FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

30 septembre 2009

PAROLE DE SOLDAT | Yehuda Shaul a recueilli les témoignages accablants de jeunes Israéliens qui ont combattu

PAROLE DE SOLDAT |

Yehuda Shaul a recueilli les témoignages accablants de jeunes Israéliens qui ont combattu dans la bande de Gaza. Entretien choc. 

Yehuda Shaul

 

© Laurent Guiraud/29 septembre 2009 | Yehuda Shaul dirige Breaking the Silence (Briser le silence), une organisation de vétérans qui veut forcer la société israélienne à regarder en face la réalité brute.

ANDRÉS ALLEMAND | 30.09.2009 | 00:01

«Le gouvernement israélien nous ment. Il trahit ses propres troupes. A Gaza, les dérapages n’étaient pas des cas isolés mais une pratique généralisée. Les témoignages de soldats ne manquent pas. Et je vous parle là d’une vingtaine de soldats, en majorité encore en service et favorables à une offensive contre le Hamas.»

Du haut de ses 26 ans, Yehuda Shaul est un ancien combattant. Il a servi l’armée israélienne de 2001 à 2004, dont deux ans dans les Territoires palestiniens, qui l’ont profondément marqué.

Il dirige Breaking the Silence (Briser le silence), une organisation de vétérans qui veut forcer la société israélienne à regarder en face la réalité brute.
«Et la réalité de l’offensive à Gaza, c’est que le gouvernement s’est débarrassé des limites morales. Il a changé les règles de la guerre. Sans le moindre débat dans la société civile», assène Yehuda Shaul. Nous l’avons rencontré hier à Genève, alors qu’au Palais des Nations faisait rage une tout autre bataille, très diplomatique.

Vous affirmez qu’un changement fondamental s’est produit durant la guerre de Gaza. Lequel?
Je ne reconnais plus l’armée. Nous avions été formés à préserver la vie des civils. A ne jamais tirer en cas de doute. Il y avait bien sûr des dérapages et des abus, nous en avons documenté certains. Mais à Gaza, c’est tout autre chose. Une fois les civils avertis (par des tracts ou des coups de fil) qu’une attaque israélienne était imminente, les soldats devaient attendre cinq minutes puis considérer qu’il n’y avait que des ennemis sur le champ de bataille. Bombardés à coups d’obus et de mortiers, abondamment mitraillés, les bâtiments étaient pris d’assaut par les troupes, lançant parfois des grenades avant d’entrer…

Quelles étaient les consignes?
Il n’y avait pas vraiment de consignes, mais une mission précise à accomplir et une priorité absolue: préserver sa propre vie, quitte à tuer des innocents. Cette guerre serait devenue impopulaire en Israël si l’armée perdait beaucoup d’hommes. Ce n’était donc pas une volonté d’éliminer beaucoup de Palestiniens. Mais à l’armée, on sait que la meilleure protection pour un soldat, c’est d’avancer avec une puissance de feu maximum. Le résultat, ce sont donc des tanks qui lancent des dizaines d’obus. Autrefois, avant chaque tir, il fallait l’aval d’un commandant!

Ajoutez à cela les récits d’officiers déclarant aux soldats que si Israël n’était pas une démocratie, ils pourraient mieux faire leur boulot. Ou encore, les Palestiniens abattus au cas où ils auraient été des informateurs du Hamas. Sans parler des zones rasées alors que les combats avaient cessé depuis longtemps et que les quartiers étaient abandonnés. Personne ne sait ce qui s’est réellement passé dans la bande de Gaza.

Que voulez-vous dire?
La société israélienne croit qu’il s’agissait d’attaquer les «méchants» du Hamas. Cela, personne ne va le leur reprocher. Mais était-ce le véritable objectif? Il y a eu beaucoup de bombardements, mais relativement peu de combats face à face. Gaza City n’a même pas été envahie…

Les autorités israéliennes font tout pour discréditer notre travail, mais le public commence à prendre au sérieux nos témoignages. Et à poser des questions.


Briser le silence: mode d’emploi

Breaking the Silence? C’est le nom d’un réseau de 700 jeunes Israéliens qui ont servi dans les Territoires palestiniens. «A travers eux et à leurs carnets d’adresses, nous entrons en contact avec des soldats dans tous les secteurs de l’armée. Certains acceptent de témoigner. Anonymement bien sûr, pour ne pas finir en prison», explique le directeur de l’organisation, Yehuda Shaul, qui est lui aussi un vétéran.

Pour quel objectif? «Initialement, nous voulions que la société israélienne sache ce que nous endurions et ce que nous faisions endurer dans les Territoires palestiniens. Nous ne réclamons pas la fin de l’occupation. Nous disons qu’il n’y a pas d’occupation «éclairée». Qu’on le veuille ou non, cette expérience corrompt les jeunes. Après ça, comment voulez-vous regarder les Palestiniens comme des égaux?»

Posté par MCPalestine à 11:57 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Goldstone persiste et signe

Goldstone persiste et signe

Sep. 29, 2009
ELANA KIRSH , THE JERUSALEM POST

L'enquêteur de l'ONU, Richard Goldstone, a appelé mardi la communauté internationale à mettre fin à la "culture d'impunité du viol des droits internationaux en Israël", selon un communiqué des Nations Unies.

Richard Goldstone s'est adressé au Conseil des droits de l'homme pour défendre le rapport d'enquête des Nations unies sur l'opération Plomb durci à Gaza : l'étude constatait qu'Israël, autant que les groupes palestiniens armés, avaient commis des crimes de guerre, voire, contre l'humanité.

Le juge a exhorté le comité à renvoyer le rapport au Conseil de sécurité des Nations unies, car selon lui, ni Israël, ni le Hamas, n'ont mené d' enquêtes internes sur leur rôle dans l'affrontement de l'hiver dernier.

Si les parties ne peuvent pas répondre aux questions du Conseil de sécurité, dit-il, la question devra être transmise à la Cour pénale internationale.

Pour Goldstone, "il est maintenant temps d'agir. Une culture de l'impunité dans la région perdure depuis trop longtemps. Le manque de responsabilité pour les crimes de guerre et les crimes présumés contre l'humanité a atteint un point critique; le manquement permanent de la justice érode le moindre espoir d'issue positive au processus de paix et renforce l'environnement violent de la région. "

Parmi les conclusions du rapport, l'équipe d'enquête a constaté que les tirs terroristes depuis Gaza, constituaient des crimes de guerre. Il a également déclaré que le blocus imposé par Israël a entraîné la violente prise de pouvoir du Hamas à Gaza, il y a de cela quatre ans.

Alors que Goldstone a concédé à Israël le devoir de protéger ses citoyens, il pense que cela "ne justifie en rien une politique de punition massive d'un peuple sous occupation, en détruisant leurs moyens de mener une vie digne. "

This article can also be read at http://www.jpost.com /servlet/Satellite?cid=1254163540975&pagename=JPArticle%2FShowFull

Posté par MCPalestine à 11:47 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

interview d' Avraham B. Yehoshua Ecrivain israélien

La relation est étroite entre ceux qui s’autoproclament "camp de la paix" en Israël et leurs homologues de la gauche européenne.

Dans «le Nouveau Philosémitisme européen et le «camp de la paix» en Israël» (La Fabrique), Yitzhak Laor, poète, éditorialiste au quotidien «Haaretz» et figure de l'extrême-gauche, s'attaque violemment, à travers eux, à ce «camp de la paix» - d'après lui massivement ashkénaze, laïque et travailliste - et aux intellectuels européens qui le soutiennent. Selon Laor, si ces trois écrivains (David Grossman, Amos Oz et A. B. Yehoshua.)sont perçus si favorablement par ces Européens, c'est que tous communieraient dans la même peur et la même haine de l'Orient.

« Les colons pourraient vivre comme minorité juive dans un Etat palestinien »

Avraham B. Yehoshua Ecrivain israélien

propos recueillis par JEAN-CLAUDE VANTROYEN

jeudi 24 septembre 2009, 09:43

L’écrivain Avraham B. Yehoshua, né à Jérusalem en 1936, a été récompensé par une dizaine de prix internationaux et surtout par le prestigieux grand prix de Littérature d’Israël pour l’ensemble de son œuvre. Il a touché le public français avec des ouvrages comme L’Année des cinq saisons (1990) ou Le Responsable des ressources humaines (2005), publiés chez Calmann-Lévy.

Nous l’avons rencontré à Tel-Aviv et interrogé sur le conflit israélo-palestinien.

Quelle attitude avez-vous aujourd’hui devant le blocage du processus de paix ?

Depuis 42-43 ans, je défends une solution, la coexistence d’un Etat israélien et d’un Etat palestinien, qui, finalement, a été acceptée par la majorité israélienne, y compris l’actuel Premier ministre Netanyahou. Il y a un accord général en Israël et même parmi les Palestiniens que c’est le chemin de la paix. Mais en même temps, les dernières phases sont très difficiles. Et c’est pour cela que, depuis plusieurs années, je dis : sans l’aide massive de l’Europe, sans les pressions agressives de l’Europe et de l’Amérique, ça ne va pas bouger. Car si on connaît la solution, elle devient de plus en plus difficile à mettre en place.

Pourquoi ?

Pour deux raisons. D’abord, certains Palestiniens se disent aujourd’hui qu’on pourrait aller vers un Etat binational. Pourquoi, pensent-ils, avoir un petit Etat palestinien en morceaux et sans tout Jérusalem, avec des problèmes énormes. Nous allons au contraire attendre et finalement, il y aura un Etat pour les deux peuples. Comme en Belgique, mais là, ce sont deux peuples chrétiens, qui ont fait la guerre ensemble sous l’occupation et s’il y a une différence de langue, ce n’est rien du tout quand on parle des Palestiniens et des Juifs, des religions, des histoires, des économies totalement différentes, des connexions avec l’extérieur, les Juifs avec le monde juif, les Palestiniens avec le monde arabe. Un seul Etat pour deux peuples, ce serait l’enfer total. Mais les Palestiniens disent : nous sommes des Arabes, nous avons une vision différente de l’histoire, nous sommes patients. Et dans cent ans, l’Etat binational sera palestinien.

Et la deuxième raison ?

Ce sont les colons. On ne peut pas retirer les 300 ou 400.000 Juifs des territoires palestiniens, après ce trauma national qu’a été le retrait des 8 à 9.000 colons de Gaza.

Alors ?

Il faut trouver d’autres programmes, de nouvelles suggestions. Comme la question d’une minorité juive dans l’Etat palestinien. C’est tout à fait possible. Une fois la frontière établie, les colons juifs qui veulent revenir en Israël reviennent, ceux qui veulent rester restent comme citoyens palestiniens. Ce n’est pas grave pour l’Etat Palestinien, les colonies ne forment que 2 à 3 % de son territoire, et ça fera une minorité juive de 3 à 4 % dans l’Etat palestinien comme il y a une minorité de 20 % d’Arabes en Israël.

Les colons le voudront-ils ?

Pourquoi pas ? Ce sera très bien là-bas, c’est mieux que dans les cités serrées d’Israël. Et ils ne payeront que 7 % d’impôts plutôt que les 30 % d’ici. On doit les convaincre : il n’y a pas un gouvernement qui peut arracher les colons de là-bas. Les Américains ne font rien, ils sont coupables dans toute cette affaire : ils pouvaient arrêter ça il y a 30-40 ans, en une seule phrase. C’est un cas à étudier en sciences po : comment un Etat de 5 millions d’habitants peut faire jouer son jeu par un pays de 200 millions d’habitants comme les Etats-Unis. Vous pensez que Netanyahou a peur d’Obama ? On a discuté avec huit présidents américains, alors… Nous avons une grande expérience. Quand Obama était élu, j’étais content, j’ai pleuré. Maintenant Obama est comme les autres, qu’est-ce qu’il peut faire ? Il a ses problèmes, l’Irak, l’Afghanistan, est-ce qu’il va se casser la tête pour la question des colons ? Pourtant, c’est la seule solution.

Et Jérusalem ?

Séparer les Palestiniens et les Israéliens, c’est comme séparer des frères siamois : il faut une salle d’opération et 17 médecins. Ce qu’on pourrait faire, c’est donner le statut du Vatican à la vieille ville. Et je pense que les chrétiens doivent intervenir à ce sujet. C’est 1 km2. Une ville sainte dominée par les trois religions avec ce statut particulier de Vatican. C’est difficile, mais on doit essayer. On ne peut pas dire qu’à cause de Jérusalem on ne va rien faire. Et on ne peut le faire sans pression et sans aide de l’Europe.

Pression sur qui ?

Sur Israël et sur les Palestiniens. Pour l’avenir d’Israël, son identité et sa sécurité, il faut faire cette pression. L’Europe doit dire : nous avons créé cet Etat avec l’ONU, nous avons une responsabilité, il faut intervenir de façon active. Dire : si vous acceptez la solution, vous serez admis dans la zone euro, par exemple.

C’est une bonne carotte ?

C’est une grande tentation, pour les Israéliens et pour les Palestiniens aussi. Ces derniers ne sont pas autosuffisants, ils sont inquiets. Alors si on dit aux deux : on va faire une exception, vous serez membre de la Communauté européenne si vous arrivez à la paix. La tentation économique est forte. Pourquoi pas ?

Et le bâton ?

Arrêter les constructions dans les colonies doit être une exigence très claire et très ferme.

On le dit depuis 16 ans.

Le problème est de le dire d’une façon franche.

Vous êtes optimiste ?

Nous avons passé tant de choses ici que je ne peux pas continuer à être pessimiste. Nous avons eu une guerre totale, l’Egypte ne voulait pas serrer nos mains, maintenant l’Egypte est en paix avec Israël et nous discutons avec les Palestiniens. Si on voit d’où on vient, on ne peut pas être pessimiste. Mais le problème est l’intervention de l’Europe parce que l’Amérique est incapable de le faire. Il faut que l’Europe prenne l’attitude d’un père envers son fils : on est contre l’installation des colonies, pas pour vous ennuyer mais pour l’avenir d’Israël.

Posté par MCPalestine à 11:38 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Un général israélien prédit des offensives futures à Gaza

Un général israélien prédit des offensives futures à Gaza
(AFP) –
JERUSALEM —

Le chef d'état major adjoint israélien a prédit samedi qu'Israël lancera des offensives futures contre le mouvement Hamas qui contrôle de la bande de Gaza, dans une interview télévisée.
L'offensive "plomb durci", lancée par Israël en décembre-janvier derniers "ne constitue qu'un round parmi d'autres" dans la campagne contre le Hamas, a déclaré le général Dan Harel à la seconde chaîne de télévision israélienne.
"Ces opérations pourront prendre des formes diverses, avec ou sans une occupation du terrain", a-t-il poursuivi.
"Il n'y a pas d'autre choix tant que l'autre camp refuse d'accepter notre existence"? a-t-il ajouté, en allusion au fait que les groupe islamistes prônent à plus ou moins long terme la destruction de l'Etat juif.
Du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, l'armée israélienne a lancé une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, censée faire cesser les tirs de roquettes par des groupes palestiniens contre le territoire israélien.
Plus de 1.400 Palestiniens y ont péri, en majorité des civils d'après les services d'urgence palestiniens.
L'étendue des dommages à valu à Israël d'être accusé de crimes de guerre par la commission Goldstone de l'ONU qui a également mis en cause les groupes armés palestiniens à cause de leurs tirs de roquettes contre Israël.
Depuis vendredi, la bande de Gaza connaît une nouvelle flambée de violence après la mort de trois membres du mouvement radical Jihad islamique, tués dans un raid de l'aviation israélienne.
Dix-sept Palestiniens ont été blessés samedi par l'armée israélienne lors d'une manifestation à l'ocacsion des funérailles des trois hommes, selon des sources médicales et des témoins.
Les manifestants ont lancé des pierres contre des soldats de l'autre côté de la clôture séparant la bande de Gaza d'Israël, brandi des armes et tiré des coups de feu aux cris de "Vengeance, vengeance, brigades al-Qods" et "Réponse, réponse à Tel Aviv", en référence au bras armé du Jihad islamique.
L'armée israélienne a diffusé pour sa part un film de l'attaque pris par un drone montrant que le véhicule ciblé dans le raid transportait des roquettes dont l'une a même été tirée après l'attaque.

Posté par MCPalestine à 11:16 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Une plainte contre un Israélien au TPI

Une plainte contre un Israélien au TPI
BAUDOUIN LOOS
samedi 26 septembre 2009, 11:39
http://www.lesoir.be/actualite/monde/2009-09-26/plainte-israelien-tpi-729468.shtml

Un premier Israélien pourrait-il faire être inculpé par le Tribunal pénal international (TPI) pour des faits liés à l'opération militaire lancée par son pays contre Gaza entre le 27 décembre et le 18 janvier dernier ?
Il n'y a pas encore de réponse à cette question qu'une observation lâchée lundi à l'hebdomadaire Newsweek par le procureur du TPI, l'Argentin Luis Moreno-Ocampo, permet de poser.
Comment cela pourrait-il advenir alors qu'Israël ne reconnaît pas le TPI ? Moreno-Ocampo a été saisi d'une plainte concernant un officier israélien qui possède aussi la nationalité sud-africaine ; or l'Afrique du Sud fait partie des 109 Etats qui reconnaissent cette cour basée à La Haye.
Le lieutenant-colonel David Benjamin, c'est son nom, est un juriste diplômé de l'Université du Cap. Il avait raconté, lors d'une interview diffusée juste après la guerre sur le site Boomberg.com, comment s'étaient passées les choses pour lui qui faisait partie de l'équipe de conseillers juridiques de l'armée israélienne : « La campagne de Gaza a été planifiée de longue date ; l'aval pour les cibles qui pouvaient être attaquées, les méthodes de guerre, tout cela passait par nous », avait-il dit.

Cet été, David Benjamin, qui a quitté l'armée israélienne entre-temps, participait à une conférence en Afrique du Sud quand il prit connaissance de la plainte pour crimes de guerre déposée le 8 août par un professeur d'université et un comité propalestinien de solidarité ; il préféra ne prendre aucun risque, abrégea son séjour et quitta le pays.
Au quotidien israélien Haaretz, il a expliqué jeudi qu'il n'avait pas été directement impliqué dans la planification des opérations à Gaza, qu'il avait simplement évoqué dans l'interview à Bloomberg.com le travail du bureau juridique de l'armée en général, pas sa propre implication, et qu'il ne se trouvait d'ailleurs pas en Israël durant la majeure partie de la guerre.
A La Haye, Luis Moreno-Ocampo a donc confirmé qu'il se renseignait sur ce cas. Ce qui ne signifie pas que sa religion soit faite. On notera, au passage, que son bureau étudie aussi la recevabilité de plaintes pour crimes de guerre ou contre l'humanité qui auraient été commis en Afghanistan par l'Otan, par les troupes américaines en l'occurrence. D'autres cas à l'étude concernent la Géorgie, le Kenya et la Colombie.

Posté par MCPalestine à 11:11 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

22 septembre 2009

Une interview exclusive de Khaled Meshal, dirigeant du Hamas (1°)

Une interview exclusive de Khaled Meshal, dirigeant du Hamas (1°)

mardi 22 septembre 2009 - Ken Livingstone

Khaled Meshal est responsable du bureau politique du mouvement Hamas

La clé de la paix au Moyen-Orient est la restauration du droit international et la reconnaissance du droit, tant pour les Palestiniens que pour les Israéliens juifs, de vivre en paix et en sécurité côte à côte. Comme le dit le président Obama, il n’y a actuellement pas de processus de paix. Benjamin Netanyahou, premier ministre israélien, continue à étendre les colonies illégales en Cisjordanie et à Jérusalem et à maintenir le blocus quasi complet de Gaza. Les Palestiniens tirent des roquettes inefficaces sur Israël. Israël attaque régulièrement les territoires palestiniens au moyen d’armes modernes.

Aucun conflit majeur ne peut être résolu sans que chaque côté parle avec l’autre. Ce fut le cas en Afrique du Sud, en Irlande et dans d’innombrables autres situations où les intéressés avaient dit qu’ils ne parleraient jamais avec leurs adversaires. Dans les années 80, j’ai été contesté pour avoir dit que la solution du conflit en Irlande exigeait que l’on parle avec Gerry Adams et Martin McGuinness.

Au Moyen-Orient, la paix ne peut être réalisée que par des discussions entre les représentants élus , tant des Israéliens que des Palestiniens, à savoir le Hamas - qui a remporté les dernières élections parlementaires palestiniennes avec une importante majorité - ainsi que le Fatah. Cela ne veut pas dire que je sois d’accord avec les vues du Hamas, du Fatah ou du gouvernement israélien. Loin de là : je ne suis pas d’accord. Par exemple, je crois qu’un certain nombre de passages de la charte originale du Hamas sont inacceptables et devraient être rejetés. Beaucoup d’observateurs pensent que ce point de vue est partagé par certains membres du Hamas.

Pourtant, de l’avis de trop de gens, le Hamas reste opaque en tant qu’organisation . Ce qu’ils en savent provient de médias hostiles ; le Hamas n’a pas de visage. La plupart des gens pensent probablement que son dirigeant est un personnage dérangé du genre Osama Bin Laden. De fait, les partisans d’Al Qaida à Gaza sont tellement hostiles au Hamas qu’ils lui ont déclaré la guerre.

Pour ces raisons, j’ai pensé qu’il était important d’interviewer Khaled Meshal, dirigeant de facto du Hamas qui vit en exil en Syrie. Toutes les questions ne sont pas claires. Mais au début de tout processus de paix, ce qui compte le plus est de s’y engager. Le dialogue est nécessaire pour arriver à la clarté et à la compréhension mutuelle. Au début, Sinn Fein n’a pas répondu à toutes les questions, pas plus que Benjamin Netanyahou aujourd’hui. Meshal donne ses réponses à un moment de tension accrue et de nouvelles menaces de mort à son endroit qui s’ajoutent au danger permanent d’un assassinat aux mains non seulement des Israéliens, mais également des partisans d’Al Qaida dans la région.

J’espère que cette interview contribuera à plaider en faveur du dialogue nécessaire, qui est, je le crois, inévitable. Il s’agit simplement de savoir combien de souffrance subiront les deux côtés avant d’arriver à ce stade.

Ken Livingstone : pourriez-vous expliquer un peu votre enfance et les expériences qui ont fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui ?

Khaled Meshal : je suis né dans le village de Silwad en Cisjordanie, près de Ramallah, en 1956. Tout jeune, j’ai appris de mon père comment il avait participé à la révolution palestinienne contre le mandat britannique en Palestine dans les années trente et comment il s’était battu aux côtés d’autres Palestiniens, avec des armes primitives, contre les gangs de Sionistes bien équipés et entraînés qui attaquaient des villages palestiniens en 1948.

J’ai vécu à Silwad pendant 11 ans jusqu’à la guerre de 1967, où, comme des centaines de milliers de Palestiniens, j’ai été forcé avec ma famille de quitter notre maison et de m’établir en Jordanie. C’est une expérience bouleversante que je n’oublierai jamais.

KL : Que vous est-il arrivé après la guerre ?

KM : Peu après, j’ai quitté la Jordanie pour le Koweït où mon père travaillait et vivait déjà avant 1967. Après avoir terminé l’école primaire en 1970, je suis entré dans la prestigieuse école secondaire Abdullah al-Salim. Au début des années 70, c’était un lieu d’intense activité politique et idéologique.

Pendant ma deuxième année à l’école al- Salim, je suis entré chez les frères musulmans (al-Ikhwan al-Muslimun). Après ma quatrième année, j’ai réussi à entrer à l’université de Koweït, où j’ai fait un BSc en physique.

L’Université de Koweït avait une branche active de l’Union générale des étudiants palestiniens (GUPS), qui avait été sous le contrôle total du mouvement Fatah. Moi-même et mes compagnons islamistes avons décidé, en 1977, d’adhérer au GUPS, que nous avions auparavant boudé parce que nous contestions l’élection de ses dirigeants. Toutefois, il nous a été impossible de travailler au sein du GUPS ; nous nous sentions constamment bridés et nous nous sommes rendus comptes qu’en tant qu’islamistes, on ne nous laisserait jamais la moindre chance.

En 1980, deux ans après mon diplôme, mes compagnons plus jeunes ont décidé de quitter le GUPS et de former leur propre association palestinienne sur le campus. Beaucoup d’étudiants étaient déçus du leadership palestinien qui semblait disposé à se contenter de beaucoup moins que ce dont ils rêvaient depuis leur enfance, à savoir la libération complète de la Palestine et le retour de tous les réfugiés chez eux.

KL : Quelle est la situation à Gaza aujourd’hui ?

KM : Gaza aujourd’hui se trouve sous siège. Les passages sont fermés la plupart du temps et depuis des mois, les victimes de la guerre israélienne contre Gaza se sont vu refuser l’accès aux matériaux nécessaires pour reconstruire leurs maisons détruites. Dans de nombreuses parties de la Bande de Gaza, il faut reconstruire des écoles, des hôpitaux et des maisons. Des dizaines de milliers de personnes n’ont pas d’abri. À mesure que l’hiver approche, la situation de ces victimes ne fera qu’empirer dans le froid et sous la pluie.

Un million et demi de personnes sont détenues comme otages dans l’une des plus grandes prisons de l’histoire de l’humanité. Elles sont incapables de sortir librement de la Bande, que ce soit pour un traitement médical, pour leur éducation ou pour d’autres besoins. Ce que nous avons à Gaza est un désastre et un crime contre l’humanité perpétré par les Israéliens. Par son silence et son indifférence, la communauté mondiale, est complice de ce crime.

KL : Pourquoi pensez-vous qu’Israël continue à imposer le siège à Gaza ?

KM : Les Israéliens prétendent qu’ils maintiennent le siège pour des raisons de sécurité. Leur véritable motif est de faire pression sur le Hamas en punissant toute la population. Les sanctions ont été mises en place peu après la victoire du Hamas aux élections palestiniennes en janvier 2006. Bien que les Israéliens aient des soucis de sécurité, ce n’est pas leur principale motivation. Leur objectif est avant tout de préparer un coup monté contre les résultats des élections démocratiques qui ont amené le Hamas au pouvoir.

Les Israéliens et leurs alliés cherchent à faire échouer le Hamas en persécutant la population. C’est une entreprise hideuse et immorale. Aujourd’hui, le siège se poursuit bien que nous observions le cessez-le-feu depuis six mois. L’année dernière, une trêve a été observée de juin à décembre 2008.

Pourtant le siège n’a jamais été levé et les sanctions sont restées en place. Saper le Hamas est le principal objectif du siège. Les Israéliens espèrent retourner la population de Gaza contre le Hamas en augmentant les souffrances de toute la population de la Bande.

KL : Il y a combien de partisans du Hamas et de représentants élus du Hamas emprisonnés en Israël ? Ont-ils tous étés inculpés et déclarés coupables ?

KM : Sur les 12 000 Palestiniens au total détenus dans les prisons israéliennes, quelque 4000 sont membres du Hamas. Ce chiffre comprend notamment des dizaines de ministres et de parlementaires (membres du Conseil législatif palestinien). Environ 10 ont été libérés récemment, mais il reste quelque 40 membres du PLC en détention. Certains se sont vu infliger des peines, mais beaucoup sont en détention administrative selon le vocable israélien.

Le seul crime que ces personnes aient commis est être associées au groupe parlementaire du Hamas. Israël considère qu’exercer son droit démocratique est un crime. Tous ces parlementaires sont traduits devant un système israélien de justice qui n’a rien à voir avec la justice. Le système judiciaire israélien est un instrument de l’occupation. En Israël, il y a deux systèmes de justice : l’un s’applique aux Israéliens et l’autre aux Palestiniens. C’est un régime d’apartheid.

KL : Quel rôle éventuel jouent les autres États et institutions tels que les USA, l’UE, la Grande Bretagne, l’Égypte ou l’Autorité palestinienne dans le blocus de Gaza ?

KM : Le blocus de Gaza n’aurait jamais été imposé sans la collusion avec des puissances régionales et internationales.

KL : Comment peut-on lever le blocus selon vous ?

KM : Pour la levée du blocus, il faut respecter le droit international. Les droits fondamentaux des Palestiniens et leur droit de vivre dans la dignité et à l’abri de la persécution devraient être reconnus. Il faut qu’il y ait une volonté internationale de servir la justice et de respecter les principes fondamentaux de la loi internationale en matière de droits humains. La communauté internationale devrait se libérer des entraves de la pression israélienne, parler vrai et agir en conséquence.

KL : Israël dit qu’il a bombardé et envahi Gaza l’année dernière en réaction devant les violations répétées du cessez-le-feu par le Hamas et les tirs de roquettes sur le sud d’Israël. Est-ce le cas ?

KM : Les Israéliens ne disent pas la vérité. Nous avons conclu une trêve avec Israël du 19 juin au 19 décembre 2008. Néanmoins, le blocus n’a pas été levé. Le marché prévoyait un cessez-le-feu bilatéral, la levée du blocus et l’ouverture des passages. Nous avons entièrement respecté le cessez-le-feu tandis qu’Israël ne l’a observé que partiellement, et vers la fin de la période il a repris les hostilités. Pendant toute cette période, Israël a maintenu le siège et n’a ouvert certains des passages que par intermittence, n’autorisant l’entrée que de 10 % au maximum des fournitures répondant aux besoins essentiels de la population de Gaza. Israël a tué la possibilité de renouveler la trêve parce qu il l’a délibérément brisée à plusieurs reprises.

J’ai toujours dit à mes visiteurs occidentaux, notamment à l’ancien président étasunien, Jimmy Carter, que dès qu’une trêve sera proposée au Hamas comprenant la levée du blocus et l’ouverture des passages, le Hamas répondra positivement. Jusqu’ici, personne ne nous a fait une telle offre. En ce qui me concerne, le blocus équivaut à une déclaration de guerre justifiant l’autodéfense.

KL : Quelle est l’idéologie et quels sont les objectifs du Hamas ?

KM : Notre peuple a été victime d’un projet colonial appelé Israël. Pendant des années, nous avons subi différentes formes de répression. La moitié de notre peuple a été dépossédée et se voir refuser le droit au retour chez lui, la moitié vit sous un régime d’occupation qui viole ses droits humains fondamentaux. Le Hamas lutte pour mettre fin à l’occupation et pour restaurer les droits de notre peuple, notamment le droit de rentrer chez lui.

KL : Quel est selon vous, la cause du conflit entre l’État d’Israël et les Palestiniens ?

KM : Le conflit découle de l’agression et de l’occupation. Nous menons notre lutte contre les Israéliens, non pas parce qu’ils sont juifs, mais parce qu’ils ont envahi notre patrie et nous ont dépossédés. Ce n’est pas parce que les juifs ont été auparavant persécutés en Europe qu’ils ont le droit de prendre notre terre et de nous jeter dehors. Les injustices subies par les juifs en Europe ont été horribles et criminelles, mais elles n’ont pas été commises par les Palestiniens, les Arabes ou les musulmans. Alors, pourquoi devrions-nous être punis pour les fautes des autres ou nous ferait-on payer pour leurs crimes ?

KL : Croyez-vous qu’Israël compte continuer à reculer ses frontières ?

KM : Israël n’a pas de frontières définies. Quand Israël a été créé dans notre patrie il y a 62 ans, ses fondateurs rêvaient d’un « Grand Israël » allant du Nil à l’Euphrate. L’expansionnisme s’est manifesté à plusieurs occasions : en 1956, en 1967 et plus tard lors de l’occupation d’une partie du Liban dans les années 80. La faiblesse des Arabes, la supériorité militaire d’Israël, le soutien accordé par les puissances occidentales à Israël, et les massacres que celui-ci était prêt à commettre contre des civils sans armes en Palestine, en Égypte et au Liban, lui ont permis de s’étendre par étapes.

Bien que beaucoup d’Israéliens aient toujours des idées expansionnistes, il semblerait que ce ne soit plus une option pratique. La résistance libanaise et palestinienne a forcé Israël à se retirer unilatéralement de terres qu’il avait antérieurement occupées comme suite à la guerre et à l’agression. Alors que par le passé Israël a pu battre plusieurs armées arabes, il est confronté aujourd’hui à une redoutable résistance qui fera non seulement pièce à son expansionnisme, mais qui l’obligera également avec le temps à lâcher de plus en plus de terres occupées illégalement.

* Ken Livingstone est ancien maire de Londres

17 septembre 2009 - Cet article peut être consulté à :
http://www.newstatesman.com/middle-...
Traduction de l’anglais : Anne-Marie Goossens et Claude Zurbach

Une interview exclusive de Khaled Meshal, dirigeant du Hamas (2°)

mercredi 23 septembre 2009 - Ken Livingstone

Khaled Meshal est responsable du bureau politique du mouvement Hamas

KL : Quelles sont vos principaux objectifs ? Le Hamas est-il principalement une organisation politique ou religieuse ?

KM : Le Hamas et un mouvement de libération nationale. Nous ne voyons pas de contradiction entre notre identité islamique et notre mission politique. Bien que nous confrontions les occupants par le biais de la résistance et de la lutte pour obtenir les droits de notre peuple, nous sommes fiers de notre identité religieuse tirée de l’islam.

Mais à l’encontre de l’expérience des Européens avec le christianisme, l’islam ne prévoit pas, n’exige pas ni ne reconnaît une autorité ecclésiastique. Il fournit simplement une série de directives larges dont l’interprétation détaillée est soumise à la réflexion humaine (ijtihad) et en découle.

KL : Est-ce que vous vous consacrez à la destruction d’Israël ?

KM : Ce qui se passe en fait c’est la destruction du peuple palestinien par Israël ; c’est lui qui occupe notre terre, nous exile et nous tue, nous incarcère et persécute notre peuple. Nous sommes les victimes, Israël est l’oppresseur et ce n’est pas l’inverse.

KL : Pourquoi le Hamas adopte-t-il la force militaire dans ce conflit ?

KM : La force militaire est une option à laquelle notre peuple a recours parce que rien d’autre ne marche. La conduite d’Israël et la complicité de la communauté internationale, que ce soit sous forme de silence, d’indifférence ou de participation, justifie la résistance armée. Nous aimerions tellement que ce conflit soit résolu pacifiquement.

Si l’occupation devait cesser et que notre peuple puisse exercer son autodétermination dans sa patrie, il ne serait pas nécessaire d’avoir recours à la force. La réalité est que près de 20 ans de négociations de paix entre les Palestiniens et les Israéliens n’ont restauré aucun de nos droits. Au contraire, les compromis unilatéraux conclus par l’équipe de négociation palestinienne nous ont fait subir plus de souffrances et de pertes.

Depuis que l’OLP a conclu le traité de paix d’Oslo avec Israël en 1993, les Israéliens ont exproprié de nouvelles terres palestiniennes en Cisjordanie afin de construire des colonies juives illégales, d’étendre les colonies existantes ou de construire des routes réservées exclusivement aux Israéliens vivant dans ces colonies. Le mur d’apartheid que les Israéliens ont érigé en Cisjordanie a absorbé de vastes terres qui étaient censées être rendues aux Palestiniens d’après le traité de paix.

Le mur d’apartheid et des centaines de postes de contrôle ont transformé la Cisjordanie en enclaves isolées comme les cellules d’une grande prison qui rend la vie intolérable.

Jérusalem est constamment malmenée afin d’en modifier le paysage et l’identité et des centaines de maisons palestiniennes ont été détruites dans la ville et alentour, laissant des milliers de Palestiniens sans abri dans leur propre patrie. Au lieu de libérer les prisonniers palestiniens, les Israéliens ont arrêté 5000 Palestiniens de plus depuis la conférence de paix d’Annapolis en 2007 - action qui atteste que la paix ne les intéresse absolument pas.

KL : Le Hamas s’engage-t-il dans une activité militaire en dehors de la Palestine ?

KM : Non. Depuis sa création il y a 22 ans, le Hamas a confiné son champ d’opération militaire à la Palestine occupée.

KL : Souhaitez-vous établir en Palestine un état islamique dans lequel toutes les autres religions auront un statut subalterne ?

KM : Notre priorité comme mouvement de libération nationale est d’en terminer avec l’occupation israélienne de notre patrie. Une fois que notre peuple sera libre sur sa terre et bénéficiera du droit à l’autodétermination, c’est lui seul qui aura le dernier mot sur sous le système de gouvernement avec lequel il souhaite vivre. C’est notre ferme croyance que l’Islam ne peut pas être imposé aux gens. Nous ferons campagne, dans un processus entièrement démocratique, sur un programme islamique. Si c’est ce que les gens choisissent, alors ce sera leur choix. Nous croyons que l’Islam est la meilleure source d’inspiration et le meilleur garant pour les droits des musulmans comme des non-Musulmans.

KL : Le Hamas impose-t-il la tenue islamique dans Gaza ? Par exemple, oblige-t-on à Gaza que les femmes portent le hijab, le niqab ou la burqa ?

KM : Non. Intellectuellement, la vision du Hamas vient de la culture et de la religion du peuple. L’Islam est notre religion et il est le constituant de base de notre culture. Nous ne refusons pas à d’autres Palestiniens le droit d’avoir des visions différentes. Nous n’imposons aux gens aucun aspect concernant la religion ou leur conduite sociale. Les aspects de la religion dans la société de Gaza sont sincères et spontanés ; ils n’ont été imposés par aucune autorité autre que la foi et la conviction du croyant.

KL : Il est dit que la division dans le peuple palestinien entre de Cisjordanie et de Gaza et entre le Fatah et le Hamas, qui affaiblit évidemment leur position, est survenue parce que Hamas a pris par la force le contrôle de Gaza. Est-ce vrai et comment expliquez-vous cette division ?

KM : Assurément, la division affaiblit les Palestiniens et nuit à leur cause. Cependant, la division n’est pas le fait du Hamas, mais de l’insistance de certaines parties internationales et régionales à vouloir effacer les résultats de la démocratie palestinienne. Cela les a consternés que Hamas ait été élu par le peuple palestinien.

La division vient de l’existence d’une partie palestinienne qui cherche le soutien de ces mêmes parties régionales et internationales, dont les Etats-Unis et Israël, qui souhaitent voir Hamas mis hors jeu. Peu après sa victoire aux élections de janvier 2006, tout a été fait pour miner la capacité du Hamas à gouverner.

Après que ces efforts aient échoué, le général Keith Dayton de l’armée d’Etats-Unis, qui sert actuellement de coordonnateur de sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne [de Ramallah], avait été expédié à Gaza pour préparer un coup de force contre le gouvernement d’unité nationale conduit par le Hamas et issu de l’accord de la Mecque de 2007. Ce complot a incité le Hamas à Gaza à agir en situation d’autodéfense lors des événements de juin 2007.

Prétendre que le Hamas a effectué un coup de force est sans fondement parce que le Hamas était à la tête d’un gouvernement élu démocratiquement. Tout ce qu’il a fait était d’agir contre ceux qui préparaient un coup contre lui sous la direction et les conseils du général Dayton.

KL : Est-ce que ceux qui ont d’autres vues politiques ou religieuses, comme le Fatah, bénéficient-ils des libertés démocratiques à Gaza ? Quelle est la situation de ceux qui appartiennent au Hamas dans les territoires de la Cisjordanie sous contrôle du Fatah ?

KM : Des factions palestiniennes ont été inspirées par le nationalisme arabe, d’autres par le marxisme ou le léninisme, et d’autres par le libéralisme. Alors que nous sommes persuadés que ces idées sont étrangères à nos peuple et ont échoué à répondre à ses aspirations, nous insistons sur le fait que le peuple est le dernier arbitre sur qui souhaite-t-il voir diriger et sous quel système désire-t-il être régi. Ainsi, la démocratie est notre meilleure option pour diminuer nos divergences internes. Celui que le peuple choisi devra être respecté.

Nous essayons au mieux de notre capacité de protéger les droits de l’homme et les libertés civiles de ceux qui sont affiliés au Fatah et à toutes les autres factions dans la bande de Gaza. En revanche, les Palestiniens en Cisjordanie sous occupation israélienne et sous l’Autorité palestinienne de Ramallah continuent de se voir niés leurs droits fondamentaux.

Le Général Dayton supervise en Cisjordanie une répression sévère et brutale contre le Hamas et d’autres groupes palestiniens. Plus de 1000 prisonniers politiques, dont des étudiants, des professeurs d’Université et des professionnels dans tous les domaines sont pourchassés, détenus et torturés, parfois jusqu’à la mort, par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne commandités et entrâinées par les Etats-Unis, les Britannique et l’Union Européenne.

KL : Croyez- vous possible de regrouper le peuple palestinien ? Si oui, comment pensez-vous que cela puisse être fait et dans quel type de délai ?

KM : Il est possible de réunir les Palestiniens. Afin que cela se produise deux choses sont nécessaires. D’abord, les interventions et les exigences étrangères doivent cesser. Il faut laisser le peuple palestinien traiter ses propres divergences internes sans pression externe. En second lieu, toutes les parties palestiniennes doivent respecter les règles du jeu démocratique et se soumettre aux résultats de son processus.

KL : Le refus du Hamas de reconnaître Israël est fréquemment cité comme obstacle insurmontable aux négociations et à un règlement pacifique.

KM : Cette question est uniquement employée comme prétexte. Israël ne reconnaît pas les droits du peuple palestinien, pourtant ceci n’est pas un obstacle pour qu’Israël soit reconnu au niveau international ou participe à des pourparlers. La réalité est que c’est Israël qui occupe la terre et dispose de la plus grande force. Plutôt que de solliciter les Palestiniens, qui sont les victimes, c’est Israël qui est l’oppresseur qui devrait être invité à reconnaître les droits des Palestiniens.

Dans le passé, Yasser Arafat a reconnu Israël mais a il a peu obtenu [en échange]. Aujourd’hui, Mahmoud Abbas reconnaît Israël, mais nous avons encore à voir les dividendes promis dans le processus de paix.

Israël ne fait de concessions que sous la pression. En l’absence de pression réelle sur Israël par les Arabes ou par la communauté internationale, aucun accord n’aboutira.

KL : Avez-vous une « feuille de route » pour des étapes intérimaires qui pourraient normalement mener à un règlement pacifique du conflit ? Pensez-vous que les juifs, les musulmans et les chrétiens peuvent un jour vivre ensemble et en paix en Terre Sainte ?

KM : Nous, au Hamas, croyons qu’un règlement pacifique réaliste au conflit devra commencer par un accord de cessez-le-feu entre les deux côtés basés sur un plein retrait d’Israël de tous les Territoires Occupés en 1967. L’intransigeance israélienne et le manque de volonté pour agir de la part de la communauté internationale sont ce qui empêche ce règlement. Nous croyons que nous pourrons déterminer le futur du conflit uniquement lorsque notre peuple sera libre et de retour sur sa terre.

Il faut rappeler ici que nous ne résistons pas aux Israéliens parce qu’ils sont juifs. Par principe, nous n’avons pas de problèmes avec les juifs ou les chrétiens, mais avons un problème avec ceux qui nous attaquent et nous oppriment. Durant de nombreux siècles, les chrétiens, les juifs et les musulmans ont coexisté paisiblement dans cette présente partie du monde. Notre société n’a jamais été témoin de ce type de racisme et de génocide contre « l’autre » que l’Europe a hébergé jusque récemment Ces problèmes ont débuté en Europe. Le colonialisme a été imposé à cette région par l’Europe, et Israël a été le produit de l’oppression des juifs en Europe et non pas d’un problème en terre musulmane.

KL : Quel rôle pensez-vous que d’autres pays et organismes, en particulier les Etats-Unis, l’Union Européenne et la Grande-Bretagne, jouent actuellement dans le conflit israélo-palestinien et dans les divisions entre les Palestiniens ?

KM : Le rôle joué par tout ceux-ci jusqu’ici a été négatif. L’attitude à l’égard des crimes israéliens contre peuple a été l’objet de silence ou de connivence. Les politiques et les prises de positions adoptées par ces parties ont contribué à la division palestinienne ou l’ont augmentée. D’une part, on énumère des conditions qui ont pour effet de torpiller des discussions sur l’unité et les efforts de réconciliation. D’autre part, certaines de ces parties internationales sont directement impliquées en éliminant nos partisans en Cisjordanie.

Les Etats-Unis et l’Union Européenne fournissent l’argent, la formation et les conseils pour construire un appareil de sécurité palestinien spécialisé dans la persécution de ceux qui sont critiques vis-à-vis de l’autorité palestinienne de Ramallah.

Nous sommes préoccupés en particulier par des informations selon lesquelles le gouvernement britannique, directement aussi bien qu’indirectement et au moyen de firmes privées spécialisées en sécurité et de services de vétérans de l’armée, d’officiers de police et d’agents de renseignements, est totalement impliqué dans le programme conduit par le Général Dayton contre le mouvement Hamas en Cisjordanie.

KL : Que devraient faire les pays tels que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour aider à un règlement pacifique ?

KM : Ils devraient simplement confirmer le droit international - l’occupation est illégale, l’annexion de Jérusalem est illégale, les colonies sont illégales, le mur de ségrégation est illégal, et le siège de Gaza est illégal. Pourtant rien n’est fait.

KL : Quelles relations le Hamas souhaite-t-il avoir avec le reste du monde, et, par exemple, avec la Grande-Bretagne ?

KM : Le Hamas défend une cause juste. À cette fin, il désire s’ouvrir au monde. Notre mouvement cherche à établir de bonnes relations et à mener un dialogue constructif avec le tous ceux concernés par la situation en Palestine.

* Ken Livingstone est ancien maire de Londres

17 septembre 2009 - Cet article peut être consulté à :
http://www.newstatesman.com/middle-...
Traduction de l’anglais : Anne-Marie Goossens et Claude Zurbach

Posté par MCPalestine à 15:46 - ARTICLES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Obama attend peu de la réunion avec Abbas et Netanyahu

Obama attend peu de la réunion avec Abbas et Netanyahu

Par Reuters, publié le 21/09/2009 à 20:03

ALBANY, New York - Le président américain Barack Obama ne nourrit pas de "grands espoirs" quant aux résultats de son entretien de mardi avec Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu, a dit le porte-parole de la Maison blanche.

Selon le porte-parole de la Maison blanche, le président américain Barack Obama ne nourrit pas de "grands espoirs" quant aux résultats de son entretien de mardi avec Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu. (Reuters/Kevin Lamarque)

Barack Obama entend profiter de cette réunion avec le président de l'Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien pour "continuer à consolider les progrès" sur les pourparlers de paix au Proche-Orient, a ajouté son porte-parole Robert Gibbs.

L'entrevue, qui réunira les trois dirigeants pour la première fois, aura lieu mardi à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Les Etats-Unis tentent en vain d'obtenir d'Israël un gel total des colonies en Cisjordanie, principal obstacle à une reprise des négociations de paix interrompues lors du déclenchement de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, en décembre dernier.

Washington se heurte au refus du gouvernement israélien, qui a offert à l'émissaire de Barack Obama dans la région, George Mitchell, un moratoire de neuf mois sur la construction de nouveaux logements. Mitchell demandait un an renouvelable.

Lundi, le porte-parole de Benjamin Netanyahu a prévenu que le Premier ministre israélien défendrait sa position lors de la réunion tripartite de mardi.

"Vous n'avez jamais entendu le Premier ministre indiquer qu'il gèlerait les constructions. C'est l'inverse qui est vrai", a dit le porte-parole Nir Hefetz à la radio militaire israélienne.

Les Palestiniens se refusent à reprendre les discussions tant qu'Israël n'aura pas cessé ses activités de colonisation, dont le gel est inscrit dans la "feuille de route" signée en 2003.

"Durant les huit derniers mois, le message clair de la communauté internationale a été que les deux parties doivent remplir leurs obligations", a déclaré lundi le chef des négociateurs palestiniens Saeb Erekat, en référence à cette "feuille de route".

http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=789193&k=22

Posté par MCPalestine à 11:23 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

le Hamas fustige Abbas pour avoir accepté de rencontrer Netanyahu

PO: le Hamas fustige Abbas pour avoir accepté de rencontrer Netanyahu

21/09/2009 19:18 GAZA, 21 septembre - RIA Novosti.

Le mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, s'en est pris lundi au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour avoir accepté de rencontrer le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"La prochaine rencontre nous plonge dans la suspicion et le doute. Elle atteste que le dirigeant de l'Autorité palestinienne a cédé à la volonté des sionistes et des Américains et a renoncé à sa décision de ne pas négocier avec les sionistes tant qu'ils n'abandonneront pas définitivement la politique de colonisation", lit-on dans une déclaration du Hamas.

Les islamistes ont également prévenu qu'ils ne considéraient plus M.Abbas comme une personne habilitée à "négocier au nom de l'ensemble du peuple palestinien" et que "tout accord conclu avec M.Netanyahu et son gouvernement ne serait pas contraignant pour les Palestiniens".

Les leaders palestinien et israélien se rencontreront mardi prochain à New York sous l'égide du président américain Barack Obama. Ce sera leur premier entretien depuis les élections de février 2009 en Israël.

L'entourage de M.Abbas explique depuis quelques jours que la décision du président de l'Autorité palestinienne de prendre part à la rencontre tripartite de New York ne signifie pas la reprise des négociations avec Israël interrompues après l'accession du gouvernement de M.Netanyahu au pouvoir.

http://fr.rian.ru/world/20090921/123190492-print.html

Posté par MCPalestine à 11:17 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21 septembre 2009

Message du Président de l’Etat d’Israël Shimon Peres,

Message du Président de l’Etat d’Israël Shimon Peres,
aux communautés juives de la Diaspora, à l’occasion du Nouvel An Juif 5770.

Par D.R.
Rubrique: Actualité
Publié le 18 septembre 2009 à 06:12

http://www.israelvalley.com/news/2009/09/18/24359/israel-france-message-du-president-de-letat-disrael-shimon-peres-aux-communautes-juives-de-la-diaspora-a-loccasion-du-nouvel-an-juif-5770

Henri Cukierman, Président de la Chambre de Commerce France-Israël a reçu le message suivant de Shimon Pérès :

Message du Président de l’Etat d’Israël, son excellence Shimon Peres, aux communautés juives de la Diaspora, à l’occasion du Nouvel An Juif 5770

Espérons que le Nouvel An sera marqué par la réalisation de nos aspirations : atteindre la paix, accroître la sécurité, promouvoir la croissance économique, protéger l’avenir du peuple Juif et renforcer les liens entre Israël et nos frères Juifs de la Diaspora.

L’opportunité d’atteindre la paix est tentante et doit être saisie, même au prix de concessions douloureuses. La position intransigeante du monde arabe consistant à dire « Non » aux négociations, « Non » à la reconnaissance d’Israël et « Non » à la paix, a été remplacée aujourd’hui par le triple « Oui » à l’initiative saoudienne. La communauté internationale est favorable au soutien des efforts pour faire avancer le processus de paix et je suis confiant dans la capacité de réaliser la vision d’une paix complète grâce à des efforts concertés. Cela va créer la stabilité, la tranquillité, la sécurité et la prospérité pour nos enfants et leurs enfants.

Les armes nucléaires en possession d’extrémistes fondamentalistes présentent un danger pour l’ensemble de l’humanité et non pas seulement pour Israël. Une position large et consolidée de la part de la communauté internationale contre l’Iran s’impose. Je prie pour que cette menace terrible soit éliminée de toute l’humanité et que le monde puisse jouir d’une nouvelle ère de paix et de sécurité.

L’économie israélienne présente les premiers signes de reprise et de sortie de la crise économique mondiale. Les indicateurs macro-économiques sont prometteurs et se reflètent dans l’expansion des investissements, le secteur des hautes technologies reprend vie et de nouvelles entreprises sont en train d’éclore. Il est temps de saisir l’opportunité. Il est temps d’investir en Israël dans des domaines comme les énergies de substitution, la production d’eau, les infrastructures de sécurité nationale, les outils d’éducation et d’enseignement et le secteur des cellules souches. Tout cela constitue l’avenir et il est entre nos mains.

Il est vital de bâtir avec nos frères de la Diaspora des liens basés sur des fondations solides de partenariat et d’éducation. En effet, le rôle de l’éducation juive de la Diaspora ne peut pas être sous-estimé. Elle sert de blocs de construction des ponts qui connectent les communautés juives à l’étranger et en Israël. Elle sert de termes d’engagement entre la jeune génération de la jeunesse juive et notre nation et de clef de voûte d’une plus grande prise de conscience de l’importance des relations entre Israël et la Diaspora. Elle sert à préserver notre riche patrimoine et nos traditions.

L’esprit de partenariat doit être renforcé dans chaque domaine des relations entre Israël et la Diaspora. Nous faisons face à des défis considérables, ce qui souligne encore la nécessité de nous réunir dans les moments difficiles, en étant responsables les uns envers les autres, comme nos Prophètes nous l’ont dicté. En effet, toute menace contre le bien-être des communautés juives dans le monde constitue une menace contre Israël, et le destin de la Diaspora juive est au cœur-même de l’existence d’Israël.

Chers Amis, alors que nous entrons dans cette Nouvelle Année, je souhaite faire part de tous mes vœux les plus sincères de bonheur au peuple juif de la Diaspora, en vous souhaitant à tous une bonne et heureuse année.

Prions pour que tous les otages et les soldats portés disparus au combat rentrent sains et saufs à la maison.—

Shana Tova U’Metukah,

Shimon Peres

Posté par MCPalestine à 14:01 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Jérusalem « capitale de la culture arabe »

Que reste-t-il de Jérusalem ?
Ahmad Y. Al-Qarei

Les festivités de Jérusalem « capitale de la culture arabe » prendront bientôt fin et il est clair que les activités n’ont pas été au niveau prévu ou attendu. Depuis janvier dernier, à cause de la guerre contre Gaza (décembre 2008 - janvier 2009), les festivités ont été annulées pendant le premier trimestre de l’année. Or, il aurait été possible de profiter de ce qui se passe en même temps à Gaza et à Jérusalem, partant du principe que ces deux villes forment avec la Cisjordanie les terres historiques de la Palestine. Cependant, ce qui se passe sur la terre de Jérusalem est bien plus dangereux pour l’arabité de la ville, à cause du plan de judaïsation de la ville qui est une des priorités sur l’agenda israélien.

C’est ainsi que la ville sainte est maintenant exposée plus que jamais à une attaque féroce visant à l’isoler totalement de son entourage arabe. En parallèle à cette attaque coloniale féroce, est une campagne sioniste furieuse visant à tromper l’opinion publique internationale en faisant douter de l’arabité et du caractère saint de Jérusalem. Cette campagne est basée sur la diffusion de mensonges. A titre d’exemple, l’historien israélien Mordakhaï Kidar fait douter du miracle du voyage nocturne du prophète et prétend que cet événement n’a pas eu lieu entre la mosquée Al-Haram et la mosquée d’Al-Aqsa, mais entre deux autres mosquées dans le village Al-Gaârana entre La Mecque et Al-Taëf. Sans oublier qu’Israël nomme l’esplanade des Mosquées « le mont de Salomon » et appelle les juifs à y prier pour commémorer la destruction du temple de Salomon.

Face à cette campagne israélienne, il faut s’interroger sur la position des historiens, des géographes et des hommes de médias arabes afin de réfuter les prétentions et les mensonges sionistes qui sont diffusés de part le monde en différentes langues.

Aujourd’hui, Jérusalem a besoin plus que jamais du soutien de tous les forums et institutions intellectuels, culturels et médiatiques arabes, aidés par les témoignages et les points de vue d’historiens et d’intellectuels étrangers qui assurent l’arabité et le caractère saint de Jérusalem. Quant à la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique, elles peuvent assumer un rôle très important en supervisant un projet de documentation de la propriété des territoires palestiniens depuis la guerre de 1948 en prenant référence auprès des archives ottomanes et britanniques afin d’avoir accès à leurs registres de propriété à la place de ceux qui ont été usurpés par les Israéliens. Parmi ces documents importants, il y a les registres des waqfs (bien religieux) concernant des quartiers entiers à Jérusalem.

Cette responsabilité arabe et islamique peut aboutir à des résultats positifs, à condition d’organiser une action commune pour sauver Jérusalem. En effet, l’Administration égyptienne, en coopération avec une équipe de travail palestinienne, a réussi à élaborer de nouveaux registres pour tous les terres villes et villages de la bande de Gaza. Israël avait volé les registres fonciers du secteur de Gaza lors de l’agression tripartite sur l’Egypte et l’occupation de la bande de Gaza.

C’est ainsi que les historiens et les spécialistes en biens religieux et fonciers peuvent positivement participer aux festivités de l’année de Jérusalem. Il serait intéressant qu’un nombre de capitales arabes et islamiques décident de fonder des centres d’études concernant la ville de Jérusalem qui ne se contentent pas d’enregistrer le patrimoine et de publier de nouveaux ouvrages. Ces centres doivent entrer en contact avec les centres d’études européens et américains afin de coordonner leurs activités, en organisant plus de colloques et de tables rondes avec une présence intellectuelle et médiatique arabe et mondiale.

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/9/16/opin2.htm

Conférence. Celle annuelle de l’Union des écrivains égyptiens était l’occasion de décerner  les prix aux grandes figures de la culture arabe et de tenir un colloque sur « Jérusalem et la culture de la résistance ».

A la gloire de la capitale occupée !

Les prix annuels de l’Union des écrivains d’Egypte ont été remis la semaine dernière dans un contexte fait de festivités pour le Ramadan à la Citadelle de Saladin dans la salle Naguib Mahfouz, dans le cadre d’une conférence sur la culture de la résistance et Jérusalem. Mohamed Salmawy, président de l’Union, a remis « le grand prix Naguib Mahfouz pour la littérature arabe » à l’écrivain marocain et fraîchement nommé ministre de la Culture dans son pays, Ben Salem Himmich, pour l’année 2009. Ce prix symbolique est décerné, depuis sa création, aux personnalités marquantes de la littérature arabe moderne ; Hanna Mina, le poète palestinien Samih Al-Qassem, le Soudano-Libyen Mohamad Al-Faytouri. « Le prix Ragaa Al-Nakkache pour la critique littéraire » était décerné au professeur et critique Mohamad Abdel-Mottéleb. Le grand prix de l’Union des écrivains d’Egypte a été décerné à titre posthume au penseur et encyclopédiste Abdel-Wahab Al-Messiri, mort il y a deux ans. Ce dernier a passé une grande partie de sa vie à réaliser l’encyclopédie sur « les juifs, le judaïsme et le sionisme », où Jérusalem, la ville trois fois sainte, a occupé une place très importante. Pendant trois jours, et avec la participation des délégations des Unions des écrivains arabes, entre colloques scientifiques, soirées poétiques et concerts nocturnes de chant palestinien et chant de la résistance, la Citadelle de Saladin a accueilli Jérusalem en exil.

Le droit et la résistance

Le professeur de droit et ministre des Affaires parlementaires Moufid Chéhab a présenté un papier d’études juridiques sur le statut de la ville de Jérusalem dans le cadre du colloque inaugural traitant le cœur du sujet de la conférence, autour du droit et « la culture de la résistance » dans lequel Chéhab, ancien représentant de l’Egypte dans l’arbitrage international pour récupérer Taba, a expliqué que « les voies diplomatiques et juridiques constituent le fondement de la culture de la résistance, sinon ce sont les actes désespérés de nature contre-productives qui primeront ». Chéhab a précisé que, selon le droit international, « Jérusalem demeure une ville occupée et que l’autorité des forces de l’occupation reste administrative et ne donne en aucun cas à l’autorité de l’occupation le droit à gouverner ». Et il a ajouté que « toute annexion des biens ou changement de la nature démographique de la ville arabe, et notamment la vieille ville, reste illégale, un fruit du fait accompli qui demeure temporaire en dépit de la période de temps qu’elle durera ». Chéhab a énuméré dans son étude toutes les résolutions du Conseil de sécurité comme de l’Assemblée générale des Nations-Unies. De même, les résolutions, les recommandations et les avis de toutes les autres instances des Nations-Unies, et notamment l’Unesco, ont été recensés dans cette précieuse étude. Le professeur Chéhab a énuméré également les mesures israéliennes illégales pour judaïser la ville, comme les annexions illégales des habitations palestiniennes et l’expulsion des habitants ou le déplacement de la Cour d’Assise palestinienne de Jérusalem à Ramallah. Mohamad Sobeih, ambassadeur de l’Autorité palestinienne auprès de la ligue arabe, s’est posé la question « où est le soutien financier, moral, et culturel arabe ? ».

Les vertus de l’union

Le romancier Bahaa Taher, qui a prononcé un discours au nom des écrivains égyptiens, a fait la parallèle entre l’époque de Saladin qui a libéré Jérusalem de l’emprise militaire des Croisades et l’époque contemporaine comme il a mentionné le symbolique du lieu où se déroule la conférence à la Citadelle de Saladin et le symbolique du sujet de la conférence de Jérusalem. Il a mis l’accent sur la nécessité de l’Union arabe, comme à l’époque de Saladin qui a réussi à rassembler les forces de l’Egypte et de la Syrie, comme dans les temps modernes à l’époque de la guerre du 6 Octobre. Taher a précisé « qu’aux années qui ont précédé l’avènement de Saladin, la mode était celle de la collaboration, de la trahison, de la normalisation, et même des alliances avec les occupants, mais Jérusalem était un facteur, un vecteur de motivation, de consensus et de mobilité qui a donné un sens et un objectif pour le projet de l’union réalisé par Saladin ». Taher a expliqué « qu’aujourd’hui, et en dépit qu’il n’y a aucun signe dans l’horizon, justifie un optimisme pour la réalisation de cette union indispensable pour les Arabes pour avoir une place sous le soleil ». Bahaa Taher a affirmé que « la libération de Jérusalem n’est ni une question d’armes ni de fusils, mais une question de conscience et persévérance ». Ben Salem Himmich, qui a reçu son deuxième prix au nom de Naguib Mahfouz après celui de l’Université américaine du Caire, comme a fait remarquer Mohamed Salmawy, président de l’Union des écrivains, a expliqué qu’une union arabe, à l’instar de l’Union européenne, est plus que souhaitable. Himmich a ajouté que « la logique de la résistance arabe et palestinienne doit intégrer la créativité et la logique de lutte et de résistance diplomatique ».

La

Palestine

souffre de l’apartheid

Le président de l’Union des écrivains palestiniens, le poète Al-Motawakkel Taha, qui s’est déplacé à l’occasion des territoires occupés, a affirmé « qu’Israël (ou Sparte comme il l’a nommé, inspiré de l'Illiade et des tragédies Grecques) adopte des mesures d’oppression raciste, fasciste, et semblables au régime ségrégationniste du développement séparé des races des années sombres de l’apartheid sud-africain, dans le but d’exterminer la culture et l’identité arabe de la ville et de la Palestine, dès les check-points de plusieurs heures au mur de séparation ou l’interdiction de la prière au sein de la mosquée d’Al-Aqsa, à Jérusalem ». Taha a affirmé également que « le chemin de la résistance pour aboutir à la libération est long et compliqué. Mais la culture de la résistance est un concept civilisateur et civilisé, basé sur la volonté du refus de l’esclavage et de l’esclavagisme ». Le poète palestinien a mis en garde contre « les guet-apens promouvant les normalisations des relations culturelles avec les occupants au nom de l’humanité et de l’humanisme ». Il a dénoncé « le plan marketing israélien qui songe obtenir la normalisation contre un gel de la colonisation ». Moufid Chéhab a expliqué dans ce sens « qu’il ne suffit pas d’avoir le droit de son côté, mais il est plus important de promouvoir ce droit et de convaincre les autres de la justesse et la justice de ce droit ». Moufid Chéhab a insisté sur l’importance de la justice et la force pour une solution pacifique et définitive dans tout conflit. « Si l’espace de la justice diminue le recours à la force et à la violence et quand la justice s’applique, l’usage de la force et de la violence n’aurait pas raison d’être ».

Amr Zoheiri

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/9/16/idep0.htm

Rassemblements à Gaza pour célébrer la Journée de Jérusalem

samedi, septembre 19, 2009

Plusieurs milliers de Palestiniens ont participé hier dans la bande de Gaza à des rassemblements organisés par les mouvements islamistes Hamas et Jihad islamique à l'occasion de la Journée de Jérusalem. À Gaza-ville, le Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh et d'autres chefs du mouvement qui contrôle le territoire depuis 2007 ont participé à un rassemblement dans une mosquée après la grande prière du vendredi, selon un journaliste de l'AFP sur place. « Jérusalem nous appartient et les sionistes sont voués à la disparition », a lancé Ahmad Bahar, responsable du Hamas et vice-président du Parlement palestinien.
À Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, des milliers de sympathisants du Hamas ont défilé après la prière. « Honte aux dirigeants arabes qui normalisent avec l'ennemi (Israël) alors qu'il souille nos lieux saints », a accusé un responsable du Hamas, Youssef al-Charif, dans une allocution. Dans la ville proche de Beit Lahya, une manifestation similaire a été organisée par le Jihad islamique. S'adressant à la foule, un des chefs du groupe radical, Khader Habib, a exhorté les Arabes et les musulmans « à défendre Jérusalem contre la judaïsation et les tentatives de détruire la mosquée al-Aqsa ».
Par ailleurs, le Fonds al-Qods (Jérusalem), basé au Maroc, a annoncé hier soir avoir acheté un terrain d'une superficie de 1 800 mètres carrés à Jérusalem pour cinq millions de dollars dans le but de préserver le caractère arabo-musulman de sa partie orientale annexée en 1967 par Israël.

http://www.lorientlejour.com/news/print.php?id=631807

Posté par MCPalestine à 11:46 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »