FREE PALESTINE

19 juillet 2019

La propagande sioniste, «arme de destruction massive»

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Tout citoyen épris de justice est en droit de se réjouir: en effet, ces dernières années, et malgré les apparences, le régime israélien se trouve dans de sérieuses difficultés. Non seulement au niveau extérieur, mais également au niveau intérieur

 

L’actuel gouvernement du 1er ministre Netanyahu a beau bénéficier d’un appui inédit de la part de son allié américain, les réalités ne trompent pas.

Grâce à la détermination et la pugnacité de la résistance, le régime israélien perd pied dans les guerres directes ou indirectes qu’il mène en-dehors de ses frontières – Liban, Syrie, Yémen, Irak, bande de Gaza, … pour ne parler que des plus visibles – ce qui documente sur l’état de son armée dont certains hauts gradés multiplient les mises en garde, et au sein de laquelle le moral semble au plus bas.

Mais il perd pied aussi sur le front de son image plus malmenée que jamais. Ce régime apparaît désormais pour ce qu’il est: un exemple détestable et honni de racisme et d’apartheid à l’égard de tout ce qui ne peut présenter les gages d’une judéité bien blanche. Et même aux Etats-Unis, les soutiens commencent à s’éroder.

Si l’on connaissait les positions racistes des gouvernements divers qui se sont succédés par rapport aux Arabes – qu’ils soient palestiniens ou israéliens – les récents évènements à l’encontre de la communauté éthiopienne l’ont à nouveau illustré. (Lire : https://francais.rt.com/international/63600-israel-manifestations-degenerent-apres-mort-israelien-origine-ethiopienne)

En parallèle, la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – initiée par plus de 170 associations palestiniennes depuis 2005 continue à s’étendre dans le monde, et ici aussi malgré les dénis des responsables politiques, les revers qu’elle occasionne pour l’économie israélienne sont importants.

Si ce n’était pas le cas, pourquoi donc le régime multiplie-t-il les tentatives pour enrayer une telle campagne, allant même jusqu’à y mêler le Mossad et son armée? (Lire : http://www.chroniquepalestine.com/le-mossad-contre-la-campagne-bds/)

Cela dit, et bien qu’en déclin, le régime jouit encore auprès de nombreux citoyens occidentaux et particulièrement européens, d’un certain apriori favorable, suite aux souvenirs amplement entretenus de la «solution finale» organisée par le régime nazi.

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Et tout, absolument tout est fait pour que ce souvenir reste le plus vivant et le plus vibrant possible dans la mémoire collective européenne. Tant au niveau du cinéma que des documentaires, émissions radios, téléfilms, programmes scolaires, rappels et commémorations pour que le moindre détail surgisse afin de rappeler le rôle coupable d’une Europe qui a fermé les yeux sur l’innommable.

Et dans une civilisation qui s’est bâtie pendant des siècles sur le sentiment de culpabilité tel qu’enseigné à travers les valeurs chrétiennes qui ont fondé l’Europe, il est certain que cela laisse des traces et perdure un certain temps. C’est donc sur cet aspect que les experts en communication ont focalisé l’attention et leur angle de vue, afin que l’Européen moyen ne se permette jamais d’oublier sa dette morale.

La technique n’est pas compliquée, au contraire, elle est d’une simplicité limpide et parvient encore et toujours à entretenir un sentiment compassionnel à l’égard des juifs de la part de ceux qui ne parviennent pas à se débarrasser de cette culpabilité de leurs aînés avec laquelle pourtant ils n’ont rien à voir.

En effet, si l’on peut reprocher à ses parents ou grands-parents d’avoir fait de mauvais choix, pourquoi faudrait-il en payer les conséquences pendant des générations entières? Cela n’a aucun sens. Se souvenir, d’accord… si l’objectif est d’éviter de reproduire les mêmes atrocités. Mais devoir se repentir ad nauseam, pour le choix des autres, en aucun cas! D’autant que le régime israélien nous montre qu’il s’autorise à reproduire sur les Palestiniens, les mêmes crimes que des juifs ont subis sous les nazis.

Par ailleurs, bien entretenu, rappelé de manière métronomique à nos mémoires ce culte du souvenir permet de pointer un autre élément de la propagande sioniste: l’antisémitisme.

Ainsi celui qui ne courbera pas la tête par rapport à ce crime absolu pratiqué pendant la seconde guerre mondiale, et qui se permettra en tant qu’antisioniste de critiquer la politique israélienne de colonisation tous azimuts, sera-t-il traité d’antisémite. Terme qui constitue le «joker» fatal contre ceux qui oseront pointer le racisme et l’apartheid pratiqués impunément et à grande échelle par tout gouvernement israélien, depuis les décennies qu’est appliquée cette funeste idéologie qu’est le sionisme.

A cet effet, il faut (re)lire l’ouvrage de Norman Finkelstein édifiant sur la question: «L’industrie de l’Holocauste» (pour reprendre un terme fallacieux, puisqu’il désigne un «sacrifice» qui n’a évidemment pas eu lieu!) aux Ed. La Fabrique. Et bien comprendre à quel point la propagande israélienne est une «arme de destruction massive» … des cerveaux de ceux qui sont dans l’ignorance et qui y restent par paresse, fainéantise, complaisance ou lâcheté.

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Mais, une fois affranchi de ce sentiment de culpabilité, il convient de regarder les choses en face et de les dénoncer pour ce qu’elles sont: le régime israélien est l’un des pires qui soit et il ne mérite en aucun cas d’être soutenu par nos Etats se vantant de leurs valeurs démocratiques. Que du contraire, il faut le combattre par tous les moyens et dire les crimes et atrocités qu’il s’autorise sur le dos de ceux dont il n’a cessé de voler les terres, les biens, la culture, l’identité, les vies… à travers une colonisation criminelle.

La création de cet Etat sous les auspices des Nations-Unies a été une grave erreur. Il est grand temps de la corriger. L’histoire n’est jamais figée pour les siècles. Elle évolue, s’adapte en fonction des évènements. Rien n’est éternel, sinon le changement. Cela se vérifie à tous les stades de l’évolution et donc également à celui de l’histoire humaine.

Ce régime sous sa forme actuelle doit donc disparaître au profit d’un Etat qui sera la nation de tous ses citoyens, sans aucune discrimination de couleur de peau, de sexe, d’appartenance religieuse ou non, d’origine, … et en fera enfin, un Etat où le mot «justice» aura retrouvé le sens qu’il y a perdu depuis longtemps.

Daniel Vanhove –

17.07.19

17 juillet 2019

L’Allemagne imagine racheter son passé nazi en maltraitant les Palestiniens

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L’Allemagne menace un journaliste de prison pour s’être exprimé sur la Palestine

 

Les autorités allemandes ont interdit au journaliste palestinien-canadien Khaled Barakat de prendre la parole à Berlin lors d’un meeting de solidarité avec la Palestine, affirmant que ses discours «antisémites» constituaient une menace pour l’ordre public et pourraient nuire aux relations entre le pays et Israël.

Le militant s’est vu interdire d’assister à de futurs événements politiques et a été menacé d’un an de prison, ce qui constitue un autre succès pour le lobby israélien qui cherche à réprimer toute critique à l’étranger.

Barakat avait été invité à prendre la parole lors d’une manifestation de la communauté arabe à Berlin le 22 juin pour discuter de la libération de la Palestine et de ses conséquences pour d’autres communautés arabes, ainsi que du prétendu «accord du siècle» du président américain Donald Trump.

Mais il a été abordé par la police dès son arrivée.

«Dès que nous avons quitté la station de métro la plus proche du lieu de la réunion, mon épouse et moi-même avons constaté une forte présence policière dans le secteur, avec plusieurs fourgonnettes remplies de policiers», a déclaré Barakat à The Electronic Intifada.

«Un groupe de policiers m’a approché et un agent m’a interpellé. Il a dit: "Vous avez une réunion ici ce soir et êtes l’orateur … Vous ne pouvez pas prendre la parole"».

La police a conduit Barakat et son épouse à un poste de police où des représentants du gouvernement lui ont remis un document de huit pages lui interdisant toute activité politique.

Le document, publié par le Bureau d’enregistrement des étrangers de Berlin et vu par The Electronic Intifada, indique en allemand que Barakat est interdit de participer à des événements spécifiques et qu’il «impose une limite générale à votre activité politique jusqu’à votre départ de la République fédérale d’Allemagne».

«Ils [les représentants du bureau des étrangers] m’ont dit qu’il m’était interdit de prendre la parole lors de tout événement public à Berlin et même d’assister à des réunions ou à des rassemblements», a expliqué Barakat.

Il a également déclaré avoir reçu l’ordre d’éviter les événements sociaux de «plus de 10 personnes» ou de faire face à une peine d’un an de prison.

L’épouse de Barakat est également une militante de la défense des droits des Palestiniens, mais elle n’est pas Palestinienne et elle n’a pas été inquiétée.

«Après m’avoir dit de reconnaître que j’avais reçu le document, nous avons été libérés du poste de police. Nous avons également constaté une présence policière importante sur le chemin du retour», a ajouté Barakat. 

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Israël «Über Alles»

Le cas de Barakat est similaire à celui de la militante palestinienne Rasmea Odeh, qui a été critiquée par les médias allemands avant d’être interdite de prendre la parole lors d’un événement organisé à Berlin plus tôt cette année à l’occasion de la Journée internationale de la femme.

Elle a finalement été forcée de quitter le pays.

Le document officiel indique que les activités politiques de Barakat «constituent une menace pour la sécurité publique», que ses propos nuiraient «à la coexistence pacifique d’Allemands et d’étrangers», et que les relations de l’Allemagne avec Israël pourraient être «considérablement mises en danger» s’il était autorisé à parler.

Le document indique également qu’il est supposé que Barakat pourrait travailler pour le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui est répertorié dans la liste des organisations «terroristes» par les États-Unis, Israël et l’Union européenne.

Cependant, le même document reconnaît que le groupe n’est «pas interdit» en Allemagne. Israël considère pratiquement tous les partis et organisations politiques palestiniens qui résistent militairement à l’occupation comme des groupes «terroristes».

«Si vous regardez les campagnes menées par Israël et le ministère des Affaires stratégiques contre des organisations BDS du monde entier ou Students for Justice in Palestine aux États-Unis, ils font de leur mieux pour criminaliser tous les mouvements de soutien à la Palestine ou même simplement de défense les droits de l’homme, en imaginant de soi-disant relations avec le Hamas et le FPLP», a déclaré Barakat.

Barakat a observé que, dans le film tourné secrètement par Al Jazeera, The Lobby – USA, qui avait été rendu public, «des représentants de la Foundation for the Defense of Democracies ont plaidé ouvertement en faveur de cette tactique et que nous la voyons maintenant dans la pratique».

BDS est synonyme de Boycott, Désinvestissement et Sanctions – une campagne mondiale pour les droits des Palestiniens inspirée de celle qui a permis de mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980.

La Foundation for the Defense of Democracies est un groupe de réflexion néoconservateur basé à Washington et un agent du ministère des Affaires stratégiques d’Israël.

Le document énumère ensuite un certain nombre de discours prononcés par Barakat en Allemagne, mais ne cite aucun exemple d’antisémitisme.

Barakat estime que c’est parce que les autorités doivent «exagérer pour justifier leurs mesures répressives».

Bien qu’il n’ait donné aucun exemple de sectarisme anti-juif de la part de Barakat, le gouvernement allemand insiste sur le fait que l’interdiction définitive de ses activités politiques est justifiée, car «le public doit être protégé des déclarations antisémites et anti-Israël attendues».

Source: Externe

Crainte d’un front uni

Barakat réfute fermement l’affirmation selon laquelle son discours aurait causé des tensions entre les communautés juive et arabe à Berlin et affirme plutôt que les autorités tentent d’empêcher l’émergence d’un front uni.

«Les mêmes forces qui militent pour cette interdiction politique contre moi sont impliquées dans la répression des voix juives critiquant le sionisme, la politique israélienne et la politique allemande à l’égard d’Israël», a-t-il déclaré.

Barakat a noté que sous la pression du lobby israélien, le directeur du Musée juif de Berlin avait récemment été contraint de démissionner.

De plus, le compte bancaire de l’organisation Jewish Voice for Just Peace in Middle-East a été fermé. En outre, deux militants juifs de nationalité israélienne sont jugés pour des accusations criminelles aux côtés d’un militant palestinien de Gaza pour avoir interrompu un homme politique israélien qui avait soutenu l’attaque israélienne de Gaza qui avait tué plus de 2200 Palestiniens, dont 550 enfants.

Ces dernières années, les festivals de musique allemands ont également interdit les artistes internationaux qui refusent de dénoncer la campagne non-violente du BDS pour les droits des Palestiniens.

Ces faits, ainsi que la récente résolution du Parlement allemand dénonçant le mouvement BDS comme un antisémite, rendent de plus en plus difficile la tâche des militants de défendre les droits de l’homme des Palestiniens.

Les personnes qui font face à ces attaques sont les Palestiniens eux-mêmes.

Barakat n’a pas été découragé par le racisme, les interdictions politiques et la répression croissante: «Je suis fermement convaincu que la grande majorité des Allemands est en faveur de la justice pour le peuple palestinien et rejette les crimes de guerre et l’apartheid israéliens, mais ils vivent dans la peur et je le comprends».

[Aux dernières nouvelles, Kh.Barakat a mandaté son avocate pour aller en appel contre l'interdiction que lui impose l'Allemagne-ndlr] 

Riri Hylton -

08.07.19

Source: Chronique de Palestine

15 juillet 2019

Le droit international n’est pas une simple promesse vide de sens aux opprimés

Source: Externe

L’avocat général, M. Gerald Hogan, a présenté le 13 juin 2019 ses conclusions dans l’affaire (C-363/18) soumise à la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) par une question préjudicielle posée le 30 mai 2018 par le Conseil d’Etat français portant sur la conformité au droit européen du dispositif règlementaire exigeant l’étiquetage des produits des colonies israéliennes

 

L’avocat général estime que ce dispositif est conforme au droit européen et son avis sera sans doute suivi dans les prochains mois par la CJUE. Les partisans du respect du droit international en Israël et en Palestine salueront le sens des conclusions présentées mais doivent-ils pour autant se réjouir? Ce n’est pas sûr.

D’une part, la question préjudicielle posée par le Conseil d’Etat était sans doute inutile. Il est clair que le dispositif français (Avis du ministre de l’économie et des finances du 24 novembre 2016) est bien conforme au droit européen (Règlement (UE) n°1169/2011 du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires et Communication de la Commission européenne du 12 novembre 2015) et permet de mettre en place un étiquetage spécifique des produits des colonies israéliennes.

Le Conseil d’Etat pouvait sans doute le dire lui-même, sans poser une telle question de la CJUE (Voir en ce sens, Revue de droit rural, 2018, com. 208, «La CJUE chargée de mettre la bonne étiquette sur les produits issus des colonies israéliennes», G. Poissonnier et F. Dubuisson).

La saisine du Conseil d’Etat par les deux requérants (une association pro-israélienne et une société spécialisée dans l’exploitation de vignobles situés dans les colonies de Cisjordanie) visait clairement à retarder l’application de la législation et sur ce plan, leur objectif a été atteint puisque depuis l’arrêt du Conseil d’Etat, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé qu’elle suspendait ses contrôles visant à s’assurer du respect de la réglementation.

C’est sans doute une des premières fois qu’une telle administration suspend d’elle-même à titre conservatoire l’application d’un dispositif réglementaire dans l’attente d’une décision de justice définitive, alors que la procédure engagée n’a aucun caractère suspensif.

Mais sans doute le ministère de l’économie et des finances, autorité de tutelle de la DGCCRF, a-t-il jugé utile de ménager une nouvelle fois les autorités israéliennes qui crient au scandale contre cette législation qu’ils estiment «antisémite».

D’autre part, et sans doute plus fondamentalement, la législation relative à l’étiquetage des produits des colonies est une demi-mesure, très en retrait avec ce qu’exige le droit international. La Cour internationale de Justice (CIJ) a clairement dit, dans son avis du 9 juillet 2004, que la construction du mur de séparation et la colonisation israélienne sont contraires au droit international et que les Etats et les organisations internationales ne doivent pas «prêter aide et assistance» à Israël dans la poursuite de ces initiatives illégales.

N’apporter aucune «aide et assistance» à la colonisation suppose de ne pas encourager les activités économiques qui se développent au sein des colonies. Or, en autorisant l’importation sur le territoire européen de produits fabriqués dans les colonies, l’UE et ses Etats membres contribuent au maintien et au développement des activités économiques dans les colonies et ainsi à la viabilité de ces entités illégales.

L’étiquetage des produits des colonies ne répond pas à l’obligation de «ne pas prêter aide et assistance». (Voir «Produits des colonies israéliennes: étiqueter ou interdire», La Croix, 24 juin 2015).

Source: Externe

L’interdiction de l’importation sur le territoire européen des produits des colonies, réclamée par de nombreuses associations, est la seule mesure susceptible de s’inscrire pleinement dans le respect du droit international (Voir la campagne «Made in illegality» ou la pétition en ligne d’Amnesty international). C’est d’ailleurs ce que l’UE a décidé pour les produits de Crimée, après l’annexion de ce territoire par la Russie.

Cependant, on aurait sans doute tort de ne pas lire avec attention les conclusions de l’avocat général, M Gérald Hogan. Elles ont le mérite de la clarté et rappelle, sans trahir le sens des mots, les différents textes, résolutions, avis, qui condamnent la colonisation israélienne des territoires palestiniens au regard de son illégalité en droit international (Pt 53 à 58).

Elles contiennent enfin deux paragraphes qui expliquent parfaitement le sens de l’appel au boycott des produits issus d’Etats qui violent le droit international. L’avocat général considère qu’«il est tout à fait évident que, dans un environnement moderne, certains achats ne sont plus basés uniquement sur des considérations telles que le prix ou l’identité d’une marque particulière. Pour de nombreux consommateurs, ces achats peuvent également être influencés par des critères tels que des considérations environnementales, sociales, politiques et culturelles ou éthiques» (Pt 39).

Or, selon lui, les considérations «éthiques» doivent être comprises dans un sens large qui ne se limite pas à la manière dont les produits alimentaires sont élaborés (Pt 50). Il précise: «De même que de nombreux consommateurs étaient opposés à l’achat de produits sud-africains à l’époque de l’apartheid avant 1994, les consommateurs d’aujourd’hui peuvent, pour des motifs similaires, s’opposer à l’achat de produits en provenance d’un pays donné, par exemple par ce que ce n’est pas une démocratie ou parce qu’il applique des mesures politiques ou sociales particulières que ce consommateur estime répréhensibles, voir révoltantes. Dans le contexte de la politique israélienne à l’égard des territoires occupés et des colonies de peuplement, il est possible que certains consommateurs s’opposent à l’achat de produits provenant de ces territoires, précisément parce que l’occupation et les colonies de peuplement constituent clairement une violation du droit international. La Cour n’a bien entendu pas pour tâche d’approuver ou de désapprouver un tel choix de consommateur : il suffit plutôt d’indiquer qu’une violation du droit international constitue le type de considération éthique que le législateur de l’Union a reconnue comme légitime dans le contexte de l’exigence d’informations sur le pays d’origine» (Pt 51).

On ne peut bien-sûr que partager cette analyse, qui tient compte tant de la riche histoire des mouvements de boycott de produits pour des considérations politiques (Irlande, Angleterre, Etats-Unis, Inde, Afrique du Sud, Birmanie, Voir «Une histoire populaire du boycott», O. Estèves, L’Harmattan, 2006) que dans la montée en puissance actuelle de la consommation éthique (Voir Le Monde du 2 mai 2019, «Le boycott, un art de la résistance passive à travers les siècles», C. Vincent). L’appel au boycott des produits israéliens dans le cadre de la campagne BDS s’inscrit parfaitement dans cette logique.

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Enfin, l’avocat général s’autorise un développement qui ne peut que réconforter ceux qui croient que le droit international n’a pas qu’un sens abstrait ou symbolique. Selon lui, «l’adhésion à des exigences du droit international est considérée par beaucoup - et pas seulement par un groupe restreint d’experts spécialisés dans le domaine du droit international et de la diplomatie - comme jouant un rôle vital dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et un présage de justice dans un monde autrement injuste. C’est peut-être particulièrement vrai dans le contexte des citoyens de l’Union qui ont été témoins, durant toute leur vie pour certains, de l’effet destructeur de la force brute à une époque où certains pays avaient fini par croire que le droit international n’était qu’une simple promesse vide de sens aux opprimés et aux êtres vulnérables du monde et qu’il pouvait être ignoré en toute impunité» (Pt 52).

La Cour européenne des droits de l’homme, qui va se prononcer dans les prochains mois sur la condamnation par la justice pénale française de militants associatifs ayant appelé devant un supermarché, au nom du respect du droit international, à ne pas acheter des produits israéliens, pourrait utilement puiser dans ces mots inspirants de l’avocat général de la CJUE.

Ghislain Poissonnier -

30.06.19

Source: Aurdip

13 juillet 2019

Le plan de 'paix' de Trump, conçu pour échouer, comme ses prédécesseurs

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Le prétendu 'accord du siècle'  de Donald Trump, offrant aux Palestiniens des gratifications économiques en échange de leur soumission politique, est la phase finale des négociations de paix occidentales, dont le but réel n’était pas de réussir mais d’échouer

 

Pendant des décennies, les 'plans de paix' formulaient des exigences impossibles à satisfaire pour les Palestiniens, les forçant à rejeter les termes de l’offre, créant ainsi un prétexte pour qu’Israël s’empare d’une part plus importante encore de leur patrie.

Plus ils ont fait de concessions, plus l’horizon diplomatique s’est éloigné, au point que maintenant l’administration Trump s’attend à ce qu’ils renoncent à tout espoir d’obtenir un Etat ou le droit à l’autodétermination.

Même Jared Kushner, gendre de Trump et architecte du 'plan de paix', ne peut pas vraiment croire que les Palestiniens vont se laisser acheter avec leur part des 50 milliards de dollars d’incitation qu’il espérait lever à Bahrain la semaine dernière.

C’est la raison pour laquelle les dirigeants palestiniens n’y sont pas allés.

Mais les responsables de l’image de marque d’Israël ont, il y a longtemps, forgé un slogan pour oculter une politique de dépossession progressive, qui se fait passer pour un processus de paix: «Les Palestiniens ne ratent jamais une occasion de rater une occasion».

Il est opportun d’examiner en quoi consistaient ces «occasions ratées» historiques.

La première fut le Plan de Partition des Nations-Unies de la fin 1947. Aux dires d’Israël, ce fut l’intransigeance des Palestiniens concernant le partage de la terre en deux Etats séparés, l’un juif et l’autre arabe qui a déclenché la guerre, menant à la création de l’Etat juif sur les ruines de la majeure partie de la patrie des Palestiniens.

Mais en réalité, c’est une histoire bien différente.

L’ONU récemment constituée était de fait sous la coupe des puissances impériales de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, et de l’Union Soviétique. Tous trois voulaient un état juif, allié dépendant, dans un Moyen-Orient sous domination arabe.

Attisé par les braises moribondes du colonialisme occidental, le Plan de Partition offrait la plus grande part de la patrie des Palestiniens à une population minoritaire de juifs européens, dont l’immigration récente avait été de fait sponsorisée par l’empire britannique.

Tandis qu’on offrait l’indépendance à d’autres peuples, on exigeait des Palestiniens qu’ils cèdent 56% de leur terre à ces nouveaux venus. Il n’y avait aucune chance que de telles conditions soient acceptées.

Cependant, comme l’ont fait remarquer des universitaires israéliens, les dirigeants sionistes n’avaient pas la moindre intention non plus de respecter le plan de l’ONU. David Ben Gourion, le père fondateur d’Israël, qualifia de «minuscule» l’Etat juif proposé par l’ONU. Il mit en garde qu’il ne pourrait accueillir les millions d’immigrants juifs qu’il jugeait nécessaires d’y attirer afin que son nouvel Etat ne devienne rapidement un deuxième Etat arabe en raison du taux de natalité arabe plus élevé.

Ben Gourion voulait que les Palestiniens rejettent le plan pour qu’il puisse avoir recours à la guerre lui donnant la chance de saisir 78% de la Palestine et expulser la plupart de la population autochtone.

Pendant des décennies, Israël fut heureux de s’enraciner puis, après 1967, d’étendre son emprise sur la Palestine historique.

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C’est, en fait, le dirigeant palestinien Yasser Arafat qui a fait les plus grandes concessions non réciproques pour la paix. En 1998, il a reconnu l’Etat d’Israël et, plus tard, lors des Accords d’Oslo de 1993, il a accepté le principe du partage à des conditions encore plus désastreuses que celles de l’ONU, à savoir un état sur 22% de la Palestine historique.

Même ainsi, le processus d’Oslo n’avait aucune chance sérieuse de réussir après qu’Israël eut refusé de procéder aux retraits promis des territoires occupés. Finalement, en 2000 le président Bill Clinton a convoqué Arafat et le premier ministre israélien Ehud Barak à un sommet de la paix à Camp David.

Arafat savait qu’Israël n’était pas disposé à faire des concessions significatives et qu’il fallait à la fois l’intimider et l’amadouer pour le faire venir. Clinton promit au dirigeant palestinien qu’il ne serait pas tenu pour responsable si les pourparlers échouaient.

Israël a fait en sorte que ce soit le cas. D’après ses propres conseillers, Barak a «fait exploser» les négociations, en insistant pour qu’Israël conserve Jérusalem-Est occupée, y compris la mosquée Al Aqsa , et de larges secteurs de Cisjordanie. Washington a de toute façon fait porter le chapeau à Arafat, et a reformulé l’intransigeance d’Israël en «offre généreuse».

Peu de temps après, en 2002, l’Initiative de paix de l’Arabie saoudite a offert à Israël des relations normales avec le monde arabe en échange d’un État palestinien minimal. Israël et les dirigeants occidentaux se sont empressés de le faire entrer dans les annales de l’histoire oubliée.

Après la mort d’Arafat, les pourparlers tenus en secrets en 2008-2009 – révélés par les fuites des Palestine Papers – ont montré les Palestiniens faisant des concessions sans précédent. Il s’agissait notamment d’autoriser Israël à annexer de vastes étendues de Jérusalem-Est, la capitale escomptée des Palestiniens.

Le négociateur Saeb Erekat a été enregistré disant qu’il avait accepté «la plus grande Jérusalem de l’histoire juive» ainsi que le retour seulement d’un «nombre symbolique de réfugiés palestiniens et un Etat démilitarisé… Que puis-je donner de plus?»

C’était une bonne question. Tzipi Livni, la négociatrice d’Israël, a répondu: «J’apprécie vraiment» quand elle a vu tout ce que les Palestiniens concédaient. Mais sa délégation a quand même quitté la table des négociations.

Le plan voué à l’échec de Trump est sur les mêmes rails que ces 'efforts de paix' .

Dans un commentaire paru la semaine dernière dans le New-York Times, Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, a candidement résumé l’idée maîtresse de cette approche diplomatique qui dure depuis des décennies. Il a appelé les Palestiniens à «se rendre», et a ajouté: «La reddition est la reconnaissance que dans une compétition, maintenir le cap coûtera plus cher que la soumission».

Le processus de paix a toujours conduit à l’étape présente. Trump a simplement éliminé les faux-fuyants et les ambiguïtés du passé pour révéler où se situent vraiment les priorités de l’Occident.

Il est difficile de croire que Trump ou Kushner aient jamais cru que les Palestiniens accepteraient une promesse «d’argent pour la tranquillité» au lieu d’un État fondé sur la «terre contre la paix».

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Une fois de plus, l’Occident tente d’imposer aux Palestiniens un accord de paix inéquitable. La seule certitude, c’est qu’ils la rejetteront – c’est la seule question sur laquelle les dirigeants du Fatah et du Hamas sont unis – assurant une fois de plus que les Palestiniens soient présentés comme l’obstacle au progrès.

Les Palestiniens ont peut-être refusé cette fois de tomber dans le piège, mais, quoi qu’il arrive, ils seront les boucs-émissaires.

Quand le plan de Trump s’effondrera, car ce sera le cas, Washington aura la chance d’exploiter un prétendu rejet palestinien pour justifier l’approbation de l’annexion par Israël de tranches supplémentaires du territoire occupé.

Les Palestiniens se retrouveront avec une patrie fracassée. Pas d’autodétermination, pas d’État viable, pas d’économie indépendante, juste une série de ghettos tributaires de l’aide. Et des décennies de diplomatie occidentale seront enfin arrivées à leur destination préétablie.

Jonathan Cook -

04.07.19

Source: Chronique de Palestine

11 juillet 2019

La paix des exploiteurs

Source: Externe

Trump et Kushner ont élaboré un plan de «paix» pour la Palestine avec la même ignominie qu’ils ont manifestée pour leurs sordides affaires d’immobilier

 

Nous, Palestiniens, pensions avoir été maltraités pendant 25 ans, depuis la signature des Accords d’Oslo sous le règne des technocrates et des experts de la sécurité américains et israéliens. Et à juste titre.

Ce tourniquet de «colombes» de Foggy Bottom (quartier de Washington où se trouve le département d’Etat des Etats-Unis), d’épouvanteurs d’Arlington et autres habitants du Pentagone et des restaurants huppés de Georgetown — en collaboration étroite avec leurs homologues à Tel-Aviv — a convaincu le médiocre leadership palestinien qu’un Etat était possible si seulement ils lâchaient un petit peu plus.

Et donc après deux décennies et demi d’agression à la table des négociations, les Palestiniens n’ont absolument rien récolté dans ce processus de paix moribond.

Pas d’Etat. Pas de souveraineté. Pas de Jérusalem. Pas de droits humains. Pas de frontières (sans même parler de contrôle des frontières). Pas de fin à la prolifération des colonies illégales exclusivement juives sur des terres palestiniennes volées, ni à plus d’un demi-siècle de régime militaire israélien sur les Palestiniens.

Pendant ce temps, l’eau et les autres ressources sont détournées vers l’Etat israélien et les colons, alors qu’Israël prône aujourdhui l’idée d’annexer officiellement des bandes de la Cisjordanie occupée.

Et bien sûr, malgré les promesses de connecter Gaza et la Cisjordanie, les deux territoires sont restés séparés — avec Gaza soumis à un siège brutal et des pulvérisations périodiques de munitions israéliennes et américaines.

Essentiellement, les Palestiniens vivent sous une forme d’apartheid avec le timide cachet d’approbation d’une Autorité palestinienne non élue, en elle-même une pseudo-entité créée par les Américains et les Israéliens pour externaliser le fardeau de maintenir à leur place les autochtones palestiniens rétifs.

Difficile de faire pire, n’est-ce pas?

Faux. Entrée de deux exploiteurs (et fils d’exploiteurs) tristement célèbres: Donald Trump et Jared Kushner.

Ces rejetons d’empires immobiliers louches de New York font maintenant des affaires à partir de la Maison Blanche, et le plus jeune, Kushner, a été chargé de la paix au Moyen-Orient, où il a trafiqué quelque chose appelé le «deal du siècle».

Malheureusement, quiconque a entendu parler des pratiques des dits moguls de l’immobilier (ou, à Dieu ne plaise, les a expérimentées) sait que ce prétendu «marché du siècle» ne présage rien de bon pour les Palestiniens.

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Si seulement les problèmes palestiniens se limitaient à être dupés par le bail surévalué d’un appartement de la taille d’une boîte à chaussures dans East village, avec ses rénovations bâclées, pas de gaz ni de chauffage, des appareils cassés et des infestations de vermine.

Mais l’échelle de l’arnaque immobilière dans laquelle les Palestiniens sont entraînés est bien plus grande, comme l’est la tragédie humaine qui suivra dans son sillage.

Jetons un coup d’oeil sur les prétendus points forts, tels qu’ils ont fuité dans la presse israélienne dernièrement:

1/ il n’est pas fait mention du retour des réfugiés palestiniens (sans foyer depuis 1948) dans le quasi-Etatelet de «Nouvelle Palestine». Bien sûr, les Palestiniens seront ignorés s’ils insistent sur le fait qu’ils étaient parfaitement heureux avec l’«ancienne Palestine» (i.e. la «Palestine historique»).

2/ les Palestiniens n’obtiennent aucun contrôle de leurs propres frontières et pas d’armée, mais doivent payer à l’armée israélienne une rémunération pour protéger leur réserve, euh.., leur territoire.

3/ les Palestiniens ne récupéreront aucune des terres palestiniennes actuellement occupées par des centaines de milliers de colons israéliens illégaux, mais à la place ils recevront une tranche de terre offerte par le dictateur de l’Egypte, le général Abdel Fattah el-Sisi. 

Peu importe si ce bout de terre verra les Palestiniens renoncer à leurs riches terres agricoles ancestrales en Cisjordanie pour une tranche de désert du Sinai. Oh, yeah, et les Palestiniens auront apparemment à payer un loyer aux Egyptiens pour ce morceau de propriété de premier ordre.

Peut-être que Kushner et Trump peuvent y caser aussi quelques appartements haut de gamme. Pour un bon prix, évidemment.

Pour quiconque s’intéresse à la justice, aux droits humains et à une paix durable en Palestine/Israël, les fuites à propos du marché de Kushner sont d’une sinistre lecture, de même que la partie économique du plan, officiellement dévoilée la semaine passée par Kushner et la Maison Blanche.

Mais les rouages du marché importent bien moins que l’esprit dans lequel il est fait et les paramètres généraux, qui, comme nous le savons, consistent à jeter de l’argent et des promesses de prospérité vides aux Palestiniens en l’absence de toute concession politique et territoriale substantielle.

Si l’on prend en compte la manière dont les Trump et Kushner ont toujours fait des affaires, cependant, il n’est pas du tout surprenant de constater à quel point le "marché" est peu généreux pour les Palestiniens. Car seuls des exploiteurs pouvaient concocter un "marché" dont les termes sont si mesquins, si insultants, et annoncés de manière si fausse.

Et seuls des exploiteurs comme les Trump et les Kushner savent comment s’en prendre au consommateur influençable, dans ce cas, à une nation de réfugiés et de leurs descendants sans Etat.

Adéquatement, ils ont exactement les bons acteurs secondaires pour que le job soit fait, y compris une série de recyclés de Washington qui devraient probablement être maintenant sous les verrous, y compris les semblables de John Bolton, d’Elliot Abrams (en ce moment en train de faire un coup d’état au Vénézuela, mais sûrement sur les rangs pour celui-ci), et du belliqueux Mike Pompeo pour n’en citer que quelques-uns.

Ensuite, il y a les co-sponsors étrangers du marché représentés par deux «démocraties» de longue durée, les plus proches alliés des Etats-Unis dans la région — la monarchie absolue d’Arabie saoudite sous la direction du Prince de la Couronne MBS, boucher des Yéménites et démembreur de journalistes; et l’Etat d’apartheid d’Israël dirigé par le démogogue d’extrême-droite Benjamin Netanyahu.

Source: Externe

Avec cette équipe de rêve esquissant le sort des Palestiniens, est-ce une surprise si l’avenir paraît cauchemardesque?

Peut-être le seul espoir pour nous de nous réveiller avant qu’il ne soit trop tard est l’évolution de l’opinion de millions d’Américains qui voit de plus en plus le soutien unilatéral des Etats-Unis à un régime israélien profondément vicié comme un obstacle à la paix.

Je l’espère certainement parce que, comme beaucoup de Palestiniens, je ne veux pas d’un propriétaire régnant sur la Palestine, et encore moins de deux dont les plus raisonnables des New-Yorkais ne toucheraient pas les propriétés du bout d’un bâton de trois mètres.

Ismaïl Khalidi -

30.06.19

Source: Agence Medias Palestine

09 juillet 2019

Un attelage mort

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Lettre ouverte que j’adresse à Mahmoud Abbas & à tous les Palestiniens (et autres) (*)

 

Il y a quelque temps, j'ai été invité à une réunion d'hommes d'affaires et de responsables politiques palestiniens. Un des principaux orateurs était un membre éminent du conseil révolutionnaire du Fatah. D’après Wikipedia, il a été accusé de corruption à plusieurs reprises.

La réunion devait traiter de la situation financière précaire de l'Autorité palestinienne à Ramallah et des moyens de réagir à la conférence de Bahreïn.

J'ai entendu beaucoup de positionnements «politiques» et de discours inutiles, notamment une note intéressante selon laquelle le politicien a déclaré que l'autorité «ne peut pas» empêcher les gens d'aller à Bahreïn (car alors on pourrait dire que les gens n’y sont pas allés à cause de pressions).

J'ai commenté: si nous nous opposons à la conférence de Bahreïn parce qu'elle essaie de porter atteinte aux droits légitimes des Palestiniens de retourner chez eux et sur leurs terres et à l'autodétermination par le biais de «pots-de-vin» destinés à améliorer la situation économique, alors c’est précisément ce que visaient les accords d’Oslo.

Si nous ne sommes pas d'accord avec cette approche, nous devrions commencer par supprimer tous les accords d'Oslo et leurs annexes, tels que l'accord économique de Paris qui a donné à Israël la responsabilité de continuer à tirer profit de l'occupation. 

Quelqu'un m’a demandé: quelle est ta solution?

J'ai dit: revenir à la véritable organisation de libération de la Palestine, la  Palestine est toute la Palestine, pas 22%, la libération s'explique d'elle-même et c'est pour nous, les 13,5 millions de Palestiniens, et l'organisation signifie plus d'une personne à qui nous «jurons loyauté». 

Le politicien bien habillé est venu me réprimander après la réunion avant de monter dans son élégante Mercedes noire (dont le moteur est resté allumé
 tout le temps de la réunion) avec ses gardes du corps.

Beaucoup de participants sont venus me dire qu'ils appuyaient ce que j'avais dit (je leur ai réponduqu'ils auraient dû prendre la parole en public).

Beaucoup ont réellement peur, mais c’est maintenant un problème existentiel et nous ne pouvons pas rester silencieux. Je les ai encouragés à ce que plus de gens s’expriment. Les médias sociaux sont un outil très puissant entre nos mains.

Source: Externe

La conférence de Bahreïn concoctée par les sionistes racistes Kushner/Greenblatt/Freedman utilise exactement le même langage que le langage codé d’Oslo. Vous pouvez comparer, par exemple, les textes économiques de l'accord Oslo II signé à Paris (disponible ici en anglais: https://www.paltrade.org/) avec le texte des documents de travail de Bahreïn «Peace to Prosperity» (disponible ici en anglais: https://www.whitehouse.gov/).

Pour dire les choses franchement: ceux qui ont signé Oslo I et II et qui s’y conforment toujours ne sont ni plus ni moins que ceux qui ont signé à Bahreïn I (oui, il y aura Bahreïn II).

Dans des discours publics, ils ont affirmé que c'était en quelque sorte une chose différente et que c'était maintenant mettre la charrue (économie sous occupation) devant les bœufs (solution politique de deux États).

Désolé, mais la charrue a écrasé les bœufs et les a tués en 1993 (certains disent que les débuts remontaient à 1974 et 1988). 

Il est donc temps d'obtenir un nouvel attelage de bœufs (une OLP reprenant sa charte d'un État démocratique laïc), de supprimer les déchets accumulés par la charrue et de prendre un nouveau départ.

Il ne suffit donc pas que nous protestions. Il est temps de prendre nos propres initiatives. Il est temps qu'une nouvelle OLP reflète la volonté de la population et puisse ensuite exploiter son incroyable pouvoir.

Si vous souhaitez connaître l'étonnant pouvoir du peuple palestinien pour obtenir un nouvel attelage, lisez mon livre «Une histoire populaire de la résistance en Palestine: l'espoir et l'autonomisation». 

J'y explique notamment comment le soulèvement de 1936 a forcé de nombreuses factions à se dissoudre, a obligé d'autres à se transformer et en a créé de nouvelles. Nous devons tirer des leçons de notre histoire. La meilleure leçon à retenir est qu’il n’est jamais trop tard pour admettre des erreurs et redonner la parole aux gens. J'ai vraiment confiance dans le peuple. 

Les dirigeants auto-déclarés connaissent ces faits dans les profondeurs de leurs cœurs calcifiés et savent que risquer des positions et de l’argent n’est rien comparé à la certitude que s’ils maintiennent le cap, la fin est claire: nous mourrons tous! 

Source: Externe

La question est de savoir comment vous voulez qu'on se souvienne de vous. Vous avez deux modèles: 

1) Collaboration/égoïsme: par exemple le maréchal Philippe Pétain (chef du régime français de Vichy de 1940 à 1942) et Nguyễn Văn Thiệu (président de gouvernement fantoche corrompu du Vietnam du Sud de 1967 à 1975); ou 

2) une direction éclairée comme Omar Al-Mukhtar et Che Guevera

Le choix vous appartient.

Restons humains et venez nous rencontrer en Palestine.

(*) Disponible également en arabe ici ici.

Mazin Qumsiyeh -

23.06.19

Source: ISM

07 juillet 2019

Confirmation du rôle du Mossad dans la guerre d’Israël contre BDS

Source: Externe

Il y a peu, le journal israélien Haaretz a confirmé quelque chose dont Electronic Intifada avait fait état depuis des années

 

Le  Mossad, réputé pour être l’agence d’espionnage israélienne la plus brutale et violente, est impliquée dans la guerre contre BDS, le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions pour les droits des Palestiniens.

Le ministre israélien des affaires étrangères, Gilad Erdan mène le combat d’Israël contre BDS. L’agenda 2018 officiel de Erdan, obtenu à partir d’une demande d’accès à l’information, montre qu’il a rencontré le chef du Mossad Yossi Cohen pour discuter de «la lutte contre le boycott» selon ce qu’a révélé l’article.

Comme l’a signalé l’an dernier Electronic  Intifadaune réunion entre Erdan et la tête du Mossad avait été précédemment confirmée à au moins une autre occasion, en 2016, ainsi que des réunions avec des dirigeants d’autres agences d’espionnage.

Depuis 2015, le Ministère des Affaires Stratégiques est effectivement le ministère anti-BDS d’Israël.

Le personnel est en grande partie constitué de vétérans d’agences israéliennes d’espionnage, en particulier d’espionnage militaire.

Sima Vaknin-Gil, la fonctionnaire responsable de la conduite des opérations du ministère au quotidien, a travaillé pendant 20 ans dans les services de renseignement de l’aviation israélienne, et a toujours son statut de réserviste.

Le ministère est impliqué dans une campagne à l’échelle mondiale de ce qu’un journaliste israélien a appelé des «opérations noires» contre des militants palestiniens, des défenseurs des droits humains et des militants de la solidarité.

Malgré les dizaines de millions de dollars lancés dans cette guerre contre des militants de la société civile oeuvrant pour la justice et l’égalité, en privé les forces israéliennes anti-BDS admettent que leur campagne ne marche pas.

Un rapport secret de 2017 émanant d’un think tank lié au ministère, admet avec candeur l’échec d’Israël à stopper «une croissance impressionnante» et des «succès significatifs» de BDS. 

Le rapport qu’a obtenu Electronic Intifada, établit qu’en dépit de la multiplication par 20 des dépenses anti BDS, «les résultats restent hors d’atteinte».

Source: Externe

 «La lutte contre le boycott»

L’article de Haaretz confirme de façon indépendante les articles précédents d’Electronic Intifada et actualise le panorama général. Le journal a obtenu l’agenda grâce à une demande d’accès à l’information de Hatzlaha, la même organisation israélienne pour la transparence qui avait obtenu l’agenda d’Erdan en 2016.

Le nouvel article d’Haaretz confirme aussi que la réunion d’Erdan avec le Mossad était explicitement organisée sur la lutte contre BDS.

L’extrait du journal de 2016 ne donnait pas la liste des sujets discutés entre Erdan et le chef du Mossad, bien que d’après le résumé d’Erdan le sujet n’aurait pu être rien moins que BDS.

Le ministère de Erdan exécute ce qu’il appelle la «bataille» contre BDS au moyen de groupes de première ligne et alliés du monde entier, en particulier aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays occidentaux.

Le ministre, qui est un proche allié de Benjamin Netanyahu, a admis de travailler via «des organismes du monde entier qui ne veulent pas exposer publiquement leur connexion avec l’État».

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Mensonges et meurtre

En 2017, Electronic Intifada  a révélé que le carnet de 2016 de Erdan mentionnait aussi plusieurs réunions avec des législateurs britanniques et des personnages clef du lobby israélien, dont Eric Pickles et Stuart Polak – tous deux membres de la chambre haute britannique non élue, la Chambre des Lords et des dirigeants des Amis Conservateurs d’Israël.

Etant donnée l’implication du Mossad dans de nombreux meurtres brutaux et dans des enlèvements au cours du temps, les militants BDS peuvent être fortement concernés par cette évolution.

Les cibles du Mossad ont inclus des combattants de la résistance palestinienne, des poètes, des écrivains et des militants non-armés.

Le communiste palestinien et légendaire écrivain, Ghassan Kanafani, a été assassiné en même temps que sa nièce Lamis  par une voiture piégée du Mossad en 1972 au Liban.

On dit aussi qu’un agent double du Mossad était derrière le meurtre non élucidé de l’icône palestinienne, le caricaturiste Naji al-Ali à Londres en 1987.

Ce meurtre, en particulier, et le refus d’Israël de coopérer avec l’enquête policière ont conduit le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher à expulser trois diplomates israéliens et à une brève fermeture de la base londonienne du Mossad.

La liste des crimes du Mossad est longue, mais ils ont finalement échoué à éteindre la flamme de la résistance palestinienne. Ses projets d’éliminer le mouvement BDS ne sont guère plus prometteurs.

Asa Winstanley -

14.06.19

Source: Agence Medias Palestine

05 juillet 2019

La judaïsation d’Al-Quds (Jérusalem): mode d’emploi

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La judaïsation de Jérusalem se faisait autrefois en douce, du moins dans les médias grand public, mais aujourd’hui, c’est au grand jour avec la reconnaissance officielle par les États-Unis de la souveraineté israélienne sur Jérusalem

 

Israël met en œuvre sa judaïsation de Jérusalem en minant directement le caractère sacré des lieux saints musulmans (le Haram al-Charif) et chrétiens (la Via Dolorosa) à al-Quds et en continuant à établir un contrôle irréversible et exclusif sur la ville sainte en tant que ville juive israélienne.

Israël met en œuvre des stratégies qui assurent sa domination physique de la ville. Depuis qu’il a illégalement annexé Jérusalem-Est après la guerre de 1967, il a conçu de nombreuses mesures politiques pour créer une intégrité géographique et une supériorité démographique en faveur d’une Jérusalem juive.

Mais cette stratégie n’a pas commencé en 1967. Au lendemain de la guerre de 1948, le gouvernement israélien nouvellement formé a rapidement rejeté tous les appels à l’internationalisation de la ville et a déclaré que «l’agression arabe» invalidait l’obligation d’Israël de mettre en œuvre le plan de partition, et en particulier le corpus separatum de Jérusalem approuvé par l’ONU – la résolution 181 recommandait la création de deux États indépendants l’un juif et l’autre palestinien et un régime international particulier pour la ville de Jérusalem.

Aujourd’hui, la machine à hasbara [propagande] d’Israël déclare mensongèrement que le «terrorisme» palestinien a invalidé l’obligation d’Israël de mettre en œuvre les négociations sur le statut final pour un État palestinien indépendant dans le cadre du processus d’Oslo, alors qu’en fait, il s’est attaché à ne rien laisser à négocier.

Ironiquement, le 2 février 1949, Ben Gourion a magnanimement exprimé sa volonté d’établir un corpus separatum de la vieille ville, principalement pour délégitimer l’emprise de la Jordanie sur cette dernière tout en éliminant de l’équation les propres gains territoriaux d’Israël.

Aujourd’hui, il n’est pas surprenant d’apprendre que le contrôle exclusif d’Israël sur la vieille ville fait partie de l’Accord sur la «Nouvelle Palestine». En même temps, le 1er juin 2019, l’Observatoire euro-méditerranéen pour les droits de l’homme (Euro-Med) a publié un rapport qui dénonce 130 violations des droits commises en avril par Israël contre des Palestiniens à Jérusalem-Est occupée.

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C’est le gouvernement travailliste de Levi Eshkol qui, en 1967, a établi les précédents d’une souveraineté israélienne totale sur une Jérusalem «unie», avec une vague de manœuvres législatives israéliennes qui faisait écho à la frénésie de 1949, accordant immédiatement à Jérusalem un statut différent de celui des autres territoires occupés.

Les efforts de colonisation juive devaient mettre l’accent sur la sécurité dans la vallée du Jourdain et dans le «Grand Jérusalem» ainsi que sur les hauteurs de la partie occidentale de la Cisjordanie. En d’autres termes, préserver la majorité démographique juive acquise à la suite du nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948 sur les terres palestiniennes déjà saisies.

L’obsession du Likud, obsession qui a aujourd’hui le dessus politique, était/est de créer une majorité démographique juive dans les territoires palestiniens occupés dans le but d’acquérir plus de territoire palestinien pour l’Etat juif.

Les stratégies d’Israël concernant Jérusalem mises en œuvre au niveau municipal (avec le plein appui du gouvernement israélien) ont été les plus désastreuses pour les Palestiniens de Jérusalem.

L’architecte du plan directeur israélien pour Jérusalem, comme beaucoup le savent, était l’ancien maire Teddy Kollek, qui a poursuivi son projet de couper le «Grand Jérusalem» du reste de la Cisjordanie et a facilité son annexion dans le but déclaré d’assurer la supériorité démographique juive ainsi que l’intégrité géographique.

Voici quelques-unes de ses paroles de 1984 concernant ce qu’il considérait comme l’implantation prématurée de la désormais vaste colonie juive de Ma’aleh Adumim qui entoure la ville:

«Je pense que c’est une erreur de l’implanter avant d’avoir rempli Jérusalem. Dans cinq ans, nous remplirons Jérusalem, puis nous irons là-bas [Ma’aleh Adumim]. A Jérusalem, nous nous sommes assignés, en tant que juifs, une tâche urbaine très difficile, dans la mesure où nous avons reçu des quartiers éloignés, et nous avons dû les relier…».

Notez que Jérusalem n’était pas vide et n’avait pas besoin d’être «remplie»!

La colonisation juive de Jérusalem contrevient directement à la résolution 465 du Conseil de sécurité de l’ONU du 1er mars 1980, concernant l’application de la quatrième Convention de Genève et l’interdiction d’établir des colonies dans les Territoires, y compris Jérusalem.

Israël a imposé de force une majorité juive dans toutes les parties de Jérusalem et, ce faisant, a brutalement étouffé les droits et aspirations légitimes des Palestiniens de Jérusalem qui, néanmoins, s’accrochent à leurs droits et à leur identité dans la ville sainte en tant que musulmans, en tant que chrétiens et que Palestiniens.

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Depuis 1967, les gouvernements israéliens successifs ont systématiquement éliminé toute vision de la ville sainte de Jérusalem, autre que celle de Jérusalem «capitale éternelle et indivise de l’État juif».

Indiscutablement Israël a toujours considéré que le statut final de Jérusalem était déjà réglé. Avec l’«Accord du siècle» de Trump, Israël croit qu’il va enfin obtenir une légitimité incontestable pour son autorité exclusive sur la ville sainte.

Il revient à la communauté internationale d’y mettre fin. Dans son rapport mentionné ci-dessus, l’Observatoire euro-méditerranéen pour les droits de l’homme (Euro-Med) a exhorté les Nations-unies et ses organes concernés ainsi que l’Union européenne à suivre de près la situation à Jérusalem, à condamner les actes cruels dont sont victimes les Palestiniens et à assumer leurs responsabilités envers les Palestiniens sous occupation.

Rima Najjar -

14.06.19

Source: Chronique de Palestine

03 juillet 2019

La mention «colonie israélienne» obligatoire pour les aliments, selon l’avocat de la CJUE

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Selon l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union européenne, dont l’avis est le plus souvent suivi en dernière instance par les juges, le consommateur doit être informé lorsqu’un produit alimentaire provient des colonies israéliennes

 

L’affaire remonte à 2016, quand le gouvernement français a publié un avis aux opérateurs économiques indiquant que les denrées alimentaires en provenance des territoires occupés par Israël devaient porter la mention «colonie israélienne» ou des termes équivalents.

L’Organisation juive européenne et la société spécialisée dans l’exploitation de vignobles Vignoble Psagot, notamment présente dans ces territoires, avaient demandé l’annulation de cet avis devant la justice française.

Le Conseil d’Etat français a saisi la Cour de Justice de l’Union, compétente en dernier ressort pour interpréter le droit européen - en l’occurrence le règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.

Jeudi 13.06.19, son avocat général Gerard Hogan conclut que la situation d’un territoire occupé par une puissance occupante «constitue un facteur susceptible d’avoir une incidence importante sur le choix d’un consommateur normalement informé» dans un contexte où, «il convient de respecter les différences de perception des consommateurs et leurs besoins en matière d’information, y compris pour des raisons ethniques».

Source: Externe

De l’apartheid aux colonies

De la même manière que de nombreux consommateurs on pu s’opposer à l’achat de produits sud-africains à l’époque de l’apartheid, indique l’avocat, il est possible que «dans le contexte de la politique israélienne à l’égard des territoires occupés et des colonies de peuplement», certains consommateurs s’opposent à l’achat de produits qui proviennent de ces territoires.

Selon lui, «une violation du droit international constitue le type de considération ethnique que le législateur de l’Union a reconnue comme légitime dans le contexte de l’exigence d’informations sur le pays d’origine».

Dès lors, indique un communiqué de la Cour de Justice, l’avocat général estime que «l’absence d’indication du lieu de provenance d’un produit en provenance d’un territoire occupé par Israël [...] pourrait induire le consommateur en erreur».

Le droit de l’Union exige donc selon lui que pour un produit originaire d’un territoire occupé par Israël depuis 1967 «l’indication du nom géographique de ce territoire et l’indication, le cas échéant, que le produit provient d’une colonie israélienne».

L’avocat général se forge un avis de manière indépendante et ses conclusions ne lient pas la Cour de Justice. Dans la plupart des cas, les juges suivent son raisonnement. La date de leur décision finale n’est pas précisée.

- Deux points particulièrement particulièrement importants de l’avis de l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union européenne:

51. Selon moi, la référence aux «considérations éthiques» dans le contexte de l’étiquetage du pays d’origine est clairement une référence à ces considérations éthiques plus larges qui peuvent éclairer la réflexion de certains consommateurs avant l’achat.

De même que de nombreux consommateurs européens étaient opposés à l’achat de produits sud-africains à l’époque de l’apartheid avant 1994, les consommateurs d’aujourd’hui peuvent, pour des motifs similaires, s’opposer à l’achat de produits en provenance d’un pays donné, par exemple parce que ce n’est pas une démocratie ou parce qu’il applique des mesures politiques ou sociales particulières que ce consommateur estime répréhensibles, voire révoltantes.

Dans le contexte de la politique israélienne à l’égard des territoires occupés et des colonies de peuplement, il est possible que certains consommateurs s’opposent à l’achat de produits provenant de ces territoires, précisément parce que l’occupation et les colonies de peuplement constituent clairement une violation du droit international.

Source: Externe

La Cour n’a bien entendu pas pour tâche d’approuver ou de désapprouver un tel choix du consommateur: il suffit plutôt d’indiquer qu’une violation du droit international constitue le type de considération éthique que le législateur de l’Union a reconnue comme légitime dans le contexte de l’exigence d’informations sur le pays d’origine.

52. En effet, l’adhésion à des exigences du droit international est considérée par beaucoup – et pas seulement par un groupe restreint d’experts spécialisés dans le domaine du droit international et de la diplomatie – comme jouant un rôle vital dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et un présage de justice dans un monde autrement injuste.

C’est peut-être particulièrement vrai dans le contexte des citoyens de l’Union qui ont été témoins, durant toute leur vie pour certains, de l’effet destructeur de la force brute à une époque où certains pays avaient fini par croire que le droit international n’était qu’une simple promesse vide de sens aux opprimés et aux êtres vulnérables du monde et qu’il pouvait être ignoré en toute impunité.

Frédéric Rohart -

13.06.19

Source: Aurdip

01 juillet 2019

Israël et l’Occident: ‘Des valeurs partagées’ de racisme & de colonialisme

Source: Externe

Au cours des deux dernières décennies, le boycott d’Israël est devenu une partie importante de la résistance du peuple palestinien et de ses partisans internationaux au racisme, au colonialisme et à l’occupation militaire d’Israël

 

Le mouvement palestinien de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) cherche à atteindre plusieurs objectifs stratégiques: mettre fin à l'occupation et à la colonisation des terres palestiniennes par Israël, mettre fin au racisme institutionnalisé par Israël et assurer le retour des réfugiés palestiniens.

Le mouvement BDS a engrangé un soutien mondial, notamment de la part d'universitaires, d'artistes, d'athlètes, d'églises, de syndicats, de groupes de défense des droits de l'homme et d'entreprises. 

Boycott symbolique

Certains gouvernements occidentaux, notamment le Royaume-Uni et l'Union européenne, ont adopté une stratégie de boycott symbolique; ils conseillent ou exigent l'étiquetage des produits israéliens fabriqués dans les colonies de peuplement de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du Golan.

Mais le Royaume-Uni et l'Union européenne refusent de soutenir le BDS, même s'ils considèrent officiellement que les colonies de peuplement sont illégales au regard du droit international. 

Lorsque le boycott des produits des colonies israéliennes s'est intensifié, le gouvernement britannique a décidé d'interdire cette pratique. Le Parlement allemand a récemment adopté une résolution non contraignante, présentée par l'Union chrétienne démocrate-chrétienne de la chancelière Angela Merkel, accusant le mouvement antiraciste BDS d'antisémitisme.

Les gouvernements occidentaux affirment soutenir Israël en raison de leurs prétendues «valeurs partagées». En 2018, Emanuele Giaufret, ambassadeur de l'UE en Israël, a déclaré qu'Israël et l'UE «partagent les mêmes valeurs. Nous croyons en la démocratie, la primauté du droit et les droits de l'homme». 

La même année, la Première ministre Theresa May a déclaré que le Royaume-Uni était «fier de se tenir aux côtés d'Israël  comme allié (…) et comme un ami proche partageant des valeurs».

En 2017, le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré en Israël que «nous nous engageons à vous soutenir et à défendre nos valeurs communes». Il répétait les déclarations de l'ancien président Barack Obama, qui a souvent affirmé que «le lien entre Israël et les États-Unis est enraciné dans (…) des valeurs partagées». 

Au début de cette année, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a tweeté que «le Canada et Israël ont un lien spécial, ancré dans le respect mutuel et les valeurs partagées».

En 2017, l'Australien Malcolm Turnbull et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont déclaré: «L'amitié entre  Israël et l'Australie (…) est ancrée dans nos valeurs communes, notamment notre engagement en faveur de la démocratie».

Source: ExterneConquête coloniale 

Les Palestiniens libéraux et leurs partisans affirment qu'il existe une contradiction entre les valeurs des gouvernements occidentaux, considérés comme démocratiques, et Israël, un État fondé sur la conquête coloniale, des lois racistes et l'occupation militaire. Mais y a-t-il vraiment une contradiction? 

Les gouvernements américain et européen qui ont soutenu le sionisme en 1917 étaient conscients de son fondement raciste et colonial - des valeurs et des engagements qu’ils partageaient. En 1917, de nombreux pays européens avaient des colonies et des colonies de peuplement gouvernées conformément aux critères et aux lois de la suprématie blanche.

Les États-Unis, une colonie elle-même, ont mis en place le système de ségrégation raciale Jim Crow qui a perduré jusque dans les années 1960 et ont refusé la citoyenneté aux Amérindiens jusqu'au Indian Citizenship Act de 1924, bien que le droit de vote des ‘Indiens’ reste limité. 

Lorsque ces pays ont soutenu l’établissement d’Israël en 1948, leurs valeurs communes et leurs engagements en faveur du colonialisme et du racisme étaient identiques.

En 1947-1948, des soldats français se sont déchaînés à Madagascar, tuant, torturant, violant et incendiant des villages. Ils ont tué des dizaines de milliers de personnes. 

Au Vietnam, la France a tué des centaines de milliers de Vietnamiens entre 1945 et 1954 avant sa défaite à Dien Bien Phu. En Algérie, les Français ont refusé aux musulmans algériens l'égalité des droits avec les colons français. Des centaines de milliers d'Algériens ont été tués dans la lutte pour mettre fin au colonialisme.

La France et Israël ont partagé des stratégies au cours de cette période pour réprimer leurs populations autochtones respectives. 

La politique britannique n'était guère différente. Au Kenya, pour protéger ses colons, la Grande-Bretagne a lancé dans les années 1950 une guerre féroce contre les Mau Mau, qui se sont battus pour mettre fin au colonialisme des colons. Les Britanniques ont torturé, violé et emprisonné les Mau Mau au cours d'une campagne qui aurait entraîné la mort de dizaines, voire de centaines de milliers de personnes. Les victimes africaines de la colonie britannique de la Rhodésie ont également souffert sous le régime britannique.

Suppression pure et simple

Lorsque les pays occidentaux ont de nouveau soutenu la conquête israélienne en 1967, la discrimination raciale était toujours d'actualité aux États-Unis après l'annulation de la plupart des lois racistes de Jim Crow en 1965, alors que la police réprimait activement le Mouvement pour les Droits civiques et que l'armée américaine écrasait le Vietnam sous un tapis de bombes. 

La France et le Royaume-Uni venaient de se dégager de la politique coloniale, mais pas du racisme. Le soutien occidental à la colonie sud-africaine s'est établi malgré les appels lancés par l'ONU à boycotter le régime de l'apartheid. Israël est devenu le plus proche de l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

Source: Externe

Ce n'est qu'avec le changement d'attitude de l'Occident envers l'Afrique du Sud et avec son adhésion au mouvement de boycott dans les années 1980 et 1990 que ces engagements ont commencé à être levés.

Pourtant, dans les cas des États-Unis, du Canada et de l'Australie, la suppression des droits des autochtones est une valeur qu'ils partagent avec Israël et pour laquelle ni le Royaume-Uni ni l'Union européenne ne les a jamais critiqués.

Les objectifs démocratiques du peuple palestinien et son engagement à mettre fin au racisme et au colonialisme israéliens sont des valeurs que les gouvernements occidentaux refusent de partager. Les valeurs que partagent ces gouvernements avec Israël, contrairement à leurs fausses affirmations, ne sont pas la démocratie et la liberté pour tous, mais plutôt l’élimination pure et simple des peuples non blancs et autochtones.

Joseph Massad -

13.06.19

Source: ISM