par un groupe racial sur tout groupe (ou groupes) racial, commis avec l’intention de maintenir ce régime ». Les actes inhumains de l’apartheid comprennent le déplacement forcé, la persécution, le meurtre, l’emprisonnement et d’autres privations sévères de libertés physiques et des droits humains fondamentaux.

Les affirmations selon lesquelles décrire les actions d’Israël comme un apartheid seraient antisémites n’ont aucun fondement.

Nous pensons que le cadre d’analyse le plus stratégique qui puisse être appliqué à la condition palestinienne est le cadre de l’anti-apartheid. Tout d’abord, il incorpore l’analyse fondée sur le colonialisme de peuplement et l’approfondit : dans le cas de la Palestine, l’apartheid a commencé lorsque la société coloniale sioniste s’est transformée en l’état d’Israël et a incorporé son idéologie de la supériorité juive et sa politique de nettoyage ethnique dans les lois et les institutions de l’état. L’apartheid israélien contemporain est défini parfaitement comme le régime institutionnalisé de discrimination raciale dans lequel Israël, comme état et comme puissance d’occupation, privilégie systématiquement les Juifs et opprime, fragmente et domine le peuple palestinien tout entier, et colonise les TPO, avec l’intention de maintenir et de consolider son régime dans la totalité de la Palestine d’avant 1948. Le transfert de population et le nettoyage ethnique des Palestiniens, y compris le refus de leur retour, est un acte inhumain d’oppression et un pilier de l’apartheid israélien.

Ensuite, même s’il tire parti de l’analyse en terme de colonialisme, le cadre de l’apartheid va plus loin, en s’appuyant sur le droit international comme un atout stratégique. Forme sévère de discrimination raciale, l’apartheid a été interdit et traité comme une violation sérieuse du Droit, au moins depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il est aussi criminalisé par la Convention anti-apartheid et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, constituant ce qui est probablement le deuxième crime le plus sérieux contre l’humanité après le génocide.

Pour ces raisons, le cadre est applicable au moins à partir de 1948 quand l’apartheid israélien a commencé formellement avec l’établissement de l’état, et à l’ensemble de l’ancienne Palestine sous mandat britannique jusqu’en 1967. Dans les TPO, le cadre de l’apartheid s’applique en plus du droit humanitaire international. Comme régime d’apartheid, Israël porte la responsabilité juridique des actes inhumains d’apartheid contre tous les Palestiniens, y compris les réfugiés, les citoyens d’Israël et ceux sous occupation.

Il incombe à  l’état d’Israël de restaurer leurs droits, tandis que la responsabilité criminelle individuelle s’applique à ceux qui ont accompli le crime d’apartheid, l’ont aidé ou en ont été complices. La responsabilité de tous les autres états et des Nations Unies est de s’assurer que les coupables soient traduits en justice. Ni les états, ni les Nations Unies ne doivent reconnaître, aider ou assister l’apartheid israélien et tous ont l’obligation légale de coopérer et d’adopter des mesures, y compris des sanctions, pour y mettre un terme et garantir des réparations.

Troisièmement l’apartheid est un cadre qui mobilise la solidarité et le soutien des peuples du monde entier. Grâce à l’héritage de la campagne internationale qui a mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud, beaucoup de gens savent aussi que les régimes d’apartheid doivent être boycottés et isolés. C’est aussi un cadre qui a été popularisé comme partie du combat palestinien grâce à des événements comme la Semaine contre l’apartheid israélien, qui depuis 2005 a eu lieu chaque printemps dans un nombre croissant de villes tout autour du globe.

De plus, il y a un soutien international croissant pour l’analyse en terme d’apartheid. Depuis 2006 au moins, des universitaires juristes indépendants et des experts des droits humains des Nations Unies ont tenu Israël pour responsable d’un apartheid contre les Palestiniens et ont appelé à des mesures internationales, notamment à des sanctions. Le rapport récent de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid [Pratiques israéliennes envers le peuple palestinien et la question de l’apartheid], continue à faire autorité dans la sphère publique même si le Secrétaire général des Nations Unies en a ordonné le retrait, conduisant à la démission de la Secrétaire exécutive Rima Khalaf, dont la vigoureuse lettre de démission circule aussi largement.

De fait, la coalition des organisations des droits humains dans les TPO – Palestinian Human Rights Organizations Councils (PHROC) – a envoyé une lettre au Secrétaire général des Nations Unies condamnant le retrait du rapport de la CESAO et disant qu’elle adopterait l’analyse en terme d’apartheid présentée dans ce rapport.

Finalement, la conférence de droit international de 2013 à Birzeit mentionnée plus haut a rendu clair que l’apartheid ne s’achève pas nécessairement avec une « solution à un état » dans le territoire entier qui est contrôlé par un système d’apartheid. Le système post-apartheid peut avoir une solution à deux états. Cela est illustré par l’exemple de la Namibie, dont le peuple a atteint l’auto-détermination avec l’indépendance grâce à leur combat contre le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud qui contrôlait et colonisait leur pays. Fondée sur le droit international, la solution à l’apartheid est de mettre fin à une discrimination raciale institutionnalisée de manière à permettre au groupe opprimé le plein exercice de l’ensemble de ses droits humains, y compris le droit à l’auto-détermination. Elle n’interdit pas une solution politique particulière.

De la même manière, et comme le rapport de la CESAO le soulignait, il n’y a aucun fondement à l’affirmation selon laquelle décrire les actions de l’état d’Israël comme un apartheid serait antisémite. La préface même du rapport réfute cette affirmation, en remarquant que les conclusions sur l’apartheid israélien sont fondées sur la législation internationale même qui interdit aussi l’antisémitisme.

Un cadre d’analyse commun pour nos objectifs et nos messages.

Nous avons cherché à exposer la manière dont les défis auxquels est confronté le peuple palestinien sont amplifiés par la confusion qui règne sur un cadre commun d’analyse et un ensemble d’objectifs approuvé par tous. Nous avons indiqué comment l’usage courant du mot « objectif » pour décrire la solution politique définitive brouille les cartes. Quelle que soit la solution politique définitive, elle devrait permettre aux Palestiniens de se libérer définitivement de la colonisation, de jouir de droits égaux et d’avoir des droits à l’intérieur de leur patrie et des droits à elle, y compris celui de retourner dans leurs maisons et sur leurs terres et une compensation pour ce qui a été perdu.

Le concept d’apartheid fournit un cadre clair pour le combat en faveur de la décolonisation et l’auto-détermination

Nous pensons que la multiplicité des cadres d’analyses qui ont été appliqués — et de fait peuvent être appliqués— au cas de la Palestine obscurcit à la fois nos objectifs et nos messages. Il y a un besoin pressant pour l’adoption d’un unique cadre d’analyse qui soit stratégique, qui nous permette de cristalliser nos revendications autour de nos objectifs et de les communiquer par des messages clairs et convaincants. Nous maintenons que le cadre de l’anti-apartheid est le plus stratégique.

Le cadre de l’anti-apartheid permettra aux Palestiniens de produire des messages qui informent clairement sur ce qui est arrivé au peuple palestinien ainsi que les objectifs du combat palestinien. Il aide à clarifier qu’il s’agit d’un combat en faveur de la décolonisation et de réparations et pas seulement  d’ un combat pour un état. Le message fort doit être que le combat palestinien est pour la liberté, la justice et l’égalité dans leur patrie, que ce soit un seul état démocratique laïque ou deux états souverains côte à côte, dans lesquels tous les citoyens jouiraient de tous les droits humains.

 

Dès qu’il y a un accord sur ce cadre d’analyse, les stratégies existantes peuvent être affinées et de nouvelles stratégies peuvent être développées. Lorsque les messages sont affinés, il est important d’éviter la tentation d’utiliser d’autres cadres d’analyse au-delà de la sphère universitaire. Le terme « apartheid » doit à nouveau entrer dans le langage courant, comme c’était le cas durant le temps du combat sud-africain pour la liberté. De plus une campagne d’éducation et de sensibilisation est absolument nécessaire pour construire un consensus autour de ce cadre d’analyse, de même qu’un investissement dans les connaissances et les compétences des Palestiniens et des militants solidaires travaillant à le promouvoir.

De plus, ceux qui travaillent à disséminer des messages sur les droits palestiniens dans les médias devraient aller au-delà de rhétoriques telles que « il est temps pour un seul état » ou « la solution à deux états est morte ». S’ils veulent vraiment promouvoir la liberté et les droits palestiniens, ils doivent se focaliser sur le processus de décolonisation et de réparations qui doivent être obtenus quelle que soit la solution politique. Sinon il y a un risque de faire plus de mal que de bien en escamotant ce processus et l’énorme travail qui reste à faire. Cela ne veut pas dire que le message doit se focaliser uniquement sur les horreurs sur le terrain. Au contraire, les messages devraient aussi regarder vers l’avant et se focaliser sur un avenir où tous peuvent vivre librement et jouir de la justice et de l’égalité.

À ce stade de la lutte palestinienne pour l’auto-détermination, alors que la solution politique définitive ne peut être définie, le concept de l’apartheid fournit un cadre analytique clair pour un combat en faveur de la décolonisation et de l’auto-détermination qui peut isoler et affaiblir les pratiques d’oppression de l’état israélien et — en même temps— préserver et renforcer les droits fondamentaux des palestiniens qui ne sont pas négociables : le droit à la pleine égalité des citoyens palestiniens d’Israël et le droit des réfugiés à retourner dans leurs maisons et dans leurs propriétés.

Note:
(1)  :  Voir Draft Articles on Responsibility of States for Internationally Wrongful Acts, Article 40, commentaire 8 et note de bas de page 651 avec référence à la convention de Vienne de 1969 sur les traités, article 53. Voir aussi l’article 41 expliquant les obligations des états tiers : http://legal.un.org/ilc/texts/instruments/english/commentaries/9_6_2001.pdf

Nadia Hijab

Nadia Hijab est directrice exécutive de Al-Shabaka: The Palestinian Policy Network, qu’elle a co-créé en 2009. Elle est une oratrice régulière dans des débats publics, une commentatrice dans les medias et Senior fellow à l’Institute for Palestine Studies. Son premier livre Womanpower: The Arab Debate on Women at Work a été publié par Cambridge University Press, et elle est co-auteure de Citizens Apart: A Portrait of the Palestinian Citizens of Israel (I.B. Tauris).

Ingrid Jaradat Gassner

Ingrid Jaradat Gassner, conseillère politique à Al-Shabaka est membre fondatrice de la Campagne palestinienne de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et co-fondatrice et ancienne directrice du Centre de Documentation de Badil pour les droits de résidence et des réfugiés palestiniens. Elle a beaucoup travaillé dans les domaines du droit international et de la défense des droits, menant en particulier des recherches novatrices sur les réfugiés palestiniens, le droit au retour, le colonialisme israélien et l’apartheid et les responsabilités des états tiers. Elle a aussi coordonné la recherche pour une initiative citoyenne palestinienne visant à enregistrer les Palestiniens exilés comme électeurs et a fait campagne pour des élections directes au Conseil national palestinien. Elle travaille actuellement comme coordinatrice de la promotion des droits à la Coalition civique pour les droits des Palestiniens de Jérusalem.

Traduction Catherine G. Pour l’Agence Média Palestine

Source:  Al Shabaka

Posté par MCPalestine à 16:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 mai 2017

Interview d’Ahmad Sa’adat

unnamed_1_

Interview d’Ahmad Sa’adat :

la lutte des prisonniers est d’une importance capitale pour le mouvement de libération palestinien

Pour célébrer la Journée des prisonniers palestiniens, alors que plus de 1 500 prisonniers politiques palestiniens entament une grève de la faim pour toute une série de revendications, HadfNews a publié une interview du dirigeant palestinien emprisonné, Ahmad Sa’adat, secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Ses réponses nous sont parvenues de la prison de Ramon où l’ont incarcéré les forces d’occupation sionistes.

Sa’adat est emprisonné depuis 2006 dans les prisons sionistes après l’avoir été depuis 2002 dans les prisons de l’Autorité palestinienne (AP), sous surveillance américaine et britannique. En mars 2006, un commando sioniste l’a enlevé de la prison de l’AP de Jéricho, en compagnie de plusieurs de ses camarades.

Voici la traduction (de l’anglais, après avoir été traduite de l’arabe en anglais) de cette interview.

En cette Journée des prisonniers palestiniens, nous espérons capter l’image et la réalité du mouvement des prisonniers et de l’horizon de lutte à l’intérieur des prisons sionistes. Quelle est également la possibilité pour l’unité du mouvement de faire face aux pratiques répressives de l’administration carcérale ?

La question des prisonniers est l’une des dimensions les plus importantes du projet national palestinien, comme la défense de la terre, la résistance aux colonies, l’identité arabe de Jérusalem et le retour des réfugiés.

Par conséquent, le mouvement des prisonniers est l’un des piliers du mouvement national palestinien en général. Il occupe une position avancée aux toutes premières lignes du conflit contre l’occupation et affecte la progression de la lutte nationale dans le conflit avec l’ennemi, et ce, à tous les niveaux. Derrière les murs des prisons, une situation permanente de conflit contre les forces d’occupation a surgi, suite à la grève de la faim ouverte menée par le Front populaire contre l’enfermement en isolement, en septembre 2011, ce qui a ouvert la porte à de nombreuses initiatives individuelles de lutte contre la détention administrative et, plus tard, à la vaste grève générale menée par le mouvement des prisonniers, en avril-mai 2012. Celle-ci s’est soldée par une victoire, puisque les prisonniers ont été sortis de l’enfermement en isolement, que les prisonniers de la bande de Gaza ont obtenu le droit à des visites de leur famille et qu’il y a eu bien d’autres réalisations sur le plan de conditions de détention.

Cette victoire a créé les conditions favorables pour réaliser l’unité du mouvement des prisonniers et de ses mécanismes de lutte, mais les choix organisationnels des frères du mouvement Fatah n’ont certes pas contribué à y arriver. Le mouvement des prisonniers a subi l’impact des répercussions de la division, et l’administration carcérale à joué une rôle divisif parmi les prisonniers des diverses factions.

Nous espérons que la grève que le mouvement des prisonniers prévoit de mener en avril réunira toutes les factions du mouvement national et aboutira à unifier les structures du mouvement du Fatah et à opérer une transition vers une nouvelle phase en faveur de l’unité de l’ensemble du mouvement des prisonniers aux niveaux du programme et de l’action.

Comment percevez-vous le rôle du mouvement des prisonniers ? En même temps que la détermination et la lutte à l’intérieur des prisons sionistes, peut-il jouer un rôle de pivot dans la réalité nationale palestinienne en général ? Quel est le résultat de la crise et quelles sont les façons de sortir de cette réalité ?

Le mouvement des prisonniers palestiniens joue un rôle central varié et historique quand il entretient et fait avancer la lutte palestinienne de libération nationale, et ce, depuis le commencement. Ces six dernières années, il a provoqué une focalisation sur la lutte de notre peuple au travers de ses activités en vue d’élaborer la cause nationale, ainsi qu’aux niveaux régional et international. Le mouvement des prisonniers a également pris l’initiative de créer le document de réconciliation nationale, qui a été accepté à l’unanimité par toutes les factions nationales et islamiques dans l’intention de mettre un terme à la division. Mais le processus de progression nationale et de réconciliation ne peut reposer sur les seuls épaules du mouvement des prisonniers. Son rôle est intégré aux luttes de notre peuple, dans chaque affrontement avec l’ennemi et aux toutes premières lignes, dans la rupture avec le cercle d’illusions entourant les absurdes négociations, dans la négation complète de l’approche d’Oslo et dans la reconstruction d’un programme national palestinien de lutte. Ce programme doit être élaboré dans la voie de la résistance et autour de la reconstruction de la maison interne palestinienne, avec des mécanismes démocratiques pour en désigner la direction nationale. Ensuite, nous pourrions quitter l’état de crise nationale tout en faisant progresser la lutte.

Quels sont les principaux points stratégiques nationaux en relation avec la question des prisonniers aux niveaux palestinien, régional et international ?

Au niveau national palestinien, le mouvement des prisonniers palestiniens représente un témoin vivant de la poursuite de la résistance de notre peuple au projet colonial d’implantation sioniste. Ce qui est nécessaire de la part du mouvement palestinien de libération nationale, c’est de traiter de cette question avant tout comme un engagement sérieux, de la traiter en même temps que d’autres questions nationales de lutte et de la considérer comme partie absolument intégrante d’un programme palestinien de résistance qui reflète l’identité et l’importance de la lutte des prisonniers. Il est important d’éviter l’instrumentalisation sectaire, l’individualisme ou la redistribution des cartes (pour éviter la distraction), afin de poursuivre un arrangement politique. Il est très important d’échapper au chantage politique des partis de la division, mais de progresser sur la route de l’unité nationale dans la lutte et de mobiliser la résistance du peuple. Ceci requiert un dur labeur que de placer la tâche de la libération des prisonniers et du soutien à leur lutte parmi les tout premiers points du programme de lutte nationale. Au sein du mouvement des prisonniers, cela signifie qu’il faut travailler au niveau quotidien pour s’investir dans la confrontation et la reconstruction d’un mouvement des prisonniers avec un corps et un programme unifiés.

Aux niveaux régional et international, la régionalisation et l’internationalisation de la cause et du statut des prisonniers en tant que combattants pour la liberté sont des points importants, puisqu’ils fournissent une protection légale et politique à leur lutte et qu’ils étoffent la pression au niveau international pour forcer l’occupation à respecter les lois humanitaires internationales, particulièrement les Conventions de Genève, et à appliquer les résolutions internationales en faveur du droit au retour du peuple palestinien, de son autodétermination et de son indépendance nationale.

À la lumière du rôle de l’Autorité palestinienne et du fait qu’elle s’appuie sur la vision américano-sioniste à de multiples niveaux, y compris la situation politique interne et son appui permanent sur les arrangements, les négociations, la coordination sécuritaire et l’arrestation et les poursuites à l’égard des combattants de la résistance tout en opprimant le peuple et en violant les droits sociaux – quelle est votre vision de la façon de traiter avec cette même AP ?

La dépendance incessante de l’Autorité vis-à-vis du programme américano-sioniste et sa poursuite d’« opportunités » inutiles de négociations futiles, tout en poursuivant la coordination sécuritaire et les poursuites à l’encontre des combattants de la résistance, est un coup de couteau empoisonné dans le dos de la résistance et cela transfère la contradiction avec l’occupation sur la scène palestinienne interne tout en approfondissant la division.

Il est impossible – il n’est en effet ni réaliste ni possible – de combiner le caractère « sacro-saint » de la coordination sécuritaire et l’adhérence à une voie de résistance. La continuation de cette politique n’est pas seulement un cadre politique mais un choix pour une classe, un choix reflétant les intérêts des secteurs et de la classe des bénéficiaires au sommet de la hiérarchie de l’Autorité et de l’OLP. La lutte contre cette approche requiert :

Tout d’abord, imprimer une escalade à la résistance de notre peuple à tous les niveaux et en usant toutes les méthodes pour faire de cette résistance une réalité quotidienne qui gouverne nos relations avec l’occupation. Par ailleurs, imprimer une escalade à la lutte nationale contre les pratiques de l’Autorité, y compris la coordination sécuritaire et la violation des droits politiques, sociaux et démocratiques des Palestiniens et, avant tout, le droit de résister à l’occupation.

Dans ce contexte, le développement d’un pôle démocratique national peut être élaboré sur base d’un programme de gauche, et une vision démocratique nationale afin de faire face au projet de l’Autorité constitue une démarche nécessaire – et de toute urgence – qui ne peut donc être reportée.

Le projet sioniste maintient ses objectifs. Pendant ce temps, l’Irak et la Syrie sont soumis à la guerre et à la destruction alors que bien des dirigeants arabes font la course vers une alliance avec « Israël », sous le prétexte de la confrontation nucléaire avec l’Iran. L’entité sioniste fonctionne-t-elle encore comme une entité d’occupation associée au colonialisme et à l’impérialisme ou s’est-elle muée en quelque chose d’autre ? Qu’est-ce qui est nécessaire en termes de réponse ?

La nature du projet colonial d’implantation raciste des sionistes en tant que mécanisme de l’impérialisme dans la région n’a pas changé. Le changement, c’est l’absence d’un gardien et incubateur national de résistance à ce projet et de son programme national, basé sur la confrontation avec sa nature et sa contradiction objective par rapport à toute résolution de lutter en Palestine. On ne peut se réconcilier avec ce type de projet impérialiste et on ne pourra vaincre son essence raciste sans le démanteler complètement. Les exemples de la chose sont nombreux, outre sa force croissante quand on le compare à la faiblesse de la résistance palestinienne et du projet arabe progressiste, qui n’a fait qu’ajouter à son rôle impérialiste en tant que partenaire du projet impérialiste dans la région et dans le monde, avec le droit de déterminer des programmes et priorités impérialistes dans la région et d’augmenter sa part des profits.

Ce qui est requis en vue de mobiliser la résistance et de conquérir la victoire, c’est de reconstruire un programme stratégique national sur base d’une compréhension claire et objective de ce projet et de la nature de l’impérialisme, et le rejet complet de toutes les illusions qui se sont manifestées sur base de l’approche Madrid-Oslo et des développements qui en ont découlé.

Le maximum qui puisse être accepté par l’entité sioniste, c’est de créer une « autonomie » administrative placée sous son contrôle afin de servir de tête de pont pour étendre le pouvoir de l’impérialisme sur le monde arabe. Une façade d’État. C’est pourquoi nous devons réunifier notre projet de libération nationale pour l’unité de notre peuple, de sa terre, de son identité et de sa destinée, restaurer la dimension arabe de la cause palestinienne et renforcer les relations avec les forces nationales arabes s’opposant à ce projet. Il est d’une importance cruciale de couper les relations avec l’ennemi et d’étendre la confrontation politique avec l’entité dans tous les espaces internationaux, en mettant sur pied le boycott et l’isolement de l’occupant et en dénonçant son illégitimité raciste.

En bref, et d’urgence, nous devons en revenir au programme de la libération nationale avec les leçons tirées d’Oslo et du vocabulaire de l’implantation, et lutter pour réaliser un État palestinien démocratique libéré sur le terre entière de la Palestine. Nous devons mettre un terme à la division et reconstruire l’OLP de façon démocratique en tant que référence universelle de la direction suprême de notre peuple, en impliquant toutes les couleurs sociales et politiques et en examinant toutes les options se présentant à notre peuple dans le cadre des institutions démocratiques.

La situation arabe aujourd’hui montre un vaste mélange de chaos, de conflit, de terrorisme et de guerre, et le spectre de la division sectaire et confessionnelle est devenu réalité. Comment voyez-vous la réalité future de la cause palestinienne, à la lumière d’une telle situation ? Qu’est-ce qui est nécessaire, au niveau arabe ?

En effet, la situation arabe actuelle est indescriptible, après l’invasion de l’Irak, la division du pays et de la population en Libye et les tentatives faites pour démanteler le pays et le peuple du Yémen et de la Syrie, et la réalisation du projet d’un « Grand Moyen-Orient ».

Il est naturel que cette situation soit étrangère au mouvement palestinien de libération nationale et au projet national palestinien en général, et il est également évident que l’absence de mouvements nationaux arabes avancés et de leurs extensions dans la région est la cause principale de cette situation pénible.

Au niveau palestinien, notre peuple peut disposer de bien des forces qui lui permettront de s’opposer à ces projets visant la liquidation de notre cause nationale. Il est urgent de construire et de promouvoir l’unité nationale et de mettre un terme à la division, unité nationale qui peut mobiliser notre lutte nationale afin d’interrompre les programmes impérialistes dans la région et de mettre la pression sur les régimes arabes réactionnaires officiels afin qu’ils arrêtent leurs projets destructeurs en Syrie, au Yémen et en Libye, et qu’ils puissent créer un climat qui pourra mettre un terme à cette situation de guerre, réaliser la démocratie et mener à des solutions politiques à ces crises, de façon à garantir l’unité de la terre et du peuple de ce pays.

La mobilisation du rôle palestinien est capable de fournir un réel climat de résistance à ces projets. La tâche centrale, la plus proéminente qui peut jouer un rôle décisif dans cette direction consiste à reconstruire le mouvement national-démocratique et ses extensions dans chaque pays afin de combler le vide qui a ouvert la porte à toutes formes d’intervention internationale dans les affaires internes du monde arabe. Le Front arabe progressiste, lancé l’an dernier, peut être un important pas dans cette direction.

La progression de l’extrémisme, du populisme et du racisme dans les pays européens et occidentaux s’est accélérée en général, y compris aux États-Unis, où le président Donald Trump est arrivé au pouvoir suite à une campagne de ce genre. Trump est arrivé en portant dans son carquois de nouvelles conditions et diktats pour les Palestiniens et les Arabes. Comment percevez-vous le rôle des États-Unis d’Amérique au niveau international ? Assisterons-nous à l’émergence d’un pôle opposé puissant pour affronter leur monopole dans les institutions internationales ? Quelles sont les implications pour la cause palestinienne ?

La progression rapide de l’extrémisme populiste dans le monde capitaliste est une conséquence logique de la crise de ce système qui s’est aggravée en 2008 et dont les répercussions sont toujours ressenties aujourd’hui. En même temps, cela exacerbe les contradictions entre les pays capitalistes, particulièrement avec les États-Unis.

Nous avons déjà vu que la crise financière de 1929 a mené au nazisme et au fascisme et que la crise économique des années 1970 a donné naissance à Reagan et Thatcher.

Ces contradictions sont susceptibles d’empirer et d’amener toute une ère à sa fin. Il est naturel d’assister à l’émergence de diverses alliances économiques et politiques et groupements nationaux, y compris l’émergence du rôle de l’Union européenne, des pays du BRICS. Aujourd’hui, le rôle de la Russie et de la Chine est ressenti fortement sur la scène mondiale et met en évidence un pôle important qui pourrait contribuer à établir un équilibre international au niveau mondial et affaiblir l’hégémonie des États-Unis au niveau des systèmes mondiaux.

La victoire de Trump est un indicateur important de l’avancement croissant au niveau international des tendances extrémistes et populistes, mais elle ouvre aussi un large climat favorable à la progression d’une gauche radicale, particulièrement à la lumière de l’incapacité de ces tendances prévalentes à résoudre les problèmes des gens qu’a créés le capitalisme.

Au niveau de la situation palestinienne après l’élection de Trump à la présidence des États-Unis, vu que Trump est connu pour son soutien à l’entité sioniste, la situation sera pire et se poursuivra sur la voie de toutes les précédentes administrations américaines qui ont toujours été partialement favorables aux positions de l’entité sioniste et n’ont jamais entrepris la moindre démarche sérieuse pour faire cesser les violations ou excès de l’État sioniste. La différence entre les positions des précédentes administrations et celles de l’administration Trump n’est pas qualitative mais quantitative. La situation politique prévalant aujourd’hui exerce un impact sur la direction du conflit entre sionistes, Palestiniens et Arabes. Ce qui est nécessaire, c’est de répondre avec fermeté à la politique de l’administration Trump et de ne pas adopter passivement ses diktats et exigences.

Le Front populaire de libération de la Palestine fait route vers le cinquantième anniversaire de sa création. Comment évaluez-vous la situation du Front un peu partout et comment percevez-vous son rôle et ses fonctions dans la prochaine phase ?

Le très récent Septième Congrès national du Front s’est traduit par des décisions qui servent de bond quantitatif pour le rôle du Front populaire et la ligne démocratique nationale dans tous les zones de travail et de lutte, y compris le renforcement et le développement de ses positions politiques et nationales. Cela signifie également le renforcement des organisations militantes, des mouvements de masse et de la lutte populaire afin d’aborder les questions nationales et sociales et d’affronter et résoudre les problèmes quotidiens qui affectent notre peuple. C’est spécialement vrai dans la bande de Gaza, qui est toujours sous le choc du désastre de la guerre. Toutefois, cette progression ne s’est pas encore hissée au niveau du rôle que devrait jouer le Front, ni à celui des tâches nationales que notre peuple et notre cause vont devoir affronter.

Il est nécessaire d’accroître et de hausser notre niveau de travail et d’effort dans tous les domaines d’activités, particulièrement par le biais des corps dirigeants et des cadres du Front en général, de même que dans ce qui est nécessaire pour faire progresser le rôle national du Front. Par conséquent, il nous faut entreprendre des démarches concrètes en vue d’unifier les forces démocratiques et de développer un pôle démocratique de gauche et renforcer son rôle au sein de la société palestinienne. En outre, construire le Front progressiste arabe et développer ses rangs pour activer son rôle au niveau général afin de faire naître une intégration entre les dimensions arabes et palestiniennes de la lutte et de mobiliser les masses arabes pour réagir contre la dissipation du mouvement national arabe et sortir enfin de l’actuelle impasse de la nation arabe. J’espère que le prochain Congrès national du Front continuera à suivre ces développements pour susciter un éveil et doubler ce rôle, proportionnellement à la dimension de la responsabilité qui lui incombe en tant qu’organisation et en tant que cadre démocratique national de gauche.


Publié le 19 avril 2017  sur Free Ahmad Saadat
Traduction : Jean-Marie Flémal

Posté par MCPalestine à 16:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 mai 2017

« Politiques et principes généraux » du Hamas

-699796819


Le chef du bureau politique du Mouvement de résistance islamique du Hamas, Khaled Mechaal a annoncé lundi soir la feuille de route du mouvement intitulée « Politiques et principes généraux » qui comporte sa vision et sa stratégie dans la prochaine étape.

Cette annonce a eu lieu lors d'une réunion tenue dans la capitale qatarie, Doha, entre Mechaal et un certain nombre de dirigeants du mouvement, et un groupe d'écrivains, journalistes et chercheurs, en présence de nombreux médias.
Le document «Politiques et principes généraux» est composé de 12 titres liés aux constantes palestiniennes et au respect des droits du peuple palestinien, le retour des réfugiés, et la résistance à l'occupation.
Il a expliqué sa vision concernant le projet israélo-sioniste, le prétendu compromis de paix et sa relation fondamentale avec la nation arabo-islamique et celle humanitaire et internationale.

Préambule:


Le document a souligné que la Palestine est la terre du peuple arabe palestinien, où il est né et reste attaché à son sol qui lui appartient depuis toujours.
Il a souligné que la Palestine est la terre de l'Islam, sa sainteté est préservée par ses justes causes et valeurs, et par les fondements de la doctrine islamique.
Il a confirmé que la Palestine est la cause d'un peuple opprimé dont la communauté internationale a échoué à lui rendre justice et ne l'a pas aidé à récupérer ses droits légitimes usurpés par l'occupation israélienne protégée et créée au détriment du palestinien à travers la complicité de l'Occident, par la violence et le pacte malheureux de Balfour.
Le Hamas insiste dans son document sur le fait que la résistance sous toutes ses formes est un droit sacré et légitime face à l'occupation israélienne jusqu'à la libération et la reprise de tous les droits légaux confisqués, particulièrement le droit au retour, un Etat palestinien souverain avec Jérusalem comme capitale éternelle.

Qui est le Hamas?


Le Hamas s'est identifié dans son document en tant que mouvement de libération et de résistance nationale, palestino-islamique qui a pour objectif de libérer la Palestine et de combattre le projet sioniste, et qui se réfère à l'Islam dans sa création, ses objectifs et ses moyens.

Le territoire de la Palestine


Le Hamas affirme dans le document que la terre de la Palestine s'étend du Jourdain à l'est, à la mer Méditerranée à l'ouest, et de Ras al-Naqoura dans le nord, à Oum- Rishrash du Sud, une unité régionale et indivisible qui est la terre du peuple palestinien et son pays. L'expulsion du peuple palestinien, le déplacement forcé et la mise en place d'une entité sioniste, n'élimineront jamais le droit du peuple palestinien opprimé de retourner dans son pays tout entier, ni d'établir aucun droit pour l'entité sioniste usurpatrice.
La Palestine est un pays arabe et islamique sacré respecté par tous les musulmans au fil de l'histoire humaine.

Le peuple palestinien


Selon le document du Hamas, les Palestiniens sont des Arabes qui ont vécu en Palestine jusqu'à 1947, que ce soit ceux qui ont été expulsés ou qui y sont restés, tout ceux qui sont nés d'un père arabe palestinien après cette date, en Palestine ou dans la diaspora est un palestinien même s'il détient une autre nationalité du pays de refuge.

L'Islam et la Palestine


Le Hamas souligne dans son document que la Palestine est une terre sacrée et bénie, incluant la première Qibla de l'Islam et conserve une importance particulière au sein de la nation arabo-islamique, incluant la mosquée al-Aqsa et les tombes des messagers de Dieu.
Le Hamas inclut l’Islam dans tous les aspects de la vie, grâce à l'esprit de modération, comme il estime que l'Islam est la religion de la paix et de la tolérance, dans laquelle les adeptes des religions vivent en paix et sécurité.

Al-Quds


Dans son document, le Hamas insiste sur le fait que la ville sainte d'al- Qods est la capitale de la Palestine, elle représente une importance particulière chez les musulmans, au niveau historique, religieux et humanitaire, et constitue un droit sacré non négociable, réaffirmant que toute modification ou changement par l'occupation israélienne dans la ville  est inacceptable et illégal, et toute falsification ou judaïsme est illégitime et rejeté.

Les réfugiés et le droit au retour


Le Hamas confirme que la cause palestinienne est essentiellement une question des terres occupées et des personnes déplacées par la violence, et que le droit au retour des réfugiés à leurs terres est un droit sacré et garanti par toutes les conventions et chartes internationales et humanitaires.
Il refuse tous les projets politiques qui essayent de liquider la question des réfugiés, confirmant que toute indemnisation pour les réfugiés concernant leur tragédie d'expulsion est légitime en vertu du droit international et ne pourrait annuler leur droit au retour par l'ancienneté ni la vieillesse.

Le projet sioniste


Le Hamas confirme que le projet sioniste est un projet raciste, agressif, expansif et colonial, basé sur le viol des droits d'autrui, et hostile au peuple palestinien et ses aspirations à la liberté, la libération, le droit au retour et l'autodétermination, alors que l'entité israélienne n'est que l'outil du projet sioniste et sa base d'agression.
Le projet sioniste ne vise pas seulement la Palestine, mais représente un vrai danger pour toute la nation arabo-islamque, de même qu'il représente une menace réelle sur la paix et la stabilité de tous les pays du monde et nourrit le terrorisme international.
Le Hamas fait la distinction entre les juifs et les Sionistes qui cherchent à occuper et dominer tout le monde par l'agression, la conspiration et les conflits régionaux.
Il a souligné que le mouvement sioniste qui a réussi à occuper la Palestine sous les auspices du colonialisme occidental est l'occupation la plus dangereuse du colonialisme contemporain qui a disparu dans la plus grande partie du monde et doit être éliminé de la Palestine.

La position envers l'occupation et le compromis politique


La feuille de route du Hamas confirme l'illégalité du pacte malveillant de Balfour, et dénonce le mandat britannique sur la Palestine et la décision des Nations Unies concernant la division de la Palestine et toutes les résolutions et articles liés.
La création de l'entité sioniste "Israël" est illégale, n'a aucune validité juridique et est basée sur la violence, le terrorisme et la souffrance de tout un peuple opprimé et expulsé de sa patrie la Palestine historique.
Le Hamas rejette toute alternative à la libération totale de la Palestine du fleuve à la mer, et la mise en place de la pleine souveraineté d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale, sur les frontières du 04 Juin 1967, avec le retour des réfugiés et personnes déplacées dans leurs foyers dont ils ont été expulsés. Il souligne que cela ne représente qu'une formule de compromis national commun, sans la reconnaissance de l'entité sioniste, ni de renoncer à aucun droit des palestiniens.
Il refuse les accords d'Oslo qui ont donné l’avantage à l'occupation sioniste, notamment la coopération de sécurité avec l'occupation et les violations des droits de notre peuple.
Le Hamas a confirmé que l'oppression des Palestiniens, le viol de leur terre et leur expulsion ne peuvent pas être appelés une paix, et que tout compromis sur cette base ne conduira pas à la paix. Et par conséquent, la résistance et le jihad resteront un droit légitime, un devoir et un honneur pour notre peuple et notre nation.

La résistance et la libération


Dans ce contexte, le Hamas estime que la libération de la Palestine est un devoir pour les Palestiniens eux-mêmes, ainsi qu'un devoir pour la nation arabo-islamique en général, et une responsabilité humaine en vertu des valeurs de la justice.
Le Hamas a réaffirmé que la résistance sous toutes ses forces est un droit garanti et une nécessité pour la libération de la Palestine, refusant toute atteinte qui vise la lutte nationale et ses armes, insistant sur son droit légitime de développer ses capacités pour contrer les crimes de l'occupation et déjouer le conflit avec lui.

Le système politique palestinien


Le Hamas confirme que l'Etat réel est le résultat de la libération, et ne voit aucun Etat viable sans la pleine souveraineté sur tout le territoire national palestinien, avec Jérusalem comme capitale.
Le Hamas a confirmé sa conviction dans la gestion des relations palestiniennes sur le pluralisme et l'option de la démocratie, le partenariat national, l'acceptation des autres, et l'adoption du dialogue, afin de renforcer l'unité et l'action commune, et atteindre les objectifs et les aspirations nationales du peuple palestinien.
Il a en outre insisté sur la réorganisation de l'OLP comme une institution globale pour tous les Palestiniens et de se baser sur les principes et conserver les constantes nationales, en faveur des droits immuables du peuple palestinien, et que le rôle de l'Autorité palestinienne devrait se consacrer à protéger ces droits et constantes.
Il souligne ainsi la nécessité de renforcer les institutions nationales et les autorités palestiniennes sur les fondements démocratiques justes, notamment des élections libres et équitables, sur la base de la résistance et du partenariat national conformément au programme et une stratégie claire et bien définie, qui défend les droits et répond aux aspirations du peuple palestinien, sans oublier le rôle très important de la femme dans le projet de la lutte pour la libération et le fondement du régime politique palestinien.

La nation arabo-islamique

Le Hamas indique que la cause de la Palestine est une cause arabo-islamique par excellence, en renouvelant sa conviction en l'unité islamique et l'importance de rejeter tout ce qui est malveillant pour la nation.
Le Hamas a également confirmé l'adoption de la politique d'ouverture aux différents pays mondiaux, en particulier les pays arabes et islamiques, et cherche à établir des relations équilibrées, axées sur les exigences de la cause palestinienne, les intérêts du peuple palestinien et ceux de la nation, sa renaissance et sa sécurité.

Au niveau humanitaire et international


Le Hamas précise que la cause palestinienne comprend de grandes dimensions humanitaires et internationales, et la nécessité de la soutenir est une mission humanitaire en vertu des valeurs communes du droit humain.
Il croit en ses relations avec les pays du monde et les peuples des valeurs de coopération, de la justice, la liberté et le respect de la volonté des peuples.
En effet, le Hamas salue toutes les positions des pays libres qui refusent l'occupation et son oppression et à soutenir le peuple palestinien pour son autodétermination et la création de son Etat souverain avec al-Qods comme capitale, en appelant à poursuivre les criminels de la guerre sioniste.

Finalement, le Hamas a exprimé son rejet des tentatives de dominer la nation arabo-islamique, et d'autres nations et peuples, en condamnant toute forme de colonialisme, d'occupation, de  discrimination, d'injustice et d'agression dans le monde entier.

  En savoir plus sur  
 https://french.palinfo.com/31091
 @Copyright Le  Centre Palestinien D'Information

Posté par MCPalestine à 22:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Israël punit les détenus en grève de la faim pour exiger leurs droits

Israël punit les détenus en grève de la faim pour exiger leurs droits

Charlotte Silver – 22 avril 2017 – The Electronic Intifada


Des garçons palestiniens lors d’un rassemblement en soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes, à Naplouse, Cisjordanie occupée, le 20 avril 2017. (Ayman Ameen APA/images)

Des centaines de prisonniers palestiniens sont entrés dans leur sixième jour de grève de la faim ce samedi, alors que les autorités israéliennes intensifient leurs mesures punitives dans une tentative d’affaiblir l’action collective.


Le 17 avril, 1500 Palestiniens ont lancé une grève massive de la faim avec une longue liste d’exigences, notamment l’amélioration des conditions et des soins médicaux, et un plus grand nombre de visites des familles.


Alors que plusieurs prisonniers en grève sont d’ores et déjà hospitalisés, les dirigeants israéliens refusent de négocier sur les exigences des prisonniers.

« Quand il se produit une grève de la faim par des terroristes dans les prisons israéliennes, je fais mienne la démarche de Margaret Thatcher », écrit sur Facebook, le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, se référant à l’ancienne Premier ministre britannique, bien connue pour avoir laissé les grévistes de la faim irlandais mourir en prison en 1981.

Israël retient actuellement plus de 6000 prisonniers politiques palestiniens. Des centaines sont détenus sans inculpation ni procès, et des milliers après jugement devant les tribunaux militaires israéliens qui les condamnent à près de 100 %.


En ciblant les dirigeants de la grève, les autorités israéliennes ont commencé par confisquer les biens personnels et les vêtements, à interdire la télévision, à obliger les grévistes à déménager vers d’autres sections des prisons, et à en placer des dizaines en cellule d’isolement.

« Dans les prisons de Nitzan et de Ramla, les dirigeants israéliens ont utilisé des chiens policiers contre les détenus palestiniens grévistes de la faim, et se sont emparés des Corans des prisonniers », rapporte Ma’an News Agency samedi, citant la Société des prisonniers palestiniens.

Des représailles pour un article paru dans The New York Times


Entre autres prisonniers placés en cellule d’isolement, il y a Marwan Barghouti, qui a lancé la grève massive de la faim, et Karim Younes, le Palestinien qui aurait subi la plus longue peine de prison ininterrompue dans les prisons israéliennes.


Barghouti, personnalité éminente du mouvement Fatah, parti du dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, pourrait être sanctionné davantage en raison de son édito qu’il a fait publier dans The New York Times le 16 avril, où il explique les motifs de la grève.

Le Comité palestiniens pour les Affaires des prisonniers cite les allégations formulées par Israël prétendant que l’épouse de Barghouti « a sorti frauduleusement » cet article de la prison.
Mais le ministre israélien de la Sécurité, Gilad Erdan, affirme que les autorités sont en train d’enquêter pour savoir si ce n’était pas ses avocats.

Et Erdan d’ajouter que s’il était découvert que ses avocats avaient aidé Barghouti à publier l’article, il pourrait leur être interdits de le visiter.

Michael Oren, l’ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, qui travaille maintenant pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, laisse entendre que The New York Times a peut-être joué un rôle.

« Si quelqu’un du journal l’a aidé (à sortir l’article de la prison), The New York Times devrait en être tenu responsable », dit Oren, suggérant que le bureau de Jérusalem du journal pourrait alors être fermé.
Ma’an News Agency rapporte que les avocats sont déjà interdits de visite dans la prison d’Ashkelon, et que l’accès aux autres prisons est très incertain.

La commission des prisonniers de l’Autorité palestinienne a déclaré mercredi que le ministère de la Justice d’Israël avait confirmé que ce serait illégal d’interdire à tous les grévistes de la faim de voir leurs avocats.


Les avocats qui représentent les prisonniers grévistes boycottent maintenant les tribunaux militaires israéliens.

Pour tourner en dérision les grévistes de la faim


Le ministre de la Sécurité publique Erdan, comme Lieberman, a promis de faire fi des exigences des grévistes de la faim.

« Il n’existe aucune justification réelle à cette grève » dit Erdan. « Les terroristes ne sont pas en prison pour y connaître de bonnes conditions. Ils sont là pour être punis. Une grève de la faim ne doit rien changer à notre comportement en tant qu’État envers les prisonniers ».

En 2015, Erdan a lancé une nouvelle législation pour légaliser l’alimentation forcée des grévistes de la faim palestiniens, quand il a comparé les grèves de la faim à des attentats-suicides.

Jeudi, pour « fêter la grève de la faim », des Israéliens ont allumé des barbecues sur le parking de la prison d’Ofer, à l’intérieur de laquelle les Palestiniens refusent de se nourrir depuis plusieurs jours.


Ces gens derrière ces barbecues appartiennent au parti d’extrême droite, le Foyer juif, membre du gouvernement de coalition de Netanyahu.

Plusieurs dizaines de détenus auraient recommencé à se nourrir après cinq jours de grève, mais ils ont été remplacés par des centaines d’autres qui ont rejoint la protestation.

Charlotte Silver est journaliste indépendante et elle écrit régulièrement pour The Electronic Intifada. Elle est basée à Oakland, Californie et elle rapporte depuis le Palestine depuis 2010. On peut la suivre sur Twitter @CharESilver.


Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine


Source : Electronic Intifada

Posté par MCPalestine à 16:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Eléments sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens

unnamed_1_

Eléments sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens

Par Addameer, le 25 avril 2017

Le nombre de prisonniers politiques palestiniens enfermés dans des prisons israéliennes et des centres de détention à s’être déclaré en grève de la faim le 17 avril 2017 est estimé à 1 500. L’appel à la grève de la faim est né d’une rancœur contre la politique cruelle d’Israël vis-à-vis des prisonniers politiques et de ceux qui sont en détention administrative. Les revendications des prisonniers en grève de la faim comprennent : les visites de la famille, des soins adéquats, la fin de la pratique israélienne de détention de Palestiniens sans accusation ni procès dans ce qu’Israël appelle la détention administrative et l’arrêt de la mise à l’isolement. Voici quelques éléments sur la grève de la faim des Palestiniens :

Quelle est l’historique des grèves de la faim palestiniennes ?

Cela fait longtemps que les grèves de la faim sont pratiquées dans différentes zones géographiques comme moyen de protestation et de revendication sur les droits fondamentaux, dont le droit de vote, le droit de ne pas être torturé et le droit à l’autodétermination. La longue histoire de prisonniers palestiniens en grève de la faim, collective ou individuelle, est révélatrice du manque de confiance dans toute procédure judiciaire et du manque de garanties de procès justes auxquels ils sont soumis dans le système des tribunaux militaires et civils de l’occupation israélienne. Les prisonniers palestiniens et ceux qui sont en détention administrative ont eu recours à des grèves de la faim dès 1968, en signe de protestation légitime et pacifique contre la politique israélienne de détention et contre les conditions cruelles de l’emprisonnement dont l’usage du cachot, le refus des visites de la famille, des soins médicaux inadéquats, la torture et d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Quels sont les risques des grèves de la faim pour la santé ?

Aux grèves de la faim sont associés des risques pour la santé susceptibles de causer des dommages physiques au prisonnier ou au détenu, dont de graves pertes de poids, de la faiblesse, de la fatigue, la perte du sommeil, une perte auditive, la cécité, des crises cardiaques, des faiblesses rénales et d’autres organes, des arrêts cardiaques et une attaque cardiaque. Quoi qu’il en soit, en dépit de ces risques pour la santé, les Palestiniens, par les grèves de la faim, ont pu obtenir les droits les plus fondamentaux et l’amélioration de leurs conditions de détention.

Quelle est la réponse des autorités israéliennes aux grèves de la faim ?

Les grèves de la faim font souvent l’objet d’une répression violente et coercitive de la part du service pénitentiaire et des unités spéciales d’Israël, ainsi que du personnel médical qui pousse les détenus à cesser leurs grèves de la faim. Addameer, qui suit les grèves de la faim, a documenté plusieurs cas d’attaques de cellules de prison, de transferts de grévistes de la faim à l’isolement, de menaces de prison à vie, d’interdiction de visites des familles, de réduction des montants autorisés pour cantiner.

Quelles autres mesures coercitives ont été prises ?

En réponse au recours par les prisonniers et détenus palestiniens à des grèves de la faim, les autorités israéliennes ont pratiqué l’alimentation forcée dans les années 1980. Cela s’est arrêté sur ordre de la Cour Suprême israélienne, à la suite de plusieurs décès de prisonniers palestiniens liés à l’alimentation forcée. Au temps de précédentes grèves de la faim, Israël a pratiqué le gavage de grévistes de la faim pour obliger les prisonniers à cesser leurs grèves de la faim sans qu’aucune loi ne préside à de telles mesures. Plusieurs prisonniers palestiniens sont morts d’avoir été gavés. C’est le cas de Abdoul-Qader Abu al-Fahm, mort le 11 mai 1970 au cours d’une grève de la faim à la prison d’Ashkelon ; de Rasem Halawah et d’Ali al-Ja’fari, morts parce que les tubes d’alimentation avaient été introduits dans leurs poumons au lieu de leur estomac, en juillet 1980, lors d’une grève de la faim à la prison de Nafna ; et d’Ishaq Maragha, mort à la prison de Beersheva en 1983. Une récente proposition de loi du ministre de la sécurité publique, Gilad Erdan, est intervenue en réponse à la grève de la faim massive de 2012, dans le but d’empêcher de futures grèves de la faim et de priver les prisonniers et tous Palestiniens en détention de leur droit fondamental à protester pacifiquement. Le projet de loi a été approuvé par la Knesset le 30 juillet 2015.

Depuis quand les grèves de la faim sont-elles utilisées pour protester contre la détention administrative ?

Les prisonniers palestiniens ont recours aux grèves de la faim au moins depuis les années 1990, comme moyen de protester contre l’usage arbitraire de la détention administrative. La détention administrative est une procédure qui permet à l’armée israélienne de garder des prisonniers indéfiniment au secret sans accusation et sans leur donner accès à un procès. 750 prisonniers environ sont en détention administrative, selon une estimation, dont des femmes, des enfants et des membres du Conseil Législatif Palestinien.

Dans les années récentes, des prisonniers et des détenus palestiniens ont eu recours à la grève de la faim pour protester contre un usage systématique et croissant de la détention administrative par les autorités d’occupation. Par exemple, en 2012, les prisonniers et détenus palestiniens ont lancé une grève de la faim massive dans laquelle se sont engagés 2000 grévistes de la faim réclamant la fin de la détention administrative, le refus des visites familiales aux prisonniers de Gaza, l’isolement et d’autres mesures punitives. La grève de la faim de 2013 a pris fin lorsque Israël a limité temporairement l’usage de la détention administrative. Pour autant, quelques années après, les autorités d’occupation ont pratiqué davantage la détention administrative, ce qui a conduit à une autre grève de la faim en 2014 par plus de 80 Palestiniens en détention administrative qui ont exigé l’arrêt de cette politique arbitraire. La grève de la faim s’est arrêtée au bout de 63 jours sans parvenir à ce que le gouvernement israélien limite l’usage de la détention administrative.

À cela se sont ajoutées des grèves de la faim individuelles de détenus, en signe de protestation contre le fait d’être replacés à plusieurs reprises en détention administrative sans accusation ni procès. C’est le cas de Mohammad Al Qeeq, Khader Adnan, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et de Bilal Kayed.  

Pourquoi les Palestiniens ont-ils recours à des grèves de la faim ?

Les prisonniers et détenus palestiniens ont recours à la grève de la faim pour protester et se faite entendre à l’extérieur contre un système abusif d’administration de leur détention arbitraire et de répression de leur expression. Les autorités israéliennes d’occupation n’ont cependant pas réussi à casser la volonté des grévistes de la faim palestiniens qui continuent à utiliser leurs corps, en l’absence de recours judiciaires adéquats, pour pratiquer une désobéissance légitime. Les grévistes de la faim défient le pouvoir disciplinaire de contrôle et de domination ; le corps des grévistes de la faim constitue ainsi un moyen par lequel le pouvoir est déplacé et restitué. Les prisonniers et les détenus refusent de se plier au système structuré de la prison, de contrainte et de privation où ils ne disposent pas de leur corps en toute autonomie. Ainsi, par les grèves de la faim, ces prisonniers et détenus regagnent la souveraineté sur leur corps en devenant des décideurs face aux autorités de la prison.

Quelles sont nos revendications ?

Addameer pour le Soutien aux Prisonniers exhorte ceux qui soutiennent la justice dans le monde d’agir pour le soutien aux prisonniers palestiniens qui risquent leur corps et leur vie pour la liberté et la dignité. Addameer fait un appel général à organiser des événements en solidarité avec la lutte des prisonniers et détenus en grève de la faim. 2017 marque les 100 ans de la déclaration Balfour, les 70 ans de la catastrophe palestiniennes (al-Nakba), les 50 ans de la brutale occupation militaire. C’est aussi l’année où il faut que l’occupation israélienne soi tenue responsable de ses actions et où il faut exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens !

Addameer appelle aussi la communauté internationale à exiger du gouvernement israélien qu’il respecte la volonté des grévistes de la faim qui se servent de leur corps comme moyen légitime de protestation reconnu par la déclaration de Malte sur les grèves de la faim de l’Association Médicale Mondiale (AMM) qui qualifie la grève de la faim de « moyen fréquent de protestation de personnes dépourvues de tout autre moyen de faire connaître leurs grèves de la faim dès 1968, en signe de protestation légitime et pacifique contre la politique israélienne de détention et contre les conditions cruelles de l’emprisonnement dont l’usage du cachot, le refus des visites de la famille, des soins médicaux inadéquats, la torture et d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Quels sont les risques des grèves de la faim pour la santé ?

Aux grèves de la faim sont associés des risques pour la santé susceptibles de causer des dommages physiques au prisonnier ou au détenu, dont de graves pertes de poids, de la faiblesse ; de la fatigue, la perte du sommeil, une perte auditive, la cécité, des crises cardiaques, des faiblesses rénales et d’autres organes, des arrêts cardiaques et une attaque cardiaque. Quoi qu’il en soit, en dépit de ces risques pour la santé, les Palestiniens, par les grèves de la faim, ont pu obtenir les droits les plus fondamentaux et l’amélioration de leurs conditions de détention.

Quelle est la réponse des autorités israéliennes aux grèves de la faim ?

Les grèves de la faim font souvent l’objet d’une répression violente et coercitive de la part du service pénitentiaire et des unités spéciales d’Israël, ainsi que du personnel médical qui pousse les détenus à cesser leurs grèves de la faim. Addameer, qui suit les grèves de la faim, a documenté plusieurs cas d’attaques de cellules de prison, de transferts de grévistes de la faim à l’isolement, de menaces de prison à vie, d’interdiction de visites des familles, de réduction des montants autorisés pour cantiner.

Quelles autres mesures coercitives ont été prises ?

En réponse au recours par les prisonniers et détenus palestiniens à des grèves de la faim, les autorités israéliennes ont pratiqué l’alimentation forcée dans les années 1980. Cela s’est arrêté sur ordre de la Cour Suprême israélienne, à la suite de plusieurs décès de prisonniers palestiniens liés à l’alimentation forcée. Au temps de précédentes grèves de la faim, Israël a pratiqué le gavage de grévistes de la faim pour obliger les prisonniers à cesser leurs grèves de la faim sans qu’aucune loi ne préside à de telles mesures. Plusieurs prisonniers palestiniens sont morts d’avoir été gavés. C’est le cas de Abdoul-Qader Abu al-Fahm, mort le 11 mai 1970 au cours d’une grève de la faim à la prison d’Ashkelon ; de Rasem Halawah et d’Ali al-Ja’fari, morts parce que les tubes d’alimentation avaient été introduits dans leurs poumons au lieu de leur estomac, en juillet 1980, lors d’une grève de la faim à la prison de Nafna ; et d’Ishaq Maragha, mort à la prison de Beersheva en 1983. Une récente proposition de loi du ministre de la sécurité publique, Gilad Erdan, est intervenue en réponse à la grève de la faim massive de 2012, dans le but d’empêcher de futures grèves de la faim et de priver les prisonniers et tous Palestiniens en détention de leur droit fondamental à protester pacifiquement. Le projet de loi a été approuvé par la Knesset le 30 juillet 2015.

Depuis quand les grèves de la faim sont-elles utilisées pour protester contre la détention administrative ?

Les prisonniers palestiniens ont recours aux grèves de la faim au moins depuis les années 1990, comme moyen de protester contre l’usage arbitraire de la détention administrative. La détention administrative est une procédure qui permet à l’armée israélienne de garder des prisonniers indéfiniment au secret sans accusation et sans leur donner accès à un procès. 750 prisonniers environ sont en détention administrative, selon une estimation, dont des femmes, des enfants et des membres du Conseil Législatif Palestinien.

Dans les années récentes, des prisonniers et des détenus palestiniens ont eu recours à la grève de la faim pour protester contre un usage systématique et croissant de la détention administrative par les autorités d’occupation. Par exemple, en 2012, les prisonniers et détenus palestiniens ont lancé une grève de la faim massive dans laquelle se sont engagés 2000 grévistes de la faim réclamant la fin de la détention administrative, le refus des visites familiales aux prisonniers de Gaza, l’isolement et d’autres mesures punitives. La grève de la faim de 2013 a pris fin lorsque Israël a limité temporairement l’usage de la détention administrative. Pour autant, quelques années après, les autorités d’occupation ont pratiqué davantage la détention administrative, ce qui a conduit à une autre grève de la faim en 2014 par plus de 80 Palestiniens en détention administrative qui ont exigé l’arrêt de cette politique arbitraire. La grève de la faim s’est arrêtée au bout de 63 jours sans parvenir à ce que le gouvernement israélien limite l’usage de la détention administrative.

À cela se sont ajoutées des grèves de la faim individuelles de détenus, en signe de protestation contre le fait d’être replacés à plusieurs reprises en détention administrative sans accusation ni procès. C’est le cas de Mohammad Al Qeeq, Khader Adnan, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et de Bilal Kayed.  

Pourquoi les Palestiniens ont-ils recours à des grèves de la faim ?

Les prisonniers et détenus palestiniens ont recours à la grève de la faim pour protester et se faite entendre à l’extérieur contre un système abusif d’administration de leur détention arbitraire et de répression de leur expression. Les autorités israéliennes d’occupation n’ont cependant pas réussi à casser la volonté des grévistes de la faim palestiniens qui continuent à utiliser leurs corps, en l’absence de recours judiciaires adéquats, pour pratiquer une désobéissance légitime. Les grévistes de la faim défient le pouvoir disciplinaire de contrôle et de domination ; le corps des grévistes de la faim constitue ainsi un moyen par lequel le pouvoir est déplacé et restitué. Les prisonniers et les détenus refusent de se plier au système structuré de la prison, de contrainte et de privation où ils ne disposent pas de leur corps en toute autonomie. Ainsi, par les grèves de la faim, ces prisonniers et détenus regagnent la souveraineté sur leur corps en devenant des décideurs face aux autorités de la prison.

Quelles sont nos revendications ?

Addameer pour le Soutien aux Prisonniers exhorte ceux qui soutiennent la justice dans le monde d’agir pour le soutien aux prisonniers palestiniens qui risquent leur corps et leur vie pour la liberté et la dignité. Addameer fait un appel général à organiser des événements en solidarité avec la lutte des prisonniers et détenus en grève de la faim. 2017 marque les 100 ans de la déclaration Balfour, les 70 ans de la catastrophe palestiniennes (al-Nakba), les 50 ans de la brutale occupation militaire. C’est aussi l’année où il faut que l’occupation israélienne soi tenue responsable de ses actions et où il faut exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens !

Addameer appelle aussi la communauté internationale à exiger du gouvernement israélien qu’il respecte la volonté des grévistes de la faim qui se servent de leur corps comme moyen légitime de protestation reconnu par la déclaration de Malte sur les grèves de la faim de l’Association Médicale Mondiale (AMM) qui qualifie la grève de la faim de « moyen fréquent de protestation de personnes dépourvues de tout autre moyen de faire connaître leurs revendications ».

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Addameer

Posté par MCPalestine à 16:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

« Liberté et Dignité » , Lettre de Marwan Barghouthi

a0_1502

Lettre de Marwan Barghouthi, parlementaire et dirigeant palestinien incarcéré, à ses collègues parlementaires du monde entier, à propos de la grève de la faim pour la « Liberté et Dignité »

Mesdames et messieurs les parlementaires, chers collègues, chers amis,

Si vous recevez cette lettre c’est qu’Israël a décidé de poursuivre sa démarche de punition collective illégale et de provocation à l’encontre des prisonniers palestiniens plutôt que de répondre à leurs demandes légitimes. Cela veut dire que j’ai été encore une fois placé à l’isolement comme mes camarades grévistes de la faim. Pourtant on ne nous fera pas taire ni nous soumettre.

La grève de la faim est une action légitime et non violente pour protester, en tant que prisonniers, contre les violations de nos droits humains fondamentaux tels qu’ils sont garantis par le droit international.

Les prisonniers palestiniens sont certes aux mains de la puissance occupante, et c’est bien pour cela qu’ils sont protégés par le droit humanitaire international, mais ils ne sont pas impuissants. Nous nous sommes résolus à cette grève après des mois d’efforts pour faire entendre nos revendications légitimes. Ces exigences sont liées aux arrestations arbitraires de masse, à la torture et aux mauvais traitements, aux mesures punitives contre les prisonniers, à la négligence médicale délibérée, aux visites et au contact avec nos familles, tous ceux que nous aimons, et aussi à l’éducation. Il s’agit là des droits humains les plus élémentaires.

Chers collègues, chers amis,

Je salue la solidarité que vous manifestez avec vos collègues palestiniens emprisonnés et le soutien vigoureux de parlements de par le monde aux droits du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination, à la fin de l’occupation et à l’établissement d’une paix juste et durable sur la base du droit international.

Je fus le premier parlementaire à être arrêté, en 2002. Depuis, Israël a arrêté 70 parlementaires – plus de la moitié du Conseil législatif, le parlement palestinien – et 13 d’entre eux restent détenus à ce jour. Ceci est une insulte aux parlementaires partout dans le monde, à la démocratie et aux droits de l’Homme partout dans le monde. C’est une insulte à la liberté et la justice et il faut y répondre. Le sort infligé aux parlementaires palestiniens reflète le sort du peuple qu’ils représentent. En 50 ans la puissance occupante, Israël, a arrêté des centaines de milliers de Palestiniens, ce qui équivaut à 40 % de la population masculine du Territoire palestinien occupé. 6500 croupissent aujourd’hui dans les prisons israéliennes. Aux yeux d’Israël nous sommes tous coupables et l’accusation non déclarée c’est notre désir de liberté, notre soif de liberté, notre sacrifice pour la liberté.

Les lois israéliennes autorisent le colonialisme, les punitions collectives, la discrimination et l’apartheid. Ceux qui votent en faveur de ces lois doivent être tenus pour responsables, il me semble. Certains députés israéliens ont recommandé que l’on nous arrête. Ils sont aujourd’hui à vos côtés alors que nous, nous ne le pouvons pas.

Quant aux tribunaux israéliens, ils font intégralement partie de l’occupation coloniale et militaire qui vise à annexer notre terre et à déraciner et déplacer encore une fois notre peuple. Dans les tribunaux militaires israéliens, le taux de condamnation des Palestiniens a varié entre 90% et 99% ces dernières années ! Je le redis : nous avons là un système d’apartheid judiciaire qui criminalise l’existence et la résistance des Palestiniens, tandis que les Israéliens qui commettent des crimes contre les Palestiniens demeurent impunis.

J’ai été condamné par l’un de ces tribunaux illégitimes. J’ai refusé de reconnaître ce tribunal, d’autant plus que je suis un élu du peuple occupé. Les tribunaux de la puissance occupante m’ont condamné pour terrorisme à 5 fois la perpétuité plus 40 ans, lors de ce procès que les observateurs internationaux ont unanimement dénoncé comme un tribunal spectacle. Pas un seul pays n’a accepté ce verdict. Au cours de l’histoire, dans le monde entier, cela a été le sort des dirigeants des luttes de libération nationale. Le procès de Rivona où Mandela fut condamné à la prison à vie ne le rendit pas moins légitime et son combat non plus. Il ne fit que délégitimer davantage le régime d’apartheid qui le poursuivait.

C’est pourquoi le compagnon de Mandela, l’icône anti apartheid Ahmed Kathrada, a lancé la « Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens », comme il avait lancé la « Campagne pour la libération de Mandela » avant de passer lui même 26 ans dans les prisons de l’apartheid.

C’est pour cela qu’il a lancé la campagne depuis la cellule de Nelson Mandela à Robben Island. C’est pour cela que 8 Prix Nobel, 120 gouvernements et des centaines de parlementaires, des dirigeants, des universitaires, des artistes, des intellectuels et des organisations de la société civile ont rejoint cette campagne. C’est pour cela que deux Prix Nobel, des parlements et des parlementaires m’ont nominé pour le prix Nobel de la paix, en soutien au combat pour la liberté du peuple palestinien.

Les prisonniers palestiniens ont toujours eu à subir l’injustice et la violation de leurs droits. Mais ces dernières années les autorités d’occupation israéliennes les ont même privés des droits acquis lors de précédentes grèves de la faim. C’est une escalade punitive et les mesures inhumaines prises à l’encontre des prisonniers et leurs proches ne peuvent rester sans réponse. Nous avons décidé de lancer cette grève de la faim parce que nous n’avions pas d’autre choix. Les Palestiniens souffrent et font des sacrifices afin de pouvoir jouir des droits qui sont les leurs mais dont ils sont privés. Les prisonniers palestiniens ne font pas exception à la règle.

Nous avons appelé cette grève « Liberté et Dignité ». Ces mots résonnent jusqu’au cœur et dans les cœurs de notre nation qui se bat depuis 70 ans pour qu’ils adviennent. Ce sont des mots qui résonnent aussi dans le monde, car ils font partie de notre histoire universelle et du combat contre toutes les formes d’oppression et de servitude. Ce sont ces valeurs qui sont au cœur même de l’humanité et qui sont indispensables pour que la paix advienne. Aucune paix n’est possible entre l’oppresseur et l’opprimé car oppression et paix s’excluent l’une l’autre. Il n’existe pas de paix entre le prisonnier et son geôlier. Le chemin vers la paix, c’est la liberté.

J’en appelle à vous. Parlez pour ceux qu’Israël veut réduire au silence. Je vous demande d’apporter votre soutien à ceux qui sont jetés dans de lugubres cellules pour y être oubliés. Je vous demande d’ appuyer les demandes légitimes du mouvement des prisonniers palestiniens et de défendre le droit international. Je vous demande de soutenir la liberté et la dignité du peuple palestinien afin que la paix puisse prévaloir.

Certains pensent peut-être que c’est la fin de l’histoire et que je mourrai ici, dans ma cellule, en isolement. Mais je sais, même dans cette solitude qui m’est imposée, que nous ne sommes pas seuls. Je sais que des millions de Palestiniens et bien d’autres millions de gens dans le monde sont à nos côtés. Nous nous retrouverons bientôt, libres.

Marwan Barghouthi, lundi 24 avril 2017.

Posté par MCPalestine à 16:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,