!!Génocide à Gaza: J 694!! Stop à la complicité belge dans les crimes israéliens à Gaza!
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Écrivez, copiez-collez, envoyez vos mails, messages et photos: inondons les bureaux de nos ministres!
Dites-leur que nous exigeons :
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L’arrêt immédiat de l’armement d’'Israël'
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La suspension de l’accord commercial UE-'Israël'
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La sanction des responsables du génocide
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La protection des Palestiniens et de leurs droits fondamentaux
Imaginez: des milliers de visages belges se dressant contre la complicité, un mur d’indignation impossible à ignorer. Chaque message compte. Chaque action pèse.
Lettre ouverte au Ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot
Monsieur le Ministre,
Je vous écris non pas en diplomate, ni en expert technocrate, mais en citoyen belge, fils d’immigré marocain, travailleur social, père de trois enfants, et militant engagé contre toutes les formes de domination. Je vous écris avec colère, avec douleur et avec cette responsabilité politique et morale qui, dans un moment historique tel que celui que nous traversons, m’interdit le silence.
Car pendant que j’écris ces lignes, Gaza brûle. Gaza saigne. Gaza est méthodiquement écrasée par une puissance coloniale qui, sous couvert de "sécurité", met en œuvre un projet qui a toutes les caractéristiques d’un génocide moderne. 'Israël' prévoit de déplacer de force un million de Palestiniens de la ville de Gaza – tandis que des enfants meurent de faim sans accès à une aide vitale.[1]
Et la Belgique, notre pays, celui qui se prétend patrie des droits humains, celui qui se flatte de son héritage "humaniste", regarde, tergiverse, ménage ses mots, et surtout ménage l’oppresseur. Alors qu’un génocide se déroule sous nos yeux, l’Union européenne se limite à des paroles de condamnation – mais continue de commercer avec 'Israël' et de vendre les armes qui alimentent le massacre.[2]
Monsieur le Ministre, il ne s’agit plus ici d’un désaccord diplomatique de façade, ni d’un "conflit" que des chancelleries pourraient apaiser par une énième conférence de presse. Il s’agit de vies humaines, d’un peuple entier réduit à des ruines, de centaines de milliers d’enfants – plus de la moitié de la population de Gaza – pris pour cible dans ce qui ressemble de plus en plus à une stratégie d’extermination. Les chiffres ne sont pas des abstractions : des dizaines de milliers de morts, une majorité de femmes et d’enfants, des hôpitaux bombardés, des médecins exécutés, une famine organisée. Les Nations Unies elles-mêmes parlent d’un "enfer sur terre".
Ces 29 et 30 août, les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent à Copenhague.[3] C’est dans ces rares moments, loin des regards du public, que se forgent les véritables positions de l’Europe. C’est là que les ministres décideront: continuer à permettre les atrocités de Netanyahu, ou suspendre définitivement l’accord commercial UE-'Israël' qui finance sa guerre brutale. Les ministres européens des Affaires étrangères espéraient que cette réunion resterait discrète: elle apparaît à peine dans les médias et on en trouve peu sur Internet. Mais nous les voyons. Et nous ne les laisserons pas fuir leurs responsabilités.
Petit à petit, le mur de la complicité se fissure – et Copenhague pourrait bien être le moment où il tombera enfin.[4] Le changement de position politique de l'Europe est l'aboutissement de mois de pression. Tandis que les responsables politiques traînent les pieds, les citoyens de toute l'Europe expriment leur solidarité avec les hommes, les femmes et les enfants palestiniens. 'Israël' affame délibérément toute sa population et bombarde hôpitaux et camps de réfugiés. Les Palestiniens n'ont plus d'endroit où fuir. Ensemble, nous devons continuer à exiger: l'arrêt de l'armement d’'Israël'; la suspension de l'accord UE-'Israël'; et la sanction des responsables du génocide.
Et que fait la Belgique? Vous vous contentez de condamner mollement les "excès", de rappeler "les deux parties" à la retenue, comme si les Palestiniens disposaient d’armées d’aviation, de chars, de bombes à fragmentation et d’alliances stratégiques avec les États-Unis et l’Europe. Comme si les colonisés et les colonisateurs pouvaient être placés sur le même plan.
Votre responsabilité, Monsieur le Ministre, n’est pas seulement morale. Elle est politique, elle est historique. Vous représentez la Belgique, un pays qui ne peut plus se cacher derrière le masque hypocrite de la neutralité. Neutralité? Non. Complicité silencieuse. Car en continuant à commercer avec 'Israël', en maintenant des liens militaires, en accueillant ses représentants officiels sans exiger de comptes, notre pays se fait complice. Comme jadis il fut complice de l’apartheid sud-africain, comme jadis il participa aux entreprises coloniales qui broyèrent des peuples au Congo, en Algérie, au Maroc, au Vietnam, en Indonésie.
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Je vous interpelle, Monsieur le Ministre, parce que vous avez le choix:
– Soit perpétuer cette tradition de compromission coloniale, en protégeant l’agresseur sous prétexte de "relations diplomatiques équilibrées".
– Soit inscrire la Belgique dans le camp de la justice, du droit international réel (pas celui qui ne s’applique qu’aux faibles), du soutien aux peuples qui résistent.
Nous savons tous que le droit à la résistance est reconnu par les Conventions de Genève. Nous savons tous que la Déclaration universelle des droits de l’homme consacre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pourtant, dès qu’il s’agit de la Palestine, tout cela s’évapore. L’Occident invente des exceptions: le droit à la résistance devient "terrorisme", la lutte anticoloniale devient "barbarie", et les bombes de Tsahal deviennent des "frappes ciblées". Cette inversion sémantique, ce mensonge permanent, c’est ce qui permet au génocide de se poursuivre sous nos yeux.
Monsieur le Ministre, l’histoire jugera. Elle jugera les criminels de guerre israéliens, mais elle jugera aussi les complices silencieux, les États qui ont préféré détourner le regard, les ministres qui ont préféré ménager Washington et Bruxelles plutôt que d’écouter leur propre peuple. Car ne vous y trompez pas: la majorité du peuple belge est révoltée par ce qu’il voit. Des dizaines de milliers de citoyens descendent dans les rues de Bruxelles, Liège, Anvers, Namur, pour dire non. Ces citoyens ne demandent pas des "déclarations équilibrées". Ils exigent des actes:
– Suspension immédiate de toute coopération militaire, sécuritaire et économique avec 'Israël'.
– Reconnaissance claire de la Nakba comme un crime fondateur et du système israélien comme un apartheid colonial.
– Soutien actif aux procédures de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale visant 'Israël' pour génocide et crimes contre l’humanité.
– Accueil digne et sans condition des réfugiés palestiniens.
– Protection des voix militantes en Belgique qui subissent une répression féroce dès qu’elles dénoncent le sionisme et ses crimes.
Monsieur le Ministre, la Belgique ne peut pas continuer à parler de droits humains en Ukraine et se taire en Palestine. Elle ne peut pas dénoncer la Russie comme criminelle et fermer les yeux sur un génocide transmis en direct chaque jour sur nos écrans. Ce double standard, ce racisme structurel, nourrit une colère légitime. Car au fond, ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le tri entre des vies qui comptent et des vies qui ne comptent pas.
Je vous écris, Monsieur le Ministre, au nom de cette génération de Belges issus de l’immigration, enfants et petits-enfants de colonisés, qui refusent d’être complices de l’histoire en train de s’écrire. Nous n’accepterons pas que nos impôts financent indirectement les bombes qui écrasent nos frères et sœurs à Gaza. Nous n’accepterons pas que le silence diplomatique soit notre seule réponse. Nous n’accepterons pas d’être complices d’un génocide.
Votre place est claire: soit avec les peuples, soit avec leurs bourreaux.
Je vous exhorte à avoir le courage politique de rompre avec la lâcheté diplomatique. La Belgique a déjà été du mauvais côté de l’Histoire. Elle a déjà trempé ses mains dans le sang des colonisés. Ne répétez pas cette faute.
Monsieur le Ministre, le temps n’est plus aux équilibres de langage. Le temps est à l’action.
[mail envoyé à info.prevot@diplobel.fed.be>, <maxime.prevot@lesengages.be>, <maxime.prevot@lachambre.be>]
Respectueusement mais fermement,
Nordine Saïdi -
28.08.25