Celles et ceux qui sont suffisamment au courant de l’histoire des partisans de l’application de l’idéologie sioniste, qui occupent la Palestine, au minimum depuis fin 1945, ont pour habitude de ne même pas utiliser le terme « état hébreu » (dont les fondateurs voulaient  qu’il soit habité par l’« hébreu nouveau », non religieux) , mais le vocable « entité sioniste ».

 

A la réflexion, si on a le souci logique et didactique d’utiliser « le juste mot pour la juste chose », ça n’est pas encore le bon choix et on « peut mieux faire » et plus juste . Cela tout  en n’ayant réellement aucune antipathie pour l’ensemble des Juifs ou personnes pensant l’être – ( tout  en étant évidemment incapable de prouver que ne serait-ce que la majorité de leurs ascendants habitaient  la Palestine et pratiquaient une des nombreuses versions du judaïsme déjà en l’an 0 de notre ère !  )- mais  en exécrant le sionisme, sinon les sionistes actuels dans leur ensemble,   lesquels sont peut-être finalement encore beaucoup  plus à plaindre qu’à blâmer.

 

C’est pourquoi on peut proposer « anomalie étatique sioniste », parce que beaucoup pensent que c’est un état « ordinaire et comme les autres »;  ils le  savent sioniste, sans connaître les écrits publics ou privés  et un minimum  de la vie des deux (2) plus beaux fleurons de cette idéologie  raciste, pour le moins aussi éthiquement inadmissible que le nazisme ou le communisme soviétique.

 

Pour ce qui est de Benjamin Ze’ev, alias Theodor Herzl,  il est toujours  assez amusant de voir la tête que font de jeunes juifs israéliens, qui ignorent souvent , entre autres,  cette manie des « pères fondateurs » d’hébraïser  leur appellation de naissance,  quand on leur montre honnêtement des extraits des  premiers propos écrits de l’Hongro-autrichien juif  qui sont carrément ce qu’il est convenu à tort de qualifier d’antisémites .

 

Eux mêmes et leurs  parents ignorent, entre autres, que le correspondant à Paris du journal viennois Die Neue Freie Presse pendant l’affaire Dreyfus avait d’abord rêver  de faire baptiser catholique tous les Juifs de Vienne lors d’une même cérémonie, pour mieux les intégrer à la société autrichienne !

 

Mais l’ignorance  est aussi du côté  des anti qui ne savent pas, entre autres,  que le projet Ouganda n’a toujours été, aux yeux  du (non)-fondateur du sionisme, qu’un pis aller provisoire, un « asile de nuit » (selon son  terme en allemand) , en attendant l’installation « sur la terre de nos aïeux donnée par Yahweh à son seul  peuple élu ». Donné sans acte de donation  présentable, faut-il le préciser, même si on a pu entendre ça et là, chez les fanatiques  religieux, hélas relayés par d’étranges chrétiens sionistes que…  « Notre cadastre, c’est la Bible »

 

Pour ce qui est de David Grün ; alias David Ben Gourion, il est extrêmement difficile, tant la matière est abondante (et peu louable aurait dit Molière) , de sélectionner les quatre ou cinq plus exécrables et révélatrices illustrations de son arrogance cynique, de son racisme sans borne et de sa gourmandise territoriale qui ont fait école.  Quoique très cultivé, ce Russo-polonais, fils d’Amants de Sion qui commença a apprendre l’hébreu  à 10 ans et l’enseigna à ses camarades à quatorze,  fut conscient que la majorité  des Arabes palestiniens qu’il s’apprêtait à faire tuer ou expulser étaient probablement descendants de Juifs convertis à l’Islam. Difficile, mais on peut toujours essayer une sélection, en  demandant le pardon des connaisseurs, de plus en plus nombreux en France.

 

 

 

« Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promis, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ? » ( Ben Gourion cité par Nahum Goldmann dans « Le Paradoxe Juif », page 121 et page 99 dans la version anglaise The Jewish Paradox, trans. Steve Cox (Grosset and Dunlap, 1978)

 

« Nous devons tout faire pour nous assurer qu’ils (les Palestiniens) ne reviennent pas » et « Les vieux mourront et les jeunes oublieront ».  (journal du 18 juillet 1948).

 

« Un Etat juif partiel n’est pas une fin, mais seulement un commencement. Je suis convaincu que l’on ne peut nous empêcher de nous établir dans les autres parties du pays et de la région. » ( dans une lettre à son fils en 1936) et  : « Les frontières des aspirations sionistes, incluent le Liban Sud, le sud de la Syrie, la Jordanie d’aujourd’hui, toute la Cisjordanie, et le Sinaï. » (au Conseil de Paalei Zion, futur Parti Travailliste, à Tel-Aviv en 1938). Si ce n’est pas du fanatisme amoral, c’est quoi ?

 

Mais, quoiqu’il en soit du florilège, alors que d’autres sionistes ne sont pas en reste pour ce qui est de susciter le dégoût du racisme foncier, pourquoi   »anomalie », dont la définition possible est « Ce qui s’écarte de la norme, d’un modèle habituel » avec pour étymologie le latin  anomalia, traduisible comme en grec par irrégularité  (non lisse) ?

 

Parce qu’incontestablement cette application idéologique territoriale, appelée Israël,  par un vote hâtif le 12 mai 1948 au soir par la crème du Yichouv, le gouvernement provisoire  sioniste  (soit une dizaine de votants), de préférence à « Sion » qui eut été à la fois plus religieux, plus historique et  plus clair,  est totalement hors  norme.

 

Pas de constitution (malgré l’engagement solennelle lors de la déclaration encore mal dite d’indépendance), Pas de frontières définitives, vu la volonté toujours  actuelle de s’étendre « un jour » jusqu’au  mythique et totalement infondé « Eretz Israël » qui va jusqu’à l’est de la frontière  jordanienne, au Nil et au fleuve libanais  Litani ; cet objectif n’étant pas que celui des fanatiques religieux .

 

Pas de …, pas de .., pas de … et, le  comble,  pas de nationalité unique, ce qu’ignorent probablement, par exemple, 90 % de nos parlementaires et leurs attachés réunis ; aucun habitant de la Palestine « historique », fut-il juif de trimillénaire ascendance juive garantie, (ce qui est strictement impossible, comme pour nous tous) n’ayant effectivement et juridiquement  la nationalité israélienne aux yeux même de la loi locale.

 

C’est bien pourquoi  il est légitime de dire qu’on n’a pas vraiment affaire  à un état au sens habituel et normal du terme et qu’il s’agit bien, sinon d’un « machin » comme l’ONU dont  les décisions ne sont pas respectées par « l’état hébreu » ,  du moins véritablement d’une anomalie étatique.

 

Alors que précisément à l’ONU, censé représente la mythique et tout aussi inexistante « communauté internationale », toute fondamentale et vitale  décision très dérangeante pour l’anomalie étatique sioniste est systématiquement annihilée par les USA, dont  il est amplement prouvé et reconnu par certains parlementaires qu’il est impossible  d’être  un élu, présidence incluse, si on ne se soumet pas  aux diktats du puissant lobby sioniste AIPAC, ce  qu a permis au criminel Ariel Sharon (qui n’en finit pas de mourir, comme son état) de dire :

 

« Chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites que l’Amérique fera ceci ou fera cela … je vais vous dire quelque chose de très clair : Ne vous préoccupez pas de la pression de l’Amérique sur Israël, nous, les Juifs, contrôlons l’Amérique, et les Américains le savent ». (3 octobre 2001, à Shimon Pérès, cité sur la radio Kol Yisrael).

 

Le même ayant  aussi,  entre autres, déclaré  «Les accords d’Oslo (première tentative d’accord de paix entre autorités israéliennes et Palestiniennes) sont la plus grande catastrophe qu’ait connue Israël depuis sa création » et « Tant qu’il restera un seul Arabe dans le pays, la guerre d’indépendance ne sera pas terminée »

 

Cette gouvernance effective sioniste  des USA, autre énorme anomalie s’il en est,  ne  laissant pas beaucoup d’espoirs aux Palestiniens patriotes. Même s’il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre de faire connaître, non seulement l’’inéthiquité’ que les faits quotidiens depuis plus de 62 ans rendent pourtant évidente, mais encore illégitimité, selon le droit international, de la création et de la perdurance  de l’anomalie étatique sioniste

Evolspir

http://www.centpapiers.com/l%E2%80%99anomalie-etatique-sioniste/42998