!! Génocide à Gaza: J 1031 !! Point hebdomadaire de la situation à Gaza
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Entre le 21 et le 28 juillet 2026, la population de Gaza a continué de tenter de survivre au milieu des frappes israéliennes, du dénuement, de la misère et de l’insalubrité, dans un territoire dévasté, de plus en plus exigu. Les frappes israéliennes font chaque jour de nouvelles victimes, la catastrophe sanitaire s’aggrave, les fausses couches se comptent par milliers et Israël accélère la transformation de la «ligne jaune» en frontière de fait
Les victimes: les frappes continuent malgré le 'cessez-le-feu'
La semaine du 21 au 28 juillet a été marquée par la poursuite des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, malgré le 'cessez-le-feu' conclu en octobre 2025, dont la mise en œuvre demeure largement violée par 'Israël'.
Le 21 juillet, deux Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés lorsqu’un drone israélien a visé un véhicule dans la zone d’Al-Zahra, au centre de la bande de Gaza.
Durant la nuit précédente, une frappe israélienne a assassiné une famille de six personnes. les parents, Firas et Salsabeel al-Masri, ainsi que leur quatre enfants, âgés de 6 à 13 ans, Naeem, Faryal, Salma et Ameera, dormaient dans leur domicile de la rue d’al-Thalathini, dans le sud de la ville de Gaza, lorsque la frappe israélienne a mis le feu à l’appartement.
Ce 28 juillet, au moins deux frappes ont visé des zones civiles à Gaza, l’une à Gaza-ville et l’autre à Nusseirat, faisant au moins un mort, Ahmed Kafina, 38 ans.
Depuis l’entrée en vigueur du 'cessez-le-feu' unilatéral, le ministère de la Santé de Gaza compte 1.207 Palestiniens tués et 3.914 blessés par les forces coloniales israéliennes, principalement lors de frappes aériennes ou de drones autour de Gaza.
Il y a aussi les morts qu’on ne compte pas. Le journaliste Rami Abu Jamous a fait part du décès d’une femme de sa famille suite à l’effondrement du mur d’une maison bombardée sur lequel la tente de cette famille était adossée. Un témoignage parmi des milliers d’autres.
L’offensive génocidaire israélienne à Gaza, qui a fait plus de 73.335 morts à Gaza selon le ministère de la Santé de Gaza, continue de tuer de toutes les manières imaginables.
Situation sanitaire : 3.958 fausses couches
La crise sanitaire continue de s’aggraver. Selon Bassem Zaqut, directeur des secours médicaux dans la bande de Gaza, 3.958 fausses couches ont été enregistrées au cours du premier semestre 2026.
Il attribue cette hausse à plusieurs facteurs cumulés :
- les déplacements forcés des femmes enceintes sur des routes fortement dégradées
- l’utilisation de moyens de transport non sécurisés
- le stress permanent provoqué par les bombardements
- les conditions de vie extrêmement précaires dans les camps de déplacés
- le fait de dormir à même le sol
- l’absence d’eau chaude et de produits d’hygiène
- la dégradation des conditions sanitaires et la promiscuité dans les camps
La majorité de la population reste concentrée dans une étroite bande côtière, vivant sous tentes et dépendant presque entièrement de l’aide humanitaire qui n’arrive qu’au compte-goutte. Les déchets envahissent le territoires, de même que les rongeurs, exposant la population, composée à moitié d’enfants, aux maladies et aux épidémies d’un autre âge.
L’économie gazaouie demeure pratiquement à l’arrêt. Les destructions massives des zones urbaines et agricoles empêchent toute reprise de l’activité économique. Les images satellites montrent que de vastes secteurs ont été rasés au bulldozer ou à l’explosif, tandis que la plupart des terres agricoles ont été détruites.
Une gigantesque barrière en construction: 'Israël' consolide son contrôle territorial
Selon une enquête de l’Associated Press publiée le 22 juillet, l’armée israélienne construit rapidement une vaste barrière de terre le long de la «ligne jaune», qui marque la limite jusqu’à laquelle les forces israéliennes étaient censées se retirer dans le cadre de l’accord de 'cessez-le-feu'.
L’armée israélienne a confirmé l’existence de cette infrastructure. Les images satellites montrent plus de 23 kilomètres de bermes (barrière de terre) et de routes déjà aménagées, une progression rapide des travaux, notamment dans le sud de Gaza, un axe qui traverse plusieurs localités palestiniennes détruites et l’aménagement d’une zone de sécurité équipée de moyens de renseignement et de surveillance.
Cette ligne coupe désormais la bande de Gaza sur plus de la moitié de sa longueur confirmant l’annexion de facto par 'Israël' d’au moins 70% du territoire de la bande de Gaza.
De l’autre côté de cette ligne, les images satellites montrent une destruction quasi totale de plusieurs villes, notamment Rafah, où vivaient autrefois plus de 250.000 habitants. De nouvelles routes militaires et plusieurs bases israéliennes ont également été aménagées.
Carte : la nouvelle ligne de séparation

- Israeli-controlled area → Zone contrôlée par 'Israël'
- Yellow Line → Ligne jaune (ligne de retrait prévue par le 'cessez-le-feu')
- Earthen barrier / berm → Barrière de terre (berme)
- Mediterranean Sea → Mer Méditerranée
- Zone côtière où est concentrée la population déplacée → Zone de concentration des déplacés palestiniens
L’accord de 'cessez-le-feu' prévoyait un retrait progressif des forces israéliennes, remplacées par une force internationale de sécurité. Cette mise en œuvre reste bloquée et pendant ce temps, 'Israël' poursuit son grignotage territorial en vue d’un projet d’expulsion à peine voilé du peuple palestinien.
Selon l’Associated Press, ni le 'Board of Peace' (Conseil de la paix), présidé par le président américain Donald Trump et chargé à terme de superviser Gaza, ni le Commandement central américain n’ont souhaité commenter la construction de la nouvelle barrière.
Médias : Al Jazeera aurait mis fin aux contrats d’une vingtaine de journalistes à Gaza
Au cours de la semaine, Al Jazeera aurait interrompu les contrats d’une vingtaine de journalistes et collaborateurs travaillant dans la bande de Gaza.
L’information a été révélée par le compte Gaza24Live et reprise par le journal Haaretz. Selon cette source, appuyée par le journaliste gazaoui en exil Abubaker Abed, les journalistes touchés auraient déclaré que le directeur d’Al Jazeera, Asef Hamidi, «les avait rassurés par e-mail en leur promettant qu’ils ne seraient pas abandonnés et s’engageant à soutenir leur développement professionnel et à leur fournir des postes adaptés au sein du réseau». Au lieu de cela, ont-ils dit, «leurs salaires ont été arrêtés et ils ont été orientés vers une entreprise privée identifiée sous le nom de “Media”, où ils seraient payés à la tâche sans contrats permanents, assurance ou protections claires en matière d’emploi.»
Cette décision toucherait des correspondants, des opérateurs de caméra et des producteurs qui couvraient la guerre à Gaza. Ceux nommés par le groupe incluent Mohammed Shaheen, Mohammed al-Sharif, Ayman al-Hissi, Hassan al-Zaanin et Ashraf al-Sarraj du nord de Gaza, ainsi que Jamal Adwan, Alaa Salama, Ola Abu Muammar, Moaz al-Amur, Abdullah Abu Kamil et Talal al-Aruqi du sud de Gaza.
Dans des publications sur les réseaux sociaux, les journalistes auraient accusé le réseau d’information qatari de se retirer de ce qu’ils décrivaient comme «ses obligations morales et professionnelles» et que le transfert vers un «arrangement instable à la tâche ne représentait pas une alternative équitable à leurs contrats précédents ni ne reflétait les risques qu’ils avaient pris».
Les journalistes auraient exhorté Al Jazeera à annuler cette décision, à honorer ses engagements précédents et à leur donner la priorité pour les postes et projets futurs. Ils auraient également appelé le Syndicat des journalistes palestiniens, les groupes de défense des droits et les organisations de médias internationaux à examiner leurs contrats et leur correspondance avec le réseau et à veiller à ce qu’ils ne soient pas contraints d’accepter un travail sans protection légale, assurance ou sécurité d’emploi minimale.
Si elle est confirmée, cette décision surprenante d’Al Jazeera interviendrait dans un contexte où les médias palestiniens sont fortement fragilisés par la guerre, les déplacements de population, les difficultés financières et les restrictions d’accès au territoire. Cette réduction des effectifs interviendrait alors que la couverture du génocide repose entièrement sur les journalistes locaux, confrontés à des conditions de travail particulièrement difficiles, avec des risques élevés pour leur sécurité et des moyens matériels très limités.
Rédaction Agence Medias Palestine -
28.07.26
Source: Agence Medias Palestine