!! Génocide à Gaza: J 1046 !! Le 'Conseil de la paix' est un échec et devrait être supprimé.
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"La question palestinienne devrait être ramenée dans le cadre des Nations unies et réancrée dans le droit international"
Il y a peu, le président américain Donald Trump a annoncé que le Hamas avait accepté de déposer les armes et de passer à la phase suivante de l’accord de 'cessez-le-feu' à Gaza. Cette annonce a été accueillie favorablement par différents acteurs régionaux; le président américain l’a qualifiée d’«accord historique».
Le problème est que ce désarmement a peu de chances d’avoir lieu. En effet, le Hamas a clairement indiqué que la remise de ses armes ne se ferait qu’à condition qu’'Israël' respecte les obligations qui lui incombent dans le cadre de cet accord, ce que ce dernier n’a pas fait depuis sa signature en octobre dernier. Le Conseil de la paix, organe chargé de superviser le 'cessez-le-feu' et la reconstruction de Gaza, ne fait rien pour pousser 'Israël' à se conformer à ses engagements.
C’est l’un des nombreux échecs de cette instance, qui n’a guère de résultats à présenter après six mois d’existence. Elle ne dispose ni des pouvoirs, ni des moyens financiers, des mécanismes d’application, de la légitimité juridique au sein du système juridique international nécessaires pour remplir le mandat qu’elle s’est elle-même fixé. Loin d’ouvrir la voie à une désescalade, elle a donné l’illusion d’un progrès diplomatique qui sert de couverture politique à la poursuite du génocide israélien à Gaza.
La seule façon d’avancer serait de dissoudre ce conseil et de restituer cette responsabilité aux Nations unies.
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Le Conseil de la paix a été créé en vertu de l’article 9 du plan de paix en 20 points proposé par Trump pour Gaza en octobre dernier. Son mandat consiste à superviser un organe technocratique palestinien temporaire chargé de la gestion de Gaza, ainsi qu’une Force internationale de stabilisation (FIS) composée de forces de maintien de la paix multinationales. En théorie, ce conseil est chargé de superviser la reconstruction de Gaza et le retrait progressif d’'Israël'. Dans la pratique, il n’a enregistré aucun progrès concernant ces deux processus.
Malgré les promesses grandiloquentes de l’administration Trump concernant la transformation de Gaza en un paysage urbain moderne, aucune avancée n’a été enregistrée dans ce sens. La majorité de la population vit toujours dans des conditions épouvantables, et sous tentes.
Le mois dernier, le conseil d’administration a réduit le plan de reconstruction à un projet pilote près de Rafah, à proximité de la frontière égyptienne, zone placée sous le contrôle de Palestiniens qui collaborent avec 'Israël'. 'Israël' serait chargé de contrôler les Palestiniens autorisés à séjourner dans cette zone de développement.
Pire encore, le Conseil tente de s’octroyer le droit de confisquer les biens palestiniens ou de les utiliser «gratuitement». Cela témoigne de sa volonté de servir de façade au vol continu des terres palestiniennes par 'Israël'.
Le retrait israélien – l’autre processus majeur que le Conseil devrait superviser – a été pratiquement oublié. Au lieu de cela, 'Israël' continue de tuer des Palestiniens lors de bombardements réguliers et d’empiéter sur de plus en plus de terres palestiniennes.
Depuis le début du cessez-le-feu en octobre dernier, 'Israël' a tué plus de 1.100 civils palestiniens et continue de démolir des habitations palestiniennes et de déplacer sa 'ligne jaune', étendant ainsi son contrôle à environ 70% du territoire de Gaza, contre 53% au début du 'cessez-le-feu'.
Le Conseil de la paix n’a pris aucune mesure contre ces pratiques coloniales israéliennes et n’a publié aucune déclaration publique les condamnant.
Dans le même temps, le Conseil rend les Palestiniens responsables de cette absence de progrès. Son haut représentant, Nickolay Mladenov, a qualifié le Hamas d’«obstacle principal» à la mise en œuvre du 'cessez-le-feu', alors qu’aucune attaque palestinienne n’a été enregistrée depuis son entrée en vigueur.
Ce parti-pris révèle la véritable fonction du Conseil: non pas rétablir la paix, mais servir de couverture à l’occupation en cours.
Le Conseil de la paix maintient également des dispositifs permettant à 'Israël' de contrôler le flux de l’aide humanitaire vers Gaza. Le plan de Trump stipule que ni le Hamas ni 'Israël' ne doivent interférer dans l’entrée et la distribution de l’aide humanitaire, pourtant l’armée israélienne continue de déterminer à la fois la quantité et la nature de l’aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza.
Les principaux pays européens et la Chine ont refusé de rejoindre le Conseil pour la paix. Les États qui avaient initialement manifesté leur volonté de contribuer à la Force internationale de soutien (ISF) ont depuis gelé ou retiré leurs engagements.
Ce manque de confiance se traduit également par des défaillances dans le financement. Malgré une promesse initiale de 10 milliards de dollars de la part des États-Unis et de 7 milliards supplémentaires de la part d’autres pays, le compte de la Banque mondiale ouvert pour le Conseil n’aurait reçu aucun versement. Au lieu de cela, il ne repose que sur quelques millions de dollars déposés sur un compte privé chez JP Morgan, dont une grande partie a été consacrée aux salaires et aux frais administratifs plutôt qu’à la reconstruction ou à la protection des civils.
Le retour de l’ONU
Le signe le plus flagrant de l’échec du Conseil de la paix est peut-être le fait qu’il cherche à se doter d’une immunité judiciaire. Dans un projet de résolution, le Conseil semble vouloir obtenir des protections pour ses membres et ses organes administratifs, notamment le Bureau du Haut Représentant, les technocrates palestiniens, les forces militaires internationales et les prestataires non résidents.
En d’autres termes, le Conseil souhaite agir au-dessus des lois. L’objectif est clair: imposer une structure de gouvernance étrangère qui masque la colonisation israélienne de Gaza derrière un organisme international. L’existence d’un tel organisme est une honte internationale, et il faut y mettre un terme.
La réponse appropriée consiste en une mobilisation collective des États qui soutiennent la solution à deux États et le règlement pacifique du conflit israélo-palestinien, afin de ramener le processus sous l’égide des Nations unies. Les factions palestiniennes devraient être à l’avant-garde de cette initiative.
L’ONU devrait assumer ses responsabilités et retirer toutes les fonctions du Conseil pour les transférer vers des organes onusiens existants.
Les détracteurs pourraient rétorquer que l’ONU n’est pas parvenue à résoudre le conflit israélo-palestinien depuis plus de sept décennies. C’est vrai. Mais cette plate-forme offre un cadre juridique international qui base son action sur le droit international et permet d’identifier facilement les violations. Cela fournit une structure et des leviers juridiques que les Palestiniens peuvent utiliser pour continuer à faire valoir leurs droits.
De plus, il existe une agence spécialisée des Nations Unies – l’UNRWA – qui s’occupe des problèmes des réfugié.es palestiniens et qui est la mieux à même de répondre aux immenses besoins d’une population déplacée et appauvrie. Le retour de l’UNRWA est important, non seulement en tant qu’organisme de prestation de services, mais aussi en tant qu’entité chargée de protéger les droits et le statut des réfugiés palestiniens.
L’ONU et ses organes associés ont mis en place des mécanismes de responsabilité et de transparence susceptibles de limiter au maximum l’utilisation abusive des ressources nécessaires à la reconstruction de Gaza. Si la fin de l’occupation dépend de la volonté politique des grandes puissances mondiales, le cadre de l’ONU maintient le statut juridique de Gaza en tant que territoire occupé et protège les droits de la population occupée.
L’ONU peut également jouer un rôle dans le déploiement de la Force internationale de stabilisation (FIS). Cette force devrait être déployée non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, afin de protéger les Palestiniens contre les attaques des colons. Le fait de conférer un mandat de l’ONU à la FIS encouragerait davantage de pays à contribuer à sa création et aiderait à constituer une coalition plus large de pays engagés dans la stabilisation et la protection de Gaza et de la Cisjordanie. Cela pourrait constituer une première étape en vue du retrait d’Israël de ces territoires occupés.
La communauté internationale doit agir sans tarder. Il faut mettre fin à ce Conseil de la paix et restituer l’entière responsabilité de Gaza à l’organisation des Nations unies. L’ONU doit être habilitée à jouer un rôle moteur dans tout accord futur.
Le maintien de la situation actuelle à Gaza signifie la poursuite des souffrances des Palestiniens et l’aggravation des conditions, ce qui rend la région inhabitable et ouvre la voie à l’expulsion forcée des Palestiniens de leurs terres. Ce dont nous avons besoin de toute urgence, c’est d’un mécanisme placé sous l’égide de l’ONU, immédiatement opératoire et fondé sur le droit international.
Samer Jaber -
11.08.26
Source: Agence Medias Palestine