Solidarité avec Khader Adnan !

Par Campagne pour la libération d'Ahmad Saadat

Khader Adnan, activiste palestinien emprisonné et porte-parole du parti du Jihad islamique, est en grève de la faim depuis le 17 décembre. Ses 43 jours de grève de la faim risquent d'avoir de graves répercussions sur sa santé, et il a besoin du soutien et de la solidarité internationale pour que son cas soit rendu public, ainsi que celui de ses près de 5000 compagnons prisonniers politiques palestiniens dans les geôles de l'occupation israélienne. Il a été transféré à l'hôpital le 29 janvier et il continue de refuser de s'alimenter. Deux médecins palestiniens doivent venir le voir. Il est en chaise roulante car sa faiblesse physique l'empêche de marcher.

Solidarité avec Khader Adnan !

Addameer détaille l'expérience de Khader Adnan avec l'occupation israélienne. Il est en détention administrative (détention arbitraire sans charge ni procès, basée sur des preuves secrètes, et renouvelable indéfiniment pour des périodes successives allant jusqu'à 6 mois). Un ordre de détention de 4 mois a été émis contre Khader Adnan le 8 janvier, et une autre audience du tribunal militaire est prévue le 30 janvier [Elle a été reportée au 1er février 2012].
C'est la 8ème fois qu'Adnan est détenu, et il a passé au total 6 ans de sa vie en prison - la plupart du temps en détention administrative.

Addameer rapporte :

"Khader a été arrêté le 7 décembre 2011, quand les Forces israéliennes d'occupation (FIO) ont attaqué son domicile, à l'extérieur de Jenin, à 3h30 du matin. Avant d'entrer dans la maison, les soldats se sont servis du chauffeur qui conduit le père de Khader au marché aux légumes, Mohammad Mustafa, comme bouclier humain et l'ont obligé à frapper à la porte de la maison et à appeler son nom, Khader, alors qu'il avait les yeux bandés. Un énorme contingent de soldats a alors pénétré dans la maisons en criant. Reconnaissant immédiatement Khader, ils l'ont saisi violemment devant ses deux jeunes filles et sa mère souffrante.

Les soldats lui ont bandé les yeux et lui ont attaché les mains derrière le dos avec des liens en plastique avant de le pousser dans une jeep militaire garée devant la maison. Dans la jeep, Khader a été jeté par terre, sur le dos, et les soldats ont commencé à le gifler et à lui donner des coups de pieds aux jambes. Ils l'ont laissé par terre jusqu'à l'arrivée à la colonie Dutan, le frappant sur la tête pendant les 10 minutes de trajet. Ayant les yeux bandés, Khader n'a pas pu voir un mur juste en face de lui qu'il a percuté, se blessant au visage.

Après son arrestation, il a été soumis à un interrogatoire, il s'est vu refuser des soins médicaux, il a été soumis à des abus et des mauvais traitements physiques, attaché à une chaise dans une position éprouvante qui provoque des douleurs dorsales extrêmes ; ils ont tiré sur sa barbe tellement fort qu'elle a été en partie arrachée. Khader a subi des insultes sur sa famille et a refusé de continuer de parler aux enquêteurs, comme il a refusé la nourriture. En représailles, il a été placé en isolement et en confinement solitaire, privé de visites familiales, réveillé au milieu de la nuit et fouillé à nu. Il a refusé de mettre fin à sa grève pour protester contre illégitimité de sa détention arbitraire par une autorité d'occupation illégale, ainsi que contre les traitements et abus cruels et inhumains.
"

Ce n'est pas sa première grève de la faim ; en 2005, il a protesté contre son isolement à Kfar Yuna par 12 jours de grève. Sa grève actuelle a suscité l'installation de tentes de la solidarité à Gaza et une protestation doit avoir lieu à Ramallah le 30 janvier.

Ahmad Sa'adat et des centaines d'autres prisonniers palestiniens ont participé à une grève de la faim de 23 jours en octobre 2011, exigeant la fin de l'isolement, des abus et du déni de visites familiales ; la promesse d'Israël de mettre fin à l'isolement, pour que les prisonniers mettent fin à leur grève, s'est avérée fausse, puisque Sa'adat a maintenant passé pratiquement trois ans en cellule d'isolement.

La Campagne pour la Libération d'Ahmad Sa'adat appelle à la solidarité avec Khader Adnan et avec tous les prisonniers déterminés dans les geôles de l'occupation israélienne, confrontés tous les jours, avec leurs corps et leurs vies, aux attaques continues de l'armée d'occupation et des gardiens de prison.

Addameer a diffusé un appel à action ; nous vous encourageons à le reprendre, ainsi qu'à :

- protester devant les ambassades ou consulats israéliens de votre région et exiger la libération immédiate de Khader Adnan, de Ahmad Sa'adat et de tous les autres prisonniers politiques palestiniens. Faites-leur savoir que vous suivez de près la situation de Khader Adnan et qu'Israël est responsable de sa santé et de sa vie, et exigez la fin de l'utilisation de l'isolement, du confinement solitaire et de la détention administrative. Envoyez-nous des comptes-rendus de vos protestations à : campaign@freeahmadsaadat.org.

- Ecrivez au Comité international de la Croix-Rouge et autres organisations pour les droits de l'homme pour qu'ils prennent leur responsabilité et qu'ils agissent rapidement pour exiger que les revendications des prisonniers soient satisfaites. Envoyez des e-mails au CICR dont la mission humanitaire inclut le suivi de la situation des prisonniers, à : jer_jerusalem@icrc.org,
et informez-le de la situation urgente de Khader Adnan. Dites clairement que la détention arbitraire sans charge ni procès est inacceptable, et que le CICR doit agir pour protéger les prisonniers palestiniens des traitement cruels et inhumains.


Lire : "Sheikh Khodr Adnan contre l’humiliation et l’arbitraire de la détention administrative", par Rim al-Khatib, ISM-France, 22 janvier 2012.

Source : Free Ahmad Saadat

Traduction : MP pour ISM