FREE PALESTINE
6 août 2025

!!Génocide à Gaza: J 670!! Réponse à Maxime Prévot, Vice-Premier ministre & Ministre des Affaires étrangères de Belgique

 

Objet: Gaza, famine, génocide et responsabilité politique de la Belgique

 

 

Monsieur le Ministre,

 

je vous remercie pour votre réponse circonstanciée à notre interpellation concernant la situation à Gaza. Je tiens à saluer la reconnaissance explicite par votre cabinet de la violence extrême exercée par l’État israélien et de l’impératif d’un accès humanitaire à Gaza. Toutefois, je me permets de vous répondre avec franchise et rigueur, car votre lettre malgré ses intentions affichées  illustre l’ambiguïté politique persistante de la Belgique face à une situation que de plus en plus de juristes et d’organisations qualifient de 'génocide en cours'.

 

Vous vous félicitez d’initiatives diplomatiques, de soutiens à l’UNRWA, de procédures de consultation européenne et de clauses de conditionnalité dans les accords commerciaux. Soit. Mais dans le même temps:

 

  • La Belgique n’a pas suspendu ses relations diplomatiques avec 'Israël';

  • Elle n’a pas suspendu l’accord d’association UE-'Israël', alors même que des violations massives de l’article 2 (droits humains) sont documentées par la société civile palestinienne, les experts de l’ONU, la Cour internationale de Justice et la Cour pénale internationale;

  • Elle continue de se référer au «droit d’'Israël' à se défendre», reprenant sans distance critique une rhétorique militaro-coloniale qui légitime un châtiment collectif contre plus de deux millions de civils;

  • Elle ne reconnaît toujours pas l’État de Palestine, alors même que plusieurs États membres de l’UE l’ont récemment fait, brisant enfin le silence européen complice;

  • Et elle n’a pas condamné explicitement les largages humanitaires comme une mise en scène coloniale, qui humilie la population affamée au lieu de la servir avec dignité.

 

Vous écrivez que «ce qui peut paraître inutile ou procédurier est une étape nécessaire». Permettez-moi de vous dire que pour ceux qui enterrent leurs enfants à Gaza, les procédures européennes paraissent surtout inertes et lâches.

 

 

Ce qui se passe à Gaza n’est pas une guerre. C’est un projet colonial

 

 

Vous affirmez lutter contre le «deux poids, deux mesures». Or c’est précisément ce qui est pratiqué aujourd’hui. Quand des civils israéliens sont tués, la Belgique condamne immédiatement. Quand 37.000 Palestiniens sont massacrés en six mois, elle prend acte, attend, temporise. Et surtout, elle refuse encore d’appeler les choses par leur nom:

 

  • L’apartheid, documenté par Amnesty International, Human Rights Watch, B’Tselem, Al-Haq;

  • Le nettoyage ethnique, à Jérusalem, Hébron, Masafer Yatta, Rafah;

  • Le génocide, décrit dans la plainte de l’Afrique du Sud devant la CIJ, et dont la Cour a reconnu la plausibilité juridique en janvier 2024;

  • La famine utilisée comme arme de guerre, avec des centaines d’enfants morts de faim en mars, selon OCHA, et des témoignages terrifiants recueillis par le CICR, Save the Children, MSF.

 

Vous évoquez la condamnation du Hamas. Mais pas un mot sur le rôle de l’État israélien dans l’émergence et l’instrumentalisation du Hamas, documentée depuis plus de vingt ans par des chercheurs israéliens, palestiniens et occidentaux. Par ailleurs, réduire Gaza au Hamas, c’est nier la souveraineté du peuple palestinien et légitimer la punition collective.

 

 

La Belgique ne peut pas continuer à jouer les équilibristes pendant que des enfants meurent de faim

 

 

Votre diplomatie cherche l’équilibre. Mais face à l’apartheid, à la famine, au nettoyage ethnique, au génocide, il n’y a pas d’équilibre possible. Soit on s’y oppose. Soit on en est complice.

 

L’humanitaire ne peut plus servir de cache-misère à l’inaction politique. Il ne suffit pas d’exiger que l’aide arrive «principalement par voie terrestre». Il faut imposer l’ouverture immédiate et sans condition des points de passage, exiger la levée du siège, suspendre tout accord avec un État qui nie le droit à l’existence d’un peuple. Il faut rappeler l’ambassadrice, expulser celle d’'Israël', interdire toute importation de biens israélien, mettre fin aux accords sécuritaires avec 'Israël', soutenir les poursuites engagées à la CPI.

 

Monsieur le Ministre, la Belgique ne peut plus être un acteur secondaire de cette tragédie. Votre lettre montre une volonté, mais elle reste en-deçà de l’urgence morale et politique. Et chaque jour qui passe ajoute des morts, de l’horreur, et de la honte.

 

Nous vous demandons de sortir des demi-mesures. De rompre avec la diplomatie gestionnaire de l’acceptable. Et d’agir, avec courage et clarté, au nom de la justice, du droit, et de la dignité humaine.

 

(envoyé à info.prevot@diplobel.fed.be)

 

 

Respectueusement, mais fermement,

 
 
Nordine Saïdi -
03.08.25
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