!!Génocide à Gaza: 970!! Célébration états-unienne du 28 juin au Parc du Cinquantenaire: Pas en notre nom!
Refus immédiat de toute autorisation pour la célébration états-unienne du 28 juin au Parc du Cinquantenaire — Pas en notre nom!
À l’attention du Bourgmestre de la Ville de Bruxelles
Aux autorités politiques et administratives de la Région bruxelloise
Nous écrivons ce courrier avec colère, avec lucidité politique, mais surtout avec une exigence morale élémentaire: celle de refuser que le cœur de Bruxelles devienne la scène de propagande d’un empire engagé dans des guerres permanentes, dans l’écrasement des peuples et dans le soutien actif au génocide en cours à Gaza.
Autoriser l’ambassade des États-Unis à organiser une célébration fastueuse au Parc du Cinquantenaire constituerait un acte de complicité politique et symbolique. Pas un geste diplomatique neutre. Pas une simple réception. Une prise de position.
Car il ne s’agit pas ici de célébrer des peuples en lutte, les traditions révolutionnaires des mouvements afro-américains, des syndicats ouvriers, des résistances autochtones ou des combats pour les droits civiques. Il ne s’agit pas de rendre hommage aux Malcolm X, Angela Davis, Fred Hampton, Martin Luther King Jr., ni aux peuples amérindiens exterminés au nom de la conquête coloniale.
Ce qui nous est imposé aujourd’hui, c’est la célébration d’un appareil impérialiste qui soutient, finance, arme et protège l’État colonial israélien alors même que les bombes tombent sur les enfants de Gaza, que les hôpitaux sont détruits, que les journalistes sont assassinés, que la famine est utilisée comme arme de guerre, et que des millions d’êtres humains sont enfermés dans un espace devenu un laboratoire de mort à ciel ouvert.
Nous refusons que notre ville serve de décor à cette opération de blanchiment politique. Le choix du Parc du Cinquantenaire n’est pas innocent. Ce lieu est traversé par l’histoire coloniale belge. Ses monuments portent encore l’ombre de Léopold II et des millions de morts du Congo colonial. Organiser une célébration de la puissance américaine dans un tel espace revient à superposer deux histoires impériales: celle du colonialisme belge et celle de l’hégémonie militaire américaine contemporaine.
Il y a dans cette initiative une violence symbolique immense
Pendant que des familles à Bruxelles survivent dans la précarité, pendant que des sans-papiers sont traqués, pendant que des jeunes Arabes & Noirs subissent contrôles policiers, discriminations au logement et violences institutionnelles, les autorités seraient prêtes à dérouler le tapis rouge à des représentants politiques liés à l’industrie de l’armement, aux guerres sans fin et à la destruction écologique mondiale.
Nous parlons ici d’un État dont l’armée est l’une des plus grandes structures polluantes de la planète. Un État qui a envahi, bombardé, déstabilisé ou sanctionné des dizaines de pays au nom de la “démocratie”, laissant derrière lui morts, chaos, prisons secrètes et ruines sociales: Irak, Afghanistan, Vietnam, Libye, Syrie, Chili, Palestine et tant d’autres territoires marqués par l’interventionnisme occidental.
Nous parlons d’un gouvernement qui finance aujourd’hui l’écrasement du peuple palestinien tout en criminalisant partout les mouvements de solidarité avec Gaza.
Nous parlons d’un système qui transforme la souffrance humaine en marché sécuritaire et la guerre en moteur économique.
Et pourtant, on voudrait nous faire croire qu’il faudrait applaudir.
Non! Nous ne célébrerons ni les drones, ni les murs, ni les sanctions, ni les massacres, ni les industries militaires, ni l’ordre racial mondial produit par les puissances impériales occidentales.
Nous ne participerons pas à cette opération de révisionnisme historique qui consiste à présenter les États-Unis uniquement comme une démocratie abstraite tout en effaçant l’esclavage, la ségrégation, le génocide autochtone, les coups d’État soutenus à travers le monde et l’appui constant aux régimes coloniaux et autoritaires lorsqu’ils servent les intérêts géopolitiques occidentaux.
Nous refusons aussi la vassalisation croissante de l’Europe.
Depuis des années, les gouvernements européens suivent l’agenda militaire et diplomatique américain, même lorsque celui-ci conduit à l’escalade guerrière, à l’effondrement climatique ou à la destruction du droit international.
Et aujourd’hui, au moment même où des milliers de Palestiniens sont massacrés sous les yeux du monde, on voudrait transformer Bruxelles en vitrine festive de cette domination.
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Pas en notre nom
Nous affirmons au contraire notre solidarité avec les peuples qui résistent:
avec la Palestine libre;
avec les peuples autochtones;
avec les mouvements noirs antiracistes;
avec les exilé·e·s;
avec les victimes des guerres impériales;
avec celles et ceux qui refusent le fascisme, le militarisme et la colonialité du pouvoir
Nous demandons publiquement:
- le refus immédiat du permis pour cet événement;
- la transparence complète sur les accords passés entre les autorités belges et l’ambassade américaine;
- la fin de toute complicité politique, économique ou symbolique avec le génocide en cours à Gaza;
- une prise de position claire des autorités communales contre les crimes de guerre et les politiques coloniales;
- le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes;
- la reconnaissance que l’antiracisme ne peut être crédible s’il reste silencieux face au colonialisme et aux massacres de masse
L’histoire jugera sévèrement celles et ceux qui auront choisi le confort diplomatique plutôt que la dignité humaine.
Dans quelques années, beaucoup prétendront qu’ils “ne savaient pas”. Mais aujourd’hui, tout le monde sait.
Les images circulent.
Les corps sont visibles.
Les charniers sont visibles.
Les enfants amputés sont visibles.
La famine organisée est visible.
Le silence n’est plus de l’ignorance.
Le silence est devenu une position politique.
Nous appelons les élu·e·s du Conseil communal, de la majorité comme de l’opposition, à prendre clairement position contre cette célébration de l’impunité impériale et du soutien au génocide en cours à Gaza.
Nous rappelons que Bruxelles aime se présenter comme une “commune antifasciste”. Alors il est temps de le démontrer autrement qu’avec des slogans, des communications symboliques ou des déclarations sans conséquences politiques.
Être antifasciste ne consiste pas uniquement à commémorer le passé: cela exige de refuser aujourd’hui les logiques coloniales, racistes, militaristes et génocidaires lorsqu’elles se déploient sous nos yeux.
L’antifascisme sans solidarité avec la Palestine n’est qu’un affichage vide. L’antiracisme sans opposition au colonialisme et à l’impérialisme occidental devient une posture sélective.
Nous demandons donc aux responsables politiques bruxellois de faire un choix clair: être du côté des peuples bombardés, déplacés et affamés, ou du côté des puissances qui financent et organisent leur destruction.
Parce que Bruxelles ne doit pas devenir la capitale européenne de la normalisation du génocide.
Parce que nos espaces publics ne doivent pas servir à blanchir les puissances qui détruisent des peuples.
Parce que la solidarité internationale n’est pas un slogan, mais un devoir.
Pas en notre nom
Free Palestine
Fin de la complicité belge