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Le reniement honteux de Goldstone (The Electronic Intifada)

Ilan PAPPE

"Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, le rapport Goldstone aurait été différent". C’est ainsi que commence le papier que Goldstone a fait paraître dans le Washington Post et qui soulève tant de commentaires. J’ai vraiment l’impression que l’éditeur a probablement modifié le texte et que la phrase originelle devait être quelque chose comme : "Si j’avais su que cela ferait de moi un Juif qui a la haine de soi (self-hating Jew dans le texte) aux yeux d’Israël ma bien aimée, et aux yeux de ma propre communauté juive d’Afrique du Sud, le rapport Goldstone n’aurait jamais existé." Si ce n’est pas ce qu’il avait écrit initialement, c’est certainement ce qu’il faut lire entre les lignes.

Ce vil retournement de veste n’a pas eu lieu cette semaine. Il s’est produit après une année et demi de campagne incessante d’intimidation et de diffamation contre le juge, une campagne semblable à celles qui ont détruit des personnalités importantes comme le sénateur étasunien William Fulbright qui a été politiquement assassiné à cause de sa tentative courageuse de révéler les affaires illégales de l’AIPAC avec l’état d’Israël.

Déjà en octobre 2009, Goldstone avait dit sur CNN : "Je porte un grand amour à Israël" et "J’ai travaillé à la promotion de beaucoup de causes israéliennes et je continuerai à le faire" (Video : "Fareed Zakaria GPS," 4 October 2009).

A l’époque où il avait fait cette déclaration d’amour à Israël, il ne pouvait pas avoir de nouveaux éléments comme il prétend maintenant en avoir et on peut se demander pourquoi son amour pour Israël n’avait pas été le moins du monde entamé par ce qu’il avait découvert en rédigeant son rapport initial avec les autres membres de l’ONU.

Mais le pire était à venir et il y a exactement un an, en avril 2010, la campagne contre lui a atteint de nouveaux sommets et plutôt de nouvelles abîmes. Elle était menée par le président de la Fédération sioniste d’Afrique du Sud Avrom Krengel qui a essayé d’empêcher Goldstone de participer à la bar mitzvah de son petit fils à Johannesburg parce que selon lui "Goldstone avait causé un dommage irréparable à tout le peuple juif."

La Fédération sioniste sud africaine a menacé de mettre des gardes devant la synagogue pendant toute la cérémonie. Pire encore, Warren Goldstein, le grand Rabbin d’Afrique du sud, a condamné Goldstone pour "avoir causé du tort à l’état d’Israël." En février dernier, Golstone a dit que "le Hamas avait commis des crimes de guerres mais pas Israël, "dans un interview qui n’a pas été diffusé selon une information du 3 avril du site Web de la chaîne 2 israélienne. Ce n’était pas assez : Israël voulait davantage.

Les lecteurs peuvent se demander "Quelle importance cela a-t-il ?" et "Pourquoi Goldstone n’a-t-il pas été capable de résister à la pression ?" Ce sont de bonnes questions mais hélas, la sionisation des communautés juives et l’identification erronée du fait d’être juif avec le sionisme constitue un obstacle si grand qu’il empêche les Juifs libéraux de dénoncer activement les crimes d’Israël.

De temps en temps, de nombreux Juifs libéraux donnent l’impression de se libérer de ce joug et d’écouter leur conscience plutôt que leur peur. Cependant les convictions universalistes de la plupart semblent être incapables de résister longtemps quand il s’agit d’Israël. Le risque d’être traité de "Juif qui a la haine de soi" avec tout ce qu’une telle accusation implique, est une perspective trop effrayante pour eux. Il faut être à leur place pour comprendre à quel point c’est terrifiant.

Il y a seulement quelques semaines, les services secrets israéliens ont annoncé la création d’une unité spéciale dont la mission est d’espionner les individus ou organismes soupçonnés de "délégitimer" Israël pour leur demander des comptes et peut-être même les traquer. Cette nouvelle a peut-être convaincu un certain nombre de ceux qui n’étaient pas vraiment déterminés que cela ne valait pas la peine de tenir tête à Israël.

On aurait dû se rendre compte que Golstone était l’un d’entre eux lorsqu’il a affirmé que, en dépit de son rapport, il demeurait sioniste. Ce qualificatif de "sioniste" a beaucoup plus de sens et de poids qu’on ne le croit habituellement. On ne peut pas se dire sioniste et s’opposer à l’état d’apartheid d’Israël. On peut rester sioniste par contre si on se contente de critiquer cet état pour une certaine politique criminelle en omettant de faire le lien entre l’idéologie et la politique. "Je suis un sioniste" est une déclaration d’adhésion à des manières de penser qui sont antinomiques avec le rapport Godstone de 2009. On peut soit être sioniste soit accuser Israël de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité -celui qui fait les deux ensemble, ne tiendra pas longtemps le coup.

Que ce mea culpa n’ait rien à voir avec de nouveaux éléments, est évident lorsqu’on examine les "preuves" que Goldstone a présentées pour justifier sa rétractation. Pour être honnête il faut dire qu’on n’avait pas besoin d’être un expert international pour savoir que Israël avait commis des crimes de guerre à Gaza en 2009. Les rapports d’organismes comme Breaking the Silence (briser le silence) et les représentants de l’ONU sur le terrain ont démontré ces faits avant et après le rapport de Golstone. Et ce n’était pas non plus la seule preuve.

Les photos et les images que nous avons vues sur nos écrans et celles que nous avons vues sur le terrain nous ont montré qu’il s’agissait d’une politique criminelle destinée à tuer, blesser et estropier à la manière d’un châtiment collectif. "Les Palestiniens vont s’attirer un Holocauste" avait promis Matan Vilnai, le secrétaire d’état à la défense d’Israël au peuple de Gaza le 29 février 2008.

La seule nouvelle pièce que Goldstone apporte au dossier est une enquête intérieure de l’armée israélienne qui explique qu’un des cas suspectés d’être un crime de guerre était dû en fait à une erreur de l’armée sur laquelle elle est en train d’enquêter. Cela doit être sa carte maîtresse : une affirmation de l’armée israélienne que l’assassinat de masse des Palestiniens était une "erreur."

Depuis la création de l’état d’Israël, les dizaines de milliers de Palestiniens tués par Israël étaient des terroristes ou avaient été tués par "erreur". Donc 29 des 1400 morts ont été tués suite à une regrettable erreur ? Seul un engagement idéologique peut inciter quelqu’un à demander une révision de ce rapport sur la base d’une enquête intérieure de l’armée israélienne concernant un seul cas alors qu’il y a eu des douzaines de massacres et de tueries illégaux. Ce n’est donc pas cette nouvelle preuve qui a conduit Goldstone à écrire cet article. C’est plutôt son désir de retrouver son confort au sein du sionisme qui l’a incité à écrire ce papier aussi bizarre que contestable.

La manière dont il accentue sa critique du Hamas dans cet article et diminue la critique d’Israël va dans le même sens. Et il croit que cela le fera échapper à la fureur vengeresse d’Israël. Il se trompe lourdement, très lourdement. Peu de temps après la parution de l’article, le ministre de la Défense d’Israël, Ehud Barak, le premier ministre Benjamin Netanyahu et bien sur le lauréat du prix Nobel de la Paix, Shimon Perez, exigeaient de Goldsone un autre service : aller de campus en campus et d’une conférence à une autre au service d’un nouvel Israël, noble et pieux. Il peut refuser ; mais alors il lui sera sans doute interdit d’aller à la bar mitzvah de son petit fils par mesure de rétorsion.

Goldstone et ses collègues ont rédigé un rapport très détaillé mais ils se sont montré très réservés sur les conclusions. Le tableau présenté par les organisations des droits de l’homme israéliennes et palestiniennes était bien plus horrible et leurs rapports n’étaient pas rédigé dans ce langage clinique et légaliste qui ne traduit généralement pas toute l’horreur des événements. L’opinion publique occidentale a compris avant Goldstone et mieux que lui toutes les implications de son rapport. La légitimité internationale d’Israël a subi un dommage sans précédent. Goldstone a été sincèrement ébranlé quand il s’en est rendu compte.

Ce n’est pas la première fois que tout cela se produit. A la fin des années 1980, l’historien israélien Benny Morris a écrit en vain un rapport similaire sur le nettoyage ethnique de la Palestine en 1948. Ce sont des universitaires palestiniens comme Edward Said, Nur Masalha et Walid Khalidi qui ont fait apparaître les conséquences que les archives qu’il avait exhumées avaient sur l’image et l’identité d’Israël.

Morris n’a pas non plus résisté à la pression et a demandé à être réintégré dans la tribu. Il est allé très loin dans le mea culpa et est devenu un raciste extrémiste anti-arabe et anti-musulman allant même jusqu’à suggérer de mettre les Arabes dans des cages et à militer pour un autre nettoyage ethnique. Goldstone en fera peut-être autant : en tous cas, c’est ce que les Israéliens veulent qu’il fasse.

Sur le plan professionnel, Morris et Goldstone ont concrétisé leur marche arrière en revendiquant que Israël soit jugé sur ses intentions et non sur les conséquences de ses actions, ainsi qu’on le constate dans l’article de Goldstone du Washington Post. C’est pourquoi selon eux, seule l’armée israélienne peut être considérée comme une source d’information fiable puisqu’elle seule connaît ses propres intentions. Peu de personnes honnêtes et intelligentes dans le monde considéreraient comme acceptables une analyse et une explication aussi bizarre.

Goldstone n’a pas encore adhéré au groupe le plus fou d’ultra-sionistes comme l’a fait Morris. Mais s’il ne se méfie pas, ce qui l’attend c’est sans doute, une vie d’agréables déplacements en compagnie de gens comme Morris, Alan Dershowitz (qui a déjà qualifié Goldstone de "Juif repentant") des meetings annuels des rottweilers (race de chiens de berger NdT) de l’AIPAC aux conventions farfelues des chrétiens sionistes. Il se rendra vite compte qu’une fois qu’on a capitulé devant les sionistes, ils s’attendent à ce qu’on aille jusqu’au bout et qu’on revienne à l’endroit même qu’on croyait avoir réussi à dépasser.

Regagner l’affection des sionistes à court terme est bien moins important que de perdre le respect du monde entier sur le long terme. La Palestine devrait choisir ses amis avec grand soin : ils ne doivent pas être pusillanimes et ils ne peuvent pas se proclamer à la fois sionistes et défenseurs de la paix, des droits de l’homme et de la justice en Palestine.

Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du European Centre for Palestine Studies à l’Université d’Exeter. Son dernier livre est : Out of the Frame : The Struggle for Academic Freedom in Israel (Pluto Press, 2010).

Pour consulter l’original : http://electronicintifada.net/v2/ar...

Traduction : D. Muselet

 

Palestine : Respecter les faits, et le droit

Le Goldstone du rapport Goldstone a un doute. La capacité à douter, qualité du chercheur et du juriste, est une bonne chose. Celui qui est péremptoire en tout et qui s’interdit de douter est dangereux. Mais avec l’exploitation politique et médiatique, le doute perd ses toutes ses qualités.

Annuler le rapport Goldstone !... Quel honneur pour ce rapport, comme s’il s’agissait d’un jugement, prononçant des condamnations. Non, gardons le calme, et replaçons ce rapport dans la réalité des faits, et du droit.

Plomb durcidrapeau-palestine.jpg

Plomb Durci, c’est une opération de l’armée israélienne qui a lourdement frappé la population qui vit à Gaza : 1 500 mots en moins de quatre semaines. La première guerre dans laquelle on dénombre plus d’enfants tués que de combattants.

Le monde entier a réagi : la puissance occupante – Gaza étant, comme toute la Palestine, un territoire occupé depuis 1967 – agressait la population occupée, qu’elle avait en toute illégalité soumise à un blocus.

Plus d’un millier de victimes civiles,… et dans un monde moderne, ce n’est ni à moi, ni à Goldstone, ni à qui que ce soit de dire si la loi internationale a été violée et si des crimes ont, ou non, été commis : c’est à la justice de le dire, selon les règles que les humains se sont donnés.

La justice n’est pas la guerre, et celui qui n’a pas commis de méfaits ne redoute pas la justice. Il lui apporte son concours, pour défendre le droit.

La déclaration de compétence du gouvernement de Palestine

L’opération militaire israélienne sur Gaza a pris fin le 18 janvier 2009. Le 22 janvier 2009, le ministre de la justice de Palestine remettait au procureur près la Cour Pénale Internationale une déclaration de compétence. La Palestine n’a pas ratifié le traité de la CPI. Cette déclaration d’attribution de compétence est fondée sur l’article 12.3 du statut.

Ci-dessous, le compte rendu selon la CPI.

http://www.icc-cpi.int/NR/rdonlyres/979C2995-9D3A-4E0D-81...

Ici, la page de la Palestine sur le site du bureau du procureur de la CPI.

http://www.icc-cpi.int/menus/icc/structure%20of%20the%20c...

La CPI est une juridiction indépendante. Elle ne doit sa souveraineté qu’à la ratification par nombre d’Etats du Traité de Rome de 1998.

Ici le statut :

http://www.icc-cpi.int/NR/rdonlyres/6A7E88C1-8A44-42F2-89...

Et là, la liste des Etats signataires (Ne cherchez ni les US, ni la Chine, l’Inde, ni la Russie… Pour la Turquie, c’est quand elle veut !)

http://www.icc-cpi.int/Menus/ASP/states+parties/

Le Conseil des Droits de l’Homme

Deux mois après cette déclaration, le Conseil des Droits de l’Homme, qui est une commission permanente de l’Assemblée Générale de l’ONU a désigné une fact finding mission, à savoir une commission chargée, avant toute procédure, de dire si des faits violant le droit international ont été commis. Je précise que le Conseil des Droits de l’Homme est un organe politique, dépourvu de compétence juridictionnelle, et qui n’a aucun lien organique avec la CPI. En revanche, désigner une mission de ce type, c’est son devoir premier.

C’est dans ce contexte qu’a été désigné non Goldstone, mais la commission Goldstone :

 

-          Richard Goldstone, ancien juge à la Cour constitutionnelle d’Arique du Sud, et ancien procureur près du Tribunal pour l’Ex-Yougoslavie,

-          Christine Chinkin, professeur de droit international  à la « London School of Economics and Political Science »,

-          Hina Jilani, de la Cour Suprême du Pakistan, chargée de nombreuses missions au sein de l’ONU et membre de la commission international d’enquête sur la Darfour,

-          le Colonel Desmond Travers, un ancien officier irlandais, membre de l’équipe de direction l’Institute for International Criminal Investigations.

 

La commission a conclu que des faits relevant de la qualification de crime de guerre et de crime contre l’humanité ont été vraisemblablement étécommis. Elle a été vivement attaquée, et elle a toujours répondu à tout.

 

Goldstone fait cavalier seul

 

La semaine dernière, Goldstone se lâche dans le Washington Post :  

 

http://www.washingtonpost.com/opinions/reconsidering-the-...

 

Dès hier, Hina Jilani a répliqué :

 

http://www.middleeastmonitor.org.uk/resources/interviews/...

Que Goldstone ait soudain des doutes, plus de deux ans après les faits, et au point de renier les conclusions du rapport, surprend, pour le moins.

Depuis deux ans, les rapports se sont multipliés, et tous dans le même sens. Entre autres, on peut citer : 

Le rapport dirigé par John Dugard

http://www.arableagueonline.org/las/picture_gallery/repor...

Celui d’Amnesty International

http://www.amnesty.org/en/gaza-crisis

Ou de Human Rights Watch

http://www.hrw.org/en/features/israel-gaza

S’il a un doute sur les faits, Goldstone doit réunir la commission (Un travail collectif de 4 personnes) et demander de manière argumentée au Conseil des droits de l’homme d’être redésigné pour un complément de mission. Mais une tribune solitaire de quelques dizaines de lignes dans le Washington Post, ce n’est pas au niveau.

Surtout, le rapport n’est pas une pièce judiciaire. C’est de l’ordre du renseignement général. Heureusement, le droit pénal international s'affirme par les jugements. Il ne dépend pas de tel au tel rapport, aussi bien rédigé soit-il, mais en dehors de toute pièce d’accusation, de tout droit de la défense et en dehors de contrôle juridictionnel.

Alors qu’a fait l’ONU ?

Après bien de la peine, le Conseil de Droits de l’Homme a homologué le rapport de la Commission Goldstone, et a transmis le dossier à la maison-mère, l’Assemblée Générale de l’ONU.

L’AG ONU a à son tour homologué le rapport Goldstone. Elle n’a aucun lien avec la Cour Pénale Internationale. La seule instance de l’ONU ayant un lien organique avec la CPI est le Conseil de Sécurité. Par exemple, il a, avec la résolution 1970, saisi la CPI de l’affaire libyenne,... sans attendre un quelconque rapport Goldstone (Le double standard, on connaît).

Pour ce qui est de Plomb Durci, L’AG ONU a dit que de tels faits devaient être jugés, sauf à donner une prime à l'impunité pénale. Elle a évoqué la compétence de la CPI, mais elle a rappelé que la justice internationale avait un caractère subsidiaire, et qu’il fallait privilégier le jugement par les autorités locales, Israël et la Palestine. C’est seulement en cas d’échec qu’il faudra appeler aux services de la justice internationale.  

Voici cette résolution 64/10 du 5 novembre 2009  de l’AG ONU :

http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N09/462/44/PDF...

Une analyse réitérée par la résolution 64/254 du 25 mars 2010 :

http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N09/477/08/PDF...

Cette résolution du 5 novembre 2009  est tout à fait essentielle.

D’abord, et quelles que soient ses qualités ou ses défauts, le rapport Goldstone n’est qu’un élément parmi les nombreuses informations venues à la connaissance de l’AG ONU.

« Profondément préoccupée par les informations relatives aux sérieuses violations des droits de l’homme et aux graves infractions au droit international humanitaire commises pendant les opérations militaires israéliennes lancées dans la bande de Gaza le 27 décembre 2008, notamment celles qui figurent dans les conclusions de la Mission d’établissement des faits et de la Commission d’enquête établie par le Secrétaire général ».

Ensuite, et surtout, lisez le point 4 : l’AG ONU reconnaît à la Palestine la fonction juridictionnelle… . Or cette question est essentielle, car elle anéantit les critiques tombées sur la déclaration faite par le ministre de la justice de la Palestine le 22 janvier 2009 à la CPI.

Que disaient ces critiques ? La Palestine n’est pas un Etat, n’a pas de compétence juridictionnelle étatique et ne pouvait donner compétence à la CPI.

Et que dit l’AG ONU ? Le gouvernement de Palestine a une compétence juridictionnelle et doit chercher à l’exercer.

On lit :

« 4. Demande instamment, conformément aux recommandations de la mission d’établissement des faits, que la partie palestinienne procède dans les trois mois à des investigations indépendantes, crédibles et conformes aux normes internationales, sur les graves violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme qui ont été signalées par la Mission d’établissement des faits, afin que les responsabilités soient établies et que justice soit faite. »

L’argument essentiel opposé à la déclaration de compétence du 22 janvier 2009 tombe : La Palestine dispose de la compétence juridictionnelle, et n'ayant pas des moyens matériels de l’exercer, elle peut confier ce droit à la CPI, dans le cadre de l’article 12.3 du statut. 

Si on raisonne à partir du droit fondamental, historique, on parvient à la même conclusion. La Palestine était une province arabe de l’Empire Ottoman, comme les autres qui sont toutes devenues des Etats indépendants : Egypte, Syrie, Irak Liban, Jordanie… Lorsqu’après l’éclatement de l’Empire Ottoman, suite à la première guerre mondiale, la Société des Nations (SDN) a organisé un partage de la dette de l’Empire en proportion des territoires des nouveaux Etats, la Palestine était considérée comme l’un d’eux, à stricte égalité. Un Etat sous mandat de gestion, comme les autres, car trop faible pour accéder sans délai à l’indépendance, mais ce mandat ne remettait pas en cause la souveraineté, qui est inaliénable.

En 1947, l’ONU a recommandé un plan de partage, mais elle ne pouvait donner ce qui ne lui appartenait pas, la souveraineté du peuple palestinien sur la Palestine. Seul le peuple palestinien pourrait, par un référendum librement consenti, renoncer à sa souveraineté. Il ne l’a jamais fait, et il reste titulaire du titre, même s’il ne peut librement l’exercer.

Titulaire du titre, il peut en confier l’exercice à la CPI par le jeu de l’article 12.3 du statut.

Qu’attend le procureur près la CPI ?

C’est la grande et la seule question. Le rapport Goldstone n’est qu’un document. On attend la justice. Et il ne s’agit pas de préjuger tel ou tel, car la présomption d’innocence est une règle universelle. Il s’agit d’instruire des faits de nature criminelle, au sens du statut, et de faire remonter l’enquête vers les auteurs, qui disposeront de tous les droits de la défense.

J’entends souvent : « Mais qu’attend le procureur pour ouvrir l’enquête ? » La question est autre, car le procureur n’a pas le droit d’ouvrir seul l’enquête. Ouvrir une enquête pénale internationale est une responsabilité lourde, et son rôle est plus limité.

Il existe deux cas dans lesquels le procureur près la CPI est obligé d’ouvrir une enquête : s’il est saisi par le Conseil de Sécurité (Cas du Soudan ou de la Libye) ou par un Etat (Cas pour le Congo, l’Ouganda...).

Ici, la situation est différente.

La Palestine n’a pas ratifié le statut de la CPI, mais a seulement donné compétence par le jeu de l’article 12.3, et un regroupement de 350 ONG a dénoncé les faits survenus pendant Plomb Durci.

Dans ce cadre, le procureur ne peut pas ouvrir l’enquête de lui-même. Après une phase « d’analyse préliminaire », il doit saisir une formation de la Cour, la chambre préliminaire, qui seule a capacité de dire si l’affaire relève de la compétence de la CPI et pour autoriser l’ouverture de l’enquête si les informations générales paraissent sérieuses. Si après cette enquête, autorisée par la chambre préliminaire et conduite par le bureau du procureur, les faits ne font pas apparaitre de charge, l’affaire bénéficie d’un non lieu. Si les griefs apparaissent sérieux, ils sont notifiés aux parties concernées, qui ont tout les moyens de défendre leurs droits.

*    *    *

Que Richard Goldstone publie une tribune pour contester les travaux de la commission qu’il a présidé, sans en parler aux autres membres de cette commission et sans aviser l’organisme qui a mandaté cette commission, c’est curieux. Du point de vue du droit, c'est un épiphénomène.

Que le Procureur près la CPI, qui dispose de tous les éléments d’informations, qui est saisi par une déclaration du ministre de la Justice de Palestine, dont la compétence est reconnue par l’AG ONU, reste plus de deux ans sans prendre de décision, alors que son devoir statutaire est de saisir la chambre préliminaire de la CPI, seule compétente pour autoriser une enquête, est foncièrement anormal.

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2011/04/05/palestine-respecter-les-faits-et-le-droit.html

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Goldstone, la justice et la « recherche de la Palestine »

lundi 4 avril 2011, par Alain Gresh

Les révoltes arabes, qui se poursuivent malgré les répressions, au Bahreïn comme en Syrie, ont détourné l’attention de ce qui se passe en Palestine. Blocus de Gaza, bombardements, constructions de colonies, destructions de maisons : les autorités d’occupation poursuivent sans sourciller leur stratégie, qui ne suscite aucune réaction significative, encore moins d’intervention, des puissances qui s’engagent contre la dictature de Kadhafi. Selon les chiffres donnés par l’Unrwa, 76 maisons ont été détruites en Cisjordanie en mars, contre 70 en février et 29 en janvier ; durant ces mois, le nombre de personnes jetées à la rue a été de 158, dont 64 enfants (contre 105 en février et 70 en janvier).

C’est dans ce contexte que le juge sud-africain Richard Goldstone a publié dans le Washington Post une tribune (« Reconsidering the Goldstone Report on Israel and war crimes », 1er avril 2011) dans laquelle il fait machine arrière et se livre à une (auto)critique du rapport qui porte son nom. Il avait coordonné, dans le cadre d’une mission des Nations unies, une enquête sur les crimes commis durant la guerre israélienne contre Gaza (décembre 2008-janvier 2009).

Cette reculade permet à la droite et au gouvernement israéliens de se réjouir. Avigdor Lieberman, le ministre des affaires étrangères fascisant, a été l’un des premiers à le faire. Dans un article du Monde.fr, « Guerre de Gaza : Israël exige l’annulation du rapport Goldstone après les regrets de l’auteur » (3 avril), on peut lire :

« Israël a réclamé dimanche 3 avril l’annulation du rapport du juge sud-africain Richard Goldstone accusant son armée de “crimes de guerre” durant son offensive contre la bande de Gaza à l’hiver 2008-2009, après les regrets exprimés par le magistrat dans une tribune publiée par le Washington Post. »

« “Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l’histoire”, a affirmé le premier ministre Benjamin Netanyahu qui a demandé à des juristes et des experts du ministère des affaires étrangères d’étudier le dossier. “Il faut à présent multiplier les efforts pour que ce rapport soit annulé, et je vais m’y employer”, a renchéri dimanche à la radio militaire le ministre de la défense, Ehud Barak, après avoir demandé au juge Goldstone de “publier ses conclusions actuelles” sans se contenter d’un simple article de presse. »

« Dans sa tribune publiée samedi, le magistrat sud-africain expliquait que des attaques israéliennes contre des civils avaient été classées comme intentionnelles parce qu’aucune autre conclusion n’était possible à l’époque, mais que de nouveaux éléments avaient montré depuis qu’il n’y avait pas eu de politique visant à cibler les civils “de manière intentionnelle”. »

« Cette conclusion s’appuie sur le travail d’enquêteurs israéliens, qui ont examiné “plus de 400 allégations de mauvaises conduites opérationnelles”, selon un comité créé par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour assurer le suivi du rapport, explique le juge Goldstone, relevant que le Hamas n’a pour sa part pas mené d’enquête sur ses propres tirs contre des civils. »

Que signifie cette rétractation du juge Goldstone ? Pour une juriste israélienne, cela est clair : « Le point positif pour nos actions dans le futur est que si nous avons besoin de nous défendre encore une fois contre des organisations terroristes, nous pourrons dire qu’il n’y a pas d’autre moyen d’affronter la terreur que celle que nous avons utilisée durant l’opération “Plomb durci”. » (Cité dans Ethan Bronner et Isabel Kershner, « Israel Grapples with Retraction on U.N. Report », The New York Times, 3 avril 2011.)

C’est aussi ce que note le correspondant du Monde à Jérusalem (« Le juge Goldston exonère Israël pour la guerre de Gaza », Le Monde, 5 avril 2011, texte disponible pour les abonnés) :

« L’opération “Plomb durci” étant ainsi partiellement réhabilitée, il sera plus facile à Israël de justifier la nécessité de rétablir sa “dissuasion” vis-à-vis du Hamas, pour une nouvelle opération militaire à Gaza. » Ce « permis de tuer » les terroristes, c’est ce que Nétanyahou exigeait depuis longtemps, affirmant que, contre les barbares, les règles du droit international ne peuvent s’appliquer (« Le chaudron de M. Netanyahou », 16 novembre 2009).

Pourtant, cette rétractation du juge Goldstone pose plusieurs problèmes :

— il faut rappeler la campagne infâme menée contre lui jusqu’au sein de la communauté juive sud-africaine, qui avait envisagé de lui interdire d’assister à la bar-mitzva d’un de ses petits-enfants ;

— Goldstone n’est pas le seul rédacteur du rapport et il est douteux qu’il ait le droit de le « supprimer » (d’autant que d’autres membres de la commission défendaient encore les conclusions du rapport il y a trois mois – lire « Two other members of the Goldstone mission stood by its conclusions as of 3 months ago », par Ed Moloney, 4 avril 2011).

— de nombreux rapports d’autres organisations internationales, notamment Amnesty International et Human Rights Watch, ont confirmé les crimes commis par l’armée israélienne ;

— l’argument avancé par le juge dans son texte au Washington Post selon lequel Israël a ouvert 400 enquêtes sur les faits reprochés est absurde. Désormais, pour calmer la justice internationale, Israël ouvre des enquêtes, mais elles n’aboutissent presque jamais ;

— d’autre part, nombre d’affirmations du juge ne tiennent pas la route. Ainsi, il prétend qu’une enquête a été ouverte sur l’un des pires massacres de cette guerre, celui de la famille al-Samouni (29 morts). Or les Nations unies, dans le rapport cité par le même Goldstone à l’appui de sa thèse, affirment que l’officier responsable n’est pas l’objet d’une enquête judiciaire (lire les excellentes réfutations du récent éditorial du juge Goldstone sur le site Mondoweiss, notamment « Goldstone op-ed praises Israeli investigation of Gaza war crimes, but UN committee paints a different picture », par Adam Horowitz, 2 avril) ;

— enfin, si des points restaient à éclaircir et à confirmer dans le rapport Goldstone, c’est dû au fait que le gouvernement israélien a refusé de collaborer à la commission.

Il est douteux que la pitoyable rétractation du juge modifie l’image du gouvernement israélien. Elle aidera, en revanche, les gouvernements européens à justifier leur silence devant le blocus de Gaza et la colonisation qui continue, alors même que les révoltes arabes risquent de changer la donne. Des manifestations de jeunes se sont déroulées aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie et les deux pouvoirs ont tenté de les réprimer ; on parle pourtant à nouveau de réconciliation entre le Fatah et le Hamas. Mais personne ne peut cacher l’impasse stratégique dans laquelle se trouve le mouvement palestinien.

A la recherche de la Palestine Retour à la table des matières

Dans son nouveau livre, A la recherche de la Palestine. Au-delà des accords d’Oslo (Le Cygne, 2011, 20 euros), Julien Salingue aborde ces problèmes de front. J’ai préfacé ce texte qui me semble important pour le débat.

Demain, la Palestine ?

Les thèses exprimées par Julien Salingue dérangeront. C’est pour cela qu’il faut les lire et y réfléchir, car elles nous forcent à sortir du cadre étroit qu’imposent souvent des médias qui présentent le conflit en Terre sainte comme un affrontement entre deux peuples, entre deux légitimités et qui oublient qu’il met aux prises un occupant et un occupé. Comme de nombreux jeunes Français, Julien Salingue a découvert la Palestine au cours d’un voyage au début des années 2000. Comme beaucoup d’autres, il en a été bouleversé, car ce qu’il y a découvert ne peut laisser personne indifférent, surtout si l’on se réclame de la justice, des droits humains, de l’égalité. On ne sort pas indemne des violations de tous les principes que vivent quotidiennement les Palestiniens, dans un silence souvent complice des autorités occidentales.

On lira donc avec intérêt ses descriptions vivantes de la Palestine, comme ses analyses à contre-courant : la persistance de la question des millions de réfugiés palestiniens et de leurs aspirations ; les compromissions de l’Autorité palestinienne ; la crise interne du Fatah. Son chapitre sur la prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza montre que l’organisation islamiste n’a fait que répondre à une tentative de coup d’Etat orchestré par les Etats-Unis et l’auteur rappelle leur refus (et celui de l’Union européenne) de reconnaître le résultat des élections législatives de janvier 2006, refus qui éclaire d’un jour singulier la conception que l’Occident se fait de la démocratie.

Sur deux points fondamentaux, les thèses de Julien Salingue reprennent des controverses qui agitent le mouvement de solidarité avec la Palestine. Non sur le bilan des accords d’Oslo qui s’est révélé catastrophique, mais sur l’idée que ceux-ci devaient forcément déboucher sur l’échec. On pourrait, en effet, rétorquer, que ce n’est pas parce qu’un événement advient qu’il devait forcément advenir. De nombreux éléments impondérables, que ce soit l’assassinat d’Itzhak Rabin ou les erreurs de la direction palestinienne, ont pu jouer. Bien sûr, ces accords étaient plus qu’imparfaits, mais ne pouvait-on espérer une dynamique différente ? Après tout, en Afrique du Sud, qui aurait parié au début des années 1990 sur une solution politique assurant la victoire de la majorité ? D’autre part, il faut rappeler les conditions dans lesquelles sont signés ces accords en 1993, avec une OLP sortie affaiblie du soutien de Yasser Arafat à Saddam Hussein et menacée de disparition. On regrette parfois que l’auteur ne prenne pas suffisamment en compte les dynamiques politiques régionales et internationales, comme si le problème palestinien et sa solution pouvaient être isolés.

L’autre débat concerne la solution : un Etat palestinien à côté d’Israël ou un seul Etat ? Julien Salingue se prononce sans ambiguïté pour cette seconde solution, prônée par un nombre croissant de Palestiniens, tant la perspective d’un Etat en Cisjordanie et à Gaza apparaît de plus en plus irréaliste, compte tenu notamment de la colonisation et malgré le consensus international en sa faveur. L’Afrique du Sud peut-elle servir d’exemple ? Plein de points rapprochent les deux situations, mais il existe au moins deux différences : le rapport démographique entre « colons » et « colonisés » qui est de un à deux en Palestine (si on inclut les réfugiés) était de un à dix en Afrique du Sud. D’autre part, l’ANC a construit toute sa stratégie, y compris son usage de la violence, sur cette volonté de construire un pays multiracial et d’attirer à elle une partie de la population blanche. Un Etat unique où coexisteraient les Palestiniens et les Israéliens juifs peut-il se construire sans que ces derniers, d’une manière ou d’une autre, ne soient associés au combat ? Ce qui nécessite non seulement des moyens de lutte particuliers, mais aussi des perspectives claires. Le futur Etat sera-t-il un « Etat arabe » ? Sera-t-il binational ou celui de tous ces citoyens ? Quelles seront les garanties constitutionnelles ?

Julien Salingue a terminé son texte alors que déferlait sur le monde arabe une vague de révoltes qui ont abouti à la chute de nombreux dictateurs, en premier lieu en Tunisie et en Egypte. Partout se mêlaient les revendications de réforme politique et de justice sociale, obligeant les gouvernants à multiplier les concessions plus ou moins substantielles. Partout, s’exprimait une même volonté de reconquête d’une dignité bafouées par des pouvoirs qui disposaient à leur guise de leurs citoyens. Si ce « réveil arabe » est un événement historique, on peut s’interroger sur ses retombées en Palestine et en distinguer au moins deux.

En perdant un allié stratégique l’Egypte, les Etats-Unis déjà en déclin (en Irak comme au Liban) perdent de leur influence et de leur capacité à maintenir la fiction du « processus de paix ». L’Autorité palestinienne, jusque-là fortement soutenue par Hosni Moubarak, est plus isolée et aura plus de difficultés à continuer un dialogue avec un gouvernement israélien qui ne cherche qu’à prolonger l’occupation. C’est sans doute l’une des raisons de la relance des tentatives de réconciliation entre le Hamas et le Fatah.

Une autre conséquence concerne les pouvoirs en Palestine, en premier lieu l’Autorité mais aussi celui du Hamas. On l’oublie souvent, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) telle qu’on la connaît s’est affirmée dans le contexte de l’après-guerre de 1967, et a épousé une conception de la politique et de l’autorité qui n’était pas très éloignée de celle des autres pouvoirs dans le monde arabe. Certes, elle devait accepter un certain pluralisme, un débat vif en son sein, mais, en dernière instance, Yasser Arafat et ses successeurs ressemblaient par leurs méthodes aux autres dirigeants arabes. Quant au Hamas, sa structure interne comme le pouvoir qu’il exerce désormais à Gaza, avec les mêmes restrictions aux libertés que celles imposées par Ramallah, il n’échappe pas aux critiques, malgré sa stratégie de résistance à Israël. Ni l’Autorité ni le Hamas n’ont de réelle stratégie politique, à moins de penser que quelques roquettes lancées sur Israël changeront la donne.

Julien Salingue s’interroge, à juste titre, sur « le soulèvement palestinien qui vient ». Les derniers événements régionaux pourraient y contribuer. L’impasse actuelle et l’exemple des autres pays arabes ne conduiront-ils pas la population de la Cisjordanie, comme celle de Gaza, à exprimer ses aspirations à plus de liberté et de dignité ? A inscrire sa lutte dans un cadre de la défense des droits humains et de l’égalité, s’inspirant de l’exemple de l’opposition à l’apartheid en Afrique du Sud ? A se révolter « pacifiquement » à la fois contre ses dirigeants et contre l’occupation (sur la non-violence, on lira le chapitre particulièrement stimulant de Julien Salingue) ? L’armée israélienne, comme le relève un article du Jerusalem Post, se prépare avec crainte à cette éventualité en créant une force de réaction rapide. Et on peut penser qu’elle aura moins de scrupule que celle d’Egypte à tirer sur des citoyens désarmés.

http://blog.mondediplo.net/2011-04-04-Goldstone-la-justice-et-la-recherche-de-la