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Crime organisé et châtiments collectifs, l’armée israélienne attaque Jenin

 

Dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 Janvier, l’occupation lance un assaut de plus de 12 heures sur la ville de Jenin, dans le but de tuer un jeune palestinien de 22 ans Ahmad Nasr Jarrar, du quartier Wadi Burquin, accusé soudain du meurtre du colon rabbin Raziel Shevah, chef extrémiste de la colonie illégale Havat Gilad, au sud de Naplouse, assassiné par des tirs le mardi 9 janvier, près du village de Sarra.

 

Jeudi 18 à 1h du matin, je me rends avec deux journalistes à Jenin. Une unité spéciale des forces de l’occupation a assiégé les maisons d’Ahmad Nasr Jarrar, de son cousin Ahmad Ismail Jarrar et de son oncle “voisin” avec 2 bulldozers et au moins 150 véhicules militaires qui ont également encerclé les environs, notamment le camp de réfugiés où les soldats de l’occupation ont blessé 3 Palestiniens, dont un grièvement.

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Ahmad Nasr (ci-dessus) a réussi à s’enfuir tandis que son cousin Ahmad Ismail, 31 ans (ci-dessous) tombe en martyr en refusant de se rendre et après avoir protégé un groupe de résistants en tirant jusqu’à sa dernière balle sur des officiers des brigades spéciales de l’occupation dont 2 ont été blessés.

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Vers 23h30, les forces de l’occupation annoncent aux trois familles la destruction imminente de leur maison, sans avertissement préalable, leur font quitter les lieux et séquestrent hommes, femmes et enfants dans une pièce d’une habitation voisine pendant plus de 11 heures. Les familles n’ont pu prendre aucun objet personnel, aucun vêtement, certains n’ont même pas eu le temps d’enfiler leurs chaussures. En quelques heures toute leur vie et leurs souvenirs ont été détruits. Punition collective gratuite, juste dans le but de fabriquer un coupable et de venger l’assassinat d’un colon pour satisfaire le gouvernement d’Israël’ et les colons.

Durant 2 heures, nous attendons dans un passage qui mène aux maisons ; au bout les forces de l’occupation nous empêchent d’aller sur les lieux en nous visant à coup de grenades incapacitantes alors que plusieurs journalistes viennent de nous rejoindre.

 

Pour chercher Ahmed Nasser Jarrar, les forces spéciales ont déployé les grands moyens, avec l’arsenal habituel complété de drones et des chiens. D’habitude, lors de leurs incursions nocturnes quotidiennes en Cisjordanie occupée, ils repartent à l’aube, mais ce matin-là, ils sont restés jusqu’aux alentours de 10h voyant les résistants affluaient sur les lieux.

Au bout de plus de 11 heures d’enfer pour nous et surtout elles, nous arrivons auprès des familles d’Ahmad Nasr Jarrar et d’Ahmad Ismail Jarrar, paix à son âme. Nous rejoignons le père de celui-ci, enfin libéré, et nous découvrons à ses cotés ce qu’il reste de la maison familiale.

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La mère d’Ahmad Nasr, celle du martyr et les tantes se réunissent à l’extérieur près de leurs maisons détruites, une des femmes témoigne en pleurant que le jour du meurtre du colon, elle avait un problème de santé et qu’Ahmad était présent, qu’il ne pouvait pas l’avoir tué, tout en s’exclamant : “Et pourquoi ils ont détruit les 3 maisons si c’était lui qu’ils voulaient punir ? C’est ça, leur démocratie ?

 

Il est important de savoir qui est Ahmad Nasr Jarrar et pourquoi ils l’ont choisi comme coupable idéal du crime du colon : son père était un leader des brigades Ezzedine Al-Qassam à Jenin, où il est tombé en martyr en 2002. Ce résistant du Hamas avait perdu ses deux jambes et un bras et il circulait en chaise roulante. Lorsque les troupes de l’occupation ont assiégé sa maison, au début de la seconde intifada, il a refusé de se rendre et il a été abattu chez lui.

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« Depuis que je suis ici, » dit Dounia, « combien de fois ai-je pensé avoir vu le pire, pour me rendre compte ensuite que j’en étais loin, tant l’occupation innove sans cesse dans la perversité et la barbarie. »

 

Dounia -

19.01.18

Dounia, militante et correspondante française, vit en Palestine occupée depuis 2 ans et 3 mois.

Source: ISM