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Les élèves sont retournés en classe à Gaza, mais beaucoup d’écoles sont encore endommagées à la suite des attaques israéliennes

 

A Gaza, les salles de classe sont pleines au-delà de leur capacité tandis que les enseignants se débattent pour accueillir les enfants dont les écoles ont été détruites en mai dernier par Israël.

En août dernier, les élèves de Gaza sont retournés dans des écoles où beaucoup étudient dans des salles de classe surchargées, jusqu’à trois élèves se partageant un bureau, tandis que les enseignants s’efforcent de trouver des places pour les élèves dont les écoles ont été bombardées pendant une récente escalade avec Israël.

D’après le ministère de l’Éducation de Gaza, entre le 10 mai et le 21 mai, les forces israéliennes ont gravement endommagé 65 écoles et en ont modérément endommagé 39. Les tirs de roquettes palestiniennes ont endommagé trois écoles en Israël. Initialement, cela a laissé 41.897 élèves sans école où aller. Des bâtiments avec des dégâts mineurs – fenêtres, portes et clôtures brisées – ont été réparés pendant les quatre mois depuis la déclaration du cessez-le-feu, mais les 800 enfants restants sont envoyés dans des écoles du voisinage pour des sessions partagées.

«Je sais que je vais aller dans une autre école», a dit Nassem Abu Jabal, 14 ans, qui était censé démarrer sa troisième à Sabha al-Harazin dans le quartier de Shuja’iyya à l’est de Gaza. «Ç’aurait été ma dernière année dans mon école et j’aurais aimé la passer là pour dire au revoir à tout ce que nous avons fait. Mais voilà ce que fait la guerre, vous ne pouvez dire adieu à rien», s’est-il désolé.

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Abu Jabal vit près de la frontière avec Israël. Cette zone a subi de lourdes attaques aériennes et toutes les salles de classe de son école ont été endommagées. Le toit du bâtiment a été détruit. Il est maintenant inscrit dans les cours du soir de l’école de Tunis à proximité.

A cause de la pandémie, les responsables du rebond de l’éducation ont plafonné le nombre d’élèves par classe à «40 à 42 au maximum», a dit Ahmed Najar, chef des relations publiques au ministère de l’Éducation. Cependant, un certain nombre d’écoles ont reçu l’autorisation exceptionnelle d’élever la densité à 50 élèves par classe.

«Nous ne voulons pas que nos élèves souffrent et perdent l’opportunité d’une nouvelle année scolaire, mais nous devons travailler en tenant compte de nos possibilités», a dit Najar.

«Dans les cas où une école a subi des dommages partiels, tels que quelques classes détruites, nous enverrons les élèves dans une autre classe de la même école», a ajouté Najar.

Les enfants auront l’obligation de porter des masques, mais les salles de classe ne sont pas assez grandes pour pratiquer la distanciation sociale. En plus de partager les bureaux, beaucoup partageront les livres, les ustensiles d’écriture et la papeterie.

Certains parents attendaient le retour de l’enseignement en présentiel après des mois d’enseignement à distance qui avaient laissé leurs enfants prendre du retard. Mirvat Abdelsalam a cinq enfants à l’école élémentaire et au collège et était devenue leur enseignante à tous les cinq lorsque la pandémie avait provoqué les fermetures.

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«C’était vraiment difficile de leur procurer cinq équipements électroniques pour suivre les leçons en ligne, notre situation financière ne nous le permettait pas», a-t-elle dit. «Nous n’en avons qu’un pour tous les cinq et ils l’ont partagé, mais parfois, deux d’entre eux avaient des cours en ligne en même temps», a-t-elle expliqué.

Abdelsalam tient à célébrer le démarrage de l’année scolaire. «Nous leur avons procuré de nouveaux uniformes, de la papeterie et des sacs, nous attendions ce moment», a-t-elle dit. Pourtant, quand ses petits sont rentrés à la maison après le premier jour de classe, ils étaient frustrés d’avoir retrouvé leur école encore marquée par l’escalade du mois de mai et leurs salles de classe pleines d’élèves plus nombreux que le nombre de chaises disponibles.

Son fils Moaaz, qui est en 5è, est intervenu: «Au moment où je suis entré dans l’école et où j’ai vu les dégâts sur les murs, je me suis remémoré le bruit des bombes.»

D’autres élèves reviennent pour la première fois à l’école après avoir subi des blessures en mai dernier. Saleh Hamed, élève de CE2 du quartier de Shuja’iyya dans la partie orientale de Gaza, a insisté pour utiliser des béquilles au lieu de son fauteuil roulant, qu’il utilise depuis que son pied a été amputé après une blessure par shrapnel.

Au cours du combat avec Israël, il marchait, avec son père et son frère, le long d’un cimetière qui a été frappé par une attaque aérienne. Dans l’explosion, sa main a elle aussi été touchée et il porte maintenant un implant métallique.

Quand les enfants du quartier ont commencé à parler de retourner à l’école en août, et spécialement les frères de Hamed, il a commencé à remarcher, à l’aide de béquilles, pour la première fois depuis le bombardement. Une fois à l’école, il a été heureux de voir tous ses camarades de classe et de les intéresser à ses histoires autour de sa blessure et de la façon dont il avait échappé à la mort.

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«Je sais que je ne suis pas comme les autres maintenant, mais à l’école, je sens que je suis spécial», a dit Hamed.

Cependant, deux jours plus tard, les administrateurs l’ont renvoyé chez lui avec une lettre disant qu’il ne pouvait plus être inscrit à cause de leur incapacité a fournir des aménagements. On lui a dit qu’il pouvait faire appel en passant par le ministère de l’Éducation. C’est ce qu’a fait sa famille et il a été réintégré quelques jours plus tard.

«Le ministère a dit que ce garçon devait être dans un environnement approprié pour son bien», a dit le père de Hamed. «Ils ne veulent pas que ce garçon éprouve quelque dommage psychologique à cause de son handicap.»

Tareq S. Hajjaj -

29.09.21

Source: Aurdip