FREE PALESTINE

25 juillet 2016

Mahmoud Darwish ramène inlassablement Israël face à l’évidence de son “péché originel”

La_Nakba_et_Amnesty

Le spectre du poète national palestinien Mahmoud Darwish ne nous quittera jamais. Périodiquement, une chasse aux sorcières éclatera sur sa poésie, en remuant les émotions et agaçant les Israéliens jusqu’à ce qu’ils le comparent à Hitler. Cela s’atténue mais cela revient à nouveau plus tard. Il n’y a pas moyen d’y échapper. Aucun des fantômes de la guerre d’indépendance de 1948 nous laissera jusqu’à ce que nous reconnaissions notre culpabilité, admettions le péché et en assumions la responsabilité en présentant des excuses, en versant des indemnités et, surtout, jusqu’à ce que nous changions nous-mêmes. Sans cela, les fantômes continueront à nous tourmenter et ne nous donnerons pas de repos.

Le plus récent scandale de Darwish, qui a été attisé par deux ministres ignorants – la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev et le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, dont il est douteux qu’ils aient jamais lu un poème de Darwish – est un autre maillon de la chaîne. Malgré leur ignorance, ces deux-là savaient qui attaquer. Ils savaient que, plus que toute autre personnage, Darwish frappe le nerf le plus sensible de la société israélienne et rend les Israéliens fous à chaque fois. Ils essayent toujours de le dissimuler par n’importe quel moyen – cachant, niant, mentant et réprimant – mais toujours sans succès.

Darwish touche au péché originel, ce qui fait de lui un Hitler. Il expose la plaie béante, ce qui le place en dehors des limites. Si les Israéliens étaient convaincus qu’il n’y avait eu aucun péché, ni aucune plaie ouverte, ils n’auraient pas si peur de sa poésie. S’ils étaient convaincus que tout avait été fait correctement à l’époque, en 1948, et que rien n’aurait pu être différent, Darwish aurait été relégué au domaine des départements de littérature.

Mais le défunt poète insiste pour mentionner ce que les Israéliens ne veulent pas savoir : un grand péché a été commis ici.

A man walks past street art showing the late Palestinian poet Mahmoud Darwish, in Erriadh, south of Tunis, Tunisia, October 28, 2015. Mosa'ab Elshamy, AP

Un portrait de Mahmoud Darwish sur un mur à Erriadh, au sud de Tunis (October 2015) – Ph. Mosa’ab Elshamy, AP

La création d’Israël – dans les conditions où elle a été faite – s’accompagna d’un crime impardonnable de nettoyage ethnique sur de larges parties du pays. Aucune plantation du Fonds national juif ne peut recouvrir les ruines morales sur lesquelles l’État a été construit. Israël a ajouté l’insulte à la blessure en ne permettant pas aux Palestiniens qui ont été expulsés ou ont fui de revenir. Mille témoignages historiques, que nous évitons également comme le feu, n’égalent pas une ligne de poésie de Darwish: « Où me mènes-tu père ? ».

Je ne pourrai jamais oublier ce coup de poing à l’estomac, ou plutôt, ce coup de poignard dans mon cœur, venu du numéro du printemps 1996 de la revue hébraïque Hadarim, éditée par Halit Yeshurun. Une douzaine de pages de poèmes de Darwish de « Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? » (traduit en hébreu par Anton Shammas) : «– Et qui après nous, père /Habitera la maison? /- Elle restera telle quelle / Comme par le passé / Mon enfant » / «Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? / – Pour qu’il tienne compagnie à la maison, mon enfant, / Car en l’absence des leurs / Meurent les maisons / Résiste avec moi / Pour le retour / – Quand le retour ? / – Demain! / Tout au plus dans deux jours, / Mon enfant » / Un lendemain insouciant / Mâchait déjà le vent / Derrière eux / Dans les interminables nuits d’hiver».[1]

Je ne savais pas à l’époque, et je ne sais pas aujourd’hui, ce que nous faisons, nous Israéliens, avec ces lignes. Avec: « Dans notre hutte, l’ennemi se débarrasse de son fusil / qu’il pose sur la chaise de mon grand-père. Il mange de notre pain / comme des invités le font, et sans se déplacer./ Fait une petite sieste / sur la chaise en bambou« .

Ou: « Demande comment ma maison est faite, monsieur l’étranger. / Mes petites tasses de café / pour notre café amer / sont-elles encore restées comme elles étaient. / Entrera-t-elle dans votre nez / l’odeur de nos doigts sur les tasses « 

Ou:  » Et je vais porter le désir ardent / jusqu’à / mon commencement et jusqu’à son commencement / et je vais aller sur mon chemin / jusqu’à ma fin et jusqu’à sa fin« !

La fin de Darwish est venue trop tôt, malheureusement, depuis quelques temps déjà, en 2008. Mais ce ne fut pas la fin de sa poésie – il suffit de demander à Regev et Lieberman.  L’année 1948 date aussi de quelque temps, mais, tout comme la poésie de Darwish, elle n’a jamais pris fin, pas même pour un instant. Israël n’a jamais changé de conduite – ni son approche violente et dominatrice sur les Palestiniens, qui étaient nés ici, ni leur dépossession, l’occupation et parfois également leurs expulsions.

En 2016, Israël traite les Palestiniens exactement comme il l’a fait en 1948. C’est pourquoi Darwich ne laisse pas Israël seul, et c’est pourquoi il est si effrayant pour le pays : il affronte Israël avec la vérité la plus primordiale sur lui-même.“

Gideon Levy              


Cet article a été publié par Haaretz le 23 juillet 2016, sous le titre « The Late Palestinian National Poet Will Continue to Haunt Israel ».
La traduction nous en a été aimablement transmise par le Comité Solidarité Palestine de la Région nazairienne (CSPRN)
Traduction GD du CSPRN relue et corrigée par JPP et LDL

[1] Poème de Darwich traduit en français par A.Amri, http://amriahmed.blogspot.fr/2010/07/pourquoi-as-tu-laisse-le-cheval-sa.html

Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? Mahmoud Darwich

Le trait saillant qui distingue feu Mahmoud Darwich de ses pairs, en Palestine ou dans le monde arabe, c'est sa capacité à toucher non seulement le lecteur "frère", mais aussi, au delà des clivages et des hostilités politiques ceux qui sont dans le camp opposé. Sa verve et l'universalité de son écriture sont telles que de nombreux Israéliens, y compris certains dirigeants -et non des moindres- n'ont pas manqué de reconnaître la force et la beauté de cette plume hors-pair. D'ailleurs, de son vivant comme après sa mort Mahmoud Darwich n'a cessé d'être traduit en hébreu.
Ce n'est pas tout. Il y a une dizaine d'années, Yossi Sarid alors ministre de l'Éducation dans le gouvernement de coalition d'Ehud Barak (1999-2001) a proposé d'insérer quelques uns de ses poèmes au programme du secondaire. Ehud Barak s'y est opposé.
Venant d'un représentant de l'extrême-gauche laïque, cet hommage à Darwich ne serait pas assez surprenant. Mais que dire quand l'extrême-droite elle-même, à travers un dur des durs de la taille d'Ariel Sharon, associe son nom à un tel hommage?
Le poète, l'écrivain en général ne choisit pas ses lecteurs; ce sont ces derniers qui le choisissent. Et lorsque s'exprimant sur ses favoris en matière de littérature arabe, Sharon élit Darwich et ne cache pas le plaisir et l'intérêt qu'il trouve à lire surtout "Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude?"(1) on comprend davantage la valeur poétique inégalée de ce poète.
Ci-dessous la traduction  et le texte dans sa version arabe.

Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?

« Où me mènes-tu, père ? »
- Du côté du vent, mon enfant !
Alors qu’ils sortaient de la plaine
Là où les soldats de Bonaparte
Avaient érigé une colline
Pour guetter les ombres
Sur la vieille muraille de Âkka (2)
« N’aie pas peur
Disait un père à son fils
N’aie pas peur des balles qui sifflent
Colle-toi au sol pour survivre
Sains et saufs
Nous serons tantôt au sommet
D’une montagne du nord
Et nous reviendrons
Quand vers les leurs au loin
S’en retourneront les soldats
- Et qui
Après nous, père
Habitera la maison?
- Elle restera telle quelle
Comme par le passé
Mon enfant »

Il a tâtonné
Tel un organe de son corps
La clé
Et rassuré
Alors qu’ils traversaient
Une clôture d’épines
Il enchaîna:
« Souviens-toi, mon enfant
Ici les Anglais
Ont crucifié ton père
Deux nuit durant
Sur les rameaux épineux
D’un figuier de barbarie
Sans pour autant
Lui arracher un aveu
Tu grandiras, mon enfant
Et à ceux qui se relayeront
Pour prendre les fusils
Tu raconteras les annales du sang
Consignées sur le fer …
- Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?
- Pour qu'il tienne compagnie à la maison, mon enfant,
Car en l’absence des leurs
Meurent les maisons »
De loin
L’éternité ouvre ses portes
A la voiture nocturne
Et les chacals des contrées sauvages
Glapissent
A la face d’une lune apeurée
« Sois solide comme ton grand-père,
Dit un père à son fils,
Et grimpe avec moi
La dernière côte des chênes
Souviens-toi, mon enfant
C’est ici que le Janissaire (3)
Est tombé de sa mule
Alors résiste avec moi
Pour le retour
- Quand le retour ?
- Demain!
Tout au plus dans deux jours,
Mon enfant »
Un lendemain insouciant
Mâchait déjà le vent
Derrière eux
Dans les interminables nuits d’hiver
Et des soldats de Joshua ben Nun (4)
Érigeaient une forteresse
Avec les pierres de leur maison
Alors qu’ils haletaient
Sur le sentier de Cana (5)
« Notre Seigneur Jésus
Dit le père
Est passé un jour par ici
Il a converti l’eau en vin
Et Il a dit tant et tant
De choses sur l’Amour
Mon enfant,
N’oublie pas demain
Et souviens-toi
De ces forteresses croisées
Que les herbes d’avril
Avaient mâchées
Sitôt le départ des soldats"

Mahmoud Darwich
Traduit par A.Amri

12 juillet 2010


_____________________
Notes:

1- "Ça m'a fait comprendre l'attachement des Palestiniens à leur terre» disait Sharon à propos de ce poème.
2- Ville palestinienne occupée en 1948, rebaptisée depuis la judaïsation Saint-Jean-D’Acre.
3- Au pluriel, c’est l’élite de l’infanterie turque à l’apogée de l’empire ottoman. Composée exclusivement d’anciens prisonniers de guerre européens.
5- Valet de Moïse et, selon la Torah, son successeur. Chef militaire qui permit aux juifs de sortir du Sinaï, désert de l’errance, et traverser le Jourdain.
6- Ville de Galilée, associé au miracle des Noces qui porte son nom.
__________________________
____


لماذا تركت الحصان وحيداً..؟



إلى أين تأخذني يا أبي؟
إلى جهة الريح يا ولدي …

… وهما يخرجان من السهل ، حيث
أقام جنود بونابرت تلاً لرصد
الظلال على سور عكا القديم ـ
يقول أبٌ لابنه: لا تخف. لا
تخفْ من أزيز الرصاص ! التصقْ
بالتراب لتنجو! سننجو ونعلو على
جبل في الشمال ، ونرجع حينَ
يعود الجنود إلى أهلهم في البعيدِ

ـ ومن يسكن البيت من بعدنا
يا أبي ؟
ـ سيبقى على حاله مثلما كان
يا ولدي !

تحسس مفتاحه مثلما يتحسس
أعضاءه ، واطمئن. وقال لهُ
وهما يعبران سياجاً من الشوك :
يا ابني تذكّرْ! هنا صلب الإنجليزُ
أباك على شوك صبارة ليلتين،
ولم يعترف أبداً. سوف تكبر يا
ابني، وتروي لمن يرثون بنادقهم
سيرة الدم فوق الحديدِ …

ـ لماذا تركت الحصان وحيداً؟
ـ لكي يؤنس البيت ، يا ولدي ،
فالبيوت تموت إذا غاب سكانها …

تفتح الأبدية أبوابها من بعيدٍ ،
لسيارة الليل. تعوي ذئاب
البراري على قمر خائف. ويقول
أب لابنه: كن قوياً كجدّك!
واصعد معي تلة السنديان الأخيرة
يا ابني، تذكّر: هنا وقع الانكشاريّ
عن بغلة الحرب ، فاصمد معي
لنعودَ

ـ متى يا أبي ؟
ـ غداً. ربما بعد يومين يا ابني!

وكان غدٌ طائشٌ يمضغ الريح
خلفهما في ليالي الشتاء الطويلة
وكان جنود يهوشع بن نون يبنون
قلعتهم من حجارة بيتهما. وهما
يلهثان على درب (قانا): هنا
مر سيدنا ذات يوم. هنا
جعل الماء خمراً. وقال كلاماً
كثيراً عن الحب، يا ابني تذكّر
غداً. وتذكر قلاعاً صليبية
قضمتها حشائش نيسان بعد
رحيل الجنود

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14 juillet 2016

Le vol de terres par Israël: 440% d’augmentation en 2016

Vol de terres4

(Visuel réalisé par l’Agence Média Palestine)

29 juin 2016

La politique de confiscation de terres par Israël a notablement augmenté dans Jérusalem et en Cisjordanie occupée, avec une hausse de 439% depuis le début de l’année 2016 par rapport à l’an dernier, selon ce que montre un rapport palestinien publié mardi dernier.

L’Institut de Recherche Appliquée de Jérusalem (ARIJ) a fait savoir que les autorités israéliennes ont confisqué 3 145,6 ha de propriétés palestiniennes depuis le début de cette année, soit une augmentation de 439% par rapport à l’an dernier où 583,5 ha avaient été saisis.

Les autorités d’occupation israéliennes sont récemment montées d’un cran dans la politique de judaïsation de la Cisjordanie occupée, notamment par l’expansion des projets de colonies, selon ce qu’a mis en avant le rapport.

Au cours de la période étudiée, les forces d’occupation israéliennes ont démoli 276 maisons palestiniennes en Cisjordanie, y compris dans Jérusalem Est, alors que 108 maisons avaient été détruites en 2015.

343 équipement agricoles ont aussi été détruits au cours du premier semestre 2016, pour 59 pendant la même période en 2015.

ARIJ a expliqué que les autorités d’occupation ont commencé à construire 139 unités d’habitation en mai dernier, dans la colonie illégale de Shiloh, comme partie d’un projet d’extension de 10 nouvelles colonies.

Bien que les autorités israéliennes ne rendent pas publiques les statistiques du peuplement des colonies, l’Institut de Recherche Appliquée de Jérusalem a compté quelque 766 000 colons israéliens résidant dans des colonies illégales répandues dans toute la Cisjordanie occupée et à Jérusalem. Toutes les colonies israéliennes sur la terre palestinienne sont considérées illégales en droit international.

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Centre Palestinien d’Information/PNN

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Comment Israël transforme des militants contre l’occupation en dissidents

Une pétition a été lancée pour soutenir les défenseurs des droits de l’homme en Israël, que l'on peut signer ICI.

 

Israël voit une résurgence préoccupante de tentatives d’entraver et de supprimer la contestation, en particulier celle des militants contre l’occupation et pour la défense des droits humains. Ce processus ne s’inscrit pas dans le vide.

De Michael Schaeffer Omer-Man | 4 Juillet 2016

 

Israeli left wing activists march during a protest against the recent incitement against

Manifestation de solidarité avec les organisations de défense des droits humains et contre l’occupation visées par des groupes de droite et des responsables politiques dans les semaines passées. Tel Aviv, 19 Décembre 2015. (Oren Ziv/Activestills)

Le Parlement israélien est sur le point de voter, dans les jours qui viennent, la loi dite « des ONG », conçue pour stigmatiser les organisations de gauche et de défense des droits humains en Israël, comme agents de puissances étrangères.

La loi épingle les organisations non gouvernementales (ONG) qui reçoivent l’essentiel de leur financement d’États étrangers (des gouvernements européens sympathisants) et leur enjoint de mettre en évidence leur financement étranger dans toute publication ou engagement public tels la présence dans les media ou autres événements médiatisés.

La loi n’est pas supposée créer plus de transparence ; Israël a déjà des lois et règles très strictes de transparence. De plus, la grande majorité des organisations en question annoncent déjà leurs sources de financement sur leurs propres sites internet et en informent le gouvernement qui, à son tour, les publie en ligne.

L’effet recherché de la loi sur les ONG est de faire passer un message de danger et de répression au public israélien. Le message de cette loi est que les valeurs épousées et mises en avant par ces organisations – comme B’Tselem, Breaking The Silence et d’autres – n’ont pas d’existence organique en Israël ; les juristes disent que les valeurs de défense des droits humains et d’opposition à l’occupation sont imposées de l’extérieur à Israël – et uniquement dans le but malveillant de nuire à l’État juif, à ses citoyens et à son image. (sur les 27 organisation susceptibles d’être affectées par la loi, 25 se sont avérées de gauche ou de défense des droits humains. Je précise que ma femme agit en conseil juridique de plusieurs organisations qui seront affectées par cette loi).

Plus tôt dans l’année, Im Tirtzou, une organisation d’extrême droite liée au gouvernement israélien, a lancé une campagne accusant des organisations israéliennes bien connues de défense des droits humains et leur personnel d’être des « taupes » implantées par l’étranger, en citant le financement qu’elles reçoivent de pays européens. Cette campagne a même suggéré que les « taupes », quelques uns des militants les plus importants, étaient responsables d’attaques au couteau menées par des Palestiniens.

Sur un autre front, Miri Regev, ministre de la culture, travaille depuis des années à réprimer l’opposition politique dans les arts. Le mois dernier, Regev a envoyé des questionnaires à des artistes, leur demandant s’ils se produisent dans les colonies de Cisjordanie, ce qui est un premier pas vers la coupure des financements sur une base politique. Un an plus tôt, elle avait averti : « les institutions qui délégitiment l’État d’Israël ne recevront pas de financement ».

L’effet de la loi sur les ONG, combiné à une série d’autres mesures juridiques, à des politiques et actions de représentants du gouvernement et de groupes extra-parlementaires, est de représenter ceux qui agissent pour mettre fin à l’occupation, qui luttent pour l’égalité et les valeurs de la démocratie libérale, comme des dissidents qui déstabilisent l’État d’Israël lui-même.

Prenant la parole à la conférence de Herzliya le mois dernier, le ministre de la sécurité publique, Gilad Erdan a annoncé une nouvelle initiative en matière de législation destinée à mettre en place des sanctions légales – peut-être criminelles – contre les Israéliens qui s’opposent activement à la politique du gouvernement à l’égard des Palestiniens.

« Il n’y a pas le choix vis-à-vis d’un individu ou d’une organisation qui agit contre son pays pour l’isoler du monde », a expliqué Erdan, dont les responsabilités ministérielles incluent les agences du respect de la loi d’Israël. « J’ai déjà mis en place une équipe juridique avec le ministre de la justice pour créer une législation en ce domaine sous l’autorité de l’État ».

« Nous comprenons qu’il est nécessaire de tracer une ligne de démarcation entre la liberté d’expression et les valeurs démocratiques, dans lesquelles nous croyons et que nous voulons sauvegarder » a poursuivi Erdan , « mais si nous voulons convaincre le monde que la délégitimation est inacceptable et qu’un prix est à payer pour cela, alors il faut que cela commence ici en Israël ».

Dans le même discours, Erdan a évoqué le besoin d’utiliser les capacités israéliennes du renseignement contre des individus et des organisations qui agissent pour le boycott et pour mettre fin à l’occupation, à l’image des méthodes qu’emploie Israël pour combattre le terrorisme, ce qui inclut la recherche de liens périphériques et indirects avec des organisations terroristes, la chasse aux irrégularités financières, la dévalorisation d’individus et la fermeture de comptes bancaires.

 

Les conséquences d’une politique de la peur

 

Israeli Minister of Defense Avigdor Liberman seen at the weekly government conference at PM Netanyahu's office in Jerusalem on July 03, 2016. Photo by Yoav Ari Dudkevitch/POOL

Les ministres Naftali Bennett, Avigdor Liberman et Moshé Kahlon (de gauche à droite) à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, Jérusalem, 3 Juillet 2016. (Yoav Ari Dudkevitch/pool photo)

 

Ces faits prennent place pour une raison précise : l’establishment politique israélien a complètement échoué à gérer le conflit avec les Palestiniens. Depuis le gouvernement mal mené d’Ehoud Olmert, aucun homme politique israélien confirmé n’a seulement essayé de s’attaquer au conflit palestinien avec un peu de sérieux. Pas un seul homme politique, que ce soit de gauche ou de droite, n’a tenté de ressusciter la solution à deux États, ne prenant certainement pas en compte les changements intervenus depuis les premières négociations d’Oslo il y a vingt ans. Aucun homme politique israélien n’a offert au public une vision d’un avenir meilleur.

En l’absence de tout espoir de résolution du conflit, avec des explosions de violence incroyablement fréquentes et prévisibles, et alors que l’avenir de la région paraît instable à un point affolant, les Israéliens se tournent vers l’intérieur sur des lignes dures. Dans la perception de l’éthos politique actuel d’Israël dans le monde, le sionisme s’est mué en une idéologie à somme nulle de suprématie juive, dans laquelle la contestation doit être traitée avec une main de fer et où           l’opposition à l’occupation (comprendre se soucier plus des Palestiniens que des Juifs) est assimilée à une sorte de trahison. Et, sans alternative à offrir, l’élite politique du pays a donné le ton.

La désignation d’Avigdor Liberman au poste de ministre de la défense est peut-être le signe le plus parlant que ce gouvernement n’a rien d’autre à offrir – non à ses propres électeurs mais, de façon plus significative, au monde. Parce que le gouvernement de Netanyahou est presque entièrement constitué de tenants de la ligne dure qui s’opposent à la solution à deux États à la fois en théorie et en pratique, ce gouvernement sait qu’il a peu de chances d’obtenir les faveurs d’une communauté internationale qui a largement perdu patience.

Netanyahou, Liberman et Bennett savent très bien que faire voter le projet de loi sur les ONG, présenter d’autres mesures législatives régressives qui sont comme des condamnations à mort seulement pour les Palestiniens, brider la liberté de parole, approuver la construction de colonies à droite comme à gauche et cibler les groupes opposés à l’occupation et défenseurs des droits humains, que tout cela agitera très vraisemblablement la communauté internationale, contribuant ainsi à la tendance à l’isolement international d’Israël. Ils savent aussi que la communauté internationale n’ira pas plus loin, que personne ne va mettre fin à l’occupation et que, dans le climat politique intérieur d’Israël en ce moment, ils ne peuvent qu’être gagnants.

Pour être juste, des mouvements d’extrême droite se répandent dans le monde occidental à l’heure actuelle. Depuis les sentiments anti immigrants qui ont inspiré le Brexit jusqu’à la montée de partis de droite en Europe et au phénomène politique aux États Unis qui a commencé avec le Tea Party et a en quelque sorte abouti à Donald Trump, ce qu’Israël expérimente n’est pas tout à fait unique. Mais, en vertu d’une expérience d’un demi-siècle d’un régime fondamentalement non démocratique, l’occupation, Israël est en tête du peloton.

Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine

Source: +972

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Israël face à BDS.

bovenlinksfotoHillary Clinton, une fois élue, tentera-t-elle de criminaliser la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) contre Israël « Cela pose problème aux États-Unis », dit Sylvain Cypel. "D’abord parce que l’expression d’une opinion ne peut pas être criminalisée, ensuite parce que chaque tentative de criminalisation se transforme en échec politique. Tenter de l’interdire renforce BDS. »
Interview de Sylvain Cypel. 
Réalisation: chris den hond 

Durée: 3'24

Israël face à BDS - Interview de Sylvain Cypel

Global BDS Movement

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01 juillet 2016

Un Bateau des femmes pour Gaza prendra la mer en septembre

women_boat-196adUn Bateau des femmes pour Gaza prendra la mer en septembrefreedom_flotilla_logo-ab733

 

La Coalition de la Flottille de la Liberté a demandé aux membres du Parlement européen de soutenir le Bateau des femmes pour Gaza qui projette de naviguer vers Gaza à la mi-septembre.

« Depuis la fin de semaine dernière, les préparatifs concernant le Bateau des femmes pour Gaza, une nouvelle campagne de la Coalition Flottille de la Liberté, ont beaucoup progressé avec l’objectif d’un départ vers Gaza à la mi-septembre. », annoncent les organisateurs.

Les membres de l’équipage de même que les passagères seront exclusivement des femmes. Leur objectif ? Sensibiliser l’opinion publique mondiale à l’illégalité du blocus auquel ce territoire est soumis. Militante des droits de la personne en Afrique du Sud, Shabnam Mayet rappelle que « l’occupation israélienne, de façon systématique, viole impunément à la fois le droit international et les résolutions de l’ONU »

Parmi les déléguées qui ont confirmé leur participation à la flottille, Mairead Maguire, militante pacifiste nord irlandaise et lauréate du prix Nobel de la paix en 1976 ainsi que Marama Davidson, députée du Parti Vert de Nouvelle Zélande seront à bord. Les noms d’autres déléguées seront dévoilés dans les prochaines semaines.

Un des objectifs principaux de notre mission est de rendre visible aux yeux du monde entier les effets dévastateurs et la violence du blocus imposé aux Palestiniennes et Palestiniens de Gaza. Nous allons mettre l’accent de façon plus spécifique sur la lutte des femmes et leurs multiples rôles au sein de la résistance. Les femmes de Gaza sont les gardiennes de la vie quotidienne au cœur de leur territoire assiégé et agressé ; elles sont impliquées dans la protection et le développement de leurs communautés ; elles jouent un rôle déterminant dans la lutte pour le droit à l’existence et à l’autodétermination de leur nation.

La voix de ces femmes doit être entendue, surtout en périodes d’extrême injustice comme celles vécues à Gaza depuis l’occupation et l’imposition du blocus.

La Coalition de la Flottille de la Liberté a demandé aux membres du Parlement européen de soutenir le Bateau des femmes pour Gaza. La Coalition a également demandé aux gouvernements de protéger cette initiative et de ne pas entraver le cours de sa mission de solidarité à destination des Palestiniennes et Palestiniens assiégés vivant à Gaza. »

Pour tout renseignement : +1 519-859-3579 ou par courriel mediawbg@gmail.com.

Pour appuyer financièrement cette campagne : http://canadaboatgaza.org/donate/

Pour nous suivre, rendez vous sur : http://www.ffq.qc.ca/luttes/bateau-gaza/a-propos/ (en français), www.canadaboatgaza.org (en anglais),

Solidairement,

L’équipe du Bateau pour Gaza : Bateau Canadien pour GAZA : www.canadaboatgaza.org courriel : canadaboatgaza@gmail.com

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article11938

Dépliant-A

Dépliant-B


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Les tunnels de Gaza : un outil vital de la résistance

C’était une nuit chaude à Jabaliya, au nord-est de Gaza-Ville. Abu Zein et sa femme s’étaient rapidement endormis. Soudain, ce que le couple avait d’abord pris pour un tremblement de terre avait secoué si violemment leur lit que les pieds de celui-ci avaient cédé.

Ils avaient sauté du lit aussitôt et s’étaient encourus de la maison dans laquelle ils venaient à peine d’emménager après leur mariage. Mais, à l’extérieur, tout était tranquille. Personne ne s’agitait, il n’y avait pas de dégâts visibles, l’endroit restait silencieux.

Le seul mouvement était venu de l’ombre où deux ou trois combattants des Brigades al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, étaient apparus pour demander au couple ce qui s’était passé.

Quand Abu Zein — qui n’a pas voulu donner son véritable nom par souci de sécurité – le leur eut expliqué, les combattants lui avaient promis de réparer les moindres dégâts dans la maison du couple. Le lendemain, un homme était venu avec des outils pour réparer le pavement détérioré et de l’argent en guise de compensation pour les meubles endommagés.

Une terre à niveaux multiples

Les factions de la résistance palestinienne à Gaza ont longtemps utilisé des tunnels souterrains comme partie intégrante de leur tactique militaire. C’est une leçon qu’ils ont tirée de l’histoire. Les Vietnamiens avaient creusé un vaste réseau de tunnels dans leur combat contre les troupes américaines, un réseau dont jamais l’armée américaine n’était parvenue à s’assurer le moindre contrôle. Le Hezbollah lui aussi s’était réfugié sous terre pour résister à l’occupation israélienne du Liban ainsi que pendant la guerre menée par Israël contre le pays en 2006.

Pour les groupes palestiniens – et particulièrement les Brigades al-Qassam – les tunnels servent à de nombreux usages : faire entrer des marchandises, pratiquer l’infiltration ou se mettre à l’abri. Ils constituent la seule protection contre les forces aériennes d’Israël et la surveillance à partir du ciel. Ils ont également été utilisés de façon offensive. On se souviendra surtout de l’attaque menée en 2004 contre un poste israélien d’observation militaire à Rafah, au cours de laquelle cinq soldats israéliens avaient été tués, ou de la capture en 2006 du soldat israélien Gilad Shalit.

tunnel

Un combattant des Brigades al-Qassam dans un tunnel à Gaza. (Photo : Abed Zagout)

L’histoire d’Abu Zein est l’un des nombreux récits qui suggèrent que Gaza est actuellement constituée de plusieurs couches. La plupart des gens vivent et travaillent à la surface du sol. Mais en dessous – comme l’a illustré en 2015 un documentaire d’Al Jazeera pour lequel le correspondant Wael al-Dahdouh a eu accès aux tunnels de la partie occidentale de l’enclave côtière –, d’autres, des gens vêtus de tenues militaires, vaquent à leurs propres occupations.

Le documentaire d’Al-Dahdouh est une véritable révélation. Il montre le genre de tunnels que l’on voit dans les informations : étroits, ils suscitent la claustrophobie tout en sinuant sous la surface du sol. Mais il montre également des espaces plus larges qui servent d’entrepôts, de chambres pour dormir, de salles de séjour, de cuisines et de salles de bains et lieux d’aisance.

Creuser des tunnels est un travail dangereux et leur conception même résulte d’expériences douloureuses. Les plafonds sont en arc de cercle, comme l’ont expliqué des membres d’al-Qassam à Al Jazeera, du fait que les plafonds plats s’effondrent plus facilement. Et leur emploi est d’une importance stratégique extrême pour la résistance palestinienne, disent les observateurs. D’après Yousef al-Sharqawi, un général de division retraité de l’Autorité palestinienne, les tunnels expliquent la capacité des Brigades al-Qassam à résister aux attaques répétées, prolongées et féroces des Israéliens.

Les tunnels, ajoutait al-Sharqawi, procuraient aux combattants un abri, la liberté de mouvement et la capacité de surprendre et, dans certains cas, de capturer des militaires israéliens.

Le documentaire d’Al Jazeera montre également que les concepteurs des tunnels ont accès à un équipement relativement sophistiqué qui est désormais à cent lieues des méthodes manuelles utilisées dans le passé. En outre, les tunnels ont leur propre réseau de communication, permettant aux combattants d’échanger des informations sans risque d’interception.

Un travail dangereux

Au hasard d’une rencontre avec un groupe de creuseurs des Brigades al-Qassam, ce journaliste a eu l’occasion de leur poser des questions sur leur travail. Les estimations varient mais, selon les Brigades, rapporte le documentaire d’Al Jazeera, quelque 4 000 personnes sont engagées à creuser des tunnels, avec une paie qui varie entre 200 et 400 dollars par mois.

Le travail commence à toute heure, il est pénible et dangereux.

« Nous souffrons de problèmes respiratoires », expliquait l’un des hommes, d’une voix rauque. Tous les hommes étaient restés masqués, durant la brève rencontre. « L’air n’est pas bon, en dessous du sol. Mais nous nous y sommes habitués. »

Un autre disait qu’ils surmontaient leur crainte de voir le tunnel s’effondrer grâce à leur foi.

« Quand nous sommes à l’intérieur, nous plaçons notre confiance en Dieu. Si quelque chose devait arriver, ce serait un honneur pour nous d’être des martyrs. »

Le groupe était reparti rapidement. Les procédures de sécurité ne permettent pas aux membres d’al-Qassam, qui portent les couleurs du groupe, de rester longtemps à découvert.

En dépit de leur bravoure, les pertes en vies humaines dans l’industrie tunnelière constituent un phénomène récurrent, à Gaza. En janvier, sept jeunes hommes sont morts dans l’effondrement d’un tunnel par mauvais temps.

Puisque ce danger est toujours présent, il n’est peut-être pas étonnant que les Brigades al-Qassam doivent vraiment insister sur l’importance stratégique des tunnels. Au début de cette année, le groupe a publié sur son site Internet officiel un rapport dans lequel il répertoriait ce qu’il appelait ses « réalisations majeures » au fil des années, grâce à la tactique des tunnels. 70 militaires israéliens avaient été tués au cours de 13 opérations, disait le rapport, 129 autres avaient été blessés et deux avaient été faits prisonniers : Shalit en 2006 et Shaul Aaron‬‏ lors de l’offensive israélienne contre Gaza en 2014.

Le coûteux travail de sape d’Israël

Sans nul doute, l’armée israélienne prend les tunnels très au sérieux. Les tunnels sont l’une des raisons citées par Israël pour empêcher des matériaux comme le ciment et le bois d’entrer à Gaza, de façon à faire avorter les tentatives de reconstruire les infrastructures civiles – depuis les réseaux d’égouttage jusqu’au logement – sévèrement endommagées lors des offensives israéliennes répétées.

L’armée investit des millions dans la technologie destinée à détecter les tunnels. En avril, elle a prétendu avoir découvert un tunnel situé à 30 mètres sous le sol. Elle s’est assuré le soutien des États-Unis dans ces efforts de détection, et ce, pour un montant de 120 millions de dollars.

Rien de tout cela n’a d’effet dissuasif sur les chefs militaires des Brigades al-Qassam. Un combattant haut gradé a expliqué à ce journaliste dans une réponse écrite transmise par un intermédiaire que « personne ne peut arrêter nos opérations tunnelières (…) Israël tente de masquer son incapacité à détruire les tunnels en bloquant l’accès d’équipements et de matériaux à Gaza. »

Fayez Abu Shamala, un analyste politique et professeur à l’Université al-Aqsa de Gaza, suggérait récemment dans un post sur Facebook que tout progrès technologique du côté israélien ne serait contré qu’avec une détermination plus grande encore du côté palestinien. Une source de haut rang, affirmait-il, « m’a dit qu’ils avaient réussi dernièrement à installer des tunnels offensifs à une profondeur de 50 mètres ».

Détruire les tunnels, tel était le but affirmé de l’invasion terrestre de Gaza en 2014, et le fait que ces tunnels sont toujours là embarrasse particulièrement le gouvernement de Benjamin Netanyahou et constitue donc l’étincelle potentielle d’un nouveau conflit. En janvier, Netanyahou a menacé d’agir avec une « bien plus grande vigueur encore » que lors de l’offensive de 2014, qui avait tué plus de 2 200 personnes. Et la désignation le mois dernier d’Avigdor Lieberman comme ministre de la Défense – qui avait menacé précédemment d’un « nettoyage total » de Gaza – ne fait que jeter de l’huile sur le feu.

Pourtant, les dirigeants de la résistance palestinienne maintiennent que les tunnels sont d’une telle importance stratégique en tant que moyen de pression sur Israël que leur coût élevé en vaut la peine. À propos du tunnel détecté par Israël en avril, un dirigeant des Brigades estimait son coût à 4 millions de dollars et il a déclaré dans le journal libanais al-Akhbar qu’un tunnel moyen coûtait 2 millions de dollars en frais de creusement.

« Le coût n’est rien comparé à leur valeur en tant que tactique militaire efficace », a-t-il ajouté. « Ils restent un véritable défi contre Israël. »


Publié le 27 juin 2016 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal

Hamza Abu Eltarabesh est un journaliste de Gaza.

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24 juin 2016

Quel Jérusalem ? Les plans directeurs mal connus d’Israël

Par Nur Arafeh, le 31 mai 2016

SOMMAIRE

Jérusalem 2050 : destination largement juive de technologie de pointe et de tourisme avec une présence palestinienne minimale. C’est une conception de la ville par Israël qui la met en place grâce à trois plans directeurs – dont deux sont relativement méconnus. Nur Arafeh, membre politique d’Al-Shabaka, donne une analyse succincte de ces trois plans et des façons dont les Palestiniens peuvent les réfuter.

POUR EN LIRE PLUS

On est en 2050 et Israël a réalisé sa vision de Jérusalem : les visiteurs verront un centre juif de technologie de pointe au milieu d’une mer de touristes, avec une présence palestinienne minimale. Pour accomplir cette vision, Israël travaille sur trois plans directeurs ; un est bien connu, mais deux restent sous la ligne de visibilité.

Edward Said avait déjà prévenu en 1995 que ce ne serait « qu’en projetant une idée de Jérusalem qu’Israël pourrait alors procéder aux changements sur le terrain [qui] correspondraient ensuite aux images et aux conceptions ». « L’idée » d’Israël pour Jérusalem, telle qu’élaborée dans ses plans directeurs, implique de maximiser le nombre de Juifs et de réduire le nombre de Palestiniens par une avancée progressive de la colonisation, du déplacement et de la dépossession. (Voir le résumé politique d’Al-Shabaka sur les méthodes utilisées ainsi que cette récente mise à jour.)

Le plan le plus connu des trois plans directeurs israéliens pour la ville est le Plan directeur Jérusalem 2020, qui n’a pas été soumis à l’opinion publique alors même qu’il a été publié pour la première fois en 2004. Les *moins connus sont le Plan Marom, plan commandé par le gouvernement pour le développement de Jérusalem, et le Plan « Jérusalem 5800 », connu aussi sous le nom de Jérusalem 2050, qui est le résultat d’une initiative du secteur public et qui se présente comme un « plan directeur transformationnel pour Jérusalem » (voir plus bas).

Comme les plans d’Israël pour 2050, « l’idée » que l’Autorité Palestinienne (AP) se fait de Jérusalem remonte à 2010 lorsque le Plan de Développement Stratégique Multi-secteur pour Jérusalem Est (SMDP) pour 2011-2013 a été publié. Et le plan national de développement actuel pour 2014-2016 se réfère simplement au plan de 2010. En plus, alors que la direction palestinienne parle de Jérusalem Est, qu’Israël a occupée et illégalement annexée en 1967, comme de la capitale de l’État de Palestine et zone de développement prioritaire, 0,44 % seulement du budget 2015 de l’AP sont alloués au ministère des Affaires de Jérusalem et au gouvernorat de Jérusalem.

Dans cet exposé politique, Nur Arafeh, membre politique d’Al-Shabaka, analyse les trois plans directeurs pour Jérusalem et explique comment ils visent à transformer la ville en un centre de tourisme et de technologie de pointe, et la façon dont ils utilisent la planification urbaine pour transformer la démographie de la ville. Elle met l’accent sur les dangereuses nouvelles lois qu’Israël a réactivées ou fait passer pour faire progresser la colonisation de la ville – la Loi sur le Bien des Absents et la « loi sur la troisième génération ». Elle s’intéresse aussi au rôle de l’AP et de la communauté internationale, ainsi que des organisations de la société civile, et elle identifie les mesures applicables que ceux qui s’inquiètent du sort de Jérusalem pourront utiliser. (1)

Avant d’analyser de quelles façons les trois plans se renforcent mutuellement, il faudrait faire remarquer que l’annexion de Jérusalem Est par Israël est illégale selon le droit international et n’est pas reconnue par la communauté internationale. En outre, la déclaration faite par Israël que Jérusalem est sa capitale, à la fois l’Ouest et l’Est, n’a aucun fondement juridique international, et c’est pourquoi il n’y a aucune représentation diplomatique à Jérusalem, même pas des Etats-Unis.

. Le « Plan directeur Jérusalem 2020 » a été préparé par un comité de planification national et publié pour la première fois en août 2004. C’est le premier plan spatial d’ensemble et détaillé pour Jérusalem Est et Ouest depuis qu’Israël a occupé Jérusalem Est en 1967. Bien que le plan n’ait pas encore été validé puisqu’il n’a pas été soumis à l’opinion publique, les autorités israéliennes rendent sa vision effective. Le plan traite de plusieurs zones de développement dont l’urbanisme, l’archéologie, le tourisme, l’économie, l’éducation, les transports, l’environnement, la culture et l’art. Le plan est disponible en ligne, en hébreu aussi bien qu’en arabe, à la Coalition Civique pour la Défense des Droits des Palestiniens à Jérusalem ; cet exposé politique s’appuie sur « le Plan Schématique Local » – Rapport N.4.

. Le Plan Marom est un plan commandé par le gouvernement pour le développement de Jérusalem et qui sera appliqué par l’Autorité de Développement de Jérusalem. Le but de l’Autorité est de promouvoir Jérusalem en tant que « ville internationale, à la pointe du commerce et de la qualité de vie dans le domaine public ». C’est un instrument de planification essentiel pour la municipalité de Jérusalem, l’administration territoriale et d’autres organisations traitant du logement, de l’emploi, etc.

L’Institut d’Etudes Israéliennes de Jérusalem mène la consultation, la recherche et le suivi pour le Plan Marom. L’Institut est un centre de recherches multidisciplinaire qui joue un rôle majeur dans les politiques de planification et de développement pour Jérusalem dans les domaines de l’urbanisme, de la démographie, des infrastructures, de l’éducation, du logement, de l’industrie, du marché du travail, du tourisme, de la culture, etc.

. Le Plan directeur « Jérusalem 5800 », connu aussi sous le nom de « Jérusalem 2050 », est une initiative privée lancée par Kevin Bermeister, novateur australien en technologie et investisseur immobilier. Le plan donne une vision et des propositions de projets pour Jérusalem jusqu’en 2050, et est utilisable comme un « plan directeur transformationnel pour Jérusalem » qui peut être mis en œuvre en coopération avec d’autres agences gouvernementales municipales et nationales. Il se divise en divers projets indépendants dont chacun peut être activé indépendamment. L’équipe de réalisation du plan doit comporter « les meilleurs planificateurs israéliens en tourisme, transports, environnement, patrimoine et sécurité. »

Une destination juive pour le Tourisme, l’Enseignement supérieur et la Technologie de pointe

Le développement du secteur touristique à Jérusalem est au coeur des trois plans de développement étudiés dans cet exposé politique. Par exemple, avec le Plan 2020, la municipalité de Jérusalem cherche à promouvoir le secteur du tourisme et à particulièrement mettre en valeur les aspects culturels de Jérusalem. Elle planifie une campagne de marketing pour accroître le potentiel du développement immobilier, soutenir le tourisme international et urbain, et investir dans les infrastructures touristiques pour assurer le développement du secteur.

Le Plan Marom vise lui aussi à développer Jérusalem en ville touristique. Rien qu’en 2014, l’Institut d’Etudes Israéliennes de Jérusalem a mené cette année là 14 de ses 18 études sur le tourisme et les a soumises à la municipalité de Jérusalem, au ministère de Jérusalem et des Affaires de la Diaspora et à l’Autorité de Développement de Jérusalem. Par ailleurs, en tant que partenaire du Plan Marom, le gouvernement israélien a affecté environ 42 millions $ pour faire connaître Jérusalem comme destination touristique internationale, tandis que le ministère du Tourisme était censé allouer quelques 21.5 millions $ pour la construction d’hôtels à Jérusalem. L’Autorité offre elle aussi des encouragements spécifiques aux entrepreneurs et aux sociétés pour ouvrir ou agrandir des hôtels à Jérusalem, et pour organiser des événements culturels qui attireront les touristes, tels que le Festival de l’Opéra de Jérusalem, ainsi que des événements pour le secteur touristique tels que la Convention du Tourisme International de Jérusalem.

Promouvoir le secteur du tourisme est aussi au coeur du Plan directeur Jérusalem 5800 qui envisage Jérusalem comme une « Ville Mondiale, un important centre mondial d’activités touristique, écologique, spirituel et culturel » pour attirer 12 millions de touristes (10 millions étrangers et 2 millions nationaux) et plus de 4 millions de résidents.

Pour faire de Jérusalem « l’ancrage de l’attrait et des ressources touristiques du Moyen Orient », le plan Jérusalem 5800 vise à accroître l’investissement privé et la construction d’hôtels, à créer des jardins et des *parcs sur les toits, et à transformer les quartiers qui entourent la vieille ville en hôtels, tout en interdisant l’utilisation de véhicules. Le plan prévoit aussi la construction de voies de circulation de première qualité, dont « une ligne de chemin de fer à grande vitesse, un vaste réseau de cars et de transports publics, l’ajout de nombreuses autoroutes et l’élargissement des routes existantes, et une ‘super autoroute’ express qui traversera le pays du nord ou sud ». Le plan propose également la construction d’un aéroport dans la Vallée d’Horkania, entre Jérusalem et la Mer Morte, pour accueillir 35 millions de passagers par an. L’aéroport *serait relié par des routes d’accès et le rail à Jérusalem, l’aéroport Ben Gourion et d’autres centres-villes.

Plans israéliens pour promouvoir le secteur du Tourisme

42 millions $ : pour faire connaître Jérusalem comme destination touristique internationale

(Plan Marom)

21.5 millions $ : pour la construction d’hôtels à Jérusalem.

12 millions de touristes : chiffre prévu de visiteurs par an selon le Plan directeur

Jérusalem 5800

Le plan Jérusalem 5800 essaie de se présenter comme un plan apolitique qui promeut « la paix par la prospérité économique », mais il comporte des visées démographiques qui prouvent le contraire. En fait, il envisage que la valeur ajoutée totale après réalisation du plan, conjointement aux 75.000 à 85000 emplois supplémentaires à temps plein dans les hôtels, plus les 300.000 emplois supplémentaires dans les secteurs dépendants, réduirait la pauvreté et attirerait plus de Juifs à Jérusalem, faisant croître le nombre de Juifs vivant à Jérusalem et faisant ainsi pencher la balance démographique Juifs-Palestiniens en leur faveur.

Cependant, le secteur du tourisme n’est pas vu que comme un moteur du développement économique pour attirer les Juifs dans la ville. Le développement par Israël et sa domination sur le secteur touristique à Jérusalem est un outil pour contrôler le récit et assurer la projection de Jérusalem à l’étranger comme une « ville juive ». (Voir par exemple la carte officielle de la Vieille Ville du ministère du Tourisme.) Israël a des règlements stricts concernant qui peut être guide touristique et concernant le récit et l’histoire fournis aux touristes. Les guides touristiques palestiniens qui ne gardent pas cette fausse image d’Israël et qui essaient de délivrer une analyse alternative et critique de la situation peuvent perdre leur licence.

Ces plans pour promouvoir le secteur israélien du tourisme ont marché main dans la main avec les restrictions imposées par les Israéliens au développement du secteur palestinien du tourisme à Jérusalem Est. Parmi les obstacles israéliens, on trouve : l’isolement de Jérusalem Est du reste des territoires palestiniens occupés (TPO), spécialement après la construction du Mur, le manque de terrains et le coût élevé qui en découle, la faiblesse des infrastructures matérielles, les impôts élevés, les restrictions sur la délivrance des permis de construire des hôtels ou de convertir des bâtiments en hôtels, et la difficulté des procédures pour obtenir un permis de travail dans le tourisme palestinien. Ces obstacles, alors même que des millions de dollars sont versés dans le marché du tourisme israélien, garantissent que le secteur du tourisme palestinien n’a aucun espoir d’entrer en compétition avec celui d’Israël.

Le secteur du tourisme palestinien est de plus handicapé par un manque de vision palestinienne claire et de stratégie promotionnelle, ce qui entrave gravement sa capacité à alimenter le développement économique forcément limité sous occupation. Par ailleurs, bien que les organisations de la société civile se soient engagées pour promouvoir le secteur, une analyse de Cette Semaine en Palestine a décrit leurs efforts comme « fragmentés et pauvrement coordonnés ».

Un autre but commun aux trois plans consiste à attirer les Juifs du monde entier à Jérusalem en développant deux secteurs innovants : l’enseignement supérieur et la technologie de pointe.

Pour promouvoir le secteur de l’enseignement supérieur, le Plan directeur 2020 prévoit de construire une université internationale au centre ville avec l’anglais comme langue principale d’enseignement. Quant au Plan Marom, il cherche à faire de Jérusalem « une des principales villes universitaires » qui soit attractive à la fois pour les étudiants juifs et pour les étudiants internationaux que l’on encouragera à s’installer à Jérusalem à la fin de leurs études. Dans la même veine, le plan 5800 y voit une opportunité pour créer des emplois et parvenir à une croissance économique grâce à un « tourisme éducatif prolongé ».

Le développement du secteur de l’enseignement supérieur est intrinsèquement lié au développement du secteur de la technologie de pointe, bio-information et bio-technologie. Le Plan directeur 2020 exige l’installation d’une université pour le management et la technologie au centre ville de Jérusalem et l’aide du gouvernement pour la Recherche et le Développement (R&D) dans les domaines de la technologie de pointe et de la bio-technologie. Parallèlement, le Plan Marom veut faire de Jérusalem un centre de R&D dans le domaine de la bio-technologie.

C’est dans ce contexte que l’Autorité de Développement de Jérusalem a fondé le Centre BioJérusalem pour favoriser un réseau de sociétés biomédicales à Jérusalem comme moteur potentiel du développement économique. Pour attirer ces sociétés à Jérusalem, l’Autorité leur offre des avantages très généreux dont : réduction d’impôts, subventions pour embaucher de nouveaux travailleurs à Jérusalem, et subventions spéciales pour les sociétés impliquées dans le R&D ou qui construisent des infrastructures matérielles. On s’attend aussi à ce que les secteurs de la technologie de pointe et de la santé soient les bénéficiaires essentiels du Plan directeur « Jérusalem 5800 ».

Expulser les Palestiniens à l’aide de la Planification urbaine et de la « Loi »

Tandis qu’Israël travaille à faire de Jérusalem un centre d’affaires qui attire les Juifs et leur offre des chances de trouver un emploi, les problèmes auxquels Jérusalem Est fait face sont légion. Ils comprennent un secteur palestinien des affaires et du commerce étranglé, un secteur éducatif affaibli et des infrastructures délabrées. On peut vérifier le résultat de l’étranglement du potentiel de Jérusalem Est dans le taux élevé de pauvreté, 75 % de l’ensemble des Palestiniens de Jérusalem Est – et jusqu’à 84 % d’enfants – vivant sous le seuil de pauvreté en 2015. En plus, il y a une crise d’identité grandissante à Jérusalem Est, particulièrement chez les jeunes, à cause de l’isolement du reste des TPO, de l’absence de leadership et de soutien institutionnel, et de la perte d’espoir dans la possibilité d’un changement positif.

Le Mur est l’une des mesures démographiques les plus importantes qu’Israël a mises en place pour assurer une majorité juive à Jérusalem et consolider les frontières politiques de facto de Jérusalem, la transformant ainsi en ville la plus étendue d’Israël. Le Mur est construit de telle façon qu’il permette à Israël d’annexer 160 km² de plus dans les TPO, tout en isolant physiquement 55.000 Palestiniens de Jérusalem du centre ville. La planification et le développement des quartiers qui se trouvent maintenant au-delà du Mur sont extrêmement faibles et les services gouvernementaux et municipaux sont virtuellement absents, en dépit du fait que les Palestiniens qui vivent dans ces zones continuent de payer l’impôt Arnona (impôt foncier).

La planification urbaine est un autre outil géopolitique et stratégique essentiel utilisé par Israël depuis 1967 pour resserrer sa mainmise sur Jérusalem et contraindre l’expansion urbaine des Palestiniens comme faisant partie de ses efforts pour judaïser la ville. La planification urbaine est au coeur du Plan directeur 2020 qui voit Jérusalem comme une seule entité urbaine, un centre métropolitain et la capitale d’Israël. L’un des buts principaux du plan, c’est de « maintenir une solide majorité juive dans la ville » en encourageant les colonies juives à Jérusalem Est et en réduisant la migration négative. Entre autres choses, le plan cherche à construire des unités d’habitation dans quelques quartiers juifs existant aussi bien qu’à construire de nouveaux quartiers. Le plan envisage aussi de relier, géographiquement, économiquement et socialement, les colonies juives de Cisjordanie à Jérusalem et Tel Aviv.

Expulser les Palestiniens

2.300 dunums prévus pour les constructions palestiniennes

contre 9.500 pour les Juifs israéliens. (Nasrallah, 2015)

55,7 % de logements supplémentaires pour les Palestiniens

construits à l’intérieur des zones urbanisées existantes ;

62,4 % de constructions juives israéliennes par extension des zones urbaines

(y compris les colonies).

30.000 $ : coût approximatif des permis de construire à Jérusalem.

(source : interview par l’auteur)

Le Plan directeur 2020 reconnaît la crise du logement dont souffrent les Palestiniens, l’insuffisance des infrastructures dans les quartiers palestiniens et la pénurie de services publics. Son but est de permettre la densification et la concentration des villages ruraux et des quartiers urbains existants, de rénover le camp de réfugiés de Shu’fat, qui se trouve à l’intérieur des frontières municipales de Jérusalem définies par Israël, et de réaliser des projets d’infrastructures.

Cependant, alors que, sur le terrain, le Plan semble avoir un intérêt égal pour les zones palestiniennes, en réalité il est discriminatoire. Il ne prend pas en compte le taux de croissance des Palestiniens à Jérusalem Est et la pénurie accumulée de logements. (2) Il n’alloue que 2.300 dunums (2,3 km²) pour la construction palestinienne à comparer avec les 9.500 dunums pour les Juifs israéliens. (3) Par ailleurs, la plupart des unités de logements proposées aux Palestiniens sont situées au nord et au sud de Jérusalem Est, plutôt que dans la Vieille Ville où la crise du logement est la plus aiguë et où l’activité coloniale est aussi la plus intense.

En plus, (62,4%) de l’accroissement des constructions juives israéliennes se fera par l’expansion et par la construction de nouveaux logements, accroissant ainsi le contrôle du territoire par les Juifs. Au contraire, plus de la moitié (55,7 %) du supplément de logements pour les Palestiniens se fera par la densification, i.e. en construisant à l’intérieur des zones urbanisées existantes, y compris par expansion verticale. Par ailleurs, tandis que les Palestiniens ont tendance à avoir une densité de maisonnée plus haute et à construire sur des densités plus basses que la moyenne par dunum, les zones juives israéliennes ont des densités de maisonnée plus basses mais construisent sur une densité plus grande que la moyenne. (4)

En outre, Les propositions du plan pour traiter la crise du logement à Jérusalem Est demeureront très probablement lettre morte à cause des sérieux obstacles mis à leur réalisation. En fait, il faut remplir plusieurs conditions préalables avant que les autorités israéliennes délivrent les permis de construire, y compris un système routier convenable (les permis de construire pour des bâtiments de six étages sont conditionnés par la présence de routes d’accès d’au moins 12 mètres de large), des réseaux sanitaires et de tout-à-l’égout, et des bâtiments et institutions publics. Les Palestiniens n’ont aucun contrôle sur ces exigences, qui sont de la responsabilité de la municipalité ; de toute évidence, ceci rend la construction de nouvelles maisons extrêmement difficile pour les Palestiniens. (5) Le plan oublie aussi le manque de salles de classe, d’équipements de santé, de commerces et autres institutions nécessaires pour faire face aux exigences d’une population palestinienne grandissante.

La présence des Palestiniens à Jérusalem et le développement des quartiers palestiniens est également sévèrement contrainte par l’engagement du plan à « un strict renforcement des lois sur l’urbanisme et la construction… pour empêcher le phénomène de la construction illégale »mations Cependant, 7 % seulement des permis de construire à Jérusalem ont été délivrés aux Palestiniens ces quelques dernières années. La discrimination pratiquée par Israël pour délivrer des permis de construire aux Palestiniens, ajoutée au coût élevé de ces permis (environ 30.000 $ selon des informations livrées à l’auteur), a obligé beaucoup de Palestiniens à construire illégalement.

Les Palestiniens subissent également la discrimination lorsqu’elle s’applique au renforcement des règlements. Selon un rapport du Centre International pour la Paix et la Coopération, entre 2004 et 2008, 78,4 % des infractions à la construction ont eu lieu à Jérusalem Ouest, contre 21,5 % à Jérusalem Est. *Pourtant, 27 % seulement de ces infractions à Jérusalem Ouest ont été soumises à des ordonnances judiciaires de démolition, contre 84 % pour les infractions à Jérusalem Est.

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(bleu) infractions à la construction

(rose) infractions soumises à des ordres de démolition

Source : Centre International pour la Paix et la Coopération, 2014

Par ailleurs, en plus de l’impact émotionnel et de l’instabilité provoqués par la démolition de leur maison, sans parler de la perte de leur investissement et de leurs biens, les Palestiniens doivent aussi payer à la municipalité israélienne les frais pour « construction illégale », ce qui génère un gros revenu pour la municipalité israélienne. L’OCHA estime que, entre 2001 et 2006, la municipalité a ramassé la somme annuelle de 35.5 millions de shekels (environ 6.6 millions $) pour ‘construction illégale’.

Le Plan directeur 2020 est ainsi un plan politique qui se sert de la planification urbaine comme d’un outil pour assurer un contrôle démographique et territorial juif dans la ville. Le plan soutient aussi « la ségrégation spatiale des différents groupes de population dans la ville » et la considère comme un « réel avantage ». Il veut diviser Jérusalem en différents districts fondés sur l’affiliation ethnique dans lesquels aucune zone ne pourrait réunir Palestiniens et Juifs israéliens.

Il est important de noter que les institutions de l’État ne sont pas les seules à être impliquées dans la judaïsation de Jérusalem. Les organisations non gouvernementales (ONG) et les organisations religieuses ont aussi leur part dans la refonte de l’espace urbain. L’organisation de droite Elad, par exemple, a pour but principal d’installer des Juifs dans le quartier palestinien de Silwan et de gérer les sites touristiques et archéologiques, spécialement à Silwan – qu’ils appellent la « Cité de David » -. Elad cherche à recréer Jérusalem en ville juive, dotée d’une histoire et d’un patrimoine à prédominance juive, en effaçant la présence physique des Palestiniens ainsi que leur histoire. Elad a employé 97 travailleurs à plein temps en 2014 et, d’après Haaretz, a reçu plus de 115 millions $ entre 2006 et 2013, ce qui en fait l’une des plus riches ONG d’Israël. Parmi d’autres organisations qui s’intéressent au changement de la composition *démographique de Jérusalem, il y a Ateret Cohanim, qui cherche à créer une majorité juive dans la Vieille Ville et dans les quartiers palestiniens de Jérusalem Est.

Israël a aussi utilisé la loi comme tactique pour expulser les Palestiniens et s’approprier leur terre, ainsi que pour assurer sa souveraineté et son contrôle sur Jérusalem. Pas plus loin que le 15 mars 2015, la Cour Suprême d’Israël a activé la loi sur les Biens des Absents. Cette loi a été émise en 1950 dans le but de confisquer les biens des Palestiniens qui avaient été expulsés pendant la Nakba de 1948. On l’a utilisée comme « fondement juridique » pour transférer les biens des Palestiniens déplacés dans l’État d’Israël nouvellement créé. Après 1967, Israël a appliqué la loi à Jérusalem Est, ce qui lui a permis de s’approprier les biens des Palestiniens de Jérusalem dont la résidence a été jugée être hors de Palestine. La loi à nouveau activée en 2015 permet à Israël de confisquer les biens des Palestiniens de Jérusalem Est qui vivent actuellement en Cisjordanie et de considérer leurs biens à Jérusalem Est comme « biens des absents ».

En outre, alors que les Palestiniens ne peuvent pas revendiquer les biens qu’ils ont perdu en 1948 ou en 1967 dans ce qui est maintenant Jérusalem Ouest, la Cour Suprême d’Israël a fait droit aux demandes des colons israéliens de « re »conquérir les logements que l’UNRWA avait donnés aux Palestiniens qui avaient fui Jérusalem Ouest et Israël en 1948. En d’autres termes, la Cour Suprême est discriminatoire puisque cette loi s’applique aux Juifs qui veulent récupérer les biens qu’ils possédaient avant 1948, mais ne s’applique pas aux Palestiniens.

Une autre loi controversée et dangereuse est la loi de Troisième Génération qui cible les biens qui ont été loués avant 1968 et qui sont supposés être protégés par la loi. Selon la nouvelle loi, la période de protection prend fin avec la mort de la troisième génération de locataires palestiniens, après quoi le bien revient à son propriétaire d’origine, des propriétaires principalement juifs qui possédaient le bien avant 1948. D’après Khalil Tufakji, plus de 300 Palestiniens sont maintenant sous la menace de l’expulsion de leur logement. Rien qu’à Silwan, 80 décisions de justice menacent d’expulsion des centaines de Palestiniens.

Sauver Jérusalem

Depuis 2001, Israël a fermé au moins 31 institutions palestiniennes, dont la Maison d’Orient, ancien quartier général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), et la Chambre de Commerce et d’Industrie. Le Gouvernorat de Jérusalem et le ministère des Affaires de Jérusalem ont maintenant l’interdiction de travailler à Jérusalem et sont obligés de fonctionner depuis un bâtiment situé à Al-Ram qui se trouve au nord-est de Jérusalem et hors des frontières municipales imposées par Israël.

*Etant donné l’absence de direction et d’institutions créées à Jérusalem Est par Israël, trouver des moyens pour réfuter sa colonisation de la ville et la dépossession de sa population palestinienne est un défi particulièrement redoutable. En faisant des recherches pour cet exposé politique, j’ai pu parler avec les représentants de plusieurs organisations, institutions officielles, et associations communautaires. Ils étaient très largement d’accord sur le fait que l’une des démarches les plus urgentes consistait à créer des comités populaires dans tous les quartiers de Jérusalem Est. Ces comités pourraient éveiller l’attention des résidents de Jérusalem Est sur leurs droits de résidents et sur les plans d’Israël pour l’avenir, encourager le volontariat, informer et empêcher les Palestiniens de vendre leur terre à des Juifs israéliens, représenter leur quartier dans les forums nationaux, et coopérer entre eux pour consolider leurs efforts pour défendre la terre palestinienne.

A vrai dire, une fois que ces comités auront été créés dans tous les quartiers, ils pourraient constituer ce dont les organisations des Palestiniens de Jérusalem jugent que c’est aussi urgent : un organe représentatif pour Jérusalem au niveau national, organe d’ensemble qui comprendrait le Gouvernorat de Jérusalem, les représentants des organisations de la société civile et du secteur privé ainsi que des indépendants. Cet organe fonctionnerait comme un canal reliant les Palestiniens de Jérusalem Est à l’AP ainsi qu’au reste du monde. Cet organe représentatif pourrait fonctionner sur trois fronts principaux :

1. L’AP/OLP. Un organe représentatif de Jérusalem pourrait pousser l’AP/OLP à propulser Jérusalem au premier rang des engagements du gouvernement et à s’assurer qu’il reçoit le budget et autres soutiens dont il a besoin pour contrer la politique israélienne de judaïsation.

2. La communauté arabe et internationale. Dans ce domaine, un organe représentatif de Jérusalem prendrait la tête des actions de défense, de lobbying et de mobilisation aux niveaux régional et international, en coordination avec la diaspora palestinienne. Par exemple, la Jordanie devrait être démarchée en tant que gardienne des lieux saints de Jérusalem pour qu’elle aide à entretenir et à sécuriser l’environnement pour les Palestiniens de Jérusalem Est. D’autres pays arabes, en particulier le Maroc et l’Arabie Saoudite étant donné leurs liens particuliers avec Jérusalem, devraient aussi être mobilisés.

On devrait faire plus d’efforts pour solliciter les pays qui ont déjà fait preuve de solidarité envers les Palestiniens, tels que la Suède, les pays d’Amérique latine et les nouveaux pays donateurs (BRICs) entre autres, afin qu’ils puissent utiliser leurs bons offices, directement et en collaboration avec d’autres pays, afin de tenir Israël pour responsable de son annexion et sa colonisation illégales de Jérusalem Est. Le fait que Jérusalem Est fasse partie de la Cisjordanie occupée est un point souvent négligé dans les discours officiels et qu’il faudrait souligner.

Ces pays devraient aussi utiliser leurs bons offices, en travaillant avec l’OLP/Etat de Palestine, à l’ONU à tous les niveaux, dont le Conseil de Sécurité, l’Assemblée Générale, le Conseil des Droits de l’Homme, et les programmes et agences spécialisées de l’ONU pour faire connaître la politique israélienne à Jérusalem Est et demander aux Etats membres de remplir leurs obligations juridiques. En particulier, les Etats membres devraient remettre en vigueur la Résolution 478 du Conseil de Sécurité qui date de 1980 et déclare que « toute mesure ou action juridique prise par Israël, puissance occupante, qui a la prétention d’altérer le caractère et le statut de la ville sainte de Jérusalem… est nulle et non avenue et doit être annulée sur-le-champ ».

L’Union Européenne doit elle aussi souscrire entièrement au principe de non reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur Jérusalem Est. L’UE devrait traduire ses paroles en mesures effectives en mettant un terme à toute activité, directe ou indirecte, économique, financière, bancaire, d’investissement, universitaire et commerciale dans les colonies israéliennes à Jérusalem Est et dans tout le reste des TPO.

L’Organisation de Coopération Islamique (OCI) devrait jouer un rôle majeur dans la sauvegarde des droits des Palestiniens à Jérusalem Est, en fournissant une aide directe ainsi qu’en démarchant l’UE et l’ONU pour qu’elles apportent leur aide et prennent des mesures pour mettre fin aux violations commises par Israël. Ces mesures devraient comporter la mise en place par l’ONU et/ou l’UE d’un registre des violations des droits de l’Homme par Israël et des dommages encourus par les Palestiniens à cause de la politique israélienne de judaïsation et de l’expansion des colonies à Jérusalem Est et dans le reste des TPO.

Il est également vital de créer un organisme de financement ou une banque de développement pour surmonter le manque de financement qui est l’une des questions majeures auxquelles font face les institutions palestiniennes à Jérusalem Est. Cette banque de développement pourrait avoir plusieurs fonctions, telles que : fournir des facilités de crédit puisque la plupart des prêts ne sont disponibles qu’à des taux d’intérêt très élevés, aider à finance le développement du logement et fournir des incitations pour encourager l’investissement et aider à la renaissance du secteur commercial. Le secteur privé palestinien et les banques palestiniennes, dans et hors de Palestine, devraient aussi prendre leurs responsabilités et faire partie de cette banque de développement.

3. Les communautés palestiniennes dans leur pays ainsi que dans la diaspora. Ces communautés devraient aider à élaborer et à développer une vision claire et une stratégie efficace pour Jérusalem. Il faudrait identifier des mesures pratiques pour contrer la politique israélienne de judaïsation, rehausser la capacité de production de l’économie palestinienne à Jérusalem Est et renforcer ses liens avec l’économie de Cisjordanie et du monde arabe, promouvoir le secteur touristique pour soutenir le développement économique limité sous l’occupation, ranimer le statut culturel et économique de la Vieille Ville, remettre en état les secteurs de l’éducation et de la santé et stimuler l’intégration des Palestiniens de Jérusalem Est dans le reste des TPO.

Par ailleurs, les organismes juridiques existants qui offrent une assistance aux Palestiniens de Jérusalem Est – par exemple concernant la révocation des cartes d’identité de résidents, le regroupement familial, l’appropriation de terres, la démolition de maisons et le zonage et la planification – devraient coordonner leurs efforts.

La société civile palestinienne, en particulier le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) a un rôle vital à jouer en prenant pour cible les projets israéliens pour le tourisme et la technologie de pointe à Jérusalem ainsi que les entreprises impliquées dans la judaïsation de Jérusalem.

On a un besoin urgent de développer une stratégie médiatique coordonnée pour faire entendre la voix des Palestiniens et contrebalancer le pouvoir discursif d’Israël et sa représentation dé-historicisée de Jérusalem. Universitaires et analystes politiques ont eux aussi un rôle vital à jouer : il y a un manque de recherche sur le développement socio-économique de Jérusalem Est ainsi que sur les plans directeurs d’Israël pour Jérusalem, et très peu de groupes de réflexion au travail à Jérusalem Est. A l’avenir, la recherche devrait *dépasser le diagnostic des problèmes pour imaginer des solutions créatives, en utilisant une approche dynamique plutôt que réactive. Il faut construire un pont au-dessus du gouffre qui existe entre universitaires et décideurs afin de s’assurer que tous les efforts sont unis vers un même objectif, obtenir l’auto-détermination, la dignité, la liberté et la justice.

Notes :

(1) L’auteur remercie le bureau palestino-jordanien de la Fondation Heinrich Böll pour son partenariat et sa collaboration avec Al-Shabaka en Palestine. Les idées exprimées dans cet exposé politique sont celles de l’auteur et ne reflètent donc pas nécessairement l’opinion de la fondation Heinrich Böll. L’auteur remercie également la Chambre de Commerce et d’Industrie de Jérusalem, la Coalition Civique pour les Droits de l’Homme, l’association Sinokrot Core, le Gouvernorat de Jérusalem et PASSIA pour le temps et les informations partagés.

(2) Ir Amin, 200. « Trop petit trop tard. Le Plan Directeur de Jérsalem ».

(3) Rami Nasrallah, 2015. « Planifier le Partage : le Plan Directeur 2020 d’Israël et son Impact sur Jérsalem Est », dans : Turner, M. et Shweiki, O. (ed.), Décoloniser l’Economie Politique Palestinienne : le Développement et Après.

(4) Ibid

(5) Ibid.

Nur Arafeh

Nur arafeh est membre politique d’Al-Shabaka, le Réseau Politique Palestinien. Auparavant, elle a travaillé comme chercheur à l’Institut Ibrahim Abu-Lughod d’Etudes Internationales à l’université de Birzeit, en tant *que chercheuse associée à l’Institut de Recherche en Economie Politique de Palestine (MAS) et comme *professeure d’Economie au Collège Bard Honors d’Al-Qods. Nur, a un double diplôme en sciences politiques et en économie de l’université de Sicences Po (France) et de l’université de Columbia (USA), et elle possède un diplôme d’Etudes en Développement de l’université de Cambridge (Royaume Uni). Parmi ses principaux intérêts de recherche, il y a l’économie politique du développement au Moyen Orient, la sociologie et la politique du développement, et les formes économiques de résistance.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Al-Shabaka

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Rapport de l’UNRWA : Le siège de Gaza est illégal et viole le droit humanitaire

 

 

via le Mouvement International de Solidarité, Facebook.

(Forum Europal) Un rapport émis par l’Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine au Proche Orient (UNRWA) a confirmé la grave détérioration sous divers aspects de la vie à Gaza, conséquence du siège continu imposé par Israël à la Bande durant les dix dernières années.Le rapport a fait la liste des impacts négatifs du siège sur les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que sur la liberté de circulation et sur les conditions de vie des Gazaouis. Il a également mentionné la détérioration avancée des infrastructures médicales censées fournir les soins de santé nécessaires aux Gazaouis.

Déclin des conditions de santé

Le rapport a dit : « Des années de déclin socio-économique, de conflit et de blocus ont laissé le secteur de la santé dans la Bande de Gaza manquer d’infrastructures matérielles adéquates et d’opportunités suffisantes pour la formation médicale des personnels de santé. »

« Les installations sont surchargées et le service est souvent interrompu par des coupures de courant. Ces problèmes finissent par mettre en danger la santé de la population qui est déjà de plus en plus menacée.

Le rapport a mis en garde sur le fait que Gaza a besoin de 800 lits d’hôpital supplémentaires, de 1.000 médecins et 2.000 infirmières de plus d’ici 2020 pour maintenir le niveau actuel des services.

« Fin 2015, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires notait une augmentation des demandes de sortie de Gaza pour raisons médicales, mais une baisse de délivrance des permis de sortie. »

Restrictions de circulation

Le rapport a aussi établi que « Israël ne fait pas qu’imposer des restrictions dans les voyages à l’étranger, mais aussi pour les Palestiniens qui circulent vers ou à l’intérieur de la Cisjordanie, empêchant sévèrement les gens, et spécialement les jeunes, de poursuivre leurs études ou d’essayer de trouver du travail, les familles de rendre visite à leurs parents et les patients de rechercher un traitement médical ».

« Ces restrictions ont réduit l’accès aux nécessités vitales, aux services essentiels et au logement, ont démembré la vie familiale, et sapé les espoirs de la population en un avenir sûr et prospère. »

On dit que le passage d’Erez, situé un nord de la Bande de Gaza, est maintenant le seul passage possible entre Israël et Gaza pour la circulation des gens. La politique israélienne autorise techniquement la circulation d’un nombre limité de voyageurs autorisés, dont les cas médicaux et humanitaires.

« Les résidents de la Bande de Gaza sont obligés d’obtenir individuellement les permis de sortie vers Israël. Le permis est délivré par les responsables de l’armée plutôt que par le ministère de l’Intérieur, et la politique d’Israël consiste à ne pas autoriser l’entrée des résidents de la Bande de Gaza, sauf pour des cas humanitaires extrêmes et exceptionnels », a ajouté le rapport.

Siège illégal

Le rapport de l’ONU a également déclaré que le conflit récurrent et le blocus illégal imposé par Israël, par la terre, l’air et la mer, qui entre dans sa dixième année en juin 2016, demeurent la cause principale de la crise socio-économique et psychologique à Gaza.

« Les restrictions de circulation pour les gens et les marchandises continuent de punir collectivement la population civile, affectant tous les aspects de la vie à Gaza », a expliqué le rapport.

Le siège « sape l’économie locale et menace la jouissance de la plupart des droits fondamentaux, violant de manière évidente les obligations juridiques d’Israël envers le droit humanitaire international ».

Le rapport complet est ici (http://www.unrwa.org/newsroom/emergency-reports/gaza-situation-report-147).

Archive IMEMC : 03/09/15 Nations Unies : Gaza risque d’être inhabitable d’ici 5 ans (http://imemc.org/article/72881/)

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Médias Palestine

Source: IMEMC

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20 juin 2016

Hamas présente ses condoléances pour la mort de la députée britannique Joe Cox

Hamas présente ses condoléances pour la mort de la députée britannique Joe Cox

Gaza – CPI
Le Hamas a présenté ses condoléances à la famille de la députée britannique, Joe Cox, ses amis et ses partisans.

Le Hamas a déclaré, dans un communiqué dont le CPI a obtenu une copie hier, que le peuple palestinien a perdu l'un de ses partisans qui défendent ses droits, la députée britannique Joe Cox (41 ans) assassinée il y a quelques jours.

Il est à noter que la députée Joe Cox appartient au parti travailliste. Elle a été tuée dans une agression de tirs à feu jeudi dernier au nord de l'Angleterre.

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17 juin 2016

Un appel important d’Omar Barghouti (BDS) en vidéo

Bonjour, je vous parle d’Akka, Acre en Galilée

Ils ont imposé une interdiction de déplacement sur moi, ils m’ont menacé  ainsi que des défenseurs des droits palestiniens, israéliens, internationaux actifs dans le mouvement BDS avec des menaces de type mafieux par exemple d’assassinats ciblés.

Nous continuerons la lutte, ils ne nous intimiderons pas, ils ne peuvent pas  nous tyranniser, et ils ne nous pousseront certainement pas à abaisser le niveau de nos revendications pour les droits des Palestiniens en droit international.

Le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions vise les droits fondamentaux des Palestiniens tel que mettre fin à l’occupation, mettre fin au système de discrimination raciale qui correspond à la définition de l’apartheid par les Nations Unies et le plus important des droits, le droit au retour des réfugiés palestiniens. Ils essaient de faire passer ce dernier pour tellement extrême tellement radical, alors que c’est un droit fondamental à l’égalité des droits. Tous les autres groupes de réfugiés dans le monde jouissent de ces droits et la majorité absolue des Palestiniens sont des réfugiés. Donc nous insisterons sur ce droit.

Et aucune intimidation, aucune répression, aucun nouveau Maccarthisme ne nous feront jamais abandonner nos droits. Comme l‘a dit un jour l’archevêque Desmond Tutu d’Afrique du Sud, nous voulons la totalité des droits et nous ne cesserons pas notre mouvement non violent, moralement  cohérent, qui vise le respect du droit international pour les droits des Palestiniens, quoiqu’il en soit, aussi loin qu’ils aillent dans la campagne de répression.

Israël a échoué à la base, a échoué dans les cœurs et dans les esprits à stopper l’immense croissance du mouvement BDS au cours des dernières années. Dans les principales religions, dans les syndicats, dans les syndicats universitaires, associations étudiantes, groupes LGBT, groupes de femmes, groupes anti-guerre etc. à travers le monde ce mouvement est en croissance. Le soutien de Juifs à BDS se développe énormément, en particulier aux États Unis.

Ils savent cela, ils savent qu’ils ne sont pas gagnants dans le débat avec nous à la base. Aussi sont-ils contraints à vouloir étouffer le mouvement par le haut, en le délégitimant, en adoptant des lois répressives, antidémocratiques, draconiennes aux États Unis, en France, en Grande Bretagne et ailleurs, pour faire taire le mouvement par le haut.

Mais comme le mouvement anti-apartheid a survécu en Afrique du Sud, nous ne survivrons pas seulement, nous grandirons. C’est la meilleure défense de notre droit à BDS qui n‘est pas qu’un droit à la liberté d’expression, il l’est certainement mais au-delà c’est un droit à lutter pour les droits des Palestiniens dans le cadre du droit international. Et c’est incontestablement un droit légitime que personne ne peut nous retirer.

Donc ils essaient de nous supprimer par le haut. Et nous répondons en élargissant ce mouvement à de nouveaux cercles, à des lieux que nous n’avons pas encore atteints. BDS jouera, continuera à jouer un rôle majeur dans la lutte pour les droits des Palestiniens

Il est très important de créer des coalitions intersectionnelles avec des groupes de Noirs, de Latinos, de femmes et tant de groupes opprimés dans le monde ou ceux qui luttent pour toutes formes de justice. Il nous faut voir BDS pour les Palestiniens comme partie intégrante de cette communauté  mondiale luttant pour la justice et pour une paix véritable basée sur l’égalité des droits, sur la liberté et la dignité de tous. Rien ne nous empêchera de réclamer nos droits. Nous avons le droit de vivre dans la dignité comme tout un chacun. Nous continuerons le mouvement BDS et aucune intimidation ne l’arrêtera jamais. Ensemble nous pouvons l’emporter, ensemble nous pouvons réaliser notre heure sud-africaine.

Merci.

Source 

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