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Christophe Oberlin, nouvelle victime du lobby sioniste de France

“Anti-israélien acharné”, “symptôme de l’épidémie anti-israélienne”, “haineux”, “sujet ahurissant”, “antisionisme couplé à de l’antisémitisme”, “myopie intellectuelle”, “obsessions du militant”, “énoncé scélérat”, “acte inique”, “idéologie”, “outrepassé ses fonctions d’enseignant”, “contrevient à l’esprit de laïcité de l’enseignement supérieur”, “hors-sujet”, “humaniste obsessionnel qui a fait rire dans le passé”, “à la pointe extrême de la haine contre Israël et de la promotion du Hamas”, “ignoble question”, “questionnaire que le Hamas aurait pu écrire”, “incitation à la haine”, “neutralité du service public bafouée”, “ami de coeur du Hamas”, “caractère provocateur et propagandiste”, “manipulation” etc.

Voilà quelques citations issues des articles produits par la nébuleuse sioniste française concernant la question qui fût posée aux étudiants de médecine de Paris VII, lors de leur examen de médecine humanitaire.

Voici l’objet du délit :

Etude de cas de droit humanitaire – Question longue :

Vous êtes à l’hôpital de Rafah, situé dans la bande de Gaza lors de la guerre de l’hiver 2008-2009. Des ambulances vous amènent 22 corps portant tous le nom d’Al-Daya. Les ambulanciers et les membres survivants de la famille vous déclarent qu’il s’agissait d’un bombardement classique. Quelle est ou quelles sont les qualifications des crimes perpétrés ? Argumentez votre position en vous basant sur les définitives des différents crimes. 

Usant de citations tronquées, sortant la question de son contexte, imputant le professeur Oberlin d’intentions supposées haineuses et anti-israéliennes ainsi que d’autres procédés classiques de désinformation faisant perdre tout sens à la question, les sionistes et autres bien-pensant visiblement mal informés (pour l’hypothèse la plus indulgente) ont réussit à faire de cet examen de médecine une affaire publique qui a fait les gros titres de la presse…

A notre connaissance, aucun des individus ayant écrit sur Christophe Oberlin n’a eu la décence de le contacter pour en savoir plus à son sujet, et le sens réel de cette question. Le Cercle des Volontaires, intrigué par cette polémique, a donc convié le professeur pour un entretien visant à éclairer le public sur cette sombre affaire…

A l’issue de cet entretien, nous n’avons pu que constater le caractère fallacieux des attaques portées à Christophe Oberlin. Nous avions nous-mêmes, en préparant cette interview, été induits en erreur par ces articles présentant la question posée comme un exercice du type QCM…

Christophe Oberlin a aussi adressé une lettre ouverte à la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, publiée sur le site de la journaliste indépendante Suisse Silvia Cattori.

Au vu de la grossièreté des ficelles employées par le CRIF, on ne peut que constater que son action est contre-productive…

Sources anti-Oberlin :
Christophe Oberlin, anti-israélien acharné, se fait symptôme d’une maladie qui frappe la France
Lettre d’un confrère au Dr Christophe Oberlin
J’ai d’autres idées de sujets d’examen pour Christophe Oberlin
L’université selon Oberlin ( à ne pas confondre avec le collège du même nom)
Communiqués de l’université Paris 7
Une question particulière
Le Dr Oberlin et l’invention du droit humanitaire antisioniste
Scandale Oberlin à l’Université Paris Diderot, mise au point au regard du Droit International Humanitaire !

R
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Christophe Oberlin : Lettre ouverte à la Ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur

 

Lundi 18 juin 2012

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Le professeur Christophe Oberlin répond ici à la polémique ouverte contre lui par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui a jugé "scandaleuse", incitant à "la haine d’Israël" une question posée aux étudiants de la Faculté de Médecine de l’hôpital Bichat, à Paris, dans le cadre d’un examen de médecine. Cette question qui présentait le cas d’un bombardement de civils à Gaza par Israël devait tester les connaissances en droit international des étudiants. (S.Cattori)

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Lettre Ouverte à la Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur

« Consternation, contravention à l’esprit de neutralité et de laïcité, vive émotion des étudiants et des enseignants »… La presse s’en saisit, des milliers d’internautes réagissent, des sanctions sont demandées. Diable, de quoi s’agit-il ?

Enseignant à la faculté de médecine Denis Diderot à Paris, j’ai depuis plus de trente ans participé en parallèle à mes activités de chirurgien et d’enseignant, à des activités de type humanitaire. Et c’est à ce titre que les étudiants en médecine de la faculté sont venu me trouver il y a quinze ans : « Nous fondons une association humanitaire, donnez-nous des idées et des projets ». Quinze ans plus tard près d’un tiers des étudiants partent ainsi en mission au cours de leur cursus, certains programmes que j’ai initiés fonctionnent toujours, et certains de ces étudiants travaillent à temps plein dans de grandes ONG. Ce sont les mêmes étudiants de la faculté qui sont venus me voir il y a trois ans : « La faculté vient de créer des certificats optionnels, lancez un certificat de Médecine Humanitaire ». Et ce certificat optionnel fonctionne depuis trois ans, avec un certain succès : 85 inscrits cette année.

Alors de quoi s’agit-il ? Tout d’abord il s’agit d’un certificat optionnel. Personne n’est obligé de s’y inscrire. L’intitulé initial de ces certificats était : « certificats optionnels obligatoires ». Ce qui signifie que les étudiants doivent obligatoirement valider un certain nombre de ces certificats, mais que l’éventail du choix est plus large que le nombre à valider. La formule « Certificat Optionnel Obligatoire » n’étant pas très heureuse, elle a été par la suite remplacée par la formule « Certificat Complémentaire Obligatoire ». Il n’en demeure pas moins que nul n’est obligé de s’inscrire au cours de son cursus au certificat de Médecine Humanitaire dont j’ai la responsabilité.

Quel est le programme ? J’ai essayé de sortir du cadre des cours magistraux de médecine où quelques étudiants mutiques se collent en haut de l’amphithéâtre, enregistrent le cours et le diffusent aux absents qui le « bachoteront » la veille de l’examen. Le titre des enseignements est d’ailleurs « Conférences ouvertes ». Vingt heures d’enseignement, dix cours de deux heures avec à chaque fois plus de trente minutes de discussions avec les étudiants. J’anime moi-même la totalité des cours et des discussions, quels que soient les thèmes et les orateurs. Et mon message répété maintes fois aux étudiants est : « Laissez tomber vos crayons, on vous demande d’être présents, d’écouter, de réfléchir et de participer ».

Alors on écoute parler un psychiatre ou un journaliste du choc psychologique post traumatique. Les nouveaux enjeux de l’action humanitaire sont évoqués. Des logisticiens parlent de l’approvisionnement en eau, des médecins de l’hygiène dans les camps de réfugiés, de la transfusion sanguine, de la gestion d’une pharmacie improvisée. Il y a des cours techniques sur le traitement des fractures ou l’anesthésie en situation précaire. Mais aussi des sujets plus généraux comme « Médecine humanitaire et formation », ou encore « Humanitaire et développement » ou « Humanitaire et culture ». Ou encore « l’Humanitaire hexagonal » : eh oui, dans la France du XXIème siècle, une partie de la médecine de soins et de prévention reste le lot des organisations humanitaires… Et un cours, donné par un membre chevronné d’Amnesty International, est évidemment consacré au Droit Humanitaire.

Ainsi les étudiantes et les étudiants (il y a une forte majorité féminine, et c’est d’ailleurs celle-ci qui participe le plus, et de loin, aux discussions) ont la chance de pouvoir côtoyer et tisser des liens avec des orateurs et oratrices de premier plan : ancien présidents charismatiques d’associations mondialement connues, ancien directeur de l’Institut de Veille Sanitaire, membre fondateur d’une association ayant reçu le prix Nobel de la Paix, excusez du peu ! Et cet enseignement dure depuis trois ans, avec assez peu de modifications d’une année à l’autre, liées essentiellement au fait que j’ai d’autres sujets intéressants et d’autres orateurs de talents à introduire.

Alors évidemment qui dit enseignement universitaire dit contrôle des connaissances. Ce n’est pas un examen sélectif qui est proposé. Tout étudiant qui est simplement venu aux cours en ressort avec un bagage suffisant pour pouvoir passer l’examen avec succès. Ainsi, pour la session de juin de cette année (les copies ont été corrigées avant la polémique), 80 étudiants sur 85 sont admis. Il y avait quatre questions : deux questions courtes « techniques », sur quatre points chacune. Deux questions longues, sur 6 points. La première : « Comment monter un projet humanitaire » et la seconde : un cas pratique de droit humanitaire tiré d’un rapport d’Amnesty International et déjà utilisé pour l’enseignement dans les facultés de Droit. Cas pratique qui avait été présenté sous forme strictement identique et discuté en cours, dans la plus grande sérénité. Les cas pratiques, appelés « cas cliniques » sont largement utilisés pour l’enseignement et les évaluations en médecine (comme pour l’examen final de fin des études médicales, le classique « internat »). De même que les questions à choix multiples où d’ailleurs aucune des propositions proposées par le jury d’examen n’est nécessairement exacte. L’avantage des cas pratiques par rapport aux Questions à Choix Multiples est qu’on demande à l’étudiant de discuter chacune des réponses possibles, ce qui lui donne l’occasion de montrer ses connaissances et sa capacité d’analyse. Dans ce cas il ne s’agissait donc pas d’un QCM. Il était même précisé dans l’intitulé : « Question longue ».

Alors, que ce cas pratique, transmis par un étudiant anonyme (étudiant du certificat ou pas ?) au CRIF ait produit une réaction du même CRIF, rien de plus banal. Il y a longtemps que nombreux sont ceux, notamment dans le milieu des médias, qui font abstractions de ses outrances, et ce sera bien mon attitude.

Par contre, qu’un président d’université, sans avoir étudié l’enseignement dispensé, sans avoir contacté l’enseignant responsable, sans information autre que celle du CRIF, se permette de s’adresser en urgence à la presse, pose un premier problème. Et pour dire quoi ? Condamner un enseignant, parler de devoir de réserve et d’atteinte à la laïcité, provoquant le rire de tous les étudiants en droit de France ! Son intervention est évidemment politique, et s’il est un devoir de réserve, le président devrait sans doute montrer l’exemple !

Mon travail humanitaire dans de nombreux pays et depuis des décennies est connu. Mon travail à Gaza l’est aussi, ainsi que mon témoignage, qui a fait l’objet de plusieurs livres. Le dernier en date, « Chroniques de Gaza », est sorti il y a plus d’un an. Il a fait l’objet de plusieurs dizaines de conférences en France et à l’étranger, dans des locaux associatifs, des bibliothèques, des mairies, des universités, des grandes écoles, sans provoquer le moindre incident ! Et cependant, il y a à peine quelques semaines, une conférence, annoncée publiquement depuis plusieurs mois, devait avoir lieu un soir au lycée de Lannion (sous- préfecture des Côtes d’Armor). La veille le recteur de l’académie de Rennes a interdit cette conférence au motif « qu’il s’agissait d’une période électorale » ! Je ne savais pas que Gaza était un enjeu électoral à Lannion ! J’ai envoyé au recteur mon livre et une lettre aimable, dont j’espère recevoir une réponse. On voit en tous cas que, faute de pouvoir s’attaquer à mes écrits, on s’attaque à la personne.

Cette affaire excessive soulève plusieurs questions. La première est celle de la formation des responsables administratifs universitaires. Une formation minimum devrait sans doute être exigée dans les domaines de l’administration, de la gestion des ressources humaines, de la communication et du droit. On ne peut être surpris de déclarations absurdes provenant d’une personne, surement talentueuse, qui a passé une grande partie de sa vie à rédiger une thèse de physique sur « la théorie des avalanches » !

L’autre question soulevée est celle du droit d’enseigner, inscrit dans la constitution française, mais ceci est une autre affaire.

Christophe OBERLIN - Professeur à l’Université PARIS VII
Paris, 18 juin 2012.

Christophe Oberlin, chirurgien spécialisé dans la microchirurgie et la chirurgie de la main. Responsable de missions de chirurgie réparatrice des paralysies auprès des blessés palestiniens depuis décembre 2001. Professeur des Universités. Une centaine de publications, deux livres traduits en anglais, et en chinois. Responsable de deux Diplômes d’Université. Auteur de deux livres sur Gaza : “Survivre à Gaza”, et “Chroniques de Gaza 2001-2011”.

Source : Christophe Oberlin

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C. Oberlin : Tempête dans un verre d’eau

vendredi 22 juin 2012 - 09h:28

Christophe Oberlin/Silvia Cattori



Violemment critiqué par le Président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), qui l’a incriminé pour de supposées intentions anti-israéliennes sur une question d’examen posée à ses étudiants, le professeur Christophe Oberlin s’explique.

Entretien avec Christophe Oberlin

Silvia Cattori : Vous avez été l’objet d’attaques de la part du CRIF et du Bureau National de Vigilance Contre L’Antisémitisme. Comment vivez-vous le fait d’être gravement mis en cause ? Que s’est-il passé au juste ?

(JPG) Christophe Oberlin : Depuis 30 ans j’enseigne et je suis responsable d’un certificat optionnel de médecine humanitaire depuis trois ans ; tout le monde n’est pas obligé de s’y inscrire. Je donne un cours de deux heures sur vingt heures d’enseignement en droit humanitaire dispensées par Amnesty International. J’ai donc posé une question d’examen - sur quatre questions - partant d’un cas réel qui avait été traité par les enseignants pendant les cours et dans la plus grande sérénité, il y a quatre mois. C’est un cas pratique qui parle d’un médecin qui reçoit vingt-deux cadavres portant le même nom de famille ; cela se situe à l’hiver 2008/2009 dans la bande de Gaza. À l’aide des éléments juridiques qui ont été enseignés pendant le cours, il a été demandé aux élèves de donner une qualification juridique pour savoir s’il s’agit-il d’un crime de guerre, d’un génocide, ou d’un crime contre l’humanité ; et d’argumenter leur propos à l’aide des définitions connues de ces différents crimes. C’est un cas pratique tel qu’on en utilise en médecine. On fait énormément d’évaluations par cas pratiques ; l’examen de la fin des études médicales se fait essentiellement sous la forme de cas pratiques. C’est l’occasion de montrer ses connaissances.

Bien entendu Si j’avais posé une question sur un cas pratique enseigné dans un cours, portant sur des femmes violées dans un camp de réfugiés au Darfour, personne n’aurait protesté. Il faut poser la même question à mes détracteurs. Auriez-vous protesté pour le Darfour ? La réponse est certainement non. La question suivante est : pourquoi ?

Et lorsqu’on me dit : mais vous posez une question sensible, etc..., je dois préciser que j’essaye d’être un pédagogue ; l’important c’est ce que les gens retiennent. Depuis trois ans, le cours se fait de la même manière ; c’est-à-dire qu’il comporte une partie d’enseignement théorique de l’histoire du droit humanitaire et de ses progrès successifs. Prenons un exemple : si vous faites un cours formidable sur la maladie en expliquant tous les symptômes, les moyens de diagnostic, le traitement, la chirurgie, mais que vous oubliez de dire à la fin de votre cours que, malheureusement, aucun traitement ne marche, que cette maladie est toujours mortelle, c’est vraiment une omission que l’on pourrait vous reprocher car ce serait incomplet. Ce qui est dit au cours de l’enseignement sur le droit humanitaire depuis trois ans est ceci : on vous a appris un certain nombre de choses ; mais malheureusement dès qu’un pays puissant - en gros les pays occidentaux, la France, les États-Unis, Israël, sont cités nommément dans un cours chaque année - est impliqué dans un acte de guerre, il ne respecte pas le droit humanitaire. Donc c’est un message essentiel ; il y a une pédagogie dans cet exemple qui ne consiste pas simplement à donner les définitions de ces crimes et à parler de droit humanitaire en termes de droit, mais aussi à faire savoir aux étudiants que ce droit n’est jamais appliqué dès lors qu’il s’agit d’un pays riche.

Silvia Cattori : Qu’est-ce que le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme vient faire ici ?

Christophe Oberlin : Vous savez, en France, trois personnes peuvent fonder une association. Celle dont vous parlez a moins de 5 ans d’existence, donc elle ne peut même pas se porter partie civile. Je note quand même qu’à mon âge canonique, jamais personne ni en public ni en privé ne m’a accusé d’antisémitisme. Même le CRIF, qui m’a pourtant attaqué par écrit de façon extrêmement violente, n’a pas utilisé dans ses outrances le terme d’ « antisémitisme ». Le CRIF a par ailleurs inventé un mot - en tous cas je ne l’ai jamais entendu avant, c’est un néologisme - qui me qualifie d’« anti-israélisme ». Ce n’est pas dans le dictionnaire.

Silvia Cattori : En vous écoutant on en vient à se demander si ces fervents ambassadeurs d’Israël en France n’ont pas cherché un moyen de faire taire le chirurgien qui humanise en quelque sorte par son geste les blessés de guerre de Gaza, des résistants qu’Israël massacre et cherche à déshumaniser en les qualifiant de «  terroristes » ? Du reste le président du CRIF Richard Prasquier (1) ne s’en cache même pas. « M.Oberlin se situe à la pointe extrême de la haine contre Israël et de la promotion du Hamas » a-t-il dit. N’est-ce pas le chirurgien, qui est capable d’avoir un point de vue politique en même temps qu’il soigne les blessés sur les lieux où Israël commet des crimes de guerre, que M. Prasquier a voulu viser ?

Christophe Oberlin : Il y a plusieurs questions dans tout ça. Il faudrait y répondre. Si M. Prasquier a le courage de venir discuter publiquement avec moi, je saurai, dans un débat avec lui, sérier les problèmes, ne pas tout mélanger. S’il veut qu’on parle d’Israël et de sa politique, qu’on parle de l’université et de mon enseignement, qu’on parle du Hamas, parler de tous ces sujets qui méritent débat et qui ne se discutent pas en trois phrases, je suis à sa disposition. Il y a des mélanges ahurissants : quand le président de l’université, sans me contacter, sans étudier la question qui lui a été posée par le CRIF, déclare à la presse qu’il s’agit d’une atteinte à la laïcité, tous les étudiants en droit en France, ont de quoi rire. J’ai posé la question à une avocate spécialisée dans la diffamation. Elle m’a répondu : ce qu’à dit le président de l’université est une énorme bêtise ; et une bêtise, ce n’est pas une atteinte à votre honneur ni à votre dignité. En France, il n’y a pas de loi contre la bêtise. Autrement dit il n’y a pas de diffamation. Chaque accusation mérite d’être discutée, je suis à la disposition de tout le monde pour discuter. Je ne crains vraiment pas, à mon âge, les forces dont vous venez de parler. Cela ne me fait pas peur.

Silvia Cattori : N’est-ce pas Vincent Berger, le président de l’université Paris-Diderot qui vous a désavoué et a annoncé une enquête administrative, donnant ainsi raison à vos détracteurs du CRIF qui n’a pas respecté ce qu’il vous reproche : son devoir de réserve ?

Christophe Oberlin : Je pense qu’il est sorti de sa réserve en me condamnant publiquement et en parlant d’atteinte à la laïcité. Là, véritablement, il est sorti de son devoir de réserve et il aurait dû y penser au moment où il s’exprimait. C’est son droit le plus strict d’ouvrir une enquête administrative qui donnera ce qu’elle donnera ; je n’en ai évidemment pas peur. Lors de cette enquête, il n’y aura de ma part que des écrits. Je ne répondrais que par écrit à des questions écrites. Il n’est pas question que cela se passe à huis clos et qu’il en sorte une espèce de blâme qui apporte des informations erronées.

Silvia Cattori : Vous avez écrit à la ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur. (2) Est-ce à dire que les choses sont allées trop loin ? Et qu’attendez-vous en retour ?

Christophe Oberlin : Ayant vu, après toutes les outrances déversées, qu’on allait demander pour moi une sanction au niveau ministériel, j’ai écrit à la ministre de l’enseignement supérieur qui a tutelle sur moi car je souhaitais l’informer de façon à ce qu’elle ne soit pas prise de court lors d’une question impromptue dans une conférence de presse ou dans un couloir, et poussée à devoir dire des choses sur un sujet dont elle n’aurait pas eu un minimum de connaissance.

Silvia Cattori : Vous semblez très serein. Comme si tout ce bruit fait autour de vous ne vous touchait pas vraiment ?

Christophe Oberlin : Franchement, cette affaire ne m’atteint absolument pas. J’ai la chance, après une bonne carrière, d’avoir une reconnaissance dans le domaine médical. D’avoir beaucoup d’amis, d’être apprécié et soutenu.

Silvia Cattori : Récemment, une conférence dont vous étiez l’orateur et qui devait avoir lieu au lycée de Lannion (sous-préfecture des Côtes d’Armor), a été interdite par le recteur de l’académie de Rennes. Voyez-vous un lien entre ces deux incidents ?

Christophe Oberlin : C’est bien clair. Cela fait deux fois en quelques semaines que le milieu universitaire, à un certain niveau, s’attaque à ma personne. Et, à chaque fois, sous des motifs dont on voit bien qu’ils découlent de pressions, des responsables universitaires sont sommés de réagir publiquement et sans avoir véritablement pris le temps de réfléchir.

Silvia Cattori : Votre ouvrage « Bienvenue en Palestine, destination interdite » (3) qui vient juste de paraître, tombe à pic. Vous y montrez précisément comment, par toutes sortes de tracasseries, Israël interdit l’accès à Gaza et à la Cisjordanie et maintient la population palestinienne emprisonnée sans que cela ne soulève de protestations chez nous. N’y a-t-il pas une totale symétrie dans les méthodes d’exclusion pratiquées par Israël contre les Palestiniens, et celle pratiquées en France par les organisations juives, par ces membres de la « Tribu » (4) qui, comme Bernard-Henri Lévy, font ouvertement allégeance à Israël ? Cela ne démontre-t-il pas qu’il y a un grave problème en France, que des citoyens honnêtes peuvent être frappés parce que les divers pouvoirs cèdent immanquablement aux pressions du lobby pro-israélien ?

Christophe Oberlin : Je crois qu’il y a effectivement un grave problème en France. Le CRIF aujourd’hui n’est pas représentatif ; je ne suis pas certain qu’il représente les gens qui y adhèrent ou sont des sympathisants. Souvenons-nous de Théo Klein, qui a été un des grands représentants du CRIF ; je me souviens qu’il tenait des propos profondément humanistes et fraternels vis-à-vis des Palestiniens. Il insistait sur le fait que le judaïsme ne devait pas s’appuyer sur le négatif, sur la victimisation, mais qu’il fallait au contraire insister sur les valeurs positives. C’est finalement tout le contraire qui a été malheureusement développé par ses successeurs. On manque de grandes voix, du côté de la communauté juive, qui calmeraient un peu le CRIF. Aujourd’hui, le CRIF est devenu tout simplement un lobby. Il a le droit de s’exprimer en tant que lobby, mais n’a pas réellement de caractère représentatif. Je reçois beaucoup de soutien de la part de gens que je ne connais pas qui se déclarent être juifs et sont scandalisés par les outrances du CRIF.

 

Christophe OBERLIN est né en 1952. Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des missions chirurgicales en Palestine, particulièrement dans la bande de Gaza où il a effectué près d’une trentaine de séjours. Il est l’auteur de deux livres essentiels sur Gaza : “Survivre à Gaza”, et “Chroniques de Gaza 2001-2011”.

Silvia Cattori

[1] Richard Prasquier, a écrit : « Outrage devant le détournement des devoirs du maître au profit d’une tribune pour les obsessions du militant, outrage devant le mépris envers les principes hippocratiques d’égalité des patients, comme s’il n’y avait pas eu de blessés, de morts, d’invalides à cause des crimes du Hamas..., outrage devant cette volonté d’incruster dans le cerveau des étudiants la haine plutôt que le savoir ».

[2] Voir : Cristophe Oberlin : Lettre Ouverte à la Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur , 18 juin 2012.

[3] Bienvenue en Palestine, destination interdite. Christophe Oberlin et Acacia Condes, Éditeur :ENCRE D’ORIENT, 2012

[4] Terme utilisé par BHL, voir : Bernard-Henri Lévy : " Je suis le représentant de la tribu d’Israël ", 6 juin 2012.

21 juin 2012 - Silvia Cattori