Source: Externe

Bien que je sois fermement opposé à l’oppression du peuple palestinien par le gouvernement israélien, j’ai accepté une invitation à présenter mon spectacle “By Heart” à l’édition 2018 du Festival d’Israël, à Jérusalem, promu par une organisation à but non lucratif qui présente elle-même un projet artistique promouvant une société diverse et pacifique.

J’ai accepté cette invitation parce que je crois que le peuple d’un pays et son administration politique sont des choses différentes.

Quand je joue aux Etats-Unis, par exemple, je joue pour les Américains, mais, ce faisant, je ne cautionne pas l’administration Trump. Au contraire, je joue contre elle.

Je crois aussi que les artistes peuvent, lorsqu’ils travaillent dans d’autres pays, soutenir les gens de ce pays qui défendent la justice, la liberté et l’égalité, souvent contre leurs propres gouvernements.

Pourtant, après avoir donné une série d’interviews aux médias israéliens à propos de ma visite dans le pays, il m’a été signalé que les communications officielles du Festival d’Israël annonçaient l’édition de cette année comme « marquant le 70è anniversaire de l’indépendance de l’Etat d’Israël ».

La mention de cette célébration par le festival n’est accompagnée d’aucune critique de l’Etat d’Israël pour sa conduite envers les Palestiniens pendant ces 70 ans. C’est une déclaration à portée politique dont je n’ai pas été informé quand j’ai été invité à présenter mon spectacle au festival. Je n’accepte pas l’usage de mon travail artistique pour des fins politiques sans mon accord.

J’ai aussi remarqué que l’organisation du festival annonce largement le soutien de plusieurs branches du gouvernement israélien, mais reste silencieuse sur les actes de violence inacceptables ordonnés par ce même gouvernement contre les Palestiniens.

Si l’on considère le nombre de victimes de ces derniers mois, tout comme le massacre de dizaines de civils sous le tir des forces armées israéliennes (qui ont blessé des milliers de personnes et parmi eux des centaines d’enfants palestiniens) au cours des manifestations récentes contre l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, une telle omission est extrêmement troublante et je ne peux la soutenir.

J’ai décidé de ne pas jouer au Festival d’Israël en juin parce que je crois que c’est la seule garantie que mon travail artistique ne sera pas utilisé pour cautionner et promouvoir un gouvernement qui viole délibérément les droits humains et est en train d’attaquer violemment le peuple palestinien.

Je comprends que des professionnels, à la fois au Portugal et en Israël, ont déjà travaillé pour que ces représentations puissent avoir lieu. Je comprends que, parce que je suis le directeur artistique d’un théâtre national au Portugal, cette décision peut causer un malaise diplomatique.

Cette décision est mûrement réfléchie ; je dois être fidèle, avant tout, à ma conscience.

J’ai été conseillé par des amis et des collègues en qui j’ai confiance, j’ai aussi lu des déclarations de beaucoup d’artistes et d’inellectuels, dont plusieurs Israéliens. Je suis aussi témoin des terribles et violentes actions perpétrées en ce moment par le gouvernement israélien.

Je comprends maintenant qu’une position claire est absolument nécessaire. C’est pourquoi je ne fais pas qu’annuler ma participation au Festival d’Israêl, mais j’ai aussi décidé de rejoindre le boycott culturel d’Israël, convaincu qu’une pression globale et collective pourrait produire des résultats similaires à ceux du boycott de l’Afrique du Sud pendant l’apartheid.

Tiago Rodrigues -
Directeur artistique du Théâtre national Donna Maria II, Portugal

19.05.18

 

Source: Externe

Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël

 

Monsieur le Président de la République,

Sous votre haut patronage, la République française s’apprête à lancer la « saison France-Israël 2018 ». Cet événement, lit-on, « a […] pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France ».

Bien plus,

« A travers plus de 400 événements dans les deux pays, la saison France-Israël 2018 résonnera dans une cinquantaine de villes en France et une vingtaine de villes en Israël autour de thèmes variés tels qu’innovation, sciences, économie, théâtre, danse, art contemporain, musique, éducation, cinéma, design, livre et débat d’idées ».

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza. Ce serait une atteinte irrémédiable à nos principes républicains et à nos valeurs de justice.

Citoyennes et citoyens français, nous ne pouvons accepter, dans les circonstances présentes, cette collaboration d’État à État entre la France et Israël. Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’Homme et les conventions internationales signées par la France.

Comment en effet pourrions-nous faire comme si de rien n’était ? Comme si des dizaines de jeunes gens n’avaient pas été assassinés de manière préméditée ? Comme si des centaines de manifestants demandant seulement le respect de leurs droits fondamentaux n’avaient pas été estropiés à vie ? Comme si le ghetto de Gaza ne courait pas le risque d’être purement et simplement liquidé, avec la complicité, active ou passive, de la communauté internationale ?

Pour cette raison, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de faire en sorte que la « saison France-Israël 2018 » n’ait pas lieu. Ne nous entretenons pas d’« éducation » ou d’« idées » avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8000. Envoyez un signal clair au gouvernement israélien en renonçant publiquement à la « saison France-Israël 2018 ». La société civile française ne saurait voir ces manifestations se tenir sans faire entendre sa désapprobation.

Signez la Pétition icihttp://annulationfranceisrael.wesign.it/fr

Source: Aurdip