FREE PALESTINE

11 septembre 2016

La nouvelle « solution à deux États » qui colonisera la Palestine

La nouvelle « solution à deux États » qui colonisera la Palestine

En vertu d’un nouveau plan ridicule, Israël retirerait ses colonies et, en échange, la Palestine deviendrait une colonie israélienne géante de substitution

Un puissant groupe politique pro-israélien ayant des liens avec l’administration Obama et l’establishment des renseignements militaires israéliens fait la promotion de plans pour une « solution à deux États », qui subordonnera les Palestiniens au régime militaire israélien, supervisé par une présence militaire américaine permanente.

Ces plans ont été élaborés par le Israel Policy Forum (IPF), un groupe de plaidoyer basé à New York et fondé en 1993 à la demande du Premier ministre Yitzhak Rabin pour promouvoir le processus de paix d’Oslo. Peu de temps après sa prise de fonction en 2009, le président Obama a adopté la « feuille de route » de l’IPF pour le Moyen-Orient.

Parmi les recommandations du plan figurent la démilitarisation complète de la Palestine bien qu’elle soit définie comme un territoire « souverain », des infrastructures complètes de surveillance des frontières et une opération militaire américaine permanente pour surveiller le Jourdain.

La sécurité d’abord – pour Israël

Le projet du Forum « Sécurité à deux États » a demandé aux Commanders for Israeli Security (CIS, commandants pour la sécurité d’Israël) – un réseau de plus de 200 anciens hauts responsables israéliens de l’armée et des renseignements – et au  Center for a New American Security (CNAS, centre pour une nouvelle sécurité américaine) à Washington DC, de produire des études relatives à une solution à deux états.

Le rapport du CNAS, publié en mai, se présente comme le « produit » de « nombreuses consultations et ateliers avec d’anciens et d’actuels responsables de la sécurité et négociateurs israéliens, palestiniens, jordaniens et américains ».

La condition préalable du rapport pour sa vision « à deux États » est l’élimination du Hamas à Gaza, bien que cela soit affirmé vaguement comme suit :

« Une partie de ce défi est que la transition à Gaza exigerait en première lieu de l’Autorité palestinienne [AP] qu’elle réaffirme la gouvernance et le contrôle de la sécurité sur Gaza – un problème au-delà de la portée de cette étude. »

Dans ce projet, l’Autorité palestinienne est considérée comme une force intermédiaire qui impose la sécurité intérieure en Cisjordanie et à Gaza au nom d’Israël.

Le système interne de sécurité palestinien comprendrait, selon les propositions du rapport, quatre éléments clés : une « force de sécurité palestinienne non-militarisée (PASF) » ; une petite « unité antiterroriste palestinienne (CT) formée et équipée à un niveau analogue de celui d’une unité du SWAT d’une grande ville américaine » ; un « dispositif palestinien de lutte contre le terrorisme autonome et exhaustif composé d’un personnel choisi et protégé, notamment d’agents des renseignements » ; et des centres israélo-palestiniens d’opérations conjointes entre « les forces de sécurité israéliennes (ISF) et la PASF pour l’échange de renseignements, l’identification des cibles potentielles et la coordination des opérations ».

Ce dernier sera le principal mécanisme par lequel la force de sécurité interne de l’État palestinien « souverain », la PASF, opérerait en réalité sous le contrôle opérationnel d’Israël.

Présence permanente des États-Unis

Le rapport souligne la nécessité de « mécanismes multiples » pour résoudre les désaccords entre la PASF et les forces de sécurité israéliennes « via la médiation américaine » et l’avis final pour Israël dans les « situations extrêmes » qui restent indéfinies.

L’avis final d’Israël implique le pouvoir d’« agir unilatéralement pour se défendre en sachant qu’il recevrait le soutien diplomatique américain suite à cela ».

Les Américains devraient faire semblant d’être des « intermédiaires honnêtes » qui soutiendraient néanmoins Israël en toute circonstance où Israël ressentirait le besoin d’agir unilatéralement contre les Palestiniens

En d’autres termes, les Américains devraient faire semblant d’être des « intermédiaires honnêtes » qui soutiendraient néanmoins Israël en toute circonstance où Israël ressentirait le besoin d’agir unilatéralement contre les Palestiniens

Plus que cela, le rapport demande une présence militaire permanente des États-Unis dans la région.

Une force de sécurité palestinienne fonctionnelle exigera « un engagement à long terme et la présence continue de formateurs, de conseillers et d’observateurs américains », affirme le document.

Autre nécessité : des « patrouilles itinérantes sur les routes de patrouille comprenant une petite force américaine le long de la frontière entre la Palestine et la Jordanie » sous la forme d’une « force américaine permanente, dénombrant quelques centaines d’hommes ».

Le rapport souligne que quel que soit le pays qui dirigerait en fin de compte les patrouilles – que ce soit les forces israéliennes, jordaniennes ou palestiniennes – « la responsabilité globale de la sécurité dans cette zone incomberait aux États-Unis ».

La souveraineté sans souveraineté

Les propositions les plus absurdes peut-être impliquent l’insistance sur le fait que la « souveraineté » territoriale de la Palestine sur son propre espace aérien et ses eaux doit demeurer subordonnée au contrôle israélien.

Outre une nouvelle définition de « l’espace aérien palestinien souverain » comme limité à « 10 000 pieds » au-dessus du niveau moyen de la mer (l’altitude de croisière des vols commerciaux est au minimum de 28 000 pieds), le document va plus loin, exigeant que « les contrôleurs israéliens doivent avoir la capacité technique de prendre le contrôle de façon transparente de l’espace aérien palestinien et du trafic aérien en cas d’urgence de défense aérienne ».

Le rapport poursuit en expliquant : « Comme pour l’espace aérien, les Palestiniens gouverneraient leurs eaux territoriales au large de Gaza, mais avec certaines restrictions permettant aux Israéliens de maintenir la sécurité globale » – à savoir, « les procédures standard dans les eaux internationales, où Israël », et non la Palestine, « est libre d’intercepter, d’aborder et d’inspecter tout navire (en conformité avec le droit international) ».

Ma souveraineté est plus grande que la tienne

Au cœur de la solution à deux États envisagée existe une disparité fondamentale de puissance militaire.

Alors que les Palestiniens devraient rester démilitarisés de façon permanente dans le cadre du « retour de Gaza sous le contrôle de l’Autorité palestinienne », Israël bénéficiera du soutien américain pour faire le contraire :

L’IPF propose fondamentalement qu’Israël retire ses propres colonies et, en échange, la Palestine elle-même deviendrait une colonie israélienne géante de substitution

« Et dans le cadre de la réintégration de Gaza et de la Cisjordanie, le gouvernement de Gaza devrait accepter de démanteler l’industrie militaire de Gaza, ses systèmes de roquettes et ses capacités militaires offensives… Nous supposons également qu’Israël maintiendra (ou accroîtra) ses capacités existantes de défense… En d’autres termes, l’appareil de sécurité israélien actuel ne sera pas remplacé, mais plutôt accru. »

Le rapport propose une série de niveaux de sécurité interne, frontalière et régionale qui offriraient à Israël un degré de contrôle « invisible » sans précédent sur la société palestinienne.

Parmi eux figure l’idée de mécanismes formels pour des opérations communes en matière de renseignements, de lutte contre la contrebande et de lutte contre le terrorisme avec la Jordanie, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe.

Cela s’accompagnerait de nouvelles institutions de sécurité intérieure communes « pour détecter les activités terroristes » – y compris les forces antiterroristes dirigées par l’AP « pour perquisitionner les sites et arrêter les auteurs », avec une nouvelle structure palestinienne de maintien de l’ordre, notamment « des centres de détention autonomes ».

« Ces cinq niveaux externes [fourniraient] à Israël une grande profondeur stratégique », conclut le rapport, donnant à Israël la possibilité de se retirer militairement de Gaza et de Cisjordanie – tout en se reposant sur l’arrangement de sécurité intermédiaire avec l’AP, les régimes arabes et les États-Unis pour maintenir l’ordre en Palestine.

L’avertissement crucial ici est que le régime militaire israélien sur la Palestine ne prendrait pas fin, mais continuerait simplement par d’autres moyens moins visibles :

« Comme tout autre État souverain, Israël conserverait la capacité de réagir dans des circonstances extrêmes où il juge nécessaire de se défendre, même si cela signifie violer la souveraineté d’un autre État. Mais, comme pour tout autre État souverain, prendre de telles mesures impliquerait des risques politiques et d’autres conséquences qui devront être considérés par les dirigeants d’Israël. Pour atténuer certains de ces risques, il pourrait y avoir un accord parallèle entre les États-Unis et Israël sur les circonstances générales dans lesquelles les États-Unis s’aligneront diplomatiquement avec Israël dans le cas où Israël aurait pris des mesures unilatérales au sein de la Palestine. »

Donc, l’IPF propose fondamentalement qu’Israël retire ses propres colonies et, en échange, la Palestine elle-même deviendrait une colonie israélienne géante de substitution.

Briser l’impasse ?

L’angle mort récurrent des auteurs du rapport est que la « souveraineté » offerte aux Palestiniens est en contradiction totale avec la définition la plus élémentaire de la notion de souveraineté étatique.

Imaginez, un instant, ce qui suit :

Si un tel rapport devait être publié, il susciterait d’abord le rire, et tout de suite après, les moqueries

Un think-tank ayant des liens avec le Hamas produit un rapport, ressemblant à celui-ci.

Le rapport lié au Hamas préconise que, préalablement à une solution à deux États, le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou devrait être « en quelque sorte » remplacé par un partenaire israélien plus approprié, moins fanatique.

Ce nouveau partenaire israélien plus favorable devrait accepter la démilitarisation complète de l’une de ses capacités militaires offensives qui sous-tend son pouvoir d’envahir Gaza et la Cisjordanie unilatéralement.

L’État israélien devra installer des centres communs d’opérations avec les Palestiniens pour identifier les extrémistes en Israël qui incitent à la violence et au terrorisme, y compris les organisations qui promeuvent activement les activités illégales de colonisation.

Et le nouvel État palestinien exigerait la capacité de mener des opérations militaires unilatérales « en dernier recours », de conclure un accord avec une puissance externe de son choix (disons, l’Union européenne) qui fournirait une couverture diplomatique à une telle action militaire palestinienne unilatérale.

Si un tel rapport devait être publié, il susciterait d’abord le rire, et tout de suite après, les moqueries, puis très vite, l’horreur par rapport au fait qu’une telle idée serait prise au sérieux par les Palestiniens comme un chemin viable vers une solution a deux États pacifique.

Et c’est exactement comme cela que les Palestiniens verraient la dernière vision américano-israélienne pour la « paix » – un plan ridicule pour une domination militaire étrangère permanente qui n’a rien appris de l’impasse d’Oslo.

 

- Nafeez Ahmed est journaliste d’investigation et auteur à succès. Titulaire d’un doctorat, il s’est spécialisé dans les questions de sécurité internationale, examinant ce qu’il appelle les « crises de civilisation ». Il a obtenu une récompense de la part de l’organisation Project Censored dans la catégorie « Outstanding Investigative Journalism » (« journalisme d’investigation d’exception ») pour un reportage d’investigation, publié par le journal The Guardian, sur l’intersection des crises globales de nature écologique, énergétique et économique et des conflits et géopolitiques régionales. Il a également écrit pour The Independent, Sydney Morning Herald, The Age, The Scotsman, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, Prospect, New Statesman, Le Monde diplomatique et New Internationalist. Son travail sur les causes profondes et les opérations secrètes liées au terrorisme international a officiellement contribué à l’établissement de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis du 11 septembre 2001 et à l’enquête du Coroner sur les attentats du 7 juillet 2005 à Londres.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : des agents de la police des frontières israéliennes montent la garde tandis que des engins de chantier israéliens démolissent des maisons palestiniennes dans le village cisjordanien de Kalandia, près de Ramallah, le 26 juillet 2016 (Reuters).

 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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La liberté d’action pour la Palestine au Conseil d’Etat ce 6 septembre

Une quinzaine de membres et de sympathisants de la Plate-forme Charleroi-Palestine se sont rendus ce 6 septembre à une audience du Conseil d’État afin de montrer leur attachement à la liberté d’expression.

En effet, leur avocat devait plaider le recours en annulation d’un Arrêté de police qui leur avait été signifié au moment du match entre le Sporting de Charleroi et l’équipe du Beitar Jérusalem, au mois de juillet 2015.

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Ces « jeunes excités » qui font peur à la police de Charleroi

Les membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine voulaient distribuer un tract dénonçant le racisme de cette équipe et de ses supporters et appelant au boycott sportif d’Israël.  À cet effet, ils avaient fixé RV dans une salle pour organiser la distribution et avoir une permanence avec café, sandwichs, etc.

Mais la distribution de tracts leur est interdite, non seulement aux abords du stade ou dans le centre de la ville, mais sur l’ensemble du territoire communal. Une atteinte manifeste à leur liberté d’expression. S’il y avait eu une simple négociation avec la police, les membres de la Plate-forme auraient accepté de faire une distribution à un endroit plus éloigné du stade : leur intérêt était d’informer, de sensibiliser la population carolo. Mais ceci leur a été interdit sur un territoire de plus de 100 km2.

Dans l’Arrêté de police, signé par l’échevine Julie Patte, remplaçant le bourgmestre Paul Magnette, la Plate-forme est décrite comme « mouvement non démocratique ». Le port d’un keffieh ou d’un drapeau palestinien y est assimilé à un appel à la haine, à la violence et à l’antisémitisme.

BeitarAlors que toute action était interdite aux sympathisants de la Palestine, les ultra-racistes du Beitar (et certains supporters d’extrême droite du Sporting) couraient librement en ville et provoquaient des incidents.

Ces deux poids deux mesures ont révolté les membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine qui ont introduit un recours en annulation au Conseil d’État.

Dans un premier stade, les avocats de la Ville de Charleroi n’ont pas défendu l’Arrêté de police. Clairement mal à l’aise, ils ont uniquement contesté la recevabilité du recours. Mais ils changent leur fusil d’épaule, lorsque l’auditeur remet le recours en cause sur le fond.

Le 7 septembre 2015, Paul Magnette avait pourtant affirmé au Conseil Communal : « Personne n’a jamais dit que la Plate-forme n’est pas démocratique.

Et au mois de janvier, La Ville de Charleroi a dû faire marche arrière dans une nouvelle entrave à la liberté d’expression concernant la Plate-forme Charleroi-Palestine.

Mais elle rebondit après le rapport de l’auditeur, déposé au mois de mars  : les avocats reçoivent l’instruction de défendre l’Arrêté de police.

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Audience au Conseil d’Etat le 2 septembre 2016

Dans le dernier mémoire des avocats de la Ville de Charleroi, déposé au mois de juin 2016, ils vont même jusqu’à reprendre textuellement les formules « incitation à la haine, à la violence et à l’antisémitisme ».

Lors de l’audience, ils présentent les membres de la Plate-forme comme une bande d’excités  « de gauche et d’extrême gauche » qui « rêvaient de faire un grand coup » le jour du match, d’être sous « les feux de la rampe » et d’agir « comme un chiffon rouge » sur les racistes du Beitar. La Plate-forme aurait lancé un appel à ce que « des milliers de personnes » se rassemblent. Ils brandissent les menaces d’un attentat terroriste. Rappelons que nous sommes en juillet 2015 (les attentats de Paris ont lieu en novembre 2015).

Il y avait dans cette audience un point sur lequel tout le monde était d’accord : avec les supporters racistes du Beitar et avec les agents de sécurité israéliens, on ne rigole pas. L’auditeur évoque qu’il y avait eu mort d’homme, lorsque, il y 20 ans, des personnes avaient tenté d’occuper l’ambassade israélien à Uccle.

La conclusion est simple : les autorités communales n’auraient jamais du accepter l’arrivée de cette équipe à Charleroi. Le Beitar Jérusalem doit être exclu des compétitions de l’UEFA. C’est ce que réclamaient les amis de la Palestine en France le mois passé. Et d’ailleurs, il faut organiser le boycott sportif d’Israël dans toutes les disciplines. Les événements sportifs internationaux peuvent jouer un rôle important dans le façonnage de l’image d’un pays dans le reste du monde. L’exclusion de l’Afrique du Sud de la plupart des compétitions officielles des années 1960 – 1970 a joué un rôle important dans l’isolement du régime et de ses sou­tiens.

Débriefing avec l’avocat Vincent Letellier (à l’avant-plan à droite) après l’audience

Il est évident que le rôle de la police et du bourgmestre est de veiller à la sécurité des citoyens. Mais ils doivent également respecter leurs libertés. A Saint-Etienne en France, à Glasgow, en Ecosse, d’importants rassemblements ont lieu ce mois-ci lorsque la même équipe du Beitar a joué des matchs de coupe d’Europe.

Un arrêt sera rendu dans un mois. Nous ne pouvons qu’espérer que les trois juges concluent à l’annulation de l’Arrêté de police qui constitue une atteinte à la liberté d’expression et une diffamation de la cause palestinienne et de ceux qui la défendent.

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05 septembre 2016

Israël a-t-il le droit d’exister en tant qu’État juif ?

Israël a-t-il le droit d’exister en tant qu’État juif ?

Ali Abunimah

Le 9 septembre 1993, Yasser Arafat répondait favorablement à l’une des plus anciennes revendications d’Israël.arafat rabin Dans une lettre adressée au Premier ministre de l’époque, Yitzhak Rabin, le dirigeant de l’OLP écrivait : « L’OLP reconnaît le droit de l’État d’Israël d’exister dans la paix et la sécurité. » Le même jour, Rabin répondait par une simple phrase, informant Arafat qu’au vu de sa lettre, « le gouvernement israélien a[vait] décidé de reconnaître l’OLP comme le représentant du peuple palestinien et d’entamer des négociations avec l’OLP dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient (1) ».

Cet échange de lettres n’avait pas grand-chose de réciproque. Arafat avait reconnu « le droit d’exister » d’Israël, avait promis d’amender les documents de fondation de l’OLP, « renonçait au recours au terrorisme et à d’autres actes de violence » et promettait de « châtier les contrevenants ». Par contre, Rabin ne proposait pas de reconnaître le moindre droit palestinien, mais uniquement qu’Israël s’entretiendrait avec l’OLP. Quatre jours plus tard, les deux hommes signaient la déclaration de principe d’Oslo sur la pelouse de la Maison-Blanche.

Arafat, naguère encore l’ennemi implacable d’Israël, avait accordé sa légitimité et son droit d’exister à l’État qui avait chassé son peuple de sa terre natale et lui avait refusé le retour. Ce faisant, il transformait l’Organisation de libération de la Palestine en une entreprise de sous-traitance œuvrant pour le compte de la puissance occupante dont les Palestiniens cherchaient à se libérer. Mais Israël ne se satisfaisait pas de ses gains et se mit à placer la barre plus haut encore en exigeant que les Palestiniens le reconnaissent comme un « État explicitement juif », ce qui signifiait en pratique un État avec une majorité juive prépondérante, au sein duquel les Juifs pourraient toujours monopoliser le pouvoir politique.

Arafat céda, acceptant en effet cette exigence dans un éditorial du New York Times en 2002 : « Nous comprenons les préoccupations démographiques d’Israël et comprenons également que le droit au retour des réfugiés palestiniens, un droit garanti par les lois internationales et par la Résolution 194 des Nations unies, doit être appliqué d’une façon qui tienne compte de ces préoccupations (2). » En d’autres termes, Arafat était tout disposé à subordonner les droits des réfugiés palestiniens à l’exigence israélienne en faveur de la suprématie juive.

Pourtant, cela ne suffisait pas encore. Dans sa réponse officielle exposant ses objections à propos du plan de paix de la « Feuille de route » de George W. Bush, en 2003, Israël exigeait que « des références affirmées fussent faites au droit d’exister d’Israël en tant qu’État juif et au renoncement à tout droit au retour des réfugiés palestiniens dans l’État d’Israël (3) ».

Et, alors qu’il se trouvait aux côtés du nouveau président américain Barack Obama, à la Maison-Blanche en mai 2009, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou insista sur le fait que, pour la reprise des négociations, « les Palestiniens auraient à reconnaître Israël en tant qu’État juif (4) ».

Alors que pratiquement aucun pays n’avait encore soutenu cette exigence d‘Israël, ses principaux partisans et alliés internationaux l’ont fait. Adoptant le langage israélien presque textuellement, Obama déclara en 2011 au groupe de pression pro-israélien AIPAC que « le but ultime était deux États pour deux peuples : Israël comme État juif et patrie du peuple juif, et l’État de Palestine comme patrie du peuple palestinien (5) ».

De même, le Premier ministre canadien Stephen Harper promit à Netanyahou que son pays « continuerait à soutenir le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif et ce, dans la paix et la sécurité (6) ». Ce n’est pas un hasard si Israël défend cette exigence avec une ferveur accrue au moment où les Palestiniens deviennent de nouveau majoritaires dans la Palestine historique – c’est-à-dire Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza reunis – et si Israël rend plus improbable encore la possibilité déjà éloignée d’une solution à deux États.

Au vu du caractère prioritaire de la revendication israélienne, la question de savoir si Israël a effectivement le « droit d’exister en tant qu’État juif » mérite qu’on l’examine avec sérieux…


The battle for justice in PalestineCe texte introduit le deuxième chapitre du livre « The battle for justice in Palestine », écrit par Ali Abunimah, et édité en 2014 par Haymarket Books.

LIRE TOUT LE CHAPITRE

Ali Abunimah, journaliste palestino-américain est le cofondateur de ’The Electronic Intifada’ et également l’autre de  « One Country : « A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse ».

On peut suivre Ali Abunimah sur Twitter : @AliAbunimah

Traduction du chapitre : Jean-Marie Flémal

Notes
(1)-Ministère israélien des Affaires étrangères, « Reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP – Lettres et discours – 10 septembre 1993 »,
http://mfa.gov.il/MFA/ForeignPolicy/MFADocuments/Yearbook9/Pages/107%20Israel-PLO%20Mutual20Recognition-%20Letters%20and%20Spe.aspx.
(2)-Yasser Arafat, « La vision palestinienne de la paix », New York Times, 3 février 2002.
(3)-Ministre israélien des Affaires étrangères, « La réponse d’Israël à la Feuille de route », 25 mai 2003,
http://www.mfa.gov.il/MFA/Peace+Process/Reference+Documents/Israel+Response+to+the+Roadmap+25-May-2003.htm.
(4)-Maison-Blanche, « Remarques du président Obama et du Premier ministre israélien Netanyahou lors de leur conférence de presse », communiqué de presse, 18 mai 2009, http://www.whitehouse.gov/the-press-office/remarks-president-obama-and-israeli-prime-minister-netanyahu-press-availability.
(5)-Maison-Blanche, « Remarques du président Obama lors de la conférence politique de l’AIPAC en 2011 », communiqué de presse, 22 mai 2011, http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2011/05/22/remarks-president-aipac-policy-conference-2011.
(6)-Cabinet du Premier ministre du Canada, « Déclaration du Premier ministre du Canada lors d’une conférence de presse commune avec Benjamin Netanyahou, Premier ministre de l’État d’Israël », communiqué de presse, 2 mars 2012, http://pm.gc.ca/eng/media.asp?id=4675.

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D’autres articles d’Ali Abunimah ou parlant de lui, sur ce site

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28 août 2016

Intifada al-Quds en Palestine n°12 août 2016

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération n°12 août 2016


« La légitimité la plus large que peut obtenir un responsable ou officiel (de l’Autorité) consiste à rendre visite aux familles des martyrs et des prisonniers, et à ceux dont les maisons ont été démolies » (Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, initiateur en 2011 des grèves de la faim dans les prisons pour réclamer la fin de la détention administrative)
Parce que les opérations de la résistance palestinienne se sont espacées, nombre de médias et commentateurs ont considéré que l’Intifada al-Quds a dit son dernier mot. Il est vrai que la férocité de la répression sioniste et les rafles nocturnes quotidiennes ont entamé, non le désir de résister, mais la capacité physique de le faire.

Les démolitions de maisons, des martyrs ou des prisonniers, n’ont eu aucun effet sur la baisse des opérations, au contraire. La bestialité des soldats de l’armée d’occupation n’a fait qu’entériner la volonté d’en finir une fois pour toute avec ces colons d’outre-mer. Les promesses vengeresses des officiels de l’entité coloniale, contre le peuple palestinien dans son ensemble, et même contre l’Autorité palestinienne, pourtant bien disposée à jouer son rôle en arrêtant les militants, notamment les prisonniers libérés, n’ont aucun effet sur le moral de la population, qui n’espère que le départ de ces colons qui leur pourrissent la vie depuis près de 70 ans. La bestialité des sionistes a semble-t-il, pu limiter le nombre des attaques au couteau, mais elle n’a pu mettre fin, au contraire, aux opérations armées menées par des Palestiniens endurcis. Trois opérations de la résistance ont suscité le désarroi de l’occupant sioniste, l’une au début du mois de juin dans la colonie de Tel Aviv, et les autres, au début du mois de juillet près de la ville d’al-Khalil. Ces opérations qualitatives ont défié le système sécuritaire de l’occupant et montré que la résistance se poursuit. Les exécutions des combattants retranchés que les sionistes veulent afficher et propager comme des gestes de courage ou de fermeté ne montrent, aux yeux d’une opinion internationale civilisée, qu’une lâcheté abjecte, digne de tous les colonialistes au cours des siècles précédents. 
Tout au long de ces derniers mois, c’est la mosquée al-Aqsa qui a subi les provocations les plus graves depuis son occupation. En effet, la ville d’al-Quds et les maqdissis vivent les moments les plus graves de l’histoire de cette ville, avec les multiples invasions et profanations de la mosquée al-Aqsa. Pour la première fois depuis l’occupation de la partie orientale de la ville en 1967, les sionistes ont empêché les Palestiniens musulmans de fréquenter leur mosquée et de s’y recueillir en l’absence de colons profanateurs. Pour la première fois, et à cause de l’indifférence arabe et musulmane dans le monde, les sionistes ont osé briser un statu-quo jusque là maintenu, pendant le mois béni pour les musulmans, en autorisant la souillure de la mosquée par les profanateurs et la provocation des fidèles. Les plans sionistes de judaïsation de la ville se poursuivent, profitant de la normalisation des relations d’officiels et semi-officiels arabes et musulmans avec l’entité sioniste. 

Martyrs palestiniens tombés depuis mi- juin 2016 :

216 - Arif Sharif Jaradat (22 ans, Sa’îr), 19/6 ; 217 - Mahmoud Ra’fat Badrane (15 ans, Bayt Or, Ramallah), 21/6 ; 218 - Mohammad Tarayra (19 ans, Bani Na’im al-Khalil), 30/6; 219 -  Wael Abu Saleh (46 ans, Tulkarm), 30/6 ; 220 - Sara Tarayra (27 ans, Bani Na’im -al-Khalil), 1/7 ;  221 – Jamal Dwaykat (20 ans, Nablus) (mi-juin) ; 222 - Tayseer Mohammad Habach (63 ans, Assira), 1/7 ; 223 - Anwar Salayme (Al-Ram, 22 ans), 13/7 ; 224 – Mohieddine Tabakhi (12 ans, Al-Ram), 19/7 ; 225 – Mustafa Baradhia (50 ans, Bayt Fujjar), 19/7 ; 226 – Mohammad al-Faqih (29 ans, al-Khalil) 27/7 ; 227 – Rami Awartani (31 ans, Nablus), 31/7 ; 228 – Moussa Salman (83 ans, Talfit, Nablus) 10/8 ; 229 - Mohammad Abu Hash-hash (Camp al-Fuwwar, 17 ans), 16/8 ;
Le martyr prisonnier libéré Na’im Shawamra, de Doura, al-Khalil, est décédé des suites d’une longue maladie, contractée dans les prisons de l’occupation. Le martyr avait été condamné à la prison à perpétuité, mais libéré en 2013 (16/8)

Scènes de l’Intifada al-Quds

Yatta assiégée : la vengeance de l’occupant : Parce que les résistants ayant mené une opération dans la colonie de Tel Aviv sont de Yatta, dans la province d’a-Khalil, les occupants s’en sont pris à tout le bourg et exercent un siège qui a duré plusieurs semaines. Toutes les voies vers le bourg ont été fermées, des blocs de ciment ont obstrué la circulation des Palestiniens. Il s’agit d’une punition collective, comme l’occupant a pris l’habitude de le faire, croyant intimider le peuple palestinien. Les malades ne peuvent aller se faire soigner dans la ville d’al-Khalil, les ateliers ont cessé de fonctionner, dans leur majorité, les importations de marchandises et les exportations ont cessé, les ouvriers au nombre de 22.000 ne peuvent travailler, et parmi eux, ceux qui pouvaient se rendre en Palestine occupée en 48. Au cours de la nuit, les sionistes investissent les maisons, arrêtent les Palestiniens, brisent les portes et cassent les mobiliers des maisons, comme à leur habitude (au cours du mois de juin 2016)
Extension de la lutte dans les prisons de l’occupation : le mouvement de grève de la faim dans les prisons s’est étendu à plusieurs prisons sionistes. Commencé par Bilal Kayed, le combattant du FPLP que les sionistes ont refusé de libérer après 15 ans de détention, en transformant sa détention en détention administrative, le mouvement s’est élargi lorsque 4 prisonniers détenus administratifs, dont les frères Mohammad et Mahmoud Balboul, ont entamé leur grève de la faim. La solidarité avec Bilal Kayed a touché la plupart des prisons de l’occupation, puisque le nombre des grévistes est passé à presque 200 prisonniers, dont le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadate. Malgré la répression féroce de la lutte par les sionistes, le mouvement de grève se poursuit, grâce à la solidarité du peuple palestinien, qui manifeste dans les rues dans toute la Palestine occupée, comme à Haïfa, ou devant les hôpitaux où sont enfermés Bilal Kayed et Mahmoud Balboul. Plusieurs prisonniers mènent également la grève de la faim depuis presque deux mois, pour réclamer la fin de la détention administrative, et Walid Mussalma, pour réclamer la fin de son isolement dans la prison d’Eshel.
Qalandia et le camp s’opposent au rasage des maisons : Au cours du mois de juillet, les forces de l’occupation ont fixé leurs opérations de démolitions des maisons dans le camp de Qalandia, devenu un « nœud de vipères » pour elles. Elles ont  démoli les maisons des martyrs Issa Assaf et Anan Abu Habsa, accompagnées de 70 véhicules militaires. Elles ont fait exploser la maison du martyr Abu Hasna et démoli par bulldozer celle du martyr Assaf. Des affrontements ont eu lieu lors de la présence des sionistes dans le camp, et 20 citoyens Palestiniens ont été blessés. Dix jeunes ont été arrêtés, dont Ahmad Matar (26 ans), le frère du martyr Omar Matar. Les martyrs Abu Habsa et Assaf avaient mené une opération de la résistance dans Bab al-Amoud, dans al-Quds, au mois de décembre dernier. Le 25 juillet, les sionistes ont démoli 12 immeubles dans le bourg de Qalandia comprenant 30 appartements sous le prétexte de constructions illégales. La population du camp et de la ville appellent à une large mobilisation. 
La région d’al-Khalil vit sous couvre-feu militaire : Suite à plusieurs opérations hardies menées par les résistants dans la région d’al-Khalil, les forces sionistes ont bouclé la région pendant plusieurs semaines, enfermé 600.000 Palestiniens et supprimé 2800 autorisations de travail dans les territoires occupés en 48. La communauté internationale n’a rien vu, n’a pas commenté, les pays arabes et musulmans ont tourné les regards vers d’autres cieux. Abdel Hadi Hantash, spécialiste des questions relatives à la colonisation, a déclaré que l’occupant impose une punition collective à la population d’al-Khalil, en les empêchant de se rendre à leurs travaux, en les empêchant de poursuivre leur vie. L’occupant a bloqué les routes menant aux camps et aux villages dans la province et installé des blocs de béton et des barrages sur les routes pour empêcher les gens de circuler. Les soldats sionistes ont investi les rues de la ville et fermé les magasins, à la recherche des résistants. La ville d’al-Khalil est l’une des plus grandes en Cisjordanie occupée. Ses habitants sont au nombre de 270.000 habitants, et le nombre des colons qui l’ont envahie s’élève à 850 colons.
Les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne font le travail de l’occupation : les arrestations des militants, les incursions de nuit dans les maisons paisibles des familles palestiniennes, à la recherche des jeunes et des prisonniers libérés, ce ne sont plus seulement les sionistes qui pratiquent cette terreur, mais c’est aussi la pratique des services sécuritaires de l’Autorité palestinienne. Ds dizaines de militants et d’anciens prisonniers libérés ou des membres de leur famille ont été ciblés ces derniers temps. Parmi eux, le militant du Mouvement du Jihad islamique, récemment libéré des prisons de l’occupation, Salameh Abdel Jawad, du camp Askar dans la ville de Nablus. Il a été kidnappé par les services de l’Autorité palestinienne. Torturé au cours de sa détention (10 jours), il a été emmené à l’hôpital pour être soigné. Le militant a déclaré que les services de l’Autorité palestinienne l’ont arrêté parce qu’il était actif dans le soutien et la solidarité avec les prisonniers palestiniens, et notamment ceux qui mènent la grève de la faim.

Résistance

Un soldat sioniste a été poignardé près de Jénine par un Palestinien, qui a été arrêté, selon l’armée de l’occupation (15/8). Au mois de juin dernier, un officier sioniste a été blessé par un coup de feu au barrage du tunnel près de Bayt Lahem, et des jeunes Palestiniens lancent des pierres sur un véhicule appartenant à des sionistes. Au mois de juillet, un colon a été tué et trois autres blessés près de la colonie Atna’il, près d’al-Khalil.
Une opération de résistance est menée dans la région d’al-Khalil, tuant sur le coup un rabbin membre du Mossad sioniste (mi-juillet). Le résistant est parvenu à prendre la fuite. Cette opération a suscité la panique chez les sionistes, notamment parce qu’elle s’est produite dans la région d’al-Khalil, quelques jours après une autre opération dans la même zone. Suite à l’opération, les Palestiniens ont fait circuler une vidéo annonçant une opération similaire contre le rabbin député Gluck, responsable de la profanation de la mosquée al-Aqsa. A la fin du mois de juillet, le combattant Mohammad Faqih, responsable de l’opération, a mené un combat de 7 heures contre les forces de l’occupation avant de tomber au cours du siège de la maison dans laquelle il s’était barricadé
Le jeune Palestinien, Mohammad T  arayra, de Bani Na’im, mène une opération courageuse contre la colonie Kharsina, malgré la surveillance électronique installée par les colons. Les médias sionistes affirment que le jeune Mohammad fut plus rapide que l’armée d’occupation, alertée par un coup de fil. Il réussit à abattre une femme colon et à blesser grièvement un autre. Le martyr a été exécuté alors qu’il s’apprêtait à poignarder un autre colon. Les responsables sécuritaires de l’occupation ont considéré que l’opération du martyr est un coup dur pour les sionistes car il a pu infiltrer leur système de sécurité. (juin)
Un Palestinien de Tulkarm, Wa’el Abu Saleh, 46 ans, parvient à mener une opération par poignard, et à blesser deux colons dans la colonie de Natanya, en Palestine occupée en 48 (juillet). Exécuté sur place, le martyr a été laissé dans la rue jusqu’à ce que son corps se vide de son sang.
Les Palestiniens s’opposent à l’invasion de colons dans le bourg de Hawwara, au sud de Nablus. Les forces de l’occupation sont intervenues et ont arrêté un Palestinien de 20 ans, Ghazi Lafi. Des affrontements ont opposé les Palestiniens aux forces militaires qui protégeaient les colons (12/8).
Les forces sécuritaires de l’entité sioniste craignent la propagation des armes dans les territoires occupés en 1967. Plusieurs ateliers d’armes auraient été découverts par les sionistes au cours des mois précédents et notamment des ateliers pour la fabrication de l’arme « Carlo », fréquemment utilisée par les Palestiniens au cours de l’Intifada en cours. Dans la nuit du 17 août, les sionistes ont même volé de l’argent, dans la région de Jénine, considérant que cet argent sert à financer les opérations de la résistance.
Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’occupation et les jeunes du village de Jaba’, dans la région de Jénine, après que les sionistes aient investi le village et ses maisons au cours de la nuit du 17 août. L’occupant a arrêté Ahmad Kan’an (30 ans).
Le corps du martyr Mohammad Kalouti (21 ans) d’al-Quds, a été rendu par l’occupant à sa famille, 5 mois après son martyre. Les sionistes ont empêché, en encerlant le cimetière, la participation populaire à l’enterrement. 14 corps de martyrs tombés au cours de l’Intifada al-Quds, depuis début octobre 2015, sont toujours détenus par les sionistes. Le père du martyr Baha’ Alayan a refusé les conditions sionistes pour la remise du corps de son fils, qui est toujours détenu par l’occupant.
Une campagne populaire est lancée dans le bour de Bani Na’im à l’est de la ville d’al-Khalil pour reconstruire la maison du martyr Mohammad Tarayra, que les sionistes ont démolie deux jours auparavant (août).  Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, appelle à l’unité pour reconstruire les maisons que l’occupant a démolies dans la ville de Yatta, et notamment la maison du prisonnier Mourad Id’iss (juin)
Les Palestiniens des territoires occupés en 48 manifestent contre la présence d’une ministre sioniste dans la ville de Ar’ara, dans la région du Triangle. Cette ministre avait été invitée par des avocats appartenant à des syndicats sionistes (juin).
Des jeunes Palestiniens empêchent 60 colons de se rendre à la tombe de Youssef, près de Nablus, que les sionistes prétendent être un lieu juif. Ils ont bombardé aux cailloux le car qui transportait les colons (22 août).
Un groupe de Palestiniens, dirigés par Sheikh Khodr Adnane, a occupé le principal bâtiment de l’ONU à Ramallah pour protester contre l’attitude passive de l’ONU concernant la lutte du prisonnier Bilal Kayed et tous les prisonniers en grève de la faim contre la détention administrative, le 21 août.
Les statistiques des sionistes montrent que 21 attaques menées par les Palestiniens – jets de pierre et de bouteilles incendiaires – ont été enregistrées au cours d’une seule journée. Une semaine auparavant (mi août), 47 points d’affrontements ont été enregistrés dans la seule ville d’al-Quds entre les forces sionistes et les Palestiniens, au cours desquels 58 Palestiniens ont été blessés.

Répression et purification ethnico-religieuse

Les forces sionistes tirent sur un groupe de manifestants dans la ville de Nablus, qui s’opposaient à l’invasion de colons (2 juin). Jamal Douweikat est gravement blessé. Il meurt plusieurs jours plus tard à l’hôpital de Nablus. Jamal Duwaykat avait été libéré de la prison sioniste quelques mois auparavant. Détenu pendant trois ans, il était accusé de s’être opposé à l’invasion coloniale de la tombe de Youssef, à Nablus.
Le 20 juin, les sionistes tirent sur 4 enfants et tuent Mahmoud Badrane, 15 ans, près de Ramallah. Les trois enfants blessés sont Daoud Kharoub, son frère Issam, et Ikram Sulayman. Les témoins affirment que les 4 enfants ne faisaient que passer par la route coloniale 445, et plus tard, le porte-parole de l’armée sioniste a affirmé qu’ils n’étaient pas impliqués dans le tirs de cailloux contre les véhicules des colons. Les forces sionistes dans la ville d’al-Khalil exécutent Sara Tarayra, 27 ans, de Bani Na’im. Arrêtée et en cours d’être fouillée, les soldats tirent sur la jeune femme, enceinte.
Les arrestations quotidiennes et les rafles nocturnes menées par l’occupant dans les villes, villages et camps palestiniens en Cisjordanie témoignent du durcissement du conflit et de la crainte des sionistes de l’extension du mouvement de révolte. Les sionistes ont arrêté des dizaines de Palestiniens en prétendant qu’ils préparaient des attaques contre eux. Le 17 août, la police sioniste a arrêté le jeune Ahmad Achayer (20 ans) de At-Tur dans al-Quds, prétendant qu’il avait exécuté poignardé un colon une semaine auparavant. Le même jour, les forces de l’occupation ont arrêté, au cours de raids nocturnes, 23 Palestiniens à Ramallah, et les camps de Am’ari et Qaddura ont été le théâtre d’affrontements entre forces occupantes et Palestiniens.
Le Shabak, organe de renseignements des sionistes, a déclaré (juin) qu’il a arrêté trois membres d’une cellule familiale responsable de l’opération militaire exécutée il y a plusieurs mois contre des soldats sionistes à Hazma, près d’al-Quds. Il s’agirait de la famille Halabiyé d’Abu Diss.
La démolition des maisons des résistants se poursuit. Les forces de l’occupation ont investi avec 30 véhicules militaires le bourg de Bani Na’im dans la région d’al-Khalil pour démolir la maison du martyr Mohammad Tarayra. Elles ont fait exploser la maison le 14 août. Les sionistes ont décidé de démolir la maison du prisonnier Mohammad Amayra, qui est la maison familiale. Le prisonnier Amayra est accusé d’avoir aidé le martyr Mohammad al-Faqih à exécuter son opération contre une base militaire sioniste. D’autre part, une partie de la maison du martyr Bashar Musalha à l’est de Qalqylia, a été démolie par les sionistes début juin. Le martyr Bashar Masalha avait excuté une opération au mois de mars dernier à Yafa.
En l’absence de tout intérêt arabe et international au sort du peuple palestinien, les sionistes multiplient les confiscations de terrains, la construction de colonies et l’invasion de colons. Un ministre de l’entité sioniste a déclaré récemment que son gouvernement avait posé un plan de multiplier par dix, au cours des dix prochaines années, le nombre de colons dans la seule région de Bayt Lahem. D’autre part, les autorités sionistes ont commencé des travaux d’extension des colonies Efrat et Tal Amim, pour les relier entre elles afin de séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Quds. Un autre plan vise à séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Khalil, transformant les deux agglomérations en véritables ghettos.
Un plan de colonisation est en cours pour installer des colons en plein cœur de la ville d’al-Khalil, près du point militaire de l’occupation, entre la colonie « Afraham Afino » et la rue des martyrs.
L’invasion coloniale se poursuit avec l’arrivée au cours de cet été de plus de 500 colons en provenance des Etats-Unis, du Canada et de la France. Plus de 50% de ces colons participent à la colonisation en Cisjordanie, les autres participent à la colonisation des terres occupés en 48, et notamment dans les villes arabes, comme Haïfa et ‘Akka.
Dans la ville occupée en 1948 d’al-Lid, l’occupant impose la baisse du son des appels à la prière en provenance des mosquées sous le prétexte que cela « dérange les juifs » (les colons).

Dans la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa

La judaïsation de la ville d’al-Quds a pris une tournure dramatique ces derniers temps. Les Palestiniens s’opposent tous seuls à cette menace, sans aucune couverture arabe et musulmane, politique, médiatique ou diplomatique, qui puisse les aider à résister. La municipalité de l’occupant prétend vouloir modifier l’entrée principale de la ville, du côté ouest, pour supprimer entièrement le caractère arabo-islamique de la ville. D’autre part, dans la vieille ville, un projet de « modernisation » du quartier jouxtant la porte « al-Jadid » (de son vrai nom porte Abdel Hamid) est en cours, pour modifier le caractère arabo-musulman du quartier. Dans le langage sioniste, la judaïsation prend plusieurs appellations telles que « modernisation », « rénovation » ou « développement ».
Le gouvernement de l’occupation a approuvé la construction de « Bayt al-Jawhar », bâtiment sioniste en plein centre de la place al-Bouraq, qui jouxte la mosquée al-Aqsa. Ce bâtiment serait utilisé par et pour les sionistes pour propager leur idéologie rétrograde et raciste envers les Palestiniens, arabes et musulmans. Les sionistes avaient, au cours des années précédentes, mener plusieurs excavations dans le lieu prévu, en détruisant des centaines d’objets et de traces de présence musulmane dans la ville sainte.
La municipalité de l’occupation a approuvé la construction d’un immeuble pour les colons dans Selwan, au sud de la mosquée al-Aqsa. Cet immeuble serait construit à la place de plusieurs maisons palestiniennes démolies ou assaillies par les colons (juin).
Le centre d’information de Wadi Helwa a déclaré, au mois de juillet, que les sionistes ont assassiné 7 Maqdissis, depuis le début de l’année 2016, dont une femme et un enfant, et arrêté 963 Palestiniens de la ville d’al-Quds, dont 47 femmes, 58 vieux, 366 mineurs (moins de 18 ans), et parmi eux, 32 enfants âgés de moins de 12 ans. Il a annoncé que 6272 profanateurs se sont introduits dans la mosquée al-Aqsa, avant le mois de Ramadan.
1059 sionistes ont profané la mosquée al-Aqsa au cours du mois de juillet. Plusieurs gardiens de la mosquée ont été arrêtés par l’occupation. Le 12 juillet, 313 colons ont profané la mosquée en pratiquant des rites talmudiques. Le 27 juillet, 96 membres des services de renseignements de l’occupation ont profané la mosquée. Les sionistes essaient de pratiquer des rites talmudiques, mais sont souvent empêchés par les fidèles et les gardiens de la mosquée. Les forces de l’occupation ont mené des campagnes d’arrestations massives des fidèles au cours du mois de juillet avant de prononcer à l’encontre de plusieurs fidèles des interdictions d’entrer dans la mosquée allant de deux semaines à six mois.

La presse palestinienne

Plusieurs sujets ont été abordés par la presse palestinienne au cours des derniers mois, dont l’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste auquel des dizaines d’articles ont été consacrés, aux côtés de la judaïsation galopante dans la ville d’al-Quds, la réconciliation inter-palestinienne, l’opération de la résistance dans la ville de Yafa, au début du mois et la résistance héroïque du combattant Mohammad al-Faqih contre les forces de l’occupation, dans la région d’al-Khalil. L’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste a été largement dénoncé par la presse palestinienne et les organisations de la résistance, qui ont refusé toute normalisation avec l’occupant, quelles que soient les circonstances. La critique de l’association turque IHH, qui avait organisé la flotille Mavi Marmara, de cet accord disant qu’il légalise le blocus au lieu de le supprimer, et la virulente réponse d’Erdogan qui a remis en cause même la flotille, ont été passées sous silence par une presse favorable au régime turc. Dans al-Istiqlal, bi-hebdomadaire qui paraît à Gaza, l’éditorial du 30 juin affirme que cet accord sert d’abord les intérêts sionistes, puisque le blocus va demeurer, et que les constructions à but humanitaire ne verront pas le jour avant 5 ans. Même si « on ne peut faire supporter au régime turc plus qu’il ne peut porter », il va sans dire que tout accord et toute normalisation avec l’occupant doit être dénoncés comme étant des coups de poignard dans le dos des Palestiniens, arabes et musulmans.
Au cours des mois de juillet et août, la presse palestinienne a consacré quotidiennement des articles ou des études sur la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa, et sur le mouvement de grève de la faim dans les prisons sionistes. De plus, la normalisation entre des responsables saoudiens et l’entité coloniale a été largement commentée par la presse palestinienne. Pour certains commentateurs, les champions saoudiens de la normalisation (des officiels ou semi-officiels) agissent en plein jour alors que le régime lui-même a normalisé depuis longtemps en cachette. Pour d’autres, qui attendent toujours une dénonciation des normalisateurs par le régime, ces derniers agissent individuellement et ne représentent pas la ligne du régime. La presse a largement publié le communiqué signé par des personnalités du Golfe et notamment de l’Arabie saoudite dénonçant la normalisation des relations avec l’occupant.

Communiqués et déclarations

Sheikh Youssef Salame, prédicateur à la mosquée al-Aqsa, a déclaré : « Nous avons maintes fois mis en garde contre les projets de l’occupant qui vise la ville d’al-Quds, mais certains ont jugé que nous exagerions. L’occupant est en train d’enterrer le caractère arabo-musulman et chrétien de la ville, pour faire croire que cette ville est juive. Il s’agit d’un véritable massacre pour installer une majorité juive dans la ville sainte, en vue de concrétiser des fables inventées par les rabbins juifs, et détruire la mosquée al-Aqsa ».
Ahmad Al-Moudallal, cadre dirigeant au Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré, au cours d’une manifestation à Gaza pour soutenir la lutte des prisonniers palestiniens, que l’occupant exerce ses mesures et sa répression contre les prisonniers pour tuer l’âme de la résistance dans les prisons. Par la maladie qu’il néglige de soigner, il cherche à soumettre les prisonniers.
Le mouvement du Jihad Islamique en Palestine salue l’opération de la résistance menée par un résistant près de la ville d’al-Khalil (juillet). Dans son communiqué, le mouvement affirme que l’augmentation des opérations contre les colons et les soldats de l’occupation reflète la détermination de notre peuple à poursuivre l’Intifada en défense de sa terre et de ses sacralités. Le mouvement a appelé à la poursuite des opérations.
Commentant l’opération de la résistance dans la région d’al-Khalil au mois de juillet dernier, le politologue Abdel Sattar Qassem a déclaré que seule la résistance armée pourra mettre fin à la présence des colons en Palestine, et pour cela, il est nécessaire d’avoir le souffle long. Pour lui, lorsque les colons ressentiront la menace contre leur vie dans le pays, ils fuiront. Cela ne se fera ni par la résistance pacifique.

Dans la presse sioniste

Li’or Akerman, ancien responsable du Shabak remet en question, dans « Maariv » le 3/8/2012, les déclarations du Shabak selon lesquelles ce service de renseignements aurait réussi à empêcher la poursuite des opérations de la résistance en Cisjordanie, par ses mesures répressives. Il affirme que le Shabak agit dans les territoires occupés depuis 1967, et qu’il a un puissant réseau de renseignements, et qu’il est parvenu, au fil du temps de l’occupation, à quadriller toute la Cisjordanie. Malgré cela, les opérations de la résistance ont eu lieu, même si elles ont diminué, ces derniers temps, probablement à cause de la chaleur, et non à cause des efforts du Shabak.
L’editorialiste de Haaretz daté du 10 juin met en doute l’efficacité des mesures sionistes prises à l’encontre du bourg de Yatta, dans la région d’al-Khalil, où vivent les résistants ayant mené l’opération à Tel Aviv et tourne au ridicule toutes les déclarations de la classe politique sioniste promettant de sévir contre le peuple palestinien, en affirmant que toutes ces promesses de violence et de vengeance ne peuvent assurer la sécurité des « israéliens », car elles vont pousser de plus en plus de jeunes (palestiniens) vers la « violence ».
Le commentateur militaire de la chaîne sioniste 10, Alon ben David, écrit : « les murs élevés que nous avons érigés aux frontières peuvent probablement arrêter les « terroristes », mais ils ne peuvent empêcher les idées violentes de s’infiltrer dans les cœurs et les cerveaux des Palestiniens. »
Yossi Beilin, écrit dans Ysrael Yom » le 16 août « Non à Hamas » et réclame l’interdiction de la participation du Hamas aux élections municipales qui devraient se dérouler dans les territoires occupés en 1967. L’auteur se base sur un article du protocole de 1995 dépendant des accords d’Oslo qui stipule l’interdiction de toute formation politique prônant le racisme ou qui vise à réaliser ses objectifs de manière illégale. Il aurait attiré l’attention de Sharon, au cours des élections législatives en 2006, sur cet article, mais Sharon n’en a pas tenu compte. Il réclame aujourd’hui à la classe politique de faire attention…

Publié par Centre d'information sur la Résistance en Palestine (cirepal )

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La complaisance envers Israël ne mène qu’au pire

Il s’agit ici de la complaisance des autorités françaises envers le déni des droits les plus élémentaires de Palestiniens des territoires occupés (depuis près de cinquante ans !) mais cette complaisance est aussi le fait des autorités belges et de presque toutes celles des États membres de l’Union européenne.

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 La complaisance envers Israël ne mène qu’au pire

http://www.france-palestine.org/La-complaisance-envers-Israel-ne-mene-qu-au-pire

Une nouvelle fois la pratique scandaleuse de l’internement administratif provoque un vaste mouvement de grèves de la faim dans les prisons israéliennes. Alors que Bilal Kayed avait achevé le 13 juin dernier, de purger une peine d’emprisonnement de 14 ans et demi et que sa famille l’attendait pour sa libération, une mesure de 6 mois d’internement administratif lui a été signifiée. Refusant cet acte arbitraire, il est depuis le 15 juin en grève de la faim, accompagné par des centaines de ses camarades qui refusent comme lui la perspective d’une détention illimitée une fois leur peine expirée.

C’est précisément cette pratique qu’un Eric Ciotti, parti « enquêter » sur place avec un compère, a choisi de vanter sur Twitter, en parfaite convergence idéologique et politique avec le pouvoir israélien en place, prenant pour modèle « les centres de rétention administratifs israéliens » comme la prison d’Ofer. Exemple scandaleux, dont il propose de s’inspirer pour la France, que cette mesure qui permet de tenir quelqu’un enfermé pour des périodes de 6 mois indéfiniment renouvelables sans avoir à lui fournir de motifs. Cela a même amené Jean-Jacques Urvoas à répliquer et récuser un tel modèle. Dont acte.

Coïncidence de timing, pendant la visite de ces admirateurs des « centres de rétention à l’israélienne », une nouvelle fois des structures d’habitation et d’élevage en territoire palestinien occupé financées par la France ont été détruites à Nabi Samuel, près de Jérusalem, suivant de peu celles d’Umm al-Kheir au sud d’Hébron. Cela a valu une énième condamnation du Ministère français des Affaires étrangères quelques jours après les nouvelles annonces de construction dans les colonies, notamment à Gilo.

Dans tous ces cas, on ne peut que constater la parfaite indifférence des dirigeants israéliens aux condamnations verbales ainsi que la poursuite continue de faits accomplis illégaux sur le terrain. C’est ce qu’a noté sans langue de bois Jean Arthuis, ancien ministre de Jacques Chirac et député européen, de retour d’une mission à Gaza, dans le reste de la Palestine et en Israël pour qui « Tout accrédite en effet l’hypothèse selon laquelle Israël déroule son plan d’occupation définitive des territoires par l’implantation de colonies, laissant à la communauté internationale le soin de maintenir la vie et un semblant d’espoir en Palestine. »

C’est donc à un réexamen de fond en comble de ses relations avec Israël auquel la France doit procéder aujourd’hui. Il n’est pas possible de continuer à vanter l’excellence des relations bilatérales et de pousser au développement de la coopération économique, notamment avec le programme de recherche européen Horizon 2020, tout en constatant que, jour après jour, les dirigeants israéliens s’emploient à ruiner toute solution politique fondée sur le droit international et la coexistence de deux Etats.

Cela demande le courage politique de mettre en œuvre sans délai des sanctions effectives pour s’opposer à cette politique qui est un déni des droits les plus élémentaires et une menace pour la paix.

Le Bureau national de l'AFPS

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15 août 2016

La lettre de Bilal Kayed depuis la prison

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La lettre de Bilal Kayed depuis la prison, au 48e jour de sa grève de la faim : « Vos luttes renforcent ma détermination pour la victoire »

Samidoun, 1er août 2016

Le prisonnier palestinien Bilal Kayed, au 48e jour de sa grève de la faim, a transmis la lettre suivante aujourd’hui, de l’intérieur de l’hôpital Barzilai où il est maintenu pieds et mains enchaînés à son lit d’hôpital. Kayed, 38 ans, a lancé sa grève de la faim le 15 juin ; il aurait dû être libéré le 13 juin après avoir purgé sa condamnation à 14 ans et demi dans les prisons israéliennes. Cependant, au lieu d’être libéré comme prévu, il a été condamné à six mois de détention administrative, renouvelables indéfiniment, sans inculpation ni procès.

Il a aussitôt lancé une grève de la faim pour protester contre ce qui est un précédent menaçant pour tous les prisonniers palestiniens, sa grève a reçu le soutien de tous ses camarades du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), parti de gauche, comme de tous les partis, et du Mouvement des prisonniers palestiniens. Ils sont plus d’une centaine de ses camarades prisonniers palestiniens à s’être rejoints dans une grève de la faim collective pour la liberté de Kayed, il y a le secrétaire général du FPLP Ahmad Sa’adat, des anciens grévistes de la faim comme Ghassan Zawahreh et Shadi Ma’ali, l’artiste de cirque Mohammed Abu Sakha, l’organisateur de la jeunesse Hassan Karajah, et bien d’autres encore. Des centaines d’autres se sont joints à toute une série de manifestations pour la libération de Kayed, notamment des grèves de la faim partielles et des appels à manifester ; les prisonniers ont connu la répression avec des rafles, des transferts de masse, des interdictions de visites de leurs familles, des isolements et d’autres sanctions dans le but de briser leur mouvement collectif de protestation.

Plus de 170 organisations internationales et palestiniennes ont signé l’appel à la liberté pour Kayed, et les manifestations vont s’amplifiant à travers la Palestine et à l’étranger. Samidoun, Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens, met en avant l’appel de Kayed ci-dessous : « Ce que j’ai reçu de toi (mon peuple) à travers tes luttes, tes sit-in, tes manifestations, renforce ma détermination à poursuivre jusqu’à la victoire. Ou la liberté, ou le martyre. » Et le Réseau exhorte à l’intensification des manifestations, des actions et des luttes pour soutenir Bilal Kayed et ses camarades prisonniers à ce moment crucial de leur lutte.

La lettre du gréviste de la faim Bilal Kayed

À mon peuple palestinien héroïque…

Aux peuples libres du monde…

Dans cette phase difficile que je subis à mon niveau personnel, dans la lutte contre la tentative vaine de me forcer à me soumettre à l’occupation brutale qui a pris la décision de me liquider, je n’ai fait que me tenir aux côtés des prisonniers de mon peuple, défendant mes droits, et leurs droits, et les droits de leurs familles à obtenir les conditions minimum pour la dignité humaine. Il n’est pas étrange que je me retrouve soutenu par tout mon peuple, qui m’entoure de ses cris et de ses appels, de son soutien et de ses efforts inlassables pour éliminer l’injustice qui nous a été infligée, à moi et à tous les prisonniers. Ceci s’accorde avec la compréhension nationale que je me suis élevé avec toi mon peuple, par toi, et par les peuples libres du monde, où qu’ils soient. En Cisjordanie, en se soulevant contre l’oppression ; dans les terres occupées (de 1948), fier et enraciné dans sa terre, en faisant respecter son identité ; toi, mon peuple héroïque dans la Gaza victorieuse, et tous les peuples libres du monde, de toutes nationalités et de tous horizons.

Je mets un terme ici, aujourd’hui, à la première phase de ma lutte contre cet occupant brutal, et j’ai annoncé ma deuxième phase, celle de l’unité avec tous les prisonniers de tous horizons et partis politiques, de sorte que nous pouvons, tous, collectivement, nous tenir dans l’avant-garde de la lutte nationale, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons.

Après avoir reçu cette décision du tribunal militaire de l’occupation (comme je m’y attendais) ((décision de rejeter le recours de Bilal contre la détention administrative)) me refusant ma liberté, ma vie et ma dignité, il est nécessaire que je réagisse pour faire face à cette décision brutale. Donc, à partir d’aujourd’hui, 1er août 2016, je refuse tout examen médical auquel voudraient me soumettre les médecins de l’hôpital. Je demande de retourner immédiatement en prison malgré mon état de santé qui décline, à me trouver en première ligne dans les cellules de prison de l’occupation, côte à côte avec tous les prisonniers en révolte, criant à l’occupant de notre voix puissante : votre décision ne passera pas facilement ! Surtout après que l’occupation vient de franchir une nouvelle ligne rouge, encore plus dangereuse, en m’envoyant en détention administrative dans le but de liquider tous les instigateurs du mouvement des prisonniers et ses dirigeants, et ceux qui brandissent haut sa bannière en défendant le droit des prisonniers à la liberté et à la dignité.

Mon peuple héroïque, l’heure de la lutte est venue. Je suis rempli d’espoir. Comme je t’ai toujours connu, toi qui es le mur protecteur, défendant notre lutte. Ce que j’ai reçu de toi à travers tes luttes, tes sit-in, tes manifestations, renforce ma détermination à poursuivre jusqu’à la victoire. Ou la liberté, ou le martyre.

La victoire est inévitable.

Bilal Kayed

Hôpital Barzilai

1er août 2016

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Samidoun

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Les grèves de la faim des Palestiniens : quels sont les faits

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Par Addameer – 3 août 2016

Quelle est l’histoire des grèves de la faim des Palestiniens ?

Les grèves de la faim ont été longtemps utilisées dans différentes régions géographiques comme moyens pour protester et exiger des droits fondamentaux, dont le droit de vote, le droit d’être libéré de la torture et le droit à l’autodétermination. La longue histoire des prisonniers palestiniens dans les grèves de la faim, de masse et individuelles, révèle le manque de confiance dans tout processus judiciaire et l’absence de garanties d’un procès équitable auxquels ils sont confrontés devant les tribunaux  militaires et civils de l’occupation israélienne. Les prisonniers et détenus palestiniens ont eu recours aux grèves de la faim dès 1968 pour protester pacifiquement et de façon légitime contre la politique israélienne de détention et les conditions cruelles de détentions, notamment l’usage de l’isolement, le refus des visites des familles, les traitements médicaux insuffisants et la torture, et bien d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Quels sont les risques médicaux des grèves de la faim ?

Les grèves de la faim ont associé les risques pour la santé qui peuvent causer des dommages physiques au prisonnier ou au détenu, notamment des sérieuses pertes de poids, faiblesses, fatigues, incapacités à dormir, pertes auditive, cécités, accidents vasculaires cérébraux, défaillances rénales, de même que d’autres défaillances organiques, arrêts cardiaques et infarctus. Cependant, en dépit de ces risques médicaux, à travers les grèves de la faim, les Palestiniens ont réussi à obtenir des droits élémentaires et fondamentaux, et à améliorer les conditions de leur détention, cela grâce à ces grèves de la faim.

Comment les autorités israéliennes traitent-elles les grèves de la faim ?

Les grèves de la faim se sont souvent heurtées à une répression violente et coercitive de la part du Service pénitentiaire d’Israël et de ses unités spéciales, de même que du personnel médical pour pousser les détenus à arrêter leurs grèves de la faim. Suite aux grèves de la faim, Addameer a fait connaître plusieurs cas d’incursions dans les cellules des prisons, de transferts des grévistes de la faim dans des cellules d’isolement, de menaces de détention illimitée, d’interdiction des visites des familles, de réduction de la dépense d’argent à la cantine.

Quelles autres mesures coercitives ont encore été prises ?

En réaction à l’utilisation des grèves de la faim par les prisonniers et détenus palestiniens, les autorités israéliennes se sont mises à pratiquer l’alimentation de force dans les années 1980. Elles ont dû cesser par la suite après à un ordre de la Haute Cour israélienne résultant de cette alimentation forcée. Lors de précédentes grèves de la faim, Israël a pratiqué l’alimentation forcée des grévistes de la faim afin de contraindre les détenus à mettre un terme à leurs grèves de la faim sans qu’il y ait de législation pour réglementer cette mesure. Plusieurs prisonniers palestiniens sont morts après avoir été soumis à l’alimentation forcée. Notamment Abdul-Qader Abu al-Fahm, mort le 11 mai 1970 pendant une grève de la faim dans la prison d’Ashkelon, Rasem Halawah et Ali al-Fa’fari, morts après l’introduction de tubes d’alimentation dans leurs poumons au lieu qu’ils ne soient introduits dans leur estomac, en juillet 1980, lors d’une grève de la faim dans la prison de Nafha, et Ishaq Maragha, mort dans la prison de Beersheba en 1983. Récemment, un projet de loi déposé par le ministre de la Sécurité publique israélien, Gilad Erdan, a été initié comme une réponse à la grève de la faim massive de 2012, dans le but d’empêcher de nouvelles grèves de la faim à l’avenir, et de priver les détenus et prisonniers palestiniens de leur droit fondamental à manifester pacifiquement. Le projet de loi a été voté par la Knesset israélienne le 30 juillet 2015.

Depuis quand les grèves de la faim sont-elles utilisées pour protester contre la détention administrative ?

Au moins depuis les années 1990, où des prisonniers palestiniens ont eu recours à des grèves de la faim comme un moyen de protestation contre l’utilisation arbitraire par les Israéliens de la détention administrative. La détention administrative est une procédure qui permet à l’armée israélienne de détenir des prisonniers indéfiniment, sur la base d’informations tenues secrètes, sans les inculper ni leur permettre de passer en jugement. On estime à 750 le nombre de Palestiniens mis en détention administrative, qui comprennent des femmes, des enfants, et des membres du Conseil législatif palestinien.

Au cours des dernières années, les prisonniers et détenus palestiniens ont eu recours à la grève de la faim pour protester contre l’utilisation grandissante et systématique de la détention administrative par les autorités de l’occupation. Par exemple, en 2012, des prisonniers et détenus palestiniens se sont déclarés en grève de la faim de masse, grève qui a impliqué près de 2000 grévistes de la faim, ils exigeaient la fin de la détention administrative, du refus des visites des familles aux prisonniers de Gaza, de l’isolement et de toutes les autres mesures punitives. La grève de la faim de 2012 a pris fin avec la limite temporaire par Israël de l’utilisation de la détention administrative. Mais quelques années plus tard, les autorités de l’occupation augmentaient l’utilisation de la détention administrative, ce qui a conduit à une nouvelle grève de la faim en 2014 par plus de 80 détenus administratifs qui exigeaient l’arrêt de l’utilisation de cette politique arbitraire. La grève de la faim s’est terminée après 63 jours, sans avoir pu forcer le gouvernement israélien à limiter son utilisation de la détention administrative.

En outre, plusieurs détenus administratifs palestiniens ont entrepris des grèves de la faim individuelles pour protester contre le renouvellement à plusieurs reprises de leur mise en détention administrative, sans inculpation ni jugement. Ces grèves de la faim individuelles étaient celles de Mohammad Al-Qeeq, Khader Adnan, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et Bilal Diab. Aujourd’hui encore, Bilal Kayed, qui en est à son 50e jour de grève de la faim, est toujours en train de manifester contre sa détention administrative. Une ordonnance de détention administrative a été prise contre lui le jour même où il devait être libéré après passé 14 années et demie à purger une peine de prison. En ce moment même, plus de 100 prisonniers et détenus palestiniens ont rejoint Bilal, en manifestation de leur solidarité, dans sa grève de la faim, pour mettre un arrêt à l’utilisation systématique et généralisée de la détention administrative.

Pourquoi les Palestiniens recourent-ils aux grèves de la faim ?

Les prisonniers et détenus palestiniens recourent à la grève de la faim afin de protester, et de faire entendre leurs voix à l’extérieur d’un système juridique injuste qui gère leur détention arbitraire et la répression de leurs voix (au moyen d’ordonnances de détention administrative sans jugement et d’une législation incluant notamment le récent projet de loi relatif à l’alimentation de force). Toutefois, les autorités de l’occupation israélienne n’ont pas réussi à briser la volonté des grévistes de la faim palestiniens qui continuent de se servir de leurs corps, en l’absence de tout recours juridique adapté, et de pratiquer une désobéissance légitime. Les grévistes de la faim défient la puissance disciplinaire de contrôle et de domination ; le corps du gréviste de la faim constitue ainsi un moyen de lutte par lequel la puissance se trouve déplacée et recréé. Les prisonniers et détenus refusent de se plier au système structuré de contraintes et de privations de la prison, où ils ne possèdent pas une pleine autonomie sur leurs corps. Ainsi, à travers les grèves de la faim, ces prisonniers et détenus regagnent une souveraineté sur leurs corps en devenant les décideurs, au-dessus des autorités pénitentiaires.

Quelles sont nos exigences ?

Addameer s’adresse à la communauté internationale pour qu’elle exige du gouvernement israélien qu’il respecte la volonté des grévistes de la faim se servant de leur corps comme moyen légitime de protestation, les grèves de la faim ont été reconnues par la Déclaration de Malte de l’Assemblée Médicale Mondiale (AMM) sur les grévistes de la faim comme « souvent une forme de protestation par des personnes qui n’ont pas d’autres manières de faire connaître leurs revendications » (http://www.wma.net/fr/30publications/10policies/h31/).

Addameer demande aussi à la communauté internationale de faire cesser l’utilisation de la détention administrative comme cela est recommandé par le Comité des Nations-Unies contre la Torture, dans ses observations finales du 13 mai 2016, où il demande au gouvernement israélien de « prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la pratique de la détention administrative et veiller à ce que toutes les personnes qui sont actuellement tenues en détention administrative disposent de toutes les garanties juridiques fondamentales ».

Addameer demande en outre à la communauté internationale, dont l’Union européenne, les Nations-Unies, et le Comité international de la Croix-Rouge, d’intervenir immédiatement pour sauver les vies de Bilal Kayed et des autres prisonniers en grève de la faim, dont certains sont dans un état de santé critique.

Traduction : JPP  pour l’Agence Média Palestine

Source: Addameer

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Grève de la faim du prisonnier politique palestinien Bilal Kayed et des autres prisonniers

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Grève de la faim du prisonnier politique palestinien Bilal Kayed et des autres prisonniers : lettre à Jean Marc Ayrault

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères

Monsieur Jean-Marc Ayrault

37, quai d’Orsay

75007 Paris

A Paris,

Le 5 août 2016

Monsieur le Ministre

Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) est particulièrement inquiet et révolté par la situation du prisonnier palestinien Bilal Kayed membre du FPLP, entré en grève de la faim le 13 juin dernier et qui risque à tout moment de perdre la vie.

Bilal Kayed a commencé sa grève de la faim en signe de protestation contre la décision d’Israël de l’envoyer en détention administrative pour une première période de six mois indéfiniment renouvelable, le jour où il devait être libéré après avoir purgé une peine de prison de 14 ans.
Si cet acte est toléré, des centaines d’autres prisonniers palestiniens comme Bilal en seront les victimes et Israël continuera de violer les lois internationales en toute impunité sous le nez du monde entier.

60 prisonniers membres du FPLP dont Ahmad Sa’adat qui est à l’isolement ont commencé une grève de la faim à Megiddo et cinq autres prisonniers dans la prison de Gilboa en soutien à Bilal Kayed..

Bilal a perdu son emploi, un certain nombre de ses amis, et n’a même pas eu la possibilité d’entendre les dernières paroles de son père ni de lui dire adieu. Bilal a été isolé de tout contact avec d’autres prisonniers et de toutes les visites de sa mère malade. Il s’est révolté contre cette décision cruelle et il a immédiatement commencé une grève de la faim. Il ne prend que de l’eau depuis 30 jours, refusant tout aliment et tout substitut alimentaire, et rejetant toute intervention médicale. Il a perdu plus de 30 kilos et a commencé à souffrir de graves évanouissements.

Mettant en danger sa propre vie, Bilal insiste sur le fait qu’il n’assistera pas aux audiences du tribunal et il refuse de mettre fin à sa grève. En réponse, Israël lui a proposé quatre ans d’exil, ce qu’il a refusé. Après quoi l’administration pénitentiaire israélienne l’a remis en isolement et à l’écart de ses camarades.

La détention des 7 000 prisonniers politiques, Israël le sait, est un frein à tout progrès dans la recherche d’une solution négociée. En multipliant les arrestations de femmes, d’enfants, d’élus, de journalistes, d’artistes, de sportifs, en contravention avec le droit international, les droits de l’Homme, la convention des droits de l’enfant, Israël démontre dans les faits son opposition à l’existence d’un État palestinien et sa volonté d’annexer l’ensemble de la Palestine.

À ce jour, 750 prisonniers sont détenus sous le régime de la détention administrative c’est-à-dire sans accusation ni procès, 60 femmes dont 11 mineures sont enfermées dans les prisons israéliennes, 450 enfants mineurs sont maintenus en prison en particulier le jeune Ahmad Manasra, 13 ans, condamné à la peine maximale, 1 700 prisonniers malades n’ont pas accès aux soins et traitements appropriés, 6 parlementaires sont détenus, parmi eux Marwan Barghouti , le Mandela Palestinien, 487 ont des peines d’enfermement à vie. La plupart des prisonniers ont été déplacés dans des établissements pénitentiaires situés hors de Palestine, en Israël, ce qui est contraire à la 4ème convention de Genève.

Le Collectif National se joint au réseau Samidoun de solidarité avec les détenus palestiniens pour réclamer la libération immédiate de Bilal Kayed, seule possibilité de préserver sa vie en danger, et de tous les prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons. Il appelle tous ceux qui sont épris de justice et qui refusent que des prisonniers en viennent à mourir dans les prisons pour défendre leur liberté, à intervenir auprès de l’ambassade d’Israël en France pour exiger le respect du droit et la libération de Bilal Kayed. La France a elle aussi le devoir d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans les prisons israéliennes et qui anéantit toute chance de relance d’un processus de paix et doit intervenir au plus haut niveau pour faire respecter le droit international.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous adressons, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.

 

Signataires membres du Collectif pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc -Alternative Libertaire (AL) – Américains contre la guerre (AAW) – Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) – Association des Tunisiens en France (ATF) – Association France Palestine Solidarité (AFPS) – Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) – Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) – Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) – Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) – Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) – Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) – Cedetim / IPAM – Collectif des Musulmans de France (CMF) – Collectif Faty Koumba : Association desLibertés, Droits de l’Homme et non-violence – Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) – Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) – Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) – Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) – Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) – Droit-Solidarité – Ensemble ! – Europe Ecologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Forum Palestine Citoyenneté – Génération Palestine – La Courneuve-Palestine – le Mouvement de la Paix – les Femmes en noir – Ligue des Droits de l’Homme (LDH) – Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) – Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) – Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Organisation de Femmes Egalité – Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) – Parti Communiste Français (PCF) – Parti de Gauche (PG) – Parti de l’Emancipation du peuple – Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix – Sortir du colonialisme – Une Autre Voix Juive (UAVJ)- Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) – Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) – Union syndicale Solidaires

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Des prisonniers palestiniens en grève de la faim

La détention administrative, un héritage britannique

  Chris den Hond > 12 août 2016

Juillet-août 2016 : des centaines de prisonniers palestiniens se sont mis en grève de la faim contre le système de la détention administrative israélienne.

Interview de Sahar Francis, directrice d’Addameer, association palestinienne de défense de prisonniers, avec images de manifestations de soutien aux grévistes.

 

Palestine : prisonniers en grève de la faim - YouTube
Réalisation : Chris Den Hond
Durée : 5 min

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06 août 2016

La Palestine à Rio !

La Palestine sera quand même à Rio !

   En plus d'avoir chassé le peuple palestinien de sa terre, de l'avoir parqué dans des bantoustans, de le soumettre régulièrement à des bombardements criminels qui font des centaines de morts  parmi lesquels nombre d'enfants (dans l'indifférence de l'Occident donneur de leçons de démocratie), Israël a cherché par tous les moyens à empêcher que la Palestine participe aux Jeux Olympiques qui se déroulent en ce moment au Brésil. En effet, la délégation palestinienne, invitée par le COI (Comité Olympique International), qui a pris tous ses frais en charge, et composée de six personnes (2 en athlétisme, 1 en équitation, 1 en judo et 2 en natation), a vu ses maillots bloqués par la douane israélienne à 1 jour de son départ pour le Brésil. Le Comité Olympique Palestinien, dirigé par Jibril AL-RAYOUB, les avait fait fabriquer en Chine pour des raisons de coût.

   La délégation olympique palestinienne est partie quand même à Rio où elle a dû faire refabriquer en catastrophe ses uniformes pour le défilé. Pareille mesquinerie de la part des Israéliens n'est toutefois qu'une infime partie des vexations, humiliations et brimades que subissent tous les jours les travailleurs palestiniens qui, pour aller travailler en Israël, doivent subir des files d'attente interminables et des contrôles au corps sans ménagement, et cela tous les jours.
   Bonne chance tout de même aux athlètes de la Palestine occupée !...

Source

pole_jumpe

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