FREE PALESTINE

28 octobre 2014

Action de boycott culturel

Une cinquantaine de militants de la coordination BDS-SUD a mené une action de boycott culturel au Festival de cinéma (CINEMED) contre le partenariat passé entre le consulat général d'Israël et la direction du Festival CINEMED à Montpellier.
"Nous sommes indignés du partenariat et donc de la présence de l’état d’Israël au 36ème Festival CINEMED à Montpellier. Israël est le seul Etat directement partenaire du Festival. Si c’est pour l’argent, c’est sordide et ignoble, si ce n’est pas pour l’argent, c’est pire. Avec ce partenariat, non seulement le Festival CINEMED se fait complice des crimes de cet état mais il se fait depuis plusieurs années, le lieu de blanchiment d’un état coupable d’apartheid et d’incitation au génocide. D’un état qui selon de prestigieux juifs israéliens a viré au fascisme ((Gidéon Levy, Michel Warschawski). On n’entretient pas des liens économiques ou culturels avec un tel état, on le boycotte !
Nous appelons les spectateurs à demander l’exclusion du partenariat d’Israël qui déshonore le cinéma, le public et tous les montpelliérains !

Sur le même sujet en Belgique.

’UPJB ne participera pas au Brussels Jewish Film Festival

C’est avec étonnement que l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) a vu son nom associé à ceux des Ambassades israélienne et états-unienne dans le cadre du festival de cinéma « Sous un même soleil » organisé par l’Institut pour la Mémoire Audiovisuelle Juive (IMAJ).

IMAJ avait pris l’initiative de nous contacter pour une participation à ce festival, dont l’objet est de faire connaître des productions cinématographiques qui mettent en valeur les relations entre les peuples qui vivent sur la terre d’Israël/Palestine. Nous en avions accepté le principe. En aucune façon IMAJ ne nous avait annoncé l’implication d’ambassades.

Or l’UPJB adhère à l’appel international de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui vise, comme par le passé vis-à-vis du régime d’apartheid sud-africain, à exercer une pression pacifique sur Israël pour le contraindre à appliquer le Droit International. Cela ne nous empêche pas d’organiser régulièrement, comme nous l’avons toujours fait, des activités publiques avec des artistes, intellectuels et militants israéliens qui nous intéressent, par exemple parce qu’ils critiquent la politique de leur gouvernement : le boycott s’applique, selon nous, non pas aux groupes et individus en vertu de la nationalité israélienne, mais à la politique d’occupation du gouvernement israélien et tout ce qu’elle implique (massacre de la population civile de Gaza, blocus de Gaza, colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, répression politique, …).

Nous avons découvert après-coup le patronage de l’Ambassade d’Israël au festival "Sous un même soleil" et l’absence dans ce cadre de l’Ambassade de Palestine, dont la participation aurait donné une cohérence au thème général de rapprochement entre les peuples vivant sous le soleil d’Eretz Israël / Palestine historique. Nous nous nous sommes sentis pris au piège et avons finalement décidé de nous désolidariser du festival. En aucune manière, nous ne voulons cautionner Israël en tant qu’Etat occupant et colonisateur.

Le CA de l’UPJB, 24 octobre 2014

 

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La résistance palestinienne est légitime

 

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La résistance palestinienne est légitime

Par

Dans un entretien exclusif avec le site Al-Qassam, le juge Deyaa Al-Madhoun, chef du comité central pour la documentation et la poursuite des criminels de guerre sionistes, a confirmé que les opérations militaires menées par la résistance palestinienne sont des outils légaux dans la défense de notre peuple contre l’agression sioniste selon le droit international.

La résistance palestinienne est légitime


Comment décririez-vous le statut légal de la résistance palestinienne selon le droit international ?

Je veux d’abord dire que le droit international garantit au peuple palestinien le droit de résister contre l’agression continue de l’occupation sioniste, pour rétablir nos droits volés et libérer notre patrie, la Palestine.

Les opérations militaires menées par la résistance palestinienne sont des outils légaux dans la défense de notre peuple contre l’agression sioniste, selon la résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui dit :

« 2. Réaffirme la légitimité de la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée. »

« 3. Réaffirme le droit inaliénable du peuple namibien, du peuple palestinien et de tous les peuples sous domination étrangère et coloniale à l’autodétermination, à l’indépendance nationale, à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté sans ingérence étrangère. »

L’Assemblée générale des Nations Unies a réaffirmé dans plusieurs résolutions le droit des peuples à lutter pour l’indépendance, la liberté contre la domination et l’occupation étrangères. L’article 51 de la Charte des Nations Unies considère que tout Etat a le droit naturel à se défendre s’il est exposé à une agression armée, et la dernière agression sioniste contre la Bande de Gaza est le meilleur modèle pour une définition du crime d’agression d’un point de vue juridique et international.

La base juridique du droit international établie qu’il n’existe pas de défense légitime contre la légitime défense, et aussi longtemps que notre défense et notre pratique de résistance est légitime et en concordance avec le droit international, la revendication de l’occupation selon laquelle elle se défend est considérée comme un crime et un acte illégal selon le droit international.

Si la résistance est légitime, pourquoi l’Occident l’appelle-t-il terrorisme ?

Le droit international a établi des règles de contrôle des opérations de guerre qui interdisent de viser les populations et les installations civiles par l’une ou l’autre partie. L’occupation sioniste a réussi à utiliser ces règles juridiques en sa faveur par le passé ; elle continue de raconter devant l’opinion publique mondiale, et devant l’Occident en particulier, que la résistance palestinienne est constituée de groupes criminels qui cherchent à tuer des civils, et à tuer des Juifs d’une manière raciste, et que la résistance palestinienne cherche à déstabiliser la sécurité et la stabilité dans la région.

Le fait que nous sommes un peuple occupé qui exerce son droit légitime à résister à une occupation et à nous défendre a été caché à cause de notre faiblesse dans le domaine des médias, alors l’Occident a cru l’histoire sioniste. Mais je peux dire qu’à l’ère du satellite et des médias libres dans laquelle nous vivons, nombreux sont ceux qui ont compris correctement le message de la résistance et le message du peuple palestinien, et qui est la victime et qui est le bourreau est maintenant clair.

A observer les articles internationaux, je pense que l’opinion publique dans la plupart des pays a commencé à changer et à soutenir la résistance. C’est ce que nous avons observé après la récente agression contre Gaza.

Au sujet de l’agression contre la Bande de Gaza, les factions de la résistance à Gaza ont-elles pris le droit en considération, bien qu’elles ne soient pas une armée régulière ?

La résistance palestinienne a confirmé dans maintes situations qu’elle se conformait aux règles du droit international et elle a tiré des roquettes sur des objectifs militaires comme des bases, des aéroports et des sites militaires des forces occupantes ; la résistance comprend le sens de l’engagement au droit international.
L’occupation prétend que 3 civils ont été tués par les roquettes de la résistance. Cette allégation est réfutée par deux choses :

• En dépit de tous les efforts pour éviter de nuire aux citoyens, les roquettes de la résistante sont des missiles imprécis vis-à-vis de leurs cibles, et elles peuvent donc les manquer ces cibles de peu. Ceci se produit dans tous les affrontements armés. Et si 3 civils ont été tués – prétendent-ils – pendant les 22 jours au cours desquels des centaines de roquettes ont été tirées, ceci confirme que les civils n’ont pas été la cible des missiles ; si non, des douzaines de civils auraient été tués.

• L’occupation a affirmé que les zones touchées par les roquettes de la résistance font partie de l’entité sioniste mais le droit international a un autre point de vue, puisque l’Accord d’Oslo n’est pas considéré comme une solution finale à la délimitation définitive de frontières ; nous dépendons donc des résolutions des Nations Unies, en dépit de nos réserves sur l’accord, mais selon tout cela, les villes qui ont été touchées par les tirs des roquettes sont à l’intérieur des frontières de l’Etat arabe, conformément à la résolution de partition. Ici, nous voyons que « l’entité sioniste » a commis un crime en transférant sa population civile dans des zones de conflits.

Le rapport Goldstone fait-il courir un risque à la résistance ?

Le rapport de la mission des Nations Unies conduite par Richard Goldstone est une des plus fortes condamnations des crimes de guerre commis par les forces d’occupation sionistes. Le rapport renforce les accusations par des preuves sur plus de 500 pages et, en même temps, la résistance a été blanchie des allégations selon lesquelles elle s’était servie de civils comme boucliers humains. En outre, il a montré que les officiers de police qui ont été ciblés le premier jour de l’agression étaient des civils, et que les viser est une violation flagrante du droit humanitaire international et un crime de guerre.

Toutefois, j’émets quelques réserves sur les 10 dernières pages, dans lesquelles le rapport mentionne que la résistance peut avoir commis des crimes de guerre en ciblant des civils, mais ces accusations sont dénuées de preuves et de fondement juridique et ne tiendraient pas devant les règles du droit international.

Etant donné la menace d’une nouvelle agression contre la Bande de Gaza, cela signifie-t-il qu’avoir commis des crimes de guerre lors de la dernière agression ne dissuade pas les sionistes ?

Nous en sommes toujours au début de la poursuite en justice des dirigeants et des soldats de l’occupation sioniste, nous sommes conscients que nous sommes sur une route pleine d’obstacles et de deux-poids deux mesures, et de perturbation de l’équilibre international du pouvoir qui favorise jusqu’à maintenant l’occupation ; nous estimons que la question des poursuites est cumulative et se réalisera petit à petit.

Le monde doit se rendre compte que si l’occupant criminel n’a pas à rendre de compte, il sera tenté de commettre d’autres atrocités et d’autres crimes ; mettre fin à l’impunité politique sera renforcé par la primauté du droit international et seule la garantie que la justice internationale sera appliquée et les victimes de l’agression indemnisées aura finalement un effet dissuasif.

Je pense que nous avons commencé la première étape, et je pense que c’est une démarche réussie et qu’une partie de notre objectif est atteint. Mais il faudra davantage d’efforts et de temps pour dissuader l’occupant et les criminels de commettre d’autres atrocités et de crimes contre le peuple palestinien ; nous nous y efforcerons pour nos enfants qui sont les victimes de l’agression et nous mettrons l’accent sur leur droit à indemnisation.

Source : Ezzedeen AlQassam Brigades

Traduction : MR pour ISM

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27 octobre 2014

La mosquée Al Aqsa, 3e lieu saint de l’islam, est en danger

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Un chapitre du livre de Nabil Ennasri,

La mosquée Al Aqsa, 3e lieu saint de l’islam, est en danger

Cet article est tiré du chapitre 4 de l’ouvrage « Les 7 défis capitaux » qui traite de la question de la Palestine. 

Le but ici est de proposer des pistes d’actions pour prolonger la résistance des Maqdissiyine (habitants d’Al-Qods) qui luttent avec abnégation, courage et exemplarité pour sauvegarder ce patrimoine islamique dont ils ont la lourde charge d’abriter. 

Il faut d’abord faire connaître au maximum la situation tragique d’Al-Aqsa, première Qibla pour les musulmans et troisième lieu saint de l’islam. Située sur l’esplanade des mosquées dans la partie orientale de Jérusalem, cette mosquée est de plus en plus prise pour cible. De nombreuses vidéos circulent qui montrent la violence des assauts répétés des colons souvent protégés par les forces de sécurité israéliennes. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir ces extrémistes être soutenus par des protestants évangélistes américains qui n’hésitent pas à manifester à quelques encablures d’Al-Aqsa pour exiger sa démolition. Cette coalition d’illuminés a poussé le Cheikh Raed Salah, grand résistant palestinien, longtemps emprisonné en Israël et chef du mouvement islamique à l’intérieur du territoire israélien à tirer la sonnette d’alarme. D’autant que certains faits historiques montrent que le pire n’est jamais bien loin.   En 1969, un illuminé australien avait incendié une partie de la mosquée Al-Aqsa. En 1994, Baruch Goldstein, un juif religieux ultra-raciste (de nationalité israélo-américaine) débarque dans la mosquée Ibrahim Al-Khalil à Hébron en Cisjordanie et massacre 30 palestiniens. Sa tombe fait aujourd’hui office de lieu de pèlerinage pour les milliers d’extrémistes qui caressent le rêve de reproduire le même exploit. L’animosité est telle que nombre d’entre eux revendiquent officiellement « un droit à la haine ». Selon le quotidien de gauche israélien Haaretz, un nouveau massacre n’est qu’une question de temps.

En plus de ces agressions répétées, il faut savoir que les « fouilles archéologiques » entreprises par la municipalité de Jérusalem depuis des années ont pour effet d’affaiblir les fondations de l’esplanade des mosquées, menacent sa stabilité et provoquent des fissures sur des murs. Ces transgressions ne sont pas les seules ; la plupart du temps, il est interdit aux Palestiniens de moins de 50 ans d’y célébrer la grande prière du vendredi (Jumu’a) de peur de « débordements ». Il y a trois ans, c’était un cimetière musulman (dans lequel reposaient deux cents sépultures dont celles de plusieurs ‘oulémas) qui avait été rasé par les bulldozers israéliens. Comble du déshonneur, quelque temps plus tard, c’est un dépôt d’ordures qui était installé au cœur du cimetière de Bab Al-Asbat situé près de la mosquée sacrée. Jusqu’à quand tant d’arrogance ?

Le calvaire de la mosquée Al-Aqsa n’est que le prolongement de l’insupportable humiliation qui vise particulièrement la ville d’Al-Qods. Même les rapports très officiels de l’Union européenne s’émeuvent de cette colonisation à marche forcée. Le but est clair, il faut faire de la ville la capitale « éternelle et indivisible de l’État d’Israël ». Depuis 1967, toute une batterie de mesures a été prise pour vider les quartiers palestiniens de leurs habitants et y installer des colons à leur place. Il faut donc casser ce cercle infernal de l’oubli et de cette malheureuse habitude de constater sans réagir ces atteintes répétées au droit. Le minimum à faire pour les musulmans français est donc de faire connaître cette situation pour alerter, conscientiser et mobiliser.

Un autre levier de mobilisation se situe au niveau des mosquées. Nous sommes dépositaires de la délégation d’autorité faite aux imams et aux autorités religieuses. Comme pour la question du marché du halal, la balle est dans le camp des citoyens musulmans qui peuvent (ou plutôt qui doivent) exiger de leur autorité religieuse une prise de position face à cette question centrale d’Al-Aqsa. Trop de responsables de mosquées sont frileux à l’idée de traiter ce sujet notamment lors des sermons du vendredi qui constituent pourtant un formidable espace d’éducation populaire. Les mosquées appartenant à ceux qui les fréquentent, chaque citoyen musulman peut agir concrètement en questionnant voire en exigeant un sermon sur la place que doit occuper Al-Aqsa dans le cœur de tout musulman et sur la nécessité d’agir intelligemment pour contribuer à sa sauvegarde. De même que des Jumu’a sur la nécessité du BDS devraient aussi se tenir. La balle est donc dans le camp des fidèles donc de celui qui lira ce texte.

Enfin, il ne faut pas négliger la question du vote, notamment lors des élections à caractère nationale.Utilisé à bon escient, l’usage de la carte électorale peut se révéler d’une efficacité redoutable. Les musulmans se doivent d’en faire bon usage en interpelant les candidats aux élections présidentielles mais également (et surtout) aux législatives sur leur attitude face au drame palestinien. Ce sujet revêt en effet une dimension fondamentale car il synthétise à lui seul les principes sur lesquels doivent se baser l’acte électoral c’est-à-dire la lutte pour la dignité, la justice et le respect du droit. Il est impensable ici de voter pour un parti qui se tairait sur cette injustice manifeste. Sur ce sujet le PS comme l’UMP, aveuglés par un incroyable soutien inconditionnel à Israël, ont du souci à se faire. C’est bien de cela qu’il s’agit, la contribution citoyenne des musulmans de France doit passer par un vote qui soit exigeant et prêt à sanctionner les programmes hypocrites de partis qui n’ont pas le courage d’assumer leurs convictions et qui, trop souvent, les trahissent impunément.

Enfin, l’un des moyens d’augmenter la conscientisation des musulmans est aussi de partir en mission de solidarité en Palestine. Comme pour les deux autres mosquées sacrées, le pèlerinage à la mosquée Al-Aqsa est formellement conseillé. Selon un hadith, le Prophète a dit : « Qu’on arrange le voyage pour la prière qu’à trois mosquées : la mosquée Al-Haram (mosquée sacrée de la Mecque), la mosquée du prophète (à Médine) et la mosquée Al-Aqsa (à Jérusalem) ». (Bukhârî et Muslim). De même, selon une autre tradition prophétique, une prière à Al-Aqsa vaut 500 prières accomplies dans un autre lieu. Ces voyages, organisés notamment par les associations françaises de défense des droits humains, sont formateurs et permettent de forger une conscience politique. En sacrifiant une fois dans sa vie ses vacances pour se rendre en territoire palestinien, ce voyage pour un jeune musulman aura un triple mérite : un pèlerinage religieux, un acte de solidarité internationale et une expérience inoubliable d’enrichissement personnel. Ce faisant, il réaffirmera la souveraineté islamique sur ce lieu historique du patrimoine de la civilisation musulmane.

Enfin, il est impératif de rappeler ce point.L’occupation d’Al-Qods doit être combattue par les musulmans pour des raisons islamiques et humanistes. Il est donc fortement souhaitable d’envisager cette lutte dans le cadre d’un partenariat avec tous les non-musulmans qui partagent ce souci de la sauvegarde des droits inaliénables du peuple palestinien. Car il s’agit de défendre la dignité humaine, cause qui ne connaît pas d’assignation communautaire. À ce propos il est bon de rappeler certaines évidences. La base du conflit est une entreprise coloniale. L’ennemi n’est pas le juif mais le sioniste dominateur et colonisateur. Rappelons d’ailleurs que c’est le Calife Omar Ibn Al-Khattâb qui permit aux juifs de retourner à Jérusalem en 638 après de longs siècles d’interdiction.

Inutile de préciser le caractère cataclysmique d’une attaque de colons qui mettrait en péril la mosquée Al-Aqsa. Pourtant à force d’agressions, de tests et de provocations, il se pourrait que ce cauchemar devienne réalité. Ce texte est donc aussi une mise en garde. D’autant plus que, de l’avis des dizaines de millions de personnes qui font les révolutions de Tunis à Damas, le souffle qui balaie aujourd’hui les dictatures du monde arabe ne trouvera son aboutissement qu’avec la libération d’Al-Aqsa.

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Nettoyage ethnique par tous les moyens : la véritable politique israélienne de la "paix"

 

palestine 47 a 2014

Nettoyage ethnique par tous les moyens : la véritable politique israélienne de la "paix"

Par

Le professeur Ilan Pappé est directeur du Centre européen des études palestiniennes à l'université d'Exeter (Angleterre) et auteur de 15 livres parmi lesquels Le Nettoyage ethnique de la Palestine (2007), Une Histoire de la Palestine moderne : une terre, deux peuples (2006), La Guerre de Gaza (avec Noam Chomsky) (2010) et son dernier livre, en 2014, L'Idée d'Israël. Samer Jaber est militant politique et chercheur. Il est directeur général de Dar el-Karma Inc. pour les Médias, les Recherches et les Publications. Il est titulaire d'une maîtrise en développement durable international de l'Université Brandeis (Massachusetts, Etats-Unis) et il a étudié à la faculté Kennedy de l'Université d'Harvard et au MIT. Il a été emprisonné pendant 6 ans dans les prisons israéliennes pour ses activités politiques pendant la Première Intifada palestinienne.

Les pins sont apparus en Palestine avec l'établissement de l'Etat d'Israël. Le pin est en général une espèce européenne qu'on ne trouvait pas au Moyen-Orient avant le 20ème siècle. Il a été implanté en Palestine par les colons sionistes pour deux raisons principales. Tout d'abord, il donnait aux nouveaux colons juifs le sentiment que l'endroit où ils avaient émigré était en quelque sorte une partie de l'Europe. Et si la Palestine devait être "européanisée" de manière à être également "civilisée" - la population locale inférieure serait remplacée par une population supérieure. Ainsi le sionisme n'était pas seulement la rédemption d'une ancienne terre, il était aussi la revitalisation de ce qui était, aux yeux de ses adeptes, un désert arabe tant d'un point de vue écologique que culturel.

Nettoyage ethnique par tous les moyens : la véritable politique israélienne de la 'paix'

Les pins de la forêt de Yatir, utilisée pour déplacer les habitants bédouins du village non reconnu de Atir. La légende de la photo originale, sur le site israeltoday.co.il, dit : "Depuis la formation de l'Etat d'Israël, les planteurs forestiers ont été occupés à créer des forêts en terre sainte, qui étaient, depuis des siècles, une terre nue et désolée."


La seconde raison de leur importation était plus pratique : ils ont été amenés pour couvrir le nettoyage ethnique de la Palestine qui a eu lieu en 1947-1948 et qui a produit la Catastrophe palestinienne, la Nakba. Le pin, dont la croissance est rapide, a été largement utilisé pour créer des parcs nationaux et de loisirs israéliens pour masquer les ruines des villages et des quartiers palestiniens détruits qui avaient été évacués par la force en 1948.

Ces forêts ont été présentées plus tard comme les "poumons verts" d'Israël formant un tapis écologique pour couvrir une terre autrefois aride. Le plus grand de ces "poumons" est le Parc national du Mont Carmel, près d'Haïfa, l'un des premiers projets qui a essayé d'effacer la vie et la société palestiniennes qui existaient là depuis des siècles. Cette forêt s'étend sur des villages remarquables tels que Ijzim, Umm al-Zinat et Khubbaza, qui ont disparu et qu'on ne trouve plus sur aucune carte.

La méthode ne s'est pas arrêtée en 1948. Quand Israël a occupé la Cisjordanie et Jérusalem en 1967, à nouveau des pins ont été plantés pour couvrir la nouvelle vague de villages détruits : Imwas, Yalo et Beit Nouba, dans la Vallée de Latrun, près de Jérusalem. A leur place, le "poumon vert" du Parc du Canada est apparu comme terrain de loisirs cachant l'inhumanité du dépeuplement des villages.

Couvrir le nettoyage ethnique avec des pins est probablement la méthode la plus cynique employée par Israël dans sa volonté de s'emparer d'autant de Palestine que possible avec le moins possible de Palestiniens en elle. Comme tous les autres moyens qui seront décrits ici, on peut les trouver à chaque moment historique depuis que le sionisme est apparu sur la terre de Palestine.

Un autre moyen utilisé en 1948 et en 1967 fut de renommer les villages palestiniens comme colonies juives - le plus souvent en donnant à la nouvelle colonie le nom arabe d'une communauté palestinienne détruite. En 1949, un Comité d'attribution des noms a facilité la transformation des villages détruits en 1948 en "hébreuisant" leurs noms arabes, et c'est ainsi que le village palestinien de Lubya est devenu le Kibboutz Lavi et que la ville palestinienne d'Asqalan est devenue la ville israélienne d'Ashkelon. Après l'occupation de 1967, la colonie de Tekoa a été construite près du village de Tuqu', en Cisjordanie , et sur ses terres.

Les principaux moyens ne furent cependant pas les arbres et le changement de noms - ce fut, et c'est toujours, la colonisation. Pour que cette entreprise réussisse, il faut que la société juive israélienne accepte et approuve perpétuellement la méthode illégale du 19ème siècle, même en 2014.

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Quelque part en Cisjordanie occupée - une Palestinienne, stoïque, assiste à l'invasion de son domicile



Les Israéliens ordinaires considèrent l'expansion colonialiste israélienne en Cisjordanie comme normale et nécessaire. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'un droit historique et pour les autres, l'adaptation à la croissance naturelle de la population dans les colonies juives existantes la justifie. En effet, la colonisation de la Cisjordanie a annexé de grandes parties du territoire à Israël (indépendamment de tout éventuel accord de paix futur). Les Palestiniens vivant dans le voisinage des colonies sont soumis à d'autres moyens de nettoyage ethnique et de poursuite de l'expropriation de leurs terres, y compris être assiégés au moyen de fils de fer barbelés, clôtures, murs, barrières et l'emprisonnement dans leurs propres localités.

Ainsi le nettoyage ethnique permet à Israël de contrôler les paysages humains comme géographiques de Palestine. Le contrôle du paysage ne se limite pas à la Palestine de 1948 ou à la Cisjordanie de 1967, c'est une partie essentielle du projet sioniste aujourd'hui. Là où la terre est toujours palestinienne à l'intérieur de la ligne verte et où vivent les Palestiniens qui ont survécu à la Nakba, ils sont enfermés par un plan d'aménagement du territoire qui refuse tout permis de construire ou toute extension des zones accordées à la population indigène qui est officiellement citoyenne d'Israël.

L'idée directrice de la prise de contrôle écologique et spatiale a changé au fil des années ; ces jours-ci, elle est portée par les forces politiques israéliennes de droite. Par le passé, c'est la gauche israélienne qui a établi des faits accomplis sur le terrain - sans annoncer officiellement les réelles intentions qu'ils sous-tendaient, tout en étayant ses actions par un discours juridique qui confondait délibérément le droit israélien, le droit international, le droit jordanien et le droit ottoman, pour justifier l'expropriation de la terre comme "terre d'Etat".

Ces faits colonialistes ont été imposés sur le terrain avant et pendant le soi-disant "processus de paix" qui a débuté en 1993. On a demandé aux négociateurs palestiniens de légitimer [ces faits accomplis] par des accords politiques, ce qu'ils ont refusé de faire jusqu'ici. Les dirigeants politiques israéliens de droite actuels déclarent publiquement leur désir de couvrir la Cisjordanie avec ce qu'ils appellent des "implantations", et qui sont en fait des colonies du 19ème siècle. Ils ne cherchent même pas, comme leurs prédécesseurs, le moindre accord palestinien et continuent leurs politiques unilatérales.

Cette politique de nettoyage ethnique par différents moyens depuis 1948 est en Israël un thème consensuel qui laisse donc très peu d'espoir à la paix et à la réconciliation. La gauche israélienne actuelle, l'auto-proclamé "bloc de la paix", est prêt à s'opposer aux nouvelles colonies mais refuse de reconnaître l'injustice historique infligée aux Palestiniens en 1948 et nie aux Palestiniens déplacés leur droit à revenir dans leurs foyers et leur patrie. La plupart de ses membres souhaitent également que les Palestiniens consentent à l'annexion à Israël des "blocs de colonies" et de larges pans de colonies juives illégales dans différentes parties de Cisjordanie .

Le refus de reconnaître le Droit au Retour et le désir de conserver les blocs de colonie est destiné à maintenir Israël en tant qu'Etat juif sur une grande partie de la Palestine historique, tout en laissant aux Palestiniens une souveraineté limitée sur ce qui reste du pays. Selon un accord final, ces reliquats pourraient devenir l'Etat de Palestine sans souveraineté ni viabilité réelles alors que les Palestiniens à l'intérieur d'Israël devraient accepter leur citoyenneté de second degré comme un fait établi.

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Eté 2014, des colons sionistes s'installent sur les collines, après leur journée de travail, pour assister au spectacle du massacre des Palestiniens de Gaza.



La stratégie de nettoyage ethnique est vendue différemment pour l'intérieur et pour l'extérieur. Elle est basée sur la nécessité de "préserver l'identité juive" pour l'opinion publique israélienne, et comme "le besoin de sécurité d'Israël" à l'étranger. Pris ensemble, ces prétextes ou excuses forment le consensus israélien derrière la stratégie de nettoyage ethnique.

Ces concepts sont largement utilisés dans tout l'éventail politique en Israël où ils fournissent le cadre du "consensus national". Ils sous-tendent également les instruments politiques qui nient les droits du peuple indigène de Palestine et promeuvent l'objectif de maintenir une majorité juive.

Un autre outil de nettoyage ethnique est le mur de ségrégation qui encercle les principales communautés palestiniennes en Cisjordanie , combiné avec un contrôle d'Israël des points de passage locaux et internationaux. Tous ces moyens permettent à Israël de prendre le contrôle quasi total de la population palestinienne à un moindre coût. Dans le même temps, les colons israéliens sont reliés aux grandes villes israéliennes par un système développé et moderne d'autoroutes et de voies de contournement. Ces routes sont organisées de telle manière que les colons banlieusards ne soient pas "gênés" par la vue des villes ou des villages palestiniens et beaucoup d'entre eux passent toute la journée sans apercevoir les Palestiniens emprisonnés près d'eux.

Ce désir de "ne pas voir" les Palestiniens est flagrant lorsqu'on parcourt les sites web des agences immobilières israéliennes. Il est difficile de trouver la moindre référence à la présence palestinienne dans les biens ou les quartiers proposés à la vente.

L'attrait principal mentionné dans ces annonces est que ces zones n'ont "aucune menace sécuritaire" ou qu'elles sont "près" d'une grande ville israélienne. Cette pratique qui consiste à garantir, explicitement ou implicitement, aux acheteurs potentiels qu'il n'y aura pas d'arabes dans le voisinage de la nouvelle propriété, maintenant ou à l'avenir, ne se limite pas aux annonces en Cisjordanie . A l'intérieur d'Israël, dans des zones comme Safad, où des étudiants palestiniens israéliens vont à l'université, une campagne explicite assure qu'ils ne peuvent pas obtenir d'appartements dans la ville. Et des sites web déclarent publiquement qu'ils ne vendent qu'à des juifs en soulignant que leur propriété appartient au Fonds national juif. Cette excuse est également utilisée dans les villes mixtes comme Haïfa et Jaffa pour attirer les acheteurs juifs dans des secteurs "exclusivement juifs".

En outre, la politique anti-rapatriement à l'égard des réfugiés palestiniens est un nettoyage ethnique par d'autres moyens. Leur incapacité à revenir n'a rien à voir avec des questions de capacité d'absorption du pays, mais avec leur nationalité. Israël est un pays où la citoyenneté n'a aucun rapport avec la nationalité d'une personne. Le judaïsme est une religion qui est devenue une nation par le projet sioniste qui a produit Israël. Par conséquent, les juifs israéliens appartiennent à la nation juive, et les arabes palestiniens sont la minorité. Tout juif de par le monde peut devenir citoyen d'Israël, alors qu'un Palestinien qui ne connait pas d'autre foyer est un résident avec des droits inégaux et aucune citoyenneté.

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C'est à la Bande de Gaza que la pire méthode de nettoyage ethnique a été imposée depuis 2006. Les 1,8 millions de Palestiniens qui y vivent se sont vus imposés un siège et ont été ainsi mis hors du champ de vision. Israël a rationalisé le blocus en prétendant que c'était une mesure sécuritaire, mais en vérité, il fait partie de leur stratégie de nettoyage ethnique qui, dans ce cas, peut facilement se transformer en politique génocidaire. Pas étonnant que les Palestiniens de Gaza résistent au nettoyage ethnique de toutes leurs forces.

Le nettoyage ethnique a permis aux Israéliens d'oublier les Palestiniens emprisonnés derrière tous les procédés mis en œuvre par leur Etat pour s'emparer de la terre et "résoudre" le problème démographique. Même quand, en désespoir de cause, la population de Gaza a résisté au pire de ces dispositifs, la plupart des Israéliens n'ont pas été affectés. Les images du carnage qui ont été diffusées dans le monde entier n'ont pas semblé beaucoup émouvoir la grande majorité des Israéliens qui a continué, malgré ce que la propagande israélienne a tenté de dépeindre, à mener sa vie normale comme avant. La vie a peut-être été perturbée pendant quelques semaines dans certaines régions d'Israël, mais ce ne fut pas suffisant pour alerter la société israélienne sur les crimes commis en son nom.

Le problème avec Israël n'est donc pas une décision ici ou là, mais sa stratégie globale qui n'a pas changé depuis 1948 et est aussi cruelle, et beaucoup plus efficace, que certains des nettoyeurs ethniques actuellement en action ailleurs au Moyen-Orient ou dans le monde.

Source : Mondoweiss

Traduction : MR pour ISM

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19 octobre 2014

Il est temps d'oublier la farce de la solution à deux Etats

 

Maintenant que la Grande-Bretagne a reconnu l'Etat palestinien, il est temps d'oublier la farce de la solution à deux Etats

Par

Depuis que la Conseil national palestinien (CNP) a déclaré unilatéralement l'indépendance en 1988, plus de 130 pays ont reconnu l'Etat de Palestine. En fait, il y a à peine une semaine, le nouveau Premier ministre suédois, Stefan Löfven, a déclaré, dans un communiqué de politique étrangère, que la Suède allait reconnaître l'Etat palestinien. Lundi, le Royaume-Uni a suivi et a voté en faveur de la reconnaissance de la Palestine en tant qu'Etat par 274 voix contre 12 (plus de la moitié des députés de la Chambre des Communes n'ont pas voté).

Maintenant que la Grande-Bretagne a reconnu l'Etat palestinien, il est temps d'oublier la farce de la solution à deux Etats

Le checkpoint à l'entrée de Bethléem, 16.01.2012 (photo Anne Paq, Chroniques de Palestine)
Beaucoup de ceux qui sont solidaires de la Palestine voient cela comme une victoire, et présument que cela conduira finalement à une solution de deux Etats et la fin de l'occupation israélienne. C'est grotesque, car la solution de deux Etats maintiendra les Palestiniens enfermés dans diverses formes d'occupation. La seule possibilité maintenant est la solution d'un seul Etat (appelé peut-être "Israël et Palestine", dans la même veine que Bosnie-Herzégovine) où chaque individu a le droit de vote, indépendamment de son origine ethnique, de son appartenance religieuse et de son orientation sexuelle. Tant que les dirigeants palestiniens et les autres pays n'admettront pas ceci comme seule voie à suivre, les Palestiniens n'ont aucun espoir de libération.

En effet, la direction palestinienne a considéré l'adoption de la motion de la Chambre des Communes comme très favorable, et le docteur Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine a commenté que "la reconnaissance de la Palestine et de son peuple est à la fois une décision de principe et un pas important vers la justice et la paix."

Sur les réseaux sociaux, la réponse palestinienne a été variée mais un assez grand nombre de gens ont soutenu avec excitation que c'est un pas dans la bonne direction. Un démarche qui prend une part de responsabilité pour un problème qui a ses racines dans l'impérialisme britannique, et reflète le mécontentement du Royaume-Uni vis-à-vis des attaques contre Gaza et des annonces récentes d'expansion des colonies.

Même si tout était vrai, nous ne devons pas nous laisser aveugler par l'esthétique de cette notion d'"Etat" palestinien. En réalité, la notion internationalement reconnue d'un Etat palestinien ne réalise pas du tout les aspirations palestiniennes de libération et d'égalité.

L'Etat palestinien signifie de poursuivre les négociations dans le schéma de la solution de deux Etats, qui prône l'existence, côte à côte, d'un Etat palestinien et d'un Etat juif israélien. Cette solution nie le droit au retour des réfugiés palestiniens et marginalise totalement les citoyens palestiniens d'Israël, qui resteraient des citoyens de seconde classe dans un Etat prescrit pour les Juifs seulement.

L'Etat d'Israël n'autorisera jamais non plus un Etat palestinien souverain qui aura le contrôle total sur ses frontières, son économie et son armée. L'Etat palestinien serait ainsi simplement un mécanisme de maintien de la population palestinienne comme peuple passivement opprimé.

Même si nous négligeons les aspects négatifs de la solution à deux Etats, nous ne pouvons pas négliger le simple fait que cette solution est morte. Depuis les accords d'Oslo, la Cisjordanie a été disloquée en bantoustans avec le mur illégal d'apartheid qui rend impossible la libre circulation de la plupart des Palestiniens. L'expansion des colonies atteint des niveaux record et il y a maintenant plus de 350.000 colons en Cisjordanie .

Les militants pro-Palestine doivent donc être prudents. Cette démarche suit une voie diplomatique qui "maintient" la population palestinienne plus qu'elle ne la libère. Il est donc temps que la communauté internationale cesse de soutenir la limitation de la liberté palestinienne (habilement dissimulée par la solution de deux Etats) et une accentuation de la séparation.

Il est temps de commencer à soutenir les droits des Palestiniens où ils se trouvent, que ce soit dans les territoires occupés, en Palestine historique ou dans les camps de réfugiés. Et il est temps d'aller vers un discours politique qui promeuve une solution d'un seul Etat en Israël et Palestine ; un Etat qui défende l'égalité et l'inclusion sur l'ethnocratie et l'exclusion.


Source

Lire Aussi : The One State Declaration

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10 octobre 2014

Libérez Georges Ibrahim Abdallah

Rassemblement pour réclamer sa libération aura lieu le vendredi 24 octobre à 17h30'

devant la résidence de l'ambassadeur de France à Bruxelles (42 Bd du Régent)

 

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Comme vous le savez sans doute, le plus vieux prisonnier politique de France s'appelle Georges Ibrahim Abdallah et il n'est pas nécessaire d'être Libanais ou communiste pour être révolté par le comportement indigne de l'Etat français envers lui.
 
Pour mémoire
Ce militant anti sioniste a été arrêté en 1984 et condamné en 1987 à la réclusion à perpétuité pour complicité d'assassinat
(1) par une Cours d'Assises Spéciale.
Cette condamnation a ensuite été confirmée malgré la confession de son avocat qui avoua sa complicité avec les services secrets français pour le faire condamner
(2).
 
Selon le Droit français, Georges Ibrahim Abdallah était libérable en 1999.
 
Mais depuis quinze ans, alors que les diverses chambres d'application des peines étaient à chaque fois favorables à sa sortie de prison et à son retour au Liban, toutes ses demandes de libération ont été rejetées par le pouvoir politique.
(3)
L'année dernière encore, Manuel Valls, alors Ministre de l'intérieur, proclamant son "attachement éternel à Israël", a une nouvelle fois méprisé le Droit en refusant  d'appliquer la décision de libération prononcée par les responsables législatifs.
 
Dans quelques jours, le 24 octobre, il y aura exactement trente ans que Georges Ibrahim Abdallah est incarcéré au mépris de la Constitution française, pour de basses raisons de connivence politique avec les régimes israéliens et étatsuniens.
Ce déni de justice est choquant et le maintien en prison de cet homme inadmissible pour tout démocrate.
 
Ayant appris qu'un rassemblement pour réclamer sa libération aura lieu le vendredi 24 octobre à 17h30' devant la résidence de l'ambassadeur de France à Bruxelles (42 Bd du Régent), il m'a paru important d'informer toutes celles et ceux qui soutiennent la cause palestinienne et les Droits de l'Homme.
En espérant que vous pourrez participer à cette manifestation.
 
Bien cordialement
 
Rudi Barnet
 
(1)  Notamment celui d'un membre du Mossad abattu par une jeune femme à Paris en avril 1982.
(2)  Jean-Paul Mazurier dans " L’Agent noir. Une taupe dans l’affaire Abdallah" de Laurent Gally (Editions Robert Laffont, Paris, 1986)
(3)  Lire "Un prisonnier politique expiatoire" de Marina Da Silva et Alain Gresh dans "Le Monde Diplomatique" (mai 2012)

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investigation de l’ONU pour le massacre d’enfants à Gaza.

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/dcipalestine/pages/13/features/original/dci-banner.jpg?1412192209

Signez ici : http://dci-palestine.org/justiceforgaza

            Chers amis,
 
            Je viens d’agir pour réclamer justice pour les 501 enfants tués dans le conflit de Gaza de 2014 – joignez-vous à moi pour parler en faveur des enfants de Gaza.
 
           
L’offensive militaire israélienne contre la Bande de Gaza en juillet et août 2014 a réclamé la mort de 501 enfants palestiniens. (1)
Les enfants ont été tués dans leur maison pendant qu’ils dormaient, avec leurs parents tandis qu’ils fuyaient vers la sécurité, et dans les abris de l’ONU où on leur disait qu’ils seraient en sécurité. Certains, comme le petit  Ibrahim Omar, (2) de trois ans a cherché un refuge et un traitement médical seulement pour être tué par des forces israéliennes visant les hôpitaux où ils étaient couchés pour récupérer. Plus de 1.000 enfants ont été handicapés à vie par la perte de membres, devenus aveugles ou par des blessures de brûlures.
 
Ces morts, ces blessés et ces vies ruinées n’ont pas été des dommages collatéraux. Ils étaient évitables.     
 
Click here to support a UN inquiry into the killing of children in Gaza. <http://dcipalestine.nationbuilder.com/justiceforgaza?recruiter_id=30939>  (Cliquez ici pour soutenir une enquête de l’ONU sur le massacre d’enfants à Gaza – et voyez  la traduction française)

La Haute commissaire de l’ONU pour les droits humains, Navi Pillay, a déclaré (3) qu’il y avait une « forte possibilité » que des crimes de guerre aient été commis par Israël pendant l’offensive militaire. La déclaration de Pillay a été suscitée par le ciblage évident de plusieurs enfants jouant sur la plage de Gaza (4) avec comme résultat la mort de quatre enfants. Viser des enfants constitue un crime de guerre.

En août, une commission d’enquête de l’ONU a été installée  pour investiguer les crimes de guerre pendant le conflit et responsabiliser les criminels de guerre, mais les US ont voté contre – c’est le seul pays à l’avoir fait – et le RU s’est abstenu. Nous avons besoin de votre aide pour montrer à nos représentants que nous soutenons l’investigation.

A la fois le Président Obama et le Premier ministre Cameron sont confronté à une politique robuste chez eux, et ne veulent pas être associés à la mort d’enfants. Si nous élevons notre voix ensemble, tout de suite, nous pouvons pousser leur administration à apporter leur support à l’investigation.

Tell President Obama and Prime Minister Cameron to support a UN investigation into the deaths of 501 children in Gaza. <http://dcipalestine.nationbuilder.com/justiceforgaza?recruiter_id=30939>  (Dites au Président Obama et au Premier ministre Cameron de soutenir une investigation de l’ONU sur la mort de 501 enfants à Gaza)

Les enfants de Gaza méritent la justice. Une investigation de l’ONU soutenue par le Président Obama et le Premier ministre Cameron, montrera aux autorités israéliennes qu’ils seront tenus pour responsables pour les enfants palestiniens morts et blessés et les forcera à prendre des mesures pour éviter la mort d’enfants à l’avenir. 

Signez la pétition : Réclamez que le Président Obama et le Premier ministre Cameron soutiennent une investigation de l’ONU pour le massacre d’enfants à Gaza.

Merci pour tout ce que vous faites.

Signez ici : http://dci-palestine.org/justiceforgaza

Plus d’informations

1.      http://www.ochaopt.org/documents/ocha_opt_sitrep_04_09_2014.pdf

2.      http://dci-palestine.org/documents/july-28-update-child-death-toll-gaza-approaches-200-and-rising

3.      http://www.unmultimedia.org/radio/english/2014/07/serious-human-rights-violations-taking-place-in-gaza/#.VBmOGS5dVQY

4. http://www.dci-palestine.org/documents/eight-children-killed-israeli-airstrikes-over-gaza

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30 septembre 2014

51 jours à Gaza

Conférence exceptionnelle de Zouhair Lahna : 51 jours à Gaza

Zouhair Lahna, chirurgien, a passé 51 jours à Gaza lors des raids israéliens. 51 jours, c’est aussi la durée de cette agression entre frappes aériennes, assassinats politiques, liquidation de combattants et de crimes de guerre. Il a été malgré lui un témoin privilégié de ces « dégâts collatéraux » faits de civils, enfants et femmes. Mais aussi acteur avec les équipes de sauvetage pour réparer et soigner aux urgences de l’hôpital Shifa de Gaza ou celui de Nacer à Khan Younes.

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29 septembre 2014

Briser le dernier tabou: Gaza et la menace d’une guerre mondiale

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Briser le dernier tabou: Gaza et la menace d’une guerre mondiale

Par JOHN PILGER John-Pilger

Préambule

Dans cet essai, qui est l’adaptation d’une allocution prononcée lors de la conférence commémorative en hommage à Edward Saïd, à Adélaïde, en Australie, le 11 septembre 2014, John Pilger soutient que l’assaut contre Gaza représente une menace encore plus grande pour nous tous et que les dangers qui planent en Ukraine, en plus de la propagande exacerbée qu’ils entraînent, nous rapprochent d’une guerre mondiale. M. Pilger salue aussi la résistance palestinienne et jette un regard critique à l’endroit des médias et des journalistes.

The French Saker

———————–

Un homme tourne son viage vers le haut, les yeux cachés par un bandeau fait de journauxUn homme tourne son viage vers le haut, les yeux cachés par un bandeau fait de journaux

« Il y a un tabou, disait Edward Saïd le visionnaire, qui fait en sorte qu’on n’ose dire la vérité à propos de la Palestine et de l’immense force destructrice derrière Israël. Nous ne serons libres qu’une fois que cette vérité éclatera au grand jour. »

Pour bien des gens, ce moment de vérité est arrivé. Ils en ont finalement pris conscience. Ceux à qui on a imposé le silence ne peuvent plus détourner les yeux. Ce que leur montrent leur télé, leur portable et leur téléphone est la preuve de la barbarie de l’État d’Israël, de l’immense force destructrice de son mentor et fournisseur, les États-Unis, de la lâcheté des gouvernements en Europe et de la collusion d’autres gouvernements, dont ceux du Canada et de l’Australie, avec ce crime aux proportions effrayantes.

L’attaque contre Gaza, c’est une attaque contre nous tous. Le siège de Gaza, c’est un siège que nous subissons tous. Le déni de justice dont sont victimes les Palestiniens est un symptôme du siège que subit la majeure partie de l’humanité et un avertissement de la menace d’une nouvelle guerre mondiale qui s’affirme de jour en jour.

Quand Nelson Mandela a qualifié la lutte des Palestiniens de « plus grande question morale de notre temps », il parlait au nom de la véritable civilisation, par opposition à celle créée de toutes pièces par les empires. En Amérique latine, les gouvernements du Brésil, du Chili, du Venezuela, de la Bolivie, du Salvador, du Pérou et de l’Équateur ont pris position par rapport à Gaza. C’est qu’un silence de plomb avait déjà pesé sur chacun de ces pays après l’immunité accordée aux auteurs de meurtres collectifs par ce même parrain à Washington qui a répondu aux pleurs des enfants de Gaza en fournissant plus de munitions pour les tuer.

Contrairement à Netanyahou et ses tueurs, les fascistes à la solde de Washington en Amérique latine ne se sont jamais souciés de se faire ravaler la façade du point de vue moral. Ils se contentaient de commettre leurs meurtres et de jeter les corps dans les dépotoirs. Les sionistes visent le même but : déposséder et ultimement détruire une société dans son ensemble, une réalité que 225 survivants de l’holocauste et leurs descendants ont dénoncée en la comparant à la genèse du génocide.

Rien n’a changé depuis le tristement célèbre « Plan D » des sionistes en 1948, qui a permis le nettoyage ethnique de tout un peuple. Récemment, on pouvait lire sur le site Web du Times of Israel le titre « Quand le génocide est permis ». Il y a aussi le vice-président de la Knesset (le parlement israélien), Moshe Feiglin, qui a demandé l’adoption d’une politique d’expulsion de masse dans des camps de concentration. N’étant pas en reste, le député Ayelet Shaked, dont le parti collabore au gouvernement de coalition, en a appelé à l’extermination des mères palestiniennes pour les empêcher de donner naissance à ce qu’il appelle des « petits serpents ».

Des années durant, les reporters ont vu des soldats israéliens attirer des enfants palestiniens vers eux en les provoquant au moyen de haut-parleurs, pour ensuite les tuer par balle. Des années durant, les reporters savaient que des femmes sur le point d’accoucher en route vers l’hôpital et qu’on bloquait à des barrages routiers perdaient leur bébé, parfois même leur propre vie.

Des années durant, les reporters savaient que des médecins palestiniens et des équipes d’ambulanciers, après avoir obtenu du commandement israélien la permission de secourir les blessés et d’évacuer les morts, recevaient une balle en pleine tête une fois sur place.

Des années durant, les reporters savaient que des personnes mal en point se sont vu refuser l’obtention de soins essentiels à leur survie ou qu’elles ont été tuées par balle en tentant de se rendre à une clinique pour recevoir un traitement de chimiothérapie. Une vieille femme marchant avec une canne a été abattue de cette manière, d’une balle dans le dos.

Lorsque j’ai énoncé ces faits à Dori Gold, conseiller principal auprès du premier ministre israélien, il a répondu ceci : « Malheureusement, dans tous les types de guerre, des civils sont tués accidentellement. Mais les cas que vous citez ne sont pas du terrorisme. On parle de terrorisme lorsque le réticule de l’arme d’un tireur embusqué est pointé délibérément sur un civil. »

J’ai répondu : « Mais c’est exactement ce qui s’est produit. »

« Non, qu’il m’a dit, ça ne s’est pas produit. »

Ce genre de mensonge ou d’aveuglement est infailliblement évoqué par les apologistes d’Israël. Comme l’ancien correspondant du New York Times Chris Hedges l’a indiqué, rapporter ce genre d’atrocité, c’est se mettre invariablement « entre deux feux ». Pendant tout le temps que j’ai travaillé au Moyen-Orient, une bonne partie, sinon la grande majorité des médias occidentaux, se rendaient complices de cet aveuglement.

Dans un de mes films, un caméraman palestinien, Imad Ghanem, gît sans défense pendant que des soldats de « l’armée la plus morale du monde » réduisent ses jambes en bouillie. L’atrocité n’a eu droit qu’à deux lignes sur le site Web de la BBC. Treize journalistes ont été tués par Israël lors de son plus récent carnage à Gaza. Tous étaient Palestiniens. Qui connaît leurs noms ?

Quelque chose a toutefois changé. Une révulsion profonde secoue le monde entier et les ténors du libéralisme éclairé s’inquiètent. Leur discours affligé et spécieux répété en chœur évoquant « le partage des responsabilités » et « le droit d’Israël à se défendre » sonne creux, tout comme les accusations d’antisémitisme. C’est pareil pour leurs lamentations sélectives appelant à « faire quelque chose » contre les fanatiques islamiques, mais rien à l’endroit des fanatiques sionistes.

Un de ces ténors est l’écrivain Ian McEwan, que The Guardian a élevé au rang de sage pendant que les enfants de Gaza se faisaient déchiqueter. C’est ce même Ian McEwan qui a fait fi des Palestiniens qui l’imploraient de ne pas accepter le prix Jérusalem (un prix littéraire) : « Si je n’allais que dans les pays que j’approuve, je resterais probablement toujours au lit », a-t-il répondu.

Si les morts de Gaza pouvaient parler, ils pourraient dire ceci : « Reste au lit grand écrivain, car ta simple présence adoucit le lit du racisme, de l’apartheid, du nettoyage ethnique et du meurtre, peu importe les paroles ambiguës que tu as prononcées en réclamant ton prix. »

Il faut comprendre le sophisme et le pouvoir de la propagande libérale pour mieux saisir pourquoi Israël persiste dans ses outrages, pourquoi le monde regarde sans rien faire, pourquoi aucune sanction n’est jamais imposée à Israël et pourquoi rien de moins qu’un boycottage total de tout ce qui est israélien est devenu une mesure de la plus élémentaire décence humaine.

L’incessante propagande dit que le Hamas s’est donné pour but la destruction d’Israël. Khaled Hroub, le grand érudit de l’Université de Cambridge, considéré comme l’autorité de référence mondiale sur le Hamas, dit que cette phrase n’a « jamais été employée ou adoptée par le Hamas, même dans ses affirmations les plus radicales ». La Charte de 1988 « anti-juive » si souvent évoquée provenait « d’un travail individuel et a été rendue publique sans que le Hamas ne l’ait adopté par consensus comme il se doit (…). L’auteur faisait partie de la vieille garde ». Considéré comme un embarras, le document n’a jamais été cité.

Le Hamas a offert à maintes reprises une trêve de dix ans à Israël et prône depuis longtemps une solution à deux États. Quand Medea Benjamin, l’intrépide activiste juive américaine, était à Gaza, elle était en possession d’une lettre des dirigeants du Hamas destinée au président qui indiquait clairement que le gouvernement de Gaza voulait la paix avec Israël. Cette lettre, on l’a ignorée. Je sais personnellement que de nombreuses lettres du genre ont été envoyées de bonne foi, mais qu’elles ont été ignorées ou rejetées.

Le Hamas se distingue par un crime impardonnable qui n’est pratiquement jamais rapporté. C’est le seul gouvernement arabe à avoir été élu librement et démocratiquement par son peuple. Pire encore, il a maintenant formé un gouvernement d’union nationale avec l’Autorité palestinienne. La possibilité, pour les Palestiniens, de parler d’une seule voix ferme à l’Assemblée générale, au Conseil des droits de l’homme et à la Cour pénale internationale est la menace qui fait le plus peur.

Depuis 2002, un service de presse faisant œuvre de pionnier à l’Université de Glasgow publie des études remarquables sur les reportages et la propagande entourant le conflit israélo-palestinien. Le professeur Greg Philo et ses collègues ont été estomaqués de constater que les reportages télévisés aggravaient l’ignorance du public. Plus les gens regardaient les infos, moins ils en savaient.

Greg Philo dit que le problème n’est pas le « parti-pris » comme tel. Les reporters et les producteurs sont tout aussi touchés par la souffrance des Palestiniens. Mais la structure de pouvoir des médias, en tant que prolongement de l’État et de ses intérêts particuliers, est tellement puissante qu’elle entraîne la suppression systématique des faits essentiels et du contexte historique.

Incroyable, mais vrai, moins de neuf pour cent des jeunes téléspectateurs interviewés par l’équipe du professeur Philo savaient qu’Israël est une puissance occupante et que les colonies illégales sont juives, bon nombre croyant qu’elles sont palestiniennes. Le terme « territoires occupés » est à peine expliqué. Des mots comme « assassinat », « atrocité » et « meurtre de sang froid » ne sont utilisés que pour décrire la mort d’Israéliens.

Récemment, un reporter de la BBC, David Loyn, a été critique à l’endroit d’un autre journaliste britannique, Jon Snow, de Channel 4 News. M. Snow était tellement ébranlé par ce qu’il avait vu à Gaza qu’il a lancé un appel humanitaire sur YouTube. Ce que reprochait le reporter de la BBC, c’était le fait que son collègue avait brisé le protocole en exprimant son émotion sur YouTube.

« L’émotion, écrivait M. Loyn, c’est une soumission à la propagande et les nouvelles sont contre la propagande. » Était-il vraiment sérieux en écrivant cela ? En fait, M. Snow a lancé son appel en gardant son calme. Son crime était d’avoir bifurqué à l’extérieur des limites de la fausse impartialité. Il ne s’est pas censuré, ce qui est considéré comme une faute impardonnable.

En 1937, quand Adolf Hitler était au pouvoir, Geoffrey Dawson, éditeur du Times de Londres, a écrit ceci dans son journal : « Je passe mes soirées à enlever tout ce qui pourrait heurter les susceptibilités [allemandes] et à inclure des petites choses ayant pour but de les apaiser. »

Le 30 juillet, la BBC a présenté un cours magistral sur le principe de Dawson. Le correspondant diplomatique de Newsnight, Mark Urban, a donné cinq raisons pourquoi le Moyen-Orient est en plein bouleversement. Il n’a été aucunement mention du rôle historique et actuel du gouvernement britannique. L’envoi en Israël, par le gouvernement Cameron, d’armes et d’équipement militaire d’une valeur de 8 milliards de livres sterling a été évacué. La cargaison pleine d’armes britanniques à destination de l’Arabie saoudite a été évacuée. Le rôle de la Grande-Bretagne dans la destruction de la Libye a été évacué. Le soutien britannique à la tyrannie en place en Égypte a été évacué.

L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan par la Grande-Bretagne a été passée sous silence aussi.

Le seul témoin expert dans ce programme de la BBC était un certain Toby Dodge de la London School of Economics. Ce que les téléspectateurs auraient dû savoir, c’est que ce monsieur Dodge a déjà été conseiller spécial de David Petraeus, le général étatsunien en grande partie responsable des désastres en Irak et en Afghanistan. Mais cette information aussi a été évacuée.

En matière de guerre et paix, le miroir aux alouettes que sont l’impartialité et la crédibilité à la sauce BBC limite et contrôle davantage la discussion publique que la falsification des tabloïds. Comme Greg Philo l’a indiqué, dans son commentaire touchant sur YouTube, Jon Snow ne faisait que se demander si l’agression israélienne contre Gaza était disproportionnée ou raisonnable. Ce dont on ne parle pas (et c’est presque toujours le cas), c’est la vérité essentielle qu’est l’occupation militaire la plus longue de l’ère moderne, une entreprise criminelle soutenue par les gouvernements occidentaux de Washington à Canberra, en passant par Londres.

Un autre mythe nous présente Israël comme un État « vulnérable » et « isolé » entouré d’ennemis, alors qu’en réalité il est entouré d’alliés stratégiques. L’Autorité palestinienne, qui est financée, armée et dirigée par les États-Unis, est de mèche avec Tel-Aviv depuis longtemps. Aux côtés de Netanyahou on retrouve les tyrannies en place en Égypte, en Jordanie, en Arabie saoudite, dans les Émirats arabes unis, au Bahrain et au Qatar. D’ailleurs, si la Coupe du Monde se rend au Qatar, vous pouvez être certains que la sécurité sera confiée au Mossad.

La résistance, c’est l’humanité dans ce qu’il y a de plus brave et de plus noble. La résistance à Gaza se compare tout à fait au soulèvement des Juifs du ghetto de Varsovie en 1943, qui eux aussi avaient creusé des tunnels et déployé des tactiques de subterfuge et de surprise contre une machine de guerre ultra puissante. Le dernier des meneurs du soulèvement de Varsovie encore vivant, Marek Edelman, a d’ailleurs écrit une lettre de solidarité à la résistance palestinienne, la comparant à sa propre Organisation juive de combat, formée de combattants du ghetto. La lettre débutait comme suit : « À tous les chefs d’organisations palestiniennes militaires, paramilitaires ou de guérilla. À tous les soldats de groupes militaires palestiniens. »

Le Dr Mads Gilbert est un médecin norvégien reconnu pour son travail héroïque à Gaza. Le 8 août, le Dr Gilbert est retourné dans sa ville natale, Tromso (en Norvège) qui, a-t-il souligné, a été occupée par les nazis pendant sept ans. Voici ce qu’il avait à dire : « Reportons-nous en 1945 et faisons comme si nous, les Norvégiens, n’avions pas gagné la lutte pour la libération et n’avions pas chassé l’occupant. Faisons comme si l’occupant était resté dans notre pays et qu’il se l’accaparait parcelle après parcelle, décennie après décennie, en nous interdisant l’accès aux meilleures terres, en prenant les poissons dans la mer et les lacs et en bombardant nos hôpitaux, nos ambulanciers, nos écoles et nos maisons.

« Aurions-nous abandonné et hissé le drapeau blanc ? Bien sûr que non ! C’est exactement ce qui se passe à Gaza. Ce n’est pas une bataille opposant le terrorisme à la démocratie. L’ennemi qu’Israël combat, ce n’est pas le Hamas. Israël livre une guerre contre la volonté de résistance du peuple palestinien. C’est la dignité du peuple palestinien qu’Israël se refuse d’accepter.

« En 1938, les nazis traitaient les Juifs de Untermenschen (sous-humains). Aujourd’hui, les Palestiniens sont traités aussi comme des sous-humains qu’on peut massacrer sans que personne exerçant le pouvoir ne réagisse.

« Je suis donc retourné en Norvège, un pays libre qui doit sa liberté à un mouvement de résistance, parce que les nations occupées ont le droit de résister, même avec des armes. C’est d’ailleurs écrit dans le droit international. La résistance du peuple palestinien à Gaza est admirable. C’est une lutte qui nous appelle tous autant que nous sommes. »

Il est toutefois dangereux de dire la vérité, de briser ce qu’Edward Saïd appelait « le dernier tabou ». Mon documentaire, Palestine Is Still the Issue, a été mis en nomination pour un Bafta (prix de l’Académie britannique des arts de la télévision et du cinéma) et a reçu des éloges de la Independent Television Commission pour son « intégrité journalistique » et le « soin et la minutie apportés à la recherche ». Pourtant, sa diffusion sur le réseau britannique ITV a provoqué une onde de choc dans les minutes qui ont suivi. Un déluge de courriels me décrivaient comme un « psychopathe démoniaque », un « colporteur de la haine et du mal » et un « antisémite de la pire espèce ». Ces messages étaient pour la plupart orchestrés par des sionistes aux États-Unis qui ne pouvaient avoir vu le film. Je recevais au moins une menace de mort par jour.

Quelque chose de semblable est arrivé au commentateur australien Mike Carlton le mois dernier. Dans sa chronique habituelle publiée dans le Sydney Morning Herald, M. Carlton a écrit un article qu’on voit rarement au sujet d’Israël et des Palestiniens. Il identifiait les oppresseurs et les victimes. Il prenait soin de limiter son attaque à « un nouvel Israël brutal, dominé par la droite intransigeante du Likoud, le parti de Netanyahou ». Ceux qui avaient auparavant dirigé l’état sioniste, insinuait-il, appartenaient à une « fière tradition libérale ».

Le déluge de protestations n’a pas tardé. On l’a traité de « sac de merde nazi » et de « raciste haïssant les Juifs ». On l’a menacé à maintes reprises et a rétorqué par courriel en invitant ses attaquants à aller « se faire foutre ». Son journal lui a demandé de s’excuser. Devant son refus, on l’a suspendu, puis il a démissionné. D’après le directeur de la publication, Sean Aylmer, l’entreprise de presse « s’attend à un niveau beaucoup plus élevé de la part de ses chroniqueurs ».

Le « problème » que pose M. Carlton, avec son ton acerbe, bien souvent l’unique voix libérale dans un pays où Rupert Murdoch contrôle 70 pour cent de la presse dans la capitale (l’Australie est la principale murdocratie au monde), sera résolu deux fois plutôt qu’une. En effet, la commission australienne des droits de la personne va faire enquête sur les plaintes déposées contre M. Carlton en vertu de la loi sur la discrimination raciale, qui proscrit tout acte commis ou parole prononcée en public « raisonnablement susceptible (…) d’offenser, d’insulter, d’humilier une autre personne ou un groupe de personnes » en raison de leur race, de leur couleur, de leur nationalité ou de leur origine ethnique.

Contrairement à l’Australie, sécurisée et silencieuse, où les journalistes comme M. Carlton sont en voie d’extinction, le vrai journalisme est bel et bien vivant à Gaza. J’ai souvent des conversations téléphoniques avec Mohammed Omer, un jeune journaliste palestinien extraordinaire, à qui j’ai présenté, en 2008, le prix du journalisme Martha Gellhorn. Chaque fois que je lui ai parlé pendant l’assaut contre Gaza, je pouvais entendre le sifflement des drones et l’explosion des missiles. Il a mis fin à mon appel une fois pour aller s’occuper d’enfants dehors blottis les uns contre les autres qui attendaient leur transport au milieu des explosions. Quand je lui ai parlé le 30 juillet, un avion de chasse israélien venait de massacrer 19 enfants. Le 20 août, il décrivait comment les drones avaient « passé au crible » un village pour mieux tirer dessus sauvagement par la suite.

Chaque jour à l’aube, Mohammed allait voir des familles victimes des bombardements. Il consignait leurs récits, devant leur habitation réduite en ruines, et les prenait en photo. Il se rendait à l’hôpital, à la morgue, au cimetière. Il faisait la queue pendant des heures pour que sa propre famille ait du pain à manger. Tout cela en surveillant le ciel. Il envoyait deux, trois, quatre articles par jour. Ça, c’est du vrai journalisme.

« Ils essaient de nous anéantir, m’a-t-il dit. Mais plus ils nous bombardent, plus nous sommes forts. Ils ne gagneront jamais. »

Le crime odieux commis à Gaza nous ramène à quelque chose de plus grand encore qui nous menace tous.

Depuis 2001, les États-Unis et leurs alliés sont déchaînés et au moins 700 000 hommes, femmes et enfants irakiens en ont payé de leur vie. La montée des djihadistes, dans un pays où il n’y en avait pas, en est la conséquence directe. Le djihadisme moderne, d’abord Al-Qaïda, puis l’État islamique, est une créature des États-Unis et de la Grande-Bretagne, avec l’aide du Pakistan et de l’Arabie saoudite. Le but original était d’utiliser et de développer un fondamentalisme islamique rarement vu jusque-là dans le monde arabe, afin de déstabiliser les mouvements panarabes et les gouvernements séculaires. Dans les années 1980, c’est devenu une arme pour détruire l’Union soviétique en Afghanistan. La CIA appelait cela l’opération Cyclone ; tout un cyclone en effet, dont la fureur des éléments déchaînés s’est retournée contre ses créateurs. Les événements du 11 septembre et les attentats de Londres en juillet 2005 découlent de ce revirement, tout comme les tout récents meurtres horribles des journalistes étatsuniens James Foley et Steven Sotloff. Pendant plus d’un an, l’administration Obama a armé les tueurs de ces deux jeunes gens (qui faisaient alors partie de l’État islamique en Irak et au Levant), afin de faire tomber le gouvernement séculaire en place à Damas.

Le principal « allié » de l’Occident dans cette pagaille impériale est un État médiéval où des décapitations sont ordonnées par la justice et effectuées systématiquement. Cet État, c’est l’Arabie saoudite. Lorsqu’un membre de la famille royale britannique est envoyé dans cet endroit barbare, vous pouvez parier votre dernier pétrodollar que le gouvernement britannique ne cherche qu’à vendre aux cheiks encore plus d’avions de combat, de missiles et de menottes. La plupart des pirates de l’air du 11 septembre provenaient de l’Arabie saoudite, qui finance les djihadistes en Syrie et en Irak.

Pourquoi devons-nous vivre dans un état de guerre perpétuelle ?

La première réponse qui vient à l’esprit implique les États-Unis, où un coup d’État secret non rapporté a eu lieu. Un groupe connu sous le nom de Projet pour un nouveau siècle américain, inspiré par Dick Cheney et d’autres, a pris le pouvoir pendant la présidence de George W. Bush. Les membres de cette secte extrémiste, qu’on a déjà traités de « fous » à Washington, croient que le commandement de la défense aérospatiale des États-Unis doit assurer une « domination tous azimuts ».

Sous les présidents Bush et Obama, une mentalité d’empereur du XIXe siècle s’est infiltrée dans tous les départements d’État. Le militarisme à l’état brut est à la hausse, la diplomatie est redondante. Les pays et les gouvernements sont jugés comme utiles ou non essentiels ; soit qu’on les soudoie, soit qu’on les menace, soit qu’on les « sanctionne ».

Le 31 juillet, le National Defense Panel à Washington a publié un document remarquable qui appelle les États-Unis à se préparer en vue de se lancer dans rien de moins que six guerres majeures simultanément. En tête de liste se trouvent la Russie et la Chine, deux puissances nucléaires.

Dans un sens, la guerre contre la Russie a déjà commencé. Pendant que le monde assistait avec horreur à l’attaque d’Israël contre Gaza, des atrocités similaires étaient commises dans l’est de l’Ukraine mais faisaient à peine les nouvelles. Au moment d’écrire ces lignes, deux villes ukrainiennes peuplées de Russophones, Donetsk et Lougansk, sont assiégées. Leur population ainsi que leurs hôpitaux et leurs écoles sont bombardés par un régime qui a pris le pouvoir à Kiev lors d’un putsch mené par des néo-nazis soutenus et financés par les États-Unis. Ce coup d’État est l’apothéose de ce que l’observateur de la politique russe Sergei Glaziev décrit comme « un conditionnement des nazis ukrainiens contre la Russie » depuis 20 ans. Une montée du fascisme est de nouveau observée partout en Europe et pas le moindre dirigeant européen la dénonce, peut-être parce qu’elle est devenue une réalité qu’on n’ose plus appeler par son nom.

Avec son passé fasciste en résurgence, l’Ukraine est devenue un parc thématique de la CIA, une colonie de l’Otan et du Fonds monétaire international. Le coup d’État fasciste à Kiev en février est l’œuvre de la secrétaire d’État adjointe des États-Unis, Victoria Nuland, dont le « budget consacré au coup d’État » s’élevait à 5 milliards de dollars. Sauf que les choses ne se sont pas passées comme prévu. Moscou a empêché la saisie de la base navale légitime de sa flotte de la mer Noire dans la russophone Crimée. Un référendum et l’annexion ont rapidement suivi. Dépeinte en Occident comme une « agression » du Kremlin, la réaction de Moscou a permis de déformer totalement la vérité et de camoufler les objectifs de Washington, à savoir creuser un fossé entre une Russie « paria » et ses principaux partenaires commerciaux en Europe et éventuellement briser la Fédération de Russie. Des missiles étatsuniens encerclent déjà la Russie. La militarisation des anciennes républiques soviétiques et de l’Europe de l’Est est la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pendant la guerre froide, ce genre de choses aurait pu provoquer un holocauste nucléaire. Le risque est de nouveau présent avec la désinformation hystérique anti-Russe allant crescendo aux États-Unis et en Europe. L’avion de ligne de la Malaysia Airlines abattu en juillet en est l’exemple parfait. Sans la moindre preuve, les États-Unis, leurs alliés de l’Otan et leurs rouleaux compresseurs médiatiques en ont aussitôt imputé la responsabilité aux « séparatistes » en Ukraine et laissé entendre que la responsabilité ultime revenait à Moscou. Un éditorial du magazine The Economist a accusé Poutine de meurtre collectif. Le magazine Der Spiegel a mis les visages des victimes à la une en titrant en rouge « Stoppt Putin Jetzt! » (Stoppons Poutine maintenant !). Dans le New York Times, Timothy Garton Ash a étayé ses propos relatifs à la « doctrine meurtrière de Poutine » d’attaques personnelles à propos « d’un homme petit et trapu, au faciès de rat ».

The Guardian a joué un rôle important. Reconnu pour ses enquêtes, ce journal ne s’est pas vraiment donné la peine d’examiner qui avait abattu l’avion et pourquoi, malgré l’abondance de documents provenant de sources crédibles qui démontraient que Moscou était aussi abasourdi que le reste du monde, et que l’avion aurait aussi bien pu être abattu par le régime en place en Ukraine.

La Maison-Blanche ne pouvant fournir de preuve vérifiable (malgré tout ce que ses satellites ont pu capter), le correspondant du Guardian à Moscou, Shaun Walker, a colmaté la brèche. « Mon audience avec le démon de Donetsk » était le grand titre à la une d’une interview à chaud du journaliste avec un certain Igor Bezler. « Avec sa moustache de morse, son tempérament bouillant et sa réputation d’homme brutal, écrivait-il, Igor Bezler est le plus craint de tous les dirigeants rebelles de l’est de l’Ukraine (…), surnommé le démon (…). Si l’on en croit le Service de sécurité d’Ukraine, c’est le démon et un groupe formé de ses hommes qui portent la responsabilité d’avoir abattu le vol MH17 de la Malaysia Airlines (…). Outre le vol MH17, les rebelles auraient aussi abattu 10 appareils ukrainiens. » Le journalisme du démon peut se passer de toute autre preuve.

Le journalisme du démon transforme une junte infestée de fascistes ayant pris le pouvoir à Kiev en « gouvernement par intérim » respectable. Les néo-nazis deviennent de simples « nationalistes ». Les « nouvelles » provenant de la junte de Kiev voient à la suppression de toute mention d’un coup d’État fomenté par les États-Unis et du nettoyage ethnique systématique, par la junte, de la population russophone dans l’est de l’Ukraine. Que cela se produise dans la zone frontalière par où les nazis d’hier ont envahi la Russie, causant quelque 22 millions de morts, n’a aucune importance. On n’en a que pour une « invasion » russe de l’Ukraine qui semble difficile à prouver outre les images satellites familières qui évoquent la présentation fictive de Colin Powell aux Nations Unies, « prouvant » que Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive. À ce sujet, un groupe formé d’anciens membres des services du renseignement étatsuniens (le Veteran Intelligence Professionals for Sanity) a écrit à la chancelière allemande Angela Merkel pour lui dire ceci : « Vous devez savoir que les accusations « d’invasion » russe majeure en Ukraine ne reposent sur aucun renseignement fiable. Le « renseignement » semble plutôt être du même ordre que les manœuvres politiques douteuses utilisées il y a 12 ans pour « justifier » l’attaque menée par les États-Unis contre l’Irak. »

Le mot d’ordre est de « contrôler le message ». Dans son œuvre phare, Culture et impérialisme, Edward Saïd était plus explicite : le rouleau compresseur médiatique occidental est maintenant capable de pénétrer profondément dans la conscience de la majeure partie de l’humanité, forte d’une « installation » aussi influente que les forces navales impériales du XIXe siècle. Autrement dit, nous en sommes réduits à du journalisme de la canonnière, ou encore à une guerre livrée par les médias.

Pourtant, la population n’est pas dénuée d’esprit critique et la propagande se heurte à de la résistance. C’est qu’une deuxième superpuissance voit le jour, la puissance de l’opinion publique, alimentée par Internet et les médias sociaux.

La fausse réalité créée par les fausses nouvelles colportées par les gardiens des médias pourrait empêcher certains d’entre nous de savoir ce que fait cette superpuissance d’un pays à l’autre, du continent américain à l’Europe, en passant par l’Asie et l’Afrique. Nous assistons à une insurrection morale, comme en témoignent les dénonciateurs que sont Edward Snowden, Chelsea Manning et Julian Assange. La question qui demeure est la suivante : Allons-nous briser le silence pendant qu’il est encore temps ?

Lors de mon dernier séjour à Gaza, au moment où je regagnais le poste de contrôle israélien, j’ai aperçu deux drapeaux palestiniens à travers les barbelés. Des enfants avaient fabriqué des mâts à partir de bâtons liés ensemble et avaient grimpé sur un mur pour mieux brandir leurs drapeaux.

On m’a dit que les enfants font cela quand des étrangers sont autour, parce qu’ils veulent montrer au monde qu’ils sont là, vivants, braves, invaincus.

John Pilger | 11-09-2014
Traduit par Daniel pour vineyardsaker.fr

Article original en anglais : Breaking the last taboo – Gaza and the threat of world war

John Pilger est un journaliste, scénariste et réalisateur australien. Il a été correspondant de guerre et a obtenu de nombreux prix de journalisme. C’est aussi un activiste anti-guerre qui n’a de cesse de rappeler la responsabilité de ceux qui savent aux misères et aux violences du monde. (Wikipedia)

Pour le Tribunal Russel, Israël coupable de crimes contre l'humanité

gaza tag

 

Coordinateur du Tribunal Russell sur la Palestine de 2008 à 2013, Frank Barat rapporte pour Mediapart les conclusions de la session extraordinaire de ce tribunal citoyen qui s'est tenue les 24 et 25 septembre derniers à Bruxelles, pour examiner la récente opération Bordure protectrice conduite par Israël dans la bande de Gaza.


 

Le 8 juillet 2014, le gouvernement israélien, par l'intermédiaire de son premier ministre Benjamin Netanyahu, donne ordre à son armée de lancer l'opération « Bordure Protectrice ». Utilisant le meurtre de trois jeunes colons israéliens commis un mois plus tôt comme prétexte et annonçant que le but de cette opération était de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas, Israël s'en va-t-en guerre.

Pour la troisième fois en six ans, une offensive de grande envergure contre la bande de Gaza se met en marche.

Les grands médias internationaux, dans une écrasante majorité, au moins durant les premiers jours, mettent eux aussi le fusil à l'épaule. Très peu d'entre eux, pour ne pas dire aucun, rappellent le contexte politique et historique dans lequel s'inscrit cette offensive. On ne parle pas de l'occupation israélienne en place depuis 1967 malgré des dizaines de résolutions des Nations Unies appelant à sa fin. On ne rappelle pas que les roquettes du Hamas et des factions palestiniennes étaient quasiment inexistantes depuis des mois avant qu'Israël, suite au kidnapping des trois colons israéliens, utilise ce prétexte pour ravager la Cisjordanie pendant plus de 3 semaines, dans leur prétendue recherche du corps des trois colons. Arrestations en masse de membres du Hamas, re-arrestations de prisonniers palestiniens venant tout juste d'être relâchés, répression terrible sur les manifestants palestiniens, causant la mort de plusieurs mineurs, re-occupation de Ramallah, démolitions de maisons et siège de la ville de Hebron.

Si le mot « prétexte » est utilisé plus haut, c'est que le gouvernement israélien savait, depuis le début, que les trois jeunes colons avaient été assassinés le jour même de leur enlèvement. La plupart des grands médias, aussi, était au courant. Comme le gouvernement, ils avaient eu accès à un enregistrement qui ne laissait place au doute :  les trois adolescents israéliens avaient perdu la vie le 12 juin 2014. Mais eux aussi ont préféré jouer le jeu. Quelques semaines plus tard, le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, déclare même  que « le directoire du Hamas n'est pas impliqué dans l'enlèvement et le meurtre des trois israéliens » (voir ici). Enfin, le blocus de Gaza, en place depuis l'élection du Hamas en 2006, n'est jamais mentionné dans les médias. Un blocus qui va pourtant à l'encontre du droit international et des conventions de Genève. Un blocus illégal faisant office de punition collective et enfermant les palestiniens dans une prison à ciel ouvert. Israël, malgré le retrait de ses soldats et l'évacuation de ses colons de Gaza en 2005, occupe encore ce petit bout de territoire puisqu'il en contrôle le registre de la population (les entrées et les sorties), les « frontières » (Rafah étant contrôlée par l'Egypte), ainsi que l'espace aérien et maritime. En droit international, la présence physique n'est pas nécessaire pour qu'il y ait « occupation ».

Le 9 juillet 2014, le président de la république française, Francois Hollande, exprime lui aussi son soutien inconditionnel à Benjamin Netanyahu. Il déclare lui avoir assuré par téléphone « la solidarité de la France face aux tirs de roquettes », que « la France condamne fermement les agressions contre Israël » et qu'il « appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». 

Francois Hollande est au plus bas dans les sondages, il veut donner l'image d'un président fort, va t'en guerre, même si ce n'est pas la sienne, et tient un discours plus proche de George W. Bush que d'un président « socialiste ». Pense-t-il rallier ainsi les Français derrière lui et Israël ?

S'il le croit, il se trompe. Le président français parle de « France » dans son message à Netanyahu. Mais quelle France ? La France, son peuple, est dehors, dans la rue, par milliers, centaines de milliers, jour après jour. Malgré les interdictions de manifester (les seules en place au monde à ce moment-là), malgré la répression des forces de police et malgré les arrestations, des foules de plus en plus nombreuses prennent les rues pour crier leur dégoût face aux actions de l'armée israélienne et leur colère devant le soutien complice de l'Etat français. Et c'est le monde entier qui est secoué par une même vague de protestation. Pendant les 50 jours de cette opération, les peuples se soulèvent aux quatre coins du globe pour appeler à la fin de l'agression israélienne sur Gaza.

Une attaque qui dans les faits tourne au massacre. La bande de Gaza et son 1,8 million d'habitants n'ont pas subi telle violence depuis 1967.

Cet été, 700 tonnes de munitions se sont abattues sur une population enfermée, qui ne peut s'enfuir et ne reçoit, malgré ses appels au secours, aucune aide. Les chiffres sont effrayants (2 188 Palestiniens ont perdu la vie dont 1 658 civils ; plus de 11 231 Palestiniens furent gravement blessés ; plus de 18 000 maisons furent détruites entièrement ou en partie). Mais cela reste des chiffres. La réalité est encore plus terrible. Aujourd'hui à Gaza, un enfant de 8 ans a déjà connu 4 guerres. Aujourd'hui à Gaza, ce sont 370 000 enfants qui ont besoin de soutien psychologique (l'équivalent, proportionnellement à la population, de 12 millions enfants en France). 

Que faire ? Comment réagir ? Comment soutenir et accompagner les gens qui manifestent ? Est-il suffisant d'envoyer des lettres ? Des pétitions ? De twitter ? Au Royaume-Uni et en Australie, certains activistes vont plus loin et occupent, pour la mettre hors d'état de nuire, l'entreprise israélienne de fabrication d'arme Elbit System ; aux Etats-unis, d'autres empêchent un bateau israélien de débarquer.

Les membres du Tribunal Russell, quant à eux, décident de se réunir de nouveau et d'organiser une session extraordinaire de ce tribunal des peuples sur les crimes de guerre israéliens à Gaza. Le tribunal sera le premier forum public à réunir témoins, experts juridiques, journalistes, universitaires et activistes pour parler de Gaza. La première enquête sur ce qui s'est vraiment passé sur place. Pour se souvenir. Pour ne pas oublier. Et surtout pour empêcher que cela se reproduise. Le tribunal, comme à son habitude, se veut pionnier. Il parlera, lors de cette session, du crime de génocide et de celui d'incitation au génocide. Pour ceux qui disent que le tribunal est un simulacre de procès, ou qu'il est un exercice symbolique seulement, il est bon de rappeler qu' Israël n'a jamais respecté les décisions des Nations Unies ni celles de la cour internationale de justice en 2004. Celles-ci n'ayant d'ailleurs pas été respectées non plus par les parties tierces (Etats, institutions, multinationales). Pour Israël, le droit international ne veut rien dire, il n'est rien. Devant le manque d'actions concrètes des Etats, il incombe donc au peuple de se faire « Jury ».

Durant toute une journée les témoins se succèdent pour parler de ce qu'ils ont vu sur place. Les membres du jury, Ken Loach, Vandana Shiva, Roger Waters, Michael Mansfield, Paul Laverty, Radhia Nasraoui, Christiane Hessel, Ronnie Kasrils, John Dugard, Richard Falk et Ahdaf Soueif écoutent, prennent des notes et questionnent, interrogent. La salle, remplie de personnes venant du monde entier, reste sans voix devant les mots et les images. Ceux qui se pensent immunisés à l'horreur et l'indignation, parce qu'ils en ont trop vu ou en savent trop, se trompent. L'intensité de la violence de l'opération « Bordure protectrice » dépasse les limites de l'entendement, de la raison. Eran Efrati, ex-soldat israélien raconte en détails l'assassinat de Salem Shamaly par un sniper. Mohammed Omer, journaliste palestinien de Gaza, relate des exécutions sommaires de civils. Ivan Karakashian, évoque l'impact psychologique de ce massacre sur les enfants et du fait qu'Israël à pour habitude d'utiliser certains d'entre eux comme boucliers humains. Mads Gilbert, chirurgien norvégien et héroïque, nous explique que 17 des 32 hôpitaux de Gaza furent détruits. David Sheen, journaliste israélien, dresse un portrait effrayant, preuves à l'appui, d'une société israélienne, qui, soutenant cette guerre à 95%, va de plus en plus loin dans la déshumanisation des Palestiniens, appelant, de manière fréquente et sans fard, à l'extermination de ce peuple.

Le lendemain, après une longue nuit de délibération, le jury délivre son verdict : lors de l'opération « Bordure protectrice », Israël s'est rendu coupable de crimes de guerre (homicides intentionnels, destructions de biens non justifiées, attaques intentionnelles contre la population civile, les hôpitaux, les lieux de culte les écoles, …), de crimes contre l'humanité (meurtres, persécutions et exterminations) et du crime d'incitation au génocide.

Les membres du jury ajoutent même qu'ils ont « sincèrement peur que dans un contexte d’impunité et d’absence de sanctions pour des crimes graves et répétés, les leçons du Rwanda et d’autres atrocités de masse restent lettre morte. »

Que les choses soient claires : c'est à nous, le peuple, les « sans-dents », d'écrire l'histoire car personne ne le fera pour nous.

Suivez les travaux du Tribunal Russell sur Facebook et Twitter.

Site internet : http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/

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