Sheikh Raed Salah gagne l'appel contre son expulsion

Par Middle East Monitor

7 avril 2012 - Le leader communautaire palestinien Raed Salah a remporté aujourd'hui son appel contre les tentatives du gouvernement britannique de l'expulser du Royaume-UNI. Plus de deux mois après la dernière d'une série d'auditions, le vice-président du haut tribunal de l'immigration a statué que "la décision de la ministre de l'Intérieur (...) semble avoir été tout à fait inutile" et que l'appel de Sheikh Raed contre son expulsion "réussit sur tous les terrains."

Sheikh Raed Salah gagne l'appel contre son expulsion

Dans son jugement, le juge Ockelton, le plus haut magistrat en matière d'immigration et vice-président de la haute cour, a dit que la ministre de l'Intérieur, Theresa May, "avait été induite en erreur" et "trompée quant aux faits". Il a ajouté que "il n'y a aucune preuve que le danger perçu par la ministre soit perçu par d'autres dans les pays où l'appelant s'est rendu, et, sauf pour l'accusation très tardive, il n'y a pas de preuve que même Israël voit un danger là où le voit la ministre."

Sheikh Raed, citoyen israélien, est arrivé à Londres sur l'invitation de Middle East Monitor (MEMO) en juin 2011 pour une tournée de conférences de 10 jours, commençant devant des parlementaires à Westminster. Son programme a été rendu public longtemps à l'avance et n'avait pas soulevé l'intérêt des responsables de la sécurité, du service britannique des frontières ni du ministère de l'Intérieur. Deux jours après le début de la tournée, ce dernier a déclaré qu'un ordre d'expulsion venait d'être lancé contre le Sheikh, bien que ni lui ni ses représentants en Israël ou au Royaume-Uni n'en ait reçu une copie, et il a été arrêté à son hôtel à Londres. Après une première période en garde à vue, Sheikh Raed a vécu à Londres sous couvre-feu puisqu'il avait fait le choix de rester en Grande-Bretagne pour laver son nom. Il a dû se présenter tous les jours à un poste de police local et des restrictions ont été mises en place pour l'empêcher de parler en public.

La ministre de l'Intérieur a agi initialement à partir d'un email du "Community Security Trust" et a lancé la procédure juridique qui vient d'abouti à l'humiliation du gouvernement. La foi de Mme May dans les groupes pro-Israël de la communauté juive, qui ont fourni la "preuve" qui a servi de base à son accusation contre Sheikh Raed, est totalement discréditée par le jugement.

Selon le docteur Daud Abdulah, directeur de MEMO, la décision du juge Ockelton fera jurisprudence pour la liberté d'expression ainsi que pour les droits des Palestiniens à faire campagne contre l'injustice, chez eux et à l'étranger.

"Le juge Ockelton a dit que la liberté d'expression est 'un droit de protection générale' et c'est de cela que traite toute cette affaire," a dit le docteur Abdullah. "Sheikh Raed Salah est un critique virulent de la politique discriminatoire de son gouvernement en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, et il est tout à fait pertinent qu'un serviteur de la loi de premier plan, en Grande-Bretagne, ait vu à travers la propagande et ait clairement déclaré que quelqu'un, un groupe ou un individu, a 'induit en erreur' la ministre de l'Intérieur sur une affaire aussi importante."

Sheikh Raed va maintenant rentrer chez lui en Israël après avoir vu sa confiance dans le système juridique britannique récompensée : il rentre chez lui lavé de toute tâche sur son image ou sur son nom.


Pour plus d'information, contactez le docteur Daud Abdullah on +44 (0) 78 1448 9531

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM