Mosquée d’Al-Aqsa. Le 40e anniversaire de l’incendie qui a ravagé, le 21 août 1969, ce lieu saint de l’islam, œuvre d’un forcené selon Israël, intervient en pleine judaïsation de Jérusalem. Le sinistre marquait en fait le début de tout un processus.

Des flammes toujours vives

40 ans se sont écoulés, un flash-back vient frapper les mémoires arabes et palestiniennes : la mosquée d’Al-Aqsa en flammes. A cette occasion, le président du Conseil des secrétaires de l’institution internationale Al-Qods, Youssof Al-Qaradawi, a invité à une « journée de solidarité des mosquées de la nation avec la mosquée d’Al-Aqsa » le vendredi 28 août. C’est en 1969 qu’un certain Michael Denis Rohan, extrémiste juif de nationalité australienne, mettait le feu le 21 août à l’intérieur de la mosquée.

Mais les choses devraient-elles en rester là ? Un accident et un jour de commémoration ? Sûrement pas. En fait, cet incendie n’était que le prélude d’un processus de judaïsation de la ville de Jérusalem. Le fameux rêve sioniste qui a, depuis toujours, existé : construire, sur les ruines de la mosquée d’Al-Aqsa et sur celles de Qobbat Al-Sakhra (le Dôme du Rocher), le « Troisième temple ». Il s’agit d’un vieux plan qui plaide pour la destruction du troisième lieu saint de l’islam.

Mohamed Sobeih, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe aux affaires de la Palestine, affirme que « l’incendie de la mosquée n’a jamais été la première ou la dernière opération. Il s’agit dans le fond d’un plan complet et bien défini qui vise le remaniement total des traits de Jérusalem ».

En effet, le plan israélien consistant à expulser le plus grand nombre possible d’Arabes est en réelle application depuis bien longtemps. Israël n’a jamais cessé ses manœuvres. Depuis 1970, les autorités d’occupation israélienne ont commencé d’intensifs travaux de fouilles juste sous la mosquée d’Al-Aqsa sur les côtés sud et ouest. De même, un large tunnel a été ouvert sous le secteur de prière des femmes (1977). Deux ans plus tard, un nouveau sillon était creusé sous la mosquée, allant d’est en ouest.

En 2007, les travaux ont repris et n’ont jamais cessé. Une quête biblique d’un autre temps, pour ressusciter les fragments souterrains d’une civilisation enfouie et, surtout, faire valoir un droit présent sur le sol palestinien. Des travaux qui, selon des experts, menacent les fondations de l’esplanade des Mosquées. Tout ça n’est qu’un alibi sauvage au service de la destruction de ce haut lieu symbolique pour tous les musulmans. D’ailleurs, combien de fois les Palestiniens ont-ils été empêchés d’aller prier dans leur mosquée ? Israël interdit fréquemment aux Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza l’accès à Jérusalem-Est, annexée après sa conquête en 1967, ainsi qu’à toute autre partie du territoire israélien. A l’heure du Ramadan, il impose de nouvelles restrictions aux habitants de la Cisjordanie. Lors du premier vendredi du mois sacré, beaucoup se sont retrouvés privés de leur droit d’aller prier dans leur mosquée. Seuls les hommes âgés de plus de cinquante ans et les femmes dont l’âge dépasse la quarantaine pouvaient pénétrer dans la mosquée.

Pour Emad Gad, rédacteur en chef d’Israeli Digest, le plan israélien consiste à éliminer peu à peu la présence arabe et palestinienne de la Cisjordanie, que ce soit en les empêchant d’y prier ou encore par le biais des fouilles : « Les Israéliens veulent à tout prix s’emparer de Jérusalem et le judaïser. Plus le temps passe, plus ils trouvent des prétextes pour leur projet de judaïsme ». Et d’ajouter : « Actuellement, ils travaillent surtout sur l’élimination radicale de tout signe arabe ou musulman. Ils tentent de changer la constitution architecturale d’Al-Qods ».

Nouvelle judaïsation

Ceci se confirme dans les faits, puisque le ministère israélien des Transports a annoncé, il y a tout juste un mois, qu’il avait décidé de gommer les noms arabes sur les panneaux indicateurs des localités situées en Israël. Une mesure présentée comme réponse au refus des Palestiniens de désigner des localités israéliennes par leurs noms en hébreu. Seul le terme hébreu sera gardé. Ainsi apparaîtra Jérusalem seulement en hébreu, « Yerushalayim », sans qu’il n’y ait plus mention du terme arabe usuel d’Al-Qods (la sainte), accolé entre parenthèses. Même dans la signalisation en lettres latines, « Jérusalem » deviendra « Yerushalayim ». La décision ne concerne pas seulement la Ville sainte, mais aussi Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël (appelée Nassera en arabe, Natzraz en hébreu) ainsi que d’autres grandes villes. D’autre part, selon le Centre palestinien d’information, pour mettre la main sur l’ancien bourg de la ville d’Al-Qods, les Israéliens ont consacré un milliard de dollars pour la judaïsation de leur prétendue « vallée sainte ». Un projet destiné à détourner quelque deux kilomètres et demi du côté sud-est de l’ancien bourg palestinien d’Al-Qods. Le projet, dont la réalisation s’étale sur quatre ans, comporte la construction d’un réseau de rues encerclant l’ancien bourg d’Al-Qods, changeant surtout le terrain au profit d’associations coloniales sionistes, ainsi que des bureaux officiels israéliens. Désormais, un Palestinien, même originaire de la région, ne pourra construire dans la zone se trouvant entre la montagne Mokabber et le quartier Al-Cheikh. Les sources juridiques du CPI précisent que le financement (plus d’un milliard de dollars) sera en partie pris en charge par des sionistes et des Occidentaux.

S’il est difficile de déterminer avec exactitude la provenance de ces fonds, elle reflète en revanche l’attitude européenne vis-à-vis d’Israël. L’Europe a toujours gardé une position indécise, ce à quoi Sobeih renchérit : « Il est temps que l’Europe abandonne sa position molle à l’égard de la politique israélienne ».

A l’heure actuelle, Benyamin Netanyahu sillonne l’Europe dans le but de convaincre les Européens de marginaliser les questions politiques au profit de la dimension humanitaire et financière. Et pour cause, les commentaires ne vont pas dans son sens. En effet, « le gouvernement allemand est d’avis qu’aucune nouvelle colonie ne devrait être construite dans les territoires occupés », déclarait le porte-parole adjoint du gouvernement, Klaus Vater. De son côté, la Russie appelait Israël à « stopper immédiatement » la colonisation. Présidente de l’Union européenne, la Suède a, quant à elle, rappelé que « ce genre d’action est illégale au regard du droit international », alors qu’Israël venait de donner son feu vert pour judaïser la partie est de Jérusalem. En effet, 596 logements ont été construits dans les implantations israéliennes de Cisjordanie depuis le début de l’année. Aujourd’hui, on dénombre plus de 300 000 colons juifs en Cisjordanie ainsi que 200 000 Israéliens vivant dans les quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, selon le rapport « Contourner le gel de la colonisation » du mouvement anticolonisation La Paix maintenant.

Les rappels à l’ordre sont nombreux, mais les réprimandes concrètes se font discrètes. Si ce n’est la convocation de l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, copiée par la France, l’Europe brasse de l’air. Pourtant, il y aurait du mieux. Sous l’administration Bush « l’Europe ne se mêlait pas des histoires politiques d’Israël ». Comment expliquer, alors, ce regain d’intérêt diplomatique pour le dossier israélo-palestinien ? D’après Emad Gad, « depuis toujours, l’Europe attend de connaître le positionnement américain, puis elle s’aligne. Or, c’est la première fois que les Etats-Unis réclament le gel des colonies. L’Administration Bush avait pour habitude d’être en osmose avec la Knesset ». Dans un deuxième temps, le vieux continent doit aussi apprendre à composer avec la prise de conscience qu’a occasionnée l’offensive israélienne de 23 jours. En effet, des milliers d’Européens avaient manifesté de Stockholm à Rome en passant par Madrid et Copenhague pour condamner l’opération « Plomb durci », la plus violente depuis l’occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967. Quoi qu’il en soit, « aussi longtemps que les Etats-Unis supporteront les actions dans les faits (avec quelques remontrances occasionnelles verbales), et tant que l’Europe fera mine de suivre, Israël continuera d’une manière ou d’une autre », avertit Noam Chomsky.

Rien de choquant de la part des Européens puisque les pays arabes eux-mêmes n’en font pas plus. Les pays de la Ligue arabe savent aussi faire preuve de mollesse lorsqu’il s’agit d’Israël. C’est d’ailleurs ce qui a poussé le cheikh Tayssir Al-Tamimi, haut expert juriste palestinien, à demander la grande Intifada des musulmans pour sauver la Ville sainte de l’occupation sioniste. Tout en évoquant les atrocités commises à l’encontre du peuple palestinien dans cette ville sainte, il a rappelé aux pays arabes et islamiques qu’il leur incombait de se soulever en bloc pour libérer la sainte Qods par une grande Intifada. Il a aussi reproché aux Etats arabes leur négligence envers la situation de cette ville sainte occupée. Et d’ajouter que « ces Etats ne se contentent pas de simples condamnations verbales et ne mènent pratiquement aucune démarche concrète. Les réactions des pays arabes face aux crimes des occupants de la Noble Qods sont très faibles ».

L’urgence de la situation doit être prise en compte, car la charge émotive et la capacité mobilisatrice de cet édifice religieux sont considérables dans tout le monde arabo-musulman.

Le mouvement du Hamas, quant à lui, n’a pas choisi de garder le silence. Il a mis en garde contre les tentatives israélo-américaines d’internationaliser la mosquée sainte d’Al-Aqsa, et de judaïser la ville d’Al-Qods occupée.

Le mouvement palestinien a refusé les tentatives de remettre le contrôle de la mosquée sainte d’Al-Aqsa au département israélien des antiquités au lieu du ministère jordanien des Waqfs.

Dans un communiqué publié par son bureau d’informations, le Hamas a appelé, le vendredi 28 août, les pays arabes et occidentaux à « ne pas permettre à l’occupation de faire passer ce plan dangereux ».

Dans un registre plus ferme, le chef du groupe Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah, a lancé : « Les Israéliens doivent comprendre que la destruction de la mosquée d’Al-Aqsa conduirait à la destruction de l’entité sioniste (Israël) (...) Nous ne devrions pas rester les bras croisés à attendre que l’événement arrive, pour ensuite pleurer et nous frapper le visage. Dès aujourd’hui, des dispositions devraient être prises, et des messages envoyés, pour empêcher les extrémistes ne serait-ce que d’oser penser à perpétrer un tel acte ».

En fait, ce sont les seuls cris d’appel à l’union et à la solidarité de la part des pays arabes. Sinon, c’est le silence complet. Emad Gad martèle : « Que ce soient les dirigeants arabes ou les organisations qui doivent assurer la pérennité d’Al-Qods, ils ne s’intéressent qu’à faire valoir leurs prises de positions. Ils prennent la parole, mais ça s’arrête là. Quant aux réactions concrètes pour sauver ce lieu saint, on ne les a pas vues jusqu’à présent ».

Cela étant, les manœuvres israéliennes perdurent. Les Etats-Unis et l’Europe blâment mais ne découragent pas, et les Etats arabes font preuve de mutisme. En d’autre terme, jusque-là, chacun est resté à sa place. Alors qu’il ne s’agit plus seulement du peuple palestinien, mais de la menace de destruction d’un symbole fort de l’islam.

Chaïmaa Abdel-Hamid
Maude Girard

Mosquée d’Al-Aqsa. Cet attentat, qui avait comme but de détruire la mosquée, a provoqué toute une série de dégâts et brûlé l’aile orientale de la mosquée connue sous le nom de la mosquée de Omar et construite de bois et de boue.

Des images d’un triste jour

Ce lieu en flammes : la mosquée d’Al-Aqsa à Jérusalem. La date : le jeudi 21 août 1969. l’événement : un grand incendie à l’intérieur du lieu saint qui a duré plusieurs heures. Le résultat : le feu a atteint plus d’un tiers de la surface de la mosquée.

En flammes aussi le minbar de Salaheddine qui est considéré comme un monument unique en son genre car il a été fabriqué complètement du bois sans utiliser ni de clous ni d’autres matériaux.

La niche de Zakariya, située juste à côté de la mosquée de Omar, a été elle aussi incendiée. Le feu a également touché trois des sept couloirs de la mosquée.

L’incendie a frappé aussi le dôme intérieur fabriqué en bois avec toutes ses décorations colorées et dorées. En plus, une niche en marbre coloré a été atteinte. De même, 48 fenêtres fabriquées en bois, en vitraux colorés qui empêchaient l’entrée des rayons du soleil à l’intérieur de la mosquée, ont été atteintes. Tous les tapis de prière, des tapis persans, ont été détruits. Toutes les arcades qui portent les lampions et qui se prolongent tout au long des colonnes ont pris feu.

Mais les habitants des territoires occupés qui sont arrivés pour aider à mettre fin à l’incendie ont été choqués car les forces israéliennes ont coupé l’eau du quartier ce jour-là ... ils se sont habitués par la suite à ce genre de comportement. C’était la preuve que les autorités d’occupation ont donné le feu vert pour commettre cet attentat. Et les pompiers de ce quartier qui sont sous la direction des forces israéliennes ont été retardés à tel point que ceux des régions de Ramallah et d’Al-Khalil (Hébron) sont arrivés avant eux. Mais les habitants de Jérusalem ont déployé tous leurs efforts pour mettre fin au feu, ce qui a permis d’éviter un plus grand désastre. Au début, les Israéliens ont fait remonter la cause de l’incendie à un court-circuit, mais après que les experts ont prouvé que le feu est l’œuvre préméditée d’une personne, les forces d’occupation ont reconnu qu’il s’agissait d’un certain Michael Denis Rohan, un jeune Australien sioniste. Mais la catastrophe c’est que les tribunaux israéliens ont libéré le criminel sous prétexte qu’il est fou. Pour sa part, ce « prétendu malade mental » a déclaré qu’il avait commis cet acte d’après une prophétie du chapitre de Zaccharie, selon lequel c’est un devoir religieux. Ce jour-là, la réaction arabe et populaire a pris comme d’habitude la forme de manifestations dans tous les pays arabes. Quant à la réaction officielle, le Conseil de sécurité a adopté une résolution par 11 voix et 4 abstentions, dont bien sûr les Etats-Unis, condamnant Israël .

Chérine Abdel-Azim

Mosquée d’Al-Aqsa. L’incendie de la mosquée d’Al-Aqsa marque, selon plusieurs analystes, le passage du conflit palestino-israélien vers de nouveaux enjeux plutôt religieux.

L’acte de naissance de l’enjeu
religieux du conflit

Alors qu’il s’agissait au départ d’un conflit plutôt politique dominé par la notion d’un nationalisme arabe luttant pour la liberté face à un Israël qui est un suppôt du colonialisme. Pour les Arabes, il s’agissait pratiquement de restituer aux Palestiniens leurs territoires usurpés en 1948. Certes, la dimension confessionnelle a toujours existé et surtout du côté israélien. Israël s’est toujours présenté comme un Etat juif, selon les théories sionistes. Et aujourd’hui d’ailleurs, alors que l’extrême-droite a pris le gouvernail, la chose a pris une allure officielle. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, insiste sur le statut juif de l’Etat d’Israël, de quoi faire des Palestiniens qui y résident, des descendants des Palestiniens de 1948, des citoyens de seconde zone.

On peut donc dire que cet aspect a été mis en forme dès l’incendie du 21 août 1969. Œuvre d’un illuminé comme l’a prétendu Israël, il est venu néanmoins concrétiser les conceptions de l’establishment israélien. Comme le souligne le journaliste René Naba dans une étude sur la question, l’incendie est intervenu deux ans après la guerre de juin 1967. Israël au cours de cette vaste agression avait occupé le Sinaï, le Golan et surtout la Cisjordanie et Jérusalem-Est, ce qui restait du territoire de la Palestine occupée en 1948. Déjà les scènes hystériques, dont ont fait preuve de nombreux soldats israéliens lorsqu’ils se sont trouvés sur l’esplanade des Mosquées, témoignaient de ce qui allait venir. Désormais Jérusalem-Est, Al-Qods, allait devenir au cœur d’un différend religieux. Du côté arabe, juin 1967 était déjà une vraie humiliation. Et l’incendie « va servir de détonateur à la résurgence du sentiment religieux dans l’espace arabo-musulman, avec pour inéluctable conséquence la marginalisation progressive du nationalisme arabe, le fer de lance de la revendication indépendantiste de la période post-coloniale », estime Naba.

Et on a vu après l’incendie toute une mobilisation du monde musulman, qui, en dépit de son soutien passé aux Arabes dans leur lutte pour récupérer leur territoire, restait quand même assez passif pour ne pas dire indifférent. Ceci a donné lieu au premier sommet islamique le 1er septembre 1969, à Rabat, sous l’égide des monarques arabes proaméricains, Fayçal de l’Arabie saoudite et Hassan II du Maroc, épaulés en la circonstance par le Chah d’Iran Reza Pahlévi et le Pakistan, le plus grand état islamique après l’Indonésie et une des grandes puissances militaires d’Asie. René Naba souligne à juste titre que « l’acte de naissance de l’islamisme politique, une date fondatrice de l’histoire de la sphère arabo-musulmane », date de l’incendie.

De plus, il est bien à noter que l’exploitation de la religion à des fins politiques s’est manifestée à cette époque dans le contexte de la guerre froide. L’Amérique, la première, a mobilisé le facteur religieux pour combattre l’Union soviétique, que ce soit en Europe de l’Est ou plus tard en Afghanistan. Et d’ailleurs même avant 1967, l’Amérique a fait répandre comme instrument de propagande anti-nasserienne, la lutte contre l’athéisme. Les talibans ne sont-ils pas un produit du far west qui s’est retourné contre lui ? Israël aussi a voulu favoriser le religieux contre l’OLP et le Hamas auparavant conçu comme un mouvement de bienfaisance a été bien toléré au départ, croyant détourner les Palestiniens de leurs revendications politiques.

A présent cet aspect s’exacerbe de plus en plus et Israël joue toujours avec le feu.

Ahmed Loutfi

 

Un joyau ommeyade

Al-Aqsa est une mosquée construite au VIIe siècle à Jérusalem (Al-Qods). Il s’agit de la plus grande mosquée de cette ville, où 5 000 fidèles peuvent prier, le site dans sa totalité peut accueillir plusieurs centaines de milliers de personnes. L’esplanade des Mosquées (Al-Haram Al-Charif) est le troisième lieu saint de l’islam, après La Mecque et Médine. Sa construction remonte à l’ère des Ommeyades. Les Abbassides l’ont préservée, Abou-Jaafar Al-Mansour l’avait restaurée. Elle fut détruite quelque temps après par un tremblement de terre. Le calife Al-Mahdi l’avait reconstruite vers 1002. Le calife fatimide Al-Zaher l’a restaurée en 1047.

A l’époque des Croisades, la mosquée fut dénaturée : une partie d’elle fut transformée en habitations pour les chevaliers et l’autre en église ; et ce jusqu’à sa récupération par Salaheddine Al-Ayyoubi en 1204. Celui-ci fit venir le minbar de Noureddine Zanki et l’installa à la mosquée d’Al-Aqsa. Les Ayyoubides, les Mamelouks et les Ottomans ont suivi la même voie. A l’ère jordanienne, la mosquée bénéficia d’une grande attention.

Le 21 août 1969, la mosquée fut brûlée, le minbar et le plafond en bois de son côté sud-est ont été consumés.

Mavie Maher