L'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens suspend ses activités
NOUVELOBS.COM | 08.01.2009 | 16:47
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L'Unrwa suspend l'ensemble de ses activités humanitaires dans la bande de Gaza, après qu'un de ses convois a été touché par des obus de l'armée israélienne. "La crise humanitaire s'aggrave d'heure en heure", s'inquiète l'agence.

Une école maternelle détruite par un raid israélien à Gaza

(c) ReutersL'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a annoncé jeudi 8 janvier la suspension de l'ensemble de ses activités humanitaires dans la bande de Gaza après qu'un de ses convois eut été touché par des obus de l'armée israélienne, a annoncé un porte-parole.
"L'Unrwa a suspendu ses opérations à Gaza", a affirmé Chris Gunness le porte-parole de l'agence, qui distribue de la nourriture à près de 750.000 personnes dans le territoire palestinien.
"Nous maintiendrons cette suspension tant que les autorités israéliennes ne garantiront pas la sécurité de nos équipes", a-t-il ajouté.
"Un convoi allant à Erez a été pris sous le feu, selon les sous-traitants. Deux obus de char ont chuté près d'un camion et une personne a été tuée", a-t-il ajouté, soulignant que l'envoi du convoi avait été coordonné avec l'armée israélienne.

"La crise humanitaire s'aggrave d'heure en heure"

La crise humanitaire dans la bande de Gaza empire "d'heure en heure" en dépit de l'interruption quotidienne des combats par l'armée israélienne pendant trois heures jugée "insuffisante", a par ailleurs déploré Christopher Gunness, au douzième jour de l'offensive israélienne.
"La crise humanitaire s'aggrave d'heure en heure", plongeant les 1,5 million de Palestiniens entassés dans le territoire dans une "situation critique", a affirmé le porte-parole de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens.

Une pause de trois heures "insuffisante"

"La pause quotidienne de trois heures" observée par l'armée israélienne dans ses combats "est insuffisante, a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse téléphonique depuis la bande de Gaza.
A l'unisson des acteurs humanitaires, il a de nouveau insisté sur la nécessité d'un cessez-le-feu pour permettre les opérations d'assistance aux victimes.
"La situation demeure très volatile et très dangereuse pour nos employés", a-t-il affirmé.
Selon Christopher Gunnes, les corridors humanitaires proposés par les forces armées israéliennes doivent encore être mis en place "correctement". "Les axes routiers utilisés par les militaires israéliens entravent l'acheminement de l'aide ou la possibilité, pour leurs bénéficiaires, de se déplacer pour en prendre possession", a-t-il relevé.

Des réserves pour quelques jours

Un million de personnes vivent sans électricité, 750.000 personnes sont sans eau et tous les hôpitaux fonctionnent en continu grâce à des générateurs de secours menacés de s'arrêter en cas de manque d'essence, a détaillé Christopher Gunness.
"Nous disposons de réserves alimentaires pour quelques jours, pas des semaines", a-t-il insisté, ajoutant que si le point de passage de Karni avec Israël n'était pas réouvert, "il ne fait aucun doute que les gens deviendront de plus en plus affamés".
"Les gens nous disent déjà qu'ils ont faim et cette insécurité alimentaire s'accroît", a poursuivi le porte-parole de l'Unrwa, qui a rappelé que certains endroits de la bande de Gaza demeuraient isolés et coupés de toute aide humanitaire.