Israël cherche un accord avec les Etats-Unis sur les colonies

Par Reuters, publié le 16/06/2009 à 15:27

JERUSALEM - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu négocie un accord avec Washington permettant à Israël de continuer à étendre des colonies de Cisjordanie dans certains cas, selon des responsables israéliens et occidentaux.

Un chantier à la colonie de Givat Zeev, en Cisjordanie. Selon des responsables israéliens et occidentaux, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu négocie un accord avec Washington permettant à Israël de continuer à étendre des colonies de Cisjordanie dans certains cas. (Reuters/Ammar Awad)

Dans un entretien avec l'émissaire du président Barack Obama au Proche-Orient, George Mitchell, Benjamin Netanyahu a affirmé que son gouvernement n'avait pas l'autorité légale pour bloquer des constructions dans les cas où les appels d'offres ont déjà été attribués ou lorsque des maisons en construction ont été achetées à l'avance.

"Je suis confiant que nous pourrons bientôt arriver à un accord qui nous permettra de mettre de côté la question des implantations pour progresser sur ce que je considère comme des questions bien plus importantes pour le processus de paix", a déclaré Michael Oren, nouvel ambassadeur d'Israël à Washington.

Sous la pression de Barack Obama, Benjamin Netanyahu a publiquement accepté pour la première fois dimanche l'objectif international de création d'un Etat palestinien, mais en y posant des conditions jugées inadmissibles par les Palestiniens.

Le chef du gouvernement israélien a parallèlement refusé de céder à la demande américaine d'un gel de la colonisation en Cisjordanie occupée. Il défend la possibilité de développer les implantations existantes pour répondre à la "croissance naturelle" de la population des colons.

Pour les Palestiniens, le gel complet de la colonisation est une condition préalable à une reprise des pourparlers de paix.

COMPRÉHENSION ?

"Ce n'est pas une histoire d'appels d'offres, ce n'est pas une question technique. Toute activité de colonisation sape une solution à deux Etats", estime le négociateur palestinien Saeb Erekat. "Je ne crois pas que les Américains accepteront ça."

Michael Oren, interrogé à Jérusalem, n'a pas donné de détails sur le genre d'accord qui pourrait être passé avec Washington. Il assure que des propositions intéressantes ont été présentées par les deux parties pour réduire leurs divergences.

"Si quelqu'un achète une maison, si quelqu'un décroche un contrat pour construire une maison, si une entreprise est engagée sur un chantier, le gouvernement israélien n'a pas le droit de l'en empêcher, c'est la loi", a-t-il dit. "S'il essaie, il y aura recours devant la Cour suprême qui tranchera, c'est probable, en faveur des requérants."

D'après un responsable occidental, certains officiels américains à Washington se seraient montrés "compréhensifs" à l'égard de la position israélienne, d'autant qu'un gel complet de la colonisation pourrait provoquer un éclatement de la coalition droite-extrême droite au pouvoir en Israël.

Sur les ondes de la radio israélienne, le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a fait état d'une certaine compréhension parmi les dirigeants américains et européens sur le principe de la "croissance naturelle" des colonies.

Dans un entretien téléphonique lundi avec Netanyahu, le Premier ministre britannique Gordon Brown a pourtant réaffirmé la nécessité d'un "gel complet" conformément à la "feuille de route" pour la paix de 2003, a indiqué son porte-parole.

Benjamin Netanyahu a indiqué à une télévision américaine qu'il rencontrerait George Mitchell durant une visite en Europe la semaine prochaine. Il a reconnu que la colonisation demeurait un "sujet de désaccord".

D'après un diplomate occidental, Washington semblerait mettre de côté ce dossier hautement épineux pour tenter de trouver des moyens de relancer les négociations.

Une hypothèse actuellement examinée par l'administration Obama consisterait à accélérer les discussions sur les frontières d'un futur Etat palestinien, ajoute-t-il.

En cas d'accord sur les frontières, la construction se poursuivrait dans les zones demeurant sous contrôle israélien.

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