FREE PALESTINE

29 juin 2015

Le « Juliano » attaqué alors qu’il faisait route pour briser le siège de Gaza

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Déclaration du Freedom Theatre, le 27 juin 2015

Les passagers de la Flottille de la Liberté n°3 qui navigue vers Gaza ont annoncé qu’un des bateaux, nommé Juliano d’après le nom du cofondateur et directeur du Freedom Theatre, Juliano Mer Khamis, assassiné en 2011, a été saboté.

Des plongeurs sous-marins ont endommagé des propulseurs du bateau, lui faisant prendre l’eau, si bien que le bateau a eu à peine le temps d’arriver dans un port de Grèce avant de couler.

Les passagers ont déclaré que le samedi 27 juin, la flottille était suivie par un navire de patrouille non identifié et par un avion de chasse.

Israël a engagé une campagne massive pour empêcher la flottille d’atteindre Gaza, menaçant les participants de la même manière que lors de précédentes tentatives de briser le siège illégal de Gaza.

En 2010, les militaires israéliens ont attaqué une flottille semblable dans les eaux internationales, tuant dix militants à bord et en faisant de nombreux autres prisonniers.

Juliano Mer Khamis a souvent déclaré qu’il était 100% juif et 100% palestinien. Il parlait de la nécessité d’un État bi-national où une démocratie véritable et la justice feraient loi. Le travail de Juliano et sa vision ont poussé beaucoup de gens de par le monde à agir pour la justice en Palestine. La Flottille de la Liberté fait de même.

Le sabotage d’un bateau nommé d’après un combattant de la liberté qui croyait en l’art comme la forme la plus juste de résistance, prouve jusqu’à quel point Israël est décidé à faire taire la critique et le militantisme contre l’occupation et le système d’apartheid.

Le navire Juliano fait partie de la coalition internationale de la flottille de la liberté qui appelle à la fin du siège inhumain de Gaza qui viole les droits les plus fondamentaux du peuple palestinien. La flottille arrive moins d’un an après la terrible guerre menée par Israël contre la bande de Gaza, au cours de laquelle plus de 2200 Palestiniens ont été tués.

Le Freedom Theatre souhaite la bienvenue à l’initiative de la Flottille de la Liberté, tout comme nous souhaitons la bienvenue à toute autre forme de résistance légitime contre l’oppression israélienne. Aucune personne, organisation ou mouvement ne peut vaincre l’occupation israélienne ni l’apartheid, mais si nous nous considérons comme partie prenante d’un mouvement conjoint, nous soutenant et nous complétant les uns les autres, nous pouvons et nous réussirons à apporter la paix et la justice en Palestine.

Dans quelques jours à peine, la Flottille de la Liberté atteindra les eaux internationales au large de Gaza, avec plus de 50 personnes à bord venant de plus de 20 pays. Les bateaux apportent aussi des produits dont le besoin est urgent et, ce qui est plus important encore, un message de solidarité à la population assiégée de Gaza.

Le Freedom Theatre souhaite à la flottille un voyage en sécurité et triomphant à Gaza !

Longue vie à la Flottille de la Liberté, longue vie à Gaza et à la Palestine.

Comptes twitter : https://twitter.com/GazaFFlotilla et https://twitter.com/ShiptogazaSE

Sites web : https://freedomflotilla.org et https://ff3.freedomflotilla.org

Traduction SF pour ATL Jénine et le Freedom Theatre du camp de réfugiés de Jénine

 

Le " Juliano " attaqué alors qu'il faisait route pour briser le siège de Gaza

Déclaration du Freedom Theatre, le 27 juin 2015 Les passagers de la Flottille de la Liberté n°3 qui navigue vers Gaza ont annoncé qu'un des bateaux, nommé Juliano d'après le nom du cofondateur et directeur du Freedom Theatre, Juliano Mer Khamis, assassiné en 2011, a été saboté.

http://www.ujfp.org


Source

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19 juin 2015

Le Blocus de Gaza en Chiffres

Le Blocus de Gaza en Chiffres - Déni et Privation continuels
Rapport du 14 juin 2015

Par

Le blocus asphyxiant de Gaza par Israël entre maintenant dans sa neuvième année, avec un impact dévastateur croissant sur les vies des 1,8 million de Palestiniens. Le blocus de Gaza a créé une situation humanitaire précaire que la fermeture du passage frontalier de Rafah contrôlé par l’Égypte, la porte de sortie principale vers le monde extérieur, aggrave. Les chiffres ci-dessous, ainsi que les histoires des Gazaouis ordinaires, illustrent quelques-uns des effets désastreux du blocus.

Le Blocus de Gaza en Chiffres - Déni et Privation continuels
Rapport du 14 juin 2015

Restrictions à la libre circulation des personnes :
- 535 patients palestiniens, dont 86 enfants, n'ont pas été autorisés à recevoir un traitement médical à l'extérieur de Gaza en 2014. 160 autres patients, dont 16 enfants, ont subi le même refus en 2015. (1)
- Environ 550 étudiants n'ont pas été autorisés à passer par Erez pour aller poursuivre leurs études dans des universités étrangères depuis 2014. (2)
- Le terminal de Rafah entre Gaza et l’Égypte a été ouvert 122 jours en 2014. Au cours des quatre premiers mois de 2015, il n'a été ouvert que cinq jours. (3)
- Environ 30.000 Palestiniens, dont des patients et des étudiants, attendent de traverser en Égypte. Parmi eux, 17.000 sont inscrits comme prioritaires sur les listes du ministère palestinien de l'Intérieur à Gaza. (4)

Entrave à l'entrée de matériaux :
- Israël limite sévèrement l'importation à Gaza des agrégats, des barres de fer et du ciment, qui sont essentiels à la construction.
- Environ 800.000 camions de matériaux de construction sont indispensables pour construire maisons, écoles, structures sanitaires et autres infrastructures (5) qui ont été détruites ou endommagées : le taux d'entrée de matériaux de construction n'est que de 0,2 pour cent. A ce rythme, il faudra plus d'un siècle pour reconstruire Gaza. (6)
- 17.600 familles sont toujours sans abri du fait de la destruction de leur maison pendant l'attaque israélienne de 2014(7). Parmi elles, 1.031 familles sont hébergées dans ces centres collectifs de l'UNRWA et 481 autres dans des caravanes (8) en attendant la reconstruction de leur maison.

Effondrement économique :
- 72 pour cent des usines de Gaza ont fermé depuis 2007 à cause des restrictions sévères sur les importations, la presque-totale interdiction sur les exportations et les destructions causées par les opérations militaires israéliennes. (9)
- Le secteur des exportations de Gaza a pratiquement disparu et le secteur manufacturier connaît une réduction allant jusqu'à 60 pour cent. (10)
- Les pertes de PIB à Gaza depuis l'imposition du blocus en 2007 sont estimées à plus de 50 pour cent. (11)
- Le taux de chômage à Gaza est le plus élevé du monde, à 44 pour cent. (12)

Impact sur l'agriculture et les moyens d'existence :
- L'accès des fermiers à leurs terres dans les "Zones d'accès limité" ( Access Restricted Areas, ARA) (13), en particulier à l'intérieur des 300m depuis la clôture avec Israël, est interdit par l'armée israélienne et empêché par la force létale.
- Les ARA prennent jusqu'à 17 pour cent de la terre totale de Gaza. En effet, 35 pour cent des terres arables disponibles à Gaza sont d'une utilisation dangereuse pour les Palestiniens. Les zones les plus proches de la clôture frontalière ont les accès les plus limités. (14)
- Cinq civils palestiniens ont été tués et 131 ont été blessés dans les ARA en 2014. 17 autres personnes ont été blessées depuis le début de 2015.
- Les pêcheurs sont autorisés à accéder à 6 miles nautiques sur les 20 miles nautiques de la zone de pêche qui leur a été allouée par les Accords d'Oslo de 1993. Cette restriction empêche les pêcheurs d'accéder aux zones de pêche les plus riches, ce qui diminue les prises et les revenus.
- La marine israélienne a détenu 58 pêcheurs à l'intérieur de la limite des 6 miles en 2014 et 13 autres pendant les quatre premiers mois de 2015. (15)
- Les forces navales israéliennes ont confisqué 27 bateaux et endommagé 7 autres à l'intérieur de la limite des 6 miles en 2014. Au cours des quatre premiers mois de 2015, 4 bateaux ont été confisqués et 6 endommagés. (16)
- Environ 1.400 tonnes de capture sont perdues chaque année à cause des restrictions sur la zone de pêche de Gaza, ce qui prive l'économie de 26 millions de dollars par an. (17)
- Le nombre de pêcheurs à Gaza est de 3.500, (18) mais en pratique seuls 1.200 pêcheurs peuvent pêcher. (19)
- 95 pour cent des pêcheurs de Gaza reçoivent une aide internationale. (20)
- 57 pour cent de la population de Gaza souffre d'insécurité alimentaire (21) et près de 80 pour cent sont bénéficiaires d'aide. (22)

Effondrement de l'infrastructure d'eau et d'assainissement :
- 90 millions de litres d'eaux usées et partiellement traitées sont rejetés dans la Mer Méditerranée depuis Gaza à cause des coupures d'électricité et du manque de matériaux de construction, dont les pièces détachées, pour les installations de traitement des eaux usées.
- 97 pour cent de l'eau fournie par les réseaux municipaux est impropre à la consommation humaine. (23)


Histoire de Gazaouis ordinaires


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Mohammed Almlahi, 48 ans, est au chômage et père de 10 enfants. Il était plâtrier mais a cessé de travailler à la suite de l'interdiction d'entrée de matériaux de construction à Gaza. Ahmed dépend maintenant complètement de l'aide humanitaire donnée par des organisations caritatives pour subvenir aux besoins de base de sa famille. La fille d'Ahmed, qui a 21 ans, n'a pu poursuivre ses études secondaires parce son père ne peut pas régler les frais de scolarité. "Je ne peux rien donner à mes enfants. Je me sens impuissant et je ne vois aucun avenir dans de telles circonstances," dit Ahmed. "Tout ce que je veux, c'est un travail décent pour avoir une vie digne."


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Mes’ad Baker, 39 ans, est pêcheur, il a été grièvement blessé à la jambe par un tir de la marine israélienne lorsque son bateau a été confisqué en 2012 alors qu'il pêchait dans la limite des 6 miles. Mes'ad a perdu sa seule source de revenus et il est maintenant criblé de dettes. Mes'ad va pêcher avec d'autres pêcheurs chaque fois qu'il en a l'occasion mais la marine israélienne leur fait obstacle et les empêche régulièrement de pêcher dans les limites convenues. Mes'ad dit que l'essentiel de ses profits générés par la pêche vient des sardines, mais cette année il a manqué la saison de la sardine à cause des restrictions israéliennes. "Je ne peux pas payer mes dettes parce que je ne peux même pas subvenir aux besoins de ma famille," dit-il.


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Amal Rajab a 45 ans et elle est mère de neuf enfants. Sa maison de deux niveaux récemment construite a été détruite pendant la dernière offensive israélienne contre Gaza. Amal vit maintenant avec sa famille sous une tente, près de sa maison détruite. Presqu'un an s'est écoulé sans aucune amélioration dans les vies d'Amal et de ses enfants, et la situation empire avec les températures estivales élevées. "Je n'ai aucune intimité et je dois rester voilée toute la journée, malgré la chaleur sous la tente," dit Amal. "Nous allons chez des cousins pour nous détendre. Je suis tellement découragée que je ne sais pas combien de temps je vais supporter cette situation. J'ai l'impression que je vais bientôt m'écrouler," dit Amal.


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Ahmed Abu Mo’amar, 75 ans, est propriétaire de 20 dunums (2ha) de terre situés à 500m de la clôture avec Israël, dans le secteur Al-Shawka, au sud de la Bande de Gaza. La terre est plantée de pêchers et d'abricotiers, mais la plupart du temps il ne peut s'y rendre. "Nous ne pouvons pas cultiver de légumes, qui sont plus rentables, parce qu'ils ont besoin de soins quotidiens, et nous ne pouvons pas le faire en raison des restrictions actuelles," dit Ahmed. L'armée israélienne a rasé la terre d'Ahmed trois fois, la dernière fois en 2012. "Nous faisons pousser et l'armée israélienne détruit," dit-il.



Recommandations :

En tant que puissance occupante, Israël doit respecter ses obligations dans le cadre du droit international et lever son blocus sur Gaza, qui impose une punition collective à 1,8 million de Palestiniens, en violation flagrante du droit international. Israël porte la responsabilité juridique des conséquences de ses actes concernant les habitants de la Bande de Gaza. Le Centre de Développement MA'AN exige que :

- La communauté internationale, dont les organes de défense des droits de l'homme des Nations Unies, exerce une pression politique sérieuse sur Israël pour mettre fin à son occupation des territoires palestiniens ; lever le blocus de Gaza et autoriser la libre circulation des biens et des matériaux de construction à l'intérieur de Gaza, et tenir Israël pour responsable des violations des droits de l'homme des Palestiniens. Si elle manque à ses devoirs, la communauté internationale devient complice des souffrances de la population de Gaza.

- L'Union européenne suspende l'Accord d'Association UE-Israël jusqu'à ce qu'Israël prenne des mesures substantielles et immédiates pour ouvrir les postes frontaliers de Gaza de façon permanente et inconditionnelle. L'UE s'est engagée à respecter le niveau le plus élevé en matière de droits de l'homme et si elle ne prenait pas les mesures imposées par la punition collective d'Israël sur les Palestiniens à Gaza, son engagement vis-à-vis des droits internationaux de l'homme et du droit humanitaire international serait considérablement ébranlé.

Notes de lecture :
1) Informations recueillies auprès de l'Organisation Mondiale de la Santé le 24 mai 2015.
2) Informations recueillies auprès du ministère palestinien des Affaires civiles le 2 juin 2015.
3) Nations Unies, Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Rapport sur la Protection des Civils, 24 février – 2 mars 2015.
4) Ibid.
5) Voir Shelter Cluster, Suivi du matériel de construction pour Gaza, avril 2015 et Oxfam, Les reconstructions cruciales à Gaza pourraient prendre un siècle, février 2015.
6) Shelter Cluster, Fiche d'information Shelter Cluster, avril 2015.
7) Ibid.
8) Ibid.
9) Fédération palestinienne des Industries, La réalité du secteur industriel palestinien à Gaza, 2012 et Fédération palestinienne des industries, Les usines endommagées du secteur industriel, 2014.
10) Banque Mondiale, Rapport de suivi économique au Comité de liaison ad hoc (résumé analytique), mai 2015, p 6.
11) Ibid.
12) Ibid.
13) Les Zones d'accès limité s'étendent le long de la totalité des périmètres nord et est de la Bande de Gaza adjacents à la ligne d'Armistice de 1949, connue sous le nom de "Ligne verte", avec Israël.
14) Informations recueillies auprès du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) le 6 juin 2015.
15) Informations recueilles auprès du Groupe de Protection le 28 mai 2015.
16) Groupe de Protection, Actualisation sur les Zones d'accès restreint dans la Bande de Gaza, 1er janvier au 31 décembre 2014.
17) AIDA, Ouvrir de nouvelles voies : Sortir de l'impasse actuelle à Gaza, 13 avril 2015.
18) Ibid.
19) Informations recueillies auprès du Syndicat des comités agricoles le 10 juin 2015.
20) AIDA, Ouvrir de nouvelles voies : Sortir de l'impasse actuelle à Gaza, 13 avril 2015.
21) Bureau central palestinien des Statistiques, et al, Communiqué de presse : La sécurité alimentaire en Palestine reste élevée, 2014.
22) Banque Mondiale, Rapport de suivi économique au Comité de liaison ad hoc (résumé analytique), mai 2015.
23) Informations recueillies auprès de l'Autorité palestinienne de l'Eau le 24 mai 2015.


Le rapport en français au format PDF ici
Traduction MR pour Ma'an Developement Center Gaza.

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Gaza Blockade in Numbers
Continued Denial and Deprivation
14 june 2015



Israël’s strangling blockade of Gaza is now entering its ninth year, with a devastating and growing impact on the lives of 1.8 million Palestinians. The Gaza blockade has created a fragile humanitarian situation that has been aggravated by the closure of the Egyptian-controlled Rafah crossing, the main gateway to the outside world. The numbers and figures below, alongside stories from ordinary Gazans, highlight some of the shocking effects of the blockade

The report in English as a pdf HERE.

Source : Ma'an Development Center Gaza

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18 juin 2015

Liberté pour Khader Adnan, prisonnier palestinien en grève de la faim

Demandez la libération de Khader Adnan en grève de la faim

Action proposée par le réseau Samidoun, juin 2015

Khader Adnan, prisonnier palestinien en détention administrative sans chef d’accusation ni jugement, observe une grève de la faim depuis le 6 mai 2015, pour protester contre le troisième renouvellement de sa détention par les autorités israéliennes. Il se trouve dans un état alarmant.

En 2012, Khader Adnan avait déjà mené une grève de la faim de 66 jours pour sa libération et le non-renouvellement de sa peine. Il avait alors contribué au lancement d’un mouvement collectif de grève de la faim parmi les prisonniers palestiniens demandant leur libération et l’amélioration de leurs conditions de détention.

Samidoun est un réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens qui propose une action pour exiger la libération de Khader Adnan. Vous pouvez envoyer un courrier électronique en quelques clics et en Anglais à l’administration pénitentiaire israélienne et au premier ministre israélien.

Demandez la libération de Khader Adnan en grève de la faim

J’écris aujourd’hui pour demander la fin du confinement et de l’isolation de Khader Adnan, et de tous les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.
J’écris pour demander la libération immédiate de Khader Adnan et la fin de l’utilisation de la détention administrative. Adnan est détenu sans inculpation ni procès, sur la base d’informations « secrètes ».
C’est la dixième fois qu’Israël emprisonne Mr Adnan sans charge ni procès et qu’il rejoint les 500 personnes palestiniennes en détention administrative.
La vie de Khader Adnan et celle des milliers de prisonniers palestiniens m’importe, il en est de même dans le monde entier.
Les yeux du monde sont fixés sur le cas de Khader Adnan, et le gouvernement d’Israël est pleinement responsable de sa santé et de sa vie.
La détention administrative viole le droit à un procès juste comme il est reconnu dans les conventions internationales.
C’est une pratique occulte, utilisée pour faire taire les Palestiniens.
La grève de la faim courageuse de Khader Adnan il y a trois ans a été entendue dans le monde entier comme un cri de liberté, sa grève aujourd’hui est entendue et soutenue de la même façon. Il doit être relâché immédiatement et sans conditions.

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Aux détracteurs du boycott académique d’Israël : Qu’en est-il de la « liberté académique » des enfants de Gaza ?

Aux détracteurs du boycott académique d’Israël : Qu’en est-il de la « liberté académique » des enfants de Gaza ?

Avec nos connaissances actuelles, il est plus difficile de fermer les yeux sur la destruction d’écoles palestiniennes et d’autres infrastructures.

Voilà bientôt 10 ans que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions a débuté, réclamant depuis 2005 la justice pour les Palestiniens et le respect de leurs droits en Israël et dans les territoires occupés. Depuis, le mouvement prend de plus en plus d’ampleur et de force ; un signe récent de sa force grandissante est l’adoption par des gouvernements nationaux et des états américains de déclarations d’opposition au mouvement. Toute une génération d’étudiants dans nos universités et à l’étranger débattent sur le désinvestissement des entreprises qui font affaire dans les territoires occupés. Chaque mois ou presque, des associations étudiantes adoptent des projets de désinvestissement.

Même si de plus en plus de structures universitaires entendent parler des exemples de boycott académique des institutions israéliennes et même si beaucoup de résolutions ont été adoptées en faveur du boycott, quelques arguments-clés anti-boycott exercent toujours un pouvoir de persuasion. Après tout, ne pas investir dans des entreprises qui soutiennent une occupation illégale est une chose ; mais ne pas coopérer avec les institutions académiques de tout un état, c’est autre chose. A première vue, cela va à l’encontre de tout ce que représente la vie académique.

A ce sujet, un ensemble d’arguments mène le débat dans une impasse. Mais ceux-ci ignorent l’aspect le plus essentiel : les droits, et les vies, des Palestiniens. Passons d’abord en revue le débat principal, et nous irons ensuite au cœur de la question.
Les détracteurs du boycott académique affirment que la vie académique est le lieu de la libre circulation des idées, que le dialogue entre les institutions américaines et israéliennes demeure le meilleur moyen de parvenir à la paix, et que le boycott empêcherait les universitaires et les étudiants, surtout ceux des études judaïques, de poursuivre en Israël les recherches et les études nécessaires à leur profession et à leur scolarité.

Ceux qui sont favorables au boycott académique attirent l’attention sur les termes employés dans le texte intégral de BDS, qui souligne que les universitaires, à titre individuel, sont libres de collaborer, d’assister à des conférences, de mener des recherches ensemble, par exemple. Ils disent que c’est un boycott d’institutions, pas d’individus. Et ils pointent l’échec total de décennies de « discussions » qui semblent n’avoir mené qu’à l’élection d’un gouvernement d’extrême-droite qui s’engage à pérenniser une occupation illégale et à consacrer les droits et privilèges d’un groupe au détriment de ceux d’un autre groupe.

Néanmoins, beaucoup de détracteurs du boycott considèrent encore qu’un boycott, quel qu’il soit, représente une restriction de leur liberté académique. Voilà où nous en sommes – un va-et-vient perpétuel qui laisse peu d’espoir à une prise de décision.
Ce dont nous avons absolument besoin pour sortir de l’impasse et pour juger réellement de la légitimité et du caractère juste du boycott académique des institutions israéliennes est exactement ce qui nous fait défaut aux Etats-Unis : des informations complètes sur Israël et la Palestine. Pour le dire de façon académique : nous avons besoin de données. Ce qui nous en empêche, c’est que même les informations des sources neutres, comme l’ONU, et des associations des droits de l’homme, comme Amnesty International et Human Rights Watch, sont systématiquement dissimulées, ignorées ou déformées. Et au lieu de cela, ce que nous entendons encore et toujours dans les débats sur le boycott est une inquiétude pour nous-mêmes : « Que nous arrivera-t-il si le boycott est un succès ? Mais à trop se concentrer sur ce préjudice potentiel, nous nous rendons aveugles aux préjudices réels et recensés massivement qui sont déjà infligés aux libertés académiques des Palestiniens et continuent de l’être.

Désormais, on reçoit de plus en plus d’informations de sources fiables et neutres. Elles montrent plus précisément à quoi ressemble la vie académique en Israël et en Palestine où le simple fait d’aller à l’école est difficile et souvent fatal. Et alors que ces informations sont, comme dit plus haut, généralement absentes des médias traditionnels, il suffit d’avoir un minimum de curiosité et d’avoir envie de savoir – ce dont les universitaires sont censés être dotés – pour trouver ces données. Quand on les a trouvées, on peut alors commencer à avoir un débat véritablement éclairé sur le boycott académique d’Israël. Nous devons simplement en savoir plus sur les droits en matière d’éducation dont on prive les Palestiniens – justement les droits en raison desquels le boycott existe. Nous ne pouvons faire un choix basé sur l’éthique qu’après avoir tenu compte de ces informations de la manière la plus éthique possible et confronté ces questions à notre intérêt personnel.

Juste après le vote, en décembre 2013, de l’Association des Etudes Américaines qui a approuvé l’appel au boycott académique d’Israël, le New York Times me cite : « Ceux qui croient vraiment à la liberté académique réalisent peut-être que protester contre la privation manifeste et systémique de la liberté académique des Palestiniens, associée à des privations matérielles d’un niveau stupéfiant dépasse largement le souci que nous pouvons nous faire en Occident pour nos propres libertés académiques qui sont plutôt des privilèges. » Dans son essai « L’Exercice des droits : la liberté académique et la politique du boycott », Judith Butler exprime une idée semblable d’une manière détaillée et complète :

On pourrait commencer par se demander s’il existe des conditions pour pouvoir exercer la liberté académique. La thèse selon laquelle la liberté académique est soumise à des conditions présuppose qu’il y ait des structures qui rendent la liberté académique possible et protègent son exercice régulier. En quoi est-ce important que ces conditions existent ? La liberté académique est-elle inséparable des conditions de son exercice ? Je suggère que la liberté académique est une liberté conditionnée et qu’elle ne peut ni être pensée ni être exercée sans ces conditions.... Nous pourrions commencer à comprendre les checkpoints, les fermetures imprévisibles d’universités et les détentions à durée indéterminée d’étudiants et de professeurs parce qu’ils ont embrassé des points de vue politiques concernant à la fois le droit à l’éducation et la liberté académique elle-même.

Continuer à fermer les yeux sur la destruction d’écoles, d’universités et d’autres infrastructures palestiniennes nécessaires à la « liberté académique », ainsi que sur le coût humain direct de l’occupation en termes de morts et de blessés, devrait être maintenant de plus en plus difficile à faire au vu des rapports majeurs émis par l’ONU et d’autres organismes et associations.

Par exemple, l’UNESCO a publié en janvier 2015 son « Évaluation rapide des institutions de l’enseignement supérieur de Gaza. » Elle n’a bénéficié d’aucune couverture dans les médias américains. Si cela avait été le cas, les lecteurs américains auraient pu apprendre que :

L’ampleur des destructions et des dommages après 50 jours de conflit en juillet-août 2014 est sans précédent à Gaza, y compris dans le secteur de l’éducation. D’après les conclusions de l’évaluation MIRA [Evaluation multisectorielle initiale rapide, coordonnée par le Bureau des Nations-Unies pour la coordination des affaires humanitaires], 26 écoles ont été entièrement détruites et 122 autres ont été endommagées pendant le conflit, dont 75 écoles de l’Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Il convient de noter que le système éducatif de Gaza manquait déjà d’au moins 200 écoles avant le dernier conflit, les établissements fonctionnant avec un système de classes alternées, ce qui pèse sur la qualité de l’éducation. Le développement de la petite enfance a aussi été grandement affecté.

Sur l’ensemble des 407 écoles maternelles de Gaza, 133 ont été endommagées et 11 entièrement détruites. Le secteur de l’enseignement supérieur a aussi subi de lourds dommages en termes de vies humaines et d’infrastructures. Après 50 jours de conflit, le droit de tous les enfants et jeunes palestiniens à un enseignement de qualité a été davantage réduit.

En plus des écoles maternelles, les écoles primaires et secondaires et autres centres éducatifs, et 4 établissements d’enseignement supérieur ont été directement pris pour cibles pendant les hostilités, ce qui a entraîné un grand nombre de blessés et de morts parmi le personnel et les étudiants ainsi que des dégâts sur les bâtiments et les équipements.

L’étude donne ces détails, entre autres, sur les pertes humaines et les blessés parmi le personnel et les étudiants :

  • Pendant le conflit, beaucoup de victimes parmi le personnel et les étudiants ont perdu la vie ou ont été gravement blessées. Pour certains, les blessures ont causé des handicaps moteurs, auditifs ou visuels qui affecteront les individus et leurs familles pour le reste de leur vie.
  • Neuf employés du corps professoral et de l’administration des HEI [higher education institutions - institutions de l’enseignement supérieur] ont été tués et 21 autres ont été blessés.
  • Au total, 421 étudiants des HEI ont été tués pendant le conflit et 1128 autres ont été blessés.

Et, plus remarquable peut-être,

  • Le nombre de morts parmi les étudiants pendant le conflit représente plus d’un quart – 27,4% - du nombre total de civils tués en Palestine. Même en tenant compte du ratio très élevé du nombre de jeunes âgés de 15 à 29 ans par rapport à la population de plus de 15 ans (53%), cette statistique est choquante.

Le rapport l’indique clairement : « Echouer à sécuriser les milieux d’apprentissage et à protéger les universités des frappes est une grave violation du droit à l’éducation et est interdit en vertu du droit international. Le nombre de départs parmi le personnel et les étudiants, avec les pertes humaines, les préjudices et les dégâts dans les infrastructures affaiblit considérablement la qualité de l’enseignement qui devrait permettre aux jeunes d’atteindre leur plein potentiel et les aider à atténuer les effets psychosociaux du conflit armé en leur offrant une stabilité, une normalité, un cadre et un optimisme pour l’avenir. »

Des rapports de l’ONU ont constaté que les forces armées israéliennes ont même attaqué délibérément des écoles de l’ONU désignées comme telles et servant d’abris :

Les officiers israéliens ont dit qu’ils essayaient de déterminer qui était le responsable de ce carnage. Dans des incidents passés, l’armée israélienne a accusé des tirs perdus de roquette ou de mortier par des militants de Gaza d’avoir provoqué des explosions dans les écoles de l’ONU – ou ont dit que l’enquête était en cours.
L’Office de secours et de travaux des Nations-unies (UNRWA), qui faisait fonctionner l’école, transformée en abri, du camp de réfugiés de Jabalya, a dit qu’il avait rassemblé des preuves, analysé des débris d’obus et examiné des cratères après la frappe. Sa première analyse indique que trois obus d’artillerie israéliens ont frappé l’école où 3300 personnes avaient trouvé refuge.

« Je condamne dans les termes les plus fermes possibles cette grave violation du droit international par les forces israéliennes », a déclaré Pierre Krähenbühl, le Commissaire général de l’UNRWA. « C’est un affront pour chacun d’entre nous, une source de honte internationale. Aujourd’hui, le monde est déshonoré. »

Et très récemment, en avril 2015, Ban Ki-Moon a publié un rapport de l’ONU sur les conclusions d’une commission d’enquête à propos des frappes sur les infrastructures de l’ONU à Gaza qui indique qu’Israël a délibérément bombardé les écoles de l’ONU.

La privation des droits à l’éducation survient dans les prisons où des enfants aussi sont détenus. Une étude récente a constaté que :

Depuis 2000, Israël a arrêté et emprisonné plus de 7000 enfants, dont 156 sont actuellement en prison. Généralement condamnés à des peines de prison pour jets de pierres, les enfants prisonniers sont définis par le droit militaire israélien comme étant les enfants de moins de 16 ans alors que pour le droit civil il s’agit des moins de 18 ans. Seules deux des cinq prisons qui détiennent des enfants palestiniens proposent une certaine forme d’éducation, un enseignement très restreint en arabe, hébreu, anglais et mathématiques. La géographie et les matières scientifiques sont bannies de l’enseignement pour des « raisons de sécurité. »

Et ce, même si :

Le droit à l’éducation est inscrit à de nombreuses reprises dans le droit international, par exemple dans l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui a été ratifié par Israël en 1991. L’article 94 de la 4ème Convention de Genève incite la « Puissance détentrice » à « prendre toutes les mesures possibles pour assurer l’exercice » des « activités intellectuelles, éducatives et récréatives ». Elle dit aussi que « toutes les facilités possibles seront accordées aux internés afin de leur permettre de poursuivre leurs études ou d’en entreprendre de nouvelles. L’instruction des enfants et des adolescents sera assurée ; ils pourront fréquenter des écoles soit à l’intérieur, soit à l’extérieur des lieux d’internement. »

En réponse aux signalements des victimes parmi les étudiants et les autres civils tuées par Israël, ses soutiens affirment souvent que ces personnes étaient utilisées comme boucliers humains. C’est une excuse qui a été totalement invalidée. Un rapport de l’ONU de 2009 a conclu qu’il n’y avait aucune preuve que le Hamas utilise des « boucliers humains » :

Se basant sur les enquêtes qu’elle a menées, la Mission n’a pas trouvé de preuve corroborant les allégations selon lesquelles les hôpitaux ont été utilisés par les autorités de Gaza ou par des groupes armés palestiniens pour protéger des activités militaires et les ambulances utilisées pour transporter des combattants ou pour d’autres fins militaires.

Se basant sur les renseignements qu’elle a collectés, la Mission n’a pas la preuve que la population civile a été forcée par le Hamas ou des groupes armés palestiniens à rester dans les zones touchées par les frappes des forces armées israéliennes.

Bien au contraire, la même année Amnesty International a découvert que les forces armées israéliennes ont dans certains cas utilisé des enfants palestiniens comme bouclier humain (cette découverte a été confirmée par la Haute cour de justice israélienne), et aucun cas semblable n’a été constaté du côté du Hamas. Et en ce qui concerne les frappes les plus récentes sur Gaza, the Independent a qualifié de « mythe » l’idée du Hamas utilisant des boucliers humains, et même CNN n’a pas pu dire avec certitude que le Hamas a utilisé des boucliers humains.

Le rapport publié récemment par « Breaking the silence », une association de soldats israéliens soucieux des ordres de combat auxquels ils sont soumis, confirme avec quels préjugés extrêmes on apprend aux soldats israéliens à combattre les Palestiniens. Après avoir passé en revue le document de 240 pages, the Independent affirme : « L’armée israélienne a délibérément pilonné de frappes incessantes aux cibles imprécises des zones civiles de la bande de Gaza pendant la guerre contre le Hamas l’année dernière et s’est montrée au mieux indifférente aux victimes de la population palestinienne. »

Plaçant cette problématique dans le contexte du bilan général de 2014, the Guardian signale que c’est l’année la plus meurtrière depuis 1967. Avec la réélection de Netanyahu et le glissement à droite constant de la politique israélienne, le refus catégorique de faire de véritables négociations et la poursuite de l’extension des colonies, Gaza est soit vouée à connaître de nouvelles attaques, soit condamnée à une mort lente qui a été envisagée par l’ONU en août 2012, constatant que :

En l’absence de mesures correctives durables et efficaces et d’un environnement politique propice, les difficultés auxquelles est confrontée la population de Gaza aujourd’hui ne feront que s’intensifier d’ici 2020, un laps de temps au cours duquel la population actuelle estimée à 1,6 millions d’habitants aura augmenté d’un demi-million. Sans ces mesures, la vie quotidienne des Gazaouis sera en 2020 plus difficile qu’aujourd’hui. L’accès sécurisé aux sources d’eau potable sera presque inexistant, le niveau des soins de santé et d’éducation se sera encore dégradé et l’idée d’une électricité abordable et fiable pour tous ne sera plus qu’un lointain souvenir pour la majorité. Le nombre déjà élevé de personnes pauvres, marginalisées et souffrant d’insécurité alimentaire qui dépendent des aides n’aura pas changé, et selon toute vraisemblance, aura augmenté.

Ainsi, si on veut vraiment parler de « liberté académique » et d’éducation, nous avons besoin d’avoir une solide connaissance de ces faits et nous ne devons pas être uniquement préoccupés par les restrictions potentielles que nous ferait subir un boycott. Pour en revenir à Judith Butler, telles sont précisément les « conditions » qui doivent permettre ou non la liberté académique à Gaza et en Cisjordanie.

Avec des violations incessantes des droits de l’homme et du droit international, des constructions de colonies qui se poursuivent et augmentent, et des critiques envers BDS aussi bien en Israël qu’en Europe, au Canada, aux Etats-Unis et ailleurs, nous sommes confrontés à une situation dans laquelle, comme le dit le magazine 972, la résistance palestinienne n’a pas de forme « légitime », même quand elle prend la forme et l’essence d’une résistance légitime et non-violente comme dans le mouvement BDS.

Voilà d’autant plus pourquoi le monde académique devrait débattre activement du boycott académique avec le genre d’informations ci-dessus sous la main, plutôt que se cacher derrière la préservation des privilèges dont nous jouissons aux dépens de la liberté académique des Palestiniens. En particulier dans le domaine des sciences humaines, la contradiction qui apparaît quand des humanistes gardent jalousement leurs privilèges universitaires face à la mortalité et aux destructions innommables est évidente, totale et indécente. Si les humanistes se préoccupent de l’impact des sciences humaines, ils pourraient constater que les sciences humaines ont échoué à nous en apprendre suffisamment sur la compassion et l’ouverture sur le monde.
Il est fort possible que l’histoire se souviendra de cette époque comme celle où des intellectuels et des universitaires des Etats-Unis ont choisi de se mettre la tête dans le sable et ont ignoré totalement les éléments dont ils disposaient. Par souci de poursuivre en toute tranquillité leurs « domaines de recherche » bien protégés et d’éviter une soi-disant zizanie, ils ont coûte que coûte détourné leurs regards des atrocités de l’occupation qui a éliminé une génération d’intellectuels. Mais j’espère malgré tout qu’ils, que nous, répondrons à l’appel à la solidarité lancé par la société civile palestinienne – un appel qui nous parvient du fond de l’abîme – et apporterons notre soutien pour mettre un terme aux injustices meurtrières perpétrées contre non seulement nos camarades universitaires et étudiants, mais aussi nos frères en humanité.

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Belgique : appel pour un boycott académique d’Israël

BACBI: Home

BELGIAN CAMPAIGN FOR AN ACADEMIC AND CULTURAL BOYCOTT OF ISRAEL (BACBI) Wednesday, June 10:ISRAEL'S OCCUPATION FORCES KILL YOUNG MAN IN JENIN REFUGEE CAMP. Israel's occupation forces invaded Jenin refugee camp on West Bank early on Wednesday, firing live bullets and shooting tear gas grenades into homes.

http://www.bacbi.be


BELGIAN CAMPAIGN FOR AN ACADEMIC AND CULTURAL BOYCOTT OF ISRAEL (BACBI)

La formation d’un gouvernement d’extrême droite montre très clairement qu’il ne faut pas espérer d’amélioration en Israël à partir de l’intérieur. Plus que jamais l’occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem Est ainsi que le blocus inhumain de Gaza vont se poursuivre inexorablement. Le mouvement israélien pour la paix, en dépit de ses bonnes intentions, est incapable d’arrêter la vague de racisme déclaré, pas plus que l’extrémisme politique et religieux.

La société palestinienne est en train de s’effondrer en raison d’une crise économique, sanitaire et psychologique, aussi bien sociale. Du fait du Mur de séparation, la Cisjordanie a été fragmentée en enclaves – on pourrait dire des ghettos, et elle est, jour et nuit, à la merci des agressions arbitraires des colons et de l’armée. Quant à la bande de Gaza, elle a du subir une fois de plus, il y a neuf mois, une cruelle guerre punitive. Plus de deux mille personnes ont péri dont 501 enfants, et il y a eu des milliers de blessés. Une quantité considérable d’infrastructures a également été détruite, et n’ont jusqu’à présent pas été reconstruites. Aujourd’hui Gaza, aux prises avec une crise humanitaire, s’effondre et attend la prochaine guerre. Le seul espoir que les Palestiniens puissent avoir de retrouver leur liberté et leur dignité humaine, vient de l’extérieur, c’est à dire d’une pression internationale croissante sur Israël. S’inspirant du mouvement de boycott contre l’apartheid en Afrique su Sud, les organisations palestiniennes de la société civile nous appellent à participer à un mouvement large et structuré pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS). Le boycott devra se poursuivre tant que l’État d’Israël refusera de respecter le droit international et les principes universels des droits de l’homme.

L’appel pressant au boycott émane également des universitaires et des intellectuels palestiniens. Il a comme moteur le « PACBI » (Palestinian Campaign for an Academic and Cultural Boycott of Israel), c’est-à-dire la « Campagne palestinienne pour un boycott académique et culturel d’Israël » . Cet appel a reçu le soutien de la Fédération palestinienne des syndicats des enseignants et du personnel des universités (PFUUPE), et de plus de 70 autres organisations palestiniennes.

Des centaines de professeurs et de chercheurs israéliens, ont, c’est vrai, condamné publiquement la politique coloniale israélienne, mettant en danger leur emploi. Beaucoup d’entre eux appellent même au boycott. Ils ont droit à notre soutien sans faille. Toutefois les institutions universitaires en tant que telles ou bien observent un silence complice, ou bien, dans la plupart des cas, collaborent étroitement avec l’État, l’armée, les services de sécurité et/ou l’industrie de l’armement. Beaucoup d’entre elles ont également soutenu la guerre contre Gaza. En bref le caractère militarisé de l’ensemble des institutions israéliennes fait organiquement partie du projet colonial israélien et en est également l’instrument ; il n’autorise aucun espoir de changement venant de l’intérieur.

Au même moment, les universités palestiniennes, leurs enseignants, leurs chercheurs et leurs étudiants sont soumis à des mesures discriminatoires et répressives. Il y a une longue histoire de confiscation des archives palestiniennes et de destruction des bâtiments universitaires, des bibliothèques et des centres de recherche. De la même façon, Israël ignore le droit à l’éducation et les libertés académiques des Palestiniens et fait obstacle aux libres contacts et aux échanges universitaires avec le reste du monde. Sur ce point aussi des universitaires israéliens (400 sur un total de 9000) ont protesté en 2008 contre les infractions aux libertés universitaires de leurs collègues palestiniens. En même temps ils se disaient « très préoccupés par la détérioration en cours du système d’enseignement supérieur en Cisjordanie et dans le bande de Gaza ». Mais par ailleurs, pas une seule institution universitaire israélienne ne s’est adressée au gouvernement israélien pour lui demander de protéger - ou de cesser de s’ingérer dans – le droit des Palestiniens à l’éducation et de ne plus détruire leurs écoles et leurs collèges.

Les signataires du présent appel, universitaires et chercheurs belges, ressentent donc la nécessité de se joindre à leurs collègues qui, dans le monde entier soutiennent l’appel palestinien et appellent au boycott des institutions universitaires israéliennes. C’est pourquoi nous avons décidé de créer une branche belge du PACBI : le « BACBI », c’est-a-dire la « Campagne Belge pour le Boycott Académique et Culturel contre Israël ». Notre appel, il faut le souligner, vise les institutions et pas les individus, quelle que soit leur nationalité. Aujourd’hui nos principes fondamentaux ont été adoptés par plus de 300 collègues, répartis dans différentes institutions universitaires belges d’enseignement supérieur et de recherche, francophones et néerlandophones. Nous appelons nos autres collègues à se joindre à nous. « Il est temps plus que jamais que tous ceux qui se sentent concernés par le calvaire qu’endurent les Palestiniens, redoublent d’efforts » ( David Glick, 25 mars). Et « Il n’y pas de voie meilleure que celle du boycott » (Robert Cohen, 12 avril).

Une dernière remarque : le Moyen-Orient, aujourd’hui, est devenu la proie de catastrophes et tragédies humaines indicibles. Cela peut-il être une raison, comme certains le font, pour ignorer les violations par Israël du droit international et des droits humains ? Nous ne le croyons pas. Ce que l’on appelle conflit ‘israélo-palestinien’, est, depuis plus de soixante ans, l’une des racines de la radicalisation anti-occidentale chez les Arabes et les Musulmans, au Moyen-Orient aussi bien qu’en Europe et dans le reste du monde. Sa solution – qui est encore possible aujourd’hui par des moyens non-violents – mettra fin au moins à l’une des confrontations de longue durée entre « l’Orient » et « l’Occident ».

Herman De Ley


BACBI : Déclaration de principe

Nous, universitaires et intellectuel(le)s belges, soutenons l’appel palestinien de 2005 aux boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). Nous invitons nos collègues de la communauté belge à boycotter de façon complète et constante toutes les institutions académiques et culturelles d’Israël en appliquant ce qui suit :

  1. S’abstenir de participer à toute forme de coopération académique et culturelle, de collaboration et de communauté de projet avec les institutions et entités de recherche israéliennes ;
  2. Prôner un boycott complet des institutions israéliennes, et non pas des universitaires israéliens à titre individuel, et ce, aux niveaux national et international, y compris la suspension de toutes formes de financement et de subventionnement de ces institutions ;
  3. Promouvoir la scission d’actifs et le désinvestissement de la part des institutions académiques internationales à l’égard d’Israël et des sociétés multinationales qui agissent en tant qu’instruments dans les violations systématiques des lois internationales commises par l’État d’Israël ;
  4. Œuvrer dans le sens de la condamnation de la politique israélienne en exerçant des pressions pour que les associations et organisations académiques, professionnelles et culturelles adoptent des résolutions ;
  5. Favoriser le dialogue constructif avec les collègues israéliens afin d’amener conjointement l’État d’Israël à respecter les lois internationales, et ce, dans le même esprit que celui de l’appel à la résistance commune émis par les universitaires palestiniens qui ont lancé l’initiative PACBI" ;
  6. Soutenir les institutions académiques et culturelles palestiniennes.

Le comité directeur du BACBI :

Prof. Marie-Christine Closon (UCLouvain), Prof. Patrick Deboosere (VUB), Prof. Lieven De Cauter (KULeuven), Em.Prof. Herman De Ley (UGent), Prof. Perrine Humblet (ULB) et Prof. Marc Jacquemain (ULiège).

Pour signer la déclaration de principe cliquez "Sign Statement" svp. La liste des signataires sera actualisée régulièrement. Si vous avez signé et votre nom ne figure pas encore dans la liste, veuillez vérifier la date et l’heure de la mise à jour la plus récente (au-dessus de la liste).

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RAMADAN KAREEM

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15 mai 2015

Portrait: Amina Abu El Hayja, 100 ans a manifesté pour le droit au retour en Palestine occupée

Portrait: Amina Abu El Hayja, 100 ans a manifesté pour le droit au retour en Palestine occupée

Amina Abu El Hayja, 100 ans, a manifesté en Palestine occupée pour la marche du retour le 23 avril dernier.

La Marche du retour, qui coïncide avec le jour israélien de l’indépendance, appelle au droit au retour des Palestiniens qui ont été expulsés ou qui ont du fuir la Palestine en 1948.

Amina Abu El Hayja est originaire du village de « Al Hadtha » détruit par Israël en 1948.

Elle a déclaré: « Je n’ai jamais oublié mon village, ses arbres et ses fontaines, j’ai appris à mes enfants et innombrables petits enfants à respirer son air »

Ci-dessous, des photos d’Amina publiées le 30 avril dernier dans le journal arabi.assafir.com

avec le V

Crédit photo: Amir Amal

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Crédit photo: Nader Hawwari

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Crédit photo: Mohammad Badarné

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La Terre parle arabe

La Terre parle arabe est un documentaire sur le sionisme.
La réalisatrice met en relief le concept de "transfert" des Palestiniens, une théorie dont elle dresse les contours et qu'elle fait remonter aux débuts du mouvement sioniste dans l'esprit de ses dirigeants. A base d'entretiens et d'archives audiovisuelles, de presse de l'époque, elle décrit les moyens mobilisés au service de cet objectif.

Un autre regard sur la nakba...

Commémoration

Élias Sanbar, historien palestinien, et Thomas Vescovi, auteur de « La mémoire de la nakba en Israël », reviennent sur l'analyse du processus colonial en Palestine, antérieur à 1948 et qui prend un tournant tragique cette année-là.

Lina KENNOUCHE | OLJ
15/05/2015

 

En 1948, plus de 800 000 Palestiniens ont été dépossédés de leurs terres. La spoliation et l'expulsion des populations locales se sont accompagnées d'une gigantesque entreprise d'épuration ethnique. Pour que cette vérité historique soit unanimement admise, il a fallu attendre les travaux des nouveaux historiens israéliens qui n'ont accédé qu'en 1978 aux archives de l'État d'Israël. Dix ans plus tard, ils remettront en cause l'historiographie traditionnelle israélienne en déconstruisant ses mythes fondateurs. Leur version corrobore celle déjà présentée par les historiens palestiniens comme Charif Kanaan ou Walid Khalidi.

Dans son ouvrage Le nettoyage ethnique de la Palestine, l'historien israélien Illan Pappé a démontré le caractère minutieusement programmé de l'expulsion des Palestiniens en 1948 et rapporté, jour après jour, les modalités d'exécution concrètes du plan Dalet arrêté par les dirigeants sionistes et qui prévoyait l'attaque militaire de tous les villages de Palestine. L'expulsion s'est accompagnée de la destruction de plus de cinq cents villes et villages, des registres familiaux et des archives institutionnelles, afin d'effacer toute trace de la présence palestinienne.

Commémorée chaque année, la nakba est encore pourtant trop souvent présentée comme la simple défaite des armées arabes face à Israël ou un moment fondateur dans la tragédie du peuple palestinien sans pour autant rappeler que cette date n'est qu'une étape d'un processus colonial qui s'est emballé cette année-là, mais qui a été initié avant la catastrophe et se poursuit encore à l'heure actuelle. C'est dans cette perspective que prend sens la déclaration de l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui, en 2001, avait affirmé dans une interview au quotidien israélien Haaretz que « la guerre d'indépendance n'était pas terminée », 48 n'étant que le premier chapitre.

Rien n'a effectivement changé depuis 1948, la politique de confiscation des terres, de morcellement du territoire, de dépersonnalisation du peuple palestinien, de destruction de l'économie continue. L'universitaire palestinien Joseph Massad, dans un livre éclairant, a également rappelé la persistance de la question palestinienne et démontré qu'en « cherchant à métamorphoser les juifs européens, le sionisme a déclenché un processus de métamorphose des Arabes palestiniens en juifs, dans une géographie transposée de l'antisémitisme ».

 



Sur cet aspect, Thomas Vescovi, étudiant-chercheur français en histoire contemporaine et auteur de La mémoire de la nakba en Israël, explique que le sionisme originel avait la volonté de renouer avec une identité juive perdue. « Le sionisme n'est pas un mouvement juif religieux, mais européen. Au début du XXe siècle, une des premières associations sionistes s'implante à Paris pour sensibiliser les juifs français au sionisme et les amener à reconsidérer leur présence en Europe. Ils vont rencontrer des étudiants juifs arabes, originaires des colonies françaises. Ces étudiants devaient être davantage liés à la culture hébraïque traditionnelle, que prétend retrouver le sionisme, que les partisans du sionisme eux-mêmes. Or, les militants sionistes vont leur reprocher leurs mœurs, leurs tenues vestimentaires, leur culture. En fait, les sionistes ont appliqué sur les juifs arabes les mêmes codes qu'ils ont appliqués aux Palestiniens : des codes coloniaux propres à l'idéologie européenne. Le sionisme est au départ un mouvement d'émancipation, il prétend libérer les juifs de l'antisémitisme, mais il est à caractère colonial puisque la solution pratique est celle de la conquête d'une terre par la force », affirme le chercheur.

 

(Lire aussi : « Les Juifs ont pris nos terres. Pour compenser, nous cultivons sur nos toits »)



Tout en rappelant la nature coloniale première de l'État d'Israël, Élias Sanbar, historien palestinien et ambassadeur de la Palestine à l'Unesco, explique la spécificité de ce processus de colonisation au cours de l'histoire. Il ne s'agit pas d'une colonisation au sens classique (occupation/exploitation) mais d'une colonisation de remplacement. M. Sanbar rappelle que la « guerre d'expulsion a pris une forme tragique en 1948, mais elle n'est cependant pas achevée. Elle se déroule encore à ce jour avec différents procédés, des politiques extrêmement complexes et suivies pour encourager le transfert volontaire des Palestiniens ».

L'idée de remplacement est donc centrale dans la compréhension d'un dispositif sioniste qui vise à effacer l'identité palestinienne. Thomas Vescovi rappelle ici l'importance de 1948 comme rupture historique. Il rappelle qu'avant cette date, la Palestine était une terre où juifs, musulmans, chrétiens vivaient dans une relative harmonie. « Il ne faut cependant pas perdre de vue que le mouvement sioniste, dans sa très grande majorité, n'avait pas pour ambition de vivre en paix et en harmonie avec les Arabes de Palestine. Le " nettoyage " de la présence autochtone du paysage a été pensé, discuté, puis mis en pratique. Le sionisme a dans son essence originelle un caractère colonial, et 1948 ne peut pas être vue autrement que comme une entreprise coloniale. Une entreprise coûteuse pour la population locale, puisque 805 000 Palestiniens ont été contraints à l'exode, expulsés, 685 localités palestiniennes ont été partiellement ou totalement dépeuplées, 70 massacres sur des civils ont été relevés. Au final, c'est 78 % de la terre de Palestine qui est conquise par Israël, loin des 55 % que l'Onu avait octroyés à l'État juif », explique-t-il.

 

(Lire aussi : Des milliers d'Arabes israéliens se souviennent de la "Nakba")

 

L'impact des nouveaux historiens
Revenant sur la mise en lumière des contradictions profondes du sionisme par les nouveaux historiens, Élias Sanbar explique que les récits rapportés en 1988 avaient été produits dès 1951-1952 par les historiens palestiniens. Selon lui, « les victimes le sont par deux fois : d'abord elles subissent, ensuite elles ne sont pas entendues. Il a fallu que l'occupant le dise en 1988 pour que ce récit devienne crédible. Il a été essentiel pour le monde parce qu'il a permis de casser le mythe des Palestiniens qui auraient vendu leurs terres ou seraient partis de leur propre chef ». Il précise cependant que cette évolution n'a pas fondamentalement bouleversé l'approche israélienne, car tirer les conséquences de l'histoire impliquerait de remettre en cause leur propre légitimité.

Thomas Vescovi rejoint cette position en expliquant que si le travail des nouveaux historiens a pu dans un contexte précis avoir des effets sur le mode de perception par la société israélienne de son histoire, depuis quelques années nous assistons à un processus inverse. « Dans les années 90, il y a eu un mouvement d'ouverture, une partie de la société israélienne s'est demandé s'il n'était pas temps de faire la paix, dans ce cadre les nouveaux historiens ont pu avoir une certaine place et un espace d'expression. Mais depuis une dizaine d'années, l'État tente de refermer cette page. Deux exemples : en 2001 lorsque Ariel Sharon a été élu, il a pris la décision de retirer les manuels scolaires en expliquant que cette histoire n'était pas celle qu'il fallait enseigner. En mars 2011, un amendement au budget israélien est voté, il interdit d'octroyer des subventions aux associations qui organisent des commémorations de la nakba. Le fait d'avoir introduit un amendement à ce sujet a presque démocratisé le mot nakba, employé comme une expression populaire sans pour autant qu'on ait conscience de ce que cela implique », conclut le chercheur.

 

 

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14 mai 2015

Message-vidéo de Gaza : Nous sommes toujours sous les décombres !

Il y a quelques semaines, l’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, avait twitté ce fait choquant :

« Plus de 7 mois après l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, pas une seule des maisons totalement détruites n’a été reconstruite. »
9:53 – 3 avr. 2015

C’est le point souligné de façon puissante dans cette vidéo postée par le Comité populaire contre le siège.

Il est présenté par Shaima Ziara (@ShaimaZiara), étudiante à l’Université islamique de Gaza, qui a elle-même été bombardée pendant l’agression israélienne de l’été dernier.

« Les gens ont beaucoup espéré » qu’à la fin des 51 jours d’attaques d’Israël, qui ont tué plus de 2 200 personnes, « les choses seraient plus faciles », dit Ziara.

Mais avec le siège d’Israël plus hermétique que jamais, ajoute-t-elle, « nous sommes ici pour vous rappelez que Gaza continue de souffrir d’une catastrophe qui est de loin plus sévère et plus grave que 51 jours de guerre ».

Source : Electronic Intifada.
Traduit de l’anglais par M.R., pour ISM France et Etat d’Exception.

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L’espoir du retour en Palestine : les réfugiés d’al-Jalil tracent le chemin

L’espoir du retour en Palestine : les réfugiés d’al-Jalil tracent le chemin


« Dix jours après le départ forcé de la population d’al-Nahr, la Haganah a attaqué ce joli village. Elle n’y a trouvé que 16 vieillards âgés entre 80 et 90 ans, et deux hommes handicapés.. Mohamad Akr et Mohammad Raghib. Elle les a tous rassemblés dans un lieu et a tiré sur eux, et les a laissés noyés dans leur sang… Ce témoignage fut rapporté par Tawfiq Raghib Salim, qui s’était caché dans les vergers aux alentours, et qui est entré au village après qu’ils (les sionistes) se soient retirés. Il a enseveli les morts.. Cet homme est resté pendant deux mois, vivant dans les vergers pendant la journée et dormant au village la nuit. Puis, n’ayant plus d’espoir de rester, il prit la route, de nuit, vers Tarshiha puis au Liban, où sa famille l’avait devancée. Puis les sionistes ont fait exploser toutes les maisons du village et détourné l’eau des sources du village vers un lieu inconnu. Le village et ses vergers sont restés sans eau. Ceci est un clair exemple de ce qui s’est passé dans la région de Akka et de ce qu’a commis la Haganah ».

D’autres témoignages récemment publiés rapportent que les Palestiniens ont d’abord fui leurs villages, lorsque ces derniers étaient attaqués par les sionistes et l’armée britannique, mais sans quitter le pays, où ils sont restés des mois parfois à le parcourir, vivant dans les vergers des villages non encore attaqués, dans l’espoir de retourner chez eux. Certains villageois sont même retournés chez eux, au cours de ces mois de 1948, où ils ont cueilli les olives et les autres fruits, bravant les groupes sionistes qui encerclaient les villages, avant de les envahir. Certains villageois ont même été tués, parce qu’ils avaient refusé de se soumettre aux ordres et ont continué à travailler dans leurs terres.

Ce genre de témoignages doit être multiplié par mille, concernant seulement les réfugiés de la région d’al-Jalil, situé au nord de la Palestine. L’encyclopédie « Pour ne pas oublier » (Kay lâ Nansa) publiée il y a presque deux décennies cite 416 villages palestiniens entièrement détruits par les hordes sionistes. Dans al-Jalil, les régions de Safad et de Tabaraya furent entièrement vidées de leur populations : outre les deux villes, Safad et Tabaraya dont les pittoresques maisons furent prises d’assaut par les colons, 77 villages de la région de Safad et 25 villages de la région de Tabaraya disparurent de la carte sioniste. A leur place, s’installèrent des colons venus d’ailleurs.

Ces villages étaient non seulement habités, mais en expansion et développement, avant l’occupation britannique puis la colonisation sioniste. Les centaines de témoignages des réfugiés sur la vie quotidienne, les relations sociales, économiques, culturelles et politiques, de la population palestinienne d’al-Jalil indiquent l’ampleur du crime perpétré par les hordes sionistes et la communauté internationale d’alors, les puissances occidentales et leurs valets dans le monde, à l’encontre du peuple palestinien.

Les villages de Loubié et Shajara, dans la région de Tabaraya, les villages de Taytaba, Naamé ou Khalissa, dans la région de Safad, les villages de Bassa, Kweikat, Shaab dans la région de Akka, n’existent plus sur la carte sioniste, mais existent toujours et de plus en plus intensément, dans la mémoire de leur population, réfugiée dans les camps du Liban et de Syrie, ou parmi les « réfugiés internes » vivant en Palestine occupée. Après avoir commis des centaines de massacres, et notamment dans les villages d’al-Jalil (al-Jish, Safsaf, Majd al-Koroum, Salha) et expulsé les Palestiniens, l’entité coloniale sioniste a changé les noms des lieux, transformé le paysage (en plantant parfois des forêts), rasé tout ce qui pouvait en rappeler la vie, sans cependant gagner la bataille car pour les réfugiés, ce qui existe aujourd’hui, c’est ce qui existait avant 1948 : al-Jalil et ses villages, les colonies implantées n’étant que des décors passagers d’une tragédie qui doit prendre fin.

Si les témoignages rassemblés au cours de ces dernières années restent ceux des Palestiniens ayant vécu en Palestine avant l’exil, même pour quelques années, c’est-à-dire aujourd’hui des vieux et des vieilles qui ont pris le chemin de l’exil, pourchassés par les hordes coloniales, il n’en demeure pas moins que leur mémoire a été transmise, et que leurs descendants savent qu’ils appartiennent à ces lieux et à cette région, et à la Palestine. Et ils savent surtout qu’ils y retourneront, et que ni les sionistes, ni les puissances occidentales, ni la communauté internationale, ne les en empêcheront.

Car la Palestine vers laquelle ils tendent et celle pour laquelle ils luttent, n’est pas celle de l’Autorité Palestinienne, où al-Jalil et d’autres régions en sont exclues. Elle n’est pas non plus celle « d’un seul Etat » où les colons partageraient à égalité le pays et ses ressources avec les Palestiniens. Elle sera celle issue de la résistance et de la libération, celle d’une Palestine retournée à son environnement arabo-islamique, où le terme même « d’Israël » disparaîtra. Même un siècle de colonisation ne peut effacer la civilisation et l’histoire d’al-Jalil et des autres régions de la Palestine occupée, d’autant plus que la tentative de les remplacer par des mythes juifs inventés de toutes pièces a échoué.

L’éclat apparent de l’entité coloniale, les colonies implantées en Palestine, le nombre des colons qui y vivent, l’armée sophistiquée qui mène les guerres destructrices, l’industrie de pointe qui gagne des marchés dans le monde, tout cela ne peut cacher ni faire oublier que l’entité coloniale, soutenue et encouragée par les puissances impériales dans le monde, est bâtie sur des massacres, qui se poursuivent jusqu’à présent, sur des expulsions, des crimes, des pillages de terres et de propriétés et sur une terrible répression militaire de toute une société, sans oublier la nature raciste de l’idéologie sioniste, fondatrice de l’entité, ni sa nature expansionniste visant à dominer la région. Pendant combien de temps une telle entité peut-être survivre dans un environnement hostile ? Ou plutôt, sa survie ne dépend-elle pas de la destruction de cet environnement arabo-musulman ? Ce qui veut dire que la lutte entre l’entité coloniale sioniste et son environnement n’est pas une simple guerre de frontières à dessiner, mais une lutte pour que le monde arabo-musulman soit libéré des chaînes de son assujettissement. C’est en cela que la Palestine, et al-Jalil par-dessus tout pour les réfugiés, restent au cœur de notre libération. Et c’est parce que al-Jalil vit encore et toujours dans nos cœurs que nous avons espoir de la libérer.

Fadwa Nassar
Jeudi, 14 mai 2015

Source

Assawra - الثورة

" Dix jours après le départ forcé de la population d'al-Nahr, la Haganah a attaqué ce joli village. Elle n'y a trouvé que 16 vieillards âgés entre 80 et 90 ans, et deux hommes handicapés.. Mohamad Akr et Mohammad Raghib.

http://assawra.blogspot.fr

 

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