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Avec la mort de Nelson Mandela , la Palestine et tous ceux et celles qui sont engagés pour la justice, la paix et les droits humains ont perdu un ami précieux.Il a consacré sa vie à la justice, à l’égalité et à la dignité. A l’âge de 94 ans, Nelson Mandela s’est éteint à Johannesburg.

Le Mouvement Citoyen Palestine, lui rend hommage et se souvient de son engagement pour la PALESTINE.

Le meilleur hommage que nous puis­sions rendre à Nelson Mandela, est de pour­suivre avec ténacité le combat pour le droit des Pales­ti­niens et pour un monde de paix, de justice et de solidarité.

Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine

GRAND HOMMAGE A NELSON MANDELA
SYMBOLE DE LA LIBERTÉ

Nelson Mandela est mort physiquement à l’âge de 95 ans, après 75 ans de luttes acharnées contre l’apartheid dans son pays avant d’aboutir au rétablissement de la démocratie. Il a fini par réconcilier les bourreaux et les victimes (les Blancs Afrikaners, les envahisseurs venant de l’Europe) et les Noirs (le peuple originel de l’Afrique du Sud). Il a réussi à libéré son peuple noir de l’apartheid et son peuple blanc de son arrogance.

Nelson Mandela est mort physiquement seulement car les Grands Hommes comme lui ne meurent pas après leur décès ; car ils marquent l’Histoire par leurs luttes contre l’injustice, le racisme et l’impérialisme ; et de ce fait ils restent à jamais vivants dans la mémoire de leurs peuples, voire de tous les peuples du monde épris de liberté.
Nelson Mandela a quitté ce monde pourri d’injustice et d’hypocrisie, en laissant derrière lui ses idées aux jeunes générations du monde entier, celles de ne jamais se plier devant l’injustice, mais de la combattre jusqu’à la victoire finale.

Comme dit un dicton chinois « Tout homme doit mourir un jour, mais les morts n’ont pas la même signification ; il est des hommes dont la mort pèse le poids d’une montagne, alors que d’autres leur mort pèse moins d’une feuille morte ». La mort de Nelson Mandela ne pèse pas seulement le poids d’une montagne, mais celui du globe terrestre entier. Ses idées restent gravées dans la mémoire des générations présentes et futures qui finiront par libérer de leurs bourreaux tous les pays du monde.

Nous remarquons l’hypocrisie de ceux qui veulent exploiter la mort de Nelson Mandela en accourant à lui rendre hommage, comme s’ils avaient quelque chose à partager avec lui. C’est le cas d’Obama, d’Holland, de Cameron, de Merkqel, et bien d’autres, qui sont les amis des plus grands criminels de la planète, les bourreaux du peuple palestiniens. Ils sont les amis de ces criminels qui dirigent l’État de l’apartheid israélien qui occupe la Palestine, assassine et humilie ses habitants originels depuis plus de 65 ans. Quel rapport ont-ils avec Nelson Mandela ? Aucun.
Que vivent les idées anti-impérialistes de Nelson Mandela. Que son combat soit le modèle à suivre pour libérer le reste des peuples de la planète de leurs bourreaux.

Chérif BOUDELAL (CPCP/IRC) °

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Mandela à Gaza : "Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence"

Publié le 28 juin 2013.

Comme l'a rappelé Pierre Haski dans un article publié hier sur Rue89, les pays occidentaux n'ont pas toujours, loin de là, soutenu les combats de Nelson Mandela. Ce dernier leur a d'ailleurs à plusieurs reprises rendu la pareille en se démarquant nettement des positions des États-Unis et de l'Union européenne, comme lors de son voyage à Gaza en octobre 1999, durant lequel il a fait des déclarations, passées sous silence par la presse occidentale et peu connues aujourd'hui encore, alors qu'elles en disent long sur les positions politiques de celui qui est devenu le symbole de la lutte anti-apartheid. 
 
En témoigne le discours qu'il prononce, le 20 octobre 1999, devant le Conseil Législatif Palestinien (Parlement) à Gaza (extraits vidéos ci-dessous). Comme le résume la dépêche de l'Associated Press publiée à l'époque, Nelson Mandela, tout en affirmant "sa sympathie pour le point de vue israélien", "[invoque] à plusieurs reprises la similitude entre la lutte des Palestiniens et des Non-blancs en Afrique du Sud [et se souvient] de cette époque où les deux mouvements étaient considérés comme des parias par la communauté internationale, période durant laquelle des liens solides ont été forgés entre Palestiniens et Sud-Africains". 
 
Durant ce discours, il rappelle notamment ce qu'il a déclaré, quelques jours plus tôt, en Israël, au cours de rencontres avec Ehud Barak et Shimon Pérès, devant lesquels il a affirmé, entre autres, ceci : "Israël devrait se retirer des zones qu'il a prises aux Arabes : le plateau [syrien] du Golan, le Sud-Liban et la Cisjordanie". Engagement qui est, selon Mandela, le préalable à la reconnaissance par les États arabes "du droit de l'État d'Israël à exister à l'intérieur de frontières sûres". Et d'ajouter que "tout discours sur la paix restera creux tant qu'Israël continuera à occuper un territoire arabe" [1].  
Devant le Conseil Législatif Palestinien, il reprend ce dernier point : "Je leur ai dit qu'il ne sert à rien qu'Israël parle de paix tant qu'ils continueront à contrôler les territoires arabes qu'ils ont conquis durant la guerre de 1967". Et de poursuivre en développant sa vision stratégique, expliquant notamment que la voie négociée et la paix doivent être la priorité, et qu'elles sont toujours préférables à au conflit. Mais, ajoute-t-il alors, "il faut choisir la paix plutôt que la confrontation, sauf dans les cas où nous ne pouvons rien obtenir, ou nous ne pouvons pas continuer, ou nous ne pouvons pas aller de l'avant. Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence". 
 
L'ex-Président sud-africain dépassé par les événements ? Pas du tout. L'ANC et Nelson Mandela n'ont jamais condamné, a priori, la lutte armée dans le cadre des combats d'émancipation nationale. Justifiant ce point de vue, Mandela a ainsi écrit dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté, ce qui suit : "C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense" [2].
La lutte contre l'apartheid, c'était ça aussi. Nelson Mandela, c'est ça aussi. 
Il ne s'agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s'il n'a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l'occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l'archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l'État d'Israël, qu'il qualifie, à l'instar d'autres dirigeants sud-africains, d'État d'apartheid. Tel n'est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un "Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman" dénonçant "l'apartheid israélien", qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed [3]. 
Il ne s'agit pas non plus de défendre une quelconque position de principe quant au recours à la lutte armée, mais bel et bien de souligner le fait que, quel que soit le jugement que l'on peut porter sur les opinions de Mandela, la moindre des choses est de refuser, à l'heure où les "hommages" hypocrites se préparent, que sa pensée et ses combats soient amputés de certaines de leurs dimensions essentielles. Mandela peut et doit être critiqué, que l'on parle de ses choix politiques, économiques ou sociaux. Mais ce serait salir sa mémoire et trahir les luttes qu'il a menées que de laisser ses adversaires d'hier décider de ce que l'Histoire doit retenir de lui.
Notes

[1] Cité dans le journal québecois Le Devoir, édition du 20 octobre 1999. 
[2] Nelson Mandela, Un long chemin vers la libertéParis, Fayard, 1995 (p. 647 de l'édition Livre de poche). 
[3] De même, la célèbre citation "Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens", si elle témoigne d'un évident soutien de Mandela à la cause palestinienne, a fortiori dans la mesure où elle est extraite d'un discours prononcé dans le cadre de la "Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien" (le 4 décembre 1997), est en réalité tronquée. La phrase originale est en effet : "Nous ne savons que trop bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens, sans la résolution des conflits au Timor, au Soudan et dans d'autres parties du monde" (discours en ligne sur le site du gouvernement sud-africain). 

Mandela, le symbole du courage, de la noblesse et de la tolérance par son combat contre l’apartheid.
Alors, notre hommage est publier cette lettre (dans son entièreté) adressée à Tomas L. Friedman, un éditorialiste au New York Times en 2001.


Cher Thomas,

Je sais que vous et moi sommes impatients de voir la paix au Moyen Orient, mais avant que vous continuiez à parler des conditions nécessaires d’un point de vue israélien, vous devez savoir ce que j’en pense. Par où commencer ? Disons 1964.

Permettez-moi de citer mes propres paroles lors de mon procès. Elles sont aussi justes aujourd’hui qu’elles l’étaient à l’époque : « J’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre au sein de laquelle tous vivraient ensemble, en harmonie, et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère atteindre. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Aujourd’hui, le monde, noir et blanc, reconnaît que l’Apartheid n’a pas d’avenir. En Afrique du Sud, il s’est terminé grâce à notre propre action de masse décisive, pour bâtir la paix et la sécurité. Cette campagne massive de défi et autres actions ne pouvait qu’aboutir à l’établissement de la Démocratie.

Il est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus spécifiquement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’Apartheid. Votre article récent « Bush’s First Memo », dans le New York Times du 27 mars 2001, le démontre.

Vous semblez surpris d’entendre qu’il y a toujours des problèmes de 1948 à résoudre, dont le plus important est le droit au retour des réfugiés palestiniens. Le conflit palestino-israélien n’est pas qu’un problème d’occupation militaire et Israël n’est pas un pays qui a été créé « normalement » et qui s’est mis à occuper un autre pays en 1967. Les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud.

Au cours de ces dernières années, et en particulier lorsque le Parti Travailliste était au gouvernement, Israël a montré qu’il n’avait même pas l’intention de rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies resteraient, que Jérusalem serait sous souveraineté exclusivement israélienne et que les Palestiniens n’auraient pas d’Etat indépendant mais qu’ils seraient placés sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau et de la mer.

Israël ne pensait pas à un « Etat » mais à une « séparation ». La valeur de la séparation se mesure en terme de la capacité d’Israël à garder juif l’Etat juif, et pas d’avoir une minorité palestinienne qui pourrait devenir une majorité, dans l’avenir. Si cela arrivait, cela forcerait Israël à devenir soit un Etat laïque ou bi-national, soit à devenir un Etat d’Apartheid, non seulement de fait, mais aussi de droit.

Thomas, si vous suivez les sondages israéliens au cours des 30-40 dernières années, vous verrez clairement un racisme grossier, avec un tiers de la population qui se déclare ouvertement raciste. Ce racisme est de la nature de « Je hais les Arabes », et « Je souhaite que les Arabes meurent ». Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires à l’œuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l’autre pour la vie juive.

De plus, il y a deux approches différentes pour la propriété et pour la terre. La propriété palestinienne n’est pas reconnue comme propriété privée puisqu’elle peut être confisquée.

Pour l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, il y a un facteur supplémentaire à prendre en compte. Les soi-disant « Zones autonomes palestiniennes » sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d’Apartheid.

L’Etat palestinien ne peut pas être un sous-produit de l’Etat juif, juste pour garder la pureté juive d’Israël. La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens. Parce qu’Israël est un Etat juif, les Juifs israéliens ont des droits particuliers dont les non Juifs ne bénéficient pas. Les Arabes palestiniens n’ont aucune place dans un Etat « juif ».

L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants.


Les réponses de l’Afrique du Sud en matière de violation des droits humains provenant des politiques de déportation et des politiques d’apartheid ont mis en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement accomplir avant que l’on puisse parler d’une paix juste et durable au Moyen Orient et de la fin de la politique d’apartheid. Thomas, je n’abandonne pas la diplomatie du Moyen Orient, mais je ne serai pas complaisant avec vous comme le sont vos supporters. Si vous voulez la paix et la démocratie, je vous soutiendrai. Si vous voulez formaliser l’apartheid, nous ne vous soutiendrons pas. Si vous voulez soutenir la discrimination raciale et le nettoyage ethnique, nous nous opposerons à vous. Quand vous aurez pris votre décision, passez moi un coup de fil.

Nelson Mandela,

SOURCE

 

EN IMAGES. Nelson Mandela, une vie de combats (1918-2013)