FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

28 mai 2009

un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.

Qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.

mercredi 27 mai 2009, par Pierre Stambul

Etat juif ou société de tous ses citoyens ?
Etat juif et démocratique ou Etat raciste ?

En 1988 à Alger, l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) a fait une concession énorme : reconnaître l’Etat d’Israël sur ses frontières internationalement reconnues (celles de l’armistice de 1949) et limiter le futur Etat à 22% de la Palestine historique, c’est-à-dire à La Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est. Cette reconnaissance qui suivait le déclenchement de la première Intifada allait aboutir à la signature des accords d’Oslo.
Il n’est sans doute pas inutile aujourd’hui de se poser deux questions :
1) La direction palestinienne a-t-elle commis une erreur avec cette reconnaissance ?
2) Pourquoi ce processus et les accords d’Oslo ont-ils (définitivement) échoué ?

Une concession énorme

C’est Arafat qui a poussé au compromis d’Alger et qui l’a obtenu malgré de nombreuses oppositions. Quelle était l’idée de la direction Palestinienne ? Après 40 ans d’exil et alors qu’on en était à trois générations de réfugiés, le peuple palestinien était en danger de disparition. Il fallait rebondir et proposer une initiative politique.
Sur le fond, il n’y a pas de différence entre le nettoyage ethnique de 1948 (800000 Palestiniens expulsés de leur pays au moment de la Naqba, la catastrophe) et la conquête suivie de la colonisation de 1967. Dans les deux cas, il y a eu violation flagrante de tous les droits fondamentaux accompagnée de crimes de guerre. La présence des Israéliens à Jaffa n’est pas plus « légitime » que leur présence à Hébron.
La très grande différence (dont la direction palestinienne a tenu compte) repose sur la façon dont l’ONU interprète le droit international. L’ONU a reconnu Israël, toutes grandes puissances confondues. Elle a amnistié les 700 villages rasés et détruits pendant la guerre de 1948, le plan Dalet (plan prémédité qui organisait l’exode palestinien), la confiscation des terres dès 1949, l’interdiction de tout retour faite aux réfugiés ou à leurs descendants. L’ONU a accepté qu’Israël se proclame Etat juif. Par contre l’ONU n’a jamais reconnu les annexions de 1967 et a même voté plusieurs résolutions demandant un retrait israélien.
Les dirigeants israéliens avaient une occasion fantastique de s’insérer de façon définitive et pacifique au Proche-Orient et « légaliser » la violence et la négation de « l’autre » sur lesquelles leur Etat s’était constitué. Ils y ont songé au moment, avec les accords d’Oslo.
Le sionisme est une idéologie multiforme. Depuis 1967, c’est sa nature coloniale qui est devenue prépondérante. Laïques ou religieux, les colons ont obtenu un consensus dans la société israélienne : « finir la guerre de 48 », marginaliser ou expulser les Palestiniens, réaliser le « grand Israël » dans un pays qui n’a jamais fixé ses frontières.
Les négociateurs palestiniens ont été naïfs à Oslo. Ils ont reconnu Israël, mais n’ont obtenu qu’une reconnaissance de l’OLP. Israël n’a reconnu ni la Palestine, ni ses droits (notamment à avoir un Etat). Les Palestiniens ont cru dans « la paix des braves » chère à Arafat, dans l’idée que la confiance était possible et que les Israéliens saisiraient le sens de ce qu’ils leur offraient.
Ils n’ont pas pu ou su exiger quelque chose de précis sur la fin de la colonisation ou le retour aux frontières de 1967. Ils ont fait preuve d’une assez grande méconnaissance sur ce qu’est le sionisme, sur les vrais buts des Israéliens, sur leurs odieux sentiments de supériorité coloniaux, sur le complexe de Massada et son instrumentalisation.
Les accords d’Oslo ont échoué tout simplement parce qu’il n’a jamais été question en Israël, y compris dans les rangs de la prétendue « gauche » sioniste, de parvenir à une paix fondée sur l’égalité des droits et la justice.
Il s’agissait juste de légaliser le fait accompli. Jamais la colonisation ne s’est arrêtée, au contraire. Il y a même eu 60000 nouveaux colons installés entre les accords d’Oslo et l’assassinat de Rabin. C’est cette tartufferie que les électeurs palestiniens ont sanctionnée.

Le retour au crime fondateur

En 15 ans, les dirigeants israéliens ont patiemment détruit la faisabilité de l’idée de « deux peuples, deux états ». L’installation de nouveaux colons (500000 israéliens vivent désormais dans les territoires conquis en 1967 dont la moitié dans le grand Jérusalem), la confiscation de 34% des terres en Cisjordanie, le mur de l’Apartheid, les check points, les routes de contournement ont transformé la Palestine en Bantoustan. À Gaza, c’est pire. Le blocus et la guerre ont détruit toute forme d’économie ou de vie sociale.
Qu’ils vivent dans les frontières d’Israël d’avant 1967, à Jérusalem, à Gaza, en Cisjordanie ou qu’ils soient exilés ou réfugiés au Proche-Orient, voire plus loin, la majorité des Palestiniens n’espère plus rien du processus politique d’Oslo. Du coup, ils en reviennent à la question de la Naqba, à l’illégitimité de la création d’Israël. La revendication qui était celle de l’OLP avant 1988 (un seul Etat, laïque et démocratique en Palestine) reprend de la vigueur. Elle est toujours celle des partis de la gauche palestinienne.
La grande nouveauté, c’est la fracture béante qui s’est ouverte chez les « Palestiniens de 1948 », ceux qui ont la nationalité israélienne. Pour eux, vivre comme sous citoyens dans un Etat qui se définit comme juif est un cauchemar quotidien. Plus de 50% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Les discriminations qu’ils subissent en termes de travail, de possession de la terre, de logement, de droits sociaux, s’aggravent. Alors que jusque-là une partie d’entre eux votaient pour des partis sionistes, cette fois-ci, 50% se sont abstenus et l’écrasante majorité des autres a réparti ses voix entre le Hadash (Parti communiste) et deux partis nationalistes antisionistes. Des mouvements comme Adalah se développent pour obtenir l’égalité juridique à l’intérieur d’Israël.
La propagande israélienne est d’une redoutable efficacité et elle sait à merveille transformer l’agresseur en victime. Elle agite désormais en permanence la menace de la disparition, des « Juifs à la mer », de la destruction d’Israël. Elle exige des Palestiniens et des autres Etats de la région la reconnaissance préalable du caractère juif de l’Etat. Elle exige (avec Lieberman) que les Palestiniens d’Israël reconnaissent la légitimité du sionisme, faute de quoi ils seront déchus de leur nationalité et expulsés.
Elle essaie de détourner l’attention vers l’Iran dont le dirigeant s’est publiquement prononcé pour la destruction de « l’entité sioniste » et elle essaie d’obtenir un consensus international pour une attaque préventive contre l’Iran comme il y a eu une attaque préventive (basé sur un mensonge d’une incroyable grossièreté) contre l’Irak.

La clarté qui manque

Dans les rangs de celles et ceux qui défendent les droits du peuple palestinien, on ne rencontre pas toujours la clarté.
1) Il n’y a qu’une seule façon de régler cette guerre, c’est d’en revenir au droit. L’occupation, le nettoyage ethnique, l’interdiction faite aux réfugiés de revenir chez eux, les discriminations, les assassinats, les emprisonnements massifs sont des crimes. Au départ, il y a un crime fondateur, celui de 1948 et toute paix juste commencera par la reconnaissance de la Naqba. Toute négociation devra porter sur les moyens de « réparer » ce crime.
2) Aujourd’hui 5 millions et demi de Juifs Israéliens vivent dans la région. Comme dit l’historien Shlomo Sand, un enfant né d’un viol a aussi le droit à l’existence. Donc, il faut le dire sans détour. Les Israéliens resteront. Ils ne « retourneront » pas dans les pays de leurs ancêtres ou n’émigreront que marginalement. De toute façon, les pays arabes dont certains sont originaires n’en veulent pas spécialement et le yiddishland a disparu. Mais les Israéliens resteront dans une situation de totale égalité (politique, économique, égalité de droits) avec les Palestiniens. Sinon, la paix est impossible. Le démantèlement de toutes les colonies et de tous les check points, la destruction du mur, le droit au retour des réfugiés et la libération de tous les prisonniers sont des préalables à cette égalité.
3) Si les Juifs israéliens resteront, « l’Etat juif » doit disparaître. Le droit international ne reconnaît que les Etats de tous leurs citoyens. Définir un Etat sur une base « raciale », ethnique, nationale ou religieuse est discriminatoire et les Israéliens ont fait la démonstration sanglante du caractère discriminatoire de l’Etat juif vis-à-vis des Palestiniens. Il existe parmi les anticolonialistes israéliens des partisans de deux Etats (Shlomo Sand, Uri Avnéry) mais ils expliquent bien qu’en aucun cas Israël ne pourra se définir comme Etat juif. Pour Sand, Etat juif et démocratique, c’est un oxymore. Pour les partisans d’un seul Etat, les choses sont plus simples : l’égalité des droits, la fin du colonialisme, la citoyenneté, la laïcité sont évidentes. Rappelons qu’en Afrique du Sud, les Blancs ont pu rester en conservant leur statut de « peuple fondateur » et leurs énormes avantages économiques, mais qu’il y a eu pour en arriver là deux obligations : en finir avec l’Apartheid reconnu comme crime et garantir l’unité du pays. Donc, qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.
4) Il faut contrer en permanence la propagande israélienne qui assimile la critique radicale de l’Etat juif à de l’antisémitisme. Être antiraciste, ce n’est pas instaurer un nouveau ghetto, une séparation, une théorisation de l’impossibilité du « vivre ensemble ».
Faire croire que la « sécurité » des Juifs est liée à l’existence d’un Etat qui serait le leur à l’exclusion de tous les autres relève du même type de pensée qu’un Le Pen dont le slogan « Les Français d’abord » théorise l’inégalité des droits et la séparation. Au contraire ce sont le sionisme, l’existence d’un Etat qui se dit juif et la politique israélienne qui mettent en danger gravement les Juifs en les sommant d’être complices des crimes perpétrés, faute de quoi ils seront considérés comme traîtres.

Israël est-il un Etat raciste ?

Ce qui vient de se passer à Genève dans le cadre du processus improprement appelé « Durban II » était annoncé depuis des années. Bien sûr, à Genève, beaucoup de délégués du Tiers-Monde n’ont pas été abusés par le « show » des partisans d’Israël. Mais on doit tristement constater que les propagandistes israéliens ont obtenu le soutien inconditionnel de l’Europe et des Etats-Unis en passant une fois de plus pour des victimes, ce qui, quelques mois après le carnage de Gaza, est quand même un peu fort. Et le texte qui est sorti sur le racisme passe totalement sous silence celui qui sévit contre les Palestiniens.

Oui, Israël est un pays raciste.

Il l’est déjà à l’égard des seuls qui jouissent de la citoyenneté : les Juifs. Faut-il rappeler le sort des Falachas venus d’Ethiopie ou celui des Juifs Indiens considérés comme hérétiques et qui vivent quasiment tous sous le seuil de pauvreté ? Entre 1950 et 1962, plus d’un million de Juifs du monde arabe ont émigré en Israël. Avant le sionisme, ils n’avaient jamais été persécutés. Coupés de leur histoire, de leurs racines, de leur culture, de leur langue, ils se sont retrouvés sans passé, sans présent et sans avenir.
Israël s’est fabriqué grâce à eux un prolétariat. Aux révoltes des années 50, ont succédé une grande colère et une frustration qui expliquent leur basculement partiel vers la droite raciste ou le courant national-religieux. Vis-à-vis des Palestiniens d’Israël, les discriminations sont écrites dans la loi. Dans le Monde Diplomatique de mai 2009, Dominique Vidal et Joseph Algazy montrent, chiffres à l’appui, l’incroyable écart de revenus entre Juifs et Palestiniens d’Israël. Ceux-ci subissent un nombre important d’interdits professionnels. Ils ne possèdent que 3% de la terre alors qu’ils forment 20% de la population.
Le pire scandale, c’est celui des Bédouins du Néguev. 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, les 3/4 d’entre eux vivent dans des villages non reconnus, bidonvilles en plein désert sans eau, sans électricité, sans route. Dès qu’ils construisent en dur, l’armée vient détruire leur maison. Joseph Algazy rappelle l’assassinat de l’un des leurs qui avait commis le crime de venir se baigner à la plage d’Ashkelon. Les assassins n’ont pas été plus punis que les auteurs des pogroms antipalestiniens de Nazareth de Saint-Jean d’Acre. Dans un Etat juif, tuer un Arabe n’est pas forcément un crime.
Vis-à-vis des Palestiniens des territoires occupés, le terme d’Apartheid décrit complètement la réalité. Pour un colon qu’il soit « banlieusard » ou colon « idéologique », la vie est simple. Le Mur et les routes de contournement permettent d’aller en quelques minutes à Jérusalem ou Tel-Aviv. Les ressources écologiques sont pillées. Tout est fait pour oublier qu’on est là en ayant chassé les autochtones. Pour les Palestiniens, le Mur et les check points sont un casse-tête permanent. L’économie réelle a été en grande partie détruite. La majorité de la population survit avec des revenus très aléatoires, parfois venus de la diaspora palestinienne. À Gaza, la propagande raciste israélienne a contribué à « déshumaniser » la population. Elle a abouti au permis de tuer et à l’ampleur du dernier massacre. Il ne s’agissait pas d’une guerre puisqu’il n’y avait pas d’armée en face, mais d’un massacre délibéré, d’une punition collective.
Dans un très beau texte qui date du 22 avril, Brahim Senouci a recensé des dizaines de déclarations d’un racisme ignoble faites par des dirigeants israéliens depuis un siècle. Citons-en quelques-unes : Ben Gourion en 1937 : « nous devons expulser les Arabes et prendre leur place ». Barak en 2000 : « les Palestiniens sont comme des crocodiles. Plus vous leur donnez de la viande, plus ils en veulent ». Nétanyahou, il y a 20 ans : « Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine … pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les Arabes du territoire ».
Imaginons qu’un dirigeant palestinien ait dit le centième de ces horreurs. La propagande israélienne sur le thème : « vous voyez, ils veulent nous détruire » aurait été immédiate.

À Genève, Israël aurait donc dû être nommément condamné comme Etat raciste. Mais dans le cadre d’une conférence internationale, qui avait la légitimité pour le faire ? Sûrement pas Ahmadinedjad. Il est à la tête d’un Etat théocratique qui ignore le droit, en tout cas celui des femmes, des homosexuel-le-s, des Bahaïs, des non croyants … et pratique la pendaison à grande échelle. Et puis, face aux négationnistes israéliens qui nient la Naqba et les droits des Palestiniens, il s’est fait le complice d’autres négationnistes comme Faurisson invité à un curieux colloque à Téhéran.
À Genève, les occidentaux, ceux-là mêmes qui enferment les immigrés dans des centres de rétention ou essaient de les repousser à leurs frontières, ceux-là mêmes qui déroulent le tapis rouge devant le fasciste Lieberman ont donc pu jouer au démocrate outragé : « Israël, Etat raciste ? Vous n’y pensez pas, ce sont des démocrates comme nous, pas des barbares ! »
Il y a encore un sacré travail idéologique à mener.

Pierre Stambul
Mercredi, 27 Mai 2009

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27 mai 2009

Réunion du COARM/ transit et commerce d’armes avec Israël

A Monsieur Karel De Gucht,

Ministre des Affaires Etrangères

15 rue des petits carmes

B1000 Bruxelles

                                                                                                 Le 27 mai 2009,

Monsieur le Ministre,

Concerne :  Réunion du COARM/ transit et commerce d’armes avec Israël

Le 9 février 2009, vous avez indiqué par un communiqué de presse qu’en tant que responsable de la loi sur l’exportation et le transit des armes au niveau fédéral vous souhaitiez vous entretenir avec vos partenaires européens dans le groupe COARM, le Conseil des Ministres de l’Union Européenne sur l’Armement, qui doit se réunir très prochainement, en juin.

Depuis le 8 décembre 2008, le Code de Conduite Européen (CCE) en matière d’exportation d’armement est devenu contraignant et il oblige les Etats à refuser des exportations d’armes vers tout pays en fonction de huit critères relatifs au droit international, aux droits humains et à la paix et à la sécurité commune, critères transposés dans la législation belge qui en comporte deux de plus.

Selon une note d’analyse du GRIP (7 février 2009) il est clair que de nombreux critères de ce Code sont violés dans le cas des exportations vers Israël.

Tout ceci sans compter les exportations dans le cadre de la coopération à des programmes spatiaux et ou les armes et technologies militaires fournies par les filiales des sociétés européennes établies à l’étranger et pour lesquelles il ne faut pas de licences.

Cependant, en février, vous n’avez pas décrété un embargo formel  mais indiqué qu’il avait été convenu avec les trois régions fédérées « de ne procurer aucune licence d’exportation d’armes qui renforcerait la capacité militaire des forces en présence » et insisté sur «  la nécessité de la plus haute vigilance dans l’octroi des licences vers Israël et les territoires occupés », une décision « plus politique que formellement contraignante », selon les commentaires d’un journaliste  le lendemain. 

Dès lors, nous vous interpellons pour qu’au vu des violations du Code de Conduite Européen et de la loi belge, la Belgique indique clairement lors de la  réunion du COARM de juin sa position en faveur d’un embargo officiel sur le commerce (importations et exportations) et le transit d’armes, de pièce d’armement, de produits et technologies à usage militaire vers et en provenance d’Israël.

En espérant être tenus au courant de votre intervention au COARM .

Veuillez, Monsieur le Ministre,  agréer l’expression de mes sentiments distingués,




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Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine

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Nakba : Interdits de mémoire

Interdits de mémoire

lundi 25 mai 2009, par http://www.aloufok.net/spip.php?article542

Communiqué de la commission populaire pour la défense des libertés
(Haut Comité de Suivi des masses arabes)
24 mai 2009

A propos de la loi sur l’interdiction de la commémoration de la Nakba

LES VICTIMES DU CRIME NE SOLLICITENT PAS LA PERMISSION DU CRIMINEL

La commission ministérielle israélienne a décidé de légiférer aujourd’hui (24/5/2009) à propos du projet de loi interdisant la commémoration de la Nakba, le jour de la création de l’Etat d’Israël. Cette loi inclut une peine pouvant s’élever à trois ans de prison pour tout contrevenant.

La commission populaire de défense des libertés affirme que la Nakba est l’un des plus grands crimes du XXème siècle. Elle se poursuit depuis soixante ans, le criminel étant l’Etat d’Israël, dont la création a constitué la Nakba de notre peuple, son expulsion et le vol de sa patrie. Tout comme elle affirme que les masses de notre peuple, lorsqu’elles commémorent la Nakba, ne font qu’accomplir leur devoir, au minimum, envers elles-mêmes, envers notre peuple dans la patrie et en exil et envers les nouvelles générations qui portent la bannière de l’enracinement au pays et du projet du retour des réfugiés et des exilés. La commission affirme également que nous ne sollicitons pas la permission du criminel sur la manière de nous comporter avec le crime qui a été perpétré contre nous et notre patrie.

La commission des libertés dénonce la loi en cours de légifération, et appelle à un mouvement populaire pour commémorer une Nakba permanente et incessante, tout en confirmant pour nous-même et pour le criminel que son indépendance c’est notre Nakba. Notre droit, le droit des réfugiés et de tout notre peuple à notre patrie et à la mémoire de notre patrie, est soutenu par une volonté de vie qu’aucune loi coloniale israélienne ne peut affronter.

Les masses de notre peuple sont prêtes à l’affronter, quel que soit le prix à payer, jusqu’à la supprimer.

Ameer Makhoul
Président de la commission populaire de défense des libertés

Controverses autour de la Nakba

26/05/2009
jpost.fr

Les ministres travaillistes Isaac Herzog, Shalom Shimhon et Avishaï Braverman s'opposent à la proposition de loi de la Nakba déposée par Israël Beiteinou. Elle vise à interdire la commémoration de ce que les Palestiniens et certains Arabes israéliens nomment la "catastrophe", c'est-à-dire l'indépendance de l'Etat d'Israël.

"Une proposition de ce type entrave la liberté de parole et de manifestation, qui sont les droits élémentaires d'un pays démocratique. Elle ne fera qu'accentuer l'isolement ressenti par la communauté arabe israélienne et renforcera ses éléments radicaux", ont déclaré les députés travaillistes.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon (Israël Beiteinou) estime pour sa part que "la radicalisation des Arabes israéliens n'a pas attendu cette proposition de loi. Elle existe déjà depuis bien longtemps".

"Certaines personnes agissent contre l'Etat, en appelant à sa destruction. Tout autre pays ne supporterait pas que les célébrations de son indépendance deviennent une journée de deuil", a ajouté Ayalon sur les ondes de la radio israélienne.

Un député arabe a, pour sa part, comparé Israël à l'Allemagne nazie. Il juge cette proposition de loi "pas moins sévère que les lois érigées sous le IIIe Reich".

"L'Etat juif a déclaré le djihad à la population arabe. Israël devient progressivement un Etat d'apartheid. Je ne serais pas surpris si dans l'avenir, le gouvernement Netanyahou-Lieberman impose des restrictions supplémentaires aux citoyens arabes, y compris l'interdiction d'utiliser la langue arabe", a déclaré le député, Afo Agbaria (Hadash).

La proposition de loi, déposée par le député Israël Beiteinou Alex Miller, interdit les événements ou les activités destinés à faire du jour de l'indépendance une journée de deuil. Les contrevenants à cette loi pourraient encourir une peine allant jusqu'à 3 ans de prison.

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1243253120980&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

Vers une pénalisation de la Nakba

La Commission de Législation de la Knesset a donné son feu vert à la proposition de loi du parti Israël Beiténou : punir de trois ans de prison les personnes marquant la commémoration de la Nakba.

Nombreux sont les politiciens à être scandalisés par une “tradition” particulièrement surréaliste en Israël : une partie de sa population commémorant la “tragédie” de la création de l’Etat dans lequel ils vivent.

La Commission ministérielle de législation a ainsi approuvé la motion initiée par le parti Israël Beiténou, visant à interdire toutes commémorations de la Nakba, ou “catastrophe” en arabe.

Selon cette motion, présentée aux membres de la Commission ministérielle de législation, par le député du parti d’Avigdor Lieberman, Alex Miller, “Toutes les manifestations publiques qui feraient référence à la création de notre Etat en termes de “calamité”, seront prohibées par la loi israélienne”. Chaque infraction à cette loi se verrait alors sanctionnée d’une peine de trois années de prison, au maximum.

Cette initiative de Miller s’inscrit dans une volonté officiellement affichée de mettre un terme définitif à l’organisation de réunions publiques violentes, à l’instar de celle qui s’est déroulée en 2008, lors du “Jour de la Nakba”. Cette proposition avait déjà été déposée sur les tables de la précédente Knesset, mais repoussée du fait des nouvelles élections qui se profilaient.

“Il s’agit de la première étape visant à enrayer l’expansion de l’incitation planifiée du mouvement islamiste. Chaque démocratie a le droit de se défendre et c’est exactement ce que l’état d’Israël à choisi de faire”.

Certaines voix se font déjà entendre, contre cette motion. Du côté du Likoud, le député Michael Eytan, qui a voté contre, a déclaré : “Cette loi ne servira à rien, si ce n’est qu’elle jouera en faveur de nos ennemis, car il ne sert çà rien de limiter la liberté d’expression”.

Du côté arabe cette fois, on exprime son opposition, bien évidemment, en des termes d’une rare élégance : “C’est une loi folle, par un gouvernement fou“, déclare Jamal Zahalka, président du parti Balad

http://www.actu.co.il/2009/05/vers-une-penalisation-de-la-nakba/

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25 mai 2009

Fureur de l'Agence juive

Fureur de l'Agence juive

24/05/2009
HAVIV RETTIG GUR

Sur les 270 Juifs vivant au Yémen, plus d'une centaine immigreront prochainement aux Etats-Unis, malgré la colère de l'Agence juive.

L'organisme juif américain UJC cherche, en effet, à installer 113 Juifs yéménites dans les quartiers haredim de Monsey à New York. Ils arriveront aux Etats-Unis dans les cinq prochaines semaines.

"Des événements récents indiquent que les Juifs du Yémen doivent être évacués aussi tôt que possible", écrit la direction de l'UJC.

"En décembre dernier, un éminent professeur juif du Yémen a été assassiné. Récemment, la maison d'une famille juive a été incendiée. La petite communauté juive yéménite subit une intimidation et une hostilité croissante de la part de ses voisins arabes", poursuit une lettre datant du 8 mai.

Le coût de leur installation à New-York s'élève à 2 millions de dollars, financés à hauteur de 800 000 dollars par l'UJC, le reste provenant du gouvernement américain et de la communauté locale.
L'intervention américaine auprès des Yéménites provoque la fureur de l'Agence juive, dont la mission est de faciliter l'immigration les Juifs du monde entier en Israël.

Ces 2 millions de dollars permettraient à l'organisme sioniste de rapatrier toute la population juive yéménite en Israël, affirme un responsable israélien sous couvert d'anonymat.

Or, en les faisant venir à New York, l'organisation ne fait qu'accéder au désir des Juifs yéménites, d'après l'UJC : "Nous aidons les Juifs dans le besoin, où qu'ils soient. Nous avons compris que ces Juifs avaient choisi à 100 % de venir en Amérique de leur propre volonté."
Certains membres de la communauté yéménite subissent, par ailleurs, l'influence de la secte hassidique antisioniste Satmar, les autres n'agiraient que pour recevoir l'argent qui leur sera distribué.

"Leur motivation [d'aller aux Etats-Unis] n'est pas la menace, mais bien les primes financières qu'ils recevront. Peut-être 5 % des Juifs yéménites y vont pour vivre avec les haredim Satman à Monsey", estime en effet une source de l'Agence juive.

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1242212451950&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

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La Russie fière de ses liens avec le Hamas

La Russie fière de ses liens avec le Hamas

24/05/2009
JPOST.FR

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a affirmé samedi soir que Moscou croyait en la nécessité de maintenir le contact avec le Hamas.

"Nous sommes certains qu'il s'agit d'une nécessité", a déclaré Lavrov après une rencontre avec le responsable du Hamas Khaled Mashaal, exilé à Damas.

Lavrov assiste actuellement en Syrie à un sommet des ministres des Affaires étrangères des pays islamiques. Il doit rencontrer le président syrien Bachar el-Assad dimanche.

Depuis son arrivée au ministère des affaires étrangères, Avigdor Lieberman n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour briser cette amitié néfaste.

Lors de sa visite en Italie, Lieberman a demandé à Silvio Berlusconi d'évoquer cette question avec les dirigeants russes et convaincre le Kremlin que le Hamas et le Hezbollah étaient des organisations terroristes travaillant contre l'intérêt de l'Occident au Moyen-Orient.

Même si la plupart des pays occidentaux boycottent le Hamas, la Russie poursuit le dialogue avec l'organisation. Mashaal s'est rendu à Moscou à plusieurs reprises depuis la victoire du Hamas aux élections de février 2006.

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1242212452956&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

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L'OMS "exige" d'Israël la levée du blocus de Gaza

L'OMS "exige" d'Israël la levée du blocus de Gaza

GENÈVE - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) "exige qu'Israël, puissance occupante, lève immédiatement le bouclage du territoire palestinien occupé" de la bande de Gaza, dans une résolution adoptée vendredi par l'Assemblée de l'organisation.
"Le bouclage des points de passage de la Bande de Gaza occupée (...) est à l'origine de la grave pénurie de médicaments et de fournitures médicales" dans le territoire, selon le texte.
L'Assemblée de l'OMS a également "exigé" qu'Israël "donne suite à l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice" qui a déclaré "illégale" la construction du mur de séparation avec la Cisjordanie.
L'OMS a aussi demandé de garantir "un passage sûr et sans entraves aux ambulances palestiniennes ainsi que le respect et la protection du personnel médical" et des organisations internationales d'aide humanitaire.
L'autorité sanitaire mondiale a encore demandé à Israël "d'améliorer les conditions de vie et la situation médicale des détenus palestiniens, en particulier les enfants, les femmes et les patients" et de "faciliter le transit et l'entrée des médicaments et du matériel médical dans le territoire".
Les 193 Etats membres de l'OMS étaient réunis à Genève cette semaine pour leur Assemblée annuelle.

(©AFP / 22 mai 2009 19h15)

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21 mai 2009

interview Michel Warschawski.

Michel Warschawski, journaliste israélien et cofondateur de l’association Alternative Information Center, basée à Jérusalem, est un activiste bien connu pour ses positions antisionistes et pacifistes. Dans son blog « Mikado », il analyse des articles de presse pour une meilleure compréhension des faits au-delà des titres et du discours apparent. Le Croco l’a rencontré fin mars 2009, et lui a posé quelques questions sur l’évolution d’Israël après les dernières élections législatives qui s’y sont déroulées en février.

Le Croco : Les élections législatives qui se sont déroulées en Israël ont vu une poussée très forte de la droite. Quelles répercussions cela pourra-t-il avoir sur la politique étrangère israélienne ?

Plus qu’un renforcement de la droite, ce qui caractérise les dernières élections législatives, c’est l’écroulement de la gauche institutionnelle, sa quasi disparition, avec pour symbole le fait que l’extrême-extrême-droite a obtenu plus de députés que le Parti travailliste, ce qui est vraiment unique dans l’histoire d’Israël. Mais c’était attendu. Lorsque la gauche a soutenu l’agression de Gaza et a repris l’ensemble du discours de la droite, il est évident que le grand public n’a plus vu l’intérêt d’une gauche qui était de toute façon déjà en crise depuis longtemps ; et lorsque les dirigeants du Parti travailliste, plus particulièrement Ehud Barak, annoncent clairement que les travaillistes rejoindront le gouvernement de droite, avec Barak comme Ministre de la Défense, la gauche institutionnelle perd sa raison d’être. En termes de répercussions sur le dossier israélo-palestinien, je ne crois pas que cela fera une grande différence. Il n’y avait rien jusqu’à présent, et cela continuera à n’être rien ! Le discours sera simplement moins hypocrite, on parlera moins de processus de paix, il y aura sans doute moins de rencontres protocolaires avec les dirigeants palestiniens : ils ne s’aiment pas, ils faisaient jusqu’à présent semblant de s’aimer. Je pense que l’impact d’un gouvernement très à droite se fera davantage sentir au niveau interne à l’Etat d’Israël. Celle qui me semble être la première victime annoncée, c’est évidemment la minorité palestinienne en Israël, ceux qu’on appelle les arabes israéliens. Ils n’aiment pas ce nom : ils préfèrent être nommés les Palestiniens de l’intérieur. Il y a déjà eu durant la campagne électorale, et cela se poursuivra, une remise en question des acquis des dernières décennies, en termes de légitimité et de droits. Le gouvernement va agir, et vite, pour remettre en question toute une série d’acquis, mais je dirais que, davantage qu’en matière institutionnelle, il faut s’attendre – on le voit déjà -  à un changement de discours, qui se fait plus menaçant. Ce n’est pas par hasard si le slogan principal du parti d’extrême-droite, Israël Beitenou, d’Avigdor Lieberman, qui va devenir Ministre des Affaires étrangères et Vice-premier ministre du nouveau gouvernement, ne concernait pas la question palestinienne dans son ensemble, mais bien les Palestiniens de l’intérieur : «Pas de loyauté, pas de citoyenneté». Il menace de conditionner le statut constitutionnel de plus d’un million de personnes, vingt pourcents de la population, à une allégeance. On le voit déjà avec les députés, chaque fois qu’un discours semble trop critique, ce sont des menaces de changer le système électoral, de rendre conditionnelle à un acte d’allégeance la possibilité de présenter des candidatures ou, au moins, à ce qu’il n’y ait pas telle ou telle déclaration. Il s’agit en fait d’interdire l’expression de ce qu’est le sentiment de la population palestinienne en Israël, sa solidarité avec ses frères de Cisjordanie et de Gaza. Le discours de la droite s’exprime plus généralement par une remise en question de certains des aspects du libéralisme israélien, libéralisme dans le sens américain du terme, à savoir le libéralisme politique d’une société. En Israël même, il y a des libertés fortes. Un petit exemple : quinze jours après les élections, je négociais un permis de manifester, pratique normale. En général, cela se fait presque automatiquement, on connaît les règles, on sait sur quels détails l’on va devoir négocier, mais là c’est tout juste s’ils ne nous disaient pas : «Mais qui vous permet de manifester ?». On a dû mettre les points sur les i en menaçant d’en référer directement à la Cour Suprême, qui représente toujours un barrage aux dérives non démocratiques, plus pour longtemps peut-être.

Le Croco : A côté de la gauche institutionnelle, on estime que le mouvement de gauche, pacifiste en Israël, n’est plus que l’ombre de lui-même. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Ce qu’on a appelé le mouvement pacifiste israélien était composé d’une grande roue et d’une petite roue, la petite roue activant la grande. La petite roue, c’est l’ensemble des organisations, des mouvements, des associations qui s’opposent par principe à l’occupation, qui sont anti-guerre, anti-colonisation, qui se regroupent depuis une quinzaine d’années dans une coalition flexible selon les enjeux, avec l’ensemble des organisations de femmes pour la paix, les différents mouvements de soldats, le bloc de la paix (Gush Shalom), quelques ONG, dont l’Alternative Information Center, certaines organisations de défense des droits humains, comme les Rabbins pour les droits de l’Homme. Dans les moments favorables, cette petite roue pouvait mobiliser dix à douze mille personnes ; dans des circonstances moins propices, six à huit mille personnes. Il y a la grande roue, la Paix Maintenant, un mouvement large qui pouvait mobiliser des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants et qui, contrairement à la petite roue, représentait une opinion publique. Quand la petite roue parvenait à mettre en branle la grande roue, on savait qu’on allait gagner, tôt ou tard. Cela avait un impact direct sur le Parti travailliste, sur les décisionnaires. C’est une partie de la société, parfois majoritaire, qui s’exprime, par exemple, contre la guerre au Liban, pour la reconnaissance de l’OLP. On a connu de grandes victoires grâce à ce mécanisme bien rodé. La situation aujourd’hui est la suivante : la petite roue, si elle n’est pas à son sommet, fonctionne bien, dans une bonne atmosphère. On a pu mobiliser, lors de l’attaque de Gaza, cinq à six mille personnes, on a pu mobiliser, lors de l’agression du Liban en 2006, jusqu’à dix mille personnes. La stagnation de la petite roue est secondaire. Le gros problème, c’est qu’il n’y a plus de grande roue. Aujourd’hui, la grande roue est dans un état de coma dépassé. Le journaliste Gidéon Lévy a écrit un article très fort dans le quotidien Ha’aretz il y a quelques semaines ; il y écrivait : « C’est la fin ! ». Ce n’est pas une crise par laquelle tout mouvement de masse passe un jour, c’est un tournant historique : il n’y a plus de gauche en Israël. Et donc, la petite roue tourne à vide. On est là, on proteste, cela devient une voie de protestation alors qu’autrefois on accrochait sur la réalité. On n’allait pas manifester pour simplement crier notre colère, notre opposition, mais bien parce que l’on savait que, de la sorte, on pouvait mettre en mouvement des forces bien plus puissantes que nous. Il y a eu un écroulement, et notamment un écroulement générationnel. Il n’y a pas de relève. En terme de direction du mouvement, il n’y a personne qui puisse prétendre être en phase avec l’état d’esprit des plus jeunes. Ce sont les mêmes personnalités qui, en 1977, ont constitué la Paix Maintenant qui restent à sa tête encore aujourd’hui. Elles vieillissent et perdent un peu le contact avec la réalité. Pour montrer l’ampleur du désastre : les dirigeants de la Paix Maintenant, qui jamais ne se seraient mis à la même table que nous, puisqu’ils étaient respectables et respectés, qu’ils faisaient « de la vraie politique » alors que nous, selon eux, faisions de la « protestation », se retrouvent dans notre coalition, comme n’importe quel groupuscule. Lors d’une des dernières manifestation pour Gaza, je me retrouve à côté du secrétaire général de la Paix Maintenant. Il me prend par le bras et me dit : « Tu vois, enfin nous sommes ensemble ! ». Et de me demander : «Tu es content ?» Je lui réponds «Oui et non. C’est votre défaite qui fait que nous sommes ensemble. Moi, je ne suis pas heureux de votre défaite.» Il n’y a donc plus cette opinion de masse. Il faudra attendre qu’une nouvelle génération prenne la relève, et là nous sommes dans le long terme. Ce n’est pas dans les deux ou trois années à venir que l’on retrouvera un mouvement de la paix capable de mobiliser largement.

Le Croco : Pourquoi cette disparition de cette opinion de masse de gauche ? Qu’est-ce qui a créé cette désaffection ?

La conjonction de deux choses ! En fait, il y en a trois, mais la troisième est extrêmement difficile à expliquer. Je vais donc commencer par celle-là. Il y a toujours eu un complexe en Israël que ne connaissent pas les membres de la petite roue, qui sont des dissidents dans leur philosophie, dans leur politique, dans leur âme. Lorsqu’il y a eu des mouvements d’opinion critique contre la guerre au Liban, contre la répression de la première Intifada, ils se sont accompagné d’un malaise. Pour prendre une expression biblique, au commencent est l’Union ! Quand on est obligés de se scinder autour d’un enjeu politique central, comme la guerre ou l’occupation, on le fait avec douleur. C’est comme une cassure dans la famille, et l’on ressent une grande souffrance. La gauche institutionnelle, le mouvement large pour la paix, sont vécus comme des exceptions, comme des moments provisoires, et, l’on rêve en fait de retrouver cette unité que l’on retrouve à l’armée. C’est ce que j’appellerais l’aspect tribal d’Israël. Ce tribalisme est particulièrement fort dans ce pays, parce qu’il est petit, du fait de son histoire, pour mille raisons. Voilà pour la première cause. La deuxième raison est conjoncturelle. En août 2000, moment charnière, Ehud Barak revient du sommet de Camp David avec l’argument selon lequel les offres généreuses d’Israël ont été rejetées par Yasser Arafat. Ce n’est pas ce point qui est important dans son propos. Ce qui l’est, c’est ceci : «Moi, Ehud Barak, j’ai sauvé Israël de la naïveté d’Yitshak Rabin. Tous ceux qui ont cru que les arabes étaient prêts à faire un compromis avec nous, ont été trompés. Ils veulent nous rejeter à la mer. Moi, Ehud Barak, j’ai sauvé Israël au dernier moment». A la suite de ce discours, des articles, des interviews, des reportages, concentrés en une dizaine de jours, ont martelé qu’on avait compris et qu’on demandait pardon à la droite. Nous étions en plein délire métaphysique politique : on avait oublié le destin du peuple juif qui jamais ne serait accepté par le monde. Et le mouvement pacifiste s’est écroulé. é-CROU-Lé. Pour en revenir au discours de Barak, il se raccroche à ce dont je parlais, l’esprit tribal : il faut à nouveau être unis, mettre fin à cette cassure qui a mené à l’assassinat du Premier ministre Rabin. La grande majorité rêvait de recoller les morceaux éparpillés. En soi, le discours de Barak n’est pas suffisant pour tout expliquer. Mais un an plus tard, c’est le 11 septembre. Troisième raison. Cet événement donne une cohérence globale à l’argumentaire de Barak. Beaucoup ont dit alors que l’enjeu n’était pas israélo-palestinien, qu’il était bien plus large que cela, qu’on devait penser en terme de guerre, d’un conflit permanent entre l’islam et la civilisation judéo-chrétienne. Le choc des civilisations de Huntington. Les Palestiniens sont l’avant-avant-poste des barbares, avec derrière eux la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, bref tous les «sauvages», tandis qu’Israël est l’avant-poste de la civilisation, de l’Europe, de l’Amérique du Nord, de la démocratie. Et le mur, c’est une nouvelle muraille de Chine, un nouveau Mur de Berlin, entre les bons et les mauvais, entre l’axe du mal et les forces du bien, qui protège et sépare le monde civilisé des barbares. Ce discours néoconservateur, déjà présent, s’imposera avec le 11 Septembre.

Le Croco : Les Palestiniens portent-ils une responsabilité dans l’effondrement de la gauche israélienne ?

C’est une question presque philosophique. Si l’on prend la chronologie, alors je dis «Non !». Les Palestiniens ont toujours réagi à quelque chose qui avait commencé du côté israélien. D’un point de vue de stratégie politique, par contre, les Palestiniens ont une part de responsabilité. Même si ce qui se passe du point de vue de l’historien est une «réaction à», du point de vue politique et éthique, le phenomène lui-même a un sens. La vague d’attentats était réactive, elle répondait à une nouvelle agression israélienne alors que les Palestiniens avaient tendu la main, avaient accepté des compromis extrêmement douloureux. Il y a quelque chose d’excessivement humiliant dans l’attitude des trois gouvernements israéliens qui ont suivi celui de Rabin, les gouvernements Netanyahou, Barak et Sharon, qui ont dit aux Palestiniens : «Vous vous êtes fait avoir ! C’était ce naïf de Rabin, manipulé par Peres, qui vous a fait croire que nous étions prêts à la paix, mais ce n’est pas vrai. Oubliez tout !» Ce qui a fait le plus mal aux Palestiniens, ce ne sont pas les résultats politiques, mais l’humiliation, cette gifle. «Malgré tout ce que vous, Israéliens, nous avez  fait, des décennies de colonisation, on vous tend la main et vous nous répondez en nous giflant. Maintenant, tant pis, vous trinquerez». Une gifle, c’est bien plus douloureux qu’un coup de poing. Cette humiliation a provoqué une vague d’attentats qui a évidemment renforcé le discours du choc des civilisations. C’était concret. Celui qui pose une bombe dans un autobus et qui tue des civils, ne veut pas vivre avec nous. Et, même si je peux facilement expliquer pourquoi ces attentats ont été commis, cela ne rend pas moins les Palestiniens responsables de l’effet produit, de l’isolement dans lequel ils se sont retrouvés, de cette situation scandaleuse dans laquelle Israël, alors qu’elle était en pleine phase d’agression, a pu avec l’aide d’une partie de l’opinion publique internationale se présenter à nouveau comme la pauvre victime.

Le Croco : Les actes commis par l’armée israélienne à Gaza, cela ne pourrait pas retourner l’opinion publique internationale contre l’Etat hébreu ?

A court terme, ils l’ont retournée, c’est clair. Les manifestations monstres et spontanées partout dans le monde montrent que l’opinion publique internationale a été choquée par les événements de Gaza. Il y a là une cassure entre, d’une part, l’état de l’opinion publique et, d’autre part, les prises de position des politiques, avec des répercussions, à mon avis, beaucoup plus graves au Moyen-Orient. On le ressent en regardant certaines chaînes de télévision : le peuple ne se sent pas représenté. En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, ce que le peuple ressent profondément, dans ses tripes, n’est pas du tout exprimé par la politique des gouvernants. Je ne parle même pas de l’Egypte qui est dans la collaboration, mais par exemple de la Jordanie, qui s’est montrée plus intelligente et très discrète, qui n’a pas remis en question le processus de paix avec Israël, qui a simplement gelé les choses. Cela était bien en-deça de ce que les gens attendaient. J’ai entendu à la télévision des gens dire : «Chavez suspend les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, et nous les arabes ne faisons rien !». C’est très dangereux pour la stabilité des Etats, pour leur légitimité. C’est là où Israël, une fois de plus, joue un rôle déstabilisateur, et je pense que l’administration Obama devra prendre cela en considération.

Le Croco : On parle de choc des civilisations. Obama, élu président des Etats-Unis, est relativement un contre-exemple de ce choc des civilisations. N’y a-t-il pas là un paradoxe entre une politique américaine qui pourrait être plus pro-arabe ou moins pro-israélienne, en tout cas moins manichéenne, et le durcissement israélien.

C’est plus qu’un paradoxe, et l’on peut s’attendre à ce qu’il y ait tôt ou tard de l’eau dans le gaz entre Washington et Tel-Aviv. Ce n’est pas simplement limité au fait de savoir qui est Obama. La victoire d’Obama, ou plutôt la déroute des néoconservateurs est un choix de l’opinion publique américaine, et même de la classe politique américaine qui a dit, cela suffit ! La stratégie néoconservatrice a échoué, en Irak, en Afghanistan, et ce que Barack Obama représente, c’est une autre stratégie, qui sera plus multilatérale, moins brutale, plus diplomatique. Mais là où l’on va s’amuser, c’est qu’en ce moment de changement de mentalité politique américaine, on élit celui qui a été l’idéologue n°1 dans les think-tanks néoconservateurs israélo-américains, Benyamin Netanyahou. Netanyahou a été le père, le penseur, le stratège, dès les années ’80, de la pensée néoconservatrice. Think-tanks dont les Européens ont sous-estimé l’importance à l’époque ; cela paraissait un phénomène réunissant quelques fanatiques. Ceux-ci ont quand même dominé le monde un certain temps ! A Washington,on jette le néoconservatisme à la poubelle – c’est un peu court, parce qu’il y a des tensions, il y a encore des courants qui vont se battre pour maintenir des éléments de cette politique, en particulier au Proche-Orient. Et en Israël, on a Netanyahou. Et je pense que c’est lourd de conséquences dans le cadre de l’alliance stratégique israélo-américaine que personne ne veut remettre en question à court terme. Mais à moyen terme il y aura des tensions. On peut se retrouver dans une alliance sans pour autant voir tous les enjeux de la même façon. Essayez d’imaginer Avigdor Lieberman rencontrer Obama. Ce sont deux mondes antithétiques, même s’ils se peuvent se retrouver dans le cadre d’une grande alliance stratégique.

Le Croco : Si les juifs américains ont soutenu massivement l’offensive sur Gaza, il semblerait qu’ils soient beaucoup moins chauds sur la politique de droite qu’annonce le gouvernement Netanyahou.

Certainement, certainement. Cette politique israélienne est perçue par les juifs américains comme elle est perçue par l’électorat de la classe moyenne dans le monde occidental, à savoir comme totalement anachronique : on repart en guerre !? on va attaquer l’Iran !? Alors qu’on avait un sentiment justifié d’une orientation vers l’apaisement. Le gouvernement présent n’est pas populaire auprès des institutions juives américaines fortes et représentatives, bien plus qu’en Europe, de la partie organisée des communautés juives aux Etats-Unis. Il y a un lobby juif sur Israël – pas dirigé vers la Maison Blanche : on a déjà vu des pages d’annonce, je pense au New York Times, qui appellent Israël à ne pas rompre le processus de négociation, et qui tendent à dire : nous soutenons Israël pour autant qu’elle n’entre pas dans une politique de folie, à la Lieberman. Le rôle des lobbies américains en général, juifs américains ici, est de faire pression, d’être parfois un frein, sur les choix de la Maison Blanche. Israël et son lobby poussent à une attitude dure, agressive vis-à-vis de l’Iran. Un des objectifs de ce lobby a été jusqu’à présent de maintenir le ton et les perspectives de l’administration Bush. Mais si ce lobby se fâchait avec la politique du gouvernement israélien, s’il s’affaiblissait, s’il disparaissait ? Si les rôles étaient inversés, et que ce lobby soit influencé par la Maison Blanche, Israël perd un outil d’influence sur la politique extérieure américaine au Proche-Orient. Il faut se rendre compte que c’est en marge que les lobbies sont influents, pas sur le fond de la politique qui est dicté par les intérêts de la nation américaine.

Le Croco : La crise financière mondiale a-t-elle des répercussions en Israël et sur la puissance de l’Etat hébreu ?

Israël a été l’un des derniers Etats touchés par la crise, elle avait des «réserves de graisse» qui lui permettaient d’y échapper jusqu’à présent. Mais, maintenant, la crise est là, les usines ferment, ... Ce qui va provoquer de graves problèmes sociaux, tout d’abord parce que l’on retombe de haut. On a connu plus de dix ans d’une grande prospérité, d’un enrichissement global d’Israël. De façon générale, même si Israël a ses pauvres comme dans tout système néolibéral, c’était la prospérité. Tel-Aviv et son développement en sont des exemples concrets. Le problème en Israël, c’est que les couches pauvres, la périphérie, sont très localisées. Ce sont des villes entières, les villes de la périphérie, des émigrants, du développement, qui ont été construites durant les années ’50 et ’60 autour d’une ou deux industries, et qui se sont crashées une première fois lors de la crise de l’industrie du textile – délocalisée en Asie du Sud-Est – mais qui ont connu une reconstruction industrielle avec le high-tech et la venue des immigrants russes. Ces villes sont socio-économiquement très fragiles. Dès lors qu’on entre dans la crise économique, ce sont des villes entières qui craquent. Il y a la hantise chez les plus anciens de revenir aux années ’50, où c’était vraiment le tiers-monde en Israël. On n’y est pas encore, mais les usines ferment très rapidement, et cela fait effet boule de neige. Quel impact cela aura-t-il sur la politique israélienne, je ne sais pas. Cela peut rendre le gouvernement très impopulaire, cela peut le pousser à faire du populisme, cela peut même le pousser dans une logique de guerre pour faire du fric et détourner l’attention. Je ne crois pas qu’Israël ait jamais fait la guerre dans l’objectif de faire diversion quant aux problèmes intérieurs, mais cela a cet effet collatéral qui n’est pas négligeable malgré tout. Cela calme l’agitation intérieure, et cela réduit le chômage superficiellement parce qu’on mobilise davantage de personnes.

Le Croco : Quid de la politique de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie ?

Elle se porte à merveille ! Elle est extrêmement rapide, et c’est une constante. Elle n’est pas liée à tel ou tel gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche. C’est un intangible israélien. La seule différence que l’on connaîtra avec le gouvernement Netanyahou, ce sera le fait d’élargir les zones colonisables, de créer une certaine carte des terres à conquérir, à annexer de fait, à «israéliser», et des zones où Israël ne trouve aucun intérêt à être : Jenine, Naplouse, … Ces zones sans intérêt, c’est l’Etat palestinien. Ce qu’on appelle les «blocs de colonies», ce sont des zones sur lesquelles Israël veut garder la main-mise. Pour toujours. La différence avec le gouvernement Netanyahou, c’est qu’il va redéfinir ces zones et les élargir. Il s’agit de redéfinir la carte d’Israël. Cela fait plus de trente ans que c’est mis en œuvre, plus ou moins publiquement. Le mécanisme de colonisation avance avec sa propre dynamique, indépendamment des conjonctures politiques, comme un bulldozer. Le gouvernement n’a parfois plus besoin de siéger pour décider d’agrandir telle ou telle colonie, cela se fait par les administrateurs militaires et les colons, qui sont les seuls à vraiment connaître les cartes, à les avoir intériorisées, et qui concrétisent le grand plan colonisateur d’Ariel Sharon.

Le Croco : Les frontières de 1967, on oublie ?

Là, c’est une autre question. Il s’agit de la question de la réversibilité des actes. Dans le discours israélien, c’est oublié. En ce qui me concerne, je ne crois en aucun cas à l’irréversibilité des faits matériels. Une carte peut être modifiée dans un sens ou dans l’autre. Des empires se sont effondrés. La colonisation a été réversible : l’Algérie est redevenue algérienne. Ce ne sont pas 400 000 colons qui vont arrêter l’Histoire : c’est une question de volonté politique, de rapport de forces politique, tout peut être réversible. Une situation devient irréversible lorsque ceux qui en sont victimes cessent de croire qu’elle peut être retournée. Lorsque les Palestiniens de Galilée, dès 1954-55, se sont retrouvés en Israël, ils ont demandé la sécession, ils ont dit, comme aujourd’hui les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza : «Dehors, vous n’avez rien à faire chez nous !». En quelques années, ils ont cessé d’y croire. Là, la situation est devenue irréversible. Ils ont remplacé leur revendication de libération par la demande de l’égalité des droits, par le fait qu’on leur reconnaisse la qualité de citoyens à part entière. Ce n’est pas du tout le cas des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Ils continuent de se vivre, de se projeter en terme de peuple occupé. L’occupation, c’est provisoire, même si ce provisoire dure depuis une quarantaine d’années. Cette situation doit, pour eux, se terminer. C’est donc encore jouable. Tant que la grande majorité des Palestiniens se vit en tant que peuple palestinien, tant qu’on est dans un combat territorial, tout est possible. Aucun Palestinien ne va demander l’égalité des droits ou la citoyenneté israélienne. Ils veulent une Palestine libre.

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18 mai 2009

Rapport: Avant et au jour de la Nakba, les bandits sionistes commettent de graves massacres

Rapport:

Avant et au jour de la Nakba,

les bandits sionistes commettent de graves massacres

Rapport: Avant et au jour de la Nakba, les bandits sionistes commettent de graves massacres

 

Pour tuer et chasser un maximum de Palestiniens, les bandits sionistes n’épargnaient rien, avant et pendant la Nakba (la catastrophe de 1948). Des tueries, des déportations, de vols… Les assassins sionistes ouvraient même le ventre de femmes enceintes pour tuer les fœtus.

Voilà en résumé quelques-uns de ces massacres.

Le massacre de Haïfa : Le 6 mars 1937, les terroristes des bandes Itsel et Lihi lancent une bombe dans le marché de la ville. 18 Palestiniens ont été tués et 38 autres ont été blessés.

Le massacre d’Al-Quds : Le 31 décembre 1937, un terroriste de la bande sioniste Itsel lance une bombe dans le marché de légumes de la ville, tuant dix Arabes et en blessant des dizaines d’autres.

Le massacre de Haïfa : Le 6 juillet, des terroristes de la bande sioniste Itsel font exploser deux voitures piégées dans le marché de la ville. 21 tués, 52 blessés.

Le massacre d’Al-Quds : Le 15 juillet 38, un terroriste de la bande sioniste Itsel lance une bombe sur les croyants qui sortent d’une mosquée de la ville. 10 morts, 3 blessés.

Le massacre de Haïfa : Le 25 juillet 38, une voiture piégée par la même bande sioniste Itsel explose et laisse 35 morts et 70 blessés.

Le massacre de Haïfa : Le 26 juillet 1938, les terroristes de la bande Itsel lance une bombe dans le marché de la ville. 47 Arabes tombent en martyre.

Le massacre d’Al-Quds : Le 26 août 1938, une voiture piégée est explosée par la bande sioniste Itsel, tuant 34 Arabes et en blessant 35 autres.

Le massacre de Haïfa : Le 27 mars 1939, les terroristes de la bande Itsel lance deux bombes dans le marché de la ville. 27 Arabes tombent en martyre. 39 autres sont blessés.

Le massacre du village Al-Cheikh, au sud-est de Haïfa : Le 12 juin 1939, les bandes sionistes de Haganah attaquent le village et kidnappent cinq de ses habitants pour les tuer plus tard.

Le massacre de Haïfa : Le 19 juillet 1939, les terroristes sionistes lancent une bombe dans le marché de la ville. 9 Arabes tombent en martyre et quatre autres sont blessés.

Le carnage de Haïfa : Le 20 juin 1947, les terroristes des bandes Itsel et Alihi dissimulent une bombe dans le marché de la ville. 78 Arabes tombent en martyre. 24 autres sont blessés.

Le massacre d’Al-Abbassiya : Le 13 décembre 1947, l’organisation terroriste Aragon attaque le village d’Al-Abbasiyya, à l’est de la ville de Jaffa. Les bandits ouvrent le feu sur des civils et tuent 9 Arabes et en blessent sept.

Le massacre Al-Khassasse : Le 13 décembre 1947, une force de Balmakh effectue une attaque contre le village d’Al-Khassasse. Elle tue dix personnes, tous enfants et femmes.

Massacre de Bab Al-Amoud : Le 29 décembre 1947, les bandits d’Aragon font exploser un baril d’explosif à côté de Bab Al-Amoud, une des portes de la sainte mosquée d’Al-Aqsa. 14 Arabes y laissent la vie et 27 autres en sortent blessés. Le lendemain, de la même manière et sur le même lieu, les mêmes bandits tuent 11 Arabes et 2 Britanniques.

Le massacre d’Al-Quds : Le 12 décembre 1947, un terroriste de la bande sioniste Aragon lance une bombe, d’une voiture roulant à toute vitesse, sur des civils. Bilan : 11 morts.

Le massacre de Cheikh Brik : Le 30 décembre 47, des bandits sionistes attaquent le village de Cheikh Brik, près de Haïfa, et y tuent 40 habitants.

Le carnage du village Al-Cheikh, sur la montagne Al-Karmel : Le 31 décembre 1947, une force de Balmakh attaque le village, au réveillon du nouvel an. Elle tue 60 personnes.

Le massacre de l’hôtel Samir Amis : Le 5 janvier 1948, dans le quartier Al-Yaqtamoun de la ville d'Al-Quds, la bande Aragon fait exploser cet hôtel et tue tous ses occupants. 19 personnes tombent en martyre et plus de 20 autres sont blessés, tous des Arabes.

Le massacre d’Al-Quds : Le 5 janvier 1948, un membre de l’organisation sioniste Aragon lance une bombe sur le portail de Jaffa et tue 18 Arabes et en blesse 41.

Le massacre de Sarayas Al-Arabiya : Le bâtiment de Sarayas Al-Arabiya se trouvait devant la célèbre horloge de la ville de Jaffa et abritait le siège du Comité National Arabe. Le 8 janvier 1948, les bandits sionistes mettent une voiture piégée. Son explosion tue 70 Arabes et en blesse des dizaines d’autres.

Le massacre des Sarayas Al-Qadima : Le 14 janvier 1948, des membres de la bande sioniste Aragon stationne une voiture piégé à côté des anciens bâtiments Al-Saraya Al-Qadima (les bâtiments administratifs) de la ville de Jaffa et de ses environs. 30 Arabes y laissent la vie.

Le massacre de Haïfa : Le 16 janvier, plusieurs terroristes sionistes déguisés en soldats britanniques entrent dans un magasin commercial, non loin de l'immeuble Al-Maghrabi, dans la rue Saladin de la ville de Haïfa, sous prétexte d'inspection. Ils y cachent une bombe. Son explosion détruit le bâtiment et tue 31 hommes, femmes et enfants. Plus de 60 autres Palestiniens sont également blessés.

Massacre de Yazour : Le 22 janvier 1948, plusieurs membres de Haganah attaquent les habitants du village de Yazour, 5 km au sud-est de la ville de Jaffa. Ils tuent 15 personnes ; la plupart étaient encore dans leur lit !

Le massacre de la rue Abbas : Le 28 janvier 1948, plusieurs terroristes sionistes laissent tomber, à partir du haut quartier d'Al-Hader, un baril rempli d'explosifs sur la rue arabe d'Abbas pour détruire plusieurs maisons, tuer 20 Arabes et en blesser une cinquantaine.

Le massacre de Tira : Le 10 février 1948, un groupe de terroristes sionistes stoppent un certain nombre d’Arabes qui retournent à leur village de Tira, dans la ville de Tulkarem. Ils ouvrent le feu sur eux pour tuer 7 personnes et en blesser 5.

Le massacre du village de Saassaa : Le 14 février 1948, une force de la brigade Balmakh, branche de l'organisation sioniste Haganah, investit le village et détruit une vingtaine de maisons sur leurs habitants qui hissent pourtant des drapeaux blancs. Environ 60 habitants du village, des femmes et des enfants en majorité, périrent.

Le massacre du bâtiment Al-Salam : Le 20 février 1948, la bande terroriste Chterne vole une jeep militaire britannique pour la bourrer d’explosifs et la mettre devant le bâtiment Al-Salam, dans la ville d'Al-Quds. Son explosion tue 14 Arabes et en blesse 26 autres.

Le massacre d’Al-Hosseïnia : Le 13 mars 1948, dans ce village, la bande de Haganah détruit plusieurs maisons avec des explosifs et tue plus de 30 habitants.

Le massacre d'Al-Ramla : Le 30 mars 1948, dans le marché de la ville d'Al-Ramla, 25 Arabes sont assassinés par des terroristes sionistes.

Le massacre du train Caire-Jaffa : Le 31 mars 1948, cette ligne ferroviaire rapide est dynamitée par la bande sioniste Chterne. 40 personnes tombent en martyre et plus de 60 autres sont blessées.

Le massacre du train Jaffa-Haïfa : Le 31 mars 1948, un groupe de la bande Haganah fait exploser cette ligne ferroviaire, à proximité de Netanya. 40 personnes trouvent la mort.

Le massacre d’Abou Kébir : Le 31 mars 1948, des divisions de Haganah attaquent le quartier Abou Kabir de la ville de Jaffa. Ils détruisent des maisons et tuent les gens qui fuient leurs maisons.

Le massacre de Dir Yacine : Le 9 avril 1948, des membres des bandes sionistes Chterne et Aragon attaquent le village de Dir Yacine, à 6 km à l'ouest de la ville d'Al-Quds, et assassinent tous ceux qui se trouvent sur leur chemin. De plus, ils mutilent leurs victimes et les jettent dans le puits du village. Ils laissent au moins 254 martyrs, femmes, enfants et personnes âgées en majorité.

Le massacre de Qalwina : Le 12 avril 1948, une force de l'organisation sioniste terroriste de Balmakh attaque le village de Qalwina, 7 km au loin de la ville d'Al-Quds. Plusieurs maisons sont dynamitées et 14 personnes au moins périssent.

Le massacre d'Al-Lajoun : Le 13 avril 1948, ce village de la sous-préfecture de Jénine est attaqué par la bande sioniste Haganah et 13 habitants sont tués.

Le massacre de Nasser Ad-Dine : Le 14 avril 1948, les bandes Aragon et Chterne envoient une force dont les membres étaient habillés en Arabes au village de Nasser Al-Dine, 7 km au sud-ouest de la ville de Tabaria. Elle ouvre le feu sur ses habitants pour en tuer 50 personnes. A savoir que ce village ne comptait que 90 habitants.

Le massacre de Tabaria : Le 19 avril 1948, les bandes sionistes font exploser une maison et tuent 14 personnes.

Le massacre de Haïfa : Le 22 avril 1948, du côté de Hadar Al-Karmel, la ville de Haïfa est attaquée par des bandes sionistes, dans la nuit. Elles occupent des rues, des maisons et des bâtiments publics. Elles tuent 50 Arabes et en blessent 200 autres. Les habitants veulent faire fuir leurs enfants et leurs femmes vers la zone du port, une étape avant d’aller à la ville d'Akka. Mais ce groupe est aussi attaqué par des Sionistes. 100 personnes tombent en martyre et 200 autres sont blessés.

Le massacre de Aïne Al-Zaïtoune : Le 4 avril 1948, dans la localité d’Aïne Al-Zaïtoune, ce village arabe de la sous-préfecture de Safad, environ 70 captifs arabes sont exécutés, les mains enchaînées, raconte l'écrivaine juive Natiba Ben Yahouda dans son livre "Derrière les falsifications".

Le massacre de Safad : Le 13 mai 1948, dans la ville de Safad, la bande terroriste sioniste Haganah assassine 70 jeunes.

Le massacre d'Abou Chocha : Le 14 mai 1948, des soldats sionistes de la brigade Jafati encerclent de tous les côtés le village d'Abou Chocha, à environ cinq kilomètres de la ville d'Al-Ramla. Ils bombardent le village avec des balles réelles et des obus de mortier pour tuer 60 de ses habitants.

Le massacre de Beit Drass : Le 21 mai 1948, une force sioniste, épaulée par des blindés, encercle le village de Beit Drass pour empêcher l'arrivée de tout secours. Puis elle bombarde intensément le village en usant de ses canons et de ses obus de mortier. Un grand nombre d'enfants, de femmes, de personnes âgées qui veulent fuir le village est exterminé sur les entrées du village. Cet affreux massacre laisse 260 martyrs.

Le massacre d’Al-Tantoura : Le 22 mai 1948, les Sionistes pratiquent un massacre. Ce qui s’est passé dans le village d'Al-Tantoura était un vrai carnage collectif, confirme l'Israélien Théodore Kats, dans son mémoire de DEA présenté à l'université de Haïfa. Il souligne que le village a été occupé la nuit du 22 au 23 mai 1948, par l'escadron 33 de la brigade Aleksanerouni. Pour des heures durant, les soldats de l’occupation poursuivent et tuent des habitants. Plus tard, le cimetière contenant les 200 corps des victimes de ce carnage sera transformé en un parking servant la plage de la colonie sioniste de Dor, sur la Méditerranée, au sud de la ville de Haïfa.

Le massacre d'Al-Ramla : Le 1er juin 1948, dans la ville d'Al-Ramla, des officiers sionistes donnent aux habitants le choix entre quitter leur ville ou l'emprisonnement collectif. Ce n'est qu'une ruse. Ils assassinent beaucoup de ses habitants et jettent leurs corps sur la route publique Al-Ramlah-Allad. 25 familles y restent seulement.

Le massacre de Jamzo : Le 9 juillet 1948, une brigade sioniste de l'armée sioniste sous le nom de Yaftah se divise en deux parties. Une s’oriente vers la route du sud pour occuper le village d'Annaba et puis celui de Jamzo. Dans ce dernier, les soldats chassent les habitants et ouvrent le feu sur eux pour tuer 10 personnes.

Le massacre d'Al-Lad : Le 11 juillet 1948, une unité commando sous la direction du terroriste Mouchet Dayan investit la ville Al-Lad en tirant sur tout ce qui bouge. Les Arabes, au nombre de 176, qui se protègent dans la mosquée de Dahach, sont massacrés. Ainsi, le nombre total du carnage s'élève à 426 martyrs !

Le massacre d’Al-Majdal : Le 17 octobre 1948, la brigade de Lihi guidée par le même terroriste de Mochet Dayan attaque la ville d'Al-Majdal, inspecte les maisons et tire sur leurs habitants pour liquider des familles entières. 200 Arabes dont des femmes et des enfants tombent en martyre.

Le massacre d’Ad-Dwayma (département d’Al-Khalil, Hébron) : Le 29 octobre 1948, les bandits d’une brigade de l’organisation terroriste sioniste présidée par Mouchet Dayan investissent les maisons et tirent sur les familles. Deux cent personnes tombent en martyre.

Le massacre d’Aylbon : Le 30 octobre 1948, l'armée de l'occupation israélienne occupe la zone d’Aylbon et rassemble ses jeunes, au nombre de 14, pour les tuer sur-le-champ.

Le massacre d'Al-Hawla : Le 30 octobre 1948, la division Krmili de l'armée de l’occupation israélienne occupe le village d'Al-Hawla et rassemble environ 70 Palestiniens pour leur tirer dessus.

Le massacre d'Arab Al-Mowassi : Arab Al-Mowassi est une tribu arabe palestinienne dont les maisons étaient éparpillées à Akka, Tabaria et Safad. Le 2 novembre 1948, l'armée de l'occupation israélienne met la main sur 16 jeunes de cette tribu et les tue, sous prétexte qu'ils ont coopéré avec l'Armée de Sauvetage.

Le massacre de Majd Al-Koroum : Le 5 décembre 1948, une force de l’armée israélienne entre dans le village de Majd Al-Koroum sous prétexte qu’elle recherche des armes. Elle regroupe les habitants dans une place du village pour en exécuter huit personnes.

Le massacre d'Om Al-Chof : Le 30 décembre 1948, une unité de la bande sioniste Al-Atsal trouve un fusil et un pistolet chez des réfugiés palestiniens. Les bandits tuent alors, de façon inconsidérée, 7 jeunes parmi les habitants.

Le massacre d'Al-Safsaf : Le 30 décembre 1948, dans le village palestinien d'Al-Safsaf, sous-département de Safad, des bandes sionistes interpellent 52 hommes pour leur tirer dessus et en tuer une dizaine. Et les femmes les supplient de laisser leur vie sauve, en vain. Trois d’entre elles sont violées. Quatre autres sont tuées.

Le massacre de Jiz : Le 31 décembre 1948, dans le département d'Al-Ramla, des bandes sionistes investissent le village de Jiz pour tuer 13 de ses habitants, dont une femme et un nourrisson !

En dépit de tous les assassinats, les carnages collectifs et les déportations pratiqués par les forces de l’occupation israélienne à l'encontre du peuple palestinien, ce peuple reste résistant. Il refuse et refusera de céder et continuera à se montrer fort face aux Sionistes qui veulent tout prendre.

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Nakba An 61 : hypocrisie des potentats arabes et indifférence coupable de l’Occident

Nakba An 61 :

hypocrisie des potentats arabes et indifférence coupable de l’Occident


«Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe...»

Mahmoud Darwich (chassé en 1948 à 8 ans de son village de Birwa)



Nakba An 61 : hypocrisie des potentats arabes et indifférence coupable de l’Occident

 

Rituellement nous nous souvenons qu’au mois de mai nous avons deux grands anniversaires qui donnent lieu à recueillement et prière. C’est d’abord le
8 Mai 1945, avec les massacres de Sétif, Kherrata et Guelma qui firent plusieurs milliers de morts (le général Tubert, en petit comité, parle de 15.000 morts, les nationalistes algériens de 45.000 morts), le deuxième événement est la Nakba qui a une saveur particulière avec les massacres demeurés impunis de Ghaza pendant trois semaines en janvier. Pour l’histoire, la Nakba est l’exacte réplique des atrocités occidentales envers les Juifs dont le point d’orgue fut justement l’holocauste.

Professeur Chems Eddine Chitour
 
Ecole Polytechnique Alger
 
Avec une rare lucidité et une description sans complaisance, Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix décrit la situation des Palestiniens. Ecoutons-le : «Les Israéliens parlent de l’indépendance d’Israël, proclamée le 14 mai 1948 et aussitôt entérinée par l’ONU.
Pour les Palestiniens, c’est la Nakba, la catastrophe, la destruction de leur société et de leurs villages, suivie de l’exil de la grande majorité de la population. Aujourd’hui, il y a environ 5 millions de Juifs et 5 millions de Palestiniens qui vivent entre Méditerranée et Jourdain. Les premiers ont un Etat dit "juif" et occupent 90% de l’espace. Les seconds connaissent marginalisation, discriminations, assassinats "ciblés", misère et privation des droits élémentaires. 60 ans après la Nakba, des millions de Palestiniens sont toujours réfugiés, dispersés dans des camps du Proche-Orient, voire exilés plus loin. 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime européen : le génocide nazi. 60 ans après, c’est l’impunité d’Israël malgré les violations constantes du droit qui permet la poursuite de la destruction de la Palestine. Une injustice majeure a été commise : un nettoyage ethnique et l’expulsion de tout un peuple de sa terre.»(1)
 
«L’histoire de la Palestine ancienne, poursuit-il, repose en partie sur les mythes bibliques. Ce qui est avéré, c’est qu’un peuple y a vécu (les Hébreux) mais jamais seul, toujours aux côtés d’autres peuples. (...) Les Juifs du Maghreb, ceux de l’ex-empire russe ou ceux du Yémen n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Il y a pour les Juifs dispersés une communauté de destin liée à la religion. Il y a le souvenir mythifié d’un passé idéalisé et une prière ("l’an prochain à Jérusalem") qui n’a jamais été une aspiration à recréer un quelconque royaume. Les Juifs ont appris à vivre ou à survivre dans une situation de minorité. S’ils avaient un statut en pays musulman, ils ont subi en pays chrétien une longue suite de discriminations et de persécutions. L’antijudaïsme chrétien a produit l’interdiction de posséder la terre, l’enfermement dans le ghetto, les expulsions et les pogroms. Quand l’émancipation des Juifs a commencé en Europe, cet antijudaïsme s’est transformé en antisémitisme racial.»(1)
 
Pierre Stambul nous décrit ensuite, le sionisme. Il écrit : Le sionisme a un côté nationaliste. Le sionisme élabore toute une série de «mensonges fondateurs». Alors que la grande majorité des dirigeants sionistes ne sont pas croyants, les sionistes s’emparent du récit biblique pour revendiquer un prétendu retour en terre promise et la reconstitution d’une nation (le «royaume unifié» dont l’existence n’est pas avérée). La Palestine est présentée comme une «terre sans peuple pour un peuple sans terre». Le sionisme a incontestablement un aspect colonialiste. Depuis plus d’un siècle, la même stratégie s’applique : s’emparer des terres, institutionnaliser le fait accompli, marginaliser le peuple autochtone, détruire son organisation sociale, expulser, repousser la frontière. (...) Le sionisme a un côté messianique. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu «tuer» le juif, le cosmopolite, l’universel. Le sionisme a également transformé Israël en pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme au Proche-Orient. Aujourd’hui, Israël reçoit une aide colossale publique et privée des Etats-Unis et en même temps, aucun dirigeant américain ne semble en mesure de s’opposer à une décision qui ferait consensus chez les dirigeants israéliens.(...). Le sionisme utilise la peur comme un carburant : «Les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur.»(1)
 
Parlant du mécanisme de l’épuration ethnique qui a suivi le partage, il écrit : «Tout d’abord, les années qui ont précédé la guerre ont été très défavorables aux Palestiniens. Le partage de 1947 de la Palestine n’était pas seulement incompréhensible pour les Palestiniens, mais il était très inégalitaire : l’Etat juif prévu par la partition était plus grand que l’Etat palestinien alors que les Juifs étaient moins nombreux. Si 10.000 Israéliens seulement vivaient dans l’Etat palestinien, plus de 400.000 Palestiniens vivaient dans l’Etat juif. (...) Avant même le 14 mai, plus de 350.000 Palestiniens ont déjà été chassés de chez eux. Plusieurs documents de la Haganah (l’armée "officielle" israélienne) montrent que l’expulsion a été intentionnelle. L’historien Ilan Pappé parle du plan Dalet qui a organisé ce nettoyage ethnique. Quand la propagande israélienne répète inlassablement que "les Arabes sont partis d’eux-mêmes" à l’appel de leurs dirigeants, il s’agit d’un mensonge fondateur destiné à masquer le crime qui s’est déroulé, il y a 60 ans.»(1)
 
Le peuple palestinien a été trahi par les dirigeants des pays arabes voisins. Il n’y avait pas la moindre coordination entre les troupes irakiennes, syriennes, égyptiennes ou jordaniennes, chaque armée agissant pour son compte personnel. Pire, la Jordanie, qui avait l’armée la plus forte, avait un accord secret avec la direction sioniste. Le bilan de la guerre de 48, ce sont 6000 morts israéliens et 13.000 morts palestiniens. Mais ce sont surtout 800.000 expulsés. Les villages ont été détruits et leur trace a souvent été effacée. Dès 1949, les terres des expulsés ont été confisquées. Israël a reconnu formellement le droit au retour des Palestiniens au moment des armistices de 1949, mais tout a été fait pour rendre impossible ce retour. (...) Les Palestiniens qui ont échappé à l’expulsion en 1948 forment aujourd’hui avec leurs descendants 20% de la population israélienne.
Certains dirigeants israéliens regrettent «qu’on n’ait pas achevé la guerre de 48», qu’on n’ait pas expulsé tous les Arabes.(1)
 
Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés. Pendant des années, tout a été fait pour effacer son existence, pour le diluer dans le monde arabe, pour transformer le conflit israélo-palestinien en guerre israélo-arabe. La guerre de 1967 est un tournant. Le gouvernement travailliste de l’époque prend la décision immédiate de coloniser les territoires occupés. Pour y parvenir, les travaillistes ont fortement contribué à créer le courant national-religieux.
Cette mouvance intégriste représente aujourd’hui 25% de la société israélienne. 40 ans plus tard, il y a 500.000 Israéliens installés en territoire occupé. Il y a les colons religieux qui ont accaparé les terres, l’eau, les routes. Mais il y a aussi les colons économiques attirés par les loyers à bas prix. Les limites de Jérusalem se sont considérablement étendues. Les nouvelles colonies du secteur (sur les ruines d’anciens villages palestiniens dont celui de Deir Yassine) deviennent des quartiers et sont progressivement intégrées à Jérusalem. La frontière a disparu. La ligne verte (la frontière de 1949) a été effacée. Elle ne figure sur aucune carte ou aucun livre scolaire israéliens. C’est une véritable société d’Apartheid qui s’est instaurée en Cisjordanie, en toute impunité.(1)
 
On ne s’imagine pas qu’un peuple qui vit étranger sur sa terre voire dans une prison à ciel ouvert, a des besoins des institutions qui tentent tant bien que mal de fonctionner malgré la poigne de fer du régime d’Israël. La Palestine dispose d’une douzaine d’universités et de centaines d’écoles.
Un Rapport spécial décrit cela : «En ce jour où les Palestiniens, en Palestine occupée et en diaspora, commémorent la Nakba. Derrière la froideur des chiffres et des pourcentages, se dessine de façon poignante l’image d’une Palestine jeune et vivace, mais dévastée par 61 ans d’occupation sioniste impitoyable. Le Bureau Central Palestinien des Statistiques décrit la Nakba de Palestine comme une période noire de l’histoire moderne du peuple palestinien. Les Palestiniens ont été chassés de leur patrie, et leurs maisons et leurs propriétés leur ont été volées (...) Plus des trois-quarts de la Palestine Historique ont été occupés lors de la Nakba de 1948. De plus,
531 villes et villages palestiniens ont été détruits, et 85% de la population palestinienne a été exilée et déplacée.»(2)

 
«Cependant, la Nakba de la Palestine fut un processus de nettoyage ethnique, aussi bien que la destruction et l’exil d’une nation désarmée pour la remplacer par une autre nation Plus de 800.000 des 1,4 million de Palestiniens (la population palestinienne vivant en 1948 dans 1300 villes et villages palestiniens) ont été chassés de leur patrie vers la Cisjordanie et la Bande de Ghaza, les pays arabes voisins et d’autres pays dans le monde. Selon des preuves documentées, les Israéliens ont pris le contrôle de 774 villes et villages pendant la Nakba et ont détruit 531 villes et villages palestiniens.
Les atrocités des forces israéliennes comprennent également 70 massacres de Palestiniens et la mort de 15.000 Palestiniens pendant la période de la Nakba.
Le nombre de Palestiniens a été multiplié par 7 depuis la Nakba de 1948. La population palestinienne en 1948 était de 1,4 million de personnes, comparée aux 10,6 millions à la fin de 2008. La population palestinienne est estimée à
3,88 millions à fin 2008. La Nakba a fait de la Bande de Ghaza l’endroit le plus peuplé au monde 4010 personnes/km² en 2008.» «Selon les données, le nombre de colonies israéliennes en Cisjordanie était en 2008 de 144. Des estimations montrent que le nombre de colons juifs en Cisjordanie était en 2008 d’un demi-million. Les chiffres montrent que la plupart des colons juifs vivent dans le gouvernorat de Jérusalem, représentant 54,6% du nombre total de colons en Cisjordanie. L’expansion et le mur d’annexion avalent environ 15% de la Cisjordanie. Le Territoire Palestinien fait 6020 km², dont 5655 km² en Cisjordanie et 365 km² dans la Bande de Ghaza. Le nombre des martyrs de l’Intifada Al-Aqsa entre le 29 septembre 2000 et le 31 décembre 2008 s’élevait à 5 901 (5569 hommes et 332 femmes). Au 17 avril 2009, le rapport indique également qu’il y a plus de 11.000 Palestiniens derrière les barreaux israéliens, dont 68 femmes, 400 enfants».
 
Voilà l’Etat des lieux actuel. Peu de gens savent qu’Israël est le seul État dont l’admission [à l’ONU] était conditionnelle. En vertu de la Résolution 273 de l’Assemblée générale, Israël a été admis à condition d’accorder à tous les Palestiniens le droit de retour dans leur foyer, et une compensation pour les biens perdus ou endommagés, selon la Résolution 194 de l’Assemblée générale, paragraphe 11. Dernier crime en date celui de Ghaza :
1400 morts dont 400 enfants. Une école de l’ONU a été bombardée : 40 morts. Ban Ki-moon visite les décombres fumants et pour une fois proteste...mollement. «Je considère les bombardements israéliens excessifs et les attaques de fusées en direction d’Israël comme complètement inacceptables.» Ce qu’il disait en réalité est qu’il avait trouvé l’attaque israélienne sur Ghaza parfaitement acceptable, mais qu’ il était uniquement en désaccord avec le tonnage des explosifs qui devraient être lâchés par les avions israéliens. Il devrait donc spécifier exactement combien d’enfants morts, combien de maisons démolies, combien de victimes de brûlures, combien de mosquées détruites il tolérerait comme non «excessif». La moitié du nombre de tués et la moitié des dommages infligés seraient-elles raisonnablement non-excessives, ou peut-être un tiers?
L’enquête, menée par Ian Martin, ancien directeur d’Amnesty International, accuse Israël de ne pas avoir protégé les infrastructures de l’ONU ni les civils, écarte comme «fausses» les affirmations israéliennes selon lesquelles les combattants du Hamas tiraient depuis les bâtiments des Nations unies. En définitive.(3)
 
L’Union européenne a pleinement admis le caractère criminel des agissements israéliens, Dans un rapport destiné à rester confidentiel daté du 15 décembre 2008, l’Union européenne accuse le gouvernement israélien d’utiliser le développement de la colonisation, la construction du mur de séparation, la planification des voies de circulation, l’instauration du régime des permis de résidence et de déplacements imposés aux Palestiniens pour ´´poursuivre activement l’annexion illégale de Jérusalem-Est´´.
Après avoir rappelé que la politique de l’Union européenne, face à la question de Jerusalem est fondée sur la Résolution 242 des Nations unies, c’est-à-dire sur le caractère ´´inadmissible de l’acquisition de territoires par la force´´, le document constate que ´´la construction de colonies à Jerusalem-Est et autour de Jerusalem-Est continue à un rythme rapide, contrairement aux obligations d’Israël, au regard de la légalité internationale La politique israélienne des faits accomplis affaiblit le soutien au processus de paix´´.(4)
 
Que faut il en déduire? Israël ne sera jamais coupable ! C’est inscrit dans le deal de la repentance éternelle de l’Occident. La nomination de Liberman est un signe. C’est lui qui parle de noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la mer Morte (juillet 2003), exécuter les députés palestiniens à la Knesset qui ont des contacts avec le Hamas ou qui ont commémoré l’expulsion de 1948 (mai 2006)....Israël est ainsi conforté.
Elle veut un Etat juif non laïc, cela veut dire qu’une deuxième Nakba se prépare pour les 20% d’Arabes israéliens qui iront dans le futur bantoustan Palestine. On l’aura compris, on ne parle plus des réfugiés de 1948.
Curieusement, tout le monde, même le pape parle de deux Etats, véritable piège mortel pour la Palestine ; mais même cela ce n’est pas acquis. Fidèle à sa politique séculaire, Israël ouvre plusieurs fichiers en même temps, elle veut d’abord régler le problème iranien avec l’appui des Arabes et notamment du pharaon égyptien qui est loin du charisme de Nasser. Nul doute que la réunion avec Obama ne débouchera pas sur quelque chose de contraignant pour Israël. Ainsi va ce Monde....
 
1.Pierre Stambul, Il y a 60 ans, la Naqba. Mille Babords le 4/05/2008
 
2.Rapport spécial pour le 61e anniversaire Bureau central palestinien des statistiques 15 mai 2009
 
3.http://www.almanar.com.lb, http://electronicintifada.net/v2/ar.. Traduction de l’anglais : Claude Zurbach http://www.info-palestine.net/, http://electronicintifada.net/v2/ar.. Traduction de l’anglais : Claude Zurbach http://www.info-palestine.net/
 
4.René Backmann, Rapport confidentiel de l’Union européenne sur Jérusalem-Est, NouvelObs.com, 19.03.2009.
 
Pr Chems Eddine CHITOUR
 
Ecole Polytechnique Alger

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16 mai 2009

"Palestine occupée – Dexia impliquée",

"Palestine occupée – Dexia impliquée",

les réponses de Mr Dehaene à ses questions sont insuffisantes

La plate-forme "Palestine occupée – Dexia impliquée" qui regroupe 58 organisations exige que Dexia cesse de financer les colonies israéliennes sises dans les territoires occupés palestiniens.

Ce 13 mai, lors de l'Assemblée Générale de Dexia, M. Dehaene, président du groupe a répondu publiquement à ses questions.

M. Dehaene reconnaît que depuis 2001, Dexia Israël a accordé des prêts pour une valeur de 5 millions d'euros à des "entités contestées". Par ailleurs, il affirme que depuis septembre 2008, plus aucun crédit n'a été concédé aux colonies juives sises dans les territoires occupés palestiniens et que Dexia, via sa filiale israélienne n'en octroyera plus à l'avenir, pour se conformer à son propre code éthique.

Si la plate-forme apprécie le fait d'avoir reçu des réponses claires à ses questions, elle juge les propos de Mr Dehaene totalement insuffisants. Ainsi

M. Dehaene parle de 5 millions d'euros de prêts. Hors, en juin 2008, Dexia Israël a accordé un crédit de 8 millions d'euros à la municipalité de Jérusalem. La question qui se pose est de savoir si d'autres investissements ont été consentis sans que ceux-ci soient mentionnés par M. Dehaene. Par ailleurs, il convient de rappeler que si pour Israël, Jérusalem est indivisible, au regard du droit international, la partie Est de la ville est illégalement annexée depuis 1967.

En parlant de "entités contestées", Mr Dehaene s'approprie le discours des autorités israéliennes. Hors, comme le précise le droit international, les colonies implantées dans les territoires occupés palestiniens ne peuvent en aucun cas être considérées comme des communes israéliennes, puisqu'elles sont illégales. Le fait qu'Israël leur confère le statut de "entités contestées" ne change rien à l'affaire.

M. Dehaene suggère que la plate-forme n'a attiré que très récemment l'attention sur les liens qui unissent "son groupe" à la colonisation israélienne. Il oublie de dire que dès le 15 avril 2001, des lettres envoyées à Dexia s'insurgeaient contre cet état de fait. Pendant 8 ans, Dexia a donc choisi de faire la sourde d'oreille.

La plate-forme maintient ces revendications. 

Aujourd'hui, il est grand temps que le groupe Dexia SA rompe ses liens avec l'occupation israélienne, qu'il le déclare publiquement et qu'il fournisse les preuves permettant de le vérifier.

Contact
Mario Franssen
Porte-parole de la plate-forme “Palestine occupée – Dexia impliquée”

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