ONU. Le processus de paix palestino-israélien a été le parent pauvre de la session de l’Assemblée générale de l’Onu. Israël persiste à dresser les obstacles face à une administration américaine peu énergique.

Déception palestinienne à l’Onu 

C’était, dit-on, l’occasion de la dernière chance. Il s’agit de cette réunion de l’Assemblée générale de l’Onu, où tout le monde aspirait d’entendre la nouvelle d’une relance du processus de paix au Proche-Orient. Mais c’est une occasion ratée comme bien d’autres qui l’ont précédée. Et selon les termes même de Mahmoud Abbass : « La voie est à présent bloquée ». Resté lettre morte depuis le 29 décembre 2008, date de l’agression israélienne contre la bande de Gaza, que subsiste-t-il du processus de paix ? Il devient, en fait, un terme qui perd avec le temps de l’éclat voire de son sens même.

l’Autorité palestinienne, qui envisageait de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu et l’Assemblée générale pour faire arrêter la colonisation israélienne, est rentrée les mains vides. C’est la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est qui se dresse aujourd’hui comme la principale pierre d’achoppement empêchant la reprise des négociations de paix. Le discours d’Obama à l’Onu, selon ses termes, paraît ambitieux. Le président américain déclare que « l’Amérique n’accepte pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne » et qu’« il est temps de relancer, sans conditions préalables, les négociations portant sur les questions du statut final : la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens, les frontières, les réfugiés et Jérusalem », a-t-il ajouté. « L’objectif est clair : deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. Un Etat juif d’Israël, offrant une réelle sécurité à tous les Israéliens, et un Etat palestinien viable, indépendant et disposant d’un territoire contigu mettant fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 ». Et ensuite ? Le processus de paix d’Obama, comme toujours, ne semble mener nulle part.

L’administration Obama a épuisé ses huit premiers mois à négocier avec Israël sur un gel des colonies, mais toujours sans résultat. Le sommet tripartite à New York, regroupant Obama avec le premier ministre, Benyamin Netanyahu, et le président palestinien, Mahmoud Abbass, en marge de l’Assemblée générale de l’Onu, n’était qu’un événement médiatique. Il n’a accouché de rien de plus que d’une poignée de main devant les caméras. On dit même que ce show était l’objectif même de ce sommet. Puisque les deux parties se sont réunies sans préparation et sans compromis précis à prévoir. En fait, cet échec de ce sommet a été précédé par un autre, une semaine avant la séance de l’Onu. La tournée de quatre jours de l’envoyé spécial américain au Proche-Orient, Georges Mitchell, faisant la navette entre les Palestiniens et les Israéliens a confirmé bien ce blocage et Mitchell a quitté la région sans aucun espoir d’une relance des négociations.

Pour les Palestiniens, les négociations ne reprendront pas tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Quant à Netanyahu, son gouvernement n’envisage pas le « gel » de la colonisation, mais seulement un « ralentissement » de la construction limité à plusieurs mois.

L’origine de tous les maux

En fait, la création d’un Etat palestinien est minée par la colonisation. Ce rythme actuel accéléré de la colonisation, du gouvernement de droite de Netanyahu en Cisjordanie occupée, risque d’anéantir les chances de création d’un Etat palestinien. Des travaux sont en cours pour la construction d’une soixantaine de logements juifs dans le quartier de Arab Al-Sawahra d’Al-Qods. Ils visent à compléter la ceinture des quartiers juifs qui entourent la partie orientale arabe d’Al-Qods.

3 000 logements dans des implantations de la Cisjordanie occupée sont en cours.

Selon Abdel-Qader Yassine, écrivain palestinien qui vit en Egypte, il n’existe pas aujourd’hui ce qu’on appelle un processus de paix. « Le différend qui paraît sur la surface entre l’administration Obama et Israël n’est qu’illusoire. Obama veut seulement prouver au monde qu’il déploie des efforts pour la paix. Mais au fond, il soutient cette intransigeance d’Israël. S’il est vraiment sérieux, pourquoi ne parle-t-il pas du même ton que celui qu’il utilise quand il s’agit du nucléaire iranien ? », s’interroge-t-il. Il ajoute que c’est seulement des manœuvres pour tenter d’obtenir des Etats arabes qu’ils normalisent leurs liens avec Israël. « Sous prétexte d’infléchir les positions israéliennes, le président américain incite les pays arabes vers une normalisation des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ».

Mais en fait, les divisions interpalestiniennes assument aussi une part de la responsabilité.

Selon Mohamad Abdel-Salam, politologue au Centre d’études politiques et stratégiques d’Al-Ahram, la position du Hamas paraît comme s’il veut que le processus face

le processus de paix au Proche-Orient, tel que conçu par l’Accord d’Oslo en 1993, est-il encore en mesure de servir de base à la recherche d’un règlement global de la question de Palestine ? Les faiblesses de la session de l’Onu sont représentatives de toutes les difficultés présentes.

Aliaa Al-Korachi 

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/9/30/evep2.htm

marche arrière. Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement à Gaza, a déclaré que « personne n’avait de mandat pour négocier les droits du peuple palestinien ». Autrement dit, Mahmoud Abbass n’a pas la légitimité pour aller à New York. Le Hamas doit répondre cette semaine à la proposition du Caire pour la réconciliation avec Fatah. « Des entraves dans la réconciliation interpalestinienne veulent dire des entraves dans la relance du processus du paix, ce qui verse dans le camp d’Israël qui profite bien de ce différend et parle d’un manque d’interlocuteur » conclut Abdel-Salam.