FREE PALESTINE

18 octobre 2018

Georges Abdallah apporte son soutien à la Marche du Grand Retour à Gaza

Source: Externe

Chères frères et sœurs,
Salutations chargées de détermination et de lutte continue.
Nos salutations et reconnaissance aux combattants et aux héros de la Marche du Grand Retour et pour Briser le Siège.
Encore une fois, les masses de Gaza se trouvent au premier rang face à l’assaut des sionistes impérialistes, risquant leur vie pour défendre leur grande cause.

Ayant reconnu ce moment historique où la cause palestinienne, sous tous ses aspects, est menacée de liquidation, malgré leur souffrance sous un état de siège criminel, confrontés à la famine, la mort et l’intimidation, ils n’ont pas hésité à rassembler toutes leurs forces pour répondre à l’appel lancé par la Commission Nationale pour la Marche du Grand Retour et pour Briser le Siège.

Les masses de notre peuple et leurs activistes militants savent qu’il s’agit du principal obstacle qu’il faut franchir face au «deal du siècle» criminel parce que c'est bien la volonté collective, armée des fusils de la résistance, qui a entravé le processus sans issues des Accords d’Oslo et les forces qui lui ont donné naissance, organisées autour des institutions de l’Autorité palestinienne et de ses agents réactionnaires.

Malgré toutes les conséquences entraînées par les politiques d’abandon social et national et les fissures et altérations apparues dans la conscience collective palestinienne, les masses de Gaza et leurs combattants militants continuent à affronter toutes les manœuvres de chantage avec détermination et à prôner la fin de la division destructrice, pour en finir avec le conflit interne et mettent en garde contre le dérapage de certaines forces opportunistes qui se rabattent sur des positions de connivence avec l’agression contre le peuple palestinien et avec le soi-disant «deal du siècle».

Toute personne sensée rejetterait l’idée de nouvelles sanctions contre les masses de Gaza comme une façon de faire avancer les politiques de Trump et de Netanyahu. Toute personne sensée rejetterait dépendre de l’appui des régimes réactionnaire de la région pour soutenir la lutte des masses palestiniennes.

Depuis le début du mouvement, les forces d’occupation criminelles se sont trouvées face à une détermination inébranlable. Plus que tout autre, les combattants et activistes des forces révolutionnaires appellent à une escalade de la lutte sous toutes ses formes, évitant à tout prix que Gaza soit isolée ou mise à l’écart.

Les forces révolutionnaires, y compris les combattants du Front populaire de libération de la Palestine et des Brigades Abu Ali Mustafa, n’ont jamais abandonné et n’abandonneront jamais les masses grâce à leurs positions avancées. Ils n’ont pas fléchi depuis le début des marches, versant leur sang, symbole de loyauté envers les masses de notre peuple. Parmi ces combattants héroïques se trouve Ahmad Ashraf Abu Hussein, originaire de Jabaliya, qui a marché avec ses camarades et dont le sang a coulé sur les sables de Gaza le 13 avril 2018. Nous tenons également à saluer notre combattant héroïque Ahmad Abdullah al-Adaini, originaire de Deir el-Balah, tué d’une balle à la tête lors qu’il participait à la Marche du retour. Seulement deux mois plus tard, les combattants héroïques Ahmed Abu Tayour de Rafah et Ataf Mohammed Musleh Saleh du campement de réfugiés de Jabaliya ont été été abattus. Une semaine plus tard Ayman Nafez al-Najjar et Muhannad Jamal Hanoudeh de Jabaliya furent martyrisés le 16 juillet 2018. Deux jours plus tard, le combattant héroïque Mohammed Abu Naji, du camp de réfugiés Tal al-Zaatar à Gaza, est tombé.

Les combattants du Front populaire de libération de la Palestine sont conscients que l’escalade continue des Marches du Grand Retour est également conditionnée par la poursuite des activités de lutte des masses à travers le reste de la Palestine et en communication effective avec la population des camps de réfugiés dans les pays voisins. Plus que jamais, la gauche arabe révolutionnaire, et tout particulièrement dans les pays voisins, a la responsabilité d’intensifier la résistance face à l’assaut impérialiste dans la région, répondant directement à la collusion des forces arabes réactionnaires, s’opposant par tous les moyens possibles à toute forme de normalisation avec l’entité sioniste.

Il est intolérable que les camps de réfugiés qui se trouvent dans des pays voisins de la Palestine soient écartés de la lutte à cause de la position adoptée par les régimes bourgeois qui, pour certains d’entre eux, proclament leur solidarité du bout des lèvres, mais qui, dans tous les cas, sont à tous les effets complices.

Source: Externe

Il est intolérable d’encercler et d’assiéger les camps de réfugiés dans les pays voisins pour ensuite exprimer une solidarité verbale avec les héros de Gaza. L’étape actuelle de la cause palestinienne ainsi que la crise tumultueuse par laquelle sont en train de passer tous les États et autres entités de la région obligent toutes les forces révolutionnaires à travailler diligemment afin de forger des liens pour faciliter le mouvement organisé et la mise en commun avec tous les autres fronts de lutte dans la région et du monde entier.

C’est seulement ensemble, camarades, que nous pourrons aller de l’avant et résister à l’assaut impérialiste. Il n’est pas suffisant que les militants de Beyrouth, de Damas ou d'Amman se félicitent de leur solidarité avec Gaza. Il est urgent et impératif que tous assument leurs responsabilités dans les camps de réfugiés des pays voisins, parce que c’est la cause toute entière, et non pas seulement la révolution, qui est en jeu.

Sortir de l’imbroglio d’Oslo passe inexorablement par la libération de tous les prisonniers, par la fin de la coordination sécuritaire et de la division honteuse.

La vraie solidarité avec la Marche du Grand Retour, en hommage à la gloire immortelle des martyrs, pour la victoire des masses et des peuples en lutte et pour le déshonneur des traîtres et de tous ceux qui capitulent, n’est autre que la défaite de l’impérialisme et de ses sbires, à savoir les sionistes et les réactionnaires arabes.

Mes sincères salutations à vous tous. 
Votre camarade, 


Georges Abdallah -

14.10.18

Source: Coup pour Coup31

17 octobre 2018

Comment Israël réduit ses détracteurs au silence sur les réseaux sociaux

Source: Externe

Le gouvernement israélien a déposé une litanie de plaintes concernant des publications anti-israéliennes sur les réseaux sociaux, et a obtenu gain de cause dans la grande majorité des cas.

Les sociétés de réseaux sociaux telles que Facebook et Twitter subissent actuellement une pression énorme afin qu’elles surveillent plus rigoureusement leurs plateformes. L’un des résultats regrettables a été une répression majeure du discours politique.

L’attaque s’est intensifiée après que les Russes ont été accusés d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 via des comptes Facebook et Instagram frauduleux. Le succès de la combine a dépassé les rêves les plus fous du Kremlin.

Depuis, les Américains ont vivement critiqué Facebook pour s’être laissé exploiter de la sorte. En réponse, la société a imposé des restrictions quant à l’utilisation de ses données privées par des tiers et a supprimé des centaines de pages promouvant de fausses informations.

Cependant, alors que nombre de ces changements ont renforcé la sécurité du site et de ses utilisateurs, la surveillance accrue qui en a résulté s’est répandue dans d’autres domaines, notamment le discours politique.

Rassurer les législateurs

Facebook et d’autres sites de réseaux sociaux ont également été soumis à une pression intense de la part de la droite américaine, qui se plaint du préjugé libéral dominant au sein de la Silicon Valley et de la suppression des opinions conservatrices.

En vérité, l’idéologie qui prévaut pour ces entreprises est le capitalisme: gagner de l’argent est leur principal moteur. Cela dit, les entreprises de la high-tech craignent bel et bien l’intervention du gouvernement sur leur marché, ce qui explique pourquoi leurs chefs d’entreprise se sont rendus à Washington pour rassurer les législateurs sur le fait qu’ils étaient des médiateurs impartiaux prenant au sérieux leur mission: être un forum ouvert pour tous les Américains.

Le gouvernement israélien et son lobby aux États-Unis sont une autre force politique majeure faisant pression sur les sites de réseaux sociaux. Israël a pris conscience de l’immense pouvoir des réseaux sociaux pour façonner une image et influer sur la perception du public.

Source: Externe

Son gouvernement d’extrême droite a désigné le ministère des Affaires stratégiques, créé en 2006 pour Avigdor Lieberman, comme fer de lance d’une campagne internationale de lutte contre la « délégitimation », terme maladroit désignant quiconque critique Israël. L’ennemi public numéro un dans le cadre de cet effort est le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), ses dirigeants et ses partisans à travers le monde.

Les dirigeants d’Israël considèrent les réseaux sociaux comme étant à la pointe de la communication mondiale, un espace où se joue la réputation du pays.

Israël a par conséquent entrepris une vaste campagne de lobbying ciblant les principaux sites et leurs PDG. Les ministres israéliens ont rencontré les dirigeants de Google et Facebook, les avertissant que s’ils ne contrôlaient pas le discours « anti-Israël » sur leurs plateformes, le gouvernement israélien interviendrait pour le faire. Facebook et d’autres sites ont consenti à bon nombre de ces demandes de censure.

Depuis le début de cette campagne, le gouvernement israélien a déposé une multitude de plaintes pour discours de haine anti-israélien, réussissant dans la grande majorité des cas à en faire supprimer le contenu. Les ministres israéliens se sont alors vantés de leur efficacité à étouffer, en substance, le discours politique.

Des pages palestiniennes fermées

Le fait de s’aplatir devant le lobby israélien a toutefois suscité un certain embarras. Des dizaines de pages Facebook appartenant à des médias palestiniens ont été fermées, tandis que d’autres ont été suspendues, provoquant des protestations. Facebook n’a publié aucune déclaration expliquant sa décision.

Les entreprises de réseaux sociaux répriment également le discours critique des utilisateurs américains sur Israël. Mon propre compte Twitter a récemment été suspendu suite à un tweet où j’accusais les médias étrangers et israéliens d’induire en erreur les lecteurs dans la couverture médiatique du meurtre d’un colon israélien par un Palestinien.

Alors que plusieurs médias l’ont qualifié d’« activiste » pro-israélien, terme habituellement réservé aux défenseurs des droits de l’homme, Ari Fuld était en fait un colon radical lourdement armé qui rejetait l’idée même de l’existence des Palestiniens.

Deux provocateurs pro-israéliens des réseaux sociaux ont organisé une attaque massive contre mon compte et de nombreux utilisateurs pro-israéliens l’ont dénoncé pour « promotion de la haine et de la violence ». Ils ont également affiché des menaces de mort, m’ont suggéré de me suicider, mis en garde contre un « passage à tabac » et exprimé le souhait qu’un terroriste de l’État islamique me poignarde à mort. Aucun de ces messages n’a été signalé ou censuré.

Un seuil incroyablement bas

L’affirmation selon laquelle mes tweets incitaient à la violence était fausse, mais les nombreuses protestations de mes followers sur Twitter n’ont pas réussi à convaincre la société de revoir sa décision. En fin de compte, Ali Abunimah, du média en ligne Electronic Intifada, s’est enquis de l’état de mon compte auprès de l’équipe presse de Twitter; presque aussitôt, mon accès a été restauré.

Sur le front intérieur israélien, le Shin Bet utilise un logiciel pour analyser une grande partie du contenu des réseaux sociaux publié par les Palestiniens, recherchant les mots et expressions susceptibles d’indiquer une intention de nuire à Israël. Cependant, la manière dont l’agence d’espionnage détermine ce qu’est une menace est au cœur de ce processus – et le seuil semble incroyablement bas.

Dans un cas, un travailleur journalier palestinien a posté en arabe: « Bonjour », à côté d’une photo de son bulldozer. S’appuyant sur une traduction Facebook interprétant erronément ses propos comme voulant dire « blessez-les », la police a arrêté l’homme. Il a été libéré par la suite lorsque l’erreur a été révélée.

Source: Externe

Dans un autre cas, la célèbre poétesse palestinienne Dareen Tatour a publié un poème en faveur de la résistance palestinienne contre l’occupation israélienne. Bien que rien dans son poème ne constitue une menace de violence, elle a été arrêtée et emprisonnée. Dareen Tatour n’a été libérée que le mois dernier, après trois ans de prison et d’assignation à résidence.

Des centaines de Palestiniens ont été arrêtés en raison du contenu qu’ils ont publié sur les réseaux sociaux, malgré l’absence de normes juridiques permettant de distinguer entre véritable menace et discours politique. Les juges israéliens s’inclinent uniformément devant les preuves présentées par les forces de sécurité et le procureur général.

Une dissidence non tolérée

L’agence d’espionnage israélienne se targue publiquement du nombre de complots terroristes qu’elle a déjoués. Toutefois, faute de preuves concrètes, le public israélien n’a aucun moyen de juger de la crédibilité de ces affirmations. Les Israéliens sont juste censés croire en ce que dit le Shin Bet, alors qu’il y a peu de raisons de le faire.

Comment un algorithme peut-il prédire le comportement futur d’une personne en fonction de quelques mots publiés sur les réseaux sociaux? Le processus dans son ensemble empeste l’exagération et l’autosatisfaction; quelle meilleure façon de justifier une augmentation considérable du budget?

Certes, Israël n’est pas le seul pays du Moyen-Orient à contrôler et censurer le contenu des réseaux sociaux. L’Autorité palestinienne, qui a bien appris sa leçon d’Israël, combat vigoureusement les opinions politiques palestiniennes dissidentes. Avec l’aide de la loi sur la cybercriminalité du président Mahmoud Abbas, ses services de sécurité sont devenus aussi intolérants en matière de dissidence que leurs homologues israéliens.

Aujourd’hui, il n’y a pas grand-chose qui sépare les méthodes des autorités israéliennes et palestiniennes. Toutes deux sont régies par des régimes répressifs, intolérants aux idées critiques et prêts à supprimer les valeurs démocratiques en vue de contrôler le discours public.

Richard Silverstein -

08.10.18

Source: MEE

16 octobre 2018

"Les Etats-Unis cherchent à liquider la cause palestinienne"

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Khaled Barakat, 46 ans, est un Palestinien de gauche, auteur et coordinateur de la Campagne pour la libération d'Ahmad Sa'adat, secrétaire général du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine).

Il n'apprécie guère le rôle des États-Unis ni le "plan de paix" à venir de son président Donald Trump pour le XXIè siècle au Moyen-Orient.

Khaled Barakat secoue la tête alors qu'il se rend à la rédaction d'Arbejderen (journal danois). La conversation tourne autour des États-Unis et leur président.

Le président Donald Trump a promis que son gouvernement présenterait bientôt le «deal du siècle» pour résoudre le conflit entre Israël et les Palestiniens. Trump veut que la question des Palestiniens soit complètement retirée de la table afin de se concentrer sur la lutte contre l'Iran, déclare-t-il.

Le FPLP représente le Front populaire pour la libération de la Palestine. Il figure à la fois sur les listes des organisations terroristes américaine et européenne, bien que l'organisation soit la troisième force politique en importance parmi tous les groupes palestiniens, après le Fatah et le Hamas.

Le FPLP est la plus grande organisation de résistance palestinienne marxiste.

Affaire du siècle ?

Avec son «accord du siècle», Trump n’a rien inclus de vraiment nouveau. Les États-Unis ont déclaré, après avoir transféré leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem en mai, que Jérusalem est israélienne et que ce n'est plus un problème sur la table des négociations. Le plan revendiqué par Trump est une conversation vide de sens, déclare Khaled Barakat lors d'une conversation avec Arbejderen.

Selon le site médiatique israélien DEBKAfile.com, le point central du grand accord de Trump repose sur le fait que la Cisjordanie et la Jordanie deviennent une confédération. Cette suggestion est venue indirectement des États-Unis le mois dernier.

En outre, le plan de Trump donnerait aux Palestiniens une souveraineté limitée sur plus de la moitié de la Cisjordanie occupée et propose de nommer la ville d'Abou Dis, à l'est de Jérusalem, nouvelle capitale palestinienne, tout en maintenant les colonies israéliennes en Cisjordanie et le contrôle israélien sur l'Est de Jérusalem.

Pendant des décennies, les Palestiniens ont toujours insisté sur le fait que Jérusalem devait être la capitale d'un État palestinien.

Source: Externe

« La principale raison pour laquelle Trump élabore ce plan est que la direction palestinienne traditionnelle sous l'autorité de Mahmoud Abbas est tellement malade et sans dents, après s'être rendue complètement à tous les niveaux politiques », dit Kh. Barakat, connu pour discuter des perspectives du FPLP et partager leurs analyses.

Briser le Moyen-Orient

Barakat ajoute qu'une autre raison est la gravité de la situation des Palestiniens à Gaza et ailleurs sous occupation. Tout est brisé, l'économie est en ruine. « Les capitalistes palestiniens acceptent le soi-disant gouvernement d'autonomie pour garantir leurs petits intérêts, en échange de toute indépendance réelle ou de toute autodétermination », a-t-il déclaré, en tournée européenne pour discuter de la situation.

Ce « gouvernement autonome » est dirigé par le parti politique Fatah, qui, selon Kh. Barakat, représente la bourgeoisie palestinienne. Il estime également que Trump ne peut présenter son prétendu plan de paix que parce que le Monde Arabe est politiquement écrasé et en proie à de sanglantes guerres et à la tourmente.

« Regardez la Libye, qui a été totalement détruite par les bombes de l’Occident. L'impérialisme fait rage dans le monde entier, en particulier au Moyen-Orient », a-t-il déclaré. Selon lui, des puissances fortes se sont réunies pour détourner l'attention de la lutte en Palestine: «Israël, les impérialistes des États-Unis, d'autres puissances occidentales et les régimes réactionnaires arabes, représentés par le prince héritier d'Arabie Saoudite, Bin Salman, se sont réunis pour tenter de casser la cause palestinienne. Ils veulent que la question soit complètement retirée de la table afin de se concentrer davantage sur la lutte contre l'Iran», a déclaré le Palestinien.

Critique des accords d'Oslo

Mais le Barakat est également très critique à l’égard de l’Autorité palestinienne qui gère certaines parties de la Cisjordanie occupée par Israël: «La police palestinienne coordonne ses actions avec la puissance occupante israélienne. C'est complètement inacceptable. Le Fatah a joué son rôle politique actuel, en particulier depuis 1993, année où le processus d'Oslo a pris de l'ampleur», déclare Kh. Barakat.

Les accords d'Oslo, que le président palestinien Yasser Arafat a signé au nom de l'OLP, ont reconnu Israël. D'autre part, ils ont déclaré que l'autonomie palestinienne devrait être établie sur une période de cinq ans en Cisjordanie et à Gaza, pendant qu'Israël se retirerait des territoires occupés. Israël a rompu toutes ces promesses et a finalement mis un terme aux négociations en 2010. Depuis l'accord d'Oslo de 1993 jusqu'en 2000, le nombre de colonies de peuplement a doublé.

« Maintenant, 25 ans après les accords d'Oslo, nous pouvons voir que nous avons tout perdu. De plus, l'OLP a perdu son statut de seul représentant légitime du peuple palestinien », déclare Barakat. Il touche sa casquette, hésite l'air un peu triste, mais continue avec énergie. « Les dirigeants de l'Autorité palestinienne et le projet capitaliste palestinien ont tué l'essence, dépouillé le noyau même de l'OLP. Aujourd'hui, Mahmoud Abbas et son aile ont détourné les soi-disant dirigeants palestiniens. Les décisions ne sont plus prises par l'OLP, mais par l'Autorité palestinienne », critique-t-il.

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) est une organisation parapluie qui regroupe des organisations politiques palestiniennes, allant du Fatah au FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine), orienté vers la gauche, au FPLP marxiste. Le Hamas, qui est islamique, ne fait pas partie de l'OLP.

Khaled Barakat estime que l'Autorité palestinienne a probablement coopéré avec Israël et d'autres groupes lors de l'arrestation et l'emprisonnement du dirigeant du FPLP, Ahmad Sa'adat en 2006 en Cisjordanie. La police britannique a gardé sa prison pour l'AP, mais l'a quittée brusquement le 14 mars 2006. Des soldats israéliens sont ensuite entrés, ont enlevé le dirigeant du FPLP et l'ont emmené en Israël. Ici, il est condamné à une peine de prison à perpétuité pour terrorisme, par un tribunal militaire israélien.

Barakat déclare que les accords d'Oslo obligeaient l'Autorité palestinienne à travailler avec l'occupation israélienne sur des questions de sécurité et de renseignement. Par exemple, il note que les États-Unis ont financé la formation du personnel de sécurité palestinien en Jordanie, aux États-Unis et en Israël. Il estime en outre que les ONG palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est jouent un rôle très particulier: « Je pense que l'argent des donateurs est venu pour exercer un contrôle. De l'UE, des États-Unis et des régimes arabes réactionnaires, ils se sont délibérément concentrés sur les ONG en tant qu'instruments de domination de la Palestine. L’UE et les États-Unis se sont en fait partagés la tâche. Les États-Unis ont financé les services de sécurité de l'AP, tandis que l'UE a financé des ONG civiles », dit le Palestinien.

Source: Externe

Autocritique

Malgré les critiques qu'il a adressées aux dirigeants de l'Autorité palestinienne, le Palestinien constate que le peuple palestinien est au stade du mouvement de libération nationale, un stade dans lequel il est urgent de réunir toutes les forces nationales, pas seulement la gauche. Cependant, il estime que la gauche palestinienne doit aiguiser son ton vis-à-vis du Fatah, en particulier.

« Le FPLP doit entreprendre une autocritique afin de soutenir la lutte interne, y compris dans le mouvement syndical - sans avoir intensifié la lutte contre la bourgeoisie palestinienne. Par exemple, nous voyons rarement la gauche prendre l’initiative d’organiser des grèves des travailleurs. Cela doit être changé », dit-il.

En dépit de la puissante opposition à la lutte de libération palestinienne aux niveaux national et mondial, Khaled Barakat estime qu'il est clair que la fin du tunnel est proche: « À Gaza, depuis le 30 mars, de nombreuses manifestations ont eu lieu pour que les Palestiniens aient le droit de retourner dans leur pays d'origine d'où leurs parents ou leurs grands-parents ont été expulsés dans les années 1940. Beaucoup de jeunes qui manifestent à Gaza dans le cadre de la Marche du Grand Retour peuvent de leurs propres yeux, voir les villages d'où viennent leurs familles, mais font maintenant partie d'Israël. »

Pour Khaled Barakat, les tirs par l'armée israélienne de civils palestiniens à Gaza participant aux marches du retour ont été une « révélation » pour de nombreuses personnes hors de la Palestine qui, auparavant, n'avaient participé ni au soutien à la lutte pour la liberté ni au boycott d'Israël. Depuis le 30 mars, 193 Palestiniens ont été abattus et tués.

« Israël et les médias occidentaux - probablement aussi les vôtres - affirment que le Hamas envoie des civils se battre aux frontières. En fait, ce sont tous les groupes politiques palestiniens et davantage qui travaillent ensemble sur la Marche du Grand Retour, en particulier le Hamas et le FPLP. La coopération est nécessaire car elle se passe à l'intérieur des prisons et les différences politiques ne sont pas autorisées à affecter l'unité politique. »

Il estime que les événements à Gaza ont considérablement stimulé le mouvement de boycott et la campagne BDS (boycott, désinvestissement et sanctions). « Israël est un État colonial raciste qui est condamné à se dissoudre. Je pense qu'Israël deviendra un jour un fardeau pour l'impérialisme, comme nous l'avons vu ailleurs dans l'histoire du monde, comme en Afrique du Sud. »

Espoir dans le boycott total d'Israël

Khaled Barakat sourit pour la première fois lors de cet entretien. «Le BDS est surtout un mouvement fort en-dehors de la Palestine. En outre, le mouvement de boycott comprend plus que la campagne BDS. 'Boykot Israel' au Danemark, par exemple, a été créée en 2002, soit trois ans avant l'appel du BDS, dans le but de soutenir un boycott général d'Israël: économique, universitaire et culturel.»

«Le BDS a trois revendications: mettre fin à l'apartheid israélien, à l'occupation et le droit de retour des réfugiés. Ce ne sont que des exigences minimales, et non le programme maximal - c'est-à-dire la libération », déclare-t-il.

« Mais le BDS est un mouvement important parce qu'il s'adresse à une grande entreprise multinationale et organise des campagnes pouvant mener à des victoires », comme la campagne contre G4S.

Le Palestinien, vivant à Beyrouth, hésite encore une fois mais finit avec un grand sourire: «Le mouvement de boycott était important pour la chute du régime d'apartheid en Afrique du Sud. La même chose s'appliquera ici !»

Collectif Free Ahmad Sa'adat -

10.10.18

Source: Coup Pour Coup 31

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15 octobre 2018

L’apartheid israélien invité au Camp des Milles: une insulte à la mémoire des 10.000 détenus & déportés

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Le Collectif13 `Palestine en Résistances´ qui regroupe une vingtaine d’associations, syndicats et partis des Bouches du Rhône dénonce cette honteuse opération qui n’est rien de plus qu’une prise en otage des 10.000 victimes de la barbarie nazie et de la honteuse collaboration des autorités françaises, enfermées au Camp des Milles.

 

En effet :

A l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Des diplomates reconnus Justes parmi les Nations », et d’une conférence « Mémoire & Antisémitisme: défis du XXIè siècle », la Fondation du Camp des Milles [1] - Mémoire et Éducation - reçoit la représentante du gouvernement d’apartheid israélien, Mme Bin Noun;

  • Lorsque le 1er ministre de l’Etat israélien minimise le rôle d’Hitler dans le massacre des juifs en tentant d’imputer le crime au Mufti de Jérusalem, il insulte la mémoire des 10.000 détenus du Camp des Milles et se comporte comme tout négationniste qui serait en France condamné à la prison pour ses déclarations;

  • Lorsque Benyamin Netanyahu reçoit l’extrême droite européenne dont le Néerlandais Geert Wilders, le Belge Philip Dewinter et le successeur de Jorg Haider, l’Autrichien Heinz-Christian Strache, il insulte la mémoire des 10.000 détenus du Camp des Milles et se comporte comme ceux qui ont signé à Munich le début de la collaboration avec les nazis;

  • Lorsque les snipers de l’armée israélienne tirent sur une foule désarmée, assassinant à plus de 200m. des enfants, du personnel médical, des journalistes et des handicapés, ils insultent la mémoire des 10 000 détenus du Camp des Milles et se comportent comme ceux qui tiraient sur les Ukrainiens juifs à Babi Yar;

  • Lorsque les colons israéliens brûlent vif une famille palestinienne, ou un enfant de 14 ans en l’obligeant d’abord à boire de l’essence pour qu’il brûle de l’intérieur et de l’extérieur, ou lorsqu’ils dansent en chantant «Ali sur le grill» pour célébrer la mort du bébé de quelques mois brulé avec ses parents, ils insultent la mémoire des 10 000 détenus du Camp des Milles et se comportent comme ceux qui jetaient des humains dans les chambres à gaz;

  • Lorsque le gouvernement israélien enferme 2 millions de Palestiniens dans la Bande de Gaza dans un blocus illégal et impuni tout en contrôlant la quantité de nourriture minimale pour éviter la famine, mais en interdisant la reconstruction des milliers de maisons détruites lors des massacres de masse de 2008-2009 et 2014, il insulte la mémoire des 10.000 détenus du Camp des Milles et se rapproche du comportement de ceux qui contrôlaient le ghetto de Varsovie;

  • Lorsque le 1er ministre israélien s’autorise à signifier à nos compatriotes juifs qu’ils ne sont pas chez eux en France, mais que leur pays est Israël, il tient le discours des antisémites et insulte la mémoire des 10.000 détenus du Camp des Milles et les millions de combattants contre le nazisme, le racisme et donc l’antisémitisme

    Source: ExternePour notre part, nous ne les autorisons pas à confisquer ainsi notre mémoire collective en mettant à l’honneur la représentante d’un Etat qui viole le droit international, commet des crimes de guerre ainsi que le crime d’apartheid comme l’ont démontré Richard Falk et Virginia Tilley dans un rapport de 2017 réalisé pour le compte de la CESAO [2].

Notes:

[1] Le camp des Milles, situé dans une tuilerie à quelques kilomètres d’Aix en Provence, a fonctionné de 1939 à 1942. Y furent détenus 10000 personnes: des opposants au nazisme venus trouver refuge en France, des artistes et intellectuels, des légionnaires (au total plus de 38 nationalités) et plus de 2000 hommes, femmes, enfants juifs raflés qui furent déportés en 1942 vers Auschwitz via les camps de Drancy et de Rivesaltes.

[2] Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) des Nations-Unies

Collectif 13 -

10.10.18

Source: Agence Médias Palestine

14 octobre 2018

Corbyn et la Palestine: un ou deux Etats ?

Source: Externe

Pour une raison ou une autre, Jeremy Corbyn et le Parti travailliste britannique qu’il dirige s’en tiennent à la solution à deux États à un moment où de plus en plus de pro-palestiniens y renoncent.

 

Est-il possible d’amener les travaillistes à soutenir une démocratie normale en Palestine, exempte du racisme et de l’apartheid que la gauche abhorre vraiment ?

Premièrement, voici ce qu’a dit M. Corbyn lors du Congrès du Parti travailliste qui s’est tenu à Liverpool la semaine dernière: « Nous soutenons une solution à deux États au conflit, un état d’Israël sûr et un État palestinien viable et sûr. … Et pour permettre que le règlement à deux États devienne une réalité, nous reconnaîtrons un État palestinien dès que nous serons au pouvoir. »

Les délégués du parti, qui pourrait bientôt obtenir un membre au Conseil de sécurité, ont fait à cette déclaration une ovation debout de 35 secondes.

La reconnaissance d’un État palestinien peut, bien sûr, se faire sans porter préjudice à une solution à un seul État démocratique, mais il y a plusieurs contradictions dans le fait de se prononcer pour son antithèse, la solution à deux États.

De toute évidence, la solution à deux États est une injustice faite aux Palestiniens. Pendant 100 ans, les Palestiniens ont constamment et unanimement rejeté la partition de leur patrie, plaçant ainsi la charge de la preuve sur quiconque prétend soutenir simultanément les aspirations palestiniennes et la solution à deux États.

De plus, cette solution prive en permanence les Palestiniens de plus de 80% de leur pays. Des deux États qui sont littéralement proposés, celui que prévoit pour eux la version actuelle des Grandes Puissances est un petit reliquat insultant, pas même souverain car, après tout, celui que les Israéliens juifs obtiennent doit être « sûr ». Et sa sécurité en tant qu’État juif repose sur l’exclusion d’autant de Palestiniens que possible.

La question de savoir si l’archipel de Cisjordanie et de la Bande de Gaza est « viable » ou non n’est pas pertinente. C’est son caractère indésirable et son injustice qui le sont.

Nous nous focalisons trop souvent cependant sur un seul des deux États, l’état palestinien, sans examiner en même temps l’état israélien  » reconnu  » et consolidé par la solution à deux États. Mais dans aucune version, la solution n’a rien à dire des droits des soi-disant citoyens non-juifs d’Israël, ni du droit des Palestiniens à plus de 90% de la terre en Israël, qui leur a été dérobée pour la jouissance exclusive des juifs.

Littéralement, la solution à deux Etats est une solution sioniste parce que l’un des deux Etats qu’elle veut imposer est l’Etat sioniste.

Source: Externe

Le retour

Rien de neuf jusque là. Mais lorsque nous examinons la solution à deux États et que nous prenons en compte le droit au retour pour les plus de 8 millions de Palestiniens déplacés, le dossier est clos. Même la plus libérale des solutions à deux Etats envisagée n’accorde aucune place à ces personnes en Israël, où se trouvent les maisons et les terres où elles ont le droit de retourner. Cela détruirait totalement, numériquement et politiquement, la « sécurité » d’Israël tant qu’il se définit et se réalise, ainsi qu’il le fait , comme l’Etat des juifs. Il lui faudrait faire place à une démocratie standard.

Jeremy Corbyn, cependant, n’a pas mentionné le droit des Palestiniens au retour. Cela a dû être délibéré parce que juste avant et après la minute (minute 46) qu’il a consacrée à la Palestine, il a lancé un appel explicite et vibrant pour le retour de deux autres groupes de réfugiés: les Rohingyas et les Syriens.

Étrillant Aung San Su Kyi, dirigeante du Myanmar, il a dit: "Près d’un million de Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin… Nous exigeons que le gouvernement du Myanmar mette fin à cet horrible nettoyage ethnique et permette aux Rohingyas de rentrer chez eux et de reconstruire leurs communautés et leur vie en toute sécurité."

A propos de la `terrible guerre en Syrie´, il a dit qu’elle  "a causé des millions de réfugiés, dont j’ai rencontrés quelques uns en Jordanie cet été, des gens merveilleux et courageux, voulant à tout prix rentrer chez eux, voir la paix, se demandant comment leurs familles se débrouillent chez elles, à une courte distance de là… On doit arrêter les tueries, et donner à ces merveilleux réfugiés le droit, comme ils veulent, de rentrer dans leur propre pays".

Nous sommes tellement immergés dans le récit sioniste que nous ne nous attendons même pas à ce que Jeremy Corbyn prononce des paroles similaires au sujet des réfugiés palestiniens, même en sachant qu’ils sont beaucoup plus nombreux et souffrent depuis plus longtemps que les autres groupes méritants. Le rétablissement essentiel de la justice sous la forme du droit au retour est irrémédiablement incompatible avec l’État d’Israël.

Mais ne devrait-il pas être possible de convaincre le Parti travailliste et des hommes et femmes politiques exceptionnellement honnêtes et bien informés comme M. Corbyn qu’il existe une incompatibilité et une contradiction à soutenir le retour des autres réfugiés mais pas celui des Palestiniens ?

Source: Externe

Notre dilemme

Nous, les partisans internationaux de tous les droits de tous les Palestiniens, souhaitons bonne chance à M. Corbyn et sommes confrontés à un dilemme. Il a toujours eu le cœur à la bonne place en ce qui concerne bon nombre des droits d’un grand nombre de Palestiniens. Ses efforts courageux en faveur des droits des Palestiniens ont commencé il y a des décennies. Les applaudissements frénétiques du Parti travailliste aux propos pro-palestiniens de son dirigeant donnent raison d’espérer, sans parler de l’adoption par le Congrès d’une résolution contre les ventes d’armes à Israël.

Mais les travaillistes – ou les nouveaux visages qui entreront bientôt au Congrès américain – peuvent-ils parcourir le reste du chemin? Le problème réside dans les petits caractères. Bien qu’émotionnellement nous nous réjouissions grandement que M. Corbyn se soit partiellement distancié du courant dominant sur la question palestinienne, et bien que nous le défendions vivement contre les accusations absurdes d’antisémitisme (malgré la purge des critiques du sionisme par son parti) la solution à deux Etats est tragiquement au centre du courant dominant.

Car M. Corbyn et les travaillistes réaffirment leur place dans le chœur des réactionnaires qui, la semaine dernière à l’ONU, faisaient une ultime tentative pour défendre la solution à deux États: Donald Trump , Emmanuel Macron, Benjamin Netanyahu, Abdel Fattah el-Sissi, le journal Haaretz et bien sûr le leader palestinien non élu Mahmoud Abbas.

Rien en principe contre d’étranges partenaires, mais ceci nous donne des raisons de marquer une pause. Au cours de cette pause, nous devons examiner de très près ce que signifie réellement la solution à deux États. En plus de son incompatibilité avec les quatre revendications de BDS, l’autodétermination, l’égalité au sein d’Israël, la désoccupation et le retour, il y a un an à peine, même Jérusalem a été dérobée!

Il se pourrait que le vol de Jérusalem soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase, ou plutôt la dernière pelletée de terre sur la tombe de la solution à deux États, qui a commencé à mourir dès 1938 lorsque le gouvernement britannique s’est rendu compte que la partition que proposait sa Commission Peel était une mauvaise idée inapplicable.

Déterminer si l’homme d’affaires Trump se rendra compte que soutenir Israël est de toute façon une `mauvaise affaire´ et forcera Israël à accepter un Israël sans "la Judée et la Samarie", dépasse mes compétences. Mais avoir un Royaume-Uni au Conseil de sécurité qui s’opposerait à l’enterrement des droits des Palestiniens dans deux États est une chose pour laquelle il vaut la peine de se battre, et nous devons donc faire pression de toute urgence sur les travaillistes.

Jeremy Corbyn a les connaissances, le cœur et les ressources pour aller au-delà des deux États, vers la démocratie et la fin qui n’a que trop tardé du colonialisme d’apartheid que son parti a le devoir de combattre. Nous devons essayer de lui montrer, ainsi qu’à son parti, ce qu’ils soutiennent réellement lorsqu’ils soutiennent un « Israël sûr » qui exclut littéralement tous les Palestiniens de leur patrie. C’est la meilleure chance pour les Palestiniens sur le plan international depuis 1947, mais le parti travailliste n’est pas encore tout à fait à la hauteur.

Blake Alcott - 

10.10.18

Source: Chronique de Palestine

13 octobre 2018

Diffamer pour de l'argent

Source: Externe

Haaretz a révélé dernièrement que Mission Canari, organe de diffamation hasbara qui a été créé pour « répandre la peur parmi les étudiants politiquement actifs, en publiant en ligne plus d’un millier de dossiers sur ceux qui soutiennent les droits des Palestiniens », est financé par une des plus grandes associations caritatives juives des USA.

Selon HaaretzThe Forward, organe de presse juif US « … a définitivement identifié un des principaux bailleurs de fonds de Mission Canari: c’est une fondation contrôlée par la Fédération des Communautés juives de San Francisco, et une des principales associations caritatives juives US, au budget annuel de plus de 100 millions de $ ».

On l’aurait deviné que le financement provenait d’une organisation de ce genre! On se doutait bien que ce n’étaient pas le gouvernement iranien ou le Hamas qui allaient envoyer des shekels à la fabrique de diffamation sioniste. Haaretz continue: « Depuis trois ans, un site web appelé Mission Canari répand la peur parmi les étudiants activistes, en postant en ligne plus d’un millier de dossiers politiques sur ceux qui soutiennent les droits des Palestiniens. Les dossiers ont pour but de ruiner les perspectives d’emploi de ces étudiants, et ils ont même été utilisés par des officiers de sécurité israéliens dans des interrogatoires. »

Mission Canari est effectivement une opération répugnante et elle est loin d’être la seule. Il y a pas mal de temps que nous observons des efforts similaires dans l’univers institutionnel juif. Il serait même raisonnable de soutenir que la diffamation est devenue une nouvelle industrie juive. En parfaite cohérence avec les règles de l’économie, beaucoup de nouveaux groupes juifs sont entrés dans ce profitable business, et leurs organes de propagande se font une guerre sans pitié pour l’obtention de dons et de financements.

C’est une variante de la bataille que nous avons vu se dérouler en Grande-Bretagne ces dernières années. Presque toutes les institutions juives du pays ont participé au concours « diffamons Corbyn », rivalisant à qui jetterait le plus de boue sur le Parti Travailliste et sur son dirigeant. Le résultat a été magnifique. La semaine dernière, à la conférence annuelle du Labour, le parti a unanimement exprimé sa ferme opposition à Israël et s’est rangé aux côtés des Palestiniens.

Source: Externe

Dire du mal des gens n’est pas réellement un « symptôme sioniste ». Malheureusement, c’est une obsession politique juive. Au milieu de ses collecteurs de fonds, il semble que Jewish Voice for Peace (« Voix juive pour la Paix ») investisse beaucoup d’énergie dans la diffamation des porteurs de vérité les plus engagés. Mondoweiss, autre organe juif, pratique également ce jeu.

Moi-même, j’ai fait l’objet de centaines de ces campagnes de diffamation par de soi-disant juifs « anti »-sionistes, désespérément soucieux d’occulter mon travail sur la politique identitaire juive. Mais leurs frénétiques efforts n’ont fait qu’apporter de l’eau à mon moulin et soutenir ma thèse que les questions qui concernent Israël et la Palestine vont bien au-delà du débat sionisme-antisionisme. Ce qu’il nous faut faire, c’est creuser dans la signification de la judéité et ses implications politiques contemporaines.

Une fois de plus, la question qui se pose est pourquoi les militants qui s’identifient comme juifs usent-ils de ces tactiques répugnantes? Pourquoi veulent-ils à tout prix diffamer et terroriser, au lieu de s’engager dans un vrai débat scientifique et/ou politique?

L’« élection » est une réponse possible. Les gens qui sont convaincus de leur propre nature exceptionnelle manquent souvent de compréhension envers « l’autre ». Il est très possible que cette déficience interfère avec la capacité d’élaborer un code d’éthique universel.

L’autre réponse peut avoir quelque chose à voir avec la bataille pour les financements. Comme nous l’apprenons de Haaretz, la Mission Canari est financée par une des plus riches organisations juives américaines. La diffamation a une valeur marchande. « Vous diffamez, nous envoyons l’argent. » Malheureusement, cela vaut également pour les sionistes et pour les « anti ».

Essentiellement, dans cette bataille, les juifs s’opposent souvent les uns aux autres. Haaretz écrit que la Mission Canari « est controversée depuis son apparition à la mi-2015, et qu’on la compare à la liste noire McCarthiste ». Et il semble que certains juifs sionistes aient fini par en conclure que la fabrique de diffamation Canari donnait un mauvais renom aux juifs.

Tilly Shames, qui dirige le campus Hillel, à l’université Ann Arbor du Michigan, a dit au Forward que « la tactique de l’organisation est gênante, à la fois d’un point de vue moral, et parce qu’elle s’avère inefficace et contreproductive ».

Source: Externe

Shames a encore dit que la publication de dossiers sur des étudiants de son campus par Mission Canari a eu pour résultat de valoir un plus grand soutien aux étudiants ciblés et à leurs idées, et a semé la méfiance à l’égard des étudiants pro-Israël, soupçonnés d’espionner pour le compte de Mission Canari.

Cette dynamique s’explique. Mon étude des oppositions contrôlées par les juifs postule que les militants qui s’identifient comme des militants juifs essaient toujours de dominer les deux pôles de tout débat ayant quoi que ce soit à voir avec les intérêts juifs. Une fois qu’il a été admis que la Palestine était en train de devenir un « problème juif » un certain nombre d’organisations juives se sont de plus en plus impliquées dans le pilotage des mouvements de solidarité avec les Palestiniens. Nous avons alors vu qu’ils diluaient les appels en faveur des droits au retour des Palestiniens et les remplaçaient par des notions édulcorées qui, de facto, légitimaient Israël.

Quand il a été évident que l’École Néocon était, dans la pratique, une machine de guerre Siocon, nous avons vu des organismes de la gauche juive se mettre à piloter les appels anti-guerre. Lorsque certains juifs britanniques se sont rendus compte que la campagne juive contre Corbyn risquait de leur revenir en pleine face, ils ont été étonnamment prompts à former Jews for Jeremy (« Juifs pour Jeremy »), qui s’est rapidement transformé en  Jewish Voice for Labour  (« Voix juive pour le Labour »). La bataille décisive sur qui sera le prochain Premier ministre britannique est devenu un débat juif interne.

Les militants de Hillel ont vu que Mission Canari commençait à se retourner contre ses promoteurs. Ensemble, avec The Forward et Haaretz, ils s’empressent de prendre position en première ligne de l’opposition.

Gilad Atzmon -

04.10.18

Source: Arrêt sur Info

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12 octobre 2018

Farès assassiné, les cours se poursuivent et la vie continue à Gaza!

Source: Externe

Une semaine après la mort de Nasser Azmi, enfant de 11 ans tué par les soldats israéliens vendredi dernier au sud de la bande de Gaza, un autre enfant assassiné par l’armée israélienne vendredi 5 octobre 2018.

 

 

Farès Sersawi, brillant élève de 12 ans, tué par un sniper israélien à l’est de la ville de Gaza, alors qu’il cherchait les nouvelles de son frère qui manifestait pacifiquement contre le blocus et contre l’injustice sur les frontières de Gaza.

 

C’est horrible !

Quelle tragédie !

C’est triste, terriblement triste !

Quelle horreur… quelle honte ?

Qui peut accepter de telles souffrances ? Qui ???

Jusqu’à où, jusqu’à quand ?

Pourquoi toute cette haine ?

Que dois-je dire à ta famille Farès ?

Qui va calmer la colère de tes frères et de tes sœurs ?

Repose en paix petit ange !

C’est terrible le quotidien de nos enfants à Gaza !

Ni loisir, ni joie, ni enfance !

Seulement des rêves brisés.

Et en plus des balles israéliennes dans leurs têtes et dans leurs poitrines.

Les camarades de Farès en colère certes, mais ils n’ont pas abandonné l’école

Source: Externe

Ils ont décidé de poursuivre les cours

Ils ont déposé un gerbier de fleurs sur son banc

Ils ont rendu un grand hommage à cet élève intelligent.

Et ils ont continué leur journée scolaire

Malgré leurs larmes et leur tristesse, ils veulent apprendre et apprendre.

Ils veulent réaliser le rêve de Farès et les rêves de tous les enfants palestiniens tués par l’armée de l’occupation.

Une leçon de courage, une leçon de dignité et une leçon de vie

L’éducation en Palestine est un avenir, un enjeu, et un espoir

La vie continue à Gaza !

Vive la résistance !

Vive la solidarité !

Vive la Palestine !

Ziad Medhouk -

08.10.18

Source: Afrique-Asie

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11 octobre 2018

Ce n’est pas aux Nations-Unies de décider de la résistance palestinienne

Source: Externe

Les manifestations de la Marche du Grand Retour dans la bande de Gaza ont fourni aux Palestiniens les fondements sur lesquels ils peuvent exprimer leurs revendications, loin des querelles politiques, de l’opportunisme et de l’exploitation qui ont rendu les peuples dépendants de leur seule détermination à survivre.

Depuis le 30 mars, ils ont non seulement manifesté leur volonté de continuer à faire reconnaître leur droit de retour, mais ils ont également mis en lumière le fossé qui sépare les aspirations palestiniennes des fausses représentations de la communauté internationale sur les revendications palestiniennes.

Deux déclarations récentes de responsables de l'ONU témoignent du refus de la communauté internationale de reconnaître ces dernières.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies dans le territoire palestinien occupé (OCHA) a dilué les manifestations palestiniennes en cours pour laisser place à une réflexion sur « la frustration croissante due à la dégradation des conditions de la vie quotidienne et à la privation constante des droits fondamentaux de l'homme et à l’absence de processus politique. »

Il a également appelé les Israéliens à « veiller à ce que leur recours à la force soit conforme aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international. » 

La dernière déclaration d'Adalah dénonçant les tirs des snipers israéliens note que depuis la Commission d'enquête Or, qui réfute les tirs des snipers et les balles réelles comme moyen de dispersion des foules, la politique d’Israël n’a pas changé.

Une requête déposée par Adalah et le Centre pour les droits de l'homme Al-Mezan en avril dernier a été rejetée par la Cour suprême israélienne.

À l'occasion de la Journée internationale de la non-violence, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à la mise en œuvre de l'approche non-violente de Gandhi. « Aux Nations Unies, a-t-il expliqué, un monde sans violence - et la résolution des différends par des moyens non violents - sont au cœur de notre travail. »

Les deux déclarations de l'ONU sont pleines d'omissions. La focalisation d'OCHA sur la prévention de « nouvelles détériorations et pertes en vies humaines » est un moyen peu concluant qui permet à Israël l'impunité de tuer et de blesser des Palestiniens sans entrave.

En outre, l’insistance à déterminer la privation comme facteur de motivation des manifestations en cours reflète l’obstination de l'ONU à représenter les Palestiniens dans le cadre de paramètres décidés par la communauté internationale. 

Le facteur principal des privations des Palestiniens est en réalité la colonisation de leurs terres. Ce qui est arrivé et continue de se produire après la Nakba a toutes les ramifications du processus de nettoyage ethnique initial et en cours.

La déclaration d'OCHA sert la structure de son organisation et de ses objectifs, mais elle est loin d'une représentation exacte de la situation des Palestiniens.

De même, la déclaration de Guterres sur la non-violence n'est que le reflet de l'hégémonie dominante imposant les conditions de la non-violence aux populations opprimées.

Si Gandhi prouve que la non-violence peut changer l'histoire, l'ONU est la preuve qu'exploiter le concept de non-violence est la méthode privilégiée par l'organisation pour imposer des obligations aux populations qui ne disposent pas des moyens de résister à diverses formes d'oppression, notamment la violence coloniale et militaire.

Il est temps que l'ONU mette fin à ses mascarades de « journées internationales…» qui, après tout, se contentent de parler des causes et des problèmes, au lieu d'établir la responsabilité et de mettre fin à la capacité des États à agir en toute impunité.

Source: Externe

Quel que soit le moyen de résistance que les Palestiniens décident d’utiliser, ce n’est pas à l’ONU de réglementer leur choix.

À la différence des violations des droits de l'homme, qui sont sans équivoque contre le droit international, la résistance par tous les moyens disponibles est légitime pour le colonisé dans sa lutte pour la libération.

L'ONU a facilité la colonisation de la Palestine. Exiger l'assujettissement des Palestiniens à un récit international qui permet à l'organisation de poursuivre son travail bureaucratique est au-delà de l’arrogance.

Ramona Wadi -

08.10.19

Source: ISM

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10 octobre 2018

Oui à la Justice, Non à l’Apartheid

Source: Externe

Un quart de siècle après Oslo, Israël consolide sa domination, mais le mouvement mondial de résistance grandit.

 

Le mois de septembre a marqué le 25è anniversaire des Accords d’Oslo loués par beaucoup de gens lors de leur signature, comme l’aube d’une ère nouvelle au Moyen-Orient dans laquelle Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine remplaceraient le conflit par des négociations menant à la paix et à un État palestinien.

Certains observateurs à l’époque, dont Edward Saïd, ont pointé les failles dans cette déclaration de 1993, parmi lesquelles tandis que l’OLP reconnaissait l’État d’Israël et renonçait à la violence, les Accords n’ont jamais mentionné l’occupation israélienne, n’ont jamais noté l’illégalité des colonies israéliennes et ne contenaient pas de promesse, ou même la moindre mention d’un État palestinien comme résultat final des conversations.

Quels qu’aient été ses qualités ou ses défauts, le « processus de paix » d’Oslo, qui a fait l’objet d’un soutien actif pendant 25 ans, est mort désormais.

Il n’y a pas eu de négociations depuis l’effondrement de la dernière série de conversations pilotée par le Secrétaire d’État de Barack Obama, John Kerry, et il n’y a pas de signe de discussions sérieuses dans un avenir prévisible.

Ce que nous avons vu, au contraire, est une détérioration choquante des conditions de vie des Palestiniens sous le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.

Benjamin Netanyahu, qui est désormais le 1er ministre d’Israël à avoir gouverné le plus longtemps, est sur le point de réaliser un rêve qui lui est cher de longue date: non seulement la destruction du processus d’Oslo mais l’étouffement de la dernière chance d’une solution à deux États pour ce conflit.

L’expansion des colonies par son gouvernement, dont à la fois Kerry et le négociateur américain Martin Indyk ont dit que c’était une raison clef de la rupture des négociations, a tué l’espoir de cette solution en découpant la Cisjordanie en bantoustans discontinus.

En même temps, les attaques militaires répétées d’Israël contre le peuple emprisonné à Gaza ont gravement endommagé l’infrastructure de la bande de Gaza; l’ONU dit qu’elle sera invivable en 2020.

Source: Externe

La répression israélienne qui s’intensifie a aussi été dirigée contre les citoyens palestiniens d’Israël, soit en gros 20% de la population.

Le gouvernement a régulièrement démoli des villages bédouins dans la région du sud du Neguev, dans une tentative de pousser de force leurs habitants dans un petit nombre de villes désignées exprès, permettant ainsi l’extension de la construction de logements juifs dans des zones anciennement bédouines.

Et en juillet, la Knesset a voté la loi dite de l’État-Nation, qui proclame que « Jérusalem entière et unifiée » est la capitale d’Israël; que le « droit à l’autodétermination dans l’État d’Israël est seulement celui du peuple juif; et que « l’État considère l’établissement des juifs comme une valeur nationale.

La loi déclare aussi que « Eretz Yisraël » (qui comprend toute la Palestine historique) est la patrie historique du peuple juif. Comme le remarque Rachi Khalidi sur TheNation.com, « le résultat est une loi qui nie l’existence même des Palestiniens et de leurs droits où que ce soit en Palestine, et non simplement à l’intérieur des frontières élastiques à l’infini de l’État d’Israël ».

Comme le note aussi Khalidi, l’apartheid peut être une description correcte de l’ordre actuel, mais à Gaza le plan ressemble plutôt à l’annihilation.

Les États-Unis n’ont jamais été un intermédiaire honnête au Moyen-Orient. Mais depuis l’arrivé au pouvoir de Donald Trump, Washington s’est même débarrassé d’un semblant d’équilibre.

Trump a laissé tomber l’engagement américain de longue date pour une solution à deux États et il s’est servi, comme son envoyé au Moyen-Orient et comme ambassadeur des États Unis, de deux hommes, Jason Greenblatt et David Friedman, qui sont personnellement des soutiens des colonies israéliennes.

Trump a reconnu la souveraineté d’Israël sur Jérusalem illégalement annexée en 1967 et y a déplacé l’ambassade américaine – à un moment où des soldats israéliens tiraient sur des centaines de Palestiniens de Gaza qui manifestaient pacifiquement en revendiquant leur droit au retour.

Dans un acte exceptionnellement cruel et malveillant, l’administration Trump a aussi coupé tout financement à l’Office de Secours et de Travaux de l’ONU (l’UNRWA) qui fournit une aide terriblement nécessaire aux millions de réfugiés palestiniens, ainsi que les 200 millions de dollars (174 millions €) d’aide économique aux Palestiniens et aux hôpitaux de Jérusalem.

Et l’administration a fermé le bureau de l’OLP de Washington.

Etant donnée une telle attaque multiforme, il est difficile de prendre au sérieux la promesse de l’administration de l’imminence d’un nouveau plan de paix.

Face à l’expansion sans répit des colonies israéliennes et à l’impossibilité de la communauté internationale de faire advenir une solution pacifique au conflit, des groupes de la société civile palestinienne ont appelé à une campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël, qui a inspiré un mouvement croissant de solidarité à la base. Reconnaissant son pouvoir potentiel, le gouvernement de Netanyahu a déclaré, il y a plusieurs années, que BDS était une « menace stratégique » et a dédié un ministère du gouvernement au combat contre ce mouvement.

Source: Externe

Les groupes de lobbying américains qui sont des substituts d’Israël se sont joints à ce combat et un élément clef de leur stratégie est de qualifier BDS et des campagnes similaires d’antisémites (ironique, vu le récent copinage de Netanyahu avec le premier ministre antisémite Viktor Orbán).

L’administration Trump, qui a elle-même flirté avec des antisémites, participe pleinement: le Bureau pour les droits civils du département de l’Éducation a récemment annoncé la réouverture d’une enquête sur l’antisémitisme supposé à l’Université Rutgers – des accusations que l’administration Obama avait considérées dénuées de fondement – fondées sur une définition hautement contestée de l’antisémitisme pouvant être utilisée pour censurer toute critique d’Israël.

Ces jours-ci peuvent paraître sombres pour la cause palestinienne, mais le mouvement de solidarité grandit: de plus en plus de gens prennent leurs distances vis-à-vis du gouvernement israélien qui se débarrasse avec constance de ses éléments démocratiques et libéraux.

Avec l’évanouissement de la solution à deux États, un État d’apartheid de fait est né, dans lequel la moitié de la population n’a que peu ou pas de droits. Un tel système ne peut survivre à long terme.

Ceux pour qui la justice compte et qui croient, comme nous, que les Juifs et les Palestiniens en Israël-Palestine peuvent et doivent trouver un moyen de partager la terre de façon harmonieuse, avec des droits égaux pour tous, auront à redoubler d’efforts pour mettre fin à l’oppression israélienne et trouver une juste solution au conflit.

Les Editeurs de The Nation -

27.08.18

Source: Agence Médias Palestine

09 octobre 2018

Bulldozers et permis bloqués : comment Israël fait la guerre aux écoles palestiniennes

Source: Externe

Un tiers des Palestiniens de Cisjordanie occupée n’a pas d’école primaire. Deux villages tentent d’empêcher Israël de démolir les leurs.

A Zanouta, dans la chaleur intense du désert, Aalia Issa, 5 ans, est assise dans une école de village faite de blocs de ciment, avec une bâche en guise de toit.

Elle est extrêmement timide, mais tient à dire à quel point elle aime y aller chaque jour. « Ils nous enseignent et nous donnent des trophées et des récompenses pour notre intelligence », témoigne Aalia.

Bien qu’elle ne soit qu’en maternelle, Aalia a déjà constaté avec quelle facilité son éducation pouvait lui être enlevée.

Vingt jours après que les habitants de Zanouta, au sud d’Hébron, eurent construit leur première école en blocs de ciment et en tôles, en mars, les forces israéliennes l’ont rasée dans la nuit avec des bulldozers, au motif qu’elle avait été construite sans les permis adéquats.

Sans se décourager, les habitants du village ont acheté de nouveaux matériaux et reconstruit l’école au cours de l’été. Mais quand Aalia et d’autres élèves sont arrivés pour leur premier jour d’école la semaine dernière, ils ont été accueillis par un avis des autorités israéliennes: soit ils démantelaient l’école, soit elle serait démolie la semaine suivante.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), cette école est l’une des 44 écoles de Cisjordanie qui risquent une démolition totale ou partielle.

La plupart des écoles touchées se trouvent dans la zone C, qui représente environ 61% de la Cisjordanie occupée et qui est sous contrôle israélien total depuis les accords d’Oslo en 1993.

Près de 300.000 Palestiniens y vivent, mais entre les démolitions d’écoles par les Israéliens et le rejet systématique des demandes palestiniennes pour en construire de nouvelles, un tiers de la population n’a pas d’école primaire.

Au lieu de cela, 10.000 enfants apprennent dans des mobile homes, des tentes et des baraques en tôle. Mais même ces structures de fortune sont démolies à maintes reprises. En règle générale, les autorités israéliennes justifient les démolitions en arguant que les écoles ont été construites illégalement.

La Coordination des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’agence chargée de mettre en œuvre la politique israélienne en Cisjordanie occupée, a déclaré à MEE que peu de résidents palestiniens déposent des permis de construire.

« Il convient de souligner que le nombre de demandes soumises par des habitants palestiniens est généralement très faible », a indiqué la COGAT dans une réponse écrite.

« L’administration civile examine chaque demande d’attribution qui lui est soumise sur une base individuelle, conformément aux critères définis dans ses procédures et aux instructions du pouvoir politique. De plus, l’administration civile examine des projets visant à créer des établissements d’enseignement conformément aux lois et procédures de planification. »

Les défenseurs des droits de l’homme, quant à eux, déclarent que le processus de délivrance de permis est une farce dissimulant des discriminations et violations du droit international bien ancrées.

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et de Palestine, a déclaré que l’armée israélienne rejetait systématiquement les demandes de permis de construire déposées par les Palestiniens, ne laissant que 1% de la zone pour le développement palestinien.

« Rendre certaines zones invivables pour les Palestiniens et créer fondamentalement des conditions qui conduisent à des transferts forcés fait partie de la politique du gouvernement israélien», a-t-il affirmé. « Les enfants en paient malheureusement le prix. » 

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Marcher pour apprendre

Zanouta est située sur une colline surplombant l’autoroute 60, une route de la colonisation qui permet aux citoyens israéliens d’accéder à Beer-Sheva, la principale ville israélienne du désert du Néguev, depuis la Cisjordanie occupée.

Elle ressemble à un village bédouin – principalement construites à partir de bâches et de structures temporaires – mais c’est une communauté agricole palestinienne dont les habitants travaillent principalement la terre et élèvent des chèvres.

Khalil al-Tel, un habitant de Zanouta âgé de 36 ans, explique à MEE qu’ils ont construit l’école ce printemps afin que leurs enfants aient accès à l’éducation.

Avant l’école, qui prend en charge 40 enfants, y compris ceux d’une autre communauté palestinienne voisine, quiconque souhaitait apprendre aurait dû faire une longue marche.

« L’école la plus proche de nous est située dans la ville de Dahreyah, à environ 7km à pied », souligne al-Tel en désignant un autre village dans la brume poussiéreuse des montagnes. « En tant qu’adulte, pouvez-vous marcher tous les jours une heure et demie le matin et l’après-midi ? »

« Il s’agit par ailleurs d’une route de l’apartheid », a-t-il déclaré, montrant une route réservée aux Israéliens que les enfants doivent traverser. « Personne ne peut garantir leur sécurité. Même si vous voulez traverser cette route, vous devez y réfléchir à deux fois avant de le faire. »

L’école a ouvert le 26 mars. Le 10 avril, les forces israéliennes l’ont démolie. « Ils ont également volé tout le matériel et les outils appartenant à l’école », précise al-Tel.

La jeune Aalia se souvient bien de cette journée. « Nous étions très tristes. Nous leur avons crié dessus », témoigne-t-elle. 

Les cours se sont poursuivis sur le sol des vestiges de la structure. Cet été, l’école a été reconstruite grâce aux fonds recueillis auprès des communautés environnantes et de la Commission de résistance à la colonisation et au Mur, qui fait partie de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Construite avec des blocs de béton, l’école n’est pas considérée comme une structure temporaire. En vertu de la loi, les autorités israéliennes doivent donc donner un préavis avant de la démolir.

« Ils ont envoyé des drones dans la région, donc ils ont vu que cette école était construite. Le lendemain, ils sont venus et ont émis un avis de démolition », se souvient al-Tel.

Source: Externe

« C’est une ville »

Khallet al-Daba, à au moins une heure de route à l’ouest de Zanouta, le long d’une route rocheuse traversant des montagnes, compte treize enfants qui vont à l’école dans le village, du CP au CM1.

Leur ancienne école – qui comprenait des structures temporaires et des caravanes – avait été démolie pendant l’été, alors les enfants étudient maintenant dans une maison privée.

Jaber Ali Dababsha, 31 ans, est le frère de la personne qui fournit la maison aux élèves.

« Les enfants étaient très frustrés. Les soldats sont venus pendant que les enfants étaient là. Quand ils ont détruit l’école, ils hurlaient, criaient, pleuraient », raconte Ali Dababsha à MEE« Pour moi, c’est une ville et elle devrait avoir tous les services de A à Z, y compris des écoles, des cliniques, des infrastructures, l’eau, etc. Recevoir une éducation est un droit pour nos enfants, c’est important pour leur avenir, pour faire leur vie. »

Le village a récemment construit un nouveau bâtiment scolaire au cours de la première semaine de septembre, avec des fonds recueillis auprès des communautés locales. Les habitants attendent que le ministre palestinien de l’Éducation inaugure l’école en personne avant d’utiliser l’installation. Il n’a pas encore fixé de date.

Cependant, les habitants craignent que ce ne soit qu’une question de temps avant de recevoir un avis de démolition.

Parce que les autorités israéliennes accordent rarement des permis de construire aux Palestiniens. Des communautés comme Khallet al-Daba ont souvent recours à la construction en premier lieu, au dépôt des demandes par la suite avant la bataille devant les tribunaux.

« D’abord, nous établissons les faits sur le terrain. Nous passons ensuite aux procédures. Cela prend du temps, alors nous gagnons du temps. Cela pourrait prendre des années », admet Younes Arar, directeur de la Commission de résistance à la colonisation et au Mur pour la Cisjordanie-Sud, qui apporte son aide à l’école.

Si un ordre de démolition est émis pendant cette période, les habitants refusent d’abandonner. « Nous allons faire appel et nous allons franchir toutes les étapes », promet Dababsha. « De la première instance jusqu’à la Cour suprême. »

La COGAT se refuse à tout commentaire spécifique sur ce qui arrivera aux écoles de Khallet al-Daba ou de Zanouta, mais relève de manière générale que si la construction « est réalisée sans permis ou planification, l’administration civile agit conformément à la loi concernant toute construction illégale ».

 

Sans l’école, Dababsha précise que les enfants devront se rendre dans une autre école voisine, ce qu’il ne peut pas envisager en raison des risques encourus.

« S’il n’y a pas d’école ici, nous ne les enverrons nulle part, nous ne les éduquerons pas parce que le chemin qui mène à l’école la plus proche regorge de colons et de soldats. Ce n’est pas du tout sûr. Il y a aussi 3km de route accidentée », souligne-t-il.

Selon HWR, environ 1.700 enfants marchent régulièrement 5km ou plus pour aller à l’école en raison de la fermeture des routes ou du manque de moyens de transport en Cisjordanie occupée.

Selon Shakir de HRW, les enfants palestiniens – en particulier dans la zone C et les zones entourées par les colonies – sont fréquemment harcelés et ciblés verbalement ou physiquement par les colons israéliens. « Ces longues distances ou le harcèlement des colons poussent de nombreux parents à retirer leurs enfants des écoles, ce qui a surtout un effet sur les jeunes filles », relève Shakir. 

Source: Externe

Faire pression

Avec toutes les incertitudes pour les étudiants palestiniens en Cisjordanie occupée, en particulier dans la zone C, les parents et les dirigeants de la communauté craignent que leurs enfants ne prennent du retard.

« Bien sûr, nous nous inquiétons. Nous voulons qu’ils reçoivent une éducation. Nous essayons de les habituer à la situation ici, à Zanouta, et avec le temps, nous savons qu’ils rattraperont les autres écoliers palestiniens de cet âge », estime al-Tel.

Le ministre de l’Éducation de l’Autorité palestinienne (AP) a été contacté à plusieurs reprises pour commenter les difficultés rencontrées par les écoliers palestiniens dans la zone C, mais il n’était pas disponible pour un entretien.

Arar et la Commission de résistance à la colonisation et au Mur considèrent l’expansion d’Israël et la construction illégale de colonies comme la raison de la pression exercée sur les communautés palestiniennes à travers les démolitions d’écoles.

« Le plan est évident », explique Arar, à Zanouta. « Environ 6km derrière nous, il y a la Ligne verte et là encore, la Ligne verte. Ici il y a une zone industrielle israélienne et la colonie de Shima est là. Ils essaient de relier toutes ces terres aux terres occupées en 1948. Ils veulent que les communautés palestiniennes quittent la région. »

Shakir de HRW souligne que la politique israélienne en Cisjordanie occupée est une violation grave des lois internationales, en particulier des conventions de Genève et du Statut de Rome, qui interdisent « le transfert forcé de civils en territoire occupé ou le déplacement de personnes sous la contrainte ».

« Il existe aussi des lois internationales très fortes interdisant d’interférer avec l’éducation ou de détruire des biens. La justification qu’Israël utilise n’est même pas basée sur la sécurité, ils disent seulement que c’est une absence de permis », pointe Shakir.

L’effort international visant à mettre un terme à ces violations est un processus lent, même si Shakir estime que ces questions ont évolué ces dernières années. « Les pays européens qui financent des structures dans la zone C vont au-delà des condamnations habituelles et demandent maintenant à être remboursés pour les biens détruits par Israël… c’est une étape. »

La bataille juridique pour Zanouta a commencé: la semaine dernière, la Commission de la résistance a demandé à un tribunal israélien d’autoriser l’école, ce qui lui donnerait une reconnaissance légale en vertu de la loi israélienne. Les chances de réussite sont minces, reconnaît Arar. « Nous savons par expérience que le taux de réussite est nul », confie-t-il de façon détachée.

Pendant ce temps, dans l’ombre de la démolition et de l’école en blocs de ciment recouverte d’une bâche, au sommet d’une colline, les cours se poursuivent à Zanouta. Les habitants, eux, se tiennent prêts à reconstruire.

Tessa Fox -

30.09.18

Source: MEE