Source: Externe

Omar Kiswani

Des agents sous couverture de la police des frontières israéliennes, se faisant passer pour des journalistes, ont fait irruption mercredi sur le campus de l’université Birzeit en Cisjordanie occupée. Ils ont frappé et arrêté Omar Kiswani, le président du conseil étudiant.

L’université a dit dans la nuit de mercredi que deux étudiants avaient été blessés par des tirs israéliens pendant l’intrusion et étaient traités à l’hôpital. L’université de Birzeit a condamné ce qu’ils ont appelé « une intrusion barbare ».

Ils ont dit que l’attaque était partie intégrante de « la destruction systématique de la vie éducative palestinienne » par Israël, qui cible des institutions universitaires.

Durant l’incident, selon l’université, les étudiants et les gardiens du campus ont tenu tête aux forces d’occupation, mais les soldats israéliens ont confiné les gardiens dans leurs quartiers.

Plus tôt, l’université avait posté la vidéo ci-dessous sur Youtube, montrant plusieurs tireurs israéliens frappant Kiswani, lui donnant des coups de pieds et brandissant leurs armes vers d’autres étudiants.

L’université a aussi twitté la vidéo, indiquant qu’elle montre « les forces israéliennes kidnappant un étudiant de l’université, tirant des coups de feux en plein jour sur le campus ».

Les agents israéliens sous couverture — appelés mistaravim – se déguisent en Palestiniens pour enleverblesser et infiltrer des groupes de civils, souvent pendant des manifestations contre l’occupation militaire israélienne.

Israël a même utilisé des mistaravim pour kidnapper et tuer les Palestiniens à l’intérieur d’hôpitaux.

Les tireurs sont arrivés à l’université près de Ramallah dans un bus avec des plaques d’immatriculation palestiniennes, habillés en vêtements civils et portant des équipements utilisés par la presse, ont dit des témoins à l’agence de presse Shehab.

« Ils ont identifié Omar et l’ont appelé comme s’ils voulaient l’interviewer en tant que journalistes », a dit Yahya Alawi, membre du conseil étudiant qui a été témoin de l’assault, au réseau d’information Quds News Network.

« Ils l’ont frappé, ont sorti leurs armes et un large groupe de soldats d’occupation a fait irruption par l’entrée principale de l’université ».

Les forces israéliennes ont ensuite tiré plusieurs salves vers un groupe d’étudiants qui répondaient à l’invasion du campus en jetant des pierres.

Alawi a ajouté que Kiswani avait été arrêté juste à l’extérieur du bâtiment du conseil étudiant.

Une vidéo montre trois hommes traînant Kiswani tandis que l’un d’entre eux le maintenait par une clé de cou.

Kiswani est membre d’un bloc aligné sur le Hamas qui a régulièrement gagné les élections étroitement surveillées du conseil étudiant à Birzeit.

Kiswani a déclaré aux médias en 2015 que lui-même et d’autres camarades militants avaient été détenus par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne et qu’ils avaient été interrogés sur leurs activités politiques.

Le syndicat des journalistes israéliens a condamné les forces israéliennes pour s’être déguisées en journalistes, disant qu’agir ainsi mettait en danger les vrais reporters faisant leur travail sur le terrain.

اقتحام حرم جامعة بيرزيت من قبل قوات الاحتلال واعتقال رئيس مجلس الطلبة الطالب عمر الكسواني

Jambe amputée sans son consentement

Pendant ce temps, le 25 février, les forces israéliennes ont condamné un jeune prisonnier palestinien Jalal Sharawna, 19 ans, à trois ans et demi d’emprisonnement et à une amende de 500 $.

Les soldats d’occupation israéliens ont tiré dans la jambe de Sharawna avant de l’arrêter en 2015, à Dura, sa ville natale, près de la cité cisjordanienne de Hébron.

« Il était accusé de tentative d’infiltration d’une colonie et d’avoir perpétré une attaque au couteau »selon le groupe de solidarité avec les prisonniers Samidoun.

Les forces israéliennes ont ensuite emmené Sharawna, qui était mineur à l’époque, à l’hôpital israélien Assaf Harofeh et ont fait amputer sa jambe sans consulter ses parents ou son avocat.

Des funérailles fictives de sa jambe ont eu lieu à Dura en 2015, mettant en lumière les mauvais traitements subis par les prisonniers palestiniens.

« Ce qui est arrivé à Sharawna était un crime intentionnel et complexe », a affirmé à ces funérailles fictives Amjad al-Najjar, directeur de la société des prisonniers à Hébron, selon Samidoun.

Le père du jeune homme, Shaher Sharawna, a dit que les droits de son enfant n’avaient jamais été respectés.

Un autre prisonnier palestinien, Amir Asad, 35 ans, a fait une grève de la faim pendant trois semaines pour protester contre l’absence de soins médicaux dans la prison de Gilboa en Israël.

Asad est en fauteuil roulant, mais les autorités israéliennes de la prison refusent de le transférer dans la section de la prison adaptée aux personnes handicapées, ce qui rend particulièrement difficile pour lui de se servir des toilettes. Au contraire, Israël l’a placé à, Gilboa l’isolement et il est contraint de dormir sur un matelas à même le sol, selon Samidoun.

Asad, de la ville de Kufr Kana en Galilée, a été arrêté en 2012 et condamné à six ans et demi d’emprisonnement. Il a passé la plus grande partie de ce temps à la clinique de la prison de Ramle. Il recevait un traitement spécial avant son emprisonnement, mais celui-ci a été interrompu lorsqu’il a été emprisonné. Il devrait être relâché en juin.

Tamara Nassar -

10.03.18

Source: Aurdip