FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

01 juillet 2009

Gaza : 1,5 million de personnes en proie au désespoir

Gaza : 1,5 million de personnes en proie au désespoir

Six mois après qu’Israël a lancé son opération militaire de trois semaines à Gaza le 27 décembre 2008, les Gazaouis ne peuvent toujours pas reconstruire leur vie. La plupart d’entre eux ont du mal à joindre les deux bouts. Les patients gravement malades ont de la difficulté à obtenir le traitement dont ils ont besoin. Nombre d’enfants souffrent de problèmes psychologiques graves. Les civils dont les foyers et les biens ont été détruits durant le conflit n’arrivent pas à se relever.

Voir aussi :

  • Nouveau film CICR - Gaza : le prix à payer (téléchargement et commandes en ligne).
  • Communiqué de presse, 29.06.09
  • Durant les 22 jours de l’opération militaire israélienne, les civils étaient nulle part en sécurité à Gaza. Les hôpitaux étaient saturés par l’afflux de blessés, notamment de jeunes enfants, de femmes et de personnes âgées. Le personnel médical a fait preuve d’un courage et d’une détermination incroyables, travaillant 24 heures sur 24 pour sauver des vies dans des conditions extrêmement difficiles. Entre temps, des tirs de roquettes quotidiens lancés de Gaza ont menacé des milliers d’habitants dans le sud d’Israël. Les agents de santé en Israël ont dispensé des soins à la population traumatisée, et ont traité et évacué les blessés.

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    ©CICR/VII/ T. Domaniczky / il-e-00106

    De nombreux enfants ont été témoins de violence durant l’opération militaire. Ils souffrent presque tous d’énurésie, d’insomnie et sont agités. Des milliers d’enfants et d’adultes ont besoin de conseils pour savoir comment gérer leur état de choc émotionnel et leur stress post-traumatique.

    Bon nombre de personnes à Gaza ont perdu un enfant, un parent, un proche ou un ami. L’opération militaire israélienne a laissé des milliers de foyers partiellement ou totalement détruits. Les démolitions ont transformé des quartiers entiers en ruines. Les écoles, les jardins d’enfants, les hôpitaux et les postes incendie et ambulance ont été endommagés par les bombardements.

    Cette petite bande côtière est coupée du monde extérieur. Même avant les dernières hostilités, des restrictions très importantes imposées au déplacement des personnes et des biens par les autorités israéliennes, en particulier depuis octobre 2007, avaient provoqué un accroissement de la pauvreté, une augmentation du chômage et une détérioration des services publics tels que soins de santé, approvisionnement en eau et assainissement. La coopération insuffisante entre l’Autorité palestinienne à Ramallah et l’administration du Hamas à Gaza avait aussi touché l’acheminement des services essentiels. De ce fait, les Gazaouis étaient déjà plongés dans une crise majeure touchant tous les aspects de la vie quotidienne bien avant l’intensification des hostilités en décembre dernier.

    Six mois plus tard, les restrictions sur les importations empêchent les Gazaouis de reconstruire leur vie. Les quantités de biens qui entrent aujourd’hui à Gaza sont très loin de satisfaire les besoins de la population. En mai 2009, seuls 2 622 camions de biens sont entrés à Gaza en provenance d’Israël, soit une diminution de presque 80 pour cent par rapport aux 11 392 camions autorisés à entrer en avril 2007, avant que le Hamas ne prenne le contrôle du territoire.


    Aucune autorisation de reconstruire, risque pour la santé publique

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    ©CICR / M. Al-Baba

    Khan Younis, mai 2009. Robinets publics d'eau potable.

    Les quartiers de Gaza qui ont été particulièrement touchés par les tirs israéliens continueront de ressembler à l’épicentre d’un puissant tremblement de terre à moins que des quantités de ciment, d’acier et d’autres matériaux de construction n’aient l’autorisation d’entrer le territoire pour permettre la reconstruction. En attendant, des milliers de personnes qui ont tout perdu seront contraintes de vivre à l’étroit avec des proches. D’autres continueront de vivre dans des tentes, n’ayant nulle part ailleurs où aller.

    Des activités de réparation d’urgence ont été menées lorsque l’opération militaire a permis de rétablir les services eau et assainissement, mais uniquement au niveau insuffisant qui prévalait avant décembre 2008. L’infrastructure est surchargée et peut à tout moment tomber en panne. Bien que le chlore soit utilisé pour désinfecter l’eau, les eaux usées et autres déchets qui s’infiltrent dans le réseau d’alimentation en eau font peser de sérieux risques sur la santé publique.

    Chaque jour, 69 millions de litres d’eaux usées partiellement traitées ou non traitées – l’équivalent de 28 piscines olympiques – sont rejetés directement dans la Méditerranée faute de pouvoir être traités.

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    ©ICRC / M. Al-Baba

    Ezbet Abd Rabo, nord de Gaza, Mai 2009.

    Seuls quelques milliers de foyers ont accès à l’eau courante certains jours. Ne pouvant être convenablement entretenu, le réseau d’approvisionnement en eau fuit, ce qui complique le maintien d’une pression d’eau suffisante. Même lorsqu’il y a de l’eau dans les conduites, de nombreux foyers n’ont pas suffisamment d’électricité pour pomper l’eau dans les réservoirs situés sur les toits.

    Les robinets de dizaines de milliers de personnes sont secs lorsque les puits municipaux de Gaza sont en panne, ce qui se produit fréquemment faute d’approvisionnement suffisant en nouvelles conduites d’eau, en pièces détachées électriques, en pompes et en transformateurs.

    Le CICR a parfois trouvé les moyens de réparer l’infrastructure sans avoir à être tributaire d’importations. Par exemple, il a utilisé des matériaux recyclés (dont des conduites d’eaux usées et des morceaux de béton provenant de l’ancien mur de la frontière de Rafah détruit en janvier 2008) pour remettre en état une station d’épuration des eaux usées qui dessert 175 000 personnes à Rafah.

    Cela n’est, toutefois, guère suffisant. D’autres projets de réparation et de reconstruction s’imposent d’urgence pour prévenir toute dégradation du système d’approvisionnement en eau, effectuer l’entretien essentiel et stopper la détérioration constante du système eau et assainissement dans la bande de Gaza. Le fait que les services eau et assainissement risquent de s’effondrer à tout moment brandit le spectre d’une crise majeure de la santé publique.

    Le seul moyen de résoudre cette crise est de lever les restrictions aux importations de pièces détachées, les conduites d’eau et les matériaux de construction tels que le ciment et l’acier pour permettre la reconstruction des maisons, l’entretien et l’amélioration de l’infrastructure vitale.

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    Accès insuffisant aux soins de santé

    ©ICRC/VII/ T. Domaniczky / il-e-01707

    Gaza, hôpital Al-Shifa, janvier 2009

    "J’ai une tumeur au pancréas. Au début, j’avais espoir d’être opérée mais avec le temps j’ai cessé d’espérer : je souffre et je ne sais que trop bien que cette maladie risque de me coûter la vie."
    Do'aa, 26 ans, ville de Gaza. Elle attend depuis janvier 2009 la permission de transiter par Israël pour se faire opérer en Jordanie.

    Le système de soins de santé de Gaza ne peut assurer le traitement requis par l’état de nombreux patients souffrant de maladies graves. Il est tragique que bon nombre de patients n’ont pas le droit de quitter la bande de Gaza à temps pour se faire soigner ailleurs. Les questions de santé à Gaza sont souvent politisées et les patients se trouvent pris dans un dédale bureaucratique. Les procédures de demande d’autorisation de sortie du territoire sont compliquées et impliquent à la fois les autorités palestiniennes et israéliennes. Il arrive que des patients gravement malades doivent attendre des mois avant que les autorités compétentes les autorisent à quitter la bande de Gaza.

    Même lorsque les patients obtiennent les permis de sortie nécessaires, le transfert par le point de passage d’Erez peut être ardu. Il faut faire sortir les patients sous appareil respiratoire des ambulances, les placer sur des civières, puis les porter sur 60-80 mètres par le point de passage vers les ambulances qui les attendent de l’autre côté. Les patients qui peuvent marcher de manière autonome courent le risque d’avoir à répondre à de nombreuses questions avant d’obtenir l’autorisation de traverser pour suivre le traitement médical – ou, comme cela se produit quelquefois, avant de se voir refuser leur entrée en Israël et d’avoir à faire marche arrière.

    "J’adorais jouer au football avec mes amis. J’ai dit aux médecins que je voulais pouvoir remarcher – ils m’ont promis que je remarcherai."
    Ghassan, 14 ans, ville de Gaza. Son frère aîné a été tué et lui-même a été blessé lors de l’opération militaire. Il attend d’être appareillé des deux jambes.

    La pénurie de médicaments essentiels est un problème récurrent dans les hôpitaux et les dispensaires de Gaza, qui dépendent d’un approvisionnement, en temps voulu et fiable, de médicaments en provenance du ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, or la chaîne d’approvisionnement est souvent en panne. La coopération entre les autorités sanitaires en Cisjordanie et à Gaza est difficile. Les procédures complexes et longues d’importation d’Israël entravent aussi l’approvisionnement fiable même des articles les plus essentiels, comme les analgésiques et les révélateurs de films radiographiques. Par conséquent, certains patients, notamment ceux qui souffrent de cancer ou d’insuffisance rénale, ne disposent pas toujours des médicaments essentiels dont ils ont besoin.

    "Quatre de nos 14 ventilateurs pulmonaires pour nouveaux-nés sont hors service. Il est actuellement impossible de faire entrer des pièces détachées à Gaza pour permettre la remise en état de ces ventilateurs. C’est un vrai problème si de nombreux nouveaux-nés se trouvent dans l’unité de soins intensifs dans le même temps."
    Majdia Jouda, chef du département néonatal de l’hôpital Shifa.

    On estime à 100-150 le nombre de personnes qui ont perdu des membres lors de la récente opération militaire et qui attendent d’être appareillées. Le centre d’appareillage orthopédique et de prise en charge de la poliomyélite (Artificial Limb and Polio Centre) est le seul centre de réadaptation physique à Gaza qui peut les appareiller avec des appareils de réadaptation physique adéquats et professionnels adaptés à chaque cas. Étant le seul centre d’appareillage dans la bande de Gaza, il doit répondre à toute les demandes de membres artificiels. Cependant, l’importation de matériaux et de composants pour les prothèses reste encore un processus difficile et long.

    Les hôpitaux de Gaza sont délabrés. La plupart des équipements sont peu fiables et doivent être réparés. Les procédures d’obtention de l’approbation des pièces de rechange étant compliquées, il est difficile de faire entrer et d’entretenir des équipements hospitaliers comme les scanners CT, et les pièces de rechange – même pour les machines à laver des hôpitaux, et cela prend beaucoup de temps. Le CICR a dû attendre au moins cinq mois avant de pouvoir importer du matériel médical pour les salles d’opération, comme les fixateurs externes en chirurgie orthopédique.

    Chaque jour, des coupures et des fluctuations de courant continuent d’endommager l’équipement médical. La plupart des hôpitaux sont tributaires de générateurs de secours plusieurs heures par jour, sans jamais savoir s’il y aura assez de combustible pour les faire fonctionner.

    Les personnes gravement malades doivent être en mesure de quitter rapidement et en toute sécurité la bande de Gaza afin de bénéficier de soins médicaux spécialisés qu’ils ne peuvent recevoir à l’intérieur du territoire. Des articles médicaux essentiels tels que les médicaments, les articles jetables et les pièces détachées doivent pouvoir entrer dans la bande de Gaza sans délai et en quantités suffisantes pour assurer des services de santé essentiels pour la population.


    Une économie étouffée

    Une des conséquences les plus graves du bouclage est l’augmentation du chômage, qui atteignait 44 pour cent en avril 2009, selon la chambre de commerce de Gaza. Les restrictions imposées aux importations et exportations de biens depuis juin 2007 ont mis fin à 96% des opérations industrielles à Gaza, entraînant une perte d’environ 70 000 emplois. Elles ont aussi eu un impact grave sur la possibilité d’exporter les produits vers Israël et la Cisjordanie, qui est désormais quasi nulle.

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    ©ICRC / M. Al-Baba

    Ezbet Abd Rabo, nord de Gaza, mai 2009.

    Les tunnels sous la frontière entre l’Égypte et Gaza ne présentent aucune autre issue au développement économique et n’assurent pas un approvisionnement suffisant en biens accessibles pour la population.

    L’effondrement économique de Gaza a conduit à une aggravation extrême de la pauvreté. Selon une étude du CICR sur les ménages, réalisée en mai 2008, il ressort que, même alors, plus de 70 pour cent des Gazaouis vivaient dans la pauvreté, avec des revenus mensuels inférieurs à 250 dollars US pour une famille de 7 à 9 membres (un dollar par membre d’un ménage par jour), à l’exclusion de la valeur de l’éventuelle assistance humanitaire qu’ils recevaient. Quelque 40 pour cent des familles de Gaza sont très pauvres et vivent avec un revenu mensuel de moins de 120 dollars (0,5 dollar par membre du ménage par jour). En moyenne, chaque personne qui travaille – qu’elle soit employé rémunéré ou ayant sa propre affaire – doit subvenir aux besoins de sa famille immédiate de 6 à 7 personnes et de quelques membres de sa famille élargie.

    Cette aggravation de la pauvreté a eu des répercussions graves sur la façon de se nourrir de la population. Bon nombre de familles ont été contraintes de réduire les dépenses de leurs ménages à des niveaux de survie. D’une manière générale, les personnes ont les calories dont elles ont besoin, mais rares sont celles qui peuvent se permettre d’avoir un régime alimentaire sain et équilibré. Les familles pauvres remplacent souvent les solutions bon marché comme les fruits, les légumes et le poisson par des céréales, du sucre et de l’huile, ce qui entraîne des carences en fer, en vitamine A et vitamine D pour des dizaines de milliers d’enfants. Cette situation risque de provoquer un retard de croissance (os et dents), une mauvaise résistance aux infections, de la fatigue et des difficultés de concentration.

    Les plus démunis ont, pour la plupart, épuisé leurs mécanismes de survie. Bon nombre n’ont plus d’économies. Ils ont vendu leurs biens personnels, comme les bijoux et les meubles, et ils ont commencé à vendre des biens de production (animaux de ferme, terre, bateaux de pêche ou voitures servant de taxis). Ils ne peuvent absolument pas réduire davantage leurs dépenses alimentaires. Les niveaux de vie en baisse auront une incidence sur la santé et le bien-être de la population sur le long terme. Les personnes les plus touchées seront vraisemblablement les enfants qui constituent plus de la moitié de la population de Gaza.

    La pauvreté alarmante de Gaza est directement liée au bouclage strict imposé au territoire. L’industrie locale et les autres entreprises doivent recevoir une autorisation pour pouvoir reconstruire, importer des biens essentiels et exporter leurs produits. Mais même cela va prendre du temps. La crise est devenue si aiguë et si profondément enracinée que même si tous les passages étaient rouverts demain, l’économie aurait besoin d’années pour se relever.


    Agriculture dans la zone dangereuse

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    ©ICRC / M. Al-Baba

    Al Mughraqa, mai 2009.

    Le bouclage a aussi durement frappé les agriculteurs qui constituent plus d’un quart de la population de Gaza. Les exportations de fraises, de tomates cerises et de fleurs coupées constituaient une source importante de revenus. Elles sont totalement arrêtées. De nombreux agriculteurs ont vu leurs revenus réduits de moitié ayant eu du mal à vendre toute leur récolte à l’intérieur de Gaza. Même s’ils y arrivent, le prix qu’ils obtiennent n’est qu’une fraction de ce qu’ils toucheraient normalement des exportations vers Israël ou l’Europe.

    Durant la dernière opération militaire, l’armée israélienne a déraciné des milliers de citronniers, oliviers et palmiers, y compris ceux situés à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée a aussi détruit les systèmes d’irrigation, les puits et les serres.

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    ©ICRC / M. Al-Baba

    Ville de Gaza, mai 2009.

    De nombreux agriculteurs n’ont effectivement pas accès à des parties de leurs terres à cause de la zone « interdite » imposée par Israël au côté de Gaza de la barrière frontalière avec Israël. Au moins 30 pour cent des terres arables à Gaza se trouvent dans cette zone tampon, qui peut s’étendre jusqu’à un kilomètre de la barrière. Un agriculteur ne peut jamais savoir dans quelle mesure il est dangereux ou non de travailler sa terre ou de récolter dans la zone. Les agriculteurs risquent d’être tués lorsqu’ils s’occupent de leur terre et les incursions de l’armée détruisent souvent les champs et des parties de la récolte.

    La remise sur pied de la production agricole est difficile non seulement à cause des démolitions, mais aussi parce qu’Israël n’autorise pas l’importation d’engrais adaptés et car de nombreux types de jeunes plants sont difficiles voire impossibles à trouver à Gaza.

    La pêche a également été durement frappée par les restrictions imposées au déplacement par Israël. En janvier dernier, la zone en mer au sein de laquelle Israël autorise la pêche a été coupée de six à trois milles marins de la ligne côtière de Gaza, réduisant les captures et donc la disponibilité en aliments riches en protéines. Les gros poissons et les sardines, qui constituaient quelque 70 pour cent de la prise avant 2007, se trouvent principalement en dehors de la zone de trois milles marins.

    Des mesures urgentes doivent être prises pour permettre aux agriculteurs de s’occuper de nouveau de leurs cultures en toute sécurité. Les engrais, les pièces détachées des machines, les bâches en plastique pour les serres et le fourrage doivent bénéficier de l’autorisation d’entrer dans la bande de Gaza en quantités permettant de les vendre à des prix abordables pour les agriculteurs. Dans le même temps, les agriculteurs doivent être autorisés à reprendre leurs exportations de produits pour pouvoir gagner dignement leur vie. Les récentes restrictions sur la pêche devraient être annulées.

    Pris au piège

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    ©ICRC / A. Meier / il-e-00232

    Des familles attendant au point de passage d’Erez en 2005 pour sortir de Gaza et rendre visite à un proche détenu dans une prison israélienne. Ces visites ne sont plus autorisées.

    "Le fait d’être coincé ici me donne une sombre vue de l’avenir. J’aimerais recevoir une éducation et faire quelque chose de ma vie. J’aimerais être capable d’aider ma famille financièrement, or c’est très difficile car je ne puis sortir. Je me sens très en colère et sans espoir."
    Ibrahim Abu Sobeih, étudiant, 24 ans, ville de Gaza, a reçu une bourse de l’Université Clarion en Pennsylvanie, mais n’a pas eu l’autorisation de passer par Israël pour s’y rendre. Il travaille aujourd’hui pour une ONG locale.

    Les personnes à Gaza sont prises au piège. Comme Israël a fermé les points de passage, les Gazaouis ont peu de possibilités de contact avec leurs proches à l’étranger ou de poursuivre leur éducation ou une formation professionnelle. Les restrictions à la sortie et à l’entrée de la bande de Gaza s’appliquent également au personnel palestinien des organisations internationales comme le CICR. Pire encore, il est très rare de pouvoir utiliser le point de passage de Rafah avec l’Égypte.

    Le bouclage a des incidences psychologiques particulièrement visibles chez les familles dont des proches sont détenus en Israël. En juin 2007, Israël a mis fin aux visites soutenues par le CICR de 900 familles de Gaza à leurs proches détenus. Bon nombre d’enfants ont de ce fait perdu le seul lien qui leur restait avec un parent ou un frère détenu. Il faut que leurs familles aient l’autorisation de reprendre leurs visites à leurs proches en détention en Israël.

    Il est fréquent que les étudiants qui ont reçu une bourse pour aller étudier dans une université à l’étranger ne puissent pas quitter Gaza. Ceux qui ne peuvent pas sortir n’ont que des possibilités très limitées de poursuivre leur cursus d’enseignement supérieur dans l’enclave côtière. Les professeurs d’université, les enseignants et les professionnels sont souvent empêchés de participer à l’étranger aux cours de formation et aux séminaires qui leur permettraient d’améliorer leurs compétences et leurs qualifications.
    Over the last two years, the 1.5 million Palestinians living in the Gaza Strip have been caught up in an unending cycle of deprivation and despair as a result of the conflict, and particularly as a direct consequence of the closure of the crossing points.

    Rompre le cycle du désespoir et de la misère

    Ces deux dernières années, 1,5 million de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza ont été pris dans un cercle sans fin de dénuement et de désespoir à la suite du conflit, et en particulier comme conséquence directe du bouclage des points de passage.

    Le CICR n’a eu de cesse de souligner la nécessité de concilier les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité avec le droit de la population à Gaza à mener une vie normale et digne. Conformément au droit international humanitaire, Israël a l’obligation de s’assurer que les besoins essentiels de la population en termes de vivres, d’abris, d’eau et de secours médicaux sont satisfaits.

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    ©ICRC / M. Al Baba

    Ezbet Abd Rabo, nord de Gaza, mai 2009.

    Le CICR appelle une fois de plus à une levée des restrictions imposées au déplacement des personnes et des biens comme première mesure et la plus urgente pour mettre un terme à l’isolement de Gaza et permettre à ses habitants de reconstruire leur vie.

    Les quelque 4,5 milliards de dollars US que les pays donateurs ont promis pour la reconstruction lors d'un sommet international en Égypte en mars 2009 seront de peu d'utilité si les matériaux de construction et autres articles essentiels ne peuvent être importés dans la bande de Gaza.

    En tout état de cause, la reconstruction à elle seule n’offre pas à Gaza un moyen viable de se relever. Un retour à la situation antérieure, telle qu’elle prévalait avant la dernière opération militaire serait inacceptable, car il ne ferait que perpétuer les souffrances de Gaza.

    Une solution durable passe par des changements fondamentaux dans la politique israélienne, tels que l’autorisation d’importations et d’exportations vers Gaza et en provenance de Gaza, un passage accru de biens et de personnes au niveau de mai 2007, permettant aux agriculteurs d’accéder à leurs terres et dans la zone tampon de facto et de rétablir l’accès des pêcheurs aux eaux profondes.

    L’action humanitaire ne peut se substituer aux mesures politiques crédibles qui s’imposent pour apporter ces changements. Seul un processus politique honnête et courageux impliquant tous les États, les autorités politiques et les groupes armés organisés concernés peut apporter une réponse à la situation très difficile dans la bande de Gaza et permettre une vie digne à ses habitants.

    Sans cela, la spirale de la misère ira chaque jour en s’accentuant.

    * * *

    Activités du CICR à Gaza

    Le CICR est présent de manière permanente dans la bande de Gaza depuis 1968. Il compte aujourd’hui 109 collaborateurs, dont 19 expatriés.

    Les collaborateurs du CICR sont restés à Gaza durant toute l’opération militaire lancée le 27 décembre 2008. En coopération avec le Croissant-Rouge palestinien, ils ont évacué des centaines de personnes – dont certaines ont été gravement blessées lors des combats. De plus, ils ont distribué aux hôpitaux des médicaments et autres secours vitaux, et les chirurgiens de guerre du CICR ont aidé à effectuer des opérations à l’hôpital Shifa de Gaza.

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    ©ICRC

    Travaillant avec les autorités locales, le CICR a aussi procédé à des réparations d’urgence des lignes électriques et des réseaux d’approvisionnement en eau.

    Au lendemain de l’opération militaire, le CICR et le Croissant-Rouge palestinien ont distribué des secours tels que des bâches en plastique, des ustensiles de cuisine, des matelas, des couvertures et des articles d’hygiène à plus de 72 000 Gazaouis dont les maisons ont été partiellement ou totalement détruites. Les délégués du CICR ont également recueilli des informations pour voir si Israël et les groupes palestiniens ont conduit des hostilités conformément au droit international humanitaire. Les conclusions du CICR sont examinées bilatéralement avec les autorités concernées.


    Aujourd’hui, le CICR approvisionne huit hôpitaux en médicaments et autres articles et matériel médicaux et pièces de rechange, et les aide à entretenir et réparer les ambulances. De plus, le CICR appareille les amputés avec des membres artificiels et leur prodigue des soins de physiothérapie. Il apporte son concours à la remise en état des services eau et assainissement et au maintien du réseau d’approvisionnement en eau. L’institution soutient les agriculteurs et autres personnes dans le besoin par divers programmes incluant la remise en état des terres, la production de compost et des programmes « argent contre travail ».

    Le CICR continue de visiter des détenus dans la bande de Gaza et de promouvoir la connaissance et le respect du droit international humanitaire auprès des autorités et porteurs d’armes.


    Copyright © 2009  Comité international de la Croix Rouge

    29-06-2009

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    pour Israël, les colonies, c'est pas fini

    pour Israël, les colonies, c'est pas fini
    http://www.20minutes.fr/article/335830/Monde-pour-Israel-les-colonies-c-est-pas-fini.php

    Les nouvelles constructionsà Adam./ A. GHARABLI / AFP
    Le gouvernement israélien a autorisé hier la construction de 50 logements dans la colonie d'Adam en Cisjordanie, malgré les pressions de Washington réclamant un gel total de la colonisation. Le ministère de la Défense a justifié sa décision en expliquant que ces logements permettraient aux Israéliens installés à Migron, la plus grande colonie « sauvage » de Cisjordanie, de déménager à Adam, une colonie construite avec l'aval des autorités. Considérée comme un symbole par les colons, Migron compte 200 habitants.
    Mais la communauté internationale ne fait pas de distinction entre colonies « sauvages » et légales. Mercredi dernier, lors de la visite en France du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, Nicolas Sarkozy avait demandé à son tour un « gel total » de la colonisation en Cisjordanie. Jusqu'à présent, les autorités israéliennes sont restées sourdes à ces demandes. Netanyahou a laissé entendre qu'il pourrait démanteler une vingtaine de colonies sauvages, mais soutient toujours les constructions dans les colonies légales afin de permettre leur « croissance démographique naturelle ». Selon la radio militaire israélienne, ces 50 logements feraient partie d'un projet plus vaste de 1 450 habitations.

    W Sophie cois (avec AFP)

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    N'est-il pas temps de revoir - enfin sérieusement - le plan de partage de la Palestine ?

    N'est-il pas temps de revoir - enfin sérieusement -

    le plan de partage de la Palestine ?

    Une fois encore, les dirigeants occidentaux se félicitent d’un « important pas en avant » que constitue la déclaration politique du 1er Ministre israélien, B. Netanyahu. Ce dernier ayant susurré dans son premier discours de politique étrangère, sa vision d’un futur État palestinien indépendant. Mais de quel « pas » s’agit-il donc ?

    Jamais en reste, les médias occidentaux relayaient en chœur les propos de B. Netanyahu, allant même jusqu’à titrer que cet État projeté par le nouveau prophète hébreu n’était soumis à quasi aucune condition « préalable ». Ce qu’il faut lire parfois !

    Or, à la lecture détaillée de la proposition du 1er Ministre israélien, force est de constater qu’il en va de son exact contraire, sinon que les conditions au lieu d’être préalables se succédaient les unes aux autres.

    Ainsi, cette vision – il conviendrait de dire ce cauchemar – d’État moribond, croupion, mort-né tel qu’envisagé pourrait obtenir de son occupant – merci pour tant de magnanimité – son drapeau et son hymne national. Merveilleuse bienveillance… sauf qu’il a déjà l’un et l’autre.
    En revanche, il ne pourra bénéficier d’aucun contrôle sur son propre espace maritime, ni aérien et devra être démilitarisé. L’ensemble de ces matières relevant toujours du strict contrôle des forces israéliennes d’occupation. Quelle aubaine pour les Palestiniens de pouvoir ainsi compter sur les attentions protectrices de leur voisin.
    Ce futur État ne pourra pas plus envisager d’alliance avec l’Iran qu’avec le Hezbollah.
    De même, inutile de revenir sur la Résolution 478 du Conseil de sécurité dénonçant l'annexion de Jérusalem-Est lors de la guerre de 1967 comme violation du droit international, la ville sainte étant une fois encore et pour toutes – comprenez, pour l’éternité – déclarée indivisible et sous souveraineté… du peuple élu.
    Dans la foulée, le Droit au retour des innombrables réfugiés – Résolution 194 de l’ONU – est lui aussi une nouvelle fois, exclu. Tout comme le gel – illusoire – de l’extension des colonies… malgré l’insistance de la Maison Blanche sur la question.
    Sans oublier, l’inévitable rengaine de la reconnaissance par l’Autorité palestinienne, du caractère juif de l’État d’Israël… etc, etc…

    Bref, cette vision cauchemardesque, résulte manifestement de la perpétuation d’une mentalité s’apparentant vraiment à ce qui se pratiquait de pire sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, mais condamné alors par l’ensemble des nations, alors qu’elle semble cette fois, encensée par nos éminences. Ce patchwork de villages épars, divisés, écartelés, emprisonnés entre les colonies tentaculaires et leurs murailles de séparation ressemble à tout sauf à un quelconque État viable, digne de ce nom.

    Il n’est qu’une condition qui n’ait pas encore été officiellement adressée aux Palestiniens : un État qui existerait sans le moindre habitant arabe sur son territoire !
    Mais patience, avec Avigdor Lieberman comme chef d’une diplomatie israélienne de couleur de plus en plus brune, dont nos représentants à la probité exemplaire n’hésitent pas à serrer la main, cela ne saurait tarder…

    Qu’en tirer comme perspectives pour le peuple palestinien ?
    Que loin de se rapprocher, l’émergence de leur État semble toujours promise à de funestes et sordides calculs qui entérinent d’autant son éloignement.
    Que malgré les pressions de Washington, l’envahisseur israélien mène bien son jeu et teste les réactions d’un Occident toujours aussi servile et complaisant.
    Que rien, ab-so-lu-ment rien ne change dans la politique menée par Israël à l’encontre de son voisin, quels que soient le parti, la coalition et les responsables à la tête du pays.
    Qu’en marge de ces déclarations péremptoires, la situation dans la Bande de Gaza – dont presque plus aucun média ne parle – ne cesse de se dégrader depuis les deux ans que le siège israélien impose lentement mais sûrement son asphyxie, son agonie à un peuple exténué ne survivant que par approvisionnement clandestin à travers un réseau de galeries souterraines telles des ratières – mais n’allez surtout pas qualifier cet enfermement inhumain de camp d’extermination, vous seriez tout aussitôt méprisé, voire traité d’antisémite.
    Que pour maquiller ce qui n’est finalement qu’une énième déclaration hostile et méprisante au peuple palestinien, le 1er ministre israélien a sournoisement détourné l’attention de la communauté internationale sur le résultat contestable des élections iraniennes et des menaces qui en résultent.
    Et que face à ce qui n’est qu’une série de dictats imposés par l’occupant, et l’engouement honteux que ceux-ci semblent avoir suscités auprès des dirigeants de nos pays toujours enclins à envisager le rehaussement de l’UE avec cet État profondément raciste, les Palestiniens devront se rappeler, encore et toujours, qu’ils ne peuvent vraiment compter que sur eux-mêmes pour résister à leur brutale occupation.

    Il ne faudra pas s’étonner que lorsque quelque désespéré n’ayant plus rien à perdre, se radicalisera et se révoltera violemment face à cet état de choses, nos médias et nos grands penseurs – aux petites idées – ne résisteront pas à stigmatiser ces Palestiniens décidément incorrigibles et définitivement terroristes.

    Comme déjà écrit à plusieurs reprises, tant au travers d’articles que de livres, la situation des Palestiniens, loin de s’améliorer, n’a de cesse de se détériorer, jour après jour, dans une indifférence quasi générale.

    Qu’en tirer comme conclusion, sinon que depuis les décennies d’efforts et de sacrifices consentis par la population opprimée de Palestine pour aboutir à une solution équilibrée, aucun progrès ne semble à l’ordre du jour du côté israélien ? Aucune concession sérieuse, aucune réelle ouverture, pas le moindre sens d’une élémentaire justice. Que du contraire, puisque son étreinte sur les territoires palestiniens se fait de plus en plus cruelle, violente et odieuse et que le nombre de victimes augmente quotidiennement.

    Dès lors, et avant que le pire n’advienne, n’est-il pas temps de conclure que les accords de partage de la Palestine pour l’établissement de ces deux États vivant côte à côte tels que décidés en 1947 ne sont manifestement pas viables et définitivement caduques ?

    Et d’avoir enfin le courage politique de les revoir de fond en comble avec cette fois, la présence des premiers intéressés – c'est-à-dire les Palestiniens dont on veut confisquer une part importante du territoire – autour de la table…


    Daniel Vanhove –
    Observateur civil
    Membre du Mouvement Citoyen Palestine
    Co-auteur de Retour de Palestine – 2002 – aux Ed. Vista
    Auteur de Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2005
    et de La Démocratie Mensonge – 2008 – parus aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire

    Carte du plan de partition de 1947 - résolution ONU



    Cartes du plan de partition de 1947 et des annexions israéliennes de 1949 (ministère français des Affaires étrangères). A comparer avec les cartes présentant, après celles de 1967, les nouvelles annexions avec la construction du mur.

    Résolution 181 du Plan de partage de la Palestine - 1947

    Partition_1947


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    ONU AG Résolution 181 (Plan de partage- Palestine, 1947)

    Pour solutionner l’avenir de la Palestine sous mandat britannique, l’Assemblée générale de l’ONU décida le 29 novembre 1947 par sa résolution 181 de diviser le territoire entre :

    * un Etat juif sur 56,47% de la Palestine du mandat (hors Jérusalem), avec 498.000 habitants juifs et 325.000 habitants arabes ; * un Etat arabe sur 43,53% de la Palestine, avec 807.000 habitants arabes et 10.000 habitants juifs ; * un régime de tutelle internationale pour Jérusalem, avec 100.000 habitants juifs et 105.000 habitants arabes.

    Le plan de partage prévoyait également :

    * la garantie de droits des minorités et des droits religieux, y compris le libre accès aux Lieux saints et leur préservation ; * la constitution d’une Union économique entre les deux Etats : union douanière, système monétaire commun, administration unique des principaux services, accès légal aux eaux et sources d’énergie,...

    L’Assemblée prévoyait enfin :

    * une période de transition de deux mois à compter du 1er août 1948, date ultime pour la fin du mandat et l’évacuation des troupes britanniques, une zone comprenant un port de mer sur le territoire de l’Etat juif devant être évacuée avant le 1er février ; * une commission de cinq pays (Bolivie, Danemark, Panama, Philippines, Tchécoslovaquie) chargée d’administrer les régions évacuées par la Grande-Bretagne, de fixer précisément les frontières des deux Etats et d’établir, dans chacun, un Conseil provisoire de gouvernement ; * la prise en charge progressive de l’administration de chaque Etat par ce conseil et l’organisation dans les deux mois d’élections démocratiques pour une Assemblée constituante.

    Adoptée par 33 votes favorables, 13 défavorables et 10 abstentions.

    Position des pays de l’UE à l’égard du Plan de Partition en 1947(*) :

    Ont voté en faveur : Belgique, Danemark, France, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas, Suède,

    A voté contre : Royaume-Uni

    Abstention :


    (*) L’Autriche, l’Allemagne, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, la Portugal et l’Espagne n’étaient pas encore membres des Nations Unies en 1947

    Posté par MCPalestine à 10:30 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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