Qui souffle à pleins poumons sur les braises ?

BAUDOUIN LOOS

jeudi 24 mars 2011, 08:58

 

Pendant que l'attention de la communauté internationale se focalisait sur les révoltes arabes, le feu du conflit « de basse intensité » entre Israël et les Palestiniens couvait toujours.

Ces derniers jours, ce feu a repris de l'ampleur.

Incidents violents en Cisjordanie – jusqu'au meurtre à l'arme blanche de toute une famille de colons israéliens à Itamar –, nouveau cycle violent à Gaza impliquant roquettes palestiniennes suivies de sanglantes représailles israéliennes tuant des civils, dont des enfants : tout se passe comme si, peu à peu, une nouvelle guerre se préparait. Le dernier attentat, contre des bus à Jérusalem, ce mercredi, alimente cette inquiétante impression.

D'un point de vue stratégique, si l'on pose que le gouvernement israélien comportant la droite et l'extrême droite n'a aucune intention d'évacuer les territoires palestiniens occupés (dont Jérusalem-Est), l'attitude du Hamas – qui balance 50 roquettes en un jour contre les agglomérations israéliennes des environs de Gaza en représailles pour l'assassinat de deux de ses militants par l'aviation israélienne – offre aux autorités israéliennes les arguments pour justifier une attitude radicale, « virile », que l'opinion publique israélienne approuvera.

Et si le Hamas qui règne à Gaza, ce faisant, sabordait sciemment le début de réconciliation avec l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui avait décidé la semaine dernière de se rendre à Gaza pour discuter avec les islamistes, ce qui n'est déjà plus possible ? Pourquoi saborder ? Parce que, pensent certains observateurs, le Hamas craindrait les élections qu'une réconciliation charrierait immanquablement.

Le Hamas n'est pas le seul suspect : le gouvernement israélien n'a pas davantage intérêt à voir un gouvernement palestinien d'unité nationale reprendre forme. Car l'actuel mouvement mondial en faveur d'une reconnaissance officielle de la Palestine en perdrait son caractère factice, qui durera tant que les divisions palestiniennes persisteront. En tout cas, quand Israël dit que le terrorisme annihile le processus de paix, les Palestiniens, unanimes pour le coup, répondent : mais de quel processus de paix parle-t-on ?

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