FREE PALESTINE

24 février 2018

A Gaza, il ne s’agit pas d’une crise humanitaire, mais d’un problème colonial

Source: Externe

Ce qui arrive à Gaza, c’est une calamité politique qui requiert une solution politique : la libération des Palestiniens.

On décrit souvent les conditions de vie à Gaza dans la langue neutre de l’humanitarisme et de la pauvreté. Un document émis le 6 février par le Bureau de l’ONU pour la Coordination des Affaires Humanitaires fait remarquer que : « Le carburant de secours pour les installations vitales à Gaza sera épuisé dans les dix prochains jours » et que « sont en danger les services d’urgence et de dépistage tels que les IRM, scanners et radiologies, les unités de soins intensifs et les salles d’opération dans 13 hôpitaux publics ; quelques 55 bassins d’eaux usées, 48 usines de désalinisation, et la capacité de collecte des déchets solides ».

Le document décrit cette situation comme « une catastrophe humanitaire induite par la crise de l’énergie » sans produire aucune information sur les causes ou la responsabilité de cette crise.

Source: Externe

Un langage dépolitisé

Un rapport de l’Unicef sur la pauvreté à Gaza fait remarquer que « les conditions économiques » se sont détériorées dans la Bande et que « 40 % des familles palestiniennes de la Bande de Gaza vivent sous le seuil de pauvreté et que 70 % dépendent d’une forme ou d’une autre d’aide extérieure ». A aucun moment cet article ne mentionne Israël ou les Etats Unis ou leurs partenaires.

Les perspectives économiques pour la Palestine données en octobre 2017 par la Banque Mondiale indiquent que le chômage à Gaza est de 44 % et qu’il s’élève à 60 % pour les gens âgés de 15 à 29 ans. Ce document lui aussi se refuse à mentionner Israël ou aucun de ses alliés et ne fait que vaguement référence aux « contraintes incessantes sur la compétitivité économique » sans donner aucune indications de ce que sont ces contraintes, qui les a mises en place, ou pourquoi.

C’est trompeur de caractériser les énormes défis auxquels font face les résidents de Gaza en utilisant, uniquement ou principalement, le langage dépolitisé de l’humanitarisme et de la pauvreté.

Présenter les problèmes que doit résoudre la population de Gaza de cette façon laisse entendre que ces problèmes sont survenus naturellement, occultant ainsi le fait qu’ils sont le résultat d’une politique délibérée des USA-Israël-AP-Egypte.

Israël contrôle l’accès à Gaza par terre, son espace aérien, et il assiège la Bande depuis 2006. Israël occupe Gaza et, selon le droit international, les puissances occupantes sont responsables du bien-être de la population dans le territoire qu’elles occupent.

Le fait qu’Israël gère l’économie de Gaza fait ressortir à quel point il est responsable de la pauvreté et du chômage dans la Bande et de leurs répercussions. Israël décide quelles marchandises méritent d’être fabriquées à Gaza et vendues à l’extérieur, « influençant la rentabilité et la viabilité de différentes branches de l’industrie », selon les mots de l’association de défense des droits de l’Homme Gisha.

L’organisation fait remarquer que le contrôle par Israël du seul passage terrestre par lequel entrent et sortent les marchandises de Gaza lui permet de contrôler ce qui entre et sort si bien qu’il « influence presque tous les aspects de l’économie de Gaza et du marché du travail ». Comme Israël est « pour ainsi dire l’unique source de tous les produits et marchandises qui entrent à Gaza », il a aussi « une influence cruciale sur le coût de la vie dans la Bande ».

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Les crimes d’Israël contre les Palestiniens

En attendant, les restrictions israéliennes sur les exportations de Gaza laissent ce territoire « isolé et sans réelle opportunité de développement économique ». Israël a mené trois attaques militaires majeures sur Gaza en moins de dix ans, tuant des milliers de Palestiniens.

Par ailleurs, comme le fait remarquer l’organisation de défense des droits de l’Homme Al Haq, Israël a créé autour de Gaza une « zone tampon » qui a réduit la terre disponible pour l’agriculture et Israël a également restreint par la force l’accès des Palestiniens à la mer au point que : « A Gaza, environ 17 % de la terre a été désignée comme zone d’accès restreint, rendant plus de la moitié des terres agricoles et 85 % de l’espace maritime inaccessibles. Etant donné que la pêche et l’agriculture sont les principaux piliers de l’économie palestinienne, le blocus a eu un effet dévastateur sur la vie dans la Bande de Gaza. »

Lorsque Israël décide que des pêcheurs palestiniens sont trop loin du rivage, la marine israélienne les attaque fréquemment avec des grenades assourdissantes, détruit leurs bateaux, les arrête ou leur tire dessus, tuant cinq pêcheurs entre 2007 et juillet 2013 et au moins un de plus en mars 2015 et un autre en juin 2017.

Israël n’agit pas seul. Les Etats Unis continuent de fournir à Israël les moyens nécessaires pour assiéger Gaza – et pour accomplir tous les autres crimes contre les Palestiniens et les pays voisins – sous forme d’aide militaire et de protection politique.

Le gouvernement égyptien, bénéficiaire d’une généreuse aide militaire et opposant au gouvernement du Hamas au pouvoir à Gaza, a, à de rares et brèves exceptions près, renforcé le blocus à son passage vers Gaza. L’été dernier, l’Autorité Palestinienne qui, à maints égards, a fonctionné comme mandataire américano-israélien, a baissé les salaires payés à ses fonctionnaires à Gaza et a fait pression avec succès pour qu’Israël coupe l’électricité dans la Bande afin d’affaiblir ses rivaux du Hamas.

Il y a peu de raisons de croire qu’Israël et les Etats Unis vont améliorer de sitôt la vie des résidents de Gaza à un moment ou à un autre.

Gisha remarque que: « Tout au long de 2017, des mesures nouvelles ou intensifiées ont encore restreint les possibilités de se déplacer vers ou depuis Gaza » et qu’elles ont été mises en place sans « fournir aucune justification quant à leur but et, semble-t-il, aucune considération de l’impact qu’elles pourraient avoir sur la population civile de Gaza, déjà sous grande contrainte ».

Comme le rapporte le journaliste palestino-américain Ali Abunimah, en janvier, les Etats Unis ont décidé de retenir plus de la moitié de leur contribution mensuelle de 125 millions de dollars à l’Office de Secours et de Travaux de l’ONU (UNRWA), sapant les possibilités de l’organisation de fournir « les services basiques de santé, d’éducation et d’urgence humanitaire aux cinq millions de réfugiés palestiniens » et provoquant « la pire crise financière de l’histoire de l’UNRWA », selon son porte-parole.

Gaza n’a donc pas un problème humanitaire. Elle a un problème politique. Elle a un problème d’impérialisme. Elle a un problème colonial.

Les fausses solutions

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Décrire les difficultés auxquelles font face les résidents de Gaza principalement en termes d’humanitarisme et de pauvreté laisse entendre que ces problèmes peuvent et devraient être résolus grâce à l’aide internationale et aux ONG plutôt que par une solution politique de la question de la Palestine qui conduirait à la liberté des Palestiniens.

Tariq Da’na nous informe sur le fait que les Palestiniens ont été entraînés de force dans une situation de dépendance institutionnalisée à une « industrie de l’aide » mondiale parce que l’aide arrive assortie de conditions.

Celles-ci écrit-il, ont dramatiquement rétréci l’espace politique des Palestiniens en exigeant qu’ils adhèrent au « processus de paix », faux nom pour les relations entre Palestiniens et Israéliens depuis les Accords d’Oslo de 1993 au cours desquels Israël a plus que doublé le nombre de ses colons illégaux en Cisjordanie, y compris Jérusalem Est, réduit Gaza à son état actuel, tué des milliers de Palestiniens et où l’autodétermination des Palestiniens ne s’est pas rapprochée de sa réalisation.,

Comme le fait ressortir Max Ajl, quelque soit le haut degré de sympathie des équipes des ONG à Gaza avec les Palestiniens, le mandat de ce genre d’institutions « ne va pas jusqu’à traiter la cause profonde du siège » et leur tâche « consiste au mieux à geler la situation en temps utile… pour garder en vie les Palestiniens de la Bande ».

Ce qui arrive à Gaza est une calamité politique qui exige une solution politique: la libération des Palestiniens.

Greg Shupak -

22.02.18

Source: Agence Media Palestine

23 février 2018

L’Intifadha finira inéluctablement par se généraliser

Source: Externe

L’assassinat d’Ahmed Nasr Jarrar, combattant des Brigades Ezzedine Al Qassam, par l’armée israélienne le 6 février dernier, a exacerbé la tension au sein de la population palestinienne engagée dans une dynamique de confrontation avec les forces d’occupation.
Mounir Chafik, figure historique de la résistance palestinienne et fondateur du centre de planification de l’OLP, observe une continuité de la lutte populaire sur le terrain et un renforcement des conditions qui mèneraient à un soulèvement généralisé en Cisjordanie et à Jérusalem.

Dans cet entretien pour El Watan, l’intellectuel palestinien livre son analyse du contexte politique dans les Territoires occupés et examine les ressorts et les évolutions du processus insurrectionnel.

- Quelle est la situation politique en Palestine depuis la décision américaine sur le statut de Jérusalem ?

Ghaza est transformée en forteresse assiégée dans des conditions épouvantables. Le rapprochement opéré entre le Hamas et l’Autorité palestinienne, le 12 octobre dernier au Caire, piétine

Le Hamas a accepté le transfert du contrôle des postes-frontières à l’Autorité tout en conservant son arsenal militaire, mais le processus de réconciliation parrainé par l’Egypte n’a eu aucun impact sur le siège imposé à cette enclave palestinienne et la situation ne cesse de se dégrader. La résistance continue de développer ses capacités militaires et de creuser des tunnels en prévision d’un futur conflit.

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La relation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas est pour l’instant stagnante, son évolution dépendra largement des développements en Cisjordanie et à Jérusalem. Il faut rappeler que jusqu’ici Ghaza avec l’ensemble de ses forces politiques a joué un rôle important dans le mouvement de résistance à l’occupation, elle est aujourd’hui prête à appuyer l’Intifadha. C’est dans les Territoires occupés que réside aujourd’hui le défi majeur, celui de l’occupation, de la colonisation et de la judaïsation.

Les forces qui défendent la solution à deux Etats, solution de référence de la communauté internationale, sont à présent obligées d’admettre que les conditions matérielles de sa réalisation ont disparu. Cette évolution sur le terrain s’accompagne d’une impasse totale de la solution négociée.

- Quels sont les indicateurs qui attestent de la reprise de l’Intifadha ?

Il y a une réponse populaire de la jeunesse à la fois à l’occupation mais également à l’inanité politique de l’option défendue par l’AP. La dynamique de soulèvement populaire a débuté en octobre 2015, elle s’est exprimée à travers des actions de nature individuelle et spontanée, notamment les attaques à l’arme blanche et à la voiture-bélier.

En deux ans, 340 Palestiniens ont été tués et il y a eu des centaines de tentatives d’action déjouées par les forces d’occupation ou les forces de sécurité de l’AP dans le cadre de sa coopération avec Israël. Ces actions de résistance conduites par les jeunes trouvent un écho et un soutien croissant de leurs familles et de la population qui leur donne un impact plus important.

Le troisième fait hautement significatif est le refus de l’occupant de restituer les corps des martyrs palestiniens, de peur que les funérailles ne soit l’occasion d’une grande mobilisation nationaliste. Je pense que les actions répétées menées contre l’occupation, le soutien populaire à cet activisme et le refus des autorités israéliennes de remettre à leurs proches les corps des Palestiniens sont trois indicateurs qui ne trompent pas quant au contexte populaire explosif dans les Territoires occupés en Cisjordanie et à Jérusalem.

Ce constat était perceptible au moment de la confrontation entre Palestiniens de Jérusalem et forces d’occupation, après la décision israélienne d’installer des portails électroniques à l’entrée de la mosquée Al Aqsa en juillet 2017. Le soulèvement populaire pacifique, qui a rassemblé pendant 12 jours des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes, enfants issus de tous les milieux sociaux, musulmans et chrétiens, a contraint Israël à faire marche arrière.

L’épisode d’Al Aqsa a prouvé l’efficacité de la voie insurrectionnelle populaire et la capacité des Palestiniens à fédérer et orienter leurs énergies contre la puissance occupante pour imposer leurs revendications. Ce face-à-face à une échelle micro pourrait se répéter et se généraliser.

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- Après la décision de Trump sur Jérusalem, certains observateurs ont évoqué l’éventualité d’une Intifadha généralisée à Jérusalem et en Cisjordanie. Quels sont les facteurs qui, selon vous, ont bloqué cette évolution ?

D’abord, il est important de préciser que nous avons assisté, au cours des deux premières semaines, aux prémices d’une Intifadha avec son lot de mobilisations populaires, de manifestations, d’affrontements de rue opposant les Palestiniens aux forces d’occupation. Si cette Intifadha a ensuite baissé d’intensité, elle ne s’est pas pour autant arrêtée, mobilisation et confrontation en différents lieux se poursuivent. Maintenant à mon sens, plusieurs facteurs peuvent expliquer le fait qu’elle ne se soit pas propagée à l’ensemble des Territoires.

Premièrement, les masses qui se sont mobilisées en juillet à Jérusalem autour de la mosquée Al Aqsa n’ont pas réagi avec la même intensité à la décision de Trump parce que cette question concerne l’ensemble de la population palestinienne, des forces politiques, des pays arabes, donc il est de la tâche de tous de répliquer.

Tandis que l’affaire des portails était une affaire directe qui allait produire des effets immédiats sur les habitants de Jérusalem, les masses ont réagi à un développement qui les touchait directement, avec la dernière initiative de Washington, ils ne sont plus les seuls concernés. Deuxièmement, le président de l’Autorité Palestinienne était supposé convoquer l’ensemble des dirigeants palestiniens pour examiner la riposte à la reconnaissance par le président américain, Donald Trump, de Jérusalem comme capitale d’Israël.

La réunion (qui ne se tiendra que 40 jours après l’annonce faite par Mahmoud Abbas!) n’a finalement rassemblé qu’une partie de la direction intermédiaire palestinienne au niveau du comité central de l’OLP, excluant de la participation les secrétaires généraux des organisations politiques. Ces derniers sont restés dans l’attente de la convocation de Mahmoud Abbas au lieu de se réunir pour décider des mesures à prendre en guise de réponse à l’offensive américaine, sans doute par crainte de mettre à mal l’unité interpalestinienne.

Cette configuration déstabilisante a eu des retombées sur le positionnement populaire. Troisièmement, une réponse à Trump est venue de la communauté internationale qui a réprouvé de façon quasi unanime la décision sur Jérusalem, puisque 14 pays membres du Conseil de sécurité et 129 pays membres de l’Assemblée générale ont condamné cette décision.

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Mais la principale faiblesse reste cette volonté de la direction palestinienne, des Etats arabes et des pays occidentaux de contester la décision de Trump sur la base de la nécessité de préserver le processus de paix tout en occultant le véritable problème qu’est l’occupation et la colonisation. Le fait même de considérer que la finalité est aujourd’hui la création d’un Etat palestinien constitue une déviation de l’objectif concret de la lutte pour venir à bout de l’occupation et démanteler les colonies.

- Comment expliquez-vous le fait que certaines forces politiques palestiniennes adhèrent encore à la stratégie de l’AP aujourd’hui totalement dans l’impasse, quand sur le terrain la colonisation s’accélère, que la solution de création d’un Etat palestinien n’est physiquement plus viable et que les forces d’occupation sont en train d’achever l’entreprise de destruction des conditions d’existence du peuple palestinien ?

Il y a la question du vieillissement des dirigeants de certaines organisations politiques palestiniennes et de ces structures elles-mêmes. L’esprit d’un révolutionnaire est parfois vaincu avec l’âge et lorsqu’il est confronté aux blocages répétitifs.

Certaines organisations ne saisissent plus aujourd’hui la principale ligne de conduite à suivre tout simplement parce que leur objectif proclamé était la libération de la totalité de la Palestine par le recours à la lutte armée et la guerre populaire, que le changement de contexte et l’évolution du rapport de force auraient rendu impossible.

Dès lors, la seule alternative envisagée par ces forces est le processus de paix dont l’aboutissement serait la création d’un Etat palestinien. Mais la question de la lutte quotidienne contre la colonisation et l’occupation n’ont jamais été la raison d’être ni même la pratique de ces organisations.

Or aujourd’hui, l’objectif tangible et clair est de repousser l’occupation au-delà des lignes de juin 1967 et de démanteler les colonies dont l’illégalité est reconnue par le droit international. Cet objectif doit constituer le dénominateur commun à toutes les organisations qui doivent se convaincre que pour atteindre ce but, la stratégie la plus efficace est l’Intifadha populaire et généralisée et la désobéissance civile pacifique.

- Le fait que des dizaines de milliers de Palestiniens vivent aujourd’hui des salaires de l’AP et se trouvent dans une logique de dépendance économique ne constitue-t-il pas un frein au ralliement massif à la stratégie de l’Intifadha ?

C’est un obstacle certes, mais fragile. Il est probable que dans un avenir proche, l’Autorité ne puisse plus verser de salaires. Par ailleurs, Netanyahu et Trump sont chaque jour en train de créer de nouvelles conditions favorables à l’exacerbation et à la généralisation de l’Intifadha.

Il n’existe pas de révolution dans l’histoire qui aurait triomphé, si l’ennemi n’avait pas commis d’erreur dans sa gestion de la relation avec la partie la plus faible pour lui permettre de se révolter et de remporter la bataille.

- Les Israéliens ont-ils changé leurs méthodes de gestion de l’occupation pour limiter les chances de succès de l’Intifadha ?

Ils ont tenté de modifier leur tactique en évitant les deux premières semaines de tuer les Palestiniens qui prenaient part à la révolte populaire et se prémunir d’une éventuelle exacerbation. Dans les faits, le découpage de la ville en différentes zones d’occupation et l’importance du dispositif militaire et sécuritaire à Jérusalem-Est vise à empêcher tout rassemblement de plus de quatre personnes dans n’importe quel quartier de la ville.

Source: Externe

Ces mesures ne peuvent être que ponctuelles, car la politique d’expansion coloniale et la judaïsation accélérée de la ville ne cessent de renforcer l’adhésion populaire à l’Intifadha qui finira inéluctablement par se généraliser.

Rappelons que l’armée israélienne a été vaincue au cours des dernières 4 guerres qu’elle a menées et que la direction politique israélienne actuelle est l’une des moins visionnaires parmi toutes celles qui se sont succédé à la tête de l’Etat israélien.

Si le niveau actuel de confrontation s’installe dans la durée, à long terme, il constituera un facteur d’épuisement d’une armée maintenue en état d’alerte permanent et généralisé à l’échelle de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Par ailleurs, la société israélienne n’est plus une société spartiate, guerrière et sobre comme elle le fut par le passé, c’est une société de consommation intégrée au marché mondial.

Mais je pense également qu’un changement est intervenu au sein des opinions publiques américaines et européennes dans leur attitude vis-à-vis d’Israël. L’élite politique et militaire israélienne est réaliste, si les coûts politiques économiques, moraux et symboliques de l’occupation devenaient bien plus grands que ses avantages, les Israéliens ne pourront plus la maintenir.

Mounir Chafik -

19.02.18

Source: ISM

22 février 2018

L'entité sioniste jamais à court d'idées odieuses

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Israël demande à une famille palestinienne de rembourser 28 000 dollars pour la jeep qui a tué leur fils en se renversant sur le côté

Israël a envoyé à la famille d’Abdullah Ghneimat, un Palestinien d’une vingtaine d’années écrasé par une jeep militaire israélienne, une facture de 28 000 dollars pour les dommages causés au véhicule qui l’a tué.

L’incident a eu lieu vers quatre heures du matin le 14 Juin 2015 alors que Ghneimat rentrait à pied du travail dans la commune de Kufr Malek, au Nord-est de Ramallah. Le véhicule israélien aurait fait marche arrière alors qu’il effectuait des activités militaires dans la zone, piégeant Ghneimat sous la voiture.

Al Jazeera rapporte que Ghneimat “n’a pas reçu de secours médical pendant plus de trois heures et s’est vidé de son sang sous le véhicule.” Le ministère israélien de la défense a déclaré que Ghneimat avait jeté un cocktail Molotov sur le véhicule, ce qui signifie que l'affaire est donc “exempte de poursuite” concernant cet homicide.

Source: Externe

La famille Ghneimat s’est engagée dans une longue bataille juridique depuis qu’elle a porté plainte six mois après la mort de Ghneimat contre les soldats israéliens qui conduisaient le véhicule. Le ministère israélien de la défense a ensuite porté plainte contre la famille. Les dernières suites de l’affaire étant la facture de 28 000 dollars de dommages pour la jeep.

Selon Shawan Jabarin, directeur de l’organisation indépendante des droits humains Al-Haq, la facturation des familles palestiniennes pour les dommages causés fait partie d’une nouvelle stratégie des autorités israéliennes pour punir les Palestiniens de toutes formes de résistance. Il a déclaré à Al Jazeera: “Je pense qu’ils arrivent à un point où toute personne proférant le mot « occupation » peut être arrêtée, persécutée et potentiellement condamnée à payer une amende.”

Iyad Ghneimat, le père d’Abdullah, a déclaré à Middle East Eye qu’il n’avait pas beaucoup d’espoir que le procès soit équitable. Il déplore :

« Vous savez, pas une fois dans leur existence les tribunaux israéliens n’ont procédé à un procès juste et équitable pour un Palestinien […] ce serait se mentir que de dire que nous avons une chance réelle d’obtenir justice. »

La possibilité que des Palestiniens reçoivent une compensation pour le tort causé par les forces israéliennes devient de plus en plus mince, selon le rapport 2017 de l’organisation israélienne de droits humains, B’tselem. Le rapport a découvert que de 2012 à 2016, Israël a payé une moyenne de 3,8 millions de shekels (environ 1 millions de dollars) de compensation, une baisse de plus de 80%par rapport à la période de 1997 à 2001.

Cela a entraîné une chute de près de 95% du nombre de Palestiniens à présenter une demande d’indemnisations au tribunal, souligne le rapport.

16.02.18

Source: Agence Media Palestine

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21 février 2018

Remarquable réponse à une question régulièrement posée

Source: Externe

Pourquoi la Palestine ?

Plus que tout autre État, Israël est représentatif du climat de notre époque. Il est comme une condensation de ses hantises, de ses mauvais présages, de tout ce qui se joue dans nos sociétés, des divisions qui se mettent en place, du regard et de l’appréhension du monde qui sont appelés, si la trajectoire funeste où nous sommes engagés se confirme, à s’imposer comme les nôtres.

Il y a une tendance ici en France à présenter le mal-nommé « conflit » au Proche-Orient comme une sorte de match, avec ses supporters et ses hooligans, ou comme la poursuite d’une bagarre encombrante, interminable, entre Arabes et Juifs.

Alors, la réaction naturelle et ma foi compréhensible du bon Français, face à tout ce tapage, serait de renvoyer dos à dos les deux parties, d’adopter la position de surplomb, la neutralité fallacieuse ou la demi-indifférence auxquelles la diplomatie française et les médias l’ont habitué, bref, de s’en laver les mains... Seulement ainsi, le Ponce Pilate français oublie quelque chose ou feint d’oublier: c’est qu’en plus de concentrer tout le sombre passé refoulé de l’Europe, cet Orient tout proche et qu’elle a fabriqué dessine aussi son avenir.

« Mais pourquoi toujours la Palestine ? Pourquoi cet engagement-là en particulier ? Pourquoi cette focalisation ? Est-ce qu’il n’y a pas d’autres horreurs partout dans le monde, des guerres pires ? Pourquoi on ne parle pas autant du Darfour, du Tibet, du Yémen, du sort des Kurdes ou de celui des Rohingya ? »

Même chez des gens pas spécialement solidaires d’Israël et loin des poncifs sionistes sur la haine et le terrorisme palestiniens, il arrive qu’on entende ces questions, ou qu’on les reconnaisse du moins, sous des silences et d’adroits changements de sujet, derrière des soupirs, des haussements d’épaules, une moue gênée ou un geste d’esquive, lorsqu’on évoque la Palestine... Le même désintérêt fuyant, la même lassitude, cette incapacité à comprendre comment on peut s’engager autant pour une cause si particulière et somme toute éloignée, se manifestent de diverses façons... Il s’agirait au fond d’une tragédie parmi d’autres, un peuple opprimé d’accord, mais un seul, dans la longue liste de ceux que la bonne conscience militante énumère depuis toujours avec une voix qui tremble et une lueur dans l’oeil, qu’elle semble collectionner, comme si c’étaient des Pokémons rares...

L’importance pour nous de la question palestinienne ne se réduit pas à un simple attachement identitaire ou affectif, à une pétition de principe morale, ni même uniquement à un parti-pris pour ceux que nous identifions comme « les opprimés ». Même en dehors des phases de crise aiguë, même lorsqu’elle est moins meurtrière que d’autres catastrophes qui accablent le triste monde et défilent dans la même litanie d’infos répétées, l’oppression israélienne reste spécifique. Elle cristallise un certain rapport à la fois politique, symbolique et moral de l’Occident avec les peuples qu’il continue à dominer, elle est particulièrement représentative de la manière dont la conscience européenne se définit à travers ce rapport. Elle nous concerne spécifiquement, parce qu’elle nous place devant un aperçu de ce qui s’annonce pour nous tous du point de vue politique en matière sécuritaire, sociale, sociétale et de gouvernance.

Dans cette perspective, l’engagement pour la Palestine ne constitue pas seulement un choix, un parti-pris quelconque, motivé tantôt par des facteurs objectifs (histoire, faits, statistiques, articles ou résolutions...) tantôt par d’autres subjectifs (affinités religieuses, identitaires, orientation politique...), mais une décision politique fondamentale, à l’heure où se déploient des discours et des manoeuvres assumant la nécessité d’une séparation de l’humanité en catégories distinctes pour lesquelles il serait idéaliste, naïf, voire dangereux de réclamer les mêmes droits. Il s’agit de savoir si nous sommes en train d’adopter le regard et l’anxiété passive par lesquels, via dressage émotionnel et langagier, de telles séparations finissent par s’imposer comme incontournables bien que regrettables, voire souhaitables car rassurantes; si nous allons intégrer les dispositifs qui mettent en place cette séparation, qui l’inscrivent dans l’ordinaire et l’allant-de-soi, ou si nous allons refuser de nous en accommoder.

De ce point de vue, pro-palestiniens, sympathisants d’Israël et indifférents ont au moins en commun d’être mis face à l’impératif de cette décision. Soutenir la Palestine et demander la fin de l’occupation implique en toute cohérence de s’opposer à toute une vision du monde, à toute une logique de répartition ségrégationniste qui tend à s’imposer partout. À l’inverse, adopter la manière israélienne de voir condamne à généraliser à toutes les zones privilégiées du monde la crainte et le délire de persécution, ainsi que les cloisonnements, la répression impitoyable et le quadrillage sécuritaire qu’elles exigent et justifient.

La droitisation croissante du discours israélien, loin d’être une regrettable contingence ou une passagère aggravation du déplorable, obéit à une nécessité tout à fait compréhensible si on la replace au sein du projet de séparation et de gestion des populations. Elle répond à cette idée qu’il faut défendre une société délimitée des périls et des attaques de ceux qui la haïssent. Et en général aujourd’hui, on appréhende moins des armées qui déferlent ou des attaques externes que certaines populations de l’intérieur perçues comme hostiles et inassimilables, dont les droits et même l’existence sont peu à peu déniés, et qui servent non seulement de bouc émissaire mais de prétexte aux gouvernements pour renforcer leur contrôle sur l’ensemble de la population.

À l’avant-garde de la gouvernance sécuritaire

Source: Externe

L’antiterrorisme comme technique de gouvernement s’est aujourd’hui complètement imposé dans les discours politiques officiels et la centralité de la lutte contre le terrorisme est admise par tous les gouvernements européens et même par une partie des États arabes, trop heureux de pouvoir requalifier ainsi de terroristes en vrac les mouvements, les opposants, les partis et les individus qui les dérangent.

Il est bien connu qu’Israël est à l’avant-garde pour tout ce qui concerne la « sécurité » des États, le contrôle des populations, la contre-insurrection rebaptisée « antiterrorisme ». Les Israéliens sont les principaux pourvoyeurs de techniques et de technologies policières, du Moyen-Orient à l’Amérique du Sud. En terme d’usage des drones pour la surveillance et les assassinats ciblés, ils peuvent même se vanter d’avoir donné des leçons aux Américains [1].

L’argument moral et méta-juridique courant contre ce qui est appelé « terrorisme », censé en même temps justifier cette appellation et le distinguer de la résistance armée, est qu’il s’en prend aux civils et pas seulement aux combattants. Mais aujourd’hui, un Palestinien qui attaque des soldats de l’armée d’occupation est automatiquement qualifié de terroriste. Et chaque fois qu’Israël mène une opération pour « renforcer sa sécurité », la mort au combat de six soldats israéliens est présentée comme aussi scandaleuse et inacceptable que s’ils étaient civils – israéliens bien sûr – tandis que les Gazaouis, parmi lesquels on ne distingue pas bien les « terroristes » des civils, peuvent bien périr par milliers...

Ainsi, en plus de l’idée que certaines vies valent plus que d’autres, se manifeste une indifférenciation croissante du militaire et du civil. Celle-ci est particulièrement favorisée en Israël par l’obligation, pour la majorité des jeunes, de faire l’armée, ainsi que par son prestige social, à cause notamment des privilèges nombreux auxquels elle donne accès. Mais cette tendance des États en guerre à vouloir à tout prix préserver les vies de leurs soldats en plus de celles de leurs civils est entrain de gagner tous les pays occidentaux, à commencer par les États-Unis où elle a fortement pesé en faveur de l’usage généralisé des drones en Iraq et en Afghanistan. Ainsi, le caractère éminemment précieux des vies « démocratiques » s’étend même aux soldats. Et même quand, vue la dissymétrie des forces, ils courent très peu de risque de mourir au combat, ou même quand ils n’en courent aucun, comme dans le cas des pilotes de drones, ce type de mentalité amène à compatir avec eux plutôt qu’avec les ombres sans visage qu’ils s’appliquent à éliminer. On en vient à s’inquiéter des ravages psychologiques de la guerre sur les soldats, à s’interroger sur les affres qu’ils traversent pour avoir eu à tuer, comme dans le film d’animation israélien 'Valse avec Bachir'.

À tout le bouleversement que ce dispositif implique, à la redéfinition des concepts fondamentaux de la guerre qu’appelle l’effacement de la frontière entre vies civiles et vies militaires, s’ajoutent la confusion et l’intrication des domaines militaires et policiers, de la guerre et des opérations de police. Toutes ces logiques qui ont déjà amplement contaminé les politiques de sécurité interne des États occidentaux, notamment avec la normalisation en France de l’État d’urgence et son inscription dans la loi, ont d’abord été à l’œuvre en Palestine occupée, dans le rapport d’Israël aux Palestiniens. Il s’agit donc non seulement de techniques de guerre, de gouvernance et de police qu’Israël exporte et par lesquelles il se pose en modèle du parti de l’ordre et de la sécurité, mais également d’une certaine mentalité, d’un certain ethos qu’il s’agit d’installer chez les citoyens, d’un rapport au dehors barbare et dangereux contre lequel il faut se prémunir par tous les moyens, même si cela implique une confiance aveugle envers les gouvernements qui disent nous protéger, un accroissement de la surveillance auquel les régimes totalitaires du siècle dernier ne sont jamais parvenus – ils en ont rêvé, la démocratie l’a fait.

Bien sûr, cela amène à ne plus reconnaître l’ennemi comme humain, et au fond même à supprimer la catégorie d’ennemi. Ce qui auparavant était ainsi désigné se réduit désormais tantôt à une anomalie, tantôt à une bête fabuleuse, un monstre écumant de haine à la fois lâche et fou, dégénéré, qu’il ne faut pas hésiter à abattre avant même d’être sûr de l’avoir bien identifié – toujours suivant les indiscutables instructions de ceux qui disent nous protéger. En plus d’autoriser la liquidation d’un tel élément dangereux sans avoir à discuter, l’accusation suprême de « terrorisme » permet étrangement de ne plus avoir à se justifier, ni même à s’expliciter ou à se préciser chaque fois qu’elle est lancée. Étrange réflexe, comme si plus le chef d’accusation est grave, moins il convenait de discuter, d’émettre des doutes sur la culpabilité du prévenu ou de peser les circonstances... Circulez, c’est simplement encore un « terroriste » qui a été « neutralisé ».

La société israélienne est également paradigmatique dans sa manière de constituer et d’exposer les populations civiles comme cibles du terrorisme, de les séparer de ceux que l’État veut désigner comme terroristes et placer hors de l’humanité. Il faut alors que cette masse reste paranoïaque, peureuse et compacte dans son adhésion craintive au tout-puissant dispositif d’État. Il faut qu’elle fasse corps avec lui, que la remise en cause ou la critique qui pourraient désamorcer les logiques de polarisation qu’il active, réactive et entretient soient non seulement interdites, exclues du débat public et au besoin dénoncées comme « apologie » du pire, mais qu’elles deviennent même impossibles à formuler. Il faut enfin que la foule des « gens normaux » soit de plus en plus dépendante et séparée, qu’elle se perçoive comme douce, délicate, fragile, enviée par le dehors et perpétuellement menacée.

Source: Externe

La tripe sensible

Si vous allez un jour en Cisjordanie, et si vous prenez la voiture avec un Palestinien, il vous arrivera sûrement de devoir attendre. Vous longerez peut-être le célèbre mur sur des kilomètres, lentement à cause des embouteillages, jusqu’au barrage gardé par un Israélien en T-shirt, jeune, l’Uzi en bandoulière, qui seul décide qui passe et quand tout s’arrête... Ce détour aura pour but de vous faire éviter les alentours d’une colonie fraîchement établie près des villages palestiniens, afin de préserver ses habitants du stress que votre arabe existence pourrait occasionner... Ainsi mis au pied du mur, l’indignation ne sert à rien, ni la colère. Profitez-en alors pour jeter un œil. Vous verrez peut-être près du sol, tous les deux mètres environ, des ouvertures de la taille d’un poignet, effectuées dans le mur par des Israéliens écologistes... pour que la faune des environs ne soit pas empêchée dans ses déplacements !

Voilà qui est bien digne d’une des « démocraties les plus réussies au monde » – dixit Trump. Pousser si loin le souci de l’environnement, quelle délicatesse ! Quel extraordinaire raffinement ! Ça c’est sûr, c’est pas du travail d’Arabe !

La conscience supérieure, la sensibilité exacerbée, le sens moral qui les subjugue et la bonté qu’ils ne peuvent s’empêcher d’incarner ne permettaient pas à ces Israéliens d’oublier qu’un pareil mur, évidemment, désordonne les équilibres, perturbe l’écosystème, brise les groupes et sépare les familles, complique la recherche de nourriture et d’eau, bref, disloque toute continuité vivante... Ainsi, la fragmentation de la Palestine opérée par l’occupation, avec ses catégories, ses laisser-passer et ses privilèges localisés, concerne même les reptiles, les musaraignes et les lapins : le sionisme leur donne un statut privilégié ! Un peu comme aux Druzes !

On dirait une parabole du rapport moral que l’Occident entretient avec le reste du globe, avec sa manie de sauver le monde après qu’il l’a dévasté – ou même de le dévaster et de le sauver d’un même geste, de crier « au feu ! » pendant qu’il l’incendie.

Cette fascinante initiative rappelle la réaction indignée de nombreux Américains, lorsque des compagnies privées ont mis en place des parties de chasse par drones, pour permettre au quidam de s’amuser en tuant des bêtes sauvages sans avoir à quitter le siège de son bureau. La NRA et la SPA s’étaient même alliées à l’occasion, une fois n’est pas coutume, pour dénoncer d’une seule voix la lâcheté et la barbarie de telles pratiques, si bien que le programme a dû être interrompu... En terme d’usage létal des drones, il a paru inacceptable à l’opinion américaine que l’on fasse subir à des fauves et des oiseaux le sort qui fut dès lors réservé aux Afghans, tout comme les Israéliens ont jugé cruel et inhumain d’infliger les désagréments de l’Occupation aux habitants de Cisjordanie qui avaient la chance d’être nés rongeurs ou lézards.

Des exemples comme celui-ci feront peut-être comprendre en quoi le sionisme est une affaire européenne, encore aujourd’hui sur le terrain et pas seulement de par l’histoire, en quoi c’est précisément la « bonne » conscience occidentale qui s’y déploie, avec sa perversion, ses inversions, son incongruité, la satisfaction et l’auto-justification morales qui sont les siennes, sa manière particulière de poursuivre, à rebours de ses propres principes, sa perpétuelle négation de l’autre et d’y voir même une preuve supplémentaire de l’excellence démocratique et morale dont elle se targue.

Voilà qui répondra aussi à ceux qui disqualifient toute critique d’Israël ou tout appel au boycott qui ne s’inscrivent pas dans une critique globale et indifférenciée des États oppresseurs, voire des États tout court. Si le boycott de la Chine, de l’Iran, de la Turquie, du Qatar ou de la Russie ne nous concernent pas de la même façon, ce n’est pas seulement à cause de la dépendance politique de certains de ces Etats à l’égard des puissances occidentales, ni parce qu’ils seraient trop directs, trop franchement brutaux dans l’exercice de leur force, encore moins parce qu’ils seraient moralement meilleurs ou que l’oppression subie par ceux qui ont affaire à eux serait plus douce ou moins digne d’intérêt. Mais parce que cette oppression ne se présente pas de la même manière à nous, et les pouvoirs que représentent ces régimes ne sont pas aussi directement identifiables à ceux qui nous sont familiers, que nous subissons ou dont nous profitons, que nous cautionnons ou dont nous nous désolidarisons.

Les rapports impliqués par ces pouvoirs ne sont pas ceux par lesquels nous sommes pris, alors qu’en tant que Français, nous sommes tous menacés non seulement d’être un jour traités en Palestinien (pas seulement les immigrés ou les descendants d’immigrés), dans un cadre politique et juridique qu’il sera de plus en plus difficile de contester, mais aussi, risque inverse et peut-être non moins grave, de faire partie d’une masse de citoyens qui vit, pense et craint à la manière israélienne.

Il ne s’agit pas tant ici de s’opposer au sionisme comme étendard, à ce sionisme auquel certains adhèrent par simple fidélité à un groupe, sentiment d’appartenance ou par un supposé devoir filial ou religieux. De telles fidélités nous traversent tous et aujourd’hui même les nationalismes et les réflexes identitaires prennent de plus en plus l’aspect de masques ou de palliatifs – ce qui est loin de leur ôter toute nocivité. Dans cette guise, le sionisme ne diffère peut-être pas d’autres grands récits et engagements du même type. À la limite, nous ne parlons pas non plus du sionisme comme idéologie coloniale européenne, comme survivance nationaliste de l’avant-dernier siècle. Dans ce qui se joue aujourd’hui à l’échelle mondiale, dans le grand renfermement qui est entrain de se mettre en place et l’insistance des gouvernements à accroître le contrôle et à justifier l’exclusion de certaines catégories d’humains, il s’agit surtout de repérer le sionisme comme logique.

Ce qu’Israël incarne et révèle, ce sont des logiques de séparation et de gestion des populations, de gestion des foules, des colères et des craintes, de distribution des statuts, des logiques qui cultivent la menace et entretiennent la dépendance des individus aux dispositifs nocifs, isolants et falsificateurs qui prétendent les protéger.

La seule « démocratie » du Proche-orient

Source: Externe

Chaque fois que j’ai entendu dire qu’Israël est la seule démocratie du Proche-Orient, avant la colère et la révolte, par-delà le noeud paralysant et la force pétrifiante de ces mensonges, j’ai pensé et voulu demander : Mais alors qu’entendez-vous par « démocratie » ? Que signifie « démocratie » pour qu’on puisse admettre qu’Israël en est une ?

Évidemment, par ce que le terme a de laudatif et de positif, ceux qui défendent la cause palestinienne, ou qui simplement connaissent la situation sur place et n’ont aucun intérêt de mentir, s’empresseront de rectifier, de rétablir quelques vérités. Ils rappelleront par exemple, outre le sort que cette « démocratie » réserve aux Palestiniens, qu’Israël ne garantit pas l’égalité des droits même pour ceux qu’elle reconnaît comme étant ses citoyens... Mais ces objections suffisent-elles ? Répondent-elles vraiment à ce qui est affirmé ou est-ce qu’elles se contentent de rendre coup pour coup ? Est-ce que les colonisations françaises et anglaises, le génocide des Amérindiens ou la traite négrière ont jamais empêché que les États-Unis, la France ou l’Angleterre soient qualifiés de démocraties ? Et si ces pays ne sont pas non plus démocratiques, alors qui l’est ? Ou alors est-ce que durant ces phases historiques, ils auraient simplement trahi leur essence démocratique et les valeurs qui leur seraient comme consubstantiellement attachées ?

Il faudrait peut-être retourner cette affirmation tenace contre ceux qui la lancent : si c’est le cas, si Israël est bien la seule démocratie du Proche-Orient, alors ça en dit long sur ce que vous appelez « démocratie ».

Que « démocratie » ne serve pas à blanchir « Israël » (avec ou sans jeu de mots), mais que la vérité sur ce qu’est Israël nous fasse nous demander : jusqu’où peut aller une prétendue démocratie ? Quel est le sort réservé à ceux dont on prétend qu’ils la haïssent et la menacent ?

Israël donne à tout ce qui se dit démocratique un aperçu de ce qu’une « démocratie » est prête à considérer comme nécessaire et acceptable lorsqu’elle se prétend menacée, lorsqu’elle se vit comme un havre de civilisation cerné par la barbarie haineuse des gueux alentours... Si de nos jours la « démocratie » s’accommode si facilement du racisme structurel, du déni des droits, du mensonge, de l’escalade sécuritaire et l’adhésion unanime à la rhétorique antiterroriste, si elle peut donner lieu à une occupation et un apartheid tels qui durent depuis des décennies, au massacre par les bombes et l’étouffement par le blocus d’une population séquestrée depuis dix ans pour avoir mal voté (démocratiquement au passage, cherchez l’erreur...), alors oui, peut-être qu’on peut considérer Israël comme une « démocratie » – peut-être même que Donald Trump a raison : il s’agit d’une des « démocraties » les plus réussies.

Après les attentats du 13 novembre, un ancien ministre de la défense a textuellement appelé à « israéliser la sécurité » en France, ce qui signifie que « l’israélisation » de la société dans son ensemble est un dessein qu’on ne prend même plus la peine de dissimuler. Plus récemment, pour justifier la mise en place à Nice d’une application importée d’Israël [2] et qui permet à n’importe qui de partager en temps réel avec le centre de vidéosurveillance de la police les agressions, délits et incivilités réels ou supposés qu’il a pu filmer, Christian Estrosi déclarait : « Nous sommes confrontés à une guerre qui nous est faite à l’israélienne, et ne pas mener nous-mêmes cette guerre à l’israélienne, c’est-à-dire nous appuyer à la fois sur toutes les administrations, toutes les collectivités, et aussi les populations – car en Israël les populations, par des campagnes d’information et de communication, sont associées – c’est une erreur ».

Que vous vous intéressiez ou pas à la question du Proche-Orient, que vous soyez « pour » ou « contre » ceci ou cela, « avec » ou « contre » les uns ou les autres, vous serez donc confrontés à cette perspective: Israël comme avenir des sociétés occidentales.

Si cette réjouissante option se confirme, le sujet générique que l’on pourra rencontrer dans la « démocratie » qui se prépare sera tantôt ombre, voix étouffée, masse dangereuse, présence embarrassante, chair livrée aux dispositifs, silhouette perdue dans le troupeau des détenus, des inculpés, de ceux qui attendent aux check-points ; tantôt citoyen reconnu, votant, respectable, qui peut s’exprimer, se déplacer, s’enrichir, à qui on permet de prendre soin de sa personne si précieuse, à qui tout rappelle combien la vie est chère, enviée, fragile, et que tout maintient dans cette inquiétude fébrile, dans cette certitude qu’il lui faut, pour être tranquille, emmurer le premier (celui dont il a pris la place en Palestine comme dans cette phrase), ne plus être dérangé par sa respiration...

Selon que vous vous trouverez d’un côté ou de l’autre, selon que vous serez puissant ou misérable suivant ce partage, vous pourrez dire avec raison « Nous sommes tous Israéliens » ou « Nous sommes tous Palestiniens ».

[1Voir à ce sujet l’ouvrage Théorie du drone, de Grégoire Chamayou.

[2Cette application, appelée Reporty, a été développée par la start-up de l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak.

Ali Saber -

18.02.18

Source: Aurdip

20 février 2018

Gaza, au bord de l'effondrement

Source: Externe

Cinquante-quatre Palestiniens sont morts l’année dernière en attendant les permis israéliens pour quitter la Bande de Gaza pour traitement médical.

L’une d’entre eux était Faten Ahmed, jeune femme de 26 ans atteinte d’une forme rare de cancer. Elle est morte en août alors qu’elle attendait un permis israélien pour aller suivre une chimiothérapie et une radiothérapie qui n’existent pas à Gaza.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, elle avait déjà raté huit rendez-vous à l’hôpital après qu’Israël a refusé ou différé « l’agrément de sécurité ».

Faten Ahmed a été l’une des cinq femmes mortes du cancer durant ce seul mois, en attente d’une autorisation israélienne qui n’est jamais arrivée. Globalement, 46 de ceux qui sont morts l’année dernière en attente de permis étaient des malades du cancer.

Un nombre choquant de décès

Ce bilan impressionnant souligne l’impact du siège israélien, toujours plus étouffant, sur les deux millions de personnes qui vivent à Gaza.

« Nous voyons Israël refuser ou différer de plus en plus l’accès à des traitements potentiellement salvateurs contre le cancer et autres maladies hors de Gaza avec, pour conséquence, un nombre effroyablement haut de patients qui meurent, tandis que le système de santé de Gaza – soumis à 50 ans d’occupation et 11 ans de blocus – est de moins en moins à même de faire face aux besoins de sa population », a dit mardi Aimee Shalan, PDG de l’Aide Médicale pour les Palestiniens.

Sa fondation, avec Amnesty International, Human Rights Watch, le Centre Al Mezan pour les Droits de l’Homme et Médecins pour les Droits de l’Homme Israël, a envoyé un appel urgent à Israël pour qu’il « lève les considérables restrictions illégales sur la liberté de circulation de la population de Gaza, et plus particulièrement sur ceux qui ont de sérieux problèmes de santé ».

En 2017, les autorités d’occupation israéliennes n’ont satisfait qu’à 54 % des demandes de permis pour sortir de Gaza pour des rendez-vous médicaux, taux le plus bas depuis que l’Organisation Mondiale de la Santé a commencé à collecter les données en 2008.

Israël a dramatiquement resserré l’étranglement meurtrier ; son taux de délivrance de permis est tombé de 91 % en 2012 à 82 % en 2014, puis 62 % en 2016, avant d’atteindre son taux le plus bas l’année dernière.

Les associations de santé et de défense des droits de l’Homme font remarquer que l’ONU et le Comité International de la Croix Rouge ont déclaré que le blocus par terre, par mer et par air sur Gaza, qui empêche sa population de circuler, est une « punition collective » – un crime de guerre.

« Les Palestiniens de Gaza ont raté au moins 11.000 rendez-vous médicaux programmés en 2017 après que les autorités israéliennes ont refusé ou n’ont pas répondu à temps aux demandes de permis », déclarent ces associations.

L’Egypte et l’Autorité Palestinienne complices

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Les associations font également remarquer que l’Egypte et l’Autorité Palestinienne basée à Ramallah ont joué un rôle dans la dégradation de la situation : « L’Egypte a gardé le passage de Rafah presque toujours fermé depuis 2013 pour la population de Gaza, ce qui a contribué à restreindre l’accès aux soins de santé. »

« En tant qu’Etat voisin d’un territoire qui subit une crise humanitaire prolongée, l’Egypte devrait faciliter l’accès humanitaire pour cette population », ont-elles déclaré. « Néanmoins, la responsabilité ultime demeure dans les mains d’Israël, puissance occupante. »

L’Autorité Palestinienne a aussi sérieusement réduit ses autorisations financières pour les traitements médicaux hors de Gaza dans le cadre de ses sanctions qui visent à obliger le Hamas à transmettre le contrôle sur la gouvernance de Gaza.

Ces restrictions de l’AP ont causé au moins un décès, selon les associations. Mais les autorités médicales de Gaza ont dit que plus d’une douzaine de personnes, dont une petite fille de 3 ans souffrant d’un problème cardiaque, sont mortes en attendant l’autorisation de paiement par Ramallah.

Tout ceci se passe en pleine crise induite par le siège continu qui a provoqué l’effondrement de parties essentielles du système de santé.

« Avec la pauvreté et le chômage largement généralisés, au moins 10 % des jeunes enfants souffrent de retards dus à une malnutrition chronique, jusqu’à la moitié de tous les médicaments et articles médicaux à Gaza sont complètement épuisés ou le seront dans moins d’un mois, et les coupures chroniques d’électricité ont amené les fonctionnaires à couper dans les services de santé ou autres services essentiels », ont déclaré les associations médicales et de défense des droits.

Mettre fin au siège

Au début du mois, les hôpitaux de Gaza ont commencé à fermer parce que les groupes électrogènes de secours n’étaient plus alimentés en fuel, obligeant le report de centaines d’opérations.

Mercredi, Russia Today a envoyé de Gaza un rapport sur la condition des malades du cancer. La correspondante Anya Parampil a parlé à Zakia dont le mari est mort après avoir été maintes fois empêché d’aller à Jérusalem pour une opération chirurgicale. La chaîne a également diffusé un rapport sur l’aggravation de la situation dans les hôpitaux du territoire.

A la suite des mises en garde de l’ONU sur l’imminence d’une catastrophe, le Qatar et les Emirats Arabes Unis ont engagé la semaine dernière, 11 millions $ de financement à court terme pour prévenir une catastrophe encore pire dans les quelques mois à venir.

Source: Externe

Cependant, comme le font remarquer les associations de défense des droits de l’Homme, il n’y a pas d’autre solution à long terme que de mettre fin au siège.

« Les restrictions imposées par le gouvernement israélien sur la circulation sont directement liées à la mort des patients et aux souffrances qui en découlent, alors que les malades cherchent un permis », a dit Issam Younis, directeur d’Al Mezan. « Ces pratiques constituent une partie du régime d’enfermement et de permis qui empêche les malades de vivre dans la dignité et viole le droit à la vie. »

L’Aide Médicale pour les Palestiniens basée au Royaume-Uni appelle le public à contacter les législateurs du parlement britannique et à « leur demander d’exhorter le gouvernement britannique à intervenir pour sauver des vies à Gaza ».

Ali Abunimah -

14.02.18

Source: Agence Media Palestine

19 février 2018

Les occupants sionistes dupent le monde par un plan pour la restauration de Gaza!

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« Nous voudrions que les têtes des Palestiniens restent sur l’eau. » C’est ainsi que Liberman, ministre sioniste de la guerre, a résumé la politique israélienne à l’encontre des habitants de la bande de Gaza. Il voudrait dire qu’il souhaite que la population de la bande de Gaza reste entre la vie et la mort.

"Israël" est un pays occupant et impose un blocus mortel contre la bande de Gaza. Ce blocus met sa population dans des conditions catastrophiques. "Israël" voudrait fuir ses responsabilités et montrer au monde qu’il a du cœur, par des subterfuges. Le journal hébreu Haaretz en parle.

En effet, l’autre mercredi, Haaretz a écrit que les autorités de l’occupation sioniste préparent un plan pour restaurer la bande de Gaza et ses infrastructures détruites par les guerres menées par les occupants sionistes contre la bande de Gaza encerclée, par des projets financés mondialement.

Avant l’explosion !

Source: Externe

Des analystes économiques et politiques, aussi bien dans la bande de Gaza qu’en "Israël", se mettent d’accord pour dire que Gaza est sur le point de s’effondrer, de s’effondrer totalement avant une explosion totale. Personne n’en connaîtra les conséquences.

Adnan Abou Amer, expert dans l’affaire sioniste, confirme à notre Centre Palestinien d’Information qu’"Israël" s’est rendu compte que la bande de Gaza est sur le point d’exploser, et cette explosion ne sera dirigé que vers lui.

En tout cas, "Israël" ne voudrait pas trouver de véritables solutions pour les problèmes de la bande de Gaza et mettre fin au blocus qu’il lui impose depuis plus de douze ans.

Le plan d’"Israël", qu’il voudrait présenter à la conférence des pays donateurs, consiste à construire des stations de dessalement de l’eau, des centrales électriques, des lignes de distribution de gaz, sans pour autant ouvrir les points de passage et laisser entrer ou sortir les marchandises.

Deux sujets parallèles

L’analyste politique Aymen ar-Rofati, pour sa part, attire l’attention sur le fait que l’Etat d’occupation joue avec la bande de Gaza sur deux lignes parallèles. Il voudrait la garder toujours sur le point d’effondrement, économiquement. Puis il mène des actions médiatiques et diplomatiques destinées à faire comprendre au monde qu’il n’est pas responsable de la situation catastrophique de la Bande. Ces projets qu’"Israël" voudrait présenter ne sont là que pour duper le monde et se présenter comme un pays humain qui voudrait aider la population de la bande de Gaza.

Mise à exécution

Il est clair qu’"Israël" ne cherche pas de vraies solutions pour les habitants de la bande de Gaza. Tout d’abord, qui va payer les coûts de ces projets ? se demande Abou Amer.

Puis, comment pourrait-on mettre ce plan en application, sans l’accord du mouvement Hamas, la première force dans la bande de Gaza ?

Source: Externe

Face à l’empathie

Ce plan israélien ne vient que pour faire face à toute empathie que le monde peut montrer envers la bande de Gaza et son effondrement économique, dit ar-Rafati.

Et "Israël" profite des sanctions imposées par l’autorité palestinienne contre la bande de Gaza pour dire qu’il n’est pas le responsable du blocus, mais que ce sont les Palestiniens eux-mêmes qui y participent.

Le vrai danger réside dans le fait qu’"Israël" voudrait se vendre comme le portail des aides humanitaires présentées à la bande de Gaza, remplaçant les institutions internationales et locales, l’UNRWA en tête.

16.02.18

Source: Palinfo

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18 février 2018

Israël se dit menacé par... une enfant de 11 ans!

Source: Externe

Janna Jihad, cousine d’Ahed Tamimi, pourrait être la prochaine cible d’Israël qui la considère comme une « menace pour la sécurité d’Israël ».

Selon la chaîne israélienne 'Kanal 2', Janna, âgée de 11 ans et habitante du village de Nabi Saleh (Cisjordanie), a été déclarée ainsi dans un rapport du ministère des Affaires stratégiques d’Israël.

Selon ce rapport, Janna deviendrait la « copie » de sa cousine Ahed Tamimi, actuellement en détention.

Janna, qui habite non loin du mur de séparation et de la place où se tiennent les manifestations à l’encontre des colons israéliens, filme et photographie, depuis ses 7 ans, les militaires israéliens qui violent ouvertement les droits des Palestiniens.

Les photos et vidéos de la jeune fille, diffusées sur internet, sont consultées par des dizaines de milliers de personnes qui sont ainsi témoins des innombrables violations des droits commises par Israël.

Pour ces raisons, Israël considère que cette enfant, de 11 ans seulement, constitue un « danger ».

Dans un entretien avec Anadolu, Janna a confié qu’elle a photographié les interventions des militaires israéliens, l’utilisation des armes et du gaz lacrymogène, l’arrestation des Palestiniens, les tortures exercées sur le peuple ainsi que la mort de nombreux d’entre eux.

C’est l’oncle de Janna qui lui a enseigné très jeune comment filmer et photographier les évènements qui surviennent lors des différentes manifestations.

« J’ai décidé de devenir la voix des enfants de ma patrie », indique Janna, née aux Etats-Unis, qui diffuse ses photos et vidéos sous-titrées en anglais.

« Je travaille comme une journaliste. Je ne fais rien d’illégal mais les colons me voient comme un danger. C’est leur problème, pas le mien. Tout ce que je fais est légal. Ce sont eux qui violent le droit », a-t-elle déclaré.

« J’affirme aux colons que ’Les enfants palestiniens continueront de défendre leur cause et leurs terres pour vivre librement et avec leur honneur’. Moi je lutte contre cette occupation par des moyens totalement légaux. Le rapport me concernant et diffusé par Israël est une provocation. Les militaires israéliens viennent sur nos terres. Ce n’est pas nous qui allons vers eux. Ils ont tué mon oncle et mes amis. Ils ont arrêté les gens que l’on aime. Ahed, la fille de ma tante. Ma précieuse amie qui est comme une sœur pour moi. Elle est actuellement en détention parce qu’elle a 'renvoyé' de nos terres les militaires israéliens, à l’origine de la mort de nos enfants », s’est indignée celle qui est qualifiée sur les réseaux sociaux de « plus jeune journaliste au monde ».

Janna, en sixième dans l’une des écoles de Ramallah, a fait savoir que le seul souhait des enfants palestiniens est de vivre librement, en paix et en sécurité à l’instar de tous les enfants du monde.

Source: Externe

« Nous sommes des enfants qui ne peuvent vivre leur enfance. Les colons nous ont tout volé. Ils ont détruit nos vies. Je souhaite que les générations futures vivent leur enfance dans la paix comme tous les enfants du monde », a partagé la fillette qui souhaite devenir journaliste afin d’exposer au monde entier les difficultés qu’endurent le peuple palestinien.

La mère de Janna, Neval Tamimi, inquiète pour l’avenir de sa fille, s’est indignée des violations des droits commises par les Israéliens et a souligné que le rapport est une provocation.

D’un autre côté, Luisa Morgantini, ancienne Vice-présidente du Parlement Européen, qui a rendu visite à Janna, a exprimé sa fierté face à cette jeune fille « membre d’une génération qui lutte à travers des moyens pacifiques et modernes ».

« Ses travaux dans le domaine médiatique sont remarquables. Ils permettent de remettre en cause ce portrait de 'terroristes' qu’Israël tente de dresser au sujet des Palestiniens », a t-elle indiqué. « Janna est parvenue à alerter les communautés du monde entier », a indiqué Morgantini, qui a appelé la communauté internationale à faire le nécessaire pour mettre un terme à la violation des droits en Palestine.

15.02.18

Source: Al Manar

17 février 2018

Qu'est-ce que les Missions civiles d'Observation en Palestine occupée?

Nombre de citoyens interpelés par la situation dramatique qui prévaut en Palestine occupée se demandent comment agir?

Certains ont eu la démarche de s'inscrire pour participer aux Missions civiles internationales d'Observation et de Protection du peuple palestinien. Et après une formation indispensable, ont pu accompagner une délégation sur place, afin de voir, toucher de près, comprendre vraiment les difficultés et les contraintes d'une société vivant sous occupation militaire illégale depuis des décennies, mais qui résiste. Loin des clichés colportés par les médias habituels, cette immersion dans le quotidien de la vie des familles et de la société palestinienne est d'une richesse inouïe et permet de se défaire de tous les préjugés stupides colportés par des médias complaisants.

Pour rappel, ces Missions civiles ont été organisées à la suite de la demande du président Y. Arafat qui face à la violence incontrôlée de l'armée d'occupation, aux destructions et aux assassinats de nombreux Palestiniens, réclamait une Force internationale qui puisse se positionner entre les civils palestiniens et l'armée israélienne. Demande qui n'a jamais abouti, rejetée par Israël. La société civile s'est alors mobilisée et a mis sur pied les Missions civiles en association avec de nombreuses ONG palestiniennes et israéliennes qui oeuvrent pour la paix.

Lors d'une délégation qui s'est rendue sur place au printemps 2002, l'un des participants était outillé d'une caméra. Il s'en est suivi un travail de montage afin de présenter à tous ceux que la chose intéresse, la réalité des Missions civiles d'Observation, au coeur de la vie des Palestiniens. Ce témoignage  peut servir de base pour les citoyens qui seraient tentés par cette démarche, et même s'il a 15 ans déjà, il reste d'actualité. A l'exception de Gaza dont les colonies ont été évacuées, mais avec des conséquences pires encore, puisque l'enclave est soumise depuis 2006 à un embargo et un blocus tel, qu'il est devenu un camp d'extermination lente de la population qui y vit encagée, privée de quantité de produits de première nécessité. Et nous vous proposerons bientôt un film-documentaire sur ce que sont les conditions de survie dans la Bande de Gaza.

La rédaction du MCP (Mouvement Citoyen Palestine) a le plaisr de vous proposer en 5 vidéos le film qui a été réalisé lors de cette Mission "Au bord de la mort, nous cultivons l'espoir" inclus sous forme de DVD au livre paru à la même époque "Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes" - 2004 - Ed. M. Pietteur - et qui témoigne des 8 Missions encadrées par D. Vanhove, présentées l'une après l'autre, tel un carnet de bord. Vous y découvrirez l'intervention de nombreux responsables de la société palestinienne et israélienne engagés au plus haut niveau dans différentes ONG, des anecdotes étonnantes, ainsi qu'une foule de détails de la vie journalière d'une société qui n'a de cesse de redresser la tête, face aux innombrables avanies que leur impose l'occupant colonial israélien. (Le livre est disponible sur demande).

La fin du film (la 5è vidéo) donne la parole aux différents membres de la délégation et les invite à dire en quelques mots ce qu'ils retiennent de leur expérience d'Observateurs civils pendant ce séjour d'une semaine.

1/ Mission civile belge 2002 Palestine 1/5.mov

 

2/ Mission civile belge 2002 Palestine 2/5.mov

 

3/ Mission civile belge 2002 Palestine 3/5.mov

 

4/ Mission civile belge 2002 Palestine 4/5.mov

 

5/ Mission civile belge 2002 Palestine 5/5.mov

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16 février 2018

La Knesset vote l’extension du droit israélien aux institutions universitaires de Cisjordanie

Source: Externe

La Knesset a approuvé lundi soir la version finale de la loi qui applique le droit israélien aux institutions académiques de Cisjordanie, le projet ayant été accepté en deuxième et troisième lectures.

La loi, dont la préparation a été accélérée avec le soutien du ministre de l’éducation Naftali Bennett, fait partie de la série de lois conçues pour mettre en œuvre l’annexion rampante des territoires de Cisjordanie et appliquer le droit israélien dans les colonies. En plus de la coalition, le parti Yesh Atid a également voté cette loi.

La loi a été votée par 56 pour et 36 contre.

La nouvelle loi cherche à supprimer le Conseil de l’Enseignement Supérieur de Judée et Samarie et à placer les institutions universitaires des territoires sous l’égide du Conseil de l’Enseignement Supérieur d’Israël.

Le député Moalem-Refaeli (Habayit Hayehudi), qui a présenté le projet de loi a dit le mois dernier : « À côté de l’importance académique de la loi, il y a aussi un élément clairement destiné à appliquer la souveraineté et je suis fier de ces deux aspects ».

Des personnalités du monde académique ont averti que la loi pouvait nuire au statut des institutions universitaires israéliennes et étendre le boycott académique de la part d’opposants aux colonies. Cette loi pourrait annuler des accords entre Israël et l’Union Européenne visant à maintenir une séparation entre les institutions universitaires d’au-delà de la frontière d’avant 1967 et celles qui se trouvent en Israël proprement dit. De telles violations pourraient entraîner l’exclusion d’Israël du projet de coopération scientifique Horizon 2020. Ces implications n’ont pas encore été discutées par le Comité de l’Éducation de la Knesset.

Le Conseil de l’Enseignement Supérieur d’Israël s’est prononcé en faveur de la loi, bien que le sujet n’ait pas été discuté par ses membres. Un représentant du conseil, l’avocat Nadav Shamir, a dit le mois dernier au Comité de l’Éducation de la Knesset que le soutien du conseil à la loi découlait de ses avantages règlementaires. « La situation actuelle dans laquelle il y a un conseil pour Israël et un conseil pour la Judée Samarie nuit à notre planification nationale. Ce qui intéresse le conseil c’est le niveau universitaire et, d’un point de vue réglementaire et professionnel nous sommes en faveur de la loi ».

Une des raisons de ce vote réside dans les difficultés juridiques croissantes à établir une faculté de médecine à l’université d’Ariel en Cisjordanie. Le problème se situe au niveau de la formation clinique des étudiants, que la faculté voudrait voir se dérouler dans un hôpital situé dans l’Israël d’avant1967. « La formation clinique donne des titres universitaires et ces titres doivent être décernés par une institution académique israélienne ou une institution étrangère, et Ariel n’est ni l’une ni l’autre », a dit au comité de la Knesset le représentant du Conseil de l’Enseignement Supérieur d’Israël. Replacer l’Université d’Ariel sous les auspices du conseil d’Israël supprimerait cet obstacle.

La loi en vigueur concernant le Conseil de l’Enseignement Supérieur d’Israël n’inclut pas d’institution académique de Cisjordanie. Il a donc été décidé, au début des années 1990, d’établir un conseil distinct pour la Cisjordanie afin que les programmes de diplômes de ce qui était alors le Collège d‘Ariel puisse être reconnus.

Bennet a souligné qu’en raisonnant au-delà de l’extension, on permettait d’installer une faculté de médecine à Ariel et de compenser le manque cruel de médecins en Israël.

Le député Yousef Jabreen (de la Liste Unie) a dit que « la politique d’annexion, de rampante qu’elle était, s’était mise à courir ». Il a dit que l’extension de la loi est une violation en tant qu’elle sape le statut des institutions académiques israéliennes en le liant à l’occupation et à la politisation de la solution à deux États basée sur les frontières de 1967.

« Par nature, le monde académique promeut les valeurs de paix, de démocratie et de tolérance. Ces valeurs ne peuvent exister dans l’ombre d’une occupation militaire » a-t-il dit.

Dimanche, Netanyahu a bloqué l’avancement d’un projet de loi visant à ce que la souveraineté d’Israël s’applique aux colonies. Le projet de loi ne mentionnait pas l’annexion de la Cisjordanie, ne se référant qu’aux colonies. Le forum des dirigeants des partis de la coalition, qui se sont réunis pour décider de l’opportunité de soutenir le projet de loi, se sont mis d’accord à l’unanimité pour repousser le débat à cause des récents troubles au nord.

Source: Externe

Selon Netanyahu, Israël doit éviter des avancées qui puissent embarrasser les États-Unis, de manière à obtenir la compréhension de la communauté internationale. Dans une interview publiée dimanche par le journal pro-Netanyahu Hayom (Aujourd’hui), Trump a exprimé des doutes sur le fait qu’Israël et les Palestiniens soient engagés à réaliser la paix.

« À l’heure actuelle, je dirais que les Palestiniens ne cherchent pas à faire la paix, ils ne cherchent pas à faire la paix. Et je ne suis pas persuadé qu’Israël cherche à faire la paix » a dit Trump. Il a ajouté que les colonies « ont toujours rendu compliqué de faire la paix » et il a averti : « Israël doit faire très attention avec les colonies ».

Netanyahu s’est servi de ces arguments plusieurs fois dans les derniers mois, de façon à repousser différents projets de loi sur l’annexion de territoires, dont le projet d’annexion de Ma’aleh Adumim et un projet de loi qui mettrait les colonies du pourtour de Jérusalem sous la juridiction de la ville.

Yarden Zur -

13.02.18

Source: Aurdip

15 février 2018

Comment la lutte palestinienne est transmise de génération en génération

Source: Externe

En août 2002, deux ans après le début de la seconde Intifada, les forces israéliennes ont cerné un chef local du Hamas dans le village cisjordanien de Tubas, près de Jénine.

Nasser Jarrar était en fauteuil roulant après avoir perdu ses deux jambes et un bras dans une explosion. Nidal Abu M’Khisan, un voisin de Jarrar âgé de 19 ans, s’est vu remettre un gilet pare-balles et a été contraint, sous la menace d’une arme, de servir de bouclier humain aux troupes qui prenaient d’assaut la maison. 

Jarrar a ouvert le feu et a tué le jeune homme, avant d’être lui-même enseveli vivant lorsque les troupes israéliennes ont rasé la maison au bulldozer.

Un crime de guerre

Avant de mourir, Nasser avait donné un Coran à son fils Ahmed, âgé de 7 ans à l’époque. Il y avait laissé l’inscription suivante, écrite avec la main gauche qu’il lui restait : « Pour mon cher fils Ahmed. » 

Quatre mois plus tôt, les forces israéliennes avaient encerclé le camp de réfugiés de Jénine dans une opération militaire devenue notoire et y avaient interdit l’accès. Une bataille de douze jours avait suivi, durant laquelle l’infanterie, des commandos, des hélicoptères d’assaut et des bulldozers blindés avaient été déployés pour vider le camp, considéré par Israël comme la capitale cisjordanienne des kamikazes.

Source: Externe

Une zone résidentielle fortement concentrée et large d’un demi-kilomètre avait été réduite en poussière ; dans le même temps, une colonne d’infanterie israélienne était tombée dans une embuscade et des témoins oculaires palestiniens avaient affirmé que des centaines de corps avaient été ensevelis sous les décombres et éliminés avant que les organisations d’aide internationale ne fussent autorisées à entrer.

Lorsque tout cela fut terminé, une guerre des mots tout aussi féroce commença au sujet de ce qui s’était passé dans le camp de réfugiés.

The Independent, le Guardian et le Times parlèrent d’un crime de guerre, d’un massacre et d’un 11 septembre israélien. Haaretz et le New York Times affirmèrent que le nombre de victimes était limité et laissèrent entendre que la plupart étaient des combattants.

Six semaines plus tard, Yediot Aharonot publia un entretien avec un opérateur d’un bulldozer blindé D9 qui avait participé à l’opération. « Je n’ai pas vu, de mes propres yeux, des gens mourir sous la lame du D9 et je n’ai pas vu de maison[s] s’écrouler sur des personnes vivantes, déclara Moshe Nissim. Mais s’il y en avait eu, je n’en aurais rien eu à faire. […] » « Mais les choses ont réellement commencé le jour où treize de nos soldats ont été tués en haut de cette allée dans le camp de réfugiés de Jénine. Si nous étions allés dans le bâtiment où ils avaient été pris en embuscade, nous aurions enseveli vivants tous ces Palestiniens. »

Le chef d’état-major de l’armée israélienne était à l’époque Shaul Mofaz. Il avait exhorté les officiers à accélérer l’opération en leur ordonnant de tirer cinq missiles antichars sur chaque maison avant d’y entrer. Ancien dirigeant du parti centriste Kadima, Mofaz est aujourd’hui considéré comme un libéral sur le spectre politique israélien, en particulier comparé aux faucons du gouvernement Netanyahu.  

Une mission d’enquête de l’ONU a conclu qu’au moins 52 Palestiniens avaient été tués, dont la moitié étaient des civils.

Source: Externe

« Sourire et espoir »

Lorsque la seconde Intifada fut terminée, un énorme effort a été initié pour réhabiliter Jénine. L’ancien bastion de kamikazes a été transformé en « la ville la plus calme de Cisjordanie » – c’est du moins ce que certains ont écrit.

Jénine, avec sa « zone économique et de sécurité palestinienne spéciale », est devenue un laboratoire pour un plan qui allait être déployé dans le reste de la Cisjordanie. La ville allait être transformée.

Dans le cadre du dénommé projet de sécurité pilote de Jénine, lancé en 2008, les soldats israéliens allaient être retirés des rues et l’Autorité palestinienne allait reprendre le contrôle en déployant des unités de sécurité entraînées par les Américains. Le projet fut baptisé « Sourire et espoir ».

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad l’appela le « modèle de Jénine ». Tony Blair, l’envoyé international au Proche-Orient, dévoila un ensemble de mesures visant à stimuler l’économie de la Cisjordanie, notamment un parc industriel dans la région de Jénine comprenant 30 usines appelées à employer 25 000 personnes. 

En réalité, le projet de création d’un parc industriel près de Jénine remontait à 1995, lorsque les Israéliens affluaient vers cette ville frontalière où les prix étaient bas, à une époque où un accord de paix semblait se dessiner. Le parc industriel de Jénine n’a cessé d’être annoncé et relancé depuis lors.

L’Université américaine de Jénine est devenue la seule université palestinienne dont les diplômes étaient reconnus en Israël et a attiré quelque 3 500 étudiants palestiniens ayant la citoyenneté israélienne. Un de ces étudiants se nommait Ahmed Jarrar.

Le gouverneur de Jénine de l’époque, Qadura Moussa, déclara au Portland Trust en novembre 2008 que la sécurité et l’économie allaient de pair. Tout dépendait du nombre de clients qu’Israël laissait entrer à Jénine par le poste frontalier de Jalame.

Certains y voyaient un coup de pouce économique, d’autres une forme de servitude qui finirait par renforcer l’emprise d’Israël sur l’économie et les emplois palestiniens. Jénine serait transformée en une porte palestinienne septentrionale vers Israël.

Blair déclara que Jénine servirait de « modèle pour le développement, ainsi que pour la stabilité politique et économique ». Il se vit accorder 1 million de dollars pour son « leadership » lors d’une cérémonie à l’université de Tel Aviv.

En 2009, le gouverneur de Jénine reçut Blair et la secrétaire d’État américaine de l’époque, Condoleezza Rice ; il affirma alors que le parc industriel pouvait être un modèle, tout en avertissant que la sécurité et l’économie ne suffisaient pas.

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« La société ne peut pas se calmer uniquement avec la sécurité ou des changements économiques. Il lui faut également un angle politique. Ces postes de contrôle, ce discours constant prônant une sécurité excessive, nous font penser qu’il n’y a pas de partenaire israélien pour la paix », déclara Moussa.

Beaucoup de sourires mais peu d’espoir, donc. J’ai vérifié où en était ce parc industriel tant annoncé, qui est sur le point d’ouvrir depuis 28 ans. Kamal Abu Alarab, vice-gouverneur de Jénine, a déclaré qu’un différend foncier avait été réglé et que le travail sur le parc allait se poursuivre. Le parc lui-même n’a toujours pas démarré.  

Mission accomplie ?

Cette semaine, une autre partie de cette histoire a pris fin. Désormais âgé de 22 ans, Ahmed a été cerné par des unités du Shabak et de l’armée israélienne dans le village de Yamoun, à 9 kilomètres de Jénine. Recherché pour avoir été à l’origine de la fusillade au volant orchestrée contre un colon, le rabbin Raziel Shevah, survenue le 9 janvier près d’un avant-poste illégal proche de Naplouse, Jarrar avait passé près d’un mois en cavale.

Tout son entourage a semblé surpris de constater que ce jeune homme de 22 ans au sourire radieux, qui avait constitué un grand cercle d’amis et décroché un diplôme en marketing à l’université de Jénine, avait choisi la même voie que son père il y a quinze ans.

« Nous avons appris sa mort ce matin dans les médias israéliens […] Nous sommes stupéfaits, a confié Amer, un cousin. Aucun d’entre nous n’avait une idée de l’endroit où il se trouvait. »

Source: Externe

Ahmed a même connu une mort similaire à celle de son père. La chasse à l’homme israélienne a semé une destruction à grande échelle. Le 28 janvier, son cousin Ahmed Ismaïl Jarrar a été tué au cours d’une opération de dix heures à Wadi Bruqin. Trois maisons appartenant à la famille Jarrar ont été démolies.

Dimanche, Wadi Bruqin a de nouveau été la cible d’un raid et un Palestinien de 19 ans a été abattu d’une balle dans la tête. Selon des habitants cités par Al Jazeera, des soldats israéliens ont menacé de démolir le village maison après maison tant qu’Ahmed ne se dénonçait pas. Jarrar est mort sous une pluie de balles, entouré de chargeurs.

Le corps de Jarrar a été récupéré par les Israéliens. Ses proches ont trouvé une pile de vêtements ensanglantés et une copie déchirée du Coran que son père lui avait donnée il y a toutes ces années. Celui-ci avait également été transpercé par les balles.

La morale de cette histoire est saisissante : tous les Jarrar de ce monde peuvent être tués. Toutes les Jénine de ce monde peuvent être détruites au bulldozer, reconstruites, réhabilitées. Des millions de dollars de l’UE peuvent être dépensés pour transformer Jénine. Mais il y a une chose qui ne se produira pas. Le feu de ce conflit ne sera jamais éteint.

Cela ne surviendra que lorsque l’occupation aura pris fin et que justice aura été faite, lorsque les Palestiniens jouiront des mêmes droits civils, politiques et de propriété que les Israéliens. 

En attendant, les braises ardentes de cette lutte seront transmises de génération en génération. Ahmed Jarrar est devenu à son tour un symbole. Le Hamas l’a décrit comme la fierté de la Palestine.

Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation de gauche, l’a qualifié de « symbole national influent dont les Palestiniens seront fiers ». 

Un autre symbole de la résistance palestinienne, Ahed Tamimi, une adolescente de 17 ans, encourt plusieurs mois d’emprisonnement pour avoir giflé un soldat israélien lors de protestations en Cisjordanie. Elle aussi a grandi dans le district relativement prospère des environs de Ramallah.

Mardi, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a salué l’opération israélienne dans un tweet : « Le problème a été réglé. » Mission accomplie, s’est donc vanté Lieberman.

Est-ce réellement le cas ?

David Hearst -

09.02.18

Rédacteur en chef de MEE

Source: MEE (Middle East Eye)