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24 mars 2020

Coronavirus: épée de Damoclès au-dessus de la bande de Gaza? (2 articles)

Source: Externe

Avec près de 2 millions d’habitants sur 365km² et des infrastructures sanitaires médiocres, Gaza est une poudrière et un seul cas de Covid-19 pourrait y mettre un feu incontrôlable. D’autant que les conséquences d’une propagation dans la bande de Gaza se feraient ressentir bien au-delà

 

«La première fois que l’on a entendu parler de mesures de cloisonnement dans le monde à cause du virus, beaucoup de gens ici à Gaza faisaient des blagues car même si on peut sortir de chez nous, on vit le cloisonnement dans l’enclave depuis 14 ans», plaisante au micro de Sputnik France, Hassan Jamal, résident de la bande de Gaza.

Dans la section opinion du journal Hareetz, un des quatre grands quotidiens nationaux en Israël, Shannon Maree Torrens, une avocate internationale spécialisée dans les droits de l’Homme, titrait le 12 mars: «Le coronavirus est la sentence de mort pour les Palestiniens emprisonnés à Gaza.» Et de fait, la bande de Gaza est une des zones qui peut être parmi les plus menacées par l’épidémie du coronavirus.

Pour bien prendre la mesure de la menace qui pèse sur la bande de Gaza, il faut avoir en tête quelques chiffres: Gaza, c’est environ 2 millions d’habitants pour 365km². Ça fait 5.479,45 personnes au km². Une densité de population absolument faramineuse pour une enclave qui est soumise à un blocus aérien, terrestre et maritime, et dont les infrastructures médicales sont limitées au strict minimum.

D’autant que sur ces 2 millions d’habitants, 1,4 million sont des réfugiés. Beaucoup d’entre eux ont peu de ressources, qu’elles soient financières, institutionnelles ou autres.

Les infrastructures sanitaires sont très largement en dessous du niveau auquel elles devraient être pour gérer une telle crise si elle devait avoir lieu.

Abdelnaser Soboh, le dirigeant du bureau de l’OMS à Gaza, a récemment expliqué que le territoire était seulement prêt à traiter quelques cas, mais pas une épidémie généralisée: «Gaza est préparée à gérer quelques cas préliminaires. Au-delà de ces premiers cas, nous aurons besoin de plus d’aide», a-t-il déclaré au micro du Times of Israël.

En juin 2019, le ministère de la Santé à Gaza faisait état d’une situation médicale alarmante, indiquant que «les patients des hôpitaux de Gaza connaissent des difficultés sans précédent dans les conditions médicales en raison de la grave pénurie de médicaments».

Selon le même communiqué, 52% des fournitures médicales de base manquaient à Gaza. Quelques mois plus tard, la situation ne s’est pas particulièrement améliorée et la contagion d’un ou deux individus dans l’enclave pourrait se propager comme un feu de paille. Les habitants de Gaza le savent et s’en inquiètent:

«À mesure que la crise s’est intensifiée ailleurs, les habitants à Gaza ont commencé à prendre le problème au sérieux et l’anxiété a gagné toute l’enclave. Les gens sont terrifiés à l’idée que le virus entre à Gaza», a confié à Sputnik Hassan Jamal.

Pourtant, «à toute chose malheur est bon» et dans le cas de Gaza, il se peut que le blocus dont elle fait l’objet soit son assurance vie. Jusqu’à présent, les autorités à Gaza n’ont fait état d’aucun cas de coronavirus.

Compte tenu des niveaux de contamination dans les pays avoisinants (Israël et l’Égypte) et du niveau de propagation général du virus dans le monde, il n’y a que le blocus qui puisse expliquer rationnellement qu’il n’y ait pas encore d’individu contaminé.

Source: Externe

Le blocus, une force et une faiblesse

Du côté israélien aussi, on craint tout de même le pire. Une propagation éclair dans la très dense bande de Gaza aurait de facto un impact immense sur le voisin israélien. Tant d’un point de vue politique qu’économique ou militaire.

C’est pourquoi les autorités israéliennes espèrent que le blocus pourra protéger Gaza de cette épidémie. Et selon Gil Mihaely, spécialiste de la vie politique israélienne contacté par Sputnik France, cela pourrait être le cas:

«Ils vivent en permanence ce que nous vivons maintenant. Si cette situation de confinement marche pour nous, elle devrait marcher pour eux. Le fait qu’ils soient déconnectés du monde, entourés de frontières très étanches pourrait les garder loin de tout cela.»

D’autant qu’il est très peu probable que les Palestiniens vivant à Gaza, ou même ailleurs en l’occurrence, puissent compter sur l’aide de leurs alliés arabes traditionnels.

Comme le spécialiste du Moyen-Orient Christian Chesnot l’expliquait dans un entretien à Sputnik, pour la plupart des pays arabes, «la cause palestinienne appartient un peu au passé». Ils ont désormais d’autres chats à fouetter.

Hakim Saleck -

19.03.20

Source: Sputniknews

Covid-19: la mise en cage de Gaza, recette pour un désastre

Le ministère palestinien de la santé a fait état des deux premiers cas du nouveau coronavirus dans la bande de Gaza. Depuis des semaines, l’autorité dirigée par le Hamas, qui gouverne le territoire sous blocus depuis 2007, a pris de sérieuses mesures pour prévenir l’arrivée du virus dans la bande de Gaza. Jusqu’à sa décision de fermer son côté du passage de Rafah vers l’Égypte et du checkpoint d’Eretz vers Israël, des centaines de Palestiniens qui entraient dans le territoire étaient immédiatement mis en quarantaine pour s’assurer qu’ils n’avaient pas les symptômes de la maladie.

Il n’est pas exagéré de dire que la perspective de la diffusion du Covid-19 dans la bande de Gaza serait terrifiante. 2020 est l’année à propos de laquelle les Nations Unies et d’autres agences internationales ont estimé que Gaza deviendrait «inhabitable». Si le blocus  israélien de 13 ans et l’isolement de la bande de Gaza continuaient, ont-ils averti, la plupart des services de base de Gaza et sa capacité à subvenir à ses besoins s’effondreraient.

Source: Externe

Tandis que le spectre du coronavirus hante les deux millions d’habitants palestiniens de la bande de Gaza, dont la moitié sont des enfants, le monde doit faire face à une vérité urgente: Gaza, qui est depuis longtemps invivable dans les conditions actuelles, le sera encore plus maintenant que le virus a atteint sa population.

Depuis des années, des ONG internationales et même certains responsables israéliens, ont averti du fait que le système de santé de Gaza est au bord de l’effondrement, rendu impuissant par des décennies de non-développement, d’appauvrissement systématiques et de siège. Tous les problèmes liés au blocus israélien s’enchevêtrent et augmentent dans le secteur de la santé à Gaza: une grave crise de l’eau, une fourniture d’énergie extrêmement réduite, des taux élevés de chômage et une infrastructure en miettes.

Tel qu’il est, le système de santé n’est pas équipé pour une apparition de Covid-19. Le nombre total de lits d’hôpital est de 2895, soit 1,3 lits pour mille personnes. Juste 50 à 60 respirateurs pour adultes. Selon le chef de l’antenne de l’OMS à Gaza, Abdelnasser Soboh, Gaza n’est préparée à prendre en charge que les cent premiers cas du virus; «Après, il faudra un soutien supplémentaire».

Le système de santé est, de plus, aggravé par l’émigration de nombreux professionnels palestiniens de santé à cause de la crise économique à Gaza. Plus de 35000 Palestiniens ont quitté la bande de Gaza rien que depuis 2018, dont des dizaines de docteurs et d’infirmières. Un responsable du ministère de la santé a déclaré qu’ils auraient besoin d’au moins 300 à 400 docteurs de plus, juste pour combler le fossé et répondre au minimum des nécessités de la population.

Une autre caractéristique de l’existence de Gaza pourrait nourrir une diffusion massive du virus: c’est la densité de population. Selon des scientifiques, «les conditions de surpeuplement peuvent accroître la probabilité que des gens transmettent des maladies infectieuses» – et avec une moyenne de 6028 personnes au km², Gaza a l’une de plus fortes densités de population au monde. Son surpeuplement n’et dépassé que par quelques lieux comme Hong Kong; mais, alors qu’à Hong Kong les gens peuvent entrer et sortir librement, la majorité des Palestiniens de Gaza y sont en cage.

Les huit camps de réfugiés de Gaza ont même des densités de population plus élevées que la moyenne du territoire. Prenez Jabaliya, où plus de 140.000 réfugiés palestiniens vivent sur une superficie de 1,4 km², soit 82.000 personnes au km². Le camp ne dispose que de trois centres de santé et d’un hôpital public. Juste de l’autre côté de la barrière de séparation avec ce qui est aujourd’hui Israël – d’où viennent nombre de réfugiés palestiniens – la densité va de zéro à 500 personnes au km².

Source: Externe

Dans le sillage de la pandémie mondiale, les conditions à Gaza sont la recette d’un désastre. Elles ne sont pourtant pas le résultat de quelque accident malheureux; elles sont le produit délibéré de décennies de la politique publique d’Israël, consciemment conçue et maintenue pour décomposer Gaza.

La plupart des 2 millions de Palestiniens vivant dans l’étroite bande aujourd’hui sont les descendants des 200.000 réfugiés qui ont fui ou ont été chassés pendant la guerre de 1948 qui a créé l’État d’Israël, s’ajoutant aux 80 à 100.000 Palestiniens qui résidaient alors dans cette zone.

Ces réfugiés croyaient que leur séjour à Gaza serait temporaire, mais Israël a rapidement construit des barrières militarisées pour confiner les Palestiniens et a promulgué des lois visant à pérenniser leur déplacement. Ce fut par exemple la Loi de Prévention de l’Infiltration qui rendit illégale toute tentative de la part des Palestiniens de retourner sur leurs terres, maisons et propriétés. Beaucoup de Palestiniens qui ont essayé ont été tués par les forces israéliennes.

Quand Israël a conquis la bande de Gaza en 1967, la possibilité a été donnée à des colons juifs de s’emparer de plus de 25% de ce territoire déjà petit, avec près de 40% de sa terre cultivable. Jusqu’au «désengagement» d’Israël en 2005, quatre décennies de colonisation juive ont aggravé le surpeuplement de Gaza et ont empêché les Palestiniens de construire et de se développer à l’intérieur de ce territoire. Depuis, les offensives militaires israéliennes répétées ont fait baisser le nombre de maisons et ont encore déplacé des dizaines de milliers de familles.

Pour le dire franchement, la situation actuelle de la bande de Gaza est due à la logique expansionniste d’Israël: la conduite sans répit de l’État pour maintenir une majorité juive aux dépens des Palestiniens. Deux millions de Palestiniens sont pris au piège à Gaza, non qu’ils aient choisi cette vie mais parce qu’ils y ont été forcés.

La menace du Covid-19 qui pèse sur Gaza est peut-être la dernière occasion de dire ce que beaucoup refusent d’entendre: le problème de Gaza n’est pas le manque d’aide humanitaire, aussi urgente soit-elle. Ce problème est territorial, démographique et politique. C’est au sujet de qui, entre le Jourdain et la Méditerranée est privilégié et qui ne l’est pas; qui vit et se développe sur la terre et qui ne le peut pas.

Actuellement, alors que les citoyens juifs d’Israël jouissent de la terre et de ses ressources, le même droit est refusé aux Palestiniens qui sont empêchés de rentrer dans leur patrie. Et tandis que la communauté internationale se focalise largement sur la menace de «l’annexion» par Israël de ses colonies illégales de Cisjordanie, peu se soucient de la réalité contre nature vécue par les habitants de Gaza.

Source: Externe

En ces temps de pandémie et de préoccupation pour la santé de communautés partout dans le monde, il est temps de regarder en face toutes les conséquences de la partition injuste de la Palestine historique – Gaza compris. Gaza est certes un résumé de nombre des problèmes de notre monde: la guerre, la pauvreté, les déplacements et le racisme. Mais elle offre aussi des lueurs d’espoir, par son humanité, sa résilience et sa résistance.

Au moment où les gens dans des pays plus privilégiés ne sont que légèrement atteints par le fait de vivre en confinement, séparés de ceux qu’ils aiment, ayant des doutes sur la satisfaction de leurs nécessités de base et soucieux de leur avenir collectif, il est impératif de penser à des lieux comme Gaza, où les gens ont bien plus souffert depuis des décennies et sont en danger d’un choc bien plus dévastateur maintenant que la pandémie a atteint leurs rivages.

J’écris cela en pensant à ma famille à Gaza qui, comme beaucoup d’autres, peut bientôt être à la merci du Covid-19. Bien qu’il soit temps de penser à la survie, il est temps aussi de poser des questions importantes sur comment nous, humains, avons failli à nous préparer à ce moment. Si ce n’est pas le moment de mettre fin au blocus de Gaza et à l’occupation de la Palestine, et si ce n’est pas le moment de poser le problème des injustices qui ont réduit la vie des Palestiniens à la souffrance et à la douleur, alors quand?

Jehad Abusalim -

22.03.20

Source: Agence Medias Palestine

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