FREE PALESTINE

Le Mouvement Citoyen Palestine est une association de fait, constituée de citoyens d’horizons divers et qui a pour objectif la promotion et la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer de son territoire et d’un Etat.

31 janvier 2009

Les conseillers communaux communistes se mobilisent pour Gaza et disent STOP à la banque Dexia‏

http://www.particommuniste.be/politique-internationale/moyen-orient/les-conseillers-communaux-communistes-se-mobilisent-pour-gaza-et-disent-stop-a-la-banque-dexia.html

Les conseillers communaux communistes se mobilisent pour Gaza et disent STOP à la banque Dexia

Ecrit par author    

21-01-2009

 Alors que l'on decouvre chaque jour l'horreur des massacres dont s'est rendue coupable l'armée israélienne à Gaza, nous avons appris avec consternation que via sa fililale en Israël, la banque Dexia participait  toujours à la colonisation des territoires palestiniens. (Voir "Dexia finance des colonies juives", Le Soir - 8 et 9 novembre 2008)

Scandalisés par cette nouvelle alors même que l'on découvre chaque jour un peu plus l'horreur des massacres ayant eu cours à Gaza, les conseillers communaux communistes, solidaires de la lutte palestinienne, proposeront dans les communes où ils sont élus la motion suivante.

Motion relative au financement des colonies israéliennes en territoire palestinien par la banque Dexia

Le Conseil communal,

Préoccupé par la situation dramatique du Proche-Orient et par le fait que, depuis soixante ans, le peuple palestinien ne dispose pas d'un Etat libre et autonome et qu'il attend encore et toujours de pouvoir exercer son droit légitime à l'autodétermination ;

Réaffirme sa conviction que la violence n'apportera aucune solution et que seule la voie du dialogue et de la négociation permettra de trouver une solution durable basée sur la légalité internationale telle que définie par les résolutions des Nations-Unies (dont notamment les résolutions 194, 242, 338, 465, 1322, 1402, 1403) permettant la création d'un Etat palestinien viable aux côtés de l'Etat d'Israël, internationalement reconnu dans des frontières sûres et manifeste son soutien à tous les Palestiniens et Israéliens qui œuvrent courageusement en faveur d'une paix juste et durable ;

Exige l'application du droit international humanitaire dans la situation présente, en particulier la quatrième convention de Genève du 12 août 1949 relative à la protection des personnes civiles et demande qu'il soit mis un terme aux restrictions imposées à la libre circulation des biens et des personnes dans les territoires palestiniens illégalement occupés par Israël depuis 1967 ;

Entend développer une démarche d'information et de sensibilisation de la population locale au sujet du conflit israélo-palestinien;

Souhaite participer activement à un processus de dialogue constructif entre les communautés culturelles et religieuses concernées par ce conflit ;

S'engage à soutenir et à promouvoir les projets de solidarité et d'échanges avec les collectivités locales et les associations qui œuvrent pour la paix dans la région ;

Ayant pris connaissance des informations contenues dans l'article du Soir des  8 et 9 novembre derniers concernant le financement par la Banque franco-belge Dexia du développement de colonies israéliennes en territoire palestinien en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ;

Dénonce le fait que, par l'intermédiaire de sa filiale israélienne, dénommée Otzar Hashilton Hamekomi (« Trésor du Pouvoir local »), spécialisée dans le financement des communes et collectivités locales israéliennes, Dexia participe au financement d'une politique illégale de colonisation du territoire palestinien ;

Rappelle que cette politique ininterrompue de colonisation est contraire à tous les efforts de paix déployés par la Communauté internationale depuis de nombreuses années et, en particulier, les accords d'Oslo ;

Déplore le fait qu'en droit belge, aucune disposition particulière n'ait été prise en vue de limiter l'activité des sociétés commerciales dans les territoires palestiniens occupés ;

Attire l'attention des dirigeants de Dexia sur le fait que de nombreux clients de Dexia pourraient, une fois informés des activités de leur banque en Israël, fermer leur compte au sein de cette institution, situation d'autant plus préjudiciable dans le contexte de la crise financière actuelle ;

Souhaite sensibiliser et interpeller à ce sujet les membres du Conseil d'Administration de Dexia ainsi que ses actionnaires publics afin qu'il soit mis fin immédiatement à cette pratique qui soutient une stratégie d'enlisement du conflit, contraire au droit international ;

Décide … l'adoption de la présente motion et de son insertion dans le prochain bulletin communal.

Celle-ci sera adressée à :

- Monsieur Herman VAN ROMPUY, Premier Ministre ;
- Monsieur Didier REYNDERS, Vice-Premier ministre et ministre des Finances et des Réformes institutionnelles ;
- Madame Laurette ONKELINX, Vice-Première Ministre ;
- Madame Joëlle MILQUET, Vice-Première Ministre ;
- Monsieur Karel DE GUCHT, Ministre des Affaires étrangères ;
- Monsieur Charles MICHEL, Ministre de la Coopération au développement ;
- Monsieur Rudy DEMOTTE, Ministre-Président des Gouvernements wallon et de la Communauté française ;
- Monsieur Philippe COURARD, Ministre wallon en charge des Affaires intérieures ;
- Monsieur Paul FURLAN, Président de l'Union des Villes et des Communes de Wallonie ;
- Monsieur Jean-Luc DEHAENE, Président du Conseil d'Administration de la banque Dexia :
- Monsieur Pierre MARIANI, Directeur exécutif de la banque Dexia ;
- Monsieur Pierre GALAND, Président de l'Association  belgo-    palestinienne ;

Posté par MCPalestine à 23:49 - ARTICLES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Oradour-sur-Gaza

Oradour-sur-Gaza

Une rescapée de Zeitoun témoigne

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/01/23/a-gaza-des-habitants-racontent-l-acharnement-de-l-armee-israelienne-sur-des-civils_1145435_3218.html

http://www.wsws.org/francais/News/2009/jan09/zeit-j13.shtml

http://www.liberation.fr/monde/0101314062-les-samouni-famille-brisee-par-un-crime-de-guerre 

Gazamoukawama

Posté par MCPalestine à 23:17 - Vidéo - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

G-U-E-R-R-E

G-U-E-R-R-E

Gideon Lévy

Haaretz, 16 janvier 2009

www.haaretz.co.il/hasite/spages/1055844.html

Version anglaise : War by any other name - www.haaretz.com/hasen/spages/1056153.html

Ils ont pris position face à face : armés et prêts à avancer. Tendus vers la confrontation armée et prêts à donner leur vie pour leurs valeurs et leur foi. Deux peuples, deux nations, deux armées dans une rencontre inévitable : la guerre. Pardon, vous avez dit « deux armées » ? Vous avez dit « guerre » ? Alors ce n’est pas vrai. Dans notre histoire, la langue forge des faits à la place de la réalité.

C’est vrai : les mots ne tuent pas, mais les mots peuvent faciliter nettement le travail du tueur. Depuis l’aube de l’occupation israélienne dans les territoires, et cela remonte à longtemps – et peut-être en fait depuis la création de l’Etat, ou peut-être en fait depuis renouvellement de l’hébreu – la langue a été recrutée comme réserviste en service actif et n’a jamais retiré son uniforme. Guerre après guerre, lessivage après lessivage – les mots envoyés au front. Ils ne font pas couler le sang, il est vrai, mais ils rendent sa vision quelque peu plus légère, parfois même plus plaisante. Ils justifient, autorisent, purifient, nettoient, polissent ; bien souvent aussi, ils renforcent, excitent, enflamment, poussent, aiguillonnent, incitent, encouragent – le tout dans une langue standard.

Nettoyage à sec express : des mots qui enlèvent toutes les taches – résultat garanti. On nous a envoyés dans cette guerre, armés de ce que notre poète national avait écrit pour la fête de Hanoucca : « Plomb durci ». Dorénavant, lorsque les bambins des jardins d’enfants   chanteront « Papa m’a allumé des bougies, avec le shamash comme un flambeau », ils se souviendront de cette guerre que plusieurs commentateurs ont déjà qualifiée de « guerre la plus juste de l’histoire d’Israël », pas moins.

« Juste », passons, mais « guerre » ? Le dictionnaire Abraham Even-Shoshan donne à lire à l’entrée « guerre » : « confrontation entre armées, conflit entre structures étatiques (peuples, états) dans des combats, avec armes et recours à la force ». L’ « Opération Litani » qui ne fut pas moins grande dans l’ordre des forces et qui dura trois mois, n’est pas considérée comme une guerre. De même, la seconde guerre du Liban n’a pris son nom officiel que six mois après qu’elle fut terminée.

Cette fois, nous avons été à la fois plus prompts et plus décidés. Les forces ne s’étaient pas encore lancées à l’aube, les avions n’avaient pas encore fini de bombarder une parade de fin de formation des policiers chargés du trafic, laissant derrière eux des dizaines de cadavres de jeunes gens ensanglantés, que déjà nous appelions cela une guerre. Une guerre qui n’a certes pas encore de nom, mais une guerre au terme de laquelle le Comité Gouvernemental des Cérémonies et des Symboles se réunira pour la couronner du nom approprié. Peut-être « Première Guerre de Gaza » ? Pas la dernière.

On peut douter qu’elle entre dans la définition du dictionnaire. Ce n’est à l’évidence pas « une confrontation entre armée » – car enfin quelle armée se trouve en face de nous ? L’armée des roquettes Qassam et des tunnels, qui a fui sans combat ? Et il est même difficile d’appeler cela un « conflit entre peuples et états, dans des combats », parce que les combats ne sont pas réellement des combats et qu’un des deux camps n’est pas précisément un état, à peine la moitié d’un peuple, il faut en convenir. Mais quand même une guerre. Qu’est-ce que ça change qu’un officier supérieur d’une unité de réserve soit cité dans « Haaretz » pour avoir dit : « C’était de l’entraînement de recrutement et un excellent exercice ». Pour nous, c’est une guerre. Cela faisait de longs mois que nous l’attendions, que nous espérions la « grande opération » à Gaza. Et voilà, quelle chance : une guerre nous est née.

Ce n’est pas un hasard. Nous avons engagé une « guerre » précisément parce que ce mot chargé sert un nombre incalculable d’objectifs. Nous avons dit « guerre », nous avons dit « bravoure et don de soi ». On y a ajouté la fermeté, la mobilisation et le deuil inévitable et vous avez l’arsenal verbal de la guerre. « La bravoure et le deuil », titrait, véhément, le journal gratuit « Israël aujourd’hui », la semaine dernière, dans une de ses éditions de combat.

Une guerre : parce qu’alors nous avons de nouveau renforcé le rôle de l’armée israélienne dans la société, réhabilité son statut et le statut de ses commandants. Après une guerre, il est possible aussi de distribuer des citations. Et à la guerre comme à la guerre, il y a aussi une « victoire ». Offrons à l’armée israélienne de gagner. Mais comment gagner ? Et gagner quoi ? Voyez, les objectifs de la guerre n’arrêtent pas de changer : un jour, il s’agit de faire arrêter les tirs de roquettes Qassam, et comme ça ne marche pas, on change d’objectifs et hop ! nous voilà passés à une guerre contre les tunnels et la contrebande. C’est peut-être aussi une guerre de pression sur l’Egypte, et bien sûr une guerre contre le Hamas mais dont l’essentiel vise et touche – quelle déveine – précisément la population civile sans secours dont le seul lien avec le Hamas, s’il existe, est d’avoir voté pour lui.

A la guerre, il faut aussi exagérer la puissance de l’ennemi. Pour commencer, on nous a gavés, des mois durant, d’informations sur le perfectionnement de son armement et comment il s’était doté de bunkers et de missiles en provenance de Téhéran et de Damas, et maintenant on appelle Ahmed Al-Jabari le « chef d’état-major du Hamas ». Le chef d’état-major de l’armée des roquettes Qassam à moitié vides. Et pourquoi avons-nous bombardé l’Université islamique à Gaza ? Parce que là résidaient les « Ateliers Rafael ([1]) Palestiniens », c’est comme cela qu’on écrit chez nous. Eux aussi disposent d’une « Autorité chargée du développement des moyens de combat » qui développe - le croirait-on - apparemment, un drone porteur de munitions et un missile capable de pénétrer les bunkers. En exagérant leur puissance, nous avons gonflé notre victoire en lui donnant un goût sucré.

A la guerre comme à la guerre, il est permis de se taire et de faire taire. La guerre permet de rappeler sous les drapeaux et d’unifier les rangs du peuple d’habitude plus intéressé par les vacances forfaitaires à Antalya. A la guerre, il nous est permis d’avoir des médias ressemblant davantage à une salle de briefing d’un porte-parole de l’armée israélienne. A la guerre, la propagande est permise. Et si c’est la guerre, alors c’est jusqu’au bout – des bombes au phosphore blanc dans les rues et l’artillerie contre les maisons refuges des habitants ; des centaines de femmes et d’enfants tués ; tirs contre les équipes de secours et les convois d’approvisionnement. C’est la guerre, non ?

La guerre fait fleurir les chants de bravoure. C’est vrai que des chansons comme après la guerre des Six Jours, nous n’en aurons plus. Arik Lavie ne chantera pas de nouveau les paroles de Yoram Tahar-Lev : « Nous sommes derrière Rafah, comme tu le voulais, Tal, face aux ennemis, nous sommes partis à l’assaut, celui qui tombait, tombait. Nous sommes passés au-dessus de ceux qui étaient tombés, nous avons couru de l’avant, Tal » (Tal, le général israélien Tal, commandait la division qui a pris Gaza – en 67). C’est vrai que nous ne rechanterons pas « Nasser attend Rabin, aye aye aye », ni « Sharm a-Sheikh, nous voilà chez toi une deuxième fois » mais des chansons, il y en aura aussi. Et dans cette guerre-ci, nous avons déjà eu droit à un plaisant rimailleur : « La direction du Hamas à Damas est isolée, la direction dans la Bande de Gaza est paralysée, le bras armé s’est dérobé, le Hamas crie à l’injustice [hamas en hébreu]. » Joli, non ?

Mais il n’y a pas que l’arrogance en chanson : le lessivage des mots fonctionne aussi très bien. « Il faut éloigner les maisons de la frontière », disait la semaine dernière un commentateur expert en questions militaires, pour expliquer ce qu’il y avait lieu de faire à Rafah du côté de l’axe Philadelphi. « Eloigner les maisons de la frontière », comme s’il d’agissait de ces maisons du vieux quartier de Sarona – où est maintenant le Krya, à Tel Aviv – qu’on a tenu préserver, et qu’on allait les mettre sur des rails pour les éloigner de quelques dizaines de mètres. Ce savant commentateur a-t-il jamais vu, ces dernières années, les maison de Rafah, face à Philadelphi ? La plupart sont, depuis longtemps déjà, dévastées. Des gens y habitaient, beaucoup de gens qui n’ont nulle part où aller. Maintenant se sont ajoutées à celles-là des centaines de maisons détruites, que nous avons aussi « éloignées de la frontière », comme il dit.

« Sauvez mon âme », m’a écrit cette semaine l’ancien député David Zucker dans un sms, « Ecoutez comment Avri Gilad et Jacky Lévy sont occupés à chercher un mot pour désigner subrepticement le fait de faire intrusion dans les maisons en en faisant sauter les murs. Il serait bon de traduire ce programme en allemand et souhaitable d’y mettre un lourd accent bavarois ». En attendant que ce mot de contrebande, soit trouvé, nous en avons déjà imaginé pas mal d’autres : nous avons « libéré » les territoires, « dégagé » les maisons, « contrarié » les terroristes et « maintenu l’ordre » ; nous avons établi une occupation avec une « administration civile », veillé à ne pas causer de « catastrophe humanitaire », emprisonné en « détention administrative », tué par la « procédure du voisin », assassiné par la « procédure d’ouverture du feu », tué de « hauts responsables du Hamas » ; un enfant de six ans tué est un « jeune garçon », un adolescent de 12 ans est un « jeune homme » et tous deux sont tenus pour des « terroristes ». Nous avons mis sur pied une « unité des [points de] passage » c’est-à-dire du système des checkpoints, nous avons tué des « [gens] armés », des « [gens] recherchés » et des « [gens] requis pour interrogatoire » qui tous étaient des « bombes à retardement ».

Maintenant, nous avons le « sms humanitaire » et le cessez-le-feu « humanitaire » et une « banque des cibles » qui est, elle aussi, charmante ; des « blessés de frayeur », il n’y a cela qu’en Israël – personne encore n’a été frappé de frayeur à Gaza, les « enfants du sud » ne vivent qu’à Sderot et les combattants du Hamas sont toujours des « terroristes ». Même les « militants du Hamas » n’ont pas droit à être qualifiés de « non impliqués » et leur destin est dès lors scellé. Tout facteur de la poste palestinienne, tout policier, tout expert-comptable du gouvernement et peut-être aussi tout médecin travaillant dans l’administration non-civile du Hamas, tous sont considérés comme « militants du Hamas » et il est dès lors permis et nécessaire de prendre les devants et de les tuer. La force aérienne bombarde et détruit des « cibles », parfois aussi des « constructions », jamais de maisons. Israël exige une « bande de sécurité » à Gaza et la sécurité, c’est toujours la nôtre, seulement la nôtre.

Seule ma collègue Amira Hass ose, avec un courage caractéristique, dire à propos des dizaines de milliers de nouveaux sans abris de Gaza que ce sont des réfugiés pour la deuxième et troisième fois dans leur vie, des « déracinés » – avec la lourde charge historique du mot. Sauf que ces déracinés-là n’ont, cette fois, nulle part où échapper à la terreur de la « guerre ».

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

Posté par MCPalestine à 21:08 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

La paralysie politique belge au sujet de la guerre à Gaza

Bonjour,

Vous trouverez ci-joint la proposition de résolution d'Ecolo-Groen, déposée le 8 janvier dernier, relative à la situation dans la bande de Gaza. Comme vous le lirez plus bas dans mon récit, nous nous sommes malheureusement retrouvés fortement isolés sur ce dossier dès les premiers débats à la Chambre…
Bonne lecture,

Thérèse SNOY
Députée fédérale
Groupe Ecolo-Groen Fractie

La paralysie politique belge au sujet de la guerre à Gaza

La guerre à Gaza n'est pas un conflit religieux, la solution n'est pas l'aide humanitaire même si celle-ci est évidemment indispensable aujourd'hui. Il s'agit bien d'un conflit politique qui appelle une solution politique négociée et la reconnaissance mutuelle de deux Etats. Il est clair que le Hamas doit cesser ses violences et reconnaître Israël, mais tant que la population de Gaza sera enfermée dans la « plus grande prison à ciel ouvert » et se verra privée de toute vie normale et de tout avenir, tant qu'Israël violera les résolutions des Nations Unies et multipliera les humiliations et les violences vis-à-vis du peuple palestinien, on ne peut attendre d'apaisement durable.

L'UE, tout comme la Belgique, entretient avec Israël une relation schizophrénique, quand elle feint de tenir pour acquises et remplies les conditions politiques qu'elle rappelle à chaque étape du renforcement de ses liens avec Israël. Ces conditions, exigeant le respect des droits de l'homme, formulées avec l'accord de tous les Etats-membres, et donc de la Belgique et de tous ses partis démocratiques, ne sont pas  remplies. Et pourtant on continue à aller de l'avant, déjugeant ainsi les beaux principes que l'on met en exergue.

La Chambre s'est mobilisée cette semaine du 12 au 16 janvier 2009 sur ce terrible conflit. Différentes propositions de résolution ont été déposées, par le PS (Moriau et Flahaut), par le CD&V et par Ecolo-Groen ! Le groupe Ecolo-Groen avait déposé une résolution demandant au gouvernement belge de prendre enfin ses responsabilités en exigeant non seulement un arrêt de l'offensive israélienne et un cessez-le feu des deux parties, mais  aussi de revoir ses relations de coopération avec Israël et en particulier de cesser toute exportation d'armes et de suspendre l'accord de rehaussement récemment voté au Conseil européen. Il nous parait évident que la Belgique doit dépasser l'action humanitaire et aborder la dimension politique du conflit en demandant le respect des résolutions de l'ONU et le respect du droit international…
Dès le premier débat à la Chambre, nous avons malheureusement pris conscience de l'isolement des partis d'opposition démocratique dans ce dossier. Seul le SPA est sur la même position. Si le Ministre De Gucht fait en général une analyse correcte du conflit, de ses causes et de ses conséquences, il ne passe pas de la parole aux actes.
La majorité s'est rapidement mise d'accord sur un texte qui exprime l'habituelle « équidistance » et la paralysie de notre gouvernement par rapport à Israêl ; ne faisant même pas référence aux nombreuses résolutions des nations Unies bafouées par Israël, sauf celle du 8 janvier du Conseil de sécurité, la résolution de la majorité demande au gouvernement de soutenir un appel au cessez-le-feu immédiat, de permettre le transport et la distribution de l'aide humanitaire, de lever l'embargo sur la bande de Gaza, de poursuivre l'opération de sauvetage des enfants palestiniens, et de mettre sur pied une force internationale de paix, « afin de stabiliser, dès que le conflit sera terminé, la situation dans la bande de Gaza et dans le sud d'Israël ». Un texte donc qui se limite à l'immédiat et à l'humanitaire et qui ne propose donc aucune remise en cause de nos accords politiques et commerciaux.
Nous avons fait part de notre insatisfaction et proposé des amendements qui pourraient donner plus de force à ce texte. Ils demandaient :
- de prendre en considération les résolutions précédentes du Conseil de Sécurité et de l'Assemblée générale  des Nation Unies
- de se référer à la feuille de route adoptée par le Quartet afin d'aboutir à un règlement durable du conflit
- de mettre un terme à toute exportation directe et indirecte d'armes et de matériel militaire vers  les territoires en conflit (sachant par exemple que l'aéroport de Bierset est un relais des exportations américaines vers Israël)
- de revoir nos relations de coopération avec Israël et de suspendre le « rehaussement » et d'émettre des conditions strictes à toute forme de coopération
- de renforcer l'aide humanitaire aux territoires palestiniens durement touchés par le conflit et d'exiger le libre accès du personnel humanitaire et médical et des observateurs et journalistes dans la bande de Gaza.
Le SPA a introduit des amendements complémentaires concernant le non respect du droit humanitaire par Israël et la nécessité de jugement et de sanctions, amendements que nous avons soutenus.
Nous avons même introduit un amendement qui citait les propos de Louis Michel, notre commissaire européen, propos courageux vis-à-vis d'Israël. Nous espérions mettre le MR devant la nécessité d'une cohérence.
Mais aucun de ces amendements n'a été accepté par la majorité. Même les députés PS et socio-chrétiens les ont rejetés ; tout cela au nom du consensus, que je qualifierai de plus que mou, de lâche !
La résolution de la majorité a été votée en plénière. On peut s'attendre à des belles paroles de toutes parts.
Mais quid des actes politiques sérieux et efficaces ? Alors que les victimes se font chaque jour plus nombreuses.

R_solution_GAZA_Ecolo_Groen

A lire :

Palestine : les votes à la Chambre, loin des grands idéaux…

Mustapha El Karouni : la résolution PS-CDH-ECOLO n’est pas équilibrée et témoigne d’une vision particulière du conflit.

Louis Michel : « Le Hamas est un mouvement terroriste »

L'heure de vérité

J’ai bien reçu votre courriel du 14 janvier dernier.(Didier REYNDERS )

Voici la vraie face du MR!

Enquête concernant les élus allochtones siégeant au Parlement Fédéral, la Région Bruxelles-Capitale (Bilingue) et de la Communauté Française sur la question Palestinienne.

M. Lahlali (PS) à propos de V. Teitelbaum (MR): "une députée bruxelloise d’origine israélienne d’un autre parti que je ne citera

Chers député(e)s,

******************************************************************

Posté par MCPalestine à 19:00 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

LETTRE À UN AMI JUIF

LETTRE À UN AMI JUIF

Mon cher ami :
Merci pour ton message dans lequel tu m’écris que « the Hamas rocket fire is the single and sole cause of this very large scale raid » et que « Israel has repeatedly stated: Stop the rockets and the war will also stop”. Je ne te répondrai pas avec toutes les nuances qu’un examen approfondi de la situation exigerait. Je ne crois pas, pour ma part, qu’il faut s’enfermer dans un questionnement autour de la légitimité ou de l’illégitimité de la réponse d’Israël aux roquettes du Hamas, ni non plus de la mesure ou de la démesure de la riposte, ni même de la comptabilité du nombre des morts de part et d’autre. Tout cela est bien sûr très important, surtout qu’il y va plus souvent qu’autrement de la vie de civils.
Mais les vraies questions sont ailleurs et elles sont bien plus fondamentales. Je les cherche, de mon côté, dans trois espaces différents qu’il nous faut, me semble-t-il, tenir en même temps si on veut être capable de penser en profondeur ce qui arrive :
1. D’abord un questionnement politique. Pourquoi les six mois de trêve durant lesquels le Hamas n’a pas tiré une seule roquette n’ont-ils pas conduit à la levée du blocus économique imposé à Gaza par Israël? Pendant les six mois de trêve (conclue en juin 2008), l’étau ne s’est pas desserré autour des frontières du petit Gaza, la vie de tous les jours est devenue de plus en plus insupportable pour les populations locales (d’après de multiples rapports d’agences indépendantes, fiables et crédibles) et les colonies de peuplement ont continué à s’implanter dans la Cisjordanie occupée (il a fallu une décision de la Cour suprême d’Israël pour faire démolir des habitations). Les conditions que s’étaient imposés Israël et Gaza en signant la trêve étaient pourtant claires : Israël levait le blocus imposé à Gaza et stoppait les incursions militaires dans Gaza pendant que le Hamas arrêtait les tirs de roquettes en direction d’Israël. Cette trêve devait donner une chance à la reprise de relations plus normales entre Gaza et Israël, aidant par le fait même le gouvernement du Hamas à mettre en place au moins un embryon de gouvernement dans la bande de Gaza. Je te rappelle que le Hamas a été démocratiquement élu et qu’il nous faut le respecter, ou vivre avec, tout comme on devrait le faire avec les Juifs religieux s’ils remportaient les élections en Israël.
On ne peut pas, en toute vérité, dire que c’est le Hamas qui a rompu la trêve. Il ne faut pas en effet oublier que cette trêve a d’abord été violée par les Israéliens le 4 novembre 2008 lorsque Tsahal a fait une incursion dans Gaza et y a tué six Palestiniens en arguant qu’ils étaient des militants sur le point d’enlever des soldats israéliens. C’est cette violation ajoutée à 18 mois d’un blocus insupportable qui a conduit au non-renouvellement de la trêve par le Hamas. C’est vrai que les tirs de roquettes du Hamas ont repris. Mais cette trêve de 6 mois qu’avait-elle changé pour le Hamas et pour les habitants de Gaza? Rien. Absolument rien. À l’inverse, cela faisait l’affaire d’Israël de reconduire une trêve qui était tout à son avantage, en lui obtenant tranquillité et sécurité, en se présentant comme pacifique et démocratique aux yeux du monde, et en démontrant, en ne levant pas le blocus économique et militaire, que le Hamas est un gouvernement incapable de prendre soin de son peuple. Il me semble que certains n’ont pas compris qu’on ne peut pas tout recevoir et ne rien donner.
La question fondamentale qui se pose, qu’il y ait trêve ou pas de trêve, est toujours la même : c’est la question de la création, dans les meilleurs délais, du pays de la Palestine, d’un pays viable et non pas d’un pays surréaliste. Quel pays peut survivre, dis-moi, si on le découpe en de petites portions de terres déconnectées les unes des autres? Quel peuple peut tout simplement vivre s’il est soumis dans sa vie de tous les jours à des centaines de barrages et de checkpoints (sans parler de ce Mur de la honte)? Ce morcellement, ce découpage et cet encerclement font-ils sens? Et faut-il accepter l’occupation de la Cisjordanie qui produit tant d’injustices et d’abus sur les populations palestiniennes? Je pense à ces colonies pour Juifs seulement qui se construisent illégalement? Sur ces questions de fond qui sont, j’en conviens très complexes, ni Olmert, ni Bush n’ont fait avancer les choses d’un seul centimètre : on me semble même avoir reculé au cours des derniers huit ans, ce qui nous éloigne de plus en plus des accords de Oslo (1993- 2000) et de la création d’une Palestine inscrite dans le territoire de 1967 (d’avant la Guerre des six jours). La trêve de six mois a permis à Israël de retrouver la tranquillité (à laquelle les Israéliens ont évidemment droit) sans que l’État juif (ou mieux sans que ses chefs sionistes car je ne mets pas tout le peuple dans le même bateau) ne fasse rien (ou en tout cas bien peu) pour faire avancer un tant soit peu l’accession de la Palestine à autre chose qu’une dérisoire Autorité.
Si je voulais être cynique, je dirais même qu’en négociant exclusivement avec le Fatah et en n’invitant pour ainsi dire jamais le Hamas (ce sont des terroristes, dit le langage codé des bienpensants qui ne sont pas, eux, des terroristes) à participer aux discussions, on a entretenu, voire renforcé, les divisions entre les Palestiniens eux-mêmes. Minimalement l’analyse politique doit au moins remonter jusque-là, me semble-t-il.

Gilles
Gilles Bibeau, professeur
Département d’anthropologie
Université de Montréal

2. Il nous faut aussi envisager ce qui se passe sous un angle psychologique en essayant de comprendre la logique, ou l’illogisme, du comportement humain. Jusqu’où la violence peut-elle aller ? Je m’interroge depuis longtemps sur la violence des humains, sur les conditions qui la font surgir et sur les formes extrêmes qu’elle peut prendre. Je termine d’ailleurs un ouvrage que j’ai intitulé : « Les morts parlent. Une généalogie de la violence au Congo ». L’absence du dialogue, pire le refus de la parole adressée à l’autre, à l’ennemi surtout, tout cela a toujours nourri la violence, on le sait. On sait aussi qu’il y a une violence des désespérés, celle de ceux qui n’ont plus rien à perdre et qui sont prêts à aller jusqu’au bout, celle de ceux qui ont perdu espoir parce que les choses piétinent et que rien ne change, celle des jeunes et des moins jeunes qui décident de se faire martyrs pour défendre, avec des moyens extrêmes, une cause qui les dépasse et dans laquelle ils croient. Folie peut-être mais c’est aussi cela l’arme tragique de ceux et de celles qui se tuent en tuant les autres. Face aux tanks qui tirent des obus depuis des positions reculées, face aux avions qui lancent leurs bombes de haut, face aux dromes qui cartographient les sites à détruire, il est évident qu’il y aura toujours les tirs de roquettes plus ou moins artisanales, les fusils qui sont les vieilles armes des partisans, et les corps mêmes des militants qui se font exploser dans les bus ou sur les places publiques, les kalachnikovs des hommes sans uniformes qui se battent dans les rues, les snipers embusqués qui tirent depuis le toit des maisons.
La guerre nourrit la guerre. Je dirais même que les armes font la guerre et que chaque peuple fait la guerre avec les armes dont il dispose. Les Américains n’ont-ils pas perdu leur guerre d’Irak après l’avoir gagnée en quelques jours? Bush avait pensé que tout était fini lorsqu’il proclama la victoire depuis son porte-avion; pour bien des Irakiens et pas seulement dans le camp des Chiites, la guerre des sans armes, la guerre aveugle, ne faisait que commencer. Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza prépare hélas des lendemains bien douloureux pour la population d’Israël, pour les innocents comme pour les autres : on peut en effet prédire que les attentats aveugles reprendront, plus violents peut-être que ceux d’hier, en dépit de toutes les précautions qui pourront être prises. Ce que l’on appelle le « terrorisme » est l’arme extrême de ceux qui n’ont pas d’armes assez puissantes leur permettant de lancer des bombes depuis des tanks et des avions de combat. Le terrorisme est aussi, me semble-t-il, l’arme de ceux et de celles qui n’ont plus rien à perdre et qui disent, d’une façon violente, leur désespoir. Contre un peuple qui veut vivre, aucune bombe ne peut jamais avoir raison : c’est vrai pour les Israéliens mais c’est aussi vrai pour les populations de Gaza. Et pour le Hamas.
3. J’en viens à mon troisième point qui est justement celui de l’approvisionnement en armes. Il est vrai que les partisans du Hamas creusent des tunnels à travers la frontière du côté de l’Égypte pour faire entrer, entre autres choses, des armes; mais Israël et Tsahal ne font-ils pas eux aussi entrer, dans le même temps, des armes autrement plus sophistiquées? Pourquoi les uns auraient-ils le droit de le faire et pas les autres? Pourquoi les premiers peuvent-ils se défendre et pas les autres? J’aimerais bien le savoir. Parce qu’Israël est une démocratie et pas Gaza? Ce genre d’argument n’est pas fort convaincant. Surtout pas en ce moment où Israël donne une bien mauvaise leçon de démocratie. Se pourrait-il en effet que ce massacre perpétré à Gaza ait, en partie du moins, des raisons électoralistes? Un Olmert soucieux de refaire son image après les scandales et la désastreuse guerre contre le Hezbollah libanais, un Barak à la tête d’un parti que l’on dit à la dérive, et une Tzipi Livni, la nouvelle étoile montante de Kadima, qui veut faire voir qu’elle a une poigne de fer, ces trois personnalités ont sans doute cru qu’ils tireraient des dividendes politiques d’une solide attaque de Gaza à ce moment précis, c’est à dire à quelques semaines des élections. Tant pis pour la chair à canon des deux côtés. Côté leaders politiques, on peut aussi se demander où sont les chefs de la Ligue arabe qu’on entend bien peu au moment même où les Palestiniens se font tuer par centaines. Il y a de quoi penser que Machiavel avait raison.
Voilà, mon cher ami, quelques réflexions en réponse à ton message. Je ne sais pas comment Israël et la Palestine pourront apprendre à vivre l’un à côté de l’autre. Je sais cependant que les Palestiniens, qu’ils soient du Hamas ou du Fatah, ont des droits tout comme les Israéliens, de quelque parti politique qu’ils soient. Et je suis convaincu que la diplomatie, cette autre façon de faire la guerre selon ce que nous a appris Clausewitz, est la seule voie qui ait vraiment un sens.
Plus les choses sont compliquées, plus il faut de place pour la parole. La parole, c’est celle que l’on dit soi-même mais c’est aussi l’écoute de la parole que l’autre nous adresse.
Encore deux mots. N’est-il pas paradoxal que cette colonie de Sdérot – devenue ville de Sdérot – sur laquelle tombe des roquettes du Hamas ait été, avant 1948, l’emplacement même du village palestinien de Najd qui a été rasé. On peut penser que la plupart des rescapés de ce village disparu font partie des 80% de réfugiés qui peuplent aujourd’hui la bande de Gaza. Le mot final, je l’emprunte à Hillel, ce grand sage juif né à Babylone vers l’an 75 de l’ère ancienne, pour qui tu as beaucoup d’admiration. Le Talmud de Babylone nous rappelle une de ses grandes pensées :
« Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Voilà le tout de la Loi. Le reste n’est que commentaire » (Shabbat 31a). Au jour de sa Bar Mitzvah, le jeune garçon juif devenant adulte s’entend dire par le rabbin, dans l’esprit du grand Hillel, non pas tant : « Souviens-toi que tu as été victime » mais bien plutôt : « Tache d‘en tirer des leçons d’humanité ». Peut-être ces paroles remontent-elles dans l’esprit des soldats de Tsahal quand on leur ordonne de tirer. C’est là mon espoir.
Amicalement.

Posté par MCPalestine à 17:24 - ARTICLES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Gaza : Débat à Bruxelles (vidéo)

Gaza : Débat à Bruxelles (vidéo)

Écrit par Administrator    

29-01-2009

Mouvement citoyen Palestine, en collaboration avec des associations et des ONG belges a organisé un débat autour de la situation et de la guerre menée par l'Etat Israëlien sur la bande de Gaza.

Ont été invité à ce débat, Philippe Moureaux ( PS ), Isabelle Durant ( Ecolo ), Joëlle Milquet ( CDH ) et Charles Michel ( MR ).

La salle était archicomble, plus de 800 personnes ont assisté à ce débat politique.  Tous les politiciens ont été épinglé par des questions diverses.

http://www.mabeltv.com/index.php?option=com_content&task=view&id=35&Itemid=1

compte rendu soirée Palestine à BXL

Posté par MCPalestine à 15:37 - soirées,débat, activités, ACTIONS - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Gaza : la France rapatrie de l'aide

Gaza : la France rapatrie de l'aide
AFP
30/01/2009

La France a rapatrié une station d'eau potable prévue pour Gaza, bloquée depuis dimanche en Israël, a déclaré aujourd'hui le ministère français des Affaires étrangères, en exprimant l'incompréhension de Paris face à l'impossibilité d'acheminer cette aide humanitaire.

Si un volume important d'aide humanitaire a pu être acheminé, "malheureusement, pour des raisons qu'on a toujours du mal à s'expliquer, (une) station de potabilisation de l'eau n'a pas pu entrer" dans la bande de Gaza, a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier.

Cette station, en attente du côté israélien, n'a "pas pu passer dimanche et nous avons décidé de la rapatrier à grands regrets" car elle "nous paraissait utile pour les populations civiles", a-t-il dit.

Ce blocage de la station d'eau par Israël a été l'une des deux raisons (avec deux tirs de semonce mardi contre un convoi diplomatique), ayant conduit à la convocation rare mercredi au ministère français de l'ambassadeur israélien en France. Paris lui a fait part de son "mécontentement et de sa surprise" et attend toujours des explications officielles, selon Eric Chevallier.

La station de potabilisation de l'eau (d'une capacité de 2.000 m3 d'eau par jour) "était utile et est utile, nous ne sommes pas satisfaits du tout que cela n'ait pas pu entrer et on l'a clairement dit à de très nombreuses reprises aux autorités israéliennes", a précisé le porte-parole.

Posté par MCPalestine à 14:44 - ARTICLES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

«Pas de sortie de crise sans une discussion avec le Hamas»

«Pas de sortie de crise sans une discussion avec le Hamas»

par Interview Réalisée Par L'un De Nos Correspondants A Paris, S. Raouf, Le Quotidien d'Oran, 19 janvier 2009

«Citoyen sans frontières», Stéphane Hessel n'en finit pas avec les engagements (1). A bientôt 92 ans, il continue à donner de la voix chaque fois que la justice est agressée et le droit mis à rude épreuve. Résistant au nazisme, déporté dans les camps nazis, ce diplomate de carrière - il a été numéro deux à l'ambassade de France à Alger à la fin des années soixante - milite pour un monde pacifié, juste et solidaire.

Artisan, aux côtés d'autres, de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il a été de tous les combats qui ont jalonné l'histoire contemporaine. Adversaire du nazisme, anticolonialiste, tiers-mondiste exigeant, défenseur des sans-papiers, humaniste en «croisade» permanente contre la misère, l'injustice et la faim. Fidèle à une ligne de conduite vieille de plusieurs années, il oeuvre en faveur du droit des Palestiniens à avoir leur Etat. Et dénonce, sans jamais faillir, la politique d'Israël. Le Quotidien d'Oran est allé à sa rencontre à son domicile parisien. Stéphane Hessel était accompagné, pour la circonstance, de son épouse, Christiane Hessel, née Chabry. Depuis 1987, date de leur mariage, les Hessel dédient des heures de leur quotidienneté aux causes justes.

Le Quotidien d'Oran: Dans une interview à un média suisse au lendemain du déclenchement de l'offensive terrestre de Tsahal contre la bande de Gaza, vous dénonciez un «crime de guerre» et un «crime contre l'humanité». Ces qualificatifs s'appliquent-ils à la situation qui prévaut, depuis fin décembre, dans ce territoire palestinien ?

Stéphane hessel: Oui je le crois, absolument. N'est-ce pas la définition qui a été donnée lors de la mise en place du Tribunal pénal international, chargé précisément de juger les gens coupables de ce genre de crimes. Un «crime de guerre» consiste, dans une confrontation armée, à bafouer les conventions du droit humanitaire. Dans ce genre de situation, l'humanité exige que l'on fasse la distinction entre des militaires qui s'affrontent et des civils que l'on se doit de protéger. Elle exige qu'on fasse un véritable effort pour en prémunir les civils et éviter les bavures. Ce n'est pas le cas de l'opération de l'armée israélienne à Gaza où, au contraire, on multiplie les bombardements de mosquées et d'écoles. Cibler non pas quelques individus mais l'ensemble du peuple, le peuple palestinien en l'occurrence, c'est bien un crime contre l'humanité.

Q.O.: Mme Hessel, partagez-vous les propos de monsieur l'Ambassadeur ?

S.H.: Totalement et sans ambiguïté. Nous qui allons de temps en temps à Gaza, nous mettons des visages sur ces drames. Ce sont des visages de civils qui, souvent, font un travail humanitaire auprès des enfants et des femmes. Nous supportons très mal ce qui s'y passe.

Q.O.: Dans les réactions qui rythment cette actualité tragique, chacun va de son commentaire. Un tel en attribue la responsabilité à Hamas, accusé de rompre la trêve. Tel autre cible l'Etat hébreu. Qui en est responsable ?

S.H.: On peut avoir sur cette question des avis différents. Peu importe de savoir qui de Hamas ou d'Israël est à l'origine de la violence. L'important, c'est de savoir pourquoi les événements à l'origine de cette situation ont amené Israël à commettre un nombre incroyable d'actes contraires à toute humanité. Celui qui a commencé, c'est le gouvernement israélien, en empêchant tout contact entre la bande de Gaza et le monde extérieur, qui a privé ses habitants de toute possibilité de vie normale. Il est évident que cela devait provoquer une réaction militante de la part de ceux qui, du côté palestinien, veulent la libération de leurs territoires. Qu'ils le veuillent avec une composante islamiste forte ou avec un désir de compréhension plus grande à l'égard des préoccupations d'Israël, cela importe peu. La situation infligée à Gaza ne pouvait ne pas provoquer des réactions violentes. Que le Hamas ait accepté pendant six mois d'interrompre le lancement de roquettes prouve qu'il était disposé à négocier. Mais fallait-il que le gouvernement israélien fasse quelques pas en faveur d'une libération des territoires occupés et la création d'un Etat palestinien. Aucun de ces pas n'a été accompli. C'est donc la responsabilité du gouvernement israélien d'avoir berné sa population, en lui faisant croire que sa sécurité dépendait d'une action violente contre le Hamas au lieu d'aller vers une négociation. C'est la responsabilité de ce gouvernement de n'avoir pas engagé un début de négociation sérieuse depuis la conférence d'Annapolis.

Q.O.: Mme Hessel, comment qualifiez-vous la situation humanitaire dans ce territoire ?

S.H.: Nous étions à Gaza pas plus tard qu'en octobre. Nous en sommes revenus catastrophés. La situation était déjà insupportable et les conditions de vie totalement épouvantables. Nous n'imaginons pas ce que ça peut-être aujourd'hui. Nous avons des contacts suivis via une association humanitaire, La Voix de l'enfant. Chaque jour, nous avons un correspondant au téléphone. Il a recueilli dans sa maison une quarantaine de personnes qui vivent entassées. Pas d'électricité, plus rien à manger. Les Gazaouis essayent de survivre. Les trêves quotidiennes, qui ne sont pas toujours respectées, leur permettent de sortir pour se procurer quelques vivres. La situation ne peut plus durer. Il faut d'urgence un accord de paix ou, à tout le moins, une trêve sérieuse dans la région.

Q.O.: Le profil du Hamas suscite bien des commentaires aux yeux des gouvernements et des observateurs. On y voit, selon les cas, un mouvement terroriste, une organisation radicale ou un mouvement politique jouissant du soutien de la majorité des Palestiniens.

S.H.: Que le Hamas soit un mouvement violent, qu'il tire sa source historique des Frères musulmans égyptiens, qu'il se sente proche de l'Iran, de la Syrie et du Hezbollah, c'est une réalité. Oui, il s'agit d'un mouvement violent. Mais dans la mesure où il est prêt à entamer des discussions, il faut le prendre au mot. Nous savons par les contacts pris, notamment par Jimmy Carter et Yves Aubin de la Messuzière (ancien directeur Afrique du Nord - Moyen-Orient au Quai d'Orsay), que le Mouvement est prêt à envisager une solution sur le moyen et long terme. Une sorte de trêve de quarante ans pendant laquelle il se satisferait de l'existence de l'Etat d'Israël à côté d'un Etat palestinien. Qu'il accepterait ce que la communauté internationale réclame depuis quarante ans à travers les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité. Le Hamas ne constitue pas un obstacle à l'adoption de ces textes. Lui faire confiance, penser qu'il va se transformer d'un mouvement islamiste violent en un mouvement pacifiste serait évidemment naïf. Mais lorsqu'on se trouve en situation de conflit comme c'est le cas d'Israël avec les Palestiniens, il faut négocier avec ceux qui paraissent crédibles dans le pays avec lequel on est en désaccord. Or, aux yeux des Palestiniens, le Hamas parait actuellement crédible, alors que Mahmoud Abbas, le chef du Fatah et de l'Autorité palestinienne, ne l'est plus. Il a fait trop de concessions sans obtenir le moindre progrès dans les négociations. Dans une situation de violence, il n'y a pas de sortie de crise sans une discussion avec celui qui peut la susciter et qui peut la faire cesser.

Q.O.: Les adversaires de Hamas avancent comme pièce à conviction son programme politique. Un programme qui ne reconnaît pas Israël et les accords de paix signés par l'OLP au nom du peuple palestinien. Hamas peut-il évoluer sur cette question ?

S.H.: Nous l'espérons, nous ne savons rien. Nous ne pouvons pas prévoir comment le Hamas va évoluer. En revanche, ce que nous pouvons dire, c'est que c'est Israël qui a encouragé le Hamas comme un opposant dont il pensait qu'il diminuerait la force du Fatah et de l'OLP. Israël est responsable pour avoir encouragé le Hamas. Il faut maintenant travailler avec lui et l'encourager à adopter une attitude plus constructive. On peut le faire avec l'aide des pays arabes qui, à Beyrouth, avaient proposé encore une fois à Israël une paix sur la base des résolutions du Conseil de sécurité. Si cette direction est prise par Israël, il n'est pas douteux que le Hamas soit obligé d'en accepter les données générales. Le Hamas ne pourrait pas résister à une négociation où Israël retiendrait les propositions faites par les pays arabes, les propositions d'Annapolis et les résolutions du Conseil de sécurité.

Q.O.: Est-il possible de relancer le chaotique processus de paix alors que la bande de Gaza s'embrase ?

S.H.: Une négociation est indispensable et le plus vite possible. Nous les citoyens du monde, nous qui militons pour la paix et l'harmonie entre les peuples, nous qui pensons qu'Israël a droit à l'existence mais n'a pas le droit de bafouer le droit international et les conventions humanitaires, nous en sommes profondément convaincus.

Q.O.: Comment, dans les circonstances actuelles, une telle négociation pourrait-elle s'engager ?

S.H.: Il faut que le gouvernement israélien issu des urnes de février 2009 soit soumis à une pression forte de la part de ses alliés et de tous ceux qui l'ont soutenu dans son existence tout au long des 60 dernières années. Cette pression doit tendre vers l'ouverture d'une négociation, dont les résultats ne peuvent qu'être favorables à la sécurité d'Israël. Israël a autant besoin d'un partenaire palestinien souverain que ce dernier a besoin d'un accord de paix avec Israël. La négociation est nécessaire, on l'a affirmé à Oslo, on l'a répété à Annapolis. Elle semble, il est vrai, d'autant plus ardue qu'il est difficile pour Israël de convaincre en ce moment sa population qu'elle peut vivre avec le retour de ses colons installés en Cisjordanie. Qu'elle peut vivre avec Jérusalem capitale des deux Etats...

Q.O.: ... l'exercice semble des plus difficiles.

S.H.: La population israélienne est malheureusement très mal préparée à accepter cette solution. Il faut que la pression vienne du monde extérieur. C'est la raison pour laquelle nous avons la naïveté de penser que si Barack Obama se dévoile comme un président vraiment soucieux de la paix et de l'avenir positif d'Israël et de l'Etat palestinien, les choses pourraient évoluer. Les Etats-Unis ont le pouvoir d'exercer sur Israël la pression nécessaire pour que la négociation reprenne vraiment et aboutisse.

Q.O.: S'exprimant en tant que Juif, Pierre Vidal-Naquet - pour ne citer que lui - avait dénoncé, à maintes reprises, cette attitude - toujours de mise - assimilant à de l'antisémitisme toute voix qui dénonce la politique répressive d'Israël. Avant de s'éteindre en 2006, il avait insisté sur la nécessité de distinguer entre judaïsme, sémitisme et sionisme belliqueux.

S.H.: Pierre Vidal-Naquet avait tout à fait raison. Cette distinction est indispensable. Dénoncer le sionisme lorsqu'il se manifeste par la violence contre les Palestiniens n'est aucunement une atteinte au sémitisme, au judaïsme. Cette distinction est relativement facile à faire pour ceux qui, comme moi, ont connu l'antisémitisme violent de la Seconde Guerre mondiale. Ils ne peuvent, en aucun cas, le confondre avec une critique raisonnable et justifiée contre le gouvernement d'Israël. Ce n'est pas de l'antisémitisme que de plaider, dans l'intérêt même du peuple juif, pour un changement de politique. Nous voudrions que les Juifs aient un Etat, qu'ils puissent vivre en paix avec les Palestiniens. C'est un objectif qui va dans le sens de la sympathie et de l'estime que l'on peut avoir pour tout ce que les Juifs ont apporté au Monde. Je rappelle que parmi les grandes figures qui ont nourri la civilisation moderne, il y a des Juifs, qu'il s'agisse de Moïse, de Jésus Christ, de Spinoza, d'Einstein, de Freud ou de Karl Marx. Nous devons à des Juifs beaucoup d'avancées au profit de la civilisation internationale. Ca n'a rien a voir avec la critique qu'il faut pouvoir apporter avec rigueur contre ce que les gouvernements israéliens successifs ont fait d'inadmissibles, d'insupportables et de dérogatoires à la dignité du peuple juif.

Cette politique des gouvernements israéliens est porteuse de danger, car elle est de nature à susciter une recrudescence de l'antisémitisme. Les gouvernants israéliens devraient se poser cette question. En agissant comme ils le font à Gaza, ils favorisent la résurgence latente et tout à fait injustifiée de l'antisémitisme.

(1) Stéphane Hessel : Citoyen sans frontières. Conversations avec Jean-Michel Helvig. Fayard

Posté par MCPalestine à 14:33 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Propositions et analyses politiques

VIDEOS CCIPPP/GP : Propositions et analyses politiques

(interviews de Nahla Chahal, de Omar Somi et de Michèle Sibony)


publié le mardi 13 janvier 2009.

Nahla Chahal CCIPPP

_

VIDEO "CCIPPP, Position et Propositions"

VIDEO "CCIPPP, Analyse de la situation politique"

GP Omar Al Somi

CCIPPP et GP : Gaza - 1- Objectifs d’Israël


Gaza - 1- Objectifs d’Israël
envoyé par JYC007

CCIPPP et GP : Gaza - 2- Étas unis et UE


Gaza - 2- Étas unis et UE
envoyé par JYC007

CCIPPP et GP : Gaza - 3 Mobilisation citoyenne


Gaza - 3 Mobilisation citoyenne
envoyé par JYC007

CCIPPP et GP : Gaza - 4 Médias, ou la propagande israélienne


Gaza - 4 Médias, ou la propagande israélienne
envoyé par JYC007

Interview de Michèle Sibony

CCIPPP et GP : Manifestation Paris, 10 janvier 2009, contre massacres Gaza


Manifestation contre massacres Gaza
envoyé par JYC007


1-UJFP-Historique et analyse de la situation
envoyé par JYC007

CCIPPP_analyse de la situation politique
envoyé par JYC007

CCIPPP_position et propositions
envoyé par JYC007

Posté par MCPalestine à 13:13 - Vidéo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

GAZA, crimes de guerre ?

Dans le cadre des Mardis Politiques

Mardi 3 Février 2009

Izquierda Unida et le Parti Socialiste Unifié du Maroc     

proposent une soirée de discussion

GAZA, crimes de guerre ?

Ce qui vient de se passer à Gaza, est-ce vraiment un épisode de plus dans la lutte pour l’avènement d’un Etat Palestinien ?

La furie guerrière du gouvernement d’Israël, la disproportion des moyens, la logique de l’écrasement, le cynisme renouvelé dans l’utilisation de munitions illégales, le carnage, l’interdiction des médias laissent penser que nous sommes devant l’affirmation par le gouvernement d’Israël d’un droit au non-droit et à l’impunité.

Après la manifestation de solidarité, nous vous proposons de discuter de la situation et des actions à mener avec l’ensemble des progressistes. 

animeront le débat :

Hasi Shebli, ancien résident à Gaza

Michel Staszewski, membre de l’Union des Progressites Juifs de Belgique

Marianne Blume, enseignante à Gaza

Pierre Viart et Jean Pierre Thijs , médecins à Gaza

Ouverture des portes : 19 h 

On peut manger sur place 

Débat à 20 h

Entrée Gratuite
Au Garcia Lorca, 47/49 rue des Foulons - 1000 Bruxelles (métro : Anneessens)

Le PSU (Parti Socialiste Unifié (Maroc)) section Belgique et la Fedération de Belgique de Izquierda Unida Bruxelles ont initié un cadre de travail commun intitulé Alternatives à Bruxelles dans le but de coordonner des actions avec d’autres collectifs progressistes de Bruxelles.

Posté par MCPalestine à 13:04 - soirées,débat, activités, ACTIONS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »