FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

14 décembre 2009

Jerusalem-est ou de la duplicité israélienne

Jerusalem-est ou de la duplicité israélienne

Alors que les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne viennent d’affirmer dans une déclaration commune, adoptée mardi 8 décembre, que Jerusalem doit devenir la "future capitale de deux Etats" et que "le statut final de la ville doit être réglé par la négociation", un rapport confidentiel rédigé par des diplomates européens en poste à Jerusalem dénonce la poursuite de la colonisation israélienne à Jerusalem-Est et la poursuite d’une stratégie "d’annexion illégale" qui risque de rendre impossible une solution à deux Etats.

Saluée comme "une victoire du droit international" par le Premier ministre palestinien Salam Fayyad et
rejetée comme un "danger" par le maire de Jerusalem, Nir Barakat, l’adoption de cette déclaration commune par le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne révèle une réelle évolution de la position de l’Europe sur le dossier israélo-palestinien.

Divergences profondes

Après la publication la semaine dernière par le quotidien Haaretz, d’un projet de résolution préparé par la présidence suédoise de l’Union qui proposait que Jerusalem-Est devienne "la capitale du futur Etat palestinien" le gouvernement israélien avait lancé une offensive diplomatique contre ce texte, qui, à ses yeux portait atteinte "à la capacité de l’Union européenne à prendre part comme médiateur au processus politique entre Israéliens et palestiniens". Le document finalement adopté est une version amendée du texte suédois mais – à la colère des dirigeants israéliens – il rappelle que sur plusieurs points importants il existe désormais des divergences profondes entre Israël et l’Union Européenne. Selon ce document, l’Union, qui "n’a jamais reconnu l’annexion de Jerusalem-Est" par Israël, n’accepte "pas les changements de frontières survenus après 1967" et demande "la réouverture des institutions palestiniennes de Jerusalem". En d’autres termes, l’Union européenne semble avoir décidé d’adopter, sur la question israélo-palestinienne, une position répondant aux constatations et aux recommandations contenues dans les différents rapports rédigés depuis 2005 par les chefs de missions diplomatiques de l’Union européenne à Jerusalem.

Un rapport très factuel

Le dernier de ces rapports est daté du 23 novembre 2009. Comme les deux précédents il n’est pas destiné à être rendu public, complété par l’examen d’un cas précis (le quartier de Sheikh Jarrah) et un tableau des démolitions de maisons et des déplacements de personnes à Jerusalem-est entre janvier et octobre 2009.

Selon ce document, dont l’existence a été dévoilée il y a une semaine par le quotidien israélien Haaretz, qui en a cité quelques extraits, "les développements à Jerusalem-est en 2009 ont été caractérisés par l’expansion de la colonisation et un nombre considérable de maisons démolies et de palestiniens expulsés. Israël poursuit activement, par des moyens pratiques, l’annexion illégale de Jerusalem-Est en affaiblissant la communauté palestinienne de la ville, en empêchant le développement urbain des palestiniens et, au bout du compte en séparant Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie".

Exemples précis à l’appui, le rapport constate que 30% de la population palestinienne de la Ville sainte a été de facto expulsée et accuse le gouvernement israélien et la municipalité de Jerusalem de changer délibérément l’équilibre démographique de la ville et de soutenir les entreprises de deux organisations d’extrême droite, Ateret Cohanim et Elad qui achètent des maisons dans les quartiers palestiniens de la ville pour augmenter le nombre de colonies juives au cœur du quartier musulman. Dans le faubourg de Silwan, où vivent plus de 30 000 habitants, pour la plupart palestiniens, les habitants n’ont reçu, depuis 1967 que 20 permis de construire de la municipalité de Jerusalem, constate le rapport. Conséquence : la majorité des habitations ont été construites sans permis et sont donc en danger d’être démolies.

La propriété des terrains, officiellement considérés comme espace public – destiné par exemple à des jardins ou des équipements collectifs – a été privatisée et largement transférée à l’organisation de colonisation Elad. "Dans ce secteur 88 immeubles d’habitation du quartier Al Bustan sont ainsi menacés de démolition pour permettre l’aménagement du parc archéologique de loisirs de la Vallée des rois, autour de la Vieille ville, précise le rapport. En février, 57 de ces immeubles ont fait l’objet d’ordres de démolition. S’ils sont rasés, 1500 Palestiniens se retrouveront sans abris". "Alors que les Palestiniens de Jerusalem-Est représentent 35% de la population de Jerusalem, notent les diplomates européens, seulement 5 à 10% du budget municipal est dépensé dans les secteurs palestiniens, qui sont caractérisés par des chaussées défoncées, peu ou pas de nettoyage des rues et des égouts en mauvais état".

"Un outil idéologique"

Dénonçant la transformation de l’archéologie « en un outil idéologique au service d’un combat national et religieux qui modifie l’identité et le caractère de la ville et menace de saper sa stabilité », le rapport déplore la passivité de la police face aux nombreux actes de violence dont est victime la population de Jerusalem-Est, de la part des colons.

Dans le chapitre consacré à la liberté de circulation, le rapport rappelle que pour la Cour de justice internationale, "le tracé du Mur [de séparation] et le régime de permis qui l’accompagne sont contraires au droit international". "A Jerusalem-Est, écrivent les diplomates européens, le trajet de la barrière et de système des permis de circulation ont eu des conséquences humanitaires, sociales et économiques très graves pour la vie des palestiniens. L’existence des colonies a été un facteur déterminant dans l’élaboration du régime des bouclages et dans le tracé du mur, comme le montre le fait que le mur s’éloigne de la Ligne verte pour inclure 12 colonies des environs de Jerusalem. En plus de son impact sur la démographie, la barrière, dans la région de Jerusalem annexe, de facto, 3,9% de la Cisjordanie."

Après avoir indiqué que la politique de l’Union européenne est fondée sur les principes exposés dans la résolution242 du Conseil de sécurité de l’ONU, le rapport rappelle que "l’Union européenne n’a jamais reconnu l’occupation de Jerusalem-est par Israël, en 1967, ni la loi fondamentale de 1980 qui déclare Jerusalem annexée capitale 'réunifiée' d’Israël" et souligne que "l’Union européenne demeure attachée à une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant, démocratique, contigu et stable, vivant côté à côte en paix et en sécurité avec l’Etat d’Israël".

Même si les responsables européens sont muets sur ce point, il est difficile de ne pas apercevoir dans les constatations, les analyses et les suggestions contenues dans ce rapport – et dans les précédents – les sources de la reflexion qui a conduit à l’adoption, mardi à Bruxelles de la déclaration commune des ministres des Affaires étrangères. Coïncidence ou représailles : quelques heures après l’adoption du texte européen, une délégation de huit députés européens, qui avait été autorisée à se rendre dans la bande Gaza en a été sans préavis empêchée par l’armée israélienne…

René Backmann

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20091209.OBS0168/le_rapport_confidentiel_de_lunion_europeenne_sur_jerusa.html

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08 décembre 2009

Rapport des chefs de mission de l’Union Européenne sur Jérusalem-Est

Rapport des chefs de mission de l’Union Européenne sur Jérusalem-Est
Par Responsables de mission à Jérusalem et Ramallah


1 – Les projets de longue date des Israéliens pour Jérusalem, qui sont actuellement mis en œuvre à un rythme accéléré, sont en train de saper les perspectives d'une capitale palestinienne à Jérusalem-Est et d’une solution durable à deux États. Même si Israël a des préoccupations légitimes en matière de sécurité à Jérusalem, beaucoup de ses actions illégales dans et autour de la ville ont des justifications sécuritaires limitées.

Photo ISM : Dome du Rocher à Jérusalem avec dessous le chantier des fouilles israéliennes sous Haram Al-Sharif

Maale Adumim.

7 - Israël continue à augmenter la colonisation dans et autour de Jérusalem-Est, à les relier par de nouvelles routes et une ligne de tramway :
L'expansion des colonies dans la vieille ville et le bassin historique voisin se poursuit, avec la plupart des efforts se concentrant sur un encerclement de la Vieille Ville à Silwan et dans le bassin historique. Les activités des organisations de colons, y compris l'occupation de maisons palestiniennes, l'achat de biens via des hommes de paille et des fouilles dans les zones sensibles, sont souvent menées en collaboration avec les autorités de l'Etat.
La construction et l’expansion prévues dans les principaux blocs de colonies existants à Jérusalem-Est. Depuis Annapolis, près de 5500 nouveaux logements ont été soumis à un examen public, dont près de 3000 ont été approuvés, ce qui les rapproche de façon significative de leur construction [iv];
La construction et l'expansion prévue du "Grand Jérusalem" - reliant la ville de Jérusalem aux blocs de colonies de Ma'ale Adumim à l'est (y compris le plan E1), Atarot et Neve Yaacov au nord et Beitar Illit au Sud .

La combinaison de ces mesures indique clairement l'intention de séparer l'ensemble de Jérusalem-Est et les blocs de colonies environnants de la Cisjordanie.


VIEILLE VILLE & BASSIN HISTORIQUE

8 – Des colonies, relativement peu nombreuses, mais d'un intérêt particulier, sont implantées au cœur des quartiers palestiniens à l'intérieur de la vieille ville (surface totale: 0,9 km2) et dans les environs immédiats (
Silwan, Ras al-Amud, a-Tur, Wadi al -Joz, Sheikh Jarrah) avec l'aide du gouvernement. Des preuves écrites existent montrant la complaisance et l'aide monétaire de différents ministères pour la colonisation dans la vieille ville.

9 - Des groupes de colons juifs, tels que
El Ad et Ateret Cohanim, utilisent une variété de moyens pour étendre les colonies, souvent avec un financement étranger.
Une méthode utilisée pour l'expropriation de biens palestiniens est la «
Loi sur les Biens des Absents. [V] Auparavant appliquée seulement à l’intérieur de la Ligne Verte, la politique a changé au cours des années 1980», et cette loi a été utilisée dans une campagne déguisée du gouvernement dirigé par Ariel Sharon pour viser les propriétés palestiniennes dans la Vieille Ville et à Silwan, et donner ensuite ces propriétés aux colons.
En 1992, ces politiques ont été arrêtés à l'issue d'une enquête d’une commission gouvernementale, puis elle a été reprise par le gouvernement Sharon, en 2002.
Une décision définitive de la Cour suprême israélienne pour résoudre de décisions de justice contradictoires sur la légalité de cette pratique est en attente. [vi] En attendant, des propriétés telles que
l’Hôtel Shepherd à Sheikh Jarrah et plusieurs maisons dans la vieille ville restent sous le contrôle de colons.
Une autre méthode consiste à acheter des terres à des Palestiniens, soit directement, soit via des intermédiaires arabes. Dans les deux cas, les Palestiniens résidant dans la maison ne savent pas en général que la maison est vendue à des colons jusqu'à ce qu'ils soient expulsés.
Une troisième méthode consiste à construire dans les quartiers palestiniens. Certaines de ces colonies juives n'ont pas de permis de construire, mais sont rarement démolies- en contraste avec la situation des Palestiniens. [vii]

10 - Selon le Ministère israélien de la Construction et du Logement, il y a actuellement environ 75 familles et 600 étudiants de Yeshiva dans les enclaves de colons dans la Vieille Ville (en dehors du quartier juif).
Il existe également des plans pour construire une grande colonie juive dans le quartier musulman composée de 35 logements. Une nouvelle synagogue dans l'immédiate proximité d’Haram al Sharif/Mont du Temple a été inaugurée en Octobre 2008, augmentant les préoccupations palestiniennes sur les plans à long terme de s’emparer du sanctuaire musulman, ce qui est ouvertement encouragé par certains groupes de colons.
En outre, il existe environ 60 autres familles de colons à Silwan, juste à l'extérieur des remparts de la Vieille Ville (dont un certain nombre ont été acquises récemment) avec des activités récemment élargies au Mont des Oliviers, où l'année dernière, deux maisons ont été prises.
Une parcelle de 29 dounam (2,9 ha) connue sous le nom de "
Kerem Al-Mufti" a été confisquée par l'Administration des Terres Israélienne après que des promoteurs palestiniens aient coordonné un développement du secteur privé du site, et l’ait loué à l’organisation de colons, Ateret Cohanim. [viii]

11 – Les incursions dans le Haram Al Sharif, le Mont du Temple par des groupes de colons radicaux ont augmenté en 2008. En particulier pendant la haute saison des fêtes juives, les colons ont fréquemment défilé sur l’esplanade d’Haram Al Sharif, parfois avec la protection des forces de sécurité israéliennes, dans ce qui semblait être une démonstration de force, ce qui conduit parfois à des affrontements avec les Palestiniens.

12 – La colonisation actuelle autour de la vieille ville indique un projet afin de créer une contiguïté territoriale entre l’Anneau Intra-muros de colonies et la Vieille Ville. Plusieurs propriétés palestiniennes ont été ciblées par les différents groupes de colons, parmi lesquelles l’hôtel Shepherd Hotel et Kerem Al-Mufti à Sheikh Jarrah, ainsi que de nombreuses propriétés dans Silwan et ailleurs.
Le cas le plus frappant est celui de la famille Al-Kurd à Sheikh Jarrah, qui a été expulsée le 9 Novembre 2008 de sa maison, qui lui avait été attribuée par l'UNRWA en 1956, après que la Haute Cour israélienne ait publié un ordre d'expulsion.
Les colons, en faisant valoir leur droit à la propriété du terrain sur la base d'allégations de propriété avant 1948, a immédiatement pris le contrôle de la maison.


ANNEAU INTRA-MUROS DE COLONIES

13 - Il y a actuellement environ 190.000 colons israéliens vivant dans les grandes colonies situées à l’intérieur des limites municipales, [ix], tels que Pisgat Ze'ev, Har Homa et Gilo. L'expansion des colonies dans ces secteurs se poursuit à un rythme rapide.

14 - Depuis Annapolis, la construction de près de 3000 logements a été approuvée à Har Homa, Pisgat Ze'ev, Talpio Est, Gilo et Ramot, et 1700 d’entre eux ont obtenu des financements. D'autres projets ont été soumis à l'examen public, ce qui représenterait plus de 3000 nouveaux logements s’ils sont approuvés et financés.
Sur les projets approuvés et en attente, plus de 3000 logements sont destinés à Givat Hamatos [x]. Certains de ces colonies (comme Neve Ya'acov Est) se développeront au-delà même des frontières municipales de Jérusalem, et donc en Cisjordanie. Ces activités risquent de modifier le caractère et le statut de Jérusalem-Est.

15 - L'expansion des colonies se poursuit, elle aussi, au cœur de la population palestinienne, avec de nouvelles constructions dans la colonie de Ma'aleh Zeitim à Ras Al-Amoud et dans la colonie de Nof Zion à Jabal Mukabbar et des plans d'expansion à Sheikh Jarrah, Abu Dis et Silwan [xi]


ANNEAU EXTERIEUR DE COLONIES

16 - Environ 96.000 Israéliens vivent dans les colonies de Cisjordanie autour de Jérusalem. La plus contestée de ces colonies est celle de Maale Adumim (31000 hab.), qui représente environ un tiers de la population de l'anneau extérieur de colonies (voir ci-dessous). D'autres colonies à l'extérieur des limites municipales comprennent Givat Ze'ev (11000 hab.) et Givat Benjamin (2850 hab.) également connue sous le nom d’"Adam").
Des rapports sur des projets d'expansion dans les colonies de Givat Benjamin et d’Har Gilo, ainsi que la construction de plusieurs milliers de logements dans la zone industrielle d'Atarot ont été publiés par des ONG informées mais n'ont pas encore été officiellement confirmés.

17 - La surface totale du bloc d’Adumim et du plan E1 inclus dans le tracé actuel de la barrière (tel qu'il a été approuvé par le gouvernement israélien en avril 2006) couvre 61 km2.
Le plan E1 prévoit la construction d'une nouvelle colonie israélienne en Cisjordanie (Eizariya Az-El Zaim, A-Tor et Issawiya) avec 3500 logements, une zone industrielle, deux postes de police, une infrastructure à grande échelle, un développement commercial et des installations de loisirs. La quasi-totalité de la construction a été interrompue en 2004 suite à une intense pression internationale - en particulier des États-Unis.
Cependant, la construction d'un poste de police et de certaines infrastructures de transport a été achevée. En avril 2008, le quartier général de la police du District de "Judée et Samarie" a été transféré dans E1.
À cette époque, un projet gouvernemental destiné à remettre l'ancien siège de la police de Ras El Amud à des colons a été annulé, apparemment en raison de la pression internationale.

18 - Les mesures israéliennes dans et autour de la zone
Adumim/E1 sont l'un des défis les plus importants pour le processus de paix israélo-palestinien.
L'achèvement du Mur et du plan E1 établira une contiguïté territoriale israélienne entre le bloc de colonies d’Adumim et Jérusalem, tout en coupant en deux la Cisjordanie et séparera Jérusalem-Est de son arrière-pays.
En outre, la mise en œuvre de ce plan entravera encore plus le développement urbain palestinien, en privant Jérusalem-Est de la plupart des zones encore vacantes disponibles pour la croissance économique et démographique.


INFRASTRUCTURE DES TRANSPORTS

19 – La construction d'un tramway reliant les quartiers arabes de Jérusalem-Est et les colonies israéliennes de peuplement au centre de Jérusalem-Ouest s'est poursuivie sans relâche tout au long de 2008.
Le tracé actuel du tram passe par le quartier arabe de Shu'fat (environ 20000 hab.), et relie les colonies israéliennes de Pisgat Ze'ev et de Neve Yaacov (respectivement environ 40000 et 20000 habitants) au nord-est de Jérusalem.
Le tramway va considérablement augmenter les coûts de la séparation de ces zones de Jérusalem-Ouest et de la séparation entre elles.

20 - Israël construit également une route de contournement de Jérusalem-Est, qui reliera des agglomérations palestiniennes à l’extérieur du Mur au nord et au sud de Jérusalem. Le but apparent de cette route est d'assurer «une continuité des transports» pour les Palestiniens vivant au Nord et au Sud de la Cisjordanie qui iront de Ramallah à Bethléem en passant par des tunnels, sans passer par Jérusalem-Est.
Dans un avenir proche, l'achèvement de cette route de contournement pourrait être utilisé par Israël pour prétendre que la "continuité" entre le nord et le sud de la Cisjordanie a été établi, et que la construction de E1 n'est plus un problème pour le « tissu de vie des Palestiniens»

21 - La route est séparée par un mur parallèle à une route qui est réservée à l'utilisation des véhicules israéliens. Cette route parallèle relie la colonie de Cisjordanie, Ma'aleh Adumim à Jérusalem.

22 - En outre, des confiscations de terres pour une autre route de contournement réservée au trafic palestinien ont eu lieu au sud de la zone Adumim/E1. Cette route complètera celle en construction qui déviera le trafic entre Bethléem et Jéricho à l'extérieur de Ma'aleh Adumim. (Source : Ir Amim)

23 - L'effet cumulatif de ce nouveau quadrillage de routes permettra à Israël d'interdire la circulation de tous les Palestiniens dans la zone Adumim/E1. Les Bédouins ont déjà été déplacés de cette région.


III – BARRIERE DE SEPARATION/MUR

24 - La barrière de séparation et le régime de laissez-passer qui l’accompagne continue d’avoir de graves implications humanitaires, sociales et économiques sur la vie des Palestiniens. En Juillet 2008, OCHA indiquait que 409 kilomètres (57%) sur la longueur totale prévue de 725 km pour le Mur (le double de la longueur de la Ligne Verte) étaient achevés et que 9 autres pour cent étaient en cours de construction.
Le Mur est constitué de dalles de béton de neuf mètres de haut autour des villes et des clôtures techniques dans les zones rurales avec tout le long des routes d’accès pour les militaires. En moyenne, le Mur/Clôture fait 60 mètres de large.


25 - Lorsque les plans de la barrière ont été approuvés en 2002, l'objectif était de fournir une barrière de sécurité temporaire pour empêcher les attentats-suicides en Israël par des militants palestiniens.
La présence du mur et le régime des laissez-passer sont destinés à limiter la circulation des Palestiniens en Israël. Toutefois, 86% du tracé prévu du Mur, y compris à Jérusalem-Est se trouve à l’intérieur de la ligne d'armistice de 1949 (Ligne Verte) c'est-à-dire en Cisjordanie.
Le Mur s'écarte de la Ligne Verte pour inclure près de 80 colonies de peuplement israéliennes, dont 12 à Jérusalem-Est, qui abritent 385.000 colons israéliens du côté israélien du Mur. Israël a à maintes reprises déclaré clairement qu'il avait l'intention de maintenir ces colonies et les 240 kilomètres carrés de terres qu’il a annexé (8,5% de la Cisjordanie) en vertu de tout accord sur le statut final.
Le Mur dans la région de Jérusalem annexe de facto 3,9% de la Cisjordanie. Ainsi, il n'est pas difficile de comprendre les préoccupations de nombreux Palestiniens que le Mur de séparation sera la future frontière avec l'État d'Israël.
En effet, en Septembre 2008, le vice-Premier ministre, Haim Ramon, a même déclaré que "le Mur était la nouvelle frontière orientale d’Israël».

26 - En englobant ces colonies de peuplement illégales, le mur de séparation sépare 285.000 Palestiniens, y compris Jérusalem-Est, de la Cisjordanie.
Bien qu'il ne soit pas terminé, le Mur est déjà en train de créer des difficultés géographiques et bureaucratiques pour des centaines de milliers de Palestiniens. Certaines villes à l'intérieur du Mur sont entourées sur trois ou quatre côtés par le mur, limitant ainsi l'accès de la population au reste de la Cisjordanie et rendant toute expansion naturelle presque impossible.
Dans d'autres secteurs, le Mur pénètre dans Jérusalem-Est en s'éloignant des frontières municipales pour laisser des zones palestiniennes densément peuplées, comme le camp de réfugiés de Shuafat, en Cisjordanie. Dans certains cas, il passe complètement dans le centre de villes comme à Abou Dis, à Jérusalem-Est pour séparer entre elles les communautés palestiniennes.

27 – Plus le Mur est construit, plus le régime de laissez-passer imposé aux Cisjordaniens est renforcé. Ces restrictions limitent la vie quotidienne des Palestiniens, ce qui en retour augmente la frustration et peut engendrer l'extrémisme.
Pour la minorité des laissez-passer accordés, l'accès à Jérusalem-Est et en Israël se fait par un nombre limité de portes désignées et de checkpoints actuellement ouverts sur une base quotidienne, hebdomadaire et/ou saisonnière.
Beaucoup de portes se trouvent dans les zones rurales afin de permettre aux agriculteurs d'accéder à leurs terres situées de l'autre côté du Mur.
Toutefois, seuls environ 20% des agriculteurs ont obtenu des laissez-passer et les horaires d'ouverture des portes sont limités, ce qui limite le temps pendant lequel ils peuvent travailler sur leurs terres. Cela a un grave impact sur les économies rurales.

28 - La zone entre le Mur et la Ligne Verte a été déclarée Zone Militaire Fermée. Tout Palestinien de plus de 12 ans vivant dans le secteur doit obtenir un permis de séjour permanent pour y séjourner.
Lorsque le Mur sera entièrement construit, on estime que 35.000 Palestiniens auront besoin d'un permis de séjour pour vivre dans leur propre maison.

29 - Le régime des laissez-passer a également eu des effets négatifs dans d'autres domaines. Depuis Septembre 2000, il y a eu une baisse de 70% du nombre d'étudiants inscrits dans le Campus de Beit Hanina de l'Université Al Quds à Jérusalem-Est.
De moins en moins de Palestiniens chrétiens et musulmans sont en mesure d'accéder aux sites religieux à Jérusalem.
Pendant le Ramadan, Israël met souvent en place des limites d'âge pour les Palestiniens qui souhaitent se rendre à Haram al Sharif.
Des preuves indiquent que l'économie de Jérusalem-Est et des villes cisjordaniennes telles que Bethléem a également diminué maintenant que les clients n’ont plus accès aux marchés et aux services.
Les marchandises pour l'exportation vers Israël et à l'étranger sont régulièrement retenues ou refoulées aux checkpoints et dans de nombreux cas les produits périssables pourrissent au soleil.
Récemment, le vin d'autel qui était produit depuis 125 ans par un ordre catholique romain dans une cave de Bethléem, n'a pas été autorisé à passer par crainte que cela constitue un risque pour la sécurité.

30 - Lles hôpitaux de Jérusalem-Est qui fournissent des soins de santé spécialisés, comme des soins contre le cancer et des dialyses, qui ne sont pas disponibles en Cisjordanie, ont également de plus en plus de difficultés à fournir des services aux malades. 70% de leurs patients sont des Cisjordaniens qui ont besoin d'un laissez-passer pour venir à Jérusalem afin de se faire soigner.
Ces laissez-passer sont souvent retardés ou accordés pour une seule journée quand des visites nocturnes ou répétées sont nécessaires.
Depuis Juillet 2008, l'ensemble du personnel médical et les malades qui vivent en Cisjordanie, mais qui ont des laissez-passer pour venir à Jérusalem, ne sont autorisés qu’à franchir les checkpoints de Qalandiya et Zeitun. Ce changement a été appliqué en réponse aux prétendues attaques terroristes à Jérusalem au cours de l'été.
Les Palestiniens doivent se rendre en voiture jusqu’aux checkpoints et attendre dans de longues fils d’attente pour les franchir à pied avant de trouver un moyen de transport de l'autre côté ou de voyager dans des bus spéciaux.
Ces politiques font rater de nombreux rendez-vous aux malades et au personnel médical et ont de graves répercussions sur les prestations de soins de santé aux Palestiniens.


IV – RESTRICTIONS IMPOSEES AU LOGEMENT DES PALESTINIENS ET DEMOLITIONS DE MAISONS

31 - La municipalité de Jérusalem est responsable de la fourniture de services à Jérusalem-Est. Les Palestiniens de Jérusalem-Est représentent 34% de la population de Jérusalem, mais seuls entre 5 et 10% [xii] du budget municipal (selon le modèle qui est suivi) sont dépensés dans les zones palestiniennes.
Les zones palestiniennes de la ville sont caractérisées par de mauvaises routes, peu ou pas de nettoyage des rues, des systèmes d’égouts limités, peu de services publics comme des parcs, des trottoirs, des dispensaires, des bibliothèques, des centres communautaires, des clubs de jeunes, des terrains de sport, des terrains de jeux ou des salles de classes suffisantes et l'absence d’espaces publics bien entretenus.
C’est est en contraste avec les zones où vivent les Israéliens à Jérusalem Ouest et dans les colonies de Jérusalem-Est. La fourniture de services dans ce qui est, selon la définition d'Israël, une seule municipalité, reflète des pratiques discriminatoires.

32 - La municipalité impose de sévères restrictions à la construction de logements palestiniens à Jérusalem-Est. Elle ne délivre des permis de construire que pour les zones qui ont des plans d’urbanisme.
Depuis qu'Israël a annexé Jérusalem-Est, plus de 35% de son territoire a été exproprié (plus de 24 km ²). Parmi les autres secteurs, beaucoup ne sont pas classés comme zones résidentielles.
Dans les zones classées artificielles, le développement a été artificiellement "limité" - avec l'objectif de «maintenir un équilibre démographique», laissant seulement 12% de Jérusalem-Est (dont la plupart étaient des terrains appartenant à des Palestiniens) aux besoins résidentiels des Palestiniens.
Ces 12% de terrains palestiniens dont déjà fortement construits, et donc les Palestiniens construisent sur ces terrains (pour lesquels ils paient des taxes municipales et autres), sans permis de construire.
Ils n'ont pas d'autre choix que d'adopter des comportements illégaux contre leur gré, voire, dans certains cas, après avoir dépensé des milliers de dollars pour déposer des demandes aux autorités de l’urbanisme et embaucher des avocats afin de tenter de construire légalement.
Au cours des dernières années, les Palestiniens ont obtenu moins de 200 permis de construire par an, et même ils ont du attendre plusieurs années et sont souvent très coûteux.
L'augmentation de la population palestinienne signifie que de nombreuses nouvelles maisons palestiniennes sont construites sans permis de construire [xiii] et sont donc considérées comme "illégales" par les autorités israéliennes (bien que dans le cadre de la 4ème Convention de Genève, les puissances occupantes ne peuvent pas étendre leur juridiction au territoire occupé).

33 - Depuis 2004, environ 400 maisons ont été démolies. Les «démolitions administratives» se sont également intensifiées depuis Annapolis, en particulier dans et autour de Jérusalem.
Selon le Comité israélien Contre les Démolitions de Maisons (ICAHD), depuis Annapolis, les autorités israéliennes ont démoli 95 maisons à Jérusalem-Est, sur un total de 330 maisons démolies dans les territoires palestiniens occupés (ce qui représente une augmentation globale de 25% au cours de la période des 11 mois avant Annapolis).
420 maisons sont actuellement menacées de démolitions dans le quartier du Mont des Oliviers. Une procédure judiciaire temporairement a stoppé 300 démolitions.
Au cours de la première semaine de Novembre, de nouvelles démolitions ont eu lieu dans le quartier de Silwan, dans le cadre des 80 ordres de démolition prévue par les autorités israéliennes en Juin 2005, en
affirmant que ce sont des structures illégales.
Si elles sont effectuées, ces démolitions déplaceront 1000 personnes, dont plus de 700 enfants à Silwan
. Le nombre d'ordres de démolition en suspens qui doivent encore être appliquées à Jérusalem-Est est d'environ 1000.

34 – Les démolitions de maisons dans Jérusalem-Est occupée sont illégales en vertu du droit international, n’ont aucun but évident, ont de graves répercussions humanitaires et alimentent l'amertume et l'extrémisme. L'UE a adopté une déclaration sur cette question le 10 Novembre 2008 et a exprimé sa préoccupation aux autorités israéliennes via une démarche officielle auprès du Ministère israélien des Affaires Etrangères le 1er Décembre 2008.


V- CARTES D’DENTITES, ACCES ET STATUT DE RÉSIDENCE

35 - Les Palestiniens de Jérusalem-Est possèdent des cartes d'identité israéliennes bleues qui leur donnent le droit de vivre en Israël (en pratique, à Jérusalem-Est), mais ni de voter aux élections nationales israéliennes ni d'avoir un passeport israélien.
Le renouvellement de ces cartes d'identité bleues est un long processus qui doit être effectuée auprès du bureau du Ministère israélien de l'Intérieur à Jérusalem-Est.
Contrairement à la citoyenneté, le statut de résident expire au bout de sept ans, pour les personnes résidant à l'étranger. Donc, les habitants de Jérusalem qui se déplacent à l'étranger risquent de perdre de façon permanente leur statut de résidents de Jérusalem et les droits qui vont avec.
Une nouvelle loi adoptée en Juillet 2007 par la Knesset israélienne refuse de façon explicite les droits sur la base de l'origine nationale. Selon des ONG israéliennes, telles que Hamoked et Betselem, cette loi est "raciste et discriminatoire» [xiv].


36 - Selon la politique israélienne du "centre de vie», les titulaires palestiniens de la carte d'identité bleue trouvés vivant ou travaillant à l’extérieur de Jérusalem-Est, par exemple à Ramallah, perdront leur carte d’identité (et donc leurs droits de résidence à Jérusalem).
Les titulaires palestiniens de la carte d'identité bleue se trouvant à l'extérieur du Mur ont de plus en plus de difficultés à accéder à Jérusalem-Est, ce qui les oblige à accéder à l'éducation, aux services médicaux et religieux dans le reste de la Cisjordanie. Cette politique a de graves conséquences humanitaires.
Les couples dont un conjoint possède une carte d'identité bleue de Jérusalem et l'autre une carte d’identité verte de Cisjordanie, se retrouvent dans une position précaire.
Bien que, techniquement, Israël autorise le transfert du statut de la carte d’identité bleue aux conjoints et aux enfants, le processus est trop lent et compliqué, ce qui met la famille sous une pression extrême. Depuis le début de la deuxième Intifada, Israël a gelé tous les programmes de regroupement familial.

37 - Une application grandissante de la politique du «centre de vie» et la construction du Mur autour de Jérusalem, a conduit à une deuxième vague d’"immigration" des titulaires de la carte d'identité bleue vers la ville.
Les détenteurs palestiniens de la carte d'identité de Jérusalem se déplacent vers des zones situées du côté ouest du mur et dans la vieille ville afin de préserver leurs droits de résidence, ce qui entraine une rapide augmentation des loyers dans les secteurs de Jérusalem-Est, à une surpopulation et à une pénurie de logements. Ces facteurs risquent de dégrader encore plus l'environnement urbain.

38 - Les Palestiniens qui ont des cartes d'identité vertes de Cisjordanie ou de Gaza doivent demander un laissez-passer pour entrer à Jérusalem-Est. Même les habitants de Cisjordanie ou de Gaza qui travaillent régulièrement à Jérusalem-Est, doivent renouveler ces laissez-passer tous les trois mois.
Les titulaires d’une carte d'identité de Cisjordanie qui obtiennent des laissez-passer pour entrer à Jérusalem sont soumis à un certain nombre de conditions, par exemple, une limite de temps pour les heures qu'ils peuvent passer à Jérusalem, et une interdiction d’y conduire ou d’y passer la nuit.
L'accès entre Jérusalem et la Cisjordanie est devenu de plus en plus difficile aussi bien pour les détenteurs de carte d’identité de Cisjordanie que pour ceux qui ont une carte d’identité de Jérusalem.

39 – Une plus stricte application de la politique israélienne actuelle a entrainé également le refus d’entrée par Israël à des épouses étrangères de Palestiniens et à des étrangers désireux de visiter ou de travailler dans les territoires occupés sur les passages frontaliers avec Israël et les Territoires occupés.
En outre, et au mépris du principe général de réciprocité, certains des étrangers à qui Israël a refusé l’entrée sont des titulaires de passeports de l'UE, alors que les citoyens israéliens ne font face à aucune restriction quand ils circulent dans l’Union Européenne.


VI- INSTITUTIONS PALESTINIENNES

40 - Au mépris des dispositions de la Feuille de Route, qui prévoit leur réouverture [xv], le Ministère israélien de la Sécurité intérieure a renouvelé, le 8 Février 2008 et le 5 août 2008, l'ordre de fermeture des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est qui ont été fermées en 2001, en affirmant qu'elles étaient affiliées à l'Autorité Palestinienne, et donc en violation des accords d'Oslo.

41 - Depuis 2001, une dizaine d'institutions palestiniennes à Jérusalem-Est sont toujours fermées, alors qu'elles jouent un rôle essentiel pour la société civile palestinienne, dans les domaines économiques, sociaux et culturels, en particulier : la Maison d'Orient, la Société des Etudes Arabes, la Chambre de Commerce et d'Industrie Arabe, le Centre Palestinien pour le Développement de micro-projets, le Haut Conseil Arabe du Tourisme.

42 - La "Nouvelle Maison d’Orient", communément appelée "Maison d'Orient" qui a été créée à la fin des années 70, sous la direction du philanthrope palestinien Faisal Husseini, a été la principale institution de la société civile à Jérusalem-Est.
Elle servait de siège officieux de l'OLP à Jérusalem, et comprenait 12 départements, couvrant une variété de domaines (caritatif, social, culturel, économique).
Elle fournissait également une assistance financière et matérielle aux Palestiniens de Jérusalem qui étaient exclus des systèmes de santé et de sécurité sociale israéliens, à ceux qui ne s’en sortaient pas pour payer des taxes ou des frais d'éducation, ainsi que ceux qui étaient victimes de démolitions de maisons.

43 - Créée en 1936, la Chambre de Commerce et d'Industrie Arabe a joué un rôle important dans le domaine économique, en fournissant des services juridiques et administratifs, en facilitant la participation des entreprises et des hommes d'affaires locaux aux foires et expositions nationales et internationales, en promouvant les produits locaux et en créant des opportunités d'investissements.

44 - En outre, les autorités israéliennes ont fermé en 2008 plusieurs autres institutions palestiniennes à Jérusalem-Est, en particulier le Culture Forum Organization à Sur Baher, fermé le 4 Février 2008, et le Conseil Palestinien du Logement, spécialisé dans le financement du logement social, fermé le 2 Juillet 2008.

45 - Même si certaines d'entre elles ont réussi à poursuivre leurs activités en déplaçant leur siège en dehors de Jérusalem, la fermeture de ces institutions ont de très profonds effets négatifs sur la société palestinienne à Jérusalem-Est, en particulier depuis que les manifestations publiques organisées par la société civile palestinienne dans Jérusalem-Est sont régulièrement interdites.
Depuis Annapolis, les autorités israéliennes ont interdit une trentaine d'événements et de rencontres palestiniennes à Jérusalem-Est.
En particulier, en Mars 2008, une réunion pour le lancement de la manifestation "Jérusalem, capitale culturelle du monde arabe 2009», a été interdite par les autorités israéliennes.
Le fait de viser la plupart des institutions et activités palestiniennes laïques et modérées dans la ville contribue à créer un vide institutionnel à Jérusalem-Est en laissant la place aux forces radicales et religieuses.
En outre, la fermeture prolongée des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est préjuge le résultat final des négociations sur le statut de la ville.


VII - LIBERTE RELIGIEUSE

46 - Comme indiqué ci-dessus, les Chrétiens et Musulmans vivant à l’Est de la barrière/Mur de séparation sont de moins en moins capables d'accéder aux lieux saints de Jérusalem-Est. Les laissez-passer ne sont accordés qu’en nombre limité, à l'occasion d'une grande fête.
De plus, les hommes de moins de 45 ans, même s’ils peuvent entrer dans Jérusalem, sont rarement autorisés à accéder à Haram Al-Sharif dans la Vieille Ville (un site considéré comme le troisième lieu le plus saint de l'islam). En fait, Israël exerce effectivement un droit de veto sur qui entre dans le complexe.
Des caméras ont été placées à l'entrée des autres portes d’Haram Al-Sharif, pointant vers l'intérieur de l’esplanade et des membres de la sécurité israélienne sont postés à l'entrée de toutes les portes afin de déterminer qui peut y accéder.
En outre, de par leur contrôle de la Porte des Maghrébins, Israël impose un afflux de touristes irrégulier sur le Haram, sans négociation préalable avec le Waqf, l'Autorité Islamique Jordanienne qui a juridiction sur l’esplanade.

47 - La Vieille Ville et le Bassin Saint sont soumis à d’importantes fouilles israéliennes unilatérales, y compris à Haram Al-Sharif/Mont du Temple. En outre, au cours des dernières années, les Autorités des Antiquités Israéliennes ont de plus en plus "privatisé" les droits aux excavations en les confiant à des organisations non-gouvernementales israéliennes associées aux organisations de colons extrémistes.
Plusieurs sites de fouilles dans le bassin Saint sont désormais exploités et co-financés par des organisations de colons privées ou à des institutions extrémistes, dont Ateret Cohanim, le Fonds du Patrimoine du Mur des Lamentations, le Mont du Temple et El Ad.[xvi] Les liens entre l'expansion des colonies et les excavations de "tunnels archéologiques" dans des zones sensibles sont particulièrement préoccupantes.
Ces entités privées ou quasi-privées ont obtenu des responsabilités souveraines pour les activités de fouilles dans plusieurs zones sensibles au niveau religieux du Saint-bassin, y compris à la Porte des Maghrébins, sous la Porte de Damas, près du Mur des Lamentations et à Silwan.
Ces pratiques privatisées et, souvent opaques, risquent d'ébranler le statu quo archéologique dans et autour de la vieille ville, ainsi que de contribuer à l'accroissement de la méfiance et des tensions entre les communautés religieuses dans la ville.
Les projets en cours ne tiennent pas compte des lieux saints chrétiens et musulmans. Même s’ils ne nuisent pas directement à ces lieux saints, ils menacent leur viabilité, leur intégrité et le domaine public à proximité immédiate.
L'UNESCO a toujours encouragé Israël à se conformer aux déclarations internationales sur la protection du patrimoine mondial sous occupation. [xvii] De cette manière, l'archéologie devient un outil de motivation idéologique dans une lutte nationale et religieuse menée d'une manière qui modifie l'identité et le caractère de la ville et menace de compromettre sa stabilité.

48 - En Janvier 2008, les fouilles ont commencé en vue de la construction d'une synagogue dans le tunnel du Mur des Lamentations, à sept mètres sous le quartier musulman, au niveau de la route de l'époque romaine. Il est immédiatement adjacent au Haram Al Sharif/Mont du Temple. Les Autorités des Antiquités Israéliennes sont profondément impliquées dans sa planification et sa construction.

49 - En 2008, la construction de la synagogue Ohel Yitzhak a commencé sur la place du Mur des Lamentations, dans l'immédiate proximité du Haram al Sharif/Mont du Temple. Un tunnel déjà creusé reliera cette synagogue au tunnel du Mur des Lamentations.

50 - En 2005, Israël a annoncé la construction d'une nouvelle rampe à la Porte des Maghrébins, officiellement pour améliorer l'accès aux touristes, mais suffisamment solide et large pour assurer la sécurité des véhicules. Le travail a commencé, malgré les protestations du Waqf.
La commission d’urbanisme régional israélienne a décidé en Juillet 2008 de modifier le projet initial afin de conserver toutes les strates historiques ou les vestiges archéologiques situées sous la nouvelle rampe - y compris les restes du quartier moderne des Maghrébins - et de ne pas de construire une synagogue à cet endroit, comme prévu initialement.
Toutefois, la procédure d’urbanisme est toujours en cours, et l'on pourrait craindre que - même si la politique actuelle est maintenue - la zone de prière du Mur des Lamentations pourrait être étendue à proximité de la nouvelle rampe d'accès, au lieu de mettre en évidence les vestiges musulmans.
L'autorité islamique craint également un agenda caché du Fonds du Patrimoine du Mur des Lamentations qui pourrait changer le modèle de circulation par la Porte des Maghrébins et augmenterait l'accès des Israéliens à Haram Al-Sharif/Mont du Temple, sans coordination préalable avec le Waqf.

51 - En outre, Israël a empiété sur les droits des Églises chrétiennes pour opérer librement à Jérusalem, dans un certain nombre de façons.

52 –
Les Églises chrétiennes ont, pour diverses raisons, des difficultés dans l'obtention ou l'extension de visas à long terme, surtout pour les prêtres. Depuis 2002, les prêtres et les membres de communautés religieuses catholiques demandant des visas à long terme aux autorités israéliennes, en particulier les ressortissants des pays du Tiers Monde, et encore plus en particulier ceux d'origine arabe, sont soumis à des procédures longues et compliquées avec des résultats très limités.
Dernièrement, la durée du visa a été réduite à une période maximale d'un an. De plus, des visas à entrées multiples ont été progressivement supprimés, sauf pour les dignitaires qui nécessitent une demande spéciale.
Ces mesures restrictives affectent fortement le fonctionnement des institutions des Eglises qui ont plus de difficultés à faire venir des membres de la communauté venant d'Etats arabes. Aucune des demandes présentées par le Patriarcat Latin n’a reçu de réponse à ce jour.

53 – La
Résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies de 1947 ( "le Plan de Partage") précise qu’aucune taxe ne doit être perçue pour un lieu saint, un édifice ou un site religieux qui a été exempté de l'impôt à la date de la création de l'Etat.
En décembre 2008, Israël a adopté une loi imposant des taxes aux propriétés religieuses qui en avaient été exonérées jusqu'à présent mais à taux réduit pour les locaux utilisés exclusivement pour le culte.
Dans certains cas, Israël demande le paiement rétroactif des taxes
. La plupart des Eglises ne seraient pas en mesure de les payer.
Par exemple, si les différents hôpitaux et institutions sociales, géré par les Eglises de Jérusalem étaient forcés de le faire, leur avenir est incertain. Bon nombre de ces hôpitaux offrent des soins spécialisés pour les Palestiniens qui ne sont pas disponibles dans les autres parties de la Cisjordanie.

54 - La capacité des Eglises locales à orienter les pèlerins et les fidèles à l'intérieur des lieux saints, n'a jamais été sérieusement remise en question jusqu'à récemment.
Pour l'accomplissement de cette mission, les Eglises délivrent depuis de nombreuses années des "cartes vertes" au clergé et aux principaux guides des pèlerins dans les lieux saints.
Le Ministère israélien du Tourisme remet de plus en plus en question cette pratique et essaye de la réduire ou de la supprimer par diverses mesures administratives.
Il semble que le Ministère israélien du Tourisme considère les lieux saints comme toute autre attraction touristique ou «patrimoine national» et, par conséquent, veut mettre en place les règles appliquées à tout site du "patrimoine national", en refusant de reconnaître le caractère essentiellement religieux des lieux saints pour les chrétiens.
À l'intérieur de l'église du Saint-Sépulcre, les fonctionnaires du Ministère israélien du Tourisme, ont tenté, à diverses reprises, d'empêcher des étrangers ou des locaux de guider les groupes de pèlerins qu'ils accompagnaient, sous prétexte qu'ils n’étaient pas officiellement enregistrés comme guides israéliens.


55 - La vitalité des petites communautés et institutions religieuses dévoilent des questions qui transcendent celles de la liberté religieuse, aussi importantes soit-elles. Le déclin des minorités religieuses, à Jérusalem, menace sa diversité historique, son héritage, et son importance emblématique en tant que lieu où les civilisations se rencontrent au lieu de se confronter.

Source : http://www.poica.org/
Traduction : MG pour ISM


Les «faits sur le terrain» d’Israël - y compris les nouvelles colonies de peuplement, la construction du Mur, les politiques de logement discriminatoires, les démolitions de maisons, le régime de laissez-passer restrictifs et la fermeture continue des institutions palestiniennes - accroissent la présence juive israélienne à Jérusalem-Est, affaiblissent la communauté palestinienne dans la ville, entravent le développement urbain palestinien et séparent Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. Israël, par des moyens pratiques, poursuit activement l'annexion illégale de Jérusalem-Est.

2 - La création quotidienne de «faits sur le terrain» dans la ville nuit à la crédibilité de l'Autorité Palestinienne et affaiblit le soutien populaire pour les discussions de paix entre les Israéliens et les Palestiniens. En outre, ces actions incessantes compliqueront davantage les accords déjà délicats sur le statut final de la Ville.
De plus en plus de colons israéliens – et de moins en moins de résidents palestiniens - à Jérusalem-Est ne fera que rendre plus difficiles les concessions israéliennes sur Jérusalem.
En outre, l’omniprésence d'Israéliens à Jérusalem-Est rendra la séparation entre Israéliens et Palestiniens beaucoup plus compliquée et difficile à réaliser dans la pratique.
Ainsi, les actions d'Israël dans et autour de Jérusalem constitue l'un des plus graves défis aux initiatives de paix entre Israéliens et Palestiniens.


I - POLITIQUE DE L'UNION EUROPEENNE SUR JERUSALEM EST

3 - La politique de l'Union Européenne sur Jérusalem est basée sur les principes énoncés dans la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, notamment l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force.
En conséquence, l'UE n'a jamais reconnu l'annexion israélienne de Jérusalem-Est en 1967 ou la Loi fondamentale de 1980 (loi fondamentale sur Jérusalem, capitale d'Israël) qui a fait de Jérusalem la capitale "entière et unifiée" d'Israël.
Les États membres de l'UE ont donc installées leurs missions accréditées à Tel-Aviv. [I]
L'UE s'oppose aux mesures qui pourraient porter préjudice au résultat des négociations sur le statut permanent, consignées dans la troisième phase de la Feuille de Route, telles que les actions visant à changer le statut de Jérusalem-Est.

4 - Dans les conférences tenues en 1999 et 2001, les Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève ont réaffirmé l'applicabilité de la Convention au Territoire Palestinien Occupé, y compris à Jérusalem-Est, et réitéré la nécessité de respecter pleinement les dispositions de la Convention dans ce territoire.

5 - En Juillet 2004, l'UE a reconnu l'avis consultatif de la Cour Internationale de Justice (CIJ) sur les «conséquences juridiques de la Construction d'un Mur dans le Territoire Palestinien Occupé» et a voté en faveur de la résolution de l'Assemblée Générale adoptée lors de sa dixième session extraordinaire d'urgence qui l’a reconnu.
Si l'UE reconnaît les préoccupations liées à la sécurité d'Israël et son droit à agir en légitime défense, la position de l'UE sur la légalité du Mur de séparation coïncide avec l'avis consultatif de la CIJ.


II. COLONIES DANS ET AUTOUR DE JERASULEM-EST

RESUME

6 - La construction de colonies dans et autour de Jérusalem-Est continue à un rythme rapide, contrairement aux obligations d’Israël en vertu du droit international et de la Feuille de route, qui ont été réaffirmés à Annapolis. En 2008, le nombre d'offres à Jérusalem-Est a augmenté de près de 40% par rapport à 2007 [ii].
Sur un total d'environ 470.000 colons dans les territoires palestiniens occupés, il y a actuellement environ 190.000 colons israéliens (40%) qui vivent à l'intérieur de Jérusalem-Est [iii], et plus de 96.000 dans les colonies autour de Jérusalem, dont la majorité vivent dans les grands blocs de colonies tels que Givat Zeev, le bloc d’Etzion et

22 novembre 2009

n’est-il pas temps de tirer les conclusions ?

Puisque ni Arafat, ni Abbas, ni Haniyeh ne conviennent…

n’est-il pas temps de tirer les conclusions ?

Pour tout observateur attentif, rien de bien neuf dans les déclarations récentes de l’ensemble de la diplomatie occidentale à propos de la décision du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas de ne pas se représenter aux élections prochaines, prévues début 2010. Chacun y est allé de sa petite intervention – jusqu’à Shimon Pérès ! – pour inviter l’intéressé à revoir sa position.

Là où les représentants de nos divers gouvernements ont ignoré depuis des décennies, la détérioration toujours plus grave de la situation dans les Territoires occupés par Israël et tout particulièrement à Gaza, l’empressement à soutenir de manière presque unanime et encourager Mahmoud Abbas à se représenter à ces futures élections, devrait au minimum, nous interpeller.

En effet, comment comprendre que pendant des années, nos élus et leurs médias serviles n’ont cessé de mettre en exergue la corruption endémique et généralisée de l’appareil étatique palestinien jusqu’à son sommet ; n’ont cessé d’abandonner les leaders palestiniens à leur funeste sort ; n’ont cessé d’ignorer les multiples compromis acceptés par une population étranglée ; n’ont cessé d’encourager et soutenir les initiatives israéliennes de tous genres, y compris dans le laisser-faire du Mur d’apartheid, dans l’alliance du gouvernement avec l’extrême-droite, dans le blocus assassin de la Bande de Gaza, dans l’emprisonnement de parlementaires et de mineurs, dans la non-application des résolutions des Nations-unies et le non-respect du Droit international et humanitaire, etc… et d’assister au revirement soudain de ces mêmes élus trouvant aujourd’hui toutes les qualités à Mahmoud Abbas, pour qu’il reste à la tête d’un hypothétique Etat ? Comment comprendre une telle attitude, sinon que l’homme de l’ombre, le pâle représentant des Palestiniens, celui-là même qui parfois s’accrochait au cou d’Ehud Olmert pour l’embrasser est tellement consensuel, tellement faible qu’il convient parfaitement aux interlocuteurs israéliens en premier lieu et par ricochet à tous ceux qui soutiennent activement Israël dans la poursuite de sa politique profondément injuste, hors-la-loi et criminelle ?

A l’heure où Mahmoud Abbas se dirige peut-être vers la décision politique la plus courageuse de sa carrière, c’est la panique dans les chancelleries. Perdre un tel interlocuteur s’avère sans doute perdre un allié bien utile et fort peu encombrant. La décision est même interprétée par certains comme une manœuvre tactique visant à le rendre incontournable, indispensable, quelques mois avant les élections, lui assurant ainsi la certitude d’une réélection aisée et massivement soutenue de l’extérieur. Et puis, qui donc pourrait remplacer cet évanescent papy, si peu vindicatif, si peu déterminé, si policé et si soumis aux dictats qui lui sont imposés !? A 74 ans, la retraite volontaire de celui-là même qui fut l’un des artisans des moribonds Accords d’Oslo ne semble pas recevoir l’aval de ses interlocuteurs étrangers qui n’osent imaginer devoir faire face à un nouveau candidat dont on ne connaît pas encore le nom, ni la tête, et moins encore les intentions. Diable, que nous préparent encore ces imprévisibles insoumis !?...

Or, pour la population palestinienne qui a tout enduré depuis plus de soixante ans sans percevoir la moindre lueur dans l’avènement de son Etat, ces prochaines élections ne sont-elles pas une opportunité de faire table rase de tout ce qui a manifestement échoué ? Et d’en tirer les conclusions ? Puisque rien ni personne ne semble jamais convenir aux différents gouvernements israéliens : ni Yasser Arafat qui était trop ceci, ni Mahmoud Abbas qui est trop cela, ni Ismaïl Haniyeh qui n’est ni ceci ni cela tout en même temps ; qu’ils volent, pillent, emprisonnent et massacrent toujours plus leurs voisins au fil des ans ; qu’ils refusent obstinément l’arrêt de la colonisation et par leur comportement affichent une arrogance peu commune, peut-être est-ce le moment de remettre en cause le partage-même de ce qui fut décidé sans l’avis des premiers concernés, en 1947… et de dénoncer la solution choisie par les États dits démocratiques qui leur fut imposée, la déclarant caduque et impossible à réaliser de par l’intransigeance coloniale israélienne…

Et peut-être dans la foulée conviendrait-il de rappeler que finalement, le problème des pogroms puis du génocide des juifs pendant la dernière guerre mondiale était bien un problème européen qui ne concernait pas le Proche-Orient où ils vivaient tranquilles. Problème qui dès lors, ne devrait pas trouver sa solution sur le dos des Palestiniens qui aujourd’hui continuent à payer notre ardoise ! Et de suggérer aux Européens et leurs alliés de trouver sur leurs terres, un endroit pour l’établissement de l’Etat « juif » d’Israël. Ce sera l’occasion de voir si leur détermination au soutien d’un tel État déguisé en démocratie sera toujours aussi appuyée et inconditionnelle…

Ainsi, voilà bientôt deux ans, je proposais dans La Démocratie Mensonge, une solution à la question israélo-palestinienne, sous forme de « pensées interdites » :

« (…) Si l’on regarde l’Histoire humaine, rien n’y est jamais définitif. Tout est, là également, en constante évolution. Et tout particulièrement, les frontières délimitant les limites de tel ou tel pays. Il n’est qu’à jeter un œil sur les cartes géographiques d’antan. Celles d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles d’hier ou d’avant hier. Et ne sont probablement pas à l’image de celles de demain. Transformées elles aussi, par la conjonction des forces qui les (re)dessinent. Et dans ce cas-là, les forces en question sont la volonté et les décisions des hommes et des femmes qui peuplent le monde et ses régions, et en modèlent, en modifient ses étendues et ses limites. Il ne faut pas remonter bien loin dans le passé pour en avoir des exemples : que ce soit en ex-URSS, en ex-Yougoslavie, en ex-Tchécoslovaquie pour ne parler que d’une Europe qui n’a de cesse de se redessiner, les récentes nouvelles frontières sont nombreuses. Et ne sont certainement pas définitives. Dans quelque temps, qu’adviendra-t-il du Kosovo, du Monténégro, de l’îlot russe de Kaliningrad enclavé en pays baltes eux-mêmes rattachés à l’Union européenne, du Kurdistan inscrit sur plusieurs pays, du Sahara occidental, ou du Tibet, … ? Bien malin qui pourrait en dessiner aujourd’hui les futures frontières.

Mais l’observation des faits scientifiques nous a appris aussi autre chose, d’essentiel : dans son évolution, l’univers a horreur du gaspillage d’énergie, étant entendu que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Pour une fois, essayons donc d’en tirer les leçons et de nous les appliquer.

Il n’y a pas si longtemps, au moment où quelques responsables juifs réclamaient une terre pour accueillir leur projet de foyer national, étaient envisagées trois éventualités : la Palestine, l’Argentine et l’Ouganda. Le choix s’est porté sur la Palestine, pour diverses raisons dont celle d’un retour à la Terre Promise… cette fadaise ! Aujourd’hui, plutôt que de continuer dans cette option qui paraît sans issue, dans cette obsession sanglante et meurtrière d’imposer les frontières du jeune État d’Israël au cœur de la Palestine historique dont les habitants n’ont jamais eu leur mot à dire sur cette décision, et d’en payer le prix le plus fort depuis 60 ans, pourquoi ne pas envisager une quatrième voie, plus économe à tout point de vue ? En outre, dans l’esprit de la « globalisation » où tout est bon à n’importe quelle entreprise pour améliorer ses marges bénéficiaires par l’entremise de la délocalisation, l’idée s’inscrit tout à fait dans l’air du temps…

De toutes les manières, plus les années passent, plus la domination d’Israël sur la région semble comptée. Depuis 1967, à l’inverse de ce qui apparaît au premier coup d’œil, l’Etat israélien a perdu une partie du terrain volé à ses voisins. Il a rétrocédé le Sinaï à l’Egypte, a quitté la majeure partie du Sud Liban, s’est retiré de Gaza, et devra tôt ou tard négocier le Golan syrien… avant d’entamer des pourparlers au sujet des nombreuses colonies implantées en Cisjordanie dont on sait que toutes sont illégales.

Son recours à une oppression féroce sur ce qui lui reste en est d’autant plus brutale : les Palestiniens en font les frais chaque jour… avant, sans doute, l’implosion de l’Etat israélien sous sa forme actuelle, condamné à disparaître par la définition même de ses statuts racistes et de ses pratiques d’apartheid impossibles à perpétuer éternellement dans un monde qui prône la « démocratie » comme modèle…

L’Algérie a résisté pendant plus de 130 ans à l’occupation française… Même dans un infernal quotidien, les Palestiniens savent avoir encore du temps devant eux… et il est fort improbable que les pays arabes voisins acceptent la disparition du 3ème lieu saint de l’Islam à Jérusalem, au seul profit du judaïsme…

Ainsi, puisqu’il est établi que les États-Unis soutiennent inconditionnellement et, envers et contre tout, le gouvernement et le peuple israéliens, pourquoi ne pas offrir à ces derniers, l’un des plus grands espaces qui soit – la superficie des USA est de 9.630.000 km² et celle d’Israël de 20.770 km², soit moins de 0,25 % du territoire américain – en leur permettant d’y édifier leur État ? Les espaces désertiques ne manquent pas dans le Sud-Ouest des USA et quelques grands déserts pourraient bien accueillir ceux qui semblent avoir un penchant atavique pour la chose.

Avec les techniques actuelles, nul doute qu’il soit possible de déménager les quelques vieilles pierres restantes du Mur des Lamentations… Et si vraiment cela ne pouvait être envisagé par crainte de dommages irréversibles au site historique, ou par respect pour ceux qui désireraient rester à Jérusalem, ainsi que pour le tourisme qui retrouverait-là son affluence d’antan, on pourrait assurément compter sur les techniciens d’Hollywood pour effectuer de parfaits décors de la Ville Sainte, plus vrais que nature ! Et pourquoi pas, envisager jusqu’à la reconstruction totale du Temple de Salomon qui trônerait alors, dans toute sa splendeur, au centre d’une nouvelle capitale, baptisée New-Jerusalem !?

Ce serait tout avantage pour les Israéliens : ils ne seraient pas trop dépaysés par l’environnement naturel ; seraient directement sous l’aile protectrice et satellitaire de leur bienfaiteur ; ne devraient plus utiliser leur argutie habituelle de peurs paranoïaques alimentées par la présence d’Arabes et de musulmans innombrables à leurs frontières ; n’auraient plus besoin d’un budget militaire exponentiel pour garantir la paix avec leurs voisins, ce qui leur permettrait de se pencher sur le problème réel de la pauvreté dans le pays ; n’auraient plus à vivre en état de stress permanent parce qu’ils seraient mieux abrités d’éventuelles attaques suicides ; pourraient se livrer sans limite à leur occupation favorite, à savoir, l’extension de leur territoire, etc… Le colossal budget militaire ainsi économisé pourrait servir à édifier très rapidement les infrastructures modernes dont ils bénéficient aujourd’hui, et pourrait en outre être consacré aux soins psychologiques indispensables pour soigner les nombreuses névroses d’une grande majorité de citoyens.

Enfin, comble de bonheur, ils seraient proches du Saint des Saints puisque le souffle divin traverse aussi le Président yankee [à l’époque du président Bush- ndlr], qui conduit désormais le monde de vision en vision… Comme on peut le voir, là également, point de dépaysement…

La région du Moyen-Orient serait finalement libérée de l’une de ses tensions majeures. La Communauté internationale serait définitivement débarrassée de l’un de ses plus épineux problèmes puisque le cas échéant, tout problème israélien deviendrait interne aux États-Unis. Là également, que d’économies d’argent et d’énergie ! Le calme reviendrait sans doute dans l’ensemble de la région. Ainsi peut-être que sur les cours pétroliers. Le nouveau Moyen-Orient ainsi reconstitué pourrait être sécurisé d’Est en Ouest et du Nord au Sud et nettoyé de tout danger nucléaire, y compris en Iran. Et les peuples libérés pourraient enfin se consacrer à l’essentiel. Ce qui au vu des dégâts à tous niveaux, éliminerait le chômage et assurerait du travail pour tous, pendant des décennies entières. Nous serions en Europe, soulagés des interventions indigestes des prétentieux de salons, politologues incompétents, journalistes verbeux, « spécialistes » pédants, etc… Et chacun de nous pourrait en définitive, consacrer son temps à autre chose.

Quand on voit les milliards engloutis, dans la conquête spatiale pour les armes sophistiquées des uns, dans la reconstruction et l’aide humanitaire sans fin des autres, sans compter les coûts indécents d’une diplomatie inopérante de tous, en termes strictement économiques, l’impact d’un tel plan serait i-ni-ma-gi-na-ble ! Au lieu d’entraîner les forces vives du pays dans leurs guerres ruineuses, les États-Unis pourraient booster leur économie de façon vertigineuse. Les places boursières s’envoleraient. Et leur image extérieure retrouverait une blancheur (presque) immaculée.

Plutôt que de renouveler sans cesse des promesses jamais tenues à propos d’un futur État palestinien, celui-ci pourrait éclore dans ses limites historiques, et la place libérée par une partie de la communauté juive permettrait d’y accueillir tous les réfugiés entassés dans les pays voisins qui, eux aussi, seraient débarrassés d’un douloureux problème à l’intérieur de leurs frontières… Tous les Israéliens, juifs ou non, qui le désirent pourraient rester en Palestine et cohabiter sereinement avec leurs compatriotes arabes, musulmans, chrétiens ou laïcs, comme c’était le cas par le passé, ainsi que dans nombre de pays de par le monde.

De son côté, le nouvel Israël pourrait négocier son rattachement comme 51ème Etat aux cinquante actuels qui forment les États-Unis d’Amérique. Il serait ainsi, enfin reconnu par toutes les Nations, y compris par les États arabes les plus réticents, dans son « droit d’exister »…

L’ensemble des anciennes Résolutions des Nations Unies seraient déclarées caduques et une nouvelle ère de réelle prospérité s’ouvrirait pour chacun. Bref, ce serait la paix pour tous, dans le meilleur des mondes… Cela s’avèrerait une véritable manne céleste, proche du miracle… Mais, quoi de plus naturel, pour le peuple élu dont les plus convaincus n’ont de cesse de répéter qu’ils sont en dialogue direct avec Dieu !? (…) »

Daniel Vanhove
18.11.09
Observateur civil – Membre du MCP (Mouvement Citoyen Palestine)
La Démocratie Mensonge – 2008 – Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire

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UN PEUPLE à L'AGONIE... DANS L'INDIFFéRENCE QUASI GéNéRALE !

UN BIEN SINISTRE RAPPEL D'UNE NAQBA QUI DURE DEPUIS 60 ANNEES ! 

SUR LE TERME Genocide (SUITE)

A GAZA, CHAQUE MUR EST UN « MUR DE LAMENTATIONS ! »                     
            

60 ans de Naqba, 5 ans de guerre en Irak. « Barbare »... Vous avez dit : « Barbare » ?... 

ENTRE TIBET ET KOSOVO... LA PALESTINE

UNE JOURNEE DE RAPPEL DE PLUS... COMME UN NOUVEAU COUP DANS L'EAU ?

A l'attention de M. Didier Reynders, président du MR. 

CES IMPOSTEURS POLITIQUES QUI SE PRETENDENT DE GAUCHE !

QUAND L'EUROPE DES DROITS DE L'HOMME ENCOURAGE LE VIOL DU DROIT INTERNATIONAL

suite a l'article:Un génocide en Palestine ?

Sur l'utilisation du terme « génocide » - 3è volet - suite et fin. SCENES ORDINAIRES DE LA VIE EN PALESTINE, A GAZA. A GAZA, APRES LES BOMBES, LE DROIT INTERNATIONAL ? PEU PROBABLE. UN TERRORISME D'ETAT PIRE QU'UN 11 SEPTEMBRE. 

A Henri Goldman et sa question à propos du sionisme...

La liberté d’expression serait-elle menacée jusqu’au cœur de l’Europe ? 

Ces mascarades où excellent nos éminences et leurs médias complaisants.

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Plus raciste qu'Israël, tu meurs...

Plus raciste qu'Israël, tu meurs...

Vendredi 20 novembre

Rim al-Khatib

Un vol sur El Al

jeudi 31 juillet 2008 - Samah Jabr

Je ne suis jamais autant vulnérable que lorsque je voyage. La dernière nuit de mon été passé à Ames, Iowa, j’ai eu un sommeil très agité pour finalement me lever et passer ma tenue la plus confortable : chemise de coton bleue, pantalon cargo kaki, sandales, et mon foulard islamique.

« Mets des chaussettes » m’exhorte Betsy qui fut mon amie et ma soignante. Je vais au laboratoire où j’ai travaillé tout l’été, dire au revoir à ma collègue israélienne, Ada.

« Attendez-vous au pire avec El-Al » me dit-elle, « Leur job, c’est de vous rendre la vie malheureuse. »

« Ne vous inquiétez pas, je serai bien, vous savez combien je suis calme », lui réponds-je en lui serrant la main.

Puis Betsy m’emmène à l’aéroport, et je passe le court temps de vol jusqu’à Chicago à lire sa lettre, une sorte de lettre d’au revoir.

L’aéroport international d’O’Hare est animé et impressionnant. En allant au bureau de départ d’El-Al, je remarque quelques femmes arabes qui se rendent dans la même direction. En tenues élégantes, avec des chaussures à talon haut, je devine qu’elles viennent d’un pays flottant sur une mer de pétrole. Mais ma déception de voir qu’elles ne voyageront pas avec moi est interrompue par un ordre de m’arrêter.

Je me dirige derrière une cloison de sécurité, vers l’agent sécurité qui m’a interpellée. Deux hommes s’approchent, me prennent mon sac à main puis disparaissent avec.

L’agent me parle en hébreu mais quand je lui réponds en anglais, il passe à l’anglais et demande : « Vous ne connaissez que l’anglais ? »

« Et l’arabe », je lui réponds vivement. Les questions qui suivent semblent absurdes et je lui réponds avec l’ambiguïté qui convient, dissimulant ma colère grandissante derrière le sarcasme.

Bientôt, les hommes qui ont pris mon sac à main réapparaissent. Ils m’emmènent dans une pièce séparée où sont déjà mes valises (je pensais alors qu’ils étaient déjà dirigés vers Tel Aviv).

« Ouvrez chacune des valises et mettez vos bras bien à l’intérieur » aboie un officier en hébreu.

Les questions ne s’arrêtent pas là. Dix minutes avant mon vol, je suis à nouveau placée dans une pièce à part pour une fouille physique. A ce moment-là, je suis furibonde. Tout ça pour un vol de détente, et nous ne sommes même pas encore en l’air !

Enfin, on me rend mon sac à main, et l’un des mes interrogateurs m’accompagne à l’embarquement.

« Vous avez trouvé ce que vous cherchiez ? » je lui demande.

« Non » fait l’homme.

« Tant pis ! C’est une chance que vous n’aviez pas un autre Palestinien sur le vol, sinon nous n’aurions pas pu décoller avant demain matin. »

Il se met à rire : « Vous êtes trop pressée, Samah. »

Dernière passagère à monter à bord, je remonte l’allée en essayant d’ignorer les regards désapprobateurs.

« Excusez-moi, c’est ma place » dis-je à un jeune homme, une kippa fixée sur ses cheveux blonds. J’apprends vite qu’il s’appelle Moïse, que c’est un Israélien de Ranana. Il est allé rendre visite à sa grand-mère dans l’Indiana, il voyage seul - et il est un peu nerveux - et va voir sa mère à Tel Aviv.

Trop fatiguée pour engager la discussion avec le garçon, je suis soulagée quand les lumières s’éteignent, et il semble dormir. Inconsciemment, Moïse s’appuie contre mon épaule, pour être plus à l’aise.

Je suis épuisée, j’ai froid et j’ai mal au coeur. Je dois demander trois fois pour avoir une couverture supplémentaire, et quand j’ouvre mon sac pour prendre mon médicament contre le mal de l’air, il a disparu. Les agents de sécurité ont tout mis sens dessus dessous. Dans le fond du sac, je retrouve les chaussettes de Betsy. Je les enfile et j’essaie de dormir.

Quatre longues heures passent. Un vieux juif ultraorthodoxe secoue Moïse pour qu’il se tienne assis droit, après quoi le garçon passe son temps à se tourner et à se retourner.

Ce n’est qu’après avoir vomis que j’arrive à dormir, pour être réveillée brusquement par une femme qui crie parce que je lui ai pris sa couverture.

« Ne criez pas après moi » lui dis-je sèchement.

« Comment osez-vous prendre ma couverture » me dit-elle, criant encore plus fort.

Bientôt, deux autres personnes se joignent à elle dans cette criaillerie, n’arrêtant que lorsque l’hôtesse dit à la femme que la couverture n’est pas la sienne.

A ce moment-là, la colère me serre le cœur. Je ne sais pas comment je vais pouvoir rester assise dans ce siège étroit encore six heures.

Une passagère américaine juive échange sa place avec Moïse. Elle dit qu’elle est désolée pour la scène qui vient de se passer et pour mon interrogatoire à l’aéroport. « Cela a dû être dur mais, vous savez, il y a besoin de renforcer la sécurité » me dit-elle.

« Avez-vous été interrogée ? » je lui demande, irritée. « Un petit peu » me répond-elle. « Je suis juive, et j’ai l’air différente de vous ».

« Qu’entendez-vous par différente ? Ai-je l’air dangereuse pendant que vous, vous avez l’air de quelqu’un de bien ? » Nous rions.

Après ce qui me parait une éternité, une musique hébraïque et des applaudissements annoncent notre arrivée à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv. Encore une fois, deux hommes de la sécurité m’attendent. Je suis courbatue et brisée de fatigue. Heureusement, quand je suis libérée, des heures plus tard, deux de mes amis m’attendent toujours.

Ce n’est qu’à la maison que je réalise toute l’horreur du voyage. Mes neveux, impatients de recevoir leurs cadeaux, ont ouvert mes bagages. Les cadeaux sont tous là : baignés de shampoing et gluants de médicaments contre les ulcères. Les hommes de la sécurité ont laissé les bouteilles ouvertes. Les cachets en vrac et les pelotes de coton sont collés à mes vêtements avec de la cold-cream* qui s’est répandue.

Personne ne dit mot, j’ai des larmes plein les yeux.

Note : Il s’agit de l’unique voyage de Samah Jabr sur El Al, compagnie aérienne nationale israélienne. Un voyage d’études qui était financé par l’organisme qui lui a fourni la bourse pour les Etats-Unis et qui avait pris son billet. La même situation a failli se répéter lors de son retour de Paris à la fin de ses études mais après une longue discussion avec ses responsables, ceux-ci ont compris que ça ne se faisait pas de la mettre sur une compagnie aérienne de « l’occupant ».

* Crème contre les irritations cutanées.

Samah Jabr est médecin psychiatre palestinienne, elle vit dans Jérusalem occupée et y travaille au sein d’une clinique psychiatrique qu’elle a créée.

L’un des objets politiques de son combat est un État unique pour une perspective de paix et de liberté commune. Ses chroniques touchantes nous parlent d’une vie au quotidien en pleine occupation ; d’un regard lucide, elle nous fait partager ses réflexions en tissant des liens entre sa vie intime, son travail en milieu psychiatrique et les différents aspects politique d’une situation d’apartheid.

http://www.info-palestine.net/impression.php3?id_article=4827

Le site arabs48.com vient de dévoiler que l'Afrique du Sud a décidé de chasser les agents de la sécurité de la compagnie israélienne El Al (que les Palestiniens de 48 ont appelé à boycotter depuis plus de deux ans, à cause de ses pratiques racistes et immondes) qui dépendent de l´ambassade israélienne, suscitant une nouvelle crise diplomatique entre l'Afrique du Sud et l'entité sioniste coloniale.
En effet, il y a deux mois, lorsque la compagnie a décidé de se passer des services d'un de ses agents en Afrique du Sud, Julian Graf, employé depuis 19 ans, ce dernier a décidé de passer aux aveux... Devant une commission sud-africaine, il a dévoilé comment la compagnie se comporte envers ses clients, les classant par race, ethnie et religion. De plus, il a expliqué que les agents de la sécurité de cette compagnie El Al, qui ont accès aux aéroports internationaux, soi-disant pour assurer la sécurité des Israéliens, sont des agents très spéciaux, formés par le Mossad aux combats rapprochés.
Une expérience menée par cette commission sur le terrain, dans un des aéroports sud-africains, a permis de confirmer les dires de l´agent Julian. Un homme musulman a été envoyé à la compagnie, qui l´a vite repéré par un agent israélien d´El Al, qui a été immédiatement expulsé. Le responsable de la commission d´enquête a accusé l´Etat sioniste d´escroquerie à l´encontre du gouvernement sud-africain et de violation de la constitution, outre les pratiques racistes.
Cette histoire n´est pas gratuite. D´abord, elle confirme que le pouvoir sioniste israélien est un pouvoir raciste. Ensuite, elle confirme ce que de nombreuses personnes ont expérimenté, que la compagnie El Al est une compagnie israélienne, donc raciste et militarisée. Ses agents de la sécurité agissent dans tous les aéroports où cette compagnie travaille, c´est-à-dire dans toute l´Europe, occidentale et orientale. Ses agents violent les territoires nationaux européens et leur constitution, par leurs pratiques sécuritaires et racistes.
Enfin et surtout, l´Afrique du Sud est un pays souverain, qui fait appliquer ses propres lois sur son territoire alors que les pays européens, et surtout la France, sont soumis au diktat israélo-américain, ils n´ont aucune souveraineté même s´ils l´affirment (on peut comprendre alors ce que signifie l´Etat souverain en Cisjordanie et Gaza dont ils parlent). Les agents israéliens soumis aux ambassades israéliennes dans le monde, sont des agents du Mossad, qui contrôlent tous les citoyens européens dès qu´ils forment le voeu d´utiliser El Al ou tout autre compagnie se dirigeant vers la Palestine occupée.
Bon voyage !!!


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19 novembre 2009

“Je ne peux plus voir Jerusalem”

“Je ne peux plus voir Jerusalem”
REPORTAGE BENJAMIN MORIAMÉ

Mis en ligne le 18/11/2009
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Au bord de l’asphyxie, la société palestienne survit entre les méandres du “mur-barrière” qu’Israël construit depuis 2003 dans les territoires occupés.

Parmi les tags que l’on peut lire sur le “mur-barrière” qu’Israël construit au sein des territoires occupés palestiniens, l’un des plus courants est celui-ci : “Le Mur de la honte !” C’est aussi, le plus souvent, en ces termes que les Palestiniens parlent de la construction. L’allusion au Mur de Berlin n’est pas toujours innocente.

Pourtant, la “barrière de séparation” – euphémisme d’usage en Israël – est sans commune mesure avec son tragique prédécesseur, le Mauer berlinois. L’hydre décapitée en 1989, ressuscitée à Jérusalem, a plus que quadruplé de volume. Ses nombreuses sections de béton – essentiellement dans les villes – sont parfois hautes de neuf mètres, avec un minimum de six. Les tronçons de grillages électroniques – en zones rurales – sont larges de cinquante à cent-cinquante mètres, puisqu’ils s’accompagnent d’une route de patrouille réservée aux soldats israéliens, d’un fossé, de pyramides de barbelés “lames de rasoirs”, etc. Pour construire cet ensemble – 703 kilomètres sont prévus – des centaines de maisons palestiniennes ont déjà été détruites.

Ce ne sont pourtant pas ses imposantes mensurations, mais plutôt son tracé sinueux, qui engendrent les lourdes conséquences de l’édifice. Le Mur déploie ses méandres à travers les territoires occupés, comme un serpent étouffe sa proie. Tous les points vitaux de la société palestinienne sont gravement atteints : économie, soins de santé, enseignement, accès à l’eau…

“J’ai perdu le tiers de ma terre”, se désole Nabile Shrime, loin d’être une exception parmi les nombreux agriculteurs de Qalqilya, une ville de plus de 45 000 habitants dont les quatre horizons sont barrés par le Mur. “De plus, le Mur, percé de trous, a été construit de telle façon que l’eau s’écoule depuis Israël vers nos champs et engendre de graves inondations.” Durant l’hiver, une véritable mer noie parfois les plantations. Mais l’eau potable, elle, devient encore plus rare et chère. Rien que dans les districts de Qalqilya, Jénine et Tulkarem, une cinquantaine de puits ont été rendus inaccessibles par la construction.

“S’il vous plaît, arrêtez ce mur de l’apartheid”, a peint un anonyme de Bethléem, côté pile. Côté face, semble lui répondre un gigantesque panneau du ministère israélien du tourisme, frappé des mots “La paix soit avec vous”. Les écrits sur le Mur sont éloquents. Mais, à Bethléem comme en d’autres villes, le Mur reste souvent vierge, exhibant le gris froid du béton. Avec une différence notable côté ouest : le Mur est bien moins proche des maisons et paraît plus petit aux Israéliens, qui surplombent le fossé creusé pour la construction.

Les enfants de la banlieue de Jérusalem côtoient étroitement le Mur. A Abou Dis, par exemple, le terrain de football s’étend au pied des remparts. Au sprint sur les gravillons, ou gigotant autour de la balle, les gamins semblent ne plus voir le béton. Jusqu’à ce que le ballon vole malencontreusement par-dessus. Dans ce cas, pas d’angoisse, il sera probablement renvoyé par un autre Palestinien... Jérusalem-Est, la partie arabe de la “ville sainte”, se trouve effectivement de facto annexée à Israël par le Mur. C’est pourquoi un riverain a représenté une échelle symbolique sur toute la hauteur de la fortification. Histoire sans doute de se sentir plus proche de sa famille.

Les enfants de Qalqilya arpentent eux aussi fréquemment, à pied ou à vélo, les nouvelles limites de leur ville, comme un fauve repère indéfiniment les limites de sa cage. Les abords dévastés du Mur constituent un terrain de jeu à nul autre pareil. Lorsque les bambins croisent un étranger dans le centre-ville – chose rare – ils lui proposent d’emblée de lui montrer “al jedar”. Et le prennent par la main. A l’ombre des fortifications, des cultivateurs dépités soignent ce qu’il reste de leurs champs, amputés par les bulldozers israéliens.

Encerclée, étranglée, Qalqilya étouffe. Son économie s’écroule. Son cas est éclairant car représentatif de ce qu’endurent la centaine de villes et villages palestiniens coupés du reste du pays. “Pas moins de 90% de nos ventes ont été perdues”, soupire Mohammed Moustafa, devant les sacs de graines de son magasin agricole. “Désormais, chacun se contente de trouver de quoi manger. Impossible de miser sur l’avenir. Cet homme-là a perdu 12 000 m².” “Tout est resté côté ouest”, confirme Abdallah Hashim. “J’ai introduit une demande de permis pour traverser le Mur, mais cela m’a été refusé sans raison.” Plus de la moitié des terres agricoles de Qalqilya ont connu pareil sort, de même que 23 puits, alors que l’agriculture est de loin la première source de revenus des habitants.

Pour les rares Qalqilyens qui ont malgré tout un produit agricole à commercialiser, reste à exporter. Les gardes de l’armée de Tsahal (forces israéliennes), à la sortie de la ville, rendent le transport si lent et incertain qu’ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir se permettre ce risque économique. Le chômage a atteint 65 % de la population – la moyenne est de 45 % en Cisjordanie. La municipalité dénombre déjà 6 000 résidents absents, qui ont fui pour des régions moins affectées par l’occupation israélienne. Un tiers d’entre eux sont des pères de familles, partis seuls pour dénicher un boulot et faire vivre leur foyer à distance. Ce phénomène de transfert, observable dans bien d’autres zones proches du Mur, effraie l’Autorité palestinienne, qui y voit le résultat d’un plan d’annexion, plongeant le pays dans la crise et empêchant la création d’un État palestinien.

Sur le chemin de Jérusalem, les détours et les contretemps sont légions. Alors que la “ville trois fois sainte” est au Sud, il faut d’abord rouler plein Nord, afin d’éviter les “doigts” : il s’agit des deux incursions les plus prononcées du Mur en travers du territoire palestinien, qui ont effectivement la forme de doigts sur les cartes. Les “doigts” ont pour but essentiel de protéger les importantes colonies juives de Kedumim et Ariel, mais ont surtout pour conséquence de séparer de nombreux Palestiniens de leur lieu de travail et/ou d’une partie de leur famille. Une fois ces obstacles contournés, le véhicule peut être arrêté à tout moment, soit par un “checkpoint” volant soit par un autre permanent, souvent tenus par de jeunes Israéliens en cours de service militaire. Environ 500 de ces barrages quadrillent la Cisjordanie. Lorsqu’on en croise un sur son chemin, la durée de mise à l’arrêt s’avère imprévisible : il faut quelques minutes à quelques heures avant d’être autorisé à passer ou invité à faire demi-tour.

A hauteur de Beit Amin, le conducteur de taxi s’arrête sans raison apparente. “Ici, j’ai été contraint d’abandonner six hectares de terres sur lesquelles j’espérais cultiver et construire une maison”, pointe du doigt Mohammed Abou Hijlih, en face de la colonie de Share Tikva. Les maisons palestiniennes et israéliennes, si l’on excepte la “barrière”, y sont à peine séparées de quelques enjambées. A quelques kilomètres de là, la voiture s’arrête à nouveau, devant une porte. “Ici, j’ai vu un médecin obligé de soigner un patient à travers la porte agricole”, se souvient Darwish Amer. Il est courant qu’un ou plusieurs villages soient isolés sans hôpital et même sans médecin.

Le paysage défile, aride, parsemé de petits villages arabes. En haut des collines, de temps en temps, des colonies israéliennes surplombent les vallées. Elles sont aisément reconnaissables à leur architecture “occidentale” et à leur flore verdoyante – Israël a pris le contrôle des ressources en eau. Au bout du chemin, pour passer le portail entre Bethléem et Jérusalem, les Palestiniens avancent leur carte d’identité israélienne, souvent profil bas. La plupart rejoignent leur boulot. Ils savent qu’au moindre faux pas les soldats peuvent leur barrer la route, pour un jour ou à vie. Mêmes scènes entre Jérusalem et Ramallah, dont les liens étroits sont menacés.

“Je ne peux plus voir Jérusalem, ni ma famille qui y habite”, explique Mohammad Shahin, 19 ans, de Bethléem. “Je m’estime heureux, quand je pense à mon ami dont la maison a été démolie pour le Mur. A l’école, certains ne peuvent plus venir”. La jeune Hanine Albaz, 21 ans, rêvait d’être journaliste : “Comme mon père est membre d’un groupe politique, je ne passe pas aux check-points et ne peux aller à l’université”, regrette-t-elle. Le Mur a brisé, sur sa route, une multitude d’espoirs. Dont, si souvent, des espoirs de paix.

© La Libre Belgique 2009


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17 novembre 2009

Les Palestiniens, les Séfarades, les Mizrahim... et le Sionisme

Les Palestiniens, les Séfarades, les Mizrahim... et le Sionisme

Fethi GHARBI

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Photo : Hebron, un colon israélien jette du vin sur une passante palestinienne

New York Times

Tanya Reinhart soulignait que depuis l’occupation de 1967, les responsables politiques et militaires israéliens débattaient de la meilleure façon de conserver le maximum de terres avec le minimum d’arabes. Israël avait en effet réussi à coloniser le Golan, la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Sinaï. Le Golan peu peuplé était une proie facile pour l’annexion. Sur ses 100 000 habitants, 90 % s’enfuirent ou furent chassés pendant la guerre, et les colonies établies là par Israël s’implantèrent sur une terre vidée de sa population. Le 14 décembre 1982, la Knesset vota une loi mettant le Golan sous la législation et l’administration israéliennes, ce qui équivalait à une annexion pure et simple qui ne comportait aucun risque.

La Cisjordanie et la bande de Gaza surpeuplées posaient et posent jusqu’à nos jours un tout autre problème : L’annexion pure et simple aurait transformé les Palestiniens qui y vivent en citoyens israéliens à part entière, ce qui aurait provoqué un désiquilibre démographique, tant redouté. Pour surmonter cette difficulté, deux solutions différentes furent élaborées.

Le premier plan consistait à annexer 30 à 40 % des territoires. le reste étant placé soit sous souveraineté jordanienne, soit sous une forme quelconque d’autodétermination. Dans une interview de 1983 Rabin déclarait : "J’affirme que nous sommes prêts à abandonner environ 65 % de la Cisjordanie et toute la bande de Gaza". Ce plan représentait l’avantage de grignoter une bonne partie des territoires occupés, d’ émousser la lutte armée et de garantir l’équilibre démographique. L’expulsion de masse,sur le modèle de 1948 ne leur semblait plus réalisable vu l’évolution de l’opinion publique internationale...

L’autre approche était celle de Sharon et des milieux militaires, elle consistait d’abord à briser la résistance palestinienne en détruisant toute forme d’organisation, toute base de pouvoir, comme il fut le cas au Liban en 1982. Le deuxième volet du plan visait le transfert du plus grand nombre possible de Palestiniens des territoires occupés vers la Jordanie par exemple.

Avec Oslo, c’est la première approche qui semblait l’emporter. Rabin était partisan de cette ligne. En échange de l’engagement pris par Arafat de contrôler son peuple et de garantir la sécurité d’Israël, il était prêt à accepter que l’Autorité palestinienne régisse ses enclaves sur le mode de l’autodétermination. De là, la fameuse solution des deux états : un état-seigneur et un état-vassal, un état coiffant un peuple de maîtres et un état sous-traitant des masses d’esclaves.

Depuis l’arrivée de Sharon au pouvoir et jusqu’à aujourd’hui nous assistons à une combinaison des deux approches. D’un coté l’état à la tête des bantoustans continue à vivoter avec un pouvoir éxecutif, vidé de toute substance, transformé en garde-chiourme au service de l’occupant. De l’autre coté l’assassinat d’Arafat a provoqué le vide politique tant escompté, Jérusalem-Est est presque vidée de sa population palestinienne alors que 500 000 colons ont progressivement investi la Cisjordanie, repoussant, asphyxiant les palestiniens qui tentent de survivre comme ils peuvent sur les 22% des terres qui leur restent... en attendant le pire...

L’enchevêtrement des deux approches a le mérite de camoufler la réalité des faits : Israel continue une politique d’épuration ethnique sur le modèle de 1948 tout en présentant aux yeux du monde la fausse image de deux états souverains. Il faut reconnaître que ce gros mensonge fut l’arme la mieux fourbie par Israel et les puissances occidentales pour liquider de manière définitive et subtile la cause palestinienne. L’autorité palestinienne, cependant, ne semble pas encore se rendre compte. Depuis 1993, de négociation en négociation, de concession en concession, elle offre à Israel le moyen de continuer sa besogne. Même Hamas est tombé dans le piège en participant au "pouvoir" et en s’entre-tuant avec Fatah pour un mirage, ce qui a permis, entre autre, aux sionistes de se dégager de leur responsabilité de pays colonisateur.

Il est donc clair que la politique israelienne n’a pas varié d’un iota par rapport à 1948 et qu’elle reste fidèle à ses "principes" : "Un peuple sans terre pour une terre vidée de son peuple". Les deux approches sionistes offrent en fait aux palestiniens le choix entre l’expulsion et les murs de l’apartheid. Toute la mascarade de ce processus de paix qui perdure sert en réalité à entériner le fait accompli.

Ce qui distingue cette forme de colonialisme, c’est sa frénésie à éliminer physiquement et de manière systématique le colonisé. Des massacres comme ceux de Dir Yassine, de Sabra et Chatila, de Jenine et de Gaza... ne sont que quelques exemples des crises de folie meurtrières qui ont jalonné et jalonneront encore le parcours de cette entité. A chaque fois l’horreur qu’ils suscitent à travers le monde est vite éludée grâce à l’énorme appareil de propagande et aux grands médias occidentaux. L’épuration ethnique est doublée d’une sorte d’élimination magique : Depuis la création d’Israel et pendant plus de trente ans, les mots Palestine et Palestiniens ont totalement disparu du vocabulaire politique et médiatique en Europe et aux Etats Unis. Seules quelques tribus arabes nomades presque préhistoriques parsèment les contrées arides de cette "terre sans peuple". Encore aujourd’hui, les palestiniens restés à l’intérieur de la ligne verte après la colonisation continuent à être appelés "arabes israeliens".

Si le monde se rend de plus en plus compte du traitement barbare infligé aux palestiniens, il ne nous vient jamais à l’idée que la societé israelienne, ce modèle parfait de démocratie implanté au beau milieu de la barbarie arabo-musulmane soit autre chose qu’un espace de rassemblement, de retrouvailles et de fraternité entre les différentes ethnies juives qui ont tant et tant souffert de l’injustice des autres. Non, malheureusement, les sionistes, majoritairement d’origine européenne, ne l’entendent pas de cette oreille. Ce sont bien eux qui ont semé la terreur en Palestine depuis les années trente ; c’est toujours eux qui continuent l’oeuvre de Ben Gorian et qui détiennent bien qu’ils soient minoritaires presque tous les pouvoirs. Tout le dédain, le mépris et la persécution dont ont souffert les juifs en Europe a produit chez certains d’entre eux un sentiment ambivalent fait de haine et d’admiration à l’encontre de leurs persécuteurs. Ils s’empressent d’adherer à l’idéologie coloniale, adoptant sa mythologie du progrès, ses hiérarchies ethniques et épistémologiques. Leurs mépris à l’égard des non-européens n’a d’égal que la haine qu’ils ont d’eux-même, de leur image, de leur origine. Si l’attitude haineuse et raciste à l’égard des palestiniens peut s’expliquer comme faisant partie d’une stratégie coloniale, ce qu’endurent les juifs Séfarades et les juifs Mizrahim, deux éthnies de culture orientale, peut-il avoir un sens ?

Oui, les sionistes s’apparentent plus à leur culture européenne et à l’idéologie coloniale euro-centrée et raciste qu’à leur judaïté.

Les faits sont d’une clarté aveuglante :

Le professeur Michel Abitbol, de l’Université hébraïque de Jérusalem cite dans son livre "Le Passé d’une discorde" un article du quotidien Haaretz, datant de 1949, qui parle des juifs de l’Afrique du nord, où l’on peut lire : « Race primitive et ignorante, sans aucune spiritualité, dont le niveau général n’est guère plus élevé que celui des Arabes, des nègres ou des Berbères de chez eux, sans racine juive très profonde... Leurs demeures sont immondes : ils s’y adonnent aux jeux de cartes, à la boisson et à la prostitution. Ils sont des fainéants chroniques et détestent le travail manuel ».

Un discours aux relents ô combien évocateurs !...

Rien qu’en septembre 2008, l’écrivain et chercheur Elana Maryles Sztokman publie un article(1) à propos du système éducatif en Israel. Elle dit entre autre :

"... Ce qui se passe dans l’école de Beit Ya’acov n’est rien de moins qu’une officialisation du racisme. Ici, l’école applique une politique qui ne permet pas aux filles Séfarades d’être dans une même classe que des filles Ashkénazes ou Hassidiques. Elles ont des enseignants différents , des classes différentes et même des heures de récréation différentes et une clôture entre leurs cours de récréation pour s’assurer que les deux groupes ne se mêlent pas pendant les pauses..."

David Benchetrit, juif séfarade d’origine marocaine, réalisateur du film “Rouah Kadim – Khronika marokaït” (Vent d’Est – Chronique marocaine) raconte l’histoire des Juifs séfarades, de leur émigration vers Israël dans les années cinquante et soixante à nos jours. Benchetrit lève un voile cruel sur les maabarot [camps de transit], les enfants marocains aspergés de DDT à leur arrivée en Israël, les émeutes séfarades du Wadi Salib et des manifestations des Panthères Noires israéliennes, un mouvement de contestation de juifs Mizrahim.

Commentant son film, David Benchetrit dit :

"... la plupart des sionistes sont des êtres poursuivis par le démon de la persécution, par la malédiction historique de l’Europe orientale : l’antisémitisme et le racisme. Ce démon n’existe pas chez les Orientaux. Leur persécution est directement le fruit du mouvement sioniste. Ce mouvement voulait bâtir ici un endroit normal et sain. Mais tout ce qu’il est parvenu à créer, c’est un monde aliéné où tout ce qui est différent est persécuté : Palestiniens, Orientaux, Haredim et Bédouins. Tant que l’élite ashkénaze donnera le ton, cet endroit continuera à vivre dans la haine de soi et dans la schizophrénie..."

La sociologue juive mizrahim d’origine irakienne, Ella Habiba Shohat, se dit être une arabe juive. Dans son livre "Le sionisme du point de vue de ses victimes juives elle souligne la haine qu’éprouvent les sionistes pour l’orient et son impact sur les juifs orientaux :

"... En niant l’Orient arabe, musulman et palestinien, le sionisme a nié les juifs orientaux qui tout comme les palestiniens ont eux aussi été spoliés du droit à la représentation..."

Au train où vont les choses, les sionistes finiront peut-être par se débarrasser des palestiniens, mais il y a une chose dont ils ne pourront jamais se débarrasser : c’est la haine qui les habite, la haine de soi qu’ils plaquent sur l’altérité !

A qui donc le tour après les palestiniens ?!

Si les opprimés pouvaient se reconnaitre au lieu de se renier, ils verraient que les vrais clivages sont ailleurs. Ils s’apercevraient alors qu’ils représentent une force extraordinaire : une force morale, la seule capable d’éradiquer ce mal qui gangrène l’Orient.

Fethi GHARBI

1) http://www.ism-france.org/news/arti...

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http://www.legrandsoir.info/Les-Palestiniens-les-Sefarades-les-Mizrahim-et-le-Sionisme.html

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16 novembre 2009

Le "mur" ou la misère

Le Monde, le 13 novembre 2009

L'approche est la phase la plus risquée. Pour atteindre le faîte de la muraille, il se sert d'une corde, ou d'une échelle de fortune

Nidal

Sans les illégaux, bien des chantiers s'arrêteraient en Israël, et les autorités régulent sans le dire le flux de cette main-d'oeuvre. Nidal a essayé six fois d'obtenir la carte magnétique d'identité, ce sésame qui permet de postuler pour un permis de travail. Sa demande a toujours été rejetée, pour "raisons de sécurité".

Au début, il avait pourtant le bon profil pour être recruté par le Shin Bet (la sécurité intérieure) : marié, des enfants, et un impérieux besoin de trouver du travail. Le service de renseignement lui a donc mis le marché en main : s'il devient un informateur, il aura un permis pour Israël. Il a refusé.

Nidal s'est donc accoutumé à sa vie d'éternel clandestin. Ces nuits passées dans un conteneur ou une cave, "comme un homme préhistorique" ; le racket des veilleurs de nuit, qui distribuent des repas à un tarif prohibitif ; l'attente aux points de rencontre, à Jérusalem, où, tôt le matin, les contremaîtres israéliens viennent choisir leurs travailleurs, légaux et illégaux. "Tout le monde nous exploite", dit-il.

Jusqu'au jeudi 14 heures, Nidal vit en Israël, constamment sur ses gardes. Le retour vers Bethléem est moins risqué : avec de la chance, le bus ne sera pas arrêté par les soldats. Nidal estime qu'à Har Homa, il y a entre 300 et 400 travailleurs illégaux. Selon les organisations des droits de l'homme, environ un tiers des 68 000 Palestiniens qui viennent chaque jour travailler en Israël sont clandestins.

Quant au "mur", sa construction se poursuit lentement, pour encercler dans son périmètre de sécurité les blocs de colonies israéliennes situées à l'est de la "ligne verte", la ligne de démarcation d'avant 1967. Environ 60 % des quelque 750 kilomètres de tracé sont achevés. Quarante-cinq kilomètres sont constitués d'un véritable mur de béton. Le reste est matérialisé par une barrière grillagée munie de détecteurs électroniques, protégée de barbelés. L'essentiel de cette frontière entre Israël et la Cisjordanie est invisible pour la majorité des Israéliens qui vivent dans des zones urbanisées éloignées de la "barrière de sécurité", sans conscience de sa continuité ni du sentiment d'apartheid qu'il crée pour les Palestiniens.

Toute la vie de Nidal, en revanche, est tournée vers le "mur". "Si je le franchis, c'est pour vivre, dit-il. Mais les soldats israéliens nous traquent comme si nous étions des ennemis, dans une guerre." Cette réalité n'altère pas les certitudes du major Lerner : "Le franchissement du mur est un signe d'activité criminelle"...

travaille depuis trois ans comme maçon sur différents chantiers de construction de la colonie d'Har Homa. La police et l'armée israéliennes font souvent des descentes sur les chantiers. Il faut parfois se cacher, pendant une heure, trois jours, cela dépend. Pour être à peu près en règle, les contremaîtres mélangent les travailleurs palestiniens munis d'un permis de travail à ceux qui en sont dépourvus.
. Une fois en haut, il faut se laisser glisser, vite, sans se casser une jambe ou un poignet, puis ramper en creusant sous la double barrière de barbelés. Nidal a été arrêté à dix reprises. Il a fait de la prison, a été souvent tabassé. Mais jamais blessé. Une fois atteint le village de A-Tur, proche du mont des Oliviers, il est en Israël, presque en sûreté.

Le "mur" ou la misère

Par Laurent Zecchini,

C'est un samedi comme un autre. Nidal est tendu. Demain, vers 1 heure du matin, comme toutes les semaines, il franchira le "mur" pour aller travailler illégalement en Israël. Alors, peu avant de reprendre son périple périlleux, l'anxiété monte. Pour se changer les idées, il fait des courses de ravitaillement pour la semaine, avec sa femme et une partie de ses enfants : cinq garçons et deux filles.

Cela fait beaucoup de bouches à nourrir. Mais Nidal, un Palestinien de 33 ans qui semble toujours aux aguets, n'a pas le choix : "Je dois passer le mur, risquer ma vie. J'ai absolument besoin de cet argent." S'il trouvait du travail à Bethléem, il gagnerait au mieux 50 shekels (9,50 euros) par jour. Trois fois moins que de l'"autre côté". La question ne se pose donc pas.

Pour Nidal, le danger se précise dès le no man's land précédant le poste de contrôle de Zayem, du nom du village qui domine le sas de béton gardé par les soldats de Tsahal, un point d'entrée officiel en Israël. Nidal ne s'en approche pas. Il passe plusieurs heures à observer les mouvements sur cette frontière intérieure, le passage des Jeep, les patrouilles de soldats accompagnés de chiens. L'enjeu est terriblement simple : "Passer, me faire arrêter, être tué ou blessé."

"Les soldats tirent à vue"

, indique-t-il. Ce que nous confirme le major Peter Lerner, porte-parole du commandement central de l'armée israélienne : "Quiconque approche la barrière de sécurité sans autorisation est considéré comme un terroriste, et donc les règles d'engagement s'appliquent : nous pouvons ouvrir le feu sur eux." Quand le moment paraît propice, Nidal progresse vers le mur de béton, haut de six mètres à cet endroit (neuf mètres ailleurs).

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05 novembre 2009

Michèle Sibony et Michel Warschawski réagissent aux propos d’Une autre voix juive pour la paix

Michèle Sibony et Michel Warschawski réagissent aux propos d’Une autre voix juive pour la paix, qui, selon eux, associent dangereusement antisionisme et antisémitisme.

La tribune d’Une autre voix juive (UAVJ) parue dans le n° 1070 de Politis (« Que faire après Gaza ? ») appelle quelques remarques. Évacuant en préliminaire l’attaque israélienne sur Gaza et ses conséquences sur la population, UAVJ s’intéresse immédiatement à son propos majeur : « certains cercles pro-palestiniens » qui remettraient en cause les négociations israélo-palestiniennes. Et, pire, voudraient abandonner la « perspective deux peuples deux États ».

Près de vingt ans de négociations… comme s’il n’était pas légitime de s’interroger sur le sens de ces négociations et leur résultat : démantèlement de l’intégrité territoriale de la Cisjordanie, séparation de celle-ci et de la bande de Gaza, colonisation massive, mur de séparation, annexion de Jérusalem-Est, siège de Gaza, puis bombardements, invasion et crimes de guerre, peut-être même crimes contre l’humanité, dit le rapport Goldstone. Tout cela ne s’est-il pas passé à l’ombre de négociations tronquées où les droits des Palestiniens n’ont pas été pris en compte mais progressivement réduits, et où les faits du terrain imposés par Israël ont été progressivement entérinés par la communauté internationale ? Et comment ne pas s’interroger sur la perspective de deux États, alors que la carte qu’Israël dessine sous nos yeux depuis dix ans, sans que personne ne tente sérieusement de l’arrêter, est celle d’un grand État juif de la mer au Jourdain avec quelques enclaves palestiniennes isolées, destinées à lui servir de bassin de main-d’œuvre sans droits ? Mais ce n’est visiblement pas ce qui préoccupe UAVJ, dont le problème majeur transpire à chaque ligne : protéger inconditionnellement la légitimité d’Israël, menacée par des groupes palestiniens extrémistes et certains courants ambigus dans le mouvement de solidarité. L’existence d’une Palestine indépendante aux côtés d’un État israélien n’a de sens pour UAVJ que parce qu’elle garantirait la pérennité d’un État israélien, en tant qu’État (démographiquement) juif. Il faut pour cela interdire l’antisionisme, qui permettrait de remettre en question la nature actuelle d’Israël. Et l’antisionisme est renvoyé aux antisémites qui l’utilisent,« ce qui suffit à le disqualifier ».

Ce discours-là ressemble à s’y méprendre à celui de certains « penseurs » français du choc des civilisations. Mais UAVJ va plus loin et n’hésite pas à lier les mouvements antisémites qui pourraient s’emparer du boycott avec les populations musulmanes : « Une telle orientation [celle d’un boycott universitaire culturel et sportif] serait un grave danger pour les forces progressistes françaises et israéliennes qu’elle isolerait. Elle pourrait aisément être endossée par des mouvements antisémites, et ainsi contribuerait à creuser, en France, le fossé entre les populations de culture juive et de culture musulmane. » Insupportable raccourci qui disqualifie pour le coup la suite de la tribune présentant le travail d’UAVJ. L’action politique des mouvements anticolonialistes en Israël et d’organisations juives progressistes en Europe, comme l’UJFP en France, où nous avons, dans nos pays respectifs, fait le choix de militer, est en effet l’inverse de celui-là, et répond à une double démarche : d’une part, défaire les liens insupportables qui devraient nous rendre a priori solidaires de notre « communauté », de ses porte-parole et d’un discours politique dont l’alpha et l’omega sont le soutien inconditionnel à Israël et la défense de son impunité ; d’autre part, développer des liens de solidarité et un combat commun avec tous ceux qui luttent contre le colonialisme et le racisme, et pour l’application du droit. Un tel combat ne peut, évidemment, être conduit sous le drapeau du sionisme. En Israël comme en France, nous combattons le discours de propagande (du Crif en particulier) qui identifie sionisme et judaïsme, et son corollaire infâme qui lie antisionisme et antisémitisme. Lien qui emprisonne les Juifs dans un soutien inconditionnel à Israël et qui interdit toute critique d’Israël comme antisémite, en désignant de plus les nouveaux antisémitismes : « les populations de culture musulmane ».

À propos des citations de cette tribune, la première (« le temps de la négociation est dépassé ») n’est attribuée à personne, ce qui laisse évidemment l’imaginaire travailler en paix. La citation de Stop the Wall, dont la source est, involontairement, nous en sommes convaincus, tronquée, est tirée du « Rapport de synthèse de la 1re conférence palestinienne pour le Boycott d’Israël (BDS), 22 novembre 2007, Al-Bireh, Ramallah, sur le site d’ISM, rapport d’atelier n° 3 pour la campagne mondiale : stratégie et message ». Celle-ci remet effectivement en cause la légitimité d’Israël en tant qu’État colonial et d’apartheid. Petite différence, qu’élude peu élégamment UAVJ, parce qu’elle fait le parallèle avec l’Afrique du Sud : c’est en tant que régime d’apartheid que la légitimité de cet État était remise en question, et, une fois ce régime démantelé, l’Afrique du Sud a trouvé sa place dans la communauté des nations. Or, ce qu’il faudrait précisément pouvoir examiner après Gaza, sans avoir à être traité d’antisémite par UAVJ, c’est la nature sioniste de l’État d’Israël, ses institutions racistes, ses lois discriminatoires, en un mot ce qui en fait un État colonial et un régime d’apartheid. À l’inverse, ce qui n’est plus audible après Gaza, c’est un certain « sionisme de gauche » dont la préoccupation majeure demeure, même après le massacre, la préservation de l’État juif (et démocratique pour ses citoyens juifs) et non celle d’un État moderne et laïque pour tous ses citoyens. [1]

Michèle Sibony : Membre de l’Union juive française pour la paix (Paris).

Michel Warschawski : Membre du Centre d’information alternative (Jérusalem).

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------1] Texte d’UAVJ :APRÈS GAZA : SUR UNE INITIATIVE « BOYCOTT DÉSINVESTISSEMENT SANCTIONS »

Neuf mois après la fin de l’attaque brutale sur Gaza et après l’élection en Israël d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire de ce pays, les perspectives d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens semblent plus éloignées que jamais. Du coup, dans certains cercles pro-palestiniens on entend s’exprimer les thèses selon lesquelles « le temps de la négociation (entre Israël et l’OLP) est passé » ou bien que la perspective « deux États pour deux peuples » devrait être abandonnée. L’idée d’une société fraternelle ou Juifs et Arabes jouiraient des mêmes droits est généreuse. Elle ne correspond pas, aujourd’hui, à une réalité politique. Chacun des deux peuples, israélien et palestinien, exprime très majoritairement une aspiration à avoir son État. L’État d’Israël existe ; la discussion sur ses origines a un sens mais ne saurait délégitimer ce qui résulte d’un choix très majoritaire des Nations Unies. La question est, conformément à toutes les résolutions de l’ONU, d’imposer la création d’un État palestinien viable, avec Jérusalem Est comme capitale, après évacuation des colonies de Cisjordanie, et solution négociée juste du problème des réfugiés. De même, déplacer le terrain de lutte pour une paix juste et durable sur celui de l’anti-sionisme serait une autre erreur. L’ambiguïté de cette terminologie, qui permet à des personnages médiatiques antisémites et négationnistes de s’en prévaloir en se déclarant pro-palestinien suffit à la disqualifier.

Alors, après Gaza, que faire ? Une proposition est de soutenir toutes les formes d’opposition non violente à l’occupation, comme, par exemple, les actions coordonnées menées à Bil’in contre le mur par des Palestiniens et des Israéliens. Une Autre Voix Juive soutient cette idée. Une autre proposition utile est de faire campagne pour des formes de sanctions qui seraient en vigueur tant qu’Israël ne s’engagerait pas concrètement dans la voie de la reconnaissance des droits nationaux palestiniens.

Ces actions sont de trois types : campagne pour la suspension des accords d’association UE/Israël ; campagne contre les investissements étrangers en Israël qui contribuent à la colonisation comme, par exemple, la construction ou l’exploitation du tramway reliant des colonies à Israël ; campagne contre la commercialisation en France de produits israéliens provenant des territoires occupés. La question de leur traçabilité est cruciale. L’Union européenne l’a exigée. Israël doit l’assurer. Cette campagne, dite de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) pourrait avoir le soutien d’un grand nombre de démocrates en France. Mais pour cela, elle doit éviter les perversions de ses variantes au niveau international. Ainsi, un document émis par « Stop The Wall » qui coordonne la campagne BDS à l’échelle internationale énonce que « la campagne de BDS ne cible pas seulement l’économie israélienne, mais elle remet en cause la légitimité d’Israël, en tant qu’État colonial et d’apartheid, dans le cadre de la communauté internationale. Par conséquent, des efforts sont nécessaires non seulement pour promouvoir le boycott des consommateurs, mais aussi les boycotts dans les domaines universitaires, culturels et sportifs ».

Une telle orientation serait un grave danger pour les progressistes israéliens qu’elle isolerait. Elle pourrait aisément être endossée par des mouvements antisémites, et ainsi contribuerait à creuser, en France, le fossé entre populations de culture juive et de culture musulmane. Alimenter, l’idée d’une punition collective du peuple israélien, de surcroît trop souvent identifié à un hypothétique « peuple juif », aurait des résonances et des conséquences dont il est inutile de souligner la gravité. Une Autre Voix Juive, avec les 1100 signatures de son manifeste (voir http://uavj.free.fr ) réaffirmé obstinément depuis 2003, a fait la démonstration de l’existence en France, parmi les Français juifs, d’un fort courant qui dénie au CRIF et à Israël le droit de parler en leur nom, et qui proclame la légitimité des droits nationaux palestiniens, adossés aux résolutions de l’ONU.

Maintenir et renforcer ce courant parmi nos compatriotes juifs est un objectif dont l’importance, pour toutes sortes de raisons liées à l’histoire, dépasse largement la faiblesse numérique de la population concernée. UAVJ est prête à soutenir une campagne ciblée explicitement contre l’occupation et les colonies, et appuyant les efforts conjoints des forces de paix en Palestine et en Israël. Elle aura l’approbation de l’opinion publique. Dans la lutte difficile, que mènent les forces démocratiques pour aboutir à une paix juste et durable au Proche Orient, il faut savoir maintenir le cap, quelles que soient les embûches, et déjouer les provocations, d’où qu’elles viennent.

Une Autre Voix Juive, octobre 2009

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13 octobre 2009

Pourquoi pas des sanctions contre Israël ?

Pourquoi pas des sanctions contre Israël ?
Paul Craig Roberts

Mercredi 2 septembre 2009

Article original : "Why Not Sanctions for Israel? "

En Israël, un pays volé aux Palestiniens, des fanatiques contrôlent le gouvernement. L’un de ces fanatiques est le Premier ministre, Benjamin Netanyahou. La semaine dernière, Netanyahou a appelé à des « sanctions paralysantes » contre l’Iran.

Le type de blocus que veut Netanyahou s’appelle un acte de guerre. Depuis longtemps, Israël menace d’attaquer lui-même l’Iran, mais préfère y entraîner les Etats-Unis et l’OTAN.

Pourquoi Israël veut-il initier une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran ?

L’Iran attaque-t-il d’autres pays ? Bombarde-t-il des civils et détruit-il des infrastructures civiles ?

Non. Ces crimes sont commis par Israël et les Etats-Unis.

L’Iran expulse-t-il des gens des terres qu’ils occupent depuis des siècles et les entasse-t-il dans des ghettos ?

Non. C’est ce qu’Israël fait aux Palestiniens depuis 60 ans.

Alors, de quoi l’Iran est-il coupable ?

L’Iran développe l’énergie nucléaire, ce qui est son droit en tant que signataire du Traité de Non-Prolifération (TNP). Le programme iranien d’énergie nucléaire fait l’objet d’inspections par l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA), laquelle rapporte constamment que ses inspections ne découvrent aucun détournement de l’uranium enrichi vers un programme d’armement.

La position prise par Israël et sa marionnette à Washington est que l’Iran ne doit pas être autorisé à exercer les mêmes droits dont disposent tous les autres signataire du TNP, parce que l’Iran pourrait détourner l’uranium enrichi à des fins militaires.

Autrement dit, Israël et les Etats-Unis revendiquent le droit d’abroger le droit de l’Iran de développer l’énergie nucléaire. La position US-israélienne n’a aucune base dans la loi internationale ou ailleurs, à part l’arrogance d’Israël et des Etats-Unis [N.d.T. : ainsi que de l’Europe en général et de la France en particulier]. L’hypocrisie est extrême. Israël n’est pas signataire du TNP et a développé illégalement et en douce des armes nucléaires, avec, pour ce que nous en savons, l’aide des Etats-Unis. [N.d.T. : Surtout de la France…]
[1]

Etant donné qu’Israël possède de façon illégale des armes nucléaires et que son gouvernement est composé de fanatiques capables de les utiliser, des sanctions écrasantes devraient être appliquées contre Israël pour le forcer à désarmer.

Il y a une autre raison pour laquelle Israël se qualifie pour des sanctions écrasantes à son encontre. C’est un Etat d’apartheid, ainsi que l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, l’a démontré dans son livre, « Palestine : La Paix, Pas l’Apartheid ».

Les Etats-Unis avaient été en tête de file pour l’imposition de sanctions contre l’Afrique du Sud à cause de l’apartheid que pratiquait ce pays. Ces sanctions ont forcé le gouvernement blanc à remettre le pouvoir politique à la population noire. Israël pratique une forme pire d’apartheid que ne le faisait le gouvernement blanc d’Afrique du Sud. Pourtant, Israël soutient que toute critiquer pour une pratique que le monde considère comme intolérable est de l’« antisémitisme ». Ce qui reste de la Cisjordanie palestinienne, qui n’a pas été volé par Israël, consiste en des ghettos isolés. Les Palestiniens sont coupés des hôpitaux, des écoles, de leurs fermes et les uns des autres. Ils ne peuvent pas voyager d’un ghetto à l’autre sans la permission d’Israël imposée aux postes de contrôle [de l’armée israélienne].

L’explication du gouvernement israélien pour justifier sa violation grossière des droits de l’homme comprend l’une des plus grosses collections de mensonges de l’histoire. Personne, à l’exception des « sionistes chrétiens » américains, n’en croit un seul mot.

Les Etats-Unis se qualifient aussi pour des sanctions paralysantes. En effet, les Etats-Unis sont même surqualifiés : sur la base des mensonges et de la tromperie intentionnelle, du Congrès des Etats-Unis, du public américain, des Nations-Unies et de l’OTAN, le gouvernement étasunien a envahi l’Afghanistan et l’Irak et s’est servi de la « guerre contre la terreur » orchestrée par Washington pour annuler des libertés civiles gravées dans le marbre de la constitution des Etats-Unis. Un million d’Irakiens ont payé de leur vie les crimes de l’Amérique et quatre millions d’entre eux ont été déplacés. L’Irak et ses infrastructures sont en ruine, et les élites professionnelles irakiennes, nécessaires à toute société moderne organisée, ont été tuées ou dispersées. Le gouvernement des Etats-Unis a commis un crime de guerre à grande-échelle. Si l’Iran se qualifie pour l’application de sanctions, alors les Etats-Unis se qualifient mille fois plus.

Personne ne sait combien de femmes, d’enfants et de vieillards ont été tués par les Américains dans les villages d’Afghanistan. Cependant, la guerre d’agression américaine contre le peuple afghan entre à présent dans sa neuvième année. Selon l’armée américaine, une victoire des Etats-Unis n’est pas prête de se produire. L’Amiral Michael Mullen, président de l’état-major US interarmées, a déclaré en août que la situation militaire en Afghanistan est « grave et empire ».

Les Américains les plus âgés peuvent s’attendre à ce que cette guerre se poursuive pour le restant de leur vie, tandis que leurs droits sociaux, de santé et de retraite, sont réduits afin de libérer des fonds pour l’industrie américaine de l’armement. Bush/Cheney et Obama/Biden ont fait de l’industrie des munitions le seul investissement boursier sûr aux Etats-Unis.

Quel est l’objectif de la guerre d’agression contre l’Afghanistan ? Peu après avoir prêté serment, le Président Obama a promis d’apporter une réponse, mais il ne l’a pas fait. A la place, Obama a rapidement intensifié la guerre en Afghanistan et il en a lancé une autre au Pakistan, qui a déjà déplacé deux millions de Pakistanais. Obama a envoyé 21.000 soldats supplémentaires en Afghanistan et, déjà, le commandant des Etats-Unis en Afghanistan, le Général Stanley McChrystal, en réclame 20.000 de plus.

Obama intensifie la guerre d’agression de l’Amérique contre le peuple afghan, malgré trois sondages d’opinion largement couverts par les médias, qui montrent que le public américain est fermement opposé à la poursuite de cette guerre contre l’Afghanistan.

Malheureusement, l’accord en béton armé entre Israël et Washington pour faire la guerre aux Musulmans est bien plus fort que les liens entre le public américain et son gouvernement. A un dîner d’adieu, jeudi dernier, donné en l’honneur de l’attaché militaire d’Israël à Washington, l’Amiral Mike Mullen, président de l’état-major US interarmées, le sous-secrétaire à la Défense Michele Flournoy et Dan Shapiro, qui est responsable des affaires moyen-orientales au Conseil de Sécurité Nationale, étaient présents pour lui rendre hommage. L’Amiral Mullen a déclaré que les Etats-Unis seront toujours du côté d’Israël. Peu importe combien de crimes de guerre Israël commet. Peu importe combien de femmes et d’enfants Israël assassine. Peu importe combien de Palestiniens Israël chasse de chez eux, de leurs villages et de leurs terres. Si la vérité pouvait être dite, alors, le véritable axe du mal serait les Etats-Unis et Israël.

Des millions d’Américains se retrouvent aujourd’hui sans abri à cause de la saisie de leurs maisons. Des millions supplémentaires ont perdu leur emploi et encore plus de millions d’Américains n’on aucun accès aux soins médicaux. Pourtant, le gouvernement étasunien continue de dilapider des centaines de milliards de dollars pour des guerres qui ne servent aucun objectif de l’Amérique. Le Président Obama et le Général McChrystal ont adopté la position qu’ils connaissent le mieux : que le public américain aille se faire voir !

Il ne peut être plus clair que le Président des Etats-Unis et l’armée américaine se fichent complètement de la démocratie, des droits de l’homme et de la loi internationale. Ceci constitue une autre raison pour appliquer des sanctions paralysantes contre Washington. Sous les gouvernements de Bush/Obama l’Amérique est devenu un Etat de chemises brunes, pratiquant le mensonge, la torture, le meurtre, les crimes de guerre et la tromperie.

De nombreux gouvernements sont complices des crimes de guerre de l’Amérique. Avec le budget d’Obama qui se trouve dans le rouge foncé, les guerres de Washington d’agression gratuite dépendent du financement des Chinois, des Japonais, des Russes, des Saoudiens, des Indiens, des Canadiens et des Européens. A la seconde même où ce financement étranger des crimes de guerre américains s’arrêtera, les guerres d’agression de l’Amérique contre les Musulmans cesseront.

Les Etats-Unis ne sont par la « superpuissance » éternelle qui peut infiniment ignorer ses propres lois et la loi internationale. Les Etats-Unis finiront par tomber à cause de leur prétention démesurée, de leur arrogance et de leurs objectifs impériaux. Lorsque l’Empire Américain s’effondrera, est-ce que ses responsables seront jugés devant une cour contre les crimes de guerre ?

Notes:

[1] La publication des documents confidentiels de la CIA après 34 ans montre que la première bombe atomique israélienne a été fabriquée en France en 1974 avant d'être transférée dans les territoires occupés. Ces documents sont une très petite partie du volumineux document « Top Secret » préparé en 1974. Malgré leur publication après 32 ans, les autorités américaines n'ont pas encore accès à toutes les informations au sujet de cette bombe. Selon ce rapport, le mot « Top Secret » figurerait sur les chapitres de tout document qui concerne le programme nucléaire israélien

Paul Craig Roberts est l’auteur de la loi Kemp-Roth. Il fut sous-secrétaire au Trésor de l’administration Reagan. Il fut rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal et rédacteur à la National Review


Source : Questions Critiques
http://questionscritiques.free.fr/...

Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]

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14 septembre 2009

Le débat autour d’un boycott d’Israël prend de l’ampleur

Le débat autour d’un boycott d’Israël prend de l’ampleur

LOOS,BAUDOUIN

Samedi 12 septembre 2009

La Norvège se retire du capital d’une entreprise israélienne qui équipe la barrière de séparation. Des voix s’élèvent, à l’étranger, et en Israël, en faveur d’un boycott de l’Etat hébreu.

Faut-il boycotter Israël en raison de la persistance de sa politique de colonisation des territoires palestiniens occupés ? Cette question, longtemps réservée à des cercles marginaux et/ou radicaux, prend peu à peu de l’ampleur, relayée par quelques personnalités dans le monde qui entendent faire connaître et expliquer leur réponse positive à la question.

En toute logique, le débat n’implique que ceux qui estiment que la situation actuelle, celle qui prévaut dans les territoires depuis l’occupation de 1967, est intolérable. En revanche, ceux qui se considèrent comme des défenseurs inconditionnels d’Israël – qui ne mettent donc pas en cause l’occupation, la dépossession et la répression qui affectent les Palestiniens – ne se sentent pas concernés, puisqu’ils rejettent toute pression contre Israël, assimilée par eux à de l’antisionisme, voire, assez souvent, à de l’antisémitisme.

Côté palestinien, si l’Autorité de Mahmoud Abbas observe un prudent silence sur le sujet, la société civile s’est exprimée depuis longtemps : des centaines d’organisations en tous genres et de tous bords se sont liguées pour réclamer à la communauté internationale un boycott d’Israël, même s’il devait entraîner des conséquences négatives pour la population locale. Il s’agit surtout de la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) lancée le 9 juillet 2005 par des nombreuses associations palestiniennes.

En Israël, les adversaires de l’occupation se montrent divisés sur la question du boycott. Un intellectuel a jeté un pavé dans la mare le 20 août en publiant une tribune libre dans The Los Angeles Times intitulée : « Boycottez Israël ». Neve Gordon, un politologue de l’Université Ben Gourion à Beersheva, y affirme sa conviction que « le boycott est la seule façon de sauver Israël de sa propre folie ». Car, écrit-il, « la question qui m’empêche de dormir est celle de savoir comment faire en sorte que mes deux enfants, ainsi que ceux de mes voisins palestiniens, ne grandissent pas dans un système d’apartheid ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vraie hystérie en Israël, où d’aucuns l’ont accusé de traîtrise, réclamé son limogeage ou même le retrait de sa nationalité.

Mais quels sont donc les arguments des uns et des autres dans la problématique du boycott ?

Gordon résume ainsi la pensée de son camp : « Je suis convaincu que la pression extérieure est l’unique réponse. Durant les trois décennies écoulées, le nombre des colons juifs dans les territoires occupés s’est considérablement accru. Le mythe de la Jérusalem réunifiée a abouti à la création d’une ville où règne la ségrégation, l’apartheid, où les Palestiniens ne sont pas considérés comme citoyens et où les services municipaux de base leur sont déniés. Le camp de la paix israélien s’est effiloché au fil des années, si bien qu’aujourd’hui, il n’existe pour ainsi dire plus, et cela s’accompagne d’une glissade continue des partis politiques israéliens vers l’extrême droite. Par conséquent, il est évident, à mes yeux, que la seule manière permettant de contrer la tendance à l’apartheid actuelle en Israël passe par une pression internationale massive ».

Pour rester en Israël, la réponse la plus courtoise et argumentée est venue d’Ouri Avnery, un vénérable pacifiste doué d’une faculté d’analyse peu banale. Il se réfère ici au boycott international organisé contre l’Afrique du Sud raciste des années 80 et évoqué par Neve Gordon : « Un boycott d’Israël aurait l’effet inverse : il jetterait l’immense majorité des gens dans les bras de l’extrême droite et créerait une mentalité de forteresse assiégée “par le monde antisémite” ». Et de rappeler un élément de base de la conscience des juifs : « La conviction que le monde est contre eux a été renforcée par l’Holocauste (…) Cette croyance est ancrée au plus profond de l’âme juive ».

Il existe par ailleurs bien des façons de boycotter : un boycott général, organisé par la communauté internationale (comme l’Irak de Saddam Hussein le subissait) ; un boycott ciblé (sur les matériaux à usage nucléaire, par exemple) ; et tous les boycotts « privés », suivis par des citoyens ou des organismes.

Les boycottages officiels internationaux n’ont que peu de chances de jamais exister. Le droit de veto américain au Conseil de sécurité des Nations unies veille. En revanche, les initiatives non étatiques commencent à proliférer, depuis les citoyens d’Europe qui refusent d’acheter la moindre patate douce d’Israël au grand magasin du coin jusqu’aux groupes plus organisés qui attaquent en justice une firme de leur pays qui travaille en territoire occupé (le cas des sociétés françaises Veolia et Alstom, parties prenantes du projet de tramway dans la partie occupée de Jérusalem).

Parmi les autres formes d’action en la matière, boycott culturel, sportif, etc. – on trouve le boycott universitaire, prôné notamment par nombre d’intellectuels britanniques. Là aussi, les Israéliens de gauche, seuls chagrinés par le statu quo, se révèlent désunis : là où la majorité estime que cela aboutit à frapper des innocents et des intellectuels libres, les autres estiment choquant le silence des universités israéliennes sur l’occupation et sur les difficultés innombrables infligées par l’occupant israélien aux universités palestiniennes, aux professeurs et aux élèves.

Ainsi, Anat Matar, professeur de philosophie à l’Université de Tel-Aviv, écrit-elle ceci dans le Haaretz : « Ce n’est que quand la couche privilégiée de la société israélienne paiera vraiment le prix de l’occupation qu’elle prendra finalement de vraies mesures pour y mettre fin. » Et d’ajouter : « Cette année scolaire va s’ouvrir à Gaza avec des classes en miettes parce qu’il n’y a pas de matériaux de construction pour remettre les ruines en état, il n’y a ni cahiers, ni livres, ni crayons, qui ne peuvent être acheminés en raison de l’embargo – oui, Israël peut boycotter les écoles et on n’entend aucun cri ». En effet, pour des raisons politiques (la mainmise du Hamas islamiste sur le territoire), Israël mais aussi la communauté internationale imposent à Gaza un blocus sévère qui s’apparente à un boycott et, pour le coup, frappe surtout sinon seulement les civils.

Une récente décision de la Cour européenne des droits de l’homme vient toutefois s’apporter un bémol à l’enthousiasme de certains pour les actions de boycottage : au nom de la liberté de commercer, la cour de Strasbourg a en effet confirmé le 17 juillet un jugement en appel de la justice française qui condamnait à 1.000 euros d’amende le maire d’une petite ville française, Seclin. Jean-Claude Willem avait appelé en 2002 au boycott des produits israéliens, proposant de l’appliquer dans les achats des cantines communales. Pour la cour, seuls des États ou l’ONU ont le droit de recommander des mesures de boycott.

Un seul État a, jusqu’ici, osé se frotter à la problématique : la Norvège. On vient en effet d’apprendre au début de ce mois de septembre, que l’un des plus gros fonds souverains du monde, le fonds de pension public norvégien, suivant en cela l’avis de son comité d’éthique, avait décidé de se retirer du capital d’un groupe électronique israélien, Elbit Systems, au motif que cette entreprise avait fourni un système de surveillance pour la barrière de séparation construite par Israël en territoire occupé et déclarée illégale par la Cour internationale de justice en 2004. Ce précédent est pris très au sérieux en Israël, où le gouvernement craint que l’exemple norvégien soit suivi par d’autres pays européens. Il est vrai qu’Oslo a choisi une voie difficile à contester, celle du droit international.

Les sanctions ont sapé l’apartheid sud-africain

KIESEL,VERONIQUE

Samedi 12 septembre 2009

Ceux qui appellent au boycott d’Israël aiment à rappeler que c’est grâce au boycott que la communauté internationale a poussé l’Afrique du Sud à abolir son odieux régime d’apartheid. Vrai ?

Lors d’une récente visite en Israël, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu a été on ne peut plus clair : « Le boycott était immensément important. Beaucoup plus que la lutte armée. L’importance du boycott n’était pas seulement économique mais aussi morale. Les Sud-Africains sont par exemple fous de sports. Le boycott, qui empêchait leurs équipes de participer à des compétitions à l’étranger, leur a fait très mal. Mais le principal, c’était que ce boycott nous a donné (à nous qui combattions l’apartheid) le sentiment que nous n’étions pas seuls, que le monde entier était avec nous. Cela nous a donné la force de continuer ».

Mais quels étaient les principaux éléments de ce boycott (à l’époque, on parlait plutôt de sanctions) ? Au niveau international, tout commence dès 1960 : l’Afrique du Sud est exclue de l’Organisation mondiale de la Santé, et d’autres organisations onusiennes. Et en 1964, peu après la condamnation à la prison à vie de Nelson Mandela, le Comité international olympique suspend le comité sud-africain, la charte olympique rejetant toute discrimination raciale. Le pays sera officiellement exclu par le CIO en 1970, tandis que, en 1974, la Fifa exclut l’Afrique du Sud des grandes compétitions de football. L’équipe de rugby sera elle aussi mise au ban des compétitions internationales.

Contestation interne

En 1973, l’Assemblée générale de l’ONU qualifie l’apartheid de crime contre l’humanité. Les embargos se multiplient durant les années 70, mais Pretoria s’efforce de contourner ces sanctions économiques et industrielles en s’appuyant sur des grands groupes financiers internationaux et sur des partenaires comme Israël ou Taïwan.

Les pressions occidentales montent en puissance. Les Etats-Unis adoptent en 1986 (après avoir surmonté un veto du président Ronald Reagan…) le « Comprehensive anti-apartheid act », un large dispositif de sanctions. C’est aussi cette année-là que la Communauté économique européenne met en place des sanctions économiques contre Pretoria qui concernent les armes mais aussi le commerce du fer, de l’acier, des pièces d’or et du charbon, sans toutefois toucher à des minerais stratégiques. Ce qui gêne le plus l’Afrique du Sud, c’est qu’elle a perdu le droit de commercer librement. Et les sanctions sur les investissements font encore plus mal.

Couplées à une contestation interne de plus en plus forte, ces sanctions poussent le pouvoir blanc à commencer à adoucir, puis à démanteler l’apartheid à partir du milieu des années 80. Nelson Mandela, symbole de la lutte populaire contre l’apartheid sera finalement libéré en 1990, mais les sanctions ne seront levées que progressivement. Le monde entier craint toujours un retour en arrière. Il faudra l’organisation en 1994 de vraies élections multiraciales et démocratiques pour que l’Afrique du Sud soit pleinement réintégrée dans la communauté internationale.

Posté par MCPalestine à 15:07 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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