FREE PALESTINE

27 mai 2019

Le retour des réfugiés palestiniens est tout à fait possible

Source: Externe

Malgré ce que prétend Israël, le retour des réfugiés palestiniens est tout à fait possible

 

Tous les ans, le lendemain de la célébration de son indépendance par Israël le 14 mai, nous commémorons avec tristesse et nostalgie la Nakba de 1948. Les événements de cette année-là ont changé le sort des Palestiniens pour les générations à venir, les faisant passer de peuple vivant pacifiquement et confortablement des fruits de sa terre en réfugiés luttant misérablement dans des camps surpeuplés, obligés de dépendre de la charité pour leur pain quotidien.

Tous les ans, dans nos communautés, nous comptons le nombre de Palestiniens âgés témoins de la Nakba qui nous ont quittés. Bien que leur nombre se réduise à chaque journée de la Nakba qui passe, le souvenir de ce qui s’est passé sept décennies plus tôt reste vivace.

Les clefs des maisons d’où nous avons été chassés par la force nous sont transmises, à nous la jeune génération, alors que nous poursuivons le combat pour le retour de tous les réfugiés palestiniens.

Cependant, Israël continue à faire tout ce qu’il peut pour ne pas obéir au droit international ni appliquer la résolution 194 des Nations-Unies de 1948, qui stipule le droit au retour chez eux de tous les Palestiniens. Il continue d’emprisonner des millions de Palestiniens derrière des murs en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et de maintenir la minorité palestinienne à l’intérieur de ses frontières sous un régime d’apartheid.

Il continue aussi à propager des mythes et prétentions mensongères afin de justifier son mépris du droit international et sa poursuite de la victimisation des Palestiniens.

Israël dit que la Palestine était une terre sans peuple. Mais le recensement organisé par les Britanniques peu après leur prise de contrôle de la Palestine en 1920 a montré qu’il y vivait une population de plus de 750.000 personnes, dont seulement 11% de juifs.

Paradoxalement, Israël dit aussi que les Palestiniens sont partis «volontairement» en 1948 (signifiant qu’il devait y avoir une population autochtone qui devait «partir»).

Pourtant, comme des historiens israéliens tel Ilan Pappé l’ont démontré dans leurs recherches, le nettoyage ethnique de la Palestine a été tout à fait planifié et exécuté par les dirigeants sionistes.

Des instructions claires ont été données aux milices juives pour qu’elles utilisent la terreur, le bombardement de villages, l’incendie et la démolition de zones résidentielles et la pose de pièges dans les maisons évacuées pour obliger les gens à partir et les empêcher d’y revenir.

La campagne de nettoyage ethnique massif s’est poursuivie pendant sept mois et a abouti à l’expulsion de ~800.000 Palestiniens vers les pays avoisinants, la destruction de 531 villages et le dépeuplement de 11 quartiers urbains. Dans les mots d’Ilan Pappé, ce fut un crime contre l’humanité.

Mais le temps qui passe n’annule pas et ne peut annuler la responsabilité pour un crime contre l’humanité, ni absoudre ceux qui l’ont perpétré. Ce qui est juste est juste et ce qui est mal est mal.

Source: Externe

Et de même que l’État d’Israël est un fait accompli, de même est le droit de plus de six millions de réfugiés palestiniens de revenir chez eux, droit fondé sur des documents juridiques officiels produits par l’ONU sous le cadre juridique et la reconnaissance de laquelle l’État d’Israël a été créé en premier lieu.

Israël prétend également qu’il a été créé pour procurer aux juifs un «havre sûr» et que le retour des réfugiés palestiniens les mettrait en danger et aboutirait à un massacre.

Nous ne nions pas que les juifs ont le droit de vivre en sécurité, mais pourquoi la solution à une tragédie qu’ils ont subie devrait-elle engendrer une tragédie pour un autre peuple?

L’établissement de ce «havre sûr», la façon dont il s’est construit en 1948 et depuis lors, a abouti à un nettoyage ethnique massif et à un génocide progressif des Palestiniens. Le peuple palestinien a fait face à un massacre après l’autre au cours des sept décennies passées, ce qui fait qu'eux n’ont pas de «havre sûr».

Et avec tous les Palestiniens qu’Israël a tués au cours des années, avec toutes les armes qu’il a accumulées, tous les murs qu’il a construits et toutes les lois répressives qu’il a mises en place, est-il devenu plus sûr et à l’abri?

La sécurité construite sur la mort et l’oppression est une illusion; les Israéliens juifs n’obtiendront pas de véritable sécurité tant qu’il n’y aura pas de justice pour les Palestiniens.

Notre lutte est dirigée contre l’occupation et l’apartheid, pas pour l’oppression et le nettoyage ethnique des Israéliens juifs. Alors que nous continuons à résister aux tentatives pour nous faire tous disparaître de notre terre natale, nous ne souhaitons pas voir les Israéliens juifs disparaître de leur côté.

Israël prétend aussi que les Palestiniens ne veulent pas la paix. Pourtant, ses dirigeants ont officiellement déclaré leur intention de se saisir de toute la terre palestinienne à l’ouest du Jourdain et ont répétitivement démontré qu’ils n’utilisent les négociations de paix que pour ancrer davantage l’occupation et rendre le retour des Palestiniens impossible.

Cette stratégie n’est pas une aberration ni une politique de la seule droite israélienne, mais plutôt la poursuite directe du chemin emprunté par le mouvement sioniste depuis qu’il s’est installé – c’est le chemin du nettoyage ethnique de la population autochtone et l’expansion du colonialisme de peuplement.

Arrivés à ce point, la seule façon viable d’avancer sans entraîner plus de violence et de nettoyage ethnique des deux côtés, c’est de réaménager la relation actuelle entre les Palestiniens et les Israéliens juifs sur la base de la justice et de l’égalité telles qu’elles s’opposent à la discrimination et à la dépossession.

Une partie de cette solution doit être le retour des réfugiés palestiniens, qui n’est ni une idée bizarre, ni une idée dangereuse. En réalité, elle est tout à fait réaliste.

Des études démographiques montrent que plus de 80% de la terre d’où les réfugiés palestiniens ont été ethniquement chassés est soit vide, soit avec une densité de population très basse, puisque la majorité de la population israélienne est concentrée dans les grandes villes.

Source: Externe

Il y a assez de terre pour tout le monde et, en annulant la politique discriminatoire qui favorise les colons juifs, on peut arriver à une distribution égale des ressources.

Israël a déjà mis en place une loi qui permet aux juifs d’immigrer et de s’installer sur son territoire. Ce ne serait que logique qu’il étende cette politique à tous les réfugiés palestiniens pour qu’ils reviennent chez eux.

Tout ceci revient à un choix que les Israéliens juifs doivent faire – continuer à vivre dans un Etat d’apartheid instable et peu sûr, ou adopter une stabilité et une sécurité véritables en mettant fin à l’injustice et en établissant l’égalité et la paix pour tous.

Nous, Palestiniens, avons déjà fait le nôtre: nous continuerons à lutter pour nos droits et notre liberté jusqu’au jour où, la clef en main, nous pourrons nous tenir devant la porte de la maison de nos ancêtres.

Et dans cette lutte, nous ne sommes pas seuls. Nous sommes soutenus par tous ceux, à travers le monde, qui croient en la justice et en l’humanité, et qui les défendent.

Ahmed Abu Artema -

13.05.19

Source: Agence Medias Palestine

26 mai 2019

Un million d’habitants de Gaza en situation de risque alimentaire

Source: Externe

Plus d’un million de Palestiniens à Gaza n’auront pas assez de nourriture d’ici juin, rapportent les Nations-Unies

 

L’Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) a exprimé sa réelle préoccupation lundi. A moins qu’il ne dispose d’au moins 60 millions de dollars supplémentaires d’ici juin, sa capacité à continuer à fournir de la nourriture à plus d’un million de réfugiés palestiniens à Gaza sera sévèrement menacée.

L’UNRWA a déclaré dans un communiqué: "À un moment où les musulmans du monde entier observent le mois sacré du Ramadan, souvent marqué par le caractère festif de ses iftars, à Gaza, plus de la moitié de la population dépend de l’aide alimentaire fournie par la communauté internationale”.

La déclaration souligne que si l’UNRWA ne trouve pas «au moins 60 millions de dollars d’ici juin, leur capacité à continuer à fournir de la nourriture à plus d’un million de réfugiés palestiniens à Gaza, dont quelque 620.000 en état de misère – ceux qui ne peuvent pas couvrir leurs besoins alimentaires de base et survivent avec 1,6 dollar par jour – et près de 390.000 qui vivent à la limite de la misère – ceux qui survivent avec environ 3,5 dollars par jour – sera sérieusement mise au défi».

L’UNRWA est presque entièrement financé par des contributions volontaires et ses moyens financiers ont été dépassés par la croissance des besoins.

De 80.000 réfugiés de Palestine bénéficiant en 2000 de l’assistance sociale de l’UNRWA à Gaza, ils sont aujourd’hui plus d’un million à avoir besoin d’une aide alimentaire d’urgence pour tout simplement survivre.

Matthias Schmale, Directeur des opérations de l’UNRWA à Gaza, a déclaré: «Le blocus qui a conduit à l’enfermement de Gaza a été multiplié par dix, avec ses conséquences désastreuses pour l’économie locale, les conflits successifs qui ont rasé des quartiers entiers et des infrastructures publiques sur le terrain et avec la crise politique interne palestinienne qui a débuté en 2007 avec l’arrivée du Hamas au pouvoir à Gaza».

Un rapport publié par les Nations-Unies en 2017 a averti que la bande de Gaza serait «inhabitable» d’ici 2020.

Aujourd’hui, avec un taux de chômage de plus de 53% parmi la population de Gaza et plus d’un million de personnes dépendant des distributions trimestrielles de nourriture de l’UNRWA, c’est principalement l’action humanitaire préventive des agences des Nations-Unies, dont l’UNRWA, et des envois de fonds de l’étranger qui ont empêché Gaza de sombrer dans un total effondrement.

Source: Externe

À la suite de la création de l’État d’Israël en 1948, les Nations-Unies ont fondé l’UNWRA pour aider à la réinstallation de près de 700.000 Palestiniens chassés de leurs foyers par les milices sionistes.

L’UNRWA estime qu’il y a 5,3 millions de réfugiés palestiniens dans le monde.

L’UNRWA fournit actuellement des services à quelque 5 millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie, dans les territoires palestiniens occupés et dans la bande de Gaza sous blocus.

Ma'an News -

13.05.19

Source: Chronique de Palestine

Posté par MCPalestine à 05:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

25 mai 2019

Evangéliques: en Israël, l’essor d’un «sionisme chrétien» made in USA

Source: Externe

En Cisjordanie occupée, des saisonniers aux trois quarts américains se relaient dans les vignes de l’association Ha Yovel. «Du travail divin tangible», défend le fils de son fondateur

 

Descendant autoproclamé de Mark Twain, taillé comme un bûcheron de pub de whisky, Nate Waller est sûr de son fait. «Dans la Bible, y’a rien qui parle de planter des tomates dans le Tennessee, énonce l’Américain de 26 ans, en référence à l’Etat où il a grandi. Par contre, les prophètes parlent bien des oliviers et des vignes des collines d’Israël».

C’est la saison de la taille dans ce coin de Cisjordanie occupée, que les colons et le gouvernement israélien appellent «Samarie», comme dans les textes sacrés. Les bottes en plastique et les sécateurs de ces saisonniers pas comme les autres sont flambant neufs. La trentaine d’hommes, barbe fournie et accent traînant du Midwest pour la plupart, sont tous bénévoles.

Ces chrétiens évangéliques ont même cassé leur tirelire pour le privilège de suer sur cette terre biblique en contrebas de la colonie de Shilo. Une forme de pèlerinage politiquement chargé aux ambitions messianiques, symbolisant l’essor d’un «sionisme chrétien» made in USA, devenu ces dernières années le meilleur allié de la droite israélienne annexionniste.

Pendant le casse-croûte, le propriétaire juif du vignoble, cheveux blancs en cascade sous sa calotte de laine, raconte une anecdote talmudique au petit groupe. Les cours d’histoire biblique font partie intégrante du programme. Une visite de Hébron, lieu saint mais aussi et surtout plus vif point de tensions entre colons et Palestiniens, est prévue dans l’après-midi.

Packages

C’est le père de Nate Waller qui a fondé l’association Ha Yovel («le jubilé» en hébreu), il y a douze ans. Le staff pléthorique, du «chef de la sécurité» au «chargé de relations avec les donateurs», est constitué presque uniquement des onze enfants de l’agriculteur baptiste.

Après plusieurs années chez les amish, Waller senior aurait eu une «révélation divine» en posant le pied en Israël. «Mon père a vu un miracle: ces terres ont été désolées pendant 2000 ans, rien n’y poussait jusqu’à ce que les juifs reviennent»  raconte le rejeton, reprenant la lubie d’une Palestine comme «terre sans peuple pour un peuple sans terre». 

Il poursuit: «A leur retour, la terre a réagi! Et mon père a trouvé triste qu’aucun chrétien ne leur vienne en aide, alors que ces gens accomplissent la parole divine et qu’on les a tant persécutés».

Depuis l’épiphanie du père Waller, plus de 2000 «ouvriers pèlerins» ont souscrit aux différents packages, du simple DVD au pèlerinage «all inclusive», 350 euros la semaine, billet d’avion non compris, avec taille l’hiver (réservée aux hommes) et vendanges (mixte) à l’automne.

Source: Externe

Les trois quarts de ces saisonniers messianiques sont américains, le reste vient d’Europe, d’Asie ou d’Afrique du Sud. La majorité a eu vent de l’organisation par Internet plutôt que par leurs pasteurs. «Avec ma femme, on s’est intéressés au christianisme messianique sur le Net, et je suis tombé sur une de leurs vidéos. Ça m’a ouvert les yeux», dit Vincent Lem, informaticien hongkongais de 53 ans.

Tous pensent mettre en œuvre une prophétie qu’ils appellent la «Restauration». «Les vignes, c’est un premier pas vers le retour du Messie à Jérusalem, une fois le Temple reconstruit, décrypte Nate Waller. Beaucoup de chrétiens questionnent notre démarche, mais c’est juste un retour à la base. C’est la chrétienté qui a perdu son chemin, pas nous».

Pour Steve Borgelt, électricien rouquin venu de Cleveland, le calcul est simple: «La Bible dit: si tu bénis le peuple de Dieu, tu seras béni. Et puis ici, je participe directement à l’accomplissement des plans de Dieu.» Waller, toujours une formule sur le bout de la langue: «Du travail divin tangible». «C’est mieux que de rester assis à l’église», résume Steve Borgelt.

Au départ, les colons n’ont pas vu d’un très bon œil ces étranges samaritains, presque plus maximalistes qu’eux. «Les rabbins pensaient qu’il s’agissait de missionnaires cherchant à nous convertir, raconte Micki Bar Neder, interprète et accompagnateur local de Ha Yovel. Aujourd’hui, les gens d’ici [les colons, ndlr] sont très contents de voir ces étrangers nous soutenir, surtout à l’époque du BDS [mouvement international de boycott d’Israël contre l’occupation des Territoires palestiniens]». 

Dans une poignée de colonies, quelques rabbins irréductibles interdisent toujours à leurs ouailles d’accepter cette aide. Car selon cette prophétie, au Jugement dernier, les juifs auront le choix entre se convertir ou périr. Perspective qui fait plutôt rire le guide sexagénaire. «On verra bien à la fin qui a raison, balaye Bar Neder.Ceux qui prient penchés ou les bras vers le ciel. Si c’est le vrai Messie, tout le monde le reconnaîtra, ce sera réglé. Le vrai problème, aujourd’hui, ce sont les païens», s’alarme-t-il.

Glacières

Le guide juif et l’agriculteur américain en conviennent, ils ont beaucoup en commun. «Dans l’expression "sionisme chrétien", je ne vois pas de contradiction», opine le premier. «Jésus était sioniste. Il adorait le Temple, un vrai zélote!»  renchérit l’autre.

De fait, les premiers colons juifs des années 70 comme les évangéliques modernes partagent la conviction que la guerre des Six Jours en 1967 et la conquête de la Cisjordanie furent une victoire divine. «Tous ceux qui disent aux juifs de rendre cette terre s’opposent à la volonté de Dieu», conclut Borgelt.

Les glacières de pique-nique à peine fermées, le chant du muezzin d’un village palestinien voisin résonne dans les vignes. «Les Arabes, on n’a rien contre eux du moment qu’ils se soumettent à la loi d’Israël, lance Waller. Mais ils doivent comprendre qu’ici, c’est le cœur d’Israël. La soi-disant "Cisjordanie", ça n’existe pas». 

Et d’ajouter: «On a déjà une solution à deux Etats: l’Arabie Saoudite pour les Arabes, Israël pour les juifs».

La divulgation imminente du «deal du siècle» de Donald Trump, annoncée comme très favorable aux Israéliens, suscite ici un mélange de défiance et de désintérêt. «Faut voir ce qu’il y a dedans, j’espère qu’il n’y aura pas de concessions à faire côté israélien», s’inquiète Waller.

Source: Externe

L’ambassade américaine à Jérusalem, inaugurée il y a un an? «Un bon début mais faudrait pas que ça devienne un levier contre les Israéliens». 

Il se félicite néanmoins de ses bons rapports avec l’administration américaine actuelle et vante ses liens avec le ministère israélien de l’Intérieur, qui fournit des visas humanitaires à tous ces activistes agricoles, et même un diplôme d’«ambassadeurs officiels de la Judée et Samarie».

Si son action est voyante, Ha Yovel reste un nain parmi la myriade d’organisations philanthropiques chrétiennes pro-Israël, dont la quasi-totalité se rattache à la mouvance évangélique, à l’instar de la puissante International Fellowship of Christians and Jews (IFCJ).

Elles injectent environ 175 millions de dollars (157 millions d’euros) par an dans divers projets, allant de l’aide aux démunis à des bourses pour l’«alyah», l’immigration des juifs de la diaspora en Israël. Selon le quotidien Haaretz, plus d’un tiers de ces sommes sont consacrées à des projets de soutien à la colonisation dans les Territoires occupés.

Guillaume Gendron -

17.05.19

Source: Soutien-Palestine

24 mai 2019

Voler la terre palestinienne, par n'importe quel moyen

Source: Externe

Les soldats doivent tirer sur les Palestiniens: c’est la façon pour Israël de les maintenir sous contrôle. Israël l’admet. L’armée est en Cisjordanie pour protéger les colonies. La notion prétendant que nous voulons la paix n’est qu’un vieux bobard

 

Les soldats n’ont d’autre choix que de tirer. Ils n’ont d’autre choix que de frapper les manifestants, les lanceurs de pierres et les paramédicaux qui se portent volontaires lors des confrontations, que de tuer ceux qui brandissent des couteaux.

La surprise de voir des soldats qui tirent même sur des jeunes menottés et aveuglés par un sac ou un bandeau fait partie d’un temps révolu. Elle appartient aux années 1970 ou 1980, quand nous pensions encore que la domination militaire sur une population de non-citoyens était un accident, une déviation temporaire qui n’allait pas tarder à être rectifiée. Quand nous n’avions pas encore reconnu que le rôle des militaires était de protéger le butin de guerre plutôt que notre existence. Quand il n’y avait pas encore de caméras partout pour faire voler en éclats notre naïveté.

Si les Palestiniens ne reçoivent pas un message clair chaque jour où ils risquent leur propre vie en résistant à notre domination, demain ils marcheront par milliers et dizaines de milliers, les mains vides ou armés de pelles et de pierres, vers les colonies, avant-postes, check-points et bases militaires d’Israël implantés au cœur même d’une population civile.

Ils marcheront et diront: Nous voulons récupérer notre terre. Nous voulons de l’eau. Nous voulons être en mesure de nous déplacer. Nous voulons une industrie. Nous voulons aussi planifier, construire et nous construire.

Imaginez des dizaines de milliers de personnes marchant vers les colonies à Jérusalem, imaginez les manifestations d’octobre 2000 multipliées par 100, imaginez des centaines de flottilles et marches du retour. Et alors nos soldats et policiers devront tirer pour tuer et blesser des douzaines, des centaines, des milliers de gens en une seule journée.

Cette tuerie mesurée mais résolue maintient tout cela sous contrôle. Elle est destinée à enseigner à la majorité de se ternir tranquille, d’être effrayée, de se terrer dans ses enclaves de crainte que l’armée ne s’engage demain dans des tueries massives. Non seulement à Gaza mais en Cisjordanie. Et, en Israël, à Sakhnin et, sur la côte, à Acra aussi.

Source: Externe

La raison d’être

Les amis, nous avons fait un long chemin, nous vivons à une époque différente. Il n’y a pas de fausses nouvelles, ici. Au contraire, les fausses nouvelles – disant qu’Israël veut la paix – appartenaient aux années 1970 et 1990.

Aujourd’hui, nous disons la vérité: Les soldats sont en Cisjordanie pour protéger le projet d’implantation. À Jérusalem-Est, qui a été occupée et annexée, les policiers et les employés des firmes de sécurité privées sont déployés pour donner la possibilité aux colons de pourrir la vie de plus de Palestiniens encore de sorte qu’ils évacueront leurs maisons pour qu’on installe plus de colonies encore, lesquelles pourriront la vie de plus de Palestiniens encore de sorte qu’ils abandonneront ou vendront leurs maisons et s’enfuiront.

Le projet d’implantation est l’essentiel. C’est la raison d’être d’Israël. C’est ce qui prépare le terrain en vue des expulsions mineures et majeures.

Les commandants n’ont d’autre choix que de soutenir complètement leurs soldats qui tirent sur des paramédicaux, les blessent et les tuent, tirent dans le dos des gens ou en plein visage, criblent de balles une voiture qui ne se mêlait de rien d’autre que de ses affaires.

Ils n’ont d’autre choix que de dire que tout se déroule selon les règlements, que tout est propre et net. Et, en effet, il n’y a pas de déviation par rapport aux ordres et aux réglementations de l’engagement.

Si nous nous conduisons différemment, les Palestiniens concluront que nous reconnaissons qu’ils sont chez eux dans cet endroit situé entre le fleuve et la mer, que nous reconnaissons leur droit de vivre comme tout le monde, leur droit à l’eau, à l’espace, à la planification, à leur terre.

Le fait qu’on tire ne fait que mettre un point final à d’autres activités dont le but est d’entasser les Palestiniens dans des cages.

Allez dans la zone du Triangle – les villages et villes arabes au centre d’Israël – et en Galilée, et comparez un village palestinien, devenu une ville surpeuplée et ravagée par la pauvreté, à une nouvelle communauté juive installée au sommet d’une colline. Derrière les énormes différences, il y a des planificateurs, des bureaucrates et des ministres.

Allez en Cisjordanie et voyez ces barrières jaunes attachées à des blocs de béton à la sortie des autoroutes. À tout moment, deux soldats peuvent fermer ces barrières et couper un village, une ville ou un district afin de permettre à plus d’Israéliens encore de rafler une autre parcelle de terrain immobilier.

Ceux qui sont chargés de la loi et de l’ordre n’ont d’autre choix que de fermer les yeux sur les colons qui attaquent les Palestiniens dans leurs villages, vergers, routes, pâturages et champs de blé, d’accaparer leurs sources et leurs nappes d’eau agricoles. Les agresseurs font à petite échelle (quoique dans des débordements de violence physique sacrée) ce que la bureaucratie de l’Administration civile, l’avocat général de l’armée et les ministres du Logement et de l’Agriculture ont fait et font toujours à grande échelle. Déporter les gens. Les effrayer. Les entasser dans des enclos. Les forcer à renoncer. Les tromper.

Source: Externe

Oubliez Trump 

Les amis, il ne nous faut pas attendre le «contrat du siècle». On en est déjà à l’annexion. La Cisjordanie n’existe pas. Ce sont seulement des morceaux qui ont été arrachés, faute d’avoir le choix, de la Cisjordanie et qui se sont mués en réserves clôturées parce qu’il est impossible aujourd’hui de réaliser l’expulsion que nous avions réalisée en 1948 et 1949. C’est-à-dire que c’est toujours impossible… pour l’instant.

Chaque colonie produit des vagues de violence ostensiblement privée et de violence officielle autorisée, avec licence, et d’autres parcelles de terre volée que l’on octroie ensuite aux membres sélectionnés du Peuple élu.

Chaque nouvelle parcelle a besoin d’une autre compagnie ou d’un autre bataillon pour la garder. Les soldats comprennent qu’ils doivent faire tout leur possible pour protéger le droit des Israéliens à continuer à s’implanter, et que les colonies ont le droit de continuer à s’étendre, à construire un autre centre commercial et des routes de contournement, et à créer des parcs de verdure pour elles-mêmes à partir de ce qui fut jadis des vergers ou des champs palestiniens.

Et le peuple d’Israël a vu que c’était bon, et il en a demandé davantage. Et on s’étonnera que le fait d’abattre un garçon menotté ne les intéresse pas ?

Un Palestinien, ça ne compte pas. Ce n’est pas un citoyen dont l’homme politique de premier plan, naguère officier commandant dans l’armée, recherche le soutien. Un Palestinien, ça ne vote pas. Ce n’est pas repris comme une personne, dans les calculs. Plus il y aura de colons et de soldats pour le tenir à l’œil, plus il y aura d’Israéliens qui concluront que le Palestinien est de trop.

À une époque où certains d’entre nous envisagent de discuter de solutions, les colonies, l’armée et les experts juridiques civils qui défendent les colonies et leurs architectes esquissent le futur. Un futur de sang, d’expulsion et de destruction.

Amira Hass -

04.05.19

Source: Soutien.Palestine

23 mai 2019

BDS: être clair et écouter la demande des premiers concernés, les Palestiniens

Source: Externe

Ne félicitez pas le groupe islandais Hatari d’avoir violé le boycott de l’Eurovision

 

Le groupe islandais Hatari a capté beaucoup d’attention pendant la finale du concours de chant de l’Eurovision samedi soir avec leur coup consistant à brandir brièvement des écharpes avec le drapeau palestinien devant les caméras de télévision.

Ils ont été couverts de louanges extatiques sur les réseaux sociaux, mais cela ne devrait pas obscurcir la réalité: à savoir que Hatari a franchi le piquet de grève demandé par la société civile palestinienne.

En réalité, ce qu’ils ont fait était un acte d’anti-solidarité qui, en définitive, cause du tort aux actions palestiniennes pour mettre fin au régime de plus en plus violent et impudent d’occupation, de colonialisme et d’apartheid d’Israël.

La question n’est pas difficile: si un syndicat appellait à une grève et que quelques ouvriers décidaient de franchir le piquet de grève, mais braquaient leurs badges syndicaux devant les grévistes en un «acte de solidarité», tout le monde comprendrait que les briseurs de grève sont quand même des jaunes.

Leur utilisation de symboles syndicaux pour couvrir leur trahison serait à juste titre perçue comme du sel sur une blessure et leur vaudrait le mépris des ouvriers en grève.

Le point d’une action collective comme une grève ou un boycott est que le coût pour l’oppresseur de violer les droits de l’opprimé augmente assez pour forcer l’oppresseur à arrêter l’oppression.

Briser une grève sape le principe et l’efficacité de l’action collective — que ce soit une grève par des ouvriers contre un employeur abusif, ou un boycott demandé par un peuple luttant pour son existence même.

Offrir un laissez-passez aux briseurs de grèves envoie aux autres le message que c’est ok de franchir un piquet de grève, que les briseurs de grèves peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre en acceptant les bénéfices de la collusion avec l’agresseur et en même temps être quand même félicités, alors qu’ils causent du tort au collectif.

De plus quand le mouvement BDS – bocyott, désinvestissement et sanctions — subit une attaque sans précédent d’Israël et de ses alliés européens et américains qui le salissent comme étant antisémite, il est plus important que jamais de défendre cette forme de solidarité.

Que BDS soit un mouvement non-violent, universaliste et anti-raciste n’a pas empêché quelques politiciens occidentaux de le diffamer.

Source: Externe

Priés de boycotter

Et pourtant il semble qu’une brève apparition d’un drapeau palestinien engendre une émotion si forte chez certains que leur capacité à penser clairement à propos de ces actes et de leurs conséquences s’évapore.

Donc soyons clairs sur ce qui s’est passé.

En avril, PACBI, la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël, a demandé à Hatari de ne pas y aller.

PACBI a déclaré: «Les Palestiniens appellent tous les concurrents de l’Eurovision à se retirer de la compétition dans le Tel Aviv de l’apartheid».

«Ceci inclut le candidat d’Islande Hatari, en particulier, qui officiellement soutient les droits palestiniens».

«Les artistes qui insistent pour franchir le piquet de grève du boycott, se produisant à Tel Aviv au mépris de nos appels, ne peuvent contrebalancer le mal qu’ils causent à notre combat pour les droits humains en ‘compensant’ leur acte complice par quelque projet avec les Palestiniens», a ajouté PACBI.

«La société civile palestinienne rejette massivement cette addition d’une feuille de vigne, ayant tiré les leçons de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud».

En plus, il y a eu en coulisses de longues discussions avec Hatari.

Le groupe a visité la ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, où un membre du groupe, Matthias Haraldsson, a décrit la situation comme un «apartheid».

Malgré cela, Hatari est allé faire exactement ce que les Palestiniens leur avaient demandé de ne pas faire: ils ont franchi le piquet de grève et ont essayé de compenser cet acte par ce geste feuille-de-vigne que d’agiter des drapeaux.

La réponse de PACBI à l’action d’Hatari a été cohérente avec la position communiquée au groupe avant le concours.

Source: Externe

Une louange déplacée

Pourtant de nombreuses personnes peut-être bien intentionnées, y compris des Palestiniens comme le militant Issa Amro à Hébron, ont réagi avec approbation.

D’autres réactions ont peut-être été plus cyniques: le bureau londonien de l’Autorité palestinienne a affirmé que «la démonstration de solidarité de Hatari avec la Palestine a montré que la politique de gestion de conflit d’Israël (i. e. que les Palestiniens peuvent rester sous occupation et que la vie continuera) est un échec total».

C’est ironique étant donné la manière dont l’Autorité palestinienne n’a pratiquement rien fait pour s’opposer à ce que l’Eurovision ait lieu à Tel Aviv et qu’elle collabore avec les forces d’occupation israéliennes pour supprimer manifestations et résistance, et par là soutient l’occupation, sous la rubrique «cooordination de la sécurité».

Mustafa Barghouti, un politicien cisjordanien qui a autrefois été candidat à la présidence de l’Autorité palestinienne, a loué Hatari sur les ondes en Islande, affirmant que leur agitage de drapeau avait «touché les coeurs des Palestiniens».

Barghouti a dit que même si «notre position en principe» est que les groupes auraient dû boycotter l’Eurovision, il avait contacté Hatari pour les remercier de ce qu’ils ont fait.

Barghouti aussi veut le beurre et l’argent du beurre, affirmant que le boycott est une affaire de principe, mais félicitant ceux qui violent le principe. Quelle sorte de principe est-ce donc?

Sa justification était que si Hatari avait choisi de ne pas franchir le piquet de grève, un autre groupe aurait représenté l’Islande et qu’alors le drapeau palestinien ne serait pas apparu sur scène.

J’ai entendu cet argument à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux et c’est un non sens, même quand on met de côté le principe essentiel de ne pas franchir un piquet de grève, lorsqu’un groupe opprimé le demande.

A part un stimulant émotionnel momentané, à quoi sert une brève vision d’un drapeau palestinien?

Etant donné la profondeur de la complicité internationale dans les violations horribles et les massacres constants de Palestiniens par Israël, nous devrions être au-delà du point où nous pouvons nous emballer pour un tel symbolisme.

Après tout, le drapeau de l’«Etat de Palestine» a flotté aux Nations Unies depuis des années, et pourtant cela n’a absolument rien fait pour que les Nations Unies devienne une organisation plus efficace pour faire rendre des comptes à Israël. De fait, la complicité onusienne avec les crimes d’Israël n’a fait que s’aggraver.

Source: Externe

Une opportunité ratée

Si Hatari avait décidé de se retirer de l’Eurovision la nuit du concours, ou même le jour d’avant, il n’y aurait pas eu moyen de faire venir un numéro alternatif, étant donné le nombre de répétitions et la logistique nécessaires.

Et même si des briseurs de grève les remplaçaient, le retrait de Hatari aurait dominé les gros titres et mis une pression sur d’autres — particulièrement sur Madonna — pour qu’ils remettent en cause leur spectable. Cela aurait boosté le mouvement BDS de manière stratosphérique.

L’appel au boycott palestinien et les manifestations autour de l’Eurovision ont obtenu une gigantesque quantité de couverture de presse et de soutien, et le retrait de Hatari aurait fait une histoire encore plus importante.

Hatari aurait pu porter un immense camouflet à la tentative d’Israël de présenter l’Eurovision comme «non politique» et distrayant, même si Israël et ses alliés de l’Union européenne exploitent sans vergogne le concours pour avancer leurs agends pro-Israël.

Au lieu de cela, tant Hatari que Madonna se sont contentés d’actions sans effet qui faisaient plus pour couvrir leur propre complicité que pour avancer toute prise de conscience ou action réelles pour changer la réalité palestinienne.

Madonna – dans une démarche non autorisée – a mis deux danseurs s’enlaçant, une avec un drapeau palestinien dans le dos, l’autre avec un drapeau israélien.

Il est difficile d’imaginer un message plus creux ou plus nuisible, qui met sur le même pied l’oppresseur et l’opprimé.

Source: Externe

Au-delà du symbolisme

La solidarité réelle signifie écouter ce que les Palestiniens demandent — pourtant beaucoup préfèrent sermonner et instruire les Palestiniens plutôt que les écouter.

Dans le cas présent, la solidarité aurait voulu dire boycotter l’Eurovision, ce qui n’est vraiment pas demander grand chose. Mais c’était plus que ce qu’Hatari pouvait offrir. Ainsi soit-il, mais n’en faisons pas des héros!

Plus important, n’envoyons pas aux autres artistes le message que la complicité avec l’oppression des Palestiniens est une affaire mineure facilement oubliée et pardonnée. Ou que cela ne pose pas de problème si vous violez le boycott, du moment que vous agitez un drapeau palestinien.

Si les Palestiniens continuent à accepter des gestes vides et un symbolisme bon marché de leurs prétendus alliés ils resteront pour toujours sous l’oppression israélienne. ils doivent réclamer et attendre une solidarité réelle et c’est ce qu’est BDS.

Nous n’essayons pas seulement de nous sentir bien, nous essayons de mettre fin réellement à l’apartheid. Pendant la lutte sud-africaine, tout le monde n’a pas respecté le boycott culturel. Mais, à juste titre, on se souvient aujourd’hui avec dédain de ceux qui ont choisi de profiter de l’apartheid.

C’est un cliché – répété la nuit de l’Eurovision par Madonna – que la musique «rapproche les peuples». Dans le cas de l’Eurovision, la musique était utilisée comme une couverture à l’oppression et à l’apartheid.

Mais cela ne veut pas dire qu’elle a tort. La musique, la danse et les célébrations jouent un rôle important dans n’importe quelle lutte de libération et construisent la solidarité.

Un exemple réel de cela a été le concert alternatif «You’re a Vision» qui a eu lieu en Irlande à guichets fermés en soutien à la Palestine. C’était l’un des nombreux événements de ce genre dans toute l’Europe.

C’est à cela que ressemble la solidarité en musique.

Ali Abunimah -

21.05.19

Source: BDS34

22 mai 2019

La France et l’UE se font une raison de l’apartheid en Palestine

Source: Externe

Une récente déclaration de l’Ambassadeur de France sortant aux États-Unis concernant la nature de l’apartheid israélien, met en lumière les errements de la politique étrangère de l’Union Européenne

 

L’UE fait preuve de lâcheté lorsqu’il s’agit de l’occupation illégale de la Palestine par Israël.

L’ambassadeur Gérard Araud a, bien sûr, eu raison de dire au magazine américain, l’Atlantic, qu’Israël était déjà un État d’apartheid.

Notant la «disproportion de pouvoir» entre Israël et les Palestiniens, Araud a dit: «Le plus fort (c’est-à-dire Israël) peut penser qu’il n’a aucun intérêt à faire des concessions».

Et comme Israël «ne fera pas des Palestiniens, des citoyens d’Israël… ils seront obligés d’officialiser cette situation, dont nous savons que c’est de l’apartheid».

G. Araud a ajouté: «Il y aura officiellement un état d’apartheid. En fait, c’est déjà le cas».

Le fait qu’Araud ait attendu la fin de son mandat diplomatique de cinq ans pour émettre des vérités aussi évidentes est révélateur de la nature de la politique, en général, et de la politique européenne, en particulier.

La triste vérité, c’est que l’UE a joué le rôle de laquais étatsunien au Moyen-Orient et qu’elle a toujours opéré dans les limites prescrites par Washington. La diplomatie de l’UE s’écarte rarement de cette ligne. Le fait que G. Araud ait osé s’exprimer est une exception, pas la règle.

Mais il est peu probable que l’aveu d’Araud se traduise par quoi que ce soit de concret. Il n’engendrera pas non plus une révision sérieuse de la position de l’UE sur l’occupation israélienne ou du soutien aveugle des États-Unis aux politiques militantes et racistes du 1er ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’égard des Palestiniens.

Certains avaient espéré que l’arrivée d’un président erratique et corrosif à la Maison-Blanche pousserait les Européens à l’action. Ils ont été confortés dans leur espoir par le sommet sur le Moyen-Orient de janvier 2017, qui s’est tenu à Paris, malgré les protestations étatsuniennes.

Plus de 70 pays ont ajouté leur voix à celle de leur hôte français, pour exprimer leur opposition aux colonies juives illégales et appeler à la création d’un État palestinien indépendant considéré comme «la seule voie» vers la paix.

Source: Externe

La déclaration finale du sommet a exhorté Israël et les Palestiniens à «réaffirmer officiellement leur engagement en faveur de la solution à deux États». Le président français de l’époque, François Hollande, a expliqué que le but de son pays était uniquement de faire en sorte que «la solution à deux États» soit le cadre de référence pour les futures négociations.

Mais à quoi tout cela a-t-il servi? Israël et les États-Unis ont fait comme si le sommet n’avait jamais eu lieu. Tel-Aviv a poursuivi sa politique d’apartheid, qu’il a couronnée en juillet, par la Loi sur l’État-nation qui stipule qu’Israël est l’«État-nation du peuple juif».

Trump a également ignoré la France et l’UE. Le 15 décembre 2016, il a choisi un ardent partisan d’Israël, David Friedman, comme ambassadeur en Israël. Friedman s’oppose à la solution à deux États et utilise les anciens noms bibliques de Judée et Samarie, pour parler des territoires palestiniens occupés.

Trump n’a pas non plus tenu compte de la position française lorsqu’il a transféré l’ambassade de son pays de Tel-Aviv à Jérusalem en mai 2018 dernier.

Comment l’UE a-t-elle réagi aux actions illégales des États-Unis? Par des déclarations d’intention toujours plus redondantes et dénuées de toute application concrète.

En décembre dernier, huit ambassadeurs de l’UE, dont celui de la France, ont fait une déclaration à l’ONU qui visait clairement les États-Unis: «Nous, les membres de l’Union européenne, membres du Conseil de sécurité de l’ONU, voudrions réitérer et réaffirmer l’engagement ferme et continu de l’UE en faveur des paramètres convenus au niveau international pour une paix juste et durable au Moyen-Orient, fondée sur le droit international, les résolutions appropriées des Nations-Unies et les accords antérieurs», peut-on lire dans cette déclaration.

Encore une fois, des paroles mais pas la moindre action concrète. Le même schéma s’est répété après que Trump ait décidé de donner le plateau du Golan syrien occupé à Israël, défiant l’ONU, l’UE et, cela va sans dire, les aspirations de millions d’Arabes.

Source: Externe

La responsable de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, a répondu, au nom de 28 Etats de l’UE, par une nouvelle déclaration disant que l’Europe «ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan occupé».

Et ça change quoi? Alors que les États-Unis violent le droit international à coup de mesures concrètes, l’UE se contente de simples paroles, entérinant un statu quo qui, même lorsqu’il l’a été par Washington lui-même, n’a apporté que de la misère aux Palestiniens.

L’incompétence de l’UE n’a d’égal que son hypocrisie. Israël jouit toujours d’importants privilèges commerciaux avec l’Europe, et les relations diplomatiques entre Israël et la plupart des pays membres de l’UE sont à un niveau sans précédent.

La seule initiative européenne collective qui a semblé avoir un peu de portée sur le moment, remonte à 2013, lorsque l’UE a demandé que les produits israéliens fabriqués dans les colonies juives illégales soient étiquetés comme tels. Après des années de bricolage, l’UE a admis que le contrôle des pratiques commerciales israéliennes en matière d’étiquetage s’était avéré «impossible».

La position française sur le commerce avec les colonies illégales est particulièrement scandaleuse. Alors que le Sénat irlandais a voté le 5 décembre dernier pour interdire l’importation des biens produits dans les colonies, en octobre 2018, les Français ont fait exactement le contraire en suspendant les règles spéciales d’étiquetage.

En vérité, l’inefficacité des politiques de l’UE n’a rien de nouveau et elle ne peut pas être imputée aux mesures unilatérales de Trump. En fait, les propos de l’ambassadeur de France Araud illustrent la frustration accumulée par de nombreux diplomates de l’UE au fil des ans.

En février 2013, un rapport publié par des diplomates de l’UE a qualifié les colonies juives illégales de «plus grande menace pour la solution des deux États», appelant Bruxelles à prendre des mesures décisives pour mettre un terme à la colonisation «délibérée et agressive» d’Israël.

Le rapport a été publié il y a plus de six ans. L’UE n’a rien fait pour arrêter les colonies illégales, qui se sont multipliées à toute allure depuis lors.

Pire encore, après avoir remporté les dernières élections, Netanyahu a promis d’annexer les colonies juives illégales.

Source: Externe

Si l’on considère le soutien inconditionnel des États-Unis aux annexions illégales antérieures de Jérusalem et du Golan par Israël, la promesse de Netanyahu pourrait très bien se réaliser rapidement. Après tout, selon la Loi de l’État-nation juif les colonies juives sont une «richesse nationale» et l’État «s’efforcera d’encourager et de promouvoir leur fondation et leur développement».

En réponse au soutien étatsunien d’Israël, la politique étrangère de l’UE est inconsistante et veule, et en fin de compte un échec total. Hélas, l’espoir que les premiers mois de la présidence de Trump avaient fait naître – que l’UE développe une position véritablement indépendante sur Israël et la Palestine – s’est révélé illusoire.

Pour changer tout cela, les membres de l’UE doivent tenir compte des paroles de l’ambassadeur de France, reconnaître la réalité de l’apartheid en Palestine et passer à l’action avec la puissance qui a été déployée par le monde entier contre l’apartheid sud-africain, et qui a conduit à son effondrement définitif et irréversible en 1994.

Ramzy Baroud -

12.05.19

Source: Chronique de Palestine

21 mai 2019

À Gaza, si les bombes se sont arrêtées, nos souffrances continuent

Source: Externe

Tant qu’Israël maintiendra son siège, nous, les Palestiniens, resterons prisonniers dans notre propre pays

 

C’est le ramadan à Gaza. Cette année, il est ponctué par la pénurie et par la peur, plutôt que la réjouissance et les cérémonies. Pour de nombreuses familles à Gaza, il sera un mois de deuil.

Vingt-neuf Palestiniens ont été tués durant l’assaut violent de l’armée israélienne le premier week-end de mai, dont deux femmes enceintes et un enfant qui n’avait que quelques mois. La nuit avant le début du mois sacré, des éclairs ont pénétré le ciel noir alors qu’Israël lâchait une fois encore ses bombes sur nous.

Tout a commencé le vendredi, quand Israël a tué quatre manifestants palestiniens lors de la Marche pacifique du Grand Retour, un mouvement populaire hebdomadaire de protestation que j’ai contribué à lancer l’an dernier pour réagir contre le déni continue par Israël de nos droits humains fondamentaux, et notamment contre son siège illégal de 12 ans.

Cette violence d’Israël contre les manifestants a déclenché une réaction. Samedi matin, les branches militaires des factions palestiniennes réagissaient en lançant des dizaines de roquettes artisanales sur les villes limitrophes de la bande de Gaza.

Je recommande toujours la désobéissance civile non-violente, mais notre communauté souffre chaque jour de la politique violente d’Israël. Nul besoin de beaucoup d’analyses pour voir que certains résisteront à la violence par tous les moyens à leur portée.

Ensuite, Israël a lancé une série d’attaques meurtrières visant des immeubles d’habitation, des entreprises et des bureaux de presse dans un quartier animé appelé Al-Remal, au cœur de la ville de Gaza.

En un instant, des immeubles se sont effondrés en cendres. Le propriétaire d’un magasin, hystérique après avoir vu disparaître son unique source de revenu, hurlait son désespoir: «Où sont les missiles cachés dans ce bâtiment? Où sont les armes nucléaires qu’ils ciblaient? Montrez-les moi»!

Source: Externe

Nous savons tous ce que sait ce commerçant anéanti: Israël bombarde des bâtiments résidentiels et commerciaux civils pour nous maintenir dans la soumission – pour nous dissuader de nous soulever et de résister à la violence quotidienne qu’il nous inflige à travers l’occupation et le blocus permanents de notre pays.

Comme tous les parents à Gaza, je ne sais pas vraiment comment réconforter et calmer mes enfants chaque fois que tombe une bombe israélienne. À chaque explosion, mes enfants accourent vers moi, terrorisés. J’essaie de les apaiser en disant: «Ces explosions sont loin de chez nous. Elles sont près de la mer et elles ne viendront pas jusqu’à nous».

Je sais bien qu’ainsi je leur cache la vérité car personne à Gaza n'est en sécurité, et Israël a tué de nombreux enfants de leur âge. Mais si je ne peux faire cesser la violence, ce que je peux faire au moins, c’est d’atténuer son impact négatif sur mes enfants.

Un cessez-le-feu a été annoncé lundi, mais je ne sais pas combien de temps il durera. Netanyahu a déclaré: «La campagne ne s’arrête pas là», et il a ajouté, «Nous nous apprêtons à continuer». 

Si un cessez-le-feu peut nous soulager temporairement des campagnes de bombardements à grande échelle d’Israël, il ne mettra pas fin pour autant à la souffrance quotidienne qu’endurent nos enfants sous le régime militaire d’Israël en place.

La réalité est que la violence n’a pas commencé il y a quelques jours. Quand nous ne sommes pas bombardés par Israël, les tireurs embusqués israéliens abattent des manifestants pacifiques, des journalistes et des médecins.

Depuis que la Marche du Grand retour a commencé l’an dernier, les tireurs israéliens ont tué environ 270 Palestiniens. Et quand les Palestiniens ne sont pas tués par des missiles ou des balles, alors nous mourons d’une mort lente et douloureuse par le blocus d’Israël.

Depuis 12 ans, Israël limite notre accès à l’eau potable saine, à la nourriture, à des médicaments d’importance vitale, à l’électricité, et aux matériaux de construction nécessaires pour reconstruire nos maisons. Sans nourriture, ni abris, ni eau en suffisance, nous ne pouvons survivre.

Ceux d’entre nous qui sont partis sont tourmentés psychologiquement. Israël contrôle nos frontières et nos moyens de déplacements, de sorte que nous sommes prisonniers dans notre propre pays.

Source: Externe

On nous refuse le droit de voyager librement pour trouver du travail ou poursuivre nos études, pour visiter nos familles dans d’autres villes ou même pour aller nous faire soigner dans un hôpital.

Le taux de chômage de nos jeunes tourne autour du taux étourdissant de 70%, parce qu’Israël bombarde nos entreprises et qu’il réduit à rien notre commerce. Les jeunes de Gaza se voient ainsi refuser toute lueur d’espoir.

Cessez-le-feu ou pas, il n’y a aucun moyen de sortir de cette violence sans fin tant qu’Israël, puissance occupante, ne mettra pas fin à son blocus et à son siège illégaux de Gaza.

Israël ne peut pas contrôler nos vies et notre terre indéfiniment. Les Palestiniens, comme tous les peuples du monde, veulent vivre libres.

Ahmed Abu Artema -

10.05.19

Source: Agence Medias Palestine

20 mai 2019

Témoignage bouleversant: le camp de Chatila ou le massacre de tous les jours

Source: Externe

«Il y a longtemps, nous habitions cette rue
Chaque jour, elle rétrécissait un peu plus
Aujourd’hui nous sommes trop grands pour elle
Et comme le ventre d’une mère, 
Nous n’y avons plus notre place»

 

Il n’y a sans doute pas plus sincère que ces vers du poème populaire de l’égyptien Salah Jahine pour décrire le camp de Chatila qui «était» aux réfugiés palestiniens, avant qu’il ne devienne un mélange de nationalités, de murs et de câbles auxquels s’ajoutent, pour plus de confusion, le vacarme des lieux exigus, le cri des gens fatigués et en colère, et ce qu’aucune photo ne peut capturer d’odeurs de poubelles, de grondements de mobylettes qui traversent les ruelles étroites qui étaient des rues, avant d’être rongées par des immeubles contraints à l’élargissement par le gonflement de la population.

Aujourd’hui, le camp ressemble plutôt à un abri: des ouvriers journaliers égyptiens, soudanais, éthiopiens, et évidemment, l’ajout important de déplacés, qu’ils soient Palestiniens de Syrie ayant fui les camps du pays dans lequel ils vivaient, ou simplement, Syriens pauvres.

Ainsi, le nombre des habitants de Chatila, si l’on peut qualifier "d’habitants" ceux contraints à y rester, est estimé autour de 25000 êtres humains qui, dans une superficie ne dépassant pas le km², vivent dans des conditions infrahumaines.

Il se disait du camp qu’il était surpeuplé lorsqu’il n’abritait que 6000 réfugiés. Que peut-on en dire aujourd’hui? J’ignore s’il existe un mot capable de signifier ce degré de surpeuplement.

Mon hôte désigne un point, à quelques 200m d’une "rue" principale au milieu de laquelle nous nous tenons et dit «le camp commence là-bas» puis, il montre un autre endroit, également à quelques 200m de distance, et continue «et il se termine là-bas». «C’est tout?» demandé-je, stupéfaite. «Mais comment cet espace restreint peut-il contenir tout ce monde»?

Jamal Al-Hendaoui, le chef des scouts de "Yaabad", esquisse un sourire cynique et pointe vers le haut. En suivant le mouvement de son doigt, on découvre, à travers un réseau dense et entremêlé de câbles électriques, cordes à linge et autres tuyauteries, des étages superposés qui se frôlent et dont les balcons s’entremêlent presque aux fenêtres de l’immeuble d’en face. Le camp a gonflé horizontalement ce qui a provoqué une explosion verticale. Ce sont les lois de la physique!

Je suis mon hôte à travers les allées, les yeux comme une caméra qui enregistre tout ce que laissent entrevoir les portes ouvertes des maisons. Il fait sombre dans les ruelles, bien que nous soyons en plein jour. A la lumière blanche des "néons" on aperçoit, à l’intérieur des appartements, des femmes rendues presque floues par le brouillard de la vapeur des cuisines, occupées à crier sur leurs enfants.

On découvre des bizarreries architecturales comme ce balcon qui s’élève à quelques centimètres du sol inondé d’eau. On ne comprend pas s’il s’agit de la pluie, qui, en tombant, a dû mouiller d’abord le réseau de câbles électriques au-dessus de nos têtes, ou si l’eau qui coule sous nos pieds et dans laquelle pataugent des enfants chaussés de souliers en plastique à la poursuite d’un chat, vient en fait, de la bouche d’un égout.

Des mobylettes roulant à toute vitesse, sans prendre la peine de ralentir pour éviter les gens, poussent les enfants et nous poussent. «Comment s’appelle cette rue?» demandé-je à Jamal, tout en me collant au mur pour laisser passer la mobylette à l’entrée du camp, du côté de "Ard Jaloul". «Elle n’a pas de nom» me répond-il avec assurance.

Même pas un nom comme ça, juste pour indiquer l’endroit? «Alors oui, on peut l’appeler le quartier des libanais ou du studio moderne»… Studio?! Il rigole et raconte qu’il y a longtemps il y avait là un studio où ont été produits les plus grands films de cinéma. Et, effectivement, on découvre que le film des frères Rahbani et de la grande Fairuz, "Le vendeur de bagues" a été enregistré dans ce studio qui a été détruit par le bombardement israélien de 1973, alors qu’il servait de locaux à l’organisation "Assaïqa" (proche du régime syrien). Aujourd’hui, l’école technique de Hariri occupe l’endroit, au côté d’un marché en plein air et de quelques immeubles.

Il y a un mode spécial d’acquisition foncière dans le camp qui repose sur l’enregistrement du propriétaire ou du locataire auprès du Comité Populaire du camp. Dans de nombreuses circonstances, ce Comité est considéré par l’Etat Libanais lui-même comme la référence, puisque les Palestiniens n’ont pas le droit de devenir propriétaires au Liban(1).

Source: Externe

Ziad Hamou, le Secrétaire du Comité Populaire de l’OLP, explique la cartographie surréaliste du camp comme étant la conséquence de «l’exploitation de l’augmentation de la population par les commerçants des bâtiments» et rajoute «ils se sont mis à construire des immeubles de 10 étages alors que le maximum autorisé était de 3. Il n’est pas possible pour nous de s’étendre en-dehors du camp puisqu’il est entouré par des propriétés privées».

D’après Hamou, le camp de Chatila compte environ 5000 unités d’habitation, ce qui représente à peu près 25000 personnes «si l’on considère que la famille moyenne est constituée de 5 individus seulement. De ces 25000, moins de 8000 sont Palestiniens–Libanais(2)»!

Et il rajoute «cette proportion change selon les fluctuations du coût de la vie qui pousse de plus en plus de pauvres à venir vivre dans le camp. C’est pour ça que tu trouves ici des Libanais, des Syriens, des Palestiniens – il y a ceux du camp de Tal al Zaatar(3) qui ont trouvé refuge ici, ceux du camp de Nabatiyeh(4) et de Jisr el Bacha(5), et une partie des habitants du camp de Nahr el Bared(6) qui n’ont pas encore récupéré leurs logements».

Puis il dit, «selon les dernières statistiques, publiées par le Comité de dialogue libano-palestinien – qui a recensé 174000 Palestiniens au Liban – chiffre avec lequel nous ne sommes pas d’accord, le nombre de Palestiniens à Chatila est aujourd’hui de 4000. Mais l’organisme de l’UNRWA dit qu’il y a 8000 Palestiniens inscrits chez eux. Nous estimons qu’ils sont moins nombreux parce que beaucoup d’inscrits ont quitté le camp à cause du surpeuplement et de la dégradation des services, louant leurs appartements aux nouveaux venus».

Mais comment fonctionne le marché qui a conduit à cette construction chaotique, dangereuse pour la sécurité publique? Il répond «il y a plusieurs façons de vendre. Il y a la vente du plafond et son air, qui permet de construire un seul étage, ou la vente de tout l’air qui t’autorise à construire autant d’étages que tu veux!»... «et combien coute le mètre d’air?»  demandé-je, sur un ton amusé. Il répond, en riant «entre 3 et 5 mille dollars».

Ce changement démographique n’a pas commencé avec le déplacement des Syriens en 2011 mais «après la guerre des camps», dit Jamal Al-Hendaoui: «A ce moment-là, beaucoup d’habitants du camp sont partis et de nouveaux gens sont venus à leur place, la plupart des Palestiniens–Syriens ou des Syriens qui sont devenus propriétaires à l’intérieur». Al-Hendaoui donne un exemple: «Dans le quartier ouest du camp et dans le quartier du Horsh, au sud, il y avait parmi les habitants une grande densité de Palestiniens, à peu près 70%, mais après l’invasion israélienne, le massacre (de Sabra et Chatila en 1982) et la guerre des camps (1985-1988), la proportion de Palestiniens dans ces endroits est descendue à 50%»!

Jamal explique la prolifération de la construction illégale par un pouvoir de fait sur les décisions du camp, «il y a le camp, et il y a ses environs où certains des nôtres ont construit profitant d’opportunités politiques, comme par exemple la présence syrienne (1976 – 2005) qui a soutenu et couvert certains groupes. Ils ont donc construit, soit sur le domaine public soit sur des terrains autour du camp après avoir supposément obtenu l’autorisation de leurs propriétaires».

Pour comprendre le degré de gravité de la construction illégale et l’absence de règles de sécurité, Jamal nous raconte qu’il y a 40 ans il a bâti sa maison sous la supervision d’ingénieurs de l’UNRWA (organisme des Nations-Unies créé en 1949 pour gérer la situation des réfugiés palestiniens), et que les fondations ont été posées conformément à un plan.

Il rajoute qu’entre 1975 et 1980, «l’immeuble le plus haut dans le camp était la maison de Abou Kassem Al Hajj qui ne faisait que 3 étages, en plus d’une pièce en étain sur le toit, où ses jeunes fils passaient leurs soirées. Debout sur le toit d’Abou Kassem, on pouvait voir toute la montagne. Aujourd’hui pour voir la montagne, il faudrait monter au huitième étage. 70% des maisons du camp faisaient un seul étage. Il y avait des rues dans le camp, aujourd’hui il n’y a que des ruelles. Dans notre rue, une voiture pouvait passer… Et, la rue par laquelle nous sommes entrés, du côté de Ard Jalloul, pouvait accueillir deux voitures, en aller-retour, en plus des deux trottoirs… elle faisait 12 mètres. Aujourd’hui, elle fait à peine 4 mètres».

Comment cela s’est-il passé? Par la loi du grignotage lent, par l’absence de surveillance et de répression des infractions. Al-Hendaoui donne un exemple: « En face de chez nous, la voisine avait un rez-de-chaussée, elle a construit une pièce sur le toit à laquelle elle accédait par un escalier en bois… Dieu lui a donné les moyens, alors elle a construit un escalier qui part de la rue! Evidemment, mon père s’est fâché, a contesté… mais tous les voisins se sont ligués contre lui sous prétexte que c’était une pauvre femme ».

Source: Externe

L’histoire ne s’arrête pas là, «après la guerre des camps, elle a mangé un mètre supplémentaire de la rue pour agrandir sa maison et un autre pour construire un nouvel escalier! A ce moment-là, mon père aussi a pris 80cm de la rue, qui est devenue une ruelle», puis il dit «un scenario similaire s’est répété dans tout le camp».

Majida Jawad, coordinatrice du programme des droits des femmes dans l’association Najdeh, qui a quitté les lieux après la «guerre des camps» (1985–1988), assure qu’il «y a des immeubles voués à l’effondrement à Chatila ». Elle rajoute que «pendant cette guerre entre nous et nos frères chiites (ndlr. Le mouvement «Amal» soutenu alors par l’armée syrienne) on a construit des remblais de terre autour du camp puisqu’il était exposé de tous les côtés aux snipers basés dans les immeubles en hauteur. Après la guerre, quand les gens ont voulu reconstruire leurs maisons détruites en bordure du camp, notre association a supervisé l’opération et nous avons distribué du métal pour assurer des fondations solides, nous avons aussi voulu que les immeubles fassent 4 étages, donc plus hauts, en «prévention» d’autre guerres et snipers! Mais, après cela, il y a eu un désordre qui a été exploité par les comités populaires. Ils se sont mis à vendre des autorisations à 100 dollars à quiconque voulait ajouter des étages, sans prendre en considération la capacité de support des fondations. Puis, il y a même eu des immeubles sans fondations, qui sont aujourd’hui voués à l’effondrement».

Oum Nader rajoute «par ailleurs, à cause de leur hauteur, ces immeubles ont bloqué le soleil de tous les côtés, alors l’humidité s’est infiltrée dans les appartements à tel point qu’il goutte à l’intérieur et lorsqu’on soulève le matelas du sol, il est imbibé d’eau… tu imagines! C’est pour ça que l’asthme s’est proliféré chez les résidents. Et, à cause de l’absence de soleil et de l’exiguïté du lieu, la dépression, l’hypertension et le diabète se sont aussi répandus».

Puis, elle donne un exemple, «lorsque je suis au bureau dans le camp, j’ai toujours l’impression qu’il pleut dehors mais quand je sors, je suis surprise par un temps ensoleillé… Il «pleut» uniquement à l’intérieur des immeubles du camp».

Les bidonvilles ont d’autres «inconvénients» traditionnels comme l’entassement des ordures, l’infestation des insectes, auxquels s’ajoutent des fléaux sociaux tels que le chômage, la violence, les drogues et, probablement, la prostitution… alors, lequel de ces problèmes est le plus urgent?

Ziad Hamou répond vite, «le chômage» avant d’expliquer, «quelqu’un qui n’a pas de travail va chercher n’importe quelle source d’argent. Par extension, il est possible que cette source soit n’importe quoi».

Jamal Al-Hendaoui insiste sur le même point. Il dit, «il y a un peu de racisme traditionnel, lié au chômage grandissant, à la forte concurrence et à l’accès limité aux emplois. Avant la crise, il y avait peu de travail dans mon domaine en tant que polisseur de sols, à cause de la forte concurrence des syriens dans le secteur du bâtiment. Mais, depuis la crise syrienne, il n’y a plus de travail du tout. Moi par exemple, je n’ai pas travaillé une seule fois depuis 5 ans. Aujourd’hui, il y a même une forte concurrence entre les Syriens qui sont au Liban depuis longtemps et leurs frères récemment déplacés, à tel point que les anciens ont commencé à se plaindre que les nouveaux venus "leur ont pris tout leur travail"… Beaucoup de gens ont dû changer de métier à cause de ça».

Le chômage, le manque de perspective et une vie dans l’obscurité ne rendent-ils pas évidente la question de la drogue? Hamou ne nie pas que ce problème est «bien présent mais pas dans les proportions que présentent les médias». Je lui réponds qu’il avait fait la même déclaration il y a deux ans dans une interview, est-ce que cela veut dire que les choses n’ont pas changé? Il dit «il y a un problème, cela ne fait pas de doute, mais les grosses têtes se sont liquidées entre elles». Et donc, personne ne leur a succédé? «Si, il y a un type, par exemple, qui deale même des cigarettes, il possède aujourd’hui trois appartements dans le camp parce qu’il était couvert par l’une des organisations. Mais j’en ai parlé hier avec un des responsables de la sécurité et son cas va être bientôt traité».

Cependant en parlant avec certains des habitants du camp, il semble que le problème soit bien plus important. Une femme que nous avons rencontrée affirme que la vente et la consommation de drogues se pratiquent publiquement à Chatila. Elle parle en connaissance de cause, puisque son mari consommait. «Dans la rue d’Ariha, ils fument du cannabis en public et ils vendent de la drogue en public. Je les ai vus de mes propres yeux. Je n’habite pas loin d’eux. On voit des voitures étrangères au camp qui viennent, se garent au bout de la ruelle et disent "donne-moi pour 10000 ou 20000 livres". Le soir tu ne peux pas traverser la ruelle, à cause de l’odeur. Avant, il y avait une certaine pudeur, aujourd’hui ils n’ont même plus honte. Même mon mari fumait dehors parce qu’il était gêné de le faire devant moi. Tu trouves des bouteilles cassées de «Simo» (un sirop contre la toux utilisé comme stupéfiant) dans la ruelle. Une fois, j’ai trouvé des pilules de «Tramadol» (un opioïde) dans les affaires de mon mari. Il y a beaucoup de variétés différentes, en plus de la cocaïne et de l’héroïne».

De la cocaïne et de l’héroïne? Ce sont pourtant des drogues chères! Elle répond: «On entendait les cris du fils de nos voisins lorsqu’il était en manque, son hurlement devenait semblable aux cris des animaux et faisait peur aux enfants. Tout son salaire passait dans la cocaïne».

Source: Externe

«Notre camp n’est pas fermé» dit Ziad Hamou et il rajoute, «on peut en sortir et y entrer librement. Aucune des entrées n’est gardée: ni celle de Sabri Hamadeh, ni du côté de la station Mokdad, ni celle d’Ard Jaloul, ni l’entrée de l’UNRWA, ni celle du dépotoir principal en direction de la fosse commune»(7).

L’entrée du dépotoir principal! Mon Dieu! Il y a donc une entrée du nom d’une déchèterie! Sur place, nous découvrons que c’est bien pire. Il s’agit en fait d’un centre énorme de tri de déchets. Ici, ceux que nous rencontrons dans les rues de Beyrouth en train de fouiller les poubelles, se retrouvent pour décharger leurs trouvailles. L’espace est très grand, rempli d’odeurs, de saleté et de ferrailles. Il pleut des cordes, des canaux de «jus de poubelle» coulent en direction du camp qui se trouve en contrebas.

Peut-être que la présence d’un endroit comme celui-ci, collé au camp, a désespéré les gens de la propreté et les a poussés à négliger les tas d’ordures entassés dans leurs ruelles et sous leurs fenêtres? Je demande à Jamal: «L’UNRWA n’est pas censé ramasser les poubelles?»

Il répond que le problème de l’UNRWA c’est qu’il travaille «sur des normes unifiées dans tous les endroits, indépendamment des spécificités de certains lieux, par exemple, selon leurs critères, pour chaque 1000 personnes, il doit y avoir un médecin et sept éboueurs… Evidemment, leur recensement se base sur les réfugiés inscrits chez eux. Pour Chatila, ils estiment le nombre de Palestiniens–Libanais à environ 6000. Les services de l’UNRWA ne concernent donc que ces 6000, et pourtant, il y a bien 25000 habitants qui jettent leurs déchets dans le camp. Il faut ajouter à cela le non-respect des horaires de ramassage. L’état des ordures a conduit à une infestation sans précédent de nouveaux genres d’insectes d’intérieur, tels que les gros cafards, les rats et les essaims de mouches ou de moustiques».

Les «invités» n’ont pas de chefs – se plaint Jamal - contrairement aux Palestiniens originaires de l’endroit. Et les comités populaires? Ils ne peuvent pas imposer un système? Il répond, «ni les comités, ni le Liban. Personne ne peut imposer quoi que ce soit. On fait partie de cette société. Je suis né et j’ai grandi ici. J’ai fini par me comporter comme cet endroit».

Est-ce que cela résume tous les problèmes des habitants des lieux informels? Evidemment, non. Il y a également le harcèlement et la violence. Hier, un Palestinien-Syrien a été tué dans le camp par un coup de poignard, après un désaccord autour de la fermeture d’une fenêtre pour faire passer des câbles électriques. Le Syrien a mal parlé au Palestinien qui lui a sauté dessus pour se battre, le Syrien lui a porté deux coups de poignard, le Palestinien poignardé, a alors saisi l’arme des mains de son agresseur pour lui porter un coup fatal. Ce qui est étonnant est que tous deux étaient, d’après les témoins de la scène, sous l’emprise de la drogue. C’est un exemple parmi tant d’autres.

Les femmes et les enfants, étant le maillon faible, sont les premières victimes de la violence dans le camp, en plus de celle, morale, que les conditions de vie inhumaines font subir à tous les habitants. Mais les femmes, comme le dit Majida Jawad, «se taisent généralement par compassion pour leurs maris et par peur que leurs enfants ne terminent dans la rue terrifiante».

A propos de la violence et la drogue, Ziad Hamou, le responsable du Comité Populaire de Chatila, assure que leur présence reste inférieure aux autres camps. J’ignore si cette déclaration, après tout ce que nous avons vu dans le camp véritablement meurtri de Chatila, était une invitation à la détente. Mais, une proche de l’assassin du syrien nous a dit que les agents de police du commissariat où son proche a été arrêté lui ont déclaré: «Le camp de Ain el Hilweh a la réputation d’être le plus dangereux du Liban mais, en réalité, c’est Chatila le pire».

Dans tous les cas, il est impossible de ne pas être en colère face à l’état du camp qui est victime aujourd’hui d’un massacre sans doute plus horrible encore que celui qui a été commis sur sa population par Israël et ses milices en 1982.

Notes:

1. Les Palestiniens pouvaient devenir propriétaires au Liban d’après un décret émis en 1969 qui a été modifié en 2001. La nouvelle Loi 296, promulgue désormais que "Il n’est accordé aucun droit des droits de propriété immobilière a une personne ne portant pas une nationalité issue d’un pays reconnu, ou à la Constitution qui interdit la naturalisation des Palestiniens. 
2. Les Palestiniens sont répartis selon le pays d’accueil. Ce terme désigne donc les Palestiniens enregistrés au Liban et portant carte de séjour spéciale.
3. Le camp de Tal al Zaatar était situé au Nord-Est de la capitale Beyrouth. Il a été détruit en 1976 lors d’un massacre, après 52 jours de siège par les milices chrétiennes libanaises de droite et les forces du régime syrien qui les soutenaient. Il se dit que les habitants du camp ont mangé de la viande de chien et de chat, et que certains sont morts de soif. Le massacre de Tal al Zaatar a fait près de mille victimes. 
4. Le camp de Nabatiyeh, situé au Sud du Liban, a été détruit par le bombardement israélien de 1974. 
5. Détruit par les milices chrétiennes libanaises de droite qui y ont commis, au début de la guerre civile, un massacre qui a fait plus de 200 victimes. 
6. Bien que 12 années se soient écoulées depuis les affrontements entre l’armée libanaise et «Fatah al-Islam» qui ont détruit le camp le plus connu du Nord du Liban, en 2007, beaucoup d’habitants de Nahr el Bared, toujours «en exil» en-dehors du camp, attendent la reconstruction de leurs habitations.
7. La fosse commune du massacre de Sabra et Chatila qu’ont commis les milices chrétiennes libanaises de droite sous la supervision de l’armée d’occupation israélienne, en 1982.

Doha Shams -

28.03.19

Source: Assafir al-Arabi

19 mai 2019

Eléments fuités du "plan de paix" de Trump

Source: Externe

Avec les réserves qui s'imposent tant que ce n'est pas officiel, voici quelques premiers éléments fuités du "plan de paix" de Trump: création de la "Nouvelle Palestine" et aide à Israël dans une prochaine guerre contre Gaza si les Palestiniens refusent les conditions de leur reddition

 

Yisrael Hayom a publié aujourd’hui un document contenant les «points principaux» du prétendu «deal du siècle» de l’administration Trump, dans lequel il expose un projet de solution à deux États prévoyant la création d’un État démilitarisé de «Nouvelle Palestine», l'annexion par Israël de toutes les colonies de peuplement en Cisjordanie, un accord foncier avec l'Égypte et des capitales partagées à Jérusalem.

Le document indique que si Israël ou les Palestiniens, y compris le Hamas et l'OLP, rejettent l'accord, les États-Unis imposeront des sanctions sévères. Les États-Unis couperont toute aide à Israël et veilleront à ce qu’«aucun pays au monde ne transfère de l'argent» aux Palestiniens, dont l'économie est tributaire de donateurs étrangers.

Le document avertit que si l'OLP accepte le plan et que le Hamas ou le Jihad islamique à Gaza le rejette, «les États-Unis soutiendront Israël pour qu'il porte personnellement atteinte aux dirigeants du Hamas et du Jihad islamique» lors d'une future escalade, et tiendront les dirigeants du Hamas pour «responsables d'un autre cycle de violence entre Israël et le Hamas».

Le texte poursuit: «Il est inconcevable qu'un groupe de quelques dizaines de personnes détermine la vie de millions d’autres», ce qui fait écho aux sentiments similaires exprimés par Jared Kushner la semaine dernière.

Yisrael Hayom rapporte que le document a été partagé par des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères d'Israël, bien que le journal ne soit pas en mesure de confirmer l'identité du rédacteur ou d'authentifier les détails du «plan de paix». Il a été publié avec l'avertissement: «Voici le message. A vous de juger», et une réponse d'un haut responsable anonyme de la Maison-Blanche qui aurait qualifié le rapport de «spéculatif» et «inexact».

Mondoweiss n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l'exactitude du document. Certains des éléments concordent avec des articles précédents sur des éléments non confirmés du «deal».

Alors que le projet comporte un cadre général sur les questions de statut final telles que les frontières et Jérusalem, comme l’a déclaré Kushner la semaine dernière, il comprend également des détails spécifiques sur les relations économiques entre l’Etat palestinien proposé et Israël. Une route à péage serait construite en Cisjordanie, et les Palestiniens paieraient une somme à Israël pour assurer la sécurité.

L’accord comprend un important soutien financier des États-Unis, de l’Europe et des États du Golfe au nouvel État palestinien, à hauteur de 30 milliards de dollars sur cinq ans, ainsi qu’un soutien supplémentaire de l’Australie, du Canada, du Japon et de la Corée du Sud à des projets de développement spécifiques.

La majeure partie du financement proviendra des «pays producteurs de pétrole», décrits comme «les principaux bénéficiaires de cet accord».

Source: Externe

Création d’une «Nouvelle Palestine»

Le plan appelle à la création d'un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza, et cède à Israël tous les territoires occupés par les blocs et colonies de peuplement. 
Cela signifie vraisemblablement que le plan annexerait une majorité de la zone C de la Cisjordanie, environ 62%. La totalité de la vallée du Jourdain, environ 30% de la Cisjordanie, sera annexée à Israël.

On ignore si les Palestiniens qui y résident, environ 65.000, deviendront citoyens de l'État d'Israël. Le plan précise en outre que la route principale de la vallée du Jourdain, la route 90, «deviendra une route à péage à quatre voies». Il est difficile de savoir si les Palestiniens auront accès à cette route.

L’État palestinien contrôlera deux frontières internationales avec la Jordanie, contournant probablement le point de passage Allenby sous contrôle israélien entre la Cisjordanie et la Jordanie.

La nouvelle Palestine aura une force de police locale qui sera autorisée à détenir des «armes légères». Le nouvel État palestinien ne sera pas autorisé à former une armée. Israël sera responsable de la sécurité moyennant des frais payés par le gouvernement palestinien.

Jérusalem, capitale partagée

Jérusalem sera une capitale partagée pour Israël et la Nouvelle Palestine. L'accord souligne que Jérusalem «ne sera pas divisée».

Aujourd'hui, Jérusalem abrite quelque 350.000 résidents palestiniens qui ne sont ni citoyens israéliens ni résidents de la Cisjordanie, et 550.000 Israéliens, dont environ 200.000 colons à Jérusalem-Est.

En vertu de l'accord, tous les Israéliens et les Palestiniens seront en mesure de rester là où ils vivent, mais les Israéliens ne seront plus en mesure d'acheter des maisons à des Palestiniens, ce qui pourrait mettre fin brutalement à l'expansion future des colonies de peuplement de Jérusalem-Est.

L'accord empêcherait également les Palestiniens d'acheter des maisons à des Israéliens, ce qu'ils peuvent faire actuellement.

Les Palestiniens de Jérusalem deviendraient citoyens de la «Nouvelle Palestine», mais recevraient les mêmes services de la municipalité de Jérusalem, régie par Israël, que les résidents israéliens de Jérusalem.

Source: Externe

Les projets prévoient que l'Autorité palestinienne sera responsable de payer la municipalité pour ses services, à l'exception des écoles, qui seront gérées par le gouvernement palestinien.

Bail de terre de l'Egypte

Alors que les accords de paix précédents avaient approuvé les principes d'échange de terres entre Israël et l'Autorité palestinienne, l'accord de D.Trump exigerait une location de territoire à l'Égypte pour la création d'un aéroport et d'une zone industrielle.

«L’Égypte louera de nouvelles terres à la Palestine dans le but de créer un aéroport pour l’établissement d’usines et de commerce, et pour l’agriculture, autre que le logement», précise le plan. «La taille des territoires et le prix seront déterminés entre parties par le biais de la médiation des pays venant en soutien».

Selon l'accord, Gaza s'ouvrirait considérablement sur le monde extérieur, nonobstant la suppression des capacités militaires du Hamas. Le Hamas serait tenu de remettre toutes ses armes à l'Égypte.

Dans un délai d'un an, la Nouvelle Palestine organiserait des élections où «chaque citoyen palestinien sera éligible».

L'accord précise que «toutes les frontières de la bande de Gaza seront ouvertes au transport de marchandises et de travailleurs vers Israël». Gaza sera accessible à la Cisjordanie grâce à la création d'un pont terrestre.

Le plan comprend des exigences palestiniennes supplémentaires présentes dans les négociations passées. Les prisonniers palestiniens seront libérés au cours des trois prochaines années. Cependant, les réfugiés palestiniens, qui sont aujourd’hui quelque 7 millions, sont totalement exclus du document.

Allison Deger -

13.05.19

Source: ISM/Mondoweiss

18 mai 2019

«La joie a disparu»...

Source: Externe

Tandis que le Ramadan commence à peine, les Gazaouis craignent un prochain cycle de violence. Des centaines d’habitations ont été détruites par les attaques israéliennes sur la bande de Gaza, laissant de nombreuses familles sans logis et refroidissant l’ambiance pour le saint mois de jeûne

 

Une première évaluation des dommages dus aux attaques israéliennes dans la bande de Gaza depuis le samedi matin du 04 mai, effectuée quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu, a estimé leur coût à au moins 5 millions de dollars (4,5 millions €).

Le directeur du ministère du travail de Gaza, Naji Sarhan, a dit lundi que 130 maisons étaient complètement détruites à Gaza et que 700 autres étaient partiellement endommagées.

Les enceintes militaires et services appartenant à d’autres groupes palestiniens attaqués par les Forces de Défense Israéliennes sont à ajouter à ces données.

Des centaines de familles de la bande de Gaza se sont retrouvées sans abri du fait des attaques et le gouvernement palestinien de Gaza ainsi que des groupes humanitaires sont obligés de trouver des solutions pour elles, a dit Sarhan.

«En même temps que trouver une solution de logement, il y a des familles qui ont besoin d’une assistance immédiate en biens de première nécessité et humanitaires» a ajouté Sarhan.

Les autorités de Gaza n’ont pas encore achevé la construction d’immeubles détruits lors de l’opération 'Barrière Protectrice' à l’été 2014, quand 12000 habitations avaient été détruites, a dit Sarhan. Environ 9700 logements ont été achevés et des centaines de familles ont toujours besoin d’une solution, a-t-il ajouté.

Le Centre Al Mezan pour les Droits Humains, qui a aussi commencé à examiner les dégâts causés par les attaques, a dit que c’étaient là les dommages les plus importants depuis 'Barrière Protectrice'.

La compagnie d’électricité de Gaza a fait état de graves dégâts sur le réseau électrique et des pêcheurs de Khan Younis ont mentionné des dégâts sur les bateaux et sur le port de pêche.

«Si, dans des attaques précédentes, les coups ont porté sur des services et des bâtiment connus telles des enceintes de sécurité, cette fois, il y a eu des attaques sur des bâtiments civils et des bâtiments d’habitation», a dit à Haaretz Samir Zaqout, le directeur adjoint d’Al Mezan.

S. Zaqout a noté que la situation difficile à Gaza a empêché de nombreux habitants de penser au mois de Ramadan. «Vous voyez des gens vivants, errer dans les rues mais intérieurement, ils sont morts, surtout la plus jeune génération et les étudiants en fin d‘études, qui n’ont rien à faire» a-t-il dit.

«Il faut qu’il y ait quelqu’un dans le monde qui se réveille et qui comprenne que Gaza est au bord de l’effondrement à tous points de vue. Il est impossible de parler tout le temps de donner des calmants et attendre la prochaine crise».

Source: Externe

Le début de Ramadan était prévu pour lundi dans toute la bande de Gaza et les mosquées se sont remplies de fidèles dimanche soir. Les préparatifs de Ramadan ont commencé la semaine dernière dans les centres villes de la bande de Gaza et les centres commerciaux étaient éclairés avec les luminaires spéciaux qui symbolisent ce mois.

Malgré la situation économique difficile de Gaza, avant le week-end, on espérait que l’atmosphère resterait heureuse malgré tout.

«C’était le week-end et la fin du mois d'avril, il y avait ceux qui avaient toutefois perçu leur salaire et donc on espérait du changement. Les propriétaires de boutiques et de supérettes étaient remplis d’espérance qu’il y aurait des acheteurs avant le début du mois» a dit Moneira, une activiste sociale qui vit dans le quartier Ramal de Gaza.

Quand les attaques ont commencé vendredi soir, la joie a disparu, a-t-elle dit. «On dirait que quelqu’un a voulu nous priver même de cette joie partielle, et tout le week-end et la soirée de ce week-end ont tourné au cauchemar» a dit Moneira.

«Je ne sais pas si les soirs et les jours qui viennent, les gens vont se remettre, mais malheureusement, cela ne dépend pas d’eux».

Maintenant, dans la bande de Gaza, les Gazaouis attendent la mise en œuvre des différentes concessions sur lesquelles les négociations passées avec Israël avaient abouti à des accords, dont l’extension de la zone de pêche autorisée, l’entrée de fonds pour payer les salaires, l’ouverture des passages frontaliers et l’avancement de projets humanitaires dans l’espoir d’adoucir les conditions de vie d’habitants en désespoir.

Jack Khoury -

07.05.19

Source: Aurdip