Sombres prévisions au Congrès de l’IPPPJ

L’IPPPJ, Institut de Planification pour un Politique du Peuple Juif (JPPPI en anglais), a tenu ses assises dimanche dernier à Jérusalem, lors desquelles son Rapport sur l’année 2008 a été présenté devant notamment le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert.

Cette institution basée à Jérusalem a été créée dans le but de devenir un « laboratoire d’idées » indépendant, chargé de réfléchir sur les moyens d’assurer la pérennité du peuple juif à travers le monde et de maintenir sa richesse culturelle, à court moyen et long termes. Parmi ses membres fondateurs ou dirigeants actuels, l’on trouve des personnalités connues telles que Denis Ross, ancien émissaire US de Bill Clinton pour le Proche Orient, le Prof. Yehezkel Dror (ancien membre de la Commission Winograd), le journaliste Avinoam Bar-Yossef, le Prof. Sergio DellaPergola, spécialiste de Démographie, Prof. Emmanuel Sivan, spécialiste du Fondamentalisme musulman, la Brigadier-Général Ruth Yaron, ancienne responsable du Département « Médias et Communications » à Tsahal, Rav Yehouda Mirsky, le général Yaakov Amidror, Prof. Ruth Gabison, Prof. Yaakov Neeman, l’ancien conseiller en stratégie de Binyamin Netanyahou, Uzi Arad, et bien d’autres, venues de différents horizons.

L’Institut élabore des projets et fixe des stratégies dans différents domaines touchant à l’avenir des Juifs et de l’Etat d’Israël, considéré comme « phare du Peuple juif », comme par exemple la démographie juive dans les décennies à venir, la gestion des crises au sein du peuple juif, la création de leaders communautaires, l’environnement géopolitique du peuple juif, la stratégie face à l’Islam, l’amélioration de l’image des Juifs et d’Israël, les enjeux identitaires etc…

Autant dire que le dernier congrès à Jérusalem a tenu lieu de sonnette d’alarme. Les différents intervenants ont tous dressé un tableau très sombre de la situation actuelle et émis des pronostics inquiétants. En d’autres termes : tous les indicateurs sont « au rouge » car Israël et le Peuple juif font face à une conjonction de menaces qui ne présage rien de bon : changement d’administration US, affaiblissement de la position stratégique et politique américaine dans le monde, danger iranien, terrorisme islamique, baisse du pouvoir d’attraction d’Israël pour les Juifs de Diaspora, assimilation, crise économique globale avec antisémitisme à la clé et appauvrissement des communautés juives, antisémitisme qui se répand dans le monde sur fond de confit du Proche-Orient etc.

L’impression générale qui ressort de ce rapport est qu’il y a aujourd’hui simultanéité et nette augmentation des deux types de judéophobies : la classique, qui s’exprime du fait de la crise mondiale, des scandales frauduleux de type Madoff ou de la théorie de la conspiration juive, et l’antisémitisme déguisé en antisionisme qui est propagé par la propagande arabe puis relayée par certains médias occidentaux, des pays du tiers-monde ou des mouvements altermondialistes.

Quelques unes parmi les idées avancées par l’IPPPJ afin d’enrayer ou du moins freiner cette évolution inquiétante : un renforcement des liens entre la communauté juive américaine et les communautés afro-américaines et hispaniques, qui domineront la société américaine dans quelques décennies, une coopération plus efficace entre Israël et la Diaspora pour combattre les nouvelles formes d’antisémitisme, et une implication forte d’Israël dans le but de réduire les coûts de l’Education juive en Diaspora. 

Il y en a quantité d’autres encore, et le mois d’Adar est là pour nous rappeler que lorsque l’on croit que tout est perdu…. 

par Shraga Blum

http://www.actu.co.il/2009/02/sombres-previsions-au-congres/