COMMUNIQUE DE PRESSE

 

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Au cours de l'inauguration des nouveaux locaux de la société Egis Rail avenue Thiers à Lyon, militantes et militants de plusieurs organisations ont tenu à manifester contre le tramway de Jérusalem, outil de la colonisation israélienne en Palestine.

 

En effet, un contrat a été signé par la société Egis Rail en 2008 avec Jerusalem Transportation Master Plan, concernant la contruction de 3 lignes de tramway qui, à terme, rapprocheront Jérusalem-Ouest des colonies juives de Jérusalem-Est.

 

Cette construction, très politique, participe donc à l’irréversibilité de l’occupation et est illégale au regard du Droit Internationnal.

 

Les militants ont brandi des panneaux 'NON AU TRAMWAY DE LA COLONISATION" ... et ont diffusé un tract aux invités de l'inauguration (lire ci-dessous)

 

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EGIS RAIL , PARTENAIRE DE LA COLONISATION DE JERUSALEM


La direction de la société Egis Rail a pris en charge l'assistance à la réalisation de 3 lignes du futur tramway de Jérusalem, un projet illégal au regard du droit international puisqu'il relie Jérusalem ouest aux colonies établies en Cisjordanie. En tant que citoyens d’Etats dits de droit, nous sommes prêts à mettre devant leurs responsabilités les dirigeants d'entreprises qui voudraient que leurs crimes à l'étranger restent impunis.


Egis Rail a décroché en 2008 un contrat de 11,9 millions d'euros avec la Jerusalem Transportation Master Plan récupérant ainsi, via la Caisse des Dépôts et Consignation, un projet initialement obtenu par Véolia. Celle-ci appartient au consortium City Pass (composé de 4 entreprises israéliennes et les entreprises françaises Alstom et Connex - filiale transport de Véolia) qui a obtenu le contrat pour la construction du tramway. Véolia détient en plus la concession de 30 ans pour son exploitaion. La CDC, en tant qu' actionnaire de Véolia et d'Alstom, est donc impliquée dans ce projet depuis 2005.


Or aprés une procédure judiciaire et une campagne de pression de la société civile, Véolia tente de s'en défaire.

En 2007, le TGI de Nanterre a été saisi par l'Association France Palestine Solidarité, soutenue par l'Organisation de Libération de la Palestine pour l’annulation du dit contrat. Malgré les recours d’Alstom et Véolia, la Cour d'Appel de Versailles a confirmé le 17 Décembre dernier, la compétence du TGI pour juger cette affaire. Car non seulement l'Autorité Palestinienne n'a pas donné son accord pour un projet qui traverse son territoire, mais de plus, celui-ci contrevient aux textes de la IVème Convention de Genève, qui interdit la colonisation d'un territoire. Ces lois ont été réaffimées par la Cour Internationale de Justice en 2004 qui condamnait le mur construit par Israël: toute infrastructure ou autre projet servant ces colonies ou agissant pour perpétuer leur existence est par extension illégale.

D’autre part, une campagne qui a mobilisé de nombreuses associations en Suède, au Royaume-Uni, en Norvège, en France... a fait perdre à Véolia plusieurs milliards d'euros de contrats avec les autorités locales, tout en poussant des fonds d'investissements à retirer la société de leur portefeuille d’action..

Elle aurait déjà revendue la moitié de ses parts à la société de transport israélienne Dan Bus. Si elle ne réussit pas à s'en débarrasser elle pourrait poursuivre son implication dans le projet à travers la nouvelle entité née de la fusion de Transdev, filliale de la CDC et Véolia transport.

Ce précédent montre que la direction d'Egis Rail a fait le choix conscient et calculé d'un comportement voyou puisqu'elle a accepté ce projet en toute connaissance de cause, qu'elle en connaît les risques, qu'elle les a pris et qu'elle y engage ses employés ainsi que les pouvoirs publics.


Urbanisation et politique : un tramway fondamentalement colonial.


La ville de Jérusalem, dont la partie Est est reconnue par le droit international comme capitale du futur Etat palestinien, a été annexée illégalement par Israël en 1967. En répondant à l'appel d'offre de la JTMP, la direction d'EgisRail reconnaît l'autorité de cette institution sur l'espace de Jérusalem-est. Mais avant tout, ce que nous condamnons, c'est sa collaboration à un projet d'urbanisme dans un territoire occupé militairement et qui participe d'une politique coloniale.

Dans une colonisation menée autant par des soldats, des chars, des bulldozers et des colons (200 000 rien qu’à Jérusalem-est) que par la construction de bâtiments et de murs, le trawmay de Jérusalem n'est pas une réalisation technique neutre. L'architecture et l'urbanisme sont partie intégrante de l'ensemble des politiques publiques. Il s'agit d'organiser matériellement et spatialement le cadre de la vie commune. Mais dans la mise en oeuvre d'une politique coloniale, cette vie commune se transforme en ségrégation.

Dans les Territoires Occupés Palestiniens, les routes construites par les Israéliens sont déjà réservées aux seuls colons. Mais il suffit de regarder le plan actuel du réseau du tramway pour s’apercevoir qu’à une exception près, aucun arrêt n'est prévu dans les zones palestiniennes. De plus, le porte-parole de la société Dan Bus a expliqué pourquoi les Israéliens et les Palestiniens ne devaient pas se rencontrer dans ce tramway, rappelant ainsi la tristement célèbre ségrégation raciste aux USA ou encore l'Apartheid en Afrique du Sud.

Au regard donc de la politique de terrain, la communication d'EgisRail ne peut prétendre à satisfaire l'intérêt général et à rassembler les peuples par le biais de cette infrastructure.


Pour comprendre les enjeux politiques que représente ce tramway, il faut savoir que les gouvernants israéliens ont réaffirmé leur désir de voir Jérusalem devenir "la capitale unifiée et indivisible d’Israël". Cette option s’exprime à travers l’ensemble des mesures répressives prises à l’encontre des Palestiniens afin de contenir leur croissance démographique et atteindre la judaïsation complète de la partie orientale de la ville. Ainsi, les Palestiniens n'ont pas le droit de se déplacer librement dans leur propre pays et l'entrée dans leur capitale leur est INTERDITE. Les Jérusalemites originels, quant à eux, vivent sous un statut d’étranger permanent dans leur propre ville et peuvent se voir révoquer leurs papiers d’identité à tout moment. Pire, une politique de nettoyage ethnique est déjà à l'oeuvre par l'expulsion des familles palestiniennes les unes après les autres, soit en les remplaçant par des colons juifs venus de l’étranger, soit en détruisant sommairement leur maisons.


En somme, en reliant Jérusalem Ouest aux proches colonies établies en Cisjordanie, ce tramway s'inscrit dans la volonté politique israélienne de rendre irreversible l’annexion de Jérusalem-est, qui, entourée de colonies et de murs et colonisée en son sein même, est maintenant coupée du reste de la Cisjordanie. Egis rail a sciemment choisi une stratégie commerciale qui viole le Droit Européen (l'article 2 de l'accord d'association UE-Israël prévoit la suspension des relations économiques avec Israël en cas de non respect des droits de l'Homme) et le Droit International.

En tant qu'associations de soutien au peuple palestinien et à sa résistance, alors que la campagne Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre l'apartheid israélien se développe internationalement, la participation d'EgisRail à la mise en oeuvre de ce projet ne pouvait que nous mobiliser. Nous tenions à en informer les employé(e)s qui, à leur insu, sont impliqué(e)s dans un projet qui sert une politique coloniale et raciste.

GENERATION PALESTINE

UNION JUIVE FRANCAISE POUR LA PAIX

ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITE

CAPJPO EUROPALESTINE

Liens utiles:

www.bdsfrance.org

http://mobile.france24.com/fr/20091109-boycott-tramway-j%C3%A9rusalem-ONG-veolia-alstom

http://www.france24.com/fr/20090803-israel-police-expulsion-deux-familles-arabes-jerusalem-est-colonisation

http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/israel-urged-stop-settlement-expansion-east-jerusalem-2010-03-10

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/REKACEWICZ/14411

http://www.medea.be/index.html?doc=41