FREE PALESTINE
28 septembre 2010

Israël relance sa campagne à l’UE

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Israël relance sa campagne à l’UE

DUMONT,SERGE; LOOS,BAUDOUIN

Mardi 14 septembre 2010

Proche-Orient L’État hébreu cherche un statut rehaussé à Bruxelles

L’on reparle du « rehaussement » du statut d’Israël au sein de l’Union européenne. Selon les informations de notre confrère israélien Haaretz, les ambassades d’Israël dans les pays de l’UE et surtout à Bruxelles ont été chargées la semaine dernière par le ministère israélien des Affaires étrangères de relancer leurs efforts en vue de promouvoir l’obtention de ce statut exceptionnel au profit d’Israël.
Quelques rétroactes sont sans doute nécessaires. Durant l’année 2008, l’Etat d’Israël a sollicité l’UE pour bénéficier d’un rehaussement de son statut, tant au point de vue politique qu’économique. Il s’agissait de décrocher des conditions de coopération dont aucun autre pays non-membre de l’UE ne jouit. « Une fois réalisé, ce rehaussement pourrait faire affluer des milliards de dollars dans l’économie israélienne », écrit le Haaretz ce lundi.
Au grand dam du camp palestinien, les Vingt-Sept avaient accueilli la requête favorablement en décembre 2008, malgré le fait que le processus de paix mené par le gouvernement israélien d’alors, dirigé par Ehoud Olmert, et l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas – le processus dit d’Annapolis – n’avait donné aucun résultat concret. Mais l’attaque de la bande de Gaza par Israël quelques jours plus tard, le 27 décembre, et ses funestes répercussions sur l’image d’Israël avaient gelé le projet de rehaussement, gel que le changement de gouvernement israélien après les élections de mars 2009 et l’arrivée aux affaires d’une coalition aux accents ultra-nationalistes emmenée par Binyamin Netanyahou avaient entériné.
Les directives qu’ont reçues les ambassades israéliennes la semaine dernière demandent aux diplomates israéliens, selon le Haaretz, de faire justement valoir que le processus de paix a été relancé le 3 septembre dernier à Washington et que, désormais, les parties renégocient enfin directement entre elles. Une session de deux jours aura d’ailleurs lieu ces mardi et mercredi à Charm el-Cheikh, dans le Sinaï égyptien, en présence de l’Américaine Hillary Clinton (voir ci-dessous).
« Simplement indécent »
Pour une députée européenne belge Véronique De Keyser qui connaît bien le dossier, « le retour de cette requête pour le rehaussement d’Israël à Bruxelles n’est pas étonnant ». La socialiste ne cache pas son courroux. « Je trouve cela tout simplement indécent et je pèse mes mots, nous dit-elle. Car, en même temps, la situation à Gaza a peu évolué depuis l’affaire du Mavi Marmara (l’assaut par la marine israélienne d’une flottille de solidarité qui avait tué neuf ressortissants turcs le 31 mai) et des projets de loi inquiétants sont étudiés par la Knesset, comme celui qui va criminaliser le soutien au boycott d’Israël, y compris des produits des colonies qui se trouvent illégalement dans les territoires palestiniens occupés. Un Belge comme un Palestinien pourrait être interdit d’entrée en Israël pendant dix ans pour avoir promu le boycott de ces marchandises ! »
L’Union européenne n’a pas encore pris position. Mais un haut fonctionnaire de la Commission a indiqué à Mme De Keyser que l’UE n’était « pas dans une logique de pression contre Israël ».

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Les habitants de Ramallah disent leur scepticisme

REPORTAGE
RAMALLAH
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
La paix ? Quelle paix ? » A l’instar de ses associés dans une petite affaire d’import-export, Abed Saalous, le fils d’un militant du Fatah tué au Liban au début des années 80, ne croit pas à la réussite des négociations israélo-palestiniennes qui débuteront aujourd’hui à Charm el-Cheikh. « Bien sûr Hosni Moubarak et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton seront présents, mais qu’est ce que cela changera ?, interroge-t-il. Sur le fond, l’occupation reste l’occupation et la colonisation se poursuit. Depuis 1993, nous avons tellement été déçus par les accords d’Oslo (1993) que nous ne nous faisons plus d’illusion sur grand-chose. »
Au gré des conversations, il apparaît que bon nombre de Palestiniens doutent de la volonté ide paix israélienne. Mais également de Mahmoud Abbas, qu’ils ne croient pas capable de résister aux pressions américaines qui le forceraient à entériner un accord vide de sens. « Certes, Binyamin Netanyahou évoque une paix basée sur deux États vivant côte-à-côte. Mais il proclame également qu’il faudra “trois à quatre décennies” pour concrétiser la paix. Cela signifie que même s’il parvient à trouver un terrain d’entente avec Abbas, la situation restera statique jusqu’en 2040-2050 », fulmine Mohamad Al Bashi, ancien collaborateur de l’université Bir Zeit. Et de poursuivre : « Ce processus de paix, c’est de la m… Quiconque entend les Israéliens proclamer leur volonté de contrôler les entrées et les sorties, l’espace aérien, ainsi que la sécurité de l’Etat palestinien qui pourrait naître du processus en cours comprend que les négociations ne donneront rien de bon ».
Même pessimisme dans les nouveaux bars branchés de Ramallah où quelques jeunes clients d’extraction bourgeoise refusent de discuter de quoi que ce soit. « On ne s’occupe pas de politique », s’excusent-ils.
Ce mutisme cache peut-être de la gêne. En tout cas, on s’y heurte souvent à Ramallah. Entre autres, lorsque l’on évoque la collaboration antiterroriste entre les services de sécurité de l’AP et ceux d’Israël ainsi que la guerre larvée que se livrent le Fatah et le Hamas. « Ça nous dépasse, on ne comprend pas tout, lâche un chauffeur de taxi avec un sourire contrit. Parfois, il vaut mieux ne pas poser trop de question. »
« Quémander les miettes »
Sur la route menant de Jérusalem à Ramallah, les « nouveaux quartiers » construits pour la population juive défilent les uns après les autres. Toujours plus luxueux et toujours plus nombreux. Au point que les passagers palestiniens des minibus effectuant la liaison entre les deux villes n’y prêtent plus attention depuis longtemps. « Regardez ces publicités pour les lotissements réservés aux juifs, voyez ces autoroutes modernes et bien éclairées. Il faudrait être naïf pour imaginer que Netanyahou va lâcher tout cela même dans le cadre d’un accord réglant définitivement le conflit israélo-palestinien, affirme un ancien fonctionnaire de l’Office des statistiques. Si nous osions regarder les choses telles qu’elles sont au lieu de nous bercer de discours, nous nous rendrions compte que la réalité créée par Israël durant ses 42 ans d’occupation pourra difficilement être modifiée. Nous nous sommes bien fait avoir : malgré les discussions en cours, les Israéliens garderont la plus grosse part du gâteau et nous devrons nous contenter de quémander les miettes. »

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CONTEXTE

Le problème
Les pourparlers de paix israélio-palestiniens reprennent aujourd’hui à Charm el-Cheikh. Or, les deux parties sont en désaccord sur l’ordre du jour : Binyamin Netanyahou veut discuter des problèmes de sécurité alors que Mahmoud Abbas souhaite commencer l’examen des dossiers sensibles : les frontières du futur Etat palestinien, le partage de Jérusalem, etc. Par ailleurs, le Premier ministre israélien a décidé de ne pas prolonger le gel de dix mois des constructions dans les colonies de Cisjordanie. Celle-ci reprendront à partir du 26 septembre.
L’enjeu
De nombreux commentateurs considèrent ce nouveau round de négociations comme la dernière chance d’aboutir à un accord de paix.
A suivre
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, n’est pas partie prenante au processus. Sa branche armée ainsi que d’autres organisations plus radicales ne cachent en tout cas pas leur intention de le perturber par la violence.

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