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"Ahmad Sa 'adat a été placé dans une unité d’isolement séparée où il est confiné sans même avoir accès aux autres prisonniers en isolement, et privé de ses droits humains fondamentaux."


Semaine de solidarité avec Ahmad Sa'adat !
Du 17 au 24 octobre 2013, se déroule la semaine de solidarité avec le secrétaire général du FPLP.

"Qui est Ahmad Sa' adat ?

"Ahmad Saadat est le secrétaire général du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP). Il est élu au Conseil Législatif Palestinien et il est l’un des principaux leaders nationaux palestiniens détenus dans les geôles de l’occupant. Il fût enfermé depuis 2002 dans les prisons de l’Autorité Palestinienne, sous surveillance américaine et britannique, jusqu’à son enlèvement par les forces d’occupations israéliennes le 14 mars 2006 à la suite d’un raid militaire à la prison de Jéricho.

Le 25 décembre 2008, il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement dans les prisons de l’occupation. Ahmad Sa’adat a été placé en isolement, dans différentes prisons, depuis le 16 mars 2009, et son isolement est systématiquement renouvelé par les tribunaux de l’occupation. Il a été transféré de prison en prison et est actuellement détenu en isolement à la prison Ramon, dans le désert du Naqab. A l’intérieur des unités d’isolement, Sa 'adat a été placé dans une unité d’isolement séparée où il est confiné sans même avoir accès aux autres prisonniers en isolement, et privé de ses droits humains fondamentaux."

"Agissons pour sa libération !"

"La Campagne de Solidarité avec Ahmad Sa 'adat en Palestine appelle tous les soutiens à exiger la fin de la pratique de l’isolement, la fin des violations des droits de l’homme, et la liberté pour les prisonniers palestiniens. Aujourd’hui, il est urgent que nous soyons aux côtés d’Ahmad Sa 'adat et de tous les prisonniers palestiniens contre ces abus, et pour la liberté de tous les prisonniers palestiniens."
 

Entretien avec Ahmed Saadat, secré­taire général du FPLP, dans la prison pales­ti­nienne à Jericho

Mireille Terrin, Chris den Hond, mercredi 5 janvier 2005

"La lutte pour un seul état, démo­cra­tique, sans aucune forme de dis­cri­mi­nation eth­nique ou reli­gieuse ne doit jamais cesser"

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Ahmed Saadat

 

 

Ahmed Saadat, secré­taire général du FPLP, est détenu dans une prison pales­ti­nienne près de Jéricho, avec les trois membres du com­mando qui ont exécuté, en octobre 2001 le ministre du tou­risme d’extrême droite Zeevi, en réponse à l’assassinat par les Israé­liens d’Abu Ali Mustafa, diri­geant du FPLP. Tout comme la mas­carade de procès qui s’était déroulé en avril 2002 à l’intérieur de la Mouqata de Ramallah assiégée, pour se plier aux exi­gences de Sharon, leurs condi­tions de détention sont ubuesques.

Ils sont gardés par des Pales­ti­niens, mais sur­veillés depuis les toits et écoutés en per­ma­nence par des soldats amé­ri­cains et bri­tan­niques, dans des locaux truffés de micros et de sys­tèmes de brouillage des com­mu­ni­ca­tions, le tout au nom de leur "protection".

Un des membres du com­mando, condamné à un an de prison en avril 2002, est tou­jours détenu, dans son propre intérêt, bien sûr, alors qu’il aurait dû être libéré il y a huit mois.

A quelques jours de l’annonce du soutien du FPLP à la can­di­dature de Mustafa Bar­ghouti aux élec­tions pré­si­den­tielles, nous avons ren­contré Saadat et ses cama­rades dans leur prison.

La Haute cour pales­ti­nienne a ordonné votre remise en liberté il y a plu­sieurs mois, pourquoi êtes vous tou­jours en prison ?

Ahmed Saadat :

Ce n’est pas la pre­mière fois qu’une décision de la Haute cour n’est pas appliquée, il y a des dizaines d’autres déci­sions qui n’ont jamais été appli­quées. Une partie des obli­ga­tions "sécu­ri­taires" de l’Autorité pales­ti­nienne est de se plier aux exi­gences des Amé­ri­cains et des Israé­liens. C’est pour cela que nous restons ici, détenus en otages, comme gages de la bonne volonté de l’Autorité palestinienne.

Yasser Arafat était décrit par les Israé­liens et les Amé­ri­cains comme un "obs­tacle à la paix". Est ce que sa dis­pa­rition va changer quelque chose ?

Ahmed Saadat :

Il faut d’abord définir ce qu’est un obs­tacle. Pour Israël tout diri­geant pales­tinien qui n’accepte pas l’intégralité de ses exi­gences est un obs­tacle. Si Abu Mazen et le pro­chain gou­ver­nement défendent les droits fon­da­mentaux des Pales­ti­niens, ils seront eux aussi consi­dérés comme des obs­tacles. D’ailleurs Olmert vient de déclarer qu’il serait impos­sible de signer un accord de paix avec Abu Mazen à cause de son soutien à la reven­di­cation du droit au retour des réfugiés !

Le FPLP ne pré­sente pas de can­didat aux élec­tions du 9 janvier, alors que le PPP, le FDLP ont chacun leur can­didat, n’était pas pos­sible de pré­senter une can­di­dature unique de la gauche ?

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Militant F.P.L.P.
En tenue avec le logo de l’organisation

Ahmed Saadat :

Nous ne pré­sentons pas de can­didat d’abord parce que nous refusons de cau­tionner l’Autorité pales­ti­nienne issue des accords d’Oslo. Il est déjà inac­cep­table de par­ti­ciper à des élec­tions sous l’occupation mais nous pensons en plus que ces élec­tions auraient dû être glo­bales, avec le renou­vel­lement de toutes les ins­ti­tu­tions de l’Autorité pales­ti­nienne, le Conseil légis­latif pales­tinien, les muni­ci­pa­lités. La sépa­ration dans le temps des élec­tions pré­si­den­tielles et des légis­la­tives nous fait douter qu’il s’agisse d’un pas vers la démo­cratie. Ces élec­tions devraient être aussi un moyen de lutter contre l’occupation, un méca­nisme pour le droit à l’auto déter­mi­nation. Israël et les USA pré­tendent nous imposer un chan­gement démo­cra­tique qui cor­respond à leurs besoins et nous refusent le droit à l’autodétermination.

Nous avons quand même essayé d’initier une can­di­dature commune de la gauche. Nous avons eu des ren­contres avec d’autres groupes, avec le parti du peuple pales­tinien (PPP, ex Parti com­mu­niste pales­tinien), avec le FDLP (Front démo­cra­tique de libé­ration du peuple) et même avec la FIDAH, dont une partie sou­tient les accords de Genève.

Nous avons entrepris les dis­cus­sions autour d’un pro­gramme, ce qui était le prin­cipal enjeu pour nous, plus que les ques­tions de per­sonne. Nous vou­lions un pro­gramme qui soit réel­lement de gauche. Nous avions des diver­gences avec le FDLP, qui inclut la "Feuille de route" dans son pro­gramme, et le PPP qui accepte les prin­cipes de "l’initiative arabe" sur le droit au retour des réfugiés, une conception qui détruit le principe même du droit au retour puisqu’elle introduit des quotas, et qu’elle donne à Israël le pouvoir d’accepter ou non le retour des réfugiés.

Malgré ces divergences, nous avons continué les discussions.

Et puis nous avons eu la désa­gréable sur­prise d’apprendre que le PPP et le FDLP avaient déjà désigné leur can­didat, Bassam Sahali pour le PPP et Tayser Khaled pour le FDLP.

Le FPLP a décidé de sou­tenir la can­di­dature de Mustafa Bar­ghouti dans cette élection. Est ce que vous pensez qu’il est un can­didat vraiment à gauche ?

Ahmed Saadat :

Nous aurions préféré une can­di­dature net­tement anti-capitaliste, c’est vrai que Mustafa Bar­ghouti n’est pas un révo­lu­tion­naire. Mais il a été clair et honnête avec nous, il a accepté les points de notre pro­gramme qui étaient essen­tiels pour nous, comme le droit au retour et le soutien à la résis­tance du peuple pales­tinien sous toutes ses formes.

Mustafa Bar­ghouti est un symbole, en tant que pré­sident du PMRS (la plus grande ONG médicale pales­ti­nienne) au niveau national et inter­na­tional. Ses posi­tions n’ont peut être pas tou­jours été très claires, notre rôle est de l’aider à évoluer. Si nous n’y arrivons pas, nous n’avons rien à perdre. Nous avons nos propres posi­tions poli­tiques, notre propre programme.

Si Marwan Bar­ghouti s’était fina­lement pré­senté, auriez vous soutenu sa candidature ?

Ahmed Saadat :

Marwan Bar­ghouti est un diri­geant du Fatah, il a été formé par le Fatah et se pliera tou­jours à la ligne du parti. Bien sûr nous faisons la dis­tinction entre Abu Mazen et lui, mais au bout du compte, ils repré­sentent tous les deux la même idéo­logie, le même pro­gramme au service de la bour­geoisie palestinienne.

Pensez vous que la solution des deux états est viable ?

Ahmed Saadat :

La solution des deux états est un point de départ qui créera le climat néces­saire à une solution paci­fique. Bien sûr, la lutte pour un seul état, démo­cra­tique, sans aucune forme de dis­cri­mi­nation eth­nique ou reli­gieuse ne doit jamais cesser, car c’est la seule solution pos­sible pour résoudre les pro­blèmes, celui des Pales­ti­niens de 48 et celui du droit au retour. Dans ce combat nous avons besoin de la soli­darité inter­na­tionale et de l’unité de ceux qui se battent à nos côtés. En tant que Pales­ti­niens et aussi en tant que FPLP, nous sommes fiers de toutes ces actions de soli­darité avec le peuple palestinien.