!! Génocide à Gaza: J 1033 !! Derrière les sourires & déclarations de façade, décrypter la rencontre Trump - Netanyahu à Washington
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Benjamin Netanyahu a effectué, les 28 et 29 juillet, sa 7è visite à Washington depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Il y a rencontré le président, le vice-président JD Vance et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Il a assisté aux obsèques du sénateur ultra sioniste et pro-guerre, le faucon Lindsey Graham. Cette visite intervient dans un contexte de fractures multiples, tant au Congrès américain que dans l’opinion publique des Etats-Unis, sur la relation avec 'Israël'.
Une façade positive, des tensions en coulisses
Malgré le triomphalisme affiché de Netanyahu qui se sert de ce voyage comme argument électoral, plusieurs médias américains ont fait état de frictions entre les deux gouvernements en marge de cette visite. Si le 1er ministre israélien s’est félicité de sa rencontre avec Trump, de nombreux observateurs doutent que les relations entre les deux Etats soient au beau fixe.
Présentée comme cordiale, la rencontre du 28 juillet entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche a été marquée en réalité par l’agacement croissant du président américain. Les deux dirigeants ne s’étaient pas revus depuis février, date à laquelle 'Israël' avait convaincu Washington de lancer une offensive conjointe contre l’Iran. Cette guerre, censée durer quatre à cinq semaines, dépasse désormais les six mois sans issue en vue : les frappes iraniennes ont d’ailleurs repris le 28 juillet au soir après plusieurs jours de pause.
Côté communication, tout allait bien: photo souriante des deux hommes, la Maison Blanche évoquant une rencontre «positive et productive», la diplomatie israélienne parlant d’échanges «excellents». Mais juste avant la visite, Trump a multiplié les piques à peine voilées: interrogé sur Fox News à propos d’informations que Netanyahu pourrait lui apporter sur la poursuite du programme nucléaire iranien, il a laissé entendre que son homologue exagérait la menace pour le maintenir impliqué dans le conflit. Il a aussi rembarré, la veille, une question sur la réticence israélienne à la vente de F-35 américains à la Turquie, affirmant sèchement que personne ne lui dicte sa politique d’armement.
Cette frustration couve depuis juin: Trump s’était déjà agacé de la poursuite de l’offensive israélienne au Liban, qui compromettait ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu avec Téhéran et la réouverture du détroit d’Ormuz. Le mémorandum d’entente conclu avec l’Iran, qu’il avait qualifié de «meilleur de tous les temps», a capoté, les hostilités ayant repris en juillet.
Face à la résistance iranienne, Trump subit le contrecoup économique de la guerre (baril remonté à 83 dollars après un pic à 100, essence en hausse) à trois mois d’élections de mi-mandat sensibles. Netanyahu, de son côté, doit affronter des élections le 27 octobre, rendues plus incertaines s’il perdait le soutien de son allié américain.
CNN rapportait il y a quelques semaines que JD Vance a averti des membres du cabinet Netanyahu qu’'Israël' risquait de s’aliéner «le seul allié puissant qui lui reste», et que Trump aurait qualifié en privé le 1er ministre de «fou» et de «difficile» au sujet de la poursuite des opérations militaires au Liban. Le Washington Post évoque une frustration croissante à la Maison-Blanche face à la prolongation du conflit avec l’Iran.
Le mandat d’arrêt de la CPI et le survol de la France
Sur le plan judiciaire, Netanyahu reste visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, délivré le 21 novembre 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza. La France, comme l’Italie et la Grèce, est partie au Statut de Rome et théoriquement tenue de coopérer avec la Cour. Selon les données de FlightRadar, l’avion transportant Netanyahu vers Washington a de nouveau survolé l’espace aérien de ces trois pays, reprenant un itinéraire similaire à ses précédents déplacements.
Des parlementaires français ont interrogé le gouvernement à plusieurs reprises depuis 2025 sur ces survols. Dans l’une de ces questions écrites, l’association JURDI (Juristes pour le respect du droit international) est citée comme estimant qu’un tel survol pourrait constituer une violation du Statut de Rome.
Cette question a également été posée directement à Netanyahu. Face à l’appel du maire de New York Zohran Mamdani à faire appliquer le mandat d’arrêt lors de sa venue prévue à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, Donald Trump a affirmé le 20 juillet, sur son réseau Truth Social, que Netanyahu ne serait arrêté «sous quelque forme que ce soit» tant qu’il se trouverait aux États-Unis.
Interrogé sur Fox News par Sean Hannity sur le risque d’un atterrissage forcé dans un pays reconnaissant la compétence de la Cour, Netanyahu a répondu: «Nous avons des forces spéciales. J’y ai servi pendant cinq ans. Donnons-leur cette mission.» Il a par ailleurs qualifié la CPI d’organisation «corrompue et malfaisante», l’accusant de partialité. La Cour ne dispose d’aucune force de police propre et s’en remet à la coopération de ses 124 États membres pour l’exécution de ses mandats.
Le vote contesté du Congrès sur le budget de défense
Mercredi, la Chambre des représentants a adopté, par 216 voix contre 212, le budget annuel de défense (NDAA) pour l’année fiscale 2027: 1.150 milliards de dollars. Ce score, inhabituellement serré pour un texte qui recueille traditionnellement un large soutien bipartisan, s’explique par une disposition contestée: la section 219, qui ordonne au Pentagone d’accélérer et de pérenniser la fusion des technologies militaires, des chaînes d’approvisionnement et des capacités industrielles de défense américaines et israéliennes.
Le républicain Thomas Massie, l’un des rares élus de son camp à avoir voté contre le texte, a qualifié cette disposition de «trahison de notre souveraineté» et a tenté, avec le démocrate Ro Khanna, de la faire retirer par amendement. Une alliance bipartisane rare. La direction de la Chambre a empêché la tenue d’un vote séparé sur ce retrait. Le texte comprend également la section 622, qui étend le partage de renseignement avec 'Israël' en limitant certaines restrictions existantes, ainsi qu’une hausse de 65 millions de dollars de l’enveloppe de coopération bilatérale (portée à 750 millions de dollars) et une réorientation des financements antimissiles: le système Arrow 3, ciblant la menace balistique iranienne, voit son budget tripler, passant à 150 millions de dollars (contre 50 millions en 2025), tandis que celui du Dôme de fer chute à 20 millions (contre 110 millions en 2025). Le texte doit encore être examiné par le Sénat avant conciliation avec la Maison-Blanche.
Une opinion publique étasunienne de plus en plus critique
Cette fracture parlementaire s’accompagne d’une évolution mesurée par plusieurs instituts de sondage. Selon le Pew Research Center, la proportion d’Américains ayant une opinion défavorable d’'Israël' est passée de 42% en 2022 à 60% en 2026. Cette dégradation est particulièrement marquée chez les jeunes: 70% des 18-49 ans expriment une opinion négative en 2026, contre 42% en 2022. Elle touche aussi l’électorat républicain, où l’opinion négative est passée de 35% à 60% chez les jeunes sympathisants du parti sur la même période.
Un sondage AP-NORC, cité par plusieurs médias nord-américains, confirme cette tendance: environ un tiers des adultes américains (et près de la moitié des démocrates) estiment qu’'Israël' a commis un «génocide» contre les Palestiniens pendant la guerre à Gaza. Le sondage relève un basculement net chez les démocrates, dont 58% jugent désormais que les États-Unis soutiennent trop 'Israël', contre 45% en janvier 2024. Parmi les adultes juifs interrogés, près des trois quarts estiment que la riposte initiale d’'Israël' après le 7 octobre était justifiée, mais seuls environ quatre sur dix approuvent ses opérations actuelles. Le même sondage note toutefois qu’un tiers seulement des Américains considère la question israélienne comme «extrêmement» ou «très» importante à titre personnel — signe que cette évolution de l’opinion coexiste avec un désintérêt relatif du grand public pour le sujet.
Rédaction Agence Medias Palestine -
31.07.26
Source: Agence Medias Palestine