Agrexco en liquidation judiciaire
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Agrexco en liquidation judiciaire
Par Carine Alazet
L'un des bateaux de la société Agrexco à quai, dans le port de Sète.
Pour le Conseil Régional, en charge du port de Sète, Agrexco était le client idéal pour relancer l'activité portuaire en net déclin depuis des années.
La société israélienne disait même vouloir faire de Sète son port principal. Ce qui aurait induit la création d'au moins 200 emplois.
Dans cette perspective, la Région a financé un nouveau portail de déchargement adapté notamment aux bateaux d'Agrexco.
Livré en juillet dernier, il a coûté 6 millions d'euros et risque maintenant d'être longtemps sous-utilisé. De même que le hangar réfrigéré de 15 000 mètres carrés inauguré cet été.
Depuis l'annonce de la venue de la société israélienne à Sète, un collectif anti-agrexco n'a cessé de manifester son opposition. D'une part parce que les fruits et légumes exportés provenaient pour partie des territoires palestiniens occupés par Israël, et d'autre part parce que, selon leurs renseignements, cette société leur semblait peu fiable, surtout friande de subventions publiques. Des arguments qui n'ont pas convaincu les responsables politiques régionaux.
Le tribunal de Tel Aviv a donc prononcé mardi 30 août la liquidation judiciaire d'Agrexco. L'espoir d'un repreneur est mince.
Il y en a bien un, le groupe israélien Kislev, mais selon nos informations, même si le rachat va jusqu'à son terme, le port de Sète n'entre pas dans les projets du groupe. Kislev envisagerait de licencier 80% des employés actuels et regrouperait ses activités européennes en Angleterre.
Par Coalition contre Agrexco
« Aujourd’hui, ce n’est pas une inauguration mais ce jour, ce grand jour, viendra ! » déclarait le 21 janvier 2010 C. Bourquin, Président de Région invité par le CRIF sur le bateau Agrexco à Sète. Ce grand jour est venu : Mardi 30 août 2011, le tribunal de Tel Aviv a ordonné la mise en liquidation des actifs de l'entreprise Agrexco qui disparaît de la scène.
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Cette mise en échec du projet de la Région est un triple désaveu :
- Désaveu dʼune approche économique qui prône la libre concurrence au mépris des valeurs et qui nʼhésite pas à commercer avec un état colonisateur.
- Désaveu dʼune approche économique qui privilégie les entreprises de lʼagrobusiness au détriment du développement des paysans de la Région.
- Désaveu dʼun type de développement qui se fait au mépris des impératifs écologiques (acheminement de marchandises à des milliers de KM à des coûts énergétiques et de pollution élevés).
Répondant à lʼappel du BNC (Comité National Palestinien de Boycott), la Coalition contre Agrexco, qui rassemble 105 organisations (Partis, syndicats et associations) sʼopposait depuis mai 2009 à la venue à Sète de cette entreprise.
La campagne de boycott dʼAgrexco menée en France et en Europe avec les Palestiniens du BNC est à lʼorigine des difficultés financières (baisse des parts de marché en Europe en 2010) qui ont coulé lʼentreprise israélienne.
30 août 2011
Coalition contre Agrexco