13 février 2009

Les Méthodes Israéliennes De "Pacification" Du Peuple Palestinien



Les Méthodes Israéliennes De

Les Méthodes Israéliennes De "Pacification" Du Peuple Palestinien

Bientôt Utilisées Contre D'Autres Peuples

Lors d'une conférence qui s'est tenue récemment au Québec, Jeff Halper, militant israélien engagé, anthropologue et coordonnateur du Comité Israélien Contre les Démolitions de Maisons (CICDM/ICAHD) a dressé un tableau terrifiant de ce qu'il appelle un Système Mondial de Pacification actuellement expérimenté par les israéliens sur le peuple palestinien. Compte rendu d' Antonio Artuso interprète.

Compte rendu de la conférence par Antonio Artuso

1 Analyse - Géopolitique et stratégie

1-1 Antonio Artuso : Les faits rapportés par Jeff Halper sur le "Système Mondial de Pacification " sont terrifiants.

Les méthodes israéliennes de "pacification" du peuple palestinien, seront bientôt utilisées contre d'autres peuples.

Des milliards de dollars des États-Unis sont consacrés à la recherche de nouvelles méthodes et de nouvelles armes de contrôle des populations.

Nous sommes dans un contexte de crise économique mondiale du capitalisme, la hausse des prix des aliments, de guerres d'invasion et d'occupation et de résistance de tous les peuples contre le capitalisme et contre l'État capitaliste : machine de répression - armées, polices, paramilitaires, système judiciaire, mensonges systématiques et mondiaux des médias, des politiciens, des chercheurs universitaires, des "think tanks", centres de recherche, de stratégie et de diffusion politique des capitalistes, des ONG de déstabilisation de régimes.

Jeff Halper a rencontré, quelques minutes avant sa conférence, les trois interprètes. Ces derniers lui ont demandé quelle terminologie il allait employer. Et Jeff Halper a rapidement sorti six concepts, l'un après l'autre, sans hésiter.

Quelques concepts utilisés par Jeff Halper :

1) le concept de «Global Pacification System», Système Global de Pacification :

- recherche sur les armes modernes;

- méthodes de contrôle des populations;

- méthodes de répression de toute opposition au système dominant;

- criminalisation de toute opposition;

- utilisation de méthodes anti-insurrectionnelles contre toute opposition dans le monde;

- criminalisation des mouvements de revendications, d'opposition à la guerre, de dénonciation des politiques anti-démocratiques, etc...

2) le concept de «surplus humanity», d'humanité excédentaire" :

Israël considère le peuple palestinien comme un peuple excédentaire. Les États capitalistes du monde entier, et à leur tête les États-Unis, ont décidé que certaines populations devaient être dispersées ou exterminées. Le peuple palestinien est un cobaye sur lequel Israël et les États-Unis essaient de nouvelles méthodes d'expulsion de population (Penser aux paramilitaires en Colombie qui ont expulsé par la terreur, avec l'appui de l'armée et le silence total de la justice, cinq millions de paysans pauvres et d'autochtones de leurs terres.)

3) le concept de «warehousing», c'est-à-dire le parquage:

Comment parquer les "humains excédentaires" dans des camps de réfugiés, dans des zones de déportation, dans des réserves amérindiennes, dans des bidonvilles, etc...

4) le concept de «counter-insurgency», contre-insurrection :

Israël fait des tests sur le terrain d'armes et de méthodes;

Le peuple palestinien sert de cobaye à ces tests;

Ces méthodes seront utilisées au Canada et dans les autres pays :

a) développement des méthodes, des armes et des technologies contre-insurrectionnelles.

(seulement pour la recherche d'armes nouvelles les États-Unis ont dépensé 1,4 trillions de dollars) :

- balles qui traversent le béton;

- appareil permettant de voir à travers les murs;

- chaque arbre, maison, immeuble, mur, est maintenant simulé sur des écrans d'ordinateurs, ce qui permet aux militaires de "voir" ou de diriger les soldats;

- technologies de surveillance électronique, de détection et de destruction;

- drones (avions télécommandés, c'est-à-dire sans pilote, des robots de surveillance et de destruction);

- techniques d'empoisonnement de militants, etc.

- méthodes de l'armée israélienne pour attaquer les villes : les soldats ne circulent plus dans les rues, ils traversent les murs des maisons, d'une maison à l'autre.

Aux coûts de la recherche s'ajoutent les sommes astronomiques (1) de fabrication (2) d'utilisation des armes (3) en salaires des armées.

b) exportation de spécialistes israéliens en méthodes contre-insurrectionnelles, testées en Palestine. Ces spécialistes sont très demandés.

- techniques d'assassinats sélectifs de personnes et de massacres pour expulser les populations;

- techniques de contrôle des populations.

Exemples :

- contre les militants anti-Apartheid en Afrique du Sud;

- Guatemala dans les années 80, massacres des Mayas sous le gouvernement Rios Montt, contre la résistance au vol des terres par les compagnies minières et contre la guérilla;

- pour aider les groupes terroristes qui essaient de renverser les régimes progressistes latino-américains;

- pour aider les mercenaires qui veulent créer des enclaves pour l'exploitations des fabuleuses richesses minières comme au Congo;

- pour aider les mouvements séparatistes de zones riches et exclure les autochtones comme dans certains pays d'Amérique latine, etc.

5) le terme «nanotechnology», nanotechnologie, appliquée à la lutte contre-insurrectionnelle :

les États-Unis sont en train d'installer une barrière de dispositifs électroniques à leur frontière avec le Mexique (caméras, appareils de vision la nuit, etc.), "bourdons bioniques" (bionic hornets) qui surveillent et peuvent tuer, etc.;

6) le concept de «Global Palestine», extension aux populations mondiales des méthodes et des armes utilisées par Israël contre le peuple palestinien.

Les États du monde veulent transformer la guerre d'Israël contre les Palestiniens en un système mondial de soumission des peuples.

Israël n'est pas seulement une puissance régionale, c'est aussi une puissance mondiale.

La guerre et le génocide des Palestiniens par Israël est un laboratoire qui touche DIRECTEMENT le Québec, le Canada et tous les pays et nations du monde.

Jeff Halper a parlé du triangle de légitimité (1) du contrôle par État (2) du contrôle de l'économie et (3) du contrôle des mouvement de populations :

1) Le contrôle par État et légitimisation de tout ce que l'État fait : Un État peut bombarder, torturer, assassiner, il est légitimisé par les médias, par l'idéologie, mais un mouvement insurrectionnel qui défend les droits d'un peuple est considéré comme terroriste; L'ONU légitimise l'usage de la force par les États; l'usage de la force par les mouvements de Résistance des peuples (peuple palestinien) est considérée comme étant du terrorisme, parce que ce n'est pas un État qui emploie la force

2) Le contrôle de l'économie : l'État a le droit de fixer les mesures de crise économique, etc.

3) Le contrôle des mouvements de population : l 'État a le droit de déporter, de bombarder, de terroriser, de parquer des populations.

Les «Georgia Rules», c'est-à-dire les principes utilisés dans le conflits en Georgie (ex-république socialiste soviétique) :

L' État c'est les "bons", les peuples qui se battent ce sont les "méchants".

Les médias cachent le nombre effarant d'enfants massacrés par les forces israéliennes.

Raisonnement utilisé:

1) On ne peut plus distinguer les civils des combattants;

2) Il faut que nos soldats réussissent leur mission;

3) Il faut protéger nos soldats;

4) L'utilisation de tanks contre des civils est légitime;

5) lLes tanks peuvent tirer contre des camps de réfugiés.

Quelques points discutés pendant la période de questions :

Sur l'utilisation de la non-violence et de la violence :

Les méthodes non-violentes ont toutes été déjouées par Israël.

Les méthodes non-violentes sont insuffisantes pour mettre fin à ce Système Mondial de Pacification.

Développer la société civile internationale : syndicats, partis politiques, organisations démocratiques, sociales, politiques, de droits de la personne.

Utilisation de théories philosophiques pour développer l'idéologie de domination :

- les philosophes «déconstructionnistes» comme Foucault et Dérida.

Complicité des médias de masse

Complicité des universités : John Hopkins est financé par le Pentagone

Complicité des gouvernements: Au Canada, Stockwell Day, ministre du gouvernement conservateur Harper, a signé un Accord de sécurité publique entre le Canada et Israël à l'insu du Parlement canadien. Israël a importé 30 milliards d'armements des EEUU.


Jeff Halper est un anthropologue engagé, auteur et militant. Il est coordonnateur du Comité Israélien Contre les Démolitions de Maisons (CICDM/ICAHD). Postulant au Prix Nobel de la Paix en 2006 avec Ghassan Andouni, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur le conflit israélo-palestinien et intervient fréquemment sur ce sujet.

Site de l'ICAHD

Antonio Artuso, traducteur et interprète ( anglais, espagnol, français, portugais ), membre du Parti communiste du Québec (section du Parti communiste du Canada) et de Québec solidaire

Son blog

Source du compte rendu : Géopolitique & Palestine n°425 du 26-01 de C.De Broeder & M.Lemaire

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

Pour recevoir le bulletin Géopolitique & Palestine : fa032881@skynet.be

Posté par MCPalestine à 19:22 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : ,


05 septembre 2008

Fin d’une odyssée

Fin d’une odyssée

vendredi 5 septembre 2008 - Jeff Halper - ICAHD

300_2

Aujourd’hui, quelques jours après ma libération de prison à la suite de mon voyage à Gaza, voici quelques notes pour récapituler.

Tout d’abord, la mission du mouvement Free Gaza pour briser le siège israélien s’est avérée un succès au-delà de toute attente. Notre arrivée à Gaza et notre départ ont tracé une voie normale entre Gaza et le monde extérieur. Ce fut le cas parce qu’elle a contraint le gouvernement israélien à prendre une position politique claire : qu’il ne s’agissait pas d’une occupation de Gaza et que par conséquent, on ne saurait empêcher une libre circulation des Palestiniens pour entrer et sortir de Gaza (au moins par mer). (Le souci de sécurité d’Israël peut aisément s’accommoder de l’institution d’un système technique de contrôles semblables à ceux existant dans les autres ports.)

Toute tentative de la part d’Israël à revenir sur ce point - en empêchant les bateaux à l’avenir d’entrer ou sortir de Gaza avec de la marchandise et des passagers, y compris des Palestiniens - pourrait immédiatement s’interpréter comme l’affirmation d’un contrôle, et donc d’une occupation, et engager ainsi la responsabilité d’Israël qui devra rendre compte de ses crimes de guerre devant les tribunaux internationaux, quelque chose qu’Israël tente d’éviter à tout prix.

Disparu l’écran de fumée qui permettait à Israël de maintenir son contrôle sur les Territoires occupés sans assumer de responsabilités : à partir de maintenant, ou Israël est une puissante occupante et dès lors comptable de ses actions et de sa politique, ou les Palestiniens ont le droit de jouir du droit que possède chaque être humain, entrer et sortir librement de son pays. Israël ne peut plus avoir les deux. Non seulement nos deux petits bateaux ont obligé l’armée et le gouvernement israéliens à céder le passage, mais ils changent aussi fondamentalement le statut du contrôle d’Israël sur la bande de Gaza.

Quand nous sommes arrivés enfin à Gaza, après une journée et demie de mer, l’accueil que nous avons reçu de la part de 40 000 Gazaouis en joie, a été impressionnant et émouvant. Des gens m’ont cherché spécialement, semblant désireux de parler hébreu avec un Israélien après des années de bouclage. Le message que j’ai reçu de ces gens, de toutes factions, durant mes trois jours, a toujours été le même : comment pouvons-nous sortir de ce chaos (« nous » dans le sens de nous tous qui vivons dans leur pays, pas seulement les Palestiniens ou les Israéliens) ?

Où allons-NOUS ? Les propos n’étaient même pas politiques comme : quelle est la solution ; un Etat, deux Etats, etc. etc. Non, c’était juste du bon sens, simple et direct, se fondant sur l’hypothèse que nous continuerons tous à vivre dans le même pays et que ce stupide conflit, avec ses murs, son siège et sa violence, est mauvais pour tout le monde. Les Israéliens ne veulent-ils pas voir cela ? me demandaient les gens.

(La réponse, malheureusement, était « non ». Pour être honnête, nous, juifs israéliens, sommes le problème. Les Palestiniens ont accepté, il y a des années, notre existence dans le pays en tant que peuple et ils sont prêts à accepter TOUTE solution - deux Etats, un Etat, aucun Etat, ou quoi que ce soit. C’est nous qui voulons exclusivement toute la « terre d’Israël », qui ne pouvons concevoir qu’un seul pays, ni accepter la présence nationale des Palestiniens [nous disons « Arabes » dans notre pays], et qui avons anéanti avec nos colonies toute possibilité d’une solution à deux Etats où nous prenions 80% du territoire. Il est donc triste, vraiment triste, que nos « ennemis » veuillent la paix et la co-existence [en me disant cela en HEBREU] et que nous, non. Ouais, nous, juifs israéliens, voulons bien la « paix », mais en même temps, ce que nous avons - pratiquement pas d’agressions, un sentiment de sécurité, un peuple palestinien « disparu », une économie en plein boom, du tourisme et un statut international en constante amélioration - ce que nous avons, donc, nous paraît très bien. Si la « paix » signifie abandonner les colonies, la terre et la main mise, alors pour quoi la faire ? Qu’est-ce qui ne va pas avec le statu quo ? S’il n’est pas brisé, ne changeons rien.)

J’ai aussi reçu la citoyenneté palestinienne pendant que j’étais à Gaza, avec un passeport.

080831_halper_rami_1_881ff

Jeff Halper devant le tribunal d’Ashkelon. (Oren Ziv/ActiveStills)

Quand j’étais à Gaza, tous ceux depuis Israël - notamment les médias - qui m’interviewaient me mettaient en garde, je devais faire attention, préserver ma vie. N’avez-vous pas peur ? me demandaient-ils. Eh bien, la seule fois que j’ai ressenti une peur véritable et palpable pendant tout le voyage, c’est en revenant en Israël. Je rentrais de Gaza en passant par le check-point d’Erez parce que je voulais faire le constat que le siège n’était pas imposé que par la mer. Sitôt du côté israélien j’ai été arrêté, accusé d’avoir enfreint l’ordre militaire qui interdit aux Israéliens d’aller à Gaza et je fus emprisonné à la prison Shikma d’Ashkelon.

Dans ma cellule, cette nuit-là, quelqu’un a fait le lien avec les actualités. Toute la nuit, j’ai été menacé physiquement par des Israéliens de droite - et je suis sûr que je n’aurais pas tenu jusqu’au matin. Ironiquement, il y avait trois Palestiniens dans ma cellule et ils m’ont plutôt protégé, de sorte que le danger est venu des Israéliens, pas des Palestiniens, à Gaza comme en Israël. (Un Palestinien de Hébron était en prison pour être entré illégalement en Israël ; j’étais en prison pour être illégalement entré en Palestine.) Sur ce, j’ai été libéré sous caution.

L’Etat va probablement engager des poursuites dans les prochaines semaines et je pourrais être emprisonné pour deux mois ou plus. Je suis maintenant un Palestinien dans tous les sens du mot : le lundi, je reçois ma citoyenneté palestinienne, et le mardi je suis déjà dans une prison israélienne.

Bien que l’opération ait été un succès total, le siège ne sera véritablement brisé que si nous maintenons la liberté de mouvement vers et depuis Gaza. Il est prévu que les bateaux soient de retour dans deux à quatre semaines et je travaille en ce moment pour obtenir un bateau d’Israéliens.

Ma seule frustration dans ce qui fut incontestablement une opération réussie, c’est que les Israéliens ne l’ont pas fait - et ne veulent pas le faire. Ce qu’implique notre position de force et le fait que ce sont les Palestiniens qui recherchent vraiment la paix représentent trop de menaces pour leur hégémonie et leur innocence telle qu’ils l’a perçoivent. Ce que j’ai rencontré dans, peut-être, une dizaine d’entretiens - et que j’ai lu sur moi et sur l’opération, écrit par des « journalistes » qui n’avaient même jamais essayé de me parler ou aux autres - a été une image collective de Gaza, des Palestiniens et de notre conflit interminable que l’on pourrait seulement décrire comme imaginaire.

Plutôt que de se renseigner sur mes expériences, mes motivations ou mes opinions, mes intervieweurs, spécialement ceux des grandes radios, ont passé leur temps à me ressasser leurs slogans et leurs préjugés surannés, comme si le fait de me donner un espace pour m’expliquer allait porter un coup mortel à leurs conceptions bien ancrées.

Ben Dror Yemini du quotidien populaire Ma’ariv a parlé de nous comme d’un « culte satanique ». Un autre a suggéré que le principal donateur pour le mouvement Free Gaza était un palestinien/américain qui avait été interrogé par le FBI, comme si cela avait quelque chose à voir (voulant insinuer que nous étions soutenus, et peut-être même manipulés voire pire, par des « terroristes »). D’autres ont été plus explicites : N’était-il pas exact que nous offrions au Hamas une victoire médiatique ? Pourquoi m’étais-je mis du côté des contrebandiers pêcheurs/bandits contre mon propre pays qui cherche simplement à protéger ses citoyens ?

Certains ont simplement crié après moi, par exemple un intervieweur d’Arutz 99. Et quant tout le reste avait raté, mes interlocuteurs pouvaient toujours se rabattre sur le bon vieux cynisme : la paix est impossible. Juifs et Arabes sont des espèces différentes. Vous ne pouvez pas « leur » faire confiance. Ou des affirmations de principe comme : ce qu’ils veulent c’est juste nous détruire. Puis, vint le paternalisme : bon, je crois que c’est pas mal que nous ayons quelques idéalistes comme vous...

A aucun moment dans ces nombreux entretiens, il n’y eut de véritables curiosités sur ce que je faisais ou comment était la vie à Gaza. Nul n’a été intéressé par une opinion qui n’était pas la leur, spécialement si elle allait à l’encontre de leurs chers slogans. Nul n’est allé au-delà de ces vieux slogans usés.

Beaucoup de référence parmi tout cela au terrorisme, aux roquettes Qassam et aux rebuffades des Palestiniens contre nos vaillants efforts pour faire la paix ; rien sur l’occupation, les démolitions de maisons, le siège, l’expropriation des terres ou l’expansion des colonies, aucune évocation des meurtres, des emprisonnements et de l’appauvrissement de leur population civile. Exactement comme si nous n’avions rien à voir avec le conflit, comme si nous vivions seulement nos vies normales, innocentes, et que les méchants décidaient de lancer des roquettes Qassam.

Par-dessus tout, aucun sens de notre responsabilité ni la moindre volonté de prendre la responsabilité de la violence et du conflit qui se poursuivent. Plutôt qu’un appel irréfléchi, automatique à une image de Gaza et des « Arabes » (nous n’usons généralement pas du terme « Palestiniens ») qui est diamétralement opposée à ce que j’ai vu et vécu, ce fut une redite servile de slogans aveugles (et faux) qui ne servent qu’à supprimer toute possibilité d’appréhender vraiment la situation. En bref, une Gaza imaginaire perçue de l’intérieur d’une bulle soigneusement conçue de manière à détourner une réalité désagréable.

La chose la plus importante que ce voyage m’a apporté est d’avoir compris pourquoi les Israéliens ne le « feraient pas » : un média composé de gens qui devraient mieux être informés mais qui possèdent peu de sens critique et qui sont plus à l’aise à l’intérieur d’une boite fabriquée par des politiciens intéressés qu’à essayer de faire quelque chose de beaucoup plus créatif : comprendre ce qui se passe, ici, dans cet enfer.

Pourtant, j’ai formulé clairement mes messages à mes concitoyens israéliens, et ils constituent le principal de mes interviews et discussions :

  • 1) - Contrairement à ce que nos dirigeants déclarent, il y a une solution politique au conflit, il y a des partenaires pour la paix ;

  • 2) - Les Palestiniens ne sont pas nos ennemis. En fait, je demande instamment à mes concitoyens juifs israéliens de se dissocier de la politique de nos dirigeants politiques ratés qui conduit à une impasse, en déclarant de concert avec les partisans de la paix israéliens et palestiniens : nous refusons d’être des ennemis ; et

  • 3) - en tant que partie qui a infiniment la force dans le conflit et seule puissance occupante, nous, Israéliens, devons assumer la responsabilité de notre politique oppressive qui conduit à l’échec. Nous pourrons seulement mettre fin au conflit.

DataFiles_Cache_TempImgs_2008_2_batea_ga_300_0

Permettez-moi d’exprimer ma gratitude aux organisateurs de cette initiative : Paul Larudee, Gretat Berlin et Bella - le merveilleux groupe qui a participé sur les bateaux et la grande équipe de communication depuis la terre. Ma gratitude va spécialement à Angela Godfrey-Goldstein de l’ICAHD, qui a joué un rôle crucial à Chypre et à Jérusalem pour faire la promotion de l’opération. Sans oublier nos hôtes à Gaza (leurs noms sont sur le site de Free Gaza) et les milliers de Gazaouis qui nous ont accueillis et qui ont partagé leur vie avec nous. Puissent nos peuples trouver enfin la paix et la justice qu’ils méritent dans notre pays commun.

Free Gaza Movement

1er septembre 2008 - ICAHD - traduction : JPP

http://www.info-palestine.net

Posté par MCPalestine à 23:41 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
27 août 2008

Israël arrête un militant pacifiste pour avoir accosté à Gaza

le Pr. Jeffrey Halper

Israël arrête un militant pacifiste pour avoir accosté à Gaza

Reuters
http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=77773

La police israélienne a arrêté mardi l'un des militants pacifistes qui avaient accosté samedi dans la bande de Gaza, en l'accusant d'avoir enfreint une interdiction d'entrer dans ce territoire palestinien.
Jeff Halper,
ressortissant israélien qui possède aussi la nationalité américaine, était au nombre de 44 militants de l'association "Gaza libre" originaires de 17 pays qui avaient fait avec succès la traversée de Chypre à Gaza par bateau en dépit du blocus israélien.
"Il est interrogé au poste de police de Sderot pour être entré dans la bande de Gaza en infraction à un décret militaire qui interdit aux citoyens israéliens de le faire", a déclaré un porte-parole de la police.
Halper, qui est juif, a passé trois jours dans la bande de Gaza avant d'entrer en Israël par le point de passage d'Erez, ou il a été interpellé pour interrogatoire.
Les militants pacifistes pensent reprendre en bateau la direction de Chypre jeudi et ont promis d'emmener avec eux plusieurs Palestiniens, dont des étudiants qui n'ont pas été autorisés par Israël à quitter la bande de Gaza pour aller étudier à l'étranger.
Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant les Palestiniens qui chercheraient à quitter ainsi Gaza.

Yehuda Peretz, version française Philippe Bas-Rabérin et Guy Kerivel

Anthropologue israélo-américain, coordinateur de l’ICAHD,

nominé au prix Nobel de la Paix 2006

Posté par MCPalestine à 11:40 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
26 août 2008

GAZA : UNE GRANDE BRÈCHE DANS LE SIÈGE ISRAÉLIEN

GAZA : UNE GRANDE BRÈCHE DANS LE SIÈGE ISRAÉLIEN
Vidéo envoyée par sa-ha-ra

**Pari gagné pour le Free Gaza et le Liberty qui viennent d’accoster dans le port de Gaza** Israël a décidé de laisser entrer le Free Gaza et le Liberty dans le port de Gaza, avec 46 militants d’une quinzaine de pays à leurs bords, réclamant la levée du blocus de la bande de Gaza. Samedi après-midi le gouvernement israélien décidait qu’il n’avait pas intérêt à bloquer les deux bateaux en provenance de Chypre, attendus par la population de Gaza et des journalistes du monde entier réunis dans le petit port. Ce matin même, à 4 km de la côte palestinienne, les internationaux transportant du matériel médical et 5000 ballons, se plaignaient de voir soudain leurs communications brouillées et accusaient Israël de les couper du reste du monde et de les mettre en danger. Alors qu’ils s’apprêtaient à lancer des SOS au niveau international, les dirigeants israéliens, après moultes consultations, renonçaient à les bloquer, en déclarant "ne pas vouloir céder à la provocation" et en prévenant qu’il s’agissait d’une "autorisation exceptionnelle". "Israël se garde la possibilité d’intervenir par la force à tout moment", a cru bon d’ajouter le gouvernement. Le "Free Gaza" (21 mètres) et le "Liberty" (18 mètres) avaient quitté le port de Larnaca hier à 10 H du matin, avec à leurs bords des militants de divers pays et des personnalités telles que Yvonne Ridley, présentatrice d’une chaîne de TV américaine, Lauren Booth, la belle-soeur de Tony Blair et Hedy Epstein une rescapée des camps nazis de 82 ans..... (suite.. http://www.europalestine.com/spip.php?article3345)

Posté par MCPalestine à 20:09 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,

Gaza : Un expert de l'ONU salue le passage de deux bateaux d'aide humanitaire

http://www.nysun.com/files/images/pictures/falk72.jpg

Gaza : Un expert de l'ONU salue le passage de deux bateaux d'aide humanitaire

25 août 2008 –L'arrivée à Gaza de deux bateaux transportant des cargaisons humanitaires affrétées par des militants des droits de l'homme est une victoire symbolique importante, a estimé lundi un expert indépendant auprès du Conseil des droits de l'homme.

Le rapporteur spécial sur les droits fondamentaux dans les territoires palestiniens, Richard Falk, a estimé que cette initiative non violente du mouvement « Libérez Gaza » a attiré l'attention mondiale sur la dure réalité du siège punitif enduré par les 1,5 millions d'habitants de Gaza depuis plus d'un an, indique un communiqué.

« Ce siège est une forme de punition collective qui constitue une grave violation de l'article 33 de la Quatrième Convention de Genève », a-t-il affirmé en référence à la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, qui dispose en son article 33 qu' »aucune personne protégée ne peut être punie pour une infraction qu'elle n'a pas commise personnellement ».

« En restreignant l'entrée de nourriture, de carburant et de médicaments, les droits économiques et sociaux de la population de Gaza ont été violés de façon systématique », a déclaré Richard Falk.

Les deux bateaux sont entrés dans Gaza avec l'autorisation des autorités israéliennes, qui continuent de contrôler l'espace maritime, aérien et les frontières terrestres de Gaza, a noté le rapporteur spécial, pour qui ce contrôle, malgré le « désengagement israélien » de 2005, continue de faire de Gaza un territoire « sous occupation » israélienne.

« Avec le cessez-le-feu qui tient depuis le 19 juin, peut-être que cette autorisation donnée sans interférence marque une légère modification de l'approche de Tel Aviv et montre un plus grand respect pour le droit international humanitaire et pour les droits fondamentaux », selon M. Falk.

Les bateaux transportaient notamment des appareils auditifs, pour quelque 200 personnes. « Il y a beaucoup de personnes atteintes de surdité à Gaza, à cause du bruit produits par les avions israéliens », a-t-il expliqué.

Richard Falk a par ailleurs appelé le gouvernement israélien à donner des permis de sortie à plusieurs Palestiniens qui ont obtenu la prestigieuse bourse américaine Fulbright pour étudier aux Etats-Unis, et qui pourraient repartir par les bateaux arrivés ce week-end.

Posté par MCPalestine à 20:08 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,

Espoir

Espoir

Par Mazin Qumsiyeh > qumsi001@hotmail.com

Les cloches de l’église carillonnent ce matin dans la région de Bethléem. Je sais qu'elles appellent à la prière, mais j'imagine qu'elles célèbrent le voyage héroïque qui a brisé le siège de Gaza.
Aujourd'hui, elles sont pour moi les cloches de l'ESPOIR.
Hier a été une belle journée ensoleillée quand, après deux années de préparation et plusieurs jours de retard et des problèmes logistiques, les deux bateaux sont arrivés à Gaza.


L’histoire de leur voyage a fait la une de tous les journaux et a été diffusée dans le monde entier par d'autres médias.

Seuls les médias occidentaux dominés par les sionistes et certains médias israéliens ont ignoré cette histoire incroyablement porteuse d’espoir (ce que nous devrions tous contester et les inonder de lettres et d’appels).

Bien sûr, le succès a de nombreux pères et l'échec est orphelin, comme on dit, donc nous avons vu un peu de cela.

J'ai été particulièrement amusé par le conseiller politique de Mahmoud Abbas (Nimr Hammad) qui a affirmé que c’était «le fruit du travail long et difficile de l'OLP et de ses représentants à l'étranger" ! Une véritable honte.

D'autres médias occidentaux ont minimisé ou éliminé la participation de militants arabes et palestiniens dans ce projet (pour mémoire, près de la moitié des dons proviennent de leur part).
Voir également le message du 12 août sur mon blog au sujet du bateau.

Mais ce phénomène d'exploitation est mineur par rapport à la dignité tranquille, l’énergie et le brillant succès de cette entreprise.

Un mur plus grand a été ébranlé, c’est un autre mur de la peur sur laquelle est construit le sionisme qui comprend l'invincibilité d'un "peuple élu" auto-désigné qui peut agir comme les Nazis (par exemple, les châtiments collectifs) et s’en sortir en raison du pouvoir utilisant la force et de la culpabilité sur une injustice historique pour les juifs (une injustice qui les sionistes ont aidé à perpétuer et également exploité).

La marine israélienne avec son équipement de brouillage de haute technologie (financé par les contribuables américains) s'est efforcée de faire en sorte que le bateau soit perdu dans la nuit et ne reçoive aucune communication.

L'armée d'occupation israélienne a déclaré qu'elle avait évacué Gaza mais Israel conserve encore sa poigne de fer sur ses accès maritimes, aériens et terrestres, pour garantir ce qu’un dirigeant israélien avait appelé : «
Mettre les Palestiniens à la diète» pour avoir élu le Hamas.

Cette punition collective sur laquelle la communauté internationale est restée silencieuse pendant près de deux ans (ou dans le cas du régime égyptien qui y a directement collaboré en raison de sa dépendance à l'égard des États-Unis) doit prendre fin.

Les bateaux de Free Gaza ont provoqué à tous ici en Palestine un sentiment jubilatoire d'espoir. Cela doit être et sera suivi par d'autres actions audacieuses notamment en établissant des services de ferry réguliers entre la bande de Gaza et Chypre.

Les amis en Grèce doivent, en particulier, jouer un rôle crucial sur ce sujet. Ceci est un test pour le gouvernement grec qui a toujours déclaré qu'il soutenait le peuple palestinien dans sa lutte pour la liberté.

Huwaida Arraf qui est arrivée à Gaza sur le bateau Liberty a déclaré : «Arriver dans la bande de Gaza aujourd'hui, c’est un tel sentiment d'espoir, et l'espoir c’est ce qui mobilise les peuples du monde." Donc, je veux reprendre ce message pour parler d'espoir.

Je vois de l'espoir ici chaque jour en Palestine. Je vois de l'espoir en dépit de tous les plans destinés à éteindre l'espoir.

Avant de citer des exemples d'espoir sur le terrain, permettez-moi juste de citer des exemples d’actions visant à éteindre l'espoir :

• Les tentatives d'imposer un système de dépendance économique coloniale à Israël pour tous les besoins de base du peuple palestinien.

• Enrichir une partie des Palestiniens (généralement dans les villes et dans les grandes villes en expansion), tout en appauvrissant les autres (généralement dans les zones rurales où les terres sont confisquées et les personnes déplacées).

• Détourner l’eau palestinienne pour les colonies ce qui permet aux colons d’avoir 6 fois plus d'eau par habitant que les Palestiniens (et faire payer les Palestiniens plus cher pour leur propre eau !).

• Détruire toute possibilité de développement économique indépendante dans les zones occupées et ainsi éliminer l'espoir d'emploi normal et des perspectives d'avenir.

• Les réseaux de télévision et les journaux mettent l'accent sur toutes les mauvaises choses et tentent d'inculquer un sentiment d’attentes réduites pour tout le monde et pour tout (en particulier pour soi-même).

• Développer des systèmes qui ébranlent le sentiment d'équité au sein même de leurs propres communautés (par exemple par l'intermédiaire de milliers de collaborateurs payés, certains sont payés par une simple autorisation de se déplacer !).

Il existe de nombreux autres exemples de ce système qui s'acharne à détruire l'espoir.

Mais l'espoir est une chose tellement résistante tout comme les plantes qui fleurissent après avoir pris racine dans le calcaire sous un climat aride. Tous les jours, je vois ici l'espoir prendre des centaines de formes.

Je vois l'espoir dans les femmes qui élèvent plusieurs enfants en bas âge après que leurs maris soient décédés d'un cancer alors qu’elles travaillent 18 à 20 heures par jour pour s’occuper d'eux et gérer un emploi où elles gagnent 10 $ par jour.

Je vois l'espoir dans les yeux brillants des étudiants suivant une orientation dans les universités alors qu’ils commencent un nouveau chapitre de leur vie.

Je vois l'espoir dans la rapidité des éboueurs qui passent dans notre quartier et ramassent les maigres sacs de déchets (aux États-Unis, ils seraient beaucoup plus gros et plus nombreux par ménage).

Je vois l'espoir dans les jeunes enfants qui font les courses avec leurs parents pour acheter leur premier cartable.

Je vois l'espoir dans les prières émanant des mosquées et des églises sur l’ensemble de cette terre.

Je vois l'espoir dans les anciens qui ont parfois renoncé mais voient quelque chose qui suscite leur générosité et leur rappelle l'idéalisme de leur jeunesse qu'ils aspirent à se réapproprier.

Je vois l'espoir dans un vieil homme qui pose sa main doucement et en silence sur la main d'un enfant pour le rassurer à un poste de contrôle israélien.

Je vois l'espoir dans le melon cantaloup qui pousse de plus en plus "accidentellement" là où ma mère a jeté les déchets de cuisine comme compost dans notre cour.

Je vois l'espoir dans les oliviers partout qui ont été témoins de ces dernières centaines d'années et n'ont réussi à parler qu’en nous donnant ces olives, année après année.

Je vois l'espoir dans les villes en Palestine comme Jénine qui ont décidé de boycotter tous les produits israéliens sauf si ce sont des produits de base sans autre alternative (par exemple, certains médicaments).

Je vois l'espoir dans la brise du soir qui dissipe la chaleur de la journée et qui fait sortir les gens sur leurs balcons pour rencontrer leurs amis et dans les rues pour des promenades.

J'ai vu l'espoir dans les vendeurs de rue comme les femmes qui vendent leurs amandes et leurs figues.

Je vois l'espoir dans la plus commune des questions que les gens se posent : "à quoi sert votre santé" (Keef essi77a) ? Si nous sommes préoccupés par la santé, nous sommes préoccupés par notre avenir.

Je vois de l'espoir dans un millier d'autres formes tous les jours et je ne vais pas vous ennuyer avec la liste (A propos, je vois l'espoir parce que vous avez lu jusque là ;-).

Il y a tellement de commerces, d’écoles, de crèches, et même des rues portant le nom d’Al-Amal (l'espoir). Amal (Espoir) est aussi un prénom féminin palestinien. Elles aussi sont affirmation de l'espoir.

Dans la mythologie grecque, l’espoir a été imaginé comme un remède plus puissant que tous les maux réunis. En effet, si vous voulez vraiment faire une différence dans la vie,

Le défunt poète palestinien Mahmoud Darwish a écrit un jour :

Mais nous avons une maladie incurable : l'espoir.

L'espoir dans la libération et l'indépendance.

L’espoir dans une vie normale où nous ne serions ni héros ni victimes.

L’espoir que nos enfants aillent sans danger à l’école.

L’espoir qu'une femme enceinte donne naissance à un bébé en vie,
à l'hôpital, et non à un bébé mort devant un poste de contrôle militaire.

L’espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses
plutôt que dans le sang.

L’espoir que ce pays reprendra son nom d'origine :
la terre de l'amour et de la paix.

Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir.

Posté par MCPalestine à 14:32 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


  1