31 juillet 2007
Le coup de poker d'Abbas
Le coup de poker d'Abbas |
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Par Khaled Amayreh Alors que la guerre des mots entre le Hamas et le Fatah se poursuit, le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, semble déterminé à organiser des élections présidentielles et législatives dans les Territoires Occupés, avec ou sans la participation du Hamas. Le conseil non élu (et vieillissant), qui agit en tant que sorte de Politburo d'OLP, a approuvé les initiatives anti-Hamas, y compris la destitution du gouvernement dirigé par le Hamas, la nomination du gouvernement de Salam Fayyad à Ramallah, ainsi que l'appel d'Abbas pour des élections générales anticipées. Cependant, il est évident que les recommandations du conseil ont été moins que décisives, ce qui peut refléter un certain espoir de la part des conseillers qu'un rapprochement entre le Hamas et le Fatah reste possible. Mais Abbas, au moins en apparence, n'a pas semblé avoir envie d'admettre même l'idée d'un modus vivendi avec le Hamas, au moins dans un avenir prévisible. Dans son discours devant le conseil, Abbas a utilisé une phraséologie au vitriol contre le Hamas, en se référrant à eux comme "colporteurs de coup d'état sanglant et criminel qui se sont levés contre une légitimité palestinienne." Abbas s'est également référé aux responsables du Hamas comme, "la personne connue sous le nom d'Ismail Haniyeh" et "la personne connue sous le nom de Khaled Meshaal". Les collaborateurs d'Abbas ont utilisé un langage encore plus excessif en se référant au Hamas, en soulignant un rejet inflexible de toute réconciliation du Fatah avec le mouvement islamique, indépendamment des dégâts que ce rejet causera à la lutte nationale palestinienne "Au Hamas, ils se sont interdits eux-même d'être des membres de l'OLP, nous n'aurons désormais plus aucune relation avec eux. Ils ont coupé tout lien avec le Fatah, nous ne voulons pas avoir de dialogue avec eux," a déclaré Nabil Amr, un proche collaborateur d'Abbas, dans une interview la semaine dernière avec le quotidien pro-américain basé à Londres, Al-Hayat. Amr est allé jusqu'à dire que le Fatah "récupérerait" Gaza dans les "semaines ou mois à venir", mais il n'a pas donné de détails quant à la façon dont cela se produirait ou si Israel ferait le travail au nom de Fatah. Amr, un ancien ministre de l'Information de l'Autorité palestinienne, qui, selon la rumeur, avait demandé il y a quelques années des fonds et un soutien politique pour combattre le Hamas à des cercles pro-israéliens à Washington, est allé jusqu'à accuser le Hamas d'abriter et d'héberger Al-Qaeda, une accusation qui semble exempte de toute crédibilité. Amr avait échappé de peu à une tentative d'assassinat par des loyalistes de Yasser Arafat le 20 juillet 2004. Il a été gravement blessé et sa jambe droite a dû être amputée. Les porte-parole du Hamas ont répondu aux accusations d'Amr, en le traitant d'"agent de l'Amérique et d'Israel plein de bonne volonté qui voudrait voir les avions de guerre américains et israéliens réduire Gaza à un tas de gravats." Pendant ce temps, la paralysie de fait du Conseil Législatif Palestinien a été renforcée cette semaine quand le Fatah a boycotté une session qui était censée donner au gouvernement de Fayyad soutenu par le Fatah, surnommé maintenant "gouvernement intérimaire", un vote de confiance. Le conseil a cherché à se réunir deux fois ces dernières semaines mais les boycotts alternés du Fatah et du Hamas ont empêché la formation d'un quorum. La crise est aggravée par l'incarcération continue de plus de 40 députés palestiniens détenus par Israel en attendant la libération par les combattants de la résistance palestinienne d'un soldat israélien capturé à Gaza il y a un an. Israel, qui voit la scission entre le Fatah et le Hamas comme un avantage stratégique qui devrait être utilisé pleinement, refuse de libérer les députés, en citant leur affiliation avec "une organisation illégale". De son côté, le Fatah espère que la paralysie continue du Conseil Législatif, en raison de l'incarcération des députés du Hamas en Israel ou des exploits du Hamas et du Fatah, ne laissera à Abbas pas d'autre choix que d'organiser des élections générales que le Fatah espère gagner. Cependant, la route vers les élections sera remplie d'obstacles légaux, politiques et pratiques. En plus de mettre à l'écart le parlement palestinien, ce qui est manifestement illégal conformément à la Loi Fondamentale Palestinienne, l'organisation d'élections présidentielles et législatives pourrait bien être impossible, en particulier dans la Bande de Gaza contrôlée par le Hamas où sont basés près de 40% des électeurs palestiniens. D'ailleurs, même en Cisjordanie que le Fatah contrôle principalement en raison d'un arrangement consensuel avec l'occupation israélienne, un boycott du Hamas, du Jihad Islamique et probablement de quelques organisations de Gauche pourraient rendre nuls et non avenus les éventuels scrutins. Quelques responsables du Fatah, comme le clairement anti-Hamas, Azzam Al-Ahmed, pensent qu'il y a un moyen d'éviter des obstacles probables en tenant des élections progressivement. Cependant, il serait difficile de traduire une telle possibilité en réalité puisque le Fatah projette d'amender la loi électorale actuelle dans laquelle l'ensemble des Territoires Occupés, y compris la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la Bande de Gaza, sera considéré comme un seul corps électoral. Le Fatah espère que le système de représentation à la proportionnelle proposé fonctionnerait à l'avantage du mouvement puisque le Fatah disputerait l'élection avec une seul liste nationale, contrairement à la myriade d'indépendants affiliés au Fatah et de listes de candidats régionaux en concurrence qui ont disputé les élections de 2006 quand le mouvement a perdu. Le Fatah pourrait bien découvrir que la direction des vents n'est aussi favorable ; que ses perspectives ne sont pas aussi prometteuses. Aujourd'hui, le Fatah est un mouvement divisé. Et bien qu'Abbas et son cercle proche de conseillers et de parasites puissent bénéficier d'une approbation internationale, ils ne sont pas aussi facilement acceptés par les simples soldats du mouvement, en particulier par la base. En effet, il y a une grande partie du Fatah – des gens qui soutiennent des anciens responsables du Fatah tels que Marwan Barghouti, Jebril Rajoub, Hani Al-Hasan, Farouk Al-Qaddumi -- qui ne sont pas enthousiastes au sujet de la direction prise par Abbas. Il y a deux raisons principales à leur scepticisme. D'abord, le rejet du dialogue d'Abbas avec le Hamas peut être un choix facile et attrayant à court terme, mais à long-terme, une telle ligne de conduite pourrait causer des dégâts incalculables au Fatah lui-même et à la lutte palestinienne dans son ensemble. En second lieu, il y a beaucoup de gens au Fatah qui croient que la décision d'Abbas "de placer tous les oeufs du Fatah dans le panier Américano-Israélien" est périlleuse et potentiellement désastreuse. Beaucoup sentent, et probablement qu'Abbas lui-même le comprend, que tout brin de succès que le président du Fatah pourra obtenir dépend d'abord de la "bonne volonté" d'Israel (peu importe ce que cela signifie), et en second lieu de la volonté de l'administration Bush à faire pression sur Israel pour donner Abbas "des accomplissements sur le terrain", comme le démantèlement des colonies et du soi-disant mur de séparation. Ceci semble être une perspective très lointaine, c'est le moins que l'on puisse dire. D'où la précarité de la position d'Abbas. La semaine dernière, Israel a cherché "à renforcer Abbas face au Hamas" en libérant environ 250 prisonniers du Fatah. Cependant, au lieu de renforcer Abbas, le "geste" israélien l'a réellement embarrassé puisque cela a été vu comme un pot-de-vin pris aux dépens des environ 11.000 prisonniers Palestiniens languissant dans les prisons et les camps israéliens, y compris aux dépens des quatre milliers de prisonniers qui sont membres du Fatah. "Nous ne sommes pas des enfants qui peuvent être embobinés et pacifiés par de petits gestes idiots d'Israel ou de l'Amérique", a déclaré Mohamed Amr, un parent de l'un des prisonniers libérés le 20 juillet. "Nous voulons une chose, nous voulons la fin de cette occupation du type Nazie. Rien d'autre ne fonctionnera. C'est notre message à Abbas, à Olmert, à Blair (le nouveau représentant du quartet international), et à tous ceux qui peuvent être concernés." |
30 juillet 2007
31 ans d’incarcération dans les prisons israéliennes

Le détenu palestinien Mohammad Saïd Wajih, 56 ans, a fêté dimanche sa 31ème année d’incarcération dans les prisons israéliennes. Il devient ainsi le plus ancien détenu en Israël et peut être dans le monde. L’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, avait passé 27 ans dans les geôles de l’apartheid.
http://www.voltairenet.org/article150414.html
Transformer la plus précieuse ressource naturelle de Palestine en instrument politique
Transformer la plus précieuse ressource naturelle de Palestine en instrument politique Malgré des considérations environnementales, une injection de ce genre de capital dans les territoires occupés pourrait transformer le paysage politique. |
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Procès d'Ahmad Saadat
Procès d'Ahmad Saadat Le procès d'Ahmad Sa'adat, le Secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine, organisé par l'armée d'occupation devant son tribunal de la base militaire installée à Ofer, près de Ramallah en Palestine, qui devait commencer le 29 juillet, a été reporté au 1er aout 2007. Ce procès a déjà été repoussé à de multiples occasions, et bien que Sa'adat était détenu dans une prison de l'Autorité Palestinienne sous la garde des États-Unis et des Anglais, et ensuite par les soldats israéliens après leur attaque sur la prison de Jéricho le 14 mars 2006, il n'a jamais été jugé. |
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Un avertissement à Tony
Un avertissement à Tony
par Uri Avnery | |
Mondialisation.ca, Le 30 juillet 2007 | |
LA SEMAINE DERNIÈRE, James Wolfensohn a donné un long entretien à Haaretz. Il a ouvert son cœur et résumé, avec une franchise étonnante, ses mois passés en tant qu'envoyé spécial des Etats-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et des Nations unies (le "Quartette") dans ce pays – tâche confiée aujourd'hui à Tony Blair. L'entretien aurait pu être intitulé : "Un avertissement à Tony".
Entre autres révélations, il a dit qu'il avait été pratiquement viré par la clique des néo-cons., dont le chef idéologique est Paul Wolfowitz.
Ce que Wolfensohn et Wolfowitz ont en commun, c'est qu'ils sont tous deux juifs et qu'ils ont le même nom : Fils de Loup, l'un en version allemande et l'autre en version russe. Tous deux sont aussi d'anciens chefs de la Banque mondiale.
Mais là s'arrêtent les similitudes. Ces deux fils de loup sont opposés à tous points de vue. Wolfensohn est une personne séduisante, qui rayonne d'un charme personnel. Wolfowitz suscite presque automatiquement le rejet. Cela a été clair quand ils se sont succédé à la Banque mondiale : Wolfensohn était très populaire, Wolfowitz était détesté. Le mandat du premier a été renouvelé, marque d'appréciation assez rare, on s'est débarrassé du second à la première occasion, soi-disant à cause d'une affaire de corruption : il avait réussi à obtenir un salaire astronomique pour sa petite amie.
Wolfensohn pourrait être interprété par Peter Ustinov. C'est un homme de la Renaissance, moderne : homme d'affaires qui réussit, philanthrope généreux, ancien sportif olympique (escrime) et officier de l'Armée de l'Air (Australie). Adolescent il a appris le violoncelle (sous l'influence de Jacqueline du Pré). Le rôle de Wolfowitz ne demande pas plus de finesse de jeu que le rôle d'un tireur moyen dans un western.
Mais au-delà des caractéristiques personnelles, il y a un abîme idéologique entre eux. Pour moi, ils personnifient les deux extrêmes de la réalité juive contemporaine. Wolfensohn appartient au courant humaniste, universel, optimiste, du judaïsme, un homme de paix et de compromis, un héritier de la sagesse de nombreuses générations. Wolfowitz, à l'autre extrémité, appartient au judaïsme fanatique qui s'est développé dans l'Etat d'Israël et dans les communités reliées à lui, un homme empreint d'une arrogance hautaine, de haine et d'ivresse du pouvoir. C'est un radical nationaliste, même si on ne sait pas trop si son nationalisme est américain ou israélien, ou si lui-même fait la différence entre les deux.
Wolfowitz est un porte-drapeau des néo-cons, la plupart juifs, qui ont poussé les Etats-Unis dans le marais irakien, promu des guerres dans tout le Moyen-Orient, conseillé au Premier ministre israélien de ne rien abandonner et qui sont prêts à combattre jusqu'au dernier soldat israélien.
Pour éviter tout malentendu : je ne connais personnellement aucun des deux. Je n'ai jamais vu Wolfowitz en personne et n'ai entendu Wolfensohn qu'une seule fois, à une réunion à Jérusalem du Conseil israélien pour les relations étrangères. J'admets qu'il m'a plu d'emblée.
WOLFENSOHN est arrivé dans ce pays quelques mois avant le "plan de séparation" d'Ariel Sharon. Il dit aujourd'hui que la séparation aurait réussi "si le retrait s'était accompagné de la seconde phase de la séparation, ce qui, selon moi, aurait créé une entité indépendante qui serait devenue un Etat palestinien." Il croit (à tort, je pense) que telle était l'intention de Sharon que, contrairement à son successeur au poste de Premier ministre, il respecte.
Wolfensohn envisageait une bande de Gaza florissante, économiquement prospère, ouverte dans toutes les directions, un modèle pour la Cisjordanie et une base pour le nouvel Etat. Dans ce but, il a dégagé huit milliards de dollars. Contrairement à d'autres idéalistes, il a investi plusieurs millions de son argent personnel dans les fermes laissées par les colons, espérant les transformer en pivots de l'économie palestinienne.
Il était à côté de Condoleezza Rice pendant la cérémonie de signature du document qui devait ouvrir la voie à un brillant avenir : l'accord pour l'ouverture des points de passage aux frontières. Les points de passage entre la bande de Gaza et Israël devaient être largement rouverts, Israël entreprenait de remplir enfin l'obligation à laquelle il s'était engagé dans les accords d'Oslo (et qu'il a toujours violée depuis) : ouvrir le passage vital entre Gaza et la Cisjordanie. Sur la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, une unité européenne de contrôle était déjà en train de s'installer.
Et alors tout l'édifice s'effondra. Le passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie resta hermétiquement clos. Les autres passages furent fermés de plus en plus souvent. Les produits des fermes (l'investissement de Wolfensohn avec) tombèrent à l'eau. La fragile économie de la bande de Gaza se désintégra, entraînant la plupart du 1,4 million d'habitants dans la misère, avec 50% au moins de chômage. Le résultat inévitable fut l'ascension du Hamas.
La plainte de Wolfensohn souligne l'immense importance des points de passage aux frontières. Leur fermeture – soi-disant pour des raisons de sécurité – signa la mort de l'économie de Gaza et, par voie de conséquence, de l'espoir de relations pacifiques entre Israël et les Palestiniens. Avant la victoire du Hamas, Wolfensohn voyait de ses propres yeux la terrible corruption qui régnait sur les points de passage. Les relations entre Israéliens et Palestiniens y étaient ouvertement basées sur la corruption. Les produits palestiniens ne pouvaient pas traverser sans le versement d'argent aux gens qui contrôlaient le passage des deux côtés.
Wolfensohn impute au moins une part de responsabilité pour l'ascension du Hamas à l'Autorité palestinienne – c'est-à-dire au Fatah – qui a été rongée par le cancer de la corruption. La victoire du Hamas dans des élections démocratiques à la fois en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ne l'a pas du tout surpris.
QU'EST-CE QUI a poussé cet idéaliste à démissionner ?
Il en a attribué la principale responsabilité à une personne, qui appartient à la clique de Wolfowitz : Elliot Abrams. Comme Wolfowitz, Abrams est juif, néo-cons., un sioniste radical adoré par la droite israélienne. Il fut nommé par le Président Bush conseiller-adjoint à la sécurité nationale, responsable pour le Moyen-Orient. Sur cette nomination, Wolfensohn dit que "tous les éléments de l'accord conclu par Condoleezza Rice ont été anéantis". Les points de passages fermés, le Hamas a pris le pouvoir.
Wolfensohn accuse ouvertement Abrams de saper son travail, afin qu'il s'en aille. Certes, le Quartette n'est pas sous l'autorité d'Abrams, mais une personne dans cette position ne peut fonctionner sans un solide soutien américain. Abrams l'a poussé dehors en collaboration avec Ehoud Olmert et Dov Weisglass, l'homme de confiance de Sharon, dont les plans étaient menacés par l'activité de Wolfensohn. C'est Weisglass, il faut s'en souvenir, qui promit de "mettre la question palestinienne dans le formol".
Aux yeux de Wolfensohn, la situation actuelle est imputable aux deux côtés, mais il accuse clairement davantage Israël, étant donné que c'est la partie la plus forte et la plus active. Il ne fait aucun doute qu'Israël est très important pour lui. Il avait beaucoup de sympathie pour ce pays (pendant la Première guerre mondiale, son père a été soldat dans les bataillons juifs créés par l'armée britannique et envoyés en Palestine). Wolfensohn a donné l'interview au journal israélien afin de lancer un sérieux avertissement : le temps ne travaille pas pour nous. La pendule démographique est en marche. Aujourd'hui, Israël est entouré de quelque 350 millions d'Arabes. Encore 15 ans et il sera entouré par 700 millions d'Arabes. "Je ne vois aucun argument qui corrobore l'idée que la situation d'Israël va s'améliorer."
En tant qu'expert de l'économie globale, avec une perspective mondiale, Wolfensohn pourrait également souligner que l'importance des Etats-Unis dans l'économie mondiale décline progressivement, avec l'émergence de nouveaux géants comme la Chine et l'Inde.
Nous, Israéliens, aimons penser que nous sommes le centre du monde. Wolfensohn, qui a une approche mondiale, donne un coup d'épingle dans ce ballon égocentrique. Aujourd'hui déjà, dit-il, seul l'Occident considère la question israélo-palestinienne si importante. La plus grande partie du monde y est indifférente. "J'ai visité plus de 140 pays : vous n'y représentez pas un si gros enjeu."
Même cet intérêt limité finira par s'évaporer. Wolfensohn remue le couteau dans la plaie : "Un moment viendra où les Israéliens et les Palestiniens seront obligés de comprendre qu'ils sont dans un théâtre secondaire... Les Israéliens et les Palestiniens doivent se débarrasser de l'idée qu'ils jouent à Broadway. Ils ne sont qu'une pièce dans le Village. Loin, loin, loin, loin, loin de Broadway." Sachant que c'est la pire chose que l'on puisse dire à un Israélien, il ajoute : "J'espère que je ne me mets pas en mauvaise posture en disant tout cela, mais, que diable, c'est ce que je crois, et j'ai déjà 73 ans."
Je le crois – et, moi, que diable – j'ai déjà 83 ans.
LA METAPHORE empruntée au monde du théâtre me semble plus pertinente que Wolfensohn lui-même l'imagine.
Ce qui se passe aujourd'hui quant au conflit israélo-palestinien est surtout du théâtre, et pas du meilleur.
Les acteurs boivent dans des verres vides, déclament des textes auxquels personne ne croit, arborent de faux sourires et s'embrassent chaleureusement alors qu'ils se détestent.
La scène la meilleure jusqu'à maintenant fut la "séparation" Gaza. Contrairement à ce que croit Wolfensohn, ce n'était qu'un spectacle, mélodrame à son meilleur moment, dirigé par Sharon et les chefs des colons, l'armée et la police. Beaucoup de larmes, beaucoup d'embrassades, beaucoup de batailles bidon. Cette semaine, le spectacle était de nouveau dans les médias, avec une énorme machine de propagande essayant de montrer combien immense était la douleur, comment les pauvres évacués sont restés sans villas, combien de milliards supplémentaires seront nécessaires. Conclusion évidente : il est impossible de démanteler les colonies de Cisjordanie.
Le nouvel acteur sur la scène, Tony Blair, plein de charme et de jovialité, enlace et embrasse. Nous, le public, savons que son sort sera exactement le même que celui de son prédecesseur. Comme lui, il est "l'envoyé spécial du Quartette". Ses termes de référence sont exactement les mêmes que ceux de Wolfensohn avant lui : beaucoup de vent. Il est supposé aider les Palestiniens à construire des "institutions démocratiques", après que les Etats-Unis et Israël ont systématiquement détruit après les dernières élections palestiniennes les institutions démocratiques.
Il a enlacé Olmert, embrassé Tzipi Livni, souri à Ehoud Barak, et nous savons que tous trois feront tout pour interrompre sa mission avant qu'il arrive à un point qui lui permettrait de réaliser son véritable rêve : conduire des négociations de paix, comme il l'a fait avec succès en Irlande du Nord.
Tout ce qui se passe aujourd'hui est du théâtre. Olmert prétend qu'il veut réellement "sauver Abou Mazen", tout en faisant le contraire. A la demande de Bush, il a autorisé à grand bruit le transfert d'un millier de fusils de la Jordanie à Abbas, afin que celui-ci puisse combattre le Hamas – sachant très bien que pour le Palestinien moyen, cela ressemblera à de la collaboration avec l'occupant contre la résistance. Il agrandit les colonies, garde les "avant-postes illégaux" et ferme les yeux quand l'armée aide les colons à mettre en place des avant-postes supplémentaires. C'est aussi une recette infaillible pour que Hamas s'empare de la Cisjordanie.
Tout le monde sait qu'il n'y a qu'une façon de renforcer Abou Mazen : engager immédiatement des négociations rapides et pratiques pour l'établissement de l'Etat de Palestine sur tous les territoires occupés, avec sa capitale à Jérusalem-Est. Et plus de discussions sur des idées abstraites, comme celles proposées par Olmert, ni un autre plan (n°1001), ni "processus de paix" qui conduira à de "nouveaux horizons politiques", et certainement pas un autre fantasme creux de ce grand maître en hypocrisie moralisatrice, le Président Shimon Peres.
LA PROCHAINE scène de la pièce, pour laquelle tous les acteurs sont en train d'apprendre leur texte, est la "rencontre internationale" cet automne, selon le scénario du Président Bush. Condoleezza présidera et il n'est pas sûr que Tony, le nouvel acteur, sera autorisé à jouer. Les auteurs sont encore en train de délibérer.
Si le monde entier est une scène, comme Shakespeare l'a écrit, et si tous les hommes et femmes ne sont que des acteurs qui font leurs sorties et leurs entrées, cela est encore plus vrai pour Israël et la Palestine. Sharon est sorti et Olmert est entré, Wolfensohn est sorti et Blair est entré, et tout est, comme Shakespeare l'a écrit dans une autre pièce, "des mots, des mots, des mots."
Wolfensohn peut regarder les parties suivantes de la pièce avec un détachement philosophique. Nous, qui sommes impliqués, ne pouvons pas nous le permettre, parce que notre comédie est vraiment une tragédie.
Traduit de l'anglais "A Warning to Tony", Gush Shalom, 28 juillet 2007 : RM/SW | |
Interview : Ismail Haniyeh
EuroNews - Interview - Ismail Haniyeh - FR

cliquez ici pour voir l'interview
le 9 juillet 2004, la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye déclare le mur illégal
Trois ans après la décision de la CIJ condamnant le mur, l’accès à leurs terres est toujours refusé aux Palestiniens
dimanche 29 juillet 2007
The Electronic Intifada
Un officiel de l’UNRWA déclare : « Les portes n’ont jamais été conçues pour permettre une solution humanitaire globale. » Dans certains secteurs, les besoins essentiels des résidents ne peuvent être satisfaits et les portes « dans certains cas sont des lieux totalement arbitraires ».
La Cour internationale de Justice qui juge ce mur illégal exprime une inquiétude particulière du fait qu’il est construit en partie sur le territoire palestinien occupé.
Il y a trois ans, le 9 juillet 2004, la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye rendait un avis - par 14 voix contre une - déclarant le mur illégal et exprimait une inquiétude particulière en raison de la construction de certaines parties du mur à l’intérieur même du territoire palestinien occupé.
Dans le district de Qalqilya, dans le nord de la Cisjordanie, de nombreux Palestiniens sont coupés de leurs terres agricoles et de leurs ressources car le mur ne longe pas toujours la « Ligne verte » reconnue internationalement comme limite entre Israël et le territoire palestinien.
D’autres Palestiniens se retrouvent séparés du reste de la Cisjordanie. Au total, 15 villages restent en « zone fermée », entre l’itinéraire sinueux du mur et la frontière avec Israël. Selon l’OCHA (Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU), 50 000 Palestiniens seront dans cette zone quand le mur sera terminé.
La CIJ observait que ces poches étaient créées au profit des colonies israéliennes, lesquelles sont déclarées illégales en vertu du droit humanitaire international.
Le village de Mas’ha, dont la zone industrielle était autrefois une réussite, est devenu quasiment une ville fantôme. Le mur, ici, est un ensemble de plaques de béton de 8 mètres de haut, de grillages et de fil de fer barbelé, le tout se heurtant directement au village.
Les résidents et les salariés disent que le village, comme d’autres villages de la région, ne peut plus faire de commerce, en particulier avec Israël, ni tirer le moindre bénéfice agricole.
« La majorité des entreprises sont fermées depuis que le mur est construit » dit Moad Issa, qui travaille dans un magasin de meubles, l’un des rares à être restés ouverts.
« Maintenant, il est plus difficile de trouver du travail » déplore Issa qui est inscrit à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Son petit salaire en tant que travailleur non qualifié doit le nourrir avec ses trois plus jeunes enfants et ses vieux parents.
Les officiels de la sécurité israélienne disent que le mur protège les gens en Israël contre les attaques des militants, mais reconnaissent que le tracé tient compte des colonies. Une fois terminé, le mur entourera Mas’ha sur trois côtés.
Une enclave : ‘Azzun ‘Atma
Sur l’autre côté de ces colonies, à l’ouest, s’étend ‘Azzun ‘Atma, une ville de plusieurs milliers d’habitants qui n’est plus qu’une enclave du fait du tracé du mur. L’accès au village se fait par une porte tenue par l’armée israélienne. Environ huit familles se sont retrouvées séparées du reste du village par une route contrôlée par les Israéliens.
« Le fait de ne pas avoir un accès assuré aux services de soins d’urgence de nuit par cette porte du mur est le plus grand problème. Les femmes sont les plus exposées » dit Rosemary Willey-Asana’, d’OCHA Jérusalem. Par exemple, elles doivent choisir entre accoucher à domicile ou partir du village durant la dernière période de leur grossesse pour éviter le mur.
Selon Shlomo Dror, porte-parole du ministère de la Défense israélien, l’armée a cherché à « assurer des solutions aux inquiétudes d’ordre humanitaire » et il n’y a aucun problème d’accès aux soins. Les portes sont ouvertes à tout moment en cas de nécessité, a-t-il ajouté.
De nombreux Palestiniens en « zone fermée » ont besoin d’autorisation pour rester dans leur maison et dans leur village [où ils vivent depuis des générations, voire des siècles - ndt]. De même, les fermiers doivent obtenir un permis pour pouvoir se rendre sur leurs terres, ces permis sont contingentés dans le cadre de prévisions déterminées par l’Administration civile.
Dror indique qu’il y a plus de 60 portes dans le mur pour permettre l’accès aux terres agricoles. Selon lui, l’armée œuvre à l’amélioration des portes et à assurer les fermiers d’avoir le bon permis.
Pourtant, un officiel de l’UNRWA qui a étudié le système déclare : « Les portes n’ont jamais été conçues pour permettre une solution humanitaire globale. » Il note que, dans certains secteurs, les besoins essentiels des résidents ne peuvent être satisfaits et que les portes, « dans certains cas, sont des lieux totalement arbitraires ».
Cet article a été publié par IRIN, service d’informations sur l’action humanitaire, qui a une ligne rédactionnelle indépendante et ne reflète donc pas nécessairement le point de vue des Nations unies ou de ses agences. IRIN est un projet du bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unis (OCHA).
District de Qalqilya. Au sud, ’Azzun ’Atma et Mas’ha.
Sur le même sujet :
un article sur le site du Palestinian Agricultural Relief Committees : "La vie en cage : les enclaves palestiniennes".
Qalqilya - 26 juillet 2007 (IRIN) - Publié le 28 juillet 2007 sur The Electronic Intifada -
[Traduction : Info-Palestine.net]
29 juillet 2007
Recherché pour crimes contre l’état
dimanche 29 juillet 2007 Interview Azmi Bishara - The Guardian
Recherché pour crimes contre l’état
Durant plusieurs années, Azmi Bishara était l’une des voix les plus importantes représentant les 1,5 millions d’Arabes vivant en Israël. Mais maintenant il est un fugitif, affrontant quelques unes des plus sérieuses allégations jamais faites contre un député israélien. Qu’est ce qui s’est passé ? Dans une rare interview, il parle à Rory McCarthy.
Quand la guerre a éclaté au Liban l’été dernier, il y a eu peu de voix dissidentes en Israël. Des sondages publics montraient un soutien public sans précédent au conflit. Des politiques et des experts remplissaient les studios de télévision pour argumenter qu’Israël se battait pour sa survie dans sa guerre pour supprimer le Hezbollah.
Mais un député israélien voyait les choses différemment. Il a écrit que le Hezbollah était un mouvement de résistance se battant dans une guerre menée par un gouvernement israélien dirigé par « des médiocres, des lâches et des opportunistes » qui étaient responsables d’un « vandalisme barbare et du ciblage délibéré des civils ».
Après une dizaine d’années comme député dans le Knesset, Azmi Bishara, politicien, auteur et académicien, s’était forgé une réputation du personnage politique le plus critique émergeant de la minorité arabe d’Israël. Peu après la fin de guerre, Bishara et une poignée de députés de son parti politique « Balad » ont voyagé en Syrie et au Liban, tous les deux des « états ennemis », où il a continué à dénoncer son gouvernement. Il n’avait pas à attendre longtemps pour une réaction : en septembre, le procureur général israélien demanda à la police de commencer une enquête criminelle.
Ce n’était pas la première enquête dans les activités de Bishara ; il n’était donc pas surpris quand six mois plus tard il était convoqué au commissariat de police de Petah Tikya, proche de Tel Aviv, pour un interrogatoire. Par deux fois il a rencontré deux officiers de police, et puis il est parti pour, ce qu’il insiste à dire, une tournée de conférences prévue à l’avance en Jordanie.
C’était seulement après son départ que les enquêteurs ont laissé passer des détails de l’affaire dans la presse israélienne. Bien que Bishara n’ait pas été inculpé, il s’est avéré qu’il était sous enquête pour blanchissage d’argent, contact avec un agent étranger, fourniture d’informations à l’ennemi et, plus sérieusement, assistance à l’ennemi durant la guerre - une charge qui peut être sanctionnée par la peine de mort.
Ce sont quelques unes des plus sérieuses allégations jamais portées contre un député israélien et qui signifient effectivement que Bishara doit soit rester en exil à l’étranger soit rentrer pour affronter la perspective d’une condamnation à une longue peine de prison, voire pire. Mais Bishara est aussi le plus important défenseur des droits politiques des Arabes en Israël et les investigations ont montré un clivage grandissant dans la société israélienne entre la majorité juive et la minorité palestinienne de 20%.
Bishara n’est pas retourné chez lui. En avril il a remis sa démission de la Knesset à l’ambassade israélienne au Caire. Maintenant il vit avec son épouse et leurs deux enfants dans un appartement d’un ami à Amman en Jordanie.
« L’action symbolique de me faire venir au procès et de me condamner - ils le cherchent. Je sais qu’ils le cherchent, » dit-il dans une rare interview au Guardian. « Je ne vais pas les laisser faire ; je suis toujours deux pas en avance. » Il s’assoit dans le sofa, vêtu d’un tee-shirt et d’un pantalon chinos avec son téléphone mobile posé sur une table à café. Sur un bureau derrière lui, il y a un PC portable et le brouillon d’un nouveau livre qu’il est en train d’écrire sur la démocratie dans le monde arabe.
Bishara dément l’accusation qu’on lui fait et argumente que la vraie raison de l’enquête n’est pas ses actions durant la guerre contre le Liban mais c’est son appel tenu de longue date et largement diffusé pour un changement fondamental dans la nature de l’état israélien : c’est sa croyance que le pays ne doit plus être un état juif mais doit protéger les droits des Arabes et devenir un « état pour tous ces citoyens ».
« Ils veulent condamner toute mon idéologie politique et la présenter comme une simple couverture pour un autre type d’activité qui n’existe pas », dit-il.
En mars, le journal très populaire Yedioth Ahronoth a publié une histoire rapportant que suite à des mises sous écoute téléphonique effectuées par le Shin Bet, les services de renseignements israéliens, on a enregistré des conversations de Bishara durant la guerre. L’histoire a dit qu’il avait parlé à des « contacts du Hezbollah » et les avait dirigés vers des « cibles optimales pour leurs missiles ». Le journal a aussi affirmé qu’il avait obtenu des « centaines de milliers de dollars en liquide » via des agents de change à Jérusalem Est, en utilisant des mots de code comme « livre » qui voulait dire 50000 dollars selon le journal, « anglais » qui voulait dire dollars, et « hébreu » qui voulait dire shekels.
Le journal a rapporté que « les enquêteurs avaient déclaré qu’ils savaient que Bishara utilisait des mots de code parce qu’il soupçonnait qu’il était mis sous écoute ; ils avaient dit qu’ils avaient éclaté de rire quand Bishara avait placé un ordre pour un ‘demi livre en anglais’, voulant dire 25000 dollars ».
Bishara insiste que les allégations sont fausses ; il dit qu’il n’a parlé à personne du Hezbollah durant la guerre. « Est-il vrai que j’étais au téléphone ? Oui, et les gens écoutaient. Mais parlais-je au Hezbollah ? La réponse est non ». Il a effectivement parlé à des politiciens et des journalistes en Syrie et au Liban, mais il dit qu’il n’avait pas d’informations secrètes à leur fournir. « Nous n’avons pas ce genre d’informations à passer à personne, » ajoute-t-il. « Qu’est ce que je pouvais dire qui n’était pas dans les médias ? C’est incroyable. Ce n’est pas sérieux du tout ».
Les allégations sur le blanchissage d’argent, il dit, sont des « sottises », et quand il a utilisé le mot « livre » dans ses conversations téléphoniques avec un agent de change, il dit qu’il parlait à propos des livres qu’ils s’étaient prêtés l’un à l’autre. « C’était à propos de livres, vraiment à propos de livres. Il continuait à me prendre des livres et à m’en donner. C’est un vrai collectionneur de livres. Il lit. Mais c’est tout », explique-t-il. « C’est toute une affaire de tourner une activité politique, idéologique et intellectuelle en une suspicion sécuritaire ».
Bishara est un catholique roman et un gauchiste, né dans une famille de classe moyenne à Nazareth. Son père était un inspecteur de santé, un syndicaliste et un moment communiste ; sa mère était une enseignante. Durant la guerre de 1948 quand des centaines de milliers de Palestiniens avaient fui ou étaient forcés de quitter leurs maisons, la famille de Bishara était restée dans le pays qui est devenu Israël.
Bishara a étudié aux universités hébraïque et de Haïfa, et ses relations avec le parti communiste lui ont offert la possibilité de réaliser un doctorat en Philosophie à l’université de Humboldt à Berlin-est dans les années 80. Comme la plupart des Arabes en Israël, il rejette les définitions de l’establishment et décrit sa nationalité comme simplement un Palestinien arabe.
Né dans une ville israélienne huit ans après la création de l’état d’Israël, il porte la nationalité israélienne, ce qui fait de lui un membre de la minorité arabe de 20% du pays et lui donne le droit à voter et de se présenter aux élections parlementaires. Il peut remonter dans son arbre généalogique à des centaines d’années à un village au nord de Nazareth, dans ce qui est aujourd’hui le nord d’Israël.
Avant sa démission, son parti politique « Balad » avait quatre sièges au Knesset dans un pays où beaucoup d’Arabes israéliens ont tendance à voter pour les partis politiques les plus importants, notamment le parti travailliste - actuellement participant à la coalition gouvernemental.
Même Bishara reconnaît qu’il n’y a pas de large soutien populaire pour ses idées parmi sa propre communauté. Un sondage d’opinion en début de cette année a montré que les trois-quarts des Arabes israéliens soutiendraient une constitution décrivant Israël comme un état juif et démocratique.
Cependant, dans les derniers mois, cela a commencé à changer. Tout d’abord, le racisme contre les Arabes en Israël augmente selon au moins un récent sondage. Dans une enquête pour le Centre Contre le Racisme, un sondage parmi les Juifs israéliens a trouvé que plus que la moitié croyait que c’est une trahison pour une femme juive de se marier avec un homme arabe ; 40% disaient que les Arabes ne devraient plus avoir le droit de voter dans les élections parlementaires ; et 75% s’opposaient à ce que les immeubles d’habitation soient partagés entre Juifs et Arabes.
En même temps, de plus en plus d’Arabes israéliens importants adoptent des idées similaires à Bishara et proposent ce qui est un défi fondamental à la nature juive de l’état. Quatre documents séparés ont émergé depuis décembre, chacun présentant un cas similaire.
Adalah, un groupe pour les droits de l’homme (Adalah, ‘Justice’ en Arabe, est un groupe palestinien basé en Israël pour la défense des droits la minorité arabe en Israël, ndt.), a publié une version préliminaire de constitution qui stipulait qu’Israël devrait être défini non pas comme un état juif mais comme un « état démocratique, bilingue et multiculturel. » Il appelle à mettre une fin à la Loi du Retour, qui donne la nationalité automatiquement à toute personne avec au moins un grand-parent juif, et il appelle Israël à « reconnaître ses responsabilités pour les injustices passées subies par le peuple palestinien ».
Puis, plutôt ce mois, dans une remarquable interview avec le journal Haaretz, Avraham Brug, un précédent porte-parole juif du Knesset et précédent Président de l’Agence Juive, a exprimé sa propre dénonciation de la structure d’Israël. « Cela ne peut plus marcher, » il a déclaré. « Définir l’état d’Israël comme un état juif est la clé pour sa fin. Un état juif est explosif. C’est de la dynamite. » Burg a aussi appelé pour un changement de la Loi du Retour et était très critique vis-à-vis de ce qu’il appelait le « Sionisme conflictuel » d’Israël.
Pour Bishara, de tels commentaires ne font que renforcer Ces idées qui sont les siennes de longue date. « Tout est commenté comme s’il y avait un éléphant dans la chambre et que personne ne voulait en parler : il s’agit d’un état pour tous ces citoyens », dit-il. « Mais l’idée a progressé. Cette idée maintenant est le vrai rival de l’état sioniste. C’est la première fois qu’on a un vrai défi ».
La Loi du retour, argumente-t-il, est un problème fondamental, comme l’est l’idée d’un état à la fois juif et démocratique. « Le problème avec cet état est qu’il ne peut garantir l’égalité. Il ne établir de séparation entre la religion et l’état et il aura toujours une mission idéologique qui l’empêchera de s’intégrer dans la région ou de servir ses citoyens ». Il décrit Israël comme une « démocratie coloniale ».
« Cette relation fondamentale entre un état et ces citoyens devrait être la citoyenneté, non pas l’affiliation ethnique ou religieuse », dit-il. « Qui est un citoyen en Israël ? Est-ce que mon cousin au Liban qui a quitté le pays en 1948 est autorisé à retourner ou pas ? C’est basique. Mais quelqu’un qui peut prouver que sa mère est juive, de Brooklyn - il peut venir ».
Cependant, la réalité est qu’il y a peu de chance pour que l’une de ces idées devienne une loi dans le proche avenir. Israël n’a pas de constitution et, bien qu’il y ait fréquemment des publications sur ce à quoi pourrait ressembler une version préliminaire, il demeure de grandes différences sur d’autres sujets au-delà des relations juives-arabes, notamment la lourde question sur la relation entre les Juifs religieux et laïcs.
Il y a eu une sévère réaction à ce défi idéologique. Yuval Diskin, le chef du Shin Bet, a été cité plutôt cette année comme mettant en garde qu’une radicalisation de la minorité arabe israélienne était une « menace stratégique à l’existence de l’état ». En mars, un député de la droite a proposé un projet de loi à la Knesset qui demanderait dans l’avenir à tous les députés de prêter serment de loyauté à Israël comme état juif et à son hymne national et son drapeau.
« Nous devons tout faire pour conserver Israël comme un état juif », a déclaré Arnon Soffer, chef du département de Géostratégie à l’université de Haïfa et principal défenseur de l’idée que les Arabes israéliens et les Palestiniens constituent une « menace démographique » pour les Juifs. « Il est clair pour moi que devenir une minorité dans cette région est la fin du peuple juif, du rêve juif, de l’état juif », a-t-il déclaré. « Ils utilisent des mots comme ‘démocratie’, mais s’ils sont au pouvoir, c’est la fin de la démocratie. Nous devons arrêter d’être des naïfs ».
Bishara n’accorde pas de considération à ceux qui prétendent que les Arabes ont déjà suffisamment de droits en Israël - notamment la citoyenneté, le droit de vote et le droit de s’exprimer librement. Ce ne sont que des concessions, dit-il. « Vous avez pris la terre et m’avez donné la liberté de parole ». « Qui gagne ici ? Révisons l’accord. Prenez votre liberté de parole et rendez-moi la Palestine. Qu’en pensez-vous ? »
Plus longtemps durera le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens , explique-t-il, plus les Arabes israéliens et les Palestiniens dans les territoires occupés vont se rapprocher et l’argument pour un seul état binational deviendra plus fort, un argument qu’il privilégie clairement.
« Si cela continue comme maintenant, à la fin les questions des Arabes en Israël et des Palestiniens en Cisjordanie et dans Gaza vont fusionner », argumente-t-il. « Binational signifie que les Arabes devraient aussi reconnaître que les Juifs sont une nationalité. Cela ne veut pas dire la destruction de l’état. Cela veut dire que deux entités politiques devront vivre ensemble. C’est un grand compromis ».
Interview réalisée par Rory McCarthy
24 juillet 2007 - The Guardian - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.guardian.co.uk/g2/story/...
Traduction de l’anglais : IA
Les enfants palestiniens sont maltraités et torturés dans les prisons israéliennes
Les enfants palestiniens sont maltraités et torturés dans les prisons israéliennes
dimanche 29 juillet 2007
Saed Bannoura - DCI
Un rapport publié par Defense for Children International (DCI), intitulé "Enfants derrière les Barreaux", constate qu’en 2006 et au cours du premier semestre 2007, la grande majorité des enfants appréhendés par les forces israéliennes a été emprisonnée.
Seuls 3 à 5% des enfants enlevés ont eu le droit à une mise en liberté sous caution en attendant leurs procès.
DCI a également noté que plus de 99% des enfants ont tenté de plaider coupable et la petite minorité qui a plaidé non-coupable a été en suite déclarée coupable et condamnée
L’organisation des droits de l’homme attire l’attention sur des articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour souligner que les individus accusés ont le droit d’être présumés innocent jusqu’à ce que l’on prouve leur culpabilité.
DCI déclare que les enfants ont admis les charges portées contre eux après des périodes prolongées d’interrogation, qui se sont produites avant leur parution devant la cour.
Le rapport inclut des témoignages personnels d’enfants qui dénoncent les abus physiques et sexuels qu’ils ont subi entre les mains de l’armée israélienne et les mauvais traitements pendant des périodes prolongées d’interrogation.
A la fin des interrogatoires, les enfants doivent signer des papiers, sans savoir ce qu’ils signent.
Maltraitance
Un enfant, Rashed Radwa, se souvient qu’il a été battu alors qu’il avait les yeux bandés. Il a été ensuite maltraité pendant dix heures dans le froid. On lui a alors demandé de signer des papiers en Hébreu et quand il a refusé, son interrogateur a cogné la tête contre un bureau
Le rapport déclare que "la police israélienne, l’armée israélienne et le personnel des services secrets israéliens effectuent quotidiennement des arrestations et des interrogatoires d’enfants palestiniens. Les arrestations et les interrogatoires consécutifs ont lieu dans les centres de détention, à l’écart de toutes règlementations, procédures ou lois transparentes, ce qui donne de larges pouvoirs au personnel de l’armée israélienne pendant cette phase."
L’ordre militaire israélien n° 378 déclare qu’un enfant palestinien peut être détenu par un simple soldat non gradé ou un par un officier de police israélienne pendant 96 heures.
Suite à cela, un enfant peut être détenu pour interrogatoire pendant 8 jours.
La période de détention peut alors être prolongée par un juge de l’armée pendant 90 jours et, ensuite, par un juge de la cour d’Appels pour 3 mois additionnels
Torture
DCI note que "Un aspect fondamental de la phase d’interrogatoire est l’utilisation de formes particulières de torture et de mauvais traitement".
Les déclarations des enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, relatées par Defense for Children International dans cet article, illustrent les différents types de méthodes employées.
Le rapport reprend les articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme déclarant que personne ne devraient être sujets à la torture.
Assem Lufti Abdel Lattif Khalil, 16 ans, raconte son expérience de torture entre les mains des soldats israéliens. Il a été battu et maltraité dehors sous la pluie. Il a passé 40 jours dans un centre d’interrogatoire.
Un jeune de 15 ans dit qu’il a été abusé sexuellement et frappé à plusieurs reprises sur des endroits sensibles du corps.
DCI indique : "L’effet global de tout cela est l’érosion et la réduction virtuelles des droies accusés palestiniens pendant la phase d’arrestation et d’interrogatoire. Un enfant palestinien en état d’arrestation et pendant l’interrogatoire n’a pas le droit de parler ; d’un accès libre et immédiat à un avocat ; d’être conseillé de ses droits alors qu’il est arrêté et interrogé ; de ne pas être agressé, maltraité ou torturé ; d’avoir un contact avec un membre de se famille ou de quelqu’un qui le soutienne et ; d’être présumé innocent."
• Témoignage de Muss’ab Abed Al Basset Abdullah Abu Rayah, 15 ans, Camp d’Al Aroub, Prison d’Ofer le 12 Juin 2007
J’ai été arrêté par des soldats israéliens le 24 mai 2007 près du Collège d’Al Aroub. Lors de l’arrestation, les soldats m’ont donné des coups de poing. Ils m’ont cogné au ventre et aux épaules et après ils m’ont mis dans leur jeep. Pendant le transfert, ils m’ont bandés les yeux et menotté. Ils m’ont giflé.
Le transfert a duré une demi-heure jusqu’à ce que nous ayons atteint Khirbit Sor et là j’ai été encore frappé. Un des soldats me frappait dans le dos et il me posat des questions sans interruption et quand je ne répondais pas, il me frappait au visage. Il a continué à me poser à des questions pendant une demi-heure.
J’ai été ensuite transféré au centre de détention d’Atzion où j’ai été interrogé pendant une heure et l’interrogateur m’a montré des photos de quelqu’un qui lançait des pierres et de la peinture.
Vers le coucher du soleil, ils m’ont transféré dans un site militaire, je ne sais pas quel est le nom de cet endroit. J’ai passé toute la nuit dehors. Chaque soldat qui passait me frappait et je n’ai pas dormi du tout.
J’ai été interrogé en Hébreu et il y avait un soldat qui traduisait pour moi. J’ai signé des papiers mais je ne connais pas la teneur de ces papiers. Ils m’ont informé qu’ils contenaient ma confession sur le jet de pierres et le lendemain, ils m’ont transféré à la prison d’Ofer.
Nous étions 24 prisonniers, des enfants et un adulte sous une tente.
26 juillet 2007 - Imemc - traduction : MG pour ISM
Le Fatah bloque une initiative du Conseil de Sécurité
Emblème du Fatah
Crise humanitaire à Gaza :
Le Fatah bloque une initiative du Conseil de Sécurité
dimanche 29 juillet 2007
Shlomo Shamir - Ha’aretz
Le Qatar, membre du Conseil de Sécurité, a proposé au moins deux versions d’une déclaration présidentielle portant sur la crise humanitaire à Gaza ; une déclaration n’est pas contraignante et a valeur symbolique, mais sa publication requiert l’accord des 15 membres du Conseil ; un diplomate occidental : « C’est une situation absurde » ; également retardée, la publication d’une déclaration présidentielle appuyant le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la Résolution 1701 (Cessation des hostilités et retrait des forces israéliennes du Liban) - NdT.
La délégation palestinienne à l’ONU bloque une initiative devant exprimer la préoccupation du Conseil de Sécurité devant la crise humanitaire à Gaza. De hauts responsables au quartier général des Nations Unies à New York ont fait savoir aujourd’hui (vendredi) que la délégation palestinienne à l’ONU avait œuvré ces derniers jours avec obstination et décision dans le but de faire échouer le processus au terme duquel le Conseil de Sécurité devrait lancer une déclaration présidentielle comprenant une prise de position critique et le ressentiment du Conseil face à la situation humanitaire difficile que connaît la Bande de Gaza.
Une déclaration présidentielle constitue l’une des modalités de réaction du Conseil de Sécurité avant l’adoption d’une résolution. En deçà, il y a le communiqué de presse émanant de la présidence du Conseil. Une déclaration présidentielle n’est pas contraignante et a une portée symbolique. Néanmoins, la publication d’une déclaration présidentielle requiert l’unanimité des 15 membres du Conseil et est considérée comme l’expression du consensus au sein du Conseil de Sécurité qui constitue la structure centrale d’autorité de l’organisation mondiale.
Des rapports émanant quartier général de l’ONU montrent que le Qatar, membre du Conseil de Sécurité, a proposé au moins deux versions d’une déclaration présidentielle portant sur la crise humanitaire à Gaza. Le second et dernier projet relevait d’un effort du Qatar à satisfaire les Palestiniens. Néanmoins, d’après ces mêmes sources, la délégation palestinienne à l’ONU s’oppose à toute démarche du Conseil de Sécurité discutant de la situation à Gaza. « C’est une situation absurde », a dit un diplomate occidental à « Ha’aretz ». « Il est clair que la délégation palestinienne à l’ONU, affiliée au Fatah, a intérêt à ne pas mettre en lumière la situation à Gaza qui est sous le contrôle du Hamas », a-t-il dit. En même temps, on apprend que la publication de la déclaration résidentielle qui devrait manifester un appui au rapport du Secrétaire Général sur la mise en œuvre de la résolution 1701 est également retardée par l’hésitation de membres du Conseil de Sécurité à propos de la formulation proposée.
Pendant ce temps, l’émissaire du Secrétaire Général des Nations Unies au Proche-Orient, Michael Williams déclarait au cours d’un briefing avec les membres du Conseil de Sécurité, que l’ONU considérait la Bande de Gaza, qui est sous le contrôle du Hamas, comme une partie inséparable d’une seule et même entité politique palestinienne. Il a noté qu’ « à long terme, Gaza et la Cisjordanie ne pourront pas demeurer séparés, isolés ». Des diplomates ont indiqué, hier, que le rapport périodique remis par Williams contenait, pour la première fois depuis bien longtemps, « une composante d’optimisme », à propos de l’avenir des relations entre Israël et l’Autorité. Williams a appelé Israël à ouvrir le passage de Karni afin d’empêcher n’empire la situation humanitaire grave qui sévit dans la Bande de Gaza.
Shlomo Shamir - Ha’aretz (New York), le 27 juillet 2007
Traduit de l’hébreu par Michel Ghys











