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L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, 33 ans, a été libéré de prison dimanche après plus d'un an de détention administrative en Israël.

Il lui est interdit de célébrer sa libération et de participer à des activités militantes pendant 30 jours. Il a rejoint le domicile familial à Jérusalem-Est.

Dans leur maison située dans un faubourg de Jérusalem-Est, les parents de Salah Hamouri, ont mis de la musique en fond sonore, même si l’avocat franco-palestinien a interdiction de fêter sa libération.

Après 13 mois de prison, il fait son retour sous des cris de surprise, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Marine Vlahovic.

Soupçonné de conduire des « activités illégales » en Cisjordanie et à Jérusalem et placé en détention administrative, c’est à dire sans inculpation, ni vrai procès, le trentenaire dénonce une arrestation arbitraire.

« Il n’y a rien qui explique pourquoi ils sont venus. Ils n’y a aucune charge. Rien. »

Désormais libre, Salah Hamouri a un objectif: retrouver sa femme française et son fils, qui sont interdits de territoire par Israël depuis bientôt deux ans.

« Le retour de ma femme et de mon enfant, c’est un deuxième combat pour moi, parce que je sais bien que le seul but pour les Israéliens c’est de se débarrasser de moi. Ils veulent m’obliger à sortir du pays. Ça je ne veux pas, c’est une décision définitive pour moi. Moi je reste là. Ils me manquent beaucoup, mais malgré cela, le moral ça va. Et j’espère que pour le reste des prisonniers, ils vont sortir au plus vite. »

Selon des organisations de défense des droits des prisonniers, 450 palestiniens sont incarcérés en Israël sous le régime de la détention administrative.

Emprisonné à plusieurs reprises

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Salah Hamouri avait été arrêté à Jérusalem le 23 août 2017 et maintenu en détention administrative.

L’avocat a passé la quasi-totalité de sa détention dans une prison du Néguev dans le sud d'Israël.

« La liberté est un sentiment indescriptible », a confié Salah Hamouri après sa libération, affirmant son innocence et regrettant que la France n'ait pas « fait assez pour obtenir sa libération ».

Le président français Emmanuel Macron avait évoqué à plusieurs reprises le cas de Salah Hamouri avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, selon le Quai d'Orsay.

Les accusations portées contre Salah Hamouri sont restées confidentielles comme c'est généralement le cas pour les détentions administratives.

Le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, n'a pas encore réagi aux raisons de sa détention.

L'avocat de Salah Hamouri, Me Mahmoud Hassan, a indiqué que son client avait notamment dû payer une caution de 3.000 shekels (709 euros) lors de sa libération.

Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri a déjà été emprisonné à plusieurs reprises, dont une longue incarcération entre 2005 et 2011.

Il avait été libéré en décembre 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers et avait toujours clamé son innocence.

30.09.18

Source: RFI