30 septembre 2007
Ban Ki Moon, accusé de soutien à Israël

Ban Ki Moon, accusé de soutien à Israël
Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens, John Dugard, a accusé le Secrétaire général de l'ONU de soutien à Israël. Dans son entretien sur l'antenne d'Al-Jazira, il a déclaré que Ban était à la solde des Etats-Unis et qu'il se voyait contraint de soutenir Israël. "Le Secrétaire général de l'ONU et ses proches insistent sur leurs soutiens à Israël, les soutiens qui semblent logiques, car ils reçoivent leurs instructions de Washington.", a indiqué Dugard. Il a accusé l'ONU, établie à New York de ne pas prendre au sérieux ses points de vue sur les territoires palestiniens, avant d'affirmer que le quartette, comprenant l'ONU, l'UE, les Etats-Unis et la Russie, chargé du processus de paix dans les territoires palestiniens, montraient une attitude unilatérale envers le dossier palestinien. Il a d'ailleurs accusé le quartette de s'abstenir de condamner la violation consécutive par Israël des droits de l'homme dans les territoires palestiniens.
Dimanche 30 Septembre 2007
Irib
L'Apartheid israélien ne doit pas être récompensé par l'OCDE

L'Apartheid israélien ne doit pas être récompensé par l'OCDE
Par Stop The Wall
Le 16 mai 2007, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a officiellement invité Israel à devenir l'un de ses membres.
Cependant, en tant que Palestiniens, nous remettons en cause cette invitation pendant qu'Israel agit clairement en violation de certains des principes de base de l'OCDE.
Schéma ci-dessus : Accords bilatéraux d'Israel [6] - Données d'après les chiffres du gouvernement israélien, comparés à des sources secondaires. Analyse : Stop the Wall
Suite aux Accords d'Oslo de 1994, une partie des bénéfices pour Israel a été un accroissement des accords bilatéraux internationaux, une meilleure intégration dans l'Union Européenne (UE) et dans l'OTAN en particulier, et le début d'une participation aux activités de l'OCDE.
Les institutions internationales ont tiré profit du climat post-Oslo pour former des alliances économiques et stratégiques avec Israel qui s'est retranché dans l'occupation, aliénant les Palestiniens de leur terre et de leurs droits.
Depuis 1994, l'attitude de plus en plus amicale envers Israel est en contraste absolu avec l'escalade de la colonisation israélienne de la Palestine, sous laquelle les Palestiniens sont éclatés dans 5 Bantustans murés et soumis à des abus quotidiens des droits de l'homme et à des confiscations de terre.
L'OCDE proclame être basée sur le "respect des droits de l'homme", sur l'observation des objectifs de l'ONU et "les valeurs de base du [...] pluralisme démocratique", pourtant l'invitation dans ses rangs faite à Israel démontre la détermination des institutions internationales à ignorer les violations israéliennes des règles internationales déclarées du comportement à la poursuite d'intérêts coloniaux.
Si les Etats Membres de l'OCDE étaient sérieux au sujet du respect de leurs engagements déclarés sur le pluralisme démocratique et les droits de l'homme, ils devraient modifier cette tendance et refuser l'entrée d'Apartheid Israel dans l'organisation.
Le chemin de la normalisation
La création d'Israel a nécessité la destruction de 513 villes et villages palestiniens et l'exode forcé de plus de 750.000 Palestiniens de leurs terres.
Depuis ses débuts, le métier a fait face à une critique mondiale. Depuis 1948 une grande partie des Etats du Sud étaient peu disposés à entrer en relations avec Israel, soit en protestation contre l'injustice imposée aux Palestiniens par l'établissement d'un nouvel état colonial sur leur terre, ou soit parce qu'ils ont eu peur du boycott efficace de la Ligue Arabe.
Israel a également eu des difficultés à conclure des accords multilatéraux. Son admission à l'ONU a été fortement contestée et conditionnée à sa reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens.
Non seulement les réfugiés ne peuvent toujours pas rentrer dans leurs maisons, mais Israel n'a pas cessé d'ajouter plus de crimes par son expansionisme implacable et l'occupation de la Cisjordanie, de Gaza et des Hauteurs du Golan syriens en 1967.
La base idéologique raciste de l'Etat juif a fait face à une permanente condamnation internationale :
En 1975, l'Assemblée générale de l'ONU a voté la résolution 3379 déclarant que le Sionisme était une forme de racisme. [1]
Le processus d'Oslo a vu un effondrement dans la pression internationale sur Israel au profit de la Palestine. À la suite de la conférence de Madrid en 1991, l'ONU a retiré la résolution 3379, sans publier aucune explication officielle. [2]
En 1993, l'Organisation de Libération de la Palestine a accepté de reporter des questions comprenant "Jérusalem, les réfugiés (et) les colonies" à des négociations de statut final [3] tandis que l'établissement de l'ANP liait inextricablement une grande partie de la direction politique palestinienne aux autorités de l'occupation.
Ces initiatives ont donné à de nombreux pays le feu vert pour mettre de côté leurs engagements à faire respecter les droits des Palestiniens en faveur des bénéfices récoltés par l'établissement de relations avec Israel.
La poussée d'Oslo vers des accords bilatéraux
Oslo a ouvert la voie de la normalisation d'Israel au niveau mondial, au moment où Israel avait désespérément besoin de lui pour la restructuration de son économie.
Le résultat de la normalisation a été une multiplication par six de l'investissement étranger direct, soit un bond de 686 millions de dollars à environ 3.6 milliards de dollars . [4]
En 1994, le PIB d'Israel a augmenté de 6.8% et ses exportations de 12.6%. [5]
On peut observer la récompense d'Israel pour le faux processus d'Oslo dans l'accélération soudaine de l'activité diplomatique réussie autour de la période des Accords d'Oslo en 1994.
En particulier, la période d'Oslo a également vu pour la première fois une coopération bilatérale sérieuse avec l'Union Européenne. En 1995, Israel est devenu un membre de la nouvelle Association Euro-Méditerranéenne. [7]
Il a signé l'Accord d'Association avec l'Union Européenne à Bruxelles le 20 novembre 1995, avec une entrée en vigueur des aspects commerciaux en 1996. [8]
Cet accord forme la base juridique des relations entre l'UE et Israel, et inclut des dispositions pour le dialogue et la coopération entre Israel et l'Union Européenne. [9]
Il a été suivi d'un accord qui est entré en vigueur en janvier 2004, autorisant la majeure partie du commerce agricole entre Israel et l'Union Européenne. [10]
Israel est maintenant un acteur principal dans la "politique de voisinage" de l'UE, en dépit des larges campagnes de la société civile pour mettre fin aux accords entre l'UE et Israel et des preuves accablantes démontrant qu'Israel est en violation de ses engagements concernant les droits de l'homme aux termes de ces accords, et que plus de coopération risque en fait d'empirer la situation, ébranlant "l'élément essentiel" déclaré des relations extérieures de l'UE. [11]
La période d'Oslo a également vu l'instauration de relations officielles avec l'OTAN.
En décembre 1994, l'OTAN a lancé son Dialogue Méditerranéen, conçu pour mettre l'organisation en contact plus étroit avec les "sept partenaires méditerranéens", dont Israel, et pour renforcer leur capacité à dominer et à contrôler le monde arabe sous le prétexte de la "guerre contre le terrorisme" qui sera provoquée quelques années plus tard.
L'OTAN a accepté un "partage efficace des renseignements", "une coopération maritime" et une "sécurité des frontières" [12] et en avril 2001, alors qu'Israel engageait sa répression brutale du deuxième Intifada, Israel est devenu le premier pays du Dialogue Méditerranéen à signer un programme individuel de coopération avec l'OTAN, pour la protection d'informations secrètes pour "des besoins de sécurité". [13]
La relation entre Israel et l'OTAN a continué à se renforcer avec des exercices militaires communs, une augmentation du partage des informations et des manifestations très publiques de soutien, y compris l'invitation d'Amir Peretz, responsable de l'attaque israélienne contre le Libans, à l'OTAN en janvier 2007. [14]
L'OTAN apprécie clairement l'expertise israélienne dans l'occupation et la répression du mouvement de résistance populaire palestinien. [15]
De plus, comme c'est un accord bilatéral, Israel tire bénéfice de son association avec la puissance militaire prépondérante sans les contraintes du multilatéralisme.
Israel a également commencé à participer aux activités de l'OCDE en 1996. Il est maintenant membre ou observateur dans plus de cinquante comités, groupes de travail, réseaux et commissions de l'OCDE.
La contribution stratégique d'Israel à l'OCDE rend aveugle les pays membres non seulement en ce qui concerne les droits de l'homme et le droit international, mais également au sujet de leurs propres déclarations sur "l'éthique économique".
Bien que l'on puisse douter de la contribution "au bien-être général de la population" des économies d'autres pays membres et demandeurs, quelques pays se moquent vraiment ouvertement de ce précepte comme Israel, qui scinde les avantages économiques strictement sur des bases religieuses et racistes : au profit seulement des juifs.
Les Palestiniens avec la citoyenneté israélienne sont le secteur le plus pauvre de la société et les plus mal équipés en services sociaux ; Les Palestiniens en Cisjordanie et le Gaza sont systématiquement affamés et privés de leurs droits fondamentaux ; Les réfugiés palestiniens sont dépouillés de tout ce qu'ils possédaient.
Le principe de l'OCDE qu'une "coopération plus large constituera une contribution essentielle à des relations pacifiques et harmonieuses entre les peuples" est en totale opposition à la guerre économique de l'Apartheid d'Israel.
L'occupation illégale et le système résultant du bouclage, du siège et de la ghettoisation d'Israel a rendu impossible le déplacement des marchandises et a ruiné l'économie palestinienne : sa politique est clairement incompatible avec l'affirmation de l'OCDE que ses membres devraient "contribuer à une saine expansion économique dans les pays Membres, ainsi que non membres, en voie de développement économique" ; et "poursuivre leurs efforts en vue de réduire ou de supprimer les obstacles aux échanges de biens et de services, ainsi qu'aux paiements courants."
L'augmentation des accords internationaux et l'amélioration des relations pendant ou au lendemain immédiat des Accords d'Oslo n'est pas une coïncidence.
Pour les gouvernements et les institutions internationales, le "processus de paix" a agi comme outil pour justifier une augmentation des engagements avec Israel, malgré l'escalade des attaques contre les vies, les maisons et la terre des Palestiniens , à peint l'encre sèche sur les Accords d'Oslo, ce qui démontrait le véritable agenda du régime pour la Palestine.
Ni le début du deuxième Intifada ni l'avis consultatif de la Cour International de Justice prononcé en 2004 ont arrêté cette dynamique.
La cour a déclaré illégaux le Mur et la politique de colonisation d'Israel, elle a déconseillé à la communauté internationale de soutenir le mur et le régime illégal qu'il crée et a réclamé des mesures appropriées pour arrêter la violation de la IV Convention de Genève par Israel.
Cependant, le cynisme des institutions internationales persiste à ce jour, comme l'incarne la décision de l'OCDE d'inviter Apartheid Israel à faire une demande d'adhésion. Ignorer les crimes et les abus afin de maintenir une alliance stratégique et économique devient de plus en plus important pour le maintien de l'approche néo-coloniale.
Le processus d'Oslo est maintenant largement présenté comme une farce, ce qui rend nécessaire de nouvelles approches pour maintenir l'illusion d'un "processus de paix" ; en particulier la Feuille de Route, une augmentation des réunions bilatérales entre Olmert et Abbas ; l'Initiative de Paix Arabe et plus récemment la Conférence Internationale de Paix réclamée par George Bush.
Les résultats ont été le maintien d'Israel dans les rangs de la communauté internationale, et un camouflage pour une augmentation de la coopération avec Israel.
L'Autorité Palestinienne, le soi-disant "partenaire pour la paix", est un participant volontaire dans cette parodie tandis que les confiscations de terre et les abus des droits de l'homme s'intensifient en Palestine.
Implications de l'invitation d'Israel à entrer dans l'OCDE
Inviter Israel à rejoindre l'OCDE marquera un nouveau chapitre dans l'engagement israélien avec les institutions internationales : un nouvel accord multilatéral important cimentant les accords bilatéraux déjà en place avec l'UE et différentes nations.
Israel voit son accession à l'OCDE comme une étape importante dans son intégration à l'économie globale. Plus d'intégration augmentera l'influence d'Israel dans les processus décisionnels mondiaux et perpétuera le mythe qu'Israel est une économie internationale légitime et respectable établie selon des principes de respect envers la démocratie, les droits de l'homme et le droit international.
Certains diront que l'entrée d'Israel dans l'OCDE pourrait provoquer une amélioration de son approche en Palestine. C'est un rêve.
Israel est membre de l'ONU depuis 1949, et cela n'a mené à aucune amélioration dans sa collaboration avec les 69 résolutions ou principes de l'ONU, ni à aucune réduction de sa politiques d'occupation et d'Apartheid envers les Palestiniens.
Son engagement avec l'Union Européenne n'a pas eu non plus de répercussions dans les relations entre l'Union Européenne et Israel, malgré les campagnes incessantes de la société civile européenne contre l'accord de libre-échange entre Israel et l'Union Européenne, répétées dans les rapports fortement critiques du Bilan Annuel sur les droits de l'homme.
Dans d'autres cas, Israel explique que la situation en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza n'a pas à être soumise à l'institution internationale sur les droits de l'homme ou sur d'autres questions. [16]
Son approche à l'OCDE ne devrait pas être différente : nulle part dans son document "Israel : Prêt pour l'OCDE", il mentionne la Palestine. [17]
Quand toute autre forme d'engagement a tellement visiblement échoué comme dans le cas d'Apartheid Israel, la société civile mondiale doit souscrire à l'appel pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israel.
Tandis que la société civile en Occident a l'occasion de commencer une nouvelle ère de pression internationale pour les droits des Palestiniens, celles du Sud doivent regarder seulement deux décennies en arrière pour trouver encore les principes et les outils d'une solidarité efficace avec la Palestine.
L'OCDE doit être tenue pour responsable. Il n'est pas suffisant de proclamer une conviction dans la démocratie plurielle et les droits de l'homme tout en faisant une invitation à Israel qui piétine les vies des Palestiniens, marche sur les droites démocratiques et se moque des accords internationaux.
L'accession d'Israel à l'OCDE doit être empêchée.
Participer à la Campagne : "NON à l'entrée d'Israel dans l'OCDE"
NOTES
[1] Résolution 3379 de l'Assemblée Générale des Nations-Unies; 10 Novembre 1975
[2] Assemblée Générale des Nations-Unies, 74ème reunion plénière, Elimination du racisme et de la discrimination raciale, 16 Decembre 1991
[3] Déclaration de Principes sur des Accords intérimaires d'auto-gouvernement (13 Septembre 1993)
Accord Intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza (28 Septembre 1995)
[4] G. Feiler, From boycott to economic cooperation: The Political Economy of the Arab Boycott of Israel (London: Frank Cass, London), p. 287. (D'un Boycott à une Coopération Economique : L'Economie Politique du Boycott Arabe d'Israel)
[5] Op cit. Feiler, p. 255.
[6] Gouvernement d'Israel, Accord bilatéraux d'Israel, disponible sur www.israel-mfa.gov.il/MFA/Treaties/ (accessible le 13 Août 2008).
Notez que ces données sont sous forme globale et qu'elles ne font pas la différence entre les accords bilatéraux relativement mineurs (par exemple les transmissions de radio-amateur) et les accords significatifs sur la coopération militaire ou commerciale.
Cela donne cependant une forte illustration de l'accélération dans l'activité diplomatique au cours de la période 1993-1999
[7] UE, Feuille de Travail de l'Equipe de la Commission : Politique Européenne de voisinage : Rapport par pays - Israel (12 mai 2004)
[8] Délégation de la Commission Européenne en Israel, L'Union Européenne et Israel: Une Histoire d'Interdépendance et de Coopération, (droits d'accès le 13 Août 2008)
[9] Op cit. UE, Feuille de Travail de l'Equipe de la Commission
[10] Op cit. UE, Feuille de Travail de l'Equipe de la Commission
[11] Le Troisième Bilan Annuel des droits de l'homme dans les relations entre l'Union Européenne et Israel constate que : "Le Bilan envisage la possibilité que la pratique de l’UE consistant à tolérer l’application, illégale au regard du droit international, par Israël de ses obligations contractuelles privilégiées se poursuive dans le cadre de la PEV."
“Aborder l’application de ce principe de conditionnalité de manière trop accommodante aurait pour conséquence une socialisation négative..
Le Bilan affirme que lorsque les obligations internationales en cause sont tenues pour essentielles à la protection et la réalisation des droits de l’Homme fondamentaux, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’une telle socialisation négative contribue à accroître la probabilité, la fréquence et la gravité des atteintes aux droits de l’Homme.
Ce faisant, l’UE faillirait à son obligation de se conformer elle-même à l’"élément essentiel" de ses relations extérieures, qui doivent "reposer sur le respect des droits de l’Homme" et doivent aussi promouvoir leur respect dans les pays tiers.
Troisième Bilan Annuel des Droits de l’Homme dans les Relations UE-Israël. Les accommodements au cas "spécial" d’Israël 2005-2006
Le soutien à cette opinion a émané de certains milieux étonnants, y compris de la Commission d'enquête parlementaire sur le développement international au Royaume-Uni, une institution parlementaire influente qui, en février 2007, a recommandé que le gouvernement britannique demande la suspension de l'Accord d'Association commercial entre l'Union Européenne et Israel jusqu'à ce qu'il agisse en conformité avec ses engagements aux termes du traité.
La Commission a déclaré : Il y a une incohérence dans le fait de permettre à Israel de continuer à tirer bénéfice d'un type d'accord alors qu'Israel empêche les Palestiniens d'en bénéficier. Le dialogue permanent avec Israel est certainement nécessaire mais l'Accord d'Association apparaît comme un consentement tacite aux restrictions aux déplacements et à l'accès qu'Israel impose aux Palestiniens.
Le Royaume-Uni devrait inviter l'Union Européenne à utiliser l'Accord d'Association avec Israel comme un levier pour le changement et envisager de suspendre l'accord jusqu'à ce qu'il y ait d'autres améliorations dans les dispositions pour les droits de passage."
Comité au Développement International de la Chambre des Communes, Aide au Développement et les Territoires palestiniens Occupés : Réponse du gouvernement au 4ème rapport du Comité de la Session 2006–07 (27 Mars 2007),
[12] OTAN, “L'OTAN célèbre de 10ème anniversaire du Dialogue Méditerranéen” (12 Decembre 2004)
[13] OTAN, “Israel signe un accord sur la sécurité avec l'OTAN” (24 Avril 2001),
[14] BBC, “Partenariat OTAN-Israel renforcé" (24 Février 2005),
OTAN, “Des bateaux de l'OTAN se rendent à Elat, Israel” (21 Mars 2005),
Jerusalem Post, "Des soldats de l'IDF s'entrainent pour la première fois avec l'OTAN" (22 juillet 2005)
OTAN, “Visite à l'OTAN du Ministre israélien de la Défense” (31 Janvier 2007),
[15] Selon l'OTAN, la contribution israélienne"... couvre de nombreux domaines d'intérêt commun, tels que la lutte contre le terrorisme et des exercices militaires communs, où l'expertise israélienne est très appréciée." - OTAN, Conférence publique de diplomatie de l'OTAN en Israel (23 octobre 2006)
[16] En 2007, dans leurs soumissions au Comité de l'ONU sur l'élimination de la discrimination raciale, ils ont refusé de faire référence à ces territoires, bien qu'ils aient été invités à le faire par le Comité des Nations Unies sur l'Elimination de la Discrimination Raciale, du 19 février au 9 mars 2007, CERD/C/ISR/CO/13
[17] Demande d'Israel à l'OCDE, Israel : Prêt pour l'OCDE
www.oecd.gov.il/Oecd_docs/book1_all.pdf
Source : http://stopthewall.org/
Traduction : MG pour ISM
Guide touristique "Palestine & Palestiniens"

Palestine & Palestiniens
dimanche 30 septembre 2007.
Guide touristique, cet ouvrage est aussi un outil de documentation, de sensibilisation et de réflexion, qui permettra au lecteur de découvrir le patrimoine historique, archéologique, religieux, architectural et culturel palestinien, comme les réalités de l’occupation israélienne. Il présente des lieux et des sites enracinés dans la mémoire et la culture palestiniennes, témoins d’une histoire et d’une identité forgées au contact des civilisations du Proche-Orient, de la Méditerranée et de la Péninsule arabe, mais aussi les tragédies contemporaines et la lutte du peuple palestinien pour recouvrer ses droits.
Des documents variés, des biographies de personnalités culturelles et politiques, des poèmes, des chants populaires, des suggestions de lectures donnent à ce guide un contenu didactique. Il contient également une foule d’adresses utiles destinées à faciliter les contacts avec des associations, des institutions ou des acteurs de la société civile, ainsi que des rubriques d’informations pratiques (transports, hôtels, cafés, restaurants, musées, centres culturels, etc.). Nous espérons qu’il répondra à vos attentes et vous donnera envie de visiter notre pays.
Groupe de tourisme alternatif
74, Star Street, PO Box 173
Beit Sahour, Palestine
Tél. : 972-2-277 2151
Fax : 972-2-277 2211
E-mail : info@atg.ps
Site web : www.atg.ps
On retrouve avec plaisir et intérêt la mise à jour de ce guide de voyage en Palestine et auprès des Palestiniens dont la première édition, en 2003, avait été rapidement dépassée par l’évolution de la situation sur le terrain, avec notamment l’édification du « mur de l’apartheid israélien » qui annexera 60 % de la Cisjordanie une fois sa construction terminée. Ses rédacteurs - fort utilement épaulés par Olivier Pironet pour cette traduction française - ont su tirer parti de l’expérience et du succès de la première formule. L’ouvrage gagne en lisibilité et en cohérence éditoriale, notamment pour ce qui est de la présentation des principales villes palestiniennes, données à connaître dans leur singularité historique et culturelle mais aussi dans leur vie quotidienne sous l’occupation. Des cartes et des illustrations, des sources et des chiffres, des adresses et des rubriques d’informations pratiques en abondance en font un outil indispensable non seulement pour le touriste potentiel mais pour tout lecteur curieux.
Marina Da Silva
Olivier Pironet, qui a coordonné cet ouvrage, est documentaliste au Monde diplomatique.
Préface :
« Une voix palestinienne »
Devant les bouleversements majeurs intervenus depuis la sortie, il y a trois ans, du présent guide, et le succès qu’il a rencontré auprès du public francophone, nous avons décidé de réaliser cette nouvelle édition revue et augmentée dont nous espérons qu’elle vous sera des plus utiles. Toutes les données liées à l’évolution de la situation sur le terrain ont été actualisées et certaines parties remaniées et enrichies.
La publication initiale de cet ouvrage a représenté un tournant majeur dans le domaine de l’édition des guides de voyage consacrés à la Terre sainte et à cette partie du Proche-Orient appelée Palestine. Dans notre pays, en effet, le tourisme repose, à de rares exceptions près, sur des excursions organisées depuis Israël ou à l’étranger, encadrées par des accompagnateurs israéliens ou étrangers, et les visiteurs s’appuient essentiellement sur des guides de voyage ne tenant pas compte du point de vue palestinien (rappelons que, jusqu’en 1995, les autorités israéliennes interdisaient aux Palestiniens la profession de guide touristique et limitaient le plus possible toute rencontre avec les touristes).
Outre les agressions répétées, les discours réducteurs et les manipulations historiques, nous faisons face aujourd’hui à une véritable appropriation de notre patrimoine et à la destruction progressive de notre culture. La domination quasi exclusive qu’exercent les tours-opérateurs israéliens et étrangers sur le secteur touristique en Palestine a des conséquences qu’on ne peut sous-estimer sur l’économie du pays, dont le tourisme constitue une source substantielle de revenus. Ainsi, lorsque des touristes étrangers visitent les Territoires palestiniens (principalement Jérusalem et Bethléem), ils ne font la plupart du temps que passer, sans rester une seule nuit dans un hôtel palestinien, sans prendre un seul repas dans un restaurant palestinien et sans se fournir auprès des boutiques palestiniennes. De surcroît, ils reçoivent une image superficielle et biaisée de la situation politique et n’ont que trop rarement l’occasion de rencontrer des Palestiniens. Enfin, lorsque les guides de voyage font référence aux Territoires occupés par Israël en 1967, ils ne leur consacrent guère qu’un chapitre sommaire et accessoire, et les présentent le plus souvent comme faisant partie intégrante d’Israël.
La Palestine possède pourtant une histoire plurimillénaire, une société et une culture d’une étonnante diversité, un patrimoine religieux d’une grande richesse et des sites archéologiques exceptionnels - autant d’éléments qui méritent d’être promus. C’est là, notamment, un des principaux objectifs du Groupe de tourisme alternatif (ATG). A travers des programmes touristiques et éducatifs spécifiques, ATG entend participer au développement du secteur touristique en Palestine et contribuer à mieux faire connaître les différents aspects de la vie des Palestiniens. L’idée de ce guide est née du constat que les visiteurs manquaient d’informations essentielles sur notre pays et surtout d’une « voix palestinienne ». C’est pourquoi nous avons décidé de réaliser cet ouvrage, qui se veut à la fois un guide pratique, un outil de documentation, de sensibilisation et de réflexion, et une fenêtre ouverte sur la Palestine « de l’intérieur ». Il couvre de nombreux sujets : l’histoire du pays et de la région depuis la préhistoire jusqu’à nos jours ; la société palestinienne dans toute sa diversité ; les lieux saints et les sites archéologiques ; des sites contemporains (quartiers, villes, villages détruits ou non-reconnus, camps de réfugiés, colonies) ; la culture, etc. Il contient en outre une foule d’adresses utiles destinées à faciliter les contacts avec des associations, des institutions ou des personnalités, ainsi que des rubriques d’informations pratiques.
Nous - l’équipe d’ATG et tous ceux qui ont participé à ce projet - souhaiterions que vous considériez ce guide avant tout comme une invitation personnelle à vous rendre en Palestine, où nous serions infiniment heureux de vous accueillir. C’est un fait que le conflit tragique que connaît la région constitue un sérieux frein au tourisme, mais c’est maintenant, plus que jamais, que votre venue serait des plus précieuses. Vous découvririez alors un peuple foncièrement chaleureux, hospitalier et attachant, et un pays fascinant.
Nous voudrions remercier les organisations qui ont soutenu notre projet et continuent de le faire, en particulier l’Organisation œcuménique pour le développement et la coopération (ICCO, Pays-Bas) et le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD, France).
Nous sommes en outre très reconnaissants à l’égard d’Olivier Pironet, qui a suivi la réalisation de cette nouvelle édition de bout en bout, et de Sabri Giroud, qui a eu l’initiative de ce projet. Nous remercions également le personnel d’ATG, Ayman Abu Zulof, Jawad Musleh, Samer Kokaly, Regula Kaufmann et Rula Abu Zulof, qui ont aidé à la collecte de nombreuses informations et données. Nous exprimons enfin notre gratitude envers tous ceux qui ont participé, de près ou de loin, à l’élaboration de cet ouvrage.
Nous sommes fiers de ce livre et voudrions qu’il contribue, à sa façon, à la difficile marche de la Palestine vers l’indépendance. Nous espérons qu’il répondra à vos attentes et vous donnera envie de visiter notre pays.
Salaam,
Paix,
Rami Kassis
Directeur du Groupe de tourisme alternatif
Soldats Sionistes (SS) : Crimes Odieux, Jouissance dans l'Action
Soldats Sionistes (SS) : Crimes Odieux, Jouissance dans l'Action
Certains ont l'Arrogance Obscène de Poursuivre en Justice le Producteur Palestinien du Documentaire Jenin, Jenin
Source : Alterinfo
http://www.planetenonviolence.org
Vendredi 28 Septembre 2007
Sionisme
Soldats Sionistes (SS) : Crimes Odieux, Jouissance dans l'Action – Certains ont l'Arrogance Obscène de Poursuivre en Justice le Producteur Palestinien du Documentaire Jenin, Jenin
Traduction abrégée d'un article paru dans le supplément du week-end du 21/09/07 en hébreu du quotidien israélien Haaretz intitulé "HAMEDOVEVET" de Dalia Karpel. "Ce qui est génial c'est que vous n'avez pas à suivre de loi ou de règle. Vous sentez que VOUS ETES LA LOI ; vous décidez. Une fois que vous entrez dans les territoires occupés VOUS ETES DIEU". Cinq soldats sionistes ayant participé aux massacres et aux destructions à Jenin en 2002, ont le culot de poursuivre en justice le producteur palestinien du film Jenin, Jenin, Muhammad Bakri.
Brain Washing - Lavage de Cerveau
Témoignages importants d'Israël
(….) En fait, selon mon opinion, les témoignages de ce que les soldats ont fait ne représentent pas la partie la plus importante de l'article. De nombreux témoignages du même type peuvent être obtenu de « Breaking the Silence » (Briser le silence) Courage to refuse (Courage de Refuser) et de B'tselem (3 organisations israéliennes ndlt). Pour moi les deux parties les plus importantes sont le fait que 2/3 des 21 soldats interviewés ont quitté Israël pour d'autres pâturages, et la phrase finale, où la mère déclare : « J'ai envoyé à l'armée un gentil kiboutnik, qui est revenu haïssant les arabes. » Ceci montre plus que tout autre chose l'impact de servir dans l'armée, spécialement dans les unités de combat, sur le moral de individu. Salutations D.
Ce qui suit est une traduction partielle d'un article de Dalia Karpel, intitulé HAMEDOVEVET ; Cet article a été publié dans le supplément week-end du quotidien en hébreu le 21 septembre 2007. Cet article se base sur des recherches universitaires publiées par Nofer Ishai-Karen, et le professeur de psychologie Joël Elizur de l'Université Hébraïque dans le magazine ALPAYIM Vol. 31.
Cet article n'a pas été traduit en anglais et par conséquent n'est PAS apparu dans l'édition en langue anglaise du Haaretz. (Nous avons pensé que vous devriez en prendre connaissance).
Une nouvelle étude israélienne confirme nos pires craintes.
(D'après les recherches universitaires que le psychologue Nofer Ishai-Karen et le professeur de psychologie Joel Elizur, de l'Université Hébraïque,publié vendredi dernier seulement dans la version en hébreu du Haaretz).
« Nous – soldats israéliens – avons été mis là pour punir les palestiniens », dit Ilan Vilenda, un soldat israélien qui a servi à Rafah pendant la première intifada.
Ilan est le seul soldat de 21 ans qui a accepté d'avoir son nom publié, après avoir été interviewé par le psychologue Nofer Ishai-Karen.
Les soldats ont parlé librement à Nofer, qui a servi avec eux dans le même bataillon ASHBAL il y a vingt ans ; Ils ont exprimé leurs plus intimes émotions sur les horribles crimes, auxquels ils ont pris part : assassinat, briser les os des enfants palestiniens, actions d'humiliation, destruction de biens, pillage, vol.
Témoignage du Soldat "A" :
« Nous avons décidé de faire de la douche dans notre base une cellule de détention. Un palestinien y a été amené, mains liées et bouche obstruée de façon à ce qu'il ne puisse ni parler ni bouger. Nous « l'avons oublié là pendant trois jours… »
Témoignage du soldat "B" :
« Je participais à ma première patrouille. D'autres tiraient simplement comme des fous. J'ai commencé à tirer comme ils le faisaient. Ils m'ont « donné l'exemple ». J'ai pris mon arme et j'ai tiré. Personne n'était là pour me dire autrement. »
- - Le psychologue Ishai – Karen a été choqué de constater que les soldats prenaient plaisir à « l'intoxication par le pouvoir » et avait du plaisir à utiliser la violence. Elle a dit : « la plupart de ceux que j'ai interviewés prenaient plaisir à la violence qu'ils initiaient pendant leur service d'Occupation. »
Témoignage du soldat "C" :
« La vérité c'est que j'adore ce désordre – j'y prend plaisir. C'est comme quand on prend des drogues. Si je n'étais pas rentré dans Rafah, pour combattre quelque rébellion – au moins une fois par semaine – je serais devenu fou. »
Témoignage du soldat "D" :
" Ce qui est génial c'est que vous n'avez pas à suivre de loi ou de règle. Vous sentez que VOUS ETES LA LOI ; vous décidez. Une fois que vous entrez dans les territoires occupés VOUS ETES DIEU. "
Stupidité émotionnelle.
Témoignage du soldat "E" :
"Nous conduisons un APC (véhicule blindé tout terrain) à travers Rafah. Un homme de 25 ans marchait à proximité. Il ne nous a pas jeté de pierre, rien fait d'autre. Alors sans aucune raison, « X » lui a tiré dessus dans l'estomac. Nous l'avons laissé gisant sur le bas côté."
Témoignage du soldat "F":
"Certains « durs » ont développé une « idéologie » selon laquelle nous devons réagir brutalement même pour des incidents mineurs. Une femme m'a jeté une sandale. Je l'ai frappé du pied entre les jambes. Je l'ai brisée. Elle ne peut plus avoir d'enfant. La prochaine fois elle ne me lancera pas de sandale… Et quand une autre femme m'a craché dessus, elle a reçu la crosse de mon fusil en plein visage. Elle ne peut plus me cracher dessus maintenant. "
Le soldat G a décrit la première entrée par la force dans une maison pour arrêter un palestinien :
« Il était vraiment grand, environ 30 ans. Il refusait de se laisser arrêter. Nous l'avons frappé mais nous n'avons pas pu le mettre à terre. Des gens sont venus nous lancer des pierres. Nous l'avons battu et lui avons dit de se coucher par terre. Jusqu'à ce que finalement il le fasse. Nous l'avons emmené à la base. Il avait perdu conscience. Il est mort quelques jours plus tard. »
Nofer Ishai-Karen : "certains NCOs (commandants) ont encouragé les soldats à se conduire brutalement, et donnaient l'exemple. "
Témoignage du soldat "H":
"Après deux mois à Rafah un nouveau commandant de l'unité est arrivé. La première patrouille, qu'il commandait, s'est passée à 6 heures. Rafah était sous couvre feu. Pas âme qui vive dans la rue. Puis il a vu un garçonnet d'environ 4 ans, jouant dans le sable dans la cour de sa maison. L'enfant construisait un château de sable.
Brusquement le commandant de l'unité, un type du corps d'ingénieurs, a couru pour chasser l'enfant. Nous l'avons suivi. Il a attrapé le gamin et lui a brisé l'épaule. Briser l'épaule du gamin ! Que j'aille en enfer si je ne dis pas la vérité ! Puis le NCO a piétiné l'estomac de l'enfant 3 fois, avant de partir. Nous n'en croyions pas nos yeux… Mais le jour suivant nous sommes allés en patrouille avec ce type et les soldats ont commencé à l'imiter…"
Qu'est-il arrivé alors ?
Certains types n'ont pas pu le supporter. Le cas d'abus sévère de 3 jeunes adolescents, qui ont été liés pieds et mains par un sergent chef, les ont poussé à alerter un officier supérieur. « Quand le médecin est arrivé les garçons saignaient de partout, leurs vêtements trempés de sang, et ils tremblaient de fièvre. Ils ont été obligés de s'agenouiller comme des chiens et avaient peur de bouger. »
Le NCO a été puni par 3 mois de prison. Mais le commandant du bataillon a soutenu le NCO et réprimandé les soldats de conscience pour avoir « jeter l'opprobre sur le bataillon. »
Nofer Ishai- Karen : "la valeur sacrée dans l'armée israélienne c'est la « solidarité des combattants »,i.e, la loyauté envers ces collègues combattants. Les bataillons ont protégé leurs secrets, comme une famille défend ses « moutons noirs ». Les compères considèrent comme « traîtres » les soldats de conscience, dit Nofer Ishai-Karen. La dissimulation fut complète quand notre « bon type » a été excommunié et subi l'ostracisme de tout le bataillon. Et le NCO ? Il a quitté le pays et vit maintenant aux US d'amérique. La majorité des soldats de ces bataillons ont quitté Israël. Seulement (ou – sont restés en Israël."
Nofer a étudié deux bataillons ESHBAL et ESHKHAR, le dernier étant d'une violence extrême dit –elle.
Finalement revenons à Ilan Vilenda, le seul soldat qui a autorisé Nofer à utiliser son vrai nom et même accepté d'être photographié. Vilenda était sergent chef en charge des « opérations ».
Témoignage d'ILAN VILANDA :
« Notre boulot c'était de les frapper… J'ai personnellement frappé un garçon et un autre. J'utilisais mes mains ou la matraque. Nous frappions plus violemment les adultes (palestiniens. Nous agissions comme des policiers mais nous agissions hors la loi. Il y a eu ce palestinien qui avait une TV chez lui. Il y a avait la Coupe du Monde et nous avions l'habitude d'envahir son espace privé pour regarder les matchs. Au bout d'un certain temps il en a eu assez, et il nous a demandé de prendre le poste de TV et de partir.
« Je suis n é dans un kibboutz, d'une famille dont les valeurs étaient celles de la « gauche sioniste ». Les palestiniens nous ont lancé des tonnes de pierres. Alors qu'au début mes engagements idéologiques limitaient mes actions, ma colère s'est accumulée, et je l'ai exprimée violemment. Cela devait être ainsi. Nous étions là pour « les faire payer » (palestiniens). Mes vues politiques ont également changé. Maintenant je soutiens l'extrême droite religieuse du Parti National Religieux. Après la fin de son service dans l'armée, Vilenda et 5 autres israéliens ont été arrêtés à Goa, en Inde en possession de LSD.
« Je voulais servir mon pays. C'était ma tâche… Mais la totalité de l'armée israélienne exécute des ordres illégaux. »
Qui est responsable ?
Le Général Matan Vilnai (qui sert actuellement comme vice ministre de la défense d'Ehud Barak) était à cette époque là (pendant la première Intifada) chef du commandement sud de l'armée israélienne. Il rendait souvent visite au bataillon et discutait avec les soldats dit Nofer, mais…et voilà…. Les « outils du DENI et de la DISSIMULATION ont rempli leur tâche… »
En plus : L'armée israélienne n'a pas entraîné régulièrement l'unité, les soldats n'avaient pas de permissions régulières, ou de temps de libre pour récupérer. Les soldats interviewés affirment que plus les opérations (contre les palestiniens dans Rafah) duraient sans qu'ils aient de permission, plus ils devenaient violents en imposant leur « Loi et Ordre ». Ils ont affirmé que les commandants de l'armée étaient au courant de la montée de la violence et qu'ils l'ont encouragée pour économiser de la main d'œuvre.
Notes :
Le Gl Matan Vilnai devait être au courant de ce qui se passait. Des officiers de haut rang qui ont servi en Cisjordanie occupée avaient alerté contre un tel comportement de l'armée israélienne. « Les ordres laissaient une grande marge…. Intentionnellement non spécifiée de zone d'ombre, qui encouragerait un comportement violent des soldats » a dit le colonel de réserve Elisha Shapira, qui a servi dans la zone de Naplouse à cette époque là. On disait aux soldats « ne frapper pas les palestiniens – mais amener les aux interrogatoires la « tête enflée » - explosée ».
Les événements qui ont été étudié par Nofer Ishai – Karen ont eu lieu il y a 17 ans. La situation s'est encore plus dégradée depuis. Maintenant l'armée israélienne et le général de l'armée de l'air s'enorgueillissent publiquement dans des actes de vengeance contre les civils palestiniens. Le Général en chef Eliezer Shkeidi s'est enorgueilli que ses pilotes brisaient le mur du son au dessus de Gaza, produisant des bangs supersoniques.
Ces derniers sont à l'origine de symptômes de PTSD (Post Traumatic Syndrome Desorder) chez les jeunes enfants ; ils ont aussi provoqué des fausses couches chez des femmes enceintes. Les bombardements indiscriminés des maisons palestiniennes ont provoqué il y a peu de nombreuses morts dont beaucoup d'enfants. Dernier point non des moindres : le cabinet israélien soutenu par Washington a dit qu'il allait couper la fourniture de courant et de carburant à Gaza.
(1) Ceci est une traduction abrégée d'un article de Dalia Karpel intitulé HAMEDOVEVET ( = celui qui fait parler les personnes). L'article a été publié dans le supplément du week- end le 21 septembre 2007. Il est basé sur des recherches universitaires publiées dans le magazine ALPAYIM vol.31 de Nofer Ishai-Karen et du professeur de psychologie Joel Elizur, de l'Université Hébraïque.
(2) L'article n'a pas été traduit en anglais et par conséquent n'a PAS été publié dans l'édition anglaise du Haaretz.
(3) Le professeur de psychologie Joel Elizur, de l'Université Hébraïque, qui a dirigé Nofer Ishai-Karen pour sa thèse, a servi comme réserviste dans le département de santé mentale de l'armée israélienne. Mais l'armée ne l'a pas autorisé à faire des recherches sur la violence des soldats israéliens. Les interviewers sont en possession des enregistrements bruts audio.
(4) A ma connaissance, l'armée israélienne n'a jamais devant un tribunal compétent, inculpé de soldats d'abus ou de meurtre de palestiniens.
26/09/07 http://www.haaretz.co.il/hasite/spages/905287.htm (cet article n'est plus disponible en ligne ?)
Reproduit sur http://www.uruknet.info/?p=36659
Lien : www.thepeoplesvoice.org/cgi-bin/blogs/voices.php/2007/09/26/important_testimonies_from_israel
Proposé par Eileen Fleming, Reporter et Editrice http://www.wearewideawake.org
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Certains Soldats Sionistes (SS) ont l'arrogance obscène de poursuivre en justice Muhammad Bakri le producteur palestinien du documentaire Jenin, Jenin.
Retenez bien ces 5 noms ci-dessous, ce sont ceux de soldats criminels sionistes qui ont participé en 2002 à l'opération « Defensive Shield », une attaque barbare contre le camp de réfugiés de Jenin en Cisjordanie occupée au cours de laquelle des dizaines de palestiniens ont été massacrés, et une partie du camp complètement détruit.
OFER BEN NATAN
DORON KEIDAR
NIR OSHRI
ADAM ARBIV
YONATAN VAN KASPEL
Ces 5 soldats qui ont participé à cette opération au cours de laquelle des crimes de guerre ont été commis et pour lesquels ils pourraient être traduits en justice pour participation directe ou pour complicité, poursuivent en justice devant le tribunal de Petah Tikva l'acteur palestinien israélien et producteur du documentaire Jenin, Jenin, Muhammad Bakri, lui réclamant 2 ,5 millions de shekels de dommages et intérêts. Dans ce documentaire, Bakri donnait la parole aux victimes et témoins palestiniens des massacres et des destructions dans le camp de réfugiés de Jenin.
Comble de l'arrogance obscène, ces soldats poursuivent Bakri pour de soi disant fausses accusations et lui reprochent aussi de ne pas avoir donner la possibilité aux soldats israéliens de réfuter les accusations portées dans le film. L'armée israélienne avait, quant à elle, refusé pendant plusieurs jours l'entrée de quiconque dans la zone attaquée, on peut se demander pourquoi, si elle n'avait rien à se reprocher ?
Source de l'information Jpost en ligne 17/09/07
59 ans de régime sioniste
Les Néo Barbares
Jeudi 27 Septembre 2007
VOIR aussi : http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2007/03/21/4385308.html
http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2007/03/21/6378558.html
29 septembre 2007
Barak estime inéluctable une opération contre Gaza

Barak estime inéluctable une opération contre Gaza
samedi 29 septembre 2007 - Patrick. Saint-Paul - Le Figaro
À EN CROIRE Ehoud Barak, la série de raids et d’incursions israéliennes, qui a fait 12 morts en 24 heures dans la bande de Gaza, n’est que le prélude à une opération terrestre plus vaste et inéluctable. Depuis qu’il a repris en main le ministère de la Défense, Barak, l’ancienne colombe du Parti travailliste, s’est métamorphosé en véritable faucon. Focalisé sur les questions de sécurité, son discours se rapproche désormais de celui du chef de l’opposition de droite, Benyamin Nétanyahou.
Barak affirme qu’une invasion de la bande de Gaza s’impose, pour faire cesser les tirs de roquettes depuis ce territoire - passé sous le contrôle du Hamas le 15 juin - sur le sud d’Israël, qui ont fait 12 morts depuis le début de l’Intifada, en septembre 2000. « Nous nous rapprochons d’une vaste opération qui, pour de nombreuses raisons, n’a pas eu lieu au cours des semaines écoulées, a lancé le ministre de la Défense mercredi. Il faut affaiblir le régime du Hamas et son emprise sur Gaza. » L’opération n’a pas eu lieu, en raison des fortes tensions avec la Syrie, qui menaçaient d’exposer Israël sur deux fronts simultanément. Plusieurs ministres ont mis en garde Barak contre les lourdes pertes en vies humaines qu’une telle opération en zone peuplée pourrait impliquer, y compris parmi les militaires israéliens.
Une vaste campagne militaire à Gaza risquerait aussi de faire capoter la conférence de Washington, prévue mi-novembre, et censée relancer le dialogue israélo-palestinien. Contrairement à Ehoud Olmert, le Premier ministre israélien, Barak affirme qu’il n’existe toujours pas de partenaire du côté palestinien, le président Mahmoud Abbas étant trop faible pour faire appliquer un accord, en dépit de sa bonne volonté. À propos de la déclaration de principe que négocient Olmert et Abbas, Barak estime qu’elle « doit être suffisamment substantielle pour ne pas humilier les Palestiniens ». Mais aussi « suffisamment vague pour que les Israéliens ne se sentent pas comme des pigeons, ayant fait des concessions importantes sur les problèmes les plus épineux sans rien recevoir en échange ».
Officier le plus décoré d’Israël
« Le premier ministre (Ehoud Barak), qui en 2000 (lors des négociations de Taba, NDLR) a proposé un retrait de 90 % des Territoires palestiniens et des quartiers arabes de Jérusalem-Est, emploie désormais la rhétorique de Benyamin Nétanyahou, affirmant qu’il n’existe pas de partenaire du côté palestinien et qu’un arrangement avec eux n’est rien de plus qu’un fantasme , écrit l’analyste politique Itamar Eichner, dans le Yedioth Ahronoth.
Ancien chef du « commando de l’état-major », la crème des unités d’élite de l’armée israélienne, Barak ne se prive jamais de rappeler qu’il est l’officier le plus décoré d’Israël, le « militaire numéro un », mettant ainsi en relief l’inexpérience militaire d’Olmert et son échec lors de la guerre du Liban de l’été 2006. S’il a dirigé la répression des troubles palestiniens à Gaza et en Cisjordanie dans les années 1990, il a aussi pris part aux négociations de 1994 pour la mise en oeuvre sur le terrain de l’autonomie palestinienne prévue par les accords d’Oslo. C’est pour rejoindre l’aventure pacifiste d’Itzhak Rabin, son lointain prédécesseur à la tête de l’armée, que Barak s’était lancé en politique.
Désormais, Barak rechigne à faire la moindre concession aux Palestiniens : lever des barrages en Cisjordanie pour faciliter la circulation des Palestiniens, évacuer des colonies sauvages, autoriser les policiers palestiniens en armes à faire régner l’ordre à Naplouse... Autant de gestes qu’Olmert juge indispensables pour renforcer Abbas, mais que Barak considère comme nuisibles à la sécurité d’Israël. « Barak ne pourra pas continuer longtemps ainsi, estime Itamar Eichner. Tôt ou tard, il devra de nouveau jouer le rôle réservé au président du Parti travailliste : chef de la gauche israélienne ».
29 septembre - Le Figaro
La société civile et la Palestine

La société civile et la Palestine
vendredi 28 septembre 2007 - Jennifer Loewenstein - Palestine Chronicle
Il est primordial de se demander pourquoi le Hamas, élu démocratiquement, a été déclaré organisation criminelle terroriste et de bien comprendre que si des régimes autoritaires sont respectés en tant qu’Etats « modérés » et « amis » par les Etats-Unis, c’est parce que pour eux, la primauté va au Maître et à ses caprices.
Jenniffer Loewenstein est journaliste indépendante.
Elle est directrice adjointe du Programme d’études sur le Moyen-Orient à l’université de Madison (Etat du Wisconsin - USA).
Elle est membre de la direction de l’ICAHD de Jérusalem (Comité israélien contre la démolition des maisons), et initiatrice du projet de jumelage Madison/Rafah.
Ce texte est extrait d’une intervention qu’elle a faite à une conférence sur la Palestine aux Nations unies, qui s’est tenue les 30 et 31 août de cette année.
Chers amis,
[...]
Le 26 janvier 1976, le Conseil de sécurité des Nations unies délibérait sur une résolution (S/11940) présentée par la Jordanie, la Syrie et l’Egypte qui reprenait l’ensemble des principales dispositions de la résolution 242 du Conseil de sécurité. Elle reconnaissait le droit de tous les Etats de la région à exister à l’intérieur de frontières garanties et reconnues, tout en réaffirmant le caractère inacceptable de l’acquisition de territoires par la force. Cependant la résolution ajoutait, et ce pour la première fois, ce qui manquait à la 242 : la reconnaissance des droits nationaux palestiniens. L’expression « tous les Etats » était utilisée en vue de la création d’un nouvel Etat palestinien dans les territoires occupés.
Israël avait bien sûr été invité à participer à cette session mais Israël a refusé, préférant, à la place, faire un caprice national en bombardant le Liban, le même jour, tuant environ 50 personnes, ce qu’il fallait prendre selon toute probabilité comme un message original lancé « à la face » des Nations unies et du monde. Comme il fallait s’y attendre, les Etats-Unis ont opposé leur veto à la résolution, ce qui a amené l’OLP, présente à la session, à parler de « la tyrannie du veto » (1). Comme pour chaque résolution du même ordre, elle fut approuvée par l’immense majorité des nations du monde. Les deux nations qui s’opposent systématiquement à ces résolutions sont les Etats-Unis et Israël, lesquels ont inventé la mode célèbre du rejectionnisme qui persiste encore aujourd’hui. A la suite de quoi, lesdites résolutions quittent les annales de l’histoire, comme la S/11940 et malgré son importance, car c’était la première fois qu’une résolution des Nations unies reconnaissait explicitement les droits nationaux inaliénables du peuple de Palestine.
Au cours des débats et avant le vote sur cette résolution, l’un des participants a fait observer que le problème de la Palestine était au cœur du conflit du Moyen-Orient et qu’il fallait le solutionner... « Nous sommes désolés qu’Israël se tienne hors des débats et préfère [faire] un carnage et afficher son mépris prétextant un parti pris de la part des Nations unies. En vérité, c’est Israël qui maintient, en usant de la force, et [qui] souhaite s’isoler pour continuer, son occupation de territoires appartenant à ses voisins arabes. La persistance dans cette politique de dureté et de diktats ne peut qu’engendrer plus de violences, plus d’amertume, et éloigner toujours plus la perspective de paix et de coopération que le gouvernement israélien prétend rechercher, et à laquelle tous les peuples du Moyen-Orient aspirent et dont ils ont besoin ». (M. Akhund, représentant du Pakistan - procès-verbal du débat après la présentation de la résolution. S/PV. 1879 du 26 janvier 1976. Site UNISPAL (Système d’information des Nations Unies sur la question de Palestine) ; voir aussi : UNDPI multimédia (département de l’information publique des Nations unies, 31è année, 1 879è réunion.)
En lisant ces mots, j’ai été frappée par un sentiment de déjà vu et j’ai dû en vérifier une deuxième fois la source pour être sûre qu’ils avaient bien été prononcés, il y a de cela 31 ans. Malheureusement pourtant, et bien que les similitudes avec les circonstances d’aujourd’hui soient marquantes, la situation à laquelle nous faisons face aujourd’hui pour la Palestine s’est particulièrement aggravée.
Suite à mon intervention optimiste à la conférence des Nations unies de l’an dernier à Genève, sur les droits inaliénables du peuple palestinien, la réaction de Noam Chomsky a été de dire que si les choses ne s’amélioraient pas bientôt sur le terrain dans les territoires occupés palestiniens, la conférence suivante ne serait qu’une « une veillée funèbre ». Ceci pour donner à réfléchir sur ce qu’est devenue la situation aujourd’hui ; pour Chomsky, nous vivons actuellement un évènement quasiment sans précédent dans l’histoire contemporaine : la destruction systématique, délibérée et dans le temps, d’une nation tout entière.
En tant que militants et représentants d’ONG de la société civile, concernés par ce qui touche à Israël/Palestine, nous savons l’importance de garder l’optimisme à un niveau réaliste, d’une persévérance tenace même face à ce qui paraît être des obstacles insurmontables. Je n’ai pas abandonné cet espoir, et je ne suspecte aucun d’entre vous d’un tel abandon, c’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.
Néanmoins, aussi importante que soit l’action de solidarité pour nous et pour la poursuite des efforts afin de changer la situation de millions de Palestiniens dans les territoires et au-delà, aucun d’entre nous n’est assez naïf pour croire qu’une paix juste est à portéé de main. Avec tous ces assassinats, toutes ces mutilations, tous ces actes d’un terrorisme d’Etat, toutes ces démolitions de maisons, toutes ces arrestations, confiscations de biens, de ressources et d’identité, tous ces bouclages, ces check-points, ces laissez-passer, ces barrages routiers, et tous ces blocs de béton posés le long de ce mur sinueux qui dévore la terre palestinienne sur son trajet, la Palestine devient de plus en plus invisible, enfouie derrière les euphémismes et les escroqueries à la paix : une non entité, pour des êtres non existants, dont l’avenir en tant que nation, au sein de la communauté des nations qui peuplent la terre, est aujourd’hui gravement menacé.
Trois conditions préalables à un réglement juste du conflit
En réfléchissant à la façon qui nous permettrait de mettre un arrêt à cette dynamique dévastatrice, j’en suis arrivée à soulever trois conditions préalables, indispensables, à remplir avant que nous puissions même entamer un processus qui nous mènerait à un juste règlement.
1) - D’abord et avant tout, nous devons exiger la fin des crimes israéliens. Cela implique, et plus particulièrement aujourd’hui, que cessent le supplice sanglant et sadique contre Gaza, l’expansion territoriale toujours en cours et qu’ils n’ont pas l’intention d’arrêter, les atrocités contre les gens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Cela implique encore la reconnaissance du droit des Palestiniens à tenir des élections libres, ce qui signifie de reconnaître le Hamas et d’instaurer un dialogue avec lui et avec toutes les autres factions politiques palestiniennes, qu’on les aime ou pas ; la libération des parlementaires palestiniens pris en otage au début de l’été 2006, et celle des milliers de prisonniers et détenus illégaux et dont le seul « crime » est d’avoir résisté à une occupation illégale.
Je dois rappeler ici que le 7 décembre 1987, l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution, la 42/159, qui, entre autres choses, reconnaît aux peuples vivant sous un régime d’occupation le droit de résister. Voilà une autre pièce des annales documentaristes de l’histoire oubliée de façon bien commode, de peur qu’elle ne soit utilisée pour soutenir les Palestiniens et leur juste cause.
Il faut le redire : il est crucial que cessent tous les crimes perpétrés sans arrêt par Israël contre la nation palestinienne ; que nous, société civile et organisations dans le monde, avec les Nations unies et l’Union européenne qui se prétendent si attachées au respect des principes du droit international, nous nous chargions de l’imposer sinon, bientôt, de la Palestine il ne restera plus rien à négocier.
2) - La seconde condition préalable est que le Quartet, qui comprend justement les Nations unies et l’Union européenne, s’inscrive publiquement dans le consensus international tel qu’il existe depuis le 26 janvier 1976 et tel qu’élargi avec le sommet de la Ligue arabe en 2002 à Beyrouth, pour accepter sans réserve la normalisation des relations en échange de la mise en conformité d’Israël avec le droit international. Comme je l’ai dit cependant, ce consensus a été systématiquement, et souvent de façon violente, rejeté par les Etats-Unis et Israël, tandis que pratiquement toutes les autres parties concernées l’acceptaient explicitement, notamment l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, contrairement à ce que les médias américains ont voulu nous faire croire.
3) - Enfin, une fois ce consensus international accepté, nous, militants de la société civile et des organisations, devons faire pression sur les nations de l’Europe pour qu’elles aient le courage d’agir indépendamment de la politique américaine - et elles le peuvent de multiples façons -, au lieu d’en être un acteur « trottant docilement derrière le Maître et participant à ses crimes » (Noam Chomsky, correspondance privée). Les mesures que prendraient les Nations unies et l’Union européenne, entre autres organismes mondiaux, pour bannir et isoler les Etats-Unis et Israël, au lieu de courber l’échine devant eux en une obéissance servile, devront constituer le début d’un changement constructif : faire savoir à la seule superpuissance dans le monde et à son principal satellite, qu’ils ont la capacité par la seule violence des armes de continuer à tracer leur route, mais que leurs actes ne seront plus ni tolérés ni ignorés.
Il est déjà assez négatif que les USA et Israël se comportent ensemble comme des voisins dominateurs, imposant leurs caprices à leurs amis comme à leurs ennemis, mais quand leurs appels, faussement vertueux, à la liberté, à la démocratie et à la justice se traduisent par le rugissement des chars, de l’artillerie lourde et des avions de combats dévastant les terres et décimant les populations civiles qu’ils occupent, alors nous aurions dû depuis longtemps dénoncer leurs violations en nombre record du droit international et de toute moralité humaine élémentaire.
Quant à la Palestine, il est primordial de se demander pourquoi le Hamas, qui a obtenu la majorité politique par des d’élections démocratiques, libres, justes et transparentes, pourquoi le Hamas a été déclaré organisation criminelle terroriste dont la disparition, planifiée avec soin, passe par une famine organisée et une souffrance délibérément imposée sur la bande de Gaza, dont 50 % de la population a moins de 25 ans. Il nous faut bien comprendre que si des régimes brutaux, autoritaires, tels que ceux de l’Egypte, de la Jordanie et de l’Arabie saoudite, sont respectés en tant qu’Etats « modérés » et Etats « amis » par les Etats-Unis, c’est parce que pour eux, la primauté va au Maître et à ses caprices.
Si nous comprenons cela, nous sommes obligés de remarquer les accolades, soudaines et cyniques, d’Israël et des Etats-Unis à Mahmoud Abbas, et le consentement troublant de celui-ci à ce rapprochement. Le gouvernement illégal d’Abbas, imposé par décret, n’est pas seulement bien vu parce qu’il permet d’éviter tout dialogue ou toute tentative de conciliation avec le Hamas, il l’est aussi de par la désignation américano-israélienne, dans le style orwellien, du Hamas comme organisation terroriste. En effet, Abbas lui-même, tout en glorifiant les valeurs de liberté et de démocratie, a déclaré à la télévision israélienne qu’il refusait de « conduire des négociations avec des assassins. » Sûrement que ses soutiens israéliens et américains sont arrivés à des buts immédiats en pouvant faire de lui un guerrier honorifique contre le terrorisme. Ainsi, avec l’aide de ses soutiens à l’étranger, le Fatah d’Abbas a réussi à diviser le mouvement national palestinien en deux, rendant plus facile pour les Israéliens la poursuite de la destruction du tissu économique, social, culturel et politique de la Palestine. Qui sont ces gens qui sacrifient sur l’autel de la célébrité, du pouvoir et de la corruption, le combat historique et l’âme de la Palestine ? Le chemin sur lequel ce triumvirat cynique de pouvoir s’est engagé conduit inexorablement à un destin qu’aucun de nous ici n’aimerait sérieusement envisager.
En novembre dernier, j’ai eu le plaisir de retourner à Gaza où j’ai rendu visite à des amis auxquels je suis redevable plus que je ne saurais le dire. Pourtant, la visite a suscité de ces émotions mitigées qui remplissent les cœurs à la fois de la beauté et de l’angoisse existant aujourd’hui dans Gaza. En plein milieu d’une agréable réunion de famille, avec des rires, de la chaleur et le sentiment étrange pour moi d’appartenance à cette famille, les canons assourdissants, dangereux, de l’opération « Nuages d’automne » ont commencé à tonner dans le nord, à Beit Hanoun. Les jours qui ont suivi, je me suis rendue dans les hôpitaux de Shifa et de Kamal Adwan, avec les services des urgences remplis de civils gravement blessés, et la morgue où des corps d’hommes, de femmes et d’enfants étaient étendus, dans le silence, sur les plateaux de métal glacé des congélateurs.
Ce qui me tourmentait le plus n’était pas l’absurdité et l’injustice de ces morts, ni la brutalité et la barbarie sans fin qu’un Etat a choisi d’adopter sous le vernis atroce de « nécessités pour sa sécurité ». Non, ce qui m’a fait le plus mal, c’est la répétition effrayante, familière, de telles scènes : Jénine, Rafah, Gaza ville, Khan Younès, Ramallah, Naplouse, Beitunia, El-Birreh, Qalandya, Beit Sahour, Hébron, je ne peux plus me souvenir de tous les lieux marqués par ces tragédies innommables. Tout ce que je sais, c’est que rien ne montre que ça va s’arrêter là, et c’est pourquoi, mes amis, c’est pourquoi il faut qu’il soit tenu compte de ce qu’on a dit ici, à cette conférence.
Jennifer Loewenstein peut être contactée à l’adresse : amadea311@earthlink.net.
24 septembre 2007 - Palestine Chronicle
Traduction : JPP
Liste des vetos américains au Conseil de Sécurité des Nations unies concernant le conflit israélo-palestinien
Par ONU
Liste_des_vetos_am_ricains_au_Conseil_de_s_curit__des_Nations_unies_concernant_le_conflit_isra_lo
28 septembre 2007
Un simple 'oubli' : la justice. Il ne s'est donc rien passé, en Palestine ?

Un simple 'oubli' : la justice. Il ne s'est donc rien passé, en Palestine ?
Par Kathleen Christison > kathy.bill.christison@comcast.net
Kathleen Christisson est une ancienne analyste politique à la CIA ; elle travaille sur les questions moyen-orientales depuis une trentaine d'années. Elle est l'auteur des ouvrages « Perceptions of Palestine » et « The Wound of Dispossession » [La Blessure de la dépossession].

Un groupe de responsables d'associations anti-guerre [américaines] ont tenu une conférence de mobilisation, à la fin du mois d'août, sous le patronage du Réseau des Progressistes Spirituels [Netword of Spiritual Progressives] animé par Michael Lerner, afin de procéder à une planification à long-terme du mouvement anti-guerre. On comptait au nombre des participants les présidents des groupes pacifistes les plus connus aux Etats-Unis – United for Peace and Justice, Code Pink, Pax Christi, the Department of Peace, entre autres – ainsi que Lerner lui-même et les membres (démocrates) du Congrès Lynn Woosley et Jim Moran. Ils ont parlé de l'Irak, bien entendu, mais pratiquement de rien d'autre. Il y a eu un couplet sur la "paix et la justice" de manière très générale, une mention en passant de la nécessité d'essayer de stopper une attaque contre l'Iran, et beaucoup de bla-bla sur la nécessité d'éviter toute action sur tous les sujets, Irak y compris, tant que Woolsey et deux ou trois de ses collègues progressistes ne s'essaient à inciter des congressistes démocrates mollassons à manifester qu'ils ont "une colonne vertébrale" en ce qui concerne le vote d'un retrait d'Irak. C'est là, sans doute, la nouvelle manière de s'opposer à une guerre : ne rien faire… ?! On aurait pu penser qu'à part ça, tout allait comme sur des roulettes, dans le monde… Rien sur l'agression américaine en Afghanistan (qui est supposée, y compris par le mouvement pacifiste, être une guerre "juste", en dépit du nombre extrêmement élevé d'innocentes victimes civiles – que l'on ne mentionne jamais – qui sont tombées, là-bas). Il n'y a rien eu non plus sur la nécessité de prémunir le Liban contre de fréquentes agressions israéliennes, ni rien, bien sûr, en ce qui concerne le soutien aux droits humains et nationaux des Palestiniens, ou à la nécessité de contrer les violations odieuses de ces droits par Israël. Il n'y a rien eu, en résumé, au sujet des injustices massives perpétrées dans le monde entier par les Etats-Unis, en premier lieu dans le cadre de leur soi-disant "guerre contre le terrorisme" – des agressions ignorées par le mouvement anti-guerre / pacifiste. Un mouvement pacifiste : je veux bien. Mais un mouvement pour la justice ? : ne me faites pas rigoler ! De façon très significative, deux des orateurs, Lerner et Rick Ufford-Chase, un représentant de l'Eglise presbytérienne américaine, sont aujourd'hui à la tête d'organisations créées après que de premiers efforts visant à faire connaître la question palestino-israélienne aient échoué, face à l'opposition extrêmement forte de partisans d'Israël. Lerner a créé le Network of Spiritual Progressives après que son association Tikkun eut rencontré trop d'opposition de la communauté juive, opposée aux efforts visant à damer une piste de passage entre Israël et les Palestiniens. Ufford-Chase, quant à lui, était le principal porte-parole des Presbytériens à l'époque où cette Eglise lança une campagne (c'était en 2004) visant à désinvestir des compagnies américaines soutenant l'occupation israélienne ; en effet, après que l'Eglise eut reculé, par rapport à cette position, en 2006, sous les lourdes attaques de partisans d'Israël, la Presbyterian Peace Fellowship [Confraternité presbytérienne pour la paix], dirigée par Ufford-Chase, créa une nouvelle association, focalisée spécifiquement sur l'Irak, et appelée Peace Witness for Irak [Témoins de Paix pour l'Irak]. Et c'est ainsi que le mouvement pacifiste a abandonné la Palestine et les Palestiniens à la machine belliciste israélo-américaine. Ce lâchage n'a absolument rien de nouveau ; simplement, plus le temps passe, plus il est injuste. United for Peace and Justice a toujours été extrêmement timoré à parler en défense des Palestiniens. Cette association avait organisé une manifestation, au mois de juin, pour dénoncer l'occupation israélienne, et marquer le quarantième anniversaire de cette occupation. Mais ce fut un événement tellement pour la forme que la section du site de l'UFPJ [UJFP française, ndt] consacrée à sa "Campagne pour une paix juste en Israël/Palestine" n'a pas été remise à jour depuis… la mi-2004. Pax Christi s'attèle régulièrement au désarmement nucléaire, s'occupe de the School of the Americas, de l'Irak, de l'immigration, de Haïti – comme, bien entendu, il doit le faire – mais… la Palestine ? Rarement ; pour ne pas dire jamais ! Et ainsi de suite, avec les autres associations, à de rares et notables exceptions près ; on peut parcourir tout le catalogue des associations pacifistes… Le dernier bouquin de Scott Ritter, intitulé Waging Peace [Mener la Paix] et consacré à la nécessité d'une stratégie du mouvement anti-guerre, ne mentionne pas du tout la situation particulièrement non-pacifique qui règne en Israël / Palestine. MoveOn.org et d'autres associations politiques donnent peu d'indication qu'ils aient jamais entendu ne serait-ce que parler de la Palestine. Même chose en ce qui concerne les animateurs progressistes d'émissions de radio sur Air America, en particulier Thom Hartmann et Randi Rhodes. Des initiatives venues de la base, comme la Déclaration de Paix, ne mentionnent pas la Palestine, ni la tragédie pourtant tout à fait évitable qui est en train de se dérouler là-bas. Aucun des films – excellents – consacrés à l'agression de l'administration Bush contre le monde entier – ni Fahrenheit 9/11, ni No End in Sight, ni aucun des autres films sortis durant ces dernières années – ne contiennent un seul mot au sujet du rôle extrêmement important joué par Israël dans la machinerie impérialiste des Etats-Unis, ni au sujet de la carte blanche que les fomenteurs de guerre américains ont donnée à Israël pour procéder à l'escalade dans son oppression des Palestiniens et dans son assassinat de la nation palestinienne. Et c'est là le point crucial : la machine de guerre d'Israël est, par essence, partie constituante de la machine de guerre des Etats-Unis, l'agression israélienne contre les Palestiniens s'inscrit dans la guerre américaine "contre le terrorisme" , les Etats-Unis et Israël ne vont jamais nulle part en guerre, dans la région du Moyen-Orient, sans qu'il y ait entre eux une coordination et une coopération extrêmement étroites. Les Etats-Unis rendent possibles l'occupation et l'oppression des Palestiniens par Israël ; Israël facilite et encourage la politique belliqueuse des Etats-Unis. L'un n'agit jamais sans l'autre, et le calvaire des Palestiniens, par conséquent, ne saurait être dissocié d'aucune des autres atrocités perpétrées par cette machine de guerre, ailleurs au Moyen-Orient, que ce soit en Irak, en Afghanistan, au Liban ou en Iran. Même si les partisans d'Israël condamnent promptement toute tentative de lier Israël à la planification de la guerre en Irak, ils n'hésitent jamais à associer les Palestiniens aux "terroristes" contre lesquels la guerre en Irak et la "guerre anti-terroriste" sont censées être menées. Dans leur ouvrage récent consacré au lobby israélien, John Mearsheimer et Stephen Walt fournissent une masse de preuves révélant le rôle joué par Israël et ses lobbyistes dans la fomentation de la guerre en Irak, à laquelle ils apportent un soutien acharné. De fait, cette guerre a été vantée par ses préconisateurs néocons comme une avancée vers la capitulation des Palestiniens (selon l'adage "le chemin de Jérusalem passe par Bagdad"), l'idée étant qu'en écrasant et en humiliant Saddam Hussein et l'Irak, les Etats-Unis intimideraient, du même coup, les Palestiniens, qui se rendraient à Israël sans autre forme de procès. Mais la communauté pacifiste évite soigneusement de reconnaître la connexion israélienne avec la guerre. Elle ignore aussi, délibérément, les réalités bijectives des relations américano-israéliennes, lorsqu'elles affirment que la guerre en Irak serait le sujet brûlant du moment, car c'est le pays où des Américains sont en train de se faire tuer, et c'est donc le seul problème auquel les manifestations de protestation devraient se consacrer. On se demande bien pourquoi la "paix et la justice" n'avaient jamais préoccupé cette communauté pacifiste, avant la guerre en Irak, dès lors que les Palestiniens souffraient de l'injustice et de l'oppression du fait des menées d'Israël et des Etats-Unis, et ce depuis des décennies !? En-dehors des Etats-Unis, les interrelations entre le conflit palestino-israélien et les troubles dans le reste de la région sont parfaitement comprises. Des sondages d'opinion, effectués en Europe et au Moyen-Orient, ont montré à plusieurs reprises que le soutien américain à Israël est la cause principale de la montée d'un anti-américanisme dans le monde entier. En Irlande, d'après le président du Comité de Solidarité Irlande-Palestine, James Bowen (il l'a écrit dans un article publié par le quotidien israélien Ha'aretz), le « dégoût » face aux injustices perpétrées par Israël contre les Palestiniens – en particulier les confiscations de terres et les démolitions de maisons, qui évoquent terriblement les pratiques britanniques répressives en Irlande, voici de cela un siècle – a atteint "un tel niveau que même des institutions fondamentalement conservatrices, qui évitent habituellement d'évoquer les questions politiques, sont amenées à exprimer leur inquiétude". Une académie irlandaise d'artistes, sponsorisée par l'Etat et habituellement apolitique, a publié un appel, voici quelque mois, encourageant les artistes et les institutions culturelles irlandais à "réfléchir profondément" avant d'engager de quelconques participation à des événements ou coopération avec des institutions culturelles israéliennes sponsorisées par l'Etat israélien. "La détestation [d'Israël] se répand dans le monde entier", a ainsi écrit Bowen. Il en va de même, en Grande-Bretagne, où des boycotts universitaire, culturel et entrepreneuriaux d'Israël ont été préconisés par diverses associations. Mais non ; rien n'y fait. En dépit du dégoût irlandais, des boycotts en Angleterre, de la détestation dans le monde entier de l'oppression israélienne financée par les Etats-Unis envers un autre peuple, la communauté pacifiste et le mouvement anti-guerre américain sont sans voix. Une immense injustice envers les Palestiniens ne suscite qu'un intérêt minime chez ceux qui se focalisent obsessionnellement sur l'Irak, certes un problème grave et urgent. Pourtant, le conflit palestino-israélien, en en particulier la situation invivable qui est faite aux Palestiniens est aujourd'hui, et pas seulement aujourd'hui (cela remonte bien avant l'époque où l'Irak est devenu une urgence), le problème central dans la politique moyen-orientale, le centre volatil de la région la plus volatile du monde. Cette situation invivable des Palestiniens forme le socle de la plus forte récrimination du peuple arabe – une récrimination contre Israël, le criminel, et contre les Etats-Unis, en leur qualité de pourvoyeur d'armes et de bienfaiteur d'Israël, et aussi une récrimination envers les dirigeants des pays arabes, qui n'ont pas aidé les Palestiniens, ou ne se sont pas dressés pour prendre leur défense. Le mouvement anti-guerre ignore ce problème extrêmement grave et explosif, ce problème qui est sous-jacent à tous les autres, tournant le dos aux Palestiniens et ignorant les traitements de plus en plus brutaux qu'Israël leur inflige. En détournant ses yeux de la Palestine, ce mouvement se détourne de la justice, et se tourne, en revanche, vers une paix fallacieuse, ou, à tout le moins, incomplète. Ainsi, le mouvement anti-guerre, pour l'essentiel, se contente de protester contre la guerre en Irak, pour des motifs auto-centriques, parce que cette guerre tue des Américains, et détourne d'énormes financements de besoins domestiques criants. Le mouvement anti-guerre, par bien des aspects, est le reflet du mode de pensée et des sentiments de la société américaine dans son ensemble, et la peur, palpable, tant chez les protestataires que chez les hommes politiques du parti démocrate, d'être perçus comme ne "soutenant pas notre armée", ne soutenant pas l'Amérique comme ils le devraient, et par conséquent, pas assez patriotes, est puissante et omniprésente, parce que la société américaine, dans son ensemble, a fait de cette question [irakienne] un point de fixation majeur. Mais il est un problème plus important, auquel est confronté le mouvement anti-guerre. Ce problème, c'est la hantise de se voir taxer d'être faibles face au terrorisme et face à l'Islam. En une ère où la fomentation, par la droite, d'un "clash des civilisations" entre l'Occident et le monde musulman, ainsi que d'un puissant préjugé antimusulman, contamine de plus en plus gravement le discours public, il est tout simplement par trop inconfortable, pour beaucoup de gens de gauche, d'être pris du mauvais côté de la barrière, en train prendre parti pour la justice pour les Palestiniens et tous les Arabes, et tous les musulmans. Les protestataires anti-guerre redoutent de se voir associés avec les insurgés irakiens, et encore pire, avec les Palestiniens, qui sont considérés comme des "rebelles"» et des "terroristes" " agressant" Israël. Beaucoup d'entre eux, qui n'avaient jamais accusé le coup lorsqu'ils se faisaient qualifier de communistes parce qu'ils soutenaient le Viet Cong durant la guerre au Vietnam, craignent pire que tout, aujourd'hui, d'être étiquetés "islamofascistes" (quoi que ce terme soit bien censé signifier), ou encore "terroristes", ou, horresco referens, d'être accusés de "coucher avec l'OLP". Etre considéré comme soutenant les droits des musulmans ou des Arabes, en des temps où les musulmans s'opposent aux Américains en Irak et aux Israéliens en Palestine et ailleurs, c'est tout simplement intolérable, pour une grande majorité de la gauche. Ainsi, l'attitude "nous contre eux" des néocons de l'entourage de Bush a, de bien des manières, pris le contrôle du mouvement anti-guerre aussi, quand bien même cela signifie que l'injustice peut prospérer à sa guise. La Justice, d'abord ! D'aucuns qualifient cela de racisme. Le jazzman israélo-britannique et militant Gilad Atzmon, un antisioniste iconoclaste qui commente fréquemment les questions moyen-orientales, a fait une conférence à l'université de Denver au mois d'avril, durant laquelle il a fustigé la société occidentale, de manière générale, en raison de son "indifférence collective" devant les crimes commis au Moyen-Orient "pour nous, et en nos propres noms". Il a accusé le mouvement anti-guerre d'auto-complaisance, qui le rend indifférent même aux pires injustices. Relevant qu'il y a un "dénominateur commun, entre la Palestine, l'Irak et l'Afghanistan", dans une large mesure attribuable à l'influence exercée par Israël et ses partisans sur la politique extérieure des Etats-Unis "l'Amérique opère, officiellement, comme une force au service d'Israël… actuellement, elle est en train de combattre les dernières poches souveraines de la résistance musulmane", Atzmon a accusé à juste titre les Américains, et les Européens, de manière générale, de ne se préoccuper des musulmans que "dès lors qu'ils arrêtent d'être musulmans" La notion de clash entre les cultures et les civilisations, a-t-il dit, trouve des échos, y compris au sein du mouvement de solidarité [avec les Palestiniens]. "Nous avons une tendance naturelle à attendre que l'objet de notre solidarité adopte notre point de vue, tout en laissant tomber le leur propre. Autant Blair et Bush insistent à démocratiser le monde musulman, nous, les soi-disant humanistes, nous avons nos propres agendas divers variés concernant cette région du monde et son peuple. En Europe, des marxistes archaïques sont convaincus qu'une "politique de la classe ouvrière" serait la seule issue viable de ce conflit, et sa solution. D'autres, des socialistes et des égalitaristes désillusionnés, parlent de libérer les musulmans de leurs entraves religieuses. Les cosmopolites, au sein du mouvement de solidarité, auraient tendance à suggérer aux Palestiniens l'idée que le nationalisme et l'identité nationale appartiendraient au passé. De manière notable, nous aimons, pour la plupart d'entre nous, les Arabes et les musulmans que pour autant qu'ils se comportent comme des blancs, comme des Européens de l'époque post-siècle des Lumières". La société occidentale – mouvement anti-guerre inclus – a accusé Atzmon, a "réussi à ne rien faire, en permanence, pour les peuples irakien, palestinien et afghan". Soutenir les musulmans, voilà qui est "probablement un pont trop loin, pour la plupart des Occidentaux". Ne sommes incapables d'accepter l'"altérité" des musulmans, aussi "nous nous berçons nous-mêmes d'idéologie pacifistes, au prix de la douleur d'autres peuples que le nôtre". C'est là un verdict sans appel. Mais, de fait, la vérité, c'est que le mouvement anti-guerre, aujourd'hui, se préoccupe fort peu de justice pour ceux qui sont différents, et qu'il considère "autres", ce qui sape gravement l'impact de ce mouvement. Il NE se soucie en particulier PAS de justice pour ceux qu'Israël considère ses ennemis. En fin de compte, cet outrage considéré "minime" est dans l'ordre des choses. Le mouvement anti-guerre a besoin d'un nouveau point de focalisation, centré sur la réalisation de la justice universelle, dans le monde entier, pré-condition d'une paix authentique. Seule, cette approche nouvelle permettra de réaliser la paix à laquelle la communauté pacifiste aspire. Après avoir publié l'article de Bill Christison intitulé « Un mouvement pour la justice mondiale » [A Global Justice Movement], le 27 août, CounterPunch a reçu beaucoup de réactions favorables, indiquant que le concept de « la justice comme pré-condition de la paix », ou "la justice, d'abord ; la paix, ensuite " était bien une idée neuve et révolutionnaire, qui fut pour bien des gens une véritable épiphanie. C'est là une indication de la piètre part prise par la justice dans la pensée des citoyens ordinaires, fussent-ils pacifistes. Cela n'aurait pas dû être quelque chose de tellement nouveau… Il y eut également quelques réactions de détracteurs, clamant que l'idée de mettre la paix en seconde position après la justice était erronée, car Gandhi et Martin Luther King avaient toujours œuvré pour la paix. Mais c'est là une incompréhension de l'œuvre et de l'objectif du gandhisme. Gandhi, très clairement, ne s'est pas battu pour la paix au prix de l'injustice, ni pour la paix à n'importe quel prix. Il a toujours considéré que l'Inde était en paix, sous la férule britannique, mais que cette paix n'était pas juste. L'essence du satyagraha de Gandhi, et du mouvement des droits civils de King, c'était la résistance à l'injustice, à travers la désobéissance civile non-violente – afin, précisément, en d'autres termes, de déranger la paix en menant une action directe non-violente contre des lois iniques. Mais l'idée de la justice avant tout est nouvelle, pour la plupart des gens. Considérez combien nombreuses sont les associations anti-guerre qui comportent uniquement le mot « paix » ou les mots "paix et justice" – dans cet ordre –dans leur intitulé. United for Peace and Justice me vient immédiatement à l'esprit. Mais qu'en serait-il, si nous renversions les priorités, et si nous parlions de "justice et paix", en lieu et place ? Pensez au "processus de paix" au Moyen-Orient, si souvent rabâché. Et si on y substituait le "processus de justice" au Moyen-Orient ? Dès lors, un nouvel éclairage serait apporté à la question, qui nous obligerait à reconnaître que, quoi que nous passions notre temps à parler de "paix et de justice", peu d'entre nous se préoccupent réellement de la justice, qui constitue pourtant la moitié de cette équation. Et la justice s'évanouit, carrément, en tant que préoccupation, dès lors que le responsable de l'injustice est Israël ; peu de gens, y compris au sein de la communauté des pacifistes et des anti-guerre militants, se préoccuperont d'une manière quelconque de l'injustice israélienne. Le mouvement anti-guerre est un "mouvement pour la paix-à-n'importe-quel-prix", et pour la plupart des militants, obtenir la paix, sans réaliser une véritable justice pour tous les peuples, cela serait amplement suffisant… Mais le simple cessez-le feu, ça n'est pas la paix ! La justice n'arrive pas, tout simplement, dans les fourgons de la paix, comme une sorte de cadeau Bonux ; la justice, il faut y travailler d'arrache-pied, et il faut qu'elle soit établi avant (et pour) qu'il y ait la paix, une paix réelle. La paix, sans la justice, c'est un concept vide. Les opprimés ne demandent jamais la paix ; leur lutte, toujours et en tout lieu, est un combat pour obtenir la justice. Mettre fin à la guerre en Irak sans rendre justice au peuple irakien, voilà qui n'amènera pas la paix, pas une paix réelle, en tout cas. Mais il y a plus grave encore : mettre fin au rôle des Etats-Unis en Irak, cela n'apportera certainement pas la justice, ni une paix authentique, au peuple palestinien. Le concept de "justice" n'est pas facile à définir, mais il existe des standards de justice, en droit international et dans les us internationaux, qui cadrent ce concept et en donnent une définition tout à fait discernable. Le corpus des lois humanitaires internationales définies après la Seconde guerre mondiale fournit un guide éclairé permettant de garantir la dignité et la valeur des individus et de garantir les droits "considérés essentiels pour une vie dans une société JUSTE", comme le dit l'association israélienne des droits humains, B'Tselem. Ces lois incluent la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (de 1948), qui définit les droits des individus et les obligations des Etats envers lesdits individus, ainsi que divers accords et conventions portant sur les droits politiques et civils. De plus, les lois humanitaires, comme les conventions de La Haye et de Genève, régissent l'attitude à tenir dans la menée de la guerre, et en particulier le comportement des soldats de puissances occupantes. En revanche, des standards similaires de "paix" sont inexistants, tant dans le droit que dans la coutume. La "paix"»est un mot qui signifie des choses différentes selon les individus, et la paix d'une personne est souvent une injustice, pour une autre. Pour Israël, la paix signifie la sécurité – même si, et peut-être en particulier lorsque, les Palestiniens sont désavantagés et se voient dénier la justice. Pour les Palestiniens, la paix signifie un redressement des injustices qui leur sont infligées depuis plus de soixante ans. La plupart des combats les plus épiques de l'histoire humaine pour le bien ont été des luttes non pas pour la paix, mais pour la justice. Pourquoi, par exemple, les humanistes ont-ils lutté contre la bigoterie et le racisme, à l'époque contemporaine ? Non pas, en premier lieu, parce que ces violations fondamentales de la décence humaine empêchent la paix, mais bien parce qu'elles violent les standards communément reconnus de la justice. L'Afrique du Sud blanche a vécu pacifiquement, durant le plus gros de la période de l'apartheid. Les propriétaires d'esclavages sudistes, dans les Etats-Unis d'avant la Guerre de Sécession [une guerre civile, ndt], vivaient en paix, tout en opprimant les Noirs. Israël a joui de la paix durant le plus gros de son existence qui approche la soixantaine, tout en dépossédant le peuple palestinien, en occupant le territoire palestinien, en massacrant et en épurant ethniquement les Palestiniens. Mais les Noirs sud-africains et les esclaves américains n'avaient pas la justice, bien qu'ils vécussent en paix. Les Palestiniens non plus, n'ont plus connu de justice, depuis qu'Israël a été inventé. Si nous voyons dans la justice la première des priorités et si nous permettons aux principes de justice d'être nos guides dans notre marche vers une fin juste et pacifique du conflit palestino-israélien, alors nous y gagnons une image limpide de la situation et de la seule manière d'en sortir. Cela nous ramène inévitablement à 1948, à l'épuration ethnique des Palestiniens, à la seule époque et au seul événement pour lesquels la reddition de la justice permettrait, en fin de compte, de résoudre ce conflit. La dépossession des Palestiniens est une injustice fondamentale, d'où ont découlé toutes les injustices subséquentes, c'est une injustice que seul, un accord mutuel sur le droit au retour en Palestine des réfugiés palestiniens, permettra de corriger. Il est important de comprendre qu'Israël n'existe, en tant qu'Etat juif, que parce qu'il a été fondé, en 1948, sur une injustice gravissime envers le peuple palestinien. Il est également fondamental de comprendre que les juifs ne seront pas « jetés à la mer » si le sionisme et ses injustices prennent fin – pas plus que le démantèlement de l'apartheid sud-africain n'a eu pour conséquence le rejet à la mer des Blancs (voir l'Appendice, pour une description de certaines des manières spécifiques dont Israël perpètre l'injustice à l'encontre des Palestiniens). L'historien israélien Ilan Pappé en a fait l'observation dans son ouvrage paru en 2004, Une Histoire de la Palestine contemporaine [A History of Modern Palestine], qui est une histoire de la lutte, en Palestine, vue du point de vue du peuple, et qui se distingue, à la manière d'une version israélienne de l'ouvrage célèbre d'Howard Zinn, Une histoire populaire des Etats-Unis [A People's History of the United States]. En substance : "pour qu'une quelconque initiative de paix réussisse, il faut qu'au préalable, le chapitre de la dépossession de la Palestine ait été clos". Or, loin de clore ce chapitre, fait observer Pappé, le processus de paix dit d'Oslo a, tout au contraire, exigé des Palestiniens qu'ils renonçassent à toute mémoire de cette dépossession, qui était "l'unique raison de leur combat, depuis 1948" ! Historien doté d'un sens rare de la compassion et d'un sentiment de justice encore plus exceptionnel, Ilan Pappé en est venu à envisager un futur de paix et de justice pour les Palestiniens et les juifs, en Palestine : "Reconnaître l'acte même de dépossession – en acceptation le principe du droit du retour des réfugiés palestiniens – pourrait être l'acte crucial à même d'ouvrir la route de l'issue du conflit. Un dialogue direct entre les dépossédés et l'Etat qui les a chassés est en mesure de renouveler le discours de paix et pu conduire tant les peuples que leurs dirigeants à reconnaître la nécessité de recherche une structure politique unifiée qui, à différentes articulations historiques, dans cette histoire, a semblé possible à plusieurs reprises." Tel est l'espoir, et la promesse d'une justice rendue aux deux parties. La Palestine est un véritable défi, pour le mouvement anti-guerre, chez nous, aux Etats-Unis. La situation en Palestine est une catastrophe humanitaire monstrueuse, d'une ampleur qui coupe littéralement le souffle. Tant que le mouvement anti-guerre n'aura pas entrepris de rechercher la justice pour les Palestiniens, et non plus seulement quelque vague "paix" indéfinie et hautement politisée, ce mouvement ne sera pas respecté dans le monde. Ce n'est que dès lors qu'il aura sérieusement commencé à protester contre l'injustice perpétrée contre tous les peuples, dans le monde entier, sans égard pour leur ethnie et leur religion – qu'ils soient Palestiniens, Irakiens, Israéliens, Américains, ou quoi que ce soit d'autre – que le monde pourra commencer à voir dans les Américains un peuple normal. Dans l'attente, le monde peut s'attendre à ce que l'injustice mondiale s'approfondisse. La catastrophe en cours, créée par la politique des Etats-Unis, va non seulement empirer, mais les guerres seront sans fin, et la paix ne sera jamais réalisée.
Appendice : un catalogue d'injustices Pour dire les choses carrément, Israël – encouragé et soutenu moralement, politiquement et financièrement par les Etats-Unis – perpètre une grave injustice envers le peuple palestinien, et ce depuis soixante ans. La premi




