Après 26h de détention, la "seule démocratie du Moyen-Orient" a fini par m'expulser. Israël ne me veut pas sur son territoire. Ma faute ? Vouloir travailler avec une ONG palestinienne en Cisjordanie. Je ne savais pas que dans une démocratie, il était possible d'être traité comme un criminel, d'être arrêté arbitrairement pour la simple et unique raison de vouloir se rendre en Palestine pour faire du volontariat. Tout est bon pour nier l'existence de la Palestine!
Pendant des heures, je fus trainé d'une salle d'interrogatoire à une autre. "Êtes-vous gay ?"/"Avez-vous été frappé par des arabes ?"/"Avez-vous des amis arabes ?" étaient les questions, je suppose pertinentes, qui me furent posées. Pertinentes ? Non. Ces questions reflètent simplement le racisme propre à l'Etat juif. Entre chaque interrogatoire, j'attendais dans une "wating room" peuplée, vous le devinerez, par des ressortissants des pays de l'est et par des arabes.
Une fois les interrogatoires terminés et l'ordre de quitter le territoire délivré ("si vous voulez revenir en Israël, il faudra faire une demande auprès de l'ambassade israélienne", manière sournoise de dire "vous ne reviendrez plus jamais", mais que cet Etat fasciste ne s'inquiète pas, je ne retournerai pas dans cette Afrique du Sud moderne), je suis amené en centre de détention, en prison. Nous sommes parqués à six dans une cellule en attendant notre vol de retour. J'attendrai dans cette cellule jusque le lendemain, 15h30, heure à laquelle je serai conduit par la sécurité israélienne jusqu'aux portes de l'avion. Je ne récupererai mon passeport qu'une fois arrivé à Bruxelles, par la police belge m'attendant à la sortie de l'avion pour me conduire au poste de police. De mon arrivée à l'aéroport de Tel-Aviv jusqu'au poste de police de Zaventem, je serai traité comme un criminel. Je ne témoigne pas pour moi : je suis rentré en Belgique, je vais bien. Je témoigne pour tous les Palestiniens qui, au quotidien, vivent ces humiliations, subissent la haine de cet Etat fasciste commercialisant la Shoah pour justifier ces actes. L'Etat israélien est un Etat rasciste, prônant un apartheid. Chaque jour, des Palestiniens sont assassinés par Tsahal, chaque jour, la communauté internationale ferme les yeux. A-t-elle eu la même attitude avec l'Allemagne nazie ? Avec l'Afrique du Sud sous apartheid ? Bien sûr que non !!! La communauté internationale a sur ses mains, le sang des milliers des Palestiniens tués depuis 1948. Je n'ai été expulsé que d'un pays, je ne pourrai y retourner. Ce n'est pas grave. Ce qui l'est, ce sont les milliers de Palestiniens expulsés de chez eux par cet Etat colonisateur et toujours, sous les yeux de tous. De tout temps, le monde a vu des dictatures, et toujours, elles s'effondrent. Israël, ce n'est qu'une question de temps !
Vive la Palestine! From the river to the sea!

 

Comment le stage de Simon en Palestine a tourné au vinaigre

S. M. Publié le vendredi 05 février 2016

Monde Simon Franssen n’a jamais passé les douanes et a vécu 26 heures de calvaire.

Simon Franssen, étudiant en troisième année de coopération internationale à la Haute École de la Province de Namur, a vécu une triste mésaventure fin janvier. Il devait se rendre en Palestine pour y effectuer un stage de trois mois prévu dans son cursus, au profit d’Addameer, une ONG qui défend les droits de l’homme et des prisonniers politiques. Mais il n’a jamais été plus loin que le contrôle des douanes. "La Palestine n’était pas vraiment conseillée par mon école. Mais pour moi, Ramallah n’est pas plus dangereuse que Bogota. Après avoir réalisé toutes une série de démarches, tout était normalement en ordre pour passer un bon stage. J’ai décollé le 31 janvier à 9h35 de Zaventem pour arriver à Tel Aviv à 13h30, heure belge. Je devais passer la soirée à Jérusalem pour me rendre le lendemain à Ramallah. Mais je n’ai jamais quitté la douane", explique-t-il.

Le début de 26 heures de calvaire. Interrogé, Simon a dans un premier déclaré être venu pour y faire du tourisme. "Si j’avais dit ouvertement que je venais pour du volontariat, je n’aurais d’office pas été plus loin. Et puis, je n’étais pas rémunéré. Lorsque j’ai dit que j’étais là pour une durée de trois mois, ça a bloqué."

Finalement, Simon a été envoyé dans une salle d’attente et a subi plus de huit heures d’interrogatoire. "Trois différents. Le premier s’est bien passé, les questions étaient simples. Au deuxième, j’ai rapidement compris la tournure qu’allaient prendre les événements. On m’a demandé si j’étais gay, si j’avais déjà été frappé par un Arabe, si j’avais des amis arabes, etc. On m’a dit que j’aurais de gros soucis si je mentais. Lors du troisième interrogatoire, mon GSM, ma boîte mail et mes conversations personnelles Facebook ont été fouillés."

Dès cet instant, l’étudiant namurois savait que c’était peine perdue. Après avoir récupéré sa valise - qui a également été fouillée - il a été placé dans un centre fermé durant dix-huit heures. "J’étais avec cinq personnes dans une petite cellule. Des barreaux occultaient la fenêtre. Le même principe que le 127bis. Les gardiens nous ouvraient pour aller prendre l’air mais cela se faisait toujours sous surveillance."

Finalement, Simon a embarqué à 16 h, heure locale, direction la Belgique où un dernier contrôle de routine l’attendait.

Sa mésaventure, il l’a contée sur Facebook. Elle a déjà été partagée plus de 130 fois. Ce vendredi, il s’envolera vers Dakar (Sénégal) pour y effectuer son stage, trouvé en dernière minute. "À la base, je n’étais que de passage en Israël mais ils ont purement refusé que j’aille en Palestine. Ce message avait surtout pour but de montrer ce que la Palestine vit depuis 70 ans. Je suis enchanté d’aller à Dakar mais ce stage n’aura pas la même saveur."

 

L'Ambassade d’Israël en Belgique se dit "pas informée"

"Nous n’avons pas été informés de cette affaire mais nous pouvons néanmoins vérifier et nous renseigner. Ce genre de cas est déjà arrivé par le passé mais c’est tout de même extrêmement rare, à moins que l’ONG concernée pose des problèmes en matière de sécurité. Néanmoins, Israël, comme tous pays, se réserve le droit de laisser passer ou refuser des personnes sur son territoire."

Source

Une Belge installée en Palestine témoigne: "Notre vie est complètement contrôlée par l’occupation"