Interdits de mémoire

lundi 25 mai 2009, par http://www.aloufok.net/spip.php?article542

Communiqué de la commission populaire pour la défense des libertés
(Haut Comité de Suivi des masses arabes)
24 mai 2009

A propos de la loi sur l’interdiction de la commémoration de la Nakba

LES VICTIMES DU CRIME NE SOLLICITENT PAS LA PERMISSION DU CRIMINEL

La commission ministérielle israélienne a décidé de légiférer aujourd’hui (24/5/2009) à propos du projet de loi interdisant la commémoration de la Nakba, le jour de la création de l’Etat d’Israël. Cette loi inclut une peine pouvant s’élever à trois ans de prison pour tout contrevenant.

La commission populaire de défense des libertés affirme que la Nakba est l’un des plus grands crimes du XXème siècle. Elle se poursuit depuis soixante ans, le criminel étant l’Etat d’Israël, dont la création a constitué la Nakba de notre peuple, son expulsion et le vol de sa patrie. Tout comme elle affirme que les masses de notre peuple, lorsqu’elles commémorent la Nakba, ne font qu’accomplir leur devoir, au minimum, envers elles-mêmes, envers notre peuple dans la patrie et en exil et envers les nouvelles générations qui portent la bannière de l’enracinement au pays et du projet du retour des réfugiés et des exilés. La commission affirme également que nous ne sollicitons pas la permission du criminel sur la manière de nous comporter avec le crime qui a été perpétré contre nous et notre patrie.

La commission des libertés dénonce la loi en cours de légifération, et appelle à un mouvement populaire pour commémorer une Nakba permanente et incessante, tout en confirmant pour nous-même et pour le criminel que son indépendance c’est notre Nakba. Notre droit, le droit des réfugiés et de tout notre peuple à notre patrie et à la mémoire de notre patrie, est soutenu par une volonté de vie qu’aucune loi coloniale israélienne ne peut affronter.

Les masses de notre peuple sont prêtes à l’affronter, quel que soit le prix à payer, jusqu’à la supprimer.

Ameer Makhoul
Président de la commission populaire de défense des libertés

Controverses autour de la Nakba

26/05/2009
jpost.fr

Les ministres travaillistes Isaac Herzog, Shalom Shimhon et Avishaï Braverman s'opposent à la proposition de loi de la Nakba déposée par Israël Beiteinou. Elle vise à interdire la commémoration de ce que les Palestiniens et certains Arabes israéliens nomment la "catastrophe", c'est-à-dire l'indépendance de l'Etat d'Israël.

"Une proposition de ce type entrave la liberté de parole et de manifestation, qui sont les droits élémentaires d'un pays démocratique. Elle ne fera qu'accentuer l'isolement ressenti par la communauté arabe israélienne et renforcera ses éléments radicaux", ont déclaré les députés travaillistes.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon (Israël Beiteinou) estime pour sa part que "la radicalisation des Arabes israéliens n'a pas attendu cette proposition de loi. Elle existe déjà depuis bien longtemps".

"Certaines personnes agissent contre l'Etat, en appelant à sa destruction. Tout autre pays ne supporterait pas que les célébrations de son indépendance deviennent une journée de deuil", a ajouté Ayalon sur les ondes de la radio israélienne.

Un député arabe a, pour sa part, comparé Israël à l'Allemagne nazie. Il juge cette proposition de loi "pas moins sévère que les lois érigées sous le IIIe Reich".

"L'Etat juif a déclaré le djihad à la population arabe. Israël devient progressivement un Etat d'apartheid. Je ne serais pas surpris si dans l'avenir, le gouvernement Netanyahou-Lieberman impose des restrictions supplémentaires aux citoyens arabes, y compris l'interdiction d'utiliser la langue arabe", a déclaré le député, Afo Agbaria (Hadash).

La proposition de loi, déposée par le député Israël Beiteinou Alex Miller, interdit les événements ou les activités destinés à faire du jour de l'indépendance une journée de deuil. Les contrevenants à cette loi pourraient encourir une peine allant jusqu'à 3 ans de prison.

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1243253120980&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

Vers une pénalisation de la Nakba

La Commission de Législation de la Knesset a donné son feu vert à la proposition de loi du parti Israël Beiténou : punir de trois ans de prison les personnes marquant la commémoration de la Nakba.

Nombreux sont les politiciens à être scandalisés par une “tradition” particulièrement surréaliste en Israël : une partie de sa population commémorant la “tragédie” de la création de l’Etat dans lequel ils vivent.

La Commission ministérielle de législation a ainsi approuvé la motion initiée par le parti Israël Beiténou, visant à interdire toutes commémorations de la Nakba, ou “catastrophe” en arabe.

Selon cette motion, présentée aux membres de la Commission ministérielle de législation, par le député du parti d’Avigdor Lieberman, Alex Miller, “Toutes les manifestations publiques qui feraient référence à la création de notre Etat en termes de “calamité”, seront prohibées par la loi israélienne”. Chaque infraction à cette loi se verrait alors sanctionnée d’une peine de trois années de prison, au maximum.

Cette initiative de Miller s’inscrit dans une volonté officiellement affichée de mettre un terme définitif à l’organisation de réunions publiques violentes, à l’instar de celle qui s’est déroulée en 2008, lors du “Jour de la Nakba”. Cette proposition avait déjà été déposée sur les tables de la précédente Knesset, mais repoussée du fait des nouvelles élections qui se profilaient.

“Il s’agit de la première étape visant à enrayer l’expansion de l’incitation planifiée du mouvement islamiste. Chaque démocratie a le droit de se défendre et c’est exactement ce que l’état d’Israël à choisi de faire”.

Certaines voix se font déjà entendre, contre cette motion. Du côté du Likoud, le député Michael Eytan, qui a voté contre, a déclaré : “Cette loi ne servira à rien, si ce n’est qu’elle jouera en faveur de nos ennemis, car il ne sert çà rien de limiter la liberté d’expression”.

Du côté arabe cette fois, on exprime son opposition, bien évidemment, en des termes d’une rare élégance : “C’est une loi folle, par un gouvernement fou“, déclare Jamal Zahalka, président du parti Balad

http://www.actu.co.il/2009/05/vers-une-penalisation-de-la-nakba/