FREE PALESTINE
4 septembre 2025

!!Génocide à Gaza: J 699!! Lettre au camarade Thierry Bodson (FGTB)

 

 

Camarade Thierry,

 
 
j’ai lu ta lettre dans Syndicats Magazine. Elle dit haut et fort ce que d’autres taisent: la Belgique est complice d’un génocide. Rien que pour ça, respect. C’est bien, même très bien, presque courageux.
 
Mais soyons francs, camarade: si on s’arrête à écrire des lettres au gouvernement la larme à l’œil, ça reste du symbolique. Or toi, tu n’es pas un intellectuel de plateau télé. Tu es président de la FGTB, l’organisation de lutte la plus puissante de ce pays. Ta parole ne suffit pas: ta position t’oblige à transformer l’indignation en rapport de force.
 
Cette obligation, elle est simple: déposer un préavis de grève. Pas une énième manifestation dominicale, pas un cri de colère médiatique. Une vraie grève, dans les secteurs stratégiques: métallurgie et logistique. Là où se fabriquent et circulent les armes. Là où le travail ouvrier est directement lié à la machine de guerre.
 
Et ce n’est pas une utopie. Partout en Europe, des travailleurs le font déjà. En Italie, des dockers à Gênes ont refusé de charger des armes à destination d’'Israël'. À Livourne, les syndicats ont bloqué les ports pour empêcher l’embarquement de matériel militaire. En France, à Marseille, des dockers ont fait de même, dénonçant la complicité française avec le massacre en cours. Ces actions existent, elles sont concrètes, elles montrent que la solidarité ouvrière internationale n’est pas un mot creux mais une arme réelle.
 
Alors pourquoi pas ici, en Belgique? Pourquoi la FGTB ne prendrait-elle pas l’initiative historique de dire: pas en notre nom, pas avec notre travail, pas avec nos ports et nos usines!? Le rôle d’un syndicat de combat, c’est de bloquer la complicité à la racine: dans la production et l’acheminement.
 
Tu le sais, camarade: l’histoire du mouvement ouvrier est faite de ces gestes de rupture. En 1973, les dockers italiens refusaient déjà d’armer la dictature de Pinochet. Dans les années 1980, les syndicats d’Europe bloquaient les livraisons vers l’Afrique du Sud de l’apartheid. Chaque fois, ces actions ont montré que les travailleurs pouvaient peser sur l’histoire.
 
Aujourd’hui, la Palestine est le test de notre fidélité à cette tradition. Les syndicats italiens et français ont déjà montré la voie. À toi, à nous, de faire en sorte que la FGTB ne reste pas à la traîne mais prenne sa place dans cette chaîne de résistance internationale.
 
Aujourd’hui, la Palestine nous renvoie cette exigence. Toi, à la tête de la FGTB, tu as la possibilité de faire ce geste historique: déposer un préavis de grève général, et appeler à ce que ce mouvement soit rejoint par la CSC, la CGSLB et l’ensemble des syndicats. Ce serait un front commun contre la complicité belge dans le génocide.
 
Camarade, ton texte a ouvert une brèche. Mais il ne faut pas que cette brèche se referme dans le confort des déclarations. Il faut enfoncer la porte. Il faut montrer que le mouvement ouvrier belge ne se contente pas de pleurer sur les crimes du colonialisme: il agit pour les empêcher.
 
Alors, sans détour, je te le dis: ton texte est bien, mais l’histoire attend davantage.
 
Ton texte ouvre une brèche. Mais l’histoire n’attend pas les belles paroles: elle attend les actes. Ce que la Palestine attend, ce que nos camarades européens montrent déjà, c’est un geste fort. Dépose un préavis de grève, bloque la production et la logistique, entraîne le front commun syndical. Voilà ce que serait une réponse ouvrière digne, radicale et internationaliste face au génocide.
 
Pas de larmes, camarade. Des actes.
Un préavis. Une grève. Un blocage.
C’est ça que la Palestine attend de nous.
 
Fraternellement mais radicalement,
 
 
Nordine Saïdi -
27.08.25
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