07 décembre 2009
Jeu maléfique

Palestine
Jeu maléfique
Les Palestiniens sont-ils aujourd’hui pris au piège de la politique israélienne ? Tout porte à croire que oui. Sans donner la moindre concession, les Israéliens ont, en effet, renvoyé la balle dans le camp palestinien. Pire encore, Tel-Aviv fait désormais porter à l’Autorité la responsabilité du blocage du processus de paix. Dimanche dernier, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a mis en doute la volonté du président Mahmoud Abbass de parvenir à un accord de paix au Proche-Orient. Netanyahu estime que la reprise du dialogue est possible maintenant parce qu’Israël a imposé un gel temporaire des activités de colonisation dans les territoires occupés. Et le premier ministre israélien semble avoir gagné son coup puisqu’il a désormais le soutien américain. Un jeu dangereux auquel les Palestiniens n’étaient pas préparés.
En effet, la semaine dernière, le cabinet israélien chargé de questions de sécurité avait annoncé un moratoire de 10 mois sur certaines activités de colonisation en Cisjordanie. Cette annonce a été saluée par les Etats-Unis, mais elle ne satisfait pas les demandes palestiniennes, Abbass ayant réitiré son exigence d’un arrêt complet des constructions.
En visite au Venezuela
En proposant une suspension partielle de la colonisation, Israël veut donc jouer le beau rôle. Il fait d’une pierre
Abir Taleb
01 décembre 2009
Les élections palestiniennes, piège ou étape fondatrice ?
Les élections palestiniennes, piège ou étape fondatrice ?
lundi 30 novembre 2009, par
Fin octobre, le président Mahmoud Abbas avait fixé la date des prochaines élections (présidentielle et législatives) au 24 janvier 2010. Par cette décision, il voulait respecter la Constitution puisque son mandat déjà prorogé d’un an s’achève à ce moment-là comme celui du Conseil législatif élu pour quatre ans en janvier 2006.
Personne ne pouvait lui faire grief de s’inscrire ainsi dans une sorte de formalisme constitutionnel précieux en toutes circonstances et plus encore, peut-être, dans une phase de construction des institutions politiques. Et pourtant cette posture juridiquement inattaquable risquait de s’avérer politiquement désastreuse… Comment en effet prétendre organiser des élections pour dégager une majorité représentative du peuple palestinien des territoires occupés (Cisjordanie et Jérusalem-Est) ou sous blocus (Gaza) sans qu’au préalable il n’y ait eu l’aboutissement d’une discussion entre les deux principales forces politiques de la société palestinienne : le Fatah et le Hamas ?
Ces négociations, en cours depuis des semaines au Caire, ont permis de parvenir à un accord stipulant notamment la tenue de ces élections en juin 2010 ; le Fatah a signé mais pas le Hamas a demandé un nouveau délai… Des élections en janvier n’auraient pas seulement aggraver encore les relations entre les deux partis, elles auraient consacré la coupure territoriale et politique qui s’est instaurée de facto depuis le coup de force du Hamas à Gaza en juin 2007, et donc accentué la séparation entre les deux segments du peuple palestinien vivant dans les territoires.
Cela risquait à terme de rendre infiniment problématique toute nouvelle tentative de reconstruction de l’unité nationale sans laquelle rien n’est possible. A ce risque d’impasse politique, il faut ajouter un élément essentiel : le vote des Palestiniens de Jérusalem-Est que l’actuel gouvernement israélien fera tout pour empêcher s’il n’y a pas de très fortes pressions internationales. Conscient de ces dangers, le président Abbas est finalement revenu sur sa décision en reportant sine die ce scrutin tout en annonçant, quelques jours plus tard, qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession. Le piège a donc été évité mais pour combien de temps si le Hamas et le Fatah ne sont pas en mesure de fixer ensemble les règles du jeu ?
Les Palestiniens, même sans Mahmoud Abbas, auraient pourtant tout à gagner de ces élections en les concevant ensemble autrement. En conservant la date évoquée dans le projet d’accord interpalestinien, ils se donneraient le temps de parvenir à un minimum d’unité nationale et de se présenter sur la scène internationale avec des atouts majeurs. Ils pourraient alors à bon droit exiger de la communauté internationale qu’elle soit conséquente avec elle-même.
Ce qui implique :
1) qu’elle impose à Israël, puissance occupante au sens du droit international, le respect des conditions indispensables à l’organisation d’élections démocratiques sur l’ensemble du territoire palestinien où toutes les forces politiques pourraient se présenter ;
2) qu’elle s’engage évidemment à respecter le verdict des urnes quel qu’il soit et ne refasse pas l’erreur stratégique majeure commise en 2006 par les Etats-Unis et l’Union européenne qui ont voulu des élections mais pas leurs résultats ;
3) qu’elle fournisse des garanties concrètes avec notamment l’envoi d’observateurs sur le terrain pour vérifier le bon déroulement des élections.
Le respect de ces principes constituerait les premiers éléments concrets d’une modification en profondeur de la situation d’occupation et de colonisation et permettrait de reprendre une véritable négociation politique débouchant sur un Etat palestinien territorialement viable.
Cela impliquerait l’engagement d’Israël :
1) à ne rien faire pour perturber ces scrutins et ne pas emprisonner les élus comme cela a été fait pour nombre d’entre eux après les élections de janvier 2006 ;
2) à lever des barrages pour permettre une véritable liberté de circulation de la population ;
3) à libérer un certain nombre de prisonniers politiques palestiniens, à commencer par ceux qui seraient candidats ;
4) à permettre des contacts entre la Cisjordanie et Gaza, ce qui suppose la levée du blocus de Gaza ;
5) à laisser voter les Palestiniens de Jérusalem-Est ;
Ces bases pourraient créer les conditions préalables à un règlement politique durable en partant du principe que ces élections seraient la première phase d’une construction institutionnelle, dont la suivante devrait être le débat sur les frontières à partir des résolutions des Nations unies et du droit international. En décidant des frontières définitives, on tracerait ainsi l’essentiel, c’est-à-dire les contours de l’Etat. Dans une telle perspective, ces élections constitueraient alors une étape fondatrice sur le chemin de l’indépendance politique de la Palestine à côté de l’Etat d’Israël.
A partir de là, seule une conférence internationale, sous l’égide des Nations unies, convoquée aussitôt après ces élections et imposée comme le fut celle de Madrid en 1991, pourrait aboutir à un règlement de ce conflit garantissant le droit et les droits des deux peuples.
Nous sommes parfaitement conscients des obstacles considérables qui se dresseraient pour avancer dans cette direction mais c’est pourtant une des seules qui permettraient de progresser vers une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.
Jean-Paul Chagnollaud est professeur des universités et directeur de la revue Confluences Méditerranée,
Bernard Ravenel est historien et président de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine.
À propos de l’État binational

À propos de l’État binational
Dominique Vidal a conclu le 20 novembre, avec Ilan Halevi, le colloque organisé à Dijon sur le thème « Quel État palestinien ? Histoires, réalités et perspectives ». Il a consacré l’essentiel de son intervention à la question de l’État binational.
Conclusion d’Erekat : les Palestiniens n’ont désormais plus d’autre choix que de « recentrer leur attention sur une solution fondée sur un État unique dans lequel musulmans, chrétiens et juifs pourraient vivre sur un pied d'égalité ». Et d’insister : « C'est très grave. Il s'agit d'un moment de vérité pour nous. » Pour lui, en effet, l’État palestinien à souveraineté limitée que propose Benyamin Netanyaou et l’intransigeance de ce dernier sur le statut de Jérusalem ne laissent aucune marge de manœuvre aux négociateurs. Et pour cause : le chef du gouvernement israélien aurait réaffirmé à Mahmoud Abbas que « Jérusalem resterait la capitale éternelle et indivisible d'Israël, que la question des réfugiés (de 1948) ne serait pas évoquée, que notre État serait démilitarisé, que nous devions reconnaître qu'Israël est un État juif, qu'il n'y aurait pas de retour aux frontières de 1967, que le ciel serait sous son contrôle ». Autant dire qu’il serait paradoxal de consacrer actuellement un colloque à la question de l’État palestinien sans évoquer l’hypothèse alternative : un État binational (ou fédéral ou confédéral). Il ne s’agit pas là d’une démarche idéologique, mais de la leçon des échecs du processus de paix, avec le blocage persistant par Israël de toute solution fondée sur la création d’un véritable État palestinien à ses côtés et l’impuissance de la « communauté internationale » à la lui imposer. Il ne s’agit pas non plus d’une prise de position, ni au nom du Bureau national de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), ni même personnelle. Je voudrais simplement résumer ici brièvement à la fois ce qui plaide en faveur d’un État binational comme ce qui y fait obstacle. Une remarque préalable : il n’existe pas, à ma connaissance, de définition précise – ni juridique, ni politique – de l’État binational. La transformation d’une formule vague en objectif stratégique supposerait naturellement une élaboration fouillée de la nature de cet État, élaboration qui, comme le choix de cet objectif, reviendra naturellement aux Palestiniens eux-mêmes. Trois facteurs vont indiscutablement dans le sens d’une solution binationale du conflit israélo-palestinien : 1) Il s’agit d’abord d’un superbe idéal, beaucoup plus conforme aux valeurs que, tous ici je crois, nous défendons. Qui d’entre nous prône une vision du monde composé d’États ethniques ou ethnico-religieux ? Et a fortiori les « nettoyages » ethniques qui en découlent ? 2) Cet idéal possède en outre des racines profondes de part et d’autre. - Au sein de la communauté juive de Palestine, le Yichouv, l’idée binationaliste animait non seulement des intellectuels comme Martin Buber et Judah Magnès, mais aussi un grand nombre de partis qui, par exemple, aux élections internes de 1944, obtinrent plus de 44 % des voix, avant d’être balayés par la poussée nationaliste indissociable de la guerre de 1948[ii]. Six ans plus tôt, ils avaient adopté, avec la Ligue pour le rapprochement et la coopération judéo-arabes, une plate-forme considérant que « la construction de la Palestine comme patrie commune du peuple juif y retournant et du peuple arabe y résidant doit être fondée sur une compréhension et un accord mutuel durable ». Et de prôner « la non domination d’un peuple par un autre indépendamment de leur force numérique respective », donc « un régime binational en Palestine ». 3) Enfin l’évolution sur le terrain a de plus en plus imbriqué les deux peuples, avec d’un côté 500 000 colons juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et de l’autre 1 500 000 Palestiniens citoyens Israël, héritiers des 150 000 qui parvinrent à échapper à l’expulsion de 1948-1949. Je souligne au passage que l’acceptation éventuelle de l’idée d’un État palestinien et d’un État juif risque de servir d’argument à la campagne menée Avigdor Libermann contre la citoyenneté des Arabes israéliens. Mais quatre autres facteurs constituent non moins indiscutablement des obstacles importants à une solution binationale : 1) Et d’abord la question de la volonté des deux peuples. Car on imagine mal qu’il faille imposer un État binational démocratique à deux peuples… qui n’en veulent ni l’un ni l’autre. C’est clair, on le sait, pour 99,99% des Israéliens, mais aussi pour une large majorité de Palestiniens, qui, après quarante-deux ans d’occupation, de colonisation et de violences ne rêvent pas - on les comprend - de vivre avec les Israéliens. L’étape bi-étatique apparaît comme une phase nécessaire pour qu’Israéliens et Palestiniens acceptent un jour, éventuellement, de partager le même État. 2) Le deuxième obstacle relève de la lucidité politique : depuis que l’OLP s’est prononcée en faveur deux États (processus entamé, je le rappelle, en 1977, avec le projet de création d’un État palestinien sur « toute partie territoire libéré »), elle n’a pas réussi à arracher cette dernière à Israël. A fortiori, comment pourra-t-elle lui arracher un État binational, qu’Israël perçoit comme sa destruction – la conception sioniste de l’État juif implique à la fois le contrôle de la terre et une majorité juive en son sein. Or, dans les années qui viennent, il y aura dans le « Grand Israël » une majorité arabe, qui deviendra vite écrasante. La création d’un État palestinien aux côtés d’Israël apparaît au contraire comme le moyen de préserver l’existence d’Israël en tant qu’État juif, aussi longtemps du moins que la majorité de sa population le souhaitera. 3) Dans ces conditions, troisième obstacle, l’État binational ne risque-t-il pas de se résumer à la réalité actuelle, à savoir un État d’apartheid ? Avec des questions en série : - quid du statut des deux peuples, dont aujourd’hui l’un jouit de tous les droits, y compris les droits politiques, et l’autre d’aucun ? - quid du statut des colonies ? Faudra-t-il, au nom de l’« équilibre » avec Palestiniens d’Israël, en accepter le maintien ? - quid des garanties données à chaque peuple et à chaque religion quant à la préservation de ses intérêts ? La bataille pour l’égalité des droits risque d’être longue et ardue, d’autant que les opinions publiques internationales se considéreront sans doute beaucoup moins concernées. Ce qui m’amène à un quatrième et dernier problème : 4) Si la ligne politico-diplomatique de l’OLP n’a pas abouti à la création d’un État palestinien, elle a néanmoins réussi à en faire admettre la nécessité à la communauté internationale. Désormais, la perspective de deux États s’inscrit dans le droit international et les résolutions de l’ONU, y compris celles du Conseil de sécurité. C’est là un acquis qui constitue un point d’appui considérable pour le peuple palestinien : celui-ci risque de la perdre s’il change de perspective, en se donnant pour but un État binational. Que conclure ces éléments contradictoires ? Tant que subsistera une chance, même petite, d’enclencher une dynamique de paix menant à l’établissement d’un État palestinien, il importe de maintenir cet objectif, en s’appuyant sur le consensus international. Mais il est temps de dire clairement que nous nous trouvons dans le dernier quart heure. Si rien ne bouge, si le blocage israélien persiste, si l’impuissance de la communauté internationale demeure, comment ne pas comprendre que la colère des Palestiniens débouche progressivement sur une nouvelle stratégie ? C’est d’ailleurs la conviction de nombre d’anciens dirigeants américains, qui ont adressé à Barack Obama, le 13 septembre dernier, un rapport d’un groupe bipartisan signé Zbigniew Brzezinski, Chuck Hagel, Lee H. Hamilton, Carla Hills, Nancy Kassebaum-Baker, Thomas R. Pickering, Brent Scowcroft, Theodore C. Sorensen, Paul A. Volcker et James D. Wolfensohn. Ils y écrivent notamment : « Aujourd’hui, alors que nos ennemis contournent la supériorité militaire américaine en menant à la fois une guerre de l’information et de la terreur, il est indispensable d’aboutir rapidement une paix israélo-arabe. Même si celle-ci ne suffit pas à écraser Al-Qaida, elle aiderait à assécher le marécage dans lequel cette organisation et d’autres mouvements violents et terroristes poussent, et à éliminer ainsi une des sources majeures d’antiaméricanisme musulman global. Les avantages stratégiques récemment acquis par l’Iran dans le monde arabe seraient largement réduits. Loin de constituer une diversion par rapport aux autres crises proche-orientales, un accord de paix israélo-palestinien contribuerait de manière significative à leur solution. À l’inverse, le fait pour les États-Unis de ne pas jouer leur rôle de facilitation et de médiation reviendrait à laisser le terrain aux ennemis de l’Amérique, qui comptent sur la dispute israélo-arabe comme sur un cadeau qu’on continue à leur offrir. (…) Ce sera le cas si le président ne prend pas le problème en mains rapidement. Son capital politique s’érodera ; les obstacles intérieurs croîtront ; d’autres questions domineront ; et les parties en guerre joueront la montre. Ne pas agir se révélera donc extrêmement coûteux. Cela nuira à nos efforts pour affaiblir les groupes extrémistes, renforcer nos alliés modérés et rassembler les soutiens régionaux nécessaires pour stabiliser l’Irak et contenir l’Iran. Mais cela risquera de déboucher aussi sur la disparition définitive de la solution à deux États si les colonies se développent, se retranchent et que les extrémistes consolident leur influence des deux côtés. Bref, les six ou douze prochains mois représenteront sans doute la dernière chance pour une solution équitable, viable et durable[iii]. » C’est dire la responsabilité considérable qui pèse sur nos épaules – je veux dire celles de la communauté internationale et donc celles du mouvement de solidarité. C’est tout le sens de la campagne « boycott, désinvestissement, sanction » contre la colonisation israélienne, qui doit permettre de faire entendre plus forte et plus unie la voix des peuples du monde. Et d’abord à leurs gouvernements, à l’Union européenne, à la Maison Blanche – jusqu’au Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit enfin se donner les moyens, tous les moyens de mettre fin au plus vieux conflit international du monde. Merci de votre attention !
- Avant d’opter pour deux États, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a plaidé en faveur d’une Palestine laïque et démocratique. Le Conseil national palestinien (CNP) de 1968 se fixe pour but une « Palestine progressiste, démocratique et non confessionnelle dans laquelle musulmans, chrétiens et juifs bénéficieront de la liberté de culte, travailleront et vivront en paix, jouissant de droits égaux[i] ». Et, en 1974, devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), Yasser Arafat s’écriera : « Pourquoi ne puis-je rêver ? Pourquoi ne pourrais-je pas espérer ? La révolution ne consiste-t-elle pas à traduire dans les faits les rêves et les espoirs ? Alors agissons ensemble pour que mon rêve devienne réalité, pour que je puisse revenir d’exil avec mon peuple pour vivre là-bas… dans un unique État démocratique où chrétiens, juifs et musulmans vivraient dans la justice, la fraternité et le progrès. »
Je rappelle aux plus anciens ici la situation d’il y a quarante ans, quand la légitimité de la cause palestinienne n’était reconnue par aucun gouvernement, aucune organisation internationale et très peu de partis, d’associations, etc. Même la fameuse résolution 242 ne mentionnait que le problème des réfugiés, pas les droits nationaux du peuple palestinien…
[i] Cf. La Révolution palestinienne et les juifs, Éditions de Minuit, Paris, 1970.
[ii] Cf Palestine 47 : un partage avorté, Éditions André Versaille, Bruxelles, 2008.
[iii] www.usmep.us/bipartisan_recommendations/A_Last_Chance_for_a_Two-State_Israel-Palestine_Agreement.pdfInvoquant la « Feuille de route » adoptée en 2003, Mahmoud Abbas avait fait du gel de la colonisation en Cisjordanie la condition de la reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes, au point mort depuis l’offensive contre Gaza. Or, dans sa dernière tournée au Proche-Orient, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a vainement exhorté le président de l’Autorité palestinienne à renoncer à cette condition. Pis : elle a salué l’offre du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de « limiter temporairement » les chantiers dans les colonies à 3 000 logements. Pour Erekat, elle n'a fait ainsi qu'« ouvrir la voie à de nouveaux projets de développement des colonies ».Le 4 novembre dernier, le responsable palestinien des négociations avec Israël, Saëb Erekat, a déclaré à la presse que le moment était venu pour Mahmoud Abbas, président de l'Autorité, de « dire la vérité à son peuple, à savoir qu'avec la poursuite des activités de colonisation, la solution fondée sur le principe de deux États n'est plus d'actualité ».
24 novembre 2009
"Le bilan de Mahmoud Abbas est totalement catastrophique"

"Le bilan de Mahmoud Abbas est totalement catastrophique"
LEMONDE.FR | 05.11.09 | 21h05 • Mis à jour le 05.11.09 | 21h12
e président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé, jeudi 5 novembre, à son entourage politique qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession lors des élections générales du 24 janvier. Cependant, Jean-François Legrain, chercheur au CNRS et auteur de Les Palestines du quotidien. Les élections de l'autonomie, janvier 1996 (Beyrouth, Cermoc, 1999), doute fort de la tenue d'élections générales en janvier 2010.
Ce n'est pas la première fois que Mahmoud Abbas menace de jeter l'éponge. Quel est le sens aujourd'hui de cette déclaration ?
Soit Mahmoud Abbas a bel et bien décidé de se retirer, soit il s'agit d'un coup de poker politique. Faute d'un accord préalable avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, les élections ont très peu de chances de se tenir en janvier 2010. Son annonce peut avoir valeur d'avertissement à l'attention des Etats-Unis après la défaite enregistrée par l'Autorité palestinienne sur la question du gel de la colonisation. Mais si Mahmoud Abbas espère reprendre la main, il aura fort à faire pour retrouver un semblant de légitimité. Accusé d’avoir retardé un vote onusien sur le rapport Goldstone à propos de la guerre de Gaza, son image a considérablement souffert de l'enlisement des négociations avec Israël, de la corruption endémique de son mouvement [le Fatah] et des dissensions persistantes entre les factions palestiennes.
Qui pourrait lui succéder à la tête de l'Autorité palestinienne ?
Comme je vous le disais, la tenue d'un scrutin en janvier prochain reste très hypothétique. Si ces élections n'ont pas lieu, je pense qu'un comité de salut public de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) sera mis en place pour prendre en charge les affaires de la Cisjordanie. Le mieux placé pour diriger un tel organe serait Mohammed Dahlan. Proche de Mahmoud Abbas, il a le soutien des Américains. Mais Jibril Rajoub a également ses chances. Moins haï que Dahlan [ancien homme fort du Fatah à Gaza], il a conservé des liens avec la bande de Gaza à l'époque où il était le président de l'Association palestinienne de football, et son frère est député du Hamas. Enfin, bien sûr, on peut compter sur Marwan Barghouti, qui purge une peine de prison en Israël. Même si je pense que sa popularité est surévaluée et que cette image de sauveur de la nation est très artificielle, c'est un concurrent sérieux.
Quel bilan dressez-vous de ces cinq années de présidence ?
Un bilan totalement catastrophique. Je ne vois aucun point positif à souligner. Gaza et la Cisjordanie sont séparés politiquement et humanitairement. Les négociations avec Israël sont au point mort. L'Autorité palestinienne a régressé au point de se retrouver dans l'état de l'OLP d'avant la guerre de 1967. Affaiblie, elle est redevenue une caisse de résonance des intérêts divergents des Etats arabes et des puissances occidentales. Tout le travail mené dans les années 1960 et 1970 pour que l'OLP soit le représentant unique et légitime du peuple palestinien a sombré. Aujourd'hui, c'est une coquille vide qui s'aligne sur la politique du Fatah.
Propos recueillis par Elise Barthet
22 novembre 2009
n’est-il pas temps de tirer les conclusions ?
Puisque ni Arafat, ni Abbas, ni Haniyeh ne conviennent…
n’est-il pas temps de tirer les conclusions ?
Pour tout observateur attentif, rien de bien neuf dans les déclarations récentes de l’ensemble de la diplomatie occidentale à propos de la décision du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas de ne pas se représenter aux élections prochaines, prévues début 2010. Chacun y est allé de sa petite intervention – jusqu’à Shimon Pérès ! – pour inviter l’intéressé à revoir sa position.
Là où les représentants de nos divers gouvernements ont ignoré depuis des décennies, la détérioration toujours plus grave de la situation dans les Territoires occupés par Israël et tout particulièrement à Gaza, l’empressement à soutenir de manière presque unanime et encourager Mahmoud Abbas à se représenter à ces futures élections, devrait au minimum, nous interpeller.
En effet, comment comprendre que pendant des années, nos élus et leurs médias serviles n’ont cessé de mettre en exergue la corruption endémique et généralisée de l’appareil étatique palestinien jusqu’à son sommet ; n’ont cessé d’abandonner les leaders palestiniens à leur funeste sort ; n’ont cessé d’ignorer les multiples compromis acceptés par une population étranglée ; n’ont cessé d’encourager et soutenir les initiatives israéliennes de tous genres, y compris dans le laisser-faire du Mur d’apartheid, dans l’alliance du gouvernement avec l’extrême-droite, dans le blocus assassin de la Bande de Gaza, dans l’emprisonnement de parlementaires et de mineurs, dans la non-application des résolutions des Nations-unies et le non-respect du Droit international et humanitaire, etc… et d’assister au revirement soudain de ces mêmes élus trouvant aujourd’hui toutes les qualités à Mahmoud Abbas, pour qu’il reste à la tête d’un hypothétique Etat ? Comment comprendre une telle attitude, sinon que l’homme de l’ombre, le pâle représentant des Palestiniens, celui-là même qui parfois s’accrochait au cou d’Ehud Olmert pour l’embrasser est tellement consensuel, tellement faible qu’il convient parfaitement aux interlocuteurs israéliens en premier lieu et par ricochet à tous ceux qui soutiennent activement Israël dans la poursuite de sa politique profondément injuste, hors-la-loi et criminelle ?
A l’heure où Mahmoud Abbas se dirige peut-être vers la décision politique la plus courageuse de sa carrière, c’est la panique dans les chancelleries. Perdre un tel interlocuteur s’avère sans doute perdre un allié bien utile et fort peu encombrant. La décision est même interprétée par certains comme une manœuvre tactique visant à le rendre incontournable, indispensable, quelques mois avant les élections, lui assurant ainsi la certitude d’une réélection aisée et massivement soutenue de l’extérieur. Et puis, qui donc pourrait remplacer cet évanescent papy, si peu vindicatif, si peu déterminé, si policé et si soumis aux dictats qui lui sont imposés !? A 74 ans, la retraite volontaire de celui-là même qui fut l’un des artisans des moribonds Accords d’Oslo ne semble pas recevoir l’aval de ses interlocuteurs étrangers qui n’osent imaginer devoir faire face à un nouveau candidat dont on ne connaît pas encore le nom, ni la tête, et moins encore les intentions. Diable, que nous préparent encore ces imprévisibles insoumis !?...
Or, pour la population palestinienne qui a tout enduré depuis plus de soixante ans sans percevoir la moindre lueur dans l’avènement de son Etat, ces prochaines élections ne sont-elles pas une opportunité de faire table rase de tout ce qui a manifestement échoué ? Et d’en tirer les conclusions ? Puisque rien ni personne ne semble jamais convenir aux différents gouvernements israéliens : ni Yasser Arafat qui était trop ceci, ni Mahmoud Abbas qui est trop cela, ni Ismaïl Haniyeh qui n’est ni ceci ni cela tout en même temps ; qu’ils volent, pillent, emprisonnent et massacrent toujours plus leurs voisins au fil des ans ; qu’ils refusent obstinément l’arrêt de la colonisation et par leur comportement affichent une arrogance peu commune, peut-être est-ce le moment de remettre en cause le partage-même de ce qui fut décidé sans l’avis des premiers concernés, en 1947… et de dénoncer la solution choisie par les États dits démocratiques qui leur fut imposée, la déclarant caduque et impossible à réaliser de par l’intransigeance coloniale israélienne…
Et peut-être dans la foulée conviendrait-il de rappeler que finalement, le problème des pogroms puis du génocide des juifs pendant la dernière guerre mondiale était bien un problème européen qui ne concernait pas le Proche-Orient où ils vivaient tranquilles. Problème qui dès lors, ne devrait pas trouver sa solution sur le dos des Palestiniens qui aujourd’hui continuent à payer notre ardoise ! Et de suggérer aux Européens et leurs alliés de trouver sur leurs terres, un endroit pour l’établissement de l’Etat « juif » d’Israël. Ce sera l’occasion de voir si leur détermination au soutien d’un tel État déguisé en démocratie sera toujours aussi appuyée et inconditionnelle…
Ainsi, voilà bientôt deux ans, je proposais dans La Démocratie Mensonge, une solution à la question israélo-palestinienne, sous forme de « pensées interdites » :
« (…) Si l’on regarde l’Histoire humaine, rien n’y est jamais définitif. Tout est, là également, en constante évolution. Et tout particulièrement, les frontières délimitant les limites de tel ou tel pays. Il n’est qu’à jeter un œil sur les cartes géographiques d’antan. Celles d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles d’hier ou d’avant hier. Et ne sont probablement pas à l’image de celles de demain. Transformées elles aussi, par la conjonction des forces qui les (re)dessinent. Et dans ce cas-là, les forces en question sont la volonté et les décisions des hommes et des femmes qui peuplent le monde et ses régions, et en modèlent, en modifient ses étendues et ses limites. Il ne faut pas remonter bien loin dans le passé pour en avoir des exemples : que ce soit en ex-URSS, en ex-Yougoslavie, en ex-Tchécoslovaquie pour ne parler que d’une Europe qui n’a de cesse de se redessiner, les récentes nouvelles frontières sont nombreuses. Et ne sont certainement pas définitives. Dans quelque temps, qu’adviendra-t-il du Kosovo, du Monténégro, de l’îlot russe de Kaliningrad enclavé en pays baltes eux-mêmes rattachés à l’Union européenne, du Kurdistan inscrit sur plusieurs pays, du Sahara occidental, ou du Tibet, … ? Bien malin qui pourrait en dessiner aujourd’hui les futures frontières.
Mais l’observation des faits scientifiques nous a appris aussi autre chose, d’essentiel : dans son évolution, l’univers a horreur du gaspillage d’énergie, étant entendu que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Pour une fois, essayons donc d’en tirer les leçons et de nous les appliquer.
Il n’y a pas si longtemps, au moment où quelques responsables juifs réclamaient une terre pour accueillir leur projet de foyer national, étaient envisagées trois éventualités : la Palestine, l’Argentine et l’Ouganda. Le choix s’est porté sur la Palestine, pour diverses raisons dont celle d’un retour à la Terre Promise… cette fadaise ! Aujourd’hui, plutôt que de continuer dans cette option qui paraît sans issue, dans cette obsession sanglante et meurtrière d’imposer les frontières du jeune État d’Israël au cœur de la Palestine historique dont les habitants n’ont jamais eu leur mot à dire sur cette décision, et d’en payer le prix le plus fort depuis 60 ans, pourquoi ne pas envisager une quatrième voie, plus économe à tout point de vue ? En outre, dans l’esprit de la « globalisation » où tout est bon à n’importe quelle entreprise pour améliorer ses marges bénéficiaires par l’entremise de la délocalisation, l’idée s’inscrit tout à fait dans l’air du temps…
De toutes les manières, plus les années passent, plus la domination d’Israël sur la région semble comptée. Depuis 1967, à l’inverse de ce qui apparaît au premier coup d’œil, l’Etat israélien a perdu une partie du terrain volé à ses voisins. Il a rétrocédé le Sinaï à l’Egypte, a quitté la majeure partie du Sud Liban, s’est retiré de Gaza, et devra tôt ou tard négocier le Golan syrien… avant d’entamer des pourparlers au sujet des nombreuses colonies implantées en Cisjordanie dont on sait que toutes sont illégales.
Son recours à une oppression féroce sur ce qui lui reste en est d’autant plus brutale : les Palestiniens en font les frais chaque jour… avant, sans doute, l’implosion de l’Etat israélien sous sa forme actuelle, condamné à disparaître par la définition même de ses statuts racistes et de ses pratiques d’apartheid impossibles à perpétuer éternellement dans un monde qui prône la « démocratie » comme modèle…
L’Algérie a résisté pendant plus de 130 ans à l’occupation française… Même dans un infernal quotidien, les Palestiniens savent avoir encore du temps devant eux… et il est fort improbable que les pays arabes voisins acceptent la disparition du 3ème lieu saint de l’Islam à Jérusalem, au seul profit du judaïsme…
Ainsi, puisqu’il est établi que les États-Unis soutiennent inconditionnellement et, envers et contre tout, le gouvernement et le peuple israéliens, pourquoi ne pas offrir à ces derniers, l’un des plus grands espaces qui soit – la superficie des USA est de 9.630.000 km² et celle d’Israël de 20.770 km², soit moins de 0,25 % du territoire américain – en leur permettant d’y édifier leur État ? Les espaces désertiques ne manquent pas dans le Sud-Ouest des USA et quelques grands déserts pourraient bien accueillir ceux qui semblent avoir un penchant atavique pour la chose.
Avec les techniques actuelles, nul doute qu’il soit possible de déménager les quelques vieilles pierres restantes du Mur des Lamentations… Et si vraiment cela ne pouvait être envisagé par crainte de dommages irréversibles au site historique, ou par respect pour ceux qui désireraient rester à Jérusalem, ainsi que pour le tourisme qui retrouverait-là son affluence d’antan, on pourrait assurément compter sur les techniciens d’Hollywood pour effectuer de parfaits décors de la Ville Sainte, plus vrais que nature ! Et pourquoi pas, envisager jusqu’à la reconstruction totale du Temple de Salomon qui trônerait alors, dans toute sa splendeur, au centre d’une nouvelle capitale, baptisée New-Jerusalem !?
Ce serait tout avantage pour les Israéliens : ils ne seraient pas trop dépaysés par l’environnement naturel ; seraient directement sous l’aile protectrice et satellitaire de leur bienfaiteur ; ne devraient plus utiliser leur argutie habituelle de peurs paranoïaques alimentées par la présence d’Arabes et de musulmans innombrables à leurs frontières ; n’auraient plus besoin d’un budget militaire exponentiel pour garantir la paix avec leurs voisins, ce qui leur permettrait de se pencher sur le problème réel de la pauvreté dans le pays ; n’auraient plus à vivre en état de stress permanent parce qu’ils seraient mieux abrités d’éventuelles attaques suicides ; pourraient se livrer sans limite à leur occupation favorite, à savoir, l’extension de leur territoire, etc… Le colossal budget militaire ainsi économisé pourrait servir à édifier très rapidement les infrastructures modernes dont ils bénéficient aujourd’hui, et pourrait en outre être consacré aux soins psychologiques indispensables pour soigner les nombreuses névroses d’une grande majorité de citoyens.
Enfin, comble de bonheur, ils seraient proches du Saint des Saints puisque le souffle divin traverse aussi le Président yankee [à l’époque du président Bush- ndlr], qui conduit désormais le monde de vision en vision… Comme on peut le voir, là également, point de dépaysement…
La région du Moyen-Orient serait finalement libérée de l’une de ses tensions majeures. La Communauté internationale serait définitivement débarrassée de l’un de ses plus épineux problèmes puisque le cas échéant, tout problème israélien deviendrait interne aux États-Unis. Là également, que d’économies d’argent et d’énergie ! Le calme reviendrait sans doute dans l’ensemble de la région. Ainsi peut-être que sur les cours pétroliers. Le nouveau Moyen-Orient ainsi reconstitué pourrait être sécurisé d’Est en Ouest et du Nord au Sud et nettoyé de tout danger nucléaire, y compris en Iran. Et les peuples libérés pourraient enfin se consacrer à l’essentiel. Ce qui au vu des dégâts à tous niveaux, éliminerait le chômage et assurerait du travail pour tous, pendant des décennies entières. Nous serions en Europe, soulagés des interventions indigestes des prétentieux de salons, politologues incompétents, journalistes verbeux, « spécialistes » pédants, etc… Et chacun de nous pourrait en définitive, consacrer son temps à autre chose.
Quand on voit les milliards engloutis, dans la conquête spatiale pour les armes sophistiquées des uns, dans la reconstruction et l’aide humanitaire sans fin des autres, sans compter les coûts indécents d’une diplomatie inopérante de tous, en termes strictement économiques, l’impact d’un tel plan serait i-ni-ma-gi-na-ble ! Au lieu d’entraîner les forces vives du pays dans leurs guerres ruineuses, les États-Unis pourraient booster leur économie de façon vertigineuse. Les places boursières s’envoleraient. Et leur image extérieure retrouverait une blancheur (presque) immaculée.
Plutôt que de renouveler sans cesse des promesses jamais tenues à propos d’un futur État palestinien, celui-ci pourrait éclore dans ses limites historiques, et la place libérée par une partie de la communauté juive permettrait d’y accueillir tous les réfugiés entassés dans les pays voisins qui, eux aussi, seraient débarrassés d’un douloureux problème à l’intérieur de leurs frontières… Tous les Israéliens, juifs ou non, qui le désirent pourraient rester en Palestine et cohabiter sereinement avec leurs compatriotes arabes, musulmans, chrétiens ou laïcs, comme c’était le cas par le passé, ainsi que dans nombre de pays de par le monde.
De son côté, le nouvel Israël pourrait négocier son rattachement comme 51ème Etat aux cinquante actuels qui forment les États-Unis d’Amérique. Il serait ainsi, enfin reconnu par toutes les Nations, y compris par les États arabes les plus réticents, dans son « droit d’exister »…
L’ensemble des anciennes Résolutions des Nations Unies seraient déclarées caduques et une nouvelle ère de réelle prospérité s’ouvrirait pour chacun. Bref, ce serait la paix pour tous, dans le meilleur des mondes… Cela s’avèrerait une véritable manne céleste, proche du miracle… Mais, quoi de plus naturel, pour le peuple élu dont les plus convaincus n’ont de cesse de répéter qu’ils sont en dialogue direct avec Dieu !? (…) »
Daniel Vanhove
18.11.09
Observateur civil – Membre du MCP (Mouvement Citoyen Palestine)
La Démocratie Mensonge – 2008 – Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire
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08 novembre 2009
Mahmoud Abbas claque la porte, Abou Mazen se sent trahi
Mahmoud Abbas claque la porte
Abou Mazen se sent trahi
Ghaza. De notre correspondant
Au siège de la présidence à Ramallah, devant des membres du Comité central du fatah, du comité exécutif de l’olp et d’autre responsables, le président Abbas, qui semble avoir été fortement déçu par le ralliement des Américains sur la position du gouvernement israélien de droite, relative à la colonisation dans les territoires palestiniens, a déclaré : « J’ai dit aux frères dans le comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et dans le Comité central du Fatah que je ne désire pas me présenter à la prochaine élection (présidentielle). » « je souhaite qu’ils comprennent ce désir, sachant qu’il y a d’autres pas que je prendrai en temps opportun », a ajouté le président palestinien. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, âgé de 74 ans, symbole de la modération palestinienne, qui a longtemps cru et qui croit encore en la possibilité de règlement de la question palestinienne par les moyens diplomatiques, qui s’est présenté candidat à la succession de son compagnon de route, le défunt Yasser Arafat, en 2005, avec un programme politique déclaré au cours de sa campagne électorale, excluant la résistance armée, se sent aujourd’hui abandonné et seul en face d’israël, dont le gouvernement est le plus à droite depuis sa création.
Ni la communauté internationale ni la nouvelle direction américaine n’ont pu persuader Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien et son gouvernement à aller dans le sens d’une véritable paix ; pis, Barack obama, qui au début de son mandat demandait un gel complet de la colonisation comme le veulent les palestiniens et le président Abbas pour une reprise sérieuse du processus de paix, s’est complètement rallié à la position israélienne qui exige une reprise des négociations sans conditions préalables et qui refuse l’arrêt de la colonisation. la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, l’a dit haut et fort la semaine passée, durant sa visite dans la région : « Les parties doivent reprendre immédiatement les négociations sans conditions préalables. »
L’arrêt de la colonisation : perte de temps
Et a qualifié la proposition du Premier ministre, Benyamin Netanyahu, de limiter la colonisation de « sans précédent ». Même s’il ne l’a pas dit ouvertement au cours de son discours, la nouvelle position égyptienne annoncée par Ahmad Abou El Gheit, le ministre des affaires étrangères, au cours d’une conférence de presse commune avec la secrétaire d’Etat américaine, au caire, la semaine passée, qui, désormais, considère comme perte de temps l’exigence de l’arrêt de la colonisation, a dû peser lourd dans la décision du président palestinien. « Nous devons nous concentrer sur l’objectif final, plutôt que perdre du temps à exiger telle ou telle chose », avait déclaré le chef de la diplomatie égyptienne. Il ne fallait pas plus pour Abou Mazen pour se sentir trahi, poignardé dans le dos, alors qu’il a dû endurer beaucoup de critiques, d’insultes et d’accusations graves de collaboration avec l’ennemi sioniste par ses détracteurs, que ce soit au niveau local, principalement par le mouvement Hamas, ou au niveau régional.
Par la voix de la secrétaire d’Etat, Hillary clinton, la direction américaine a, semble-t-il, accepté le départ du président Abbas. « Il a réaffirmé son engagement personnel à faire tout son possible pour parvenir à une solution à deux Etats pour résoudre le conflit israélo-palestinien (...). J’espère continuer à travailler avec le président Abbas, dans quelque nouvelle fonction que ce soit », a-t-elle dit à Washington. Au niveau local, le mouvement Fatah et l’Organisation de libération de la palestine (OLP) continue de réclamer au président Abbas de revenir sur sa décision et le considèrent toujours comme leur unique candidat. Des manifestations populaires spontanées en guise de soutien au président Abbas, dans lesquelles les citoyens exprimaient leur refus de sa décision de ne pas briguer un second mandat, ont été notées dans plusieurs villes de cisjordanie, dont Ramallah et Jenine. Dans la bande de Ghaza, contrôlée par la force par le mouvement Hamas suite à un putsch armé au mois de juin 2007, et dans laquelle le président Abbas n’a plus aucune autorité, les citoyens ont suivi avec beaucoup d’attention le discours présidentiel, chez eux ou dans les cafés.
Par crainte d’être réprimés par les forces du mouvement islamiste, les citoyens ne sont pas sortis dans les rues comme en cisjordanie. Le mouvement Hamas, accusé par le président Abbas d’être responsable de la division interpalestinienne et d’avoir donné le prétexte à Israël de prétendre qu’il n’existe pas de partenaire palestinien crédible pour faire la paix, a considéré la décision d’Abou Mazen comme une affaire intérieure du Fatah. Oussama Hamdane, le représentant du Hamas au Liban, a qualifié l’évènement de « pièce théâtrale ». En tous les cas, si le président Abbas reste décidé à mettre un terme à son parcours militant en tant que premier responsable palestinien, israël et les Américains auront perdu une occasion inouïe de faire la paix avec les palestiniens par les moyens diplomatiques. cela signifie l’échec de la politique de modération, qui, automatiquement, devrait laisser la place à une autre qui embrasera de nouveau la région.
Au cours d’un discours qualifié d’historique par beaucoup d’observateurs, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a annoncé jeudi, d’un ton calme et ferme, son désir de ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.
07 octobre 2009
Mahmoud Abbas, l’Israélien...
Mahmoud Abbas, l’Israélien...
L'information n'a, à nouveau, pas fait la Une de nos médias: l'autorité palestinienne a accepté de reporter de plusieurs mois une demande officielle de faire transmettre au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU les conclusions du rapport Goldstone.
Yves Gonzalez-Quijano a évoqué cette affaire dans un billet récent:
On en parle (encore ?) peu dans la presse non-arabe, mais le report, pour mars prochain au plus tôt, du vote par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le rapport rédigé par le juge Richard Goldstone à propos de la guerre de Gaza, faute d’un soutien de la part des officiels palestiniens, n’a pas fini de susciter des réactions. Certes, l’Autorité palestinienne affirme qu’il s’agit d’un repli tactique pour arriver à un plus grand consensus; elle explique aussi qu’elle a subi d’énormes pressions américaines et que la menace d’un vote pèse désormais, telle l’épée de Damoclès, au-dessus de la tête du gouvernement israélien qu’on imagine terrifié par cette éventualité…Abou Mazen et consorts auront néanmoins beaucoup de mal à faire accepter leur décision par les organisations internationales qui, à l’image de Human Right Watch, se sont battues pour tenter de faire condamner par la «communauté internationale» les crimes de guerre commis à Gaza. Et c’est peu dire qu’une telle position donne des arguments à tous ceux qui, en Palestine, considèrent qu’ils sont représentés par des marionnettes dignes des Guignols de l’info.
Alain Gresh revient lui aussi sur cette affaire dans son blog du Diplo et cite une dépêche de l'AFP qui indique:
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est la cible de vives critiques, y compris dans son propre camp, à la suite du report controversé du vote sur le rapport de l’ONU fustigeant l’attitude d’Israël pendant la guerre de Gaza. Cette crise risque d’affaiblir M. Abbas au moment où les Etats-Unis tentent de relancer les négociations de paix avec Israël, relèvent les observateurs. A Ramallah, siège de l’Autorité, des centaines de Palestiniens ont dénoncé lundi le soutien de leur direction à ce report, tandis que d’autres à Jérusalem parlaient de «coup de poignard dans le dos et le cœur de tous les martyrs». «Nous voulons que le président Abbas présente des excuses et si le gouvernement a quoi que ce soit à voir avec cette décision, nous voulons qu’il démissionne», a déclaré Mohammed Jadallah, le leader d’une coalition d’ONG palestiniennes.
Pour intéressants qu'ils soient, ces deux billets ne donnent malheureusement pas réellement de pistes pour comprendre la décision de Mahmoud Abbas, et la colère des Palestiniens et de ceux qui les soutiennent. Il faut consulter ce très intéssant article d'Ali Abunimah («Electronic Ali») pour comprendre la gravité de la situation. Pour As'ad Aboukhalil («Angry Arab»), c'est un nouveau record de bassesse que vient de battre le régime de Ramallah.
Je vous livre donc une traduction personnelle de l'article d'Electronic Intifada. Que ses conclusions soient justes (je pense qu'elles le sont) ou erronées, c'est un article important de toute façon: quand Abbas et Dahlan passeront la frontière israélienne en slip au milieu de la nuit (sort réservé par Israël à ses propres collaborateurs), quand ils seront mitraillés, émiettés ou pendus (sorts auxquels n'échappe quasiment aucune marionnette des occidentaux), quand les palestiniens persisteront à voter de manière prétendument «irrationnelle», c'est ce genre d'accusations, largement connues là-bas, ignorées ici, qui permettront de comprendre.
« Alors qu'il semblait que l'Autorité palestienne (AP) de Ramallah et son chef Mahmoud Abbas ne pourraient pas descendre plus bas dans leur complicité avec l'occupation israélienne de la Cisjordanie et le blocus meurtier de Gaza, Ramallah vient d'infliger un nouveau coup de massue au peuple palestinien.
La délégation Abbas aux Nations unies à Genève (qui représente officiellement une Organisation de Libération de la Palestine moribonde) a renoncé à une résolution demandant au Conseil des droits de l'Homme de transmettre le rapport du juge Richard Goldstone sur les crimes de guerre à Gaza au Conseil de sécurité de l'ONU pour obtenir des sanctions. Bien que l'AP a agi sous la pression américaine, il existe de fortes présomptions que les intérêts commerciaux de palestiniens et d'hommes d'affaires du Golfe étroitement liés à M. Abbas ont également joué un rôle.
Le rapport Goldstone présente en 575 pages les preuves de crimes de guerre israéliens choquants et de crimes contre l'humanité commis pendant l'agression de l'hiver dernier contre la bande de Gaza, qui a tué 1400 palestiniens, en grande majorité des non-combattants, et des centaines d'enfants. Le rapport accuse également le mouvement de résistance palestinien Hamas de crimes de guerre pour avoir tiré de roquettes sur Israël qui ont tué trois civils.
Le rapport Goldstone a été salué comme un tournant par les Palestiniens et les partisans, dans le monde entier, de la primauté du droit; il a demandé que des suspects soient tenus responsables devant les tribunaux internationaux si Israël échoue à les poursuivre. Or Israël n'a jamais, dans son histoire, tenu ses dirigeants politiques et militaires juridiquement responsables de crimes de guerre contre les Palestiniens.
À juste titre, Israël a été terrifié par le rapport, mobilisant toutes ses ressources diplomatiques et politiques pour le discréditer. Ces derniers jours, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que si le rapport était suivi d'effets, il serait «un coup sérieux porté à la guerre contre le terrorisme», et «porterait un coup fatal au processus de paix, car Israël ne serait plus en mesure de prendre des mesures supplémentaires et de prendre des risques pour la paix si son droit à l'autodéfense lui était refusé.»
Sans surprise, un des premiers alliés dans la campagne israélienne pour l'impunité a été l'administration Obama, dont l'ambassadeur à l'ONU, Susan Rice, a exprimé «de très graves inquiétudes» concernant le rapport et a dénoncé le mandat Goldstone comme «déséquilibré, unilatéral et fondamentalement inacceptable.» (Rice a respecté fidèlement sa parole: en avril, elle avait déclaré au journal Politico que l'une des principales raisons qui avait motivé l'administration Obama à adhérer au Conseil des droits de l'homme de l'ONU était de lutter contre ce qu'elle appelait «la merde anti-israëlienne»).
Goldstone, que sa fille a publiquement décrit comme un sioniste aimant Israël, est un ancien juge de la Cour suprême sud-africaine, et un juriste international hautement respecté. Il était le procureur en chef des tribunaux des crimes de guerre des Nations unies pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie.
Que le rapport Goldstone soit un coup sévère à la capacité d'Israël à commettre en toute impunité de futurs crimes de guerre ne fait aucun doute; cette semaine, s'appuyant sur le rapport, des avocats du Royaume-Uni ont demandé à un tribunal de délivrer un mandat d'arrêt contre le ministre israélien de la Défense en visite, Ehud Barak. Cette action n'a pas réussi, mais le gouvernement israëlien a pris des mesures extraordinaires ces derniers mois pour essayer de protéger ses fonctionnaires contre les poursuites, craignant que la survenue d'arrestations ne soit plus qu'une question de temps. Parallèlement à la campagne internationale grandissante de boycott, désinvestissement et sanctions, la crainte de se retrouver à La Haye semble être la seule chose qui puisse pousser le gouvernement israélien et sa société à reconsidérer leur aventure destructrice.
On pourrait penser, alors, que les représentants auto-proclamés du peuple palestinien ne négligeraient pas une telle arme. Et pourtant, selon l'ambassadeur Ibrahim Abbas Khraishi, l'Autorité palestinienne à Ramallah a abandonné son action à la demande des Américains, au motif que «nous ne voulons pas créer un obstacle pour eux.»
L'excuse de Khraishi selon laquelle la résolution a simplement été reportée jusqu'au printemps ne convainc pas. Si aucune mesure n'est prise aujourd'hui, le rapport Goldstone sera enterré d'ici là et les preuves des crimes d'Israël – nécessaire à des poursuites – pourraient être plus difficiles à collecter.
Cette dernière rédition intervient moins de deux semaines après que M. Abbas est apparu à un sommet à New York avec le président américain Barack Obama et Netanyahu, malgré l'abandon de son exigence qu'Israël arrête la construction de colonies exclusivement juives sur des terres palestiniennes occupées. Déjà sous la pression américaine, l'AP a abandonné sa promesse de ne pas reprendre les négociations sans l'arrêt de la colonisation, et a accepté de participer à des «discussions de paix» avec Israël sous médiation américaine à Washington cette semaine. Israël, pendant ce temps, a annoncé des plans pour la construction de la plus grande colonie en Cisjordanie depuis 1967.
Ce qui est encore plus exaspérant, c'est la réelle possibilité que la PA soit en train d'aider Israël à se laver les mains du sang qu'il a déversé dans la bande de Gaza, pour des motifs aussi bas que l'intérêt financier d'hommes d'affaires étroitement liés à M. Abbas.
The Independent (Royaume-Uni) a signalé le 1er octobre:
«Shalom Kital, un assistant du ministre de la Défense Ehud Barak, a déclaré aujourd'hui qu'Israël ne libérera pas la part du spectre radioélectrique qui a longtemps été demandée par l'Autorité palestinienne pour permettre le lancement d'une deuxième société de télécommunications mobiles, à moins que l'Autorité palestinienne n'abandonne ses efforts pour mettre en cause les soldats et officiers israéliens au sujet de l'opération israélienne». («Les Palestiniens dénoncent le “chantage” d'Israël contre le service téléphonique», The Independent, 1er octobre).
Kital a ajouté que le fait que l'AP abandonne ses efforts pour faire avancer le rapport Goldstone constituait une «condition» spécifique. La compagnie de téléphone, Wataniya, a été décrite en avril dernier par l'agence Reuters comme «une société soutenue par Abbas» qui est une joint-venture entre des investisseurs du Qatar, du Koweït et le Fonds d'investissement palestinien dans lequel l'un des fils d'Abbas est étroitement impliqué. En outre, Reuters a révélé que la compagnie naissance ne souffrait apparemment pas d'une pénurie de capitaux grâce aux investisseurs du Golfe, recevant des millions de dollars de «l'aide des Etats-Unis sous la forme de garanties de prêts destinés aux agriculteurs palestiniens et d'autres petites et moyennes entreprises» (voir «L'aide américaine va à la société téléphonique soutenue par Abbas», Reuters, 24 avril 2009).
Un jour seulement avant que la délégation Abbas retire sa résolution à Genève, Nabil Shaath, le «ministre des Affaires étrangères» de l'AP a dénoncé les menaces israéliennes au sujet de Wataniya comme un «chantage» et a promis que les Palestiniens ne céderaient pas.
La trahison du peuple palestinien par l'AP au sujet du rapport Goldstone, ainsi que la poursuite de sa «coordination de sécurité» avec Israël pour réprimer la résistance et l'activité politique en Cisjordanie, doivent nous faire comprendre sans l'ombre d'un doute qu'il s'agit d'un bras actif de l'occupation israélienne, agissant de manière tangible et de plus en plus contre le peuple palestinien et sa juste cause.» (Abbas aide Israël à enterrer ses crimes de Gaza Ali Abunimah, The Electronic Intifada, 2 octobre 2009 )
http://tokborni.blogspot.com/2009/10/abbas-aide-israel-enterrer-ses-crimes.html
03 octobre 2009
Le processus de paix palestino-israélien a été le parent pauvre de la session de l’Assemblée générale de l’Onu.

ONU. Le processus de paix palestino-israélien a été le parent pauvre de la session de l’Assemblée générale de l’Onu. Israël persiste à dresser les obstacles face à une administration américaine peu énergique.
Déception palestinienne à l’Onu
C’était, dit-on, l’occasion de la dernière chance. Il s’agit de cette réunion de l’Assemblée générale de l’Onu, où tout le monde aspirait d’entendre la nouvelle d’une relance du processus de paix au Proche-Orient. Mais c’est une occasion ratée comme bien d’autres qui l’ont précédée. Et selon les termes même de Mahmoud Abbass : « La voie est à présent bloquée ». Resté lettre morte depuis le 29 décembre 2008, date de l’agression israélienne contre la bande de Gaza, que subsiste-t-il du processus de paix ? Il devient, en fait, un terme qui perd avec le temps de l’éclat voire de son sens même.
l’Autorité palestinienne, qui envisageait de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu et l’Assemblée générale pour faire arrêter la colonisation israélienne, est rentrée les mains vides. C’est la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est qui se dresse aujourd’hui comme la principale pierre d’achoppement empêchant la reprise des négociations de paix. Le discours d’Obama à l’Onu, selon ses termes, paraît ambitieux. Le président américain déclare que « l’Amérique n’accepte pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne » et qu’« il est temps de relancer, sans conditions préalables, les négociations portant sur les questions du statut final : la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens, les frontières, les réfugiés et Jérusalem », a-t-il ajouté. « L’objectif est clair : deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. Un Etat juif d’Israël, offrant une réelle sécurité à tous les Israéliens, et un Etat palestinien viable, indépendant et disposant d’un territoire contigu mettant fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 ». Et ensuite ? Le processus de paix d’Obama, comme toujours, ne semble mener nulle part.
L’administration Obama a épuisé ses huit premiers mois à négocier avec Israël sur un gel des colonies, mais toujours sans résultat. Le sommet tripartite à New York, regroupant Obama avec le premier ministre, Benyamin Netanyahu, et le président palestinien, Mahmoud Abbass, en marge de l’Assemblée générale de l’Onu, n’était qu’un événement médiatique. Il n’a accouché de rien de plus que d’une poignée de main devant les caméras. On dit même que ce show était l’objectif même de ce sommet. Puisque les deux parties se sont réunies sans préparation et sans compromis précis à prévoir. En fait, cet échec de ce sommet a été précédé par un autre, une semaine avant la séance de l’Onu. La tournée de quatre jours de l’envoyé spécial américain au Proche-Orient, Georges Mitchell, faisant la navette entre les Palestiniens et les Israéliens a confirmé bien ce blocage et Mitchell a quitté la région sans aucun espoir d’une relance des négociations.
Pour les Palestiniens, les négociations ne reprendront pas tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Quant à Netanyahu, son gouvernement n’envisage pas le « gel » de la colonisation, mais seulement un « ralentissement » de la construction limité à plusieurs mois.
L’origine de tous les maux
En fait, la création d’un Etat palestinien est minée par la colonisation. Ce rythme actuel accéléré de la colonisation, du gouvernement de droite de Netanyahu en Cisjordanie occupée, risque d’anéantir les chances de création d’un Etat palestinien. Des travaux sont en cours pour la construction d’une soixantaine de logements juifs dans le quartier de Arab Al-Sawahra d’Al-Qods. Ils visent à compléter la ceinture des quartiers juifs qui entourent la partie orientale arabe d’Al-Qods.
3 000 logements dans des implantations de la Cisjordanie occupée sont en cours.
Selon Abdel-Qader Yassine, écrivain palestinien qui vit en Egypte, il n’existe pas aujourd’hui ce qu’on appelle un processus de paix. « Le différend qui paraît sur la surface entre l’administration Obama et Israël n’est qu’illusoire. Obama veut seulement prouver au monde qu’il déploie des efforts pour la paix. Mais au fond, il soutient cette intransigeance d’Israël. S’il est vraiment sérieux, pourquoi ne parle-t-il pas du même ton que celui qu’il utilise quand il s’agit du nucléaire iranien ? », s’interroge-t-il. Il ajoute que c’est seulement des manœuvres pour tenter d’obtenir des Etats arabes qu’ils normalisent leurs liens avec Israël. « Sous prétexte d’infléchir les positions israéliennes, le président américain incite les pays arabes vers une normalisation des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ».
Mais en fait, les divisions interpalestiniennes assument aussi une part de la responsabilité.
Selon Mohamad Abdel-Salam, politologue au Centre d’études politiques et stratégiques d’Al-Ahram, la position du Hamas paraît comme s’il veut que le processus face
le processus de paix au Proche-Orient, tel que conçu par l’Accord d’Oslo en 1993, est-il encore en mesure de servir de base à la recherche d’un règlement global de la question de Palestine ? Les faiblesses de la session de l’Onu sont représentatives de toutes les difficultés présentes.
Aliaa Al-Korachi
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/9/30/evep2.htm
marche arrière. Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement à Gaza, a déclaré que « personne n’avait de mandat pour négocier les droits du peuple palestinien ». Autrement dit, Mahmoud Abbass n’a pas la légitimité pour aller à New York. Le Hamas doit répondre cette semaine à la proposition du Caire pour la réconciliation avec Fatah. « Des entraves dans la réconciliation interpalestinienne veulent dire des entraves dans la relance du processus du paix, ce qui verse dans le camp d’Israël qui profite bien de ce différend et parle d’un manque d’interlocuteur » conclut Abdel-Salam.
22 septembre 2009
Obama attend peu de la réunion avec Abbas et Netanyahu
Obama attend peu de la réunion avec Abbas et Netanyahu
Par Reuters, publié le 21/09/2009 à 20:03
ALBANY, New York - Le président américain Barack Obama ne nourrit pas de "grands espoirs" quant aux résultats de son entretien de mardi avec Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu, a dit le porte-parole de la Maison blanche.
Selon le porte-parole de la Maison blanche, le président américain Barack Obama ne nourrit pas de "grands espoirs" quant aux résultats de son entretien de mardi avec Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu. (Reuters/Kevin Lamarque)
Barack Obama entend profiter de cette réunion avec le président de l'Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien pour "continuer à consolider les progrès" sur les pourparlers de paix au Proche-Orient, a ajouté son porte-parole Robert Gibbs.
L'entrevue, qui réunira les trois dirigeants pour la première fois, aura lieu mardi à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.
Les Etats-Unis tentent en vain d'obtenir d'Israël un gel total des colonies en Cisjordanie, principal obstacle à une reprise des négociations de paix interrompues lors du déclenchement de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, en décembre dernier.
Washington se heurte au refus du gouvernement israélien, qui a offert à l'émissaire de Barack Obama dans la région, George Mitchell, un moratoire de neuf mois sur la construction de nouveaux logements. Mitchell demandait un an renouvelable.
Lundi, le porte-parole de Benjamin Netanyahu a prévenu que le Premier ministre israélien défendrait sa position lors de la réunion tripartite de mardi.
"Vous n'avez jamais entendu le Premier ministre indiquer qu'il gèlerait les constructions. C'est l'inverse qui est vrai", a dit le porte-parole Nir Hefetz à la radio militaire israélienne.
Les Palestiniens se refusent à reprendre les discussions tant qu'Israël n'aura pas cessé ses activités de colonisation, dont le gel est inscrit dans la "feuille de route" signée en 2003.
"Durant les huit derniers mois, le message clair de la communauté internationale a été que les deux parties doivent remplir leurs obligations", a déclaré lundi le chef des négociateurs palestiniens Saeb Erekat, en référence à cette "feuille de route".
http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=789193&k=22
le Hamas fustige Abbas pour avoir accepté de rencontrer Netanyahu
PO: le Hamas fustige Abbas pour avoir accepté de rencontrer Netanyahu
21/09/2009 19:18 GAZA, 21 septembre - RIA Novosti.
Le mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, s'en est pris lundi au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour avoir accepté de rencontrer le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
"La prochaine rencontre nous plonge dans la suspicion et le doute. Elle atteste que le dirigeant de l'Autorité palestinienne a cédé à la volonté des sionistes et des Américains et a renoncé à sa décision de ne pas négocier avec les sionistes tant qu'ils n'abandonneront pas définitivement la politique de colonisation", lit-on dans une déclaration du Hamas.
Les islamistes ont également prévenu qu'ils ne considéraient plus M.Abbas comme une personne habilitée à "négocier au nom de l'ensemble du peuple palestinien" et que "tout accord conclu avec M.Netanyahu et son gouvernement ne serait pas contraignant pour les Palestiniens".
Les leaders palestinien et israélien se rencontreront mardi prochain à New York sous l'égide du président américain Barack Obama. Ce sera leur premier entretien depuis les élections de février 2009 en Israël.
L'entourage de M.Abbas explique depuis quelques jours que la décision du président de l'Autorité palestinienne de prendre part à la rencontre tripartite de New York ne signifie pas la reprise des négociations avec Israël interrompues après l'accession du gouvernement de M.Netanyahu au pouvoir.







