FREE PALESTINE

10 décembre 2014

GAZA, ON N'OUBLIE PAS ! GAZA, NOOIT VERGETEN !

GAZA, ON N'OUBLIE PAS ! GAZA, NOOIT VERGETEN !

Pour la Sixième fois, nous organisons la manifestation "Gaza, on n'oublie pas!". Vous trouverez ci-dessous le texte de l'appel.
Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine

Six ans après l’agression militaire israélienne:

Actions de commémoration et de soutien


GAZA, ON N'OUBLIE PAS !

92184870

Beste vrienden van het Palestijnse volk,
voor de zesde keer op rij organiseren we de manifestatie "Gaza, nooit vergeten!".


Nordine Saïdi,
Mouvement Citoyen Palestine

Zes jaar na de Israëlische militaire agressie :

Remembrance and Support

GAZA, NOOIT VERGETEN !

92184947

Chères amies, chers amis du peuple palestinien,

Pour la sixième fois, nous organisons la manifestation "Gaza, on n'oublie pas!". Vous trouverez ci-dessous le texte de l'appel, ainsi qu'en pièce jointe. Nous vous invitons à le signer  pour soutenir cet appel: mcpalestine@netcourrier.com avant le 20 décembre 2014

Nordine Saïdi

Mouvement Citoyen Palestine

 

Six ans après l’agression militaire israélienne:

Actions de commémoration et de soutien

GAZA, ON N'OUBLIE PAS !

Il y a six ans, Israël a déclenché son assaut meurtrier contre la bande de Gaza alors même qu’il l’occupait et lui imposait son blocus. Plus de 1.400 Palestiniens, la plupart des civils, ont été tués. 

De nombreuses organisations des droits de l’homme aussi bien qu’une mission spéciale des Nations Unies, dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, ont accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre. Ces attaques ont provoqué des manifestations tout autour du monde en solidarité avec les Palestiniens gazaouis.

Six ans après cette agression militaire dévastatrice, la perpétuation de ce blocus illégal constitue une punition collective de la population et sape la crédibilité du droit international humanitaire.

Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique et une veillée de commémoration à Bruxelles, pour :

  • La fin du blocus de Gaza
  • La démolition du Mur de l’apartheid
  • La fin de l'occupation israélienne illégale de toute la Palestine!
  • Le droit de retourner en Palestine pour tous les Palestiniens!
  • Le soutien à la résistance du peuple palestinien
  • La libération de tous les prisonniers palestiniens
  • Le soutien à la campagne  « Boycott Désinvestissement Sanctions »

Dimanche 28 Décembre 2014 à Bruxelles

 

Wij doen een beroep op alle burgers, sociale bewegingen, arbeidersbewegingen, ONG's en de solidariteitscomités, politieke verkozenen om samen en massaal te betogen op 28 december 2014 in Brussel.

Dank om deze oproep te ondersteunen en uw handtekening onder deze oproep te sturen naar : mcpalestine@netcourrier.com vóór 20 december 2014

met vriendelijke groet,

Nordine Saïdi, Mouvement Citoyen Palestine (MCP).

 

Zes jaar na de Israëlische militaire agressie :

Remembrance and Support

GAZA, NOOIT VERGETEN !

Zes  jaar geleden lanceerde Israël een moorddadige aanval op de Gazastrook. Meer dan 1.400 Palestijnen, vooral burgers, werden gedood.

Veel organisaties voor de mensenrechten, en een speciale VN-missie onder leiding van rechter Richard Goldstone uit Zuid-Afrika, beschuldigden Israël van oorlogsmisdaden. De Israëlische aanvallen hebben over de hele wereld manifestaties op de been gebracht uit solidariteit met de Palestijnen in Gaza.

Zes jaar na deze verwoestende militaire agressie duurt de illegale blokkade van Gaza voort. Ze betekent een collectieve bestraffing van het volk. Ze doet elke geloofwaardigheid van het internationaal humanitair recht teniet.

In het kader van een vreedzame en civiele actie, organiseren we een symbolische mars en een herinneringswake in Brussel voor :

 

- Het stopzetten van de blokkade van Gaza

- Het slopen van de muur van de Apartheid

- Het einde van de illegale, Israëlische bezetting van heel Palestina

- Het recht op terugkeer naar Palestina voor alle Palestijnse vluchtelingen

- Steun aan de weerstand van het Palestijnse volk

- De vrijlating van alle Palestijnse gevangenen

- Steun aan de campagne BDS, "Boycot, desinvestering en sancties."

Op zondag 28 December 2014 in Brussel.

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09 décembre 2014

Ghada Karmi: “67 ans de tragédie et d’espoir pour les Palestiniens”

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Par Ghada Karmi, 30 novembre 2014

Depuis que l’ONU a approuvé la partition de la Palestine en Etats séparés juif et arabe, ce sont les Palestiniens qui ont souffert de l’expulsion, de l’exil et d’une oppression continue. 67 ans après, la tragédie vire à l’espoir.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale de l’ONU a approuvé la résolution 181 sur l’infâme partition recommandant la division de la Palestine en deux Etats séparés juif et arabe. Cette date allait s’appeler “Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien”, alors qu’elle s’avère n’être rien d’autre que la journée de la partition qui a amorcé une série d’événements catastrophiques pour les Palestiniens.

La décision de fractionner la Palestine en Etats séparés arabe et juif a été approuvée par une majorité de 33 pays, parmi lesquels beaucoup de petits Etats dépendant des Etats-Unis et dont les votes ont été extorqués sous la contrainte et les menaces. Le récit honteux de la façon dont le lobbying sioniste et la contrainte forcée américaine ont obligé à voter en faveur de la résolution doit être placé très haut parmi les récits les plus ignobles de l’histoire.

Que les Palestiniens et les Arabes aient rejeté le plan de partition n’aurait dû surprendre personne. On n’aurait jamais pu les persuader qu’on pouvait diviser un pays arabe entre une communauté coloniale et la population indigène avec un pourcentage de 56 à 44 en faveur des colonisateurs. L’injustice manifeste d’une telle proposition aurait dû l’arrêter dans son élan, sinon aussitôt, du moins très vite. Et pourtant, ce fut l’inverse.

Les événements qui ont suivi la résolution 181 sont bien connus : l’État d’Israël a été créé et 750.000 Palestiniens, les trois quarts de la population indigène, ont été expulsés. Leurs villages furent détruits alors qu’ils devenaient des exilés et des réfugiés sans que le droit au retour sur leur terre natale soit ni décidé ni respecté.

La pire époque

Tous les ans, la « Journée de la Palestine » semble témoigner d’une détérioration accrue des chances palestiniennes. 67 ans après le vote de la résolution 181, la situation des Palestiniens est la pire qu’ils aient jamais connue. Ce qui reste de la Palestine-Jérusalem Est, la Cisjordanie et Gaza, 20 pour cent du pays d’origine- est entièrement sous l’autorité d’Israël et chaque territoire se bat pour survivre.

Jérusalem Est est cerné par des colonies israéliennes, sa vieille ville et les quartiers arabes sont infiltrés de tous côtés par les colons juifs ; les Jérusalémites arabes sont de plus en plus écrasés entre la colonisation israélienne rampante et les difficultés économiques.

Tout ceci s’est récemment aggravé après les incursions répétées dans la mosquée Al Aqsa par des Juifs religieux fanatiques, dont on dit qu’ils exigent la partition entre eux et les fidèles musulmans. En dépit des affirmations du premier ministre Netanyahu au roi Abdullah de Jordanie, gardien officiel des lieux saints de Jérusalem, que cela n’arriverait pas, aucun Palestinien ne le croit.

Aujourd’hui, Jérusalem Est offre un triste spectacle, son caractère arabe progressivement réduit par les efforts des colonisateurs israéliens pour l’effacer et le remplacer par le leur. Le sort de la Cisjordanie n’est pas meilleur. Israël contrôle 60 pour cent de la terre, et les 40 pour cent restants, soi-disant sous contrôle palestinien, sont segmentés par des routes, des checkpoints et des colonies israéliennes. Tous les ans, celles-ci grossissent en nombre et en taille, perchées sur presque toutes les collines et empiétant sur les villes et villages palestiniens au point d’acquérir une fausse authenticité, comme si elles avaient toujours fait partie du paysage. 550.000 colons vivent maintenant à Jérusalem et en Cisjordanie, et le processus de colonisation se poursuit. En octobre, Israël a annoncé la saisie de 500 hectares supplémentaires pour étendre la colonisation près de Béthlehem. La désapprobation internationale n’a eu aucun effet pour renverser cette décision.

Gaza reste sous blocus et le désastre de l’agression israélienne de juillet dernier, qui a fait plus de 2.000 morts et a détruit 50.000 maisons ainsi qu’un quart des infrastructures de Gaza, perdure sans déblaiement ni réparations. Avec la frontière de Rafah au sud de Gaza fermée par les autorités égyptiennes, le sceau hermétique sur cette bande de terre appauvrie est complet. On ne peut imaginer pire sort pour une population sans défense.

Le droit au retour

Rien n’a changé non plus pour les 7 millions de Palestiniens en exil qui restent dispersés à travers le monde. La communauté palestinienne unie qui existait avant 1948 est maintenant dispersée et fragmentée, et la tendance à la séparation et à la division ne peut que s’aggraver si rien n’est fait pour la corriger. Et ceci semble peu probable si on laisse Israël enfoncer plus profondément ses racines en Palestine, rendant le préjudice porté aux Palestiniens par la création d’Israël, que la résolution 181 a tellement aidée, encore plus difficile à inverser. Le racisme d’Israël, présent depuis la fondation de cet Etat, est plus visible tous les ans, comme l’atteste le dernier projet de loi, actuellement soumis au parlement israélien, sur la volonté d’Israël d’être désigné comme l’État-nation du peuple juif.

Et pourtant, en dépit de ce sinistre tableau, le 29 novembre 2014 pourrait annoncer le début d’une ère nouvelle pour les Palestiniens. Après 66 ans d’occupation et d’impunité israéliennes, le courant pourrait enfin s’inverser. La dernière guerre sur Gaza a provoqué une effusion mondiale de sympathie envers les Palestiniens et, parallèlement, l’isolement d’Israël. Un sondage Gallup de la BBC a placé Israël juste au-dessus de la Corée du Nord dans les opinions négatives. Neuf Etats européens reconnaissent l’État de Palestine, dont la Suède, la Grande Bretagne et l’Espagne, et d’autres vont certainement suivre. Le mouvement international de Boycott, Désinvestissement et Sanctions progresse rapidement, et l’UE a proposé une interdiction de faire des affaires avec les colonies israéliennes, y compris avec leurs produits. Même les Etats-Unis, seul ami d’Israël, ont exprimé une désapprobation de sa politique. Des émeutes sans précédent ont éclaté chez les Palestiniens en Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem qui, si elles se poursuivent, seront difficiles à maîtriser par Israël.

Avec cette confluence d’événements favorables aux Palestiniens, l’approbation d’Israël pourrait-elle finalement butter contre un mur ? Et le 29 novembre pourrait-il ne plus commémorer une tragédie du passé pour les Palestiniens, mais une véritable célébration de leur avenir ?

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Al-araby.co.uk

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07 décembre 2014

Réfugiés

« Nous sommes encore vivants, nous avons de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez nous à avoir une vie d’être humains. » ; « Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. » ; « Les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter l’envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. » Investig'Action offre à ses lecteurs les témoignages percutants de trois réfugiés palestiniens, à partir de l'excellente brochure « Réfugiés », réalisée par la journaliste Elsa Grigaut.

Jihad Abdel Halim Abu Muslim - Rencontre le 19/05/2014

Légende photo : Jihad, Ala’a ont été détenus plusieurs années dans les geôles israéliennes. Leur frère y est toujours détenu (à droite sur la photo qu’ils tiennent dans leurs mains).

J’ai été arrêté par l’armée israélienne le 6 mai 2004, j’avais 17 ans. C’était à Ramallah alors que j’étais dans un appartement situé en zone A (1) (c’est-à-dire dans une zone normalement contrôlée par l’Autorité Palestinienne, NDLR), en pleine après-midi.

Les soldats israéliens m’ont frappé puis m’ont emmené dans une base militaire à Jérusalem pour m’interroger. J’avais un bandeau sur les yeux, j’étais menotté à une chaise ou enfermé dans une pièce d’un mètre carré. C’était dur.

J’étais tout le temps dans l’obscurité, je n’avais plus la notion du temps, j’ignorais si c’était la nuit ou le jour.

Les soldats israéliens m’ont soumis à des pressions psychologiques. La nourriture était infecte, même un animal n’aurait pas voulu la manger, je n’avais pas d’eau, je ne pouvais pas me laver ou aller aux toilettes. Ils me maintenaient huit à neuf heures par jour dans une cellule sans que je puisse bouger.

Pendant les interrogatoires, ils menaçaient de tuer ma mère et de détruire la maison de ma famille si je ne parlais pas.

Les interrogatoires ont duré 100 jours. Chaque journée se ressemblait, ils m’empêchaient de dormir, quand je m’assoupissais, les gardiens me disaient que je devais aller me laver. Ils me disaient de me préparer à être interrogé à 6 h du matin et au final, ça se faisait la nuit.

Les gardiens m’annonçaient qu’ils m’emmenaient au tribunal pour mon jugement mais finalement, c’était une simulation, juste pour que je sois constamment sous pression. Des gens qui étaient enfermés avec moi et qui travaillaient avec les Israéliens essayaient de me faire parler. Même si j’avais 17 ans, je connaissais leurs techniques car, dans le passé, j’avais beaucoup discuté avec des amis du camp et mon grand frère, qui avaient déjà été en prison. Les 100 jours écoulés, j’ai été transféré à la prison d’Hasharon et j’ai attendu 1 an, c’est-à-dire, le jour de mes 18 ans, pour être jugé. J’ai écopé d’une peine de 9 ans. C’était vraiment dur. Durant mon incarcération, je crois que je suis passé par toutes les prisons israéliennes : Hasharon, Damoon, Jalbouh, Shata, Nakab, Majedou, Askalan, Al Sabea et Rominim. Quand j’étais en prison, j’étais malade, j’ai d’abord eu mal au ventre puis mal partout.

En 9 ans d’incarcération, les Israéliens n’ont accepté qu’une seule fois de m’emmener à l’hôpital.Le reste du temps, ils me donnaient des médicaments en me faisant croire que ça allait me soigner mais en réalité, il s’agissait de traitements qui agissaient directement sur mon cerveau. Ca m’a rendu fou. Une fois ils m’ont donné des médicaments pour que je ne dorme pas…ça a duré 20 jours. Je vomissais tout le temps. Je crois que c’était une expérimentation médicale.

Quand je demandais à me faire hospitaliser, ils acceptaient mais me transféraient vers une autre prison où ils me jetaient dans une pièce vide. A ma sortie de prison, je n’ai pas reconnu ma propre famille. J’étais très malade, on m’a hospitalisé une semaine en Jordanie et je dois maintenant suivre un traitement pour me soigner. Au début de mon incarcération, je n’ai pas eu le droit d’avoir une seule visite pendant trois ans. Puis ma mère est venue me voir une fois par mois. Parfois, l’administration pénitentiaire ne la prévenait pas de mes transferts alors, elle se déplaçait pour rien.

Mes deux frères et moi avons demandé à être emprisonnés au même endroit car ma mère était épuisée d’aller de prison en prison pour nous voir tous les trois.

Pendant quatre mois, nous avons partagé la même cellule dans la prison d’Al Nakab. C’est la pire des prisons, les cellules sont minuscules et il n’y a pas de lumière. 120 prisonniers sont enfermés dans quelques mètres carrés et tournent autour d’une table. Nous pourrions écrire des livres et des livres sur nos années en prison mais ça ne suffirait pas. Le pire, ce sont les interrogatoires. Mes frères ou moi ne pouvons pas oublier les tortures et la souffrance.

Deux de mes frères ont également été arrêtés après moi. L’un en 2006, l’autre en 2007 puis ils ont été emprisonnés pour une durée de cinq et treize ans. L’un est libre et l’autre doit encore attendre trois ans.

Ala’a frère de Jihad

C’était très dur quand Jihad est sorti de prison. C’est son mariage et son épouse qui l’ont un peu aidé.

Moi j’ai été interrogé 93 jours. Les Israéliens n’avaient aucune preuve contre moi alors ils ont essayé de m’envoyer des traîtres pour me faire parler. Comme je savais parfaitement qu’ils étaient des collaborateurs, je me suis battu avec eux.

Vous savez, les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter notre envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. Nous sommes encore plus forts et plus éduqués à notre sortie car en prison, nous pouvons apprendre des uns et des autres. Ca nous forge. Jihad et moi n’avons pas l’autorisation de rendre visite à notre frère en prison. Moi, je ne peux même pas sortir de Cisjordanie pendant cinq ans. Oum Jihad

C’est épuisant d’aller de prison en prison pour voir mes fils. En ce moment, je suis en train de remplir les papiers pour que mon fils puisse passer le baccalauréat pendant son incarcération.

Chaque fois que je veux faire une visite, les Israéliens m’obligent à me déshabiller, ils m’humilient.

Imaginez aussi que mon propre fils ne me reconnaissait pas à sa sortie de prison…

Tous nos prisonniers sont fous et malades quand ils sortent, c’est terrible !

Mahmoud Mohamad Ramadan Habash (Rencontre le 24/05/2014)

Légende photo : Mahmoud, aveugle et handicapé suite à plusieurs attaques de l’armée israélienne.

Ma famille est originaire du village de Beit Dajane, près de Yaffa. Je suis né en 1967, j’ai trois frères qui vivent aujourd’hui à Salem, Taybé et Naplouse. Ma sœur vit au village de Qufur Qalil (district de Naplouse, NDLR) et moi, je vis dans la maison de mes parents au camp de réfugiés de Balata avec ma femme, mes quatre filles et ma mère.

Mon frère Bassam a été emprisonné 7 ans, Ahmad, 4 ans et Hassan 8 mois. J’ai été à l’école du camp jusqu’à l’âge de 14 ans, j’ai poursuivi ma scolarité à l’extérieur.

Je me souviens de ma première arrestation par l’armée israélienne c’était le 11 novembre 1985. J’étais au lycée avec mes camarades et il y avait des affrontements avec les colons et les soldats. Je me rappelle très bien du gaz lacrymogène. Vingt-quatre d’entre nous ont été arrêtés, moi y compris. Nous sommes restés dix-huit jours à la prison d’Al Fara (située entre Naplouse et Jénine, NDLR). Puis dix-huit ont été libérés et les autres et moi, nous avons été dispatchés dans différentes prisons israéliennes. Ils m’ont interrogé pendant vingt jours et je suis resté deux mois à Al Fara avant d’être transféré à la prison d’Al Jnaid (Naplouse, alors sous contrôle israélien, NDLR) avec mon ami Salah Zidane pour une durée d’un an. Ce dernier est mort en martyr en 2003 lors de la seconde intifada. Les quatre autres incarcérés étaient à la prison de Naplouse. Je n’ai rien confessé mais, les colons ont témoigné contre moi et j’étais accusé d’avoir lancé des pierres dans leur direction le 11 novembre. Je partageais une petite cellule avec beaucoup de prisonniers, il n’y avait pas de toilettes, seulement une bassine.

Chaque matin, nous rangions nos matelas et nous faisions le ménage. C’était propre parce que les prisonniers faisaient tout, y compris la cuisine. J’étais le plus jeune des prisonniers.

Je me souviens du 3 mars 1986. Régulièrement, l’administration pénitentiaire nous asphyxiait par l’unique lucarne de la cellule. Les gardiens diffusaient du gaz lacrymogène puissant. Ce jour-là, je me suis mis à vomir du sang et à avoir des plaques sur la peau, j’ai dû être hospitalisé pendant 20 jours. Encore aujourd’hui, je me demande comment nous sommes encore en vie. Beaucoup de mes codétenus avaient différentes pathologies cardiaques mais ils ont résisté.

A ma sortie de prison, je n’ai pas continué mes études. Ma famille et moi nous sommes installés au village de Qufur Qalil car nous pensions que nous aurions moins de problèmes avec l’armée israélienne que si nous restions au camp.

Nous sommes restés là-bas cinq ans. Les soldats venaient de temps en temps chez nous, ils cassaient notre porte, nos fenêtres et nous insultaient. J’ai travaillé dans le domaine du textile pendant deux ans à Balata. Puis, il y a eu la première intifada. Un jour j’ai enfreint le couvre-feu que les Israéliens nous avaient imposé. Ils m’ont tiré dessus et ça a pulvérisé mon tibia droit. J’ai mis un an à me rétablir.

En 1990, j’ai été arrêté trois mois pour ne pas avoir respecté le couvre-feu. J’ai d’abord été incarcéré à Al Fara puis à Al Nakab dans un camp de 6000 prisonniers. Nous étions dans le désert, sous des tentes. On ne pouvait pas dormir à cause des insectes. La chaleur et la nourriture, je crois que c’était cela le pire. Cela rendait tout le monde malade ! Et dans ces cas-là, vous ne pouviez rien espérer d’autre que de l’aspirine et du glucose. A ma sortie, je suis retourné à Balata pour travailler dans le bâtiment jusqu’en 1993.

J’ai été de nouveau arrêté et placé en détention administrative (2) pendant un an. J’ai passé six mois dans le camp d’Al Nakab et six mois à Magido. Il y avait de grosses tensions entre l’administration pénitentiaire et les prisonniers. Nous faisions des grèves de la faim pour obtenir une amélioration de nos conditions de détention et notre droit de visite. Je suis sorti en 1994, j’ai travaillé comme carreleur.

Puis j’ai fait une formation de six mois avec l’Autorité Palestinienne pour entrer dans la police. J’ai travaillé cinq ans, je suis devenu gardien à la prison de Naplouse (à l’époque déjà sous Autorité Palestinienne, NDLR). Et puis, il y a eu la deuxième Intifada.

Le 25 mai 2001, j’étais dans ma voiture avec trois autres amis à l’entrée du camp de Balata. Nous sommes sortis de la voiture et un hélicoptère israélien l’a bombardé alors que nous n’étions qu’à quelques mètres du véhicule. Un de mes amis a été pulvérisé, un autre a perdu une main et un œil, un autre a été blessé au ventre. Ce dernier s’appelle Kamil, il est actuellement emprisonné par les Israéliens car il a écopé d’une peine de prison de 350 ans. J’ai été hospitalisé trente jours. J’ai perdu la vue à cause de la chaleur de l’explosion et des projections de métal. Au début, j’avais aussi perdu l’ouïe. Elle est un peu revenue avec le temps. Depuis ce jour, j’ai constamment un bruit de moteur dans chacune de mes oreilles, ce n’est pas le même son dans la droite et la gauche et l’intensité peut varier d’un jour sur l’autre. Ma jambe gauche a aussi été sérieusement touchée, j’ai définitivement perdu un bout de tibia.

Vous savez, on est mal soigné en Palestine.

Ca fait 13 ans que j’entends le même bruit dans mon crâne et j’ai très mal à la tête car il me reste des débris de métal à l’intérieur. J’ai beaucoup souffert à cause des brûlures sur ma poitrine, là aussi il reste des bouts de métal. Ma peau en a naturellement rejeté quelques-uns mais il en reste encore et c’est très douloureux. J’ai le même problème avec ma jambe gauche.

Les médecins disent que c’est difficile de me soigner ici mais j’ai été interdit de sortir du territoire pendant cinq ans après l’attaque. Je sais qu’il existe des solutions concernant mon ouïe mais je dois aller en Jordanie ; je n’arrive pas à obtenir une permission de l’Autorité Palestinienne et cela nécessiterait environ 1500 dollars.

Ce n’est pas facile d’aller à l’hôpital de Rafidia (Naplouse, NDLR), je ne vois pas, j’entends mal.

Cela fait 13 ans que j’essaie de me faire soigner.

J’étais policier, j’ai servi mon pays mais le gouvernement ne veut pas m’aider. Il me donne 2000 shekels (environ 421 euros, NDLR). Les blessés comme moi ont besoin d’avoir une vie sociale, mais c’est presque impossible de se déplacer.

Dîtes aux Français de nous soutenir, nous et les familles de martyrs. Nous avons besoin d’un soutien politique et humain.

Nous sommes encore vivants, donc nous avons encore de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez-nous à avoir une vie d’être humains.

Ahmad Khamis Mohamed Aiswad Rencontre en mai 2014

Légende photo : Ahmad garde précieusement son titre de propriété prouvant qu’il possède une terre dans le village de Kufur Ana.

J’ai 81 ans, je suis né en 1933 dans le village de Kufur Ana, situé entre Yaffa et Lid. Maintenant, il n’existe plus rien de ce que je connaissais. A la place, les Israéliens ont construit un hôpital et l’aéroport de Ben Gurion. Ma famille était paysanne, nous avions des orangeraies, du blé, des légumes. Kufur Ana comptait deux écoles, une pour les filles qui étaient scolarisées jusqu’à 10 ans et une pour les garçons, scolarisés jusqu’à 13 ans. Pendant les vacances, je travaillais pour les Anglais (à l’époque du mandat Britannique) comme gardien. C’est comme ça que j’ai appris à parler anglais. Quand j’ai eu 15 ans, j’ai travaillé pour eux à plein temps et puis, les Juifs sont arrivés en 1948.

Ils tiraient n’importe où et sur n’importe qui, nous avions tous peur. J’étais l’aîné de ma famille, j’ai fait monter ma soeur et mon frère sur mon vélo et nous avons fui notre village. Mes parents avaient chargé notre âne avec quelques couvertures, des assiettes, des marmites, une théière et un réchaud. Deux heures plus tard, nous nous sommes tous retrouvés au village Al Khirbai, à côté de la ville de Lid. Pendant une semaine, nous avons attendu, abrités sous les arbres. Nous avions quelques vivres mais nous étions persuadés que nous allions revenir chez nous. Nous sommes retournés au village pour voir quelle était la situation et prendre d’autres affaires. Nous nous sommes fait tirer dessus donc nous sommes partis pour Lid. Là aussi, nous vivions sous les arbres, ça a duré trois mois, mais là encore, les Juifs sont arrivés, nous avions faim. Nous avons fui au village de Qibya (à côté « ede Lid). Là-bas, un habitant nous a prêté une maison sans toit. Puis, les Israéliens sont venus et ont tué beaucoup de gens, y compris des femmes et des enfants. Nous sommes donc partis pour le village de Birzeit (à côté de Ramallah, NDLR).

Mon père et moi sommes devenus ouvriers agricoles. Nous étions plusieurs réfugiés à vivre de cette façon, dans les champs, abrités dans des cabanes. Je me suis marié à 22 ans avec une fille du même village que moi. J’ai commencé à travailler comme ouvrier dans le bâtiment partout dans les camps de réfugiés en Cisjordanie.

J’ai construit des écoles à Balata, à Askar, un cabinet médical aussi. Ma famille et moi, nous nous sommes installés à Balata. Quand les Israéliens nous ont encore attaqués en 1967, la plupart des gens et moi qui avions vécu la Nakba, nous nous sommes dit que nous ne partirions plus, quitte à mourir. Il n’y aurait pas de deuxième Nakba. A l’époque, nous louions une maison, puis j’en ai construite une de cinq étages. J’ai aussi travaillé deux ans en Israël, j’avais un ami juif. C’est quelqu’un de bien, qui cherche la paix.

Aujourd’hui, deux de mes enfants travaillent avec lui. J’ai eu deux épouses et seize enfants qui ont eu des enfants à leur tour. Les Sionistes ont fait un mauvais calcul. J’ai fui de mon village avec mes parents, mon frère, ma sœur et aujourd’hui, rien que de mon côté, nous sommes une centaine !

Il faut trouver une solution. Ici, au camp, les enfants n’ont pas de lieux pour jouer, nous manquons de structures pour les soins médicaux, l’UNRAW(3) donne de moins en moins d’aides. L’un de mes fils a fait quatre ans de prison, il a peu de moyens et doit faire vivre sa famille dans une seule pièce alors qu’il est employé à la mairie de Naplouse. Les salaires sont vraiment trop bas ! Moi, je vis dans une pièce au rez-de-chaussée, à la fin du mois, mes enfants me donnent un peu d’argent. Mais si j’étais chez moi, ça serait tellement mieux ! Vous savez, dans un village on peut vivre de sa terre, mais pas dans un camp. Les sionistes ont pris notre paradis. Je n’ai plus de terre à transmettre en héritage. Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. Je garde la foi, j’ai 81 ans et jusqu’à aujourd’hui, je crois que je vais retourner chez moi car personne ne peut oublier ses racines, ça serait comme ne pas avoir de religion.

Notes :

(1) Les territoires palestiniens sont formés de
- Une zone A : Gaza, et les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse et Bethléem. Dans cette zone l’Autorité Palestinienne exerce les pouvoirs de police (18% des Territoires).
- Une zone B qui comprend les autres zones de la Cisjordanie dans lesquelles la sécurité est exercée par l’Autorité nationale Palestinienne et l’armée israélienne (22% des Territoires).
- Une zone C qui intègre les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La zone C est sous contrôle d’Israël (60 % des Territoires).

(2) : Détention administrative : cette procédure judiciaire est utilisée par les Israéliens afin de détenir des Palestiniens sans motif ni jugement pendant une durée indéterminée. Les raisons de ces incarcérations ne sont jamais révélées au prisonnier ou à son entourage et bien évidemment, aucun avocat ne peut avoir accès au dossier du détenu.

Au début de ce type d’incarcération, les administrations pénitentiaires israéliennes font savoir au « détenu administratif » qu’il est enfermé pour une durée de trois mois. A la fin de cette période, l’ordonnance peut être renouvelée pour une durée identique et ce à l’infini. La détention administrative est une forme de torture psychologique utilisée dans le but de briser l’individu et de lui ôter l’esprit de résistance. Cette procédure est héritée du mandat britannique en Palestine avant 1948 et permet d’emprisonner des années sans procès toute personne.

Le traitement des « détenus administratifs » contrevient non seulement aux Droits de l’Homme internationaux mais aussi aux dispositions de la Quatrième Convention de Genève. Sont violés : le droit de se défendre, le droit à être entendu publiquement et équitablement, le droit de faire appel, d’examiner les témoignages et la présomption d’innocence. De plus le droit humanitaire interdit le transfert de civils de territoires occupés vers le territoire de l’Etat occupant. Le droit international interdit la détention administrative car elle est arbitraire. Elle bafoue la quatrième convention de Genève, visant à protéger les civils des territoires occupés et interdisant la détention arbitraire comme moyen de contrôle sur une population.

(3) L’UNRAW : Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA - United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, en anglais)

Source :

Réfugiés

Crédits photo : Elsa Grigaut. Montage et retouches : Claire Goulois

Pour vous procurer la brochure "Réfugiés" pour seulement 2 € (FRAIS DE PORT GRATUITS A PARTIR DE 3 EXEMPLAIRES) :

Chèque à l’ordre d’Amitié Lille Naplouse

Courrier à adresser à : Amitié Lille Naplouse - MRES, 23 rue Gosselet – 59000 Lille

Email : lille-naplouse@laposte.net

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06 décembre 2014

UNICEF : 425 000 enfants de Gaza ont un besoin immédiat de soutien psychologique

Jeudi 27 novembre 2014

Photo d’enfants de Gaza retournant sur les plages pendant une accalmie dans les combats durant le dernier assaut d’Israël sur Gaza

Plus de 400 000 enfants de Gaza ont un besoin immédiat « de soutien psychologique et de protection de l’enfance » suite à l’assaut dévastateur d’Israël, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Les données sont contenues dans un rapport d’octobre produit par l’Office des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA).

Il est confirmé qu’au moins 538 enfants palestiniens ont été tués par les attaques militaires israéliennes durant l’opération appelée « bordures protectrices » rapporte l’UNICEF. Plus des deux-tiers des enfants décédés, 68 pourcents, avaient 12 ans ou moins.

L’Agence de l’ONU rapporte que presque 425 000 enfants à Gaza ont un besoin immédiat de soutien psychologique et de protection de l’enfance, dont au moins 3373 enfants blessés (certains avec des handicaps permanents) et 1500 enfants devenus orphelins.

Tous ont besoin d’un soutien urgent « afin de gérer des niveaux critiques de détresse et de vulnérabilité psychologique à une période où plusieurs voisinages et villages de la bande de Gaza sont toujours en ruines. »

Le rapport inclus l’histoire de Shaima, âgée de 10 ans, de Shuja’iyya dans l’est de la ville de Gaza, qui, comme beaucoup d’autres, est régulièrement visitée à la maison par un conseiller.

Son quartier est « maintenant principalement réduit à une vaste étendue de décombres » avec « la menace de restes explosifs à chaque coin de rue. »

Durant l’offensive israélienne, la famille de Shaima a trouvé refuge dans l’appartement de son grand-père, pour que finalement l’éclat d’un obus israélien tue son père, Adel, et sa sœur Dima âgée de 2 ans.

« J’ai vu mon oncle porter ma sœur. J’ai réalisé que sa tête avait été coupée lors du bombardement. Je n’ai pas regardé le corps de mon père parce que j’ai eu peur que ses blessures soient aussi horribles. Je me suis enfuie… Je ne peux plus chanter. Je pense à mon père et ma sœur qui sont morts. Je me sens coupable. »

Traduction: Julie V. pour l’Agence Média Palestine

Source: Middle East Monitor

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05 décembre 2014

Christophe Oberlin: La population de Gaza est à bout. Tout peut arriver [Entretien 24.11.2014]

En juillet-août 2014, durant l’agression israélienne contre la population de Gaza Christophe Oberlin a accusé François Hollande (1) pour son soutien à Israël. Ayant également mis en cause l’Autorité palestinienne (2) pour avoir saboté la plainte déposée auprès de la CPI, Christophe Oberlin a été vivement critiqué par les responsables de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) (3). Il raconte tout cela dans l’ouvrage : « Le chemin de la Cour – Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ». (Editions Eric Bonnier -14.17 EUR)

Notes

(1) Lettre ouverte à François Hollande et autres racistes qui nous dirigentarretsurinfo.ch/

(2) Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahisonarretsurinfo.ch/dernier-crime-a-gaza

Ce qui se passe à Gaza est en partie à cause de la déclaration de Hollandearretsurinfo.ch/video

Feu vert de la Cour Pénale Internationale et de Mahmoud Abbas pour continuer les crimes de guerre à Gaza. arretsurinfo.ch/feu-vert-de-la-cour-penale

(3) Une importante mise au point du bureau national de l’AFPS. http://www.noodls.com/view/

(*) Cristophe Oberlin a publié notamment :

  • Survivre à Gaza, en collaboration avec Jacques-Marie Bourget, la biographie de Mohamed Rantissi, (Encre d’Orient 2009)
  • Gaza au Carrefour de l’Histoire, traduction française du livre de Gerald Butt sur l’histoire de Gaza (Encre d’Orient 2011)
  • Chroniques de Gaza (Demi-Lune 2011)
  • La Vallée des Fleurs – Marj El Zouhour (Erick Bonnier 2013)

Source http://arretsurinfo.ch/video-christophe-oberlin-la-population-de-gaza-est-a-bout-tout-peut-arriver/

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01 décembre 2014

Manifestation à Bruxelles,67 ans de ‪#‎Nakba‬ ‪#‎SaveALAQSA‬

67 ans de ‪#‎Nakba‬ ‪#‎SaveALAQSA‬
Dimanche 30 novembre, 14:00 à Bruxelles
https://www.facebook.com/events/890234164322956/?pnref=story

29 Novembre 1947 les Palestiniens sont victimes d'une injustice historique.
L’Assemblée générale des Nations unies décide, le 29 novembre 1947, le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe. Le nettoyage ethnique de la Palestine commence. Cette "recommandation" est à l’origine de six décennies d'injustice.

Jérusalem est aujourd'hui sur la ligne de front de la résistance populaire, tout comme la Bande de Gaza se trouve à l'avant-garde de la résistance armée. Nous devons considérer Jérusalem comme une partie de l'ensemble de la Palestine et de toute la cause palestinienne.

La campagne #SaveALAQSA pour défendre Jérusalem et la Palestine n'est pas limitée la défense de la mosquée Al-Aqsa, qui est attaquée, fermée et menacée par l'armée sioniste et les forces politiques et coloniales. Il ne s’agit pas seulement du lieu sacré d'Al-Aqsa, mais de l'ensemble de la Palestine et de sa capitale.

Al Qods/Jérusalem ne doit pas être sous l'occupation d'un régime colonial raciste, sioniste.
Et cela s'applique également à chaque centimètre de la terre de Palestine

nakba al aqsa

Soutien total et inconditionnel à la Résistance palestinienne sous toutes ses formes

Liberté pour tous les prisonniers palestiniens

Soutien à la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État d’Israël.

Halte au silence complice de la « communauté internationale ».

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22 novembre 2014

Interview de Michèle Sibony

67 ans de ‪#‎Nakba‬ ‪#‎SaveALAQSA‬
Dimanche 30 novembre, 14:00 à Bruxelles
https://www.facebook.com/events/890234164322956/?pnref=story

 

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Rashid Khalidi: Pourquoi les 300 000 Arabes de Jérusalem se soulèvent-ils à nouveau ?

67 ans de ‪#‎Nakba‬ ‪#‎SaveALAQSA‬
Dimanche 30 novembre, 14:00 à Bruxelles
https://www.facebook.com/events/890234164322956/?pnref=story

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Des jeunes Palestiniens jettent des pierres sur la police des frontières israélienne lors d’affrontements à un check-point entre le camp de réfugiés de Shuafat et Jérusalem, le 7 novembre 2014.
(Reuters/Finbarr O’Reilly)

Rashid I. Khalidi – Reuters – 13 novembre 2014

Une fois encore, des troubles populaires généralisés ont éclaté à Jérusalem. Depuis juillet, des affrontements ont lieu entre des jeunes Arabes et les forces de sécurité israéliennes utilisant des grenades lacrymogènes, des balles d’acier enrobées de caoutchouc, des balles réelles et des matraques.

Pourquoi les habitants arabes de Jérusalem sont-ils descendus dans la rue ?

Beaucoup se sont sentis provoqués par les tentatives toujours plus nombreuses des fanatiques religieux juifs de s’emparer du troisième site le plus saint de l’Islam, l’Haram al-Sharif, pour les juifs, le Mont du Temple.

Les activistes religieux, représentés par des groupes de tutelle comme les organisations du Mont du Temple, ont souvent manifesté leur intention d’instaurer un culte juif sur le lieu saint musulman, de détruire ses magnifiques structures du VIIe siècle – la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher – et de les remplacer par un nouveau temple juif.

Le grand rabbin d’Israël a fustigé les juifs qui tentent de prier sur le site, suggérant que cela devrait être « passible de la peine de mort », car cela peut profaner le « saint des saints » – lieu où les juifs pensent que l’arche de l’alliance était gardée autrefois. Le ministre de la défense israélien, Moshe Ya’alon, a déclaré de son côté que les venues de ministres et de législateurs israéliens sur le site étaient « provocatrices » et qu’elles pouvaient avoir des « effets déstabilisants ».

Pourtant, les partis sionistes religieux extrémistes, comme le Habayit Hayehudi (Foyer juif), qui soutiennent le culte juif sur le site ne sont pas atypiques dans la société israélienne – ils sont même largement représentés au gouvernement, au parlement, dans les services de sécurité et dans l’armée d’Israël.

Beaucoup d’Arabes parlent aussi d’un précédent de mauvais augure. Depuis la guerre de 1967, Israël contrôle la mosquée Ibrahimi à Hébron, qui abrite le Tombeau des patriarches, site juif vénéré. C’est une mosquée depuis près de 14 siècles, avec une interruption durant les Croisades, mais le culte musulman ici a été progressivement restreint et certaines parties de la mosquée ont été accaparées pour un culte exclusivement juif. Cette prise de contrôle progressive n’a fait que s’accélérer après le massacre de dizaines de fidèles musulmans à l’intérieur de la mosquée par un colon israélo-américain durant le Ramadan en 1994.

Pour comprendre la récente vague de violence, il faut regarder au-delà du seul Haram al-Sharif, cependant.

Les tentatives de changer le statu quo de ce site religieux unique sont venues après des décennies d’occupation par Israël de Jérusalem-Est, occupation qui a commencé en 1967. En tant que non-juifs, les habitants arabes de Jérusalem sont soumis à des lois, règles, règlements et modes de répartition des fonds municipaux et nationaux ouvertement discriminatoires, notamment concernant les permis de construire, l’enseignement, les parcs publics, le ramassage des ordures et tout autre équipement urbain.

Ceci s’intègre dans une politique cohérente israélienne qui a pour but de restreindre la croissance de la population arabe de la ville, et de privilégier et développer sa composante juive.

Les habitants arabes autochtones de Jérusalem ont, pendant plus de quatre décennies et demie, été soumis à un barrage inexorable de tentatives pour les isoler dans des zones strictement limitées de la ville, certaines entourées de mur et clôturées. Alors que dans le même temps, l’expansion de la population juive au sein des colonies dans toute la Jérusalem-Est occupée – des colonies qui sont une violation du droit international – est subventionnée et soutenue sans compter par l’État israélien, et appuyée par des services de sécurité oppressifs.

Les Palestiniens à Jérusalem se considèrent eux-mêmes comme vivant sous occupation, tout comme les Nations-Unies d’ailleurs. Même les États-Unis ont voté en faveur de la résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies de 1969, laquelle résolution condamne les actions d’Israël dans la ville.

L’occupation est attestée par l’omniprésence de gardes-frontières paramilitaires puissamment armés dans les quartiers arabes, par les démolitions sélectives de structures appartenant à des Arabes accusés de violer le code de la construction, par l’utilisation de fouilles archéologiques à des motifs politiques afin de s’emparer des sites stratégiques, et par une myriade d’autres harcèlements et désagréments à un rythme quotidien.

Les Palestiniens de Jérusalem, qui constituent 38 % de la population totale de la ville, estiment que Jérusalem n’est pas gérée pour eux et par eux. Ils considèrent qu’elle est dirigée par l’État israélien et au profit exclusif de sa population juive, avec l’objectif d’établir une hégémonie juive absolue sur la ville.

Avant 1967, Jérusalem était divisée entre l’Ouest, sous contrôle israélien, et l’Est, sous contrôle jordanien. Après la guerre de 1967, Israël a annexé toute la ville et s’est maintenu en tant que force occupante à Jérusalem-Est. Depuis lors, ces politiques discriminatoires israéliennes ont systématiquement cherché à découper le cœur géographique et spirituel de la Palestine arabe.

Ces provocations ont créé les conditions d’une explosion majeure de troubles dans Jérusalem, et peut-être bien au-delà : dans le reste de la Palestine occupée et plus largement dans le monde arabe et islamique.

Les gouvernements des États-Unis et des pays européens portent une lourde responsabilité pour avoir abandonné les Jérusalémites à leur sort entre les mains des extrémistes de l’intérieur et de l’extérieur du gouvernement israélien – d’énormes sommes en dons caritatifs défiscalisés venant des États-Unis soutiennent les colonies dans Jérusalem-Est.

Des extrémistes nationalistes religieux au plus haut niveau du gouvernement israélien, comme le ministre de l’Économie Naftali Bennet, chef du parti Habayit Hayehudi, et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, chef du parti Yisrael Beiteinu (Israël notre maison), y sont allés de leur propre voie pour manifester leur hostilité envers les Palestiniens, qu’ils soient citoyens d’Israël ou habitants de Jérusalem.

Bennet est allé jusqu’à dire qu’il devrait y avoir « tolérance zéro » à une identité nationale non juive, et qu’Israël devrait empêcher que Jérusalem ne devienne jamais la capitale d’un futur État palestinien.

Pour toutes ces raisons, les développements préoccupants dans et autour de l’Haram al-Sharif sont considérés par les Palestiniens, et par beaucoup dans le monde, comme une nouvelle tentative des fanatiques religieux de débarrasser cette ville antique de son histoire culturelle arabe et musulmane riche – qui fait aussi partie intégrante de son patrimoine mondial. Si aucune mesure n’est prise pour intervenir, alors les manifestants à Jérusalem-Est n’auront d’autre alternative que de défendre leur dignité, et leurs lieux saints, par eux-mêmes.

Source: Reuters

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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Dimanche 30 novembre, 14:00 à Bruxelles
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nakba al aqsa

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21 novembre 2014

“Jérusalem : une ville d’apartheid meurtrie”, par Ben White

Jérusalem : une ville d’apartheid meurtrie

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Ben White – al-Araby – 7 novembre 2014

Dans les semaines et les mois qui ont suivi l’inauguration du tramway de Jérusalem, les autorités municipales se sont vantées d’une réalisation concrète et d’un symbole puissant de la modernité et de l’ « unité » de la ville. La critique prétendant que la ligne servait des colonies illégales a été rejetée comme inconsciente. Les photos de passagers juifs et palestiniens constituaient, ont suggéré certains, la preuve positive de l’imposture de l’accusation d’apartheid.

Toutefois, dans les semaines explosives de l’été, cette année, le JLR (Jerusalem Light Rail – tramway de Jérusalem) est devenu une autre sorte de symbole, alors que les Palestiniens concentraient leur rage sur ses stations et sur ses trains, représentatifs de la domination coloniale d’Israël.

Cette « capitale » d’apartheid est meurtrie, et le mensonge de l’unité dévoilé. Les extrémistes juifs ciblent l’enceinte de la mosquée d’Al-Aqsa. Régulièrement, il se produit des affrontements entre les habitants palestiniens et les forces d’occupation dans tout l’est de la ville. À Silwan, les colons radicaux renforcent leur présence et les maisons palestiniennes sont ciblées pour démolition.

La Jérusalem, ouverte et unifiée, de start-up de haute technologie, de marathons et de tourisme international, est devenue une ville-forteresse de ballons d’observation, de batailles rangées et de manifestations. Face à la résistance palestinienne, le maire a montré qu’il en fallait peu pour que ses clips médiatiques à l’attention de l’Occident soient balayés par un discours – et une politique – de répression.

Ces derniers jours, le gouvernement d’Israël a mis en avant une législation qui vise à infliger des peines draconiennes aux manifestants palestiniens à Jérusalem. L’amendement au code pénal prévoit jusqu’à une peine de prison de 20 ans pour les lanceurs de pierres – dont une période de 10 ans pour les contrevenants même s’il n’existe aucune preuve de leur intention de nuire.

Peu après, des informations ont été diffusées dans les médias israéliens selon lesquelles le ministre de l’Intérieur était en train d’examiner des options pour interdire temporairement l’importation des feux d’artifice, lesquels sont actuellement utilisés par les Palestiniens contre les forces d’occupation. Pierres et pétards constituent la nouvelle menace existentielle.

À noter que c’est en réalité en juin que le gouvernement israélien a apporté son soutien à un projet de 86 millions de dollars US, dont l’objectif est de contrecarrer, selon le quotidien israélien Ha’aretz, « toute possibilité que (Jérusalem) soit divisée dans le cadre d’un futur accord ». Les origines de ce projet proviennent de discussions ministérielles qui remontent à 2013 suite à une recrudescence des « jets de pierre motivés par le nationalisme » et d’autres incidents à Jérusalem-Est.

Le projet se concentrait beaucoup sur la « sécurité », et évoquait une « exécution et une punition sans compromis contre ceux qui cherchent à saborder le contrôle israélien à (Jérusalem-Est) ». Outre qu’il recommandait d’adapter le code pénal à des codes pénaux applicables actuellement, le projet préconisait également un renforcement de la présence policière et des mesures de surveillance.

Puis, après l’enlèvement et l’assassinat de Mohammad Abu Khdeir en juillet, les Palestiniens sont descendus dans la rue à Jérusalem-Est, d’une façon que l’on n’avait pas vue depuis quelques temps. Fin septembre, la police israélienne a déclaré avoir arrêté plus de 700 Palestiniens à Jérusalem-Est, dont au moins 250 mineurs. Les troubles palestiniens se sont trouvés alimentés, bien sûr, par la colère face au bombardement par Israël de la bande de Gaza.

Cette campagne systématique de harcèlement et de détention menée par les forces de sécurité était la marque frénétique d’un homme qui tente de disperser une herbe sèche où couve le feu : mais l’étincelle n’a pas jailli, pour l’instant. Et ce, en dépit – ou à cause – de la punition collective infligée aux quartiers palestiniens, comme à Issawiya ou dans le camp de réfugiés de Shuafat. Brutalité policière, conditions incroyables de libération sous caution et raids nocturnes : Jérusalem ressemble plus à Jénine qu’à Tel Aviv.

S’agissant de la Cisjordanie, ici aussi l’impact de l’occupation « éclairée » d’Israël a été ressenti dans les villes et villages au cours des derniers mois où des jeunes, désarmés, ont été abattus de sang-froid, blessés, tués. La campagne d’arrestations de l’été à Jérusalem-Est est allée de pair avec une opération de très grande envergure en Cisjordanie qui a fait des centaines de détenus – dont beaucoup condamnés à l’emprisonnement sans procès – en réponse à l’enlèvement (et, nous l’avons appris plus tard, au meurtre) de trois jeunes Israéliens dans le territoire occupé.

Puis, alors que la bande de Gaza était martelée par les drones, les F-16, l’artillerie et les chars d’assaut d’Israël, les manifestations populaires en Cisjordanie ont été accueillies par des tirs à balles réelles. Selon les Nations-Unies, entre le 12 juin et le 31 août, Israël a tué 27 Palestiniens en Cisjordanie – dont 5 enfants, le plus jeune n’ayant que 11 ans. Selon un article de l’agence d’informations Ma’an de mi-octobre, le nombre de morts pour cette année en Cisjordanie monte à plus de 40, et le nombre de blessés à plus de 4300.

Les méthodes de répression d’Israël dans Jérusalem-Est et en Cisjordanie sont adaptées aux circonstances. Lors de la Première Intifada, aux jeteurs de pierres, on leur brisait les bras ; aujourd’hui, ils sont jetés dans des cachots (s’ils n’ont pas d’abord été abattus). La résistance palestinienne force l’occupation israélienne à abattre son jeu. Un jeu qui n’est pas celui de la main tendue mais plutôt d’un poing fermé qui exige soumission ou punition.

À Jérusalem, le catalyseur pourrait être la menace contre al-Aqsa, mais ne vous méprenez pas : les jeunes qui affrontent les fusils de l’occupation le font après avoir passé toute leur vie à observer leurs quartiers se faire morceler et coloniser, et on attend d’eux qu’ils se montrent reconnaissants pour les miettes qui tombent de la table. En l’absence d’une direction politique, il s’agit d’une résistance populaire dont les racines remontent à travers les luttes des générations passées.

À Jérusalem-Est et en Cisjordanie, les Palestiniens, particulièrement les jeunes, affrontent les forces d’occupation et les colons israéliens dans un nouvel esprit de confiance et de défi. Les méthodes de répression d’Israël, qu’elles viennent de la Knesset, du ministère de l’Intérieur, ou par le canon d’un fusil, ont montré leurs limites – et elles pourraient, en réalité, se révéler contre-productives.

Cette semaine, je me suis rappelé ces vers célèbres de Langston Hughes. Il demande :

Qu’advient-il d’un rêve reporté ?

S’assèche-t-il comme un raisin au soleil ?

Ou suppure-t-il comme une blessure pour ensuite dégoutter ?

Empeste-t-il comme une viande putréfiée ?

Ou se couvre-t-il d’une croûte et de sucre comme un bonbon sirupeux ?

Peut-être qu’il s’affaisse simplement comme une lourde charge ?

Ou qu’il explose ?

Ben White est journaliste, et l’auteur de Apartheid Israélien : un manuel du débutant.

Source: Alaraby.co.uk

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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L’info israélienne et ses relais, ou la nausée garantie…

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L’info israélienne et ses relais, ou la nausée garantie…

Comme à chaque fois, il a fallu le meurtre de quelques juifs dans une synagogue de Jérusalem pour entendre les versions victimaires des représentants d’Israël accuser les Palestiniens de tous les maux et les tenir pour uniques responsables de l’état des choses dans le pays. Quand tout le monde sait que ceci n’est que la résultante d’une infâme occupation qui dure depuis plus de 65 ans…

Comme à chaque fois, il a fallu écouter nos journaleux faire semblant de s’interroger sur le pourquoi et le comment d’une telle tension dans la région, se demandant même – ô la perspicacité que voilà ! – si  l’on ne se trouvait pas à l’aube d’une 3è Intifada. Soulignant ainsi la morbidité de ces pervers à l’affût du moindre fait qui pourrait épicer leur bulletin d’informations insipides et faire grimper l’audimat…

Comme à chaque fois, il aura fallu suivre les habituels invités des grands médias venus relayer un méticuleux travestissement de l’information niant ce qui est l’évidence même, à savoir : les seuls réels obstacles à la paix dans la région sont les gouvernements successifs d’Israël et nos Etats complices qui les soutiennent…

Il n’y a là plus rien à démontrer. Tout a été dit. Tout a été écrit. Tout est vérifiable. Tout indique que le projet sioniste de cet Etat poursuit ouvertement une politique de colonisation effrénée, doublée d’un apartheid odieux, écrasant une population depuis des décennies dans la plus parfaite impunité. Et tout le monde sait – même ceux qui font semblant de l’oublier – que tous ces agissements sont en totale infraction avec le Droit international, et qu’aucun Etat ne pourrait faire le centième de ce qu’Israël s’autorise à l’encontre des Palestiniens sans que l’ensemble des pays se proclamant « démocratiques » ne lui tombent dessus à coups de sanctions drastiques et immédiates !

Seulement voilà… A force de n’avoir pas rappelé les limites à cet Etat voyou, personne n’ose aujourd’hui initier la chose, d’autant que les USA, autre Etat voyou s’il en est, le soutient de toutes parts malgré les gesticulations lamentables des différents secrétaires d’Etat valsant à tour de rôle dans cette tragi-comédie d’un soi-disant processus de paix inexistant, pour donner le change à la face du monde… avec pour résultat une colonisation qui n’a jamais été aussi rampante, invasive, envahissante et de plus en plus souvent meurtrière. De plus, il faudrait un courage qu’aucun responsable politique et médiatique n’a, préférant se concentrer, s’acharner sur le maillon faible du moment, à savoir, les pays arabo-musulmans dont les ressources pétrolières sont loin d’être étrangères à leur démantèlement programmé. Que pèse donc la vie d’un citoyen Arabe à côté d’un baril de pétrole !? Je vous laisse deviner…

Et maintenant que n’importe quel observateur un peu sérieux qui s’est rendu sur place suffisamment longtemps et a pu voir qu’aucun Etat palestinien n’est plus viable sur ce qu’il reste des bantoustans de Cisjordanie, le nouvel enjeu de ce plan sordide est désormais la ville de Jérusalem, proclamée « capitale éternelle et indivisible » par ces tarés de sionistes – aussi fous et dangereux que les djihadistes dont on nous rabâche les oreilles ces derniers mois – dont étrangement aucun média ne fait ses gros titres. L’on nous pointe chaque jour tel ou tel jeune européen reconnu sur des vidéos pour sa participation à des exactions sinistres perpétrées par « Daesh » mais on ne pipe mot sur ceux qui reviennent en toute tranquillité au pays après avoir servi dans l’armée israélienne et avoir participé aux massacres de la population de Gaza cet été. La question que les militants de la cause palestinienne doivent se poser d’urgence est de savoir comment contourner ces médias aliénés au grand capital, pour informer les citoyens de ce deux-poids deux-mesures intolérable dans le traitement de l’info. Je pense qu’il y a là un travail essentiel à fournir pour changer les choses.

Par ailleurs, depuis les crimes de guerre perpétrés contre la population exsangue du camp d’extermination de Gaza l’été passé, quelques pays de l’UE semblent soulever une paupière et avancent de manière toute symbolique leur reconnaissance d’un Etat palestinien. Faut-il s’en réjouir ? Sur la forme, ce sursaut tardif laisse songeur et l’on se dit « qu’il est bien tard »… Sur le fond, de quel Etat parle-t-on ? De cet archipel démantelé, à la dérive, avec Gaza comme camp d’extermination où sont parqués les plus déterminés ? Et une fois cette reconnaissance prononcée, que feront ces Etats européens qui auront ainsi rejoint les 135 pays qui l’ont reconnu depuis des décennies !? Ne cherchez pas : nos Etats européens ne feront rien ! Ils ne feront rien tant que les USA soutiendront Israël… Ils ne feront rien parce qu’ils en sont depuis toujours de zélés complices… Ils ne feront rien parce que les différents gouvernements israéliens ne sont absolument pas intéressés par une solution pacifique qui les contraindrait à des concessions… Ils ne feront rien parce que personne ne se mettra d’accord sur les frontières éventuelles de la Palestine sournoisement démantelée depuis 1948… Ils ne feront rien parce que dans le fond, tout le monde sait qu’un tel Etat moribond n’est pas viable tant qu’Israël a toute latitude pour intervenir comme bon lui semble sans que personne ne s’y oppose. Et de la sorte, tous nos Etats et leurs représentants signent par-là leur vile complicité avec Israël. Tous ceux-là sont donc de sinistres collabos ! Et un jour (peut-être ?) seront-ils traînés devant la Justice si tant est que cette dernière émerge des ténèbres, ce qui pour l’heure est loin d’être le cas…

Aujourd’hui, ceux-là préfèrent nous endormir avec leurs commémorations diverses à propos de la « graaande guerre » dont ils affirment l’indispensable devoir de mémoire pour ne pas oublier ni reproduire les mêmes erreurs… quand sous leurs yeux, ils laissent se perpétrer l’innommable ! Ces mêmes pédants cravatés qui prétendent donner des leçons de moralité et de civisme aux peuples dont ils ont la charge sont les premiers à ne tirer aucune leçon de l’Histoire. Suivis par une kyrielle de prétentieux se poussant sur les plateaux télé pour nous étaler leur petite érudition à propos de ce qu’ils auront ressassé sur fiches quelques jours auparavant mais n’ayant, eux non plus, pas le moindre regard sur l’inqualifiable qui se déroule sous leurs yeux. Ces mêmes arrogants toujours en retard d’une guerre, préférant celles du passé où ils ne risquent rien que celles du présent que par lâcheté ils ignorent… quand ils n’en falsifient pas les données ! A vomir, tous autant qu’ils sont…

Personnellement, je ne cède pas à ces visions travesties de la réalité. Et si je regrette profondément  certains actes désespérés de la résistance palestinienne qui sait fort bien qu’elle fait le sacrifice d’elle-même, je ne les condamne pas. Et me rappelle, sans faillir, qu’il y a bien un occupé et un occupant. Et je ne renverserai jamais les rôles. Quoi qu’il advienne.

Enfin, j’affirme qu’en l’état actuel des choses, il n’y aura jamais d’Etat palestinien digne de ce nom aux côtés d’un Etat israélien. Et tirant mes propres leçons de l’Histoire je pense que l’entêtement et l’aveuglement imbécile des représentants d’Israël les mène lentement à leur propre perte, tant l’Histoire nous indique justement qu’aucun Etat colonial moderne ne réussit dans son entreprise. Et que tous les empires d’un moment, pétris de leurs certitudes – Angleterre, France, Allemagne, URSS, et USA bientôt… – finissent tôt ou tard par s’effondrer et perdre leur hégémonie. Ce n’est qu’une question de temps. Et face à l’appendice israélien, les Palestiniens le savent fort bien. La différence entre ces derniers et les Israéliens est que, n’ayant plus rien à perdre, ils sont prêts à en payer le prix. Et cela, personne – ou bien peu – de ces irresponsables, ne semble en avoir pris conscience, ni dans quelle mesure…

 

Daniel Vanhove –

Observateur civil -

Membre du Mouvement citoyen Palestine -

Auteur -

« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » - 2005 – Ed. M. Pietteur

« La Démocratie Mensonge » - 2008 – Ed. M. Pietteur

Posté par MCPalestine à 15:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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