FREE PALESTINE
10 juin 2026

!!Génocide à Gaza: J 978!! L’espionnage israélien, une menace «critique» pour les États-Unis

 

 

 

Comment analyser les dernières révélations?

 

 

À première vue, l’information peut paraître presque absurde. Comment 'Israël', principal allié et protégé des États-Unis au Moyen-Orient, bénéficiaire de milliards de dollars d’aide militaire annuelle et partenaire privilégié des agences américaines de renseignement, peut-il être considéré par le Pentagone comme une menace de contre-espionnage de niveau «critique», soit le plus élevé de son échelle d’évaluation?

 

C’est pourtant précisément ce qu’ont révélé plusieurs médias américains ces derniers jours. Selon NBC News et le New York Times, la Defense Intelligence Agency (DIA) a récemment relevé le niveau de vigilance concernant les activités de renseignement israéliennes visant des responsables américains, et pas des moindres : Le rapport de la DIA aurait été rédigé suite à des incidents au cours desquels des militaires américains en visite en 'Israël' ont détecté l’installation clandestine d’un logiciel d’écoute sur leurs téléphones. 

 

L’espionnage israélien aurait également ciblé de hauts responsables étasuniens parmi les principaux architectes de la politique vis-à-vis de l’Iran: il s’agirait de Steve Witkoff, principal négociateur de Donald Trump au Moyen-Orient et de deux hauts responsables du Pentagone: Elbridge Colby et Michael DiMino. Ces deux personnalités sont connues dans les milieux stratégiques américains pour avoir exprimé des positions parfois critiques à l’égard de certains aspects de la relation privilégiée entre Washington et 'Israël'.

 

Colby avait notamment plaidé par le passé pour une «réinitialisation» des relations américano-israéliennes et soutenu l’idée qu’une politique de dissuasion à l’égard d’un Iran nucléaire pouvait être envisageable. DiMino s’était quant à lui montré sceptique sur la réalité de la menace du Moyen-Orient pour les États-Unis mettant en doute certaines analyses alarmistes concernant la menace iranienne. Selon Haaretz, un mois après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, DiMino avait appelé les États-Unis à éviter toute implication militaire directe dans la guerre, déclarant: «Aucun intérêt majeur des États-Unis n’est servi par une implication directe, 'Israël' peut assurer sa propre défense et le risque d’escalade et de répercussions contre les États-Unis est considérable.»

 

Les autorités israéliennes ont immédiatement rejeté ces accusations d’espionnage, tandis que la Maison-Blanche a minimisé ces informations. Cette affaire révèle néanmoins une évolution plus profonde: la relation américano-israélienne traverse une période de turbulences et se dirige peut-être vers sa plus importante réévaluation depuis plusieurs décennies. À y regarder de plus près, il semble que les choses peuvent basculer dans un sens ou dans un autre, radicalement opposés.

 

 

Une affaire qui tombe à un moment politiquement tendu

 

Le calendrier de ces annonces ne semble rien avoir d’anodin. Elles surviennent au moment où Washington et Téhéran poursuivent des négociations sensibles sur l’avenir du dossier iranien et alors que plusieurs responsables de l’administration Trump expriment leur irritation face à la stratégie va-t-en guerre israélienne vis-à-vis de l’Iran. «C’est un signe clair qu’'Israël' intensifie ses efforts pour saboter toute issue négociée potentielle de la guerre contre l’Iran», a estimé le 6 juin l’analyste politique irano-suédois Trita Parsi, vice-président du Quincy Institute, sur X, en réaction à ces révélations.

 

Depuis plusieurs mois, des divergences apparaissent en effet entre Washington et Tel Aviv. Entraîné dans cette guerre par 'Israël', Washington semble vouloir privilégier une approche visant à contenir le programme nucléaire iranien tout en évitant une guerre régionale majeure, tandis qu’'Israël' est farouchement favorable à une stratégie beaucoup plus agressive visant à affaiblir durablement l’Iran et son réseau d’alliés régionaux.

 

Cependant l’affaire actuelle ne surgit pas dans un vide historique. Le cas le plus célèbre de l’espionnage israélien des États-Unis est celui de Jonathan Pollard. Entre 1984 et 1985, cet analyste de la marine étasunienne a transmis des milliers de documents classifiés à 'Israël'. Son arrestation a provoqué l’une des plus graves crises de renseignement entre les deux pays. 'Israël' finira par reconnaître sa responsabilité et présentera officiellement ses excuses, qualifiant l’opération d’«erreur regrettable».

 

Mais pour une partie de la communauté américaine du renseignement, Pollard n’a jamais constitué une exception. Il est devenu le symbole d’une conviction plus profonde: même lorsqu’il coopère étroitement avec Washington, 'Israël' continue de collecter activement des renseignements sur son principal allié. Les soupçons n’ont ainsi jamais totalement disparu. En 2019, Politico rapportait par exemple que le FBI soupçonnait 'Israël' d’avoir installé près de la Maison Blanche, à Washington, des dispositifs capables d’intercepter certaines communications mobiles. Donald Trump avait alors rejeté publiquement ces accusations, affirmant ne pas croire qu’'Israël' espionnait les États-Unis.

 

Ces dernières révélations tombent au moment où le Congrès des Etats-Unis examine une réforme pour renforcer la coopération militaire avec 'Israël'. Soutenue notamment par le représentant républicain Marlin Stutzman et encouragée par Benyamin Netanyahu, cette initiative vise officiellement à faire évoluer la relation entre les États-Unis et 'Israël' d’une logique d’aide militaire vers une logique de partenariat industriel et technologique intégré. Le projet prévoit notamment : des programmes communs de recherche militaire, la coproduction d’armements, des accords industriels conjoints, une intégration plus poussée des bases industrielles de défense américaine et israélienne.

 

Pour certains élus américains, les révélations actuelles sur l’espionnage israélien risquent donc d’alimenter directement le débat sur l’opportunité d’aller encore plus loin dans le partage de technologies et de renseignements. «Voilà à quoi ressemble une capitulation totale devant un gouvernement étranger, et pas un seul coup de feu n’a été tiré», a déclaré l’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene, considérée comme l’une des voix les plus influentes de la droite isolationniste malgré sa démission du Congrès.

 

Selon Haaretz, cette loi modifiant le National Defense Authorization Act, doit encore être adoptée par la Chambre des représentants, puis harmonisée avec la version du Sénat, et enfin signée par Trump pour entrer en vigueur. Mais compte tenu du «blocage au Congrès et de l’ostracisme croissant dont 'Israël' est la cible auprès des élus et des électeurs américains – un constat confirmé par de nombreux sondages – la tâche s’annonce ardue».

 

 

Rédaction Agence Medias Palestine -

08.06.26

Source: Agence Medias Palestine

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