FREE PALESTINE
31 août 2026

!! Génocide à Gaza: J 1059 !! Selon les experts, un «tsunami» d’émigration redessine l’avenir d’'Israël'

 

 

 

De plus en plus d’Israéliens quittent le pays à l’approche d’élections cruciales prévues dans les prochains mois, inversant une tendance qui avait soutenu 'Israël' pendant des décennies

 

 

Une étude publiée ce mois-ci par l’administration fiscale israélienne s’ajoute à une série de rapports suggérant qu’à mesure que le gouvernement israélien devient plus radical et plus ancré à droite, un nombre croissant d’Israéliens — généralement parmi les plus instruits et les plus aisés — fuient un pays que beaucoup disent ne plus reconnaître.

 

L’étude a révélé que l’émigration était non seulement plus élevée en 2023 et 2024 que les années précédentes, mais aussi que les émigrants appartenaient à des tranches d’imposition plus élevées.

 

De nombreux Israéliens qui se définissent comme libéraux estiment que le gouvernement du 1er ministre Netanyahu a rendu le pays moins laïque et affaibli l’indépendance de ses institutions, en particulier celle du pouvoir judiciaire.

 

Les efforts du gouvernement visant à affaiblir le contrôle judiciaire en 2023 ont poussé des dizaines de milliers d’Israéliens à descendre dans la rue pour protester contre ce qu’ils considéraient comme une tentative de transformer fondamentalement la nature de leur pays.

 

L’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 et la réponse qui s’en est suivie ont accentué les inquiétudes de l’élite israélienne éduquée sur  la nature même du gouvernement. 'Israël' a de fait déclenché un génocide à Gaza, tuant plus de 73.500 Palestiniens, tout en menant des guerres sur plusieurs fronts dans la région. Si de nombreux Israéliens ne sont pas nécessairement opposés à ces guerres sur le principe, leur caractère sans fin apparente, ainsi que l’incapacité du gouvernement à obtenir les victoires qu’il avait promises, entretiennent chez beaucoup d’entre eux le sentiment d’être prisonniers d’un cycle de conflit permanent.

 

Une enquête menée en août par l’Université de Tel-Aviv a également conclu que l’ampleur de l’émigration augmentait, la majorité des personnes quittant le pays étant parmi les plus instruites et les plus prospères.

 

Près de 270.000 Israéliens ont quitté le pays au cours des trois dernières années, selon cette étude, qui s’appuie sur des données du Bureau central des statistiques. Plus de 86.500 Israéliens sont partis en 2023, suivis d’environ 91.500 en 2024, puis d’un nombre similaire en 2025.

 

'Israël' fait face à un «tsunami» d’émigration, a averti Gilad Kariv, membre de l’opposition et président de la commission parlementaire israélienne chargée de l’immigration, de l’intégration et des affaires de la diaspora. Selon lui, le gouvernement ne fait rien pour remédier à cette situation.

 

 

Stigmatisation

 

Les analystes et observateurs ont souvent souligné le sentiment de stigmatisation qui accompagne ceux qui quittent 'Israël'. Beaucoup d’Israéliens, en particulier ceux situés à droite de l’échiquier politique, considèrent instinctivement l’immigration vers 'Israël' comme une aspiration naturelle des juifs du monde entier.

 

Dans les années 1970, l’ancien 1er ministre Yitzhak Rabin avait qualifié les Israéliens quittant le pays de «ribambelle de mauviettes», une expression reprise par la suite dans différents courants de la politique israélienne. La terminologie utilisée pour parler de migration comporte en elle-même un jugement de valeur: aliyah, le terme hébreu désignant l’immigration juive vers 'Israël', signifie «ascension», tandis que les émigrants sont traditionnellement appelés yordim, «ceux qui descendent».

 

Le solde migratoire d’'Israël' s’est déjà trouvé dans le négatif, mais seulement sur de courtes périodes, souvent en réponse à des crises économiques de courte durée, explique le démographe et statisticien israélien Sergio DellaPergola. D’autres pays, comme l’Irlande et la Nouvelle-Zélande, ont également connu des périodes où l’émigration dépassait l’immigration. Mais, selon lui, un flux sortant aussi important et durable est particulièrement préoccupant pour 'Israël'.

 

«Cette fois-ci, le rôle joué par l’économie n’est pas clairement établi», a déclaré DellaPergola à Al Jazeera. «Il se peut que certains partent pour saisir des opportunités professionnelles individuelles, mais, dans une très large mesure, nous voyons des gens partir en raison d’un sentiment persistant d’incertitude concernant leur sécurité,  et de préoccupations quant à l’orientation politique du pays.»

 

DellaPergola estime que la place prise par des personnalités considérées comme «extrémistes» a approfondi la polarisation politique en 'Israël'. Il cite notamment l’exemple du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, qui a récemment appelé à l’assassinat de 30 à 40 Palestiniens à Gaza chaque nuit. Il soutient toutefois que ces figures sont avant tout des instruments de la stratégie politique de Netanyahu, plutôt que des forces indépendantes.

 

«Ne vous y trompez pas: ce sont tous des musiciens dans un orchestre dirigé par Netanyahu», a-t-il déclaré.

 

 

Une importance économique cruciale

 

Selon Michael Ben-Gad, professeur à City St George’s, University of London, il est essentiel de retenir les jeunes, les personnes instruites et les citoyens aux idées libérales pour maintenir la croissance dont dépendent des économies jeunes comme celle d’'Israël'.

 

Il rappelle les inquiétudes exprimées il y a des décennies par des économistes tels que Dan Ben-David, qui avait averti que l’avenir économique — et donc politique — d’'Israël' dépendrait de sa capacité à innover et à se développer.

 

Pourtant, alors que la demande de compétences dans les domaines de l’innovation et du développement atteint des niveaux sans précédent, les Israéliens les mieux qualifiés pour répondre à cette demande sont surreprésentés parmi ceux qui quittent le pays, selon une étude qualitative de Lilach Lev Ari, professeure spécialisée dans l’immigration et la démographie à l’Oranim College, dans le nord d’'Israël'.

 

«Le profil devient beaucoup plus spécifique, en particulier parmi ceux qui immigrent aux États-Unis», explique Lev Ari à propos de la récente vague d’émigrants. «De plus en plus, ce sont des jeunes familles très instruites et très performantes qui quittent le pays — en partie, selon beaucoup d’entre elles, à cause des réformes juridiques, de l’atmosphère sociopolitique et de la guerre.»

 

«Nous sommes en train de perdre des personnes compétentes, mais toutes ne partent pas», a-t-elle ajouté, tout en soulignant qu’il n’y avait pas lieu de paniquer. «Il s’agit cependant d’une vague croissante d’émigration qui dure depuis presque trois ans, et c’est un phénomène qui devrait nous alarmer.»

 

L’économiste politique Shir Hever partage l’idée que l’émigration massive depuis 'Israël' constitue une «évènement gigantesque», mais estime que de nombreux Israéliens abordent le problème sous un mauvais angle.

 

Selon lui, une grande partie du débat s’est concentrée sur le départ de professionnels très rémunérés et très visibles, comme les médecins, alors que l’on accorde trop peu d’attention aux infirmiers et aux autres personnels essentiels, dont la perte pourrait être tout aussi dommageable.

 

L’importance accordée au développement et à la technologie révélerait également, selon lui, quelque chose de plus fondamental sur la nature de l’État israélien.

 

«Les économistes israéliens aiment dire que la survie de l’État israélien dépend de sa capacité à conserver son avance dans la recherche et le développement. Mais pourquoi? Pourquoi cela serait-il vrai alors que ce n’est pas le cas pour d’autres États, comme la Roumanie?»

 

«Peut-être que cela n’est vrai que parce qu’'Israël' a besoin de cette avance, parce qu’il s’agit, en fin de compte, d’un projet de colonisation.»

 

 

Simon Speakman Cordall -

20.08.26

Source: Agence Medias Palestine

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