FREE PALESTINE
17 décembre 2025

!!Génocide à Gaza: J 803!! «Imaginez votre enfant», un poème de Sobhi Osama Ishnewra

 

 

Sobhi Osama Ishnewra, 30 ans, est étudiant en licence en littérature anglaise, mineure en français, à Gaza. Nous publions ci-dessous l’un des ses poèmes  :

 

 

Imaginez votre enfant, qui devrait être dans le jardin de jeux, pleurant de peur, ne comprenant pas ce qui se passe, vous demandant d’une voix tremblante: «Où allons-nous? Allons-nous mourir?»

 

Vous êtes obligé de fuir encore et encore, d’un endroit à un autre, à la recherche d’un refuge que vous savez inexistant… mais vous continuez, car vous n’avez pas d’autre choix…

 

Imaginez votre oncle, diabétique, dont le pied pourrit, dont le sang s’empoisonne… Et il meurt devant vous, car les hôpitaux sont devenus des casernes militaires, des lieux de peur et de torture, sans soins…

 

Imaginez votre fils, qui rêvait de devenir médecin, se réveillant pour faire la queue pour de l’eau sale… Son école est devenue des décombres ou un abri pour les déplacés. Il est privé de son droit d’apprendre, de rêver, de grandir…

 

Imaginez entendre que vos voisins ont été tués dans une frappe soudaine, et vous ne pouvez même pas rester à leurs côtés… Parce que vous êtes aussi prisonnier de la mort…

 

Imaginez votre voisine hurlant sous les bombardements aléatoires, appelant à l’aide, et vous êtes impuissant, car un sniper surveille chaque mouvement…

 

Imaginez boire votre urine… ou de l’eau de toilette… car l’eau est épuisée… Manger de la nourriture pour animaux… chercher de l’herbe comme repas nutritif. 

 

Et finalement… survivre avec de l’eau bouillie et du curcuma, parfois même votre cactus pour tromper votre estomac…

 

Imaginez perdre un proche ou un parent, et ne même pas pouvoir présenter vos condoléances par téléphone. Vous recevez la nouvelle en silence… et vous restez silencieux…

 

Imaginez sentir votre père sous les décombres… debout au-dessus de lui, appelant à l’aide, Mais il n’y a pas d’équipement lourd, et personne ne peut le sortir. Il reste là… et vous restez avec l’impuissance et le chagrin…

 

 

 

 

Imaginez-vous debout parmi les rangs des morts, reconnaissant votre frère disparu à peine identifiable.

 

Imaginez courir derrière les ballons ou camions d’aide comme une poule affolée, essayant de ramener quelque chose pour nourrir votre famille… mais le plus souvent, vous revenez blessé… ou vous ne revenez pas du tout.

 

Et imaginez… revenir chez vous après deux ans, dans la maison où vous avez grandi, joué, ri, rêvé, étudié, pleuré, été malade, guéri, cuisiné, dansé, vous êtes assis, dormi…

 

Pour ne trouver qu’un tas de gravats. Pas de souvenirs. Pas d’odeur de pain. Rien que la destruction.

 

Ou imaginez trouver la maison debout… mais personne n’y vit. Vous avez perdu votre femme, vos enfants, votre famille… tous ceux qui donnaient vie, rires et chaleur à la maison. La maison est revenue… mais la vie, elle, n’est pas revenue….

 

Et à la fin… nous sommes revenus et avons dressé des tentes sur les ruines de nos maisons.

 

Pas parce que nous sommes forts, ni par obstination, ni par défi, ni par espoir… mais parce que nous n’avions aucun choix. Nous n’avons jamais eu de choix.

 

Et nous restons sans choix… même maintenant… En réalité, notre tragédie n’a pas commencé ce jour maudit uniquement.

 

Mais la différence cette fois est que tout s’est déroulé sous les yeux du monde, le monde qui prétend défendre la liberté, la justice et les droits de l’homme. Et l’hypocrisie s’est révélée, flagrante, sans masque…

 

Il est devenu clair que les lois internationales, les principes humanitaires et les droits de l’homme ne sont écrits que pour protéger les puissants, et ne sont jamais appliqués pour rendre justice aux faibles…

 

Je vous remercie du fond du cœur si vous vous souciez vraiment de notre tragédie, et si vous avez même une petite capacité à révéler la vérité, ou à alléger ne serait-ce qu’un peu la souffrance d’un peuple qui ne demande rien d’autre que de vivre…

 

Vivre en paix, en sécurité, sans bombardement, sans peur constante.

 

 

Sobhi Osama Ishnewra -

09.12.25

Source: Agence Medias Palestine

Commentaires
Derniers commentaires
Recevez nos infos gratuites
Archives