FREE PALESTINE
9 avril 2026

!!Génocide à Gaza: J 916!! 'Israël' applique au Liban sa stratégie de Gaza

 

Transformer les «zones tampons» en frontières permanentes

 

 

Alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran et ses répercussions économiques sur l’économie mondiale continuent d’occuper le devant de la scène médiatique internationale, 'Israël' est en train de redessiner la carte du Moyen-Orient, en particulier au Liban. En cas de succès, les plans d’'Israël' pourraient avoir des répercussions régionales et mondiales. Et pourtant, l’invasion israélienne du Liban n’a pratiquement pas fait la une des médias occidentaux.

 

La semaine dernière, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que les forces israéliennes ne quitteraient pas le sud du Liban après la fin de la guerre actuelle. Les déclarations de Katz vont dans le sens de celles du 1er ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a déclaré le week-end dernier avoir donné pour instruction à l’armée israélienne d’étendre son contrôle dans le sud du Liban jusqu’à 10 kilomètres, afin de créer une «zone tampon de sécurité». Ces déclarations font suite au déploiement par l’armée israélienne de quatre divisions à la frontière libanaise et à la poursuite de son avancée en territoire libanais.

 

Tout dans l’invasion israélienne actuelle du Liban est une répétition des invasions précédentes: les ordres donnés par 'Israël' aux civils de quitter leurs villages dans le sud, le déplacement de près d’un million de Libanais, le bombardement des infrastructures, en particulier des ponts sur le fleuve Litani, et les combats à l’intérieur et autour des villages libanais. Mais il y a une différence cette fois-ci: la destruction des infrastructures par 'Israël' n’est pas une simple stratégie de guerre. Il s’agit d’une nouvelle annonce de la doctrine renouvelée d’'Israël': occuper de nouvelles zones, souvent en les dépeuplant par la force, et les contrôler de manière permanente, élargissant de fait les frontières d’Israël avec des «zones tampons».

 

Si 'Israël' a déjà mis en œuvre une partie de cette stratégie par le passé, la situation est cette fois-ci très différente. Premièrement, parce qu’'Israël' déclare explicitement vouloir occuper de manière permanente de nouveaux territoires arabes, sur fond de déclarations officielles sur ses ambitions d’un «Grand 'Israël'». Deuxièmement, parce que cela se produit sans réaction internationale significative. Et enfin, parce que ce nouveau modèle qu’'Israël' tente de reproduire sur un deuxième front pourrait avoir des implications pour l’avenir de la guerre et du tracé des frontières à l’échelle mondiale.

 

Cette réalité soulève deux questions cruciales: comment ce modèle est-il devenu une politique officielle israélienne? Et que signifiera cette vision israélienne pour le Moyen-Orient et le monde, si elle se concrétise?

 

 

Appliquer la logique de la «zone jaune» de Gaza au Liban

 

Au cours de la dernière vague de combats entre 'Israël' et le Hezbollah, les forces israéliennes ont procédé à des explosions et à des démolitions à grande échelle de villages et d’infrastructures libanais dans le sud. Ces tactiques ressemblent à celles qu’'Israël' a utilisées à Gaza au plus fort du génocide. À Gaza, 'Israël' avait pour objectif explicite de chasser définitivement les Palestiniens de zones entières, comme les villes de Beit Hanoun et Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza, et la ville de Rafah, au sud.

 

Alors qu’'Israël' intensifie sa guerre contre le Liban, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a clairement exposé les intentions d’'Israël': appliquer au Liban le modèle de Gaza, à savoir la destruction totale et le nettoyage ethnique. Il a déclaré mardi que «le modèle de Rafah et de Beit Hanoun» serait appliqué au Liban.


Cela signifie que les ordres donnés par Netanyahu à l’armée israélienne de créer une zone tampon s’enfonçant de 10 kilomètres à l’intérieur du Liban sont plus qu’une simple stratégie militaire. Il s’agit d’une déclaration visant à remodeler une zone d’environ 10.000 km2, à la rendre inhabitable pour ses résidents libanais et à la placer sous contrôle militaire israélien. En Syrie, 'Israël' n’a pas mené le même type de destruction, mais a annoncé son intention de rester dans les nouveaux territoires occupés après la chute du régime d’al-Assad en décembre 2024. Au total, au Liban et en Syrie, 'Israël' cherche à maintenir un contrôle permanent sur quelque 14.000 km2, le tout pour créer une soi-disant «zone tampon».


Le modèle que Katz évoque à Gaza a abouti à la création de la «zone jaune», qui représente 53% de la bande de Gaza, où les forces israéliennes ont détruit toutes les infrastructures civiles, repoussant la population palestinienne vers les camps de tentes surpeuplés d’Al-Mawasi et de Deir al-Balah. L’armée israélienne était censée évacuer la zone située derrière la «ligne jaune» dans le cadre du cessez-le-feu, mais en décembre dernier, le chef d’état-major de l’armée israélienne a annoncé que la «ligne jaune» dans la bande de Gaza constituerait la nouvelle frontière d’'Israël'.


Si le génocide perpétré par 'Israël' à Gaza est révélateur de sa politique d’État, les actions actuelles d’'Israël' au Liban suggèrent qu’il prévoit d’appliquer la même logique de la «ligne jaune» au Sud-Liban – en créant une «zone tampon» temporaire avant de la consolider en frontière permanente.


La manière dont cette logique s’est développée introduit une approche nouvelle et dangereuse dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans stratégiques. D’abord, créer des faits accomplis sur le terrain, militairement, sans opposition politique. Ensuite, consacrer ces faits dans des accords de cessez-le-feu prolongés et unilatéraux avec le soutien des États-Unis. Si cela se concrétise au Liban, cela peut facilement se reproduire ailleurs, comme en Syrie ou dans certaines parties de la Cisjordanie. Plus inquiétant encore, rien ne garantit que d’autres pays disposant d’une puissance suffisante ne feraient pas de même dans d’autres conflits ailleurs dans le monde.


La nouvelle doctrine territoriale israélienne va au-delà du redécoupage de la carte du Moyen-Orient. Elle s’inscrit dans le processus en cours de refonte de l’ordre international, consistant à faire fi du droit international, ne serait-ce qu’en apparence, et à façonner le monde par la force militaire.


'Israël' a annoncé que même si les États-Unis mettaient fin à leur guerre contre l’Iran, il poursuivrait sa propre guerre contre le Liban. Au vu de la nouvelle réalité sur le terrain, le Hezbollah ayant révélé que ses forces n’ont pas été détruites au point espéré par 'Israël' et qu’il restera très probablement présent dans le pays, le nouvel objectif d’'Israël' pourrait être d’ordre territorial, à travers une guerre longue et destructrice qui aboutirait à quelque chose ressemblant au modèle de Gaza, établissant de nouvelles frontières de facto dans le sud du Liban, sans accord politique pour leur conférer une quelconque légitimité.


Au-delà de l’impact sur le Liban lui-même, c’est la manière même dont le monde sera géré et dont les frontières seront tracées à l’avenir qui est en jeu.

 

 

Qassam Muaddi -

07.04.26

Source: Agence Medias Palestine

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