FREE PALESTINE

16 janvier 2017

Le soldat franco-israélien Elor Azaria, reconnu coupable d’homicide, a en fait agi selon la norme

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Le soldat franco-israélien Elor Azaria, reconnu coupable d’homicide, a en fait agi selon la norme

Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien qu’ils eussent pu être maîtrisés quand ils étaient encore en vie. La différence entre eux et Azaria [qui a assassiné d’une balle dans la tête un Palestinien gisant à terre] est que lui, il a été filmé.

Il y a une chose sur laquelle les Palestiniens sont d’accord avec Elor Azaria et ses partisans : il n’était pas le seul, et il a juste eu la malchance d’être filmé à son insu. Les Palestiniens conviennent avec Azaria et ses partisans qu’il respectait la norme et faisait exactement ce que les autres soldats font – à savoir tirer avec l’intention de tuer, même quand aucune vie n’est en danger.

Les Palestiniens sont d’accord avec Azaria pour dire qu’il a été victime d’une discrimination du système. Mais ils considèrent pour leur part que des dizaines d’autres soldats et policiers auraient eux aussi dû être jugés.

Comme Azaria lui-même, les Palestiniens se demandent pourquoi il a été jugé alors que les soldats qui ont tué Hadeel al-Hashlamoun à Hébron n’ont pas même fait l’objet d’une enquête de la police militaire. Elle aussi était allongée au sol, après que des soldats lui aient tiré dessus à distance à un poste de contrôle, parce qu’elle tenait un couteau (aucun soldat n’avait subi la moindre égratignure). Puis, alors qu’elle était couchée sur le sol, ils ont continué à lui tirer dans le haut du corps (C’était le 22 septembre 2015, et les habitants d’Hébron attribuent l’éclosion subséquente d’attaques solitaires à cet incident).

Le 11 juin 2010, Maxim Vinogradov, un policier frontalier, « a confirmé la mort » de Ziad Jilani, qui était déjà couché sur le sol, blessé par balle, après avoir foncé sur d’autres policiers avec sa voiture dans le quartier Wadi Joz de Jérusalem. Le procureur a décidé de ne pas inculper Vinogradov, acceptant sa défense ridicule selon laquelle il craignait que Jilani porte une bombe. Il était au cœur d’un quartier palestinien : pourquoi se serait-il fait exploser là-bas ?

Fadi Alloun, originaire d’Isawiyah, était également couché sur le sol, après avoir poignardé un Israélien dans le quartier Musrara de Jérusalem le 4 octobre 2015. Un policier anonyme l’a criblé de balles après que des passants l’y eurent encouragé. Dans ce cas, des séquences vidéo prises avec un téléphone portable étaient disponibles, mais ce n’était pas assez pour que de quelconques mesures soient prises contre le tueur.

Sara Hajuj, de Bani Naim, a brandi un couteau contre des policiers des frontières à l’intérieur de la salle d’inspection de sécurité d’un point de contrôle d’Hébron le 1er juillet 2016. Ils lui ont vaporisé du gaz au poivre au visage et ont fui la pièce. Puis l’un d’eux lui a tiré dessus, alors qu’elle était seule dans la pièce et ne représentait de danger pour personne.

Le 2 juin 2016, Ansar Hirsheh a traversé à pied le poste de contrôle d’Anabta, où la circulation des piétons est interdite. Elle avait un couteau dans ses affaires, mais elle ne mettait personne en danger. Et il n’y avait aucune raison pour que les quatre soldats armés et entraînés qui l’entouraient ne la maîtrisent pas sans la tuer.

Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien que selon les témoins oculaires et le bon sens, ils auraient pu être maîtrisés alors qu’ils étaient encore en vie. Il s’est avéré que certains n’avaient même pas tenté de commettre une attaque. Des dizaines de soldats, de policiers frontaliers et de gardes de postes de contrôle marchent librement parmi nous après avoir tué des Palestiniens qui ne représentaient aucun danger pour leur vie. Le gratin militaire a déclaré qu’ils avaient agi correctement.

La frontière entre l’autodéfense et la vengeance nationaliste a été complètement floutée. C’est dans cette atmosphère qu’Azaria a opéré.

Par conséquent, le message adressé par les juges du tribunal militaire se distingue par sa rareté : Elor Azaria a violé les règles d’engagement, et il a été condamné. Mais le message que la haute hiérarchie militaire israélienne envoie à ses soldats et policiers est aussi fort et clair : « Prenez garde à ne pas être filmés lorsque vous passez à l’acte. Nous savons comment remettre en cause la valeur de photographies prises par des caméras de sécurité palestiniennes, et nous savons enterrer le témoignage des témoins oculaires palestiniens. Mais nous n’avons toujours pas trouvé de solution face à des séquences en gros plan de vidéos  professionnelles. »

Amira Hass عميرة هاس עמירה הס

Traduit par  Salah Lamrani صالح العمراني 

Source : http://www.haaretz.com/misc/article-print-page/.premium-1.763074

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03 janvier 2017

Mort de John Berger, ami du peuple Palestinien

Mort de John Berger, écrivain britannique, intellectuel engagé et ami du peuple Palestinien

John Berger dans une librairie de Strasbourg en 2009.


L'écrivain britannique John Berger, qui fit sensation en partageant avec les Black Panthers la dotation du Man Booker Prize dont il fut lauréat en 1972, est mort à l'âge de 90 ans près de Paris, a annoncé mardi son fils à l'AFP.
"Il est mort (lundi) à midi trente à Antony", a déclaré Jacob Berger, joint par téléphone, précisant que son père avait été hospitalisé quelques jours avant pour une insuffisance rénale.
Il s'est éteint "à la maison, entouré par les siens (...) de manière très sereine", a également dit le cinéaste, ajoutant, sur Twitter: "Sans peur ni témérité, mais attentif, désireux de connaître la suite de l'histoire. En Écrivain".
John Berger résidait depuis quelques années à Antony (Hauts-de-Seine), après avoir vécu depuis les années soixante-dix à Quincy, un village de Haute-Savoie.
Né à Londres en novembre 1926, John Berger enseigne le dessin de 1948 à 1955, avant de devenir, à partir de 1952, un critique d'art influent, selon les Éditions de l'Olivier, sa maison d'édition française.
"Passionné par les formalistes et les constructivistes russes", il écrit sur "Courbet, Cézanne, Picasso, Dürer, Le Titien", précise-t-elle.
Cet artiste prolifique et touche à tout, auteur de nombreux livres et pièces de théâtre mais aussi poète, peintre et scénariste, publie en 1958 son premier roman "Un Peintre de notre temps".
En 1972, il est lauréat du Man Booker Prize, le plus prestigieux des prix littéraires de langue anglaise, pour son roman "G.", l'histoire du fils bâtard d'une aristocrate anglaise et d'un négociant italien.
Il fait alors sensation en offrant la moitié de la dotation de ce prix au mouvement des Black Panthers, fidèle à ses convictions d'intellectuel engagé, pourfendeur du capitalisme, qui ont marqué ses oeuvres et sa réflexion tout au long de sa carrière.
"Jamais auparavant la dévastation provoquée par la poursuite du profit, telle que la dicte le capitalisme, n'avait eu l'ampleur qu'elle a aujourd'hui", écrit-il en 2005 dans le Monde diplomatique.
"Comment, dès lors, est-il possible de ne pas tenir compte de Marx, qui a prophétisé et analysé cette dévastation? Peut-être est-ce parce que les gens, beaucoup de gens, ont perdu tous leurs repères politiques. Sans carte, ils ne savent pas où ils vont".
"Il n'y a pas un texte de John qui ne soit pas imprégné d'un regard politique", souligne son fils.
"C'était un ami du sous-commandant Marcos, c'était un ami du peuple palestinien (...) qui avait une position politique extrêmement forte sans être un communiste borné et dogmatique", ajoute-t-il.
John Berger, poursuit Jacob Berger, s'était d'ailleurs installé en France pour fuir l'Angleterre "extrêmement anti-communiste" des "années 50 et du début des années 60".
Écrivain "visionnaire", écrit le quotidien britannique The Guardian, Berger avait "contribué à transformer la manière dont toute une génération regardait et percevait l'art".
"John Berger a changé la manière dont nous voyons le monde", a abondé sur Twitter le leader du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn.
"C'était un défenseur du socialisme, et d'une vie plus douce et généreuse pour tout un chacun".


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John Berger, né le 5 novembre 1926 dans le borough londonien de Hackney et mort le 2 janvier 2017 à Paris, est un écrivain engagé, romancier, auteur de nouvelles, poète, peintre, critique d'art et scénariste britannique.
John Berger vivait en France à Quincy, petit hameau de Mieussy (Haute-Savoie). Il est le père du cinéaste Jacob Berger, du peintre Yves Berger et de Katya Andreadakis.
Il obtient le Booker Prize et le James Tait Black Memorial Prize en 1972 pour son roman G.
Il était membre d'honneur de la Société des auteurs savoyards depuis 1992 et membre de l'Académie des arts de Berlin depuis 1993.
Il reçoit en 2006 la médaille d'or du Círculo de Bellas Artes (Espagne).
Il était membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

(03-01-2017 - avec les agences de presse)

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01 janvier 2017

La solution à deux États est déjà morte

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Psalmodier “deux États, deux États” ne sert qu’à perpétuer l’occupation [Gideon Levy]

Gideon Levy

Une question à ceux qui soutiennent ouvertement la “solution à deux États”, c’est-à-dire à peu près tout le monde, depuis le Secrétaire d’État U.S. John Kerry jusqu’au professeur Shlomo Avineri : vous dites tous que cette solution est en grand danger, peut-être même agonisante. Mais que faudrait-il qu’il advienne pour que vous admettiez qu’elle a rendu son dernier soupir ? Que faut-il de plus pour que vous admettiez qu’elle est morte ? Dix mille colons de plus ? Ou vingt mille ? Cinq ans de plus dans l’impasse ? Quand est-ce que vous allez l’admettre ?

La plupart des gens connaissent la vérité, mais refusent de l’admettre. Ils savent que le nombre des colons a atteint une masse critique. Ils savent qu’aucun parti israélien ne les fera jamais évacuer. Et sans qu’ils soient tous évacués – et cela aussi c’est une chose que chacun sait – il n’y a pas d’État palestinien viable.

Ils savent que le colonisateur israélien n’a jamais eu l’intention de mettre en œuvre la “solution à deux États”. Le fait est que tous les gouvernements israéliens – absolument tous – ont continué l’entreprise de colonisation.

Les supporters des deux États sont préoccupés par la situation, même effrayés. Ils se conduisent comme les proches d’un patient moribond, qui est déjà en état de mort cérébrale, et dont on a besoin de prélever les organes pour les transplanter, mais qui refusent, espérant que d’une manière ou d’une autre un miracle va survenir qui le ramènera à la vie. De Kerry à Avineri, c’est exactement ainsi que se conduisent les partisans des deux États : ils espèrent un miracle et pour cette raison ils s’opposent à des transplantation s qui sauveraient des vies.

Il est difficile de tout reprendre à zéro. La “solution à deux États” était idéale [1]. Elle garantissait une relative justice  aux deux parties, et un État pour chaque nation. Mais Israël a tout fait pour la détruire, via ses colonies, le seul facteur irréversible dans l’équation de la relation entre Israël et la Palestine.

C’est la raison pour laquelle la colère du monde contre les colonies s’est soudain intensifiée : il sait qu’elles sont irréversibles. Mais pour autant les soutiens des deux États, que ce soit à Jérusalem ou à Washington, n’ont jamais rien entrepris pour y mettre fin quand il était encore temps. La conclusion est inévitable : déclarer la mort de la “solution à deux États”. Mais au lieu de cela, ils continuent à attendre un miracle.

Kerry, Avineri et leurs semblables sont pleins de bonnes intentions. Ils ont raison, d’ailleurs, de dire que c’était la seule solution [1]. Mais en niant qu’elle soit morte, ils ne font rien d’autre que consolider le status quo, l’occupation, ce qui est le but du gouvernement israélien.

En Europe, aux États-Unis, à l’Autorité Palestinienne et en Israël, des gens continuent à psalmodier “deux États”, par inertie et par peur des conséquences du changement. Et ce faisant, ils anesthésient et étouffent toute réflexion adaptée à la nouvelle situation.

S’accrochant de toute leur volonté à la solution d’hier, les soutiens de la “solution à deux États” répondent agressivement à quiconque essaie de remettre en question leur foi irrationnelle en un miracle. C’est la manière de faire classique pour les croyance religieuses, quasiment messianiques : malheur à qui essaie de les mettre en doute. Et c’est ainsi qu’ils se conduisent actuellement envers A.B. Yehoshua, qui a proposé une solution typiquement dans le bon vieux style israélien à la situation nouvelle [2].

Yehoshua a proposé d’accorder un statut de résident permanent à des Palestiniens qui vivent dans la “zone C” [de la Cisjordanie occupée], sous contrôle israélien total. C’est trop étriqué, trop nationaliste et trop discriminatoire. Yehoshua croit encore en la supériorité des Juifs, dans des accords intérimaires et dans les petits pas au-dessus des abysses. Mais, contrairement aux tenants de la “solution à deux États”, au moins a-t-il le courage et l’intégrité de reconnaître la nouvelle réalité et d’essayer d’y offrir des solutions. Et cela seul suffit pour qu’il soit considéré comme un hérétique par ses pairs.

En effet, la solution d’un seul État démocratique est une hérésie au regard de toutes les croyances dans lesquelles nous avons été élevés. Elle nous impose de tout repenser : repenser le sionisme et tous les privilèges qui ne sont accordés qu’à un seul peuple. C’est ici que commence une longue et pénible route. Mais c’est la seule qui nous reste encore ouverte.

Cette route conduit à l’une des deux destinations : un État d’apartheid ou un État démocratique. Il n’y a pas de troisième option. Le discours croissant de l’annexion et les loi anti-démocratiques adoptées à la hâte démontrent qu’Israël est en train de jeter les bases idéologiques et légales pour mettre en œuvre la première option, un État d’apartheid.

Le combat contre cela doit se concentrer sur la seconde option : l’État démocratique. Ceux qui continuent à jacasser à propos des deux États sabotent cet effort.

Un rappel : la “solution à un État” existe depuis déjà longtemps. Au cours de l’année qui commence aujourd’hui, on va célébrer le 50ème anniversaire de sa fondation. Le moment est venu de lancer une bataille à propos de la nature de son régime.

Gideon Levy                           


Cet article a été publié par Haaretz le 1er janvier 2017 sous le titre “The Two-state Solution Is Already Dead”. Traduction : Luc Delval

Gideon Levy, “le journaliste le plus haï d’Israël”, est un chroniqueur et membre du comité de rédaction du quotidien Haaretz.
Il a obtenu le prix Euro-Med Journalist en 2008, le prix Leipzig Freedom en 2001, le prix Israeli Journalists’ Union en 1997, et le prix de l’Association of Human Rights in Israel en 1996. Il est l’auteur du livre The Punishment of Gaza, qui a été traduit en français : Gaza, articles pour Haaretz, 2006-2009, La Fabrique, 2009

 

[1] Cette affirmation est hautement contestable, si on veut bien de rappeler que les “accord d’Oslo” – s’ils avaient pu être concrétisés – n’ouvraient d’autre perspective en guise de « rêve national » que de permettre à environ un tiers du peuple palestinien, qui vit dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, et d’avoir un État dépouillé entre autres attributs étatiques essentiels de la maîtrise de ses frontières et du droit d’avoir une armée, sur rien de plus que 22% de la superficie de la Palestine historique, sur lesquels Israël aurait stationné pour au moins 50 ans des troupes. Le “droit au retour” des réfugiés, consacré par le droit international, est pratiquement ignoré par cette “solution idéale”. Qui plus est elle n’aurait apporté aucune solution en ce qui concerne le statut de citoyens de troisième catégorie (les deux premières étant les Juifs blancs, et la seconde les autres Juifs) des Palestiniens d’Israël et l’apartheid qui existe déjà de facto à l’intérieur d’Israël et est inscrit dans un nombre croissant de ses lois. Consultez notre “dossier Oslo”.
Il y a trois ans déjà nous avons publié un article d’un professeur de sciences politique de l’Université de Pennsylvanie : “La chimérique solution à deux États est moribonde”. L’agonie est longue, mais son issue n’en est pas moins inéluctable. – NDLR

[2] Le romancier A.B. Yehoshua (80 ans) a proposé d’ “accorder” – en usant du droit divin de l’occupant – un statut de “résident israélien” à 100.000 Palestiniens. Il ne s’agit en aucun cas d’une réelle citoyenneté, l’objet n’étant de l’aveu même du romancier que de réduire la “malignité” de l’occupation, de manière à ce qu’elle puisse mieux se poursuivre. – NDLR

SOURCE

Un Etat

La poursuite des massacres, de l'apartheid, des punitions collectives, de l'incarcération d'un peuple entier, après plus de 62 ans d'occupation nous amènent à arrêter de réfléchir à une solution caduque, pour agir dans le sens de l'éthique et de la justice, sans lesquelles la Paix n'est pas possible.

https://unetat.wordpress.com

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The One State Declaration

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#EndGazaSiege

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20 décembre 2016

Des massacres sionistes « exemplaires » : de Majd al-Kroum (1948) à Kfar Qassim (1956)

 

Des massacres sionistes « exemplaires » : de Majd al-Kroum (1948) à Kfar Qassim (1956)


L’histoire de l’entité coloniale sioniste est pavée par les massacres des Palestiniens et autres Arabes du Liban, d’Egypte, de Jordanie ou de Syrie. Mesurer la portée de ces massacres sur les survivants est important, non seulement pour reconstruire une histoire à une voix, celle des survivants, mais aussi et surtout pour empêcher une solution basée sur la négation, l’oubli, la négligence ou la minimisation du caractère foncièrement criminel de l’entité coloniale, fondée sur la terre volée de la Palestine. Rappeler les faits, tels que décrits par les survivants, ou mentionnés dans les archives sionistes que des chercheurs palestiniens décortiquent, sert avant tout à balayer les allégations sionistes qui, bien que reconnaissant certains massacres, les justifient par l’état de guerre, état qui aurait permis des « dérives » car les sionistes, sous forme de bandes armées de colons débarquant d’Europe, ou sous forme d’une armée ayant regroupé en son sein ces bandes de colons, auraient été, d’après toute une littérature coloniale et post-coloniale, européenne ou occidentale, de gentils fermiers animés par l’enthousiasme des pionniers colonisateurs des terres « vierges » et « en friche » mais menacés par des sauvages autochtones ».

Ces pionniers colons n’ont jamais été pacifiques, ni par le passé dans al-Jalil, ni à présent dans les territoires occupés de la Cisjordanie. Ils sont venus pour s’emparer, par la force, des terres et du pays qui ne leur appartiennent pas, mais que la communauté internationale de l’époque, ou d’aujourd’hui, de gré ou de force, leur a accordé le droit de s’y installer. Armés jusqu’aux dents, hier comme aujourd’hui, hier par les occupants britanniques et les tchèques, aujourd’hui par les Etats-Unis et l’Europe, ils ont mené et mènent encore aujourd’hui une politique systématique de destruction de la Palestine, sur les plans démographique (nettoyage ethnique), sociologique, politique, religieux, culturel et civilisationnel (judaïsation d’une terre arabo-musulmane, à partir de mythes bibliques et d’une histoire forgée par l’occident colonisateur).

Le massacre commis à Majd al-Kroum se situe dans le cadre de l’opération Hiram, menée par l’armée sioniste en octobre 1948. La « menace » arabe n’existait plus, il s’agissait pour les sionistes de poursuivre leur occupation et par conséquent, le nettoyage tehnico-religieux de la région d’al-Jalil. Des dizaines de villages côtiers avaient déjà été détruits au début de 1948 et leur population expulsée. Le 29 octobre 1948, l’armée de secours arabe, qui était basée à Majd al-Kroum, rassemble la population pour lui annoncer son départ, et lui demande de ne pas abandonner le village, mais de rester pour ne pas tout perdre. Selon l’historien Adil Manna, qui reprend dans son dernier ouvrage l’histoire des Palestiniens demeurés en Palestine, après la Nakba, la même demande avait été faite par les volontaires arabes, à la population de Nasra, avant leur retrait de Palestine. Le 30 octobre, une unité de l’armée sioniste, l’unité 123, pénètre à Majd al-Kroum, qui remet les armes et accepte la reddition. Une centaine de personnes est réquisitionnée par l’armée d’occupation pour nettoyer et dégager les routes environnantes, ordre accepté par les Palestiniens en signe de soumission. Au moment où le village de Majd al-Kroum remettait les armes et signait sa défaite, l’armée sioniste commettait des massacres dans des villages avoisinants et expulsait ses habitants, comme dans le village de Ba’na, où l’armée de l’occupation a exécuté 4 de ses habitants avant d’expulser les autres vers le Liban, dans les villages de Aylaboun, al-Rama, et a commis le massacre de la population des Arabes d’al-Mawassi, le 1er novembre 1948, tuant de sang-froid, après arrestation, de 12 Palestiniens, dont des enfants. C’est également vers cette période (fin octobre, début novembre) que les villages de la région de Safad furent décimés, comme celui d’al-Safsaf, victime d’un horrible massacre accompagné de viol.

A la veille du massacre commis dans Majd al-Kroum, ce village comptait 2000 habitants auxquels se sont ajoutés des réfugiés d’autres villages décimés. Bien que le village ait été « pacifié » et soumis, une unité de l’armée d’occupation y pénètre le 5 novembre, et impose le couvre-feu. Elle ordonne à la population de se réunir dans la place al-Ayn, la principale place du village. Elle réclame que les armes soient remis, mais le maire explique que toutes les armes avaient déjà été remises le 29 octobre. L’officier sioniste insiste et déclare qu’il compte exécuter, toutes les demi-heure un jeune du village, si les armes ne sont pas remises. Les soldats de l’occupation fouillent les maisons pendant ce temps. 5 Palestiniens furent ainsi exécutés, des réfugiés ou des jeunes du village. Deux autres jeunes sont exécutés, alors qu’ils étaient en route vers le village, deux femmes également, lors des fouilles. Le massacre ne s’arrête que parce qu’un officier sioniste arrive sur les lieux et affirme que le village avait été déjà « pacifié ».

De Majd al-Kroum à Kfar Qassem, la liste des massacres commis par les sionistes pour fonder l’entité coloniale, est horriblement longue. A Kfar Qassem, à la veille de la guerre tripartite menée par la Grande-Bretagne, la France et l’entité sioniste contre l’Egypte de Nasser, un couvre-feu est imposé le 29 octobre 1956, alors qu’une partie de la population travaille hors du village. A son retour, l’armée sioniste embusquée tire : 49 Palestiniens, hommes, femmes et enfants sont froidement massacrés. Non seulement l’entité coloniale a remercié les assassins ayant donné l’ordre de tirer et ceux qui ont froidement exécuté des Palestiniens désarmés, c’est la commémoration même du massacre par les survivants qui gêne à présent les colonisateurs, qui cherchent à l’interdire depuis quelques années.

Après le 15 mai 1948, date de la fondation officielle de la colonie sioniste, ce ne sont plus des bandes armées anarchiques qui commettent des massacres contre les Palestiniens, emportés par leur enthousiasme colonial, mais bien une armée fortement équipée et soutenue par l’occident impérialiste et l’Europe soviétique, qui assassine et exécute froidement les Palestiniens, en vue d’expulser un peuple hors de sa patrie. Le processus est toujours en cours, les colons envahisseurs qui dévastent aujourd’hui al-Quds et la Cisjordanie portent la même idéologie de ceux qui ont jadis dévasté al-Jalil au nord, al-Naqab au sud et toute la zone intermédiaire, dont les villes côtières de la Palestine  et l’armée qui a jadis commis les massacres dans al-Jalil, dans la région de Safad et dans Kfar Qassem, commet aujourd’hui des massacres dans al-Quds, dans la bande de Gaza, à Jénine ou al-Khalil. La seule différence gît dans la légalisation par l’ONU et la « communauté internationale » des crimes commis par les premiers, sous le prétexte fallacieux de donner une terre à « un peuple sans terre ».

Le rapport de forces militaires ou le déséquilibre stratégique ne saurait travestir les données ni être la base pour des solutions au conflit. L’histoire nous apprend qu’ils peuvent être renversés, sinon modifiés.

Fadwa Nassar
Mercredi, 07 Décembre 2016

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28 novembre 2016

La procureure de La Haye met à jour l’enquête sur les crimes de guerre en Palestine

La procureure de La Haye met à jour l’enquête sur les crimes de guerre en Palestine

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Le bureau de la procureure [Madame Fatou Bensouda, ndt] de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye vient de publier un rapport (1) sur les activités menées en 2016 en matière d’examen préliminaire sur d’éventuels crimes de guerre, dont des allégations contre Israël. La Palestine est l’une des 10 situations que la cour examine en ce moment. Un examen préliminaire est la première démarche dans le processus de la cour pour décider d’ouvrir ou non une enquête approfondie qui pourrait conduire à des inculpations et des poursuites.

La procureure de La Haye met à jour l’enquête sur les crimes de guerre en Palestine

Eté 2014, l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa, à Gaza, bombardé par l’armée israélienne
Toutes les parties – le gouvernement israélien et les groupes armés palestiniens – ont été accusées de crimes de guerre et tout acte commis après le 13 juin 2014 est sujet à examen. Cela inclut l’attaque de l’été 2014 d’Israël sur Gaza qui a fait plus de 2.200 morts palestiniens.

C’est le deuxième rapport de la procureure de la CPI depuis qu’elle a ouvert l’examen préliminaire sur la situation en Palestine, en janvier 2015.

Il tombe au moment où le tribunal est confronté à la plus grave crise de crédibilité et de confiance depuis qu’il a été fondé en 1998. Ces dernières semaines, l’Afrique du Sud, la Gambie et le Burundi ont annoncé leur intention de se retirer. Les Etats membres africains ont longtemps accusé le tribunal de partialité : la grande majorité de ses enquêtes et affaires concernent des pays africains.

Considérant que certains examens préliminaires peuvent durer jusqu’à 12 ans avant que la CPI décide d’ouvrir ou non une enquête, celui relatif à la Palestine est pourtant relativement nouveau.

Les rapports annuels sont les seules mises à jour officielles de la CPI sur ses affaires, et ils ne contiennent aucune suggestion qui indique vers quel côté pencherait le bureau de la procureure : ils établissent prudemment des faits et des allégations.

Toutefois, il est intéressant de noter des changements par rapport au rapport de l’an dernier - ils suggèrent que tout en rassemblant des faits, le bureau de la procureure établit une image plus complète des événements.

Cette année, elle signale qu’elle a reçu au total 86 communications, contre 66 l’année dernière, et elle dit qu’elle suit de près les développements actuels en Palestine. Le bureau a créé une base de données de 3.000 crimes et incidents allégués survenus pendant la guerre de 2014 à Gaza pour l’aider à analyser les modèles d’attaques.

L’Autorité palestinienne envoie au tribunal des rapports mensuels sur les crimes en cours.

Ci-dessous quelques-uns des changements notables dans le rapport 2016 de la procureure de la CPI, depuis l’an dernier :

- La procureure affirme maintenant qu’ « on peut arguer qu’Israël reste une puissance occupante » à Gaza. Elle n’a pas utilisé cette terminologie dans le rapport de l’année dernière, mais elle note qu’ « il s’agit d’un point de vue déjà adopté par le bureau dans le cadre de l’examen préliminaire de la situation déférée par le Gouvernement de l’Union des Comores » sur l’attaque de 2010 d’Israël contre la flottille de Gaza. Israël a insisté sur le fait qu’il a mis fin à l’occupation de la Bande de Gaza lorsqu’il a retiré ses colons et ses soldats du territoire en 2005.

- La procureure se réfère maintenant aux élections palestiniennes de janvier 2006, dans lesquelles le Hamas a battu le Fatah de l’Autorité palestinienne, comme le déclencheur d’ « hostilités périodiques » entre Israël et des groupes à Gaza, dont le Hamas. En 2015, la procureure suggérait qu’Israël a déclaré Gaza « territoire hostile » en « réponse à l’augmentation d’attaques de roquettes. » Le rapport 2016 ne fait aucune mention de Gaza comme d’un « territoire hostile », un terme inventé par Israël pour justifier ses attaques militaires sur Gaza et pour nier sa responsabilité vis-à-vis du territoire en tant que puissance occupante, en vertu du droit international.

- La procureure ne fait plus référence au kidnapping et au meurtre de trois adolescents israéliens en juin 2014 en Cisjordanie comme événement précurseur à l’offensive d’Israël contre Gaza le mois suivant.

- La procureure stipule maintenant que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies et la Cour pénale internationale considèrent que l’annexion par Israël de Jérusalem-Est est une violation du droit international. Le rapport de l’an dernier mentionnait l’annexion de la ville par Israël, mais sans noter qu’elle est considérée comme illégitime par les instances internationales.

- Le rapport de cette année comporte des allégations d’utilisation présumée de boucliers humains par les groupes palestiniens en lançant des attaques à proximité de zones civiles, dont des hôpitaux, des écoles, des hôtels et des édifices religieux. Le rapport déclare : « Ces groupes auraient ainsi agi dans le but de couvrir leurs opérations militaires et de préserver leurs ressources contre toute attaque. » En 2015, la procureure déclarait simplement que des groupes palestiniens auraient lancé des attaques depuis des bâtiments civils. Des critiques ont averti que la logique de « boucliers humains » peut dédommager les agresseurs faisant la guerre dans des centres urbains densément peuplés. Dans leur livre The Human Right to Dominate, les chercheurs Neve Gordon et Nicola Perugini établissent que le terme de « boucliers humains » est entré dans le langage israélien autour de 2006 et a depuis été utilisé comme une « justification légale et éthique de la nécessité militaire » au Liban et à Gaza.

- La procureure fournit davantage de détails sur les allégations contre l’armée israélienne à Gaza. Ceux-ci comprennent des attaques contre des civils en fuite, des immeubles résidentiels, des installations médicales, six écoles gérées par l’agence onusienne pour les réfugiés UNRWA, ainsi que sur des infrastructures civiles, y compris des installations d’eau et d’assainissement, des centrales électriques, des champs agricoles, des moquées et des établissements d’enseignement.

- Le rapport de cette année s’étend sur les activités de colonisation du gouvernement israélien en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est. Il indique qu’en plus de l’expansion d’infrastructures coloniales, le gouvernement israélien exerce une « discrimination dans le cadre de l’utilisation de l’infrastructure et des ressources de base comme l’eau, les terrains, les pâturages et le marché. »

- La procureure ajoute que selon les données israéliennes officielles, le gouvernement israélien a déclaré en 2015 plus de 15.000 acres (6100 ha) de terres de Cisjordanie « propriétés de l’Etat ». En outre, entre Janvier et Août 2016, les autorités israéliennes ont prévu 2.623 nouveaux logements coloniaux en Cisjordanie , y compris à Jérusalem-Est, dont 756 permis rétroactifs concernant des colonies non autorisées. Ceci en plus des 591 bâtiments commencés en 2015 et 760 projets réalisés ailleurs en Cisjordanie .

- Le rapport de cette année note l’escalade de violence entre Palestiniens et Israël depuis octobre 2015, dont des allégations d’attaques violentes par des Palestiniens et « des exécutions illégales et/ou l’usage excessif de la force par les forces israéliennes à l’encontre des Palestiniens. »

Des groupes de défense des droits de l’homme travaillant avec la procureure sur l’examen préliminaire, dont Al-Haq et le Centre Al-Mezan pour les droits de l’homme ont été visés par des menaces de mort et du harcèlement au cours de l’année dernière.

La procureure reconnaît ces faits dans le dernier rapport et réaffirme que la cour travaille avec les autorités néerlandaises pour faire face à la situation.


(1) Cour Pénale Internationale – Le Bureau du Procureur - Rapport sur les activités menées en 2016 en matière d’examen préliminaire , 14 novembre 2016, pp. 25-33.



Source : The Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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Feux au sionisme.

Des feux de forêt en Palestine (appelée aussi ‘Israël’)

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Plus de 200 feux de forêt font rage en Palestine (maintenant renommée l’Etat juif d’Israël, y compris ses territoires palestiniens occupés). Plusieurs pays aident à éteindre les incendies, dont quatre équipes de pompiers palestiniens (personne n’a aidé Gaza lorsqu’elle était sous un déluge de bombes incendiaires au phosphore blanc). Mais le gouvernement fasciste raciste d’ « Israël » accuse les Palestiniens pour les incendies ! Même quelques Israéliens décents ont fait remarquer que des incendies ont éclaté dans toute l’Asie de l’Ouest (alias le « Moyen-Orient »).

Des feux de forêt en Palestine (appelée aussi ‘Israël’)

Voir la carte publiée par un site israélien sur la localisation des feux dans la région, au Liban, en Syrie et en Turquie

C’est peut-être une coïncidence ou autre, juste après que le criminel de guerre Netanyahou accusait les Palestiniens, de nouveaux incendies ont éclaté près de communautés palestiniennes. Si vous voulez vraiment savoir qui il faut accuser pour le désastre, c’est clairement le sionisme, comme je l’ai écrit dans de nombreux articles et livres auparavant.

En 1901 au Congrès sioniste mondial et malgré les objections des juifs lucides, un Fonds national juif (Keren Keyemet Li’Israël, ou KKL) a été créé pour promouvoir « la colonisation juive » (les termes utilisés) de la Palestine. L’une des missions était de recueillir de l’argent et ils ont eu recours à l’astuce d’une collecte d’argent pour des arbres. Ils ont bien sûr planté des arbres mais ce fut les hautement inflammables pins européens.

Après 1948-1949, lorsque quelques 500 villes et villages palestiniens furent dépeuplés, leurs terres (plantées de figuiers, d’amandiers, d’oliviers et autres arbres) ont été rasées et à nouveau, des résineux et des pins inflammables furent plantés. La même chose est arrivée après 1967 lorsque ici les villages palestiniens ont été démolis et leurs terres plantées avec les mêmes pins européens, l’un de ces villages est Imwas (le biblique Emmous), dont vous verrez des photos avant et après ici.

Le choix des pins européens était motivé pour les raisons suivantes :
- ils poussent rapidement
- ils donnent un aspect européen à un paysage « arabe »
- leurs aiguilles sur le sol le rendent acide et empêche la pousse ou la repousse des arbres endogènes.

Photo



Le KKL se vante d’avoir planté, au total, 240 millions de pins. Le pin résineux est comme le pétrole et brûle avec férocité. Ce ne fut pas la seule décision environnementale catastrophique prise par le mouvement sioniste en Palestine. Il y eut également le drainage des marais de Hula, le détournement des eaux du Jourdain, et maintenant le canal Mer rouge-Mer morte.

D’un point de vue écologique, les incendies en cours sont mortels pour toutes les créatures vivantes, quelles que soient leurs origines, et ils s’étendent aux quelques forêts indigènes et aux habitations humaines (juives, chrétiennes, musulmanes, athées sans distinction).

Nous, écologistes (palestiniens et israéliens) avons depuis longtemps averti des conséquences catastrophiques des décisions aux motivations politiques guidées par l’idéologie colonialiste, dévastatrices pour les animaux et plantes indigènes. Ainsi ici nous sommes les Palestiniens indigènes restants, regardant nos terres partant en fumée, et accusés du désastre. Ceci n’est pas inhabituel et nous sommes les victimes d’autres depuis longtemps. Nous avons même payé le prix de ce qui s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale (par des Européens contre leurs compagnons européens). Je pense maintenant que si une météorite touche la terre, nous Palestiniens paierons également un prix disproportionné. 7 millions d’entre nous sont des réfugiés ou des personnes déplacées.

Au Musée palestinien d’histoire naturelle et à l’Institut palestinien de la biodiversité et du développement durable (http://palestinenature.org), nous exhortons à la protection de notre nature. L’écologie est une priorité pour tout humain respectueux, y compris la protection de la biodiversité (et la diversité humaine).

A ce lien ma présentation à Paris.

Restons humains et venez nous voir.

Mazin Qumsiyeh
A bedouin in cyberspace, a villager at home
Professor and (volunteer) Director
Palestine Museum of Natural History
Palestine Institute of Biodiversity and Sustainability
Bethlehem University
Occupied Palestine
http://qumsiyeh.org
http://palestinenature.org

Traduction : MR plour ISM

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La Palestine vient de perdre l’un de ses plus vieux et proches amis

La Palestine vient de perdre l’un de ses plus vieux et proches amis, avec la disparition de l’ancien président et dirigeant de la révolution communiste de Cuba, Fidel Castro. Peu de chefs d’État, à l’exception de feu le dirigeant sud-africain Nelson Mandela, ont témoigné un soutien aussi marqué et indéfectible au peuple palestinien tout au long de ses dizaines d’années de lutte en faveur de la justice.

Fidel Castro en compagnie du dirigeant palestinien Yasser Arafat à Cuba, en décembre 1974 [image : The Arafat Foundation]

Castro avait reçu le dirigeant de l’OLP Yasser Arafat en 1974, montrant ainsi clairement au reste du monde que sa loyauté et son soutien allaient au peuple palestinien. Il avait salué et embrassé le chef palestinien à La Havane comme un vieil ami et avait tendu la main de l’amitié à un peuple et à une cause qui était loin d’être aussi populaire qu’elle ne l’est de nos jours. Arafat et Castro allaient se rencontrer à nouveau en 1994, lors de l’accession officielle à la présidence de l’Afrique du Sud de leur ami commun, Nelson Mandela.

Un an avant cette rencontre historique avec Arafat, les relations entre Cuba et Tel-Aviv s’étaient gravement détériorées en réaction à la guerre arabo-israélienne de 1973, au cours de laquelle Castro avait rompu les relations diplomatiques avec Israël. Les partisans de l’État sioniste, y compris le sénateur du Texas, Ted Cruz, ont été furieux lorsque, l’an dernier, le président américain Barack Obama a annoncé la reprise des relations avec Cuba et la réouverture de l’ambassade des États-Unis à La Havane. Cruz a décrit la chose comme une « gifle à la face » d’Israël.

En juin 2010, Castro affirmait une nouvelle fois son mépris à l’égard d’Israël en disant, suite à la toute dernière agression brutale de ce dernier contre les Palestiniens de Gaza, que la svastika (croix gammée) était devenue son drapeau national. L’ancien président cubain avait fait une comparaison avec l’Allemagne nazie après avoir déclaré qu’il était évident qu’Israël « n’hésiterait pas » à envoyer le million et demi de Palestiniens de Gaza dans des « fours crématoires ».

« La haine de l’État d’Israël à l’égard des Palestiniens est telle qu’il n’hésiterait pas à envoyer 1,5 million d’hommes, de femmes et d’enfants dans les fours crématoires dans lesquels des millions de juifs de tous âges ont été brûlés », avait déclaré Castro à l’adresse des médias locaux. Sa colère s’était déversée sur les diverses offensives militaires israéliennes contre Gaza et contre la flottille d’aide dirigée par le Mavi Marmara et en route pour Gaza, opération au cours de laquelle dix militants pour la paix avaient été abattus dans les eaux internationales par des commandos israéliens.

Voici deux ans, Castro avait également signé un manifeste international « de soutien à la Palestine » qui demandait à Israël de respecter les résolutions de l’ONU et de mettre un terme à son occupation militaire de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est. Le document, rédigé par un groupe d’intellectuels et d’hommes politiques, était intitulé « En guise de défense de la Palestine ». Le président bolivien Evo Morales, l’artiste argentin et lauréat du prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel, la chorégraphe cubaine Alicia Alonso et la femme de lettres américaine Alice Walker faisaient partie des éminents signataires du manifeste, qui allait être diffusé par le Réseau en Défense de l’Humanité. Ce manifeste invitait instamment les gouvernements du monde entier à exiger qu’Israël respecte la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à la suite de la guerre des Six-Jours de 1967 et qui disait qu’Israël devait se retirer des territoires qu’il avait occupés au cours du conflit.

La plupart des avis de décès publiés dans les médias traditionnels ne s’attarderont sans doute pas sur les critiques formulées par Castro à l’encontre d’Israël ni sur son soutien aux Palestiniens – sans doute même les ignoreront-ils – en préférant se concentrer sur les événements de 1962, c’est-à-dire sur ce qu’on a appelé la crise des missiles de Cuba. À l’époque, Castro avait approuvé une requête du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev en vue d’installer à Cuba même des missiles nucléaires à moyenne portée.

L’affaire avait été portée à l’attention des renseignements américains par l’espion-diplomate Nir Baruch, de l’ambassade d’Israël à La Havane, et avait été confirmée par des photographies prises par des avions espions américains. Le président John F. Kennedy avait imposé un blocus naval de l’île et les missiles avaient été retirés en échange d’une promesse des États-Unis de ne pas envahir et occuper Cuba dans le futur. L’accord n’empêcha pas Washington d’appliquer des sanctions contre Cuba durant les cinquante années qui allaient suivre.

Castro était tombé malade en 2006 alors qu’il subissait une opération destinée à lui enlever une tumeur et il avait transmis les rênes du pouvoir à son frère cadet Raúl. En 2008, ce transfert avait été définitif et Raúl était devenu président. En 2011, Castro s’était retiré officiellement de la politique, tout en restant actif jusqu’à la fin dans son soutien au peuple palestinien.

La Palestine a perdu un grand ami et Cuba a perdu un grand dirigeant révolutionnaire. Nous ne sommes sans doute pas près de voir apparaître à nouveau des gens de la trempe de Fidel Castro.


Publié le 26 novembre 2016 sur Middle East Monitor
Traduction : Jean-Marie Flémal

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Samidoun salue chez Castro toute une existence consacrée à la lutte révolutionnaire, de Cuba à la Palestine

À l’occasion du décès de Fidel Castro ce vendredi 25 novembre 2016, Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network rend hommage à son existence vouée tout entière à la lutte et à la révolution. Toute sa vie, Castro a été un symbole actif de la lutte révolutionnaire en faveur des peuples de Cuba, de l’Amérique latine et du monde entier.

fidelÉtudiant en droit et plus tard avocat lui-même, Fidel est devenu un communiste et un anti-impérialiste, engagé dans la lutte contre le rôle de l’impérialisme américain dans les Caraïbes et dans toute l’Amérique latine, et contre les gouvernements de droite soutenus ou imposés par ce même impérialisme américain. Il fut emprisonné à Cuba en tant que prisonnier politique pour son implication et sa lutte révolutionnaires et, après sa libération, il fut l’un des fondateurs du Mouvement du 26 juillet, l’organisation qui allait mettre sur pied la Révolution cubaine et venir à bout en 1959 du dictateur Fulgencio Batista soutenu par les États-Unis. Son discours, lors de son procès, « L’Histoire m’acquittera », défendait le droit à la révolution populaire, comme il l’affirmait en guise de défi : « Mais je ne crains pas la prison, pas plus que je ne crains la colère du misérable tyran qui a pris la vie de 70 de mes camarades. Condamnez-moi. Cela n’a aucune importance. L’Histoire m’acquittera. »

Castro ne cessa jamais d’appliquer le principe fort de l’internationalisme, avec une attention toute particulière pour la mise sur pied du soutien et de la solidarité avec les luttes révolutionnaires et anti-coloniales des peuples de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine, y compris du peuple palestinien. Il encouragea expressément les actions visant à « mettre un terme au génocide actuellement en cours contre le peuple palestinien sous les regards ébahis et passifs du monde ». En 1975, Cuba fit partie des pays qui soutinrent la Résolution 3379 de l’ONU dénonçant la nature raciste du sionisme. Pour reprendre les termes de la déclaration cubaine de l’époque, la situation « ne laisse planer aucun doute sur les origines impérialistes et la structure raciste identiques du régime sioniste israélien qui occupe la Palestine et de celui qui exploite les masses noires de l’Afrique du Sud ».

Texte photo : « Vive l’amitié entre les peuples palestinien et cubain. »

Castro n’était pas le seul à défendre ce point de vue. En fait, il a fini par symboliser la solidarité latino-américaine avec la Palestine, solidarité qui s’est poursuivie par le biais de mouvements populaires à travers tout le continent de même que via les positions de principe de pays comme le Venezuela et la Bolivie en rejetant tout lien avec l’État israélien et en défendant les droits et la lutte du peuple palestinien. Bien sûr, cette solidarité ne se limitait pas à la Palestine. Castro – et le gouvernement cubain qu’il dirigeait – est sans doute surtout connu pour sa solidarité internationale avec les mouvements des peuples africains contre l’apartheid et l’impérialisme et son engagement en faveur de la solidarité avec les soins de santé au niveau international. Castro s’est également employé à bâtir des liens avec les peuples opprimés et les mouvements sociaux au sein même des nations impérialistes, y compris les mouvements révolutionnaires noirs aux États-Unis. Durant toute son existence en tant que leader de la Révolution cubaine, que Premier ministre et par la suite président de Cuba, puis enfin comme symbole permanent de la lutte, Castro n’a pas cessé un seul instant de s’opposer au capitalisme et à l’impérialisme en compagnie des peuples en lutte, tant de Cuba que du reste du monde.

En 2014, en réponse à l’agression israélienne contre Gaza, Castro rédigea un message qui fut entendu du monde entier et qui disait qu’« une forme nouvelle et dégoûtante de fascisme fait son apparition en ce moment dans l’histoire de l’humanité (…) Pourquoi ce gouvernement [israélien] croit-il que le monde sera insensible au génocide macabre perpétré actuellement contre le peuple palestinien ? Peut-être s’attend-on à ce que la complicité de l’empire américain dans cet ignoble massacre soit ignorée ? »

fidel-malcolm

Fidel et Malcolm X

Les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, et tout particulièrement les prisonniers de gauche du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient organiser dans les prisons mêmes des hommages à la mémoire de Fidel Castro afin de rappeler l’héritage qu’il a laissé sur le plan de la lutte révolutionnaire et de l’engagement internationaliste. Samidoun s’associe à ces prisonniers ainsi qu’aux peuples du monde en lutte, pour déplorer la perte d’un grand combattant de la libération, pour saluer ses réalisations historiques et celles du peuple cubain et pour s’engager à poursuivre la voie menant à la victoire et à la libération.


 

Publié sur Samidoun le 26 novembre 2016
Traduction : Jean-Marie Flémal

Le FPLP pleure et salue le camarade Fidel Castro, une inspiration révolutionnaire pour le monde

Par

26.11.2016 - Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine présente ses condoléances au peuple cubain, au peuple palestinien et aux mouvements révolutionnaires du monde pour la perte de l’ancien premier ministre et le président de Cuba et dirigeant révolutionnaire international historique, le camarade Fidel Castro Ruz, le vendredi 25 novembre 2016.

L'engagement internationaliste révolutionnaire de Castro dans la lutte contre l’impérialisme et le capitalisme – manifeste dans la victoire révolutionnaire contre l’impérialisme américain – et son régime fantoche de Batista lors de la révolution cubaine de 1959, a toujours été au côté des peuples opprimés du monde dans leur confrontation de l’impérialisme, le sionisme, le racisme et le capitalisme. Tout au long de sa vie, Fidel a été un partisan et un exemple de lutte révolutionnaire en Amérique latine, au Venezuela, en Bolivie, au Nicaragua, au Salvador et sur tout le continent. De l’Angola à l’Afrique du Sud, de la Palestine au Mozambique, de la Bolivie au Salvador, l’héritage de Castro de solidarité internationale révolutionnaire et de lutte continue de servir d’exemple dans la pratique qui transcende les frontières vers la révolution, la démocratie et le socialisme.

À une époque où le monde est témoin de la domination massive des puissances impérialistes, il est particulièrement crucial en ce moment de chérir et d’apprendre de l’héritage et de la réalité de la révolution cubaine et de sa défaite persistant de l’impérialisme américain. La victoire de la révolution cubaine était une victoire qui est venue par la lutte armée, une victoire qui appartenait au peuple tout entier. Fidel et ses camarades ont mobilisé des ouvriers et des paysans pour se battre ensemble et s’assurer la victoire de leur révolution, non seulement au moment de leur triomphe en 1959, mais dans les décennies à venir. Malgré toutes les contradictions, la révolution cubaine est restée un exemple de la nationalisation de la production, de la répartition des richesses et de la construction d’un système exceptionnel de gratuité de l’enseignement et de la santé.

Photo

Tout au long de la vie de Castro et tout au long de l’histoire de la révolution cubaine, le soutien pour le mouvement de libération nationale du peuple palestinien et pour la révolution palestinienne a été essentiel dans son approche anti-impérialiste qui mettait au centre la construction d’alliances révolutionnaires entre les forces progressistes et les peuples en lutte du monde. Le peuple palestinien et le peuple cubain ont été ensemble à tous les niveaux, dans la confrontation avec l’impérialisme et ses forces, de l’Amérique latine à l’Afrique et le monde arabe. Dans l’alliance tricontinentale et le mouvement des non-alignés, Cuba a été avec les Palestiniens et leur mouvement de libération dans toutes les facettes de la lutte internationale, construisant une alliance révolutionnaire pour le mouvement collectif contre l’impérialisme, le colonialisme et sa manifestation particulière en Palestine, le sionisme. Le sionisme a été une arme clé de l’oppression raciste, un fait reconnu par Fidel Castro et par le peuple et l’Etat cubains. Cette unité populaire n’a pas disparu au cours des années ; alors que l’artillerie sioniste pilonnait Gaza en 2014, Castro a violemment dénoncé ce « fascisme répugnant » contre le peuple palestinien. Des dizaines d’étudiants palestiniens continuent à étudier à Cuba aujourd'hui par le biais de son programme de bourses de longue durée.

Alors que nous prenons date de la disparition de Fidel Castro, nous nous souvenons également de ses camarades : Che Guevara, Celia Sanchez, Camilo Cienfuegos, Haydee Santamaria et de nombreux autres qui ont lutté pour créer un nouveau Cuba et construire une société révolutionnaire. Ce moment est non seulement un moment de deuil et de mémoire, mais aussi le moment de faire revivre nos idées révolutionnaires, pour la victoire pour la Palestine, vers la démocratie et le socialisme.

« Une révolution est une lutte à mort entre le futur et le passé, » disait Fidel Castro. Tout au long de sa vie, il a combattu inlassablement pour réaliser cet avenir. Ce moment nous appelle à intensifier, examiner et développer notre révolution palestinienne, arabe et internationale pour vaincre l’impérialisme et le sionisme et lutter pour un avenir de libération, de justice, de démocratie et de socialisme.

Source : PFLP

Traduction : André Comte

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19 novembre 2016

Les mouvements antisionistes: Du parti communiste à Matzpen

Les mouvements antisionistes: Du parti communiste à Matzpen

(Peinture de Sliman Mansour, 1976.)


Par Antoine Chalhat, dans Assafir de novembre 2016

Il est possible d’affirmer que l’action antisioniste au sein de la société juive, lancée par des groupes ou des individus après la création de l’État d’Israël en 1948, s’est articulée autour du Parti communiste israélien (Rakah), héritier du Parti communiste palestinien et véritable nerf du mouvement de libération nationale antérieur à la Nakba (« la catastrophe », l’exode palestinien de 1948). Cette action s’est largement inspirée des positions idéologiques du parti, lesquelles ont subi, à leur tour, l’influence écrasante des positions de l’Union soviétique. Au dire d’Issam Makhoul, l’un des leaders actuels du parti et qui en assume de plus en plus le rôle de « théoricien », l’impérialisme britannique et le mouvement sioniste ont dépeint le conflit en Palestine comme opposant les Juifs aux Arabes, alors que les communistes y voient un conflit avec l’impérialisme et son agent, le sionisme. La cause palestinienne aurait ainsi constitué une bataille de libération nationale, que l’impérialisme britannique a voulu contrecarrer en ayant recours à la politique du « diviser pour mieux régner », mobilisant ses agents à la fois au sein du commandement du mouvement sioniste et de celui du mouvement nationaliste arabe, afin de mieux servir ses objectifs. Il a ainsi déclenché, par leur biais, la guerre sanglante entre Juifs et Arabes dans le seul but de réaffirmer sa présence, afin que l’impérialisme ne soit plus perçu comme un problème mais comme une solution, obligeant les protagonistes à le considérer non plus comme un colonisateur, mais comme une issue à la crise en tant que partie « incontournable » pour mettre fin au conflit. L’impérialisme visait à entraver de manière systématique l’indépendance et la libération du pays de son hégémonie. Selon Makhoul, l’adoption internationale travailliste de la lutte conjointe arabo-juive, élaborée par les communistes face à l’impérialisme et au sionisme, dont elle incarne l’antithèse militante, sert de réponse à cette politique et à ses notions pour le moins déconcertantes.

Makhoul affirme que l'historien Emile Touma, qui en son temps avait rejoint les rangs du parti, apporte une dimension supplémentaire à cette approche : ce dernier explique en effet que le Parti communiste palestinien, fondé essentiellement à l'époque sur l'adhésion des Juifs, avait appelé, sur la base de ses principes révolutionnaires internationaux, à la lutte contre l'impérialisme et le sionisme ; ledit Parti avait soutenu le combat nationaliste arabe contre l'impérialisme britannique, exhortant les foules juives à appuyer cette lutte qui exprimait leurs intérêts véritables. Le Parti communiste israélien considère, comme l’a confirmé Wolf Ehrlich, l’un des penseurs du parti, que l’action du sionisme fait partie intégrante de la stratégie mondiale de l’impérialisme. Selon lui, le sionisme, même s’il portait des intérêts propres, indépendamment du projet impérialiste, était toutefois incapable de réaliser son projet si celui-ci ne s’inscrivait pas dans le contexte du projet impérialiste pour la région. Ehrlich affirme que, depuis la déclaration Balfour, le colonialisme juif en Palestine était devenu un instrument précieux entre les mains des autorités du mandat britannique dans leur lutte contre le mouvement de libération du peuple palestinien ; il a été utilisé pour inciter à la haine, remuer les rancœurs nationalistes et mettre à exécution la politique de la division. Ainsi, le pouvoir britannique aurait utilisé, pour réaliser ses objectifs, les forces réactionnaires juives et arabes, même si son principal soutien et agent restait la voie sioniste, qui a orchestré le rassemblement des colonies en Palestine. Dans la dernière position exprimée par le parti communiste à l’égard du sionisme, et basée sur un rejet en bloc de ce mouvement, Makhoul estime que le mouvement sioniste « s’est emparé historiquement du droit à l’autodétermination du peuple juif en Palestine et en a obtenu définitivement l’apanage en imposant une sorte de juxtaposition parfaite entre le sionisme et ce droit. Dans le même temps, il s’est réservé le monopole du droit à l’autodétermination, le déniant au peuple palestinien et œuvrant peu à peu à le lui confisquer définitivement. Il est désormais évident, même pour un nombre non négligeable d’Israéliens, que la libération du droit à l’autodétermination du peuple palestinien de l’emprise du sionisme constitue le prélude à la libération du droit à l’autodétermination du peuple juif d’Israël de l’emprise étouffante de l’idéologie et de la politique sionistes ». Et d’ajouter : « Le parti communiste refuse l’idéologie et la pratique sionistes. Voilà pourquoi le commandement sioniste dresse les foules juives contre le parti pour affirmer que sionisme rime avec nationalisme et qu’il épouse les intérêts du peuple juif et des travailleurs juifs. Or, le parti communiste tient un discours aux antipodes de celui-ci. La politique sioniste actuelle constitue une menace pour le peuple juif au même titre que pour le peuple arabe palestinien. Cette politique représente une catastrophe réelle tant pour les Juifs que pour les Arabes parce qu’elle empêche la paix et la sécurité et, loin de se limiter aux travailleurs arabes, elle est préjudiciable aussi aux travailleurs juifs. (…) Ce qui prime au bout du compte, c’est la règle idéologique et la structure des classes. Le point de départ revêt une importance primordiale à ce niveau. En effet, les communistes sont les ardents défenseurs des intérêts nationaux des peuples. Or, notre point de départ est international et se base sur les classes. Par conséquent, nous considérons les membres de la classe ouvrière et les progressistes comme des frères, et les exploiteurs et les persécuteurs comme des ennemis ». (Extrait du rapport de Meir Vilner, ancien secrétaire général du Parti communiste d’Israël, soumis lors du 19ème congrès du parti).

L’influence de l’URSS sur les positions du Parti communiste d’Israël a abouti à la constitution de l’Organisation socialiste d’Israël en 1962, par quatre personnes renvoyées du parti pour avoir critiqué ces positions. Puis cette organisation s’est fait connaître sous le nom de son journal, Matzpen, « boussole » en hébreu. C’est une organisation radicale qui considère le sionisme comme un projet colonialiste. Elle se bat pour une coexistence entre Arabes et Juifs sur la base de l’égalité totale entre les deux peuples. Matzpen défend les droits nationaux et humains des Palestiniens et appelle au règlement de tous les problèmes régionaux, qu’ils soient nationaux ou sociaux, à travers une lutte visant à faire chuter tous les régimes de la région et à instaurer un Orient arabe unifié et socialiste. Elle estime que les régimes répressifs bureaucratiques de l’URSS et des autres pays du bloc de l’Est constituent, avec le capitalisme, des ennemis de la révolution socialiste.

Il serait trop long de s’appesantir sur tous les principes de base de cette organisation. Il conviendra, toutefois, de mentionner les principes suivants tels qu’ils ont été inclus dans le communiqué constitutif du parti :
1. Le domaine d’activité principal de Matzpen a trait à la lutte contre le régime en place en Israël, une lutte qui exprime son intérêt historique pour la classe ouvrière comme pour le reste des travailleurs et des exploités en Israël !
2. Nos principes socialistes sont irréconciliables avec le sionisme. Nous considérons le sionisme comme un projet colonialiste d’implantation mis en œuvre aux dépens des peuples arabes (et notamment du peuple palestinien) sous l’égide du colonialisme et en partenariat avec ce dernier. Le sionisme va à l’encontre des intérêts des travailleurs exploités en Israël car il les place dans une contradiction historique avec les citoyens de l’Orient arabe. L’État d’Israël, dans sa forme sioniste actuelle, n’est pas uniquement le fruit du projet sioniste, mais c’est également un outil pour poursuivre et étendre ce projet.
Matzpen appuie la lutte du peuple arabe palestinien contre la persécution et la spoliation de ses droits humains et nationaux par les sionistes.
3. Le règlement des questions nationales et sociales propres à la région (dont la cause palestinienne et le conflit israélo-palestinien) passe nécessairement par une révolution socialiste qui entraînerait dans son sillage la chute de tous les régimes en place afin d’instaurer une union politique pour la région, sous l’égide des travailleurs. Dans cet Orient arabe unifié et libéré, le droit à l’autodétermination (y compris le droit à créer un État séparé) serait accordé à toute nationalité non arabe vivant dans la région, y compris la nation juive israélienne. Dans la droite ligne de la lutte pour cette révolution, Matzpen œuvre en vue de la chute du sionisme et de l’abolition de l’ensemble des institutions, des lois et des coutumes qui lui servent de pilier. Matzpen aspire à une coexistence entre les Arabes et les Juifs sur la base d’une égalité totale, et à la fusion entre les deux peuples du pays – le peuple juif israélien et le peuple arabe palestinien – dans le cadre d’une union socialiste pour la région, sur la base de la liberté de choix. Matzpen tente de développer une sensibilisation internationale chez les deux peuples afin que cette fusion soit possible.
4. A la lumière de ces objectifs, Matzpen préconise l’élaboration d’une stratégie conjointe et l’unification de l’activité de l’ensemble des forces socialistes révolutionnaires de la région.

Nombre de chercheurs estiment que Matzpen a vu le jour à deux reprises, une première fois à sa constitution en 1962, et une deuxième fois, après la guerre de juin 1967, quand elle a attiré un grand nombre de jeunes Israéliens choqués par l’occupation des régions arabes à l’issue de cette guerre. Elle a rallié également de nombreux jeunes de la diaspora juive influencés par la révolution estudiantine de 1968 et par les idées utopiques de la Nouvelle gauche. En pratique, l’activité du mouvement Matzpen s’achève en 1972 au moment de l’annonce par l’Agence de sécurité israélienne (Shabak) de la découverte d’un réseau judéo-arabe organisant des actions de sabotage et d’espionnage, réseau dont faisaient notamment partie deux jeunes juifs de l’extrême gauche et des communistes prochinois. L’on pouvait alors lire sur le site internet de Shabak : « Ce qui distingue cette cause – hormis qu'il s'agit de la première organisation idéologique d’espionnage arabo-juive en Israël –, c’est l’émergence d’une organisation secrète à long terme visant à jouer le rôle de la cinquième colonne en menant des opérations de sabotage dans des lieux stratégiques et à des heures de pointe en coordination avec l’ennemi. Le réseau s’est distingué par sa taille – impressionnante – et par une durée d’action prolongée ». Quoi qu’il en soit, nombre d’activistes de Matzpen disposent toujours d’une présence dans les arènes politique et intellectuelle en Israël, notamment Mikhaïl Warschawski (Mikado), qui a indiqué, dans un article récent, que le règlement du conflit israélo-palestinien était tributaire du démantèlement du colonialisme israélien. Ce militant pacifiste de gauche estime que l’objectif du mouvement national palestinien est de démanteler les structures de l’hégémonie colonialiste sur l’homme et la terre ; l’objectif du partenaire israélien de ce mouvement apparaît, de loin, plus épineux : il s’agirait, pour lui, de démanteler ses propres structures colonialistes. En effet, le débat ne porte pas uniquement sur la cessation de la violence colonialiste et du recours à la force pour dominer le pays et imposer sa souveraineté aux autochtones ; il porte aussi sur une auto-révolution qui devrait changer la donne en profondeur. Le démantèlement des structures colonialistes israéliennes signifie alors, selon ce point de vue qui reflète les idées de Matzpen : « Accepter l’arabité de notre environnement, nous diriger de l’Occident vers l’Orient, reconnaître que les Arabes de Palestine sont les maîtres des lieux et admettre notre statut d’envahisseurs violents ». Il insiste sur le fait que le démantèlement des structures colonialistes israéliennes requiert une rude leçon d’humilité et il reconnaît, en tant qu’Israélien, que c’est la chose la plus difficile à réaliser. Or, il ne saurait y avoir de partenariat réel pour une lutte conjointe sans un tel changement, ni même de coexistence israélo-palestinienne, abstraction faite du tracé des frontières.

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07 novembre 2016

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération


« L’intifada actuelle se poursuivra jusqu’à la fin des crimes de l’occupation envers les lieux saints, et la fin de l’oppression et du blocus… notre peuple arrachera la liberté par les bras des résistants et non autour des tables rondes » (Walid Tarayra, père du martyr Youssef Tarayra, Bani Na’im).

L’opération de la résistance menée par « le lion d’al-Aqsa », le martyr Musbah Abu Sbeih, dans la ville d’al-Quds, au cours du mois d’octobre, a été l’événement marquant qui a ébranlé l’entité sioniste, notamment qu’elle avait pris des mesures draconniennes pour assurer la sécurité de ses colons pendant les fêtes juives.

Mais quelles aient été ces mesures, le résistant Abu Sbeih est parvenu à tirer sur les sionistes, à partir de sa voiture, abattant deux d’entre eux. L’opération du martyr Abu Sbeih continue, un mois après, à planer sur la situation dans al-Quds, ville occupée en voie de judaïsation. Malgré le vote de l’UNESCO qui a mis en rage les sionistes, en affirmant le caractère arabe de la ville et le caractère exclusivement musulman de la mosquée al-Aqsa, les sionistes ont accentué la profanation des lieux saints et poursuivent la colonisation, là où ils le peuvent, n’ayant rien à craindre d’une communauté internationale qui a pris la décision d’oublier la Palestine et les Palestiniens.

Pendant que les sionistes mènent des rafles en Palestine occupée, démolissent les maisons, chassent les Palestiniens de leurs terres et villages, l’Autorité palestinienne traverse une crise importante due aux querelles intestines pour le pouvoir, aux diverses exactions commises par ses services sécuritaires dans les camps palestiniens de la Cisjordanie, et aux nombreuses arrestations des militants, ainsi qu’à la multiplication des initiatives de normalisation des relations avec l’occupant, qui dépassent les relations officielles. Malgré tout, la révolte palestinienne se poursuit, avec des opérations de la résistance menée à la fin du mois d’octobre, l’une menée par un policier de l’AP, et les nombreuses tentatives d’en mener d’autres, aux barrages de l’occupant. Les affrontements avec l’occupant, que ce soit dans al-Quds et ses environs, ou dans le reste de la Cisjordanie, se poursuivent et s’accentuent, empêchant les sionistes de rêver à une « occupation dorée » et troublant leurs projets coloniaux. La presse sioniste n’est pas toujours optimiste quant à la possibilité d’en finir avec l’Intifada, elle l’ignore parfois et craint ses retombées d’autres fois. Mais les exécutions des Palestiniens commises aux barrages par l’armée de l’occupation suscite un malaise de plus en plus profond dans la société coloniale, d’autant plus que ces exécutions sont le plus souvent filmées. C’est ainsi que s’annonce la chute des tyrans, celle de la tyrannie sioniste.

Martyrs palestiniens tombés depuis fin septembre 2016 :

Yasser Hamdouni, prisonnier décédé à cause de la négligence médicale dans les prisons, 40 ans, Ya’bid, Jénine (prison de Ramon) (25/9) ; Nassib Abu Mayzar, 28 ans, assassiné au barrage de Qalandia (1/10), Musbah Abu Sbeih, 40 ans,  (9/10, al-Ram), Ali Shuyukhi (ancien prisonnier, libéré le 10/12/2015), 20 ans, Selwan, (12/10), Mahmoud Jawda (blessé en 2007 par les forces sionistes), Rahiq Birawi, 19 ans, (Assira shamaliya), exécutée devant le barrage Zaatara (18/10), Khaled Bahr, 15 ans, Bayt Ummar – al-Khalil, 20/10 ; Mohamad Dawud Dawud, 26/10 ; Mohammad Turkman, 25 ans, Qabatia, région de Jénine (31/10), Khalid Alayan Ikhlil, 23 ans, Bayt Umar, région d’al-Khalil, 30/10, Ma’en Abu Qare’, 23 ans (Mazraa Qabaliya, Ramallah), 3/11.

Scènes de l’Intifada al-Quds

Bani Na’im, dans la région d’al-Khalil : La localité de Bani Na’im est en révolte contre l’occupant. Elle est devenue l’icone de l’Intifada al-Quds. Située à l’Est de la ville d’al-Khalil, elle est habitée par 20.000 Palestiniens. 6 martyrs de la localité sont tombés au cours de l’Intifada, après avoir attaqué l’occupant, et les prisonniers se comptent par dizaines, dont plusieurs condamnés à la perpétuité. Les martyrs de Bani Na’im sont Youssef, Mohammad, Sara et Issa Tarayra, Majd et Firas Khodour. Walid Tarayra, père du martyr Youssef, affirme que la localité a un long passé de résistance contre l’occupant. Pour Mu’ayyad Zayat, les fermetures, les invasions, les exactions et le retrait des autorisations accordées par l’occupant aux fils de Bani Na’im « n’ont pas d’effets sur la détermination des jeunes en révolte contre l’occupant, car c’est l’occupation et les profanations des lieux saints poussent les jeunes à offrir leur vie pour mettre un terme aux crimes perpétrés contre notre peuple et notre terre ».

Les résistants de la ville d’al-Khalil : selon les statistiques de l’Intifada al-Quds, la ville d’al-Khalil a enregistré le nombre le plus élevé d’opérations de résistance contre l’occupation, avec 28 opérations de coups de poignard au cours de 2015 et 6 opérations d’écrasement ou de coups de feu. En 2016, les résistants ont mené 20 opérations, dont 6 coups de poignard. Depuis le début de l’Intifada, les sionistes ont arrêté, dans la province d’al-Khalil, 1675 jeunes, 49 femmes et 281 enfants. 629 Palestiniens de la région ont été placés en détention administrative. La présence de l’occupant à l’intérieur de la ville a créé une situation explosive, ce qui explique d’après de nombreux analystes, le grand nombre d’opérations de la résistance. Faisant un Km2, 1500 soldats sionistes protègent 400 colons qui occupent une partie de la ville, et l’occupant y a installé 1500 barrières électroniques ou en ciment pour fouiller les Palestiniens. Les résistants mènent leurs opérations à l’intérieur de la ville (rue al-Shuhada’, barrages) ou aux alentours (les routes coloniales, colonies et barrages militaires). Le nombre d’habitants de la région d’al-Khalil s’élève à 750.000 habitants, soit 30% des habitants de la Cisjordanie.

Les Palestiniens de 48 menacés par le projet sioniste : Les colons qui occupent la Palestine depuis 1948 poursuivent leur projet d’expulsion des Palestiniens en utilisant divers moyens : le juridique par le biais du Knesset, où des lois sont promulguées en vue de supprimer l’expression nationale palestinienne, le colonial par le biais des bulldozers qui démolissent les maisons et les villages, notamment dans le Naqab occupé, pour faire place aux colonies, l’administratif, où des mesures discriminatoires sont prises dans les écoles et les universités pour limiter le nombre des élèves et étudiants, et déprécier la culture nationale palestinienne. Appauvrie et victime du racisme sioniste, la société palestinienne cherche sa voie de salut en multipliant les initiatives communes avec les Palestiniens des territoires occupés en 1967 et dans la défense des lieux saints dans al-Quds et ailleurs en Palestine.

Résistance

Des résistants ont tiré des coups de feu le 3/11, sur la colonie Ofra, à l’ouest de Ramallah. Ils étaient en voiture.  Un soldat sioniste a été blessé lors d’un tir de coup de feu, près de la ville de Tulkarm, le même  jour. Un colon a été blessé le 9/10 dans la colonie Richon Letzion, au sud de Yafa, par un coup de poignard. Un soldat sioniste a été blessé près de la colonie Har Adar, au nord d’al-Quds, le 15/10.
Le jeune Murad Rajabi (20 ans) de Selwan, dans al-Quds, a été condamné par l’occupant pour « tentative de meurtre ». Il était sorti de sa maison quinze jours auparavant sur sa mobylette, un couteau à la main. Il a foncé sur des colons, blessant trois d’entre eux.

Le résistant Muhammad Turkman, de Qabatia, dans la région de Jénine, qui appartient à la police de l’Autorité palestinienne, a mené une opération contre les soldats de l’occupation, au barrage Beit Il, près de Ramallah, dans la journée du 31 octobre. 3 soldats sionistes ont été blessés, dont un grièvement. L’occupant a tiré et tué le résistant.

Le résistant Khalid Alayan Ikhlil, de Bayt Umar, dans la région d’al-Khalil, a mené une opération d’écrasement par voiture, contre deux soldats sionistes. Les forces de l’occupation ont tiré et tué le résistant, fin octobre. Le jeune Nassib Abu Mayzar poignarde un membre des services sécuritaires sionistes au barrage de Qalandia, le 1/10.
 
Des affrontements ont opposé les Palestiniens aux forces sionistes devant la maison du martyr Musbah Abu Sbeih, le 9/10, dans al-Ram. D’autres à l’entrée du camp de Dhayshe, le 8/10, à Selwan, le 12/10, devant le camp al-Jalazon, le 11/10. Des affrontements ont opposé les jeunes de Bayt Ummar, qui réclament le corps du martyr Khaled Bahr aux forces sionistes, qui ont tiré sur les manifestants, blessant deux Palestiniens, le 28/10.
 
Les habitants de Qalandia continuent leurs protestations contre la démolition de leurs maisons, au mois de juillet dernier, par l’occupant. 36 appartements avaient été démolis sous le prétexte de « constructions illégales », mais la vraie cause demeure l’extension de la colonisation sioniste. Dans le Naqab occupé, les Palestiniens ont organisé une manifestation et coupé la route 40 pour protester contre la démolition des maisons et villages.

La lutte des prisonniers palestiniens, détenus administratifs, ne cesse pas. Plusieurs prisonniers ont mené, au cours de ce mois, la grève de la faim et réclament leur libération. C’est la lutte pour la dignité humaine que mènent les prisonniers dans les geôles de l’occupation. 5 prisonniers poursuivent leur lutte : Ahmad Abu Fara, d’al-Khalil, qui est hospitalisé dans la prison-hôpital d’al-Ramleh, en grève de la faim depuis 46 jours. Anas Shadid, 19 ans, de Doura dans la province d’al-Khalil, hospitalisé dans al-Ramleh, en grève de la faim depuis 42 jours. Ahmad Salatna poursuit la grève de la faim depuis 7 jours. Les deux prisonniers Samer Issawi, d’al-Quds, et Mundher Snubar, de Nablus, poursuivent la grève de la faim illimitée depuis 13 jours dans la prison de Nafha, pour réclamer de meilleures conditions de détention pour les prisonnières palestiniennes et l’hospitalisation des prisonniers malades.

Répression et purification ethnico-religieuse

L’occupant a arrêté le 2 novembre une famille entière composée de 9 membres dans le camp al-Am’ari, dans Ramallah. 30 unités de l’armée sioniste ont envahi le camp et encerclé la famille de Mahran Abu Shusha avant de l’arrêter.

L’occupant poursuit la colonisation dans les territoires occupés, en 48 et en 67, et le blocus et les arrestations de pêcheurs dans la bande de Gaza. Au cours du mois d’octobre, l’occupant a planifié la construction de 772 unités locatives pour les colons dans les colonies de la Cisjordanie, y compris al-Quds. L’occupant a planifié l’implantation d’une colonie pour les personnes âgées sur les terres du village Mas-ha dans la province de Salfit. Le terrain avait été déclaré zone militaire en 1978.

L’occupant installe une « zone industrielle » entre la Cisjordanie occupée et les territoires occupés en 48, soit sur la « ligne verte ». Cette installation n’est qu’une manière d’étendre la colonisation, à partir de l’entité sioniste, vers la Cisjordanie, sous le prétexte de « zones industrielles ».

Les sionistes ont volé plus de mille dunums de terres au cours du mois d’octobre. Les colons de Mofo Houron, colonie implantée sur les terres de villages palestiniens occupés en 1967, près de « la ligne verte » se sont emparés des terres d’une superficie de 1500 dunums. Au cours de la saison de la cueillette des olives, les colons ont empêché des dizaines de familles de cueillir leurs fruits et ont saccagé des oliviers et des jeunes plants, dans les régions de Qalqilya, d’al-Quds et de Nablus.

Des colons ont écrasé des Palestiniens dans la région de Qalqilya, tuant une personne âgée, Mohamad Dawud Dawud, le 26/10.

Au cours du mois d’octobre, 88 maisons et installations ont été démolies par l’occupant, en Cisjordanie, y compris al-Quds. Il a également démoli, pour la 105ème fois, le village d’al-Araqib, et une dizaine de maisons dans le village de Bir Haddaj, dans la région du Naqab occupée en 48. Par ailleurs, une maison palestinienne appartenant à la famille de Mustafa Qattan, dans la ville de Yafa, a été livrée à un groupe militaire sioniste. La famille Qattan avait été expulsée en 48 par les bandes terroristes sionistes, et leur maison était devenue un « bien des absents ». Dans la Galilée, le village non reconnu de Ramieh, encerclé par la colonie Karma’il, continue à se battre. La population du village a remis en place les plaques démolies du cimetière, aidée par plusieurs partis et mouvements palestiniens de l’intérieur.

Le Knesset sioniste a refusé de considérer le massacre de Kfar Qassem, commis par l’armée sioniste le 29 octobre 1956, comme date officielle, à la demande des députés palestiniens des territoires occupés en 48. Certains députés sionistes ont même essayé de nier qu’un tel massacre ait eu lieu.

Les forces de l’occupation ont envahi fin septembre, la localité Abu Nuwwar, près d’al-Azariyé, dans la région d’al-Quds, dans le but d’expulser les Bédouins, originaires du Naqab occupé, qui y vivent. Elles ont également envahi Jabal al-Mokabber, dans la région d’al-Quds, où des affrontements ont eu lieu avec la population. Plusieurs étudiants de l’Université al-Quds ont été blessés.

Les rafles nocturnes sont quotidiennes. Des dizaines de Palestiniens sont arrêtés dans toute la Cisjordanie, al-Quds y compris. Au cours d’une seule nuit (mi-octobre), 34 Palestiniens ont été arrêtés, dont 5 du village de Doura, près de Ramallah, 7 du camp de Nour Shams, près de Tulkarm, 11 dans la région d’al-Quds, 3 du camp Ayda dans Bayt Laham.

Profanation des lieux saints

La mosquée al-Aqsa, lieu saint musulman, est en danger de judaïsation. Les sionistes prétendent qu’il est construit sur un temple juif. Ils visent à construire un nouveau temple, qu’ils appellent « le troisième temple » à la place de la mosquée al-Aqsa. Les multiples profanations de la mosquée par les colons juifs, de plus en plus fréquentes, interviennent suite à des déclarations de rabbins extrémistes, autorisant les juifs à prier dans l’enceinte de la mosquée. Au même moment, les responsables sionistes empêchent les musulmans de se rendre dans leur lieu sacré, et interpellent les fidèles qui cherchent à la protéger contre les incursions sionistes. C’est une des causes de l’Intifada al-Quds, en cours, les Palestiniens refusant de laisser leurs lieux saints désacralisés et profanés par les sionistes. Au cours des fêtes juives, des milliers de colons ont investi la mosquée, sous la protection de la police sioniste, qui ont accompli des rites talmudiques.

L’église du St Sepulcre est en danger : les autorités sionistes ont planté leur drapeau à l’entrée Est de l’Eglise. Ce geste vise à en faire un lieu de culte chrétien sous l’égide sioniste. Les responsables palestiniens ont vivement protesté contre cette agression contre les lieux de culte, chrétiens et musulmans, dans la ville d’al-Quds et ont réclamé l’intervention des organismes internationaux pour faire appliquer le droit international.

Les sionistes entendent interdire l’appel à la prière dans la ville d’al-Quds. Le maire sioniste de la ville occupée a envoyé une missive à la police de l’occupation lui demandant d’empêcher les mosquées, et notamment la mosquée al-Aqsa, de lancer l’appel à la prière, sous le prétexte que des colons s’étaient plaints du « bruit ». Comme dans les villes palestiniennes occupées en 48, les colons envahissent le pays et font pression pour interdire toute expression non-juive. Sheikh Ikrima Sabri a déclaré que si les sionistes ne sont pas contents, ils n’ont qu’à s’en aller. Et question « bruit », Sabri a accusé l’occupation de faire survoler la ville par des avions, de l’envahir par des chars et de tirer des coups de feu, des balles sonores contre les Palestiniens. Il a finalement déclaré que l’appel à la prière dans la ville d’al-Quds ne disparaîtra pas.

L’occupant poursuit la construction d’un bâtiment dans le quartier Sharaf, au cœur de la vieille ville, sur une terre du Waqf musulman. Ce bâtiment comprendrait une synagogue et 6 étages. Les habitants palestiniens du quartier Batn el-Hawa, dans Selwan, sont menacés d’expulsion par les colons de l’association Atirit Cohanim, qui s’est emparée de dizaines d’appartements et de maisons dans ce quartier.

L’école de Dar al-Aytam (orphelinat) dans al-Quds a été envahie par les forces de l’occupation et les étudiants ont été agressés et plusieurs arrêtés.

Dans la ville d’al-Khalil, les sionistes ont interdit la mosquée al-Ibrahimie aux fidèles musulmans 6 jours au cours du mois d’octobre, comme ils ont interdit l’appel à la prière 86 fois au cours du même mois. Autour de la mosquée, des travaux de judaïsation sont en cours, et les travaux de réfection menées par les autorités musulmanes sont interdits. Les colons ont envahi une terre appartenant au waqf musulman au lieu dit Jabal Jwayhan et ont commencé à installer des caravanes pour implanter une colonie, après avoir accompli des rites talmudiques.

L’occupant détruit des tombes musulmanes dans le cimetière ar-Rahma, aux portes de la mosquée al-Aqsa. Selon les sionistes, les tombes seraient sur des terres confisquées. Le waqf musulman a vivement protesté contre cette profanation. L’occupant vise, en détruisant les tombes, à faire un circuit touristique juif. Le cimetière ar-Rahma date de plus de 1400 ans, il renferme les corps ensevelis des compagnons du messager de Dieu ainsi que de nombreux combattants musulmans.

La presse palestinienne

« Le scénario de la terreur : ignorer l’intifada et blanchir l’occupation » (Centre Atlas, septembre 2016)
Les cercles militaires et de renseignements-espionnage dans l’état sioniste conçoivent leur stratégie et leurs plans selon une lecture des menaces qu’ils considèrent possibles. Bien que ces cercles soient professionnels, la définition de ces menaces est soumise à des considérations politiques. Pour Netanyahu, toute carte des menaces qui ne parle pas du nucléaire iranien comme première menace ou qui considère que la poursuite de l’occupation est une menace sur « la judaïté de l’état démocratique », est jugée inapte et nuisible aux intérêts de l’entité sioniste.
Le « scénario de la terreur » que les sionistes ont dessiné est digne des meilleurs films d’Hollywood, qui montre l’invasion de la terre par des entités venues d’ailleurs. L’évocation de ce scénario a pour fonction de poursuivre l’occupation, la destruction et les tueries, c’est un moyen de se défaire de sa responsabilité . Ce scénario, à la manière des films américains, n’est pas nouveau. Il a déjà servi ailleurs, lorsqu’il a fallu exterminer « les sauvages » sans pitié et préserver sa « propriété », rassembler la sympathie des juifs dans le monde, et encourager le monde occidental à soutenir l’entité sioniste, par tous les moyens, financiers, militaires et politiques. Selon ce nouveau scénario, conçu pour attirer davantage l’aide américaine, il n’y aura que quelques centaines de morts israéliens, ce qui semble dérisoire devant les « israéliens » tués depuis l’Intifada al-Quds. Mais les sionistes veulent ignorer l’Intifada, qu’ils ont considérée comme étant manipulée, car pour eux, elle ne peut avoir pour cause l’occupation sioniste. 

Le discours du secrétaire général du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, dr. Ramadan Shallah, a soulevé de vives discussions, notamment sur les 10 points proposés pour relever la cause palestinienne. Globalement, les responsables et écrivains de l’Autorité palestinienne ont critiqué les deux points les plus importants, portant sur la suppression des accords d’Oslo et l’annulation de la reconnaissance de l’entité sioniste par l’OLP. Mais le programme proposé par Ramadan Shallah a recueilli l’adhésion de nombreux secteurs du peuple palestinien, et de forces politiques. Son étude et sa mise en application, notamment le point portant sur le débat interpalestinien nécessaire pour sortir de la crise, doivent à présent être concrétisés sur la scène palestinienne, écrit l’éditorialiste d’al-Istiqlal, n°999.

Parmi les sujets abordés par la presse palestinienne, on note le vote par l’UNESCO d’une résolution affirmant que les juifs n’ont aucun lien avec la mosquée al-Aqsa. Ce vote a suscité la joie et les félicitations de la classe politique arabe et de sa presse, mais un article paru dans « alqudsnews.net » remarque que ce vote favorable aux Palestiniens et aux musulmans dans le monde n’apporte rien de nouveau, et le caractère musulman de la ville et de la Palestine n’attend pas une confirmation, de qui que ce soit. Cependant, un vote hostile au caractère exclusivement musulman de la mosquée al-Aqsa aurait entraîné des conséquences désastreuses sur la mosquée et la ville d’al-Quds. Pour sa part, le penseur Munir Shafiq a écrit dans al-arabi21 que le vote favorable à la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa ne doit pas nous faire oublier que les Etats arabes qui ont participé au vote ont normalisé leurs relations avec l’entité sioniste, et par conséquent, la lutte pour sauvegarder l’arabité et le caractère musulman de la ville et de la mosquée se joue sur le terrain et non dans les instances internationales.

La commémoration de l’accord d’échanges des prisonniers palestiniens contre le soldat sioniste Shalit en octobre 2012 a été également abordée par la presse palestinienne, notamment après la déclaration du porte-parole des Brigades al-Qassam, Abu Ubayda, qui a promis un autre échange, avec la libération d’abord de tous les prisonniers ayant été libérés en octobre 2012 et de nouveau arrêtés par les sionistes.

Le FPLP a, pour sa part, salué la date du 17 octobre, le jour où le ministre sioniste Rahbaam Zeevi, a été assassiné par un commando du FPLP en 2001. Soumoud Saadate écrit que le 17 octobre n’est pas une date anodine, mais représente un tournant dans la résistance, d’abord parce que ce fut une opération exceptionnelle qui a ébranlé l’entité sioniste, et depuis 15 ans, elle ne fut pas renouvelée. Le pire fut que l’Autorité palestinienne, avec ses organes de répression et ses tribunaux, ont arrêté et jugé les combattants, considérant la résistance comme un acte illégal. Mais l’Autorité n’a pu les protéger dans ses prisons, et ils sont devenus une monnaie d’échange avec l’occupation. Finalement, l’occupant les a kidnappés et détenus dans ses prisons.

Communiqués et déclarations

Nombreuses furent les déclarations des dirigeants et responsables du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, qui célèbre la 29ème année de sa naissance (la proclamation officielle de la naissance du mouvement est la bataille de Shuja’iya, en octobre 1987, dans la bande de Gaza) et la 21ème commémoration du martyre de son fondateur et premier dirigeant, dr. Fathi Shiqaqi (1995). Mais cette année, la commémoration a insisté sur l’Intifada al-Quds qui marque sa seconde année, et sur les martyrs du mouvement tombés au cours de cette année de lutte.

Ahmad al-Oury, cadre du Mouvement du Jihad islamique en Cisjordanie, a déclaré que les rafles menées par l’occupant contre son mouvement et contre les jeunes Palestiniens plus généralement visent à stopper l’Intifada. L’influence de ces arrestations peut avoir un effet direct, mais à long terme, elles ne peuvent influer sur la volonté du peuple palestinien. Dénonçant les arrestations menées par les appareils sécuritaires de l’Autorité palestinienne, il a jugé que ces intimidations visent à rendre son mouvement illégal.

Hassan Khrayshé, député au conseil législatif palestinien, a vivement dénoncé la tentative d’assassinat de sheikh Khodr Adnan, par les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne, à Nablus et son arrestation une semaine plus tôt lors d’une manifestation de solidarité avec les prisonniers, à Jénine. Il a appelé à former une commission d’enquête sur les pratiques de ces services sécuritaires.

Dans la presse sioniste

Comment en finir avec l’Intifada ? C’est le sujet souvent abordé par la presse sioniste, pour qui l’Intifada est une « vague terroriste ». Il va sans dire que les commentateurs et journalistes « israéliens », à plus forte raison les politiques, ne pensent jamais que l’Intifada est une réaction à l’occupation, et par conséquent, la fin de l’occupation (même de la Cisjordanie) ne leur effleure même pas l’esprit. C’est ainsi que le chercheur à « l’institut des études pour la sécurité nationale », Kobi Mikha’il écrit le 10 octobre que « la vague terroriste » répond à un sentiment de pessimisme des Palestiniens. La réponse serait donc de leur donner un peu d’optimisme en organisant leur vie dans les territoires occupés de la Cisjordanie, tout en se gardant bien de leur accorder la liberté dans la Zone C, réservée à l’armée et aux colons sionistes. Un peu de vie économique et un peu de répression par une Autorité palestinienne interposée serait la solution toute trouvée par cet     auteur colonial pour faire cesser le « virus » de l’Intifada. Accorder plus de prérogatives à l’Autorité palestinienne dans la zone A empêchera son effondrement, ce qui lui permettra de revenir aux négociations, aidée par un monde arabe « pragmatique ».

L’éditorial de Haaretz, le 14 octobre, titre « échec dans la partie orientale d’al-Quds », en faisant référence à la politique de la municipalité coloniale dans la ville, qui a échoué à stopper la « vague terroriste » des Palestiniens. L’éditorialiste critique cependant les déclarations menaçantes envers les Palestiniens, prononcées par le sous-directeur de la municipalité, Torjman, suivies d’une excuse du maire sioniste, mais, souligne le quotidien sioniste, le maire n’a pas pensé à démettre son second à cause de ses déclarations. Pour l’éditorial, l’opération menée par le combattant Musbah Abu Sbeih signifie l’échec de la municipalité coloniale à assurer une « égalité » de traitement envers les Palestiniens.

Dans le quotidien Haaretz du 1/11, le député et ancien ministre de la guerre sioniste, Moshe Arens, avoue que les peuples arabes refusent la normalisation avec l’entité sioniste, et « la paix avec Israël » ne reflète pas nécessairement la volonté du public, mais la volonté des dirigeants qui craignent pour leur survie, et qui peuvent imposer la paix à leur public dans leur pays ». Et du côté palestinien, il écrit que depuis « le départ de Yasser Arafat, il n’y a pas eu de dirigeant palestinien pouv      ant imposer au peuple palestinien la paix avec Israël ».

Le 23/9, le commentateur militaire Amir Rapoport se demande, dans NRG, si les juifs veulent encore que « leurs enfants servent » dans l’armée sioniste ? Selon lui, l’armée sioniste vit un moment difficile, car elle manque de recrues. Cette question serait l’un des problèmes les plus inquiétants pour l’institution « sécuritaire » alors que personne ne veut en parler. De nombreux postes sont inoccupés. Ce n’est pas la première fois que l’armée sioniste vit cette crise. Déjà lors de la guerre contre le Liban, de nombreux officiers avaient abandonné l’armée à cause des bas salaires, et l’armée a mis du temps pour combler son déficit. Ce qui inquiète les responsables de l’armée, c’est le nombre grandissant de militaires qui cherchent du travail dans le « civil » pendant leur service. Celui qui trouve un travail abandonne l’armée.

Un an de « vague terroriste » : il n’est pas possible de remporter la victoire d’un seul coup (30 / 9) « Isra’il Hum » Yoav Limur
L’auteur de cet article tente d’analyser la première année de l’Intifada, et en dresse le bilan. Pour lui, les profondes racines de cette « vague » sont toujours présentes et ne peuvent être supprimées d’un seul coup. « Il a fallu de longues semaines à Israël pour comprendre ce qui se passe », après l’opération de la résistance dans la colonie Itmar. « Ce n’est pas par hasard que la violence soit centrée sur deux lieux : al-Quds et al-Khalil, qui portent des symboles religieux, mais aussi à cause de la présence côte à côte de Palestiniens et d’Israéliens » (colonisation accrue à l’intérieur de ces deux villes). Pour l’auteur, les opérations de la résistance sont le fait de jeunes « paumés » (il reprend le cliché facile pour éviter de mentionner la colonisation et l’occupation), ce qui « demande deux choses : laisser faire le temps après chaque opération pour empêcher son écho » et éviter que les sionistes soient touchés. L’auteur considère que les mesures de démolition des maisons, les exécutions et les arrestations sont dissuasives. Il considère qu’en surveillant les pages Facebook, les sionistes auraient empêché plusieurs opérations !. Il absout l’autorité palestinienne d’aider à la révolte palestinienne, disant que dans un premier temps, l’Autorité a laissé faire, mais quand elle a senti que les membres du Fateh étaient prêts à entrer dans la lutte, elle a commencé à réprimer les Palestiniens et à rechercher les ateliers de fabrication d’armes, non pour protéger les « Israéliens » mais par crainte de l’anarchie et de Hamas.

Centre d'information sur la Résistance en Palestine
N°14 novembre 2016

Posté par MCPalestine à 08:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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