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Europol en flagrant délit de collaboration avec la police israélienne, par David Cronin

 
IRIB-L’Union Européenne se moque-t-elle du droit international en intensifiant sa coopération policière avec Israël ?

Des responsables israéliens sont connus pour avoir participé au cours de ces dernières années, à un certain nombre d’activités coordonnées par Europol, l’agence de police de l’UE.

Ce contact fréquent a lieu en dépit du fait que le quartier général de la police israélienne est situé à Jérusalem Est occupé. L’UE a toujours affirmé qu’elle considèrerait comme illégale l’occupation et l’annexion par Israël de Jérusalem Est. Et un acte de la Cour Internationale de Justice en 2004 a stipulé que les gouvernements et les institutions ont dans le monde entier, l’obligation de ne pas encourager de quelque façon que ce soit la conduite illégale d’Israël.

Pas plus tard que la semaine, Israël a participé à une conférence sur « les crimes économiques » au siège social ultramoderne d’Europol à La Haye. Le mois précédent un dirigeant israélien de haut niveau se trouvait parmi les participants à la convention annuelle des chefs de police d’Europol. » Israël avait été pareillement représenté au même événement en 2012.

« Aide Précieuse »

En attendant, Europol a félicité Israël pour lui avoir fournit « une aide précieuse » pendant une opération contre la contrebande de cocaïne, qui a conduit à un procès ouvert l’année dernière en Suède. On a accordé l’Israël le « statut d’observateur » dans « un réseau informel » contrôlé par Europol et concentré sur la criminalité organisée. Et quand un réseau indépendant sur le blanchiment d’argent – aussi contrôlé par Europol - a été lancé l’année dernière, Israël a également envoyé une délégation.

La liaison de l’UE avec Israël ne semble pas avoir été entravée par le fait que les deux côtés n’ont pas encore passé d’accord formel. Europol avait eu le feu vert en 2005 des gouvernements de l’UE pour entrer en pourparlers avec Israël dans le but d’aboutir à un tel accord. Quatre ans après, l’Union a qualifié Israël comme État prioritaire pour la coopération avec Europol. Pourtant un accord visant à permettre que les informations sensibles soit partagée n’a toujours pas été approuvés par les gouvernements de l’UE.

Ces dernières semaines, j’avais essayé d’obtenir une réponse claire de la part d’Europol au sujet de l’importance de son travail avec Israël. J’ai fini par obtenir une réponse au cours du week-end – même si elle ne m’éclairait pas vraiment. « Europol ne coopère pas avec Israël directement et nous ne procédons pas à des échanges de données avec Israël, » m’a dit un porte-parole.

J’ai demandé au porte-parole si Europol avait étudié les documents mis au grand jour par le whistleblower Edouard Snowden, qui prouvent que les USA avaient remis « des informations brutes » à Israël, sans prendre aucune mesure pour protéger les données personnelles. Le porte-parole a répondu qu’Europol pourrait seulement coopérer avec Israël une fois qu’un accord formel entre les deux côtés entrerait en vigueur.

Europol n’était « pas en mesure de commenter » le fait que les révélations de Snowden puissent avoir « n’importe quel type d’impact sur un accord qui n’est actuellement pas en vigueur. »

Évidence ?

Répondant à une question d’un membre du Parlement Européen en juillet, la commissaire des affaires intérieures de l’UE, Cecilia Malmström, a déclaré qu’une « information obtenue en violation évidente des Droits du Homme, ne sera pas exploitée » une fois que l’accord sécuritaire avec l’Israël entrera en vigueur.

Mon petit esprit curieux se demande pourquoi elle a parlé « d’évidence. » Les forces Israéliennes de « sécurité » sont connues pour torturer régulièrement les prisonniers palestiniens. Mais parce qu’un tel abus n’a pas lieu en plein jour, il ne peut être considéré comme « évident » à Malmström que cela s’est produit.

Il faut préciser, aussi qu’Europol n’a pas hésité à coopérer avec d’autres « partenaires » dont le bilan est tout sauf immaculé en ce qui concerne les droits de l’homme. En 2010, Europol a signé un accord formel avec la Colombie. Rob Wainwright, le directeur d’Europol, avait alors déclaré que cet accord permettrait à l’information d’être échangée sur « les criminels connus et suspectés. »

Les autorités de Bogota ont une large interprétation de l’expression « criminels suspectés. » L’accord de a été signé peu de temps après qu’Alvaro Uribe ait quitté son poste de président de la Colombie. Il avait stigmatisé les défenseurs de droits de l’homme comme « bandes à la solde du terrorisme. »

Les abus de droits de l’homme ont continué depuis le départ d’Uribe. Des protestations organisées par les travailleurs colombiens contre des accords de libre-échange ruineux avec l’UE et les USA, ont été récemment violemment réprimées par les forces de l’État, avec le plus souvent des morts.

Europol a-t-il en conséquence révisé ses liens avec la police colombienne ? Pas autant que je sache. En revanche, les dirigeants colombiens - comme leurs homologues israéliens – ont assisté le travail d’Europol sur les drogues.

La Colombie et Israël sont, naturellement, tous deux considérés comme des associés importants sur le plan commercial pour l’UE. Ainsi il est à peine étonnant que les violations des droits de l’homme - « évidentes » ou non – ne gênent en rien les affaires. Ou, semblerait-il, la coopération policière.

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